• Les vertus de l’inexplicable – à propos des « gilets jaunes » | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2019/01/08/vertus-de-linexplicable-a-propos-gilets-jaunes

    par Jacques Rancière

    Les révoltes n’ont pas de raisons. En revanche, elles ont une logique. Et celle-ci consiste précisément à briser les cadres au sein desquels sont normalement perçues les raisons de l’ordre et du désordre et les personnes aptes à en juger. Ces cadres, ce sont d’abord des usages de l’espace et du temps. Significativement ces « apolitiques » dont on a souligné l’extrême diversité idéologique ont repris la forme d’action des jeunesses indignées du mouvement des places, une forme que les étudiants en révolte avaient eux-mêmes empruntée aux ouvriers en grève : l’occupation.

    l y a là assurément bien des raisons de souffrir. Mais souffrir est une chose, ne plus souffrir en est une tout autre. C’est même le contraire. Or les motifs de souffrance que l’on énumère pour expliquer la révolte sont exactement semblables à ceux par lesquels on expliquerait son absence : des individus soumis à de telles conditions d’existence n’ont en effet normalement pas le temps ni l’énergie pour se révolter.

    Il faudrait parfois prendre les choses à l’envers : partir précisément du fait que ceux qui se révoltent n’ont pas plus raisons de le faire que de ne pas le faire – et souvent même un peu moins. Et à partir de là, s’interroger non sur les raisons qui permettent de mettre de l’ordre dans ce désordre mais plutôt sur ce que ce désordre nous dit sur l’ordre dominant des choses et sur l’ordre des explications qui normalement l’accompagne.

    Plus que tous ceux des années récentes, le mouvement des gilets jaunes est le fait de gens qui normalement ne bougent pas : pas des représentants de classes sociales définies ou de catégories connues pour leurs traditions de lutte. Des hommes et femmes d’âge moyen, semblables à ceux que nous croisons tous les jours dans les rues ou sur les routes, sur les chantiers et les parkings, portant pour seul signe distinctif un accessoire que tout automobiliste est tenu de posséder. Ils se sont mis en marche pour la plus terre-à-terre des préoccupations, le prix de l’essence : symbole de cette masse vouée à la consommation qui soulève le cœur des intellectuels distingués ; symbole aussi de cette normalité sur laquelle repose le sommeil tranquille de nos gouvernants : cette majorité silencieuse, faite de purs individus éparpillés, sans forme d’expression collective, sans autre « voix » que celle que comptent périodiquement les sondages d’opinion et les résultats électoraux.

    Occuper, c’est aussi créer un temps spécifique : un temps ralenti au regard de l’activité habituelle, et donc un temps de mise à distance de l’ordre habituel des choses ; un temps accéléré, au contraire, par la dynamique d’une activité qui oblige à répondre sans cesse à des échéances pour lesquelles on n’est pas préparé. Cette double altération du temps change les vitesses normales de la pensée et de l’action. Elle transforme en même temps la visibilité des choses et le sens du possible. Ce qui était objet de souffrance prend une autre visibilité, celle de l’injustice.

    Il est vrai que cette « volonté » peut prendre elle-même la forme d’une revendication : le fameux référendum d’initiative citoyenne. Mais la formule de la revendication raisonnable cache en fait l’opposition radicale entre deux idées de la démocratie : d’un côté la conception oligarchique régnante : le décompte des voix pour et des voix contre en réponse à une question posée. De l’autre, sa conception démocratique : l’action collective qui déclare et vérifie la capacité de n’importe qui à formuler les questions elles-mêmes. Car la démocratie n’est pas le choix majoritaire des individus. C’est l’action qui met en œuvre la capacité de n’importe qui, la capacité de ceux qui n’ont aucune « compétence » pour légiférer et gouverner.

