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  • Un gros effort sur la typo - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Un-gros-effort-sur-la-typo

    Et finalement, ça va s’appeler : MASHALLAH ! Enquête sur l’ISLAMISATION de la France par des MUSULMANS qui veulent ISLAMISER la France. (On a fait un gros effort sur la typo.)

    Comme vous l’aurez peut-être compris : ça parle de l’islamisation de la France par des musulmans qui veulent islamiser la France. (Vous noterez qu’on dit bien des musulmans, et pas les musulmans, alors de grâce, épargnez-nous les procès d’intention : nous savons très bien qu’il y en a sans doute aussi deux ou trois qui mangent du cochon et qui boivent de la Jenlain, et ceux-là ne nous posent absolument aucun problème.)

    Ce bouquin est le fruit d’une longue investigation : nos étudiants du Centre de conditionnement des journalistes (CCJ) ont sillonné la banlieue parisienne pendant plusieurs jours, et ils ont recueilli plein d’anecdotes.

    Au début, ces petits prétentieux voulaient plutôt enquêter sur la radicalisation islamophobe de la presse française – mais on les a vite recadrés : si vous voulez devenir des vrais pros de l’info, on leur a dit, intéressez-vous plutôt à des sujets auxquels personne n’a le courage de se confronter, c’est pas parce que vous bossez gratuitement que vous devez vous vautrer dans la facilité.

    L’islamisation de la France par des musulmans qui veulent islamiser la France, par exemple : ça fait bien huit jours que personne n’a osé en parler, ça reste clairement un gigantesque tabou – mais nous, on a quand même fait tomber Richard Nixon, alors autant vous dire qu’on va pas se laisser intimider par la bien-pensance islamo-gauchiste du Canal Saint-Martin.

    Bon, ils ont un peu renâclé au début, mais très vite, ils se sont pris au jeu : quand un prof des écoles de Saint-Denis pourtant peu suspect d’islamophobie – il a un ami qui a passé ses dernières vacances à Essaouira - leur a écrit que des élèves de CM2 avaient construit une mosquée dans les toilettes des filles, ils ont compris qu’on tenait un vrai truc.

  • Le cas Tariq Ramadan ou le défi de lutter sur plusieurs fronts - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Le-cas-Tariq-Ramadan-ou-le-defi-de

    C’est un bien triste spectacle qui a accompagné et suivi les accusations de violences sexuelles et de viol à l’encontre de Tariq Ramadan. Les réactions, comme toujours, ont été extrêmement polarisées. Ici, un déferlement de haine, d’insultes sexistes et de commentaires d’une bassesse inégalée à l’encontre des plaignantes ; là, des commentaires racistes et islamophobes qui accablent, à travers un homme, toute une communauté.

    Et n’est-ce pas le propre du racisme que de recourir à des procédés essentialistes : un homme musulman est toujours plus qu’un homme. Il est l’arbre qui représente la forêt, faute de la cacher. Il est la forêt. D’autres ont vu dans ces accusations une occasion en or pour faire taire Tariq Ramadan, perçu et fantasmé comme le cheval de Troie de l’islamisme en Europe.

    Beaucoup attendent des réactions de la « communauté musulmane » et du monde associatif et religieux musulman. Regrette–t-on l’absence d’une campagne de type #NotInMyName ? Faut-il encore une fois, montrer patte blanche ?

    Bien que critique de cette injonction pressante à réagir, je me retrouve là, moi, musulmane de France, militante antiraciste, prise par l’urgence d’écrire sur ce que révèlent les réactions révoltantes suscitées par cette affaire. Il semble primordial de rappeler que des accusations aussi graves doivent systématiquement être prises au sérieux et être reçues avec gravité. On ne prend pas une accusation de viol à la légère, d’autant plus lorsque des personnalités publiques sont concernées et que par conséquent, la violence des réactions de part et d’autre est si prévisible.

    #viol #violence_faites_aux_femmes

    • Ludo, négrophophe faut pas pousser quand même !
      Alma devrait plutôt porter son regard sur les partisans de l’extrême droite ou sur Valls et ses copains « socialistes » et non sur ceux de la France Insoumise !

    • Comme si ta phrase c’est pas ce que 40000 gauchistes blanc⋅he⋅s ne lui avaient pas déjà rétorqué…

      Il s’agit bien de réfléchir et faire réfléchir et avoir une introspection sur nos propres privilèges, notre propre racisme et les mécanismes racistes à l’intérieur des gens qui se disent de gauche.

      La peste est toujours plus brune dans le pré d’à côté…

    • Personnellement cela fait longtemps que j’ai fait l’introspection de mes propres privilèges. J’ai élevé mes deux enfants dans le respect mutuel d’autrui. Et je crois pouvoir certifier qu’ils ne sont pas racistes en ayant une sensibilité plutôt d’extrême gauche.

      Certes il peut y avoir du racisme et des mécanismes racistes chez des personnes se réclamant de la « gauche » mais il ne faudrait pas en faire une généralité. D’ailleurs celles ci ne le sont peut-être pas de gauche !

    • @marielle le fait que tu prenne ton exemple personnel est un peu déplacé. Ca me fait pensé aux hommes qui disent qu’ils ne violent pas quant les féministes parlent de la culture du viol. Même si tu n’avait aucune trace de la moindre culture raciste dans tes actes ca ne change pas que le racisme existe et que Alam ne parle pas de toi @marielle mais d’un phénomène systémique, structurel, culturel : le racisme.

      Ce que dit Alma c’est que le lux de pouvoir mettre le problème du racisme du FN entre parenthèse est un privilège blanc·he·s et c’est pas aux blanc·he·s de dire aux personnes racisées quelles luttes elles doivent choisir. Aussi en tant que blanc·he·s dédiabolisé le FN en édulcorant/évacuant/évitant d’abordé le problème raciste est quant même bien le signe que le racisme c’est pas bien important à nos yeux de blanc·he·s.

      Là Alma ne parle pas dans le vague, elle prend une video et explique ce qui pose problème. Dire que Alma s’en prend a des gauchistes et pas au FN est aussi problématique car ca m’etonnerais que Alma laisse le racisme du FN sans réponse, c’est même justement ce qu’elle reproche au videaste de gauche qu’elle commente.
      Il y a des gauchistes qui disent « laissons de coté le problème du racisme du FN et de ses electeurices et dédiabolisons les electeurs du FN pour qu’illes nous écoutent ». C’est ce que dit le mec de la vidéo que tu as mis en lien. Alma lui répond : « dédiabolisé le FN c’est faire du racisme un problème secondaire, et faire comme si population racisées et les problèmes spécifiques qu’elles rencontrent étaient secondaires ».

