• Ramasser de plus belle – ACTA
    https://acta.zone/ramasser-de-plus-belle

    Les femmes ont tendance à avoir des taches prédéterminées dans la plupart des cas qui sont généralement les moins physiques, comme la cueillette des tomates. Et cela, bien que nécessaire, ne leur suffit pas et elles doivent en faire d’autres, plus dures. Par exemple, ça m’est arrivé de voir des femmes âgées en surpoids nettoyer et porter un chariot très lourd. Les femmes sont aussi celles qui s’entraident le plus entre elles et qui s’entendent le mieux avec tout le monde. Après, pour elles comme pour nous, les tâches les plus fatigantes dépendent aussi de la monotonie et de la répétition du travail, qui sont très fatigantes mentalement. Il y par exemple certains emplois pour lesquels vous êtes tout le temps tout seul. Après, il y a beaucoup de femmes parce que dans leur pays d’origine, elles se sont consacrées à l’agriculture et parce que dans le travail agricole, la cueillette, c’est l’un des moins fatigants physiquement. En plus pour celles qui ont des enfants, elles n’ont pas d’autre choix que de s’en occuper, même si elles doivent perdre leur travail et leur salaire de la journée, car les pères s’occupent très rarement des petits.

  • Toujours pas de vols de #rapatriement pour les #employées_de_maison migrantes

    Le retour des travailleurs étrangers doit se faire selon un mécanisme qui respecte leurs droits, selon l’Organisation internationale du travail.

    Les premières opérations de #rapatriement de #travailleuses_migrantes devaient débuter hier, avaient annoncé les autorités libanaises. Un avion devait venir d’Addis-Abeba pour ramener chez elles des employées de maison éthiopiennes particulièrement touchées par la crise libanaise économico-financière et davantage fragilisées par la #pandémie de #coronavirus. Mais l’opération n’a pas eu lieu. Selon l’ambassade d’Éthiopie, ce vol n’était toujours pas programmé. « Nous n’avons pas encore annoncé de date », se contente de dire à L’Orient-Le Jour le consul d’Éthiopie, Aklilu Tatere. Mais du côté de la Sûreté générale, on indique que « l’Éthiopie n’aurait pas trouvé d’avion » pour rapatrier les travailleuses éthiopiennes en situation de grande #vulnérabilité coincées au Liban. « L’opération pourrait avoir lieu d’ici à deux jours », estime le porte-parole de la Sûreté générale, le général Nabil Hannoun, précisant que « la décision revient aux autorités éthiopiennes ». Car le rôle de la SG, en cette période exceptionnelle, est de donner le feu vert aux ambassades, après s’être assurée de l’identité des travailleuses migrantes, dont une grande partie est en situation irrégulière. « Nous régularisons leur situation sans contrepartie financière pour leur permettre de quitter le pays, à la condition qu’elles ne fassent pas l’objet d’une plainte judiciaire », affirme le responsable.

    Les coûts exorbitants du #retour

    Dans ce cadre, de nombreuses employées de maison éthiopiennes, philippines, bangladaises ou d’autres nationalités se pressent aux portes de leurs consulats, dans une volonté de quitter le pays du Cèdre. Même chose du côté des travailleurs étrangers, ouvriers, pompistes, éboueurs… Car travailler au Liban ne leur convient plus. Avec la dépréciation de la #livre_libanaise et la #paupérisation des employeurs libanais, leurs salaires fondent comme neige au soleil. Payées dans la monnaie nationale depuis la pénurie de dollars, alors que la promesse d’embauche était basée sur un #salaire en #dollars, les employées de maison touchent désormais le tiers, voire le quart de leur salaire initial. Et puis les #transferts_d’argent sont de plus en plus difficiles. Une situation à laquelle vient s’ajouter la crise du coronavirus, qui a mis des milliers de travailleuses au #chômage, #femmes_de_ménage ou #employées_domestiques. L’AFP rapporte le cas de Sophia notamment, une travailleuse domestique éthiopienne sous contrat, renvoyée et jetée dans la rue sans salaire, sans valise, sans passeport et qui n’a qu’un but désormais : rentrer chez elle. Alors, elle attend une promesse de rapatriement devant l’ambassade d’Éthiopie à Hazmieh, comme nombre de ses compatriotes. Or il est de notoriété publique que nombre de pays voient d’un mauvais œil le retour de leur #main-d’œuvre qui viendrait grossir les rangs des chômeurs en ces temps de crise mondiale.

    L’ambassade des Philippines a déjà rapatrié 618 employées de maison depuis le mois de décembre 2019, selon le vice-consul des Philippines, Edward Chan. La crise financière battait déjà son plein, et près de 2 000 demandes de rapatriement avaient été déposées, principalement des travailleuses non documentées qui avaient fui le domicile de leur employeur. « La pandémie de Covid-19 a interrompu le processus », regrette-t-il. Aujourd’hui, de nouveaux défis se posent, liés au #prix prohibitif des #billets_d’avion. « Affréter un charter coûterait une fortune, sachant que le billet Beyrouth-Manille coûte aujourd’hui entre 1 200 et 2 300 dollars », affirme M. Chan à L’Orient-Le Jour, précisant que « le consulat apporte un soutien financier aux travailleuses philippines pour leur permettre de rentrer chez elles ».

    Pour un #retour_volontaire et non forcé

    Une autre question se pose. Que deviendront les plaintes auprès des autorités libanaises des travailleuses domestiques victimes d’abus, de mauvais traitements ou de non-paiement de leurs salaires et qui décident de quitter le Liban ?

    Si le consulat philippin assure un ferme suivi des dossiers de ses ressortissantes auprès du ministère du Travail, sauf en cas de désistement, de nombreuses employées de maison migrantes n’auront jamais gain de cause, malgré les #abus dont elles ont été victimes.

    C’est la raison pour laquelle l’Organisation internationale du travail insiste pour que le retour des travailleurs migrants du Liban, et plus particulièrement des employées de maison, se déroule selon un mécanisme qui respecte leurs #droits. « Il faut d’abord que ce retour soit volontaire et non forcé. Car la travailleuse doit avoir le #choix entre trouver un autre emploi sur place ou partir, au cas où l’employeur n’aurait plus les moyens de respecter ses engagements », affirme la porte-parole de l’OIT, Zeina Mezher. « Il est aussi impératif que le rapatriement des travailleuses étrangères du Liban, touchées par la double #crise_économique et sanitaire, ne soit pas un prétexte pour les délester de leurs droits », ajoute-t-elle. D’autant plus que celles qui désirent quitter le pays sont généralement les plus vulnérables. Pour avoir fui un employeur abusif, elles sont souvent sans documents d’identité. « D’où la nécessité, précise la porte-parole, que l’employeur assume la responsabilité du billet d’avion comme prévu par le contrat de travail, même lorsque son employée a quitté le domicile. » Une réponse qui vient en marge d’une réunion virtuelle destinée à identifier les problèmes de la main-d’œuvre migrante au Liban en ces temps exceptionnels, organisée hier par l’OIT et l’OIM (Organisation internationale des migrations) et qui a réuni tous les acteurs locaux et internationaux, dans le but d’y apporter une réponse globale.

    https://www.lorientlejour.com/article/1218891/toujours-pas-de-vols-de-rapatriement-pour-les-employees-de-maison-mig
    #employé_domestique #employé_de_maison #migrations #femmes #crise_sanitaires #covid-19 #femmes_migrantes #Liban #Ethiopie #Philippines #Bangladesh #remittances #travail_domestique #travailleuses_domestiques

    ping @isskein @_kg_ @tony_rublon @thomas_lacroix

    • « Je veux rentrer au Soudan, je peux à peine manger à ma faim ! »

      Terrassés par la crise, des Soudanais tentent l’improbable traversée vers Israël.

      La crise économique et financière qui secoue le Liban impacte de plus en plus les travailleurs étrangers qui, avec la fermeture de l’aéroport en mars dernier, se retrouvent prisonniers dans un pays devenu trop cher pour eux et où ils voient leurs revenus fondre parallèlement à la chute libre de la livre face au billet vert.

