• Minima sociaux : quand il faut se battre pour quelques euros - Mathilde Goanec | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/090920/minima-sociaux-quand-il-faut-se-battre-pour-quelques-euros?onglet=full

    C’est l’histoire d’une petite descente vers la grande pauvreté, en raison de la grande complexité des politiques sociales. Pour cause d’imbroglios administratifs, nombreux sont les allocataires des minima sociaux à renoncer, nous rappelle le chercheur Philippe Warin. La réforme censée tout simplifier est pour le moment reportée sine die.

    Maëlle (prénom d’emprunt) a appris il y a déjà longtemps « à ne pas avoir de gros besoins ». Les livres de la bibliothèque à l’infini, un forfait à deux euros pour son portable, deux repas seulement par jour, et tant pis s’il faut vivre, à l’âge adulte, chez ses parents. Mais quand même, cet été, ne pas aller voir la mer à 50 km pour éviter le plein d’essence, cela l’a chiffonnée.

    « J’ai gardé, heureusement pour moi, une grosse capacité d’émerveillement et une bonne dose d’humour. Mais là, j’ai des droits, je cherche juste à les faire valoir, et ça me gonfle. » Pendant plusieurs semaines, la Bretonne a en effet dû batailler auprès de la CAF (caisse d’allocations familiales), un parcours administratif kafkaïen qui l’a laissée quasiment sans aucune ressource durant plusieurs semaines.

    Maëlle, titulaire d’un concours pour exercer comme bibliothécaire dans la fonction publique, est tombée gravement malade voilà quelques années. « Un accident de la vie, tu dégringoles très vite après ça. » Elle perd le bénéfice de son concours. Au chômage pendant plusieurs mois, la jeune femme finit par toucher début 2020 l’allocation spécifique de solidarité (ASS), versée par Pôle emploi pour les chômeurs et chômeuses en fin de droit.

    Février, les choses s’arrangent, en apparence : Maëlle enchaîne dans sa commune deux contrats courts de 10 heures par semaine, jusqu’au mois de juillet… dans une bibliothèque, son domaine de compétence et sa passion. Elle y intervient depuis longtemps comme bénévole. Les trois premiers mois, elle peut cumuler son salaire, qui tourne, selon les vacances scolaires (non rémunérées), autour de 300 euros, avec l’ASS. Pour tenir les mois suivants, elle demande alors, comme la loi l’y autorise, la prime d’activité, puisque son salaire est inférieur au RSA, le revenu minimum d’activité.

    Les ennuis commencent. Tel un serpent qui se mordrait inlassablement la queue, impossible de toucher la prime d’activité, car elle a touché l’ASS. Impossible de toucher le RSA, puisqu’elle a demandé la prime d’activité. « J’ai vécu un truc de fou, j’en ai perdu le sommeil, raconte Maëlle. Quel est l’intérêt de travailler ? Je me retrouvais plus pauvre qu’avant. »

    Toutes ces démarches sont recensées, avec minutie, par l’allocataire, sur un fichier informatique. « Je l’ai fait pour ne pas devenir zinzin, et garder le fil. » Relances, rendez-vous, coups de téléphone, mails sur l’interface administrative, les conseillers se contredisent, s’emmêlent les pinceaux, se renvoient la balle entre différentes administrations.

    En juillet, Maëlle touche 89 petits euros, sans plus d’explications. En août, la prime d’activité demandée des semaines plus tôt tombe enfin : 145 euros… amputés de 54 euros, pour cause de dette auprès de la CAF, suite à la déclaration d’heures travaillées en juillet. Elle contacte les élus de son département, qui se disent « effarés » mais restent relativement impuissants. L’assistant social de son secteur finit par lui débloquer un bon de carburant de 48 euros et demande une aide d’urgence de 145 euros pour lui permettre de tenir.

    Après un énième rendez-vous, fin août, une conseillère a neutralisé ses revenus passés, pour lui permettre de toucher enfin quelque 500 euros dus en juillet, et enclenché la procédure pour le mois de septembre. La commune où Maëlle travaille lui a également proposé de reprendre, sur un contrat cette fois-ci de cinq heures par semaine, jusqu’en décembre.

    « Pour le moment, je suis riche !, ironise la bibliothécaire. Mais l’assistant social de mon secteur m’a conseillé de rester prudente, car il est fort probable que lors de la mise à jour trimestrielle des revenus, la CAF recalcule le tout et me demande de rembourser une partie. La surprise est attendue pour le mois d’octobre ! » Or l’équation ne fonctionnera que si la CAF complète ces salaires qui font de Maëlle une travailleuse pauvre.

    Cette histoire n’est pas qu’anecdotique. Selon le rapport 2019 du Défenseur des droits, parmi les principaux organismes mis en cause dans les réclamations liées au dysfonctionnement des services publics, les mauvais élèves sont les organismes de protection sociale. Et en premier lieu les caisses d’allocations familiales.

    Dans le même rapport, le Défenseur des droits rappelle que « le droit de toute personne à vivre dignement, qui justifie également l’allocation de certaines prestations sociales telles que le revenu de solidarité active (RSA), cède devant la volonté, pour les organismes sociaux, de recouvrer des créances frauduleuses en ignorant la situation économique du public visé, souvent très précaire ». En clair, un excès de zèle qui plonge les allocataires dans la mouise financière.

    « Ces histoires sont malheureusement banales et le plus souvent cachées, confirme Philippe Warin, chercheur à Grenoble et co-fondateur de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore). Dans les témoignages que nous collectons, beaucoup rejoignent ce côté kafkaïen que vous décrivez. Le système se veut depuis longtemps complexe, quitte à être dans l’illégalisme institutionnel, pour écœurer les publics. »

    Par ailleurs, le système social français est désormais conçu de telle manière qu’il a à cœur de coller au plus près des ressources des allocataires, jusqu’à l’absurde, dans le cas de Maëlle, pour ne pas verser un euro de trop.

    « Cette complexité, et la difficulté qu’elle entraîne pour que les personnes maîtrisent leurs droits et la manière d’y accéder, est source de non-recours, assurait encore très récemment la Dress (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistique), dans une étude. Mais pas uniquement. Elle est source de coûts administratifs face à la lourdeur des dossiers à traiter dont certains ne mèneront à aucun droit. Elle est source d’erreurs et d’indus, pas forcément frauduleux, qui pourront mettre des personnes en difficulté lorsqu’elles seront conduites à les rembourser. Elle implique de multiplier les procédures de contrôle pour vérifier l’adéquation permanente entre les règles et les situations. Elle est source de méfiance, également, de la part des citoyens, par rapport à l’efficacité de notre système de solidarité et, plus largement, de nos institutions. »

    Une tendance accentuée par la difficulté des différents organismes à travailler ensemble, et au sein des différentes administrations à assumer une relation avec les usagers, à mesure que les outils numériques se développent. « Que ce soit les professionnels du travail social, ou les agents d’accueil des organismes sociaux, ils font très majoritairement le constat qu’on a atteint les limites des moyens disponibles, explique Philippe Warin. Ce qui explique des contradictions, et des conduites qui ne sont parfois pas acceptables. Il s’agit d’une forme de débordement du social au guichet, qui accentue les difficultés des professionnels. »

    La prime d’activité, pour ne parler que d’elle, revalorisée à l’issue de la crise des « gilets jaunes », a par exemple accru la charge des professionnels de la CAF, rapportait l’an dernier cet article de Marianne.

    Pour toutes ces raisons, une partie du monde associatif œuvrant dans le champ de la pauvreté avait accueilli d’un plutôt bon œil la promesse d’une simplification des minima sociaux, adossés au futur revenu universel d’activité (RUA), chargé de remplacer le RSA. Cette réforme, après une concertation plutôt tumultueuse menée entre 2019 et 2020, pourrait bien être l’une des nombreuses victimes de la crise sanitaire, renvoyée aux calendes grecques ou sérieusement amoindrie.

    L’enjeu est pourtant à la fois gigantesque en termes de protection sociale, mais aussi pour ses conséquences politiques. Maëlle, avec humour, se qualifie elle-même de « salaud de pauvre », en référence aux termes popularisés par Jean Gabin, dans un film de Marcel Aimé, La Traversée de Paris, réinterprétés dans la compilation de courts métrages au casting prestigieux, parue en 2019, sur les stigmates adossés aux « miséreux ».

    « Certains de mes collègues, comme Benjamin Vial, mettent en avant une forme de non-recours un peu différente, celle du non-concernement, chez les plus jeunes notamment, pas ou peu formés, note Philippe Warin. On sent tellement de mépris dans la mise en œuvre des politiques sociales qu’on n’a plus envie. Alors on se construit en dehors, en marge, au moins pour un temps. Certains vont en tirer profit en termes de dynamiques personnelles, d’autres vont s’écrouler. Cela pose nombre de questions sur notre lien au politique, et à la société. »

    #travailleurs_pauvres #droit_sociaux #non-recours #Caf

  • Naissance de la Fédération transnationale des coursiers (FTC)« Transnational Federation of Courriers » (TFC) - Gresea
    https://gresea.be/Naissance-de-la-Federation-transnationale-des-coursiers-FTC-Transnational

    https://gresea.be/local/cache-vignettes/L640xH427/arton1835-2514f.jpg?1598571175

    La Fédération transnationale des coursiers (FTC) est née le vendredi 26 octobre 2018 : un nouveau mouvement social européen initié par les travailleur.e.s de plateformes de livraison de repas chauds telles que Deliveroo, Foodora, Ubereats, Glovo, Stuart. Le bébé pèse tout de même vingt collectifs et syndicats nationaux, tous acteurs de la lutte ! Précoce, son premier cri a été : transparence des données et salaire minimum horaire pour tou.te.s les coursier.e.s[[Ces deux mots d’ordre font partie des nombreuses revendications communes répertoriées dans une charte transnationale pour le secteur, à publier prochainement. Les priorités seront à définir au fur et à mesure !

