• "Ça me paraît être quelque chose de tout à fait normal" : ils remplissent des cuves avec leur urine pour fabriquer de l’engrais

    Un collecteur à urine a été inauguré hier après-midi à Châtillon dans les Hauts-de-Seine. Il s’agit du premier en France. Chacun peut contribuer et produire ainsi un bon engrais pour les champs des agriculteurs.

    À Châtillon (Hauts-de-Seine), la distribution de légumes bios, cultivés dans la région et achetés directement aux producteurs se tient une fois par semaine. Une formule qui fonctionne par abonnement à l’association.

    Pour Emmanuelle Grangé, secrétaire de l’AMAP Les raids actifs, « c’est vraiment un modèle gagnant-gagnant puisqu’on a la qualité du produit, le plaisir de connaître le producteur et de bénéficier de ses beaux légumes ».

    Dans la cour, certains adhérents viennent aussi remplir des cuves installées depuis quelques mois. Ils y versent leur urine collectée chez eux : « Récupérer nos déchets ça me paraît être quelque chose de tout à fait normal et c’est une façon de rendre à la campagne ce que la campagne nous amène en produits alimentaires de grande qualité », explique une adhérente.
    Un engrais naturel apprécié des agriculteurs

    À 60 kilomètres de Paris, dans une exploitation de Saint-Augustin (Seine-et-Marne), ces urines sont réutilisées comme engrais naturel. Loïc Dechaseaux en utilise sur ces plants de moutarde.

    Avant de pouvoir utiliser ce fertilisant, il aura dû attendre six mois comme le recommande l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) : « Le fait de stocker l’urine pendant six mois, ça tue toutes les bactéries. Il n’y a pas de traitement à faire, juste à attendre », précise l’agriculteur.

    Loïc Dechaseaux a également dû adapter un système spécifique à son tracteur pour épandre les urines dans la terre au moment du semis. L’efficacité de cet engrais naturel est bien connue : « L’azote, le phosphore, le potassium [...] sont des éléments essentiels pour que les plantes puissent pousser correctement ».

    Cette expérimentation vise à prouver qu’il est possible, même en ville, de prévoir des équipements pour collecter l’urine : « L’objectif c’est que tout soit extrêmement simple, rapide et qu’il n’y ait pas de risque de renversement ou aucune nuisance possible », souligne Louise Raguet, designer laboratoire. Le collecteur installé à Châtillon pourrait donc devenir un modèle à suivre et à développer.

    https://france3-regions.franceinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/ca-me-parait-etre-quelque-chose-de-tout-a-fait-normal-ils

    #pipi #urine #engrais #agriculture #pipiculteur

    • Conception d’outils agricoles pour fertiliser au #lisain

      Dans le cadre du projet ENVILLE et pour favoriser l’application du lisain* sur des planches maraîchères, nous avons développé un outil agricole pour injecter le lisain dans le sol, avant semis ou plantation. L’injection permet de limiter les odeurs et la volatilisation de l’ammoniac lors de l’épandage du lisain, urinofertilisant particulièrement volatile.

      *lisain = urine hygiénisée par stockage

      L’outil est développé à partir du châssis du Vibroplanche, proposé par l’Atelier Paysan, auquel est ajouté une motopompe, des tuyaux fixés aux dents et éventuellement une cuve si elle n’est pas embarquée à l’avant sur les fourches du tracteur.

      Nous avons deux prototypes fonctionnels que nous pouvons vous mettre à disposition pour des tests sur votre ferme. Nous sommes aussi à votre disposition si vous avez des questions relatives à la fabrication et utilisation de l’outil. N’hésitez pas à nous contacter : enville@enpc.fr

      https://www.leesu.fr/ocapi/les-projets/enville/outils-agricoles

    • « Des toilettes aux champs » : cette usine transforme l’urine en engrais

      À #Valence, une association vient d’ouvrir une des premières unités de fabrication d’#urinofertilisants. Objectif : transformer le pipi d’une centaine de personnes en engrais pour les champs.

      Quelques magazines, un rouleau de PQ, un mur tapissé d’affiches… Au premier abord, les toilettes d’Olivier Coupiac n’ont rien d’original. Au premier abord seulement. Car en lieu et place d’une chasse d’eau, la cuvette est équipée d’un tapis roulant afin de séparer les urines — qui coulent directement dans un tuyau — des excréments.

