• Cotisations sociales des artistes : en plus de dix ans, 37 millions d’euros ont été encaissés… mais pas attribués
    https://www.liberation.fr/economie/cotisations-sociales-des-artistes-en-plus-de-dix-ans-37-millions-deuros-o

    C’est un nouveau scandale au sein des organismes de sécurité sociale des artistes : entre 2006 et 2019, des millions d’euros ont été dûment versés par les cotisants mais ne leur sont pas revenus. Certains ont même été prélevés deux fois et n’ont pas été remboursés.

    Si une personne peu franchir le pay wall je suis preneuse pour cet article svp.

    • Les organismes de #sécurité_sociale des #artistes ont décidément un mode de fonctionnement très bohème. Après le scandale des 190 000 auteurs – dont le prix Nobel de littérature Jean-Marie Gustave Le Clézio – privés de #retraite car leurs #cotisations n’avaient pas été correctement prélevées, c’est un autre dysfonctionnement, pour le moins déconcertant, qui vient d’être mis au jour. Cette fois-ci, près de 37 millions d’euros de cotisations dûment versés et encaissés entre 2006 et 2019 n’ont jamais été attribués aux artistes, dont on ne connaît d’ailleurs même pas l’identité.

      Le motif ? Ces sommes n’ont soit pas été affectées aux #cotisants concernés parce qu’ils n’étaient tout bonnement pas identifiés (pour un montant global de 31,2 millions), soit ont été prélevées deux fois, sans que les personnes concernées ne soient remboursées de ce trop-perçu (5,6 millions). « Les artistes sont souvent sous le statut des bénéfices non commerciaux (#BNC) et c’est à ce titre qu’ils cotisent personnellement. Le problème, c’est que lorsqu’ils effectuent des prestations, dans des communes par exemple, ces dernières les font également cotiser. C’est sans doute la raison pour laquelle il y a des doubles cotisations », explique Katerine Louineau, représentante du comité pluridisciplinaire des artistes, auteurs et autrices. Ces millions d’euros ne se sont toutefois pas volatilisés dans la nature : ils ont été intégralement reversés à l’#Acoss (l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale).

      « Un dysfonctionnement à l’ampleur tragique »

      Le pot aux roses a été découvert le 19 mai, lors du dernier conseil d’administration de la Sécurité sociale des artistes auteurs (#SSAA), l’organisme né de la fusion en 2022 entre l’Association pour la gestion de la sécurité sociale des auteurs (#Agessa, qui regroupait les écrivains, le cinéma, la musique, la photo) et la Maison des artistes (#MdA spécialisée dans les arts visuels). Le président de la SSAA, Matthieu Baudeau, vient de se fendre d’une lettre ouverte pour tirer la sonnette d’alarme. Un texte qu’il s’apprête à envoyer à ses ministères de tutelle, les Affaires sociales et la Culture, où il évoque « un nouveau dysfonctionnement à l’ampleur tragique » et où il souligne la responsabilité de la MdA, qui est à l’origine de cette bourde à grande échelle : « La Maison des artistes s’est montrée défaillante, et des artistes-auteurs ont été spoliés, ils ont payé sans s’ouvrir de droits ou ils ont payé doublement (une fois de trop) », écrit-il. Et de proposer des solutions pour sortir de cette situation ubuesque : « Pourquoi, à partir des sommes considérables […] ne pas constituer un fonds qui viendrait aider les auteurs pour financer la régularisation de leurs cotisations arriérées, rembourser ceux d’entre eux ayant payé deux fois leurs cotisations et plus largement abonder l’action sociale de la SSAA ? »

      Des explications parfois très créatives

      Matthieu Baudeau a soumis ce mardi 16 juin cette lettre ouverte à l’approbation des associations représentatives du secteur ainsi qu’aux syndicats qui siègent à son conseil d’administration. Le sujet a beau soulever l’indignation de tous, la lettre ne fait toutefois pas l’unanimité. « Nous ne la signerons pas, notamment parce qu’elle passe sous silence le fait que le problème perdure actuellement avec l’#Urssaf_Limousin [qui gère depuis 2019 le recouvrement des cotisations des artistes, ndlr], coupe tout net Katerine Louineau. J’estime qu’on a encore 20 millions d’euros supplémentaires qui ont été non affectés aux cotisants. Il faut qu’on fasse en sorte que ce dysfonctionnement cesse. » A ses yeux, les esquisses d’explication fournies lors du conseil d’administration pour justifier ces erreurs comptables ont parfois été… très créatives. « On a été jusqu’à nous dire que c’était probablement parce que les cotisants étaient morts ou avaient déménagé. Peut-être, mais là, ça voudrait dire qu’il y a eu une hécatombe ou une migration massive », ironise-t-elle. L’approbation des comptes n’a finalement pas été votée par le conseil d’administration de la SSAA. Une nouvelle réunion est prévue en septembre.

      Certaines organisations et syndicats espèrent désormais qu’une commission d’enquête parlementaire se penche sur ce scandale. Le député LFI René Pilato a déposé une résolution à l’Assemblée nationale en ce sens. Mais pour y parvenir, il doit obtenir la signature d’au moins dix députés de la majorité. Et pour l’heure, le compte n’y est pas.

      #double_cotisation #cotisations_sociales

  • Faux #indépendants : l’#Urssaf réclame 1,7 milliard d’euros à #Uber
    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/020226/faux-independants-l-urssaf-reclame-17-milliard-d-euros-uber

    L’organisme chargé de récolter les #cotisations sociales des #entreprises estime que les chauffeurs travaillant avec la #plateforme sont ses salariés, et non des travailleurs indépendants. Une position partagée depuis 2020 par la Cour de #cassation… qui vient d’opérer un revirement spectaculaire.

  • Une demande aux artistes/auteurices et aux féru.es d’usage du droit : je ne trouve pas de document exploitable à suggérer à une personne qui, étant au RSA, est embringuée dans le contrôle exercé par France travail.

    Sans emploi depuis un bail, cette personne n’a d’autre moyen de mettre à distance le contrôle qu’un premier contrat d’édition (d’éventuels droits d’auteur, à venir).
    Les critères de l’offre raisonnable d’emploi (disponibilité et recherche active d’emploi), l’imputation de travail bénévole, peuvent-ils lui être opposés jusqu’à motiver une radiation de la liste (et ainsi la perte du RSA) ?

    Dans un département qui revendique de purger activement son stock de RSAstes, quels arguments de fait mais aussi légaux et réglementaires faire valoir dans un tel cas lors d’une convocation à France travail ?

    #RSA #France_travail

  • Scandale Agessa : 300 000 € d’indemnités pour l’ex-directeur malgré 40 ans de défaillances
    https://actualitte.com/article/126679/economie/scandale-agessa-300-000-eur-d-indemnites-pour-l-ex-directeur-malgre-40-a

    Dans quel monde, lors de son licenciement, le directeur d’un organisme investi d’une mission de service public est-il gratifié d’un parachute doré – et ce, en ayant laissé courir de graves dysfonctionnements durant une quarantaine d’années ? Réponse : la SSAA, anciennement Agessa. Montant : 300.000 €, versés à Thierry Dumas, lors de son départ le 7 juin 2024.

    #CAAP #AGESSA #URSSAF #SSAA

  • “On nous a volé notre retraite !” : la colère noire des artistes-auteurs après 40 ans de mensonges
    https://actualitte.com/article/127579/humeurs/on-nous-a-vole-notre-retraite-la-colere-noire-des-artistes-auteurs-apres

    Le 5 novembre 2025, l’Assemblée nationale a mis des mots sur ce naufrage moral en votant pour clarifier la gouvernance et instaurer des élections professionnelles. Les députés ont « reconnu que le système avait floué les créateurs ». Plusieurs députés, dont Danielle Simonnet, ont rappelé en séance les principes universels de la Sécurité sociale, qui doivent s’appliquer aux artistes-auteurs comme à tout bénéficiaire.