    La toute nouvelle structure est issue de l’Assemblée générale européenne des livreur.e.s intitulée « Riders4rights » organisée par le réseau AlterSummit [1] les 25 et 26 octobre à Bruxelles. Soixante livreur.e.s, représentants des collectifs nationaux et/ou syndicats issus de treize pays [2] se sont rassemblés sur ces deux journées ainsi qu’une vingtaine de représentants d’organisations syndicales, ayant statut d’observateurs sur la première session.

    Bien qu’atomisés par les plateformes, les collectifs de livreur.e.s ont réussi le tour de force d’unir leurs multiples luttes locales en une lutte à l’échelle européenne. La démarche de l’AlterSummit est simple : puisque les plateformes qui ont créé ces nouvelles formes de sous-emploi et de travail à la demande sont des entreprises multinationales, la seule riposte possible est bien celle d’une mobilisation transnationale. L’assemblée a permis deux moments essentiels : un échange entre les collectifs sur leurs expériences nationales respectives en matière de formes d’organisations, de luttes, et de revendications, suivi d’un passage à une charte de revendications communes. Une première action a eu lieu le 26 octobre en soirée pour fêter la naissance de la FTC : une manifestation à vélo des participants rejoignant la masse critique [3]. La nouvelle née prévoit, pour la suite, une série d’actions nationales simultanées dans plusieurs pays.

    La FTC pose ainsi une pierre importante sur le long chemin de la construction d’un mouvement social européen que Pierre Bourdieu appelait déjà de ses vœux il y a 20 ans [4].

    #Travailleurs_plateformes #Apps #Syndicats #Europe

  • Quand l’agriculture cultive la précarité | Santé & travail
    http://www.sante-et-travail.fr/quand-lagriculture-cultive-precarite

    De plus en plus d’emplois agricoles font l’objet de contrats saisonniers. Un statut précaire qui s’accompagne de conditions de travail difficiles, dans un secteur où l’action de prévention n’est pas toujours aisée, notamment pour les organisations syndicales.

    La crise sanitaire due au Covid-19 a souligné combien l’agriculture française dépend des #travailleurs_saisonniers. Une dépendance qui ne se traduit pas malheureusement par de meilleures conditions de travail. Lancée au printemps 2020 par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (#FNSEA) durant le confinement et pour faire face à la pénurie de main d’œuvre étrangère, la campagne nationale « Des bras pour ton assiette » a ainsi attiré quelque 300 000 candidats… mais n’a abouti qu’à 15 000 contrats. Des candidats n’ont pas accepté les conditions proposées. Et des exploitants ont préféré attendre la réouverture des frontières et l’arrivée de travailleurs « détachés », réputés durs à la tâche et moins regardants sur leurs droits.
    En 2019, la FNSEA saluait des intentions d’embauche « records »… à 77 % pour des contrats de moins de six mois. « L’activité agricole ne baisse pas et l’emploi salarié s’avère même en augmentation, constate Jean-Yves Constantin militant FGA-CFDT dans les Bouches-du-Rhône et vice-président départemental à la Mutualité sociale agricole (MSA). Mais le nombre de CDI est en érosion avec des activités découpées en tranches saisonnières comme la taille, la cueillette, l’entretien en arboriculture. » La direction de l’Animation de la recherche, des Etudes et des Statistiques (Dares) du ministère du Travail a recensé l’an dernier 270 000 saisonniers agricoles, représentant un tiers des salariés de la filière sur la période d’avril 2018 à mars 2019. Une proportion qui peut aller jusqu’à 70 % dans certains secteurs, comme la culture des fruits.
    Pénibilité et faibles salaires

    Ce statut d’emploi offre peu d’avantages. Le titulaire d’un contrat saisonnier n’a pas droit à une prime de précarité, en fin de contrat. Il peut être engagé pour une durée minimale sans terme précis. Et, faute de délai de carence, son contrat peut connaître des renouvellements répétés pendant huit mois. Une telle flexibilité, ajoutée à la faiblesse des salaires – 95 % des saisonniers seraient payés au niveau du Smic, selon la CFDT –, peut expliquer les réticences de travailleurs à accepter ce type d’emploi, notamment ceux aspirant à stabiliser leur situation. Et ce d’autant plus que l’activité proposée est souvent marquée par une pénibilité importante.
    Le travail se fait par tous les temps, y compris pendant la chaleur estivale, accablante sous serre. Le ramassage au ras du sol, la cueillette en hauteur, le port de charges lourdes, les gestes répétitifs lors de l’emballage des fruits et légumes sont autant de sources de troubles musculo-squelettiques (TMS). Sans oublier l’exposition à des produits phytosanitaires, parfois sans protection. Avec, fréquemment, des journées à rallonge pouvant aller jusqu’à 12 heures. Des exploitants demandent à l’Inspection du travail des dérogations, pour allonger la durée de travail hebdomadaire à 60 voire 72 heures. Consultées localement, les organisations syndicales de salariés refusent généralement les 72 heures mais n’ont pas la partie facile pour jouer leur rôle de prévention.
    Lorsqu’elles tentent d’informer les saisonniers sur leurs droits, elles ne peuvent entrer sur les exploitations, propriétés privées. « Nous sommes attendus avec des bâtons, raconte Fabien Trujillo, délégué CGT dans les Bouches-du-Rhône. Un de mes prédécesseurs a été poursuivi par un 4 x 4. » Cette violence fait écho au meurtre en 2004, par un viticulteur périgourdin, de deux contrôleurs du ministère du Travail et de la MSA en mission de lutte contre le travail illégal. Dans ce contexte, l’action syndicale s’avère délicate. « Même dans des exploitations de plus de 50 salariés, il n’y a pas de représentants du personnel », déplore Ingelbord Bonté, secrétaire de l’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. « Je viens de négocier un protocole préélectoral, mais je n’ai aucun candidat. Les salariés ont peur… de leur patron et de ne pas savoir remplir leur mandat », déclare pour sa part Alex Mazauric, secrétaire adjoint du FGA-CFDT du Gard et président de l’une des Commissions paritaires santé, sécurité et conditions de travail (CPSSCT) du département.
    Dans l’angle mort de la prévention

    Compétentes pour les petites entreprises agricoles, les CPSSCT permettent des échanges avec les exploitants sur la prévention des risques professionnels. « Nous faisons tourner une formation gestes et postures de quelques heures, alliant la théorie puis la pratique sur les postes de travail, pour les salariés des entreprises volontaires pour éviter des invalidités, et nous espérons que les connaissances acquises bénéficient indirectement aux saisonniers », explique Alex Mazauric. Les TMS représentent 93 % des maladies professionnelles dans le régime agricole, et leur prévention constitue une des priorités de la MSA. Son plan santé-sécurité au travail 2016/2020 cible aussi la sécurité au contact des animaux dans l’élevage, où se produisent 56 % des accidents du travail, et l’exposition au risque chimique, qui concerne près de 10 % des salariés. Sans oublier les risques psychosociaux. En 2015, la MSA a dénombré 605 suicides parmi ses affiliés, dont 372 de non-salariés et 233 de salariés. Mais le nombre de suicides parmi les saisonniers agricoles de droit français n’est pas connu. La précarité de leur statut contribue certainement à invisibiliser aussi les atteintes à leur santé.

  • En Champagne, les vendanges face à la menace du coronavirus
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/08/28/en-champagne-les-vendanges-face-a-la-menace-du-covid-19_6050145_3224.html

    Cette employée viticole fait partie des dizaines de volontaires venus, en ce jour de la fin août, dans la salle des fêtes du village de Blancs-Coteaux, dans la Marne, pour subir un test de dépistage gratuit du Covid-19 à destination des vendangeurs. Cette campagne mobile, organisée dans plusieurs villes par le CHU de Reims et l’Agence régionale de santé (ARS) du Grand-Est, vise à prévenir les foyers épidémiques (ou clusters) lors des vendanges, dont la saison vient de commencer.
    Quelque 100 000 travailleurs saisonniers, venus de toute la France et pour moitié de l’étranger, essentiellement d’Europe de l’Est, sont arrivés en Champagne. Un afflux à haut risque face à l’épidémie due au coronavirus. « Comme il va y avoir de la proximité malgré les mesures barrières, le but c’est d’éviter que ça flambe dans les hébergements », explique Sandrine Dehec, cadre de santé au pôle biologie du CHU de Reims. Les infirmières préparent un test PCR sur un habitant lors d’une journée de dépistage du Covid-19 dans la salle des fêtes de Vertus à Blancs-Coteaux, le 20 août. Depuis fin mai, plusieurs foyers de contamination se sont déclarés dans des exploitations agricoles employant des saisonniers pour les récoltes maraîchères, notamment dans les Bouches-du-Rhône et le Vaucluse. Pour éviter que cela se reproduise avec les vendanges, la campagne de dépistage gratuit cible en priorité ces travailleurs. Mais ce sont précisément ceux qui viennent le moins. « Les vignerons viennent se faire tester, mais les cueilleurs, en particulier étrangers, on ne les a pas vus, constate Mme Dehec. Le problème, c’est qu’on ne peut pas les obliger à venir. Et, s’ils sont testés positifs, ils perdent leur job. » Une perspective inenvisageable pour une partie de ces travailleurs, venus gagner en deux semaines ce qu’ils touchent parfois en plusieurs mois dans leur pays. Les vingt-cinq saisonniers polonais et bulgares qu’a fait venir Alain (le prénom a été modifié) cette année pour vendanger ses vignes toucheront ainsi 1 500 euros chacun, soit trois à cinq fois ce qu’ils gagneraient chez eux.

    #Covid-19#migrant#migration#france#cluster#sante#depistage#economie#travailleurmigrant#travailleursaisonnier

  • New COVID-19 Wave Fuels Fears of Surge in Palestinian Refugee Camps - ASHARQ AL-AWSAT

    A second wave of the new coronavirus infections sweeping the Israeli-occupied West Bank is raising concerns over a surge in overcrowded Palestinian refugee camps where social distancing is next to impossible.