      Ces derniers finissent leur course odorante dans une boîte hermétique et ventilée, avant d’être compostés au fond du jardin. L’or jaune, quant à lui, atterrit trois étages plus bas, dans une cuve. Car l’objectif, dans cet habitat participatif nommé #La_Mélo, n’est pas uniquement d’économiser de l’eau. « On récupère nos excrétas pour les valoriser », sourit l’heureux propriétaire du trône écolo.

      Que faire des 1 000 litres de liquide ammoniaqué produits chaque mois par les dix logements de l’immeuble valentinois ? La réponse à cette pressante question se situe à une dizaine de kilomètres, dans la station d’épuration de Portes-lès-Valence. C’est ici qu’Emy Cretegny a ouvert une petite usine d’urinofertilisants, baptisée #Factopi. En clair : elle fabrique des engrais à base de pipi.

      Le scandale écologique des lieux d’aisance

      À l’origine de cette idée fertile, une absurdité : « D’un côté, on envoie nos excrétas au tout-à-l’égout, avec beaucoup d’eau, un coût énergétique important et un risque de pollution de nos rivières, indique celle qui a longtemps travaillé dans le traitement de l’eau. De l’autre, on dépend d’engrais de synthèse polluants pour produire notre nourriture. »

      Emy Cretegny n’est pas la seule à observer l’aberration du système d’#assainissement actuel. Les promoteurs des #toilettes_sèches pointent depuis longtemps le scandale écologique que représentent nos lieux d’aisance. Et à l’autre bout de la chaîne, nombre d’agriculteurs — notamment en bio — peinent à trouver de quoi amender leurs champs.

      « Avec la baisse du nombre d’animaux d’élevage, on a de moins en moins accès à du #fumier et du #lisier, remarque Olivier Chaloche, coprésident de la Fédération nationale d’agriculture biologique (Fnab). Et ce, alors même que la demande augmente, surtout depuis la guerre en Ukraine, qui a fait exploser le prix des engrais de synthèse et provoqué en réaction une ruée sur les engrais organiques. » Résultat : depuis quelques années, la filière bio cherche activement de nouvelles ressources, jusque dans nos cabinets.

      « Avec le pipi de 100 personnes, on peut fertiliser 2 ha chaque année »

      Encore faut-il faire coïncider l’offre en or jaune et la demande. C’est là qu’intervient Factopi. « On collecte les urines dans des lieux collectifs, on les transforme dans notre unité, puis on livre les engrais obtenus aux agriculteurs intéressés, explique Emy Cretegny. Avec le pipi de 100 personnes, on peut fertiliser 2 hectares chaque année. » Pas de quoi rendre la France indépendante en intrants, mais une petite goutte salutaire dans un océan d’agrochimie.

      Inaugurée en novembre, l’usine tourne encore au ralenti. Mais à l’intérieur du local, plusieurs cuves sont déjà remplies de liquide doré. « Ici, on laisse l’urine pendant un à six mois, pour qu’elle s’hygiénise : les pathogènes éventuellement présents sont tués par la réaction chimique qui se produit naturellement », indique l’ingénieure.

      Puis, le liquide est envoyé à travers des #filtres de charbon végétal, où il percole lentement. « Ces filtres abritent des bactéries capables d’oxyder l’azote, poursuit-elle. Ça permet de stabiliser la substance et de la rendre plus assimilable par les plantes. » Cerise sur le gâteau, cette filtration retient également une partie des #résidus_médicamenteux potentiellement présents dans nos effluents.

      Et… c’est tout. Bien que long, le processus n’est ni complexe, ni énergivore. « On voulait quelque chose de #low-tech et open source, même si on vise une production semi-industrielle », précise Emy Cretegny. D’après le projet de recherche #Agrocapi, les fertilisants ainsi obtenus ont « une forte efficacité en tant qu’engrais azoté, proche des engrais minéraux », pour un bilan environnemental bien meilleur.

