• « C’est une manière de nous chasser sans le dire » : à l’université, les étudiants non européens confrontés à la flambée de leurs droits d’inscription
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    « C’est une manière de nous chasser sans le dire » : à l’université, les étudiants non européens confrontés à la flambée de leurs droits d’inscription
    Par Mustapha Kessous
    Publié aujourd’hui à 12h00
    Certains ont travaillé tout l’été pour payer leurs frais d’inscription. Depuis la rentrée 2026, les étudiants extracommunautaires inscrits dans les universités publiques françaises doivent débourser 16 fois plus que les ressortissants de l’Union européenne : 2 902 euros par an en licence (178 euros pour les autres) et 3 950 euros l’année en master (contre 255 euros).
    Instaurés en 2019, ces « frais différenciés » étaient, jusque-là, très peu appliqués – 90 % des étudiants concernés étaient partiellement voire totalement exonérés. Une majorité des 75 universités refusait la majoration au nom du « principe d’humanisme et d’ouverture sur le monde », rappelle-t-on du côté de France Universités, association qui rassemble les présidents des différents établissements publics d’enseignement supérieur.Mais Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, a rappelé à l’ordre, en avril, les présidents d’université, avant qu’un décret publié en mai ne les contraigne à appliquer, dès cette rentrée, le barème fixé par le gouvernement.
    Les élèves africains sont particulièrement concernés. A la rentrée 2024‑2025 (derniers chiffres disponibles), six des dix pays les plus représentés parmi les 329 146 étudiants étrangers en France sont en Afrique : le Maroc (35 665, en première position), l’Algérie (27 675), le Sénégal (16 118), la Tunisie (12 989), le Cameroun (10 158) et la Côte d’Ivoire (10 101 en huitième position).
    « Cette rentrée se fait dans l’angoisse », assure Seyba Marega, président de l’Association des étudiants maliens en Ile-de-France. S’il est encore tôt pour mesurer « l’effet repoussoir » d’une telle décision, comme le craint France Universités, des syndicats étudiants et des responsables d’associations constatent déjà les premières difficultés. « Face à ces tarifs prohibitifs, certains ont préféré renoncer à venir en France », relate Moustafa BenBerrah, président de l’association Etudiants et cadres algériens de France.
    Ce que confirme Souleymane Jules Coly, chef du service de gestion des étudiants sénégalais à l’étranger, rattaché à l’ambassade du Sénégal à Paris. « Nos premiers indicateurs montrent une baisse des arrivées en France, atteste-t-il. Les étudiants ont de facto cherché d’autres destinations comme point de chute : le Maroc, puis le Canada. »Les étudiants étrangers exonérés en 2025-2026 conservent cet avantage jusqu’à la fin de leur cycle, à condition de poursuivre leurs études dans la même université. Il en va de même pour ceux qui avaient obtenu cet abattement pour 2026-2027 avant l’entrée en vigueur du décret (le 21 mai).
    Mais à la hausse des frais d’inscription s’ajoutent d’autres mesures susceptibles d’aggraver la précarité des étudiants et de compliquer leurs conditions d’installation en France. Ainsi, depuis le 1er mai, le prix du timbre fiscal requis lors de la première délivrance d’un titre de séjour a doublé, passant de 75 à 150 euros. Depuis le 1er juillet, les aides personnalisées au logement (APL) ont été supprimées pour les non-boursiers. Enfin, depuis le 1er août, le seuil minimal de ressources exigé pour toute demande de visa étudiant a été relevé : de 615 euros auparavant, il est désormais fixé à 877,50 euros par mois.« Nous nous retrouvons face à une vague importante d’arrêts d’études, constate Suzanne Nijdam, présidente de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE). Nous parlons d’exclusion de l’enseignement supérieur et non de mise en difficulté, parce que ces étudiants ont sacrifié déjà tout ce qu’ils pouvaient sacrifier. »
    Pour cette rentrée, le gouvernement a restreint la marge de manœuvre des présidents d’université : la part des étudiants extracommunautaires qu’ils peuvent exonérer de frais d’inscriptions est plafonnée à 30 % des effectifs concernés. Des exceptions désormais décidées au cas par cas.Cette nouvelle contrainte fait affluer les demandes auprès des syndicats étudiants. « C’est un travail absolument titanesque d’accompagnement », avertit Clara Privé, trésorière de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), qui estime que ces frais différenciés sont une « une sélection sociale xénophobe et raciste ».« C’est une manière de nous chasser et de nous faire comprendre que nous ne sommes pas les bienvenus sans le dire », regrette Seyba Marega. « Est-ce qu’on se rend compte de l’impact négatif sur l’image de la France ?, avance Souleymane Jules Coly. Des étudiants sénégalais sont persuadés que cette décision est une manière de réduire l’immigration. Ces étudiants ne sont pas un fardeau pour la France : ils consomment et paient des impôts. »
    Au début de l’été, Sorbonne Université a fait savoir, dans un communiqué, que son conseil d’administration avait « voté à l’unanimité sa politique d’exonération », réaffirmant « son souhait de pouvoir accueillir les étudiantes et les étudiants sans discrimination d’origine ni de ressources, dans le respect du principe d’égalité ». Tout en précisant que cette politique « respect[e] les termes du décret » puisque le nombre d’étudiants extracommunautaires qui peuvent être exonérés ne dépasse pas le quota de 30 % fixé par le gouvernement.

    #Covid-19#migration#migrant#france#etudiant#université#immigration#droit#sante

  • Les universités, laboratoires de la #préférence_nationale ⋅ GISTI
    https://www.gisti.org/spip.php?article7812

    Déjà précarisées par une réglementation discriminatoire et une administration défaillante, les étudiantes et #étudiants_étrangers sont la cible des gouvernements successifs de l’ère Macron, qui s’en prennent maintenant à leurs porte-monnaie, dans un but évidemment sélectif.

    Annoncé par le gouvernement en 2018, le plan « Bienvenue en France » lançait les hostilités contre les étudiant·es non communautaires (issus de pays hors-UE), tout en prétendant en attirer 500 000 [1]. En multipliant leurs #frais_d’inscription par 15, il aggravait le tri existant entre les plus riches et les autres. Après une demande de visa de plusieurs centaines d’euros ( perdus en cas de refus), les candidat·es sont désormais soumis·es à des frais d’inscription exorbitants : 2 895 € pour une année de licence et 3 941 € pour une inscription en master, contre 178 € et 254 € pour leurs homologues français et communautaires.

    Conformément au principe d’autonomie, les universités bénéficiaient d’une importante marge de manœuvre pour exonérer les étudiant·es de ces frais différenciés [2]. De fait, elles utilisaient largement cette possibilité prévue par les textes. Une disposition de la loi Darmanin de janvier 2024, qui prévoyait d’obliger les universités à appliquer les frais différenciés, avait été retoquée par le Conseil constitutionnel. Pour contourner cette difficulté, un plan « Choose France for Higher Education » (dont la dénomination trahit la finalité élitiste), prévoyant d’imposer un plafond maximal pour les exonérations, a été présenté en avril 2026. Malgré une certaine mobilisation dans les universités, un décret du 19 mai 2026 fixe à 20% le plafond d’étudiants et étudiantes étrangères exonérables (transitoirement 30% à la rentrée prochaine et 25% pour 2027-2028).

    Les conséquences désastreuses s’annoncent, en particulier pour les étudiant·es en cours d’études en France. Faute d’avoir pu s’acquitter de la somme de 3 941 €, plusieurs dizaines d’étudiant·es en master à l’Université de Strasbourg ont ainsi dû interrompre leur cursus en cours d’année. Non seulement l’#Université les prive de la possibilité d’obtenir le diplôme qu’ils et elles préparaient depuis plusieurs mois, mais elle les laisse également dans une situation administrative catastrophique, le renouvellement de leur #titre_de_séjour_pour_études étant soumis à une inscription, ainsi qu’à la démonstration que la formation a été suivie sérieusement – le changement de nature du titre de séjour est par ailleurs presque impossible dans ces conditions.

    Nombre d’étudiants et étudiantes étrangères connaissent la précarité, notamment du fait de la limitation de leur droit à travailler à 60% d’un temps plein (50% pour les Algérien·nes) et de leur accès très restreint aux dispositifs sociaux. C’est dans ce contexte que la loi de finances pour 2026 prévoit l’exclusion des étudiant·es extracommunautaires des aides personnelles au logement (#APL), à compter du 1er juillet 2026, sauf pour les bénéficiaires d’une bourse sur critères sociaux. Or, parmi les 320 000 étudiant·es extracommunautaires, en raison d’une condition de nationalité comportant de rares exceptions, 2% seulement sont dans ce cas.

    Coup de grâce, le niveau de « ressources suffisantes » exigé pour l’obtention du titre de séjour « étudiant » vient d’être augmenté, passant de 615 € à 877,50 € par mois (47% du montant brut mensuel du Smic) par un décret du 22 juin 2026.

    Au-delà des mesures les visant spécifiquement, les étudiants et étudiantes étrangères subissent les défaillances de l’administration, en particulier pour la délivrance et le renouvellement des titres de séjour effectués via la plateforme Administration numérique des étrangers en France (#Anef), connue pour ses dysfonctionnements. On ne compte plus les étudiant·es ayant perdu leur travail (puis, souvent, leur logement), faute d’avoir reçu la fameuse attestation de prolongation d’instruction (#API) justifiant leur situation pendant l’instruction de leur dossier.

    C’est là le point de départ de ce qui peut devenir une spirale infernale, puisque le travail contribue à remplir la condition de revenus exigée pour la délivrance du titre de séjour. Face à cette carence généralisée, le Conseil d’État a rendu une décision condamnant l’administration pour ces pratiques et enjoignant au ministère de l’intérieur de mettre fin, entre autres dysfonctionnements, à l’absence de délivrance et de renouvellement automatiques des API tant que le titre de séjour n’a pas été renouvelé [3].

    En attendant, la précarisation organisée et les entraves à l’accès à un diplôme viennent renforcer un système exposant les étudiantes et étudiants étrangers à l’exploitation par des emplois non déclarés, sans protection et les assignant à des travaux peu qualifiés.

    #fabrique_de_sans_papier

  • Assises pour l’Université et pour la Recherche

    https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/09/04/voulez-vous-eteindre-les-lumieres-la-replique-d-un-collectif-d-enseignants-c

    « Voulez-vous éteindre les Lumières ? » : la réplique d’un collectif d’enseignants-chercheurs aux attaques contre les universités

    Plus de 500 enseignants et chercheurs se sont réunis, jeudi et vendredi, à Sorbonne Université, pour réfléchir à une refondation de l’enseignement supérieur face, notamment, à l’essor inédit du secteur privé. Ces « assises » donneront lieu à un livre blanc pour interpeller les candidats à l’élection présidentielle.
    Par Soazig Le Nevé

    https://justpaste.it/fuui4

    #ESR #science #université #recherche

  • Assises pour l’Université et pour la Recherche

    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2026/09/04/face-au-decrochage-de-l-universite-et-de-la-recherche-des-assises-explorent-

    « Face au décrochage de l’université et de la recherche, des Assises explorent la voie d’une refondation »

    Restrictions budgétaires, décrochage des résultats, menace de démantèlement… Réunie à Paris ce début septembre, la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche se mobilise pour tenter une sortie de crise.

    https://justpaste.it/gh193

    #ESR #sciences #université

  • En #chine, une #Compétition scolaire impitoyable
    https://lvsl.fr/en-chine-une-competition-scolaire-impitoyable

    Absolument déterminant pour l’avenir des jeunes, le #gaokao, l’examen chinois d’entrée à l’université est l’un des plus sélectifs au monde. Une compétition scolaire impitoyable qui reflète celle du marché du travail dans l’Empire du Milieu.

    #International #Comment_la_Chine_change_le_monde #baccalauréat #école #éducation #Enseignement #examen #université

  • Qasim Rashid, Esq. - mastodon
    https://mastodon.social/@QasimRashid/117202345397033343

    BREAKING: On a 212-205 party line vote the #US House passes #anti-BDS (#Boycott, #Divestment & #Sanctions) measure to federally defund any #college or #university that boycotts the apartheid state of #Israel.

    FYI! People have rights. States do not have rights! Boycotting Israel is just as valid as boycotting Saudi Arabia as was boycotting apartheid South Africa.

    Boycott is protected free speech. Banning boycott of apartheid Israel is an indefensible First Amendment violation.

