• Donald Trump en passe de remporter sa guerre commerciale
    ▻https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/07/26/donald-trump-en-passe-de-remporter-sa-guerre-commerciale_6624388_3234.html

    Pour de nombreux analystes économiques outre-Atlantique, l’instauration chaotique des droits de douane punitifs au printemps semble laisser place à un nouvel ordre mondial où des barrières douanières de 10 % à 15 % – inimaginables il y a un an – sont la norme et permettent au Trésor américain d’engranger des milliards de dollars.

    L’Amérique s’est barricadée : les droits de douane sont actuellement d’environ 20 % sur les importations américaines, contre 2,4 % en 2024, selon l’indicateur de The Budget Lab de l’université Yale, le plus haut niveau depuis 1911 ou 1933, selon la manière de calculer. Cette estimation a été faite après l’accord avec le Japon du mardi 22 juillet, et avant celui avec l’Union européenne.

    Depuis son retour à la Maison Blanche, M. Trump est parvenu à changer le référentiel de négociation. Il n’est plus question de redescendre en dessous de son droit de douane général de 10 % – il a été maintenu avec le Royaume-Uni lors de l’accord signé en mai – et les marchés financiers ont jubilé lorsqu’il a annoncé des droits de douane limités à 15 % avec le Japon. C’est désormais la référence pour les Européens. Ceux qui se réjouissent du fait que ce taux est bien inférieur à la menace de 30 % brandie par le président américain ont intégré le chantage présidentiel et oublient que ce taux de 15 % eût semblé apocalyptique en 2024.

    Ces droits de douane rapportent. Depuis le début de l’année, le Trésor a engrangé environ 100 milliards de dollars (85,1 milliards d’euros), plus de deux fois plus qu’au premier semestre de 2024. Surtout, les rentrées fiscales se sont envolées en juin, atteignant 27 milliards de dollars, quatre fois plus qu’en juin 2024. « Nous sommes en bonne voie pour atteindre 300 milliards de dollars cette année. Cela représente près de 1 % du produit intérieur brut [PIB]. Voici comment nous allons remettre d’aplomb le désastre budgétaire dont nous avons hérité », a affirmé sur X le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, mardi 22 juillet.

    [...]

    Les entreprises étrangères, notamment européennes, sont d’ailleurs en voie de capitulation, et supplient leurs gouvernements de parvenir à un accord avec M. Trump. C’est le cas de Bernard Arnault, patron de LVMH, et d’Oliver Blume, président du conseil d’administration de Volkswagen, auquel les droits de douane ont coûté 1,3 milliard d’euros au deuxième trimestre. Son objectif : négocier en sus de la Commission européenne une paix séparée avec M. Trump en proposant d’« énormes investissements » aux Etats-Unis qui serviraient aussi de base d’exportation d’automobiles Volkswagen. « Il devrait être possible d’ajouter un accord spécifique au niveau de l’entreprise entre les Etats-Unis et les constructeurs automobiles », a déclaré M. Blume aux analystes financiers, vendredi 25 juillet.

    [...]

    Chacun a compris que rien n’était durable. Déjà, le Japon et les Etats-Unis se déchirent sur leur accord qui prévoyait 550 milliards de dollars d’investissements japonais aux Etats-Unis. Mais tant que Wall Street bat des records et que les taux d’intérêt restent contenus (4,4 % à dix ans) ....

    ▻https://archive.ph/oB61Z

    #déficit #U.S.A #droits_de_douane #barrières_douanières #économie_de_services

  • La dette américaine, arme de négociation contre Donald Trump pour le reste du monde
    ▻https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/05/10/la-dette-americaine-arme-de-negociation-contre-donald-trump-pour-le-reste-du

    Katsunobu Kato a osé dire tout haut ce que tout le monde murmure tout bas. Lors d’un entretien à TV Tokyo, vendredi 2 mai, le ministre des finances japonais a reconnu qu’il pourrait utiliser la dette américaine détenue par le Japon comme une arme de négociation contre Donald Trump. « C’est une carte qui existe, mais la décision de l’utiliser ou non est autre chose. » La déclaration a fait sursauter les milieux financiers. Voilà le meilleur allié asiatique des Etats-Unis qui menace d’utiliser une arme redoutable contre les Etats-Unis.

    Aujourd’hui, le Japon est le premier pays étranger détenteur de bons du Trésor des Etats-Unis, avec 1 125 milliards de dollars (1 000 milliards d’euros). C’est un peu moins de 4 % du total de la dette américaine, mais suffisamment pour provoquer un électrochoc s’il se mettait à vendre en masse ces titres. Une telle manœuvre provoquerait une forte hausse des taux d’intérêt américains, rendant plus cher le financement de son déficit par les Etats-Unis.

    Preuve de la sensibilité du sujet, deux jours après sa déclaration, M. Kato rétropédalait : « Nous n’envisageons pas de vendre des bons du Trésor américains dans le cadre des négociations Japon - Etats-Unis. » Mais le dossier est loin d’être refermé. Depuis l’annonce des droits de douane « réciproques » par Donald Trump début avril, la rumeur circule sur les marchés : les Asiatiques, Chinois en tête, auraient vendu une partie de leurs bons du Trésor américains comme contre-offensive aux annonces de la Maison Blanche.

    [...]

    Aujourd’hui, le marché de la dette américaine s’élève à presque 29 000 milliards de dollars. Environ 30 % sont détenus hors des Etats-Unis, dont un peu moins de la moitié par des banques centrales, le reste étant aux mains de fonds d’investissement privés (gestionnaires d’actifs, assureurs, fonds de pension…).

    ▻https://archive.ph/1A3qp

    #U.S.A #bons_du_Trésor #dépendance_mutuelle

  • Springfield, ses chats et ses migrants haïtiens, cœur toxique de la présidentielle américaine
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2024/09/19/springfield-ses-chats-et-ses-migrants-haitiens-c-ur-toxique-de-la-campagne-a

