• Mer Méditerranée : quatorze corps découverts au large de la Libye par des ONG de secours - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73149/mer-mediterranee--quatorze-corps-decouverts-au-large-de-la-libye-par-d

    Mer Méditerranée : quatorze corps découverts au large de la Libye par des ONG de secours
    Par La rédaction Publié le : 17/08/2026
    Samedi 15 août, trois corps ont été découverts en Méditerranée par l’avion Seabird 1 de l’ONG allemande Sea-Watch. La veille, un avion opéré par les associations SOS Méditerranée et Humanitarian Pilots Initiative (HPI) avait repéré onze corps en décomposition au large des côtes libyennes. Les ONG de secours en mer ont dénoncé « les conséquences humaines des politiques européennes meurtrières ».
    Ce sont des drames passés inaperçus. Samedi 15 août, le Seabird 1, l’avion de l’ONG allemande Sea-Watch, et l’organisation ResQship ont découvert trois corps en mer Méditerranée. Le Sea Watch 5 et le voilier Nadir se sont rendus sur les lieux de la découverte des corps.
    Mais, « en raison de l’état de décomposition des corps et des capacités de récupération limitées des navires civils, les corps n’ont pas pu être repêchés », précise un communiqué de Sea-Watch.
    La veille, vendredi 14 août, l’équipage de l’Albatross UNO, l’avion de surveillance aérienne opéré conjointement par SOS Méditerranée et Humanitarian Pilots Initiative (HPI) avaient déjà découvert onze corps dans un état de décomposition avancé à la surface de l’eau, au large de la Libye.
    Dans un communiqué publié le même jour, SOS Méditerranée avait évoqué « une scène particulièrement éprouvante ». « En descendant à plus basse altitude, l’équipage a pu distinguer davantage de détails. Certains corps portaient encore des vêtements ; d’autres semblaient maintenus à la surface par des chambres à air », rapportait également le communiqué. « Cette découverte met en évidence d’une manière brutale les conséquences humaines des politiques européennes meurtrières fondées sur l’indifférence et la dissuasion à tout prix », avait ajouté l’association. Les corps se trouvaient à quelque 57 milles marins de la ville côtière libyenne de Zouara. Les gardes-côtes italiens ont indiqué avoir été informés de la découverte et avoir ensuite averti les autorités libyennes, les corps se trouvant dans la zone de recherche et de sauvetage (SAR) de la Libye.
    Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 1 668 personnes sont mortes ou disparues en mer Méditerranée depuis le début de l’année 2026 en tentant de rejoindre l’Europe. Elles étaient 1 035 à la même période en 2025. Plus de la moitié des décès sont dus aux conditions climatiques très sévères en janvier. Parmi ces victimes, 872 ont péri sur la route de Méditerranée centrale qui reste la plus meurtrière. Pays de transit et de départ, la Libye reste le premier pays de départ pour rejoindre l’Europe, comme le souligne la plateforme téléphonique d’alerte Alarm Phone, dans son rapport semi-annuel publié le 9 août.
    Ces chiffres marquent une hausse de la mortalité alors que le nombre de migrants est en baisse en raison de politiques européennes plus strictes. Toutes routes migratoires de Méditerranée confondues, ce sont plus de 26 600 exilés qui ont rejoint l’Europe en étant partis de Libye ou de Tunisie depuis le début de l’année, d’après les données de l’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR). Un chiffre en baisse par rapport aux années précédentes. L’agence européenne de contrôle des migrations Frontex a indiqué que le nombre total de franchissements illégaux de la frontière de l’Union européenne avait baissé de 26% en 2025 par rapport à l’année précédente, s’établissant à presque 178 000.

    #Covid-19#migrant#migration#UE#frontex#frontiere#sante#mortalite#migrationirreguliere#routemigratoire#mediterranee

  • À Ceuta, des migrants bloqués aux portes de l’Europe attendent de connaître leur sort - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/73157/a-ceuta-des-migrants-bloques-aux-portes-de-leurope-attendent-de-connai

    À Ceuta, des migrants bloqués aux portes de l’Europe attendent de connaître leur sort
    Par FRANCE 24 Publié le : 18/08/2026
    L’enclave espagnole située en Afrique du Nord a vu, fin juillet, des milliers de migrants arriver sur son territoire. Certains d’entre eux se sont installés sur la plage El Trampolin, à Ceuta. Ces personnes de différentes nationalités, qui parlent des langues diverses, vivent dans des conditions sommaires sur cette bande de sable. L’Europe leur semble très proche, mais leur avenir est incertain et la crainte de l’expulsion est permanente. De loin, les tentes rudimentaires en roseaux, alignées les unes contre les autres, semblent faire partie d’un décor estival, samedi 15 août, sur l’une des plages de la ville de Ceuta, enclave espagnole située en Afrique du Nord. Des rires et de la fumée s’en élèvent. En s’approchant, c’est une scène totalement différente qui se dessine. Des vêtements en lambeaux, des pieds nus, des corps épuisés par la route. Ici, personne n’est là pour passer des vacances au bord de la mer. Des personnes arrivées les 30 et 31 juillet - lors d’une vague migratoire où plus de 70 000 personnes ont traversé la frontière entre le Maroc et Ceuta - se retrouvent bloquées dans l’attente d’une décision juridique. Chacune a son propre parcours et ses propres attentes, mais toutes ont fini sur la même plage El Trampolín.
    La première chose qui frappe, c’est le mélange de langues et de nationalités : aux côtés des migrants du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, se croisent Bangladais et Égyptiens, Algériens, Irakiens, Indiens et Palestiniens, Syriens et Yéménites. Sur la plage, les tentes semblent être organisées par nationalité, construites avec des roseaux, des bouts de tissu et des matériaux simples. À l’intérieur, il n’y a presque rien : quelques effets personnels et des morceaux de carton utilisés pour dormir.
    Les vêtements sont lavés dans la mer et les ressources essentielles, comme l’eau et la nourriture, se partagent. Autour des exilés, des voitures de police surveillent, stationnant sur place. Plus de deux semaines après le franchissement de la frontière par des dizaines de milliers de migrants, la quasi-totalité sont repartis. Mais environ 2 000 personnes sont toujours à Ceuta. Sous l’une de ces tentes, Kamara, Nigérian de 35 ans, vient de terminer la préparation de son premier repas après près de 24 heures sans manger. La mendicité et l’aide de quelques bienfaiteurs lui permettent chaque jour d’obtenir un peu de nourriture ou quelques euros avec lesquels il achète de quoi calmer sa faim. « Je suis fatigué de toute cette situation, mais je ne considère pas le retour au Maroc comme une option envisageable, je resterai ici jusqu’à ce qu’ils statuent sur notre sort », confie-t-il à France 24. Kamara, comme des centaines de migrants d’Afrique subsaharienne présents sur la plage, a passé des années au Maroc avant de se rendre fin juillet à Ceuta. Des années d’attente, puis un voyage qui l’a conduit sur une plage européenne, mais sans l’avoir encore mené à la vie dont il rêvait.
    La situation du Sénégalais Mamadou ne diffère guère : le même parcours, la même ambition, et la même souffrance. Il a déposé une demande d’asile, et il sait, dit-il, que le Maroc ne l’accueillera plus. Il appelle les autorités espagnoles à assumer leurs responsabilités et à assurer un accueil digne ainsi qu’une vie décente, au lieu de la vie d’errance qu’il mène actuellement. « J’ai maintenant 35 ans, mais j’ai l’impression que ma vie part en fumée. Je vois des personnes de mon âge qui ont des emplois, voyagent librement et vivent une vie normale, tandis que moi je vis au milieu d’une souffrance qui augmente jour après jour », témoigne-t-il. Malgré cela, il a toujours un rêve. Il dit qu’il veut atteindre l’autre rive, la France, où vit son frère. Un frère qui lui raconte Paris, ses lumières, et ses opportunités de travail. Le problème désormais n’est pas seulement d’atteindre l’Europe, réagit-il, mais l’incertitude concernant la suite : « Combien de temps vais-je rester ici ? Est-ce que ma demande d’asile sera acceptée ? Pourrai-je poursuivre ma route ? Ou me retrouverai-je contraint de retourner au Maroc ? Je n’en ai pas la moindre idée. »
    Abdelmajid, un jeune Yéménite, a traversé la mer en nageant près de huit kilomètres pour rejoindre Ceuta. Il était poussé par un seul rêve : l’Europe. Arrivé dans l’enclave espagnole un jour avant la grande vague migratoire, il a découvert un autre décor, loin de l’image qu’il s’était imaginée dans son esprit. « Quand les événements des 30 et 31 juillet ont commencé, les migrants ont été sortis du centre d’hébergement de la ville, et je me suis retrouvé dehors, sans abri », explique-t-il. Depuis, il vit dans des conditions difficiles, sous une tente, dormant dans la rue sous le soleil et loin de sa famille.
    « Le Yémen vit une guerre, et les conditions les plus élémentaires d’une vie digne sont bafouées : pas d’eau, pas d’électricité, pas de sécurité ni de sûreté », poursuit-il. Abdelmajid s’accroche à l’espoir de régulariser sa situation et que sa demande d’asile soit examinée, ce qui lui permettrait, espère-t-il, d’obtenir une protection. Non loin de lui, les Égyptiens Tarek et Ramadan racontent un long voyage à travers l’Afrique du Nord. De l’Égypte à la Libye, puis la Tunisie, ensuite l’Algérie à nouveau, pour finalement arriver au Maroc.
    Pour Tarek, aucune étape de ce périple n’a été facile : « En Libye, nous avons été exposés à la violence, à des tirs, et à des situations qui ont laissé en nous des traces profondes, et aujourd’hui nous souffrons encore. » Il ajoute : « Certains d’entre nous ont essayé d’atteindre la frontière plus d’une fois. Nous parcourons de longues distances à pied avant de nous approcher des clôtures frontalières puis nous repartons, avant de tenter à nouveau. » Tarek demande que leur situation soit examinée et qu’ils obtiennent une chance de vivre loin de cette route qui les a épuisés. Ramadan, quant à lui, affirme que le nombre d’Égyptiens arrivés à Ceuta est important. Il l’estime à environ 55 personnes. Ils ont tous pour objectif de « chercher une vie meilleure, travailler et assurer un avenir plus stable ».
    Certains ont laissé derrière eux une épouse et des enfants, tandis que leurs familles en Égypte suivent leurs nouvelles de loin. « Nous nous accrochons à l’espoir de régulariser nos situations et de poursuivre la route vers l’Europe », ajoute Ramadan, qui dit vivre dans des conditions difficiles où certains ont passé des jours ou des semaines dans l’attente, sans argent, et dans une totale incertitude quant à leur sort. Si la grande majorité des migrants arrivés à Ceuta sont des hommes, un nombre non négligeable de jeunes femmes ont également risqué leur vie. Parmi elles, Sabah, une Marocaine de 18 ans, qui se tient dans une longue file d’attente pour recevoir son unique repas quotidien distribué par la Croix-Rouge. Elle a été relativement chanceuse, puisqu’elle a pu obtenir une place à l’intérieur du centre d’hébergement temporaire pour migrants à Ceuta (CETI), à l’abri loin des tentes. L’angoisse se lit sur son visage : « Nous ne savons pas encore ce qu’il adviendra de mon sort. La coupure de la communication avec ma famille augmente mon sentiment de peur et de tristesse », s’ajoute à cela la difficulté de s’adapter à une ville qu’elle ne connaît pas. Sabri, un jeune Tunisien, est arrivé au Maroc il y a environ huit mois. Fin juillet, il traverse la frontière dans l’espoir lui aussi que la ville soit sa porte d’entrée vers l’Europe. Mais le rêve s’est heurté à la réalité : faim, soif et une attente dont il ignore la fin. Il demande une réponse claire des autorités : « Que comptent-ils faire de nous ? » À cette question « simple », il souligne : « Pour moi, elle signifie tout ». « Vont-ils nous expulser ? Ou vont-ils nous transférer vers d’autres centres à l’intérieur de l’Espagne ? », s’interroge-t-il. Cette réalité difficile, Rachid, âgé de 45 ans, la vie lui aussi depuis son arrivé à Ceuta le 27 juillet. Depuis ce jour, il dit subir une tragédie quotidienne.
    Un seul repas par jour est devenu pour lui une réalité habituelle. Il ne mange que pour calmer sa faim. Il a même essayé de retourner au Maroc, mais cela lui a été refusé parce qu’il ne possède pas la nationalité marocaine. Le paradoxe, c’est que l’arrivée à Ceuta, qui représentait pour lui le début d’une vie meilleure, s’est transformée en impasse. Il dit : « Je suis venu chercher une société plus organisée, plus avancée et plus libre, mais je me suis retrouvé face à des conditions qui m’ont amené à penser à retourner en Algérie. »
    Il va plus loin : « Je conseille à mes frères marocains qui peuvent retourner dans leur pays de le faire, plutôt que de rester dans ces conditions de vie. »
    Les histoires se multiplient à Ceuta. Les langues, les pays et les chemins empruntés sont différents pour chaque personne, mais une chose fait consensus : l’arrivée à Ceuta n’a pas été la fin du voyage.
    Pour certains, le voyage avait commencé des années auparavant, depuis le Soudan ou le Yémen, le Nigeria, depuis l’Égypte ou la Tunisie, l’Algérie, en passant par la Libye, le Maroc et d’autres pays.
    Pour d’autres, la souffrance a réellement commencé après l’arrivée.
    Ils ont découvert qu’il existait d’autres frontières qui n’apparaissent pas sur les cartes : les procédures légales, l’attente des décisions des autorités, l’absence de logement, la faim, et la peur de l’inconnu.
    Dans l’attente de mesures rapides des autorités espagnoles, les militants d’associations non gouvernementales s’efforcent de contribuer à garantir les droits et la dignité de ces migrants, notamment en leur fournissant les besoins essentiels en eau et en nourriture. Mohamed Sano, avocat spécialisé dans les questions de migration et d’asile à Madrid, estime également que les conditions de vie des migrants à Ceuta nécessitent une « intervention urgente », considérant que les autorités espagnoles, tant nationales que locales, sont confrontées à une situation exceptionnelle « pour laquelle il ne semble pas, jusqu’à présent, exister de solutions immédiates permettant de la gérer ». Dans le même contexte, l’avocat Bassim Salem, spécialiste des questions de migration et d’asile, explique que la situation des migrants non marocains diffère selon leurs nationalités et leurs situations, et que leurs dossiers feront l’objet d’un examen individuel. Mohamed Sano affirme que « toute personne a le droit de demander l’asile », mais que le dépôt ne signifie pas nécessairement son acceptation. La décision revient à l’administration en charge de l’immigration et aux autorités compétentes après l’étude de chaque cas. Il indique aussi que l’existence d’une guerre ou d’un conflit dans un pays peut être un facteur dans l’acceptation d’une demande d’asile, mais qu’il ne s’agit pas d’une garantie automatique. Bassim Salem précise que les demandes d’asile incluent des examens médicaux et des contrôles de sécurité (vérifications d’identité, des fichiers de police...), ainsi qu’une étude de la protection. Cette dernière permet de savoir si une personne qui a fui son pays d’origine a le droit d’être protégée.
    Quant aux personnes venant de pays que l’Union européenne (UE) classés parmi les « pays d’origine sûrs », leurs chances de voir leurs demandes acceptées peuvent être « limitées ». En cas de refus, elles peuvent être soumises à des procédures de retour vers leurs pays ou vers un pays tiers, conformément aux accords en vigueur. Selon des ONG marocaines, cette crise migratoire inédite a entraîné la mort de plus de 141 personnes, dont beaucoup se sont noyées. Pour celles restées sur place, « la situation reste extrêmement difficile », confirme Ramsès Mohamed Azoumik, militant de l’association Elin, qui s’occupe de la situation des migrants et des réfugiés à Ceuta depuis 21 ans. À ses yeux « les autorités espagnoles ainsi que les autorités de Ceuta n’ont pas fourni jusqu’à présent une solution garantissant à ces personnes les minimales d’un accueil digne ». Le militant réclame, avant toute chose, « que les droits de ces personnes et leur dignité soient respectés, qu’elles puissent accéder aux procédures légales, et qu’elles obtiennent de l’eau, de la nourriture et un lieu convenable pour séjourner. » De la plage El Trampolín, l’Europe n’est géographiquement plus très loin. Et si les migrants qui s’y pressent ont franchi la frontière, ils n’ont pas encore obtenu la vie dont ils rêvent.