      Pas reconnu comme #bio

      Malgré tous ses avantages, ce système « des toilettes aux champs » peine à se développer. En cause, d’abord, un frein réglementaire : les agriculteurs bio, pourtant demandeurs, ne peuvent pas utiliser de #lisain (le nom donné à l’urine devenue engrais) car il ne figure pas dans la liste des intrants autorisés en agriculture bio. « Il n’est pas dit que c’est interdit, mais comme rien n’est précisé sur les excrétas humains, on est dans l’incertitude », explique-t-on à la Fnab. Avec le risque pour les producteurs trop audacieux de se voir retirer le précieux label.

      Pourtant, « selon les principes de la bio, qui promeuvent l’usage de matières organiques animales, on devrait pouvoir le faire ». La Fédération demande ainsi une clarification du règlement au niveau européen et fait pression sur le gouvernement pour qu’il appuie le dossier. En attendant, l’organisme espère obtenir des dérogations, au cas par cas, pour pouvoir déployer des essais en plein champ avec ces urinofertilisants.

      « Que chaque territoire développe sa propre “Factopi”, selon ses besoins »

      Autre obstacle, selon Emy Cretegny, « la #logistique ». Car transporter des litres d’urée des centres urbains vers les campagnes peut s’avérer ardu — le projet de la #Fumainerie, à Bordeaux, avait d’ailleurs achoppé sur ce point. D’où sa volonté de partir de lieux collectifs — habitats groupés, établissements scolaires — pour simplifier la collecte, et de miser sur une solution « ultralocale ». « L’idée n’est pas de grossir indéfiniment, mais plutôt que chaque territoire développe sa propre “Factopi”, selon ses besoins », dit-elle.

      Dernière difficulté, et non des moindres, le modèle économique. Qui doit payer pour ce système écologique : les usagers qui économisent de l’eau avec leurs toilettes sèches ? « Aujourd’hui, tirer la chasse ne nous coûte presque rien », doute l’experte. Les agriculteurs qui bénéficient d’un engrais organique de qualité ? « Pas évident, car le prix actuel engrais est peu élevé. » Les communes ? « On rend service à la collectivité en évitant de surcharger les #stations_d’épuration, remarque-t-elle. Et il y a une vraie #utilité_publique dans ces projets. »

      La fin du #tout-à-l’égout ne se fera donc pas sans réflexion globale sur le prix de l’eau et de sa dépollution. En attendant, au sein de La Mélo, on accepte d’essuyer les plâtres — et les tuyaux d’urine mal raccordés. « Ce n’est pas parce que rien n’existe qu’il ne faut rien faire », tranche Olivier Coupiac dans un sourire.

      https://reporterre.net/Le-pipi-de-100-personnes-fertilise-2-hectares-cette-usine-transforme-not

  • #La_Clusaz : #victoire définitive, la #montagne ne sera pas déboisée pour des #canons_à_neige

    « Le peuple de la #forêt de la #Colombière peut souffler », s’est réjoui le collectif #Fier-Aravis

    La victoire est désormais définitive pour les associations et citoyens engagés dans la lutte contre le projet de #retenue_d’eau_collinaire du #plateau_de_Beauregard censée approvisionner des canons à neige. L’État a décidé de ne pas faire appel de la décision de #justice annulant l’autorisation de construction de la retenue.

    Après plus de 5 ans de combat, c’est une victoire totale pour tous les habitants, associations et élus qui s’opposaient au déboisement du plateau de #Beauregard. Parmi eux : les associations requérantes France Nature Environnement Haute-Savoie, FNE AURA, Mountain Wilderness, La Nouvelle Montagne, LPO AURA-Haute-Savoie, Fédération de pêche de la Haute-Savoie.

    « Le peuple de la forêt de la Colombière peut souffler », s’est réjoui le collectif Fier-Aravis.

    Il était impliqué dans la lutte pour protéger la montagne du projet de retenue d’eau de la municipalité de La Clusaz. Au cœur des #Aravis (#Haute-Savoie), ce cratère de 148 000 m³ dans la montagne (l’équivalent de 60 piscines olympiques et d’une surface au sol de 5 terrains de foot) aurait détruit 8ha de bois abritant 58 espèces protégées et risquait d’assécher la #tourbière remarquable de Beauregard, classée #Natura2000.

