• Tunisie : Déclaration conjointe de l’UGTT et le FTDES, appelant à protéger les immigrants tunisiens de #Melilla contre le #Covid-19

    L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), expriment dans une déclaration conjointe leur grande inquiétude face à la situation des migrants tunisiens au centre de ceti Melilla.

    Face à ces circonstances exceptionnellement que le monde affronte aujourd’hui, suite à la propagation Coronavirus qui représente une grave menace pour la vie humaine, l’UGTT et le FTDES, appellent à adopter le maximum de démarches pour protéger les migrants tunisiens à Melilla, d’autant plus qu’il y a parmi eux des femmes et des enfants, précise la même source.

    L’Union et le Forum demandent également de prendre toutes les mesures préventives nécessaires pour éviter les risques d’infection parmi les migrants, en respectant strictement toutes les normes d’hygiène imposées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), comme les procédures de stérilisation et de maintien de la distance de sécurité entre les personnes, en plus des plans d’urgence pour déplacer les migrants vers des lieux répondant aux exigences sanitaires.

    Dans ces circonstances difficiles, l’UGTT et le FTDES, expriment leur soutien au peuple espagnol et à ses syndicats et institutions de la société civile face à cette épreuve, rappelle la même source.

    https://directinfo.webmanagercenter.com/2020/03/27/tunisie-declaration-conjointe-de-lugtt-et-le-ftdes-appe
    #asile #migrations #réfugiés #migrants_tunisiens #Maroc #coronavirus

    ping @thomas_lacroix

  • Comment l’Europe contrôle ses frontières en #Tunisie ?

    Entre les multiples programmes de coopération, les accords bilatéraux, les #équipements fournis aux #gardes-côtes, les pays européens et l’Union européenne investissent des millions d’euros en Tunisie pour la migration. Sous couvert de coopération mutuelle et de “#promotion_de_la mobilité”, la priorité des programmes migratoires européens est avant tout l’externalisation des frontières. En clair.

    À la fois pays de transit et pays de départ, nœud dans la région méditerranéenne, la Tunisie est un partenaire privilégié de l’Europe dans le cadre de ses #politiques_migratoires. L’Union européenne ou les États qui la composent -Allemagne, France, Italie, Belgique, etc.- interviennent de multiples manières en Tunisie pour servir leurs intérêts de protéger leurs frontières et lutter contre l’immigration irrégulière.

    Depuis des années, de multiples accords pour réadmettre les Tunisien·nes expulsé·es d’Europe ou encore financer du matériel aux #gardes-côtes_tunisiens sont ainsi signés, notamment avec l’#Italie ou encore avec la #Belgique. En plus de ces #partenariats_bilatéraux, l’#Union_européenne utilise ses fonds dédiés à la migration pour financer de nombreux programmes en Tunisie dans le cadre du “#partenariat_pour_la_mobilité”. Dans les faits, ces programmes servent avant tout à empêcher les gens de partir et les pousser à rester chez eux.

    L’ensemble de ces programmes mis en place avec les États européens et l’UE sont nombreux et difficiles à retracer. Dans d’autres pays, notamment au Nigeria, des journalistes ont essayé de compiler l’ensemble de ces flux financiers européens pour la migration. Dans leur article, Ils et elle soulignent la difficulté, voire l’impossibilité de véritablement comprendre tous les fonds, programmes et acteurs de ces financements.

    “C’est profondément préoccupant”, écrivent Maite Vermeulen, Ajibola Amzat et Giacomo Zandonini. “Bien que l’Europe maintienne un semblant de transparence, il est pratiquement impossible dans les faits de tenir l’UE et ses États membres responsables de leurs dépenses pour la migration, et encore moins d’évaluer leur efficacité.”

    En Tunisie, où les investissements restent moins importants que dans d’autres pays de la région comme en Libye, il a été possible d’obtenir un résumé, fourni par la Délégation de l’Union européenne, des programmes financés par l’UE et liés à la migration. Depuis 2016, cela se traduit par l’investissement de près de 58 millions d’euros à travers trois différents fonds : le #FFU (#Fonds_Fiduciaire_d’Urgence) de la Valette, l’#AMIF (Asylum, Migration and Integration Fund) et l’Instrument européen de voisinage (enveloppe régionale).

    Mais il est à noter que ces informations ne prennent pas en compte les autres investissements d’#aide_au_développement ou de soutien à la #lutte_antiterroriste dont les programmes peuvent également concerner la migration. Depuis 2011, au niveau bilatéral, l’Union européenne a ainsi investi 2,5 billions d’euros en Tunisie, toutes thématiques confondues.

    L’écrasante majorité de ces financements de l’UE - 54 200 000 euros - proviennent du #Fond_fiduciaire_d'urgence_pour_l'Afrique. Lancé en 2015, lors du #sommet_de_la_Valette, ce FFU a été créé “en faveur de la stabilité et de la lutte contre les #causes_profondes de la migration irrégulière et du phénomène des personnes déplacées en Afrique” à hauteur de 2 milliards d’euros pour toute la région.

    Ce financement a été pointé du doigt par des associations de droits humains comme Oxfam qui souligne “qu’une partie considérable de ses fonds est investie dans des mesures de #sécurité et de #gestion_des_frontières.”

    “Ces résultats montrent que l’approche des bailleurs de fonds européens vis-à-vis de la gestion des migrations est bien plus axée sur des objectifs de #confinement et de #contrôle. Cette approche est loin de l’engagement qu’ils ont pris (...) de ‘promouvoir des canaux réguliers de migration et de mobilité au départ des pays d’Europe et d’Afrique et entre ceux-ci’ (...) ou de ‘Faciliter la migration et la mobilité de façon ordonnée, sans danger, régulière et responsable’”, détaille plus loin le rapport.

    Surveiller les frontières

    Parmi la vingtaine de projets financés par l’UE, la sécurité des frontières occupe une place prépondérante. Le “#Programme_de_gestion_des_frontières_au_Maghreb” (#BMP_Maghreb) est, de loin, le plus coûteux. Pour fournir de l’équipement et des formations aux gardes-côtes tunisiens, l’UE investit 20 millions d’euros, près d’un tiers du budget en question.

    Le projet BMP Maghreb a un objectif clairement défini : protéger, surveiller et contrôler les #frontières_maritimes dans le but de réduire l’immigration irrégulière. Par exemple, trois chambres d’opération ainsi qu’un système pilote de #surveillance_maritime (#ISmariS) ont été fournis à la garde nationale tunisienne. En collaboration avec le ministère de l’Intérieur et ses différents corps - garde nationale, douane, etc. -, ce programme est géré par l’#ICMPD (#Centre_international_pour_le_développement_des_politiques_migratoires).

