• Sois positif !
    http://www.internetactu.net/2019/04/24/sois-positif

    Au pendant à l’injonction au bonheur répond l’injonction à être positif ! Nous devons être constructifs, optimistes, inspirants ! Dans le caporalisme ambiant, dans l’univers communicationnel qui est le nôtre, aucune critique ne semble avoir droit de citer, comme si la moindre contradiction relevait de la pire opposition. A quoi sert une (...)

    #Articles #Débats #Tribune #Entreprise

  • Pourquoi avons-nous tant de mal à changer d’avis ?
    http://www.internetactu.net/2019/04/23/pourquoi-avons-nous-tant-de-mal-a-changer-davis

    On n’en a pas fini avec les #biais_cognitifs, ces déviations du jugement qui sont au coeur du fonctionnement même de nos façons de penser. Dans un livre court et très pédagogique, le psychologue et docteur en neurosciences Albert Moukheiber, cofondateur de l’association Chiasma, nous explique comment Notre cerveau nous (...)

    #Articles #Enjeux #Tribune #cognition #économie_de_l'attention

  • Culture numérique : Fake news panic
    http://www.internetactu.net/2019/04/11/culture-numerique-fake-news-panic

    Le numérique a enfin son manuel ! En 400 p., le sociologue et directeur du Médialab de Sciences Po, Dominique Cardon (@karmacoma) livre avec Culture numérique qui vient de paraître aux Presses de SciencesPo, une somme d’une rare clarté, faite de courts chapitres très didactiques, qui pose les bases de l’histoire d’internet, (...)

    #Enjeux #Tribune #désinformation #eDémocratie #Médias

  • (6) Pourquoi la #lettre ouverte de la fille de #Zineb_Redouane à Macron est-elle si peu relayée ? - Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/04/01/pourquoi-la-lettre-ouverte-de-la-fille-de-zineb-redouane-a-macron-est-ell

    Le texte de Milfet Redouane se termine par un parallèle entre sa mère et la militante niçoise, à qui elle adresse « une grande pensée » et ces quelques mots : « Même si vous étiez restée chez vous, vous n’étiez pas à l’abri. Zineb Redouane en est une preuve, vous avez tous mes respects et tout mon soutien. »

    « Après ce qui est arrivé à #Geneviève_Legay, Milfet [Redouane] nous a fait part de son indignation suite aux propos d’Emmanuel Macron, raconte le comité de rédaction de Révolution permanente à #CheckNews. Selon le souhait de Milfet et comme convenu avec elle, le texte qu’elle nous a transmis a été lu par notre journaliste une première fois lors du rassemblement pour Geneviève Legay le 26 mars place de la République à Paris [filmé ici à partir de la 48e minute]. » Milfet Redouane nous précise avoir été « énervée » par les propos de Macron, d’où son envie d’écrire.

    La rédaction du site [#revolutionpermanente, ndrt] dit n’avoir « reçu aucune sollicitation pour que cette #tribune soit relayée sur un autre #média et [n’avoir] pas connaissance de démarches quelconques de Milfet Redouane en ce sens. » L’intéressée confirme qu’elle ne s’est pas rapprochée d’autres médias pour publier son texte.

  • Etudiant·e·s en journalisme, nous demandons des mesures contre le harcèlement dans la profession
    Par Un collectif d’étudiant·e·s en formation de journalisme, (Celsa, CFJ, CFPJ, Cuej, EDJ Sciences Po, EJCAM, EJDG, EJT, EPJT, ESJ Lille, IFP, IJBA, IPJ Paris-Dauphine, IUT de Cannes, IUT de Lannion et master de journalisme de Gennevilliers)

    https://www.liberation.fr/debats/2019/02/14/etudiantes-en-journalisme-nous-demandons-des-mesures-contre-le-harcelemen

    Etudiant·e·s en journalisme, nous sommes indigné·e·s par les agissements du groupe connu sous le nom de « la Ligue du LOL ». Bientôt, nous travaillerons pour des rédactions telles que Libération, Vice, les Inrocks, Slate et bien d’autres. Nous avions déjà conscience de la récurrence du harcèlement dans de nombreux milieux professionnels, dont le nôtre. Mais nous sommes inquièt·e·s de voir que les journalistes mis·es en cause sont pour la plupart arrivé·e·s à des postes à responsabilités. La reproduction au sein même des rédactions de mécanismes de domination et d’humiliation régulièrement dénoncés par notre profession nous est insupportable.

    Nous ne pouvons accepter de faire nos premiers pas de journalistes dans ces conditions. De nombreux milieux professionnels, dont le journalisme, ont amorcé un processus d’autocritique. Cette introspection doit continuer afin d’enrayer l’omerta qui a permis à cette affaire de rester dans l’ombre. Nous nous engageons à faire preuve d’intransigeance envers les violences sexistes, homophobes, transphobes, grossophobes, antisémites, islamophobes, racistes.

    Nous appelons également les rédactions et les écoles de journalisme à renforcer les dispositifs de lutte contre les discriminations de toutes sortes. Une meilleure représentation des femmes et des groupes minorés dans les instances dirigeantes des médias nous paraît indispensable. Depuis 2015, le taux de cartes de presse de directeurs attribuées à des femmes n’est passé que de 21 à 26 %, alors qu’elles représentent aujourd’hui 47 % des titulaires de carte de presse selon la CCIJP. Cette évolution, qui va dans le bon sens, est encore trop lente.

    Nous avons conscience que ces dérives commencent dès l’école, c’est pourquoi nous proposons les mesures suivantes. Une règle de parité devrait s’appliquer aux enseignant·e·s et aux intervenant·e·s de toutes les écoles de journalisme. Nous demandons également aux directions de mettre en place des formations au traitement journalistique des discriminations de genre, d’orientation sexuelle ou de race. Nous appelons aussi à renforcer les chartes et règlements intérieurs des différentes écoles afin d’y inclure des mesures pour prévenir et agir contre toute forme de harcèlement, d’intimidation et protéger les victimes.

    Les rédactions françaises manquent cruellement de diversité, et les dispositifs mis en place par nos écoles peinent à lutter contre cet entre-soi. Nous demandons donc que les offres de stage ou d’emploi journalistiques soient publiques et que les recrutements se fassent en lien direct avec les directions des ressources humaines. Ce premier pas permettrait de lutter plus concrètement contre la cooptation et le réseautage, des mécanismes d’embauche prépondérants dans notre profession.

    Ensemble, nous nous engageons à agir pour encourager le changement. Nous n’avons pas vocation à représenter tou·te·s les étudiant·e·s en école de journalisme, mais souhaitons créer une solidarité forte au sein de notre profession. Serrons-nous les coudes, soyons solidaires.

    #harcèlement #liguedulol #sexisme #racisme #homophobie #transphobie #discrimination #tribune #fac #université

  • Lutter contre le réchauffement médiatique
    http://www.internetactu.net/2019/02/05/lutter-contre-le-rechauffement-mediatique

    La question attentionnelle a été reconfigurée ces dernières années par le développement du temps réel, c’est-à-dire par l’accélération du rythme de nos interactions médiatisées par les machines. Dans cette #Tribune, le sociologue Dominique Boullier,nous invite à nous intéresser à cette accélération pour trouver les moyens de la limiter, de la (...)

