• US academics feel the invisible hand of politicians and big #agriculture | Environment | The Guardian
    https://www.theguardian.com/environment/2019/jan/31/us-academics-feel-the-invisible-hand-of-politicians-and-big-agriculture

    [...] over the past 30 years, as public funding for university research has dried up, private industry money has poured in. And with industry money comes industry priorities. #agribusiness has funded research that has advanced its interests and suppressed research that undermines its ability to chase unfettered growth. The levers of power at play can seem anecdotal – a late-night phone call here, a missed professional opportunity there. But interviews with researchers across the US revealed stories of industry pressure on individuals, university deans and state legislatures to follow an #agenda that prioritises business over human health and the environment.

    Take Iowa, a state that is, in both identity and capacity, American farm country. According to data released by the US Department of Agriculture (USDA) in October 2018, the state produces more commodity corn and hogs – and in many years, soybeans – than any other US state. In Iowa, pigs outnumber people by nearly eight to one.

    For decades, deep relationships have existed between the agriculture industry and the state’s politicians – and increasingly those alliances are catching the state’s universities in their crosshairs. In 1980, when the federal government passed the Bayh-Dole Act, encouraging universities to partner with the private sector on agricultural research, leaders at academic institutions were incentivised to seek money from agribusiness. Two of the state’s universities in particular seem to have felt the reach of this policy: Iowa State, which is a land-grant institution, and the University of Iowa, which doesn’t have an agriculture school but feels the pressure of agribusiness #influence. Researchers at both institutions told us they had felt the direct impact of agribusiness dollars on their work.

    #etats-unis #recherche #universités #universitaires#partenariat#corruption #décideurs #conflit_d'intérêt

  • « #Gilets_jaunes » : une #enquête pionnière sur la « révolte des revenus modestes »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/11/gilets-jaunes-une-enquete-pionniere-sur-la-revolte-des-revenus-modestes_5395

    Une équipe de 70 #universitaires mobilisée
    Collectif d’universitaires, nous avons lancé, dès la fin du mois de novembre, une enquête de terrain pour comprendre le mouvement des « gilets jaunes ». Nous sommes allés les rencontrer dans différentes régions de France, dans les manifestations et sur les ronds-points. Nous livrons ici les premiers résultats sur les profils et les motivations qui apparaissent derrière les « gilets jaunes ».

    Le 21 octobre, Priscillia Ludosky crée une pétition en ligne « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe ! ». Rapidement et massivement diffusée sur les réseaux sociaux, relayée par les médias, la pétition atteint 200 000 signataires en quelques jours, et plus de 1 million aujourd’hui.

    Une journée d’action est prévue le 17 novembre, avec pour mots d’ordre la baisse des taxes et du prix des carburants. Cette mobilisation est préparée de manière décentralisée et autonome par des groupes locaux et nationaux, qui s’organisent notamment sur la plate-forme Facebook. Le 17 novembre, ce sont plus de 280 000 personnes, vêtues d’un gilet jaune, qui participent à cette mobilisation dans la France entière, principalement à travers des actions de blocage des routes, au niveau des ronds-points ou péages. A Paris, une manifestation a lieu sur les Champs-Elysées et certains manifestants tentent de se rendre au palais de l’Elysée, avant d’être bloqués par la police. Dans les jours qui suivent cette journée de mobilisation, les blocages continuent et d’autres journées de manifestations sont lancées pour les samedis suivants.

    Au lendemain du 17 novembre, des chercheuses du Centre Emile-Durkheim (Bordeaux) lancent un appel à participation auprès de la communauté des chercheurs et chercheuses en science politique pour comprendre le mouvement. Le collectif compte aujourd’hui près de 70 personnes, qui sont des enseignants-chercheurs, des chercheurs au #CNRS et à l’#INRA, des docteurs sans poste, des étudiantes et étudiants. #Sociologues, #politistes et #géographes travaillent ensemble sur la base du volontariat.

    L’ampleur du mouvement et la rapidité avec laquelle il s’est constitué, en dehors des organisations syndicales et des partis, tout comme ses modes d’action et ses mots d’ordre interpellent. Qui sont les « gilets jaunes » ? Que souhaitent-ils ? Assiste-t-on à un renouvellement profond des modalités de la protestation et de la politique ? Faut-il y voir un retour de formes traditionnelles de révoltes populaires ? Comment un tel mouvement est-il susceptible d’évoluer dans le temps et comment comprendre sa portée ?

    166 #questionnaires analysés
    L’objectif de l’enquête « gilets jaunes » est de récolter des données pour saisir sociologiquement ce mouvement. Il s’agit de comprendre sa complexité, sa composition et son évolution, de recueillir les revendications de ses participants et participantes et de mesurer la variété de ses modalités d’organisation et de mobilisation. Des groupes de travail se sont mis en place à partir de différentes méthodes : observation sur le terrain, analyse lexicométrique des réseaux sociaux, questionnaires, entretiens, cartographie. Parallèlement à ce questionnaire, une équipe de géographes mène une enquête complémentaire en Normandie. Les données sont toujours en cours de décryptage. Les premiers résultats présentés ici sont basés spécifiquement sur l’analyse des questionnaires administrés dans les manifestations, sur les ronds-points et aux péages.

    • Nous partons du terrain pour établir nos résultats. La parole des personnes et leurs attentes sont au cœur de l’enquête, notre objectif a été de les récolter et de les restituer le plus fidèlement possible. Les données sont traitées selon des méthodologies croisées qui rendent compte du mouvement d’une manière plus approfondie et complexe qu’un seul point de vue ne permet de le faire.

      L’équipe « questionnaires » se compose de 13 personnes basées à Bordeaux et sa région, Marseille, Caen et sa région, Rennes, Montpellier, Grenoble et sa région. Pour cette enquête, nous avons décidé de nous concentrer sur les personnes actives dans le mouvement, ayant participé au moins à une manifestation ou un blocage, et avons pu analyser jusqu’ici 166 questionnaires diffusés les 24 novembre et 1er décembre. L’enquête est toujours en cours et se poursuivra dans les semaines qui viennent. Nous avons choisi de mener des entretiens en face à face, démarche qui permet de recueillir des témoignages plus riches, plus précis et plus longs que la passation de questionnaires indirecte ou en ligne. Le questionnaire compte en tout 28 questions, 5 d’entre elles sont ouvertes, et nous avons en outre pris soin de noter les commentaires sur l’ensemble des questions posées. Concernant les sujets abordés, 15 questions portent sur les motivations des participants, les réformes souhaitées, les modes d’action privilégiés et leur rapport au politique ; les 13 dernières portent sur le profil sociodémographique des personnes mobilisées.

      Les questionnaires ont été majoritairement administrés par les enquêteurs. Le temps requis à recueillir les réponses varie d’une dizaine de minutes à quarante minutes. L’administration de questionnaires en manifestation est un exercice délicat en raison de la mobilité et, dans ce contexte particulier, de l’incertitude sur le parcours du cortège et des dispositifs de maintien de l’ordre. Cette recherche est réalisée sans fonds spécifiques et n’a été rendue possible que par le travail de nombreuses et nombreux collègues, étudiantes et étudiants volontaires.

    • S’il n’y a pas de portrait type des manifestants, puisqu’une des caractéristiques du mouvement est sa diversité, les « gilets jaunes « sont d’abord des personnes, hommes et femmes, qui travaillent (ou, étant retraités, ont travaillé), âgées de 45 ans en moyenne, appartenant aux classes populaires ou à la « petite » classe moyenne.
      Les résultats, encore très provisoires, présentés ici s’appuient sur l’analyse de 166 questionnaires distribués auprès des participants aux actions sur les ronds-points et aux péages, ou lors des manifestations ayant eu lieu les 24 et 1er décembre, par une équipe d’une dizaine de chercheurs et d’étudiants. Le questionnaire a été élaboré de manière à recueillir des informations détaillées et précises sur les participants.

