• #Canicule : la #charge_écologique pèse lourdement sur les #femmes

    Alors que la France traverse une canicule historique, les appels à adapter nos modes de vie s’intensifient. Mais les #écogestes reposent de manière disproportionnée sur les épaules des femmes rappelle une étude de la Fondation Jean-Jaurès, jusqu’au #risque_de_décrochage.

    Avec la canicule, impossible d’accueillir les enfants dans près de 2000 #écoles en France… Et ce sont majoritairement les femmes qui vont les garder à la maison sous des températures éprouvantes. Un #poids de plus sur leurs épaules.

    Depuis que les températures record rappellent l’urgence climatique, les appels à « #faire_des_efforts » pour la planète se multiplient. Mais derrière ces #injonctions, une réalité invisibilisée : ces efforts reposent encore très majoritairement sur les femmes. C’est ce que met en lumière une étude de la Fondation Jean-Jaurès, menée avec L’ObSoCo et Citeo, publiée le 25 juin 2026.

    #Argent, #temps, #équipement : ce sont généralement les obstacles invoqués avant d’entreprendre des efforts d’#adaptation. Pourtant, l’analyse menée par Diane Blanchard, Marie Gariazzo (L’ObSoCo) et Rozenn Nardin (Citeo) lève le voile sur un angle mort majeur de cette transition : l’#éco-citoyenneté se traduit trop souvent par un surcroît de #travail_domestique invisible majoritairement pris en charge par les femmes.

    #Fatigue

    Faire ses produits ménagers, acheter en vrac, cuisiner davantage ou encore gérer le tri et le compost demandent une #organisation complexe et chronophage. Résultat : une #fatigue_écologique s’installe. Certaines femmes interrogées évoquent un sentiment d’#épuisement, voire de #décrochage.

    « C’est très bien le #do-it-yourself, mais qui prend l’initiative de cela ? […] La question environnementale, c’est une #charge supplémentaire dans la besace de la #charge_mentale et dans les #tâches_domestiques pour les femmes. » note Amandine Clavaud, directrice de l’Observatoire égalité femmes-hommes à la Fondation Jean-Jaurès.

    Injonctions et #culpabilité

    L’étude décortique les #conditions_psychologiques dans lesquelles s’implantent ces nouvelles pratiques : « les hommes et les femmes rencontrés évoluent dans un univers saturé d’attentes, d’exigences et de rôles à tenir ». Les femmes sont face à une accumulation d’#injonctions : être une bonne mère, une professionnelle investie, et désormais une consommatrice exemplaire sur le plan environnemental

    Beaucoup des participantes décrivent un sentiment de fatigue, voire d’épuisement. Elles disent avoir l’impression que leurs #efforts ne sont jamais suffisants. Cette culpabilité est renforcée par une #inquiétude réelle face au dérèglement climatique, particulièrement chez les #mères qui associent directement la dégradation de l’environnement à l’avenir de leurs enfants.

    Répartition inégale

    L’étude montre que les écogestes sont loin d’être répartis équitablement au sein des couples. Les femmes réalisent encore majoritairement les #courses alimentaires, choisissent les produits, surveillent les emballages, organisent les repas et gèrent le tri des déchets. Elles sont aussi les premières à initier de nouvelles pratiques plus durables : achats en vrac, fabrication de produits ménagers, réduction des déchets ou compostage.

    Selon les données citées, 72 % des femmes déclarent s’occuper principalement des courses alimentaires, contre seulement 42 % des hommes.

    Travail invisible des femmes

    Et cette implication reste largement invisible. Les familles disent volontiers « on » « on trie », « on mange bio ». Les autrices analysent que « ce « on » ne révèle rien du « qui fait quoi ? » et agit comme un facteur de minimisation du rôle de chacun ». Derrière cette illusion de partage, elles tranchent : « derrière le « on est écolo », c’est souvent le #travail_invisible des femmes qui en est à l’origine. Les entretiens montrent que beaucoup de femmes minimisent elles-mêmes cette différence avant de reconnaître qu’elles sont celles qui pensent au compost, surveillent le tri ou rappellent les consignes au reste de la famille.

    Politique des écogestes

    L’étude insiste sur un point clé : la #transition_écologique ne pourra pas reposer uniquement sur les efforts individuels, et encore moins sur ceux des femmes.

    Le développement du #réemploi, par exemple, suppose une réorganisation complète du quotidien -stocker, rapporter, laver les contenants. Cette #réorganisation nécessite une réflexion sur le partage des tâches au sein des familles mais aussi et surtout sur les infrastructures avec des points de collecte accessibles, des services adaptés. Faute de quoi, ces nouvelles pratiques risquent d’aggraver les déséquilibres existants et d’être impossibles à faire tenir sur la durée.

    https://www.lesnouvellesnews.fr/canicule-la-charge-ecologique-pese-lourdement-sur-les-femmes
    #genre

    • L’#écologie du #quotidien : les femmes en première ligne

      Alors que la France connaît une canicule historique, force est de constater que l’écologie du quotidien se heurte à un triptyque structurant : argent, temps, équipement. Mais à ces marqueurs sociaux et économiques s’ajoute un angle mort : celui du genre. À partir d’entretiens qualitatifs, Diane Blanchard, cheffe de projet à L’ObSoCo, Marie Gariazzo, directrice à L’ObSoCo, et Rozenn Nardin, directrice innovation et anticipation à Citeo, montrent que la charge écologique repose principalement sur les femmes dans les ménages, accentuant les inégalités femmes-hommes, la fatigue, voire le décrochage.

