• https://www.alternatives-economiques.fr/stopper-elon-musk/00105194

    Y a-t-il encore une limite à la puissance des multimilliardaires ? Le rachat de Twitter pour 44 milliards de dollars par l’homme le plus riche du monde illustre les possibilités offertes par une accumulation extrême de richesse.

    A la tête d’une fortune oscillant entre 200 et 300 milliards de dollars, composée très majoritairement d’actions Tesla dont le cours s’est envolé, Elon Musk a un patrimoine équivalent au produit intérieur brut (PIB) du Portugal. Et il s’achète une entreprise valant deux fois le budget du ministère de l’Intérieur français.

    Musk a dorénavant la haute main sur une plate-forme où échangent plus de 400 millions de personnes. Un réseau possédant un fort impact sur le débat public, car prisé au sein des milieux politiques, économiques et médiatiques. Une semaine après son rachat, l’entrepreneur, fidèle à son goût de la disruption, a licencié 3 500 personnes, soit la moitié des salariés de l’entreprise. Et il commence à mettre en place ses réformes.

    « En devenant l’actionnaire majoritaire, Elon Musk n’a pas vraiment de contre-pouvoir. C’est pareil au sein du groupe Meta qui possède Facebook, Instagram et WhatsApp. La plupart des réseaux sociaux sont des entreprises avec une gouvernance très centralisée et opaque », pointe Anne Bellon, politiste à l’université technologique de Compiègne.

    Quelles sont les motivations de ce rachat ? « Il y a une dimension idéologique à ne pas sous-estimer. Elon Musk a une vision absolutiste de la liberté d’expression, stipulant que plus de liberté signifie moins d’intervention », complète Anne Bellon. Soit une modération des contenus réduite au minimum légal.

    Musk reproche à l’ancienne direction de Twitter une intervention excessive et des biais anticonservateurs. Et il regrette les suspensions de comptes opérées sur le réseau, comme celle concernant Donald Trump. A l’instar de l’ancien Président dont le compte a déjà été rétabli, plusieurs personnes précédemment bannies pourraient faire leur retour. La conséquence de cette politique devrait être une brutalisation accrue du débat au travers d’une plus grande diffusion de contenus jugés problématiques, parce que haineux ou relayant de fausses informations.
    DSA, rempart européen ?

    Le multimilliardaire l’a cependant assuré : il respectera la loi. Si la législation américaine comporte très peu de contraintes en la matière, la réglementation européenne est plus stricte et la Commission le répète : sur le Vieux Continent, Twitter devra la respecter. Bruxelles s’érige en rempart, en mettant en avant son nouvel outil pour réguler les contenus des plates-formes numériques : le Digital Services Act (DSA).

    Une partie de ce dispositif européen pourrait entraver les ambitions de l’américain. Le DSA oblige en effet les grandes plates-formes à prendre en compte les « risques systémiques », qui englobent aussi bien le harcèlement sexiste que les « effets négatifs » sur les élections ou la sécurité publique.

    Il les contraint ainsi à suivre finement ce qui se passe sur leur réseau et à ne pas se contenter de supprimer quelques messages clairement illégaux (pédopornographie, apologie du terrorisme, etc.). Mais avec le licenciement de la moitié de ses salariés, la capacité de modération humaine de Twitter est réduite à peau de chagrin.

    « Elon Musk a une croyance très forte dans la technologie et va sûrement renforcer le rôle des outils algorithmiques dans la modération, pense Anne Bellon. Une telle évolution rendrait les décisions de modération plus opaques, réduisant ainsi leur possible contestation. »

    Elle exigerait aussi des régulateurs qu’ils montent en compétence pour entrer dans la boîte noire de la technologie de la plate-forme. Les grands projets d’Elon Musk pour Twitter concernent cependant principalement les Etats-Unis. Le reste du monde semble être secondaire dans ses plans, même s’il représente l’immense majorité de l’activité de l’entreprise.
    Reprise chaotique

    Au-delà de l’aspect idéologique, y a-t-il une logique économique au projet d’Elon Musk ?

    « Ce rachat peut paraître paradoxal, car Twitter a toujours eu du mal à trouver un modèle économique et affiche une fragilité en décalage avec la portée de ce réseau, qui voit intervenir des personnes d’influence mondiale, qu’elles soient chefs d’Etat ou dirigeants de grandes firmes », pointe Julien Nocetti, chercheur au centre Geode (Géopolitique de la datasphère).

    Le réseau à l’oiseau bleu a certes un impact fort sur les termes du débat public, mais il ne pointe qu’à la 16e place des réseaux sociaux les plus utilisés au monde et ses comptes oscillent selon les années entre le rouge et le vert.

    Elon Musk l’a d’ailleurs affirmé mi-novembre : « La perspective d’une banqueroute n’est pas à exclure. » Quatre jours après son rachat, 875 000 utilisateurs avaient désactivé leur compte – le double du rythme habituel –, selon la société Bot Sentinel. De leur côté, General Motors, Dyson, Disney, Coca-Cola ou encore Stellantis ont tour à tour suspendu leur campagne publicitaire sur le réseau.

    « Les annonceurs peuvent jouer un rôle de contre-pouvoir car ils préfèrent ne pas voir leurs messages à côté de contenus jugés problématiques. Une faillite n’est effectivement pas impossible », estime Annabelle Gawer, professeure d’économie numérique à l’université du Surrey.

    Un risque aggravé par la saignée opérée dans les effectifs, à laquelle s’ajoutent a minima plusieurs centaines de départs sur les salariés ­restants. Ceux-ci quittent le navire à cause des méthodes autoritaires du nouveau patron qui leur demande de se donner « à fond, inconditionnellement » et de « travailler de longues heures à haute intensité ».

    Le milliardaire affiche cependant comme ambition de trouver un nouveau modèle économique au réseau, qui repose aujourd’hui quasi exclusivement sur les revenus publicitaires. C’est pourquoi il a lancé mi-­novembre un abonnement à 8 dollars par mois pour obtenir une certification de compte, ouvrant la voie à une meilleure visibilité des contenus.

    Cette option était jusqu’alors proposée gracieusement aux personnalités ou entreprises dont l’identité avait été vérifiée. Véritable aubaine pour les trolls, l’offre a rapidement été suspendue après l’imposture de nombreux utilisateurs usurpant l’identité d’entreprises ou de personnalités publiques. Malgré ce fiasco initial, l’offre devait faire son retour fin novembre, « corrigée des bugs ». Ouvrant ainsi la voie à un modèle partiellement payant.

    Tesla, présentée aujourd’hui comme une success story, a frôlé la faillite plusieurs fois à la fin des années 2010

    Ce n’est pas la première fois qu’Elon Musk fait emprunter un chemin périlleux à une entreprise qu’il dirige. Tesla, présentée aujourd’hui comme une success story, a frôlé la faillite plusieurs fois à la fin des années 2010, enchaînant notamment retards de livraison et difficultés d’approvisionnement.

    Le fabricant de voitures électriques haut de gamme a d’ailleurs été accusé d’avoir supprimé un test de sécurité pour accélérer la production ou d’avoir minimisé d’autres problèmes pour éviter des rappels de véhicules qui auraient pu être destructeurs pour ses finances. La méthode Musk est connue.

    A plus long terme, le rêve du nouveau patron de Twitter est d’en faire une « app universelle ». Sur le mode du WeChat chinois, une application qui concentre un maximum d’usages : tweeter, commander un taxi, un repas, prendre un ­rendez-vous médical, etc.

    « La X App de Musk est un écosystème technologique total, en l’occurrence totalement fermé sur lui-même, où tous les services numériques seraient disponibles et interconnectés, concentrant ainsi l’ensemble des usages. Un effet système sans couture qui organiserait l’enfermement algorithmique et permettrait une captation sans discontinuité des données. Le socle techno­logique primaire de la X App serait donc basé sur l’architecture existante de Twitter », détaille l’enseignante à Sciences Po Asma Mhalla, dans un article du Grand Continent.

    Avec le réseau à l’oiseau bleu, Elon Musk attrape aussi un puissant outil informationnel pour s’immiscer encore davantage sur la scène géopolitique. Le milliardaire a en effet déjà « offert » – moyennant le concours financier de l’Etat américain – aux autorités ukrainiennes un accès à sa constellation de satellites Starlink, la plus grande au monde, permettant une connexion à Internet via l’espace en évitant ainsi les infrastructures terrestres mises à mal par les combats.
    Aussi puissants que des États

    De sa proposition de plan de paix pour cette guerre à celle formulée pour régler le conflit entre la Chine et Taiwan, de quoi se mêle-t-il ? Est-ce simplement l’expression d’un mégalomane voulant trouver des solutions à tout, au mépris de sa connaissance des situations ? Ou plutôt la preuve que les géants de la tech sont en train de devenir des puissances géostratégiques ? L’un n’empêche pas l’autre.

    « Les entreprises techno­logiques prennent de plus en plus position sur les sujets internationaux, de manière très visible pour Elon Musk ou plus discrètement comme Microsoft ou Google pour l’Ukraine », détaille Julien Nocetti, également chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri).