      La forte dépréciation monétaire et l’explosion du chômage ont même provoqué un phénomène inédit à la frontière libano-israélienne, sous étroite surveillance, rapporte l’AFP sous la plume de Bachir el-Khoury à Beyrouth et Rosie Scammell à Jérusalem, en précisant que depuis début mai, au moins 16 Soudanais ont été interpellés alors qu’ils tentaient de traverser de nuit cette zone à hauts risques, gardée par les soldats de la Finul et de l’armée.

      Le dernier en date avait été retrouvé mercredi dernier par des soldats israéliens, caché dans une canalisation d’eau. Il a été interrogé par l’armée israélienne, avant d’être renvoyé de l’autre côté de la frontière, indiquent les deux auteurs.

      Des deux côtés, on s’accorde toutefois à dire que ces récentes tentatives de franchissement sont uniquement motivées par des considérations financières.

      « Selon l’enquête préliminaire », elles « ne revêtent aucune motivation sécuritaire ou d’espionnage », confirme une source de sécurité libanaise, sous le couvert de l’anonymat.

      La semaine dernière, l’armée libanaise avait découvert à la frontière le corps criblé de balles d’un Soudanais, tué dans des circonstances non élucidées à ce jour. Au cours des dernières semaines, elle avait procédé à plusieurs interpellations de Soudanais tentant de rallier Israël.

      À peine de quoi manger

      « Je veux rentrer au Soudan car la vie est devenue très chère ici. Je peux à peine manger à ma faim », déplore Issa, 27 ans, employé dans un supermarché de la banlieue sud de Beyrouth.

      Son salaire mensuel de 500 000 livres vaut désormais moins de 100 dollars, contre 333 avant la crise.

      Plus de 1 000 Soudanais se sont inscrits auprès de leur ambassade à Beyrouth dans l’espoir d’être rapatriés, sur les quelque 4 000 vivant au Liban, selon Abdallah Malek, de l’Association des jeunes Soudanais au Liban, cité par l’agence de presse.

      Ceux qui optent pour une tentative de départ vers l’État hébreu auraient des proches ou des connaissances au sein de la communauté soudanaise en Israël. Selon des informations récoltées par l’armée israélienne, il s’agit notamment d’employés du secteur de la restauration, qui ont organisé leur fuite via les réseaux sociaux.

      Protection humanitaire

      Impossible de déterminer le nombre exact ayant réussi à franchir la frontière pour s’installer en Israël. Un, au moins, Mohammad Abchar Abakar, est en détention depuis plusieurs mois après son arrestation en janvier par l’armée israélienne. L’ONG « Hotline pour les réfugiés et migrants » s’est mobilisée pour obtenir sa libération fin avril. Elle n’a pas encore pu le voir en raison de la pandémie de Covid-19.

      « Il nous a dit qu’il voulait demander l’asile », dit la porte-parole de cette ONG, Shira Abbo. Là encore, les chances de réussite sont maigres : ces dernières années, Israël a accordé le statut de réfugié à... un seul Soudanais, sur une communauté estimée à 6 000 personnes. La majorité d’entre eux ont une demande d’asile en cours d’étude depuis des années, qui leur permet de travailler provisoirement. Environ un millier ont obtenu un statut alternatif de « protection humanitaire ».

      La plupart des Soudanais en Israël ont commencé à affluer en 2007, empruntant une route là aussi périlleuse via le Sinaï égyptien. Longtemps poreuse, cette frontière a depuis été renforcée par l’État hébreu. Aujourd’hui, Mme Abbo déplore le refoulement des travailleurs interceptés par l’armée israélienne. « Si quelqu’un affirme vouloir demander l’asile, il doit au moins avoir la possibilité de rencontrer des spécialistes dans la prise en charge de ce type de population », dit-elle.

      Avec l’absence de la moindre relation entre les deux pays voisins, il n’existe évidemment aucune coopération bilatérale sur ce dossier.

      https://www.lorientlejour.com/article/1223224/-je-veux-rentrer-au-soudan-je-peux-a-peine-manger-a-ma-faim-.html
      #réfugiés #réfugiés_soudanais #faim #alimentation #nourriture

    • #Beyrouth  : les travailleuses domestiques veulent rentrer chez elles

      Souvent indécentes, les conditions de vie et de travail des employées domestiques migrantes au Liban se sont encore aggravées avec la crise économique qui ravage le pays. Cette crise a en effet poussé de nombreux employeurs et employeuses à abandonner leurs domestiques, sans argent ni papiers, devant l’ambassade du pays dont elles/ils sont originaires. Mais l’explosion du 4 août à Beyrouth renforce l’urgence de la situation pour ces migrant·es, en grande majorité des femmes, qui demandent juste à pouvoir rentrer chez elles/eux.

      Il existe environ 250.000 travailleuses domestiques au Liban, venues de pays asiatiques et africains dans l’espoir de gagner suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins de leur famille restée au pays. Ne relevant pas du Code du travail, ces personnes sont soumises au système de la kafala  : elles sont «  parrainées  » par un·e employeur/euse qui en est donc légalement responsable. Bien souvent, cela revient à avoir son passeport confisqué, mais aussi, dans de nombreux cas, à ne pas recevoir son salaire et à subir des abus. Dans un rapport de 2019 consacré à «  l’exploitation des travailleuses domestiques migrantes au Liban  », Amnesty International dénonce «  des atteintes graves et systématiques aux droits humains imputables aux employeurs.  » L’organisation pointe notamment «  des horaires de travail journaliers indécents, l’absence de jours de repos, le non-versement ou la réduction de leur salaire, la confiscation de leur passeport, de graves restrictions à leur liberté de mouvement et de communication, le manque de nourriture, l’absence de logement convenable, des violences verbales et physiques, et la privation de soins médicaux. Des cas extrêmes de travail forcé et de traite des êtres humains  » ont également été rapportés.

      Les conditions de vie et de travail des employées domestiques migrantes se sont encore aggravées avec la crise économique qui a frappé le Liban dès 2019. Cette crise du secteur financier, qui a eu comme résultat de dévaluer la livre libanaise et de provoquer une inflation évaluée à 56,6 % en mai, a durement frappé les classes moyennes. Appauvries, ces familles n’ont plus les moyens de payer le salaire d’une domestique. Dans bien des cas, ces femmes ont juste été abandonnées par leur employeur/euse, sans argent et sans régularisation de leur situation pour pouvoir partir, tout cela en pleine pandémie de

      Une situation aggravée par l’explosion

      L’explosion du port de Beyrouth le 4 août dernier ne fait que rendre la situation des travailleuses domestiques encore plus désespérée. «  Les employeurs n’ont plus les moyens. La plupart étaient pauvres avant les multiples problèmes économiques et sanitaires suivis de l’explosion massive  », explique Dipendra Uprety, fondateur du groupe de mobilisation This is Lebanon. «  Les travailleuses migrantes n’ont pas été payées depuis des mois. Et si elles l’ont été, c’est en livres libanaises, ça n’a désormais aucune valeur. Elles travaillent 14 heures par jour pour [l’équivalent de] 30 dollars par mois [environ 25 euros, ndlr].  »

      Pour qu’une travailleuse puisse partir du pays, la Sûreté Générale [organisme sous l’autorité du ministère de l’Intérieur et des Municipalités] doit contrôler les conditions de départ de celle-ci auprès de son employeur/euse, un processus qui prend habituellement entre deux et trois mois. De nombreuses migrantes sont aussi bloquées au Liban sans papiers depuis des mois et parfois des années. Deux solutions s’offrent alors à elles  : payer des amendes astronomiques et partir après avoir obtenu un laissez-passer, ou se retrouver en prison dans des conditions dramatiques. Sans compter le prix du billet, entre 400 et 700 dollars [entre 340 et 590 euros environ, ndlr] selon les pays d’origine.
      Abandonnées à la rue

