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    Pas-de-Calais : deux migrants meurent lors d’une tentative de traversée de la Manche
    Par La rédaction Publié le : 05/10/2026
    Deux hommes ont péri, dans la nuit de dimanche à lundi, alors qu’ils tentaient de rejoindre le Royaume-Uni en traversant la Manche à bord d’un méga boat. Deux femmes, du même bateau, ont été hospitalisées en urgence relative. Ce nouveau drame porte à 24 le nombre de morts depuis janvier dans la Manche.Les drames s’enchaînent ces derniers jours dans la Manche. Dans la nuit de dimanche 4 à lundi 5 octobre, deux migrants, âgés d’une trentaine d’années pour l’un et d’une quarantaine d’années pour l’autre, ont péri lors d’une tentative de traversée. au large de Berck, dans le Pas-de-Calais. Une enquête a été ouverte par le parquet de Boulogne-sur-Mer pour déterminer les circonstances de ces deux nouveaux décès.Deux femmes, originaires du Soudan selon La Voix du Nord, présentant des « brûlures sur une grande partie du corps » ont par ailleurs été hospitalisées en urgence relative, a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais.L’une d’elle présentait des brûlures chimiques aux jambes, précise le média local, causées par le mélange d’eau de mer et d’essence à l’intérieur du bateau. L’autre avait du mal à respirer, « probablement après avoir inhalé des vapeurs d’essence », toujours d’après La Voix du Nord.Ces migrants avaient pris place dans un méga boat d’environ 120 personnes, qui avait pris le large dimanche soir depuis la plage du Terminus à Berck. Une vingtaine d’exilés ont été laissés dans l’eau, n’ayant pas pu embarquer dans le canot surchargé.
    La semaine dernière, un autre drame s’est joué dans la même zone maritime : lundi 28 septembre, un enfant de 10 ans et deux femmes d’une trentaine d’années sont décédés dans la Manche en tentant de rallier de manière irrégulière le Royaume-Uni."D’après les premiers éléments de l’enquête, il semblerait que les décès aient été provoqués par un piétinement", avait déclaré la préfecture dans un communiqué.
    Quelques jours plus tôt, le 24 septembre, les corps de deux hommes avaient été retrouvés sur des plages du Pas-de-Calais, suite à des tentatives de traversées de la Manche. La veille, la dépouille d’un autre migrant avait aussi été découvert sur une plage de la région, ramené par les vagues jusqu’au rivage après une tentative de départ clandestin vers l’Angleterre.Au total depuis le début de l’année, 24 exilés ont péri en mer à la frontière franco-britannique.
    Ce week-end, de nombreux départs ont été recensés le long du littoral en raison de conditions météorologiques favorables, affirme La Voix du Nord, qui ajoute que 26 personnes ont été prises en charge pour hypothermie, dont 11 en hypothermie sévère.Selon les chiffres du ministère britannique de l’Intérieur, 164 migrants sont arrivés au Royaume-Uni samedi, et 91 vendredi - les données de dimanche n’étaient pas encore disponible au moment de la publication de cet article.Face au renforcement des contrôles dans le nord, les départs se font de plus en plus au sud. Dans la nuit de samedi à dimanche, environ 130 exilés ont embarqué sur un canot pneumatique depuis le Cotentin (en Normandie). Le bateau a été surveillé par les autorités françaises jusqu’à son arrivée dans les eaux britanniques. Début septembre, une autre embarcation était aussi de partie de la région, à 70 km plus au nord, dans le Calvados. Les migrants ont navigué plus de 30 heures dans la Manche avant de fouler le sol britannique.
    Cette zone normande se trouve à environ 150 km de l’Angleterre, contre 45km depuis Calais.Les services de l’État ont alerté le 18 septembre au sujet de la hausse des tentatives de traversées clandestines transmanche depuis le département de la Seine-Maritime.
    Au 15 septembre, la préfecture de région avait recensé 56 tentatives de départ depuis le début de l’année, contre seulement 31 sur l’ensemble de l’année 2025. Reste que depuis janvier, le nombre d’arrivées au Royaume-Uni a nettement reculé, avec près de 20 000 migrants arrivées au Royaume-Uni, soit une baisse de plus de 40% par rapport à la même période en 2025, selon les chiffres officiels britanniques.

    #Covid-19#migration#migrant#france#sante#mortalite#manche#traversee#megaboat#pasdecalais

  • Drame en mer : un bébé de 2 ans jeté à l’eau à cause de ses pleurs, sous les yeux de sa mère | Seneweb
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    Drame en mer : un bébé de 2 ans jeté à l’eau à cause de ses pleurs, sous les yeux de sa mère
    Auteur : Ablaye Gadiaga SARR
    Un récit glaçant vient une nouvelle fois illustrer les dangers et les violences auxquels sont exposés les migrants lors des traversées clandestines vers les îles Canaries.Selon Enrique Espinosa, responsable du Consortium de sécurité et des urgences de Lanzarote, un enfant de deux ans a été jeté à la mer alors qu’il se trouvait à bord d’une embarcation avec sa mère. Le petit garçon a été précipité dans l’eau par les passeurs excédés par ses pleurs.Le témoignage a été livré jeudi 24 septembre lors d’une intervention sur la radio locale Crónicas de Lanzarote. « Dans une embarcation, ils ont jeté à l’eau un enfant de deux ans qui pleurait avec sa mère », a rapporté le responsable des secours. Il est annoncé que cette pirogue est partie de la Gambie vers les îles Canaries.Le sort de l’enfant n’a pas été précisé dans les informations disponibles. Enrique Espinosa a évoqué le cas de cet enfant alors qu’on l’interrogeait sur l’agression sexuelle d’une femme survenue lors d’une traversée en pirogue, pour laquelle trois hommes ont été arrêtés et placés en détention provisoire par la police espagnole.

    #Covid-19#migration#migrant#atlantique#canaries#sante#mortalite#traversee

  • France : les traversées de migrants vers l’Angleterre connaissent une forte augmentation depuis la Seine-Maritime - InfoMigrants
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    France : les traversées de migrants vers l’Angleterre connaissent une forte augmentation depuis la Seine-Maritime
    Par La rédaction Publié le : 21/09/2026
    Face à la militarisation du littoral nord de la France, de plus en plus de migrants quittent les côtes françaises pour le Royaume-Uni depuis la Seine-Maritime, à quelque 200 km de Calais. Le département a observé 56 tentatives de départ depuis le début de l’année 2026.
    Ce sont des tentatives de plus en plus dangereuses. Les services de l’État ont alerté, vendredi 18 septembre, lors d’un point presse, au sujet de la hausse des tentatives de traversées clandestines transmanche depuis le département de la Seine-Maritime.
    « La pression a augmenté » sur le département, où une hausse « significative » des départs a été observée depuis 2024 dans le secteur de Dieppe (82% des tentatives), mais cette tendance se déplace désormais en redescendant vers Le Havre, selon le préfet de la Seine-Maritime et de la Normandie, Jean-Benoît Albertini.
    Au 15 septembre, la préfecture de Seine-Maritime avait recensé 56 tentatives de départ depuis le début de l’année, contre seulement 31 sur l’ensemble de l’année 2025. Le nombre de passeurs arrêtés et condamnés a aussi connu une hausse, de quatre en 2024 à huit cette année. La police aux frontières a aussi pu remarquer de nouvelles pratiques chez les passeurs, avec des « mega boats » de plus en plus grands, citant l’exemple d’un semi-rigide de 18 mètres ayant embarqué 230 passagers cette année. Autre record : dans la nuit du samedi 5 au dimanche 6 septembre, un bateau surchargé de migrants a été repéré au large de la ville de Jobourg, à la pointe du Cotentin (Manche), à près de 500 kilomètres de Calais. Après une traversée de plus de 150 km, le canot est arrivé à Portsmouth, dans le sud de l’Angleterre.
    Les migrants originaires du Soudan, de Syrie, du Kurdistan ou d’Irak sont le plus souvent convoyés depuis les Hauts-de-France vers la Normandie, en VTC ou en train, par les passeurs, avant de remonter le littoral français en bateau jusqu’au Pas-de-Calais pour traverser la Manche là où elle est la plus étroite. Des moyens supplémentaires vont être alloués à la « lutte contre l’immigration transmanche », ont assuré les services de l’État. Le nombre de réservistes de la gendarmerie à patrouiller sur le littoral va passer de 16 à 50 et le nombre de policiers de 11 à 19. Éric Delain, commandant de la région de gendarmerie et du groupement départemental de la Seine-Maritime, a précisé que ces moyens supplémentaires seront financés par les « fonds Sandhurst » du Royaume-Uni, du nom d’un accord de 2018 sur la contribution financière britannique aux missions françaises de police aux frontières. Depuis début janvier, au moins 16 personnes ont péri dans la Manche en essayant de rejoindre l’Angleterre, selon un décompte réalisé par InfoMigrants. Ces traversées maritimes comportent en effet des risques mortels de noyade, de bousculade et d’étouffement, souvent liés au nombre trop élevé de migrants à bord des embarcations et à la pression exercée par les passeurs. Début septembre, la Prémar a en outre annoncé le déploiement de navires européens sous mandat de l’agence Frontex pour appuyer les opérations de sauvetage dans la Manche. Les bateaux déployés par l’agence européenne des gardes-frontières ne participeront pas à des opérations d’interception en mer. Concrètement, Frontex enverra deux ​navires espagnols (le « Duque de Ahumada » puis le « Rio Segura » ) ‌de septembre à octobre, puis un navire lituanien jusqu’en janvier 2027, ⁠afin de se joindre aux patrouilles françaises.

    #Covid-19#migrant#migration#manche#traversee#droit#sante#frontex#premar#routemigratoire#seinemaritime#france#royamueuni#migrationirreguliere

  • #Ceuta : ce que cachent les #appels à traverser la frontière le 15 août

    Il y a deux semaines, les 30 et 31 juillet 2026, Ceuta a traversé l’une des pires crises migratoires de son histoire. En 48 heures seulement, plus de 70 000 personnes sont parvenues à rejoindre illégalement l’enclave espagnole depuis le Maroc. Plus de 141 personnes y ont perdu la vie, selon des ONG marocaines. Alors que plusieurs enquêtes montrent aujourd’hui le rôle déterminant joué par les réseaux sociaux et la #désinformation dans cette séquence, des appels à traverser la frontière le 15 août reviennent en boucle sur #Instagram et #Facebook. L’enquête menée par RFI montre que ce mouvement a été artificiellement amplifié et instrumentalisé.

    Dès la matinée du 30 juillet 2026, alors que des dizaines de jeunes, en majorité marocains, risquent leur vie pour franchir illégalement la frontière avec l’Espagne, des appels à une nouvelle #traversée_massive le 15 août émergent déjà sur Instagram et Facebook.

    Le choix de cette date ne doit rien au hasard. Une rumeur mensongère affirme, en effet, que « le poste frontière de Ceuta sera exceptionnellement ouvert » car il s’agit « d’un jour férié en Espagne ». Cette fausse information, vue des millions de fois sur les réseaux sociaux, vise à susciter l’espoir et à rassembler des candidats à la migration pour engendrer un mouvement populaire.

    Dans les faits, le gouvernement espagnol et les autorités marocaines ont, au contraire, renforcé leur dispositif policier et militaire sur place. Le message de la Guardia Civil, diffusé sur Instagram mardi 11 août, est clair : « La frontière avec l’Espagne est fermée et elle ne s’ouvrira pas. De nouvelles barrières de sécurité ont été installées. Si tu les franchis, tu seras renvoyé. Ne te laisse pas tromper ». Cette #infox n’est qu’un exemple parmi d’autres qui démontrent comment ces #rumeurs du 15 août sont instrumentalisées sur les réseaux sociaux.

    Des #faux_comptes à la manœuvre

    S’il est impossible de déterminer avec certitude l’origine exacte de cet #appel_à_la_traversée, l’analyse de la diffusion des contenus en référence au 15 août nous a permis de révéler différents comportements factices. Sur Instagram, nous avons ainsi identifié une dizaine de comptes douteux ayant activement relayé la rumeur.

    Ces profils ont, pour la plupart, été créés récemment, parfois en juillet, voire en août 2026. Leur nom, photo de profil et biographie sont impersonnels. Ils ne comptent que très peu d’abonnés et ne suivent presque personne. Certains cumulent au moins trois changements d’identifiants. Leurs publications évoquent parfois exclusivement la date du 15 août et cumulent plusieurs millions de vues.

    Tous ces indicateurs prouvent que ces comptes ont été créés spécifiquement pour l’occasion afin de rendre viral ce nouvel appel à la traversée. La visibilité soudaine de certaines vidéos laisse également penser que des vues ont été achetées pour gonfler la tendance. Les recherches en sources ouvertes ne nous ont pas permis de déterminer qui en est précisément à l’origine, ni s’il s’agit d’un ou plusieurs acteurs.

    La fabrique d’une illusion de masse

    Autre élément troublant, certaines publications comportent des légendes en japonais, sans aucun rapport avec l’Espagne ou le Maroc. Cette description fait référence au Vogue World 2025, un événement autour de la mode qui a réuni plusieurs stars mondiales en octobre 2025. Plusieurs stars comme le boys band sud-coréen BTS, ou la rappeuse américaine Doja Cat sont cités.

    Initialement publié en anglais par le compte Instagram de Vogue, ce texte avait dépassé les 766 000 likes et les 11 millions de vues. Par opportunisme, certains l’ont copié-collé et traduit, avec l’espoir que les algorithmes de recommandations poussent leur contenu suite au succès de la publication de Vogue. Il s’agit là d’un autre exemple de #manipulation.