      https://www.jean-jaures.org/publication/lecologie-du-quotidien-les-femmes-en-premiere-ligne
      #rapport

  • I proletari dell’intelligenza artificiale

    Come fa oggi un sito di commercio online a restituirci tutti i risultati che corrispondono a “maglia verde in seta” che stavamo cercando? Come fa un’auto che si guida da sola a riconoscere un pedone e a non investirlo? Come può Facebook capire che un certo contenuto è violento o pedopornografico e va bloccato? Come si comporta un chatbot per stabilire di quale informazione abbiamo bisogno? In tutti questi casi, la risposta è una: glielo insegna un essere umano.

    Un essere umano che guarda, analizza ed etichetta milioni di dati ogni giorno e li fornisce a quella che comunemente chiamiamo intelligenza artificiale (ia). L’intelligenza artificiale, per poter funzionare, ha bisogno di persone che la addestrino. E i suoi istruttori sono i nuovi proletari digitali. Quelli che si occupano delle mansioni più semplici, che si trovano alla base della piramide lavorativa del settore, i cui piani più alti sono occupati da analisti di dati, ingegneri o programmatori specializzati. Per insegnare all’intelligenza artificiale a riconoscere contenuti, e a crearne di nuovi, è necessario etichettare correttamente i dati, descrivere immagini, trascrivere testi, fare piccole traduzioni, identificare segnali stradali o altri elementi all’interno di immagini. I cosiddetti data labeling, gli etichettatori di dati, attraverso lavori spesso ripetitivi e alienanti, permettono l’addestramento dei software. Senza l’intervento umano, l’ia non sarebbe in grado di operare perché non saprebbe come interpretare i dati che le vengono sottoposti.

    “Quello che viene venduto come intelligenza artificiale è un tipo di apprendimento automatico, significa che bisogna nutrire la macchina con miliardi di dati, e sulla base di questo la macchina impara”, spiega Antonio Casilli, professore di sociologia al Telecom, l’istituto politecnico di Parigi, in Francia. “Per poter funzionare, che si tratti di creare un piccolo filtro di TikTok o software alla ChatGpt, c’è bisogno di masse enormi di dati, che devono però essere trattati, o meglio preaddestrati”. La “P” di chatGpt, che è l’acronimo di Generative pretrained transformer, significa infatti preaddestrato.

    Questo lavoro di preaddestramento è fatto però da persone che non sono quasi mai valorizzate. “Non vengono riconosciuti come i veri autori di questi prodigi tecnologici perché da una parte sono oscurati da professionisti molto più visibili, come i data scientist o gli ingegneri, e dall’altra perché non c’è interesse a far riconoscere l’intelligenza artificiale come una tecnologia labour intensive, cioè che ha bisogno di molto lavoro. L’intelligenza artificiale fa finta di essere una tecnologia che serve ad automatizzare il lavoro, e quindi a risparmiare, mentre invece ne richiede tantissimo”, spiega ancora Casilli.

    A sottolineare il concetto è anche Antonio Aloisi, che insegna diritto del lavoro all’università Ie di Madrid, in Spagna. “È sempre più evidente che l’imperfezione, l’incompletezza, l’inaccuratezza dei risultati, ha bisogno di un passaggio umano, che validi i risultati, che corregga gli errori e che faccia una prima verifica. In molte esperienze con i chatbot non c’è nulla di intelligente, ma soprattutto nulla di artificiale. I dati sono goffi, disfunzionali, per questo c’è bisogno di un ‘badante’ umano”.

    Quello degli istruttori è un lavoro a suo modo specializzato, ma quella specializzazione non è ben pagata, anzi è pagata malissimo. Non c’è interesse da parte delle aziende che reclutano questi lavoratori a riconoscerne le competenze, perché riconoscerle significherebbe pagarle. Casilli, con il suo gruppo di ricerca Diplab del politecnico di Parigi, uno dei tre al mondo che fa ricerca sul campo su questo tema, ha intervistato più di quattromila persone in venti paesi, soprattutto in quelli a basso reddito come Venezuela, Madagascar o Kenya, e ha raccolto e analizzato le esperienze di lavoro delle persone coinvolte.

    “Nella nostra ricerca abbiamo incontrato addirittura persone pagate 0,001 dollaro per ogni azione che compiono durante le loro mansioni. Sono reclutate in paesi talmente a basso reddito che per loro, purtroppo, diventa economicamente interessante svolgere questi compiti pagati male. In Venezuela, dove l’80 per cento della popolazione vive sotto la soglia di povertà e il salario medio è di sei-otto dollari al mese, arrivare a guadagnarne un po’ di più facendo microtask (traduzioni, descrizioni, tagging, sondaggi…) per l’intelligenza artificiale può in effetti rappresentare una prospettiva ed è su questo che fanno leva molte aziende come Google, la OpenAi, la Meta”.