    « La puissance des plus grandes plates-formes numériques équivaut à celle de certains Etats, en termes de ressources financières mais pas que, résume Annabelle Gawer. Ce sont des régulateurs privés qui autorisent ou non des entreprises et des individus à opérer sur leurs réseaux qui sont devenus des infrastructures essentielles. » L’Union européenne ne s’y est pas trompée et a envoyé cette année un ambassadeur permanent à la Silicon Valley pour échanger directement avec ces « big tech ».

    Elon Musk et ses entreprises sont aussi les produits du gouvernement américain et l’expression de son soft power

    Elon Musk est-il le symbole de cette nouvelle puissance qui échapperait aux Etats ? C’est plus ­complexe, car les big tech entretiennent un lien étroit avec la puissance publique, en l’occurrence américaine. SpaceX, l’entreprise de lancement de satellites fondée en 2002 par le futur boss de Twitter, s’est développée grâce aux fonds de la Nasa, via le contrat de ravitaillement de ses stations.

    Situation similaire pour Tesla : l’entreprise a bénéficié pendant des années de subventions à hauteur de plusieurs milliards de dollars. « Sans le soutien politique de Washington, Tesla n’aurait jamais pu construire son usine à Shanghai », observe Julien Nocetti. Une usine stratégique, car elle permet à Tesla de servir le marché chinois, le second par la taille après celui des Etats-Unis. Une Tesla sur quatre y est vendue.

    En somme, Elon Musk et ses entreprises sont aussi les produits du gouvernement américain et l’expression de son soft power. Certes, le multimilliardaire appelle à voter ouvertement pour les républicains. Certes, il entretient des relations tendues avec l’administration démocrate de Joe Biden. Pour autant, cette dernière ne lui a pas coupé ses financements et a même soutenu financièrement SpaceX, qui opère Starlink, dans son aide à l’Ukraine. Pour Asma Mhalla, « à l’instar des bien moins bruyants Microsoft, Palantir ou Google, Elon Musk participe, à sa mesure, à façonner le rôle des Etats-Unis dans la géopolitique mondiale ».

    Les éclats d’un Elon Musk ne sont ainsi que le reflet d’une économie qui voit les big tech peser de plus en plus lourd dans un monde conflictuel. L’Europe peut-elle encore se limiter à brandir ses normes pour seule réponse ?

    #big_tech #capitalisme_de_plateforme #Elon_Musk #twitter #modération sur les #réseaux_sociaux #hégémonie #fabrique_de_l'opinion

  • Elon Musk bannit CrimethInc. de Twitter à l’instigation d’un troll d’extrême droite
    https://crimethinc.com/2022/11/25/elon-musk-bannit-crimethinc-de-twitter-a-linstigation-dun-troll-dextreme

    Le 25 novembre, à la demande d’un troll d’extrême droite, Elon Musk a suspendu le compte Twitter @crimethinc. L’objectif de Musk en acquérant Twitter n’avait rien à voir avec la “liberté d’expression” - il s’agissait d’une démarche partisane visant à faire taire l’opposition tout en ouvrant un boulevard à l’extrême droite. Cela met en évidence les dangers de dépendre des plateformes de médias sociaux appartenant aux grandes entreprises. Suivez Crimethinc sur Mastodon et Telegram et abonnez-vous à leur flux RSS. Source : CrimethInc

  • Qu’est-ce que Mastodon ? Un expert des médias sociaux explique pourquoi ce n’est pas le nouveau Twitter
    https://theconversation.com/quest-ce-que-mastodon-un-expert-des-medias-sociaux-explique-pourquo

    À la suite de la prise de contrôle bruyante de Twitter par Elon Musk, nombreux sont ceux qui ont cherché des alternatives à la plate-forme de microblogging de plus en plus toxique. Beaucoup se sont tournés vers Mastodon, qui a attiré des centaines de milliers de nouveaux utilisateurs depuis le rachat de Twitter.
    .../...
    Mais si Mastodon prend en charge un grand nombre de fonctions identiques à celles que Twitter propose, il ne s’agit pas d’une plate-forme unique. Il s’agit plutôt d’une fédération de serveurs interconnectés et gérés indépendamment.

    Par comparaison, #diaspora a un fonctionnement similaire (ou je dis une bêtise) ?
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Diaspora*

    #réseaux_sociaux #Mastodon #Twitter #fédiverse

  • Quelques conseils minimaux pour la migration vers #Mastodon

    (1) pour s’inscrire, il n’y a pas une entrée unique (https://twitter.com), mais le fameux choix d’une instance. Choisissez n’importe laquelle dans cette liste : https://mastodon.help/instances/fr. Le choix n’a pas d’importance, vous pouvez passer d’une instance à une autre ensuite.
    (2) une fois là, posez-vous, créez votre bio, ajoutez une PP, faîtes un petit post d’introduction avec le hashtag #introduction. Si vous utilisez le même nom et PP que sur twitter, c’est plus facile de vous retrouver. Ajoutez quelques ami.e.s et ironisez sur votre 1er pouet.
    (2) Activez l’interface web avancée dans les paramètres ; téléchargez une application sur smartphone. Je conseille #Tusky sur Android.
    (3) il est temps de se refaire des contacts. Sur mastodon, pas d’économie de l’attention, pas de monétisation de vos données, les tweets affichés sont ceux que publient et retweetent vos follows (comme dans la timeline chronologique de twitter). Donc, il faut suivre des gens.
    (3) un outil utile pour retrouver vos contacts venant de twitter est https://pruvisto.org/debirdify ou https://fedifinder.glitch.me. Si vos contacts ont indiqué leur adresse mastodon en bio twitter, ça vous fabrique un fichier que vous pouvez ajouter directement avec tout le monde d’un coup
    (4) p.s. : avant que ça ne craque définitivement ici, pensez à demander vos données (ça prend 24h à 48h). Paramètres, téléchargez une archive de vos données.

    https://twitter.com/MathieuTriclot/status/1593517831370465280

    #alternative #how_to_do #manuel #twitter

    • Nouvelle purge chez Twitter : Elon Musk veut-il tuer le réseau social ? – La Tribune 18 Nov 2022, 11:05
      https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/nouvelle-purge-chez-twitter-elon-musk-veut-il-tuer-le-reseau-social-941250

      Ambiance crépusculaire chez Twitter et sur le réseau social : après avoir renvoyé sans ménagement plus de 3.700 personnes en début de mois, Elon Musk a lancé un ultimatum aux 3.000 employés restants, au point que, d’après les médias américains, entre plusieurs centaines et 1.500 personnes auraient claqué la porte. Ce qui pose la question de la survie même de Twitter, et de la volonté d’Elon Musk de couler sa propre entreprise.

      Vingt jours seulement après la reprise de Twitter par le milliardaire Elon Musk, le réseau social est à feu et à sang et continue de se vider de ses forces vives. Jeudi 17 novembre, le nouveau patron a lancé un ultimatum aux rescapés de l’énorme première vague de licenciements, qui avait frappé 3.700 personnes au début du mois, soit plus de la moitié des effectifs. Dans un courriel, le nouveau dirigeant a demandé individuellement aux employés de choisir entre se donner « à fond, inconditionnellement », et partir, en cliquant sur « Oui » ou « Non ». Une manière d’épurer l’entreprise de toute force de contestation, dans la lignée du renvoi, en début de semaine, de dizaines d’employés - et certains de manière publique - qui avaient osé critiquer son leadership.

      Les équipes avaient jusqu’à 17 h pour répondre. D’après la presse américaine, entre plusieurs centaines et 1.500 employés ont cliqué sur le bouton « Non ». Soit, dans le pire des cas, la moitié des effectifs restants, ce qui signifie que Twitter pourrait ne compter aujourd’hui que 1.500 employés, contre plus de 7.000 au début du mois ! Les démissionnaires se voient proposer une indemnité correspondant à trois mois de salaire. De leur côté, ceux qui ont répondu par l’affirmative s’engagent donc à « travailler de longues heures à haute intensité » pour « bâtir un Twitter 2.0 révolutionnaire »... Mais la purge est d’une telle violence que la question se pose : Elon Musk veut-il tuer Twitter ?

      Elon Musk veut-il tuer Twitter ?
      D’après des messages d’employés sur le Slack d’entreprise (la messagerie interne), beaucoup d’ingénieurs ont décidé de partir, ce qui réduit l’effectif de certaines équipes qui gèrent des systèmes critiques à seulement un ou deux employés (!). Désormais, l’inquiétude porte donc sur la capacité même du réseau social à fonctionner normalement et de manière sécurisée.

      Au point que les hashtags #TwitterDown ou #RIPTwitter s’imposent en "tendances" dans les discussions du jour. De nombreux utilisateurs sont persuadés que Twitter vit ses derniers instants, et certaines entreprises et organisations gouvernementales américaines basculent ouvertement vers une autre plateforme de communication.

      Elon Musk lui-même, fidèle à son habitude d’agir comme un troll, entretient l’idée de la mort de Twitter. Dans ce message posté en fin de soirée mercredi, le fondateur de Tesla et SpaceX se met en scène à l’enterrement de Twitter en train se réjouir sur sa tombe. Il a ensuite posté un emoji de tête de mort.