    Si des personnes réelles ont bien commenté cet appel du 15 août qui cumule plusieurs dizaines de millions de vues sur les réseaux, tout porte à croire que le mouvement a été victime d’#astroturfing. Cette technique de manipulation consiste à fabriquer un #mouvement_citoyen de toutes pièces en ayant recours à différentes techniques d’#amplification_artificielle. Le détournement et l’utilisation répétée de certains hashtags (« haraga », « spanish ») en est également la preuve.

    L’usage du terme « #haraga » ne relève pas du tout du hasard selon Mehdi Alioua, sociologue et professeur associé à l’université internationale de Rabat : « Les harragas, ce sont les brûleurs. D’abord les brûleurs de papiers, parce que lorsque les Marocains rentraient sans autorisation à Ceuta ou Melilla, ils étaient refoulés à chaud. Et donc les brûleurs sont devenus par extension les brûleurs de frontières », explique-t-il avant de compléter : « On est forcément dans une irrationalité de part et d’autre, un manque de politique migratoire et l’espoir fou que, en brûlant les frontières, on puisse renaître et avoir une vie meilleure ».

    L’implication de comptes influents

    Une fois lancé, l’appel à passer la frontière le 15 août a été repris par de vrais comptes, parfois suivis par plus de 100 000 personnes. C’est le cas de ce jeune vidéaste qui propose de s’abonner sur ses différentes plateformes pour profiter d’un trajet en bus complètement gratuit, à destination de l’Espagne. Il est impossible de savoir s’il a été rémunéré pour diffuser ce message.

    L’espoir d’une vie meilleure

    Mais alors pourquoi ces appels du 15 août cumulent-ils des millions de vues sur les réseaux sociaux alors que la rumeur d’ouverture de la frontière paraît grossière ? Pour Mehdi Alioua, le phénomène s’explique en deux parties : « Le premier élément, c’est une crise sociale au Maroc qui ne dit pas son nom parce qu’on a du mal à en parler, mais dont on a des indicateurs depuis au moins vingt ans à travers la multiplication de mouvements sociaux essentiellement portés par les jeunes, qui crient leur désarroi et parfois même leur désespoir, et dont la réponse de l’État marocain est en demi-teinte. De l’autre, une connaissance du fait que, en Europe, on a toujours besoin de métiers bassement qualifiés et que si on a le courage de tenir longtemps, on finira par avoir une vie meilleure ».

    Quand bien même le Maroc se développe activement (4,9% de croissance en 2025 selon le Haut-commissariat au plan), les répercussions sont moins perceptibles chez les jeunes, parfois mis de côté selon Mehdi Alioua : « Au delà du chômage, même les gens qui travaillent sont non seulement mal payés, mais surtout sans aucune garantie de droit du travail, de retraite et de sécurité sociale ».

    Même son de cloche pour Mohamed Ali Lahlou, expert sur les questions migratoires et membre de l’Association marocaine d’études et de recherches sur les migrations (AMERM). Le manque de perspectives d’une partie de la jeunesse marocaine reste l’un des défis majeurs du Royaume : « Ce qui se joue autour du 15 août dépasse, à mon sens, la seule question sécuritaire. Les chiffres racontent une histoire complexe et parfois contradictoire. On est face à un taux de chômage officiel au Maroc présenté à la baisse par le Haut-commissariat au plan la semaine dernière. Mais l’indicateur de sous utilisation de la main d’œuvre reste massif chez les jeunes, autour de 45% ».

    Virtuel vs réalité

    Démontrer la manipulation et l’#amplification_numérique d’un appel à la traversée ne permet pas de savoir ce qu’il se passera réellement le 15 août prochain, à proximité de Ceuta ou Melilla.

    Pour essayer de mesurer la popularité réelle de ce mouvement, nous avons infiltré plusieurs groupes privés sur la plateforme #WhatsApp mis en avant dans certaines publications virales. Le plus populaire cumule près de 800 membres, dont nous ne pouvons pas vérifier l’authenticité. Cette audience réelle est conséquente, mais en décalage avec les plus de 20 millions de vues cumulées par cet appel, notamment sur Instagram.

    Dans ces groupes, où les discussions sont souvent éloignées du sujet du franchissement de la frontière, la quasi-totalité des membres sont des hommes marocains qui profitent souvent de cette audience pour vendre leur service (entretien, lavage automobile). Passé quelques heures, les numéros commençant par un indicatif autre que +212 (Maroc) sont supprimés par les administrateurs, notamment les utilisateurs espagnols et algériens présents en nombre non négligeable lors de la création du groupe.

    Entre volonté et curiosité

    Que peut-on y lire ? Outre les très nombreux messages qui n’ont rien à voir avec notre sujet, des fausses informations circulent sur la possibilité de passage le 15 août. Certains utilisateurs ne se cachent pas et expriment leur envie de quitter le Maroc à la nage. Autre possibilité sur ces groupes privés : être mis en relation avec des contacts proches de Ceuta qui peuvent aider à la traversée.

    Nous avons pu contacter certains membres de ces groupes privés qui ont souhaité garder l’anonymat. Toutes ces personnes partagent un point commun : elles ont répondu à un effet de groupe directement sur la plateforme WhatsApp en recevant un lien d’invitation.

    Quant à leur véritable motivation à entrer dans ce type de groupes ? La curiosité pour la plupart. Certains membres nous ont assuré n’avoir jamais voulu essayer de franchir la frontière de Ceuta ou Melilla le 15 août et resteront « au chaud à la maison ».

    La #viralité sur les réseaux sociaux peut-elle, à elle seule, participer à l’organisation d’un mouvement migratoire de grande envergure ? Pas tout à fait selon Mohamed Ali Lahlou : « Les réseaux sociaux peuvent être un accélérateur. Ce n’est pas la cause. Un appel viral, aussi bien relayé soit-il, ne produit un mouvement de plusieurs milliers de personnes que s’il rencontre un terreau social déjà favorable ».

    D’autant que, selon l’expert en questions migratoires, cette situation n’est pas inédite : « Les réseaux sociaux donnent une date et un mode d’emploi, le #désir_de_partir, lui, préexiste largement, je dirais, aux réseaux sociaux, dans l’histoire. Ce qu’il s’est passé lors de la crise de 2021 [10 000 migrants avaient alors franchi la frontière de Ceuta, NDLR] peut être comparé à ça. Il y a eu aussi des informations qui circulaient sur les réseaux sociaux ».

    Conséquences dans le réel

    Quelle que soit la part de faux dans ce mouvement, force est de constater qu’il a bien eu un impact dans le réel. Le renforcement du dispositif militaire et policier des deux côtés en est la preuve.

    Les autorités marocaines ont affirmé avoir « détecté ces derniers jours la circulation de publications et de messages anonymes sur certains réseaux sociaux incitant à l’organisation de tentatives de passage collectif et illégal vers Ceuta et Melilla ». Un groupe d’individus en lien avec ce mouvement aurait été arrêté.

    Selon Mohamed Ali Lahlou, le renforcement de la sécurité autour des deux enclaves réduisent drastiquement le risque de revivre, deux semaines après, une nouvelle crise migratoire : « Suis-je inquiet ? Non. Mais en tout cas, ça montre qu’il y a quelque chose qui est de plus en plus organisé. On n’est plus dans la spontanéité comme ça a été le cas fin juillet. Aujourd’hui, on commence à organiser les choses de manière plus structurée à travers ces réseaux qui profitent de la situation ».

    Si les probabilités de franchissement des frontières sont quasiment nulles, pour Mehdi Alioua ce phénomène numérique de masse doit être aussi interprété comme un symbole : « Ce qui est important, c’est la réception qu’en font une partie des #jeunes. C’est pour se donner des forces. Il y a là une sorte de mise en scène. Je pense que la plupart voient cela comme une sorte de défouloir, ils veulent y croire, mais pas complètement. Ils veulent juste montrer qu’ils sont prêts à tout et qu’aucun grillage ne pourra les empêcher d’être à la recherche d’une vie digne ».

    « Ce type d’appel va continuer »

    Pour le sociologue, ces appels viraux sur les réseaux sociaux n’ont pas vocation à s’interrompre à l’avenir : « Malheureusement, la solution n’est ni dans les grillages, ni dans la répression. La solution, elle est dans des voies légales de migration d’un côté et de l’autre et une coopération internationale pour aider les pays comme le Maroc à avoir enfin un état social digne de ce nom tel que le demande la jeunesse ».

    « Ce type d’appel, celui du 15 août ou même une autre date, va continuer de trouver un écho, quelle que soit l’efficacité du contrôle aux frontières », confirme Mohammed Ali Lahlou.

    Lors du dernier franchissement massif de la frontière vers Ceuta, fin juillet, plus de 141 personnes ont perdu la vie, selon des ONG marocaines.

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    #migrations #Espagne #Maroc #réseaux_sociaux #frontières #militarisation_des_frontières

  • « Il n’y a vraiment plus aucune limite » : un mega boat atteint le Royaume-Uni avec 230 migrants, un record - InfoMigrants
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    « Il n’y a vraiment plus aucune limite » : un mega boat atteint le Royaume-Uni avec 230 migrants, un record
    Par Romain Philips Publié le : 10/08/2026 Dernière modification : 11/08/2026
    Un bateau transportant 230 migrants est arrivé au Royaume-Uni tôt ce lundi 10 août. Ce nouveau record illustre l’amplification du phénomène des mega boats dans les traversées de la Manche.
    Ces dernières semaines, les records du nombre de migrants dans des embarcations de fortune pour traverser la Manche ne cessent d’être battus les uns après les autres. Mi-juillet, l’arrivée d’un bateau comptant 130 exilés à son bord avait retenu l’attention, il a été suivi le 23 juillet par un autre transportant 165 personnes. Et ce lundi, c’est une embarcation de 230 migrants qui a atteint les côtes anglaises.
    Selon les autorités, l’embarcation est arrivée à Douvres aux alentours de 2 heures du matin ce lundi. L’antenne de la SNSM de Berck-sur-Mer a fait état d’une opération d’assistance « hors norme » menée auprès d’un canot. « Au total, 230 personnes (ont été) dénombrées à bord dont plus de 20 enfants. Un nouveau et triste record du nombre de personnes transportées à bord de ces embarcations précaires vient ainsi d’être franchi », a écrit l’association dans un communiqué.
    Le directeur de la SNSM de Berck-sur-Mer, Jean-Marc Lamblin, a précisé à l’AFP que ses équipes avaient accompagné le canot jusqu’aux eaux britanniques avant d’être relayées par les secours d’outre-Manche. Deux personnes ont été secourues de l’embarcation mais les autres ont désiré poursuivre leur route. Cette arrivée intervient seulement quelques jours après l’une des plus importantes opérations de secours en mer depuis le début des traversées de la Manche en 2018. Le 4 août, une embarcation surchargée qui tentait de traverser la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni a pris feu. Les occupants de ce mega boat se sont alors jetés à l’eau. 173 personnes ont été secourues lors de cette opération qui a mobilisé de nombreux navires et hélicoptères.
    Ce nouveau record, le dernier en date depuis le début du phénomène des traversées de la Manche en 2018, illustre l’amplification du recours à des bateaux toujours plus gros et surchargés pour traverser de manière clandestine la Manche. « Depuis trois mois, on voit passer de plus en plus » de canots de 15 mètres, a expliqué le directeur de la SNSM. "On a passé le record de 150 il y a peu, on ne pensait pas qu’il pourrait y en avoir plus, mais il n’y a vraiment plus aucune limite". Contactée par InfoMigrants, la préfecture de la Manche et de la mer du Nord confirme cette tendance. « Le nombre de personnes par embarcation ne cesse d’augmenter », explique-t-il. il était de 26 en 2021, 45 en 2023, 63 en 2025 et 65 depuis début 2026. « Par ailleurs, 10 embarcations embarquant plus de 100 personnes, et 1 embarquant plus de 200 personnes, ont tenté la traversée depuis début 2026 », ajoutent les autorités françaises.
    Ce phénomène des mega boats est « en train de devenir une nouvelle normalité », commente de son côté Angèle Vettorello, co-coordinatrice de l’antenne locale de l’association Utopia 56 à Calais, qui appelle à accroitre les dispositifs de secours. « Il va falloir questionner rapidement et réellement le dimensionnement du dispositif de secours dans la Manche, qui n’a pas l’air de s’adapter autant qu’il le faudrait aux nouvelles dynamiques de passage », ajoute-t-elle, « car entre une embarcation avec 50 à 60 personnes et une avec plus de 200 personnes, ce n’est pas la même chose ».
    Selon la préfecture, sur les sept premiers mois de 2026, 16 849 personnes à bord de 258 embarcations qui ont tenté de traverser la Manche de la France vers le Royaume-Uni et « 2 231 personnes ont été secourues ». Elle précise notamment que « face à ces risques, le dispositif de secours en mer s’adapte en permanence », citant quatre opérations menées ces derniers mois concernant respectivement 115, 113 et 173 migrants.
    Une telle surcharge d’embarcations toujours plus grandes expose aussi les exilés à des risques supplémentaires. Depuis de nombreux mois, associations et médias - dont InfoMigrants - documentent le fait que les morts ont de plus en plus lieu au moment de l’embarquement. Le phénomène des taxi boats - des embarcations qui partent en amont sur le littoral et récupèrent les exilés directement dans l’eau pour éviter les dispositifs policiers - provoque souvent des ruées dangereuses et parfois mortelles.
    Et plus les embarcations sont grandes, plus l’attroupement dans l’eau est conséquent et les risques réels. « Autant de monde qui tente de monter en même temps dans une embarcation déjà dans l’eau, cela n’a rien à voir. On est sur des modes d’embarquements plus complexes. Et des potentiels accidents plus mortels peuvent arriver », commente la coordinatrice d’Utopia 56. Dans ce cas précis, « une véritable marée humaine s’est précipitée vers l’embarcation pneumatique d’environ 15 mètres », raconte la SNSM dans un communiqué. Face à la surcharge, plusieurs personnes ont été éjectées du bateau et une trentaine d’entre elles se sont alors retrouvées dans l’eau", ajoute les sauveteurs.
    « Avec la marée montante, une partie du groupe se retrouve rapidement isolée. Gendarmes et sapeurs-pompiers interviennent pour mettre ces personnes en sécurité. La coordination de l’ensemble des moyens engagés a permis d’éviter un drame lors de cette phase particulièrement dangereuse. Le mouvement de masse au moment de l’embarquement représente en effet un risque majeur, d’autant que de nombreuses personnes présentes ne savent pas nager », poursuit le communiqué. Selon la Prémar, une trentaine de personnes ont été secourues de la marée ce jour-là.
    Selon un porte-parole du ministère de l’Intérieur britannique, ce dernier incident démontre « les tactiques imprudentes et dangereuses employées par les bandes criminelles qui continuent de mettre des vies en danger en entassant un nombre toujours plus grand de personnes sur des navires inadaptés ». Dans le même temps, des centaines d’autres migrants ont atteint le Royaume-Uni à bord de plus petites embarcations. Rien que le dimanche 9 août, 423 personnes ont traversé la Manche. Ces récentes arrivées portent à environ 15 500 le nombre de personnes ayant rejoint clandestinement la Grande-Bretagne par la mer depuis le 1er janvier, selon les chiffres officiels des autorités britanniques. Un nombre en baisse de plus de 40% par rapport à la même période en 2025

