• Devenir une « #ville_éponge » : la solution de #Berlin face à la #sécheresse

    Face aux extrêmes climatiques, Berlin accélère sa mutation en « ville éponge », mêlant #végétalisation, #rétention_des_eaux et #mobilisation_citoyenne. Une ambition politique inédite qui essaime.

    Il est rare qu’une activiste environnementale se retrouve mandatée par ses « adversaires » pour mener la politique qu’elle défend. C’est pourtant ce qui est arrivé à la géographe Lisa Junghans dans le cadre du projet de transformation de la ville de Berlin en « ville éponge ».

    Après avoir travaillé pour une ONG spécialisée sur les questions d’#eau, elle a participé à l’initiative populaire #BaumEntscheid, en corédigeant une proposition de loi d’#adaptation de Berlin au #changement_climatique. « Nous comptions appeler les Berlinois à se prononcer via un référendum sur la question en septembre 2026. Mais, contre toute attente, le Sénat de Berlin a décidé de reprendre notre projet à 99 % et d’en faire une loi qui a été votée fin 2025 ! » raconte la jeune femme.

    Elle a depuis été nommée à la direction de l’Agence pour l’eau de pluie du Land de Berlin (Regenwasseragentur), un organisme assez récent qui joue un rôle important en tant qu’agence-conseil sur la gestion des #eaux_de_pluie pour les particuliers et les entreprises. « Ma nomination était pour le moins inhabituelle. Pour ma part, j’y vois une volonté politique de faire avancer les choses », explique-t-elle.

    Sur le papier, le concept de ville éponge est simple. Il s’agit de transformer le #piège_à_chaleur qu’est une ville classique, colonisée par la voiture, les routes et les nombreux espaces bétonnés, en un #piège_à_fraîcheur et à eau. Et ceci avec des moyens vieux comme le monde : la végétalisation du tissu urbain et la rétention maximale de l’eau. « Berlin est une ville assez verte irriguée par une rivière. On pense que la capitale et sa région s’en sortent bien. Mais ce n’est pas le cas et la situation se détériore. D’où notre réaction », précise Lisa Junghans.

    Comparé à Paris, et si l’on ne tient pas compte de leurs histoires très différentes dans cette mise en parallèle, Berlin pourrait faire figure de havre de verdure, avec 28 % de sa surface couverte par des espaces verts (12 %) et des bois (16 %) ! Pendant que seulement 5,6 % de la surface de Paris est recouverte d’espaces verts.

    Récupérer l’eau

    En réalité, la région Berlin-Brandebourg est en situation de #stress_hydrique important. Le réchauffement climatique, associé à une pluviométrie naturellement faible, renforce la succession dévastatrice d’épisodes de sécheresse et de pluies violentes. Par ailleurs, la #consommation_d’eau est poussée par de nouvelles implantations industrielles, telle la Gigafactory de Tesla et ses sous-traitants.

    « L’arrêt de l’extraction du charbon des mines à ciel ouvert de lignite de la Lusace, au sud de la capitale, est aussi une raison majeure », ajoute Lisa Junghans.

    Pour être parfaitement exploitées, les couches de lignite doivent en effet être sèches et libres des eaux souterraines. Pour cela, et depuis le XIXe siècle, des milliers de pompes ont évacué près de 58 milliards de m3 d’eau dans la #Spree, explique un rapport de l’Agence fédérale pour l’environnement (UBA) qui a fait grand bruit lors de sa publication en 2023 : « Une bonne moitié de l’eau qui coule aujourd’hui dans la Spree près de Cottbus provient d’eaux souterraines pompées. Pendant les mois chauds d’été, cette proportion augmente jusqu’à 75 %. » Or, avec la « sortie » totale du charbon d’ici à 2038 et l’arrêt progressif des mines, le pompage sera bientôt complètement stoppé. Berlin tire pourtant de 50 à 75 % de son #eau_potable de la Spree !

    La même année, Berlin a commencé à mettre en place un #Masterplan_Wasser (Schéma directeur de l’eau) qui prévoit la construction de nouvelles #stations_d’épuration, ainsi que le forage de nouvelles sources. Par ailleurs, tout nouveau projet immobilier doit « végétaliser » une partie de ses toits et conserver les eaux de pluie. Libre au promoteur de construire des bassins, d’irriguer des espaces verts ou d’opter pour l’infiltration dans le sol.

    Plusieurs projets de taille ont enfin été lancés. La construction d’un vaste système de #récupération d’eau par rigoles sous la prestigieuse place du Gendarmenmarkt au cœur de Berlin. Ou celle d’un bassin de 16 750 m3 pour éviter que le trop-plein d’eaux usées ne se déverse dans les rivières en cas d’orages violents. Mais tout ceci est insuffisant.

    Désimperméabiliser Berlin

    D’où la mise en œuvre du concept de ville éponge : « La nouvelle loi a pour objectif que 200 000 arbres soient plantés par la ville et ses habitants dans les prochaines années, détaille Lisa Junghans. Il est aussi prévu de créer des #îlots_verts tous les 150 mètres. Et surtout, 50 % des #espaces_publics doivent être déconnectés du réseau d’assainissement d’ici à 2040, avec une #désimperméabilisation des #sols en conséquence. C’est très ambitieux. »

    L’administration municipale a dix-huit mois pour se préparer avec un lancement des grandes manœuvres à partir de 2027. Mais les quartiers de Berlin, cheville ouvrière du processus, sont déjà sur la brèche, comme dans celui de Charlottenburg-Wilmersdorf.

    « Dans la Sömmeringstrasse, par exemple, nous avons renforcé les #pistes_cyclables puis désimperméabilisé et végétalisé une partie des trottoirs. Ce qui nous a conduits à supprimer pas mal de #places_de_parkings. Et quand on supprime des places, c’est le #conflit garanti », explique Jochen Flenker, responsable des #espaces_verts de ce quartier de l’ouest peuplé de 350 000 habitants. Charlottenburg est le seul quartier de Berlin qui possède encore une pépinière municipale qui alimente ses espaces verts et permet au quartier de fournir des plants gratuits aux habitants qui le demandent.

    La mairie de quartier s’est fixé entre 1 000 et 5 000 m² de désimperméabilisation par an. Cela paraît peu. Mais c’est beaucoup : « Un égout végétalisé de quelques mètres carrés conduit 20 % de l’eau dans les canalisations, mais en infiltre 80 % dans la terre et peut drainer une surface de plus de 500 m2 », précisent les services de l’Agence pour l’#eau_de_pluie.

    Les voisins acteurs d’initiatives

    Ingénieur agronome, Jochen Flenker croit dur en l’avenir de la capitale-éponge. Mais il sait que Berlin en est à ses débuts : « C’est un combat incessant qui doit conduire à un changement de perspective à tous les niveaux. Prenez la question de la maintenance des sols de l’espace public. Mon quartier reçoit de la ville 3 euros par an pour 1 m² d’asphalte ou de béton, mais seulement 0,72 euro pour 1 m² d’espace vert. Ce devrait être l’inverse. Heureusement qu’il y a de nombreuses associations locales qui nous facilitent la tâche et ouvrent parfois le chemin », explique-t-il.

    Il évoque notamment l’initiative #Fritschestrasse, lancée par deux voisins et copains hauts en couleur : Jörg Winners, producteur de films, et Hans Jürgen Zschäbitz, corniste retraité de l’orchestre du Deutsches Oper.

    Coupée en deux par le grand boulevard de la Bismarckstrasse, le segment nord de la Fritschestrasse, où l’on retrouve quelques immeubles wilhelminiens, est un microcosme bien rafraîchissant. « Notre projet est parti de rien, pendant le Covid. Nous avons décidé de verdir les parterres d’arbres de la rue, de les entourer avec des pierres et d’installer des bancs ici et là. Mais aussi un “mini-parc” dégoulinant de verdure qui occupe deux places de parking », se rappelle Jörg Winners.

    Puis le groupe de voisins a grandi et l’action s’est structurée : « Chaque #arbre a un parrain ou une marraine qui veille au grain. C’est essentiel pour la pérennité du projet et de l’engagement. En 2023, nous avons installé plusieurs réservoirs le long des murs qui récupèrent une partie de l’eau de pluie. Chacun peut ainsi arroser à son gré », explique Hans Jürgen Zschäbitz en montrant un grand monolithe doté d’un robinet et devant lequel attendent des arrosoirs.

    Mais les deux compères, qui travaillent depuis activement avec Jochen Flenker et ses services, ne se sont pas arrêtés là. « Nous avons conçu un parterre entouré de branchages, d’une haie sèche, bordée de deux grosses pierres faites pour les chiens et qui évitent que l’urine ne tombe sur les plantes. Cela marche tellement bien qu’il y en a maintenant une cinquantaine et le quartier a officiellement adopté le modèle pour tous les futurs parterres du quartier », ajoute Jörg Winners.

    Il évoque ainsi le passage fréquent de journalistes, mais aussi de délégations d’autres villes, au point que l’initiative, déjà primée, est désormais reprise dans plusieurs autres villes, dont Hamburg, sous le nom du modèle berlinois. « Notre prochain objectif est d’augmenter les espaces verts en réduisant le nombre de voitures via la mise en place un système d’autopartage pour le voisinage », disent les deux amis avant de partir arroser leur rue.

    https://reporterre.net/Devenir-une-ville-eponge-le-combat-de-Berlin-contre-la-secheresse
    #urbanisme #aménagement_du_territoire #pluie

  • 200 000 personnes évacuées à cause des #incendies : un #exode_climatique, premier du genre en France

    Sous nos yeux se dessine brutalement, en cet été 2026, une préfiguration effrayante de notre avenir. Le #changement_climatique est passé des concepts des rapports du Giec à la réalité du quotidien.

    L’air au souffle infernal les jours interminables de #canicule, l’interruption du vol familier des insectes et des oiseaux, la #sécheresse qui rend arides les paysages et les inondations qui lui succèdent au gré de pluies et grêles diluviennes. Et, désormais, les #feux sans cesse plus monstrueux, dévastateurs, grands comme dix fois Paris cette année, et dont la fumée s’est répandue ce week-end du Var, des Landes et de la Gironde à plus de 500 kilomètres, jusqu’en Auvergne et dans le Val de Loire.

    Lueur d’espoir au milieu du désastre, le dévouement sans limite des pompiers et des gendarmes a permis l’évacuation de plus de 200 000 personnes en dépit des conditions dantesques. Ce mouvement de population, jamais vu en France depuis la défaite de 1940, a un nom : il s’agit d’un exode climatique, le premier du genre dans cette ampleur, avec ses colonnes de réfugiés sur les routes abandonnant tout derrière eux.

    Tout cela serait déjà grave et inquiétant si notre pays était prêt à affronter ces nouveaux périls. C’est peu de dire qu’il ne l’est pas. À part les masques FFP2, héritage de la dernière crise sanitaire, la France manque de tout, à commencer par les avions bombardiers d’eau et les effectifs de soldats du feu professionnels.

    Au-delà, où que les yeux se tournent, l’#inadaptation est globale, conséquence d’un #sous-investissement endémique. On ferme des lits d’hôpitaux ; les passoires thermiques restent le lot commun des logements, des écoles comme des Ehpad ; la climatisation des lieux publics est l’exception ; les villes étouffent, faute de moyens pour revoir l’#urbanisme ; le réseau ferré est hors d’âge ; l’électrification du parc automobile est repoussée.

    Si gouverner c’est prévoir, la #faute des gouvernants est inexcusable. N’importe quel travailleur convaincu d’une telle négligence serait renvoyé sur-le-champ. En 2027, le chantier sera titanesque et le besoin de changement immense. La gauche a neuf mois pour convaincre qu’elle est à la hauteur.

    https://www.humanite.fr/environnement/austerite/200-000-personnes-evacuees-a-cause-des-incendies-un-exode-climatique-premie
    #déplacés_internes #évacuation #incendie #feu #France #réfugiés #réfugiés_climatiques

  • Et si, #Grenoble se réconciliait (enfin) avec l’#eau ?

    Dans cet épisode, habitant-es, associations, professionnel-les interrogent notre rapport à l’eau et imaginent comment Grenoble pourrait renouer avec ses cours d’eau à horizon 2040. À travers les expériences de baignade urbaine dans l’Isère et le Drac, les #initiatives_citoyennes ou encore les réflexions autour de l’urbanisme et de l’#aménagement, les intervenant-es questionnent la place que nous accordons aujourd’hui à l’eau dans la ville.

    Comment transformer des rivières longtemps perçues comme dangereuses ou repoussantes en espaces de fraîcheur, de #santé et de #lien_social ?
    Cet épisode explore aussi les grands enjeux climatiques, sociaux et politiques liés au partage de l’eau : adaptation aux canicules, gestion des crues, accès gratuit à la fraîcheur, justice sociale ou reconnexion au vivant.

    Au fil des témoignages, une conviction émerge : renouer avec l’eau, c’est aussi transformer nos imaginaires et notre manière d’habiter la ville.

    Entre culture du risque, gouvernance collective et désir de réappropriation des rivières, cet épisode esquisse le futur d’une ville où l’eau redevient un bien commun, vivant et accessible à toutes et tous.

    https://podcast.ausha.co/ville-de-grenoble/et-si-grenoble-se-reconciliait-enfin-avec-l-eau
    #baignade_urbaine #réconciliation #rivière #gouvernance_de_l'eau #baignade_citoyenne #collectif_des_gens_qui_ont_chaud #les_gens_qui_ont_chaud #Drac #Isère #chaleur #fraîcheur #canicule #villes #urbanisme #urban_matter #qualité_de_l'eau #podcast #audio

  • Les refuges climatiques seront utiles s’ils n’oublient pas de faire de la chaleur un objet politique

    Alors que la France a déjà connu trois vagues de chaleur en quelques semaines à peine, le concept de refuge climatique, qui s’institutionnalise dans un certain nombre de pays, cristallise les espoirs des citoyens en surchauffe. Il peut s’agir d’une réponse prometteuse, mais uniquement à certaines conditions, notamment de les concevoir et de les déployer en gardant en tête des critères d’accessibilité, d’hospitalité et de justice socioécologique. En bref, d’en faire des objets politiques.
    Notre maison brûle et nous la regardons (enfin) en face. Alors que la France vient de connaître deux séquences caniculaires précoces et intenses, la chaleur semble s’imposer comme un problème public majeur. Le mois de juin 2026 a été le plus chaud jamais enregistré par Météo France et une nouvelle vague de chaleur touche désormais une grande partie du pays.

