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    Migrants et travailleurs agricoles saisonniers en France, comment ont-ils vécu cette expérience ?
    Par RFI Publié le : 12/10/2026
    Certains étaient des étudiants, d’autres des enseignants ou encore des comptables dans leur pays d’origine. Une fois arrivés en France, ils se sont retrouvés dans les travaux agricoles saisonniers. Quelles conditions de travail ont-ils rencontrées ? Pourquoi ont-ils accepté ces emplois ? Et comment ont-ils vécu cette expérience. RFI s‘est entretenue avec ces anciens travailleurs agricoles.
    69 - FRANCE [Dossier 1/2] _Enrobé Migrants d’origine subsaharienne dans les travaux agricoles en France -
    Arrivés en France, beaucoup d’entre eux s’engagent dans les travaux agricoles saisonniers, le temps de trouver un emploi ou pour financer leurs études. Djibril Djire, âgé d’une quarantaine d’années est originaire du Sénégal. Il fait partie de ces anciens travailleurs saisonniers : « Je suis arrivé en France en 2010. Pendant les vacances, on travaille tous les jours dans les champs. Quand on est étudiant et qu’on n’a pas un autre travail, cela nous permet de payer au moins les frais d’inscription. Parmi nous, il n’y avait pas que des étudiants, il y avait aussi des pères et des mères de famille ».
    Mamadou Diedhiou, qui est actuellement informaticien a fait les vendanges en France. Il déplore les conditions de travail de ces migrants saisonniers dans les exploitations agricole : « Pour moi, ce n’est pas un travail humain parce que c’est comme si on était chronométrés. Ce sont des conditions qui restent dures et au-delà de cet aspect, je vois une certaine condescendance et un certain mépris de la part des propriétaires. Pour moi, ce ne sont pas des conditions de travail dignes ».En France, le nombre d’ouvriers agricoles étrangers représente plus d’un tiers de la main d’œuvre agricole. En 2024, leur nombre était estimé à 250 000 provenant majoritairement d’Europe de l’Est, du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne.

    #Covid-19#migrant#migration#france#economie#agriculture#travailleurmigrant#saisonnier#droit#sante

  • Est-il vrai qu’autrefois les migrations n’étaient pas aussi nombreuses ?
    ▻https://www.youtube.com/watch?v=R39EikLlXR4

    La migration apparaît aujourd’hui comme un phénomène sans précédent. Pourtant, un regard sur l’histoire le montre : l’Homme s’est toujours déplacé, et ce dans une plus grande mesure que nous ne le pensons souvent. Depuis Homo sapiens et Néandertal aux légionnaires romains, des vagues d’émigration vers l’Amérique du Nord et de la Partition des Indes au programme Bracero aux États-Unis, un voyage au cœur de l’un des débats de société les plus controversés du moment.

    #mythe #migrations #réfugiés #préjugés #migration_de_masse #histoire #frontières #homo_sapiens #archéologie #mouvement #mobilité #homo_migrans #nomadisme #sédentarité #émigration_européenne #Etats-nations #symboles #identité #frontières_nationales #altérité #migration_forcée #Huguenots #déportation #expulsion #traite_des_esclaves #Inde #sous-continent_indien #Radcliffe #Cyril_Radcliffe #religion #Pakistan #mémoire #silence #Allemagne #travailleurs_immigrés #Etats-Unis #braceros #racisme #wetbacks #3% #eurocentrisme #ressources_pédagogiques #vidéo #film

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    #Ligne_Radcliffe

    La ligne Radcliffe est la ligne de partition entre les dominions de l’Inde (ou « Union indienne ») et du Pakistan (ce dernier incorporant alors l’actuel Bangladesh, qui formait alors une province pakistanaise sous le nom de Bengale oriental) qui deviendra, à l’indépendance de ces deux pays le 15 août 1947, leur frontière commune.

    Son tracé, qui inclut donc les actuelles frontières indo-pakistanaise et indo-bangladaise (créant de nombreuses enclaves indo-bangladaises), a été déterminé par une commission frontalière présidée par Sir Cyril Radcliffe (assisté de deux hindous et de deux musulmans) et dont la tâche était de décider d’une répartition équitable des habitants et territoires entre les deux futurs États.

    ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Ligne_Radcliffe

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    #Programme_Bracero
    Le programme Bracero représente une série de lois du

    travail aux États-Unis entre 1942 et 1964 octroyant un nombre limité de permis de travail temporaires à des ouvriers mexicains car la Seconde Guerre mondiale entraînait un besoin en bras supplémentaires (dans l’agriculture mais aussi le ferroviaire).

    Le terme bracero est dérivé de l’espagnol « brazo » signifiant « bras », pour désigner celui qui vit de sa force de travail. Depuis, il désigne des travailleurs originaires du #Mexique ayant migré en Californie pour y travailler dans les champs ou les usines, souvent en situation de semi-clandestinité[1]. Le terme est proche de « wetback » (« dos mouillé »), qui caractérise les migrants traversant la frontière par le Rio Grande.

    Par extension, ce terme peut faire référence à un coupeur de canne haïtien travaillant dans un batey de République dominicaine.

    ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Programme_Bracero

    ping @karine4 @reka

  • Abroger Parcoursup - La démonstration du professeur et physicien Bruno Andreotti
    ▻https://www.youtube.com/watch?v=vrxSFNvCRdY

    « ça sera dans parcours sup, rire en classe, être absent (...) l’institution produit un ressentiment scolaire » (carburant du vote RN)

    #Parcoursup #université #ORE (Vidal : Skema Business School) #recalés_de_parcoursup #filières_pros #apprentissage (financé à hauteur de 28 milliards suite à la réforme Penicaud / Galliléo) #enseignement_supérieur_privé #alternance #école #Bac_Blanquer (Véolia) #sélection par le #contrôle_continu et les #options #néo-management #capital_de_compétences #revenu_escompté #travailleurs_indépendants #travail

    edit en août 2026

  • Travailler ne suffit plus : comment la France est entrée dans un long hiver salarial | Alternatives économiques
    ▻https://www.alternatives-economiques.fr/travailler-ne-suffit-plus-comment-la-france-est-entree-dans

    « Si nous voulons que la pauvreté ne soit plus une impasse définitive, nous devons permettre à tous de retrouver le chemin du travail. » Ainsi s’exprimait, en septembre 2018, le jeune président Emmanuel Macron, annonçant sans détour ce qui sera le principal axe de sa lutte contre la pauvreté pendant dix ans : l’incitation à l’activité économique, sous toutes ses formes, et à tout prix.

    Hélas, alors que l’heure du bilan approche, le pari se révèle perdant. Le nombre d’emplois a eu beau progresser significativement depuis son arrivée à l’Elysée (+ 2,6 millions d’emplois au dernier pointage, tous statuts confondus), cela n’a pas empêché le nombre de pauvres d’atteindre un niveau record (9,8 millions de personnes, soit 1,2 million de plus que lors de son élection).

    ►https://justpaste.it/g8ao8

    #salariat #précariat #travailleur·euse·s_pauvres #politique_de_l'offre #mondialisation #désindustrialisation #capitalisation #Thomas_Piketty

    • J’ose même plus traverser la rue pour trouver du travail de peur de me prendre un coup de LBD dans la gueule.
      « On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas »
      ▻https://seenthis.net/messages/701671

      « Je vais faire un constat qui est de dire : on met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif. Toute notre politique sociale, c’est qu’on doit mieux prévenir – ça nous coûtera moins, ensemble – et mieux responsabiliser tous les acteurs », s’écrie le président. « Les gens pauvres restent pauvres, ceux qui tombent pauvres restent pauvres. On doit avoir un truc qui permet aux gens de s’en sortir. Par l’éducation… », poursuit-il.

      par l’éducation ? Bravo champion, après les gilets jaunes il a réussi à mettre les gosses dans la rue. Quel bilan, mes aïeux !

  • [Info « Splann ! »] Ils « mangeaient de la poussière », d’anciens ouvriers d’Imerys #Glomel brisent le silence autour des silices cristallines cancérogènes
    ▻https://splann.org/imerys-glomel-poussieres-cancerogenes

    Des intérimaires qui « mangent » littéralement la poussière. Des salariés qui quittent l’usine comme on arrête « un #poison ». Avec cette nouvelle alerte concernant la mine #Imerys de Glomel, on vous révèle, vidéos, photos et témoignages à l’appui, ces conditions de travail qui ont poussé un ancien #ouvrier à déposer une plainte contre la #multinationale. L’article [Info « Splann ! »] Ils « mangeaient de la poussière », d’anciens ouvriers d’Imerys Glomel brisent le silence autour des silices cristallines cancérogènes est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Santé_publique #accident_du_travail #cancérogène #cédric_gouagout #centre-bretagne #Climate_Whistleblowers #Côtes_d'Armor #intérim #lanceur_d'alerte #poussières #santé_au_travail #silice_cristalline #toxicité #travailleurs

  • Singapour, un rêve qui ne tient pas ses promesses pour les travailleurs migrants
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/04/singapour-un-reve-qui-ne-tient-pas-ses-promesses-pour-les-travailleurs-migra

    Singapour, un rêve qui ne tient pas ses promesses pour les travailleurs migrants
    Majoritairement originaires d’Inde ou du Bangladesh, ils s’endettent lourdement pour venir dans l’espoir de faire vivre leur famille, avant de déchanter face aux salaires et aux conditions de travail très éloignés de ce qui leur avait été promis.
    Par Brice Pedroletti (Singapour, envoyé spécial)
    Publié hier à 04h00, modifié hier à 14h17

    Raman, Arif et Kabir (les prénoms ont été modifiés) ont tous les trois 25 ans et sont originaires du Bangladesh. Ils donnent rendez-vous au centre de loisirs de Tuas Sud, un espace où les travailleurs migrants comme eux peuvent se détendre après le travail. Il y a des étals de nourriture, des tables pour pique-niquer, un terrain pour jouer au foot et au basket. Tuas est une immense zone industrielle au sud-ouest de Singapour gagnée au fil des ans sur la mer. C’est là que se construit un nouveau port en eaux profondes. Là aussi que se succèdent des dizaines d’usines, de chantiers navals, d’entrepôts.
    A la nuit tombée, ce gigantesque mécano industriel s’immobilise, la circulation est quasiment nulle, et la seule activité à la ronde provient de ces travailleurs migrants venus d’Asie du Sud, en majorité des Indiens tamouls et des Bangladais qui vaquent entre leur dortoir, où logent 9 000 personnes, et la zone de loisirs.
    Chaque matin, des dizaines de camionnettes les embarquent vers les chantiers de la cité-Etat de 6 millions d’habitants, l’un des pays au produit intérieur brut par habitant le plus élevé au monde – plus de 107 000 dollars, selon le Fonds monétaire international. Dans leur dortoir, les trois compères partagent une chambrée de douze, sans climatisation. Peu importe : la chaleur, ils y sont habitués. L’ennui, c’est que rien ne s’est passé comme prévu. Ils ont même démissionné de leur emploi et saisi la justice. Pour réaliser leur rêve de venir, chacun avait versé 7 000 dollars de Singapour (4 740 euros) à un intermédiaire au Bangladesh pour un contrat de treize mois. Mais une fois sur place, leur employeur, Wee Seng Marine, leur a imposé de tout autres conditions que celles promises. « Le patron de l’entreprise a dit : “Si vous ne signez pas, vous repartez.” Vous croyez qu’on a eu le choix ? », demande Raman.
    Le salaire de base était de 450 dollars par mois – une pitance –, dont l’employeur déduisait 150 dollars pour le dortoir, contre 50 prévus initialement. Et ce n’est pas tout : « Nous n’avions ni décompte d’heures ni fiche de paie. A Singapour, les heures supplémentaires doivent être majorées de 50 %, et payées le double le dimanche. En réalité, tout était comptabilisé au tarif normal. Comment vouliez-vous qu’on aide nos familles ? », s’indigne Raman. Les conditions de travail étaient à l’avenant. Le soir, le trajet retour prenait deux heures car la camionnette multipliait les arrêts.
    Les trois amis, venus des campagnes proches de Dacca, la capitale du Bangladesh, pour faire vivre leurs proches, ont donc fini par décider de ne pas se laisser faire. Fin août, ils ont pu exposer leurs griefs, pour la deuxième fois, devant l’équivalent local des prud’hommes, sans avocat. La procédure étant en cours, citer leur nom réel risque de les placer sur liste noire, prévient l’Humanitarian Organization for Migration Economics (HOME), l’ONG locale qui les soutient et prend en charge une partie de leurs frais de subsistance.
    L’exercice est délicat. « Les travailleurs dont la plainte est jugée fondée peuvent chercher un autre employeur, mais les nouveaux frais de recrutement risquent d’aggraver leur endettement. De plus, les chefs d’entreprise peuvent laisser un avis sur le système officiel des permis de travail, une forme de représailles qui décourage d’autres recrutements », reconnaît Stephanie Chok, la directrice de HOME. Raman, Arif et Kabir, de leur côté, restent persuadés qu’il y a de très bonnes entreprises et un bon droit du travail à Singapour : « On est juste tombés sur un mauvais patron. »
    La cité-Etat entretient une relation ambivalente avec cette main-d’œuvre contractuelle qui alimente son insolente croissance économique (5 % attendus en 2026). Au total, 1,2 million de travailleurs migrants sont sous contrat temporaire : 500 000 dans le bâtiment, la construction navale et les industries de transformation, et 700 000 dans les services et l’aide à domicile. Un sommet historique qui équivaut à la moitié de la population active locale. Le secteur des chantiers navals est sans doute le plus rude. Il est dominé par le géant Seatrium, équipementier pour plateformes pétrolières et éoliennes offshore, qui s’appuie sur une myriade de sous-traitants peu regardants – à l’image de Wee Seng Marine. Contactée par Le Monde, cette entreprise n’a pas répondu.
    Si Singapour est connu pour son hyperréglementation, celle-ci masque un Etat-providence à deux vitesses. Alors que les pays émergents négocient souvent des accords intergouvernementaux pour encadrer l’expatriation de leurs nationaux, la cité-Etat s’y refuse. « L’égalité salariale n’existe pas pour les immigrés. Ils n’ont aucun pouvoir de négociation et il n’y a pas de salaire minimal ici, résume Alex Au, vice-président de Transient Workers Count Too (TWC2), une autre ONG de défense des travailleurs migrants. C’est du capitalisme pur et dur, plus ultralibéral que les Etats-Unis ou la Chine. »« Singapour dépend des travailleurs migrants. Pourquoi acceptons-nous des conditions que nous ne tolérerions jamais pour nous-mêmes ? », s’interrogeait le 19 mai Tan Dawn Wei, chroniqueuse au quotidien The Straits Times, dans un rare cri d’indignation. Elle questionne la finalité des taxes colossales prélevées sur les employeurs qui emploient des migrants, estimées à 7 milliards de dollars en 2025. Celles-ci tirent les salaires vers le bas, mais l’Etat en redistribue le produit sous forme de prestations aux seuls citoyens singapouriens. TWC2 estime que cette manne devrait servir à améliorer le sort des travailleurs migrants, quand HOME en demande l’abolition.
    Régulièrement, la tension affleure. En 2013, la mort d’un migrant indien renversé par un bus alors qu’il était alcoolisé a provoqué des émeutes dans le quartier de Little India. Le gouvernement a réagi en y interdisant la vente d’alcool le week-end, et en créant des centres de loisirs excentrés comme celui de Tuas Sud. Durant la période du Covid-19, les foyers épidémiques dans les dortoirs bondés ont forcé la cité-Etat à promettre de nouvelles normes d’ici à 2030, et à débloquer 100 millions de dollars pour leur rénovation.
    Le dernier signal d’alarme date de juin dernier : plus de 400 ouvriers indiens et bangladais ont occupé le ministère de la main-d’œuvre pour réclamer deux mois de salaires impayés. Grâce aux cautions bancaires exigées de la part des employeurs, les autorités ont pu rembourser les arriérés et étouffer l’affaire. Mais le problème de fond demeure : pris au piège de leurs dettes, les migrants acceptent l’inacceptable.

    #Covid-19#migration#migrant#singapour#travailleurmigrant#sante#droit#economie

  • « Quelle santé au pied de la #mine ? », #réunion_publique à #Glomel, jeudi 10 septembre, avec #celia_izoard
    ▻https://splann.org/reunion-publique-mine-glomel

    Nous donnons rendez-vous aux Glomeloises, aux Glomelois et plus largement à tous les habitants du #kreiz_breizh, jeudi 10 septembre, pour une réunion publique autour des conséquences sanitaires de l’exploitation minière, en présence de Celia Izoard. L’article « Quelle santé au pied de la mine ? », réunion publique à Glomel, jeudi 10 septembre, avec Celia Izoard est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #Andalousite #centre-bretagne #Climate_Whistleblowers #Côtes_d'Armor #événement #Imerys #mines #multinationale #pollution #santé #travailleurs

  • « Si vous voulez travailler, vous travaillez demain » : à Loudéac, l’indispensable main-d’œuvre des salariés roumains
    ▻https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2026/08/09/si-vous-voulez-travailler-vous-travaillez-demain-a-loudeac-l-indispensable-m