    #bds

  • « Mais alors, vous êtes pour la traduction automatique ? »

    Réponse à quelques arguments courants en faveur de l’intelligence artificielle générative (9)

    Le 1er décembre 2025, l’Atelier d’écologie politique de Toulouse lançait un manifeste, aussitôt signé massivement par des membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN) déclarant adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’IA générative (IAg) dans leurs institutions. Le manifeste, que nous vous incitons à signer, justifie cette position par trois considérations majeures : le gouffre énergétique et matériel qu’implique le développement de l’IA, et dans le contexte de crise climatique, son caractère écocidaire ; les désastres sociaux, géopolitiques, économiques qu’engendre cet accélérateur des infrastructures industrielles ; enfin le futur dystopique (désinformation, dépendance, attaques contre la démocratie…) que nous promettent les mégafirmes aux commandes du développement de l’IA. Depuis le lancement de ce manifeste, l’Atecopol (Atelier d’Écologie Politique de Toulouse) s’est lancé dans un travail politique et pédagogique non seulement remarquable mais absolument indispensable. Nous n’entrevoyons qu’une minime partie des conséquences que pourrait avoir l’éclatement de la bulle financière liée à l’IA, mais les manifestations du réchauffement climatique – qu’accélèrent à une vitesse inouïe les data centers nécessaires à l’IA – sont, cet été, d’ores et déjà très concrètes. C’est ce qui nous amène à reproduire, avec son autorisation, l’argumentaire détaillé produit par l’Atecopol. Comprenant 12 réponses à des objections entendues régulièrement (au-delà de la cantine ou de la salle des profs), il constitue un outil précieux pour mener le combat contre l’adhésion à toutes sortes de mythes et de mensonges. Il contribue aussi et surtout à construire un autre imaginaire politique, à dessiner un monde différent que celui que nous promet l’IA : entreprise à laquelle le Collectif Les mots sont importants s’associe pleinement.

    Ce qu’en pensent les traducteurs et traductrices professionnelles.

    Plusieurs traducteur·ices nous ont interpellé·es sur la phrase suivante du manifeste : « Nous sommes par ailleurs conscient·es que le terme « IAg » recouvre des applications très diverses, dont certaines sont déjà largement intégrées à nos pratiques, telles que la traduction ou la transcription automatique. » Cette phrase ne visait pas à cautionner ces pratiques en soi (des « exceptions » qui seraient légitimes), mais prenait acte du fait que certains usages d’IAg avaient déjà produit une sorte d’effet de cliquet dans nos institutions. Il s’agit notamment de trois usages : i) le peaufinage de textes en anglais rédigés par des scientifiques avant publication, ii) la traduction de pages web dans des langues complètement inconnues de nous, pour pouvoir les lire, et iii) la transcription automatique d’entretiens en sociologie, qui semble s’être imposée comme norme dans certains laboratoires. Nous ne pensons pas que les individus puissent à eux seuls défaire les verrouillages technologiques, et nous voulions signifier que l’objection de conscience face à l’IAg n’implique pas de se défaire personnellement de tous les attachements qui ont été produits dans ces institutions ou qui le seront. Cela étant dit, les usages de traduction et transcription par IAg posent des problèmes profonds dont nous n’avions pas forcément conscience en écrivant cette phrase. Les traducteur·ices qui nous ont interpellé·es considèrent ainsi que les trois usages cités sont problématiques. Nous souhaitons relayer ici leurs arguments, qui nous semblent justes et méritent d’être connus. Leur texte ci-dessous décrit également plus largement la problématique liée à la traduction face à la vague de l’IAg. Il a été écrit par des traducteur·ices des collectifs En Chair et En Os et IA-lerte générale.

    Faut-il faire des exceptions ?

    Le passage du manifeste sur la traduction peut être compris comme la suggestion que certains usages de l’IAg seraient « moins graves » que d’autres et que des « exceptions » pourraient leur être accordées dans l’objection de conscience. Contre cette idée, et d’autant plus peut-être que le manifeste prend les limites planétaires comme point de départ, il nous semble difficile de ménager des exceptions à l’usage quotidien de l’IA, comme si la traduction ou la transcription vocale constituaient moins un « gouffre énergétique et matériel » (nous reprenons les termes du manifeste) que les autres usages de l’IA. Au « caractère écocidaire » de l’IA doit aussi s’ajouter son coût social (des travailleureuses des mines à celleux des data centers). Si l’on doit absolument prévoir des « exceptions », cela ne doit-il pas se faire à l’aune d’une étude bénéfices-risques pour l’humain et pour la planète ?

    La question de l’emploi

    Le caractère « moins grave » de l’usage de la traduction automatique est parfois défendu au motif que celle-ci n’intervient généralement pas en remplacement d’un·e traducteurice de métier mais pour des situations ponctuelles et bénignes. Or, même dans un tel cas, l’entraînement des modèles de langage repose sur des données produites par des personnes. On sait qu’une partie de ces données ont été volées (par exemple, Meta a admis avoir entraîné son modèle sur une base de données de livres piratés, et c’est probablement le cas pour Mistral aussi. Mais même lorsque les données ont été acquises « légalement », leur exploitation repose sur une exception au droit d’auteur (« exception TDM » de 2019) dont la légitimité et la cohérence avec la Convention de Berne (qui régit le droit d’auteur) sont remises en cause. TOUTE sortie machine, qu’il s’agisse de « traduction » ou plus largement de génération de texte, repose donc sur l’exploitation illégitime et possiblement illégale de données sous droit d’auteur. Par ailleurs, toute utilisation de la traduction automatique donne de la légitimité à cet outil, et participe donc à la disqualification des traducteur·ices et à la dégradation de leurs conditions de travail et de rémunération. Cela rend caduc l’argument selon lequel « ça ne vole le travail de personne ».

    Les cas i) et ii) (peaufinage d’un texte écrit en anglais, et traduction de pages web) posent la question de la capacité des chercheur·euses à analyser de manière critique la traduction ou correction produites. On peut supposer qu’ils ont recours à l’IA parce qu’ils n’ont pas confiance en leurs compétences linguistiques, sont structurellement débordés et espèrent gagner du temps. Dans ces conditions, ils seront tentés de « croire » aveuglément au texte produit par l’IA et ne seront pas en mesure d’en déceler les problèmes – qui existent. D’ailleurs, sans cette foi accordée à la sortie machine, il n’y a pas de raison d’y recourir puisque c’est extrêmement fatiguant de repasser derrière. Rien ne garantit donc que la sortie machine, en particulier sur le travail spécialiste et très ciblé des collègues, soit plus satisfaisante que la rédaction d’un·e collègue plus ou moins à l’aise dans la langue cible. Pourquoi ne pas admettre qu’un texte écrit dans une langue qui n’est pas la langue maternelle du chercheur n’a pas à être parfait (et qu’on n’a pas forcément besoin que tout soit en « anglais international », d’ailleurs) ?

    Le cas ii) pose également la question des langues « minorisées ». Si elles sont toutes « traduites » en anglais, elles cesseront alors inéluctablement d’être des langues d’expression scientifique, et la légitimité de la recherche dans ces langues « rares » en souffre. Or le multilinguisme (des scientifiques et en général), et la traduction humaine de l’état de l’art, est bien plus désirable que l’illusion de la transparence des langues que permettrait la traduction-machine.

    Pour le cas iii) (transcription des entretiens), nous ne sommes pas sociologues et nous garderons donc de répondre sur cette question. Un très bon interlocuteur en la matière serait le sociologue Juan Sebastian Carbonell, qui vient de sortir un livre sur l’IA (Un taylorisme augmenté, Amsterdam). Une transcriptrice décrit ici son travail et explique en quoi il se différencie d’une transcription automatique. De manière générale, il faut se méfier de l’idée que l’IA a « tout changé » : ce qu’elle a changé, c’est surtout l’acceptabilité sociale de l’automatisation totale de certaines tâches.

    L’argument du gain de temps

    En général, il faut s’interroger sur l’impression de gain de temps, l’illusion d’optique qui consiste à croire qu’il est moins chronophage de corriger un texte existant que de faire le travail soi-même. Cette impression vient beaucoup du côté « rassurant » d’avoir un texte devant soi plutôt que de partir d’une page blanche. Et c’est d’autant plus rassurant qu’on est par ailleurs fatigués, angoissés… Cela vaut pour les collègues comme pour les étudiants. Pour ce qui est de la traduction, la profession est unanime quant au fait que la post-édition (correction de sorties machines) ne représente aucun gain de temps significatif, mais une grande perte de sens et de bien-être au travail.

    Dans un contexte universitaire, si le recours aux IAg dans nos professions semble si séduisant malgré tout, c’est parce que nous n’avons plus le temps de faire correctement notre métier. Nous croulons sous les tâches annexes et, pour des choses qui relèvent de notre cœur de métier, nous devons aller plus vite, parce que nous avons une exigence de rentabilité. La question n’est pas de « gagner » du temps (en lâchant sur la qualité), mais de réfléchir à quoi serait occupé ce temps prétendument « gagné » : à répondre à plus de mails et d’appels à projets (rédigés et évalués par IA), à corriger plus de copies, à faire des heures sup de cours payées en-dessous du SMIC, à publier ET périr à petit feu ? Nos désirs de concession à l’IAg ne sont qu’une conséquence du publish or perish et de la dégradation de nos conditions de travail.

    Repenser la communauté universitaire ?

    Plutôt que de céder aux sirènes de l’IAg, peut-être faudrait-il repenser l’esprit de coopération au sein de la communauté universitaire, et nous entraider davantage en mutualisant nos compétences (par exemple linguistiques), notamment au sein des labos. Cela demande du temps, ainsi qu’une reconnaissance et une valorisation de cet effort collaboratif. Là où l’IAg a pour but de détricoter les liens sociaux, accepter notre dépendance vis-à-vis des autres (collègues qui nous aident, professionnels qu’on rémunère…) nous semble un modèle plus sain, plus propre aussi à la diffusion des compétences (comme le plurilinguisme) — un modèle pluriel, incarné, qui n’efface pas toutes les compétences et limites individuelles derrière la puissance algorithmique.

    https://lmsi.net/Mais-alors-vous-etes-pour-la-traduction-automatique
    #IA #AI #intelligence_artificielle #traduction #objection_de_conscience #transcription #ESR #recherche #université #IAg #écocide #coût_social #emploi #travail #exploitation #langues_minorisées #multilinguisme #efficacité #temps
    via @fil

  • L’IA dans les formations supérieures : beaucoup d’effets délétères et peu d’apports positifs

    D’après l’enquête IA et enseignement supérieur réalisée par le MESR en juin 2025 (https://mission-ia-sup.forge.apps.education.fr), les usages pédagogiques de l’IAG (Intelligence Artificielle Générative) largement dominants dans les universités sont de l’aide à la rédaction (44% des usages pour les enseignant·es et 62% pour les étudiant·es) et la recherche d’information (75% pour les étudiant·es). En termes d’outils d’IA souhaités, la recherche d’information arrive en rang 1 avec 60% des étudiant·es, à quoi s’ajoutent 50% de recherche de sources diversifiées (rang 4) et 50% de vérification d’informations (rang 2). Le rang 3 est occupé par l’assistance à la rédaction. Il n’y a donc pour l’instant aucun doute sur les usages actuels de l’IA et leur avenir proche par les étudiant·es. Pour les enseignant·es il s’agit surtout d’aides à l’évaluation (les 5 premiers rangs, supérieurs à 50%).

    Réaliser soi-même la recherche d’information et de rédaction est essentiel dans une formation supérieure

    Or ces usages touchent au coeur même des activités d’#apprentissage, fondé, dans le supérieur, sur des méthodes rigoureuses issues de la #recherche_scientifique (Voir aussi : https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/digital/lia-generative-bouleverse-t-elle-les-pratiques-pedagogiques). Il est crucial d’apprendre à chercher et identifier les #sources, les vérifier, les comparer, les valider. Les étudiant·es demandent la plupart du temps à l’IAG de faire ce travail à leur place, n’apprenant donc pas à le faire. Pire : l’IAG est un intermédiaire qui masque les sources, d’autant que les outils d’IA gratuits qu’utilisent les étudiant·es offrent des possibilités limitées. On voit ainsi souvent des #bibliographies fictives, où une IA a associé des noms d’auteurs et d’autrices réels avec des titres d’ouvrages réels ou probables chez des éditions vraisemblables sauf que ces ouvrages n’existent pas : l’IAG a combiné des éléments probables. Exemple vécu : dans une #bibliographie de 25 titres d’un projet de mémoire de master en juin 2025, 23 étaient inventés.

    Même chose pour la #rédaction. Rédiger, ce n’est pas seulement livrer un produit fini, c’est surtout un processus à fonction cognitive qui concrétise la #pensée dans un #discours_organisé, et renvoie à la personne qui écrit son propre #discours à lire, la pousse à s’interroger sur les #termes justes et les #formulations nuancées. Quand on fait produire un texte à une #IAG, cette activité disparaît. On a du mal à identifier quels textes déjà disponibles en ligne l’IAG a pillés, mélangés, vidés de leurs spécificités, et donc à vérifier leur #cohérence et leur #validité. Or l’apprentissage de méthodes à usage autonome, c’est l’objectif majeur d’une formation supérieure. Et quand on utilise une IAG « seulement » pour « améliorer » la forme d’un texte, ce qu’elle sait plutôt bien faire, on court plusieurs #risques qui ne valent pas la #surconsommation_énergétique : perdre en cohérence entre le discours et la pensée qui l’a produit, donner la primauté à la forme sur le fond, uniformiser les modalités d’expression par l’application de #modèles_automatisés... L’une des constatations de l’enquête de 2025, c’est que « l’usage direct et sans encadrement d’une IAG est néfaste sur les apprentissages » (p.24).

