• L’#assassinat de #Maurice_Audin, pour ceux qui ont refusé le silence

    Éditeur à Lausanne, à l’enseigne de La Cité, j’ai accompagné, comme Jérôme Lindon ou François Maspero, les combats de vérité durant la #guerre_d'Algérie. Dans ce moment de reconnaissance officielle, je veux saluer ceux et celles qui, refusant l’insoutenable, étaient interpellés, perquisitionnés, inculpés pour entreprise de démoralisation de l’armée, qualifiés de traitres à la #France, alors qu’ils en défendaient les #valeurs.

    https://blogs.mediapart.fr/nils-andersson/blog/130918/l-assassinat-de-maurice-audin-pour-ceux-qui-ont-refuse-le-silence


  • Ariane Chemin : « Tout d’un coup, nous nous rendons compte qu’Emmanuel #Macron dirige la #France de manière assez opaque »
    https://www.franceculture.fr/politique/ariane-chemin-tout-d-un-coup-nous-nous-rendons-compte-qu-emmanuel-macr

    [...] finalement, [Macron] adopte à l’égard de la #presse les mêmes mots que Donald Trump : quand il dit « la presse ne cherche pas la #vérité ». Il fait quand même applaudir lors d’une sorte de réunion de conjurés à la Maison de l’Amérique latine le nom d’Alexandre Benalla, après d’ailleurs une Marseillaise entonnée sans que l’on sache pourquoi. Je trouve cela navrant. Si c’est cela « le Nouveau monde », si c’est dire comme les Trumpistes « les #contre_pouvoirs, on s’en fiche », c’est évidemment très grave.


  • Alexandre Benalla, se donner pour la France - Brave Patrie
    http://bravepatrie.com/editorial/alexandre-benalla-se-donner-pour-la-france,2034

    L’un des principaux enseignements de ladite « affaire Benalla », c’est que le courage, l’abnégation et le don de soi sont des qualités bien mal récompensées — voire ouvertement méprisées par la chienlit cryptotrotskiste — dans la France du XXIe siècle en marche.


  • Can Truth Survive Trump? WaPo Fails to Ask How Well Truth Was Doing to Begin With | FAIR
    https://fair.org/home/can-truth-survive-trump-wapo-fails-to-ask-how-well-truth-was-doing-to-begin-wi

    When we have a world in which the so-called #experts are not held accountable for their failures, even when they are massive, and they consistently look down on the people who question their #expertise, it undermines belief in truth. It would have been nice if Lozada had explored this aspect of the issue, but, hey, it’s the #Washington_Post.

    #irresponsables #vérité

    • [...]

      This dynamic is most clear in the trade policy pursued by the United States over the last four decades. This policy had the predicted and actual effect of eliminating the jobs of millions of manufacturing workers and reducing the pay of tens of millions of workers with less than a college education. The people who suffered the negative effects of these policies were treated as stupid know-nothings, and wrongly told that their suffering was due to automation or was an inevitable product of globalization. (Yes, I am once again plugging my [free] book, Rigged: How Globalization and the Rules of the Modern Economy Were Structured to Make the Rich Richer.)

      These claims are what those of us still living in the world of truth know as “lies,” but you will never see anyone allowed to make these points in the Washington Post. After all, its readers can’t be allowed to see such thoughts.

      This was far from the only major failure of the purveyors of truth. The economic crisis caused by the collapse of the housing bubble cost millions of workers their jobs and/or houses. While this collapse was 100 percent predictable for anyone with a basic knowledge of economics, with almost no exceptions, our elite economists failed to see it coming, and ridiculed those who warned of the catastrophe.

      Incredibly, there were no career consequences for this momentous failure. No one lost their job and probably few even missed a scheduled promotion. Everyone was given a collective “who could have known?” amnesty. This leaves us with the absurd situation where a dishwasher who breaks the dishes get fired, a custodian that doesn’t clean the toilet gets fired, but an elite economist who completely misses the worst economic disaster in 70 years gets promoted to yet another six-figure salary position.