    La députée Camille Galliard-Minier a évoqué sans détour « le scandale Agessa/SSAA, révélant les graves dysfonctionnements d’un système qui, pendant quarante ans, a omis de prélever les cotisations vieillesse de près de 190.000 auteurs ». Pour ce qui est des alertes de la Cour des comptes qui pointe opacité, déficits de gouvernance et absence de contrôle, on en reste là.

    Nous le savons tous, la Cour des comptes présente les éventuels dysfonctionnements constatés, mais elle n’émet que des recommandations pour améliorer la gestion !!! On nous a saignés, et pendant ce temps-là, certains se gavaient. Maintenant, ça suffit.

    #CAAP #AGESSA #URSSAF #SSAA

  • Communiqué intersyndical du 27 septembre 2025 - CAAP
    https://caap.asso.fr/spip.php?article1188

    la SSAA (la Sécurité sociale des artistes-auteurs est le nouveau nom de l’AGESSA)

    … dysfonctionne depuis sa création il y a plus de 50 ans. Aujourd’hui la SSAA, sous signature du président, poursuit en justice les artistes-auteurs qui lui demandent réparation des préjudices causés en matière de retraite.

    Il faut expliquer un peu l’affaire de celleux peu nombreux qui la subissent : les artistes-auteurs. Figure toi que l’agessa/ssaa a ’oublié’ durant plus de dix ans de calculer et prélever les cotisations retraites des artistes-auteurs. Exemple du résultat : des peintres, écrivaines, sculptrices, photographes, créatrices mulitmédias arrivent à la retraite et se retrouvent dans le calcul avec un ’trou’ de dix ans multipliés par 4 trimestres de non cotisation et donc avec une retraite de misère.
    Et désormais sont poursuivies en justice si elles demandent réparation.

    #CAAP #AGESSA #URSSAF #SSAA

  • Faux indépendants : #Deliveroo fait face à une pluie de #condamnations

    Plusieurs dizaines de décisions rendues récemment par la cour d’appel et les prud’hommes confirment que la plateforme de livraison aurait dû faire travailler les #livreurs en tant que #salariés, et non comme #autoentrepreneurs. L’entreprise assure que son modèle actuel est désormais légal.

    Année après année, et quel que soit le type de juridiction, la justice française dresse le même constat : la plateforme de livraison de repas Deliveroo aurait dû traiter comme des salarié·es les livreurs et livreuses qui, pendant des années, ont apporté leurs repas et leurs courses aux consommateurs et consommatrices.

    En les obligeant à exercer en tant qu’autoentrepreneurs alors qu’elle les maintenait dans une situation de #subordination, l’entreprise leur a fait porter le coût des #cotisations_sociales qu’elle aurait dû verser à l’Urssaf et les a privé·es des avantages liés à un #contrat_de_travail : paiement des heures supplémentaires, congés payés, droit au chômage, meilleure couverture sociale.

    Le 28 mai, la cour d’appel de Paris a rendu vingt-deux décisions donnant tort à Deliveroo et requalifiant en contrats de #travail les contrats liant l’entreprise à autant de livreurs ou livreuses. En première instance, l’entreprise avait été victorieuse dans plusieurs de ces dossiers. Neuf autres décisions, qui iront sans doute dans le même sens, sont attendues pour le mois de juillet.

    Interrogée par Mediapart, la société Deliveroo n’a pas indiqué qu’elle se pourvoirait en cassation, ces condamnations sont donc définitives. Tout comme vingt-quatre jugements prud’homaux de première instance, rendus en janvier dernier : Deliveroo avait fait appel des décisions, mais a renoncé à rendre ses conclusions à temps, laissant la procédure s’éteindre d’elle-même. Dans l’un de ces derniers dossiers, un livreur avait été licencié pour avoir fait grève, un droit pourtant à valeur constitutionnelle.

    La situation est embarrassante pour l’entreprise, dont la revente à #DoorDash, géant américain de la #livraison de repas, est en passe d’être finalisée, pour 3,4 milliards d’euros. En parallèle, une autre chambre de la cour d’appel a donné raison à quatre livreurs ayant travaillé pour #Foodora, une autre entreprise de livraison qui a quitté la France en 2018 et qui sera jugée au pénal courant 2026.

    L’avocat Kevin Mention, à la manœuvre dans tous ces dossiers, savoure en revanche le moment. « Ces décisions nous permettent d’affirmer que 100 % de nos recours sont favorables aux #coursiers après correction des quelques jugements de première instance, rendus par des juges non professionnels », se réjouit celui qui est un opposant historique à l’ubérisation des livreurs et coursiers.

    Il y a trois ans, le 22 avril 2022, Deliveroo avait été condamnée au pénal à 375 000 euros d’#amende pour les même faits : « le détournement planifié et généralisé » du #statut_d’indépendant entre 2015 et 2017, à une époque où l’entreprise s’installait en France et faisait donc travailler peu de monde – un peu plus de 2 000 personnes, contre au moins 60 000 aujourd’hui.

    En septembre 2022, trois des anciens dirigeants de l’entreprise ont vu leur #condamnation à des amendes confirmées en deuxième instance, tandis que leurs peines de prison ont été annulées. Deliveroo avait, elle, renoncé à faire appel.

    Volonté d’échapper aux cotisations

    Les jugements d’appel rendus fin mai concernent cette fois des dossiers individuels. « La cour d’appel a fait un travail énorme, en citant explicitement dans chaque cas plusieurs pièces issues des dossiers, là où des affirmations plus générales auraient été suffisantes, souligne Kevin Mention. J’y vois une volonté de montrer qu’elle accorde une importance à ces dossiers et que tout a été analysé avec précision. »

    Au fil des décisions, les juges ont pointé un à un les nombreux critères montrant que les livreurs n’étaient pas de vrais #travailleurs_indépendants.

    « Le livreur ne fixe pas librement ses tarifs, ne se constitue aucune clientèle propre, n’organise pas son travail, est contrôlé et est sanctionné dans le choix de ses horaires. Il est en outre soumis à une régularité de travail, sans qu’aucun élément ne permette d’établir qu’il choisisse lui-même ses horaires de connexion », écrivent-ils par exemple.

    « Les éléments relevés dénotent la direction et le contrôle exercés sur les livreurs qui font de ces derniers des #salariés », soulignent-ils ailleurs. Et ils rappellent les conséquences financières de cette stratégie, maintenue année après année : « L’évolution des contrats de prestations au fil des années alors que le fonctionnement de la société est resté le même établit la volonté de la société Deliveroo d’échapper au paiement des cotisations pour les livreurs qui étaient sous la subordination juridique de l’entreprise. »

    L’entreprise est donc tenue de payer elle-même les dizaines de milliers d’euros de cotisations sociales qu’elle s’était épargné de régler jusque-là. Quant aux livreurs et livreuses, ils et elles obtiennent chacun·e des dizaines de milliers d’euros – avec un record à presque 130 000 euros – sous forme de rattrapage d’heures supplémentaires non payées, de congés payés, de préavis de licenciement et d’indemnités diverses.

    « C’est une forme de #reconnaissance. J’ai été victimisée pendant des années, et là, la justice reconnaît notre souffrance », souffle Marie*, une intermittente du spectacle qui, la soixantaine passée, a enfourché son vélo en région parisienne de 2017 à 2021 « pour gagner des clopinettes ». Pendant plusieurs mois, elle a travaillé plus de quatre-vingts heures par semaine, « juste pour gagner le Smic », pleinement consciente de vivre « un #cauchemar ». Un mot qui revient avec insistance dans son témoignage.