    “Le BMP Maghreb est mis en place au #Maroc et en Tunisie. C’est essentiellement de l’acquisition de matériel : matériel informatique, de transmission demandé par l’Etat tunisien”, détaille Donya Smida de l’ICMPD. “On a fait d’abord une première analyse des besoins, qui est complétée ensuite par les autorités tunisiennes”.

    Cette fourniture de matériel s’ajoute à des #formations dispensées par des #experts_techniques, encore une fois coordonnées par l’ICMPD. Cette organisation internationale se présente comme spécialisée dans le “renforcement de capacités” dans le domaine de la politique migratoire, “loin des débat émotionnels et politisés”.

    "Cette posture est symptomatique d’un glissement sémantique plus général. Traiter la migration comme un sujet politique serait dangereux, alors on préfère la “gérer” comme un sujet purement technique. In fine, la ’gestionnaliser’ revient surtout à dépolitiser la question migratoire", commente #Camille_Cassarini, chercheur sur les migrations subsahariennes en Tunisie. “L’ICMPD, ce sont des ‘techniciens’ de la gestion des frontières. Ils dispensent des formations aux États grâce à un réseau d’experts avec un maître-mot : #neutralité politique et idéologique et #soutien_technique."

    En plus de ce programme, la Tunisie bénéficie d’autres fonds et reçoit aussi du matériel pour veiller à la sécurité des frontières. Certains s’inscrivent dans d’autres projets financés par l’UE, comme dans le cadre de la #lutte_antiterroriste.

    Il faut aussi ajouter à cela les équipements fournis individuellement par les pays européens dans le cadre de leurs #accords_bilatéraux. En ce qui concerne la protection des frontières, on peut citer l’exemple de l’Italie qui a fourni une douzaine de bateaux à la Tunisie en 2011. En 2017, l’Italie a également soutenu la Tunisie à travers un projet de modernisation de bateaux de patrouille fournis à la garde nationale tunisienne pour environ 12 millions d’euros.

    L’#Allemagne est aussi un investisseur de plus en plus important, surtout en ce qui concerne les frontières terrestres. Entre 2015 et 2016, elle a contribué à la création d’un centre régional pour la garde nationale et la police des frontières. A la frontière tuniso-libyenne, elle fournit aussi des outils de surveillance électronique tels que des caméras thermiques, des paires de jumelles nocturnes, etc…

    L’opacité des #accords_bilatéraux

    De nombreux pays européens - Allemagne, Italie, #France, Belgique, #Autriche, etc. - coopèrent ainsi avec la Tunisie en concluant de nombreux accords sur la migration. Une grande partie de cette coopération concerne la #réadmission des expulsé·es tunisien·nes. Avec l’Italie, quatre accords ont ainsi été signés en ce sens entre 1998 et 2011. D’après le FTDES* (Forum tunisien des droits économiques et sociaux), c’est dans le cadre de ce dernier accord que la Tunisie accueillerait deux avions par semaine à l’aéroport d’Enfidha de Tunisien·nes expulsé·es depuis Palerme.

    “Ces accords jouent beaucoup sur le caractère réciproque mais dans les faits, il y a un rapport inégal et asymétrique. En termes de réadmission, il est évident que la majorité des #expulsions concernent les Tunisiens en Europe”, commente Jean-Pierre Cassarino, chercheur et spécialiste des systèmes de réadmission.

    En pratique, la Tunisie ne montre pas toujours une volonté politique d’appliquer les accords en question. Plusieurs pays européens se plaignent de la lenteur des procédures de réadmissions de l’Etat tunisien avec qui “les intérêts ne sont pas vraiment convergents”.

    Malgré cela, du côté tunisien, signer ces accords est un moyen de consolider des #alliances. “C’est un moyen d’apparaître comme un partenaire fiable et stable notamment dans la lutte contre l’extrémisme religieux, l’immigration irrégulière ou encore la protection extérieure des frontières européennes, devenus des thèmes prioritaires depuis environ la moitié des années 2000”, explique Jean-Pierre Cassarino.

    Toujours selon les chercheurs, depuis les années 90, ces accords bilatéraux seraient devenus de plus en plus informels pour éviter de longues ratifications au niveau bilatéral les rendant par conséquent, plus opaques.

    Le #soft_power : nouvel outil d’externalisation

    Tous ces exemples montrent à quel point la question de la protection des frontières et de la #lutte_contre_l’immigration_irrégulière sont au cœur des politiques européennes. Une étude de la direction générale des politiques externes du Parlement européen élaborée en 2016 souligne comment l’UE “a tendance à appuyer ses propres intérêts dans les accords, comme c’est le cas pour les sujets liés à l’immigration.” en Tunisie.

    Le rapport pointe du doigt la contradiction entre le discours de l’UE qui, depuis 2011, insiste sur sa volonté de soutenir la Tunisie dans sa #transition_démocratique, notamment dans le domaine migratoire, tandis qu’en pratique, elle reste focalisée sur le volet sécuritaire.

    “La coopération en matière de sécurité demeure fortement centrée sur le contrôle des flux de migration et la lutte contre le terrorisme” alors même que “la rhétorique de l’UE en matière de questions de sécurité (...) a évolué en un discours plus large sur l’importance de la consolidation de l’État de droit et de la garantie de la protection des droits et des libertés acquis grâce à la révolution.”, détaille le rapport.

    Mais même si ces projets ont moins de poids en termes financiers, l’UE met en place de nombreux programmes visant à “développer des initiatives socio-économiques au niveau local”, “ mobiliser la diaspora” ou encore “sensibiliser sur les risques liés à la migration irrégulière”. La priorité est de dissuader en amont les potentiel·les candidat·es à l’immigration irrégulière, au travers de l’appui institutionnel, des #campagnes de #sensibilisation...

    L’#appui_institutionnel, présenté comme une priorité par l’UE, constitue ainsi le deuxième domaine d’investissement avec près de 15% des fonds.

    Houda Ben Jeddou, responsable de la coopération internationale en matière de migration à la DGCIM du ministère des Affaires sociales, explique que le projet #ProgreSMigration, créé en 2016 avec un financement à hauteur de 12,8 millions d’euros, permet de mettre en place “ des ateliers de formations”, “des dispositifs d’aides au retour” ou encore “des enquêtes statistiques sur la migration en Tunisie”.

    Ce projet est en partenariat avec des acteurs étatiques tunisiens comme le ministère des Affaires Sociales, l’observatoire national des migrations (ONM) ou encore l’Institut national de statistiques (INS). L’un des volets prioritaires est de “soutenir la #Stratégie_nationale_migratoire_tunisienne”. Pour autant, ce type de projet ne constitue pas une priorité pour les autorités tunisiennes et cette stratégie n’a toujours pas vu le jour.