    #Gilets_jaunes #Démocratie

    • Expliquer les « gilets jaunes » ? Qu’entend-on par expliquer ? Donner les raisons pour lesquelles advient ce qu’on n’attendait pas ? Celles-ci, de fait, manquent rarement. Et pour expliquer le mouvement des « gilets jaunes », elles viennent à foison : la vie dans des zones périphériques abandonnées par les transports et les services publics comme par les commerces de proximité, la fatigue de longs trajets quotidiens, la précarité de l’emploi, les salaires insuffisants ou les pensions indécentes, l’existence à crédit, les fins de mois difficiles…

      Il y a là assurément bien des raisons de souffrir. Mais souffrir est une chose, ne plus souffrir en est une tout autre. C’est même le contraire. Or les motifs de souffrance que l’on énumère pour expliquer la révolte sont exactement semblables à ceux par lesquels on expliquerait son absence : des #individus soumis à de telles conditions d’existence n’ont en effet normalement pas le temps ni l’énergie pour se révolter.

      L’explication des raisons pour lesquelles les gens bougent est identique à celle des raisons pour lesquelles ils ne bougent pas. Ce n’est pas une simple inconséquence. C’est la logique même de la #raison_explicatrice. Son rôle est de prouver qu’un mouvement qui a surpris toutes les attentes n’a pas d’autres raisons que celles qui nourrissent l’ordre normal des choses, qu’il s’explique par les raisons mêmes de l’immobilité. Elle est de prouver qu’il ne s’est rien passé qui ne soit déjà connu, d’où l’on tire, si l’on a le cœur à droite, la conclusion que ce mouvement n’avait pas de raison d’être, ou, si l’on a le cœur à gauche, qu’il est tout à fait justifié mais que, malheureusement, il a été mené au mauvais moment et de la mauvaise façon par des gens qui n’étaient pas les bons. L’essentiel est que le monde reste divisé en deux : il y a les gens qui ne savent pas pourquoi ils bougent et les gens qui le savent pour eux.
      Il faudrait parfois prendre les choses à l’envers : partir précisément du fait que ceux qui se révoltent n’ont pas plus raisons de le faire que de ne pas le faire – et souvent même un peu moins. Et à partir de là, s’interroger non sur les raisons qui permettent de mettre de l’ordre dans ce désordre mais plutôt sur ce que ce désordre nous dit sur l’ordre dominant des choses et sur l’ordre des explications qui normalement l’accompagne.
      Plus que tous ceux des années récentes, le mouvement des gilets jaunes est le fait de gens qui normalement ne bougent pas : pas des représentants de classes sociales définies ou de catégories connues pour leurs traditions de lutte. Des hommes et femmes d’âge moyen, semblables à ceux que nous croisons tous les jours dans les rues ou sur les routes, sur les chantiers et les parkings, portant pour seul signe distinctif un accessoire que tout automobiliste est tenu de posséder. Ils se sont mis en marche pour la plus terre-à-terre des préoccupations, le prix de l’essence : symbole de cette masse vouée à la consommation qui soulève le cœur des intellectuels distingués ; symbole aussi de cette normalité sur laquelle repose le sommeil tranquille de nos gouvernants : cette majorité silencieuse, faite de purs individus éparpillés, sans forme d’expression collective, sans autre « voix » que celle que comptent périodiquement les sondages d’opinion et les résultats électoraux.