      And, departing briefly from my area of expertise, none of the geniuses who thought invading Iraq was a good idea back in 2003 seems to be on the unemployment lines today. Again, there was another collective “who could have known?” amnesty, with those responsible for what was quite possibly the greatest foreign policy disaster in US history still considered experts in the area and drawing high salaries.

      When we have a world in which the so-called experts are not held accountable for their failures, even when they are massive, and they consistently look down on the people who question their expertise, it undermines belief in truth.

      [...]


  • IS IT A TRUE STORY TELLING ?

    Ce pourrait être l’histoire d’une image manquante, celle des services de l’immigration et de l’asile qui ne se donnent pas à voir si facilement, ou celle d’une image de cinéma qui ne sait plus quelle croyance véhiculer. A partir d’entretiens et d’enquêtes sociologiques menés auprès de personnes rattachées aux services de l’immigration et de l’asile, ce n’est pas le mythe médiatique de la crise migratoire qui apparaît, mais bien la réalité brute et invisible de la crise de l’accueil des institutions françaises.

    Les récits de ce film ont été écrits à partir d’entretiens et d’enquêtes sociologiques menés auprès de personnes ayant travaillé, ou travaillant encore, dans les services de l’immigration (Préfectures, #OFPRA, CNDA).

    La réalisatrice #Clio_Simon interroge non pas le mythe médiatique de la crise migratoire, mais bien la réalité brute et invisible de la crise de l’accueil des institutions françaises. Ce film possède aussi une dimension sonore considérable, avec le concours du compositeur Javier Elipe Gimeno. Les deux artistes se sont rencontrés lors de leurs études respectives au Fresnoy et à l’Ircam et ont déjà réalisé ensemble le Diable écoute.

    https://vimeo.com/255609530


    #vérité #asile #réfugiés #migrations #audition #récit #migrations #vidéo




  • affordance.info : Fifty Shades of Fake. Le jour des fous et des mensonges. Et les 364 autres.
    http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2018/04/fifty-shades-of-fake.html
    http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0224e033b5f3200d-600wi

    par Olivier Ertzscheid

    De mon point de vue, trois raisons suffisent à expliquer et à circonscrire l’ampleur actuelle du phénomène des Fake News et à constater qu’à rebours du poisson qui n’est pas que d’Avril, l’affaire, elle, est quasi-insoluble :

    une architecture technique toxique au service du faux,
    nos biais cognitifs (dont notre appétence pour le faux),
    les régimes de vérité propres à chaque plateforme.

    Au demeurant la différence entre ces régimes de vérité explique le récent (22 mars 2018) « clash » entre Google et Facebook sur le sujet des Fake News. Facebook défend un positionnement « hybride » qui l’amènerait à accréditer certaines sources et certains journalistes alors que Google s’y refuse en y voyant un risque pour la liberté d’expression. De fait, la popularité - le régime de vérité de Google - est une externalité, alors que celui de Facebook - l’engagement - suppose un contrôle total des internalités. De son côté, Twitter ayant toujours autant de mal à trouver un modèle économique qu’un régime de vérité, préfère officiellement se reposer sur un postulat d’auto-organisation en feignant d’oublier les effets de la tyrannie des agissants qu’entretient là encore sa propre architecture de la viralité.

    Il serait naïf de croire que les changements de règle annoncés (comme par exemple le fait de « purger » des pages ou des sites de presse qui masqueraient délibérément leur pays d’origine) seront pérennes. Chacun des GAFAM nous a habitué à des évolutions de leurs CGU aussi floues que brutales et ne correspondant à aucune autre logique que celle d’éteindre un incendie médiatique entamant leur image ou de permettre d’augmenter leurs marges et leurs revenus. La seule règle que les plateformes appliquent avec constance est celle de la dérégulation.