    Houda Ben Jeddou explique avoir déposé un projet à la présidence en 2018, attendant qu’elle soit validée. "Il n’y a pas de volonté politique de mettre ce dossier en priorité”, reconnaît-elle.

    Pour Camille Cassarini, ce blocage est assez révélateur de l’absence d’une politique cohérente en Tunisie. “Cela en dit long sur les stratégies de contournement que met en place l’État tunisien en refusant de faire avancer le sujet d’un point de vue politique. Malgré les investissements européens pour pousser la Tunisie à avoir une politique migratoire correspondant à ses standards, on voit que les agendas ne sont pas les mêmes à ce niveau”.

    Changer la vision des migrations

    Pour mettre en place tous ces programmes, en plus des partenariats étatiques avec la Tunisie, l’Europe travaille en étroite collaboration avec les organisations internationales telles que l’#OIM (Organisation internationale pour les migrations), l’ICMPD et le #UNHCR (Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), les agences de développement européennes implantées sur le territoire - #GiZ, #Expertise_France, #AfD - ainsi que la société civile tunisienne.

    Dans ses travaux, Camille Cassarini montre que les acteurs sécuritaires sont progressivement assistés par des acteurs humanitaires qui s’occupent de mener une politique gestionnaire de la migration, cohérente avec les stratégies sécuritaires. “Le rôle de ces organisations internationales, type OIM, ICMPD, etc., c’est principalement d’effectuer un transfert de normes et pratiques qui correspondent à des dispositifs de #contrôle_migratoire que les Etats européens ne peuvent pas mettre directement en oeuvre”, explique-t-il.

    Contactée à plusieurs reprises par Inkyfada, la Délégation de l’Union européenne en Tunisie a répondu en fournissant le document détaillant leurs projets dans le cadre de leur partenariat de mobilité avec la Tunisie. Elle n’a pas souhaité donner suite aux demandes d’entretiens.

    En finançant ces organisations, les Etats européens ont d’autant plus de poids dans leur orientation politique, affirme encore le chercheur en donnant l’exemple de l’OIM, une des principales organisations actives en Tunisie dans ce domaine. “De par leurs réseaux, ces organisations sont devenues des acteurs incontournables. En Tunisie, elles occupent un espace organisationnel qui n’est pas occupé par l’Etat tunisien. Ça arrange plus ou moins tout le monde : les Etats européens ont des acteurs qui véhiculent leur vision des migrations et l’État tunisien a un acteur qui s’en occupe à sa place”.

    “Dans notre langage académique, on les appelle des #acteurs_épistémologiques”, ajoute Jean-Pierre Cassarino. A travers leur langage et l’étendue de leur réseau, ces organisations arrivent à imposer une certaine vision de la gestion des migrations en Tunisie. “Il n’y a qu’à voir le #lexique de la migration publié sur le site de l’Observatoire national [tunisien] des migrations : c’est une copie de celui de l’OIM”, continue-t-il.

    Contactée également par Inkyfada, l’OIM n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

    Camille Cassarini donne aussi l’exemple des “#retours_volontaires”. L’OIM ou encore l’Office français de l’immigration (OFII) affirment que ces programmes permettent “la réinsertion sociale et économique des migrants de retour de façon à garantir la #dignité des personnes”. “Dans la réalité, la plupart des retours sont très mal ou pas suivis. On les renvoie au pays sans ressource et on renforce par là leur #précarité_économique et leur #vulnérabilité", affirme-t-il. “Et tous ces mots-clés euphémisent la réalité d’une coopération et de programmes avant tout basé sur le contrôle migratoire”.

    Bien que l’OIM existe depuis près de 20 ans en Tunisie, Camille Cassarini explique que ce système s’est surtout mis en place après la Révolution, notamment avec la société civile. “La singularité de la Tunisie, c’est sa transition démocratique : l’UE a dû adapter sa politique migratoire à ce changement politique et cela est passé notamment par la promotion de la société civile”.

    Dans leur ouvrage à paraître “Externaliser la gouvernance migratoire à travers la société tunisienne : le cas de la Tunisie” [Externalising Migration Governance through Civil Society : Tunisia as a Case Study], Sabine Didi et Caterina Giusa expliquent comment les programmes européens et les #organisations_internationales ont été implantées à travers la #société_civile.

    “Dans le cas des projets liés à la migration, le rôle déterminant de la société civile apparaît au niveau micro, en tant qu’intermédiaire entre les organisations chargées de la mise en œuvre et les différents publics catégorisés et identifiés comme des ‘#migrants_de_retour’, ‘membres de la diaspora’, ou ‘candidats potentiels à la migration irrégulière’", explique Caterina Giusa dans cet ouvrage, “L’intérêt d’inclure et et de travailler avec la société civile est de ‘faire avaler la pilule’ [aux populations locales]”.

    “Pour résumer, tous ces projets ont pour but de faire en sorte que les acteurs tunisiens aient une grille de lecture du phénomène migratoire qui correspondent aux intérêts de l’Union européenne. Et concrètement, ce qui se dessine derrière cette vision “gestionnaire”, c’est surtout une #injonction_à_l’immobilité”, termine Camille Cassarini.

    https://inkyfada.com/fr/2020/03/20/financements-ue-tunisie-migration
    #externalisation #asile #migrations #frontières #Tunisie #EU #UE #Europe #contrôles_frontaliers #politique_de_voisinage #dissuasion #IOM #HCR #immobilité

    Ajouté à la métaliste sur l’externalisation des frontières :
    https://seenthis.net/messages/731749#message765330

    Et celle sur la conditionnalité de l’aide au développement :
    https://seenthis.net/messages/733358#message768701

    ping @karine4 @isskein @_kg_

  • Coronavirus, c’est Gaza qui arrive chez nous !
    Ahmed Abbes, TACBI, le 17 mars 2020
    http://tacbi.org/node/158

    Confiné chez moi en banlieue parisienne, essayant de focaliser mon attention sur ma recherche mathématique, je me retrouve régulièrement en train de consulter les nouvelles qui confirment la propagation exponentielle de l’épidémie dans le monde. Je m’inquiète pour mes proches et mes amis et pour les pays qui n’ont pas les moyens de faire face à ce désastre. Je suis saisi par la vulnérabilité de l’opulent mode de vie occidental. Le capitalisme sauvage, qui domine le monde et asservit l’écrasante majorité des êtres humains au profit d’une infime minorité, pourra-t-il survivre à cette crise ? Le virus, quant à lui, semble ignorer les frontières et traiter tout le monde sur un pied d’égalité. Des dirigeants des plus grandes puissances mondiales ont été contaminés. Mais la situation pourrait évoluer avec le temps et les pays pauvres, en particulier les pays africains, pourraient souffrir plus que les autres.