    Cela ne signifie pas qu’aucun usage pédagogique pertinent ne puisse être fait d’une IAG, selon les domaines et de manière tutorée, notamment dans les domaines où l’IA fournit une #aide_technique de beaucoup plus haut niveau que ce que faisaient déjà des outils informatiques comme, par exemple, des tableurs ou des visions augmentées (télescopes ou microscopes). Mais, dès lors qu’il s’agit de contenus produits par la #pensée_humaine et utiles pour son développement, de domaines de connaissances où les textes occupent une place importante pour contextualiser dans la complexité du monde et produire prioritairement du #sens, la délégation à une machine crée davantage de manques qu’elle ne viendrait en combler.

    Exemple d’une soutenance de master

    Lors d’une soutenance de Master en Esthétique et Théorie des arts, sur l’insistance du jury, le candidat a admis avoir fait usage de l’IAG pour rédiger son mémoire. Le mémoire de 180 pages était rédigé sans la moindre erreur orthographique. Au niveau formel, rien à redire. Mais l’IAG compile, elle ne pense pas. Elle a en effet combiné des éléments probables d’information sans jamais attiser le désir de les vérifier, en entretenant l’#illusion_de_la_vérité. Elle a conduit à asséner des #généralités dont pas une ne pouvait résister à l’#esprit_critique. Pourtant, il n’y a que sur les pires chaînes de télévision que la compilation d’éléments information est donnée comme équivalente à un #argumentaire bien ficelé.

    Ainsi, pour développer et mettre en travail le concept d’habitus de P. Bourdieu, pourtant l’un des plus travaillés au monde, l’IA a proposé un falot manuel de sociologie pour débutant·es. Lorsque G. Bataille est cité, la référence de l’ouvrage ne comporte pas de numéro de page, l’IAG ne s’embarrassant pas de ces détails. Il fut donc impossible de vérifier s’il parlait effectivement (en 1957) de « ruptures des frontières corporelles dans la danse », ce qui serait très étonnant. L’IAG aura transformé la moindre idée porteuse de sens en #discours_indigent. Avec elle, la pensée propre à l’étudiant et son potentiel à problématiser ont cédé la place à la #banalité.

    Que faudrait-il changer face aux usages risqués de l’IA côté enseignement ? (Voir aussi : UNESCO, 2023, Guide pour l’IA générative dans l’éducation et la recherche : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000389901)

    Malgré tout cela, il semble déjà difficile d’empêcher l’usage de l’AI par les étudiant·es.

    Auparavant, on était bien souvent dans une forme de dispositifs d’apprentissage implicites, avec des « raccourcis » grossiers dans la pertinence des évaluations (au risque d’ailleurs d’entraîner l’échec de tous les étudiant·es différent·es de la norme, sans les codes, etc.). La faute à la (non ?) formation à la pédagogie des enseignant·es du supérieur, mais aussi au manque de moyens. Également au déficit, dans l’évaluation de la carrière des E-C, de reconnaissance de l’expertise en enseignement, face à l’importance accordée aux activités de recherche.

    Si on veut garder un niveau d’apprentissage sérieux, relatif à ce qui peut s’ancrer durablement dans l’esprit de nos étudiant·es, on est donc face à la nécessité d’adapter nos #méthodes_pédagogiques. Le remède n’est pas forcément inaccessible. On doit s’assurer en détail que les étudiant·es travaillent pour de bon l’élaboration progressive d’une maîtrise des diverses #compétences et de leur articulation. On est donc forcés de faire une mesure plus fine de l’authenticité, des progressions dans le temps, plutôt que la simple #évaluation d’un résultat final. Tout cela va avoir un coût humain et logistique : organiser par exemple beaucoup plus de soutenances à l’oral, en présentiel et synchrone. Et devoir préciser et vérifier à chaque étape si l’IAG est acceptée ou non. Et si oui comment elle est utilisée...

    Il faudrait en somme mieux appliquer les pratiques adéquates standards de la pédagogie, comme l’alignement des dispositifs d’évaluation, par exemple. Tout cela requiert beaucoup d’efforts de la part des enseignant·es, et de moyens, des formations, un taux d’encadrement nettement plus massif. Il faut remettre plus d’humain dans la boucle. Hélas, ce n’est pas la tendance politique du moment. L’IAG porte la promesse magique de la #productivité — et il n’y a pas ou que peu d’alternatives puisque le marché en fourgue partout dans nos appareils et nos logiciels. Pourtant, si on veut former à l’#effort dans un monde de facilité, ça va coûter plus cher.

    https://cgt.fercsup.net/l-echo-du-sup/echo-du-sup-numero-11-juin-2026-l-ia-dans-l-esr-ou-l-esr-dans-l-ia/article/l-ia-dans-les-formations-superieures-beaucoup-d-effets-deleteres-et-peu
    #IA #AI #intelligence_artificielle #ESR #enseignement_supérieur #université #facs #pédagogie #à_lire

    • L’IA générative bouleverse-t-elle les pratiques pédagogiques ?

      En bref

      – Rendu public par OpenAI en 2023, GPT-4 a atteint des niveaux de performance comparables à ceux d’étudiants de second cycle sur des exercices de logique, de mathématiques et de rédaction académique.
      – Les #modèles_de_langage modifient la manière dont les étudiants mobilisent leur raisonnement et leur capacité analytique, ce qui peut mener à une fragilisation de leur plasticité cérébrale et de leur densification des réseaux neuronaux.
      – Lorsque assisté par l’IA, l’acquisition des connaissances peut être affaiblie dès qu’elle remplace systématiquement l’#effort_intellectuel : les productions écrites, le #travail_autonome et les modalités d’évaluation.
      – De nombreuses questions sur l’équilibre entre assistance algorithmique et #effort_cognitif humain sont soulevées, d’autant par la rapide évolution des modèles d’IA.
      – Des cadres commencent à émerger où l’IA n’est ni absente ni centrale, mais intégrée de manière différenciée selon les objectifs cognitifs poursuivis.

      **

      L’irruption de l’intelligence artificielle générative dans les systèmes éducatifs marque un tournant technologique. Contrairement aux plateformes d’apprentissage en ligne ou aux outils d’assistance pédagogique des années 2000 et 2010, les modèles de langage de grande taille produisent désormais des raisonnements structurés, synthétisent des corpus complexes et interagissent avec les apprenants de manière adaptative.

      GPT‑4, rendu public par OpenAI en 2023, a atteint des niveaux de performance comparables à ceux d’étudiants de second cycle sur des exercices de logique, de mathématiques et de rédaction académique1. D’autres architectures comme Claude d’Anthropic ou LLaMA de Meta confirment cette dynamique tout en explorant des stratégies de gouvernance des sorties génératives et de réduction des biais2.

      Ces avancées offrent de nouvelles opportunités pour personnaliser les parcours, renforcer le tutorat individualisé et élargir l’accès aux ressources pédagogiques. Elles soulèvent toutefois des interrogations sur les fréquences d’utilisations (voir figure 1) et les conditions cognitives de l’apprentissage assisté par IA, car certaines dimensions de l’acquisition des connaissances peuvent être fragilisées lorsque cette technologie remplace systématiquement l’effort intellectuel3.

      Ces enjeux touchent directement des dispositifs clés de l’enseignement supérieur, tels que la production écrite, le travail autonome et les modalités d’évaluation. De plus, ces transformations appellent une approche combinant recherche académique et observation des pratiques pédagogiques.
      L’effort cognitif à l’épreuve des modèles génératifs

      Les modèles de langage de grande taille modifient la manière dont les étudiants mobilisent leur raisonnement et leur capacité analytique. GPT‑4, par exemple, atteint des performances comparables à celles d’étudiants de second cycle sur des exercices de logique, de mathématiques et de synthèse textuelle5. Cette portée soulève des questions sur l’équilibre entre assistance algorithmique et effort cognitif humain.

      « Le problème, dans le champ éducatif, apparaît lorsque l’étudiant utilise systématiquement l’IA pour réaliser un exposé, un mémoire, une dissertation ou même pour apprendre une notion » affirme Michel Barabel, maître de conférences à l’Université Paris-Est dont les travaux portent sur la transformation des organisations, en particulier la gestion des compétences, la formation professionnelle et les cultures apprenantes. La sous-traitance systématique peut nuire au développement de capacités cognitives essentielles. « Les travaux de recherche montrent que dans ce cas, le coût de l’effort cognitif augmente rapidement et que faire seul devient de plus en plus difficile ».

      Les cadres théoriques de la psychologie cognitive permettent d’éclairer ce phénomène. Les distinctions de Daniel Kahneman entre le cerveau de type 1, analytique et paresseux, et le cerveau de type 2, créatif et mobilisé dans la résolution de situations inédites, servent de référence. Barabel observe que « la grande promesse de l’IA est précisément de sous-traiter les tâches relevant du cerveau de type 1, simples et répétitives, afin de libérer du temps pour des activités de type 2 ». Son usage répété dans des tâches fondamentales du type 1 peut ainsi limiter la densification des réseaux neuronaux nécessaires à la créativité et à la pensée critique.

      Une comparaison avec d’autres usages technologiques illustre ce risque. « Cette dépendance pose une question centrale, celle d’un appauvrissement progressif des capacités cognitives », explique Barabel, faisant référence à des exemples observés dans d’autres contextes, comme la navigation des chauffeurs de taxi londoniens devenue dépendante du GPS. Les travaux en neurosciences montrent que l’apprentissage reposant sur un engagement cognitif actif favorise la plasticité cérébrale et la densification des réseaux neuronaux, tandis qu’une réduction durable de l’effort analytique limite ces mécanismes et fragilise la mobilisation des compétences dans des situations complexes6. « Or, on sait qu’il est très difficile de faire émerger une créativité authentique sans ce socle d’effort cognitif préalable », ajoute l’expert.

      Cette réflexion sur l’effort cognitif souligne que les effets de l’IA générative dépendent moins de la technologie que des modalités d’usage. L’usage réfléchi et régulé peut soutenir la créativité et la productivité, tandis qu’un usage passif peut compromettre le développement de compétences intellectuelles essentielles.
      Des recours pédagogiques en recomposition progressive

      La diffusion rapide des outils d’IA générative a rendu visibles des usages déjà largement installés chez les étudiants, souvent en dehors de tout cadre institutionnel. Plusieurs travaux montrent que ces outils sont mobilisés pour rédiger des exposés, structurer des mémoires ou préparer des évaluations, sans que les dispositifs pédagogiques aient été conçus pour en tenir compte7. Cette situation a conduit certains établissements à repenser non pas seulement la régulation, mais la nature même des activités proposées.

      D’après Michel Barabel, « la question ne peut se réduire à une opposition entre autorisation et interdiction. Le problème ne doit pas être posé en ces termes ». Il stipule que l’IA combine des potentialités pédagogiques fortes et des limites réelles. Dans les dispositifs qu’il observe, l’enjeu consiste à distinguer plusieurs formes d’activités selon le rôle attribué à la machine. « Certaines activités peuvent être totalement confiées à l’IA sans régulation particulière », notamment lorsqu’il s’agit de procédures ou d’aide méthodologique, tandis que d’autres doivent rester exclusivement humaines. « L’usage de l’IA y est interdit afin de préserver la relation pédagogique, le travail du cerveau de type 1 et la créativité et l’esprit critique ».

      Cette différenciation se traduit concrètement par des dispositifs de transparence. « À Sciences Po et à l’IAE Paris-Est, les étudiants doivent expliciter leur usage de l’IA dans une annexe dédiée. Nous autorisons son exploitation, mais nous imposons une annexe IA dans tous les travaux », précise Barabel. Cette exigence permet de déplacer l’évaluation du seul résultat vers le processus intellectuel mobilisé. « Le nouveau plagiat, pour nous, n’est pas d’utiliser l’IA, mais de l’utiliser sans le déclarer », ajoute-t-il.

      Les modalités d’évaluation ont également été ajustées pour tenir compte de ces pratiques. Barabel observe qu’« un exposé à rendre pour la semaine suivante a aujourd’hui une probabilité très élevée d’être produit à 60, 70, voire 90 % à l’aide de l’IA ». Dans ce contexte, « là où l’écrit pesait auparavant davantage, l’oral est désormais majoritaire », afin de vérifier la compréhension, l’appropriation des concepts et la faculté de l’étudiant à défendre son raisonnement.

