• « S’ils ne passent pas la frontière, les fraises sont flinguées » : des agriculteurs inquiets si les travailleurs étrangers ne viennent plus
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/02/26/s-ils-ne-passent-pas-la-frontiere-les-fraises-sont-flinguees-dans-le-vauclus

    Julien Bernard le dit sans ambages : « “Des bras pour ton assiette”, ça n’a servi à rien. » Pendant le premier confinement, le maraîcher installé à Uchaux (Vaucluse) a reçu cinquante candidatures en réponse à l’appel des autorités à venir aider les agriculteurs. Sept ont tenu plus d’une semaine : un coiffeur, une toiletteuse pour chien et cinq étudiants. « Les autres nous ont lâché en disant “c’est trop dur !” et ne sont jamais revenus », rapporte le benjamin de la famille, cogérant de l’exploitation avec son frère Sylvain et sa belle-sœur Carole.La préparation des champs puis les premières récoltes – asperges et fraises – n’auraient pu avoir lieu sans l’aide de 17 travailleurs tunisiens arrivés en France juste avant la fermeture des frontières, le 17 mars 2020. Le schéma se répète cette année : sous les serres couvertes de panneaux photovoltaïques, Wissem et Saber, originaires de la région de Kasserine, s’attellent déjà à la préparation des sillons avant la plantation de tomates et de concombres.
    Tous deux viennent de signer un contrat à durée indéterminée après plusieurs années passées sous le statut d’« OFII ». La procédure, menée avec l’Office français de l’immigration et de l’intégration, permet d’obtenir un visa de travail de six mois sur demande de l’employeur. Vingt-quatre saisonniers tunisiens doivent être embauchés sur ce modèle avant le mois d’avril. « S’ils ne passent pas la frontière, les fraises sont flinguées, prévient Julien Bernard. C’est autour de 600 000 euros d’investissement qui ne seront pas amortis. »Depuis la mi-décembre, plus de 500 saisonniers étrangers sont arrivés dans le département par quatre vols spécialement affrétés depuis le Maroc et la Tunisie. Une dérogation préfectorale obtenue par la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) permet de faciliter le passage aux frontières des travailleurs… tant que celles-ci demeurent ouvertes : comme pour la famille Bernard, la saison de nombreux agriculteurs du Vaucluse dépend de l’évolution des restrictions liées à l’épidémie de Covid-19.
    Le protocole sanitaire pour les saisonniers étrangers, à la charge de l’employeur, est encadré par l’agence régionale de santé : un test PCR est réalisé avant le départ, un dépistage antigénique à l’arrivée avant une période d’isolement de sept jours, puis un nouveau test PCR avant de débuter le travail sur l’exploitation. Un surcoût annuel estimé à 20 000 euros pour 24 saisonniers, selon Carole Bernard, responsable administrative de la ferme d’Uchaux. « On ne demande que ça de recruter des gens du coin, mais Covid ou pas Covid, c’est très compliqué », assure Mme Bernard. La réglementation impose la publication, pendant trois semaines, d’une annonce sur le site de Pôle emploi avant toute démarche « OFII ». Mais les candidatures sont rares ou ne « correspondent pas aux demandes », estiment plusieurs agriculteurs.
    Exigeant physiquement et situés en dehors des centres-villes, les travaux de maraîchage et de culture fruitière demandent aussi une importante rigueur sur de longues plages horaires. « La crise sanitaire a mis en avant que ces “ouvriers non qualifiés” ont, en fait, des profils et compétences spécifiques très demandées par certains agriculteurs », souligne Yannick Becker, membre du bureau de la Confédération paysanne en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le syndicat réclame de meilleures conditions de travail pour les saisonniers étrangers. La FDSEA redoute aussi une répétition de l’année 2020 : une fois les frontières fermées, de nombreux saisonniers n’avaient pu se rendre en France et les agriculteurs s’étaient tournés en urgence vers des acteurs du travail intérimaire, peu respectueux des protocoles sanitaires. Les cas de Covid-19 s’étaient multipliés dans les Bouches-du-Rhône, le Gard et le Vaucluse dans des logements de travailleurs, notamment venus d’Espagne – le recrutement depuis des pays de l’espace Schengen étant soumis à une procédure moins contrôlée par les services de l’Etat.« Que le même phénomène se reproduise, c’est toute notre crainte », abonde la présidente du syndicat majoritaire, Sophie Vache. L’organisation plaide pour un renouvellement des dérogations attribuées au Maroc, fixée jusqu’au 31 mars, et à la Tunisie. La surveillance par la direction de l’emploi et par l’inspection du travail doit aussi être renforcée dans les exploitations, malgré des moyens limités.
    Sur le plan sanitaire, les gérants d’exploitations sont engagés dans une recherche d’hébergements collectifs, qui doivent permettre une mise à l’isolement rapide si une contamination au coronavirus est détectée. « Nous n’avons pas encore de solution pour la moitié des travailleurs prévus », s’inquiète, à Uchaux, Carole Bernard. Pour l’instant, deux mobil-homes sont installés sur l’exploitation et « nous louons une maison dans le village voisin », explique Fethy Gribi, « chef d’équipe » des employés tunisiens.

    #Covid-19#migrant#migration#france#UE#tunisie#sante#economie#travailleurmigrant#travailleursaisonnier#agrciluture#depistage#mesuresanitaire

  • Covid-19 : en Moselle, renforcement des mesures sanitaires à la frontière avec l’Allemagne
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/25/la-france-renforce-en-moselle-les-mesures-sanitaires-a-la-frontiere-avec-l-a

    Le gouvernement a annoncé, jeudi 25 février, un renforcement des mesures sanitaires à la frontière franco-allemande dans le département de la Moselle, un des plus touchés par l’épidémie de Covid-19.La France va demander des tests PCR négatifs de moins de soixante-douze heures à compter de lundi prochain pour les déplacements non professionnels de frontaliers entre l’Allemagne et le département de la Moselle. Un test PCR négatif est déjà demandé pour toute entrée en France en provenance de pays de l’Union européenne pour les voyageurs autres que les transfrontaliers.« La dérogation de l’obligation de présentation d’un test PCR de moins de soixante-douze heures à l’entrée sur le territoire national sera limitée aux seules activités professionnelles, ont annoncé le ministre de la santé, Olivier Véran, et le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, dans un communiqué commun. Les frontaliers qui se déplacent pour des motifs autres que professionnels devront donc présenter un test PCR négatif à la frontière. »
    La situation dans la lutte contre le Covid-19 « se dégrade » et « est très préoccupante dans une dizaine de départements », a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à l’issue du conseil des ministres. La veille, la France et l’Allemagne avaient dit discuter de l’élaboration d’un protocole sanitaire qui permette d’éviter une fermeture totale de la frontière franco-allemande.Pour les travailleurs transfrontaliers, des tests hebdomadaires seront mis en place à la frontière, poursuivent-ils sans autre précision. Ils sont également invités à recourir plus au télétravail. « Des patrouilles conjointes de la police française et allemande pourraient être renforcées dans le territoire afin d’assurer l’effectivité de ces mesures », est-il encore précisé. « Ces mesures viennent compléter l’arsenal déployé par les autorités sur le territoire mosellan », notamment le renforcement des capacités de tests et l’accélération de la campagne de vaccination, relèvent les deux ministres.

    #Covid-19#migrant#migration#france#allemagne#moselle#sante#restrictionsanitaire#frontiere#travailleurtransfrontalier

  • Covid-19 : Bruxelles s’alarme de nouveau des obstacles au passage des frontières dans l’Union européenne
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/02/24/covid-19-bruxelles-s-alarme-de-nouveau-des-obstacles-au-passage-des-frontier

    Il y a presque un an, les frontières intérieures à l’Union européenne se sont fermées les unes après les autres, alors que la pandémie de Covid-19 se propageait et que les mesures de confinement se multipliaient. Avec l’apparition des variants, ce scénario est en passe de se renouveler. Dans ce contexte, la Commission européenne a annoncé, mardi 23 février, avoir envoyé une lettre à six pays – Allemagne, Belgique, Danemark, Finlande, Suède et Hongrie – qui ont, ces dernières semaines, pris des mesures très restrictives, et font peser sur le marché intérieur « un risque de fragmentation, d’entraves à la libre circulation, de perturbation des chaînes de production », a expliqué la Commission.
    Ainsi, le 14 février, l’Allemagne s’est fermée à la République tchèque et au Tyrol autrichien, ne laissant plus passer que certains travailleurs munis d’un test PCR négatif. Quant à la Belgique, elle interdit depuis le 27 janvier tous les voyages non essentiels depuis et à destination du pays – et ce, quelle que soit la situation épidémiologique de la région de provenance ou de destination du voyageur. En réalité, Bruxelles est relativement démuni face à cette situation, même si la Commission assure ne pas exclure de « recourir à des moyens juridiques » contre les six pays destinataires de son courrier. Les Etats membres ont, en effet, le droit de rétablir des contrôles à leurs frontières dans certains cas, par exemple pour des motifs sécuritaires ou sanitaires. Ce faisant, ils doivent certes respecter quelques principes, comme « la nécessité que les restrictions de mouvement soient non discriminatoires et proportionnées », rappelle un porte-parole de la Commission. Mais, reconnaît un haut fonctionnaire européen, « on ne va pas lancer une procédure d’infraction qui prendrait deux ans pour des mesures provisoires et qui varient au gré de l’évolution de la pandémie ».
    La fermeture des frontières, « il y a un an, a occasionné des problèmes de livraison de nourriture et d’équipements médicaux », a rappelé Maros Sefcovic, mardi, à l’issue d’une réunion des ministres des affaires européennes. Le vice-président de la Commission a, une nouvelle fois, appelé les Vingt-Sept à se coordonner, afin de préserver au mieux la libre circulation des biens et des travailleurs transfrontaliers au sein de l’Union.
    Le ministre de la santé belge, Frank Vandenbroucke, s’est montré sensible aux arguments communautaires. Dimanche, il avait déjà évoqué la difficulté de maintenir l’interdiction de voyager jusqu’au 1er avril : « C’est difficile à appliquer, car c’est contraire à la libre circulation des personnes en Europe. » Le ministre des affaires étrangères allemand, Michael Roth, a, pour sa part, rejeté les « accusations de non-conformité au droit européen » de la Commission. « Nous avons le devoir d’agir contre les mutations du virus, avec pour priorité de protéger nos citoyens », a-t-il fait valoir. A n’en pas douter, la discussion reprendra jeudi 25 février, lors d’un rendez-vous (virtuel) prévu entre les chefs d’Etat et de gouvernement européens.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#allemagne#belgique#sante#circulation#frontiere#restrictionsanitaire#travailleurtransfrontalier#droit

  • « Quand on vient de l’étranger, on a un autre regard sur le pays » : en Allemagne, l’immigration source de renouveau de l’économie
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/02/24/quand-on-vient-de-l-etranger-on-a-un-autre-regard-sur-le-pays-en-allemagne-l