      «  Il s’agit d’un moment terrible pour les travailleuses domestiques  », raconte Farah Salka, directrice exécutive du Mouvement Anti-Raciste (ARM). «  Cette année a été très dure pour tout le monde au Liban… Si vous imaginiez un cauchemar, vous ne pourriez pas imaginer ça. Et maintenant, vous pouvez multiplier les dommages par dix pour les travailleuses domestiques. Elles demandent juste à rentrer chez elles  ! Elles sont encore sous le choc de l’explosion, comme nous. Certaines ont disparu, certaines sont mortes, les autres sont parfois blessées, et elles ne reçoivent aucun soutien pendant cette crise. Et au milieu de ce chaos, elles sont abandonnées à la rue. C’est devenu une scène commune à Beyrouth  : des centaines de migrantes à même le sol, sans abri.  »

      Les employé·es et volontaires d’ARM passent leurs journées à traiter des cas, traduire, assister administrativement, financièrement, médicalement, et lever des fonds pour permettre aux migrantes en possession de papiers de payer leur billet. «  Il faut une armée pour gérer tout ça, tout relève de l’urgence, ajoute Farah Salka. Elles sont à un stade où elles se fichent de leurs droits, de l’argent qui leur est dû. Elles veulent juste laisser ce cauchemar derrière elles et partir. Et je vais être honnête, n’importe où est mieux qu’ici.  »

      Un groupe d’activistes éthiopiennes, Egna Legna Besidet, est aussi sur le terrain, surtout depuis le début de la crise économique. L’une des membres, Zenash Egna, explique qu’elle n’a plus de mots pour décrire la situation  : «  La vie des travailleuses migrantes n’est pas bonne au Liban. Déjà avant la crise économique, la pandémie et l’explosion, on secourait des femmes battues, violées, qui s’enfuyaient sans papiers et sans argent. Tout ça a juste augmenté, c’est terrible. Le monde doit savoir quel enfer c’est de vivre sous le système de la kafala.  » En ligne, de nombreux témoignages de femmes désespérées abondent. Devant leur consulat, des Kényanes ont aussi manifesté, demandant à leur pays de les rapatrier.

      https://www.youtube.com/watch?v=KuhBhNRjxp4&feature=emb_logo

      «  Il est temps pour nous de partir  »

      Une domestique nigériane appelée Oluwayemi, 30 ans, a confié à axelle son calvaire personnel. Arrivée en juin 2019 au Liban, elle raconte avoir été traitée comme une esclave par ses employeurs/euses. «  Puis ils m’ont renvoyée de la maison, sans argent et sans passeport. Ils m’ont juste dit «  Pars  ». Avec la crise économique, tout est pire au Liban. Je pense qu’il est temps pour nous de partir. L’explosion a tué des domestiques nigérianes, d’autres ont été blessées, les maisons ont été détruites. J’ai eu tellement peur, je veux que l’on m’aide et que je puisse retourner dans mon pays. Je veux que l’on m’aide, vraiment, parce que je ne veux pas retourner au Nigeria et devenir une prostituée, ou une voleuse. Je veux que mon futur soit beau, je veux monter mon propre commerce. Je prie pour que l’on m’aide.  »

      Une autre domestique nigériane qui souhaite rester anonyme raconte qu’elle a été jetée de chez son employeur sans argent, téléphone, vêtements ou papiers après sept mois d’abus physiques. Elle a également plaidé pour recevoir de l’aide, insistant sur le fait qu’il n’y a plus rien au Liban pour les travailleuses migrantes  : «  Il n’y a pas d’argent, pas de travail, pas de nourriture. Je veux partir.  »
      Faire pression pour faciliter le retour des migrantes

      Pour que la situation se débloque, il faudrait que les pays d’origine et la Sûreté Générale se mettent d’accord pour faciliter le retour des ressortissantes bloquées au Liban. «  On doit mettre la pression sur les consulats et les ambassades pour qu’ils prennent enfin la situation au sérieux. La Sûreté Générale doit supprimer ses enquêtes, exempter les travailleuses de leurs amendes et approuver leur départ avec des laissez-passer pour celles qui n’ont pas leurs papiers, explique Farah Salka. Mais aussi, on a besoin d’argent, de tellement d’argent pour payer les billets d’avion. C’est inimaginable.  »

      Pour Dipendra Uprety, le mot à appliquer est «  amnistie  »  : «  Des efforts ponctuels ne peuvent pas répondre aux besoins. La seule solution possible est que la Sûreté Générale accorde une amnistie générale à ces femmes, ce qui équivaudra à des centaines de milliers de documents de voyage temporaires. L’argent commence à affluer maintenant pour les billets d’avion, la nourriture et les soins médicaux, mais les travailleurs sociaux ne sont pas assez nombreux pour répondre à tous les besoins [notamment en termes d’hébergement, ndlr].  »
      Dépasser le racisme

      Au-delà de l’urgence de la situation, le racisme est toujours bien présent dans les mentalités libanaises, même après l’explosion. Ainsi, la liste des personnes mortes et disparues est toujours incomplète  : les noms et visages des victimes étrangères non occidentales ne sont tout simplement pas mentionnés. Un texte publié par l’ARM le 13 août dit que  : «  Ce n’est pas un hasard. Les travailleurs migrants et les réfugiés sont systématiquement déshumanisés et marginalisés au Liban, dans la vie comme dans la mort.  »

      Selon Farah Salka, le Liban devrait se préparer à changer  : «  J’espère qu’aucune nouvelle femme ne viendra en tant que travailleuse domestique avant qu’on ne répare tout ça. J’espère que le Liban sera prêt, parce que c’est horrible. Si nous n’apprenons pas maintenant, je ne sais pas quand ou si nous pourrons apprendre.  »

      https://www.axellemag.be/beyrouth-les-travailleuses-domestiques-veulent-rentrer-chez-elles

  • « Cash Investigation ». Egalité hommes femmes : balance ton salaire - France 2 - 19 mai 2020 - En replay
    https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-2/cash-investigation/cash-investigation-du-mardi-19-mai-2020_3939739.html

    « Egalité hommes femmes : balance ton salaire », une enquête de Zoé de Bussierre diffusée mardi 19 mai 2020 à 21 heures sur France 2.

    #inégalité #salaire #genre #travailleuses

  • #Féminisme : des Allemandes présentent la facture de leur #travail_domestique pendant le #confinement | Euronews
    https://fr.euronews.com/2020/05/14/feminisme-des-allemandes-presentent-la-facture-de-leur-travail-domestiq

    Cette initiative a provoqué une polémique très violente sur Twitter. De nombreux utilisateurs ont critiqué ces mères « qui ne veulent pas s’occuper de leurs enfants » et qui voient ces derniers « comme un fardeau qui doit être compensé financièrement ».

    Kai Whittaker, un député de la CDU, le parti d’Angela Merkel, a été beaucoup plus virulent, mettant en doute l’intelligence de ces femmes.

  • Télétravail : le rêve qui a viré au cauchemar pour de nombreux salariés confinés
    https://www.bastamag.net/teletravail-burn-out-insomnies-accord-interprofessionnel-vie-privee-heures

    Explosion de la charge de travail, absence d’horaires et de coupure entre vie professionnelle et vie privée, pressions supplémentaires, manque de pauses, insomnies, délitement du lien social… Les syndicats demandent la mise en place d’accords interprofessionnels sur le télétravail. Dans l’entreprise d’Emmanuelle*, le télétravail a toujours été « contre-culturel ». Malgré une demande croissante des salarié.es ces dernières années, le grand groupe du luxe et de la mode dans lequel elle exerce s’y est (...) #Décrypter

    / A la une, #Syndicalisme, #Transformer_le_travail, #Conditions_de_travail

    • Il y a là d’autres sujets que le télétravail :
      –le #chômage_partiel pas respecté parce qu’il ne correspond pas à une baisse des revenus ni de la charge de travail mais à un effet d’aubaine pour les entreprises aux dépens de la collectivité qui raque ;
      (Là je viens de prendre un appel d’une des bénévoles de mon asso, elle m’a demandé si je travaillais aujourd’hui, j’ai dit non, aujourd’hui je suis au chômage technique et je bosse vendredi, elle m’a dit à vendredi, c’est comme ça dans l’idéal !)
      –la montée en responsabilité et l’intensification qui s’ensuit de la charge de travail sans changement de statut ni reconnaissance du travail d’encadrement (en tout cas quand il est féminin et perçu comme « naturel » aux femmes)
      –le non-respect des horaires de travail et le #surtravail organisé (donc en partie #travail_gratuit).