    « Si vous voulez travailler, vous travaillez demain » : à Loudéac, l’indispensable main-d’œuvre des salariés roumains
    Par Lionel Dangoumau (Loudéac [Côtes-d’Armor], envoyé spécial)
    Plusieurs milliers de Roumains sont venus travailler en Bretagne depuis l’entrée de leur pays dans l’Union européenne. Avec ses nombreux emplois, sa mission orthodoxe et son épicerie spécialisée, la petite ville des Côtes-d’Armor est un pôle d’attraction pour cette diaspora laborieuse.
    La traversée en voiture de l’immense zone d’activité de Loudéac, 400 hectares de béton entourés de champs à la sortie de la petite ville, est un voyage au pays de l’agroalimentaire : Vétagri, Entremont, Paticeo, Gelagri… « C’est le poumon économique des Côtes-d’Armor, affirme Bruno Le Bescaut, le maire (divers centre) de la ville, qui nous ouvre la mairie un samedi matin pour nous recevoir dans son bureau. A Loudéac, nous avons 10 000 emplois pour 10 000 habitants. » Parmi eux, il estime le nombre de citoyens roumains à « environ 450-500 ».Depuis l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne, en 2007, ils n’ont plus besoin de titre de séjour pour venir en France. De 2011 à 2021, dernier recensement en date de l’Institut national de la statistique et des études économiques, le nombre de Roumains en Bretagne a triplé, pour atteindre environ 6 500 personnes.
    Avec son association culturelle L’Amitié roumaine Centre Bretagne, Doïna Benalloul organise des expositions, des spectacles, et donne aussi des cours de français à la médiathèque de Loudéac, le samedi matin. « Dans les années 1990, je pense que j’étais la seule Roumaine, rigole-t-elle. Quand je suis revenue, en 2018, il y avait beaucoup de Roumains. Ici, si vous voulez travailler, vous travaillez demain ! C’est le plein-emploi. » Au premier trimestre, le taux de chômage dans les Côtes-d’Armor s’établissait à 6,6 %, contre 8,1 % en France, hors Mayotte.
    La filière agroalimentaire aurait aujourd’hui du mal à se passer de ses salariés ou intérimaires roumains, notamment pour certains métiers éprouvants, comme le ramassage des volailles. « C’est dur, confirme Georgiana Alichitoaie, 36 ans, originaire de Iasi, dans le nord-est de la Roumanie, qui s’était installée une première fois en 2015 à Loudéac avec son ex-mari. On travaille la nuit, il n’y a pas d’horaires fixes. On peut faire un chantier à 3 heures du matin et repartir pour un autre à 20 ou 30 kilomètres. Les volailles sont dans un bâtiment et on doit les mettre dans un chariot puis dans le camion, trois par trois ou deux par deux, et ce n’est pas facile parce qu’il y a beaucoup de poussière. » Rentrée en Roumanie pour divorcer, elle est revenue seule en 2019 à Loudéac, où elle vit avec ses deux fils, Denis, 15 ans, qui passe la semaine dans un institut médico-éducatif, et Rafael, 12 ans.
    Mais la participation des Roumains à l’économie locale ne se résume pas aux emplois non qualifiés. Sise à Lamballe, à 40 kilomètres au nord de Loudéac, la Cooperl est le numéro un de la production porcine en France. Environ 13 % de ses 7 500 salariés sont étrangers, et la nationalité roumaine est la plus représentée, avec près de 300 personnes, dont une dizaine sur le site de Loudéac. « Nous sommes sur un territoire où les départs à la retraite sont plus nombreux que les entrées dans la vie active, constate François Thébault, le directeur des ressources humaines de cette coopérative agricole et agroalimentaire. Il est aussi de plus en plus compliqué de pourvoir à nos besoins en compétences sur des métiers stratégiques, comme ceux de technicien de maintenance ou de technicien en énergie. On ne peut pas fonctionner sans recruter en dehors de notre territoire et à l’international. On a fait le choix de l’assumer et de l’accompagner. »
    Des agences d’intérim se sont même spécialisées dans le recrutement de travailleurs roumains, comme CAPA Intérim, qui compte six agences dans le Grand Ouest et une antenne à Ploiesti, près de Bucarest. « On a des intérimaires d’autres origines, mais c’est vrai qu’il y a des liens particuliers avec ce pays, assure Madalina Marin, 36 ans, assistante relations humaines à l’agence de Josselin (Morbihan) et elle-même roumaine. On recherche majoritairement des profils pour le secteur agroalimentaire, l’industrie, le BTP. Par exemple des ouvriers d’abattoir, comme des désosseurs de volaille ou de porc, des postes où on ne demande pas forcément d’expérience antérieure. Ce qui attire les Roumains ici, c’est surtout l’élément financier. Le coût de la vie est moins élevé en Roumanie, mais il y a de l’inflation, et les salaires ne suivent pas forcément. »
    « A la base, je suis technicienne industrielle dans le textile et, en Roumanie, je gagnais le salaire minimum, 150 euros par mois », témoigne Georgiana Alichitoaie. Après le ramassage des volailles et des périodes d’intérim en abattoir, elle est devenue opératrice de fromagerie, et dit toucher entre 2 200 et 2 400 euros net par mois. Arrivée en 2018 en provenance de Giurgiu, dans le sud de la Roumanie, Nicoleta Gaura, 50 ans, y était couturière et gagnait 300 euros par mois. En Bretagne, elle a commencé comme pareuse en abattoir, pour un salaire mensuel de 1 400 euros : « Avec un couteau, on coupe pour enlever la graisse, le sang, le cartilage, c’est un travail très dur. » Elle est aujourd’hui formatrice à la Société bretonne de volaille et se réjouit de devenir bientôt propriétaire de son logement. « J’ai bien réussi, mais j’ai beaucoup bossé pour ça ! », se félicite-t-elle.
    « Il y a deux typologies, schématise Bruno Le Bescaut au sujet des résidents roumains de sa ville. Les sédentaires, qui exercent souvent dans les professions moyennes et supérieures : techniciens spécialisés, ingénieurs, médecins… Ils s’installent, achètent, parlent français. Et puis les intérimaires, qui font des allers-retours. » Ces derniers, souvent de jeunes hommes qui veulent rentabiliser au maximum leur séjour, sont prêts à accepter des conditions de logement sommaires. Avec la promiscuité et le désœuvrement, en dehors du travail, des épisodes de tapage et des problèmes avec le voisinage ont surgi, sur fond d’alcoolémie. « Le principal problème, c’est le logement, reconnaît l’édile. Mais les employeurs ont été sensibilisés au sujet, et ils ont répondu présent. Ils mettent moins d’employés dans les maisons. »
    Forte de son dynamisme, que reflètent les nombreux commerces d’un centre-ville coquet et bien entretenu, Loudéac pourrait postuler au statut de capitale officieuse de cette communauté laborieuse, qui peut venir faire ses courses à l’épicerie Transilvania, tenue par Ionut et Alina Guler. Professeure de violon, Alina Guler a quitté la Roumanie avec son mari quand la crise financière de 2008 a frappé l’affaire familiale où il travaillait.Après avoir déjà repris en 2016 une épicerie roumaine à Pontivy (Morbihan), Alina et Ionut Guler ont racheté celle de Loudéac, il y a deux ans. Ils ont alors quitté le petit local originel pour ouvrir un espace de 400 mètres carrés, où 80 % des produits proposés sont roumains, de la charcuterie fumée aux fromages, en passant par les conserves de chou en saumure, indispensables pour cuisiner les sarmale, un plat de fête. Un grossiste de Nantes les livre deux fois par mois. « On est partis de zéro, rappelle Alina Guler. Quand on est arrivés, ni mon mari ni moi ne savions parler français. Au début, à Pontivy, nous étions la seule épicerie roumaine. Le week-end, les gens venaient de Brest, Lorient, Vannes, Quimper… Maintenant, il y en a d’autres. » Une grande surface non loin vient même d’ouvrir son propre rayon de produits roumains.
    A deux pas de la mairie, les fidèles orthodoxes de Loudéac ont aussi la possibilité de se rendre à la chapelle catholique Notre-Dame-des-Vertus, qui accueille une mission de l’Eglise orthodoxe roumaine, placée sous le patronage du saint hiéromartyr Charalampe de Magnésie. Pour la fête de Pâques, le bâtiment était plein à craquer, avec plusieurs centaines de personnes réunies autour du père Emil Ungureanu. Lui est arrivé en Bretagne en 2014. Il a d’abord mis de côté sa licence en restauration d’objets d’art pour… un CAP de charcutier-traiteur, avant d’être rattrapé par sa foi. Ordonné prêtre en 2017, il se consacre à la paroisse de Loudéac depuis 2021. Il a fait profiter son église de ses talents de décorateur : il a peint les figures dorées qui embellissent l’iconostase, la cloison séparant l’autel des fidèles dans la liturgie orthodoxe. Ici, il célèbre mariages et baptêmes – « une trentaine l’an dernier », souligne-t-il.
    Dans la conversation, il dit « chez nous, en Bretagne », et offre des spécialités roumaines – coliva (gâteau de blé concassé), cozonac (brioche), placinta (feuilleté) – après avoir confessé une quinzaine de fidèles, qui lui ont soufflé leurs difficultés morales ou physiques : « Les ouvriers des abattoirs souffrent de tendinites, de hernies. » Il se félicite que les Roumains soient « bien accueillis », même si certains ont plus de mal à se faire à l’exil. « Soit parce qu’ils n’ont pas réussi à créer une sociabilité suffisante, soit à cause du travail, explique-t-il. Récemment, un boucher est rentré en Roumanie parce que, maintenant, les salaires ont augmenté. »
    Les nombreuses familles qui réussissent à trouver une situation économique stable envisagent moins ce retour. « Je veux rester ici, insiste Georgiana Alichitoaie. La France est le pays qui voit grandir mes enfants, et mes enfants, c’est ma vie. Ils sont plus en sécurité ici que dans une grande ville. C’est propre et, pour nous qui n’avons pas fait d’études supérieures, c’est plus facile de trouver du travail que dans d’autres régions. »Originaire de Targoviste, au nord de Bucarest, Madalina Marin s’était d’abord installée en Pologne, puis en Ile-de-France. En Bretagne, elle a trouvé un environnement qui lui convient : « Je ne connaissais pas trop la région, mais aujourd’hui je partage pas mal de ses valeurs. J’aime aussi la nature dont on peut profiter ici. J’ai commencé les démarches pour obtenir ma naturalisation, mais ça traîne beaucoup. » Alina Guler aussi voudrait la nationalité française, pour elle, son mari et leurs trois enfants. « On est sérieux, bien intégrés, on paie nos impôts comme tout le monde, on est des bosseurs », justifie-t-elle, prête à convaincre qu’elle est ici pour de bon.

    #Covid-19#migration#migrant#france#bretagne#roumanie#agroalimentaire#economie#immigration#travailleurmigrant#integration#sante

  • San Ferdinando, sgombero della tendopoli
    ▻https://www.meltingpot.org/2026/07/san-ferdinando-sgombero-della-tendopoli

    Piana di Gioia Tauro – Il superamento dell’insediamento informale è una notizia attesa da anni. Restano però senza risposta questioni decisive per le condizioni di vita dei lavoratori braccianti: dove andranno le persone che le palazzine non potranno contenere, e con quali garanzie di lavoro, residenza e continuità di soggiorno? È iniziato il 29 luglio lo sgombero della tendopoli di San Ferdinando, nella Piana di Gioia Tauro. Circa cento persone lasceranno l’insediamento informale e una parte di loro sarà ricollocata nelle palazzine di Contrada Serricella, a Rosarno, costruite con fondi europei per l’immigrazione e rimaste per anni vuote in attesa

    • È iniziato il 29 luglio lo sgombero della tendopoli di San Ferdinando, nella Piana di Gioia Tauro. Circa cento persone lasceranno l’insediamento informale e una parte di loro sarà ricollocata nelle palazzine di Contrada Serricella, a Rosarno, costruite con fondi europei per l’immigrazione e rimaste per anni vuote in attesa di assegnazione. Il provvedimento dà attuazione ai decreti 228 e 238 del 6 e 23 marzo 2026, adottati nell’ambito del cosiddetto “#Decreto_Caivano” – convertito in legge il 13 novembre 2023 e presentato dal Governo Meloni come risposta al disagio giovanile e alla criminalità nelle periferie.

      La tendopoli nacque dopo la rivolta di Rosarno del gennaio 2010 e fu realizzata dal Ministero dell’Interno come soluzione emergenziale. Da allora è stata smantellata e ricostruita più volte: l’ultimo grande sgombero risale al marzo 2019, quando l’allora ministro dell’Interno Matteo Salvini in un impeto di propaganda fece arrivare le #ruspe. Ogni volta, alla distruzione è seguita la rinascita dell’insediamento, in un ciclo che associazioni e sindacati denunciano da oltre un decennio.

      Nel mezzo, una scia di incendi e di morti: nelle baracche di legno e lamiera, scaldate d’inverno da bracieri e stufe di fortuna, hanno perso la vita #Becky_Moses, #Suruwa_Jaiteh e #Moussa_Ba. Le gravi condizioni igienico-sanitarie in cui le persone sono state costrette a vivere per anni, senza acqua potabile né corrente elettrica, sono l’esito di un percorso di accoglienza fallimentare, deterioratosi nel tempo fino al completo abbandono istituzionale.

      Il superamento del modello della tendopoli è in sé uno sviluppo positivo. Ma la mancanza di percorsi certi, individualizzati e di lungo periodo per gli abitanti rischia di riprodurre, ancora una volta, marginalità, esclusione e ghettizzazione.

      Emergency che lavora accanto alla popolazione della tendopoli dal 2011 con uno sportello di orientamento socio-sanitario, continua a chiedere soluzioni strutturali per chi lavora nel territorio della Piana. Si tratta di #braccianti che risiedono stabilmente da anni in Italia, in regola con le norme in materia di immigrazione. L’organizzazione esprime preoccupazione per la ricollocazione e la presa in carico delle persone più fragili presenti nell’insediamento.

      A oggi, sottolinea Emergency, gli enti competenti non hanno ancora illustrato quali misure intendano adottare nei prossimi mesi, in vista di una nuova stagione di raccolta e dell’arrivo di centinaia di lavoratori migranti. Molte persone non sanno ancora quando verranno trasferite, dove saranno ricollocate e con quali garanzie rispetto al lavoro, alla residenza e ai servizi. Per questo l’organizzazione ritiene che non si possa procedere con ulteriori trasferimenti o con la chiusura definitiva finché tutte le persone coinvolte non siano state adeguatamente informate, ascoltate e destinate a una soluzione concreta e sostenibile.

      «Il diritto alla salute non può essere garantito se le persone sono costrette a vivere in condizioni abitative disumane e precarie, in luoghi isolati, privi di collegamenti e lontani dai servizi essenziali», dichiara Mauro Destefano, coordinatore del progetto in Calabria. «Tutelare la salute e la dignità delle persone significa superare definitivamente il sistema dei grandi insediamenti, accompagnandole verso soluzioni abitative diffuse e reali percorsi di inclusione, costruiti insieme alle comunità locali».

      Il coordinatore punta il dito sui progetti annunciati come definitivi: «L’investimento di circa 3,6 milioni di euro per la costruzione della #Fattoria_Solidale, che non sarà pronta prima di un anno e mezzo, sembra essere l’ennesima costruzione di un ghetto nel quale le persone vivranno nuove forme di marginalizzazione e isolamento». Restano poco chiare, prosegue l’Ong, le ragioni del carattere temporaneo attribuito alle palazzine di Serricella, così come le modalità di gestione e i requisiti di accesso. Il tutto, conclude Mauro Destefano, deciso «senza interlocuzioni con le associazioni del terzo settore che popolano il territorio e senza un confronto con le persone migranti che vivono nella tendopoli»: l’ennesimo fallimento di una politica che continua a gestire un fenomeno radicato come se fosse un’emergenza improvvisa.

      Che dopo circa dieci anni le istituzioni calabresi aprano finalmente le palazzine di Rosarno può essere vista come una buona notizia: centinaia di lavoratori potranno vivere in condizioni migliori, anche grazie alla pressione esercitata negli anni da sindacati e società civile. Rimane però un problema tutt’altro che secondario, e riguarda i numeri. Lo sgombero eseguito ora, in piena bassa stagione, consente di gestire le poche decine di braccianti rimasti sul territorio a raccolta finita. Ma quando arriverà l’inverno, e con esso la stagione degli agrumi, la Piana torna a riempirsi: negli anni di picco San Ferdinando ha ospitato fino a mille persone. Le palazzine, che possono accogliere all’incirca 180 lavoratori, non basteranno.

      Saprà in questo lasso di tempo la politica istituzionale ascoltare le proposte – come l’ostello diffuso o la gestione pubblica degli affitti per citare due esempi – che arrivano dal basso, ossia da chi vive il territorio e ha proposto in questi anni soluzioni alternative e durature?

      #San_Ferdinando #tendopoli #migrations #Calabre #Rosarno #Piana_di_Gioia_Tauro #démantèlement #destruction #baraquement #travailleurs_étrangers #agrumes #agriculture

  • La Russie recrute des jeunes femmes en Amérique latine pour assembler des drones au Tatarstan
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    La Russie recrute des jeunes femmes en Amérique latine pour assembler des drones au Tatarstan
    Par Chloé Auffray
    Se présenter dans une vidéo, avoir un passeport valide et apprendre 100 mots de russe : quelques étapes suffisent pour être embauchée par le programme russe d’Alabuga Start, qui engage des jeunes femmes âgées de 18 à 22 ans, originaires de 77 pays d’Afrique, d’Asie, et désormais d’Amérique latine. Ce programme de « réinstallation en Russie », comme il est décrit sur le site Internet, propose en théorie des formations et des emplois dans sept filières professionnelles différentes, en hôtellerie, dans la conduite de véhicules ou en logistique. Mais les femmes embauchées dans la ville de Ielabouga, au Tatarstan, à 1 000 kilomètres à l’est de Moscou, contribuent à leur insu à l’effort de guerre russe. Sur place, loin des promesses initiales, elles travaillent à l’assemblage des engins utilisés, sous licence iranienne, contre l’Ukraine, les drones de type Shahed, améliorés et appelés « Gueran-2 » et « Gueran-3 » en Russie.
    Depuis 2022, la zone économique spéciale (ZES) d’Alabuga, à Ielabouga, est le principal centre de production de drones de type Shahed en Russie. Malgré le manque de main-d’œuvre locale et les sanctions occidentales, cette production s’intensifie depuis 2024. Aucune étude ne permet pour l’instant d’estimer avec précision la portée du recrutement en Amérique latine, qui a débuté dès juin 2024, selon des données accessibles en sources ouvertes. En revanche, selon The Reporter, un média éthiopien, 200 femmes originaires de divers Etats africains, où le programme a d’abord été promu, l’ont intégré depuis 2022.
    Depuis, de nouvelles voies de recrutement ont émergé dans 13 pays d’Amérique latine, notamment en 2025, à grand renfort de publicité sur les réseaux sociaux, avec l’apparition de contenus générés par intelligence artificielle et de partenariats avec des influenceurs locaux. En Equateur, le maillot 2025 de l’un des quatre plus grands clubs de football du pays, le Club Deportivo El Nacional, est floqué du logo d’Alabuga Start. Au Mexique, un partenariat a été signé avec la mairie d’Abasolo, une ville de 10 000 habitants, tandis que quatre influenceurs colombiens ont même visité la ZES à l’été 2024 pour en faire la promotion.
    Sur le site officiel d’Alabuga Start, de nombreux articles se targuent de visites officielles de délégations africaines et américaines. Le 3 juillet, l’ambassadeur du Mexique en Russie, Eduardo Villegas Megias, s’est rendu sur place pour discuter notamment du « développement du recrutement ». Le diplomate mexicain aurait « identifié des régions prometteuses dans le sud du pays », où le programme russe pourrait attirer de futures participantes, d’après la publication. Le 1er mai, c’était une délégation vénézuélienne.
    Evénement
    Venue en complément du recrutement des citoyens russes, cette pratique suscite des interrogations à l’étranger sur les capacités de Moscou à projeter son discours, « alors que la machine militaire russe est épuisée par la guerre d’agression qui dure », souligne la politiste Marie Mendras, autrice de La Guerre permanente. L’ultime stratégie du Kremlin (Calmann-Lévy, 2024).Même si le recrutement en Amérique latine est plus récent qu’en Afrique et semble moins important pour l’instant, des voix s’élèvent pour tirer la sonnette d’alarme sur ce qui apparaît être de l’exploitation de main-d’œuvre, voire de la traite d’êtres humains. A celles qui rejoignent la Russie, le programme, de deux années minimum, promet sur son site « stabilité et Sécurité sociale garanties, salaire officiel et confiance en l’avenir », rien de moins. Une offre qui séduit, notamment d’un point de vue économique, avec des salaires de départ de plus de 500 dollars (440 euros) par mois et un loyer de 40 dollars en auberge de jeunesse, ainsi qu’une prise en charge de l’aller simple vers Moscou.
    Toutefois, des recrues africaines du programme ont témoigné d’une tout autre réalité sur les réseaux sociaux : cadences de travail effrénées, exposition à des produits chimiques dangereux, limitation de la liberté de mouvement. Après ces témoignages, l’agence Associated Press a publié une enquête sur le sujet en octobre 2024, dans laquelle une femme raconte être « maltraitée comme un âne, réduite en esclavage ». Une fois les agissements russes révélés, les comptes Meta, TikTok et Google de l’entreprise Alabuga Start ont été supprimés, freinant la diffusion du programme en Amérique latine, censée pourtant devenir le prochain vivier de recrutement de Moscou.
    Le 1er janvier 2026, le think tank américain néoconservateur Foundation for Defense of Democracies a publié un rapport sur ces pratiques, dénonçant l’emploi d’« une main-d’œuvre low cost qui soutient la production de drones russes en étant exploitée ». Par ailleurs, le groupe de réflexion souligne la surveillance constante des ouvrières, leurs conditions de travail dangereuses, des promesses salariales non tenues et une confiscation des passeports en cas de tentative de fuite. Selon les auteurs du rapport, le nombre de dortoirs destinés aux travailleurs dans la ville de Ielabouga serait passé de 15 à 104 en un an et demi, pour une capacité d’accueil de 40 000 personnes, laissant présager un recrutement plus important.
    Au-delà de la main-d’œuvre industrielle embauchée à travers le programme Alabuga Start, Moscou recrute aussi en Amérique latine des combattants pour sa guerre en Ukraine. En 2026, plus de 5 000 Cubains ont été envoyés pour batailler sur le front du Donbass. De fait, la propagande russe fonctionne, et, pour bien des pays d’Amérique latine, la Russie est un pays attirant. En ce sens, le fait qu’Alabuga Start parvienne à recruter à des milliers de kilomètres du territoire russe atteste d’« une large capacité de projection idéologique qui touche tant l’extrême droite que l’extrême gauche du spectre politique en Amérique latine », pour Douglas Farah, président du cabinet IBI Consultants, spécialisé dans les enjeux de sécurité en Amérique latine.
    Le Kremlin convainc grâce à ses réseaux d’influence, implantés sur le continent depuis la guerre froide. « Moscou croit que les pays qui appartenaient à la sphère d’influence de l’URSS constituent son “étranger proche”, qu’il a le droit de contrôler. Et pour confronter les Etats-Unis, la Russie doit le faire dans l’“étranger proche” américain, c’est-à-dire en Amérique latine, analyse Douglas Farah. Si on retrace les opérations de désinformation russes dans la région, elles décollent vraiment en 2014, quand la Russie envahit la Crimée, donc influence et effort de guerre sont manifestement liés », ajoute-t-il.
    Cette année-là, les télévisions russes de propagande Sputnik et Russia Today (RT) ont ouvert un canal hispanophone et des bureaux sur le continent latino-américain. Extrêmement développés, ces réseaux d’influence combinant créateurs de contenu, médias et agents locaux réussiront-ils à pérenniser le foyer de recrutement de main-d’œuvre latino-américaine ? C’est peu probable. « La Russie n’est plus une superpuissance, elle maintient la pression avec ces opérations. L’ingérence, c’est l’arme du pauvre pour une puissance en déclin », estime la chercheuse Marie Mendras.