      • Une surreprésentation des employés et une sous-représentation des cadres
      Certaines catégories apparaissent comme particulièrement surreprésentées au sein des « gilets jaunes » qui nous ont répondu. C’est le cas des employés, qui constituent 33 % des participants (soit 45 % des actifs présents, contre 27 % de la population active française). Ils sont plus de deux fois plus nombreux que les ouvriers, qui représentent 14 % des participants. Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont également particulièrement nombreux : 10,5 % des participants (14 % des actifs présents, contre 6,5 % de la population active française).
      A l’inverse, les professions intermédiaires et les cadres sont peu représentés : les premiers comptent pour 10 % des participants (13 % des actifs présents, contre 26 % de la population active française) ; les seconds sont à peine 5 % des participants (7 % des actifs présents, contre 18 % de la population active française) dans les cortèges et blocages qui ont eu lieu entre le 24 novembre et le 1er décembre. Un quart des participants au mouvement des « gilets jaunes « appartiennent à la catégorie « inactifs » ; pour la majeure partie, il s’agit de retraités.

    • • Des manifestants « d’âge moyen »
      Les « gilets jaunes » participant à l’enquête ont en moyenne 45 ans, un peu plus que l’âge moyen de la population française, qui s’élève à 41,4 ans. Les classes d’âge les plus mobilisées sont les 35-49 ans (27,2 %), puis les 50-64 ans (26,6 %) et les 25-34 ans. Les 18-24 ans représentent 6,2 % des participants ; les plus de 65 ans, 17,3 %.
      • Un mouvement mixte
      Les hommes (54 %) sont un peu plus nombreux que les femmes (45 %). Cependant, la forte proportion de femmes, appartenant souvent aux classes populaires, une catégorie sociale traditionnellement peu mobilisée politiquement, est un fait notable. On y lit une propension de femmes à manifester identique à celle que nous avons observée dans les cortèges des 24 novembre et 1er décembre. Un écart comparable (55 % d’hommes, 44 % de femmes parmi les répondants) était observé dans le questionnaire administré dans la Manif pour tous du 16 octobre 2016.
      Les femmes ont toujours manifesté, comme le montrent de nombreux travaux historiques. Elles sont en revanche ici plus visibles. A cela plusieurs raisons : sans porte-parole officiel, représentants syndicaux et politiques, qui sont habituellement des hommes, et en absence de structures, les médias sont contraints de tourner le regard vers les participantes et participants « ordinaires ». La forte dimension sociale du conflit et la centralité des revendications sur les conditions matérielles d’existence dans le mouvement social participent à la visibilité des femmes.
      • Une surreprésentation des bacheliers et des titulaires de CAP et BEP
      Quelque 20 % des personnes interrogées sont diplômées du supérieur (contre 27 % de la population générale, données Insee 2014) ; 5 % des participants ont un bac + 4 et au-delà, tandis que les deux niveaux de diplôme les plus représentés sont les détenteurs de BEP et CAP, qui sont 35 % (contre 24 % dans la population générale), et les bacheliers (29,3 % des répondants, contre 16,5 % de la population générale). Seuls 15,4 % des participants ont un diplôme inférieur au brevet (31,4 % de la population générale). Toutefois, le 8 décembre, nous avons reçu davantage de réponses de la part de personnes ayant un diplôme de master ou équivalent. Se dessine ainsi une population de participants ayant des niveaux de qualification intermédiaires.
      • Des mobilisés aux revenus modestes
      Quelque 55 % des répondants nous déclarent être imposables (une proportion presque identique à la population générale) et 85 % indiquent posséder une voiture. Le revenu médian du foyer déclaré représente 1 700 euros par mois, soit environ 30 % de moins que le revenu médian moyen déclaré de l’ensemble des ménages (enquête « Revenus fiscaux et sociaux » 2015 de l’Insee). Les participants aux actions des « gilets jaunes » sont donc pour la majorité d’entre eux des individus aux revenus modestes. Ils n’appartiennent pas aux catégories les plus précarisées économiquement : 10 % d’entre eux déclarent avoir un revenu inférieur à 800 euros par mois (contre 519 euros pour les 10 % des ménages français les plus pauvres).
      • Des primo-manifestants en nombre et des modes d’action variés
      Pour presque la moitié des répondants (47 %), le mouvement des « gilets jaunes » constitue leur première mobilisation. Seuls 44 % ont déjà participé à une grève. Il s’agit donc de participants peu rompus à l’action collective. Aux questions posées sur les formes d’action collective que la personne serait prête à accomplir ou à laquelle elle a déjà participé, la manifestation est le mode d’action le plus plébiscité (81 %), suivi par la pétition (69,4 % d’entre eux déclarent en avoir déjà signé une). Presque 9 participants sur 10 rejettent les modes d’action impliquant des violences aux biens, mais 58,8 % d’entre eux se déclarent par exemple prêts à occuper un bâtiment administratif. La moitié exclut également l’idée d’aller manifester à Paris, les répondants évoquant des raisons économiques, la violence et la nécessité de rester visible en province pour justifier ce choix. Sur le consentement à l’impôt, seuls 5 % des participants déclarent avoir déjà refusé de payer l’impôt, tandis que 58,4 % l’excluent complètement comme moyen d’action. Des analyses séparées ont d’ailleurs relevé très peu de différences entre les réponses des hommes et des femmes.
      • Un rejet des organisations représentatives traditionnelles et des orientations politiques atypiques
      Notre enquête confirme également le large rejet des organisations représentatives traditionnelles : 64 % considèrent que les syndicats n’ont pas leur place dans le mouvement, 81 % pensent de même pour tous les partis politiques.
      Ce rapport de distance ou de méfiance à l’égard du système de représentation institué se retrouve lorsque les répondants sont invités à se situer sur l’échelle gauche-droite. La réponse dominante consiste à se déclarer comme apolitique, ou « ni de droite ni de gauche » (33 %). En revanche, parmi ceux qui se positionnent, 15 % se situent à l’extrême gauche, contre 5,4 % à l’extrême droite ; 42,6 % se situent à gauche, 12,7 % à droite et, surtout, seulement 6 % au centre. En comparaison, un sondage conduit par Ipsos en avril montrait que 22 % des Français rejettent le clivage gauche-droite, quand 32 % se situent à gauche et 39 % à droite. Cette grande diversité du rapport au politique est un élément majeur de la singularité du mouvement.

    • • Les motivations : pour le pouvoir d’achat et contre une politique favorable aux riches
      Pour les répondants, il s’agit moins d’une révolte contre une taxe en particulier, ou pour la défense de l’usage de la voiture, qu’une révolte contre un système fiscal et de redistribution jugé inique. Une révolte contre les inégalités, mais aussi contre une parole politique qui les méprise et les infériorise symboliquement. Il s’agit à la fois de défendre leur pouvoir d’achat et leur accès à un standard de vie (notamment les loisirs, de plus en plus inaccessibles) et d’une exigence de respect à leur égard et de reconnaissance de leur dignité de la part du personnel politique (gouvernement et président de la République).