      #whitesplanning #blancsplication #priorité_des_luttes

    • Il n’empêche que je trouve ce commentaire concernant la France Insoumise très réducteur :

      Je ne pense pas que pour tous les partisans de La France insoumise le racisme soit un problème secondaire. De fait la population racisée est profondément discriminée.

      Notre constat : les oublié·e·s de la République

      Et ce n’est qu’un extrait de la longue liste des reculs de la République, qui délaisse ainsi des pans entiers de sa population.
      De surcroît, les injustices criantes n’ont pas épargné le champ des droits civiques et politiques. Les discriminations fondées sur la couleur de peau, l’origine ethnique ou la religion touchent tout particulièrement ces quartiers de grande diversité. Les discriminations à l’embauche, en raison d’une adresse ou d’une supposée origine, sont innombrables. Les tensions que provoque une telle situation sont tout particulièrement perceptibles dans la relation des habitants avec les forces de l’ordre.
      Mais ces discriminations peuvent aussi conduire au repli sur une communauté qui inclut et respecte celles et ceux qui ne sont nulle part ailleurs protégé·e·s, communauté qui peut être celle du quartier, des amis, du pays d’origine ou de la religion partagée.
      De manière plus tranchée, elles peuvent conduire à la marginalisation ou à la frustration, voire aux différentes formes de mise à l’écart de la société. Car c’est bien en réaction à des institutions se satisfaisant d’une intervention publique de saupoudrage visant à éteindre la revendication et à acheter la paix sociale que certains habitants sont conduits à rejeter la République.

      https://avenirencommun.fr/livret-quartiers-populaires

      #mépris_de_La_France_Insoumise

    • Tout pareil que mad meg. Le texte d’Alma est franchement parfait et parfaitement courtois (quoique j’en sois sorti avec les yeux éclatés). Ludo démontre une ingénuité confondante sur ces sujets. A mettre on l’espère tous sur sa jeunesse et son manque de lectures pertinentes... On verra.

      Le fait que nous soyons totalement imprégnés de racisme depuis des années est patent, et même les gauchistes-progressistes hélas n’en ont pas été épargnés, y compris dans leur façon de faire de la politique. Il est important d’en être conscient et... de se corriger quand on nous le signale. Ces différentes luttes ne sont pas incompatibles entre elles, au contraire, il faut continuer d’écrire sur ce sujet précis de l’intersectionnalité (ce mot est repoussant).

      Entre nous, quelle idée saugrenue d’être vexés quand on s’en prend à une des « idoles » du moment... Il est jeune, il ne peut pas être au courant de tout... alors qu’il écoute, et qu’il comprenne. A priori, il en a l’intelligence... enfin... espérons-le.

      Ça me rappelle Cymes et la BD qui lui a valu bien des misères... misères qu’il a négligemment repoussées d’un revers dédaigneux... il semblait pourtant plus ouvert que ce qu’il a démontré.
      https://seenthis.net/messages/587351

    • La mécanique raciste

      J’ai longtemps cru que le Front national avait le monopole de la xénophobie, que les autres partis en étaient immunisés. J’ai longtemps réduit le racisme à ses formes les plus outrancières – l’injure, la haine, les coups. J’ignorais la violence structurelle des discriminations (tolérées, voire encouragées, par l’Etat français), la violence lancinante de la ségrégation (spatiale ainsi que temporelle, comme l’indique le changement de couleur des passagers du métro avant et après 7h du matin) et la violence infantilisante d’un « Touche pas à mon pote ». J’ignorais également la violence de la tolérance, moins vertueuse qu’il n’y paraît puisque si je tolère autrui, c’est que je juge son attitude fautive ou sa présence incongrue.

      Je croyais que le racisme se limitait à des préjugés, que le temps parviendrait à dissiper. J’ignorais que sa mécanique repose, au fond, sur des privilèges, dont chaque Blanc jouit, même lorsqu’il s’est affranchi des poncifs racistes. En tant que Blanc, je peux traîner avec mes semblables sans être traité de communautariste, je peux sortir d’une grande surface avec du foie gras plein les poches sans être suspecté de voler, je n’ai jamais à indiquer mon origine, je peux payer par chèque sans qu’on vérifie ma carte d’identité, je peux évoquer un problème de racisme sans qu’on me reproche mon manque de neutralité, je peux brailler dans le bus sans qu’on attribue cette incivilité à ma culture, et ainsi de suite.

      A ces privilèges du quotidien, parfois minimes (les pansements sont beiges pour s’accorder à la peau des Blancs), s’ajoutent ceux de salaire, de statut, d’accès au logement, aux études, à l’emploi et aux promotions. Les discriminations jalonnent chaque étape de nos vies. Comment y mettre un terme ? Se morfondre ne fait pas avancer les choses. Lorsqu’on est Blanc et que l’on souhaite lutter contre le racisme, la seule attitude moralement valable consiste à trahir les siens, c’est-à-dire à se mettre au service des victimes du racisme, non pour agir à leur place, mais pour leur prêter main forte si et quand elles en expriment le désir. Les accompagner sans s’imposer, savoir se retirer lorsqu’elles l’exigent. C’est la voie qu’emprunte le philosophe Pierre Tevanian, depuis de nombreuses années, à travers différentes voies : son militantisme quotidien, le site internet Les mots sont importants (lmsi.net) qu’il co-anime et les ouvrages qu’il consacre à la question du racisme. Son dernier opus, paru à la Découverte en avril 2017, est une synthèse magistrale de ses analyses. La mécanique raciste est disséquée dans toutes ses dimensions : philosophique (une manière de raisonner), esthétique (une manière de percevoir autrui) et éthique (une manière de se concevoir soi-même). « Connaître pour mieux combattre » est la devise de cet ouvrage, qui condense les principaux enseignements de Sartre, Césaire, Fanon, Guillaumin, Memmi et Martin Luther King.

