• Pays longtemps fermé, la Chine est désormais ouverte malgré la persistance d’un système politique autoritaire. Elle est en outre devenue un des moteurs de l’économie mondiale.

    https://sms.hypotheses.org/12951

    #chine, #chinois, #mutations, #croissance, #urbanisation, #industrialisation, #développement, #émergent, #pauvreté, #histoire, #communisme, #économie, #société, #totalitarisme, #globalisation, #ouverture, #modèle, #réforme


  • Urban Morphology Meets Deep Learning | cityastext
    https://sevamoo.github.io/cityastext

    Urban morphology is the study of “urban forms” and their underlying formation processes and forces over time. Here, by urban or city form, we mean the combination of street networks, building patterns and their overall layout. Classically, urban morphologist study cities based on few features (usually learned from few famous cities) such as medieval cities (with concentric patterns), industrial cities with grids or highways, ecological cities with polycentric patterns and so on.

    #cartographie #urban_matter #machine_learning

    https://arxiv.org/pdf/1709.02939.pdf


  • Roma, la musica degli artisti di strada vietata in centro: “Ora le piazze sono vuote, presentiamo ricorso al Tar”

    Alcune delle piazze più famose del centro storico di Roma off limits per la musica degli artisti di strada: è il contenuto di una delibera approvata dal Municipio I della Capitale il 1 agosto scorso e contro la quale i musicisti passano all’azione, raccogliendo fondi per presentare ricorso al Tar. “Servono intorno ai 5mila euro per le spese legali”, spiega Italo Cassa, marionettista del movimento Strada Libera Tutti, mentre al centro sociale Forte Prenestino si alterano sul palco gli artisti romani “per portare la loro arte e la loro gioia, certi che il pubblico sarà solidale con loro”. Le vie e le piazze proibite da delibera sono tra le più famose e frequentate del centro di Roma: Piazza di Santa Maria in Trastevere, Piazza di Sant’Egidio, Piazza della Rotonda, Via dei Pastini, Via delle Muratte, Via del Corso (nel tratto compreso tra Largo dei Lombardi e San Carlo e quello tra Via di Gesù e Maria e Via di San Giacomo), area Piazza della Madonna dei Monti “ivi compresi i tratti facenti parte della stessa area pedonale (via degli Zingari e via dell’Angeletto)” e Via della Pace. “Ora le piazze sono vuote, mentre gli artisti si concentrano nelle altre dove il divieto non c’è con tutti i problemi che ne conseguono”, dice il violoncellista Massimo Di Vita.

    https://www.ilfattoquotidiano.it/2018/09/17/roma-la-musica-degli-artisti-di-strada-vietata-in-centro-ora-le-piazze-sono-vuote-presentiamo-ricorso-al-tar/4630561
    #Rome #musique #musique_de_rue #art #espace_public #villes #urban_matter #géographie_urbaine #interdiction #Italie



  • La #police et les #indésirables

    Les #pratiques_policières de contrôles-éviction, visant à évincer certaines populations de l’#espace_public, participent aux processus de #gentrification. M. Boutros met en lumière le rôle central des forces de l’ordre dans les dynamiques de #transformation_urbaine.

    En décembre 2015, dix-huit adolescents et jeunes adultes du 12e arrondissement de Paris déposaient une plainte pénale collective à l’encontre de onze policiers d’une même brigade : le #Groupe_de_Soutien_de_Quartier (#GSQ), surnommé la « #brigade_des_Tigres » du fait de son écusson représentant un tigre fondant sur une proie. Les plaignants reprochaient aux policiers des #violences physiques, des #attouchements sexuels, des #arrestations_arbitraires, des destructions de biens et des #injures_racistes, à l’occasion de #contrôles_d’identité entre 2013 et 2015 [1]. Le 4 avril 2018, trois des policiers mis en cause ont été condamnés en première instance pour violences volontaires aggravées [2].

    La #plainte, parce qu’elle concernait un grand nombre de faits, reprochés aux mêmes policiers sur plusieurs années, a donné lieu à une enquête qui n’a pas seulement porté sur les faits dénoncés mais a également interrogé les pratiques quotidiennes de cette brigade, et les instructions qui lui étaient données. Au delà des preuves des faits de #violence, l’enquête de la police des polices a révélé une pratique policière jusqu’ici peu connue, que les policiers appellent le « #contrôle-éviction ». Il s’agit de #contrôles_d’identité dont l’objectif est de faire quitter les lieux à des personnes considérées comme « indésirables », même en l’absence d’infraction. Bien qu’il n’y ait aucune base légale à cette pratique, l’enquête a montré que la brigade des Tigres était missionnée par sa hiérarchie pour contrôler et « évincer » de l’espace public certaines populations, notamment des « #regroupements_de_jeunes », composés principalement d’adolescents #Noirs et #Maghrébins issus des #classes_populaires.

    Comment expliquer la perpétuation de telles pratiques policières en plein cœur de #Paris ? On le sait, en #France, le contrôle d’identité est un outil central du travail policier, et il cible de manière disproportionnée les jeunes hommes perçus comme Noirs ou Arabes et issus de #quartiers_populaires [3]. D’après des enquêtes ethnographiques, les policiers rationalisent ces pratiques discriminatoires sur trois modes : ces #contrôles_au_faciès permettraient de trouver des infractions, de recueillir des informations, et d’affirmer le #pouvoir_policier envers des jeunes en instaurant un rapport de force physique [4]. Si les enquêtes existantes ont examiné les rationalités policières des contrôles discriminatoires, on en sait peu sur les dynamiques locales qui façonnent ces pratiques. L’affaire de la brigade des Tigres permet d’analyser comment ces pratiques s’inscrivent dans une dynamique urbaine plus large, dans laquelle la police participe à l’instauration et au maintien d’un certain #ordre_social urbain.

    À partir d’une analyse de l’affaire de la brigade des Tigres (examen du dossier de l’enquête judiciaire, observation du procès, entretiens avec plaignants, habitants et avocats), cet article propose d’examiner la pratique du contrôle-éviction telle qu’elle s’inscrit dans une dynamique urbaine de gentrification, processus par lequel un quartier anciennement populaire se transforme progressivement avec l’arrivée de nouveaux habitants de classes moyennes ou supérieures [5].

    Des enquêtes étatsuniennes ont montré que, dans les quartiers en voie de gentrification, on observe une augmentation des contrôles policiers proactifs et agressifs ciblant les populations perçues par les nouveaux arrivants comme source de désordres et d’incivilités, notamment les SDF et les jeunes Noirs et Latinos [6]. Le procès des policiers du 12e arrondissement indique qu’une dynamique similaire existe à Paris. L’analyse montre que les plaignants étaient la cible de contrôles répétés et violents, souvent sans motif légal, parce qu’ils étaient considérés comme « indésirables » dans l’espace public, du fait de leur origine sociale et ethnique. Dans ce quartier où persistent des zones d’habitat social au sein d’un quartier largement gentrifié, des tensions grandissantes ont émergé sur la question de l’occupation de l’espace public. Certains habitants des classes moyennes et supérieures, majoritairement Blancs, ne toléraient pas la présence de jeunes hommes Noirs et Maghrébins des classes populaires dans l’espace public, surtout en groupes, car cette présence était perçue comme source d’incivilités et de désordres. Ces habitants réclamaient régulièrement des autorités des actions pour assurer la « tranquillité publique ». Pour répondre à ces demandes, le GSQ était envoyé pour procéder à des « contrôles-éviction » sur certains secteurs. Mais loin de cibler uniquement ceux les auteurs d’infractions, ces contrôles ciblaient les groupes d’adolescents issus de l’immigration et des classes populaires, quel que soit leur comportement.