      Nous avons invité les participants à s’exprimer sur leurs motivations à travers une question ouverte en début du questionnaire (« Pourquoi manifestez-vous aujourd’hui ? »). Un pouvoir d’achat trop faible est le premier motif évoqué (plus de la moitié des répondants). Plusieurs personnes se plaignent de ne plus pouvoir s’offrir le moindre plaisir (« J’ai la vingtaine et j’ai pas une thune. Si je veux sortir, je dois me mettre à découvert »). Des mères de famille nous font part de leurs fins de mois difficiles (« J’aimerais bien que mes enfants puissent avoir à manger dans leurs assiettes, et pas que des patates les deux dernières semaines du mois »), qui entraînent parfois des difficultés de logement, dont ont témoigné aussi bien des jeunes étudiants (« Je n’ai pas les moyens de me loger, je vis dans la dépendance d’une amie ») que cette mère de famille (« Nous étions obligés de descendre dans le Sud pour vivre chez ma belle-mère »).
      Suit, dans la liste des motivations, le fardeau fiscal trop important (69 répondants, dont 18 qui pointent explicitement le prix élevé du carburant). Près d’un sur cinq déclare être là pour protester contre le gouvernement actuel et demande la démission d’Emmanuel Macron, évoquant l’« arrogance » de l’exécutif. Les termes de « monarchie », d’« oligarchie » ou de « dictature » reviennent pour souligner son caractère illégitime. On voit poindre le 24 novembre, puis se confirmer le 1er décembre, la demande de réformes institutionnelles. Un dixième des enquêtés demandent des réformes institutionnelles. Cette tendance semble accentuée chez les participantes et participants aux cortèges du 8 décembre.
      Une deuxième question ouverte portait sur les mesures que le gouvernement devrait prendre pour répondre aux revendications des « gilets jaunes ». La réponse la plus fréquente est sans surprise une baisse des taxes et impôts, évoquée spontanément par un tiers des répondants. Pour 48 enquêtés, des mesures pour augmenter le pouvoir d’achat sont également nécessaires. Parmi eux, 28 personnes demandent une augmentation du smic, voire des salaires en général, 14 une augmentation générale du pouvoir d’achat, 8 une augmentation des retraites. Des demandes de reditsribution des richesses reviennent dans les réponses de 36 participants : 19 demandent spontanément la réintroduction de l’ISF, 5 une répartition plus juste des impôts.

      « Une des spécificités de ce mouvement est la présence de revendications institutionnelles, en plus des revendications sociales »

      Plus d’un cinquième des répondants demandent d’ailleurs tout simplement que le gouvernement écoute les citoyens, « qu’il se mette à [leur] place ». Il s’agit ainsi d’une des préoccupations principales des personnes rencontrées. Enfin, une des spécificités de ce mouvement est la présence de revendications institutionnelles, en plus des revendications sociales. Ainsi, 26 personnes ont déclaré que des réformes institutionnelles importantes seront nécessaires pour qu’elles puissent considérer que le mouvement est un succès : 18 en demandant des changements parfois fondamentaux (par exemple, en réclamant une « réforme totale de l’Etat », « un autre système politique »), 8 en demandant la fin des privilèges des parlementaires et 4 en se disant convaincus de la nécessité d’une VIe République.
      Il est à noter que seulement 2 des 166 personnes interrogées ont mentionné la gestion de l’immigration dans leurs réponses aux deux questions présentées. Cela invite à reconsidérer les analyses qui font du mouvement une émanation de l’extrême droite.

      « Les deux principales motivations des personnes mobilisées apparaissent comme étant une plus grande justice sociale et la demande d’écoute de la part du pouvoir »

      Les deux principales motivations des personnes mobilisées apparaissent donc comme étant une plus grande justice sociale (qu’il s’agisse d’un système fiscal faisant davantage participer les plus aisés, d’une meilleure redistribution des richesses ou encore du maintien des services publics) et la demande d’écoute de la part du pouvoir. Au contraire, les revendications nationalistes, liées notamment à l’identité ou à l’immigration, sont très marginales, démentant l’idée d’un mouvement qui serait noyauté par les électeurs ou les militants du Rassemblement national. Comme le souligne le sociologue Alexis Spire, auteur de Résistances à l’impôt, attachement à l’Etat (Seuil, 312 pages, 22 euros), c’est avant tout le sentiment d’injustice fiscale, plus prégnant chez les classes populaires, qui explique cette mobilisation.

      En résumé, cette révolte est bien celle du « peuple » – comme se revendiquent nombre de personnes interrogées – au sens des classes populaires et des « petites » classes moyennes, celle des revenus modestes. Dès lors, plusieurs éléments font des « gilets jaunes » une contestation singulière par rapport aux mouvements sociaux des dernières décennies. Outre son ampleur, la forte présence des employés, des personnes peu diplômées, des primo-manifestants et, surtout, la diversité des rapports au politique et des préférences partisanes déclarées font des ronds-points et des péages des lieux de rencontre d’une France peu habituée à prendre les places publiques et la parole, mais aussi des lieux d’échange et de construction de collectifs aux formes rarement vues dans les mobilisations.

      Camille Bedock, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS �Antoine Bernard de Raymond, Irisso, université Paris-Dauphine, INRA �Magali Della Sudda, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS �Théo Grémion, diplômé d’un master de géopolitique de l’université de Genève et d’une maîtrise d’urbanisme de l’université Paris-X �Emmanuelle Reungoat, Centre d’études politiques de l’Europe latine, université de Montpellier �Tinette Schnatterer, centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS

  • Une question qui fâche ? Pourquoi les #universitaires qui disposent des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister, acceptent-ils de se soumettre au processus de #gestionnarisation de l’#Université ?

    http://sms.hypotheses.org/8471

    #université, #universitaire, #emploi, #gestion, #personnel, #travail, #néolibéralisme, #néolibéral, #management, #capitulation

  • Solidarité avec les universitaires turcs dont les procès s’ouvrent mardi 5 décembre

    Parmi les soutiens possibles (document intitulé What do do) :
    1. Partager l’appel à solidarité ; montrer votre solidarité en suivant les procès et en les commentant sur vos réseaux sociaux, ou en écrivant des articles de blogs ou de journaux sur le sujet. Des informations sont disponibles ici : https://barisicinakademisyenler.net or http://mesana.org/pdf/Turkey20171017.pdf
    2. Contacter bakuluslararasi@gmail.com si vous souhaitez assister aux procès en tant qu’observateur, ou écrivez à une association des droits de l’homme pour qu’elle envoie un délégué.
    3. Signer la pétition https://academicboycottofturkey.wordpress.com/petition pour soutenir le boycott des universités complices en Turquie ;
    4. Informer vos organisations professionnelles ou le sénat de votre université pour qu’elles prennent acte contre les institutions complices telle le Scientific and Technological Research Council of Turkey (TUBITAK ; www.tubitak.gov.tr/en) ;
    5. Soutenir financièrement les enseignants-chercheurs démis de leurs fonctions en faisant un don au syndicat qui les soutient, ici https://www.youcaring.com/academicsforpeaceinturkey-763983

    N’hésitez pas à faire circuler dans vos réseaux universitaires, syndicaux, et militants.

    #solidarité #résistance #Turquie #université #purge #coup #universitaires_pour_la_paix #procès

    @isskein : je vais essayer de mettre sur ce fil ce que je trouve sur cet horrible procès

    • 147 universitaires au tribunal d’Erdogan

      Ils comparaissent à partir de ce mardi pour avoir signé une pétition réclamant la paix au Kurdistan turc. Les purges du président continuent.

      Ce mardi débute à Istanbul les procès de près de 150 universitaires turcs, accusés de « propagande terroriste », pour avoir signé une pétition appelant à la paix. Ces derniers mois, leur pays semble sorti des radars médiatiques européens. Comme s’il existait une lassitude face à la répétition, la répression interminable, cette purge sans fin. Dans ce silence relatif, la dérive autocratique se poursuit pourtant, le pays s’enfonce. Et ces procès de chercheurs illustrent bien la paranoïa, l’arbitraire, dans lesquels se débattent désormais les démocrates turcs.

      https://lesjours.fr/obsessions/la-bascule/ep21-proces-universitaires

    • Blog dédié au procès:
      Academics for Peace - A Case Study. Documenting and Contextualizing the Instrumentalization of the Law in Turkey

      The law is usually associated as antagonistic to despotism, thought of as a source of freedom. But events in Turkey and other countries have shown how is the law instrumentalised in order to suppress academic freedom. This blog documents judicial proceedings against the Academics for Peace as an example to study a phenomenon that can be witnessed all over the globe.

