• Faut que je lise car je n’y crois pas une seule seconde juste avec l’extrait.
      L’ingénierie en maîtrise, ca dure une très courte période sur toute techno (2-10 ans). L’Apple 1, la programmation, les fusées...
      Les profiteurs vont forcément démarcher et prendre le relais.

      Aller, je vais lire.

  • Pour un #label « sans #ia_générative », « Splann ! » signe le #plaidoyer de l’Atelier d’écologie politique de Toulouse
    https://splann.org/appel-journalisme-sans-ia-generative

    La #rédaction de « Splann ! » s’interdit de publier des textes, des images et des sons élaborés par l’intelligence artificielle générative. Huit mois après avoir inscrit dans cet engagement dans notre charte morale et déontologique, nous signons l’appel de l’Atelier politique pour l’émergence d’un label « Sans IA générative » dans l’enseignement, la culture, le #journalisme et les entreprises. L’article Pour un label « sans IA générative », « Splann ! » signe le plaidoyer de l’Atelier d’écologie politique de Toulouse est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #La_vie_de_« Splann !_ » #atécopol #atelier_d'écologie_politique_de_toulouse #chercheurs #déontologie #éducation #enseignement #éthique #fraude #gafam #intelligence_artificielle #LLM #manipulation #numérique #presse #propagande #recherche #scientifiques #tribune #tromperie

  • Reprendre, démanteler, communiser
    https://communaux.cc/2023/05/reprendredemanteler-communiser

    Éléments pour une politique terrestre des soulèvements. « Seul un basculement radical — un soulèvement — pourrait permettre d’enrayer le réchauffement climatique et la 6ème extinction massive des espèces déjà en cours. Au fond, nous le savons, il ne nous reste aujourd’hui plus d’autre voie que de mettre toutes nos forces dans la bataille pour enrayer le désastre en cours, et abattre le système économique dévorant qui l’engendre. »

    #Articles #Tribunes #communaux #communs #démanteler_les_réseaux #écologie #faire_commune #sabotages #terres_urbaines

  • Numérique : l’alternative ne viendra pas d’un champion européen, mais des communs
    https://framablog.org/2026/03/19/numerique-lalternative-ne-viendra-pas-dun-champion-europeen-mais-des-comm

    Face à l’hyper-domination États-unienne dans le numérique, l’idée d’un compétiteur européen fait rêver les politiques… et quelques entrepreneurs. Pourtant, cette voie nous paraît sans issue, comme nous l’écrivions dans une #tribune du Journal l’Humanité parue le 21 janvier 2026, que … Lire la suite­­

    #Enjeux_du_numérique #G.A.F.A.M. #BigTech #Europe #GAFAM #position #robustesse

  • [Tribune] « L’épuration qui vient, ou comment l’écologie est devenue une cible », par Nicolas Legendre
    https://splann.org/tribune-epuration-ecologie-nicolas-legendre

    À force de désigner des boucs émissaires, on finit par fabriquer des ennemis. En France, et tout particulièrement dans les territoires ruraux, l’écologie est progressivement désignée comme un ennemi intérieur, pendant que les causes structurelles de la crise agricole sont soigneusement évacuées. Le journaliste Nicolas Legendre - membre de « Splann ! » et auteur de « Silence dans les champs » - décrit les rouages d’une contre-offensive idéologique et économique qui banalise la haine, fracture la société et prépare des lendemains inquiétants. L’article [Tribune] « L’épuration qui vient, ou comment l’écologie est devenue une cible », par Nicolas Legendre est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en (...)

    #La_vie_de_« Splann !_ » #agriculteurs #agriculture_biologique #Agro-écologie #agro-industrie #annie_genevard #Bertrand_Venteau #bio #changement_climatique #climat #coordination_rurale #copa-cogeca #Corporate_Europe #crise_climatique #décroissance #Dérèglement_climatique #DeSmog #donald_trump #écologie #écologiste #extrême_droite #FNSEA #lobbying #loi_duplomb #militant #militantisme #pacte_vert_européen #shift_project #tribune #violences

    • L’agriculture est en faillite à tous les niveaux (érosion du foncier, renouvellement RH, verrouillage socio-technique face au climat, endettement, concurrence internationale...). Le bouc-émissaire permet de gagner quelques mois, une poignée d’années, pas plus. La bulle est en cours d’éclater depuis quelques années, mais s’agissant d’agriculture, on ne peut la comparer à une bulle boursière ou immobilière. Les agriculteurs qui tombent dans le piège du bouc-émissaire sont les dindons du krach.

  • «  La #tribune_dimanche  » et le ministre de l’enseignement supérieur  : un pur moment de #propagande

    L’hebdomadaire dominical du milliardaire #Rodolphe_Saadé a publié un entretien avec le ministre de l’Enseignement supérieur #Philippe_Baptiste, qui a profité de l’occasion pour se poser, sans être contredit, en champion de «  la #liberté_académique  ». Problème  : dans le monde réel, ce ministre engagé est, comme ses prédécesseurs macronistes, un assaillant de cette liberté.

    Dans son édition datée du 30 novembre 2025, l’hebdomadaire dominical La Tribune dimanche (groupe #CMA_Média) a publié, sur deux pages, un article trompetant, comme un cocorico, que la France allait prochainement accueillir 33 «  scientifiques américains de renommée internationale dont la liberté académique est menacée aux États-Unis  » - où le président Donald J. Trump est, comme on sait, parti en guerre contre les universités, accusées, en substance, d’être des repaires de gauchistes pro-palestiniens.

    Ce long article est complété — deux attentions valent mieux qu’une — par un entretien avec le ministre macroniste de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, à qui La Tribune dimanche pose la question suivante : «  Qu’est-ce qui empêcherait la #science française de subir le même sort que la science américaine en cas de bouleversement politique dans le pays  ?  »

    C’est-à-dire : dans le cas où l’extrême droite prendrait aussi le pouvoir de ce côté-ci de l’Atlantique.

    Le ministre fait cette réponse bouleversante : «  La question de la liberté académique est centrale. (…) Ce que montre l’exemple américain, c’est que la première garantie de la liberté académique, c’est un #financement suffisant pour la recherche de base  ! Partager collectivement, au sein du pays, un attachement viscéral à la #science et à la recherche libres, c’est la première étape pour protéger les #libertés_académiques.  »

    Ces propos sont si beaux, que l’intervieweur du ministre, probablement subjugué par tant d’attachement au libre exercice de la recherche et de «  la science  », en oublie de confronter Philippe Baptiste à la réalité de ses pratiques ministérielles — et de celles de ses prédécesseurs macronistes.

    Discours admirable, méthodes détestables

    Et c’est un peu dommage, car ce journaliste découvrirait, s’il poussait plus avant sa curiosité, un conséquent décalage entre un discours officiel tout à fait admirable, et des méthodes qui le sont beaucoup — beaucoup - moins.

    Car, premièrement  : loin d’assurer à «  la #recherche_de_base  » le «  financement suffisant  » qui serait selon le ministre «  la première garantie de la liberté académique  », l’État macroniste, en les sous-finançant, entretient au contraire un #déficit chronique des universités, qui sont invitées, sous le sceau de leur #autonomisation, à gérer elles-mêmes les difficultés financières croissantes auxquelles elles se trouvent ainsi confrontées - faute d’une aide publique suffisante.

    Et bien sûr : cette pénurie organisée, où chaque président d’université se trouve contraint de courir après des subsides étatiques en constante diminution, favorise une #compétition entre établissements qui détériore grandement les conditions de la #recherche et de l’enseignement.

    Insistons-y  : pendant que Philippe Baptiste déclame que le «  financement suffisant  » de «  la recherche de base  » est la «  première garantie de la liberté académique  », son gouvernement entretient dans l’université française une #précarité qui a pour effet de fragiliser cette recherche, en la soumettant à des logiques de compétitivité qui empêchent évidemment son libre exercice.

    Mais surtout, et au-delà de cette logique mortifère  : Philippe Baptiste s’implique personnellement dans de préoccupantes limitations de «  la liberté académique  » dont il prétend très sérieusement se faire le champion – mais pourquoi se gênerait-il, puisque d’agréables intervieweurs oublient très gentiment de le confronter à cette #hypocrisie.

    Il est vrai qu’ici le ministre n’innove guère, et qu’il s’inscrit au contraire dans une tradition déjà ancienne - puisque le #macronisme gouvernemental oeuvre depuis de longues années à la #disqualification des enseignants et chercheurs dont les travaux sont jugés trop déviants.

    En 2020, quelques jours après l’assassinat du professeur Samuel Paty par un djihadiste, le ministre de l’Éducation nationale de l’époque – le très droitier Jean-Michel Blanquer (qui s’est depuis reconverti dans la chanson artificielle) - avait ainsi déclaré que «  l’#islamo-gauchisme  » (1) faisait «  des ravages à l’université  », et favorisait «  une idéologie  » qui «  men(ait) au pire  ».

    C’est-à-dire : au terrorisme.

    Il avait ensuite précisé, quelques jours plus tard  : «  Il y a un combat à mener contre une matrice intellectuelle venue des universités américaines et des thèses qui veulent essentialiser les identités et les communautés, aux antipodes de notre modèle républicain. Cette réalité a gangrené notamment une partie des sciences sociales françaises, je défie quiconque de me dire le contraire.  »

    Relevant ce crâne défi, la Conférence des présidents d’université (CPU, devenue France universités en 2022) avait alors publié un communiqué au vitriol invitant le ministre à «  éviter amalgames et raccourcis inutiles  », et rappelant ces quelques sobres évidences  : «  Non, les universités ne sont pas des lieux où se construirait une “idéologie qui mène au pire“. Non, les universités ne sont pas des lieux d’expression ou d’encouragement du fanatisme. Non, les universités ne sauraient être tenues pour complices du terrorisme.  »

    L’année d’après — en 2021, donc —  #Frédérique_Vidal, alors ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, manifestement désireuse de ne pas se laisser distancer par Blanquer sur le terrain de l’extravagance, avait quant à elle annoncé qu’elle avait demandé au CNRS «  une enquête sur l’islamo-gauchisme  » qui selon elle «  gangrenait  » l’université.

    Là encore  : la CPU avait vivement réagi — pour suggérer à la ministre de ne pas «  raconter n’importe quoi  » —, et plusieurs centaines d’enseignants et de chercheurs ulcérés par cette nouvelle attaque avaient demandé — en vain —, dans une tribune publiée par le journal Le Monde, la «  démission  » de Frédérique Vidal.

    Et finalement, en 2023  : ce même journal avait révélé qu’en réalité, l’intéressée n’avait jamais demandé d’enquête sur l’islamo-gauchisme à l’université, et qu’elle avait donc menti en annonçant deux ans plus tôt le lancement d’une telle investigation - un peu comme si son intention avait effectivement été de «  raconter n’importe quoi  » pour jeter l’opprobre sur le monde universitaire.

    Colloque interdit

    Deux ans plus tard : c’est Philippe Baptiste, qui, pleinement investi dans la perpétuation de ces pratiques, entretient à son tour le soupçon que certains enseignants et chercheurs seraient travaillés par de torves intentions.

    Les 14 et 15 novembre dernier, par exemple, et comme l’a déjà raconté Blast  : un très sérieux #colloque sur la #Palestine devait se tenir au #Collège_de_France.

    Mais il a été annulé, sous la pression, notamment, d’une petite clique d’universitaires qui œuvre dans l’ombre, et sous le couvert d’un obscur Réseau de recherche sur l’antisémitisme et le racisme (RRA), au dénigrement de collègues dénoncés comme trop hétérodoxes — ou trop sensibles au sort des victimes palestiniennes des crimes perpétrés par l’armée israélienne —, et qui s’est mobilisée, avec une association d’avocats et à l’unisson de quelques organisations adeptes du bâillonnement des voix dissidentes, contre la tenue de ce symposium scientifique.

    Non sans succès, puisqu’il a effectivement été annulé.

    Quelle a été, dans cette affaire, la position de Philippe Baptiste  ? Parfaitement informé de la manœuvre du RRA, qui l’avait directement sollicité, ce ministre, loin de dénoncer pour ce qu’elle était cette atteinte caractérisée à la liberté académique — et cette mobilisation pour l’interdiction d’un colloque scientifique —, s’est au contraire associé à cette funeste entreprise, en adressant à l’administrateur du Collège de France un courrier dans lequel il écrivait qu’«  au vu  » du «  programme  » de ce symposium, il «  doutait  » que cette vénérable institution pluriséculaire soit «  en mesure de garantir un débat où le pluralisme des idées puisse pleinement s’exprimer  », et exprimait par surcroît — deux intimidations valent mieux qu’une — son «  profond désaccord  » personnel «  avec l’angle retenu  » par les organisateurs de la conférence.

    Là encore, insistons, et répétons : au lieu de de défendre la liberté académique, Philippe Baptiste, lorsqu’il a été sollicité au début du mois de novembre par des universitaires militants qui protestaient contre l’organisation d’un colloque scientifique, a fait savoir qu’il était, lui aussi, opposé à la tenue de cet événement.

    Et c’était déjà beaucoup, mais cet étonnant ministre ne s’est pas arrêté en si bon chemin.

    L’#antisémitisme à l’université

    Quelques jours après la censure du colloque du Collège de France, en effet  : les présidents des universités françaises ont eu la surprise de recevoir ce qui leur a très officiellement été présenté comme un très sérieux sondage, concocté par des collaborateurs du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof), sur «  l’antisémitisme à l’université  » - intitulé qui, par lui-même, suggérait, on l’aura compris, que cette haine raciste infectait le même monde académique qui avait déjà été accusé quelques années plus tôt d’être gangrené par «  l’islamo-gauchisme  ».