    At the start of the COVID-19 pandemic in March, the Palestinian Authority quickly imposed a lockdown as it sought to contain infections. However, as the Israeli government and later the PA eased restrictions in late April and May, the number of infections rose again, exacerbated by breaches of limits on public assembly and movement.

    One major driver has been Palestinian workers going to and from jobs in neighboring Israel, according to the PA, AFP reported.

    #Covid-19#Israel#Palestine#camps#migrant#migration#seconde_vague#travailleursmigrants#politique#économie#santé#pandémie

    https://english.aawsat.com/home/article/2419986/new-covid-19-wave-fuels-fears-surge-palestinian-refugee-camps

  • 2 Mideast countries, world’s top virus rates per population
    https://apnews.com/fe5909abd3a01d5d77f65a556183050d

    FILE - In this May 14, 2019 file photo, two people take in the sea breeze at the Corniche waterfront promenade in Doha, Qatar. The small, neighboring sheikhdoms of Bahrain and Qatar have the world’s highest per capita rates of coronavirus infections in the world. In the two Mideast countries, COVID-19 epidemics initially swept undetected through camps housing healthy and young foreign laborers. In Qatar, a new study found that nearly 60% of those testing positive showed no symptoms at all. In Bahrain, authorities put the number of asymptomatic spreaders of the virus even higher, at 68%. DUBAI, United Arab Emirates (AP) — The small, neighboring sheikhdoms of Bahrain and Qatar have the world’s highest per capita rates of coronavirus infections. In the two Mideast countries, COVID-19 epidemics initially swept undetected through camps housing healthy and young foreign laborers, studies now show. In Qatar, a new study found that nearly 60% of those testing positive showed no symptoms at all, calling into question the usefulness of mass temperature checks meant to stop the infected from mingling with others. In Bahrain, authorities put the asymptomatic figure even higher, at 68%. These results reflect both the wider problems faced by Gulf Arab countries reliant on cheap foreign labor and their relative success in tracking their COVID-19 epidemics, given their oil wealth and authoritarian governments. Aggressive testing boosted the number of confirmed cases as health officials in Bahrain and Qatar targeted vulnerable labor camps and neighborhoods, where migrant workers from Asia sleep, eat and live up to dozen people per room. “This is why globally we failed to control, I think, the infection because simply the response has been focused on trying to find cases and isolate them and quarantine their contacts,” said Laith Abu-Raddad, a disease researcher at Weill Cornell Medicine – Qatar. “Now, if most people getting the infection are actually spreading the infection without even knowing it, this really does not actually work.” (...) Both rely heavily on foreign labor, whether white-collar workers in banks or blue-collar laborers scaling scaffolding on construction sites. Qatar in particular embarked on a massive construction boom ahead of hosting the 2022 FIFA World Cup. The virus found a home in the cramped quarters that foreign laborers live in while trying to save money to send back home. In Qatar, nearly 30% of those found infected were from India, while 18% were Nepalis and 14% were Bangladeshis, according to a study by Abu-Raddad and others.

    #Covid-19#migrant#migration#qatar#bahrein#inde#bangladesh#nepal#travailleurmigrant#sante#contamination#transfert#economie

  • Hong Kong third wave: two more Covid-19 deaths as 61 infections are confirmed including worker who visited 10 care homes | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/news/hong-kong/health-environment/article/3094030/hong-kong-third-wave-covid-19-bed-situation

    Fifty-eight of the new infections were locally transmitted, including 25 which were of unknown origins. There were three imported cases, including one each from India and the United States, while the third involved a seafarer who arrived from the Philippines.

    #Covid-19#migrant@migration#honkong#sante#troisiemevague#casimporte#inde#etatsunis#philippines#travailleursmigrants

  • Le Covid-19 frappe plus durement les pauvres
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/07/20/le-covid-19-frappe-plus-durement-les-pauvres_6046774_3244.html

    Une étude française met en évidence un excès de mortalité particulièrement important dans les communes les plus modestes. En cause, le surpeuplement des logements et la nature des emplois occupés.

    Mieux vaut être riche et bien portant que pauvre et malade : la phrase de Francis Blanche, même prononcée avec le sourire, a pris des allures de dicton. Le comédien aurait-il pu imaginer que quelques décennies plus tard, un vilain virus donnerait à sa boutade le sérieux d’un résultat scientifique ? Quatre économistes français viennent en effet de montrer que le Covid-19 tue d’abord, et de façon particulièrement importante, les plus modestes. En croisant les données de mortalité, le revenu des communes et les zones de déconfinement, ils mettent en évidence, pour la première fois, par une étude systématique, l’excès de mortalité provoqué par l’épidémie dans les municipalités aux revenus les plus bas. Leur travail vient d’être rendu public, en prépublication, sur le site d’archives ouvertes HAL.

    Pour les quatre économistes, le travail n’était pourtant réalisé qu’à moitié. « Ce qui nous intéressait peut-être le plus, c’était les vecteurs de diffusion », admet Simon Briole. Autrement dit, comprendre les mécanismes qui faisaient des pauvres une cible privilégiée du virus. La littérature leur offrait deux « canaux potentiels » d’exposition : la surpopulation des logements et la nature des emplois occupés. Cette fois, outre les données de recensement, qui permettent de connaître la nature des habitations, ils ont profité de la déclaration annuelle de données sociales réalisée auprès des services fiscaux pour mesurer le poids des différents types d’emploi dans chaque commune.
    Grande promiscuité

    L’indice qu’ils ont ensuite construit laisse apparaître, là encore, des résultats indiscutables. Ces deux canaux expliqueraient jusqu’à 60 % de la surmortalité. L’économiste Eric Maurin, professeur à PSE et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), y voit d’ailleurs un des « points forts » de l’étude :

    « Ce n’est pas simplement que les personnes pauvres sont plus souvent en mauvaise santé qui les a exposées à la surmortalité due au Covid, c’est aussi et surtout leurs conditions de logement et leur métier. »

    Article sur HAL :
    https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-02895908/document

    #COVID-19 #Inégalités #Conditions_travail

  • Lu menestre Colombe

    Paroles de la chanson :

    E lu menstre Colombe
    ha fatte nu progette
    ha fatte nu progette pe’
    pe’ li disoccupate

    E stetev’attente
    e voi d’la poblazione
    impareteve a legge a scrive pe’
    defendeve da li padrune

    Tutti i disoccupeti da
    mugghieri l’ha separeti
    e glie ha fette nu bullettine a
    confino l’heve mannete

    E stetev’attente...

    Tutti i disoccupeti da
    mugghieri l’ha separeti
    e glie ha fette nu bullettine a
    Germania l’heve mannete

    E stetev’attente...

    Explications de #Terracanto, qui l’interprète dans son nouveau spectacle (conférence chantée sur l’émigration italienne) : « Voix d’Italie, voix migrantes » (https://www.terracanto.org/fr/voix-ditalie-voix-migrantes)

    Paroles de Giuseppe Miriello écrites dans les années Cinquante sur un ancien air de troubadours. Miriello, conteur et militant communiste de la #Basilicate.

    Selon le récit de Giovanna Marini, qui enregistra le chant pendant ses recherches en Basilicate, Giuseppe Miriello aimait à chanter devant l’église de son village pour mettre en garde le peuple contre toutes les malversations politiques et autre formes d’exploitation.
    Il commençait ses chansons par une sorte d’imprécation au Ministre #Colombo, élu de Basilicate qui avait fait carrière et était devenu Ministre du gouvernement de #Démocratie_Chrétienne.
    Pour cette raison, le ministre Colombo était dans l’imaginaire populaire responsable de chaque décision funeste et devint ainsi le bouc-émissaire de Miriello.
    Bien que l’on parle dans la chanson de “Germania”, c’est à dire de l’Allemagne, le chant dénonce l’accord avec la #Belgique, acté par le gouvernement de Démocratie Chrétienne en 1946 même si à l’époque, Colombo n’était pas encore ministre. Pour une personne qui savait à peine lire et écrire, avec une connaissance approximative de la géographie européenne, l’Allemagne représentait tout ce qui se trouvait au nord de l’Italie.

    Alors que dans cet immédiat après-guerre, l’Italie croule sous les dettes, le taux de chômage est très éléve et les matières premières manquent cruellement, la Belgique en revanche possède des sous-sols riches en charbon mais personne pour les exploiter. Les deux États signent donc un accord qui permettra l’envoie hebdomadaire de 2000 #travailleurs_italiens (soit 50.000 en tout) contre des tonnes de #charbon.

    Sur le papier, les #contrats sont alléchants :
    transports gratuits, salaire très digne, logement garanti avec la possibilité future d’un rapprochement familial. On annonce que les travailleurs seront sélectionnés par les bourses du travail, bref tout semble parfait !
    En réalité pourtant, les travailleurs seront triés par les paroisses qui choisissent des hommes dociles, non syndiqués en provenance de l’#Italie_du_Sud, analphabètes pour la plupart : de futurs #mineurs incapables de lire les conditions de leur contrat.
    De fait, le voyage sera une dette que l’ouvrier contracte et qu’il devra rembourser à la sueur de son front, la paye est misérable pour un travail harrassant, les ouvriers s’entassent dans des taudis et personne jamais ne pourra faire venir sa famille. Et la clause la plus honteuse, celles qui les rend littéralement esclaves : il n’est pas possible de laisser le travail avant la première année sous peine de prison.
    C’est dans ces conditions d’absence totale de droits (et donc de garanties) que mûrissent les conditions d’une des plus graves tragédies minières : la catastrophe de #Marcinelle le 8 août 1956 pendant laquelle 262 personnes perdront la vie, dont 136 immigrants italiens. Sur la peau de ces esclaves oubliés se fonde la grande reconstruction des pays européens.
    C’est une véritable #déportation que Miriello dénonce sur un air simple avec des paroles ultra efficaces. Il synthétise le ressenti collectif par l’efficacité propre à la poésie populaire. Le refrain qu’il répète sans cesse sonne comme un puissant et nécessaire #avertissement : “apprenez à lire et à écrire, gens du peuple, pour vous défendre des patrons !”

    https://www.terracanto.org/fr/chants/lu-menestre-colombe

    –---

    Interprétation de #Giovanna_Marini :
    https://www.youtube.com/watch?v=AWB7tCXDAVI

    #chanson #musique #chants_populaires #Italie #musique_et_politique #émigration #éducation #migrations #analphabétisme #illettrisme #mines #extractivisme #histoire #esclavage

    ping @sinehebdo

  • Refugees working in shops and cafes have been hit hardest by coronavirus - World economic forum

    But refugees struggle to acquire stable jobs for numerous reasons, including discrimination, lack of paperwork and poor access to childcare, said the study, also produced by Refugees International and the International Rescue Committee.