    Le Syrien nourrit le rêve de fonder une start-up. « Je suis créatif, j’aime les idées nouvelles. Mais au début, je ne savais même pas ce qu’était un fonds de capital-risque ! », se remémore-t-il en riant. Il quitte alors l’hôpital où il exerce, passe deux ans dans un fonds d’investissement en Belgique, avant de retourner en Allemagne pour concrétiser une idée qui lui semble porteuse : créer une plate-forme de suivi à distance des patients atteints de maladies chroniques dans les pays en développement. Avec l’aide d’un programmeur égyptien installé à Munich et rencontré sur les réseaux sociaux, il développe son application, Kanzi, et recrute ses premiers clients.
    « Nous avons déjà une base de 7 000 patients arabophones, mais nous n’avons pas encore créé d’entreprise. Les démarches administratives en allemand sont très compliquées », concède-t-il. « J’ai hésité, bien sûr, à aller aux Etats-Unis. Mais en Allemagne, j’ai été attiré par le fait qu’il y a un bon système pour demander la nationalité allemande, que j’ai obtenue il y a deux ans [en 2019]. Cela donne une grande sécurité. Le besoin de sécurité, la capacité à trouver un emploi rapidement, pour un immigrant, ce sont les deux priorités de base. Sur ce plan, l’Allemagne est très attractive », assure Tarek.Depuis quelques jours, Tarek n’est plus seul pour développer sa start-up. Il a postulé avec succès à un programme d’accompagnement d’entrepreneurs d’origine étrangère, fondé par le fonds de capital-risque berlinois Earlybird. Baptisé « Vision Lab », il vise à recruter des équipes d’entrepreneurs étrangers porteurs de projets technologiques à un niveau précoce de développement. Ces fondateurs reçoivent une aide administrative, un tutorat de la part d’entrepreneurs chevronnés, des contacts et un premier financement de 25 000 euros.
    Le but n’est pas que philanthropique. Les études montrent que les personnes issues de l’immigration sont davantage susceptibles de créer une entreprise que le reste de la population. Selon une enquête de la banque publique KfW, parue en novembre 2020, un quart des créations d’entreprises en Allemagne en 2019 étaient le fait de personnes d’origine étrangère. Les raisons sont clairement identifiées par la recherche : les migrants disposent de chances moindres sur le marché du travail classique que les locaux. De ce fait, ils éprouvent moins d’aversion pour le risque et ont davantage de modèles d’entrepreneurs autour d’eux. Ces modèles d’entrepreneurs d’origine étrangère outre-Rhin sont aujourd’hui loin de se limiter aux secteurs de la construction, de la gastronomie ou de la petite distribution. Par un hasard fortuit, mais significatif, deux des jeunes entreprises allemandes actuellement les plus en vue ont été créées par des enfants d’immigrés turcs. A Mayence, le 9 novembre 2020, les fondateurs de BioNTech, Ugur Sahin et Özlem Türeci, sont devenus des célébrités mondiales, en annonçant avoir mis au point le tout premier vaccin mondial contre le Covid-19, en partenariat avec le groupe pharmaceutique Pfizer. A Berlin, le 4 février 2021, le cofondateur de la startup Auto1, Hakan Koç, est devenu milliardaire, à la suite de la spectaculaire mise en Bourse de la plate-forme spécialiste de l’achat et de la vente de voitures d’occasion, actuellement évaluée à 10 milliards d’euros. Ces succès entrepreneuriaux exceptionnels sont en train de renouveler la perception de l’immigration en Allemagne : il s’agit moins de la considérer sous l’angle du problème de l’intégration que de reconnaître son apport spécifique dans l’innovation et la transformation de l’économie. « Nous observons depuis longtemps que de plus en plus d’entreprises fondées par des migrants ou des personnes ayant un passé migratoire sont actives dans des secteurs de haute technologie, souligne Herbert Brücker, directeur de l’Institut pour la recherche empirique sur l’intégration et l’immigration, à Berlin. L’image qu’on avait autrefois en Allemagne, celle de l’immigré illettré ou sans qualification, ne correspond plus du tout à la réalité. Cela tient aussi au fait qu’une grande part de l’immigration arrivée ces dix dernières années est originaire de l’Union européenne. »
    Société vieillissante, l’Allemagne a pris conscience, ces vingt dernières années, qu’elle ne pourrait maintenir son économie sans l’immigration et qu’elle devait s’ouvrir à la diversité. C’est une transformation majeure : jusqu’au milieu des années 1990, les discours politiques précisaient que l’Allemagne n’était pas « un pays d’immigration ». Les immigrés, d’ailleurs, étaient appelés Gastarbeiter (« travailleurs invités »). Ce n’est qu’en 2000 que le droit de la nationalité, traditionnellement fondée sur le droit du sang, a changé pour faciliter les naturalisations. La mondialisation des grandes entreprises a fait le reste. Au total, 35 % des dirigeants des entreprises cotées au DAX (le premier indice boursier national) sont d’origine étrangère. Daimler, entreprise emblématique du « Made in Germany », est dirigée depuis 2019 par un Suédois, Ola Källenius. D’après l’Office des statistiques, un quart de la population allemande (26 %) a aujourd’hui des origines étrangères, ce qui représente 21,2 millions de personnes, contre 15 millions en 2009. Les immigrés sont un facteur majeur du rajeunissement de la population : ils sont âgés de 35,6 ans en moyenne, contre 47,3 ans pour la population sans passé migratoire. « Les études montrent un très fort taux d’adhésion à l’immigration du travail en général, observe Herbert Brücker. Mais les phénomènes de rejet ou de racisme demeurent, surtout vis-à-vis de certaines origines : les Turcs, les Arabes continuent à faire l’objet de discriminations. BioNTech est une césure, dans le sens où beaucoup n’imaginaient pas que des enfants d’immigrés turcs puissent rencontrer un tel succès. »
    Au fonds Earlybird, on est persuadé que le potentiel d’entrepreneurs issus de l’immigration en Allemagne est sous-exploité. « Sur ce plan, l’écosystème start-up berlinois est bien moins performant qu’aux Etats-Unis, où 50 % des licornes [les sociétés valorisées à plus de 1 milliard de dollars, soit 824 millions d’euros, au cours actuel] sont fondées par des immigrants », explique Nina Rinke, responsable du programme « Vision Lab ». « De manière générale, notre économie accorde encore trop peu de place à la diversité. Dans les start-up financées en Allemagne, les profils sont souvent très similaires. »Afin de recruter des étrangers pour son programme, Mme Rinke a donc dû revoir les processus habituels de recrutement du fonds, et trouver des équipes d’authentiques primo-arrivants apportant une compétence technologique. « Ce qui a le mieux fonctionné, ce sont les annonces sur les groupes Facebook ou LinkedIn, où les étrangers demandent des conseils à une communauté d’immigrés », raconte-t-elle. Elle a reçu des candidatures d’Azerbaïdjan, d’Inde, d’Egypte et de Roumanie. « Les migrants sont le plus souvent des gens qui ont beaucoup d’atouts pour fonder une entreprise. Ceux qui décident de quitter leur pays sont audacieux. Ils sont prêts à quitter leur zone de confort. Certains viennent de zones de guerre. Ce sont des preuves de leur capacité de résistance et de leur envie de créer quelque chose de nouveau. »
    Pawel Chudzinski est l’un des mentors du programme « Vision Lab ». Né en Pologne en 1979, arrivé en Allemagne à 16 ans grâce à un échange entre lycées, il est bien placé pour comprendre le potentiel que représentent les étrangers pour une économie. Avec un autre Polonais, Lukasz Gadowski, rencontré à l’école de commerce de Leipzig au début des années 2000, il est à l’origine du célèbre incubateur de start-up Team-Europe, l’un des pionniers de la scène tech berlinoise. Fondé en 2008, Team Europe a notamment « accouché » du groupe Delivery Hero (aujourd’hui coté au DAX) et du réputé fonds d’investissement Point Nine, dans lequel Pawel est associé.« Quand on vient de l’étranger, on a un autre regard sur le pays. On n’est pas conscient de certaines normes, note Pawel. On n’a pas peur de décevoir les attentes de ses parents ou de son cercle d’amis, de bouleverser des structures de pensée bien établies. On est plus libre pour prendre des risques. » En tant qu’investisseur, il continue de jouer les pionniers, et repère des modèles d’affaires à un stade très précoce de développement. « Aller dans la Silicon Valley ? Non. Je préfère découvrir les opportunités dans un environnement moins compétitif, et tabler sur des modèles plus controversés. Et puis, je préfère être plus près de ma famille en Pologne, confie-t-il. J’en suis persuadé : les immigrants qui arrivent ici ont encore de belles chances, même sans parler allemand. »

    #Covid-19#migrant#migration#allemagne#sante#travailleurmigrant#integration#economie#entrepreunariat

  • #Uber drivers are workers not self-employed, Supreme Court rules

    Uber drivers must be treated as workers rather than self-employed, the UK’s Supreme Court has ruled.

    The decision could mean thousands of Uber drivers are entitled to minimum wage and holiday pay.

    The ruling could leave the ride-hailing app facing a hefty compensation bill, and have wider consequences for the gig economy.

    Uber said the ruling centred on a small number of drivers and it had since made changes to its business.

    In a long-running legal battle, Uber had finally appealed to the Supreme Court after losing three earlier rounds.

    Uber’s share price dipped as US trading began on Friday as investors grappled with what impact the London ruling could have on the firm’s business model.

    It is being challenged by its drivers in multiple countries over whether they should be classed as workers or self-employed.
    What’s the background to the ruling?

    Former Uber drivers James Farrar and Yaseen Aslam took Uber to an employment tribunal in 2016, arguing they worked for Uber. Uber said its drivers were self employed and it therefore was not responsible for paying any minimum wage nor holiday pay.

    The two, who originally won an employment tribunal against the ride hailing app giant in October 2016, told the BBC they were “thrilled and relieved” by the ruling.

    “I think it’s a massive achievement in a way that we were able to stand up against a giant,” said Mr Aslam, president of the App Drivers & Couriers Union (ADCU).

    “We didn’t give up and we were consistent - no matter what we went through emotionally or physically or financially, we stood our ground.”

    Uber appealed against the employment tribunal decision but the Employment Appeal Tribunal upheld the ruling in November 2017.

    The company then took the case to the Court of Appeal, which upheld the ruling in December 2018.

    The ruling on Friday was Uber’s last appeal, as the Supreme Court is Britain’s highest court, and it has the final say on legal matters.

    Delivering his judgement, Lord Leggatt said that the Supreme Court unanimously dismissed Uber’s appeal that it was an intermediary party and stated that drivers should be considered to be working not only when driving a passenger, but whenever logged in to the app.

    The court considered several elements in its judgement:

    - Uber set the fare which meant that they dictated how much drivers could earn
    - Uber set the contract terms and drivers had no say in them
    - Request for rides is constrained by Uber who can penalise drivers if they reject too many rides
    - Uber monitors a driver’s service through the star rating and has the capacity to terminate the relationship if after repeated warnings this does not improve

    Looking at these and other factors, the court determined that drivers were in a position of subordination to Uber where the only way they could increase their earnings would be to work longer hours.

    Jamie Heywood, Uber’s Regional General Manager for Northern and Eastern Europe, said: "We respect the Court’s decision which focussed on a small number of drivers who used the Uber app in 2016.

    "Since then we have made some significant changes to our business, guided by drivers every step of the way. These include giving even more control over how they earn and providing new protections like free insurance in case of sickness or injury.

    “We are committed to doing more and will now consult with every active driver across the UK to understand the changes they want to see.”
    What did Uber argue?

    Uber has long argued that it is a booking agent, which hires self-employed contractors that provide transport.

    By not being classified as a transport provider, Uber is not currently paying 20% VAT on fares.

    The Supreme Court ruled that Uber has to consider its drivers “workers” from the time they log on to the app, until they log off.

    This is a key point because Uber drivers typically spend time waiting for people to book rides on the app.

    Previously, the firm had said that if drivers were found to be workers, then it would only count the time during journeys when a passenger is in the car.

    “This is a win-win-win for drivers, passengers and cities. It means Uber now has the correct economic incentives not to oversupply the market with too many vehicles and too many drivers,” said James Farrar, ADCU’s general secretary.

    “The upshot of that oversupply has been poverty, pollution and congestion.”
    Why are some drivers unhappy with Uber?

    Mr Aslam, who claims Uber’s practices forced him to leave the trade as he couldn’t make ends meet, is considering becoming a driver for the app again. But he is upset that the ruling took so long.