    Ainsi, par les contrôles-éviction, la police accompagne le processus de gentrification et se met au service des acteurs qu’elle perçoit comme légitimes dans le quartier en leur garantissant un espace public libéré des « indésirables ».
    Contrôles violents, détentions illégales, injures racistes

    En décembre 2015, 17 garçons et une fille, âgés de 15 à 24 ans, tous issus de l’immigration et de familles populaires, déposaient collectivement plainte pour dénoncer 44 faits de violence commis entre 2013 et 2015 par les policiers du Groupe de Soutien de Quartier (GSQ) du 12e arrondissement de Paris. Les plaignants dénonçaient des agressions physiques lors des contrôles d’identité, tel que des coups de poing, coups de matraque, claques, clés de bras, et usage excessif de gaz lacrymogène. Plusieurs plaignants faisaient également état d’agressions sexuelles, notamment des attouchements des parties génitales lors des palpations de sécurité, accompagnés de coups et railleries si le contrôlé se débattait. Plusieurs plaignants dénonçaient également des injures racistes de la part de certains policiers (« sale noir », « espèces de singes », « je pisse sur le Ramadan »). Enfin, la plainte évoquait de nombreuses conduites au poste sans motif et hors du cadre légal, que les avocats qualifiaient d’« arrestations arbitraires et séquestrations ». L’enquête a en effet révélé que le GSQ emmenait régulièrement des adolescents au commissariat, sans se conformer aux procédures d’interpellation ou de vérifications d’identité. Dans leurs auditions, les plaignants racontent qu’on leur demandait le plus souvent de s’asseoir sur le « banc de vérif’ », et au bout de quelques heures, sans avoir vu d’Officier de Police Judiciaire ou fait l’objet de procédure de vérification d’identité, on appelait leurs parents pour venir les chercher.

    Suite à l’enquête de la police des polices, quatre policiers ont été renvoyés au tribunal correctionnel pour trois faits de violences physiques, pour lesquels il existait des preuves matérielles (certificats médicaux, photos, témoignages concordants). Les autres faits ont été classés sans suite pour insuffisance de preuves. Si les conduites au poste abusives n’ont pas été poursuivies pénalement, elles ont fait l’objet d’un avertissement ferme de la part du Procureur de la République. Dans un courrier au Directeur de la Sécurité de Proximité de l’Agglomération Parisienne, le Procureur s’alarmait d’un « grave dysfonctionnement sur le cadre des conduites au poste et des procédures de vérification d’identité au sein du commissariat du 12e arrondissement », et prévenait que l’absence systématisée de respect des procédures de vérification d’identité pouvait donner lieu à des poursuites pénales pour atteinte arbitraire à la liberté individuelle par dépositaire de l’autorité publique.

    Il ressort du dossier de l’enquête que les humiliations, les violences, et les conduites au poste hors cadre légal, avaient pour objectif de faire partir les personnes contrôlées de l’espace public. En effet, le GSQ était explicitement missionné par la hiérarchie du commissariat pour procéder à des « contrôle-éviction » sur certains secteurs ; et les éléments du dossier montrent que les contrôles se terminaient systématiquement soit par une injonction à quitter les lieux, soit par une conduite au poste. « La phrase qui revenait le plus souvent », raconte un plaignant, « c’était : ‘si on vous revoit ici, c’est commissariat direct !’ » (Entretien avec l’auteure, 24 mai 2018). Au procès, un des policiers confirmera : « On passe notre temps à expliquer aux jeunes qu’ils sont dans un lieu où ils n’ont pas à être ».

    Pour les avocats des plaignants, ces pratiques policières représentent un dévoiement des outils juridiques donnés aux policiers, et ont pour objectif non pas la lutte contre la délinquance mais le « nettoyage » des espaces publics. Comme l’explique Maître Felix de Belloy :

    Les policiers, pendant le procès, ont quasiment fait l’aveu qu’ils utilisent les catégories du code de procédure pénale pour faire un travail de nettoyage ou de gardiennage... Ils ont pris des bouts de code de procédure pénale, par exemple le contrôle, et ils ajoutent « contrôle-éviction ». On fait un contrôle pas pour contrôler leur identité mais pour qu’ils déguerpissent. Ou on les emmène au poste et on utilise la procédure de verif’ uniquement pour les mettre au frais quelques heures. C’est de la séquestration mais on appelle ça de la vérif’. Entretien avec l’auteure, 18 avril 2018

    Le dossier de l’enquête révèle que ces contrôles ciblaient toujours les mêmes personnes, que les policiers désignaient par le terme « indésirables ».
    Les jeunes Noirs et Maghrébins, des « indésirables » à évincer

    Dans le dossier de l’enquête figurent toutes les mains courantes d’intervention des brigades de l’unité d’appui de proximité, dans lesquelles les policiers résument leurs interventions. Sur environ 300 mains courantes d’intervention, aux côtés des interventions pour tapage ou vol, un tiers concernent des interventions pour des « indésirables ». Au procès, les avocats des plaignants ont interrogé les policiers mis en cause sur ce terme :

    Avocat : Dans la main courante que vous avez rédigée, vous avez écrit à « nature de l’affaire », en majuscules, « INDESIRABLES », et pour « type d’événement », « Perturbateurs - Indésirables ». Qu’est-ce que ça veut dire, « indésirables » ? (...) C’est qui les indésirables ?
    Policier : C’est un trouble à la tranquillité publique.
    Avocat : Donc les indésirables c’est les jeunes ?
    Policier : Ça peut être n’importe qui, ça peut être des jeunes, ça peut être des SDF. C’est des indésirables pour les gens qui habitent le quartier.

    En effet, les mains courantes pour « indésirables » indiquaient toutes que l’intervention ciblait soit des jeunes soit des SDF. Au procès, le chef de brigade a affirmé que le terme « indésirables » figure dans le logiciel de main courante, une information qui nous a été confirmée par plusieurs policiers dans d’autres commissariats [7].

    Le terme « indésirables » est apparu en France à la fin du XIXe siècle dans le cadre des débats sur l’immigration [8]. Il a désigné, au fil du temps, diverses populations considérées comme étrangères au corps national (les nomades, les juifs, et les Français Musulmans d’Algérie), et a justifié des politiques d’expulsion et d’internement. Dans les années 1930, le terme a été explicitement mobilisé dans les textes gouvernementaux et les lois sur l’immigration illégale, qui faisaient de « l’élimination des indésirables » une nécessité pour protéger le corps national. L’historien E. Blanchard note la disparition du terme des textes officiels et du langage bureaucratique après la deuxième guerre mondiale. Cependant, des enquêtes récentes montrent que le terme continue d’être employé de manière informelle par des agents publics pour désigner des populations perçues comme problématiques et dont il faut gérer la présence dans les espaces publics. Par exemple, pour les agents des transports publics, le terme indésirables peut désigner les SDF, les pickpockets, ou les vendeurs à la sauvette, et dans les politiques de logement, les indésirables sont les personnes étrangères ou d’origine immigrée dont il faut éviter la concentration dans les mêmes immeubles [9].

    Le procès des policiers du 12e arrondissement a révélé que le terme est également employé par l’administration policière pour désigner des catégories de personnes dont la présence dans les lieux publics est considérée comme problématique. Au procès, les policiers mis en cause ont affirmé que les « indésirables » sont des personnes commettant des incivilités ou causant un trouble à la tranquillité publique. Cependant, les éléments de l’enquête montrent qu’en réalité, ce ne sont pas uniquement les adolescents perpétrant des infractions qui sont ciblés, mais bien tous les jeunes hommes Noirs et Maghrébins issues de familles populaires présents dans l’espace public.

    Dans certaines mains courantes, les policiers justifient ces interventions par le fait que les jeunes « traînent toute la journée » et « causent diverses nuisances (tapage, incivilités en tout genre) ». Cependant, lors des interventions policières, aucune distinction n’est faite entre ceux commettant des infractions et ceux qui sont simplement là pour se retrouver entre amis. Dans une grande partie des résumés des mains courantes, il n’est fait mention d’aucune infraction qui aurait justifié le contrôle et il est noté que le contrôle s’est fait dans le calme et sans incident. Et pourtant, systématiquement, les jeunes « indésirables » sont contrôlés et évincés. Certaines mains courantes mentionnent simplement « Contrôle et éviction d’une dizaine d’indésirables. Pas d’incidents. RAS ». Ou encore : « Sur place nous avons constaté la présence de quatre individus discutant calmement. Nous leur avons demandé de quitter les lieux, ce qu’ils ont fait sans incident » [10].