      Entre délégation, assistance et augmentation, les applications pédagogiques se structurent ainsi autour d’un principe d’articulation. « Il existe des situations où l’IA assiste l’étudiant », note Barabel, tandis que dans d’autres configurations, « l’étudiant produit une première version et l’IA l’aide à l’améliorer par questionnement et suggestions ». Ces expérimentations dessinent progressivement un cadre où cette technologie n’est ni absente ni centrale, mais intégrée de manière différenciée selon les objectifs cognitifs poursuivis.
      Entre promesses d’augmentation et risques de fragmentation

      Les limites actuelles de l’IA générative en contexte éducatif tiennent moins à ses performances techniques qu’aux effets systémiques qu’elle induit sur les trajectoires d’apprentissage. Les bénéfices cognitifs observés dépendent fortement des conditions d’emploi, avec des résultats parfois contradictoires selon les protocoles expérimentaux[8]. Michel Barabel invite ainsi à la prudence dans l’interprétation des premières données disponibles. « Certaines études, notamment du MIT, ont montré une baisse rapide de certaines capacités cognitives, mais sur des échantillons très réduits et avec des protocoles discutables », rappelle-t-il, tout en notant que d’autres travaux mettent en évidence des effets positifs sur certaines compétences.

      Cette hétérogénéité des résultats renvoie à une question centrale, celle de l’intensité et surtout de la nature des utilisations. « Il pas certain qu’il existe un seuil universel », précise Barabel, en soulignant que « le problème réside davantage dans l’organisation des activités que dans le volume d’interaction avec l’IA ». Il propose un équilibre théorique dans lequel « le 100 % humain devrait représenter au moins 20 % des activités », afin de préserver les fonctions cognitives fondamentales liées à l’effort, à la réflexion autonome et à la construction du jugement.

      Au-delà des effets individuels, les chercheurs s’inquiètent de dynamiques d’inégalités susceptibles d’être amplifiées par les systèmes intelligents. Les écarts d’accès aux versions les plus performantes des modèles, souvent conditionnés par des abonnements payants, constituent un premier facteur de différenciation[9]. Barabel met en évidence le fait que « le capital économique des familles pourrait conditionner l’accès à des IA plus performantes, utilisées dans un cadre privé », créant un avantage cumulatif pour certains étudiants. À cela s’ajoutent les disparités institutionnelles. « Certains établissements disposent des moyens financiers et pédagogiques pour déployer des IA, former les enseignants et mettre en place des chartes éthiques. D’autres non ».

      Ces écarts matériels se doublent d’inégalités culturelles et cognitives. « Le risque majeur est alors l’accroissement des écarts entre étudiants », pointe Barabel, distinguant ceux qui utilisent l’IA de manière stratégique, ceux qui en font un usage mécanique et ceux qui réinvestissent le temps libéré dans des activités à forte valeur cognitive. Les recherches en sociologie de l’éducation montrent que ces mécanismes d’appropriation différenciée jouent un rôle déterminant dans la reproduction ou la transformation des hiérarchies scolaires8.

      Enfin, la rapidité d’évolution des technologies pose un défi structurel aux institutions éducatives. « Ce que nous disons aujourd’hui peut être remis en cause dans quelques mois par une nouvelle génération d’IA », signale Barabel. Cette instabilité technologique interroge la capacité des systèmes éducatifs à articuler innovation, équité et développement des compétences humaines fondamentales, dans un contexte où la production et la transmission des savoirs sont elles-mêmes en profonde recomposition.

      https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/digital/lia-generative-bouleverse-t-elle-les-pratiques-pedagogiques

    • Le plus grand danger de l’IA à l’université n’est pas la triche, c’est l’érosion de l’apprentissage lui‑même

      L’intelligence artificielle promet de « libérer du temps » et d’optimiser l’apprentissage. Mais en déléguant aux machines les tâches qui formaient étudiants et jeunes chercheurs, les universités risquent d’éroder les conditions mêmes de l’expertise.

      Dans le débat public sur l’intelligence artificielle (IA) à l’université, une inquiétude revient en boucle : la tricherie. Les étudiants vont-ils confier leurs #dissertations à des #chatbots ? Les enseignants sauront-ils les démasquer ? Faut-il interdire ces outils sur les campus, ou au contraire les intégrer aux pratiques pédagogiques ?

      Ces questions sont légitimes. Mais à force de réduire le sujet à la #fraude_académique, on passe à côté de l’essentiel : une transformation beaucoup plus profonde est déjà à l’œuvre, qui dépasse largement les seuls comportements des étudiants – et même le cadre de la salle de classe.

      Les universités déploient désormais l’IA dans de nombreux aspects de leur fonctionnement. Certaines applications restent largement invisibles : des systèmes qui aident à répartir les ressources, à repérer les étudiants « à risque », à optimiser les emplois du temps ou à automatiser des décisions administratives routinières.

      D’autres usages sont, eux, beaucoup plus visibles. Les étudiants s’appuient sur des outils d’IA pour résumer des cours et réviser. Les enseignants les utilisent pour élaborer des sujets d’évaluation, préparer des syllabus. Les chercheurs s’en servent pour écrire du code, passer en revue la littérature scientifique ou condenser en quelques minutes des tâches fastidieuses qui prenaient auparavant des heures.

      On peut bien sûr utiliser l’IA pour tricher ou se soustraire à un devoir. Mais la multiplication de ses usages dans l’enseignement supérieur – et les bouleversements qu’ils annoncent – posent une question bien plus fondamentale : à mesure que les machines deviennent capables d’assumer une part croissante du travail de recherche et d’apprentissage, que devient l’université ? À quoi sert-elle encore ?

      Depuis huit ans, nous étudions les implications morales d’un recours massif à l’IA dans le cadre d’un projet de recherche conjoint entre le Applied Ethics Center at UMass Boston et l’Institute for Ethics and Emerging Technologies. Dans un livre blanc récent, nous soutenons qu’à mesure que les systèmes d’IA gagnent en autonomie, les enjeux éthiques de leur utilisation dans l’enseignement supérieur s’intensifient – tout comme les conséquences potentielles qui en découlent.

      À mesure que ces technologies deviennent plus performantes dans la production de travaux intellectuels – concevoir des cours, rédiger des articles, proposer des protocoles expérimentaux ou résumer des textes complexes – elles ne se contentent pas d’accroître la productivité des universités. Elles risquent aussi de vider de sa substance l’écosystème d’apprentissage et de mentorat sur lequel ces institutions sont fondées – et dont elles dépendent pour exister.
      IA non autonomes

      On peut distinguer trois types de systèmes d’IA et leurs effets respectifs sur la vie universitaire.

      Des logiciels alimentés par l’IA sont déjà utilisés dans l’enseignement supérieur pour l’examen des candidatures, les achats, l’accompagnement pédagogique des étudiants ou encore l’évaluation des risques institutionnels.

      On parle ici de systèmes « non autonomes » : ils automatisent certaines tâches, mais un humain reste « dans la boucle » et les utilise comme de simples outils.

      Ces technologies peuvent faire peser un risque sur la vie privée et la sécurité des données des étudiants. Elles peuvent aussi être biaisées. Et elles manquent souvent de transparence, ce qui rend difficile l’identification de l’origine de ces problèmes. Qui a accès aux données ? Comment sont calculés les « indices prédictifs de décrochage ou d’échec » ? Comment éviter que ces systèmes ne reproduisent des inégalités ou ne traitent certains étudiants comme de simples cas problématiques à gérer ?

      Ces questions sont sérieuses. Mais, au moins dans le champ de l’informatique, elles ne sont pas fondamentalement nouvelles. Les universités disposent en général de services de conformité, de comités d’éthique de la recherche et de mécanismes de gouvernance pensés pour anticiper ou limiter ces risques – même si, dans les faits, ils n’atteignent pas toujours pleinement ces objectifs.
      IA hybrides

      Les systèmes hybrides regroupent toute une gamme d’outils, parmi lesquels des bots conversationnels assistés par l’IA, des dispositifs de feedback personnalisé ou encore des aides automatisées à l’écriture. Ils reposent souvent sur des technologies d’IA générative, notamment sur de grands modèles de langage, les LLM. Si les utilisateurs humains fixent les objectifs généraux, les étapes intermédiaires que le système mobilise pour les atteindre ne sont, elles, généralement pas spécifiées.

      Ces systèmes hybrides façonnent de plus en plus le travail académique au quotidien. Les étudiants les utilisent comme compagnons d’écriture, tuteurs, partenaires de réflexion ou outils d’explication à la demande. Les enseignants s’en servent pour élaborer des grilles d’évaluation, préparer des cours ou concevoir des plans de syllabus. Les chercheurs les mobilisent pour résumer des articles, commenter des versions préliminaires, imaginer des protocoles expérimentaux ou générer du code.

      C’est ici que le débat sur la « tricherie » trouve véritablement sa place. Alors qu’étudiants et enseignants s’appuient de plus en plus sur ces outils pour se faire aider, il est légitime de s’interroger sur les formes d’apprentissage qui risquent de se perdre en chemin. Mais les systèmes hybrides soulèvent aussi des questions éthiques plus complexes.

      L’une d’elles concerne la transparence. Les chatbots d’IA proposent des interfaces en langage naturel qui rendent difficile de savoir si l’on échange avec un humain ou avec un agent automatisé. Cette ambiguïté peut être déstabilisante et source de distraction. Un étudiant qui révise pour un examen doit pouvoir savoir s’il s’adresse à son chargé de travaux dirigés ou à un robot. De même, un étudiant qui lit les commentaires sur son mémoire doit pouvoir identifier clairement s’ils proviennent de son enseignant.

      Tout manque de transparence dans ces situations risque d’aliéner les personnes concernées et de déplacer l’attention des interactions académiques : au lieu de se concentrer sur l’apprentissage, on se focalise sur les outils ou la technologie qui le médiatisent. Des chercheurs de l’Université de Pittsburgh ont montré que ces dynamiques suscitent chez les étudiants des sentiments d’incertitude, d’anxiété et de méfiance. Des effets loin d’être anodins.

      Une deuxième question éthique touche à la responsabilité et au crédit intellectuel. Si un enseignant utilise l’IA pour rédiger un sujet et qu’un étudiant s’appuie lui aussi sur l’IA pour produire sa réponse, qui évalue qui – et qu’est-ce qui est réellement évalué ? Si les retours sont en partie générés par une machine, qui est responsable lorsqu’ils induisent en erreur, découragent ou intègrent des présupposés invisibles ? Et lorsque l’IA contribue de manière substantielle à une synthèse de recherche ou à la rédaction d’un article, les universités devront établir des normes plus claires en matière d’autorat et de responsabilité – pas seulement pour les étudiants, mais aussi pour les enseignants-chercheurs.

      Enfin se pose la question cruciale de la « décharge cognitive ». L’IA peut réduire les tâches fastidieuses, et cela n’a rien de problématique en soi. Mais elle peut aussi détourner les utilisateurs des étapes de l’apprentissage qui construisent réellement les compétences : formuler des idées, traverser des moments de confusion, retravailler un brouillon maladroit, apprendre à repérer ses propres erreurs.
      Agents autonomes

      Les transformations les plus profondes pourraient venir de systèmes qui ressemblent moins à des assistants qu’à de véritables agents. Si les technologies pleinement autonomes relèvent encore en partie de l’aspiration, l’idée d’un « chercheur en boîte » – un système d’IA agentique capable de mener des études de manière indépendante – devient de plus en plus crédible.

      Ces outils dits agentiques sont présentés comme susceptibles de « libérer du temps » pour des activités mobilisant davantage des capacités humaines, comme l’empathie ou la résolution de problèmes. Dans l’enseignement, cela pourrait signifier que les enseignants continuent d’assurer les cours au sens formel, mais que la majeure partie du travail pédagogique quotidien soit déléguée à des systèmes optimisés pour l’efficacité et le passage à l’échelle. En recherche, l’avenir semble appartenir aux systèmes capables d’automatiser toujours davantage le cycle scientifique. Dans certains domaines, cela prend déjà la forme de laboratoires robotisés fonctionnant en continu, capables d’automatiser une grande partie des expérimentations et même de sélectionner de nouveaux tests à partir des résultats précédents.

      À première vue, cela peut sembler être un gain intéressant de productivité. Mais les universités ne sont pas des usines à produire de l’information : ce sont des communautés de pratique. Elles reposent sur un vivier de doctorants et de jeunes chercheurs qui apprennent à enseigner et à faire de la recherche en participant eux-mêmes à ces activités. Si des agents autonomes absorbent une part croissante des tâches « routinières » qui constituaient historiquement des portes d’entrée dans la carrière académique, l’université pourra continuer à produire des cours et des publications – tout en fragilisant silencieusement les structures d’apprentissage qui permettent, dans la durée, de former l’expertise.

      La même dynamique touche les étudiants de premier cycle, sous une forme différente. Lorsque des systèmes d’IA peuvent fournir à la demande des explications, des brouillons, des solutions ou des plans de révision, la tentation est grande de déléguer les aspects les plus exigeants de l’apprentissage. Pour l’industrie qui promeut l’IA dans les universités, ce type d’effort peut apparaître comme « inefficace » – et l’on pourrait penser que les étudiants gagneraient à laisser la machine s’en charger. Mais c’est précisément dans cette confrontation à la difficulté que se construit une compréhension durable. La psychologie cognitive a montré que les étudiants progressent intellectuellement en rédigeant, en révisant, en échouant, en recommençant, en affrontant la confusion et en retravaillant des arguments faibles. C’est cela, apprendre à apprendre.