    Immédiatement, le collectif d’enseignants et de chercheurs RogueESR, dénonçant ce qu’il a fort justement appelé une «  trumpisation de l’université française  » et un «  fichage politique  » a publié, sur son site, le 22 novembre, un billet constatant que cet «  envoi d’un questionnaire politique et religieux à des agents du service public viol(ait) le principe de neutralité institutionnelle  » en «  demandant explicitement  » à des «  agents publics, par voie hiérarchique, de répondre à un questionnaire dont plusieurs questions amènent à la collecte de données sensibles portant sur les opinions politiques et les croyances religieuses des personnels  » universitaires.

    Selon RogueESR, «  ce sondage pseudo-scientifique  », qui «  essentialis(ait) des catégories racistes  », était «  totalement illégal  ».

    Et quelques jours plus tard, le 28 novembre : c’est le rabbin Émile Ackermann qui a relevé, dans une tribune accablante publiée par le journal Libération, que le questionnaire adressé aux présidents d’université, pourtant «  présenté  » par le ministère de l’Enseignement supérieur «  comme un outil de mesure de l’antisémitisme  », ne «  cartographi(ait) pas les préjugés  » antijuifs, mais qu’il «  les remet(tait) en circulation  » - excusez du peu.

    Face à ce tollé : cette enquête qui avait été présentée comme très sérieuse a finalement été, comme l’a relevé Le Monde le 1er décembre, «  discrètement interrompue  » par le ministère, qui n’a pas daigné expliquer ce qui avait motivé ce revirement.

    Le ministre fait partie du problème

    En résumé  : en l’espace d’une quinzaine de jours seulement, le ministre de l’Enseignement supérieur a successivement légitimé une campagne dont l’objectif était d’interdire un colloque scientifique au Collège de France, puis une enquête permettant, pour reprendre les termes employés par le collectif RogueESR, de collecter des «  données sensibles portant sur les opinions politiques et les croyances religieuses  » des universitaires - et dont Philippe Baptiste a lui-même a implicitement reconnu, en mettant fin prématurément à cette stupéfiante expérience, qu’elle était, pour le dire très pondérément, problématique.

    La conclusion, qui a semble-t-il complètement échappé à La Tribune dimanche, est relativement simple à formuler : dans un moment où les libertés académiques font l’objet, aux États-Unis comme en France, d’attaques ciblées et concertées, Philippe Baptiste fait partie du problème – pas de la solution.

    (1) Ce néologisme forgé au début des années 2000, très en vogue au sein des droites françaises, est une espèce de lointaine déclinaison du non moins fantasmatique «  judéo-bolchevisme  » contre lequel ces mêmes droites concentraient leur colère au début du siècle dernier – avec les effets et suites que l’on sait.

    https://www.blast-info.fr/articles/2025/la-tribune-dimanche-et-le-ministre-de-lenseignement-superieur-un-pur-mome
    #ESR #recherche #université #islamogauchisme

  • Pour la libération du journaliste #christophe_gleizes détenu en #algérie, « Splann ! » signe l’appel commun des rédactions
    https://splann.org/liberation-christophe-gleizes

    « Splann ! » s’associe aux sociétés de journalistes, aux organisations d’éditeurs, aux syndicats de journalistes et à Reporters sans frontières pour réclamer la libération de Christophe Gleizes. Spécialiste du football africain, notre confrère a été condamné fin juin à sept ans de prison ferme en Algérie, pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national ». L’article Pour la libération du journaliste Christophe Gleizes détenu en Algérie, « Splann ! » signe l’appel commun des rédactions est apparu en premier sur Splann ! | ONG d’enquêtes journalistiques en (...)

    #La_vie_de_« Splann !_ » #journalisme #liberté_de_la_presse #tribune

  • Opinion | Turns Out Air Pollution Was Good for Something - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2025/09/21/opinion/geoengineering-planet-cooling-sulfur.html

    C’est parfois utile d’avoir les arguments des ennemis.
    Ici ce sont ceux des tenants de la géoengineerie. On trouve dans cette tribune tous les ingrédients.
    D’abord l’excès (1/3 du réchauffement serait la conséquence du moindre usage du charbon !)
    Puis le catastrophisme (le carbone de l’atmosphère est là pour longtemps, et ême si on arrêtait, cela ne refroidirait pas la terre)
    Et enfin le bonbon de la « petite échelle » (non, on ne ditpas qu’il faut tout faire à l’échelle de la planète maintenant - d’ailleurs, on ne saurait pas faire - mais on fait petit, et on sait déjà quelle sera la conclusion de ces « études » - parce que cela fait vingt ans que les même arguments sont ressassés _ il faut faire encore plus de recherche sur une dimension supérieure...)

    Condensé comme dans cette tribune, c’est pas mal, ça évite de lire les tas d’articles qui disent tous la même chose.

    By Zeke Hausfather and David Keith

    Dr. Hausfather is the climate research lead at Stripe and a research scientist with Berkeley Earth. Dr. Keith is a professor and founding director of the Climate Systems Engineering Initiative at the University of Chicago.

    Since the Industrial Revolution, burning coal and oil has filled the air with sulfur, shortening the lives of billions of people. In response, countries passed stringent air pollution laws requiring coal plants to scrub out sulfur and ships to switch to cleaner fuels. Global sulfur emissions have fallen some 40 percent since 2006. China alone has slashed them by about 70 percent.

    We should celebrate cleaner air, but we also have to reckon with an unintended consequence. It turns out that by reflecting sunlight back into space, tiny sulfur particles protected Earth from about a third of the warming caused by human emissions of carbon dioxide. Now more of the underlying greenhouse gas warming is showing through, accelerating climate change. As The Economist recently put it, “If India chokes less, it will fry more.”

    For some of us in the world of climate science, this raises a thorny question: Should we explore replacing the inadvertent cooling effects of sulfur with a cleaner, deliberate version?

    Geoengineering the climate in this way is not a new idea; it was in the first U.S. high-level climate report that reached President Lyndon Johnson’s desk in 1965. While several options have been proposed recently, the most plausible way to make Earth more reflective is to use a small fleet of high-altitude aircraft to increase the amount of sulfuric acid droplets in the upper atmosphere. We know this can work; when volcanic eruptions put large amounts of sulfur in the upper atmosphere, such as Pinatubo in 1991, Earth was noticeably cooler for a few years.

    We should take such an idea seriously because the costs of losing accidental sulfur cooling were made painfully evident this year when heat waves pushed temperatures above 120 degrees Fahrenheit in the Middle East and North Africa. If sunlight reflection could save lives and protect the environment, it is at least worth discussing.
    A changing climate, a changing world
    Card 1 of 4

    Climate change around the world: In “Postcards From a World on Fire,” 193 stories from individual countries show how climate change is reshaping reality everywhere, from dying coral reefs in Fiji to disappearing oases in Morocco and far, far beyond.

    The role of our leaders: Writing at the end of 2020, Al Gore, the 45th vice president of the United States, found reasons for optimism in the Biden presidency, a feeling perhaps borne out by the passing of major climate legislation. That doesn’t mean there haven’t been criticisms. For example, Charles Harvey and Kurt House argue that subsidies for climate capture technology will ultimately be a waste.

    The worst climate risks, mapped: In this feature, select a country, and we’ll break down the climate hazards it faces. In the case of America, our maps, developed with experts, show where extreme heat is causing the most deaths.

    What people can do: Justin Gillis and Hal Harvey describe the types of local activism that might be needed, while Saul Griffith points to how Australia shows the way on rooftop solar. Meanwhile, small changes at the office might be one good way to cut significant emissions, writes Carlos Gamarra.

    Because sulfur is much more effective at cooling the planet when put into the upper atmosphere compared with what’s released into the lower atmosphere when we burn fossil fuels, we’d have to add far less of it. And for the same amount of cooling produced from burning fossil fuels, sulfur in the upper atmosphere would cause at least 100 times smaller health impacts.

    Sunlight reflection is no panacea. Putting sulfur in the upper atmosphere will damage the ozone layer, allowing more ultraviolet radiation through. Even if it reduces deaths from heat and extreme weather, large-scale deployment could exacerbate climate change in some locations, perhaps by shifting rainfall patterns.

    There is also a more fundamental limitation to sunlight reflection. It is effectively a Band-Aid that treats the symptoms of climate change but not the underlying disease of greenhouse gases. And unlike a skinned knee, the Earth does not heal from climate change on any time scale that matters for human societies. Warming from carbon dioxide is astonishingly persistent; much of what we emit today will warm the planet for many thousands of years to come.

    Even if the world drives emissions down to zero, the planet wouldn’t cool down for millenniums. The only durable way to return to cooler temperatures is to remove the excess carbon we have already added, and removing enough to reverse even 0.1 degree Celsius of warming would cost tens of trillions of dollars.
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    This means that the real risk of geoengineering is not some Hollywood-style catastrophe, but complacency. A cheap way to delay the effects of warming risks undermining the need to rapidly reduce emissions, and going down that path would risk locking our children into a dependency where even stopping the process becomes too expensive to contemplate.

    Given all this, we are not advocating deploying geoengineering today. But if policymakers decide that it is needed, a more modest approach would be to run a small, carefully scaled program that slightly increases the upper atmosphere’s reflectivity to compensate for the loss of cooling as sulfur pollution is eliminated.

    The goal would not be to dial the Earth to some preferred temperature, nor to offset all greenhouse warming. It would be to keep the total cooling from sulfur roughly constant for a period of time, reducing near-term climate risk while decarbonization efforts continue.

    As world leaders gather in New York for the U.N. General Assembly and Climate Week, any discussions of sunlight reflection should have a clear, enforceable commitment to never cool the Earth more than today’s current sulfur emissions do. And it should come with a clear off-ramp: As the world reaches net-zero emissions and scales up carbon removal technologies later this century, the program should end.

    Pacing matters as much as limits. If society ever chooses to test this approach, it should start small and move slowly. Tying it to reductions in air pollution allows a slow ramp-up, resulting in increments that are imperceptible to most of us but visible to satellites and sensors. This should be coupled with regular checkpoints to assess side effects on regional rainfall, the atmosphere and ozone. The intent is to buy a modest, temporary buffer, not to start a new arm of climate control.

    If we stay focused on the cure of reducing emissions and consider bounded and temporary sunlight reflection, we could preserve cleaner air, avoid a near-term temperature surge and not betray the generations to come, who will live with the consequences of our choices today.
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    Zeke Hausfather is the climate research lead at Stripe and a research scientist with Berkeley Earth. David Keith is a professor of geophysical sciences and founding director of the Climate Systems Engineering Initiative at the University of Chicago.

    The Times is committed to publishing a diversity of letters to the editor. We’d like to hear what you think about this or any of our articles. Here are some tips. And here’s our email: letters@nytimes.com.

    #Geoengineering #Tribune_pro #Scientisme

  • « Défendons les #sciences face aux nouveaux #obscurantismes »
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2025/03/04/defendons-les-sciences-face-aux-nouveaux-obscurantismes_6576330_1650684.html

    « Défendons les sciences face aux nouveaux obscurantismes »
    #TRIBUNE
    Collectif

    En écho au mouvement américain de protestation contre la politique de Donald Trump, un collectif de personnalités françaises appelle citoyens et scientifiques, dans une tribune au « Monde », à rejoindre le mouvement « Stand up for Science », ainsi qu’à une journée de mobilisation nationale, le 7 mars.Publié hier à 12h00, modifié à 09h00 Temps deLecture 2 min.

    #L’université et la #recherche sont aujourd’hui la cible d’attaques sans précédent aux Etats-Unis, menaçant l’un des piliers de la démocratie : la liberté académique et scientifique. Sous la pression de la nouvelle administration, les coupes budgétaires brutales affectent directement la société, notamment en matière de santé publique et d’environnement.

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « Les mesures brutales de la nouvelle administration Trump s’apparentent à une attaque généralisée contre la science et la place de l’expertise dans la société »

    La censure idéologique s’étend, retirant des informations scientifiques essentielles sur les inégalités sociales, la santé et la protection des milieux naturels. A cela s’ajoute une restriction de l’enseignement de l’évolution et des études de genre, couplée à des attaques contre l’intégrité des agences scientifiques. Enfin, les licenciements de jeunes scientifiques et l’interdiction de collaborations internationales se multiplient, aggravant ce tableau alarmant.

    Face à cette offensive obscurantiste, nos collègues américains se mobilisent. Ce sont avant tout les jeunes scientifiques qui portent ce mouvement, rappelant que la science est un commun de la connaissance et qu’elle est essentielle à une société démocratique, inclusive et éclairée. Des rassemblements sont prévus le 7 mars prochain, pour rappeler que produire, partager et rendre accessibles les connaissances scientifiques est crucial pour la société.

    Défendre la liberté
    En tant que défenseurs des libertés académique et scientifique, nous appelons solennellement l’ensemble des acteurs du savoir à se mobiliser pour défendre ces libertés, valeurs essentielles à nos démocraties. Cet ensemble inclut évidemment les scientifiques ainsi que les organisations représentant la communauté académique (académies, institutions médicales, sociétés savantes, syndicats, etc.), mais aussi les acteurs de la transmission : enseignants, étudiants, professeurs – de la maternelle à l’université –, médiateurs et journalistes scientifiques.

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « Donald Trump et Elon Musk plongent la science américaine dans un indescriptible chaos »

    Ensemble, nous voulons rappeler l’importance des faits scientifiques, notamment pour la santé, la compréhension des inégalités sociales, les défis climatiques et la biodiversité. Ce qui se joue aujourd’hui aux Etats-Unis pourrait bien préfigurer ce qui nous attend si nous ne réagissons pas à temps.

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    Il est donc urgent de réaffirmer le rôle fondamental des sciences comme moteur d’émancipation et de progrès social, et de renforcer la culture scientifique au sein de la société. L’Europe peut se ressaisir et surmonter son déclin scientifique, technique et économique, à condition de choisir l’investissement dans le savoir, la recherche et l’innovation. En s’appuyant sur l’héritage des Lumières, elle peut bâtir un avenir durable fondé sur la construction et la transmission des savoirs.

