url:archive.org

  • Lettre à Extinction Rebellion
    https://archive.org/details/LettreExtinctionRebellion

    (Lecture de la traduction de la) Lettre ouverte à Extinction Rebellion
    « La lutte pour la justice climatique est le combat de nos vies, et nous devons le faire correctement. »
    Lettre des collectifs formant Les Damnés de la Terre (Wretched of The Earth) publié sur le site du magazine Red Pepper le 3 mai 2019.
    Wretched of The Earth est un collectif communautaire anglais pour les groupes et les peuples indigènes, noirs, métisses et de la diaspora qui réclament la justice climatique et qui agissent en solidarité, tant au Royaume-Uni que dans le Sud.
    Cette lettre a été écrite en collaboration avec des dizaines de groupes alliés. Alors que s’achevaient les semaines d’action appelées par Extinction Rebellion, nos groupes se sont réunis pour réfléchir sur le récit, les stratégies, les tactiques et les revendications d’un mouvement climatique revigoré au Royaume-Uni. Dans cette lettre, nous formulons un ensemble de principes et de demandes fondamentaux enracinés dans la justice et nous considérons comme crucial que le mouvement tout entier en tienne compte alors que nous continuons à élaborer une réponse à « l’urgence climatique ».


    photo @val_k issue de la série #Résilience : https://www.flickr.com/photos/valkphotos/albums/72157632365533596

    Source en anglais : https://www.redpepper.org.uk/an-open-letter-to-extinction-rebellion
    déjà seenthissé par @pguilli https://seenthis.net/messages/779385 et aussi en « réponse » au témoignage seenthissé par @tranbert ici https://seenthis.net/messages/780794 ;)

    #audio #opensource_audio #Ecologie

    • La version texte est sur archive.org, en cliquant sur le premier lien @igor_babou
      L’import automatique génère des bugs qu’il faut corriger à chaque fois à la main hélas, je le ferai plus tard quand je serai sur min ordinateur et j’ajouterai le texte aussi ici ainsi que les références où ça en a déjà parlé sur seenthis...

  • Aaron Swartz n’en finira donc pas d’être suicidé ?

    Quand la France accuse l’Internet Archive de propagande terroriste
    Et demande la suppression de contenus licites

    Dans un billet de blog, l’Internet Archive raconte avoir récemment reçu de multiples demandes de retrait de contenu pour cause d’apologie du terrorisme. Ces demandes, que l’organisme considère comme erronées, viennent de France.

    Article par Johann Breton pour Les Numériques : https://www.lesnumeriques.com/vie-du-net/quand-france-accuse-internet-archive-propagande-terroriste-n85871.htm

    L’Internet Archive, organisme à but non lucratif basé aux États-Unis, s’est donné une mission : sauvegarder plus ou moins tout ce qui apparaît sur Internet. Ainsi, ses bases de données contiennent les copies de milliards de pages web de même que de très nombreux ouvrages. Les pages peuvent notamment être consultées au moyen de la célèbre Wayback Machine, tandis que les livres, logiciels, films et autres enregistrements sont mis à disposition sous forme de collections. Naturellement, l’organisme veille à ne pas mettre n’importe quoi à la portée de tous, mais archive parfois des contenus qui ne sont pas nécessairement tous publics.

    En ce début de mois d’avril, l’Internet Archive a eu droit à une petite surprise. Elle a reçu quelque 550 demandes de suppression de contenu émises par une adresse courriel @europol.europa.eu, et pas pour n’importe quel motif : propagande terroriste. Dans un premier temps, l’organisme a (logiquement) cru avoir affaire à l’Union européenne, mais en y regardant de plus près, il s’est rendu compte que les demandes émanaient d’une autorité française, cette dernière passant simplement par la plateforme d’Europol. Et en examinant le détail des demandes, le spécialiste de l’archivage a constaté qu’il n’avait pas nécessairement été aussi négligeant que le nombre de requêtes pouvait le laisser à supposer.

    /.../ /.../ /.../

    De manière générale, ces demandes sont une vraie source de pression, dans la mesure où l’Internet Archive pourrait être sanctionnée pour son refus d’obtempérer. Plus ennuyeux, l’Union européenne travaille actuellement sur un texte qui ne laisserait qu’une heure aux administrateurs pour supprimer les contenus identifiés comme des incitations au terrorisme (texte qui s’adresse avant tout à la problématique des réseaux sociaux). Or, il va sans dire qu’un tel organisme serait incapable de contrôler des centaines de demandes en une heure. La question est ouvertement posée à la fin du billet : comment peut-on parler de respect de la liberté d’expression dans le cadre de ces dispositifs si de telles demandes peuvent être émises sous l’égide de l’UE ? Faut-il traiter aveuglément les requêtes au risque d’effacer à tort des contenus d’intérêt majeur ?

    Source [en] sur le blog de Internet Archive : Official EU Agencies Falsely Report More Than 550 Archive.org URLs as Terrorist Content : https://blog.archive.org/2019/04/10/official-eu-agencies-falsely-report-more-than-550-archive-org-urls-as-

    #internet #archives #Loi #terrorisme #censure #Aaron_Swartz

  • Official EU Agencies Falsely Report More Than 550 Archive.org URLs as Terrorist Content | Internet Archive Blogs
    https://blog.archive.org/2019/04/10/official-eu-agencies-falsely-report-more-than-550-archive-org-urls-as-

    The European Parliament is set to vote on legislation that would require websites that host user-generated content to take down material reported as terrorist content within one hour. We have some examples of current notices sent to the Internet Archive that we think illustrate very well why this requirement would be harmful to the free sharing of information and freedom of speech that the European Union pledges to safeguard.

    In the past week, the Internet Archive has received a series of email notices from Europol’s European Union Internet Referral Unit (EU IRU) falsely identifying hundreds of URLs on archive.org as “terrorist propaganda”. At least one of these mistaken URLs was also identified as terrorist content in a separate take down notice from the French government’s L’Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication (OCLCTIC).

    les 2 liens terroristes " classés en «travaux universitaires» dans la liste :
    • sur arXiv.org : Spectrum Sharing in Cognitive Radio with Quantized Channel Information
    • sur pubmed : Split ejaculation study: semen parameters and calcium and magnesium in seminal plasma.

    via antoni casilli sur FB

  • ArchiveBox | ? The open source self-hosted web archive. Takes browser history/bookmarks/Pocket/Pinboard/etc., saves HTML, JS, PDFs, media, and more…
    https://archivebox.io

    Un logiciel pour faire comme archive.org mais chez soi, et qui sait déjà importer plein de flux et formats différents pour ensuite aller télécharger les pages entières des liens qu’il trouve, y compris les médias avec youtube-dl. Ça peut vite devenir énorme, mais imaginez brancher ça sur votre flux Seenthis (ou sur un flux commun, sur le flux d’un tag, que sais-je) : #archivage_militant

    via @nicod_ via @clochix
    ping @fil

  • Disque Course à pied
    Par le Groupe son de Jef Klak

    http://jefklak.org/disque-course-a-pied

    On ne change pas les bonnes habitudes : le dernier numéro de la revue Jef Klak , (n°5 - « Course à pied ») enflamme vos esgourdes d’un disque de créations sonores inédit. Concocté par le groupe son du collectif tout au long de l’année 2018, il prolonge l’exploration du thème papier. À écouter de toute urgence pour, tour à tour, se sauver, se remémorer, s’arracher, fuir les condés, garder la forme ou même rêver en sprint. Reportages, musiques, interludes du futur : Oï Oï Oyez !

    • Merci. Message transmis au collectif. On en avait déjà discuté dans le groupe, mais je crois que la part « graphique » de Jef avait insisté sur la possibilité d’avoir des visuels avec les sons, ce que archive.org ne semble pas offrir... Bref, un débat récurrent sur : oui pour plus de libre, non pour y sacrifier l’esthétique.. Si vous avez des idées, on prend !

      @intempestive @supergeante

    • Soundcloud est effectivement gratuit pour celles et ceux qui l’écoutent, mais présente d’autres inconvénients : pas de flux RSS (enfin, la possibilité existe, mais c’est si fortement découragé que personne n’est au courant), incitation à créer un compte pour suivre les nouveautés, captation des données d’écoute et d’usage.

      Côté productrices et producteurs de son, la plateforme présente l’inconvénient d’être payante à partir d’une certaine durée de sons - mais je conçois qu’on estime que certains services méritent paiement. Autres inconvénients, bien plus importants ceux-là : captation des données d’usage et d’écoute, hiérarchisation des sons en fonction de leur viralité (comptage public du nombre d’écoutes, incitation à commenter) et, last but not least, incertitude récurrente sur l’avenir de la plateforme. Sa fin proche a été annoncée à plusieurs reprises, et avec elle, l’écrasement de tous les fichiers sons.

      L’Internet Archive présente non seulement beaucoup de stabilité et des garanties que cela durera en toute indépendance (c’est une solution d’archivage fiable), mais promeut le partage de l’ensemble des connaissances. Les écoutes ne sont pas quantifiées publiquement (je ne sais pas si elles le sont dans la partie privée) et l’architecture se veut la plus horizontale possible. Elle permet par ailleurs de s’inscrire dans d’autres communautés que celles offertes par Soundcloud : la plateforme est très utilisées par les netlabels ou les média-activistes, aussi bien que certaines institutions soucieuses de donner un large accès au patrimoine public.

      Pour l’aspect graphique, le jeu peut précisément être de trouver comment faire à partir des contraintes formelles de l’Internet Archive (un player unique noir). Voir notamment à ce propos la réflexion de Jérémie Zimmermann pointée par @supergeante : « le user-friendly est un piège intellectuel » (https://seenthis.net/messages/732676). Par ailleurs, de mon point de vue (et d’oreille), l’importance accordée au visuel chez Soundcloud ne dénote rien de positif, mais au contraire, manifeste un attachement à la communication, à la compatibilité avec les réseaux sociaux privatifs et à la primauté de l’image. Toutes choses, s’il est utile de le préciser, qui me paraissent contredire ce que des créations sonores comme celles de Jef Klak portent :).

    • Arf, nous voilà encore avec de belles discussions lors de la prochaine AG du collectif, à laquelle vous êtes d’ailleurs convié·es ;-)

      Entre primauté de l’image et absence d’image, il semble tout de même y avoir un pas. Idem entre communication et accueil de l’auditeur·trice. C’est vrai que cela rejoint les débats que nous avions ici sur Facebook par exemple. Pour un petit média comme nous qui peinons à être connu, comment se soustraire aux réseaux sociaux privatifs sans nous condamner à la confidentialité ?

      C’est un peu pareil avec les images : en fait certain·es d’entre nous préfèreraient ne faire que du papier, du CD/Vynile avec livret et ne pas avoir à passer par le net du tout. D’autres pensent qu’on n’est pas assez nombreux·euses pour une diffusion exclusivement papier-CD qui soit conséquente, et que la gratuité relative du net permet un accès à plus de monde, qui n’ont pas forcément les moyens financiers ou l’habitus d’acheter en librairie.

      À partir de là, pourquoi accepter un player unique noir si on ne fait pas un CD monochrome ni une revue sans images, etc. ?

      On se retrouve avec une autre tension : nous retirer du net, ou bien attendre, participer à, la création d’outils informatiques qui soient non pas « user friendly » mais en cohérence avec le minimum d’esthétique et d’ouverture politique que nous essayons de proposer ? Car l’esthétique fait partie du politique et inversement, etc.

      Nous sommes toujours à l’étude d’une rencontre intermédias et « usager·es » de nos médias pour pousser plus avant ces questions en irl. Merci @intempestive de nous rappeler à cette tâche d’organisation que nous avions délaissée. Mais diable, qu’il y a de choses à faire pour si peu de forces en présence !

      À tantôt.

    • Yep, @intempestive la prochaine AG tombe le week-end du 1er décembre, et une partie de l’équipe, notamment sonore sera pourtant à Bruxelles, won’t you ? Pour d’autres qui seraient intéressé·es pour une AG, elles sont ouvertes depuis toujours, il suffit de nous écrire à contact@jefklak.org ;-) Viva ! Ven ven ven !

    • Ça va être la méga fiesta alors. Le programme du 1er décembre est méga fat. Je ne sais pas pour les auditeurs mais à faire les 35 ans 35 heures c’était magique.

      Pour soundcloud, il y a aussi la question de l’obligation de connexion permanente. Par rapport aux podcasts, téléchargeables soundcloud et mixcloud me posent ce problème, l’impossibilité d’écouter hors ligne (Donc débauche de bande passante). J’aime ecouter les créations radio en marchant, au jardin, en voiture, en train, en faisant la cuisjne, la nuit dans mon lit, dans plein d’endroits de non connexion choisie ou forcée.

      Je suis revenue sur la question de la gratuité, et j’ai décidé de payer pour une certain nombre de services faussement gratuits comme l’email. Donc, le problème ce n’est pas ça.

      A la limite, je préfère bandcamp, ou tu peux permettre à la fois l’écoute en streaming et le téléchargement gratuit ou payant. Après, tu peux écouter depuis le logiciel que tu veux les contenus récupérés.

      Le fait de pouvoir en tant que producteurs proposer aux personnes qui écoutent le fait de pouvoir écouter gratuitement à l’essai peux être prolongé par des formes de vente quand c’est nécessaire. Les codes de download sont aussi une façon intermédiaire que ne trouve meilleure que le streaming cloud seul.