    Il est illusoire de croire que les actionnaires des plateformes renonceront à une partie de leurs dividendes au prix d’une lutte contre la désinformation. Ils l’ont explicitement indiqué, la garantie de leurs marges ne se négocie pas. Un écho aux fabriquants de Fake News qui assument à titre individuel des motivations au moins autant financières qu’idéologiques (lire également le reportage saisissant de Wired sur les jeunes rédacteurs de Fake News en Macédoine).

    Il n’y a rien à attendre de la rémunération des éditeurs et des sites de presse par des plateformes, plateformes dont l’architecture technique est la condition d’existence du problème qu’elles prétendent vouloir régler. Facebook rémunérant des Fact-Checkers c’est aussi pertinent que l’industrie du tabac rémunérant des pneumologues.

    Sinon on peut aussi laisser le même Facebook financer un programme de recherche sur la désinformation, ou faire confiance au Figaro pour enquêter sur Serge Dassault.

    De son côté Facebook avait annoncé en Août 2017 qu’il allait priver de publicité (= de la possibilité de lui acheter de la publicité) les pages diffusant des Fake News. Mais que la mesure était temporaire et que si les pages se remettaient à publier de vraies informations elles pourraient de nouveau acheter de la publicité, et que bien sûr les pages (détectées on ne sait pas trop sur quelle base ni avec quel systématisme ou quelle régularité) ne seraient pas supprimées. Notez bien que dès Novembre 2016, au lendemain de l’élection de Trump, Google et Facebook annonçaient déjà leur intention de restreindre et de limiter l’accès à leurs régies publicitaire pour les sites « douteux ». Il faut croire que ces mesures n’ont pas été suivies d’effet probants. A moins bien sûr qu’elles n’aient que très mollement été mises en oeuvre ...

    Internet a bouleversé, durablement et radicalement, les régimes de construction des opinions. C’est un fait et non un faux. Et il faut l’accepter et le comprendre comme tel.

    Internet a - entre autres - inauguré une société des avis. Tout est noté et notable. Avisé et avisable. Des avis déposés sur tout et sur n’importe quoi, des objets, des compétences, des gens, des lieux, et des avis autorisés seulement par l’entremise des mêmes infrastructures et architectures techniques qui les nécessitent pour entretenir un modèle d’affaire qui devient toxique pour toute forme de diversité dès qu’il passe à l’échelle industrielle.

    A ce stade du raisonnement, du constat et des propositions ci-dessus, n’oublions pas que le principal problème de nos sociétés, démocratiques autant que connectées, n’est pas celui des Fake News mais celui de phénomènes spéculatifs qui relèvent d’une triple forme de capitalisme : capitalisme cognitif (à l’échelle macro), capitalisme de la surveillance (à l’échelle structurelle) et sémio-capitalisme à l’échelle conjoncturelle

    Plus globalement ce qui est en cause ici c’est l’explosion circonstancielle ou délibérée de nos cadres collectifs d’énonciation, d’éducation et d’entendement. Et des repères mémoriels qu’ils contribuent à construire, à préserver et à expliciter. Et à ce titre lutter contre les architectures techniques toxiques doit être une priorité. Une priorité absolue. En profiter pour lutter pied à pied contre chaque nouvelle avancée du capitalisme de la surveillance doit en être une autre. Et plus que tout, par-dessus et au-delà de tout, il nous faut investir massivement dans l’éducation. La mémoire collective construite par l’éducation comme rempart aux contre-vérités individuelles instruites par des logiques marchandes se déployant au sein d’architectures techniques toxiques. Le combat est celui-là. Et aucun autre.