    Le 7 mars, mobilisons-nous, affirmons notre soutien aux sciences et défendons un savoir libre et éclairé, seul rempart contre l’obscurantisme et la désinformation. Nous appelons les scientifiques, citoyens et citoyennes à rejoindre le mouvement Stand Up for Science (standupforscience.fr) et à organiser des actions partout en France.

    Lire aussi | Donald « se Trump » sur la science

    Signataires : Serge Abiteboul, informaticien ; Francoise Barre-Sinoussi, virologue ; Bernadette Bensaude-Vincent, philosophe ; Olivier Berné, et organisateur de la marche pour les sciences de 2017 ; Patrick Boucheron, historien ; Mireille Bousquet-Mélou, informaticienne, mathématicienne ; Marie-Paule Cani, informaticienne ; Christophe Cassou, climatologue ; Bruno Chaudret, chimiste ; Anne Cheng, sinologue ; Françoise Combes, astrophysicienne ; Mateo Cordier, économiste ; Dominique Costagliola, épidémiologiste ; Wolfgang Cramer, écologue, géographe ; Charlotte da Cunha, docteure en aménagement du territoire ; Philippe Descola, anthropologue ; Esther Duflo, économiste ; Hugo Duminil-Copin, mathématicien ; Odile Eisenstein, chimiste ; Olivier Faugeras, informaticien et mathématicien ; Alain Fischer, biologiste, médecin ; Patrick Flandrin, physicien et informaticien ; Étienne Ghys, mathématicien ; Sophie Godin-Beekmann, climatologue ; Claude Jaupart, géophysicien ; Alexandra Lavrillier, anthropologue ; Patrick Lemaire, biologiste et organisateur de la marche pour les sciences de 2017 ; Anne L’Huillier, physicienne ; Antoine Lilti, historien ; Valérie Masson-Delmotte, climatologue ; Claire Mathieu, informaticienne ; Agnès Michelot, juriste ; Baptiste Monsaingeon, sociologue ; Cécile Morrisson, historienne ; Emmanuelle Perez-Tisserant, historienne et organisatrice de la marche pour les sciences de 2017 ; Thomas Piketty, économiste ; Vinciane Pirenne-Delforge, historienne ; Johanna Siméant-Germanos, politiste ; Patrice Simon, chimiste ; Antoine Triller, biologiste ; Jocelyne Troccaz, informaticienne et roboticienne ; Jean-Paul Vanderlinden, économiste ; Cédric Villani, mathématicien ; Philippe Walter, chimiste ; Francis-André Wollman, biologiste ; Michaël Zemmour, économiste.

    Liste complète disponible sur le site : https://standupforscience.fr/qui-sommes-nous

    Collectif

  • « Nous appelons à l’organisation d’une convention nationale de l’éthique environnementale de la recherche »
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2025/01/28/nous-appelons-a-l-organisation-d-une-convention-nationale-de-l-ethique-envir

    « Nous appelons à l’organisation d’une #convention_nationale_de_l’éthique_environnementale_de_la_recherche »
    #Tribune

    Tamara Ben Ari
    Chercheuse à l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement

    Aude Valade
    Chercheuse au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement

    Tamara Ben Ari et Aude Valade, chercheuses en écologie et agronomie, estiment que les initiatives existantes ne suffisent pas pour dessiner une recherche éthique, alignée avec les impératifs écologiques et sociaux.

    Partout dans le monde, la violence des conséquences du changement climatique s’intensifie. Le constat est connu et répété : tous les secteurs de la société doivent massivement se transformer, sans délai. La recherche publique n’y fait pas exception. C’est dans ce contexte que nous appelons à l’organisation d’une convention nationale de l’éthique environnementale de la recherche. Notre objectif : mettre en lumière et dépasser les dilemmes entre la production de connaissances, et le coût écologique et climatique de celle-ci.
    Lire aussi : Article réservé à nos abonnés « La recherche bas carbone met en tension le fonctionnement académique ordinaire »

    La recherche, comme d’autres secteurs de la société, repose sur une utilisation de ressources non renouvelables qui s’est amplifiée simultanément à la croissance de la production scientifique. Chaque étape du processus scientifique, de la conception des protocoles expérimentaux à la diffusion des résultats, engendre un impact, qu’il s’agisse de l’empreinte carbone ou d’autres pressions environnementales, souvent moins bien renseignées.

    En France, la recherche produit chaque année entre 8 et 10 tonnes de CO₂ par personnel dans les laboratoires, ce qui correspond aux émissions annuelles moyennes par habitant dans le pays. Par ailleurs, les investissements dans des infrastructures de pointe – accélérateurs de particules, navires océanographiques, centres de calcul intensif – enferment la recherche dans un rythme d’émissions élevé pour les prochaines décennies.

    Un dilemme
    Ce secteur occupe néanmoins une position particulière, car il est l’un des principaux lieux de création et de circulation des connaissances sur les causes et les conséquences physiques, sociales et politiques des crises climatiques et écologiques. Face à l’inaction des gouvernements, le personnel de la recherche dans son ensemble a développé une compréhension approfondie des risques que le réchauffement climatique, l’effondrement de la biodiversité et les diverses formes de pollution font peser sur les sociétés et les écosystèmes. Dans ce contexte, de plus en plus de scientifiques expriment un sentiment de préoccupation et de responsabilité.

    La recherche se trouve ainsi face à un dilemme : comment répondre aux impératifs écologiques et sociaux, tout en réduisant son empreinte, mais sans compromettre son autonomie ni la liberté académique ? En théorie, autonomie et liberté permettent aux scientifiques de définir leurs objets de recherche, de choisir leurs pratiques et de diffuser leurs résultats à l’abri de pressions économiques ou politiques.

    Cependant, leurs choix sont fortement contraints par une mise en compétition croissante entre les scientifiques, les équipes, les laboratoires, les instituts et les universités. Ainsi, les scientifiques sont quotidiennement confrontés à des arbitrages, conscients ou inconscients, entre des exigences de productivité ou d’« excellence » et leur conscience écologique. Ce malaise s’exprime de façon encore plus aiguë chez les jeunes scientifiques dont les aspirations au changement sont parfois immenses, malgré des conditions de travail précaires.

    Depuis près de six ans, sous l’impulsion de Labos 1point5, le personnel de la recherche française se distingue à l’échelle internationale par le développement d’outils, de données et d’analyses pionnières, visant à engager la transformation écologique de celle-ci. Plus d’un tiers des unités de recherche en France sont devenues des laboratoires de la transition. Cette dynamique a été accompagnée par les comités d’éthique d’instituts nationaux comme l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, l’Institut de recherche pour le développement, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement ou le CNRS, qui se sont saisis de cette problématique. Par ailleurs, dans plusieurs institutions et universités, des actions de sensibilisation, de dialogue et d’analyse – à l’image du projet montpelliérain Respires – ont émergé, par la mobilisation d’individus et collectifs notamment.
    Démocratie participative

    Cette profusion d’initiatives a permis de mettre le sujet à l’agenda et d’engager des transitions locales, mais elle comporte également des risques. D’abord, en raison du manque de cohérence et de coordination entre les actions, les mêmes réflexions sont souvent répétées dans chaque dispositif. Ensuite, par la restriction au champ d’action propre à chaque institut, la transition se limite trop fréquemment à une simple réduction comptable de l’empreinte carbone, en en écartant les mécanismes sous-jacents. Pire, ces initiatives peuvent être utilisées pour justifier des compressions budgétaires.

    En fin de compte, le questionnement du coût environnemental de la production de savoir reste largement privé de la dimension éthique. Si les situations climatique et écologique exigent des transformations dans tous les secteurs, celles-ci devraient être différenciées en fonction de l’intérêt général.

    Comment décider des recherches à poursuivre ou à abandonner ? Sur quels critères évaluer les bénéfices de certaines recherches pourtant énergivores ? Comment tenir compte des différences d’empreinte entre les personnes, disciplines ou instituts, et répartir les efforts de réduction ?

    Ces questions appellent des changements profonds dans les modes de financement, d’organisation, d’évaluation, et des liens entre la recherche et la société. Cette réflexion stratégique doit se faire en définissant collectivement ce qu’est l’éthique environnementale de la recherche et ce qu’elle implique dans la pratique scientifique, c’est pourquoi nous voulons engager les acteurs de la recherche dans une logique de démocratie participative. Réunir cette convention nationale, associant des citoyens extérieurs au monde académique ainsi que les corps intermédiaires, serait une démarche exigeante, juste et solidaire, capable de redonner du sens aux métiers de la recherche et de faire face aux crises actuelles et à venir.
    Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Comment les chercheurs réduisent leur empreinte carbone

    Tamara Ben Ari, chercheuse à l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, cofondatrice de Labos 1point5 ; Aude Valade, chercheuse au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement, cofondatrice du projet Respire.

    #Tamara_Ben_Ari (Chercheuse à l’Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement) et #Aude_Valade (Chercheuse au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) #INRAE #CIRAD

  • Violences sexuelles : « Ce qui se passe dans le milieu du cinéma se passe aussi ailleurs, à l’université, dans les écoles, dans l’édition »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2024/03/07/violences-sexuelles-ce-qui-se-passe-dans-le-milieu-du-cinema-se-passe-aussi-

    Toutes, nous les connaissons toutes, toutes ces histoires qui circulent quand même, en dépit du silence, entre chercheuses, entre enseignantes, entre étudiantes, entre éditrices, entre écrivaines, entre artistes, collègues, amies, à l’université, dans les maisons d’édition, dans les festivals de littérature, dans le monde des arts. Des histoires comme on se donne des nouvelles des dernières victimes recensées, des dernières injustices accomplies.

    Jamais la littérature n’a adouci les mœurs : dans les départements de littérature, dans les laboratoires, dans les unités de formation et de recherche, mais aussi dans toute l’université, dans les bureaux des maisons d’édition, dans toutes les coulisses possibles de l’écriture littéraire et scientifique, dans les coulisses de la création. Dans les couples aussi.

    La condamnation, le 13 février, pour violences conjugales du professeur émérite, spécialiste du lyrisme et poète Jean-Michel Maulpoix, Prix Goncourt de la poésie 2022, à dix-huit mois de prison avec sursis pour préjudice infligé à son épouse, chercheuse et enseignante en lettres, confirme que ni la littérature ni l’université ne sauvent les femmes.

    Depuis que nous sommes étudiantes, depuis que nous sommes doctorantes, depuis que nous sommes enseignantes, depuis que nous sommes assistantes d’édition, éditrices, écrivaines, chercheuses, artistes, depuis que nous sommes vacataires, précaires, depuis que nous sommes jeunes ou vieilles.

    De l’impunité sous toutes ses formes

    A chaque étape, nous avons subi ou pris connaissance d’injustices, d’agressions, de viols, d’intimidations, de silences imposés, de menaces, de brutalités, d’opérations en tout genre qui rabaissent, de vols de savoirs, de chantages, de destructions d’œuvres, même. De l’impunité sous toutes ses formes. De l’impunité, au résultat, de proclamés « lettrés » ou « diplômés » qui se comportent souvent comme des prédateurs, presque toujours comme des êtres supérieurs. On peut remplir des pages et des pages avec toutes ces histoires.
    La hiérarchie se marie parfaitement avec sexisme et misogynie. Il y a les insultes balancées par un poète institutionnel et il y a les ralentissements de carrière, les opérations de séduction misérables, à tous les âges, pour monnayer les postes, les contrats, les avancements.
    Mais alors, avec #metoo, en littérature, à l’université, dans l’édition, rien n’a changé ? Rien n’a changé dans ce petit monde académique des lettres, dans le milieu littéraire et éditorial qui cohabite avec lui dans l’amour des livres, de la science, des arts, dans l’université en entier ? Rien n’a changé dans ce pays dont le président, sans honte, soutient dans l’émission « C à vous » [en décembre 2023] un présumé innocent violeur et agresseur multirécidiviste ?

    Si. Quelque chose a changé dans cette si masculine République des lettres. Certaines histoires sont si fracassantes qu’elles en deviennent forcément publiques, spectaculairement. Il n’est plus possible de nier. Ce qui se passe dans le milieu du cinéma se passe aussi ailleurs, à l’université, dans les écoles, dans les maisons d’édition, dans le monde des arts… Partout ? Qui se souvient, en 1980, du féminicide d’Hélène Rytmann par le philosophe Louis Althusser ?

    Si tu parles, t’es morte dans le milieu

    Cécile Poisson, nous voulons aujourd’hui te rendre hommage. Pour que ta mémoire et ton souvenir nous aident à ne plus nous laisser violenter d’une manière ou d’une autre. Au nom des femmes. Cécile, tu étais enseignante-chercheuse en lettres, spécialiste des mythes en littérature, « sentinelle égalité » dans ton université. Cette année, tu aurais eu 49 ans. Tu as été assassinée, le 20 mars 2023, par un homme « cultivé », « diplômé », tout ce qu’il faut sur le CV, ton mari : un assassin surtout.

    Ton féminicide a fracassé les murs en béton de l’université au sein de laquelle les #femmes sont souvent agressées sexuellement, menacées de chantage, violentées d’une manière ou d’une autre, plagiées, discriminées, sous emprise, sans que leurs aînés toujours les soutiennent.

    Face à ces crimes, face à tous ces témoignages d’injustice, nous avons le sentiment que l’omerta règne en puissance. Les agresseurs se font passer pour des victimes. Ainsi se poursuit la violence en refusant la reconnaissance. Toutes, nous les connaissons, ceux qui agissent pour le pire.

    Si tu parles, t’es morte dans le milieu. Ta carrière est morte. Ta réputation est morte. Morte pour de vrai ou morte pour de faux, tu es morte. Aujourd’hui, #noustoutes, nous signons sans peur, en notre seul nom, un appel à l’organisation d’Etats généraux pour les femmes dans l’université, dans l’édition, dans la littérature. Et nous appelons nos amies historiennes, philosophes, scientifiques, sociologues, artistes, à nous rejoindre, pour que #metoouniversité, #metoolittérature, #metoophilosophie, #metooarts, #metoosciences inventent un autre monde aussi : sans déni, sans injustice, sans prédation.

