• Truck-Driving Jobs: Are They Headed for Rapid Elimination? - Maury Gittleman, Kristen Monaco, 2020
    https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0019793919858079

    The authors analyze the potential effects of automation on the jobs of truck drivers and conclude that media accounts predicting the imminent loss of millions of truck-driving jobs are overstated. Their conclusion is based on three main factors. First, the count of truck drivers is often inflated due to a misunderstanding of the occupational classification system used in federal statistics. Second, truck drivers do more than drive, and these non-driving tasks will continue to be in demand. Third, the requirements of technology, combined with complex regulations over how trucks can operate in the United States, imply that certain segments of trucking will be easier to automate than others. Long-haul trucking (which constitutes a minority of jobs) will be much easier to automate than will short-haul trucking (or the last mile), in which the bulk of employment lies. Although technology will likely transform the status quo in the trucking industry, it does not necessarily imply the wholesale elimination of the demand for truck drivers, as conventional accounts suggest.

    #Travail #Véhicules_autonomes #Camions #Camionneurs #Hype #Intelligence_articficielle

  • Hackers can trick a Tesla into accelerating by 50 miles per hour - MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/s/615244/hackers-can-trick-a-tesla-into-accelerating-by-50-miles-per-hour

    Hackers have manipulated multiple Tesla cars into speeding up by 50 miles per hour. The researchers fooled the car’s MobilEye EyeQ3 camera system by subtly altering a speed limit sign on the side of a road in a way that a person driving by would almost never notice.

    This demonstration from the cybersecurity firm McAfee is the latest indication that adversarial machine learning can potentially wreck autonomous driving systems, presenting a security challenge to those hoping to commercialize the technology.

    MobilEye EyeQ3 camera systems read speed limit signs and feed that information into autonomous driving features like Tesla’s automatic cruise control, said Steve Povolny and Shivangee Trivedi from McAfee’s Advanced Threat Research team.

    The researchers stuck a tiny and nearly imperceptible sticker on a speed limit sign. The camera read the sign as 85 instead of 35 and, in testing, both the 2016 Tesla Model X and that year’s Model S sped up 50 miles per hour.

    The modified speed limit sign reads as 85 on the Tesla’s heads-up display. A Mobileye spokesperson downplayed the research by suggesting this sign would fool a human into reading 85 as well.
    MCAFEE

    The Tesla, reading the modified 35 as 85, is tricked into accelerating.
    MCAFEE

    This is the latest in an increasing mountain of research showing how machine learning systems can be attacked and fooled in life-threatening situations.

    “Why we’re studying this in advance is because you have intelligent systems that at some point in the future are going to be doing tasks that are now handled by humans,” Povolny said. “If we are not very prescient about what the attacks are and very careful about how the systems are designed, you then have a rolling fleet of interconnected computers which are one of the most impactful and enticing attack surfaces out there.”

    As autonomous systems proliferate, the issue extends to machine learning algorithms far beyond vehicles: A March 2019 study showed medical machine-learning systems fooled into giving bad diagnoses.

    A Mobileye spokesperson downplayed the research by suggesting the modified sign would even fool a human into reading 85 instead of 35. The company doesn’t consider tricking the camera to be an attack and, despite the role the camera plays in Tesla’s cruise control and the camera wasn’t designed for autonomous driving.

    “Autonomous vehicle technology will not rely on sensing alone, but will also be supported by various other technologies and data, such as crowdsourced mapping, to ensure the reliability of the information received from the camera sensors and offer more robust redundancies and safety,” the Mobileye spokesperson said in a statement.

    Comme je cherchais des mots clés, je me disais que « #cyberattaque » n’était pas le bon terme, car l’attaque n’est pas via le numérique, mais bien en accolant un stocker sur un panneau physique. Il ne s’agit pas non plus d’une attaque destructive, mais simplement de « rendre fou (footing) » le système de guidage, car celui-ci ne « comprend » pas une situation. La réponse de MobilEye est intéressante : un véhicule autonome ne peut pas se fier à sa seule « perception », mais recouper l’information avec d’autres sources.