      Pris ensemble, ces évolutions suggèrent que le principal risque lié à l’automatisation dans l’enseignement supérieur ne réside pas seulement dans le remplacement de certaines tâches par des machines, mais dans l’érosion plus profonde de l’écosystème de pratiques qui, depuis longtemps, soutient l’enseignement, la recherche et l’apprentissage.
      Un tournant risqué

      À quoi servent les universités dans un monde où le travail intellectuel est de plus en plus automatisé ?

      Une première réponse consiste à voir l’université avant tout comme une machine à produire des diplômes et des connaissances. Dans cette logique, la question centrale devient celle des résultats : les étudiants obtiennent-ils leurs diplômes ? Des articles sont-ils produits ? Fait-on des découvertes ? Si des systèmes autonomes peuvent générer ces résultats plus efficacement, alors l’institution a toutes les raisons de les adopter.

      Mais une autre réponse considère l’université comme bien davantage qu’une simple machine à produire des résultats. Elle reconnaît que la valeur de l’enseignement supérieur réside en partie dans l’écosystème lui-même : le continuum d’opportunités grâce auquel les novices deviennent experts, les structures de mentorat au sein desquelles se forment le jugement et le sens des responsabilités, et une conception pédagogique qui valorise l’effort et la confrontation à la difficulté plutôt que leur élimination au nom de l’efficacité.

      Dans cette perspective, l’enjeu n’est pas seulement de savoir si des connaissances et des diplômes sont produits, mais comment ils le sont – et quels types de personnes, de compétences et de communautés se construisent au passage. L’université y apparaît comme un écosystème dont la mission est, ni plus ni moins, de former durablement l’expertise et le discernement humains.

      Dans un monde où le travail intellectuel est lui-même de plus en plus automatisé, les universités doivent, selon nous, s’interroger sur ce qu’elles doivent à leurs étudiants, à leurs jeunes chercheurs et à la société qu’elles servent. Les réponses à ces questions détermineront non seulement la manière dont l’IA sera intégrée, mais aussi ce que deviendra l’université contemporaine.

      https://theconversation.com/le-plus-grand-danger-de-lia-a-luniversite-nest-pas-la-triche-cest-l
      #tricherie

  • « Une #minorité privilégiée sacrifie la planète afin de préserver ses richesses et son #pouvoir »

    Le rejet de l’#écologie est désormais promu par des gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, et soutenus par les milieux d’affaires des #énergies_fossiles, déplorent trois spécialistes d’#écologie_politique, dans une tribune au « Monde ».

    L ’été 2026, en Europe, n’est pas seulement celui des #canicules à répétition, des #mégafeux et des #sécheresses désastreuses pour l’agriculture et la biodiversité, qui confirment avec une particulière #violence les #alertes de longue date des scientifiques et des écologistes. Il consacre également le déchaînement des attaques contre une écologie le plus souvent fantasmée, dont les défenseurs ‒ associatifs, politiques, scientifiques, fonctionnaires, tous mélangés ‒ sont accusés d’être à l’origine des maux qu’ils annonçaient, voire de participer d’un complot des « élites » utilisant le climat pour asservir le « peuple ». Comment peut-on comprendre une telle dynamique ?

    Ce #rejet de l’écologie reflète des tendances déjà à l’œuvre depuis les années 1980, mais il prend de l’ampleur au moins depuis la pandémie de #Covid-19 et il est à présent devenu mondial. Paradoxalement, on peut y voir la conséquence de l’#échec, désormais ressenti dans nos chairs, des gouvernements à enrayer le #réchauffement_climatique, en dépit de l’ambition affichée lors de l’accord de Paris sur le climat, signé en 2015.

    D’un côté, les promesses technosolutionnistes d’écologisation de l’économie n’ont jamais pu substantiellement résorber les dégâts environnementaux causés par la consommation d’énergies fossiles. Exemple emblématique, l’#intelligence_artificielle (#IA) générative, brandie comme apportant des solutions inédites en dépit de son impact extrêmement polluant, promet en fait, et d’abord, de doper l’extraction du pétrole, du gaz et du charbon.

    De l’autre, les attaques contre l’écologie sont la réaction d’acteurs et de groupes d’#intérêts_financiers et technologiques qui baignent encore dans des rêves de puissance virile et suprémaciste. Les changements « rapides et profonds dans tous les secteurs et tous les systèmes », nécessaires pour « garantir un avenir viable et durable pour toutes et tous », selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat [#GIEC], sont matériellement possibles, mais un Peter Thiel ou un Elon Musk n’en veulent pas.

    Depuis les années 1980, si ce n’est depuis les colonisations, une #minorité_privilégiée a choisi de faire sécession de l’#avenir_commun, de sacrifier une partie de la planète et la majorité de l’humanité afin de préserver ses richesses et son pouvoir. Ce qui est nouveau, dans la séquence actuelle, c’est que ce « programme » cynique soit devenu celui de gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, tel celui de Donald Trump aux Etats-Unis, et soutenus par les milieux d’affaires des énergies fossiles, de l’extraction d’hydrocarbures à l’agro-industrie.

    En France comme en Europe, l’#extrême_droite et une grande partie de la droite œuvrent désormais ensemble pour détricoter de façon massive des orientations environnementales pourtant insuffisantes, le dénigrement des « écologistes » étant devenu leur point de ralliement.

    #Contre-récit hélas efficace

    Comment expliquer une possible adhésion à de tels #discours, tellement contraires à l’#universalisme_humaniste et à l’intérêt de la majorité ? Au-delà de la confusion argumentaire des #réseaux_sociaux, entretenue par une presse et une édition aux mains de quelques milliardaires, on peut observer une confiscation des débats sous les invectives et, sous le couvert d’écologie « réaliste » ou « pragmatique », un contre-récit hélas efficace.

    L’#empathie pour les victimes des ravages environnementaux est empreinte de #fatalisme : la reconnaissance de l’échec de #politiques_publiques insuffisantes justifie l’abandon de toute nouvelle tentative. Cet échec est attribué aux politiques écologiques, alors qu’aucun programme à la hauteur des enjeux n’a jamais été appliqué – ne serait-ce que les propositions de la #convention_citoyenne_sur_le_climat mise en place en 2019. Certains poussent même la #mauvaise_foi jusqu’à prétendre que la France a pratiqué la #décroissance.

    L’#adaptation, faute d’avoir été vraiment préparée ‒ c’est pour beaucoup une des révélations douloureuses du moment ‒, devient un mot d’ordre néolibéral : à l’individu de s’adapter, par exemple pour « gérer son #écoanxiété », comme le recommandait le gouvernement le 23 juillet, sans jamais toucher aux causes systémiques et politiques. Or l’adaptation sans atténuation efficace aura toujours un train de retard et ne sera même plus possible, car la situation « exceptionnelle » de cet été n’est pas seulement la norme d’un #nouveau_régime_climatique, mais une étape vers le pire tant qu’on n’arrête pas la #fuite_en_avant. Les #mégabassines, dont la #loi_d’urgence_agricole prévoit de faciliter le développement plutôt que de repenser le #modèle_agricole, le montrent bien.

    L’#anti-écologisme n’est pas le simple résultat de lobbys qui réussiraient à manipuler l’opinion. Car le désaveu de l’écologie est aussi le fait d’une partie de la population à qui l’on fait croire qu’elle a davantage à y perdre qu’à y gagner. Les complicités sont étendues par les chaînes d’interdépendances qui nous attachent au monde de l’énergie fossile, et les transformations des façons de vivre sont à juste titre redoutées tant qu’elles sont prétextes à accroître les #inégalités.

    A contrario, un changement de système pour respecter les #limites_planétaires, décidé par des processus de #démocratie_délibérative et placé sous le signe de l’#égalité et de la #justice, permettrait à plus de 90 % de la population de vivre mieux, selon le Global Justice Report du [laboratoire de recherche international] World Inequality Lab. Mais ce #récit peine à concurrencer celui, simpliste et irresponsable, qui s’est imposé pour discréditer les alertes du #Club_de_Rome [groupe de réfléxion] qui, en 1972 [avec le #rapport_Meadows sur les #limites_de_la_croissance], prévoyait l’effondrement de nos sociétés si elles poursuivaient la #croissance_économique : enrichissons-nous quitte à ravager la planète, les générations futures trouveront bien des solutions si elles sont plus riches. Depuis plus de cinquante ans qu’elles se font attendre, les technopromesses de la #croissance_infinie nous mènent tout simplement au #chaos.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/22/une-minorite-privilegiee-sacrifie-la-planete-afin-de-preserver-ses-richesses
    #Steve_Hagimont #riches #richesse #techno-solutionnisme #agriculture

    • Ne doutons pas que Zaka veut toucher le maximum de monde par ses publications mais ce consensus m’énerve au plus haut point. Bien évidemment que le sujet « écologie » est éminemment politique puisqu’il s’agit de préserver les ressources naturelles que nous offre notre environnement proche pour assurer notre subsistance, la plus importante étant la production de nourriture et ce sont bien les plus démunis qui seront exposés aux pénuries alimentaires accès à l’eau potable inclus. De par le monde, certaines de ces populations sont entrées dans le dur depuis un bon moment surtout pour un accès équitable à l’eau.

    • D’une certaine façon, dire « c’est politique » ou « c’est apolitique », c’est parfois dire la même chose. Pour Zaka, c’est une façon de signifier que c’est un sujet tellement important que ça dépasse les querelles politiciennes, il souhaite signifier, àmtha, que ça nous concerne tous. Et pour d’autres, nous ici en particulier, dire « c’est politique », c’est une façon de signifier que ça nous concerne tous.

      Le terme politique est très lourdement connoté, et ça en devient une insulte, un mot péjoratif, ça en est devenu ce que les possédants veulent que ça devienne : un sujet sale, qui ne concerne personne, sauf eux, bien évidemment, qui sauront comment traiter le sujet, loin de nos regards et de nos conversations.

      Je sors moi aussi d’une cousinade, de plusieurs repas de famille, et parvenir à atteindre le niveau de discussion où on est d’accord pour dire que la politique, c’est le sujet noble qui concerne tout le monde, c’est long et ça ne tient pas dans le temps de cerveau disponible entre la viande et le fromage.

    • Oui j’entends ça (et je connais des gens très politisés qui ne supportent pas le mot politique) mais bien souvent quand on déclare quelque chose d’apolitique c’est qu’on imagine (souvent naïvement) un consensus mou autour de la question, sans remettre en cause les privilèges d’une minorité, en gros c’est business as usual modulo quelques ajustements pour corriger les « excès ». Le fait de dire que quelque chose est politique, c’est aussi induire que tout le monde n’est pas d’accord et qu’à un moment y aura des conflits à régler.

    • Et donc, remettons sur le métier le vieil adage qui veut que :
      « si tu n’occupes pas de politique, la politique, elle, s’occupe de toi » . ;-)
      Toutes ces discussions « en famille » (ou pas) à propos de ce sujet, encore une belle illustration de la #loi_de_Brandolini.

      En dernier lieu, on sait depuis un bout de temps sur quoi débouchent le plus souvent les postures « apolitiques » : #chacun_pour_sa_gueule

      Voir par ici ; https://seenthis.net/messages/1187588

      [edit]

      Pour Zaka, c’est une façon de signifier que c’est un sujet tellement important que ça dépasse les querelles politiciennes, il souhaite signifier, àmtha, que ça nous concerne tous.

      Oui, enfin, relativisons : on ne se sent pas concerné de la même manière suivant qu’on habite « sous les toits » ou qu’on déblatère sur un plateau TV climatisé et protégé de la honte par « un déo qui tient ».

  • Who Killed Jason Arday ? - Paul Tiyambe Zeleza
    https://paulddf.substack.com/p/who-killed-jason-arday

    Earlier this afternoon, my oldest boyhood friend, a distinguished international lawyer who received his doctorate at Cambridge, called me to share the tragic news that Jason Arday, the Black British academic, had been found dead. I have been following this story ever since it broke out in July. We commiserated about his tragic death, and concluded that Arday was killed by many people and institutions.

    Jason Arday’s death was the result of a convergence of forces that reveal the fragility of the racial settlement in post-imperial and postcolonial Britain and the contradictions of its elite institutions. He was eagerly elevated as a symbol, ruthlessly scrutinized as an anomaly, and callously discarded as a liability. His rise and fall expose the moral bankruptcy of a system that wants the appearance of racial progress without the work of structural change.

    Arday was killed by white liberal proponents of performative inclusion who propelled him, shrouding him with the aura of heroic exceptionalism. Cambridge presented him as its youngest Black professor and celebrated his life story as proof of institutional transformation. His appointment was marketed through a narrative of adversity and triumph that emphasized his autism, late speech, poverty, and extraordinary athletic feats. This pattern reflects what Musa al‑Gharbi identifies in his provocative book, We Have Never Been Woke: The Cultural Contradictions of a New Elite as the behavior of white liberal symbolic capitalists, a highly educated professional class that converts the visibility of marginalized individuals into moral and cultural currency. In al‑Gharbi’s analysis, elite “wokeness” functions as a prestige economy in which institutions and their leaders signal virtue through symbolic gestures that flatter their self‑image while leaving material inequalities untouched. Cambridge embraced Arday as a form of symbolic capital, a figure whose improbable ascent could be displayed as evidence of moral renewal without requiring structural reform.

    edit plagiat il y eu, alertes académiques aussi, et harcèlement néo-nazi également.