    In Jordan, 35% of Syrian refugees who were employed before the coronavirus crisis had lost their jobs permanently, compared to 17% of Jordanians, found a survey by the ILO in May.

    In Lebanon, 60% of Syrians were laid off compared to 39% of Lebanese citizens, another ILO paper found.

    For those who have lost their jobs, relief may be hard to come by as refugees are often excluded from social safety nets such as unemployment benefits, said Martha Guerrero Ble, a co-author and program assistant at Refugees International.

    “It is important now more than ever that refugees are included,” she told the Thomson Reuters Foundation, adding that women were particularly vulnerable.

    https://www.weforum.org/agenda/2020/07/working-in-shops-and-cafes-refugees-hardest-hit-by-coronavirus-jobs-cuts

    #Covid-19#Liban#migrant#migration#seconde_vague#travailleursmigrants#politique#économie#santé#pandémie

  • Global: Health workers silenced, exposed and attacked | Amnesty International
    https://www.amnesty.org/en/latest/news/2020/07/health-workers-rights-covid-report

    Governments must be held accountable for the deaths of health and essential workers who they have failed to protect from COVID-19, Amnesty International said today, as it released a new report documenting the experiences of health workers around the world.

    The organization’s analysis of available data has revealed that more than 3000 health workers are known to have died from COVID-19 worldwide - a figure which is likely to be a significant underestimate.

    Alarmingly, Amnesty International documented cases where health workers who raise safety concerns in the context of the COVID-19 response have faced retaliation, ranging from arrest and detention to threats and dismissal.

    With the pandemic still accelerating around the world, we are urging governments to start taking health and essential workers’ lives seriously.
    Sanhita Ambast, Researcher and Advisor on Economic, Social and Cultural Rights.

    “With the COVID-19 pandemic still accelerating around the world, we are urging governments to start taking health and essential workers’ lives seriously. Countries yet to see the worst of the pandemic must not repeat the mistakes of governments whose failure to protect workers’ rights has had devastating consequences,” said Sanhita Ambast, Amnesty International’s Researcher and Advisor on Economic, Social and Cultural Rights.

    “It is especially disturbing to see that some governments are punishing workers who voice their concerns about working conditions that may threaten their lives. Health workers on the frontline are the first to know if government policy is not working, and authorities who silence them cannot seriously claim to be prioritising public health.”

    Thousands have lost their lives

  • Coronavirus dans le monde : l’Afrique du Sud réimpose le couvre-feu et suspend la vente d’alcool pour soulager les hôpitaux
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/07/12/coronavirus-donald-trump-porte-un-masque-de-protection-en-public-pour-la-pre

    Les autorités de la région de Catalogne, dans le nord-est de l’Espagne, ont ordonné dimanche le reconfinement à leur domicile des habitants de la zone située autour de la ville de Lérida, en raison d’une forte hausse du nombre des cas de Covid-19. « La population devra rester chez elle », a annoncé la responsable régionale de la santé, Alba Verges. La zone concernée, qui compte plus de 200 000 habitants, avait déjà été isolée du reste de la Catalogne samedi dernier. C’est la première fois depuis la fin du confinement, le 21 juin, qu’une telle décision est prise en Espagne. Comme lors du confinement strict imposé à la mi-mars, les personnes vivant dans cette zone auront le droit de sortir de chez elles notamment pour aller travailler, se faire soigner ou acheter à manger. Sont par ailleurs interdites les réunions de plus de dix personnes.
    Après une baisse drastique du nombre des cas et des décès dans l’un des pays d’Europe les plus affectés par la pandémie, plus de soixante-dix nouveaux foyers sont actifs en Espagne. La zone de Lérida, dans l’intérieur des terres de Catalogne, est l’une des zones qui inquiètent le plus les autorités. Selon elles, ce foyer de contagions est lié aux mouvements de travailleurs saisonniers agricoles qui participent en ce moment aux récoltes de fruits dans le nord de l’Espagne.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#catalogne#travailleurmigrant#travailleursaisonier#sante#cluster#economie#contagion

  • Organizing amidst Covid-19


    Organizing amidst Covid-19: sharing stories of struggles
    Overviews of movement struggles in specific places

    Miguel Martinez
    Mutating mobilisations during the pandemic crisis in Spain (movement report, pp. 15 – 21)

    Laurence Cox
    Forms of social movement in the crisis: a view from Ireland (movement report, pp. 22 – 33)

    Lesley Wood
    We’re not all in this together (movement report, pp. 34 – 38)

    Angela Chukunzira
    Organising under curfew: perspectives from Kenya (movement report, pp. 39 – 42)

    Federico Venturini
    Social movements’ powerlessness at the time of covid-19: a personal account (movement report, pp. 43 – 46)

    Sobhi Mohanty
    From communal violence to lockdown hunger: emergency responses by civil society networks in Delhi, India (movement report, pp. 47 – 52)
    Feminist and LGBTQ+ activism

    Hongwei Bao
    “Anti-domestic violence little vaccine”: a Wuhan-based feminist activist campaign during COVID-19 (movement report, pp. 53 – 63)

    Ayaz Ahmed Siddiqui
    Aurat march, a threat to mainstream tribalism in Pakistan (movement report, pp. 64 – 71)

    Lynn Ng Yu Ling
    What does the COVID-19 pandemic mean for PinkDot Singapore? (movement report, pp. 72 – 81)

    María José Ventura Alfaro
    Feminist solidarity networks have multiplied since the COVID-19 outbreak in Mexico (movement report, pp. 82 – 87)

    Ben Trott
    Queer Berlin and the Covid-19 crisis: a politics of contact and ethics of care (movement report, pp. 88 – 108)
    Reproductive struggles

    Non Una Di Meno Roma
    Life beyond the pandemic (movement report, pp. 109 – 114)
    Labour organising

    Ben Duke
    The effects of the COVID-19 crisis on the gig economy and zero hour contracts (movement report, pp. 115 – 120)

    Louisa Acciari
    Domestic workers’ struggles in times of pandemic crisis (movement report, pp. 121 – 127)

    Arianna Tassinari, Riccardo Emilia Chesta and Lorenzo Cini
    Labour conflicts over health and safety in the Italian Covid19 crisis (movement report, pp. 128 – 138)

    T Sharkawi and N Ali
    Acts of whistleblowing: the case of collective claim making by healthcare workers in Egypt (movement report, pp. 139 – 163)

    Mallige Sirimane and Nisha Thapliyal
    Migrant labourers, Covid19 and working-class struggle in the time of pandemic: a report from Karnataka, India (movement report, pp. 164 – 181)
    Migrant and refugee struggles

    Johanna May Black, Sutapa Chattopadhyay and Riley Chisholm
    Solidarity in times of social distancing: migrants, mutual aid, and COVID-19 (movement report, pp. 182 – 193)

    Anitta Kynsilehto
    Doing migrant solidarity at the time of Covid-19 (movement report, pp. 194 – 198)

    Susan Thieme and Eda Elif Tibet
    New political upheavals and women alliances in solidarity beyond “lock down” in Switzerland at times of a global pandemic (movement report, pp. 199 – 207)

    Chiara Milan
    Refugee solidarity along the Western Balkans route: new challenges and a change of strategy in times of COVID-19 (movement report, pp. 208 – 212)

    Marco Perolini
    Abolish all camps in times of corona: the struggle against shared accommodation for refugees* in Berlin (movement report, pp. 213 – 224)
    Ecological activism

    Clara Thompson
    #FightEveryCrisis: Re-framing the climate movement in times of a pandemic (movement report, pp. 225 – 231)

    Susan Paulson
    Degrowth and feminisms ally to forge care-full paths beyond pandemic (movement report, pp. 232 – 246)

    Peterson Derolus [FR]
    Coronavirus, mouvements sociaux populaires anti-exploitation minier en Haïti (movement report, pp. 247 – 249)

    Silpa Satheesh
    The pandemic does not stop the pollution in River Periyar (movement report, pp. 250 – 257)

    Ashish Kothari
    Corona can’t save the planet, but we can, if we listen to ordinary people (movement report, pp. 258 – 265)
    Food sovereignty organising

    Dagmar Diesner
    Self-governance food system before and during the Covid-crisis on the example of CampiAperti, Bologna (movement report, pp. 266 – 273)

    URGENCI
    Community Supported Agriculture is a safe and resilient alternative to industrial agriculture in the time of Covid-19 (movement report, pp. 274 – 279)

    Jenny Gkougki
    Corona-crisis affects small Greek farmers who counterstrike with a nationwide social media campaign to unite producers and consumers on local level! (movement report, pp. 280 – 283)

    John Foran
    Eco Vista in the quintuple crisis (movement report, pp. 284 – 291)
    Solidarity and mutual aid

    Michael Zeller
    Karlsruhe’s “giving fences”: mobilisation for the needy in times of COVID-19 (movement report, pp. 292 – 303)

    Sergio Ruiz Cayuela
    Organising a solidarity kitchen: reflections from Cooperation Birmingham (movement report, pp. 304 – 309)

    Clinton Nichols
    On lockdown and locked out of the prison classroom: the prospects of post-secondary education for incarcerated persons during pandemic (movement report, pp. 310 – 316)

    Micha Fiedlschuster and Leon Rosa Reichle
    Solidarity forever? Performing mutual aid in Leipzig, Germany (movement report, pp. 317 – 325)
    Artistic and digital resistance

    Kerman Calvo and Ester Bejarano
    Music, solidarities and balconies in Spain (movement report, pp. 326 – 332)