    #Machine_learning #Véhicules_autonomes #Tesla #Panneau_routiers #Intelligence_artificielle

  • Jusqu’où ira l’acceptation du capitalisme numérique et du transhumanisme ? Robin Delobel - 3 décembre 2018 - CATDM
    http://www.cadtm.org/Jusqu-ou-ira-l-acceptation-du-capitalisme-numerique-et-du-transhumanisme

    Après le #TINA (There is no alternative) de l’#idéologie_néolibérale, on assiste à l’apparition ces dernières années d’un TINA qui couvre une partie encore plus large du spectre politique. Il s’agit d’un TINA qui classe comme réactionnaire toute personne qui émet des doutes quant aux bienfaits du #tout_numérique, de la #robotisation, de l’#intelligence_artificielle, du #transhumanisme. Face à des questionnements ou des arguments qui contredisent le caractère bénéfique et souhaitable de cette dynamique, la réplique habituelle tient à présenter cette fuite en avant technologique comme une évolution naturelle de l’histoire, auquel on ne pourrait s’opposer sous peine d’être classé de dangereux passéiste, contre le « #Progrès ».

    Comment se positionnent #médias généralistes et courants politiques dits de gauche face à ce phénomène dont l’évocation dans les médias suit une courbe parallèle aux financements, c’est-à-dire exponentielle ?

    Vendredi 23 février 2018, la Foire du livre de Bruxelles nous offre le plaisir de venir écouter #Laurent_Alexandre. 13h Grand place du Livre, la salle est comble. L’intitulé de la rencontre organisée par la Foire du Livre de Bruxelles et La Libre Belgique : « Faut-il avoir peur de l’Intelligence Artificielle ? »

    Chirurgien et neurobiologiste, Laurent Alexandre se penche sur les mutations considérables que l’IA risque de provoquer dans nos modes de vie et dans notre conception de l’éducation. Tout au long de l’exposé, très peu de nuances ou d’arguments construits, la réponse au titre de la rencontre est non bien entendu.

    L’animateur Pierre-François Lovens lui tend le micro et le laisse énoncer des énormités l’une après l’autre. A la fin de son exposé, alors que nous lui posons quelques questions impertinentes, il nous répond avec orgueil des #poncifs ultralibéraux démontrant son idéologie hors-sol. Notamment sur l’impossibilité physique de généraliser la #robotisation (demandeuse de quantités énormes de ressources et de métaux, promis à la raréfaction et donc un enchérissement), il répondait « pas de problème on ira les chercher sur Mars » !

    Pourquoi s’attarder sur Laurent Alexandre ? Cet ambassadeur du transhumanisme réel est un invité régulier des médias dominants. Il y a quelques années son discours sur les plateaux télé consistait à affirmer haut et fort « l’homme qui vivra 1000 ans est déjà né ». Ayant sûrement remarqué qu’il passait pour un rigolo, même si les médias qui l’invitent le présentent uniquement sous son angle le plus sérieux, médecin urologue alors qu’on pourrait le présenter également comme entrepreneur et ardent défenseur (il faudrait peut être dire attaquant vu son zèle et son activisme) du transhumanisme, Laurent Alexandre a adapté quelque peu son discours de communicant. Actionnaire à La Tribune et président de la société #DNAVision, une société spécialisée dans le séquençage génétique domiciliée tout comme lui à Bruxelles, il aime à se présenter, selon son auditoire, comme un régulateur, voire même un lanceur d’alerter « car on est déjà à la traîne face aux asiatiques ».

    Laurent Alexandre, dont les conférences sont tarifées entre 5000 et 12 000 euros, affirme que l’espérance de vie va doubler au moins au cours du 21e siècle. Pourtant, l’EVSIn, l’espérance de vie sans incapacité régresse en France, l’espérance de vie tout court diminue aux États-Unis, pays d’origine du mouvement transhumaniste. En cause, les pollutions chimiques dispersées dans l’air et les aliments par les industries et le système alimentaire conventionnel. Chroniqueur au Huffington Post, au Monde et à l’Express, ce personnage sûr de lui est un bon client pour des médias dont les journalistes ne demandent pas mieux que d’avoir un grand bavard, annonciateur de « bonnes nouvelles » et qui peut s’exprimer sur tout et n’importe quoi. En Belgique, la RTBF, la Libre et Le Soir l’ont invité plus d’une fois pour livrer ses prédictions.