      Les #révoltes n’ont pas de raisons. En revanche, elles ont une logique. Et celle-ci consiste précisément à briser les cadres au sein desquels sont normalement perçues les raisons de l’ordre et du désordre et les personnes aptes à en juger. Ces cadres, ce sont d’abord des #usages de l’espace et du temps. Significativement ces « apolitiques » dont on a souligné l’extrême diversité idéologique ont repris la forme d’action des jeunesses indignées du mouvement des places, une forme que les étudiants en révolte avaient eux-mêmes empruntée aux ouvriers en grève : l’#occupation.
      Occuper, c’est choisir pour se manifester comme collectivité en lutte un lieu ordinaire dont on détourne l’affectation normale : production, circulation ou autre. Les « gilets jaunes » ont choisi ces #ronds-points, ces non-lieux autour desquels des automobilistes anonymes tournent tous les jours. Ils y ont installé matériel de propagande et baraquements de fortune comme l’avaient fait ces dix dernières années les anonymes rassemblés sur les places occupées.
      Occuper, c’est aussi créer un #temps_spécifique : un temps ralenti au regard de l’activité habituelle, et donc un temps de mise à distance de l’ordre habituel des choses ; un temps accéléré, au contraire, par la dynamique d’une activité qui oblige à répondre sans cesse à des échéances pour lesquelles on n’est pas préparé. Cette double altération du temps change les vitesses normales de la pensée et de l’action. Elle transforme en même temps la visibilité des choses et le sens du possible. Ce qui était objet de souffrance prend une autre visibilité, celle de l’#injustice. Le refus d’une taxe devient le sentiment de l’injustice fiscale puis le sentiment de l’injustice globale d’un ordre du monde. Quand un collectif d’égaux interrompt la marche normale du temps et commence à tirer sur un fil particulier – taxe sur l’essence, aujourd’hui, sélection universitaire, réforme des pensions ou du code du travail, hier – c’est tout le tissu serré des inégalités structurant l’ordre global d’un monde gouverné par la loi du profit qui commence à se dérouler.

      Ce n’est plus alors une demande qui demande satisfaction. Ce sont deux mondes qui s’opposent. Mais cette opposition de mondes creuse l’écart entre ce qui est demandé et la logique même du mouvement. Le négociable devient #non_négociable. Pour négocier on envoie des #représentants. Or les « gilets jaunes », issus de ce pays profond qu’on nous dit volontiers sensible aux sirènes autoritaires du « populisme », ont repris cette revendication d’horizontalité radicale que l’on croit propre aux jeunes anarchistes romantiques des mouvements Occupy ou des ZAD. Entre les égaux assemblés et les gestionnaires du pouvoir oligarchique, il n’y a pas de négociation. Cela veut dire que la #revendication triomphe par la seule peur des seconds mais aussi que sa victoire la montre dérisoire par rapport à ce que la révolte « veut » par son développement immanent : la fin du pouvoir des « représentants », de ceux qui pensent et agissent pour les autres.
      Il est vrai que cette « volonté » peut prendre elle-même la forme d’une revendication : le fameux référendum d’initiative citoyenne. Mais la formule de la revendication raisonnable cache en fait l’opposition radicale entre deux idées de la démocratie : d’un côté la conception oligarchique régnante : le décompte des voix pour et des voix contre en réponse à une question posée. De l’autre, sa conception démocratique : l’#action_collective qui déclare et vérifie la capacité de n’importe qui à formuler les questions elles-mêmes. Car la démocratie n’est pas le choix majoritaire des individus. C’est l’action qui met en œuvre la capacité de n’importe qui, la capacité de ceux qui n’ont aucune « compétence » pour légiférer et gouverner.

      Entre le pouvoir des égaux et celui des gens « compétents » pour gouverner, il peut toujours y avoir des affrontements, des négociations et des compromis. Mais derrière ceux-ci, il reste l’abîme du rapport non négociable entre la #logique_de_l’égalité et celle de l’inégalité. C’est pourquoi les révoltes restent toujours au milieu du chemin, pour le grand déplaisir et la grande satisfaction des savants qui les déclarent vouées à l’échec parce que dépourvues de « stratégie ». Mais une stratégie n’est qu’une manière de régler les coups à l’intérieur d’un monde donné. Aucune n’enseigne à combler le fossé entre deux mondes. « Nous irons jusqu’au bout », dit-on à chaque fois. Mais ce bout du chemin n’est identifiable à aucun but déterminé, surtout depuis que les États dits communistes ont noyé dans le sang et la boue l’espérance révolutionnaire. C’est peut-être ainsi qu’il faut comprendre le slogan de 1968 : « Ce n’est qu’un début, continuons le combat. » Les commencements n’atteignent pas leur fin. Ils restent en chemin. Cela veut dire aussi qu’ils n’en finissent pas de recommencer, quitte à changer d’acteurs. C’est le réalisme – inexplicable – de la révolte, celui qui demande l’impossible. Car le possible lui est déjà pris. C’est la formule même du pouvoir : no alternative .