    Ainsi, pour les policiers du GSQ, la simple présence d’adolescents Noirs et Maghrébins dans l’espace public est considérée comme « indésirable » et justifie un « contrôle-éviction », même si les adolescents sont calmes et ne commettent aucune infraction. Ce n’est donc pas l’infraction ou la suspicion d’une infraction qui justifie le contrôle, mais bien l’identité des personnes contrôlées, leur origine raciale et sociale. Cette stratégie policière assumée s’inscrit dans une dynamique urbaine plus large, dans laquelle la police est mandatée pour garantir à certains habitants un espace public libéré des « regroupements de jeunes ». Si les policiers contrôlent ces adolescents à répétition, les humilient, les frappent, les agressent sexuellement, et les conduisent au poste sans motif, c’est pour les chasser des espaces publics, pour leur signifier qu’ils n’y ont pas leur place.
    Le harcèlement policier et le processus de gentrification

    Au tribunal, les policiers et leur avocat ont expliqué que les contrôles répétés envers les mêmes adolescents répondaient à une demande des habitants du quartier, qui s’en plaignaient régulièrement. L’enquête a en effet montré que certains habitants appelaient la police et envoyaient des courriers de plainte à propos des nuisances causées par des regroupements de jeunes. Sur trois ans, vingt-six courriers ont été envoyés réclamant des autorités davantage de fermeté envers des « bandes » qui occupent certains espaces. La majorité des doléances dénoncent des nuisances sonores tard dans la soirée et réclament des verbalisations systématiques. Certains courriers mentionnent également des rodéos, des trafics, et des vols. En réponse à ces doléances, le commissariat envoyait des effectifs avec l’instruction d’effectuer plus de rondes, plus d’interpellations, et comme le montre le dossier de l’enquête, plus de contrôles-éviction.

    Les courriers de plainte, ainsi que les contrôles répétés, se concentraient sur un petit nombre de rues et places du quartier Reuilly-Montgallet, correspondant aux rues où des bâtiments HLM ont été conservés au sein d’un quartier qui a fait l’objet d’une forte gentrification depuis les années 1980 [11]. Avec l’arrivée d’habitants de classes moyennes ou supérieures dans ce quartier anciennement populaire, des tensions sont apparues entre les habitants, notamment sur la question de l’occupation de l’espace public. Dans mes entretiens avec des habitants du quartier, personne ne nie que les regroupements de jeunes sont parfois bruyants et que certains commettent des délits. Cependant, les tensions ne sont pas uniquement liées au bruit ou à la délinquance. En l’absence de lieux où ils peuvent se rassembler sans consommer, les jeunes des classes populaires se rassemblent en bas de chez eux, sur les places du quartier. Cette présence de « jeunes qui traînent » et qui occupent l’espace public n’est pas tolérée par certains habitants. Comme l’explique un militant du quartier, la transformation du quartier a amené une nouvelle catégorie de personnes « qui sont beaucoup plus dérangés par cette mixité sociale et qui finalement souhaitent faire en sorte que les anciens habitants quittent le quartier parce qu’ils ont l’impression que ça dévalorise, au niveau patrimonial, le quartier » (Entretien avec l’auteure, 31 janvier 2018.). Pour certains habitants, ces groupes de jeunes, majoritairement Noirs et Maghrébins, sont considérés comme potentiellement source d’incivilités et de bruit.

    Les éléments de l’enquête montrent que, pour régler les tensions entre les habitants, les politiques municipales et policières se sont centrées sur la répression et le harcèlement des adolescents en question. La mairie renvoyait systématiquement les courriers de plainte vers le commissariat, considérant que ce « problème » devait être réglé par la police (et non pas, par exemple, par la consultation des jeunes sur leurs besoins en termes d’espaces de socialisation). De plus, la mairie a fait enlever les bancs publics et installer des caméras de surveillance pour dissuader les jeunes de rester dans les rues où les tensions se concentrent.

    De son côté, le commissariat envoyait le GSQ « tenir le terrain » face aux jeunes. Le GSQ est une « police de la tranquillité publique », c’est-à-dire une brigade chargée de gérer les petits désordres urbains et de garantir la coexistence pacifique entre les gens [12]. À la différence des brigades anti-criminalité (les BAC), son objectif premier n’est pas la lutte contre la délinquance ; elle effectue des missions de sécurisation des secteurs sensibles. En particulier, le GSQ est une des brigades crées pour gérer les « jeunes qui traînent en bande » en bas des immeubles avec une approche purement répressive de harcèlement [13]. Bien que les doléances des habitants concernent des délits (tapage nocturne, rodéos), la police considérait que la simple présence de jeunes dans les rues, même en petits groupes calmes, était un problème à régler. Les bilans annuels du commissariat, inclus dans le dossier, mentionnent les « regroupements de jeunes » comme un « problème récurrent » ; les mains courantes d’intervention déplorent régulièrement la présence de jeunes qui « reviennent systématiquement sur ces secteurs malgré nos évictions répétées tout au long de la vacation » ; et les plaignants interrogés confirment que les contrôles se terminaient systématiquement par une injonction à dégager, même lorsque leur présence ne gênait personne et que le contrôle se passait bien. Ainsi, la police se basait sur les plaintes de certains habitants pour des problèmes de tapage et de délits pour justifier des pratiques de harcèlement policier envers les adolescents Noirs et Maghrébins du quartier, sans qu’aucune distinction ne soit faite entre ceux commettant des infractions et ceux simplement présents dans l’espace public.

    Dès 2013, certains adolescents du 12e et leurs éducateurs ont tenté d’alerter la municipalité, le commissariat, et les services de protection de l’enfance, sur les violences, y compris sexuelles, commises par les policiers du GSQ. Plusieurs réunions ont eu lieu, avec le conseil municipal de la sécurité et de la prévention, l’adjoint au maire chargé de la jeunesse et des sports, et avec la cellule de prévention du commissariat du 12e. Aucune autorité n’a réagi pour protéger ces enfants.

    En somme, les éléments de l’enquête laissent apparaître que, si le terme « indésirables » provient de l’administration policière (puisqu’il figure dans le logiciel informatique des mains courantes), la catégorie des « indésirables » est produite localement par une dynamique qui implique la police, certains habitants, et la municipalité. Indépendamment de la commission d’une infraction, les « indésirables » sont les adolescents et jeunes adultes qui se retrouvent en bas des immeubles, majoritairement des Noirs et des Maghrébins issus des classes populaires, et que la police doit « évincer ». Les contrôles-éviction s’inscrivent donc dans la dynamique urbaine locale où la police se met au service du processus de gentrification, en légitimant la présence de certains, et l’éviction d’autres, des espaces publics.
    Conclusion

    Les violences policières racistes sont de plus en plus visibles en France, notamment grâce à de fortes mobilisations autour d’affaires telles que la mort par asphyxie d’Adama Traoré lors d’un contrôle d’identité en 2016, ou le viol de Théo Luhaka lors d’un contrôle d’identité en 2017. Pour comprendre ces violences policières discriminatoires, des chercheurs se sont penchés sur l’héritage colonial de la police française, et sur les politiques policières contemporaines qui mettent l’accent sur l’anti-criminalité et le « chiffre » plutôt que sur la prévention [14]. Cet article met en lumière la contribution d’un facteur supplémentaire, le processus de gentrification. La transformation de quartiers anciennement populaires en quartiers bourgeois crée un terrain propice à des pratiques de #harcèlement_policier envers des jeunes issus des classes populaires et de l’immigration, qui sont catalogués « indésirables », et que la police tente d’ « évincer » des espaces publics, à force de contrôles, de coups, d’humiliations, et de conduites au poste abusives.

    http://www.laviedesidees.fr/La-police-et-les-indesirables.html

    #éviction #discrimination #urban_matter #géographie_urbaine #villes #xénophobie #racisme #éviction



  • Territoires en débat. Discussing landscape(s) in contemporary metropolitan realities

    Les nombreuses mutations qui intéressent les villes et les territoires contemporains nous interrogent sur la viabilité des outils conceptuels et opératoires, des catégories et des paradigmes utilisés jusqu’à présent pour comprendre et pour agir sur les paysages et sur les réalités socio spatiales qu’elles génèrent.
    Cet ouvrage restitue et prolonge le dialogue qui est né autour de ces thématiques lors de la rencontre entre différents chercheurs réunis dans le cadre du séminaire international « Territoire en débat : la montagne comme jardin urbain ? » organisé à l’ENSA – Paris La Villette.


    http://www.professionaldreamers.net/?p=3678
    #paysage_urbain #paysage #villes #métropoles #urban_matter #livre #géographie_urbaine

    Le pdf est téléchargeable gratuitement :
    http://www.professionaldreamers.net/_prowp/wp-content/uploads/978-88-908130-4-7-web.pdf


  • Envisaging #L’Aquila. Strategies, spatialities and sociabilities of a recovering city

    L’Aquila, a city of about 70,000 inhabitants located in central Italy, was hit by a devastating earthquake on April 6th, 2009. The disaster killed 309 people, left 50,000 homeless and shut down entire areas of its sprawling urban system.