    “It took us six years to establish what we should have got in 2015. Someone somewhere, in the government or the regulator, massively let down these workers, many of whom are in a precarious position,” he said.

    - Uber drivers launch legal battle over ’favouritism’
    - The Uber driver evicted from home and left to die of coronavirus

    Mr Farrar points out that with fares down 80% due to the pandemic, many drivers have been struggling financially and feel trapped in Uber’s system.

    “We’re seeing many of our members earning £30 gross a day right now,” he said, explaining that the self-employment grants issued by the government only cover 80% of a driver’s profits, which isn’t even enough to pay for their costs.

    “If we had these rights today, those drivers could at least earn a minimum wage to live on.”
    Will we pay more for Uber rides?

    That remains to be seen, but it could potentially happen.

    When Uber listed its shares in the United States in 2019, its filing with the US Securities and Exchange Commission (SEC) included a section on risks to its business.

    The company said in this section that if it had to classify drivers as workers, it would “incur significant additional expenses” in compensating the drivers for things such as the minimum wage and overtime.

    “Further, any such reclassification would require us to fundamentally change our business model, and consequently have an adverse effect on our business and financial condition,” it added.
    What is the VAT issue about?

    Uber also wrote in the filing that if Mr Farrar and Mr Aslam were to win their case, HM Revenue & Customs (HMRC) would then classify the firm as a transport provider, and Uber would need to pay VAT on fares.

    This relates to a judicial review filed by Jolyon Maugham QC in 2019.

    Mr Maugham, a barrister specialising in tax and employment law, applied to HMRC to ask for a judicial review and that HMRC demand that Uber pay VAT.

    “I tried to force the issue by suing Uber for a VAT receipt, because I thought that, that way, even if HMRC didn’t want to charge Uber, I would be able to force it to,” he told the BBC.

    “The Supreme Court has fundamentally answered two questions at the same time: one is whether drivers are workers for Uber, and the other is whether Uber is liable to pay VAT to HMRC,” said Mr Maugham, who also heads up campaign group The Good Law Project.

    “It makes it extremely difficult for Uber to continue to resist paying what I understand to be more than £1bn in VAT and interest.”

    HMRC and Uber are still in dispute about the firm’s VAT liability.
    What does this mean for the gig economy?

    Tom Vickers is a senior lecturer in sociology at Nottingham Trent University and head of the Work Futures Research Group, which studies the jobs that people do and how they change over time.

    He thinks the Supreme Court’s ruling has wider implications for a lot of other gig economy workers like other private hire drivers, couriers and delivery drivers.

    "The central point for me is that the ruling focuses on the control that companies exercise over people’s labour - this control also carries with it responsibilities for their conditions and wellbeing.

    “This is even more important in the context of the pandemic.”

    As for Uber, Rachel Mathieson, senior associate at Bates Wells, which represented Mr Farrar and Mr Aslam, said her firm’s position was that the ruling applies to all 90,000 drivers who have been active with Uber since and including 2016.

    “Our position is that the ruling applies to all of their drivers at large,” she said.

    Dr Alex Wood, an Internet Institute research associate on gig economy at Oxford University, disagrees.

    He told the BBC that because the UK doesn’t have a labour inspectorate, these “rules aren’t enforced and it falls to workers to bring subsequent tribunals”.

    This means that “in reality, it’s very easy for Uber to just ignore this until more tribunals come for the remaining 40,000 [drivers]”.

    https://www.bbc.com/news/business-56123668
    #travail #justice #UK #Angleterre #cour_suprême #travail #travailleurs_indépendants #vacances #salaire #salaire_minimum #conditions_de_travail #TVA

    ping @isskein @karine4

  • Has anyone bothered to think about the staff working at quarantine hotels? | The Independent
    https://www.independent.co.uk/voices/quarantine-hotels-covid-red-list-migrant-workers-b1802864.html

    The government’s quarantine scheme requires 11 days of hotel isolation for travelers entering the UK from a “red list” of countries. But the entire initiative risks being undermined by policies which make it impossible for workers in the hotel industry to protect themselves from the spread of infection.We need to confront the possibility of the virus spreading between guests and staff, who must be able to take time off work to isolate if there is a risk they could have come into contact with an infected person. However, a low rate of statutory sick pay, alongside restrictions, especially for migrant workers, on access to financial support, means isolating from work can lead to destitution for many people in these jobs.
    The government needs to raise statutory sick pay from £95 per week, one of the lowest in Europe and utterly insufficient to support a family for 10 days or more of isolation. It also needs to scrap No Recourse to Public Funds (NRPF), which keeps migrant workers in poverty, and expand access to its one-off isolation payments of £500. Without these measures, workers in these hotels will face the impossible choice between isolating to protect their health and feeding their families. The hospitality sector in the UK has the highest proportion of migrant workers, making up 30 per cent of the workforce. Most migrants living and working in the UK are automatically subject to NRPF, leaving them unable to access the public safety net, including universal credit, child benefit, income support or housing benefit, regardless of their financial circumstances.
    Red list countries: Full list of 33 nations where hotel quarantine rules apply ‘I guess this means it is okay for me to be violated’ – migrant women have been forgotten in the domestic abuse bill. Long before the pandemic, NRPF conditions were causing severe financial hardship for migrants. For migrant workers in the hospitality sector, an industry hit particularly hard by the pandemic, job losses combined with NRPF conditions have meant they are unable to say “no” to high-risk working conditions and low pay. Throughout this pandemic, we have seen how frontline workers, often in low-paid work, have kept our country going. Yet these are the workers who are consistently undervalued by the government and by employers, despite the fact they have kept our shops open, our transports systems running and our shared spaces clean. The new mandatory hotel quarantine scheme is no exception. The responsibility for lowering Covid-19 transmission across our borders has fallen to low-paid hotel workers, security staff and cleaners. It is them ensuring that the scheme runs smoothly and safely. Low rates of sick pay and a reliance on the statutory minimum wage is prevalent in hospitality contracts, and even more so in cleaning and security contracts, which are often outsourced to agencies, and where insecure and zero-hours contracts are common.

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#sante#hotelquarantaine#travailleurmigrant#travailleurpremiereligne#frontiere#economie

  • L’Allemagne prolonge ses contrôles aux frontières pour endiguer la propagation des variants du Covid-19
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/16/berlin-prolonge-ses-controles-aux-frontieres-pour-endiguer-la-propagation-de

    Le gouvernement allemand a annoncé, mardi 16 février, qu’il prolongeait jusqu’à début mars ses contrôles aux frontières avec le Tyrol autrichien et la République tchèque. Ces contrôles renforcés et restrictions drastiques de circulation concernent également l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni et le Brésil.Le dispositif, entré en vigueur dimanche et destiné à contrer la diffusion des variants plus contagieux du SARS-CoV-2, fait l’objet de vives critiques en Europe, mais aussi dans le pays. La Confédération des associations patronales allemandes (BDA) a argué que ces mesures affectent les activités économiques et les chaînes d’approvisionnement. La libre circulation des travailleurs ainsi que la fluidité des voies de transport, des voyages d’affaires et de la prestation de services transfrontaliers sont indispensables au Marché unique européen, a aussi fait valoir l’organisation dans un communiqué. Les chaînes de livraison ne sont toutefois pas perturbées, à ce stade.
    Dès le 1er mars, « tous les citoyens doivent pouvoir être testés gratuitement par du personnel formé aux tests rapides antigéniques. Ils sont, désormais, suffisamment disponibles sur le marché », a-t-il affirmé sur Twitter. « Les municipalités peuvent demander à leurs centres de test ou à leurs pharmacies de proposer ces tests. » Le coût de ces tests devrait être pris en charge par l’Etat fédéral, selon l’agence de presse DPA.

    #Covid-19#migrant#migration#allemagne#UE#bresil#grandebretagne#sante#frontiere#test#circulation#travailleurmigrant

  • « Ici, l’ambiance est “Covid-free” » : au Mexique, des mesures sanitaires souples pour sauver le tourisme
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/02/16/ici-l-ambiance-est-covid-free-au-mexique-des-mesures-sanitaires-souples-pour

    « Ne dites pas à mon patron que je suis au Mexique », confie, sous couvert d’anonymat, une comptable espagnole de 31 ans, qui vient de débarquer dans la station balnéaire de Tulum, sur la Riviera Maya (sud-est). Les mesures sanitaires locales, plutôt permissives face à la pandémie de Covid-19, attirent les étrangers qui fuient les restrictions dans leur propre pays. Au point que le Mexique s’est hissé du septième au troisième rang mondial des nations les plus prisées en ces temps de coronavirus. Le pari, qui permet au secteur touristique de mieux résister à la crise, semble néanmoins risqué. Le télétravail a été la planche de salut de cette employée d’une grande entreprise à Barcelone : « Je ne supportais plus le couvre-feu dans mon appartement. » C’est l’absence de restriction de voyage et l’envie de soleil qui l’ont incitée, fin janvier, à s’envoler pour le Mexique. La comptable travaille à distance dès 3 heures du matin, décalage horaire oblige. « A partir de midi, c’est la liberté à la plage ! »
    Comme elle, des milliers d’Européens et d’Américains se laissent séduire par les plages de sable fin. « C’est conjoncturel, tempère Miguel Torruco, le ministre du tourisme. Le secteur n’est pas épargné. Mais la crise est moins forte qu’ailleurs. » L’arrivée de touristes étrangers a chuté de 46 % en 2020 (24 millions de visiteurs internationaux), contre une baisse de 74 % au niveau mondial. Le manque à gagner, pour le secteur, s’élève à plus de treize milliards de dollars (10,7 milliards d’euros) ; le chiffre d’affaires, lui, a accusé un recul de 55 % en un an. Un quart des quatre millions d’emplois directs générés par le secteur ont été supprimés. Les mesures sanitaires non coercitives ont néanmoins limité la casse. Pas de confinement obligatoire, pas d’amende, pas de tests Covid-19 imposés aux étrangers… Le gouvernement a joué la carte de la souplesse, misant sur une limitation des activités commerciales en fonction d’un code d’alerte sanitaire de quatre couleurs selon les régions. Objectif : sauver un secteur-clé de l’économie (il pèse 8,7 % du produit intérieur brut) qui représente la troisième source de devises après les transferts de fonds des émigrés et le pétrole. « Nous n’avions pas le choix, justifie M. Torruco. Six salariés sur dix vivent au jour le jour sans être déclarés, spécialement dans le tourisme. » Le ministre précise néanmoins que « des protocoles sanitaires stricts sont appliqués » dans les hôtels, les restaurants et les transports. Bilan : début février, les vols internationaux étaient revenus à 67 % de leur niveau d’avant le Covid, selon le Centre de recherche et de compétitivité touristique (Cicotur) de l’université Anahuac de Mexico. Quant au taux d’occupation hôtelière, il atteignait environ 50 % fin 2020, contre plus de 70 % en temps normal. « La pandémie a changé les pratiques touristiques, précise le directeur du Cicotur, Francisco Madrid. Les touristes étrangers sont moins nombreux, mais ils restent plus longtemps. Par ailleurs, les Américains, qui représentent la moitié des visiteurs au Mexique, optent pour des vols plus courts, de moins de quatre heures. Notre proximité avec les Etats-Unis est un atout. » De quoi satisfaire Céline Desfeux, qui gère une vingtaine de locations Airbnb à Tulum. « On est plein depuis juin 2020 », se félicite cette Française de 33 ans, dont treize passés dans la région. Les tarifs abordables constituent un autre avantage concurrentiel : les touristes dépensent en moyenne 1 000 dollars (sans le vol) pour une ou deux semaines au Mexique, contre 2 500 dollars aux Etats-Unis, d’après Cicotur. Les professionnels répondent aussi aux exigences sanitaires des étrangers : « Nous avons installé des centres de tests Covid dans les hôtels et les aéroports », explique Braulio Arsuaga, président du Conseil patronal touristique mexicain, qui se dit néanmoins « inquiet » des nouvelles restrictions aériennes.