    #Articles #Débats #économie_de_l'attention

  • La #science pour le plus grand nombre, pas pour l’argent

    Partout dans le monde, l’Enseignement Supérieur et la Recherche sont actuellement soumis à la doctrine de choc du néolibéralisme, où la #connaissance est perçue comme un simple moyen d’améliorer la #compétitivité de l’économie, comme une source possible de bénéfices et comme un outil de contrôle pour les gouvernements. Ce programme néolibéral pour la science est mis en œuvre par un nouveau mode de gestion publique dans lequel les étudiants, les enseignants et les chercheurs doivent devenir des entrepreneurs de leur capital cognitif et de leur réputation. Loin des idéaux coopératifs de la science et de l’enseignement, les universités et les institutions de recherche sont gérées comme des entreprises, en concurrence les unes avec les autres pour attirer les « meilleurs » étudiants et chercheurs. Les groupes de recherche et les collectifs de travail sont presque systématiquement écrasés. Les gestionnaires scientifiques sont censés chercher des #fonds et des #subventions pour employer une masse toujours plus grande de personnel précaire, dont les bas salaires contrastent avec les revenus de plus en plus élevés d’une nouvelle élite de gestion incarnée par les présidents et les vice-présidents d’université. La souffrance au travail affecte la plupart de ces nouveaux #prolétaires_intellectuels. D’un autre côté, la folie de l’#évaluation, la pression pour « #publier_ou_périr » et la #privatisation de l’#édition_scientifique conduisent à un nombre croissant de publications, ce qui menace à la fois la qualité de la #recherche et la transmission ouverte du savoir. Cette guerre matérielle dans laquelle l’#austérité va de pair avec la privatisation s’accompagne d’une guerre idéologique orwellienne où les mots, écrits dans un langage pauvre et mensonger, perdent leur sens. Le désir de reconnaissance de chacun conduisant à la servitude de tous, les valeurs de #compétition et d’#utilitarisme gagnent du terrain dans nos communautés scientifiques, où les individus sont de plus en plus isolés et craignent d’être exclus du jeu.

    Heureusement, des #résistances sont apparues, tant dans les pays où l’application de ces politiques était la plus développée (Grande-Bretagne ou Chili) que dans les pays où elles sont encore moins avancées (France, Allemagne ou Canada, notamment la région du Québec). Partout, les #mobilisations proposent des #alternatives à ces politiques néolibérales, très proches les unes des autres tant en termes de valeurs que de mesures concrètes. Plus important encore, nous sommes tous d’avis que le savoir fait partie du patrimoine commun de l’humanité et que sa valeur dépend de son #partage avec le plus grand nombre. Les autres composantes de l’alternative à la science néolibérale découlent de ce principe.

    Premièrement, l’université doit être libre. Mais la lutte pour l’abolition effective des #frais_d'inscription exige aussi que l’on reconnaisse aux étudiants le droit à une allocation financière substantielle qui garantirait leur autonomie en leur donnant les moyens de faire face à la nourriture, au logement et d’avoir du temps pour étudier.

    Deuxièmement, les universitaires et les chercheurs doivent non seulement avoir des salaires et des retraites décents, mais aussi se voir accorder des postes à part entière avec de solides garanties d’#indépendance. C’est une condition nécessaire si nous voulons éviter les #conflits_d'intérêts entre l’éducation, la science et les pouvoirs de l’argent et de la politique.

    Ils doivent également bénéficier de crédits à long terme, sans passer une grande partie de leur temps à demander un nombre croissant de subventions et de #projets par le biais de procédures bureaucratiques épouvantables ou à justifier constamment l’utilisation scientifique des fonds qui leur sont alloués. Ce n’est qu’à ce prix qu’ils pourront revendiquer leur droit au temps, sans lequel aucun progrès intellectuel réel, aucune science libre et aucune éducation libre, solide et cohérente n’est possible.

    Enfin, la #démocratie doit être au cœur des universités et des institutions de recherche. Le débat critique avec les citoyens et la collégialité des décisions doivent remplacer la gestion de haut en bas venant de bureaucrates zélés et incompétents qui ne s’intéressent qu’à stimuler la concurrence et la soi-disant « excellence ».

    L’urgence sociale et écologique à laquelle le monde entier est actuellement confronté représente un intérêt général commun qui devrait nous pousser à nous unir si nous voulons relever tous ces défis. Un développement massif des connaissances scientifiques est aujourd’hui nécessaire pour assurer la #transition_écologique de nos sociétés et échapper à la catastrophe imminente. Les investissements publics représentant 3% du PIB des nations doivent être consacrés aux services publics de la recherche et de l’enseignement supérieur. Nous devons également riposter de manière organisée  : il est temps de construire une alternative mondiale dans laquelle les universitaires et les scientifiques, les étudiants et les citoyens défendent les trois piliers de l’enseignement supérieur et de la recherche  : l’indépendance de la production scientifique et intellectuelle, la libre critique et la gratuité de la #transmission_des_connaissances.

    Nous, signataires de cet appel, membres de la communauté académique et de la recherche ou du mouvement social dans son ensemble, nous venons du monde entier. Nous nous engageons ensemble à promouvoir les valeurs de la critique, de la collégialité et de la #coopération dans le domaine scientifique et universitaire. Nous défendons des universités et des institutions de recherche bien dotées et libres d’intérêts privés. Nous luttons contre les #conditions_de_travail précaires et nous promouvons un système alternatif de publication scientifique dans lequel la connaissance est libre et ouverte. Nous appelons à la constitution d’un réseau de #solidarité_internationale et au développement du #savoir_pour_tous.

    https://www.linternationaledessavoirspourtous.org/p/la-science-pour-le-plus-grand-nombre.html?lang=en
    #université #critique #résistance #néo-libéralisme #précarisation #publish_or_perish #tribune #pétition

    • Academic-Led Publishing Panel: Why Academic-Led and Why Now?

      This panel serves as an introduction to Academic-Led Publishing Day, focusing on the “what” and “why” behind the event. Panelists briefly share how they are involved in academic-led publishing and answer the questions: “Why do you believe more academic-led publishing initiatives are needed? And why is now the time for both scholarly institutions and individual scholars to get involved in academic publishing?” Moderated by Cheryl Ball, editor of Kairos, this roundtable included Rebecca Kennison, Open Access Network Co-Founder Virginia “Ginny” Steel, Norman and Armena Powell University Librarian, UCLA Library Brian Cody, Co-Founder and CEO of Scholastica Max Mosterd, Head of Operations and Analytics for Knowledge Unlatched Mike Taylor, open-access advocate and paleontologist with the University of Bristol Hugh Thomas, Editor-in-Chief for Algebraic Combinatorics

      https://www.youtube.com/watch?v=O4D6OVD4QoE&feature=youtu.be

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      Academic-Led Publishing Day

      Academic-Led Publishing Day is a global digital event to foster discussions about how members of the scholarly community can develop and support academic-led publishing initiatives. Academic-Led publishing refers to scholarly publishing initiatives wherein one or more academic organizations control decisions pertaining to copyright, distribution, and publishing infrastructure. The goal of Academic-Led Publishing Day is to create an open dialogue about academic-led publishing programs and funding models - both current and potential - and to raise awareness about the roles and capabilities of different stakeholders in this space. The day will consist of virtual and in-person events, social media discussions, and a collection of blog posts and relevant resources.

      https://academicledpublishingday.com
      #alternative

  • Un tiers médiaire
    https://www.laquadrature.net/fr/un_tiers_mediaire

    17 octobre 2018 - Pour avancer encore dans nos discussions sur le statut des hébergeurs et la régulation d’Internet, nous partageons aujourd’hui une #Tribune de Laurent Chemla, membre de La Quadrature du Net. Avec les communiqués de La Quadrature du Net autour de la Directive Droit d’Auteur et les différentes réactions et tribunes qu’ils ont suscité, pas mal de choses ont été dites, critiquées, expliquées et décortiquées. Quelques points pourtant sont restés à mon sens trop peu développés. Mais, first thing first, je voudrais d’abord expliquer ma propre position sur le sujet du fameux « statut intermédiaire » entre éditeur et hébergeur, que La Quadrature a très finement choisi de nommer « afficheur ». Et pour ça je vais devoir vous raconter ma vie (comme d’habitude, oui). Je te (...)