    « Vous devenez une #esclave pour 30 euros par jour, vous entrez dans un #engrenage où vous bossez tout le temps, la nuit, le week-end. Tout en sachant que la manière dont l’entreprise vous fait travailler est illégale, témoigne-t-elle. Ils voulaient que je sois autoentrepreneuse pour ne pas payer de charges, mais ils me maintenaient en même temps dans une forme de #dépendance vis-à-vis d’eux. Ils voulaient gagner sur tous les tableaux. »

    Marie avait été déboutée aux prud’hommes, mais a gagné en appel, « très contente qu’ils se fassent démolir par la justice ». Plus flegmatique, Marc* est dans la même situation. Lui travaillait à scooter dans le Sud-Ouest, entre 2017 et 2021. « Le soir où ils ont supprimé mon compte de livreur, soi-disant parce que j’avais fait des doubles courses pour Deliveroo et Uber en même temps, j’ai écrit à Me Mention, dont j’avais repéré les messages dans les groupes de messageries de livreurs, raconte-t-il. J’étais confiant, la condamnation de l’entreprise est amplement méritée. »

    L’administration a validé le modèle actuel de Deliveroo

    Si elle ne s’étend pas sur les décisions de justice, Deliveroo insiste sur le fait que « les livreurs concernés par cette décision opéraient, pour l’essentiel, via un contrat historique », ancien. Depuis, assure la société, « le modèle opérationnel de Deliveroo a profondément changé et a été reconnu par les pouvoirs publics comme reposant sur une collaboration avec de véritables prestataires indépendants ».

    Cette question est au cœur du débat. Pour la plateforme de livraison, les raisons pour lesquelles elle a été condamnée pour ses pratiques de 2016 et 2017 ont disparu, et il n’existe plus de lien de subordination, et donc de contrat de travail entre elle et les livreurs et livreuses. Depuis 2020, elle a notamment supprimé les plannings et les différentes catégories de livreurs et livreuses qui pouvaient s’y inscrire en priorité ou non.

    Les sanctions en cas de refus de course ou de retards ont aussi officiellement disparu, tout comme les instructions directes pendant une course. C’est d’ailleurs ce qu’attestent des constats d’huissiers, établis en 2023, qu’elle a présentés dans les dossiers jugés par la cour d’appel – ils n’ont pas été pris en compte puisqu’ils concernent une époque postérieure aux faits qui étaient jugés.

    Mais l’avocat Kevin Mention prend ces affirmations avec circonspection. « Les jugements que nous avons obtenus concernent des faits qui se sont déroulés bien après ceux qui ont été jugés au pénal, et qui concernaient les débuts de l’entreprise jusqu’en 2017, rappelle-t-il. Nous parlons de coursiers qui ont commencé à travailler en 2018 ou 2019, et ils disposent de nombreux éléments montrant qu’au fond, les pratiques de Deliveroo n’ont pas changé. Les contrôles sur la vitesse et le parcours perdurent, par exemple. »

    Sur ce point, Deliveroo est ferme et met en avant un soutien de poids : « L’administration a reconnu que le modèle actuel de Deliveroo proposait bien un véritable #travail_indépendant, ce dont nous nous réjouissons », déclare la plateforme. Selon nos informations, elle a en effet obtenu que l’#Urssaf donne officiellement son accord concernant son modèle actuel, comme elle l’a affirmé à plusieurs reprises lors de diverses audiences.

    Cette prise de position de l’Urssaf est un revirement spectaculaire. C’est en effet cette administration qui avait lancé la procédure ayant finalement abouti au procès pénal de 2022. Et comme Mediapart l’avait raconté, elle avait aussi adressé au parquet de Paris un signalement pour la période postérieure. Elle avait aussi envoyé à l’entreprise une très lourde demande de redressement d’au moins 100 millions d’euros, visant à lui faire payer les cotisations sociales pour les dizaines de milliers de livreurs et livreuses dont elle estimait à l’époque qu’ils et elles auraient dû être salarié·es.

    Une menace existentielle pour Deliveroo, qui avait entamé avec l’Urssaf des négociations sous haute tension, embauchant comme avocat le maire de Meaux et ancien ministre Jean-François Copé et nommant une administratrice judiciaire pour mener les discussions en toute confidentialité.

    L’entreprise a désormais clos ce chapitre et envisage l’avenir de manière bien plus sereine. Elle se prépare tout de même à affronter d’autres épisodes judiciaires : d’ici l’automne prochain, une centaine de décisions concernant des livreurs et livreuses auront été rendues par les prud’hommes et la cour d’appel. Et surtout, Kevin Mention prépare le dépôt d’une #plainte pénale sur les pratiques de Deliveroo pour la période post-2017. Il annonce avoir réuni plus de cent ex-forçats des livraisons, prêts à unir leurs forces contre la plateforme.

    https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/090625/faux-independants-deliveroo-fait-face-une-pluie-de-condamnations
    #ubérisation #justice #droit_du_travail #exploitation

  • LETTRE OUVERTE À MADAME LA MINISTRE DE LA SANTÉ ET À MADAME LA MINISTRE DE LA CULTURE - CAAP
    https://caap.asso.fr/spip.php?article1135

    22 organisations d’artistes-auteurs et autrices s’inquiètent des graves dysfonctionnements qui perturbent leur organisme agréé de sécurité sociale : la 2S2A (ex-AGESSA).

  • Des nouvelles de l’Urssaf Limousin

    Pour 2023 l’Urssaf a fixé le montant de mes cotisations à 5 000 euros (régularisation 2022 + provisions 2023), calculées sur la base de mes revenus 2022 (19 000 euros).

    J’ai payé 3 000 euros et envoyé un petit message courant 2023 pour les informer que mes revenus artistiques 2023 tourneraient autour de 7 000 euros maxi et qu’en conséquence, il serait bien de réajuster la partie provisionnelle 2023 puisque j’ai pas les moyens de payer des cotisations sur des revenus que je n’aurai pas perçus.

    Sans plus d’explication l’Urssaf m’envoie un échéancier pour payer les 1 900 euros restant dûs (théoriquement) en plusieurs fois, ce qui ne règle pas le problème puisque je dois payer la même somme.

    En janvier, après avoir fait mon bilan, je renvoie un message en expliquant que mes revenus 2023 sont de 6 200 euros et demande qu’on réévalue ma cotisation 2023 en fonction. Et de recalculer les provisions 2024 qu’ils ont estimé sur la base de 2022 à 908 euros par trimestre, c’est-à-dire la moitié de mes revenus 2023 réels.

    Pour toute réponse je reçois un recommandé exigeant 2800 euros (1900 + 900).

    J’ai écrit au Caap pour savoir si il y avait moyen de régler ça gentiment car évidemment, je ne possède pas la somme qu’on me réclame.

    #grosse_fatigue (comment ne pas haïr ces gens)

  • Vienne : la grande précarité des jeunes travailleurs indépendants
    https://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/vienne-la-grande-precarite-des-jeunes-travailleurs-independants


    Le 24 octobre 2022, une cinquantaine de livreurs manifestent à Poitiers. © (Photo archives NR/CP Marie-Laure Aveline)

    L’#Urssaf vient de mener une enquête déclinée à l’échelle régionale sur les #travailleurs_indépendants de moins de 30 ans [que nous avons reçu par la malle poste]. Leurs revenus restent généralement très bas.

    Le 24 octobre 2022, soutenus par l’Union départementale CFDT, une cinquantaine de #livreurs travaillant pour Deliveroo ou Uber Eats manifestaient devant la mairie de Poitiers. Pour défendre leurs droits mais aussi pour attirer l’attention sur la #précarité de leur situation.

    Une étude menée à l’échelle nationale par l’Urssaf et déclinée sur le plan régional vient de confirmer cette situation, d’autant plus difficile que les intéressés sont jeunes. C’est précisément sur les moins de 30 ans que porte l’étude de l’Urssaf. https://www.urssaf.org/accueil/espace-medias/communiques-et-dossiers-de-press/communiques-de-presse/activite_eco_des_moins_30_ans.html#:~:text=les%20effectifs%20salariés-,En%20.