    Springfield, ses chats et ses migrants haïtiens, cœur toxique de la présidentielle américaine
    Par Piotr Smolar (Springsfield (Ohio), envoyé spécial)
    Levons le faux suspense : les amis des chiens et des chats peuvent respirer. Les Haïtiens de Springfield ne mangent pas les animaux de compagnie. Le fait même d’énoncer cette phrase grotesque traduit la tourmente qui a secoué cette petite ville de l’Ohio. Une tornade artificielle, causée par Donald Trump. Lors du débat télévisé avec Kamala Harris, le 10 septembre, l’ancien président a relayé cette légende urbaine issue de Facebook, consacrant ainsi les Haïtiens en incarnation virale de la menace migratoire pesant, selon lui, sur les Etats-Unis, avec la complicité des démocrates.
    Les conséquences ont été immédiates. Une trentaine d’alertes à la bombe ont été recensées dans la ville, dont l’origine n’est pas établie. Un festival culturel prévu fin septembre a été annulé. Des écoles ont fermé, l’université a organisé les cours en ligne. Le pire n’est pas passé. Mercredi 18, Donald Trump a annoncé qu’il se rendrait bientôt à Springfield. Dans le petit centre communautaire des Haïtiens, la directrice des opérations, Rose-Thamar Joseph, compte 280 e-mails en retard. Les messages de soutien et de solidarité affluent de tout le pays. « On se focalise sur la communauté haïtienne, mais c’est toute la communauté de Springfield qui souffre de la situation, dit cette employée d’Amazon, dans un excellent français. J’ai été choquée, abasourdie, en entendant Trump. Venant d’une personnalité de cette catégorie, peut-être éduquée… Ces gens ont tout ce qu’il faut pour vérifier l’information, mais ne l’ont pas fait. »
    Le directeur exécutif du centre, Viles Dorsainvil, est débordé. Salarié au bureau d’aide sociale de la ville, cet homme réfléchi de 38 ans sert de point de contact pour les autorités. Avec les autres volontaires, Viles Dorsainvil a passé des messages à la communauté. Ceux qui ont les moyens sont invités à installer une alarme et des caméras chez eux. La nuit, mieux vaut laisser une lumière allumée à l’extérieur. Toujours sortir en groupe. Drôle d’époque.
    « J’aime la diversité de Springfield, dit le directeur. Mais il y a un petit groupe de suprémacistes qui ne sont pas favorables à l’intégration. En août, ils étaient entre cinq et dix à défiler en armes, avec des capuches. Juste pour intimider. On a eu aussi des commentaires négatifs, des maisons et des voitures vandalisées. C’est une situation très malheureuse, mais on garde la tête haute. » En réalité, le problème dépasse une poignée d’extrémistes. La ville s’est transformée en laboratoire des Etats-Unis, en miroir de ses angoisses et de sa polarisation incandescente.
    Située entre Dayton et Columbus, entourée de stations-service, d’entrepôts et de chaînes de restauration insipides, Springfield a vécu un bouleversement qui ne se laisse pas enfermer dans des clichés. Dans les années 1960, la cité comptait 80 000 habitants. L’industrie employait à tour de bras, Springfield se développait, à l’instar de ce Nord-Est métallurgique, poumon industriel américain. Mais, à compter des années 1980, les délocalisations ont ravagé l’économie. La population est tombée à 60 000 habitants. Et puis, un nouveau bouleversement s’est produit.
    Depuis cinq ans, on estime qu’environ 15 000 Haïtiens sont arrivés à Springfield. Ils occupent les emplois dans l’industrie nouvelle ou dans le secteur des services. Ils ont ouvert de petits commerces, comme des restaurants célébrant leur pays. Ils se sont souvent entassés dans des logements exigus, au nom des liens de solidarité. Le maire, Rob Rue, et son équipe ont été confrontés au revers de cette attractivité soudaine. La ville a redécouvert les vertus de la croissance, mais une partie de la population blanche se sent menacée.
    Les services publics – en particulier les hôpitaux et les écoles – en pâtissent. Le centre médical régional Mercy Health confirme au Monde une forte hausse du volume de patients, notamment pour « la santé des femmes, les services d’urgence et les soins primaires ». Dans les classes, l’afflux d’enfants ne parlant pas anglais nécessite des dispositifs de rattrapage ambitieux, des traducteurs. Le gouverneur de l’Ohio, le républicain Mike DeWine, a promis de dégager 2,5 millions de dollars d’aide d’urgence. Un soutien fédéral est ardemment espéré. Un homme accoste les Haïtiens devant l’entrée du magasin Family Dollar, un supermarché à petits prix. Le pasteur Carl Ruby leur tend un papier en anglais et en créole, leur souhaitant la bienvenue à Springfield. Officiant à la Central Christian Church, il est l’un des hommes de foi les plus mobilisés en soutien de la communauté haïtienne. Avec d’autres pasteurs, il prêche l’entente et la bienveillance.
    « De nombreux chrétiens américains ont oublié la moitié de l’Evangile, celle sur l’amour des pauvres, le souci des voisins, l’accueil de l’étranger. Il y a quatre-vingt-douze passages dans la Bible qui parlent de cela. C’est triste de voir les chrétiens évangéliques tomber dans le panneau », ajoute-t-il, au sujet des propos de Donald Trump. Le pasteur Ruby aimerait qu’il présente ses excuses, mais il ne se fait guère d’illusion. Sa propre famille s’inquiète pour sa sécurité, en raison de ses prises de position. Sans nier les difficultés de la ville, Carl Ruby vante l’apport des nouveaux habitants, les équipes dans les usines entièrement composées d’Haïtiens.
    Leur arrivée massive est due au bouche-à-oreille. La plupart des migrants ne débarquent pas de Port-au-Prince : ils sont déjà installés aux Etats-Unis depuis quelques mois ou quelques années. En particulier en Floride, porte d’entrée privilégiée, où les loyers prohibitifs ont incité nombre d’entre eux à poursuivre ailleurs leur recherche d’une vie meilleure. Lorsqu’ils n’ont pas de carte verte de résident, voire la nationalité américaine, ces Haïtiens bénéficient d’un statut de protection temporaire, mis en place par l’administration Biden pour les ressortissants de ce petit pays en lambeaux, livré aux groupes criminels. Ce ne sont donc pas des clandestins.
    Les tensions en ville ont commencé à se concrétiser après l’ère du Covid-19. Aaron Earlywine, 47 ans, est un témoin privilégié. Avec sa femme, Heidi, ils se sont installés à Springfield en 2020, délaissant l’Oregon pour « montrer un monde plus diversifié » à leurs six enfants. Tous les dimanches, Heidi enseigne l’anglais à une centaine d’élèves haïtiens. Lui travaille pour une application connectant les institutions, les entreprises et les individus désireux d’apporter une aide aux personnes dans le besoin. « Les tensions à Springfield sont vraiment apparues vers 2023, lorsque les dispositifs d’assurance-maladie [Medicaid], liés au Covid, ont pris fin. Beaucoup de personnes n’y ont plus eu droit et ont incriminé les Haïtiens. Ils ont aussi noté qu’il n’y avait pas de sans-domicile parmi eux et ont cru qu’ils étaient hébergés par le gouvernement fédéral. Il y avait juste une différence culturelle. Beaucoup d’Haïtiens étaient prêts à vivre ensemble sous le même toit. Et puis, il y a eu l’accident. »
    En août 2023, un bus scolaire a été percuté par un minivan conduit par un Haïtien ne disposant pas de permis de conduire américain. Un enfant de 11 ans est mort, une vingtaine d’élèves ont été blessés. Cette tragédie a provoqué une libération de la parole raciste, notamment sur les réseaux sociaux. « Vous savez, j’aurais préféré que mon fils, Aiden Clark, soit tué par un homme blanc de 60 ans », a déclaré récemment le père du garçon mort, lors d’une réunion municipale. Une phrase choc, marquant son dégoût devant l’exploitation du drame à des fins politiques.
    Aujourd’hui colistier de Donald Trump, le sénateur de l’Ohio J. D. Vance, est né à environ 80 kilomètres de Springfield. C’est lui qui a transformé les tensions locales, maîtrisées, en ouragan national. Lui qui, le premier, a relayé les inquiétudes supposées d’habitants au sujet d’animaux disparaissant mystérieusement.L’objectif est cynique. Il s’agit d’imposer l’immigration comme question centrale dans la campagne, plutôt que de subir le récit de Kamala Harris, voulant tourner la page des outrances de l’ère Trump. « Si j’ai besoin de créer des histoires pour que les médias américains fassent vraiment attention aux souffrances du peuple américain, eh bien, c’est ce que je vais faire », a osé le sénateur, sur CNN, le 15 septembre. Le mensonge est un abus classique en politique. Mais le revendiquer comme une pratique de salubrité publique dépasse les normes.
    Dans son jardin, Bill Monaghan, 62 ans, a maintenant le temps de cultiver asperges et tomates. Après avoir longtemps travaillé dans la communication, le voilà à la retraite. Pendant plusieurs mois, il a servi de modérateur dans un groupe privé sur Facebook focalisé sur l’afflux de migrants haïtiens, aux relents xénophobes. La prétendue « saleté » de cette population et les comportements machistes agressifs envers les femmes étaient montrés du doigt. « Je fais partie de la dernière génération à avoir eu une enfance normale à Springfield, avance-t-il. On pouvait rester dehors jusqu’au soir, on se déplaçait à vélo. » Son ressentiment est grand, ses cibles nombreuses. « Je ne vois pas comment le fait d’importer vingt mille ou trente mille personnes d’un pays déchiré par la guerre, contrôlé par les gangs, frappé par des maladies comme le sida, avec une population illettrée, pourrait revitaliser notre ville », critique le retraité.Bill Monaghan en veut au gouvernement fédéral, qui distribuerait des aides sociales aux Haïtiens, et aux employeurs sans scrupule attirant cette main-d’œuvre. (...)Issu d’une famille de démocrates catholiques, Bill Monaghan a planté une pancarte soutenant Trump devant sa maison. Il souligne la disparition des canards qui égayaient le parc voisin. Pas de preuves, bien sûr. Mais les Haïtiens ont une cuisine particulière, suggère-t-il, et « une culture vaudoue ». Certes, Donald Trump « a parlé sans réfléchir », lors du débat, mais « il n’est pas invraisemblable » que les migrants enlèvent les animaux domestiques. L’équipe de J. D. Vance a fourni au Wall Street Journal le seul rapport de police sur le sort d’un chat à Springfield. Miss Sassy avait disparu fin août. Sa maîtresse a incriminé les Haïtiens. L’animal est réapparu quelques jours plus tard.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#haiti#politique#immigration#economie#sante#election