    #censure_et_filtrage_du_Net

  • Pourquoi la technologie n’est pas démocratique et comment peut-elle le devenir ?
    http://www.internetactu.net/2018/10/02/pourquoi-la-technologie-nest-pas-democratique-et-comment-peut-elle-le-

    Sur l’excellent Mais où va le web ? (@maisouvaleweb), Irénée Régnauld (@ireR1) cofondateur de l’association Le Mouton Numérique (@moutonnumerique) faisait récemment part de sa lecture de Choix technologies, choix de société (2003, éditions Charles Léopold Mayer, traduction de Democracy and Technology publié en 1995) de Richard Sclove, fondateur du Loka Institute, (...)

    #Enjeux #Gouvernance #Tribune #démocratie #eDémocratie

  • Un appel face à la fin du monde
    https://diacritik.com/2018/08/27/un-appel-face-a-la-fin-du-monde

    Les initiatives « locales » et la volonté citoyenne ne suffisent plus. Il est aujourd’hui vital que des décisions politiques drastiques – et contraignantes donc impopulaires – soient prises. Elles ne le seront que sous notre pression. Voilà le paradoxe avec lequel il faut jouer.

    • « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/09/03/le-plus-grand-defi-de-l-histoire-de-l-humanite-l-appel-de-200-personnalites-

      Tribune. Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doit agir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux.

      Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.

      Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire.

      Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.

      Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux.

      Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront.

      C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire.

      De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.

      Avec une petite interview…
      https://www.youtube.com/watch?v=mFC1yxiOtgg

      #tribune #climat #effondrement

      À force, ça va vraiment finir par être trop tard :/

    • « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » : l’appel de 200 personnalités pour sauver la planète
      Le Monde, le 3 septembre 2018

      Isabelle Adjani, actrice ; Laure Adler, journaliste ; Pedro Almodovar, cinéaste ; Laurie Anderson, artiste ; Charles Aznavour, chanteur ; Santiago Amigorena, écrivain ; Pierre Arditi, acteur ; Niels Arestrup, acteur ; Ariane Ascaride, actrice ; Olivier Assayas, cinéaste ; Yvan Attal, acteur, cinéaste ; Josiane Balasko, actrice ; Aurélien Barrau, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Nathalie Baye, actrice ; Emmanuelle Béart, actrice ; Xavier Beauvois, cinéaste ; Alain Benoit, physicien (Académie des sciences) ; Jane Birkin, chanteuse, actrice ; Juliette Binoche, actrice ; Benjamin Biolay, chanteur ; Dominique Blanc, actrice ; Gilles Boeuf, biologiste ; Mathieu Boogaerts, chanteur ; John Boorman, cinéaste ; Romane Bohringer, actrice ; Carole Bouquet, actrice ; Stéphane Braunschweig, metteur en scène ; Zabou Breitman, actrice, metteuse en scène ; Nicolas Briançon, acteur, metteur en scène ; Irina Brook, metteuse en scène ; Valeria Bruni Tedeschi, actrice, cinéaste ; Florence Burgat, philosophe ; Gabriel Byrne, acteur ; Cali, chanteur ; Sophie Calle, artiste ; Jane Campion, cinéaste ; Isabelle Carré, actrice ; Emmanuel Carrère, écrivain ; Anne Carson, auteure et professeure ; Michel Cassé, astrophysicien ; Laetitia Casta, actrice ; Bernard Castaing, physicien (Académie des sciences) ; Antoine de Caunes, journaliste, cinéaste ; Alain Chamfort, chanteur ; Boris Charmatz, chorégraphe ; Christiane Chauviré, philosophe ; Jeanne Cherhal, chanteuse ; François Civil, acteur ; Hélène Cixous, écrivaine ; Isabel Coixet, cinéaste ; Françoise Combes, astrophysicienne (Collège de France) ; François Cluzet, acteur ; Gregory Colbert, photographe, cinéaste ; Bradley Cooper, acteur ; Brady Corbet, acteur ; Béatrice Copper-Royer, psychologue ; Marion Cotillard, actrice ; Denis Couvet, écologue ; Camille Cottin, actrice ; Clotilde Courau, actrice ; Franck Courchamp, écologue (Académie européenne des sciences) ; Nicole Croisille, chanteuse ; David Cronenberg, cinéaste ; Alfonso Cuaro, cinéaste ; Willem Dafoe, acteur ; Philippe Decouflé, chorégraphe ; Sébastien Delage, musicien ; Vincent Delerm, chanteur ; Alain Delon, acteur ; Catherine Deneuve, actrice ; Claire Denis, cinéaste ; Philippe Descola, anthropologue (Collège de France) ; Alexandre Desplat, compositeur ; Manu Dibango, musicien ; Hervé Dole, astrophysicien (Institut universitaire de France) ; Valérie Dréville, actrice ; Diane Dufresne, chanteuse ; Sandrine Dumas, actrice, metteuse en scène ; Romain Duris, acteur ; Lars Eidinger, acteur ; Marianne Faithfull, chanteuse ; Pierre Fayet, physicien (Académie des sciences) ; Ralph Fiennes, acteur ; Frah (Shaka Ponk), chanteur ; Cécile de France, actrice ; Stéphane Freiss, acteur ; Thierry Frémaux, directeur de festival ; Jean-Michel Frodon, critique, professeur ; Marie-Agnès Gillot, danseuse étoile ; Pierre-Henri Gouyon, biologiste ; Julien Grain, astrophysicien ; Anouk Grinberg, actrice ; Mikhaïl Gromov, mathématicien (Académie des sciences) ; Sylvie Guillem, danseuse étoile ; Arthur H, chanteur ; Ethan Hawke, acteur ; Christopher Hampton, scénariste ; Nora Hamzawi, actrice ; Ivo Van Hove, metteur en scène ; Isabelle Huppert, actrice ; Agnès Jaoui, actrice, cinéaste ; Michel Jonasz, chanteur ; Camelia Jordana, chanteuse ; Jean Jouzel, climatologue (Académie des sciences) ; Juliette, chanteuse ; Anish Kapoor, sculpteur, peintre ; Mathieu Kassovitz, acteur ; Angélique Kidjo, chanteuse ; Cédric Klapisch, cinéaste ; Thierry Klifa, cinéaste ; Panos H. Koutras, cinéaste ; Lou de Laâge, actrice ; Ludovic Lagarde, metteur en scène ; Laurent Lafitte, acteur ; Laurent Lamarca, chanteur ; Maxence Laperouse, comédien ; Camille Laurens, écrivaine ; Bernard Lavilliers, chanteur ; Sandra Lavorel, écologue (Académie des sciences) ; Jude Law, acteur ; Patrice Leconte, cinéaste ; Roland Lehoucq, astrophysicien ; Gérard Lefort, journaliste ; Nolwenn Leroy, chanteuse ; Peter Lindbergh, photographe ; Louane, chanteuse ; Luce, chanteuse ; Ibrahim Maalouf, musicien ; Vincent Macaigne, metteur en scène, acteur ; Benoît Magimel, acteur ; Yvon Le Maho, écologue (Académie des sciences) ; Andreï Makine, écrivain de l’Académie Française ; Abd al Malik, rappeur ; Sophie Marceau, actrice ; Virginie Maris, philosophe ; André Markowicz, traducteur ; Nicolas Martin, journaliste ; Vincent Message, écrivain ; Wajdi Mouawad, metteur en scène ; Nana Mouskouri, chanteuse ; Jean-Luc Nancy, philosophe ; Arthur Nauzyciel, metteur en scène ; Safy Nebbou, cinéaste ; Pierre Niney, acteur ; Helena Noguerra, chanteuse ; Claude Nuridsany, cinéaste ; Michael Ondaatje, écrivain ; Thomas Ostermeier, metteur en scène ; Clive Owen, acteur ; Corine Pelluchon, philosophe ; Laurent Pelly, metteur en scène ; Raphaël Personnaz, acteur ; Dominique Pitoiset, metteur en scène ; Denis Podalydès, acteur ; Pomme, chanteuse ; Martin Provost, cinéaste ; Olivier Py, metteur en scène ; Susheela Raman, chanteuse ; Charlotte Rampling, actrice ; Raphaël, chanteur ; Régine, chanteuse ; Cécile Renault, astrophysicienne ; Robin Renucci, acteur ; Jean-Michel Ribes, metteur en scène ; Tim Robbins, acteur ; Muriel Robin, actrice ; Isabella Rossellini, actrice ; Brigitte Roüan, actrice, cinéaste ; Carlo Rovelli, physicien (Institut universitaire de France) ; Eric Ruf, directeur de la Comédie-Française ; Céline Sallette, actrice ; Rodrigo Santoro, acteur ; Marjane Satrapi, cinéaste ; Kristin Scott Thomas, actrice ; Albin de la Simone, musicien ; Abderrahmane Sissako, cinéaste ; Marianne Slot, productrice ; Patti Smith, chanteuse, écrivaine ; Sabrina Speich, géoscientifique ; Marion Stalens, réalisatrice ; Kristen Stewart, actrice ; Tom Stoppard, dramaturge ; Peter Suschitzky, chef opérateur ; Malgorzata Szumowska, cinéaste ; Béla Tarr, cinéaste ; Gilles Taurand, scénariste ; Alexandre Tharaud, musicien ; James Thierrée, danseur, chorégraphe ; Mélanie Thierry, actrice ; Danièle Thompson, cinéaste ; Melita Toscan du Plantier, attachée de presse ; Jean-Louis Trintignant, acteur ; John Turturro, acteur ; Hélène Tysman, pianiste ; Pierre Vanhove, physicien ; Karin Viard, actrice ; Polydoros Vogiatzis, acteur ; Rufus Wainwright, chanteur ; Régis Wargnier, cinéaste ; Jacques Weber, acteur ; Wim Wenders, cinéaste ; Sonia Wieder-Atherton, musicienne ; Bob Wilson, metteur en scène ; Lambert Wilson, acteur ; Jia Zhang-ke, cinéaste ; Elsa Zylberstein, actrice