      At the end of 2015, the predominantly Kurdish regions of Turkey entered an intensifying spiral of violence. Curfews were enforced in different cities and districts lasting for days, weeks and even months. Entire neighbourhoods were razed to the ground. People were left homeless, many lost their lives. In the face of these developments, 1128 academics decided not to remain silent and issued a statement titled “We will not be a party to this crime!”. It called on the government and the security forces to abide by domestic and international law and to return to the peace process that had been interrupted after the national elections of June 7, 2015. After the petition was made public, the Academics for Peace were specifically targeted by President Recep Tayyip Erdogan and subsequently turned into objects of hatred and defamation in the media. Since then, they have been attacked and threatened and became subject to administrative and criminal investigations. Some were arrested and kept in prison for more than one month. Hundreds of them have been dismissed from their positions by order of the Council of Education and university administrations. Under the state of emergency declared after the coup attempt of July 15, 2016, hundreds of Academics for Peace were removed from universities and banned from public service. Their passports have been invalidated hindering these academics from travelling abroad. In December 2017, judicial proceedings begin against the signatories, on the charge of “propaganda for a terrorist organization.”

      This blog is curated by Academics for Peace Germany e.V. Its aim is, on the one hand, to create an archive of factual and up-to-date information on the ongoing developments that researchers, journalists and others with an interest in the topic can rely on. On the other hand, this blog will provide contextualization and analysis from a variety of different disciplines and theoretic approaches, in preparation of a planned research network on the instrumentalization of law for the suppression of academic freedom in Turkey and elsewhere.


      https://afp.hypotheses.org

    • A Commentary on the Indictment against Academics for Peace

      The following text consists of a summary of the body of the Bill of Indictment with relevant commentaries in the footnotes. Although the penal case against the Academics for Peace petition has been filed on an individual basis regarding the signatories, each case shares a uniform Bill of Indictment [1]. Several Assize Courts in Istanbul have been appointed as the court-on-duty for the cases—each of them using this uniform Bill of Indictment as the basis of the criminal process. You can also read this commentary as a PDF.

      https://afp.hypotheses.org/59

    • INFORMATION NOTE ON THE ONGOING CRIMINAL PROCEEDINS AND RECENT RULLINGS AGAINST ACADEMICS FOR PEACE IN TURKEY. CALL FOR SOLIDARITY

      The criminal proceedings against several hundreds of academics in Turkey who signed a petition for peace (Academics for Peace) continue in Istanbul. They are individually sued in various Assize Courts. Some cases are recently concluded, the courts of first instances found the academics guilty for “carrying out terrorist propaganda” and sentenced them to 15 months of prison. We are currently waiting the decision of the Court of Appeal.
      We want to highlight these rulings against the signatories and request for urgent international support from our European colleagues.
      In a petition made public in January 2016 , more than two thousand academics and researchers from Turkey, supported by several hundred international academics—called on the Turkish government to abide by domestic and international law and to return to the peace process that had been interrupted in July 2015. After the petition was made public, the signatories were specifically targeted by President Erdoğan and subsequently attacked, threatened and became subject to administrative and criminal investigations. Some were arrested and kept in prison. In October 2017, some signatories of the petition, mostly the ones who are or were working at the universities in Istanbul, started to receive subpoenas, summoning them to the court with an accusation of carrying out terrorist propaganda.
      As of April 30, 2018, more than 260 signatories are individually sued in various Assize Courts of Istanbul. They are separately tried according to hundreds of copy-pasted indictments with an identical content. There is also one group case against four signatories who read a second press statement of Academics for Peace on March 10, 2016. This statement condemned the persecution of signatory academics and affirmed signatories’ commitment to the wording of the petition of January 2016. The four signatories are arrested and were held in pre-trial detention for 40 days.
      There are 2212 signatories of the petition, only around 300 of them have been sued so far. Furthermore 386 signatories have been officially listed as persons affiliated to terrorist organisations in the state of emergency decree-laws, dismissed from their positions, banned from public service for life and had their passports cancelled. But there is only a limited overlapping between the “sued signatories” and the “decreed signatories”.
      The indictment included no attestations that are based on factual evidences, was full of inconsistencies and even manipulated the facts by altering the translated versions of the petition . Against this arbitrariness, the signatories have defended themselves with emphasizing their responsibility as academics that instigates them not to remain silent against historical occurrences. As researchers, lecturers and scientists from numerous fields, they have all underlined their responsibility as a point of intersection, which made them come together through the demand for peace.
      The differences between the qualifications of the “crime” committed by the signatories by different courts demonstrate also arbitrariness of the judicial proceedings. The individual cases against the signatories are engaged with the charge of carrying out terrorist propaganda. The indictment in the group case against the four academics also, initially accused them under Article 7/2 of the Anti-Terror Act . However, at the first hearing on April 22, 2016, the Public Prosecutor announced that he considered a different qualification for the “crime” committed and intended to launch a new investigation under Article 301 of the Penal Code. That article prohibits “degrading the Turkish Nation and the State of the Republic of Turkey and the organs and institutions of the State.” The Prosecutor requested the Court to stop the proceedings under Article 7/2 pending the required permission by the Minister of Justice for an investigation on charges under Article 301. The awaited decision by the Ministry of Justice in relation to the request for permission for an investigation under Article 301 of the Penal Code has reached the Court in November 2017.
      In order to define an act as propaganda for a terrorist organization under Article 7/2 of the Anti-Terror Act, there must be an act having the characteristics of propaganda, which carried out in such a way that legitimizes or praises the coercive, violent and threatening actions of terrorist organizations or encourages the employment of these methods. In the Academics for Peace’s petition, there is no single expression having the characteristics of propaganda in favour of a terrorist organization. Neither does it legitimize or praise the coercive, violent and threatening methods of a terrorist organization nor does it encourage the employment of such methods.
      As to the charge under Article 301 of the Penal Code, the act of signing the petition cannot be considered an offence under the third paragraph of the article, which explicitly excludes from its scope “expressions of an opinion for the purpose of criticism”.
      The focal point of all the hearings against Academics for Peace was the lack of clarity regarding the charges. Along with the requests for immediate acquittal, defence lawyers underlined the uncertainty surrounding the definition of the charges by pointing to the decision of the Minister to grant permission for an investigation under Article 301 in the case against four academics. Lawyers of some signatories requested the courts to merge the cases of all academics, including the one viewed before the 13th Assize Court against four signatories. They emphasized the need to avoid inconsistencies in the charges on which the prosecution will proceed and in the conclusions to be reached by different courts in relation to one identical act. On similar grounds, the courts with the exception of 35th Assize Court, dismissed the requests for rejoinder of the cases.
      This routine of requests, pleas, rejections and objections had kept going on until the 23th of February, where the 34th Assize Court of Istanbul had given its first expedited judgment and found three of the academics guilty for “carrying out terrorist propaganda” under article 7/2 of the Anti-Terror Act. They have been sentenced to 15 months of imprisonment as the courts have decided that the punishment shall be aggravated as the crime of carrying out terrorist propaganda has been deemed to be committed through means of media.
      The courts, relying on the Penal Procedure Code, have offered the academics an option: the deferment of the announcement of the verdict, which enables the court not to announce the decision, and in the case that the defendant will not be found guilty for another crime in a certain period, to foreclose the case. When the accused accepts this mechanism to be applied, then the qualification of the action as a crime becomes officialised and the accused becomes deprived of any rights on appealing the case at a higher court .
      Until today 13 academics have their judgments delivered and 12 of them have accepted to resort to the mechanism of the deferment of the announcement of the verdict. And so far, one signatory had refused the application of this mechanism. As can be seen in the verdict (which is available in the appendices), the Court had rejected the suspension of the punishment upon the grounds that she had not exhibited any expression of remorse. This academic has applied to the Court for Appeal (Istinaf) and she faces the risk of imprisonment.
      Hundreds of other proceedings against other signatories are still on the course. It is still not clear in which way these 13 first rulings will affect the copy-pasted cases considering that the judiciary of the country is collapsing day by day under the state of emergency regime. The first case before the Court of Appeal will probably create a strong judicial precedent that will be highly persuasive while the decisions are made in the future cases against the other signatories. All signatories are tried before various Assize Courts in Istanbul. Istanbul Regional Court of Justice is the competent court for the appeals. The cases will be reviewed by the same two criminal chambers of this Regional Court having competence on cases related to the Anti-Terror Act.
      Today, it is crucial to ask an international support for our colleagues.
      – We would like to invite you to write a short analysis on the verdicts delivered so far. For this purpose, we send you in the appendices the translation of the verdict against the signatory academic, who faces the risk of imprisonment. Please let us know if you were to write an analysis and to publish it on a blog of your choice so that we can also cross post it on the Blog of the Academics for Peace-Germany. If you wish to publish your analysis on this blog, you can directly send it to us.
      – Many academics from different countries assist the hearings as observers. You can be in solidarity in the courtrooms. The presence of international observers during the hearings is crucial.
      Please also feel free to distribute this call for solidarity among scholars who would be interested in supporting our call by either participating in the hearings or by writing a short analysis.
      These actions for solidarity will certainly not suffice to change the course of this politically motivated trials, but certainly influence the way the hearings are held, strengthen the legal struggle of the Academics for Peace under judicial harassment.
      Thank you for your concern and solidarity.