    Neto Holanda and Valesca Lima [PT]
    Movimentos e ações político-culturais do Brasil em tempos de pandemia do Covid-19 (movement report, pp. 333 – 338)

    Margherita Massarenti
    How Covid-19 led to a #Rentstrike and what it can teach us about online organizing (movement report, pp. 339 – 346)

    Dounya
    Knowledge is power: virtual forms of everyday resistance and grassroots broadcasting in Iran (movement report, pp. 347 – 354)
    Imagining a new world

    Donatella della Porta
    How progressive social movements can save democracy in pandemic times (movement report, pp. 355 – 358)

    Jackie Smith
    Responding to coronavirus pandemic: human rights movement-building to transform global capitalism (movement report, pp. 359 – 366)

    Yariv Mohar
    Human rights amid Covid-19: from struggle to orchestration of tradeoffs (movement report, pp. 367 – 370)

    Julien Landry, Ann Marie Smith, Patience Agwenjang, Patricia Blankson Akakpo, Jagat Basnet, Bhumiraj Chapagain, Aklilu Gebremichael, Barbara Maigari and Namadi Saka,
    Social justice snapshots: governance adaptations, innovations and practitioner learning in a time of COVID-19 (movement report, pp. 371 – 382)

    Roger Spear, Gulcin Erdi, Marla A. Parker and Maria Anastasia
    Innovations in citizen response to crises: volunteerism and social mobilization during COVID-19 (movement report, pp. 383 – 391)

    Breno Bringel
    Covid-19 and the new global chaos (movement report, pp. 392 – 399)

    https://www.interfacejournal.net/interface-volume-12-issue-1

    #mouvements_sociaux #résistance #covid-19 #confinement #revue #aide_mutuelle #Espagne #résistance #Irlande #Kenya #impuissance #sentiment_d'impuissance #faim #violence #Delhi #Inde #féminisme #Wuhan #Pakistan #PinkDot #LGBT #Singapour #solidarité_féministe #solidarité #Mexique #care #Berlin #Allemagne #queer #gig_economy #travail #travail_domestique #travailleurs_domestiques #Italie #Egypte #travailleurs_étrangers #Karnataka #distanciation_sociale #migrations #Suisse #route_des_Balkans #Balkans #réfugiés #camps_de_réfugiés #FightEveryCrisis #climat #changement_climatique #décroissance #Haïti #extractivisme #pollution #River_Periyar #Periyar #souveraineté_alimentaire #nourriture #alimentation #CampiAperti #Bologne #agriculture #Grèce #Karlsruhe #Cooperation_Birmingham #UK #Angleterre #Leipzig #musique #Brésil #Rentstrike #Iran #droits_humains #justice_sociale #innovation #innovation_sociale

    ping @isskein @karine4

  • « Le tampon vert, tu partais en France. Le rouge, tu retournais au bled » : sur la piste de Félix Mora, l’homme qui a embauché des milliers de Marocains pour les mines françaises
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/06/25/le-tampon-vert-tu-partais-en-france-le-rouge-tu-retournais-au-bled-sur-la-pi

    Félix Mora, sergent-recruteur des « trente glorieuses » (1/2). Entre 1960 et 1980, ce Français a écumé le sud du Maroc pour trouver les mineurs qui manquaient alors aux houillères du Nord et de Lorraine. Son nom est oublié des livres d’histoire, mais reste bien vivant dans la mémoire de dizaines de milliers de familles en France.

    #travailleurs #migrations

  • Syrian refugees in Jordan and Lebanon should be free to earn a living -The european sting

    As things stand, 78% of Syrian refugees in Jordan and 73% in Lebanon live below the poverty line, and the majority rely on humanitarian assistance to meet their basic needs. Restrictive laws and policies in both countries limit their ability to enter employment – and, though some steps have been taken by both governments to address these challenges, they have not yet gone far enough.

    For example, work permits are a requirement for refugees and they are extremely hard to come by. Permits need to be sponsored by a national employer and are restricted to a very limited number of sectors, due to the high levels of unemployment among the host populations. This is only one obstacle among many that exist for refugees to reap the benefits of what is outlined in the compacts.

    Though it was a positive step in 2018 when Syrian refugees in Jordan were given permission to start home-based businesses in certain sectors, very few have so far registered due to the need for a valid passport – which 95% of them do not have. There are also limitations to starting businesses outside the home, including the need to enter into a joint venture with a Jordanian partner.

    In Lebanon, refugees are not permitted to start a business without legal residency – and the vast majority do not have this. Businesses in both countries therefore largely remain informal, and owners are limited in their ability to access formal financial assistance meaning they can neither grow their business, nor protect it.

    To make matters worse, the COVID-19 pandemic and nationwide curfews have meant that many refugees, often operating in informal sectors, have had to close businesses, lost work opportunities and are unable to earn enough to support their families.

    #Covid-19#Liban#migrant#migration#seconde_vague#travailleursmigrants#politique#économie#santé#pandémie

    https://europeansting.com/2020/06/29/syrian-refugees-in-jordan-and-lebanon-should-be-free-to-earn-a-living

  • Réfugiés syriens au Liban : « Avec le coronavirus, il n’y a plus rien à manger »- France 24

    Pour les réfugiés syriens installés au Liban, l’épidémie de coronavirus a été l’épreuve de trop. Installée dans la Bekaa depuis huit ans, la famille d’Aïcha avait trouvé un équilibre que le virus a fait voler en éclats.

    Aïcha et sa famille ont trouvé refuge au Liban, il y a huit ans, après avoir fui la guerre en Syrie. Installés dans la vallée de la Bekaa, ils ont réussi, au fil du temps, à se prendre en charge. Mais c’était sans compter sur la crise économique qui s’est abattue sur le pays l’année dernière. « Avant, c’était bien. On arrivait à acheter de la nourriture », se souvient Aïcha. « Mais avec le coronavirus, il n’y a plus rien à manger. Vous partez pour acheter de la nourriture et vous rentrez les mains vides parce que vous n’avez pas les moyens ».

    #Covid-19#Liban#migrant#migration#seconde_vague#travailleursmigrants#politique#économie#santé#pandémie

    https://www.france24.com/fr/20200620-r%C3%A9fugi%C3%A9s-syriens-au-liban-avec-le-coronavirus-il-n-y-a-

  • Chômage : retour sur 40 ans de droits rognés pour les plus précaires | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/chomage-retour-40-ans-de-droits-rognes-plus-precaires/00093071

    Depuis 1979, la logique assurantielle de l’Unédic s’est perdue en route, pénalisant les chômeurs les plus précaires. Une étude de l’Ires constate qu’ils sont beaucoup moins bien indemnisés qu’en 1979, alors que les salariés stables, eux, ont gardé quasiment les mêmes droits. Et la tendance pourrait s’aggraver avec la dernière réforme.

    Les trous dans le filet de protection sociale sont de plus en plus grands. Et les chômeurs, en particulier, ont du souci à se faire. Pour cause de confinement, seule une partie de la réforme de l’assurance chômage, imposée par décret par le gouvernement l’année dernière, a été mise en œuvre. Depuis novembre dernier, les conditions pour toucher une allocation ont été durcies https://www.alternatives-economiques.fr/assurance-chomage-une-reforme-sanglante/00090433 : il faut désormais avoir cotisé plus longtemps (six mois au lieu de quatre) sur une période plus courte (24 mois au lieu de 28) pour y être éligible.

    Autre nouveauté, les indemnités des chômeurs qui avaient les salaires les plus élevés sont désormais dégressives, c’est-à-dire qu’elles diminuent au bout du 7e mois. Là encore, la crise sanitaire a offert un léger sursis aux chômeurs et cette disposition a été suspendue pour le moment. Le deuxième volet de la réforme, qui devait entrer en vigueur le 1er avril, a de son côté été reporté au 1er septembre. C’est lui qui comporte les éléments les plus restrictifs : la formule de calcul des indemnités a été changée https://www.alternatives-economiques.fr/gouvernement-taxe-chomeurs/00089668 et pénalisera très fortement les travailleurs précaires, ceux qui font de nombreux allers-retours entre emploi et chômage.

    Des discussions sont en cours entre le gouvernement et les partenaires sociaux pour savoir si toutes les modalités de cette réforme seront maintenues ou non après la crise sanitaire. La ministre du Travail fera sans doute des concessions, mais il est peu probable qu’elle renonce complètement à cette réforme. Et ce sont les chômeurs les plus vulnérables qui en feront sans doute les frais https://www.alternatives-economiques.fr/oublies-de-pole-emploi/00092637. Ceux-là mêmes qui ont déjà subi les effets des précédentes réformes de l’assurance chômage.

    En effet, tous les demandeurs d’emploi ne sont pas égaux face au serrage de vis. Les droits des salariés qui se retrouvent au chômage après une longue période d’emploi ont été assez peu rognés par les multiples réformes de l’assurance chômage qui se sont succédé. On ne peut malheureusement pas en dire autant de ceux qui ont connu des périodes d’emploi en pointillé. Et ils sont de plus en plus nombreux…

    C’est ce que montre une récente étude http://www.ires.fr/index.php/etudes-recherches-ouvrages/etudes-des-organisations-syndicales/item/6177-quelle-evolution-des-droits-a-l-assurance-chomage-1979-2020 qui passe au crible 40 ans de réformes de l’assurance chômage. Ce travail, réalisé pour l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires), et soutenu par la CGT, est intéressant à plus d’un titre. « Alors qu’on constate une réduction de la durée des contrats et une forte augmentation des recrutements en contrat de moins d’un mois, les règles d’indemnisation évoluent dans le sens d’une moindre couverture des salariés qui occupent ces types de contrat », constatent les sociologues Mathieu Grégoire et Claire Vivès, ainsi que l’économiste Jérôme Deyris. Démonstration en deux points.