      Manuel Cervera-Marzal dans Aux Sources sur Hors-Série

    • Tiens changement de titre ! Du coup moins clivant !
      « Osons Causer de la négrophobie/négrophilie ordinaire de gauche »

      Le titre du billet était « Osons Causer de la négrophobie ordinaire de gauche » mais il semble que le lien entre négrophilie et négrophobie dans le contexte de la domination blanche n’est pas clair pour celles et ceux qui me lisent, donc j’ai corrigé le titre et je vous invite à faire plus de recherches sur le sujet avant de laisser des commentaires. Merci ? Alma

      Commentaire de Job, universaliste blanc :

      Bonjour, ta publication est très instructive et bien écrite, merci ! Je suis ce que tu appellerais peut-être un universaliste blanc, et j’avoue avoir du mal à comprendre ce que tu nous proposes (mais c’est fait exprès et tu nous en préviens) : « Voilà ce que je propose. Je préviens tout de suite, ça ne va pas plaire aux universalistes blanc.he.s, mais ça s’adresse à eux. Vous vous occupez des vôtres, on s’occupe des nôtres. Mais tardez pas, parce que vous avez peut-être quelques siècles d’histoire à rattraper. La conscientisation de la population racisée grandit, et la complicité (mieux que la convergence) ne saurait s’installer sans un respect mutuel. »

      Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’on doit s’occuper des nôtres et vous des vôtres ? En fait mon esprit étriqué n’arrive même pas à comprendre (admettre ?) qui sont les miens et qui sont les vôtres. Plus qu’un respect mutuel (ce qui devrait aller sans le dire), ce qu’il nous manque souvent c’est du mutuel, je veux dire par là une connaissance mutuelle, et dans la lutte politique (attention c’est là que je ressors certainement mon universalisme blanc) l’enjeu c’est de « faire comprendre », tout du moins de diriger dans ce sens notre travail, que le problème du chômeur (blanc) du Nord qui a subit le désindustrialisation, de l’agriculteur qui n’arrive plus à vivre, c’est un problème économique de répartition des richesses et pas la faute de l’immigré qui subit au même titre et même davantage la violence capitaliste ? Est-ce que le combat ne consiste pas à défaire l’hégémonie du discours d’extrême droite qui nourrit notamment les divisions à l’intérieur même de la classe ouvrière ? Sortons notre Marx, si pour lui la victoire doit venir du prolétariat comme « classe universelle », il ne s’agit pas pour lui d’une universalité abstraite, mais par ce qu’elle est déterminée matériellement, d’une universalité concrète. L’ouvrier prend conscience que ce qu’il partage le plus fondamentalement avec l’autre ouvrier, ce n’est pas sa couleur ou sa religion mais ses conditions matérielles d’existence. Je présente d’avance mes excuses pour la pédanterie, mais n’y a-t-il pas là un enjeu ? Est-ce que pour vous on ne peut pas concrètement dépasser des clivages « raciaux » et il s’agit donc seulement de réussir à devenir « complice », puisque nous ne pouvons pas converger ?
      Même si comme je l’ai dit je suis « blanc » et « universaliste », les questions que je pose sont sincères, je connais très mal le discours que vous tenez, et il est très certainement mal représenté en France parce que je suppose que son expression ne se limite pas à celle qu’en donne le PIR, bref, je suis curieux d’apprendre de ça et de lire ce que vous écrivez, je reviendrais !
      Merci

      @sinehebdo

    • Un autre commentaire intéressant :

      Après lecture de tout le post, j’ai le sentiment d’enfin arriver au cœur du sujet dans la conclusion :

      « En 2017, entendre un supposé camarade de lutte se marrer en parlant de « jouer au négro », ça ne m’inspire pas le respect. Try again. Comme une impression de déjà-vu. En 2017, « négro » et « bamboula » ça reste convenable à droite et à gauche. »

      Et c’est vraiment n’importe quoi. Comme si les deux mots se valaient, comme si Ludo avait jamais, une seule fois, employé le mot « bamboula » dans ses vidéos ou ailleurs. Vous arrivez à transformer sa fierté enfantine d’avoir sympathisé avec ses voisins noirs en "négrophobie", vous êtes forte. Les gosses de riches blancs rêvent d’êtres des rappeurs noirs, et les gosses de noirs pauvres essaient de se saper avec des marques qui font toutes leurs pubs sur une imagerie WASP. C’est marrant, vous accusez de racisme justement ceux qui pratiquent l’appropriation culturelle. Mais c’est vrai, l’appropriation culturelle c’est mal. Les tentatives de jeunes de se bricoler une identité qui ne serait pas celle de leurs ancêtres avec ce qu’ils ont sous la main, vu que leur culture d’origine est morte, détruite par le capitalisme ou à des milliers de kilomètres, c’est mal. Finalement c’est vrai : les expatriés sont toujours beaucoup plus conservateurs que leur culture d’origine. Ils sont coincés dans leurs souvenirs. C’était mieux avant…

      Votre division entre les « vôtres » et les « nôtres »… Mais non, le retournement de stigmate des victimes du racisme ne saurait dégénérer en racisme pour de basses raisons politiques. Les nobles discours des intellectuelles racisées parlant au nom d’un « nous » racisé ne sauraient receler d’appétits de pouvoir personnel.

      Cela marche super bien d’ailleurs, votre « conscientisation de la population racisée », ça en rajoute à la concurrence des victimes et ça a le don de mettre en rage les petits blancs pendant que, tiens, de son côté le FN parie sur la guerre civile entre blancs et racisés. Quelle brillante stratégie. Quel bel élan d’amour et de solidarité.

      #wesh_wesh_les_amis

  • Rebecca Mott : Conséquences


    https://tradfem.wordpress.com/2016/01/11/consequences

    Je n’utilise pas ce blog pour commenter l’actualité, mais les événements survenus en Allemagne m’ont rendue tellement en colère et malade.
    Comme je l’ai écrit dans mon dernier message, cela tient à la pure hypocrisie de la majorité des réactions, et à leur utilisation pour excuser le racisme et l’ignorance.
    Il s’agit de rendre invisible l’éléphant au milieu de la pièce, ou peut-être les deux éléphants qui sont dans cette pièce.
    De cacher que dans toutes les cultures, tous les milieux et à toutes les époques, des hommes rassemblés en masse ont violenté sexuellement les femmes.
    Que l’Allemagne s’est constituée en bordel de l’Europe – le viol, la violence mentale, la torture et même le meurtre de femmes et de filles sont acceptés tant que vous payez.
    Cette violence n’est inadmissible que si elle est faite à des femmes non prostituées et que si elle ne peut pas être dépeinte comme extérieure à la culture allemande.
    J’ai essayé de rester silencieuse, mais la bile me monte à la gorge.