    Premiers signataires : Marie Darrieussecq, romancière ; Annie Ernaux, Prix Nobel de littérature 2022 ; Camille Froidevaux-Metterie, professeure de science politique, à l’université de Reims ; Camille Kouchner, autrice et maîtresse de conférences à l’université Paris Cité ; Marielle Macé, directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) ; Laure Murat, professeure au département d’études françaises et francophones à l’université de Californie à Los Angeles ; Lydie Salvayre, romancière ; Tiphaine Samoyault, directrice d’études à l’EHESS ; Gisèle Sapiro, directrice de recherche à l’EHESS ; Vanessa Springora, autrice et éditrice ; Alice Zeniter, romancière.

    Liste complète des signataires https://docs.google.com/document/d/18dAds8Jzit8sM3ZEZqyiCto826BAhA_j7r4NQrar3R0/edit

    #VSS #appel #tribune

  • #Productivisme et destruction de l’#environnement : #FNSEA et #gouvernement marchent sur la tête

    Répondre à la #détresse des #agriculteurs et agricultrices est compatible avec le respect de l’environnement et de la #santé_publique, expliquent, dans cette tribune à « l’Obs », les Scientifiques en rébellion, à condition de rejeter les mesures productivistes et rétrogrades du duo FNSEA-gouvernement.

    La #crise de l’agriculture brasse croyances, savoirs, opinions, émotions. Elle ne peut laisser quiconque insensible tant elle renvoie à l’un de nos #besoins_fondamentaux – se nourrir – et témoigne du #désarroi profond d’une partie de nos concitoyen·nes qui travaillent pour satisfaire ce besoin. Reconnaître la #souffrance et le désarroi du #monde_agricole n’empêche pas d’examiner les faits et de tenter de démêler les #responsabilités dans la situation actuelle. Une partie de son #traitement_médiatique tend à faire croire que les agriculteurs et agricultrices parleraient d’une seule voix, celle du président agro-businessman de la FNSEA #Arnaud_Rousseau. Ce directeur de multinationale, administrateur de holding, partage-t-il vraiment la vie de celles et ceux qui ne parviennent plus à gagner la leur par le travail de la terre ? Est-ce que les agriculteur·ices formeraient un corps uniforme, qui valoriserait le productivisme au mépris des #enjeux_environnementaux qu’ils et elles ne comprendraient soi-disant pas ? Tout cela est difficile à croire.

    Ce que la science documente et analyse invariablement, en complément des savoirs et des observations de nombre d’agriculteur·ices, c’est que le #modèle_agricole industriel et productiviste conduit à une #catastrophe sociale et environnementale. Que ce modèle concurrence dangereusement les #alternatives écologiquement et socialement viables. Que cette agriculture ne s’adaptera pas indéfiniment à un environnement profondément dégradé. Qu’elle ne s’adaptera pas à un #réchauffement_climatique de +4 °C pour la France et une ressource en #eau fortement diminuée, pas plus qu’à une disparition des #insectes_pollinisateurs.

    Actuellement, comme le rappelle le Haut Conseil pour le Climat (HCC), l’agriculture représente le deuxième secteur d’émissions de #gaz_à_effet_de_serre, avec 18 % du total français, derrière les transports. La moitié de ces émissions agricoles (en équivalent CO2) provient de l’#élevage_bovin à cause du #méthane produit par leur digestion, 14 % des #engrais_minéraux qui libèrent du #protoxyde_d’azote et 13 % de l’ensemble des #moteurs, #engins et #chaudières_agricoles. Le HCC rappelle aussi que la France s’est engagée lors de la COP26 à baisser de 30 % ses émissions de méthane d’ici à 2030, pour limiter le réchauffement climatique. L’agriculture, bien que répondant à un besoin fondamental, doit aussi revoir son modèle dominant pour répondre aux enjeux climatiques. De ce point de vue, ce qu’indique la science, c’est que, si l’on souhaite faire notre part dans le respect de l’accord de Paris, la consommation de #viande et de #produits_laitiers doit diminuer en France. Mais la solidarité avec nos agriculteur.ices ainsi que l’objectif légitime de souveraineté et #résilience_alimentaire nous indiquent que ce sont les importations et les élevages intensifs de ruminants qui devraient diminuer en premier.

    Côté #biodiversité, la littérature scientifique montre que l’usage des #pesticides est la deuxième cause de l’effondrement des populations d’#insectes, qui atteint 80 % dans certaines régions françaises. Les #oiseaux sont en déclin global de 25 % en quarante ans, mais ce chiffre bondit à 60 % en milieux agricoles intensifs : le printemps est devenu particulièrement silencieux dans certains champs…

    D’autres voies sont possibles

    Le paradoxe est que ces bouleversements environnementaux menacent particulièrement les agriculteur·ices, pour au moins trois raisons bien identifiées. Tout d’abord environnementale, à cause du manque d’eau, de la dégradation des sols, des événements météorologiques extrêmes (incendies ou grêles), ou du déclin des insectes pollinisateurs, qui se traduisent par une baisse de production. Sanitaires, ensuite : par leur exposition aux #produits_phytosanitaires, ils et elles ont plus de risque de développer des #cancers (myélome multiple, lymphome) et des #maladies_dégénératives. Financière enfin, avec l’interminable fuite en avant du #surendettement, provoqué par la nécessité d’actualiser un équipement toujours plus performant et d’acheter des #intrants pour pallier les baisses de production engendrées par la dégradation environnementale.

    Depuis des décennies, les #traités_de_libre-échange et la compétition intra-européenne ont privé la grande majorité des agriculteur·ices de leur #autonomie, dans un cercle vicieux aux répercussions sociales tragiques pouvant mener au #suicide. Si la FNSEA, les #JA, ou la #Coordination_rurale réclament une forme de #protectionnisme_agricole, d’autres de leurs revendications portent en revanche sur une baisse des #contraintes_environnementales et sanitaires qui font porter le risque de la poursuite d’un modèle délétère sur le long terme. Ce sont justement ces revendications que le gouvernement a satisfaites avec, en particulier, la « suspension » du #plan_Ecophyto, accueilli par un satisfecit de ces trois organisations syndicales rappelant immédiatement « leurs » agriculteurs à la ferme. Seule la #Confédération_paysanne refuse ce compromis construit au détriment de l’#écologie.

    Pourtant, des pratiques et des modèles alternatifs existent, réduisant significativement les émissions de gaz à effet de serre et préservant la biodiversité ; ils sont déjà mis en œuvre par des agriculteur·ices qui prouvent chaque jour que d’autres voies sont possibles. Mais ces alternatives ont besoin d’une réorientation des #politiques_publiques (qui contribuent aujourd’hui pour 80 % au #revenu_agricole). Des propositions cohérentes de politiques publiques répondant à des enjeux clés (#rémunération digne des agriculteur·ices non soumis aux trusts’de la grande distribution, souveraineté alimentaire, considérations climatiques et protection de la biodiversité) existent, comme les propositions relevant de l’#agroécologie, qu’elles émanent du Haut Conseil pour le Climat, de la fédération associative Pour une autre PAC, de l’IDDRI, ou encore de la prospective INRAE de 2023 : baisse de l’#élevage_industriel et du cheptel notamment bovin avec soutien à l’#élevage_extensif à l’herbe, généralisation des pratiques agro-écologiques et biologiques basées sur la valorisation de la biodiversité (cultures associées, #agro-foresterie, restauration des #haies favorisant la maîtrise des bio-agresseurs) et arrêt des #pesticides_chimiques_de_synthèse. Ces changements de pratiques doivent être accompagnés de mesures économiques et politiques permettant d’assurer le #revenu des agriculteur·ices, leur #accès_à_la_terre et leur #formation, en cohérence avec ce que proposent des syndicats, des associations ou des réseaux (Confédération paysanne, Atelier paysan, Terre de liens, Fédérations nationale et régionales d’Agriculture biologique, Réseau salariat, …).

    Nous savons donc que les politiques qui maintiennent le #modèle_agro-industriel sous perfusion ne font qu’empirer les choses et qu’une réorientation complète est nécessaire et possible pour la #survie, la #dignité, la #santé et l’#emploi des agriculteur·ices. Nombre d’enquêtes sociologiques indiquent qu’une bonne partie d’entre elles et eux le savent très bien, et que leur détresse témoigne aussi de ce #conflit_interne entre le modèle productiviste qui les emprisonne et la nécessité de préserver l’environnement.

    Une #convention_citoyenne

    Si le gouvernement convient que « les premières victimes du dérèglement climatique sont les agriculteurs », les mesures prises démontrent que la priorité gouvernementale est de sanctuariser le modèle agro-industriel. La remise en cause du plan Ecophyto, et la reprise en main de l’#Anses notamment, sont en totale contradiction avec l’urgence de s’attaquer à la dégradation environnementale couplée à celle des #conditions_de_vie et de travail des agriculteur·ices. Nous appelons les citoyen·nes et les agriculteur·rices à soutenir les changements de politique qui iraient réellement dans l’intérêt général, du climat, de la biodiversité. Nous rappelons que le sujet de l’agriculture et de l’#alimentation est d’une redoutable complexité, et qu’identifier les mesures les plus pertinentes devrait être réalisé collectivement et démocratiquement. Ces mesures devraient privilégier l’intérêt général et à long-terme, par exemple dans le cadre de conventions citoyennes dont les conclusions seraient réellement traduites dans la législation, a contrario a contrario de la précédente convention citoyenne pour le climat.

    https://www.nouvelobs.com/opinions/20240203.OBS84041/tribune-productivisme-et-destruction-de-l-environnement-fnsea-et-gouverne
    #tribune #scientifiques_en_rébellion #agriculture #souveraineté_alimentaire #industrie_agro-alimentaire

  • “Refusés” de la #carte_de_presse : trois #journalistes lauréats du prix #Albert-Londres témoignent
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/refuses-de-la-carte-de-presse-trois-journalistes-laureats-du-prix-albert-lo

    haque refus est une blessure », dit Hélène Lam Trong, lauréate du 39ᵉ #prix_Albert-Londres, catégorie audiovisuel, décerné en novembre 2023. À la suite de la parution d’une #tribune sur notre site dénonçant les conditions d’attribution de la carte de presse par la CCIPJ (Commission de la carte d’identité des journalistes professionnels), trois signataires témoignent des difficultés qu’ils rencontrent à faire valoir la réalité d’une profession qu’ils exercent pleinement : le journalisme.

    Sur le terrain, sans carte de #presse officielle (avec bandeau bleu blanc rouge et numéro), certains reporters sont en danger dans les pays où informer et enquêter dérange. Particulièrement vulnérables, les #reporters_indépendants qui partent sans le soutien d’une rédaction. Et pourtant, ces mêmes professionnels peuvent être honorés par la plus prestigieuse récompense du #journalisme_francophone : le prix Albert-Londres. Témoignages.

  • #Tribune. Mort de #Nahel : « Cette fois, tout le monde a vu » | L’#Humanité
    https://www.humanite.fr/en-debat/mort-de-nahel/tribune-mort-de-nahel-cette-fois-tout-le-monde-vu-802823

    Angela Davis, Judith Butler, Ken Loach, Annie Ernaux, #Adèle_Haenel, Éric Cantona... Cette tribune a été écrite par la Legal Team antiraciste, constituée en réponse aux arrestations massives pendant et après les révoltes qui ont éclaté à la suite du meurtre de Nahel par un policier à Nanterre. Le collectif appelle à la participation à la marche unitaire contre les violences policières, le 15 juillet 2023.

    #Medine

  • #Dérèglement_climatique : « Le soutien financier aux #pays_en_développement est un enjeu essentiel »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/06/21/dereglement-climatique-le-soutien-financier-aux-pays-en-developpement-est-un

    Dérèglement climatique : « Le soutien financier aux pays en développement est un enjeu essentiel »
    #Tribune
    #Collectif

    Un collectif de 350 #scientifiques, parmi lesquels Xavier Capet, océanographe, et Jean Jouzel, ancien vice-président du groupe de travail sur les bases physiques du changement climatique du GIEC, réclame, dans une tribune au « Monde », la création au plus vite, par l’Europe, d’une taxe sur les transactions financières pour soutenir les politiques climatiques au Nord et au Sud.

    #Feux_de_forêts à répétition, #inondations meurtrières au Pakistan, #sécheresses extrêmes en Afrique et même en Europe… Nous observons partout dans le monde les effets dévastateurs du dérèglement climatique, alors que le réchauffement est seulement de + 1,1 °C en moyenne à l’échelle globale, par rapport à l’ère préindustrielle. Le sixième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), dont la synthèse a été publiée en mars, est, hélas, très clair : si nous n’agissons pas de manière ambitieuse contre le changement climatique, nous pourrions nous diriger vers un réchauffement de + 4 °C d’ici à la fin du siècle, avec de très graves répercussions sur les sociétés humaines et les écosystèmes.
    Lire aussi la tribune : Article réservé à nos abonnés Fiscalité : « Une taxe sur les transactions financières pour générer des investissements publics d’urgence »

    Pour éviter ce scénario catastrophe, le GIEC insiste sur les besoins de financements nouveaux, que ce soit pour réduire les émissions de gaz à effet de serre ou pour mettre en œuvre des politiques d’adaptation permettant de limiter les effets du dérèglement climatique. Il insiste également sur l’importance de mécanismes de redistribution entre pays du Nord et pays du Sud, pour tenir compte de leurs responsabilités différenciées vis-à-vis du réchauffement climatique, ainsi que de leurs capacités respectives à y faire face.

