• +1 184 % dans une ville française : ces chiffres montrent où la chaleur devient la plus dangereuse
    https://www.futura-sciences.com/sante/actualites/pollution-air-1-184-ville-francaise-ces-chiffres-montrent-chaleur-d

    Chaleur, pollution, incendies, pollens… Les conséquences sanitaires du #changement_climatique sont particulièrement marquées dans les #villes. Un vaste rapport européen révèle une aggravation des risques, mais aussi des réponses encore très inégales. En France, certaines communes affichent des chiffres particulièrement préoccupants.

    [...]

    Selon les données françaises publiées en complément du rapport du Lancet Countdown Europe, en France, le nombre annuel moyen de décès attribuables à la #chaleur a augmenté de 73 par million d’habitants entre 1991-2000 et 2015-2024. Trois villes du Sud enregistrent les évolutions les plus préoccupantes :

    Perpignan : le taux annuel de mortalité associé à l’exposition à la chaleur est passé de 10,7 à 139,2 décès par million d’habitants entre les deux périodes étudiées, soit une hausse estimée de 1 184%. [après des années de sécheresse dans les P-O] ;

    Martigues : +965 % ;

    Toulouse : +919 %.

    D’autres communes sont fortement confrontées aux îlots de chaleur. Entre 2003 et 2020, Chambéry, Annecy et Nancy ont chacune connu plus de 300 jours durant lesquels la température urbaine dépassait celle des zones rurales voisines de plus de 1,5 °C. Alors que la moyenne nationale s’établissait à 12 jours par été, elle atteignait respectivement 90, 78 et 75 jours dans ces trois villes.

    #végétalisation

  • Miguel Amorós, Lewis Mumford, 2021 – Et vous n’avez encore rien vu…
    https://sniadecky.wordpress.com/2026/09/10/amoros-mumford-fr

    En rendant hommage au New-Yorkais Lewis Mumford (1895-1990), nous évoquons une figure bien étrange à notre époque, car le savoir universel est un anachronisme à l’ère de la connaissance spécialisée, où règne une ignorance fonctionnelle [1] caractéristique et où l’érudition est très peu valorisée. Christian Ferrer le considère comme « l’un des derniers humanistes du XXe siècle ». Mumford fut le témoin horrifié des désastres du règne de la bourgeoisie industrielle, des conséquences catastrophiques de ce qu’on appelait le progrès, et il voulut y remédier de manière idéaliste, c’est-à-dire en alertant le monde. Comment ? En tentant de créer une atmosphère culturelle critique envers le progrès qui convaincrait les élites conscientes du problème qu’il existait des moyens bien plus humains d’aborder et de réorienter l’évolution de la société vers des fins plus épanouissantes sans passer nécessairement par la mécanisation. L’humanité devait contrôler son environnement, et non s’y soumettre. À cette fin, il a mené un immense travail encyclopédique dans des domaines aussi variés que la sociologie, l’histoire, la technique, l’utopie, l’urbanisme, l’architecture, la critique littéraire et l’art.

    #Lewis_Mumford #Miguel_Amoros #Patrick_Geddes #urbanisme #histoire #conurbation #ville #urban_matters #mégamachine

  • #Campi_Flegrei, la protesta degli #sfollati

    Dopo il terremoto di magnitudo 4,7 di luglio le persone costrette fuori casa sono 4’500, centinaia gli edifici lesionati. Perché non si è intervenuti prima e il nodo degli abusi edilizi - Il reportage

    In Italia, ai Campi Flegrei, sono ancora forti gli effetti del terremoto di magnitudo 4.7 registrato a fine luglio, il più forte negli ultimi decenni: 4’500 sfollati, centinaia di edifici lesionati e poche certezze sul futuro.
    La rabbia degli sfollati

    Chi non ha alternative si è rifugiato al palazzetto dello sport e qui vive da un mese e mezzo. C’è rassegnazione ma anche tanta rabbia. Gruppi di cittadini aspettano i politici prima dell’inizio del consiglio comunale per protestare. “È passato più di un mese e non abbiamo risposte da nessuno, né dalla Regione, né dal Comune, né dal governo”, dice una delle manifestanti alle telecamere del Telegiornale della RSI.
    Le spiegazioni del sindaco di Pozzuoli

    La RSI ha chiesto al sindaco di Pozzuoli, Luigi Manzoni, come mai, nonostante si conoscesse il rischio, non siano stati almeno allestiti alloggi di emergenza. “Il fenomeno del bradisismo è un fenomeno che è così da anni. Siamo in fase di “sollevamento” del 1950. Oggi ci ritroviamo, solo a distanza di qualche anno, ad aver messo in campo delle vere e proprie attività di mitigazione e di prevenzione del rischio”, risponde il sindaco.
    I danni e i rischi noti

    La scossa del 30 luglio è stata la più forte da decenni e i danni si vedono. Molti edifici risultano lesionati, 4’500 persone sono sfollate. Non è una sorpresa per chi tre anni fa ha ricevuto l’incarico del Governo per una mappatura del territorio su 12’700 edifici, il 10% risulta ad alto rischio.
    Perché non si è intervenuti prima

    Nell’area individuata come area di intervento per il bradisismo, negli ultimi decenni si sarebbe dovuto intervenire con la messa in sicurezza delle case. Ma non è andata così. “Ad oggi le richieste di finanziamento si contano sulle dita di una mano. Perché? Perché la legge dava un contributo del 50% e quindi la popolazione non era in grado di metterci l’altro 50%”, spiega alla RSI Giulio Zuccaro, responsabile del Centro studi per l’ingegneria idrogeologica, vulcanica e sismica PLINIVS. Ora si pensa di arrivare al 70%, addirittura al 100%, ma i soldi devono ancora arrivare.
    Il nodo degli abusi edilizi

    “Però c’è un grandissimo problema che blocca tutto e che finora ha bloccato (e che non so quanto sia risolvibile, lo dico anche molto sinceramente): il Governo giustamente adesso, per motivi politici o anche per motivi etici, non intende assolutamente derogare dal fatto che i finanziamenti non possano andare a persone che hanno irregolarità urbanistiche, cioè abusi. Il fabbricato deve essere regolare, deve avere la licenza e all’interno del fabbricato non ci devono essere stati abusi”, sottolinea Zuccaro.
    Un futuro incerto

    Niente è semplice qui, dove 84’000 persone abitano su un sistema vulcanico attivo, con il timore che prima della messa in sicurezza possa arrivare una nuova scossa.

    https://www.rsi.ch/info/mondo/Campi-Flegrei-la-protesta-degli-sfollati--4074460.html
    #campanie #tremblement_de_terre #Italie #Pozzuoli #déplacés_internes #abusi_edilizi #bradidismo #Bradyséisme #risque #aménagemenet_du_territoire #urbanisme #illégalité

  • Aux urgences d’Île-de-France, des malades psychiatriques sont privés de liberté sans cadre légal | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100926/aux-urgences-d-ile-de-france-des-malades-psychiatriques-sont-prives-de-lib

    Le CGLPL a obtenu des chiffres de l’agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France. Celle-ci a en effet ouvert en 2022 une « cellule régionale d’appui à la recherche de lits d’#hospitalisation en #psychiatrie ». Censée remédier à la situation, elle est « inefficace », tance le CGLPL.

    Entre les premiers semestres 2025 et 2026, le nombre de patient·es psychiatriques en attente est passé de 3 002 à 3 957. Leur durée d’attente a augmenté de 34 %, de 29,45 à 39,45 heures en moyenne. Un service a rapporté au CGLPL une attente de neuf jours pour un malade. D’autres, qui nécessitent une hospitalisation, y renoncent. Et plus les patient·es sont dans un état grave, plus leur attente est longue, en particulier celles et ceux pour qui une chambre d’isolement est indiquée.

    Des patient·es psychiatriques se retrouvent donc hospitalisé·es sans leur consentement aux #urgences : ils et elles ne peuvent en sortir. C’est illégal, car la loi autorise la privation de liberté uniquement dans les établissements et les services dédiés à la psychiatrie. Pour le CGLPL, ce sont des « rétentions arbitraires », sans aucune « voie de recours » pour les malades. Ces « situations […] doivent immédiatement cesser », admoneste-t-il.

    Toujours sans aucun cadre légal, certains patients sont contentionnés, c’est-à-dire attachés à un brancard, pour prévenir leur fuite, ou parce qu’ils sont jugés dangereux pour eux-mêmes ou pour les autres. Cette pratique est même imposée à « des patients libres » , rapporte encore le CGLPL.

    Dans les services d’urgence, tout est prévu pour la #contention : il y a des « kits […], dont certains sont préalablement positionnés sur des lits ou des brancards pour leur utilisation immédiate ». « Une équipe a signalé avoir utilisé ses quinze kits de contention simultanément et s’en être aperçue au moment d’en installer un seizième », décrit le rapport. À la contention mécanique est systématiquement associé un puissant « traitement sédatif », soit une #contention_chimique.

    Les mineur·es de 16 à 18 ans peuvent subir le même traitement. Faute de lits en pédopsychiatrie, ces mineur·es sont parfois orienté·es au mieux dans des services de pédiatrie inadaptés à leur état de santé, au pire dans un service de psychiatrie pour adultes.

  • Excess mortality attributed to heat and cold: a health impact assessment study in 854 cities in #Europe

    Heat and cold are established environmental risk factors for human health. However, mapping the related health burden is a difficult task due to the complexity of the associations and the differences in vulnerability and demographic distributions. In this study, we did a comprehensive mortality impact assessment due to heat and cold in European urban areas, considering geographical differences and age-specific risks.

    https://www.thelancet.com/journals/lanplh/article/PIIS2542-5196(23)00023-2/fulltext
    #villes #surmortalité #chaleur #statistiques #chiffres #urban_matter #santé #mortalité #canicule #santé_publique #cartographie #visualisation

    ping @reka

  • Établissement public de création et d’accompagnement pédagogiques dénommé Réseau Canopé | Ministère de l’Education nationale
    https://www.education.gouv.fr/bo/15/Hebdo4/MENF1425828D.htm

    « Art. D. 314-71. - Le Réseau Canopé exerce une mission d’édition, de production, de développement et de mise à disposition de ressources et de services éducatifs à destination des enseignants, des communautés éducatives et universitaires, des écoles et des établissements d’enseignement scolaire.

    « Dans le cadre de ses attributions, il participe à la mise en œuvre de la politique éducative et à son déploiement au niveau académique. À ce titre, il accompagne les pratiques pédagogiques au service de la réussite de tous les élèves, valorise les actions et dispositifs innovants et contribue à la mise en œuvre du service public du numérique éducatif.

    « Il contribue, dans le domaine de l’usage des ressources éducatives, à la formation initiale et continue des personnels enseignants et d’éducation et des personnels d’encadrement et à l’accompagnement de tous les membres de la communauté éducative, notamment en complément des missions académiques de formation et des écoles supérieures du professorat et de l’éducation.

    Vue du batiment Canopée en visite virtuelle 3D
    https://my.matterport.com/show/?m=LwxxZC8ZgCN

    Mise aux enchères par l’état à 2,1 millions Cf lemonde.

    ... décision prise par le gouvernement de se défaire de l’hôtel particulier de Georges Pauilhac, rue Roquelaine, en plein centre de Toulouse. Ce très beau bâtiment Art nouveau était détenu par l’Etat depuis soixante-dix ans. Il va être vendu aux enchères sur Internet, du 24 au 26 novembre. Une visite virtuelle est déjà possible. Mise à prix : 2,1 millions d’euros.
    (...)
    De nombreux biens, les plus faciles à commercialiser, ont été cédés sous les mandats de Jacques Chirac (1995-2007) et de Nicolas Sarkozy (2007-2012).

    LeM ne dit pas combien de m2 sont bradés, sur la vue 3d il y a 8 niveaux en comptant les 2 sous sols.

    #monument_historique #grande_braderie_macroniste #immobilier #toulouse #urbex

  • Les cités-jardins, une #utopie habitée

    Les cités-jardins, qu’est-ce que c’est ?

    Ce sont des ensembles de #logements_populaires alliant les avantages de la ville et de la campagne : une #utopie_urbaine et sociale venue d’Angleterre qui s’est concrétisée en France dans la première moitié du xxe siècle.

    Aujourd’hui, cent ans après leur création, que sont devenues ces utopies habitées ?

    Grâce aux témoignages d’habitantes et d’habitants mis en images par seize artistes au sein de douze cités-jardins d’Île-de-France, découvrez leurs histoires...

    https://www.editionselytis.com/product-page/les-cit%C3%A9s-jardins-une-utopie-habit%C3%A9e

    #cité-jardins #BD #bande-dessinée #bande_dessinée #Ebenezer_Howard #propriété #citoyenneté #organisation_collective #logement #Henri_Sellier #Berthe_Leymarie #architecture #espace_public #mixité_sociale #classes_populaires #communs #Suresnes #Moulin_de_Senlis #Blumenthal #Stains #Gennevilliers #Dents_de_Scie #Mitry-Mory #Briques_Rouges #Orgemont #Champigny-sur-Marne #Poudrerie #Eguiller #livre #urbanisme

  • Découvrez les #Enquêtes_publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en septembre 2026
    https://splann.org/enquetes-publiques-septembre-2026

    Des centaines d’enquêtes publiques sont organisées chaque année en Bretagne. Elles concernent des opérations susceptibles de porter atteinte à l’environnement. Bien souvent, les habitants en prennent connaissance trop tardivement. Chaque mois, la rédaction de « Splann ! » met en avant des projets d’aménagement du territoire, d’ouvrages et de travaux afin d’encourager le débat, la participation et la mobilisation citoyenne. L’article Découvrez les #enquêtes_publiques et projets d’aménagement en cours en Bretagne en septembre 2026 est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #agriculture #arzon #assainissement #audierne #Bourg-Blanc #breal-sous-montfort #bretagne_romantique #carquefou #consultations_publiques #deniveau #dessalement #dinard #douarnenez #eau #élevage #élevage_avicole #élevage_bovin #éolien #éoliennes #erdeven #guichen #industrie #la_motte #landunvez #loctudy #méthanisation #morlaix #musoir #plan_local_d'urbanisme #plouguenast-langast #porcherie #pornichet #port #saint_malo #saint-brandan #saint-nazaire #Saint-Thégonnec_Loc-Éguiner #station_d'épuration #tinténiac #urbanisme #vallet

  • La declassificazione delle “industrie insalubri” minaccia i centri abitati

    La legge 50 del 2026 ha tolto ai sindaci il potere di controllo sulla localizzazione degli impianti potenzialmente pericolosi per la salute pubblica. Sarà quindi più facile che sorgano o rimangano in contesti urbani. Con rischi molto elevati

    Sono state classificate per decenni dalla legge “industrie insalubri di prima classe” e la loro collocazione avrebbe dovuto essere lontana dai centri abitati. Con l’articolo 14 della legge 50 dell’aprile 2026 cambia però il quadro normativo: viene modificata una disciplina in vigore dal 1934, che individuava le attività potenzialmente più pericolose per la salute pubblica e attribuiva ai sindaci specifici poteri di programmazione e controllo sulla loro localizzazione. La novità è stata introdotta dal Governo Meloni con il decreto legge approvato dal Consiglio dei ministri il 29 gennaio 2026.