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#manche#traversee#megaboat#routemigratoire#migrationirreguliere#sante

  • « Small boats » de migrants dans la Manche : la nouvelle doctrine d’interception avec filets bientôt en place
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    « Small boats » de migrants dans la Manche : la nouvelle doctrine d’interception avec filets bientôt en place
    Par Julia Pascual et Tomas Statius (Lighthouse Reports)
    Des filets pour arraisonner des migrants. Alors que plus de 39 000 personnes ont rejoint l’Angleterre depuis janvier à bord de frêles canots pneumatiques, les autorités françaises vont expérimenter l’interception en mer de ces small boats dans la Manche à l’aide de filets. Une nouvelle façon d’enrayer le phénomène des traversées maritimes qui est allé croissant depuis fin 2018 et nourrit les tensions entre Londres et Paris.
    Lors d’un sommet bilatéral en juillet, la France avait acté un changement de doctrine d’intervention en mer, alors que jusque-là, l’idée d’intercepter des canots était jugée trop dangereuse face à l’impératif de sauvegarde de la vie humaine. Las. Selon plusieurs sources, des forces de l’ordre ont été dotées de filets d’arrêt. Ces derniers peuvent être utilisés dans un « contexte de trafic de stupéfiants » ou de « lutte contre l’immigration irrégulière », précise l’une d’elles. Dans le document commercial d’une entreprise bretonne qui vend des filets de ce type, que Le Monde et le média à but non lucratif Lighthouse Reports ont consulté, leurs atouts sont détaillés. Les filets permettraient de neutraliser un bateau en bloquant les hélices du moteur. Pour cela, le bateau intercepteur doit dépasser la « cible » avant de larguer le filet entre dix et vingt mètres devant lui. « Avec les filets, pas de collision, pas de vagues », poursuit la source citée plus haut.
    Un cadre du ministère de l’intérieur, sous le couvert de l’anonymat, explique le cadrage général de la tactique : « Il y aura cinq ou six binômes [sur le littoral] composés d’un bateau de la gendarmerie maritime pour les interceptions et d’un bateau de la marine nationale positionné en cas de nécessité de porter secours. » Une autre source, Place Beauvau, précise : « Au départ, il n’y aura qu’un module d’interception. Il faut encore former les personnels mais l’idée, c’est de monter en puissance. »
    Les autorités sont conscientes des risques inhérents à de telles manœuvres en mer. Durant l’automne, ce sont en moyenne 70 personnes qui embarquaient à bord de small boats de piètre facture. Vingt-six personnes sont mortes lors de tentatives de traversée depuis janvier, selon la préfecture du Nord. La majorité des décès ont lieu près des côtes, qu’ils résultent de noyades ou d’asphyxies à bord de canots bondés. « La manœuvre sera hyperdifficile, reconnaît une source policière. Ça ne va pas être très offensif, personne ne voudra prendre de risque inutile. »
    D’après nos informations, les taxi-boats peu chargés pourraient être d’abord visés par l’expérimentation. Il s’agit de canots qui longent le littoral et récupèrent des candidats au départ qui, eux, s’avancent dans l’eau. Plus de 56 % des personnes parvenues au Royaume-Uni en 2025 ont emprunté des taxi-boats, selon la préfecture du Nord.
    « Le risque majeur est celui de collision », souligne dans un document l’entreprise qui commercialise des filets et qui rappelle que « la responsabilité d’éviter la collision incombe au bateau intercepteur ». Le risque pénal encouru par les forces de l’ordre engagées est redouté. La collision mortelle, en juillet au large de Mayotte, entre un kwassa-kwassa et un bateau intercepteur de la police aux frontières fait l’objet d’une instruction pénale. En septembre, Le Monde révélait l’existence de plusieurs incidents similaires à Mayotte depuis une vingtaine d’années. Dans la Manche, sept militaires membres des secours sont toujours mis en examen pour non-assistance à personne en danger, à la suite du naufrage qui avait fait 27 morts en 2021 au large de Calais (Pas-de-Calais), le plus mortel depuis l’émergence des traversées.
    Le ministère de l’intérieur a cherché auprès de la justice un cadrage protecteur pour sa doctrine, officiellement élaborée sous l’égide du Secrétariat général de la mer. Le 10 novembre, une réunion autour du parquet général de Douai (Nord) devait arrêter les derniers arbitrages. « Les forces de l’ordre veulent des garanties, que les cas de poursuites soient très limités », avance une source du ministère de l’intérieur. « Impossible, rétorque un autre fonctionnaire Place Beauvau. Aucun magistrat n’acceptera de donner un blanc-seing. »
    Les participants à la réunion du 10 novembre se seraient accordés sur une sorte de check-list juridique. « Il faudra démontrer l’état de nécessité de l’arraisonnement : montrer que le bateau n’est pas adapté, que ce n’est pas un plaisancier ou un bateau de pêcheur, qu’il est en train d’aller chercher des gens sur la plage. Ça n’empêchera pas les poursuites s’il y a des morts bien sûr », poursuit la même source.
    La finalisation de la doctrine intervient dans un contexte tendu, lié à la négociation du nouveau cycle de financement par Londres de la sécurisation de la frontière franco-britannique, sur la période 2026-2029. Dans les faits, le déblocage des fonds britanniques est conditionné aux gages que Paris donnera d’un durcissement de son action en mer. Sollicités, ni les ministères de l’intérieur et de la justice ni le Secrétariat général de la mer n’ont donné suite.

    #Covid-19#migration#migrant#france#royaumeuni#traversee#manche#routemigratoire#droit#sante#smallboat

  • Dans la Manche, les migrants pilotes de « small boats » de plus en plus poursuivis par la justice
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/19/dans-la-manche-les-migrants-pilotes-de-small-boats-de-plus-en-plus-poursuivi

    Dans la Manche, les migrants pilotes de « small boats » de plus en plus poursuivis par la justice
    Par Julia Pascual
    On les appelle les « capitaines », les « pilotes » ou les « barreurs ». Bien souvent, pourtant, ils n’ont jamais tenu une barre de leur vie. De sorte qu’il n’est pas évident de comprendre pourquoi ils se sont un jour retrouvés aux commandes d’un canot pneumatique, engagés dans une périlleuse traversée de la Manche. Si ce n’est qu’ils sont pour beaucoup originaires du Soudan ou de la Corne de l’Afrique, ce qui les situe en bas de l’échelle sociale des migrants présents sur le littoral nord pour rejoindre l’Angleterre. Une précarité qui en fait des candidats prêts à prendre plus de risques pour trouver leur place dans un canot, en acceptant de le conduire.
    Pour ces faits-là, plusieurs d’entre eux sont actuellement détenus et poursuivis. On leur reproche de l’aide au séjour irrégulier, voire des blessures et homicides involontaires, lorsque leur périple a tourné au naufrage. Une situation qui soulève des interrogations en droit.
    Mardi 18 novembre, le tribunal judiciaire de Paris a relaxé un Soudanais de 31 ans, Ibrahim A., poursuivi pour avoir piloté un canot dans la nuit du 11 au 12 août 2023. L’embarcation s’est déchirée en mer, provoquant la mort de sept Afghans. Le parquet avait requis contre lui deux ans de prison assortis du sursis – « étant pilote » du canot, le Soudanais devait être « condamné pour homicide involontaire » –, tout en reconnaissant le « statut de victime » à ce Masalit (une communauté persécutée du Darfour) au regard de son parcours d’exil. La parquetière avait soutenu que le droit n’« accorde l’immunité que lorsque l’acte reproché n’a donné lieu à aucune contrepartie », estimant que le jeune homme avait payé sa traversée au tarif réduit de 400 euros en échange du pilotage.
    « Le dossier ne démontre pas qu’il a conduit le bateau, avait défendu l’avocat du Soudanais, Raphaël Kempf. Et même si c’était le cas, il n’a commis aucune infraction. Ses actes n’ont eu pour but que de permettre son propre passage. » Un point de vue qu’ont partagé les juges du siège. « Vous êtes avant tout un candidat au départ et, comme les autres passagers, vous auriez pu perdre la vie », lui a dit la présidente en lui annonçant sa relaxe.Dans le box des prévenus, où huit autres hommes – kurdes d’Irak et afghans – étaient jugés pour avoir organisé la traversée, Ibrahim A. a évoqué ses deux années de détention provisoire à la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy (Yvelines), où son quotidien a été marqué par les réminiscences du naufrage. Il est longtemps resté dans l’eau, accroché à l’épave du bateau, avant que les secours n’arrivent. « J’avalais de l’eau, je criais. Lorsque ça me revient en tête, ça me met dans des états de cauchemars et de tremblements », a traduit son interprète à l’audience.
    Ibrahim A. a demandé l’asile pendant sa détention. L’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) le lui a refusé. Il a ensuite introduit un recours devant la Cour nationale du droit d’asile. L’Ofpra explique alors dans son mémoire qu’Ibrahim A. devait être exclu de l’asile, car il représente une « menace grave pour l’ordre public ». Dans ce dossier, une autre personne, Tut E., originaire du Soudan du Sud, doit encore être jugée pour avoir piloté le canot. Agé de 17 ans au moment des faits, c’est un tribunal pour enfants qui doit examiner les faits.
    Le « spectre » des personnes arrêtées à la frontière franco-britannique est « de plus en plus large », a dénoncé, dans un communiqué de presse du 31 octobre, le réseau de solidarité transnational Captain Support. Ce dernier observe l’augmentation des poursuites contre des « personnes suspectées d’avoir participé à la conduite des bateaux », alors qu’elles n’en tirent « aucun profit ».
    Les premières mises en cause remonteraient à 2023, même si une situation a été documentée dès 2021. Le matin du 12 août de cette année-là, un Erythréen est mort dans le naufrage d’une embarcation. En juin 2024, l’Algérien qui avait conduit le canot en échange de la gratuité de sa traversée a été condamné par le tribunal de Dunkerque à un an de prison ferme pour mise en danger aggravée et homicide involontaire.« On criminalise l’exil », dénonce l’avocat Antoine Chaudey, qui défend plusieurs barreurs, dont le rôle est chaque fois cantonné à la conduite du bateau et, en cela, distinct de celui des passeurs qui, de façon organisée, répétée et moyennant finance, rabattent des clients, les acheminent sur les plages ou encore leur fournissent les bateaux, en recourant parfois à la violence.
    Aux côtés de plusieurs d’entre eux, un Erythréen de 29 ans se trouve ainsi en détention provisoire depuis plus de vingt mois pour avoir piloté, le 28 février 2024, un bateau « entre dix et quinze minutes », car il sentait sa vie « en danger », selon ses déclarations auprès des enquêteurs. « Il est mis en examen pour homicide involontaire, mais il n’a toujours pas fait l’objet d’un interrogatoire au fond par le magistrat instructeur », fustige Me Antoine Chaudey.
    Le 6 novembre, l’avocat était devant le tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) pour représenter cette fois Tarik M., un Soudanais de 26 ans. Ce dernier était monté, le 22 novembre 2023, à bord d’un canot, dont les boudins se sont rapidement affaissés, à cause d’une déchirure, provoquant la mort par noyade d’au moins trois personnes. Au cours de l’instruction, Tarik M. a reconnu son rôle de « pilote suppléant » et expliqué avoir tenu la barre « dans le but de faire demi-tour et de regagner la plage au moment de l’avarie », relate l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel consultée par Le Monde.
    Il aurait payé 500 euros sa traversée en précisant aux passeurs kurdes irakiens qu’il « avai[t] de l’expérience en tant que pilote de bateau et savai[t] nager ». Son procès a finalement été renvoyé au 5 décembre, mais, à la présidente qui l’interrogeait sur son incarcération depuis deux ans, Tarik M. a confié pudiquement : « C’est très difficile. » Son avocat a ensuite évoqué ses tentatives de suicide, réclamant, sans succès, sa remise en liberté.
    Dans ce dossier, un autre Soudanais de 23 ans, Abdellah O., avait aussi été désigné comme barreur. Mais son rôle a finalement été réduit à celui de simple candidat au passage en Angleterre et il a bénéficié d’un non-lieu en septembre. Comme lui, un autre candidat à l’exil, Ahmed M., a été innocenté après quinze mois de détention, devant le tribunal de Saint-Omer (Pas-de-Calais), le 26 mars. Ce Syrien avait embarqué dans un canot le 15 décembre 2023, aux côtés d’une soixantaine de personnes. Le small boat avait sombré, provoquant la mort de trois personnes. Cela faisait cinq fois qu’Ahmed M. tentait la traversée. Il avait aussi essayé à deux reprises de se cacher dans des camions en partance pour l’Angleterre.
    Dans son jugement, le tribunal de Saint-Omer a assimilé le Syrien à un simple migrant qui a payé sa traversée, « comme les autres victimes de cette procédure et au même prix ». « A supposer qu’il ait tenu la barre de ce bateau, souligne le jugement de relaxe, il n’est pas contesté qu’il a été frappé par les passeurs avant de monter dans le bateau, car il s’inquiétait de la piètre qualité du gilet de sauvetage qui lui était donné. » En outre, « il n’était pas en état d’agir sur les causes du chavirage ».Depuis sa relaxe, Ahmed M. a réussi à gagner l’Angleterre. Son avocate, Victoire Barbry, pense que les poursuites contre les pilotes sont le reflet de l’échec des autorités à juguler les traversées. Son confrère du barreau de Boulogne-sur-Mer, Salim Ibrahimi, observe aussi, depuis plusieurs mois, l’élargissement de l’action pénale contre des capitaines impliqués dans des traversées avortées n’ayant fait aucune victime.
    Trois Soudanais ont été jugés en octobre en comparution immédiate pour aide au séjour irrégulier. Le tribunal les a tous relaxés, estimant que l’intention de commettre une infraction ne pouvait pas être retenue contre des exilés dont la précarité les contraint à accepter de piloter une embarcation pour réduire le coût de leur traversée. Le parquet a fait appel.