    #suicide #université #diversité_spectacularisée #racisme #méritocratie #plagiat

  • Les étudiants marocains touchés de plein fouet par la hausse des frais d’inscription en France
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/08/10/les-etudiants-marocains-touches-de-plein-fouet-par-la-hausse-des-frais-d-ins

    Les étudiants marocains touchés de plein fouet par la hausse des frais d’inscription en France
    Un décret, pris le 19 mai, restreint les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés pour les étudiants non européens. Parmi eux, les Marocains sont les plus nombreux à étudier dans les facultés françaises.
    Par Nada Didouh (Fès [Maroc], correspondance)
    Manutentionnaire dans un dépôt de poids lourds à Toulouse, Yassine (son prénom a été changé), 18 ans, soulève des colis de 50 kilos pour 60 euros la journée. « Je travaille tout l’été au lieu de rentrer au Maroc voir mes parents », confie cet étudiant en classe préparatoire intégrée dans une école d’ingénieurs, arrivé en France en 2025. « En travaillant les deux mois d’été, je peux économiser environ 2 000 euros. Mais ça reste trop peu par rapport aux frais qui arrivent. »
    En quelques mois, l’équation financière des étudiants extra-européens en France s’est en effet considérablement compliquée. Hausse des droits d’inscription, fin de l’aide personnalisée au logement (APL) pour les étudiants non boursiers et renforcement des conditions de ressources pour obtenir un titre de séjour, autant de mesures qui suscitent des inquiétudes.
    Les Marocains sont particulièrement concernés. Avec plus de 42 000 étudiants inscrits dans l’enseignement supérieur français sur l’année scolaire 2024-2025, selon Campus France, le Maroc constitue le premier pays d’origine des étudiants étrangers en France. Mais cette mobilité historique entre les deux pays est aujourd’hui fragilisée par un coût croissant des études.Un décret, pris le 19 mai, restreint désormais les possibilités d’exonération des droits d’inscription différenciés pour les étudiants non européens. Instaurés en 2019 dans le cadre du plan « Bienvenue en France », les frais d’inscription pour ces étudiants peuvent atteindre 2 895 euros par an en licence et 3 941 euros en master, contre une inscription chiffrée à respectivement 178 et 254 euros pour les étudiants français et européens. L’objectif affiché était de renforcer l’attractivité de l’enseignement supérieur français et de faire davantage contribuer les étudiants internationaux au financement de leur formation.
    Jusqu’ici, les universités avaient largement contourné la mesure, qu’elles jugeaient inégalitaire. Selon le ministère de l’enseignement supérieur, en 2024-2025, 90 % des 111 500 étudiants concernés bénéficiaient encore d’une exonération totale ou partielle. Mais le nouveau décret prévoit une baisse progressive de ces exonérations : 30 % d’étudiants exonérés à la rentrée 2026, puis 25 % en 2027 et 20 % en 2028. Le flou demeure sur les profils d’étudiants qui se verront exonérés partiellement ou entièrement de ces frais, mais « leurs ressources » seront prises en compte dans l’examen des demandes, d’après le texte.
    Amina Bentayeb devait faire sa rentrée en septembre à Aix-Marseille Université. La jeune Marocaine de Fès pensait avoir sécurisé son projet après avoir obtenu une exonération de 75 % de ses droits d’inscription. Elle a appris en juillet qu’elle devrait finalement s’acquitter de la totalité des frais. « J’avais construit tout mon projet autour de cette exonération. Aujourd’hui, je me demande si je vais pouvoir continuer. Je ne peux pas payer », confie la jeune étudiante.
    Pourtant, selon le ministère de l’enseignement supérieur, les étudiants ayant obtenu une exonération avant l’entrée en vigueur du décret, le 21 mai, sont censés en conserver le bénéfice. Alors, à Aix-Marseille, comme dans plusieurs universités, des syndicats étudiants se mobilisent pour faire valoir les droits des concernés et contester une application stricte du texte.
    Yassine, déjà engagé dans son cursus, ne sera pas concerné directement par cette hausse des frais de scolarité. La mesure s’applique uniquement aux nouveaux étudiants, ou à ceux qui changent d’établissement ou de cycle universitaire. Excellent élève, major de sa promotion, il bénéficie grâce à ses résultats d’une exonération partielle et paie environ 1 200 euros par an au lieu des 3 000 euros environ prévus. Mais la suppression des APL, entrée en vigueur le 1er juillet, modifie son équilibre.« Avant de venir en France, on m’a parlé des avantages financiers, notamment des APL. Après un an ici, je me retrouve face à une décision politique comme celle-là, franchement c’est choquant. » L’étudiant, originaire d’Oujda, envisage désormais d’autres options. « Mon frère est en Allemagne. Là-bas, les frais sont beaucoup plus bas et c’est plus facile de trouver du travail. » Il prévoit d’apprendre l’allemand à la rentrée.
    A Lyon, Ibrahim (il n’a pas souhaité donner son nom de famille), 19 ans, en deuxième année de bachelor universitaire de technologie informatique, a lui aussi vu son budget se réduire. « Je recevais 200 euros d’APL par mois. Je viens de vérifier sur mon compte de la CAF [Caisse d’allocations familiales], c’était bien mon dernier versement », raconte l’étudiant marocain, dont le loyer s’élève à 600 euros, sans les charges. « Ma mère va essayer de m’aider un peu plus, mais ça va être compliqué. Pour le reste, je vais devoir me débrouiller. » Ancien étudiant au lycée français Lyautey à Casablanca, il raconte que, dans son entourage, « de plus en plus de personnes regardent vers d’autres destinations. Au Maroc, on commence à délaisser la France ».
    Pour le sociologue Hicham Jamid, ces mesures s’inscrivent dans un durcissement plus large de la politique migratoire française. Selon lui, la hausse des frais s’ajoute à des démarches administratives plus complexes et à une précarité accrue : « La mobilité étudiante va devenir une affaire de classe sociale. La France essaie d’attirer les enfants de riches qui sont là juste pour avoir un diplôme français. »
    A ce jour, les données de Campus France Maroc ne montrent pas encore de recul du nombre de candidats. Pour la rentrée 2026-2027, les candidatures marocaines progressent même de 8 %, et le taux d’admission atteint 41 %. Ces chiffres restent toutefois difficiles à interpréter, les candidatures ayant été déposées bien avant l’annonce de ces mesures.

    #Covid-19#migrant#migration#france#politiquemigratoire#etudiant#allemagne#université#sante

  • #contributeur-g 002 - Geraldine Rauch, deutsche Mathematikerin, Präsidentin der TU Berlin
    https://de.wikipedia.org/wiki/Geraldine_Rauch

    On la regrette. La première femme qui a occupé le poste de président de l’Université Technique de Berlin a toujours fait preuve de courage et de droiture. Le lobby génocidaire a eu raison d’elle. Elle a perdu son poste après s’être intéressée de trop près au destin des victimes du sionisme.

    Sa collaboration avec les chémo-meurtriers da société multinationale sous contrôle suisse Roche n’a jaimais été un sujet d’enquête critique ni sa position de cheffe-de l’institut d’épidémiologie de la Charité. Passons, on ne fait pas d’omelette (ou de profs et présidents des écoles de meurtriers impérialistes) sans casser des oeufs.

    Geraldine Rauch (* 15. September 1982 in Heidelberg[1]) ist eine deutsche Mathematikerin. Sie leitet an der Charité Berlin als Universitätsprofessorin das Institut für Biometrie und klinische Epidemiologie. Von April 2022 bis März 2026 war sie Präsidentin der Technischen Universität Berlin.
    Ausbildung und berufliche Laufbahn
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    Geraldine Rauch erwarb ihre allgemeine Hochschulreife 2002 in Freiburg und begann noch im selben Jahr ein Studium der Mathematik mit dem Nebenfach Biologie an der Universität Bremen. Nach einem Studienaufenthalt an der Cardiff University[2] beendete sie ihr Studium im Juli 2007.[1] Von 2006 bis 2007 studierte sie zusätzlich zwei Semester Biometrie/Biostatistik an der Universität Bremen.[1] Von 2007 bis 2009 promovierte Rauch in der Abteilung Biostatistik bei Roche Diagnostics Penzberg in Kooperation mit der Universität Bremen. Sie wurde mit einer mit magna cum laude bewerteten Dissertation zum Thema The LORELIA Residual Test bei Jürgen Timm[3] promoviert.[1]

    Von 2009 bis 2016 arbeitete Rauch als wissenschaftliche Mitarbeiterin am Institut für Medizinische Biometrie und Informatik am Universitätsklinikum Heidelberg. Dort übernahm sie 2012 die Leitung der Arbeitsgruppe „Klinische Studien“. Im Januar 2015 schloss sie ihre Habilitation ab und erwarb die Lehrberechtigung im Fach Medizinische Biometrie.[4] 2017 folgte sie zunächst einem Ruf an das Universitätsklinikum Hamburg-Eppendorf zur Universitätsprofessorin für Medizinische Biometrie und zur stellvertretenden Direktorin des Instituts für Medizinische Biometrie und Epidemiologie.[2] Bereits im Juli 2017 wechselte Rauch an die Charité – Universitätsmedizin Berlin als Professorin (W3) für Medizinische Biometrie und übernahm die Leitung des Instituts für Biometrie und klinische Epidemiologie.[4] Ab Januar 2020 war sie gewählte Prodekanin für Studium und Lehre mit lebens- und gesundheitlichem Schwerpunkt an der Charité – Universitätsmedizin Berlin.[4]

    Am 19. Januar 2022 wurde sie als Nachfolgerin von Christian Thomsen zur Präsidentin der Technischen Universität Berlin gewählt. Sie trat ihr Amt am 1. April 2022 an und wurde damit die erste Frau in der Geschichte der TU Berlin auf diesem Posten.[5] Im August 2022 wurde sie in den Zukunftsrat des Bundeskanzlers berufen.[6] Diesen Posten verlor sie im Juni 2024, nachdem sie in die Kritik geraten war, weil sie auf X mindestens einen antisemitischen Post zum Gaza-Krieg mit „gefällt mir“ markiert hatte.[7]

    2023 wurde Rauch zum ordentlichen Mitglied der Deutschen Akademie der Technikwissenschaften (acatech) gewählt.[8]

    Anfang Dezember 2025 scheiterte Rauchs Wiederwahl als Präsidentin der Technischen Universität Berlin gegen Fatma Deniz. Bei der Wahl erhielt Deniz 42 Stimmen, während Rauch nur 18 Stimmen erhielt. Rauchs Amtszeit endete am 31. März 2026.[9]
    Forschungsschwerpunkte
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    Rauchs Forschungsschwerpunkte liegen im Bereich der Methodik für klinische Studien. Dort beschäftigt sie sich unter anderem mit adaptiven Studiendesigns und Methoden der Fallzahlrekalkulation. In dem von ihr bis zu ihrem Wechsel geleiteten Institut für Biometrie und klinische Epidemiologie wird an der Integration und Entwicklung neuer statistischer Methoden zur besseren und genaueren Umsetzung von Studien und Forschungsprojekten geforscht.[10]
    Öffentliche Wahrnehmung
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    Rauchs Amtsführung als Universitätspräsidentin war Gegenstand intensiver öffentlicher Debatten. Im Februar 2024 geriet sie nach einem Gastbeitrag in die Kritik, in dem sie das Netzwerk Wissenschaftsfreiheit scharf angriff, woraufhin eine Dienstaufsichtsbeschwerde gegen sie eingereicht wurde.[11] Im Mai 2024 löste ihr Interaktionsverhalten auf der Plattform X bundesweite Kontroversen aus, nachdem sie antisemitische und israelfeindliche Bildinhalte geliked hatte.[12] Trotz breiter Rücktrittsforderungen aus Politik und jüdischen Verbänden sowie eines knappen Votums des Akademischen Senats lehnte sie einen Rücktritt ab und beantragte ein Disziplinarverfahren gegen sich selbst.[13] In der Folge verlor sie ihren Sitz im Zukunftsrat der Bundesregierung und trat vorzeitig als Sprecherin der „Berlin University Alliance“ zurück.[14] Eine im August 2025 verhängte Disziplinarverfügung wurde im Mai 2026 von der Senatsverwaltung vor Gericht wieder zurückgezogen, da das Liken von der Meinungsfreiheit gedeckt war.[15]
    Familie
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    Geraldine Rauch ist verheiratet und hat einen Sohn. Sie wohnt in Berlin.[16]
    Veröffentlichungen
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    Geraldine Rauch, Rainer Muche, Reinhard Vonthein (Hrsg.): Zeig mir Biostatistik! Ideen und Material für einen guten Biometrie-Unterricht, Springer Verlag, Berlin Heidelberg 2014, ISBN 978-3-642-54336-4.
    Geraldine Rauch, Svenja Schüler, Meinhard Kieser: Planning and Analyzing Clinical Trials with Composite Endpoints. Springer, 2017, ISBN 978-3-319-73769-0.
    Geraldine Rauch, Konrad Neumann, Ulrike Grittner, Carolin Herrmann, Jochen Kruppa: Medizinische Statistik für Dummies. Wiley-VCH, 2020, ISBN 978-3-527-71584-8.