      #égalité #égaux


  • Vers des algorithmes exemplaires ?
    http://www.internetactu.net/2018/12/05/vers-des-algorithmes-exemplaires

    Comprendre ce qu’il se passe à l’intérieur des boîtes noires algorithmiques n’est pas si simple. Notamment, parce que les agencements de codes, de traitements, de classements, d’appariements se construisent souvent d’eux-mêmes, à partir de données que nous ne sommes pas conviés à regarder et de code que nous ne sommes (...)

    #Articles #Usages #algorithme #méditation #nossystemes


  • Évaluations : comment sommes-nous passés de l’amélioration au #contrôle ?
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/evaluations-comment-sommes-nous-passes-de-lamelioration-au-controle

    À l’heure où chaque service en ligne nous demande sans cesse de l’évaluer, n’allons-nous pas basculer dans une fatigue de la rétroaction permanente ? C’est la question que pose la professeure d’anglais, spécialiste des humanités numériques, Megan Ward (@meganeward1) pour The Atlantic, auteure de Seeming Human, un livre qui s’intéresse à (...)

    #A_lire_ailleurs #Usages #big_data #intelligence_des_données


  • (16) Dominique Pasquier : « Les usages avancés du Net restent élitistes » - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/21/dominique-pasquier-les-usages-avances-du-net-restent-elitistes_1693457

    Avec les smartphones, Internet est entré dans les usages quotidiens des familles modestes. Mais il s’agit avant tout d’une version simplifiée et servicielle.

    Une de vos constatations, c’est qu’Internet s’est intégré à la vie quotidienne…

    C’est ce qui m’a frappé quand j’ai commencé les entretiens : non seulement Internet est là, mais c’est comme s’il avait toujours été là ! C’est très frappant. Les femmes m’ont raconté : « Le matin, je me lève, je prends mon café et je lis mes notifications Facebook. » C’est déjà ritualisé alors que c’est très récent. Je pensais que ça continuait à être vécu comme quelque chose de compliqué. Mais en fait, c’est totalement fluide. L’adoption d’Internet est aussi allée très vite car, si elles se sont équipées tard, ces familles en avaient beaucoup entendu parler. Ce devait être un sentiment d’exclusion très fort, d’être en dehors de cet univers.
    Ces familles accèdent-elles aussi à Internet avec un ordinateur ?

    Non, ces familles ne se sont jamais vraiment approprié l’ordinateur. Les tablettes et téléphones, avec leur interface tactile, suppriment l’obstacle du clavier et de la souris. C’est ce qui a boosté l’équipement et la connexion.
    L’Internet de ces familles est donc une version simplifiée, tactile et servicielle…

    Oui, Internet a avant tout pour elles un usage utile, qui s’intègre parfaitement dans le quotidien. Ce que je retiens, c’est que les personnes que j’ai rencontrées ont pris ce qui était important pour elles. Mais ce qui a encore du mal à passer aujourd’hui, c’est la dématérialisation des services administratifs. Ce sont des personnes qui se promènent sur le Bon Coin avec une grande aisance, elles n’y ont aucun problème d’interface, et dès qu’elles se retrouvent sur le site de Pôle Emploi ou de la CAF, c’est l’horreur. Ce sont d’énormes problèmes d’ergonomie, et il y a une grosse responsabilité de la part des pouvoirs publics.