      Ça, c’est « seulement » des effets d’aubaine (l’exploitation féroce des conditions actuelles) dans un mouvement à long terme de refus de payer les gens pour leur boulot.

      Ce que je trouve intéressant, c’est ce qui tient au #télétravail en tant que tel :
      –le défaut d’encadrement par la présence sur place et la responsabilité accrue de l’employé·e ;

      « Au début, il faut prouver qu’on télétravaille donc on ne prend pas de pause. On se sent coupable de simplement se faire un thé ou de discuter avec son conjoint », confie Emmanuelle.

      –l’isolement ;

      Là réside, aux yeux de Danièle Linhart, l’un des principaux risques inhérents au télétravail. Pour cette sociologue du travail et directrice de recherche émérite au CNRS, ce dernier pousse à « une sorte de déréalisation de l’activité » : « Celle-ci devient de plus en plus virtuelle, fictive, et perd par conséquent de son sens, de sa finalité. » Pour elle, le lien aux autres est une dimension essentielle du travail, aujourd’hui mise de côté

      –les conditions matérielles très différentes (la pauvre chaise vs. le fauteuil ergonomique, c’est pas très bien traité alors que ça fout en l’air les corps) ;

      « Les enfants ne comprennent pas que je sois là mais que je ne puisse pas être avec eux. J’ai fini par trouver une pièce un peu cachée pour télétravailler, qu’ils ont fini par trouver. J’avais aussi un espace dehors mais dès qu’il pleuvait ça se compliquait. Je bossais sur un coin d’herbe où je pouvais avoir le wifi, donc j’ai très mal au dos. J’en ai en fait plein le dos, littéralement. »

      –et puis la particularité du travail des #femmes #travailleuses.

      Selon l’enquête de l’Ugict-CGT, 81% des télétravailleurs qui ont des enfants ont dû les garder tout en travaillant. La fermeture des écoles s’est par ailleurs traduite pour 43% des femmes en télétravail par plus de 4 heures de tâches domestiques supplémentaires. « On ne peut pas télétravailler tout en s’occupant de ses enfants. C’est une catastrophe, notamment pour les femmes », alerte Sophie Binet, co-secrétaire de l’Ugict-CGT.

      C’est un peu en vrac, cet article, mais tout y est. #intéressant

  • Against Empathy by Paul Bloom ; The Empathy Instinct by Peter Bazalgette – review | Books | The Guardian
    https://www.theguardian.com/books/2017/feb/06/against-empathy-paul-bloom-the-empathy-instinct-peter-bazalgette-review

    The basis of Bloom’s argument is that fine feelings, like fine words, butter no parsnips. Feeling your pain is all well and good but not necessarily the best trigger of an effective moral response. Indeed, he argues that an ability to intuit another’s feelings might well be an aid to some dubious moral behaviour. A low score on the empathy index is commonly believed to be a feature of psychopathy, but many psychopaths are supremely able to feel as others feel, which is why they make good torturers.

    Bloom cites the character of O’Brien in Orwell’s 1984, whose capacity to discern his victim’s responses is exquisitely refined: “‘You are afraid,’ said O’Brien, watching his face, ‘that in another moment something is going to break. Your especial fear is that it will be your backbone. You have a vivid mental picture of the vertebrae snapping apart and the spinal fluid dripping out of them. That is what you are thinking, is it not, Winston?’” It is through this facility that O’Brien can divine Winston Smith’s greatest dread (a fear he himself has never articulated), rats, and deploy it to destroy him.
    Psychology professor Paul Bloom.
    Psychology professor Paul Bloom. Photograph: Sarah Lee/The Guardian

    Bloom, it should be said, is not in favour of an indifferent heartlessness. Indeed, his trenchant stand against empathy is an attempt to encourage us to think more accurately and more effectively about our relationship to our moral terms. He pins his colours to the mast of rational compassion rather than empathy, and it is a central tenet of the book’s argument – I think a correct one – that there exists a confusion in people’s minds about the meaning of the two terms.

    Surestimons-nous les vertus de l’empathie ?
    https://theconversation.com/surestimons-nous-les-vertus-de-lempathie-130721

    Cette synchronisation expressive des émotions répond-elle à la compréhension des émotions de la personne souffrante ? Favorise-t-elle l’altruisme ? Permet-elle de lui apporter un soutien ? Pas forcément… Car si l’empathie est censée permettre à l’être humain de se décentrer de soi pour accueillir autrui, de nombreux travaux montrent que ce partage émotionnel empathique n’est pas nécessairement tourné vers l’autre.

    En effet, selon Decety), plusieurs paramètres sont à prendre en compte, notamment la contagion émotionnelle et la prise de perspective. La contagion émotionnelle est une réponse adaptative permettant à l’être humain de partager la souffrance de l’autre, mais celle-ci peut rester superficielle et égocentrée. En effet, un individu peut éprouver le même état affectif qu’un autre, tout en conservant une certaine distance entre lui et autrui. C’est ce que nous observons très tôt chez l’enfant ; où les pleurs d’un nourrisson vont très vite induire chez les autres nourrissons, témoins de la scène, un déclenchement de pleurs.

    NATION ? – Contre la bienveillance, d’Yves Michaud - Nonfiction.fr le portail des livres et des idées
    https://www.nonfiction.fr/article-8378-nation-contre-la-bienveillance-dyves-michaud.htm

    Yves Michaud débusque dans cette injonction à la bienveillance un moralisme qui n’a rien à voir avec la loi républicaine. En cela son propos n’est pas sans rappeler les « expressions dévastatrices » de Hegel à propos de la morale
    , dont il démasquait la bonne conscience égoïste et passive. Mais en plus de faire sombrer les citoyens dans le moralisme, la théorie du Care menace le contrat hérité des Lumières, qui énonçait les règles strictes de l’appartenance à la communauté politique. Yves Michaud promeut donc un retour à Rousseau et à tous ses prédécesseurs qui ont défendu la République contractuelle. Il en appelle également à la Constitution française rédigée en 1793, sans la réduire à la Terreur. Car il ne s’agit pas de s’en tenir à la simple Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Pour l’auteur, ce qui est en danger c’est d’abord le pouvoir souverain du peuple. Ainsi, la théorie du Care, et tous ces efforts pour une bonne conscience doivent être interprétés comme les symptômes de cette mise à mal de la souveraineté politique du peuple, qui ne font que prospérer sur son impuissance.

    Petit fil du groupe JPVernant sur le #care #bienveillance #empathie #travailleuses.
    https://twitter.com/Gjpvernant/status/1260868277275971585

    J’ajoute

    Limites de la bienveillance - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Bienveillance-2

    De bienveillance en attention aux ressentis, le résultat, c’est que le confort des un-es finit peut-être par compter plus que toutes les valeurs que nous défendons. Quitte à broyer les plus fragiles, les différent·es ou celles et ceux qui sont tout simplement minoritaires dans le groupe, alors que l’intention de départ était plutôt de les protéger… Il est peut-être temps de se munir d’outils plus fiables que l’attention aux ressentis pour nous éviter de mal identifier les violences et la domination : non, la violence n’est pas ce qui fait mal (3) mais une relation à l’autre bien spécifique. L’objectif de bienveillance peut inviter plutôt à l’adoption de procédures formelles pour désactiver l’agressivité susceptible de surgir dans le groupe ou bien à une culture de non-violence basée sur l’observation rigoureuse des dynamiques qui le traversent et qu’on peut nommer « rapports de pouvoir ».

  • Eliane Viennot : Le Covid-19 s’attaquerait-il aussi à la langue française ?
    https://christinedelphy.wordpress.com/2020/05/12/eliane-viennot-le-covid-19-sattaquerait-il-aussi-a-la-lan
    https://theconversation.com/debat-le-covid-19-sattaquerait-il-aussi-a-la-langue-francaise-13781

    Car pourquoi le masculin serait-il générique, et pas le féminin ? La réponse existe : parce que ses pouvoirs ont été accrus aux dépens du féminin, de manière délibérée, depuis qu’il existe des gens qui s’autorisent à dire le droit en matière de grammaire et de vocabulaire. Des hommes, jusqu’au beau milieu du XXe siècle.