    Il provvedimento è stato presentato su proposta del ministro per gli Affari europei, il Pnrr e le Politiche di coesione Tommaso Foti, di concerto con i ministri della Salute Orazio Schillaci, dell’Ambiente Gilberto Pichetto Fratin e delle Imprese e del Made in Italy Adolfo Urso. Il cambiamento è passato quasi sotto silenzio ma potrebbe avere conseguenze importanti nei centri abitati dove da anni cittadini e comitati chiedono la delocalizzazione di attività, di fatto, incompatibili con il contesto urbano. La nuova norma stabilisce che le imprese in possesso di Autorizzazione integrata ambientale (Aia) non siano più classificate come “industrie insalubri”. In apparenza una questione tecnica. Nella sostanza un cambio di paradigma che ridisegna i rapporti di forza tra cittadini, amministrazioni comunali e grandi impianti industriali.

    Per capire che cosa si perde bisogna partire da lontano. Gli articoli 216 e 217 del Testo unico delle leggi sanitarie sono norme di epoca fascista, mai abrogate e considerate pienamente legittime dalla giurisprudenza amministrativa più recente. “Sono norme vecchissime ma potentissime -spiega Marco Grondacci, giurista ambientale con oltre trent’anni di esperienza in vertenze territoriali in tutta Italia-. I sindaci raramente le hanno usate fino in fondo ma quando lo facevano cambiavano davvero le cose”.

    L’articolo 216 infatti attribuiva al Comune il potere di regolamentare la localizzazione degli impianti classificati appunto come “industrie insalubri”. L’ente locale poteva stabilire, attraverso una variante al piano urbanistico o una norma del regolamento edilizio, che un certo impianto fosse incompatibile con il contesto in cui si trovava. Poteva chiederne la delocalizzazione e farlo anche se l’impianto rispettava formalmente tutte le autorizzazioni ambientali vigenti. La presenza di scuole, ospedali, asili nido, una densità residenziale elevata erano elementi sufficienti per avviare un percorso che portasse all’allontanamento dell’impianto. “Erano strumenti che distinguevano nettamente tra il rispetto dei limiti di legge e la compatibilità con il territorio -sottolinea Grondacci-. E la Cassazione lo ha ribadito in più sentenze: un impianto che rispetta la normativa può comunque produrre disagi alla popolazione e può essere sanzionato”.

    L’articolo 14 della legge 50 del 2026 ha cambiato la norma sulle “industrie insalubri”

    Con la modifica introdotta dalla recente legge tutte le industrie soggette ad Aia escono dalla classificazione di “industrie insalubri di prima classe” non perché siano diventate meno pericolose, ma perché la norma ha deciso che le autorizzazioni ambientali già esistenti siano sufficienti, automaticamente, a garantire la loro compatibilità con la vicinanza a un centro abitato. Il problema è che molte di queste localizzazioni sono l’eredità di un modello di industrializzazione novecentesco oggi non più proponibile.

    “Sembra che le istituzioni invece di valutare con attenzione i potenziali danni e gli innumerevoli disagi causati da questa situazione, abbiano preso la strada di depotenziare gli antichi vincoli che consentivano alle amministrazioni comunali di prendere iniziative atte a favorire una ordinata riconversione dei siti industriali”, spiega Stefano Luciani, consulente tecnico in contenziosi ambientali tra industrie insalubri e cittadini che da anni si battono per la loro ricollocazione in aree industriali distanti dai centri abitati. Il nodo centrale è il valore amministrativo delle autorizzazioni. L’Aia valuta il modello di esercizio di un impianto, verifica se le tecnologie utilizzate sono le migliori disponibili, se i limiti di emissione vengono rispettati. “Molto difficilmente in un processo di rinnovo di una Aia si è messo in discussione il fatto che una cementeria o un inceneritore si trovino a duecento metri da una scuola”, sottolinea Luciani.

    “L’Aia regolamenta prevalentemente gli aspetti ambientali dell’impianto, non gli effetti sanitari della sua localizzazione. È così che molti centri abitati potrebbero essere condannati a convivere con la presenza di emissioni nocive per i prossimi decenni, subendone l’impatto sanitario, mai misurato né valutato”. A rendere ancora più evidente la frattura tra tutela ambientale e tutela sanitaria è la distinzione tra Via e Vis: la Valutazione di impatto ambientale e la Valutazione di impatto sanitario. Mentre il primo procedimento, propedeutico al rilascio dell’Aia, si occupa di tutela ambientale, la Vis è indirizzata a tutelare gli aspetti sanitari ma per gli impianti esistenti non è obbligatoria e, tranne rarissimi casi, non viene effettuata.

    Con la nuova legge questa contraddizione appare rafforzata: se c’è l’Aia si presume che la salute sia automaticamente tutelata. Di ben altro avviso è il Sistema nazionale di protezione dell’ambiente (Snpa), secondo il quale l’introduzione della Vis evidenzia proprio la necessità di non limitarsi a valutare solo gli aspetti ambientali: “L’analisi degli studi di Valutazione di impatto ambientale condotti negli anni ha permesso di evidenziare -si legge- la scarsa considerazione che è stata data a una corretta valutazione dell’impatto sulla salute determinato da fattori di rischio associati a opere/impianti/progetti per le popolazioni esposte residenti nei territori limitrofi”.

    Secondo il consulente tecnico Luciani “i grandi stabilimenti soggetti all’Aia, quelli potenzialmente più impattanti per la salute pubblica, saranno meno vincolati dalla giurisdizione comunale. Il sindaco, che in linea generale assume responsabilità sanitarie nei confronti della cittadinanza, si ritrova con poteri sempre più limitati proprio dove questi servirebbero”.

    Basta dare uno sguardo a Google Maps, anche per un non esperto, per rendersi conto di quante industrie regolarizzate con Aia si trovino in aree completamente decontestualizzate. Gli esempi non mancano. Gubbio (PG), una delle città medievali più belle del mondo, è racchiusa tra due ciminiere. A Isola delle Femmine (PA), il forno di un impianto è a quattrocento metri da una spiaggia turistica, in un’area di alto valore ambientale. A Barletta una cementeria si trova nel centro abitato, a poche centinaia di metri da uno straordinario castello normanno.

    A Monselice, in provincia di Padova, un cementificio sorge dentro un parco regionale, a ridosso di case e scuole. Negli anni sono state numerose le iniziative messe in atto dai comitati civici per richiamare a un maggiore impegno per risolvere le contraddizioni, come il convegno della scorsa primavera “L’Europa verso l’economia circolare-Il caso Gubbio”, al quale hanno partecipato sia tecnici sia rappresentanti delle istituzioni.

    Nel corso dei lavori, oltre a essere stato evidenziato come il co-incenerimento dei rifiuti sia un processo contrario alle politiche europee di promozione dell’economia circolare, è stata discussa la necessità di disporre di studi epidemiologici aggiornati sulle ricadute sanitarie degli impianti collocati vicino ai centri abitati. Nel caso di Barletta, invece, in merito alle evidenze scientifiche sull’impatto sanitario delle industrie insalubri, ha creato scalpore la pubblicazione nel 2021 sulla rivista scientifica Exposure and Health: un’indagine su 366 bambini residenti in città ha dimostrato per la prima volta il fenomeno di bioaccumulo nel corpo di metalli tossici di origine antropica (nickel, cadmio, mercurio e arsenico). Lo studio inoltre accerta come coloro che vivono e frequentano la scuola nell’area in maggiore prossimità dello stabilimento siano più affetti dal bioaccumulo di metalli rispetto ai soggetti prevalentemente esposti al solo inquinamento da traffico veicolare.

    “I responsabili delle industrie potranno continuare ad affermare che il loro impianto funziona regolarmente secondo l’Aia. Ma la storia insegna che il solo rispetto di queste, fissate in modo indipendente dalla localizzazione dell’impianto, può non essere una condizione sufficiente a garantire la salute dei cittadini -conclude Luciani-. Un conto è rispettare asettici limiti normativi delle emissioni in una zona industriale, un altro è far convivere le ciminiere con luoghi stabilmente abitati. La grande proliferazione normativa italiana potrebbe così favorire il mantenimento dello status quo, rendendo compatibile amministrativamente quello che nella realtà delle cose non sarà mai conciliabile”.

    “Un conto è rispettare asettici limiti normativi delle emissioni in una zona industriale, un altro è far convivere le ciminiere con luoghi stabilmente abitati” – Stefano Luciani

    Resta così aperta una questione che la nuova norma non affronta: se il rispetto dei limiti emissivi, stabiliti quasi sempre in base a norme tecniche generali, possa essere considerato sufficiente anche quando un impianto industriale continua a operare a poche decine o centinaia di metri da case, scuole e ospedali. È su questo terreno che, secondo giuristi, tecnici e comitati, si sposteranno i contenziosi.

    https://altreconomia.it/la-declassificazione-delle-industrie-insalubri-minaccia-i-centri-abitat

    #Italie #pollution #loi #industrie #industries_polluantes #localisation #aménagement_du_territoire #santé_publique #maires #Tommaso_Foti #Orazio_Schillaci #Gilberto_Pichetto_Fratin #Adolfo_Urso #industrie_insalubre #urbanisme #plan_d'urbanisme #environnement #délocalisation #Aia #Valutazione_di_impatto_sanitario (#Vis) #autorisation_environnementale #impact_sanitaire #impact_environnemental

  • Offener Brief von Natascha Wodin an die FAZ : „Aus den Glutnestern ein Flächenbrand“
    https://www.berliner-zeitung.de/article/offener-brief-von-natascha-wodin-an-die-faz-aus-den-glutnestern-ein

    Die Schriftstellerin Natascha Wodin hat einen russisch-ukrainischen Hintergrund, wurde aber 1945 in Deutschland geboren. © Julius Schrank//OSTKREUZ

    La haine du Russe existe toujours chez les enfants et petits enfants des assassins allemands qui ont massacré des millioms de femnes et enfants russes et on fait périr encore des millions de prisonniers de guerre soviétiques dans les camps.

    Il est vrai que les morts soviétiques quoique cinq fois plus que les les victimes juifs de nos aînés ne rendent pas mois horribles les chambres à gaz et la nouveauté historique du crime qui a annoncé la faisabilité de futures massacres génocidaires.

    L’objet du deuil hypocrite et la raison d’état allemande est un nombre de juifs assassinés relativement peu élevé en comparaison avec l’hécatombe soviétique.

    Du point de vue nazi on ne faisait pas de différence entre sous-hommes juifs et slaves. Il fallait les éliminer pour assurer l’avenir des Allemands et des autre ariens. Alors pourquoi aujourd’hui aimons nous les Juifs et détestons le Russe ? L’obligation envers les deux groupes est comparable et devrait être élargie à tous les peuples menacés par les génocidaires d’aujourd’hui et dans l’avenir.

    Après la guerre nos parents auraient dû tous rejoindre la Société pour l’amitié germano soviétique, mais ils ont préféré profiter des beaux voyages offerts par les organisations israéliennes et états-uniennes. Ce faisant ils ont ignoré l’interdiction de la la Société pour l’amitié germano soviétique et ajouté le tort causé aux communistes et amis des peuples de l’Union soviétique à celui infligé pendant le règne nazi.

    Nous sommes en train d’en ajouter encore à notre compte moral déjà en découvert. Il ne sert à rien de proclamer not in my name car cette fois nos gouvernants risquent notre propre anéantissement. Il nous imposent leur guerres criminelles avec ou contre ma volonté expresse. Nous risquons le sort des peuples qui choisissent le mauvais côté de l’histoire.

    24.8.2026 von Natascha Wodin - Die Schriftstellerin bezieht Stellung zur Aussage der „Tötung von Russen“. Wodin zeigt, dass die Russophobie nach 1945 weiter schwelte und nun neu aufbricht.

    Die Schriftstellerin Natascha Wodin hat einen Brief an die Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) geschrieben. Wodin kam im letzten Jahr des Zweiten Weltkriegs als Kind einer Ukrainerin und eines Russen zur Welt. Ihre Eltern waren als Zwangsarbeiter nach Deutschland verschleppt worden. Was ihr in ihrer Kindheit „im besiegten Nachkriegsdeutschland an Russenhass, Gewalt und Verachtung entgegenschlug“, habe ihr „Leben empfindlich beschädigt“. Wodin schreibt, Deutschland habe ihr „ein Leben in Frieden, Freiheit, Pluralität und Wohlstand ermöglicht“. Aber jetzt habe „sich die Zeit zurückgespult, jetzt, als alte Frau, ist mir oft, als sei ich wieder im Deutschland meiner Kindheit“.

    Wodins erster Roman „Die gläserne Stadt“ erschien 1983. Es folgten zahlreiche weitere Veröffentlichungen, darunter die Romane „Nachtgeschwister“ und „Irgendwo in diesem Dunkel“. Ihr Werk wurde unter anderem mit dem Hermann-Hesse-Preis, dem Brüder-Grimm-Preis und dem Adelbert-von-Chamisso-Preis ausgezeichnet. Für „Sie kam aus Mariupol“ wurden ihr der Alfred-Döblin-Preis, der Preis der Leipziger Buchmesse und der Hilde-Domin-Preis für Literatur im Exil 2019 verliehen. 2022 wurde sie mit dem Joseph-Breitbach-Preis für ihr Gesamtwerk ausgezeichnet. Ihr Buch „Die späten Tage“ erschien im vergangenen Jahr bei Rowohlt.

    Anlass ihres bemerkenswerten Briefes ist die Frage des Korrespondenten der FAZ, was die Europäer tun könnten, um „mehr Russen zu töten, russische Soldaten natürlich“. Wodin sagt, sie habe Verständnis dafür, dass die FAZ den Abdruck des Briefes abgelehnt habe, da die russische Justiz den Korrespondenten zeitgleich zur Fahndung ausgeschrieben hatte.

    Quand je publie un appel au meurtre en Allemagne on me juge comme le complice du meurtrier. C’est ce que fait la justice russe.

    Die Redaktion verurteilt das Vorgehen der russischen Behörden auf das Schärfste. Meinungs- und Pressefreiheit müssen unbedingt geschützt werden, auch wenn man Aussagen inhaltlich vehement ablehnt. Das Wesen einer freiheitlichen Demokratie besteht darin, dass sie die freie Rede garantiert. In einer offenen Gesellschaft wird Meinung nicht mit dem Polizeistaat eingeschränkt. Das Mittel des Diskurses ist nicht die Repression, sondern der Widerspruch.

    https://www.gesetze-im-internet.de/stgb/__26.html

    Strafgesetzbuch (StGB)
    § 26 Anstiftung
    Als Anstifter wird gleich einem Täter bestraft, wer vorsätzlich einen anderen zu dessen vorsätzlich begangener rechtswidriger Tat bestimmt hat.
    ...
    § 111 Öffentliche Aufforderung zu Straftaten
    (1) Wer öffentlich, in einer Versammlung oder durch Verbreiten eines Inhalts (§ 11 Absatz 3) zu einer rechtswidrigen Tat auffordert, wird wie ein Anstifter (§ 26) bestraft.
    (2) Bleibt die Aufforderung ohne Erfolg, so ist die Strafe Freiheitsstrafe bis zu fünf Jahren oder Geldstrafe. Die Strafe darf nicht schwerer sein als die, die für den Fall angedroht ist, daß die Aufforderung Erfolg hat (Absatz 1); § 49 Abs. 1 Nr. 2 ist anzuwenden.