    • Sur la question de l’usage des réseaux sociaux, j’en discutait avec des groupes associatifs et militants bruxellois récemment (genre nova etc.) Je trouve difficile de trancher, par ex. Fb c’est aussi une sorte d’agenda d’événements. A panik, il y a des comptes Instagram et un groupe, tous les deux non officiels et autogérés par les émissions que ça branche. C’est une sorte de décision non décision conseunsuelle. Je sais que c’est vital pour certaines émissions, pas pour d’autres. J’ak tendance a suggerer d’utiliser seenthis ou mastodon et d’utiliser les flux rss automatiques pour renvoyer vers Twitter ou fb. Ça permet d’être visible tout en renvoyant votre public ou utilisateurs vers une autre plateforme... Je ne vois pas de solution simple. Je donne des cours à des 20-25 ans et on ne vit pas du tout dans le même monde, c’est difficile de juste refuser ces plateformes, je crois qu’il est possible de penser une sorte de moyen terme sans renoncer à ses valeurs ou identité politique.

      Un autre débat, c’est la question de la vidéo à la radio, mais on an discutera une autre fois ?

  • Tocqueville dans les déserts américains
    http://www.dedefensa.org/article/tocqueville-dans-les-deserts-americains

    Tocqueville dans les déserts américains

    Splendeur méconnue, Quinze jours dans le désert. Le texte est bref, disponible sur archive.org, profitez-en. Je l’ai redécouvert par une lectrice qui m’en a envoyé un extrait.

    Notre auteur décrit sa confrontation avec les déserts américains, dans la région de Détroit qui n’est pas la plus belle de ce paradis encore presque intact. Il voyage avec Beaumont et oppose le paradis présent au futur développé. On l’écoute qui révèle ici sa prodigieuse sensibilité et son fatalisme inquiet. On pensera une autre fois à l’école de peinture de Hudson, à Thomas Cole, à l’allemand Bierstadt qui devait s’illustrer un peu plus tard, plus à l’ouest.

    Sur Détroit :

    « Nous arrivâmes à Detroit à trois heures. Detroit est une petite ville de 2 à 3.000 âmes, que les jésuites ont fondée au milieu (...)

  • Le vicomte de Bonald et le lugubre destin anglo-saxon
    http://www.dedefensa.org/article/le-vicomte-de-bonald-et-le-lugubre-destin-anglo-saxon

    Le vicomte de Bonald et le lugubre destin anglo-saxon

    Nous sommes dominés par le monde anglo-américain depuis deux siècles, et sommes à la veille de la troisième guerre mondiale voulue par ses élites folles. Alors une petite synthèse.

    J’ai glané ces citations sur archive.org, dans les dix-sept volumes de Bonald (1754-1838), cet unique défenseur de la Tradition (j’allais écrire bon guénonien : hyperboréenne) française. Je les distribue à mes lecteurs au petit bonheur.

    A l’époque de Macron et de l’oligarchie mondialiste, ce rappel :

    « Ceci nous ramène à la constitution de l’Angleterre, où il n’y a pas de corps de noblesse destinée à servir le pouvoir, mais un patriciat destiné à l’exercer. »

    J’ai souvent cité ce surprenant passage des Mémoires d’Outre-tombe de Chateaubriand (3 L32 Chapitre 2) :

    « (...)

  • Contre nous de l’algorithmie, l’étendard sanglant est levé.
    https://archive.org/details/ContreNousDeLAlgorithmie

    [je me suis rarement autant régalée à lire un article !] "Le sentez-vous l’air du temps ? Il souffle fort contre les GAFAM qui dans l’une de ces si paradoxales formes de consécration ne se sont jamais aussi bien portés, n’ont jamais aussi bien supporté la critique....This item has files of the following types : Apple Lossless Audio, Archive BitTorrent, JPEG, Metadata

    #audio/opensource_audio #GAFA,_controle_social,_capitalisme_de_la_surveillance,_GAFAM,_facebook,_google,_amazon,_apple,_microsoft,_démocratie,_pouvoir

  • #27oct : Lectures Pour Zyed Et Bouna
    (pour ne pas oublier)
    https://archive.org/details/27octLecturesPourZyedEtBouna

    27 octobre 2005, Clichy-sous Bois. Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, meurent électrocutés après une course-poursuite avec la police. Le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, prétend alors que les enfants sont des voleurs. A tort. Les amis des adolescents, leurs voisins, la jeunesse des quartiers populaires, ripostent par des émeutes qui, comme une traînée de poudre solidaire, se propagent à des centaines de villes partout en France.

    Lectures pour ne pas oublier :

    Adel Benna, frère de Zyed : « La France est devenue un cauchemar »
    http://atouteslesvictimes.samizdat.net/?p=1537
    https://archive.org/download/27octLecturesPourZyedEtBouna/27oct_A-Benna_Fr_devenue_cauchemar.mp3

    #DevoirDeMémoire : Zyed Benna et Bouna Traoré.
    https://nantes.indymedia.org/articles/38955
    https://archive.org/download/27octLecturesPourZyedEtBouna/27oct_Devoir-de-memoire_Zyed_Bouna.mp3

    27 octobre 2005 : Zyed et Bouna sont assassiné par la Police !
    https://rebellyon.info/27-octobre-2005-Zied-et-Bouna-sont
    https://archive.org/download/27octLecturesPourZyedEtBouna/27oct_Zyed-Bouna_assassines_police.mp3

    ZIED ET BOUNA : « Il ne faut pas oublier »
    http://atouteslesvictimes.samizdat.net/?p=1530
    https://archive.org/download/27octLecturesPourZyedEtBouna/27oct_il_ne_faut_pas_oublier.mp3

    Le 27 octobre 2005, Zyed et Bouna mouraient et au-dessus de nous, les hélicoptères
    http://www.bondyblog.fr/201710270856/le-27-octobre-2005-zyed-et-bouna-mouraient-et-au-dessus-de-nous-les-helico
    https://archive.org/download/27octLecturesPourZyedEtBouna/27oct_Zyed-Bouna_au_dessus_helico.mp3

    27 octobre : lectures pour Zyed et Bouna (intro)
    https://archive.org/download/27octLecturesPourZyedEtBouna/27oct_lectures_pour_Zyed_et_Bouna.mp3

    #audio #opensource_audio #Zyed_et_Bouna, #devoir_de_memoire, #Zyed_Benna, #Bouna_Traore, #violences_policieres, #impunite

  • Augustin Cournot, découvreur de la posthistoire
    http://www.dedefensa.org/article/augustin-cournot-decouvreur-de-la-posthistoire

    Augustin Cournot, découvreur de la posthistoire

    « …Il doit aussi venir un temps où les nations auront plutôt des gazettes que des histoires… »

    Henri de Man a pertinemment souligné l’importance du mathématicien, épistémologue et philosophe français Augustin Cournot, un génie méconnu qui a inventé au milieu du XIXème siècle la notion de posthistoire. Je suis allé voir ses œuvres sur archive.org et y ai trouvé quelques remarques écrites vers 1850. Cournot a été un grand mathématicien, un historien des sciences, un économiste chevronné, un philosophe, mais un modeste inspecteur de l’instruction publique ! Il fait penser à Kojève qui a fini fonctionnaire européen à Bruxelles…

    Cournot incarne parfaitement ce génie médiocre, petit-bourgeois à la française, qui depuis Descartes ou Pascal jusqu’aux intellectuels du siècle (...)

  • Athelstan Spilhaus
    https://le-cartographe.net/blog/archives/342-athelstan-spilhaus

    En 1942, l’océanographe et géophysicien Athelstan Frederick Spilhaus d’origine sud-africaine, réalise une carte fascinante. Les régions marines sont représentées au centre du monde. Une immense mer intérieure (un peu plus de 70% de la surface de la Terre) apparait sous nos yeux. Rappelons tout de même que l’Océan mondial génère plus de 60% des services écosystémiques qui nous permettent de vivre, à commencer par la production de la majeure partie de l’oxygène que nous respirons. Cette carte est ainsi toute symbolique de l’importance des mers. Afin de réaliser celle-ci l’auteur utilise les principes des deux projections suivantes. La projection de Ernst Hammer et celle d’August Heinrich Petermann (co-auteur avec Hermann Berghaus et Carl Vogel de l’Atlas Stieler). Le résultat est une projection interrompue dans laquelle les océans forment une unité. C’est à la fois génial et totalement déroutant. La déformation est telle que le continent américain et asiatique sont completement écartelés. L’Europe, l’Afrique et l’Asie du Sud-Est concervent en revanche une forme cohérente. Cette projection est rarement utilisée et c’est bien dommage !

    via @fil

    dans la nécro du 1/04/1998 qu’on trouve en note on apprend qu’il était l’un des (nombreux) papas de Roswell 1947…

    • Certains de ses livres sont dispo sur archive.org en “prêt” :
      “Satellite of the sun” et “Weathercraft”. “Atlas of the World With Geophysical Boundaries”, son livre de projections, je ne l’ai pas trouvé en scan, je l’ai commandé en papier.

  • A Team of Volunteers Is Archiving #SoundCloud in Case it Dies
    https://motherboard.vice.com/en_us/article/a3d4x8/archive-team-soundcloud
    Spurred by recent reports the German streaming music and audio company may be running out of cash, The Archive Team is racing to preserve sound files—at high cost.

    Scott estimates SoundCloud’s entire library is 1 petabyte (or 1 million gigabytes) in size. But a page on Amazon’s Web Services solutions site highlights SoundCloud as a case study customer, and says that SoundCloud was storing 2.5 petabytes of data.

    “I think that page on Amazon’s AWS page is using old numbers, and they have little initiative to round downwards,” Scott wrote.

    Motherboard emailed Amazon’s and SoundCloud’s press addresses to confirm the numbers, but did not receive responses in time for this article’s publication

    Either way, we’re talking about a lot of cash. Scott said that at 1 petabyte, it would cost between $1.5 million and $2 million to store all the files for the foreseeable future on server space loaned out from the separate Archive.org, the non-profit organization that manages the Internet Archive (where Scott is also employed). Figuring Scott’s estimate of a cost of $1500 per terabyte to store on Archive.org servers, storing 2.5 petabytes for the foreseeable future would cost $3.75 million.

    #archive.org #archivage

  • L’armée «accro» à Microsoft ?
    http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2016/10/18/larmee-accro-a-microsoft/#more-7014

    Cash Investigation diffusera ce soir une enquête sur le contrat, qualifié d’« open bar », passé entre Microsoft et le ministère de la défense, et basé sur des documents que j’avais rendu publics en 2013 sur le site du Vinvinteur, une émission de télévision quelque peu déjantée qui m’avait recruté, mais dont le site web a disparu. Je me permets donc de republier ladite enquête, consultable sur archive.org, qui archive le web, mais qui n’est pas indexé par Google (& Cie). Il eut été dommage de laisser (...)

    #Microsoft #domination #lobbying

  • L’ARMÉE “ACCRO” À MICROSOFT ?

    http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2016/10/18/larmee-accro-a-microsoft

    Cash Investigation diffusera ce soir une enquête sur le contrat, qualifié d’« open bar », passé entre Microsoft et le ministère de la défense, et basé sur des documents que j’avais rendu publics en 2013 sur le site du Vinvinteur, une émission de télévision quelque peu déjantée qui m’avait recruté, mais dont le site web a disparu. Je me permets donc de republier ladite enquête, consultable sur archive.org, qui archive le web, mais qui n’est pas indexé par Google (& Cie). Il eut été dommage de laisser cette enquête disparaître… Ceux qui voudraient en savoir plus peuvent aussi consulter le site de l’association April de promotion des logiciel libres, qui suit et documente ce contrat depuis des années.

    « L’armée capitule face à Microsoft » : confirmant une information du site PCInpact -qui avait levé le lièvre dès 2008-, le Canard Enchaîné a révélé mercredi dernier que l’armée française était sur le point de reconduire un contrat, sans appel d’offres, avec Microsoft. Problèmes : il « coûte cher, augmente les risques d’espionnage et se négocie… dans un paradis fiscal » .

    En 2007, Microsoft proposait au ministère de la Défense de centraliser les multiples contrats passés entre l’éditeur de logiciels américain et l’armée française. En 2008, un groupe de travail constitué d’une quinzaine d’experts militaires était chargé d’analyser la « valeur du projet » de Microsoft.

    Pour les experts militaires, l’offre de Microsoft « est la solution qui comporte le plus de risques rédhibitoires » :

    – coût du renouvellement du contrat à technologie identique,
    – coût de sortie de la technologie,
    – adhérence à des formats ou architectures propriétaires,
    – construction budgétaire,
    – juridique européen,
    – perte de souveraineté nationale,
    – addiction aux technologies Microsoft
    – portes dérobées (back doors) ou blocage ;
    – affaiblissement de l’industrie française et européenne du logiciel.

    Non contents de constater que l’offre Microsoft (S2) comportait « dix risques rédhibitoires » , les experts militaires pointaient également du doigt « trois critères destructifs » , censés se caractériser par « un seuil au delà duquel le scénario est rejeté » .

    En conséquence de quoi, le groupe de travail concluait son rapport en qualifiant l’offre faite par Microsoft de « scénario le plus risqué » , avec un « ROI (retour sur investissement -NDLR) incertain » , ce pourquoi il concluait en écrivant que « ce scénario est donc fortement déconseillé » .