    Sur les 150 000 m3 d’#eau stockées, 2/3 devait servir aux canons à des fins d’#enneigement_artificiel. Face à cet #accaparement de l’#eau_potable, de nombreux collectifs, dont Extinction Rebellion Annecy, La Cluzad et Sauvons le Plateau de Beauregard de la Destruction – la Clusaz, s’étaient fortement mobilisés.

    Après une première occupation du bois en novembre 2021, une #ZAD s’était perchée en haut des arbres qui risquaient d’être abattus pour les protéger en septembre 2022, jusqu’à ce que la justice tranche en leur faveur.

    « En tout, la justice nous a donné quatre fois raison. Comme quoi, ce projet est bien illégal depuis le début », a pointé le collectif Fier-Aravis auprès de La Relève et La Peste

    L’#arrêté déclarant cette retenue d’#utilité_publique avait été rendu caduque par le tribunal administratif de Grenoble en octobre 2022. L’audience du #recours sur le fonds a eu lieu le mardi 17 juin 2025. Dans ses conclusions, la rapporteure a préconisé l’annulation totale de l’arrêté d’autorisation de la retenue.

    Hier, la Préfecture a déclaré que l’État ne va pas faire appel de la décision du tribunal sur le fonds, rendant la victoire totale pour toutes les personnes impliquées dans le collectif « #Sauvons_Beauregard ».

    « Les mobilisations fonctionnent ! s’est réjouie Valérie Paumier sur les réseaux sociaux. Nous sommes encore dans un état de droit ! »

    Une magnifique démonstration de l’alliance inestimable entre occupation de terrain, pédagogie sur les communes concernées et luttes juridiques pour protéger les communs de nos territoires.

    De son côté, le collectif Fier-Aravis a déclaré rester vigilant. La Clusaz a été retenue comme site hôte olympique pour les J0230.

    https://lareleveetlapeste.fr/la-clusaz-victoire-definitive-la-montagne-ne-sera-pas-deboisee-pou

    #déboisement

  • Désobéir lorsqu’on est fonctionnaire : que dit le droit ?

    Depuis 10 jours, la question de l’#obéissance ou de la désobéissance est particulièrement présente chez les fonctionnaires. Et à cette question intime, déontologique, politique, le statut de la fonction publique apporte de premiers éléments de réponse structurants et salutaires.

    Obéissance ou désobéissance : que dit le droit ? Depuis 10 jours, la question de l’obéissance est particulièrement présente chez les fonctionnaires. Une question déontologique, intime, politique, mais sur laquelle il faut commencer par rappeler les bases : le droit.

    Un statut pour des fonctionnaires-citoyen.ne.s

    Le premier statut de la fonction publique entre en vigueur le 20 octobre 1946, soit à peine plus d’un an après la fin de la seconde guerre mondiale. Il est marqué par une urgence : reconnaître le fait que les fonctionnaires ne sont plus, ne doivent plus être considérés comme des sujets, mais comme des citoyennes et des citoyens à part entière.

    Ce texte consacre le choix des fonctionnaires par #concours (et non par cooptation) ou le #droit_syndical (grande nouveauté). Mais il proclame également des #principes_déontologiques forts, et notamment celui de #responsabilité. L’article 11 de ce statut est ainsi rédigé : “Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l’exécution des tâches qui lui sont confiées”. “Responsable”, le mot est écrit. Près de 80 ans après, cette rédaction est toujours en vigueur, et même renforcée d’une seconde phrase : “Il n’est dégagé d’aucune des responsabilités qui lui incombent par la responsabilité propre de ses subordonnés.”

    Devoir de désobéissance

    Le vote du statut de 1983 a complété et élargi ces dispositions. D’abord il les a rendues applicables aux fonctionnaires comme aux contractuels, sur les trois versants de la fonction publique : d’État, hospitalière et territoriale. Il a ensuite ajouté, au même article, une phrase déterminante (elle aussi encore en vigueur) : “Il doit se conformer aux instructions de son #supérieur_hiérarchique, sauf dans le cas où l’ordre donné est manifestement illégal et de nature à compromettre gravement un #intérêt_public.” Une seule phrase, qui ne saurait être découpée. Aucune mention du terme “obéissance” mais une “conformité aux instructions”. Et surtout, immédiatement après ce principe, une mention d’un #devoir fondamental : le devoir de désobéissance.