    Tout d’un coup, les souvenirs de la guerre israélienne contre Gaza de 2014 me reviennent avec force. (...)

    #Palestine #Gaza #France #Tunisie #coronavirus #paranovirus

  • Message à MK2 suite à la programmation du film « Un Divan à Tunis » à la cinémathèque de Jérusalem
    BDS France & TACBI, le 15 février 2020
    http://tacbi.org/node/154

    En cas de diffusion du film « Un Divan à Tunis » à la cinémathèque de Jérusalem avant même sa sortie en Tunisie, il faut donc que vous vous attendiez à un boycott citoyen en Tunisie et aussi en France de la part de la communauté tunisienne. Vous devriez aussi vous attendre à des actions en justice pour bloquer la diffusion du film en Tunisie en raison de sa présentation dans un organisme financé et reconnu par le gouvernement israélien. Un appel au boycott citoyen de ce film sera aussi lancé en France dans le cadre du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) pour les droits du peuple palestinien, en réponse à l’appel de la plus grande coalition de la société civile palestinienne.

    #Palestine #Cinéma #Tunisie #BDS #Boycott_culturel

  • L’ambassadeur tunisien à l’ONU limogé à cause d’un projet de résolution sur la #Palestine
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/02/07/l-ambassadeur-tunisien-a-l-onu-limoge-a-cause-d-un-projet-de-resolution-sur-

    A New-York, une source diplomatique fait notamment état d’un « coup de fil de Jared Kushner au président Kaïs Saïed ». « Cet appel a été un point d’entrée pour exercer une pression qui a sans doute été extrêmement forte sur un sujet à la fois sensible pour Washington et pour Tunis, poursuit cette source. Cela a dû être le déclencheur ». « Tunis aurait lâché l’homme pour ne pas apparaître comme reculant sur le dossier auprès de son opinion », ajoute une autre source diplomatique.

    Face à d’éventuelles pressions américaines, la Tunisie se trouve dans une situation délicate en raison de ses engagements financiers de plus en plus contraignants à l’égard des prêts du Fonds monétaire international (#FMI) et d’autres bailleurs de fonds. En outre, la coopération sécuritaire entre les #Etats-Unis et la #Tunisie s’est approfondie ces dernières années, renforçant sa #dépenance à l’égard de Washington.

  • Tunisie : politique et culture
    http://amriahmed.blogspot.com

    Pour les curieux, ce remarquable blog d’un Tunisien qui, en ce moment du moins, privilégie les questions étymologiques où il fait preuve de presque autant d’humour que de connaissances, lesquelles sont insondables ! Remarquable, vraiment !

    « Dieu, roi, maître, chef, patron, surnom de Vidocq » : tels étaient les premiers sens du mot d’après Gaston Esnault citant Ansiaume (forçat à Brest, 1861). Il est ridicule de faire dériver ce mot de « maquerau », de « mégot », de « mais que » ou de « mesque » (motif), alors que « mek » au sens de roitelet nubien est attesté en anglais dès 1790 sous la plume de James Bruce (Travels to discover the source of the Nile, in the years 1768, 1769, 1770, V. 4, Londres, 1790, p. 527), et en français depuis 1791 via la traduction de ce même auteur (Voyage en Nubie et en Abyssinie, T. 7, Paris, 1791, p. 104).

    #tunisie #blog #étymologie

    • Militante de droits humains, la jeune femme souffrait depuis de nombreuses années d’une maladie chronique. Après la révolution ayant chassé Zine el Abidine Ben Ali du pouvoir, son nom avait circulé pour le Nobel de la Paix, fin 2011.

      Avant la chute de la dictature, et malgré les risques, Lina Ben Mhenni avait durant des années témoigné sur internet des dérives du régime Ben Ali. Pour alimenter son blog « atunisiangirl », elle s’était déplacée dans de nombreuses villes défavorisées de l’intérieur du pays.

      Munie de sa petite caméra, elle avait retransmis, via les réseaux sociaux, les premières manifestations de colère des habitants contre le pouvoir.

      #Tunisie #blog #liberté_d'expression

  • Greece: Government Hit with Interim Measures and Introducing New List of Safe Country of Origin

    The Greek government adopted on January 4 a Joint Ministerial Decision that declares twelve countries as safe countries of origin. This includes Albania, Algeria, Armenia, Gambia, Georgia, Ghana, India, Morocco, Senegal, Togo, Tunisia and Ukraine.

    Introducing a list of safe countries of origin is one measure foreseen by the new International Protection Act (IPA) which has been heavily criticised for introducing several restrictions on individual rights and procedural guarantees in the Greek asylum system. Article 83(9) IPA foresees that applicants originating from a safe country of origin are subject to accelerated procedures.

    Until last week, there was no national list of safe countries in Greece and the rules relating to safe countries of origin in Greek law were not applied in practice.

    https://reliefweb.int/report/greece/greece-government-hit-interim-measures-and-introducing-new-list-safe-coun
    #pays-sûrs #liste #Grèce #pays_sûrs #Albanie #Algérie #Arménie #Gambie #Géorgie #Ghana #Inde #Maroc #Sénégal #Togo #Tunisie #Ukraine #asile #migrations #réfugiés

  • African migrants allege mistreatment in North Africa

    Egypt hosts more than 6 million migrants, more than half of them from Sudan and South Sudan.

    North African countries have long been a refuge for sub-Saharan migrants trying to escape war or poverty. However, the streets of Cairo, #Tunis or #Tripoli can turn dangerous, with racist harassment and violence.

    While Europe has been wrestling with racist violence, North African countries, with complex situations including their own illegal emigration problems, have made only small steps in addressing the issue.

    For some migrants, Egypt, Libya and Tunisia are the closest and easiest countries for them to enter. For others, the countries are a point of transit before attempting the Mediterranean crossing to Europe.

    The International Organisation for Migration said Egypt hosts more than 6 million migrants, more than half of them from Sudan and South Sudan, where simmering conflicts displace tens of thousands of people annually.

    At least two dozen sub-Saharan Africans, including four children, in Cairo told the Associated Press they have endured racist insults, sexual harassment or other abuses in the past three months.

    The children said they have had rocks and trash thrown at them as they go to or from school. One Ethiopian woman said neighbours pound on the windows of her family’s home, yelling “slaves” before disappearing.

    A study last year by the Tunisian Forum for Economic and Social Rights indicated that 50% of immigrant respondents from sub-Saharan African countries said their migration experience, after several years spent in Tunisia, was “a failure,” while 41% described the experience as “successful.”

    Among those questioned about their medium-term goals, 54% expressed a desire to leave for Europe and 42% expressed a preference to return to their country of origin. Only 2% said they preferred to settle in Tunisia.