  • Romain Caillet est fiché S pour son passé de jihadiste, qui n’a plus rien à voir, bien sûr, avec son présent de salafiste modéré :
    http://teleobs.nouvelobs.com/actualites/20160504.OBS9881/romain-caillet-le-m-djihadisme-est-fiche-s.html?xtref=https://www.facebook.com/#https://www.facebook.com

    Au milieu des années 2000, Romain Caillet, qui intervenait sur les forums islamistes sous le pseudonyme de « Colonel Salafi », ne cachait pas ses positions en faveur du djihad. Vivant en Egypte, il suivait notamment les cours de l’institut Qortoba, fermé en 2005 à la demande des services de renseignements occidentaux qui y voyaient une officine de recrutement djihadiste. Il y fréquentait notamment les frères Clain, dont l’aîné, Fabien, réputé être aujourd’hui un cadre important de Daech, a revendiqué les attentats de novembre dernier pour le compte de l’organisation terroriste. Il le reconnaîtra au cours d’une garde à vue dans les locaux de la Sous-Direction anti-terroriste (SDAT) en janvier 2008. Il précisera :
    « Sur le djihad, je ne suis plus d’accord avec les Clain. Depuis mars 2007, je ne suis plus pour le djihad parce que je m’oppose au fait d’entraîner des jeunes pour se sacrifier à mourir sans avoir acquis au préalable les bases de l’islam. »

    Et de préciser, doctement : « Les dirigeants d’Al-Qaida sont des ignorants. » Dans cette confession inédite, que « TéléObs » a pu consulter, il fera également part de ses remords d’ancien propagandiste djihadiste : « J’espère ne pas avoir été la cause d’enrôlement de jeunes au djihad. J’ai essayé de réparer mes erreurs en postant [sur internet, NDLR] des repentirs publics. » Après cet interrogatoire, il changera effectivement de pseudo sur les sites islamistes, expliquant à ses correspondants son revirement : « Quand j’étais djihadiste, je dormais mal la nuit en pensant aux attentats. » La justice ne retiendra aucune charge contre lui.

    Mais de ce passé controversé, Romain Caillet a hérité d’une fiche « S » à son nom, toujours active dans les services antiterroristes aujourd’hui. Elle a notamment ressurgi en marge de la récente enquête sur l’affaire Sid Ahmed Ghlam, cette tentative d’attentat contre une église de Villejuif dans laquelle une jeune fille a été assassinée. Le seul tort de Romain Caillet était d’avoir été en contact avec un ancien ami du temps de l’Egypte, en relation avec le réseau terroriste.

    Pour mémoire les services libanais lui ont demandé il y a quelques temps de quitter le territoire : http://seenthis.net/messages/347851 , selon l’article pour des « raisons obscures ».

    • #Enorme comme dirait l’autre (même si ça circulait déjà sur Twitter, mais sans preuves).

      En revanche, comme pour son départ de Beyrouth, je pense qu’on va à nouveau traiter le sujet en évitant soigneusement certains éléments…

      – Ce type n’est pas sorti de nulle part : c’est un produit de l’écurie Burgat.
      – Il doit sa « crédibilité » à des instances de légitimation universitaires.
      – Il doit aussi sa crédibilité à des publications qui n’ont cessé de le citer.
      – Et ces instances (universitaires/médiatiques) ont continué à le légitimer alors même que « tous les voyants » étaient au rouge, et que sans même connaître les détails de son passé, on pouvait déjà trouver ses positions très identifiables.

      Il faut aussi s’interroger (ce qui ne sera pas fait, j’en suis certain) sur l’utilité de ses publications…
      – Caillet a été l’un des seuls analystes à donner du crédit au bouffon/escroc de Saïda, Ahmad Assir (alors qu’il bénéficiait lui-même d’une légitimation institutionnelle française).
      – Il a été clairement utile à légitimer la rébellitude syrienne, et cela en partenariat direct avec Burgat. (Thèmes : Al-Nusra est trop violent pour ne pas être une création du régime ; et : la rébellion n’est sectaire que comme conséquence des manipulations du régime, alors que les troupes pro-régime sont dès le début motivées avant tout par des considérations sectaires – ce qui mène au thème des « jihadistes chiites ».)
      – Presque accessoirement (mais c’était pour moi le signe le plus dangereux) : travail de délégitimation systématique de l’armée libanaise, et à l’inverse légitimation du terrorisme contre le Liban (un très beau moment : attentat dans Beyrouth présenté comme « l’anti-impérialisme » qui a changé de camp, puisque maintenant l’anti-impérialisme ce serait faire sauter des bombes pour libérer le Liban de l’occupation par le Hezbollah…).

      Et le détail qui ne sera jamais interrogé : pourquoi un ancien fanatique jihadiste passe-t-il son temps à dire toute son admiration pour l’armée israélienne ?

    • Bonjour, c’est passionnant ce que vous racontez. Donc le « djhadisme chiite » c’est une pure construction ? Al-Nusra est un un produit d’Assad ? Sinon, c’est un hasard si la position du Quai d’Orsay pro-rebelles en Syrie est proche de celle de Caillet ?

      Il y un papier de blog du Monde.fr sur le « djihadisme chiite » : http://syrie.blog.lemonde.fr/2015/04/13/les-djihadistes-chiites-lautre-menace-pour-lavenir-de-la-syrie-et

    • Vous avez mal saisi ce que disait Nidal sur al-Nousra.

      Al-Nousra est une excroissance de l’Etat islamique en Irak (alors filiale irakienne d’AQ) avant que les deux groupes ne se scindent à partir de 2013.
      C’est Caillet qui a prétendu au début (en 2012) qu’il se pourrait bien que ce soit une création d’Assad, selon lui pour discréditer la gentille rébellion syrienne : http://seenthis.net/messages/286112#message286294
      Ça m’étonnerait fort que quiconque ose encore soutenir publiquement une telle connerie, y compris Caillet - même si un de ses variantes a la vue dure : « Assad a créé Da’ich ».
      Pour quelqu’un qui prétend détenir son expertise de la fréquentation et de discussion avec des jihadistes, Caillet s’est posé là !

      Je m’appuie ici sur « Etat islamique, le fait accompli » pages 45-46 de Wassim Nasr. Un an après les supputations fantaisistes de Caillet, en avril 2013, al-Baghdadi (chef de l’Etat islamique en Irak) diffuse un communiqué audio où il raconte que c’est lui qui a décidé de la création d’al-Nousra comme branche armée de l’EII en Syrie et qu’il avait mandaté al-joulani pour cela et l’appelant « un de ses soldats ». Dans le même communiqué il ordonne la dissolution d’al-Nousra et sa fusion avec l’EII dans une nouvelle entité : l’EIIL (Da’ich).
      al-Joulani (chef d’al-Nousra) admettra dans une réponse à ce communiqué, les informations données par al-Baghdadi mais refuse la fusion dans l’EIIL et renouvelle son allégeance à al-Zawahiri et al-Qaïda.
      Début du conflit entre les deux groupes jihadistes...
      Un peu plus tard al-Zawahiri acceptera publiquement l’allégeance d’al-Joulani et al-Nousra deviendra « officiellement » l’"Organisation al-Qaïda au pays de Sham".

    • Autre aspect rigolo, comme le fait remarquer un bon copain : Caillet est une assez parfaite illustration de la théorie d’Olivier Roy (et donc un contre-exemple de la théorie de Burgat).

    • Je ne suis pas certain qu’il faille se réjouir de la possibilité d’être condamné (à la perte de son boulot, à la vindicte populaire) sur la base de simples fiches de police opportunément jetées en pâture, sans jugement, sans justice. Ce n’est une bonne nouvelle ni pour les chercheurs, ni pour les journalistes - quoi qu’on pense de ce qu’écrit RC (dans lequel il y a, à mon sens, sans doute plus d’absence de réflexion sur les contraintes de l’expression publique que de machiavélisme).

    • @argos : j’aurais pu le préciser ici, comme je l’ai fait hier sur Twitter : le thème de la fiche S n’est absolument pas intéressant (et plutôt contre-productif à mon avis). C’est tellement n’importe quoi qu’on pourra même trouver des gens à s’en gargariser. En revanche, le thème qui circulait de manière relativement souterraine sur Twitter (et sans preuves jusqu’à hier), ce sont ses messages en tant que « Colonel Salafi » sur Ansaar.info (et, selon ces méchants messages, sans doute sous une autre identité sur un autre site, je te laisse chercher). Quand quelqu’un parviendra à mettre la main sur les archives de ces messages (j’ai essayé, même Archive.org n’a pas grand chose à proposer), on pourra vraiment commencer à rigoler.

      J’ai modifié mon message, je n’avais pas vu ceci : BFMTV renvoie Romain Caillet : l’expert affirme qu’il ne se savait pas fiché
      https://francais.rt.com/france/20154-affaire-romain-caillet--bfm

      Suite aux révélations sur Romain Caillet, fiché S et proche de djihadistes, la chaîne d’information en continu a décidé de mettre un terme à leur collaboration. Depuis plusieurs mois, il officiait en tant que consultant sur le terrorisme.

    • Sur le fameux « Colonel Salafi », pas grand chose d’accessible sur le Web. Juste des mentions dans ce vieil article d’octobre 2004 : Internet : visite d’un site jihadiste en langue française
      http://www.terrorisme.net/p/article_133.shtml

      Le 8 octobre 2004, un membre du forum d’Ansaar.info utilisant le pseudonyme de Colonel salafi (sic) accompagné d’une photographie d’Ayman al-Zawahiri est fier de pouvoir annoncer la bonne nouvelle à ses camarades : « L’imam des Habaches s’est fait planter » (re-sic). Il fait référence à l’agression au couteau de la part d’un déséquilibré, dont a été victime le jour même l’imam du Centre islamique de Lausanne, qui appartient en effet au mouvement controversé des Habaches. Colonel salafi - on peut présumer qu’il n’a pas tout à fait atteint l’âge habituellement associé au grade dont son pseudonyme le pare... - affiche de petits « emoticons » (smileys) réjouis à la fin de son message. Pour toute réponse, Abou Aymane, superviseur du site, qui arbore pour sa part l’image d’un combattant masqué avec une mitraillette à la main, lance une aimable imprécation à l’intention des Habaches : « Qu’Allah leur envoie la peste ou le choléra ! »

      Bienvenue sur le site Ansaar.info, dont le forum affiche en bande de titre « Gloire et pureté à l’Islam ! », sur fond de mitraillette. Le type de vocabulaire utilisé, les discussions, montrent vite que la plupart des habitués du forum ne vivent pas dans le monde arabe, mais surtout dans des banlieues de grandes villes francophones d’Europe. « Rien en français ? », interroge une jeune fille aux inclinations jihadistes, déçue de ne trouver que des sites en arabe dans une longue liste de bonnes adresses recommandées aux admirateurs d’Oussama ben Laden et de ses pareils.

      […]

      De même, la libération des deux otages italiennes en Irak a été évoquée par Colonel salafi de façon approbatrice, sous le titre « Les innocents n’ont rien à craindre des mujahidin » :

      « Parce qu’en tant que militantes altermondialistes ; elles étaient forcément contre la guerre en Irak. Parce qu’elles effectuaient un travail humanitaire. Et enfin, parce que ce sont des femmes. Je pense que leur libération est conforme aux lois de la guerre selon la shari’a et que la da’wa des mujahidin en Irak touchera encore plus de coeurs, insha Allah. »

    • Ce serait pas possible de faire un papier posant des questions sur Caillet et de manière générale sur l’essor de la « jihadologie » ? Il manque vraiment un contre-argumentaire/enquête qui pose des questions sur ce groupe de jihadologues qui a le vent en poupe.

  • Si vous voulez vous abonner au podcast de #Radio_Debout, voilà le lien rss pour les archives mises en ligne sur archive.org (leurs liens rss ne sont pas très intuitifs à trouver, mais ils marchent :) )
    https://archive.org/advancedsearch.php?q=RadioDebout+mp3&fl[]=mediatype&sort[]=&sort[]=&sort[]=

    ou si on ne cible pas les liens mp3 :
    https://archive.org/advancedsearch.php?q=RadioDebout&fl[]=contributor&sort[]=&sort[]=&sort[]=&r
    (cc @booz si tu veux mettre le lien sur twitter ;) )

    et sinon, toujours
    http://mixlr.com/radiodebout
    pour le direct

    et pour les archives
    https://archive.org/details/@radiodebout
    ou
    http://mixlr.com/radiodebout/showreel
    ou
    https://soundcloud.com/radiodebout

    #audio #Nuit_Debout #radio #luttes_sociales

  • Il est pas mal question depuis deux, trois jours, de la recomposition du prix du festival d’Angoulême, après la départ de Sattouf de la liste des nominés. Vous êtes, je suppose, déjà au courant de tout ça.

    Bon. Jusqu’ici je me suis toujours foutu royalement de ces prix à la con, je ne suis pas concerné par leur existence, qu’il s’agisse de BD ou de mérite agricole.
    Mais là, un truc me parait bizarre :
    Bon, comme tout le monde, j’imagine, j’ai du coup jeté un oeil à la liste des grands prix précédents. On ne peut pas dire que les femmes s’y bousculent non plus pendant 40 ans. Et tant que j’y suis, je serai assez curieux de voir les fameuses listes des nominés pendant ces 43 dernières années, pour voir si, par hasard, ce désert ne serait pas, au fond, la coutume.
    Où je veux en venir ? Là : cette année, il appert que ce truc dont tout le monde se fout depuis 43 ans - le sexisme de ce prix, celui du monde éditorial et institutionnel de la bande dessinée - hé bé là tout le monde est drôlement soucieux de son éthique. Partout en ligne, dis-donc. Dingue.

    Le monde entier de la bédée se serait-il enfin mis à lire Butler et Preciado ? Sans déconner ?.. Si ça pouvait être vrai...
    Ma question n’est donc pas « Pourquoi que y’a pas de femmes dans la liste ? », parce que la seule chose vraiment nouvelle sous le soleil, c’est « Pourquoi que d’un coup tout le monde est féministe ? » (alors que toute l’année, j’entends dire exclusivement des saloperies sur les féministes, sur le ton patelin du « Oui oui c’est important, bien sûr, les femmes, tout ça, mais y’a les manières quand même et les féministes, hein, ils les ont pas » et du « Quand même, faut pas pousser, c’est pas l’Iran ici » etc. J’apprends que dalle aux seenthisiens)
    Sattouf est-il le premier à avoir amorcé ce mouvement en se retranchant de la liste ? J’en sais rien et je m’en fous (* les commentaires qui ont suivi cet article me révélèrent une chronologie de la prise de position publique et de son relai médiatique également lourde de sens, en vérité, par des saloperies de journalistes toujours en mal d’incarnation et, au passage, d’incarnation virile ) ; mais y’en a un, donc, qui a dit un truc.
    Hop. C’est public.
    Après, que reste-t-il à faire aux autres, pris dans le cadre de cet énoncé, pour ne pas avoir l’air de petites merdes quand ils sont :

    a) Des auteurs concernés par le prix et mis en lumière comme éventuels complices silencieux

    b) Des femmes auteurs qui s’en branlent toute l’année mais qui d’un coup sont toutes très très Tanxx dans leur tête

    c) Des journalistes de mes deux qui sont juste des journalistes de mes deux ?

    d) Des pangolins

    On peut y ajouter les féministes légitimement agacés d’un coup de voir que leur lutte, dont tout le monde se fout, d’un coup tout le monde s’en fout plus pour au moins, oula !, une bonne quinzaine de jours, hein, avant que ça reparte de plus belle dans le rien.