    Si tratta di una catena di approvvigionamento molto lunga. Queste aziende subappaltano il lavoro ad altre, che di solito operano all’estero. “La filiera arriva fino in Asia, in Africa o in America Latina, dove ci sono piccole realtà informali, in cui si lavora in nero, spesso a conduzione familiare, e lì diventa difficilissimo, e a volte perfino pericoloso, investigare. Dobbiamo addentrarci in case, in internet point, in luoghi malfamati, per intervistare queste persone”, spiega Casilli.

    La ricerca di lavoratori avviene anche attraverso degli annunci online. “Vuoi aiutarci a plasmare il futuro dell’intelligenza artificiale? Abbiamo un lavoro al 100 per cento da remoto per te: non è richiesta alcuna esperienza, ma solo la volontà di imparare e contribuire al campo all’avanguardia dell’intelligenza artificiale. Che tu sia agli inizi o un professionista esperto, la nostra comunità ha un ruolo per te! Avrete l’opportunità di contribuire all’addestramento di applicazioni di ia come ia generativa, modelli linguistici di grandi dimensioni, assistenti virtuali, chatbot, motori di ricerca e molto altro ancora”. Questo è solo uno degli annunci che si trovano sui siti di ricerca lavoro per assumere addestratori di sistemi basati sull’intelligenza artificiale. L’antesignana di queste piattaforme è Amazon turk, nata come una sorta di supporto ad Amazon per mettere ordine tra i tantissimi annunci che comparivano sul sito, al caos delle descrizioni. Una bacheca globale per la ricerca di lavoro, con la possibilità di registrarsi e partecipare a queste microtask.

    “Ci siamo imbattuti in situazioni diverse, dall’addestramento dei filtri per la moderazione dei contenuti su Facebook in Kenya allo sviluppo di sindromi post-traumatiche da stress abbastanza forti, a famiglie venezuelane che si organizzano per lavorare senza fermarsi mai”, dice Casilli, raccontando alcune delle testimonianze raccolte sul campo. Certi creano delle piccole fabbriche in casa, dove la mattina lavora il padre, poi è il turno della figlia quando torna da scuola, e la sera la mamma o addirittura la nonna. In Venezuela l’elettricità costa poco, e all’epoca di Chavez era stato lanciato un programma per distribuire computer in tutte le famiglie, quindi oggi un po’ tutti possono lavorare da casa.

    Ci sono addirittura casi di false intelligenze artificiali: aziende che vendono videocamere di sorveglianza basata sull’ia a supermercati, e poi si scopre che non c’è alcuna intelligenza artificiale dietro, ma persone in Africa, pagate pochissimo, che fanno sorveglianza in tempo reale. “Abbiamo passato una settimana in una casa in Madagascar trasformata in fabbrica di dati, con lavoratori ovunque in garage, in soffitta. Erano almeno in 120 in una casa sommersa dalla spazzatura e con un bagno solo, pagati pochissimo e impiegati giorno e notte per far finta di essere un sistema di videosorveglianza basato sull’intelligenza artificiale”, racconta Casilli.

    La paga bassissima, soprattutto se paragonata ai miliardi che girano nell’indotto delle grandi aziende tecnologiche, non è l’unico dei problemi. Un aspetto sottovalutato è quello dei traumi psicologici a cui sono sottoposti i lavoratori. Si tratta spesso di compiti ripetitivi e alienanti, e in molti casi, come nella moderazione dei contenuti sui social network, si ha a che fare con contenuti tossici, violenti, sessualmente degradanti.

    E poi c’è l’instabilità. “Per i data worker uno dei problemi più sentiti, al di là delle paghe basse, è l’ansia di non avere un lavoro costante. Devono essere sempre disponibili. Non hanno alcun controllo sul salario, sul carico e sulle modalità di lavoro. I moderatori sono esposti tutto il giorno a contenuti osceni. Ci possono essere diverse conseguenze psicologiche”, spiega Simone Robutti, cofondatore della sezione berlinese e italiana della Tech workers coalition, un’organizzazione dei lavoratori del settore tecnologico nata per conquistare maggiori diritti e migliori condizioni. Molte di queste persone fanno questo lavoro perché hanno problemi di salute, non possono muoversi da casa. E quindi sono ulteriormente ricattabili, dice Robutti.

    Un altro aspetto del problema lo individua Teresa Numerico, professoressa di logica e filosofia della scienza all’università Roma Tre, secondo cui molti lavoratori firmano degli accordi di riservatezza così restrittivi che hanno addirittura paura di chiedere supporto legale o psicologico. “È per questo che si sa pochissimo di questo sottobosco lavorativo”.

    Il lavoro invisibile

    Spesso, quando si parla delle conseguenze dell’avvento delle intelligenze artificiali nel mondo del lavoro, si vede il pericolo maggiore nella sostituzione degli esseri umani da parte delle macchine. Ma Numerico sposta lo sguardo. “La conseguenza peggiore di questo processo non è tanto che l’intelligenza artificiale ha cominciato a fare il lavoro degli esseri umani, ma che ha incorporato il lavoro umano in modo tale da averlo reso invisibile. Questo produce maggiore potenziale di sfruttamento”.