    #Covid-19#migrant#migration#mexique#europe#etatsunis#sante#teletravail#travailleurmigrant#tourisme#restrictionsanitaire#hotel#depistage

  • Espagne : un incendie détruit une partie du camp de migrants de Nijar - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/30258/espagne-un-incendie-detruit-une-partie-du-camp-de-migrants-de-nijar

    Un incendie a ravagé une grande partie du camp de travailleurs migrants à Nijar, dans le sud de l’Espagne, dans la nuit du samedi 13 février. Le feu, qui s’est déclaré vers 22h, a été particulièrement violent. La plupart des toits du camp de Nijar sont en plastique, ce qui a entraîné une propagation plus rapide des flammes. Dès le départ de l’incendie, plusieurs personnes ont appelé les services d’urgence qui ont déployé d’importants moyens. « Le feu ne s’est éteint qu’à 2h45 du matin car il y avait beaucoup de gens qui tentaient de récupérer leurs biens. Cela a rendu le travail difficile », a déclaré une source espagnole à El Pais. Les autorités espagnoles ont indiqué que l’origine de l’incendie restait pour l’heure inconnue. Deux cents personnes se retrouvent aujourd’hui sans abri. Le camp compte environ 1200 personnes. « Le problème ne concerne pas seulement ceux qui se retrouvent sans logement, mais aussi ceux dont les cabanes sont inutilisables cause de la suie et des ravages de la fumée », a déclaré une employé d’une ONG sur place, interrogée par El Pais.
    Ce n’est pas la première fois qu’un incendie touche ce camp de travailleurs. Au mois de décembre, les flammes avaient déjà détruit une partie du bidonville.La quasi totalité des migrants - marocains et africains subsahariens - du camp de Nijar travaillent dans les champs et les serres d’Almeria, une région d’où provient une grande partie des fruits et légumes en Europe. Leurs conditions de vie sont très précaires. Vivant loin des villes, dans des abris de fortune, ils font face au quotidien sans eau courante, ni électricité. La plupart de ces travailleurs ne gagnent qu’une trentaine d’euros par mois. Pas assez pour louer un logement décent.
    Leurs conditions de vie se sont aggravées depuis le début de l’épidémie de coronavirus en Espagne. Le 16 avril dernier, 27 ONG de défense des migrants avaient lancé un appel à la régularisation de ces travailleurs sans-papiers employés dans l’agriculture. « Des milliers de travailleurs agricoles migrants - ressortissants de l’UE ou non - vivent dans des cabanes et des campements insalubres, où il est impossible d’observer une distance physique et où la pandémie pourrait avoir des effets dévastateurs. Dans les champs et dans de nombreuses usines de transformation des aliments, les ouvriers travaillent à proximité les uns des autres sans aucun équipement de protection », avait alors dénoncé Caritas, l’une des ONG signataires.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#afriquesubsaharinne#maroc#sante#travailleurmigrant#economie#emploi#logement#pandemie#vulnerabilite#droit#agriculture

  • Nouvel An lunaire : à Shanghaï, le Covid-19 et les mesures sanitaires privent les familles de retrouvailles
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/02/12/maman-quand-est-ce-que-tu-rentres-a-shanghai-le-nouvel-an-lunaire-sans-joie-

    Liang Yuzhi a l’œil triste quand elle pense au Nouvel An lunaire qu’elle s’apprête à passer sans ses enfants. Originaire du Henan, une province pauvre du centre de la Chine, elle travaille de nuit dans un petit restaurant de fondue épicée, à Shanghaï. Ses trois enfants sont élevés par sa belle-mère, à 700 kilomètres au nord-ouest, dans leur village du Henan. Elle les appelle tous les jours en visio, sur WeChat, le réseau social dominant en Chine. « Ma plus grande me demande à chaque fois : “Maman, quand est-ce que tu rentres ?” C’est vraiment dur. J’espère pouvoir passer les voir après la fête du printemps, ou en mars peut-être. » Car pour l’instant, rentrer dans son village relève du parcours du combattant : tests PCR obligatoires au départ de Shanghaï, à l’arrivée sur place, et quatorze jours de quarantaine au village.
    Pour éviter de nouvelles contaminations, la Chine a décidé d’imposer des restrictions préventives, à l’approche du Nouvel An lunaire, le vendredi 12 février, plus grande migration humaine au monde. Chaque année, la Chine enregistre 3 milliards de voyages pendant cette période. En janvier 2020, 5 millions d’habitants de Wuhan avaient déjà quitté la ville lors de l’annonce du confinement, deux jours avant le Nouvel An lunaire, favorisant la diffusion du virus aux quatre coins de la Chine et du monde. Depuis, Pékin a largement contrôlé l’épidémie grâce à des mesures drastiques incluant confinement et tests massifs dès l’apparition de nouveaux foyers. Mais en janvier, plusieurs milliers de cas dans la capitale chinoise, à Shanghaï, dans le Hebei ou le nord-est de la Chine, ont poussé les autorités à confiner à nouveau des dizaines de millions de personnes. Dans la foulée, Pékin a imposé des restrictions pour les sept jours de congé de la fête du printemps (Chunjie, en chinois), du 11 au 17 février.
    Mme Zhu, 50 ans, balayeuse dans le district de Baoshan, au nord de Shanghaï, a reçu un appel du chef du village fin janvier. « Il m’a dit de ne même pas essayer de rentrer, témoigne cette femme originaire de l’Anhui, une province pauvre à l’ouest de Shanghaï. Je ne gagne déjà pas beaucoup, alors prendre plus d’un mois de congés pour faire la quarantaine, je ne pouvais pas. Et il aurait encore fallu dépenser de l’argent pour ces tests. » Non remboursés, ils coûtent 120 yuans (15 euros) dans les hôpitaux publics de Shanghaï. Outre les coûts difficiles à assumer pour les plus pauvres, les restrictions sont aussi plus sévères dans les campagnes. La Commission nationale de la santé a imposé une quarantaine à la maison pour tous ceux qui rentrent dans des villages, alors qu’un test négatif suffit pour les villes. Certaines provinces ont même renforcé ces règles en imposant un isolement surveillé à l’hôtel. Une approche justifiée officiellement par la difficulté à contrôler l’application des règles et à tracer la population dans les zones rurales, mais qui frappe plus durement les travailleurs migrants ruraux (les nong mingong), déjà les plus précaires en Chine.

    #Covid-19#migrant#migration#chine#religion#circulation#migrationinterne#test#quarantaine#travailleurmigrant#restrictionsanitaire#rural#sante#contamination

  • L’Allemagne ferme une partie de ses frontières, malgré les critiques de l’UE
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/14/l-allemagne-ferme-une-partie-de-ses-frontieres-malgre-les-critiques-de-l-ue_

    L’Allemagne tente de maintenir les variants hors de ses frontières. Dimanche 14 février, Berlin a en grande partie fermé ses frontières avec la République tchèque et le Tyrol autrichien. Un important dispositif d’un millier de policiers est mobilisé aux « points de contrôle fixes », à l’instar de celui installé à Kiefersfelden (Bavière), à la frontière avec l’Autriche. La compagnie ferroviaire Deutsche Bahn a par ailleurs suspendu ses liaisons avec ces zones, et dimanche matin la police effectuait des contrôles aux arrivées de l’aéroport de Francfort. Des exceptions sont toutefois envisageables pour les Allemands, les personnes résidant dans le pays, ainsi que les frontaliers et professionnels exerçant une activité jugée stratégique, comme le transport de marchandises, sous condition de pouvoir présenter un test PCR au coronavirus négatif très récent. « Les personnes qui ne font pas partie des quelques exceptions autorisées ne pourront pas entrer », a prévenu le ministre de l’intérieur, Horst Seehofer, dans l’édition dominicale du quotidien Bild. Au poste-frontière de Kiefersfelden, par exemple, les véhicules sont scrupuleusement contrôlés par les policiers qui filtrent la circulation.
    Ces restrictions ont été décidées en raison des craintes du gouvernement allemand d’une nouvelle vague de contamination par les variants britannique et sud-africain du coronavirus. « Même si les variants du virus circulent déjà en Allemagne, il faut empêcher au mieux toute nouvelle intrusion », a fait valoir le ministre de l’Intérieur du Bade-Wurtemberg, une région voisine de la Bavière. Or, la République tchèque, la Slovaquie et la région autrichienne du Tyrol, frappées de plein fouet par les variants, sont considérées par Berlin comme à haut risque. Il n’est pas impossible non plus qu’à la frontière avec la Moselle soient instaurés prochainement des contrôles de ce type, étant donné que ce département français subit également une circulation particulièrement active des variants. « Nous sommes curieux de savoir ce qui va se passer ensuite car avoir un test chaque semaine, et le payer en plus, ce serait un désastre », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP), au poste-frontière de Rozvadov (République tchèque), Milan Vaculka, un chauffeur de camion pressé de passer la frontière et de gagner la France. Comme lui, d’autres automobilistes se sont dépêchés samedi, de passer la frontière, avant que ces restrictions n’entrent en vigueur. Ces mesures frontalières ne sont pas du goût de l’Union européenne, qui craint comme au printemps 2020 la tentation du « chacun pour soi » des pays face à la pandémie.

    #Covid-19#migrant#migration#allemagne#france#UE#autriche#republiqutcheque#frontire#circulation#sante#test#travailleurfrontalier#sante#travailleur strategique

  • Des #livres sur l’émigration de travail italienne.

    Livres citées dans le livre « Cacciateli ! Quando i migranti eravamo noi » de #Concetto Vecchio :

    James Schwarzenbach, un editore colto e raffinato di Zurigo, rampollo di una delle famiglie industriali più ricche della Svizzera, cugino della scrittrice Anne Marie Schwarzenbach, a metà degli anni sessanta entra a sorpresa in Parlamento a Berna, unico deputato del partito di estrema destra Nationale Aktion, e come suo primo atto promuove un referendum per espellere dalla Svizzera trecentoquarantamila stranieri, perlopiù italiani. È l’inizio di una campagna di odio contro gli emigrati italiani che dura anni e che sfocerà nel referendum del 7 giugno 1970, quando #Schwarzenbach, solo contro tutti (giornali, establishment, Confindustria sono schierati su posizioni opposte), perderà la sua sfida solitaria per un pelo. Com’è stato possibile? Cosa ci dice del presente questa storia dimenticata? E come si spiega il successo della propaganda xenofoba, posto che la Svizzera avrà dal 1962 al 1974 un tasso di disoccupazione inesistente e sono stati proprio i lavoratori italiani, i Gastarbeiter richiamati in massa dal boom economico, a proiettare il paese in un benessere che non ha eguali nel mondo? Eppure Schwarzenbach, a capo del primo partito antistranieri d’Europa, con toni e parole d’ordine che sembrano usciti dall’odierna retorica populista, fa presa su vasti strati della popolazione spaesata dalla modernizzazione, dalle trasformazioni economiche e sociali e dal ’68. Schwarzenbach fiuta le insicurezze identitarie e le esaspera. “Svizzeri svegliatevi! Prima gli svizzeri!” sono i suoi slogan, mentre compaiono le inserzioni “Non si affitta a cani e italiani”.

    https://www.lafeltrinelli.it/libri/concetto-vecchio/cacciateli/9788807111525?productId=9788807111525