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  • Une pirogue de migrants échoue vers la plage de Mermoz : les occupants prennent la tangente, la pirogue et le matériel sécurisés...
    ▻https://www.dakaractu.com/Une-pirogue-de-migrants-echoue-vers-la-plage-de-Mermoz-les-occupants-pren

    Une pirogue de migrants échoue vers la plage de Mermoz : les occupants prennent la tangente, la pirogue et le matériel sécurisés...
    Ce jour vers les coups de 07 heures 30 minutes, une pirogue en partance pour l’Espagne a échoué vers la plage de Mermoz à hauteur de l’ambassade du Soudan. En effet, tous les occupants de cette embarcation de fortune ont pris la tangente lorsqu’ils ont aperçu de loin un élément du GMI préposé à l’ambassade du Soudan, en laissant sur place la pirogue et le matériel. Informés, des éléments de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), qui se sont rendus sur les lieux, ont trouvé la pirogue à moitié renversé avec du matériel (denrées alimentaires, sachets d’eau, bouteilles d’essence…). Une centaine de bouteille d’essence de 20litres également ont été rejetées par la mer et rangées sur la plage. Pour sa part, l’élément du GMI, aurait déclaré avoir été alerté par les vigiles des chantiers qui jouxtent la plage, a-t-on appris. Ainsi, il a aperçu une centaine d’individus qui se sont éparpillés et ne pouvait rien faire, étant seul et à 200 mètres d’eux. Ce dernier a toutefois dit avoir entendu des rumeurs selon lesquelles, ces derniers venaient de Yenn. Dans la foulée, la pirogue et le matériel sécurisés ont été sécurisés par les éléments de la DNLT... Une pirogue de migrants échoue vers la plage de Mermoz : les occupants prennent la tangente, la pirogue et le matériel sécurisés...

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#DNLT#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#traversee

  • Naufrage au large de la Libye : 42 personnes présumées mortes, selon l’OIM
    ▻https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/11/12/naufrage-au-large-de-la-libye-42-personnes-presumees-mortes-selon-l-oim_6653

    Naufrage au large de la Libye : 42 personnes présumées mortes, selon l’OIM
    Le Monde avec AFP
    Quarante-deux personnes sont « présumées mortes » après le naufrage, le 3 novembre, d’une embarcation transportant des dizaines de migrants au large des côtes libyennes, a rapporté mercredi 12 novembre l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), précisant que 7 personnes avaient été secourues.
    « Le 8 novembre, les autorités libyennes ont mené une opération de recherche et de sauvetage à la suite du naufrage d’un canot pneumatique » transportant 49 migrants qui avaient quitté les côtes libyennes cinq jours plus tôt, selon l’OIM, ajoutant que les recherches avaient permis de récupérer 7 survivants. « Après avoir dérivé en mer pendant six jours, seuls 7 hommes – 4 Soudanais, 2 Nigérians et 1 Camerounais – ont été secourus », a précisé l’organisation, déplorant que « 42 personnes sont toujours portées disparues et présumées mortes ».
    Selon les survivants, l’embarcation, transportant 47 hommes et 2 femmes, avait quitté Zouara, dans le nord-ouest de la Libye, le 3 novembre, vers 3 heures du matin. « Environ six heures plus tard, de fortes vagues ont provoqué une panne de moteur, faisant chavirer le bateau et projetant tous les passagers par-dessus bord », a rapporté l’OIM dans un communiqué.
    Parmi les disparus figurent 29 Soudanais, 8 Somaliens, 3 Camerounais et 2 Nigérians, a encore détaillé l’OIM, qui a fait état d’un total de plus de 1 000 morts ou portés disparus sur cette route au départ de la Libye depuis janvier.Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) que « ces événements tragiques soulignent une fois de plus la nécessité d’intensifier les efforts conjoints avec nos partenaires, notamment la Libye, pour prévenir ces traversées dangereuses et lutter contre les réseaux criminels de passeurs de migrants qui mettent des vies en péril. »
    Mercredi à Genève, l’ONG Médecins sans frontières (MSF) a par ailleurs annoncé la reprise de ses activités de recherche et de sauvetage en Méditerranée centrale, qui avaient été interrompues en décembre 2024 dans le cadre de lois et politiques italiennes restrictives. Cette reprise a été permise par la mise en service d’un navire plus petit et rapide pour contrer la pratique des autorités italiennes consistant à désigner des ports éloignés, souvent dans le nord du pays, pour débarquer les personnes secourues, a fait savoir MSF. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a recensé un total de plus de 1 700 personnes mortes ou portées disparues cette année sur les voies migratoires de Méditerranée et au large de l’Afrique de l’Ouest, en Atlantique. Selon Missing Migrants, un projet de l’OIM, quelque 33 000 migrants sont morts ou portés disparus en Méditerranée depuis 2014.

    #Covid-19#migrant#migration#libye#traversee#routemigratoire#mediterranee#sante#humanitaire#mortalite

  • Dix-sept personnes se sont noyées dans la mer Egée en tentant de rejoindre une île grecque
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/24/dix-sept-personnes-se-sont-noyees-dans-la-mer-egee-en-tentant-de-rejoindre-u

    Dix-sept personnes se sont noyées dans la mer Egée en tentant de rejoindre une île grecque
    Le Monde avec AFP
    Dix-sept personnes ayant embarqué à bord d’un canot pneumatique sont mortes de noyade en mer Égée après le naufrage de leur embarcation au large de Bodrum, dans le sud-ouest de la Turquie, ont annoncé les garde-côtes turcs vendredi 24 octobre. « Les corps sans vie de 16 migrants irréguliers et celui d’un passeur ont été repêchés », ont-ils précisé dans un communiqué, ajoutant que deux migrants ont été secourus vivants. Les autorités locales avaient précédemment fait état de 14 morts, sans préciser leurs nationalités.
    Selon le gouvernorat de Mugla, un des passagers est parvenu à joindre les secours peu après 1 heure (minuit à Paris), dans la nuit de jeudi à vendredi. Un Afghan figurant parmi les deux personnes secourues a dit avoir nagé pendant six heures jusqu’à la terre ferme. Selon son récit, 18 passagers avaient embarqué à bord de l’embarcation, qui a coulé après avoir pris l’eau. Quatre bateaux des garde-côtes, une équipe de plongeurs et un hélicoptère restent déployés dans la zone, a précisé le gouvernorat local.
    La station balnéaire très courue de Bodrum est située à proximité de plusieurs îles grecques, parmi lesquelles Kos, un des points d’entrée dans l’Union européenne en mer Egée. Moins de cinq kilomètres séparent Kos de la Turquie.La Turquie, qui a signé en 2016 un accord avec Bruxelles pour tarir l’immigration illégale vers l’Union européenne, abrite sur son sol plus de 2,5 millions de réfugiés, en grande majorité syriens, selon les autorités.
    Les naufrages sont fréquents lors de ces traversées périlleuses vers les îles grecques. Selon l’Organisation internationale pour les migrations, près de 1 400 personnes tentant des traversées ont disparu ou ont été retrouvées mortes en Méditerranée en 2025.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#turquie#meregee#traversee#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite

  • Près de 200 personnes qui tentaient de traverser clandestinement la Manche secourues en vingt-quatre heures
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/10/18/pres-de-200-personnes-qui-tentaient-de-traverser-clandestinement-la-manche-s

    Près de 200 personnes qui tentaient de traverser clandestinement la Manche secourues en vingt-quatre heures
    Le Monde avec AFP
    Cent quatre-vingt-cinq personnes qui tentaient de rejoindre clandestinement l’Angleterre à bord d’embarcations de fortune ont été secourues entre vendredi 17 et samedi 18 octobre dans les eaux françaises, a annoncé la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.Vendredi matin, deux opérations de sauvetage ont respectivement permis la prise en charge de 81 passagers d’un bateau parti de la baie de Somme et de 80 personnes demandant à être secourues à la suite d’une avarie de leur embarcation, au large d’Equihen-Plage (Pas-de-Calais), précise-t-elle dans un communiqué.
    Enfin, dans la nuit de vendredi à samedi, 24 passagers d’une autre embarcation ont été pris en charge lors d’une tentative de traversée partie des dunes de la Slack (Pas-de-Calais), tandis que les autres passagers ont souhaité poursuivre leur route.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Morts de la Manche : les petites solidarités locales, malgré la litanie des noyades de migrants
    D’après les chiffres du ministère de l’intérieur britannique, aucun small boat, nom donné aux embarcations de fortune utilisées pour ces tentatives clandestines de traversée de la Manche, n’est arrivé en Angleterre, vendredi.
    Malgré le renforcement régulier des moyens mis en œuvre en France pour empêcher les traversées, avec le soutien financier du Royaume-Uni, plus de 36 300 personnes sont arrivées clandestinement en Angleterre par ce moyen depuis le 1er janvier, selon les autorités britanniques. C’est 1 300 de moins qu’en 2022 – année record – à la même période.
    Au moins 27 personnes sont mortes cette année lors de tentatives de traversées clandestines de la frontière franco-britannique, selon un décompte de l’Agence France-Presse effectué sur la base de données officielles.Un nouvel accord migratoire entre Londres et Paris, entré en vigueur en août, prévoit des échanges sur le principe du « un pour un ». Pour une personne renvoyée du Royaume-Uni, Londres accepte l’entrée d’une autre venant de France, par voie légale. Ce dispositif, très critiqué par les ONG et exposé à des recours en justice, ne semble toutefois pas dissuader l’immense majorité des candidats à l’exil de tenter des traversées clandestines.