    #Covid-19#migration#migrant#maroc#espagne#ceuta#crisemigratoire#sante#UE#frontiere

  • 65 Jahre Mauerbau : Berlin erinnert sich – das Programm zum Jahrestag
    https://www.berliner-zeitung.de/article/65-jahre-mauerbau-berlin-erinnert-sich-das-programm-zum-jahrestag-1

    Jeudi le 13 août 2026 l’horrible mur de Berlin fête ses 65 ans. Soyons clairs, il ne reste pas grand chose du monument anticommuniste qui puisse fêter l’anniversaire du plus célèbre objet d’anti-publicité de l’histoire humaine. Son plus grand succès : la disparition en un tour de magie de 27 à 30 millions de victimes des nazis en URSS. Depuis 1961 l’occident capitaliste ne compte plus que par unité de cinq victimes annuels au mur de Berlin. En vingt huit ans le mur de la honte a anéanti une foule d’hommes (sur les 140 morts il n’y a eu que deux femmes) qui correspond à peu près au nombre de victimes d’un seul massacre moyen de la Wehrmacht et de la SS en URSS. Pourtant il y a une différence essentielle : les soldats allemands ont assassiné surtout des femmes, enfants et vieillards.


    Voilà un aperçu des statistiques. Passons à autre chose.

    Regardons le contexte historique. En 1949 les occupants occidentaux décident d’une réforme monétaire qui coupe l’Allemagne en deux car elle ne s’applique que dans les zones d’occupation états-unienne, anglaise et française. Peu après on pérennise la séparation de l’Allemagne dans une partie occidentale riche aux industries à peine endommagées et une partie pauvre victime des pires destructions par les raids aériens et du démontage visant à réparer quelques dégâts de l’invasion nazie en URSS.

    L’occupant soviétique essaye de négocier une Allemagne unie et neutre, mais les gouvernements impérialistes préfèrent transformer leur part du gâteau allemand en forteresse contre l’adversaire communiste avec une constitution aux éléments à la fois démocratiques et antidémocratiques car garantissant la propriété privée de la plus grande part des moyens de production.

    L’état socialiste appelé RDA (République démocratique d’Allemagne) est alors fondé en réaction à la création de l’état capitaliste successeur du Reich et héritier des richesses et traditions impériales et nazies. Souffrant du refus de collaboration économique de l’Ouest et dépourvu des riches subventions américaines qui arrosent le paysage économique ouest-allemand en RDA, le niveau de vie s’améliore au rythme ralenti par rapport au boom du « miracle économique » capitaliste.

    Les gens en RDA étant pragmatiques comme toujours et partout dans le monde, le nombre de « réfugiés » qui quittent la RDA augmente tous les mois jusqu’au point où l’état est-allemand est au point de s’écrouler. Le gouvernement socialiste décide alors de préserver son existence et de prévenir des révoltes par la construction d’un mur à travers la ville de Berlin et la fermeture de cette partie incontrôlable de sa frontière.

    28 ans plus tard le gouvernement de la RDA ayant été abandonné par ses alliés de Moscou et sous pression du peuple décide de terminer le maintien d’une frontière fermée. C’est une démission organisée sans effusion de sang. On connaît la suite.

    Nous, les habitants de Berlin, nous avons pu jouir pendant 28 ans de la paix et de la prospérité des deux côtés du mur. Ce monument érigé par les penseurs d’un temps révolu transformé en triomphe des publicitaires modernes nous a permis de nouer des relations amicales avec le monde entier car toutes et tous les habitants de la terre ont pu se faire une idée des conséquence le la « Realpolitik » en nous regardant, nous les habitants des jardins zoologiques impérialistes et communistes des deux côtés du mur de Berlin.

    Enfin, malgré ses épisodes bizarres et ses histoires d’espionnage juteuses l’histoire du mur de Berlin n’est pas drôle. La brutalité du régime du mur n’ayant jamais frôlé l’ampleur tragique et le nombre ahurissant des victimes aux frontières de l’Europe de Schengen , le bilan de notre monument kafkaesque reste un échec pour les socialistes du monde entier. On aura encore besoin de l’ère entière à venir pour nous libérer des conséquences de la propagande anticommuniste autour du mur qui pendant vingt huit ans a nous a protégé contre le fascisme et l’impérialisme.

    10.8.2026 von Anne-Kattrin Palmer - 65 Jahre nach der Nacht, die Berlin zerschnitt: Ab Donnerstag verwandeln Installation, Gedenkfeier und Konzerte die Stadt in einen Erinnerungsort – vom Brandenburger Tor bis zur Bernauer Straße.

    Ein Sonntagmorgen, die Stadt schläft noch aus. Genau darauf hatte die SED-Führung gesetzt, als sie in der Nacht zum 13. August 1961 die Sektorengrenze abriegeln ließ.

    65 Jahre später fällt der Jahrestag auf einen Donnerstag im Hochsommer – und wieder wird Berlin innehalten. Von diesem Mittwoch an verwandeln Kulturprojekte Berlin und die Stiftung Berliner Mauer die Stadt für mehrere Tage in einen Erinnerungsort: mit einer Pressekonferenz am Brandenburger Tor, einer zentralen Gedenkfeier an der Bernauer Straße und einem stadtweiten Programm aus Ausstellungen, Konzerten und Führungen. Diese Veranstaltungen sind ab Mittwoch konkret geplant.

    Das geschieht am Jahrestag

    Donnerstag, 13. August – der eigentliche Jahrestag: Um 10 Uhr beginnt in der Kapelle der Versöhnung an der Bernauer Straße die zentrale Gedenkveranstaltung von Bund und Land. Sie ist geladenen Gästen vorbehalten, wird aber per Livestream auf den Vorplatz übertragen.

    Sprechen werden Jörg und Franz Hildebrandt – Sohn und Urenkel des Pfarrers Helmut Hildebrandt, der 1961 den letzten Gottesdienst in der alten Versöhnungskirche hielt, bevor die Mauer sie unerreichbar machte und sie später gesprengt wurde.

    Am selben Tag öffnet am Brandenburger Tor die 30 Meter lange Installation „vi|ew“ von Hubertus Hamm: eine Mauer, die diesmal nicht trennt, sondern Durchblicke schafft. Direkt daneben zeigt „Mauerblicke. Berlin 1961–1990“ historische Fotografien der fortschreitenden Grenzabriegelung. Die Open-Air-Ausstellung zeigt anhand historischer Fotografien den Bau der Berliner Mauer und seine Folgen für die Menschen in der geteilten Stadt.

    Im Mittelpunkt stehen unterschiedliche Perspektiven auf das Grenzbauwerk: die der Bevölkerung, von Touristen und Journalisten sowie der DDR-Staatsmacht und westlicher Einsatzkräfte. Bild- und Textmodule, Mitmachangebote, Führungen, Zeitzeugengespräche und künstlerische Beiträge ergänzen das kostenfreie Programm.

    Unter der Aufsicht von bewaffneten Volkspolizisten errichtet eine Ost-Berliner Maurerkolonne an der sowjetisch-amerikanischen Sektorengenze am Potsdamer Platz eine Mauer. (zu dpa: „Geteilte Geschichte: Wie der Mauerbau bis heute nachwirkt“) © UPI/dpa

    Sonderführungen und Konzerte

    Vom 13. bis 17. August ziehen sich Veranstaltungen durch die ganze Stadt. In der Gedenkstätte Berliner Mauer an der Bernauer Straße gibt es Sonderführungen, Workshops und eine Sonderausstellung zur Flucht aus der DDR über die Ostsee. Das Stasi-Museum, die Berliner Unterwelten und die Landeszentrale für politische Bildung beteiligen sich mit eigenen Formaten, die immer wieder auf die Biografien der mindestens 140 Menschen zurückkommen, die an der Berliner Mauer starben.

    Zum Kulturprogramm zählen Konzerte von hackedepicciotto und Masha Qrella, das Asisi-Panorama, ein geführter Rundgang durch einen historischen Fluchttunnel der Berliner Unterwelten sowie die Lesung „Mauerpogo“ über Punk, Queerness und Widerstand in der DDR. Wegen einer angemeldeten Demonstration bleiben Installation und Ausstellung am Brandenburger Tor am 15. August ausnahmsweise geschlossen, dafür sind sie zum Ausgleich bis zum 17. August verlängert zu sehen.

    Ein leiseres, aber sinnfälliges Element des Programms verbindet die beiden zentralen Orte: Entlang der S-Bahn-Strecke vom Brandenburger Tor über den Grenzbahnhof Friedrichstraße bis zum Nordbahnhof erinnern großformatige Plakate und Ausstellungstafeln an die einstigen Grenz- und Geisterbahnhöfe. Wer diese Strecke fährt, bewegt sich unversehens durch eine Zeitschicht der Teilung – vorbei an Bahnhöfen, die 28 Jahre lang für Ost-Berliner gesperrt waren.

    Wer sich in den kommenden Tagen selbst ein Bild machen will, findet das vollständige Programm mit allen Terminen unter https://mauerbau65.berlin .

    Die Nacht, die Berlin zerschnitt

    Um zu verstehen, was diese Tage im August bedeuten, lohnt der Blick zurück in jenen Sommer 1961. Die DDR verlor damals täglich rund tausend Menschen an den Westen – meist junge, gut ausgebildete Menschen, die über die noch offene Grenze zwischen Ost- und West-Berlin flohen. Am 15. Juni hatte Walter Ulbricht auf einer Pressekonferenz noch behauptet, niemand habe die Absicht, eine Mauer zu errichten. Es war, wie sich zeigen sollte, eine Lüge, die ihresgleichen sucht.

    In der Nacht zum Sonntag, dem 13. August 1961, gab Ulbricht den Befehl zur Abriegelung. Die Wahl des Wochenendes war kein Zufall: Man hoffte, die Berliner seien abgelenkt und würden erst spät reagieren. Kurz nach Mitternacht rückten mehr als zehntausend Volks- und Grenzpolizisten aus, unterstützt von Kampfgruppen der Arbeiterklasse, gesichert von Nationaler Volksarmee und sowjetischen Einheiten.

    „Niemand hat die Absicht, eine Mauer zu errichten“, sagte Walter Ulbricht, Vorsitzender des Staatsrats der DDR, noch am 15. Juni 1961 im Rahmen einer internationalen Pressekonferenz in Ost-Berlin. Doch kaum zwei Monate später begann die SED, West-Berlin mit Stacheldraht und Barrikaden abzuriegeln. © Sovfoto\UIG via www.imago-images

    Unter dem Decknamen „Operation Rose“ rissen sie mitten in der Stadt das Straßenpflaster auf, schichteten Pflastersteine zu Barrikaden, rammten Betonpfähle in den Asphalt und zogen kilometerweise Stacheldraht. Bis auf 13 Kontrollpunkte wurden sämtliche Sektorenübergänge dichtgemacht, der Verkehr von U- und S-Bahn zwischen den Stadthälften unterbrochen, dreizehn Bahnhöfe für Ost-Berliner geschlossen.

    Als die Stadt am Morgen erwachte, war sie eine andere. Straßen endeten plötzlich an Stacheldraht, Nachbarn standen sich über eine neue Grenze hinweg gegenüber, Familien waren von einer Stunde auf die andere getrennt.

    Häuser direkt an der Sektorengrenze wurden zugemauert, Fenster und Türen in Richtung Westen verschlossen. Was zunächst nur Draht und Barrikaden waren, wurde in den folgenden Tagen zur Mauer: In der Nacht vom 17. auf den 18. August ersetzten Bautrupps am Potsdamer Platz den Stacheldraht durch eine Mauer aus Hohlblocksteinen. Die Grenzsoldaten hatten Schießbefehl – und machten davon Gebrauch. Mindestens 140 Menschen starben in den 28 Jahren der Teilung an der Berliner Mauer, bei Fluchtversuchen erschossen, ertrunken oder tödlich verunglückt.

    #Allemagne #Berlin #histoire #mur #anniversaire

  • Le Rwanda dit discuter avec des pays européens pour recevoir en transit des migrants expulsés - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72984/le-rwanda-dit-discuter-avec-des-pays-europeens-pour-recevoir-en-transi

    Le Rwanda dit discuter avec des pays européens pour recevoir en transit des migrants expulsés
    Par La rédaction Publié le : 10/08/2026
    Des « discussions préliminaires » sont en cours entre Kigali et des États européens pour que le Rwanda serve de pays de transit à des migrants expulsés d’Europe, a annoncé le gouvernement rwandais qui n’a pas précisé les pays avec qui il discutait. « Nous avons entamé des discussions préliminaires avec certains pays européens, mais rien n’a encore été décidé », a indiqué vendredi 7 oaût à l’AFP la porte-parole du gouvernement rwandais Yolande Makolo. Même si la porte-parole n’a pas précisé de quels pays il s’agissait, cela montre que le Rwanda se montre enclin à devenir un pays de transit pour les migrants expulsés d’Europe. Questionnée jeudi sur la radio rwandaise Royal FM au sujet d’un accord spécifique avec l’Italie - pays qui dispose déjà d’un accord avec l’Albanie -, Yolande Makolo avait répondu qu’il n’y avait « pas d’accord » à ce sujet, mais des « discussions ».
    Depuis plusieurs années, le Rwanda dispose du centre de transit de Gashora. Il accueille les migrants évacués de Libye dans le cadre d’un programme onusien appelé « Mécanisme de transit d’urgence » (ETM). Mis en place par le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR) en 2019, ce programme vise à évacuer les publics vulnérables des centres de détention libyens, de les installer dans le centre rwandais, puis de les transférer dans un pays occidental – où leur dossier d’asile est accepté.
    C’est ce dispositif qui est mis en avant par la porte-parole. « L’une des idées dont nous discutons concerne le (centre) de transit d’urgence que nous avons à Gashora » (est), où des milliers de migrants bloqués en Libye avaient été envoyés à partir de 2019 et dont beaucoup sont partis, permettant de sauver « de nombreuses vies », a-t-elle expliqué. Dans un tel lieu, des « familles » pourraient « recevoir des soins médicaux, suivre une forme de formation, se reposer », a plaidé Yolande Makolo. Et d’ajouter : « C’est aussi là que les demandes d’asile sont traitées » et ces personnes « peuvent soit retourner dans leur pays d’origine si c’est sûr et si elles le souhaitent, soit être réinstallées dans d’autres pays ».
    Ce n’est pas la première fois que le Rwanda se prépare à potentiellement accueillir des migrants expulsés d’Europe. Un accord d’externalisation de l’asile avait déjà été conclu entre le pays africain et le Royaume-Uni en 2022. Mais face à de nombreuses contestations judiciaires, il avait rapidement tourné au fiasco puis avait été abandonné par le gouvernent de Keir Starmer. Les choses pourraient être bien différentes aujourd’hui étant donné que le Parlement européen a approuvé, en juin, un règlement sur les retours de migrants déboutés du droit d’asile, incluant la possibilité pour ses pays membres de conclure des accords afin d’installer des centres de rétention hors des frontières de l’Union, suscitant des inquiétudes de défenseurs de droits humains. Une poignée d’États européens - le Danemark, l’Autriche, la Grèce, l’Allemagne et les Pays-Bas – ont déjà signifié qu’ils étudiaient la possibilité de tels accords avec une dizaine de pays, dont le Rwanda.