    #migrations #émigrants #travailleurs_étrangers #Suisse #histoire

    • Per cercare lavoro. Donne e uomini dell’emigrazione italiana in Svizzera

      Negli anni della guerra fredda, più di seicentomila immigrati vennero schedati e sorvegliati dalla polizia segreta svizzera. Una larga maggioranza di quegli immigrati, sospettati di attività sovversive, era composta da lavoratrici e lavoratori italiani che avevano scelto la Svizzera come terra promessa. Nella Confederazione elvetica, infatti, gli emigrati italiani furono un importante segmento sociale che per molto tempo coincise con il proletariato locale. Si unirono in associazioni a sfondo politico come le #Colonie_libere, a sfondo religioso come le #Missioni_cattoliche, ma fecero anche parte di semplici realtà aggregative, sportive, per il tempo libero, spesso organizzate su base regionale. Gli italiani diventarono presto uno dei principali problemi politici e temi di dibattito del paese, generando forti tensioni sociali dalle quali scaturirono formazioni xenofobe come l’Azione nazionale contro l’inforestierimento. Il libro intende raccontare questa storia dalle mille sfumature attraverso un ampio uso di fonti orali e di scritture di gente comune, tra cui scambi epistolari e testimonianze scolastiche dei figli di italiani, e attraverso numerosi materiali selezionati da archivi privati e pubblici. In particolare, le fonti orali consentono, da un lato, di restituire la complessità di un fenomeno migratorio prodotto al crocevia di tanti diversi vissuti e percorsi e, dall’altro, di non perdere mai il punto di vista degli stessi emigrati, per comprendere meglio le loro esperienze e le sfide quotidiane che hanno dovuto affrontare.

      https://www.donzelli.it/libro/9788868437893

  • Dans le Jura, frappé par le Covid-19 : « On n’a jamais décroché depuis la fin octobre »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/08/dans-le-jura-frappe-par-le-covid-19-on-n-a-jamais-decroche-depuis-la-fin-oct

    « La question n’est pas la transgression des règles – les Jurassiens les suivent assez bien –, mais le sentiment d’être à l’abri dans des villages ruraux et chez les personnes âgées », analyse David Philot, le préfet du Jura, qui n’a eu de cesse de mettre en garde contre ce « sentiment de protection naturelle ». Dans le collimateur aussi, les pauses déjeuner ou café, les galettes des rois dans des salles non aérées, propices à la circulation du virus.
    Autre phénomène, plus spécifique au département, les milliers de passages quotidiens par la frontière entre France et Suisse. « Nous comptons environ 7 000 travailleurs frontaliers, dont près des deux tiers dans l’arrondissement de Saint-Claude. Les mouvements se font dans les deux sens : les Français qui vont travailler en Suisse, et les Suisses qui viennent faire leurs courses ou se loger en France », explique la sous-préfète, »
    Présente au poste-frontière de La Cure, mardi 2 février, elle assiste à la mise en place des contrôles renforcés par la gendarmerie et la douane. Hormis ces frontaliers et les résidents dans la bande des trente kilomètres autour de leur domicile, tous les autres voyageurs sont tenus de présenter un certificat de test PCR de moins de soixante-douze heures – une « bêtise », selon Didier-Pier Florentin, car « vous pouvez changer de statut virologique en vingt-quatre heures ». En début de matinée comme en fin d’après-midi, la file de véhicules est incessante et les contrôles aléatoires – de nombreux véhicules y échappent – ralentissent le mouvement. « 90 % des passages, environ 5 000 mouvements quotidiens, sont des “pendulaires”, des gens qui résident et travaillent de part et d’autre de la frontière », assure le commandant Hugues Berbon, de la gendarmerie.
    Si cette réalité économique et sociale est inscrite dans les gènes du Haut-Jura, certains évoquent quand même « le danger suisse ». En effet, les taux d’incidence (en date du 5 février) y restent très élevés, notamment dans le canton de Genève (354) et dans le Jura suisse (372). La part importante qu’a prise le variant anglais dans les cas de contamination en Suisse préoccupe fortement. « C’est le motif principal d’inquiétude. Ce variant, plus contagieux, peut changer la donne », avance Pierre Pribile.
    Vacanciers, frontaliers, personnes âgées… autant de données qui, combinées, peuvent expliquer la circulation intense du virus dans le département. Le froid aussi, qui pousse les gens à se retrouver les uns chez les autres, plutôt qu’à l’extérieur. Résultat, la pression ne se relâche pas sur le Jura. Et l’hôpital de Lons-le-Saunier, la préfecture qui compte 17 400 habitants, n’a jamais connu le moindre répit.

    #Covid-19#migrant#migration#france#suisse#travailleurmigrant#frontiere#zonetransfrontaliere#sante#propagation#incidence#variant#tourisme

  • Coronavirus: Malaysia to move migrant workers to hotels; Japanese doctors warn of long-lasting aftereffects | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/coronavirus/asia/article/3120908/coronavirus-malaysia-move-migrant-workers-hotels-japanese-doctors

    Workers wearing personal protective equipment leave after burying a victim of the coronavirus disease at a Muslim cemetery in Gombak, on the outskirts of Kuala Lumpur, Malaysia. Photo: AP Workers wearing personal protective equipment leave after burying a victim of the coronavirus disease at a Muslim cemetery in Gombak, on the outskirts of Kuala Lumpur,
    Malaysia’sgovernment has kicked off a plan to temporarily house migrant workers in near-empty hotels across the nation to tackle the worsening spread of Covid-19 cases due to workplace clusters.
    Malaysia’s Tourism, Arts and Culture Ministry said in a statement that the programme will help curb the virus outbreak and indirectly assist hotel operators hurt by the pandemic.“The initiative is the best alternative at the moment,” the ministry said. The plan is a collaboration between the ministry and the Department of Manpower of the Ministry of Human Resources, it said.Overcrowded conditions in employee dormitories have been a key source of infections, spurring record cases and pressuring Malaysia’s health system. The nation has more than 1.5 million documented migrant workers, 91 per cent of whom live in accommodation that does not meet minimum housing standards, according to the Ministry of Human Resources.The government’s plan also provides a lifeline for the tourism industry. More than 100 hotels have closed since the outbreak began almost a year ago, according to a statement by the Malaysian Association of Hotels.

    #Covid-19#migrant#migration#malaisie#sante#travailleurmigrant#dortoir#hotel#contamination#infection#pandemie

  • « Mon combat, c’est d’être régularisé » : Moussa, victime collatérale de l’ouverture illégale d’un restaurant à Nice
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/30/mon-combat-c-est-d-etre-regularise-moussa-victime-collaterale-de-l-ouverture

    De son côté, le patron du Poppies a été placé en garde à vue pour recours au travail d’un étranger sans titre, puis « convoqué pour rappel à la loi devant un délégué du procureur », rapporte au Monde Xavier Bonhomme, procureur de la République de Nice. « S’agissant des infractions susceptibles d’être encore relevées à son encontre à raison de l’ouverture de son établissement en contravention aux règles prescrites dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire, nous sommes dans l’attente des éléments de l’enquête diligentée distinctement par les services de la police nationale et, le cas échéant, de ceux qui résulteront de son audition ultérieure », ajoute le procureur. Une procédure relative à la fermeture administrative de son établissement est actuellement en cours d’instruction, précise par ailleurs la préfecture des Alpes-Maritimes.
    Moussa, lui, a en principe trente jours pour quitter la France. « Mon combat, c’est d’être régularisé », appuie-t-il, accompagné dans ses démarches par la CGT. « Toute ma vie est ici », dit le cuisinier. Vendredi, Gérard Ré, secrétaire général de l’union départementale du syndicat, a adressé un courrier au préfet des Alpes-Maritimes, Bernard Gonzalez, lui demandant une entrevue. Le ministère de l’intérieur a aussi été sollicité pour faire avancer son dossier. Le travailleur envisage enfin de contester son obligation de quitter le territoire devant le tribunal administratif.Moussa raconte qu’il ne savait pas ce qui l’attendait en allant travailler, ce mercredi midi. « J’ai reçu un appel le lundi me demandant de venir. Si mon patron m’appelle, je viens, je ne peux pas dire non », livre-t-il. Sur place, plusieurs dizaines de clients attablés, souvent sans masque, sont venues soutenir le gérant du Poppies, qui entendait protester contre les mesures de fermeture imposées par le gouvernement, le 29 octobre 2020. « Il y avait beaucoup de journalistes et la police. On m’a demandé mes papiers. C’est là que j’ai été emmené. Depuis dix ans, je n’ai jamais été contrôlé, même pas pour mon titre de transport. C’est la première fois que j’avais affaire à la police, j’étais stressé », dit-il.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#droit#travailleurmigrant#politiquemigratoire#crisesanitaire

  • Novavax’s Vaccine Works Well Except on Variant First Found in South Africa - The New York Times
    https://www.nytimes.com/live/2021/01/28/world/covid-19-coronavirus

    China cancels Lunar New Year celebrations for millions of migrants.
    Hankou Station in Wuhan, China, last week. A year ago, the station was among the first places to be closed after the coronavirus outbreak.
    Hankou Station in Wuhan, China, last week. A year ago, the station was among the first places to be closed after the coronavirus Every winter, Pang Qingguo, a fruit seller in northern China, makes the 800-mile trip to his ancestral home to celebrate the Lunar New Year, the biggest holiday of the year in China, with his family.The coronavirus ruined the festivities last year, stranding Mr. Pang in the northern city of Tangshan as many Chinese cities imposed lockdowns. Now, as China confronts a resurgence of the virus, the pandemic is set to spoil the holiday again, with the authorities announcing onerous quarantine and testing rules to dissuade migrant workers like Mr. Pang from traveling for the new year, which begins this year on Feb. 12.
    Mr. Pang, who describes his home in the northeastern province of Heilongjiang as the “happiest place,” is anguished by the rules. He has taken to social media in recent days to express frustration about his situation and post photographs of his 7-year-old daughter, whom he has not seen in more than a year. “Society is so cruel,” he wrote in one post.
    Many of China’s roughly 300 million migrant workers face a similar reality as the government tries to avoid a surge in cases during what is typically the busiest travel season of the year. The authorities have demanded that people visiting rural areas during the holiday spend two weeks in quarantine and pay for their own coronavirus tests. Many migrants, who endure grueling jobs for meager wages in big cities, say those restrictions make it impossible to travel.The rollout of the rules has drawn widespread criticism in China, with many people calling the approach unfair to migrant workers, who have long been treated as second-class citizens under China’s strict household registration system. The workers have been among the most deeply affected by the pandemic, as the authorities have carried out scattered lockdowns to fight the virus and employers have reduced hours and pay.In a regular year, hundreds of millions of people travel by plane, train and car to be with their families for the Lunar New Year. The holiday, which typically includes big festive banquets and fireworks, is normally the only time that many workers can return to their hometowns to see loved ones. This year, many are making plans to spend the holiday alone.
    China has added restrictions, offered incentives and appealed to a sense of filial and national responsibility to urge people not to travel.

    #Covid-19#migrant#migration#chine#sante#religion#deplacement#quarantaine#test#travailleurmigrant

  • To Avoid an Outbreak, China Cancels Lunar New Year for Millions of Migrants - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2021/01/28/world/asia/china-coronavirus-new-year.html

    To Avoid an Outbreak, China Cancels Lunar New Year for Millions of Migrants. China has added restrictions, offered incentives and appealed to a sense of filial and national responsibility, in an effort to prevent about 300 million migrant workers from going home for the holiday.

    #Covid-19#migrant#migration#chine#sante#travailleurmigrant#vacance#religion#restrictionsanitaire

  • Vers un #tournant_rural en #France ?

    En France, la seconde moitié du XXe siècle marque une accélération : c’est durant cette période que la population urbaine progresse le plus fortement pour devenir bien plus importante que la population rurale. À l’équilibre jusqu’à l’après-guerre, la part des urbains explose durant les « trente glorieuses » (1945-1973).

