• Migrants à la frontière franco-italienne : « La solidarité n’est pas un délit ! »

    Alors que se tiendront, le 22 avril et le 27 mai à Gap et à Grenoble, les procès de plusieurs personnes solidaires de migrants, les élus écologistes #Damien_Carême et #Guillaume_Gontard ont lancé un #appel pour demander au gouvernement français de cesser ses pratiques indignes.

    #Tribune. L’hiver est officiellement fini. Pas celui qui s’abat sur les personnes exilées et celles qui sont solidaires. Cet hiver-là est le plus rude de tous : indigne, violent, inhumain. À Montgenèvre (Hautes-Alpes), village au-dessus de Briançon encore sous la neige, la situation ne cesse de se dégrader depuis des semaines.

    A 1 800 mètres d’altitude, le gouvernement français militarise et montre les poings, pensant ainsi en mettre, des points, sur des « i » fantasmagoriques : il y aurait des migrants dangereux, il y aurait des personnes solidaires complices, il y aurait un flot d’arrivées massives. Et la seule solution serait de rejeter, humilier, édifier des murs.

    C’est un mensonge.

    Les personnes solidaires ne sont pas des coupables. Ils et elles ne sont pas des hors-la-loi. La Cour de cassation de Lyon l’a confirmé, le 31 mars, en relaxant définitivement Cédric Herrou.

    La solidarité n’est pas un délit !

    Les atteintes portées aux droits sont récurrentes

    Pourtant, à Montgenèvre, le gouvernement choisit la répression. Et, chaque semaine, il surenchérit dans cette voie inhumaine. Il bafoue les droits français, européen et international et les droits des êtres humains, en toute impunité, tout en distillant sournoisement l’idée que la solidarité sert de planque à de sombres desseins. C’est de la manipulation.

    Les faits, graves, sont dénoncés depuis des semaines par une vingtaine de parlementaires qui se sont rendus, et continuent de se rendre, sur place pour les constater et témoigner : droit d’asile piétiné, assistance médicale empêchée, mise en danger d’autrui, séparation de la famille, poursuites abusives de bénévoles, gardes à vue de journalistes, interpellations, amendes et interrogatoires abusifs, tentatives d’intimidations… Les atteintes portées aux droits sont récurrentes.

    Cette situation honteuse dans les Hautes-Alpes se déroule à l’identique dans les Alpes-Maritimes, à la frontière entre Menton et Vintimille : la criminalisation des personnes solidaires s’y exerce de la même manière, les personnes exilées y sont refoulées avec la même fermeté. Cette même situation vécue, avant, dans la vallée de la Roya ou que vivent, sur certains aspects, les Pyrénées à la frontière franco-espagnole.

    Une folie sécuritaire de la France et de l’UE

    Dans cette folie sécuritaire, l’Union européenne (UE) et le gouvernement déploient aux frontières intérieures et extérieures de l’UE des moyens financiers démesurés pour une politique qui, en plus d’être indigne et inhumaine, est inefficace. Aucun mur, rien ni personne, n’empêchera jamais un être humain de mettre un pied devant l’autre pour sauver sa vie.

    Cette folie est responsable de drames, de vies brisées au bout d’un parcours déjà jalonné de souffrances pour ces familles qui partent sur la route de l’exil avec des femmes enceintes, de jeunes enfants, des nourrissons, des personnes âgées. Le gouvernement français doit respecter le droit français, le droit européen, le droit international comme les droits d’asile et les droits humains.

    Les personnes exilées, les personnes solidaires et les associations d’aide doivent être traitées dignement. Elles ne sont pas des délinquantes.

    Les exilés ne doivent être ni victimes ni alibis de cette folie sécuritaire.

    La détermination des bénévoles

    N’en déplaise au gouvernement, la solidarité est partout sur le territoire français. Les bénévoles qui tentent, malgré les intimidations qu’ils subissent, de porter secours et assistance aux personnes en exil sont le visage de nos valeurs républicaines : la fraternité, la solidarité. Ces bénévoles n’ont pas renoncé à un Etat de droit capable d’accueillir et de protéger. Ils continuent d’agir, de jour comme de nuit, même quand l’hiver alpin sévit. Ils agissent par humanité.

    Pourtant, ces personnes risquent gros… Malgré la décision du Conseil constitutionnel du 6 juillet 2018 reconnaissant la fraternité comme un principe à valeur constitutionnelle, la mettre concrètement en œuvre peut encore mener derrière les barreaux. C’est ce que risquent plusieurs citoyens solidaires, ces prochaines semaines, au cours de deux procès qui s’annoncent :

    Le 22 avril, à Gap, contre deux citoyens solidaires briançonnais, poursuivis pour « aide à l’entrée illégale et à la circulation sur le territoire national de personnes en situation irrégulière » pour avoir porté secours à une famille afghane sur le territoire français.

    Le 27 mai, à Grenoble, contre sept citoyens solidaires briançonnais pour avoir participé, le 22 avril 2018, à une manifestation qui visait à dénoncer l’action de Génération Identitaire présente la veille au col de l’Échelle (Hautes-Alpes), ainsi que la militarisation de la frontière. Ce qu’il se passe aujourd’hui à nos frontières est insupportable.

    Pour le respect du droit national et international

    Les dénis de droits et les violences exercées ne peuvent être plus longtemps supportés.

    Nous, signataires de cette tribune, demandons au gouvernement français de cesser ses pratiques indignes, illégales, illégitimes et dangereuses à la frontière. Nous lui demandons de respecter le droit national et international. Nous lui demandons d’en finir avec son récit mensonger. Nous, signataires de cette tribune, demandons au gouvernement français d’ouvrir les yeux sur la réalité d’un territoire où les initiatives solidaires sont bien réelles.

    Il en va de la dignité de notre pays. Après l’hiver, le printemps.

    Les premiers signataires de cette tribune : Damien Carême, député européen (EELV), président de l’Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) ; Elsa Faucillon, députée (Hauts-de-Seine, PCF) ; François Gemenne, chercheur, spécialiste des migrations internationales ; Guillaume Gontard, sénateur (Isère, EELV), président du Groupe écologiste-Solidarité & Territoires ; Cédric Herrou, Emmaüs Roya ; Martine Landry, Amnesty international, Alpes-Maritimes ; Aurélien Taché, député (Val-d’Oise, Les Nouveaux Démocrates) ; Sophie Taillé-Polian, sénatrice (Val-de-Marne), Génération. s, Groupe écologiste-Solidarité & Tterritoires ; Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS.

    Liste complète des signataires : https://europeecologie.eu/tribune-a-la-frontiere-franco-italienne-le-gouvernement-francais-doit

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/04/20/migrants-a-la-frontiere-franco-italienne-la-solidarite-n-est-pas-un-delit_60

    #asile #migrations #frontières #France #Italie #Briançon #Hautes-Alpes #Briançonnais #frontière_sud-alpine

    juste pour info, j’ai aussi co-signé la tribune...

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    ajouté à la métaliste sur les Hautes-Alpes :
    https://seenthis.net/messages/733721

    • Tattes : la justice au service des plus forts

      Il aura fallu plus de 6 ans au #Ministère_public pour arriver à « boucler » si lamentablement cette enquête : 2 requérants d’asile et 2 agents de sécurité inculpés. Les véritables responsables, ceux·celles qui ont en main de quoi contrôler la situation, ceux-là sont blanchis.

      Un centre bourré à craquer, vétuste et défaillant

      Tout en bas de l’échelle, il y a d’abord les 2 requérants qui fumaient et qui cuisinaient dans leur chambre. Mais où pouvaient-ils donc fumer, dans quels lieux réservés mais néanmoins accueillants auraient-ils pu se rencontrer dans un centre qui était bourré à craquer et qui hébergeait au moins deux fois plus de personnes que « la normale » ? Mais où pouvaient-ils donc cuisiner alors que les gens étaient entassés non seulement dans les chambres mais aussi dans les cuisines et devant les WC aux portes improbables ? Certaines familles, de retour à domicile à la sortie de la Maternité, avec un nouveau-né dans les bras, utilisaient même les plaques électriques… pour se chauffer en plein hiver !

      Il y a aussi les 2 agents de sécurité chargés d’homicide, lésions corporelles, négligence. Eux aussi tout en bas de l’échelle, oui. Que faire, comment faire dans un centre tellement brinquebalant comme était le foyer des Tattes il y a 6 ans, avec un dispositif anti-incendie défaillant, des portes coupe-feu qui s’ouvrent ou ne s’ouvrent pas, sans aucun plan clair d’évacuation des logements, des résident·es qu’on connait peu et qu’on ne comprend pas toujours ? Dans ce foyer, la panique a sans doute gagné autant les #agents_de_sécurité que les résident·es. Ils ont abandonné leur « responsabilité » pour sauver leur peau, devenant ainsi des criminels.

      Mauvaise gestion, peur et répression : les responsables doivent être poursuivis !

      Et pendant ce temps, où étaient, où sont les vrai·es responsables ? Ceux·celles qui ont permis que le foyer soit plein à craquer sans rien faire ? Ceux·celles qui font que le climat ambiant est celui de la peur de la répression avant le vivre ensemble ?

      Et aujourd’hui, où sont les sinistrés de cet incendie ? Comment les retrouver pour leurs présenter des excuses et des indemnisations ? Pourquoi les autorités refusent toujours d’octroyer un permis à l’une des rares victimes toujours à Genève, Ayop Aziz ?

      Les avocates de plusieurs plaignants ont fait #appel devant la Chambre de recours contre l’ordonnance de classement et demandent que l’#Hospice_général et son responsable sécurité incendie soient poursuivis. On en est là, on attend la réponse. Quant au #procès, pour le moment, il n’est pas encore agendé.

      Criminalisation des personnes migrantes partout, jutice nulle part

      Dans l’affaire de l’incendie des Tattes, tout comme dans celles actuellement en cours concernant le suicide d’Ali Reza au foyer de l’Etoile ou les plaintes pour agressions contre des requérants au centre de Giffers (Fribourg), c’est David contre Goliath. Les requérant·es concerné·es rêvent d’une justice helvétique, équitable et réparatrice. Mais nous savons qu’à la fin du parcours, en Suisse comme ailleurs, l’appareil judiciaire est celui du pouvoir et de l’argent.

      Il y a 6 ans que nous suivons cette histoire, que nous célébrons chaque année la triste date du 16 novembre 2014. Nous continuerons, pour ne pas oublier et pour rappeler aux autorités cantonales leur lâcheté et leur hypocrisie.

      Etat, Hospice général et société de sécurité blanchis : scandale !