    The study stated that 48.3% of respondents said it is necessary to review the legal status of migrants.

    Respondents called on Tunisia to allow African migrants to benefit from work opportunities in the country, defend their rights, facilitate the acquirement of residence permit and revise social security laws, in a way that would simplify procedures to obtain Tunisian nationality for migrants’ children born in the country and allow foreigners to open bank accounts.

    In Libya, a country plagued by corruption and caught in civil war, the picture looks gloomier for African migrants. A report by the Associated Press said millions of dollars from the European Union had been diverted to networks of militiamen, traffickers and Coast Guard members who allegedly exploit migrants. The report said UN officials knew militia networks were getting the money.

    The report revealed torture, extortion and other abuse for ransom in migrant detention centres and under the nose of the United Nations, often in compounds that receive millions of dollars in aid. This was in addition to reports of disappearances from detention centres, with migrants allegedly sold to traffickers or sent to other centres.

    In Libya, abuses generally go unpunished amid the chaos in the country. In Tunisia and Egypt, however, there were signs the two countries were starting to recognise and censure racist crimes.

    In November, a video showing three Egyptian teenagers bullying South Sudanese schoolboy John Manuth triggered a public outcry. Egyptian President Abdel Fattah al-Sisi later hosted Manuth at a youth forum and made a rare high-level acknowledgement of the problem.

    “They are our guests and negative treatment is not acceptable and not allowed,” Sisi said.

    In 2018, a court sentenced to seven years in prison a man who was known to harass refugees and who beat to death a South Sudanese teacher who had worked in a community-run school for refugees in Cairo.

    In Tunisia, the Elimination of All Forms of Racial Discrimination Act was adopted in October 2018, with penalties ranging from 1-3 months in prison for racist language and 1-3 years for inciting hatred, disseminating ideas about racial superiority or supporting a racist organisation or activity.

    The law, which created a National Instance against Racial Discrimination to present an annual report to the parliament, commits the state to undertake awareness and training campaigns.

    https://thearabweekly.com/african-migrants-allege-mistreatment-north-africa

    #Afrique_du_Nord #réfugiés #asile #migrations #migrants_sub-sahariens #villes #Maghreb #Moyen-Orient #Le_Caire #violence #racisme #xénophobie #Egypte #Libye #Tunisie

    ping @_kg_

  • La révolution sera féministe

    Une création de Charlotte Bienaimé
    Un podcast à soi Un podcast à soi — Numéro 9

    Femmes en lutte dans l’Histoire, à #Carrefour et sur la #ZAD

    https://www.arteradio.com/son/61660140/la_revolution_sera_feministe_9

    « C’est chaque fois les femmes qui s’excusent, jamais les mecs, ou très peu. Il faut que j’arrête de m’excuser de prendre la parole et me sentir légitime de le faire. »

    Juste nécessaire contrepoint en ce moment :)

    #Féminisme #féminisme_en_lutte #facilitations #lutte #chansons_de_lutte #ni_dieu_ni_mec #radio

  • Vous vous souvenez de ce morceau Naci en Alamo, du film Vengo ? Paroles en Espagnol écrites par le réalisateur, Tony Gatlif, sur une musique d’une chanson grecque de #Dionisis_Tsaknis, et chanté par #Remedios_Silva_Pisa en 2000 :
    https://www.youtube.com/watch?v=B20qtXbX4Mg

    L’originale, To Tragoudi Ton Gifton (Le chant des gitans) :
    https://www.youtube.com/watch?v=jbiPmthqvzE

    « Je n’ai pas d’endroit, je n’ai pas de pays, j’ai encore moins de patrie... » comment ne pas penser à en faire une version dédiée à la Palestine ? C’est ce que fait la chanteuse tunisienne #Emel_Mathlouthi en concert depuis une dizaine d’années, en voici une version : Naci en Palestina
    https://www.youtube.com/watch?v=Dsfv3dy5VdA

    #Musique #Musique_et_politique #Espagne #Grèce #Tunisie #Palestine #Gitans #Roms

  • A propos de #Gabriel_Matzneff, un ami m’envoie cet article :

    « Pour écrire, je quitte le gris et froid Paris pour m’installer dans un pays du soleil » (entretien avec Gabriel Matzneff)
    Aymen HACEN, La Presse de Tunisie, le 18 février 2014
    https://www.turess.com/fr/lapresse/79134

    Surtout pour me signaler que celui qui a fait l’interview de Gabriel Matzneff est #Aymen_Hacen, chroniqueur à Causeur, et assistant de français à l’ENS de Tunis, accusé de harcèlement sexuel par des étudiantes :

    Tunis : suspension du professeur de l’ENS accusé de harcèlement sexuel par des étudiantes
    Kapitalis, le 26 décembre 2019
    http://kapitalis.com/tunisie/2019/12/26/tunis-suspension-du-professeur-de-lens-accuse-de-harcelement-sexuel-par-d

    Et que, du coup, on remonte à ses méfaits à l’ENS de Lyon lorsqu’il était encore étudiant :

    Accusé de harcèlement sexuel par des étudiantes de l’ENS de Tunis, un professeur rattrapé par des témoignages de ses camarades de l’ENS de Lyon
    Kapitalis, le 18 décembre 2019
    http://kapitalis.com/tunisie/2019/12/18/accuse-de-harcelement-sexuel-par-des-etudiantes-de-lens-de-tunis-le-profe

    #Tunisie #France #harcèlement_sexuel #université

    • Sur Aymen Hacen, voir aussi ce tweet de Léila Véron (11.12.2019) :