    The public debate and policy interventions that followed the disaster raised the question of what kind of city should be rebuilt. Which new visions for the city could be put forward?

    Envisaging L’Aquila brings together the results of a large and articulated research project carried out at the Gran Sasso Science Institute to document the reconstruction process.

    The book provides a broad overview of the emerging visions and spatial strategies unfolding at the local level, documenting the everyday life public spaces, civil society movements, and the relaunch of the knowledge economy in the local territorial system.


    http://www.professionaldreamers.net/?p=3821
    #tremblement_de_terre #reconstruction #post-disaster #urban_matter #villes #désastre #catastrophe

    cc @albertocampiphoto


  • The wall and the city / Il muro e la città / Le mur et la ville

    The book explores the intersections between the material artifact ‘wall’ and its strategic and tactical relevance in the contemporary city. It deals with urban spatiality, public places, trajectories, and territoriality; visibility, urban surfaces, and urban visual landscape; materiality and immateriality; governmental and corporate strategies in the use of walls; writings in public space, graffiti, murals, street art, public art, outdoor advertisement, logos; use of space, right to the city, social practices, social actors, resistance, subcultures.

    Table/contents/indice

    Introduzione / Introduction
    Béatrice Fraenkel, Actes d’écriture: quand écrire c’est faire
    Ella Chmielewska, Writing on the ruins, or #graffiti as a design gesture
    Lorenzo Tripodi, Towards a #vertical_urbanism. Space of exposure as a new paradigm for public space
    Andrea Mubi Brighenti, Walled urbs to urban walls – and return? On the social life of walls
    Cristina Mattiucci, Il muro come dispositivo percettivo
    Claudio Coletta, Francesco Gabbi, Giovanna Sonda, Muri come trame e infrastrutture urbane. Organizzare la città attraverso sensi, pratiche, narrative, controversie
    Francesca Cozzolino, Un exemple de prise de parole sur le mur. Les #peintures_murales d’#Orgosolo
    Luciano Spinelli, Un regard vidéo participatif: les #graffitis sur le web
    Marco Solaroli, Illegal business? La costruzione dell’identità culturale dei #graffiti_writers nella pubblicità visuale: il caso #Montana
    Ricardo Campos, On urban graffiti. #Bairro_Alto as a liminal space


    http://www.professionaldreamers.net/?p=9
    #murs #villes #urban_matter #géographie_urbaine #espace_public #identité_culturelle #livre #géographie_urbaine

    Pour télécharger la version pdf, gratuitement:
    http://www.professionaldreamers.net/images/OutNow/pdf/the%20wall%20and%20the%20city.pdf


  • “Vicino Ma Fuori” i l quartiere di #San_Martino a #Trento

    Il quartiere di San Martino a Trento, collocato immediatamente a nord del centro storico della città, rappresenta da sempre un interessante laboratorio socio-urbanistico. La sua storia inizia intorno al 1500, con i primi interventi di edificazione all’esterno delle mura settentrionali, in quel piccolo lembo di terra schiacciato tra l’onda dell’antico corso del fiume Adige e le prime pendici della collina.

    Nel corso della storia il quartiere di San Martino perde il contatto con il fiume e vive stagioni alterne, sempre all’interno di una dimensione ibrida tra propaggine del centro storico e quartiere popolare. Recentemente poi il quartiere è stato investito da una serie di iniziative, pubbliche e private, che hanno tentato di valorizzarne la storia ed il carattere particolare.

    Questo libro racconta le trasformazioni di San Martino attraverso cinque contributi dal diverso taglio disciplinare, che permettono di intuire la complessità di un quartiere costantemente alla ricerca di una propria collocazione.


    http://www.professionaldreamers.net/_prowp/wp-content/uploads/978-88-908130-1-6-web.pdf
    #urbanisme #Italie #livre


  • Laboratoire Urbanisme Insurrectionnel : APARTHEID | TOWNSHIPS & HOMELANDS
    https://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.com/2013/09/apartheid-townships-homelands.html#more

    les architectes de l’apartheid auront cette mission d’unifier toutes les composantes sud-africaines d’origine européenne, toutes ces classes sociales - y compris indigentes - pour former un Peuple uni et soudé, sous cet adage populiste : « C’est eux ou nous » : soit l’organisation d’un monde manichéiste, d’un monde compartimenté.

    L’apartheid est un crime contre l’humanité, affirmait Mandela. Pour les penseurs marxistes, c’est aussi, et surtout, le stade ultime et final du capitalisme moderne, dont tout l’enjeu est d’asservir les populations ouvrières, considérées dans cette société comme, tout simplement, des esclaves, et traitées en conséquence ; certains auteurs Sud-Africains estiment même que l’originel modèle du compound - cités-casernes ouvrières closes et surveillées - des industriels des mines de diamants, a ainsi été élargi à l’ensemble du territoire, faisant du pays un vaste camp de concentration construit selon les préceptes du panoptisme et de la paranoïa ; c’est-à-dire, une utopie. Car en réalité, l’apartheid théorisé n’a jamais été appliqué, tout du moins, n’a pas réussi à imposer ses lois et limites : la résistance des non-Européens conjuguera - pour cette période d’avant la guerre civile - désobéissance civile, longs boycotts, manifestations et illégalité qui s’observa en particulier dans les villes : contre toute attente, des millions d’Africains assignés à demeure dans leurs homelands, braveront les lois, au mépris de la police et des milices pour venir s’y installer sans autorisation : l’apartheid sera incapable d’y faire face.

    L’URBANISME DE LA SEGREGATION

    Précédant l’urbanisme de l’apartheid, les planificateurs anglais de la fin du 19e siècle s’attaquaient en Afrique du Sud au développement exponentiel des villes, confrontés en cela aux intérêts de la grande industrie, que ce soient dans les villes minières ou les grands ports qui exigeait une main d’oeuvre toujours plus nombreuse et si possible proche de ses centres de production. Certes, cet urbanisme de la ségrégation était déjà bien établi qui a conduit à une
    urbanisation séparée des populations africaines : en 1855 à Port Elizabeth, en 1856 à Grahamstown, en 1873 à Worcester, en 1879 à Queenstown, etc., pour ne citer que quelques villes, qui avaient délimité des terrains réservés à la résidence des indigènes (Natives), les premiers Townships périphériques. Mais les frontières étaient encore très poreuses, dans les villes mêmes subsistaient les Native Locations plus ou moins homogènes par la race où habitaient Africains, Indiens, Métis, et des quartiers tout à fait mixte où cohabitaient des Blancs. De même, la classe indigène était soumise à différents traitements selon qu’elle appartienne à l’une de ces trois catégories :

    . [the temporary or migratory], les temporaires ou migrants, principalement les ruraux venant s’établir en ville, habitants des bidonvilles et des taudis urbains ;

    . [the permanent or settled], les permanents ou établis, concernant la petite bourgeoisie, l’aristocratie ouvrière, disposant d’un salaire régulier ;

    . [the educated or superior Natives], les éduqués ou supérieurs, concernant l’élite, la frange occidentalisée et embourgeoisée africaine et métis, et la noblesse - familles royale et princière. Les plus corrompus étaient traités d’« Anglais noirs » par dérision.


  • Bruxelles : le chantier européen qui menace l’hôtel van Eetvelde de Victor Horta Karim Fadoul - 14 Septembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/regions/detail_bruxelles-le-chantier-europeen-qui-menace-l-hotel-van-eetvelde-de-victor

    L’enquête publique relative à la rénovation en profondeur de l’immeuble voisin de l’hôtel van Eetvelde de Victor Horta vient de se terminer. Mais une chose est sûre : le projet suscite de très nombreuses craintes.