    #Covid-19#migrant#migration#russie#ameriquelatine#ukraine#guerre#travailleurmigrant#drone#sante

  • La frontière entre l’Espagne et l’enclave de Gibraltar, dernier reliquat du Brexit, disparaît au profit des travailleurs transfrontaliers
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    La frontière entre l’Espagne et l’enclave de Gibraltar, dernier reliquat du Brexit, disparaît au profit des travailleurs transfrontaliers
    Après des décennies de contrôles, la frontière terrestre entre l’Espagne et l’enclave britannique a cessé d’exister le 15 juillet, libérant la circulation de plus de 15 000 travailleurs transfrontaliers qui la franchissent chaque jour.
    Par Isabelle Piquer (Madrid, correspondante)
    Il aura fallu un peu plus de cinq ans de négociations et un accord de 1 000 pages pour venir à bout du « dernier mur de l’Europe continentale », selon l’expression du ministre des affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares Bueno. Ultime épisode du Brexit, la frontière entre l’enclave britannique de Gibraltar et l’Espagne a cessé d’exister, mercredi 15 juillet, ouvrant la voie à une nouvelle manière de vivre ensemble, ou plutôt côte à côte, sans que Londres ni Madrid ne renoncent pour autant à leurs revendications historiques respectives.
    L’accord a été signé le 14 juillet à Bruxelles, sous l’égide de la Commission européenne, plus de cinq ans après la fin de la période de transition post-Brexit, en décembre 2020, qui avait ouvert les négociations sur le statut de Gibraltar. Quelques heures plus tard, à minuit, lors d’une brève cérémonie, le chef du gouvernement de Gibraltar, Fabian Picardo, s’est félicité d’avoir « déjoué les pires effets du Brexit ». Dans la foulée, des centaines de riverains ont franchi pour la première fois depuis des décennies la frontière sans présenter leur passeport. Un blocage qui précédait la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, puisque ce dernier n’a jamais fait partie de l’espace Schengen.
    Annoncé en juin 2025, le texte associe désormais Gibraltar − un peu plus de 40 000 habitants, 6,7 kilomètres carrés − à l’espace Schengen, sans en faire un membre. Les contrôles d’identité à la frontière terrestre disparaissent, la libre circulation des personnes et des marchandises est instaurée, au bénéfice des quelque 15 000 travailleurs transfrontaliers qui franchissent chaque jour la grille (« verja ») au prix de longues heures d’attente. Les vérifications seront désormais effectuées au port et à l’aéroport de Gibraltar, sous la responsabilité de l’Espagne, qui assurera aussi les contrôles douaniers des marchandises entrant sur le territoire.
    « Nous avons trouvé une solution à la fois pragmatique, tournée vers l’avenir et qui permet à chacun de préserver les principes auxquels il tient depuis des décennies, tout en répondant aux préoccupations concrètes des habitants des deux côtés de la frontière », explique au Monde Fabian Picardo. Selon lui, l’accord ne repose pas sur des concessions de souveraineté, mais sur une approche « imaginative » visant à dépasser un contentieux historique, né du traité d’Utrecht de 1713, qui avait cédé le Rocher à la Couronne britannique, sans remettre en cause les positions de chacune des parties. La liberté de circulation, explique Fabian Picardo, sera compensée par un renforcement des dispositifs de sécurité : le déploiement de caméras de vidéosurveillance couvrant l’ensemble de la frontière et du centre-ville, « ainsi qu’un système de reconnaissance faciale en temps réel capable de signaler immédiatement l’arrivée de personnes inscrites sur des fichiers de recherche internationaux ».
    La nouvelle est attendue de longue date par les riverains. « Je me sens un peu comme un enfant qui se couche la veille de l’Epiphanie sans vraiment savoir quels cadeaux il trouvera au réveil », confie José Juan Franco Rodriguez, maire depuis 2015 de La Linea de la Concepcion, la petite ville andalouse collée à la frontière. Pour l’édile, l’absence d’accord aurait été catastrophique, « alors que près d’un tiers du chiffre d’affaires des entreprises locales provient de clients gibraltariens ».
    L’accord ne se limite toutefois pas à la circulation des personnes. Il organise également un rapprochement économique inédit entre les deux territoires. Gibraltar s’est engagé à aligner progressivement sa fiscalité indirecte sur les normes européennes, avec l’introduction d’un impôt équivalent à la TVA, fixé à 15 % dès l’entrée en vigueur du traité avant une convergence complète sous trois ans. Des dispositions spécifiques concernent également le tabac, longtemps source de tensions avec Madrid. Le 27 juin, le gouvernement espagnol a retiré Gibraltar de sa liste des paradis fiscaux, où il figurait depuis trente-cinq ans, estimant désormais satisfaisante sa coopération en matière d’échange d’informations fiscales.
    Le fossé économique entre les deux rives de la grille donne la mesure de l’enjeu : alors que le produit intérieur brut (PIB) par habitant dépasse 94 000 euros à Gibraltar, La Linea affiche un chômage supérieur à 27 % et un PIB par habitant d’environ 17 000 euros, inférieur à la moyenne espagnole (environ 38 000 euros).
    « Ce traité constitue la première véritable occasion de s’attaquer sérieusement aux problèmes sociaux et économiques » d’une région gangrenée par le narcotrafic. « L’objectif est que, dans dix ans peut-être, plus aucun habitant du Campo de Gibraltar – la zone qui, au-delà de La Linea, regroupe les localités voisines, dont le port d’Algésiras – n’ait à monter à bord d’une embarcation de trafiquants de drogue pour gagner sa vie », insiste Fabian Picardo, avant d’ajouter, en guise de contraste : « Gibraltar ne compte que sept chômeurs. Sept. » A La Linea, les attentes sont immenses. José Juan Franco Rodriguez refuse que la disparition de la verja ne soit qu’un geste symbolique. « J’ai toujours dit que notre économie dépendait en grande partie de celle du Royaume-Uni. Je veux transformer cette dépendance en complémentarité », explique-t-il. Le maire plaide pour une véritable intégration économique de part et d’autre de la frontière, notamment en attirant sur le territoire espagnol des entreprises des secteurs des assurances, des services financiers ou des jeux en ligne, piliers de la prospérité gibraltarienne.
    Les premiers effets se font déjà sentir. « Au cours des six derniers mois, les prix de l’immobilier à La Linea ont augmenté d’environ 18 %. Des investisseurs achètent des logements pour les louer à des travailleurs employés à Gibraltar », observe le maire, convaincu que le traité modifiera profondément les équilibres économiques de la région. Cette transformation soulève aussi des interrogations. « Il subsiste des incertitudes sur toute une série de questions dont nous ne mesurerons réellement les effets qu’au fil des semaines et des mois », reconnaît José Juan Franco Rodriguez. Les dossiers restent nombreux : retraites des travailleurs transfrontaliers dont les employeurs gibraltariens n’ont jamais cotisé au régime espagnol de sécurité sociale, mobilité, sécurité, coopération administrative ou encore services publics. « Tant que le nouveau système ne sera pas en fonctionnement, il est impossible de savoir précisément quelle en sera la portée. »

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#gibraltar#UE#brexit#economie#travailleurfrontalier#frontiere#sante

  • « Stop à la traque aux pauvres dans le Finistère » : devant le tribunal de Brest, 230 personnes manifestent en soutien aux allocataires du RSA | Le Télégramme
    ▻https://www.letelegramme.fr/finistere/brest-29200/stop-a-la-traque-aux-pauvres-dans-le-finistere-devant-le-tribunal-de-br

    Des allocataires du #RSA ont porté plainte contre le Département du #Finistère pour #harcèlement. L’audience au tribunal a lieu ce lundi. Une manifestation s’est tenue juste avant.

    ▻https://media.letelegramme.fr/api/v1/images/view/6a30067bcf841ad37c0cdda1/web_golden_xxl/6a30067bcf841ad37c0cdda1.1
    Plus de 200 personnes ont répondu, ce lundi devant le tribunal de Brest, à l’appel à manifester contre la politique RSA du Département du Finistère. (Photo David Cormier/Le Télégramme)

    « Stop à la traque aux pauvres dans le Finistère. » Environ 230 personnes se sont rassemblées ce lundi 15 juin 2026, vers midi, devant le tribunal judiciaire de Brest. Elles répondaient à l’appel à manifester contre la politique du département du Finistère concernant les allocataires du revenu de solidarité active (RSA). Elles estiment que le Département harcèle des allocataires afin qu’ils finissent par renoncer à leurs droits.

    #guerre_aux_pauvres et #paywall

    • « Ce n’est pas à la collectivité de subvenir aux besoins de votre enfant » : au tribunal de Brest, le procès du RSA
      ▻https://www.mediapart.fr/journal/france/160626/ce-n-est-pas-la-collectivite-de-subvenir-aux-besoins-de-votre-enfant-au-tr

      Six #allocataires du #RSA attaquaient en justice le président du département du Finistère pour harcèlement moral institutionnel en raison des #contrôles_intensifs auxquels ils sont soumis. Lundi, le procès s’est transformé en bataille de réquisitoires pour ou contre le revenu de solidarité active et ses conditions d’attribution.

      Brest (Finistère).– « En quoi estimez-vous être harcelé ? » La question formulée par le président du tribunal, Christophe Subts, avec une bonhomie presque naïve revient comme un leitmotiv. Elle revêt une importance cruciale pour les six plaignant·es et va constituer le fil rouge de l’audience qui s’est tenue le 15 juin au tribunal judiciaire de Brest jusque très tard dans la soirée.

      Ces six allocataires du RSA (revenu de solidarité active), ainsi que la CGT et la Confédération paysanne, ont formé une citation directe, une procédure accélérée à l’égard de Maël de Calan, président (divers droite) du conseil départemental, et de son ancien directeur des services chargé de l’emploi, de l’insertion et du logement, Romain Chantelot. Ils s’érigent contre les contrôles « humiliants » diligentés par le département pour les bénéficiaires du RSA dans le Finistère, qui constituent selon eux un « harcèlement moral institutionnel » de la part des deux pilotes de la politique du département en matière sociale.

      Les réponses des allocataires sont livrées la gorge serrée, la voix tremblante et les yeux embués. Tous et toutes racontent la paralysie face à la surenchère administrative de la cellule de contrôle du département. L’impression de ne jamais pouvoir répondre aux demandes, ni même de se faire entendre par leurs interlocuteurs, ces agent·es toujours anonymes, regrettent-ils.

      Procédure inédite

      L’enjeu est de taille, et inédit. C’est en effet la première fois qu’une telle procédure vise deux personnes et non pas des institutions, comme c’est le cas lorsqu’une contestation est portée au tribunal administratif. L’avocat des plaignant·es entend s’inscrire dans le prolongement de l’arrêt « France Télécom ». En janvier 2025, la Cour de cassation a consacré dans le droit le #harcèlement_moral_institutionnel en condamnant définitivement l’ancien patron de France Télécom, Didier Lombard, et son ex-numéro deux, Louis-Pierre Wenès, dans l’affaire de la vague de suicides survenue dans les années 2000 chez l’opérateur.
      De par son caractère original, la tentation de faire un procès symbolique était forte. Avant l’audience, près d’une centaine de manifestant·es se sont rassemblé·es devant le tribunal en soutien. Sur le carré d’herbe attenant, ils et elles ont dressé des barnums et installé un barbecue d’où émanaient des effluves de merguez.

      À la barre, Maël de Calan est apparu particulièrement confiant ; les remarques du président, souvent sceptique à l’endroit des plaignant·es, le confortant dans ce sens. Vêtu d’un costume bleu marine, il a pénétré dans l’enceinte du palais de justice en faisant des « V » de la victoire alors que surgissaient des huées de la part des manifestant·es.

      Franck Carpentier, avocat des plaignant·es, a insisté sur le caractère systémique de ces contrôles mis en œuvre par une cellule dédiée au sein du département. Cellule qui a visiblement rempli son office puisque, entre 2023 et 2025, le nombre d’allocataires du RSA dans le Finistère est passé de 18 000 à 13 500, soit une baisse de 25 % contre − 3,4 % au niveau national.

      « L’ordre de grandeur interpelle. Les contrôles sont massifs et exclusifs », estime l’avocat, qui dénonce une « mécanique qui se met en place ». Et de rappeler que le département « doit accompagner » les allocataires du revenu de solidarité et, « le cas échéant », les sanctionner en cas de défaut de mobilisation ; mais « ne doit pas contrôler par le menu les comptes bancaires ».

      Contrôles acharnés

      L’illustration concrète de ces propos est venue de Vianney Begos, demandeur d’emploi de 30 ans. Comme pour chacun·e des plaignant·es, il a dû prouver qu’il ne dissimulait pas de revenus complémentaires, ce que le département affirme. Ainsi, il raconte comment la cellule de contrôle s’est échinée à lui réclamer des documents inexistants, « comme des relevés bancaires sur une année pour une banque dont je n’ai été client que six mois ». Faute de pouvoir les fournir, il a été radié plusieurs mois.

      L’homme a tenté de monter une entreprise de dépannage informatique. Mais elle a périclité, car son handicap l’empêche d’occuper « un travail classique ». Son handicap n’étant pas reconnu comme tel, il ne peut toutefois pas toucher l’allocation aux adultes handicapés. Il a souffert de dépression et a été contraint de retourner vivre chez ses parents, qu’il a aidés dans leur ferme.

      « Mais ne croyez-vous pas qu’il est normal d’être contrôlé si vous touchez le RSA en ayant une entreprise ? », interroge le président. Le plaignant, facilement déstabilisé, réplique que les contrôles ont surtout consisté à vérifier la provenance de « sommes modiques », des virements de ses proches de « 35 ou 80 euros » pour son anniversaire. Et à devoir les justifier par des attestations manuscrites, accompagnées des pièces d’identité des donateurs « alors qu’il y a leur nom » sur les relevés. Rien qui semble choquer le président.

      De fait, l’audience dérive de manière insidieuse sur la légitimité ou non des plaignant·es à percevoir le RSA. Pierre Dauly témoigne à son tour de son parcours. Charpentier (« beau métier », commente [jaloux ?] le président ), il ne peut pas occuper un emploi à temps plein depuis une chute de 7 mètres sur un chantier au début de sa carrière, il y a plus de quinze ans. L’homme anime des ateliers de menuiserie. « Le BTP est un milieu dur, on y pousse à la tâche, explique-t-il. Là, j’ai trouvé une manière de travailler pour me préserver. » Il poursuit : « J’ai des raisons d’être au RSA, je ne suis pas Superman qui peut faire quarante heures par semaine. »

      Des explications qui ne convainquent guère l’avocate des prévenus, Me Stéphanie Zaks. « Vous êtes sur un des métiers les plus en tension du Finistère ! » Elle lui rappelle par ailleurs qu’il ne respecte pas les termes du contrat d’engagement qui contraint les bénéficiaires du RSA à chercher un emploi de manière active.

      Face au président, il exprime d’une voix forte et assurée son expérience face aux contrôleurs de la cellule dédiée. « Je suis tombé sur des gens serviables et d’autres agressifs, voire infects. Je suis désolé, mais certains m’ont jugé avec des valeurs morales sur mes choix de vie. » Et notamment sur le fait qu’il réside au #squat des Roches blanches, situé à Douarnenez.

      Les deux années de contrôle subies l’ont heurté au point que son médecin lui a prescrit des anxiolytiques et des antidépresseurs pour dompter ses crises d’angoisse récurrentes. « Est-ce un contrôle légitime ? », s’enquiert le président. « Je ne suis pas contre le contrôle mais la manière dont il est fait », répond Pierre Dauly. « C’est intrusif, comme peut l’être un contrôle fiscal », enchaîne le président, confirmant que les deux hommes ne parlent pas la même langue. « On n’est pas obligé de prendre les gens de haut ou d’être infantilisant. Vous ne l’avez pas vécu », rétorque le plaignant sans jamais se démonter.

      Pierre Dauly rapporte aussi que les contrôleurs, « qui se prennent pour des espions », n’hésitent pas à mener une enquête sur Internet pour trouver des éléments à charge contre les personnes dont ils gèrent le cas. « Je l’ai mal vécu, j’ai trouvé cela intrusif. » Le président rétorque : « Un trafiquant de stupéfiants, on regarde sur les réseaux s’il arbore des liasses de billets. » « C’est de l’acharnement », reprend le plaignant. Le juge persiste, faussement candide : « L’imagination des fraudeurs peut être impressionnante… »

      Deux visions de la société

      De quoi agacer l’avocat des plaignant·es. « Mes clients sont présentés comme des marginaux, qui font le choix de la paupérisation, qui vivent par l’assistanat, car ils font le choix d’entreprendre pour ne pas être sous le salariat », recadre Me Franck Carpentier.

      Car ce sont bien deux visions du monde qui se sont affrontées tout au long de l’audience qui s’est étirée de 15 heures à plus de 1 heure du matin. Celui dans lequel Maël de Calan et son numéro deux travaillent « douze à quatorze heures par jour », au service, notamment, des bénéficiaires du RSA, dixit leur avocate. Et cet autre monde où les parties civiles n’auraient pas fait les bons choix de vie. Si rien n’a été verbalisé clairement, il y a eu pléthore d’insinuations. Comme le fait que deux des plaignantes soient #diplômées du supérieur et ont choisi une voie jugée plus hasardeuse et moins rentable, celle de l’agriculture.

      Jeanne Degude, exploitante agricole – qui explique ne pas faire du RSA « un projet de vie » –, s’est vu reprocher par le président, puis par l’avocate des deux prévenus, de ne pas réclamer de pension alimentaire au père de son enfant dont elle est séparée. « Ce n’est pas à la collectivité de subvenir aux besoins de votre enfant », tranche le président. Des propos « humiliants », répond la plaignante.
      Cécile Weyer, agricultrice de 39 ans, a dû quant à elle se justifier à propos de sa séparation. L’avocate des prévenus lui a demandé si elle n’aurait pas déclaré sa rupture à tort alors que le nom de son ex figurerait encore sur sa boîte aux lettres. La jeune femme dément en bloc et explique alors que la présomption de conjugalité repose sur le fait qu’elle utilise encore leur compte joint sur lequel elle est à découvert, et qu’elle ne peut donc pas clore.
      Très marquée par la situation, elle confie avoir eu des « pensées suicidaires » face à ces contrôles. « J’ai eu envie d’en finir, je me sentais humiliée. J’ai 39 ans et je dois demander à ma sœur de m’acheter des protections hygiéniques parce que je ne peux pas le faire, détaille-t-elle, la gorge nouée. Je suis suivie par un psychiatre et sous traitement. Cela me tient en vie avec mon entourage… » Là encore, on lui demande pourquoi elle ne s’oriente pas vers un #emploi salarié.