    Que tous les pignoufs du coin trouvent l’occasion à peu de frais de se donner l’air concerné par des trucs, histoire de gagner des points d’éthique publique, voilà qui ne m’étonne pas. Faux-derches.
    Maintenant que ça c’est posé, c’est pas ça qui va résoudre le problème épineux du choix pour raccommoder le manteau du roi nu... De quel tiroir sortiront les auteures de la liste du futur, vu les endroits glauques où les éditeurs s’obstinent à les ranger depuis toujours ces publications féminines, à savoir le tiroir femme qui cloisonne et recloisonne un ordre du monde masculin et remasculinisé ? (je parle bien du problème auquel nous renvoie ce prix et son cadre particulier, qu’il a consolidé depuis 43 ans).
    Ceci invitera plutôt à un constat général, montrant assez vite que si les femmes qui font des bandes dessinées sont nombreuses, et de plus en plus, elles ont peu de chance de rentrer dans les critères d’eligibilité de ce prix.
    Qui sont-elles, et que sont-elles devant ces critères ?
    Bon, il y a évidemment nos chères vivantes disparues (vous me direz, on a bien élu Watterson, hein) du genre Claveloux (qui ne fait plus que de l’illustration à ma connaissance depuis belle lurette) ou Rita Mercedes, idole de mon adolescence (belle réapparition à l’Asso après tant d’années de disparition de notre champ disciplinaire).
    Je ne suis pas chez moi pour mettre le nez dans ma bibliothèque, mais on peut se rappeler que pas mal de trucs ont été tués dans l’œuf depuis les années 70, rejet, épuisement etc. personnels ou collectifs ( je pense à l’expérience géniale de « Ah ! Nana ! » https://clio.revues.org/4562 ), chemin désertifié duquel ressort invariablement la toute petite famille sans cesse nommée pour masquer le vide angoissant : Cestac, Brétécher, Montellier, Puchol, Goetzinger.

    restent :

    -- les saloperies à la pelle dont la merdicité girly est coresponsable de la situation désastreuse dans laquelle se tient la bande dessinée féminine. Je ne veux nommer personne, je refuse toute distinction hiérarchique dans un tel tas de caca, mais quand Bagieu monte au créneau, franchement, je luis suggèrerais plutôt de s’acheter un miroir (à l’époque de "Ah Nana ! , on lui aurait caillassé la gueule, si vous voulez mon avis). Elles sont à la bd faite par des femmes ce qu’un Van Hamme est à celle faite par des hommes, une taule. En lauréer une seule serait une contreperformance désastreuse, un effet rigoureusement opposé à celui désiré, un entérinement dans une partition du monde déjà bien écrasante.

    -- la palanquée d’auteures brillantes qui ont contre elles leur trop petite biblio pour un festival qui mesure le talent à la tonne de papier imprimé ( et également un autre petit gros handicap, qu’elles ont de commun avec la liste suivante, vous verrez) : Joanna Hellgren, Aurélie William-Levaux, Debbie Dreschler, Juhyun Choi, Delphine Duprat, Dominique Goblet, Isabelle Pralong, etc. il me faudrait une page entière de ce forum pour les évoquer ; ce sont elles, les femmes qui agrandissent chaque jour la compréhension et les formes de la bande dessinée. Avec ou pas un travail marqué par la féminité comme question, comme objet de leurs récits - aucune raison, sinon sexiste, de l’attendre systématiquement, ce qui pourtant est le cœur battant des critiques de livres féminins - , mais jamais incarnant ces polarités de genres qui nous tuent à petit feu et qu’il va bien falloir liquider un jour ou l’autre (Haraway, viens à notre aide !). Comment un quarteron de vieux schnocks pourrait-il simplement les VOIR ?

    -- les auteures historiques géniales, comme Aline Kominsky, Phoebe Gloeckner, Trina Robbins, Julie Doucet etc. : copieuses, pourrait-on dire, hein, mais toujours trop invisibles et pas assez populaires (entendez : aimables et lisibles par des singes) pour un festival aveugle depuis la fin des années 80 à toute modernité (à quelques très rares exceptions près, et à la condition que les auteurs aient arraché péniblement un peu d’intérêt du grand public ou qu’on leur doive également quelques œuvres dites "populaires" : Crumb - en 1999, bon sang ! - Blutch, Spiegelman - en 2011, ah ah ah ah - Willem - et on se souvient du scandale qui en découla chez les vrais-amateurs-de-bédé...).

    Ce qui veut dire que ce pauvre festival, prix au piège de ses propres catégories débiles (grosse biblio, succès populaire) va devoir aller chercher Montellier ou Goetzinger pour donner du sens à cette soudaine, belle, profonde, prise de conscience générale. Ce retour de conscience artificiel des zozos du festival va produire de façon éblouissante, visible comme un furoncle sur un nez de menteur, un agrandissement du problème qu’il prétendra résoudre. Y’a pas de quoi se réjouir.

    Bon, c’est un prix, un foutu prix de mes deux, avec son cadre, ses références, ce n’est pas un indice sociologique d’une activité. En gros : il y a zéro raison pour que ce club soit une référence spéculaire d’un état réel de la création. On lui reproche de ne pas être un juste outil d’optique, alors que ce n’est pas un outil d’optique du tout. Malheur à qui mérite un prix ! Soyez fières, mes soeurs, d’être invisibles à ces vieux connards !

    Évidemment, c’est plus simple pour moi d’affirmer que ce prix est une merde dont je ne voudrais pour rien au monde, parce que mon sexe me range d’emblée du bon côté des nominables. Mais un prix, justement, couronne un certain état du monde établi dans son hégémonie (monde que je réprouve, notamment dans ses catégories de genres et sa normativité sexiste) ; il faut être le dernier des cons pour croire qu’un prix distingue quelque chose. Un prix ne traverse rien, un prix patine en surface. Un prix bégaye une société. Ceux qui en reçoivent feraient bien de garder toujours ça dans un coin de leur petite tête creuse et se demander ce qu’ils ont fait pour mériter ça.

    Pour dire ça plus rapidement : les femmes qui font des bandes dessinées, depuis un bon paquet d’années maintenant, font, au quotidien, sa modernité (raison pour laquelle une célébration de Goetzinger ou de Montellier n’aurait été représentative de RIEN). Ce festival et son prix célèbrent une vision archaïque de la bande dessinée. Il se trouve qu’à archaïsme, archaïsme et demi : la momification phallique fait partie du paquetage. Ce qui nous préoccupe aujourd’hui est pris dans cette équation.

    –--------------

    j’apprends à la dernière minute, le temps de rédiger ce texte, la décision du festival qui a trouvé l’ultime pirouette pour ne rien rendre visible du problème le plus profond, celui qu’il porte en lui par ses propres catégories, en renvoyant à d’autres le choix d’une position à prendre ( http://www.bdangouleme.com/934,la-parole-aux-auteur-e-s ). Sauvés par le joker démocratie !
    Que dire d’autre que « Ah ah ah ah ah » ?

    #féminisme #bande_dessinée #modernité

    • #femmes #BD #histoire et #merci, car voilà qui répond fort bien à cette belle fumisterie sexiste qu’a été le premier communiqué du #FIBD :

      Lorsque l’on remonte dans ce laps de temps pour regarder quelle était la place des hommes et des femmes, dans le champ de la création, en matière de bande dessinée, force est de constater qu’il y très peu d’auteures reconnues.

      Ou la pensée circulaire en action : nous, grande instance de reconnaissance, ne pouvons pas les reconnaître pour la bonne raison qu’elles ne sont pas reconnues.

    • M’est avis que la pitoyable pirouette démocratique vient d’une tardive prise de conscience de l’impasse : allonger la liste avec quelques noms de femmes, ou même refaire une liste paritaire, ne pouvait plus légitimement apparaître aux concernées que comme une insulte.
      D’ailleurs Montellier leur a préventivement renvoyé le prix à la gueule :

      Le festival a-t-il redouté que certaines sélectionnées refusent à leur tour de faire partie de cette liste, comme l’ont fait une dizaine d’auteurs hommes au cours des quarante-huit dernières heures ? C’est fort possible. Contactée alors que son nom commençait à circuler sur Internet, Chantal Montellier nous disait ceci ce matin : « Il n’est pas question que j’accepte ce truc ! Cela ressemble à une aumône. Le festival décide de rajouter six femmes ; pourquoi pas douze tant qu’on y est, comme pour les huîtres ? En plus, il n’y a pas le moindre mot de repentance face à ce qui reste et restera une goujaterie. »

      http://www.lemonde.fr/bande-dessinee/article/2016/01/07/le-festival-de-bande-dessinee-d-angouleme-invite-finalement-les-auteurs-a-vo

    • Dans ma chronologie personnelle, le monsieur qui a déclaré en premier qu’il se retirait n’a fait que réagir à la réaction initiale du collectif d’autrices à ce sujet. Je n’ai pas les liens sous la main, je ne fais qu’ajouter ma petite pierre au sujet. J’ai vu en direct, sur mon fil Facebook, le post de l’auteur apparaître avec le compteur de « J’aime » de quelques dizaines, et augmenter chaque seconde jusqu’à beaucoup, et à ce moment là, j’avais déjà pris connaissance du communiqué du fameux collectif.

    • Sattouf qui a été le premier à se retirer de la liste avait déjà été primé l’an passé et ça m’a bien fait marré ce geste « grand seigneur » de mes deux ovaires. http://seenthis.net/messages/446157
      J’ai regardé tout ça mollement, ce festival n’est qu’une piètre foire commerciale parmi d’autres. J’espère que les femmes « pressenties » renverront à leur juste condition ce ramassis de vieux schnocks décrépis : aux oubliettes. Ils me font penser à ses indécrottables sénateurs qui s’accrochent à leur siège et à leurs privilèges mais que personne ne prend plus au sérieux.

    • Puisque tu parles de la qualité de ce festival, j’ajoute que j’ai toujours été surpris par les choix réalisés années après années... sachant que je ne dois pas posséder plus de 1 ou 2 albums « grand prix »... sur les quelques centaines de BD présentes sur mes étagères... Par exemple, y-a un Zep qu’on m’a offert un jour...

      Je digresse. L’autre jour, je cherchais de la BD érotique... avec dans l’idée de trouver de la BD érotique écrite par une femme... Rien trouvé dans les catalogues en ligne... Que des mecs, vulgaires et craignos...

    • @julien1, @biggrizzly : oui, Riad Sattouf a réagi au communiqué du collectif des Créatrices de bande dessinée, mais très rapidement les grands #médias ont décidé que la parole d’un homme était décidément plus valable. C’était indiqué ici (avant que ça ne passe sous #paywall_à_retardement)
      http://seenthis.net/messages/446897

      Dans le journal Les Echos, Riad Sattouf devient même l’initiateur du mouvement de dénonciation. « C’est Riad Sattouf, nominé pour le tome 2 de son roman graphique "L’Arabe du futur", qui s’en est ému le premier sur Facebook, suscitant aussitôt des commentaires louangeurs sur les réseaux sociaux », écrit le journal. Le Collectif des créatrices, à l’origine de l’indignation se serait positionné « dans le sillage » de Riad Sattouf, demandant, après coup, le boycott des votes. Dérangeante réécriture de l’histoire.

      Et qui font les grands titres ? Les « grands auteurs » (sans -e-) forcément. « Accusé de sexisme, le festival de la BD d’Angoulême est boycotté par de grands auteurs », titre Les Echos. Le Parisien fait de même, évoquant à peine le rôle du collectif, quand le Huffington Post s’attache à Joann Sfar.

    • tout ça s’est finit comme d’hab : culpabilisation de la part de l’éditeur pour mézigue, renvoi aux féministes de la responsabilité de la merde. ce sont les féministes qui font chier à ouvrir leurs gueules quand quelque chose craint, mais l’objet de notre colère n’est jamais plus qu’un « texte philosophique » ou « une simple erreur d’un camarade pas si méchant tu sais bien », et j’en passe. Et aussi ce qui m’a frappée c’est le silence de nos chers camarades par ailleurs : regardons ailleurs. Le désengagement par le silence. La désapprobation de notre parole en nous ignorant tout simplement, même quand on s’adresse à eux directement. On veut bien être proféministes, mais attention, tant qu’on vise ailleurs, pas les potos. Le sens du texte « le prix à payer » sur A contrario ainsi que le mien, c’était ça, aussi. L’ineffable joie de voir des copains (lol) te tourner le dos quand le vent féministe souffle dans le mauvais sens. Le bonheur inégalable d’avoir le choix entre travailler pour des connards ou ne pas avoir de travail, donc pas de sous (tu vois ce que je voulais dire par « erreur de travailler sur la bas des convictions », hin).

      https://soupherbe.wordpress.com/2015/06/02/652

      mais aussi, pour répondre directement à ce fil de discussion : http://tanx.free-h.fr/bloug/archives/8518

      Tu sais LL de Mars, j’ai fait ma tanx aussi avec CQFD pour qui tu travailles. Je me suis barrée parce qu’une personne s’est montré très paternaliste à mon égard sur une question pour le moins dérangeante dans les colonnes de ce journal. J’ai appris après coup que beaucoup dans l’équipe était d’accord avec moi, mais personne ne me l’a fait savoir, et j’ai claqué la porte en me croyant encore seule. Prendre tout le monde de haut quand le féminisme devient un sujet parce que le vent change de sens, mais ne pas voir la misogynie sous son propre nez, ça n’est pas spécialement avant-gardiste non plus. Peut être que tu l’ignorais. Peut être pas. Peut-être que tu n’en avais après tout rien à foutre, vu l’estime que tu sembles me porter.
      Y’a une chose que j’ai apprise avec le féminisme : c’est que les femmes disparaissent dans le silence, et que les hommes font beaucoup de bruit dès qu’ils se pètent un ongle ou qu’il s’agit de montrer à quel point ils brillent sur tous les sujets, même ceux qu’ils ne maitrisent pas.