    Le traitement médiatique immédiat de la canicule s’est largement détourné des enjeux de fond, privilégiant des réponses à court terme et individuelles au détriment d’une réflexion collective sur l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Plan massif de climatisation, mise en cause des scientifiques, légitimation de la débrouille au sein des foyers…

    Ce cadrage tend à occulter une réalité bien documentée : celle des inégalités socioécologiques. L’exposition aux fortes chaleurs, la vulnérabilité face à leurs conséquences et les capacités d’adaptation varient selon les conditions de logement, l’état de santé, les ressources économiques, l’âge ou encore l’accès aux espaces publics. Les enquêtes sociologiques, à commencer par celle d’Eric Klinenberg sur la canicule de Chicago en 1995, montrent aussi que l’isolement social constitue un facteur majeur de surmortalité.

    Contre toute solution hâtive qui pourrait participer d’une maladaptation, les sciences sociales nous invitent à politiser la chaleur, en saisissant la canicule comme un problème social collectif permettant d’articuler les enjeux d’adaptation et ceux d’atténuation.

    Ainsi, ouvrir des refuges climatiques ne suffit pas : encore faut-il que ceux qui en ont besoin les connaissent, puissent s’y sentir à l’aise et s’en saisissent pour construire collectivement les conditions d’un « bien-vivre » dans un monde plus chaud.

    Refuges climatiques : de quoi parle-t-on ?

    Le concept de refuge climatique s’institutionnalise. De Buenos Aires à Bologne, en passant par Porto et Londres, de nombreuses villes l’adoptent pour adapter leur tissu urbain à la crise climatique et protéger leurs habitants de la chaleur.

    Barcelone fait figure de référence, avec un réseau de plusieurs centaines de refuges : écoles, bibliothèques, musées, parcs et jardins, répondant à des critères de confort thermique, d’accessibilité, de repos et d’accès à l’eau.

    Le contour des refuges climatiques varie pourtant d’une ville à l’autre. Certains réseaux privilégient les parcs et jardins, d’autres des équipements climatisés. En réaction, une définition minimale s’esquisse peu à peu dans la littérature scientifique : le refuge climatique conjugue rafraîchissement et hospitalité afin d’offrir un « réconfort thermique » limitant la vulnérabilité face aux aléas climatiques pour tenter de se protéger de l’aléa météorologique.

    Mais faire du confort thermique un enjeu politique suppose de mesurer le stress thermique vécu par les habitants, en tenant compte non seulement de l’îlot de chaleur urbain, mais aussi de l’ombre, de la ventilation, de la morphologie des rues et de la qualité des logements.

    Parce qu’il résulte des interactions entre expériences de chaleur, conditions de logement, ressources socio-économiques et accès aux refuges climatiques, le confort thermique appelle des politiques d’universalisme proportionné, bénéficiant à tous, tout en accordant une attention prioritaire aux plus vulnérables.

    Comment configurer les refuges climatiques ?

    Les villes font face à plusieurs défis. Le premier porte sur les infrastructures : faut-il créer de nouveaux espaces refuges ou bien adapter les services existants ?

    Le choix des techniques de rafraîchissement soulève en outre des enjeux environnementaux et politiques. La climatisation en est l’exemple emblématique : si son rôle dans l’accentuation de l’îlot de chaleur urbain est bien documenté, un usage ciblé reste indispensable pour les publics les plus vulnérables (seniors, enfants, SDF…).

    La recherche souligne aussi la nécessité d’adopter des pratiques architecturales favorisant le confort d’été : matériaux biosourcés, protections solaires (volets, stores) et solutions passives de rafraîchissement, comme les réseaux de froid urbain. Autant de leviers pour concevoir des refuges climatiques et adapter les villes.

    Ainsi, un réseau de refuges climatiques ne se réduit pas à des lieux frais. Ceux-ci doivent aussi proposer des services (eau, wifi, etc.) et être pensés, dès leur conception, comme des espaces d’hospitalité, ce qui suppose une animation et des personnels formés à ces nouveaux usages.

    L’enjeu de l’accessibilité

    La question de l’accessibilité du refuge est un élément clé à intégrer dans une perspective de justice socioécologique.

    - Cette accessibilité est d’abord temporelle : fréquemment, les équipements publics sont fermés lors des pics de chaleurs, et les espaces verts restent inaccessibles aux heures nocturnes les plus fraîches.

    - Elle est également spatiale : ignorer les frontières physiques ou symboliques limitant l’accès à ces infrastructures revient à renforcer les inégalités socioécologiques.

    - Elle est, enfin, territoriale : l’exemple de Bologne, en Italie, montre que les refuges climatiques gagnent à être pensés comme un réseau, relié par des cheminements rafraîchis. En Émilie-Romagne, le projet « Green Cells » s’appuie ainsi sur les coursives historiques ombragées pour rendre ce maillage praticable.

    Une question également culturelle

    Mais le défi à relever est également culturel. Concevoir des refuges climatiques suppose d’abord de les penser comme des lieux d’hospitalité et d’entraide.

    Les recherches montrent que leur conception mérite d’être pensée à partir des quartiers et des communautés concernées afin d’identifier les besoins des habitants et de favoriser leur appropriation. Dès leur conception, l’implication des réseaux de proximité est essentielle, comme à Porto, où le design et localisation des refuges climatiques s’inscrivent dans une méthodologie participative qui tient compte de la connaissance préexistante des lieux par les habitants.

    Autre changement culturel complémentaire : la diffusion d’une culture de rafraîchissement des corps. Au Japon, la démarche « Cool Biz » adapte les normes vestimentaires en été ; à Genève, l’interdiction du travail en extérieur l’après-midi en période de canicule s’accompagne de pédagogie quant aux gestes de rafraîchissement.

    Veut-on vraiment parler de « refuges » climatiques ?

    Le terme de « refuges climatiques » mérite qu’on s’y arrête : il est très largement associé à des représentations liées à la catastrophe, en lien avec les notions de « refuges » et de « réfugiés ». Or, si l’on veut penser ces lieux comme des espaces de solidarité, d’entraide et de soutien, il importe de dépasser cet imaginaire.

    Ils comportent aussi un potentiel effet repoussoir, lié à l’imaginaire néolibéral d’un individu autonome et puissant, peinant à se reconnaître comme vulnérable et interdépendant. Qui souhaite se dire « réfugié » climatique ? Et comment désigner ceux qui le sont réellement ? Les enquêtes montrent que les plus vulnérables, notamment les personnes âgées ou malades, sous-estiment leur propre vulnérabilité tout en l’identifiant plus facilement chez les autres. Faut-il y voir le signe du refus d’un potentiel stigmate associé à cette vulnérabilité ?

    Le choix des mots n’a rien de neutre au moment de concevoir des dispositifs d’action publique : faut-il parler de « haltes fraîcheurs », se limiter à la chaleur, intégrer aussi la protection contre le froid en hiver, ou viser plus largement des « lieux du bien vivre » ?

    La qualification retenue oriente les usages auxquels ces espaces sont destinés : simples réponses à une crise ou lieux de solidarité, de convivialité et de délibération sur nos manières d’habiter un monde où de nombreux seuils socioécologiques ont déjà été franchis. Plus qu’un changement de vocabulaire, elle engage un projet politique : faire de ces lieux des espaces où se renforcent les liens socioécologiques et où se construit, à partir des réalités locales, une conception partagée du bien vivre.

    Ainsi, les refuges climatiques ne seront à la hauteur du problème qu’à condition d’être plus que des points frais sur une carte : des lieux accessibles, intégrés aux pratiques habitantes, capables d’accueillir des publics vulnérables sans les stigmatiser, et de soutenir des apprentissages collectifs face à la crise socioécologique.

    https://theconversation.com/les-refuges-climatiques-seront-utiles-sils-noublient-pas-de-faire-d

    #villes #urbanisme #politique #refuges_climatiques #chaleur #urban_matter #canicule #accessibilité #hospitalité #justice_socioécologique #changement_climatique #atténuation #adaptation #climatisation #vulnérabilité #inégalités #isolement #isolement_social #surmortalité #politisation #politisation_de_la_chaleur #rafraîchissement #fraîcheur #réconfort_thermique #stress_thermique #îlots_de_chaleur #logement #infrastructure #architecture #entraide #corps

  • Metamòrfosi : Redonner vie aux biens confisqués à la mafia

    Le livre Metamòrfosi (métamorphose) décrit comment les bâtiments confisqués à la mafia sont transformés pour continuer d’exister dans une nouvelle réalité juridique et esthétique. « Personne ne peut confisquer l’espoir », tel est le titre de l’une des contributions de l’ouvrage : l’espoir s’inscrit dans les projets architecturaux décrits dans l’ouvrage, dans la transformation de la matière pour que la beauté reprenne ses droits sur la laideur.

    visionscarto.net propose une immersion dans une sélection de mots, images et cartes de ce livre, qui aborde un instrument juridique puissant : une loi qui, depuis 30 ans en Italie, permet de rendre à la communauté les biens qui lui ont été enlevés par la criminalité organisée.

    https://www.visionscarto.net/metamorfosi
    #biens_confisqués #mafia #Italie #architecture #beauté #laideur #livre #transformation #urbanisme #esthétique #confiscation #communs #biens_communs

    via @visionscarto

  • Towards a Commons of Urban Microclimates: Thermal Communities in Berlin

    The climate crisis is the most urgent planetary threat and presents specific challenges for urban planning and governance. European cities are particularly affected by rising temperatures, and there is a growing necessity to adapt them to warming summer conditions while retaining their capacity to withstand cold winters (IPCC 2022). This project argues that access to microclimatic commons and ‘thermal communities’ – a new concept that will be used to define informal communities constructed around thermal conditions – are important and overlooked elements driving both city-led responses and bottom-up initiatives that form part of climate adaptation. The project combines theoretical and ethnographic methods to examine the Heat Network (Netzwerk der Wärme), a municipal initiative for public heated spaces launched in Berlin during the energy crisis of winter 2022, as a case study. The Network, which included over 400 facilities, provided warm public spaces for residents who could not afford to heat their homes and led to the foundation of a civil-society crisis association (Krisenstab der Zivilgesellschaft Berlin) which aims to strengthen the city’s resilience to the climate crisis. While research on microclimates usually focuses exclusively on exteriors, this project highlights the continuity between indoor and outdoor spaces (Roesler 2022) and focuses on interior microclimates. Based on this case study, the project suggests that access to shared comfortable microclimates should be guaranteed to all, and especially to vulnerable residents, who are often most affected by the changing climate conditions (Saverino et all 2021, Hsu et all 2021, Li 2018). By considering microclimates as commons, departing from the idea of the urban commons as a collective practice and social relation rather than a resource (Harvey 2012, Federici 2019), the project demonstrates the crucial role of thermal communities in equitable urban climate adaptation processes.

    https://cmb.hu-berlin.de/events/thermal-communities-in-times-of-climate-crisis-a-berlin-case-study

    #Berlin #chaleur #canicule #villes #urbanisme #micro-climat_urbain #communautés_thermiques #microclimatic_commons #communs_micro-climatiques #communs #commun #adaptation #changement_climatique #Netzwerk_der_Wärme

    voir aussi:
    Rifugi climatici a Napoli: dalla mappatura civica alla rete cittadina
    https://seenthis.net/messages/1181883

  • Comment lutter contre la chaleur urbaine ?
    https://laviedesidees.fr/Comment-lutter-contre-la-chaleur-urbaine

    Lutter contre la chaleur urbaine ne peut pas passer par une adaptation très superficielle, mais par une transformation de notre manière de construire et d’habiter un monde à la fois fragile et hostile.

    #Politique #ville #architecture #urbanisme #Entretiens_écrits #canicule

  • La #lutte pour la #baignade ou le mépris de la gauche pour une jouissance populaire

    La récente canicule a ouvert des questions politiques et #pratiques nouvelles, parmi elles, celle de l’usage des #cours_d’eau et donc de la possibilité même de se baigner et de se rafraîchir. La bataille du #canal_Saint-Martin a forcé le pouvoir à accepter des #usages nouveaux (mais en réalité ancien), pendant qu’un peu plus loin sur les bords de la Marne, les autorités ont mobilisé des drones pour surveiller et réprimer les baigneurs. Depuis son expérience politico-aquatique danoise Jens Philip Yazdani propose de réinventer une politique communiste anticapitaliste et sauvage de la baignade.

    Lorsque j’ai appris, l’année dernière, que des travaux étaient en cours pour rendre la Seine baignable, je m’en suis tout de suite réjoui : enfin, les Parisiens.es allaient pouvoir profiter pleinement de leur ville, sans être contraints de fuir vers la campagne pendant l’été ni de subir une chaleur devenue insupportable.

    Je viens de Copenhague et, pour moi, il allait de soi qu’un tel projet était non seulement souhaitable, mais qu’il méritait d’être défendu. J’ai pourtant vite déchanté. Parmi mes ami.es parisiens — je n’en connais pas un seul qui ne se réclame pas de la gauche radicale — la réaction allait de l’indifférence la plus complète à une franche #hostilité.

    À une époque, j’ai habité à #Vienne, une ville qui a su se réapproprier son rapport à l’eau (y compris grâce à d’immenses projets d’aménagement des cours d’eau dont je ne suis pas capable d’évaluer les conséquences écologiques) — et où le Danube fait désormais partie intégrante de la #vie_urbaine. Dès le printemps, on s’y retrouve pour se baigner, profiter des berges, faire des barbecues, se promener à vélo ou simplement lire un livre à l’ombre des arbres, au bord de l’eau.

    C’est l’un des éléments qui font de Vienne une ville si agréable à vivre. Pour ce que valent ce genre de classements, elle a été élue de nombreuses reprises ville la plus agréable du monde, au coude à coude avec Copenhague. Qu’ont en commun ces deux villes ? Peut-être une forme de social-démocratie de la baignade (et du logement). L’histoire de la Vienne rouge est fascinante, y compris dans ses échecs. Et le fait est qu’elle reste une des rares capitales européennes où la vie populaire est encore agréable, voire même possible.