    Libération et France Inter Voyagent au cœur de l’IA

    Au-delà de l’activisme forcené de Laurent Alexandre, les médias généralistes font rarement preuve d’analyse critique quand il s’agit de traiter de tout ce qui touche au numérique, à la robotisation et au transhumanisme, phénomène que Bruno Poncelet nomme #capitalisme_numérique. « La révolution numérique, une expression à mettre en doute, c’est plein d’outils différents qui se combinent les uns aux autres : la robotisation, l’internet des objets (objets connectés qui communiquent entre eux), l’IA (programmes de logiciels ou des robots qui s’auto-contrôlent, se gouvernent de plus en plus de manière autonome), c’est le #Big Data (des logiciels qui sont capables d’exploiter toutes les données récoltées sur les gens à chaque fois qu’ils sont connectés, appelé l’or noir du 21e siècle). Enfin la révolution numérique c’est aussi le mélange entre la biologie et le silicium : mélanger des contenus informatiques avec des contenus biologiques, corps d’animaux et d’être humains » [3].

    Ce recul critique amené par Bruno Poncelet est rarement perçu dans les médias. La pluralité des opinions et des analyses est généralement réduite à un cadre restreint aux côtés positifs, voire aux avantages hypothétiques de cette « révolution numérique ».

    En novembre 2015, Libération organisait à Grenoble un forum « Mon corps connecté – Comment la technologie révolutionne la santé ». Sans dire le mot, la #propagande transhumaniste était déjà bien présente. Après avoir préparé le terrain depuis plusieurs années à coups d’articles et d’interviews a-critiques, Libération et France Inter, deux médias dits de gauche, organisaient ce 24 janvier 2018 un grand forum intitulé « Voyage au cœur de l’#IA, Travail, santé, éthique, comment l’intelligence artificielle va changer nos vies ? » Même pas besoin de se poser la question si on aura le choix mais plutôt, « accrochez-vous, écoutez comment ça va se passer ». Un événement sponsorisé par la #Maif, #Malakof_Mederic et #Total. « Depuis quelques mois, plus un jour sans que ces deux lettres « IA » ne s’invitent dans les médias » annoncent-ils très justement. « Le grand public commence à se familiariser peu à peu avec cette notion d’intelligence artificielle qui s’est développée bien avant que nous ayons pris conscience de son ampleur, de ses applications et de ses enjeux. » En effet, au lieu de nous fournir une information équilibrée, proposant des arguments sérieux quant à l’impact démocratique, social, écologique, philosophique de la numérisation massive des données ces mêmes médias ont préféré faire souvent office de support publicitaire en préconisant le haut débit partout, les #smarts_cities (villes connectées) et s’extasiant quotidiennement pour chaque nouvel objet high-tech sorti sur le marché.

    Libération et France Inter dans le numéro spécial qui servait de plaquette publicitaire à ce grand forum annonçaient offrir la parole à un panorama d’acteurs. On ne trouve pourtant pas une trace du moindre #technocritique. Parmi les invités figurait #Cédric_Villani, la caution scientifique du président Macron. Le mathématicien, devenu député il y a un an, estime que les gens comme « Kurzweil sont plus crédibles dans leur approche, car ils ont travaillé dans la technologie ». Villani remettait le 29 mars 2018 son rapport avec un plan d’action national pour le développement de l’intelligence artificielle en France, avec à la clé un petit pactole de 1,5 milliards d’euros d’argent public promis.

    Parmi les autres VIP du jour on pouvait écouter #Yann_Le Cunn_directeur du laboratoire de recherche en intelligence artificielle de Facebook. PMO écrivait dans une note sur le festival organisé par le journal Le Monde en septembre 2017, où Le Cunn était également invité : « Pendant que certains réactionnaires s’échinent à développer l’intelligence humaine, Le Cunn, lui, se consacre à périmer nos cerveaux avec ses machines surpuissantes. C’est grâce à lui que vos smartphones et autres prothèses électroniques sont capables de reconnaître et de nommer des visages dans des images – c’est-à-dire de nous traquer partout. Les rêves des technocrates se réalisent pour notre cauchemar » [4].

    Une philosophe aurait peut-être le courage d’émettre quelques réserves lors de ce forum ? Catherine Malabou, qui a publié en 2017 Métamorphose de l’intelligence : que faire de leur cerveau bleu ?, aime plutôt à imaginer une vie en harmonie avec les robots : « Je pense que l’ère de l’intelligence artificielle qui s’annonce aujourd’hui peut ouvrir la possibilité d’une plasticité nouvelle. (...) Pour l’instant on n’en est qu’à la cartographie de cerveaux de rongeurs mais avec les progrès de la cybernétique on peut formuler l’hypothèse que le cerveau humain pourra être cartographié ». Ou comment des philosophes de salon peuvent servir de caution intellectuelle lors des grandes messes à la gloire du progrès technologique.

