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  • Covid-19 : la création d’un passeport vaccinal se heurterait à de nombreux obstacles juridiques
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/03/04/covid-19-la-creation-d-un-passeport-vaccinal-se-heurterait-a-de-nombreux-obs

    Covid-19 : la création d’un passeport vaccinal se heurterait à de nombreux obstacles juridiques.Si l’accès de tous aux vaccins n’est pas garanti, ce sésame pourrait constituer une rupture d’égalité. En outre, l’efficacité des vaccins dans la prévention de la transmission du virus n’est pas encore établie, souligne l’OMS. Sans remettre en cause la pertinence de la promotion de la vaccination contre le SARS-CoV-2, les juristes sont particulièrement inquiets des projets de passeport vaccinal, pour la circulation entre pays, et de « passe sanitaire », pour accéder à certains lieux comme les restaurants ou les cinémas. « Soumettre la liberté d’aller et de venir au fait d’avoir été vacciné alors que le vaccin n’est pas disponible pour tous constituerait une rupture d’égalité contraire à tous nos principes essentiels », analyse un haut magistrat spécialiste des questions de santé et de libertés publiques.
    Introduire une telle disposition dans la loi risquerait tout bonnement d’être censuré par le Conseil constitutionnel. « C’est un débat totalement prématuré à un moment où le vaccin est indisponible pour la majorité des gens », confirme Stéphanie Hennette-Vauchez, professeure de droit public à l’université Paris-Nanterre. Ce qui l’amène à soulever la question suivante : « Quelle sera la justification épidémiologique à mettre en place un tel passeport quand le vaccin sera entièrement disponible, quand 70 % ou 80 % de la population aura été vaccinée et que l’on aura atteint l’immunité collective ? »
    Indépendamment de cette question essentielle du moment où un tel sésame pourrait être obligatoire par rapport à l’état d’avancement de la campagne de vaccination, de nombreuses questions juridiques surgissent. Instaurer une telle entrave à la liberté de chacun ne peut se justifier que si l’objectif est légitime et la mesure proportionnée.
    Une vaccination obligatoire déguisée ?Or, en l’absence de certitudes scientifiques sur le fait que les vaccins permettent de ne plus être porteur du virus, conditionner l’accès à certains lieux n’apporte pas de sécurité en matière de prophylaxie. D’ailleurs, au siège de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on affirme aujourd’hui que « les autorités nationales et les voyagistes ne devraient pas introduire d’exigences de preuve de vaccination contre le Covid-19 pour les voyages internationaux comme condition de départ ou d’entrée. En effet, l’efficacité des vaccins dans la prévention de la transmission n’est pas encore établie et l’approvisionnement mondial en vaccins est limité ».
    Le président de la République et le premier ministre ont l’un et l’autre affirmé fin 2020 que le vaccin ne serait pas obligatoire, mais imposer un tel passeport pour accéder à des services culturels ou de loisirs s’apparenterait à une vaccination obligatoire déguisée. En soi, cela n’est pas contraire aux garanties des libertés. Le carnet de vaccination international pour la fièvre jaune est déjà indispensable pour voyager dans certains pays ou en Guyane, et des vaccins sont obligatoires pour les enfants.« Mais, à chaque fois que des juges se sont prononcés sur l’acceptabilité juridique d’une vaccination obligatoire, ils l’ont toujours conditionnée à des certitudes scientifiques établies, avec un recul sur les effets du vaccin en question et en considérant la gravité des maladies qu’il permet d’éviter. Ce qui n’est pas le cas. L’analogie avec ces vaccins obligatoires ne tient pas », conclut Mme Hennette-Vauchez. La protection d’un autre droit, le droit à la santé, n’est pas garantie par l’atteinte à la liberté que représenterait la vaccination obligatoire contre le Covid-19. Une telle disposition ne résisterait donc pas à l’examen de proportionnalité auquel se livre le Conseil constitutionnel.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#france#UE#vaccination#passeportvaccinal#circulation#frontiere#droit

  • Uber accused of using ’loaded questions’ in survey of drivers
    https://www.theguardian.com/technology/2021/mar/01/uber-accused-of-using-loaded-questions-in-drivers-survey

    Uber accused of using ’loaded questions’ in survey of drivers Unions say questions are designed to help get sympathetic changes in employment law Uber has been accused of using “loaded questions” in a consultation with drivers, after a landmark court ruling handed workers rights to improved conditions. The firm may have to pay out over £100m in compensation to 10,000 drivers, after the UK supreme court ruled last week they are entitled to holiday pay, a company pension and the national (...)

    #Uber #manipulation #procès #conducteur·trice·s #GigEconomy #travail

    https://i.guim.co.uk/img/media/317790170a584480cd7a99b42c9e6a1b77c0a8ab/0_144_6773_4067/master/6773.jpg

  • Les faux comptes #Twitter pro-Barkhane - Par Maurice Midena | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/articles/les-faux-comptes-anti-fake-news-de-barkhane

    En janvier 2020, les dirigeants du #G5 Sahel et de la #France se sont réunis lors du sommet de Pau pour redéfinir le cadre de leur coopération dans la lutte contre l’État islamique dans le Sahara. Alors que la présence militaire française était vivement critiquée au Sahel par les populations locales, une cellule de cyber-activistes a œuvré sur Twitter pour améliorer l’image de Barkhane en ligne, en marge du sommet palois. S’y mêlent des « vrais » comptes et des alias montés de toute pièce. Ainsi que des articles signés par de prétendus journalistes dans des médias africains. Selon les informations d’ASI, une agence de communication parisienne, Concerto, influente en Afrique, est derrière cette opération. L’état-major de l’armée française nie « tout lien contractuel » avec Concerto. Concerto dément avoir coordonné les faux comptes et affirme qu’ASI est l’objet d’une manipulation.

    [...]

    ASI a pu consulter des documents qui nous ont permis d’identifier une de ces « #usines_à_trolls » constituées en faveur de l’action française dans le Sahel. Une cellule de #cyber-activistes a ainsi été formée en Côte d’Ivoire, et a été coordonnée par une agence de communication parisienne, #Concerto. Cette cellule a œuvré de décembre 2019 à janvier 2020 en marge du sommet de Pau, qui réunissait la France et les dirigeants du #G5_Sahel (Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Tchad et Niger) en janvier 2020, afin de « redéfinir » l’action conjointe des armées française et locales dans le cadre de l’opération Barkhane. Cette opération d’e-activisme, intitulée « opération Terre-Sainte » par Concerto, avait pour but de mener une campagne anti fake news sur Twitter et Facebook, en faveur des #opérations militaires françaises dans le Sahel.

    [...]

    Outre les manifestations à Bamako, des étudiants nigériens ont déchiré un drapeau français en décembre 2019. Cette animosité n’est pas seulement le fait des citoyens lambda : elle circule également dans le plus hautes sphères. En juin 2019, le ministre de la Défense du #Burkina Faso, Chériff Sy, se déclarait « étonné » que la France n’ait pas réussi à « éradiquer cette bande de terroristes » et se demandait si elle n’avait pas « d’autres priorités », comme le racontait Jeune Afrique dans une longue enquête sur le sentiment anti-français dans le #Sahel.

    https://www.jeuneafrique.com/mag/863817/politique/a-bas-la-france-enquete-sur-le-sentiment-anti-francais-en-afrique

  • #Islamo-gauchisme : « Nous ne pouvons manquer de souligner la résonance avec les plus #sombres moments de l’histoire française »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/04/islamo-gauchisme-nous-ne-pouvons-manquer-de-souligner-la-resonance-avec-les-

    Nous écrivons pour exprimer notre profonde consternation devant la récente requête de la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Frédérique #Vidal, demandant au Centre national de la recherche scientifique (#CNRS) de diligenter une enquête sur les agissements « #islamo-gauchistes » dans les universités françaises.

    Nous regrettons qu’après le passage par le gouvernement français d’une loi sur le « #séparatisme » ayant déjà accentué la #stigmatisation de musulmans en France, ce soit désormais aux #universitaires d’être accusés de polariser les débats publics. L’idée que l’on puisse surveiller des enseignants-#chercheurs sous prétexte du « dévoiement #militant de la recherche » est dans les faits une #menace directe de censure qui nous inquiète à plus d’un titre.

    Tout d’abord, l’Etat n’a ni le droit ni la compétence pour #censurer les travaux d’universitaires qui s’appuient sur leur expertise pour contribuer à l’avancée du savoir dans nos #sociétés. C’est un précédent dangereux qui ne saurait être toléré dans une #société_démocratique.

    • fin du texte :
      Fanon, Sartre, Bourdieu…
      L’argument selon lequel des universitaires, soi-disant « islamo-gauchistes », risquent de diviser la société est dans les faits un effort visant à diffamer nos collègues. Cette attaque est de surcroît justifiée au nom de la protection de la République face à l’alliance supposée entre une partie de la gauche et un groupe religieux.

      Nous ne pouvons manquer de souligner la résonance avec les plus sombres moments de l’histoire française, et notamment avec un discours attaquant les « judéo-bolcheviques » qui déjà servait à créer l’amalgame entre engagements politiques et religieux.