    Vous avez aussi enquêté à partir de comptes Facebook…

    J’ai récupéré ces accès grâce à une autre enquête, Algopol, qui avait aspiré, avec le consentement des gens bien sûr, le contenu de comptes depuis leur création. C’est un autre univers. Quand on rencontre les gens, il y a un certain rapport qui s’installe, les gens affirment ne pas se dévoiler sur Internet. J’ai sélectionné des comptes avec le même profil que les personnes que j’ai rencontrées : elles habitent à la campagne, elles ont entre 30 ans et 50 ans, employées des services à la personne ou ouvrières. Eh bien on voit que ça peut aller assez loin dans le dévoilement de l’intimité.

    C’était un travail compliqué. Il n’y avait pas de méthode. J’ai passé presque un an à lire tous les jours pour essayer de comprendre quel statut il fallait donner à ce contenu. On comprend assez vite que les interactions en ligne sont des échanges qui restent dans l’entre-soi social. Avec quelques spécificités. Par exemple, on échange très peu sur son activité professionnelle, contrairement aux classes moyennes et supérieures.
    Et on partage beaucoup de citations…

    J’ai découvert cette pratique que j’ai trouvée fascinante : les envois de citations sur la vie, ces « panneaux » qui sont énormément partagés. Ça se finit toujours par « Poste-le sur ton mur si tu es d’accord ». On voit qu’il y a une morale qui circule à toute vitesse et qui contient toujours les mêmes messages : être authentique, être soi-même, aimer sa famille, ne pas trahir, ne pas faire attention aux apparences, etc. C’est-à-dire exactement l’inverse de ce qu’on raconte du monde politique, qui est faux, fourbe, voleur, etc.

    Cette circulation de citations mais aussi de caricatures, c’est une manière de tester l’accord de son entourage. C’est une recherche de consensus avec un objectif de réassurance sur la morale commune. Et il faut condamner les gens contraires aux normes.

    #Dominique_Pasquier #Internet #Sociologie_usages #Usages #Culture_numérique


  • A l’ère du numérique, sommes-nous tous dépassés ?
    https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2018/11/09/a-l-ere-du-numerique-sommes-nous-tous-depasses_5381303_4497916.html

    « Il existe un décalage énorme entre le miraculeux du rêve technologique vendu par les marques et le réel plus trivial des utilisateurs. C’est un imaginaire qui fonctionne comme un leurre, et qu’il faut ­d’urgence dégonfler. Les personnes âgées, sans formation, allocataires des minima sociaux sont souvent à la peine. Cette fracture numérique recouvre en partie la ­fracture sociale, mais pas de manière systématique, car elle est multifactorielle », explique l’anthropologue Pascal Plantard, coauteur de l’ouvrage Pour en finir avec la fracture numérique (FYP, 2011).

    #usages #fracture #accompagnement


  • Médiation numérique, le point aveugle de la conception ?
    http://www.internetactu.net/2018/11/23/mediation-numerique-le-point-aveugle-de-la-conception

    Nous sommes nombreux à être en difficulté avec le numérique. Ce serait le cas de 13 millions de personnes selon une enquête de la mission société numérique. En 2016, une tribune publiée sur le Monde par Emmaüs Connect et nombre d’organisations et de personnalités de l’internet français, estimait que les (...)

    #Articles #Débats #Opinions #Usages #design #e-inclusion #interface #méditation


  • Technophorie : pourquoi les applications pour réfugiés ne répondent pas à leurs besoins ?
    http://www.internetactu.net/2018/11/19/technophorie-pourquoi-les-applications-pour-refugies-ne-repondent-pas-

    Depuis le début de la crise migratoire en 2015, de nombreuses applications pour les réfugiés ont vu le jour. Mais très peu sont réellement utilisées – car beaucoup relèvent d’une forme de solutionnisme ou d’idées erronées sur les besoins de migrants. C’est ce qu’explique la sociologue Dana Diminescu (@diminescu), enseignante-chercheuse (...)