      Twitter Musk

      « Médiocre gamin dans un corps d’homme, milliardaire sans valeur, parasite suprême... »
      De leur côté, de nombreux anciens employés et utilisateurs du réseau social étalent leur écœurement devant l’extrême brutalité d’Elon Musk. Beaucoup de démissionnaires du jour ont décidé d’annoncer leur départ sur Twitter. Les messages consultés par La Tribune oscillent entre la tristesse et la reconnaissance d’avoir travaillé pour une entreprise unique au monde et qui était, jusqu’au rachat, réputée pour la qualité de ses conditions de travail, et la colère et la déception de voir le réseau social aux 320 millions d’utilisateurs « saccagé par un fou ».

      Jeudi soir, des insultes anti-Elon Musk ont même été projetées sur la façade du siège social de Twitter à San Francisco, juste à côté du logo. On peut y voir défiler une succession d’insultes dont l’inventivité est digne de la série télévisée Veep :
      « Elon Musk : mediocre manchild, pressurized privilege, petty racist, megalomaniac, worthless billionaire, bankruptcy baby, apartheid profiteer, petulant pimple, supreme parasite, dictators asskisser, lawless oligarch, insecure coloniser, cruel hoarder, space Karen »

      Que l’on peut traduire par : « Elon Musk : médiocre gamin dans un corps d’homme, privilège pressurisé, raciste insignifiant, mégalomane, milliardaire sans valeur, bébé de la faillite, profiteur de l’apartheid, bouton pétulant, parasite suprême, lécheur de fesses de dictateurs, oligarque sans foi ni loi, colonisateur fragile, accapareur cruel, Karen de l’espace » [!]

      Twitter HQ going scorched earth tonight
      pic.twitter.com/z7Sz9XUoXH


      -- Lauren McKenzie (@TheMcKenziest) November 18, 2022

      De leur côté, des dizaines d’employés actuels et surtout passés se sont retrouvés jeudi soir dans un "Spaces", les salons audio de la plateforme, pour se soutenir et évoquer de bons souvenirs, dans une ambiance crépusculaire. Des salariés qui ont choisi de rester ont évoqué leur attachement indéfectible au réseau social et leur désir de le voir survivre et même renaître, même sans y croire réellement. « Bravo à tous les travailleurs de Twitter. Vous avez bâti un lieu de connexion vital et vous méritiez tellement mieux. (...) Merci », a pour sa part tweeté l’élue démocrate Alexandria Ocasio-Cortez.

      Vingt jours de décisions surréalistes
      Même si la mort de Twitter devient une sérieuse possibilité, le réseau social n’en est pas encore là. Mais en vingt jours à peine, Elon Musk a renvoyé plus de la moitié des effectifs de l’entreprise, lancé puis stoppé, puis relancé, puis à nouveau stoppé son abonnement Twitter Blue qui s’est révélé intenable en à peine quelques jours en raison du déferlement des faux comptes, et surtout, il a fait fuir en masse les annonceurs alors qu’ils pèsent aujourd’hui plus de 90% du chiffre d’affaires de la plateforme.

      Plus grave, on peine à discerner une stratégie derrière le chaos. Sa vision d’une "application pour tout", sur le modèle du chinois WeChat, paraît totalement déconnectée de la réalité. Et son engagement politique pour une liberté d’expression absolue a déjà étalé ses limites avec le fiasco Twitter Blue. Elon Musk semble précipiter Twitter dans le mur et en appeler à d’inévitables conflits avec les régulateurs.

      Et après son dernier coup d’éclat avec l’ultimatum aux employés, Elon Musk a tweeté : « Et... on vient d’atteindre un nouveau record d’utilisation de Twitter, lol. »

      Puis d’ajouter malicieusement « let that sink in », une référence à la photo qu’il avait postée lors de son premier jour chez Twitter, où il était arrivé dans les locaux de l’entreprise un évier dans les bras. On peut traduire cette expression de deux façons : soit « laissons ça infuser », c’est-à-dire que les actions de Musk, aussi brutales et incohérentes soient-elles, auraient pour seul effet de booster l’utilisation réelle de Twitter pour mieux la monétiser dans un second temps ; soit « laissons ça couler », donc qu’Elon Musk ne fait que provoquer la chute de Twitter.

  • La méthode Musk peut-elle mener Twitter à la faillite ?

    Quand bien même le milliardaire et ses co-investisseurs laisseraient Twitter glisser jusqu’à sa faillite avant d’avoir remboursé leur dette, alors le réseau social pourrait être repris par les banques qui lui ont prêté de l’argent. Mais preuve qu’elles ne souhaitent pas se trouver dans cette situation, une partie d’entre elles ont déjà mis à la vente une partie du prêt, pour un prix allant jusqu’à 60 centimes par dollar. Autrement dit, elles sont déjà prêtes à perdre dès aujourd’hui 40% de leur mise pour éviter d’être à bord du navire dans le cas où il coulerait.

    #twitter #techno

    https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/la-methode-musk-peut-elle-mener-twitter-a-la-faillite-940660.html

    • Il a toujours travaillé sur le fil de la ligne rouge
      Sa philo ça doit être gros risque, gros gain.
      Il veut refaire wechat apparement.
      C’est un très gros pari qui demande beaucoup de changements pour twitter. Il sait qu’il va y avoir beaucoup de départs mais à la limite ça l’arrange parce qu’il pourra renouveler une bonne partie de son équipe par une autre qui aura la même vision que lui.
      Une fois que ce sera fait...
      Si la nouvelle équipe arrive à recréer techniquement wechat,
      S’il arrive à l’imposer dans la vie courant comme en Chine,
      C’est un jackpot incroyable.
      A terme il pourrait même avoir la puissance de créer une monnaie tellement ça pourrait être puissant (si personne ne l’arrête d’ici là...zuckerber l’aurait mauvaise lol)
      Par contre ouais...ça peut totalement se péter la gueule....mais comme tout ce qu’il a fait jusque là...
      La vraie différence c’est que jusque là ses employés le prenait pour une demi dieu « un peu » excentrique et il leur demandait de se saigner pour la cause.
      Je sais pas s’il a pris ça en compte dans le cas de twitter...parce qu’ils ont l’air d’avoir plus de recul...ou pas, peut être qu’il y a une frange de fanatiques de la liberté d’expression au sein de l’équipe actuel (liberté qui n’a rien à voir avec wechat mais bon...c’est comme ça qu’il le vend..)

  • Hécatombe dans la Tech : plus de 130.000 licenciements en 2022 Sylvain Rolland - La Tribune
    https://www.latribune.fr/technos-medias/internet/hecatombe-dans-la-tech-plus-de-130-000-licenciements-en-2022-940762.html

    Après des licenciements chez Meta (Facebook), Snap, Twitter, Stripe, Uber ou encore #Salesforce, Amazon pourrait lui aussi renvoyer plus de 10.000 salariés dans le monde, d’après la presse américaine. Si le plan social du géant du e-commerce était confirmé, plus de 130.000 emplois auront été supprimés dans le secteur de la tech en 2022.

    A eux seuls, les cinq Gafam - Google, Apple, Facebook devenu Meta, Amazon et Microsoft - ont perdu 1.500 milliards de dollars de valorisation cette année. (Crédits : DADO RUVIC)
    A chaque semaine son plan social massif dans la tech. Au début du mois, le nouveau Twitter dirigé par Elon Musk annonçait 3.700 licenciements dans le monde, soit plus de 50% des effectifs de l’entreprise. La semaine suivante, Meta ( #Facebook, #Instagram, #WhatsApp) lui a emboîté le pas avec 11.000 suppressions d’emplois (13% des effectifs). Cette semaine, c’est au tour d’Amazon de se joindre au cortège macabre : d’après le New York Times , le numéro un mondial du commerce et ligne et du cloud s’apprête à se séparer de 10.000 employés. A qui le tour la semaine prochaine ?

    Plus de 131.000 licenciements dans la tech en 2022
    Si les plans sociaux des géants de la tech font les gros titres, le phénomène touche tout le monde, jusqu’à la petite startup. Au 15 novembre, plus de 121.400 emplois ont été supprimés dans 789 entreprises tech, d’après le décompte du site Layoffs.fyi https://layoffs.fyi . Dès qu’Amazon confirmera son plan social, ce total dépassera les 131.400 suppressions d’emplois, pour 790 entreprises. Ce chiffre est même certainement sous-évalué, puisqu’il se base uniquement sur des chiffres annoncés par les entreprises, certaines n’ayant certainement pas communiqué sur leurs réductions d’effectifs.

    A titre de comparaison, le record de suppressions d’emplois lors de l’éclatement de la bulle internet de 2000-2001 est largement dépassé : cette première grosse crise du secteur technologique avait engendré le licenciement de 107.000 personnes. Toutefois, la taille du secteur en 2022 n’a rien de comparable. Comme les chiffres sur la situation de l’emploi mondial dans la tech en 2001 manquent, il faut prendre la comparaison avec des pincettes , et ne pas oublier que 131.400 emplois en 2022 représentent une part beaucoup plus faible du total des emplois tech que les 107.000 poste supprimés de 2001.