      Lire cette tribune : Islamo-gauchisme : « S’il y a un effet de mode, quant à ce nouveau type de recherche, notre rôle n’est pas de les censurer, mais de les encadrer »
      Par ailleurs, les approches actuellement sous le feu de la critique ont été directement inspirées par quelques-unes des plus brillantes figures de la tradition philosophique, littéraire et sociologique française. En tant que chercheurs travaillant aux Etats-Unis et ailleurs, nous sommes redevables intellectuellement envers la France pour avoir contribué par ses universités à l’émergence de penseurs tels que Frantz Fanon, Albert Memmi, Hélène Cixous, Aimé Césaire, Paulette Nardal, Jean-Paul Sartre, Pierre Bourdieu, Louis Althusser, Jacques Derrida et Michel Foucault.

      La plupart de ces figures n’étaient pas seulement des penseurs, mais aussi des individus impliqués dans des luttes politiques prolongées pour rendre nos sociétés meilleures. Ces intellectuels engagés sont devenus les piliers des diverses approches qui sont désormais attaquées sous le nom de « postcolonialisme. »

      Censure
      Qu’un pays qui a tant contribué à faire avancer la pensée critique tourne ainsi le dos à son patrimoine national n’est pas seulement alarmant, c’est aussi dénué de vision à long terme. Nous ne demandons pas que tout le monde embrasse ces approches et reconnaisse leurs mérites, mais simplement que les universitaires français puissent en débattre et les partager avec leurs étudiants, si tel est leur bon vouloir.

      Lire cette tribune : Islamo-gauchisme : « L’introduction de certains termes, comme “racisé” ou “féminicide”, ne fait que rendre visibles des préjudices déjà existants »
      Enfin, ceux qui gouvernent l’enseignement supérieur feraient mieux de chercher des solutions concrètes au problème de la discrimination raciale en France, plutôt que de se lancer dans une chasse aux sorcières contre des chercheurs. Las, plutôt que de soutenir des universitaires afin de faire avancer la lutte commune pour l’égalité, la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche les menace de censure.

      Plutôt que de répondre à la souffrance des étudiants dans un contexte de pandémie globale, ou aux problèmes économiques auxquels est confrontée l’éducation publique, Frédérique Vidal et ses collègues désignent des enseignants comme la principale menace pesant sur les universités françaises.

      Article réservé à nos abonnés Lire aussi « L’éthique de la recherche, c’est la capacité à distinguer les enjeux, à ne pas glisser de la théorie vers l’idéologie »
      De nombreux signataires de la présente tribune ont bénéficié de leurs échanges prolongés avec des universités françaises, que ce soit avec des individus ou au niveau institutionnel. Nous souhaitons que cette collaboration avec nos collègues français se poursuive dans un esprit de débat ouvert et libre. C’est pourquoi nous attirons à nouveau votre attention sur les graves dangers que ces menaces de censure font peser sur la liberté académique.

  • Covid-19 : le débat sur le « passeport vaccinal » en six questions
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2021/03/03/le-debat-sur-le-passeport-vaccinal-en-six-questions_6071847_4355770.html

    Des Allemands en Espagne, des Néerlandais en Grèce et des Français en Italie ? Cette carte postale du « monde d’avant » pourrait être d’actualité cet été si la vaccination s’accélère et si, contrairement à la cacophonie en 2020, les différents pays arrivent à s’accorder sur les conditions d’entrée sur leur territoire.C’est dans cette optique que la Commission européenne a annoncé, lundi 1er mars, qu’elle allait présenter un projet de « passeport vaccinal » dans le courant du mois de mars. La France et l’Allemagne, qui jugeaient au départ un tel dispositif prématuré, montrent finalement leur intérêt pour la question, tandis que d’autres pays membres expérimentent d’ores et déjà différents types de certificats sanitaires.
    Ce projet pose de nombreuses questions, tant du point de vue de sa faisabilité à l’échelle européenne que de son efficacité d’un point de vue sanitaire. Le tour du sujet en six questions.
    A quoi pourrait ressembler un passeport vaccinal ?Traditionnellement, un passeport est un document délivré par l’administration d’un Etat attestant de l’identité et de la nationalité d’une personne. Dans le cadre de la pandémie, il pourrait s’agir d’un ou plusieurs documents attestant qu’une personne ne risque pas d’être contaminée ou de contaminer d’autres personnes.Concrètement, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a avancé l’idée d’une plate-forme qui « connecterait les différentes solutions nationales ». Il ne s’agirait donc pas d’un document unique valable dans toute l’Union européenne. Plusieurs critères pourraient être pris en compte :une vaccination ; en cas d’impossibilité de vaccination, un test négatif récent au Covid-19 ; la présence d’anticorps pour une personne qui aurait déjà été infectée par le virus. Une telle démarche n’est pas nouvelle : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a ainsi mis en place un « carnet jaune », un certificat de vaccination exigé à l’entrée de plusieurs pays d’Afrique. « Ce type de certification a été utilisé dans le passé — par exemple, avec la fièvre jaune —, et il n’est pas déraisonnable de l’utiliser à l’avenir pour d’autres maladies contagieuses, y compris le Covid-19 », rappelle Françoise Baylis, spécialiste d’éthique scientifique et médicale et professeure de philosophie à l’université Dalhousie, à Halifax (Canada).Dans la course au sésame pour retrouver une liberté de mouvement, certaines organisations, particulièrement concernées, ont pris un temps d’avance par rapport aux Etats et aux institutions internationales. L’Association internationale du transport aérien (IATA), a par exemple lancé, en novembre, le « Travel Pass », permettant d’éditer l’équivalent d’un passeport sanitaire, en rassemblant l’ensemble des documents exigés selon le lieu de destination. Une initiative concurrente, « AOK Pass », sera testée par Air France à partir du 11 mars, pour les tests PCR de moins de soixante-douze heures, demandés pour aller aux Antilles.

    #Covid-19#migrant#migration#sante#passeportvaccinal#UE#OMS#circulation#frontiere

  • In the Atlantic Ocean, Subtle Shifts Hint at Dramatic Dangers - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2021/03/02/climate/atlantic-ocean-climate-change.html?smid=tw-nytimes&smtyp=cur

    In the Atlantic Ocean, Subtle Shifts Hint at Dramatic Dangers

    The warming atmosphere is causing an arm of the powerful Gulf Stream to weaken, some scientists fear.

  • Starlink vise la conquête marchande de l’espace
    https://reporterre.net/Starlink-vise-la-conquete-marchande-de-l-espace

    ENQUÊTE 3/3 - Le réseau de satellites Starlink doit rendre l’accès à internet haut-débit possible partout sur la planète. Les militaires et les particuliers isolés — s’ils en ont les moyens — pourraient en bénéficier mais ce ne sera pas le cas d’une grande partie de la population mondiale. Ce déploiement servira en revanche d’appui pour les projets de conquête marchande de l’espace. « Je me sens désormais comme une personne normale, Starlink est ma bouée de sauvetage. » Sur le site de Starlink, les (...)

    #GCHQ #SpaceX #Tesla #USArmy #NSA #Starlink #GPS #écologie #militaire #domination (...)

    ##finance

  • Garantir une #liberté_académique effective

    Ce billet est consacré à la notion de liberté académique. Auparavant, nous traitons succinctement de trois sujets d’actualité.

    #Maccarthysme — Depuis le 16 février, nous vivons une de ces séquences maccarthystes qui ont fait le quotidien des Bolsonaro, Trump, Johnson et autres Orbán [1], et qui se répètent désormais dans le nôtre. L’attaque de l’exécutif contre les scientifiques a été déclenchée à l’approche des élections régionales par Mme #Vidal, possiblement tête de liste à Nice. Cet épisode politicien consternant ouvre la campagne des présidentielles pour le chef de l’État ainsi que pour les autres ministres chargés de chasser sur les terres lexicales de l’#extrême_droite. La charge consiste à désigner comme non scientifiques certains domaines de la #recherche et à les associer au #terrorisme, par un nom chimérique construit sur le modèle de l’adjectif « #judéo-bolchévique », de sinistre mémoire. La #menace est réelle. Mais elle ne vient pas des travaux insufflés par une libido politique, qui innervent aujourd’hui un grand nombre de disciplines des sciences dures et humaines, elle vient de la #stratégie_politique qui accuse la recherche et l’#Université d’être politisées tout en leur enjoignant ailleurs de légitimer les choix « sociétaux » des politiques [2] ou de répondre dans l’urgence à une crise par des appels à projet [3]. Elle s’entend dans ce lexique confusionniste et moraliste qui prétend dire ce qu’est la #science sans en passer par la #méthode_scientifique. Elle se reconnaît à la fiction du débat qui occupe l’#espace_médiatique par #tribunes de #presse et, bien pire, sur les plateaux des chaînes de #télévision singeant le modèle de Fox News et des médias ultraconservateurs états-uniens.

    La menace nous appelle donc à forger de solides réseaux de #solidarité pour les affronter et à nous réarmer intellectuellement, pour réinstituer l’Université.

    #Zéro_Covid — Nous avons à nouveau demandé au Président de la République, au Premier Ministre et au Ministre de la santé de recevoir une délégation de chercheurs pour proposer une série de mesures de sécurisation sanitaire composant une stratégie globale Zéro Covid (https://rogueesr.fr/zero-covid), conformément à la tribune (https://rogueesr.fr/zero-covid) signée, déjà, par plus de mille chercheuses et chercheurs.