    #Articles #Interviews #Usages #design #e-inclusion #eDémocratie #Interfaces


  • Pourquoi les applications pour l’accessibilité des handicapés ne suffisent-elles pas à rendre la ville plus accessible ?
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/pourquoi-les-applications-pour-laccessibilite-des-handicapes-ne-suffis

    Vous connaissez certainement les cartoparties, d’Open Street Map (OSM) : des événements où les participants sont invités à cartographier de manière collaborative les lacunes de la base de données géographique libre et participative. Parmi toutes les données collectées dans OSM, il y a notamment des données liées à l’accessibilité pour aider (...)

    #A_lire_ailleurs #Usages #e-inclusion


  • Et si l’on allait du côté des branchés ? Que diriez vous d’une une promenade dans les #usages_sociaux du #numérique à travers un dossier de huit articles : #réseaux_sociaux, pétitions, buzz, school shooting...

    http://sms.hypotheses.org/3340

    #web, #numérique, #internet, #usages_sociaux, #pétition, #buzz, #usages, #TIC, #communication, #information, #technique, #technologie


  • Les pouvoirs et limites de la neuroplasticité (2/2) : voyage au pays de l’amélioration cognitive
    http://www.internetactu.net/2018/10/15/les-pouvoirs-et-limites-de-la-neuroplasticite-22-voyage-au-pays-de-lam

    Caroline Williams (@ScienceCaroline) est une journaliste scientifique, qui a notamment travaillé au New Scientist.Elle s’est demandé comment « améliorer son cerveau ». Par chance, elle était bien connectée. Plutôt que tenter de « hacker son esprit » chez elle en se basant sur les exercices et les techniques disponibles sur le marché, elle nous (...)

    #Articles #Usages #cognition #neuroscience


  • De l’éthique dans les organisations : réduire le fossé entre pratiques et discours
    http://www.internetactu.net/2018/10/12/de-lethique-dans-les-organisations-reduire-le-fosse-entre-pratiques-et

    La conférence Ethics by Design (@designethique) qui se tenait à Saint-Denis début octobre était l’occasion de faire le point sur la conception #éthique dans ses multiples acceptions. L’un des fils rouges de ces rencontres, interrogeait la question de l’éthique dans les organisations… Retour sur quelques-unes des présentations, pour tenter de (...)

    #Articles #Usages #eDémocratie #politiques_publiques


  • Jen Schradie : « Internet contribue souvent à renforcer les inégalités existantes »
    http://www.internetactu.net/2018/10/01/jen-schradie-internet-contribue-souvent-a-renforcer-les-inegalites-exi

    Le #Digital_Society_Forum – disclosure : dont la Fing et InternetActu.net sont partenaires – initié par Orange est un site qui s’intéresse à l’impact du numérique et qui publie notamment des dossiers sur les transformations de nos comportements à l’heure du numérique. Dans le cadre d’une thématique qui explore la (...)

    #Articles #Interviews #Usages #e-inclusion #non-usages #sociologie


  • Demain, tous nos gadgets répondront-ils à la #voix ?
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/demain-tous-nos-gadgets-repondront-ils-a-la-voix

    Amazon vient d’annoncer étendre sa gamme de produits d’assistants vocaux… rapporte 01net comme LeMonde.fr, parmi lesquels on trouve notamment un appareil pour la voiture ou une prise électrique qui se commande à la voix ou via l’application Alexa. Amazon a également dévoilé une série d’amélioration à son interface vocale lui (...)