  • For an open migration policy to end the deaths and crises in the Mediterranean

    The current crisis surrounding migration is not one of numbers – migrants’ crossings of the sea are at their lowest since 2013 – but of policies. The drive towards closure and the politicisation of migration are so strong after years of tension that the frail bodies of a few thousand migrants arriving on European shores are triggering a major political crisis throughout the EU.

    One epicentre of this crisis is in Italy, where Matteo Salvini, the country’s new far-right Interior Minister, is preventing NGOs from disembarking rescued migrants. Such was the case with the 629 people on board the Aquarius.

    Another is Germany, where the governing coalition led by Angela Merkel is at risk as the hardline Interior Minister Horst Seehofer has threatened to turn back refugees at the German borders. The European Council summit on 28 June 2018 promises to be rife with tensions. As EU member states will most probably continue to prove unable to offer a common response to migrants once they have arrived on European shores, they will reinforce the policy they have implemented since 2015: preventing migrants from crossing the sea by outsourcing border control to non-European countries.
    The consensus of closure

    This policy of closure has had horrendous consequences for migrants – such as the subjection to torture of those who are intercepted at sea by the Libyan coast guard, which has been equipped, trained and coordinated by Italy and the EU. Despite this, it has gathered growing consensus. Faced with the politicisation of migration which has fuelled the rise of far-right populist parties across Europe and threatens the EU itself with disintegration, even humanists of the centre left and right ask whether these inhumane policies are not a necessary evil.

    Would it not be better for migrants to “stay home” rather then reach a Europe which has turned its back on them and which they threaten in turn? Whispering or shouting, reluctantly or aggressively, European citizens increasingly wish migrants would simply disappear.

    Powerful forces driving migration, failed policies

    This consensus towards closure is delusional. Policies of closure that are completely at odds with the dynamics of migration systematically fail in their aim of ending the arrivals of illegalised migrants, as the record of the last 30 years demonstrates.

    Ever since the European states consolidated freedom of movement for European citizens in the 1990s all the while denying access to most non-European populations, the arrival of “undesirable” migrants has not stopped, but only been pushed underground. This is because as long as there are strong “push factors” – such as wars and economic crisis, and “pull factors” – such as work and welfare opportunities as well as respect for human rights, and that these continue to be connected by migrants’ transnational networks, state policies have little chance of succeeding in durably stemming the migration they aim to restrict.

    Over the last 30 years, for every route states have succeeded in closing, it has only been a matter of time before migrants opened several new ones. Forced to use precarious means of travel – often controlled by criminal networks, migrants’ lives were put at growing risk. More than 30,000 migrants are recorded to have died at sea since the beginning of the 1990s. A sea which has connected civilisations for millennia has become a mass grave.

    Fear breeds more fear: the vicious cycle

    These policies of closure, often implemented by centre governments allegedly in the aim of preventing the further rise of anti-immigrant sentiments, ultimately contributed to them. Despite the spectacular military means deployed by states to police borders, illegalised migration continued, giving European populations a sense that their states had “lost control” – a feeling that has only been heightened in the wake of the Arab uprisings.

    Migrants’ illegalisation has led to unjustifiable status inequality within European societies, allowing employers to pull salaries down in the sectors in which precaritized migrants are employed. This has lent to working classes the impression that migrants constitute an unfair competition.

    Policies of closure and discrimination thus only generate more fear and rejection of migrants. The parties which have mobilised voters on the basis of this fear have left unaddressed – and in fact diverted attention from – the rising unemployment, social insecurity, and inequality amongst Europe’s “losers of globalisation”, whose resentment has served as a fertile ground for anti-immigrant sentiments.

    In this way, we have become trapped in a vicious cycle that has fuelled the rise of the far-right.
    Towards an open migration policy, de-escalate the mobility conflict

    Over the years, the Mediterranean has become the main frontline of a mobility conflict, which has intensified in the wake of the 2011 Arab uprisings and European debt crisis. Since then, both the factors spurring migrants’ movement towards Europe and those leading to the drive to exclude them have been heightened.

    The lack of solidarity within the EU to respond to arrivals in so-called “frontline states” in southern and eastern Europe have further fuelled it. As long as the same policies continue to be applied, there is no end in sight to the political tensions and violence surrounding migration and the worrying political trends they are nurturing.

    A fundamental paradigm shift is necessary to end this vicious cycle. European citizens and policy makers alike must realise that the question is not whether migrants will exercise their freedom to cross borders, but at what human and political cost.