    #Hcéres — Dans ce contexte, il peut être pertinent de revenir sur le fonctionnement du Hcéres, instance symptomatique s’il en est des menaces institutionnelles qui pèsent sur la liberté académique. Le collège du Hcéres réuni le 1er mars a entériné le recrutement de M. #Larrouturou comme directeur du département d’évaluation des organismes nationaux de recherche. M. Larrouturou était, avant sa démission le soir de l’adoption de la LPR, à la tête de la Direction générale de la recherche et de l’innovation (DGRI). À ce titre, il a organisé la nomination de M. #Coulhon à la présidence du collège du Hcéres. À qui en douterait encore, ce renvoi d’ascenseur confirme l’imbrication des différentes bureaucraties de la recherche et leur entre-soi conduisant au #conflit_d’intérêt permanent.

    Certains militants d’une fausse liberté académique, dans une tribune récemment publiée, ont par ailleurs présenté le département d’évaluation de la recherche comme l’instance légitime pour une mission de contrôle politique des facultés. Il est donc intéressant de relever que ce département demeurera dirigé par un conférencier occasionnel de l’#Action_Française, le mouvement de #Charles_Maurras à qui l’on doit le mythe de l’Université inféodée aux quatre États confédérés (Juifs, Protestants, Francs-Maçons, « Métèques ») [4].

    Enfin, trois membres d’instances nationales de La République en Marche apparaissent dorénavant dans l’organigramme du Hcéres, confortant les craintes de constitution d’un ministère Bis en charge de la reprise en main de la recherche.

    Garantir une liberté académique effective — Vous trouverez ici la première partie de notre synthèse : Réinstituer la liberté académique : https://rogueesr.fr/liberte-academique.

    –---

    [1] À ce sujet, on pourra lire l’actualité récente en Angleterre, frappante de similitude :

    - Government to appoint “free-speech champion” for English universities : https://www.theguardian.com/world/2021/feb/14/government-to-appoint-free-speech-champion-for-universities-heritage-hi
    - A political scientist defends white identity policies : https://www.newyorker.com/news/q-and-a/a-political-scientist-defends-white-identity-politics-eric-kaufmann-white
    - Gavin Williamson using “misleading” research to justify campus free-speech law : https://www.theguardian.com/education/2021/feb/27/gavin-williamson-using-misleading-research-to-justify-campus-free-speec

    [2] Le CNRS célèbre ses 80 ans : http://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/le-cnrs-celebre-ses-80-ans

    [3] Face aux attentats : un an de mobilisation au CNRS : https://www.cnrs.fr/fr/face-aux-attentats-un-de-mobilisation-au-cnrs

    [4] Les convictions politiques de la personne en question n’auraient pas vocation à apparaître sur la place publique s’il n’était pas précisément question de lui confier une mission de contrôle politique des universités. D’autre part, nous nous refusons à mentionner des liens vers des pages pointant vers des sites d’extrême-droite. Les lecteurs soucieux de vérification les trouveront sans peine.

    https://rogueesr.fr/2021/03/03
    #libertés_académiques

    –—

    ajouté au fil de discussion autour des propos tenus par Vidal :
    https://seenthis.net/messages/902062

  • Mapping the Hidden Patterns of Cities - Bloomberg
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-07-26/mapping-the-hidden-patterns-of-cities

    eoff Boeing calls this structure the “logic” of a city, and he would know: An urban planning scholar at the University of California, Berkeley, Boeing developed a tool to let anyone visualize this urban logic in seconds.

    It works by using an old geography technique: the “polar” or circular chart. Boeing’s tool calculates what percentage of a city’s roads run along each section of a compass, and plots it on a circular bar chart. The island of Manhattan, for example, runs from south-southwest to north-northeast, and most of its streets are parallel or perpendicular to the island in a regular grid. Boeing’s program visualizes that as four long bars, with several shorter bars representing the borough’s minority of streets that don’t line up with the grid, as illustrated in the circular pattern below.

    #urban_matter #cartographie #espace #territoire #organisation_de_l_espace #production_territoriale

  • La #cancelculture à l’#ENS de #Lyon : refuser d’entendre les victimes de violences sexistes et sexuelles


    Ce jeudi 25 février 2021, un rassemblement était prévu dans les jardins de l’ENS de Lyon pour inviter tous et toutes à faire entendre leur voix à une présidence absolument sourde aux paroles de victimes, et de leurs représentant·es institutionnel·les, associatifves et syndicales.
    Pour Écharde, le rassemblement contre le déni du mal-être étudiant et des violences sexistes et sexuelles dans le parc de l’ENS de Lyon a connu un joli succès : « beaucoup d’étudiant-es malgré le contexte, des prises de parole, beaucoup d’écoute, et une détermination à toute épreuve pour dire STOP aux violences ! »
    La détermination des étudiantes, des étudiants et des agents de l’ENS semble ne pas vouloir faiblir. Elle se poursuivra donc en mars, et dès le 27 février 2021 par un sitting place de la Comédie.

    https://academia.hypotheses.org/31459
    #grandes_écoles #violences_sexistes #violences_sexuelles #culture_du_viol #viols #sexisme #France #collage #art_de_rue #street_art

    –-

    ajouté à la métaliste sur #Harcèlement_sexuel à l’#université...
    https://seenthis.net/messages/863594

  • Mystérieuse modification d’une fiche de poste de l’université Paris-Est Créteil
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/03/02/mysterieuse-modification-d-une-fiche-de-poste-de-l-universite-paris-est-cret

    Les mots « discriminations ethno-raciales », « inégalités de sexe, de sexualité ou de classe » ont disparu d’une fiche de poste d’enseignant-chercheur publiée sur le site du ministère.

    Qui a caviardé la fiche de poste de maître de conférences à l’Institut national supérieur du professorat et de l’éducation (Inspe) de Créteil ? En pleine polémique sur « l’islamo-gauchisme » qui « gangrène » les universités, d’après la ministre de l’enseignement supérieure Frédérique Vidal, l’affaire fait grand bruit à l’université Paris-Est Créteil (UPEC), dont dépend l’institut de formation des enseignants.

    #université

  • Un dépistage du Covid-19 toutes les quarante-huit heures : en Moselle, les travailleurs transfrontaliers exaspérés par une nouvelle restriction sanitaire
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/03/02/un-depistage-du-covid-19-toutes-les-48-heures-en-moselle-les-travailleurs-tr

    Deux longues tonnelles blanches sont installées sur la frontière entre la France et l’Allemagne, au bord de la route entre Stiring-Wendel (Moselle) et Sarrebruck (Sarre, Allemagne). Le soleil vient à peine de se lever et une vingtaine de voitures défilent lentement devant deux agents du Technisches Hilfswerk, le service allemand de protection civile.Le département français a été classé comme « zone où circule le variant » sud-africain par l’institut de veille sanitaire allemand, et Berlin demande désormais un test PCR ou antigénique négatif de moins de quarante-huit heures à tout Mosellan souhaitant entrer dans le pays. Près de 500 travailleurs transfrontaliers ont été les premiers, mardi 2 mars, à venir dans ce centre de dépistage façon « drive », construit en quelques jours pour absorber l’augmentation de la demande de tests.
    Pour limiter les déplacements, le tram-train et le bus reliant Sarreguemines à Sarrebruck sont aussi mis à l’arrêt : tous les trains régionaux en direction de l’agglomération allemande marquent leur terminus à Forbach, où le TGV de Paris ne s’arrête plus sur sa route vers Francfort. « Nous n’avons pas le choix, il faut faire un effort pour que cela finisse par aller mieux », considère Elisa Oinfrilo au volant de sa voiture, quelques minutes avant de connaître les résultats de son test antigénique. De nationalité allemande mais habitante de Moselle, elle a déjà pris un autre rendez-vous pour mercredi matin, histoire de se couvrir pour une semaine : son poste dans une banque allemande l’oblige à se déplacer tous les jours. L’annonce de la mesure a provoqué une course aux tests dans l’est de la Moselle, malgré les vacances scolaires et l’ouverture du centre de dépistage. Anne-Laure Weber, pharmacienne de la rue Nationale de Forbach, ne proposait pas de tests antigéniques ; elle prévoit désormais d’en faire cent par jour. Deux personnes devront être embauchées pour tenir le rythme imposé. « Le “home office”, télétravail à l’allemande, n’est pas possible pour de nombreux métiers assurés par les gens d’ici », dit-elle. Ouvriers du bâtiment et de l’industrie, employés de commerce, soignants… Environ 16 000 résidents de l’est de la Moselle se rendent chaque jour dans le Land de la Sarre.
    Christophe, 52 ans, y est peintre en bâtiment pour une société de travail intérimaire. Habitué aux contrôles inopinés de l’autre côté de la frontière – une attestation de motif impérieux est déjà obligatoire depuis le printemps 2020 –, il est exaspéré par la mesure, décidée unilatéralement par l’Allemagne, mais se rend à l’évidence : « Sans dépistage, pas de travail. »

    #Covid-19#migrant#migration#allemagne#france#moselle#UE#sante#variant#tauxincidence#depistage#frontiere#travailleurmigrant#travailleurfrontalier

  • Wer übrigens eigene Karten für Events wie Sport usw. bauen will, mu...
    https://diasp.eu/p/12535052

    Wer übrigens eigene Karten für Events wie Sport usw. bauen will, muss nicht google nehmen. Man kann das auch sehr schön mit #OpenStreetMap machen und diesen link dafür nehmen. https://umap.openstreetmap.fr/de Wer das mit Google kann, kann das auch mit OpenstreetMap