      Academics for Peace – Germany
      Legal Working Group
      afp.jurists@gmail.com

      For more information about the judicial proceedings against Academics for Peace, including the reports and comments of the international observers, please check our blog: https://afp.hypotheses.org
      For a detailed flow of the hearing processes, please check: https://bianet.org/konu/trial-of-academics
      For the calendar of the hearings, please check: https://calendar.google.com/calendar/embed?src=nstr2fppd37d7o0ekp83qu6e7g@group.calendar.google.com&ctz=Europe/Istanbul&pli=1

      Document word reçu via email le 14.05.2018, et que j’ai copié-collé ici.
      Texte accompagnant le message:

      Plus de 260 universitaires signataires de pétition des Universitaires pour la Paix sont actuellement en procédures et plusieurs décisions ont déjà été prises. Certains de nos collègues ont traduit l’acte d’accusation, et plusieurs textes analytiques discutent des procédures et de leurs conséquences.

    • Avant d’entrer en prison à Istanbul, #Füsun_Üstel traite de l’histoire de la citoyenneté en Turquie…

      Toujours aussi déterminée et ferme sur ses principes, notre collègue historienne et professeure de sciences politiques à l’Université de Galatasaray, Füsun Üstel, a prononcé il y a quelques jours à Istanbul une dernière conférence publique avant d’entrer en prison pour 15 mois (https://www.youtube.com/watch?v=fLU7Vu-hyGU

      ). Le thème abordé traitait, et ce choix ne devait évidemment rien au hasard, de « L’histoire de la citoyenneté dans la Turquie républicaine », une histoire sur laquelle Füsun a beaucoup travaillé et publié.


      https://questionsorientoccident.blog/2019/05/03/avant-dentrer-en-prison-fusun-ustel-traite-de-lhistoire-de

      Je découvre dans ce même article qu’elle a travaillé à #Grenoble :

      « Pour la connaître depuis longtemps, et avoir travaillé et enseigné avec elle à Istanbul et à Grenoble, nous ne doutons pas que Füsun saura continuer derrière les barreaux de sa prison pour femmes d’Istanbul son activité d’intellectuelle engagée et de pédagogue… »

      Petite recherche et je me rends compte qu’elle est chercheuse extérieure dans le « Groupe d’études sur la Turquie et l’Europe » à #Pacte :

      https://www.pacte-grenoble.fr/node/23734
      #université_grenoble_alpes

  • Une question qui fâche ? Pourquoi les universitaires qui disposent des outils intellectuels et de la protection statutaire pour résister, acceptent-ils de se soumettre au processus de gestionnarisation de l’Université ?

    http://sms.hypotheses.org/8471

    #université, #universitaire, #libéralisme, #gestion, #ressources, #recherche, #enseignement, #enseignementsupérieur, #scientifique, #sciences, #projet

    • Pétition pour la réouverture immédiate du carnet Russeurope, par Jacques Sapir
      Pour une science ouverte à la liberté d’expression des chercheurs.
      Demande de réouverture du Carnet en ligne de Jacques Sapir

      https://www.change.org/p/marin-dacos-demande-de-r%C3%A9ouverture-du-carnet-en-ligne-de-jacques-sapir?

      Le 26 septembre 2017, les responsables de la plateforme Hypotheses.org et de OpenEdition décidaient de suspendre le carnet de recherche (blog) de Jacques Sapir, Russeurope.

      Cette décision, que de nombreux juristes considèrent comme sans fondements et arbitraire, a immédiatement suscité une grande émotion dans le monde universitaire et au-delà. Cette décision met en cause le principe de la liberté des chercheurs.
      Elle s’avère contradictoire avec le fait que ces chercheurs, et en particulier dans les sciences humaines et sociales, sont directement et immédiatement insérés dans l’espace politique. Enfin, cette mesure est de nature à porter un immense préjudice aux institutions de recherches en France, et à les déconsidérer aux yeux des chercheurs étrangers.
      Des protestations très nombreuses ont été envoyées à M. Marin Dacos, responsable d’Hypotheses.org ainsi qu’à son supérieur au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche, M. Alain Beretz. Pour l’instant, M. Marin Dacos se refuse de répondre.

      Cette pétition sera remise à Marin Dacos, OpenEdition

      Premiers signataires
      *M. Denis Alland, Professeur en Droit Public, Université de Panthéon-Assas (Paris-2)

      *Bernard Cassen, Professeur émérite d’Anglais à l’Université de Paris-8.

      *David Cayla (Maître de Conférences en économie à l’université d’Angers).

      *Franck Collard, Professeur d’Histoire Médiévale à Paris-Ouest (Paris-10, Nanterre)

      *Daniel Bachet, Professeur des Universités, Sociologie, Université Paris-Saclay

      *Michel Bergès, Professeur de Sciences Politiques, Université de Bordeaux

      *Olivier Berruyer, actuaire et blogueur (Lescrises.fr)

      *Bernard Bourdin, Professeur à l’Institut Catholique de Paris, Historien des idées, philosophe politique.

      *Coralie Delaume, écrivain et blogueur (l-arene-nue.blogspot.fr)

      *Eric Desmons, Professeur de Droit Public, Université de Paris-XIII

      *Marcel Gaucher, Directeur d’études (retraité) à l’EHESS, Philosophe.

      *Jacques Généreux, économiste, maitre de conférences des Universités, professeur à l’IEPP – Sciences Po.

      *Jacques A. Gilbert, Professeur de Littérature comparée, Université de Nantes

      *Brigitte Granville, Professor of International Economics and Economic Policy, Chevalier des Palmes Academiques, Fellow of The Higher Education Academy (FHEA), School of Business and Management, Queen Mary University of London

      *Alain Guery, Directeur de recherche au CNRS, Historien.

      *Éric Guichard, Philosophe de l’internet et du numérique, Enssib-Ens, Ancien Directeur de programme au Collège international de philosophie

      *Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7.

      *Dominique Lecourt, Philosophe, professeur émérite des universités, ancien recteur d’académie, président d’honneur des Presses Universitaires de France.