    #Covid-19#migrant#migration#rwanda#UE#expulsion#politiquemigratoire#asile#externalisation#transit#HCR#sante#droit

  • Crise de Ceuta : en Espagne, début des contrôles aux frontières pour les voyageurs venant d’Italie, en réponse aux mesures similaires prises par Rome
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/08/crise-de-ceuta-en-espagne-debut-des-controles-aux-frontieres-pour-les-voyage

    Crise de Ceuta : en Espagne, début des contrôles aux frontières pour les voyageurs venant d’Italie, en réponse aux mesures similaires prises par Rome
    Le Monde avec AFP
    L’Espagne a commencé, samedi 8 août, à effectuer des contrôles temporaires aux frontières à ses ports et aéroports pour les voyageurs en provenance d’Italie. Il s’agit de la première journée d’application de cette décision annoncée la veille, en réponse aux mesures similaires imposées par Rome après l’afflux massif de migrants à Ceuta. Les autorités effectueront ces contrôles sur les liaisons aériennes et maritimes « de manière aléatoire » jusqu’au 7 septembre, en se concentrant particulièrement « sur les passagers qui sont ressortissants de pays tiers, afin de vérifier le respect des exigences prévues par le code frontières Schengen », a précisé, samedi, le ministère de l’intérieur. Lors des vols contrôlés, les agents effectuent les vérifications à la sortie de la passerelle menant hors de l’avion, a-t-il ajouté.Cette rare brouille entre deux alliés de l’Union européenne (UE) et de l’OTAN intervient après que 72 000 personnes ont franchi la frontière depuis le Maroc vers le territoire espagnol de Ceuta, en Afrique du Nord, la semaine dernière, lors d’un mouvement d’une ampleur sans précédent, au cours duquel au moins 77 d’entre elles sont mortes.
    Des scènes vivement critiquées par d’autres pays de l’UE, partisans d’une ligne intransigeante sur l’immigration irrégulière et la protection des frontières extérieures du bloc, parmi lesquels la première ministre italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni.
    Une mesure « contraire aux intérêts de l’UE »Rome a assuré, vendredi, n’avoir « en aucun cas l’intention de revenir sur la décision de suspendre l’application de l’accord de Schengen [de libre circulation des personnes] aux ressortissants de pays tiers en provenance d’Espagne, au moins jusqu’au 15 août ». Le gouvernement espagnol a fustigé cette mesure, qu’il a qualifiée « d’inéquitable, contraire aux intérêts de l’UE et discriminatoire pour la population espagnole ». « Les autorités espagnoles suivent avec attention l’évolution de la situation migratoire dans l’espace Schengen et, en particulier, la pression migratoire constatée sur la route de la Méditerranée centrale qui affecte la République italienne et ses effets sur différents Etats membres », a affirmé samedi le ministre de l’intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska.
    Magnus Brunner, commissaire de l’Union européenne aux affaires intérieures et aux migrations, a confirmé avoir été en contact, samedi, avec les ministres de l’intérieur espagnol et italien. « Tous deux ont confirmé que les contrôles aux frontières intérieures étaient temporaires », a-t-il affirmé.« J’ai souligné les progrès que nous avons accomplis dans la lutte contre l’immigration clandestine et le fait que la confiance entre les États membres est notre atout le plus précieux », a écrit M. Brunner sur X. Il a également souligné que les autorités espagnoles avaient donné l’assurance que les événements de Ceuta « n’auraient pas d’effet durable sur l’espace Schengen ». « L’Italie laisse entendre que les contrôles pourraient être levés prochainement », a-t-il soutenu, se disant confiant.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#italie#ceuta#UE#schengen#frontiere#crisemigratoire#sante#politiquemigratoire

  • Sanctions américaines : l’Inde menacée pour ses achats de pétrole russe
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4980

    Nouveau projet de loi américain : sanctions contre l’Inde pour ses importations de brut russe. Trump vs Congrès, sécurité énergétique et rapport de force mondial. L’hégémonie américaine frappe encore : face aux achats massifs de pétrole russe par l’Inde, le Sénat des États-Unis menace New Delhi de droits de douane punitifs. Décryptage d’une guerre économique où se confrontent la stratégie de Trump et l’intransigeance du Congrès. Grands événements : Gigantisme de l’inattendu.

    / #edito, #UE_-_Union_Européenne, économie , #USA,_Maison_Blanche,_CIA, #crise,_capitalisme,_économie,_justice,_Bourse

    #Grands_événements_:_Gigantisme_de_l’inattendu. #économie_

  • Trafic de migrants entre l’Algérie et l’Espagne : Europol revendique 78 arrestations
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4979

    L’Algérie, bouc émissaire commode d’Europol, d’où la réaction attendue reste à préconiser. Le récit officiel de l’agence européenne accable Alger sur fond de trafic de cannabis — un produit qui n’y est pourtant pas cultivé. Pendant ce temps, la coopération judiciaire réelle entre Paris et Alger, elle, produit des résultats tangibles : deux caïds du narcobanditisme marseillais viennent d’y être arrêtés sur le sol du pays de leurs aïeuls. Ce pays accablé par de telles calomnies a en recul diplomatique grave et vit une crise interne multiforme créée par les aveuglés successeurs de Bouteflika... 2- Faits divers : Les interludes en marge de la société.

    / #UE_-_Union_Européenne, #Immigration_-_émigrants_-_réfugiés_-_déplacés, Maghreb, Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Africa, population, (…)

    #2-_Faits_divers_:Les_interludes_en_marge_de_la_société. #Maghreb,_Algérie,_Tunisie,_Maroc,_Libye,_Africa,_population,_société #diplomatie,_sécurité,_commerce,_économie_mondiale
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/IMG/mp3/trafic_de_migrants_entre_l_algerie_et_l_espagne_europol_revendique_78_arr

  • Grèce : plus de 250 migrants secourus au large de la Crète en 3 jours - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72926/grece--plus-de-250-migrants-secourus-au-large-de-la-crete-en-3-jours

    Grèce : plus de 250 migrants secourus au large de la Crète en 3 jours
    Par La rédaction Publié le : 06/08/2026
    En trois jours, entre le 3 août et le 5 août, 267 migrants sans papiers ont été secourus par les gardes-côtes grecs au large de la Crète. Depuis des mois, la Crète connaît une forte augmentation des arrivées illégales de migrants venus de Libye. En 7 mois, un peu plus de 10 000 migrants ont débarqué sur l’île du sud de la Grèce.
    Les communiqués des gardes-côtes grecs s’enchaînent ces derniers jours. Le 5 août, les autorités maritimes ont porté assistance « à un bateau avec des ressortissants étrangers en détresse, repéré par un avion de Frontex à 37 milles nautiques au sud d’Ierapetra », en Crète. « Immédiatement, une vedette de patrouille de la police côtière hellénique (HCPP) a appareillé, repéré le bateau et secouru 45 ressortissants étrangers (tous des hommes) à son bord. »
    Le même jour, « 56 étrangers (49 hommes, 3 femmes et 4 mineurs) ont été secourus par un navire de sauvetage [...] jusqu’au port de Kokkinos Pyrgos », en Crète. « Ils avaient quitté la région de Tobrouk, en Libye, le 3 août 2026 à midi, après avoir payé chacun 14 000 dinars libyens pour leur traversée vers la Grèce », précise le communiqué.Le 5 août toujours, « les gardes-côtes de Gavdos ont localisé 34 étrangers (tous des hommes) sur la plage de Lakoudi. Ils ont d’abord été conduits dans un centre d’hébergement temporaire à Gavdos, puis transférés vers un centre d’hébergement temporaire à Agia Chania. »
    La veille, le 4 août "une embarcation transportant des passagers étrangers en difficulté [a été repérée] à 8 milles nautiques au sud-ouest de Gavdos. Un navire des forces Frontex s’est immédiatement rendu sur place, a localisé l’embarcation et a secouru 33 passagers étrangers (tous des hommes)."Le 4 août toujours, les autorités maritimes grecques ont alerté sur le fait « qu’une vedette de patrouille [...] a localisé une embarcation et a secouru les 50 passagers étrangers (43 hommes, 2 femmes et 5 mineurs) » au sud de la Crète. Une enquête préliminaire a été ouverte.Le bateau de migrants avait été repéré par un navire des garde-côtes grecs à 105 kilomètres au sud-est de Kaloi Limenes, un village portuaire non loin d’Héraklion, avec l’aide d’un drone de l’agence des frontières de l’Union européenne Frontex". Les migrants ont été transférés au port de Kokkinos Pyrgos, au sud de l’île, "où les autorités ont entamé les procédures d’identification et d’enregistrement."Enfin, ce même jour également, « vers midi, les autorités portuaires d’Ierapetra ont été informées de la présence d’étrangers » sur l’île de Chrysi, au sud de la Crète. « Un patrouilleur de la garde côtière grecque s’est rendu sur place, où il a repéré et secouru 44 étrangers (40 hommes, 3 femmes et 1 mineur) ».
    La veille, le 3 août, les autorités avaient repéré « la présence d’une embarcation avec des étrangers à bord en difficulté, à 30 milles nautiques au sud d’Agia Galini [en Crète]. Une vedette de patrouille [...] s’est immédiatement rendue sur place et a localisé et secouru 33 étrangers (32 hommes et 1 femme). Les rescapés ont d’abord été conduits en toute sécurité au port d’Agia Galini, puis aux installations de l’ancienne autorité portuaire de Réthymnon », peut-on lire sur le communiqué des gardes-côtes.Le même jour, nouveau bulletin d’information sur le site de la garde côtière. « Les autorités portuaires de Kaloi Limenes et d’Ierapetra ont été informées par le Centre conjoint de coordination des opérations de recherche et de sauvetage (EKSED) [...] de la nécessité de porter assistance à une embarcation transportant des étrangers en difficulté ». Cette embarcation avait été localisée par un avion de Frontex au sud de Kaloi Limenes. « Immédiatement, une vedette de patrouille de la LS-EL.AKT. s’est rendue sur place et a secouru cinq étrangers (quatre hommes et un mineur) ».
    Le sud de la Crète a connu une forte augmentation des arrivées illégales de migrants ces derniers mois, de nombreux bateaux partant des côtes est-libyennes. Cette hausse a entraîné de fréquentes opérations de sauvetage menées par les garde-côtes grecs et Frontex.Selon le Haut Commissariat des réfugiés à l’ONU (UNHCR), plus de 10 000 migrants sont arrivés en Crète depuis le début de l’année. « Les flux globaux, par rapport à 2025, montrent une stabilité en termes de chiffres », écrit la presse grecque. La plupart des arrivants viennent du Soudan, d’Égypte et du Bangladesh. Dans une tribune publiée mardi dans Politico, le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a appelé l’Union européenne à autoriser la suspension temporaire des enregistrements de demandeurs d’asile lors d’arrivées massives et soudaines, arguant que les États membres ont besoin d’une plus grande flexibilité pour gérer les pressions migratoires. Au mois de juillet 2025, le gouvernement grec avait décidé de suspendre unilatéralement les demandes d’asile pour toute personne arrivant illégalement en Crète, face à la hausse des arrivées depuis la Libye : 7 300 arrivées entre janvier et juillet 2025 contre 4 900 sur l’ensemble de l’année 2024. La mesure avait duré trois mois, l’enregistrement des demandes avait repris le 14 octobre

    #Covid-19#migration#migrant#crete#UE#libye#routemigratoire#tobrouk#migrationirreguliere#sante#soudan#egypte#bengladesh

  • Rome et Kigali discutent d’une possible externalisation au Rwanda des procédures d’asile déposées en Italie - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72948/rome-et-kigali-discutent-dune-possible-externalisation-au-rwanda-des-p

    Rome et Kigali discutent d’une possible externalisation au Rwanda des procédures d’asile déposées en Italie
    Par RFI Publié le : 07/08/2026
    Deux jours après la proposition faite par Rome à Bruxelles de financer une gestion externalisée des procédures d’asile dans l’Union européenne lors de la réunion des ministres de l’Intérieur des 27 sur Ceuta, la porte-parole du gouvernement rwandais a confirmé qu’un tel projet était à l’étude entre l’Italie et le Rwanda.
    Quelques jours après la proposition faite par Rome à Bruxelles de mettre en place une gestion externalisée des procédures d’asile dans l’Union européenne (UE) à travers le développement d’un réseau européen de « hubs de retour » dans des pays tiers financés par l’UE, le Rwanda a affirmé, jeudi 6 août, être en discussion avec l’Italie à ce propos.
    « Nous sommes toujours en discussion », a ainsi affirmé la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, sur les antennes de la radio nationale Royal FM. Selon elle, les points à l’étude concernent notamment l’expérience acquise par Kigali en la matière, notamment grâce au mécanisme de transit d’urgence de Gashora - un programme mis en place en 2019 dans le cadre duquel le Rwanda accueille des migrants évacués de Libye -, le délai d’examen de leur dossier d’asile, ainsi que celui de leur départ vers d’autres pays.
    Le 4 août dernier lors une réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur de l’UE en visioconférence pour évoquer la crise migratoire de Ceuta, Rome avait effectivement appelé Bruxelles à financer des centres migratoires externalisés, situés hors de l’espace Schengen, où seraient délocalisées les procédures d’asile et de retours de migrants.S’inspirant d’un accord de ce type déjà passé par l’Italie avec l’Albanie, la proposition envisageait d’en conclure d’autres avec plusieurs pays africains dont l’Ouganda, le Ghana et le Rwanda.
    Si le projet entre les deux pays devait se concrétiser, il viendrait s’ajouter aux différents accords migratoires déjà conclus par Kigali, notamment avec le Royaume-Uni en 2022 - avant que Londres ne l’abandonne deux ans plus tard - et avec les États-Unis, en 2025, en vue de l’accueil temporaire de personnes expulsées par Washington