      Reçu via la mailing-list Solidarité Tattes, 15.04.2021

      #responsabilité

  • « Notre surconsommation d’engrais azotés de synthèse est un désastre écologique, social et économique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/04/08/notre-surconsommation-d-engrais-azotes-de-synthese-est-un-desastre-ecologiqu

    Les engrais chimiques sont une potion magique issue de la guerre. L’invention du chimiste Fritz Haber (1868-1934), qui a reçu le prix Nobel pour ses travaux sur la synthèse de l’ammoniac, avait deux objectifs : nourrir davantage d’êtres humains et fabriquer des explosifs. Cette découverte a permis d’augmenter rapidement les rendements agricoles au sortir de la seconde guerre mondiale, tout en offrant de nouveaux débouchés aux industries créées en temps de guerre. Depuis 1960, notre consommation mondiale d’engrais azotés de synthèse a été multipliée par neuf – pourtant les plantes n’absorbent que la moitié de l’azote produit. Alors, où va le reste ?

    Notre surconsommation d’engrais azotés de synthèse est un désastre écologique, social et économique. La fabrication de ces engrais, que nous importons à 60 %, est une bombe climatique : il faut l’équivalent en gaz d’un kilogramme de pétrole pour produire un kilogramme d’azote. Une fois arrivés dans nos champs, ils émettent massivement du protoxyde d’azote, un gaz 265 fois plus puissant que le CO2. L’azote qui n’est pas absorbé par les plantes pollue les cours d’eau et l’eau du robinet, et tue la biodiversité aquatique – le phénomène des algues vertes est désormais bien connu. De l’ammoniac s’évapore également dans l’air et contribue à produire des particules fines, qui génèrent des pics de pollution jusque dans les villes lors des épandages au printemps. L’adoption massive des engrais chimiques a provoqué une chute de la teneur en matière organique des sols et une augmentation des traitements pesticides car trop d’azote rend les plantes vulnérables aux pathogènes.

    #tribune_derrière_paywall

  • 1 Relaxe pour les 3+4+2 de Briançon

    Le printemps 2021 sera marqué par deux procès politiques, criminalisant la solidarité avec les exilé-es et les sans papiers.

    Le 22 avril au tribunal de Gap jugement de deux solidaires en première instance pour « aide à l’entrée et à la circulation sur le territoire national de personnes en situation irrégulière »

    Ils ont été interpellé le 19 novembre alors qu’ils étaient en train de porter secours à une famille Afghane sur le territoire français .

    Le 27 mai jugement en appel des "7 de Briançon"suite à la condamnation prononcée le 13 décembre 2018.

    Ils ont été condamnés en première instance à des peines allant jusqu’à quatre mois de prison fermes et huit mois avec sursis pour avoir participer le 22 avril 2018 à une manifestation antifasciste.

    Cette manifestation spontanée visait à dénoncer l’action du groupe fascisant Génération Identitaire présent la veille au col de l’Echelle ( Hautes Alpes) et la militarisation de la frontière qui met des vies en danger.

    Depuis 5 ans , l’Etat mène une chasse à celles et ceux qu’il considère comme indésirables et procède à des refoulements illégaux quotidiens en contrevenant à ses propres lois .

    Depuis 5 ans , des milliers de solidaires , des dizaines de soignants se relayent au nom du principe de fraternité pour porter assistance à des exilé-es déterminé-es à venir chercher chez nous un peu de paix.

    Les violences policière sont avérées https://www.bastamag.net/police-racke...​ mise en danger des exilé-es qui une fois sur le territoire français tentent d’échapper à leur interpellation et les courses poursuites meurtrières aussi https://www.liberation.fr/france/2019...​.

    Il ne s’agit plus de bavures policières isolées mais d’une répétition d’actes systématiques de violence et de graves atteintes aux droits fondamentaux qui témoignent d’un racisme systémique à l’oeuvre aux frontières françaises et européennes.

    Cette politique du gouvernement français a conduit à la mort de 5 personnes en exil à Montgenèvre.

    Pour les mêmes raisons , plusieurs centaines de blessés sont déjà à déplorer et le ton sécuritaire continue de monter.Le 16 novembre , les effectifs de police ont été doublés à Montgenèvre, avec de plus le renfort des forces dites sentinelles .

    Par ces décisions , le gouvernement veut faire croire qu’une Europe -forteresse est possible et vaut mieux que des vies humaines .

    Les milliers de cadavres aux frontières de l’Europe, la violence et les dénis de droits aux frontières intérieures des pays européens ne semble pas le gêner.

    POUR NOUS ,SOLIDAIRES , il n’est pas question que le scénario se répète inlassablement à la fontière briançonnaise .

    La militarisation de la montagne n’est qu’un geste vain de l’Etat qui pousse les exilé-es à prendre plus de risques.

    Nous voulons faire de nos procès une nouvelle occasion de mettre en lumière la répression, l’injustice et la violence invisibilisées qui s’excercent chaque jour sur les personnes en exil.

    « Les gens qui meurent sur les plages , si c’étaient des blancs , la terre entière serait en train de trember » Fatou Diome

    https://www.youtube.com/watch?v=75yELKZGlXI

    #vidéo #asile #migrations #réfugiés #frontières #7_de_Briançon #Hautes-Alpes #Briançonnais #frontières_sud-alpine #solidarité #fraternité #justice #appel #27_mai_2021 #tribunal_de_Grenoble #Alpes #montagne #délit_de_solidarité #tribunal_de_Gap #22_avril_2021 #Montgenèvre #col_de_l'Echelle

    –—

    ajouté au fil de discussion sur le « #procès des 7 de Briançon » :
    https://seenthis.net/messages/734863

    qui, lui-même, a été ajouté dans la métaliste sur les Hautes-Alpes :
    https://seenthis.net/messages/733721

    ping @karine4 @isskein

    • La solidarité réprimée… jusque dans les Alpes !

      Un membre du comité de Solidarité Tattes s’est rendu récemment à la frontière franco-italienne et nous ramène des informations fraîches sur les actions de solidarité et la répression :

      Une population solidaire face à une frontière militarisée

      Dans les Hautes-Alpes, à la frontière franco-italienne, le printemps 2021 sera marqué par deux procès politiques, criminalisant une fois de plus la solidarité avec les personnes en exil. Ces procès interviennent suite à l’intensification des passages de personnes dans cette zone transfrontalière qui, plus précisément, comprend le Val de Suse côté italien, et le Briançonnais côté français.

      Alors que la France devrait autoriser les personnes en exil se présentant à sa frontière à rallier la prochaine ville où il est possible de déposer une demande d’asile, la PAF (Police aux frontières) refoule systématiquement les personnes migrantes se présentant à la douane du Montgenèvre, située à près de 2’000 mètres d’altitude, et empêche ainsi les migrant.e.s de déposer leur demande d’asile.

      Pire, la PAF se livre à une véritable traque des personnes tentant, malgré le dispositif policier en place qui a été doublé en novembre 2020, de traverser cette frontière montagneuse. Blessing, Nigériane de 20 ans morte le 7 mai 2018 en tentant de traverser la frontière, est décédée alors même qu’elle cherchait à échapper à la police. Tombée dans un ruisseau, son corps avait été repêché 10 jours plus tard en amont d’un barrage.

      Des deux côtés de la frontière, une frange importante de la population s’est mobilisée depuis l’afflux de migrant.e.s dans la région et a fait preuve de solidarité. Que ce soit pour « ouvrir » des refuges destinés à accueillir les personnes en exil le temps qu’elle se préparent ou se remettent de la traversée du col, dénoncer publiquement la violence de cette frontière, effectuer des « maraudes » nocturnes (activité consistant à quadriller la zone frontalière de nuit afin de venir en aide aux migrant.e.s en difficulté).

      Dans la région, la criminalisation des personnes solidaires s’est érigée en norme et la répression se manifeste de façon brutale. Le dernier exemple est l’expulsion du refuge autogéré d’Oulx en Italie le 23 mars dernier. Ce refuge, ouvert depuis 2 ans et demi, accueillait les candidat.e.s au passage de la frontière. Le matin de l’expulsion, plus de 60 personnes se trouvaient à l’intérieur lorsque la police a donné l’assaut, parmi lesquelles des familles avec des enfants en bas âge. Là encore, la répression frappera durement les militant.e.s solidaires. En effet, un procès pour occupation illégale a débuté ironiquement le matin de l’expulsion et concerne 24 personnes inculpé.e.s dans l’« ouverture » du refuge d’Oulx. Au moment de l’expulsion, 13 militant.e.s étaient présent.e.s à l’intérieur et seront également poursuivis.

      La répression coûte cher !

      Du côté français de la frontière, deux personnes seront jugées pour « aide à l’entrée et à la circulation sur le territoire national de personnes en situation irrégulière ». Elles avaient été interpellées fin 2020 alors qu’elles tentaient de porter secours à une famille afghane sur territoire français. Le 27 mai aura lieu le jugement en appel des « 7 de Briançon » (parmi lesquel.le.s deux Genevois), suite à la condamnation qui avait été prononcée à leur égard le 13 décembre 2018. Condamné.e.s en première instance à des peines allant jusqu’à quatre mois de prison ferme et huit mois avec sursis pour avoir participé le 22 avril 2018 à une manifestation antifasciste. Pour rappel, cette manifestation spontanée visait à dénoncer l’action du groupe fasciste Génération Identitaire présent en nombre la veille au col de l’Échelle (Hautes-Alpes) ainsi que la militarisation de la frontière.

      Les collectifs solidaires ont besoin de soutien financier pour faire face aux frais de justice et pour continuer à apporter l’aide d’urgence (nourriture, habits chauds, couvertures) dans les lieux d’accueil. Dans cette optique et afin de soutenir la lutte dans la vallée, une cagnotte a été ouverte :

      https://www.papayoux-solidarite.com/fr/collecte/appel-a-soutien-3-4-2-de-briancon

      Pour plus d’infos

      https://www.bastamag.net/police-racket-violence-sur-mineur-detournement-de-fonds-publics-refugies-p

      https://www.liberation.fr/france/2019/05/08/sur-les-traces-de-blessing-matthew-migrante-nigeriane-noyee-dans-la-duran

      https://www.liberation.fr/debats/2017/12/14/charles-heller-et-cristina-del-biaggio-en-montagne-comme-en-mer-la-fronti

      https://www.ledauphine.com/faits-divers-justice/2021/04/03/hautes-alpes-aide-a-l-entree-de-personnes-irregulieres-deux-proces-deux-

      Reçu via la mailing-list Solidarité Tattes, le 19.04.2021

  • #recherche
    Derrière la polémique sur l’« islamo-gauchisme », la ministre #Vidal isolée comme jamais - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/220321/derriere-la-polemique-sur-l-islamo-gauchisme-la-ministre-vidal-isolee-comm

    "Ses conseillers lui avaient promis de marquer, enfin, l’agenda politique. De ce point de vue, l’opération est réussie. Absente du débat public depuis le début de la crise sanitaire, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal a provoqué un tollé en déclenchant, en pleine pandémie, un débat sur « l’islamo-gauchisme » dans les universités.

    [...]

    Pour dénoncer les attaques faites aux #libertés_académiques et le manque de dialogue social avec le ministère, les syndicats ne s’adressent d’ailleurs plus à Frédérique Vidal mais passent directement par le premier ministre. Même chose pour les décisions pour lutter contre la précarité étudiante, qui sont annoncées depuis l’Élysée.