    Weblinks
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    Literatur von und über Geraldine Rauch im Katalog der Deutschen Nationalbibliothek
    Institut für Biometrie der Charité - Universitätsmedizin Berlin
    Geraldine Rauch Publikationen indexiert durch Scopus

    Einzelnachweise
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    Lebenslauf. Arzneimittelkommission der Deutschen Ärzteschaft, archiviert vom Original am 9. Mai 2022; abgerufen am 12. August 2022.
    Berliner Institut für Gesundheitsforschung-Charité und Max-Delbrück-Centrum: Pressemitteilung: Charité und BIH stärken klinische Forschung – Aktuelles – BIH at Charité. Abgerufen am 19. Oktober 2021 (deutsch).
    The LORELIA Residual Test. In: Deutsche Nationalbibliothek. Abgerufen am 15. Juni 2026.
    Lebenslauf Geraldine Rauch. Charité, archiviert vom Original am 19. Januar 2022; abgerufen am 12. August 2022.
    Wissenschaftssenatorin Ulrike Gote gratuliert Prof. Dr. Geraldine Rauch zur Wahl zur ersten Präsidentin der TU Berlin. 19. Januar 2022, abgerufen am 21. Januar 2022.
    Zukunftsrat der Bundesregierung. Abgerufen am 6. Juni 2024.
    TU-Präsidentin verliert Posten im Zukunftsrat. Tagesschau, 7. Juni 2024.
    Clemens Wolf: acatech gewinnt 39 führende Wissenschaftlerinnen und Wissenschaftler als neue Mitglieder. In: acatech. 6. Dezember 2023, abgerufen am 3. Dezember 2025.
    TU Berlin: Geraldine Rauch verliert Wahl zur Präsidentin – Fatma Deniz übernimmt. In: Der Spiegel. 3. Dezember 2025, ISSN 2195-1349 (spiegel.de [abgerufen am 3. Dezember 2025]).
    Forschungsschwerpunkte. In: Institut für Biometrie und Klinische Epidemiologie. Abgerufen am 20. Oktober 2021.
    Mathias Brodkorb: Bloß eine private Meinungsäußerung?. In: Frankfurter Allgemeine Zeitung. 30. März 2024.
    Präsidentin der TU Berlin likte offenbar antisemitische Tweets. In: Der Tagesspiegel Online. 29. Mai 2024, abgerufen am 15. Juni 2026.
    Knappe Mehrheit im AS für Rücktritt der TU-Präsidentin. 6. Juni 2024, abgerufen am 15. Juni 2026.
    TU-Präsidentin Rauch verliert Posten im Zukunftsrat. 7. Juni 2024, abgerufen am 15. Juni 2026.

    Disziplinarverfügung gegen Geraldine Rauch aufgehoben. Forschung & Lehre, 26. Mai 2026, abgerufen am 23. Juni 2026. https://www.forschung-und-lehre.de/recht/disziplinarverfuegung-gegen-geraldine-rauch-aufgehoben-7711

    Auf die Persönlichkeit kommt es an. Abgerufen am 16. August 2023. https://www.tu.berlin/ueber-die-tu-berlin/organisation/universitaetsleitung/das-praesidium-stellt-sich-vor/geraldine-rauch-stellt-sich-vor

    Rektoren und Präsidenten der Technischen Hochschule/Universität Berlin

    Technische Hochschule: Friedrich Karl Hermann Wiebe (1879–1881) | Emil Winkler (1881–1882) | Bernhard Kühn (1882–1883) | Guido Hauck (1883–1885) | Eduard Dobbert (1885–1886) | Friedrich Rüdorff (1886–1887) | Georg Meyer (1887–1888) | Julius Schlichting (1888–1889) | Johann Eduard Jacobsthal (1889–1890) | Franz Reuleaux (1890–1891) | Richard Doergens (1891–1892) | Emil Lampe (1892–1893) | Hermann Rietschel (1893–1894) | Adolf Slaby (1894–1895) | Heinrich Müller-Breslau (1895–1896) | Guido Hauck (1896–1897) | Otto Nikolaus Witt (1897–1898) | Adolf Goering (1898–1899) | Alois Riedler (1899–1900) | Fritz Wolff (1900–1901) | Johann Friedrich Bubendey (1901–1902) | Otto Kammerer (1902–1903) | Georg Hettner (1903–1904) | Adolf Miethe (1904–1905) | Oswald Flamm (1905–1906) | Max Grantz (1906–1907) | Otto Kammerer (1907–1908) | Richard Borrmann (1908–1909) | Walther Mathesius (1909–1910) | Heinrich Müller-Breslau (1910–1911) | Georg Wilhelm Scheffers (1911–1912) | Emil Josse (1912–1913) | Friedrich Romberg (1913–1914) | Hugo Hartung (1914–1915) | George Henry de Thierry (1915–1916) | Max Kloss (1916–1917) | Hermann Hüllmann (1917–1918) | Eugen Jahnke (1919–1920) | Robert Pschorr (1920–1921) | Rudolf Rothe (1921–1922) | Erich Blunck (1922–1923) | Walter Laas (1923–1924) | Ernst Orlich (1925–1926) | Alfred Stavenhagen (1926–1927) | Hermann Boost (1927–1928) | Georg Hamel (1928–1929) | Rudolf Drawe (1929–1930) | Daniel Krencker (1930–1931) | Ludwig Tübben (1931–1933) | Achim von Arnim (1934–1938) | Ernst Storm (1938–1942) | Oskar Niemczyk (1943–1944) | Max Volmer (Anfang Juni 1945, komm.) | Georg Schnadel (Juni 1945 bis Oktober 1945, komm.). Technische Universität: Walter Kucharski (1946–1947) | Jean D’Ans (1947–1948) | Kurt Apel (1948–1949) | Hans Freese (1949–1950) | Walter Pflaum (1950–1951) | Iwan Stranski (1951–1953) | Otto Dahl (1953–1955) | Johannes Lorenz (1955–1956) | Kurt Dübbers (1956–1957) | Werner Kniehahn (1957–1959) | Otto R. Schnutenhaus (1959–1960) | Johannes Lorenz (1960–1961) | Herbert Kölbel (1961–1963) | Paul Hilbig (1963–1965) | Friedrich-Wilhelm Gundlach (1965–1967) | Kurt Weichselberger (1967–1968) | Hans Wever (1968–1970) | Alexander Wittkowsky (1970–1977) | Rolf Berger (1977–1978) | Jürgen Starnick (1979–1985) | Manfred Fricke (1985–1993) | Dieter Schumann (1993–1997) | Hans-Jürgen Ewers (1997–2002) | Kurt Kutzler (2002–2010) | Jörg Steinbach (2010–2014) | Christian Thomsen (2014–2022) | Geraldine Rauch (2022–2026) | Fatma Deniz (seit 2026).

    Normdaten (Person): GND: 139823492 (lobid, GND Explorer, OGND) | LCCN: n2018189291 | VIAF: 102666245 | Wikipedia-Personensuche
    Personendaten
    NAME Rauch, Geraldine
    KURZBESCHREIBUNG deutsche Mathematikerin
    GEBURTSDATUM 15. September 1982
    GEBURTSORT Heidelberg
    Zuletzt bearbeitet vor 21 Tagen

    Voici un exemple des dénonciations par le lobby de l’impérialisme sioniste

    „Sie befeuert Vorurteile gegen bedrohte Minderheiten“ : Präsidentin der TU Berlin wegen Angriff auf jüdisch-kurdische Veranstaltung in der Kritik
    https://www.msn.com/de-de/nachrichten/other/sie-befeuert-vorurteile-gegen-bedrohte-minderheiten-pr%C3%A4sidentin-der-tu-berlin-wegen-angriff-auf-j%C3%BCdisch-kurdische-veranstaltung-in-der-kritik/ar-AA1P0RgI

    12/2025 von Hannes Heine /Tagesspiegel -

    Weil Geraldine Rauch eine jüdisch-kurdische Veranstaltung an der Technischen Universität Berlin (TU) denunziert habe, solle sie als Präsidentin der Hochschule zurücktreten. Das sagte Ali Toprak, der Vorsitzende der Kurdischen Gemeinde Deutschland, dem Tagesspiegel: „Schon letztes Jahr hatte Rauch öffentlich Islamisten verharmlost – nun prangert sie eine Aufklärungsveranstaltung über religiöse Fanatiker an. Rauch befeuert so indirekt Vorurteile gegen die von Fundamentalisten bedrohten Minderheiten.“

    Steigbügelhalter der Gotteskrieger sind ausgerechnet Funktionäre der deutschen Mittelschicht. Ali Toprak von der Kurdischen Gemeinde Deutschland

    Wie berichtet, ging Rauch vergangene Woche gegen eine Veranstaltung einer jüdisch-kurdischen Fraueninitiative wegen deren angeblicher Muslimfeindlichkeit vor. Eine E-Mail der Präsidentin an den Allgemeinen Studierendenausschusses (Asta) fassten einige als Versuch auf, die Veranstaltung über islamistische Gefahren zu verhindern. Die „Welt“ berichtete zuerst. Das Treffen des jüdisch-kurdischen Projekts „Pek Koach“ fand trotz des Drucks von oben statt.

    Islamisten-Post schon 2024

    „Nicht nur, aber eben auch an der TU Berlin werden Opfer von Islamisten verächtlich gemacht“, sagte Toprak. „Juden, Drusen, Christen, Aleviten, aber auch muslimische Kurden, überhaupt Liberale aus der islamischen Welt fürchten um ihre Sicherheit. Und als Steigbügelhalter der Gotteskrieger treten ausgerechnet Funktionäre aus der deutschen Mittelschicht auf.“

    An der Hochschule herrsche ein „Klima der Denunziation“: Wer sich bezüglich des Nahost-Konflikts nicht als Unterstützer arabischer Kräfte zeige, müsse damit rechnen, beschimpft zu werden. Das berichten ein Student und unabhängig davon ein Angestellter der TU. Deren Einschätzungen sind nicht repräsentativ, die TU zählt fast 35.000 Studierende. Aber sie passen zu Berichten aus der TU, die den Tagesspiegel vergangenes Jahr erreichten.

    Sie wendet sich gegen Frauen, Juden, Kurden und distanziert sich von ihrer studentischen Hochschulvertretung. Adrian Grasse, CDU-Wissenschaftspolitiker

    Rauch hatte im Mai 2024 einen antisemitischen Post auf der Plattform X mit „Gefällt mir“ markiert: Zu sehen war ein Foto eines offenbar islamistischen Marsches in der Türkei, auf dem Israels Premier Benjamin Netanjahu mit Hakenkreuzen gezeigt wurde. Rauch erklärte, im Amt zu bleiben. Nun kandidiert sie erneut, will also als Präsidentin im Amt bestätigt werden.
    Schaden für Berlins Forschung

    Der Berliner SPD-Spitzenkandidat Steffen Krach sagte auf Anfrage: „Die Präsidentin wird mehr und mehr zur Belastung für die Technische Universität und den Innovationsstandort Berlin – der aktuelle Vorfall macht das wieder einmal deutlich.“ Krach ist derzeit Regionspräsident in Hannover, von 2016 bis 2021 war er in Berlin der Wissenschaftsstaatssekretär.

    „Sie wäre gut beraten, von ihrer Kandidatur zurückzutreten“, schrieb Ex-TU-Präsident Kurt Kutzler, „sonst müsste man den Mitgliedern der Wahlgremien empfehlen, ihr die Stimme zu versagen.“

    Auch der Hochschulexperte der CDU im Bundestag, Adrian Grasse, forderte Rauch auf, das Amt ruhen zu lassen. Wiederholt schade die Präsidentin dem Ruf der TU. Es sei inakzeptabel, dass sie versucht habe, die Asta-Veranstaltung zu verhindern: „Damit verharmlost sie nicht nur die Gefahr islamistischer Ideologien, sondern wendet sich auch gegen Frauen, gegen Juden, gegen Kurden und distanziert sich zudem von ihrer studentischen Hochschulvertretung.“

    Grasse hatte Rauch schon im Jahr 2024 kritisiert, als er noch Wissenschaftspolitiker der CDU im Abgeordnetenhaus war. Die am Mittwoch in der TU vorgestellte Broschüre der jüdisch-kurdischen Pek-Koach-Initiative zitiert Betroffene islamistischer Fanatiker.