    Cette année, les entreprises qui ont le plus licencié sont Meta (11.000 emplois) puis Amazon (10.000), #Uber (7.300 en mai), #Gettir (4480 en mai), #Booking.com (3.775 en juillet) et Twitter (3.700 en novembre). D’après le décompte, 34 entreprises ont effectué des plans sociaux d’au moins 1.000 salariés, dont #Shopify (1.000), #Stripe (1.000), #Yelp (1.000), #Lyft (1.682), #Airbnb (1.900) ou encore #Salesforce (2.000). Près de 400 grosses startups ont supprimé entre 100 et 1.000 postes.

    Proportionnellement au nombre d’employés, plus de 300 entreprises ont perdu au moins 30% de leur force de travail cette année. Parmi les géants de la tech, #Twitter (50%), #Groupon (44%) ou encore #Magic_Leap (1.000 suppressions soit 50%) sont les plus touchés. Au niveau des secteurs, tous sont touchés mais ceux de la crypto et de la finance ont particulièrement dégusté : 30% des emplois supprimés pour #Crypto.com, 27% pour #Bitpanda, 25% pour #Blockchain.com et 20% pour #Coinbase, entre autres, du côté des crypto ; 90% pour #ScaleFactor, 50% pour #Renmoney, 42% pour #Fundbox, 27% pour #Bolt, 23% pour #Robinhood, 10% pour #Klarna, entre autres, du côté des #fintech. Les startups dans la #foodtech, l’éducation, la santé, les transports ou le marketing ont aussi été très impactées.

    La tech avait aussi du gras à couper *
    Cet hiver de la tech -cune référence à la série Game of thrones et son fameux "winter is coming"c-, est la preuve que le secteur n’est pas insensible à la conjoncture de l’économie mondiale. Si les startups ont été les grandes gagnantes de la crise du Covid-19, qui a accéléré la transformation numérique de tous les secteurs d’activité, comme le reste de l’économie, les voilà rattrapées par le retour de l’inflation, l’explosion des taux d’intérêts, la crise de l’énergie et de ravitaillement en matières premières, ou encore les conséquences de la guerre en Ukraine.

    Alors que les valorisations des entreprises tech avaient explosé depuis 2020, les géants du secteur subissent depuis quelques mois une forte correction en Bourse. A eux seuls, les cinq #Gafam - #Google, #Apple, #Facebook devenu #Meta, #Amazon et #Microsoft - ont perdu 1.500 milliards de dollars de valorisation cette année. Par effet ricochet, la valorisation des #startups, qui avait atteint des niveaux délirants, chute lors des levées de fonds, entraînant des difficultés nouvelles pour les entrepreneurs. De leur côté, les fonds d’investissement réalisent moins de deals, prennent davantage de temps pour clôturer ceux qu’ils mènent à bien, et se montrent plus frileux, d’autant plus que leurs propres investisseurs tendent à privilégier des investissements moins risqués que la tech avec le relèvement des taux d’intérêts.

    Pour certaines entreprises, notamment les très grosses startups et les géants comme Amazon, Meta ou Snap (1.200 employés licenciés soit 20%), la correction paraît particulièrement violente. Mais c’est aussi parce qu’il y avait du gras à couper. Chez #Snap comme chez #Meta, les dirigeants ont taillé dans les divisions annexes pour se concentrer sur le cœur du business.

    De son côté, Amazon, par exemple, avait embauché à tour de bras pendant la pandémie pour répondre à l’explosion de la demande : son personnel mondial a doublé entre début 2020 et début 2022. D’après le New York Times, les postes visés par les réductions d’effectifs seront situés dans le département Amazon Devices (les appareils électroniques équipés de l’assistant vocal #Alexa ou encore les liseuses #Kindle ), dans la division de vente au détail, ainsi que dans les ressources humaines.

  • Avec 8 dollars, il crée un compte certifié sur Twitter et fait perdre 16 milliards de dollars aux actions de la compagnie pharmaceutique Eli Lilly (qui se gave en vendant trés trés cher de l’insuline). Ouest France

    Un tweet annonçant que l’insuline était désormais gratuite a lourdement fait baisser le cours de bourse de la société Eli Lilly. Il émanait d’un compte affichant le badge bleu « certifié », qui avait été acheté pour huit dollars (7,70 €). Une imposture rendue possible par un service récemment proposé par Elon Musk, le nouveau patron de Twitter… et aussitôt stoppé.

    Cette « blague » a provoqué un effondrement du cours de l’action en Bourse, faisant fondre la capitalisation boursière du groupe de 16 milliards de dollars, avant le démenti du groupe. Depuis, le cours de l’action est remonté, mais n’a pas atteint son niveau d’avant l’affaire, comme le montre le graphique ci-dessous issu du site Boursorama.

    https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/MjAyMjExNjkyM2IzN2MxNmJhYzRiMTM3ZTcxZjI5YmYxMDNmYjE?width=630&foc

    Eli Lilly est l’un des leaders mondiaux de l’insuline, avec Novo Nordisk et Sanofi.

    #twitter #insuline #Eli_Lilly #santé #diabète #insuline #diabète_sucré #médecine #big_pharma #mdr #artivisme #bourse

    Source : https://www.ouest-france.fr/high-tech/twitter/le-tweet-d-un-imposteur-penalise-le-cours-de-bourse-du-groupe-pharmaceu

  • #mastodon, #fin de (première) partie ?
    https://framablog.org/2022/11/12/mastodon-fin-de-premiere-partie

    L’afflux récent d’inscriptions sur Mastodon, sous forme de vague inédite de cette ampleur, a largement retenti dans les médias. Beaucoup se sont penchés sur le réseau social fédéré avec une curiosité nouvelle, pour expliquer (parfois de façon maladroite ou fragmentaire, … Lire la suite­­

    #Fédération #Internet_et_société #Libres_Logiciels #Libres_Services #Tales_of_Fediverse #ActivityPub #anarchisme #deuil #Entraide #Fediverse #migration #musk #reseaux_sociaux #Twitter

    • Comme lorsque vous êtes assis dans un wagon tranquille, discutant doucement avec quelques amis, et qu’une bande entière de supporters de football monte à la gare de Jolimont après la défaite de leur équipe. Ils n’ont pas l’habitude de prendre le train et ne connaissent pas le protocole. Ils supposent que tout le monde dans le train était au match ou du moins suit le football. Ils se pressent aux portes et se plaignent de la configuration des sièges.

      Ce n’est pas entièrement la faute des personnes de Twitter. On leur a appris à se comporter d’une certaine manière. À courir après les likes et les retweets. À se mettre en valeur. À performer. Tout ce genre de choses est une malédiction pour la plupart des personnes qui étaient sur Mastodon il y a une semaine.

    • Cet article pose la question de la publicité des contenus publiés sur Mastodon et du consentement nécessaire dans le cas de republication, comme pour les blogs en fait, et à la différence des réseaux sociaux comme Twitter ou Facebook où les usagers ont accepter par défaut de se dépouiller de leur propriété intellectuelle et leur droit moral sur leurs contenu. J’utilise le terme de propriété intellectuelle mais ce n’est pas celui utilisé dans le texte, peut être une traduction abusive de ma part. Hugh Rundle fait référence à des normes implicites et à un anarchisme de ces outils permettant la publication de contenu et la conversation à un rythme lent et avec un nombre modéré d’utilisateurs qui, à l’origine, ne souhaitaient pas être contrôlés.
      La critique acerbe des pratiques extractivistes visant à augmenter l’audience et en profiter mais aussi des pratiques universitaires produisant du savoir à partir de l’appropriation non-consentie de contenu m’interpellent particulièrement.
      Les usagers de @seenthis Seenthis, pour leur part, peuvent choisir le régime de propriété intellectuelle souhaitée : personnellement c’est CC/BY/NC/SA et c’est peut être une option que devrait proposer explicitement les instances Mastodon. En tout cas, je réalise l’importance d’avoir explicité ces termes de partage sur @seenthis.

      Personne n’a pensé à me demander si je le voulais.

      Jusqu’à cette semaine, je n’avais pas vraiment compris – vraiment apprécié – à quel point les systèmes de publication des entreprises orientent le comportement des gens. Twitter encourage une attitude très extractive de la part de tous ceux qu’il touche. Les personnes qui ont republié mes articles sur Mastodon sur Twitter n’ont pas pensé à me demander si j’étais d’accord pour qu’ils le fassent. Les bibliothécaires qui s’interrogent bruyamment sur la manière dont ce “nouvel” environnement de médias sociaux pourrait être systématiquement archivé n’ont demandé à personne s’ils souhaitaient que leurs pouets sur le Fediverse soient capturés et stockés par les institutions gouvernementales. Les universitaires qui réfléchissent avec enthousiasme à la manière de reproduire leurs projets de recherche sur Twitter sur un nouveau corpus de pouets “Mastodon” n’ont pas pensé à se demander si nous voulions être étudiés par eux. Les personnes créant, publiant et demandant des listes publiques de noms d’utilisateurs Mastodon pour certaines catégories de personnes (journalistes, universitaires dans un domaine particulier, activistes climatiques…) ne semblaient pas avoir vérifié si certaines de ces personnes se sentait en sécurité pour figurer sur une liste publique. Ils ne semblent pas avoir pris en compte le fait qu’il existe des noms pour le type de personne qui établit des listes afin que d’autres puissent surveiller leurs communications. Et ce ne sont pas des noms sympathiques.