  • Dans la ville de Gaza encerclée par l’armée israélienne, un déluge de fer, de feu et de sang

    Sur le terrain, si les #combats ont déjà commencé entre les forces israéliennes au sol – qui avancent méthodiquement depuis une semaine – et les hommes du #Hamas, ces derniers n’ont pas jeté tous leurs éléments dans les affrontements. Une grande partie des combattants (les pertes du groupe islamiste se compteraient en centaines, sur un total de plusieurs dizaines de milliers avant les affrontements) se trouve encore à l’abri du réseau de #tunnels, avec des stocks de vivres et de munitions. Certains se filment en train de sortir de tunnels et d’attaquer des unités israéliennes, profitant de la surprise. L’armée, depuis jeudi, est engagée de plus en plus dans des combats directs et collecte des renseignements pour demander des frappes sur des objectifs tels que les groupes d’assaillants ennemis ou leurs infrastructures, notamment les entrées de tunnel. L’unité spécialisée dans ce type de guerre, Yahalom, est à l’œuvre, a affirmé un communiqué de l’armée israélienne.

    Mais prendre d’assaut ce que le général Giora Eiland, ancien chef du Conseil national de sécurité israélien, décrit comme « la position militaire la plus fortifiée de la planète », et qui inclut des centaines de kilomètres de conduits souterrains et d’installations en profondeur, ne se fera pas facilement. L’officier supérieur, chercheur à l’Institut national d’études de sécurité en Israël, estime que l’opération pourrait demander « quelques semaines », et en résume ainsi les objectifs : « Démanteler l’infrastructure du Hamas – incluant le réseau de tunnels ; tuer la plupart des combattants et leurs chefs ; détruire le commandement et les stocks d’armes. Quand on aura terminé tout cela, on pourra passer au sud de Gaza. Mais peut-être qu’à ce moment-là les combattants du Hamas auront compris qu’ils n’ont pas la moindre chance de l’emporter, et peut-être alors verra-t-on leur organisation s’effondrer. »

    « Il nous faut une victoire claire et nette »

    Mais, selon le général Eiland, Israël se voit à présent confronté à un autre « défi » – le premier étant le Hamas : celui des «  initiatives internationales, qui appellent à un #cessez-le-feu à #Gaza ». Son point vue, largement partagé par les officiers supérieurs israéliens, se résume ainsi : « Accepter un cessez-le-feu, dans la situation actuelle, reviendrait à reconnaître qu’Israël a perdu la #guerre. Ce serait une catastrophe pour nous. »
    Le général Yaakov Amidror, lui aussi ex-responsable du Conseil national de sécurité, ancienne tête pensante des renseignements militaires, désormais à l’Institut d’études stratégiques de Jérusalem, explique ainsi les manœuvres en cours : « On avance lentement, avec des précautions pour ne pas tomber dans les pièges du Hamas. Pour l’instant, nous visons les commandants de rang intermédiaire, autant pour déstabiliser le mouvement – dans son fonctionnement opérationnel – que pour éliminer ceux qui se voient comme les successeurs potentiels de la direction actuelle lorsque nous l’aurons éliminée. Il nous faut une victoire claire et nette. »
    S’il est question, d’un point de vue froidement opérationnel, de « quelques semaines », il apparaît en effet que le temps est compté à Israël : le monde prend la mesure, avec un effroi grandissant, de l’ampleur des destructions infligées à Gaza. En appelant à des « pauses humanitaires », les Etats-Unis semblent piégés par leur propre choix sémantique. L’administration Biden se refuse en effet à appeler à un cessez-le-feu à Gaza, estimant qu’il constituerait une victoire pour le Hamas, qui pourrait reprendre son souffle et se réorganiser.
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2023/11/04/dans-la-ville-de-gaza-encerclee-par-l-armee-israelienne-un-deluge-de-fer-de-

    ▻https://archive.ph/dG6kC

    #cimetierre_d'enfants #Israël #U.S.A #Giora_Eiland

  • A Rafah, le procureur de la Cour pénale internationale appelle au respect des lois de la guerre [et puis s’en va]
    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2023/10/30/a-rafah-le-procureur-de-la-cour-penale-internationale-appelle-au-respect-des

    Dimanche 29 octobre, le Britannique s’est rendu pour une brève déclaration au poste- frontière de Rafah, seul point de passage de la bande de #Gaza vers le monde extérieur, via l’Egypte, dans les pas du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui, le 20 octobre, avait plaidé, sur place, pour l’accès de l’aide humanitaire à Gaza. La #CPI avait ouvert une enquête en 2021 sur la #guerre de 2014 dans l’enclave, et sur la #colonisation des territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem-Est. Mais les investigations n’ont guère progressé. #Israël conteste à la Cour – dont il n’est pas membre– toute compétence.
    M. Khan ne souhaitait pas s’aliéner Washington, principal allié d’Israël, en dépit de l’insistance des #Palestiniens. En décembre 2022, Raji Sourani, figure du Centre palestinien pour les droits de l’homme, une organisation qui documente les exactions depuis des années, avait épinglé le procureur sur les lenteurs du dossier. Depuis, le militant est retourné à Gaza, d’où il envoie quelques rares tweets pour dénoncer le « nettoyage ethnique » en cours et « le génocide ».

    Le 26 octobre, le ministre des affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad Al-Maliki, a rencontré Karim Khan à La Haye, où siège la CPI, pour l’assurer de sa coopération, sans toutefois dire publiquement si elle s’étendait au massacre commis par le Hamas, le 7 octobre. Filmé dimanche devant la porte de Rafah, le procureur a assuré qu’il aurait « vraiment voulu pouvoir entrer à Gaza et aussi aller en Israël ».

    Depuis le 7 octobre, juristes, diplomates, ONG et experts de l’#ONU ont critiqué ses silences. Ainsi, sur X (anciennement Twitter), le juriste de l’organisation palestinienne des droits de l’homme Al-Haq, Ahmed Abofoul, qui a perdu plusieurs proches à Gaza depuis le 7 octobre, a demandé au procureur de réagir. En 2018, à la suite de « menaces » de poursuites de la CPI, le gouvernement israélien avait renoncé à déplacer de force la population de Khan Al-Ahmar, un village bédouin au sud de Jérusalem.