    #Fake_news #Médias_sociaux #Vérité #Olivier_Ertzscheid


  • La vraie histoire des colonies

    Des pionniers du Nouveau Monde aux larmes de l’Algérie française... quatre siècles d’épopée coloniale. Dont la France n’a pas à se repentir.


    http://www.valeursactuelles.com/histoire/le-nouveau-hors-serie-de-valeurs-actuelles-la-vraie-histoire-des-c
    #colonialisme #histoire #France #déni #oubli #vérité (ou son contraire) #pionniers #colonies #colonisation #épopée_coloniale #couverture #magazine (ou comme suggèrent certains « #torchon ») #presse #propagande #manipulation #valeurs


  • Comment peut-on être certain ?
    http://www.laviedesidees.fr/A-propos-de-Marcos-Gleizer-Verite-et.html

    Peut-on interpréter les philosophes classiques à la lumière de la philosophie analytique contemporaine ? C’est le défi que relève avec brio M. Gleizer à propos de la conception spinoziste de la vérité et de la certitude, même si ce rapprochement peut laisser perplexe, sinon sceptique.

    Livres & études

    / vérité, #scepticisme, objectivité

    #Livres_&_études #vérité #objectivité


  • Victoire dans le procès des slogans en manifestation pour un membre de la famille de Mehdi
    https://rebellyon.info/Victoire-des-slogans-en-manifestation-18615

    « Tout le monde déteste la police », « La police assassine, la justice acquitte », « Justice pour Adama, justice pour Mehdi ». L. est aujourd’hui poursuivie pour « outrage à la police nationale » pour avoir lancé, à plusieurs reprises, ces trois slogans au cours d’une manifestation à la mémoire de son beau-frère, décédé lors d’une course poursuite avec la police fin 2016. Rassemblement et conférence de presse devant le TGI de Lyon (67 Rue Servient, 69003) le 26 janvier à partir de 14h puis repas de soutien au comité à l’Atelier des Canulars (91 rue Montesquieu, 69007) à partir de 19h30.

    #Infos_locales

    / #Répression_-_prisons, #Discriminations, #Manchette, Vérité et Justice pour (...)

    #Vérité_et_Justice_pour_Mehdi


  • Ce n’est plus vous qui êtes en marche, monsieur le Président, c’est la #vérité. Vous pouvez porter plainte contre moi pour #diffamation  ; la postérité portera plainte ­contre vous pour #infamie."

    dixit #Yann_Moix
    « Monsieur le Président, vous avez instauré à Calais un protocole de la bavure »

    L’écrivain Yann Moix fustige dans une #lettre_ouverte adressée à Emmanuel Macron la politique migratoire de la France, et plus particulièrement le traitement infligé aux migrants à Calais. Vidéo à l’appui, il affirme avoir filmé sur place des « actes de barbarie ».


    http://www.liberation.fr/debats/2018/01/21/monsieur-le-president-vous-avez-instaure-a-calais-un-protocole-de-la-bavu
    #Calais #asile #migrations #EnMarcheVersLeFN (c’était cela le tag ?) #réfugiés #humiliation #espoir

    Et sur la question de la #terminologie (#mots #vocabulaire) :

    Vous les nommez « migrants » : ce sont des #exilés. La migration est un chiffre, l’exil est un #destin.

    ping @reka @sinehebdo

    Ici le texte complet, pour ne pas le perdre :

    Monsieur le président de la République, chaque jour, vous humiliez la France en humiliant les exilés. Vous les nommez « migrants » : ce sont des exilés. La migration est un chiffre, l’exil est un destin. Réchappés du pire, ils représentent cet avenir que vous leur obstruez, ils incarnent cet espoir que vous leur refusez. C’est à leur sujet que je vous écris.
    Vous avez affirmé, dans votre discours de Calais, que « ceux qui ont quelque chose à reprocher au gouvernement s’attaquent à sa politique, mais qu’ils ne s’attaquent pas à ses fonctionnaires. » Je ne m’en prendrai ici qu’à vous. Et à vous seul.

    Je ne suis pas, comme vous dites, un « commentateur du verbe » : je suis un témoin de vos actes. Quant à votre verbe, il est creux, comme votre parole est fausse et votre discours, double.