    Toutes les organisations de l’arc syndical ont écrit, au moins à trois reprises, à Matignon sur l’unique mois de novembre 2020. "

    Frédérique Vidal n’est déjà plus notre ministre | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/190321/frederique-vidal-nest-deja-plus-notre-ministre
    Cette #tribune comporte un appel à un rassemblement devant Matignon le 25, à l’occasion de la remise des 22 000 signatures de la #pétition.

  • Renvois : la pratique des autorités migratoires suisses menace les #droits_humains

    Le #Tribunal_administratif_fédéral prononce encore et toujours le renvoi de personnes vers des « #Etats_tiers_sûrs » ou des « #Etats_d'origine_sûrs » sans procéder à un examen suffisant de la situation des droits humains dans ces pays et à une évalutation minutieuse des #risques encourus par les personnes concernées. Aussi s’accumulent les #mesures_conservatoires (#interim_measures) à l’encontre de la Suisse, sur la base desquelles les comités onusiens suspendent provisoirement les menaces de renvoi. Conclusion : les #critères_d’examen des autorités suisses sont inadéquats du point de vue des droits humains.

    Une femme seule avec des enfants fuit un pays en guerre civile pour se rendre en #Bulgarie, où elle obtient le statut de réfugiée. Sur place, elle est victime de #violence_domestique. Ne recevant pas de protection de la part des autorités bulgares, elle se réfugie en Suisse avec ses enfants. Le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) rejette sa demande d’asile, invoquant qu’elle peut retourner en Bulgarie car il s’agit d’un « État tiers sûr ». Le Tribunal administratif fédéral confirme la décision du SEM*.

    Selon la loi sur l’asile (LAsi), une demande d’asile n’est généralement pas accordée si la personne requérante peut retourner dans un « État tiers sûr » dans lequel elle résidait avant de déposer sa demande en Suisse (art. 31a LAsi). En Suisse, les États de l’UE et de l’AELE sont considérés comme des pays tiers sûrs, car ils ont ratifié la Convention de Genève sur les réfugiés et la Convention européenne des droits de l’homme, qu’ils mettent en œuvre dans la pratique selon le Secrétariat d’État aux migrations. Le Conseil fédéral peut également désigner d’autres pays comme « États tiers sûrs » si ceux-ci disposent d’un mécanisme de protection efficace contre le renvoi des personnes concernées permettant de respecter le #principe_de_non-refoulement. Enfin, sont également considérés comme des « États d’origine sûrs » les pays dans lesquels les requérant·e·s d’asile sont à l’abri de toute persécution (art. 6a al. 2 let. a et b LAsi).

    Avec le soutien de l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR), la mère requérante d’asile et ses enfants déposent une plainte individuelle auprès du Comité des droits de l’enfant de l’ONU. Le Comité demande instamment à la Suisse de ne pas rapatrier la famille afin d’éviter que les enfants ne subissent un préjudice irréparable du fait des violations de leurs droits humains ; il ne peut en effet pas exclure que la famille se retrouve en danger en Bulgarie. Selon Adriana Romer, juriste et spécialiste pour l’Europe au sein de l’OSAR, cette affirmation est claire : « La référence générale au respect par un État de ses obligations en vertu du #droit_international n’est pas suffisante, surtout dans le cas d’un pays comme la Bulgarie. S’il y a des indications de possibles violations des droits humains, une évaluation et un examen minutieux sont nécessaires dans chaque cas individuel ».

    Le cas d’une demandeuse d’asile qui a fui un camp de réfugié·e·s grec pour se réfugier en Suisse illustre bien la problématique. Selon le Tribunal administratif fédéral (TAF), elle n’a pas fait valoir de circonstances qui remettraient en cause la #Grèce en tant qu’« État tiers sûr » (arrêt du TAF E-1657/2020 du 26 mai 2020). Les #viols qu’elle a subis à plusieurs reprises dans le camp de réfugié·e·s et l’absence de soutien psychologique sur place n’ont pas été pris en compte. Le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination à l’égard des #femmes (#CEDEF) est finalement intervenu un mois plus tard. C’est un sort similaire qu’a connu un requérant ayant survécu à la #torture, reconnu comme réfugié en Grèce. Bien que celui-ci ait dû vivre dans la rue et n’ait pas eu accès aux #soins_médicaux en Grèce, l’Office fédéral des migrations et le Tribunal administratif fédéral ont décidé que la « présomption d’ État tiers sûr » s’appliquait à la Grèce dans cette affaire (arrêt du TAF E-2714/2020 du 9 juin 2020). Là encore, le Comité contre la torture de l’ONU est intervenu et a empêché le renvoi. Pour Stephanie Motz, avocate zurichoise qui a plaidé dans les trois cas, deux fois avec l’association AsyLex et une fois avec l’avocate Fanny de Weck : « La situation dans les pays tiers n’est que sommairement examinée par le SEM et l’établissement des faits n’est pas suffisant pour être conforme au droit. En outre, il est fréquent que le Tribunal administratif fédéral n’examine pas en profondeur la situation des droits humains dans ces États, mais se contente de formuler des affirmations générales. En conséquence, les comités onusiens interviennent de plus en plus dans ces procédures ».

    Les critères d’évaluation peu rigoureux des autorités suisses concernent également les transferts au titre du #Règlement_de_Dublin, par lequel les requérant·e·s d’asile sont renvoyé·e·s vers l’État membre dans lequel ils et elles ont déposé leur première demande d’asile. À la fin de l’année dernière, le Comité contre la torture de l’ONU a dû interrompre temporairement un rapatriement Dublin de la Suisse vers la Pologne (arrêt du TAF F-3666/2020 du 23 juillet 2020).

    Enfin, le Comité pour l’élimination de la #discrimination_raciale de l’ONU (#CERD) est également intervenu au début de cette année lorsque la Suisse a voulu expulser un couple de #Roms vers le nord de la #Macédoine (arrêt du TAF E-3257/2017 du 30 juillet 2020, cons.10.2). Le couple était exposé à de sérieux risques et n’était pas protégé de manière adéquate par les autorités de #Macédoine_du_Nord. Le Tribunal administratif fédéral ayant désigné la Macédoine du Nord comme un « État d’origine sûr », le couple a, avec le soutien du Réseau de solidarité Berne, déposé une plainte individuelle auprès du CERD et peut rester en Suisse à titre provisoire.

    Plusieurs années peuvent s’écouler avant que les comités de l’ONU statuent définitivement sur les cas présentés. Dans trois de ceux-ci, le SEM a entre temps accepté les demandes d’asile. Dans les deux autres cas, grâce aux mesures conservatoires, les recourant·e·s sont également protégé·e·s pendant que le Comité examine le risque concret de violations des droits humains.

    En qualifiant un grand nombre de pays de « sûrs » de manière générale, les autorités suisses font courir de graves risques aux demandeur·euse·s d’asile. Les droits humains peuvent également être violés dans des #pays_démocratiques. Les nombreuses interventions des comités de l’ONU le montrent clairement : la pratique suisse n’est pas suffisante pour respecter les droits humains.

    *Pour la protection de la famille concernée, la référence correspondante n’est pas publiée.

    https://www.humanrights.ch/fr/qui-sommes-nous/autorite-migratoires-mesures-conservatoires
    #renvois #expulsions #migrations #asile #réfugiés #Suisse #TAF #SEM #justice #ONU #Dublin #renvois_Dublin

  • Les tribunaux militaires israéliens pour les Palestiniens sont une tache sur la justice internationale
    8 mars | Sahar Francis pour The Guardian |Traduction : JPB pour l’AURDIP
    https://www.aurdip.org/les-tribunaux-militaires.html

    (...) L’écrasante majorité des Palestiniens de Cisjordanie sont nés et ont passé toute leur vie sous une occupation militaire israélienne qui viole leur droit à l’autodétermination. Un nouveau rapport de l’organisation caritative War on Want révèle qu’un élément essentiel de ce qui soutient cette occupation est un système judiciaire militaire caractérisé par des violations du droit international.
    Le rapport - Juge, jury et occupant - est une plongée profonde dans les diverses façons dont les droits des Palestiniens sont violés - depuis l’arrestation, en passant par l’interrogatoire, la condamnation et la peine de prison. Il reflète les expériences des avocats palestiniens et des groupes de défense des droits humains. L’organisation de défense des droits des prisonniers que je dirige, Addameer, est fière d’apporter des preuves. (...)

    #Occupation_de_peuplement #tribunaux_militaires

  • Garantir une #liberté_académique effective

    Ce billet est consacré à la notion de liberté académique. Auparavant, nous traitons succinctement de trois sujets d’actualité.

    #Maccarthysme — Depuis le 16 février, nous vivons une de ces séquences maccarthystes qui ont fait le quotidien des Bolsonaro, Trump, Johnson et autres Orbán [1], et qui se répètent désormais dans le nôtre. L’attaque de l’exécutif contre les scientifiques a été déclenchée à l’approche des élections régionales par Mme #Vidal, possiblement tête de liste à Nice. Cet épisode politicien consternant ouvre la campagne des présidentielles pour le chef de l’État ainsi que pour les autres ministres chargés de chasser sur les terres lexicales de l’#extrême_droite. La charge consiste à désigner comme non scientifiques certains domaines de la #recherche et à les associer au #terrorisme, par un nom chimérique construit sur le modèle de l’adjectif « #judéo-bolchévique », de sinistre mémoire. La #menace est réelle. Mais elle ne vient pas des travaux insufflés par une libido politique, qui innervent aujourd’hui un grand nombre de disciplines des sciences dures et humaines, elle vient de la #stratégie_politique qui accuse la recherche et l’#Université d’être politisées tout en leur enjoignant ailleurs de légitimer les choix « sociétaux » des politiques [2] ou de répondre dans l’urgence à une crise par des appels à projet [3]. Elle s’entend dans ce lexique confusionniste et moraliste qui prétend dire ce qu’est la #science sans en passer par la #méthode_scientifique. Elle se reconnaît à la fiction du débat qui occupe l’#espace_médiatique par #tribunes de #presse et, bien pire, sur les plateaux des chaînes de #télévision singeant le modèle de Fox News et des médias ultraconservateurs états-uniens.

    La menace nous appelle donc à forger de solides réseaux de #solidarité pour les affronter et à nous réarmer intellectuellement, pour réinstituer l’Université.

    #Zéro_Covid — Nous avons à nouveau demandé au Président de la République, au Premier Ministre et au Ministre de la santé de recevoir une délégation de chercheurs pour proposer une série de mesures de sécurisation sanitaire composant une stratégie globale Zéro Covid (https://rogueesr.fr/zero-covid), conformément à la tribune (https://rogueesr.fr/zero-covid) signée, déjà, par plus de mille chercheuses et chercheurs.