    Dans les analyses de l’occupation humaine du territoire national, l’#exode_rural – ce phénomène qui désigne l’abandon des campagnes au profit des centres urbains – a marqué l’histoire de France et de ses territoires. En témoigne nombre de récits et d’études, à l’image des travaux de Pierre Merlin dans les années 1970 et, plus proches de nous, ceux de Bertrand Hervieu.

    Ce long déclin des campagnes est documenté, pointé, par moment combattu. Mais depuis 1975, et surtout après 1990, des phénomènes migratoires nouveaux marquent un renversement. Le #rural redevient accueillant. La #périurbanisation, puis la #rurbanisation ont enclenché le processus.

    La période actuelle marquée par un contexte sanitaire inédit questionne encore plus largement. N’assisterait-on pas à un #renversement_spatial ? La crise en cours semble en tous cas accélérer le phénomène et faire émerger une « #transition_rurale ».

    Si cette hypothèse peut être débattue au niveau démographique, politique, économique et culturel, elle nous pousse surtout à faire émerger un nouveau référentiel d’analyse, non plus pensé depuis l’#urbanité, mais depuis la #ruralité.


    https://twitter.com/afpfr/status/1078546339133353989

    De l’exode rural…

    Dans la mythologie moderne française, l’exode rural a une place reconnue. Les #campagnes, qui accueillent jusque dans les années 1930 une majorité de Français, apparaissent comme le réservoir de main-d’œuvre dont l’industrie, majoritairement présente dans les villes a alors cruellement besoin. Il faut ainsi se rappeler qu’à cette époque, la pluriactivité est répandue et que les manufactures ne font pas toujours le plein à l’heure de l’embauche en période de travaux dans les champs.

    Il faudra attendre l’après-Seconde Guerre mondiale, alors que le mouvement se généralise, pour que la sociologie rurale s’en empare et prenne la mesure sociale des conséquences, jusqu’à proclamer, en 1967 avec #Henri_Mendras, « la #fin_des_paysans ».

    L’#urbanisation constitue le pendant de ce phénomène et structure depuis la géographie nationale. Dans ce contexte, la concentration des populations à l’œuvre avait déjà alerté, comme en témoigne le retentissement de l’ouvrage de Jean‑François Gravier Paris et le désert français (1947). Quelques années plus tard, une politique d’#aménagement_du_territoire redistributive sera impulsée ; elle propose une #délocalisation volontaire des emplois de l’#Ile-de-France vers la « #province », mais sans véritablement peser sur l’avenir des campagnes. Le temps était alors surtout aux métropoles d’équilibre et aux grands aménagements (ville nouvelle – TGV – création portuaire).

    https://www.youtube.com/watch?v=JEC0rgDjpeE&feature=emb_logo

    Pour la France des campagnes, l’exode rural se traduisit par un déplacement massif de population, mais aussi, et surtout, par une perte d’#identité_culturelle et une remise en cause de ses fondements et de ses #valeurs.

    Le virage de la #modernité, avec sa recherche de rationalité, de productivité et d’efficacité, ne fut pas négocié de la même manière. Les campagnes reculées, où se pratique une agriculture peu mécanisable, subirent de plein fouet le « progrès » ; tandis que d’autres milieux agricoles du centre et de l’ouest de la France s’en tirèrent mieux. L’#exploitant_agricole remplace désormais le #paysan ; des industries de transformation, notamment agroalimentaires, émergent. Mais globalement, le rural quitta sa dominante agricole et avec elle ses spécificités. La campagne, c’était la ville en moins bien.

    Ce référentiel, subi par les populations « restantes », structurait la #vision_nationale et avec elle les logiques d’action de l’État. Cette histoire se poursuivit, comme en témoignent les politiques actuelles de soutien à la #métropolisation, heureusement questionnées par quelques-uns.

    … à l’exode urbain !

    Le recensement de 1975 marque un basculement. Pour la première fois, la population rurale se stabilise et des migrations de la ville vers ses #périphéries sont à l’œuvre.

    Le mouvement qualifié de « périurbanisation » puis de « rurbanisation » marquait une continuité, toujours relative et fixée par rapport à la ville. La « périurbanisation » exprimait les migrations en périphéries, un desserrement urbain. La « rurbanisation », la généralisation du mode de vie urbain, même loin d’elle. Le processus n’est pas homogène et il explique pour une grande part la #fragmentation contemporaine de l’#espace_rural en y conférant des fonctions résidentielles ou récréatives, sur fond d’emplois agricoles devenus minoritaires. Ainsi, la banlieue lyonnaise, l’arrière-pays vauclusien et la campagne picarde offrent différents visages de la ruralité contemporaine.

    Parallèlement, dans les territoires les plus délaissés (en Ardèche, dans l’Ariège, dans les Alpes-de-Haute-Provence par exemple), un « #retour_à_la_terre » s’opère. Si le grand public connaît ces nouveaux résidents sous l’appellation de « #néo-ruraux », des moments successifs peuvent être distingués.

    La chercheuse Catherine Rouvière s’intéressa à ce phénomène en Ardèche ; elle le décrypte en 5 moments.

    Les premiers, avec les « #hippies » (1969-1973), marquèrent culturellement le mouvement, mais peu l’espace, à l’inverse des « néo-ruraux proprement dits » (1975-1985) qui réussirent plus largement leur installation. Plus tard, les « #travailleurs_à_la_campagne » (1985-1995) furent les premiers à faire le choix d’exercer leur métier ailleurs qu’en ville. Enfin, les politiques néolibérales engagèrent dans ce mouvement les « personnes fragiles fuyant la ville » (1995-2005) et mirent en action les « #altermondialistes » (2005-2010). Le départ de la ville est donc ancien.

    https://www.youtube.com/watch?v=NcOiHbvsoA0&feature=emb_logo

    Jean‑Paul Guérin, voit déjà en 1983 dans ce phénomène d’exode urbain une opportunité pour les territoires déshérités de retrouver une élite. Ce qu’on qualifie aujourd’hui d’émigration massive avait ainsi été repéré depuis près de 30 ans, même si l’Insee l’a toujours méthodiquement minoré.

    Vers une transition rurale ?

    Présenter ainsi l’histoire contemporaine des migrations françaises de manière symétrique et binaire est pourtant trompeur.

    Tout comme l’exode rural est à nuancer, l’exode urbain engagé il y a des décennies mérite de l’être aussi. Les relations ville-campagne sont bien connues, la ruralité se décline dorénavant au pluriel et de nouveaux équilibres sont souvent recherchés. Malgré cela, la période actuelle nous oblige à poser un regard différent sur cette histoire géographique au long cours. La crise de la #Covid-19 marque une accélération des mouvements.

    Aujourd’hui, quelques auteurs s’interrogent et proposent des ajustements. En appelant à une Plouc Pride, une marche des fiertés des campagnes, Valérie Jousseaume nous invite ainsi collectivement à nous questionner sur la nouvelle place de la ruralité.

    https://www.youtube.com/watch?v=agAuOcgcOUQ&feature=emb_logo

    Et si, au fond, cette tendance témoignait d’un basculement, d’une transition, d’un tournant rural, démographique, mais aussi et surtout culturel ?

    La période rend en effet visible « des #exilés_de_l’urbain » qui s’inscrivent clairement dans un autre référentiel de valeurs, dans la continuité de ce qui fut appelé les migrations d’agrément. Celles-ci, repérées initialement en Amérique du Nord dans les années 1980 puis en France dans les années 2000, fonctionnent sur une logique de rapprochement des individus à leurs lieux de loisirs et non plus de travail.

    L’enjeu pour ces personnes consiste à renoncer à la ville et non plus de continuer à en dépendre. Dans la ruralité, de nombreux territoires conscients de ce changement tentent de s’affirmer, comme la Bretagne ou le Pays basque.

    Pourtant ils versent souvent, à l’image des métropoles, dans les politiques classiques de #compétitivité et d’#attractivité (#marketing_territorial, politique culturelle, territoire écologique, créatif, innovant visant à attirer entrepreneurs urbains et classes supérieures) et peu s’autorisent des politiques non conventionnelles. Ce phénomène mimétique nous semble d’autant plus risqué que dès 1978, Michel Marié et Jean Viard nous alertaient en affirmant que « les villes n’ont pas les concepts qu’il faut pour penser le monde rural ». Mais alors, comment penser depuis la ruralité ?

    https://www.youtube.com/watch?v=YOEyqkK2hTQ&feature=emb_logo

    Il s’agit d’ouvrir un autre référentiel qui pourrait à son tour servir à relire les dynamiques contemporaines. Le référentiel urbain moderne a construit un monde essentiellement social, prédictif et rangé. Ses formes spatiales correspondent à des zonages, des voies de circulation rapides et de l’empilement. Ici, l’#artificialité se conjugue avec la #densité.

    Le rural accueille, en coprésence, une diversité de réalités. Ainsi, la #naturalité se vit dans la #proximité. Ce phénomène n’est pas exclusif aux territoires peu denses, la naturalisation des villes est d’ailleurs largement engagée. Mais l’enjeu de l’intégration de nouveaux habitants dans le rural est d’autant plus fort, qu’en plus de toucher la vie des communautés locales, il se doit de concerner ici plus encore qu’ailleurs les milieux écologiques.

    Le trait n’est plus alors celui qui sépare (la #frontière), mais devient celui qui fait #lien (la #connexion). La carte, objet du géographe, doit aussi s’adapter à ce nouvel horizon. Et la période qui s’ouvre accélère tous ces questionnements !

    L’histoire de la civilisation humaine est née dans les campagnes, premiers lieux défrichés pour faire exister le monde. La ville n’est venue que plus tard. Son efficacité a par contre repoussé la limite jusqu’à dissoudre la campagne prise entre urbanité diffuse et espace naturel. Mais face aux changements en cours, à un nouvel âge de la #dispersion, la question qui se pose apparaît de plus en plus : pour quoi a-t-on encore besoin des villes ?

    https://theconversation.com/vers-un-tournant-rural-en-france-151490
    #villes #campagne #démographie #coronavirus #pandémie

    –—

    ajouté à la métaliste « #géographie (et notamment #géographie_politique) et #coronavirus » :
    https://seenthis.net/messages/852722

  • Droit du travail : un chauffeur Uber requalifié en « salarié »
    http://www.bonnes-nouvelles.be/site/index.php?iddet=2849&id_surf=&idcat=305&quellePage=999&surf_lang=fr

    Je me sens comme un esclave : je travaille de longues heures chaque jour, sous les ordres d’une application, mais je n’ai pas de quoi me payer un salaire à la fin du mois. » Guillaume* est chauffeur indépendant, ou « limousine » comme on dit chez Bruxelles Mobilité, où il a obtenu sa licence il y a un peu plus de deux ans. Depuis novembre 2018, il « collabore » avec Uber, qui organise le transport rémunéré de citadins dans la capitale et un peu partout dans le monde. À ce stade, il n’a « plus rien à (...)

    #Uber #procès #législation #conducteur·trice·s #GigEconomy #travail

    • Je me sens comme un esclave : je travaille de longues heures chaque jour, sous les ordres d’une application, mais je n’ai pas de quoi me payer un salaire à la fin du mois. »

      Guillaume* est chauffeur indépendant, ou « limousine » comme on dit chez Bruxelles Mobilité, où il a obtenu sa licence il y a un peu plus de deux ans. Depuis novembre 2018, il « collabore » avec Uber, qui organise le transport rémunéré de citadins dans la capitale et un peu partout dans le monde. À ce stade, il n’a « plus rien à perdre », nous explique-t-il. « Mais peut-être, quelque chose à gagner ». À savoir : devenir salarié de la multinationale.