    1/ Jamais aussi peu de chômeurs n’ont été indemnisés

    Officiellement, tout va bien. Fin septembre 2019, dernier chiffre connu, « 70,5 % des demandeurs d’emploi sont indemnisables » 1. C’est Pôle emploi qui le dit, à grand renfort de courbes opportunément orientées vers le haut depuis 2014. Ça tombe bien, 2014 c’est l’année de mise en œuvre de la dernière réforme de l’assurance chômage, celle qui a institué les droits dits « rechargeables »2.

    Concrètement, si un chômeur retrouve un emploi avant d’avoir épuisé ses droits, il ne les perd pas. S’il retourne ensuite au chômage, sa durée d’indemnisation sera plus longue. Un système jugé plus incitatif au retour à l’emploi que le mécanisme précédent. Et l’objectif de cette réforme était notamment d’améliorer la couverture des chômeurs précaires, autrement dit de leur permettre de bénéficier plus facilement d’une indemnité. Ce que semblent confirmer les statistiques de Pôle emploi.

    Sauf qu’« indemnisable » ne veut pas dire « indemnisé ». On peut être indemnisable et ne pas toucher d’allocation chômage. D’ailleurs, parmi les indemnisables, il y a de moins en moins d’indemnisés… Tout cela peut sembler un peu confus. Et il n’est pas exclu que ce soit voulu. Pourquoi ne pas simplement calculer la part des chômeurs indemnisés dans l’ensemble des chômeurs ? C’est ce que faisait la Dares, le service statistique du ministère du Travail, jusqu’en 2016.

    Mais depuis, changement de méthodologie : on compte désormais en plus des indemnisés ceux qui ont droit à une indemnité, mais ne l’ont pas touchée durant le mois, pour diverses raisons (activité réduite, différé d’indemnisation, délai d’attente, sanction, prise en charge par la Sécurité sociale...)3.

    Pour combler ce trou dans la raquette de la statistique publique, Mathieu Grégoire, Claire Vivès et Jérôme Deyris ont reconstitué une série inédite et calculé la part des chômeurs indemnisés depuis 1985. Résultat : loin des 70 % affichés par Pôle emploi quand il parle d’« indemnisables », c’est en fait à peine plus d’un chômeur sur deux qui est indemnisé, que ce soit par l’assurance chômage ou par l’Etat – qui distribue une allocation aux demandeurs d’emploi qui arrivent en fin de droits (ASS). Ce « taux de couverture » n’a jamais été aussi faible qu’en juin 2018, dégringolant à 49,5 %. Le précédent point bas (à 51,8 %) datait de septembre 1998. Depuis, il connaît un léger rebond lié à la baisse du nombre de chômeurs en 2018 et 2019.

    Cette couverture des chômeurs indemnisés a notamment baissé de plus de 20 % entre 2003 et 2019, alors même que la réforme des droits rechargeables de 2014 était censée l’améliorer. En cause, le développement de l’activité partielle notamment, c’est-à-dire des formes de chômage atypique, où l’on est inscrit à Pôle emploi tout en travaillant une partie du temps.

    Et si les frontières entre emploi et chômage sont devenues de plus en plus floues, c’est lié aux transformations du monde du travail sans aucun doute, mais aussi aux nouvelles règles de l’assurance chômage qui vont dans le même sens : « Cette évolution majeure du chômage que représentent ces "chômeurs qui travaillent" dépend à la fois de l’augmentation des "formes atypiques d’emploi" (c’est-à-dire des emplois qui s’éloignent de la norme de l’emploi en CDI à temps plein) et des politiques d’indemnisation incitant à la reprise d’un emploi pour un temps de travail ou une durée de contrat réduits », notent les auteurs.

    Dit autrement, l’assurance chômage n’est plus là simplement pour indemniser les chômeurs, elle doit aussi désormais les « activer », c’est-à-dire les inciter à reprendre un emploi, y compris si celui-ci est mal payé, quitte à le subventionner. « L’idée sous-jacente étant qu’un "petit" emploi (durée de contrat courte, salaire faible, etc.) vaut mieux que pas d’emploi du tout et que tout petit emploi est un "tremplin" vers un meilleur emploi », ajoutent-ils.

    Mais ces « politiques d’activation » sont ambiguës, car en même temps les gestionnaires de l’assurance chômage ne sont pas dupes : encourager à prendre des emplois courts ou mal rémunérés, c’est contribuer à dégrader la norme d’emploi. Et en parallèle, ils expriment la crainte d’enfermer les précaires dans la précarité s’ils leur offrent trop de droits. « Indemniser le chômage, mais pas trop, mais quand même assez : l’indemnisation des périodes en partie chômées et en partie travaillées est sans cesse sur une ligne de crête », résument les chercheurs. Et cette ambiguïté est clairement au détriment de ceux qui sont abonnés à ces emplois en pointillé.

    2/ La chute des droits des salariés à l’emploi discontinu

    C’est l’autre enseignement inédit de cette étude : l’assurance chômage obéit de moins en moins à une logique assurantielle, et de plus en plus à une logique contributive. En clair, ce n’est pas tant la situation actuelle qui compte – le fait d’être au chômage, c’est-à-dire la survenue du risque contre lequel on était assuré – que le passé d’emploi, ou dit autrement le fait d’avoir cotisé plus ou moins longtemps.

    « Affirmer un principe de contributivité c’est accorder de "petits" droits à ceux qui ont de petits emplois et de "gros" droits à ceux qui ont le plus d’emplois », précisent les auteurs. L’assurance chômage a désormais tendance à assurer une protection d’autant plus forte que l’emploi est continu, et d’autant moins forte que l’emploi est fragmenté et réduit dans sa durée. Ce qui n’a pas toujours été le cas.

    Pour le démonter, Mathieu Grégoire, Claire Vivès et Jérôme Deyris ont construit un simulateur capable de retracer l’évolution des droits pour des profils particuliers de salariés. Leur objectif était de mesurer l’effet des différentes réformes intervenues depuis 1979 pour différents types de parcours. Résultat, les salariés dits stables, ceux qui se retrouvent au chômage après une longue période d’emploi, ont gardé peu ou prou les mêmes droits depuis quarante ans, et ceci malgré le nombre impressionnant de réformes intervenues entre-temps.

    « Dans le cas banal d’un salarié au Smic qui perd son emploi et demeure quinze mois au chômage avant de trouver un autre emploi, l’indemnisation totale n’a, sur quarante ans, jamais varié de plus de 5 % à la hausse ou de 2,5 % à la baisse par rapport à 1979 », écrivent les auteurs.

    Les grands perdants sont les salariés précaires. Et parmi eux, particulièrement ceux qui alternent régulièrement les périodes de chômage et d’emploi. « Par exemple, un salarié à l’emploi discontinu alternant un mois d’emploi et deux mois de chômage a, durant les années 2000 et 2010 une indemnisation variant entre 50 et 60 % de son niveau de 1979. Dans les années 1990 son indemnisation était nulle. Avec les règles de 2019, elle chute en dessous de 40 % du niveau de 1979. »

    Ceux qui ont eu un emploi stable avant d’être au chômage et d’enchaîner ensuite les emplois précaires sont un peu moins pénalisés. « Les salariés ayant connu des périodes d’emploi stables cumulent pendant celles-ci des droits qui permettent ensuite d’atténuer les effets de la discontinuité. A l’inverse, les allocataires qui connaissent des trajectoires strictement discontinues n’ont pas généré ces droits susceptibles de les protéger et peuvent même parfois se trouver "prisonniers" de petits droits. »

    Et de conclure : « Toutes les simulations montrent ainsi une inversion de logique qui s’opère entre les plus précaires et les plus stables. Pour ces derniers, davantage de chômage signifie davantage d’indemnisation. Pour les premiers, c’est l’inverse : davantage de chômage se traduit par moins d’indemnisation. Pour les plus stables, c’est encore une logique de revenu de remplacement qui domine. Pour les plus précaires, c’est au contraire une fonction de prime à l’emploi qui devient prééminente. »

    Si la réforme de 2019 devait être appliquée en intégralité, les auteurs prédisent une « accentuation radicale » de ces tendances déjà à l’œuvre. La nouvelle règle de calcul du montant des allocations, qui doit être appliquée en septembre prochain, est particulièrement pénalisante pour les salariés à l’emploi discontinu. https://www.alternatives-economiques.fr/chomage-paie-t-plus-travail/00088190

    Avant la réforme, le montant de l’allocation chômage était calculé par rapport à un salaire journalier de référence (SJR) et non pas à partir d’un revenu mensuel. Pour établir une indemnité mensuelle, l’assurance chômage multipliait par 30 (jours) une allocation journalière brute qui correspondait à 80 % de ce qu’avait perçu la personne par jour en travaillant. En gros, on divisait les rémunérations perçues les douze derniers mois par le nombre de jours travaillés sur la même période.

    Après la réforme, le mode de calcul change : on prend la somme des rémunérations perçues sur deux ans (et non plus un an) et on la divise par le nombre de jours travaillés (comme précédemment) et de jours chômés, ce qui est nouveau. Concrètement, si le demandeur d’emploi a connu des périodes chômées les deux dernières années, le montant de son allocation va diminuer, même s’il pourra la percevoir plus longtemps.

    Au total, les salariés à l’emploi discontinu seront perdants, comme le montre le simulateur des auteurs : « Certes, nous observons une plus grande continuité des droits liée à un allongement de la durée d’indemnisation pour certaines configurations (…) mais cette meilleure couverture dans la durée est très loin de compenser l’effondrement des montants perçus, contrairement à ce que le gouvernement avançait. »

    Autre effet mis en valeur par cette étude : la réforme devrait rendre plus compliqué le cumul entre une allocation et un salaire. Résultat, de nombreux allocataires auparavant indemnisés dans le cadre de l’activité réduite pourront ne plus l’être. De quoi faire baisser encore la part des chômeurs indemnisés. Mais on ne le verra pas, car le ministère du Travail ne calcule plus ce chiffre…

    1. Chiffre qui concerne les catégories A, B et C. Cette part est de 68,5 % pour l’ensemble des chômeurs inscrits à Pôle emploi, c’est-à-dire avec les catégories D et E en plus.