    Précisons : aucun théoricien n’aurait soutenu, jusqu’en avril 1944, que les femmes sont incluses dans les discours au masculin, car cela aurait impliqué que les droits élaborés pour les hommes étaient valables pour elles aussi. Dans cette phrase, par exemple, qui parle de la loi : « Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation » (Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, art. 6). On sait que pour exercer ce droit, les femmes ont dû attendre la décision du Conseil national de la Résistance. C’est après seulement qu’on a pu prétendre qu’elles étaient incluses dans les mots « citoyen » et « représentant ». C’est donc après seulement que de bonnes âmes ont mis au point la théorie du « masculin générique ».

    Pourquoi cette Une de Corse-Matin, le 12 avril, avec une quarantaine de visages féminins accompagnés de la manchette « On est avec eux » ? Pourquoi ces titres sur « nos héros » ? Pourquoi cette insistance, chez tant de journalistes, à camper sur « Bonjour à tous » ? Et pourquoi cet acharnement à parler du virus qui s’attaque à « l’homme », comme si les femmes étaient épargnées, comme si le mot « humain » n’existait pas depuis des siècles ?

    Deux ans après #MeToo, ces gens savent tout cela, et il est à parier qu’ils n’ont pas digéré ce que visent ces campagnes, à savoir le recul de la domination masculine. On peut parier qu’ils trouvent « autrice » et « maitresse de conférences » ridicules. Et que pour eux le « monde d’après » peut bien continuer d’être dirigé par des hommes, comme l’avouait si bien, le 5 avril, la Une du Parisien. Cependant, contrairement aux femmes qui sont mortes, tuées par le Covid-19 ou par leurs compagnons – puisque le massacre continue, et même s’amplifie à l’occasion du confinement le féminin se relèvera de cette crise, et il poursuivra sa (re)conquête du terrain. La crise aura été, aussi, celle d’une masculinite aiguë difficile à soigner – mais dont on connaît le remède : l’égalité.

    #langue #féminisation #femmes #travailleuses #égalité #domination_masculine

  • Les femmes seront-elles les perdantes de l’après-Covid ? | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/190431/titiou-droits-egalite-femmes-homme-feminisme-apres-crise-pandemie-covid-19-cha

    On peut dire que les femmes ont bien participé à l’effort général. On a été solides. On a été fiables.

    Mais distinguez-vous au loin la belle arnaque qui s’annonce ?

    On la voit déjà partout, alors même que les féministes ne cessent d’alerter sur le sujet. (Vous pouvez aller voir le #coronaviril.) Quels députés ont eu la parole après l’intervention du Premier ministre à l’Assemblée nationale ?

    Il y a aussi eu l’équipe 100% masculine de StopCovid.

    Qui parle du futur ? À la radio, à la télé, dans les journaux, des hommes.

  • ‘I feel like a 1950s housewife’ : how lockdown has exposed the gender divide | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2020/may/03/i-feel-like-a-1950s-housewife-how-lockdown-has-exposed-the-gender-divid

    It doesn’t matter whether a woman is working from home, working outside the home or not working at all: the research reveals she is typically spending at least an extra hour-and-a-half on childcare and home schooling every day, compared to the average man in the same circumstances.

    The research, carried out by economists from the universities of Cambridge, Oxford and Zurich between 9 and 14 April, indicates that a woman who is at home – whether or not she is formally working – is affected by this gender divide. Both employed and unemployed mothers are typically spending around six hours providing childcare and home schooling every working day. By contrast, the average father at home is only spending a little over four hours on childcare and homeschooling each working day, regardless of his employment status.

    “Whatever situation you have, on average it’s the woman doing more, and it’s not because she’s working less” says Dr Christopher Rauh, an economist at Cambridge University.

    The gender divide is even larger in high-income households.

    At the same time, there is evidence that women’s contributions outside the home are decreasing. There has been a drop in the number of solo-authored academic papers submitted by women, while submissions by male academics have increased. Similarly, at the Philosophy Foundation, the majority of the organisation’s work is now being carried out by men. “This is because most of our female philosophers are having to focus on childcare and home education” says co-CEO Emma Worley.

    cc @cdb_77
    #travailleuses #travail_gratuit #couple #famille

  • Masques en tissu : des costumières s’organisent pour sortir du travail gratuit — Entretien avec Annabelle Locks : Agir par la culture
    https://www.agirparlaculture.be/masques-en-tissu-des-costumieres-sorganisent-pour-sortir-du-travail

    Depuis le début de la crise poli­ti­co-sani­taire liée à la pan­dé­mie du Covid19, des cou­tu­rières ne cessent d’être mobi­li­sées à coup de larges appels à fabri­ca­tion béné­vole de masques en tis­su éma­nant de pou­voirs publics pei­nant à éla­bo­rer d’autres solu­tions pour pal­lier leur incu­rie et les pénu­ries de pro­tec­tions. Anna­belle Locks avait lan­cé l’alerte sur les condi­tions dans les­quelles se mènent ces opé­ra­tions qui font tra­vailler de nom­breuses femmes gra­tui­te­ment depuis chez elles et sans cadres. Cos­tu­mière, elle ini­tie aujourd’hui le pro­jet « Les­mas­ques­de­bruxelles » , un col­lec­tif « fémi­niste et mixte qui réunit cos­tu­mières et livreuses, ain­si que des hommes char­gés de la col­lecte de tex­tiles et des com­mandes » et qui vise ali­men­ter Schaer­beek en masques. Réflexions sur la condi­tion de cou­tu­rière à l’ère du coro­na­vi­rus alors que les masques sont deve­nus aujourd’hui des pro­duits de pre­mière néces­si­té et le sym­bole d’une ges­tion gou­ver­ne­men­tale désas­treuse. Mais aus­si sur ce que de nou­veaux pro­jets soli­daires peuvent faire naitre d’espoirs et pré­parent un après plus dési­rable.

    Comment en êtes-vous arrivée à fabriquer des masques en tissus

    C’est d’abord une colère face à la situa­tion et face à ce large appel à des béné­voles pour fabri­quer des masques en tis­su. La pre­mière étape a été très théo­rique, ça a pris la forme de la rédac­tion de l’article inti­tu­lé « Lutte contre le coro­na­vi­rus : si les femmes s’arrêtent, les masques tombent » avec la jour­na­liste Manon Legrand et paru dans le maga­zine Axelle. https://www.axellemag.be/coronavirus-femmes-confection-masques C’est une réflexion autour des condi­tions dans les­quelles les masques sont fabri­qués en Europe face à la pénu­rie. Son tra­vail de jour­na­liste a énor­mé­ment comp­té dans l’énergie et le cré­dit que ça m’a don­né. Grâce à ce pre­mier tra­vail, j’ai tel­le­ment été inves­tie de cette idée qu’il fal­lait à tout prix faire tra­vailler des femmes avec des contrats et des condi­tions dignes que je me suis mise à le faire ! Pour moi, c’est très clair : si ce n’est pas payé et sans contrats, je pré­fère autant res­ter chez moi à lire ma biblio­thèque fémi­niste. Petit à petit, ça a pris de l’ampleur, j’ai consti­tué une équipe, on va for­mer pro­chai­ne­ment une ASBL et faire des contrats.

    Je me suis assez rapi­de­ment oppo­sée au fait que des pro­fes­sion­nelles réa­lisent des masques béné­vo­le­ment. Le métier de cos­tu­mier est par nature pré­caire, fait de CDD, nos contrats ont été annu­lés et face à la crise, nous avons un savoir-faire utile à la socié­té. En tant que professionnel·les, nous devons être rému­né­rées pour cette acti­vi­té. En revanche, je ne m’oppose évi­dem­ment pas aux béné­voles qui cousent des masques de bon cœur et dont la situa­tion finan­cière et maté­rielle le per­met. C’est même très beau que celles et ceux qui le peuvent, le fassent. Je sou­haite tou­te­fois aler­ter sur le risque de sur­me­nage pour cer­taines qui se sentent inves­ties d’une mis­sion immense : puisqu’il faut des mil­lions de masques, cer­taines tra­vaillent des heures impos­sibles, et ce, béné­vo­le­ment. On a d’ailleurs déjà vu quelques cas de burn-out chez les béné­voles. Dans notre col­lec­tif, nous res­pec­tons des horaires accep­tables et même si la cadence est intense, nous posons les limites de ce que nous accep­tons de pro­duire chaque jour.