    Une partie du Danube (le #Donaukanal) restait interdite à la baignade officiellement, bien que parfaitement praticable. Il y a donc eu un mouvement (plus ou moins) populaire pour que l’accès à cette zone soit libéré, que son usage redevienne commun. Le même genre de mouvement existe aujourd’hui à #Berlin, qui organise des manifs en mode natation dans la #Spree et pour réclamer le droit de pouvoir se baigner et revendiquer le nettoyage de l’eau. Ce dernier point est essentiel : pourquoi l’eau est-elle devenue impropre à la baignade ? Qui est responsable de sa #pollution ?

    Revendiquer la #dépollution des cours d’eau est, à mes yeux, une revendication profondément anticapitaliste. Ce sont les entreprises qui dégradent la #qualité_de_l’eau ; c’est l’agriculture industrielle qui produit la pollution ; ce sont, plus largement, les formes contemporaines d’exploitation de la nature qui nous privent de ce que Dieu (sive Natura) nous a donné.

    Que l’eau soit devenue impropre à la baignade est un phénomène historiquement très récent. Pendant des millénaires, les êtres humains se sont baignés dans les rivières, les lacs et les fleuves dont l’eau était également potable. L’eau était une source de vie, pas une menace permanente pour la santé.

    J’ai parfois l’impression que les parisiens d’aujourd’hui ont un peu perdu le fil de l’histoire. Est-ce qu’à tout hasard on aurait pas fondé cette ville ici du fait même qu’y passait un très gros cours d’eau ? Ou c’était juste pour le joli paysage ? Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de remonter si loin dans le temps. Il suffit de suivre le canal de l’Ourcq au-delà de la proche banlieue pour retrouver les traces d’un passé beaucoup plus récent et qui raconte une toute autre histoire.

    À Sevran, plusieurs panneaux présentent d’anciennes photographies en noir et blanc montrant les habitants qui se baignaient dans le canal pendant l’été : on y voit des cyclistes, des enfants, ils ont l’air heureux, soulagés, profitant pleinement de la vie commune et des possibilités plus ou moins naturelles de l’endroit (c’est Napoléon 1er qui fit creuser, à d’autres, le canal).

    En remontant le cours d’eau jusqu’à l’écluse de Vignely, on tombe sur un autre panneau installé par la Ville de Paris (qui reste la propriétaire de tout le canal). Son titre : « La vie autour du canal au XIXᵉ siècle » et a pour légende : « Le dimanche, la pêche et la baignade font oublier le dur labeur de la semaine. »

    Je tombe sur ce panneau un dimanche en pleine canicule : les berges sont vides, il n’y a plus personne si ce n’est quelques rares individus de-ci de-là. Les baigneurs ont été remplacés par des des panneaux omniprésents : BAIGNADE INTERDITE. Eux, par contre, suivent tout le trajet de canal, de Bastille jusqu’à Meaux. La Marne aussi, sur de longues portions, demeure interdite à celles et ceux qui souhaiteraient simplement s’y rafraîchir.

    Le Maire a d’ailleurs trouvé judicieux d’installer une plage artificielle sans le moindre arbre et donc sans la moindre ombre, uniquement accessible au début du mois de juillet et à la condition d’être muni d’un bracelet fourni par ses services municipaux (en échange d’un justificatif de domicile). Pour celles et ceux qui ne résident pas sur la commune, ce sera payant. Il existe une règle au Danemark : aucune plage ne peut être privatisée, l’accès y est libre et gratuit pour toutes et tous (ce que recouvre le concept de plage est néanmoins questionnable). Lorsqu’on écoute M. le Maire de Meaux, on s’aperçoit qu’il parle comme ses panneaux : BAIGNADE INTERDITE – DANGER DE MORT – COURANTS FORTS. Et c’est un peu comme l’enfant qui crie au loup. S’il fallait croire aux panneaux, n’importe quelle baignoire représenterait un danger de mort ; et ce serait factuellement vrai mais intenable au quotidien.

    Mais d’où vient cette hyper-biopolitisation du paysage français ? Et comment expliquer qu’elle soit si largement acceptée ? La mairie de #Meaux, encore, est allée jusqu’à réaliser une vidéo dans laquelle est mise en scène la (fausse) noyade d’un jeune homme. Il s’agit d’effrayer. Mais pourquoi personne n’a pensé à faire une vidéo pédagogique pour expliquer comment se baigner en sécurité et prévenir les noyades ? C’est en tous cas ce qui se fait au Danemark, royaume de la social-démocratie parfaitement en phase avec toutes les nécessités biopolitiques. Et c’est aussi ce que font les militants de la baignade viennois eux-mêmes : la mise en partage de connaissance et de savoir-faire d’en-bas. Each one teach one. Les autorités françaises ont-elles trop lu Foucault ? Ou est-ce la gauche qu’il l’a trop peu lu pour ne pas se rendre compte que la vie était déjà bien assez régulée, surveillées, construite, défaite, contrôlée et colonisée par les autorités ?

    À mesure que l’on remonte vers le nord de l’Europe, certaines évidences françaises deviennent plus difficiles à comprendre. Les parcs y sont par exemple rarement fermés la nuit. Il est exceptionnel qu’il soit interdit d’y fumer. Et il est plus rare encore que l’accès à un lac, à une rivière ou à un rivage soit interdit. Pendant ces derniers jours de canicule à Paris les parcs sont d’ailleurs restés exceptionnellement ouverts, mais qui a pris cette décision ? Qui décrète quand il y a une crise et quelles sont les mesures à prendre ? Dans la tradition marxiste, les situations de crises ont toujours été interprétés comme des possibilités d’une autre politique. Ce que cette canicule a démontré se rapproche pourtant plus de la pensée de Carl Schmitt : le souverain est celui qui peut décréter l’état d’exception (et la gauche reste à la ramasse).

    Que dire des drones de police qui surveillent certaines zones pourtant parfaitement praticables afin de repérer, verbaliser et réprimer ceux qui osent mettre la tête dans l’eau. Dans quel monde est-il devenu subversif de plonger dans une rivière lorsqu’il fait quarante degrés ? Peut-être faut-il voir ici un rapprochement possible entre Foucault et Adorno : Die Verwaltete Welt, le monde administré, mais avec un accent sur Walt, peut-être, de Gewalt, la #violence : on peut même parler de vergewaltigte Welt, le monde violé, le #droit_au_monde usurpé, dérobé, aliéné, dont on nous a dépossédé.

    Il existe un droit en Suède, en Norvège et en Finlande, qui s’appelle l’ « #allemandsret », le « droit de chacun.e ». Il garantit à toute personne la possibilité de circuler librement dans la nature, d’y planter une tente pour une nuit ou de se baigner dans un lac, y compris lorsque les terrains sont privés. Le #droit_de_propriété s’efface devant un droit plus fondamental : celui de l’usage commun de la nature. En France, il y a des panneaux : PROPRIÉTÉ PRIVÉE.

    La gauche française s’accommode-t-elle réellement de cet état de fait ? Je n’ai en tous cas jamais entendu parler de la moindre #manifestation ou même pétition qui conteste cette mise sous tutelle autoritaire et cette fermeture généralisée des espaces communs (et aquatiques). Ce que j’ai vu par contre, c’est la spontanéité littéralement anarchiste, avec laquelle les jeunes et les immigrés (donc le prolétariat) emmerdent ce quadrillage de l’espace de public.

    À chaque fois que je me suis baigné à Paris (et il y a des endroits vraiment super !), je me suis toujours retrouvé en compagnie d’arabes, de bengalis, de jeunes mais presque jamais ou beaucoup plus rarement avec des français. Y compris celles et ceux que l’on croise en manifestation ou à la fac, voire à des présentations des livres très radicaux dans des librairies très radicales elles-aussi.

    La blanchité empêche-t-elle la baignade ? Est-ce la peur des coups de soleil ? Ou est-ce que la gauche blanche parisienne a les moyens d’échapper à la ville en se réfugiant dans une petite maison familiale à la campagne, en bord de mer ou à proximité d’un cours d’eau plus propre qu’à Paris ? Je pose la question.

    Mais peut-être que la baignade ne fait juste plus partie de la #culture parisienne (un « juste plus » très récent j’en suis sûr). Et c’est un drôle de paradoxe : l’oubli de l’histoire est devenu une évidence culturelle. Ce que les enfants et les immigrés viennent mettre au jour c’est à la fois l’#oubli (d’une culture passée. Comme disait Nietzsche, il faut savoir oublier pour savoir vivre) et le #souvenir (de cette dimension normale de la vie humaine qui consiste à profiter de l’eau quand il fait chaud). J’ai plusieurs fois invité des parisiens à venir se baigner avec moi et ils ont toujours été ravis de m’avoir accompagné. Mais c’est tout de même étrange qu’il revienne à un danois de leur enseigner une façon si simple et évidente de profiter de leur propre ville.

    Quand bien même la baignade ne ferait plus partie de la culture parisienne, comment s’expliquer cette #résistance diffuse aux projets d’aménagements des cours d’eau ? On se souvient de l’appel à déféquer dans la Seine avant l’inauguration des baignades parisiennes par Anne Hidalgo, l’initiative était drôle. Mais est-ce la meilleure manière de se rapporter à un projet qui pourrait contenir une telle possibilité populaire ?

    Bien sûr, il faudrait commencer par le canal de l’Ourcq qui est probablement déjà assez propre, sauf que nous n’en savons rien. À Vienne ou à Copenhague, la qualité de l’eau est analysée quotidiennement et ces informations sont facilement accessible à tous. Ici, personne ne sait de quoi il en retourne, on préfère se fier aux panneaux de la mairie : INTERDICTION DE SE BAIGNER – RISQUE DE NOYADE - DANGER DE MORT. Même si à quelques brasses de là, tel Maire fait cadeau d’une petite plage payant de merde qui ne s’avère pas si dangereuse et dont l’eau n’est a priori pas trop impropre.

    Avec un peu d’ambition, on pourrait aussi envisager de transformer le quai Bercy en un gigantesque parc urbain de baignade plutôt que cette autoroute moche, polluante et bruyante dédiée à l’industrie du ciment. Une sorte de Donauinsel ou de Central Park traversé par la Seine. Pourquoi pas ?

    J’ai le sentiment qu’il s’agit ici moins d’un manque d’#imagination_politique (bien réel évidemment) que d’une #résistance. Par-delà ou en-deçà des petits privilèges de certains (ceux qui peuvent aller se mettre au frais avec leur famille ou leurs amis), j’ai parfois l’impression que les parisiens veulent souffrir. Normalement, quand on est danois, plus on va vers le sud, plus on prend la mesure de son protestantisme et d’une vie clivée entre temps de travail et temps de loisir.

    En France, comme plus généralement dans le sud de l’Europe (désolé pour cette géo-analyse globale un peu rapide), cette division et compartimentation de la vie est généralement moins stricte. Ici on prend le temps de déjeuner ensemble plutôt que chacun dans son coin replié sur son ordinateur et son tupperware, on répond à ses messages sur Whatsapp pendant son temps de travail et c’est une bénédiction si l’on peut rentrer un peu plus tôt chez soi ou sortir voir des amis. La vie n’est pas strictement séparée entre deux sphères qui ne se mélangent jamais. pas chacune individuellement avec son petit truc ramené depuis chez eux replié sur leur ordinateur : ou on s’en fout du fait qu’on est censé être au travail et on regarde son smartphone quand même, on ferme le magasin un peu plus tôt, on invite des amies à venir, on ne partage pas la vie strictement entre deux sphères qui ne se mélangent jamais. Mais : il y a au moins un endroit où ce partage se fait, c’est entre la campagne et la ville.

    Il y a deux semaines, je proposais à une amie de passer chez un glacier. Elle m’a répondu que non, ça n’existe pas à Paris. Quand je lui ai la demandé, si les Français ne mangeaient pas de glace quand il fait chaud, elle m’a répondu « Si si ! – à la campagne ». Selon elle, il existe belle et bien des glaciers mais juste pas à Paris. La séparation de la vie est entretenue : pas dans le quotidien, mais par les saisons (Est-ce que cela pose des problèmes ? Oui : pour ceux qui ne sont pas capables de mener leur vie de saisonniers bien à l’aise à la Proust).

    Il faut quand même que je le dise : il est quand même assez cocasse que l’on puisse trouver des glaces pas chères partout à Vienne (un peu plus cher au Danemark, mais quand même accessibles aux ouvriers en sueur), alors qu’il y fait beaucoup moins chaud. Faut-il encore y voir l’un des mirages de la social-démocratie ? Oui, peut-être. Copenhague et Vienne sont devenues des villes agréables l’été, ce qu’elles n’ont toujours pas été.

    Il y a une dizaine d’année, Copenhague a été élue meilleure ville où se baigner du monde (par un autre sondage à la con mais le résultat n’est pas faux). Pourtant, le détroit qui sépare la Suède de Copenhague, Øresund, a longtemps été appelé Pløresund (littéralement, le détroit au liquide dégueulasse). Pendant des années, les déchets et pollutions industriels et agricoles s’y déversaient, jusqu’à ce que cela soit pris au sérieux, s’arrête : et là, une nouvelle ville est apparue.

    Pourquoi ne pourrait-on pas faire la même chose à Paris ? M’est avis que c’est plutôt que l’on ne veut pas faire pareil et que cette absence totale de projets d’aménagement radical de la ville laisse le champ libre aux politiques social-démocrates autant qu’aux propriétaires industriels.

    Cet abandon de la ville vient peut-être de l’idée selon laquelle il faudrait déserter la métropole, lutter contre elle. On peut paraphraser Adorno : pendant que les gauchistes font la révolution dans leur commune près d’un lac quelque part au milieu de la campagne, le PS et les capitalistes ont géré la plus grande ville l’Union européenne. Pourtant, qu’on le veuille ou non, la ville est un fait, bien réel, des millions de gens y vivent, y sont coincés, y souffrent. Et ce sont eux qui, faute d’un projet politique plus large, prennent l’initiative spontané d’en altérer la géographie imposée. Je ne dis pas qu’il nous faudrait embrasser le destin métropolitain mais que nous ne pouvons pas y laisser le champ libre aux forces réactionnaires.