    Traduction : Tradfem
    Article original : http://rebeccamott.net/2016/01/08/consequences

    Vous pouvez lire et soutenir #Rebecca_Mott ici : http://rebeccamott.net

    #prostitution #Allemagne #racisme #violences_sexuelles #Cologne #tradfem

    • cqfd : trop tard pour chialer alors que le non respect ou son impossibilité de la parité dans les flux migratoires incontrollés imposait d’imaginer la situation

    • Au risque de me planter, assistons nous encore une fois (ou comme d’habitude) à une forme de #cryptomnésie_sociale ?

      http://chiennesdegarde.com/article.php3?id_article=448

      Sur la base du constat que les minorités sont très souvent connotées négativement, deux chercheurs, Pérez et Mugny en 1990, proposent une théorie de l’influence minoritaire qui nous intéresse beaucoup. Ces deux chercheurs expliquent que le changement est le résultat du processus de dissociation : pour ne pas être associés aux attributs négatifs de la minorité tout en adoptant néanmoins et publiquement le point de vue minoritaire, les gens sont amenés à dissocier le contenu du message (qu’ils acceptent) de la source du message (qu’ils rejettent). Il est donc possible d’adopter un point de vue d’origine minoritaire sans pour autant associer ce point de vue à l’action de la minorité qui défend(ait) ce point de vue. Ce phénomène se nomme la cryptomnésie sociale.

      Autre réaction et mise en perspective chez #Crêpegeorgette :
      Les agressions sexuelles du nouvel an : des crimes sexistes à l’instrumentalisation raciste.

      Le fait est que les foules masculines matinales des transports en commun français sont déjà un danger pour les femmes donc les foules avinées en sont également un, comme l’Oktoberfest (10 viols rapportés chaque années, on soupçonne que 200 ne font pas l’objet d’une plainte ; autre lien) ; les fêtes de Bayonne (2011, 2013, 2014). Un article de slate de 2004 faisait d’ailleurs le point sur le problème des violences sexuelles pendant les fêtes où l’alcool coule à flot et disait que « Les exemples de violences sexuelles abondent dans l’histoire récente des grandes fêtes ou festivals et la litanie des victimes est longue ». En 2003, bien avant l’arrivée des demandeurs d’asile donc, trois associations allemandes ont lancé "Sichere Wiesn für Mädchen und Frauen afin de lutter contre les comportements sexistes, le harcèlement sexuel, les viols et les agressions sexuelles pendant l’Oktoberfest. Un point de sécurité réservé aux femmes existe pendant toute la durée de la fête ce qui montre l’importance du nombre d’agressions.

      http://www.crepegeorgette.com/2016/01/12/violence-sexuelles-instrumentalisation-raciste

      Comment tenir en respect et faire reculer le terrifiant pouvoir de l’imbécilité, qui semble comme jamais (vu de là où je me trouve) occuper le terrain, semer et exploiter ignorance, inintelligence et confusion ?

    • La #violence_sexuelle sera la norme aussi longtemps que le commerce du sexe sera légal et intégré à la culture allemande.

      Sinon, sa dernière phrase sonne malheureusement, définitivement, on n’achète pas la violence sexuelle !

    • Oui, @aude_v, je suis parfaitement d’accord avec ce qu’elle développe comme idée que la violence prostitutionnelle l’est par essence de l’achat d’un corps et qu’elle déteint sur l’ensemble de la société. La phrase que j’ai mise en exergue est différente de la dernière phrase de son texte.
      Et peut être est-ce un souci de traduction

      Ce que doivent apprendre les hommes de la foule, c’est de payer d’abord leur violence sexuelle, et alors personne ne s’en souciera.

      Parce qu’il y a confusion entre « payer leur violence sexuelle » au sens juridique, avec « payer leur violence sexuelle » au sens prostitutionnel. Dans tous les cas le sens cynique est différent mais reste gênant. On comprend qu’elle s’insurge contre la violence sexuelle qu’est la prostitution en ce qu’elle est une violence institutionnalisée acceptable, de là à proposer comme solution aux agresseurs d’user de la prostitution (c’est ce que je crois comprendre) ça fait un peu mal.

    • @aude_v Est-ce que l’expression « travail du sexe » en elle-même nie la dimension intime de la sexualité ? Je n’en suis pas certain (voir par exemple http://seenthis.net/messages/397820 )
      On est d’accord que dans le genre de société auquel on aspire, ce « travail » ne devrait pas exister. Mais dans l’actuelle, plein de femmes ont recours à la prostitution pour vivre.
      Quant au #travail_reproductif (c’est à dire faire naître et élever des enfants, gérer un foyer), c’est bien sûr bien autre-chose qu’un travail et cela comporte bien sûr nombre de prolongements non objectivables, mais c’est aussi une contribution dont le capitalisme profite gratuitement, une contribution qu’il externalise (pour le dire en termes économiques), tout comme une grande partie de ce que les sociologues appellent le care.
      Le fait de ne pas le reconnaître dans sa dimension de travail, pour le dire vite ça pose deux gros soucis : d’une part les #mères (sur qui repose aujourd’hui l’essentiel de ce travail, faute de partage des tâches convenable) sont déconsidérées (le qualificatif d’"inactif" pour une mère au foyer en dit long) (voir http://seenthis.net/messages/378617#message407092 http://seenthis.net/messages/419415 ) d’autre part ça crée un gros angle mort dans les critiques anticapitalistes (cf. l’expression « prolétaires de tous pays qui lave vos chaussettes ? ») qui gagnerait à être mieux mis en lumière.

    • @touti et @aude_v : un message d’un membre de la collective ayant travaillé sur cette traduction : « Il me semble clair que Rebecca termine son billet sur une note de sarcasme, qui est différent du cynisme que lui attribue touti et de la version moralisatrice et proche d’un chantage qu’elle propose en alternative. »

      [Edit : avec nos excuses @touti, message rectifié]

    • @aude_v

      tenter de leur rendre la vie moins merdique n’a pas à remplacer le fait qu’on doit dire non à l’exploitation des femmes par les hommes et le male entitlement.