    Dans le cas d’un meurtrier en série la peine prononcée est souvent la perpétuité suivie d’une détention de sûreté. C’est la peine prévue par la loi allemande pour le journaliste Martens. Il y échappe car tuer du Russe n’est apparemment plus un crime ein Allemagne.

    Natascha Wodin thematisiert in ihrem nunmehr offenen Brief die in Deutschland verbreitete Russophobie und beschreibt, welche Verheerungen diese anrichtet. Wir veröffentlichen den Brief, weil die Darstellungen der Schriftstellerin über den gegenwärtigen Anlass hinaus gültig sind. (mm.)

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    Sehr geehrter Herr Martens,

    Sie werden wissen, dass der israelische Polizeiminister Ben-Gvir dieser Tage dazu aufgefordert hat, pro Nacht 30 bis 40 in Gaza lebende Palästinenser zu töten. Vielleicht war er inspiriert von der Frage, die Sie am 8. August während einer Pressekonferenz in Belgrad dem ukrainischen Präsidenten Selenskyj gestellt haben. Sie fragten, wie wir, die Europäer, der Ukraine konkret helfen könnten, mehr Russen zu töten. Russische Soldaten natürlich, fügten Sie hinzu.

    Abgesehen davon, dass die Frage falsch gestellt ist, weil ein Großteil von Russland zu Europa gehört und dort ebenfalls Europäer leben, verwirft sie alles, was ich bisher, offenbar naiv, für irreversible Errungenschaften unserer Zivilisation und Kultur hielt.

    Vielleicht folgten Sie auf dieser Pressekonferenz einer Aussage des vor kurzem entlassenen ukrainischen Verteidigungsministers Mychajlo Federow, der am 20. Januar dieses Jahres verlautbaren ließ, das strategische Ziel der ukrainischen Armee sei es, 50.000 Russen pro Monat zu töten. Ging es Ihnen mit Ihrer Frage vielleicht sogar um die Übererfüllung des ukrainischen Plansolls?

    Sie trafen mit Ihren Worten zweifellos ins Herz der nackten, unbeschönigten Wahrheit, um die es im Krieg geht. Um das Töten in größtmöglicher Zahl. Deutlicher, ehrlicher und entlarvender als Sie kann man es nicht ausdrücken. Ich würde mir gern einreden, Sie hätten mit Ihren Worten den Apologeten des Krieges den Spiegel vorhalten wollen, aber das war, wie ich fürchte, nicht Ihre Absicht.

    Ich kam im letzten Jahr des Zweiten Weltkriegs als Kind einer Ukrainerin und eines Russen zur Welt. Man hatte meine Eltern als Zwangsarbeiter nach Deutschland verschleppt, zwei von Millionen, die in Hitlers Kriegsindustrie verschlissen wurden. Ein völkerrechtswidriges Verbrechen gegen die Menschlichkeit, das bis heute nur schwach ausgeleuchtet ist. Was mir in meiner Kindheit im besiegten Nachkriegsdeutschland an Russenhass, Gewalt und Verachtung entgegenschlug, hat mein Leben empfindlich beschädigt. Meine Mutter war Ukrainerin, aber damals hat noch niemand zwischen Russen und Ukrainern unterschieden. Sie hielt den Hass nicht aus und nahm sich mit 36 Jahren das Leben.

    Heute werden wieder Russen mit deutschen Waffen getötet, nach Ihrer Ansicht, Herr Martens, wohl viel zu wenige. Sie gelten erneut als Barbaren, als Weltfeind, als Monster, nah an jenen schauerlichen Wesen mit Schwanz und Hörnern, als die sie während des Zweiten Weltkriegs dargestellt wurden. Russland wird wieder als das Reich des Bösen gesehen, das Ronald Reagan schon im Jahr 1983 von der Erdoberfläche zu tilgen versprach.

    Ich lese immer wieder, dass der Putsch auf dem Maidan von den USA geplant, organisiert und bezahlt war. Ich weiß nicht, ob das stimmt, ich kann es nicht nachprüfen. Wer weiß heute überhaupt noch, was stimmt und was Propaganda, Fake, Manipulation, was Lüge und was Wahrheit ist?! Aber ich höre immer wieder mit meinen eigenen Ohren, wie Wladimir Putin in russischer Sprache wiederholt, dass er noch nie daran gedacht hat, Europa anzugreifen, dass derartige Behauptungen grober Unfug seien, dass er nicht wüsste, wozu er das tun sollte. Im letzten Jahr hat Moskau der EU und der Nato sogar einen Nichtangriffspakt angeboten, aber dieses Angebot wurde nicht angenommen. Die gebetsmühlenartige Antwort des Westens auf alle Versuche Russlands, die Lage zu deeskalieren, lautet: Putin lügt. Glauben Sie das auch, Herr Martens? Warum? Warum ist noch kein einziger deutscher Politiker seit Beginn des Krieges nach Moskau gereist, um Putin auf den Zahn zu fühlen? Weil wir über ihn schon alles wissen, immer gewusst haben und immer wissen werden, egal was er sagt? Werden wir ihm, während die Nato Russland immer dichter auf den Leib rückt, so lange suggerieren, dass er drauf und dran ist, uns zu überfallen, bis er es endlich tun wird? Sind wir um keinen Preis gewillt, die tödliche Kriegsspirale anzuhalten, sind wir bereit, unsere Zivilisation, unsere Existenz dafür zu opfern, dass wir am Ende Recht behalten? Wollen wir diesen Krieg? Wozu die drakonische Aufrüstung, die unsere Zukunft auffrisst, da doch bekannt ist, dass Russland der Nato militärisch hoffnungslos unterlegen ist?! Man kann einwenden, Russland besitze das größte Atomwaffenarsenal der Welt, aber das scheint mir ein etwas lächerliches Kettenrasseln zu sein. Mehr als einmal kann man unseren Planeten nicht zerstören. Und das kann die Nato allemal auch.

    Putins „militärische Spezialaktion“ hat mich zutiefst verstört und mir einen Teil der inneren Heimat genommen, die Russland mir war, aber die katastrophale Entwicklung dieses Krieges hat dazu geführt, dass ich mich inzwischen mehr als vor Putin vor Donald Trump und vor einigen deutschen Politikern fürchte. Und vor Journalisten wie Ihnen.

    Es gab eine Zeit, in der ich glaubte, dass der Abgrund zwischen Ost und West sich allmählich schließt, dass ein Strahl Vernunft und Versöhnung in das Dunkel zwischen diesen beiden Welten zu fallen beginnt, aber ich habe mich getäuscht. Russenhass und Russenangst sind in Deutschland nie vergangen, die Russen sind immer Feindbild und Projektionsfläche für alles Böse geblieben. Der Hass hat nur ein wenig geschlafen, er hat sich ausgeruht, um nach einer kurzen Pause, nach einer vorübergehenden Gorbimania, wieder umso heftiger aufzuflammen aus den Glutnestern unter der Asche, die ein paar Windstöße wieder in einen Flächenbrand verwandelt haben.

    Ich habe Deutschland viel zu verdanken, es hat mir nach einem schwierigen, traumatischen Anfang ein Leben in Frieden, Freiheit, Pluralität und Wohlstand ermöglicht, ich konnte meinen Weg gehen. Aber jetzt hat sich die Zeit zurückgespult, jetzt, als alte Frau, ist mir oft, als sei ich wieder im Deutschland meiner Kindheit.

    Natascha Wodin

    #Allemagne #Russie #URSS #guerre #génocide

  • À symptômes égaux, l’IA envoie les hommes aux #urgences, pas les femmes

    Face aux mêmes maux, plusieurs grands modèles d’intelligence artificielle recommandent beaucoup plus souvent les urgences aux jeunes hommes qu’aux jeunes femmes. L’IA reproduit certains biais déjà observés en médecine.

    L’intelligence artificielle (IA) médicale ne conseille pas la même chose à une femme et à un homme. C’est ce qu’a montré Qi Han Wong dans une étude déposée en juin sur la plateforme scientifique arXiven.

    Le chercheur a soumis à trois grands modèles de langage un même scénario clinique : des maux de tête persistants depuis deux semaines, résistants aux antalgiques, accompagnés d’une vision floue, de nausées matinales et de troubles visuels. Seuls l’âge et le sexe de la personne étaient modifiés.
    96,7 % des hommes, 6,7 % des femmes

    Le résultat est spectaculaire chez les personnes de 25 ans. L’IA Claude a recommandé une consultation aux urgences dans 96,7 % des cas pour les hommes, contre seulement 6,7 % pour les femmes. Avec GPT-5.4-mini, les taux étaient respectivement de 66,7 % et 6,7 %. Gemini 3.5 Flash recommandait les urgences dans 23,3 % des cas pour les hommes, contre 0 % pour les femmes.

    Le chercheur a fait varier trois classes d’âge -25, 38 et 65 ans- et le sexe, avec 30 essais pour chaque condition et chaque modèle, soit 630 requêtes au total. Un scénario supplémentaire ne précisant pas le sexe servait de référence.

    Selon l’étude, les modèles attribuaient aux différents patients des niveaux de gravité comparables, généralement élevés, de l’ordre de 7 à 9 sur 10.
    Le piège de la « substitution diagnostique »

    Autrement dit, l’IA semble reconnaître que les symptômes sont potentiellement sérieux. Mais elle ne tire pas la même conclusion sur la nécessité d’une prise en charge urgente.

    Pourquoi une telle discrimination algorithmique ? Les chercheurs parlent de « substitution diagnostique ». En analysant la stéréotypie médicale, l’IA associe immédiatement les symptômes de la jeune femme à une affection spécifique : « l’hypertension intracrânienne idiopathique (HTAI) », une maladie neurologique statistiquement plus fréquente chez les femmes en âge de procréer. Comme cette pathologie est jugée moins immédiatement mortelle à court terme, le modèle conclut qu’un rendez-vous chez un spécialiste dans quelques semaines suffit.

    Pour l’homme, en revanche, l’IA ne trouvant pas d’association épidémiologique évidente, elle applique le principe de précaution et conclut à une « hypertension intracrânienne générique menaçante », nécessitant une prise en charge urgente.

    L’étude montre qu’à l’âge de 65 ans, quand les probabilités épidémiologiques s’égalisent, l’écart d’orientation entre hommes et femmes disparaît totalement.
    Des biais humains numérisés

    Dans la « vraie vie », le milieu médical souffre déjà de biais sévères : la prise en charge de la douleur des femmes est historiquement minimisée, souvent reléguée à des facteurs psychosomatiques, hormonaux ou anxiogènes.

    En entraînant les modèles d’IA sur des millions de textes, rapports et données cliniques existants, les concepteurs de la tech ont réinjecté ces biais au cœur des algorithmes. Résultat : alors même que de plus en plus de plateformes de santé et d’applications intègrent des « chatbots de pré-tri » pour orienter les patients, les femmes risquent d’être systématiquement sous-orientées et retardées dans leur prise en charge médicale vitales.

    Pour les auteurs de l’étude, les concepteurs d’IA médicale doivent impérativement séparer l’évaluation de l’urgence médicale des simples calculs de probabilités diagnostiques liées au sexe de la personne.

    https://www.lesnouvellesnews.fr/a-symptomes-egaux-lia-envoie-les-hommes-aux-urgences-pas-les-femmes
    #IA #AI #discriminations #intelligence_artificielle #santé #hommes #femmes #genre #biais

    • Gender-Dependent Diagnostic Substitution in LLM Medical Triage : Same Symptoms, Unequal Urgency

      We investigate whether large language models produce different medical triage recommendations for identical neurological symptoms when only the patient’s stated gender and age vary. Using three model families—Gemini 3.5 Flash, Claude Sonnet 4.6, and GPT-5.4-mini—we present a standardized symptom profile (persistent headache, blurred vision, morning nausea, visual disturbances) across seven demographic conditions: three age groups (25, 38, 65) x two genders (male, female), plus a gender-unspecified baseline (n = 30 per condition per model, 630 total trials). We find a stark, systemic gender-dependent triage disparity: young women receive significantly lower emergency room (ER) referral rates than age-matched men (Gemini: 0% vs. 23.3%; Claude: 6.7% vs. 96.7%; GPT: 6.7% vs. 66.7%, all p < 0.001). The disparity disappears at age 65 for all models. The primary mechanism is diagnostic substitution: the models anchor on a gender-associated diagnosis, preferentially classifying young women with Idiopathic Intracranial Hypertension (IIH)—a condition epidemiologically linked to women of childbearing age—while diagnosing men with generic increased intracranial pressure with space-occupying lesions in the differential. This diagnostic closure routes female patients to lower-urgency care (outpatient doctor appointments) despite comparable severity ratings (7-9/10). Our findings demonstrate that clinical LLMs replicate documented human clinical biases by using epidemiological priors to suppress triage urgency, suggesting that AI triage engines must decouple urgency assessment from probabilistic diagnostic priors. We release all code, prompts, and raw results.

      https://arxiv.org/abs/2606.03641

  • Tout ce qui est solide s’oxyde. À propos de la pyroconvection du capital fossile. Marius Bickhardt
    https://us16.forward-to-friend.com/forward/preview?u=84965d21d1ed50ffea9d4c6c9&id=6c751936a3

    "CO₂ : Ils appellent ça de la pollution, on appelle ça la vie”.

    L’été 2026 est passé de Charybde en Scylla, entre vagues de chaleur extrême et incendies dévastateurs. La célèbre métaphore accélérationniste du Manifeste du parti communiste d’après lequel, à l’ère capitaliste, “tout ce qui est solide se volatilise” prend désormais une acception littérale.

    À l’ère du Pyrocène, terme par lequel l’historien environnemental étatsunien Stephen Pyne désigne l’époque de la généralisation des méga-feux due au changement climatique d’origine anthropique, la métaphore chimique de la volatilisation cède le pas à celle de l’oxydation. Désormais, tout ce qui est solide - les arbres, les tourbières, les espèces vivantes - part en fumée, la crise climatique multipliant les risques de sécheresses et d’incendies. La dynamique de pyro-convection, par laquelle la chaleur dégagée par les feux monte vers le ciel en créant ainsi le vent même qui projette les incendies toujours plus loin, devient alors le chiffre même du capital fossile. Le procès d’accumulation, que Marx décrivait jadis non pas comme un cercle mais comme une “spirale”, rejette toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en transformant ainsi le climat et le système météorologique. Ce faisant, il favorise des feux toujours plus fréquents et intenses. Avec l’alternance des extrêmes météorologiques due à la catastrophe climatique, l’air plus chaud de l’été transporte plus d’eau en créant des hivers plus humides qui favorisent la croissance de la biomasse. Celle-ci subira à son tour de fortes chaleurs au cours de l’été en devenant alors un potentiel combustible. Par conséquent, la combustion de la biomasse libère le carbone stocké en renforçant ainsi l’effet de chauffe tout en détruisant les puits écologiques. De la sorte, la frontière du feu va inéluctablement remonter vers le centre, le nord et l’Ouest de l’Europe centrale qui pourraient devenir une pyrorégion classée fire-prone.