    J’affirme, M. le Président, que vous laissez perpétrer à Calais des actes criminels envers les exilés. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

    J’affirme, M. le Président, que des fonctionnaires de la République française frappent, gazent, caillassent, briment, humilient des adolescents, des jeunes femmes et des jeunes hommes dans la #détresse et le #dénuement. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

    J’affirme, M. le Président, que des exilés non seulement innocents, mais inoffensifs, subissent sur notre territoire des atteintes aux #droits_fondamentaux de la personne. Je l’ai vu et je l’ai filmé.

    Ces actes de #barbarie, soit vous les ­connaissiez et vous êtes indigne de votre fonction  ; soit vous les ignoriez et vous êtes indigne de votre fonction. Ces preuves, si vous les demandez, les voici  ; si vous faites semblant de les demander, les voici quand même. Les Français constateront ce que vous commettez en leur nom.

    « Je ne peux pas laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre exercent des violences physiques », avez-vous dit. Ajoutant  : « Si cela est fait et prouvé, cela sera sanctionné ». D’abord, vous menacez de procès en diffamation ceux qui démasquent ­votre politique  ; ensuite, vous menacez de procédures de sanction ceux qui l’appliquent.

    Journalistes, policiers  : avec vous, tout le monde a tort à tour de rôle. Les uns d’avoir vu, les autres d’avoir fait. Tout le monde a tort sauf vous, qui êtes le seul à n’avoir rien vu et le seul à n’avoir rien fait. On attendait Bonaparte, arrive Tartuffe.

    Soit les forces de l’ordre obéissent à des ­#ordres précis, et vous êtes impardonnable  ; soit les forces de l’ordre obéissent à des ­ordres imprécis, et vous êtes incompétent. Ou bien les directives sont données par vous, et vous nous trahissez  ; ou bien les directives sont données par d’autres, et l’on vous trahit.

    Quand un policier, individuellement, ­dépasse les bornes, on appelle cela une #bavure. Quand des brigades entières, groupées, dépassent les bornes, on ­appelle cela un #protocole. Vous avez ­instauré à Calais, monsieur le Président, un #protocole_de_la_bavure.

    Quand une #police agit aussi unie, pendant si longtemps, elle ne peut le faire sans se plier à un commandement. Est-ce bien vous, monsieur le Président, qui intimez aux policiers l’ordre de déclencher ces ­actions souillant la #dignité de l’homme   ? Vous y avez répondu vous-même  : « Dans la République, les fonctionnaires appliquent la politique du gouvernement. »

    L’histoire a montré qu’on peut parfois ­reprocher à un policier de trop bien obéir. Mais elle a surtout montré qu’on doit ­toujours reprocher à un président de mal commander, précisément quand le respect humain est bafoué. En dénonçant les #violences_policières, en cherchant à savoir qui est le donneur de ces ordres, je ne fais que défendre la police, parce que lui ­donner de tels ordres, c’est justement ­porter atteinte à son honneur.

    « La situation est ce qu’elle est par la #brutalité du monde qui est le nôtre », dites-vous. Peut-on attendre, monsieur le Président, qu’une situation aussi complexe soit ­démêlée par une pensée aussi simpliste  ? Que des décisions si lourdes soient ­compatibles avec des propos si légers  ? On attendait Bonaparte, arrive Lapalisse.

    Serez-vous plus enclin à l’émotion qu’à la réflexion   ? Ecoutez la voix de ces jeunes qui, fuyant les assassins et la dictature, rançonnés puis suppliciés en Libye, traversent la Méditerranée sur des embarcations douteuses pour accoster, à bout de forces, dans une Europe que vous défendez par vos formules et qu’ils atteignent par leur courage.