    Stiamo assistendo da qualche anno alla cosiddetta piattaformizzazione del lavoro, cioè l’utilizzo delle piattaforme digitali e delle app per far incontrare domanda e offerta di lavoro. E sulle piattaforme sono impiegate persone che sono solo un’appendice delle macchine. “Questo li rende oggetto di sfruttamento. In un certo senso sono in competizione con le macchine. Si tratta di lavoratori intercambiabili. I rider sono ‘l’aristocrazia’ di questo processo, perché quantomeno si vedono”, dice Numerico.

    Nel gennaio 2023 Time ha pubblicato un’inchiesta sugli addestratori della OpenAi che guadagnavano meno di due dollari all’ora. L’azienda a cui la OpenAi aveva esternalizzato questo lavoro era la Sama di San Francisco, negli Stati Uniti, che impiega persone in Kenya, Uganda, India e altri paesi a basso reddito. Anche Google, la Meta e la Microsoft fanno così. Quelli assunti dalla Sama per conto della OpenAi erano pagati tra 1,32 e 2 dollari all’ora, a seconda dell’anzianità e delle prestazioni. Si legge nell’inchiesta: “Un lavoratore della Sama incaricato di leggere e analizzare il testo per la OpenAi ha raccontato di aver sofferto di disturbi ossessivi dopo aver letto la descrizione di un uomo che faceva sesso con un cane davanti a un bambino. ‘È stata una tortura’, ha detto”. Gli etichettatori di dati più giovani ricevevano uno stipendio di 21mila scellini kenioti (170 dollari) al mese.

    Come si vede dal racconto di Time, quando si parla di proletariato digitale esiste una divisione tra nord e sud del mondo. “Le grandi aziende che sviluppano e usano queste tecnologie hanno sede nei paesi ricchi. Ma chi completa manualmente queste attività è quasi sempre in Africa, in India. Anche perché le barriere all’ingresso sono poche: basta avere una connessione e una padronanza della lingua inglese”, spiega Aloisi. Numerico è d’accordo: c’è un tema di colonizzazione e razzializzazione.

    Come funziona in Italia

    “Anche in Italia troviamo annunci di lavoro in questo settore, che vanno dai 7 ai 15 euro l’ora”, spiega Aloisi.

    Secondo Casilli, poi, in Italia c’è qualche azienda un po’ più specializzata, per esempio nel trattamento di immagini per le radiografie e sistemi medici. “Ma la realtà è che non significa necessariamente che i lavori siano pagati meglio. L’Italia resta un paese in cui la difesa dei diritti dei lavoratori è sostanzialmente disattesa e ci sono situazioni di estrema precarietà”.

    Casilli anticipa i risultati di un’inchiesta del suo gruppo di ricerca, che sarà pubblicata tra qualche mese. I tre paesi europei più interessati dal fenomeno degli addestratori di sistemi di intelligenza artificiale sono la Spagna, il Portogallo e subito dopo l’Italia. Tanti lavoratori coinvolti, come in Italia, sono immigrati, che non hanno accesso al mercato del lavoro regolare e che trovano almeno una fonte di reddito, anche se scadente, in condizioni terribili, con addirittura il rischio enorme di non essere pagati. Sono persone che arrivano in Italia dall’Africa, dall’Asia, dal Sudamerica.

    Un’ulteriore faccia della stessa medaglia la evidenzia Numerico: “Per quanto riguarda l’addestramento in lingua italiana, spesso non è impiegato chi vive in Italia, ma chi parla italiano e vive all’estero, come per esempio in Nordafrica o in Albania”.

    Tutti questi lavoratori è come se si trovassero nel ventre di una balena e – a differenza di altri, come per esempio i rider – sono più difficili da tutelare, proprio perché invisibili. “Il primo passo è cominciare a far emergere la loro presenza, e poi avviare le lotte sindacali per trattamenti equi”, spiega Numerico, che individua nel lavoro da remoto un ostacolo, ma anche un modo per aggirarlo: la tecnologia potrebbe mettere in comunicazione queste persone dislocate in vari paesi e accomunate dal fatto di subire le stesse condizioni lavorative.

    In questo processo di piattaformizzazione il datore di lavoro scarica le proprie responsabilità, spiega Numerico. Non essendo un tipo di impiego subordinato, il datore non solo paga poco, ma non mette a disposizione dei lavoratori né i mezzi di produzione né gli spazi, e non si assume alcun rischio. Tuttavia, si prende il profitto che ne risulta. “Il lavoratore si assume tutti i rischi e deve anche pagarsi i mezzi per poter lavorare. Si crea uno spazio le cui regole sono dettate da chi detiene il controllo su quello spazio. Il datore di lavoro è evanescente”, conclude Numerico.

    Robutti della Tech workers coalition spiega che l’obiettivo dell’organizzazione è mostrare che ci si può sindacalizzare e organizzare anche nel settore della tecnologia digitale. Solo dieci anni fa non era realistico, c’erano veramente pochi esempi e nelle aziende del digitale non c’era la presenza di sindacati come in quelle tradizionali. “Ad oggi non c’è ancora un modo forte e consolidato con cui sindacalizzare i data worker. Si tratta spesso di persone che lavorano in subappalti di subappalti. Hanno pochissimo potere e per loro è molto complicato organizzarsi. Adesso che i rider hanno ottenuto molte più tutele rispetto a dieci anni fa, i sociologi del lavoro e gli accademici hanno cominciato a occuparsi dei data worker”.