    #A_lire_ailleurs #Usages #attentionbydesign #économie_de_l'attention #Interfaces




  • L’internet des familles modestes : les #Usages sont-ils les mêmes du haut au bas de l’échelle sociale ?
    http://www.internetactu.net/2018/09/21/linternet-des-familles-modestes-les-usages-sont-ils-les-memes-du-haut-

    Il semble toujours difficile de saisir une enquête sociologique, car, comme toute bonne enquête sociologique, celles-ci sont surtout qualitatives et se fondent sur des témoignages peu nombreux et variés… dont il semble difficile de dégager des lignes directrices. C’est pourtant ce que réussit à faire la sociologue Dominique Pasquier dans (...)

    #Articles #Interviews #e-inclusion #non-usages #sociologie

    • Vous évoquez notamment la difficulté à utiliser certaines ressources dans le cadre professionnel ou dans la relation administrative. Quelles sont ces difficultés et pourquoi persistent-elles selon vous ?

      Dominique Pasquier : Dans leurs services en ligne, les administrations de la République sont lamentables. On ne met pas assez d’argent dans l’ergonomie, dans les tests usagers… pour des gens dont les budgets se jouent à 100 euros près et où le moindre remboursement qui ne vient pas est un drame. La dématérialisation de l’administration est inhumaine et brutale. Les familles modestes utilisent peu le mail. Leurs adresses servent principalement aux achats et aux relations avec les administrations. Mais les courriers de l’administration se perdent dans le spam qu’ils reçoivent des sites d’achat. Pour eux, le mail est un instrument de torture et ce d’autant plus qu’il est l’outil de l’injonction administrative. Les gens ont l’impression d’être maltraités par les administrations, à l’image de cet homme que j’ai rencontré, noyé dans ses démêlés avec Pôle emploi, en difficulté dans toutes ses démarches.

      Les usagers ne sont pas contre la dématérialisation pourtant. Le public que j’ai rencontré utilise quotidiennement les applications bancaires par exemple, matins et soirs. Ils n’ont pas de mal à gérer leurs factures en ligne. Mais les relations avec les institutions sociales, en ligne, sont particulièrement difficiles.

      InternetActu.net : Peut-être est-ce aussi lié à l’usage spécifique du mail qu’on rencontre dans ces familles. Vous soulignez, qu’une des rares spécificités de l’internet des familles modestes, c’est que l’usage du mail n’est pas tant individuel que familial…

      Dominique Pasquier : Oui. Pour les familles modestes, le mail n’est pas un outil de conversation agréable. Il est asynchrone et écrit. Envoyer et attendre une réponse ne correspond pas aux valeurs du face à face dans l’échange, qui reste très fort dans les milieux populaires. Il demeure de l’ordre du courrier, ce qui en fait un dispositif formellement distant.

      Les familles disposent bien souvent d’une seule adresse mail partagée. C’est un moyen de tenir un principe de transparence familial… (et de surveillance : une femme ne peut pas recevoir de courrier personnel). Ce principe de transparence se retrouve également dans les comptes Facebook, dans les SMS,… La famille intervient sur les comptes de ses membres, on regarde les téléphones mobiles des uns et des autres. On surveille ce qu’il se dit. Les familles modestes ne voient pas de raison à avoir des outils individuels.

      Il y a aussi l’enquête régulière sur les « Pratiques culturelles » coordonnée par Olivier Donnat.


  • USAID Managers Guide to Microcomputers in Development (1983)
    https://www.ictworks.org/usaid-managers-guide-to-microcomputers-in-development


    Une archive étonnante pour ceux et celles qui, comme moi, ont commencé(e)s à travailler en 1983 en Afrique avec des « Micro » (Goupil 3 et 4 !)