    #OpenSource #uMap #Maps #Karten

  • „Nationalismen überwinden“
    https://diasp.eu/p/12535833

    „Nationalismen überwinden“

    schlindweinsim: „Nationalismen überwinden“ - Das Netzwerk Info Nile ermutigt Journalisten entlang des Nils, zusammenzuarbeiten. Die Probleme mit Wasser überschneiden sich in den Ländern. Ein Interview zu unserer Serie #tazfolgtdemwasser https://taz.de/Journalisten-ueber-Nil-Berichterstattung/!5753746 #taz #tazgezwitscher #tageszeitung #Uganda #Nil

    Schwerpunkt: taz folgt dem Wasser

  • Covid-19 : débordés par le variant britannique, les Slovaques et les Tchèques font appel au vaccin russe
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/03/01/debordees-par-le-variant-britannique-tchequie-et-slovaquie-font-appel-au-vac

    Les deux chefs de gouvernement font l’objet de vives critiques pour leur gestion de la crise. Tous deux sont de riches hommes d’affaires entrés en politique sur le tard après avoir créé des partis politiques dits « antisystème » difficilement classables.MM. Babis et Matovic ont usé d’une communication pour le moins erratique ces derniers mois. Le premier a ainsi reconnu « des erreurs » pour avoir décidé de lever trop largement les restrictions en décembre 2020, et la politique du second, consistant à tester l’ensemble de la population sur plusieurs week-ends en novembre 2020, a fait long feu. « Nos dirigeants pensaient que les tests de masse allaient résoudre la situation, mais cela n’a pas marché », constate le mathématicien Robert Kollar.
    Les deux pays ont surtout tardé à mettre en place des efforts de séquençage du virus qui auraient pu permettre de tirer la sonnette d’alarme plus tôt. La Slovaquie a par exemple subitement découvert, début février, que le variant britannique était présent dans plus de 70 % d’un échantillon de tests positifs choisis au hasard. Dans la foulée, Prague et Bratislava ont brutalement refermé leurs frontières. Mais de nombreux travailleurs revenus du Royaume-Uni étaient déjà rentrés au pays avec le variant.
    Lire aussi Les frontières au sein de l’UE, autre enjeu du Covid
    Désemparées, les deux capitales font désormais appel à l’aide internationale. Des renforts médicaux ponctuels sont venus d’Allemagne ou d’Autriche et les deux pays négocient pour y transférer des patients. Ils devraient aussi obtenir chacun 100 000 doses de vaccin Pfizer supplémentaires dans le cadre de la prochaine livraison européenne.
    MM. Babis et Matovic ont par ailleurs brusquement tourné le regard vers Moscou pour commander en urgence des doses de Spoutnik V. Le vaccin russe n’a toujours pas déposé de demandes d’autorisation auprès de l’Agence européenne du médicament (AEM) mais les deux dirigeants comptent désormais l’autoriser sur leur territoire de manière unilatérale, comme l’a déjà fait la Hongrie de Viktor Orban. Igor Matovic a accueilli une première livraison de 200 000 doses par avion militaire lundi soir en promettant que la Slovaquie recevrait deux millions de doses en tout, au prix de 19,95 dollars (16,60 euros) pour deux doses.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#slovaquie#republiquetcheque#france#sante#variant#circulation#circulationtherapeutique#vaccination#frontiere

  • 9-11 revisited - Mountain Meadows Massacre
    https://en.m.wikipedia.org/wiki/Mountain_Meadows_Massacre

    Les habtants des Étas Unis possèdent un penchant bizarre pour le 11 septembre qui il leur semble propice pour un massacre supplémentaire. C’est devenu prèsque une tradition sur fond religieux. Je ne vous dévoile pas où je me trouverai ce 11 septembre, on ne sait jamais.

    The Mountain Meadows Massacre was a series of attacks which resulted in the mass murder of 120 members of the Baker–Fancher emigrant wagon train. The massacre occurred September 7–11, 1857 at Mountain Meadows in southern Utah, and was perpetrated by Mormon settlers belonging to the Utah Territorial Militia (officially called the Nauvoo Legion), together with some Southern Paiute Native Americans.

    American exceptionalism
    https://en.m.wikipedia.org/wiki/American_exceptionalism

    American exceptionalism is the theory that the United States is inherently different from other nations. This stems from its emergence from the American Revolution, becoming what the political scientist Seymour Martin Lipset called “the first new nation” and developing a uniquely American ideology, “Americanism”. This ideology is based on liberty, equality before the law, individual responsibility, republicanism, representative democracy, and laissez-faire economics. This ideology itself is often referred to as “American exceptionalism.” Under this other definition, America is seen as being superior to other nations or having a unique mission to transform the world.

    #USA #massacre #religion #idéologie

  • Covid-19 : la Commission européenne présentera un projet de passeport vaccinal en mars
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/03/01/covid-19-la-commission-europeenne-presentera-un-projet-de-passeport-vaccinal

    Covid-19 : la Commission européenne présentera un projet de passeport vaccinal en mars. Le document pourra indiquer si une personne est vaccinée, immunisée par la maladie, ou si elle a obtenu un test négatif. L’objectif est de permettre de se déplacer dans l’Union européenne cet été.
    Il fut un temps, pas si lointain, où l’on pouvait circuler librement au sein de l’Union européenne (UE). C’était avant que le Covid-19 pousse les Etats à fermer leurs frontières, au gré de l’évolution de la pandémie, ou à mettre en place, de manière non harmonisée, une batterie de mesures − tests PCR, quarantaine, formulaires divers et variés… − destinées à décourager tout voyage « non essentiel ». Lundi 1er mars, la Commission a entériné le fait que le retour à la normale n’est pas prévu avant plusieurs mois. En annonçant que l’exécutif communautaire présenterait, en mars, une proposition législative visant à créer, pour l’été, un passeport vaccinal commun aux Vingt-Sept, sa présidente, Ursula von der Leyen, a en effet acté que le virus et ses variants avaient, momentanément en tout cas, eu raison de l’espace Schengen, où le franchissement des frontières intérieures est censé s’effectuer sans contrôle. « Le passeport digital vert [nommé ainsi en référence aux « voies vertes » mises en place depuis mars 2020 par les Européens pour faciliter la circulation des camions aux frontières] devrait faciliter la vie des Européens. L’objectif est de leur permettre progressivement de se déplacer en toute sécurité dans l’UE ou à l’étranger − pour le travail ou le tourisme », a-t-elle tweeté, répondant ainsi à la demande que lui ont faite les chefs d’Etat et de gouvernement européens, réunis par visioconférence jeudi 25 février.Lors du précédent conseil, le 21 janvier, les Vingt-Sept avaient mandaté la Commission pour qu’elle travaille à la création d’un certificat vaccinal, sur le modèle du carnet jaune de l’OMS, qui serait reconnu par tous les pays de l’UE et dont l’objectif était alors de répondre à des préoccupations uniquement médicales. Par exemple, avait expliqué la Commission quelques jours plus tard, pour assurer le suivi de personnes qui auraient reçu une première dose dans un Etat puis la seconde dans un autre.
    A l’époque, plusieurs Etats membres, au premier rang desquels l’Allemagne et la France, s’étaient montrés très réticents à ce que ce certificat vaccinal ouvre des droits plus larges, comme celui de voyager. Angela Merkel comme Emmanuel Macron jugeaient alors ce débat hautement prématuré, compte tenu de la lenteur des campagnes de vaccination. Ils craignaient par ailleurs que la mise en place d’un passeport vaccinal soit assimilée à une obligation de se faire vacciner − sujet particulièrement sensible dans l’Hexagone.
    Ils rappelaient aussi qu’on ne sait pas, à ce stade, si une personne vaccinée peut encore transmettre le virus et qu’un tel dispositif pose des questions en matière de protection des données. Sans oublier la question du traitement qui devrait être réservé aux personnes vaccinées avec un vaccin non autorisé par l’Agence européenne des médicaments, comme le russe Spoutnik V, auquel la Hongrie et la République tchèque ont déjà recours.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Passeport vaccinal, « QR codes »… Emmanuel Macron réfléchit à une manière de « vivre avec » le Covid-19
    Un mois plus tard, la propagation des variants a contraint la chancelière allemande et le président français à se montrer plus coopératifs − depuis, l’Allemagne a fermé ses frontières avec la République tchèque et l’Autriche, et considérablement restreint le passage avec la Moselle. D’autant que certains des pays les plus allants sur le sujet − la Grèce, Chypre, l’Espagne, désireux de sauver leur saison estivale, mais aussi l’Autriche et le Danemark, soucieux que leurs citoyens puissent partir en vacances − ont avancé de leur côté, mettant ainsi sous pression leurs partenaires réticents.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#circulation#passeportvaccinal#vaccination#sante#tourisme#economie#droit#circulation#frontiere

  • Désarroi à la frontière entre la Moselle et l’Allemagne face aux restrictions : « J’ai l’impression de revenir des décennies en arrière »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/03/01/restrictions-a-la-frontiere-allemande-entre-la-moselle-et-la-sarre-ce-qui-se