    Un autoentrepreneur sur six
    On constate que, s’ils ne représentent que 4,8 % des travailleurs indépendants classiques en Poitou-Charentes, les moins de 30 ans pèsent pour 14,7 % chez les autoentrepreneurs (20 % pour la France entière). Les deux tiers des livreurs à domicile (activités dites « de pose et de courrier ») ont moins de 30 ans.

    Moins de 3.000 € par an en moyenne pour les indépendants de moins de 30 ans
    Pour compenser la faiblesse des revenus de leur activité, 23 % des indépendants de moins de 26 ans l’exercent en parallèle avec un #emploi salarié [et lycée de Versailles]. La proportion passe à 13 % chez les 26-29 ans, le niveau de revenu, explique l’Urssaf, s’améliorant avec l’expérience.

    Les indépendants classiques mieux lotis
    Les revenus annuels des activités indépendantes, s’ils sont corrects pour l’ensemble de ces professionnels en Poitou-Charentes (36.869 € en moyenne en 2021), restent bas pour les moins de 26 ans : 12.909 €.

    Ces chiffres cachent des situations très contrastées : si les indépendants classiques (artisans, commerçants, prestataires de services…) même les plus jeunes vivent en général correctement de leur activité, les #autoentrepreneurs ne tirent généralement que de très maigres revenus de leur travail : 5.825 € par an en moyenne pour les 26-29 ans, deux fois moins chez les moins de 26 ans.

    #travail #revenu

  • Auteur, un métier que le fisc français ne comprend toujours pas
    https://actualitte.com/article/112595/tribunes/auteur-un-metier-que-le-fisc-francais-ne-comprend-toujours-pas

    Une vingtaine d’organisations s’agace passablement de ce que leur situation fiscale soit toujours aussi ubuesque. Le gouvernement s’entête dans son incompréhension des métiers avec des cotisations hors sol. Dans une déclaration commune, toutes appellent à ouvrir les yeux, avant de contraindre les auteurs à fermer la page…

    Régime social des artistes-auteurs et autrices : pour la suppression de la provision forfaitaire de début d’activité

    Dans le « plan parcours de l’artiste-auteur » du ministère de la Culture, l’un des enjeux affichés est « l’attention portée à la jeune création ». Pourtant, les jeunes créateurs et créatrices n’ont jamais été aussi mal traités administrativement. Ils ne sont pas formés dans leurs établissements supérieurs en ce qui concerne leurs conditions d’exercice professionnel et leurs droits sociaux. Dès qu’ils déclarent leur activité, l’administration fiscale leur demande de payer une cotisation foncière des entreprises dont ils sont normalement exonérés, et l’administration sociale (l’Urssaf Limousin) leur demande de payer des cotisations qu’ils ne doivent pas réellement !

    Cette situation est indigne.

    Normalement, les artistes-auteurs et autrices cotisent proportionnellement à leur revenu.
    Mais, depuis le transfert de la collecte des cotisations à l’Urssaf Limousin en 2019, le gouvernement a décrété qu’une provision forfaitaire calculée sur 600 smic horaire (6762 € en 2023) serait imposée aux artistes-auteurs et autrices dès qu’ils déclarent leur activité au centre de formalité des entreprises et obtiennent un numéro de Siret pour déclarer leurs revenus en BNC.

    Cette disposition, qui engendre le versement à l’Urssaf de provisions disproportionnées au revenu réel de l’artiste-auteur ou autrice qui débute, est totalement inadaptée à la population des artistes-auteurs et autrices.

    Les trois quarts des artistes-auteurs et autrices gagnent moins de 600 smic horaire par an.

    La probabilité de gagner ce montant la première année de déclaration d’activité avoisine donc zéro.

    Dans la pratique, les montants de cotisations appelés aux artistes-auteurs et autrices qui déclarent leur activité peuvent s’avérer supérieurs à la totalité de leur revenu réel ! Ces provisions ne sont régularisées par l’Urssaf Limousin que l’année suivante quand le revenu réel de l’artiste-auteur ou autrice est connu.

    Cette disposition est aussi inique que contreproductive. En effet, elle a non seulement pour conséquence de mettre de nombreux artistes-auteurs et autrices en grande difficulté mais aussi de les décourager de déclarer leur activité artistique. Elle freine ainsi leur professionnalisation. Elle tend à la fois à pénaliser la création artistique et à favoriser le travail au noir. De fait, nous constatons depuis 3 ans que le système de modulation basé sur un futur revenu annuel, donc inconnu, reste largement inopérant, notamment pour les entrants.

    C’est pourquoi nous demandons instamment au gouvernement de supprimer la provision forfaitaire de début d’activité des artistes-auteurs et autrices, donc de modifier en ce sens l’article R382-24 du code de la sécurité sociale qu’il a institué par décret et qui est entré en vigueur au 1er janvier 2020.

    Organisations signataires :

    AdaBD – Association des auteurs de bandes dessinées
    AICA France – Association internationale des critiques d’arts
    CAAP – Comité pluridisciplinaire des artistes-auteurs et autrices
    CEA – Association française des commissaires d’exposition
    La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse
    Chorégraphes Associé·e·s
    La Ligue des auteurs professionnels
    Les États généraux de la bande dessinée
    SAJ – Société des auteurs de jeux
    SDS – Syndicat des scénaristes
    SELF – Syndicat des écrivains de langue française
    SMC – Syndicat français des compositrices et compositeurs de musique contemporaine
    SNAA-FO – Syndicat national des artistes-auteurs FO
    SNAP-CGT – Syndicat national des artistes plasticiens CGT
    SNP – Syndicat national des photographes
    SNSP – Syndicat national des sculpteurs et plasticiens
    UNPI – Union nationale des peintres-illustrateurs
    USOPAVE – Union des syndicats et organisations professionnels des arts visuels et de l’écrit

    Crédits photo : stevepb, CC 0

    #URSSAF #Droits_auteur #Droit_travail

  • Retraites des artistes-auteurs : une réforme délétère pour un secteur déjà précaire – Libération
    https://www.liberation.fr/culture/retraites-des-artistes-auteurs-une-reforme-deletere-pour-un-secteur-deja-
    https://www.liberation.fr/resizer/OEmKJzkYn0ECDfqpn_u6ntIUjo4=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/MTDJXLXHLBDQ7N4WNGP4LQ2G2Q.jpg

    Du côté du Caap, on se dit « scandalisés et inquiets que les ministères de la Culture et de la Santé aient à nouveau agréée l’Agessa qui a simplement changé de nom, au lieu de créer un nouvel organisme de sécurité sociale digne de ce nom pour les artistes-auteurs ». Et le transfert à l’Urssaf Limousin pour le prélèvement des cotisations n’a pas été sans peine non plus : en plus de nombreuses complications administratives, l’organisme a envoyé des appels à cotisations affichant des montants souvent exorbitants pour les artistes-auteurs, qui se sont vu demandés de payer d’un coup celles de l’année 2020 et celles, provisionnelles, de 2021.

    Autre aberration dénoncée par les syndicats d’artistes-auteurs : les méthodes de l’Ircec, la retraite complémentaire des artistes à laquelle certains, passés un certain seuil de revenus, doivent cotiser à hauteur de 4 % ou 8 % (selon l’importance des revenus). Une pétition en ligne circule depuis la fin du mois de février et alerte sur le mauvais fonctionnement de cet organisme qui crée « angoisse et colère » en engageant des « saisies d’huissiers pour des cotisations pour lesquelles aucune relance n’a été reçue » ou en refusant de transmettre certains dossiers à la Société française des intérêts des auteurs de l’écrit (Sofia) pourtant censée prendre en charge 50 % des cotisations dues au titre de la retraite complémentaire.