    Beaucoup reprochent à la Cour « une justice à deux vitesses », en particulier depuis le début de la guerre en Ukraine, où il n’a fallu qu’un an à M. Khan pour lancer un mandat d’arrêt contre le président russe, Vladimir Poutine. « Des critiques qui pourraient encore se faire entendre » à l’Assemblée générale de l’ONU, selon un diplomate. Le président de la CPI devait y présenter, lundi 30 octobre, son rapport annuel.

    #U.S.A #crimes_de_guerre #crimes_contre_l'humanité

  • La guerre de Gaza et la situation mondiale. Vincent Présumey, 23/10/2023
    ▻https://aplutsoc.org/2023/10/24/la-guerre-de-gaza-et-la-situation-mondiale-vincent-presumey-le-23-10-2023

    Il est indispensable d’intégrer ce qui est pour l’instant la #guerre de #Gaza mais pourrait devenir plus et pire, depuis les 7-8 octobre 2023, à l’analyse globale de la crise mondiale contemporaine. Le plus grand danger intellectuel, et par voie de conséquence politique et moral, serait de croire à un feuilleton déjà connu, tant les forces en présence dans cette région du monde sont observées, mythifiées, assimilées dans les consciences depuis des décennies. Ce danger est aggravé par le fait que la question en surplomb dans la situation mondiale, c’est celle de la #guerre_mondiale. Devant un théâtre où tout le monde croit reconnaître les siens, et devant un danger que l’on préfère souvent ne pas nommer, grande est la tentation de fuir sans phrases, fuir la démarche qui consiste à analyser pour trouver comment agir en intégrant le nouveau et pas en répétant seulement le connu ou ce que l’on croit connaître.

    Réciter les slogans et s’y réfugier n’est plus que conservatisme devant la catastrophe et ne conjure rien du tout. Le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté, inséparables, devraient être de rigueur.

    Le tournant du 7 octobre 2023 est l’évènement le plus retentissant, au plan mondial, depuis le 24 février 2022. Il ne nous ramène nullement à l’avant 24 février. Au contraire, il nous engage plus encore dans le XXI° siècle des guerres et des révolutions.

    Plan du texte :

    Le cadre dans lequel cette guerre survient.
    « Sud global » contre « Occident », ou le discours de l’impérialisme multipolaire.
    La balance de la justice, vraiment ?
    Le sens historique des #pogroms des 7-8 octobre.
    La nature de la guerre israélienne contre Gaza.
    La place de l’#Iran.
    A propos du « deux poids deux mesures ».
    Le positionnement de Washington et la possibilité sous-jacente de la guerre mondiale.

    ... Qu’il soit nécessaire, pour analyser la place de la guerre engagée le 7 octobre, d’une analyse mondiale intégrant la guerre en Ukraine et reliant les deux guerres, semble [...] tout à fait inenvisageable, voire impensable. Sud global contre Occident impérialiste, telle est la représentation idéologique qui doit submerger tout autre discours, toute autre réflexion

    ... plus riches des dures leçons de l’histoire et des combats anticolonialistes, sont les réflexions de nos camarades ukrainiens propalestiniens, que les pogroms révulsent et qui s’écrient, comme Hanna Perekhoda : « Notre Hamas, nous l’avons eu ! », c’était l’OUN, et cela pourrait être Azov : ces camarades, aux premiers rangs de la lutte de libération nationale, récusent ces organisations, leurs méthodes et leurs crimes, antisémites et antipolonais, récusent tout amalgame mythique entre leur lutte à eux, la guerre de libération actuelle, et la tradition « bandériste », et savent combien la nation ukrainienne a payé et paie cher ces crimes et cet amalgame, « nazi-ukrainien », cette équation raciste que, s’agissant des Palestiniens, Gilbert Achcar croit conjurer en dénonçant leur « nazification », mais qu’il conforte en fait, en montant un échafaudage idéologique pour nous expliquer que les crimes du Hamas, dans sa petite « balance de la justice » qui ne serait soi-disant « pas métaphysique » et pas occidentale, sont des crimes de bonne qualité puisque ce sont des crimes commis du bon côté.

    .... « S’il y a une leçon à tirer de la guerre de libération algérienne, c’est bien que le terrorisme contre les civils dessert les luttes des opprimés et des exclus (...) » - écrivait Mohamed Harbi, qui sait de quoi il parle, dans Hommes et libertés, n°117, janvier-mars 2002.

    .... Pas plus que le Hamas ne combattait l’oppression nationale et coloniale israélienne les 7 et 8 octobre, l’armée israélienne ne « riposte » ou n’exerce des « représailles » visant à « détruire le Hamas » à Gaza. Il s’agit de la plus monstrueuse opération menée contre cette population civile emprisonnée dans un immense ghetto

    .... Beaucoup de commentateurs parlent d’une « seconde #Nakba ». Là encore soyons clairs : c’est pire. L’histoire n’est pas répétition, et tant que le capitalisme conduit biosphère et genre humain à l’abîme, elle est aggravation. C’est pire parce que de plus grande dimension, parce que la population gazaouie n’a pas où aller, l’Égypte fermant ses portes, l’errance au Sinaï, ce vieux mythe n’est-ce pas, signifiant la décimation, pire aussi parce que le nettoyage ethnique en Cisjordanie pourrait bien être le corollaire.

    ... l’Iran. Engagé dans une fuite en avant par peur de la révolution, peur de « Femmes, Vie, Liberté », la caste oligarchique ultra-réactionnaire des mollahs a un programme, un programme de réaction sur toute la ligne, et le génocide du peuple judéo-israélien en fait partie. Il en fait partie, à côté de la répression sauvage en Iran, de l’écrasement des kurdes, de la vassalisation de l’Irak, de l’inféodation du #Liban aux structures mafieuses du #Hezbollah, et du charcutage de la Syrie avec l’expulsion des arabes sunnites d’une grande partie du territoire.

    ... Le rôle contre- révolutionnaire de l’Iran lui a permis d’avoir la tolérance états-unienne, contre la révolution syrienne, et l’alliance russe. .....

    en pdf
    ►https://aplutsoc.files.wordpress.com/2023/10/la-guerre-de-gaza-et-la-situation-mondiale_vp_2023-10-23.p

    #campisme #Israël #E-U #U.S.A #impérialisme_multipolaire #guerre_en_Ukraine #internationalisme #Gilbert_Achcar #Franz_Fanon #pogroms (by both sides) #Jewish_Voice_for_Peace #crimes_contre_l’humanité #gazaouis

  • Guerre entre Israël et le Hamas : « La Cour pénale internationale est là pour être le dernier recours lorsque toutes les autres voies n’ont plus d’effets », analyse un juriste
    ▻https://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/israel-palestine/guerre-entre-israel-et-le-hamas-la-cour-penale-internationale-est-la-po