    #Covid-19#migrant#migration#italie#rwanda#UE#externalisation#asile#politiquemigratoire#sante#droit#crisemigratoire

  • La crise de Ceuta, un révélateur des divisions de l’Union européenne sur la question migratoire
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/04/la-crise-de-ceuta-un-revelateur-des-divisions-de-l-union-europeenne-sur-la-q

    La crise de Ceuta, un révélateur des divisions de l’Union européenne sur la question migratoire
    Par Anna Joubinet (Bruxelles, correspondance )
    A Bruxelles, interrompre ses vacances pour des réunions en ligne à 27 est presque devenu un rituel estival pour nombre de diplomates et de ministres. Samedi 1er août, l’Irlande, qui occupe la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (UE), a convoqué les ministres de l’intérieur des Etats membres pour une visioconférence impromptue, mardi 4 août, en milieu de matinée.
    Objectif officiel : tirer des leçons de la crise éclair du 30 juillet, qui a vu près de 50 000 migrants venus du Maroc entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, avant que la plupart ne fassent demi-tour dans les vingt-quatre heures qui ont suivi. Au moins 72 personnes sont mortes, notamment par noyade, selon les autorités locales. Dublin y voit aussi une occasion d’exprimer la solidarité de l’UE avec l’Espagne.
    Il faut dire que celle-ci n’était pas franchement de mise ces derniers jours. Samedi, 22 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE – majoritairement issus de la droite – ont accusé le premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, de ne pas en faire assez pour assurer la protection des frontières extérieures de l’UE.
    Dans leur lettre aux dirigeants des institutions européennes, ces 22 Etats – dont l’Italie, l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, mais aussi le Danemark, dirigé par la sociale-démocrate Mette Frederiksen – dénoncent les « politiques susceptibles de créer un effet d’appel », faisant allusion au vaste plan de régularisation de sans-papiers lancé en avril par Pedro Sanchez – lequel ne concerne que des personnes vivant déjà en Espagne.Le même jour, le premier ministre espagnol écrivait à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour déplorer « l’attitude alimentée par les préjugés, la désinformation, l’ignorance ou des intérêts politiques » de certains gouvernements européens après la crise à Ceuta.
    Ces deux courriers, envoyés à quelques heures d’intervalle, réclamaient une rencontre ministérielle pour faire le bilan de l’épisode. La France aussi, même si Paris n’a pas signé la lettre accusatrice des 22. « Elle n’apportait aucune solidarité concrète à l’Espagne et visait avant tout à instrumentaliser la poussée migratoire à Ceuta », explique l’Elysée. Même constat du côté du Luxembourg et du Portugal, qui ne figurent pas parmi les signataires. Tout comme l’Irlande, même si, dans son cas, son rôle de présidente du Conseil de l’UE lui impose d’afficher une forme de neutralité.
    Lundi, les ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l’UE ont longuement préparé la visioconférence ministérielle du lendemain. Mais ils ne s’attendent pas à ce que des décisions majeures y soient prises. « La réunion sera utilisée par les ministres à des fins de politique intérieure », confie aussi une de ces sources diplomatiques. Elle leur permettra « d’adopter un ton plutôt dur pour ne pas laisser la moindre prise aux critiques de l’extrême droite ». Ces dernières années en effet, les gouvernements européens, dont plusieurs ont basculé à droite, ont durci leur position sur l’immigration pour donner des gages à un électorat de plus en plus séduit par l’extrême droite.
    La virulence des critiques formulées à l’égard de Pedro Sanchez n’est que le dernier épisode de cette évolution, à laquelle seule une poignée d’Etats européens s’oppose désormais. Lors du dernier sommet des Vingt-Sept, en juin, à Bruxelles, la première ministre danoise, Mette Frederiksen, et la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, qui s’étaient déjà alliées en 2025 pour réclamer une révision de la jurisprudence de la Convention européenne des droits de l’homme concernant les droits des migrants, ont pris à partie le dirigeant espagnol. Lors de ce sommet, 19 Etats avaient signé une lettre réclamant davantage de soutien de la Commission pour lutter contre l’immigration illégale.
    A l’époque, le chancelier allemand, Friedrich Merz, n’avait pas signé. Samedi, en revanche, il comptait parmi les 22 qui se sont dits prêts à renforcer les contrôles à leurs frontières intérieures. Devancés de 3 à 7 points par le parti d’extrême droite AfD dans les intentions de vote à l’échelle nationale, mais aussi dans deux des trois Länder d’ex-Allemagne de l’Est où se tiendront des élections régionales en septembre, les conservateurs allemands ne veulent pas laisser à l’AfD le monopole de la fermeté sur les questions migratoires.
    Depuis son arrivée au pouvoir, en mai 2025, Friedrich Merz a d’ailleurs activé une clause dérogatoire européenne permettant aux Etats de rétablir les contrôles aléatoires à leurs frontières intérieures. La France fait de même depuis 2015, alors que ces dérogations à l’accord de Schengen sont censées n’être que temporaires.
    En matière d’immigration, l’Italienne Giorgia Meloni, à la tête d’une famille politique issue du fascisme, est, elle aussi, concurrencée à sa droite par l’ex-général Roberto Vannacci, qui a récemment fondé son parti, Futuro Nazionale, en vue des législatives de 2027. Et au Danemark, le parti social-démocrate de Mette Frederiksen a adopté une ligne migratoire très stricte dès 2015, là encore pour endiguer la poussée de l’extrême droite.
    L’évolution vient de loin. Depuis la crise dite « des réfugiés », en 2015-2016, l’UE a revu structurellement sa politique migratoire, sur fond de droitisation du Conseil de l’UE et du Parlement européen. En adoptant en 2024 un ensemble de textes sous la bannière du « pacte sur la migration et l’asile », les Vingt-Sept pensaient pourtant avoir enfin trouvé un compromis.Mais à peine le pacte adopté, plusieurs Etats membres ont voulu aller plus loin, en renforçant l’externalisation de la gestion des migrants. Le développement de « centres de retour » à l’extérieur de l’UE est ainsi devenu un moyen d’éviter les débats épineux sur les relocalisations de réfugiés à l’intérieur de celle-ci. Paradoxalement, si le discours des Européens sur l’immigration se durcit, les flux vers l’UE, eux, diminuent. Le « nombre d’arrivées illégales est en chute de 55 % au cours des deux dernières années, et de 37 % depuis le début 2026 », rappelle Ursula von der Leyen dans un courrier adressé, lundi, à Pedro Sanchez, que Le Monde a pu consulter. « Quand on regarde les chiffres, on peine à expliquer certaines politiques », constate Alberto-Horst Neidhardt, responsable migration du think tank European Policy Centre. Le signe, selon lui, que la politique migratoire « est davantage dictée par les émotions que par les faits ».

    Pour l’eurodéputée conservatrice allemande Lena Düpont (CDU), ces chiffres relativement « favorables » offrent, au contraire, « une fenêtre d’opportunité pour agir » hors de tout cadre d’urgence. « Nous devons nous concentrer maintenant sur la dimension externe des politiques migratoires », affirme la coordinatrice du groupe PPE (droite) à la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen. A gauche, miser sur les pays tiers est plutôt considéré comme un facteur de vulnérabilité. Les crises comme celle de Ceuta sont « le résultat de l’externalisation, plébiscitée par la droite et l’extrême droite, qui nous rend dépendants de la volonté de régimes autoritaires tiers », déplore Mélissa Camara, négociatrice de textes migratoires pour le groupe des Verts au Parlement européen. Les eurodéputés de la commission LIBE tiendront jeudi une session extraordinaire sur la crise du week-end à Ceuta, selon les informations du Monde. Mais c’est plus probablement lors du sommet européen d’octobre que l’on saura si les événements survenus le 30 juillet dans l’enclave espagnole déboucheront sur des décisions et des réformes concrètes.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#crisemigratoire#migrationirreguliere#politiquemigratoire#frontiere#sante#extremedroite

  • En Allemagne, l’AfD exploite la crise migratoire de Ceuta dans l’espoir de peser sur la campagne des régionales
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/04/en-allemagne-l-afd-exploite-la-crise-migratoire-de-ceuta-dans-l-espoir-de-pe

    En Allemagne, l’AfD exploite la crise migratoire de Ceuta dans l’espoir de peser sur la campagne des régionales
    Par Gwénaëlle Deboutte (Francfort, correspondance)
    Au cœur de l’été, les images de l’arrivée d’environ 50 000 migrants à Ceuta, enclave espagnole au Maroc, ont offert au parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) des images lui permettant de marteler son discours anti-immigration. Alors que des élections ont lieu en septembre dans Berlin et dans deux autres Länder de l’est de l’Allemagne, l’AfD s’est immédiatement emparée de l’événement pour mettre en cause la capacité de l’Union européenne et du gouvernement fédéral allemand à contrôler les flux migratoires.
    La salve a débuté dès vendredi 31 juillet, soit au lendemain du début de l’arrivée des migrants à Ceuta, avec un communiqué de la coprésidente du parti, Alice Weidel : « L’Allemagne doit empêcher à tout prix que d’autres migrants, en partie enclins à la violence et peu instruits, atterrissent dans nos systèmes sociaux. Les événements à Ceuta montrent combien la protection commune des frontières européennes est toujours aussi inefficace. » Le choix des mots révèle une volonté de dramatisation et illustre une rhétorique classique de l’AfD sur les questions migratoires : un événement ponctuel devient la preuve d’un dysfonctionnement structurel.
    Mais le véritable amplificateur de communication s’est joué quelques heures plus tard sur les réseaux sociaux, en particulier Instagram et Telegram. Depuis des années, l’AfD est le parti politique allemand le plus actif sur ces plateformes, où il exploite des contenus émotionnels et clivants, mis en avant par des algorithmes. Ainsi du compte Instagram de la fédération AfD du Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où le parti est crédité de 36 % des intentions de vote aux régionales de septembre.
    Sur fond de vidéos montrant une foule de jeunes hommes exultant, Jan-Phillip Tadsen, spécialiste des questions migratoires à l’AfD, interroge, face caméra : « Voulons-nous continuer à accepter l’inaction de l’Europe ? Ou voulons-nous enfin mener une vraie politique qui empêche cela de manière cohérente et qui mette fin aux morts qui ont eu lieu à Trèves, à Berlin et si souvent dans nos rues ? » Une référence à des attaques perpétrées par des ressortissants étrangers vivant sur le sol allemand, comme à Berlin, en 2016, ou à Trèves, le 15 juillet, où un Afghan de 22 ans a poignardé un étudiant. A chaque événement de ce type, l’AfD se montre particulièrement réactive, en profitant pour marteler son argumentaire associant immigration et insécurité.
    En Saxe-Anhalt, où l’AfD est créditée de 41 % des intentions de vote aux élections du 6 septembre, au point de rêver à participer pour la première fois à un exécutif régional, le parti a également très vite réagi aux événements de Ceuta. Alors que sa campagne est sur le contrôle de l’immigration et l’accélération des expulsions, sa tête de liste, Ulrich Siegmund, qui s’est fait connaître par une communication très active sur les réseaux sociaux auprès d’un public jeune, n’a pas hésité à employer le terme d’« invasion » pour qualifier l’afflux de migrants à Ceuta. Au niveau national, l’affaire de Ceuta a donné à l’AfD l’occasion d’attaquer le chancelier Friedrich Merz. Après avoir prospéré sur la dénonciation de la politique migratoire d’Angela Merkel, jugée trop laxiste lors de la crise migratoire de 2015-2016, la formation accuse le gouvernement actuel de ne pas aller assez loin dans la protection des frontières, alors même que M. Merz a pris ses distances avec la politique de sa prédécesseure, pourtant du même parti que lui, en durcissant les contrôles aux frontières, en limitant le regroupement familial, en restreignant l’accès d’une partie des immigrés aux prestations sociales et en augmentant le nombre d’expulsions.
    Une passe d’armes sur Instagram, samedi, a illustré cette stratégie de l’AfD, consistant à ne pas laisser M. Merz se targuer de mener une politique de fermeté en matière migratoire. Alors que le chancelier venait d’affirmer qu’il soutenait la position espagnole visant à empêcher les migrants irréguliers d’accéder au continent européen, Alice Weidel lui a répondu : « Le chancelier ne dit rien sur la manière dont il entend protéger les frontières allemandes ; il ne se prononce pas non plus sur une suspension de l’espace Schengen », a affirmé la coprésidente de l’AfD, avec un objectif clair : transformer un événement ayant lieu à plusieurs milliers de kilomètres de l’Allemagne en enjeu électoral.