    Le merveilleux univers numérique du journal Le Soir
    Le journal Le Soir regorge également d’articles technophiles faisant fi de tout travail journalistique sérieux, avec prise de recul et réflexion sur les enjeux sociaux, économiques, écologiques, démocratiques... Chaque jour au moins un article peut surprendre par le manque de distance quant aux nouvelles applications technologiques qui illustrent ce capitalisme numérique décrit par Bruno Poncelet. Des injonctions à passer au haut débit dans les vols low-cost à l’exigence de numériser l’enseignement sans plus attendre, tout y passe.

    Prenons-en juste un, au moment de boucler cet article, le 5 juin 2018, Le Soir annonce en Une, « Au supermarché, faire ses courses par smartphone de A à Z ». Les premières pages du journal sont consacrées à cette nouvelle primordiale. Plusieurs magasins du groupe Colruyt lancent ce jour-même le mouvement avant de l’appliquer dans les autres enseignes du groupe.

    Dans l’introduction, le journaliste évoque de « graves problèmes de société » même si ce « nouvel outil numérique semble épatant ». Trois colonnes pour aborder sous différents angles l’info du jour : l’humain, l’emploi, la vie privée. A la question De la conso complètement désincarnée, un psychologue de la consommation à l’UCL nous fait remarquer que les « personnes au #profil_prosocial peuvent effectivement percevoir ce nouvel outil numérique comme source de déshumanisation ». Il faudrait avoir un profil « prosocial » pour apprécier le contact humain, tout est question, de choix et de droits individuels tant pis pour l’impact sociétal. De toute façon, le journaliste nous rassure, à travers les propos de l’universitaire, ce changement n’entrave pas fondamentalement les contacts que l’on peut avoir dans un magasin : « il ne faudrait pas non plus réduire l’expérience sociale dans un magasin aux interactions directes que l’on a avec le personnel de caisse. Dans un magasin, on est en contact avec d’autres clients avec lesquels on n’interagit pas spécifiquement. Mais rien qu’être présent et échanger des regards permet de nourrir du #lien_social ».

    Concernant la question de l’emploi, Plus de machines, moins de Personnel ? Le gérant d’un magasin Spar assure qu’à choisir entre le personnel et le #self-scan par smartphone, il sauverait bien sûr le personnel. Du côté de Colruyt, on assure que cette innovation est là pour le bien-être des clients et non pour diminuer le personnel. Ce qui est contredit chiffres à l’appui par un représentant CNE mais qui conclut que « ce mouvement est hélas inéluctable » en argumentant en faveur d’une proposition du type de celle de Benoit Hamon « on peut diminuer le temps de travail en taxant les machines ».

    Chez écolo, on rêve d’une société de loisirs où le travail serait laissé aux robots
    #Etopia, bureau d’étude du parti Ecolo, organisait un week-end consacré à l’intelligence artificielle du 16 au 18 mars 2018. Curieux d’entendre leurs positionnements, je m’y suis rendu à cette rencontre de 3 jours intitulée « Aie Robots ».

    L’invitation à ces « Rencontres des Nouveaux Mondes » se présentait comme telle : Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ? Faut-il la craindre ? Faut-il s’en réjouir ? Peut-elle seconder l’humanité dans la résolution de ses grands problèmes ? Ou au contraire constitue-t-elle l’un d’entre eux ? L’humanité pourrait-elle être tentée de se confier à la perfection des machines qui pourraient choisir, décider et agir à notre place ?

    Le samedi après-midi, nous pouvions participer à deux ateliers parmi les 8 proposés :
    – L’IA permettra-t-elle de vaincre la maladie ?
    – Les guerres de demain : l’essor des robots-tueurs et des cyberattaques ?
    – Capteurs, géolocalisation, IA et big-data : quels impacts sur notre mobilité ?
    – La digitalisation est-elle la prochaine révolution de l’agriculture ?
    – Le gouvernement des algorithmes est-il démocratique ?
    – Intelligence artificielle et enseignants : la grande alliance éducative ?
    – Intelligence artificielle : le grand remplacement des travailleurs ?
    – Les robots deviendront-ils nos compagnons de vie ?