    Vous avez osé dire  : « Notre honneur est d’aider sur le terrain celles et ceux qui ­apportent l’humanité durable dans la ­République. » Au vu de ce qui semblerait être votre ­conception de « l’#humanité », les associations préfèrent l’aide que vous leur avez ­refusée à celle que vous leur promettez. A Calais, on vous trouve plus efficace dans la distribution des coups que dans la distribution des repas.

    Ces associations, monsieur le Président, font non seulement le travail que vous ne faites pas, mais également le travail que vous défaites. Quant à votre promesse de prendre en charge la nourriture, elle n’est pas généreuse  : elle est élémentaire. Vous nous vendez comme un progrès la fin d’une aberration.

    La colonisation en Algérie, monsieur le Président, vous apparut un jour comme un « crime contre l’humanité ». Ne prenez pas la peine de vous ­rendre si loin dans l’espace et dans le temps, quand d’autres atrocités sont commises ici et maintenant, sous votre présidence. Sous votre responsabilité.

    Faites, monsieur le Président, avant que l’avenir n’ait honte de vous, ce qui est en votre pouvoir pour que plus un seul de ces jeunes qui ne possèdent rien d’autre que leur vie ne soit jamais plus violenté par la République sur le sol de la nation. Mettez un terme à l’#ignominie. La décision est difficile à prendre  ? On ne vous demande pas tant d’être courageux, que de cesser d’être lâche.

    Saccages d’abris, confiscations ­d’effets personnels, pulvérisation de sacs de couchages, entraves à l’aide humanitaire. Tel est le quotidien des exilés à Calais, monsieur le Président. Hélas, vous ne ­connaissez rien de Calais. Le Calais que vous avez visité mardi dernier n’existe pas  : c’était un Calais pipé  ; c’était ­un Calais imaginaire et vide  ; c’était un ­Calais sans « migrants ». Un Calais sur mesure, un Calais de carton-pâte. Le Calais que vous avez visité, monsieur le Président, ne se trouve pas à Calais.

    Le Défenseur des droits a dénoncé, lui aussi, le « caractère exceptionnellement grave de la situation », qu’il n’hésite pas à décrire comme étant « de nature inédite dans l’histoire calaisienne ». Une instance de la République, monsieur le Président, donne ainsi raison à ceux à qui vous donnez tort. Mais je vous sais capable de ne pas croire vos propres services, tant vous ­donnez si souvent l’impression de ne pas croire vos propres propos.

    Comme on se demande à partir de combien de pierres commence un tas, je vous demande, monsieur le Président, à partir de combien de preuves commence un #crime.

    Je citerai enfin les conclusions de la « mission IGA-IGPN-IGGN relative à l’évaluation de l’action des forces de l’ordre à Calais et dans le Dunkerquois » d’octobre 2017 – mission qui dépend du ministère de l’Intérieur  : « L’accumulation des témoignages écrits et oraux, bien que ne pouvant tenir lieu de #preuves formelles, conduit à considérer comme plausibles des manquements à la doctrine d’emploi de la force et à la #déontologie_policière, principalement à Calais. Ces manquements portent sur des faits de violences, sur un usage ­disproportionné des aérosols lacrymogènes, la ­destruction d’affaires appartenant aux ­migrants ainsi que le non-respect de l’obligation du matricule RIO [le référentiel des identités et de l’organisation]. »

    Permettez-moi, monsieur le Président, de traduire cette phrase dans un français non-policier  : « Nous croulons sous les preuves de violences policières, notamment de gazages, mais nous refusons de les considérer comme des preuves au sens strict, car cela risquerait de froisser monsieur le ­ministre de l’Intérieur, qui serait obligé d’enquêter sur l’épidémie d’anonymat qui saisit ses troupes au moment de l’assaut contre les migrants. »

    Vous dites  : « Je ne peux laisser accréditer l’idée que les forces de l’ordre utilisent la #violence. » Les violences vous dérangeraient-elles moins que le fait qu’on les laisse accréditer ?