    #migration#migrant#Covid-19#allemagne#UE#espagne#crisemigratoire#migrationirreguliere#frontiere#politiquemigratoire#sante#extremedroite

  • Crise de Ceuta : Ursula von der Leyen appelle à une « réponse européenne commune » pour « renforcer les frontières »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/03/crise-de-ceuta-ursula-von-der-leyen-appelle-a-une-reponse-europeenne-commune

    Crise de Ceuta : Ursula von der Leyen appelle à une « réponse européenne commune » pour « renforcer les frontières »
    Le Monde avec AFP
    « Cet épisode montre clairement que nous devons aller plus loin pour renforcer nos frontières aux points les plus sensibles », a-t-elle écrit dans une missive adressée au premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, et consultée par l’Agence France-Presse.Parmi les pistes évoquées, « une surveillance accrue et, lorsque cela est nécessaire, l’utilisation de barrières physiques ». La cheffe de l’exécutif européen souligne toutefois que « la protection de l’ensemble de nos frontières extérieures constitue une responsabilité européenne partagée ». L’afflux inédit de migrants, entrant de force dans l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, a en effet provoqué de très vives tensions entre les 27 pays de l’Union européenne (UE). Face aux images de dizaines de milliers de personnes gagnant illégalement ce territoire à partir du Maroc, plusieurs Etats membres, Italie et Danemark en tête, ont rapidement appelé à suspendre l’Espagne de l’espace Schengen.
    Une demande politiquement explosive, juridiquement impossible au regard du droit européen, qui a suscité la colère de Madrid. Dénonçant l’attitude « égoïste » de plusieurs pays, l’Espagne a réclamé l’organisation d’une réunion entre ministres de l’intérieur de l’UE. Cet échange, par visioconférence, doit avoir lieu mardi.
    Il permettra de « tirer les enseignements » de l’épisode de Ceuta et de plancher sur une « réponse européenne commune » aux défis liés à l’immigration clandestine, s’est félicitée Ursula von der Leyen, évoquant plusieurs axes de réflexion.Au cours des derniers mois, Bruxelles a déjà nettement durci ses règles migratoires, autorisant notamment les Etats membres à envoyer des déboutés d’asile dans des centres en dehors des frontières de l’UE, les fameux « hubs de retour ».
    « Le fait que Ceuta et Melilla fassent partie intégrante du territoire espagnol est incontestable, aux yeux du monde entier », a stipulé lundi le ministre des affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, lors d’une intervention télévisée. Selon Madrid, la « quasi-totalité » des quelque 50 000 personnes ayant franchi illégalement la frontière jeudi et vendredi ont depuis été renvoyées au Maroc.
    Le délégué du gouvernement local de Ceuta, Miguel Angel Perez Triano, a déclaré lundi que le nombre de personnes se trouvant encore à Ceuta était estimé à 2 500. Le plus haut responsable de Ceuta, Juan Jesus Vivas, a quant à lui estimé que ce chiffre était compris entre 3 000 et 5 000. Près d’un millier de mineurs sont restés dans l’enclave, selon l’ONG Save the Children. Au moins 72 personnes sont mortes en voulant rejoindre illégalement l’enclave espagnole de Ceuta sur la côte nord du Maroc où des dizaines de milliers d’émigrants, majoritairement des jeunes Marocains, ont contourné le poste-frontière marocain, selon les autorités locales

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#maroc#ceuta#UE#crisemigratoire#politiquemigratoire#migrationirreguliere#sante

  • La crise de Ceuta, un révélateur des divisions de l’Union européenne sur la question migratoire
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/04/la-crise-de-ceuta-un-revelateur-des-divisions-de-l-union-europeenne-sur-la-q

    La crise de Ceuta, un révélateur des divisions de l’Union européenne sur la question migratoire
    Par Anna Joubinet (Bruxelles, correspondance )
    A Bruxelles, interrompre ses vacances pour des réunions en ligne à 27 est presque devenu un rituel estival pour nombre de diplomates et de ministres. Samedi 1er août, l’Irlande, qui occupe la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne (UE), a convoqué les ministres de l’intérieur des Etats membres pour une visioconférence impromptue, mardi 4 août, en milieu de matinée.
    Objectif officiel : tirer des leçons de la crise éclair du 30 juillet, qui a vu près de 50 000 migrants venus du Maroc entrer dans l’enclave espagnole de Ceuta, avant que la plupart ne fassent demi-tour dans les vingt-quatre heures qui ont suivi. Au moins 72 personnes sont mortes, notamment par noyade, selon les autorités locales. Dublin y voit aussi une occasion d’exprimer la solidarité de l’UE avec l’Espagne.Il faut dire que celle-ci n’était pas franchement de mise ces derniers jours. Samedi, 22 chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE – majoritairement issus de la droite – ont accusé le premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez, de ne pas en faire assez pour assurer la protection des frontières extérieures de l’UE.
    Dans leur lettre aux dirigeants des institutions européennes, ces 22 Etats – dont l’Italie, l’Allemagne, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, mais aussi le Danemark, dirigé par la sociale-démocrate Mette Frederiksen – dénoncent les « politiques susceptibles de créer un effet d’appel », faisant allusion au vaste plan de régularisation de sans-papiers lancé en avril par Pedro Sanchez – lequel ne concerne que des personnes vivant déjà en Espagne.Le même jour, le premier ministre espagnol écrivait à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, pour déplorer « l’attitude alimentée par les préjugés, la désinformation, l’ignorance ou des intérêts politiques » de certains gouvernements européens après la crise à Ceuta.
    Ces deux courriers, envoyés à quelques heures d’intervalle, réclamaient une rencontre ministérielle pour faire le bilan de l’épisode. La France aussi, même si Paris n’a pas signé la lettre accusatrice des 22. « Elle n’apportait aucune solidarité concrète à l’Espagne et visait avant tout à instrumentaliser la poussée migratoire à Ceuta », explique l’Elysée. Même constat du côté du Luxembourg et du Portugal, qui ne figurent pas parmi les signataires. Tout comme l’Irlande, même si, dans son cas, son rôle de présidente du Conseil de l’UE lui impose d’afficher une forme de neutralité.
    Lundi, les ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l’UE ont longuement préparé la visioconférence ministérielle du lendemain. Mais ils ne s’attendent pas à ce que des décisions majeures y soient prises. « La réunion sera utilisée par les ministres à des fins de politique intérieure », confie aussi une de ces sources diplomatiques. Elle leur permettra « d’adopter un ton plutôt dur pour ne pas laisser la moindre prise aux critiques de l’extrême droite ». Ces dernières années en effet, les gouvernements européens, dont plusieurs ont basculé à droite, ont durci leur position sur l’immigration pour donner des gages à un électorat de plus en plus séduit par l’extrême droite.
    La virulence des critiques formulées à l’égard de Pedro Sanchez n’est que le dernier épisode de cette évolution, à laquelle seule une poignée d’Etats européens s’oppose désormais. Lors du dernier sommet des Vingt-Sept, en juin, à Bruxelles, la première ministre danoise, Mette Frederiksen, et la présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, qui s’étaient déjà alliées en 2025 pour réclamer une révision de la jurisprudence de la Convention européenne des droits de l’homme concernant les droits des migrants, ont pris à partie le dirigeant espagnol. Lors de ce sommet, 19 Etats avaient signé une lettre réclamant davantage de soutien de la Commission pour lutter contre l’immigration illégale.
    A l’époque, le chancelier allemand, Friedrich Merz, n’avait pas signé. Samedi, en revanche, il comptait parmi les 22 qui se sont dits prêts à renforcer les contrôles à leurs frontières intérieures. Devancés de 3 à 7 points par le parti d’extrême droite AfD dans les intentions de vote à l’échelle nationale, mais aussi dans deux des trois Länder d’ex-Allemagne de l’Est où se tiendront des élections régionales en septembre, les conservateurs allemands ne veulent pas laisser à l’AfD le monopole de la fermeté sur les questions migratoires.
    Depuis son arrivée au pouvoir, en mai 2025, Friedrich Merz a d’ailleurs activé une clause dérogatoire européenne permettant aux Etats de rétablir les contrôles aléatoires à leurs frontières intérieures. La France fait de même depuis 2015, alors que ces dérogations à l’accord de Schengen sont censées n’être que temporaires.En matière d’immigration, l’Italienne Giorgia Meloni, à la tête d’une famille politique issue du fascisme, est, elle aussi, concurrencée à sa droite par l’ex-général Roberto Vannacci, qui a récemment fondé son parti, Futuro Nazionale, en vue des législatives de 2027. Et au Danemark, le parti social-démocrate de Mette Frederiksen a adopté une ligne migratoire très stricte dès 2015, là encore pour endiguer la poussée de l’extrême droite.
    L’évolution vient de loin. Depuis la crise dite « des réfugiés », en 2015-2016, l’UE a revu structurellement sa politique migratoire, sur fond de droitisation du Conseil de l’UE et du Parlement européen. En adoptant en 2024 un ensemble de textes sous la bannière du « pacte sur la migration et l’asile », les Vingt-Sept pensaient pourtant avoir enfin trouvé un compromis.Mais à peine le pacte adopté, plusieurs Etats membres ont voulu aller plus loin, en renforçant l’externalisation de la gestion des migrants. Le développement de « centres de retour » à l’extérieur de l’UE est ainsi devenu un moyen d’éviter les débats épineux sur les relocalisations de réfugiés à l’intérieur de celle-ci.Paradoxalement, si le discours des Européens sur l’immigration se durcit, les flux vers l’UE, eux, diminuent. Le « nombre d’arrivées illégales est en chute de 55 % au cours des deux dernières années, et de 37 % depuis le début 2026 », rappelle Ursula von der Leyen dans un courrier adressé, lundi, à Pedro Sanchez, que Le Monde a pu consulter. « Quand on regarde les chiffres, on peine à expliquer certaines politiques », constate Alberto-Horst Neidhardt, responsable migration du think tank European Policy Centre. Le signe, selon lui, que la politique migratoire « est davantage dictée par les émotions que par les faits ».
    Pour l’eurodéputée conservatrice allemande Lena Düpont (CDU), ces chiffres relativement « favorables » offrent, au contraire, « une fenêtre d’opportunité pour agir » hors de tout cadre d’urgence. « Nous devons nous concentrer maintenant sur la dimension externe des politiques migratoires », affirme la coordinatrice du groupe PPE (droite) à la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) du Parlement européen.A gauche, miser sur les pays tiers est plutôt considéré comme un facteur de vulnérabilité. Les crises comme celle de Ceuta sont « le résultat de l’externalisation, plébiscitée par la droite et l’extrême droite, qui nous rend dépendants de la volonté de régimes autoritaires tiers », déplore Mélissa Camara, négociatrice de textes migratoires pour le groupe des Verts au Parlement européen.Les eurodéputés de la commission LIBE tiendront jeudi une session extraordinaire sur la crise du week-end à Ceuta, selon les informations du Monde. Mais c’est plus probablement lors du sommet européen d’octobre que l’on saura si les événements survenus le 30 juillet dans l’enclave espagnole déboucheront sur des décisions et des réformes concrètes.

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#maroc#ceuta#UE#politiquemigratoire#crisemigratoire#externalisation#sante

  • Catherine Wihtol de Wenden, politiste : « Le Maroc a pris conscience depuis longtemps de la place géostratégique qu’il occupe pour l’Europe en termes de migrations »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/04/catherine-wihtol-de-wenden-politiste-le-maroc-a-pris-conscience-de-la-place-

    Catherine Wihtol de Wenden, politiste : « Le Maroc a pris conscience depuis longtemps de la place géostratégique qu’il occupe pour l’Europe en termes de migrations »
    Tribune Catherine Wihtol de Wenden Directrice de recherche émérite au CNRS

    Une fâcheuse concordance des temps s’est invitée, une fois de plus, dans la gestion des migrations irrégulières entre l’Espagne et le Maroc entre le 30 et le 31 juillet, à Ceuta, conduisant à mêler la question migratoire à la diplomatie dans la région. Rappelons trois faits récents : au début du mois, la Cour suprême espagnole a rendu un arrêt interdisant le refoulement immédiat de migrants tentant d’atteindre les enclaves espagnoles du Maroc de Ceuta et Melilla par la mer. En avril, le gouvernement de Pedro Sanchez annonçait la régularisation de 500 000 sans-papiers jusqu’à la fin de l’année. Enfin, les mobilisations pour l’anniversaire de l’arrivée au pouvoir de Mohammed VI, à la toute fin du mois de juillet, ont pu entraîner une baisse des effectifs déployés par le Maroc à la frontière espagnole.
    Ainsi ont eu lieu 50 000 entrées par la mer, d’après les estimations, après le franchissement forcé de la ligne de démarcation entre les faubourgs de la ville marocaine de Fnideq et la plage de Ceuta. Cette arrivée massive s’est aussi soldée par au moins 72 morts [selon les autorités espagnoles], déclenchant une crise politique et sécuritaire en Espagne et en Europe, car il s’agit du franchissement d’une frontière externe de l’Union européenne.
    Mais le décryptage de cette crise est peut-être ailleurs. Le gouvernement espagnol affiche avec fierté sa croissance économique. Le 20 juillet, fort de la victoire de l’Espagne au Mondial de football, le premier ministre s’est rendu en visite officielle en Algérie, son premier fournisseur de gaz, pour la première fois depuis 2020. Or, en 2022, Madrid était sorti de sa neutralité et avait soutenu le plan marocain d’autonomie du Sahara occidental, ce qui avait provoqué la colère d’Alger. Le conflit algéro-marocain autour du Sahara occidental demeure l’un des principaux points d’achoppement entre les deux pays, entre lesquels la frontière est fermée. Déjà, en 2021, alors qu’un dirigeant du Front Polisario (défenseur des Sahraouis, appuyé par l’Algérie) avait été accueilli en Espagne pour raisons médicales, le Maroc avait laissé passer par les enclaves espagnoles les candidats marocains à l’exil pour marquer son mécontentement. Environ 8 000 personnes étaient parvenues à entrer à Ceuta et le Maroc avait été accusé de faire pression sur l’Espagne dans le dossier du Sahara occidental.
    S’agit-il alors d’une nouvelle marque de mécontentement marocain face au rapprochement entre Madrid et Alger ? On a l’impression que le scénario de 2021 se reproduit à Ceuta, fragilisant le gouvernement espagnol dans sa politique intérieure, face aux partis sécuritaires et notamment Vox (extrême droite), bien que le gouvernement ait exclu de recourir à l’état d’urgence, considérant que les flux migratoires n’en étaient pas une. Face à l’Europe, au lendemain de l’adoption du Pacte européen sur l’immigration et l’asile entré en vigueur en juin 2026, l’Espagne est isolée avec une politique migratoire qui défend le bien-fondé d’une régularisation massive, en s’appuyant sur des arguments économiques, alors que l’essentiel du dispositif européen repose sur la dissuasion et la répression des flux irréguliers.
    En Italie, Giorgia Meloni a appelé à suspendre l’accord de Schengen avec l’Espagne, et le ministre des affaires étrangères espagnol a annoncé la convocation de l’ambassadeur d’Italie à Madrid pour protester contre cette prise de position. Rappelons qu’au printemps, Bruno Retailleau, chef de file du parti Les Républicains, avait appelé à fermer la frontière franco-espagnole quand l’Espagne avait annoncé la régularisation des sans-papiers, au motif que cette décision risquerait de provoquer un « appel d’air » de ces derniers vers la France. Mais pourquoi des travailleurs insérés sur le marché du travail espagnol auxquels on annonce une régularisation de leur statut iraient-ils tenter leur chance en France dans la précarité, alors qu’il s’agit surtout de Latino-Américains hispanophones ? Toute crise migratoire est bonne pour agiter des arguments sécuritaires.
    Depuis longtemps, le Maroc a pris conscience de la place géostratégique qu’il occupe pour l’Europe en termes de migrations. Seulement 13 kilomètres séparent Gibraltar de la côte marocaine et les villes d’Andalousie comptent beaucoup de sans-papiers, y compris des mineurs venus isolément dans les camions et par bateau : des associations à Cadix et à Grenade œuvrent à leur insertion scolaire et professionnelle sur le territoire espagnol. L’accord bilatéral de 2023 signé entre le Maroc et l’Espagne pour lutter contre l’immigration irrégulière a eu pour effet de diminuer les entrées irrégulières en Espagne en 2026. Faisant suite à une série d’accords entre ces deux pays, il résulte en une frontière qui n’est plus exclusivement située sur les points de passage, mais qui « s’épaissit » sur l’ensemble du territoire, avec des contrôles aléatoires à l’encontre des sans-papiers, subsahariens notamment.
    Ces « transmigrants » (selon l’expression du chercheur Mehdi Alioua) ont déjà pris d’assaut à plusieurs reprises les grillages séparant les enclaves espagnoles du territoire marocain. En revanche, le Maroc reste réticent à la signature d’accords multilatéraux avec l’ensemble des pays européens qui l’obligeraient à reprendre les sans-papiers ayant transité par son territoire car il veut conserver les meilleures relations auprès de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest qu’il a intégrée pour y jouer un rôle-clé. Il est donc pris en étau entre l’Europe et l’Afrique de l’Ouest sur la question migratoire mais cherche à en tirer le meilleur parti.
    En 2018, c’est au Maroc qu’a été signé le pacte sur l’immigration et l’asile, dit pacte de Marrakech, à l’initiative des Nations unies, le pays se faisant ainsi le porte-parole du multilatéralisme dans la gouvernance mondiale des migrations. Quelques années auparavant, il avait organisé un colloque sur la signature de la Convention des Nations unies de 1990 sur les droits de tous les travailleurs migrants et de leurs familles, signée seulement par une soixantaine de pays, tous du Sud, car elle garantit certains droits aux sans-papiers.
    Cette stratégie rappelle celle de la Turquie, menée début 2020 vers l’Union européenne, quand le gouvernement d’Ankara, mécontent que l’Europe ne réponde pas à toutes ses revendications dans l’accord signé en 2016 avec l’Union européenne (facilitation des visas pour les Turcs et reprise des négociations sur la candidature turque), avait affrété des bus pour traverser la frontière grecque – le Covid-19 y avait mis fin. Un autre exemple, avec la Biélorussie, de la prise de conscience de la place géostratégique par un pays frontalier de l’Europe, utilisant les migrations comme enjeu de haute diplomatie.