    Un esempio virtuoso di sindacalizzazione lo racconta Casilli, spiegando che in Germania i sindacati sono molto attivi al fianco dei lavoratori del settore digitale già dal 2016. Anche in Kenya, dove per esempio la OpenAi ha fatto addestrare ChatGpt, ci sono grandissimi movimenti sindacali che coinvolgono i lavoratori del settore. Anche in Brasile ci sono pressioni per approvare norme che contengano misure per tutelarli. In Italia la situazione è meno rosea, conclude Casilli. “È difficile far vedere una popolazione invisibile”.

    Alessio De Luca, responsabile del Progetto lavoro 4.0 Cgil nazionale, spiega perché è così complicato anche per il sindacato tradizionale intervenire a tutela di questo tipo di professioni. Si tratta di un gruppo molto complesso, variegato ed esteso, e ogni giorno nascono e crescono una serie di nuove figure difficili da inquadrare, che lavorano direttamente con le piattaforme e non sono facilissimi da intercettare e organizzare. “Attraverso Apiqa, la nostra associazione che si occupa di lavoro autonomo, stiamo provando a stilare una serie di proposte normative. Le difficoltà maggiori riguardano l’individuazione della remunerazione e dei minimi salariali di questo ‘mondo di mezzo’. Bisognerebbe avere più strumenti possibili, a partire dai controlli: chi deve intervenire? Il garante? L’ispettorato del lavoro?”, si domanda De Luca. “Al momento stiamo immaginando proposte normative come l’equo compenso e trattamenti welfare e previdenziali. Il problema però è che si ragiona sempre dentro vecchi perimetri”.

    A livello europeo, spiega Aloisi, l’attenzione su questi fenomeni è cresciuta. Tra marzo e aprile è stata approvata ladirettiva piattaforme, la direttiva europea per il miglioramento delle condizioni dei lavoratori coinvolti nel settore e che in parte tutela i sottoproletari dei dati. La strada da seguire rimane quella dell’uscita dall’invisibilità, per poter agire e trovare soluzioni concrete al precariato e allo sfruttamento.

    https://www.internazionale.it/reportage/laura-melissari/2024/08/06/intelligenza-artificiale-lavoratori-sfruttamento
    #travail #conditions_de_travail #AI #IA #intelligence_artificielle #prolétariat #nouveau_prolétariat #data_labeling #données #soustraitance #sous-traitance #délocalisation #data_workers #travail_invisible #travailleurs_de_données

  • Quand la crise sanitaire interroge le travail invisible. Le cas des employé·e·s domestiques

    Les mesures strictes de confinement ont fait couler beaucoup d’encre chez les journalistes et les chercheur·e·s, dans la presse, notamment à propos de l’utilité sociale des métiers et de leurs hiérarchies symbolique et économique. Si les soignant·e·s de la fonction publique hospitalière sont au premier plan, ce sont aussi d’autres métiers habituellement invisibles qui sont mis en lumière : les caissières, les éboueurs, ou encore les travailleur·e·s du bâtiment et les aides à domicile. C’est à propos de ces dernières, et plus largement des travailleur·e·s qui prennent soin des autres et font le travail domestique chez les autres, qu’il s’agit ici d’apporter quelques pistes de réflexion pour la recherche sociologique. La crise actuelle exacerbe en effet les problématiques du travail domestique à domicile rémunéré, et est une occasion de (ré)affirmer ce vers quoi les nouvelles recherches sur ce travail peuvent s’orienter.
    Depuis les années 1980 aux États-Unis, et la fin des années 1990 en France, le paradigme sociologique du #care marque une partie des travaux qui portent sur les métiers du soin à autrui et plus spécifiquement sur les emplois à domicile. Les chercheur·e·s qui s’inscrivent dans ce paradigme ­ des sociologues, philosophes et psychologues principalement ­ prônent une « société du care » et une « éthique du care » qui dépassent les enjeux scientifiques théoriques pour des applications politiques concrètes qui viseraient, entre autres, à redéfinir les valeurs du travail et les relations professionnelles…

    https://www.cairn.info/revue-societes-contemporaines-2019-4-page-213.htm

    #confinement #travail_domestique #travail_invisible #travail #covid-19 #coronavirus

  • Il y a vraiment quelque chose que je ne comprends pas. On n’arrête pas de nous expliquer que les masques artisanaux, ainsi que ceux en papier, ne servent pas se protéger soi-même, mais à éviter de contaminer les autres :
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-l-article-a-lire-si-vous-comptez-vous-munir-d-un-masque-gra

    Comme l’a rappelé Sibeth Ndiaye sur franceinfo, lundi 20 avril, il n’y a "pas de consensus scientifique à ce stade sur l’utilité de l’utilisation du masque pour tous les Français". Plus précisément, les spécialistes s’accordent à dire qu’une protection en tissu n’est pas suffisante pour empêcher une personne d’être contaminée par le Covid-19. Mais elle permet de freiner la propagation de l’épidémie, en limitant les projections de gouttelettes dans lesquelles se trouvent le coronavirus.

    Mais dans ce cas, pourquoi ce luxe de précautions (ne les tenir que par les élastiques…), pourquoi le lavage compliqué… ? Puisque de toute façon le masque de nous protège pas nous-même ?