    On peut en effet se demander pourquoi les pouvoirs publics (Régions et communes) demandent à des femmes de coudre des masques systématiquement bénévolement, comme si c’était une évidence. Pourquoi devrait-on forcément travailler gratuitement quand il s’agit de masques en tissu ?

    Parce que 95% des per­sonnes qui fabriquent des masques sont des femmes ! D’ailleurs, quand des appels à cou­tu­riers sont lan­cés, ils sont tou­jours adres­sés aux « cou­tu­riEREs » béné­voles et jamais aux cou­tu­riERs. Si c’était des hommes qu’on mobi­li­sait pour la pro­duc­tion d’un pro­duit de pre­mière néces­si­té, je doute qu’on fasse appel à leur gen­tillesse et à leurs géné­ro­si­tés sup­po­sées. Toute cette notion du care, du soin, est attri­buée aux femmes. Dans l’imaginaire col­lec­tif, cela revien­drait à nous, les femmes, de prendre la res­pon­sa­bi­li­té de ce genre de chose… Même si très curieu­se­ment, on peut consta­ter le contraire dans le choix de l’illustration d’articles de presse sur le sujet : des pho­tos prises dans des ate­liers où seuls des hommes s’affairent der­rière des machines à coudre…

    https://seenthis.net/messages/847324
    https://seenthis.net/messages/832910

    #costumières #femmes #travail_des_femmes #salaire #Care #Soin #prévention #Travail_gratuit travail_invisible #masques

  • The pandemic and the female academic
    https://www.nature.com/articles/d41586-020-01135-9

    Still, I am a social demographer who studies how families manage household and paid work. I often focus on academic and professional women, and now I feel as if I am my own subject. I am already working with colleagues to set up interviews and an online ethnography study.

    This pandemic can teach some of us an important lesson: mothers and fathers together are facing a short-term reorganization of care and work time. In the long run, these changes in productivity will affect careers. Those with fewer care duties are aiming for the stars. Will anyone in the academic community take into account our unbalanced approach to family care and work? No. All of us will participate together in open competition for promotion and positions, parents and non-parents alike.

    #égalité_professionnelle #recherche #ESR #charge_mentale #travail_domestique #travailleuses

  • Le travail domestique est la matrice pour penser le travail gratuit. Réflexions sur les frontières du travail avec Maud Simonet

    par Julia Burtin Zortea et Lucie Gerber

    https://pantherepremiere.org/texte/le-travail-domestique-est-la-matrice-pour-penser-le-travail-gratui

    "Alors que la gestion de la pandémie de COVID-19 accélère les dynamiques de mise au travail de certaines catégories de population par l’État sans contrepartie financière (ou si peu), nous vous proposons la lecture de cet entretien avec la sociologue Maud Simonet publié dans le dernier numéro de Panthère Première (printemps-été 2020), paru juste avant le confinement.

    Justifié par les rhétoriques du « sacrifice national », du « civisme » et de l’ « altruisme », le recours au travail gratuit (ou quasi gratuit) des étudiant·es infirmier·es, des réfugié·es et des milliers de femmes qui cousent des masques à domicile met en lumière un phénomène structurel. Pour comprendre les logiques à l’œuvre, la sociologue Maud Simonet, auteure de l’ouvrage Travail gratuit : la nouvelle exploitation ? (Éditions Textuel, 2018) propose de revenir à la critique féministe du travail domestique."

    #travail_gratuit #travail_domestique #état #maud_simonet

  • Des centaines de millions de travailleurs pourraient sombrer dans une profonde pauvreté
    https://www.bastamag.net/Covid19-Travail-Chomage-Monde-Revenus-OIT

    L’Organisation internationale du travail appelle à des mesures politiques au niveau mondial. La Confédération syndicale internationale demande la création d’un fonds mondial de protection sociale universelle pour les pays les plus pauvres. En France, 5,8 millions de salariés sont au chômage partiel pour cause d’épidémie de coronavirus, a annoncé la ministre du Travail le 7 avril. L’Organisation internationale du travail a de son côté décompté que les mesures de confinement total ou partiel touchent (...) En bref

    / #Syndicalisme, Quel avenir pour nos protections sociales ?, #Revenus

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?

  • Des ordis, des souris et des hommes – Binge Audio
    https://www.binge.audio/des-ordis-des-souris-et-des-hommes

    Pourquoi les personnes qui aujourd’hui inventent, codent, designent, programment les logiciels, les algorithmes, les applications, et les machines que nous utilisons tous les jours sont-elles en très grande majorité des hommes ? Qu’y a-t-il de si masculin en informatique ? Comment, alors que l’informatique était un secteur mixte jusque dans les années 80, est-elle devenu un truc de mecs ?

    Quelles politiques efficaces mettre en place pour que que ce domaine devenu indispensable à nos vies devienne enfin mixte ?

    Entretien avec Isabelle Collet, informaticienne, enseignante-chercheuse à l’université de Genève, et autrice de « Les oubliées du numérique » (Le Passeur, 2019).

    Je ne saurais trop recommander cette émission qui, non contente d’exposer des trucs très intéressants sur #femmes et #informatique, explose les stéréotypes... sur les stéréotypes de genre et ouvre des pistes assez bien vues pour atteindre l’#égalité_professionnelle.
    #travailleuses
    cc @sandburg

  • Bella Ciao delle mondine - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=1lRL_4IyaQE

    Bella ciao (delle mondine)
    Alla mattina appena alzata
    O bella ciao, bella ciao, bella ciao, ciao ciao
    Alla mattina appena alzata
    in risaia mi tocca andar.

    E fra gli insetti e le zanzare
    O bella ciao…
    E fra gli insetti e le zanzare
    duro lavoro mi tocca far.

    Il capo in piedi col suo bastone
    O bella ciao…
    Il capo in piedi col suo bastone
    e noi curve a lavorar.

    O mamma mia, o che tormento!
    O bella ciao…
    O mamma mia, o che tormento
    io ti invoco ogni doman.

    Ma verrà un giorno che tutte quante
    O bella ciao…
    Ma verrà un giorno che tutte quante
    lavoreremo in libertà.

    Je découvre l’histoire de « Bella ciao », un chant de femmes #travailleuses, les mondine ou repiqueuses de riz.
    #Italie #riziculture #chanson_populaire

  • Le harcèlement sexuel en milieu professionnel : l’exemple du métier d’employée domestique
    #travail #genre #harcèlement #sexualité

    https://sms.hypotheses.org/23570

    À partir d’octobre 2017, le hashtag #Meeto s’est répandu sur la toile de manière virale. Inventé en 2006 par la travailleuse sociale Tarana Burke, sa reprise par Alyssa Milano a permis de dénoncer et de rendre publiques les agressions sexuelles d’Harvey Weinstein. Décliné dans de nombreuses langues, il a permis de lever le voile sur la banalité du harcèlement sexuel dans les milieux professionnels.

    Ce sont des personnalités, femmes célèbres du monde du cinéma, de la musique, du sport, qui ont fait de ce hashtag un symbole féministe, permettant à la peur « [de] changer de camp ». Au regard de cet unanimisme, la situation d’autres femmes, notamment du milieu populaire new-yorkais, semble avoir rencontré moins d’échos, si l’on songe par exemple à l’affaire du « Sofitel ». Elle a opposé, en 2011, Nafissatou Diallo une femme de chambre de l’hôtel de luxe à un homme politique français (Dominique Strauss-Kahn), alors directeur du Fonds Monétaire International (...)