      Bien évidemment, personne ici ne suggère l’inverse. Il reste malgré tout des problèmes matériels non résolus tant qu’on reste dans un système capitaliste et patriarcal, et ça ne me semble pas inutile de trouver des leviers intermédiaires en attendant la fin de l’économie et du patriarcat, qui malheureusement risque de prendre du temps.
      Aurais-tu un lien vers le texte de Delphy en question ?

    • @koldobika le tag #prostitution est très documenté sur seenthis. Dans le temps, cela m’a permis d’appréhender un peu mieux les confrontations et enjeux complexes qui existent. Je vois maintenant la prostitution en comprenant qu’un rapport sexuel monétisé est un viol. Je ne peux donc pas à partir de ce prorata, considérer qu’être violer soit assimilable à un travail. Mais c’est nettement plus complexe, à commencer par la responsabilité des situations sociales et politiques que la société (nous, nantis ou non prostituées) ne se donne pas les moyens de résoudre.

      merci @Tradfem

      un message d’un membre de la collective ayant travaillé sur cette traduction : « Il me semble clair que Rebecca termine son billet sur une note de sarcasme, qui est différent du cynisme que lui attribue touti et de la version moralisatrice et proche d’un chantage qu’il propose en alternative. »

      Merci au collective pour son travail, mais non, ce n’est pas clair, sinon il ne faudrait pas d’explication. Ah, et je suis une femme, ne vous en déplaise ;)

    • @aude_v

      Se battre pour la dignité et les conditions de travail et de vie des personnes concernées, c’est une chose, mais faire passer sous le vocable « travail du sexe » l’idée que c’est un travail comme un autre qui n’implique rien dans les rapports de domination, non...

      On est d’accord. La question reste comment, dans les termes actuels, on essaie d’améliorer la dignité et les conditions de travail et de vie des personnes concernées. Une posture qui consisterait à dire que ce qui a été essayé ne fonctionne pas et que seule la fin du patriarcat et du capitalisme résoudra la question laisse entre-temps un paquet de concernées sur le carreau, soit tout le contraire de ce qu’on leur souhaite.

    • @touti

      Je vois maintenant la prostitution en comprenant qu’un rapport sexuel monétisé est un viol.

      Pour ma part j’ai toujours vu les choses ainsi. Et ça se passe aussi malheureusement dans nombre de couples où la femme dépend financièrement du mari (et où la monétisation est indirecte).

      Je ne peux donc pas à partir de ce prorata, considérer qu’être violer est assimilable à un travail …

      Sauf que bon nombre de femmes pauvres ont recours à la prostitution pour survivre, et n’ont aucun droit social (à part celui de payer des impôts sur « estimation du train de vie » comme le disait Aude plus haut). C’est la situation matérielle actuelle.

    • Oui, eut égard à celleux qui se prostituent, je venais d’ajouter cette phrase, et je me tais ensuite.

      Mais c’est nettement plus complexe, à commencer par la responsabilité des situations sociales et politiques que la société (nous, nantis ou non prostituées) ne se donne pas les moyens de résoudre.

  • Qui est en « insécurité » ? - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Qui-est-en-insecurite

    J’ai grandi dans le Maryland, j’ai donc pas mal d’amis sur les réseaux sociaux qui vivent dans cet Etat. Par conséquent, mon fil Facebook se remplit de statuts de personnes riches et non noires qui vivent quelque part près de Baltimore Ouest, et qui m’assurent qu’ils « sont rentrés à la maison en sécurité », et de commentaires de leurs amis les pressant de rester « en sécurité ».

    Cela me rappelle les parents des étudiants de UWash (Université de Washington de Saint Louis) et son administration les appelant à rester « en sécurité » pendant les manifestations de Ferguson. Cela me rappelle les expats américains commentant sur Facebook leur « sécurité » chaque fois que des manifestations avaient lieu à Tahrir.

    Et cela en dit long sur ce qu’on entend par « sécurité », et quel type de sécurité est prioritaire, et pour qui.

    #Baltimore #sécurité #race #sexe #noirs #capitalisme

  • Commémorer sans discuter - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Commemorer-sans-discuter

    Témoignage en deux parties très intéressant de deux enseignantes sur les échanges dans leurs classes autour des attentats et du #jesuischarlie.

    Mes élèves sont des adolescent-e-s qui essaient de mettre des mots sur des situations complexes et, pour certain-es, de se dépatouiller avec les attentes et injonctions contradictoires d’une société à leur égard. Ils et elles ont entre onze et douze ans dans cette classe de cinquième et, parce qu’ils et elles n’ont pas vraiment le choix, ont une conscience aiguë de nombre de problèmes économiques et sociaux. Ils se posent beaucoup de questions et ont beaucoup d’émotions à propos de ce qui s’est passé ces derniers jours.

    Ils ont aussi envie de penser à autre chose parce qu’ils ont peur de ne plus pouvoir « bien s’entendre » si ça continue. Ils veulent tou-tes être respecté-es dans ce qu’ils et elles sont et d’ailleurs à ce propos aimeraient vraiment bien qu’on parle plus du racisme dans cette société. Et aussi du sexisme, rajoutent les filles, qui pensent pour beaucoup que c’est un peu lié à la jalousie des garçons de voir que, « nous, les femmes, on sait tout faire et, eux, ben, pas grand chose quand même ».

    Deuxième partie : http://lmsi.net/Des-questionnements-insupportables

    Que des adolescent-e-s questionnent le discours majoritaire, qu’ils interrogent ce qu’ils perçoivent comme des injustices, tout ceci est en réalité une excellente nouvelle, puisqu’ils mettent en œuvre l’esprit critique que l’école leur demande justement de développer ; et ce questionnement est partagé par des élèves de milieux très différents. Il est du devoir des enseignant-e-s d’y répondre, sous peine de voir ces questions restées sans réponse, ou criminalisées, trouver un refuge facile dans les théories du complot.

    La focalisation sur les élèves racisé-e-s de banlieue vise à construire la figure d’élèves descendant-e-s de l’immigration qui seraient intrinsèquement rétifs à « nos » valeurs, à savoir complaisant-e-s à l’égard de la violence terroriste. C’est cette même perception déshumanisante de ces élèves-là qui explique que personne ne fait écho, depuis la semaine dernière, aux angoisses profondes, au mal-être des élèves s’identifiant comme musulman-e-s, faisant l’objet d’un véritable harcèlement médiatique, mais aussi d’une recrudescence de la violence raciste quotidienne, et se demandant désormais si un avenir est encore possible pour elles/eux en France...