    La menace planait depuis deux semaines, elle a fini par se concrétiser. Dimanche 28 février, l’Allemagne a annoncé qu’elle allait restreindre les passages à sa frontière en provenance du département de la Moselle, après le classement de celui-ci comme « zone de circulation des variants » du Covid-19 par l’institut de santé publique Robert-Koch. En pratique, cela signifie qu’à partir de mardi 2 mars toute personne venant de la Moselle ne pourra pénétrer sur le territoire allemand que munie d’un test négatif – PCR ou antigénique – datant de quarante-huit heures au maximum.
    Contrairement à ce qui est le cas, depuis le 14 février, aux frontières avec le Tyrol autrichien et la République tchèque, aucun contrôle systématique ne sera cependant effectué le long des quelque 200 kilomètres qui séparent l’Allemagne de la Moselle, a assuré le gouvernement d’Angela Merkel. Une différence de traitement justifiée par le fait que les Länder concernés – la Sarre et la Rhénanie-Palatinat – ne l’ont pas demandé, à la différence de la Bavière et de la Saxe il y a deux semaines.
    Malgré cet engagement, la France regrette vivement la décision prise par l’Allemagne. « C’est une mauvaise nouvelle que nous déplorons. La vie quotidienne des frontaliers va forcément devenir plus compliquée », déclare au Monde Clément Beaune, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes. Selon lui, toutefois, « le pire a été évité », à savoir l’installation de barrières blanc et rouge le long de la frontière, comme ce fut le cas, en mars 2020, quand le gouvernement allemand prit cette mesure du jour au lendemain et de façon unilatérale. « Cette fois, il y a eu d’intenses discussions à tous les niveaux, à la fois entre Paris et Berlin et entre les élus de chaque côté de la frontière, ce qui nous permet d’arriver à une solution certes peu satisfaisante, mais tout de même plus acceptable qu’au printemps 2020 », estime Clément Beaune. Président de la région Grand-Est, Jean Rottner (Les Républicains) est moins diplomate : « Il s’agit d’une décision rude et brutale de la part de l’Allemagne. C’est d’autant plus difficile à encaisser que le taux d’incidence en Moselle a reculé de 310 à 285 cas pour 100 000 personnes en une semaine et qu’un gros effort sur la vaccination a été fait avec l’injection de 30 000 doses de plus que ce qui était initialement prévu dans ce département », s’indigne-t-il auprès du Monde. Très en colère, il estime que « la décision du gouvernement allemand est davantage guidée par des considérations politiques que par une logique sanitaire ». En comparaison, le taux d’incidence est de 73 cas pour 100 000 personnes dans la Sarre. Sur place, c’est aussi l’amertume qui domine. « Je regrette beaucoup que Berlin ait pris cette mesure de classement [de la Moselle en « zone de circulation des variants »], qui ne laisse que peu de latitude aux Länder limitrophes pour agir avec pragmatisme », a réagi, dimanche soir, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes du Land de Sarre, Roland Theis. Bien que membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) d’Angela Merkel, ce dernier condamne la décision prise par le gouvernement de la chancelière, assurant que la Sarre va « plaider auprès du gouvernement fédéral pour que l’impact de cette mesure sur la population soit limité ».
    Côté mosellan, les mots sont à peu près identiques, même si personne n’a réellement été surpris par la décision allemande, trois jours après que la France a elle-même annoncé que les personnes venant d’Allemagne en Moselle, pour d’autres raisons que professionnelles, devraient désormais être pourvues d’un test négatif datant de soixante-douze heures.
    « Je suis extrêmement déçu. Même si nous avons été en partie entendus, en obtenant des Allemands qu’ils acceptent des tests antigéniques et pas seulement des tests PCR, que ceux-ci puissent dater de quarante-huit heures et non de vingt-quatre heures comme ils l’auraient souhaité, et que la police fasse des contrôles aléatoires et non pas sur la frontière elle-même, cela représente une contrainte très forte pour les dizaines de milliers de personnes qui traversent la frontière tous les jours », confie Gilbert Schuh, président de l’eurodistrict SaarMoselle et maire de Morsbach, un petit bourg voisin de Forbach et limitrophe de l’Allemagne.
    Pour saisir la portée de ces nouvelles contraintes, il suffit de se rendre dans l’une des nombreuses entreprises dont l’activité se déploie de part et d’autre de la frontière. A l’instar de Floratec, une jardinerie-pépinière dont les bureaux se trouvent à Rehlingen-Siersburg, côté allemand, et l’entrepôt à Guerstling côté français.En mars 2020, la mise en place de barrières sur la petite route de campagne qui sépare ces deux petites communes leur avait causé un « véritable choc », confie Rafael Carentz, le patron de cette société d’une quinzaine de salariés. « Pour aller du bureau à l’entrepôt, ça prend normalement moins de trois minutes. Du jour au lendemain, c’est devenu une expédition de presque quatre heures aller-retour, tout ça parce qu’on devait faire un immense détour pour trouver un des rares points de passage qui restaient ouverts entre les deux pays.

    #Covid-19#migrant#migration#allemagne#france#moselle#sante#vaccination#depistage#prévalence#politique#UE#frontiere#circulation

  • Tous chasseurs cueilleurs !
    https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-08-juin-2019

    Quand la civilisation menace l’#environnement... retour à la chasse et la cueillette. Entretien avec James C. Scott autour de son livre "#HomoDomesticus, une histoire profonde des premiers Etats".

    On a tous en tête des souvenirs d’école sur les débuts de l’Histoire avec un grand H. Quelque part entre le Tigre et l’Euphrate il y a 10 000 ans, des chasseurs-cueilleurs se sont peu à peu sédentarisés en domestiquant les plantes et les animaux, inventant dans la foulée l’#agriculture, l’écriture et les premiers Etats. C’était l’aube de la #civilisation et le début de la marche forcée vers le #progrès.

    Cette histoire, #JamesScott, anthropologue anarchiste et professeur de sciences politiques, l’a enseignée pendant des années à ses élèves de l’Université de Yale. Mais les découvertes archéologiques dans l’actuel Irak des dernières années l’ont amené à réviser complètement ce « storytelling » du commencement des sociétés humaines, et par là même remettre en question notre rapport au monde dans son dernier livre : Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers Etats (Ed. La Découverte).

    Alors même que climat et biodiversité sont aujourd’hui plus que jamais menacés par les activités humaines, James C. Scott propose de réévaluer l’intérêt des sociétés d’avant l’Etat et l’agriculture. Car ces chasseurs-cueilleurs semi-nomades ont longtemps résisté face aux civilisations agraires, basées sur les céréales et qui, en domestiquant le monde, se sont domestiqués eux-mêmes, en appauvrissant leur connaissance du monde.

    Un reportage de Giv Anquetil.
    Les liens

    James C. Scott : « Le monde des chasseurs-cueilleurs était un monde enchanté » (Le grand entretien) par Jean-Christophe Cavallin, Diakritik

    Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce, Réflexions sur l’effondrement, Corinne Morel Darleux, Editions Libertalia

    "Amador Rojas invite Karime Amaya" Chapiteau du Cirque Romanès - Paris 16, Paris. Prochaine séance le vendredi 14 juin à 20h.

    Homo Domesticus, une histoire profonde des premiers Etats, James C. Scott (Editions La Découverte)

    Eloge des chasseurs-cueilleurs, revue Books (mai 2019).

    HOMO DOMESTICUS - JAMES C. SCOTT Une Histoire profonde des premiers États [Fiche de lecture], Lundi matin

    Bibliographie de l’association Deep Green Resistance
    Programmation musicale

    "Mesopotamia"- B52’s

    "Cholera" - El Rego et ses commandos

    #podcast @cdb_77

    • Homo Domesticus. Une histoire profonde des premiers États

      Aucun ouvrage n’avait jusqu’à présent réussi à restituer toute la profondeur et l’extension universelle des dynamiques indissociablement écologiques et anthropologiques qui se sont déployées au cours des dix millénaires ayant précédé notre ère, de l’émergence de l’agriculture à la formation des premiers centres urbains, puis des premiers États.
      C’est ce tour de force que réalise avec un brio extraordinaire #Homo_domesticus. Servi par une érudition étourdissante, une plume agile et un sens aigu de la formule, ce livre démonte implacablement le grand récit de la naissance de l’#État antique comme étape cruciale de la « #civilisation » humaine.
      Ce faisant, il nous offre une véritable #écologie_politique des formes primitives d’#aménagement_du_territoire, de l’« #autodomestication » paradoxale de l’animal humain, des dynamiques démographiques et épidémiologiques de la #sédentarisation et des logiques de la #servitude et de la #guerre dans le monde antique.
      Cette fresque omnivore et iconoclaste révolutionne nos connaissances sur l’évolution de l’humanité et sur ce que Rousseau appelait « l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ».


      https://www.editionsladecouverte.fr/homo_domesticus-9782707199232

      #James_Scott #livre #démographie #épidémiologie #évolution #humanité #histoire #inégalité #inégalités #Etat #écologie #anthropologie #ressources_pédagogiques #auto-domestication

    • Fiche de lecture: Homo Domesticus - James C. Scott

      Un fidèle lecteur de lundimatin nous a transmis cette fiche de lecture du dernier ouvrage de James C. Scott, (on peut la retrouver sur le blog de la bibliothèque fahrenheit) qui peut s’avérer utile au moment l’institution étatique semble si forte et fragile à la fois.
      « L’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres »
      À la recherche de l’origine des États antiques, James C. Scott, professeur de science politique et d’anthropologie, bouleverse les grands #récits_civilisationnels. Contrairement à bien des idées reçues, la #domestication des plantes et des animaux n’a pas entraîné la fin du #nomadisme ni engendré l’#agriculture_sédentaire. Et jusqu’il y a environ quatre siècles un tiers du globe était occupé par des #chasseurs-cueilleurs tandis que la majorité de la population mondiale vivait « hors d’atteinte des entités étatiques et de leur appareil fiscal ».
      Dans la continuité de #Pierre_Clastres et de #David_Graeber, James C. Scott contribue à mettre à mal les récits civilisationnels dominants. Avec cette étude, il démontre que l’apparition de l’État est une anomalie et une contrainte, présentant plus d’inconvénients que d’avantages, raison pour laquelle ses sujets le fuyait. Comprendre la véritable origine de l’État c’est découvrir qu’une toute autre voie était possible et sans doute encore aujourd’hui.