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#maroc#ceuta#crisemigratoire#UE#politiquemigratoire#migrationirreguliere#sante#droit

  • Crise de Ceuta : entre l’Espagne et le Maroc, trente ans de rapprochements stratégiques et beaucoup d’arrière-pensées
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/02/crise-de-ceuta-entre-l-espagne-et-le-maroc-trente-ans-de-rapprochements-stra

    Crise de Ceuta : entre l’Espagne et le Maroc, trente ans de rapprochements stratégiques et beaucoup d’arrière-pensées
    Par Guillaume Delacroix (Barcelone, correspondance)
    Publié aujourd’hui à 16h15, modifié à 18h09
    Il faudra du temps pour comprendre les ressorts de la crise qui a de nouveau enfiévré Ceuta, sur la côte nord-africaine, en face de Gibraltar, jeudi 30 et vendredi 31 juillet. Les raisons pour lesquelles environ 50 000 personnes arrivant de la ville marocaine de Fnideq ont tout à coup submergé l’enclave espagnole restent obscures, tout comme peut surprendre la rapidité avec laquelle la quasi-totalité de ces jeunes migrants ont été refoulés vers leur point de départ en moins de vingt-quatre heures. L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) a appelé, samedi, à l’ouverture d’une enquête indépendante afin de faire « toute la lumière » sur cette affaire qui s’est soldée par la mort d’au moins 72 migrants.
    Ce qui vient de se produire à Ceuta n’est qu’un épisode de plus dans une relation bilatérale tumultueuse depuis au moins trois décennies. Au début des années 1990, l’Espagne a cherché à faire du Maroc un partenaire privilégié dans la région. Un traité « d’amitié, de bon voisinage et de coopération » est signé entre les deux pays en 1991, ce qui n’empêche pas Madrid de s’en tenir à un « équilibre dynamique » vis-à-vis des pays du Maghreb, concept théorisé au sortir de la dictature franquiste par le premier ministre socialiste Felipe Gonzalez (1982-1996). « Ce dernier trouvait normal qu’il y ait des contentieux avec le Maroc, l’important étant de trouver des solutions », raconte un diplomate espagnol de haut rang requérant l’anonymat.
    Après l’arrivée au pouvoir de la droite, cette vision vole en éclats sous le gouvernement Aznar (2000-2004) avec la crise de Persil. En 2002, des militaires marocains occupent cet îlot inhabité au large de Ceuta et Madrid envoie son armée pour les en chasser, ce qui entraîne une rupture brutale avec Rabat. Deux ans plus tard, à la faveur d’une nouvelle alternance politique en Espagne, le dialogue est rétabli par le socialiste José Luis Rodriguez Zapatero (2004-2011) avec le roi Mohammed VI. Les échanges commerciaux se développent malgré des épisodes de crispation à propos de Ceuta et Melilla. Madrid renoue avec une forme de neutralité entre le Maroc et l’Algérie.
    Sous le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy (2011-2018), le pragmatisme l’emporte, l’Espagne et le Maroc coopèrent sur la question migratoire tandis que de nombreuses entreprises hispaniques s’installent au royaume chérifien. Quand le socialiste Pedro Sanchez arrive au pouvoir en 2018, il déclare le Maroc « partenaire stratégique » de l’Espagne, sans pour autant renoncer à développer les échanges avec l’Algérie. Survient alors la crise de 2021 à Ceuta. Alors que Rabat s’indigne de l’hospitalisation en Espagne de Brahim Ghali, dirigeant du Front Polisario, l’organisation indépendantiste du Sahara occidental soutenue par l’Algérie, 10 000 personnes rejoignent l’enclave espagnole à la nage. « Quelques mois plus tard, l’Espagne change de position sur le Sahara occidental et décide d’ouvrir ses frontières avec le Maroc », rappelle Cristina Monge, professeure de sciences politiques à l’université Complutense de Madrid.
    Un virage spectaculaire : en mars 2022 en effet, Pedro Sanchez qualifie le plan marocain d’autonomie du Sahara occidental de base « la plus sérieuse, réaliste et crédible » pour résoudre le conflit avec le Front Polisario. Sur ce sujet jusqu’alors, Madrid tenait sa fameuse position d’équilibre entre les parties. L’Espagne s’attire les foudres d’Alger mais anticipe, ce faisant, un mouvement qui se généralisera en faveur de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, ancien territoire colonisé que l’Espagne avait dû quitter en 1975 après la « marche verte » organisée sous le règne de Hassan II. En 2024, la France se ralliera à son tour à la position marocaine. « Chaque fois qu’un événement migratoire se produit, cela débouche inévitablement sur des négociations portant sur des questions stratégiques pour le Maroc. Nous ne savons pas encore ce qui s’est passé cette semaine, mais nous le saurons bientôt », estime Cristina Monge.
    Directeur de recherches à l’Institut royal Elcano de Madrid, Ignacio Molina pense, lui aussi, que la nouvelle arrivée massive de migrants à Ceuta révèle combien le Maroc « tient à montrer de temps à autre sa capacité à exercer une pression, même s’il y a de multiples causes à cette crise, non exclusives les unes des autres ». Parmi elles, la visite officielle de Pedro Sanchez à Alger, le 20 juillet, la première depuis 2020, mais surtout l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet interdisant la reconduite automatique à la frontière des migrants arrivant par la mer sans avoir à franchir d’obstacle physique, ce qui pourrait avoir créé un appel d’air au Maroc. Samedi matin, l’armée espagnole a déroulé une ligne de bouées et un filet de contention depuis le rivage vers le large, une barrière flottante qui rend inapplicable la récente décision de justice.
    Même si certains, comme l’association AMDH, tiennent l’Etat marocain responsable de la situation ayant conduit à l’afflux de migrants à Ceuta, Ignacio Molina note que Madrid s’est bien gardé ces derniers jours de dénoncer toute responsabilité présumée de Rabat : « L’idée actuelle du gouvernement espagnol est de dire que, vaille que vaille, il faut entretenir de bonnes relations avec le Maroc. C’est une position qui n’est pas tenable à long terme, tant les différends sont nombreux entre les deux pays. A court terme néanmoins, Madrid et Rabat se doivent d’afficher leur coordination sur la question migratoire jusqu’en 2030, date à laquelle ils organiseront la Coupe du monde de football, conjointement avec le Portugal. »
    Comme le souligne le diplomate espagnol, « depuis le rapprochement de 2022, le Maroc croit pouvoir exiger de l’Espagne qu’elle soutienne toutes ses prises de position à l’international, notamment à l’encontre de l’Algérie. Or le réchauffement en cours entre Madrid et Alger lui montre que la réalité n’est pas aussi simple ». Selon ce fin connaisseur de la région, l’affaire de Ceuta pourrait ainsi être liée à une autre actualité récente, à savoir l’entrée en vigueur, le 15 juillet, de l’accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur la suppression des contrôles physiques à la frontière terrestre entre Gibraltar et l’Espagne, rapprochant de facto le rocher britannique de l’espace Schengen. Conséquence immédiate, le gouvernement de Gibraltar a annoncé la fin de la liaison maritime avec le Maroc.
    Rabat en aurait pris ombrage, le ferry en question ayant permis depuis une vingtaine d’années à la communauté marocaine de Gibraltar de maintenir des liens étroits avec le royaume. « Ce changement historique ne règle pas la question de la souveraineté de Gibraltar mais encourage certains à remettre sur la table l’avenir de Ceuta et Melilla », observe le diplomate. Connue pour ses positions anticolonialistes, l’AMDH a appelé, samedi, à « inscrire la revendication de la restitution » des deux enclaves espagnoles « à l’ordre du jour politique » marocain. En omettant de dire que si Ceuta et Melilla devenaient marocaines, Rabat perdrait son principal levier de pression sur l’Europe.

    #Covid-19#migrant#migration#maroc#espagne#ceuta#UE#frontiere#politiquemigratoire#crisemigratoire

  • Ceuta : l’UE convoque une réunion d’urgence afin d’échanger sur la crise migratoire
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/01/ceuta-l-ue-convoque-une-reunion-d-urgence-afin-d-echanger-sur-la-crise-migra

    Ceuta : l’UE convoque une réunion d’urgence afin d’échanger sur la crise migratoire
    Le Monde avec AFP
    Les ministres de l’intérieur des pays de l’Union européenne (UE) se réuniront mardi en visioconférence afin d’échanger « sur les développements à Ceuta », a annoncé l’Irlande, qui assure la présidence tournante de l’UE, samedi 1er août. Des dizaines de milliers de migrants ont pénétré illégalement ces derniers jours dans l’enclave espagnole de Ceuta en provenance du Maroc. L’Espagne a affirmé, samedi, que la situation était « quasiment » revenue à la normale, la plupart des migrants étant rentrés au Maroc, le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, dénonçant l’attitude « égoïste » de certains pays de l’UE. Au moins 67 personnes sont mortes, notamment de noyades, en essayant d’entrer à Ceuta, a annoncé le ministre de l’intérieur, Fernando Grande-Marlaska, en donnant un nouveau bilan de ces « événements dramatiques ».
    Par missives interposées, l’Espagne, puis un groupe de 22 pays, dont l’Italie et le Danemark, ont tour à tour réclamé cette réunion afin d’échanger sur la crise migratoire dans cette enclave espagnole et les tensions diplomatiques qui ont suivi. « Nous ne pouvons permettre que des franchissements massifs et incontrôlés, l’instrumentalisation des migrations ou d’autres menaces hybrides donnent le sentiment qu’il est possible d’entrer illégalement dans l’Union européenne. Et qu’une entrée illégale puisse ensuite se transformer en séjour légal », ont réagi les 22 signataires dans une lettre ouverte. « Les événements de ces derniers jours exigent une réponse européenne immédiate et coordonnée », ont-ils dit dans cette lettre adressée à la présidence irlandaise de l’UE, au président du Conseil européen, Antonio Costa, et à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
    Elle a été initiée par la première ministre italienne, Giorgia Meloni, dont le pays a temporairement suspendu les règles de l’espace Schengen vis-à-vis de l’Espagne, et par son homologue danoise, Mette Frederiksen, qui a jugé, vendredi, que l’UE devrait envisager de suspendre la coopération Schengen avec l’Espagne. Parmi les autres signataires figurent le chancelier allemand, Friedrich Merz, et les premiers ministres hongrois, suédois et polonais, mais pas les dirigeants français et portugais, dont les pays sont voisins immédiats de l’Espagne.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#espagne#crisemigratoire#schengen#frontiere#migrationirreguliere#sante

  • Ceuta : la France va renforcer ses frontières, l’Italie veut suspendre « l’accord de Schengen avec l’Espagne »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/31/ceuta-la-france-va-renforcer-ses-frontieres-l-italie-et-la-finlande-veulent-

    Ceuta : la France va renforcer ses frontières, l’Italie veut suspendre « l’accord de Schengen avec l’Espagne »
    Le Monde
    Emmanuel Macron a demandé au ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, de « renforcer les contrôles à la frontière avec l’Espagne », selon son entourage, cité par l’Agence France-Presse, et promis que « la France se t[enait] prête à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire », en particulier par les services de l’agence européenne chargée du contrôle des frontières, Frontex. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a demandé au Maroc de « repren[dr]e immédiatement les migrants en situation irrégulière » à la suite de l’afflux de dizaines de milliers de personnes du royaume vers l’enclave espagnole de Ceuta. Alors que la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dénoncé des images « inacceptables », en Italie, la présidente du conseil, Giorgia Meloni (d’extrême droite), a appelé à « des mesures exceptionnelles (…), comme la suspension de l’accord de Schengen avec l’Espagne ». Le ministre des affaires étrangères espagnol, José Luis Albares, y voit de la démagogie.
    Dans la foulée, la ministre de l’intérieur finlandaise, Mari Rantanen, a soutenu cette proposition. « Les pays qui ne remplissent pas leur obligation de protéger la frontière extérieure ne peuvent pas être membres de Schengen », a-t-elle écrit sur X. Il n’est pas clair si la position de cette membre d’un parti anti-immigration au sein de la coalition au pouvoir est celle du gouvernement. Josep Borrell, ancien chef de la diplomatie européenne, a réagi sur X pour rappeler que « dans la loi européenne aucun pays ne peut unilatéralement suspendre la participation d’un autre » à l’espace Schengen.