      Le département dénonce un procès politique

      De son côté, Maël de Calan et sa défense n’ont cessé de mobiliser tout le champ lexical du mensonge, de la manipulation. Pour Me Stéphanie Zaks par exemple, ce procès relève du « coup de com’ politique ». Une manœuvre pour affaiblir la loi « pour le plein emploi » qui institue quinze heures de #travail hebdomadaire pour les allocataires du RSA.
      Avec beaucoup de solennité, le président du département assure aussi que ce procès vise à lui nuire sur le plan politique. « Cette citation n’est ni faite ni à faire. Elle a été bâclée dans le contexte des élections municipales pour faire polémique à temps », fait-il valoir. Maël de Calan ne retient pas ses coups et fustige nommément des plaignant·es qui ne sont pas pour lui des « allocataires lambda ».
      Il martèle que quatre plaignant·es seraient des militant·es « d’extrême gauche », un motif de décrédibilisation de leur démarche à ses yeux. Il en veut pour preuve le soutien de certain·es d’entre eux à des candidat·es LFI lors des élections. Il questionne aussi leur appartenance au syndicat agricole classé à gauche, la Confédération paysanne.
      Maël de Calan assure payer le fait d’avoir mis au jour « un système », à savoir la volonté de ces plaignant·es de rester travailleurs et travailleuses indépendantes pour éviter de se plier aux contraintes du salariat – seul horizon enviable selon lui, semble-t-il. Et son avocate n’a cessé d’expliquer que les plaignant·es n’ont pas déclaré d’importantes sommes d’aides familiales et qu’ils ont donc fraudé. Les prévenus évoquent aussi la trentaine de cas évoqués par la CGT en soutien à la plainte, qui, selon le département, cumuleraient « 240 000 euros non déclarés, et 40 000 euros de RSA à rembourser .

      Le tribunal s’est aussi transformé en longue tribune en faveur de la politique de solidarité, d’insertion et d’emploi. Au point que le président s’impatiente alors que les 22 heures approchent : « Il ne reste pas les merguez de la CGT ? Je commence à avoir faim. »

      Les huit témoins cités par les prévenus – dont certains travaillent pour le département – ont tous couvert de louanges la politique menée par Maël de Calan et ses résultats, dont lui-même se gargarise. L’élu se vante notamment d’avoir débloqué une enveloppe de 10 millions sur cinq ans pour sa politique d’insertion, détournant les débats de la question centrale, à savoir le caractère harcelant des contrôles.

      En fin de soirée, le procureur a indiqué s’en « remettre à la sagesse du président », comme la procédure en citation directe le lui permet. Maël de Calan a demandé que la CGT soit condamnée à 10 000 euros de dommages-intérêts pour procédure abusive. Dans la soirée, un communiqué des services de Maël de Calan a été envoyé à la presse pour donner sa vision des débats du jour. Son titre : « Le département démontre l’absence de tout harcèlement, la CGT rend des comptes »_. Le tribunal rendra sa décision le 7 septembre.

      Et la question se posera de faire appel, si on en croit ce cr.

      edit
      un extrait de Ration
      ▻https://www.liberation.fr/economie/social/harcelement-moral-contre-proces-politique-au-tribunal-le-dialogue-de-sour

      l’avocate de la défense [des responsables départementaux] plonge dans les dossiers, en quête de failles et de mensonges. Elle leur fait aussi confirmer, quand elle en a trouvé un, leur engagement politique, associatif ou syndical.

      Face à Vianney Begos, elle détache ses mots pour dire qu’il a été trouvé des montants « très importants » sur son compte courant : 1 300 euros. Il répond : « C’est le peu de RSA que j’avais mis de côté et des sommes reçues de ma famille. »

      tête à claques veut « étendre la méthode finistérienne au plan national »


      Maël de Calan, président du conseil départemental du Finistère
      Procès du RSA dans le Finistère : « C’est du harcèlement, ça ? »
      ▻https://www.letelegramme.fr/bretagne/proces-du-rsa-a-brest-cest-du-harcelement-ca-7064602.php

      #l'emploi_c'est_la_loi #travailleurs_indépendants #justice #notables_de_l'insertion #loi_pour_le_plein_emploi #plein_emploi

  • L’immigration, un sujet politique et une nécessité économique dans le contexte du déclin démographique en France
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/06/11/l-immigration-un-sujet-politique-et-une-necessite-economique-dans-un-context

    L’immigration, un sujet politique et une nécessité économique dans le contexte du déclin démographique en France
    Par Julia Pascual
    C’est un nombre, parmi beaucoup d’autres, dans la grande projection démographique, à l’horizon 2070, réalisée par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), publiée lundi 8 juin. Mais c’est un nombre, plus que d’autres, qui constitue une matière politiquement inflammable. Les projections de l’Insee tablent sur un solde migratoire positif (le nombre d’entrées moins le nombre de sorties) de 150 000 personnes par an. Un scénario, tempère l’Insee, à plus ou moins 80 000 personnes, tant la prévision, en la matière, dépend de multiples paramètres.
    Le raisonnement est le suivant. Selon l’hypothèse principale de cette étude, la population française devrait décroître à partir de 2037. Face à cette tendance, liée au recul de la fécondité et au vieillissement de la population, l’immigration apparaît incontournable, même si elle ne suffit pas à contrecarrer le déclin. Pour les opposants à l’immigration, c’est cependant la promesse d’un flux dangereux. Pour la plupart des acteurs économiques, qui ont besoin de bras et de cerveaux, c’est à l’inverse du bon sens. Pour les démographes, enfin, c’est le scénario le plus probable, mais en aucun cas une certitude : les politiques publiques, ou des bouleversements géopolitiques, peuvent changer la donne.
    D’un point de vue démographique, la recherche d’un équilibre de la population n’a pas de justification scientifique. « En démographie, l’homéostasie [processus de retour naturel à l’équilibre] est un modèle idéologique », rappelle François Héran, professeur honoraire au Collège de France et ancien directeur de l’Institut national d’études démographiques. Cependant, note-t-il, « beaucoup de pays engagés dans la seconde transition démographique [espérance de vie élevée et fécondité durablement faible] mènent des politiques d’immigration utilitaristes, à l’image de l’Allemagne, à des fins économiques, car les politiques natalistes ne peuvent enrayer les baisses de population ».
    Outre-Rhin, en effet, où les décès l’emportent sur les naissances depuis 1972, la politique migratoire a permis de faire en sorte que la population, alors de 78,5 millions d’habitants, passe à 84,4 millions en 2023, relève le démographe Hervé Le Bras, dans un article de la revue Politique étrangère, de l’IFRI (juin 2026).
    La réponse de la France au déclin démographique relèvera d’un choix politique. Et, à moins d’un an de l’élection présidentielle, les candidats déclarés ou pressentis affirment leur position sur l’immigration, souvent dans un sens restrictif. Récemment, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a défendu un « moratoire » de trois ans sur l’ensemble des flux, le candidat et ex-premier ministre Gabriel Attal a affirmé vouloir réduire l’immigration familiale au profit de la seule immigration économique, tout comme le candidat Edouard Philippe, qui prône une immigration économique « choisie et contrôlée ». Le patron des Républicains, Bruno Retailleau, répète vouloir réduire « drastiquement » les arrivées. Le Rassemblement national, lui, laboure depuis longtemps ce terrain.« Il y a une méconnaissance très répandue de la classe politique à propos de la migration économique », regrette Gilles Spielvogel, maître de conférences à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Les acteurs de l’économie plaident en effet, eux, pour plus d’immigration, dans de nombreux secteurs.
    « Le premier frein à la réindustrialisation de la France, ce sont les tensions dans le recrutement, souligne par exemple Philippe Mutricy, directeur des études de la banque publique d’investissement Bpifrance. On fait face à un besoin structurel de compétences, surtout au niveau des techniciens et des ouvriers qualifiés. » « Dire qu’on ne veut plus d’immigrés, c’est une bêtise économique immédiate, appuie Michel Picon, le président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), qui représente les artisans, les commerçants et les professions libérales. Dans la restauration, l’hôtellerie, le bâtiment, les services à la personne… répondre à nos besoins passe par l’immigration. »
    L’U2P fait partie des organisations patronales qui, au côté de syndicats de salariés, ont été reçues le 26 mai par les ministres du travail et de l’intérieur pour aborder la question migratoire. Lors de cette réunion, les difficultés rencontrées par les entreprises et les travailleurs migrants dans les démarches d’obtention ou de renouvellement de titres de séjour ont été abordées. Un sujet sur lequel, après le passage Place Beauvau de Bruno Retailleau, tenant d’une ligne dure, son successeur Laurent Nuñez entend faire « bouger les lignes ». Un décret et une circulaire sont attendus, pour simplifier les démarches d’autorisation de travail des immigrés et la régularisation de ceux exerçant, sans papiers, une activité salariée. « On a besoin d’une immigration de travail dans ce pays », a aussi défendu lundi sur LCP le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou.
    L’observation n’a rien de nouveau. Le 29 avril, l’Union européenne a adopté un règlement sur la création d’un réservoir de talents, visant à faciliter la venue de travailleurs étrangers qualifiés. « Compte tenu de l’ampleur actuelle des pénuries sur le marché du travail et des évolutions démographiques (…), la migration légale et ordonnée est essentielle pour (…) garantir la qualité des systèmes de protection sociale, la compétitivité et une croissance économique soutenue », affirme le règlement dans son introduction.« Dans un marché mondialisé des talents, dans lequel 75 % des employeurs dans le monde disent avoir des difficultés à recruter, l’immigration est plus stratégique aujourd’hui qu’hier », soutient Violaine Jaussaud, avocate au sein de Vialto, un cabinet spécialisé dans la mobilité internationale.
    Selon une note de conjoncture internationale de l’Insee, parue en décembre 2025, « les dynamiques migratoires ont largement soutenu l’emploi depuis 2019 dans trois des principales économies européennes » – l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie.
    D’après le dernier rapport au Parlement sur les étrangers en France, il y avait fin 2024 plus de 450 000 titres de séjour en cours de validité émis pour un motif économique, sur un ensemble de 4,3 millions. Ce volume a quadruplé en dix ans. « La tendance est forte », convient Ludovic Guinamant, sous-directeur du séjour et du travail au sein du ministère de l’intérieur.Axelle Bodmer, secrétaire générale de l’Union des armateurs à la pêche de France, raconte par exemple comment, chaque année, « le nombre de marins étrangers progresse », en provenance d’Espagne, du Portugal, mais aussi, de plus en plus, du Sénégal et de l’Indonésie. « Il faut compléter les équipages pour éviter que les bateaux restent à quai », explique-t-elle. En cause : la désaffection pour un métier difficile. Pour faciliter le recours à ces travailleurs, l’organisation a plaidé auprès du ministère de l’intérieur pour que les métiers de matelot et de mécanicien figurent dans les listes des métiers en tension révisées en 2025, dans des régions comme la Bretagne, ce qui permet un allègement des procédures de recrutement des ressortissants extra-européens.C’est aussi ce dont bénéficie le Seasonal Businesses in Travel (SBIT), un syndicat britannique d’entreprises de voyages qui fait venir des travailleurs dans les stations de ski alpines, où les métiers de l’hôtellerie sont classés « en tension ». En 2025, les quelque 1 400 Britanniques employés dans ces stations ont représenté le troisième contingent de saisonniers étrangers en France.
    Pour consolider leurs ressources humaines, certains secteurs ont entrepris de structurer, depuis plusieurs années, des filières de recrutement à l’étranger. A l’image de l’agriculture, qui ne tournerait pas sans l’apport de plus de 10 000 saisonniers marocains et 3 000 tunisiens. « Le travail de la terre a toujours été dur et a attiré les groupes de population les plus pauvres, constate Sylvestre Bertucelli, le directeur de Légumes de France, qui représente 32 000 exploitations pour lesquelles il a participé au recrutement de quelque 800 ouvriers agricoles marocains en 2025. Sur les dix dernières années, on a recruté beaucoup de Polonais, puis des Roumains, des Bulgares, des Moldaves. Au fur et à mesure que leur niveau de vie augmentait, ils sont allés faire autre chose. » Le manque de main-d’œuvre est toujours important.

    #Covid-19#migration#migrant#france#demographie#vieillissement#economie#travailleurmigrant#migrationqualifiee#sante

  • Le stratificazioni criminali e la “signoria territoriale” dietro la strage di #Amendolara

    Il primo giugno in provincia di Cosenza quattro uomini sono stati bruciati vivi dai loro presunti caporali dentro il minivan con cui stavano andando a lavorare. Protestavano per avere un contratto. Di loro si sa ancora poco, così come della vicenda specifica, ma con Anna Sergi, docente esperta di criminalità organizzata, tracciamo i contorni e il contesto. Tra ‘ndrangheta, gruppi criminali locali, aziende che restano sempre sullo sfondo e la totale assenza dello Stato.

    Il più giovane era #Ullah_Ismat_Qiemi, 19 anni, il più grande #Waseem_Khan, 29. E poi #Amin_Fazal_Khogjani, 28, e #Safi_Iayjad, 27. Sono i nomi delle vittime della strage di Amendolara, in provincia di Cosenza. Bruciati vivi all’interno del minivan con cui si stavano dirigendo nei campi di frutta dove lavoravano per pochi euro al giorno, puniti da due “caporali” perché chiedevano un contratto. Di loro si sa ancora poco così come dei contorni specifici della vicenda che ha visto il fermo di due uomini che, stando ai sistemi di videosorveglianza della stazione di servizio della statale 106 jonica-cosentina, hanno gettato un accendino nell’abitacolo dopo aver chiuso tutte le portiere. Quello di cui invece è già possibile tracciare un contorno è il contesto in cui si è verificata la strage.

    Il caporalato è sistemico. Per garantire i servizi alle aziende committenti, i caporali si occupano di tutto: dal trasporto alle abitazioni, spesso fatiscenti e insalubri, fino allo sfruttamento nei campi. Il tutto “garantito” dalla vulnerabilità dei lavoratori -tra gli 11 e i 12mila quelli senza un permesso di soggiorno in Calabria- che vengono controllati con la violenza e le minacce. Ma poi, soprattutto, il “terzo livello” che sta sopra ai “caporali”. Per Anna Sergi, professoressa di Sociologia del diritto e della devianza presso l’Università di Bologna e una delle massime esperte di criminalità organizzata, è necessario evitare semplificazioni.

    “La #piana_di_Sibari è una delle aree più fertili della Calabria su cui però troviamo delle ‘locali bastarde’ della ‘ndrangheta -spiega-. Diversi piccoli gruppi, diverse ‘ndrine, che però è difficile associare a un gruppo di appartenenza primario. Questa strage ce lo racconta indirettamente”. Per Sergi, infatti, fenomeni di violenza così gravi sono in qualche modo la dimostrazione che in quel territorio non c’è una gerarchia chiara quanto piuttosto una lotta intestina tra cosche che cercano di accaparrarsi il controllo e un’influenza maggiore possibile. “Negli ultimi anni tra #Rossano e #Corigliano si sono registrati tantissimi casi di cronaca, anche gravi, così come ci sono state diverse operazioni della Direzione nazionale antimafia”.

    Differenziare la tipologia di criminalità presente sul territorio non è una questione di lana caprina ma è importante per capire a chi rispondono i “caporali” e in quale contesto operano. La ‘ndrangheta non gestisce direttamente lo sfruttamento perché è troppo rischioso. “Semplicemente la risoluzione dei conflitti o il caporalato ‘diretto’ non portano abbastanza soldi; quello che conta è la signoria territoriale e il legame con lo ‘sfruttatore’, spesso un bracciante che ha fatto ‘carriera’ e conosce quelle dinamiche, nasce sotto questo aspetto”. Per Sergi, ormai, raramente il caporale paga una quota al clan ma è l’azienda che fa da “tramite”. O in maniera diretta -attraverso un ruolo societario di un affiliato- o indirettamente, perché l’organizzazione criminale fa da intermediario facendo sì che una società che ha un debito da saldare incontri il caporale.

    A prescindere dalle modalità, l’obiettivo è sempre mantenere un profilo basso. “Tutto ciò che è eclatante e attira l’attenzione mediatica e giudiziaria va evitato, tanto che quando più di 15 anni fa scoppiarono le rivolte nella piana di Gioia Tauro, dopo i fatti di Rosarno, le famiglie locali di ‘ndrangheta erano preoccupate di quanto stava accadendo”, sottolinea la professoressa che da quel 7 gennaio 2010 traccia una linea senza soluzione di continuità.

    Perché se ci sono delle differenze territoriali e di “tipologia” di organizzazione e stratificazione criminale, quello che non cambia è l’assenza dello Stato. “Il controllo dei clan avviene innanzitutto rendendo impossibile qualsiasi via di fuga: non sempre quindi c’è un rapporto di ‘vassallaggio’ diretto. Il mio obiettivo, come clan, è far sì che non ci sia tutela legale possibile, non ovviamente per i ‘braccianti’ ma neanche per i caporali. Questa è la signoria territoriale. Ed è questo lo scandalo che continua”.

    Uno scandalo su cui, il giorno successivo alla morte dei quattro giovani di origine pakistana, ha richiamato l’attenzione di monsignor Francesco Savino, vescovo di Cassano All’Ionio e vicepresidente della Conferenza episcopale italiana. “Il caporalato non è una deviazione marginale, non è un residuo antico dimenticato nei campi. È un sistema. È una struttura di dominio -ha detto-. Basta con il silenzio sporco delle convenienze. Occorre una mobilitazione civile che non può essere il semplice rito, le semplici passerelle o l’emozione del momento e poi dopo qualche giorno si spegne. Invoco una rivolta delle coscienze, una sollevazione morale dei cittadini e delle cittadine, credenti e non credenti, qui veramente è in gioco la dignità della persona”.

    ▻https://altreconomia.it/le-stratificazioni-criminali-e-la-signoria-territoriale-dietro-la-strag
    #tuerie #ndrangheta #mafia #caporalato #criminalité_organisée #Italie #Calabre #brûlés_vifs #résistance #exploitation #conditions_de_travail

    • Strage di caporalato in Calabria: non chiamiamola tragedia

      I quattro braccianti bruciati vivi ad Amendolara volevano ribellarsi allo sfruttamento. Non un caso isolato: da anni, associazioni e attivisti sul territorio denunciano un sistema capillare che lucra sulla manodopera straniera, mentre le risposte politiche si limitano a interventi emergenziali.