      Voilà. j’ai encore fait ma tanx.

    • @monolecte Mais où est-il écrit « faire sa tanx » dans ce texte de L.L. de Mars ? La seule occurrence que je trouve c’est : « b) Des femmes auteurs qui s’en branlent toute l’année mais qui d’un coup sont toutes très très Tanxx dans leur tête ». Alors je ne dis pas qu’il n’y a rien à dire, mais entre être "très très Tanxx dans leur tête" et "faire sa tanx", je crois qu’il y a une marge et une interprétation qui s’emballe, ce débat part mal.

    • @odilon @soupherbe
      je ne sais pas si Tanx laissera ce commentaire que je viens de laisser sur son liste, mais je tiens à faire entendre ce que je pense de ces lectures empressées et falsifiantes de mes positions. Il serait bon de lire les textes au lieu de les fantasmer.

      « Mauvaise interprétation, hâtive, aveuglée par des certitudes aprioriques : nulle part je ne parle de "faire sa Tanx", mais bien de l’étrange mouvement public de zozos qui se foutent absolument de tout problème sexiste toute l’année et qui d’un seul coup se sentent "tanxx". Ce qu’ils ne sont pas. Tu lis trop vite, mal, et tu conclues à côté.
      Je n’aime pas ton travail, effectivement, qui est à mille kilomètres de ce que j’attends d’un dessin politique : je le trouve sage, décoratif, collé au pire de la camelote rock avec un zeste d’école américaine. Trop joli pour être honnête, pas assez offensif, désespérément monosémique - donc terriblement condescendant puisque tu prends tes lecteurs pour des cons à qui il faut tout dire d’un coup sans ambiguïté. Je sais pas, peut-être par crainte qu’ils s’imaginent une dissonance politique ? Sinon pourquoi ? Voilà pour ton dessin qui, contrairement à toi, n’a rien à dire.
      C’est dommage parce que je suis quasi systématiquement de ton côté sur tes positions politiques quand je te lis. Nous partageons infiniment plus d’idées que tu ne peux l’imaginer.
      Quand à CQFD, j’ignorais absolument cette histoire, ce n’est pas la peine de fantasmer autre chose. Je vis dans un trou, à 1000 kilomètres de Marseille, je ne connais rien de la cuisine interne du canard. J’ai moi-même cessé de bosser pour le canard pendant trois ans, agacé par les positions antisémites que véhiculait la lecture de Shlomo Sand ou encore certains strips abjects de Berth. Je suis revenu pour des raisons charnelles, car j’aime ces gens même quand ils déconnent, se trompent, me blessent sans l’imaginer.
      Te trompe pas d’ennemi. »

    • @soupherbe N’en étant pas certain, j’ai fait comme ça.

      Mes positions devant ton dessin ne changent rien à ce que je pense de tes textes et des positions, des choix, qu’ils soutiennent. C’est de mon point de vue un problème politique qui nous sépare, sans aucun doute, le rapport au dessin, mais c’est probablement un des seuls.
      Je ne doute pas que nous ayons un jour l’occasion d’en causer, dans un festival ou ailleurs. Il n’y a aucune espèce d’animosité personnelle, de truc affectif à la con dans ce que je te dis (ceci pour ton « Peut-être que tu n’en avais après tout rien à foutre, vu l’estime que tu sembles me porter. » qui est particulièrement mal vu. Et je n’en ai pas rien à foutre, du tout, de la façon dont on traite les femmes dans ce pays, dans mon corps de métier comme dans tous les autres cadres sociaux).

    • [nb : je n’avais pas vu ta dernière réponse avant de publier celle-ci, @l_l_de_mars - ça ne change pas grand chose, mais je préfère préciser pour éviter qu’on lise du sous-texte là où il n’y en a pas]

      merde je ne savais pas pour @cqfd, @soupherbe - déjà qu’il n’y avait pas beaucoup de nanas aux crayons, ça fout les boules d’apprendre cette histoire et ça a dû être un sale truc à traverser...

      une des choses que j’aime dans le canard, par rapport à bien d’autres à l’esthétique plus uniforme, c’est précisément que sur le plan graphique, on pouvait avoir aussi bien Tanxxx que L.L. de Mars, JMB que Caroline Sury, Pirikk que Colloghan - que ces manières très diverses de dessiner s’appuient sur des conceptions diamétralement opposées non seulement du dessin lui-même, mais aussi de l’action, de l’analyse, de l’engagement, on le sent fort bien, mais côté lectrice je dois vous dire que ça faisait sacrément du bien d’avoir de la poésie et du punk, d’immenses fucks et d’immenses rêves, des roses et des pains dans la gueule (je n’écris pas ça pour jouer les médiatrices, hein, vous vous doutez, mais juste pour décoincer cette boule dans la gorge quoi)

      et ta réponse à un autre commentaire sur ton site, @soupherbe

      je suis coincée entre des gens qui aiment mon dessin et détestent ce que je dis et des gens qui détestent ce que je dis et aiment mon dessin.
      j’ai un scoop pour tout le monde : mon dessin et ce que je dis sont indissociables, et j’en ai rien à secouer de vos préférences.

      impeccable

    • @intempestive non, ça n’a rien d’impeccable, c’est de la cécité totale. Son dessin est parfaitement dissociable, hélas, de ce qu’elle dit, et c’est bien là le foutu problème : son dessin est parfait sur un t-shirt de gland ou sur un poster d’ado avec la conscience politique d’un coucou. Il est cool. Sympa. Rock. Propre et lisible tout joli drôlement bien fait. Il n’offense rien, ne fait rien bouger, est invisible dans la galerie des fétiches habituels de la quincaillerie punkouillarde mort-née, en plus élégant toutefois. Il n’en est pas de même pour ses choix politiques, ses positions, la façon de tenir ces positions fermement, de refuser les catégories soigneuses où se disposent discours et corps, qui en irritent plus d’un, prennent la tête de l’ado avec la conscience politique d’un coucou, embarrassent le cool, le sympa, et même le rock (cette vieille merde muséale à la con).
      Je réponds à ça également sur le site de Tanx. Si on part sur cette voie - à savoir la schize entre le dessin politique et ce qu’il veut soutenir - on pourrait causer longtemps. J’ai déjà donné (trop), me suis assez fritté contre ça dans les cadres, précisément, politiques et éditoriaux où je me bats et me débats. Je préfère renvoyer dans ce cas à l’entretien avec le monde libertaire*, qui ne parlait pratiquement que de ça, ou l’article sur la caricature dans CQFD (qui a précisément été bien mal reçu par certains camarades empêtrés dans cette schize)

      *http://www.le-terrier.net/lestextes/lldm/entretienmonde_libertaire.html vers la fin, à partir de la question "— ... Oh et puis si, une question tout de même : ça renvoie à quoi pour toi quand on parle « d’engagement » ? "

    • @biggrizzly si tu cherches des bds érotiques faites par des femmes, ça ne manque ni de monde, ni de qualité. Céline Guichard, Nicole Claveloux, jusqu’à Aude Picaut, pourtant pas du tout ma tasse de thé dans ses autres productions, qui a dû faire le seule album digne d’être lu (j’ai pas encore vu le Anouk Ricard, ceci dit) de la collection plutôt bourrine BDcul des Requins Marteaux. Chez la géniale Alice Lorenzi (trop rare), la dimension érotique des planches est éblouissante, également chez Anke Feuchtenberger ; récemment, j’ai vu passer la dernière publication de Tomoko, un collectif féminin épatant tenu par Eglantine Ruault, et il y a un merveilleux récit érotique de Amandine Meyer ( https://tomokoeditions.wordpress.com).

    • @lxs_amigxs

      Et ce lait-fraise, on se le boit quand, tou-te-s autour d’une table, pour discuter de nos désaccords, s’excuser de nos maladresses par mails interposés, et rigoler un bon coup ? Ce soir, c’est apéro pour la sortie du numéro 139. C’est con, ç’aurait été une belle occasion. Une prochaine ? En attendant, nous, on vous kiffe ! Waouf. Waouf.

    • @l_l_de_mars :

      Oh et puis si, une question tout de même : ça renvoie à quoi pour toi quand on parle “d’engagement” ? »

      Au fait de savoir qu’un dessin est situé socialement et politiquement, et de se servir de ce medium pour transmettre une autre façon d’être et de penser, pour envoyer valser les cadres d’existence et d’expression bien conformes, pour faire de la critique sociale. Et à mes yeux un dessin de Tanxxx le fait aussi bien qu’un dessin de L.L. de Mars, le premier en détournant des codes graphiques connus (ou plutôt en les tournant contre eux-mêmes), le second en allant en terre inconnue.

    • @intempestive

      le premier en détournant des codes graphiques connus

      Là j’ai comme un doute. Tant justement le peu que je connaisse de son univers graphique ressemble au contraire à des choses que je vois ça et là depuis plus de trente ans, même si je ne suis pas un très grand connaisseur en matière de bande dessinée, mais aux Arts Déco dans les années 80 je suis à peu sûr d’avoir vu les mêmes choses en sérigraphie, en graffitti, en illus et en bandes dessinées. Pour moi il n’y a pas détournement, mais adhésion et reconduction au contraire des codes graphiques en question.

      Récemment j’ai vu passer un signalement de @soupherbe dans lequel Tanxxx exprimait ses doutes quant à sa maîtrise technique qui l’avait coupée de ponts anciens, je me demande si je ne suis pas d’accord avec ça. Et du coup, Tanxxx (si j’ai bien compris que tu suivais ce fil), il me semble que tu pourrais être sur la voie d’un vrai renouveau. Moins de technique, plus de laché et cela pourrait faire des vraies étincelles.

      En revanche, je suis d’accord avec @l_l_de_mars sur le fait que le courage intellectuel de Tanxxx est juste extraordinaire, j’ai souvenir de sa joute contre cet abruti de Siné, j’étais admirateur ! Et dune manière plus générale les signalements et les positions de @soupherbe sont très souvent très judicieux. Par exemple ils m’instruisent régulièrement de copies conformes en matière de sexisme entre le milieu de la bande dessinée (que je trouve fort adolescent en plus, comme s’il devait y avoir un postulat de congruence entre le lecteur présumé et l’auteur ) et celui de la photographie (qui là est carrément illéttré).

      Et enfin

      le second en allant en terre inconnue

      . Tu peux même dire d’une façon tellement systématique que c’en est un peu fatigant.

    • En fait pour moi l’opposition telle que posée par L.L. de Mars, c’est comme si on disait : il ne faut plus des Bérus, on ne veut que de la musique expérimentale. Pour tout dire, j’ai tendance à réagir comme cela quand j’écoute quelque chose maintenant : je ne veux plus rien écouter qui me rappelle la pop, le rock, le punk ou toute autre forme que je connais déjà - la musique en tant que telle me semble parfois une forme atrocement prévisible. De la création sonore sinon rien. Mais ça me semble bien trop lié à une histoire d’écoute personnelle, bien trop spécifique, pour le généraliser (c’est-à-dire pour le théoriser). Je me méfie de mes goûts comme de mes dégoûts, même s’ils sont la base inévitable, nécessaire, de mes recherches.

      (Désolée @soupherbe et @l_l_de_mars, je vais parler de vous à la 3e personne ci-dessous, histoire de faire comprendre ce que je saisis de ce conflit - vous me reprendrez si je dis des conneries)

      Tanxxx, telle que je comprends ses dessins jusqu’ici, envoie des tirs de bazooka dans tout ce qu’il y a à détruire (les inégalités de genre, de classe, d’origine supposée ou réelle), empruntant pour cela aux codes des comics , du punk, des fanzines et autres formes d’expression populaire. En cela je trouve que ses textes expriment précisément la même rage et la même critique. Que ce style soit un moment dans son travail, qu’elle dépassera pour aller vers autre chose, c’est possible, mais c’est à elle d’en décider : on ne peut pas dessiner ou écrire contre ses tripes, sinon autant piger pour les dessins de presse du Monde.

      L.L. de Mars, lui, ouvre sans cesse de nouvelles voies, remet tout en question à chaque trait, pose l’exigence politique et philosophique de créer des formes singulières, de ne jamais répéter les autres et de ne jamais se répéter lui-même. Pour donner de l’air, du champ, du possible - pour ne pas accepter l’agenda du vieux monde ou les mécaniques du pouvoir, mais au contraire pour poser ses propres priorités, ses propres cadres (ou non cadres), pour produire une atmosphère respirable.

      Eh bien je crois qu’on a salement besoin des dynamiteuses/eurs, et salement besoin des exploratrices/teurs. Elles et ils ne se situent pas au même endroit dans les luttes ni dans le travail de création.

    • Je mets ici le passage que tu pointes :

      — ... Oh et puis si, une question tout de même : ça renvoie à quoi pour toi quand on parle « d’engagement » ?