    #Hcéres — Dans ce contexte, il peut être pertinent de revenir sur le fonctionnement du Hcéres, instance symptomatique s’il en est des menaces institutionnelles qui pèsent sur la liberté académique. Le collège du Hcéres réuni le 1er mars a entériné le recrutement de M. #Larrouturou comme directeur du département d’évaluation des organismes nationaux de recherche. M. Larrouturou était, avant sa démission le soir de l’adoption de la LPR, à la tête de la Direction générale de la recherche et de l’innovation (DGRI). À ce titre, il a organisé la nomination de M. #Coulhon à la présidence du collège du Hcéres. À qui en douterait encore, ce renvoi d’ascenseur confirme l’imbrication des différentes bureaucraties de la recherche et leur entre-soi conduisant au #conflit_d’intérêt permanent.

    Certains militants d’une fausse liberté académique, dans une tribune récemment publiée, ont par ailleurs présenté le département d’évaluation de la recherche comme l’instance légitime pour une mission de contrôle politique des facultés. Il est donc intéressant de relever que ce département demeurera dirigé par un conférencier occasionnel de l’#Action_Française, le mouvement de #Charles_Maurras à qui l’on doit le mythe de l’Université inféodée aux quatre États confédérés (Juifs, Protestants, Francs-Maçons, « Métèques ») [4].

    Enfin, trois membres d’instances nationales de La République en Marche apparaissent dorénavant dans l’organigramme du Hcéres, confortant les craintes de constitution d’un ministère Bis en charge de la reprise en main de la recherche.

    Garantir une liberté académique effective — Vous trouverez ici la première partie de notre synthèse : Réinstituer la liberté académique : https://rogueesr.fr/liberte-academique.

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    [1] À ce sujet, on pourra lire l’actualité récente en Angleterre, frappante de similitude :

    - Government to appoint “free-speech champion” for English universities : https://www.theguardian.com/world/2021/feb/14/government-to-appoint-free-speech-champion-for-universities-heritage-hi
    - A political scientist defends white identity policies : https://www.newyorker.com/news/q-and-a/a-political-scientist-defends-white-identity-politics-eric-kaufmann-white
    - Gavin Williamson using “misleading” research to justify campus free-speech law : https://www.theguardian.com/education/2021/feb/27/gavin-williamson-using-misleading-research-to-justify-campus-free-speec

    [2] Le CNRS célèbre ses 80 ans : http://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/le-cnrs-celebre-ses-80-ans

    [3] Face aux attentats : un an de mobilisation au CNRS : https://www.cnrs.fr/fr/face-aux-attentats-un-de-mobilisation-au-cnrs

    [4] Les convictions politiques de la personne en question n’auraient pas vocation à apparaître sur la place publique s’il n’était pas précisément question de lui confier une mission de contrôle politique des universités. D’autre part, nous nous refusons à mentionner des liens vers des pages pointant vers des sites d’extrême-droite. Les lecteurs soucieux de vérification les trouveront sans peine.

    https://rogueesr.fr/2021/03/03
    #libertés_académiques

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    ajouté au fil de discussion autour des propos tenus par Vidal :
    https://seenthis.net/messages/902062

  • Comment un traité signé en 1994 plombe la transition écologique
    https://reporterre.net/Comment-le-Traite-sur-la-charte-de-l-energie-plombe-la-transition-ecolog

    Le #traité repose sur un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États, qui permet aux entreprises d’attaquer un État devant un #tribunal_arbitral_privé. « S’ils estiment qu’une politique gouvernementale nuit à leurs activités commerciales, des investisseurs peuvent ainsi contourner les tribunaux nationaux », précise Yamina Saheb. Ce faisant, « le #TCE protège les investisseurs étrangers dans leur pays d’accueil en leur octroyant une protection privilégiée, sous forme d’une #justice_privée qui leur est beaucoup plus favorable que les juridictions nationales, et habilitée à ordonner aux gouvernements de verser des milliards d’euros aux entreprises concernées », déplore Amandine Van Den Berghe. Les Pays-Bas ne sont pas le premier pays à faire face à une telle réclamation. Depuis 1998, plus de 136 litiges connus font référence au TCE, « dont 66 % sont des litiges intraeuropéens », souligne Yamina Saheb.

    #litiges_intraeuropéens , notez bien :-) On aurait tendance à refuser ce mécanisme avec les autres continents (et je suis d’accord avec ça) mais ici aussi, on a des choses à casser/réformer pour que les mutlinationales retirent le doigt de la gachette.
    #Traité_sur_la_Charte_de_l_Energie

  • Tous chasseurs cueilleurs !
    https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-08-juin-2019

    Quand la civilisation menace l’#environnement... retour à la chasse et la cueillette. Entretien avec James C. Scott autour de son livre "#HomoDomesticus, une histoire profonde des premiers Etats".

    On a tous en tête des souvenirs d’école sur les débuts de l’Histoire avec un grand H. Quelque part entre le Tigre et l’Euphrate il y a 10 000 ans, des chasseurs-cueilleurs se sont peu à peu sédentarisés en domestiquant les plantes et les animaux, inventant dans la foulée l’#agriculture, l’écriture et les premiers Etats. C’était l’aube de la #civilisation et le début de la marche forcée vers le #progrès.

    Cette histoire, #JamesScott, anthropologue anarchiste et professeur de sciences politiques, l’a enseignée pendant des années à ses élèves de l’Université de Yale. Mais les découvertes archéologiques dans l’actuel Irak des dernières années l’ont amené à réviser complètement ce « storytelling » du commencement des sociétés humaines, et par là même remettre en question notre rapport au monde dans son dernier livre : Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers Etats (Ed. La Découverte).

    Alors même que climat et biodiversité sont aujourd’hui plus que jamais menacés par les activités humaines, James C. Scott propose de réévaluer l’intérêt des sociétés d’avant l’Etat et l’agriculture. Car ces chasseurs-cueilleurs semi-nomades ont longtemps résisté face aux civilisations agraires, basées sur les céréales et qui, en domestiquant le monde, se sont domestiqués eux-mêmes, en appauvrissant leur connaissance du monde.

    Un reportage de Giv Anquetil.
    Les liens

    James C. Scott : « Le monde des chasseurs-cueilleurs était un monde enchanté » (Le grand entretien) par Jean-Christophe Cavallin, Diakritik

    Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, Réflexions sur l’effondrement, Corinne Morel Darleux, Editions Libertalia

    "Amador Rojas invite Karime Amaya" Chapiteau du Cirque Romanès - Paris 16, Paris. Prochaine séance le vendredi 14 juin à 20h.

    Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers Etats, James C. Scott (Editions La Découverte)

    Eloge des chasseurs-cueilleurs, revue Books (mai 2019).

    HOMO DOMESTICUS - JAMES C. SCOTT Une Histoire profonde des premiers États [Fiche de lecture], Lundi matin

    Bibliographie de l’association Deep Green Resistance
    Programmation musicale

    "Mesopotamia"- B52’s

    "Cholera" - El Rego et ses commandos

    #podcast @cdb_77

    • Homo Domesticus. Une histoire profonde des premiers États

      Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
      C’est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire #Homo_domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l’#État antique comme étape cruciale de la « #civilisation » humaine.
      Ce faisant, il nous offre une véritable #écologie_politique des formes primitives d’#aménagement_du_territoire, de l’« #autodomestication » paradoxale de l’animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la #sédentarisation et des logiques de la #servitude et de la #guerre dans le monde antique.
      Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l’évolution de l’humanité et sur ce que Rousseau appelait « l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ».


      https://www.editionsladecouverte.fr/homo_domesticus-9782707199232

      #James_Scott #livre #démographie #épidémiologie #évolution #humanité #histoire #inégalité #inégalités #Etat #écologie #anthropologie #ressources_pédagogiques #auto-domestication

    • Fiche de lecture: Homo Domesticus - James C. Scott

      Un fidèle lecteur de lundimatin nous a transmis cette fiche de lecture du dernier ouvrage de James C. Scott, (on peut la retrouver sur le blog de la bibliothèque fahrenheit) qui peut s’avérer utile au moment l’institution étatique semble si forte et fragile à la fois.
      « L’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres »
      À la recherche de l’origine des États antiques, James C. Scott, professeur de science politique et d’anthropologie, bouleverse les grands #récits_civilisationnels. Contrairement à bien des idées reçues, la #domestication des plantes et des animaux n’a pas entraîné la fin du #nomadisme ni engendré l’#agriculture_sédentaire. Et jusqu’il y a environ quatre siècles un tiers du globe était occupé par des #chasseurs-cueilleurs tandis que la majorité de la population mondiale vivait « hors d’atteinte des entités étatiques et de leur appareil fiscal ».
      Dans la continuité de #Pierre_Clastres et de #David_Graeber, James C. Scott contribue à mettre à mal les récits civilisationnels dominants. Avec cette étude, il démontre que l’apparition de l’État est une anomalie et une contrainte, présentant plus d’inconvénients que d’avantages, raison pour laquelle ses sujets le fuyait. Comprendre la véritable origine de l’État c’est découvrir qu’une toute autre voie était possible et sans doute encore aujourd’hui.