    J’avais choisi de me rendre à celui sur la mobilité et celui sur l’agriculture, qui me semblaient parmi ceux où Ecolo et #Etopia pouvaient avoir la réflexion la plus aboutie.

    Comment l’évolution fulgurante des capteurs, de la géolocalisation, de l’intelligence artificiel et du big-data vont-ils impacter notre mobilité ? Cette vague technologique est-elle la clé de voûte d’une mobilité plus durable, moins émettrice de GES (gaz à effet de serre) et moins polluante ? Ou, à l’inverse, nous mène-t-elle plus rapidement vers le mur des limites environnementales ? Un atelier animé par Pierre Tacheron, de #Transitec, bureau d’étude indépendant spécialisé dans les problématiques de mobilité.

    Lors de cet atelier, l’intervenant, qui ne s’était pas vraiment présenté (on ne sait pas à quel point il est lié au parti Ecolo) ... expose de nombreux chiffres et de multiples informations à faire tourner la tête, utilisant sans cesse des expressions du jargon high-tech pas forcément compréhensibles.

    Le message d’introduction était le suivant : la logique de robotisation se développe, les big datas se renforcent quotidiennement à travers l’accaparement de données quotidien qu’ils effectuent, les pouvoirs publics ne peuvent pas rivaliser. Quelle option choisir pour une meilleure mobilité ?

    Selon l’intervenant invité par Etopia il faut se tourner vers les calculateurs multimodaux (city maper), citant Waze, une application mobile de navigation GPS s’appuyant sur une cartographie élaborée par ses propres utilisateurs, racheté par Google en 2013. « Il y a un risque avec le côté Big Brother, mais il y a aussi un côté intéressant » insiste-t-il. Il allait jusqu’à nous expliquer que la future application magique qu’il promeut permettra de donner tous les choix possibles à une personne qui doit se rendre à une réunion à Bruxelles, « Tu as un ami dans ce train, si tu prends Blablacar telle personne connaît ton fils », il concluait : « par les réseaux sociaux on te propose des relations ». Tellement convivial ce monde numérique.

    Venait ensuite la partie de son exposé sur les véhicules autonomes. Pour l’intervenant du jour cela coule de source, c’est une réponse écologique au trafic trop dense à Bruxelles et ailleurs. En Europe, 80 % des déplacements se font en voiture individuelle. Les voitures autonomes sont une solution pour organiser du covoiturage et désengorger les routes. Nos amis de la Silicon Valley, qui sont des écologistes convaincus, ont déjà pensé à tout : Audi et Tesla intègrent des applications qui permettent le partage des voitures individuelles. L’idée est que chaque personne puisse commander une course à la voiture autonome grâce à son smartphone et la voiture, organise tous ses trajets pour ne jamais être à l’arrêt. Ce qui selon lui, diminue énormément le nombre de voitures stationnées. Et en bonus, le temps passé dans le véhicule autonome n’est pas du temps perdu, on peut lire, travailler, organiser sa journée ... Mais bien sûr, « ce qui va freiner c’est le politique » tellement ancré dans ses habitudes et la peur du « progrès ». Et la population ? En février 2018, un article du journal Sud-Ouest indiquait que, malgré le matraquage plutôt favorable à ces #véhicules_autonomes, 59 % des français n’en veulent pas.

    L’autre atelier se présentait ainsi : Après la mécanisation, la robotisation et l’intelligence artificielle constituent-elles la prochaine révolution de l’agriculture ? Quelles sont ces promesses ? Quel impact sur les agriculteurs et sur notre système alimentaire ? Peut-elle contribuer au développement des filières locales, au développement de l’agriculture urbaine ? Ou va-t-elle, à l’inverse, renforcer les conglomérats de l’agro-industrie ? Avec Guillaume Defays (CRA-W, Centre wallon de Recherches agronomiques)

    L’exposé se consacrait ici à la robotisation et l’intelligence artificielle dans l’agriculture. On pouvait découvrir les nouveaux outils tels que les robots de traite (toujours fiable, plus de risque pour l’agriculteur de recevoir un coup de pied), les robots d’élevage (qui poussent la nourriture vers le mangeoire, nettoient, ...), ou encore les robots de désherbage. Ces machines peuvent faire gagner en moyenne 4 heures par jour à l’agriculteur selon l’intervenant. Mais d’autres innovations encore plus précises peuvent accompagner les agriculteurs, par exemple, des drones qui mesurent la biomasse et vont ainsi permettre de doser les semences et la pulvérisation au millimètre près. La partie critique de l’intitulé de l’atelier (renforcer les conglomérats de l’agro-industrie) est étonnement passée à la trappe. Ces propositions mènent pourtant à une hausse continue des dettes pour les agriculteurs déjà surendettés, des faillites garanties et des rachats par des entités financières. Ou comment transformer les agriculteurs indépendants en ouvriers agricoles.