    Le soutien financier aux pays en développement est un enjeu essentiel, présent au cœur du processus des COP climat et de l’accord de Paris lui-même. Mais, à ce jour, et malgré des promesses réitérées depuis plus de dix ans par les pays industrialisés, le financement des besoins des pays du Sud pour la lutte contre le changement climatique est largement insuffisant. Et c’est également le cas de la part fournie par les pays de l’Union européenne (UE), qui est constituée, de manière disproportionnée, de prêts plutôt que de subventions.

    Une taxe de 0,1 %

    En novembre 2022, la COP27 a acté la création d’un nouveau fonds consacré aux pertes et dommages, Loss and Damage Fund, pour aider les pays du Sud à faire face aux inévitables conséquences du dérèglement climatique. Cette décision importante restera totalement virtuelle si des sources de financement massives et pérennes ne sont pas rapidement trouvées pour abonder ce nouveau fonds.

    C’est l’un des enjeux-clés de la prochaine COP28, mais aussi du sommet pour un nouveau pacte financier mondial, qui doit se tenir, en France, les 22 et 23 juin, à l’initiative d’Emmanuel Macron et de Mia Mottley, première ministre de la Barbade.

    Dans un rapport voté fin 2020, le Parlement européen rappelait qu’une taxe de 0,1 % prélevée sur l’ensemble des transactions financières (TTF) rapporterait 57 milliards d’euros par an. Le 16 février 2023, dans un nouveau rapport, le Parlement européen demandait instamment aux chefs d’Etat et de gouvernement de parvenir à un accord pour créer effectivement cette taxe « avant la fin juin 2023 ».

    Coopération renforcée

    A Bruxelles et à Strasbourg, cette solution fait consensus : l’amendement demandant l’instauration de cette petite taxe, déposé par les sociaux-démocrates, a été voté par 80 % des députés de droite, et même 92 % des députés de la droite allemande.

    De plus, il n’y a pas besoin de l’unanimité des vingt-sept Etats membres de l’UE pour avancer sur cette question : dix pays membres travaillent déjà à la création de cette TTF dans le cadre d’une coopération renforcée. Hélas, la France, qui en fait partie, défend une approche minimale, qui exempte de taxe l’immense majorité des mouvements financiers.
    Lire aussi la tribune : Article réservé à nos abonnés « Le Sud n’est pas seulement une victime du réchauffement climatique, il est aussi un acteur majeur de l’adaptation »

    Face à l’ampleur des dangers encourus et l’absence de réaction à la hauteur des enjeux, nous, scientifiques experts des questions climatiques, soutenons pleinement le calendrier et la demande du Parlement européen de créer une « vraie » taxe sur les transactions financières.

    Nous demandons à Emmanuel Macron et au gouvernement français de faire le nécessaire pour qu’une version ambitieuse de cette taxe soit créée au plus vite dans l’UE. Le produit de cette taxe doit bénéficier largement à la lutte contre le dérèglement climatique et ses conséquences, en soutien aux populations les plus fragiles, notamment dans les pays en développement.

    Premiers signataires : Jean Jouzel, paléoclimatologue, ancien vice-président du groupe de travail sur les bases physiques du changement climatique du GIEC ; Wolfgang Cramer, auteur principal du groupe de travail 2 du GIEC ; Magali Reghezza, membre du Haut Conseil pour le climat, géographe ; Jean-Baptiste Sallée, auteur du GIEC, océanographe ; Christophe Cassou, coauteur du 6e rapport du GIEC, climatologue ; Yamina Saheb, autrice principale du groupe n°3 du GIEC, docteure en énergétique, experte des politiques d’atténuation du changement climatique ; Agnès Ducharne, hydroclimatologue ; Jean-Louis Dufresne, coauteur du 5e et 6e rapport du GIEC, climatologue ; Michael Ghil, climatologue, physicien et mathématicien ; Heidi Sevestre, glaciologue, membre du programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique ; Xavier Capet, directeur de recherche CNRS, océanographe.

    Liste complète des signataires.

    https://taxonslaspeculation.com/tribune-scientifiques-politiques-climat-europe-taxe-transaction

    Collectif

  • #Melilla, le lieu d’un #massacre#Lettre_ouverte aux députés européens

    « Nous avons passé un cap. Le massacre est sous nos yeux. Les #morts s’amoncèlent. Et il semble que ça ne compte pas. » Après les exactions de Melilla, le collectif « J’accueille l’étranger » interpelle les député·es européen·nes avec force : « Prononcez-vous fermement pour une toute autre politique d’immigration » !

    Le vendredi 24 juin 2022, à peu près deux mille personnes, depuis des jours et des jours harcelées dans les forêts autour de Gourougou par la police et la gendarmerie marocaines, ont décidé de s’organiser pour « frapper » la barrière.

    Ce n’est pas une chose nouvelle.

    Depuis qu’il y a des #barrières, il y a des gens pour les « frapper », c’est à dire pour les franchir.
    Avec ce qu’il faut pour s’accrocher et passer de l’autre côté.
    Sans l’aide de « mafias », comme on l’a suggéré ici et là, comme si cela dédouanait de toute culpabilité les Etats.
    Cherchant sa vie et ses droits, celui notamment de fuir un territoire non protecteur ou en guerre et de demander l’asile.
    Et surtout, sans menacer l’intégrité territoriale de l’Espagne, ou de l’Europe.
    L’#intégrité_territoriale de l’Espagne : le premier ministre espagnol l’évoquait déjà au moment où le Maroc laissait entrer dans les enclaves espagnoles les jeunes Marocains dont il se servait pour effrayer l’Espagne et avec elle, l’Europe. L’intégrité territoriale, c’est aussi une des questions posée lors du congrès de l’OTAN à Madrid, ce mercredi 29 juin.

    C’est une nouvelle manière de communiquer.

    La convention de Genève, qu’en France la campagne électorale a attaquée aussi, semble bien loin.
    Personne n’est en guerre contre l’Europe à la frontière sud. Le Sahel souffre de crises diverses, provoquées par la sécheresse et les changements climatiques dévastateurs. Mais le Sahel n’est pas en guerre contre l’Espagne, ni contre l’Europe.
    L’Union Européenne, avec l’aide des pays tiers, protège ses frontières.
    Que ce désir de protection-là soit une fuite en avant sans imagination et sans avenir, cela a été parfaitement argumenté.

    Que l’Union Européenne soumette les pays européens à la volonté ou au caprice des pays tiers dont elle fait ses gendarmes, cela connaît des précédents.

    Que le prix de ce désir de protection, sans imagination, sans avenir, dangereux et contreproductif, soit l’acceptation de milliers de morts, oubliés chaque année dans les déserts, au fond des mers et de l’océan, cela a été largement documenté.

    Hélas, pas assez, et pour cause : il s’agit justement de #disparitions.
    Nous, citoyens européens, qui accueillons quand l’Etat et/ou les départements ne le font pas, nous qui connaissons les jeunes qui viennent ici chercher leur vie, poussés par un élan qui ne s’analyse pas mais qui est celui de la survie, nous qui avons vu l’Europe changer, criminaliser de plus en plus l’immigration et empêcher l’asile, contrôler ses frontières extérieures puis ses frontières intérieures, créer des hot-spot, externaliser le contrôle, agir en #complicité avec les garde côtes libyens, refuser des ports aux bateaux chargés de rescapés, durcir les conditions de régularisation sur les territoires européens, nous gardions un espoir.

    Nous pensions : si les gens voyaient ce qu’on ne voit jamais, ces milliers de personnes, chaque année, disparues dans la mer et l’océan, ils se soulèveraient.
    Comment accepter, les yeux ouverts, la mort brutale et organisée de jeunes gens qui sont des frères, des pères, des fils, de jeunes gens qui sont aimés et attendus par des pères et des mères, des frères et des soeurs, des fils et des filles ?
    Nous avons passé un cap.
    Le massacre est sous nos yeux.
    Les morts s’amoncèlent.
    Et il semble que ça ne compte pas.
    Le gouvernement espagnol se déshonore en félicitant le Maroc.
    Puis en accusant les #mafias.
    Les autres gouvernements restent muets.
    En France, l’événement majeur est un entrefilet dans la revue de presse internationale, cinq jours après.
    En France, qui est partie prenante du massacre, puisque plus haut, à sa frontière, les policiers et gendarmes empêchent tout accès à son territoire, ce qui a provoqué, en un an, la mort de neuf jeunes gens, tous pour toujours pleurés par leurs pères, mères, frères et soeurs.
    Les collectifs que nous sommes s’étranglent de colère et de chagrin impuissant.
    Selon les témoins communautaires sur place, les corps sont dans trois hôpitaux. L’hôpital Hassan II de Nador, l’hôpital de Berkane, et un autre encore.
    Des chiffres circulent.
    136 morts ici, 64 là.

    Ces chiffres sont à confirmer : les responsables communautaires n’ont pas pu entrer dans les hôpitaux.
    Les journalistes ne le peuvent pas non plus.

    Mais les images et les récits en rendent le nombre avancé probable. Même si l’Europe y répond par des chiffres inférieurs, tout aussi variables. 5, 27, 45, 70 selon les médias et des témoins. Ce peu de certitude, ce peu de diligence pour enquêter immédiatement sur le nombre de morts, sur leur identité, comme le demande fermement le GISTI, ce flou entretenu, prouve à quel point le mal est fait. À quel point 5 ou 27 ou 136 ou 200, c’est du pareil au même, et à quel point, comme le dit l’archevêque émérite de Tanger, Santiago Agrelo Martínez, ce ne sont que des pauvres qui meurent : ne cherche pas à savoir combien, ne cherche pas à savoir comment.
    On voit les corps, on voit même qu’on creuse des trous dans la terre pour vite y enfouir les corps, ce qui ne veut pas dire enterrer. Frères, pères, fils de personne. Personne ne saura où leur vie s’est arrêtée. C’est l’idée d’une civilisation qui s’échoue. Elle le fait dans les eaux de la Méditerranée et de l’Atlantique, qui sont aveugles, presque jour après jour. Elle s’échoue ici, bien en vue.
    On voit, donc.
    On voit.
    Et il semble que ça ne compte pas.

    D’ailleurs, qui montre ?
    L’association pour les droits humains au Maroc, section Nador a filmé les violences, malgré les risques : on apprend, le 27 juin qu’un journaliste de El Pais est en garde à vue pour avoir voulu se rendre au cimetière.

    Quoi qu’il en soit, les policiers ont filmé, eux aussi.
    Dans leur montage, il y a un sens du suspens, on la voit de haut, de loin, cette petite foule, courant, bâtons en main, vers la barrière.

    Pour quelle raison les militaires et les policiers marocains ont-ils filmé les violences déshumanisantes, jusqu’au meurtre, dont ils se sont rendus coupables ?
    Cette question sans réponse jusque là, à peine posée, mériterait une enquête, elle aussi.
    Une image est destinée.

    À qui ? Et à quoi ?

    Une sorte d’avertissement ? Voici de quoi nous sommes capables ? Le sentiment du travail accompli ? Après tout, Pedro Sanchez l’a eu, ce sentiment, quand il a pris la parole tout de suite après le massacre. Et les policiers espagnols ont collaboré, se racontant, sans doute, dura lex sed lex, qu’il faut bien se salir les mains, que ce sont les ordres, qu’après tout les Européens votent, et qu’ici, on ne fait pas de politique. Dans une ignorance totale des traités internationaux, des droits fondamentaux, devenant violents sans le voir venir. La #banalité_du_mal hélas n’est pas réservée à un temps et un lieu.
    Mais de fait, sur la route migratoire, qu’on meure invisibles ou très visibles, on meurt toujours en silence - on disparaît.
    Et on meurt instrumentalisés.

    Nous savons très bien que les gens qui ont tenté de franchir la barrière de Melilla, cherchant à sauver leur vie comme nos enfants le feront dans quelques années, quand ils ne pourront pas supporter les 45 degrés de leur été qui durera six mois et fuiront la destruction de leur environnement, ne menacent l’intégrité de personne et au contraire, trouveront du travail dans les chantier et les champs d’une Europe en manque de main d’oeuvre. Nous savons très bien que les responsables de ces assassinats ne sont pas les réseaux de passeurs. #Nous_savons très bien que l’Europe a fait jusqu’à présent aux ressortissants des pays dont elle exploite les ressources, une #guerre_invisible. Le 24 juin, la guerre s’est exposée. Nous devons réagir à la hauteur de l’événement.

    Que l’#image serve au moins à prendre acte que la #violence_radicale est inévitable quand il s’agit de fermer radicalement une frontière, et que cela risque, à force, de ne plus secouer personne d’#indignation.

    C’est une course contre la montre que vous devez gagner. Pensant à l’Histoire telle qu’elle s’écrira au futur. Vous savez que devant elle, l’Histoire, et devant ce futur, nous avons raison. Vous aussi vous auriez préféré qu’en octobre 1961, la police française n’obéisse pas aux ordres et qu’elle ne jette pas en Seine des manifestants algériens pacifiques, ou qu’elle ne reçoive pas ses ordres-là. Qu’au mois de juillet 1942, elle n’obéisse pas aux #ordres, ou ne reçoive pas ses ordres-là qui ont permis l’envoi à la mort des juifs vivant en France.

    Il en est peut-être encore temps : lisez les nombreuses analyses que les spécialistes des circulations ont proposées, prononcez-vous fermement pour une toute autre politique d’immigration, grâce à laquelle des continents pourront à l’avenir se respecter, engagez-vous à faire preuve d’inventivité et d’imagination, loin de toutes les idéologies de la peur qui ont, hélas, en Europe, le vent en poupe.

    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/050722/melilla-le-lieu-d-un-massacre-lettre-ouverte-aux-deputes-europeens

    #tribune #responsabilité #migrations #asile #réfugiés #frontières #barrières_frontalières #murs #décès #Espagne #Maroc #responsabilité

    via @isskein

  • Pour un état d’urgence ferroviaire
    http://carfree.fr/index.php/2022/06/21/pour-un-etat-durgence-ferroviaire

    Le contrat de performance État-SNCF Réseau a été signé en catimini le 6 avril 2022, en pleine période de réserve pré-présidentielle et après plus de 2 ans de retard. Ce Lire la suite...