    [...] le 1er janvier 2015 le gouvernement palestinien avait déclaré « son acceptation de la compétence de la CPI à partir du 13 juin 2014 », peut-on lire sur le site de la Cour pénale internationale. Il est donc urgent que la CPI se préoccupe de ce qui se passe dans les territoires palestiniens, selon Johann Soufi qui s’étonne du « silence assourdissant du procureur de la CPI ».
    Pour lui ce « silence de la CPI fait écho au silence d’autres organisations multilatérales notamment de l’ONU avec tous les vétos américains au Conseil de sécurité sur une situation qui ne fait que se détériorer années après années ».
    [...]
    « La Cour pénale internationale est là pour être le dernier recours lorsque toutes les voies diplomatiques, politiques et militaires n’ont plus d’effets », explique Johann Soufi. « Le temps de la justice internationale est important quand la guerre est là. Le droit international puise ses sources dans les conventions de Genève et ce n’est pas un hasard si ça a été fait juste après la Seconde Guerre mondiale », détaille Johann Soufi, « parce que toute l’idée c’était d’humaniser la guerre, car même dans les conflits armés, il faut des règles et la justice pénale internationale est là pour le rappeler. Maintenant plus que jamais c’est le temps de la justice pénale internationale, le temps pour la Cour pénale internationale de faire entendre sa voix », insiste-t-il.
    [...]
    "On a des instruments juridiques, les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité qui sont suffisamment précis, acceptés et universels pour à la fois qualifier les crimes commis par le Hamas en Israël et ceux commis par le gouvernement israélien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza",

    Et si la justice internationale se saisit des actes commis par le Hamas en Israël, on parlera de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, parce que concernant le terrorisme, « malheureusement c’est une notion qui relève du droit national avec toute l’utilisation politique qu’on en connaît notamment dans les régimes autoritaires ».

    • Je pense qu’il n’y a effectivement pas grand-chose à attendre de ces instances juridiques.

      La prise de position de ce juriste vaut d’abord pour ce qu’elle indique, justement, du peu de poids de ces instances dans leur capacité à prendre en compte la colonisation israélienne sur le temps long et donc de leur responsabilité passive dans la situation régionale. Ces instances internationales étant largement tributaires des jeux de puissances impérialistes qui commandent la politique à l’échelle de la planète.

      Le plus important, de mon point de vue, c’est que ce juriste permet de recadrer l’usage du mot « terrorisme ».

      Ce mot, auquel est systématiquement associé le terme « condamnation » semblent représenter une quasi obligation dès lors qu’on s’exprime en France sur l’attaque du Hamas en Israël, perpétrée le samedi 7 octobre.

      Si l’on ne se plie pas à cette obligation sémantique, on est alors automatiquement considéré comme étant complice des crimes commis ce jour-là par le Hamas. Car personne ne peut nier qu’il ait eu des crimes de la part du Hamas ce jour-là, pas plus qu’on ne peut nier que ces crimes se placent dans un contexte de guerre, où une succession d’autres crimes ne cessent d’être perpétrés par l’État d’Israël contre la population civile palestinienne, quelle que soit sa localisation.

      La réalité factuelle oblige à reconnaître, également, que la population de Gaza, à qui l’on interdit toute possibilité d’évacuation ("prison à ciel ouvert"), subit aujourd’hui, avec la réplique israélienne, des crimes de guerre de haute intensité.

      Enfin, il faudrait toujours rappeler que les fondateurs de l’État d’Israël étaient eux-mêmes considérés comme « terroristes » quand la Palestine était sous mandat britannique.

    • J’en suis désolé, mais à mon avis toutes ces discussions autour du droit international sont une pure perte de temps. Elles n’ont d’intérêt que sous l’angle moral, mais rigoureusement aucun d’un point de vue pratique.

      – Les responsables israéliens ne seront jamais poursuivis. Les États-Unis ont toujours fait de cela une ligne rouge bipartisane. Si un pays européen avait l’idée de poursuivre des responsables israéliens pour crimes contre l’humanité, les ricains lui mettraient une pression énorme jusqu’à ce qu’il renonce. L’autorité palestinienne serait privée de tout financement si elle évoquait l’idée de la Cour pénale internationale. Et les procureurs de la CPI eux-mêmes ne sont pas à l’abri de mesures de rétorsion lourdes de la part des États-Unis. Les Israéliens poursuivis pour crimes de guerre ou crime contre l’humanité, ça n’est jamais arrivé, et ça n’arrivera pas. (Fantasmer sur l’émergence d’un monde multipolaire qui le permettrait, c’est oublier que les autres « pôles » émergeants sont aussi des criminels de guerre qui n’ont pas plus intérêt que les américains à réclamer une justice internationale impartiale.)

      – Quant aux responsables du Hamas, ils vont être liquidés par les services israéliens, quel qu’en soit le coût. Ils ne seront jamais arrêtés, jamais traduits devant le moindre tribunal, ils seront purement et simplement exécutés, où qu’ils se trouvent dans le monde.

      Donc les discussions sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité sont utiles pour rappeler les repères moraux, mais dans la pratique, évoquer la CPI c’est une perte de temps. Sauf pour rappeler l’absolu deux-poids-deux-mesures du droit international.

      La seule chose « pratique », c’est de constater que les européens eux-mêmes ont désormais ouvertement renoncé à l’illusion de relations internationales fondées sur le droit (je pense que c’était déjà largement le cas, malgré le coup d’éclat français sur l’invasion de l’Irak, mais ces gens faisaient encore semblant).

    • Sauf pour rappeler l’absolu deux-poids-deux-mesures du droit international.

      C’est futile, mais c’est bien ce à quoi nous nous amusons.

      Comme tu l’évoques, tout le monde semble avoir oublié les rapports effectifs des US avec la CPI. Les US ne collaborent avec la CPI qu’à la condition que la CPI aille dans son sens et contre ses ennemis.

      Pour avoir une idée en images de ce qu’est le droit international et de ce qu’il n’est pas :
      ▻https://www.bedetheque.com/BD-Une-histoire-du-droit-international-De-Salamanque-a-Guantanamo-456663

    • @arno tu as visiblement écris ta réponse avant que je publie mon message complémentaire, car je précise justement qu’il n’y a rien à attendre de ces instances internationales et qu’il précise dans quel contexte intervient, en France, l’usage du terme de crime de guerre ou de terrorisme.

    • Israël-Palestine : les mots de la guerre

      La guerre entre Israéliens et Palestiniens qui dure depuis plus d’un siècle est aussi une guerre des récits et de mots. Des universitaires reconnus expliquent les notions qui sous-tendent cet affrontement.

      ▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-israel-palestine-les-mots-de-la-guerre

      À propos de la série

      La guerre entre Israéliens et Palestiniens qui dure depuis plus d’un siècle est aussi une guerre des récits et de mots. Des universitaires reconnus expliquent les notions qui sous-tendent cet affrontement.

      La première victime des guerres, c’est la clarté. Chaque conflit plonge le public dans l’obscurité, abandonnant chacun à ses approximations et à ses préjugés. C’est particulièrement le cas de la guerre entre israéliens et palestiniens qui depuis plus d’un siècle est aussi une guerre des récits. Que s’est-il passé depuis 1917, autrement dit depuis la déclaration Balfour, par laquelle le colonisateur britannique évoque la création d’un foyer national juif en Palestine ? Chaque date est un jalon de plus dans cette histoire complexe où tout est symbole. Impossible désormais de « voler vers l’orient compliqué avec des idées simples », selon la formule de De Gaulle…

      Pour vous aider à vous faire votre point de vue sur cette histoire, France Culture donne un sens plus pur aux mots de ce conflit. Des universitaires reconnus vous expliquent les notions qui sous tendent cet affrontement.