      Waseem Khan, 29 anni, Amin Fazal Khogjani, 28 anni, Safi Iayjad, 27 anni e il più giovane Ullah Ismat Qiemi, di appena 19. Ora conosciamo i nomi delle vittime di quella che sindacati e giornali hanno definito la «strage di caporalato» di Amendolara, cittadina calabrese al confine Nord della provincia di Cosenza, avvenuta lunedì 1° giugno. Non conosciamo ancora le loro storie, il percorso che li aveva portati su quel territorio e che li aveva resi vittime di un sistema di sfruttamento. Conosciamo però i dettagli della loro morte. Di quello che gli inquirenti della Procura di Castrovillari hanno definito «omicidio plurimo e pluriaggravato», che presenta i tratti tipici della premeditazione, ripreso in tutta la sua ferocia dalle telecamere di servizio del distributore di carburante dov’è stata ritrovata la carcassa carbonizzata del minivan con all’interno i corpi dei quattro braccianti – in parte pachistani, in parte di origine afghana, stando al racconto dell’unico sopravvissuto. Un copione già visto, scritto dalle dinamiche del caporalato e dello sfruttamento degli invisibili delle campagne di raccolta tra la Piana di Gioia Tauro, la Sibaritide e il Metapontino. Una “metastasi” del tessuto sociale declassata a fatalità in quel lembo di Calabria dove la vita non fa notizia e raccontata «sempre dopo che il male ha lasciato i suoi morti sull’asfalto», per usare le parole consegnate ad Avvenire del vicepresidente Cei e vescovo di Cassano all’Ionio Francesco Savino.

      Il racconto del superstite: «Uccisi perché chiedevamo un contratto regolare»

      La dinamica del fatto è apparsa chiara dopo la diffusione del primo filmato di videosorveglianza. Nel video si vedono due persone bloccare con forza la portiera di un minivan parcheggiato vicino al distributore di carburante in una piazzola della statale 106 jonica-cosentina. Dentro ci sono cinque persone, che cercano, invano, di uscire con tutte le loro forze dal veicolo cosparso di benzina. Stando alle indagini della squadra mobile di Cosenza, i due “caporali”, entrambi 32enni di origine pachistana, avrebbero gettato un accendino nell’abitacolo dandosi alla fuga subito dopo la prima fiammata. Taj Mohammad Alamyar riesce a mettersi in salvo fuggendo dal bagagliaio nonostante le ustioni. «Mi sono spinto all’indietro, ho superato lo schienale, sono caduto nel vano dove si mettono le valigie e con le braccia che bruciavano mi sono buttato sull’asfalto», ha raccontato al Tgr Calabria il bracciante agricolo, di origine afghana come «almeno tre delle altre persone a bordo». Come le altre vittime, sfruttato nei campi da un sistema che definisce mafioso. Non parla della ‘ndrangheta, ma di una «grande mafia» che coinvolgerebbe diverse persone di origine pachistana.

      Oltre che sullo sfruttamento dei braccianti agricoli, il sistema lucrerebbe anche sullo spaccio di grandi quantità di stupefacenti. Aspetti tutt’ora al vaglio della procura diretta da Alessandro D’Alessio, che durante la conferenza stampa del pomeriggio del 3 giugno, data la fase ancora embrionale delle indagini, non si è voluto sbilanciare pubblicamente sul movente e sul contesto nel quale è maturato il fatto. «I soldi non ce li davano, da mangiare sì. La casa sì, ma i soldi no» da oltre un mese. Giovanni Mininni, segretario generale della Flai Cgil, afferma che questo fatto apre uno squarcio su un problema capillare e su una «rete ampia di caporali» strutturati in un «sistema organizzato e centralizzato» che controlla l’intero territorio. Una dinamica che aveva portato quel gruppo di persone a ribellarsi ai loro aguzzini, rifiutandosi di lavorare senza un regolare contratto, e ricevendo in cambio prima delle minacce con coltelli e pistole e, in seguito, quella spedizione punitiva culminata con la spietata esecuzione. Gli autori del crimine si sarebbero fermati al distributore per «regolare i conti». La loro identificazione è stata possibile anche grazie al racconto del sopravvissuto.

      In quella zona a cavallo tra la Calabria e la Basilicata, concluso il periodo di raccolta agrumicola – come raccontatoci dai braccianti stanziati in autunno negli insediamenti della Piana di Gioia Tauro – in questo periodo dell’anno ci si sposta per la raccolta delle fragole. Il salario, per così dire, sarebbe di 50 euro al giorno, dai quali detrarre il 10 per cento da consegnare ai “caporali” per il trasporto nei campi. I braccianti vivono in alcuni alloggi dislocati in diverse zone della provincia. Non insediamenti che aggregano grandi quantità di persone: gli appartamenti sono sparsi sul territorio a macchia di leopardo per saltare meno all’occhio. Alamyar mostra ai giornalisti quello di Villapiana dove viveva con altre dieci persone, comprese le vittime. Mostra le condizioni della loro abitazione da 500 euro mensili e una busta paga fittizia che reca in calce la somma di 350 euro. Sono queste le condizioni alle quali i braccianti hanno voluto ribellarsi, pagandone caro il prezzo.

      I racconti di sfruttamento tra la Sibaritide e il Metapontino

      Negli ultimi anni, diverse inchieste giudiziarie hanno fatto luce su questo fenomeno. A marzo 2022 è stata chiusa un’indagine durata circa tre anni che ha portato alla luce un rodato sistema di sfruttamento dei braccianti agricoli proprio in quella zona tra le province di Cosenza e Crotone. Alla base del sistema c’era un «reclutatore» originario di Mirto Crosia, altro paese della jonica-cosentina, che svolgeva un’attività di intermediazione illecita di manodopera con diverse aziende locali finite sotto la lente della procura. Sui braccianti, assieme ad altri sodali, svolgeva un controllo asfissiante: «Compilava un piccolo libricino col numero delle cassette riempite da ogni operaio per calcolarne la paga», ha raccontato una delle vittime nel 2020. «Quando si accorgeva che avevamo raccolto poche cassette di pomodori iniziava a maltrattarci, offendendoci e minacciandoci. Diceva con tono di voce alto: ’Testa di ca**o, testa di min**ia! Domani non ti porto a lavorare!’. Io restavo zitto e continuavo a lavorare. La mia giornata lavorativa veniva retribuita con 30 euro, in contanti, ogni lunedì. […] Ho lavorato anche di domenica. Non ho mai ricevuto alcun compenso straordinario».

      I racconti sono tanti, si sovrappongono tra loro. «Mi facevo trovare alle tre del mattino», dice un’altra vittima. Era quello l’orario in cui il furgone rosso passava per condurli nel campo di raccolta. «Ho lavorato quasi tutti i giorni di agosto. Arrivavamo [sui campi di Strongoli, in provincia di Crotone] alle 6 del mattino e lavoravo fino alle 16 del pomeriggio, con una pausa che si aggirava dai 10 ai 30 minuti, dove mangiavo un panino portato da casa. Mi veniva dato incarico di raccogliere i pomodori dalla pianta e di metterli in delle cassette di legno per poi sistemarli nei cassoni del camion». Chi si ribella al sistema rischia di pagare con la vita. Il Fatto Quotidiano ha riportato l’arresto, avvenuto alla fine del 2025, di altri quattro cittadini pachistani all’esito di un’indagine partita da un incidente stradale che aveva coinvolto alcuni braccianti nella zona di Scanzano Jonico. Anche in quel caso, quella che di primo impatto sembrava una tragedia aveva portato alla luce un sistema di sfruttamento nei campi agricoli della Basilicata.

      Non sfugge inoltre la ricorrenza, in quella porzione di Calabria, di un modus operandi, quello degli incendi di veicoli, spesso letto, anche nelle cronache, in maniera frammentaria e decontestualizzata. Sul territorio di Corigliano Rossano sono decine e decine i casi di rogo doloso di autoveicoli. Nel 2021 i casi censiti erano oltre cinquanta, almeno raddoppiati negli anni successivi. Dopo il rogo di alcuni mezzi appartenenti a cittadini di origine rumena, alcune testate locali avevano scritto della possibile «ombra del caporalato» dietro a fatti tanto ricorrenti da non poter pensare a semplici ritorsioni o attività “microcriminali” ma ad un sistema radicato. L’Osservatorio Placido Rizzotto della Flai Cgil aveva scritto di 36 inchieste in regione che avevano fatto luce su un giro di affari illecito nel settore pari a circa 2,5 miliardi di euro. Dinamiche rispetto alle quali la ‘ndrangheta è spettatrice interessata com’era stato evidenziato anche in altre inchieste, tra cui “Rasoterra”. L’indagine risale al 2021 ed aveva fatto luce sugli interessi di alcuni soggetti riconducibili alla cosca “Piromalli-Molè”, egemone sul territorio di Gioia Tauro, negli insediamenti della zona industriale popolati dai braccianti migranti.
      I «ghetti» e l’approccio emergenziale: solo la morte fa notizia

      Tra la Piana di Sibari e Crotone corrono circa 150 chilometri della statale 106. Percorrendo quel tratto, a qualsiasi ora del giorno e della notte, ci si imbatte spesso in diverse biciclette al bordo della carreggiata che trasportano cassette di agrumi, pomodori o finocchi. Una via crucis ricorrente che si sceglie di non vedere. La dinamica che alimenta il caporalato sta tutta qui. Una pratica diffusa, soprattutto a certe latitudini, anche grazie alla connivenza di tutte le parti sociali. Non a caso, monsignor Savino ha parlato di «zona grigia che vede, sa e lascia fare». Nel suo appello, il vescovo di Cassano – una delle cittadine più grandi della Sibaridite, nota per la presenza di alcuni tra più pericolosi gruppi criminali della zona e per alcuni fatti di sangue come l’esecuzione del piccolo “Cocò” Campolongo nel 2014 – chiede «allo Stato di esserci con tutta la sua forza, non soltanto dopo il sangue, ma prima: nelle campagne, nelle filiere agricole, nei luoghi di reclutamento della manodopera, negli alloggi indegni, nei trasporti opachi, nei rapporti di lavoro irregolari, nelle sacche di vulnerabilità dove il caporalato mette radici». Queste parole ricordano molto le invocazioni di associazioni e attivisti che si susseguono dal 2010, anno della cosìddetta rivolta dei braccianti di Rosarno.

      L’attenzione sugli insediamenti dei braccianti in Calabria viene richiamata dopo incidenti o tragiche morti come quella di Soumaila Sacko, sindacalista e bracciante ucciso a colpi di arma da fuoco nei campi del Vibonese. Ad aprile 2026, Emergency aveva manifestato preoccupazione per l’ennesima presa di posizione di carattere emergenziale nella zona della tendopoli di San Ferdinando. La autorità avrebbero disposto un nuovo sgombero dell’area popolata dai braccianti, dopo quello del 2019 a lungo decantato dall’allora capo del Viminale Matteo Salvini. La notizia del nuovo intervento è contenuta nel decreto n. 238/2026, inserito nel “Decreto Caivano” come azione di contrasto alla criminalità nelle periferie. Qui si legge dello smantellamento dell’insediamento informale «ai fini della tutela pubblica e privata incolumità» con l’autorizzazione allo spostamento delle persone presenti in tendopoli nella zona di contrada Russo con un «intervento rifunzionalizzante» del suo borgo sociale – leggasi foresteria – di proprietà del Comune di Taurianova. Secondo l’associazione, dietro questa misura si cela l’ennesimo sgombero «senza soluzioni abitative dignitose e percorsi di integrazione», quindi l’ennesimo intervento emergenziale che produrrebbe «solo nuove forme di marginalità e ghettizzazione, senza affrontare strutturalmente il problema».

      Il dramma nei numeri: 11mila irregolari nella sola provincia di Crotone

      Tali interventi alimentano la vulnerabilità dei braccianti migranti che diventano vittime dello sfruttamento. Testimonianza che per debellare la piaga del “caporalato”, non bastano interventi in emergenza o di carattere repressivo. Un aspetto reso evidente – ma già rimosso – durante la pandemia. Le regolarizzazioni a tempo volute dall’allora ministro Teresa Bellanova misero in luce il bisogno di manodopera migrante in determinati settori, ma anche i limiti dello Stato nel riconoscere i giusti diritti a queste persone. Secondo il report finale del Ministero dell’Interno, nella provincia di Crotone le istanze presentate ai fini dell’emersione di rapporti di lavoro subordinato irregolare furono solo 109 (non tutte riferibili a braccianti agricoli). Un dato irrisorio se si considera il numero di braccianti presenti nella zona.

      I numeri reali, ancora oggi, dicono tutt’altro. Nel settimo rapporto Agromafie e caporalato, l’Osservatorio Placido Rizzotto, sulla base di dati Istat aggiornati al 2023, ha stimato che nel settore agricolo in Italia vengono impiegati oltre 872mila lavoratori (dipendenti e indipendenti). Il tasso di irregolarità ammonterebbe al 30 per cento contandosi oltre 200mila irregolari (impiegati in modo non standard, ovvero a “nero” o “grigio”), 11-12mila solo nella provincia di Crotone. La cifra ricomprende anche tra i 4 e i 5mila lavoratori e lavoratrici straniere così detti “stagionali”, che ogni anno giungono sul territorio «in occasione di fasi di lavorazione che richiedono picchi di forza lavoro».

      Sulla vicenda è intervenuta anche Libera, che ha parlato di «tragedia annunciata»: «Ancora una volta i braccianti sono vittime di un sistema che umilia, sfrutta e uccide. In tutto questo hanno facile gioco le mafie: quelle internazionali che gestiscono la tratta e quelle locali che controllano il caporalato o assoldano manodopera criminale a basso costo fra i disperati. Alla commozione di queste ore bisogna far seguire azioni vere e concrete per fare in modo che questo ennesimo sacrificio non sia stato vano. Quei quattro corpi carbonizzati devono gridare forte alle nostre coscienze, devono inchiodare alle nostre responsabilità».

      ►https://lavialibera.it/it-schede-2710-strage_di_caporalato_in_calabria_non_chiamiamola_tragedia

      #agriculture #fraises #travailleurs_agricoles #saisonniers

    • L’#esclavage_moderne en Italie : quatre travailleurs agricoles migrants brûlés vifs dans un véhicule utilitaire

      Le 1er juin 2026, quatre ouvriers agricoles ont péri brûlés vifs dans le sud de l’Italie, victimes d’un acte de violence sauvage et prémédité. Les victimes – Waseem Khan, 29 ans, de nationalité pakistanaise ; et trois Afghans, Amin Fazal Khogjani, 28 ans, Ullah Ismat Qiemi, 19 ans, et Safi Iayjad, 27 ans – étaient enfermés dans une fourgonette sur le parking d’une station-service de la route nationale 106 à Amendolara, petite commune de la côte ionienne de Calabre, et ont été brûlés vifs par deux chefs de gangs auprès desquels ils avaient osé réclamer leurs salaires volés.

      Le crime a été filmé par une caméra de vidéosurveillance. Deux ouvriers agricoles, identifiés et arrêtés quelques heures plus tard comme étant Safeer Ahmed et Ali Raza, tous deux de nationalité pakistanaise et désormais inculpés d’homicides aggravés multiples, auraient versé un liquide inflammable dans l’habitacle, bloqué les portes de l’extérieur pour empêcher toute fuite, jeté un briquet à l’intérieur et pris la fuite alors que la camionnette s’embrasait. Les pompiers ont retrouvé quatre corps carbonisés.

      Un cinquième passager, Taj Mohammad Alamyar, un Afghan de 35 ans, a survécu de justesse en brisant la vitre arrière et en s’extirpant du véhicule. Il a subi de graves brûlures aux mains et au bras droit. Un sixième ouvrier pu échapper à la mort uniquement parce qu’il était malade et contraint de rester chez lui ce jour-là.

      Selon le témoignage d’Alamyar, les travailleurs s’étaient vu promettre 45 € par jour pour huit heures de cueillette de fraises dans les zones d’agriculture intensive de la région. Ils n’avaient rien reçu depuis le 20 avril. Survivant avec le strict minimum et entassés à dix dans une pièce d’un logement contrôlé par leurs recruteurs, ils avaient commis le délit de réclamer leurs arriérés de salaire.

      Les enquêteurs ont également constaté que 14 autres véhicules transportant des migrants pakistanais en Calabre avaient été incendiés au cours des mois précédents, preuve d’une violente guerre criminelle pour le contrôle de la ressource la plus lucrative de l’économie agricole du sud de l’Italie : le travail forcé.

      Le système de caporalato utilise des intermédiaires criminels pour recruter des migrants vulnérables, monopoliser leurs transports et leurs logements, et les louer à des employeurs agricoles à des tarifs exorbitants. Il constitue l’épine dorsale de la filière fruits et légumes italienne. Il sert les impératifs de profit de la Grande Distribuzione Organizzata (les consortiums de grande distribution qui dominent les chaînes de supermarchés italiennes), qui compriment les prix à la production au point que le maintien d’un emploi légal devient financièrement impossible pour les exploitants agricoles.

      Le syndicat agricole FLAI-CGIL et l’Osservatorio Placido Rizzotto estiment qu’en Italie entre 400 000 et 430 000 travailleurs agricoles sont soumis au recrutement irrégulier de travail, ce qui fait d’eux des victimes potentielles ou actives du système caporalato.

      Plusieurs chercheurs de renom, parmi lesquels Letizia Palumbo, Francesco Carchedi et Jean-René Bilongo, ont largement documenté les conditions de travail forcé, de traite des êtres humains et d’esclavage moderne en Italie. Selon les données les plus récentes de l’Indice mondial de l’esclavage (2023), environ 197 000 personnes vivaient en situation d’esclavage moderne en Italie en 2021. Les syndicats et les organisations de défense des droits humains estiment que le nombre réel pourrait être bien plus élevé.

      Alamyar a témoigné que les truands-recruteurs menaçaient les travailleurs avec des armes à feu et des couteaux pour les contraindre à travailler dans les champs. Le détournement des salaires est si bien organisé que les caporali accompagnent systématiquement les travailleurs directement aux distributeurs automatiques pour récupérer physiquement l’argent versé sur les bulletins de paie officiels, ne laissant aucune trace écrite tout en leur soutirant jusqu’au dernier euro de leur labeur.

      Les quatre victimes décédées, ainsi que le survivant, étaient titulaires de permis de séjour italiens en règle et résidaient dans le pays depuis des années sans casier judiciaire. Ils étaient employés au noir, exploités jusqu’à l’usure et furent brûlés vifs lorsqu’ils ont réclamé ce qui leur était dû.

      La Première ministre Giorgia Meloni, la politicienne fasciste à la tête du gouvernement italien depuis trois ans et demi, qui a systématiquement ciblé les immigrés et fait grimper le taux d’extrême pauvreté au niveau record de 9,8 pour cent, a publié un communiqué condamnant ce « meurtre horrible » et promis que justice soit faite. La ministre du Travail, Marina Calderone, a qualifié cet épisode d’« inacceptable ».

      Mais c’est Meloni qui a considérablement aggravé les conditions dans lesquelles ce travail forcé s’exerce. Elle a fortement restreint les procédures d’asile, renforcé les contrôles aux frontières et réduit les dispositifs de protection sociale.

      Son décret Cutro de 2023 a aboli les permis de protection spéciale, supprimé les programmes d’intégration et créé de toutes pièces une classe de travailleurs isolés et juridiquement précaires, précisément ceux qui finissent par tomber entre les mains des caporali. La menace de perdre son statut légal constitue le piège disciplinaire du système : dénoncer le vol de salaire ou l’abus entraîne la perte de l’emploi, l’irrégularité administrative et l’expulsion.

      De l’autre côté de l’hémicycle parlementaire, Elly Schlein, du Parti démocrate, a annoncé sa participation à une manifestation organisée par FLAI-CGIL sur le lieu des meurtres. La porte-parole du PD, Camilla Laureti, a déclaré que cette tragédie avait « profondément marqué la République démocratique tout entière ».

      Le Parti démocrate a sa part de responsabilité dans le cadre juridique qui engendre ces conditions. Le décret Minniti-Orlando de 2017 a supprimé les recours en deuxième instance pour les demandeurs d’asile et a été le premier à criminaliser les ONG de sauvetage en Méditerranée. La loi Bossi-Fini de 2002, qui lie directement les permis de séjour aux contrats de travail valides, n’a jamais été abrogée par aucun gouvernement italien, qu’il soit de centre-gauche ou de droite.