      J’exprime ma solidarité publique avec les étudiantes de l’Ecole Normale Supérieure de Tunis qui dénoncent le harcèlement, les agressions sexuelles et les viols présumés d’Aymen Hacen, professeur à l’ENS Tunis.
      Il y a 10 ans, ce prédateur faisait déjà de même à l’ENS de Lyon (j’y étais). Sauf que maintenant il est prof titulaire et il abuse de cette position de pouvoir.
      J’étais sa colocataire à l’ENS de Lyon. Je connais deux personnes qui l’ont accusé de viol (+multiples accusations de harcèlement et d’agressions). Il y a eu plusieurs mains courantes, une plainte, et l’école n’a à peu près rien fait, elle a surtout attendu qu’il parte.
      La plainte en France a été classée sans suite. La police ne m’a pas interrogée alors que j’étais la colocataire d’Aymen Hacen, présente la nuit de l’agression présumée… (j’ai entendu des éclats de voix, et le lendemain j’ai croisé la victime qui m’a montré des traces de coups).
      Cela fait des années que les étudiantes de Tunis dénoncent ces agissements. Il menace de les poursuivre en diffamation. Il dispose de soutiens politiques, et ses victimes craignent que le scandale soit étouffé. Elles ont besoin de notre soutien.
      Ça fait au moins 10 ans qu’il est accusé de commettre ces méfaits. Conformément aux demandes des étudiantes, Aymen Hacen doit être exclu. Personnellement, je demande à mes collègues de veiller à ne pas lui donner davantage de pouvoir et de visibilité.
      Photos d’un événement qui s’est tenu le 02 décembre contre le harcèlement sexuel à l’ENS de Tunis et le lien de la page facebook (l’équivalent de « balance ton porc ») où Aymen Hacen a été « balancé » et pour laquelle il menace de diffamation (https://www.facebook.com/groups/501115630620276/?fref=mentions)
      J’ai eu de très nombreux témoignages de personnes ayant été victimes d’Aymen Hacen, dans différents pays et différentes villes. Si vous êtes prêtes à témoigner publiquement n’hésitez pas à prendre contact avec moi et ce collectif.
      Si vous avez été victime d’Aymen Hacen ou témoin de ses agissements, je vous invite à écrire au recteur de l’université de Tunis (habib.sidhom@gmail.com), au directeur de l’ENS de Tunis (othman.hasnaoui@ens.rnu.tn) et au président de l’université de Tunis (habib.sidhom@gmail.com)

      Vous pouvez aussi témoigner sur cette page fb qui a recueilli les témoignages : https://www.facebook.com/groups/501115630620276
      Il va sans dire que si des journalistes me suivent et désirent couvrir cette histoire et cet exemple d’un metoo tunisien, j’aurais des contacts à leur fournir parmi les étudiantes mobilisées à l’ENS de Tunis.
      Il y a 10 ans, j’avais essayé d’aider les victimes, mais j’étais démunie et je ne savais pas qu’il fallait se tourner vers des collectifs dans ce genre de cas. Aujourd’hui, j’essaie de réagir et tant pis si je suis poursuivie en diffamation, je préfère que ça tombe sur moi.
      J’appelle toutes les personnes qui à l’époque à l’ENS Lyon ont mal réagi par ignorance, par maladresse, par lâcheté, à apporter leur soutien aux victimes de Tunis, et à écrire aux personnes signalées.
      On peut faire des erreurs, mais il y aussi des réactions impardonnables. Je repense à cet "ami" qui m’avait dit qu’il croyait Aymen Hacen coupable mais qu’il irait quand même à son mariage car il avait envie de voir un "mariage traditionnel tunisien"
      Bravo à mes soeurs de lutte tunisiennes pour leur courage, pour oser s’élever contre quelqu’un de puissant alors que cela met en péril beaucoup de choses pour elles. Je vous admire. Disons-leur que nous sommes avec elles.

      https://twitter.com/laelia_ve/status/1204841133907595271?lang=en

      #harcèlement_sexuel #ENS #ENS_Tunis #ENS_Lyon

    • Et à propos de #Matzneff...

      Sur un site web récemment supprimé, Gabriel Matzneff racontait ses activités pédophiles

      Visé par une enquête judiciaire, l’écrivain Gabriel Matzneff racontait ses activités pédophiles sur un site web récemment supprimé avec plus de détails encore que dans ses livres.

      –—

      Les petits enfants, c’est merveilleux. On rentre dedans comme dans du beurre

      https://www.lejdd.fr/Societe/gabriel-matzneff-ce-quil-a-voulu-cacher-3941071
      #grands_hommes #pédophilie

  • #EnaZeda — Au-delà des témoignages, un acte politique
    https://inkyfada.com/fr/2019/12/26/au-dela-des-temoignages-un-acte-politique

    Un député qui se masturbe devant un lycée, ses photos partagées massivement sur les réseaux sociaux et le #MeToo tunisien est né. Avec #EnaZeda, la parole se libère et les marqueurs se déplacent, remettant en cause certaines normes patriarcales maintenues par la loi du silence ou l’oppression des familles. Avec ce documentaire sonore, inkyfada propose une lecture politique et engagée du mouvement - à travers des rencontres, des discussions et des questionnements -, entrecoupée de témoignages lus ou racontés. Durée : 42 min. Source : Inkyfada

  • Graves violations des droits des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s en Tunisie : une situation alarmante qui doit cesser.

    Graves violations des droits des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s en Tunisie : une situation alarmante qui doit cesser.

    Le Département Migration du FTDES dénonce les violations des droits des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s présent.e.s dans toute la Tunisie dont il a été saisi cette année.

    En l’absence de cadre législatif national en matière d’asile, les demandeur.se.s d’asile et les réfugié.e.s en Tunisie sont placé.e.s sous la protection du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Chargée de l’examen de leur demande d’asile, l’agence onusienne a nouvellement mandaté le Conseil Tunisien pour les Réfugiés (CTR), association tunisienne financée à hauteur de 100% par le HCR, pour mettre en œuvre la protection à laquelle peut prétendre chaque demandeur.se.s d’asile ou personne reconnue réfugiée (hébergement, distribution de bons alimentaires, prise en charge des frais médicaux, accès à l’information…).

    Or, suite à un nombre croissant de témoignages, le FTDES a pu constater ces derniers mois des manquements graves de la part de ces deux organisations concernant le respect des droits des personnes en besoin de protection internationale :

    Surpopulation des centres d’hébergement dans le sud tunisien et insuffisance des programmes de mise à l’abri à Sfax et Tunis. A Tunis, en l’absence de centres, un hébergement d’urgence a été ouvert dans un hôtel du centre-ville. Seules les personnes les plus vulnérables y ont droit, pour une durée limitée à 14 jours. Des mineurs et des familles avec enfants en bas-âge sont contraints de dormir dans la rue après ce délai. Au mois de décembre, au moins 130 demandeurs d’asile ont été signalés comme vivant dehors. Les appartements loués par le HCR sont non meublés, souvent éloignés des centres-villes et insalubres (certains n’ont pas d’accès à l’eau par exemple).
    Insuffisance des bons alimentaires notamment pour les mères isolées et les familles. Ces bons alimentaires sont distribués de manière aléatoire et irrégulière.
    Difficultés d’accès aux soins, défaillance dans la prise en charge des frais médicaux, y compris en cas d’urgence vitale. En avril 2019, l’absence d’assistance médicale aurait coûté la vie à un jeune demandeur d’asile de 19 ans, faute de prise en charge rapide suite à une crise cardiaque.
    Insuffisance du suivi psychologique des personnes vulnérables, dont la plupart sont passées par l’enfer libyen et ont survécu à des actes de torture. Cette détresse psychologique semble aggravée par les conditions précaires dans lesquelles se trouvent les demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s en Tunisie. Depuis le début de l’année 2019, au moins deux tentatives de suicide, dont celle d’un mineur, ont été signalées dans les centres gérés par le HCR.
    Absence de prise en charge adéquate des mineurs isolés. Un nombre important de mineurs vivent actuellement dehors, sans encadrement, ni accès aux soins et à l’éducation. Certain.e.s ont subi des agressions alors qu’ils dormaient dans la rue.
    Manque d’information généralisée et absence d’assistance juridique concernant la procédure de demande d’asile. Certaines personnes disent n’avoir aucune connaissance de la date de leur prochain rendez-vous, le HCR leur demandant de revenir à la date d’expiration de leur carte de demandeur.se.s d’asile, soit après 6 mois.
    Difficultés d’accès à la demande d’asile, en particulier pour certaines nationalités. Des personnes ont dû attendre plusieurs mois avant de pouvoir déposer une demande de protection, attente à laquelle s’ajoute ensuite la lenteur de la détermination du statut, qui peut prendre jusqu’à 9 mois. Des défaillances dans la procédure de détermination de statut de réfugié ont également été relevées, comme des problèmes d’interprétation lors des entretiens et une absence de confidentialité des échanges avec les officiers de protection du HCR.