    State policies can only create a legal frame for human movement to unfold and thereby partly organise it, they cannot block it. Only a more open policy would allow migration to unfold in a way that threatens neither migrants themselves nor European citizens.

    With legal access to Europe, migrants would no longer need to resort to smugglers and risk their lives crossing the sea. No longer policed through military means, migration could appear as a normal process that does not generate fear. States could better detect individuals that might pause a threat among migrants as they would not be pushed underground. Migrants’ legal status would no longer allow employers to push working conditions down.

    Such a policy is however far from being on the European agenda. For its implementation to be even faintly imaginable in the medium term, the deep and entangled roots of the mobility conflict must addressed.
    Beyond the EU’s incoherent and one-sided “global approach”

    Today, the EU claims to address one side of the mobility conflict. Using development aid within its so-called “global approach to migration”, it claims to tackle the “root causes” that spur migration towards Europe. Researchers however have shown that development does not automatically lead to less migration. This policy will further have little effect as long as the EU’s unfair trade policies with the global south are perpetuated – for example concerning agriculture and fishing in Africa.

    In effect, the EU’s policy has mostly resulted in the use of development aid to impose policies of migration control on countries of the global south. In the process, the EU is lending support to authoritarian regimes – such as Turkey, Egypt, Sudan – which migrants are fleeing.

    Finally, when it has not worsened conflicts through its own military intervention as in Libya, the EU has proven unable of acting as a stabilizing force in the face of internationalised civil conflicts. These are bound to multiply in a time of intense competition for global hegemony. A true commitment to global justice and conflict resolution is necessary if Europe wishes to limit the factors forcing too many people onto the harsh paths of exile from their countries and regions, a small share of whom reach European shores.
    Tackling the drivers of migrant exclusion

    Beyond its lack of coherence, the EU’s so-called “global approach” suffers from one-sidedness, focused as it is on migration as “the problem”.

    As a result, it fails to see migration as a normal social process. Furthermore, it does not address the conditions that lead to the social and political drive to exclude them. The fact that today the arrival of a few thousand migrants is enough to put the EU into crisis clearly shows the limits of this approach.

    It is urgent for policy makers – at the national and local levels, but also researchers, cultural producers and social movements – to not only morally condemn racism and xenophobia, but to tackle the deep forces that shape them.

    What is needed is a more inclusive and fair economic system to decrease the resentment of European populations. In addition, a positive vision for living in common in diverse societies must be affirmed, so that the tensions that arise from the encounter between different people and cultures can be overcome.

    Crucially, we must emphasise the commonality of fate that binds European citizens to migrants. Greater equality and solidarity between migrants and European citizens is one of the conditions to defend all workers’ conditions.

    All in the same boat

    Addressing the entangled roots of the mobility conflict is a challenging agenda, one which emerges from the realisation that the tensions surrounding migration cannot be resolved through migration policies only – and by policy makers on their own for that matter.

    It charts a path worth following collectively as it points in the direction of a more open migration policy, but also a more just society. These are necessary to bring an end to the unbearable deaths of migrants at sea and end the vicious cycle of closure, violence, and politicisation of migration.

    Policies of closure have failed to end illegalised migration and only fuelled the rise of the far-right and the disintegration of Europe. If Europe is to stop sinking, it must end the policies that lead to migrants’ mass drowning in the Mediterranean. The NGOs being criminalised and prevented from disembarking migrants in Italy are not only saving migrants, but rescuing Europe against itself. Whether we like it or not, we are all in the same boat.

    https://www.opendemocracy.net/can-europe-make-it/charles-heller/for-open-migration-policy-to-end-deaths-and-crises-in-mediterranea

    #tribune #Charles_Heller #solution #alternatives #migrations #asile #frontières #fermeture_des_frontières #fermeture #ouverture_des_frontières #décès #morts #mourir_en_mer

    • Une politique migratoire plus ouverte pour moins de morts en Méditerranée

      La fermeture des frontières a coûté la vie à plus de 30 000 migrants qui tentaient de parvenir en Europe. Cette vision politique a favorisé la montée de l’extrême droite qu’elle prétendait combattre. Il est donc temps de changer de paradigme et d’adopter une nouvelle approche.

      Le sommet du Conseil européen du 28 juin n’aura que confirmé ce que tous savaient déjà. Face à la montée des partis d’extrême droite et à la menace de désintégration d’une Union européenne (UE) incapable d’offrir un accueil solidaire aux migrants arrivés sur le sol européen, la seule solution envisageable semble être de les empêcher à tout prix de pouvoir y mettre pied en externalisant le contrôle des migrations (1). Malgré la documentation de nombreux cas de tortures parmi les migrants interceptés par les gardes-côtes libyens financés, équipés, et coordonnés par l’Italie et l’Union européenne, ce soutien a été réitéré (2). Des ONG, qui ont courageusement déployé leurs bateaux pour combler le vide mortel laissé par le retrait des secours étatiques, sont sommées de laisser les Libyens faire le sale boulot, criminalisées, et interdites d’accès aux ports italiens. Chaque jour, la mer charrie son lot de corps sans vie.

      Il serait illusoire de penser que cette énième crise pourra être résolue par les mêmes politiques de fermetures qui échouent depuis plus de trente ans. Celles-ci n’ont pas mis un terme aux arrivées des migrants désignés comme indésirables, mais les ont seulement illégalisées. Tant qu’existeront des facteurs qui poussent les populations du Sud global sur les chemins de l’exil - guerres, crises économiques - et des facteurs d’attraction vers l’Europe - travail, Etat social, respect des droits humains - et que les réseaux transnationaux de migrants relient les continents, les politiques de fermetures ne parviendront pas à réduire durablement les migrations (3). Pour chaque route que les Etats ferment, plusieurs nouvelles voies seront bientôt ouvertes. La liste répertoriant plus de 30 000 migrants morts en mer depuis le début des années 90 ne cessera de s’allonger (4).

      Ces politiques de fermeture, souvent mises en œuvre par des gouvernements prétendant lutter contre la montée de sentiments anti-immigrants, n’ont fait que les renforcer. En dépit des moyens militaires spectaculaires déployés par les Etats pour contrôler les frontières, la migration illégale s’est poursuivie, confortant chez les populations européennes le sentiment que leurs gouvernements avaient « perdu le contrôle ». L’illégalisation des migrants permet aux employeurs de baisser les salaires dans les secteurs où sont employés des migrants précarisés, et des ouvriers en ont tiré la conclusion que les migrants sont une concurrence déloyale. Les partis, qui ont mobilisé les votants sur la base de sentiments anti-immigrés, n’ont offert aucune réponse à la hausse du chômage, de l’insécurité sociale et des inégalités qui ont généré un profond ressentiment parmi les « perdants de la globalisation » en Europe (5). Ceux-ci ont été d’autant plus réceptifs aux discours haineux. Nous sommes ainsi prisonniers d’un cercle vicieux qui a encouragé la montée de l’extrême droite et qui a perpétué les politiques de fermetures.

      Au fil des ans, la Méditerranée est devenue la principale ligne de front d’un conflit de mobilités qui s’est intensifié à la suite des « printemps arabes » de 2011 et de la crise de la dette européenne. Depuis, tant les facteurs qui amènent les migrants à venir vers l’Europe que ceux qui poussent à leur exclusion se sont intensifiés. Le manque de solidarité entre Etats européens a attisé le rejet des migrants. Tant qu’on appliquera les mêmes politiques de fermeture, il n’y aura pas d’issue aux tensions politiques et à la violence qui entourent les migrations, et aux inquiétantes tendances politiques qu’elles nourrissent. Le seul horizon de sortie de cette crise permanente est une politique migratoire ouverte (5).