      D’une manière générale, une forme appuyée du temps présent ; s’engager dans une voie politique c’est, pour un artiste, rejeter toute forme de cristallisation à la fois constitutionnelle (un rapport de subordination de l’art à des fins supposées plus élevées, à des mots d’ordre, des énoncés), historiques (un rapport de vassalité à des moments d’idéalité, qu’ils soient révolutionnaires, mythiques, édifiants) ou formels (une adéquation aux dernières formes de l’entendement) ;
      c’est s’engager à fuir toute forme de fétichisation des autres formulations artistiques et très notamment les formes instituées comme révolutionnaires ; je ne connais rien de plus désespérant artistiquement et politiquement que de voir fétichisés les affiches de 68, les films de Vertov ou les conventions éteintes du graffiti. Les plus cultivés redégobillent timidement les collages de Heartfield ou les affiches de Malevitch, les plus abrutis se jouent l’improbable second degré d’un réalisme socialiste cool, et évidemment, la plus sinistre plaisanterie — parce que la plus longue et la plus envahissante — est encore le punk qui n’en finit plus de bégayer son folklore sonore et visuel. Qu’y voir sinon désœuvrement et paresse intellectuelle, marchandisation qui s’imagine contre marchandise, sécurité pépère du signe réconfortant et sentiment familial (peut-être le plus répugnant et le plus récurrent des défauts de l’art ostensiblement engagé). Tout ce qui tend vers ça est mort.
      Tout ce qui présente les signes assurés d’une entendement préparé avec le public est mort. Tout ce qui est produit avec la vocation d’être intelligible et clair est insultant. Et c’est dépourvu de toute générosité : je n’offre de la place pour vivre que si j’ouvre moi-même le champ. Qui peut prétendre respirer autre chose que l’odeur de sa propre cuisine quand il reconnaît dans une œuvre tout ce qu’il a déjà connu ailleurs ? L’art militant est une catastrophe rigoureusement contradictoire. Le dessin militant est un dessin sans politique dont seul le texte monosémique flottant autour des personnages désigne la polarité politique. Un dessin militant de gauche est un dessin militant de droite qui s’ignore. L’art militant est bourgeois dans sa citation infinie du passé rétamé. L’art militant est capitaliste de reproduire à l’infini les petits signes déjà éprouvés par l’efficacité militante. L’art militant est conservateur de ne jouer que sur la chaleur réconfortante d’une famille politique dans laquelle on ne veut pas faire de mouvements pour ne pas risquer de chasser l’odeur de la soupe.

      + cet autre, qui n’est pas immédiatement après

      — Okok... bon, j’ai un peu de mal à faire la part des choses sur mon sentiment en ce qui concerne certains aspects du rejet absolu de la facilité qui sous-tend ton discours. Ma première réaction est de me dire qu’il faut une chiée d’humilité pour parvenir à remettre en question, dans son propre travail, tout ce qui serait de l’ordre d’un quelconque cliché de communication, et d’un autre côté, baah... ça peut en même temps passer pour une insupportable prétention que de dédaigner tout ce qui est immédiatement intelligible, et notamment intelligible comme art militant. Par exemple, je comprends ta critique de l’utilisation de ce que j’appellerai les « codes de connivence » (tu cites notamment l’esthétique punk ou le graffiti)... mais tendre résolument vers le refus, non seulement de codes familiers, mais aussi du clair et de l’intelligible, c’est pas aussi se mettre dans la famille de « ceux qui comprennent... » ? ... ’fin bref, tu la mets où la frontière entre la poésie et l’abscons élitiste ?

      -- Ce que je refuse est moins important que ce que je ne cherche pas. Ce n’est pas un détail rhétorique ; cette distinction, cette orientation du travail, est primordiale, parce que c’est elle seule qui établit une différence radicale entre position et posture. Ce n’est pas du tout la même chose de refuser l’entendement commun, à supposer qu’il existe, et de ne pas l’avoir pour objet. Je n’ai pas pour but d’être inintelligible, opaque, obscur ; qu’est-ce que ça m’apporterait ? Où ça me conduirait ? Mais je ne cherche rien qui soit gouverné par cette fin là. D’autre part, je n’établis pas de hiérarchie entre ce que seraient des clichés de la communication, et ce qui n’en seraient pas : ce n’est pas un problème de cliché, de distribution honorifique des codes, c’est la communication toute entière qui veut faire l’épargne d’une vraie théorie du langage et c’est elle que je désavoue intégralement. La communication, c’est une affaire de fourmis. Le langage humain, c’est tout-à fait autre chose. Le poème n’en est pas l’accident, il en est la condition.
      Je vois à tes remarques que je me fais mal comprendre : je ne dédaigne pas ce qui est immédiatement intelligible, je pense que rien n’est immédiatement intelligible à moins de s’être trompé de corps. Que l’art militant abandonne le poème qui fait l’inconnu du langage (je dois cette formulation à Meschonnic et Savang), et il abandonne par là-même toute l’ouverture politique, toute la générosité, toute l’invitation à inventer un monde nouveau qu’il prétend pourtant accompagner.
      Enfin, je comprendrai ce que veux dire abscons élitiste quand tu m’auras désigné ta propre conception de l’élite ; c’est elle seule qui me dira ce que signifie vraiment ta question, où elle veut en venir. Où places-tu toi la frontière entre ce que tu admets de la singularité, de l’espace à lui accorder, et ce que tu n’en admets pas ? Et au nom de quelle formulation de la communauté tu le fais ? Dans l’an 01, par exemple, la limite est vite atteinte : l’horizon artistique, ce sont des chapeaux faits main et des chansons entre potes à la guitare sèche autour du feu. C’est pour moi un avant goût de l’enfer. Parmi mes amis autonomes je trouve un seuil très différemment placé, assez loin pour que ce soit un plaisir quotidien d’apprendre ensemble à comprendre ce que nous entendons par singularité, communauté, séparation ou élite. Tu vois que je ne peux pas répondre simplement à ta question...

    • @intempestive

      je suis (honnêtement) désolé, à ceci :
      "Et prendre le dessin pour un medium, c’est précisément ce que je ne fais pas
      -- peux-tu développer ? ça m’intéresse"

      de devoir répondre non, ou plus exactement, non, pas ici, pas court, pas dans le cadre d’un forum etc. Pourquoi ? Parce que c’est l’objet principal de mon travail d’écriture depuis plus d’un an - « Qu’est-ce que dessiner ? » , notamment dans ma discipline, la bande dessinée - que je suis encore en plein dedans (aujourd’hui-même, par exemple) que le troisième volet va être publié dans le prochain Pré Carré après les deux premiers (dans les n°5 et 6), que je dois encore bosser un an pour les deux derniers et que je ne veux pas saloper le travail.
      Mais sur cet aspect de la question (le dessin comme médium) je peux te renvoyer vers un texte déjà fait - un peu long, sans doute, mais il parle finalement de plein d’autres problèmes de ce genre, liés à des conceptions instrumentales du dessin et de la bande dessinée - qui a été mis en ligne ici : http://precarre.rezo.net/?attachment_id=1667 (c’est le pdf nommé "mccloud")
      C’est un peu chien comme méthode, mais j’ai déjà tellement de mal à écrire ce gros machin que je ne prends aucun risque de m’en dégoûter pour l’instant par trop de dérives.

      Aussi, ceci : quand tu dis "Tanxxx, telle que je comprends ses dessins jusqu’ici, envoie des tirs de bazooka dans tout ce qu’il y a à détruire (les inégalités de genre, de classe, d’origine supposée ou réelle), empruntant pour cela aux codes des comics , du punk, des fanzines et autres formes d’expression populaire.", je pense c’est une erreur de prendre tout ça pour des formes d’expression populaire ; ce sont les formes muséographiées, desséchées, momifiées, de vieilles expressions populaires, qui sont devenues un académisme, un pompiérisme évitant, justement, d’avoir à se poser toute question sur ce qu’est qu’un dessin politique.

    • Bonjour le mea culpa du directeur du FIBD : "C’était sûrement une erreur symbolique de sa part, et cette dimension symbolique est précisément à l’origine de la vive réaction d’auteur.e.s militant.e.s ou, tout simplement, sensibles à la représentation des femmes dans la création du 9e Art. ". On t’en foutra des symboles dans la tronche. Mais bon, pour voir le bon côté des choses, ça doit sans doute être la première fois de sa vie qu’il a signé un texte dé-masculinisé (#épicène c’est plus joli https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pic%C3%A8ne)

    • @jef_klak

      Cette évolution de démocratie directe semble aujourd’hui satisfaire tout le monde.

      Exercice oulipien : tenter, en modifiant le moins de choses possible dans cette phrase, de rétablir la vérité.

      Je propose par exemple

      Cette parodie de démocratie directe semble aujourd’hui ne tromper personne

      ou

      Cet exercice de communication semble aujourd’hui amuser beaucoup de monde

      ou encore

      Cette évolution de démocratie directe semble aujourd’hui faire rire tout le monde. (plus petite correction)

    • Le lien du meo culpo n’était là qu’à titre informatif ;-)

      Et puis, comme dit l’autre « l’émotion est passée », l’hystérie a pris fin, on peut reparler entre hommes sérieux à présent, et vous verrez bien ah ah ah ah en laissant libres les gens, ils feront le pire et n’éliront que des hommes (sérieux).

    • « Publier des collections « féminines » est misogyne. Cela crée une différenciation et une hiérarchisation avec le reste de la littérature, avec l’universalité des lectures qui s’adresseraient donc – par opposition – au sexe masculin. Pourquoi le féminin devrait-il être hors de l’universel ? »

      voilà ce que je lis, et à quoi je souscris complètement, dans la Charte des créatrices de bande dessinée contre le sexisme , et ce que m’inspire, a priori, la création d’une collection qui s’appelle « Traits féminins ». Je me sens mal d’entendre le créateur d’une telle collection soliloquer sur Femmes et bande dessinée .

    • @l_l_de_mars Oui, il y a cette limite, entre autres, chez Thierry Groensteen. Il y a aussi celle de l’approche académique, historiciste et soit-disant neutre, qu’il choisit d’adopter lors de sa conférence. J’ai néanmoins proposé le lien, dans cette discussion sur seenthis, parce qu’il présente de nombreuses auteures de BD, dont beaucoup sont peu connues. Je me disais que ça pouvait permettre des découvertes.

    • Si, en tant que groupe féministe, nous crions au loup et demandons réparation, nous allons facilement passer pour les emmerdeuses de service qui n’ont rien de mieux à faire, voire qui sont des mal baisées. (J’exagère ? Allez faire un tour sur Twitter ou Facebook.) Si un seul homme s’empare de nos revendications, il est vu comme le chevalier à la rescousse des princesses et déclenche l’admiration (comme cité plus haut).

      Le féminisme a besoin de tout le monde. Je préfère largement voir les copains s’allier à notre cause que de hausser les épaules. Faisons simplement attention au mythe d’avancée sociale naturelle. Le progrès social, c’est un slogan électoral. Ce sont les luttes minoritaires qui font les avancées, ensuite récupérées par la masse et intégrées dans la vie sociale, tout en gardant les groupes minoritaires initiateurs à distance. Le féminisme est un bon exemple de cela. Ce phénomène existe depuis longtemps, il a même un nom : la cryptomnésie sociale.
      http://chiennesdegarde.com/article.php3?id_article=448

      Franck Bondoux a gratifié toutes les femmes auteures de son mépris et de sa condescendance sur le plateau de Canal+ mercredi 6 au soir, « immergé, dit-il, dans ces problèmes féminins », incapable de reconnaître le bien-fondé de l’émoi que l’absence de femmes dans la liste de nominés avait suscité, et ce, alors même qu’une rétrospective de Claire Bretécher déplace les foules à Beaubourg.

      #Julie_Maroh

    • Si besoin était, une autre mise en lumière de la mauvaise foi des divers communiqués du FIBD
      http://hyperbate.fr/dernier/?p=35242

      Les arguments fournis pour justifier cette absence ne sont guère convaincants : 1) Si Posy Simmonds et Marjane Satrapi ont fini par être ôtées de la liste, c’est, a-t-il été dit, parce qu’elles avaient recueilli trop peu de suffrages les années précédentes ; 2) du fait du sexisme dont faisait preuve ce milieu jusque récemment, on ne trouve pas d’auteures qui aient une carrière aussi longue et fournie que les hommes sélectionnés ; 3) inversement, telle auteure eût été éligible, mais a complètement arrêté de produire des bandes dessinées ; et enfin 4), Claire Bretécher ne peut pas être nommée, puisqu’elle a déjà obtenu un prix spécial.

      Chacun de ces arguments est facile à démonter : Claire Bretécher a déjà obtenu un prix spécial, oui, comme Pratt, Morris, Uderzo, Toriyama,… mais aussi comme Joann Sfar (prix du Trentenaire),… Que cela n’empêche pas d’être régulièrement proposé pour le Grand prix3. Quant aux auteures qui ont abandonné la bande dessinée, comme Marjane Satrapi, elles ont des homologues masculins parmi les titulaires du grand prix, comme Bill Watterson (Calvin et Hobbes), mais aussi comme le second auteur primé de l’histoire du festival, Will Eisner, qui avait cessé de produire des récits en images depuis plus de vingt ans lorsqu’il a été sacré — j’ignore si c’est le fait d’avoir reçu ce prix en 1974 qui l’a remis sur les rails, mais Eisner a alors démarré sa seconde et ô combien glorieuse carrière l’année qui a suivi. Après avoir été un des inventeurs du comic-book avant-guerre, il est devenu un des inventeurs du « roman graphique » à près de soixante ans ! Wolinski, disparu il y a exactement un an, a quant à lui obtenu le prix sans se considérer lui-même comme un authentique auteur de bande dessinée. Sans parler d’auteurs qui ont cessé de produire, on suppose souvent que le Grand Prix n’est remis qu’à des auteurs arrivés au terme d’une longue carrière, voire même « au bout du rouleau », mais Tardi, Vuillemin, Zep, Reiser ou Bilal l’ont obtenu avant d’avoir atteint quarante ans. Rappelons-aussi que plusieurs auteurs primés n’étaient pas des champions des grands tirages ni de la grande notoriété, et que cet argument là non plus ne tient pas.