      Le massacre d’Amendolara s’est produit quelques jours avant un tournant décisif dans la politique migratoire européenne. Le 12 juin, le nouveau régime d’asile européen commun et le règlement de l’UE sur le retour, sont entrés en vigueur simultanément. Ce règlement a été élaboré en étroite collaboration entre le Parti populaire européen (PPE), parti conservateur, et trois groupes parlementaires d’extrême droites néofascistes, marquant ainsi l’effondrement effectif de la prétendue barrière séparant le conservatisme traditionnel de l’extrême droite.

      Les refus d’asile prononcés par tout État membre de l’UE, y compris par des gouvernements très restrictifs comme la Pologne ou la Hongrie, seront automatiquement reconnus dans tout l’espace Schengen, sans possibilité de recours interne. Les migrants, y compris les familles avec enfants, peuvent être détenus jusqu’à 30 mois. La création de centres de rétention extraterritoriaux dans des pays comme le Rwanda, la Libye et la Mauritanie est envisagée, ainsi que le renforcement des pouvoirs de police et la baisse des aides sociales afin de forcer les migrants à accepter leur expulsion.

      Le modèle de cette offensive n’est pas nouveau. Aux États-Unis, l’administration Trump a mis en place un système de détention et d’expulsion massives, véritable goulag intérieur, ciblant, comme en Italie, des travailleurs entrés en situation régulière, et déployant des agents de l’ICE (police de l’immigration) lourdement armés et non masqués, qui mènent des descentes sans mandat sur les lieux de travail.

      À l’instar de l’UE, Washington offre aux employeurs un moyen efficace d’imposer la discipline au travail et de réprimer toute résistance collective en maintenant des millions de migrants dans une situation d’incertitude juridique permanente. Le Parti démocrate, qui a largement contribué à la mise en place de l’infrastructure d’expulsion dont Trump dispose aujourd’hui, joue un rôle similaire à celui du Parti démocrate italien, versant parfois des larmes hypocrites sur les conséquences qu’il a lui-même engendrées.

      Ces mesures aggravent et institutionnalisent la vulnérabilité des travailleurs migrants déjà pris au piège du système de caporalato. Lorsque l’État capitaliste traite les migrants en hors-la-loi passibles de détention et d’expulsion arbitraires, il adresse un message clair aux organisations criminelles et aux patrons-exploiteurs qui dépendent de leur travail : ces travailleurs peuvent être maltraités, volés et tués en toute impunité. L’horrifiant assassinat de ces quatre travailleurs s’inscrit dans la violence structurelle du régime frontalier de l’UE, comme la guerre contre les migrants menée outre-Atlantique.

      Dès lors qu’une partie de la société est privée de ses droits démocratiques, ce précédent s’étend à d’autres : les jeunes qui s’opposent au militarisme, les travailleurs qui résistent aux licenciements et aux baisses de salaires, les locataires qui luttent contre la flambée des loyers. La privation des droits civiques des migrants sert de terrain d’expérimentation pour des attaques plus larges contre toute la classe ouvrière, tandis que les élites dirigeantes européennes se préparent à une intensification des conflits sociaux.

      Les meurtres d’Amendolara sont l’aboutissement logique d’une économie politique qui a systématiquement transformé des êtres humains en objets jetables, produit non seulement de la brutalité individuelle, mais aussi de décennies de législation bipartite à Rome, Bruxelles et Washington, conçue pour maximiser au service des profits la vulnérabilité et le caractère jetable de la main-d’œuvre immigrée.

      La classe ouvrière ne peut se tourner vers un pouvoir politique qui s’indigne de tels crimes tout en créant les conditions qui les rendent possibles, de même que la guerre, le génocide et l’attaque des droits démocratiques. Ce qu’il faut c’est développer un mouvement socialiste international unissant travailleurs migrants et travailleurs autochtones dans une lutte commune. Ce mouvement doit défendre les pleins droits politiques et sociaux pour tous, sans distinction de statut migratoire. Il doit remettre en cause le système capitaliste même, dont les frontières, les régimes de travail et l’exploitation motivée par le profit sont la source de ces abus.

      ▻https://www.wsws.org/fr/articles/2026/06/10/kapl-j10.html

  • Aux Emirats arabes unis, des milliers de travailleurs pakistanais expulsés : « J’ai été traité comme un criminel »
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/13/aux-emirats-arabes-unis-des-milliers-de-travailleurs-pakistanais-expulses-j-

    Aux Emirats arabes unis, des milliers de travailleurs pakistanais expulsés : « J’ai été traité comme un criminel »
    De nombreux membres de la communauté chiite pakistanaise, qui entretient un fort rapport de proximité avec l’Iran, témoignent des expulsions arbitraires dont ils sont victimes depuis la mi-avril. Deux millions de Pakistanais chiites vivent dans le pays ; beaucoup depuis plusieurs années.
    Par Sophie Landrin (Islamabad, envoyée spéciale)
    Ali Abbas, un comptable pakistanais de 38 ans, travaillait depuis quinze ans dans une institution gouvernementale des Emirats arabes unis. Il a été brutalement expulsé, fin avril. « J’ai été convoqué dans un bureau d’une agence gouvernementale où mon téléphone portable a été confisqué et la carte SIM retirée. On m’a dit que mon visa était annulé et que je serais expulsé plus tard dans la journée. Ce fut un choc énorme pour ma famille et moi : j’ai passé quinze ans à bâtir ma carrière et, en quelques minutes, tout a été réduit à néant. » Il est parti sans percevoir ses indemnités de fin de contrat pour plus d’une décennie de travail. Son téléphone ayant été confisqué, il a perdu l’accès à son compte bancaire et à son épargne. Le comptable a laissé sur place tous ses biens (meubles, voiture…). « J’ai été expulsé du pays, avec pour seuls biens mon passeport et mon portefeuille. Ma seule faute était ma foi. » Ali Abbas est chiite et, comme lui, des milliers de Pakistanais de ce courant de l’islam ont été renvoyés depuis la mi-avril. Un haut dignitaire chiite pakistanais, Muhammad Amin Shaheedi, a avancé le chiffre de 5 000 familles chiites, soit un total de 15 000 personnes, dont beaucoup sont installés aux Emirats depuis plusieurs années ou décennies.
    En expulsant les Pakistanais, les Emirats arabes unis, durement frappés par des missiles et des frappes de drones iraniens, veulent-ils sévir contre cette communauté qui entretient des liens profonds avec l’Iran ? Sanctionner Islamabad, investi dans un rôle de médiateur entre les Etats-Unis et l’Iran ? Lancer un avertissement à son allié, qui s’est considérablement rapproché de l’Arabie saoudite ? La guerre en Iran avait déjà eu des répercussions pour la communauté chiite au Pakistan, qui représente de 10 % à 15 % (entre 25 millions et 37,5 millions de personnes) de la population du pays, estimée à 250 millions d’habitants, majoritairement sunnite. La plupart vivent dans le Gilgit-Baltistan, seule région majoritairement chiite du pays.
    A l’annonce de la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei, le 28 février, de violentes manifestations antiaméricaines avaient éclaté dans plusieurs grandes villes, faisant une vingtaine de morts. Un groupe de jeunes musulmans chiites en colère avait attaqué le consulat américain à Karachi, dans le sud du Pakistan. Le maréchal Asim Munir, l’homme le plus puissant du Pakistan, avait alors rencontré les dignitaires du clergé chiite pour calmer les esprits.
    Les Emirats arabes unis n’ont pas confirmé ces expulsions, pas plus que le gouvernement pakistanais. Pourtant, Syed Qaiser Abbas, un chiite local, installé dans la province du Khyber Pakhtunkhwa, au Pakistan, joint par Le Monde, témoigne de l’ampleur des départs. Il a recueilli les données pour sa ville, Hangu. « Chaque jour, nous accueillons dans notre village des personnes expulsées. A ce jour, plus de 200 musulmans chiites sont revenus. Les gens sont expulsés aveuglément en raison de leur foi. Il est très regrettable que les chiites pakistanais soient traités comme s’ils étaient iraniens. Nous respectons et suivons l’ayatollah, mais cela ne signifie pas que nous sommes iraniens », plaide-t-il.
    Selon les témoignages qu’il a collectés, les autorités émiraties repèrent les Pakistanais chiites quand ils se rendent dans des lieux de culte, où ils doivent scanner leur carte d’identité avant d’entrer. « Nous exhortons le gouvernement pakistanais à soulever cette question auprès des autorités des Emirats arabes unis, mais jusqu’à présent les responsables pakistanais semblent refuser de voir la réalité en face », insiste Syed Qaiser Abbas. Environ 2 millions de Pakistanais sont installés aux Emirats.
    Le Golfe est crucial pour le Pakistan, et cette vague d’expulsions risque d’ébranler une économie déjà fragile. Des millions de citoyens ont migré comme travailleurs, souvent faiblement qualifiés, en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis, au Qatar, à Oman et à Bahreïn. Les fonds qu’ils envoient chez eux constituent une bouée de sauvetage cruciale pour les familles, mais aussi pour l’économie pakistanaise, en manque de liquidités, contribuant à renforcer les réserves de change du pays. Au cours du dernier exercice fiscal 2024-2025, le Pakistan a reçu plus de 38 milliards de dollars (plus de 32 milliards d’euros) de transferts de fonds provenant de travailleurs expatriés, et les Emirats ont contribué à hauteur de 7,8 milliards de dollars, soit le deuxième montant le plus élevé après l’Arabie saoudite.
    Abou Dhabi avait déjà envoyé, en avril, un signal négatif en exigeant le remboursement rapide d’un prêt de 3,5 milliards de dollars accordé au Pakistan – près d’un cinquième des réserves de change du pays. L’Arabie saoudite a dû intervenir et a proposé un dépôt de 3 milliards de dollars, évitant un défaut de paiement. Islamabad joue les équilibristes en tentant de maintenir sa neutralité face aux rivalités entre le Golfe et l’Iran voisin, tout en se posant en médiateur dans la guerre opposant Téhéran et Washington. Sa position est d’autant plus délicate que le Pakistan est engagé par un pacte de défense mutuel signé en 2025 avec l’Arabie saoudite, rival historique de l’Iran, l’obligeant à protéger Riyad en cas d’attaque.
    Le ministère de l’intérieur pakistanais a démenti, dans un communiqué diffusé le 8 avril, les expulsions « de ce pays islamique frère que sont les Emirats arabes unis », qualifiant ces informations « de mauvaise foi, s’inscrivant dans le cadre d’une propagande malveillante menée par des intérêts particuliers ». « Aucune expulsion ciblant un pays ou une branche spécifique n’est en cours, y compris aux Emirats arabes unis, affirment les autorités. Les expulsions, le cas échéant, relèvent d’une procédure de routine conforme à la réglementation et au système juridique du pays d’accueil, et sont motivées par des violations de la loi, des séjours illégaux ou des documents non valides. »
    Abbas Shirazi, 47 ans, originaire du district d’Attock, dans le Pendjab, possédait des documents parfaitement valides quand il a été renvoyé brutalement, le 22 avril, après dix-sept années passées aux Emirats. « Ils m’ont arrêté devant mon bureau, m’ont pris mon ordinateur portable et mon téléphone, puis m’ont envoyé dans un centre de détention où se trouvaient une douzaine d’autres chiites pakistanais. J’ai été traité comme un criminel », témoigne cet inspecteur de la sécurité dans le bâtiment. Il raconte avoir été harcelé au cours de sa détention, sans possibilité de s’entretenir avec la direction de l’entreprise ou avec sa famille, et encore moins avec un avocat. « Je suis rentré au Pakistan les mains vides, sans un sou, et j’ai perdu l’accès à toutes mes économies et à ma retraite. Nous n’avons reçu aucune aide de la part des autorités pakistanaises. » Abbas Shirazi, père de trois enfants, ne sait pas comment subvenir aux besoins de sa famille. La guerre en Iran met au jourd à quel point la main-d’œuvre migrante et les transferts de fonds sont devenus des instruments de pression en géopolitique.

    #Covid-19#migration#migrant#pakistan#emiratsarabes#travailleurmigrant#expulsion#droit#sante#crise

  • L’#intelligence_artificielle coûte désormais plus cher que les #salariés
    ▻https://www.generation-nt.com/actualites/intelligence-artificielle-cout-superieur-travailleur-humain-2074828

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  • Au Maroc, le secteur agricole est dépendant des travailleurs migrants - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/71035/au-maroc-le-secteur-agricole-est-dependant-des-travailleurs-migrants

    Au Maroc, le secteur agricole est dépendant des travailleurs migrants
    Par Sertan Sanderson Publié le : 24/04/2026
    Alors que le Maroc est traditionnellement un pays de transit pour les migrants qui espèrent rejoindre l’Europe, de plus en plus de personnes choisissent d’y rester. Le secteur agricole marocain, en manque de main d’oeuvre, y voit une bouée de secours.Le Maroc passe progressivement d’un pays de transit à un pays de destination pour de nombreux migrants. Cela s’explique notamment par l’urbanisation du Maroc, qui a entraîné un exode massif vers les villes, au détriment des zones rurales qui abritent les secteurs de l’agriculture et de l’élevage. Cette évolution a ainsi créé de nouvelles opportunités d’emploi.
    Le renforcement des contrôles aux frontières maritimes par les autorités marocaines, en étroite collaboration avec les partenaires européens, a également rendu plus difficiles les dangereuses traversées en mer vers l’Union européenne (UE). Beaucoup de migrants se retrouvent donc bloqués à long terme au Maroc et se mettent à chercher du travail sur place.
    Il est difficile de quantifier précisément l’ampleur de cette tendance, car près des trois quarts des migrants qui restent au Maroc occupent un travail illégal et les autorités marocaines se montrent réticentes à régulariser leur situation. De plus, les statistiques officielles ne reflètent pas l’ampleur de la migration irrégulière.
    L’agence de presse Reuters s’est rendue dans une exploitation agricole près de la ville côtière d’Agadir, où les migrants comblent désormais d’importantes pénuries de main-d’œuvre. Plus de 24 000 hectares de serres s’étendent sur les plaines de la région de Souss-Massa, à environ 50 kilomètres au sud d’Agadir, où sont produites plus de 80 % des exportations marocaines de fruits et légumes. Le poids économique de la région est considérable.L’un des migrants qui a trouvé du travail ici est Abdulfattah Aliou, un homme de 23 ans originaire du Togo, dont l’histoire est similaire à celle de nombreuses personnes en situation irrégulière bloquées au Maroc.
    Le Togolais a expliqué à Reuters qu’il avait initialement tenté de rejoindre l’UE en entrant dans l’une des enclaves espagnoles situées à l’extrême nord du Maroc, où il a été intercepté par les gardes-frontières espagnols avant d’être renvoyé au Maroc. Depuis le nord du Maroc, les autorités ont ensuite renvoyé Abdulfattah Aliou et d’autres migrants par bus vers le sud du pays. Certaines organisations de défense des droits de l’Homme ont dénoncé cette pratique, la qualifiant de « refoulement interne », et estimant qu’elle porte atteinte au droit de demander l’asile. Débarqué dans le sud du pays, Abdulfattah Aliou a commencé à travailler sur des exploitations agricoles. « Travailler, c’est mieux que de mendier dans la rue », a-t-il expliqué en rentrant d’une journée de travail dans un champ de tomates.
    Alioun Dialou, un Sénégalais de 48 ans, s’est également installé ici. Il travaille dans des exploitations agricoles de la région depuis près de 20 ans et a été témoin de l’évolution démographique de ses propres yeux. Alioun Dialou vit dans la ville d’Aït Amir, dans la région de Souss-Massa, où la population locale a quadruplé pour atteindre 113 000 habitants depuis la fin des années 1990, sous l’effet de l’augmentation de la main-d’œuvre migrante. Il dort actuellement dans la rue, essayant d’économiser de l’argent pour pouvoir s’acheter un téléphone, afin de rester en contact avec sa famille restée au pays, et de nouvelles chaussures. Malgré ces difficultés, il n’a toujours pas l’intention de quitter le Maroc, du moins pour le moment. « Je dois gagner un peu d’argent pour vivre et me reposer, dit-il. J’essaierai l’Europe plus tard. »
    Pourtant, à son arrivée au Maroc, Alioun Dialou avait espéré continuer le voyage vers l’Europe. Aujourd’hui, il a une fille de 11 ans scolarisée dans une école marocaine. Elle parle le français, la langue locale berbère et l’arabe marocain. Nombre de Marocains sont allés chercher du travail dans des grands centres urbains depuis le début des années 2000 et une longue période de sècheresse qui a presque décimé le secteur agricole. Cette dernière a supprimé 1,7 million d’emplois agricoles, selon les statistiques officielles citées par Reuters qui précise que le nombre de Marocains travaillant activement dans l’agriculture a été divisé par deux au cours des vingt dernières années.
    Dans des villes comme Tanger, Rabat et Casablanca, qui ont connu ces dernières années une croissance annuelle de 1 %, de nombreux Marocains se sont depuis longtemps construit une nouvelle vie, n’ayant plus beaucoup d’attaches dans les zones rurales.
    Rachid Benali, président de la Confédération nationale des producteurs agricoles (COMADER), estime que cette tendance ne va pas s’inverser. Selon lui, « une fois que les gens se sont habitués à la vie urbaine, il est difficile de les faire revenir travailler dans les exploitations agricoles des zones rurales ». Or, il est devenu difficile de trouver de la main-d’œuvre. La forte demande a également poussé les travailleurs agricoles marocains à exiger des salaires plus élevés. Dans le même temps, des migrants comme Abdulfattah Aliou travaillent pour des bas salaires. Selon Reuters, ils gagnent moins d’un cinquième du salaire en vigueur pour les Marocains.
    Abdelaziz El Maanaoui, président d’une association de producteurs dans les plaines de Souss-Massa, confirme que le secteur est devenu dépendant de la main-d’œuvre immigrée : "Sans la main-d’œuvre subsaharienne, un certain nombre d’exploitations auraient dû fermer
    Ainsi, des voix s’élèvent aujourd’hui pour demander la régularisation d’environ 150 000 personnes au Maroc. Abdelaziz El Maanaoui se dit favorable à cette initiative. D’autant que les taux de natalité chez les Marocains est en forte baisse et un déclin démographique est désormais en cours. Cela signifie que la pénurie de main-d’œuvre va encore s’amplifier dans le secteur agricole. De plus, l’urbanisation se poursuit : le gouvernement marocain a investi massivement dans le renforcement de ses infrastructures des villes, en construisant de nouvelles voies ferrées, des routes et des aéroports. Rachid Benali a expliqué à Reuters qu’une « pénurie structurelle de main-d’œuvre agricole, tant qualifiée que non qualifiée, dans le pays » mettait gravement en péril la compétitivité de l’agriculture marocaine

    #Covid-19#migration#migrant#maroc#subsaharien#agriculture#economie#travailleurmigrant#sante#demographie#regularisation#droit

  • Mort au #travail : pourquoi cette hécatombe chez les #jeunes de moins de 25 ans
    ►https://www.humanite.fr/politique/morts-au-travail/mort-au-travail-pourquoi-cette-hecatombe-chez-les-jeunes-de-moins-de-25-ans

    Plus de 100 000 #travailleurs de moins de 25 ans sont #accidentés tous les ans en #France et au moins 423 ont trouvé la #mort depuis 2020. À l’occasion de la Journée mondiale de la #santé et de la #sécurité au travail, ce 28 avril, retour sur les raisons d’une tragédie.