      La première domestication, celle du #feu, est responsable de la première #concentration_de_population. La construction de niche de #biodiversité par le biais d’une #horticulture assistée par le feu a permis de relocaliser la faune et la flore désirable à l’intérieur d’un cercle restreint autour des #campements. La #cuisson des aliments a externalisé une partie du processus de #digestion. Entre 8000 et 6000 avant notre ère, Homo sapiens a commencé à planter toute la gamme des #céréales et des #légumineuses, à domestiquer des #chèvres, des #moutons, des #porcs, des #bovins, c’est-à-dire bien avant l’émergence de sociétés étatiques de type agraire. Les premiers grands établissements sédentaires sont apparus en #zones_humides et non en milieu aride comme l’affirment les récits traditionnels, dans des plaines alluviales à la lisière de plusieurs écosystèmes (#Mésopotamie, #vallée_du_Nil, #fleuve_Indus, #baie_de_Hangzhou, #lac_Titicata, site de #Teotihuacan) reposant sur des modes de subsistance hautement diversifiés (sauvages, semi-apprivoisés et entièrement domestiqués) défiant toute forme de comptabilité centralisée. Des sous-groupes pouvaient se consacrer plus spécifiquement à une stratégie au sein d’un économie unifiée et des variations climatiques entraînaient mobilité et adaptation « technologique ». La #sécurité_alimentaire était donc incompatible avec une #spécialisation étroite sur une seule forme de #culture ou d’#élevage, requérant qui plus est un travail intensif. L’#agriculture_de_décrue fut la première à apparaître, n’impliquant que peu d’efforts humains.
      Les #plantes complètement domestiquées sont des « anomalies hyperspécialisées » puisque le cultivateur doit contre-sélectionner les traits sélectionnés à l’état sauvage (petite taille des graines, nombreux appendices, etc). De même les #animaux_domestiqués échappent à de nombreuses pressions sélectives (prédation, rivalité alimentaire ou sexuelle) tout en étant soumis à de nouvelles contraintes, par exemple leur moins grande réactivité aux stimuli externes va entraîner une évolution comportementale et provoquer la #sélection des plus dociles. On peut dire que l’espèce humaine elle-même a été domestiquée, enchaînée à un ensemble de routines. Les chasseurs-cueilleurs maîtrisaient une immense variété de techniques, basées sur une connaissance encyclopédique conservée dans la mémoire collective et transmise par #tradition_orale. « Une fois qu’#Homo_sapiens a franchi le Rubicon de l’agriculture, notre espèce s’est retrouvée prisonnière d’une austère discipline monacale rythmée essentiellement par le tic-tac contraignant de l’horloge génétique d’une poignée d’espèces cultivées. » James C. Scott considère la #révolution_néolithique récente comme « un cas de #déqualification massive », suscitant un #appauvrissement du #régime_alimentaire, une contraction de l’espace vital.
      Les humains se sont abstenus le plus longtemps possible de faire de l’agriculture et de l’élevage les pratiques de subsistance dominantes en raison des efforts qu’elles exigeaient. Ils ont peut-être été contraints d’essayer d’extraire plus de #ressources de leur environnement, au prix d’efforts plus intenses, à cause d’une pénurie de #gros_gibier.
      La population mondiale en 10 000 avant notre ère était sans doute de quatre millions de personnes. En 5 000, elle avait augmenté de cinq millions. Au cours des cinq mille ans qui suivront, elle sera multipliée par vingt pour atteindre cent millions. La stagnation démographique du #néolithique, contrastant avec le progrès apparent des #techniques_de_subsistance, permet de supposer que cette période fut la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité sur le plan épidémiologique. La sédentarisation créa des conditions de #concentration_démographique agissant comme de véritables « parcs d’engraissement » d’#agents_pathogènes affectant aussi bien les animaux, les plantes que les humains. Nombre de #maladies_infectieuses constituent un « #effet_civilisationnel » et un premier franchissement massif de la barrière des espèces par un groupe pathogènes.
      Le #régime_alimentaire_céréalier, déficient en #acides_gras essentiels, inhibe l’assimilation du #fer et affecte en premier lieu les #femmes. Malgré une #santé fragile, une #mortalité infantile et maternelle élevée par rapport aux chasseurs-cueilleurs, les agriculteurs sédentaires connaissaient des #taux_de_reproduction sans précédent, du fait de la combinaison d’une activité physique intense avec un régime riche en #glucides, provoquant une #puberté plus précoce, une #ovulation plus régulière et une #ménopause plus tardive.

      Les populations sédentaires cultivant des #céréales domestiquées, pratiquant le commerce par voie fluviale ou maritime, organisées en « #complexe_proto-urbain », étaient en place au néolithique, deux millénaires avant l’apparition des premiers États. Cette « plateforme » pouvait alors être « capturée », « parasitée » pour constituer une solide base de #pouvoir et de #privilèges politiques. Un #impôt sur les céréales, sans doute pas inférieur au cinquième de la récolte, fournissait une rente aux élites. « L’État archaïque était comme les aléas climatiques : une menace supplémentaire plus qu’un bienfaiteur. » Seules les céréales peuvent servir de base à l’impôt, de part leur visibilité, leur divisibilité, leur « évaluabilité », leur « stockabilité », leur transportabilité et leur « rationabilité ». Au détour d’un note James C. Scott réfute l’hypothèse selon laquelle des élites bienveillantes ont créé l’État essentiellement pour défendre les #stocks_de_céréales et affirme au contraire que « l’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres ». La majeure partie du monde et de sa population a longtemps existé en dehors du périmètre des premiers États céréaliers qui n’occupaient que des niches écologiques étroites favorisant l’#agriculture_intensive, les #plaines_alluviales. Les populations non-céréalières n’étaient pas isolées et autarciques mais s’adonnaient à l’#échange et au #commerce entre elles.
      Nombre de #villes de #Basse_Mésopotamie du milieu du troisième millénaire avant notre ère, étaient entourées de murailles, indicateurs infaillibles de la présence d’une agriculture sédentaire et de stocks d’aliments. De même que les grandes #murailles en Chine, ces #murs d’enceinte étaient érigés autant dans un but défensif que dans le but de confiner les paysans contribuables et de les empêcher de se soustraire.
      L’apparition des premiers systèmes scripturaux coïncide avec l’émergence des premiers États. Comme l’expliquait #Proudhon, « être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé ». L’#administration_étatique s’occupait de l’#inventaire des ressources disponibles, de #statistiques et de l’#uniformisation des #monnaies et des #unités_de_poids, de distance et de volume. En Mésopotamie l’#écriture a été utilisée à des fins de #comptabilité pendant cinq siècle avant de commencer à refléter les gloires civilisationnelles. Ces efforts de façonnage radical de la société ont entraîné la perte des États les plus ambitieux : la Troisième Dynastie d’#Ur (vers 2100 avant J.-C.) ne dura qu’à peine un siècle et la fameuse dynastie #Qin (221-206 avant J.-C.) seulement quinze ans. Les populations de la périphérie auraient rejeté l’usage de l’écriture, associée à l’État et à l’#impôt.

      La #paysannerie ne produisait pas automatiquement un excédent susceptible d’être approprié par les élites non productrices et devait être contrainte par le biais de #travail_forcé (#corvées, réquisitions de céréales, #servitude pour dettes, #servage, #asservissement_collectif ou paiement d’un tribu, #esclavage). L’État devait respecter un équilibre entre maximisation de l’excédent et risque de provoquer un exode massif. Les premiers codes juridiques témoignent des efforts en vue de décourager et punir l’#immigration même si l’État archaïque n’avait pas les moyens d’empêcher un certain degré de déperdition démographique. Comme pour la sédentarité et la domestication des céréales, il n’a cependant fait que développer et consolider l’esclavage, pratiqué antérieurement par les peuples sans État. Égypte, Mésopotamie, Grèce, Sparte, Rome impériale, Chine, « sans esclavage, pas d’État. » L’asservissement des #prisonniers_de_guerre constituait un prélèvement sauvage de main d’œuvre immédiatement productive et compétente. Disposer d’un #prolétariat corvéable épargnait aux sujets les travaux les plus dégradants et prévenait les tensions insurrectionnelles tout en satisfaisant les ambitions militaires et monumentales.

      La disparition périodique de la plupart de ces entités politiques était « surdéterminée » en raison de leur dépendance à une seule récolte annuelle d’une ou deux céréales de base, de la concentration démographique qui rendait la population et le bétail vulnérables aux maladies infectieuses. La vaste expansion de la sphère commerciale eut pour effet d’étendre le domaine des maladies transmissibles. L’appétit dévorant de #bois des États archaïques pour le #chauffage, la cuisson et la #construction, est responsable de la #déforestation et de la #salinisation_des_sols. Des #conflits incessants et la rivalité autour du contrôle de la #main-d’œuvre locale ont également contribué à la fragilité des premiers États. Ce que l’histoire interprète comme un « effondrement » pouvait aussi être provoqué par une fuite des sujets de la région centrale et vécu comme une #émancipation. James C. Scott conteste le #préjugé selon lequel « la concentration de la population au cœur des centres étatiques constituerait une grande conquête de la civilisation, tandis que la décentralisation à travers des unités politiques de taille inférieure traduirait une rupture ou un échec de l’ordre politique ». De même, les « âges sombres » qui suivaient, peuvent être interprétés comme des moments de résistance, de retours à des #économies_mixtes, plus à même de composer avec son environnement, préservé des effets négatifs de la concentration et des fardeaux imposés par l’État.

      Jusqu’en 1600 de notre ère, en dehors de quelques centres étatiques, la population mondiale occupait en majorité des territoires non gouvernés, constituant soit des « #barbares », c’est-à-dire des « populations pastorales hostiles qui constituaient une menace militaire » pour l’État, soit des « #sauvages », impropres à servir de matière première à la #civilisation. La menace des barbares limitait la croissance des États et ceux-ci constituaient des cibles de pillages et de prélèvement de tribut. James C. Scott considère la période qui s’étend entre l’émergence initiale de l’État jusqu’à sa conquête de l’hégémonie sur les peuples sans État, comme une sorte d’ « âge d’or des barbares ». Les notions de #tribu ou de peuple sont des « #fictions_administratives » inventées en tant qu’instrument de #domination, pour désigner des #réfugiés politiques ou économiques ayant fuit vers la périphérie. « Avec le recul, on peut percevoir les relations entre les barbares et l’État comme une compétition pour le droit de s’approprier l’excédent du module sédentaire « céréales/main-d’œuvre ». » Si les chasseurs-cueilleurs itinérants grappillaient quelques miettes de la richesse étatique, de grandes confédérations politiques, notamment les peuples équestres, véritables « proto-États » ou « Empires fantômes » comme l’État itinérant de #Gengis_Kahn ou l’#Empire_Comanche, constituaient des concurrents redoutables. Les milices barbares, en reconstituant les réserves de main d’œuvre de l’État et en mettant leur savoir faire militaire au service de sa protection et de son expansion, ont creusé leur propre tombe.

      Dans la continuité de Pierre Clastres et de David Graeber, James C. Scott contribue à mettre à mal les récits civilisationnels dominants. Avec cette étude, il démontre que l’apparition de l’État est une #anomalie et une #contrainte, présentant plus d’inconvénients que d’avantages, raison pour laquelle ses sujets le fuyait. Comprendre la véritable origine de l’État c’est découvrir qu’une toute autre voie était possible et sans doute encore aujourd’hui.

      https://lundi.am/HOMO-DOMESTICUS-Une-Histoire-profonde-des-premiers-Etats
      #historicisation

  • #Deliveroo’s algorithm discriminated against those who go on strike or get sick

    #Frank, the algorithm used by Deliveroo, does not weed out discrimination. A Court in Bologna issued an historic ruling in late December 2020. The Court decision is a landmark one both because of its outcome – it ruled that the system was discriminatory and awarded 50,000 euros in punitive damages – and for the judge’s arguments. The internal documentation submitted by the union federations and the workers’ testimonies give an accurate picture of the system of rules, incentives and sanctions that governed the food-delivery services. A model that discriminates indirectly, since it generates disadvantageous effects without taking due account of the differences among diverse cases. The algorithm, according to the Court, was effective when it came to planning and managing business flows by dispatching a large pool of available workers. However, it allowed neither organisational adaptability nor flexibility of judgement (see: Il tuo capo è un algoritmo. Contro il lavoro disumano).

    The case, promoted by the most representative Italian labour union, Cgil, brought to light that Deliveroo’s riders were evaluated primarily on two aspects: reliability and participation (we use the past tense because the company claims to have “adjusted” the statistics used for its slots through its new contracts, which were signed in November and are anyway widely contested). The combination of these metrics gave workers an internal ranking; by virtue of that ranking they were more or less likely to be offered new jobs or to be downgraded instead. Workers with good ratings were among the first to be able to apply for the most coveted work shifts and could also turn down the most uncomfortable ones. However, any waiver in the 24 hours prior to the shift weighed against future calls. Upon returning from a period of absence for various reasons (health problems, commitments related to the care of family members, or collective action), workers could be automatically downgraded and forced to start all over again, by climbing the ranking from the scratch.