    #Alternatives_à_la_voiture #Réchauffement_climatique #Transports_publics #climat #politique #sncf #trains #transports_en_commun #tribune

  • #Tribune. Avec ou sans papiers, les #livreurs veulent faire respecter leurs #droits

    Alors que s’ouvre ce 8 mars, le #procès de #Deliveroo pour #travail_dissimulé, des travailleurs #sans-papiers prennent la parole pour « s’associer à ces attaques en #justice ». Ils demandent « le #salariat et le #contrôle_des_données par ceux qui les produisent en pédalant, et non par ceux qui les minent depuis les ordinateurs. »

    Nous avons appris que des procès étaient en cours ou avaient eu lieu, en France et en Europe, contre #Uber, Deliveroo, #Frichti, #Stuart et d’autres. Un grand procès contre Deliveroo pour travail dissimulé s’ouvrira au printemps 2022 à Paris. Nous avons appris qu’un des enjeux de ces procès était de demander la #requalification d’#auto-entrepreneur en #salarié.

    Le travail à la tâche, le contrôle permanent des GPS et des plateformes, les temps d’attente et de déplacement non-payés, les équipements pour travailler (vélo, tenue, téléphone, électricité…) à la charge des livreurs, les baisses des revenus de livraisons, les accidents non-couverts : nous ne les acceptons pas. Des livreurs sont blessés dans des #accidents de vélo, certains sont morts, sans contrat de travail, sans protection sociale, sans indemnisation, ni couverture des frais médicaux.

    Nous avons également appris que, plus que notre force de pédalage, c’était nos données numériques qui avaient de la valeur. Nous savons que l’utilisation de ces données par les plateformes peut être jugée illégale. Nous avons lu l’article 22 du Règlement Général de Protection des Données : « La personne concernée a le droit de ne pas faire l’objet d’une décision fondée exclusivement sur un traitement automatisé, y compris le #profilage, produisant des effets juridiques la concernant ou l’affectant de manière significative de façon similaire ». L’#automatisation des #suppressions_de_comptes peut être et a déjà été jugée illégale en France et en Europe.

    Nous voulons nous associer à ces attaques en justice qui demandent le salariat et le contrôle des données par ceux qui les produisent en pédalant, et non par ceux qui les minent depuis les ordinateurs.

    Mais il nous faut, avant, préciser que notre situation, est à la fois liée et différente. L’#exploitation qui a cours avec les sans-papiers n’est pas qu’une intensification de l’exploitation en général. C’est aussi un autre métier que nous faisons en n’ayant aucun droit.

    Les #plateformes nous mettent en concurrence, entre ceux qui ont des papiers et ceux qui n’en ont pas. Nous sommes accusés de faire baisser les prix. Diviser pour mieux régner. Nous plaidons pour les luttes et rapports de force avec les plateformes se pensent et s’organisent entre travailleurs, avec et sans papiers.

    La situation est connue mais on préfère la rappeler :

    Une fois que tu as attendu trente minutes pour recevoir une commande, que tu sais que ton propriétaire de compte attend son argent (environ un prélèvement de 30% des revenus bruts), tu es obligé d’accepter tous les genres de commandes, la première qui arrive, même si c’est pour deux euros, même si tu ne comprends pas pourquoi ce prix dérisoire, qu’il pleut et que le client habite loin.

    Nous savons que les plateformes rétorquent que ce n’est pas de leur faute si des personnes sous-louent leurs comptes à des sans-papiers. Des voix s’élèvent pour demander des contrôles plus importants dans l’accès aux #comptes. Mais nous savons aussi que cet ordre arrange les plateformes et l’État : une main d’œuvre aussi corvéable, ça ne se trouve pas si facilement.

    Le problème est d’abord celui de la création légale de sans-papiers. Personne ne peut vivre sans droits dans ce monde, à part pour être gravement exploité.

    Dans les procès, les livreurs disent qu’ils ne sont pas leurs propres patrons, qu’il existe un #rapport_de_subordination entre eux et les plateformes.

    Dans notre cas, nous pourrions dire que nous avons cinq patrons : les sociétés des plateformes ; les clients ; les restaurants ; le propriétaire du compte ; et la Préfecture.

    Il faut vraiment savoir que tout le monde fait semblant : l’Obligation à Quitter le Territoire Français, délivré par les Préfectures, n’est pas qu’une décision qui vise à nous expulser, c’est un permis de travailler sur le vélo clandestinement. Régulièrement, nous livrons des repas aux policiers à l’hôtel de police. Pendant le confinement, nous faisons partie des seules personnes qui avaient le droit de circuler dans la ville pour livrer, nous, ceux qui avons le moins le droit de circuler par ailleurs, ou seulement pour être expulsés.

    Le 24 novembre 2021, nous, livreurs avec et sans papiers, avons fait grève tout le jour à Grenoble. Nous allons recommencer.

    Nous voulons créer des contentieux en droit du travail et aussi pour avoir accès à nos données. Les soutiens syndicaux, juridiques, sociaux, informatiques s’organisent. Nous les appelons aussi par cette tribune. Nous collectons nos propres données informatiques et les étudions : nous appelons à nous réapproprier les chiffres que les plateformes génèrent.

    Si des restaurants et des clients faisaient grève avec nous, simplement arrêter les smartphones un temps, se déplacer pour aller chercher un repas, en solidarité des revendications de transformations des conditions de travail et de régularisations, que se passerait-il ?

    Signataires :

    Laye Diakité, Pathé Diallo, Saâ Raphaël Moundekeno, Mohamed Traoré, co-auteurs.

    avec Sarah Mekdjian et Marie Moreau.

    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/080322/avec-ou-sans-papiers-les-livreurs-veulent-faire-respecter-leurs-droi

    • Nous voulons créer des contentieux en droit du travail et aussi pour avoir accès à nos données. Les soutiens syndicaux, juridiques, sociaux, informatiques s’organisent. Nous les appelons aussi par cette tribune. Nous collectons nos propres données informatiques et les étudions : nous appelons à nous réapproprier les chiffres que les plateformes génèrent.

      #data

  • Pour la liberté de la presse et la démocratie, stoppons Bolloré - regards.fr
    http://www.regards.fr/actu/article/pour-la-liberte-de-la-presse-et-la-democratie-stoppons-bollore

    Contre la concentration de médias sans précédent que constitue l’empire Bolloré, pour la liberté de la presse et le droit à l’information, le collectif StopBolloré, dont fait partie Regards, se dit déterminé à dénoncer et à entraver ce processus à visée réactionnaire, en défense de la démocratie et de l’État de droit.

    Presse écrite, radios, chaînes de télévision, maisons d’édition de livres, agences de communication, jeux vidéo, instituts de sondage, salles de spectacle… en quelques années, Vincent Bolloré a constitué un empire médiatique tentaculaire au service de ses ambitions idéologiques réactionnaires.

    Rien que dans le monde de l’édition, il possédera bientôt plus de 70% des livres scolaires, la moitié des livres de poche, une centaine de maisons d’édition, avec un quasi-monopole sur la distribution des livres.

    Cette concentration de médias est sans précédent dans notre histoire. Elle renverse les principes démocratiques garantis depuis la Libération, et tous les progrès de la liberté de la presse, du droit d’informer et des médias. Sous nos yeux incrédules se déroule une révolution rétrograde qu’il est urgent d’empêcher.

    Depuis la Libération, il est pourtant acquis que l’information n’est pas un instrument d’objet commercial mais un instrument de culture. Il est entendu qu’elle ne peut remplir sa mission que « dans la liberté et par la liberté ». Il est clair qu’elle est libre quand elle ne dépend « ni de la puissance gouvernementale ni des puissances d’argent mais de la seule conscience des journalistes et des lecteurs » [1].
    Une attaque contre le pluralisme

    Cette tradition démocratique, essentielle à l’État de droit, est aujourd’hui menacée. Le pluralisme du débat n’a plus de sens lorsqu’un groupe concentre autant d’organes d’information et d’édition sous sa fortune et ses ordres. La liberté des journalistes et des auteurs n’existe plus lorsque les rédactions et les maisons d’édition sont ainsi mises au pas. Quel sens y a-t-il à parler d’indépendance d’une information soumise à la volonté d’un seul homme ?

    Auditionné par les sénateurs, Vincent Bolloré a prétendu que ses motivations n’étaient pas politiques mais strictement économiques. Pourtant, une idéologie mortifère est martelée chaque jour dans ses médias

    Le paroxysme est atteint sur CNews, où la polémique outrancière tient lieu de débat, le choix des invités fait fi du pluralisme, et la ligne éditoriale montre une obsession pour les thèmes d’extrême droite. La chaîne fait place nette à la diffusion de discours haineux, racistes, homophobes, sexistes, à la promotion d’entrepreneurs identitaires, à l’incitation à la violence, à la banalisation du complotisme, au négationnisme climatique, et au triomphe du préjugé contre la science et la vérité. En rupture avec toute déontologie journalistique, il ne s’agit plus d’informer les citoyens mais de transformer les esprits.
    Casse sociale et poursuites-baillons

    Pour parvenir à ses fins, Bolloré emploie les méthodes qui ont fait sa réputation dans le milieu des affaires : casse sociale et management par la terreur. Combien de journalistes licenciés dans ses médias pour avoir osé exercer leur liberté professionnelle ? Combien d’auteurs privés de publications ? Combien d’intimidation

    #Bolloré #Edition #Tribune

  • « Les études sont sérieuses, faites-moi confiance, allez vous faire vacciner » : l’appel d’Irène Frachon aux récalcitrants - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/societe/sante/les-etudes-sont-serieuses-faites-moi-confiance-allez-vous-faire-vacciner-

    Que dites-vous aux récalcitrants ?

    Que j’ai regardé de près les études de validation et la veille de pharmacovigilance. Et que je suis convaincue de la qualité, du sérieux et de l’efficacité des vaccins agréés en France. Je peux dire que c’est l’inverse du Mediator où dès le début, alors qu’on pouvait s’apercevoir que c’était un poison, on a fermé les yeux. Aujourd’hui, beaucoup de gens me font confiance et je leur dis : vous avez une solution, faites-vous vacciner ! Même s’il n’y a quelques effets secondaires comme un syndrome grippal. Les complications plus sérieuses sont exceptionnelles et les bénéfices du vaccin sont infiniment supérieurs aux risques du Covid, il n’y a pas photo. Et je dis aux plus jeunes, vaccinez-vous pour retrouver une vie sociale, sortir de cette hibernation, qu’on puisse revivre ! On ne sortira de cette crise qui si toute la population se fait vacciner rapidement.

    #vaccination #épidémie #pandémie #médicament_mediator #vaccination #covid-19 #sars-cov-2 #interview #irène_frachon

  • Migrants à la frontière franco-italienne : « La solidarité n’est pas un délit ! »

    Alors que se tiendront, le 22 avril et le 27 mai à Gap et à Grenoble, les procès de plusieurs personnes solidaires de migrants, les élus écologistes #Damien_Carême et #Guillaume_Gontard ont lancé un #appel pour demander au gouvernement français de cesser ses pratiques indignes.

    #Tribune. L’hiver est officiellement fini. Pas celui qui s’abat sur les personnes exilées et celles qui sont solidaires. Cet hiver-là est le plus rude de tous : indigne, violent, inhumain. À Montgenèvre (Hautes-Alpes), village au-dessus de Briançon encore sous la neige, la situation ne cesse de se dégrader depuis des semaines.

    A 1 800 mètres d’altitude, le gouvernement français militarise et montre les poings, pensant ainsi en mettre, des points, sur des « i » fantasmagoriques : il y aurait des migrants dangereux, il y aurait des personnes solidaires complices, il y aurait un flot d’arrivées massives. Et la seule solution serait de rejeter, humilier, édifier des murs.

    C’est un mensonge.

    Les personnes solidaires ne sont pas des coupables. Ils et elles ne sont pas des hors-la-loi. La Cour de cassation de Lyon l’a confirmé, le 31 mars, en relaxant définitivement Cédric Herrou.

    La solidarité n’est pas un délit !

    Les atteintes portées aux droits sont récurrentes

    Pourtant, à Montgenèvre, le gouvernement choisit la répression. Et, chaque semaine, il surenchérit dans cette voie inhumaine. Il bafoue les droits français, européen et international et les droits des êtres humains, en toute impunité, tout en distillant sournoisement l’idée que la solidarité sert de planque à de sombres desseins. C’est de la manipulation.

    Les faits, graves, sont dénoncés depuis des semaines par une vingtaine de parlementaires qui se sont rendus, et continuent de se rendre, sur place pour les constater et témoigner : droit d’asile piétiné, assistance médicale empêchée, mise en danger d’autrui, séparation de la famille, poursuites abusives de bénévoles, gardes à vue de journalistes, interpellations, amendes et interrogatoires abusifs, tentatives d’intimidations… Les atteintes portées aux droits sont récurrentes.

    Cette situation honteuse dans les Hautes-Alpes se déroule à l’identique dans les Alpes-Maritimes, à la frontière entre Menton et Vintimille : la criminalisation des personnes solidaires s’y exerce de la même manière, les personnes exilées y sont refoulées avec la même fermeté. Cette même situation vécue, avant, dans la vallée de la Roya ou que vivent, sur certains aspects, les Pyrénées à la frontière franco-espagnole.

    Une folie sécuritaire de la France et de l’UE

    Dans cette folie sécuritaire, l’Union européenne (UE) et le gouvernement déploient aux frontières intérieures et extérieures de l’UE des moyens financiers démesurés pour une politique qui, en plus d’être indigne et inhumaine, est inefficace. Aucun mur, rien ni personne, n’empêchera jamais un être humain de mettre un pied devant l’autre pour sauver sa vie.