      Début juillet, Guillaume a introduit une demande de qualification de sa relation avec la plateforme d’origine américaine auprès de la Commission administrative de règlement de la relation de travail (CRT). Quand la nature de votre relation avec votre donneur d’ordre ou votre employeur vous apparaît comme suspecte, cet organe est là pour analyser votre cas et décider, si au regard de la législation locale, vous êtes salarié ou indépendant.

      « Je ne gagne pas ma vie décemment »

      Guillaume, sur papier, appartient à la seconde catégorie de travailleurs (les deux seules existant en droit du travail belge). Il a enregistré une société en personne physique, son véhicule lui appartient, il a obtenu seul les autorisations nécessaires pour exercer son métier. « Avec Uber, je ne connais que les inconvénients de ce statut, en aucun cas les avantages. Je ne gagne de toute façon pas ma vie décemment, donc j’ai décidé d’aller jusqu’au bout », poursuit le trentenaire.

      Une démarche concluante puisque Le Soir a appris que la CRT lui avait donné raison à travers une décision longue de 12 pages rendue le 26 octobre dernier : Uber est bien, selon la Commission qui dépend du SPF Sécurité sociale, l’employeur de Guillaume. Précisément, la CRT conclut après un examen approfondi que « les modalités d’exécution de la relation de travail sont incompatibles avec la qualification de #travail_indépendant ».

      Pour aboutir à cette conclusion – la question est épineuse et fait débat dans bon nombre de pays européens ainsi qu’aux États-Unis (lire ci-contre) –, plusieurs éléments contractuels ont été analysés. Notamment ceux qui concernent la #liberté_d’organisation_du_travail et d’organisation du #temps_de_travail de Guillaume, deux démarches inhérentes au #statut_d’indépendant. Deux leitmotivs aussi utilisés par Uber depuis son lancement : l’entreprise estime, en effet, que la #flexibilité de ses chauffeurs ainsi que leur #liberté de prester quand ils le souhaitent et pour qui ils le souhaitent est à la base de sa « philosophie ».

      « Je ne peux pas refuser une course »

      « La réalité est bien différente », détaille Guillaume. « Uber capte quasi tout le marché à Bruxelles et, si je suis connecté à l’#application, je n’ai pas le #droit_de_refuser une course. Si je le fais, Uber abaisse ma “#cotation”. Si je le fais trois fois de suite, Uber me vire », détaille Guillaume. Qui précise qu’il lui est également impossible de jongler entre plusieurs plateformes. « Si je suis sur deux applications et que j’accepte une course pour un autre opérateur et qu’Uber me demande d’être disponible, je suis obligé de refuser la course. Au final, comme expliqué, cela me porte préjudice. »

      Guillaume, en outre, ne connaît pas son itinéraire avant d’accepter de prendre en charge un client. « On peut m’envoyer à 10 kilomètres. Soit un long trajet non rémunéré pour un trajet payé de 1.500 mètres. » S’il choisit de dévier du chemin imposé par la plateforme, par bon sens ou à la demande d’un client pressé, le chauffeur se dit également régulièrement pénalisé. Chez Uber, le client est roi. Quand ce dernier commande une course, l’application lui précise une fourchette de #prix. « Évidemment, si je prends le ring pour aller jusqu’à l’aéroport, le prix de la course augmente car le trajet est plus long, mais le client peut très facilement réclamer à Uber la différence tarifaire. Même s’il m’a demandé d’aller au plus vite. » Dans ce cas de figure, la différence en euros est immédiatement déduite de la #rémunération de Guillaume.

      La CRT estime que le chauffeur ne peut pas influer sur la manière dont Uber organise un #trajet, qu’il « n’a aucune marge de manœuvre quant à la façon dont la prestation est exercée. (…) En cas de non-respect de l’#itinéraire, si le prix de la course ne correspond pas à l’estimation, il peut être ajusté a posteriori par Uber, le passager peut alors obtenir un remboursement mais le chauffeur ne sera payé que sur base du prix annoncé à ce dernier. (…) A aucun moment, un dialogue direct entre le chauffeur et le passager n’est possible. (…) De telles modalités obligent le chauffeur à fournir une prestation totalement standardisée. »

      Un chantier dans le « pipe » du gouvernement

      Guillaume n’est pas naïf, ses représentants qui l’ont accompagné dans la démarche administrative – le syndicat CSC via sa branche dédiée aux indépendants #United_Freelancers et le collectif du secteur des taxis – ne le sont pas non plus. Il sait que l’avis de la CRT est « non contraignant » pour Uber mais qu’elle a de lourdes implications pour son cas personnel. À moins d’être requalifié comme « salarié » par l’entreprise elle-même (un recommandé a été envoyé à ce titre aux différentes filiales impliquées en Belgique), il ne peut désormais plus travailler pour Uber.

      De son côté, Uber explique qu’il « n’a pas encore pas encore reçu le point de la vue de la CRT » mais qu’il « estime que la justice bruxelloise a déjà tranché en 2019 le fait que ses chauffeurs étaient indépendants » (un procès a opposé l’entreprise au secteur des #taxis et lui a donné raison, mais ce dernier a fait appel et le jugement n’a pas encore été rendu). La société américaine pourrait d’ailleurs attaquer la décision en justice. L’anglaise #Deliveroo avait opté pour cette démarche en 2018 après que le même organe a acté en 2018 qu’un de ses #coursiers indépendants était en réalité salarié de la plateforme (l’audience aura lieu en septembre de cette année).

      « Notre priorité est de faire réagir les autorités. Uber, comme d’autres plateformes, doit occuper ses travailleurs selon une qualification conforme à la réalité du travail. Soit les #prestataires sont véritablement indépendants et devraient, dès lors, pouvoir fixer leurs prix, leurs conditions d’intervention, choisir leurs clients, organiser leur service comme ils l’entendent… Soit Uber continue à organiser le service, à fixer les prix et les règles, à surveiller et contrôler les chauffeurs, et ceux-ci sont alors des travailleurs salariés », cadrent Martin Willems, qui dirige United Freelancers et Lorenzo Marredda, secrétaire exécutif de la CSC Transcom.

      Au cabinet du ministre en charge du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS), on confirme avoir déjà analysé les conclusions de la CRT et la volonté de débuter rapidement un chantier sur le sujet avec les partenaires sociaux. « Nous allons nous attaquer à la problématique des #faux_indépendants des #plateformes_numériques, comme décidé dans l’accord de gouvernement. L’idée est bien d’adapter la loi de 2006 sur la nature des #relations_de_travail. Cela pourrait passer par une évaluation des critères nécessaires à l’exercice d’une #activité_indépendante, par un renforcement des critères également. Mais il s’agit évidemment d’une matière qui doit être concertée », précise Nicolas Gillard, porte-parole.

      * Le prénom est d’emprunt, les décisions de la CRT sont anonymisées quand elles sont publiées.

      Des pratiques désormais similaires chez les taxis

      A.C.

      Selon le collectif des Travailleurs du taxi et la #CSC-Transcom, les problèmes constatés chez Uber sont actuellement également une réalité chez d’autres acteurs du secteur, en l’occurrence les #centrales_de_taxis. « Les taxis indépendants sont très dépendants des centrales. Et depuis leur #numérisation, il y a vraiment un glissement des pratiques. Les chauffeurs de taxi indépendants ne savent pas non plus où on les envoie avant d’accepter une course », explique Michaël Zylberberg, président du collectif. « La dernière version de l’application #Taxis_Verts est un clone de celle d’Uber. Au début, il y a cette idée de #concurrence_déloyale mais, comme le problème n’a pas été réglé, les centrales tendent à copier les mauvaises habitudes des plateformes. Cela est très inquiétant pour les travailleurs, qui perdent progressivement leur #autonomie », ajoute Lorenzo Marredda, secrétaire exécutif de la CSC-Transcom.

      Des décisions dans d’autres pays

      Mis en ligne le 13/01/2021 à 05:00

      Par A.C.

      Lors de son introduction en Bourse en 2019, Uber expliquait collaborer avec 3 millions de chauffeurs indépendants dans le monde. Fatalement, face à une telle masse de main-d’œuvre, qui se plaint souvent de #conditions_de_travail et de #rémunération indécentes, procès et interventions des législateurs ponctuent régulièrement l’actualité de l’entreprise. Ces derniers mois, trois décisions retiennent particulièrement l’attention.

      En #Suisse

      Plusieurs cantons sont en plein bras de fer avec la plateforme américaine. A #Genève et à #Zurich, les chauffeurs Uber sont désormais considérés comme des salariés. Les caisses d’#assurances_sociales réclament des sommes très importantes à l’entreprise, qui refuse jusqu’à présent de payer les #cotisations_sociales employeurs réclamées.

      En #France

      La# Cour_de_cassation a confirmé en mars dernier que le lien entre un conducteur et l’entreprise est bien un « #contrat_de_travail ». Les arguments utilisés se rapprochent de ceux de la CRT : la plus haute juridiction du pays a jugé que « le chauffeur qui a recours à l’application Uber ne se constitue pas sa propre clientèle, ne fixe pas librement ses tarifs et ne détermine pas les conditions d’exécution de sa prestation de transport ». Une #jurisprudence qui permet d’appuyer les demandes de #requalification des chauffeurs indépendants de l’Hexagone.

      En #Californie

      Une loi contraint, depuis le 1er janvier 2020, Uber et #Lyft à salarier ses collaborateurs. Les deux entreprises refusant de s’y plier ont investi environ 200 millions de dollars pour mener un référendum citoyen sur la question qu’ils ont remporté en novembre dernier, avec un texte baptisé « #proposition_22 ». Qui introduit pour les dizaines de milliers de chauffeurs concernés un #revenu_minimum_garanti et une contribution à l’#assurance_santé.

      #néo-esclavage #ordres #Bruxelles_Mobilité #sous-traitance #travailleur_indépendant #salariat #salaire #Commission_administrative_de_règlement_de_la_relation_de_travail (#CRT) #Belgique #droit_du_travail

  • Tests PCR pour les voyageurs, masques, campagne vaccinale... les dernières annonces du gouvernement
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/01/21/covid-19-le-variant-britannique-pourrait-necessiter-un-nouveau-confinement-p

    La situation sanitaire reste tendue en France, où la menace des nouveaux variants, dont le « VOC 202012/01 » plus contagieux, fait prendre à l’exécutif des mesures de restrictions supplémentaires. L’Elysée a notamment annoncé, jeudi 21 janvier à l’issue d’un Conseil européen, que des tests PCR seront exigés à tous les voyageurs, y compris européens, avant leur entrée en France. Cette obligation s’appliquera « hors voyages essentiels », a précisé l’Elysée : « Les travailleurs frontaliers et le transport terrestre seront en particulier exemptés. »Le pays a enregistré 346 morts supplémentaires et près de 23 000 nouvelles contaminations en vingt-quatre heures, selon les chiffres diffusés ce jeudi par les autorités sanitaires, alors que 25 735 malades au total demeurent hospitalisés. Parallèlement, on estime à 824 000 le nombre de personnes ayant reçu une première dose de vaccin contre le Covid-19 en France, a précisé la direction générale de la santé – soit 131 000 de plus en vingt-quatre heures.