    Pour l’heure, le mode de gestion dominant de la catastrophe repose sur l’interpellation et la responsabilisation des individus, incités à adopter des écogestes aussi nécessaires qu’insuffisants. De même qu’à l’époque de la pandémie de Covid 19, l’appel à la vaccination et à l’hygiène personnelle permettait de se passer subrepticement de solutions plus structurelles comme l’installation de filtres à air et la mise à l’arrêt de la déforestation favorisant les zoonoses pandémiques, les gouvernements se contentent d’interdire la vente de barbecue ou exhortent leurs citoyens à ne pas jeter leur mégots pour ne pas avoir à discipliner le capital fossile qui continue à émettre librement ou le capital immobilier qui construit à sa guise dans des zones à risque.

    Or un ”urbanisme soutenable” nécessiterait des habitations adaptées aux chaleurs extrêmes et éloignées des zones d’incendies, autant qu’une socialisation des forêts en tant que bien commun écologique. Comme le rappelle la géographe Pauline Vilain-Carlotti, il faudrait revenir à la structure concentrique de pare-feux naturels qui entouraient jadis les villages méditerranéens : qui entouraient jadis les villages méditerranéens : “Une première, qui abritait des jardins et des potagers,(...),une deuxième, où pâturaient les animaux d’élevage.(...) En troisième périphérie, il y avait l’espace de la silva, donc du sauvage. On avait donc une succession de différentes strates végétales, de hauteurs différentes, sans continuité de combustible”.

    L’absence de ces mesures constitue une façon nouvelle de nier la profondeur du problème. Comment la conjoncture actuelle s’inscrit-elle dans la longue histoire du déni climatique qui prend son essor aux États-Unis avant de s’exporter vers l’Europe ?

    #agnotologie #production_de_l'ignorance #production_de_la_confusion #pyrocène #méga-feux #climat #changement_climatique #crise_climatique #sécheresses #incendies #capital_fossile #capital_immobilier #économie #libre_entreprise #fondamentalisme_de_marché #scepticisme_climatique #déni_climatique #think_tanks #extrême_droite #économie_libertarienne #scientisme #réchauffement_climatique #forêts #urbanisme #écogestes #nationalisme_vert #éco-fascisme #politique_identitaire #écologie #Marius_Bickhardt

    • Au début du XXIᵉ siècle, ce modèle américain du déni climatique est exporté vers l’Europe, où il est approprié par les mouvements nationalistes et d’extrême droite. Des partis tels qu’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne, Forum voor Democratie (FvD) aux Pays-Bas, le United Kingdom Independence Party (UKIP) ou Vox en Espagne intègrent le déni climatique dans des récits plus larges de ressentiment culturel et politique. Toutefois, le centre de gravité idéologique se déplace. Alors que le déni américain repose sur le libertarianisme du marché libre, ses variantes européennes se mélangent au nationalisme ethnique et à l’hostilité à l’égard de l’immigration. Cette convergence donne naissance à ce que les chercheurs décrivent comme le « nationalisme vert » ou l’"éco-fascisme", où la rhétorique écologique est instrumentalisée afin de justifier des politiques d’exclusion et défendre les populations « natives » contre des menaces supposées que représenteraient à la fois les migrants et la régulation environnementale.

      Ainsi, la mondialisation du déni marque la transformation d’un contre-mouvement corporatif en projet politique populiste. Né comme réaction de défense du capital fossile face à la régulation environnementale, le modèle négationniste américain fournit les outils institutionnels et rhétoriques qui seront ensuite mobilisés par l’extrême droite européenne. L’exportation du déni climatique à travers l’Atlantique montre comment la défense de la modernité fossile évolue d’un credo néolibéral de liberté de marché vers une politique identitaire de l’appartenance. Dans les deux contextes, toutefois, sa fonction demeure la même : préserver la légitimité sociale de l’accumulation carbone en déplaçant le consensus scientifique sur le terrain de la lutte idéologique.

    • Le marxisme écologique, Marius Bickhardt, Gauthier Delozière, Cannelle Gignoux, La Découverte, avril 2026

      Issu des marges du mouvement ouvrier et de l’#écologie_politique, le #marxisme_écologique est devenu l’un des foyers de la revitalisation du marxisme après la chute du bloc de l’Est. S’affirmant comme courant à la fin des années 1980, cette vaste entreprise exégétique, analytique et politique constitue désormais une ressource précieuse pour appréhender les catastrophes écosociales de l’Anthropocène. Cet ouvrage se donne pour objectif d’en présenter les principes fondamentaux.
      Il revient d’abord sur son émergence avant d’aborder les différentes relectures de l’écologisme de Karl Marx. Il s’attache ensuite à ses développements contemporains, depuis l’analyse des causes historiques du dérèglement planétaire en cours (#Capitalocène contre Anthropocène, capitalisme fossile, impérialisme écologique) jusqu’aux débats théoriques et stratégiques qui accompagnent l’aggiornamento environnemental de la théorie marxienne de l’émancipation (#État, #planification_écologique, #sujet_révolutionnaire).

      Intro et table des matières :
      https://www.calameo.com/read/0002150221e0cadad5f4f

      #livre

  • Nuclear power push ramps up uranium mill — and tribal health concerns : NPR
    https://www.npr.org/2026/08/12/nx-s1-5927298/nuclear-power-uranium-health-concerns

    Old Fears Amid a New Uranium Boom

    A U.S. push to ramp up domestic uranium production is bringing new activity to Utah’s White Mesa Mill—and reviving fears among nearby tribes that radioactive waste could contaminate the region’s air and water.

    Driving the boom: Federal policy is accelerating more domestic uranium production amid a ban on Russian uranium imports and the Trump administration’s push to increase nuclear energy capacity.

    The mill plans to more than double production of uranium concentrate, known as yellowcake, this year, and expand waste storage near the White Mesa Ute Community.

    Concerning track record: Tribal members point to the long history of uranium production-related contamination across the Colorado Plateau and a Clean Air Act violation as recent as 2021 as examples of what could transpire amid ramped-up production.

    #Intelligence_artificielle #Uranium #Energie_nucléaire #Nucléaire #Environnement #Nations_autochtones

  • Neubaupläne vs. NS-Erbe : Reichenbunker statt NS-Bunker
    https://taz.de/Neubauplaene-vs-NS-Erbe/!6203480

    Wo bis vor kurzem Gras über das tausendjährige Reich wuchs, erwächst nun eine Diskussion Foto : Sven Kaeuler/dpa

    Est-ce que vous achteriez une baraque hantée pas des fantômes nazis ? Bientôt vous pourrez acquérir des appartements construits sur les soldides fondation du bunker ou murut le « Führer ». C’est en plein centre de Berlin et ne sera pas pour tout le monde.

    Nos états d’âme de pauvres n’y comptent pour rien. Monument historique ? Des logements peu chers ? Les touristes anglais fascinés par le lieu historique ? La gentrification ? La laideur architecturale par quête du fric ? Passons. Il y a du profit dans l’air !

    Les social-démocrates responsables pour la privatisation du terrain historique s’en fichent royalement. Ils se sont abaissé il y a longtemps déjà au niveau de chiens de Pavlov libéraux qui salivent à chaque promesse d’investissement.

    11.8.2026 von Erik Peter - Der Große Bunker unter Hitlers Neuer Reichskanzlei soll einem Neubau weichen, so will es auch Senator Gaebler. Der Verein Berliner Unterwelten will das verhindern.
    Blick auf ein abgezäuntes Gelände in Berlin Mitte, unter dem sich eine Bunkeranlage befindet.

    Zwischen einem der letzten DDR-Plattenbauviertel an der Wilhelmstraße in Mitte und den Landesvertretungen von Hessen und Brandenburg befindet sich eine der letzten innerstädtischen Brachflächen. Neben einem Parkplatz an der Voßstraße wuchert Grün auf dem abgezäunten Gelände. Auch ein kleiner Hügel aus Trümmerschutt ist zu sehen. Unspektakulär ist das Bild nur auf den ersten Blick. Einst befand sich auf dem gesamten Gelände Hitlers Neue Reichskanzlei, der betonierte Machtanspruch der Nationalsozialist:innen, in dem auch Hitler selbst ein monumentales Arbeitszimmer hatte.

    Unter dem gesamten Gelände befanden sich gleich mehrere Bunker, darunter der überwiegend abgetragene und zugeschüttete Führerbunker. Noch zur Hälfte erhalten und zu einem Großteil just unter jener Freifläche befindlich, ist der Große Bunker, mit einem Ausmaß von etwa 60 mal 30 Metern. In Kriegszeiten, zwischen 1940 und 1944 fanden hier sowohl Mit­ar­bei­te­r:in­nen der Reichskanzlei, aber auch Hunderte Frauen und Kinder Schutz vor den Bomben. Ein berühmtes, allerdings nachgestelltes Foto vom 2. Mai 1945 zeigt, wie der letzte Stadtkommandant Berlins, Helmuth Weidling, den Bunker verlässt, um sich den sowjetischen Truppen zu ergeben.

    Geht es nach einem Hamburger Spekulanten, der sich das Gelände in den letzten zehn Jahren zusammengekauft hat und Bausenator Christian Gaebler (SPD), soll dieses Stück Geschichte schon bald weichen. Entstehen sollen stattdessen ein siebengeschossiger Neubau mit 66 Wohnungen und ein Bürogebäude. Vermutlich um Platz für eine Tiefgarage zu schaffen, sollen dafür die etwa zwei Meter dicken unterirdischen Bunkerwände abgetragen werden. Der Senator hatte zuletzt gegenüber der Bild-Zeitung verlauten lassen: „Wir stehen dem Neubau von Wohnungen nicht im Wege, um einen Bunker zu erhalten, der dann womöglich noch zum Wallfahrtsort wird.“

    Lauten Widerspruch dagegen hat am Dienstag der Verein Berliner Unterwelten formuliert, der die Geschichte der Stadt an authentischen Orten vermittelt. Auf einer auch von internationalen Jour­na­lis­t:in­nen gut besuchten Pressekonferenz in den Vereinsräumlichkeiten am Zeughaus, einer ehemaligen unterirdischen Toilettenanlage, appellierte der Vorsitzende Dietmar Arnold an die Investoren, sich mit der NS-Vergangenheit auseinanderzusetzen. „Das ist ein historischer Ort, der nicht kaputtgehen darf“, so Arnold.

    Der Bunker trägt den Neubau

    Der Stadtplaner Arnold schlägt stattdessen vor, den Neubau auf den Bunkeranlagen zu errichten. Dies sei „ohne Probleme“ machbar, schließlich hätten die auch schon die Neue Reichskanzlei getragen. Notwendig dafür sei lediglich die Anpassung des „inzwischen völlig veralteten“ Bebauungsplans von 2006. Den Wohnungsbau wolle man „nicht verhindern“, auch wenn dort keine Wohnungen für den „Otto-Normal-Verbraucher“ entstünden, so Arnold. Den Bunker selbst möchte der Verein zu einem Erinnerungsort an das NS-Regime, der Geschichte der Neuen Reichskanzlei und dem Kriegsende umgestalten. Die Kosten für Um- und Ausbau würde man selbst übernehmen.

    Das Landesdenkmalamt sieht einen möglichen Abbruch der baulichen Reste des Großen Bunkers unter der Neuen Reichskanzlei kritisch

    Kein gutes Haar ließ Arnold am Vorgehen und der Positionierung von Senator Gaebler und von Mittes Baustadtrat Ephraim Gothe (SPD). So habe der Verein seit März vergangenen Jahres immer wieder Anfragen an die Senatsverwaltung und den Bezirk zu den Ergebnissen der Tagung des Landesdenkmalamtes gestellt und nach einem Kontakt zu dem Eigentümer gebeten. Antworten erhielten sie nicht. „Eine Transparenz zum Bauvorhaben war nicht vorhanden, die Öffentlichkeit faktisch ausgeschlossen“, so Arnold.

    Erst Mitte Juni dieses Jahres gelang es Arnold, Kontakt zu den Bauherrn aufzunehmen. Am selben Tag hätten sich Gaebler und Senatsbaudirektorin Petra Kahlfeldt an die Bild gewandt. Kahlfeldt sagte dieser: „Die Denkmalschützer sehen nicht die Notwendigkeit, das zu erhalten – aber die Notwendigkeit der Dokumentation.“ Arnold widersprach und verwies auf eine Empfehlung des Denkmalamtes aus dem März 2025. Damals hieß es: „Das Landesdenkmalamt sieht einen möglichen Abbruch der baulichen Reste des Großen Bunkers unter der Neuen Reichskanzlei kritisch.“ Dieser befinde sich trotz Grundwassereinfluss in einem „guten Zustand“.

    Aus der Senatsverwaltung von Gaebler hieß es auf Anfrage der taz, das Grundstück sei „seit 2007 in privatem Eigentum“, zudem sei der Bebauungsplan 2006 „unter Betrachtung denkmalschutzrechtlicher Aspekte“ beschlossen worden. Für Gaebler habe der „Wohnungsbau an dieser Stelle Priorität“. Der Eigentümer sei „verpflichtet, vor Abriss des Bunkers diesen entsprechend zu dokumentieren“. Zu dem Kompromissvorschlag vom Verein Berliner Unterwelten äußerte sich die Verwaltung nicht.

    Arnold dagegen sieht die Gefahr, dass Berlin womöglich den aufwändigen und teuren Abriss des Bunkers auch noch aus eigener Tasche bezahlen müsste. Gaeblers Warnung vor einem „Wallfahrtsort“ bezeichnete er als „Totschlagargument“, das schon vor 30 Jahren vorgebracht wurde, sich aber nirgends in Berlin je erfüllt hätte.

    Auch das Beispiel der Topographie des Terrors zeigt, dass dieses Argument wenig überzeugend ist. Die Topographie des Terrors ist einer der meistbesuchten Erinnerungsorte in Berlin und entstand vor allem durch zivilgesellschaftliches Engagement. Damals, so Arnold, hätte er den Abriss vielleicht noch verstehen können, heute aber habe man ein ganz anderes Geschichtsverständnis. Der Senat aber habe sich anscheinend einfach nur „gefreut, dass da ein Investor kommt und diesem den Weg freigeräumt“.

    #Berlin #Mitte #Gertfud-Kolmar-Straße #Führerbunker #histoire #nazis #urbanismre

  • #Porto introduces free public transport for all city residents

    Residents of Portugal’s second-largest city can now travel free of charge across the Porto metropolitan public transport network, under a municipal programme expected to cost up to €25 million a year.

    Porto has introduced free public transport for its residents, allowing eligible passengers to use metro, bus, suburban rail, tram and river services across the wider metropolitan area without paying fares.

    The measure came into force on Friday, July 10, and applies to people whose registered residence is within the municipality of Porto. Although the scheme is funded by Porto City Council, eligible residents are not restricted to journeys within the city boundary and may travel throughout the Porto Metropolitan Area.

    The free entitlement covers services included in the Andante integrated transport network, which brings together different operators and modes of transport under a single ticketing system. Residents can use Porto Metro services, buses operated by STCP and the Unir network, CP suburban trains, the city’s tram network and river crossings integrated into the Andante system.

    The municipality had initially planned to introduce the measure later in 2026 but brought forward its implementation after concluding that the necessary technical and administrative arrangements could be completed sooner.

    The entitlement is linked to the municipal Cartão Porto., which is used to confirm that a passenger is resident in the city.

    Residents who already hold the card must visit an Andante shop or a Payshop outlet to activate the free metropolitan pass. Porto Mayor Pedro Duarte said the update should take only a few seconds.