      Citoyens et dirigeants européens doivent se rendre compte que la question n’est pas de savoir si les migrants vont exercer leur liberté de mouvement en franchissant les frontières, mais quel en sera le coût humain et politique. Les politiques des Etats ne peuvent que créer le cadre légal pour les mouvements humains, donc les organiser en partie, mais en aucun cas les bloquer. S’il existait des voies d’accès légales à l’Europe, les migrants n’auraient plus besoin de recourir aux passeurs et de risquer leur vie. En l’absence d’une gestion militarisée, la migration apparaîtrait pour ce qu’elle est : un processus normal qui n’engendre aucune peur. Les migrants disposant d’un statut légal, les employeurs n’auraient plus les mains libres pour dégrader les conditions de travail. Une telle politique est bien loin d’être à l’agenda européen, et suscite de nombreuses peurs. Pour qu’à moyen terme sa mise en place soit envisageable, il faut s’attaquer aux racines profondes et enchevêtrées du conflit de mobilité.

      Si l’Europe veut limiter les raisons qui poussent de trop nombreux êtres humains sur les chemins de l’exil, elle doit s’engager fermement en faveur d’une justice globale et de la résolution des conflits. C’est-à-dire réformer complètement la prétendue « approche globale de la migration » (6) de l’Union européenne qui, prétextant s’attaquer aux « causes profondes » des migrations, a surtout imposé aux pays du Sud l’externalisation des contrôles migratoires en leur faisant miroiter l’aide au développement. Bien plus, obsédée par la migration comme « problème », elle n’apporte aucune réponse aux conditions qui mènent à l’exclusion des migrants par l’Europe. Un système économique plus juste et inclusif permettrait de désamorcer le ressentiment des populations européennes. Une vision positive de la vie en commun dans des sociétés marquées par la diversité, de vaincre les tensions nées de la rencontre entre peuples et cultures. Il est vital d’insister sur la communauté de destin qui lie les citoyens européens aux migrants : plus d’égalité et de solidarité entre eux est l’une des conditions pour défendre les droits de tous les travailleurs.

      Une politique migratoire ouverte ne suffira ainsi pas à elle seule à surmonter les tensions entourant les migrations, elle devra être accompagnée d’une transformation profonde de notre monde. Mais pour se sauver du naufrage, l’Europe doit urgemment abandonner les politiques de fermeture qui sont la cause des dizaines de milliers de noyades en Méditerranée et ont attisé la montée de l’extrême droite. Les ONG aujourd’hui criminalisées font bien plus que sauver des migrants, elles sauvent l’Europe d’elle-même. Que nous le voulions ou non, nous sommes tous dans le même bateau.

      http://www.liberation.fr/debats/2018/07/03/une-politique-migratoire-plus-ouverte-pour-moins-de-morts-en-mediterranee
      #économie #illégalisation #extrême_droite #populisme #politique_migratoire #capitalisme #libéralisme #fermeture_des_frontières #ouverture_des_frontières #Charles_Heller

  • Arrêtez de faire de la prospective, faites de l’histoire !
    http://www.internetactu.net/2018/06/08/arretez-de-faire-de-la-prospective-faites-de-lhistoire

    Edwin Mootoosamy (@moodeo), cofondateur de l’agence Stroïka, fait son burn-out du futur. Et nous rappelle ce que nous dit l’overdose d’un futur sans perspective ou d’une prospective sans mémoire. Une #Tribune qui pique ! Ah, ces ateliers de prospective, où l’on brosse un futur désirable ou détestable à grand renfort de (...)

    #Débats #Futurs #Opinions

    • Qu’une société se dote d’oracles et de devins en tous genres n’est en soi pas un problème. Le problème, en revanche, c’est notre manière de faire de la prospective, qui délimite les horizons possibles et finit par enfermer le futur. Le futur devrait être un terrain d’expérimentations, le lieu de réalisations d’alternatives, un foyer de contre-cultures, pas une banale et tiède continuation du système actuel. Pire : on ridiculise volontiers les alternatives, on exclut de la table des négociations au nom de la sauvegarde de l’intégrité du “cercle de la raison”. Sous couvert de “pragmatisme”, on fait du TINA – “There is no alternative” – de Thatcher la seule et unique ligne de conduite de notre présent et de notre futur.
      Face à ce présent continué qui essaie de se faire passer pour l’avenir, il nous faut agir. Construire des discours capables de porter de nouveaux imaginaires, de désencastrer le futur, et de libérer nos capacités d’actions. L’hégémonie du TINA a aplati nos lectures du futur : il s’agit de leur redonner de la densité.
      Il est temps d’arrêter de faire de la prospective pour commencer à faire de l’histoire.

  • vTaïwan : le citoyen, clé de la discussion publique ?
    http://www.internetactu.net/2018/06/07/vtaiwan-le-citoyen-cle-de-la-discussion-publique

    Alexandre Detroux (@alexdetroux), ingénieur de concertation chez Bluenove, qui développe le logiciel de concertation Assembl, revient en détail sur le fonctionnement de la plateforme de participation taïwanaise vTaïwan, qui interroge la société sur des questions aussi diverses que les véhicules sans pilote, l’autorisation d’Airbnb, la vente d’alcool en ligne ou (...)

    #Services #Tribune #CivicTech #démocratie

  • Arrêtez de faire de la prospective, faites de l’histoire !
    http://www.internetactu.net/2018/06/06/arretez-de-faire-de-la-prospective-faites-de-lhistoire

    Edwin Mootoosamy (@moodeo), cofondateur de l’agence Stroïka, fait son burn-out du futur. Et nous rappelle ce que nous dit l’overdose d’un futur sans perspective ou d’une prospective sans mémoire. Une #Tribune qui pique ! Ah, ces ateliers de prospective, où l’on brosse un futur désirable ou détestable à grand renfort de (...)

    #Débats #Futurs #Opinions

  • #Facebook et la recherche : le « quasi État »
    http://www.internetactu.net/2018/03/07/facebook-et-la-recherche-le-quasi-etat

    Voilà longtemps que les données de Facebook sont un inestimable matériau de recherche. Mais la politique de l’entreprise de Mark Zuckerberg en la matière est digne de celle d’un État. En proposant un état civil de substitution, en organisant le recensement quasi exhaustif de la population américaine (et du monde, (...)

    #Recherches #Tribune #science

    • Cette fois-ci, avec les données de Facebook, l’opération change de nature et constitue un saut que j’avais annoncé avec d’autres, mais dont on doit mesurer l’importance. Facebook (et plus précisément Mark Zuckerberg) décide de s’attaquer aux inégalités et se donne donc un agenda politique, ce qui est plutôt intéressant alors que toutes les firmes ont de fait un agenda politique qui n’est jamais explicité, mais mis en acte et souvent révélé après coup (du fait de leurs conséquences en matière de discriminations, d’environnement, etc.). Mais Facebook ne se réduit pas cependant à Mark Zuckerberg, c’est l’une des plus grosses capitalisations boursières désormais (528 milliards de dollars en 2017) et l’une des plates-formes devenues monopoles dans leur domaine. Si Facebook choisit d’investir dans une telle politique, ce choix a plus de poids que celui de bon nombre d’États, mais il a « l’avantage » d’être soustrait à toute décision politique publique. Facebook se dote donc comme n’importe quel état d’une politique sociale pourrait-on dire, sans pour autant avoir de compte à rendre comme n’importe quel gouvernement : la politique sans les inconvénients de la politique en quelque sorte.