    2. Entrés en vigueur en octobre 2014, les droits rechargeables permettaient à un chômeur indemnisé qui retrouve un emploi, même de courte durée, de ne pas perdre le bénéfice de ses anciens droits acquis. Il n’a pas à se réinscrire, ni à faire recalculer ses droits. Il n’a pas à sortir du système d’assurance chômage et à repartir de zéro. Pour en bénéficier, il fallait avoir travaillé au moins 150 heures (soit un mois) pendant la période d‘indemnisation, mais cette borne est passée à 180 jours, soit six mois depuis le 1er novembre. Autant dire que ce droit devient virtuel, surtout pour celles et ceux qui ont de petites durées d’indemnisation.

    3. L’Unédic et Pôle emploi ne publient plus le taux de chômeurs indemnisés, comme avant, mais seulement leur nombre absolu et la part des chômeurs indemnisés parmi les chômeurs indemnisables. Et ces chiffres sont nettement moins promus qu’avant. Charge à l’utilisateur de la statistique publique de refaire lui-même le calcul pour obtenir ce taux. Fin février 2020, sur 6,6 millions d’inscrits à Pôle emploi, 3,7 millions étaient « indemnisables » dont 3 millions réellement « indemnisés ».

    https://seenthis.net/messages/859288
    https://seenthis.net/messages/858232

    Les canons sont rouillés. La catégorie « #chômeur_atypique » (non dite dans ce rapport) émerge, 45 après celle d’#emploi_atypique.

    #travail #salariat #histoire_sociale #revenu #économie #précarisation #emploi #droit_au_chômage #Chômage #chômeurs #travailleurs_précaires #chômage_atypique #emploi_discontinu #intermittents_de_l'emploi #droits_sociaux #indemnisation_du_chômage #prime_à_l'emploi #activation_des_dépenses_passives #Unedic #chômeurs_en_activité_à_temps_réduit

  • Les flux migratoires à travers l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale ont été réduits de près de moitié en raison de la COVID-19 ; les populations mobiles sont touchées sur le plan économique | Organisation internationale pour les migrations
    https://www.iom.int/fr/news/les-flux-migratoires-travers-lafrique-de-louest-et-lafrique-centrale-ont-ete-re

    « Nous estimons qu’au moins 33 000 migrants sont actuellement bloqués aux frontières, notamment dans des centres de transit surpeuplés, en raison des restrictions de mobilité imposées par la COVID-19 », a déclaré Sophie Nonnenmacher, Directrice régionale par intérim du Bureau régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale. « La plupart d’entre eux ont perdu leur emploi ou leurs revenus, ce qui peut également constituer un obstacle à l’accès aux services de santé », a-t-elle ajouté.
    Les données de l’OIM indiquent également que les déplacements se sont poursuivis à l’intérieur des pays et entre les pays, malgré les restrictions nationales et internationales.Parmi ces milliers de migrants bloqués se trouvent des travailleurs migrants saisonniers dans une vaste zone, originaires des pays du Golfe de Guinée comme le Burkina Faso, le Mali et la Guinée elle-même. D’autres voyageurs fréquents sont les étudiants coraniques qui se déplacent entre les pays d’Afrique de l’Ouest, et les éleveurs transhumants le long de ce que l’on appelle le « couloir de transhumance » qui s’étend de la Mauritanie jusqu’au Tchad. En outre, plus de six millions de déplacés internes à travers les pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale dépendent presque exclusivement de l’aide humanitaire, qui a été affectée par les restrictions de mobilité. Les déplacés internes qui pouvaient auparavant gagner un salaire grâce à un marché du travail local informel, ne peuvent plus le faire aujourd’hui en raison des restrictions d’entrée et de sortie de nombreux camps de déplacés internes de la région.« La zone située entre le Mali, la Côte-d’Ivoire et le Burkina Faso est un bon exemple de la dynamique migratoire dans la région. Le besoin de travailleurs saisonniers dans les grandes zones agricoles ou dans les zones d’extraction de l’or a entraîné de nombreux mouvements transfrontaliers qui, dans le contexte des restrictions de mobilité, sont devenus irréguliers », a expliqué Damien Jusselme, responsable régional de la gestion de l’information à l’OIM. « En conséquence, des milliers de travailleurs saisonniers se sont retrouvés bloqués dans les pays voisins et ne peuvent plus rentrer chez eux, mettant en lumière la nécessité d’une approche plus intégrée à la gestion des migrations dans le contexte de la pandémie de COVID-19. » « Cette situation est inquiétante. Il est crucial, aujourd’hui plus que jamais, d’intégrer les migrants dans les plans de réponse nationaux, régionaux et mondiaux »

    #Covid-19#migrant#migration#afrique#sante#circulation#personnedeplacée#camp#circulationtranfrontaliere#travailleursaisonnier#vulnerabilite

  • Coronavirus: Lebanon provides temporary shelter to dozens of stranded Ethiopian workers - Middle east eye
    Migrant workers had been abandoned outside their consulate by their employers amid an economic crisis and the pandemic

    #Covid-19#migrant#migration#seconde_vague#travailleursmigrants#Liban#politique#économie#santé#pandémie

    https://www.middleeasteye.net/news/coronavirus-lebanon-ethiopian-temporary-shelter-domestic-workers

  • 40 ans de réformes de l’assurance-chômage : la réduction des droits touche d’abord les plus précaires, entretien avec Mathieu Grégoire réalisé par Catherine Petillon
    https://www.franceculture.fr/economie/40-ans-de-reformes-de-lassurance-chomage-la-reduction-des-droits-touch

    Depuis quarante ans, le chômage s’est beaucoup transformé : il a augmenté mais s’est aussi modifié, avec la montée en puissance de l’emploi atypique et la multiplication des contrats courts. Qu’en est-il de la couverture du chômage ?
    [...]
    Qu’avez-vous observé sur cette période de 40 ans de réformes de l’assurance-chômage ?

    L’objet de cette étude était de s’intéresser aux droits des chômeurs à l’assurance-chômage et à l’indemnisation sur une longue période, afin de comprendre comment ont évolué ces droits, en particulier pour les salariés à l’emploi discontinu — comme les intérimaires, les intermittents, les travailleurs de l’hôtellerie ou de la restauration, les personnes en contrats courts. En somme, tous ceux qui alternent de l’emploi et du chômage, que ce soit à des rythmes très saccadés ou plus lents.

    Ces profils nous intéressaient plus particulièrement car ils ont été mis en avant lors des réformes de 2009 et 2014. Et ce sont leurs droits qui ont été remis en cause en 2017, puis très profondément avec la réforme de 2019.
    Grâce à un simulateur de droits nous avons pu comparer pour différents cas-types les effets de chaque réforme.

    Quels sont les principaux enseignements ?

    Le temps long montre des évolutions assez profondes dont les négociateurs n’ont pas forcément conscience quand ils travaillent, réforme après réforme, à modifier les droits. Or c’est intéressant, en particulier pour la dernière réforme, car cela contredit l’affirmation récurrente selon laquelle les règles de 2019 consisteraient simplement à revenir sur des droits plus généreux, accordés après la crise de 2008. Et qu’il ne s’agirait en somme que d’un retour à la normale.

    Or ce qu’on montre, c’est qu’en 40 ans, pour les salariés en emploi discontinu, jamais l’indemnisation n’a été aussi basse que celle qui est prévue dans le décret de 2019.

    Les conditions sont toujours plus restrictives ?

    On constate une inversion complète de la hiérarchie de l’indemnisation au cours de la période. En 1979, l’assurance-chômage fonctionne vraiment comme une assurance : les personnes les plus exposées au chômage sont les plus indemnisées. Mais à la fin des années 2000, pour les plus précaires, c’est une autre logique qui l’emporte : les chômeurs sont d’autant plus indemnisés qu’ils sont en emploi. Selon une logique cette fois de compte-épargne ; à chaque fois qu’ils travaillent, ils gagnent des droits supplémentaires.
    Concrètement, cela se traduit par une course-poursuite durant laquelle ils travaillent, acquièrent des droits, deviennent éligibles à l’assurance chômage, puis épuisent leurs droits, en gagnent de nouveaux et ainsi de suite. Ils remplissent leurs comptes et le consomment successivement.

    Autrement dit, l’indemnisation du chômage s’est beaucoup transformée pour inciter les salariés les plus précaires à l’emploi, davantage que pour leur assurer un revenu de remplacement pendant les périodes de chômage.
    Avec l’idée qu’il vaut mieux un mauvais emploi que pas du tout. Et les dispositifs comme l’activité réduite sont d’ailleurs une manière d’inciter à accepter des emplois dans des conditions dégradées.

    Pour ce type de travailleurs, c’est une évolution continue dans le temps ?

    L’un des résultats qui nous a surpris, c’est la stabilité totale et absolue sur quarante ans des droits des “salariés stables” — c’est-à-dire le cas d’une personne en emploi pendant une longue période, qui se retrouverait au chômage pendant 15 mois et puis retrouverait un emploi. Cette situation là donne lieu à des variations infimes. Et ça, je ne pense pas que les négociateurs en aient une conscience entière quand ils négocient à chaque réforme, les conditions d’indemnisation de l’assurance-chômage. Cela montre une forme d’impensé de la négociation, à savoir que cette figure du salariat, on n’y touche pas. Ce sont les travailleurs plus à la marge qui vont connaître des variations régulières et très importantes de leur indemnisation.

    C’est plus vrai encore depuis la réforme de 2019 ?

    Pour les salariés stables, encore une fois, cela ne change rien à ce qui existe depuis depuis 1979, à quelques exceptions près comme des mesures de dégressivité pour les hauts revenus. En revanche, pour les salariés en emploi discontinu, c’est une révolution. Cela constitue un effondrement historique de leurs droits. Notamment parce que le calcul du salaire journalier de référence prend en compte non plus simplement le salaire, mais aussi la performance d’emploi. Par exemple, un travailleur payé au Smic mais au chômage la moitié du temps considéré verra son salaire journalier divisé par deux. Cela a des effets extrêmement forts sur les droits des salariés en emploi discontinu et cela introduit encore plus l’idée de compte épargne.