    Platforms often purport that their workers are independent contractors because they are able to “turn off” the app or not to “log in” to the internal staffing system. Many judgements around the world, and many observers before them, have argued that availability to accept shifts, together with the number of deliveries performed and customers’ ratings, contribute to defining the ranking, which is far from being a perfect representation of reality. This “credits-based" model engenders severe subordination towards the users and the platform, whose mood is unfathomable.

    Autonomy and independence are only “virtual”, and courts gradually go beyond formalism to scrutinise the managerial prerogatives exercised by apps, which are increasingly equated with traditional employers. If some progress has been made on the issue of (mis)classification of the working relationship, it also about time to open up the “black boxes” also under the EU General Data Protection Regulation, which limits the use of “automated individual decision-making”, making the mechanics of algorithms transparent, impartial and contestable.

    The profiling of workers and clients is now the core part of the business for the operators of the platform economy, the only really promising one, if we look at the financial statements in which negative signs abound in almost all the indexes, despite the turnover’s growth due to the pandemic. Internal “reputation” plays a prominent role, influencing the worker’s potential compensation, all the more so in a regime of exclusivity. The exercise of control and disciplinary powers is facilitated by opaque and misleading systems that deliberately reproduce the business strategies imposed by management on the algorithms’ programmers.

    In recent weeks, the ecosystem of platform work was thoroughly shaken in Italy. Firstly, a Court of Palermo had reclassified a Glovo delivery rider as an employee for the first time in the country. If Italian courts lagged behind in reclassification cases, and employment status was only recognised after courts in many other countries had already done so, this case instead is at the forefront of litigation. It is the first time a court questions the operation of an algorithmic management system concerning workers and declares that algorithms may well discriminate against sick people or workers involved in union action.

    Algorithms, therefore, are far from being neutral tools and can be subject to judicial review. The European Commission also announced it will present a proposal for a directive to improve the working conditions of platform workers. We thus can debunk once and for all three false myths: the alleged autonomy of workers in deciding whether, when and how much to work, the “superhuman” objectivity of algorithms that organize the work, and the mirage of workforce entirely made up of young people looking for pocket money. Now reality knocks at the door.

    https://www.rivistailmulino.it/news/newsitem/index/Item/News:NEWS_ITEM:5480
    #livreurs #discriminations #inégalités #algorithme #justice #Italie #tribunal #livraison

    ping @etraces

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    voir aussi:
    #Frank, l’algoritmo anti-sciopero. La #Cgil porta in tribunale #Deliveroo
    https://seenthis.net/messages/817182

  • Justice confinée à Lyon - Rebellyon.info
    https://rebellyon.info/Lyon-la-justice-en-temps-de-confinement-22855

    Depuis, un état d’urgence sanitaire a chassé l’autre, reconduisant une restriction similaire de nos droits, notamment en matière de défense. Cet article revient sur l’absence de publicité effective des débats à Lyon.

    Deux textes encadrent les conditions actuelles de la publicité des audiences :
    • L’ordonnance n° 2020-1401 du 18 novembre 2020 portant adaptation des règles applicables aux juridictions de l’ordre judiciaire statuant en matière pénale
    • La circulaire CRIM-2020-22/H2-19.11.2020 présentant cette ordonnance

    Ces textes prévoient que le président de séance puisse choisir, avant l’ouverture de l’audience, une publicité restreinte des débats, et du rendu de jugement. C’est le président du tribunal judiciaire qui définit les conditions d’accès aux salles d’audience et aux services du tribunal, en vue d’assurer le respect des règles sanitaires en vigueur.

    Deux conditions à ces largesses : d’une part il est explicitement prévu que ces règles soient portées à la connaissance du public par voie d’affichage.

    D’autre part, la circulaire précise : « Il convient de rappeler que les juridictions et les salles d’audience restent ouvertes au public. Par suite, les dispositions ici commentées ne sauraient permettre ni de fermer l’accès du public aux juridictions, ni d’en réserver l’accès aux seules personnes munies d’une convocation. »

    De fait, à Lyon, les audiences ne sont plus publiques : nous avons pu constater à plusieurs reprises et contrairement aux dispositions de la circulaire, l’interdiction d’accès au tribunal sans convocation, et le filtrage quasi-total non seulement à l’entrée du tribunal, mais ensuite à l’entrée des salles d’audience.

    #justice #police #répression #tribunal #TGI

  • Le procès du journaliste Taha Bouhafs est reporté, son avocat soulève une question prioritaire de constitutionnalité
    Publié le 08/01/2021 15:36
    https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/droit-et-justice/le-proces-du-journaliste-militant-taha-bouhafs-est-reporte-son-avocat-s

    Taha Bouhafs devait être jugé au tribunal de Créteil pour outrage et rébellion envers un policier. Maître Arié Alimi estime que le lien entre le parquet et la police rompt l’égalité des armes dans la procédure. (...)

  • Tribunal spécial pour le Liban : une montagne qui a accouché d’une souris
    https://www.justiceinfo.net/fr/les-debats-justiceinfo/opinions/46417-tribunal-special-liban-montagne-accouche-souris.html

    Le mois dernier, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), basé à La Haye, a prononcé sa première peine depuis sa création, il y a 13 ans. L’avocat et militant libanais Habib Nassar a suivi de près ce tribunal depuis le début. Il décrit pourquoi les Libanais moquent ce jugement, le qualifiant d’absurde et politisé. Et comment ce tribunal a illustré le pire des institutions de justice internationale.

    Au lendemain de la création du Tribunal spécial pour le Liban (TSL), en 2007, des collègues et moi-même avons écrit un article dans lequel nous concluions que « le TSL reste limité dans sa portée et ne peut être, tout au plus, qu’un premier pas vers l’avènement d’une culture de la responsabilité au Liban ». Plus d’une décennie plus tard, le premier jugement du tribunal dans l’affaire qui a déclenché sa création (...)

    #Opinions

  • Gilbert Naccache, la mémoire de Cristal
    https://www.justiceinfo.net/fr/tribunaux/tribunaux-nationaux/46398-gilbert-naccache-memoire-cristal.html

    Dissident politique et juif, Gilbert Naccache a longtemps subi répression et attaques antisémites de la part du pouvoir et de ses concitoyens tunisiens. Ce militant de gauche, ancien prisonnier politique et considéré par certains comme « un monument de la résistance tunisienne », est mort le 26 décembre. Sans avoir vu l’issue du procès qui le concernait, du fait des lenteurs de la justice transitionnelle en Tunisie.

    « La vérité, quoi qu’on fasse, est révolutionnaire », déclare-t-il lors d’une audience publique, en novembre 2016. Fin septembre, Joseph Gilbert Naccache, militant tunisien de gauche et ancien prisonnier politique, devait assister à la troisième séance de ce procès des jeunes Perspectivistes de 1968, dont il était l’un des symboles, devant la chambre pénale spécialisée de Tunis. Mais deux juges (...)

    #Tribunaux_nationaux

  • L’Australie lance une enquête sans précédent sur ses crimes de guerre
    https://www.justiceinfo.net/fr/tribunaux/tribunaux-nationaux/46386-australie-lance-enquete-sans-precedent-crimes-de-guerre.html

    Le nouveau Bureau de l’enquêteur spécial doit commencer à travailler le 4 janvier. Sa mission est d’enquêter sur de récents crimes de guerre qui auraient été commis par les forces spéciales australiennes en Afghanistan. Aucun membre des forces armées australiennes n’a été poursuivi pour crimes de guerre depuis quelque 120 ans. Cela pourrait changer le paysage de la justice internationale en Australie, et peut-être même au-delà.

    L’Australie doit mettre en place cette semaine une unité spéciale chargée d’enquêter sur d’éventuels crimes de guerre commis par ses forces en Afghanistan. Cette enquête pénale fait suite à un rapport choquant, publié en novembre, qui offrait des preuves de graves abus pouvant constituer des crimes de guerre commis par des membres des forces spéciales australiennes en Afghanistan, (...)

    #Tribunaux_nationaux

  • #Italie : la #justice retient le « #risque_Covid » pour offrir une #protection_humanitaire

    Le tribunal de Milan a estimé que les #risques_sanitaires liés à l’#épidémie de Covid auxquels est exposé un migrant dans son pays d’origine peuvent constituer un motif valable pour lui accorder une protection humanitaire.

    Dans une série d’#ordonnances rendues la semaine dernière, le #tribunal de Milan a stipulé que le risque de #contamination au Covid-19 peut permettre à un migrant de bénéficier d’une protection humanitaire. Une décision qui ne concerne que des migrants ne remplissant pas les conditions d’octroi du droit d’asile ou d’autres types de statuts.

    Le quotidien italien « Corriere della Serra » s’est fait écho, dimanche 27 décembre, de cette décision juridique dont l’application n’a rien d’automatique. Elle ne peut être prise qu’au cas par cas, après un examen visant à déterminer si le Covid-19 représente un facteur de risques supplémentaires dans le pays d’origine, en raison notamment de la fragilité du système de soin ou du manque de ressources alimentaires. En fonction du pays d’origine du demandeur, la justice doit donc évaluer les conséquences sociales et économiques de la pandémie.

    Le journal précise que ces ordonnances résultent de l’examen d’appels déposés contre la loi Salvini de 2018 – qui a été modifiée depuis – par des migrants provenant d’Afrique ou d’Asie qui se sont vus refuser l’asile. Prenant en considération l’épidémie actuelle, les juges ont estimé que ces migrants devaient tout de même pouvoir bénéficier d’une protection humanitaire au vu des difficultés provoquées dans leurs pays d’origine dépourvus, par exemple, d’équipements de réanimation.

    Selon le ministère italien de l’Intérieur, 34 001 migrants sont arrivés en Italie entre le 1er janvier 2020 et le 24 décembre 2020, soit pratiquement le triple du total d’arrivées enregistrées en 2019 (11 439 personnes). Les principaux pays d’origine des migrants sont la Tunisie (12 847), le Bangladesh (4 132), la Cote d’Ivoire (1 950), l’Algérie (1 458) et le Pakistan (1 358).

    #asile #migrations #réfugiés #coronavirus #covid-19 #protection

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    via @karine4

  • Rapport thématique – Durcissements à l’encontre des Érythréen·ne·s : actualisation 2020

    Deux ans après une première publication sur la question (https://odae-romand.ch/rapport/rapport-thematique-durcissements-a-lencontre-des-erythreen%c2%b7ne%c2%b7), l’ODAE romand sort un second rapport. Celui-ci offre une synthèse des constats présentés en 2018, accompagnée d’une actualisation de la situation.

    Depuis 2018, l’ODAE romand suit de près la situation des requérant·e·s d’asile érythréen∙ne∙s en Suisse. Beaucoup de ces personnes se retrouvent avec une décision de renvoi, après que le #Tribunal_administratif_fédéral (#TAF) a confirmé la pratique du #Secrétariat_d’État_aux_Migrations (#SEM) amorcée en 2016, et que les autorités ont annoncé, en 2018, le réexamen des #admissions_provisoires de quelque 3’200 personnes.