      Article qui pointe vers le débat parodique animé par #Lisa_Mandel lors... du FIBD 2014 (comme quoi, les choses ont vachement avancé depuis) : « Les hommes et la BD »

      https://vimeo.com/145717861

    • C’est indiscutablement clair.
      « NB de dernière minute : non, LL de Mars je ne publierai pas ton énième message, trouve toi quelqu’un d’autre à aller faire chier avec ta prose qui tombe à côté. Tu ne sais pas lire, regarde bien il y a une phrase très importante au tout début de ce texte. Pour te faciliter la tâche je viens de la mettre en gras. EN GRAS. voilà, tu as lu ? bien. Maintenant ouvre ton blog et va y raconter tes salades et épargne moi ta suffisance, ça me fera des vacances. Et aussi : non j’ai pas particulièrement envie d’en discuter à angoulême ou ailleurs. Bon vent. »

      @soupherbe Le « Tu ne sais pas lire, regarde bien il y a une phrase très importante au tout début de ce texte. » est malhonnête, la phrase n’était pas là avant ma réponse, ni en gras, ni en maigre.
      Je n’ai pas de blog, pas de FB, pas de compte Twitter, donc pour la diffusion de salades, hé bien te voilà mieux armée que moi pour la caricature.
      Ok pour le silence, si c’est ce que tu veux. Tant pis.

    • Je ne suis personne et mon avis est insignifiant, mais peut-être fera-t-il plaisir à Tanxx dont j’aime le dessin autant que les idées.

      Les critiques de LL de Mars, outre leur ton extrêmement violent, sont subjectives. Il peut ne pas trouver les dessins de Tanxx à son goût, mais je trouve étrange qu’il affirme qu’il est « évident » (objectivement) que les dessins DOIVENT être offensifs et polysémiques.

      Outre que je trouve que c’est, en partie, le cas de ceux de Tanxx, on peut aussi rebondir sur un autre des commentaires de LL de Mars : selon lui, son dessin est « cool » alors que ses choix politiques sont « offensifs ».

      Peut-être justement que c’est le contraste entre les deux qui en fait la force ou l’une des forces ? Peut-être qu’un dessin offensif défendant une idée offensive devient illisible ou moins lisible ?

      C’est juste une hypothèse de néophyte. Je vous laisse entre spécialistes...

    • Merci @sinehebdo. Je les aime bien, moi,aussi, les dessins de Tanx.

      Pour suivre ce que disais @intempestive, on peut apprécier des boulots différents, les Bérus et Peter Brötzman. Un peu de punk, ça révolutionne peut-être pas la musique (et c’est peut-être aussi encore à voir) mais ça fait plaisir. (et sans convoquer Saint Gattaleuze)

      Si tu prends les premiers The Ex, c’est du Crass, et pourtant, ils ont fait des choses incroyables, avec le temps, avec Tom Cora, avec d’autres, avec des musiciens de partout.

      On peut peut-être lui lâcher la grappe à Tanx avec les exigences de révolution graphique et la laisser bosser. Sur ce, je vais voir comment me procurer des croutes au coin des yeux vol.1. , tiens.

    • @bob_ardkor Ok, merci pour le lien. J’ai pas lu le livre de Guillon, en qui sur pas mal de point j’ai une certaine confiance intellectuelle, je me réserve pour l’instant le droit de ne rien trancher à cet égard.
      Pourquoi ? Parce que si les déclarations d’un Matzneff du genre « Les petits garçons de onze ou douze ans que je mets ici dans mon lit sont un piment rare » sont d’une violence assez rare et me font frissonner (la toute-puissance des adultes m’a toujours pétrifié d’angoisse, notamment sur leurs propres enfants), je me rappelle tout de même certains points important :
      – d’une part, je souscris pleinement aux analyses de Serge André en la matière ( http://www.oedipe.org/fr/actualites/pedophilie ), qui sont aussi fines et complexement abordées que le sujet le mérite.
      – Je me souviens aussi qu’à 13 ans, je ne pensais qu’à baiser du matin au soir comme une otarie. J’aurais sauté sur n’importe quel oui. Évidemment, je suis bien conscient qu’on peut désirer un truc inconnu sans comprendre ce qu’implique l’expression et la satisfaction de son désir. Mais il n’existe rien d’universel qui s’appellerait "l’enfant de 13 ans". J’ai l’orgueil de croire en ma singularité à 13 ans comme à 50.
      – Ma première partenaire sexuelle avait plus de 30 ans, j’en avais 15. Légalement, comment l’aurait-on jugée, elle que j’ai outrageusement draguée derrière son comptoir ?
      – Je note également qu’à 18 ans j’ai eu une amante qui en avait 14 (et vu qui je suis, ça aurait tout aussi bien pu être un garçon ; je précise parce que l’article veut en venir - avec raison - à la pratique des corps, aux contraintes physiques que ça implique). Légalement, j’étais un adulte. Nous nous aimions, nous baisons évidemment dès qu’une opportunité se présentait.
      – Et j’ajoute pour finir que quand on généralise à fond les baluches la pédophilie, ça peut devenir également ça :
      http://www.le-terrier.net/polis/aufil/degenere .
      On voit bien tout ce que la question peut instrumentaliser comme désir de société.
      C’est donc une question que je ne peux pas, que je ne sais pas aborder d’une façon générale, mais bien au cas par cas. Je ne sais pas à quel moment j’étais ou je n’étais plus un enfant. Je ne sais pas où est le curseur. Je sais ce qu’est un viol, une violence, une contrainte, un abus, je ne peux pas imaginer, a priori, que le consentement d’une personne de 10 ans à une personne de 10 ans son aînée soit autre chose que de la soumission, mais après cette chaîne de certitudes, où poser le foutu curseur ? Moi, franchement, je ne sais pas. Bon. J’aurai sûrement l’occasion de lire le bouquin, je verrai.

    • @supergeante @intempestive

      Pour suivre ce que disais @intempestive, on peut apprécier des boulots différents, les Bérus et Peter Brötzman. Un peu de punk, ça révolutionne peut-être pas la musique (et c’est peut-être aussi encore à voir) mais ça fait plaisir. (et sans convoquer Saint Gattaleuze)

      Si tu prends les premiers The Ex, c’est du Crass, et pourtant, ils ont fait des choses incroyables, avec le temps, avec Tom Cora, avec d’autres, avec des musiciens de partout.

      Hmm... Comme nous abordons une question complexe, l’air de rien... J’entends ce que tu dis, Supergeante, mais cette façon d’aborder la question laisse imaginer qu’on pourrait la contourner en douceur par une sorte de gradation quantitative, quand j’essaie d’évoquer un écart radical et qualitatif. Bon. C’est sans doute difficile de faire entendre que ce qui est sans grande importance pour certains est crucial pour d’autres (notamment parce que nous n’avons pas tous les mêmes usages , et tout particulièrement de la musique) ; évidemment, nous ne plaçons pas non plus l’urgence au même endroit, ne mobilisons pas toutes nos forces pour les mêmes objectifs. De mon point de vue, cette question de l’invention de formes est inconditionnelle, et ce n’est pas une question d’objet (de finalité ) mais de trajet (de vie ) ; il y va d’ailleurs pour moi de la musique comme du dessin, ça me pose devant le même type de conditions d’apparitions sociales, de sillages, de trajectoires, pour faire court : de devenirs. Rien de ce que je peux faire politiquement - et surtout ce qui n’a aucun rapport immédiat avec l’art, tout ce que je fais en dehors de mon atelier, avec mes camarades - n’aurait plus le moindre sens pour moi désarticulé de ces enjeux-là (et surtout parce que ces questions sont bâclées par mes camarades eux-mêmes, renvoyées à des pratiques instrumentales, militantes, de l’image comme de la musique, ce qui est en parfaite contradiction avec l’urgence affirmée ailleurs d’inventer un monde anti-autoritaire, joyeux, ivre). Comme ce n’est pas vraiment l’endroit pour vous tartiner sur la musique ce que j’ai pu lier plus haut de textes sur le dessin, je vous ai mis en ligne un autre travail, en bandes dessinées, qui évoque ces questions tout en produisant discrètement, loin des énoncés bavards du dialogue affirmés, une forme. Ce livre aurait pu s’intituler « Crâne comme critique de la tête de mort ». C’est là : https://www.academia.edu/20202122/dialogue_de_morts_%C3%A0_propos_de_musique

    • De mon point de vue, cette question de l’invention de formes est inconditionnelle, et ce n’est pas une question d’objet (de finalité ) mais de trajet (de vie )

      Oui, précisément, et cela ouvre bien des questions éthiques et politiques (desquelles il va être difficile de discuter sur le fil d’un forum...), par exemple : en quoi peut-on l’exiger d’autrui ? En quoi l’invention est-elle universalisable ? A quelle aune l’invention se définit-elle ? Une société de philosophes (ou d’artistes, ou d’autrices/teurs) est-elle souhaitable ?

      La spécificité de chaque trajet, nourrie (ou pas) de discussions et de pratiques collectives, est à mes yeux ce qui en fait la qualité : le fameux "Deviens ce que tu es" qui m’a allumé plein de lumières dans la tête quand je l’ai découvert. J’en reviens à ma conviction que nous ne nous situons pas tou·te·s au même endroit (je ne dis pas au même niveau , ce qui impliquerait une hiérarchie, mais au même endroit) des luttes et de la création (ce qui va de paire), et que c’est une bonne chose. Et également qu’il y a de l’invention non seulement dans des formes radicalement inédites (quoique, naturellement, pas sans généalogie), mais aussi dans le mash-up, le cut-up, le détournement.

    • @intempestive

      J’en reviens à ma conviction que nous ne nous situons pas tou·te·s au même endroit (je ne dis pas au même niveau , ce qui impliquerait une hiérarchie, mais au même endroit) des luttes et de la création (ce qui va de paire), et que c’est une bonne chose. Et également qu’il y a de l’invention non seulement dans les nouvelles formes, mais aussi dans le mash-up, le cut-up, le détournement.

      attention, il y a un malentendu, je pense : il ne s’agit pas d’un problème technique (dessiner excède le dessin ), ce qui veut dire que la formule « il y a de l’invention non seulement dans les nouvelles formes, mais aussi (c’est moi qui souligne) dans le mash-up, le cut-up, le détournement. » sous-entend que ces pratiques de montage ne sont pas des pratiques impliquées dans la question de la forme nouvelle, qu’elles en sont exemptées par un mode de composition qui serait plus neutre que, par exemple, ses matériaux ; mais c’est faux. Il y va du montage comme du reste, il y a de l’invention et de l’académie dans le collage, le mash up, etc. (de la même manière que la question de la contemporanéité de la musique n’est pas liée à son instrumentarium, que ce n’est pas un problème de lutherie. Une musique pompière est réalisée chaque jour avec les plus sophistiqués des synthés pour la plupart des films. La musique révolutionnaire de Jean-Luc Guionnet est faite avec un saxophone)

    • Oui, précisément, et cela ouvre bien des questions éthiques et politiques (desquelles il va être difficile de discuter sur le fil d’un forum...), par exemple : en quoi peut-on l’exiger d’autrui ? En quoi l’invention est-elle universalisable ? A quelle aune l’invention se définit-elle ? Une société de philosophes (ou d’artistes, ou d’autrices/teurs) est-elle souhaitable ?

      @intempestive Oui, excuse-moi, je n’ai pas répondu à ça, alors que c’est important. Entends bien que quand je dis « de mon point de vue », il s’agit de réexprimer les enjeux d’un rapport à l’art, à ses différentes manifestations, et que c’est bien dans le cadre du dessin, notamment du dessin politique qui n’a pas plus de raison pour moi de se retrancher derrière les énoncés qu’il est censé soutenir que tout autre dessin (sinon il n’est que l’alibi publicitaire de ces énoncés). Je ne dis rien de général sur un mode social, ce n’est pas une déclaration systémique. C’est sur le terrain de ces enjeux que j’invoque l’inconditionnalité de l’abandon à l’inconnu du dessin . Pour le reste... Non, je ne vois aps en quoi une société de philosophes ou d’artistes est souhaitable, je ne vois pas ce qu’il y aurait de souhaitable à une société « souhaitée » (homogène, congruente, harmonique etc.). Je veux une société ou le paresseux, l’idiot, l’ennemi, ait sa place, circule sans qu’on lui assigne une forme adéquate. Je ne veux pas, par exemple, d’une société où pour tenir debout politiquement, chacun ait le devoir d’être politique (même si je pense que le silence est une composante majeure du discours !). Bon, évidemment, comme tu le dis toi-même, un forum n’est pas l’endroit possible pour être justes, précis, attentifs aux détails etc.
      Restent les cafés !

  • 5000 films tombés dans le domaine public à télécharger gratuitement

    Dès qu’une œuvre tombe dans le domaine public, elle peut être « uploadée » sur le site archive.org. La liste ne peut donc que s’agrandir. Pour les cinéphiles, c’est une véritable caverne d’Ali Baba. On peut déjà y trouver près de 5000 long-métrages, regardables en streaming, mais également disponibles en téléchargement (très souvent de haute qualité). Films noirs, films d’horreur, cinéma Bis, screwball comedy, le choix est vaste.

    http://golem13.fr/5000-films-tombes-dans-le-domaine-public-a-telecharger-gratuitement/?fb_action_ids=10202152455364269&fb_action_types=og.likes&fb_source=other_mu

    #film #cinéma #open_source
    cc @albertocampiphoto

    • Dans ce cas je trouve que ça a un sens d’employer des mots comme retourné ou renvoyé. Je trouve l’idée de retourner le mirroir vers l’observateur tout à fait intéressante. Mais sinon tu dois avoir raison, c’est une toute autre anthropologie, pas la même en tout cas, ne poursuivant pas les mêmes buts je suppose aussi.