    #Covid-19#migration#migrant#espagne#maroc#UE#schengen#frontiere#politiquemigratoire#frontex#migrationirreguliere

  • Afflux de migrants à Ceuta : la droite et l’extrême droite françaises mettent en cause le gouvernement de Pedro Sanchez, la gauche dénonce « des mensonges »
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/07/31/afflux-de-migrants-a-ceuta-la-droite-et-l-extreme-droite-francaises-mettent-

    Afflux de migrants à Ceuta : la droite et l’extrême droite françaises mettent en cause le gouvernement de Pedro Sanchez, la gauche dénonce « des mensonges »
    Par Marie Pouzadoux et Corentin Lesueur
    Il a suffi de quelques heures pour que les images inondent les réseaux sociaux et enflamment la droite et l’extrême droite françaises. Celles de dizaines de milliers de personnes traversant la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta dans la nuit de jeudi 30 à vendredi 31 juillet, après plusieurs jours d’arrivées en continu, ayant causé la mort d’au moins 34 personnes. Vendredi à 17 heures, plus de 37 500 migrants étaient déjà rentrés au Maroc, selon le gouvernement espagnol.
    Face à l’inflammabilité du sujet migratoire et une situation difficilement maîtrisable sur place, le gouvernement français a rapidement réagi vendredi. A l’instar des autres Etats membres de l’Union européenne (UE) redoutant des répercussions politiques et sécuritaires, Emmanuel Macron a déclaré avoir exigé le « renfort des contrôles à la frontière avec l’Espagne », peu après que le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé avoir « donné des instructions » en ce sens « dès [jeudi] soir ».Soucieux de se montrer en alerte sans s’avancer, pour l’heure, sur les causes de ces arrivées massives du Maroc, Emmanuel Macron a affiché la solidarité de la France envers l’Espagne. Se disant prête « à apporter aux autorités espagnoles tout l’appui nécessaire », y compris au travers de l’agence de l’Union européenne chargée du contrôle des frontières (Frontex).
    La ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, s’est aventurée plus loin. Interrogée au micro d’Europe 1 en début de matinée, elle a déploré des « autorités qui ne savent pas réguler et qui ont permis à ce flux massif [d’]arriver en Espagne », semblant cibler en creux le Maroc, comme la responsabilité des réseaux de passeurs clandestins. Mais elle a estimé que c’était aussi « la politique qui est menée par le gouvernement espagnol en matière migratoire » qui a conduit à cette situation. Dès vendredi matin, une partie de la droite ne s’est pas embarrassée de précautions pour accuser avec virulence le gouvernement espagnol d’être responsable de cet afflux migratoire, en raison de « ses choix laxistes ».
    Le premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, est devenu à leurs yeux une figure honnie depuis son annonce, en avril, d’un plan de régularisation exceptionnel de 500 000 personnes pour soutenir l’économie du pays. « La décision (…) que j’avais dénoncée crée un formidable appel d’air qui menace de déstabiliser l’Europe entière », a ainsi conspué sur X le candidat à la présidentielle des Républicains (LR) Bruno Retailleau. L’ex-ministre de l’intérieur, qui avait prôné « la mise au ban de l’Espagne » lors de l’annonce de la mesure, a appelé vendredi à un « électrochoc » européen.
    Dès la diffusion des premières images, l’extrême droite française s’est précipitée pour dénoncer une « invasion migratoire », usant de champs lexicaux guerrier ou animalisant, ou de références à la théorie raciste et complotiste du « grand remplacement ». L’eurodéputée Marion Maréchal a décrit des « hordes de jeunes Marocains », à qui le président de Reconquête ! Eric Zemmour, lui, a promis la « remigration, sinon nos peuples seront balayés par ce tsunami ». « Ils seront demain dans nos rues », a pour sa part alerté le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, sur X, déplorant une « submersion sans précédent ». En tant que président du groupe des Patriotes pour l’Europe (PFE), il a réclamé la tenue en urgence d’une session plénière exceptionnelle du Parlement européen.
    Plus que le rétablissement des contrôles à la frontière espagnole déjà annoncés, des responsables politiques de droite et d’extrême droite ont réclamé la suspension des règles de libre circulation dans l’espace Schengen, en soutien à la position de présidente du conseil italien, Giorgia Meloni. Quand bien même ces règles ne s’appliquent pas à l’enclave espagnole située au nord du continent africain.
    Dans un message posté sur X, la candidate du RN à la présidentielle, Marine Le Pen, en a même profité pour rappeler sa promesse de réserver le libre passage des frontières aux seuls citoyens européens. De quoi faire réagir, de l’autre côté du spectre politique, Jean-Luc Mélenchon : « Marine Le Pen voudrait présider une grande puissance européenne, mais ne sait pas que Ceuta (…) est déjà exclue de l’accord Schengen. » Le candidat de La France insoumise a plaidé a contrario pour que le France ne « laiss[e] pas [l’Espagne] seule face à l’épreuve » et « d’éventuelles manipulations », exigeant une « coordination européenne pour de l’aide humanitaire ».
    Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a lui aussi dénoncé « les mensonges », de « la droite et l’extrême droite [qui] se concurrencent chaque jour en matière de désinformation ». Il a témoigné de son soutien « aux autorités espagnoles pour lutter contre ce qui ressemble à s’y méprendre à une opération de déstabilisation de leur territoire », en pleines tensions diplomatiques entre l’Espagne et le Maroc. Au sein du bloc central, Edouard Philippe (Horizons), plus précautionneux dans son discours que Bruno Retailleau, a pressé la convocation d’une réunion en urgence des ministres de l’immigration des Vingt-Sept, tout comme le déploiement des forces de Frontex. Mais il a aussi incité l’UE à faire acte de plus de fermeté dans sa discussion avec les pays africains pour « prot[éger] ses frontières » et a renvoyé la balle à l’Espagne, jugeant qu’il « n’est pas acceptable qu’un pays [membre de l’UE] puisse seul décider de régularisations massives qui créent un appel d’air pour tout le continent ». Son concurrent dans la course à l’Elysée Gabriel Attal a lui aussi évoqué un « drame » qui « déstabilise tout un territoire », encourageant l’UE à « engage[r] un rapport de force inédit vis-à-vis des pays tiers et des réseaux criminels de passeurs qui sont à l’origine des événements ».

    #Covid-19#migrant#migration#espagne#maroc#ceuta#migrationirreguliere#UE#frontex#frontiere#crise#droit#politiquemigratoire#extremedroite

  • Bargeld-Grenze ab 2027 : Ab dieser Summe dürfen Sie nicht mehr bar bezahlen
    https://www.berliner-zeitung.de/article/bargeld-grenze-ab-2027-ab-dieser-summe-duerfen-sie-nicht-mehr-bar-b

    Heuteusement l’UE n’a pas de nouvelles idées pour tes virements hawala .

    31.7.2026 Oliver Weinlein - Bargeld in Deutschland: EU-Obergrenze ab 2027, weniger Geldautomaten, erstmals mehr bargeldlose Zahlungen. Die wichtigsten Zahlen im Überblick.

    Im Juni hat die Bundesbank eine Zahl veröffentlicht, die es so noch nie gab. Erstmals wurden in Deutschland mehr Alltagszahlungen bargeldlos abgewickelt als mit Scheinen und Münzen: 55 Prozent gegen 45 Prozent.

    Das Portemonnaie ist trotzdem gut gefüllt. Männer tragen im Schnitt 106 Euro mit sich herum, Frauen 90 Euro.

    In diese Gemengelage fällt eine neue europäische Regel. Ab dem 10. Juli 2027 gilt für Barzahlungen im Geschäftsverkehr eine Obergrenze von 10.000 Euro.

    Bargeld-Grenze 2027: Für wen die 10.000 Euro gelten

    EU-Geldwäscheverordnung, der Verordnung (EU) 2024/1624. Sie greift nur dann, wenn mindestens eine Seite gewerblich handelt.

    Betroffen sind Autohäuser, Juweliere, Möbelhändler, Handwerksbetriebe und Dienstleister. Wer seinen alten Golf dem Nachbarn gegen einen Umschlag mit Scheinen überlässt, fällt nicht darunter.

    Auch der Besitz größerer Bargeldbeträge wird nicht angetastet. Wer 30.000 Euro im Schrank hat, darf sie behalten.

    Was ab 2027 noch in bar geht – und was nicht

    Der Gebrauchtwagen für 12.000 Euro beim Händler: nicht mehr in bar.

    Derselbe Gebrauchtwagen vom privaten Vorbesitzer: weiterhin ohne Limit in bar möglich.

    Die Handwerkerrechnung über 4.000 Euro: in bar erlaubt, aber der Betrieb muss den Ausweis sehen.

    Der Wocheneinkauf, die Miete, das Restaurant, der Friseur: für den Alltag ändert sich praktisch nichts.

    Ausweispflicht ab 3.000 Euro

    Deutlich früher als die Obergrenze greift eine zweite Schwelle. Ab 3.000 Euro in bar müssen gewerbliche Händler die Identität ihrer Kunden feststellen und dokumentieren, also den Ausweis prüfen und die Daten festhalten.

    Das Aufteilen größerer Summen ist ausdrücklich mitgeregelt. Ein Wagen für 15.000 Euro lässt sich nicht in zwei Barzahlungen zu 7.500 Euro zerlegen, wenn beide Vorgänge erkennbar zusammengehören.

    Neu ist diese Logik nicht. Sorgfaltspflichten dieser Art gibt es in vielen Branchen längst, die Verordnung vereinheitlicht sie europaweit.

    Warum Brüssel die Grenze durchsetzt

    Offiziell geht es um Geldwäsche, Terrorismusfinanzierung und die Umgehung von Sanktionen. Große Bargeldsummen hinterlassen keine Spur, digitale Zahlungen schon.

    Kritiker halten dem seit Jahren dasselbe entgegen: Die Grenze trifft vor allem Geschäfte, bei denen ohnehin ein Unternehmen mit Buchhaltung im Spiel ist. Die großen Verschleierungsmodelle dagegen laufen über Immobilien und verschachtelte Firmenkonstruktionen.

    Was Deutschland zusätzlich plant

    Die Mitgliedstaaten dürfen strenger sein. Frankreich, Belgien und Griechenland arbeiten längst mit niedrigeren nationalen Limits.

    Deutschland plant nach aktuellem Stand keine schärfere Grenze. Bislang gab es hierzulande überhaupt keine allgemeine Bargeldobergrenze, die EU-Regel ist die erste ihrer Art.

    Unverändert bleibt die Praxis der Banken: Wer größere Summen bar einzahlt, wird nach der Herkunft gefragt. Diese Regel ist deutlich älter als die Verordnung aus Brüssel.

    Weniger Geldautomaten: Das eigentliche Bargeld-Problem

    Während die Debatte um 2027 kreist, verschwindet das Bargeld längst auf anderem Weg. Die Zahl der Geldautomaten sank laut Bundesbank 2024 auf rund 49.750 Geräte und damit erstmals seit Jahrzehnten unter die Marke von 50.000. Sechs Jahre zuvor waren es etwa 59.000.

    Bei den Filialen ist der Rückgang noch drastischer. Von rund 53.000 Bankstellen im Jahr 2002 blieben bis 2023 etwa 21.000 übrig. 3,6 Millionen Menschen müssen ihre Gemeinde verlassen, um bei einem Kreditinstitut an Bargeld zu kommen.

    Die Deutsche Bank hat für dieses Jahr den Wegfall von rund 100 weiteren Standorten angekündigt. In Spremberg in der Lausitz, gut 20.000 Einwohner, verschwanden Medienberichten zufolge Ende Juni sämtliche Geldautomaten des Instituts, die Filiale arbeitet nur noch als Beratungsstandort.

    Genau dort entscheidet sich die Zukunft des Scheins. Wer 2027 bar zahlen möchte, wird nicht an der EU-Verordnung scheitern, sondern am nächsten Automaten, den es nicht mehr gibt.

    #argent_liquide #cash #UE #wtf

  • L’afflux de #migrants à #Ceuta s’est transformé en crise diplomatique intra-européenne

    https://www.rfi.fr/fr/europe/20260731-l-afflux-de-migrants-%C3%A0-ceuta-s-est-transform%C3%A9-en-crise-diplom

    Les migrants arrivés par dizaines de milliers à Ceuta en cette fin de semaine ont largement repris le chemin du #Maroc selon les autorités espagnoles, ce qui dessine une issue à la partie la plus urgente de la crise migratoire. Il reste qu’elle s’est largement transformée en crise diplomatique intra-européenne avec un certain retard à l’allumage des dirigeants des institutions de l’#UE.

  • EU erschwert Schutz für wehrfähige Ukrainer – Ausreise-Nachweis wird Pflicht
    https://www.berliner-zeitung.de/article/eu-schutzstatus-ukrainer-wehrfaehige-maenner-ausreise-nachweis-1024

    Allez crever au casse-pipes, la nation a le droit de vous sacrifier dans l’intérêt des nantis. La position des états européens est unanime.

    30.7.2026 von Alexander Schmalz - in der EU nicht mehr automatisch Schutz. Sie müssen künftig eine legale Ausreise oder eine Befreiung vom Wehrdienst belegen.

    Die Europäische Union schränkt den automatischen Schutz für wehrfähige Männer aus der Ukraine ein. Neu ankommende Ukrainer profitieren in Deutschland und den anderen Mitgliedstaaten künftig nur noch dann von den vereinfachten Aufnahmeregeln, wenn sie nachweisen können, dass sie ihre militärischen Pflichten erfüllt haben oder rechtmäßig davon befreit sind.

    Der Rat der Mitgliedstaaten hat die Neuregelung nun beschlossen, wie die Deutsche Presse-Agentur berichtet. Die Entscheidung soll in Kürze im EU-Amtsblatt veröffentlicht werden und am darauffolgenden Tag in Kraft treten. Männer, die bereits vorübergehenden Schutz in der EU erhalten haben, sind nicht betroffen.

    Flüchtling oder Rekrut für die Front? Streit um ukrainische Männer in Europa eskaliert
    Flüchtling oder Rekrut für die Front? Streit um ukrainische Männer in Europa eskaliert

    Wer vom automatischen EU-Schutz ausgeschlossen wird

    Nach den derzeitigen ukrainischen Bestimmungen betrifft die Verschärfung vor allem neu ankommende Männer zwischen 23 und 60 Jahren. Männer dieser Altersgruppe dürfen die Ukraine während des Krieges in der Regel nicht verlassen, sofern keine Ausnahme vorliegt.

    Als Nachweis soll unter anderem ein Reisepass mit einem offiziellen ukrainischen Ausreisestempel gelten. Anerkannt werden können zudem Dokumente in Papierform oder digital, die bestätigen, dass jemand vom Wehrdienst befreit ist oder seine militärischen Verpflichtungen erfüllt hat.

    Ausnahmen gelten nach ukrainischem Recht unter anderem für Väter von mindestens drei minderjährigen Kindern und für Männer, die aus gesundheitlichen Gründen vom Wehrdienst freigestellt sind. Auch sie müssen künftig nachweisen, dass sie die Ukraine legal verlassen durften.
    Reguläres Asyl bleibt weiterhin möglich

    Die Tür zur EU ist für die betroffenen Männer nicht vollständig geschlossen. Wer keinen entsprechenden Nachweis vorlegen kann, erhält jedoch nicht mehr automatisch eine Aufenthaltserlaubnis sowie Zugang zu Arbeit, Wohnraum, medizinischer Versorgung und Sozialleistungen nach der Massenzustromrichtlinie.

    Betroffene können weiterhin einen regulären Asylantrag stellen. Auch subsidiärer Schutz bleibt grundsätzlich möglich, wenn ihnen bei einer Rückkehr wegen des bewaffneten Konflikts ein ernsthafter Schaden droht. Anders als beim vorübergehenden Schutz wird jeder Antrag jedoch einzeln geprüft. Ein automatischer Anspruch besteht nicht.

    Für Frauen, Kinder und Männer mit einer legalen Ausreisegenehmigung bleiben die vereinfachten Regeln bestehen. Insgesamt genießen derzeit rund 4,38 Millionen Menschen aus der Ukraine vorübergehenden Schutz in der Europäischen Union. Die Regelung wurde bis zum 4. März 2028 verlängert.

    Ukraine bat die EU um strengere Regeln

    Die EU-Kommission begründet die Einschränkung mit dem Personalbedarf der ukrainischen Streitkräfte. Die Regierung in Kiew hatte Brüssel nach Angaben von EU-Migrationskommissar Magnus Brunner selbst darum gebeten, den automatischen Schutz für Männer ohne legale Ausreisegenehmigung zu beenden.