  • MALTRAITANCE ADMINISTRATIVE : TOUJOURS AUCUNE RÉPARATION DES PRÉJUDICES CAUSÉS AUX ARTISTES-AUTEUR•ICES PAR LES PRATIQUES ILLÉGALES DE L’AGESSA PENDANT PLUS DE 40 ANS

    http://caap.asso.fr/spip.php?article920

    1/ Procrastination et politique de l’autruche de l’État

    Le CAAP n’a cessé de dénoncer les préjudices causés aux ex dits « assujettis de l’Agessa » depuis 2012, y compris devant l’Assemblée nationale.

    Des rapports de l’IGAC-IGAS (de 2005 puis de 2013) ont mentionné ces dysfonctionnements de l’Agessa. Le rapport Racine a également clairement pointé « une grave défaillance de pilotage interne et de contrôle externe ». France 2 s’en est fait l’écho ainsi que la presse. Sans effet concret.

    Tout le monde savait, tout le monde sait. Mais rien n’est fait.
    Les préjudices causés à des milliers d’artistes-auteur•ices pendant plus de 40 ans ne sont toujours pas réparés.

    À ce sujet, la question écrite au gouvernement de la sénatrice Laurence Cohen (CRCE) datée du 20 février 2020 a obtenu le 14 janvier 2021 une réponse du ministère de la Culture qui laisse croire que la question est réglée, notamment via la circulaire interministérielle n° DSS/5B/3A/2016/308 du 24 novembre 2016 et qui allègue que : « Les services du ministère de la Culture et du ministère des Solidarités et de la Santé sont régulièrement informés des suites données à ces demandes de régularisation et le ministère de la Culture a demandé au ministère des Solidarités et de la Santé de déployer les moyens humains nécessaires pour traiter dans des délais raisonnables les demandes de rachat qui subsistent. »

    La réalité est tout autre. La circulaire de 2016 — qui vise à faire payer aux victimes elles-mêmes les préjudices que l’Agessa (sous la responsabilité de l’État) leur a fait subir – est à la fois une entourloupe et un fiasco. Aucun bilan n’a été communiqué. Mais nous savons que la constitution d’un dossier de demande est d’une complexité rédhibitoire pour la très grande majorité des artistes-auteur•ices, que le traitement d’un dossier par la CNAV prend environ deux ans et qu’au final les propositions de rachat sont exorbitantes.

    Dans une décision du 22 janvier 2020 (voir pdf en fin d’article), le Défenseur des droits précise lui-même que « le problème du défaut d’affiliation effective au régime de base d’un certain nombre d’artistes, bien que connu des pouvoirs publics n’a fait l’objet d’aucune solution satisfaisante pour les assurés oubliés ». À propos de la circulaire de 2016, il précise qu’elle « ne répond pas aux exigences d’un rétablissement juste et exhaustif des intéressés dans leur droit d’usagers du service public de la sécurité sociale. L’obstacle majeur à ce rétablissement réside dans le coût, bien trop élevé, du rachat des cotisations non appelées ». Pour lui, il ne fait nul doute « que la situation ainsi créée procède d’une faute de l’organisme, hautement préjudiciable aux assurés » et qu’une juste réparation consiste à valider gratuitement les trimestres qui n’ont jamais été appelés.
    2/ Préjudices subis et artistes-auteur•ices concerné•es

    Nombre d’artistes-auteur•ices n’ont pas encore pris pleinement conscience de la perte de droits à la retraite qu’ils ont subie en raison des dysfonctionnements de l’Agessa sous la responsabilité de l’État en charge du contrôle de légalité.

    Le rapport Racine mentionnait plus de « 190 000 » artistes-auteur•rices concerné•es. En réalité, ce nombre ne correspond qu’à l’effectif des « assujettis » pour une seule année. Or les pratiques illégales de l’Agessa durent depuis sa création. C’est donc un nombre bien plus important d’artistes-auteur•rices qui ont subi un préjudice. Il faudrait faire un cumul des assujettis de l’Agessa pendant 40 ans pour connaître le nombre réel des victimes de l’Agessa…

    En fait, tout cotisant•e de l’Agessa qui a été « assujetti•e » pendant une période a perdu des droits à la retraite.
    NB : Seul•es les artistes-auteur•ices qui ont été dans l’un des cas ci-dessous n’ont pas été impacté•es :

    Avoir été « affilié•e » à l’Agessa dès la première année de perception de revenus artistiques (droits d’auteur, etc.) et être resté « affilié•e » sans aucune période d’interruption.
    Avoir débuté son activité artistique uniquement après avoir liquidé sa retraite (relative à une autre activité professionnelle).
    Avoir eu une autre activité professionnelle qui a constamment procuré des revenus supérieurs au plafond annuel de sécurité sociale (en 2021, il est de 41 136 €/an).
    Avoir constamment bénéficié du régime spécial des fonctionnaires.

    Il s’agit d’une infime minorité.

    Même les cotisant•es qui ont perçu au cours de leur carrière artistique des revenus inférieurs au montant qui valide un trimestre vieillesse (1 537,50 € en 2021) ont perdu des droits à la retraite. En effet, le régime social des artistes-auteurs est rattaché au régime général, ce qui signifie que les droits générés par une activité salariée s’agglomèrent avec ceux générés par l’activité artistique. Ainsi un artiste-auteur dont les salaires n’ont pas validé le maximum des droits à la retraite (validation de 4 trimestres et à hauteur du plafond de sécurité sociale) aurait dû valider davantage de droits à la retraite via son activité d’artiste-auteur (soit en nombre de trimestres, soit en montant, soit les deux à la fois).

    Le double préjudice des « assujettis » de l’Agessa déclarant en BNC.
    L’Agessa faisait cotiser sur une mauvaise assiette (recettes au lieu de bénéfice) les artistes-auteur•ices déclarant leur revenu en BNC et ce, sans jamais leur rembourser le trop-versé. En conséquence, ces artistes-auteur•ices ont trop cotisé et n’ont validé aucun droit à la retraite. À titre d’exemple, le trop-versé par un•e artiste-auteur•ice en micro-BNC aurait couvert la moitié du coût de la cotisation vieillesse qui ne lui a jamais été appelée. Cependant que le trop-versé d’un•e artiste-auteur•ice en déclaration contrôlée dont les frais réels sont égaux à 50 % (ce qui est courant) aurait couvert la totalité du coût de ses cotisations vieillesse. Au-delà de 50 % de frais, non seulement le coût de la cotisation vieillesse était couverte mais encore l’Agessa aurait dû reverser un trop-perçu à l’artiste-auteur•ice…
    3/ Un courrier intersyndical daté du 19 février 2021 demande au gouvernement un bilan de la circulaire 2016 et la réparation des préjudices subis

    À l’attention de :
    Monsieur Jean Castex, Premier Ministre
    Madame Roselyne Bachelot, Ministre de la culture
    Monsieur Olivier Véran, Ministre des solidarités et de la santé
    Monsieur Bruno Le Maire, Ministre de l’économie, des finances et de la relance

    Objet :

    Bilan de la circulaire interministérielle du 24 novembre 2016 sur la procédure de régularisation de cotisations prescrites d’assurance vieillesse aux artistes-auteurs
    Défaut d’affiliation de l’Agessa – Réparation du préjudice des artistes-auteurs

    Monsieur le Premier Ministre, Madame et Messieurs les Ministres de la culture, des solidarités et de la santé, de l’économie, des finances et de la relance,

    A l’occasion de la circulaire interministérielle n°DSS/5B/3A/2016/308 en date du 24 novembre 2016, la Ministre des affaires sociales et de la santé et le Ministre de l’économie et des finances, ont précisé à Monsieur le directeur de la caisse nationale d’assurance vieillesse les conditions de mise en œuvre d’une procédure de régularisation de cotisations prescrites aux artistes-auteurs.