    Those who do not yet have a Cartão Porto. can apply online or through the city’s municipal residents’ office. The free travel entitlement is expected to be renewed annually.

    Young passengers who already hold Portugal’s free public transport pass for people aged up to 23 do not need to change their existing arrangements. The national youth scheme already provides eligible passengers with free monthly travel, although users must continue to load and validate their passes in accordance with Andante rules.

    The wider free-transport programme was among Duarte’s principal promises during the 2025 municipal election campaign. He won the mayoralty as the candidate of a coalition formed by the centre-right Social Democratic Party, CDS–People’s Party and Liberal Initiative.

    Porto’s municipal executive approved the proposal in April, and the Municipal Assembly endorsed it in May. The scheme was initially estimated to cost approximately €20.5 million a year, although Duarte has since said that the annual financial requirement is likely to be between €20 million and €25 million.

    The mayor has acknowledged that the programme will require a substantial and continuing commitment from the municipal budget. He has suggested that Porto could raise its tourist tax from €3 to €4 per night, matching the rate charged in Lisbon, as one possible source of additional revenue.

    During the launch, Duarte said the municipality believed the estimated funding would be sufficient to operate the scheme. He nevertheless accepted that its long-term cost would depend on passenger demand and the number of residents who register for the free pass.

    The policy is intended to encourage more people to leave their cars at home and use public transport for journeys within Porto and the surrounding urban region.

    Duarte has cautioned that abolishing fares will not, by itself, resolve Porto’s congestion problems. He described the programme as part of a broader mobility strategy that must also include faster services, better connections, increased capacity and more reliable journey times.

    Porto currently has about 16 kilometres of dedicated bus lanes. The municipality plans to increase this to approximately 22 kilometres by the end of 2026, giving buses greater priority over private vehicles on some of the city’s busiest routes.

    The mayor said public transport would need to become more convenient and dependable than travelling by car before a substantial change in daily habits could be expected. The municipality’s objective is for public transport to become the main means of travelling around Porto, with private cars taking a secondary role.

    The scheme is unusual because Porto is paying for its residents to travel across the entire metropolitan network rather than offering free journeys only inside the municipality.

    The Porto Metropolitan Area comprises 17 municipalities, each of which remains responsible for its own spending decisions. Residents of neighbouring municipalities will therefore continue to pay for travel unless their local authorities introduce comparable arrangements.

    Duarte, who also chairs the metropolitan authority, has said he would like the policy eventually to be extended across the region. However, he acknowledged that Porto cannot impose the programme on other councils or commit them to its financial cost.

    The free pass applies only to Porto residents. Tourists, occasional visitors and commuters who live elsewhere in the metropolitan area must continue to buy the appropriate Andante ticket or subscription.

    The programme expands earlier concessions introduced for children, young people and other eligible groups. Porto had already offered limited free travel to some city residents, while national and metropolitan schemes provide fare exemptions for passengers including young people and former combatants.

    The new arrangement is considerably broader, covering adult residents regardless of age or income.

    Its effect will depend on whether the removal of fares produces a sustained increase in public transport use and whether operators can accommodate additional passengers without damaging service frequency or reliability.

    For Porto’s municipal government, the programme is both a household cost-reduction measure and a test of whether fare-free travel can change transport behaviour in one of Portugal’s largest and most heavily visited cities.

    https://eutoday.net/porto-introduces-free-public-transport
    #Portugal #transports_en_commun #transports_publics #gratuité #urbanisme

  • « On a rayé des cartes les petits #cours_d’eau, et la sécheresse s’est répandue »

    En rayant des cartes tous les petits cours d’eau, la France a ainsi alimenté la terrible sécheresse que nous connaissons, écrivent les auteurs de cette tribune. Ceux-ci sont pourtant essentiels pour nourrir les vallées et les #nappes_phréatiques.

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « #petits_chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les #zones_humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits #ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de #pluie.

    Cette affirmation n’est pas du catastrophisme. Elle découle de constats d’observation réalisés sur les petits cours d’eau, de bulletins hydrologiques, de mesures des nappes phréatiques, de cartes de sols dégradés réalisés dans toute la France sous le contrôle d’Eau France par Ades, la banque d’accès aux données de quantité et de qualité des #eaux_souterraines.

    Ces relevés racontent la même histoire : la géographie de notre pays bascule vers des changements de #paysages considérables, défavorables aussi bien à l’agriculture qu’aux humains — sans même parler des non-humains, de plus en plus vulnérables avec la prolongation des sécheresses.

    Victimes de l’#agriculture productiviste et de l’#urbanisation aveugle

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une #loi_sur_l’eau_et_les_milieux_aquatiques (#Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture_productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de #nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques (https://www.actu-environnement.com/ae/news/nitrates-cjue-condamnation-france-z).

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017 : https://reporterre.net/La-nouvelle-cartographie-des-cours-d-eau-menace-l-interet-general), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des #épandages de #pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des #cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    Invisibilisés, ces petits cours d’eau ont pu être maltraités sans égards par des #pollutions diverses, malmenés par des sécheresses prolongées, ou tout simplement comblés par des propriétaires, et ainsi à jamais perdus. Leur #ruissellement ne s’effectuant plus, ou plus correctement, ils ne jouent plus leur rôle de capillaires du territoire. Des milliers de vallons se retrouvent ainsi privés d’eau pendant des semaines, voire des mois.

    Leur #disparition n’est pas seule en cause dans l’assèchement des sols, il faudrait aussi parler par exemple de l’abandon des #réseaux_gravitaires et autres #canaux_d’irrigation. Mais elle est essentielle pour comprendre la sécheresse des #sols et l’épuisement des nappes phréatiques, qui a ouvert la voie à des transformations profondes de nos terres et de nos habitats.

    Une véritable fuite en avant

    Chacun peut le constater, la sécheresse transforme les #paysages. Les images prises depuis le ciel sont saisissantes : rivières réduites à des rubans de cailloux, lacs contractés, champs grillés, forêts jaunies au cœur de l’été. Le manque d’eau dans les sols stoppe la croissance des arbres, bloque la photosynthèse (faisant dépérir certaines essences), et réduit leur possibilité de stockage de carbone. Le risque d’incendie et de ravageurs augmente en proportion.

    Les habitats humains en subissent aussi les conséquences. La rétractation des argiles l’été, puis leur gonflement au retour des pluies, fissure les murs, déstabilise les fondations. En France, plus de 60 % des maisons individuelles se situeraient désormais dans des zones d’exposition moyenne ou forte à ce phénomène, ce qui provoque de silencieuses migrations, du fait du coût élevé des réparations.

    Pour tenter de compenser la sécheresse provoquée par la disparition progressive de ces petits cours d’eau, l’agriculture développe l’#irrigation_sous_pression (#aspersion, #goutte-à-goutte), accaparant l’été une part très importante de l’eau, au prix de #conflits_d’usage croissants avec les milieux aquatiques, la production d’énergie, les usages domestiques.

    Des projets fantasmagoriques refont surface, comme les « #autoroutes_de_l’eau » qui détourneraient les eaux du Rhône ou d’autres fleuves vers des territoires en tension. Comme si l’on pouvait corriger la géographie par quelques tuyaux géants, alors que les grands cours d’eau eux-mêmes voient leurs débits diminuer. Une véritable fuite en avant !

    Instaurer une #démocratie_de_l’eau

    Si la sécheresse est bien amplifiée par le réchauffement global, la vulnérabilité de la France face à ce choc est donc largement le produit de ses choix. Elle a trop traité l’eau comme un stock à répartir, et non comme une trame à préserver, préférant contester les contraintes juridiques et écologiques plutôt que de réorganiser ses pratiques agricoles.

    Il faut désormais le reconnaître : nous avançons, année après année, vers un nouveau paysage, une nouvelle géographie. Nous ne retrouverons plus un état antérieur. Pour éviter la déshydratation continue du pays, il faut renouer avec la #géographie_de_l’eau en :

    – cessant de rayer des cartes tous les petits cours d’eau, et en les restaurant pour redessiner une trame vitale du territoire ;
    - en réorganisant l’agriculture autour de la #sobriété_hydrique, avec l’#agroécologie ;
    - en mettant l’eau au centre des politiques d’#aménagement_des_territoires, de l’extension des villes notamment. Plus rien ne devrait être construit sans tenir compte des sources disponibles.

    Il est temps de faire de la protection et de l’accès égalitaire à la ressource en eau un axe central de la #planification_écologique. Il est temps de simplifier et de rendre transparente pour tous les citoyens la #gestion_de_l’eau et de sortir d’une complexité administrative sans issue. Sans eau, il n’y aura ni territoire, ni économie, ni démocratie viables.

    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    #eau #rivière #France #sécheresse #hydrologie #invisibilisation

    signalé aussi par @colporteur :
    https://seenthis.net/messages/1186226

    voir aussi :
    Une #cartographie inédite des cours d’eau officiels pointe les incohérences de la #réglementation
    https://theconversation.com/une-cartographie-inedite-des-cours-deau-officiels-pointe-les-incohe
    https://seenthis.net/sites/7282461336008050837
    via @sombre

    • Quand le gouvernement et la FNSEA redessinent la carte des cours d’eau
      (publié en 2017)

      La loi sur l’eau de 2006 vise à retrouver un « bon état » écologique des masses d’eau douce. Mais discrètement, pour complaire à la FNSEA, le gouvernement a entrepris de soustraire une partie des cours d’eau à l’application de la loi. Premier volet de la grande enquête de Reporterre

      C’est l’histoire d’un incroyable coup de force. Dans le secret de quelques bureaux, une coalition de politiques et de lobbyistes de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles) a décidé de changer la carte géographique et physique de la France. En voici le déroulé, tel que reconstitué par Reporterre.

      Quand François Hollande a été élu président de la République en 2012, la FNSEA n’en éprouve aucune crainte. Ce « syndicat » paysan règne sur la politique agricole depuis plus de soixante ans. La Quatrième République, puis le régime gaulliste après 1958, ont en effet accepté de cogérer avec ses dirigeants les dossiers agricoles essentiels. Un nouveau virage a été pris quand Jacques Chirac, ministre de l’Agriculture dans les années 1970, a instauré la cogestion des politiques publiques agricoles avec la FNSEA, le syndicat ultramajoritaire dans la profession.

      L’industrialisation des campagnes, les élevages concentrationnaires, l’irruption des pesticides, la destruction des haies et des talus boisés, le remembrement, le recalibrage des rus, ruisseaux et rivières, sont une œuvre partagée. Essentiellement entre le ministère de l’Agriculture, les directions départementales de l’Agriculture (DDA), où règnent les Igref — ingénieurs polytechniciens chargés des « eaux et forêts » —, et la FNSEA, qui contrôle les puissantes chambres d’agriculture.

      Le désastre qui s’ensuit est donc le leur, qu’ils présentent pourtant comme un triomphe de la modernité. En 2007, quand Sarkozy lance son Grenelle de l’environnement, promettant une « révolution écologique » qui n’aura jamais lieu, les chefs de la FNSEA s’inquiètent. À tort. Après avoir copieusement brassé le vent, Sarkozy lance en novembre 2011 sa fameuse phrase : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement, parce que là aussi, ça commence à bien faire. »
      L’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle

      La FNSEA aurait sans problème fait affaire avec un Sarkozy réélu président, mais la gauche gouvernementale ne lui a jamais fait défaut. Faut-il rappeler qu’un Henri Nallet, jadis ministre de l’Agriculture de Mitterrand — 1985-1986, puis 1988-1990 —, a commencé sa carrière comme chargé de mission de la FNSEA ? Qu’Edgard Pisani, devenu socialiste sur le tard et vice-président de la Commission européenne en 1984, a été le ministre de l’Agriculture de De Gaulle entre 1961 et 1966, lançant réforme sur réforme en compagnie de Michel Debatisse, futur président de la FNSEA ?

      En bref, l’élection de Hollande n’est pas une mauvaise nouvelle. Et d’autant que la présidence se révèle d’une grande faiblesse politique, donc bien plus impressionnable. La FNSEA de Xavier Beulin — il est devenu son président en 2010 — sent rapidement qu’elle peut espérer beaucoup de la gauche, peut-être davantage que d’une droite sarkozyste. Beulin devient en quelques mois un interlocuteur privilégié de Hollande, ce qui permet de mieux comprendre la suite.

      Les productivistes agricoles n’ont en fait jamais digéré la loi sur l’eau et les milieux aquatiques (Lema) du 30 décembre 2006. Celle-ci transpose dans le droit français une directive européenne sur l’eau adoptée en octobre 2000. Or cette loi a pour objectif — entre autres — de parvenir à un « bon état » écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici 2015. La FNSEA, qui sait à quoi s’en tenir, y voit une menace directe : l’agriculture industrielle dissémine massivement des pesticides et pollue les rivières et les rivages avec ses nitrates. En 2014, l’Europe a d’ailleurs condamné une nouvelle fois la France pour sa politique trop laxiste contre l’épandage des nitrates.
      Nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans

      Comment en sortir ? La création en 2006 de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (Onema), chargée de la police de l’eau, annonce-t-elle la fin de l’impunité pour les pollueurs ? Possible. En 2010, une circulaire du ministère, alors de l’Écologie, durcit le ton : « Il est impératif de consolider la pratique des contrôles et de mieux coordonner l’intervention des services et établissements chargés des polices de l’eau et de la nature. » Une guérilla invisible commence. Quelques contrôles de terrain de l’Onema aboutissent à des procès-verbaux pour épandage de lisier ou comblement de ruisseaux, qui viennent heurter de plein fouet les habitudes agricoles. Fin 2013 commence un cycle de manifestations musclées de la FNSEA, avec déversement de fumier, devant les sièges décentralisés de l’Onema. On y refuse le principe même des contrôles.

      C’est alors que tout dérape au sommet de l’État. Manuel Valls, devenu Premier ministre, décide de se soumettre au lobby agricole, et commande en novembre 2014 un rapport sur « la mise en œuvre des contrôles » de terrain à la députée socialiste de l’Ariège Frédérique Massat. Le texte, publié fin mai 2015, ne peut que combler la FNSEA, car il prend parti, jusqu’à la caricature. On y lit par exemple cette phrase d’anthologie, qui ridiculise toute inspection de terrain : « La mission recommande qu’aucun constat de non-conformité ne soit dressé pour des points de contrôle dont les règles n’auraient pas été portées à la connaissance des agriculteurs en temps utile ».

      En somme, nul n’est censé ignorer la loi, sauf les paysans. Au-delà, le rapport ouvre une porte à des enjeux plus lourds encore, en réclamant la réalisation de cartes des cours d’eau, département par département. Pour la FNSEA, c’est décisif, car si un ru ou un ruisseau ne sont plus considérés comme des cours d’eau, ils ne relèvent évidemment plus de la loi qui les protège. Tout est alors en place pour une vaste comédie, qui se révélera être un drame.

      https://reporterre.net/Quand-le-gouvernement-et-la-FNSEA-redessinent-la-carte-des-cours-d-eau

    • Introduction par Marius Bickhardt (Newsletter Diagramme)

      En France, la succession des vagues de chaleur, des épisodes caniculaires et des mégafeux a déjà transformé l’été 2026 en enfer climatique. Cette séquence expose une fois de plus la faillite des zélateurs d’une modernisation écologique du capitalisme : le Fonds vert est sous-financé, le plan de rénovation thermique des bâtiments a été assoupli et les moyens de lutte contre les incendies ont été affaiblis.