    In Africa recently, several donor agency personnel, Ministry officials, and one of the authors were discussing development. Inevitably, they talked about microcomputers.
    One member of the group mentioned that he was ordering an “Apple II Plus” system to help him write reports. A high-ranking government official commented that foreigners seemed to be crazed by jogging and “microprocessors” – the local term for microcomputers.
    The official asked why so many people were purchasing microcomputer systems: was this only another Western fad or was this the beginning of a new microelectronic era?
    Indeed, it may be difficult for microcomputer advocates to understand that many people do not share their zeal for electronic equipment. Providing officials with evidence of the utility of microccmputers can be a delicate and difficult task, particularly if there is some feat that people will be put out of work.
    Conversely, persuading overly enthusiastic officials of the possible problems of installing computer systems may be an equally arduous undertaking. Thus, donor, contractor, and host-country personnel mus, be involved in the entire decision-making process if microcomputers are to be accepted and appropriately used within their project or institutional settings.

    #Usages_Numeriques #Developpement #Afrique



  • #design et Attention : perspectives critiques
    http://www.internetactu.net/2018/06/18/design-et-attention-perspectives-critiques

    Pour l’enseignant chercheur en design Anthony Masure (@anthonymasure), qui nous accompagne sur le groupe de travail rétro-design de l’attention lancé par la Fing, la question de la conception attentionnelle doit être replacé en contexte : celui de la conception des interfaces. L’attention dans l’histoire des interfaces : à quoi sert l’utilisateur ? A (...)

    #Articles #Usages #attentionbydesign



  • Attention à l’attention
    http://www.internetactu.net/2018/04/04/attention-a-lattention

    Pour éclairer les questions de conception attentionnelles, autour du programme Retro-Design de l’Attention lancé par la Fing, il nous a semblé essentiel de recevoir un éclairage provenant des neurosciences et de la #psychologie comportementale. C’est pourquoi nous nous sommes associés à Chiasma (FB, blog, @chiasmaparis) une association qui organise des (...)

    #Articles #Usages #attentionbydesign #cognition #design #économie_de_l'attention #neuroscience


  • Hackathons, une culture d’exploitation
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/hackathons-une-culture-dexploitation

    Les hackathons sont devenus un des rituels compétitifs préférés de l’industrie. Ces concours où de petites équipes de codeurs construisent des produits technologiques lors de sessions de code marathon, relèvent de la culture de la Silicon Valley, rappelle Erin Griffith pour Wired. Une culture qui s’est largement diffusée puisque toutes (...)

    #A_lire_ailleurs #Usages #Coopération #digital_labor #innovation


  • Comment l’internet change-t-il notre regard sur la créativité ?
    http://www.internetactu.net/2018/03/20/comment-linternet-change-t-il-notre-regard-sur-la-creativite

    Kenneth Goldsmith (@kg_ubu, Wikipédia) est un personnage assez inclassable. Artiste, poète, professeur, figure de la création contemporaine, il échappe sans cesse aux cases dans lesquelles on tente de le faire entrer. Fondateur d’UbuWeb (@ubuweb), qui depuis 1996 collecte des expériences artistiques d’avant-garde sous forme de sons, de textes, de films… (...)

    #Articles #Usages #littérature #Médias


  • Les notifications en question
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/les-notifications-en-question

    John Herman (@jwherrman) pour le New York Times Magazine (@nytmag) revient sur l’essor (épidémique) des pastilles de notification rouges peuplées de chiffres blancs qui ornent désormais les sommets de toutes nos applications. Elles sont censées nous alerter de quelque chose, même si on ne sait pas de quoi exactement : messages (...)

    #A_lire_ailleurs #Usages #design #économie_de_l'attention


  • Réguler la médecine personnalisée ?
    http://www.internetactu.net/a-lire-ailleurs/reguler-la-medecine-personnalisee

    L’Institut de recherche Data&Society (@datasociety) vient de publier un très intéressant rapport sur la médecine personnalisée (qu’aux Etats-Unis on appelle plutôt precision medecine), cette médecine qui utilise des moyens de modélisation individuelle, de prévention personnalisée, basées sur des données, de l’analyse moléculaire ou génétique. Pour Kadija Ferryman (@kadijaferryman) et Mikaela (...)

    #A_lire_ailleurs #Usages #algorithme #bodyware #Santé