  • Nei campi della #Piana_del_Sele si continua a morire di sfruttamento e indifferenza

    A metà aprile un uomo di 36 anni di nazionalità indiana sarebbe stato abbandonato davanti all’ospedale Ruggi di Salerno con le gambe in cancrena e l’infezione agli organi interni. Un orrore che ricorda i fatti di #Satnam_Singh, il giovane lavoratore morto nell’Agro Pontino nell’estate 2024. La risposta della istituzioni è ancora oggi stentata, l’#omertà domina, in una delle aree agricole più produttive del Paese, regno della cosiddetta “#quarta_gamma”

    Venerdì 17 aprile alcuni articoli della stampa locale diffondono la notizia che un uomo di 36 anni di nazionalità indiana sarebbe stato abbandonato davanti al Pronto soccorso dell’ospedale #Ruggi_di_Salerno con le gambe in avanzato stato di cancrena e l’infezione che avrebbe toccato gli organi interni. L’ennesima tragedia dello sfruttamento nei campi d’Italia.

    Sembra un fulmine a ciel sereno che scatena un piccolo terremoto, portando ad un’interrogazione parlamentare ai ministri del Lavoro e dell’Agricoltura da parte del deputato di Avs Franco Mari, a un appello della responsabile Lavoro nella segreteria nazionale del Partito democratico Maria Cecilia Guerra che richiede un solido programma di contrasto che parta dall’abolizione della Bossi-Fini e promuova controlli sistematici sul lavoro irregolare, e a uno della Cgil. Risposte ai quesiti posti non ne sono ancora arrivate.

    Le indagini della Squadra mobile di #Salerno sono in corso e secondo fonti della questura l’uomo sarebbe stato accompagnato al Ps nella notte tra il 10 e l’11 aprile da persone che lo conoscevano. Sarebbe in possesso di documenti ma non è possibile conoscere né l’identità della persona né chi l’abbia accompagnato. Secondo le notizie più recenti, che filtrano a fatica, le condizioni di questa persona sarebbero in leggero miglioramento. Ogni ipotesi è ancora sul tavolo degli inquirenti, compresa quella di un incidente sul lavoro non denunciato, e di un trasporto in ospedale tardivo dopo qualche tentativo di curare le ferite.

    A provocare un quadro clinico di tale gravità potrebbe essere stato il contatto non protetto e prolungato con diserbanti o altre sostanze chimiche utilizzate in agricoltura o in zootecnia.

    “Dobbiamo avere risposte da istituzioni e organismi inquirenti. Non possiamo abbandonare e dimenticare questa persona e i motivi per cui si trova in questo stato. Sfruttamento, caporalato, povertà? Non sappiamo, ma dobbiamo sapere e con certezza”, spiega il sociologo Gennaro Avallone, docente dell’Università di Salerno da anni impegnato a studiare le condizioni di vita e di lavoro dei lavoratori migranti della piana.

    “Voci e ipotesi aiutano all’inizio ma, poi, se non si trasformano in certezza, possono diventare un motivo per abbassare l’attenzione pubblica e politica. Abbiamo bisogno di sapere, ne abbiamo bisogno tutti, a partire dalla popolazione immigrata e da chi vive di lavoro. Mi aspetto, pertanto, risposte istituzionali a breve, a partire dagli esiti delle indagini di polizia”.

    Sono parole forti che spiegano anche come mai quello che sembrava un terremoto non sembra aver scosso più di tanto l’ambiente istituzionale. Aleggia un’ombra di omertà, un muro di gomma che attutisce ogni episodio riguardante i lavoratori migranti della zona rendendolo un piccolo sommovimento. E facendo cadere nel dimenticatoio questa terra in cui i fratelli di Satnam Singh muoiono da anni nel silenzio, lontano dai riflettori, ed insieme a loro tanti altri lavoratori migranti.

    La Piana del Sele, così poco conosciuta, con i suoi circa 450 chilometri di estensione, è una delle aree agricole più produttive d’Italia. Non è l’oceano di plastica che sommerge Almeria, in Spagna, ma un mare relativamente più piccolo di estensione, oltre seimila ettari di serre a costellare lo spazio che va da #Pontecagnano a #Capaccio dall’altra lungo il mare, spingendosi all’interno fino a #Montecorvino e #Battipaglia. Regno della cosiddetta “quarta gamma” italiana, rappresenta un avamposto dell’agro-industria nazionale che per quote di esportazione primeggia sui mercati europei, oltre ad essere uno dei centri della zootecnia di qualità.

    Un mare che dietro a onde apparentemente più tranquille sommerge tra sfruttamento ed indifferenza centinaia di lavoratori migranti.
    Quanti? È difficile da capire, con una comunità indiana di oltre tremila persone e quasi duemila lavoratori migranti di altre nazionalità che vivono nel solo territorio di #Eboli. Tanti vivono all’interno delle aziende, in catapecchie disseminate nel territorio tra le strade strette che portano da una serra all’altra e quelle che si inerpicano tra campagna, allevamenti e caseifici. O in luoghi come #Campolongo, nella periferia di Eboli, dove i lavoratori migranti trovano un alloggio, per quanto precario, tra case abusive e baracche. Tanti sono morti nei campi o per cause non ancora accertate ma strettamente legate alle condizioni di vita. Almeno sei solo in questo anno e mezzo ma le organizzazioni del territorio ne segnalano un numero maggiore, anche se difficilmente verificabile senza l’aiuto delle autorità locali.

    Tra questi #Manjinder_Singh_Rimpa, lavoratore indiano morto schiacciato da un trattore l’8 novembre 2024 in un’azienda della zona. Era originario del villaggio di Tashpur, nel Punjab e da tempo viveva in Italia insieme alla sua famiglia. Le reali circostanze della morte sono ancora oggi da chiarire. Come quelle se possibile ancora più inquietanti che riguardano un altro lavoratore indiano, il cui corpo è stato ritrovato all’interno di una vasca di raccolta del letame l’8 luglio scorso, in un’azienda bufalina in località Borgo San Lazzaro a Serre, poco distante da Eboli. Secondo le ricostruzioni, il corpo ormai in avanzato stato di decomposizione è stato ritrovato quando alcuni lavoratori hanno attivato un macchinario per svuotare la vasca allagata dall’abbondante acqua piovana caduta nelle ore precedenti.

    Tra questi due episodi, almeno altre due morti, una il 13 maggio 2025 a Positano che ha riguardato un lavoratore di origine indiana di 54 anni, e quella del venticinquenne #Sandhu_Gurmeet_Singh, lavoratore sempre indiano che abitava e lavorava in un’azienda agricola ad #Altavilla_Silentina, paese confinante con Serre, ritrovato senza vita lungo le rive del fiume Calore, nascosto tra i rami. Attivisti e realtà del territorio sono impegnate da tempo alla ricerca di risposte ma fino ad ora non hanno ricevuto nulla, mentre la piana del Sele sta diventando un buco nero che inghiotte al suo interno vite, diritti e verità.

    E non bisogna neanche andare così indietro nel tempo per rendersi conto della drammaticità della situazione. Il 14 aprile, mentre il lavoratore indiano portato al Ruggi stava lottando tra la vita e la morte, in una catapecchia nei pressi di Campolongo veniva infatti ritrovato il corpo di un giovane cittadino straniero, in avanzato stato di decomposizione. Quando sono arrivate le forze dell’ordine hanno potuto constatare come il corpo si trovasse lì da almeno un paio di settimane ma al momento le autorità non hanno ancora reso note le generalità ufficiali del giovane. Secondo fonti locali si tratterebbe di #Adama_Coulibaly, un ragazzo di origine maliana, costretto a nascondersi perché privo di regolare titolo di soggiorno e a lavorare accontentandosi di qualche impiego in nero nelle aziende della zona. Mary Coulibaly, cugino del ragazzo, lui sì fortunato possessore di titolo di soggiorno, racconta che negli ultimi tempi non si vedeva molto in giro, aveva detto che sarebbe partito altrove in cerca di qualche altro lavoro. Lo shock è stato forte, e forse appellandosi a questo motivo si rifiuta di riconoscere quel corpo come quello di Adama.

    Resta il dramma e la sensazione che si poteva fare qualcosa per aiutarlo, come sicuramente si poteva fare qualcosa per aiutare #Badhan_Sameer, un ragazzo indiano che viveva per strada, trovato morto in piazza della Repubblica ad Eboli il 2 marzo scorso. Aveva da poco compiuto 40 anni, le prime valutazioni del medico legale e degli inquirenti parlano di cause naturali, aggravate dalle precarie condizioni di vita all’aperto e dal freddo del periodo. Anche in questo caso, ci vorrà tempo per chiarire le cause materiali di queste morti, non è difficile però legarle alla disumana realtà con cui i lavoratori migranti sono costretti a confrontarsi in Italia. Ma tutte, sono storie che ci parlano di condizioni di lavoro precarie, emarginazione, sofferenza, sfruttamento, mancate risposte da parte delle istituzioni.

    Fino ad ora, malgrado alcuni progetti siano in fase di definizione, non ci sono strutture in grado di fornire soluzioni a chi vive queste condizioni di marginalità estrema. Fonti del’amministrazione comunale ebolitana indicano come almeno il progetto legato ai fondi Pnrr della misura dedicata alla fuoriuscita dagli insediamenti abusivi si stia avviando verso la sua definizione, ma anche su questo ci sono poche certezze. L’unica cosa certa è che i fondi sono stati autorizzati dalla struttura commissariale ma che il Comune non ha mai ritenuto necessario rispondere alle richieste di accesso civico generalizzaato presentategli nel corso dell’ultimo anno.

    ▻https://altreconomia.it/nei-campi-della-piana-del-sele-si-continua-a-morire-di-sfruttamento-e-i

    #exploitation #agriculture #Italie #décès #industrie_agro-alimentaire #travailleurs_immigrés #conditions_de_travail #conditions_de_vie

  • La France veut mieux encadrer les flux de travailleurs saisonniers venus du Maroc
    ▻https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/04/16/la-france-veut-mieux-encadrer-les-flux-de-travailleurs-saisonniers-venus-du-

    La France veut mieux encadrer les flux de travailleurs saisonniers venus du Maroc
    A travers un dispositif dit de migration circulaire, Paris annonce sa volonté de structurer les arrivées de travailleurs agricoles venus du Maroc mais aussi de Tunisie, et notamment de s’assurer de leur retour après leur mission.
    Par Célia Cuordifede
    Après l’Espagne, la France lance un programme de migration circulaire avec le Maroc. Financé à hauteur de 4 millions d’euros par l’Union européenne, l’Agence française de développement et le ministère des affaires étrangères, le projet, présenté le 9 avril à Rabat, doit permettre à quelque 500 Marocains de décrocher un contrat pour travailler comme saisonniers dans le secteur agricole et l’hôtellerie-restauration à travers l’Hexagone. « C’est une solution qui permettra à tout le monde d’être gagnant, la France, le Maroc mais aussi les personnes migrantes », a martelé l’ambassadeur de France à Rabat, Christophe Lecourtier. Pour modèle, la France veut se baser sur ce que fait l’Espagne, qui emploie chaque année près de 10 000 travailleurs marocains sur le principe d’accords de migration circulaire – la notion de circularité impose le retour au pays comme une condition pour y participer.
    Le chiffre de 500 personnes avancé par Paris paraît quelque peu dérisoire, alors que la mobilité saisonnière entre la France et le Maroc concerne déjà plusieurs milliers de Marocains par an, grâce à des contrats directs avec des entreprises, comme Légumes de France, des syndicats d’agriculteurs, comme la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, mais aussi des régions ou des villes. « Sur le long terme, il y a une volonté de mieux encadrer et mieux contrôler les flux qui existent déjà », a précisé Christophe Lecourtier.
    Depuis la fin de la pandémie de Covid-19, le nombre de Marocains traversant légalement la Méditerranée pour venir assurer la récolte des cultures agricoles estivales en France n’a fait que croître, pour répondre aux besoins de main-d’œuvre des exploitants français. D’après le bureau marocain de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), l’organisme chargé de valider les dossiers et de délivrer les visas, les travailleurs marocains étaient 9 000 en 2019 et 16 000 en 2024.
    Toutefois, en l’espace de six ans, le taux de retour dans leur pays d’origine a, lui, chuté de 13 points de pourcentage, passant de près de 93 %, en 2019, à 80 %, en 2024. « Il y a aujourd’hui un besoin de structurer les choses face aux dérives que le système a connues ces dernières années, notamment parce que tout a été géré de façon privée », souligne Djelloule Markria, responsable du projet auprès d’Expertise France, l’agence publique chargée de le mettre en œuvre.
    Incitation au retour « Depuis 2022, on a beaucoup de problèmes avec le recrutement des primo-saisonniers », reprend Ahmed Chtaibat, directeur de la représentation de l’OFII au Maroc, précisant qu’ils représentaient 6 000 travailleurs en 2024, soit 37 % des saisonniers.
    Jusqu’à présent, ils sont identifiés par les employeurs français de façon nominative, avec l’appui d’intermédiaires, souvent des travailleurs marocains entrés dans le processus depuis plusieurs années, sur le principe de la cooptation. « Mais ce jeu d’intermédiation est propice à des dérives, et on se retrouve avec des situations où les contrats de saisonniers agricoles sont vendus comme une opportunité de migration de long terme vers l’espace Schengen et non circulaire », poursuit le directeur du bureau casablancais de l’OFII.
    « Jusqu’en 2021, ces mécanismes de recrutement étaient plutôt bien huilés, mais le dispositif a ensuite été dévoyé par la réforme de l’organisation territoriale de l’Etat », observe Anouk Smolski Brun, doctorante en sociologie du travail et des migrations, et autrice d’une thèse sur le dispositif mis en place par l’OFII pour recruter les saisonniers. La réforme avait notamment simplifié les modalités de demande d’introduction et surtout délégué le processus à une plateforme dématérialisée, profitant aux intermédiaires qui en font un commerce parallèle. En 2023, Le Monde racontait, depuis Casablanca, les abus provoqués par ce mode de recrutement, mais aussi les conditions de travail difficiles, parfois indignes, des travailleurs. « Aujourd’hui, ce que l’on souhaite, c’est qu’arrivent dans nos champs des familiers de la chose rurale, pas des urbains, mais aussi des gens qui ont des responsabilités familiales, car c’est une forme de garantie de retour », poursuit Ahmed Chtaibat.
    En sous-texte, la question du retour de ces travailleurs au Maroc revêt une importance majeure dans le projet Thamm Plus (Pour une approche globale de la gouvernance de la migration et de la mobilité de main-d’œuvre en Afrique du Nord) Equipe France, lancé le 9 avril à Rabat. Il promet aussi des formes d’incitation au retour, avec des garanties de formation et/ou d’insertion sur le marché de l’emploi au Maroc, où le chômage touche 13 % de la population. Les autorités marocaines doivent aussi être impliquées dans la sélection des candidats et leur processus de retour.
    Joint par téléphone, le directeur général de l’OFII, Didier Leschi, signale que le même programme, lancé en Tunisie en 2022 auprès de 500 bénéficiaires, s’élargit à 2 500 Tunisiens pour la période 2026-2030. « Il ne faut pas oublier que “migration circulaire” veut aussi dire que des pays pour lesquels nous accordons beaucoup de visas et de nouvelles autorisations de séjour tous les ans doivent collaborer efficacement au retour de ceux qui n’ont pas de titre de séjour », rappelle-t-il.
    Au-delà de l’agriculture, les deux projets lancés au Maroc et en Tunisie permettent d’introduire les mêmes types de contrats dans d’autres secteurs sous tension en France, dont le soin et l’hôtellerie-restauration. « Cela institutionnalise et amorce une extension du dispositif, note Anouk Smolski Brun. C’est tout le paradoxe des économies occidentales qui désirent de la main-d’œuvre étrangère sur le plan économique mais n’en veulent pas sur le plan politique et social. »

    #Covid-19#migration#migrant#france#maroc#economie#travailleurmigrant#agriculture#migrationcirculaire#OFII

  • En Inde, les travailleurs migrants quittent les villes, faute de gaz : « Je ne veux pas mourir de faim »
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/11/en-inde-les-travailleurs-migrants-quittent-les-villes-faute-de-gaz-je-ne-veu

    En Inde, les travailleurs migrants quittent les villes, faute de gaz : « Je ne veux pas mourir de faim »
    Par Carole Dieterich (New Delhi, correspondance)
    Sur le quai numéro 6, à la gare centrale de New Delhi, Tulli Mehto fait un dernier signe de la main à sa famille. Son épouse et ses enfants ont pris place, jeudi 9 avril, à bord du train de 12 h 45 en direction de Darbhanga pour retourner dans leur village natal du Bihar, l’Etat le plus pauvre de l’Inde, dans le nord-est du pays. « Nous n’arrivons plus à nous approvisionner en gaz et nous ne pouvons donc plus nous faire à manger, c’est pour cela que je les renvoie à la campagne », explique ce transporteur routier d’une quarantaine d’années.
    Le blocage du détroit d’Ormuz depuis le début du conflit au Moyen-Orient, fin février, a créé une pénurie de gaz de pétrole liquéfié (GPL) en Inde. Le géant sud-asiatique dépend à 60 % des importations pour son approvisionnement en GPL, dont la grande majorité transite par ce goulot d’étranglement maritime au large de l’Iran. En Inde, la distribution de gaz de cuisine est organisée par des revendeurs officiels et régulée par le gouvernement mais, même en temps normal, nombre d’Indiens s’approvisionnent par des canaux informels. Depuis le début du conflit, les prix sur le marché noir ont explosé. « Les bonbonnes de gaz au marché noir se vendent pour 400 roupies le kilo [près de 4 euros], soit quatre fois le prix habituel », explique Tulli Mehto, qui espère rejoindre sa famille d’ici deux jours, après avoir réglé quelques affaires dans la capitale.
    De Delhi à Bombay, en passant par Bangalore, dans les grandes villes du pays, cette scène se répète à l’envi dans les gares et les stations de bus. Les travailleurs migrants indiens, venus des villages pour gagner leur vie dans les centres urbains, rebroussent chemin, leurs affaires emballées dans des sacs de voyage aux coutures prêtes à craquer ou dans de simples sacs en plastique. Plusieurs dizaines de millions de migrants, venus des campagnes, travaillent dans les grands centres urbains comme chauffeur de VTC, personnel de ménage ou encore ouvriers sur les chantiers ou dans des usines. La plupart sont des journaliers, payés l’équivalent de quelques euros quotidiennement, juste de quoi survivre et envoyer un peu d’argent au village. Leur maigre salaire les rend vulnérables au moindre soubresaut de l’économie.
    « Les travailleurs migrants en Inde sont toujours les premiers à faire les frais des crises que traverse le pays, parce qu’ils n’ont aucun filet de sécurité », estime Nirmal Gorana, activiste qui milite pour les droits des travailleurs. Lors de la pandémie de Covid-19, des millions d’entre eux avaient perdu leur emploi du jour au lendemain et avaient été abandonnés à leur sort, contraints de prendre la route à pied, en l’absence de transports en commun, pour échapper à la faim dans les villes confinées.
    « J’ai entendu dire que la guerre était finie mais si ce n’est pas le cas, je retournerai dans mon village, je ne veux pas mourir de faim ici », lance Manoj, un vendeur à la sauvette, en référence à la trêve et aux pourparlers de paix entre les Etats-Unis et l’Iran qui devaient débuter samedi 11 avril à Islamabad, au Pakistan. Originaire lui aussi du Bihar, cet homme de 55 ans vit seul à Delhi et dépend des petits restaurants de rue et des cantines bon marché de la capitale.
    Dès le mois de mars, les autorités ont donné la priorité à l’approvisionnement en gaz des ménages plutôt qu’à celui des entreprises, contraignant de nombreux restaurants à adapter leurs menus ou à fermer. « Auparavant, je dépensais 50 roupies [environ 50 centimes d’euro] par jour pour manger, désormais, il faut compter le double », confirme Binod Kumar, 60 ans. Ce porteur originaire de l’Uttar Pradesh, l’Etat le plus peuplé du pays, parvient encore à gagner suffisamment d’argent et n’a pas prévu de plier bagage pour le moment. Pour d’autres, le calcul est plus vite fait. Avec l’augmentation des prix du gaz, les 400 roupies que gagne quotidiennement Arvind Kumar ne suffisent plus à envoyer de l’argent à sa famille, restée au village. « Si j’achète du gaz, je ne peux plus économiser un centime pour l’avenir de mes trois enfants. A quoi bon rester ici ? », fait-il valoir, en attendant un train dans la gare d’Anand Vihar, dans l’est de la capitale indienne.
    La plupart des lignes qui partent d’Anand Vihar desservent le Bihar et l’Uttar Pradesh. Au cours de la semaine passée, le nombre de billets vendus ici a augmenté de 20 % sous l’effet des départs de travailleurs migrants. « La majorité des travailleurs n’est pas partie et ceux qui prennent la route le font par crainte que la situation se détériore davantage », explique Nirmal Gorana. « Cette crise du gaz est un désastre pour les plus démunis et devrait être traitée en tant que tel, mais le gouvernement refuse de reconnaître le problème », poursuit-il. Le gouvernement affirme que le pays ne connaît pas de réelle pénurie et que les difficultés d’approvisionnement sont liées à des « achats panique » de la part des consommateurs.
    Les autorités ont néanmoins pris des mesures pour que les plus vulnérables puissent continuer à cuisiner, en assouplissant les conditions d’obtention des petites bouteilles de 5 kilos par le système formel d’approvisionnement. Pour s’en procurer auprès de distributeurs officiels, une simple preuve d’identité suffit, alors qu’il fallait auparavant un justificatif de domicile, difficile à fournir pour les migrants. « Le gouvernement fait de grandes promesses qu’il est incapable de tenir, j’ai entrepris toutes les démarches nécessaires, en vain », explique Kailash, un peintre sur le départ. Avec son épouse, Kumkum, et leur fille de 13 ans, ils grimpent dans le train de 18 heures, chargés de tous leurs biens. Ils n’atteindront leur village du Bihar que le lendemain dans la nuit. « Nous ne partons pas de gaîté de cœur mais par désespoir », lance Kumkum, 36 ans, qui travaillait comme employée de maison. Les campagnes indiennes n’offrent aucune perspective économique, si ce n’est le travail de la terre. Aussi, dès lors que les problèmes d’approvisionnement en gaz seront résolus, la famille reviendra, affirme-t-elle.