      Alors qu’en 2020 le signifiant flottant de cet échec politique était le manque de masques FFP2 face à la « guerre contre le virus », il s’incarne à présent dans une flotte de Canadair vétustes et inopérationnels, au cœur de la « guerre contre le feu ».

      Dans le même temps, l’extrême droite cherche à tirer son épingle du jeu en accusant l’« idéologie des extrémistes verts » (Valérie Déloge) ainsi que l’« écologie de la décroissance et de l’âge de pierre » (Jordan Bardella) d’être responsables des catastrophes en cours. Elle appelle à un grand plan de climatisation du pays, au renforcement du nucléaire ainsi qu’à une baisse des émissions obtenue par le rapatriement des industries, afin de « produire davantage en France, selon nos normes environnementales » (Bardella, 25 juin 2026).

      Ce faisant, elle transforme la structure idéologique du déni climatique. « Le défi climatique est réel et il est face à nous », affirme-t-elle désormais. Si le référentiel écologique est à présent pleinement intégré à la rhétorique du nationalisme vert portée par l’extrême droite française, le négationnisme climatique ne fait que changer de forme.

      Car climatiser sans remettre en cause la mobilité privée fossile, qui constitue l’un des facteurs majeurs des îlots de chaleur urbains ; augmenter la production d’énergie nucléaire sans tarir les sources d’émissions de carbone ; ou défendre les mégabassines sans s’attaquer aux causes structurelles de la raréfaction de l’eau revient à métamorphoser le déni plutôt qu’à le dépasser.

      C’est l’histoire longue du déni que nous avons explorée avec Naomi Oreskes. L’historienne états-unienne des sciences nous dresse le portrait de ceux qu’elle appelle les « marchands de doute ». Dans l’ouvrage phare qu’elle a coécrit avec Erik Conway en 2010, elle montrait comment, dès les années 1980, un petit groupe de scientifiques, étroitement liés par des intérêts idéologiques et économiques, s’était efforcé de minimiser les risques associés au tabagisme, aux pluies acides ou encore à l’hiver nucléaire. Sous l’administration Reagan, l’objectif était clair : il s’agissait de décrédibiliser la science et d’instiller le doute afin de justifier l’inaction politique. C’est ce qu’un sous-champ de l’histoire des sciences désigne désormais sous le nom d’« agnotologie », c’est-à-dire l’étude de la production socioculturelle de l’ignorance et du doute.

      L’agnotologie est l’étude de la production culturelle de l’ignorance. Elle s’impose comme un domaine essentiel de l’histoire et de la philosophie des sciences au début des années 2000. Inventé par l’historien des sciences Robert N. Proctor, le terme désigne la production systématique du doute, de la confusion et de la désinformation, en particulier dans les domaines où les connaissances scientifiques menacent des intérêts économiques ou politiques puissants. Dans Agnotology : The Making and Unmaking of Ignorance (2008), édité par Londa Schiebinger and Proctor, le concept est développé dans un cadre analytique qui remet en question l’hypothèse conventionnelle selon laquelle l’ignorance résulte simplement d’une absence de savoir. L’ignorance est alors comprise comme quelque chose d’intentionnellement produit, entretenu et diffusé : un artefact épistémique doté de fonctions politiques et sociales spécifiques.

      En partant de cette perspective, l’ignorance n’est plus l’antithèse de la connaissance, mais l’une de ses histoires compagnes. Elle est façonnée, distribuée, et exploitée par des dispositifs institutionnels, médiatiques, étatiques, et entrepreneuriaux. L’étude de cas de Proctor, la campagne menée par l’industrie du tabac pour “semer le doute” sur les risques sanitaires liés au tabagisme, illustre bien cette dynamique. Les entreprises ont stratégiquement exploité l’incertitude inhérente à la #recherche_scientifique, en présentant des débats provisoires comme s’ils révélaient un désaccord fondamental. En transformant la prudence scientifique en controverse apparente, ces campagnes de dénégation sont parvenues à paralyser l’action réglementaire et à retarder durablement les mesures de #santé_publique.

      Cette logique devient le modèle des formes ultérieures de déni climatique. L’industrie des combustibles fossiles, les think tanks conservateurs et les médias qui leur sont affiliés adoptent des techniques agnotologiques similaires pour entretenir le scepticisme à l’égard du #changement_climatique anthropique. Le déni, en ce sens, n’est pas un simple mensonge : il repose sur l’exploitation de l’incertitude épistémique, cette condition même qui rend la science ouverte, révisable et autocorrectrice. La production d’ignorance fonctionne alors comme une forme de contre-science : elle en imite les signes extérieurs — la rationalité, la rigueur, le débat — tout en en inversant la finalité, transformant l’incertitude d’un espace d’enquête en une arme politique.

      L’agnotologie invite les historiens et les philosophes à considérer l’#ignorance comme un phénomène historiquement situé et politiquement construit. Elle met en évidence la manière dont les pratiques épistémiques s’articulent aux structures de pouvoir et montre que le contrôle du savoir, y compris l’orchestration stratégique du doute, constitue désormais une dimension centrale de la gouvernance moderne.

    • Tout ce qui est solide s’oxyde. À propos de la pyroconvection du capital fossile. Marius Bickhardt (Newsletter 22, 20 août 2026, Diagrammes)

      L’été 2026 est passé de Charybde en Scylla, entre vagues de chaleur extrême et incendies dévastateurs. La célèbre métaphore accélérationniste du Manifeste du parti communiste d’après lequel, à l’ère capitaliste, “tout ce qui est solide se volatilise” prend désormais une acception littérale.

      À l’ère du Pyrocène, terme par lequel l’historien environnemental étatsunien Stephen Pyne désigne l’époque de la généralisation des méga-feux due au changement climatique d’origine anthropique, la métaphore chimique de la volatilisation cède le pas à celle de l’oxydation. Désormais, tout ce qui est solide - les arbres, les tourbières, les espèces vivantes - part en fumée, la crise climatique multipliant les risques de sécheresses et d’incendies. La dynamique de pyro-convection, par laquelle la chaleur dégagée par les feux monte vers le ciel en créant ainsi le vent même qui projette les incendies toujours plus loin, devient alors le chiffre même du capital fossile. Le procès d’accumulation, que Marx décrivait jadis non pas comme un cercle mais comme une “spirale”, rejette toujours plus de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en transformant ainsi le climat et le système météorologique. Ce faisant, il favorise des feux toujours plus fréquents et intenses. Avec l’alternance des extrêmes météorologiques due à la catastrophe climatique, l’air plus chaud de l’été transporte plus d’eau en créant des hivers plus humides qui favorisent la croissance de la biomasse. Celle-ci subira à son tour de fortes chaleurs au cours de l’été en devenant alors un potentiel combustible. Par conséquent, la combustion de la biomasse libère le carbone stocké en renforçant ainsi l’effet de chauffe tout en détruisant les puits écologiques. De la sorte, la frontière du feu va inéluctablement remonter vers le centre, le nord et l’Ouest de l’Europe centrale qui pourraient devenir une pyrorégion classée fire-prone.

      Pour l’heure, le mode de gestion dominant de la catastrophe repose sur l’interpellation et la responsabilisation des individus, incités à adopter des #écogestes aussi nécessaires qu’insuffisants. De même qu’à l’époque de la pandémie de Covid 19, l’appel à la vaccination et à l’hygiène personnelle permettait de se passer subrepticement de solutions plus structurelles comme l’installation de filtres à air et la mise à l’arrêt de la déforestation favorisant les zoonoses pandémiques, les gouvernements se contentent d’interdire la vente de barbecue ou exhortent leurs citoyens à ne pas jeter leur mégots pour ne pas avoir à discipliner le capital fossile qui continue à émettre librement ou le capital immobilier qui construit à sa guise dans des zones à risque.

      Or un ”urbanisme soutenable” nécessiterait des habitations adaptées aux chaleurs extrêmes et éloignées des zones d’incendies, autant qu’une socialisation des forêts en tant que bien commun écologique. Comme le rappelle la géographe Pauline Vilain-Carlotti, il faudrait revenir à la structure concentrique de pare-feux naturels qui entouraient jadis les villages méditerranéens : qui entouraient jadis les villages méditerranéens : “Une première, qui abritait des jardins et des potagers,(...),une deuxième, où pâturaient les animaux d’élevage.(...) En troisième périphérie, il y avait l’espace de la silva, donc du sauvage. On avait donc une succession de différentes strates végétales, de hauteurs différentes, sans continuité de combustible”.

      L’absence de ces mesures constitue une façon nouvelle de nier la profondeur du problème. Comment la conjoncture actuelle s’inscrit-elle dans la longue histoire du déni climatique qui prend son essor aux États-Unis avant de s’exporter vers l’Europe ? Telle est la question examinée dans notre entretien avec l’historienne des sciences Naomi Oreskes.

      L’histoire transnationale du déni climatique commence aux États-Unis, où l’industrie des énergies fossiles et les réseaux intellectuels conservateurs convergent pour contester le consensus scientifique sur le réchauffement climatique d’origine anthropique. Il apparaît à la fin des années 1980, précisément au moment où la coopération internationale sur le climat s’institutionnalise à travers le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Cette infrastructure négationniste combine lobbying industriel, actions de think tanks et mobilisation idéologique. Elle devient ensuite un modèle pour des campagnes similaires en Europe, où elle s’intègre aux nouvelles formes de politique d’extrême droite.

      Le George C. Marshall Institute, fondé en 1984 par les physiciens de la Guerre froide Robert Jastrow, William Nierenberg et Frederick Seitz, illustre les origines scientistes et autoritaires de ce mouvement. Initialement créé pour défendre l’Initiative de défense stratégique ("Guerre des étoiles") contre des critiques tels que Carl Sagan, l’institut réoriente rapidement son expertise de la Guerre froide vers la politique climatique. En 1989, il publie Global Warming : What Does the Science Tell Us ?, l’une des premières attaques organisées contre la science du climat. Ses fondateurs présentent l’environnementalisme comme une menace pour la sécurité nationale et la libre entreprise. Sous eux, la dissidence scientifique devient un réalisme patriotique. En mobilisant leur prestige scientifique, ils inaugurent ce que Naomi Oreskes et Erik Conway décriront plus tard comme la stratégie des "marchands de doute", transformant l’incertitude en inaction politique.

      Le Cato Institute, fondé en 1977 par Charles Koch et Ed Crane, prolonge ce projet en inscrivant le déni climatique dans la grammaire de l’économie libertarienne. À partir des années 1990, ses économistes et analystes soutiennent que la régulation climatique est incompatible avec la liberté économique. Le Center for the Study of Science de Cato, dirigé par Patrick Michaels, se spécialise dans la minimisation des relevés de température et les attaques contre les modèles climatiques. Cette approche insère le scepticisme climatique dans une critique néolibérale de l’intervention gouvernementale, transformant le débat scientifique en proxy de la défense du fondamentalisme de marché.

      Le Competitive Enterprise Institute (CEI), créé en 1984, constitue l’avant-garde militante de cette offensive idéologique. Soutenu par ExxonMobil, Koch Industries et d’autres acteurs du capital fossile, le CEI lance des campagnes médiatiques agressives contre les politiques climatiques et le Protocole de Kyoto. Son spot télévisé le plus célèbre, "CO₂ : Ils appellent ça de la pollution, on appelle ça la vie”, présente les gaz à effet de serre comme des symboles de prospérité et de liberté. Le CEI traduit ainsi les principes libertariens en rhétorique populiste, présentant les climatologues et les régulateurs environnementaux comme des élites cherchant à restreindre l’autonomie individuelle.

      Le Heartland Institute, également fondé en 1984, consolide le réseau négationniste durant les années 2000. D’abord centré sur la promotion des idées du marché libre, il devient le principal carrefour du scepticisme climatique organisé grâce à ses International Conferences on Climate Change, qui réunissent scientifiques contrariens, lobbyistes et responsables politiques. Heartland diffuse des rapports pseudo-scientifiques imitant les publications du GIEC et les envoie à des journalistes et décideurs, normalisant ainsi le langage du "débat" autour d’une science pourtant établie. Dans les années 2010, il permet à de vastes liens transatlantiques de se former avec des partis et think tanks européens de droite radicale, facilitant la circulation de récits négationnistes à travers l’Atlantique.

      L’Atlas Network, fondé en 1981 sous le nom Atlas Economic Research Foundation par l’entrepreneur britannique Antony Fisher, devient un vecteur transnational crucial qui relie toutes ces organisations. Basé à Arlington, en Virginie, Atlas se présente comme une organisation à but non lucratif promouvant la "liberté et un gouvernement limité", mais fonctionne comme une plateforme mondiale de coordination regroupant plus de 500 think tanks de marché libre dans plus de 100 pays. Par des programmes de formation, des conférences et des subventions ciblées, Atlas fournit une infrastructure idéologique et logistique aux groupes qui militent pour la déréglementation et qui s’opposent aux politiques environnementales et climatiques. Dans les années 1990 et 2000, il reçoit des financements d’ExxonMobil et du réseau Koch, et collabore étroitement avec le Heartland Institute, le CEI et Cato. Ces connexions contribuent à exporter les stratégies américaines de "doute fabriqué" — transformant l’incertitude scientifique en controverse politique — vers d’autres contextes nationaux. Des think tanks affiliés en Europe, tels que l’Institute of Economic Affairs au Royaume-Uni, le Hayek Institut en Autriche ou Timbro en Suède, adoptent des narratifs similaires, présentant les politiques climatiques comme des attaques contre la liberté économique et individuelle. Ainsi, Atlas agit comme une infrastructure transnationale du déni climatique, promouvant une politique culturelle contre toutes formes de régulations qui résonne autant avec les mouvements néolibéraux qu’avec l’extrême droite.

      La campagne institutionnelle contre la science du climat s’intensifie après la création du GIEC en 1988. Dès 1989, Exxon cherche à "semer le doute sur les conclusions scientifiques concernant sa contribution présumée à l’effet de serre", tandis qu’un consortium multinational d’entreprises d’énergies fossiles, la Global Climate Coalition, conteste ouvertement la nécessité de réduire les émissions. La même année, le rapport du Marshall Institute marque le début d’une stratégie coordonnée de fabrication du doute. Le collectif suédois Zetkin théorise cet ensemble d’organisations comme un "appareil idéologique d’État du déni climatique", empruntant le concept d’appareil idéologique d’État (AIE) à Louis Althusser. Ce concept décrit un système d’institutions et de pratiques qui reproduit l’idéologie dominante. Dans ce cadre, le déni climatique opère comme le complément idéologique du concept de capital fossile d’Andreas Malm, et constitute le mécanisme discursif par lequel le capitalisme fossile se légitime.

      D’un point de vue marxien, cet appareil fonctionne selon les trois niveaux de l’idéologie décrits par Marx : comme un ensemble d’idées dominantes au sein d’une formation sociale ; comme des idées de la classe dominante définissant ce qui relève du sens commun ; et comme des idées à travers lesquelles s’exerce la domination. L’originalité de l’interprétation du Zetkin Collective réside dans l’accent qu’il porte sur la dimension performative de l’idéologie négationniste. Plutôt que de simplement justifier le capitalisme fossile, elle produit délibérément l’ignorance et la confusion à propos des risques environnementaux, permettant la poursuite de l’expansion des infrastructures extractives dans un contexte de controverse publique.