  • De la « Liberté d’Expression » à la « Marche Républicaine » - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/De-la-Liberte-d-Expression-a-la

    Très bon article sur l’usage et le détournement des mots.

    Est-ce que Charlie Hebdo a été attaqué parce qu’il est en France ? Rien ne permet de l’affirmer et on peut faire l’hypothèse au moins aussi solide que la rédaction de Charlie Hebdo aurait pu subir la même agression si ça avait été un média belge ou allemand ou états-unien. Affirmer que c’est la France qu’on attaque en assassinant douze personnes au siège de cet hebdomadaire, c’est une extrapolation très discutable. A quoi sert cette extrapolation ? A donner une dimension nationale à un évènement qui est un drame pour l’humanité sans question de nationalité. Cela revient à capter une émotion collective au profit d’un projet national.

    #linguistique #charlie

    • Intéressante critique de la notion de « République » qui, j’avoue, n’a à peu près aucun sens pour moi, en tous cas dans le contexte actuel.

      La république est un type d’organisation politique où le pouvoir exécutif n’est pas détenu de façon héréditaire (au contraire d’une monarchie). La personne qui exerce ce pouvoir peut être désignée de façon démocratique à des degrés divers (voir la question de la démocratie ci-dessous) ou non. Une république n’est pas forcément ni une démocratie, ni un Etat respectueux des Droits humains (dont la liberté d’expression), même si, dans l’idéal, il est plus cohérent qu’une république soit démocratique. On ne voit vraiment pas en quoi le massacre de la rédaction de Charlie Hebdo est une « attaque contre la république ». N’est-ce pas là un autre détournement de l’enjeu majeur de l’attentat contre Charlie Hebdo ?

      Du coup, on ne comprend pas le sens de l’expression « marche républicaine ». Si ça avait eu lieu en Belgique ou au Royaume-Uni, l’aurait-on appelée « marche monarchique » ?

    • Et aussi une réflexion intéressante sur le mot « islamisme » :

      En appelant « islamisme » l’extrémisme suspecté d’être à l’origine de ce terrorisme, on inscrit cet extrémisme dans une continuité qui parait du coup de l’ordre de l’évidence entre islam et extrémisme ou terrorisme. Les termes « christianisme, judaïsme, protestantisme, bouddhisme, confucianisme » sont des dérivés en –isme du nom d’une religion ou d’un prophète. Ils ne sont pas péjoratifs, ni même négatifs. « Islamisme » l’est. En l’employant, on glisse implicitement dans l’islamophobie.

    • islamisme : Religion des musulmans. Synon. islam. Le pacha, d’après un texte du Koran qui était favorable à l’accusé, lui donna l’alternative ou d’être pendu une seconde fois, ou de se faire turc. Aboulias préféra ce dernier parti, et pratiqua pendant quelque temps l’islamisme (Lamart., Voy. Orient, t. 1, 1835, p. 194). L’islamisme, par la plus flagrante contradiction n’a-t-il pas vu dans son sein un développement de science purement rationaliste ? (Renan, Avenir sc.,1890, p. 42). Après la conquête de Jérusalem par les Arabes, la plupart des Chrétiens durent se convertir à l’islamisme pour échapper aux supplices (Adam, Enf. Aust.,1902, p. 202).
      http://www.cnrtl.fr/definition/islamisme

  • Réflexions critiques sur le « vivre ensemble » - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Reflexions-critiques-sur-le-vivre

    Le vivre ensemble est promu par les acteurs de la politique de la ville, dans les ministères, les municipalités et les bureaux d’études qui les embauchent. L’esprit militant des premières années va rapidement disparaître. Des experts vont être chargés, sur la base de diagnostics réalisés à la va-vite, de recueillir la parole des habitants, et reformuler et recadrer soigneusement leurs demandes, en conformité avec les politiques municipales soumises aux restrictions budgétaires et au nouvel ordre sécuritaire à la fin des années 1990.

    Les violences policières, quotidien des habitants de ces quartiers, sont tues. La pauvreté qui s’aggrave alors que l’austérité devient un dogme politique, de gauche comme de droite, est une réalité sur laquelle tout le monde s’accorde à dire, dans ce nouveau cadre de pensée, qu’on ne peut pas agir.

    Cette action locale, sans cible désignée ni responsable identifié, n’a guère amélioré la situation des quartiers d’habitat social - et c’est un enjeu de la rhétorique du « vivre ensemble » ; elle évacue les conflits et les divisions qui structurent le monde social et assignent certains individus à des places subordonnées : les classes populaires qui habitent les quartiers d’habitat social, et plus encore les populations racisées qui sont reléguées dans ses fractions les plus dégradées.

    Car en réalité, ces habitants vivent souvent plus ou moins bien ensemble ; autant qu’ils le peuvent en tous cas, avec les solidarités et les résistances qu’ils arrivent encore à tisser. Mais en faisant de plus en plus difficilement avec les politiques néo-libérales qui sapent les formes de redistribution sociale, qui détruisent peu à peu le système scolaire, ou encore avec les discours racistes qui alimentent la haine de l’étranger.

  • Des analyses sur le livre La « blanche fureur » de Pierre Péan - Les mots sont importants (lmsi.net)

    http://lmsi.net/La-blanche-fureur-de-Pierre-Pean

    Ce billet date de 2006, il a été signalé par le bougnoulosophe que je remercie, cela m’a permis de redécouvrir l’analyse de Colette Braeckman. Ces contributions sont à relire attentivement, dans quatre mois, ce sera le 20e anniversaire du début du génocide au Rwanda. A cette époque, Saint-Ex était encore journaliste au Figaro.

    Rwanda, l’enquête inachevée (Par Colette Braeckman) [6]

    Autant être clair : le génocide des Tutsis au Rwanda, d’avril à juillet 1994, n’est pas un sujet de polémique. C’est une réalité, confirmée par d’innombrables témoignages, enquêtes et rapports, par des récits, des accusations, des aveux. Les faits sont précis, concordants, vérifiés : plus de 800 000 Tutsis ont été mis à mort en trois mois, de manière systématique, grâce à des listes, des dénonciations, des chasses à l’homme, avec des armes à feu et des machettes qui avaient été depuis longtemps distribuées à des miliciens formés pour tuer.

    [...]