      *Laurent Loty, Historien des imaginaires et des idées scientifiques et politiques au CNRS, Président d’honneur de la Société Française pour l’Histoire des Sciences de l’Homme

      *Roseline Letteron, Professeur des Universités, professeur de Droit à Paris-Sorbonne.

      *Laurent Loti, Chargé de recherche au Centre d’Étude de la Langue et des Littératures Françaises (CNRS—Université Paris-Sorbonne)

      *Jérôme Maucourant, Maître de conférences (HDR) en sciences économique à l’Université Jean Monnet de Saint-Etienne

      *Laurent Pinsolle, blogueur (gaullistelibre.com)

      *Nicolas Pons-Vignon, Senior researcher in development economics, University of the Witwatersrand, Afrique du Sud

      *Benedetto Ponti, professeur de Droit administratif au département de Science Politique de l’Université de Perugia, professeur de droit des médias numériques.

      *Bertrand Renouvin, Journaliste et écrivain.

      *Stéphane Rials, professeur de relations internationales et de philosophie politique à Panthéon-Assas (Paris 2).

      *Claude Roddier, Professeur des universités, retraitée depuis 2001. Professeur d’astronomie à l’université Aix-Marseille

      *François Roddier, Professeur des universités, retraité depuis 2001. Directeur du département d’Astrophysique de l’Université de Nice

      *Antoni Soy, Honorary Professor of Applied Economy, University of Barcelona. Former Deputy Minister of Industry and Business, Government of Catalonia. Former Mayor of Argentona

      *Serge Sur, Professeur émérite à l’Université Panthéon-Assas (Paris 2)

      *Pierre-André Taguieff, philosophe et historien des idées, directeur de recherche au CNRS

      *Véronique Taquin, écrivain, normalienne et agrégée de Lettres modernes, professeur de chaire supérieure en khâgne au lycée Condorcet.

      *Bruno Tinel, économiste, Maître de conférences, HDR, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

      *Michèle Tribalat, démographe

      *Jérôme Valluy, Maître de Conférences (HDR) de Sciences Politiques à Paris-1

      *Alain Venturini, archiviste-paléographe, conservateur général du patrimoine, directeur des Archives départementales de l’Aveyron

  • En parallèle du PS, #Benoît_Hamon mise sur une « campagne intello »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160317/en-parallele-du-ps-benoit-hamon-mise-sur-une-campagne-intello

    Thomas Piketty présentant le projet européen de Benoît Hamon © DR Le candidat socialiste s’est entouré de nombreux #chercheurs dans son équipe de campagne pour contribuer au programme présenté ce jeudi 16 mars. Une rupture de plus avec le quinquennat de François Hollande.

    #France #Dominique_Méda #élection_présidentielle #Julia_Cagé #présidentielle_2017 #Sandra_Laugier #Thomas_Piketty #Thomas_Porcher #universitaires

  • En #Turquie, les #Universitaires_pour_la_paix face à l’« erdoganisation » de l’académie

    En janvier, un groupe de chercheurs lance un appel réclamant la fin des opérations contre le #PKK. Le président #Erdogan réagit férocement et signe le chapitre le plus retentissant dans la mainmise du pouvoir sur les universités.


    http://www.lacite.info/politiquetxt/2016/3/30/en-turquie-les-universitaires-pour-la-paix-face-lerdoganisation-de-lacadmie
    #université #répression #chercheurs
    cc @reka

  • How computer-generated fake papers are flooding academia
    http://www.theguardian.com/technology/shortcuts/2014/feb/26/how-computer-generated-fake-papers-flooding-academia

    Insolite : quand des articles générés par #ordinateur s’invitent chez les éditeurs #universitaires
    http://www.clubic.com/insolite/actualite-686226-insolite-articles-generes-ordinateur-editeurs-universaires.

    Un programme informatique permettant de générer de faux articles universitaires a permis à de nombreux chercheurs de composer des textes complètement incohérents, et pourtant publiés, ces dernières années. Un système développé par un universitaire français a récemment révélé la supercherie.

    Un article généré par SciGenConçu en 2005 par 3 étudiants de l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT), le logiciel #SciGen permet de générer aléatoirement des résumés d’études scientifiques. Cette usine à #canulars est disponible gratuitement sur #Internet depuis près de 10 ans, et une découverte récente a permis de constater qu’elle était utilisée depuis longtemps par des #scientifiques pour soumettre de faux sujets de recherches à l’occasion de congrès, ou à destination de #maisons_d'édition.

    A la base conçu pour critiquer et tester la rigueur du secteur universitaire concernant des sujets d’études parfois totalement incompréhensibles – et pour cause – SciGen a fini par piéger des éditeurs sérieux. Lundi 24 févier, Springer et IEEE, deux maisons d’édition basées aux USA et en Allemagne, ont ainsi annoncé la suppression de 120 articles totalement erronés de leurs archives. Ils avaient tous été conçus via SciGen.

    Un Français découvre le pot-aux-roses

    La découverte de cette supercherie est due à Cyril Labbé, un chercheur de l’université Joseph-Fourier de Grenoble. Ce dernier a conçu en 2012 un système qui permet d’identifier les articles composés à l’aide de SciGen. Car le système, qui créé des phrases aléatoires à l’aide de chaînes de mots et intègre même des tableaux, des graphiques et des sources, compose des articles qui tiennent du #charabia_scientifique pour les profanes, et n’attire pas nécessairement l’attention si on ne se penche pas concrètement dessus. La méthode de détection de Cyril Labbé, disponible en ligne, permet de rechercher du vocabulaire spécifique utilisé par SciGen. Des dizaines d’articles erronés ont ainsi été décelés.

    Springer et IEEE ne sont pas les seules victimes du phénomène : le site Nature explique que des dizaines de documents générés par SciGen sont disponibles en ligne, notamment sur #Google_Scholar.

    Reste à savoir comment de tels documents peuvent circuler et même être publiés alors qu’ils n’ont pas de sens réel. Cyril Labbé évoque le fait que de nombreux articles sont associés à des conférences tenues en Chine, et associées à des auteurs chinois. Les éditeurs pris au piège se font quant à eux discrets sur la question.

  • Depuis 24 heures, grosse #polémique dans le petit monde de la #sociologie universitaire française, avec un clash sur #facebook entre Didier #Eribon (qui a l’air d’avoir un sacré melon) et Jean-Louis #Fabiani, qui prenait la défense de #Boltanski accusé par Eribon d’être un « idéologue catholique ».
    Gros #bordel, mais il n’est pas inintéressant de voir jusqu’où mène l’appropriation (pas si ancienne que ça dans les sciences sociales) par des #universitaires des réseaux sociaux : vers une publicité des clashs et des invectives qui restaient jusque là dans les salles de séminaires.

    REMARQUES SUR LA PENSÉE RÉACTIONNAIRE ET SUR LES OPÉRATIONS DE RECHRISTIANISATION DE LA VIE INTELLECTUELLE
    http://didiereribon.blogspot.fr/2014/01/remarques-sur-la-pensee-reactionnaire.html

    On me raconte que, pour défendre son maître Boltanski, un certain Jean-Louis Fabiani (?) m’attaque sur sa page Facebook en me reprochant de n’avoir « jamais fait » de sociologie. Il s’indigne même qu’on ait pu me donner une « chaire » dans l’université française !
    Est-ce le même Fabiani que celui qui a publié un livre pathétiquement mauvais sur l’histoire de la philosophie en France, il y a quelque chose comme 25 ans, et qui, sans doute devenu conscient de ses limites après cela, n’a plus jamais rien fait depuis ?
    Et qui, bien sûr, siège (il a tout le temps pour ça) dans toutes les instances de contrôle (le CNU) de ce qu’il considère comme « sa » discipline ?
    Si c’est le cas, je suis fier de n’avoir jamais fait de « sociologie » au sens où il l’entend, et l’on comprendra aisément pourquoi je suis favorable à la suppression du CNU : pour que de telles nullités intellectuelles ne soient plus en mesure d’exercer leur faculté de nuisance et de reproduction éternelle de leur médiocrité.