    Au 6-14 de l’avenue Palmerston, dans le quartier des squares à Bruxelles, la Commission européenne prévoit de remettre à neuf sa crèche-garderie. Concrètement, il est question de rénover le bâtiment existant, d’aménager l’intérieur avec un jardin en gradins, de construire une crèche dans un immeuble de quatre niveaux du côté de la rue des Eburons (où se trouvent actuellement des entrées de garages)... Un chantier colossal dans un quartier historique de la capitale, jalonné de prestigieuses demeures.

    Patrimoine mondial de l’Unesco
    Et l’une d’elles, mitoyenne, n’est autre que l’hôtel van Eetvelde de l’architecte Art nouveau Victor Horta http://www.irismonument.be/fr.Bruxelles_Extension_Est.Avenue_Palmerston.2.html . Erigées entre 1895 et 1901 pour le comte du baron Edmond van Eetvelde, secrétaire général du Congo, la bâtisse et ses extensions au 2 et 4 de l’avenue Palmerston sont parmi les plus remarquables d’Horta. Classé dès les années 70, l’hôtel van Eetvelde est également repris au patrimoine mondial de l’Unesco avec trois autres demeures bruxelloises d’Horta. Autant dire que son oeuvre est unique et intouchable.

    C’est ce que pense notamment le GAQ, le Comité du quartier européen de la Ville de Bruxelles. « Cet immeuble mastodonte (...) défigurera le quartier dans une zone d’intérêt historique, esthétique et protégée », souligne le GAQ qui regrette que l’enquête publique ait été lancée fin août, pendant les vacances. Frank Hannes, du GAQ, déplore également le manque de vision en terme de mobilité. « A priori, nous ne sommes pas contre une crèche. Mais l’Europe s’étend dans nos quartiers, crée des infrastructures mais sans penser au problème de mobilité que cela engendre pour nos quartiers. » D’un point de vue architectural, le GAQ ne souscrit pas à la taille de la nouvelle construction qui pourrait s’élever rue des Eburons, avec un étage en toiture en recul.

    Contacté par la RTBF, l’échevin de l’Urbanisme et du Patrimoine Geoffroy Coomans de Brachene (MR) ne souhaite pas se prononcer sur le projet avant la commission de concertation programmée au 18 septembre. « Mais pour nous, il est totalement hors de question de toucher à l’hôtel van Eetvelde. C’est LA priorité absolue, la priorité des priorités. » Car un risque pour le patrimoine existe, si les travaux ou le creusement de fondations engendrent des dégâts ou des fissures sur le van Eetvelde.

    « Le peu d’intérêt de l’Europe »
    « En tout cas, d’une manière générale, le vaste projet lancée par la Commission européenne traduit une chose : le peu d’intérêt que l’Union européenne a pour la capitale », déclare l’échevin.

    Michèle Goslar, auteure de « Victor Horta : l’homme, l’architecte, l’art nouveau », ne sous-estime pas non plus les risques. « L’hôtel est super protégé. On pense souvent que mettre quelque chose derrière ou à côté ne fait pas de dégâts. Mais en réalité, cela peut menacer le bâtiment existant, en fonction de la distance de la nouvelle construction, si on touche aux fondations. Rien ne dit que ce qu’on va construire à l’arrière ne va pas défigurer la façade arrière. Horta mettait le plus grand soin à ses façades avant mais également à ses façades arrière. Horta installait à l’arrière des escaliers avec des matériaux en verre pour que la lumière pénètre. Si on met un bâtiment derrière, cela va tout à fait assombrir la façade arrière. C’est déjà une conséquence grave. »

    Un chantier « respectueux »
    Nous avons contacté le bureau d’architectes de la Commission, Roose Partners Architects. « Il s’agit d’une rénovation lourde avec une remise aux normes du bâtiment existant mais respectueuse de la façade et des fondations qui jouxtent l’hôtel van Eetvelde. Nous n’envisageons par exemple plus de descendre de niveaux », répond Serge Roose. « Nous envisageons par contre de protéger la toiture et tous les éléments qui jouxtent le bâtiment Horta. » Roose Partners Architects dit également collaborer étroitement avec la Direction régionale des Monuments et Sites, qui veille à la préservation du patrimoine architectural bruxellois.

    #Architecture #Bruxelles #Art_Nouveau #Victor_Horta #patrimoine #urbanisme #UE #union_européenne #privilèges #privilégiés #bruxellisation



  • Schweizer Revue : Éditions > 2018 > Juillet 4/2018
    https://www.revue.ch/fr/editions/2018/04/detail/news/detail/News/les-passerelles-discretes-des-chats-helvetiques

    Un objet typique des quartiers résidentiels suisses fait – enfin – l’objet d’une analyse approfondie.

    Les échelles pour chats des zones résidentielles suisses sont un phénomène urbain à la fois typique et méconnu. Nulle part au monde, elles sont aussi nombreuses à s’intégrer discrètement au milieu urbain sous des formes si variées. Une grande habileté architectonique permet de bricoler des passerelles entre l’espace de vie en liberté et le domicile douillet : escaliers en colimaçon, ponts à bascule étroits et périlleux, dispositifs en zigzag permettant aux chats de monter ou petits balcons rembourrés avec de la fourrure vissés sur les façades des maisons. Pourtant, malgré la grande densité de constructions aménagées pour les chats, les échelles n’ont encore fait l’objet d’aucune étude. Cela va changer, car l’auteure et graphiste Brigitte Schuster écrit actuellement un ouvrage de référence sur les échelles pour chats, et donc sur les relations entre les citadins et cet animal domestique. Un projet surprenant ? Brigitte Schuster le prend très au sérieux. Pour analyser les échelles pour chats, elle combine approche sociologique, architectonique et esthétique. Son examen du sujet l’amène à se demander si, finalement, les escaliers ne seraient pas plus importants pour les individus que pour les chats : elles montrent la nécessité qu’ont les humains à offrir à leurs animaux un accès dans leur domicile. Les chats pourraient sans doute vivre au quotidien sans ces aides. L’ouvrage artistique de Brigitte Schuster paraîtra début 2019 en allemand et en anglais, mais il est possible de le réserver dès à présent.


  • Des paysans sales et affamés à l’obscurantisme : cinq #clichés sur le #Moyen_Âge
    https://www.franceculture.fr/histoire/des-paysans-sales-et-affames-a-lobscurantisme-cinq-cliches-sur-le-moye

    Entre l’Antiquité civilisée et le raffinement de la Renaissance, il n’y aurait eu qu’une période sombre et méconnue : le Moyen Âge. Les clichés ont la vie dure : à en croire certaines idées reçues cette période méconnue serait synonyme de saleté, d’obscurantisme et de régression. Il n’en est rien.

    #hygiène #bains #eau #Renaissance #mariage #femme #égalité #science #ingénierie #urbanisme #barbares


  • Radiant city | Thinkpiece | Architectural Review

    https://www.architectural-review.com/essays/reviews/radiant-city/8640125.article

    20th century Modernist masterplanning in South America stands charged as a catalyst for sprawling urban violence

    During this year’s Open House at Harvard’s Graduate School of Design (GSD), one lecture stood out for its bold proposition that Modernist urban planning is responsible for the chronic urban violence in Latin America. As well as approaching a somewhat unpalatable subject, the lecture by Diane Davis, who starts her tenure as Professor of Urbanism and Development this year, also marks a shift in direction for the school itself (which has become increasingly interdisciplinary under Department Head, Rahul Mehrotra).

    #urban_matter #révolte #amérique_du_sud #colonisation_of_urban_space


  • À la cité Air-Bel de Marseille, le combat des habitants contre les légionelles qui polluent leur eau et leur vie
    https://www.bondyblog.fr/reportages/cest-chaud/la-cite-air-bel-de-marseille-le-combat-des-habitants-contre-les-legionnell

    n septembre 2017, Djamel Haouache, père de famille de 46 ans de la cité Air-Bel, perdait la vie après avoir contracté la légionellose. Sa soeur, Djamila, habitante de la cité egalement et présidente de l’association « Il fait bon vivre dans ma cité » raconte : « Mon frère a dû être plongé dans un comas artificiel avant de perdre la vie. Il avait attrapé les légionelles dans l’eau chaude de ses propres robinets. Aujourd’hui, je suis en colère : je refuse qu’il y ait une nouvelle victime à Air-Bel ».