    Cette folie est responsable de drames, de vies brisées au bout d’un parcours déjà jalonné de souffrances pour ces familles qui partent sur la route de l’exil avec des femmes enceintes, de jeunes enfants, des nourrissons, des personnes âgées. Le gouvernement français doit respecter le droit français, le droit européen, le droit international comme les droits d’asile et les droits humains.

    Les personnes exilées, les personnes solidaires et les associations d’aide doivent être traitées dignement. Elles ne sont pas des délinquantes.

    Les exilés ne doivent être ni victimes ni alibis de cette folie sécuritaire.

    La détermination des bénévoles

    N’en déplaise au gouvernement, la solidarité est partout sur le territoire français. Les bénévoles qui tentent, malgré les intimidations qu’ils subissent, de porter secours et assistance aux personnes en exil sont le visage de nos valeurs républicaines : la fraternité, la solidarité. Ces bénévoles n’ont pas renoncé à un Etat de droit capable d’accueillir et de protéger. Ils continuent d’agir, de jour comme de nuit, même quand l’hiver alpin sévit. Ils agissent par humanité.

    Pourtant, ces personnes risquent gros… Malgré la décision du Conseil constitutionnel du 6 juillet 2018 reconnaissant la fraternité comme un principe à valeur constitutionnelle, la mettre concrètement en œuvre peut encore mener derrière les barreaux. C’est ce que risquent plusieurs citoyens solidaires, ces prochaines semaines, au cours de deux procès qui s’annoncent :

    Le 22 avril, à Gap, contre deux citoyens solidaires briançonnais, poursuivis pour « aide à l’entrée illégale et à la circulation sur le territoire national de personnes en situation irrégulière » pour avoir porté secours à une famille afghane sur le territoire français.

    Le 27 mai, à Grenoble, contre sept citoyens solidaires briançonnais pour avoir participé, le 22 avril 2018, à une manifestation qui visait à dénoncer l’action de Génération Identitaire présente la veille au col de l’Échelle (Hautes-Alpes), ainsi que la militarisation de la frontière. Ce qu’il se passe aujourd’hui à nos frontières est insupportable.

    Pour le respect du droit national et international

    Les dénis de droits et les violences exercées ne peuvent être plus longtemps supportés.

    Nous, signataires de cette tribune, demandons au gouvernement français de cesser ses pratiques indignes, illégales, illégitimes et dangereuses à la frontière. Nous lui demandons de respecter le droit national et international. Nous lui demandons d’en finir avec son récit mensonger. Nous, signataires de cette tribune, demandons au gouvernement français d’ouvrir les yeux sur la réalité d’un territoire où les initiatives solidaires sont bien réelles.

    Il en va de la dignité de notre pays. Après l’hiver, le printemps.

    Les premiers signataires de cette tribune : Damien Carême, député européen (EELV), président de l’Association nationale des villes et territoires accueillants (Anvita) ; Elsa Faucillon, députée (Hauts-de-Seine, PCF) ; François Gemenne, chercheur, spécialiste des migrations internationales ; Guillaume Gontard, sénateur (Isère, EELV), président du Groupe écologiste-Solidarité & Territoires ; Cédric Herrou, Emmaüs Roya ; Martine Landry, Amnesty international, Alpes-Maritimes ; Aurélien Taché, député (Val-d’Oise, Les Nouveaux Démocrates) ; Sophie Taillé-Polian, sénatrice (Val-de-Marne), Génération. s, Groupe écologiste-Solidarité & Tterritoires ; Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche au CNRS.

    Liste complète des signataires : https://europeecologie.eu/tribune-a-la-frontiere-franco-italienne-le-gouvernement-francais-doit

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/04/20/migrants-a-la-frontiere-franco-italienne-la-solidarite-n-est-pas-un-delit_60

    #asile #migrations #frontières #France #Italie #Briançon #Hautes-Alpes #Briançonnais #frontière_sud-alpine

    juste pour info, j’ai aussi co-signé la tribune...

    –-
    ajouté à la métaliste sur les Hautes-Alpes :
    https://seenthis.net/messages/733721

    • 03.02.2022, encore Damien Carême et encore A l’air libre :

      Considérer la #migration comme un problème n’a aucun sens. Faire croire qu’on peut l’arrêter non plus.

      Le vrai problème, c’est le mensonge.
      Le vrai problème, c’est la manipulation.
      Ce n’est pas l’accueil qui coûte cher, c’est la haine.

      #refoulement + inhumanité + manipulation = #budget « peur » décuplé.

      La maltraitance d’Etat, tout comme la maltraitance d’Europe, a un prix !

      De 2006 à 2021, le budget annuel de #Frontex est passé de 19 à 544 millions d’euros.

      Et l’augmentation continue

      Tout cet argent pour quoi ?

      Pour un mensonge : celui de la surveillance, de la militarisation, de la violence. Celui des murs et des barbelés. Celui de l’indignité.

      Au bout du compte, la seule qui prospère, c’est la mort.

      Le nombre de personnes migrantes décédées en mer en tentant de rejoindre l’#Europe a plus que doublé en 2021 : au moins 1146 personnes ont ainsi perdu la vie au cours du premier semestre 2021 …

      Et en #Manche ? Le drame continue.

      Triangle pointant vers la droite En 2021, 52000 chercheur•se•s de refuge ont tenté de passer de la France au Royaume-Uni (source ministère de l’Intérieur)

      Ces hommes, ces femmes, ces enfants embarquent désormais à bord de toutes petites embarcations insalubres.

      Les risques sont à la hauteur du désespoir : démesurés.

      Pourtant.

      Plutôt que de distribuer les #OQTF nous pourrions intégrer celles et ceux qui le souhaitent ardemment.

      🗣 Nous pouvons le faire !

      Nous pouvons organiser l’accès aux soins, à la langue, à l’apprentissage : intégrer à notre société plutôt que fabriquer des parias à qui l’on refuse tout.

      La peur, c’est nous qui la créons.

      Enfin, c’est eux surtout Visage avec yeux en spirales

      Depuis que la rhétorique de l’extrême-droite a été digérée par le débat public, c’est la surenchère.

      Le cercle est vicieux. Vicié.

      La mauvaise foi des gouvernements qui se succèdent est totale.

      Elle porte le poids de toutes les vies sacrifiées.

      La #migration ? On n’est pas pour ou contre : elle est là, depuis que l’humanité existe. Aucun mur n’a jamais empêché (n’empêchera jamais) un être humain de mettre unPieddevant l’autre pour sauver sa vie. Plutôt que des plaies béantes, faisons des frontières des cicatrices
      Sans #migration la population de notre #europe vieillissante aurait diminué d’1/2 million en 2019 (4,2 millions d’enfants sont nés / 4,7 millions de personnes sont décédées) - source @EU_Commission

      Le problème n’est pas la migration.
      Le problème, c’est la haine.

      Personne ne quitte son pays de gaité de cœur.

      Personne.

      Organisons l’accueil.

      https://twitter.com/DamienCAREME/status/1489252446975135751

  • « Notre surconsommation d’engrais azotés de synthèse est un désastre écologique, social et économique »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/04/08/notre-surconsommation-d-engrais-azotes-de-synthese-est-un-desastre-ecologiqu

    Les engrais chimiques sont une potion magique issue de la guerre. L’invention du chimiste Fritz Haber (1868-1934), qui a reçu le prix Nobel pour ses travaux sur la synthèse de l’ammoniac, avait deux objectifs : nourrir davantage d’êtres humains et fabriquer des explosifs. Cette découverte a permis d’augmenter rapidement les rendements agricoles au sortir de la seconde guerre mondiale, tout en offrant de nouveaux débouchés aux industries créées en temps de guerre. Depuis 1960, notre consommation mondiale d’engrais azotés de synthèse a été multipliée par neuf – pourtant les plantes n’absorbent que la moitié de l’azote produit. Alors, où va le reste ?

    Notre surconsommation d’engrais azotés de synthèse est un désastre écologique, social et économique. La fabrication de ces engrais, que nous importons à 60 %, est une bombe climatique : il faut l’équivalent en gaz d’un kilogramme de pétrole pour produire un kilogramme d’azote. Une fois arrivés dans nos champs, ils émettent massivement du protoxyde d’azote, un gaz 265 fois plus puissant que le CO2. L’azote qui n’est pas absorbé par les plantes pollue les cours d’eau et l’eau du robinet, et tue la biodiversité aquatique – le phénomène des algues vertes est désormais bien connu. De l’ammoniac s’évapore également dans l’air et contribue à produire des particules fines, qui génèrent des pics de pollution jusque dans les villes lors des épandages au printemps. L’adoption massive des engrais chimiques a provoqué une chute de la teneur en matière organique des sols et une augmentation des traitements pesticides car trop d’azote rend les plantes vulnérables aux pathogènes.

    #tribune_derrière_paywall

  • #recherche
    Derrière la polémique sur l’« islamo-gauchisme », la ministre #Vidal isolée comme jamais - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/220321/derriere-la-polemique-sur-l-islamo-gauchisme-la-ministre-vidal-isolee-comm

    "Ses conseillers lui avaient promis de marquer, enfin, l’agenda politique. De ce point de vue, l’opération est réussie. Absente du débat public depuis le début de la crise sanitaire, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal a provoqué un tollé en déclenchant, en pleine pandémie, un débat sur « l’islamo-gauchisme » dans les universités.

    [...]

    Pour dénoncer les attaques faites aux #libertés_académiques et le manque de dialogue social avec le ministère, les syndicats ne s’adressent d’ailleurs plus à Frédérique Vidal mais passent directement par le premier ministre. Même chose pour les décisions pour lutter contre la précarité étudiante, qui sont annoncées depuis l’Élysée.

    Toutes les organisations de l’arc syndical ont écrit, au moins à trois reprises, à Matignon sur l’unique mois de novembre 2020. "

    Frédérique Vidal n’est déjà plus notre ministre | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/190321/frederique-vidal-nest-deja-plus-notre-ministre
    Cette #tribune comporte un appel à un rassemblement devant Matignon le 25, à l’occasion de la remise des 22 000 signatures de la #pétition.

  • Garantir une #liberté_académique effective

    Ce billet est consacré à la notion de liberté académique. Auparavant, nous traitons succinctement de trois sujets d’actualité.

    #Maccarthysme — Depuis le 16 février, nous vivons une de ces séquences maccarthystes qui ont fait le quotidien des Bolsonaro, Trump, Johnson et autres Orbán [1], et qui se répètent désormais dans le nôtre. L’attaque de l’exécutif contre les scientifiques a été déclenchée à l’approche des élections régionales par Mme #Vidal, possiblement tête de liste à Nice. Cet épisode politicien consternant ouvre la campagne des présidentielles pour le chef de l’État ainsi que pour les autres ministres chargés de chasser sur les terres lexicales de l’#extrême_droite. La charge consiste à désigner comme non scientifiques certains domaines de la #recherche et à les associer au #terrorisme, par un nom chimérique construit sur le modèle de l’adjectif « #judéo-bolchévique », de sinistre mémoire. La #menace est réelle. Mais elle ne vient pas des travaux insufflés par une libido politique, qui innervent aujourd’hui un grand nombre de disciplines des sciences dures et humaines, elle vient de la #stratégie_politique qui accuse la recherche et l’#Université d’être politisées tout en leur enjoignant ailleurs de légitimer les choix « sociétaux » des politiques [2] ou de répondre dans l’urgence à une crise par des appels à projet [3]. Elle s’entend dans ce lexique confusionniste et moraliste qui prétend dire ce qu’est la #science sans en passer par la #méthode_scientifique. Elle se reconnaît à la fiction du débat qui occupe l’#espace_médiatique par #tribunes de #presse et, bien pire, sur les plateaux des chaînes de #télévision singeant le modèle de Fox News et des médias ultraconservateurs états-uniens.

    La menace nous appelle donc à forger de solides réseaux de #solidarité pour les affronter et à nous réarmer intellectuellement, pour réinstituer l’Université.

    #Zéro_Covid — Nous avons à nouveau demandé au Président de la République, au Premier Ministre et au Ministre de la santé de recevoir une délégation de chercheurs pour proposer une série de mesures de sécurisation sanitaire composant une stratégie globale Zéro Covid (https://rogueesr.fr/zero-covid), conformément à la tribune (https://rogueesr.fr/zero-covid) signée, déjà, par plus de mille chercheuses et chercheurs.

    #Hcéres — Dans ce contexte, il peut être pertinent de revenir sur le fonctionnement du Hcéres, instance symptomatique s’il en est des menaces institutionnelles qui pèsent sur la liberté académique. Le collège du Hcéres réuni le 1er mars a entériné le recrutement de M. #Larrouturou comme directeur du département d’évaluation des organismes nationaux de recherche. M. Larrouturou était, avant sa démission le soir de l’adoption de la LPR, à la tête de la Direction générale de la recherche et de l’innovation (DGRI). À ce titre, il a organisé la nomination de M. #Coulhon à la présidence du collège du Hcéres. À qui en douterait encore, ce renvoi d’ascenseur confirme l’imbrication des différentes bureaucraties de la recherche et leur entre-soi conduisant au #conflit_d’intérêt permanent.

    Certains militants d’une fausse liberté académique, dans une tribune récemment publiée, ont par ailleurs présenté le département d’évaluation de la recherche comme l’instance légitime pour une mission de contrôle politique des facultés. Il est donc intéressant de relever que ce département demeurera dirigé par un conférencier occasionnel de l’#Action_Française, le mouvement de #Charles_Maurras à qui l’on doit le mythe de l’Université inféodée aux quatre États confédérés (Juifs, Protestants, Francs-Maçons, « Métèques ») [4].

    Enfin, trois membres d’instances nationales de La République en Marche apparaissent dorénavant dans l’organigramme du Hcéres, confortant les craintes de constitution d’un ministère Bis en charge de la reprise en main de la recherche.