    En 2020, le SEM et le TAF continuent à appliquer un #durcissement, alors que la situation des droits humains en #Érythrée ne s’est pas améliorée. Depuis près de quatre ans, les décisions de renvoi tombent. De 2016 à à la fin octobre 2020, 3’355 Érythréen·ne·s avaient reçu une décision de renvoi suite à leur demande d’asile.

    Un grand nombre de requérant·e·s d’asile se retrouvent ainsi débouté·e·s.

    Beaucoup des personnes concernées, souvent jeunes, restent durablement en Suisse, parce que très peu retournent en Érythrée sur une base volontaire, de peur d’y être persécutées, et qu’il n’y a pas d’accord de réadmission avec l’Érythrée. Au moment de la décision fatidique, elles perdent leur droit d’exercer leur métier ou de se former et se retrouvent à l’#aide_d’urgence. C’est donc à la constitution d’un groupe toujours plus important de jeunes personnes, exclues mais non renvoyables, que l’on assiste.

    C’est surtout en cédant aux pressions politiques appelant à durcir la pratique – des pressions renforcées par un gonflement des statistiques du nombre de demandes d’asile – que la Suisse a appréhendé toujours plus strictement la situation juridique des requérant∙e∙s d’asile provenant d’Érythrée. Sur le terrain, l’ODAE romand constate que ces durcissements se traduisent également par une appréciation extrêmement restrictive des motifs d’asile invoqués par les personnes. D’autres obstacles limitent aussi l’accès à un examen de fond sur les motifs d’asile. Au-delà de la question érythréenne, l’ODAE romand s’inquiète pour le droit d’asile au sens large. L’exemple de ce groupe montre en effet que l’application de ce droit est extrêmement perméable aux incitations venues du monde politique et peut être remaniée sans raison manifeste.

    https://odae-romand.ch/rapport/rapport-thematique-durcissements-a-lencontre-des-erythreen%c2%b7ne%c2%b7

    Pour télécharger le rapport :
    https://odae-romand.ch/wp/wp-content/uploads/2020/12/RT_erythree_2020-web.pdf

    #rapport #ODAE_romand #Erythrée #Suisse #asile #migrations #réfugiés #réfugiés_érythréens #droit_d'asile #protection #déboutés #permis_F #COI #crimes_contre_l'humanité #service_militaire #travail_forcé #torture #viol #détention_arbitraire #violences_sexuelles #accord_de_réadmission #réadmission #déboutés #jurisprudence #désertion #Lex_Eritrea #sortie_illégale #TAF #justice #audition #vraisemblance #interprètes #stress_post-traumatique #traumatisme #trauma #suspicion #méfiance #procédure_d'asile #arbitraire #preuve #fardeau_de_la_preuve #admission_provisoire #permis_F #réexamen #santé_mentale #aide_d'urgence #sans-papiers #clandestinisation #violence_généralisée

    ping @isskein @karine4

  • Coblence, premier procès des crimes de l’Etat syrien en Europe
    https://www.justiceinfo.net/fr/tribunaux/tribunaux-nationaux/46222-coblence-premier-proces-crimes-etat-syrien-europe.html

    IN CAMERA | Épisode 1 Coblence, centre de l’Allemagne. Premier procès de la torture d’État en Syrie. Premier clap de la série IN CAMERA pour Justice Info. Chaque mois, une courte vidéo pour raconter en images la grande histoire de la justice transitionnelle. Le procès de Coblence n’est qu’un début. La partie visible d’un archipel d’enquêtes, lancées en Europe, pour juger des crimes du régime de Bashar el-Assad, et ses exécutants mêlés aux colonnes de réfugiés. Les deux accusés de Coblence sont jugés pour leur participation présumée à l’implacable machine de mort. De nombreux syriens le regardent comme une première lueur de justice dans un océan d’atrocités. Depuis son ouverture en avril, Justice Info raconte ce procès grâce à sa correspondante Hannah El-Hitami. Dans cette vidéo, Hannah vous propose de la suivre (...)

    #Tribunaux_nationaux

  • Un membre présumé du Hezbollah condamné à perpétuité pour l’attentat contre Rafic Hariri
    RFI – Publié le : 11/12/2020
    https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20201211-un-membre-pr%C3%A9sum%C3%A9-du-hezbollah-condamn%C3%A9-%C3%A0-perp%C3%A

    Avec notre correspondante à La Haye, Stéphanie Maupas

    Le Tribunal spécial pour le Liban a prononcé vendredi 11 décembre la perpétuité contre l’unique condamné pour l’attentat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri. Salim Ayyash avait été reconnu coupable début août, en qualité de complice. Les trois autres accusés, petites mains de l’attaque du 14 février 2005, avaient été acquittées. Comme eux, Salim Ayyash n’a jamais été livré à ce Tribunal créé sous l’égide de l’ONU : il a été jugé par contumace.
    (...)

    ♦ Qui est Salim Ayyash ?
    Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

    Salim Ayyash, 57 ans, est considéré par le Tribunal spécial pour le Liban comme le cerveau de l’attentat-suicide qui a coûté la vie à Rafic Hariri.

    Il est présenté comme un agent d’élite du Hezbollah, membre puis commandant d’une unité chargée d’éliminer les ennemis du parti chiite. Dans un portrait brossé le 25 août dernier, le Washington Post écrit que l’énigmatique Salim Ayyash dirigeait l’unité 121, une cellule « hautement secrète » du Hezbollah, composée de dizaines d’agents, directement liée au secrétaire général du parti Hassan Nasrallah. Le quotidien américain lui attribue au moins cinq assassinats à la voiture piégée au Liban entre 2005 et 2013.

    Au Liban, Salim Ayyash n’a pas vraiment le profil d’un agent secret à l’identité cachée. Dans son village de Harouf, dans le sud du pays, tout le monde le connaissait et savait qu’il était membre du Hezbollah.

    Il avait un numéro à la sécurité sociale et avait même servie dans le corps de la Défense civile. Quand son nom est apparu dans l’enquête, le Hezbollah a démenti son implication et a refusé de le livrer à la justice. Depuis, plus personne ne l’a revu. Dans son village, les habitants l’appellent Hajj Salim, comme tous ceux qui ont effectué le pèlerinage à la Mecque. C’était en janvier 2005, en compagnie de son épouse, moins d’un mois avant l’assassinat de Rafic Hariri.

    #Tribunal_spécial_Liban

  • « Que les décideurs politiques ouvrent le débat sur l’effondrement de la société pour que nous puissions commencer à nous y préparer »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/12/10/que-les-decideurs-politiques-ouvrent-le-debat-sur-l-effondrement-de-la-socie

    « 
    Un débat public sur cette menace de l’effondrement est indispensable afin de pouvoir en réduire la probabilité, la rapidité, la gravité et les dommages infligés aux plus vulnérables comme à la nature, relève dans une tribune au « Monde » un collectif de plus de 400 scientifiques d’une vingtaine de pays.

    –---

    Nous sommes des scientifiques et universitaires de plus de vingt pays et nous appelons les décideurs politiques à s’engager ouvertement face au risque de bouleversements, voire d’effondrement, de nos sociétés. Cinq ans après l’accord de Paris de 2015 sur le climat, nous n’avons pas réussi à réduire nos émissions de carbone, et nous devons maintenant faire face aux conséquences.

    S’il est essentiel d’agir avec courage et équité pour réduire les émissions et réabsorber naturellement du carbone, nombreux sont les chercheurs qui considèrent désormais l’effondrement de la société au cours de ce siècle comme un scénario crédible. Les avis diffèrent sur le lieu, l’étendue, la date, la durée et la cause de ces bouleversements ; mais la manière dont les sociétés modernes exploitent les hommes et la nature est une préoccupation commune à tous.

    [...]

    #effondrement #tribune #paywall #collapsologie

    • On parle d’un effondrement à venir, comme si la dégradation des conditions de la vie sur Terre n’était pas déjà en route depuis un moment. Pas un mot sur les mouvements de résistance qui existent déjà, et qu’il faudrait encourager et soutenir.

      Cet appel s’adresse aux dirigeants de la part de « scientifiques » qui se veulent les conseillers d’un Prince Eclairé et Charmant (l’Etat, sa Police, son Armée) qui est sensé défendre le bien public alors qu’il est évident qu’il défend « la liberté du commerce et de l’industrie », et donc les intérêts des classes dominantes. En Marche vers la #technocratie collapsologique. On y retrouve bien sûr #Pabo_Servigne et sa #bêtise_politique insondable...

      Texte complet et en français de la tribune : https://framaforms.org/appel400scientifiques-1607524970

  • Kosiah : « Mettez-moi en prison pour un millier d’années, je n’ai peur de personne »
    https://www.justiceinfo.net/fr/tribunaux/tribunaux-nationaux/46207-kosiah-mettez-moi-prison-millier-annees-peur-personne.html

    Le procès tant attendu de l’ancien chef de guerre libérien Alieu Kosiah a débuté, à Bellinzone (Sud de la Suisse) par l’interrogatoire de l’accusé. Selon le ministère public de la Confédération, où il vit depuis plus de vingt-cinq ans, l’homme aurait commis des crimes de guerre durant la première guerre civile du Liberia. Kosiah, combatif et véhément, dément tout en bloc.

    Le jeune Alieu Kosiah était mineur, selon ses dires, lors de son premier exil, en Sierra Leone, où il a rejoint le mouvement rebelle Ulimo au sein duquel il a monté les échelons de commandement. Selon l’accusation, à ce titre il a « donné l’ordre à ses troupes de commettre durant les années 1993 à 1995, dans le comté de Lofa [Nord du Liberia], notamment des meurtres de civils, un viol ainsi que des actes visant à réduire la population en (...)

    #Tribunaux_nationaux

  • Centrafrique : la Cour constitutionnelle dit non aux suspects de crimes de guerre
    https://www.justiceinfo.net/fr/tribunaux/tribunaux-nationaux/46175-centrafrique-la-cour-constitutionnelle-dit-non-aux-suspects-de-cr

    La Cour constitutionnelle de la République centrafricaine a douché les espoirs de l’ancien président François Bozizé et d’une douzaine d’autres membres de groupes armés. Leurs candidatures aux élections du 27 décembre sont invalidées. Bozizé, président de 2003 à 2013, est rattrapé par les allégations de crimes de guerre qui pèsent contre lui.

    Les Centrafricains retenaient leur souffle depuis que la Cour constitutionnelle s’était prononcée, le 27 novembre, sur l’éligibilité des candidats aux législatives. La cour avait alors mis à l’écart plusieurs personnalités appartenant à des groupes armés, ou encore poursuivies ou condamnées pour crimes de guerre. L’opinion publique se demandait quelle décision la plus haute juridiction du pays allait prendre concernant l’ancien président François Bozizé, candidat aux élections (...)