    #Allemagne #Berlin #Palestine #génocide #sionisme #université #iatrocratie #technologie

  • Puntata del 21/07/2026@0
    https://radioblackout.org/podcast/puntata-del-21-07-2026

    Il primo approfondimento della puntata lo abbiamo fatto in compagnia di Sandro, lavoratore in università di #torino iscritto al sindacato di base #cub. Con lui abbiamo commentato quanto riportato nel loro ultimo comunicato: “La gestione del cambio d’appalto per i servizi di portierato e supporto logistico dell’Università di Torino è inaccettabile. Tra proroghe infinite e […]

    #cambio_appalto #controlli #Ispettorato_Nazionale_del_Lavoro #ispettori_del_lavoro #Ispettrice_del_lavoro #morti_sul_lavoro #prevenzione #servizi_portierato #unito #Univeristà
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/07/F_m_21_07_Sandro-CUB-UniTo-su-cambio-appalti-portierato.mp3

  • Federico II: tre nuovi percorsi di studio dall’anno 2026/2027
    https://informareonline.com/federico-ii-tre-nuovi-percorsi-di-studio-dallanno-2026-2027

    La Federico II secondo arricchisce la propria offerta formativa con tre nuovi percorsi di studio a partire dall’anno accademico 2026/2027, di cui due in lingua inglese, valorizzando così un approccio internazionalistico, multidisciplinare e orientato all’innovazione. Nuovi percorsi tra medicina e innovazione L’ateneo offrirà dal prossimo anno il nuovo corso in Veterinary Medicine, magistrale a ciclo […] L’articolo Federico II: tre nuovi percorsi di studio dall’anno 2026/2027 proviene da Informareonline, scritto da Davide Puzone

    #Approfondimenti #Cultura #campania #cultura #Napoli #Università

  • Sgomberato SOCS
    https://radioblackout.org/2026/07/sgomberato-socs

    Stamattina all’alba, a #milano, numerosi celerini, digossini e altro personale di polizia hanno fatto irruzione negli immobili di via Celoria 26, di proprietà dell’Università Statale, per mettere fine all’occupazione universitaria del Settore occupato Città Studi (SOCS), occupato dal 2024 in sostegno al popolo palestinese. Questo ennesimo sgombero di una realtà autogestita avviene a ventiquattro ore […]

    #altavisibilita #L'informazione_di_Blackout #occupazioni #Sgomberi #università
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/07/sgombero_socs_milano.mp3

  • MNC 2026 Napoli, alla Federico II il simposio IEEE su reti e telecomunicazioni
    https://informareonline.com/mnc-2026-napoli-federico-ii-simposio-ieee-reti-telecomunicazioni

    Dal 13 al 16 luglio la Federico II ospita MNC 2026 Napoli, simposio IEEE dedicato alle misure per reti e telecomunicazioni. MNC 2026 Napoli: cosa prevede il simposio alla Federico II Dal 13 al 16 luglio l’Università Federico II di Napoli ospita l’ottava edizione del simposio internazionale promosso dall’IEEE. L’evento, quest’anno ribattezzato International Symposium on […] L’articolo MNC 2026 Napoli, alla Federico II il simposio IEEE su reti e telecomunicazioni proviene da Informareonline, scritto da Giovanni Basile

    #Approfondimenti #Attualità #Federico_II_Napoli #Università

  • #Informare e Università: attivati tirocini con La Sapienza e Roma Tre, oltre agli atenei campani
    https://informareonline.com/informare-e-universita-attivati-tirocini-con-la-sapienza-e-roma-tre

    Informare e #Officina_Volturno sono luoghi formati da giovani, e sono fatti per i giovani. È la frase che contraddistingue le nostre attività dall’anno di fondazione, il 2002, quando magari si pensava che il giornale e l’associazione sarebbero state solo momentanee, di passaggio, create per offrire ai giovani del territorio uno spazio temporaneo di educazione […] L’articolo Informare e Università: attivati tirocini con La Sapienza e Roma Tre, oltre agli atenei campani proviene da Informareonline, scritto da Donato Di Stasio

    #Approfondimenti #Attualità #Magazine_Luglio_2026 #scuola #Università

  • #Joseph_Wato nommé premier Fellow pour la transformation de la santé mondiale
    https://redasadki.me/2026/07/08/joseph-wato-nomme-premier-fellow-pour-la-transformation-de-la-sante-mondia

    English | Français Genève, le 9 juillet 2026 (La Fondation Apprendre Genève) – Nous avons le plaisir d’annoncer que Joseph WATO a été nommé par la Fondation Apprendre Genève le premier Fellow pour la transformation de la santé mondiale. Joseph WATO : du village à la table du conseil « Vous allez à Genève. Vous assistez à […]

    #Global_health #The_Geneva_Learning_Foundation #Cameroon #Civil_Society_Organizations #Community_Health_Workers #fellowship #Global_Fund #global_health #health_financing #health_workers #malaria #peer_learning #RBM_Partnership_to_End_Malaria #TGLF_Fellow_for_the_transformation_of_global_health #Universal_Health_Care_UHC_

  • #Joseph_Wato appointed first TGLF Fellow for the transformation of #Global_health
    https://redasadki.me/2026/07/08/joseph-wato-appointed-first-tglf-fellow-for-the-transformation-of-global-h

    Geneva, 9 July 2026 (The GEneva Learning Foundation) – We are pleased to announce that Joseph WATO is the first Fellow of #The_Geneva_Learning_Foundation for the transformation of #global_health. Joseph WATO: from the village to the board table “You go to Geneva. You sit in all these meetings. How does that help […]

    #Cameroon #Civil_Society_Organizations #Community_Health_Workers #fellowship #Global_Fund #health_financing #health_workers #malaria #peer_learning #RBM_Partnership_to_End_Malaria #TGLF_Fellow_for_the_transformation_of_global_health #Universal_Health_Care_UHC_

  • #UPLOAD dans un recueil de nouvelles #Solarpunk
    https://framablog.org/2026/07/06/upload-dans-un-recueil-de-nouvelles-solarpunk

    Cela fait plusieurs années que Framasoft participe à des ateliers d’écriture solarpunk dans le cadre d’une Activité Pédagogique d’Intersemestre à l’Université de Technologie de Compiègne (voir l’annonce originelle publiée en 2024). À chaque fin de session, les étudiantes et étudiants … Lire la suite­­

    #Communs_culturels #Enjeux_du_numérique #atelier #communs #écriture #étudiant⋅es #fiction #low-tech #manifeste #SF #StéphaneCrozat #Universite #UTC

  • #Napoli, #Andrea_Mazzucchi è il nuovo #rettore della Federico II
    https://informareonline.com/napoli-andrea-mazzucchi-e-il-nuovo-rettore-della-federico-ii

    Si sono concluse le elezioni per nominare il nuovo rettore dell’Università degli Studi di Napoli Federico II. E il verdetto è arrivato ancor prima della fine dello spoglio delle schede elettorali: Andrea Mazzucchi è ufficialmente il nuovo rettore del primo ateneo laico d’Italia. Docente di Filologia e direttore del Dipartimento di studi umanistici dell’università, ha […] L’articolo Napoli, Andrea Mazzucchi è il nuovo rettore della Federico II proviene da Informareonline, scritto da Alessandro Giuseppe Terracciano

    #Approfondimenti #Attualità #Università_degli_Studi_di_Napoli_Federico_II

  • #capri, i fondali dell’isola azzurra cullano il #limoncello immerso dall’Antica Distilleria Petrone
    https://informareonline.com/capri-i-fondali-dellisola-azzurra-cullano-il-limoncello-immerso-dal

    È giunto alla seconda edizione un appuntamento ormai divenuto imperdibile. Dopo aver già fatto la storia con l’Elixir Falernum, sottoposto ad affinamento underwater, non si esauriscono gli studi condotti dall’Antica Distilleria Petrone nel mondo dell’affinamento subacqueo. In particolare, protagonista delle indagini è stato il prodotto più iconico che contraddistingue la storica azienda casertana nel panorama […] L’articolo Capri, i fondali dell’isola azzurra cullano il limoncello immerso dall’Antica Distilleria Petrone proviene da Informareonline, scritto da Alessandro Giuseppe Terracciano

    #Approfondimenti #Attualità #EVIDENZA #Antica_Distilleria_Petrone #Dipartimento_di_Agraria #Università_degli_Studi_di_Napoli_Federico_II

  • Beijing Foreign Studies University (BFSU) School of Marxism
    https://en.bfsu.edu.cn/2025/06/27/c_158092.htm

    En Chine on étudie édite les oeuvres de Marx (卡尔·马克思) et Engels (弗里德里希·恩格斯).

    Beijing Foreign Studies University (BFSU) has a rich history dating back to its origins as the Russian Language Unit of the Third Branch of the Anti-Japanese Military-Political University established in 1941, and later the Yan’an School of Foreign Languages. As the first foreign language institution established by the Communist Party of China, BFSU embodies revolutionary heritage and patriotism. The university has a strong tradition of ideological, political and Marxist theoretical education, offering courses in politics and foreign languages as early as the Yan’an period (1935-1948). It established the Marxism-Leninism Teaching and Research Office in 1951 and officially founded the School of Marxism in June 2014.

    The School of Marxism places a strong emphasis on discipline development and theoretical research, particularly focusing on the study of Marxist theory. In 2018, BFSU received approval to offer a first-level master’s program in Marxist theory, with specializations including the fundamental principles of Marxism, the adaptation of Marxism to the Chinese context, and ideological and political education. In 2016, the school was designated as the Collaborative Innovation Center on the Global Influence of Socialism with Chinese Characteristics for Beijing Universities. In 2018, the school was recognized as one of Beijing’s research bases for Xi Jinping Thought on Socialism with Chinese Characteristics for a New Era. Additionally, in 2020, it was designated as a key institution for Marxist studies in Beijing. Building on the history and realities of BFSU, the School of Marxism prioritizes the inheritance of revolutionary ideals and focuses on Marxist research and socialism with Chinese characteristics. By integrating historical and contemporary perspectives, theory and practice, and conducting comparative studies between China and the world, the school is gradually cultivating its unique strengths and fulfilling its role.

    The school places great emphasis on faculty development, focusing on overall improvement, collaborative teamwork, and attracting outstanding talents. The school boasts a dynamic team of young teachers, with an average age below 45. These educators are all graduates of leading institutions in China, specializing in Marxist theory and related fields. The school’s faculty members have received prestigious accolades such as National Outstanding Teacher, Distinguished Professor or Teacher of Ideological and Political Theory from Beijing Universities, nomination for the Beijing People’s Teacher Award, Model Worker in Moral Education in Beijing, and Educators with Exceptional Professional Ethics in Beijing.

    The school remains dedicated to its mission of instilling knowledge and nurturing virtues, with an emphasis on encouraging critical thinking, producing research papers, and integrating research outcomes into the classroom to enhance the synergy between teaching and research. This approach has significantly improved the quality of ideological and political education, resulting in numerous research achievements. Over the past five years, the school has published over 220 articles and papers in reputable publications such as People’s Daily, Guangming Daily, Economic Daily and Qiushi Journal. Additionally, the school has undertaken 23 national, provincial, and ministerial-level projects, laying a solid foundation for establishing itself as a leading center for Marxist theory teaching, research, dissemination and talent cultivation in Beijing.

    #Chine #université #marxisme

  • Caserta: la Vanvitelli inaugura il primo #SCUP del Sud Italia
    https://informareonline.com/caserta-la-vanvitelli-inaugura-il-primo-scup-del-sud-italia

    L’Università Luigi Vanvitelli firma una svolta decisiva sul fronte della salute psicologica e dell’inclusione sociale. È stato ufficialmente inaugurato il Centro di Ateneo dei Servizi Clinici Universitari Psicologici (SCUP), una struttura d’avanguardia che si configura come il primo polo di questo genere in tutto il Sud Italia. Il nuovo centro nasce con l’obiettivo di unire […] L’articolo Caserta: la Vanvitelli inaugura il primo SCUP del Sud Italia proviene da Informareonline, scritto da Maria Grazia Canzano

    #Approfondimenti #Attualità #benessere_mentale #Università_degli_Studi_della_Campania_Luigi_Vanvitelli

  • Classifica Qs Rankings 2027 delle Università italiane: la Federico II compie nuovi passi da gigante
    https://informareonline.com/classifica-qs-rankings-2027-delle-universita-italiane-la-federico-i

    L’Università degli Studi di Napoli Federico II compie nuovi importanti passi da gigante. Secondo gli studi pubblicati all’interno della classifica del #Qs_World_University_Rankings_2027, sviluppata da #QS_Quacquarelli_Symonds, l’ateneo partenopeo svetta nel panorama nazionale per i grandi segnali di crescita che ha registrato e continua a rilevare. Notevoli, dopotutto, sono stati i […] L’articolo Classifica Qs Rankings 2027 delle Università italiane: la Federico II compie nuovi passi da gigante proviene da Informareonline, scritto da Alessandro Giuseppe Terracciano

    #Approfondimenti #Attualità #EVIDENZA #Parthenope #politecnico_di_milano #Università_degli_Studi_di_Napoli_Federico_II