    • Dans un autre documentaire, des papous s’étaient lancés (année 2009) dans une expérimentation similaire, le film avait comme titre L’exploration inversée par deux papous, avec cette même idée d’inversion ou de renvoi de jeux de mirroirs. Le film est archivée ici :

      https://archive.org/details/Exploration_inversee_par_deux_Papous

      http://fr.marcdozier.com/interviews

      Dans leur tribu des hautes plaines de Papouasie-Nouvelle-Guinée, l’un est « chef de Guerre » drôle et curieux ; l’autre « chef de Paix » sage et observateur. Invités par leur ami photographe Marc Dozier, Polobi et Mudeya se lancent dans une expédition au cour d’une civilisation étrange : la France. Depuis les profondeurs du métro parisien, jusqu’aux sommets enneigés des Alpes, ces voyageurs du bout du monde se retrouvent confrontés à d’autres réalités : le pouvoir, le travail, les femmes, les cochons ; décidemment chez les Français, ça ne tourne pas rond !
      À la fois voyageurs émerveillés et vedettes malgré eux, découvreurs boulimiques et philosophes, ils veulent tout voir, tout essayer, tout goûter.

      Un marathon absurde et merveilleux à la découverte de notre pays.

      PS : je me demande si archive.org permet utilise la norme oEmbed @homlett

    • Marrant, apparemment le scénario, la narration de ce documentaire est construite sur celle de l’exploration inversée des papous en France, pour ne pas dire qu’elle est tout à fait identique, et que ce 1er volet a l’air de de suivre les mêmes fils conducteurs.

      Je suppose que le droit d’exploiter le concept de l’exploration inversée a été vendu et qu’on retrouve ainsi la même idée, et le même scénario.

    • A la sortie du film, avec @jacotte nous avons assisté à une conférence de Mundiya Kepanga dans une MJC de quartier au Mans.
      Le procédé « miroir retourné » est salutaire car quelle que soit notre ouverture à l’autre, il subsiste des taches aveugles que la distanciation qu’il apporte permet de gommer.
      Illustration anecdotique :
      Pendant la conférence une femme dans le public demande : « pourquoi avez-vous un bâton en travers du nez ? »
      La réponse de Mundiya Kepanga par retour de la question :"Et les anneaux qui pendent à vos oreilles ?"
      Le public a rit, la dame s’est trouvée confuse...

      Sur le plan politique, j’ai retenu cette scène du film :
      Quand Mundiya Kepanga invité dans un palais de la république découvrant les dorures du sol au plafond dans salle d’apparat s’exclame : « C’est donc ici que fini l’or que les occidentaux viennent piller sur nos terres ! »
      L’effet miroir ne renvoie pas qu’une image de surface il peut aussi questionner en profondeur nos pratiques.

      #colonialisme

    • @vazi merci pour tes illustrations sur les « tâches aveugles » de nous mêmes que permettent de retourner des miroirs.
      Ce que je comprends, d’après un autre documentaire que j’ai vu récemment, c’est que notre civilisation a laissé et laisse des traces bien plus profondes dans l’âme et le coeur des autochtones, que ne pourront laisser les autochtones par leur exploration inversée. Les études anthropologiques ont eu un impact important sur la vie des autochtones. Au point que certains peuples qui ont fait l’objet d’études, s’adressent aujourd’hui aux anthropologues devant des caméras en leur disant de ne plus revenir et de rester chez eux. Ces peuples semblent avoir tiré un certain enseignement. A l’inverse, notre civilisation que tire t-elle comme enseignement ?

      Le documentaire en question qui était passé sur Arte est celui-là, je ne sais pas si tu l’as déjà vu :

      http://www.arte.tv/guide/fr/031889-000/yanomami

      « Yanomami : Une guerre d’anthropologues »
      Origine : ARTE F
      Pays : France
      Année : 2010

      Dans les années 1960, les anthropologues occidentaux fraîchement diplômés partent à la recherche des tribus les plus éloignées. Trente ans plus tard, la révélation des détails de cette rencontre entre deux mondes jette l’opprobre sur les institutions scientifiques...

      Dans les années 1960, les anthropologues occidentaux fraîchement diplômés partent à la recherche des tribus les plus éloignées. Le bassin amazonien, qui était privé de tout contact avec la modernité, est alors envahi par un flot incessant de chercheurs et de journalistes. Les Indiens yanomami, qui restent aujourd’hui encore la tribu la plus étudiée au monde, ne voient pas leur arrivée d’un bon œil. Trente ans plus tard, la révélation des détails de cette rencontre entre deux mondes jette l’opprobre sur les institutions scientifiques, particulièrement en France et aux États-Unis : les intrusions en hélicoptères ont détruit de nombreux habitats ; certains chercheurs ont acheté la confiance des indigènes en leur fournissant des armes en tout genre ; leur présence a créé un désordre social et l’émergence de nouvelles maladies…

      Le réalisateur brésilien José Padilha tente de faire toute la lumière sur cette sombre histoire en s’appuyant sur de nombreux extraits de films anthropologiques des années 1960, mais aussi sur des entretiens avec les témoins clés. Il a ainsi offert aux chercheurs accusés l’opportunité de se défendre, et a donné la parole aux Yanomami, restés silencieux jusque-là, pour leur permettre de livrer leur propre version. De cette confrontation naît un regard nouveau sur les interactions qui ont eu lieu entre le monde moderne et la culture traditionnelle, et une réflexion sur les limites de la recherche anthropologique.

      PS : j’envisage de mettre une copie de ce documentaire sur archive.org ; je pense que c’est légal.

  • Le Front populaire contre la presse qui ment - Le Plan B
    https://web.archive.org/web/20091214222859/http://www.leplanb.org/Le-Front-populaire-contre-la.html


    Le site du Plan B sur archive.org

    Les idées de l’oncle Léon

    Le travail militant d’information sur les médias réalisé par la gauche pulvérisa les mensonges des grands titres qui dépeignaient le programme du Front populaire comme une « vaste rigolade » (Le Matin, 15.1.1936). Le 3 mai, le Front populaire gagne les élections. Peu de temps après, la grève générale fait résonner les accordéons dans les ateliers occupés ; les patrons cessent soudain de plastronner.

    En 1928, Léon Blum avait exposé son programme pour un service public de l’information généraliste, sans s’attarder toutefois sur les détails précis de sa mise en œuvre : « Les journaux seraient publiés par les soins et sous la responsabilité des partis politiques. Il suffirait qu’un parti fût représenté au Parlement pour participer de droit au service. Le service public fournirait les locaux, le matériel d’impression, des budgets de rédaction équivalents. Il centraliserait la publicité commerciale et la perception de toutes autres recettes de publicité. Toute intrusion d’intérêts quelconques dans la rédaction serait frappée des mêmes peines que le trafic d’influence et la corruption de fonctionnaires. Le service assurerait également le transport, la distribution, la vente au détail des journaux. Bref, le handicap entre les journaux n’aurait d’autres éléments que la qualité de la rédaction, l’originalité de la présentation, et surtout la force de rayonnement du parti auquel il se rattache. [5] » L’information télégraphique, selon lui, devait être placée sous le contrôle d’une organisation internationale dépendant de la Société des Nations. Ce service public serait géré par un office regroupant les représentants des journalistes, des ouvriers du Livre, de l’État et des partis, ainsi que diverses personnalités des lettres et de l’enseignement.

    #Le_Plan_B

    • C’est Numerama qui va se faire bloquer bientôt...

      Bon, c’est clair que cette lettre ouverte est assez inquiétante. Il faudrait pouvoir lire de nos propres yeux mais... ah non. Alors il devrait mettre une archive à disposition quelque part. Ou à disposition de journalistes au moins. Parce qu’on a quand même un fucking problème : aujourd’hui, plus personne d’indépendant ne sait vraiment ce qu’il y avait sur ce site.

    • tu peux le choper sur archive.org mais c’est fragmentaire ; mais en effet on est face à ce paradoxe : pour qu’il y ait un débat public, il faudrait que ce contenu soit accessible

    • Ben voyons : « Je n’ai pas écrit un mot sur la tuerie de Charlie Hebdo, pas un mot sur les décapitations de l’Etat islamique, pas un mot sur le jordanien brûlé vivant, pas un mot sur les soldats alaouites et chiites massacrés. Bref, j’ai sciemment évité les sujets polémiques qui pourraient être mal interprétés. »

      Il n’y avait vraiment rien à dire sur ces sujets ? en quoi étaient-ils polémiques ? un tant soit peu d’humanité aurait été mal interprété ?

      Bref, qu’il est facile et parfois payant de se victimiser, et y compris de la faute de David Thompson.

    • Le site en question, (...), et c’est la raison invoquée par Beauvau pour justifier son blocage, (...) reproduit – sans le mettre en perspective – un discours d’Al-Baghdadi dans lequel le leader de l’EI invite à « déclencher les volcans du djihad partout », et héberge le fichier audio de ce discours in extenso.

      Contacté par Le Monde, le ministère de l’intérieur précise que cette citation intrégrale ne relève pas de la liberté de la presse, mais de l’apologie du terrorisme, a fortiori pour un site qui n’est pas reconnu comme un organe de presse. Beauvau rappelle toutefois que le responsable d’Islamic-news.info dispose d’un droit de recours, une possibilité qu’aucun des cinq sites bloqués vendredi n’a encore fait valoir jusqu’ici. Les quatre autres sites hébergeant des contenus à la teneur djihadiste bien plus évidente, il serait bien improbable qu’ils en usent.

      http://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/03/18/les-rates-de-la-premiere-vague-de-blocages-administratifs-de-sites-djihadist

    • Il n’y avait vraiment rien à dire sur ces sujets ? en quoi étaient-ils polémiques ? un tant soit peu d’humanité aurait été mal interprété ?

      Bref, qu’il est facile et parfois payant de se victimiser, et y compris de la faute de David Thompson.

      @cepcasa Je ne me suis pas exprimé sur ces sujets ainsi que de nombreux autres. Pense-tu que mon site devrait être bloqué par l’administration gouvernemental pour ce manquement d’humanité ?

      Pourrait tu faire la liste des sujets (polémiques ou pas) sur lesquels il est impératif de s’exprimer afin d’avoir le droit de maintenir son site en ligne et de s’exprimer librement sur internet ?

      Si l’administration gouvernemental bloquait mon site parce que je ne me suis pas exprimé sur certains sujets, et si je protestait pour cela, dirait tu que je me victimise ?

      et enfin qui est David Thompson et que viens-t-il faire dans cette galère ?

      #victime #victimes

    • @mad meg
      Ton site est généraliste, le sien bien plus orienté. Mais ne pas s’exprimer sur ces sujets est une chose, mais les raisons invoquées de son silence sont tout de même étranges en comparaison des autres sujets qu’il a abordé. Ne faisaient-ils pas polémique ? le discours appelant aux « volcans du djihad partout » n’étaient pas polémiques ?
      David Thomson ? je cite : « Le journaliste David Thompson m’accuse d’être favorable aux djihadistes ».

    • Oui, penser de travers mérite un procès, de toute évidence... et échanger des mails de travers méritera bientôt aussi un procès. Comment peut-on voter pour mettre au pouvoir des criminels pareils ? Pendant qu’un journaliste conscient du danger se fait trucider, combien de morts du fait de l’anarchie créée par le système en Lybie ou au Mali, ou au Nigéria ?

      Grosse dissonance cognitive chez nos contemporains. La même qui permettant à la 3ème République de se prétendre au top du progrès social tout en menant une politique colonialiste criminelle... sans parler de la difficulté à supprimer l’escalavage et à donner le droit de vote aux femmes...

    • @RastaPopoulos :
      Drôle de polémique que de déformer les propos. Non je ne prétends pas que « Être polémique » doit être censuré sans procès » mais je me refuse, contrairement à beaucoup semble-t-il, donc je me refuse à condamner à priori de pseudo censeurs et victimiser un pseudo chevalier blanc. Il m’en faut bien plus pour me faire une idée et, jusqu’à présent, le billet publié sur Numerama ne m’a pas convaincu, d’où mon regret que la personne concernée ne veuille pas poursuivre cette affaire en justice.
      Sur ce, je vous laisse à vos certitude :)

    • @cepcasa la « certitude » c’est qu’en France, par défaut, il y a une présomption d’innocence, et que c’est APRÈS avoir été accusé et avoir eu un procès, que là on peut être condamné à des choses, dont le fait de supprimer son site.

      Il n’y a donc pas d’histoire de chevalier blanc ou je-ne-sais-quoi : le mec est peut-être parfaitement con et apologue du terrorisme, personne ici n’a dit qu’il n’était pas coupable de quoi que ce soit.

      On (te) dit seulement que normalement il ne peut (pouvait, avant…) pas être condamné sans la « justice » (fut-elle mauvaise). C’est pas dans l’autre sens hein, là il est d’abord condamné et c’est à lui d’appeler la justice… super logique.

    • Pas de « certitude » justement, ce site maintenant qu’il est censuré sans aucune forme de procès, on ne peu pas savoir si il était délictueux ou pas. Imaginons que ca m’arrive et que mon site est fermé parce que j’ai dit que #je_ne_suis_pas_charlie. Je rappel ici que ceci a été un motif de renvoie de l’école pour des enfants ce n’est donc pas une idée farfelu vu le contexte actuel.
      Si mon site est fermé parce que je ne suis pas charlie je n’ai pas les moyens ni les illusions pour intenté un procès a notre gouvernement pour atteinte à la liberté d’expression.

      `
      Parcequ’aujourd’hui on censure sans procès pour protéger la liberté d’expression. C’est beau comme du Big Brother -
      La guerre c’est la paix
      La liberté c’est l’esclavage
      L’ignorance c’est la force