      Pour gouverner dans ce sens, Facebook doit aussi prouver, comme tous les autres gouvernements, et commande donc des études. Parfait, quoi de plus noble que ce soutien à la recherche ! Mais il décide de choisir les chercheurs qu’il soutient, qui sont peu nombreux, et après les retours négatifs sur son étude de manipulation des émotions avec des chercheurs de Stanford en 2014, Facebook s’est doté de procédures pour valider ces projets de recherche. De là à dire qu’il s’agit d’un concours comme pour une agence publique de recherche, il ne faut pas exagérer, tout cela reste secret comme le protocole exact de la recherche conduite par Chetty. Pour résumer, Facebook s’arroge les avantages de la science sans les inconvénients de la science (à savoir le débat académique transparent et la validation par les pairs).

      Enfin troisième étage de la fusée, les données sont fournies par Facebook et sont d’une ampleur jamais égalée, car Chetty pourra traiter les 230 millions de comptes ouverts aux États-Unis en janvier 2018 sur un total de 326 millions d’habitants dont 18 % de moins de 14 ans (soit 58 millions), ce qui fait une couverture de près de 80 % de la population de plus de 14 ans. On peut difficilement rêver mieux comme échantillon : on est en fait plus près de l’exhaustivité, ce critère de validation des données de population qui était quasiment réservée aux instituts statistiques nationaux et qui a permis de fonder ce que j’appelle les sciences sociales de première génération, celles qui mettent en avant le pouvoir d’agir de « la société » comme « tout », comme structure, en prouvant ses effets par les grands nombres collectés par les recensements. Voilà donc Facebook en position de faire le recensement de la population américaine comme l’État, voire même mieux que l’État puisqu’il peut le faire toutes les minutes s’il le souhaite et surtout parce qu’il collecte une quantité de traces d’activité sans commune mesure avec n’importe quel recensement, même lorsqu’on additionne les variables traitées dans les quatre univers classiques : personnes, familles, ménages, logements.

  • Après la décision Chambord, comment sortir d’un domaine public « résiduel » ?
    https://www.laquadrature.net/fr/apres-d%C3%A9cision-chambord-comment-sortir-d-un-domaine-public-residu

    Paris, le 16 février 2018 - Nous publions ci-dessous une #Tribune de Lionel Maurel, membre fondateur de La Quadrature du Net, au sujet de la décision du Conseil constitutionnel sur la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) que nous avions déposée avec Wikimédia France au sujet de la création d’un nouveau droit sur l’image des monuments des domaines nationaux. Le 2 février dernier, le Conseil constitutionnel a rendu sa décision dans ce qu’il est convenu d’appeler « l’affaire Chambord », à savoir la contestation par Wikimedia France et La Quadrature du Net du nouveau « droit à l’image » mis en place en 2016 par la loi Création, Architecture et Patrimoine sur les monuments des domaines nationaux (Château de Chambord, Le Louvre, l’Élysée, etc.). Le château de Chambord vu (...)

    #droit_d'auteur

  • L’inversion de la hierarchie des news

    Comment ne jamais parler du fond ? La société médiatique dispose pour cela de quelques armes redoutables. L’écrivain Laurent Binet, auteur d’ HHhH , nous en livre ici les secrets.

    L’information est une guerre, et si l’on considère l’exploit d’avoir fait élire un banquier semi-royaliste à la présidence française dans un monde post-2008, on peut en tout état de cause constater que la poignée de milliardaires qui contrôlent la quasi-totalité des médias continue à la gagner.

    Certes, l’avènement d’Internet a un peu changé la donne. Il semble plus difficile à une info, quelle qu’elle soit, de ne pas sortir (même si par définition, l’existence d’une info demeurée inédite reste invérifiable). Mais le bouillonnement de la toile, son joyeux désordre, son pêle-mêle organique évoquent des hordes barbares se heurtant à l’extrême coordination des légions romaines. Le déclin de l’Empire est sans doute amorcé, mais ses outils de propagande restent une machine sur laquelle se fracassent encore des guerriers dépenaillés.

    Internet, combien de divisions ? La supériorité de l’adversaire, c’est toujours un peu l’argent, bien sûr, mais, face à la multiplication anarchique des sources et des canaux de diffusion, c’est surtout la méthode. Si désormais on peut difficilement contrôler le flux des infos qui sortent, on peut encore agir sur un aspect décisif : la hiérarchisation.

    Dans le traitement tendancieux de l’info par la presse mainstream (hier on disait « la presse bourgeoise » et le terme était sans doute plus juste, mais ce n’est pas la moindre des victoires de la réaction d’avoir ringardisé la vérité), on peut dégager trois grands cas de figures.

    Premièrement, un événement qui fait la une nécessite une interprétation biaisée, sans quoi le système en vigueur s’expose un peu trop sans masque. Exemple : la crise grecque. Comme il était difficile de minorer l’ampleur d’une telle crise, et un peu gênant d’avoir à justifier la violence coercitive qu’a infligé l’Union Européenne (sous l’impulsion de l’Allemagne, symbole toujours fâcheux) à l’égard d’un gouvernement grec démocratiquement élu (à qui on aura quand même fermé ses banques pour le faire plier, c’est-à-dire qu’on était prêt à faire crever tout un pays pour sauver le système), on s’est employé à tellement en embrouiller les causes que les responsables désignés se sont retrouvés être, non plus des banques que la cupidité poussait à pratiquer des taux d’usurier toujours plus délirants, mais des petits retraités dont il fallait impérativement diminuer les pensions pour que la dette (la dette, Sganarelle !) puisse être remboursée. Goldman Sachs pouvait ainsi tranquillement continuer sa route (et embaucher Barroso au passage, excusez du peu), pendant qu’on vouait les pouilleux grecs à une damnation éternelle.

    C’est la méthode dite du « Salaud de pauvre », qui a fait ses preuves, et qui peut se décliner sous de multiples variantes. (Elle peut utilement être complétée par la technique du « Cause toujours » quand on lui objecte des arguments imparables, tel celui de la dette de l’Allemagne abolie en 1953.)

    Cette méthode implique des présupposés totalement arbitraires présentés ad nauseam comme allant de soi. Ici, en l’occurrence, que le bon droit et la morale sont toujours du côté du créancier, jamais du débiteur, et que toute dette doit être remboursée, quoi qu’il en coûte, sans quoi c’est toute l’économie mondiale, et avec elle toutes les valeurs morales, qui risquent de s’effondrer. C’est la méthode dite du « Salaud de pauvre », qui a fait ses preuves, et qui peut se décliner sous de multiples variantes. (Elle peut utilement être complétée par la technique du « Cause toujours » quand on lui objecte des arguments imparables, tel celui de la dette de l’Allemagne abolie en 1953.)

    Deuxièmement, un événement qui pourrait faire la une est tout juste mentionné dans quelques brèves. Exemple : la semaine dernière, des mouvements de grève ont éclaté dans toute l’Allemagne pour réclamer, non pas les 35h (ils y sont déjà, ah tiens ?), mais les… 28h. Une telle info échappe tellement au cadre discursif mis en place par nos troupes d’éditorialistes (les Allemands travaillent alors que les Français ne foutent rien et c’est pour ça qu’ils s’en sortent et pas nous) que le mieux est de l’ignorer purement et simplement : on la pose là, on ne la commente pas, on ne la discute même pas, on attend qu’elle passe. C’est la méthode OSEF.