    Reprenons les coordonnées du problème : s’il existe bien une logique capitaliste et industrielle de destruction des communs (de l’eau, de la possibilité de se baigner, de l’enclosure), une social-démocratie de la baignade (Vienne, Copenhague et très partiellement Paris), et une anarchie populaire et spontanée, non-blanche, de la baignade sauvage en ville ; alors à quoi pourrait ressembler une politique communiste de la baignade urbaine ?

    Une anecdote pour finir. L’été dernier à Copenhague, au bord d’un ponton depuis lequel tout le monde plonge comme il est possible de le faire partout en ville, je discutais avec deux vieilles femmes prolétaires. Je leur ai demandé de me raconter comment, selon elles, la ville avait changé. Elles m’ont répondu que ce n’était pas possible de comparer tant la ville d’aujourd’hui n’était en fait plus la même. Et vraiment pour le mieux.

    Une dernière anecdote pour vraiment conclure cette fois. À #Berne en Suisse, l’#Aar qui traverse la ville est utilisé au quotidien comme un transport commun. Grâce au courant, les habitants se jettent à l’eau avec un sac imperméable et vont au cinéma, au boulot ou n’importe où ailleurs. Une sorte de RER aquatique jamais bondé et toujours frais.

    Paris peut donc mieux faire, à commencer par sa gauche radicale. C’est désormais un fait accompli, la canicule comme le rapport de force populaire ont permis de faire rouvrir le canal Saint-Martin. Cette #réappropriation de l’#espace_public a fait de la place pour de nouvelles manières de vivre, il n’est donc pas trop tard pour en faire un projet politique commun (et ne pas le laisser aux forces réactionnaires et ennemies). Il nous faut nourrir et déployer une vraie politique communiste de la baignade et de l’usage des biens communs et naturels pour tous.

    En attendant la prochaine canicule, puis la suivante et encore celle d’après…

    https://lundi.am/La-lutte-pour-la-baignade
    #urbanisme #villes #chaleur #canicule #France #répression #surveillance #interdiction #géographie_culturelle

    voir aussi (@rastapopoulos) :
    https://seenthis.net/messages/1179924

    • J’aime « allemandsret » le droit de monsieur tout le monde.

      Il existe un droit en Suède, en Norvège et en Finlande, qui s’appelle l’ « #allemandsret », le « droit de chacun.e ». Il garantit à toute personne la possibilité de circuler librement dans la nature, d’y planter une tente pour une nuit ou de se baigner dans un lac, y compris lorsque les terrains sont privés. Le #droit_de_propriété s’efface devant un droit plus fondamental : celui de l’usage commun de la nature. En France, il y a des panneaux : PROPRIÉTÉ PRIVÉE.

      #nature #baignade #liberté #communs

  • La lutte pour la baignade
    https://lundi.am/La-lutte-pour-la-baignade

    La lutte pour la baignade

    ou le mépris de la gauche pour une jouissance populaire

    La récente canicule a ouvert des questions politiques et pratiques nouvelles, parmi elles, celle de l’usage des cours d’eau et donc de la possibilité même de se baigner et de se rafraîchir. La bataille du canal Saint-Martin a forcé le pouvoir à accepter des usages nouveaux (mais en réalité ancien), pendant qu’un peu plus loin sur les bords de la Marne, les autorités ont mobilisé des drones pour surveiller et réprimer les baigneurs. Depuis son expérience politico-aquatique danoise Jens Philip Yazdani propose de réinventer une politique communiste anticapitaliste et sauvage de la baignade.

    […]

    J’ai parfois l’impression que les parisiens d’aujourd’hui ont un peu perdu le fil de l’histoire. Est-ce qu’à tout hasard on aurait pas fondé cette ville ici du fait même qu’y passait un très gros cours d’eau ? Ou c’était juste pour le joli paysage ? Il n’est d’ailleurs pas nécessaire de remonter si loin dans le temps. Il suffit de suivre le canal de l’Ourcq au-delà de la proche banlieue pour retrouver les traces d’un passé beaucoup plus récent et qui raconte une toute autre histoire.

    À Sevran, plusieurs panneaux présentent d’anciennes photographies en noir et blanc montrant les habitants qui se baignaient dans le canal pendant l’été : on y voit des cyclistes, des enfants, ils ont l’air heureux, soulagés, profitant pleinement de la vie commune et des possibilités plus ou moins naturelles de l’endroit (c’est Napoléon 1er qui fit creuser, à d’autres, le canal).

    En remontant le cours d’eau jusqu’à l’écluse de Vignely, on tombe sur un autre panneau installé par la Ville de Paris(qui reste la propriétaire de tout le canal). Son titre : « La vie autour du canal au XIXᵉ siècle » et a pour légende : « Le dimanche, la pêche et la baignade font oublier le dur labeur de la semaine. »

    #eau #baignade #canicule #politique #biopolitique #gauche #urbanisme #urban_matters #villes_fluviales #Paris #Copenhague

  • „Totaler Wahnsinn“ : Hitler-Bunker in Berlin soll für Wohnungen weichen
    https://www.morgenpost.de/berlin/article412435051/totaler-wahnsinn-hitler-bunker-in-berlin-soll-fuer-wohnungen-weichen.html

    On s’approche du trou d’été craint par les journaleux de bas étage comme par leurs patrons avides de recttes publicitaire. Alors on sort l’arme miracle, il faut un beau titre avec la chaîne de langue "Adolf Hitler". Là c’est raté, il n’y a pas d’Adolf. Bof, " Hitler-Bunker" fera l’affaire surtout quand on veut attirer les férus de nazis du Royaume Uni à la recherche d’un "kick" à Berlin.

    Pourtant quand on sort les armes miracle on devrait se souvenir que le plan n’a pas marché la première fois, alors ...

    30.6.2026 von Funke Mediengruppe - Berlin. Der letzte noch erhaltene Vorkriegsbunker des NS-Regierungsviertels in Berlin soll abgerissen werden. Dagegen regt sich Widerstand.

    Unter einer unscheinbaren Brache in Berlin-Mitte liegen die letzten baulichen Spuren von Hitlers einstiger Machtzentrale verborgen: Auf dem Gelände der früheren Neuen Reichskanzlei existiert noch ein Bunker. Nun soll auch dieses Relikt verschwinden, denn auf dem Areal sind Wohnungen und Büros geplant. Nicht nur Denkmalschützer sehen die Pläne kritisch. „Eine der letzten Spuren der NS-Machtzentrale abzureißen, das ist heutzutage totaler Wahnsinn“, sagt Dietmar Arnold, Vorstandsvorsitzender des Vereins Berliner Unterwelten, der sich mit dem Verein für den Erhalt des Bunkers einsetzt.
    Newsletter Illustration

    Berlins Bausenator Christian Gaebler (SPD) spricht sich gegen einen Erhalt aus. Der „B.Z.“ sagte er: „Wir stehen dem Neubau von Wohnungen nicht im Wege, um einen Bunker zu erhalten, der dann womöglich noch zum Wallfahrtsort wird.“

    Der Verein findet diese Position nicht nachvollziehbar. „Das ist nur ein vorgeschobenes Argument. Der Verein Berliner Unterwelten zeigt seit Jahren erfolgreich, wie man sich mit solchen Gebäuden auseinandersetzen kann, ohne sie gleich abzureißen“, erklärt Arnold. Für Berlin sei der Abriss des letzten authentischen Restes der Neuen Reichskanzlei „oberpeinlich“, findet er.

    Letzter erhaltener Vorkriegsbunker des NS-Regierungsviertels

    Aus Sicht des Landesdenkmalamtes ist der Bunker von „umfassender historischer und wissenschaftlicher Bedeutung“, wie Sebastian Heber erklärt, der Abteilungsleiter für Bodendenkmalpflege ist. Der Bunker stelle den letzten bauzeitlichen Rest der Neuen Reichskanzlei dar und sei zudem der letzte noch erhaltene Vorkriegsbunker des Berliner NS-Regierungsviertels. Aufgrund einer Weisung der Senatsverwaltung für Stadtentwicklung, Bauen und Wohnen sei der Bunker jedoch nicht als Denkmal ausgewiesen worden.

    Der Landesdenkmalrat, ein Expertengremium, sprach sich im vergangenen Jahr dafür aus, den Erhaltungszustand und eine Eintragung des Bunkers in die Denkmalliste zu prüfen. „Die Neue Reichskanzlei war Planungs- und Ausgangsort des Zweiten Weltkrieges und steht symbolhaft auch für das katastrophale Ende des NS-Regimes“, heißt es in einer Empfehlung des Gremiums vom März 2025.

    Das Gremium findet, dass der Bunker einen wichtigen historischen Zeugniswert hat. Die Bedeutung solcher Objekte für künftige Generationen sei in den vergangenen Jahrzehnten gestiegen. Gerade in Zeiten des digitalen Missbrauchs, des Sterbens der letzten Zeitzeugen und einer teilweisen Relativierung der NS-Verbrechen erscheine es umso wichtiger, materielle und eindeutige Spuren zu erhalten.

    Laut Arnold sind noch 1.200 Quadratmeter der Bunkeranlage erhalten, die Wände und Decke seien jeweils 1,70 Meter stark. Diese ließen sich sogar überbauen, ohne sie abzureißen. Nun solle etwa der halbe Bunker abgerissen werden, damit Wohnungen und Büros entstehen könnten. „Wenn man den Bunker zur Hälfte wegsägt oder wegbaggert, geht die Stabilität verloren. Dann macht es keinen Sinn, noch etwas zu erhalten“, kritisiert Arnold. Er plädiert dafür, dort eine Ausstellung zum Kriegsende zu errichten und erinnert an das berühmte Kapitulationsfoto von General Helmuth Weidling, als dieser am 6. Mai 1945 den Bunker verließ.
    Hitlers Symbol seines Herrschaftsanspruchs

    Die Neue Reichskanzlei war laut Deutschem Historischen Museum Berlin ein monumentaler Regierungs- und Repräsentationsbau des NS-Regimes in Berlin, den Adolf Hitler als architektonisches Symbol seines Herrschaftsanspruchs errichten ließ. Nach Plänen von Albert Speer wurde das Gebäude ab 1934 in der Voßstraße gebaut und in nur rund zwölf Monaten bis Januar 1939 weitgehend fertiggestellt, nachdem zuvor ganze Straßenzüge abgerissen worden waren. 1945 wurde die Kanzlei von der Roten Armee eingenommen und ab 1949 abgerissen.

    Laut dem Bericht der „B.Z.“ soll auf dem Gelände ein siebengeschossiges Gebäude mit 66 Wohnungen, aber auch ein Bürogebäude mit sechs Geschossen errichtet werden. Aus Sicht von Arnold werden dies aber „keine der bezahlbaren Wohnungen sein, die in Berlin gebraucht werden“.

    Der Bunker war nur einer von vielen verschiedenen Bunkern im ehemaligen NS-Regierungsviertel rund um die Wilhelmstraße. Arnold betont, dass es sich dabei nicht um den berühmten „Führerbunker“ handelt, in dem Adolf Hitler und Eva Braun Selbstmord begingen. Dieser Bunker wurde im April 1944 fertiggestellt, an seiner Stelle in der Gertrud-Kolmar-Straße in Berlin-Mitte befindet sich heute ein Parkplatz. 2006 stellte der Verein Berliner Unterwelten dort eine Informationstafel zur Geschichte des „Führerbunkers“ auf.

    #Berlin #urbanisme #nazis #Mitte

  • "Les gens qui ont chaud" : ce collectif milite pour la baignade urbaine à Grenoble

    Cette association grenobloise veut surfer sur l’ouverture de la baignade dans la Seine, à Paris, et réclame l’autorisation de se baigner dans l’#Isère et le #Drac. Elle organise des « #baignades_militantes », même en hiver ! Egalement au programme : un café des enfants à Grenoble.

    Les gens qui ont chaud : collectif militant pour la baignade urbaine

    Puisque la baignade est autorisée, depuis l’été dernier, dans la Seine, à Paris, pourquoi ne le serait-elle pas à Grenoble, dans l’Isère ? Un peu partout en France, des collectifs militent pour l’autorisation de la baignade en ville surfant sur l’exemple parisien. C’est le cas par exemple à Grenoble, avec le collectif des gens qui ont chaud.

    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/carnets-de-campagne/carnets-de-campagne-du-mardi-21-octobre-2025-8493929

    #baignade_urbaine #les_gens_qui_ont_chaud #Grenoble #baignade #plouf #rivières #rivière #canicule #urbanisme #aménagement_du_territoire
    #audio #podcast

  • Rifugi climatici urbani: cosa sono e come stanno cambiando le città europee

    Mentre le città si scaldano, un’onda di soluzioni creative sta trasformando piazze, parchi e biblioteche in oasi di refrigerio. Scopriamo come i rifugi climatici urbani stanno rivoluzionando l’adattamento ai cambiamenti climatici.

    Le estati in Europa sono sempre più torride, con ondate di calore che mettono a dura prova la salute dei cittadini e la resilienza delle nostre città. In un mondo che si scalda, l’adattamento climatico in città non è più un’opzione, ma una necessità impellente. Di fronte a questo scenario, le amministrazioni urbane stanno sperimentando soluzioni innovative per rendere le nostre metropoli più vivibili. Una di queste è l’introduzione dei rifugi climatici urbani, oasi di refrigerio in mezzo all’asfalto e al cemento. Questi spazi, che combinano design intelligente, natura e tecnologia, rappresentano un elemento cruciale nelle strategie di raffrescamento urbano. Ma cosa sono esattamente e come stanno trasformando il volto delle città europee, da Roma a Barcellona, da Parigi a Lione? Scopriamolo insieme.

    https://www.rigeneriamoterritorio.it/rifugi-climatici-urbani-cosa-sono-come-stanno-cambiando-citta-

    #refuges_climatiques_urbains #canicule #chaleur #urbanisme #aménagement_du_territoire #climate_shelters

  • 108 – Infrastructures of Power (Cities and Geopolitics II)
    https://urbanpolitical.podigee.io/108-infrastructures-of-power-cities-and-geopolitics-ii

    The second episode of the Cities and Geopolitics series turns to the material architectures through which geopolitical power is organised and exercised. From energy grids and digital networks to ports, logistics hubs, and semiconductor infrastructures, contemporary geopolitical rivalries are increasingly mediated through complex, often invisible, urban systems. This episode explores how infrastructures are not merely technical backdrops to global politics, but strategic assets and active instruments of power. Our guests examine how infrastructures are designed, financed, and governed in ways that embed geopolitical priorities, whether through the securitisation of supply chains, the territorialisation of digital systems, or the reconfiguration of energy networks in the context of (…)

    #Infrastructures,Geopolitics,Power
    https://audio.podigee-cdn.net/2503706-m-29d9f8effac173a02f1b977242e25ae5.m4a?source=feed

  • Reclaim your attention through creative action

    Andrew Zitcer and Shannon Litzenberger share the belief that our attention is being diminished, and it is not accidental – it is political. They argue that creative practice done with others, like the examples they share here, can cultivate resources for collective action, mutual aid, and the pursuit of social justice.