    A cette occasion, ils lui ont demandé un suivi statistique semestriel, destiné à leur permettre une évaluation régulière de ce dispositif, et une évaluation globale de ce dernier d’ici 2020 afin d’analyser l’efficacité de la procédure au regard de la reconstitution des droits des artistes-auteurs concernés.

    Il s’agit d’une préoccupation majeure pour des milliers d’artistes-auteurs, comme le précise le rapport « l’Auteur et l’acte de création », que Monsieur Bruno Racine a remis en janvier 2020 à Monsieur le Ministre de la Culture Franck Riester.

    Il est indiqué dans ce rapport : « les artistes-auteurs, anciennement assujettis à l’Agessa, soit plus de 190 000 personnes, n’ont jamais été prélevés de cotisations à l’assurance vieillesse depuis la création du régime en 1975, alors que le contraire leur était indiqué… Ce défaut de prélèvement, qui s’expliquerait par les limites du système informatique, illustre une grave défaillance de pilotage interne et de contrôle externe… Les conséquences sociales en sont dramatiques puisque les auteurs concernés qui de bonne foi pouvaient légitimement aspirer à percevoir une pension de retraite à proportion des cotisations qu’ils pensaient avoir versées, se trouvent privés des droits correspondants… »

    Compte tenu de ces déficiences institutionnelles avérées et des préjudices subis, il est notamment inconcevable d’envisager aujourd’hui une prolongation du dispositif de 2016 sans avoir, au préalable, mesuré son efficience et consulté les représentants des artistes-auteurs. La mesure politique visant au rétablissement dans leurs droits de tous les artistes-auteurs concernés doit en effet s’avérer efficace et à la portée de chacun.

    Nous vous remercions par conséquent de bien vouloir organiser dans les meilleurs délais une réunion de présentation du bilan de ce dispositif ouverte aux représentants des artistes-auteurs, suivie d’un cycle de concertations, afin de vous permettre de trouver une solution opérationnelle, adaptée et consensuelle au préjudice subi par les artistes-auteurs du fait de ces dysfonctionnements.

    Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, Madame et Messieurs les Ministres de la culture, des solidarités et de la santé, de l’économie, des finances et de la relance, à l’assurance de notre très haute considération.

    Organisations signataires :
    • AdaBD (Association des Auteurs de Bandes Dessinées)
    • AICA France (Association Internationale des Critiques d’Art)
    • ATAA (Association des traducteurs adaptateurs de l’audiovisuel)
    • CAAP (Comité Pluridisciplinaire des Artistes-Auteurs et des Artistes-Autrices)
    • c|e|a (Association française des commissaires d’exposition)
    • La Charte des auteurs et des illustrateurs jeunesse
    • EGBD (États Généraux de la Bande Dessinée)
    • La Ligue des auteurs professionnels
    • SELF (Syndicat des Écrivains de Langue Française)
    • SMC (Syndicat français des compositrices et compositeurs de Musique Contemporaine)
    • SMdA-CFDT (Syndicat Solidarité Maison des Artistes CFDT)
    • SNAA-FO (Syndicat National des Artistes-Auteurs FO)
    • SNAP-CGT (Syndicat National des Artistes Plasticiens CGT)
    • SNP (Syndicat National des Photographes)
    • SNSP (Syndicat National des Sculpteurs et Plasticiens)
    • STAA (Syndicat des Travailleurs Artistes-Auteurs)
    • UNPI (Union nationale des peintres illustrateurs)
    • USOPAVE (union des syndicats et organisations professionnels des arts visuels et de l’écrit)

    • J’ai du mal à comprendre si les artistes sont concernées ou seulement les autrices vu que c’est l’Agessa qui ne faisait pas le job et non la MDA. Pourtant j’ai l’impression que pas mal de mes amies artistes qui sont à la MDA et non à l’Agessa sont traités au même regime et se trouvent avec des sommes énormes à versé à l’Ircec. Comme d’habitude j’y comprend rien.

    • L’ircec qui a faillit aussi dans sa gestion, c’est une retraite complémentaire donc le préjudice est moindre. De toute façon un·e artiste cotisant Ircec au taux de base ne touchera que des clopinettes.
      C’est pour ça que perso je ne me plaint pas que l’Ircec m’ait « oublié » .
      L’Agessa, pour les concerné·es, c’est autrement plus grave comme le souligne l’article que tu cites.

    • Méfiance concernant les appels de cotisations de l’Ircec dont la rédaction laisse à penser que les cotisations sont dues dans tous les cas. En réalité en dessous d’un certain seuil de revenu l’artiste peut demander une exonération de cotisation en renonçant en contrepartie à valider ses droits.Mais ce n’est indiqué qu’en tous petits caractères.
      Comme dit plus haut, pour les artistes à petits revenus renoncer à ses droits à la complémentaire c’est renoncer à rien vu la misère que l’Ircec propose au moment de la retraite. Donc garder son pognon et le faire fructifier (si possible) soi-même c’est une meilleure option, pas très solidaire certes mais dans ce système ce sont les petits (l’immense majorité) qui alimentent la caisse qui profitera à ceux qui ont pu verser des cotisations à taux élevé auxquels l’Ircec propose un « rendement » bien meilleur.

    • J’ai une amie qui viens de se faire « retrouvé » par l’Ircec et qui s’est fait syphoné ses maigres revenus pour des droits qu’elle n’aura pas .... je croi qu’elle a deja payé maleureusement ne sachant pas qu’elle pouvait renoncé à ce non droit.

    • En réalité en dessous d’un certain seuil de revenu l’artiste peut demander une exonération de cotisation en renonçant en contrepartie à valider ses droits. Mais ce n’est indiqué qu’en tous petits caractères.

      @vazi je ne trouve pas cette annotation sur les formulaires IRCEC

    • Je croi qu’ils se gardent de facilité les choses.
      J’ai pas encore regarder mais j’ai trouvé ceci
      https://www.ircec.fr/wp-content/uploads/2021/02/guide-ircec-2021.pdf
      et cela
      https://www.ircec.fr/foire-aux-questions

      1 - L’affiliation et le paiement de la cotisation au RAAP sont-ils obligatoires ?

      Le fait d’être affilié à un régime de retraite de base ou complémentaire n’est pas la résultante d’un choix, c’est une obligation légale et règlementaire.

      L’IRCEC, Caisse nationale de retraite complémentaire des artistes-auteurs, est instituée par l’article L. 382-12 du Code de la Sécurité sociale et le RAAP est régi par les dispositions du décret n°62-420 du 11 avril 1962.

      Dès lors que vous êtes rémunérés en droits d’auteur, vos régimes de rattachement sont :

      pour le régime de base, le régime général, via l’Agessa ou la Maison des Artistes ;
      pour votre retraite complémentaire, le RAAP si le montant de votre assiette sociale est supérieur à un seuil d’affiliation fixé à 900 SMIC horaires (9 135 euros en 2021)

      Le terme de « complémentaire » n’a pas le sens de « facultatif ». Dans le cadre du fonctionnement du système de protection sociale en France, un régime complémentaire est un régime à caractère additionnel au régime de base.

      Ce fonctionnement par « strates » est identique à celui de la quasi-totalité des professions. Ainsi, pour prendre l’exemple d’un salarié, ce dernier cotise auprès du régime général pour la couverture du risque vieillesse et auprès de l’AGIRC-ARRCO pour la partie complémentaire couvrant ce même risque.

      Pour en savoir plus sur votre cotisation au RAAP, téléchargez le Guide de la retraite IRCEC 2021.

    • Mon amie m’a expliqué que leurs calculs fonctionnent par comme si on avais les memes revenus d’une année à l’autre. Si tu fait moins en 2021 qu’en 2020 on te prend quand meme comme si tu faisait pareil. En plus de ca des prelevements qui avaient été suspendus en 2020 cause covid sont demandé en 2021 en plus de ce qu’on demande pour 2021 de base....