      Les outils, les protocoles et la culture du Fediverse ont été construits par des féministes trans et queer. [...] Néanmoins, les principes de base ont été maintenus jusqu’à présent : la culture et les systèmes techniques ont été délibérément conçus sur des principes de consentement, d’organisation et de sécurité communautaires. Bien qu’il y ait certainement des améliorations à apporter à Mastodon en termes d’outils de modération et de contrôle plus fin des publications, elles sont en général nettement supérieures à l’expérience de Twitter. Il n’est guère surprenant que les personnes qui ont été la cible de trolls fascistes pendant la plus grande partie de leur vie aient mis en place des protections contre une attention non désirée lorsqu’elles ont créé une nouvelle boîte à outils pour médias sociaux. Ce sont ces mêmes outils et paramètres qui donnent beaucoup plus d’autonomie aux utilisateurs qui, selon les experts, rendent Mastodon « trop compliqué ».

      Si les personnes qui ont construit le Fediverse cherchaient généralement à protéger les utilisateurs, les plateformes d’entreprise comme Twitter cherchent à contrôler leurs utilisateurs. Twitter revendique la juridiction sur tout le « contenu » de la plateforme. Les plaintes les plus vives à ce sujet proviennent de personnes qui veulent publier des choses horribles et qui sont tristes lorsque la bureaucratie de Twitter finit, parfois, par leur dire qu’elles n’y sont pas autorisées. Le vrai problème de cet arrangement, cependant, est qu’il modifie ce que les gens pensent du consentement et du contrôle de nos propres voix. Les universitaires et les publicitaires qui souhaitent étudier les propos, les graphiques sociaux et les données démographiques des utilisateurs de Twitter n’ont qu’à demander la permission à la société Twitter. Ils peuvent prétendre que, légalement, Twitter a le droit de faire ce qu’il veut de ces données et que, éthiquement, les utilisateurs ont donné leur accord pour que ces données soient utilisées de quelque manière que ce soit lorsqu’ils ont coché la case « J’accepte » des conditions de service. Il s’agit bien sûr d’une idiotie complète (les Condition Générales d’Utilisation sont impénétrables, changent sur un coup de tête, et le déséquilibre des pouvoirs est énorme), mais c’est pratique. Les chercheurs se convainquent donc qu’ils y croient, ou bien ils s’en fichent tout simplement.

      #extractivisme #université #recherche #propriété_intellectuelle #anarchisme #consentement

  • Here’s how a Twitter engineer says it will break in the coming weeks | MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/2022/11/08/1062886/heres-how-a-twitter-engineer-says-it-will-break-in-the-coming-weeks/?truid=a497ecb44646822921c70e7e051f7f1a

    One insider says the company’s current staffing isn’t able to sustain the platform.
    By

    Chris Stokel-Walker
    November 8, 2022

    On November 4, just hours after Elon Musk fired half of the 7,500 employees previously working at Twitter, some people began to see small signs that something was wrong with everyone’s favorite hellsite. And they saw it through retweets.

    Twitter introduced retweets in 2009, turning an organic thing people were already doing—pasting someone else’s username and tweet, preceded by the letters RT—into a software function. In the years since, the retweet and its distant cousin the quote tweet (which launched in April 2015) have become two of the most common mechanics on Twitter.

    But on Friday, a few users who pressed the retweet button saw the years roll back to 2009. Manual retweets, as they were called, were back.

    The return of the manual retweet wasn’t Elon Musk’s latest attempt to appease users. Instead, it was the first public crack in the edifice of Twitter’s code base—a blip on the seismometer that warns of a bigger earthquake to come.

    A massive tech platform like Twitter is built upon very many interdependent parts. “The larger catastrophic failures are a little more titillating, but the biggest risk is the smaller things starting to degrade,” says Ben Krueger, a site reliability engineer who has more than two decades of experience in the tech industry. “These are very big, very complicated systems.” Krueger says one 2017 presentation from Twitter staff includes a statistic suggesting that more than half the back-end infrastructure was dedicated to storing data.

    While many of Musk’s detractors may hope the platform goes through the equivalent of thermonuclear destruction, the collapse of something like Twitter happens gradually. For those who know, gradual breakdowns are a sign of concern that a larger crash could be imminent. And that’s what’s happening now.
    It’s the small things

    Whether it’s manual RTs appearing for a moment before retweets slowly morph into their standard form, ghostly follower counts that race ahead of the number of people actually following you, or replies that simply refuse to load, small bugs are appearing at Twitter’s periphery. Even Twitter’s rules, which Musk linked to on November 7, went offline temporarily under the load of millions of eyeballs. In short, it’s becoming unreliable.

    Estimates from Bot Sentinel suggest that more than 875,000 users deactivated their accounts between October 27 and November 1, while half a million more were suspended.

    “Sometimes you’ll get notifications that are a little off,” says one engineer currently working at Twitter, who’s concerned about the way the platform is reacting after vast swathes of his colleagues who were previously employed to keep the site running smoothly were fired. (That last sentence is why the engineer has been granted anonymity to talk for this story.) After struggling with downtime during its “Fail Whale” days, Twitter eventually became lauded for its team of site reliability engineers, or SREs. Yet this team has been decimated in the aftermath of Musk’s takeover. “It’s small things, at the moment, but they do really add up as far as the perception of stability,” says the engineer.

    The small suggestions of something wrong will amplify and multiply as time goes on, he predicts—in part because the skeleton staff remaining to handle these issues will quickly burn out. “Round-the-clock is detrimental to quality, and we’re already kind of seeing this,” he says.

    Twitter’s remaining engineers have largely been tasked with keeping the site stable over the last few days, since the new CEO decided to get rid of a significant chunk of the staff maintaining its code base. As the company tries to return to some semblance of normalcy, more of their time will be spent addressing Musk’s (often taxing) whims for new products and features, rather than keeping what’s already there running.

    This is particularly problematic, says Krueger, for a site like Twitter, which can have unforeseen spikes in user traffic and interest. Krueger contrasts Twitter with online retail sites, where companies can prepare for big traffic events like Black Friday with some predictability. “When it comes to Twitter, they have the possibility of having a Black Friday on any given day at any time of the day,” he says. “At any given day, some news event can happen that can have significant impact on the conversation.” Responding to that is harder to do when you lay off up to 80% of your SREs—a figure Krueger says has been bandied about within the industry but which MIT Technology Review has been unable to confirm. The Twitter engineer agreed that the percentage sounded “plausible.”

    That engineer doesn’t see a route out of the issue—other than reversing the layoffs (which the company has reportedly already attempted to roll back somewhat). “If we’re going to be pushing at a breakneck pace, then things will break,” he says. “There’s no way around that. We’re accumulating technical debt much faster than before—almost as fast as we’re accumulating financial debt.”
    The list grows longer

    He presents a dystopian future where issues pile up as the backlog of maintenance tasks and fixes grows longer and longer. “Things will be broken. Things will be broken more often. Things will be broken for longer periods of time. Things will be broken in more severe ways,” he says. “Everything will compound until, eventually, it’s not usable.”

    Twitter’s collapse into an unusable wreck is some time off, the engineer says, but the telltale signs of process rot are already there. It starts with the small things: “Bugs in whatever part of whatever client they’re using; whatever service in the back end they’re trying to use. They’ll be small annoyances to start, but as the back-end fixes are being delayed, things will accumulate until people will eventually just give up.”

    Krueger says that Twitter won’t blink out of life, but we’ll start to see a greater number of tweets not loading, and accounts coming into and out of existence seemingly at a whim. “I would expect anything that’s writing data on the back end to possibly have slowness, timeouts, and a lot more subtle types of failure conditions,” he says. “But they’re often more insidious. And they also generally take a lot more effort to track down and resolve. If you don’t have enough engineers, that’s going to be a significant problem.”

    The juddering manual retweets and faltering follower counts are indications that this is already happening. Twitter engineers have designed fail-safes that the platform can fall back on so that the functionality doesn’t go totally offline but cut-down versions are provided instead. That’s what we’re seeing, says Krueger.

    Alongside the minor malfunctions, the Twitter engineer believes that there’ll be significant outages on the horizon, thanks in part to Musk’s drive to reduce Twitter’s cloud computing server load in an attempt to claw back up to $3 million a day in infrastructure costs. Reuters reports that this project, which came from Musk’s war room, is called the “Deep Cuts Plan.” One of Reuters’s sources called the idea “delusional,” while Alan Woodward, a cybersecurity professor at the University of Surrey, says that “unless they’ve massively overengineered the current system, the risk of poorer capacity and availability seems a logical conclusion.”
    Brain drain

    Meanwhile, when things do go kaput, there’s no longer the institutional knowledge to quickly fix issues as they arise. “A lot of the people I saw who were leaving after Friday have been there nine, 10, 11 years, which is just ridiculous for a tech company,” says the Twitter engineer. As those individuals walked out of Twitter offices, decades of knowledge about how its systems worked disappeared with them. (Those within Twitter, and those watching from the sidelines, have previously argued that Twitter’s knowledge base is overly concentrated in the minds of a handful of programmers, some of whom have been fired.)

    To be fair, it was already aging out of relevance before Musk took over.