    Reader – stand up!
    Find a window and look out of it.
    Imagine you are seeing through the eyes of the building you are standing within.
    Gaze from inside to outside.
    Visualize the scene as it might change hour to hour, day to day, season to season, year to year, generation to generation.
    Savour the role of witness.

    Do these instructions strike you as strange? Maybe you read them and thought I’d never do that! The first time I was given a prompt like this, I reacted with cynicism and disbelief – at first.

    But sitting in that stuffy conference room, suddenly I (Andrew) realized I was intrigued. What was outside these windows? What direction does this building face?

    I’m a professor of city planning and cultural policy who studies the relationship between arts and democracy. Lately, I have been in lots of urgent meetings on the fate of democracy that are full of smart people. And usually, I’m just sitting at a long grey conference table or staring at little Zoom boxes while a headache brews. But as Shannon spoke, I became curious about the world outside the window, about my forsaken body, about my own creative desires. As she led us through these exercises, the other participants and I forged a bond with each other, to the here and the now.

    Since then, my teaching and my research increasingly revolve around the methods we share later in this article. Every day, I see the power of this approach teaching emerging arts and planning leaders in the United States. To me, democracy is more than an abstract idea; it’s a practice created by people together in real time. To rebuild democracy in today’s perilous times, we need to get back in touch with our attention, our bodily needs and desires, our strengths, and our limitations.

    *

    Let me jump in (this is Shannon): as an artist working at the intersection of embodied relational practice and systems change, I design practices like the one Andrew experienced because I need them – just as urgently as he does. When I am overwhelmed by the events of the world, I lose the capacity for contemplation. I don’t have the presence needed to ask questions germane to my own thriving and to the health of the communities I serve. Instead, I am swept into a current of nervous-system activation, captured by a chaotic world and suspended in a state of constant reactivity: productive, but not fully alive. Like so many of you, I can feel how easily our attention is pulled into the churn of addictive technologies, relentless media cycles, and an economy that profits from keeping our minds constantly interrupted.

    Why would an artist and an urban planner come together? Andrew and I have joined forces as collaborators because we are concerned about the future of democracy in North America.

    We share the belief that our attention is being diminished, and it is not accidental – it is political. Democracy is both a premise and a practice. It depends on the ability to deliberate collectively, which requires that we remain active participants in a system increasingly designed to remove our agency. As our capacity to connect erodes, we lose our voice, our power, and our ability to discern our own desires. And when that happens, democracy quietly snuffs itself out.

    How can we recover our attention so we don’t lose our freedom?

    Creative practice offers a new opening for non-profits and philanthropy: one centred on collective, embodied experiences. What inspires the creation of works of art is the act of noticing – attuning to a more expansive perceptual field of possibility. Artists have long understood this. Some have even developed tools, like composer Pauline Oliveros’s Deep Listening and Brian Eno’s Oblique Strategies, dedicated to recovering attention. Cultivating poetic and embodied forms of attention can help restore the perceptual capacities that healthy organizations and democratic societies depend upon.

    Our institutions, our organizations, and our civic life depend on leaders like you, reader! – to perceive clearly, sense relational dynamics, and respond thoughtfully to the complex challenges we face together. If we build up our capacity to pay attention, it will change our agency and our well-being as individual people, and as a sector. But in this moment of ongoing crises, how do we actually put these practices to work?

    *

    So, reader – has your mind begun to drift over the course of the last few paragraphs? How about a quick pause to reset the attention?

    Listen closely and identify an ambient sound around you.
    Try to hum the exact tone you hear.
    Now, try to harmonize with it.

    The environment shifts its presence, from backdrop to inspiration.

    This prompt is part of Activating Poetic Attention, a series of daily practices Shannon designed to disrupt default, self-in-the-world relationships by stimulating novel discoveries within familiar encounters. Through short prompts, you are invited to foreground embodied and sensory perception in order to reclaim a sense of interdependence with the world around you.

    In my classroom, I turn to poetry for similar reasons. I invite students – many of whom are training to become urban planners – to write short poems about the places and communities they are studying, and then to read them aloud together. The goal isn’t polished poetry; it’s a shift in attention. Writing and sharing poems slows the room down and helps students ignite imagination, self-awareness, and communal connection. In a field oriented toward plans, policies, and outcomes, poetry reminds us that meaningful civic work begins with perception, empathy, and presence.

    These practices do not require elaborate facilitation. They require a willingness to sense before solving. They can be done while you’re alone. But when practised collectively, they can transform how groups relate to one another and to the work they are trying to accomplish.

    The small examples you’ve encountered so far are designed as individual practices. They are simple ways of recalibrating your own field of attention. What follows are two practices intended to be done with others. What if you took these to work and proposed them as small experiments with radical intent?

    When shared within teams, organizations, or even among friends and family, practices like these can reshape how people listen, relate, and act together. They create the conditions for attention to expand beyond the individual, reshaping relationships and the potential for collective action.

    The Silent Walk

    I (Shannon) once opened a daylong dialogue on a complex civic challenge hosted by a prominent philanthropic foundation in Toronto with a simple facilitation practice called The Silent Walk.

    You might try this at the start of a one-hour meeting you are leading.

    You are invited to pair up with someone you don’t already know well.

    Take a silent walk outside together for 15 minutes.
    One of you will be the timekeeper.
    You must negotiate your route without speaking and you must return on time.

    Once you and your partner cross the threshold out of the building, the silence begins. Once you cross the same threshold back inside, the exercise is complete.

    Without speaking, participants have to sense one another – adjusting pace, negotiating direction, and noticing the environment they move through together. By the time they return, something has shifted. Strangers become collaborators in a small act of navigation. The conversations that follow unfold from a softer, more attentive place.

    Priming a meeting with presence and shared awareness transforms how the rest of the hour unfolds. When people arrive differently, the work moves differently.

    I get it – it seems far-fetched; maybe it may feel impossible. The agenda is full, and it can seem indulgent – even irresponsible – to spend a quarter of the meeting “doing nothing.” But what many teams discover is that attention is not separate from productivity. The quality of attention at the beginning of a conversation often determines the clarity of everything that follows – a small but powerful reminder that democracy begins with how we listen to one another.

    I have experienced this many times in my work with colleagues in the Wild Soma Collective, a group of artists researching embodied world-making practices. To support our shared work, we gather for quarterly retreats to plan, reflect, and process our projects together.

    We often arrive with long lists of tasks: reporting, planning, designing, decision-making. Yet during these retreats, nearly 80% of our time is spent doing things that might appear unrelated to the work itself: walking on the land, cooking together, moving, listening, and talking without an agenda.

    At first it can feel as though nothing is getting done.

    But from a place of deeper resonance, the rest of the work often happens in the final 20% of our time together. What is not essential falls away. What needs to happen becomes clearer. Decisions emerge with surprising ease.

    The clarity does not come from forcing productivity. It arises in the liminal spaces – over preparing dinner together, walking through the forest, or sitting quietly with a question that matters. These moments of shared attention do not delay the work. They prepare the ground in which meaningful work can actually occur.

    Ready to try another one?
    The Shape of the Collaboration

    One way to make visible patterns of proximity, hierarchy, and isolation is to invite a team to stand and reposition themselves physically into a shape that represents “the organization today.” Here, you’ll employ the tools of theatrical improvisation to surface unspoken organizational dynamics.

    No analysis is required at first; the group simply observes. Meaning emerges from noticing and naming what is. Often there is an extraordinary amount of information available in this moment – information that might otherwise take days of conversation to uncover.

    Using an open space, you are invited to arrange yourselves physically in a way that represents the current state of your collaboration. Enter the space one at a time, allowing a collective tableau to emerge.

    Once the shape has formed, the group pauses.

    You and the other participants are invited simply to notice.

    Notice the space between bodies.
    Notice where everyone stands – close together or far apart.
    Notice how they face one another, their posture, their energetic tone.

    I used a version of this exercise during an embodied leadership workshop with a team of C-suite executives at a major Canadian financial institution. As the tableau slowly formed, the dynamics of the team became visible almost immediately.

    Here is what I saw: two senior leaders crossed their arms and turned their backs to one another. An HR director stretched her body across the space in an attempt to create connection within the group. One high-ranking executive repeatedly disrupted the activity, preventing the team from achieving its shared aim.

    In that moment, the group could see – quite literally – the patterns shaping their collaboration. The body often reveals what conversation alone struggles to surface.

    Organizational democracy is a precursor to civic democracy. When we practise democracy at the level of the workplace, we strengthen the muscles we need to scale up and out. Otherwise, democracy remains an abstraction, a hoped-for thing.

    When shared embodied experiences are followed by shared interpretation, narrative sovereignty strengthens. Generating shared stories that grow from meaningful collective experiences is one of the most powerful ways attention can be reclaimed. Teams learn to sense together before they solve together, widening perception and allowing decisions to emerge from a richer field of awareness.

    For organizations working to sustain civic life – advancing affordable housing, food security, social and mental health, climate transition, cultural vitality, and the health of democratic participation – the capacities cultivated through attentional and embodied practice are not luxuries. They are prerequisites.

    This goes beyond simply reducing screen time. Voice, power, and agency are the tools organizations and individuals need to reclaim. We are at risk of losing access to a fundamental human capacity: the ability to consciously choose what we attend to and how we make meaning together. This moment in history demands more of us than distraction.

    Let’s be clear: creative practice alone will not alleviate the wider societal conditions that threaten democracy. But it cultivates a space inside each of us that we need to become powerful actors in a world on fire. When we do this work in community with others, it opens a collective space that gives us the resources for collective action, mutual aid, and the pursuit of social justice.

    From that expanded perception, discernment grows, decisions deepen, and relationships strengthen. Organizations seeking to shape a more just and thriving society must begin there.

    So, dear reader, I invite you to look out the window and see the world anew.
    Take the time, take a deep breath, and notice what you hadn’t noticed before.

    https://thephilanthropist.ca/2026/04/reclaim-your-attention-through-creative-action
    #démocratie #créativité #justice_sociale #action_collective #art #aménagement_du_territoire #urbanisme #capacité_de_concentration #pratiques_créatives #écoute #perception #agency #agentivité #poésie #sens #attention #enseignement #silent_walk

    ping @reka @fil

    • Why We’re Teaching Urban Planning Students To Write Poetry

      Op-ed: To prepare students for the complexities of community work, two educators turn to creative writing to help ignite imagination, self-awareness and communal connection.

      Civic engagement is central to the mission and moral legitimacy of higher education. While it is challenging to foster authentic relationships between campus and community, we have found a way to make it happen: We’re teaching urban planning students to write poetry.

      In the basement of an off-campus building with unreliable heat, our students pulled their chairs into a circle and pulled out their writer’s notebooks. The class consisted of Drexel students, West Philly community leaders, and two faculty members who had gone way out on a limb – us.

      Few in the class had ever written a poem, let alone read their work out loud in front of an audience. We each took turns reading the poems we’d written, while the others snapped and nodded in affirmation. This was not a humanities course. This was the final “exam” in a required class on civic engagement and participatory planning.

      Our class, Civic Engagement and Participatory Methods — a required course in Drexel University’s Department of Architecture, Design & Urbanism — helps students hone the skills necessary to engage in community work, whether as an architect, a community organizer, the leader of a local nonprofit or an urban planner. We have co-taught this Side by Side class for the last nine years; half of the participants are students at Drexel University and the other half are community students who reside in surrounding West Philadelphia neighborhoods.

      Over the course of 10 weeks, students explore and refine their approach to leadership, how they show up in a group setting, cross-cultural communication skills, public meeting facilitation, media engagement and other essential competencies. The class blends practical training with a critical look at the historical and present-day factors that influence life in the city of Philadelphia.

      This raises two questions: What does poetry have to do with civic engagement? And why center the humanities in a class designed for urban planners and architects?

      We see civic engagement as a creative practice. Planners, architects, organizers and block captains need to strengthen their creative muscle so they can respond to the demands of a dynamic, uncertain world.

      Writing and reading poetry does this by surprising us, drawing our attention to a particular moment in time and space, and making space to process difficult emotions. Poetry allows students to draw upon their humanity and meet each other (and themselves) across vast differences in expertise and experience. These tools help us understand the stories of people who are different from us.

      Poetry cultivates our capacity for attention to people and places. This sensitivity allows us to imagine together, turning the dream language of the poem into the steel cables of Hart Crane’s Brooklyn Bridge or the rust and gold of J.P. Clark’s Ibadan. Civic awareness makes poetry stronger, not just planning.

      Access to poetry’s dream language enables us to be more flexible. To successfully run a community meeting, facilitators need to be able to “dance in the moment” (a favorite phrase in the coaching world). “Dancing in the moment” refers to being fully present for the person you are listening to while tuning in to your own reactions. It requires curiosity about what the other person brings with them, even if it doesn’t fit the story about them that you came in with.

      The poetry we write and read in class helps our students learn to dance in the moment, and it helps build the bonds of trust that allow Drexel and community students to reckon with each other’s stories and viewpoints. From our own years of experience in community work, we know these are essential skills for any community leader and any aspiring urbanist.

      These days, there is a lot of handwringing about the future of the humanities in higher education. After all, the humanities, including creative writing, have been considered essential to a well-rounded education for many hundreds of years. We believe students stay away from humanities courses not out of a lack of interest, but because they are worried about the return on investment.