    • Dans le guide il y a ceci :

      Si vous n’avez pas atteint le seuil d’affiliation (9 135 euros en 2021), vous n’êtes pas tenu de cotiser. Il est néanmoins nécessaire de nous en informer directement en ligne dans votre espace adhérent lors du pré-appel de la cotisation RAAP en avril de chaque année.

      Si vous n’avez pas atteint le seuil d’affiliation (9 135 euros en 2021), vous pouvezégalement choisir, au moment de la campagne de pré-appel, de cotiser volontaire-ment à 4 ou 8 % du seuil d’affiliation (365,40 euros ou 730,80 euros en 2021). Dans tous les cas, cette demande doit être effectuée avant le 30 novembre de l’année concernée, via votre espace adhérent.

      Vous pouvez enfin, si votre situation le justifie (insuffisance de ressources ou incapacité professionnelle) solliciter auprès des services de l’IRCEC une exonéra-tion totale ou partielle de vos cotisations, à condition d’en faire la demande avant le 31 mars de l’année qui suit l’appel de cotisation

      Pour 2021 ca semble clos vu les dates d’avril et mars ... quelle merde...

    • Du coup ca veut dire que pour les cotisations de 2021 il y a jusqu’a mars 2022 pour faire la demande ? Je comprend pas bien ce genre de trucs comme « l’année qui suit l’appel à cotisation »

    • J’ai l’impression que pour les artistes déclarant de petits revenus, il est inutile (voir néfaste) de répondre à la campagne de « pré-appel » de cotisations.
      Ça revient à estimer soi-même, au doigt mouillé, son futur revenu , mais je ne vous apprends pas qu’il y a des aléas :( et si finalement les revenus prévus ne sont pas encaissés, les appels de cotisations s’effectuent quand même sur la base déclarée lors du « pré-appel » !
      Cette méthode du pré-appel n’est probablement valable que pour les gros revenus car (si j’ai bien compris) elle permet de lisser les montants de cotisation.
      Quand on est au minimum on est déja « lissé » (voire essoré) et le mieux est d’ignorer ce pré-appel .

    • Merci pour tes explications @vazy
      Je savais pas qu’on avait le choix pour la declaration de pré-appel. Il m’a semblé que c’est le régime d’office. Ca m’étonnerai que mon amis soit allé les chercher elle même pour qu’ils lui calculent des charges sur les revenus de l’année précédente.

  • Rematérialisez ce pays !

    « Ce matin j’ai voulu faire ma déclaration trimestrielle à l’URSSAF.
    L’ancien site Net Entreprises fonctionnait très bien, mais l’URSSAF
    reste fidèle à la célèbre devise selon laquelle le mieux est l’ennemi
    du bien. C’est donc désormais le Portail des Autoentrepreneurs de
    l’URSSAF que je dois utiliser. Voici en gros le résumé des deux
    dernières heures.

    Je saisis mon login et mon mot de passe pour me connecter.

    La connexion échoue.

    Je demande l’envoi d’un mot de passe temporaire pour me connecter.

    La connexion avec ce nouveau mot de passe échoue.

    Je redemande l’envoi d’un mot de passe temporaire.

    La connexion échoue encore.

    Je réessaie une troisième fois.

    La troisième tentative de connexion échoue, et l’interface m’informe
    que mon compte restera bloqué pendant 15 minutes suite à un nombre trop élevé de tentatives de connexion.

    J’attends 15 minutes.

    Je me rends sur la page de connexion alternative qui propose de se
    connecter avec les anciens identifiants de Net Entreprises.

    La connexion réussit. Je me rends dans la rubrique Déclaration de Ressources.

    La déclaration échoue et l’interface m’informe que je dois être
    connecté pour faire ma déclaration.

    J’appelle le 0811 011 637 pour une assistance téléphonique.

    La dame au 0811 011 637 réussit à me débloquer mon compte.

    Je me connecte avec mes identifiants provisoires.

    Je modifie mon mot de passe, et l’interface m’informe qu’il ne doit
    pas dépasser huit caractères.

    Je m’apprête à faire ma déclaration, mais le site est saturé.

    (…)

    Je pourrais citer des exemples similaires ad nauseam, mais je pense
    que ce n’est pas la peine de faire un dessin. On est manifestement
    face à un malaise suite à la dématérialisation intempestive de tous
    les services dans ce pays.

    Formulaires papier remplacés par des portails web codés avec les pieds.

    Employés de guichet remplacés par des distributeurs et des numéros
    0800 au fonctionnement aléatoire.

    Conseillers remplacés par des bots automatiques.

    Caissières de supermarché remplacées par des douchettes Scan’Lib.

    Etc.

    J’ai une proposition très simple à faire : arrêtez le délire et
    rematérialisez ce pays ! »

    https://www.microlinux.fr/rematerialisez-ce-pays

  • Un maître d’hôtel et un fonctionnaire jugés pour avoir prouvé des délits
    https://www.mediapart.fr/journal/france/270218/un-maitre-d-hotel-et-un-fonctionnaire-juges-pour-avoir-prouve-des-delits

    Le ministère public a requis, le 26 février, la relaxe pour #Philippe_Pascal, ancien inspecteur de l’Urssaf, poursuivi pour avoir transmis à la #Justice des #enregistrements_clandestins prouvant le harcèlement moral de l’ancien président de la CCI d’Avignon. Mais le tribunal a tout fait pour montrer que ces enregistrements constituaient une violation de la vie privée.

    #France #droit_du_travail #François_Mariani #Fraude_fiscale #fraude_sociale #Urssaf

  • A Avignon, un maître d’hôtel et un fonctionnaire jugés pour avoir prouvé des délits
    https://www.mediapart.fr/journal/france/270218/avignon-un-maitre-dhotel-et-un-fonctionnaire-juges-pour-avoir-prouve-des-d

    Le ministère public a requis, le 26 février, la relaxe pour #Philippe_Pascal, ancien inspecteur de l’Urssaf, poursuivi pour avoir transmis à la #Justice des #enregistrements_clandestins prouvant le harcèlement moral de l’ancien président de la CCI d’Avignon. Mais le tribunal a tout fait pour montrer que ces enregistrements constituaient une violation de la vie privée.

    #France #droit_du_travail #François_Mariani #Fraude_fiscale #fraude_sociale #Urssaf

  • Un lanceur d’alerte et un fonctionnaire jugés pour avoir prouvé des délits
    https://www.mediapart.fr/journal/france/270218/un-lanceur-d-alerte-et-un-fonctionnaire-juges-pour-avoir-prouve-des-delits

    Le ministère public a requis, le 26 février, la relaxe pour #Philippe_Pascal, ancien inspecteur de l’Urssaf, poursuivi pour avoir transmis à la #Justice des #enregistrements_clandestins prouvant le harcèlement moral et les pratiques frauduleuses de l’ancien président de la CCI d’Avignon. Mais à l’audience, le tribunal s’est échiné à prouver qu’il s’agissait d’une violation de la vie privée. Comme si l’affaire Bettencourt n’avait pas existé.

    #France #droit_du_travail #François_Mariani #Fraude_fiscale #fraude_sociale #Urssaf

  • Un lanceur d’alerte et un fonctionnaire jugés pour avoir prouvé des délits
    https://www.mediapart.fr/journal/france/270218/un-lanceur-dalerte-et-un-fonctionnaire-juges-pour-avoir-prouve-des-delits

    Le ministère public a requis, le 26 février, la relaxe pour #Philippe_Pascal, ancien inspecteur de l’Urssaf, poursuivi pour avoir transmis à la #Justice des #enregistrements_clandestins prouvant le harcèlement moral et les pratiques frauduleuses de l’ancien président de la CCI d’Avignon. Mais à l’audience, le tribunal s’est échiné à prouver qu’il s’agissait d’une violation de la vie privée. Comme si l’affaire Bettencourt n’avait pas existé.