    • Effectivement, dès le départ du projet de création de l’État d’Israël (totalement tributaire des tensions internes aux impérialismes de l’époque), la question du choix des mots - avec les inévitables interprétations, ambiguïtés et jeux de dupes - joue un rôle important. Ci-joint les différentes versions de la Déclaration Balfour, à partir d’un extrait du livre La Déclaration Balfour - Aux sources de l’État d’Israël - Jean-Pierre Alem - Éditions complexe :

      On remarquera comment le projet, dans sa formulation, a évolué.

      Pour avoir les infos concernant les noms, se reporter à la page de Wikipédia :
      ►https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_Balfour_de_1917

  • A Los Angeles, la maison individuelle, un modèle même pour les sans-abri


    Une allée de maisons dans le Tiny Home Village du quartier de Westlake, à Los Angeles, le 19 juillet 2023. Le site accueille des personnes sans-abri. Il est entouré d’une palissade pour le protéger des regards de l’extérieur. SINNA NASSERI POUR « LE MONDE »

    « Los Angeles, rêve d’architecte » (3/6). La Cité des anges compte 42 000 personnes sans abri, dont une petite partie est relogée dans des bicoques de 5 mètres carrés. La nouvelle maire a fait de leur hébergement sa priorité, mais la tâche s’annonce rude, dans une ville où les logements sociaux n’existent pas.

    Au cœur de Westlake, quartier populaire et à majorité latino du centre de Los Angeles, une cinquantaine de minuscules maisons ont été installées sur une parcelle en lisière d’un parking. C’est un village pour #sans-abri. Une palissade empêche de voir l’intérieur. Ailleurs, on suspecterait une activité honteuse ou secrète. Mais, à Los Angeles, la moindre terrasse de café est bardée de rouleaux de barbelés, les galeries d’art prospèrent à l’ombre des hangars, les villas aux façades aveugles signalent la richesse des propriétaires. La clôture est signe de distinction.

    « Elle garantit la sécurité des habitants, assure Deborah Weintraub, l’architecte en chef de la ville qui pilote ces Tiny Home Village qu’on voit fleurir depuis deux ans en différents points de la ville. L’autre jour, l’un d’eux m’a lancé : “Ça y est, on a notre propre gated community [quartier résidentiel fermé]. C’était une blague, mais il y avait une pointe de fierté dans sa voix. »

    D’un village à l’autre, le design peut varier, mais le modèle est le même : des bicoques en plastique préfabriquées, 5 m2 de surface, un ou deux lits à l’intérieur, une tablette et une grosse poubelle pour ranger ses affaires. Les douches sont collectives. Conçus pour des séjours de trois ou quatre mois, ils sont une alternative aux grandes tentes et petites chambres d’hôtel qui résumaient, jusque-là, l’offre d’#hébergement_temporaire de la ville. « Le but est que les gens se stabilisent pour évoluer ensuite vers un logement permanent. » A Westlake, les maisons sont blanches, mais le sol est bariolé, ainsi que les tables de pique-nique et leurs parasols. « La couleur, c’est la meilleure manière de faire quelque chose avec rien, se félicite Michael Lehrer, l’architecte du lotissement. C’est l’idée du sigle Hollywood planté sur la colline, qu’on voit de très loin dans la ville : quelque chose de très simple, avec un impact très fort. » Il part du principe que les résidents apprécieront.

    Risque de récidive

    Les couleurs s’adressent aussi aux riverains, souvent hostiles à l’implantation de populations défavorisées : c’est le phénomène nimby – pour not in my backyard, « pas dans mon jardin ». Tout, dans le projet, vise donc à le rendre acceptable : l’implantation sur un terrain inexploitable, le faible coût des maisons (10 000 dollars, soit un peu plus de 9 000 euros), le caractère démontable de l’ensemble… « On vend le truc comme provisoire, explique l’architecte. C’est plus facile à pérenniser quand les gens ont vu que ça se passait bien… »

    Dans le village de Westlake, les journalistes n’ont pas le droit de parler aux résidents. La visite se fait en compagnie d’un employé d’Urban Alchemy, l’ONG chargée de la gestion du site. « Ne vous fiez pas à l’entrée ultrasécurisée : on n’est pas en prison, ici ! », claironne-t-il. Les résidents sont libres d’entrer et de sortir à leur guise, mais, à l’intérieur, il y a des règles. Pas de drogue. Les armes, que chacun dans ce pays, sans-abri ou non, a le droit de posséder, doivent être déposées dans un casier à l’entrée. Prise de tension et de température toutes les heures, y compris pendant le sommeil. Et toutes les demi-heures pour ceux qui souffrent d’addictions sévères. « C’est pour leur sécurité, se défend le guide : on ne veut pas se retrouver avec un mort ! »

    Les règlements varient d’un village à l’autre, nous assure Deborah Weintraub, pour qui ces villages « ont le mérite de sortir les gens de la rue ». L’expérience a toutefois prouvé que, sans accompagnement médical, sans prise en charge psychologique, le risque est fort qu’ils y retournent vite. Ce n’est pas en trois mois qu’on guérit d’une addiction aux opiacés, ni des dommages causés par des années à vivre dans des cartons.

    Une tâche immense

    Karen Bass, maire démocrate de Los Angeles depuis près de neuf mois, a promis des solutions plus durables. Originaire de la ville, cette femme noire a centré sa campagne sur la crise des sans-abri et y consacre en 2023 pas moins de 1,3 milliard de dollars, soit 10 % de son budget. En juin, la municipalité avait déjà acheté des dizaines d’hôtels et de motels pour reloger 14 000 personnes. Des critiques ont fusé pour dénoncer une politique du chiffre au détriment de l’accompagnement ou de la prise en compte des cas individuels. Mais la maire assume : « On ne peut pas se permettre d’attendre l’étude qui détaillerait le plan parfait. On fabrique l’avion alors qu’on est déjà en vol. »
    ▻https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2023/08/10/a-los-angeles-la-maison-individuelle-un-modele-meme-pour-les-sans-abri_61849
    ▻https://justpaste.it/aizca

    #pauvreté #logement #U.S.A #Los_Angeles

  • Lenny Bruce (1925 - 1966), pionnier et martyr du stand-up
    ▻https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/toute-une-vie/lenny-bruce-1925-1966-pionnier-et-martyr-du-stand-up-6046767

    Mort d’une « overdose de police » en 1966 à seulement quarante ans, le comique américain #Lenny_Bruce a inventé une forme de stand-up hilarante et crue. Méconnu en France, il a pourtant posé des jalons essentiels dans l’histoire de la comédie.

  • The dark — and often misunderstood — nuclear history behind Oppenheimer | Alex Wellerstein
    ▻https://www.vox.com/politics/2023/7/24/23800777/oppenheimer-christopher-nolan-atomic-bomb-true-story-los-alamos-manhattan-proje

    There’s a whole line of scholarship now that is not new — it’s 20 to 30 years old, or older — which gets into the fact that the standard narrative that most people have about the use of the atomic bombs and World War II is wrong.

    We can call that the decision-to-use-the-bomb narrative, like just the idea that Harry Truman very carefully weighed whether to use the bomb or not. It was a question of, “Do you bomb? Or do you invade?” And so with a heavy heart, he chose to bomb and that was the lesser of two evils. That is just 100 percent not what happened at the time.

    It’s much less rationalized and thought out. They were planning to bomb and invade. And they didn’t know what the future would be. And Truman played very little role in all of this. This isn’t news to any scholars, but it hasn’t penetrated popular culture. And it’s not in this film at all.

    [...] So a lot of the discussions we have about the decision to use the atomic bomb — in elementary schools and high schools and even in college — it’s really a question of, if you have two bad options in front of you, are you allowed to take one of them? Are you forced to take one? So it’s about, what are the conditions in which you were allowed to destroy an entire city?