    A l’heure, monsieur le Président, où vous décrétez ce qui est, ou n’est pas, une « fake news », vous nous rappelez de manière ­salutaire que vous êtes prompt au mensonge éhonté. On attendait Bonaparte, ­arrive Pinocchio.

    Je ne sais pas exactement de quoi vous êtes responsable  ; je sais seulement en quoi vous êtes irresponsable. Le grand mérite de votre politique, c’est qu’on peut la voir à l’œil nu.

    Surtout à Calais, où tout est fait pour ­rendre impossible aux exilés l’accès à l’Angleterre. Non seulement ils n’ont pas le droit de rester, mais ils n’ont pas la possibilité de partir. Que doivent-ils faire   ? Attendre qu’on leur brûle la rétine  ? Ou bien jouer leur destin en tentant la traversée  ?

    Vous menacez en tout, monsieur le Président, des gens qui ne nous menacent en rien. Votre politique ne fait pas que trahir nos #valeurs, elle les insulte. Les mesures antimigratoires sont toujours populaires. Mais voulant faire plaisir à la foule, vous trahissez le peuple.

    Le préfet du Pas-de-Calais m’a appelé, ­furieux, osant se réclamer de Jean Moulin  ; mais Jean Moulin s’est battu pour faire cesser la barbarie, non pour intimider ceux qui la dénoncent. Les exilés sont des victimes. Laissez les martyrs morts en paix  ; cesse de faire la guerre aux martyrs vivants.

    #Jean_Moulin fut supplicié pour une France qui accueille les hommes, pas pour une France qui les chasse. Dites à votre préfet que se réclamer d’un héros de la ­Résistance quand, dans sa sous-préfecture, Erythréens, Afghans et Soudanais sont harcelés, délogés, gazés nuit et jour, c’est prendre Jean Moulin en otage. Et c’est le trahir une deuxième fois.

    Ce n’est plus vous qui êtes en marche, monsieur le Président, c’est la vérité. Vous pouvez porter plainte contre moi pour ­diffamation  ; la postérité portera plainte ­contre vous pour infamie.

    #responsabilité

    • À chaque chose, une place. Que ne fait on pas pour un petit rôle ? Faire partie de la bande à BHL et avoir fricoté avec quelques antisémites, être pro israélien et blablater à la tévé, faire le romancier et le réalisateur, même en période d’imbécilité soutenue, ça ne suffit pas à faire un #intellectuel selon le canon français. L’hagiographie de Macron a déjà été écrite par Emmanuel Carrère et étayée par un livre de François Dosse, alors on rédige un J’accuse de saison, et qui prend soin de défendre l’honneur de la police...
      Au moins 600 manifestants à Ouistreham contre les « traques » de migrants
      http://www.europe1.fr/societe/au-moins-600-manifestants-a-ouistreham-contre-les-traques-de-migrants-355139
      #placement #relooking #Ration

    • @touti, dénoncer, je sais pas. Je voulais juste rappeler de quelle étoffe est notre héros ("faites moi un procès, président !) de circonstances. La triste réalité c’est que pour moi aussi l’écho donné à ce texte, son existence même, peut malgré tout tenir lieu de bonne nouvelle, façon fragmentation de la domination (parmi les dominants et leurs alliés)... sur fond d’occupations d’écoles, d’aide au passage des Alpes, d’ouverture de squat ou de manif significative, comme à Ouistreham.