    Lorsque, en décembre 1993, le contingent français se retire, cédant la place aux 500 casques bleus censés faire appliquer les accords de paix d’Arusha, il laisse au Rwanda des « coopérants militaires » en civil (25 officiellement et sans doute le double) dont on ignore à quoi ils s’occupent aux côtés de leurs alliés hutus.

    Malgré l’embargo, les livraisons d’armes se poursuivent, non seulement jusqu’à la veille du génocide, mais bien après qu’il a commencé : des observateurs onusiens relèvent que les avions de l’opération Amaryllis, venus pour évacuer les expatriés, déposent des caisses d’armes sur le tarmac de l’aéroport.

    Même lorsque ses alliés hutus se lancent dans le massacre systématique des Tutsis et que les corps s’amoncellent, enlevés dans les rues de Kigali par les bennes de la voirie, la coopération militaire française ne désavoue pas ses alliés : en mai encore, six semaines après le début du génocide, le général Huchon promet à un émissaire rwandais, le colonel Ephrem Rwabalinda, de lui livrer non seulement des munitions, mais des postes sécurisés, afin d’assurer les communications directes entre l’état-major français et ses alliés, dont les troupes passent plus de temps à massacrer et à piller qu’à se battre.

    Rappeler tout cela, ce n’est pas adopter une position antifrançaise : c’est aligner des faits réels, observés sur le terrain, c’est s’interroger sur la pertinence et les raisons d’un tel soutien. Ces questions n’occultent en rien le fait qu’en face, la guerre menée par le FPR fut impitoyable, qu’elle charria des crimes et des massacres dont l’ampleur ne se révéla qu’au fil du temps.

    Et voilà. Heureusement qu’on a Colette.

    #rwanda #génocide

  • « L’enfant » comme argument (lmsi.net)
    http://lmsi.net/L-enfant-comme-argument

    En définissant les enfants par le manque et l’absence (de compétence des adultes), le discours sur l’innocence finit par rendre les enfants effectivement incapables, et sape l’exigence affirmée d’égalité des droits. En fait, en convoquant les enfants dans l’argumentation, il semble inutile d’apporter d’autres justifications : « les enfants » et « l’enfance » semblent mobilisés comme un expédient qui, par définition, vaut comme une dispense d’argumentation. Un glissement s’opère dans le registre d’argumentation, faisant d’une question sociale ou politique une question morale : en représentant les enfants comme des êtres vertueux, les représentations sur l’innocence prédisposent les enfants à devenir des objets de valeur affective et morale, construits comme des personnes qui demandent l’attention, les soins, et la protection qui leur sont nécessaires – et ne demandent que cela. Toute personne s’exprimant en leur nom, ou prétendant mettre en place une structure leur garantissant les protections liées aux menaces supposées qui pèsent sur eux, peut de la sorte elle-même s’afficher comme une personne morale, préoccupée par la protection des plus faibles, et à ce titre se poser comme irréfutable.

    #enfance #enfants #politique #agisme #cme

  • Une révolution conservatrice dans la laïcité - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Une-revolution-conservatrice-dans

    Après la loi anti-niqab, après les « apéros saucisson-pinard » et les « Assises contre l’Islamisation de l’Europe », après la campagne contre les « prières de rue », après le « grand débat sur l’Islam », après l’offensive initiée par Luc Chatel contres les mères d’élèves voilées – et parfaitement relayée par l’actuel pouvoir socialiste – et après l’ubuesque et répugnante chasse aux « robes longues unies » du lycée Blanqui de Saint Ouen, Marine Le Pen relançait les hostilités en septembre dernier, en proposant une interdiction du foulard dit islamique dans l’ensemble de l’espace public – une proposition que la police commença à appliquer, le jour même, au Trocadéro à Paris... Et il aura suffit, cette semaine, qu’une cour de cassation rappelle le droit pour qu’en huit jours, sous l’irrésistible pression d’un ministre de l’Intérieur, de deux philosophes médiatiques et d’une soeur Caroline, le président de la république, François Hollande, annonce une nouvelle chasse aux voilées.

    #voile #féminisme #islam #laïcité

  • Qui veut des enfants ? (Les mots sont importants (lmsi.net))
    http://lmsi.net/Qui-veut-des-enfants%E2%80%89

    Dans cet article, extrait du recueil de textes parus dans la revue Questions féministes, Sally Macintyre restitue les résultats de son enquête consacrée aux discours médicaux sur la #maternité. Elle montre que, en décalage avec les discours dominants sur un instinct maternel prétendument « naturel » et donc universel, la maternité est en réalité envisagée différemment en fonction de la catégorie de femmes considérée. Hautement encouragé quand la #femme est mariée, le désir d’enfant est par contre découragé, et pathologisé, quand la femme apparaît en décalage par rapport au couple hétérosexuel légitime. Paru en 1978, cet article reste malheureusement d’actualité.

  • Il faut sauver les garçons ! (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Il-faut-sauver-les-garcons

    Le fait d’insister sur le fait qu’à l’école, les #garçons sont défavorisés en tant que garçons parce qu’ils sont victimes de pratiques qui les aident, voire même les contraignent, à adopter des postures virilistes, le fait de mettre en avant la sanction des garçons comme une discrimination, sans jamais aborder d’autres formes de contrôle genré des #filles à l’école et hors de l’école ne semble pas aller dans le sens d’une étude qui aurait pour but de prôner une réelle égalité.
    Mais surtout, le fait qu’au final, l’auteure n’aura jamais abordé les bénéfices et privilèges dont jouit pourtant clairement la catégorie « garçons / hommes » dans le système scolaire, semble finalement orienter l’exposé : puisqu’il minimise le fait que l’école n’est, en effet, pas un lieu d’égalité et que les filles, alors qu’elles sont plus performantes scolairement et « épargnées par la sanction », étrangement, n’en sortent pas avantagées par rapport à leurs pairs masculins.
    […]
    Et là on voit bien dans quel cadre et quel usage sera fait de l’étude de Sylvie Ayral. Il ne s’agit que de parler des garçons et du sort de certains pour minimiser, ou ne surtout pas aborder ce dont bénéficient une majorité en tant que garçons par rapport aux filles.
    Car si la proportion des jeunes hommes qui sortent du système scolaire sans qualification est en effet supérieure à celle des jeunes femmes sans qualification, celles-ci connaîtront en revanche un chômage plus important et la proportion de temps partiels pour elles sera trois fois plus nombreux que pour eux (38% contre 12%).
    […]
    Par conséquent, si les garçons sont sur-représentés dans l’échec scolaire (et s’il faut bien sûr s’en soucier) ceci n’a pas pour corollaire que les filles sont sur-représentées dans la réussite scolaire et avantagées plus tard sur le marché du travail – bien au contraire.