    #Covid-19#migrant#migration#france#royaumeuni#traversee#manche#accordmigratoire#sante

  • Manche : les traversées continuent, Londres annonce l’expulsion de 26 migrants vers la France - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/67429/manche--les-traversees-continuent-londres-annonce-lexpulsion-de-26-mig

    Manche : les traversées continuent, Londres annonce l’expulsion de 26 migrants vers la France
    Par La rédaction Publié le : 10/10/2025
    Le Home Office a annoncé jeudi le renvoi d’un total de 26 migrants vers la France dans le cadre de l’accord « un pour un » signé en août avec Paris pour tenter d’enrayer les traversées clandestines de la Manche. Dans le même temps, les départs en mer ne faiblissent pas : 1 075 personnes, parties du littoral français, ont atteint Douvres, mercredi.
    Un total de 26 migrants ont été expulsés du Royaume-Uni vers la France depuis le début de l’application de l’accord franco-britannique « un pour un » - aussi appelé « one in one out » - conclu cet été, a annoncé jeudi 9 octobre le gouvernement britannique.
    Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur a annoncé que 19 migrants supplémentaires avaient été renvoyés en France la semaine dernière dans le cadre de « premières expulsions groupées » en vertu de ce projet pilote. Selon l’Ofii, l’Office français de l’immigration et de l’intégration, qui supervise le versant français de cet accord, plusieurs Afghans, Érythréens, Somaliens et au moins un Syrien, un Libyen, un Indien et un Vietnamien font partie des réadmis.
    Très critiqué par les ONG, cet accord prévoit le renvoi en France de migrants arrivés illégalement à bord de « small boats » au Royaume-Uni, en échange de l’accueil « rigoureusement contrôlé » par Londres de migrants se trouvant en France.
    « Plusieurs vols vers la France sont prévus dans les prochains jours et les prochaines semaines », indique le Home Office qui a publié sur X des images inédites de ces premières expulsions. Dans l’autre sens, neuf personnes ont pu venir au Royaume-Uni depuis la France cette semaine, ce qui porte à 18 le nombre total de migrants transférés sur le sol britannique depuis l’entrée en vigueur de l’accord le 6 août.
    Le gouvernement travailliste de Keir Starmer, sous pression pour réduire l’immigration irrégulière, espère que cet accord décourage les tentatives de traversées illégales de la Manche depuis la France pour venir au Royaume-Uni. « Avec ces vols vers la France qui sont en cours et s’intensifient, nous envoyons un message clair : si vous venez ici illégalement, vous risquez d’être détenu et expulsé, alors réfléchissez-y à deux fois avant de faire ce voyage », s’est félicitée la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood, citée dans le communiqué.
    Si l’accord « un pour un » se veut dissuasif, force est de constater que les traversées illégales ne diminuent pas dans la Manche. Mercredi 8 octobre, 1 075 personnes sont arrivées à Douvres à bord de 15 canots. Un chiffre important qui fait suite « à cinq jours sans traversées en raison de vents violents », précise le journaliste britannique Simon Jones sur X. Plus de 35 000 migrants sont arrivés depuis le début de l’année au Royaume-Uni en traversant la Manche, selon un décompte d’InfoMigrants à partir de données officielles. Un record pour cette période de l’année. Ils étaient 26 600 l’année dernière (à la même période).
    Selon la BBC, les autorités françaises affirment avoir empêché plus de 17 600 tentatives de traversée cette année. Depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024, le gouvernement travailliste durcit sa politique d’asile. Début octobre, Keir Starmer a ainsi mis fin à un mécanisme automatique de regroupement familial qui permettait aux réfugiés statutaires de faire venir leur conjoint/e et enfants une fois l’asile obtenu. Jusqu’à présent, les demandeurs d’asile dont le dossier avait été accepté avaient le droit d’inviter immédiatement des membres de leur famille à les rejoindre et à s’installer au Royaume-Uni. Ce droit, précisons-le, avait déjà été amendé le mois dernier, quand l’ancienne ministre de l’Intérieur Yvette Cooper a annoncé qu’elle suspendait « temporairement » le regroupement familial. Avec l’annonce de Keir Starmer, le 2 octobre, Londres prévoit donc de supprimer définitivement l’automaticité de ce droit.
    Pour le gouvernement travailliste, faire venir sa famille « doit se mériter ». Le droit de s’installer définitivement au Royaume-Uni sera accordé à ceux qui « contribuent à la société », a-t-il déclaré dans un communiqué publié mercredi soir, « et non en payant un passeur pour traverser la Manche en bateau ».

    #Covid-19#migrant#migrant#france#royaumeuni#politiquemigratoire#traversee#manche

  • Aux Canaries, les migrants témoignent de l’horreur de traversées de plus en plus dangereuses
    ▻https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/09/22/aux-canaries-les-migrants-temoignent-de-l-horreur-de-traversees-de-plus-en-p

    Aux Canaries, les migrants témoignent de l’horreur de traversées de plus en plus dangereuses
    Par Sandrine Morel (Madrid, correspondante)
    Entassés à 300 à bord d’une pirogue de 20 mètres de long, menacés, frappés et parfois jetés à l’eau pieds et poings liés, encore vivants… Des migrants, secourus au large de la Grande Canarie, le 24 août, ont livré un récit détaillé à la police espagnole de leur terrifiante traversée. Un cauchemar qui a abouti, mercredi 17 septembre, à la mise en examen de 19 personnes, 5 passeurs présumés et 14 passagers. Parmi eux, 17 Sénégalais et 2 Gambiens. Ils sont accusés d’homicides, de lésions et de tortures ainsi que d’encouragement à l’immigration clandestine.
    Face au renforcement du contrôle des côtes du Maroc, de la Mauritanie et du Sénégal, le nombre de migrants arrivés dans l’archipel espagnol depuis début 2025 a chuté. Entre le 1er janvier et le 15 septembre, 12 500 personnes ont accosté aux Canaries, soit 53 % de moins que sur la même période en 2024.
    Cependant, l’assèchement relatif de cette route migratoire a plusieurs conséquences. La route dite des Baléares, au départ de l’Algérie, a connu depuis janvier un essor considérable, avec 5 500 arrivées (+ 70 %). Par ailleurs, fait nouveau, des pirogues partent rejoindre les Canaries de pays de plus en plus éloignés, de Gambie voire de Guinée, bien que la distance à parcourir s’en trouve considérablement rallongée. Enfin, les pirogues qui accostent sont de plus en plus grandes et surchargées, aggravant les conditions de vie à bord.
    Le 15 septembre, l’une d’elles, secourue au large de l’île d’El Hierro, transportait 235 personnes. Le 24 août, celle qui a accosté dans le port d’Arguineguin, sur la Grande Canarie, en comptait 248. Au départ, ils étaient entre 300 et 320 migrants, originaires du Sénégal, du Mali, de Gambie, de Guinée et de Sierra Leone, dont 12 femmes et 19 enfants, selon le témoignage des rescapés. Ce qui en ferait la plus grande pirogue jamais partie pour les Canaries.
    Sur la base des récits concordants des migrants et des dépositions précises de quatre témoins protégés, bénéficiant d’un permis de résidence le temps de la procédure judiciaire, les policiers espagnols de la brigade des frontières ont pu reconstituer leur traversée. Au Sénégal, les migrants ont d’abord embarqué sur plusieurs petits bateaux de pêche, afin de ne pas attirer l’attention des garde-côtes.
    A 7 ou 8 milles des côtes, ils ont été transbordés en pleine mer dans l’immense pirogue qui mouillait hors de portée des radars de surveillance des côtes, selon une source policière espagnole. Cette méthode est d’autant plus dangereuse que de nombreux migrants ne savent pas nager. Elle est cependant de plus en prisée des passeurs du fait du renforcement de la surveillance des côtes.
    « Il existe un climat de crispation et de tension fort parmi les migrants en Mauritanie, où les persécutions policières sont très violentes, avec des tortures et des morts. Comme il est plus difficile de partir, les mafias sont très nerveuses et utilisent des pirogues de plus en plus grandes », confirme Mamadou Sekana, président de l’Association pro-droits humains.
    En mer, ce sont les passeurs qui imposent un climat de terreur, comme en ont témoigné à la police les migrants secourus fin août. Ceux qui osaient se plaindre des pénuries d’eau et d’aliments ont été frappés, d’autres migrants ont été accusés de sorcellerie ou de leur porter malheur, après que la pirogue a souffert d’une panne de moteur.
    Le parquet de l’île d’El Hierro instruit deux autres cas similaires, correspondant à deux traversées fin 2024 durant lesquelles respectivement quatre et huit migrants auraient été jetés à l’eau après avoir été accusés d’être responsables d’une malédiction empêchant le bateau d’avancer. « Les gens arrivent traumatisés. Le fait d’être perdu en haute mer, le manque d’eau et d’alimentation, les pannes de moteur ou de GPS plongent certains dans des états de psychose, provoquent des délires, des cauchemars, des hallucinations, qui s’ajoutent parfois à des superstitions », souligne M. Sekana.
    Frappés, ligotés, certains auraient été poussés par-dessus bord encore vivants. D’autres, tombés par accident, auraient été abandonnés à leur sort. Les corps de plusieurs passagers, morts de déshydratation, auraient aussi été jetés à l’eau. La police espagnole a pu identifier une trentaine de passagers manquants, mais elle estime que vingt à cinquante autres ont pu périr durant le voyage qui a duré onze jours, avant que la pirogue, à la dérive, soit aperçue par un navire marchand à l’ouest de Dakhla, dans le Sud marocain, à 400 kilomètres de l’île de Grande Canarie. Elle a finalement été secourue par les services de sauvetage espagnols.
    « La violence existe toujours, dès lors que l’on entreprend le voyage. C’est l’expérience la plus déshumanisante et terrible que l’on peut vivre », rappelle Teodoro Bondyale, porte-parole de la Fédération des associations africaines des Canaries. Dans les centres d’accueil de migrants, la traversée est un sujet tabou. Ceux qui acceptent d’en parler insistent surtout sur la peur terrible, indescriptible, qu’ils ont ressentie, en particulier la nuit lorsque, dans l’obscurité totale, des cris des passagers, souffrant, délirant, déchirent le silence. « Les passeurs ont fait des migrants une marchandise et n’hésitent pas à les jeter par-dessus bord en haute mer, ou même à tuer des nourrissons parce qu’ils pleurent, comme cela s’est passé pour une femme qui est restée un mois plongée dans le mutisme avant de pouvoir nous l’expliquer », ajoute M. Bondyale. Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, qui a créé un observatoire de la migration, 1 865 migrants sont morts ou ont disparu en mer durant les cinq premiers mois de l’année 2025.

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  • Naufrage de migrants en Mauritanie : « Il est urgent que de véritables politiques d’endiguement voient le jour » (Diop Diaspora, Pdt HelpforMigrant)
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    Naufrage de migrants en Mauritanie : « Il est urgent que de véritables politiques d’endiguement voient le jour » (Diop Diaspora, Pdt HelpforMigrant)
    Dans un communiqué parvenu à Dakaractu, l’Ong « HelpforMigrant » présente ses condoléances suite au naufrage d’une pirogue de migrants sur les côtes mauritaniennes, à bord de laquelle se trouvaient des Sénégalais. Elle demande à l’État de s’informer davantage et d’impliquer la société civile en terme d’alerte et de prévention dans des cas similaires. Selon Diop Diaspora, président de la structure et ex point focal de Baos Mbour, « la migration irrégulière continue de faire des ravages. Les dernières vidéos en provenance de la Mauritanie, montrant des corps échoués sur les côtes, ne sont qu’un énième rappel tragique de la consternation que vivent nos jeunes de façon sempiternelle ». Pour lui, Il est urgent que de véritables politiques d’endiguement voient le jour, avec l’implication sincère et sans réserve des véritables acteurs engagés sur le terrain comme la société civile de la migration, les ONG et associations afin de créer une réelle synergie. « C’est un drame qu’en 2025, nous continuions encore et encore à pleurer nos jeunes, souvent dans les circonstances les plus atroces », conclut-il...

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#mauritanie#sante#mortalite#routemigratoire#traversee#atlantique#migrationirreguliere

  • Les naufrages d’embarcations de migrants se multiplient au large des Baléares - InfoMigrants
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    Les naufrages d’embarcations de migrants se multiplient au large des Baléares
    Par Clémence Cluzel Publié le : 26/08/2025
    Ces derniers jours, le nombre de migrants portés disparus ou décédés lors de la traversée entre l’Algérie et l’archipel espagnol des Baléares se multiplie. Car depuis le début de l’année, cette route migratoire connait un fort regain : selon les autorités locales, les Baléares enregistrent une hausse de 77% d’arrivées de migrants par rapport à l’année dernière. Les drames en mer ne cessent de s’accumuler sur la route migratoire des Baléares ces dernières semaines alors que les arrivées de migrants connaissent une importante hausse depuis le début de l’année.
    Parmi les derniers naufrages en date, celui d’une embarcation de fortune, partie des côtes algériennes le 13 août avec 26 personnes à bord. Le bateau a été secouru vendredi 22 août en fin de journée à 58 km au sud-ouest de l’île de Cabrera, avec à son bord 14 personnes a indiqué la délégation gouvernementale des Baléares. Selon l’ONG Caminando Fronteras, tous les migrants sont d’origine algérienne et il y aurait également au moins deux mineurs. L’un des migrants a été évacué par hélicoptère vers un centre hospitalier en raison de son mauvais état de santé, a rapporté la Garde civile.
    Douze personnes, également maghrébines, restent toujours portées disparues, après avoir sauté à l’eau. Un dispositif de recherche mené par la Garde civile et le Salvamento maritimo avait été mis en place pour tenter de les localiser.
    Selon les informations communiquées par les familles de migrants, l’ONG Caminando Fronteras avait déjà alerté les autorités espagnoles concernant une seconde embarcation partie d’Algérie quelques jours plus tôt, le 17 août, avec une vingtaine de passagers. Le sauvetage opéré trois jours plus tard a permis de secourir 19 survivants tandis qu’un corps a également été retrouvé dans l’embarcation. Trois personnes (deux Somaliens et un Sud-Soudanais) sont toujours portés disparus. L’ONG a également indiqué aux autorités qu’une autre embarcation partie d’Algérie le 18 août ne donne plus signe de vie. Vingt-six personnes (dont six femmes) se trouvaient à bord, huit sont Somaliens et 18 originaires du Maghreb. En tout, plus d’une vingtaine de migrants sont portés disparus ou ont perdu la vie ces derniers jours en tentant de traverser la Méditerranée depuis les côtes algériennes pour rejoindre l’archipel espagnol des Baléares.
    Cette route migratoire connait un fort regain depuis le début de l’année, notamment du fait des contrôles renforcés sur les autres routes migratoires vers l’Europe. Depuis 2022, elle se déplace de plus en plus à l’est, les Baléares étant une zone moins surveillée.
    Entre le 1er janvier et le 15 août, 4 323 migrants et 230 bateaux sont arrivés dans l’archipel des Baléares, contre 2 443 à la même période en 2024, soit une hausse de 77%, selon les données du ministère de l’Intérieur espagnol. Dans le même temps, le nombre d’arrivées aux îles Canaries a baissé de 46,7%, avec 11 883 arrivées.
    Depuis le 11 août, plus de 600 exilés sont arrivés aux îles Baléares à bord d’une trentaine d’embarcations. Il s’agit de « l’une des arrivées de bateaux les plus intenses que nous ayons jamais eues en si peu de temps », a déclaré le délégué du gouvernement sur l’île, Alfonso Rodríguez. Les autorités affirment que le nombre de bateaux, provenant principalement d’Algérie, a plus que doublé.
    Les embarcations ont été interceptées à Majorque, Ibiza et Formentera, selon les données fournies par la délégation du gouvernement aux Baléares. À leur bord figurent principalement des migrants algériens et subsahariens. Les autorités notent également la présence de plus en plus forte d’exilés venant d’Afrique de l’Est dans les bateaux.
    « Il s’agit du drame humanitaire de l’immigration clandestine arrivant dans nos îles », a réagi la présidente du gouvernement des îles Baléares, Marga Prohens. Face à cette augmentation considérable, elle a exigé, lors d’une conférence de presse tenue le 21 août, le déploiement urgent de troupes de l’agence européenne de gardes-frontières et gardes-côtes Frontex dans l’archipel. « Nous avons examiné les données et la route entre l’Algérie et les îles Baléares est celle qui connaît la croissance la plus rapide, non seulement en Espagne mais aussi dans toute l’Europe », a déclaré la dirigeante régionale, attribuant l’effet d’attraction au fait que les îles sont devenues l’épicentre européen de la migration irrégulière. Une rencontre avec le commissaire européen aux Affaires intérieures et à l’Immigration, Magnus Brunner, est prévue en septembre.
    Elle a également réclamé au gouvernement espagnol de Pedro Sanchez d’intensifier ses relations diplomatiques avec l’Algérie pour contrôler l’arrivée des embarcations de migrants et de lutter contre les mafias qui font du trafic d’êtres humains pour s’enrichir. « Nous ne pouvons pas permettre que des personnes continuent de jouer avec leur vie en mer. Nous devons combattre par tous les moyens les mafias qui jouent sur leur désespoir et agissent dans les pays d’origine et de transit. La politique migratoire ne peut se limiter à créer des espaces pour ceux qui arrivent ».
    Et même si cet itinéraire requiert une moins longue traversée en bateau comparé à la route au départ de l’Afrique de l’Ouest, il est tout aussi « périlleux », prévient Caminando Fronteras. « Le peu de moyens de recherches dont disposent les autorités de l’archipel » constitue un risque supplémentaire, ajoute l’ONG.La route algérienne – qui comprend les arrivées aux Baléares et sur la côte sud-est de l’Espagne -, de la Méditerranée occidentale a causé la mort de 328 personnes en 2024. « Les dangers de cette traversée (vers les Baléares) sont aussi plus importants (que les traversées vers le sud-est de l’Espagne) en raison des distances plus longues, mais aussi parce qu’il existe un risque élevé de perdre le cap et de se retrouver dans les zones les plus hostiles de la mer Méditerranée », estime l’ONG.Depuis le début de l’année, le nombre de corps retrouvés sur les côtes insulaires liés à l’immigration irrégulière a augmenté. Au 7 juillet, 37 corps avaient été localisés, dont 14 à Majorque, 2 à Minorque, 7 à Ibiza et 14 à Formentera, affirme la télévision locale IB3.