      La première domestication, celle du #feu, est responsable de la première #concentration_de_population. La construction de niche de #biodiversité par le biais d’une #horticulture assistée par le feu a permis de relocaliser la faune et la flore désirable à l’intérieur d’un cercle restreint autour des #campements. La #cuisson des aliments a externalisé une partie du processus de #digestion. Entre 8000 et 6000 avant notre ère, Homo sapiens a commencé à planter toute la gamme des #céréales et des #légumineuses, à domestiquer des #chèvres, des #moutons, des #porcs, des #bovins, c’est-à-dire bien avant l’émergence de sociétés étatiques de type agraire. Les premiers grands établissements sédentaires sont apparus en #zones_humides et non en milieu aride comme l’affirment les récits traditionnels, dans des plaines alluviales à la lisière de plusieurs écosystèmes (#Mésopotamie, #vallée_du_Nil, #fleuve_Indus, #baie_de_Hangzhou, #lac_Titicata, site de #Teotihuacan) reposant sur des modes de subsistance hautement diversifiés (sauvages, semi-apprivoisés et entièrement domestiqués) défiant toute forme de comptabilité centralisée. Des sous-groupes pouvaient se consacrer plus spécifiquement à une stratégie au sein d’un économie unifiée et des variations climatiques entraînaient mobilité et adaptation « technologique ». La #sécurité_alimentaire était donc incompatible avec une #spécialisation étroite sur une seule forme de #culture ou d’#élevage, requérant qui plus est un travail intensif. L’#agriculture_de_décrue fut la première à apparaître, n’impliquant que peu d’efforts humains.
      Les #plantes complètement domestiquées sont des « anomalies hyperspécialisées » puisque le cultivateur doit contre-sélectionner les traits sélectionnés à l’état sauvage (petite taille des graines, nombreux appendices, etc). De même les #animaux_domestiqués échappent à de nombreuses pressions sélectives (prédation, rivalité alimentaire ou sexuelle) tout en étant soumis à de nouvelles contraintes, par exemple leur moins grande réactivité aux stimuli externes va entraîner une évolution comportementale et provoquer la #sélection des plus dociles. On peut dire que l’espèce humaine elle-même a été domestiquée, enchaînée à un ensemble de routines. Les chasseurs-cueilleurs maîtrisaient une immense variété de techniques, basées sur une connaissance encyclopédique conservée dans la mémoire collective et transmise par #tradition_orale. « Une fois qu’#Homo_sapiens a franchi le Rubicon de l’agriculture, notre espèce s’est retrouvée prisonnière d’une austère discipline monacale rythmée essentiellement par le tic-tac contraignant de l’horloge génétique d’une poignée d’espèces cultivées. » James C. Scott considère la #révolution_néolithique récente comme « un cas de #déqualification massive », suscitant un #appauvrissement du #régime_alimentaire, une contraction de l’espace vital.
      Les humains se sont abstenus le plus longtemps possible de faire de l’agriculture et de l’élevage les pratiques de subsistance dominantes en raison des efforts qu’elles exigeaient. Ils ont peut-être été contraints d’essayer d’extraire plus de #ressources de leur environnement, au prix d’efforts plus intenses, à cause d’une pénurie de #gros_gibier.
      La population mondiale en 10 000 avant notre ère était sans doute de quatre millions de personnes. En 5 000, elle avait augmenté de cinq millions. Au cours des cinq mille ans qui suivront, elle sera multipliée par vingt pour atteindre cent millions. La stagnation démographique du #néolithique, contrastant avec le progrès apparent des #techniques_de_subsistance, permet de supposer que cette période fut la plus meurtrière de l’histoire de l’humanité sur le plan épidémiologique. La sédentarisation créa des conditions de #concentration_démographique agissant comme de véritables « parcs d’engraissement » d’#agents_pathogènes affectant aussi bien les animaux, les plantes que les humains. Nombre de #maladies_infectieuses constituent un « #effet_civilisationnel » et un premier franchissement massif de la barrière des espèces par un groupe pathogènes.
      Le #régime_alimentaire_céréalier, déficient en #acides_gras essentiels, inhibe l’assimilation du #fer et affecte en premier lieu les #femmes. Malgré une #santé fragile, une #mortalité infantile et maternelle élevée par rapport aux chasseurs-cueilleurs, les agriculteurs sédentaires connaissaient des #taux_de_reproduction sans précédent, du fait de la combinaison d’une activité physique intense avec un régime riche en #glucides, provoquant une #puberté plus précoce, une #ovulation plus régulière et une #ménopause plus tardive.

      Les populations sédentaires cultivant des #céréales domestiquées, pratiquant le commerce par voie fluviale ou maritime, organisées en « #complexe_proto-urbain », étaient en place au néolithique, deux millénaires avant l’apparition des premiers États. Cette « plateforme » pouvait alors être « capturée », « parasitée » pour constituer une solide base de #pouvoir et de #privilèges politiques. Un #impôt sur les céréales, sans doute pas inférieur au cinquième de la récolte, fournissait une rente aux élites. « L’État archaïque était comme les aléas climatiques : une menace supplémentaire plus qu’un bienfaiteur. » Seules les céréales peuvent servir de base à l’impôt, de part leur visibilité, leur divisibilité, leur « évaluabilité », leur « stockabilité », leur transportabilité et leur « rationabilité ». Au détour d’un note James C. Scott réfute l’hypothèse selon laquelle des élites bienveillantes ont créé l’État essentiellement pour défendre les #stocks_de_céréales et affirme au contraire que « l’État est à l’origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l’a emporté sur les autres ». La majeure partie du monde et de sa population a longtemps existé en dehors du périmètre des premiers États céréaliers qui n’occupaient que des niches écologiques étroites favorisant l’#agriculture_intensive, les #plaines_alluviales. Les populations non-céréalières n’étaient pas isolées et autarciques mais s’adonnaient à l’#échange et au #commerce entre elles.
      Nombre de #villes de #Basse_Mésopotamie du milieu du troisième millénaire avant notre ère, étaient entourées de murailles, indicateurs infaillibles de la présence d’une agriculture sédentaire et de stocks d’aliments. De même que les grandes #murailles en Chine, ces #murs d’enceinte étaient érigés autant dans un but défensif que dans le but de confiner les paysans contribuables et de les empêcher de se soustraire.
      L’apparition des premiers systèmes scripturaux coïncide avec l’émergence des premiers États. Comme l’expliquait #Proudhon, « être gouverné, c’est être, à chaque opération, à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, apostillé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé ». L’#administration_étatique s’occupait de l’#inventaire des ressources disponibles, de #statistiques et de l’#uniformisation des #monnaies et des #unités_de_poids, de distance et de volume. En Mésopotamie l’#écriture a été utilisée à des fins de #comptabilité pendant cinq siècle avant de commencer à refléter les gloires civilisationnelles. Ces efforts de façonnage radical de la société ont entraîné la perte des États les plus ambitieux : la Troisième Dynastie d’#Ur (vers 2100 avant J.-C.) ne dura qu’à peine un siècle et la fameuse dynastie #Qin (221-206 avant J.-C.) seulement quinze ans. Les populations de la périphérie auraient rejeté l’usage de l’écriture, associée à l’État et à l’#impôt.

      La #paysannerie ne produisait pas automatiquement un excédent susceptible d’être approprié par les élites non productrices et devait être contrainte par le biais de #travail_forcé (#corvées, réquisitions de céréales, #servitude pour dettes, #servage, #asservissement_collectif ou paiement d’un tribu, #esclavage). L’État devait respecter un équilibre entre maximisation de l’excédent et risque de provoquer un exode massif. Les premiers codes juridiques témoignent des efforts en vue de décourager et punir l’#immigration même si l’État archaïque n’avait pas les moyens d’empêcher un certain degré de déperdition démographique. Comme pour la sédentarité et la domestication des céréales, il n’a cependant fait que développer et consolider l’esclavage, pratiqué antérieurement par les peuples sans État. Égypte, Mésopotamie, Grèce, Sparte, Rome impériale, Chine, « sans esclavage, pas d’État. » L’asservissement des #prisonniers_de_guerre constituait un prélèvement sauvage de main d’œuvre immédiatement productive et compétente. Disposer d’un #prolétariat corvéable épargnait aux sujets les travaux les plus dégradants et prévenait les tensions insurrectionnelles tout en satisfaisant les ambitions militaires et monumentales.

      La disparition périodique de la plupart de ces entités politiques était « surdéterminée » en raison de leur dépendance à une seule récolte annuelle d’une ou deux céréales de base, de la concentration démographique qui rendait la population et le bétail vulnérables aux maladies infectieuses. La vaste expansion de la sphère commerciale eut pour effet d’étendre le domaine des maladies transmissibles. L’appétit dévorant de #bois des États archaïques pour le #chauffage, la cuisson et la #construction, est responsable de la #déforestation et de la #salinisation_des_sols. Des #conflits incessants et la rivalité autour du contrôle de la #main-d’œuvre locale ont également contribué à la fragilité des premiers États. Ce que l’histoire interprète comme un « effondrement » pouvait aussi être provoqué par une fuite des sujets de la région centrale et vécu comme une #émancipation. James C. Scott conteste le #préjugé selon lequel « la concentration de la population au cœur des centres étatiques constituerait une grande conquête de la civilisation, tandis que la décentralisation à travers des unités politiques de taille inférieure traduirait une rupture ou un échec de l’ordre politique ». De même, les « âges sombres » qui suivaient, peuvent être interprétés comme des moments de résistance, de retours à des #économies_mixtes, plus à même de composer avec son environnement, préservé des effets négatifs de la concentration et des fardeaux imposés par l’État.