    Troisièmement, un non-événement fait la une. C’est le corollaire et l’exact inverse du point précédent : on nous vend quelque chose de totalement anecdotique et futile comme quelque chose d’historique. Exemple : la COP21. Des pays se mettent d’accord pour limiter le réchauffement climatique à deux degrés (ou un degré et demi, de toute façon le chiffre n’a aucune importance puisqu’il n’induit aucune mesure concrète), c’est totalement incantatoire, absolument pas contraignant, aucune entreprise polluante n’est spécifiquement visée, menacée, concernée, ils auraient pu aussi bien proclamer la paix dans le monde ou la fin du cancer avec la même candeur et la même crédibilité, mais c’est présenté comme une incroyable victoire diplomatique qui va permettre de sauver la planète. Ce type d’info peut faire des semaines. Elle a le mérite, pendant ce temps, de ne pas parler d’autre chose. Appelons-la « méthode Lady Di » pour faire court.

    Contrairement au gouvernement actuel, je ne crois pas qu’il soit possible de légiférer contre les fake news sans porter gravement atteinte à la liberté d’expression. Des milliardaires ont le droit de faire raconter n’importe quoi dans leurs médias pour préserver les intérêts du capital. Salauds de pauvres, OSEF ou Lady Di : à charge pour nous de déconstruire sans relâche leurs méthodes, et pour les médias alternatifs de proposer systématiquement l’inverse, s’ils veulent devenir ce qu’ils ont vocation à être, le contre-pouvoir du quatrième pouvoir.

    https://www.lemediatv.fr/node/460

    #guerre_de_l'info #contre-pouvoir #Laurent_Binet #Tribune #critique_des_médias

  • #De_Haas-Lahaie : quand l’esprit #Twitter rencontre la complexité
    https://reflets.info/de-haas-lahaie-quand-lesprit-twitter-rencontre-la-complexite

    #BalanceTonPorc continue de faire l’actualité. De plus en plus violemment depuis que la tribune des 100 femmes du Monde a été publiée. Polémique. Scandale. Femmes contre femmes. Femmes Twittos contre « femmes du vieux monde » (selon […]

    #Tribunes #BalanceTonPorc #Délation #Facebook #feminisme_2.0 #Lahaie #militantisme_aveugle #problèmes_de_société #société_totalitaire

  • « Cette tribune réhabilite un ordre social à l’ancienne » - Le Nouveau Magazine Littéraire
    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/conversations/-cette-tribune-r%C3%A9habilite-un-ordre-social-%C3%A0-l
    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/hubfs/julietterennes1-970-570.jpg?t=1515877311646#keepProtoco

    Un sentiment de déjà-vu. Depuis plus de quarante ans, régulièrement, quand des mouvements féministes s’en prennent aux pratiques sexistes dans les relations érotiques, amoureuses ou sexuelles, surgit l’accusation de puritanisme. Paradoxal lorsque l’on considère la logique même des mouvements féministes. Depuis les années 1970, les luttes contre le sexisme se situent dans la continuité de celles pour l’émancipation sexuelle : lutter pour disposer librement de son corps implique de s’attaquer aux pratiques de violence, de coercition, de domination qui entravent cette liberté. Nombre d’associations féministes « prosexe » sont d’ailleurs présentes dans les combats contre les violences et le harcèlement sexuel. Défendre, à l’inverse, une « liberté d’importuner » pour les hommes — soit la liberté d’entraver la liberté d’autrui — n’a vraiment rien de subversif.

    • Apprendre aux filles à courber l’échine ? !
      https://www.humanite.fr/apprendre-aux-filles-courber-lechine-648594

      Le monde qui nous est décrit ici et ses valeurs, telles qu’elles sont défendues, sont complètement déconnectés de toute réalité. Il est totalement paradoxal, il faut le redire, que quelques vieilles bourgeoises osent faire la leçon aux milliers de femmes légitimement révoltées qui dénoncent les dérives, d’une sévérité renouvelée, des hommes envers elles. Il est surtout douloureux de voir l’attaque venir de ce côté : la sororité reste à construire.

      #tribune_réactionnaire #vieille_bourgeoisie

    • Un autre extrait de l’interview à retenir pour moi :

      Que les auteurs de cette tribune aient échappé à certaines de ces expériences et de ces ressentis, cela est tout à fait possible : elles ne seraient pas les premières. Elles pourraient alors s’interroger, comme le faisait par exemple Simone de Beauvoir, sur les éléments de leur trajectoire et de leur position qui les a protégées de telle ou telle dimension des relations sexistes. C’est en raison de cette démarche réflexive et respectueuse du vécu des autres femmes que des féministes ont pu s’allier autour des causes communes pour lesquelles elles (et parfois ils) n’étaient pas nécessairement toutes concernées intimement. On est ici bien loin de cette démarche.

  • Société technologique : vie impérative et artifice de liberté
    https://reflets.info/societe-technologique-vie-imperative-et-artifice-de-liberte

    Un historien vient de publier un ouvrage retraçant les vacances de son enfance, dans les années 60. Il s’en faisait l’écho auprès d’un journaliste en radio ce matin, et les deux hommes se remémoraient cette […]

    #Technos #Tribunes #liberté #Numérique #Réseaux_sociaux #servitude_volontaire #Société #société_connectée

  • Etat du monde en #2017 : un pas de côté
    https://reflets.info/etat-du-monde-en-2017-un-pas-de-cote

    Pouvons-nous comprendre l’état du monde après cette année écoulée ? Est-elle particulière ? Y a-t-il un cap franchi, des événements majeurs indiquant une charnière politique , sociologique ou économique importante en 2017 ? À l’impossible, […]

    #Société #Tribunes #Bilan_de_l'année_2017 #Facebook #IA #influence #Kim_Jong-Hun #polarisation #Trump #Twitter

  • Abandon de la #neutralité_du_Net aux USA
    https://www.laquadrature.net/fr/tribune_neutralite_du_net_Liberation

    Paris, le 21 décembre 2017 - Nous publions ici la version intégrale d’une #Tribune sur la neutralité du Net publiée par Benjamin Bayart dans Libération le 14 décembre dernier, avec leur autorisation. L’autorité de régulation des télécoms américaine est en train de renoncer à défendre la neutralité du Net. Ajit Pai, qui est à la tête de cette autorité, la FCC (Federal Communication Commision), a d’ailleurs été mis à ce poste par l’administration Trump précisément avec cette mission. Ce programme fait beaucoup de bruit, des deux côtés de l’Atlantique, dans le petit monde de l’Internet. Voyons rapidement pourquoi. Le principe est souvent présenté de manière assez complexe, quand ce n’est pas incompréhensible, alors qu’il est en fait relativement simple. Le métier d’un (...)

  • Mise en demeure de WhatsApp : l’espoir d’un bouleversement
    https://www.laquadrature.net/fr/cnil_whatsapp

    Paris, le 20 décembre 2017 - Avant-hier, la CNIL a annoncé mettre en demeure WhatsApp de corriger son système de transfert de données personnelles à Facebook. L’entreprise a un mois pour ce faire, sous peine d’être sanctionnée (le montant maximal de l’amende est de 3 millions d’euros). La CNIL considère ce transfert illicite car se fondant sur le consentement forcé des utilisateurs, ceux-ci ne pouvant s’y opposer qu’en renonçant à utiliser le service. La Quadrature du Net se réjouit de l’analyse faite par la CNIL, car c’est exactement celle qu’elle défend depuis des années. Les conséquences en seront particulièrement importantes. La décision publiée avant-hier par la CNIL fait directement suite à un autre événement décisif, survenu la semaine dernière : le G29 (...)

    #Vie_privée_-_Données_personnelles #Tribune