    Le dimanche matin, un temps était prévu pour un retour en plénière avec toutes les personnes présentes pendant le week-end. Parmi les réflexions entendues, « la technologie personne n’a rien contre parce qu’elle offre des opportunités », « pour plusieurs d’entre nous c’est l’espoir d’utiliser ces technologies pour un monde meilleur », « attention tout de même aux conflits entre États et entreprises privées », et enfin « comment la technologie peut nous rapprocher de la nature ». Enfin, une idée qui accueillait un enthousiasme certain, celle portée par le candidat du PS, Benoit Hamon lors des présidentielles françaises en 2017 : « Peut-on profiter de cette révolution pour libérer du temps de travail ? »

    J’ai pu remarquer une fois de plus lors de ce week-end que le système technicien comme l’a analysé #Jacques_Ellul est un impensé. L’idée diffuse lors de ces rencontres des Nouveaux mondes tenait dans l’amélioration et la gestion de ce capitalisme numérique : aménageons un capitalisme tranquille ou le vivre ensemble avec les robots.

    Rarement son évoquées des questions qui me semblent fondamentales comme :
    – Est-ce possible en termes de ressources métalliques, d’énergie disponible, de conditions de travail [5] ? ;
    – Est-ce souhaitable (en termes de creusement des inégalités, d’impact sanitaire du à la prolifération de pollutions chimiques, perte de repères, rationalisation poussée à l’extrême, fuite en avant de la marchandisation de tout, système hors-sol, perte du sensible, de l’imprévisible, en un mot de l’humain) [6]

    De plus, en période d’austérité généralisée et de multiplications des dettes illégitimes en Europe et ailleurs d’énormes financements vont dans le tout technologique. Alors que les choix de financements dans la recherche pourraient être dirigées par exemple vers l’agriculture biologique, les low-tech, ...

    Dans la recherche de perspectives alternatives dans les mouvements soucieux de justice sociale et écologique, il me semble urgent de déconstruire les discours #technocapitalistes, arrêter de s’aligner sur les modèles imposés par les capitalistes de tout poil qu’ils soient #libertariens, « écolos » ou conservateurs. Ceci nécessite aussi une réflexion philosophique sur quel type de société nous voulons vraiment.

    Notes

    [1] Département de philosophie, de logique et de méthodologie scientifique, École d’économie de Londres, trad. Richard Gauthier
    Enseignant à Oxford, il y dirige le Future of Humanity Institute et le Strategic Artificial Intelligence Research Centre, cofondateur de la World Transhumanist Association en 1998

    [2] Citations tirées de l’excellent livre de Pièces et main d’œuvre (PMO), Manifeste des chimpanzés du futur, contre le transhumanisme, Service compris, 2017

    [3] Formateur au CEPAG, vidéo « Révolution numérique et contrôle social », novembre 2017

    [4] http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=968

    [5] Lire La machine est ton seigneur et ton maître, sur l’univers d’exploitation extrême que constituent les usines chinoises de Foxconn, plus grand groupe mondial de production de composants électroniques et fournisseur de la plupart des grandes entreprises informatiques, Yang, Jenny Chan et Xu Lizhi, Traduit de l’anglais et préfacé par Celia Izoard, Agone, 2015

    [6] Un film à voir, Un monde sans humains, diffusé en 2012 sur Arte, réalisé par Philippe Borrel ❞

  • Hacking automated car driving for Grand Theft Auto with #OpenCV and #Python: clear step by step explanations of the development process, simple code that uses the game environment to demystify the principles of how a self-driving car works - read the whole series of blog posts


    https://pythonprogramming.net/game-frames-open-cv-python-plays-gta-v #véhicules_autonomes #self_driving_car #conduite #Grand_Theft_Auto