      Jusqu’en 1600 de notre ère, en dehors de quelques centres étatiques, la population mondiale occupait en majorité des territoires non gouvernés, constituant soit des « #barbares », c’est-à-dire des « populations pastorales hostiles qui constituaient une menace militaire » pour l’État, soit des « #sauvages », impropres à servir de matière première à la #civilisation. La menace des barbares limitait la croissance des États et ceux-ci constituaient des cibles de pillages et de prélèvement de tribut. James C. Scott considère la période qui s’étend entre l’émergence initiale de l’État jusqu’à sa conquête de l’hégémonie sur les peuples sans État, comme une sorte d’ « âge d’or des barbares ». Les notions de #tribu ou de peuple sont des « #fictions_administratives » inventées en tant qu’instrument de #domination, pour désigner des #réfugiés politiques ou économiques ayant fuit vers la périphérie. « Avec le recul, on peut percevoir les relations entre les barbares et l’État comme une compétition pour le droit de s’approprier l’excédent du module sédentaire « céréales/main-d’œuvre ». » Si les chasseurs-cueilleurs itinérants grappillaient quelques miettes de la richesse étatique, de grandes confédérations politiques, notamment les peuples équestres, véritables « proto-États » ou « Empires fantômes » comme l’État itinérant de #Gengis_Kahn ou l’#Empire_Comanche, constituaient des concurrents redoutables. Les milices barbares, en reconstituant les réserves de main d’œuvre de l’État et en mettant leur savoir faire militaire au service de sa protection et de son expansion, ont creusé leur propre tombe.

      Dans la continuité de Pierre Clastres et de David Graeber, James C. Scott contribue à mettre à mal les récits civilisationnels dominants. Avec cette étude, il démontre que l’apparition de l’État est une #anomalie et une #contrainte, présentant plus d’inconvénients que d’avantages, raison pour laquelle ses sujets le fuyait. Comprendre la véritable origine de l’État c’est découvrir qu’une toute autre voie était possible et sans doute encore aujourd’hui.

      https://lundi.am/HOMO-DOMESTICUS-Une-Histoire-profonde-des-premiers-Etats
      #historicisation

  • L’Irak post-Saddam Hussein, une énorme machine à cash - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/280221/l-irak-post-saddam-hussein-une-enorme-machine-cash

    Après la chute du dictateur irakien en 2003, les Américains ont déversé des milliards de dollars sur le pays. Les futurs membres du gouvernement irakien adoubés par eux ont notamment profité de cette manne financière. Nous avons enquêté sur ces mouvements de fonds sans aucun contrôle.

    [...] Dans ce camion-poubelle se trouve un milliard de dollars, disposés dans des palettes. Il doit les déposer à la banque Rafidayn, sur la rive droite de Bagdad. C’est sa dernière mission pour le compte du Pentagone. Dans le plus grand secret, entre 2003 et 2008, il a transporté à lui seul 40 milliards de dollars en petites coupures entre l’aéroport de Bagdad et la Banque centrale d’Irak. L’équivalent du PIB d’un pays comme le Mali. Ce récit est confirmé par David Nummy, le responsable du Trésor américain en place à Bagdad. « Il était notre homme de confiance pour ces missions difficiles. Il savait ce qu’il faisait. J’avais une entière confiance en lui », se souvient-il.

  • Covid-19 : la frontière entre l’Allemagne et la Moselle ne sera pas fermée pour les travailleurs français
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/02/28/coronavirus-berlin-va-classer-la-moselle-en-zone-a-risque-a-partir-de-lundi-

    L’Allemagne a décidé de classer, « à partir du [mardi] 2 mars, minuit », le département français de la Moselle en zone à risque maximal en raison de la circulation de variants du SARS-CoV-2, a rapporté la radio France Bleu Lorraine, samedi 27 février.Avec 60 % des contaminations dues au variant dit sud-africain, plus contagieux et potentiellement plus résistant aux vaccins, l’inquiétude monte à Paris comme à Berlin. En conséquence, à partir de mardi, les personnes entrant sur le territoire allemand « devront présenter un test PCR ou antigène » négatif, a annoncé le ministère de la santé.

    Paris et Berlin doivent encore déterminer l’ancienneté exacte que devront avoir ces tests : les travailleurs frontaliers devront-ils par exemple montrer chaque jour un nouveau test négatif ou des certificats datant de quarante-huit ou soixante-douze heures suffiront-ils ? Une chose est acquise : l’Allemagne n’a pas l’intention d’introduire à sa frontière avec la Moselle des contrôles de douane systématiques, contrairement à ce qu’elle avait fait au printemps 2020 au début de la pandémie à la frontière française, ce qui avait créé des tensions avec Paris et entre les populations locales. Contrairement aussi à ce que Berlin a déjà mis en place en février avec la République tchèque et le Tyrol autrichien.
    « La frontière ne sera pas fermée », a déclaré dimanche un porte-parole du ministère de l’intérieur allemand, notamment car les régions limitrophes de la Moselle, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, ne l’ont pas demandé, mais aussi parce que les autorités régionales de part et d’autre de la frontière « coopèrent étroitement » sur cette question. Les contrôles policiers doivent être aléatoires et à l’intérieur du territoire allemand dans la zone frontalière, a-t-il précisé.La France va donc bénéficier d’une forme de traitement de faveur. Car le passage d’une région en catégorie « zone de variants » « est un classement qui implique normalement – c’est ce qu’a fait l’Allemagne à l’égard de l’Autriche ou de la République tchèque – des mesures extrêmement strictes de quasi-fermeture des frontières », a déclaré le secrétaire d’Etat aux affaires européennes Clément Beaune, invité de « Questions politiques ».« Cela, on n’en veut pas » pour les 16 000 travailleurs frontaliers de Moselle, a-t-il dit, en précisant être en discussions avec Berlin pour « essayer d’atténuer ces mesures le plus possible ». Le secrétaire d’Etat a ainsi suggéré des tests « qui ne soient pas obligatoires chaque jour mais tous les deux ou trois jours ».Les contrôles mis en place par l’Allemagne avec la République tchèque et la région autrichienne du Tyrol l’ont été pour les mêmes raisons que la Moselle : la crainte d’une nouvelle vague de contaminations liée aux variants du virus SARS-CoV-2, ce qui a suscité des critiques en Autriche notamment mais aussi de la part de l’Union européenne. La Commission européenne s’est émue de voir la libre circulation à l’intérieur de l’UE ainsi remise en cause. A la frontière avec la Moselle, « il faut donner l’exemple et revenir à un dispositif plus allégé », a plaidé Clément Beaune, en arguant d’un « esprit franco-allemand coopératif » pour « éviter de revenir à ce qu’on a vécu douloureusement » au début de la pandémie.Ce traitement privilégié a déjà suscité des commentaires négatifs du chancelier autrichien, Sebastian Kurz. « Il y a en Allemagne, en fonction des directions géographiques, des différences de rigueur en matière de règles à la frontière », a-t-il ainsi regretté ce week-end dans une interview au quotidien allemand Merkur. « Il est tout à fait approprié en période de pandémie de tendre un filet de sécurité avec des tests, des masques, etc. Mais ce n’est à mon avis pas le cas pour des mesures qui mettent en danger le marché intérieur, qui impliquent que les gens ne puissent se rendre sur leur lieu de travail ou que des familles soient séparées », a-t-il dit.

    #Covid-19#migration#migrant#france#allemagne#moselle#autrice#UE#sante#tarvailleurmigrant#travailleurfrontalier#variant#contamination#test

  • 23.02.2021: Kein »Freibrief für Uber« (Tageszeitung junge Welt)
    https://www.jungewelt.de/artikel/397077.neoliberale-attacke-kein-freibrief-f%C3%BCr-uber.html

    Und noch so ein Artikel, der den Verlautbarungen verschiedener Kapitalfraktionen und der in ihrem Auftrag tätigen Bundesanstalt für Arbeit aufsitzt. Die hat festgestellt, dass im Jahr 2019 „90 Prozent aller vollzeitbeschäftigten Taxifahrerinnen und -fahrer ein Entgelt unterhalb der Niedriglohnschwelle“ verdienten.

    Die Wirklichkeit ist viel brutaler

    Was BA und Artikel nicht verraten ist die Tatsache, dass zumindest in Berlin 99 Prozent aller „vollzeitbeschäftigten Taxifahrerinnen“ nur einen Bruchteil des gesetzlich festgelegten stündlichen Mindestlohns erhalten. Am Ende des Jahres 2019 lag der tatsächlich im Taxi zu erzielende Stundenlohn noch bei etwa der Hälfte des MIndestlohns, um im darauf folgenden Coronajahr auf zeitweise einen Euro pro Stunde zu sinken.