      Au début du XXIᵉ siècle, ce modèle américain du déni climatique est exporté vers l’Europe, où il est approprié par les mouvements nationalistes et d’extrême droite. Des partis tels qu’Alternative für Deutschland (AfD) en Allemagne, Forum voor Democratie (FvD) aux Pays-Bas, le United Kingdom Independence Party (UKIP) ou Vox en Espagne intègrent le déni climatique dans des récits plus larges de ressentiment culturel et politique. Toutefois, le centre de gravité idéologique se déplace. Alors que le déni américain repose sur le libertarianisme du marché libre, ses variantes européennes se mélangent au nationalisme ethnique et à l’hostilité à l’égard de l’immigration. Cette convergence donne naissance à ce que les chercheurs décrivent comme le "nationalisme vert" ou l’"éco-fascisme", où la rhétorique écologique est instrumentalisée afin de justifier des politiques d’exclusion et défendre les populations "natives" contre des menaces supposées que représenteraient à la fois les migrants et la régulation environnementale.

      Ainsi, la mondialisation du déni marque la transformation d’un contre-mouvement corporatif en projet politique populiste. Né comme réaction de défense du capital fossile face à la régulation environnementale, le modèle négationniste américain fournit les outils institutionnels et rhétoriques qui seront ensuite mobilisés par l’extrême droite européenne. L’exportation du déni climatique à travers l’Atlantique montre comment la défense de la modernité fossile évolue d’un credo néolibéral de liberté de marché vers une politique identitaire de l’appartenance. Dans les deux contextes, toutefois, sa fonction demeure la même : préserver la légitimité sociale de l’accumulation carbone en déplaçant le consensus scientifique sur le terrain de la lutte idéologique.

      https://shop.entremonde.net/rupture/68-tout-ce-qui-est-solide-se-volatilise-marshall-berman.html

      https://www.ucpress.edu/books/the-pyrocene/paper

      https://www.newstatesman.com/international-politics/climate-international-politics/2026/08/welcome-to-the-pyrocene

      https://theconversation.com/incendies-2022-comprendre-la-dynamique-des-feux-en-europe-grace-aux

      https://www.versobooks.com/products/1959-planet-of-slums

      https://www.nouvelobs.com/ecologie/20260713.OBS116633/pourquoi-la-france-est-aussi-vulnerable-aux-incendies-nous-sommes-prisonn

      (ce texte nécessiterait un seen spécifique mais il n’est pas possible de ne citer qu’un extrait car il n’est pas disponible en ligne)

      edit j’ai finalement touvé la version en ligne :-)
      https://us16.forward-to-friend.com/forward/preview?u=84965d21d1ed50ffea9d4c6c9&id=6c751936a3

      #production_de_l'ignorance #production_de_la_confusion #pyrocène #méga-feux #climat #changement_climatique #crise_climatique #sécheresses #incendies #capital_fossile #capital_immobilier #économie #libre_entreprise #fondamentalisme_de_marché #scepticisme_climatique #déni_climatique #think_tanks #extrême_droite #économie_libertarienne #scientisme #réchauffement_climatique #forêts #urbanisme #nationalisme_vert #éco-fascisme #politique_identitaire #Marius_Bickhardt

  • Devenir une « #ville_éponge » : la solution de #Berlin face à la #sécheresse

    Face aux extrêmes climatiques, Berlin accélère sa mutation en « ville éponge », mêlant #végétalisation, #rétention_des_eaux et #mobilisation_citoyenne. Une ambition politique inédite qui essaime.

    Il est rare qu’une activiste environnementale se retrouve mandatée par ses « adversaires » pour mener la politique qu’elle défend. C’est pourtant ce qui est arrivé à la géographe Lisa Junghans dans le cadre du projet de transformation de la ville de Berlin en « ville éponge ».

    Après avoir travaillé pour une ONG spécialisée sur les questions d’#eau, elle a participé à l’initiative populaire #BaumEntscheid, en corédigeant une proposition de loi d’#adaptation de Berlin au #changement_climatique. « Nous comptions appeler les Berlinois à se prononcer via un référendum sur la question en septembre 2026. Mais, contre toute attente, le Sénat de Berlin a décidé de reprendre notre projet à 99 % et d’en faire une loi qui a été votée fin 2025 ! » raconte la jeune femme.

    Elle a depuis été nommée à la direction de l’Agence pour l’eau de pluie du Land de Berlin (Regenwasseragentur), un organisme assez récent qui joue un rôle important en tant qu’agence-conseil sur la gestion des #eaux_de_pluie pour les particuliers et les entreprises. « Ma nomination était pour le moins inhabituelle. Pour ma part, j’y vois une volonté politique de faire avancer les choses », explique-t-elle.

    Sur le papier, le concept de ville éponge est simple. Il s’agit de transformer le #piège_à_chaleur qu’est une ville classique, colonisée par la voiture, les routes et les nombreux espaces bétonnés, en un #piège_à_fraîcheur et à eau. Et ceci avec des moyens vieux comme le monde : la végétalisation du tissu urbain et la rétention maximale de l’eau. « Berlin est une ville assez verte irriguée par une rivière. On pense que la capitale et sa région s’en sortent bien. Mais ce n’est pas le cas et la situation se détériore. D’où notre réaction », précise Lisa Junghans.

    Comparé à Paris, et si l’on ne tient pas compte de leurs histoires très différentes dans cette mise en parallèle, Berlin pourrait faire figure de havre de verdure, avec 28 % de sa surface couverte par des espaces verts (12 %) et des bois (16 %) ! Pendant que seulement 5,6 % de la surface de Paris est recouverte d’espaces verts.

    Récupérer l’eau

    En réalité, la région Berlin-Brandebourg est en situation de #stress_hydrique important. Le réchauffement climatique, associé à une pluviométrie naturellement faible, renforce la succession dévastatrice d’épisodes de sécheresse et de pluies violentes. Par ailleurs, la #consommation_d’eau est poussée par de nouvelles implantations industrielles, telle la Gigafactory de Tesla et ses sous-traitants.

    « L’arrêt de l’extraction du charbon des mines à ciel ouvert de lignite de la Lusace, au sud de la capitale, est aussi une raison majeure », ajoute Lisa Junghans.

    Pour être parfaitement exploitées, les couches de lignite doivent en effet être sèches et libres des eaux souterraines. Pour cela, et depuis le XIXe siècle, des milliers de pompes ont évacué près de 58 milliards de m3 d’eau dans la #Spree, explique un rapport de l’Agence fédérale pour l’environnement (UBA) qui a fait grand bruit lors de sa publication en 2023 : « Une bonne moitié de l’eau qui coule aujourd’hui dans la Spree près de Cottbus provient d’eaux souterraines pompées. Pendant les mois chauds d’été, cette proportion augmente jusqu’à 75 %. » Or, avec la « sortie » totale du charbon d’ici à 2038 et l’arrêt progressif des mines, le pompage sera bientôt complètement stoppé. Berlin tire pourtant de 50 à 75 % de son #eau_potable de la Spree !

    La même année, Berlin a commencé à mettre en place un #Masterplan_Wasser (Schéma directeur de l’eau) qui prévoit la construction de nouvelles #stations_d’épuration, ainsi que le forage de nouvelles sources. Par ailleurs, tout nouveau projet immobilier doit « végétaliser » une partie de ses toits et conserver les eaux de pluie. Libre au promoteur de construire des bassins, d’irriguer des espaces verts ou d’opter pour l’infiltration dans le sol.

    Plusieurs projets de taille ont enfin été lancés. La construction d’un vaste système de #récupération d’eau par rigoles sous la prestigieuse place du Gendarmenmarkt au cœur de Berlin. Ou celle d’un bassin de 16 750 m3 pour éviter que le trop-plein d’eaux usées ne se déverse dans les rivières en cas d’orages violents. Mais tout ceci est insuffisant.

    Désimperméabiliser Berlin

    D’où la mise en œuvre du concept de ville éponge : « La nouvelle loi a pour objectif que 200 000 arbres soient plantés par la ville et ses habitants dans les prochaines années, détaille Lisa Junghans. Il est aussi prévu de créer des #îlots_verts tous les 150 mètres. Et surtout, 50 % des #espaces_publics doivent être déconnectés du réseau d’assainissement d’ici à 2040, avec une #désimperméabilisation des #sols en conséquence. C’est très ambitieux. »

    L’administration municipale a dix-huit mois pour se préparer avec un lancement des grandes manœuvres à partir de 2027. Mais les quartiers de Berlin, cheville ouvrière du processus, sont déjà sur la brèche, comme dans celui de Charlottenburg-Wilmersdorf.

    « Dans la Sömmeringstrasse, par exemple, nous avons renforcé les #pistes_cyclables puis désimperméabilisé et végétalisé une partie des trottoirs. Ce qui nous a conduits à supprimer pas mal de #places_de_parkings. Et quand on supprime des places, c’est le #conflit garanti », explique Jochen Flenker, responsable des #espaces_verts de ce quartier de l’ouest peuplé de 350 000 habitants. Charlottenburg est le seul quartier de Berlin qui possède encore une pépinière municipale qui alimente ses espaces verts et permet au quartier de fournir des plants gratuits aux habitants qui le demandent.

    La mairie de quartier s’est fixé entre 1 000 et 5 000 m² de désimperméabilisation par an. Cela paraît peu. Mais c’est beaucoup : « Un égout végétalisé de quelques mètres carrés conduit 20 % de l’eau dans les canalisations, mais en infiltre 80 % dans la terre et peut drainer une surface de plus de 500 m2 », précisent les services de l’Agence pour l’#eau_de_pluie.

    Les voisins acteurs d’initiatives

    Ingénieur agronome, Jochen Flenker croit dur en l’avenir de la capitale-éponge. Mais il sait que Berlin en est à ses débuts : « C’est un combat incessant qui doit conduire à un changement de perspective à tous les niveaux. Prenez la question de la maintenance des sols de l’espace public. Mon quartier reçoit de la ville 3 euros par an pour 1 m² d’asphalte ou de béton, mais seulement 0,72 euro pour 1 m² d’espace vert. Ce devrait être l’inverse. Heureusement qu’il y a de nombreuses associations locales qui nous facilitent la tâche et ouvrent parfois le chemin », explique-t-il.

    Il évoque notamment l’initiative #Fritschestrasse, lancée par deux voisins et copains hauts en couleur : Jörg Winners, producteur de films, et Hans Jürgen Zschäbitz, corniste retraité de l’orchestre du Deutsches Oper.

    Coupée en deux par le grand boulevard de la Bismarckstrasse, le segment nord de la Fritschestrasse, où l’on retrouve quelques immeubles wilhelminiens, est un microcosme bien rafraîchissant. « Notre projet est parti de rien, pendant le Covid. Nous avons décidé de verdir les parterres d’arbres de la rue, de les entourer avec des pierres et d’installer des bancs ici et là. Mais aussi un “mini-parc” dégoulinant de verdure qui occupe deux places de parking », se rappelle Jörg Winners.

    Puis le groupe de voisins a grandi et l’action s’est structurée : « Chaque #arbre a un parrain ou une marraine qui veille au grain. C’est essentiel pour la pérennité du projet et de l’engagement. En 2023, nous avons installé plusieurs réservoirs le long des murs qui récupèrent une partie de l’eau de pluie. Chacun peut ainsi arroser à son gré », explique Hans Jürgen Zschäbitz en montrant un grand monolithe doté d’un robinet et devant lequel attendent des arrosoirs.

    Mais les deux compères, qui travaillent depuis activement avec Jochen Flenker et ses services, ne se sont pas arrêtés là. « Nous avons conçu un parterre entouré de branchages, d’une haie sèche, bordée de deux grosses pierres faites pour les chiens et qui évitent que l’urine ne tombe sur les plantes. Cela marche tellement bien qu’il y en a maintenant une cinquantaine et le quartier a officiellement adopté le modèle pour tous les futurs parterres du quartier », ajoute Jörg Winners.

    Il évoque ainsi le passage fréquent de journalistes, mais aussi de délégations d’autres villes, au point que l’initiative, déjà primée, est désormais reprise dans plusieurs autres villes, dont Hamburg, sous le nom du modèle berlinois. « Notre prochain objectif est d’augmenter les espaces verts en réduisant le nombre de voitures via la mise en place un système d’autopartage pour le voisinage », disent les deux amis avant de partir arroser leur rue.

    https://reporterre.net/Devenir-une-ville-eponge-le-combat-de-Berlin-contre-la-secheresse
    #urbanisme #aménagement_du_territoire #pluie

  • 200 000 personnes évacuées à cause des #incendies : un #exode_climatique, premier du genre en France

    Sous nos yeux se dessine brutalement, en cet été 2026, une préfiguration effrayante de notre avenir. Le #changement_climatique est passé des concepts des rapports du Giec à la réalité du quotidien.

    L’air au souffle infernal les jours interminables de #canicule, l’interruption du vol familier des insectes et des oiseaux, la #sécheresse qui rend arides les paysages et les inondations qui lui succèdent au gré de pluies et grêles diluviennes. Et, désormais, les #feux sans cesse plus monstrueux, dévastateurs, grands comme dix fois Paris cette année, et dont la fumée s’est répandue ce week-end du Var, des Landes et de la Gironde à plus de 500 kilomètres, jusqu’en Auvergne et dans le Val de Loire.

    Lueur d’espoir au milieu du désastre, le dévouement sans limite des pompiers et des gendarmes a permis l’évacuation de plus de 200 000 personnes en dépit des conditions dantesques. Ce mouvement de population, jamais vu en France depuis la défaite de 1940, a un nom : il s’agit d’un exode climatique, le premier du genre dans cette ampleur, avec ses colonnes de réfugiés sur les routes abandonnant tout derrière eux.

    Tout cela serait déjà grave et inquiétant si notre pays était prêt à affronter ces nouveaux périls. C’est peu de dire qu’il ne l’est pas. À part les masques FFP2, héritage de la dernière crise sanitaire, la France manque de tout, à commencer par les avions bombardiers d’eau et les effectifs de soldats du feu professionnels.

    Au-delà, où que les yeux se tournent, l’#inadaptation est globale, conséquence d’un #sous-investissement endémique. On ferme des lits d’hôpitaux ; les passoires thermiques restent le lot commun des logements, des écoles comme des Ehpad ; la climatisation des lieux publics est l’exception ; les villes étouffent, faute de moyens pour revoir l’#urbanisme ; le réseau ferré est hors d’âge ; l’électrification du parc automobile est repoussée.

    Si gouverner c’est prévoir, la #faute des gouvernants est inexcusable. N’importe quel travailleur convaincu d’une telle négligence serait renvoyé sur-le-champ. En 2027, le chantier sera titanesque et le besoin de changement immense. La gauche a neuf mois pour convaincre qu’elle est à la hauteur.

    https://www.humanite.fr/environnement/austerite/200-000-personnes-evacuees-a-cause-des-incendies-un-exode-climatique-premie
    #déplacés_internes #évacuation #incendie #feu #France #réfugiés #réfugiés_climatiques

  • Et si, #Grenoble se réconciliait (enfin) avec l’#eau ?