    • Ce qui m’embête c’est que ce n’est pas que Sibeth. Un peu partout ça explique à la fois que les masques sont destinés à éviter de contaminer les autres, mais que ça ne protège pas le porteur, et en même temps qu’il faut faire super-attention à comment on le manipule (genre sinon on risque d’être contaminé ? alors qu’on n’est de toute façon pas protégé par le masque ?).

    • Ah non en fait, ceux-là disent qu’« en théorie », le masque est efficace également pour le porteur :
      https://www.liberation.fr/checknews/2020/04/23/ce-schema-viral-sur-l-efficacite-des-masques-est-il-juste_1785952

      Bertrand Dautzenberg et Rémi Reuss s’accordent à dire que les protections établies selon le cahier des charges de l’Afnor fonctionnent « de la même manière dans les deux sens ». En théorie, donc, ce type de masques, bien porté, pourrait également filtrer à 70% les particules reçues dont la taille est supérieure ou égale à trois microns. En appliquant cette donnée au cas numéro 1 (où une personne porteuse d’un masque fait face à une personne contaminée), cela réduit le risque, sans permettre là non plus de donner de valeur précise. « Pour les particules plus fines, plus légères, qui demeurent après un éternuement par exemple, le masque ne sera d’aucune aide » prévient Rémi Reuss. De même, des particules émises par la personne malade pourront se déposer sur le masque, et le risque de contagion dépendra largement du fait que la personne qui le porte le touche avec ses mains, et se frotte les yeux, par exemple.

    • C’est pas « théorique », de nombreux éléments le démontre, même si ce n’est pas la panacée sans être articulé à l’emploi d’autres moyens (test, recherche, soin plus médicaux). Toutes ces bêtises visent à prolonger la dépossession des concernés, à conforter leur monde.
      C’est dans le même mouvement qu’on dit que ça ne sert à rien et que c’est très compliqué. Deux mensonges grossiers pour disqualifier ce que Lucien Bonnaffé nommait (en matière de pathologies mentales) le « potentiel soignant du peuple ». Tout ne vilipendant l’"assistance", on nous demande de nous en remettre à l’État, « la science », l’hôpital, quitte à agrémenter ça d’un « lavez vous mes mains » et d’un contrôle d’un confinement parfaitement incohérent en termes sanitaires, dans les modalités totalement contradictoires dans lesquels il est établi, des modalités insensées (et je ne parle pas que du maintien d’activités productives inutiles et nuisibles). La seule égalité qui leur importe c’est que l’on soit aussi incohérent qu’un État qui désorganise le soin et la prévention. Ainsi, on s’est focalisé sur un indicateur ultra technique (la réa et la saturation de ses capacités, alors que seuls 30% des personnes placées en « ventilation intensive » survivent...) sans jamais se fonder sur la mise en oeuvre de pratiques sociales partageables. Et en s’attaquant à celles qui se mettent en place (amendes contre des protagonistes d’action de solidarité, interdiction policière de distributions de vivres). Les gestionnaires du capital haïssent la démocratie réelle dans ce qu’elle a de productif. Il faut défendre l’anti-production capitaliste, par tous les moyens nécessaires.

      Dans bon nombre de collectifs, il ya eu des recherches sur les données scientifiques et techniques concernant les masques, jetables et lavables. Si je potasse la doc qui a été éclusée, « consensus scientifique » ou pas (les défenseurs de la pénuries, les défenseurs des professionnels de la profession, les scientistes les plus craignoss, etc), dont une partie est d’ailleurs ici même, j’essaierais de faire un point sur la filtration des particules selon les matériaux.
      Il n’y aucune protection absolue (même avec blouses, gants FFP2, etc), d’autant que la théorie souffre des errements inévitables de la pratiques des mieux informés et formés.
      Mais il y a un moment ou un minimum de logique suffit : si on enlève mal un masque en le touchant, un lavage de main immédiat, systématique et un tant soit peu technique, suffit à éviter que ce manquement ait des conséquences.
      Ce qui leur importe c’est de sauver ce qu’ils peuvent de leur légitimité, ils ont beau détruire l’hôpital depuis 50 ans, l’hospitalisme-centrisme reste leur geste barrière contre l’appropriation collective d’une prévention (dont ils se foutent bien que ça épargnerait un pan du pognon de dingue des soins) et de la santé, qu’il faut comme le reste déléguer à d’autres.

      #nuage_de_Tchernobyl

    • Masques

      Point de vue généraux, épidémiologistes et autres professionnels contribuant au soin
      https://seenthis.net/messages/840915
      https://seenthis.net/messages/837114
      https://seenthis.net/messages/837114

      Masques en tissu : données technico-pratiques (à compléter car nous avons utilisé d’autres sources que je n’ai pas retrouvé ou signalé ici, et que des patrons bien plus ergonomiques et sûrs sont désormais au point, après plusieurs prototypes, série, lectures, confrontations)
      https://seenthis.net/messages/832910

      Argument basique, soit les soignants sont stupides de réclamer des protections, soit c’est appuyé sur une longue histoire (asepsie, hygiène, prévention bactériologique). Si on dit que les quidams en ont pas besoin c’est non seulement en raison de conditions pratiques (je suis pas secrétaire, technicienne de surface ou réanimateur dans un service covid ) mais parce qu’on veut faire du soin une activité à part réservée (les autres sont des aidantes, au mieux). Il suffit de voir à quel point même ce qui est médical (cliniques privés) ou paramédical hors hôpital a pas été mobilisé (on voit que les test sérologiques vont aux machines dédiées Abbot et pas aux labos vétos qui pourraient le faire sans ce monopole).