    #éducation #genre #échec_scolaire #sanction

  • Il faut sauver les garçons ! - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Il-faut-sauver-les-garcons

    Le fait d’insister sur le fait qu’à l’école, les garçons sont défavorisés en tant que garçons parce qu’ils sont victimes de pratiques qui les aident, voire même les contraignent, à adopter des postures virilistes, le fait de mettre en avant la sanction des garçons comme une discrimination, sans jamais aborder d’autres formes de contrôle genré des filles à l’école et hors de l’école ne semble pas aller dans le sens d’une étude qui aurait pour but de prôner une réelle égalité.

    Mais surtout, le fait qu’au final, l’auteure n’aura jamais abordé les bénéfices et privilèges dont jouit pourtant clairement la catégorie « garçons / hommes » dans le système scolaire, semble finalement orienter l’exposé : puisqu’il minimise le fait que l’école n’est, en effet, pas un lieu d’égalité et que les filles, alors qu’elles sont plus performantes scolairement et « épargnées par la sanction », étrangement, n’en sortent pas avantagées par rapport à leurs pairs masculins.

    #genre #sexisme #éducation

    • À l’école, y’a les garçons, les vrais, les virils, et ceux qui sont rangés avec les filles (qui sont déjà présumées faibles), voir même « en dessous » (pire !).

      Et les profs encouragent et créent ces pratiques, et en premier en sport. Sans compter le traitement sexiste par l’institution elle-même. Les garçons se doivent d’être forts et ont donc des barèmes plus élevés. En tant que garçon, au bac j’ai eu 2/20 en sport. J’aurais été une fille, avec le même résultat, j’aurais eu 10/20.

      Toute la chaine est sexiste, de A à Z, au détriment des filles et d’une bonne partie des garçons, qui se retrouvent à devoir assumer une virilité qu’ils n’ont jamais demandé.

      #MesPiresSouvenirsScolaires

  • La souffrance du lepéniste
    Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/La-souffrance-du-lepeniste
    un texte excellent sur un site essentiel

    Ce que François Hollande devrait dire, mais ne dira sans doute pas
    par Pierre Tevanian, 30 avril

    C’est entendu : l’électeur lepéniste souffre. De Rachida Dati à Ségolène Royal, De Hollande à Sarkozy, tout le monde le dit, partout : la France qui vote FN, c’est la France qui souffre, et il faut entendre cette souffrance. Et en un sens c’est vrai...

    /.../

    #racisme #souffrance #Lepen #FN #lmsi #election

  • Les #couilles du capitaine | Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Les-couilles-du-capitaine

    Si aucun jugement moral ne s’impose à nos yeux sur la pratique de la #sodomie ni sur le fait de la pratiquer dans les toilettes (cela va sans dire, mais peut-être mieux en le disant), en revanche la formule « à la hussarde » suscite une perplexité certaine… et un profond haut-le-coeur. De quoi s’agit-il exactement ? Un nouvel euphémisme, après « troussage de domestique », pour parler du #viol ? Nous ne voyons pas, à vrai dire, de quoi d’autre il peut s’agir puisque le Hussard est, initialement, un cavalier de l’armée hongroise, et que le dictionnaire nous dit qu’au sens figuré, « à la hussarde » signifie : « brutalement, sans retenue ni délicatesse ».

  • Le journaliste, le fixeur et la polygame - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/Le-journaliste-le-fixeur-et-la

    Trop vite oubliée et enterrée, l’affaire du « bidonnage » du Point est pourtant riche en enseignements – sur les fonctionnements et dysfonctionnements du champ médiatique, sur le rôle particulier qu’y jouent certains chercheurs et bien entendu, plus largement, sur le climat idéologique délétère que les uns et les autres concourent à installer. C’est pourquoi il nous a paru utile de republier l’analyse qu’a faite Éric Fassin de cet épisode édifiant.

    #ville #urban #ségrégation #discrimination #racisme #manipulation #chiffres #menteur #affabulateurs #journalisme #médias #médiocrité #for:rezo.net #for:slovarnews #for:bassines #for:desmotscratie #for:politis #for:cafecroissant #for:laureleforestier #for:comitedesalutpublicgmail.com #for:etienne.pottiergmail.com #for:igermainlesnouvellesnews.fr #for:luc.serisgmail.com #for:twitter

  • L’alibi économique - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/L-alibi-economique

    À l’heure où, en France, le gouvernement d’extrême droite plurielle durcit une nouvelle fois la législation sur l’entrée et le séjour des étrangers, il nous paraît aussi opportun de rappeler la logique d’ensemble dans laquelle, hélas, ces extrêmités sont inscrites, et qui se joue à l’échelon européen. C’est ce que propose le texte qui suit : extrait du très recommandable ouvrage du collectif Cette France-là, il revient sur l’exceptionnelle solidarité qui existe entre les États membres de l’Union européenne en matière de « maîtrise des flux migratoires » – en d’autres termes : de guerre aux immigrés.

    #Europe #migration #politique #économie #for:rezo.net #for:comitedesalutpublicgmail.com #for:jluckinoks.org #for:l.serisgers.cci.fr #for:twitter

  • L’amour au pluriel - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/L-amour-au-pluriel-The-Women-de

    C’est un film sur la relativité de l’amour, sur la relativité des points de vue sur l’amour et... ce qu’on peut faire avec ça. Le film The Women de Cukor (1939) raconte l’histoire d’une héroïne, Mary, et, très classiquement, l’histoire d’un apprentissage. Ce dont elle fait l’expérience, et dont elle doit surmonter les conséquences, c’est qu’il n’y a pas d’absolu en amour. Comme le révèle l’aventure qu’a Stephen, son mari, avec une vendeuse de grand magasin, il est possible, dans le cadre idyllique d’un mariage qui semble parfait, de tomber éperdument amoureux d’une autre femme, de mentir à sa femme, et même de divorcer, alors même qu’on l’aime toujours.

    #cinéma #film #amour #humanité #for:rezo.net #for:l.serisgers.cci.fr #for:twitter