    Dans cet épisode, habitant-es, associations, professionnel-les interrogent notre rapport à l’eau et imaginent comment Grenoble pourrait renouer avec ses cours d’eau à horizon 2040. À travers les expériences de baignade urbaine dans l’Isère et le Drac, les #initiatives_citoyennes ou encore les réflexions autour de l’urbanisme et de l’#aménagement, les intervenant-es questionnent la place que nous accordons aujourd’hui à l’eau dans la ville.

    Comment transformer des rivières longtemps perçues comme dangereuses ou repoussantes en espaces de fraîcheur, de #santé et de #lien_social ?
    Cet épisode explore aussi les grands enjeux climatiques, sociaux et politiques liés au partage de l’eau : adaptation aux canicules, gestion des crues, accès gratuit à la fraîcheur, justice sociale ou reconnexion au vivant.

    Au fil des témoignages, une conviction émerge : renouer avec l’eau, c’est aussi transformer nos imaginaires et notre manière d’habiter la ville.

    Entre culture du risque, gouvernance collective et désir de réappropriation des rivières, cet épisode esquisse le futur d’une ville où l’eau redevient un bien commun, vivant et accessible à toutes et tous.

    https://podcast.ausha.co/ville-de-grenoble/et-si-grenoble-se-reconciliait-enfin-avec-l-eau
    #baignade_urbaine #réconciliation #rivière #gouvernance_de_l'eau #baignade_citoyenne #collectif_des_gens_qui_ont_chaud #les_gens_qui_ont_chaud #Drac #Isère #chaleur #fraîcheur #canicule #villes #urbanisme #urban_matter #qualité_de_l'eau #podcast #audio

  • Les refuges climatiques seront utiles s’ils n’oublient pas de faire de la chaleur un objet politique

    Alors que la France a déjà connu trois vagues de chaleur en quelques semaines à peine, le concept de refuge climatique, qui s’institutionnalise dans un certain nombre de pays, cristallise les espoirs des citoyens en surchauffe. Il peut s’agir d’une réponse prometteuse, mais uniquement à certaines conditions, notamment de les concevoir et de les déployer en gardant en tête des critères d’accessibilité, d’hospitalité et de justice socioécologique. En bref, d’en faire des objets politiques.
    Notre maison brûle et nous la regardons (enfin) en face. Alors que la France vient de connaître deux séquences caniculaires précoces et intenses, la chaleur semble s’imposer comme un problème public majeur. Le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais enregistré par Météo France et une nouvelle vague de chaleur touche désormais une grande partie du pays.

    Le traitement médiatique immédiat de la canicule s’est largement détourné des enjeux de fond, privilégiant des réponses à court terme et individuelles au détriment d’une réflexion collective sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Plan massif de climatisation, mise en cause des scientifiques, légitimation de la débrouille au sein des foyers…

    Ce cadrage tend à occulter une réalité bien documentée : celle des inégalités socioécologiques. L’exposition aux fortes chaleurs, la vulnérabilité face à leurs conséquences et les capacités d’adaptation varient selon les conditions de logement, l’état de santé, les ressources économiques, l’âge ou encore l’accès aux espaces publics. Les enquêtes sociologiques, à commencer par celle d’Eric Klinenberg sur la canicule de Chicago en 1995, montrent aussi que l’isolement social constitue un facteur majeur de surmortalité.

    Contre toute solution hâtive qui pourrait participer d’une maladaptation, les sciences sociales nous invitent à politiser la chaleur, en saisissant la canicule comme un problème social collectif permettant d’articuler les enjeux d’adaptation et ceux d’atténuation.

    Ainsi, ouvrir des refuges climatiques ne suffit pas : encore faut-il que ceux qui en ont besoin les connaissent, puissent s’y sentir à l’aise et s’en saisissent pour construire collectivement les conditions d’un « bien-vivre » dans un monde plus chaud.

    Refuges climatiques : de quoi parle-t-on ?

    Le concept de refuge climatique s’institutionnalise. De Buenos Aires à Bologne, en passant par Porto et Londres, de nombreuses villes l’adoptent pour adapter leur tissu urbain à la crise climatique et protéger leurs habitants de la chaleur.

    Barcelone fait figure de référence, avec un réseau de plusieurs centaines de refuges : écoles, bibliothèques, musées, parcs et jardins, répondant à des critères de confort thermique, d’accessibilité, de repos et d’accès à l’eau.

    Le contour des refuges climatiques varie pourtant d’une ville à l’autre. Certains réseaux privilégient les parcs et jardins, d’autres des équipements climatisés. En réaction, une définition minimale s’esquisse peu à peu dans la littérature scientifique : le refuge climatique conjugue rafraîchissement et hospitalité afin d’offrir un « réconfort thermique » limitant la vulnérabilité face aux aléas climatiques pour tenter de se protéger de l’aléa météorologique.

    Mais faire du confort thermique un enjeu politique suppose de mesurer le stress thermique vécu par les habitants, en tenant compte non seulement de l’îlot de chaleur urbain, mais aussi de l’ombre, de la ventilation, de la morphologie des rues et de la qualité des logements.

    Parce qu’il résulte des interactions entre expériences de chaleur, conditions de logement, ressources socio-économiques et accès aux refuges climatiques, le confort thermique appelle des politiques d’universalisme proportionné, bénéficiant à tous, tout en accordant une attention prioritaire aux plus vulnérables.

    Comment configurer les refuges climatiques ?

    Les villes font face à plusieurs défis. Le premier porte sur les infrastructures : faut-il créer de nouveaux espaces refuges ou bien adapter les services existants ?

    Le choix des techniques de rafraîchissement soulève en outre des enjeux environnementaux et politiques. La climatisation en est l’exemple emblématique : si son rôle dans l’accentuation de l’îlot de chaleur urbain est bien documenté, un usage ciblé reste indispensable pour les publics les plus vulnérables (seniors, enfants, SDF…).

    La recherche souligne aussi la nécessité d’adopter des pratiques architecturales favorisant le confort d’été : matériaux biosourcés, protections solaires (volets, stores) et solutions passives de rafraîchissement, comme les réseaux de froid urbain. Autant de leviers pour concevoir des refuges climatiques et adapter les villes.

    Ainsi, un réseau de refuges climatiques ne se réduit pas à des lieux frais. Ceux-ci doivent aussi proposer des services (eau, wifi, etc.) et être pensés, dès leur conception, comme des espaces d’hospitalité, ce qui suppose une animation et des personnels formés à ces nouveaux usages.

    L’enjeu de l’accessibilité

    La question de l’accessibilité du refuge est un élément clé à intégrer dans une perspective de justice socioécologique.

    - Cette accessibilité est d’abord temporelle : fréquemment, les équipements publics sont fermés lors des pics de chaleurs, et les espaces verts restent inaccessibles aux heures nocturnes les plus fraîches.

    - Elle est également spatiale : ignorer les frontières physiques ou symboliques limitant l’accès à ces infrastructures revient à renforcer les inégalités socioécologiques.

    - Elle est, enfin, territoriale : l’exemple de Bologne, en Italie, montre que les refuges climatiques gagnent à être pensés comme un réseau, relié par des cheminements rafraîchis. En Émilie-Romagne, le projet « Green Cells » s’appuie ainsi sur les coursives historiques ombragées pour rendre ce maillage praticable.

    Une question également culturelle

    Mais le défi à relever est également culturel. Concevoir des refuges climatiques suppose d’abord de les penser comme des lieux d’hospitalité et d’entraide.

    Les recherches montrent que leur conception mérite d’être pensée à partir des quartiers et des communautés concernées afin d’identifier les besoins des habitants et de favoriser leur appropriation. Dès leur conception, l’implication des réseaux de proximité est essentielle, comme à Porto, où le design et localisation des refuges climatiques s’inscrivent dans une méthodologie participative qui tient compte de la connaissance préexistante des lieux par les habitants.

    Autre changement culturel complémentaire : la diffusion d’une culture de rafraîchissement des corps. Au Japon, la démarche « Cool Biz » adapte les normes vestimentaires en été ; à Genève, l’interdiction du travail en extérieur l’après-midi en période de canicule s’accompagne de pédagogie quant aux gestes de rafraîchissement.

    Veut-on vraiment parler de « refuges » climatiques ?

    Le terme de « refuges climatiques » mérite qu’on s’y arrête : il est très largement associé à des représentations liées à la catastrophe, en lien avec les notions de « refuges » et de « réfugiés ». Or, si l’on veut penser ces lieux comme des espaces de solidarité, d’entraide et de soutien, il importe de dépasser cet imaginaire.

    Ils comportent aussi un potentiel effet repoussoir, lié à l’imaginaire néolibéral d’un individu autonome et puissant, peinant à se reconnaître comme vulnérable et interdépendant. Qui souhaite se dire « réfugié » climatique ? Et comment désigner ceux qui le sont réellement ? Les enquêtes montrent que les plus vulnérables, notamment les personnes âgées ou malades, sous-estiment leur propre vulnérabilité tout en l’identifiant plus facilement chez les autres. Faut-il y voir le signe du refus d’un potentiel stigmate associé à cette vulnérabilité ?

    Le choix des mots n’a rien de neutre au moment de concevoir des dispositifs d’action publique : faut-il parler de « haltes fraîcheurs », se limiter à la chaleur, intégrer aussi la protection contre le froid en hiver, ou viser plus largement des « lieux du bien vivre » ?

    La qualification retenue oriente les usages auxquels ces espaces sont destinés : simples réponses à une crise ou lieux de solidarité, de convivialité et de délibération sur nos manières d’habiter un monde où de nombreux seuils socioécologiques ont déjà été franchis. Plus qu’un changement de vocabulaire, elle engage un projet politique : faire de ces lieux des espaces où se renforcent les liens socioécologiques et où se construit, à partir des réalités locales, une conception partagée du bien vivre.

    Ainsi, les refuges climatiques ne seront à la hauteur du problème qu’à condition d’être plus que des points frais sur une carte : des lieux accessibles, intégrés aux pratiques habitantes, capables d’accueillir des publics vulnérables sans les stigmatiser, et de soutenir des apprentissages collectifs face à la crise socioécologique.

    https://theconversation.com/les-refuges-climatiques-seront-utiles-sils-noublient-pas-de-faire-d

    #villes #urbanisme #politique #refuges_climatiques #chaleur #urban_matter #canicule #accessibilité #hospitalité #justice_socioécologique #changement_climatique #atténuation #adaptation #climatisation #vulnérabilité #inégalités #isolement #isolement_social #surmortalité #politisation #politisation_de_la_chaleur #rafraîchissement #fraîcheur #réconfort_thermique #stress_thermique #îlots_de_chaleur #logement #infrastructure #architecture #entraide #corps

  • Metamòrfosi : Redonner vie aux biens confisqués à la mafia

    Le livre Metamòrfosi (métamorphose) décrit comment les bâtiments confisqués à la mafia sont transformés pour continuer d’exister dans une nouvelle réalité juridique et esthétique. « Personne ne peut confisquer l’espoir », tel est le titre de l’une des contributions de l’ouvrage : l’espoir s’inscrit dans les projets architecturaux décrits dans l’ouvrage, dans la transformation de la matière pour que la beauté reprenne ses droits sur la laideur.

    visionscarto.net propose une immersion dans une sélection de mots, images et cartes de ce livre, qui aborde un instrument juridique puissant : une loi qui, depuis 30 ans en Italie, permet de rendre à la communauté les biens qui lui ont été enlevés par la criminalité organisée.

    https://www.visionscarto.net/metamorfosi
    #biens_confisqués #mafia #Italie #architecture #beauté #laideur #livre #transformation #urbanisme #esthétique #confiscation #communs #biens_communs

    via @visionscarto

  • Mit Auto kollidiert: E-Scooter-Fahrer stirbt bei Unfall in Berlin-Kreuzberg
    https://www.tagesspiegel.de/berlin/polizei-justiz/mit-auto-kollidiert-e-scooter-fahrer-stirbt-bei-unfall-in-berlin-kreuzb

    Ihr seid so bescheuert, euch mit diesen unkontrollierbaren Zweirädetn in den Straßenverkehr zu stürzen. Die Dinger gehören verboten, weil sie nur für den Spiel-oder Rummelplatz geeignetbsind, für Kinder und ausgebildete Artisten.

    15.7.2026 - Ein E-Scooter-Fahrer kommt bei einem Unfall an der Kreuzung Urbanstraße/Blücherstraße ums Leben. Was bisher bekannt ist.

    Bei einem Unfall in Berlin-Kreuzberg ist in der Nacht zu Mittwoch ein E-Scooter-Fahrer gestorben. Gegen 1.40 Uhr kollidierten laut einem Polizeisprecher an der Kreuzung Urbanstraße/Blücherstraße ein Auto und ein E-Scooter.

    Wie es zu dem Unfall mit einem Auto kam, war laut Polizei zunächst unklar. Demnach starb der E-Scooter-Fahrer noch vor Ort. Weitere Angaben machte die Polizei zunächst nicht.

    Laut einem Bericht der „B.Z.“ soll ein Mercedesfahrer auf der Urbanstraße in Richtung Kreuzberg gefahren sein, als es in Höhe der Blücherstraße zur Kollision kam. Der Mann habe angegeben, dass der E-Scooter-Fahrer aus dem Nichts aufgetaucht sei, berichtet die „B.Z.“. Demnach mussten der Autofahrer und zahlreiche Augenzeugen von Rettungskräften betreut werden, weil sie unter Schock standen. (Tsp, dpa)

    #Berlin #Kreuzberg #Urbanstraße #Blücherstraße #Unfall #Elektrotretroller #wtf

  • Towards a Commons of Urban Microclimates: Thermal Communities in Berlin

    The climate crisis is the most urgent planetary threat and presents specific challenges for urban planning and governance. European cities are particularly affected by rising temperatures, and there is a growing necessity to adapt them to warming summer conditions while retaining their capacity to withstand cold winters (IPCC 2022). This project argues that access to microclimatic commons and ‘thermal communities’ – a new concept that will be used to define informal communities constructed around thermal conditions – are important and overlooked elements driving both city-led responses and bottom-up initiatives that form part of climate adaptation. The project combines theoretical and ethnographic methods to examine the Heat Network (Netzwerk der Wärme), a municipal initiative for public heated spaces launched in Berlin during the energy crisis of winter 2022, as a case study. The Network, which included over 400 facilities, provided warm public spaces for residents who could not afford to heat their homes and led to the foundation of a civil-society crisis association (Krisenstab der Zivilgesellschaft Berlin) which aims to strengthen the city’s resilience to the climate crisis. While research on microclimates usually focuses exclusively on exteriors, this project highlights the continuity between indoor and outdoor spaces (Roesler 2022) and focuses on interior microclimates. Based on this case study, the project suggests that access to shared comfortable microclimates should be guaranteed to all, and especially to vulnerable residents, who are often most affected by the changing climate conditions (Saverino et all 2021, Hsu et all 2021, Li 2018). By considering microclimates as commons, departing from the idea of the urban commons as a collective practice and social relation rather than a resource (Harvey 2012, Federici 2019), the project demonstrates the crucial role of thermal communities in equitable urban climate adaptation processes.

    https://cmb.hu-berlin.de/events/thermal-communities-in-times-of-climate-crisis-a-berlin-case-study

    #Berlin #chaleur #canicule #villes #urbanisme #micro-climat_urbain #communautés_thermiques #microclimatic_commons #communs_micro-climatiques #communs #commun #adaptation #changement_climatique #Netzwerk_der_Wärme

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