      So why are some of us simply wishing for students to come to their senses and prioritize humanities and arts classes, when we can integrate these tools into every discipline and allow creative practice to permeate our pedagogy?

      In spite of reports of diminished student resilience when it comes to difficult texts, we do not feel the need to water down the rigor of our class. We have been consistently inspired by our students’ excitement, and their bravery, when writing poems with pen and paper so that they may add more tools to their urbanist toolkit.

      Early on in the term, we studied Ross Gay’s “To the Fig Tree on 9th and Christian,” a poem set in our beloved city of Philadelphia. Gay describes a moment when strangers unexpectedly come together around a neighbor’s overflowing fig tree. Students wrote poems trying to capture this feeling of unexpected togetherness. For one undergraduate, this inspired her to write an ode to public libraries in Philadelphia, which she sees as “an underappreciated staple,” “a gathering place,” “a shelter,” “a mental escape,” even “a home office.” For her, the social infrastructure of the public library provides a space with “the possibility of conversing with a stranger.” In a time of disappearing funding and the ongoing privatization of public space, public libraries just found their newest advocate.

      In the fifth week of class, we introduced the describe-interpret-evaluate model, an intercultural communication tool we have adapted to teach students how to communicate across differences of race and class. This tool forces students to withhold their impulse to jump to conclusions, pausing long enough to take in the whole situation from a variety of points of view. Only at the end of the exercise are they invited to engage their faculty of judgment.

      The pause is what matters, and it is precisely where students frequently struggle. This year, we assigned a poem about forgiveness — “Phase One” by Dilruba Ahmed — to help students accustomed to the hot takes of the social media era to learn how to pause to offer grace and understanding, to others and to themselves.

      After crafting her response poem on forgiveness, an architecture student reflected, “A crucial part of both forgiveness and being a leader is accountability. Leaders make mistakes and they deserve grace. As a leader it’s important that I learn to forgive myself, but also important that I take accountability for my mistakes.”

      We have taught this content many times before, but only this year, when engaging her creative muscle, could a student come to this insight so quickly. We wish all experts in planning and design would be open to making mistakes, taking responsibility for them, and using that insight to grow and change.

      Like every city, Philly has its struggles to overcome. Our students, from Drexel and the neighborhood, are working to mend this broken place. In response to Alice Walker’s poem “I Will Keep Broken Things,” a graduate student reflected that “brokenness does not equate to worthlessness. In fact, there is an inherent beauty in things that carry the marks of time, history and experience.”

      Recognizing this beauty allows designers, planners and other leaders to work with the strengths and assets that exist in every community and neighborhood in Philadelphia. It gifts the power of poetry to the practice of planning and offers the insights of the attentive urbanist to the poet’s gaze. Too often, experts notice only what’s missing, deficient or broken, and we lose the power of possibility to reimagine and build anew.

      Just as we did in our class, poetry can ignite our creative capacity to reimagine together what possibilities exist for cities and communities that stand together, recognize each other’s worth and dignity, and build collective power.

      Around 9 p.m., the classroom’s heater sputtered. The security guard rapped on the window, telling us it was time to close up for the night. The students signed each other’s poetry zines, like you would a high school yearbook. We emerged, lingering for a few more minutes under the streetlights of the West Philadelphia neighborhood we call home.

      https://nextcity.org/urbanist-news/why-were-teaching-urban-planning-students-to-write-poetry

    • About Deep Listening

      Deep Listening, as developed by Pauline Oliveros, explores the difference between the involuntary nature of hearing and the conscious nature of listening. The practice includes bodywork, sonic meditations, and interactive performance, as well as listening to the sounds of daily life, nature, one’s own thoughts, imagination, and dreams. It cultivates a heightened awareness of the sonic environment, both external and internal, and promotes experimentation, improvisation, collaboration, playfulness, and other creative skills vital to personal and community growth.

      Inherently collaborative, the first published Deep Listening scores and activities (Sonic Meditations, 1971) were workshopped in the context of a female-identified collective, the fem-ensemble, over a period of many months. From the 1980s onwards, Deep Listening workshops, retreats, and the Deep Listening Certification Program were developed and facilitated in close partnership with playwright IONE (also Oliveors’ life partner) and movement artist Heloise Gold. Today, the philosophy and practice of Deep Listening continues to evolve through a growing international community of listeners.

      https://www.deeplistening.rpi.edu/deep-listening
      #deep_listening

    • How the Arts Can Create the Foundation for a Multiracial US Democracy

      A few Mondays ago, the emails started to roll in. One after another, my colleagues announced their departure from leadership roles at the National Endowment for the Arts (NEA). These advocates helped culture thrive in every corner of the United States—on an annual budget that was less than 10 percent of the cost of the Trump Organization’s latest $3 billion condo project in Miami. Their farewell letters came on the heels of grim updates about cuts in the National Endowment for the Humanities, the Kennedy Center, and the Smithsonian Institution.

      Let me be clear: President Donald Trump and his administration have taken a chainsaw to programs that affect actual life and death. By contrast, the arts may seem a matter of small importance. Still, for me, these were the cuts that broke my heart.

      For instance, I help run one of the leading university-based arts administration departments in the country. For more than 50 years, our program at Drexel University in Philadelphia has helped train thousands of students for careers in arts management, fundraising, community engagement, and cultural planning.

      And yet, I have a confession to make. To paraphrase Shakespeare, there is something rotten in the way arts and culture work in the United States. The Trump administration’s actions, harmful though they are, are a wake-up call. For too long, the arts have been an elitist, exclusive space. The chance now is for arts workers and creatives to heed that call—and do better.
      Arts and Democracy

      The current upheaval of our sector gives those of us in the arts and creative fields an opportunity to rethink everything. Instead of seeking a return to the status quo, we have the chance to place culture and creativity at the center of US political life.

      Artists explore complicated questions. They help to open new ways of understanding and acting in the world. They take us on a collective journey that can be joyful and exhilarating.

      For me, nothing compares to a live jazz drummer pushing the beat on the ride cymbal, while a trumpeter dances up and down the scales. No laughter is more genuine than an improv theater group that takes an audience suggestion somewhere very, very silly.

      These tools of group process, improvisation, and deep listening are vital tools for building a democratic culture. Arts leader and former NEA Chair Maria Rosario Jackson linked the domains of democracy and creative practice, when she said during a 2024 commencement speech that “creating and experiencing art is one of the most powerful ways to develop the skills and habits needed to be curious, to ask questions, and to fulfill the duties of citizenship in a participatory democracy.”
      Legitimation Crisis

      Of course, many people have lost faith in the US political system. Even before the 2024 elections, 68 percent of people surveyed by the Pew Research Center said they were dissatisfied with the way America’s democracy works.

      Discourse on democracy may sound appealing, but try asking poor people, Black people, queer people, youth, people with disabilities—the list is long—how much influence they feel they have on how the system functions. The answer you’ll get in most cases, simply put, will be little or none.

      And this popular perception is not wrong. Back in 2014, political scientists Martin Gilens and Benjamin Page published a study that found that “business interests have substantial independent impacts on US government policy, while average citizens and mass-based interest groups have little or no independent influence.”

      In reality, what the media likes to call “democracy” feels out of reach to most Americans, especially if by “democracy” we mean popular control over governance. As it happens, a similar malady affects the thing that many people like to call “the arts.”

      In fact, both politics and the arts are widely considered the province of elites, removed from everyday life. Too many political leaders are “sorry, not sorry” about this. Political scientist Nicholas Tampio wrote back in 2017: “In recent years, numerous political theorists and philosophers have argued that experts ought to be in charge of public policy and should manipulate, or contain, the policy preferences of the ignorant masses.” And philosopher Olúf ẹ́mi O. Táíwò noted in 2020 that “when elites run the show, the group’s interests get whittled down to what they have in common with those at the top.”

      My own field of arts and culture has also been content to reward experts who embody “excellence” with funding and institutional support. Notwithstanding recent efforts to support equity, diversity, and inclusion, the arts field remains mostly dominated by large, typically Eurocentric institutions, like ballet companies and symphony orchestras that receive the lion’s share of funding from private philanthropy.

      Sixty percent of arts philanthropy goes to just 2 percent of cultural institutions, according to research by Holly Sidford and Alexis Frasz of the Helicon Collaborative. These institutions generally do a poor job of speaking to the hopes, fears, and questions of everyday people, steeped in symbols and behaviors that are utterly incomprehensible to the uninitiated.

      For example, I may be a university professor, but even I have only a foggy idea of how the Electoral College works. Nor can I figure out the appropriate time to applaud during a classical music concert. Yet somehow these systems claim to represent us.

      Instead of leaving our fate to the elites, there is an opportunity, particularly in this moment of crisis, to use the arts to build a true multiracial democracy through participatory, collective, creative action.
      Building Democratic Culture Through the Arts

      Over the last year, I have seen firsthand the power of the arts breathing life into democratic practices. I’ve been gathering artists, urban planners, policymakers, and students to explore the ideas raised in Democracy as Creative Practice, a book I coedited with cultural planner Tom Borrup.

      Instead of talking about democracy, we’re trying to improvise it together. We’ve pretended our bodies were trees in Nashville, generated performance poetry in Denver, and devised theater skits in Spain. After the artist-facilitators help us create something together in real time, only then do we sit and talk about democracy and “the issues,” and have noticed the conversation flows much more easily. There is even video evidence of the fun we had in West Philadelphia, when we used art to reclaim democracy.

      One moment stands out. At a pro-democracy conference held this past April in Toronto, I led workshop participants in a surrealist writing game. Vocalist Roula Said helped us transform these poems into a set of improvised songs. Choreographer Shannon Litzenberger turned the whole glorious mess into a folk dance.

      The participants, including policymakers, funders, scholars—not the typical arts crowd—laughed, sang, and danced together. We moved beyond rational argumentation into embodied cocreation. The rest of our conversations about the US-Canada relationship and the future of democracy proceeded from a place of intimacy and camaraderie that no group of strangers could ever attain at a different sort of political meeting.
      Envisioning a New Role for the Arts

      When I describe participatory arts practices, I often get arched eyebrows and am regularly asked: “If everyone is an artist, does that mean that anything is art? Don’t good artists have to spend 10,000 hours practicing first?”

      I respond with a smile. Art has the capacity to be many different things; there is room for experts, hobbyists, and dabblers alike.

      I am a mediocre piano player, so I pose no threat to Thelonious Monk. In fact, I spend more time and money than most people I know so I can see professional artists practice their craft, since I know firsthand how hard it is to play music well.

      Creative practice is everyone’s birthright. When it’s done as a collective activity by amateurs and experts alike, we can hold each other in community and bolster our brave explorations.
      The Path to Rebuilding Culture

      In short, to rebuild democracy using creative practice, the arts and culture sectors need to make their own structural changes and clean our own house.

      We need to start with a narrative shift. Arts and culture are not just about excellence. Creativity is also a vital tool to make sense of our individual and collective experience. The arts are a radical act that enables sovereignty over our own narratives and our own attention in a time when attention has been coopted as a for-profit commodity and narrative sovereignty is a battleground—politically, technologically, and economically.

      Artists should be embedded in government agencies to make them function better. Theater should be part of the curriculum in every K-12 classroom, not just an elective where funding permits. Participatory art is key to reimagining our cities.

      Certainly, it is important to join the fight to save the NEA and the Smithsonian, but let’s not leave it at that. Let’s remake society around our collective artistry. I commit to being part of building a creative democracy, and I am not alone.

      Now that US democratic practices and the arts are in free fall, this is an opportunity to assert that their fates are inextricably linked. Let’s not greet Trump’s takeover of culture with a shrug just because other vital systems are under threat.

      Resisting the enclosure of our own minds, and our bodies—that is what democratic, revolutionary praxis is all about. This is especially the case when done collectively and made visible so that we may bolster each of our efforts and exploration.

      https://nonprofitquarterly.org/how-the-arts-can-create-the-foundation-for-a-multiracial-us-demo

    • Democracy as Creative Practice. Weaving a Culture of Civic Life

      Democracy as Creative Practice: Weaving a Culture of Civic Life offers arts-based solutions to the threats to democracies around the world, practices that can foster more just and equitable societies. Chapter authors are artists, activists, curators, and teachers applying creative and cultural practices in deliberate efforts to build democratic ways of working and interacting in their communities in a range of countries including the United States, Australia, Portugal, Nepal, the United Kingdom, and Canada. The book demonstrates how creativity is integrated in place-based actions, aesthetic strategies, learning environments, and civic processes. As long-time champions and observers of community-based creative and cultural practices, editors Tom Borrup and Andrew Zitcer elucidate work that not only responds to sociopolitical conditions but advances practice. They call on artists, funders, cultural organizations, community groups, educational institutions, government, and others to engage in and support this work that fosters a culture of democracy.

      https://www.routledge.com/Democracy-as-Creative-Practice-Weaving-a-Culture-of-Civic-Life/Borrup-Zitcer/p/book/9781032758725
      #livre

  • Explosion des data centers en France : une trajectoire hors de contrôle

    La #loi_de_simplification_de_la_vie_économique, à travers son #article_15, assouplit le #droit de l’#urbanisme et de l’#environnement pour favoriser l’émergence de sites dits #hyperscaler – d’une surface de 40 ha minimum, soit l’équivalent de 55 terrains de foot.

    En France, la multiplication de data centers s’accélère à un rythme effréné, portée par une #volonté_politique assumée de faire du territoire un hub stratégique du #numérique. Face à cette #fuite_en_avant, le collectif #Le_nuage_était_sous_nos_pieds vient de lancer son site internet, accompagné d’une cartographie participative recensant les data centers, actuels et futurs. Un outil pensé pour rendre visible une industrie opaque et alimenter les résistances face à l’expansion incontrôlée des infrastructures numériques.

    Le secteur du numérique connaît actuellement une expansion internationale fulgurante, qui s’explique notamment par l’essor de l’Intelligence Artificielle (IA) et son utilisation, devenue régulière pour deux tiers de la population mondiale.

    La France fait partie des têtes de file dans la course effrénée au développement de l’IA et du tout numérique, passant de la 13ème place en 2023 à la 5ème place en 2024 dans le Global AI Index – un indice qui évalue les pays en fonction de leurs investissements et de leurs innovations relatifs à l’IA.
    La cartographie comme outil politique

    Dans ce contexte, le collectif Le nuage était sous nos pieds a lancé son site internet avec, notamment, la mise en ligne d’une cartographie participative afin de répertorier les data centers en France.