    Des habitants qui se lavent à l’eau minérale
    Pour éviter le même sort, les habitants doivent faire montre de débrouillardise. A l’instar d’Anaïs, maman d’une petite fille de 18 mois. Pour protéger sa fille, elle emploie une méthode bien connue des habitants d’Air-Bel : « Je lave ma fille à la Cristalline. Ca revient très cher et il y a des ruptures de stock dans les magasins les plus proche. Mais qu’est-ce que je peux faire ? Elle est toute petite. Notre quotidien aujourd’hui, c’est la peur qu’elle attrape la légionellose ». Au bas de la tour, des dizaines de sacs poubelle gisent au soleil pleins de bouteilles d’eau vides à recycler.


  • « Ce n’est pas un logement, c’est un cercueil »

    🏚️📈À Barcelone, des promoteurs immobiliers construisent des appartements de 1 mètre sur 2, pour + de 150 000 € à l’achat, et 200 € de loyer📈🏚️

    Pendant ce temps la touristification & AirBnB continuent de mettre les habitant·es dehors...

    Via https://twitter.com/HiginiaRoig/status/1037280742185861122

    Et voir ici : https://www.elperiodico.com/es/barcelona/20180831/una-empresa-trata-de-implantar-los-pisos-colmena-en-barcelona-7012344

    et ici : https://beteve.cat/economia/pisos-rusc-habitatge-barcelona


    • Euh, qui a besoin de cette vidéo ? Dans ma génération chacun réparait son vélo tout seul, récupération de pièces comprise. Aujourd’hui les gamins emmènent leurs byciclettes chez le réparateur et ne s’intéressent pas à son fonctionnement technique. Il faut que ca roule.

      Des milliers de vélos abandonnés trainent dans nos rues sans que personne ne s’y intéresse. Devant mon immeuble un vélo de course moderne en parfait état traine pendant des mois sans cadenas avant que dans une nuit un heureux preneur l’emporte.

      Depuis l’arrivé des vélos bon marchés chinois et la disparition des producteurs européens les véhicules asiatiques envahissent nos rues jusqu’à submerger les places des centre villes sous un tsunami de « bike sharing ».

      Nous assistons à l’émergence un nouveau type de cycliste de luxe qui lui risque de réparer son véhicule comme le font les amateurs de voitures de collections. Ce sont les mamans bobos avec leurs tricycles qui coutent dix fois le prix de ma dernière voiture. Il y a également les acheteurs de machines sportives parfois plus chères encore. Eux ils s’équipent d’outils spécialisés chers et s’installent de petits garages parfois collectives où ils bricolent avec leurs semblables.

      La vidéo a l’air de faire partie de ce monde. Il n’explique rien, n’a aucune utilité et répand un air de coolness essentielle, cette drogue pour la conscience en soi de ses clients potentiels.

      C’est tellement loin de l’époque quand un vélo était un objet indispensable de la vie de tous les jours, quand le petit ami de ma mère ouvrier et coureur cycliste amateur m’expliquait les détails du métier, la technologie du vélo et les conditions juridiques de son utilisation.

      Encore plus loin sont les temps des Ladri di biciclette qui dans le film de Vittorio de Sica causent la ruine d’un pauvre homme honnête.

      Peut-être nous verrons encore des villes où l’utilisation paisible de son vélo sera la manière préférée de déplacement pour tout le monde. A ce moment chacun aura appris à s’occuper de son engin. Plus besoin de vidéos explicatives parce en cas de besoin il y aura toujours un copain ou un petit garagiste vélo.

      #gentrification #urbanisme

    • @klaus On est d’accord, mais en revanche la réponse est dans ton commentaire : toute une génération qui ne sait pas faire ça.

      Je me suis rendu compte cet été que mes enfants ne savaient même pas régler une hauteur de potence (le cône à faire descendre...), à leur age ça craint (16 et 19). Bon ok, c’est en partie ma faute, sauf que de mon côté je ne crois pas que ce soient mes parents qui m’aient appris ça. Plutôt le truc appris entre copains.

      Donc non, c’est pas inutile. Allez, pour ma pénitence ce week-end je leur apprends à raccourcir une chaîne.

    • @ericw Tu a été trop rapide alors tu n’a pas encole lu mon texte complet. D’ailleurs si tu répare les vélos des enfants avec eux ils n’ont pas besoin d’une vidéo ;-)

    • Effectivement @klaus, comme ton message n’était que partiellement posté j’ai réagi sur un extrait non significatif. Maintenant je comprends mieux ton point de vue, et je te rejoins sur certains points. Après ça j’ai l’impression que tu minimise le nombre de gens qui s’occupent correctement de leur vélo. En revanche tu as raison de souligner la vague consumériste sur le cyclisme. J’ai presque envie de dire est-ce un mal ? Ça fait un grand magasin de pièces détachées à ciel ouvert !

    • Moi ça fait 10 ans que je maintiens le même vélo qui lui-même a bien 30 ans, et qui j’espère va tenir 30 ans de plus ! Un peugeot de la Poste, ancien modèle. Bon je fais pas tout tout seul, j’avoue que je le donne régulièrement à mon très bon garagiste du quartier.

      Ici il y a une super association qui s’appelle le Garage Moderne et qui, pour les adhérents, permet soit de faire réparer voitures et vélos par des pros, soit d’avoir accès à tout le matériel pour le faire soi-même et en demandant de l’aide. C’est là qu’il faudrait que j’aille, mais c’est beaucoup plus loin et j’ai pas trop le temps. Et justement quand mon vélo est pétée, je peux pas traverser la ville avec alors qu’il ne roule pas, donc logique d’aller au garagiste qui est à 10min.

      Enfin bon, là je viens de faire changer toute la partie arrière pour une roule hollandaise du genre incassable pendant 20 ans (y compris freins moyeu et vitesses), ça devrait tenir un bout de temps…

    • Dans le fief du mouvement alternativ il y a un des plus anciens magasins de vélos alternatifs de Berlin. Je les aime bien car ils sont sympas et on y trouve conseil quand on se fait rembarrer ailleurs.

      Fahrradladen Mehringhof - Über uns
      https://www.fahrradladen-mehringhof.de/ueber-uns.html

      Seit über 30 Jahren verkaufen wir Ihnen Fahrräder, Ersatzteile und Zubehör. Bisher ist uns der Spaß an der Sache und das Herzblut für das Produkt Fahrrad immer erhalten geblieben.. Angefangen 1979 als Kollektiv haben wir Jahr für Jahr beharrlich an unserer Vision von einem tollen Fahrradfachgeschäft im zweiten Hinterhof gearbeitet.

      Wir sind alle selbst Alltagsradfahrer und wissen, wovon wir sprechen. Wir bilden uns ständig weiter und selbstverständlich bilden wir auch aus. Natürlich reparieren wir auch alle Fahrräder in unserer Werkstatt.
      Qualität ist unsere Prämisse und wir vertreten aus unserer Erfahrung heraus den Standpunkt, daß es wesentlich teurer ist, wenn man zu billig kauft. Wir arbeiten daher ausschließlich mit Fahrradmarken zusammen, die für Qualität stehen und diese auch umsetzen können.
      Die Mehringhofmanufaktur

      Seit ca 25 Jahren konzipieren wir auch unsere eigenen Räder – früher aus der Not heraus, weil der Markt qualitativ nichts hergab, was wir gut fanden. Heute sind die Räder unserer Mehringhof Manufaktur bekannt und beliebt. Sie sind schlicht, haltbar und haben ein sehr gutes Preis/Leistungsverhältnis.

    • China’s bike-sharing bubble bursts and leaves giant graveyard of unwanted transportation / Boing Boing
      https://boingboing.net/2017/11/26/chinas-bike-sharing-bubble.html

      Untouched sharable bikes on China’s sidewalks are now being gathered in a massively grim pile of failed business endeavors.

      Thousands of the bikes were dumped in the Chinese city of Xiamen after the country’s third largest bicycle sharing company went bankrupt, according to The Guardian. Bluegogo, who claims to have had 20 million users at its peak, shut down its operations earlier this month due to a market apparently inundated with affordable shared bikes.

      The pile contains multiple-colored bikes from all three companies. These bike sharing systems still have a healthy environmental impact, but overeager venture capitalism left behind an unfortunate mountain of aluminum and polymer.