    Unfortunately, teams stripped back to their bare bones (according to those remaining at Twitter) include the tech writers’ team. “We had good documentation because of [that team],” says the engineer. No longer. When things go wrong, it’ll be harder to find out what has happened.

    Getting answers will be harder externally as well. The communications team has been cut down from between 80 and 100 to just two people, according to one former team member who MIT Technology Review spoke to. “There’s too much for them to do, and they don’t speak enough languages to deal with the press as they need to,” says the engineer.

    When MIT Technology Review reached out to Twitter for this story, the email went unanswered.

    Musk’s recent criticism of Mastodon, the open-source alternative to Twitter that has piled on users in the days since the entrepreneur took control of the platform, invites the suggestion that those in glass houses shouldn’t throw stones. The Twitter CEO tweeted, then quickly deleted, a post telling users, “If you don’t like Twitter anymore, there is awesome site [sic] called Masterbatedone [sic].” Accompanying the words was a physical picture of his laptop screen open on Paul Krugman’s Mastodon profile, showing the economics columnist trying multiple times to post. Despite Musk’s attempt to highlight Mastodon’s unreliability, its success has been remarkable: nearly half a million people have signed up since Musk took over Twitter.

    It’s happening at the same time that the first cracks in Twitter’s edifice are starting to show. It’s just the beginning, expects Krueger. “I would expect to start seeing significant public-facing problems with the technology within six months,” he says. “And I feel like that’s a generous estimate.”
    by Chris Stokel-Walker

    #Twitter #Equipe_technique

  • Après le rachat d’Elon Musk, la semaine de l’enfer sur Twitter
    https://www.ladn.eu/media-mutants/apres-rachat-elon-musk-semaine-enfer-twitter


    Dessin de Sié pour #Urtikan.net
    https://www.urtikan.net/dessin-du-jour/le-milliardaire-elon-musk-a-pris-le-controle-de-twitter

    La semaine qui a suivi l’annonce officielle du rachat de #Twitter par Elon Musk vous a semblé chaotique et confuse ? On récapitule les points clés.

  • #liste des #géographes qui sont passés sur #Mastodon après l’annonce du rachat de #twitter par #Elon_Musk

    Since the regime change at Twitter there’s been a steady of stream of folks trying out Mastodon as an alternative. Mastodon is Twitter-like but is also very much its own platform, consisting of a federation of interlinked ‘instances’. As a newbie you select and join an ‘instance’, which makes a difference as to what posts (‘toots’) are viewed (there are 3 levels of viewing posts: home, posts by people you follow; local, posts by people in your instance; federated, posts from across the whole network that have link with your instance). Toots appear in chronological order rather than being sorted by algorithm. The instance someone belongs to is identifiable by their username and address (in my case @mastodon.social). See the Mastodon quick set guide for more info.

    Within a couple of days of setting up I was following a couple of hundred folks and had a similar number of followers, many of whom I knew from Twitter. Quite a few of these are geographers, though I’m sure there are many more than this list, which is designed to help folk find each other and start conversations.

    https://progcity.maynoothuniversity.ie/2022/11/mastodon-geographers

    et ici :
    https://lejun.codeberg.page/Mastodon-Geography

    #Musk #réseaux_sociaux #géographie

  • Musk orders Twitter staff to work day and night on ‘blue tick’ charge | Financial Times
    https://www.ft.com/content/ad4efd13-3e9e-4e76-968e-6d27b2c9346a?segmentId=2fbd1a9a-c8e3-7947-12ce-2a70795f5

    Elon Musk has ordered Twitter staff to work round the clock to implement a charge on users to keep their verified “blue tick”, as the new owner of the social media company seeks to stamp his mark on the business.

    The renewed push into subscription revenues comes as Twitter braces itself for a potential backlash from advertisers, as Musk considers loosening content moderation controls. On Monday, the Global Alliance for Responsible Media (GARM), a marketing industry group set up by the World Federation of Advertisers, warned Musk that keeping the platform free of inappropriate material was “non-negotiable”.

    Advertising made up more than 90 per cent of Twitter’s revenues in its last reported figures as a public company. Before Musk’s arrival, efforts were made to persuade users to pay $4.99 a month to subscribe to Twitter Blue, which enables them to access exclusive features including an edit button.

    Musk is said to want to increase the pricing of Twitter Blue and make it a condition of having a verified profile, signified by a blue tick next to a user’s name, on the social media platform. Hundreds of thousands of Twitter users have been verified, including big brands and corporate accounts, as well as celebrities and journalists. However, Twitter Blue is only available to users in the US, Canada, Australia, and New Zealand at the moment.

    Employees at Twitter have been working “24/7” to deliver Musk’s vision for verification, said two senior staff members. One person added that teams were told it was of the “utmost gravity”.

    Musk said in a tweet on Sunday that “the whole verification process is being revamped right now”.

    Twitter did not respond to a request for comment.

    One person familiar with Musk’s thinking ahead of completing the $44bn purchase of the social media site said several pricing options had been discussed, including $9.99 and $14.99 a month, adding that different groups of users could be asked to test pricing models.

    #Twitter #Elon_Musk #Blue_Tick

  • Le PSG a mis en place « une armée de trolls » pour nuire à des personnalités, selon mediapart Le temps - afp

    Le PSG a chargé une agence de communication, entre 2018 et 2020, de créer de faux comptes Twitter pour mener des campagnes hostiles contre des cibles du club de la capitale, a révélé mercredi Mediapart.

    Selon le journal en ligne qui publie un rapport de la société Digital Big Brother (DBB), immatriculée à Barcelone et contrôlée par l’homme d’affaires franco-tunisien Lotfi Bel Had, cette agence a déployé « une armée de trolls » au service du club détenu par le Qatar pour discréditer des personnalités, des journalistes et même des joueurs de l’équipe.

    Parmi les cibles privilégiées figuraient, selon le rapport, « des médias jugés hostiles au PSG comme mediapart et L’Équipe , le supporter giflé par Neymar (après la défaite du PSG en finale de la Coupe de France 2019, ndlr), la jeune fille qui a accusé la star brésilienne de viol, mais aussi des personnalités du club comme le joueur Adrien Rabiot et l’ancien directeur sportif Antero Henrique ». Mediapart indique que la star parisienne Kylian Mbappé a également été « égratignée ».

    Selon le rapport de DBB consulté par Mediapart, qui fait le bilan de son activité pour le compte du PSG pour la saison 2018/2019, l’armée numérique au service du club de la capitale « était supervisée par le service communication du PSG, dirigé à l’époque par Jean-Martial Ribes ». Ce dernier a quitté le club en mai dernier pour le service de communication d’une filiale du géant du luxe LVMH. La stratégie s’articulait autour d’un compte « de référence », Paname Squad, qui se présente sur Twitter comme un « collectif de passionnés du Paris Saint-Germain ».

    Le PSG dément
    Contacté, le PSG a démenti « fermement les allégations de Mediapart ». « Le PSG est une marque internationale qui travaille en permanence avec des agences de social media partout dans le monde pour promouvoir et célébrer les réalisations du club, de ses collaborateurs et de ses partenaires, comme toutes les entreprises. Le club n’a jamais contracté avec une agence pour nuire à qui que ce soit », a ajouté le PSG.

    Une source ayant connaissance de cette collaboration a confirmé que le PSG avait bien fait appel à la société DBB, mais réfuté toute demande d’attaque de la part du club contre des joueurs ou des personnalités.

    Cette affaire rappelle celle qui a impliqué l’ex-président du FC Barcelone, Josep Maria Bartomeu. Début 2020, une opération similaire avait été dévoilée par la presse, surnommée depuis le « Barçagate ». Le FC Barcelone, alors dirigé par Bartomeu, avait payé l’entreprise I3 Ventures pour qu’elle améliore l’image de la direction dans l’opinion publique, au travers de dizaines de faux-comptes sur les réseaux sociaux.

    L’image de plusieurs personnalités du football hostiles à la direction de l’époque avait été attaquée : certains joueurs du FC Barcelone comme Gerard Piqué ou Lionel Messi, d’anciens joueurs comme Carles Puyol, Xavi ou Pep Guardiola, des concurrents à la direction comme Joan Laporta et même des figures politiques comme Carles Puigdemont. Le 1er mars 2021, la police catalane avait mené une perquisition dans les bureaux du Barça, Bartomeu et son bras droit avaient été arrêtés.

    Source : https://www.letemps.ch/sport/psg-mis-place-une-armee-trolls-nuire-personnalites-selon-mediapart
    #football #twitter #facebook #france #politique #censure #internet #réseaux_sociaux #trolls #troll #manipulation #harcèlement #seenthis #blogger #armée_numérique #manipulation

    • Nombre de lectures, commentaires, partages . . . . tout est à vendre sur les réseaux sociaux.

      il y a des acheteurs, et des acheteuses. Exemple : olivia gregoire, ministre de macron et porte parole du gouvernement dirigeait 1’agence de com lobbyiste produisant en masse de faux articles arrangeant les milliardaires, leurs intérêts et diffamant leurs opposants

  • Twitter : Halte à la censure politique !