    « Nous avons cartographié 350 data centers déjà existants et 47 data centers en cours de déploiement à travers la France : 28 annoncés, 11 en cours d’instruction par les services de l’état et 8 en cours de construction », peut-on lire sur leur site.

    Si cette comptabilisation n’est pas complète – à cause du manque de transparence de l’industrie – elle rend toutefois compte de l’importance de la croissance du secteur dans l’Hexagone.

    « Les objectifs du collectif : politiser les infrastructures du numérique, les visibiliser, les mettre au cœur du débat public et en faire un objet de lutte », explique Antoine, l’un des membres du collectif.

    Loin d’un simple travail de recensement, la cartographie du collectif s’attaque frontalement à l’opacité d’une industrie dont le développement échappe largement au débat public, et fournit par la même occasion un outil d’enquête citoyenne indispensable pour engager un rapport de force avec l’État et les géants du numérique.

    Une expansion organisée et encouragée par l’État

    Si cette initiative voit le jour aujourd’hui, ce n’est pas un hasard. Le développement des data centers en France connaît une accélération brutale, encouragée par les pouvoirs publics. Depuis le sommet international sur l’intelligence artificielle organisé à Paris en février 2025, l’exécutif affiche sa volonté d’investir massivement dans l’IA et ses infrastructures, au nom de la compétitivité et de la souveraineté numérique.

    À cette occasion, 109 milliards d’euros d’investissement privés – majoritairement étrangers – avaient été annoncés pour accélérer cette expansion, s’ajoutant aux 400 millions d’euros de subventions annoncés par l’ancien Premier ministre, François Bayrou, et aux 10 milliards d’investissement de la BPIFrance.

    Cette stratégie se traduit concrètement par une série de mesures facilitant l’implantation des data centers. La loi de simplification de la vie économique, à travers son article 15, assouplit le droit de l’urbanisme et de l’environnement pour favoriser l’émergence de sites dits hyperscaler – d’une surface de 40 ha minimum, soit l’équivalent de 55 terrains de foot.

    L’État, en lien avec EDF et RTE, a également identifié 63 sites “clés en main”, directement raccordés et proposés aux investisseurs pour faciliter l’implantation et la construction de nouveaux data centers, accentuant davantage la responsabilité des pouvoirs publics dans cette course au gigantisme.
    L’ADEME alerte sur une trajectoire hors de contrôle

    Le 6 janvier 2026, l’ADEME a publié un rapport dans lequel l’agence avance des estimations de l’évolution du secteur jusqu’à 2060 en fonction de cinq scénarios :

    – Tendanciel : une poursuite des dynamiques actuelles qui se traduit par une explosion des usages numériques, un développement massif de l’IA, et une bascule vers des data centers hyperscaler.
    - Génération frugale : un scénario de sobriété forte reposant sur une dénumérisation partielle des usages, un moratoire sur les nouveaux data centers et des politiques publiques contraignantes.
    – Coopérations territoriales : un développement encadré des data centers, en concertation avec les territoires et sous contraintes environnementales, avec une priorité aux usages socialement utiles et une recherche de synergies locales, notamment pour limiter les tensions sur l’eau, l’énergie et le foncier.
    – Technologies vertes : les data centers deviennent des leviers de la transition écologique, soutenus par l’État au nom de la souveraineté et du mix électrique français.
    – Pari réparateur : une trajectoire qui se traduit par une confiance dans l’innovation pour compenser les impacts du numérique, avec une régulation allégée et une forte croissance des usages.

    À travers ces cinq scénarios, l’agence estime alors la consommation électrique des data centers ainsi que leurs émissions de gaz à effet de serre sur les 35 années à venir.

    « Le rapport de l’ADEME montre très clairement que la tendance actuelle est insoutenable, et qu’on va dans le mur en termes de poursuite de nos objectifs climatiques », analyse Lou Welgryn, secrétaire générale de Data for Good, pour La Relève et La Peste.

    Accaparement des ressources et tensions locales

    Derrière ces chiffres et ces estimations, des conflits très concrets se manifestent. Les data centers sont extrêmement gourmands en électricité et en eau, deux ressources déjà sous tension.

    Selon les estimations de l’ADEME, si rien n’est fait, la consommation électrique de ces infrastructures pourrait être multipliée par 3,7 d’ici à 2035, passant de 9,91 TWh/an à 36,73 TWh/an, soit près de 7% de la production actuelle d’électricité en France.

    L’implantation rapide de ces infrastructures fait émerger des conflits d’usage, comme à Marseille, qui accueille un certain nombre de data centers du fait de l’arrivée de dix-huit câbles intercontinentaux dans la cité phocéenne. Sur place, l’électricité consommée par les centres de données entre en concurrence directe avec l’électrification des ferrys et des transports locaux.

    Une problématique que la chercheuse et la professeure Anne Pasek résume ainsi : « Si nous ne faisons qu’augmenter les capacités du réseau électrique dans le seul but de répondre à une demande toujours plus croissante [des data centers], nous ne parviendrons pas à atteindre nos objectifs de décarbonation ».
    Contre-pouvoir face au techno-capitalisme

    Face à cette dynamique, la cartographie du collectif vise à « fabriquer une réflexion autour des data centers » et à « favoriser l’émergence de nouvelles contestations ». Par ce biais, elle s’inscrit dans une stratégie plus large de surveillance citoyenne, de plaidoyer et de politisation des enjeux liés aux infrastructures numériques.

    En parallèle, les associations en lutte multiplient les alertes sur les impacts du numérique et de l’IA.

    « Mettre en lumière ces problématiques et briser l’opacité permet de placer ce sujet au cœur du débat démocratique », rappelle Noémie Levain, juriste à La Quadrature du Net, pour La Relève et La Peste

    Les collectifs portent également une critique plus profonde de la trajectoire numérique empruntée actuellement, en la replaçant dans une lecture décroissante. Ils interrogent quant aux besoins réels, à la dépendance aux technologies et la compatibilité du tout-numérique avec les objectifs climatiques.

    « Il faut se poser la question : pourquoi construit-on autant de centres de données et pourquoi aurait-on besoin d’autant de puissances de calcul ? », insiste Lou Welgryn.

    En rendant visibles les infrastructures, la cartographie force le débat politique et rappelle que derrière l’IA se joue un choix de société aux conséquences durables sur les ressources, les territoires et les personnes qui les habitent.

    https://lareleveetlapeste.fr/explosion-des-data-centers-en-france-une-trajectoire-hors-de-contr

    #liste #data_centers #centres_de_données #IA #AI #France #intelligence_artificielle #infrastructure #carte #visualisation #cartographie #cartographie_participative #recensement #opacité #expansion #ressources #électricité #eau #conflits #tensions_locales #contre-pouvoir #techno-capitalisme

    ping @reka

    • Carte des data centers, des projets et des contestations en France

      Nous publions une carte participative répertoriant les data centers existants, les projets et les oppositions qui s’organisent en France autour de ces infrastructures. Notre objectif est de favoriser l’émergence ou la consolidation de contestations partout où ces bases du numérique dominant se prévoient.
      Nous avons cartographié 351 data centers déjà existants et 67 data centers actuellement en cours de déploiement à travers la France : 43 annoncés, 16 en cours d’instruction par les services de l’état et 8 en cours de construction.
      À cela il faut ajouter les 63 sites « clés-en-main » proposés par le gouvernement aux industriels de la tech pour faciliter l’implantation et la construction de nouveaux data centers - dont seulement 26 localisations précises sont publiques à ce jour. RTE et EDF mettent également 8 sites à disposition des promoteurs avec des procédures de raccordement électrique accéléré.
      Il est important de noter que le nombre de data centers ne permet pas de se faire une idée adéquate de l’accroissement des infrastructures. Les technologies impliquées sont en forte mutation, et la consommation énergétique des data centers ou le nombre de serveurs qu’ils abritent donne une indication plus ajustée des évolutions du secteur. Ainsi, les data centers actuels peuvent avoir une consommation énergétique jusqu’à plusieurs milliers de fois plus importante que les data centers historiques. Et les serveurs qu’ils abritent sont toujours plus nombreux et intenses en technologies.
      Nous avons recensés une vingtaine d’oppositions locales à ces déploiements, menées par des collectifs, des individus ou des associations.

      https://lenuageetaitsousnospieds.org/articles/2025-12-11-carte-des-data-centers-des-projets-et-des-conte
      #opposition #résistance

    • Prospective d’évolution des consommations des data centers à court, moyen et long terme de 2024 à 2060

      Cette étude de l’ADEME répond à 3 objectifs :
      1. Dresser l’état des lieux de la consommation électrique actuelle des centres de données en France ;
      2. Proposer un modèle prospectif détaillé permettant de modéliser des scénarios d’évolution des consommations des centres de données dans le temps ;
      3. Modéliser et analyser 5 scénarios prospectifs jusqu’à 2060 : un scénario tendanciel et 4 scénarios envisageant les 4 chemins possibles de transition écologique.

      Cette étude a considéré les émissions de gaz à effet de serre engendrées, la pression sur les ressources en eau, l’artificialisation des sols, la concurrence avec les d’autres usages de l’électricité, ou encore les enjeux de souveraineté numérique et distingue les consommations en France des consommations à l’étranger pour un usage français.

      https://librairie.ademe.fr/energies/8910-prospective-d-evolution-des-consommations-des-data-centers-a-co
      #ADEME #rapport

  • #Data_center dans l’#Essonne : la #justice se penche sur le « saucissonnage » d’un vaste projet

    Le rapporteur public de la cour administrative d’appel de Versailles a préconisé jeudi de rejeter le recours d’associations contre l’autorisation d’un vaste #centre_de_données à #Wissous (Essonne), accusé d’avoir été artificiellement morcelé pour contourner la loi environnementale.

    Une troisième étape « hypothétique »

    Au cœur de ce bras de fer juridique impliquant l’exploitant américain #CyrusOne se trouve la technique du "#saucissonnage". Trois associations requérantes (France Nature Environnement, Data For Good et Wissous Notre Ville) dénoncent le découpage de cette #infrastructure, destinée notamment à héberger des #serveurs d’#Amazon.

    En France, une puissance supérieure à 50 mégawatts (MW) impose une procédure d’autorisation stricte, incluant une #étude_d'impact globale et une enquête publique.

    Or selon les associations, l’exploitant aurait déclaré une première phase à 19,8 MW, puis une deuxième à 49,5 MW, s’arrêtant juste sous le seuil légal, alors que le projet final vise 100 MW selon elles. "La capacité totale prévue du site pour les trois phases est au maximum de 60 MW", se défend CyrusOne.

    Lors de l’audience jeudi, le rapporteur public a estimé que la troisième étape restait "hypothétique", le #plan_local_d'urbanisme (#PLU) interdisant de telles installations à l’époque de la demande, a expliqué à l’AFP Clémentine Baldon, avocate de FNE et Data For Good.

    « Personne ne conteste vraiment que c’est un seul et même projet »

    "Ce matin, le rapporteur public a rappelé que l’arrêté préfectoral d’enregistrement était régulier sur la forme et sur le fond. La société CyrusOne partage cette analyse", a réagi le cabinet d’avocats de l’entreprise dans une déclaration transmise à l’AFP. "Nous rappelons que jusqu’à aujourd’hui, les décisions de justice (six au total) ont toutes confirmé la régularité des autorisations de CyrusOne pour son projet de Wissous", a-t-il ajouté.

    Malgré leur "déception", les associations gardent "espoir", la cour devant rendre son arrêt d’ici quelques semaines. Leur optimisme repose sur un point de droit précis. "Les magistrats ont semblé intéressés par l’affaire, notamment la question de la rentabilité économique du projet qui dépend de la mise en œuvre de la troisième phase, ce qui pourrait les conduire à conclure à l’existence d’un projet unique et à un fractionnement artificiel", a souligné Me Baldon.

    Selon l’avocate, l’exploitant a reconnu dans un courrier adressé à la mairie des risques de pertes de centaines de millions d’euros si les phases 2 et 3 du projet n’étaient pas déployées. "En fait, personne ne conteste vraiment que c’est un seul et même projet", insiste-t-elle.

    Sans vision globale, impossible d’imposer une "analyse beaucoup plus fine des impacts", s’inquiètent les opposants. Ils redoutent les nuisances cumulées pour les 7.000 habitants de la commune : bruit des ventilateurs géants au ras des habitations et consommation électrique équivalente à sept fois celle de la ville.

    En cas de rejet de leur requête, les associations n’excluent pas un pourvoi devant le Conseil d’État.

    https://www.connaissancedesenergies.org/afp/data-center-dans-lessonne-la-justice-se-penche-sur-le-sauci
    #urbanisme #résistance #aménagement_du_territoire

  • L’époque Edo était plus moderne qu’on ne le pense

    https://japanization.org/lepoque-edo-etait-plus-moderne-quon-ne-le-pense

    En réduisant la modernité à la seule puissance des machines ou à la vitesse des flux, on oublie qu’elle peut aussi résider dans la capacité à #organiser la complexité, à stabiliser des systèmes urbains denses et à gérer des ressources limitées sur le long terme. Edo montre qu’une grande ville peut fonctionner avec peu d’énergie #fossile, à condition de valoriser la #réparation, de structurer des métiers dédiés au #réemploi, de maintenir des #liens étroits entre ville et campagne et d’administrer les #ressources naturelles avec constance.

    Ce n’est ni un programme politique clé en main, ni un âge d’or à célébrer. Mais à l’heure où les métropoles contemporaines redécouvrent les coûts du modèle linéaire, la fragilité des chaînes globales et la question longtemps oubliée des nutriments, l’époque Edo impose une interrogation simple, presque inconfortable : et si la modernité ne se mesurait pas seulement à la vitesse et à la croissance, mais aussi à la capacité d’un système à durer sans se défaire ?