    And when we construct it that way, we are actually repeating a bad version of history that was invented by people trying to justify the use of the atomic bomb. Because if you get into the situation where you’re saying, is it better to use the atomic bomb or is it better to have this horrible, terrible invasion that will kill some giant number of people, it’s really hard to conclude that the atomic bomb wasn’t justified.

    That wasn’t how it was seen in 1945. One of the questions that often comes up is, did they have to use two bombs? Why #Nagasaki, so soon after #Hiroshima? There’s a whole way to justify that in this rational language: you say, the first bomb was to prove we had one; the second was to prove that we had more than one. And we had to do it because the Japanese didn’t respond to Hiroshima. So it was necessary. And that’s why they chose to do it. That’s all false.

    It’s false in the sense that there was no strategic choice about Nagasaki. Truman didn’t even know Nagasaki was going to happen. The [military] people on the island Tinian, who were in charge of dropping the bombs, had an order that they could drop the bombs as soon as they were ready to use, and they happened to have two bombs ready at about the same time. They got a weather forecast that said the planned date for the second bombing was going to have bad weather. So they moved it up a day to accommodate the weather. It had nothing to do with high-level strategy.

    The Japanese were, at this time, still trying to figure out what had happened at Hiroshima. They hadn’t actually concluded or even deliberated about it in any formal way. It wasn’t part of some grand scheme. It complicates the discussion quite a bit when you know those details.

    [...] There’s a colleague of mine at Princeton named Michael Gordin, and he has a book called Five Days in August: How World War II Became a Nuclear War, which is all about how people thought about the atomic bomb in-between Hiroshima and the surrender of Japan. At that point, it’s not clear that the bomb has actually ended the war. And if that is the case, then your feelings on, “Well, is it some world-changing weapon or is it just a really efficient way of doing what they could already do?” [A single night of incendiary bombing killed more than 100,000 people in Tokyo on March 9, 1945.]

    So those guys on the island who decided to go ahead with the Nagasaki mission on their own choice, they see it as just another weapon. Whereas there are other people, including some of the politicians, who do not see it that way. They see it as this really core political strategic device. Once the war ends, the bomb as a special political thing, that viewpoint wins out. Looking at how people’s attitudes change, you can get a lot out of that.

    • Turns out Oppenheimer’s boss lied, repeatedly, about radiation poisoning
      ▻https://slate.com/news-and-politics/2023/08/oppenheimer-manhattan-project-radiation-atomic-bomb-declassified.html

      On Nov. 27 [1945], months after the memo about the biological effects of the atomic explosions in Hiroshima and Nagasaki, Stafford Warren, the project’s chief medical officer, wrote Groves with even more definitive proof. Of the roughly 4,000 patients admitted to hospitals in Hiroshima and Nagasaki, he wrote, “1300 or 33% showed effects of radiation and, of this number, approximately one-half died.”

      Nonetheless, three days later, in testimony before the Senate Special Committee on Atomic Energy, Groves was asked if there was any “radioactive residue” at the two bombed Japanese cities. Groves replied, “There is none. That is a very positive ‘none.’ ”

      [...] in a comment that sealed his reputation among his critics, Groves said that irradiated victims who died not right away, but after some time, would do so “without undue suffering. In fact,” he said, “they say it is a very pleasant way to die.”

      Groves discounted, downplayed, then denied the reports about radiation sickness because, like many at the time, he thought that nuclear weapons would be the centerpiece of U.S. defense policy (as indeed they were for the next few decades) and that the American public would rebel against them if they were seen as something like poison gas—and thus beyond a moral threshold.

  • « Striketober » & long déclin du mouvement ouvrier – Agitations
    ▻https://agitations.net/2022/01/28/striketober-long-declin-du-mouvement-ouvrier

    Quel que soit le critère retenu, 2020 a été l’une des années les plus tumultueuses de l’histoire américaine récente. Nous avons, tout d’abord, assisté à une crise de santé publique internationale qui a entraîné la mort de millions d’individus à travers le monde – des centaines de milliers rien qu’aux États-Unis – et bouleversé la vie de dizaines de millions d’autres. Aux États-Unis, la démence manifeste du président n’a fait qu’exacerber ce chaos, avec le soutien d’une partie des médias sous sa coupe. La vie politique s’est bien souvent résumée aux débats enflammés pour savoir qui devrait porter le masque, les camps qui s’affrontaient en venaient régulièrement aux mains, dans les conseils d’administration des établissements scolaires, aux coins de rues et jusque dans les rayonnages des grandes surfaces. Des milices d’extrême-droite armées ont défilé à l’intérieur des parlements de plusieurs États, et ont planifié l’enlèvement et l’assassinat de gouverneurs. Le pays a connu ce qui est probablement le plus grand mouvement de son histoire récente, lorsque des millions d’Américains ont pris la rue, fin mai, après le meurtre de George Floyd ; ils ont participé par millions aux manifestations et aux émeutes, qui se sont poursuivies durant l’été, et dont les conséquences se font encore sentir dans le paysage politique et social 1. L’élection présidentielle a par la suite été contestée par le président en fonction et une foule dopée aux théories du complot QAnon a offert le bouquet final au mois de janvier. Des millions d’Américains ont été contraints au chômage par les confinements ordonnés suite à la pandémie ; d’autres se sont vus forcé de travailler dans des conditions drastiques et le plus souvent insupportables. Et pourtant, malgré ce contexte d’émeutes et de désordre, le Bureau of Labor Statistics a publié en février 2021 une étude confirmant que 2020 a été l’une des plus faibles en matière de mobilisation ouvrière dans l’histoire récente, et la troisième la plus basse depuis que ces données sont recensées (1947) : 8 arrêts de travail importants au total en 2020, mobilisant seulement 20.000 travailleurs sur une population active de plus de 160 millions de personnes2.

    Cette tendance semble avoir été contrecarrée ou, en tout cas, interrompue lors du mois d’octobre de cette année. Au cours du mois d’octobre et au début de novembre, les gros titres des journaux américains et de la presse d’affaires faisaient état du plus grand élan de mobilisation ouvrière aux États-Unis ces dernières années, voire de ces dernières décennies. Les tambours de la lutte se sont fait entendre sur les réseaux sociaux, sur lesquels des récits de grèves et de débrayages, souvent anecdotiques, ont été largement partagés, donnant naissance au hashtag #striketober. Le timing de ce phénomène est pour le moins significatif. Les deux années précédant la pandémie et le confinement ont été marqués par un retour notable et surprenant de la tactique de la grève à grande échelle parmi les travailleurs américains, particulièrement dans le secteur de l’éducation : la grève déterminée des enseignants du secteur public dans des États supposément conservateurs comme l’Arizona, la Virginie-Occidentale et l’Oklahoma a, semble-t-il, annoncé la renaissance d’un mouvement ouvrier américain assoupi depuis bien longtemps. Si le contexte exceptionnel de la pandémie a jugulé, un temps, une ère nouvelle bien que balbutiante de mobilisation ouvrière, les événements d’octobre laissent penser que le retour du mouvement ouvrier est toujours à l’ordre du jour. Mais là où l’agitation pré-pandémique était largement centré sur le secteur de l’éducation publique et, occasionnellement, celui de la santé, les conflits les plus visibles de ces derniers mois ont eu lieu dans le cœur industriel américain en perpétuel rétrécissement : les mineurs en Alabama, les travailleurs des usines Kellogg’s de plusieurs États, et, aux avant-postes, la grève de 10.000 ouvriers chez John Deere 3. En plus de ces actions aisément identifiables et massives – qui atteignent le niveau requis pour être légalement considérées comme « grèves » – nous avons également assisté à une prolifération d’arrêts de travail moins visibles, plus courts et restreints, à travers le pays, qui ont fait écho, de manière inarticulée, aux conflits plus formalisés. C’est précisément parce que ce type d’actions mobilise un petit nombre de travailleurs et sont plus fluctuantes et spontanées, que leur addition génère une forme de bruit de fond, une atmosphère et une humeur combative. Elles se déroulent pour la plupart dans le secteur privé, aux seins de lieux de travail non syndiqués. Ces évènements prennent ainsi sens au travers de leur accumulation : ils semblent émaner d’une classe ouvrière qui, historiquement sur les rotules, s’est redressée pour mener la bataille.