    Twitter est souvent le théâtre de polémiques violentes, où l’insulte le dispute à l’injure et côtoie la diffamation. Il est donc normal que la plateforme veille à faire respecter des règles empêchant ces dérives.

    Ce qui n’est pas normal, c’est que Twitter France en profite pour imposer une censure politique liberticide. Or de nombreux utilisateurs se plaignent d’interventions de plus en plus nombreuses suivies de sanctions souvent arbitraires, allant jusqu’au blocage temporaire et même à la suspension définitive des comptes.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/09/11/twitter-halte-a-la-censure-politique

    #politique #censure #twitter

  • Une campagne d’ingérence étrangère proaméricaine démantelée sur Twitter et Facebook Jeff Yates - Radio Canada
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1907927/ingerence-etrangere-americaine-moyen-orient-iran-asie-centale-faceb

    L’opération était gérée depuis les États-Unis, mais il n’est pas possible de savoir si le gouvernement se cache derrière.

    Des chercheurs ont détecté une campagne clandestine sur les réseaux sociaux visant à promouvoir les intérêts des États-Unis et à alimenter la méfiance envers leurs adversaires, selon un nouveau rapport publié mercredi https://fsi.stanford.edu/news/sio-aug-22-takedowns .

    Cette campagne clandestine, active depuis 2017, visait à influencer les utilisateurs de réseaux sociaux habitant en Asie centrale, en Iran, en Afghanistan et au Moyen-Orient. À l’aide de faux comptes se faisant passer pour des médias et des habitants locaux, la campagne cherchait à attiser le ressentiment envers la Russie, l’Iran et la Chine. Près de la moitié des comptes visaient la population iranienne.

    Les chercheurs, travaillant pour la firme d’analyse des réseaux sociaux Graphika, ainsi que pour l’Observatoire de l’Internet de l’Université Stanford, jugent qu’il s’agit de “la plus vaste opération d’influence pro-occidentale sur les réseaux sociaux jamais analysée par des chercheurs œuvrant dans le renseignement d’origine sources ouvertes (open source)”.

    En tout, l’équipe a analysé près de 300 000 tweets provenant de 146 faux comptes Twitter, ainsi que 39 faux comptes, 16 pages, 2 groupes sur Facebook et 26 comptes Instagram. Les chercheurs ont aussi trouvé des faux comptes associés sur d’autres réseaux sociaux de langue russe. Selon leur analyse, tous ces faux comptes agissaient de façon coordonnée.

    Meta, l’entreprise qui détient Facebook et Instagram, et Twitter ont supprimé l’entièreté du réseau et affirment que ces faux comptes auraient été gérés depuis les États-Unis. Ni ces entreprises ni les chercheurs ne peuvent dire avec certitude qui est derrière cette campagne.

    Les chercheurs notent toutefois qu’une version archivée d’un des faux comptes montre que celui-ci indiquait en 2021 appartenir à CENTCOM, le commandement central des États-Unis, responsable des opérations militaires au Moyen-Orient et en Asie centrale, entre autres.

    Le réseau a même utilisé des portraits générés par l’intelligence artificielle pour créer des faux profils plus réalistes. Ces comptes ont répandu des articles provenant de sites web de faux médias locaux, des caricatures, ainsi que des pétitions comportant un message pro-occidental.

    Quelques faux profils appartenant au réseau et visant le Moyen-Orient. Les photos de profil ont été créées à l’aide de l’intelligence artificielle. Photo : Graphika/Stanford University

    Peu après le début de l’invasion russe de l’Ukraine, plusieurs de ceux-ci ont cherché à dépeindre la Russie comme étant un agresseur et à mettre l’accent sur les atrocités alléguées commises par les soldats russes.

    “Jusqu’à maintenant, presque toute la recherche sur les opérations d’influence se penchait sur des activités liées à des régimes autoritaires. Notre rapport offre un des premiers regards sur une opération clandestine proaméricaine sur les réseaux sociaux”, juge Shelby Grossman, qui fait partie des auteurs du rapport et chercheuse à l’Observatoire de l’Internet de Stanford.

    Elle et ses collègues soulignent que la campagne était relativement de piètre qualité. Certains textes étaient par exemple traduits de l’anglais au russe de façon approximative. Les publications de ces faux comptes ont généré peu d’engouement chez les populations visées. Le tweet moyen associé à cette campagne a reçu 0,49 j’aime et 0,02 retweet, fait remarquer Mme Grossman. . . . . . . .

    #USA #CIA #twitter #facebook #méta #manipulation #algorithmes #réseaux_sociaux #ia #intelligence_artificielle #pétitions #influenceurs #influenceuses #centcom #médias #ukraine

  • Une brasserie inondée de messages de haine après le passage de justin trudeau Gabrielle Drumond - radio-canada.ca
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1901950/brasserie-lone-oak-commentaires-justin-trudeau-visite-ipe

    Une microbrasserie de l’Île-du-Prince-Édouard a retiré des photos de Justin Trudeau de ses pages de réseaux sociaux après une avalanche de commentaires haineux.

    Le premier ministre du Canada était de passage à l’Île-du-Prince-Édouard vendredi dernier pour rencontrer des gens de la communauté. Le politicien a déjeuné à la microbrasserie Lone Oak durant la journée.

    Les photos du personnel de cet établissement avec le politicien ont été publiées sur les réseaux sociaux et ont suscité de la grogne chez certains usagers de ces plateformes.

    De nombreux commentaires étaient extrêmement négatifs et parfois vulgaires, ce qui a incité la direction de l’établissement à retirer les photos, selon Jared Murphy, copropriétaire et président-directeur général de cette microbrasserie.

    Des menaces contre la brasserie figurent parmi les commentaires.

    « En quelques heures, nous avons reçu des milliers de commentaires, des centaines de messages privés et des appels téléphoniques à la brasserie. »

    Selon Jared Murphy, la campagne contre son établissement n’a pas encore eu d’effet sur l’achalandage.

    Il déplore néanmoins le fait que la cote d’évaluation de son entreprise sur les réseaux sociaux ait radicalement baissé depuis le passage de Justin Trudeau.

    “Cela pourrait avoir un impact négatif sur notre entreprise, ce qui est vraiment très décevant à voir”, ajoute-t-il.

    Pourtant, le député libéral de Malpeque, Heath MacDonald, explique que le but du passage du premier ministre était d’aider une petite entreprise.

    La microbrasserie n’a ouvert ses portes qu’à la mi-mai.

    Polarisation sur les réseaux sociaux
    Pour le député fédéral de Charlottetown, Sean Casey, les propriétaires de la microbrasserie Lone Oak ont été victimes d’un phénomène bien connu depuis quelques années.

    « C’est un signe de la situation dans notre société et de la polarisation des points de vue. »

    Des commentaires négatifs envers Justin Trudeau ne sont pas une nouveauté, selon ce député libéral.

    “On voit presque quotidiennement sur les réseaux sociaux la haine qui est dirigée envers le premier ministre”, ajoute-t-il.

    Selon Sean Casey, il s’agit néanmoins de la première fois qu’une telle situation se produit dans les provinces de l’Atlantique.

    Le député de Charlottetown, Sean Casey, rappelle que le bureau du premier ministre du Canada doit composer avec des commentaires haineux tous les jours (archives).

    Le député fédéral reconnaît qu’une partie de la population pourrait être insatisfaite de la gestion de Justin Trudeau en ce moment, notamment en raison du haut taux d’inflation à l’Île-du-Prince-Édouard, le plus élevé au pays.

    “Il y a une volonté de le blâmer pour les problèmes internationaux qui frappent aussi au Canada, notamment l’inflation, par exemple”, explique Sean Casey.

    Néanmoins, cette situation ne justifie pas ces propos haineux, dit-il.

    “Ce n’est pas logique, mais c’est très facile de blâmer une seule personne qu’on n’aime pas pour tous les problèmes qu’on a”, précise le député libéral en soulignant que le bureau du premier ministre du Canada doit composer avec ce type de situation, notamment la circulation de fausses nouvelles à propos du politicien.

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  • Prédire les flux migratoires grâce à l’intelligence artificielle, le pari risqué de l’Union européenne
    https://disclose.ngo/fr/article/union-europeenne-veut-predire-les-flux-migratoires-grace-a-lintelligence-a

    Depuis plusieurs mois, l’Union européenne développe une intelligence artificielle censée prédire les flux migratoires afin d’améliorer l’accueil des migrants sur son sol. Or, selon plusieurs documents obtenus par Disclose, l’outil baptisé Itflows pourrait vite se transformer en une arme redoutable pour contrôler, discriminer et harceler les personnes cherchant refuge en Europe. Lire l’article

    • C’est un logiciel qui pourrait sa place dans une dystopie. Une intelligence artificielle capable de compiler des milliers de données afin de prédire des flux migratoires et identifier les risques de tensions liées à l’arrivée de réfugiés aux frontières de l’Europe. Son nom : Itflows, pour « outils et méthodes informatiques de gestion des flux migratoires ». Financé à hauteur de 5 millions d’euros par l’Union européenne et développé par un consortium composé d’instituts de recherche, d’une société privée (Terracom) et d’organisations caritatives, Itflows qui est en phase de test devrait rentrer en service à partir d’août 2023. Et ce, malgré des alertes répétées quant aux risques de détournement de ses capacités prédictives à des fins de contrôle et de restrictions des droits des réfugiés sur le sol européen.