    Le FTDES s’inquiète par ailleurs du fait que l’ensemble des personnes ayant témoigné au sujet des pratiques du HCR et du CTR craignent des représailles. Nombre d’entre elles font état de harcèlement psychologique et de menaces personnelles visant à les dissuader de partager avec les journalistes et la société civile la détresse dans laquelle elles se trouvent. Celles qui osent revendiquer leur droit sont mises à l’écart. D’autres se voient systématiquement refuser l’accès au CTR et sont parfois même menacées d’être présentées à la police si elles continuent à se rendre dans leurs locaux, pour bénéficier des droits qui leur sont pourtant dus.

    De nombreuses personnes disent enfin se sentir indésirables, humiliées et rejetées par les organisations en charge de leur protection. Beaucoup utilisent même la métaphore du ballon de football pour illustrer leur situation : des personnes déshumanisées que l’on renvoie d’un bureau à un autre, du Lac à Mutuelleville, de Tunis à Médenine, voire qu’on pousse à retourner en Libye.

    Le FTDES, après avoir entendu ces témoignages, qui font état de violations massives et systématiques des droits des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s :

    Demande, pour toutes les personnes réfugiées ou en demande de protection internationale, une amélioration de l’accès à l’information, une prise en charge des frais médicaux et la garantie pour tout.e.s de moyens de subsistance suffisants.
    Appelle toutes les ONG, associations, instances nationales et onusiennes à coopérer et dialoguer afin de trouver une solution durable à la problématique de l’hébergement des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s en Tunisie. Appelle également au respect de standards minimums concernant la salubrité des lieux, qu’il s’agisse de centres, d’hôtels, ou d’appartements loués par le HCR.
    Attire l’attention de ces différents acteurs sur la protection impérative des mineurs étrangers, en tant qu’enfants, et ce quel que soit leur statut administratif, conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant que la Tunisie a ratifié en 1991.
    Demande un traitement égalitaire et non discriminatoire pour l’ensemble des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s en Tunisie, ainsi que le respect de la procédure de détermination du statut de réfugié.
    Demande aux organisations onusiennes et aux associations responsables de la protection des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s en Tunisie de cesser toute forme de harcèlement psychologique et de respecter les droits fondamentaux de ces personnes.
    Réitère sa demande pour que le HCR, l’Etat tunisien et les organisations humanitaires prennent leurs responsabilités afin de trouver une solution durable et digne à la situation inacceptable des anciens réfugiés du camp de Choucha oubliés par l’ensemble de ces mêmes acteurs depuis de trop nombreuses années.
    S’inquiète des pratiques de certains acteurs, visant manifestement à décourager la demande d’asile en Tunisie, et de la mise au service d’organisations humanitaires à des fins sécuritaires.
    Considère qu’une partie importante des problèmes auxquels font face les personnes migrantes en Tunisie est le résultat direct des politiques d’externalisation de l’Union européenne et de la complicité de l’Etat tunisien, des agences onusiennes et de certaines ONG locales pour leur mise en œuvre.

    https://ftdes.net/graves-violations-des-droits-des-demandeur-se-s-dasile-et-refugie-e-s-en-tuni
    #violation #droits_humains #Tunisie #asile #migrations #réfugiés
    ping @_kg_

  • « A #Tunis, l’ancien Boulevard du 7 novembre a été rebaptisé Boulevard #Mohamed_Bouazizi. A #Paris aussi, une place du 14e arrondissement porte désormais son nom »


    #toponymie #Tunisie #toponymie_politique #printemps_arabe

    Mohamed Bouazizi:

    Mohamed Bouazizi (arabe : محمد البوعزيزي), de son vrai nom1 #Tarek_Bouazizi (طارق محمد البوعزيزي), né le 29 mars 1984 à #Sidi_Bouzid et mort le 4 janvier 2011 à Ben Arous, est un vendeur ambulant2 tunisien dont le suicide par immolation par le feu le 17 décembre 2010 — il en meurt deux semaines plus tard — est à l’origine des émeutes qui concourent au déclenchement de la révolution tunisienne évinçant le président Zine el-Abidine Ben Ali du pouvoir, et sans doute par extension aux protestations et révolutions dans d’autres pays arabes connues sous le nom de Printemps arabe.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mohamed_Bouazizi

    Source, la BD «Sidi Bouzid Kids»
    https://www.actuabd.com/Sidi-Bouzid-Kids-Par-Eric-Borg

  • Tunisie. Pour le président Kaïs Saïed, la démocratie peut être une idée neuve
    https://orientxxi.info/magazine/tunisie-pour-le-president-kais-saied-la-democratie-peut-etre-une-idee-ne

    « Quelque chose a changé/L’air semble plus léger/C’est indéfinissable », chantait Barbara au lendemain de l’élection de François Mitterrand en 1981 à la présidence française. Le changement d’atmosphère en Tunisie après l’élection de Kaïs Saïed n’est pas sans évoquer cette transformation, très vite matérialisée : dans les jours qui ont suivi, une campagne de propreté a été lancée sur les réseaux sociaux. D’abord sur quelques-uns des 2 000 groupes Facebook créés pour le soutenir, puis très vite reprise sur des pages non politiques. Le dimanche suivant, le 20 octobre, dans toutes les villes du pays, sans aucune obligation ni injonction officielle, des Tunisiens s’activaient pour nettoyer les déchets accumulés ces dernières années. Un grand ménage à la signification tout à la fois métaphorique, symbolique et politique.