    Ce devoir avait été dégagé par le Conseil d’État dès 1944, dans les mêmes termes. Un fonctionnaire qui avait, sur instruction de son maire, versé des allocations chômage de manière illégale, s’était vu sanctionner disciplinairement, et la sanction confirmée par le Conseil d’État. La désobéissance, dans ce cas, n’était pas une possibilité : c’était un devoir. Le #code_pénal (article 122-4) a depuis complété ses dispositions : obéir à un #ordre_manifestement_illégal, c’est mettre en jeu sa propre #responsabilité_pénale

    Prendre conscience de nos responsabilités

    Les principes dégagés par la loi sont limpides : les fonctionnaires ont une responsabilité propre.

    Ils sont cohérents avec le principe proclamé à l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 : “La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration.” Chaque agent public doit individuellement des comptes à la société dans son ensemble.

    C’est cela le sens du statut. Une protection particulière pour pouvoir exercer ces responsabilités énormes. Nous sommes déjà dans une période où ces responsabilités sont mises à rude épreuve, et où il nous faut être plus vigilant.e.s que jamais

    A toutes et à tous mes collègues fonctionnaires et agents publics : alors que l’extrême-droite a la possibilité d’arriver demain au pouvoir, et avec elle un projet xénophobe, d’exclusion, de remise en cause des libertés et des droits fondamentaux, il nous faut en prendre conscience de nos responsabilités, en parler à nos collègues dès aujourd’hui et nous organiser collectivement. Demain il sera trop tard.

    https://blogs.mediapart.fr/arnaud-bontemps/blog/200624/desobeir-lorsquon-est-fonctionnaire-que-dit-le-droit

    #désobéissance #fonctionnaires #fonction_publique

    • #Devoir_de_réserve : les agents ont le droit de prendre la parole

      Dans cette période préoccupante, entendre le point de vue de celles et ceux qui font vivre au quotidien nos services publics est important. Mais nombre d’#agents_publics se demandent s’ils ont le droit de s’exprimer sur les événements en cours. On entend souvent que les fonctionnaires seraient tenus au silence s’agissant des événements politiques, surtout en période électorale, en raison du devoir de réserve qui s’impose à eux. Qu’en est-il vraiment ?

      On s’est penchés sur le sujet, et on a publié un guide du devoir de réserve et de la #liberté_d'expression des agents publics. En substance : on exagère souvent l’importance du devoir de réserve, dont la portée est encadrée. Dans le cadre de ses fonctions, l’agent est tenu à un devoir de #neutralité. Il ne peut tenir des propos qui pourraient mettre en doute la neutralité du service public. Il est aussi tenu à un devoir de #discrétion : ne pas divulguer d’#informations_confidentielles.

      Quid des propos tenus par l’agent en dehors de l’exercice de ses fonctions. Cette situation est différente : la seule règle légale est la #liberté_d'opinion, garantie aux agents publics. Le devoir de réserve n’apparaît pas dans le code général de la fonction publique. C’est une invention jurisprudentielle, par les juges. Une sorte d’"exception" au principe de liberté d’opinion, ayant moindre valeur que celui-ci.

      Le devoir de réserve signifie que l’agent peut exprimer publiquement ses #opinions, mais avec #retenue et #modération. Le devoir de réserve est plus restrictif dans les domaines régaliens (magistrats, forces de l’ordre) et plus souple dans d’autres (enseignants, universitaires). Il varie également selon le niveau hiérarchique et le niveau de publicité des propos. Les propos tenus dans un cadre privé, la parole des agents est parfaitement libre. Le devoir de réserve ne vaut que pour les prises de parole publiques.

      A condition de rester modéré dans ses propos, la liberté d’opinion est donc la règle. Période électorale ou non, les agents peuvent participer à des meetings, être candidats, manifester, signer des tribunes, poster sur les réseaux sociaux...

      La jurisprudence le confirme : même en période électorale, critiquer un candidat est possible tant que les propos respectent “les limites de la polémique électorale” et que l’on ne s’exprime pas en sa qualité d’agent public. En dehors de l’exercice de nos fonctions, nous sommes donc avant tout des citoyens. Alors qu’une prise de pouvoir par l’extrême droite aurait des conséquences concrètes pour les agents publics, leur parole est d’#utilité_publique.