  • Réforme des retraites : l’exécutif revoit sa copie sur les droits familiaux et conjugaux
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2020/02/15/retraites-l-executif-revoit-sa-copie-sur-les-droits-familiaux-et-conjugaux_6


    Une militante lors de la manifestation contre la réforme des retraites à Toulouse, le 9 janvier.
    ULRICH LEBEUF / MYOP POUR « LE MONDE »

    Jusqu’au dernier moment, l’exécutif aura introduit des changements dans sa réforme des retraites. A trois jours du début de l’examen en séance du projet de loi instaurant un système universel à l’Assemblée nationale, le sommet de l’Etat, sous pression de sa majorité sur ce sujet, a souhaité revoir sa copie en matière de droits familiaux et conjugaux afin que « ces nouveaux droits » puissent « réellement profiter aux femmes », selon Christelle Dubos, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn. Une série de mesures a été annoncée, vendredi 14 février, au terme d’une réunion entre une délégation de parlementaires de la majorité et plusieurs membres du gouvernement.

    Le projet de loi modifie en profondeur les différentes règles régissant actuellement les droits familiaux pour les fondre dans un mécanisme unique. Il prévoit qu’à l’avenir, une majoration en points de 5 % sera accordée aux parents et ce dès le premier enfant. Un supplément de 2 % sera également attribué aux familles de trois enfants et plus. Jusqu’à présent, cette bonification était allouée par défaut à la mère mais pouvait être partagée entre les parents avant les quatre ans et demi de l’enfant. « A la suite de nos échanges, il nous est apparu que les situations des mères devaient être mieux sécurisées », a souligné Mme Dubos.

    Les droits familiaux fléchés par défaut à la mère
    Le gouvernement a donc décidé que la moitié de cette majoration – soit 2,5 % par enfant – irait automatiquement à la mère au titre de la maternité, sans possibilité de partage. Les 2,5 % restant, octroyés au titre de l’éducation de l’enfant, pourront toujours être répartis entre les deux parents mais resteront fléchés, par défaut, à la mère. En outre, les femmes aux faibles revenus pourront bénéficier d’une « garantie minimale de points » de retraite, la majoration de 2,5 % par enfant ne pouvant être inférieure à un forfait plancher qui sera défini par décret et accordé sous condition d’une durée minimale travaillée, a précisé la secrétaire d’Etat.

    • « A la suite de nos échanges, il nous est apparu que les situations des mères devaient être mieux sécurisées »

      mais malgré le bidouillage, il reste que c’est plus intéressant pour les couples de donner l’avantage à la personne qui gagne le plus, donc on sécurise la moitié de 5 % mais on laisse l’autre au marché (la décision conjugale) dont on sait qu’il est inéquitable ? C’est assez pathétique, de présenter comme une réforme de fond (de dernière minute) un microscopique changement comme ça alors que depuis trois mois des féministes livrent des argumentaires très convaincants sur les femmes pas #grandes_gagnantes et qu’il est aussi possible de consulter en amont, tiens.

      La preuve qu’on ne réfléchit pas mieux sur son Olympe... #monarchie #retraites #travailleuses

  • On Arrête Toutes | C’est la grève féministe
    http://onarretetoutes.org

    Dans le monde entier , les femmes luttent et ont toujours lutté. C’est ainsi qu’elles ont pu faire progresser notoirement leur condition. Mais les attaques se multiplient : nous disons haut et fort stop !

    Stop à la précarité, à la surexploitation, aux bas salaires, aux discriminations, au racisme. Stop d’assumer presque seules les tâches domestiques, l’éducation des enfants, le soin aux plus ancien•nes. Stop au capitalisme néo libéral qui fait disparaître nos services publics : hôpitaux, maternités, écoles…. Stop aux injures, aux coups, aux violences gynécologiques et obstétricales, au harcèlement, aux viols, aux assassinats, aux féminicides. Stop aux fermetures des centres d’interruption volontaire de grossesse et aux attaques incessantes contre l’avortement. Stop aux logements indécents, aux personnes sans domicile fixe. Stop au refoulement aux frontières de l’Europe des femmes, des enfants et des hommes exilé-es de pays en guerre. Stop de voir la planète livrée aux multinationales et aux lobbies prédateurs capitalistes,

    Notre rôle est fondamental dans la société : si on s’arrête, tout s’arrête. Nous avons l’arme de la grève contre le patriarcat. Le 8 mars, c’est la grève féministe ! Le 8 mars, #OnArrêteToutes

    #grève des #travailleuses

  • Quels axes pour une protection sociale dans une perspective féministe ? – Le blog de Christine Delphy
    https://christinedelphy.wordpress.com/2020/02/05/quels-axes-pour-une-protection-sociale-dans-une-perspecti

    Le système de protection sociale était basé sur des droits acquis au titre d’une activité professionnelle et sur la conception patriarcale de la société en vigueur à l’époque. Le modèle, en effet, est celui de l’homme « gagne-pain » et de la femme au foyer qui assure la gestion de la famille. L’ordonnance de 1945 instaure ainsi une Sécurité sociale qui considère « les travailleurs et leurs familles ». L’homme, travailleur, a des droits propres à la protection sociale. C’est lui qui ouvre l’accès à ces droits pour l’ensemble de la famille. La femme au foyer bénéficie de droits dérivés, liés au statut d’épouse. Elle est considérée, au même titre que les enfants, comme étant à charge de son mari. C’est une logique qui institutionnalise la dépendance des femmes par rapport à leur mari. Le système de protection sociale, en validant ainsi les inégalités entre les sexes, est largement responsable de leur reproduction. Il doit désormais être fondé sur une logique d’égalité.

    Le système actuel doit donc être transformé pour fournir une protection suffisante à toute personne, femme comme homme, quel que soit son parcours professionnel.

    On peut considérer le cas des retraites : le calcul de la pension y basé sur le modèle masculin de carrière, ce qui défavorise les personnes aux carrières courtes, en majorité les femmes. Malgré l’intégration, au fil du temps, de dispositifs familiaux pour (tenter de) prendre en compte les carrières morcelées des femmes, leur pension moyenne, tout compris, ne représente que 69% de celle des hommes. Ces dispositifs, outre être insuffisants pour réellement réduire les inégalités de pension entre femmes et hommes, n’agissent en rien sur la cause de ces inégalités : pire, ils contribuent à les pérenniser puisqu’ils valident la division sexuée des rôles qui en est responsable3.

    Rappelons que la conception française de l’impôt sur le revenu est basée, de la même manière, sur une conception familialiste. En définissant le ménage comme l’unité de base d’imposition, elle ne satisfait pas à l’exigence d’égalité. En effet, par rapport à une imposition individuelle des personnes, l’imposition commune du couple marié ou pacsé – c’est le dispositif de quotient conjugal – provoque l’augmentation du taux d’imposition effectif du conjoint à faible revenu, et à l’inverse la diminution du taux d’imposition du conjoint au revenu le plus fort4. Comme les revenus les plus faibles sont le plus souvent ceux des femmes, l’imposition commune agit comme une discrimination indirecte envers elles. Le quotient conjugal pénalise aussi les célibataires et les personnes en union libre par rapport aux couples, et les femmes en emploi par rapport aux femmes au foyer.

    Tout d’abord, il ne s’agit pas d’obliger les femmes à « travailler », mais simplement et, a minima, de ne pas les en dissuader. Or, c’est ce que font les normes sociales sur les rôles sexués dissymétriques, les politiques familiales les incitant au retrait d’activité pour s’occuper des enfants, ou encore le mode d’imposition du couple qui agit comme un frein à leur emploi. Ensuite, l’idée qu’il faudrait défendre un libre choix pour les femmes en couple d’être au foyer ou non relève d’une conception patriarcale néfaste et périmée. On en déplore aujourd’hui les conséquences, à travers la multiplication des situations de précarité des femmes après un divorce, une séparation ou lors de la retraite, et même la pauvreté des mères seules avec enfants. Curieuse liberté que celle qui enracine la dépendance des femmes mariées, et qui conduit de plus en plus souvent à la précarité !

    Le travail a une dimension contradictoire : c’est certes une source d’aliénation, mais c’est aussi un facteur essentiel d’intégration sociale. Derrière l’emploi, outre l’accès à un revenu, il y a une participation à la vie sociale qui reste considérée comme nécessaire pour ne pas se sentir exclu·e de la société. Le principe d’une protection sociale maintenant un lien idéologique avec l’emploi ne sera donc pas restrictif si l’on veille à en étendre l’accès à toutes les situations avant un premier emploi, au chômage entre deux emplois et à la retraite.