    #U.S.A #grèves

  • Des foules de partisans de Trump convergent vers Washington | La Presse
    ▻https://www.lapresse.ca/international/etats-unis/2021-01-06/des-foules-de-partisans-de-trump-convergent-vers-washington.php

    Bravant les consignes sanitaires, des hommes et femmes venus de tous les #États-Unis se massaient sans masque dans les métros, convergeant vers une capitale dont les vitrines étaient une fois de plus barricadées par crainte d’éventuels débordements.

    Le président sortant, qui continue de nier la victoire de son rival démocrate Joe Biden, encourage depuis des jours ses supporteurs à défiler dans la capitale pour cette journée qui sera « folle », a-t-il prévenu.

    Il doit prendre la parole devant ses troupes à 11 h depuis l’Ellipse, esplanade située au sud de la Maison-Blanche, et devrait répéter les accusations de fraudes qu’il martèle depuis deux mois sans en apporter la preuve.

  • U.S.A. : #fascisme ou abolition | Terrestres
    ▻https://www.terrestres.org/2020/10/20/u-s-a-le-fascisme-ou-labolition

    Secondé par le Parti Républicain, Trump tente aujourd’hui d’invalider par avance l’élection de novembre 2020 à laquelle pourtant il participe, jouant ainsi sur deux tableaux à la fois au cas où il ne serait pas élu : en détruisant les services postaux, ce qui a pour effet de ralentir l’acheminement des bulletins de votes envoyés par la poste et pourra ainsi invalider les bulletins arrivés trop tard (au Texas, le gouverneur a eu une meilleure idée : se débarrasser des boites où les électeurs des régions à majorité démocrate peuvent déposer leur bulletin) ; en purgeant les listes électorales et exigeant des preuves d’identités parfois impossibles à produire ; en réduisant la possibilité de voter avant le 3 novembre (early voting), alors que le vote est un mardi, c’est-à-dire un jour où il est difficile de voter pour ceux qui travaillent ce jour-là ; en appelant des électeurs à voter deux fois, par correspondance et aussi le jour du vote, alors que c’est un crime ; en déclarant par avance les élections « truquées » ; en appelant les milices d’extrême-droite, genre Proud Boys, à « surveiller » les élections, c’est-à-dire à intimider ceux qui vont voter. Et il y a de quoi être intimidé, quand on est African-American, c’est-à-dire quand on est un sujet pouvant être tué impunément – tué avec la bénédiction du pouvoir en place.

    Nietzsche avait raison de dire que les événements importants arrivent souvent inaperçus, avec la légèreté de « pattes de colombes » ; mais certains d’entre ces événements arrivent parfois avec des fusils d’assaut. Tout ce dont je parle est effectué au grand jour, il s’agit d’une fascisation directe, établie à partir d’actes revendiqués, justifiés, validés par les cours suprêmes de chaque État lorsqu’elles sont à majorité Républicaine, tout le contraire d’un complot obscur. Il semble d’ailleurs, pourrait-on dire à titre d’hypothèse para-freudienne, que plus la brutalité réelle est manifeste, sans discours cherchant à la dissimuler dans un jet de brouillard idéologique, plus c’est la dissimulation elle-même qui devient l’objet d’un investissement psycho-politique déplacé : une cause obscure, délirante (QAnon), cherche à évincer les causes évidentes (brutalité du pouvoir et de l’argent). On tue au grand jour (policier filmé en train d’asphyxier un sujet africain-américain), on ment effrontément, on expose sans vergogne la vie des populations au COVID-19. On déclare que de toute façon la démocratie n’est pas l’objectif de la société états-unienne3.

  • Crise du coronavirus : visualisez l’impressionnant « mur » du chômage américain
    ▻https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/04/24/crise-du-coronavirus-visualisez-l-impressionnant-mur-du-chomage-americain_60

    EN UN GRAPHIQUE – En un mois, la crise économique liée au Covid-19 a détruit plus d’emplois aux Etats-Unis que la croissance avait réussi à en créer durant les dix dernières années.
    Les conséquences économiques de la crise du coronavirus s’illustrent de façon impressionnante aux Etats-Unis, où le chômage ne cesse de battre d’effrayants records. Pour la cinquième semaine d’affilée, plus de 3 millions de nouvelles demandes d’inscriptions comme demandeurs d’emploi ont été enregistrées, en raison des mesures prises pour endiguer la progression de l’épidémie.
    Selon les chiffres du département (ministère) du travail, lors de la semaine achevée le 18 avril, les inscriptions au chômage dépassent 26,4 millions, un chiffre inédit dans l’histoire américaine. Ce cumul « efface » les 22,8 millions d’emplois créés en dix ans, lors du rebond consécutif à la récession de 2009.

    La crise des « subprimes », ces prêts immobiliers risqués dont la bulle a explosé sur les marchés financiers, a ralenti l’économie américaine pendant près de deux ans. Cette fois, la crise ne vient pas des marchés financiers mais d’une décision politique consécutive à la pandémie.

    Deux éléments principaux expliquent ce « mur » du chômage d’une ampleur inédite : la poursuite des licenciements, mais aussi le fait que les travailleurs indépendants sont éligibles pour la première fois à des indemnités dans le cadre du plan fédéral de soutien à l’économie.

    Le taux de chômage du mois d’avril, qui sera publié le 8 mai, est attendu en très forte hausse. Il pourrait atteindre 25 % d’ici à l’été, selon certains observateurs, et reléguerait au rang des souvenirs le pic de la crise des « subprimes », où il était monté au plus haut à 10 %, en octobre 2009. Le taux de chômage américain s’établissait entre 3 % et 4 % avant la crise.

    #chômage #U.S.A #indépendants

  • DYNAMITE ! Un siècle de violence de classe en Amérique, par Louis Adamic
    ▻http://lexomaniaque.blogspot.fr/2010/10/dynamite.html

    En octobre 1979, dans Charlie mensuel n° 129, Jean-Patrick Manchette écrivait ceci :Le polar est l’histoire de la criminalité et du gangstérisme, c’est-à-dire l’histoire de la #violence obligée des pauvres après la victoire du #Capital. Vous croyez que j’exagère ? Lisez donc Dynamite, the story of class violence in America de Louis Adamic (Viking press, 1936). On y voit lumineusement comment le syndicalisme américain s’est transformé en #syndicalisme criminel quand la possibilité de la #révolution a disparu et quand, par conséquent, la question n’a plus été que celle des fameuses « parts du gâteau ». On y voit comment des militants #ouvriers radicaux ont pu devenir racketters et bootleggers puisqu’il n’y avait plus d’autre moyen de jouir.

    #livre #Sao_Maï #Louis_Adamic #U.S.A #I.W.W #wooblies #Molly_Maguires #AFL-CIO #sabotage #grève

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