      A Berlin ...

      Mobike-Leihfahhrad-Anbieter startet durch: Noch mehr orangegraue Mieträder für Berlin | Berliner Zeitung
      https://www.berliner-zeitung.de/berlin/mobike-startet-durch-berlin-bekommt-noch-mehr-orangegraue-mietraede

      Aufgeben? Warum denn? Während Wettbewerber schwächeln und ihr Angebot zurückfahren, hält der Mietradanbieter Mobike eine weitere Expansion für möglich – auch in Berlin. „Wir sind sehr zufrieden mit unserem bisherigen Erfolg als größter Anbieter in Berlin“, teilte Mobike-Sprecherin Ines Balkow mit. „Bei Bedarf und in Zusammenarbeit mit unseren Partnerstädten werden wir weitere Fahrräder in Berlin und anderen Märkten einsetzen.“ Auch E-Bikes werden künftig angeboten.

      Zuletzt gab es vor allem schlechte Nachrichten aus der Branche. Fußgänger beschwerten sich, dass zu viele Mieträder auf Gehwegen stehen. Der chinesische Anbieter Ofo kündigte an, dass er sich mit seinen knallgelben Räder aus Berlin und damit aus Deutschland zurückziehen will. Obike teilte mit, dass er in Singapur Insolvenz angemeldet hat. Wie es hierzulande mit der silbergelben Zweiradflotte weitergeht, ist ungewiss. Fest steht eigentlich nur eins: Mit der Vermietung von Fahrrädern lässt sich nicht viel Geld verdienen.

      #chaos

    • Oui, c’est une vidéo sympa mais derrière, c’est encore un bouquin chiant de Terre vivante ! À Ivry, à la Cyclofficine, c’est vachement des gens comme moi qui font aussi du vélo par économie. J’ai choisi l’an dernier d’acheter un Gitane d’occase plutôt qu’un B-Twin made in China neuf au même prix et je suis un peu allée à l’atelier pour l’entretenir ou régler des problèmes. D’habitude, j’ai toujours des ami·es comme @sandburg qui m’aident mais des fois je vais dans les assos, pour le matos et les conseils. Un jour à Berlin, comme je ne connaissais vraiment personne je suis allée chez un vélociste de Wedding, ça m’a coûté un peu cher mais vu le prix du métro, c’était vite remboursé ! J’ai rencontré des gens à l’atelier qui détestent faire les courses, font plein de récup, du vélo bricolé... et ont des boulots normaux derrière. Je me demande ce qu’ils font de leurs sous et je suis partagée sur ces vies de pauvres qui ont du fric : d’un côté, c’est un modèle positif pour des gens moins fièr·es de leur sort. De l’autre, c’est peut-être assez excluant, parce qu’ils (et moi) ont un ethos de bourge qui a de quoi déplaire à des gens de classe popu. De même que je suis partagée sur le DIY et que je préfère l’idée qu’il y ait un vélociste dans chaque quartier plutôt qu’un atelier vélo hyper participatif dans chaque ville.

    • Mon père n’a jamais su réparer un vélo au-delà d’une crevaison, et il a 80 balais… Sur le discours de « les enfants savent plus rien faire » je peux vous raconter le contraire, je fait partie d’un atelier vélo de ville moyenne (800 adhérents / an, 90% vivant à moins d’un km de l’atelier), membre d’un réseau national de plus de 200 ateliers participatifs : https://www.heureux-cyclage.org/les-ateliers-en-france.html

      On apprend à réparer des vélos à des gens de tous les âges et tous les horizons, et il y a plusieurs collèges et lycées qui ont monté leur propre atelier vélo (on ne fournit que les outils et des formations si c’est demandé), animé par les élèves eux-même.

      De mon point de vue il n’y a jamais eu autant de monde curieux de savoir réparer son vélo et capable de le faire, et surtout beaucoup de jeunes :)


  • Hauts-de-Seine - Les cités-jardins de #Vanves et #Suresnes distinguées pour leur architecture
    http://www.leparisien.fr/hauts-de-seine-92/les-cites-jardins-de-vanves-et-suresnes-distinguees-pour-leur-architectur
    https://img-s-msn-com.akamaized.net/tenant/amp/entityid/BBMECn7.img?h=630&w=1200&m=6&q=60&o=t&l=f&f=jpg

    Au cœur de l’été, certains habitants de Vanves profitent de l’esprit village qui règne dans leur quartier. Derrière la façade rouge du square Payret-Dortail, de petits immeubles de quatre étages accueillent près de 150 logements et 27 ateliers d’artistes. Bienvenue dans 30 premiers sites franciliens à être labellisés et des deux sites alto-séquanais. Et c’est une autre cité-jardin, celle de la ville de Suresnes, qui s’est vue distinguée dans le département. Probablement la plus emblématique de France, elle fut initiée par...

    Au cœur de l’été, certains habitants de Vanves profitent de l’esprit village qui règne dans leur quartier. Derrière la façade rouge du square Payret-Dortail, de petits immeubles de quatre étages accueillent près de 150 logements et 27 ateliers d’artistes. Bienvenue dans 30 premiers sites franciliens à être labellisés et des deux sites alto-séquanais. Et c’est une autre cité-jardin, celle de la ville de Suresnes, qui s’est vue distinguée dans le département. Probablement la plus emblématique de France, elle fut initiée par Henri Sellier, qui fut maire (SFIO) de la ville de 1919 à 1941, ministre de la Santé du Front populaire et fondateur de l’Association française pour l’urbanisme.
    Au cœur de la cité-jardin de Suresnes, le collège #Henri-Sellier rend hommage à l’initiateur du quartier./LP/E.D.

    « C’était un homme à la pointe qui, pendant l’entre-deux-guerres, a souhaité offrir du logement qui pourrait accueillir toutes les classes moyennes et dans lequel elles auraient accès à des équipements publics, raconte Christian Dupuy, actuel maire (LR) de Suresnes. Il s’est inspiré d’un concept anglais, le garden-city d’Ebenezer Howard, pour réaliser cette cité et répondre à la crise du logement. »

    #cités-jardins #banlieues #urban_matter #utopies #utopies_urbaines #otto_neurath


  • Qu’est-ce que les #dents_creuses, les #interstices_urbains, les #espaces_délaissés ? Ces espaces qui nous échappent dans l’#espace_urbain ? Un retour sur ce séminaire avec Pascal Nicolas-Le Strat

    Professeur à l’Université Paris 8 Saint-Denis

    http://www.le-commun.fr
    pnls.fabriquesdesociologie.net

    Séminaire doctoral à Paris 8 : Faire commun en recherche(s)
    Réseau des Fabriques de sociologie : www.fabriquesdesociologie.net
    Site Comme-une-ville : www.comme-une-ville.net
    Co-initiateur de la revue Agencements. Recherches et pratiques sociales en expérimentation

    –-----

    Interstices urbains et pratiques culturelles
    https://www.implications-philosophiques.org/Habitat/Guillaud1.html

    Interstices urbains et pratiques culturelles

    « Dans les sociétés très normalisées qui étouffent sous le consensus, relèveront de l’art le plus intéressant a priori les créations qui instillent dans la mécanique du contrôle une figure d’indiscipline, d’irréductibilité à la normalisation. La poésie doit être transformative. »[1]

    « Du fait de leur statut provisoire et incertain, les interstices laissent deviner ou entrevoir un autre processus de fabrication de la ville, ouvert et collaboratif, réactif et transversal. Ils nous rappellent que la société ne coïncide jamais parfaitement avec elle-même et que son développement laisse en arrière plan nombre d’hypothèses non encore investies. (…) L’interstice se constitue donc à un niveau politique ; il tente de faire rupture avec l’ordonnancement classique de la ville. »[2]

    vers une nouvelle manière de vivre/d’investir la ville ?

    Alors que l’espace public semble se « normaliser », s’émietter, raréfiant les circonstances de sociabilité et d’échange qui permettent à l’individu de prendre part et d’agir sur son environnement, apparaissent dans le tissu urbain spatial et mental pour des durées plus ou moins longues, des vides, des espaces en transition, en attente. Toujours situés en marge, même s’il s’agit d’interstices « intra » urbains, ils représentent un enjeu particulièrement intéressant et un défi pour les responsables du développement urbain, les architectes, les urbanistes, les artistes, les habitants. Leur caractère indéterminé et vague est peut-être, nous le verrons, ce qui en fait des lieux de possibles.