    Métaphorique, parce qu’il disait le besoin de moraliser la vie publique dominée durant la législature écoulée par un mélange d’affairisme et de manœuvres partisanes, alors que les conditions de vie de la majorité de la population se détérioraient. Symbolique, parce qu’il manifeste l’appropriation de l’espace public, et donc de l’État, par une société qui l’a toujours perçu, sauf à des moments exceptionnels, comme une entité extérieure. Politique enfin, parce qu’il donne une idée de la base populaire qui a porté Kaïs Saïed à la présidence.

    #propreté #espace_public #Tunisie

  • #De_l'autre_côté

    Hamza est un jeune tunisien résolu à quitter son pays par tous les moyens. De moyen, il n’en a qu’un seul : payer des passeurs pour traverser la méditerranée sur un minuscule bateau de pêche plein à craquer, et rejoindre clandestinement l’Europe et la France.
    Pourtant Hamza a des attaches, une compagne, une famille, des amis avec qui il a lutté durant les révolutions arabes. Mais il aspire a autre chose qu’une vie de misère, il veut aller au-delà de ce qu’il connaît, affronter le réel, croire que la vie a autre chose à lui offrir. Il n’est pas naïf, il sait que les risques sont grands, et minces les espoirs d’une vie meilleure, mais il veut voir par lui-même. Cette traversée est une expérience intime.
    Car Hamza est un rêveur et toujours ses images mentales, ses espoirs, ses peurs viennent se mêler à la réalité extérieure, la contaminer, lui offrir une échappatoire et un but à poursuivre. Si sa situation est particulière, ses aspiration sont universelles. Qui n’a jamais rêvé de partir, de se réinventer ?
    Le danger pour lui n’est pas simplement de mourir noyé, de se voir terrassé par la faim, d’être renvoyé d’où il vient, de ne pas trouver de logement, de travail, mais également de se voir privé de ce qui fonde sa condition d’homme : ses #espoirs, ses #craintes, son #imaginaire.

    http://enfantsrouges.com/les-titres/isturiale/de-lautre-cote
    #BD #livre #migrations #Tunisie #Méditerranée #Lampedusa #migrants_tunisiens #printemps_arabe

  • Le nouveau président Kaïs Saïed appelle les Tunisiens à « s’unir contre le terrorisme »
    Publié le : 23/10/2019
    https://www.france24.com/fr/20191023-tunisie-direct-live-nouveau-president-kais-saied-prestation-serme
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=1529&v=FZetihV6AbY

    Élu président de la République de Tunisie le 13 octobre, Kaïs Saïed a prêté serment, mercredi. Il a appelé les Tunisiens à « s’unir contre le terrorisme pour mettre fin à toutes ses racines et ses causes ».

    vers 20:45

    (…) La Tunisie restera victorieuse et se rangera aux côtés de toutes les causes justes et en premier lieu, la cause de notre peuple en Palestine [ applaudissements]. Le droit palestinien ne tombera pas car la Palestine n’est pas un terrain foncier. La Palestine restera dans les consciences, dans le cœur de tous les Tunisiens et Tunisiennes. Aucune force ne pourra arracher cela de leur coeur. Il ne s’agit pas ici d’une position contre les juifs, pas du tout, nous les avons protégé ici en Tunisie lorsqu’ils étaient poursuivis, nous allons continué à les protéger. Il s’agit là d’une position contre l’occupation, contre le racisme. Il est temps pour l’humanité toute entière à mettre fin à cette injustice qui continue et ce depuis un siècle.
    Nous aspirons à un monde nouveau, à participer à la création d’une nouvelle histoire où l’accent est mis sur l’humanité dans toutes ses dimensions. (…)

    #Tunisie

    • TUNISIE
      23/10/2019 12h:22 CET
      Kais Saied prête serment à l’ARP : Ce qu’il faut retenir de son discours
      https://www.huffpostmaghreb.com/entry/kais-saied-prete-serment-a-larp-ce-quil-faut-retenir-de-son-discour

      Un humanisme rassembleur, une garantie pour les droits des femmes et le respect de la loi, ou encore la cause palestinienne ont été au cœur de son discours...
      (...)
      La défense de la cause palestinienne

      “La Tunisie défendra toutes les causes justes et la première est celle du peuple palestinien (...) La Palestine n’est pas un terrain immobilier enregistré dans un registre” dit-il avant de justifier : “Ce n’est pas une position contre les juifs. Nous les avons défendus en Tunisie quand ils étaient chassés et nous continuerons de les protéger, mais c’est une position contre la colonisation, contre l’ostracisme, et le temps est venu pour l’humanisme rassembleur de mettre fin à cette injustice qui perdure depuis plus d’un siècle”.

      Un monde nouveau

      “Nous aspirons à un nouveau monde et à participer à écrire une nouvelle histoire où la dimension humaine prime sur les autres dimensions” a indiqué Kais Saied.

  • Allocution de Kaïs Saïed, nouveau président élu de la TUNISIE
    13/10/2019 - 22:11
    https://www.france24.com/fr/video/20191013-allocution-kais-saied-nouveau-president-elu-tunisie

    Le candidat conservateur a battu dimanche Nabil Karoui avec plus de 72 % des suffrages, selon l’institut de sondage Emrhod. Le taux de participation s’établissait à 39,2 % à 15 h 30, heure de Tunis.L’universitaire conservateur Kaïs Saïed est donné largement vainqueur du second tour de l’élection présidentielle en Tunisie, qui l’opposait à l’homme d’affaires Nabil Karoui, selon deux sondages réalisés à la sortie des urnes diffusés dans la soirée.Une enquête de l’institut Emrhod le crédite de 72,53 % des voix et un autre sondage, réalisé par Sigma Consulting et diffusé par la télévision publique tunisienne, attribue 76,9% des suffrages à ce professeur de droit à la retraite.

    #Tunisie

    • asad abukhalil أسعد أبو خليل
      ‏13 oct. 2019
      https://twitter.com/asadabukhalil/status/1183488861223022593

      It is significant that in the only Arab country where the president is elected by popular vote, the winner (by a landslide) is the man who made fierce opposition to any normalization with the Israeli enemy his signature stance. He even called that “high treason”.

      I am talking about Tunisia of course. In the presidential debate he even said that he considers Tunisia “in a state of war” with Israel.

      Wow. In his victory speech, he said that the Palestinian cause will be the top cause, and said that the Palestinian flag should have been there next to the Tunisian flag.

      which can only mean that within weeks, Western governments and media will accuse him of anti-Semitism.

      Although he made it explicitly clear during his discussion of Palestine that he harbors no ill-will toward Jews or Judaism.

      And no, by listing his stance on Palestine, it does not mean that I support his stances on gender or gay rights.