      Encore méconnu, ce programme doit venir compléter un dispositif technologique destiné à la surveillance des frontières, notamment espagnoles, italiennes et grecques. Financé sur le budget d’« Horizon 2020 », le programme de recherche et d’innovation de l’Union européenne, Itflows s’ajoutera alors aux drones de surveillance autonome, aux détecteurs de mensonges dans les zones de passages ou à l’utilisation de logiciels d’extraction de données cellulaires.

      D’après notre enquête, les deux ONG contribuent à nourrir l’intelligence artificielle de Itflows en lui fournissant des informations précieuses. Des données directement issues d’entretiens réalisés dans des camps de réfugiés, auprès de Nigérians, de Maliens, d’Érythréens ou encore de Soudanais. Il pourra s’agir d’éléments liés à l’origine ethnique, l’orientation sexuelle ou encore la religion des personnes interrogées. Pour leur contribution, les branches italiennes de la Croix-Rouge et d’Oxfam ont respectivement reçu 167 000 euros et 116 000 euros de fonds publics européens.

      « Nous avons contribué à réaliser trente entretiens de migrants arrivés en Italie au cours des six dernières années », confirme la Croix rouge Italie, sollicitée par Disclose. Une fois analysées, puis rendues accessibles via une application baptisée EUMigraTool, ces informations serviront aux autorités italiennes dans leur analyse « des routes migratoires et des raisons qui poussent les gens à faire le voyage », ajoute l’association. Même son de cloche du côté de Oxfam Italie, qui salue l’intérêt pour « les responsables politiques des pays les plus exposés aux flux migratoires. » Les dirigeants pourront également s’appuyer sur l’analyse des risques politiques liés à l’arrivée de migrants sur leur sol. Le projet inclut en effet la possibilité d’étudier l’opinion publique dans certains pays européens vis-à-vis des migrants à travers une veille sur le réseau social Twitter.
      Des rapports internes alarmants

      En réalité, les risques de détournement du programme existent bel et bien. C’est ce que révèlent des rapports internes (https://www.documentcloud.org/projects/logiciel-itflows-208987) au consortium que Disclose a obtenu à la suite d’une demande d’accès à des documents administratifs. Lesdits rapports, datés de janvier et juin 2021, ont été rédigés par les membres du comité éthique du projet Itflows. Leurs conclusions sont alarmantes. Le premier document, une somme de 225 pages, révèle que « le consortium Itflows est pleinement conscient des risques et des impacts potentiels en matière de droits de l’homme, que les activités de recherche empirique sur les migrations (…) et les développements technologiques prévus dans le projet peuvent poser ». Plus loin, les auteurs enfoncent le clou. Selon eux, les informations fournies par l’algorithme pourraient servir, si elles devaient être utilisées « à mauvais escient », à « stigmatiser, discriminer, harceler ou intimider des personnes, en particulier celles qui sont vulnérables comme les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile ».

      Cinq mois plus tard, le comité éthique rend un second rapport. Il détaille un peu plus le danger : « Les États membres pourraient utiliser les données fournies pour créer des ghettos de migrants » ; « risque d’identification physique des migrants » ; « discrimination sur la base de la race, du genre, de la religion, de l’orientation sexuelle, d’un handicap ou de l’âge » ; « risque que les migrants puissent être identifiés et sanctionnés pour irrégularités ». Et le régulateur d’alerter sur un autre péril : la poussée des « discours de haine » que pourrait induire une éventuelle diffusion des prédictions du logiciel dans « les zones où les habitants sont informés de déplacements » de populations.
      L’Europe fait la sourde oreille

      Des alertes qui ne semblent pas avoir été entendues. Comme en atteste un bilan dressé lors d’une réunion (https://www.documentcloud.org/documents/22120596-emt-symposium-agenda-16-sep-2021?responsive=1&title=1) en ligne le 16 septembre 2021 par la coordinatrice du comité éthique de Itflows, #Alexandra_Xanthaki, devant des responsables européens, dont #Zsuzsanna_Felkai_Janssen, rattachée à la direction générale des affaires intérieures de la Commission. « Nous avons passé six mois à travailler jour et nuit pour rédiger un rapport instaurant un cadre qui intègre les droits de l’homme », débute la responsable du comité éthique, selon un enregistrement que Disclose s’est procuré. Elle poursuit : « Il me semble pourtant que ce que disent les techniciens de l’équipe aujourd’hui c’est : nous n’en tenons pas compte ». Un manque de précaution qui inquiète jusqu’au sein du conseil d’administration d’Itflows. Joint par Disclose, Alexander Kjærum, analyste pour le conseil danois pour les réfugiés et membre du conseil de surveillance estime en effet qu’il existe « un risque important que des informations se retrouvent entre les mains d’États ou de gouvernements qui les utiliseront pour implanter davantage de barbelés le long des frontières. »

      Sollicitée, la coordinatrice du programme, #Cristina_Blasi_Casagran, assure que le logiciel « ne sera pas utilisé à mauvais escient ». Selon elle, Itflows « devrait même faciliter l’entrée des migrants [dans l’Union européenne] en permettant une meilleure affectation des ressources engagées dans l’#accueil ».

      #Frontex inquiète

      Un dernier point vient renforcer le risque d’un détournement du logiciel : l’intérêt de Frontex pour Iflows. D’après des documents internes, l’agence en charge de la surveillance des frontières de l’UE suit étroitement les avancées du programme. Jusqu’à y contribuer activement via la fourniture de données récoltées dans le cadre de ses missions. Or, depuis plusieurs années, l’agence européenne est régulièrement accusée d’expulsions illégales et de violations des droits de l’homme. Interrogée sur ce point, l’ONG Oxfam considère qu’il n’y a pas de risque de détournement du logiciel au profit de l’agence. La branche italienne de la Croix rouge déclare quant à elle que « la convention de subvention régissant la mise en œuvre du projet Itflows ne désigne pas Frontex comme utilisateur de l’outil, mais simplement comme source de données ouvertes ». En 2021, Frontex a élu l’interface Itflows parmi les projets d’Horizon 2020 au « potentiel opérationnel et innovant » le plus élevé.

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  • #Suisse : Nouvelle panne partielle des numéros d’urgence, notamment à Genève ats/asch
    https://www.rts.ch/info/regions/geneve/13243765-nouvelle-panne-partielle-des-numeros-durgence-notamment-a-geneve.html

    Le réseau Swisscom a connu jeudi après-midi une nouvelle panne entre 14h26 et 14h58. Le service a ensuite repris, a indiqué l’entreprise à Keystone-ATS. Les numéros d’urgence ont été partiellement touchés.

    Les appels depuis les téléphones mobiles n’ont pas pu reprendre. Un redémarrage est en cours. La cause est un problème de configuration, précise Swisscom. La panne a été entièrement levée vers 16h45.

    Les centrales d’urgence, notamment de Genève et de Bâle, ont été touchées. Le Service d’incendie et de secours (SIS) de Genève signalait des difficultés depuis 15h00 à atteindre les numéros d’urgence à partir de téléphones portables. En revanche, les appels sur des lignes fixes fonctionnent normalement.

    « Nous recommandons à la population d’utiliser les lignes fixes », a indiqué le lieutenant Nicolas Millot, porte-parole du SIS. L’inquiétude, pour les pompiers, est que des personnes n’arrivent pas à atteindre les urgences.

    #télécommunications #USA ? #Russie ? #Swisscom #Téléphonie #Urgences

    • Twitter inaccessible aux États-Unis et en Europe ce jeudi afp
      https://www.lessentiel.lu/fr/story/une-grosse-panne-sur-twitter-635133511225

      Une vaste panne a affecté temporairement jeudi l’accès au réseau social Twitter, notamment aux Etats-Unis et en Europe où plusieurs utilisateurs se sont retrouvés confrontés à un message d’erreur.

      L’étendue de la panne n’était pas immédiatement connue et la plateforme n’avait pas dans l’immédiat répondu à une sollicitation de l’AFP. Mais le site Downdetector a recensé près de 55 000 signalements d’internautes empêchés de se servir de la plateforme, les premiers étant apparus vers 13h50.

      Le site Downdetector a recensé près de 55 000 signalements d’internautes empêchés de se servir de Twitter, les premiers étant apparus vers 11H50 GMT. « Impossible de récupérer les tweets pour le moment. Veuillez ressayer ultérieurement », était-il affiché sur les comptes des utilisateurs.

      Elon Musk a fait marche arrière
      Le service semble avoir repris progressivement un peu plus d’une demi-heure après le début de la panne, des internautes en profitant pour se moquer gentiment du réseau. « Je viens d’avoir les 30 minutes les plus productives depuis des années. Et sinon, il semble que Twitter soit tombé en panne pendant 30 minutes », a ainsi écrit sur la plateforme @joelyagar.

      Des pannes perturbent régulièrement les plateformes numériques, les interruptions de service de longue durée restant l’exception. Cet accroc technique intervient à un moment sensible pour le groupe, qui a engagé cette semaine une bataille judiciaire avec Elon Musk.
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      #USA ? #Russie ? #twitter