      Enfin, la première des protections reste et restera le collectif. Alors prenons la parole, partout et collectivement.

      https://blogs.mediapart.fr/collectif-nos-services-publics/blog/210624/devoir-de-reserve-les-agents-ont-le-droit-de-prendre-la-parole

  • Attac Allemagne ne serait pas d’utilité publique...

    Mardi 26 février, le tribunal fédéral allemand des finances a rendu une décision profondément inquiétante en retirant le statut d’utilité publique à l’association Attac Allemagne. Cette décision est lourde de conséquences puisqu’elle menace la pérennité financière de l’association.

    Le tribunal fédéral allemand des finances interprète les possibilités d’engagement politique pour les organisations d’utilité publique de manière plus étroite qu’en première instance. Un signal désastreux pour les organisations de la société civile.

    Le tribunal fédéral allemand des finances a décidé le 26 février d’annuler la décision confirmative de la première instance sur le statut d’utilité publique d’Attac et de la renvoyer devant le tribunal des finances de Hesse. Dans son exposé des motifs, il déclare que « le fait d’influencer les décisions politiques et de façonner l’opinion publique (...) ne remplit pas une fonction d’utilité publique ».

    Le tribunal fédéral allemand des finances définit visiblement le cadre de l’engagement politique des organisations d’utilité publique de façon beaucoup plus étroite que le tribunal des finances de Kassel. En particulier, les deux objectifs de promotion de l’éducation et de l’État démocratique sont clairement restreints par un tel jugement.

    « C’est un signal désastreux pour l’ensemble de la société civile critique en Allemagne. Nous sommes très préoccupés par des pays comme la Hongrie ou le Brésil, qui oppriment de plus en plus le travail des ONG émancipatrices, et nous constatons maintenant dans notre pays que le gouvernement et les partis politiques tentent de plus en plus de réduire au silence les organisations politiquement impopulaires au moyen de la loi sur les associations d’utilité publique », déclare Dirk Friedrichs du conseil de l’association qui soutient Attac.
    https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/association-d-utilite-publique-le-tribunal-federal-allemand-des-financ
    #association #société_civile

  • En #Bretagne, de riches propriétaires refusent de partager leur accès privé à la #mer
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/12/26/bretagne-de-riches-proprietaires-se-battent-contre-l-etat-pour-garder-leur-a

    C’est une bataille judiciaire qui fait rage depuis plus de trente-six ans sur les rivages de Bretagne, pour quelques mètres de sentiers côtiers. A Saint-Briac-sur-Mer, de riches propriétaires se battent contre l’Etat, qui souhaite faire appliquer la loi du 31 décembre 1976 relative à l’organisation de l’indivision.

    Une loi qui restreint notamment le droit de propriété immobilière au nom de l’intérêt général, en obligeant les propriétaires d’un terrain situé sur le #littoral à laisser un espace de trois mètres en bord de mer, afin que les randonneurs puissent y passer. Ce qui n’est pas du goût de certains propriétaires de villas construites avant cette loi.

    L’excuse de Brice Lalonde :

    Les propriétaires, eux, ne comptent pas s’arrêter là. Contacté par l’AFP, Brice Lalonde affirme que :

    « Le sentier affectera le bien-être des habitants s’il rase leurs murs et ruine leur intimité. Ceux-là ne pourront s’empêcher d’y voir une confiscation. »

    Concernant sa maison de famille, l’ancien ministre se dit « inquiet du risque terroriste » car « il sera assez facile de viser des membres de ma famille engagés dans l’action politique » . Toute cette affaire est « sans doute » due à « l’acharnement nouveau de quelque association dont les dirigeants se sentent investis d’une mission sacrée », ajoute-t-il.

    #sentier_du_littoral #servitude #utilité_publique

  • Le #Conseil_d’État annule la déclaration d’#utilité_publique pour la #LGV_Poitiers-Limoges
    http://reporterre.net/Le-Conseil-d-Etat-annule-la-declaration-d-utilite-publique-pour-la-LGV-P

    Vendredi 15 avril, le Conseil d’État a annulé la déclaration d’utilité publique des travaux nécessaires à la réalisation de la ligne à grande vitesse (LGV) Poitiers-Limoges.

    #tgv #aménagement_du_territoire