    #Covid-19#migrant#migration#canaries#routemigratoire#traversee#algerie#migrationirreguliere#sante

  • Royaume-Uni : 111 000 demandeurs d’asile enregistrés en un an, un record depuis plus de vingt ans - InfoMigrants
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    Royaume-Uni : 111 000 demandeurs d’asile enregistrés en un an, un record depuis plus de vingt ans
    Par La rédaction Publié le : 22/08/2025
    Les dernières statistiques publiées par le Home Office montrent une hausse du nombre de demandeurs d’asile enregistrés au Royaume-Uni et hébergés dans des hôtels aujourd’hui au coeur de manifestations hostiles. En parallèle, ces données du Home Office confirment que le gouvernement travailliste accélère le traitement des dossiers, coupe dans les dépenses de l’asile, et réduit le nombre d’autorisations de séjour délivrés par des voies légales et sûres.
    C’est un niveau record depuis 2001 : 111 000 demandeurs d’asile se sont enregistrés au Royaume-Uni entre juin 2024 et juin 2025. D’après les dernières données publiées par le Home Office, cela correspond à une augmentation de 14% du nombre de demandeurs d’asile par rapport à l’année précédente.Tous ne sont pas arrivés de manière irrégulière. « La moitié des demandeurs d’asile sont arrivés par des voies irrégulières, tandis que 37% des demandeurs étaient déjà arrivés au Royaume-Uni avec un visa », précise le Home Office.
    « Nous avons renforcé les contrôles des visas et de l’immigration au Royaume-Uni, réduit les coûts de l’asile et considérablement augmenté les contrôles et les retours », a réagi auprès de la presse britannique la ministre de l’Intérieur, Yvette Cooper, après la publication de ces chiffres.
    Les dépenses consacrées à l’asile ont en effet chuté de 12%, passant de 5,38 milliards de livres sterling en 2023-2024 à 4,76 milliards de livres sterling en 2024-2025. Dans les hôtels pour demandeurs d’asile, cibles de nombreuses manifestations xénophobes ces dernières semaines, le Home Office comptait 32 059 personnes hébergées, en cette fin du mois de juin. Là encore, il s’agit d’une augmentation de 8% par rapport à la même période il y a un an.
    Cependant, ce nombre est légèrement inférieur à celui du trimestre précédent et il reste bien en deçà du pic de 56 042 demandeurs d’asile hébergés dans des hôtels que le Royaume-Uni a connu en septembre 2023, relativise la BBC.
    Malgré l’augmentation du nombre de demandeurs d’asile, le traitement de leurs dossiers est devenu plus expéditif. En effet, le nombre de personnes en attente d’une décision initiale est en baisse. Elles sont 90 812 selon le Home Office, soit une importante baisse de 24% par rapport à l’an dernier.Pour ceux qui, au bout du compte, sont déboutés de l’asile, le gouvernement travailliste cherche aussi à rendre plus efficaces les procédures d’expulsion. Après l’Albanie et le Vietnam, le gouvernement de Keir Starmer a annoncé un nouvel accord avec l’Irak, mercredi 20 août, pour faciliter les renvois des Irakiens sans droit au séjour. L’opposition dénonce cependant un accord « dérisoire » au vu de la baisse du nombre d’Irakiens arrivant au Royaume-Uni par « small boats ».
    Reste que cet accord est présenté par l’Intérieur britannique comme la dernière mesure en date visant à freiner les arrivées de « small boats » par la Manche. Et ce, deux semaines après l’entrée en vigueur de l’accord d’échange avec la France, dit « un pour un », visant à renvoyer un certain nombre d’exilés ayant traversé la Manche.
    Malgré cette communication constante contre les arrivées irrégulières de personnes migrantes, celles-ci sont en hausse. Le Home Office en enregistre 49 000 sur la période juin 2024-juin 2025, soit une hausse de 27% par rapport à l’année précédente. Pour rappel, ces arrivées peuvent se faire par voie maritime, terrestre ou aérienne. Mais 88% d’entre elles se font par « small boats », ces canots pneumatiques fragiles traversant la Manche depuis le littoral français. Le seuil de 27 000 arrivées par bateau au Royaume-Uni a ainsi été franchi début août, contre 18 000 à cette même période l’an dernier, rappelle le Home Office. Jusqu’à maintenant, l’année 2022 détenait le record, avec 45 774 arrivées par « small boats ». Mais cette année-là, le seuil de 25 000 traversées avait été atteint le 27 août, c’est-à-dire bien plus tard qu’aujourd’hui. L’année 2025 augure donc de nouveaux records de traversées maritimes.
    Concernant les voies légales et sûres, il est à noter que seules 62 000 autorisations de séjour ont été accordées, soit 33% de moins que l’année précédente. Cette forte baisse est due « en grande partie à la réduction du nombre de visas et de prolongations accordés dans le cadre du programme ukrainien », expose le Home Office.

    #Covid-19#migrant#migration#royaumeuni#politiquemigratoire#asile#traversee#routemigratoire#sante

  • Ceuta : quelque 300 migrants tentent la traversée en une nuit, 21 morts depuis le début de l’année - InfoMigrants
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    Ceuta : quelque 300 migrants tentent la traversée en une nuit, 21 morts depuis le début de l’année
    Par La rédaction Publié le : 22/08/2025
    Dans cette région méditerranéenne, le mois d’août est le mois par excellence du taró, un brouillard dense et persistant typique du détroit de Gibraltar. Il est symbole d’une mer calme et est utilisé par les exilés pour se camoufler lors de leurs tentatives de traversées.
    Ainsi, des tentatives de traversées sont recensées quasiment tous les jours ces dernières semaines. Le 15 août dernier, plus de 300 exilés ont tenté de rejoindre l’Europe via l’enclave espagnole en partant à la nage des côtes marocaines, rapportent plusieurs médias espagnols. L’une des nuits les plus intenses de cet été.
    Et comme chaque nuit, les autorités marocaines et espagnoles étaient présentes pour empêcher les exilés de quitter les plages africaines ou les intercepter avant qu’ils posent pied sur le territoire espagnol. Cette nuit-là, seuls 3 migrants sont arrivés à Ceuta.
    Une scène loin d’être inédite cet été. Le 6 août, une centaine de personnes ont tenté la même traversée, rapporte la presse locale. La veille, elles étaient une cinquantaine. Et le lendemain, ce sont encore « plus de 100 personnes » qui se sont jetées à la mer depuis le Maroc. À chaque fois, les autorités des deux pays ont intercepté la grande majorité des migrants.Toutefois, certains arrivent à passer à travers le dispositif mis en place des deux côtés de la mer. Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, 1 721 personnes sont arrivées à Ceuta depuis le début de l’année, une hausse de 7% par rapport à l’année dernière. Rien qu’au cours des deux premières semaines d’août, 269 individus ont atteint le territoire espagnol.
    Et cela met à rude épreuve les maigres capacités d’accueil de l’enclave. Selon le journal local El faro de Ceuta, des tentes ont dû être installées au sein du centre d’accueil temporaire pour migrants (CETI) de l’île. Actuellement, environ 900 exilés se trouvent dans cette structure de seulement 512 places, ajoute le journal. C’est le première fois depuis l’été 2018 qu’un tel dispositif est nécessaire.
    Le gouvernement de la ville, contrôlé par le Parti populaire (PP), dénonce également son incapacité à protéger les mineurs. Environ 500 d’entre eux – dont le plus jeune est âgé de 12 ans - sont pris en charge dans un centre lui aussi surchargé. Selon la municipalité, la surpopulation dans ce centre est de plus de 400%.
    En Espagne, le sujet de l’accueil des mineurs non accompagnés dans les enclaves de Ceuta et Melilla ou aux îles Canaries et Baléares est un sujet national. Un plan de répartition de ces MNA dans la péninsule a été adopté récemment mais la lenteur du dispositif inquiète les autorités locales, démunies face à cette hausse des arrivées.Et ces traversées à la nage sont marquées par de nombreux décès. Depuis le début de l’année, au moins 21 exilés sont décédés entre le Maroc et l’enclave espagnole, dont 4 rien qu’au mois d’août. Le dernier en date était un homme retrouvé par la Guardia Civil. Vêtu de palmes bleues et d’une combinaison de plongée, il a été retrouvé sur le rivage de la plage de Desnarigado, près du mont Hacho, face au rocher de Gibraltar, à l’extrémité de l’enclave.
    Cet itinéraire est réputé pour être l’un des chemins les plus longs et l’un des plus dangereux car les nageurs qui prennent la mer risquent davantage d’être emportés par le courant. Il est notamment utilisé par les migrants désireux d’éviter les contrôles de plus en plus massifs sur les côtes plus proches du Maroc. Quelques jours plus tôt, le 14 août, un autre homme est décédé lors de la traversée. Mohamed, 20 ans et originaire de Tétouan, avait été retrouvé mort dans l’eau à Fuente Caballo. Il avait pris la mer uniquement vêtu d’un t-shirt rouge et d’un maillot de bain."Il voulait juste une vie meilleure", a raconté sa famille à la presse locale lors de sa venue à Ceuta pour identifier le corps.

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  • Migration irrégulière : 147 candidats à l’émigration irrégulière stoppés au large de Sangomar, 7 mis en cause déférés
    ▻https://www.dakaractu.com/Migration-irreguliere-147-candidats-a-l-emigration-irreguliere-stoppes-au

    Migration irrégulière : 147 candidats à l’émigration irrégulière stoppés au large de Sangomar, 7 mis en cause déférés
    La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) a procédé à l’interpellation de sept individus impliqués dans une tentative d’émigration clandestine par voie maritime. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, trafic de migrants et mise en danger de la vie d’autrui. Ces arrestations font suite à une opération de la Marine nationale sénégalaise, qui a intercepté au large de Sangomar, à 50 nautiques des côtes gambiennes, une pirogue transportant 147 candidats à l’émigration irrégulière.Parmi eux figuraient 83 Sénégalais, 29 Gambiens, 23 Guinéens, 9 Maliens, 2 Ghanéens et 1 Ivoirien, dont 123 hommes, 20 femmes et 12 mineurs (dont 2 filles).
    Les migrants, entendus par les enquêteurs, ont confirmé avoir été recrutés par deux organisateurs du trafic et avoir payé entre 300 000 et 600 000 FCFA pour tenter la traversée. Les investigations ont permis d’identifier sept membres de l’équipage, désignés comme responsables de l’acheminement de la pirogue. Les mis en cause ont été déférés devant le tribunal, tandis que l’enquête suit son cours.