    Vous avez conçu un simulateur d’indemnisation qui permet de mesurer les effets des réformes pour chaque cas type pour une période de 60 mois. Pourquoi choisir une durée si longue ?

    Les personnes en intermittence d’emploi ne sont pas souvent éligibles au chômage de façon claire. lls le deviennent au bout d’un certain temps, puis consomment leurs droits ; comme ils travaillent, ils finissent par redevenir éligibles, et ainsi de suite. Ils sont dans une intermittence de l’emploi, mais aussi de l’indemnisation. Or ne regarder qu’une seule période de droit, c’est ne pas considérer les périodes durant lesquelles les personnes ne sont pas indemnisées, ni celles durant lesquelles elles le sont à nouveau.. C’est pourquoi nous avons considéré systématiquement les parcours sur 60 mois.

    Un autre intérêt de la simulation est de mesurer la diversité des profils. Car quand on parle des salariés à l’emploi discontinu, il est essentiel de bien distinguer ceux qui ont eu un emploi stable auparavant, et ressemblent plus à des chômeurs “standard” ; et ceux qui entrent sur le marché du travail ou alors vivent en permanence dans l’intermittence de l’emploi. Ces deux cas sont désignés de la même façon, comme des précaires. En réalité, leur traitement par l’assurance-chômage est radicalement différent.

    Vous insistez aussi sur ce qu’on appelle le taux de couverture. Pourquoi est-ce important, et quel usage politique est fait de cette indicateur ?

    Le taux de couverture est simplement la part des chômeurs qui perçoivent une indemnisation. Ce taux de couverture, il a fallu qu’on le reconstitue parce que les données n’étaient pas disponibles, contrairement à ce qu’on pourrait imaginer. Et on a constaté que la part des salariés indemnisés chute de façon très importante à partir de 2003, pour arriver en 2018 à la part des chômeurs indemnisés, la plus basse de toute l’Histoire depuis 1985.
    Et pourtant, la surprise c’est qu’à partir de 2016 les publications officielles se sont intéressées à un nouvel indicateur, le seul publié depuis : la part des chômeurs non pas indemnisés, mais indemnisables. C’est le cas quand on est inscrit à Pôle emploi.
    Or cet indicateur pose un certain nombre de questions puisqu’il prend en considération des gens qui ne sont pas forcément indemnisés et même sont parfois en emploi.
    Par exemple, quelqu’un qui a travaillé à temps plein durant le mois considéré mais reste inscrit à Pôle emploi, ce qui est de plus en plus courant, sera considéré comme couvert par l’assurance-chômage, dont on se félicitera alors des performances positives.

    Même si les deux indicateurs sont intéressants, cela pose un gros problème si le nouveau taux de couverture officiel occulte d’une certaine manière à la réalité, quand même beaucoup plus crue, qui est que l’indemnisation du chômage n’a jamais concerné une proportion aussi faible de chômeurs qu’à la fin des années 2010. On peut aussi penser, et c’est l’un des résultats de la simulation, que la réforme de 2019 baissera encore le nombre d’indemnisations.

    Quelle évolution des droits à l’assurance chômage ? (1979-2020) - Mathieu GREGOIRE, Claire VIVES, Jérôme DEYRIS - IRES
    http://www.ires.fr/index.php/etudes-recherches-ouvrages/etudes-des-organisations-syndicales/item/6177-quelle-evolution-des-droits-a-l-assurance-chomage-1979-2020
    https://seenthis.net/messages/858232
    #toctoc
    #Mathieu_Grégoire #Chômage #chômeurs #précaires #salariat #travailleurs_précaires #allocation_chômage #taux_de_couverture #non_indemnisation #droits_des_chômeurs #assurance_chômage #Unedic #droit_au_chômage #précarisation #activité_réduite #intermittents_de_l'emploi #emploi_intermittent #emploi_discontinu #chômeurs_en_activité_à_temps_réduit #revenu #économie #emploi #histoire_sociale

  • Health experts on the psychological cost of Covid-19 | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2020/jun/07/health-experts-on-the-psychological-cost-of-covid-19
    https://i.guim.co.uk/img/media/bbdc249c5b26f70694559162d27d269ec426d57a/0_24_3753_2252/master/3753.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    The nurse from Sierra Leone quoted at the beginning of this article recalled her feelings of being alone, at risk and anxious. “Initially it was chaos – we didn’t have equipment, we didn’t have senior support, we were short-staffed.” For two long weeks, she and her colleagues worked in an environment she compared to a war zone, tending to patients who were “very unwell, very unstable, very sick... We didn’t even have masks. We were tired, dehydrated, thirsty,” she continued, still sounding traumatised. She recalled returning home each night to her daughters, thinking: “What is happening? How far will this go?” That anonymous nurse belongs to the BAME community who make up 20% of the NHS workforce. On 25 May, the Guardian reported that 200 healthcare workers had died from Covid-19. More than six out of 10 victims were from BAME backgrounds. One of their number was urologist Abdul Mabud Chowdhury, whose 18-year-old son voiced what many inside the NHS were feeling. “It’s good to see NHS workers getting the recognition they deserve,” he said, “but they should not have to give their lives, they should not have to go as martyrs. They did not sign up to battle on the frontline and give up their lives.” In the coming second pandemic of mental health issues, it may well be those we heralded as heroes who will be among the most vulnerable, alongside key workers on low incomes who also toiled through this long emergency at considerable and often unnecessary risk to their health, their lives.

    #Covid-19#migrant#migration#GrandeBretagne#Monde#santé#santé-mentale#BAME#travailleurs-migrants#NHS#personnel-santé#pandémie

  • Singapore poised for risky pandemic polls - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/06/singapore-poised-for-risky-pandemic-polls

    Some believe polls should not be held until a consistent pattern of single-digit or zero daily infections is established. The total number of infections in Singapore is now 37,183. Hundreds of new dormitory infections continue to be reported daily, while cases among the wider community are often in single digits.The Straits Times newspaper published a report on March 30 citing Heng’s remarks and estimates by political analysts which suggested that polling day could fall on July 11, following the dissolution of parliament on June 24 and a nine-day campaign period beginning July 1.Critics and some observers see no compelling reason to hold early elections and cite risks to public health if polls go-ahead in the coming weeks. Others suggest that an early snap poll would mitigate near-term uncertainties and risks, and could potentially be safer than end-of-term polls in a scenario where the pandemic worsens.

    #Covid-19#migrant#migration#Singapour#élection#santé-publique#infection#dortoirs#travailleurs-migrants#santé

  • Coronavirus lockdown: The Indian migrants dying to get home - BBC News
    https://www.bbc.com/news/world-asia-india-52672764

    Tens of thousands of daily-wage migrant workers suddenly found themselves without jobs or a source of income when India announced a lockdown on 24 March.Overnight, the cities they had helped build and run seemed to have turned their backs on them, the trains and buses which should have carried them home suspended. So with the looming fear of hunger, men, women and children were forced to begin arduous journeys back to their villages - cycling or hitching rides on tuk-tuks, lorries, water tankers and milk vans. For many, walking was the only option. Some travelled for a few hundred kilometres, while others covered more than a thousand to go home. They weren’t always alone - some had young children and others had pregnant wives, and the life they had built for themselves packed into their ragtag bags. Many never made it. Here, the BBC tells the story of just a handful of the hundreds who have lost their lives on the road home.

    #Covid-19#migrant#migration#migrations-internes#travailleurs-migrants#inde#santé#décès#confinement#femmes-enceinte#enfants

  • COVID-19 : 4 scénarios pour la période post-confinement - anticiper pour mieux protéger
    https://www.capgeris.com/pros-1403/covid-19-4-scenarios-pour-la-periode-post-confinement-anticiper-pour-mieux

    – Le premier des quatre scenarios est le plus favorable. C’est celui d’une épidémie sous contrôle au vu des indicateurs disponibles, associée à l’occurrence de clusters localisés pouvant être maitrisés. En présence du virus, ce scenario nécessite cependant un maintien des mesures de lutte contre l’épidémie.
    – Plus défavorable, le deuxième scenario verrait apparaître des clusters critiques, laissant craindre une perte de contrôle des chaînes de contamination, et donc du contrôle de l’épidémie elle-même. Ce scénario exigerait des mesures strictes, précoces et localisées, afin d’éviter une perte de contrôle plus large de l’épidémie.
    – Le troisième scenario, ferait basculer une situation contrôlée vers une reprise progressive et à bas bruit de l’épidémie, plus difficile à identifier. Des indicateurs se dégraderaient alors sans que les chaînes de contamination puissent être identifiées, ni a fortiori contrôlées. Ce scenario exigerait des mesures strictes ainsi que l’activation rapide de plusieurs mesures du P2R-COVID. Les mesures à prendre pourraient encore être envisagées à une échelle régionale si les indicateurs le permettent ou au niveau
    – Enfin, dans le quatrième scénario, la dégradation critique des indicateurs traduirait une perte du contrôle de l’épidémie, et exigerait des décisions difficiles, conduisant à choisir entre un confinement national généralisé, permettant de minimiser la mortalité directe, et d’autres objectifs collectifs, économiques et sociaux, s’accompagnant alors d’une importante mortalité directe.

    Je remarque (avec un certain mauvais esprit) qu’il n’y a pas de scénario « le virus disparaît tout seul parce qu’il fait beau ou pour toute autre raison mystérieuse ».

  • India counts the cost of missing migrant workers - Asia Times
    https://asiatimes.com/2020/06/india-counts-the-cost-of-missing-migrant-workers

    But there is a twist in the tale. Northern Uttar Pradesh state, with most workers, plans to set up a Migration Commission to start rationing out workers to other states. But experts say the move may be illegal because India’s constitution guarantees the right to free movement and occupation across the country. The state also plans to help re-skill workers. That may help.

    #Covid-19#migrant#migration#migrations-internes#travailleurs-migrants#Inde#droit#confinement#retour#vulnérabilité#emploi#santé