    #Lowtech #Urbanisme #Flux

  • Pour des villes féministes : ces communes qui montrent l’exemple

    À l’approche des Municipales et l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Oxfam publie le rapport « Pour des villes féministes » qui met en lumière les bonnes #pratiques déployées par des communes françaises en faveur de l’#égalité_de_genre . Celui-ci propose un classement des plus grandes villes françaises, évaluées selon l’intégration de l’égalité femmes-hommes au sein des conseils municipaux et leurs performances en matière d’égalité professionnelle.

    https://www.youtube.com/watch?v=3pL33_qQlig

    https://www.oxfamfrance.org/rapports/pour-des-villes-feministes
    #villes #femmes #féminisme #urbanisme #rapport #villes_féministes #égalité #féminisation

  • Existe-t-il un lien entre l’#éclairage en #ville et la #délinquance ?

    À l’approche des municipales, l’extinction de l’éclairage public divise. Des communes l’adoptent pour économiser l’#énergie et réduire la #pollution_lumineuse. La question clé reste son impact sur la #sécurité, certains craignant une hausse de la #délinquance nocturne.

    Dans quelques semaines se tiendront les élections municipales et dans les Chantiers de la Recherche, on s’intéresse à un sujet qui fait débat : l’extinction de l’éclairage public dans les communes. Pourquoi certaines villes ont-elles décidé d’éteindre l’éclairage la nuit ? Ces mesures ont-elles mené à une augmentation de la délinquance dans ces villes ?

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-chantiers-de-la-recherche/municipales-2026-existe-t-il-un-lien-entre-l-eclairage-en-ville-et-la-de
    #criminalité #nuit #éclairage_public #urban_matter #urbanisme

    • Vers un éclairage durable : analyses socio-économiques de la réduction de la pollution lumineuse

      Cette thèse porte sur les politiques mises en œuvre par les communes françaises en matière d’éclairage public afin de réduire la pollution lumineuse, et sur leurs conséquences socio-économiques. Elle vise à apporter de nouveaux éléments permettant d’intégrer la dimension sociétale dans la prise de décision relative à l’éclairage public, dimension souvent éclipsée par la seule considération des enjeux écologiques. Dans le premier chapitre, nous nous intéressons à l’acceptabilité sociale des politiques de réduction de la pollution lumineuse. À partir du cas d’étude de la métropole de Montpellier, nous utilisons une expérience de choix discret afin d’évaluer le consentement à payer des habitants pour trois types de politiques : la réduction de l’intensité lumineuse, l’extinction de l’éclairage, et le passage d’une lumière blanche à une lumière orangée. Le modèle à classes latentes utilisé met en évidence deux groupes de préférences : l’un plutôt favorable aux politiques proposées, l’autre plutôt défavorable, en particulier à l’extinction de l’éclairage entre 23 h et 6 h.Le deuxième chapitre compare deux méthodes permettant de cartographier à fine échelle les préférences issues d’une expérience de choix discrets. Nous les évaluons de deux manières : d’abord à l’aide d’un cas théorique fondé sur des simulations de Monte Carlo, puis en les appliquant aux données du chapitre 1 afin de cartographier les préférences à l’échelle infra-communale. Les résultats montrent qu’une des deux méthodes est la plus efficace, et qu’elle permet de mieux représenter l’hétérogénéité spatiale des préférences. Le troisième chapitre porte sur la conception d’un outil d’aide à la décision pour les politiques d’éclairage de la métropole de Montpellier, intégrant à la fois les besoins écologiques et sociétaux. Deux indicateurs spatiaux y sont développés : un indicateur écologique, basé sur des données de pollution lumineuse et une modélisation évaluant les besoins de six groupes d’espèces, et un indicateur d’acceptabilité sociale, issu du chapitre 2. Le croisement de ces indicateurs, intégrés dans une application facile d’utilisation, permet aux décideurs publics de hiérarchiser les actions et montre l’importance d’adapter les politiques d’éclairage aux contextes locaux (au lampadaire près) plutôt que d’appliquer une approche uniforme. Le quatrième chapitre présente la construction d’une base de données inédite sur les politiques d’extinction de l’éclairage public dans les communes de plus de 1 500 habitants en France métropolitaine. À partir des séries temporelles de radiance issues de données satellitaires nocturnes, nous appliquons un modèle de détection de ruptures, puis utilisons un algorithme de random forest pour classifier ces ruptures en extinctions ou autres types de changements (rénovation, réduction d’intensité). Nous montrons d’abord que 64,4 % des communes françaises ont adopté une politique d’extinction entre 2012 et 2023, dont 53,3 % après juillet 2022, puis nous caractérisons les profils des communes associés à l’adoption de ces politiques.Enfin, le cinquième chapitre évalue l’effet causal des politiques d’extinction de l’éclairage public sur cinq types de faits de délinquance, entre 2016 et 2023. Pour cela, nous mobilisons une approche de staggered difference-in-difference. Les résultats indiquent que l’extinction de l’éclairage n’a pas d’impact sur les types de délinquance étudiés, à l’exception des cambriolages pour lesquels nous observons une faible hausse, qui semble principalement portée par les communes à forte densité.

      https://theses.fr/2025UPASB076

      #thèse

  • Oui, piétonniser les rues est bon pour le commerce ! • Bon Pote
    https://bonpote.com/no-parking-no-business-cest-faux

    L’idée que les voitures et les stationnements sont nécessaires au business des centre-villes est en effet une fausse croyance, un mythe, largement démenti par les faits. Car en matière de commerce comme dans beaucoup d’autres, l’intérêt général écologique converge avec l’intérêt économique des commerces locaux.

    -- Permalien

    #urbanisme #mobilité

  • Penser l’#après-voiture, une #utopie nécessaire

    L’inertie qui entoure la place prépondérante de la #voiture_individuelle est telle que seul un choc d’investissements massifs peut permettre de sortir de cette #dépendance.

    On ne sortira pas facilement d’un système du #tout-voiture autour duquel l’organisation de la société a été pensée. La toute-puissance de l’#automobile est telle, son #inertie si grande, que même la certitude de la catastrophe climatique ne change rien ou pas grand-chose à nos usages. Les déplacements sont le seul domaine où les émissions de gaz à effet de serre ne reculent pas. Et les voitures en sont responsables pour plus de la moitié.

    Sans même parler de #climat, que certains ont encore la naïveté de penser comme un problème lointain, la liste des méfaits du #tout-automobile est déjà très longue. La #pollution aux #particules_fines ou aux #oxydes_d’azote tue. La #mortalité_routière, même si elle a baissé dans des proportions incroyables, demeure à un niveau intolérable sans susciter l’émotion que devrait provoquer la perte de plus de 3 000 de nos concitoyens chaque année. La #sédentarité induite par la voiture est un problème de #santé public majeur, tout comme les #nuisances_sonores ; son omniprésence a confisqué l’#espace_public. A cela s’ajoutent tout un ensemble de dépendances économiques qu’elle entretient. Le statu quo n’est ni tenable ni enviable.

    Si l’on admet qu’un changement de paradigme est indispensable, nous devons être prêts à des renoncements. Mais le sommes-nous ? « Circuler librement » est un droit consacré par la Déclaration universelle des droits de l’homme. Mais il n’est nulle part écrit que celui-ci doit s’exercer grâce à un véhicule à moteur à quatre roues, que possèdent certains foyers en un ou deux exemplaires, et qui assure plus de 80 % des kilomètres parcourus en France.

    Dans ce contexte, toutes les initiatives pour réduire notre dépendance devraient être saluées. Non parce qu’elles sont parfaites – aucune ne l’est –, mais parce que, si elles fonctionnent, elles pourraient faire tache d’huile, si l’on ose dire. A Paris, la politique de la Mairie a été accusée de tous les maux, jusqu’à l’absurde. Pourtant, les résultats sont là : la #circulation_automobile y a baissé de moitié depuis le début du siècle et, entre 2012 et 2022, selon Airparif, les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 35 %.

    L’exemple de #Paris, une métropole dense avec un maillage exceptionnel de transports en commun, n’est guère transposable. Pourtant, un phénomène de rééquilibrage similaire s’observe dans bien des villes : 57 % des personnes interrogées pour une étude de l’IFOP commandée par Keolis, filiale de la SNCF exploitant des réseaux de transport, plébiscitent une réduction forte (15 %) ou progressive (42 %) de la place de la voiture en ville. « Globalement, le choix de réduire la place de la voiture est accepté, même si le rythme est questionné », résume le directeur de l’IFOP, Jérôme Fourquet, dans l’étude, publiée le 19 novembre.

    On rétorquera que certains n’ont pas le choix. Lancez un débat et ils seront nombreux à soudainement se soucier des personnes âgées ou en situation de handicap, des artisans, des taxis ou des travailleurs de nuit. Certains ont besoin de leur voiture, c’est un fait que personne ne devrait contester, pas même les plus zélés défenseurs du vélo ou des transports en commun. Mais ce ne sont pas les pistes cyclables, ni les voies de bus, ni même les plans de circulation qui gênent ces obligés de la voiture. Ce sont les #bouchons créés par ceux qui sont automobilistes par choix et par flemme, tous ceux qui auraient les moyens physiques et géographiques d’agir autrement.

    Un système qui exclut

    Le nœud du problème n’est pas en #ville, il est dans sa périphérie et au-delà. C’est autant un enjeu écologique que de #cohésion_sociale. Une partie de la réponse se trouvera dans les #services_express_régionaux_métropolitains (#SERM), lancés par Emmanuel Macron en 2023 sous le nom de « #RER_métropolitains ». Les 26 projets labélisés sont fondés sur des études locales de besoins, ne nécessitent pas de travaux pharaoniques, franchissent les barrières administratives, et mêlent trains, bus, cars et pistes cyclables, selon leur pertinence respective. Ils ont l’ambition de révolutionner la #mobilité autour des grandes villes, hors Paris. L’année 2026 sera cruciale, car les projets doivent obtenir du ministère leur « statut » de SERM, ouvrant les discussions concrètes sur leur financement et leur développement.

    Les SERM parviendront-ils à faire baisser la part modale de la voiture ? Même dans les pays cités comme exemple – les Pays-Bas pour sa politique du tout-vélo ou la Suisse comme paradis des trains à l’heure –, cette part est à peine plus faible qu’en France, de l’ordre de 70 %. Sans révolution dans nos #infrastructures, sans un colossal « choc d’offre » dans les #transports_collectifs, il est peu probable que des changements majeurs adviennent.

    Le groupe de réflexion #Forum_vies_mobiles, financé par la SNCF, a imaginé dans une vaste étude en septembre ce que pourrait être un « système alternatif de mobilité ». Pas question de grands travaux, mais de #réaffectation de 40 % du million de kilomètres de routes françaises à d’autres usages, du #vélo aux #transports_en_commun cadencés. Le #coût pourrait paraître rédhibitoire – 177 milliards d’euros d’investissement et 55 milliards d’euros de fonctionnement par an –, mais il est « tout à fait raisonnable, en comparaison avec le coût du “système voiture”, estimé à plus de 300 milliards d’euros annuels », selon Sylvie Landriève.

    La directrice du Forum vies mobiles et autrice de l’étude rappelle que ce système exclut plus qu’il n’inclut : un tiers des Français ne conduisent pas et seuls 18 % des détenteurs du permis se disent libres de conduire quand ils le souhaitent. La proposition a eu droit à son procès en irréalisme. Mais on aurait tort de se gausser de ces travaux, fussent-ils utopiques. C’est une base réfléchie et chiffrée pour penser un après-voiture dont l’usage sera probablement bouleversé par l’arrivée de la voiture autonome, qui en est à ses balbutiements.

    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/12/18/penser-l-apres-voiture-une-utopie-necessaire_6658466_3232.html
    #aménagement_du_territoire #urbanisme #espace

  • Sait-on mesurer les effets de la gratuité des #transports en commun ?
    https://metropolitiques.eu/Sait-on-mesurer-les-effets-de-la-gratuite-des-transports-en-commun.h

    La gratuité totale des transports en commun convainc peu les spécialistes du sujet. Selon Félicien Boiron, centrer l’évaluation sur des critères d’« efficacité » de la mesure légitime certaines normes dans la fabrique des politiques publiques de transport. Depuis longtemps décriée par la communauté experte du transport, la gratuité totale des transports en commun urbains s’est fait un nouvel ennemi, la Cour des comptes (2025), avec la récente publication d’un rapport qu’elle consacre à « la #Débats

    / mobilité, transports, gratuité, #tarification, #transports_collectifs

    #mobilité #gratuité
    https://metropolitiques.eu/IMG/pdf/met_boiron.pdf

    • La contribution des usagers au financement des transports collectifs urbains

      L’organisation des transports collectifs urbains (TCU) est sous la responsabilité des collectivités locales qui en fixent le prix. Comme les recettes tarifaires ne suffisent pas à couvrir tous les coûts – celles-ci ne représentent que 41 % des dépenses de fonctionnement, hors investissement -elles en complètent le financement par d’autres moyens. Pour ce faire, les communes – regroupées au sein d’intercommunalités, comme les métropoles, les communautés d’agglomération ou les communautés urbaines – peuvent percevoir une taxe sur la masse salariale des employeurs locaux, appelée versement mobilité et/ou utiliser leur budget général, financé par les contribuables locaux. Depuis plusieurs années, les collectivités locales ont privilégié une politique de #modération_tarifaire, ce qui a entraîné une déconnexion progressive des #tarifs de l’usage réel des services de transport et donc des coûts induits, et favorisé le financement des #TCU par l’#impôt. Cette baisse de la contribution des usagers au financement des TCU compromet la réalisation des #investissements à venir, pourtant nécessaires pour répondre aux besoins de mobilité et atteindre les objectifs environnementaux. Le rapport de la Cour des comptes, qui répond à une demande formulée sur sa plateforme citoyenne, aborde ainsi les enjeux du développement des TCU et les modalités de leur financement. L’enquête, qui porte sur les principales autorités organisatrices des mobilités (AOM), décrit l’évolution des contributions au financement des TCU, notamment celle des usagers, et examine l’impact opérationnel et financier des politiques de #modération_tarifaire ou de gratuité. À cet effet, elle synthétise de nombreux travaux des juridictions financières et deux sondages réalisés auprès des usagers des réseaux de transport urbain de #Montpellier et de #Lyon.

      https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-contribution-des-usagers-au-financement-des-transports-collectifs-urbain
      #transports_publics #efficacité #villes #urbanisme #cour_des_comptes #rapport