      Il en découle que qui est est susceptible d’être en contact avec des bipèdes contaminés dont la majorité ne présente pas de symptômes, quiconque est contraint de fréquenter des lieux confinés (cage d’escalier, ascenseur, commerce, transport, bureau, etc) ou gouttelettes et aérosols peuvent contenir le corona virus peut trouver bénéfice à une protection du même type, même si entre un FFP2 bien utilisé (notons que ça se fait à plusieurs dans le meilleur des cas, voir des photos de préparation d’entrée en "zone covid") qui protégerait à 98 ou 99% et un masque en tissu qui selon les versions (avec ou sans filtre) protège de 70 à 90% et plus. Mais dans la vie extra hospitalière, ces mesures sont théoriques (réalisées expérimentalement par des tests) : si on a pas d’accident, que la distance physique est maintenue sauf moments très brefs (croiser de trop près quelqu’un au supermarché, etc), on peut penser que de très nombreuses contaminations sont évitées.

      De plus, au lieu de nous gendarmer jusqu’à la lie, de telles pratiques, parce qu’elles impliquent des échanges, de la relation, permettent une #appropriation_collective des données sanitaires, de la connaissance de l’épidémie et du virus, des gestes barrières, non pas par une pédagogie descendante (dont on voit actuellement comment elle est littéralement insoutenable, la confusion et les contradictions des messages officiels, conduisent à faire n’importe quoi, car rien ne vaut) mais par un apprentissage en commun, par l’expérience partagée, dite, remise en cause, contradictoire.

      Ils veulent du "travail bénévole" (comme ils disent) quitte à l’imposer, mais se refusent à reconnaître l’apport du #travail_invisible (sauf quand il parviennent à le transformer en support de profit).

      Depuis la mobilisation contre la loi travail, il y a eu tout un taff de fait sur les masques (lacrymos) dans divers réseaux et collectifs, il y a une expérience,des fabrications (de masques avec valves, qui convienne pas pour le corona, mais sont plus respirants, ce qui permet de bouger davantage). C’est remis en chantier depuis début mars avec l’arrivée de l’épidémie. (j’ai d’ailleurs tendance à penser que c’est aussi la difficulté à gouverner une population masquée qui inquiète après des années de mobilisations peu enclines à pactiser avec l’ordre social).
      La production, l’intelligence, l’inventivité sont sociales, collectives, ça se vérifie fort bien parmi des minorités. L’étatisme d’aujourd’hui ne sait plus composer avec ces dimensions collectives, il ne sait qu’individualiser. Même la Chine avec ses atroces "comité de quartiers" remis en route face au Covid 19 permet de vérifier qu’il n’y aura pas de politique sanitaire sans une implication populaire active (même partielle, et au pire, instrumentale et odieuse). On en a pour un an ? deux ans ? Et il faudrait attendre "la solution médicale" tout en faisant le plus possible comme avant. No way. Demain commence aujourd’hui.

      Quant à eux, tous autant qu’ils sont du côté de la gouvernementalité (média inclus donc), il leur arrive de parler vrai ( « J’assume de mentir » de Sibeth Ndiaye quand ils ne brouillent pas les pistes (« Mon ennemi, c’est la finance », Hollande). Il sont très occupé à ruiner ce que l’on sait ou peut savoir pour mieux commander. N’oublions pas d’en tenir compte.

      #masques #care #valeur_d'usage

    • Le masque chirurgical protège efficacement les soignants contre COVID-19
      https://www.infectiologie.com/UserFiles/File/spilf/recos/choix-des-masques-14-avril-2020.pdf

      Les masques chirurgicaux recommandés dans les précautions complémentaires Gouttelettes ont deux objectifs
      1.Protéger ceux qui les portent contre le risque de contact entre des gouttelettes > 5 μm contenant des microorganismes et les muqueuses du nez et de la bouche
      2. Porté par un patient atteint d’une infection respiratoire, prévenir la contamination de l’entourage en retenant les gouttelettes émises lors de la toux, des éternuements et de la parole.

      [...]

      Il est maintenant admis que la transmission de SARS-CoV-1 est très majoritairement assurée par des grosses gouttelettes. Des travaux chinois ont montré qu’un placement des lits des patients à plus d’1,50 m dans une salle commune était un facteur fortement associé à l’absence de transmission du virus (5). En revanche, les manœuvres invasives respiratoires génèrent des aérosols de petites particules nécessitant le port d’un masque FFP2, afin de protéger les professionnels de soins d’une transmission (6, 7).

      Je ne suis pas sûr que la première affirmation du dernier paragraphe est partagée par tout le monde.

    • Le Pharmachien canadien a bien expliqué pourquoi il ne fallait pas considérer que ça protégeait le porteur :
      http://lepharmachien.com/masques

      Ça protège peut-être un peu… mais pas trop… et donc il ne faut pas considérer être protégé quand on porte un masque artisanal, sinon ça va laisser penser qu’on peut se rapprocher les uns des autres, yolo on danse sur le dancefloor alors que non. Le seul truc dont on est sûr c’est que ça capte une grosse partie de TES gouttelettes quand tu parles et tousses qui n’iront pas sur les autres ou même juste dans l’air (qui ensuite seraient attraper par les passants).