    #France #droit_du_travail #François_Mariani #Fraude_fiscale #fraude_sociale #Urssaf

  • Le combat judiciaire sans fin d’un ex-inspecteur de l’Urssaf
    https://www.mediapart.fr/journal/france/241117/le-combat-judiciaire-sans-fin-d-un-ex-inspecteur-de-l-urssaf

    Philippe Pascal était un inspecteur de l’Urssaf très apprécié, jusqu’au jour où il a contrôlé #François_Mariani, président de la chambre de commerce et d’industrie d’Avignon. Sept ans après, François Mariani le poursuit encore pour avoir transmis au parquet un enregistrement le mettant en cause.

    #France #Avignon #Justice #Philippe_Pascal #Urssaf

  • Le combat judiciaire sans fin d’un ex-inspecteur de l’Urssaf
    https://www.mediapart.fr/journal/france/241117/le-combat-judiciaire-sans-fin-dun-ex-inspecteur-de-lurssaf

    Philippe Pascal était un inspecteur de l’Urssaf très apprécié, jusqu’au jour où il a contrôlé #François_Mariani, président de la chambre de commerce et d’industrie d’Avignon. Sept ans après, François Mariani le poursuit encore pour avoir transmis au parquet un enregistrement le mettant en cause.

    #France #Avignon #Justice #Philippe_Pascal #Urssaf

  • A Avignon, le « calvaire judiciaire » d’un ancien de l’Urssaf - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/11/13/a-avignon-le-calvaire-judiciaire-d-un-ancien-de-l-urssaf_1609823

    Philippe Pascal, retraité de l’organisme de recouvrement, est attaqué par François Mariani, influent notable du Vaucluse et cousin de Thierry Mariani. En 2010, ce dernier avait été visé par un contrôle antifraude mené par l’ex-employé de l’Urssaf .

    Philippe Pascal n’était pas seul, c’est déjà ça. Environ 150 personnes se sont réunies ce lundi devant le tribunal de grande instance d’Avignon en soutien à cet ancien inspecteur de l’Urssaf, appelé à comparaître pour la troisième fois en sept ans. Depuis 2010, ce désormais retraité se retrouve pris dans une spirale judiciaire commencée à l’occasion d’un simple contrôle fiscal, initié à la demande de sa direction. Un simple contrôle, mais qui ne visait pas n’importe qui : François Mariani, qui assigne aujourd’hui Philippe Pascal en justice, est un homme d’affaires influent dans le Vaucluse – il fut président de la chambre de commerce et dirige plusieurs sociétés – et est également cousin de Thierry Mariani, ancien ministre Les Républicains.

    En 2010, il est notamment propriétaire d’un hôtel-restaurant dont la gestion questionne la direction vauclusienne de l’Urssaf. Philippe Pascal, alors en charge de la lutte antifraude dans le département, est mandaté pour effectuer le contrôle. Le dossier qu’il constitue entraîne la mise en examen, en février 2011, de François Mariani et de son fils pour « abus de biens sociaux, recel d’abus de biens sociaux, faux bilan, travail dissimulé et harcèlement moral » avec en prime un redressement annoncé de près de 800 000 euros. Parmi les éléments accumulés par l’inspecteur, un enregistrement fourni par un des employés de l’établissement, sur lequel on entendrait Mariani tenir des propos alimentant les soupçons d’infraction à la législation du travail. C’est cette bande sonore, remise à la justice par Philippe Pascal, qui le mène aujourd’hui devant le tribunal, François Mariani l’attaquant pour « atteinte à la vie privée ».

    « La carte du pourrissement »
    Lundi, l’audience, déjà reportée par trois fois, a une nouvelle fois été repoussée, l’avocat de François Mariani, Olivier Morice, ayant déclaré forfait pour cause de dos douloureux. Une vraie déception pour les soutiens de Philippe Pascal, venus de toute la France pour l’accompagner. « On a l’impression qu’en face, ils jouent la carte du pourrissement, soutient Lionel Zaouati, responsable régional pour la fédération CGT des organismes sociaux. On aurait aimé qu’il soit jugé pour que l’on en finisse, car Philippe reste sur le gril à ressasser cette affaire depuis sept ans déjà. » Car ce n’est pas la première contre-attaque menée par l’entrepreneur sur son inspecteur : depuis 2015, deux autres plaintes ont été déposées, la première, classée sans suite, pour des soupçons de corruption, la deuxième pour atteinte à la présomption d’innocence – procès perdu en première instance par François Mariani, qui a fait appel de la décision.

    De procédures en procédures, c’est un véritable « calvaire judiciaire » selon la CGT, qu’aurait subi l’inspecteur depuis le début de cette affaire. Pire : « Il a aussi été menacé, on a cassé sa voiture, on a recensé tout un tas de faits en vue de l’intimider », assure encore Lionel Zaouati. Une plainte a été déposée en ce sens, mais la justice l’a classée sans suite. De quoi déstabiliser durablement Pascal Philippe : dessaisi du dossier Mariani en 2014 par son administration, il est finalement licencié en juillet 2016 pour inaptitude suite à un burn-out. Une « injustice » pour ses soutiens, alors que François Mariani, toujours mis en examen, n’a lui toujours pas été jugé.

    « Au-delà du cas de Philippe, cette affaire symbolise aujourd’hui la façon dont certaines personnes influentes peuvent avoir un sentiment d’impunité leur permettant de passer entre les mailles du filet, relève Lionel Zaouati. On espère que la justice triomphera parce que son combat est juste. Il n’a fait que son travail. » Pour mobiliser l’opinion en attendant la nouvelle audience, prévue le 26 février 2018, ses défenseurs ont lancé un site internet, « payetescotiz.fr », avec rappel des faits et mention du comité de soutien de l’inspecteur, qui compte quelques personnalités comme Eva Joly, Gérard Filoche ou François Ruffin. L’avocat de François Mariani, lui, n’était pas joignable.

    L’impunité dont jouissent les dominants dans notre pays soit disant démocratique est hallucinante. Non seulement nous vivons dans un état policier, mais qui est par ailleurs contrôlé par une oligarchie politico-industrielle mafieuse.

    #urssaf #contrôle_fiscal #fraude #corruption #harcèlement #impunité

  • Charges sociales : la #France n’est compétitive qu’au niveau du SMIC
    http://fr.myeurop.info/2017/02/09/charges-sociales-la-france-n-est-comp-titive-qu-au-niveau-du-smic-15031

    Daniel Vigneron

    La #baisse_des_charges est encore au programme de plusieurs candidats à la présidentielle. Mais depuis 14 ans, les charges patronales ont été divisées par huit pour les salaires proches du SMIC. Mais pour les salaires de cadre, les charges restent en France les plus élevées d’Europe.

    Parmi les principaux candidats à l’élection présidentielle de 2017, trois d’entre eux préconisent une baisse des #cotisations_sociales pesant sur les entrepri lire la (...)

    #EUROFOCUS #Allemagne #Belgique #Danemark #Espagne #Italie #Pays-Bas #Royaume-Uni #CICE #compétitivité #pacte_de_responsabilité #réduction_Fillon #RFI #URSSAF

  • Les nouveaux déboires judiciaires du maire de #tarbes
    https://www.mediapart.fr/journal/france/160616/les-nouveaux-deboires-judiciaires-du-maire-de-tarbes

    Déjà poursuivi dans le cadre d’une enquête sur l’attribution de marchés publics, #Gérard_Trémège vient d’être mis en examen pour « travail dissimulé ». Ce baron indéboulonnable de la droite locale est cette fois soupçonné d’avoir fraudé l’Urssaf pendant plusieurs années. Un comble pour un ancien expert-comptable.

    #France #Justice #Urssaf