    Jean-Louis Fabiani
    https://www.facebook.com/jeanlouis.fabiani?fref=ts

    Je voudrais rappeler à ceux qui, honte à eux, osent me traiter d’homophobe que je suis le seul universitaire français à avoir accepté de diriger la thèse de Geoffroy Daniel de Lagasnerie, au nom de la liberté d’expression, sans partager un seul de ses points de vue ?

    • D’ailleurs, comme lien vers les articles ou commentaires, il faudrait essayer de trouver les vrais liens y amenant directement et non le flux général, car une semaine, une mois, un an plus tard, ce ne sera plus pareil. Souvent ces liens sont sur les dates ou horaires (twitter, facebook, seenthis, etc). Par exemple là le vrai lien c’est :
      https://www.facebook.com/jeanlouis.fabiani/posts/10152112650029651

    • C’est vrai, mais la solution supérieure serait sans doute de réussir à intégrer le message lui-même dans le corps du billet, ce qui faciliterait la lecture et permettrait de le conserver même s’il est effacé.
      Je pense notamment au système des articles sur lemonde.fr, qui réussit à intégrer le post facebook ou twitter et sa mise en forme au corps de l’article. Mais j’avoue que je n’ai aucune idée de comment ils font…

    • C’est avec #Oembed, de la même manière que pour les vidéos ou images ici : on donne l’URL uniquement, et le système sait afficher le contenu distant en interne.

      Pour Twitter, ça pourrait être ajouté à @seenthis, car on sait que c’est court, mais si chaque lien FB (je parle du vrai lien du post) était intégré en entier, ça pourrait être énorme (sans parler des droits), sauf si on force la citation en n’affichant que les premiers N caractères.

    • J’ai une petite question, je ne suis pas sur moi même : pensez-vous qu’il st intéressant de donner autant de visibilité à ces querelles microcosmique ? Je n’ai pas trop l’impression ici qu’on soit dans une critique constructive utile, qui fait avancer le schmilblick (si je puis dire), mais je m trompe peut-être, l’alternative est que ce soit un stupide règlement de compte auquel cas l’intérêt pour le public est à peu près proche de zéro.

      Mais bon, je ne sais pas trop comment interpréter cela.

      #dubitatif

    • Le sociologue Luc Boltanski a écrit des pièces de théâtre en versets claudéliens, pas nulles d’ailleurs, mais qui rejoignent clairement des positions anti-IVG dans un style catholico-mystique assez fumeux. Vu le contexte ("Manif pour Tous", interdiction de l’avortement en Espagne, etc), Didier Eribon fait son boulot en le signalant. Non ?

    • @rastapopoulos, ok, merci beaucoup, mais quels problèmes de droits ça pourrait créer, si (comme en l’occurrence) le post est public ? Tu veux dire que c’est facebook que ça pourrait gêner ?
      @reka, Effectivement vu le tour que ça prend je suis en train d’être de plus en plus dubitatif moi-même. Cela dit, à la base, c’était plutôt parce que ça permet d’identifier un certain nombre de fractures et de chapelles différentes dans le milieu, ce qui n’est pas sans influence sur le contenu des travaux. Ce n’est pas vraiment le cas ici, mais en général je trouve que ça donne un arrière-texte intéressant à avoir en tête quand on lit certaines productions (notamment des articles ou des comptes-rendus critiques), que seuls quelques habitués des séminaires (dont je ne suis pas) peuvent vraiment contextualiser au sein du paysage universitaire.

    • En effet, pas simple, oui Irène et oui Alexandre. Je signale qu’en Norvège, puisqu’on parle de régression, la droite et l’extrême droite (coalition au pouvoir) proposent un projet de loi qui permettraient aux médecins de refuser de procéder à des avortements. La Norvège aussi, donc...

    • @cie813 Peut-être, mais pour le coup je n’ai pas l’impression que ça réponde à une grande nécessité du moment, et franchement (vu le ton) ça m’a plutôt l’air d’un réglement de comptes pour des motifs extérieurs de la part d’Eribon. Je n’ai pas particulièrement entendu Boltanski ces derniers temps, et je ne vois donc pas vraiment de raison de convoquer sa personne et ses écrits passés sur le débat, d’autant que c’est assez sévèrement ad hominem :

      ce pauvre Boltanski se situait du côté de la pensée critique quand ça lui semblait être payant (il était un disciple de Bourdieu), puis a dénoncé la pensée critique quand il est devenu payant de se rattacher à la révolution néo-conservatrice (rejoignant les cénacles chrétiens et insultant Bourdieu, et jusqu’au jour de sa mort), et il est fort probable qu’il cherche désormais à récupérer la « critique » qu’il a pratiquée puis dénoncée (ou de faire croire qu’il la récupère, tout en maintenant ses options idéologiques spiritualistes en assimilant notamment la sociologie critique à une théorie paranoïaque du complot - vieux discours de la droite, vieille rengaine de la pensée bourgeoise), puisque cela redevient peut-être payant...

      Enfin, je suis un poil sceptique sur la notion de « boulot » pour un sociologue dénonçant des sociologues, surtout qu’en l’occurrence l’ironie est qu’Eribon passe son temps à se lâcher sur « les flics de la pensée »

    • @alexandre, par défaut, sans licence explicitant autre chose, un texte appartient à son auteur, et seul lui peut décider où il veut le publier. Si tu le mets autre part, tu ne peux en mettre que des petits bouts : c’est le « droit de citation ». Mais pas plus. Un texte publié (donc public) ne veut pas dire qu’il est dans le « domaine public » !

      Avec tes références au « monde universitaire », j’eus cru que tu savais cela. :)

    • @rastapopoulos Je comprends, mais en l’occurrence c’est la notion de « texte » qui me paraît problématique : un post facebook aurait ce statut et pas un tweet ? Parce que lemonde.fr (pour y revenir) ne se gêne pas pour intégrer des tweets, y compris (me semble-t-il mais je ne suis plus certain tout à coup) anciens voire effacés par leurs auteurs.
      A partir de là, j’ai supposé (sans doute abusivement) que la différence était que la publicité du message sur twitter permettait de contourner ça.
      Donc par curiosité, tu sais si c’est la licence de twitter qui permet ça, ou si c’est juste le statut journalistique du monde.fr qui fait qu’ils ne s’encombrent pas de ça en disant qu’ils ne font que rapporter des infos ?

      Mais je suis loin d’être tout-terrain sur le « monde universitaire », d’autant que (comme on le voit un peu), quand il se transfère sur le numérique ça fait un beau bordel à tous points de vue ;)

    • C’est différent suivant plusieurs critères : la longueur du texte de base, et le but et l’auteur de la citation. Lorsqu’il s’agit pour un journal de « rendre compte de l’actualité », il peut être permis de citer un texte en entier, par exemple.

      De plus Twitter c’est une phrase ou fort peu de phrases, donc à mon avis ça revient à citer une parole de quelqu’un à l’oral, qu’il aurait prononcé à la radio ou à la télé. Quand ça devient un texte de plusieurs paragraphes, ce n’est pas forcément de la même nature.