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#traversee#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#sangomar#trafic#DNLT

  • Au large de Dakar : 133 migrants secourus grâce à une opération conjointe Air-Mer
    ▻https://www.dakaractu.com/Au-large-de-Dakar-133-migrants-secourus-grace-a-une-operation-conjointe-A

    Au large de Dakar : 133 migrants secourus grâce à une opération conjointe Air-Mer
    Le mardi 19 août 2025, une nouvelle tentative d’émigration irrégulière a été stoppée au large de Dakar. Selon la Marine nationale, le Patrouilleur de Haute Mer (PHM) Cayor, appuyé par un avion de patrouille maritime de l’Armée de l’Air, a secouru une pirogue transportant 133 candidats à l’émigration irrégulière, à environ 92 kilomètres des côtes sénégalaises.À l’issue de l’opération, les migrants ont été pris en charge par le PHM Cayor, avant d’être conduits à terre pour être remis aux services compétents. Cette opération conjointe illustre la coopération renforcée entre l’Armée de l’Air et la Marine nationale dans la surveillance du littoral et la lutte contre l’émigration clandestine, un défi sécuritaire et humanitaire majeur pour le Sénégal.

    #covid-19#migrant#migration#senegal#migrationirreguliere#traversee#routemigratoire#politiquemigratoire#sante#dakar

  • Migration irrégulière – 31 candidats arrêtés à Saly par la Brigade de Recherches de Mbour
    ▻https://www.dakaractu.com/Migration-irreguliere-31-candidats-arretes-a-Saly-par-la-Brigade-de-Reche

    Migration irrégulière – 31 candidats arrêtés à Saly par la Brigade de Recherches de Mbour
    La Brigade de Recherches de Mbour, appuyée par un peloton de l’Escadron de Surveillance et d’Intervention (ESI), a procédé, le dimanche 17 août 2025 vers 19 heures, à une vaste opération de lutte contre la migration irrégulière. Suite à un renseignement indiquant un départ imminent de migrants clandestins, les gendarmes ont mené une intervention ciblée à Saly Résidence, dans la commune de Saly. Bilan : 31 individus interpellés, originaires de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale, regroupés pour tenter de rallier l’Europe par voie maritime.La répartition est la suivante :
    • 05 Sénégalais
    • 07 Ivoiriens
    • 14 Guinéens, dont 06 jeunes filles et un enfant de 4 ans
    • 04 Camerounais
    • 01 Togolais

    #Covid-19#migrant#migration#senegal#mbour#saly#migrationirreguliere#traversee#sante

  • À Ceuta, les tentatives de traversées se multiplient alors que les centres pour migrants sont saturés - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/66276/a-ceuta-les-tentatives-de-traversees-se-multiplient-alors-que-les-cent

    À Ceuta, les tentatives de traversées se multiplient alors que les centres pour migrants sont saturés
    Par La rédaction Publié le : 08/08/2025
    L’enclave espagnole de Ceuta fait face à une hausse des arrivées de migrants. Des exilés sont transférés vers des centres d’hébergements d’autres régions espagnoles pour désengorger ceux de l’enclave. « Cette semaine, il n’y a pas eu un jour où les tentatives n’ont pas atteint ou dépassé la centaine », rapporte le journal local El faro de Ceuta. Depuis fin juillet, des dizaines de migrants tentent chaque jour de pénétrer dans l’enclave espagnole de Ceuta.
    Ils profitent du brouillard dense, habituel en cette période estivale, pour traverser – à la nage ou par petits bateaux - les quelques kilomètres qui séparent le Maroc de l’Espagne. Ainsi, le 26 juillet dernier, une cinquantaine de mineurs marocains et une trentaine d’adultes ont atteint ce territoire espagnol situé en Afrique du nord.
    Mercredi 6 août, une centaine de personnes ont tenté la même traversée, rapporte la presse locale. La veille, elles étaient une cinquantaine. Jeudi, ce sont encore « plus de 100 personnes » qui se sont jetées à la mer depuis le Maroc, espérant atteindre les plages espagnoles, a rapporté un syndicat de la Guardia civile de Ceuta.
    Parmi ces migrants, beaucoup sont interceptés par les gardes-côtes marocains et espagnols. La Guardia civile a en effet déployé de nombreux effectifs ces derniers jours. « Les plages de Tarajal et d’Almadraba [à Ceuta, près de la frontière marocaine, NDLR] ont été entièrement bouclées par les forces de l’ordre dès le matin », a rapporté le journal de Ceuta, publiant également de nombreuses photos et vidéos de migrants interceptés par les forces de l’ordre. Les autorités marocaines ont également empêché de nombreuses tentatives, indique le média.
    Mais, malgré le dispositif de plus en plus renforcé mis en place des deux côtés de la frontière, de nombreux migrants parviennent à atteindre l’Espagne. La Croix-Rouge a par exemple pris en charge une douzaine de personnes mercredi. Et des témoignages d’habitants, recueillis par les médias locaux, ont fait état de petits groupes de personnes, pieds nus et habits trempés, traversant la ville. El faro de Ceuta a aussi publié des images de dizaines de flotteurs – les bouées utilisées par les migrants pour la traversée – abandonnés au bord des plages espagnoles.
    Face à cet afflux, des renforts ont été envoyés par les autorités espagnoles. Un nouveau navire est ainsi arrivé dans les eaux de Ceuta fin juillet pour épauler les deux déjà positionnés dans la zone.
    La situation inquiète particulièrement les acteurs locaux car les centres d’accueil de l’enclave sont surchargés. Environ 450 mineurs sont actuellement pris en charge dans un centre qui leur est dédié. Selon la municipalité, la surpopulation dans ce centre est de 414 %.
    Le centre d’hébergement (CETI) destiné aux adultes est également plein. Plus de 700 personnes sont actuellement dans l’édifice dont la capacité d’accueil est de 500 places.
    Pour désengorger le système, un premier transfert de 35 migrants a eu lieu jeudi. Les personnes concernées sont originaires d’Algérie, du Soudan et de Guinée Conakry, rapporte l’agence de presse EFE.
    Et parmi ces exilés qui arrivent dans l’enclave espagnole, il y a de plus en plus de jeunes filles mineures. Depuis un an, « on observe une féminisation de la migration vers Ceuta. De plus en plus de jeunes Marocaines, des mineures âgées de 16 ou 17 ans, prennent la mer pour atteindre l’enclave espagnole à la nage, à l’instar de leurs compatriotes masculins », expliquait Ali Zoubeidi, spécialiste de l’immigration basé au Maroc et consultant auprès d’organisations internationales, à InfoMigants, en octobre 2024.
    En août 2024, la traversée d’une jeune influenceuse marocaine avait particulièrement attiré l’attention. Son post documentant sa traversée à la nage vers Ceuta - un carrousel de photos épinglées sur sa page - avait atteint plus de sept millions de vues. « C’était très difficile, il faut être un bon nageur pour y parvenir (…) J’ai eu beaucoup de difficultés car la mer était très agitée et elle vous emporte vers les rochers », avait-elle rappelé. Près d’une dizaine de personnes ont péri au large des deux enclaves depuis le début de l’année.
    La situation est toutefois loin d’être similaire à la crise de 2021 durant laquelle près de 8 000 migrants étaient entrés illégalement dans Ceuta en quelques jours et une trentaine avait perdu la vie. Selon le ministère de l’Intérieur espagnol, plus de 1 600 migrants ont atteint les territoires de Ceuta et Melilla depuis le début de l’année, contre 1 390 sur la même période l’année dernière. Soit une hausse de 15 %.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#ceuta#melilla#traversee#sante#mortalite#migrationirreguliere#routemigratoire

  • Mauritanie : 171 migrants guinéens secourus dans l’Atlantique après 14 jours en mer - InfoMigrants
    ▻https://www.infomigrants.net/fr/post/65846/mauritanie--171-migrants-guineens-secourus-dans-latlantique-apres-14-j

    Mauritanie : 171 migrants guinéens secourus dans l’Atlantique après 14 jours en mer
    Par La rédaction Publié le : 17/07/2025
    Les gardes-côtes mauritaniens ont secouru, mardi, 171 migrants, dont 40 femmes et 29 mineurs, au large de leur côtes. Ces exilés, tous originaires de Guinée, avaient pris la mer depuis les plages de leur pays dans l’espoir d’atteindre les Canaries.
    Une pirogue avec à son bord 171 migrants a été secourue mardi 15 juillet par les gardes-côtes mauritaniens au large de Nouadhibou, dans le nord du pays. Parmi eux se trouvaient 40 femmes, dont une enceinte de six mois, et 29 mineurs.
    Les exilés, tous originaires de Guinée, avaient pris la mer depuis les plages de leur pays le 1er juillet, dans l’espoir de rejoindre les Canaries. Mais en raison du mauvais temps et de vents violents, l’embarcation n’est jamais parvenue à atteindre son but. « Elle a passé 14 jours en mer », signalent à InfoMigrants les gardes-côtes mauritaniens. « Le manque d’eau et de nourriture a obligé [les migrants] à trouver refuge. La pirogue s’est dirigée vers Nouadhibou où la patrouille des gardes-côtes l’a interceptée ».
    Depuis plusieurs mois, les migrants sont de plus en plus nombreux à essayer de rejoindre les îles Canaries en partant de Guinée. Le renforcement des contrôles au large du Sénégal et de la Mauritanie a forcé les exilés à changer d’itinéraire. Mais cette nouvelle route s’avère particulièrement dangereuse, puisqu’en allongeant la traversée - qui peut durer jusqu’à 10 jours -, elle augmente également les risques de naufrages et de dérive des embarcations en pleine mer. « Le risque est bien plus élevé pour la vie des personnes qui tentent de se rapprocher des Canaries, car elles essaient de s’éloigner de la côte » pour échapper aux contrôles, expliquait fin juin le délégué du gouvernement aux Canaries, Anselmo Pestana.
    En partant de Guinée, les migrants se lancent dans une traversée de plus de 2 200 km jusqu’à El Hierro (Canaries), soit 750 km de plus qu’en partant depuis le Sénégal ou bien de Gambie. Les dangers en pleine mer sont donc considérablement accentués (vagues, pénuries d’eau et de nourriture, risque de panne, insolation...).
    Les ONG alertent régulièrement sur les « bateaux fantômes », des canots qui errent en mer, dont les passagers ont parfois pu rentrer en contact avec les ONG mais dont le contact a été perdu. Les embarcations sont donc livrées à elles-mêmes, en pleine mer, à la merci des intempéries. Il existe également un risque que les canots se perdent dans l’océan Atlantique et dérivent de l’autre côté de l’Atlantique. Plusieurs pirogues parties des côtes ouest-africaines ont été retrouvées ces derniers mois dans les Caraïbes ou en Amérique centrale et du sud.

    #Covid-19#migrant#migration#mauritanie#guinee#atlantique#traversee#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#mortalite

  • Les « small boats » de migrants traversant la Manche pour atteindre le Royaume-Uni se multiplient
    ▻https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/07/07/dans-la-manche-les-traversees-de-migrants-ne-cessent-d-augmenter-c-est-assez