    #Covid-19#migrant#migration#france#ue#sante#restrictionsanitaire#test#travailleurfrontalier#circulation#frontiere

  • Coronavirus : les humanitaires français espèrent une vaccination des migrants au printemps - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/29760/coronavirus-les-humanitaires-francais-esperent-une-vaccination-des-mig

    Tout en reconnaissant un effort des autorités françaises pour organiser une campagne vaccinale efficace auprès des migrants, plusieurs ONG s’inquiètent de la lenteur des vaccinations et espèrent que les centres d’hébergement d’urgence pourront en bénéficier au printemps.Vulnérables et précaires, les migrants figurent en bonne position sur la liste des populations les plus menacées par la crise sanitaire. Mais leur place dans la campagne de vaccination contre le Covid reste encore à préciser. Médecins sans frontières (MSF) espèrent que d’ici trois ou quatre mois, des vaccins seront disponibles.
    « On aimerait qu’au printemps, la campagne de vaccination débute », explique Corinne Torre, de l’ONG, contactée par InfoMigrants. « Il ne faut pas trop tarder parce qu’après la trêve hivernale, il pourrait y avoir des remises à la rue, des fermetures de centres… On perdrait la trace de nombreux migrants ». Dans l’attente des premiers vaccins, la Haute autorité de santé (HAS) avait dès novembre classé les quelque 300 000 à 600 000 sans-papiers de France parmi ses cibles prioritaires. Pour l’heure, les Ehpad, le personnel soignant, et les personnes âgées hors Ehpad sont prioritaires. « Mais les migrants ne sont pas oubliés ou mis de côté. Ils sont prévus dans la campagne vaccinale, c’est ce qu’il ressort de nos réunions de travail avec le ministre de la Santé », déclare confiante Corinne Torre tout en rappelant que « la vaccination est gratuite pour tous, même pour les personnes sans couverture médicale - qui n’ont pas d’AME, ou de PUMA ».
    « Le gouvernement affiche une bonne volonté, ces publics sont priorisés, le discours est parfait mais on n’a pas d’information sur ce qui va être fait », regrette de son côté Carine Rolland, membre du conseil d’administration de Médecins du monde (MdM). MSF rappelle que les migrants sont particulièrement exposés au coronavirus. « Près de 89% des migrants que nous avons rencontrés dans deux foyers de Seine-Saint-Denis étaient positifs au Covid en tests sérologiques, pendant la première vague ». Dans les foyers de travailleurs immigrés, les occupants sont souvent âgés et en surnombre, ce qui augmente leur risque d’être atteint par le virus.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#vaccination#inclusion#santepublique#vulnerabilite#travailleurmigrant#foyer#travailleurimmigre

  • Landlocked Lesotho faces food crisis amid Covid border closures | Hunger | The Guardian
    http://www.theguardian.com/global-development/2021/jan/19/landlocked-lesotho-faces-food-crisis-amid-covid-border-closures
    https://i.guim.co.uk/img/media/b9923fab1892b07f73bdd3bebebdf521be6019c8/0_400_6000_3600/master/6000.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    The situation in Lesotho has been exacerbated by extended lockdowns in neighbouring South Africa to curb the spread of the virus, which the agency said would prolong high levels of unemployment and loss of income.
    ’We can’t cope’: Lesotho faces Covid-19 disaster after quarantine failures
    Read moreThe number of people requiring food assistance this year is about 35% higher than the number between October 2019 and March 2020, said the FAO.In 2019, the UN appealed for $34 million (£25 million) to provide food aid for half a million people until May last year, following poor rains over two consecutive seasons. It warned that thousands of people were close to famine.Lesotho imports the bulk of its goods and services from South Africa and has been feeling the effects of tougher lockdown restrictions imposed by President Cyril Ramaphosa earlier this month.
    South Africa has now surpassed 1.3 million cases of Covid-19 and has consistently recorded more than 10,000 new daily cases since 1 January. Ramaphosa has closed all land borders until 15 February and imposed restrictions on public gatherings.“The increase in the prevalence and severity of food insecurity has been predominantly driven by the effects of the lockdown measures to contain the Covid-19 pandemic,” said the FAO.
    “The restrictions on the movement of people and the closure of non-essential industries resulted in the loss of jobs and incomes, reducing people’s capacity to access adequate diets. The restrictions affected the workforce within the country, but also migrant workers in South Africa.”

    #Covid-19#migrant#migration#lesotho#afriquedusud#economie#sante#travailleurmigrant#frontiere#chomage#confinement

  • Covid-19 : le gouvernement français « très réticent » à l’idée un passeport vaccinal pour voyager en Europe
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/01/17/covid-19-le-gouvernement-reticent-sur-un-passeport-vaccinal-europeen_6066574

    Covid-19 : le gouvernement français « très réticent » à l’idée un passeport vaccinal pour voyager en EuropePour le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, ce débat « n’a pas lieu d’être » alors que la campagne de vaccination ne fait que commencer.Le premier ministre grec a appelé mardi l’UE à adopter un certificat « standardisé » de vaccination pour donner un coup de pouce à l’industrie du tourisme.Le premier ministre grec a appelé mardi l’UE à adopter un certificat « standardisé » de vaccination pour donner un coup de pouce à l’industrie du tourisme. « Nous sommes très réticents. » Le gouvernement est plus que sceptique sur la mise en place d’un passeport vaccinal européen et estime que la question ne doit pas être au menu du Conseil européen de la semaine prochaine, a déclaré, dimanche 17 janvier, Clément Beaune, secrétaire d’Etat aux affaires européennes. « Si on parle d’un papier, un document qui vous autorise à voyager en Europe, je crois que c’est très prématuré », a-t-il dit sur Franceinfo.« Ce n’est pas notre conception de la protection et de l’accès aux vaccins », a ajouté le secrétaire d’Etat aux affaires européennes. « C’est une idée (…) sur laquelle la France considère qu’on ne doit pas ouvrir le débat maintenant. Quand l’accès au vaccin sera généralisé, ce sera un sujet différent », a insisté Clément Beaune.
    Le chef du gouvernement grec, Kyriakos Mitsotakis, avait appelé mardi l’Union européenne à adopter un certificat « standardisé » de vaccination pour donner un coup de pouce à l’industrie du tourisme, terrassée par la pandémie due au coronavirus. La Grèce a déjà mis au point son propre certificat sanitaire destiné à prouver que l’on a été vacciné. « Même si nous n’allons pas rendre la vaccination obligatoire ou en faire une condition préalable en cas de déplacement, les personnes vaccinées devraient être libres de voyager », a ainsi estimé le premier ministre grec dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.Selon cette dernière, la Commission européenne est favorable à cette idée qui divise les Vingt-Sept (Malte y est par exemple favorable, tandis que les Pays-Bas sont plus réticents). Ursula von der Leyen évoque pour sa part un « impératif médical ». A l’inverse, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’y est déclarée opposée « pour le moment » à l’échelle planétaire.
    Clément Beaune a par ailleurs évoqué la situation des travailleurs frontaliers – 350 000 Français selon lui. « Nous envisageons de renforcer au sein de l’espace européen les mesures de contrôle », a-t-il dit, assurant qu’il n’y aurait pas de fermeture des frontières de l’espace Schengen. « On vérifie aussi le type de tests que l’on peut exiger. On réfléchit à une liste de tests antigéniques qui seraient reconnus partout en Europe. Aujourd’hui ce n’est pas encore le cas. »Six Français sur dix se disent favorables à la vaccination obligatoire pour prendre un avion à destination de l’étranger ou rendre visite à une personne vulnérable dans un Ehpad ou un hôpital, selon le sondage Ifop réalisé pour Le Parisien Dimanche. Toujours selon l’Ifop, les Français sont aujourd’hui 54 % à souhaiter se faire vacciner, une hausse de 15 points par rapport à un précédent sondage le 29 décembre.

    #Covid-19#migrant#migration#ue#france#grece#sante#oms#circulation#certificatvaccination#passeportvaccinal#travailleurtransfrontalier#tourisme

  • Covid-19 : le détail des mesures de renforcement des contrôles aux frontières
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/01/15/covid-19-renforcement-des-controles-aux-frontieres_6066400_823448.html

    L’objectif est clair : « Réduire drastiquement les flux transfrontaliers afin de nous protéger du risque de propagation des souches variantes. » Le premier ministre a annoncé, jeudi 14 janvier, une série de nouvelles mesures durcissant les conditions d’entrée sur le territoire national, en renforçant les contrôles aux frontières.A compter du lundi 18 janvier, les voyageurs désirant entrer en France, en provenance d’un pays extérieur à l’Union européenne, notamment le Royaume-Uni, pays confronté à une flambée épidémique, devront se faire tester avant leur départ. Ils devront en effet présenter un test PCR négatif, effectué moins de 72 heures avant, pour embarquer dans un avion, un train ou un bateau à destination de la France. De plus, a précisé Jean Castex, « les personnes concernées devront s’engager sur l’honneur à s’isoler pendant sept jours une fois arrivées en France, puis à refaire un deuxième test PCR à l’issue » de cette période.
    « Pour les rares pays où il n’est pas possible de réaliser un test sur place, au départ, un laissez-passer consulaire pourra être accordé par nos ambassades, pour motif impérieux », a ajouté, jeudi soir, le premier ministre. La personne se fera alors tester à son arrivée en France et sera contrainte de s’isoler sept jours « dans un établissement désigné par l’Etat ». Les travailleurs transfrontaliers ainsi que les « travailleurs essentiels », tels les transporteurs routiers, bénéficieront d’« exceptions limitées ».

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  • ‘It’s Starting Again’: Why Filipino Nurses Dread the Second Wave - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2021/01/15/nyregion/filipino-nurses-coronavirus.html

    Belinda Ellis had been a nurse for 40 years, and she thought she’d seen it all. She had worked in hospitals in the Philippines, where she was born and got her degree. She was a nurse in Saudi Arabia and then at a military hospital on the border of Iraq when Saddam Hussein came into power.
    But when the first wave of the pandemic battered New York City last spring, she still wasn’t prepared. Nor could she have foreseen the immense toll the coronavirus would take on her Filipino colleagues. As devastating as Covid-19 was in those early months, a number of studies now reveal just how hard the virus hit Filipino health care workers. Of all the nurses who died from the virus nationwide, one study found, close to a third of them were Filipino. According to an analsis by ProPublica, in the New York City area alone, at least 30 Filipino health care workers had died from the virus by June.Many of them fell sick, including Erwin Lambrento, a tenacious night shift nurse from the outskirts of Manila who died of the virus in early May. Pictures of him still hang throughout Elmhurst Hospital Center, where Ms. Ellis works.
    According to a survey published in September by National Nurses United, the largest nurses’ union in the United States, 67 Filipino nurses have died of Covid-19. That figure, which was pulled from public obituaries, is around a third of the total registered nurses who have died nationwide, though Filipinos make up only 4 percent of those nurses overall.“It’s really heartbreaking,” said Zenei Cortez, president of National Nurses United and a nurse from the Philippines herself. Ms. Cortez fears that the true toll is worse. “The numbers we are producing are all underreported, I’m sure of that.”Now another wave of the virus has arrived. The infection rate in New York City has risen in recent weeks, and hospitalizations are at alarming levels; more than 450 New Yorkers have died of Covid since the beginning of 2021. And many Filipino nurses fear their hospitals could again be crushed under caseloads that recall the harrowing months of March and April.Filipino nurses have a long history of working in New York City hospitals, dating at least to the immigration reforms in the 1960s, which broadened the categories of foreign workers who could apply for a United States visa.In the Philippines, nursing schools have taught an American curriculum since as early as 1907, granting degrees to English-speaking nurses who could slot easily into American hospitals. They quickly became invaluable in the 1980s as a solution to staffing shortages exacerbated by the AIDS epidemic. It was in 1986 that Ms. Ellis was recruited by Bellevue Hospital in Manhattan, where she was quickly deployed to the bedsides of patients with H.I.V.
    San Francisco and New York were especially welcoming to migrant nurses, according to Leo-Felix Jurado, a professor of nursing at William Paterson University in New Jersey who wrote his dissertation on the importation of Filipino nurses into American hospitals.Mr. Jurado, who is now 55, was recruited in 1988 by JFK Medical Center in Edison, N.J. He recalls that visiting the employment fairs held in Manila hotels felt like an afternoon of barhopping. Recruiters jostled to make hires, sweetening work visas to the United States with signing bonuses and promises of free housing, Mr. Jurado said.

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