    –----

    Penser la ville incertaine : périmètres et interstices. | Espacestemps.net
    https://www.espacestemps.net/articles/penser-la-ville-incertaine-perimetres-et-interstices

    Travaux
    Laboratoire
    Livres
    Objets
    Dans l’air
    Traverses
    Bibliothèque

    Référence
    Mots-clés

    site

    Résumé
    Bibliographie
    Auteur

    Marc Dumont

    IMPRIMER
    TÉLÉCHARGER (PDF)
    ENVOYER PAR E-MAIL
    RÉAGIR

    Penser la ville incertaine : périmètres et interstices.
    http://urbanismo.8m.com

    par Marc Dumont

    Urbanismo, réalisé par Jonás Figueroa, architecte et enseignant à l’École d’Architecture de l’Université de Santiago (Chili), constitue une occasion intéressante pour proposer un point d’étape sur une question de plus en plus présente dans les réflexions des sociologues, urbanistes, architectes et géographes, liée au phénomène mondial d’expansion des métropoles dont on nomme souvent « étalement urbain » l’aspect le plus visible, morphologique, et qui reste pourtant encore approché de manière peu satisfaisante et systématique. L’étalement urbain comme processus de morphogenèse correspond au deuxième caractère d’une métropolisation paradoxale qui en fait simultanément un mouvement de concentration (capitaux, richesses) et de dispersion (morphologique) comme l’a montré Saskia Sassen (Sassen, 1994).

    #urban_matter #zone_blanche #zone_grise #interstices_urbains


  • #Villes_méditerranéennes, passé, présent, futur

    Deux habitants sur trois vivent en ville dans les pays du pourtour méditerranéen. Vers 2030, ils représenteront les trois quarts de la population totale. Selon un rapport du Plan Bleu, dans l’ensemble des vingt et un pays du pourtour méditerranéen, la population urbaine – résidant dans des agglomérations de plus de 10 000 habitants – est passée de 94 millions en 1950 (44 % de la population) à 274 millions en 2000 (64 %).

    Comment gérer ce développement ? Que nous apprennent l’histoire et l’évolution de nos villes pour bâtir un futur durable ? 15–38 place les villes méditerranéennes au centre du viseur estival. Comme l’année dernière, nous prenons le temps et publions les reportages, analyses, images, balades sonores, au fil des semaines jusqu’à la fin du mois d’août. Pour ce premier opus direction la Syrie, en passant par Marseille, Barcelone et Tel Aviv.

    À Marseille, l’enchevêtrement de villages et de barres d’immeuble de la 2ème ville de France interroge. Comment en est-on arrivé à une telle organisation ? Quelles conséquences sur la vie quotidienne des habitants ? Cet ensemble disparate s’est constitué au grès d’une urbanisation que les spécialistes nomment de « comblement », ou comment combler les trous entre les noyaux villageois existants, en y plantant des tours.

    Quelle vie économique et sociale dans les centres villes avec l’ubérisation de la société, et des logements, comme à Barcelone en Espagne où les habitations sont de plus en plus louées aux touristes à la nuitée, entraînant une hausse conséquente des loyers ? Le conseil municipal de Ada Colau (Podemos) a déclaré la guerre aux locations illégales des appartements touristiques, comme Airbnb et similaires. Comment tout cela s’est produit, comment se passe l’action contre le tourisme de masse. Comment cela change la ville et qu’en pensent les résidents ?

    En Israël, l’histoire nous apprend comment les premières populations se sont installées et organisées. Tel Aviv, concentre plus de 4000 bâtiments de style Bauhaus (dont 1 000 ont été classés au patrimoine de l’UNESCO en 2003). La “ville blanche” abrite ainsi le plus grand ensemble d’architecture moderne au monde et le mieux préservé. Une particularité qui fait le charme de la ville mais raconte aussi son histoire. Des architectes avaient alors immigré après avoir été formés dans divers pays d’Europe et conçu les bâtiments. A l’époque, le choix du minimalisme était davantage motivé par des enjeux pratiques qu’esthétiques : il s’agissait de construire rapidement et à moindre coût pour accueillir les nouvelles vagues de migrants.

    Enfin, en Syrie, l’enjeu actuel de la reconstruction se trouve dans des lois sur la propriété décidées par le régime syrien en 2012 et 2018. Ces réglementations excluent de nombreux syriens déplacés à l’intérieur et réfugiés à l’extérieur du pays. Avocats, architectes et collectifs se constituent aujourd’hui pour informer la population et dénoncer l’injustice de ces décisions destinées à changer le visage de la Syrie.


    https://www.1538mediterranee.com/14-villes

    #villes #urban_matter #géographie_urbaine #Méditerranée #Syrie #Marseille #Barcelone #Tel-Aviv #Bauhaus #Immeuble_Gaza #Beyrouth #Egypte

    cc @reka


  • What would cities look like if they were designed by mothers ? | Christine Murray | Opinion | The Guardian

    https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/aug/27/architects-diversity-cities-designed-mothers

    Voilà ne bonne question. A paris, il est clair par exemple que la RATP exprime quotidiennement sa haine pour les mères de famille, ls handicapés et ls contrbassistes.

    There’s an architect’s impression of a new development for Greenwich, south-east London, that has caused some outrage on social media. The Elysian rendering of Charlton Riverside features 36 people frolicking in the park, and only one of them is black. Among the white millennials and young children there is also a single older person, gesticulating in a sprightly manner with a walking cane.

    Architects are overwhelmingly male and pale, young and privileged, and there are legitimate concerns about them designing our cities in their image. Fewer than one in every 10 architects is black, Asian or minority-ethnic, and less than a third of UK qualified architects are women. And the numbers are not improving.

    #urban_matter #égoïsme #sexisme


  • Deux #courts-métrages vus sur l’avion de retour du Cambodge... Les deux portants sur la #rénovation_urbaine à #Hong_Kong

    #A_Long_Ride de #Ng_Chun

    Oscar Ng Chun’s film takes a subtler approach to consider a changing Hong Kong, but is no less powerful for it. Here we find Nine – played by stage actor Au-Yeung Chun with few film credits to his name – the sole employee of a laundry set for closure, sent out to return a washed suit and the broken watch it contained to its original owner. He soon discovers that a more difficult task than he would expect, with the owner moved on and local area almost unrecognisable from redevelopment. But amid stores that advertise discounts for Chinese tourists, there are local resident who seek to preserve the areas unique charm. Unable to reunite the suit and watch with their owner, he agrees to look after the watch.

    https://www.easternkicks.com/reviews/fresh-wave-2015-the-long-ride

    #Still_on_the_bridge de #Pako_Leung

    Every day, Cheong, the widowed man sells on the bridge an old school candy snack his wife loved. He stays in the old community, meeting the old neighbors and living on the ordinary life.

    That is a hot year, even Liqiu has already begun. Community reconstruction is Ongoing and becoming faster. The flat Cheong rented has to be sold. Even worst, Cheong receives more warnings when he is selling on the bridge. Facing all these vicissitudes, shall Cheong insist on staying in this place, a place full of memories?


    http://www.naehk.com/2017/en/success/content.php?u=NjE=
    #stree-food #villes #urban_matter
    #géographie_urbaine #film


  • La Rebelión del espacio vivido. Teoría social de la urbanización capitalista

    “Debemos a la insistente voz de Henri Lefebvre la idea según la cual el dominio sobre el espacio constituye una fuente fundamental y omnipresente del poder social sobre la vida cotidiana”. David Harvey, 1990.

    La tesis revisa el pensamiento de Henri Lefebvre como un todo en movimiento. Siguiendo su torrente teórico se rehace un itinerario complejo con voluntad pedagógica y la intención de estudiar no solo aquello que decía, sino la forma en que pensaba; así como, su traducción en la ciudad global contemporánea.

    https://www.academia.edu/37248384/La_Rebelio_n_del_espacio_vivido._Teor%C3%ADa_social_de_la_urbanizaci%C3%B3
    #thèse #PhD #thèse_De_doctorat #urban_matter #Henri_Lefebvre #Lefebvre #ville #géographie_urbaine #urbanisation_capitaliste