    Les « small boats » de migrants traversant la Manche pour atteindre le Royaume-Uni se multiplient
    Par Julia Pascual (Boulogne-sur-Mer [Pas-de-Calais], Dunkerque,
    La mer est calme, lisse. Au loin, une tache noire. Bientôt, l’aube dévoile un canot pneumatique d’à peine 10 mètres de longueur. Assis de part et d’autre, à cheval sur les boudins, une trentaine d’hommes au moins. Ils tendent leurs jambes pour ne pas toucher l’eau. Certains ont des gilets de sauvetage, d’autres non. Dans le détroit du pas de Calais, mardi 1er juillet, ils seront 440 migrants à rejoindre le Royaume-Uni à bord de huit small boats. Celui que l’on suit paraît plein. Pourtant, il remonte la côte pour s’approcher de la plage de Malo-les-Bains (Nord).
    Les clients du Radisson dorment encore quand, devant l’hôtel de luxe, un groupe de femmes, d’hommes et d’enfants s’avancent dans la mer jusqu’à la taille. Tous ne réussiront pas à embarquer. Alors que des policiers s’approchent, le canot repart. Plus lent, plus lourd. L’embarcation s’enfonce un peu plus dans l’eau. On entend des cris. Ils disent la tension à bord, la peur. A une vitesse d’environ 4 nœuds (7,4 kilomètres-heure), le small boat prend la direction de Douvres, à plus d’une soixantaine de kilomètres, de l’autre côté du détroit.
    Un navire surveille à distance la course hésitante du canot. C’est le Minck, un des bateaux affrétés par l’Etat français dans la Manche. Si les migrants ne sollicitent pas d’aide, le Minck se contentera de les « escorter » jusqu’aux eaux anglaises, où les Britanniques prendront le relais.
    Quelques heures plus tard, la même scène se rejoue au large de Dunkerque (Nord). Cette fois-ci, une vedette de la gendarmerie maritime accompagne l’épopée risquée d’un canot surchargé, dont le moteur peine dans un bruit aigu de moulin à café.Ces scènes sont devenues ordinaires dans la Manche, où, depuis le début de l’année, plus de 20 000 personnes ont réussi à rejoindre le Royaume-Uni en small boat. Soit 7 000 de plus qu’à la même époque en 2024. Un record. Dans le même temps, au moins 15 personnes sont mortes lors de tentatives de traversée.Tandis que le président de la République, Emmanuel Macron, se rend à Londres, du 8 au 10 juillet, pour sceller le « reset » (« remise à zéro ») de la relation franco-britannique, le sujet migratoire est source de tensions.
    De plus en plus de personnes passent, en dépit de l’argent investi par les Britanniques pour la sécurisation du littoral français. La France déploie au quotidien 1 200 effectifs de forces de l’ordre sur la côte. C’est une voiture de police qui stationne près des dunes de Leffrinckoucke (Nord), ce sont trois gendarmes qui patrouillent au-dessus de la plage de Saint-Frieux, à Dannes (Pas-de-Calais), c’est encore un buggy, un véhicule léger tout-terrain, en surveillance au nord de celle de Neufchâtel-Hardelot (Pas-de-Calais)…
    A Gravelines (Nord), le maire socialiste, Bertrand Ringot, explique que, chaque jour, plusieurs équipages de police se trouvent sur sa commune. Il a en outre reçu, depuis 2023, plus de 1,3 million d’euros de subventions britanniques, avec lesquels il a déjà acquis 56 caméras et ouvert un centre de supervision équipé de dix écrans. Mais il a beau chercher à être « le plus dissuasif » possible, il observe une « multiplication des traversées » depuis ses plages.
    La météo a été bonne plus tôt que d’ordinaire, des ressortissants de la Corne de l’Afrique sont arrivés en plus grand nombre et les passeurs s’adaptent. Ils chargent davantage chaque bateau, recourent à la technique du « taxi boat », qui consiste à faire monter les personnes directement dans l’eau, pour empêcher l’intervention des forces de l’ordre, étalent les départs sur le littoral…
    Face à ce phénomène en expansion, les personnes venant en aide aux migrants s’adaptent aussi. Une nouvelle association a été fondée en mars 2025, Opal’Exil, pour organiser des maraudes dans le sud du Pas-de-Calais. Il est à peine 5 heures du matin quand deux bénévoles, Franck Tiquet, 49 ans, et Annie Richer, 67 ans, déplient une table de camping à proximité de la gare de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). C’est ici que convergent des groupes de personnes harassées, dont la traversée a échoué. Elles regagnent alors les grands campements de Calais (Pas-de-Calais) ou de Loon-Plage (Nord).
    Elles sont plus d’une centaine, ce matin-là, à accepter le thé chaud et le pain offerts par Franck et Annie. Parmi elles, un couple de Soudanais, avec leur fille de 7 ans et leur garçon de 1 an et demi. La famille n’a pas pu embarquer parce qu’« il y a trop de police, trop de drones ». Cela fait deux ans qu’ils ont quitté leur pays en guerre. Pour arriver en Europe, ils ont déjà traversé la Méditerranée. Alors ils ne sont pas près de baisser les bras. Pas si près du but. Il y a aussi un couple de Kurdes de Turquie, leur garçon de 14 ans et leur fille de 13 ans, dont la demande d’asile a été rejetée en Allemagne, où ils ont vécu trois ans. Il y a encore Esma et son mari, des alévis, un courant religieux turc minoritaire, qui disent fuir des menaces de mort et la répression des autorités turques. « Nous sommes en danger de mort sur cette route », constate Esma, 40 ans (elle n’a pas souhaité donner son nom, comme les personnes citées par leur prénom). Néanmoins, le Royaume-Uni s’impose comme destination. Ce n’était pas le cas lorsqu’elle a quitté la Turquie, il y a six mois. « Nous n’avions pas de pays en tête, précise Esma. Mais nous sommes passés par la Croatie, où la police a menacé de nous renvoyer, et nos empreintes digitales y ont été enregistrées. Donc, nous ne pouvons pas demander l’asile ailleurs en Europe. » Esma a déjà tenté la traversée huit fois. « Parfois, la police intercepte le bateau et crève le boudin, parfois, trop de gens montent à bord et il y a un risque que le bateau explose ou que le moteur tombe en panne, alors on descend », rapporte-t-elle.
    Ces récits de bateaux surchargés, de policiers qui crèvent des boudins, de gaz lacrymogènes déversés pour empêcher des groupes d’embarquer, Yousef en a plusieurs à partager. La nuit est proche quand nous rencontrons ce Kurde d’Irak, âgé de 36 ans. Il marche, avec un groupe d’une cinquantaine de personnes, en direction des plages de Dunkerque. Il y a là des hommes, des femmes, des enfants et même des bébés. Certains dorment sur le dos de leurs parents, d’autres ont le regard hagard. Toutes et tous échoueront, encore une fois.
    Nous retrouvons Yousef le surlendemain dans le camp de Loon-Plage. Le parcours qu’il relate dit l’errance à laquelle sont condamnés beaucoup de celles et ceux qui risquent leur vie dans les small boats. Yousef a vécu au Royaume-Uni entre 2015 et 2018. Ne parvenant pas à obtenir l’asile, il a rejoint son frère dans l’Allier. Sans plus de succès. « J’ai perdu sept ans en France », regrette-t-il.
    En 2023, il essaie une première fois de retourner au Royaume-Uni en small boat. Sans y parvenir. Puis il trouve du travail dans les cultures d’endives à Saint-Omer (Pas-de-Calais), et commence à accumuler des fiches de paie dans l’espoir d’être régularisé. Las, « les règles ont changé », dit-il, en référence au ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, qui a durci les critères de régularisation. Le jeune Kurde est « fatigué ». La nuit, dans la tente qui lui sert d’abri, il trouve difficilement le sommeil.
    Près de 2 000 personnes se trouvent actuellement dans les camps de Loon-Plage. « C’est assez inédit qu’il y ait autant de gens », remarque Diane Leon, la coordinatrice de Médecins du monde, qui tient une clinique mobile sur place. Les autorités ont, depuis plusieurs semaines, accéléré le rythme des démantèlements de camps, obtenant pour principal résultat leur éparpillement. « Les gens se sont éloignés du seul point d’eau, on sait que des femmes enceintes boivent l’eau du ruisseau », rapporte Mme Leon. Par ailleurs, « comme les tentes sont confisquées, il n’y en a pas assez. Et, ici, tout se monnaie ». Médecins du monde a noté l’augmentation des cas de violences sexuelles. Des femmes obligées de partager leur tente ou violées sous la menace d’une arme…

    #Covid-19#migrant#migrant#manche#traversee#routemigratoire#france#royaumeuni#camp#sante#droit

  • Près de 20 000 migrants ont traversé la Manche depuis le début de l’année, un record - InfoMigrants
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    Près de 20 000 migrants ont traversé la Manche depuis le début de l’année, un record
    Par La rédaction Publié le : 01/07/2025
    Près de 20 000 migrants ont traversé la Manche depuis le 1er janvier. Jamais un tel chiffre n’avait été enregistré pour les six premiers mois de l’année, même lors des arrivées records de 2022 où plus de 45 700 exilés avaient rejoint le Royaume-Uni en traversant la Manche.
    Depuis le début de l’année, les records des traversées de la Manche s’enchaînent. Selon les derniers chiffres du ministère britannique de l’Intérieur, 19 982 migrants ont traversé le bras de mer qui relie les côtes françaises des rives anglaises depuis le 1er janvier. La plupart des personnes arrivant par petits bateaux viennent d’Afghanistan, de Syrie, d’Érythrée, d’Iran.Ce chiffre est en augmentation de 48 % par rapport à 2024 (13 489 traversées recensées) et de 75 % par rapport à 2023 (11 433 traversées recensées).
    C’est la première fois depuis l’apparition du phénomène des « small boats » en 2018 que ce seuil est dépassé si tôt dans l’année. Cela ne s’était pas non plus produit en 2022 alors que cette année avait vu des records d’arrivées avec plus de 45 700 exilés enregistrés par les services britanniques.
    Ces chiffres sont « clairement inacceptables », a réagi dans la presse locale un porte-parole du Home Office. « Soyons clairs : l’augmentation des chiffres ces dernières années s’explique par le fait que ces gangs ont été autorisés à implanter des entreprises de contrebande à grande échelle dans toute l’Europe », a-t-il tenté de justifier. Reste que ces chiffres accentuent encore la pression sur le gouvernement travailliste du Premier ministre Keir Starmer, qui a promis de lutter contre l’immigration illégale et qui fait face à la montée du parti anti-immigration Reform UK. « Un an après l’arrivée au pouvoir du parti travailliste, les bateaux ne se sont pas arrêtés, ils se sont multipliés », a estimé Chris Philp, député du parti conservateur.
    Mi-juin, le chef du gouvernement avait admis, en marge du sommet du G7 au Canada, que la crise des petits bateaux dans la Manche se « détériorait ». Pour Keir Starmer, « la migration devrait être une priorité compte tenu de la détérioration de la situation dans la Manche ». Et la France et le Royaume-Uni devraient continuer à « travailler en étroite collaboration » pour « trouver des moyens novateurs de faire avancer les choses ». Comprendre : enrayer les traversées irrégulières entre les deux pays.Les deux dirigeants, français et britannique, ont convenu de se focaliser sur cette question migratoire lors du prochain sommet entre le Royaume-Uni et la France. Le président français est attendu du 8 au 10 juillet à Londres pour une visite d’État.
    Comme ses prédécesseurs, le Premier ministre a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière sa priorité. Les accords se sont multipliés ces dernières années. En 2023, le précédent gouvernement conservateur avait finalisé un accord pour donner à la France près de 500 millions d’euros sur trois ans pour militariser davantage la frontière française et empêcher les migrants de faire la traversée. Dernier rendez-vous officiel en date : en février 2025. Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur français et Yvette Cooper, son homologue britannique, ont prolongé jusqu’en 2027 leur traité contre l’immigration clandestine, par lequel les Britanniques financent une partie des contrôles menés côté français.
    Pour faire face à cette hausse des départs depuis les côtes françaises, la France envisage de changer de doctrine : autoriser les forces de police à intercepter les migrants en mer. Jusqu’à présent, le droit maritime interdit aux policiers d’entrer dans l’eau et d’interpeller les bateaux.En 2021, Priti Patel, alors ministre de l’Intérieur britannique, avait déjà pressé la France de mettre en place ce genre d’opérations. Mais ce projet avait été rapidement abandonné suite au refus de la France de mener des pratiques contraires au droit maritime international.
    Particulièrement dangereuses, les traversées de la Manche dans ces frêles embarcations pneumatiques provoquent régulièrement des drames. L’année 2024 a été la plus meurtrière recensée depuis 2018 : 78 personnes sont mortes dans une vingtaine de naufrages recensés, selon l’Office de lutte contre le trafic illicite de migrants (Oltim). Et depuis le début de l’année, au moins 17 personnes sont mortes en tentant de rallier l’Angleterre par la mer, selon le ministère de l’Intérieur français.

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  • Près de 20 000 migrants ont traversé la Manche depuis le 1ᵉʳ janvier, du jamais-vu depuis 2018
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2025/07/01/pres-de-20-000-migrants-ont-traverse-la-manche-depuis-le-1er-janvier-du-jama

    Près de 20 000 migrants ont traversé la Manche depuis le 1ᵉʳ janvier, du jamais-vu depuis 2018
    Le Monde avec AFP
    Près de 20 000 exilés ont traversé la Manche depuis le 1er janvier 2025, selon des chiffres publiés mardi 1er juillet par le gouvernement britannique. Lundi, 879 migrants sont arrivés au Royaume-Uni après avoir traversé illégalement la Manche, portant le nombre total d’arrivées à 19 982 sur six mois.
    Le nombre de traversées est presque multiplié par deux avec une hausse de 48 % sur cette première moitié de l’année par rapport à 2024. L’année passée, 13 489 personnes ont traversé la Manche. En 2023, ce sont 11 433 migrants qui s’exilent vers le Royaume-Uni entre le 1er janvier et le 1er juillet. Après une baisse en 2023, les traversées illégales ont connu un net rebond au cours 2024, s’élevant à 36 800, et la tendance pour cette année laisse augurer un nombre bien supérieur.
    Ces chiffres accentuent encore la pression sur le gouvernement travailliste du premier ministre britannique, Keir Starmer, qui a promis de lutter contre l’immigration illégale et qui fait face à la montée du parti anti-immigration Reform UK. Une loi sur le contrôle des frontières est en cours d’examen au Parlement : elle doit notamment donner davantage de pouvoir aux forces de l’ordre contre les réseaux de passeurs. Le Royaume-Uni a également signé plusieurs accords de coopération avec les pays de départ ou de transit (Irak, Allemagne, Serbie, Kosovo, etc.).
    En février, la France et le Royaume-Uni ont prolongé jusqu’en 2027 leur traité contre l’immigration clandestine, par lequel les Britanniques financent une partie des contrôles menés côté français. Les gouvernements français et britannique devraient annoncer de nouvelles mesures dans les semaines à venir. Paris envisage, sous la pression de Londres, de modifier la doctrine d’intervention des policiers et gendarmes en mer afin de pouvoir intercepter les « taxi-boats » qui embarquent des migrants directement sur la mer, évitant ainsi les contrôles sur les plages jusqu’à 300 mètres des côtes.
    Conformément au droit international de la mer, une fois qu’une embarcation est à l’eau, les autorités ne font que du sauvetage. Des discussions sont aussi en cours pour expérimenter un échange de migrants sous certaines conditions. La plupart des personnes arrivant par petits bateaux viennent d’Afghanistan, de Syrie, d’Erythrée et d’Iran.
    Le verrouillage de la frontière terrestre franco-britannique mis en place par les gouvernements des deux pays a entraîné la baisse des tentatives d’intrusion, passant de plus de 15 000 en 2016 à 127 en 2023. Avec une conséquence : la nette hausse des traversées de la Manche sur les small boats, soit près de 136 000 personnes depuis 2018.Dix-sept personnes sont mortes en tentant de rallier l’Angleterre par la mer depuis le début de l’année, selon le ministère de l’intérieur français. L’année 2024 avait connu un triste bilan de 78 disparitions de ce type, faisant de la Manche une frontière meurtrière.

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