    Die Ukraine hat zunehmend Schwierigkeiten, genügend Soldaten zu mobilisieren und Verluste in ihren Streitkräften auszugleichen. Der damalige Verteidigungsminister Mychajlo Fedorow erklärte im Januar, rund zwei Millionen Männer stünden wegen mutmaßlicher Verstöße gegen die Mobilisierungsvorschriften auf Fahndungslisten. Weitere etwa 200.000 Soldaten hätten sich unerlaubt von ihren Einheiten entfernt.

    Merz wollte junge Ukrainer im Land halten

    Deutschland hatte sich auf EU-Ebene für die Verschärfung ausgesprochen. Bundesinnenminister Alexander Dobrindt befürwortete ein Ende des automatischen Schutzes für Männer im wehrfähigen Alter. Bundesjustizministerin Stefanie Hubig erklärte bei einem Besuch in Kiew, es sei wichtig, dass die Ukraine wehrfähig bleibe.

    Bundeskanzler Friedrich Merz hatte bereits im November 2025 von Wolodymyr Selenskyj strengere Ausreiseregeln für junge Männer verlangt. „Ich habe ihn gebeten, dafür zu sorgen, dass diese jungen Männer im Land bleiben, weil sie im Land gebraucht werden und nicht in Deutschland“, sagte der CDU-Politiker damals.

    Grüne und Linke warnen vor den Folgen

    Kritik kommt unter anderem von Grünen und Linken. Die Grünen-Migrationsexpertin Filiz Polat erwartet zusätzlichen bürokratischen Aufwand für Behörden und Kommunen. Viele betroffene Männer würden nun in das reguläre Asylverfahren gedrängt, warnte sie.

    Die fluchtpolitische Sprecherin der Linksfraktion, Clara Bünger, bezeichnete einen Ausschluss wehrfähiger Männer als „Angriff auf das Recht auf Kriegsdienstverweigerung“. Dieses Recht werde in der Ukraine nicht gewährleistet. Deshalb müsse die EU den betroffenen Männern weiterhin Schutz bieten, erklärte sie.

    #Ukrsone #UE #guerre #conscription

  • Espionnage à l’OTAN : une stagiaire canadienne arrêtée au SHAPE
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4970

    Une jeune stagiaire canadienne vient d’être arrêtée pour espionnage au SHAPE, le centre névralgique des opérations militaires de l’Alliance en Belgique. Cible de la taupe ? Les stratégies et le contrôle opérationnel des armées alliées. Le commanditaire ? Les regards se tournent vers une grande puissance étrangère, possiblement via un réseau criminel parallèle. Notre analyse complète de cette affaire d’ingérence qui fait trembler les services de renseignement occidentaux Grands événements : Gigantisme de l’inattendu.

    / #diplomatie,_sécurité,_commerce,_économie_mondiale, #UE_-_Union_Européenne

    #Grands_événements_:_Gigantisme_de_l’inattendu.

  • Plus de 400 migrants ont débarqué en Crète depuis lundi - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72630/plus-de-400-migrants-ont-debarque-en-crete-depuis-lundi

    Plus de 400 migrants ont débarqué en Crète depuis lundi
    Par La rédaction Publié le : 24/07/2026
    Selon les gardes-côtes helléniques, 419 migrants ont atteint les côtes de l’île de Crète, en Grèce, depuis lundi. Certains ont été interpellés sur les plages et des dizaines d’autres ont été secourus en mer. D’après de nombreux rescapés, les embarcations étaient parties de Tobrouk, en Libye.
    Depuis le début de la semaine, il n’y a pas eu un jour sans intervention des gardes-côtes. Que ce soit en mer ou sur les plages, les autorités grecques ont intercepté 419 migrants depuis lundi 20 juillet.La dernière intervention en date remonte à ce vendredi 24 juillet, lorsqu’un navire de Frontex a secouru 42 migrants au sud de l’île de Crète, ont indiqué les autorités. Le bateau de l’agence européenne a mené l’opération de sauvetage avec l’aide de trois cargos naviguant dans la zone. La veille, 52 étrangers (49 hommes et 3 mineurs) avaient déjà été secourus par une vedette de la police côtière hellénique et conduits au port d’Agia Galini, et mercredi, 42 autres avaient été pris en charge entre l’Europe et la Libye.
    Mardi, 130 migrants répartis sur trois embarcations ont également été secourus en mer, et les autorités ont également procédé à l’arrestation de 37 exilés ayant réussi à accoster en Crète. Lundi, 118 personnes ont été interpellées après leur débarquement sur cette même île. Selon de nombreux rescapés, les embarcations étaient parties de Tobrouk, en Libye, moyennant des sommes comprises entre 1 500 et 3 000 dollars pour leur transport vers la Grèce.
    Route de Tobrouk Cette route migratoire s’est considérablement développée l’an dernier. En 2025, près de 20 000 exilés sont arrivés sur l’île et sur sa voisine Gavdos, contre un peu plus de 5 000 en 2024. Soit une hausse de plus de 200%. Et l’année 2026 semble suivre la même tendance : depuis le 1er janvier, plus de 9 000 personnes ont débarqué en Crète - un chiffre stable par rapport à l’an dernier à la même période.
    Dans ce contexte, le gouvernement a annoncé début février qu’il allait ouvrir trois centres d’accueil sur l’île grecque. Le premier sera construit à l’est de la Crète, dans la zone industrielle d’Héraklion ; le deuxième à l’ouest, dans l’ancien centre d’exposition de La Canée, qui sert déjà de structure d’accueil. Les deux sites, temporaires en fonction du flux migratoire, devraient être opérationnels d’ici le printemps prochain, avait précisé le ministre des Migrations. Le troisième sera permanent, sa localisation n’a pas été précisée.
    Ces centres d’accueil ouvrent notamment car le Parlement grec a voté une loi pour la mise en œuvre dans le pays du Pacte européen sur l’asile et la migration, qui est entré en vigueur au sein de l’Union européenne (UE) le 12 juin. Ce texte législatif introduit des mesures strictes visant à réformer les contrôles aux frontières, à accélérer le traitement des demandes d’asile et les expulsions de personnes déboutées. Il va aussi permettre aux autorités grecques de procéder à un « dépistage obligatoire » des nouveaux arrivants : vérification de l’identité, dépôt des données biométriques, contrôles de sécurité et de santé. La Grèce a d’ailleurs réalisé « des progrès significatifs » dans la mise en œuvre du nouveau pacte européen sur la migration et l’asile, a déclaré la Commission européenne mi-juillet. Elle a félicité la Grèce pour l’adoption de la nouvelle législation nationale, la publication de directives opérationnelles, la formation de personnel et les préparatifs dans les premiers centres d’accueil. Le rapport encourage également l’augmentation des capacités d’accueil en Crète et les dispositions prises pour transférer les demandeurs d’asile sur le continent afin de respecter les nouveaux délais fixés par le Pacte

    #Covid-19#migration#migrant#UE#crete#grece#routemigratoire#sante#frontiere#frontex#pacteasilemigration#UEmigrationirreguliere

  • La Commission européenne note « des progrès considérables dans la mise en œuvre » du pacte asile et migration - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72639/la-commission-europeenne-note-des-progres-considerables-dans-la-mise-e

    La Commission européenne note « des progrès considérables dans la mise en œuvre » du pacte asile et migration
    Par Emma Wallis Publié le : 24/07/2026
    Le 16 juillet, la Commission européenne a publié sa première évaluation de la manière dont les pays de l’Union européenne (UE) appliquent les nouvelles règles sur l’asile prévues par le pacte asile et migration entré en vigueur le 12 juin. Elle épingle notamment l’Italie pour avoir refusé des transferts dans le cadre du réglement Dublin.
    Selon ce rapport publié par la Commission européenne le 16 juillet, tous les États membres ont réalisé « des progrès considérables dans la mise en œuvre du pacte asile et migration ». Le nouveau pacte vise à alléger la pression qui pèse sur les pays du sud de l’Europe et qui ont des frontières extérieures, comme l’Italie, la Grèce, Chypre et l’Espagne. Toutefois, ces États sont toujours censés reprendre les personnes qui y ont déjà déposé leur demande d’asile.
    « Les États membres sont en bonne voie pour adapter leur législation nationale, mettre en place et organiser le filtrage obligatoire et les procédures aux frontières, atteindre une capacité d’accueil suffisante, ainsi que pour réduire les retards accumulés dans les procédures d’asile. Les États membres ont également progressé dans le renforcement de leur capacité à traiter les transferts de responsabilité et à mettre en œuvre les engagements de solidarité », note la Commission. Toutefois, elle note que « dans le même temps », « des efforts sont nécessaires pour relever les défis qui subsistent, notamment en ce qui concerne les nouvelles règles de responsabilité prévues par le règlement sur la gestion de l’asile et de la migration ».
    En vertu de la législation européenne, les demandeurs d’asile déjà enregistrés dans un pays de l’UE doivent y être renvoyés, afin d’éviter qu’ils ne déposent une nouvelle demande dans un autre pays. Le pacte migratoire est censé simplifier cette démarche déjà prévue par le règlement de Dublin.
    Selon l’évaluation, l’Espagne et Chypre se conforment aux nouvelles règles et leur mise en application est « considérée comme satisfaisante ». Mais les responsables de l’Union européenne indiquent surveiller de près l’évolution des dossiers grecs, comme le rapporte l’agence de presse allemande dpa, alors que Bruxelles attend encore des informations de la part d’Athènes. En revanche, selon des données obtenues par la Commission européenne, l’Italie continue de bloquer certaines tentatives de renvoi. Le rapport note qu’au cours des premières semaines de mise en œuvre du pacte, huit États membres ont communiqué à la Commission des informations concernant la soumission de demandes de prise en charge, de notifications de reprise et de formulaires pour les transferts. Et d’après les informations disponibles, l’Italie continue d’accepter tacitement les demandes et les notifications. Toutefois, les transferts n’ont pas encore repris. Au cours de la période, 12 transferts ont été demandés et l’Italie les a rejetés.
    D’après un article du Brussels Times, l’Italie a déployé des « efforts considérables » pour se préparer au nouveau système mais des mesures supplémentaires sont nécessaires pour garantir que les transferts aient effectivement lieu. En décembre 2022, note la Commission européenne dans son évaluation, l’Italie avait suspendu l’accueil des migrants transférés dans le cadre du règlement de Dublin, à l’exception des cas de regroupement familial de mineurs non accompagnés. La Commission estime qu’à l’heure actuelle, « rien n’indique que les autorités italiennes aient activement collaboré avec d’autres États membres sur les mesures pratiques et logistiques nécessaires à la reprise des transferts ».
    La Commission a ainsi sommé l’Italie de « lever en priorité tous les obstacles restants, notamment en mettant fin aux pratiques qui ont jusqu’à présent empêché la réalisation des transferts ».Par ailleurs, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) avait statué que les États membres ne peuvent se décharger unilatéralement de la responsabilité d’accueillir des migrants « dublinés ». De son côté, l’Italie assure avoir recruté du personnel supplémentaire à long terme pour assurer le fonctionnement des unités de transfert aux frontières terrestres, maritimes et dans les aéroports. Aussi, les législateurs italiens doivent encore adopter une loi pour déclencher des mesures d’urgence pour faciliter la mise en oeuvre du pacte migratoire.
    Enfin, la Commission européenne note que « la coopération opérationnelle entre la Grèce et les autres États membres, ainsi qu’entre l’Italie et les autres États membres concernant l’application des règles de responsabilité, nécessite une analyse plus approfondie ». Du côté grec, le rapport de l’UE montre que le pays a déjà accepté de reprendre des demandeurs d’asile dans les huit cas qui lui ont été soumis depuis la mise en œuvre des nouvelles règles. Une analyse complète des données doit être publiée en octobre.
    La Grèce a mis en place une « unité Dublin II » et recruté du personnel supplémentaire. Sur le plan numérique, Athènes a résorbé les problèmes techniques pour connecter ses systèmes à ceux d’Eurodac, la base de données européenne qui conserve et compare des informations de migrants entrant en Europe. De plus, à la fin de l’année dernière, le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a mené des discussions avec des responsables grecs et italiens sur le renvoi des demandeurs d’asile qui cherchent à lancer une deuxième procédure en Allemagne. Athènes estime néanmoins ne pas être tenu de reprendre les demandeurs d’asile ayant rejoint l’Allemagne depuis la Grèce avant l’entrée en vigueur du pacte, soit avant le 12 juin. Les procédures de renvoi antérieures au pacte se heurtaient à de nombreuses difficultés et peu de transferts ont effectivement eu lieu. C’est en partie pour remédier à cette situation que l’Allemagne, à l’instar de nombreux pays européens voisins, a décidé de mettre en place des contrôles aux frontières plus stricts, en dépit de l’espace Schengen de libre circulation. L’Allemagne, tout en affirmant que ces contrôles seront supprimés à long terme, a même récemment renforcé son dispositi

    #Covid-19#migration#migrant#UE#pacteasilemigration#politiquemigratoire#droit#sante#frontiere

  • Le taux d’emploi pour les immigrés en Europe atteint un niveau record - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72623/le-taux-demploi-pour-les-immigres-en-europe-atteint-un-niveau-record

    Le taux d’emploi pour les immigrés en Europe atteint un niveau record
    Par RFI Publié le : 24/07/2026
    Les personnes immigrées dans l’Union européenne n’ont jamais autant eu accès à l’emploi, d’après une étude allemande. La plus forte progression concerne les populations de migrants hors UE.
    Plus de 68 % des personnes vivant dans un pays autre que celui où elles sont nées ont un emploi, un taux record d’après une étude de la fondation Rockwool à Berlin. Les migrants intra-européens sont même moins touchés par le chômage que les populations locales. L’accès à l’emploi se généralise pour les populations immigrées en Europe, même si cette réalité cache de fortes disparités. La plus forte progression concerne par exemple les populations de migrants hors Union européenne. Désormais deux tiers d’entre eux sont officiellement intégrés au marché du travail contre moins de 60 % en 2017. « Les immigrés s’adaptent de plus en plus aux besoins du marché du travail européen, ils sont plus flexibles, peuvent plus facilement se rendre dans les pays ou les régions qui ont besoin de leur force de travail », explique Tommaso Frattini, professeur d’économie à l’université de Milan et l’un des co-auteurs de l’étude.
    En revanche, même si le phénomène concerne toutes les populations - locales comme immigrées -, les femmes venues de pays hors Union européenne sont les moins intégrées au marché du travail.
    « Une des explications, c’est que ces femmes arrivent souvent en Europe via le regroupement familial, c’est-à-dire qu’elles rejoignent un compagnon qui travaille déjà sur le continent et leurs compétences à elles sont moins adaptées au marché du travail. C’est un potentiel inexploité, si l’Europe trouve le moyen de mieux les intégrer, cela pourrait aider à combler les besoins de main-d’œuvre. »
    Autre potentiel inexploité mis en avant par ce rapport : les immigrés les plus éduqués trouvent rarement un travail en accord avec leur niveau d’études. Améliorer la reconnaissance des diplômes fait partie des pistes.

    #Covid-19#migration#migrant#UE#economie#emploi#immigration#sante