    #Schwarzarbeit und #Dunkeldaten

    Wie die Mietwagenanbieter ihre Fahrern und Fahrerinnen entlohnen wird erst garnicht erwähnt, weil es darüber keine belastbaren Zahlen gibt. Diese Angestellten sind eine bundesweit zehntausende umfassende Randgruppe, für die sich niemand interessiert. Sie sind Flüchtlinge, Zuwanderer und ganz Arme, deren Führerschein ihr einziges Kapital auf dem Arbeitsmarkt ist. Viele von ihnen werden dazu angeleitet, ein Gewerbe als „selbständiger Chauffeur“ anzumelden. Damit wird ihr Arbeitgeber vollkommen von der Zahlung von Sozialbgaben „entlastet“. Es werden für diese Scheinselbständigen nicht einmal die bei Minijobs obligatorischen dreissig Prozent des Lohns an die Knappschaftskasse abgeführt. Für Selbständige gilt auch kein Mindestlohn- oder Arbeitszeitgesetz.

    Worum es wirklich geht

    Die meisten Fahrerinnen und Fahrer von Mietwagen zur Personenbeförderung sind vor kurzer Zeit aus Ländern ohne wirksame Sozialgesetzgebung eingewandert und aus diesem Grund auch in Deutschland leichte Beute für Ausbeuter, die ihnen elementare Rechte vorenthalten. Im Endergebnis schaden sie in ihrer Schwäche durch ihre Kurzsichtigkiet und Unkenntnis der deutschen Arbeitsgesetzgebung nicht nur sich selber, sondern agieren als Werkzeuge ihrer Bosse beim Niederreissen der letzten Schutzvorkehrungen im Taxigewerbe. Über die katastrophalen Auswirkungen dieser Entwicklung für die ganze Gesellschaft wird bisher nicht gesprochen.

    Rauchbomben und Nebelkerzen

    Die Diskussion um Rückkehrpflicht und Karenzzeiten ist eine Scheindiskussion. Sie dient der Verteidigung der Pfründe einer extrem aubeuterischen Fraktion der hiesigen Kapitalisten egal welchen Geschlechts, die ihre Felle davonschwimmen sieht, weil ihre Mitglieder unerwartet der Konkurrenz durch stärkere, besser organisierte und noch skrupellosere Konkurrenten ausgesetzt sind.

    Für Fahrerinnen und Fahrer ist es beinahe egal, ob sie in Autos mit oder ohne Dachzeichen unterwegs sind. Entscheidend für sie ist ein effektiv ausgezahlter armutsfester Lohn. Die Duchsetzung des Mindestlohns in Taxis und Mietwagen mit Fahrern wäre ein erster Schritt in diese Richtung. Machbar wäre das mit geringen Aufwand.

    Eine Lösung für den Gordischen Knoten

    Ein probates Werkzeug für unbestechliche und einfach zu machende Arbeitszeiterfassung stellen die in Carsharing-Fahrzeugen genutzten Systeme dar. Sie sind eine leicht für Taxis und Mietwagen anzupassende Lösung. Die so ausgestatteten Autos können nicht bewegt werden, ohne dass die Zentrale, bei Taxis und Mietwagen wären das Aufsichtsbehörde und Betrieb, genau erfährt, wer das Fahrzeug in jedem Augenblick benutzt und wo es sich gerade befindet. Wie Erfassung und Übermittlung von Daten aus dem Auto manipulationsgeschützt erfolgen kann, zeigt die INSIKA-Implementation im Taxi.

    Digitalisierung im Interesse der Arbeitenden

    Die Zeiterfassung und Nutzungsabrechnung für Kurzzeit-Mietwagen alias „Car Sharing“ entspricht technisch betrachtet genau der Arbeitszeiterfassung, die vom Europäischen Gerichtshof gefordert wird und in Taxis und Mietagen fehlt. Das System müsste noch geeicht und gegen Manipulationsversuche gehärtet werden. Gesetzlich oder per Verordnung für alle Mietwagen und Taxis vorgeschrieben würde sie der Konkurrenz per Lohndumping unmittelbar ein Ende bereiten. Die von Vielen immer wieder geforderte „faire Konkurrenzsituation“ würde sich als Nebeneffekt wie von selbst einstellen.

    Siebene auf einen Streich! ...

    ... sagte sich das tapfere Schneiderlein, und klopfte sich zufrieden auf den Bauch.

    23.02.2021, von Ralf Wurzbacher - Branche wehrt sich gegen Liberalisierung des Fahrdienstmarktes. Londoner Supreme Court verurteilt Dumpingmethoden des US-Anbieters

    Die geplante (Neo-)Liberalisierung des Taxi- und Fahrdienstmarktes war am Montag Thema einer Expertenanhörung im Bundestag. Zur Debatte stand der von Bundesverkehrsminister Andreas Scheuer (CSU) im November eingebrachte Entwurf für ein Gesetz »zur Modernisierung des Personenbeförderungsrechts«, das sich derzeit in der parlamentarischen Beratung befindet. Im Kern geht es dabei um Erleichterungen beim Einstieg neuer, vornehmlich App-basierter Angebote von Fahrdienstleistern wie Uber, Door-2-Door oder Clever Shuttle, die ihre Leistungen bislang nur befristet auf Basis einer Experimentierklausel offerieren dürfen. Mit der vorgesehenen Novelle will die Bundesregierung einen verbindlichen Rechtsrahmen für die Vielzahl unterschiedlicher Anbieter schaffen. Wirklich zufrieden mit den Plänen ist indes keiner der Akteure.

    Taxis vor dem Aus

    Durch das Vorhaben in seiner Existenz bedroht sieht sich bekanntlich das Taxigewerbe. Erst am Freitag waren wieder Hunderte Fahrer in der Hauptstadt in einem Autokorso vom Brandenburger Tor vor das Konrad-Adenauer-Haus am Berliner Tiergarten gezogen, um gegen einen »Freibrief für Uber« zu protestieren und »faire Regeln für alle« anzumahnen. Im Zentrum der Kritik, etwa des Bundesverbands Taxi und Mietwagen (BVTM), stehen Änderungen im Hinblick auf die sogenannte Rückkehrpflicht von Mietwagen. Bis dato müssen diese, anders als Taxen, nach jeder Fahrt an ihrem jeweiligen Firmensitz Station machen, um erst dann wieder neue Aufträge auszuführen. Zwar soll die Bestimmung vom Grundsatz her Bestand haben, allerdings sieht Scheuers Gesetzesvorlage diverse Ausnahmen zur Umgehung der Vorgaben vor.

    Außerdem forderte der gestern im Verkehrsausschuss angehörte BVTM-Vizepräsident Herwig Kollar eine Vorbestellfrist für Mietwagen von mindestens einer halben Stunde. Damit behielten die Kommunen ein »wichtiges Instrument zum Erhalt der Funktionsfähigkeit des örtlichen Taxigewerbes« in der Hand, sofern sie feststellen, »dass sie – wie in mehreren Großstädten schon zu beobachten ist – von der Plattformökonomie überrannt werden«. Nicht weit genug gehen die Pläne dem Chef von Uber Deutschland Christoph Weigler. Unter anderem stört er sich an der avisierten Einführung von Mindestbeförderungsentgelten »zur Unterbindung des Anbietens von Leistungen zu nicht marktgerechten Preisen«. Damit werde ignoriert, »dass diese bereits durch das Verbot von unlauterem Wettbewerb ausgeschlossen sind«, erklärte er im Bundestag.

    Nur was bringt ein Verbot, das offenbar systematisch umgangen wird. Nach Zahlen der Bundesagentur für Arbeit (BA) von 2019 verdienten seinerzeit 90 Prozent aller vollzeitbeschäftigten Taxifahrerinnen und -fahrer ein Entgelt unterhalb der Niedriglohnschwelle (jW berichtete am 8.6.2019). Dies ist auch dem Vormarsch von Chauffeur- und Poolingdiensten wie Berlkönig oder Moia geschuldet, die die Preise durch Missachtung von Tarif- und Sozialstandards für ihre Fahrer nach unten treiben. Entsprechend bescheinigte auch Kollar vom Taxiverband Scheuers Vorlage, ein »System organisierter Verantwortungslosigkeit zu Lasten von Verbrauchern und Fahrern« zu installieren. Es werde versäumt, »den Kommunen eine angemessene Vielzahl effektiver Instrumente gegen Dumpingverkehre an die Hand zu geben«, monierte er.

    Konzern muss zahlen

    Ein in dieser Hinsicht wegweisendes Urteil fällte am vergangenen Freitag der Oberste Gerichtshof in Großbritannien. Nach vierjährigem Rechtsstreit stellt er fest, dass der US-Marktriese Uber seine in Mietwagen verkehrenden Fahrer als reguläre, sozialversicherungspflichtige Beschäftigte und nicht wie Unternehmer oder Selbständige zu behandeln habe. Lord George Leggatt, einer der Höchstrichter am Supreme Court, erklärte das einstimmig ergangene Urteil: »Die Fahrer sind einer Position der Unterordnung und Abhängigkeit von Uber, so dass sie wenig oder gar keine Möglichkeit haben, ihre wirtschaftliche Position durch berufliche oder unternehmerische Fähigkeiten zu verbessern.«

    Geklagt hatten 35 Uber-Chauffeure, die nun mit Entschädigungen von bis zu 12.000 Pfund (ca. 13.870 Euro) rechnen können. Ferner könnten auf den US-Konzern erhebliche Steuernachforderungen zukommen. Derzeit sollen weitere 15.000 Betroffene eine Massenklage gegen Uber vorbereiten. Dessen Aktienkurs gab prompt deutlich nach.

    #Taxi #Uber