    Garantir une liberté académique effective — Vous trouverez ici la première partie de notre synthèse : Réinstituer la liberté académique : https://rogueesr.fr/liberte-academique.

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    [1] À ce sujet, on pourra lire l’actualité récente en Angleterre, frappante de similitude :

    - Government to appoint “free-speech champion” for English universities : https://www.theguardian.com/world/2021/feb/14/government-to-appoint-free-speech-champion-for-universities-heritage-hi
    - A political scientist defends white identity policies : https://www.newyorker.com/news/q-and-a/a-political-scientist-defends-white-identity-politics-eric-kaufmann-white
    - Gavin Williamson using “misleading” research to justify campus free-speech law : https://www.theguardian.com/education/2021/feb/27/gavin-williamson-using-misleading-research-to-justify-campus-free-speec

    [2] Le CNRS célèbre ses 80 ans : http://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/le-cnrs-celebre-ses-80-ans

    [3] Face aux attentats : un an de mobilisation au CNRS : https://www.cnrs.fr/fr/face-aux-attentats-un-de-mobilisation-au-cnrs

    [4] Les convictions politiques de la personne en question n’auraient pas vocation à apparaître sur la place publique s’il n’était pas précisément question de lui confier une mission de contrôle politique des universités. D’autre part, nous nous refusons à mentionner des liens vers des pages pointant vers des sites d’extrême-droite. Les lecteurs soucieux de vérification les trouveront sans peine.

    https://rogueesr.fr/2021/03/03
    #libertés_académiques

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    ajouté au fil de discussion autour des propos tenus par Vidal :
    https://seenthis.net/messages/902062

    • La #résistance s’organise à #Sorbonne_Univresité

      Les paniques identitaires n’ont pas leur place à @Sorbonne_Univ_ !

      Le 07 et 08 Janvier se tiendra en Sorbonne le colloque « Après la déconstruction : reconstruire les sciences et la culture ».
      Nous nous opposons à l’accueil des idées réactionnaires au sein de notre université

      Avec Solidaires Étu SU, l’ASU, la BAFFE et le NPA Jussieu-ENS, nous dénonçons l’accueil de ce pseudo colloque portant sur la "cancel culture" et la lutte contre les discriminations qui menacerait "le monde éducatif, où elle y a déjà causé quelques dégâts" d’après sa description.

      Nous demandons à ce que @Sorbonne_Univ_ se désolidarise de la tenue d’un tel colloque dans l’un de ses campus !
      Nous soulignons également la présence du ministre Blanquer qui préfère à l’éducation nationale crédibiliser les fantasmes identitaires !

      https://twitter.com/UNEFsorbonneU/status/1479104625533804551

      #résistance

    • Ceci n’est pas un colloque universitaire - communiqué

      Du 7 au 8 Janvier, l’association loi 1901 "Le Collège de Philosophie" présidé par l’un de nos collègues de la Faculté des Lettres (Pierre-Henri Tavoillot) organise un colloque intitulé « Après la déconstruction : reconstruire les sciences et la culture ». Utilisant pernicieusement le crédit de l’université qui l’héberge - l’université est un lieu de liberté d’expression, cette réunion partisane se présente comme un colloque "d’échanges scientifiques" visant à « étudier les tenants et aboutissants de la pensée décoloniale, "wokisme", ou "cancel culture" et comment elle s’introduit dans le système éducatif pour y imposer une morale au détriment de l’esprit critique » (sic). Les conclusions de ce "colloque" sont déjà connues, puisqu’elles sont dans son titre : la "cancel culture" (terme utilisé par les conservateurs américains et amalgamé ici avec la pensée décoloniale, courant intellectuel anti-raciste) venue des États-Unis aurait détruit les sciences et la culture, et il faudrait les reconstruire. Par un grossier retournement de la réalité, ce pseudo-colloque universitaire implémente exactement ce qu’il entend dénoncer : le camouflage d’une idéologie sous couvert de recherche universitaire, aidé par la localisation de cette réunion politique dans une université !

      La liberté d’expression est la règle à l’université, et il est donc possible d’y organiser des réunions politiques. Une réunion de La France Insoumise ou d’En Marche qui y aurait lieu n’entraînerait aucun doute sur l’absence de caractère universitaire d’une telle réunion. Par contre, un "colloque" organisé par "le Collège de Philosophie" (qui n’a aucune reconnaissance universitaire) utilise la tutelle du lieu pour déguiser des propos idéologiques en "recherche" ou "échanges scientifiques".

      SUD Éducation appelle les collègues de toute catégorie professionnelle et les étudiant.e.s à ne pas tomber dans le panneau de ce colloque idéologique pseudo-scientifique
      1. Un parti pris idéologique revendiqué, indigne d’un vrai colloque scientifique

      Sans prendre en compte la réalité du racisme, du sexisme, des oppressions coloniales, ce colloque s’oppose à leur étude sociologique ou historique. Le constat est fait dès la présentation du colloque : un "ordre moral" serait introduit (comment ? par qui ?) qui serait "incompatible" avec le système éducatif. On parle d’ailleurs de "wokisme" ou de "cancel culture" dont les définitions sont absentes, ce qui peut laisser penser que les organisateurs et organisatrices ne les connaissent pas elles-mêmes ou choisissent délibérément de les garder dans le flou (rendant ainsi plus facile leur caricature et leur condamnation). On peut remarquer que le terme "pensée décoloniale", présenté comme synonyme de ces termes, est au contraire revendiqué par des courants anti-racistes, ce qui confirme la connaissance rigoureuse que les organisateurs du colloque semblent avoir des courants de pensée dont ils entendent discuter.
      Et surtout, dans ce "colloque", aucune trace de la disputatio, une des règles de base de la recherche et de son intégrité. Aucun-e représentant-e des études décoloniales n’intervient dans cet évènement. Ceci n’est donc pas un colloque universitaire mais un colloque politique et idéologique.

      2. Une réunion politique et publicitaire

      Les intervenant.e.s de ce colloque ne sont pas neutres. Une discussion sérieuse autour de questions scientifiques impliquerait la présence d’intervenant.e.s varié.e.s et la possibilité d’un débat contradictoire. Toutefois, beaucoup des intervenant.e.s invité.e.s sont connu.e.s plutôt pour leur opposition médiatique aux questions de l’antiracisme et du féminisme, que pour leur travaux de recherche sur ces questions : Mathieu Bock-Côté et ses aspirations identitaires décrites dans "L’empire du politiquement correct", qui remplace désormais Éric Zemmour sur CNEWS, Jacques Julliard qui ironise sur une gauche qui aurait abandonné la nation et l’identité nationale au profit de la diversité (voir les conclusions "L’esprit du peuple"), Nathalie Heinich dont on peut supposer qu’elle parlera "des enjeux épistémologiques de la post-vérité" plutôt en tant que signataire de la tribune "Non au séparatisme islamiste" du Figaro (mars 2018) qu’en tant que sociologue de l’art, pour prendre des exemples connus... De plus que vient faire une table ronde de "témoins" du "néoracisme", invitant entre autres Pascal Bruckner, essayiste, dans un colloque universitaire ? La présence du romancier fait résonner ses propos manichéen sur la lutte contre l’islamophobie, la comparant à une "chasse aux sorcières", ou ses accusations contre Rokhaya Diallo, mettant en cause son militantisme comme ayant entraîné les attentats meurtriers contre Charlie Hebdo en 2015. Face à des intervenant.e.s aussi politisé.e.s et venu.e.s défendre leurs écrits politiques au regard du programme, où est la contradiction ? Remarquons que le ministre de l’Éducation Nationale semble avoir le temps de sonner le départ de ces deux jours de réunion, alors que la situation des établissements scolaires est catastrophique.

      3. Un évènement de propagande de la "pensée" réactionnaire

      En conséquence, nous appelons nos collègues et les étudiant.e.s de Sorbonne Université a être vigilant.e.s vis-à-vis du déguisement universitaire d’une idéologie réactionnaire en vogue actuellement. Ce "colloque" ne peut être considéré comme indépendant des attaques médiatiques et politiciennes envers des collègues, accusé.e.s d’"islamogauchisme" par les ministres de l’ESR et de l’Éducation Nationale, ainsi que des personnalités politiques dans la droite ligne de l’extrême-droite qui en d’autres temps accusait l’Université d’être sous l’emprise judéo-maçonnique (voir la Une de Paris Soir du samedi 31 Novembre 1940). Nous pensons que ce colloque pseudo-scientifique vise à légitimer ces attaques, et à censurer toute pensée universitaire critique des dominations. Dans le respect des traditions universitaires, nous appelons au contraire à défendre les libertés pédagogiques et de recherche et l’indépendance de nos collègues face à l’ingérence des tutelles politiques nationales ou régionales. Ce n’est que dans de telles conditions que la recherche et les idées nouvelles peuvent s’épanouir !

      https://sud-su.fr/spip.php?article36

    • Communiqué FERC Sup Sorbonne Université - Ceci est-il un colloque universitaire ?

      Les 7 et 8 janvier 2022 se tiendra dans un amphithéâtre de la Sorbonne un événement intitulé « Après la déconstruction : reconstruire les sciences et la culture ».

      Cette réunion se présente comme un colloque "d’échanges scientifiques" visant à "étudier les tenants et aboutissants de la pensée décoloniale, "wokisme", ou "cancel culture" et comment elle s’introduit dans le système éducatif pour y imposer une morale au détriment de l’esprit critique".

      Ce colloque va être ouvert par Blanquer le ministre de l’Éducation nationale qui affirmait il y a un an, sans jamais être revenu sur ses dires que « Notre société a été beaucoup trop perméable à des courants de pensée « Ce qu’on appelle l’islamo-gauchisme fait des ravages », « Il fait des ravages à l’université, il fait des ravages quand l’UNEF cède à ce type de chose, il fait des ravages quand dans les rangs de la France Insoumise, vous avez des gens qui sont de ce courant-là et s’affichent comme tels. Ces gens-là favorisent une idéologie qui ensuite, de loin en loin, mène au pire ».

      Ce colloque pourrait-il être instrumentalisé en meeting politique qui s’inscrirait dans la droite ligne des discours de Blanquer et Vidal ? Blanquer, comme Vidal, prétendent que l’islamogauchisme (terme maintenant remplacé par celui de wokisme) « gangrène l’université ». Or, cette parole ministérielle, pendant une année de campagne présidentielle, et en pleine pandémie qui étouffe encore un peu plus les personnels de l’éducation nationale et l’hôpital, dans un colloque universitaire soulève des questions bien légitimes.

      En outre, cet événement est organisé sur le site de Sorbonne Université. Dès lors, la responsabilité et l’image de notre université sont engagées.

      La plupart des intervenants de cette manifestation sont signataires du « manifeste des 100 » qui appelait à la dénonciation des "islamo-gauchistes". Un certain nombre sont également membres de l’« Observatoire du décolonialisme », dont l’activité principale semble aussi être de dénoncer des collègues sur internet. Cet événement qui aura lieu les 7 et 8 janvier reprend les mêmes thèmes, en évitant soigneusement le terme d’« islamo-gauchisme » (devenu trop sulfureux ?) mais en ciblant les études décoloniales, sans laisser place au débat contradictoire. Ainsi, le colloque annoncé pourrait paraître comme une opération politique à laquelle participeront des personnes qui appellent régulièrement à la dénonciation et à la censure de collègues sur le site de l’« Observatoire du décolonialisme ».

      Il y a pourtant moins d’un an, l’ancien président de Sorbonne Université, Jean Chambaz avait pris position très clairement au sujet de l’"islamo-gauchisme", à contre-courant des déclarations de la ministre Mme Vidal : "Il y a une orientation de ce gouvernement qui va draguer des secteurs de l’opinion publique dans des endroits assez nauséabonds" "L’islamo-gauchisme est un terme absolument peu précis, issu des milieux de la droite extrême, repris par certains députés LR qui voudraient interdire l’enseignement de certaines disciplines à l’université. On se croirait dans l’ancienne Union soviétique. Ça me fait davantage penser aux slogans du 20e siècle dénonçant le judéo-bolchévisme." Selon l’ancien président de Sorbonne Université, le mal qui "gangrène" la société n’est pas cet "islamo-gauchisme" mal défini et qui est agité, selon lui, comme un chiffon rouge. "On accole deux mots qui font peur pour ne pas définir une réalité. Mais qu’est-ce que ça veut dire ? martèle-t-il. Qu’est-ce qui gangrène la société ? C’est la discrimination, c’est la ghettoïsation, c’est l’inégalité sociale dans l’accès au travail, dans l’accès à l’éducation, à la culture, et l’échec des politiques publiques dans ce domaine depuis cinquante ans.".

      Nous ne demandons pas l’annulation de cette manifestation qui doit être reconnue comme telle. Mais il ne peut y avoir d’appel à la délation et de chasse à certains collègues. Ce que nous attendons de la nouvelle présidente de l’université, c’est un engagement lié à votre fonction qui vous charge d’une mission de protection des personnels de l’université.

      Pour mémoire, début 2021, comme 2000 personnes qui avaient signé cette réponse au manifeste des 100, votre prédécesseur M.Chambaz avait accordé la protection fonctionnelle aux collègues qui en avaient fait la demande après avoir été mis en cause publiquement dans cette chasse aux sorcières.

      Ce que nous attendons donc de la présidence de l’université, c’est qu’elle donne l’assurance à nos collègues :

      - qu’il sera accordé systématiquement le bénéfice de la protection fonctionnelle à toutes celles et tous ceux qui seront mis-es en cause publiquement dans l’exercice de leurs missions d’enseignement et de recherche,
      - et qu’il sera donné pour consigne à la direction des affaires juridiques de l’université d’effectuer un signalement auprès du ministère de l’intérieur pour toute dénonciation calomnieuse publiée sur internet ou ailleurs, sur simple demande de la personne concernée.

      https://www.ferc-cgt.org/communqiue-ferc-sup-sorbonne-universite-ceci-est-il-un-colloque-universita