    #femmes #travailleuses #retraite #protection_sociale #chômage #revenu_garanti #emploi #revenu

  • Why Gen X Women Aren’t Sleeping | HuffPost
    https://www.huffpost.com/entry/why-we-cant-sleep-ada-calhoun_n_5e0f9520c5b6b5a713ba0fc7?guccounter=1&guce

    Hundreds of women wrote to me and said, me too! There was this looming sense that there was something wrong, and that they didn’t have a name for it. I was like, you’re all not crazy.

    You didn’t imagine that housing costs are really high. You didn’t imagine that you’re facing a much tougher economy than your parents did when they were your age. One statistic that stood out was that we only have a one in four chance of out-earning our boomer fathers. One in four? With all this education and Title IX and our mothers being like, you go be a doctor, it still didn’t happen for us. It’s not happening. So it’s not like we just individually failed. It’s like, there were some forces at work.

    It’s funny, I wrote this question down before I got to the part in the book when you meet a woman who goes to Sweden and discovers midlife utopia. I feel like every article about Scandinavia is about how perfect it is for families and women in general. Do you ever feel like the systems in place there are replicable here? I feel like the Gen X experience is very specific to America.

    I think so. I don’t know enough about other countries and how they work, but I do know it’s hard to pull off the things Gen X women are trying to pull off, and if they had any support at all from any corner, it would probably make things a little better. The friend who went to Sweden got there and found she didn’t have to worry about health care or child care. I think that wherever the support comes from, getting support is always good because the burden can be so big. It definitely doesn’t get rid of menopause, it doesn’t get rid of feeling like we are becoming more invisible or feeling things narrowing, but if you take a couple things off the plate, it gets a little more manageable.

    #sommeil #pauvreté #femmes #travailleuses #famille
    @touti @monolecte ça devrait vous intéresser... @reka pour la partie sur la Scandinavie, que je poste pour illustrer les causes sociales et politiques de ces problèmes « intimes » ou « psychologiques ».

    • Elizabeth Wurtzel and the Illusion of Gen-X Success - The New York Times
      https://www.nytimes.com/2020/01/10/nyregion/elizabeth-wurtzel-gen-x.html

      In the early 1990s, when Elizabeth went from Harvard to The New Yorker to the outsize success of her first memoir, “Prozac Nation,’’ it was still reasonable to believe that the right combination of talent, drive and intellectual privilege would sustain a long, materially comfortable New York life in the arts, in publishing, in the academy. This was not merely youthful delusion; there were validating examples everywhere.

      Book parties, then the center of literary social life, dependably provided them. Invariably, they were thrown at the large apartments of marginally older writers, editors, agents, humanities professors — people who managed to parlay an early interest in Willa Cather or the Franco-Prussian War into a bohemian affluence that seemed to operate at a level of cruise control.

      The stressors now so palpably afflicting the creative class — how to pay for a child’s college education, or clarinet lessons, or a party without plastic cups — were nowhere in evidence. In the last decades of the 20th century, you were more likely to encounter a meerkat on West Broadway than a cash bar at a party for a hot first novel. It was easy to assume that real adulthood would take care of itself.

      Technology changed everything, of course. Magazines disappeared; editorial contracts shrunk; streaming meant that writing for film or television was no longer likely to make you rich. Writing books was just going to make you poor. Fashion, once the purview of art, became the property of Instagram. All of these profound reversals crashed up against the hard metrics of the city’s soaring housing market.

      In her new book, “Why We Can’t Sleep: Women’s New Midlife Crisis,’’ the writer Ada Calhoun delves into the professional and financial anxieties of women in their 40s and 50s, beginning with an account of her own challenges. Faced with the high cost of her family’s third-tier health care plan, the untenable nature of freelance life and mounting credit-card debt, she goes out looking for a “job-job,’’ only to find a teaching position for a six-week class that pays $600.

      These dispiriting stories are everywhere.

      Now in her 50s, she was living with her parents and working as a sales assistant at a J. Crew in a mall in New Jersey for minimum wage. She felt lucky.

      After “Prozac Nation’’ sold many thousands of copies and was adapted into a movie, and after she followed up with two more memoirs, Elizabeth Wurtzel went to law school in her 30s. Along with so many others on the same path, she amassed debt doing it.

  • Female Surgeons Are Still Treated as Second-Class Citizens - Scientific American Blog Network
    https://blogs.scientificamerican.com/voices/female-surgeons-are-still-treated-as-second-class-citizens

    As a male surgeon, I am mortified that the profession allows my female colleagues to be treated like second-class citizens. I have watched women surgeons get bullied, harassed and discriminated against by their male counterparts. I have seen a countless number of their careers crumble in front of my eyes. I have seen their tears. I have seen them go into a deep hole of depression and never come back. And I have done nothing about it.

    #santé #médecine #discrimination #genre #travailleuses #harcèlement #sexisme
    Je ne suis pas fan de la comparaison avec la population générale dont les chirurgiennes seraient une sous-classe parce que leurs rémunérations restent un peu plus élevées (!) que celles de la moyenne des travailleuses et travailleurs...

  • Impact of Cleaning Products on Women’s Lungs as Damaging as 20-a-Day Cigarette Habit: Study
    https://www.newsweek.com/impact-cleaning-products-lung-health-bad-20-day-cigarette-habit-study-8102

    Scientists at Norway’s University of Bergen tracked 6,000 people, with an average age of 34 at the time of enrollment in the study, who used the cleaning products over a period of two decades, according to the research published in the American Thoracic Society’s American Journal of Respiratory and Critical Care Medicine.

    They found that lung function decline in women who regularly used the products, such as those who worked as cleaners, was equivalent over the period to those with a 20-cigarette daily smoking habit.

    The results follow a study by French scientists in September 2017 that found nurses who used disinfectants to clean surfaces at least once a week had a 24 percent to 32 percent increased risk of developing lung disease.

    #pollution #nettoyage #femmes_de_ménage #travailleuses #santé_au_travail

    (C’est un article qui a deux ans.)

  • Les femmes grandes gagnantes ? Lol ! - ~ le mouvement
    https://lemouvement.ong/appeldesgrandesgagnantes

    Edouard Philippe l’a dit : les femmes seront les « grandes gagnantes » de la réforme des retraites. Aucun chiffre, aucune simulation pour le démontrer. Ayez confiance.

    Sauf que nous nous sommes plongées dans sa réforme et qu’il y a un paquet de problèmes pour les femmes. La retraite serait désormais calculée en prenant en compte l’ensemble de la carrière et non plus les meilleures années. Plus possible de neutraliser les périodes de temps partiel, le chômage ou les interruptions pour prendre en charge les enfants et les personnes dépendantes. Les majorations pour enfants seraient une nouvelle fois rognées. Les pensions de réversions excluraient désormais les couples divorcés et seraient accessibles seulement une fois à la retraite. Les professions dans lesquelles les femmes sont concentrées paient un lourd tribut : plus de reconnaissance de la pénibilité et de départ avant 62 ans pour les 400 000 aides soignantes, infirmières et sage-​femmes, effondrement de la retraite des 600 000 enseignantes…

    Le premier ministre l’a martelé : « il faudra travailler plus longtemps ». Pourquoi ? Parce que le principe de la réforme est de bloquer le financement de notre système de retraite à son niveau actuel, 14% du PIB, alors que la proportion de retraité·es dans la population augmente. Ce plafonnement se traduira notamment par le retour du risque de pauvreté chez les retraité.e.s âgé.e.s, en grande majorité des femmes.

    Pourtant, l’indépendance économique est une condition indispensable pour l’émancipation, pour pouvoir faire ses choix de vie et quitter son conjoint si on le souhaite. Nous demandons le retrait de cette réforme sexiste. Nous voulons une réforme des retraites féministe qui repose au contraire sur la réduction du temps de travail, l’égalisation des salaires, le renforcement de l’activité professionnelle des femmes, et permettre aux femmes comme aux hommes d’avoir une retraite complète tout en ayant du temps pour leur vie sociale et familiale.

    #retraites #femmes #travailleuses