    • @cie813, entendu dire (…) que Boltanski ayant changé de femme, il a moins de goût pour le catholicisme (réac), avec la réussite de sa carrière, cela irait jusqu’à "expliquer" son retour à des thèses plus critiques (?). Mais si on ne s’en tient pas qu’à cet aspect, on lira une recension critique de son livre phare Le Nouvel Esprit du Capitalisme dont le conservatisme des thèses de Boltanski ne sortent guère indemnes :

      La thèse qui court tout au long du « Le nouvel esprit du #capitalisme » est la suivante : la #critique_artiste (fondée sur, et revendiquant la liberté, l’autonomie et l’#authenticité) et la #critique_sociale (fondée sur, et revendiquant la solidarité, la sécurité et l’#égalité) « sont le plus souvent portées par des groupes distincts » et sont « incompatibles ».[1] Le flambeau de la critique artiste, transmis par les artistes aux étudiants de #mai_68, aurait été repris par la suite par les gens « branchés » qui travaillent dans les médias, la finance, le show business, la mode, Internet, etc., c’est-à-dire, les « créatifs » du « haut de la hiérarchie socioculturelle ». La critique sociale, par contre, portée par les ouvriers de 68, aurait été reprise par les petits gens, les subordonnés, les exclus du libéralisme. Critique artiste et critique sociale sont donc « largement incompatibles ».

      La « critique artiste » suscite un malaise chez les auteurs, voir un certain mépris, qu’ils ont du mal à cacher. De leur point de vue, cela se comprend aisément, puisque la « critique artiste […] n’est pas spontanément égalitaire ; elle court même toujours le risque d’être réinterprétée dans un sens aristocratique » et « non tempérée par les considérations d’égalité et de solidarité de la critique sociale peut très rapidement faire le jeu d’un libéralisme particulièrement destructeur comme nous l’ont montré les dernières années ». D’ailleurs, la critique artiste n’est « pas en soi nécessaire à la mise en cause efficace du capitalisme comme le montrent les succès antérieurs du mouvement ouvrier sans les renforts de la critique artiste. Mai 68 était, de ce point de vue, exceptionnel ». A la lecture, on sent aussi que le livre est parcouru par un ressentiment contre mai 68 qui, depuis quelques années, traverse les élites intellectuelles françaises, et dont font les frais, ici aussi, comme chez l’ancien ministre de l’Education Nationale, Michel #Foucault, Gilles #Deleuze et Félix #Guattari, qui, en tant que maîtres de la pensée 68, auraient déposés des germes de libéralisme dans les têtes de gens sans y prendre garde.

      Donc non seulement la critique artiste n’est pas nécessaire, sinon à « modérer le trop d’égalité de la critique sociale » qui risque de « faire fi à la liberté » (sic), mais en plus elle joue le cheval de Troie du libéralisme, à qui elle est apparenté par le goût aristocratique de la liberté, de l’autonomie et de l’authenticité que les artistes auraient transmis d’abord aux « étudiants », et qui aurait ensuite transité chez les « bobos ». Boltanski et Chiapello nous rejouent ici l’opposition de la liberté et de l’égalité , de l’autonomie et de la sécurité, d’une autre époque, sur laquelle d’ailleurs se sont cassés les dents aussi bien le socialisme et le communisme,.

      extrait de Les malheurs de la « critique artiste » et de l’emploi culturel
      http://eipcp.net/transversal/0207/lazzarato/fr

      @alexandre, quand même, Didier Eribon, entre son Retour à Reims et son D’une révolution conservatrice et de ses effets sur la gauche française, où les #socialistes sont de façon tout à fait argumentée vigoureusement étrillés, c’est un des rares académiques dont les travaux relèvent au moins pour partie de la question de l’émancipation, non ?

      #Maurizio_Lazzarato

    • @colporteur, pour être très honnête je n’ai pas lu Eribon, mais j’ai lu et entendu pas mal de choses intéressantes sur ces deux livres qui m’ont effectivement plutôt donné envie de me rattraper, encore qu’il me semble que tout cela n’a un rapport qu’assez lointain avec une démarche et une méthode sociologique. Ce n’est pas un mal, et peut-être qu’une lecture détaillée montrerait que je me trompe, mais puisque toute cette histoire est partie de là (et que c’est à cause de ça qu’Eribon a pris le bourdon)…

      Cela dit, ça n’était franchement pas mon propos (d’ailleurs je n’avais pas de propos à la base, je signalais juste le truc), mais simplement ça me paraît curieux cette mentalité mi-cour de récré, mi-ubu roi, où la situation au final c’est un type qui traite la terre entière (et notamment des universitaires qui ne sont pas tout à fait insignifiants) d’intégristes cathos, de nains de la pensée et de flics universitaires, et des réactions qui se centrent autour du fait qu’il écrit des bons bouquins à côté (ce qui me paraît un peu à côté du souci du moment).

      Au final, un propos qui a quand même fini par mûrir, c’est que voir comme ça les conflits d’égos éclater en place publique numérique, ça permet de mesurer la relativité d’une certaine pondération/nuance qu’on attend généralement des chercheurs, et de se rappeler qu’un bon paquet d’entre eux attendent essentiellement de s’engueuler comme des poissonniers (c’est juste qu’on le voit).
      Et, accessoirement, qu’il me paraît vraiment très discutable de convoquer des notions de « boulot » pour une sorte de veille documentaire intellectuelle des idées de la terre entière (btw, @cie813, Eribon a sauté dessus et a repris la chose sur sa page facebook) - mais c’est discutable, et ça peut faire partie de l’éthique d’engagement de certains. Je suis loin de supporter les anti-IVG et leurs soutiens idéologiques, mais enfin Boltanski a quand même le droit de penser et d’écrire ce qu’il veut (surtout quand c’est aussi dépourvu d’intention militante que ce qu’on convoque là) sans qu’on le rabatte sur un débat où il n’a pas voulu se pointer (à ma connaissance), pour lui faire porter une responsabilité indirecte sur une bande d’allumés.

  • Academics Who Defend Wall St. Reap Reward - NYTimes.com
    http://mobile.nytimes.com/2013/12/28/business/academics-who-defend-wall-st-reap-reward.html?pagewanted=4&_r=0

    .. interviews with dozens of academics and traders, and a review of hundreds of emails and other documents involving two highly visible professors in the commodities field — Mr. Pirrong and Professor Scott H. Irwin at the University of Illinois — show how major players on Wall Street and elsewhere have been aggressive in underwriting and promoting academic work.

    #conflit_d’intérêt #Wall-street #économie #finance #universitaires

  • Paradigm Shift in the Global IP Regime : The Agency of Academics by Jean-Frédéric Morin : : SSRN
    http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=2278410

    The global intellectual property (IP) regime is in the midst of a paradigm shift in favor of greater access to protected work. Current explanations of this paradigm shift emphasize the agency of transnational advocacy networks, but ignore the role of academics. Scholars interested by global IP politics have failed to engage in reflexive thinking. Building on the results from a survey of 1,679 IP experts, this article argues that a community of academics successfully broke the policy monopoly of practitioners over IP expertise. They instilled some skepticism concerning the social and economic impacts of IP among their students, as well as in the broader community of IP experts. They also provided expert knowledge that was widely amplified by NGOs and some intergovernmental organizations, acting as echo chambers to reach national decision makers. By making these claims, this article illustrates how epistemic communities actively collaborate with other transnational networks, rather than competing with them, and how they can promote a paradigm change by generating rather than reducing uncertainty.

    Le rôle des #universitaires dans le changement d’attitude politique vis-à-vis de la #propriété_intellectuelle ; quand on fouille les archives du @mdiplo il y a 30 ou 40 ans, on trouve des articles exhortant les pays du Sud à se doter de législations sur la PI, de manière à défendre leurs droits… funeste erreur.

  • Jean Véronis, universitaire et blogueur
    http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2013/09/12/jean-veronis-universitaire-et-blogueur_3476303_3382.html

    Universitaire et blogueur français, professeur de linguistique et d’informatique à l’université d’Aix-Marseille, consultant auprès de diverses entreprises et lui-même créateur d’entreprise

    Il avait aussi donné un sens à Wikio avant que cet outil ne devienne e-buzzing

    Son blog : Technologie du Langage = http://blog.veronis.fr

    #Jean_Véronis #linguistique #blogosphère #informatique #universitaire