    #Covid-19#migrant#migration#inde#travailleurmigrant#migrationinterne#crise#detroitormuz#economie#sante

  • Dans la Hongrie d’Orban, farouchement anti-immigration mais dépendante des travailleurs étrangers - InfoMigrants
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    Dans la Hongrie d’Orban, farouchement anti-immigration mais dépendante des travailleurs étrangers
    Par RFI Publié le : 08/04/2026
    Hostile à l’immigration, la Hongrie de Viktor Orban fait pourtant de plus en plus appel à des travailleurs étrangers pour faire tourner son économie. Une présence de plus en plus visible et un équilibre politique délicat qui ont relégué le sujet au second plan dans la campagne des élections législatives du 12 avril 2026.
    Sac isotherme fluo aux couleurs de Wolt ou Foodora sur le dos, les livreurs à vélo ont envahi les rues de Budapest. À l’image des autres grandes villes hongroises, beaucoup sont étrangers, comme ce jeune Bangladais, qui travaille deux ou trois jours par semaine à côté de ses études d’économie. « Franchement, je suis très content », assure-t-il, montrant la batterie de son vélo pour nuancer l’image d’un boulot pénible. « Je me sens en sécurité », ajoute-t-il, en évoquant son expérience en Italie, avant de filer le long du Danube. Si cette présence surprend davantage ici qu’ailleurs, c’est qu’elle contraste avec l’image d’un pays qui a fait de sa ligne anti-immigration l’un des piliers du pouvoir de Viktor Orban.
    Depuis la crise migratoire de 2015, le gouvernement hongrois a construit une politique parmi les plus restrictives d’Europe : barrière à la frontière sud, refus des quotas européens et droit d’asile quasiment réduit à néant, ce qui lui vaut une condamnation par la justice européenne depuis juin 2024 à payer une somme forfaitaire de 200 millions d’euros et à une astreinte d’un million d’euros par jour de retard pour non application de la politique commune de l’Union en matière de protection internationale. Entre-temps, la Commission européenne a activé une procédure permettant de déduire directement l’amende des fonds européens destinés à la Hongrie, faute de paiement. Une fermeté érigée en marqueur par le pouvoir politique, revendiquée, et qui a contribué à la popularité de Viktor Orban dans les urnes.
    Pourtant cette question est aujourd’hui beaucoup moins visible dans le débat politique. À l’approche des élections législatives du 12 avril, la campagne du Premier ministre s’est recentrée sur la guerre en Ukraine et les attaques contre l’opposition. La migration, longtemps au cœur de son discours, est reléguée à l’arrière-plan, comme si le sujet était devenu plus délicat à manier au moment même où le pays dépend davantage de travailleurs étrangers. Car depuis 2022, le gouvernement a été contraint d’ouvrir les portes du pays à une immigration de travail. En effet, avec l’ouverture du marché européen, les professionnels hongrois ont massivement émigré, principalement vers l’Allemagne et l’Autriche, créant une pénurie de main-d’œuvre durable. Et dans un pays proche du plein emploi, avec un taux de chômage autour de 5 %, les entreprises peinent à recruter.
    Sans compter que l’exécutif a voulu faire de l’industrie des batteries pour véhicules électriques la locomotive de son développement économique. Sous la pression du patronat, le recours à des travailleurs étrangers s’est imposé. En quelques années, leur nombre, historiquement faible, a presque doublé. Les permis délivrés à des ressortissants hors Union européenne ont eux été multipliés par près de cinq. Aujourd’hui, ils seraient plus de 100 000, selon les données de l’Office central des statistiques hongrois. Même si leur part reste limitée en comparaison des voisins européens, certains dénoncent le double discours des autorités. « Ils prêchent de l’eau et boivent du vin », résume Tamas Székely, président du syndicat VDSZ, la Fédération des syndicats des travailleurs de la chimie, de l’énergie et des industries diverses.
    Pour répondre à ces besoins, le gouvernement a créé un statut spécifique : celui de « travailleur invité ». Le séjour de ces travailleurs venus pour l’essentiel d’Asie (Philippines, Vietnam en tête), est strictement encadré : accès limité à certains métiers, impossibilité de faire venir leur famille, permis valables deux ans – prolongeables d’un an – et délivrés uniquement par des entreprises partenaires stratégiques du gouvernement ou des agences spécifiquement agréées. Un système qui exclut toute possibilité d’installation et d’intégration. « Chez Samsung, plus de la moitié des salariés sont des travailleurs invités », affirme le syndicaliste Tamas Székely. Une estimation impossible à vérifier de manière indépendante, les entreprises ne publiant pas de données détaillées. À Debrecen, à l’est de la Hongrie, où le groupe chinois CATL construit une gigantesque usine, plusieurs sources évoquent déjà un recours important à des travailleurs étrangers. « Les travailleurs étrangers acceptent tout, y compris de travailler douze heures par jour, et de faire des heures supplémentaires, ce qui en fait aussi un point de comparaison dans les entreprises », explique le syndicaliste.
    L’afflux de ces salariés venus d’ailleurs dans un pays qui n’avait connu qu’une immigration européenne ne s’est pas faite sans frictions. « Certaines entreprises ont résolu la question en séparant les travailleurs hongrois et non hongrois, jusque dans les équipes et les horaires, de sorte qu’ils se rencontraient à peine », indique Tamas Székely, qui évoque des différences culturelles. À Budapest, l’arrivée de nombreux livreurs étrangers a aussi généré des tensions. Pour faciliter la cohabitation, l’association Menedék a ainsi créé une brochure en plusieurs langues, dont l’ourdou ou le bengali, pour expliquer les règles de circulation à vélo. Pour apaiser les tensions et faciliter la cohabitation, l’association Menedek a réalisé une brochure sur les règles de circulation à vélo dans la capitale hongroise.
    Dans les faits, cette main-d’œuvre est souvent tenue à l’écart de la population locale, logée dans des dortoirs ou des foyers à proximité des usines et transportés en bus. « Il y a un aspect très pratique : on regroupe les travailleurs pour réduire les coûts. Mais aussi une volonté de limiter les contacts, les conflits et la visibilité. Parce que dès que les étrangers deviennent visibles, cela devient immédiatement un sujet politique », décrypte Andras Kovacs, président de l’association Menedék, qui vient en aide aux migrants.
    Sara Sos, travailleuse sociale au sein de l’ONG, décrit des salariés « très difficiles d’accès, extrêmement isolés » et qui ne les sollicitent qu’en dernier recours. Certains travailleurs doivent également payer des frais importants aux agences de recrutement pour obtenir ces emplois, frais dont ils s’acquittent une fois le salaire touché. Ils sont aussi une variable d’ajustement quand les commandes ralentissent. Aucune des agences spécialisées sollicitées n’a accepté de répondre à nos questions. « C’est un système très toxique, où tout le monde dépend des autres. L’employeur dépend des agences pour avoir des travailleurs. Le travailleur dépend de l’agence pour avoir un emploi. Et l’agence dépend du travailleur pour gagner de l’argent. Tout le monde a peur de l’autre », constate Andras Kovacs. Le discours politique, lui, n’a pas changé. Si la campagne cible désormais surtout le président ukrainien Volodymyr Zelensky et agite le risque de guerre, le slogan du Fidesz d’Orban continue de clamer : « Stop migration », dans un pays où la présence de travailleurs étrangers n’a jamais été aussi visible. « L’ennemi migratoire vise surtout ceux qui arrivent à la frontière sans papiers, les demandeurs d’asile. Là, il n’y a aucun changement : le système reste très strict », confirme le président de Menedék. Une contradiction assumée, qui repose sur une distinction clairement revendiquée par le gouvernement, comme l’analyse l’économiste Zoltán Pogátsa : d’un côté, les « bons migrants », ceux qui travaillent et répondent aux besoins de l’économie ; de l’autre, les « mauvais », perçus comme un poids pour l’État. Face aux critiques, la ligne est difficile à tenir entre nécessité économique et rejet politique. Depuis 2025, les quotas ont été abaissés et les conditions durcies. Seuls certains pays peuvent désormais envoyer des travailleurs en Hongrie. « Il y a deux ans, le gouvernement a créé ce statut sous la pression économique. Mais en quelques mois, avec les critiques politiques - notamment de l’extrême droite - il a reculé et durci les règles », explique Zoltán Pogátsa.
    Un équilibre politique périlleux, qui confine parfois à l’absurde, relève le syndicaliste VDSZ. Il rappelle cette affaire d’une travailleuse invitée philippine tombée amoureuse qui a eu un enfant avec un Hongrois mais à qui l’administration avait demandé de quitter le pays, selon la réglementation en vigueur. « Pendant ce temps, le gouvernement répète à l’envi que la Hongrie serait le pays le plus favorable aux familles du monde entier ! », ironise le syndicaliste.
    Du côté de l’opposition aussi, le thème de l’immigration reste sensible : si le pro-européen et conservateur Peter Magyar critique l’hypocrisie et l’opacité du système actuel, il se garde bien de toute inflexion sur le sujet. Dans son programme, Peter Magyar réaffirme le maintien d’une politique migratoire stricte. Il assure même vouloir se passer des travailleurs étrangers, en faisant revenir les Hongrois partis trouver des conditions meilleures à l’étranger. « Ce type de propagande permet toujours de gagner des élections et de garder le pouvoir, analyse Tamas Székely. En 2018, ils ont gagné avec la migration. On ne sait jamais exactement qui sera l’ennemi, mais il en faut toujours un. »

    #Covid-19#migrant#migration#hongrie#politiquemigratoire#economie#travailleurinvite#immigration#sante#philippines#vietnam#travailleurmigrant

  • Les livreurs à vélo travaillent soixante-trois heures par semaine et gagnent moins de 1 000 euros nets par mois en moyenne, selon une étude inédite par son ampleur

    ▻https://www.lemonde.fr/emploi/article/2026/03/31/semaines-de-soixante-trois-heures-moins-de-1-000-euros-net-par-mois-une-enqu

    Menée auprès de 1 000 livreurs parisiens et bordelais, l’étude Santé-Course est la première à objectiver à grande échelle les liens entre les conditions de travail et la santé de ces travailleurs des plateformes, pour la plupart en situation irrégulière.

    • 59 % des livreurs interrogés ont déjà eu au moins un accident dans le cadre de leur travail (69 % à Paris). La fatigue, les troubles musculo-squelettiques, la nervosité, les symptômes dépressifs ou les problèmes de sommeil sont massivement cités, et le recours aux soins est rare et difficile.

      Ces derniers confient aussi un sentiment fréquent de « peur » : peur du contrôle de police – il a concerné deux livreurs sur trois au cours des douze derniers mois précédant la réalisation de l’étude –, des discriminations et agressions de la part des clients et restaurateurs, ou des représailles du loueur de compte.

      Enfin, et surtout, ils craignent en permanence d’être déconnectés par une plateforme, notamment car cette dernière a identifié qu’ils ne sont pas propriétaires du compte. « Plus les livreurs sont dépendants économiquement de leur travail de plateforme, plus ils se sentent obligés de suivre aveuglément les consignes de l’algorithme et plus leur santé mentale est dégradée », ajoute Marwân-al-Qays Bousmah. Un contrôle algorithmique en contradiction avec le statut juridique de travailleur indépendant associé aux applications de livraison.

      [...]

      S’ils étaient régularisés, 91 % des livreurs sans titre de séjour déclarent qu’ils cesseraient d’exercer cette activité à temps plein.

    • Quelque 99 % des livreurs de repas à vélo sont des hommes, 99 % sont nés à l’étranger, les deux tiers sont sans titre de séjour et près d’un sur deux a connu au moins une journée sans repas au cours des douze derniers mois avant d’avoir été interrogé.
      Voilà quelques-uns des constats de l’étude Santé-Course, menée par l’Institut de recherche pour le développement et l’Institut national d’études démographiques (INED), en partenariat avec de nombreux acteurs associatifs dont des collectifs de livreurs et Médecins du monde. Cette enquête, publiée mardi 31 mars, est la première d’une telle ampleur en France : 1 004 livreurs ont été interrogés entre janvier et mai 2025 à Bordeaux et à Paris.
      Le rapport met d’abord en avant la faiblesse du revenu de ces travailleurs : 1 480 euros brut par mois pour soixante-trois heures de travail par semaine en moyenne. Les trois quarts des répondants déclarent faire appel à un loueur de compte pour pouvoir travailler, au prix d’un « loyer » estimé à 528 euros par mois. Quant aux livreurs détenteurs de leur propre compte, sous le statut de microentrepreneur, ils doivent s’acquitter de 21,2 % de cotisations Urssaf.

      En prenant en compte les frais (équipement, entretien), et soit le loyer, soit les cotisations, un livreur dépense en moyenne 597 euros par mois pour son activité. Ce qui donne un revenu net mensuel moyen compris entre 840 et 880 euros. Soit un revenu horaire net légèrement supérieur à… 3 euros (quand le smic horaire est, lui, à 9,51 euros).

      Ce décompte du temps de travail fait néanmoins le choix d’inclure les temps d’attente, entre deux livraisons ou à proximité d’un restaurant, alors que les données officielles transmises par les plateformes ne comptabilisent que les temps de course. Les deux entreprises qui concentrent l’écrasante majorité de l’activité, Uber Eats et Deliveroo, contestent la méthodologie de cette étude ainsi que la part importante de personnes sans papiers citée.

      État de santé des livreurs des plateformes : une étude inédite révèle des chiffres alarmants - MdM
      ►https://www.medecinsdumonde.org/actualite/enquete-livreurs

      Une santé mentale fortement fragilisée : 45 % des livreurs enquêtés sont en situation de détresse psychologique (caractérisée par des troubles anxio-dépressifs modérés à sévères) ; 

      Une prévalence très élevée des troubles musculo-squelettiques, génito-urinaires et psychosomatiques. 36 % des livreurs sont sujets à des douleurs intenses et régulières au bas du dos, 32 % rapportent des troubles urinaires récurrents et 85 % expriment une fatigue chronique.

      SANTE-COURSE révèle également un recours aux #soins limité par plusieurs facteurs, dont l’absence totale de couverture #santé pour 32 % des #livreurs. Sont également cités comme obstacles le manque de temps, alors que le rythme de #travail moyen s’élève à 63 heures par semaine, et le manque de moyens, le revenu moyen étant inférieur à 6 euros bruts par heure.

      #logistique #travail #capitalisme_de_plateforme #travailleurs_immigrés #sans_papier

    • Il y a tout un pan de la société française qui est maintenu dans une situation de quasi esclavage.

      Il n’y a pas que Uber, il y a aussi le BTP, ou les entreprises de nettoyage, celles du recyclage (payées par l’état) la prostitution aussi. Et il en manque.

      Et devine sur quoi cette inhumanité prospère.

      Uniquement parce que ce fucking gouvernement empêche ces personnes d’avoir des papiers.

  • Google Just Patented The End Of Your Website
    ►https://www.forbes.com/sites/joetoscano1/2026/03/06/google-just-patented-the-end-of-your-website

    A patent granted to Google on January 27, 2026 titled “AI-generated content page tailored to a specific user” describes a system that evaluates your company’s landing page in real time and, if it decides the page won’t perform well enough for a specific user, replaces it with an AI-generated version assembled on the fly. The user never sees what your team built, they see what Google’s machine learning model thinks they should see instead.

    This isn’t a feature announcement, it’s a patent, meaning Google has legally protected the ability to do this. Whether and when they deploy it is a separate question, but the direction is unmistakable – your website may soon be optional.

    On its own, WebMCP is a significant technical shift. But put it next to this patent and the strategy becomes unmistakable. Google isn’t just making agents more efficient, there’s a bigger vision to build a system where websites are disassembled into its component parts, and reassembled by AI systems (Google and others) to best serve each individual user. WebMCP turns your website into those parts and provides instructions on how to use them. Patents like the one in this article allow Google to determine what’s done with the parts.

    If there’s one insight we all need to focus on most, it’s this: your job is no longer to build a destination. It’s to build a parts library. And one that’s well documented so that when an AI agent re-assembles those parts for the human on the other side, the parts are put together in a way you wish to be represented.

    Patent US12536233B1, “AI-generated content page tailored to a specific user,” was granted to Google LLC on January 27, 2026. The patent was filed January 3, 2025, with a provisional dating back to July 25, 2024. Google has also filed a parallel European application, suggesting this isn’t a speculative experiment — it’s a direction they’re protecting across major markets.

    #IA #Google #Web #Folie_douce #Travailleurs_du_clic

  • #AGS : la #cour_des_comptes s’attaque au filet de sécurité des #salariés
    ▻https://lenouveauparadigme.fr/ags-la-cour-des-comptes-sattaque-au-filet-de-securite-des-salarie

    Sous couvert d’équilibre #budgétaire, la haute juridiction financière ouvre la voie à une remise en cause d’un des dispositifs les plus protecteurs pour les salariés en cas de #faillite d’entreprise.

    Perdre son #emploi est toujours une épreuve. Mais le perdre parce que son #entreprise s’effondre, parfois du jour au lendemain, l’est encore davantage. Dans ces moments-là, un mécanisme discret mais essentiel entre en jeu : l’#Association pour la #gestion du #régime de #garantie des #créances des salariés, plus connue sous le sigle AGS.

    Créé en 1973, ce #dispositif repose sur un principe simple et profondément #social. Lorsqu’une entreprise n’est plus en mesure de payer ses salariés, la #collectivité des #employeurs prend le relais. Concrètement, l’AGS avance les #salaires, les #indemnités et certaines créances dues aux #travailleurs, puis tente de récupérer ces sommes lors de la #liquidation de l’entreprise. Sans ce mécanisme, des centaines de milliers de personnes se retrouveraient sans #revenu du jour au lendemain.