      Le lavage bah c’est parce que tu le salies toi-même en parlant et toussant dedans, et après tu le manipules avec tes mains, et donc tu fous du virus sur tes mains et ensuite sur le mobilier où tu vas etc. Donc si tu fais attention à pas le manipuler n’importe comment et que tu le laves à température désinfectante régulièrement, tu diminues drastiquement le fait d’en mettre partout ailleurs, aucun rapport avec ta protection à toi : c’est toujours pour les autres.

    • Widely Used Surgical Masks Are Putting Health Care Workers at Serious Risk - Scientific American
      https://khn.org/news/widely-used-surgical-masks-are-putting-health-care-workers-at-serious-risk

      The allowance for surgical masks made more sense when scientists initially thought the virus was spread by large droplets. But a growing body of research shows it’s spread by minuscule viral particles that can linger in the air as long as 16 hours.

      A properly fitted N95 will block 95% of tiny air particles—down to three-tenths of a micron in diameter, which is the hardest to catch—from reaching the wearer’s face. But surgical masks, designed to protect patients from a surgeon’s respiratory droplets, aren’t effective at blocking particles smaller than 100 microns, according to mask maker 3M Corp.

  • Invisible pénibilité du travail féminin

    Pour faire passer le recul de l’âge de la retraite, le précédent gouvernement français avait promis la création d’un compte personnel de pénibilité, ouvrant le droit à un départ plus précoce. Non seulement les critères ont été réduits par l’actuelle équipe, mais la plupart avaient été définis en fonction du travail masculin. Les facteurs de risques encourus par les femmes demeurent occultés, comme les gestes répétitifs ou les tâches liées au nettoyage et aux services à la personne. (...)

    Construite dans des branches comme le bâtiment, la chimie ou la métallurgie, la notion de pénibilité s’est d’abord définie en fonction de critères masculins. « Les recherches ne sont quasiment jamais faites dans une perspective de genre, constatait le Conseil économique, social et environnemental (CESE) en 2010. L’impact des facteurs de risques au travail sur la santé des femmes conserve ainsi à bien des égards un caractère d’invisibilité entraînant méconnaissance ou sous-estimation et donc faible prise en compte. » (...)

    Si les accidents du travail avec arrêt baissent globalement de 15,3 % entre 2001 et 2015, ils progressent pour les femmes.

    #retraite #pénibilité #travail #travail_féminin #travail_invisible #risque #femmes #gestes #tâches #nettoyage #accidents_du_travail #genre #santé

    https://www.monde-diplomatique.fr/2017/12/ANDRZEJEWSKI/58205

  • Résister à la domination dans le nettoyage - Les Utopiques
    http://www.lesutopiques.org/resister-a-domination-nettoyage

    Le secteur du nettoyage constitue depuis son apparition au milieu du XIXe siècle, et son fort développement à partir des années 701, un secteur où les formes de résistances ouvrières n’ont suscité que peu d’intérêt de la part des chercheurs, mais aussi du mouvement syndical. Les premiers se sont le plus souvent contentés d’enfermer les nettoyeurs et les nettoyeuses dans une position d’exploités, sans chercher à interroger les mécanismes de cette exploitation et les résistances qui s’y opposaient. Le second, encore aujourd’hui, peine à sortir d’une double impasse. Tantôt, il a organisé les nettoyeurs « par le haut », ce qui explique encore de nos jours le rattachement des nettoyeurs à la CGT Ports et Docks par exemple. Tantôt, il s’est trouvé confronté à des pratiques contestables allant du détournement de fonds à la collusion plus ou moins directe avec le patronat de certaines structures. Si les expériences de syndicalisme sincère et efficace existent fort heureusement (on en trouvera une analyse dans le récent ouvrage de C. Nizolli), elles restent trop peu visibles, et souvent limitées à une partie du secteur (essentiellement sur des sites regroupant beaucoup de nettoyeurs et nettoyeuses au même endroit). C’est pourquoi, dans l’idée d’aider ces syndicalistes sincères à poursuivre leur action et à l’amplifier, je propose de nous intéresser à ce que sont concrètement les résistances au travail dans ce secteur.

    Pour cela, je m’appuierai sur une enquête menée par immersion dans le cadre de ma thèse. Pour cette enquête, qui repose par ailleurs sur des analyses quantitatives de l’enquête emploi de l’INSEE et des entretiens, je me suis fait moi-même nettoyeur, et j’ai travaillé dans trois entreprises aux côtés de celles et ceux qui assurent ces tâches quotidiennement. La première de ces entreprises, appelée ClariNet, est une entreprise d’environ 30 salarié-es, travaillant essentiellement pour le compte de DiscountPlus, une chaîne de supermarchés. La seconde, nommée Les Bambins heureux, est une crèche où une partie du travail de nettoyage (celle pour laquelle j’étais recruté) est toujours internalisée. La troisième, que je nomme Valévol, est une agence d’un très grand groupe du secteur, travaillant notamment pour un hôpital de banlieue parisienne.

    #enquête #nettoyage #freinage #travail #travail_invisible #grève