    #Tribunaux_nationaux

  • Le procès du Libérien Alieu Kosiah s’ouvre en Suisse
    https://www.justiceinfo.net/fr/tribunaux/tribunaux-nationaux/46154-proces-liberien-alieu-kosiah-ouvre-suisse.html

    Alieu Kosiah, ancien chef de guerre libérien, est la première personne à être jugée en Suisse pour crimes de guerre devant un tribunal civil. Son procès a été maintes fois repoussé. Il s’ouvre ce 3 décembre à Bellinzone dans une ambiance tendue, après six ans de détention préventive et dans les conditions sanitaires restrictives d’une pandémie. Un enjeu pour le parquet fédéral suisse. Et pour le Liberia.

    Près de 200 jours de retard et quatre faux départs. Attendu depuis des années, initialement prévu pour le 14 avril, reporté à juin, puis août, puis novembre, le procès d’Alieu Kosiah, ancien chef de guerre libérien de la première guerre civile des années 90, devrait enfin débuter ce jeudi 3 décembre. Des délais qui ont mis sur les nerfs le tribunal pénal fédéral de Bellinzone, en Suisse italienne, qui n’a annoncé (...)

    #Tribunaux_nationaux

    • Crimini di guerra in Liberia ricostruiti in aula penale

      I fatti del presente procedimento si sono svolti nel contesto della prima guerra civile in Liberia (1989-1996). Questa guerra (…) è stata una delle più violente che il continente africano abbia mai conosciuto". Basta questa prima frase dell’atto d’accusa per capire che, quello che comincerà il 3 dicembre al Tribunale penale federale (Tpf) di Bellinzona, non è un processo come gli altri. Per la prima volta in Svizzera una persona sarà giudicata per crimini di guerra da un tribunale ordinario. Alieu Kosiah, ex comandante dello #United_liberation_movement_for_democracy_in_Liberia (#Ulimo) è accusato di vari crimini, tra cui l’uccisione di 20 civili tra il 1993 e il 1995.
      Dopo aver guidato le milizie dell’Ulimo, una fazione ribelle che si è macchiata di crimini abominevoli, Alieu Kosiah si è trasferito in Svizzera. Dalle parti di Losanna ha vissuto per oltre quindici anni: si è sposato, ha divorziato, senza che nessuno potesse sospettare del suo passato. Tutto tranquillo fino a quando, nel 2014, è stato arrestato. Da allora non è più uscito di prigione. Sette vittime liberiane lo accusano di aver partecipato direttamente a crimini di guerra. Nell’atto d’accusa del Ministero pubblico della Confederazione (Mpc) sono descritti venti omicidi diretti, uno stupro, il reclutamento di bambini soldato e atti di cannibalismo e saccheggio.
      Le vittime sono sostenute dall’Ong Civitas Maxima, fondata dall’avvocato ginevrino Alain Werner, profondo conoscitore dell’Africa Occidentale. «Il nostro scopo - spiega al Caffé Alain Werner - è quello di fare delle inchieste sul terreno per documentare dei crimini internazionali che, nella stragrande maggioranza dei casi restano impunite, ciò che è uno scandalo, e fare in modo che le vittime abbiano accesso alla giustizia». Nel caso di Alieu Kosiah, arrestato nel Canton Vaud, tocca alla giustizia elvetica occuparsene. Il suo avvocato, Dimitri Gianoli, contattato dal Caffè, afferma che «il mio cliente contesta tutti i fatti addotti a suo carico in relazione alla Liberia». In questi anni, a seguito delle segnalazioni di alcune Ong, l’Mpc ha aperto alcune inchieste in reazione a presunti crimini di guerra: alcune sono state abbandonate, altre sono ancora in corso. Di certo, però, il perseguimento di questi crimini non è stata una priorità tanto che la strategia messa in atto da Berna è stata da più parti criticata. Ora, si giunge infine ad un primo processo. «È un processo storico, per la Svizzera, per il Liberia e per le vittime di un conflitto atroce completamente dimenticate dalla giustizia internazionale», esclama Werner secondo cui, però, «la Svizzera può e deve fare molto di più in questo ambito».
      Complice il coronavirus e «al fine di preservare sicurezza e salute dei numerosi partecipanti provenienti dall’Africa» il Tribunale ha posticipato quattro volte i dibattimenti. Giovedì, finalmente, si comincia. Ma la Corte intende procedere solo con le questioni pregiudiziali e l’audizione dell’imputato. Il seguito dei dibattimenti avrà luogo nel 2021: la strada è quindi ancora molto lunga.

      http://www.caffe.ch/stories/Fatti/67204_crimini_di_guerra_in_liberia_ricostruiti_in_aula_penale

      #guerre #guerre_civile

    • L’inferno liberiano fa capolino a Bellinzona

      Al Tribunale penale federale è comparso un uomo accusato di crimini di guerra in Liberia negli anni ’90. Una prima in Svizzera.

      L’atteso processo di Alieu Kosiah, il cittadino liberiano accusato di crimini di guerra per le molteplici atrocità commesse in Liberia in qualità di comandante di un gruppo armato, è iniziato questa mattina al Tribunale penale federale di Bellinzona (Tpf). Il dibattimento ha però preso il via senza l’assenza di coloro che affermano di essere le vittime delle atrocità commesse nella seconda metà degli anni novanta. Ecco il punto della situazione di un processo che, comunque vada, è già stato definito «storico».

      L’assenza delle vittime, bloccate in Liberia dal coronavirus (e dai quattro rinvii del Tribunale che non hanno facilitato l’organizzazione) è stata criticata dagli avvocati delle parti civili che, in entrata, hanno subito chiesto di rimandare il processo. "Non è così che immaginavamo che sarebbe andato questo processo storico che vede convogliare a Bellinzona gli occhi di tutto il mondo” ha esclamato Alain Werner, uno degli avvocati delle parti civile e fondatore dell’Ong Civitas Maxima, all’origine dell’inchiesta contro Alieu Kosiah.

      In sostanza le vittime chiedono di potere guardare negli occhi Alieu Kosiah durante a sua deposizione: «In una causa che si basa molto sulla parola dell’altro, è particolarmente importante che i nostri clienti possano partecipare all’udienza per sentire dal vivo ciò che l’imputato ha da dire, senza passare attraverso il filtro della traduzione e delle trascrizioni con tutti i rischi di perdita di chiarezza” ha affermato Alain Warner.

      Una quindicina di inchieste in corso

      È la prima volta che in Svizzera, un tribunale ordinario, è chiamato a chinarsi su dei crimini internazionali. Già nel 1999 la Confederazione è stata il primo Stato europeo a processare un uomo per i massacri commessi in Ruanda. Il processo, però, si svolse davanti al Tribunale militare di Losanna, all’epoca l’unico competente per i crimini di guerra.

      Poi, dal 2011, sono entrate in vigore in Svizzera le nuove disposizioni dello Statuto di Roma della Corte penale internazionale, ratificato dalla Confederazione nel 2001. Questa modifica legislativa ha introdotto nel Codice penale i crimini contro l’umanità e definito in maniera più precisa i crimini di guerra. Grazie a questi nuovi ordinamenti giuridici il Ministero pubblico della Confederazione (Mpc) ha ora la competenza di giudicare e punire una persona che ha commesso atti contro l’umanità anche al di fuori del territorio elvetico.

      In questi anni, la Procura federale ha ricevuto una settantina di segnalazioni: la maggior parte dei quali ha portato ad un decreto di non entrata in materia o a un decreto d’abbandono, come nell’inchiesta che ha coinvolto la raffineria ticinese Argor-Heraeus per una vicenda legata all’oro insanguinato in Repubblica democratica del Congo. Attualmente sono aperte una quindicina di inchieste.

      Oggi si giunge infine ad un primo processo. Un processo definito da più parti come “storico”, come testimonia anche la buona presenza di giornalisti in aula e i diversi articoli apparsi sulla stampa internazionale.

      Una guerre violentissima

      “I fatti del presente procedimento si sono svolti nel contesto della prima guerra civile in Liberia (1989-1996). Questa guerra (…) è stata una delle più violente che il continente africano abbia mai conosciuto». Basta questa prima frase dell’atto d’accusa per capire che, quello iniziato oggi non è un processo come gli altri.

      Alieu Kosiah, ex comandante dello United liberation movement for democracy in Liberia (Ulimo) è il protagonista in una lista di 25 violazioni delle leggi di guerra commesse da lui stesso o dai soldati del suo gruppo Zebra, uno dei battaglioni Ulimo che si opponeva al Fronte patriottico nazionale della Liberia (Nplf) del famigerato Charles Taylor, lui stesso arrestato nel novembre 2014 e condannato da un Tribunale speciale per crimini commessi solo in Sierra Leone. Nella regione di Lofa, la principale area colpita dai presunti atti di Alieu Kosiah, i civili sono stati deliberatamente e sistematicamente presi di mira durante le ostilità. Secondo la Commissione per la verità e la riconciliazione della Liberia, solo in quella zona sono state contate più di 93.000 vittime.

      La lunga lista di crimini stilata nell’atto d’accusa firmato dal procuratore federale Andreas Müller comprende una ventina di omicidi diretti, uno stupro, il reclutamento di bambini soldato e atti di saccheggio e cannibalismo (il cuore strappato ad un cadavere e mangiato da alcuni soldati). Dopo aver guidato le milizie dell’Ulimo, Alieu Kosiah si è trasferito in Svizzera. Dalle parti di Losanna ha vissuto per oltre quindici anni: si è sposato, ha divorziato, senza che nessuno potesse sospettare del suo passato. Tutto tranquillo fino a quando, nel 2014, è stato arrestato. Da allora, accusato da sette persone, non è più uscito di prigione, come ha ribadito in aula l’imputato interropendo il discorso del suo avvocato, Dimitri Gianoli.

      Quest’ultimo, oltre ad affermare l’estraneità del su assistito nei fatti, ha attaccato in aula il doppio ruolo, e il presunto conflitto d’interessi, di Alain Werner, avvocato di alcune vittime e fondatore e direttore dell’Ong Civitas Maxima. La richiesta è stata quella di togliere l’incarico all’avvocato. L’inizio del processo è stato quindi subito intenso e battagliero. Si vedrà nei prossimi giorni cosa decideranno i giudici a proposito delle diverse richieste delle parti. Affaire à suivre.

      https://www.areaonline.ch/L-inferno-liberiano-fa-capolino-a-Bellinzona-f30a1400

  • Des nouilles ! Des nouilles ! Des nouilles !
    J’espère vraiment que Anne Sylvestre a su combien elle nous a fait du bien tous les midis pendant la guerre...
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/50668463123

    Flickr

    ValK. a posté une photo :

    A écouter par ici https://www.youtube.com/watch?v=KVsp_aBYRF4&list=PLC37271C6C0A12BD3&index=1

    ... avec plein d’autres cailloux pour ne pas se perdre en chemin...
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    [Les petites photos]
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    #hommage #tribute #homenaje
    #Anne_Sylvestre #AnneSylvestre
    #mort #death #muerte
    #nouilles #noddles #tallarines #nourriture
    #soeurcellerie #syncretisme
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    #photo : ValK.
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