    • #Yann_Moix, comment dire... Je viens de parcourir l’article de Wikipédia à son sujet. J’y ai relevé quelques passages principalement dans le paragraphe « sujets polémiques » :

      1) Cinéma Utopia (2009)

      Dans Le Figaro du 10 août 200948, Yann Moix s’indigne d’un tract des cinémas Utopia présentant le film Le Temps qu’il reste. Il reproche notamment à ce tract de débuter par : « Les tragédies de l’histoire sont souvent grotesques. Les Palestiniens vivent depuis 1948 un cauchemar kafkaïen », puis il relève ceci : « Quelques massacres plus tard, perpétrés par les milices juives » et s’indigne de la formule « milices juives » qui, selon lui, « évacue Auschwitz d’un coup d’adjectif non seulement mal placé mais déplacé, un concept qui donnerait aussitôt vie, dans la foulée, à de jolis avatars, comme des nazis juifs, des fascistes juifs, des hitlériens juifs ». Il est aussi particulièrement frappé par cet autre extrait du tract : « Elia Suleiman revient sur son enfance dans une école juive où la lobotomisation sioniste des élèves filait bon train... ». Il compare l’auteur du tract à Robert Brasillach et avance que les gérants des cinémas Utopia ont « la haine des juifs » et seraient « le visage nouveau de l’antisémitisme contemporain », comparant leur gazette à Je suis partout, journal collaborationniste pendant la Seconde Guerre mondiale. La revue La Règle du jeu (fondée en 1990 par Bernard-Henri Lévy) lui apporte son soutien.
      Les cinémas d’art et d’essai du réseau Utopia portent plainte pour injure, et Yann Moix, ainsi que Le Figaro, défendu par Patrick Klugman, sont condamnés en 2010 pour « délit d’injure envers particuliers » le 19 octobre 2010. David Caviglioli, journaliste de L’Obs, relève que le jugement précise que le tract a été écrit avec « une tonalité militante et abrupte », et lui-même soupçonne un antisémitisme sous-jacent à ce tract, relevant par exemple que le sionisme y est décrit comme le « rêve fou d’un état religieux juif ».

      #sionisme

      2) Polanski et la Suisse

      Yann Moix crée la polémique le 1er février 2010 en publiant un extrait de son prochain livre La Meute dans La Règle du jeu sous le titre « J’aime Polanski et je hais la Suisse ». Selon Le Parisien, Yann Moix prend « prétexte » de l’assignation à résidence du cinéaste juif Roman Polanski par la Suisse, pour attaquer cette dernière en la traitant de « pute », de « Gestapoland » et de « pays inutile », « nul » et « fondamentalement antisémite », puis un jour plus tard dans le journal Le Matin ses citoyens de « mous salauds ». En date du 2 février 2010, le texte est retiré du site à la demande de l’auteur. La presse francophone de Belgique et de France commence à relater l’information et l’ambassade de France en Suisse diffuse un communiqué de presse se désolidarisant de l’auteur en estimant à propos de l’ouvrage : « […] on peut à bon droit penser qu’il eût mieux valu qu’il ne parût point ».

      #culture_du_viol

      3) Loi Gayssot (2010) :

      Fin 2010, il apparaît comme un des signataires d’une pétition pour l’abrogation de la loi Gayssot aux côtés de Robert Faurisson, Dieudonné et de militants d’extrême droite, initiative également soutenue par Noam Chomsky. Opposé à cette loi mémorielle, il se rétracte cependant après avoir découvert qu’un des signataires n’était pas Robert Badinter comme il le croyait, mais Robert Faurisson ), et il refuse que son nom soit associé à ce dernier. Paul-Éric Blanrue se déclare déçu de l’attitude de Yann Moix, qui avait préfacé son livre Le Monde contre soi : anthologie des propos contre les juifs, le judaïsme et le sionisme, jugeant « important de montrer que même les plus grands penseurs se sont trompés » ; les deux hommes, amis jusqu’ici et qui n’avaient « jamais parlé des Juifs ensemble » d’après Yann Moix, se séparent à cette occasion. Le blog du Monde.fr des droites extrêmes émet des doutes sur l’explication de Yann Moix, ayant relevé que l’explication initiale de Yann Moix quant à son soutien comportait la mention suivante, effacée par la suite : « J’ai signé une pétition en ce sens, sur laquelle figurent évidemment, figurent logiquement, mes pires ennemis et les ordures les plus avérées ».
      Selon le journaliste Nicolas d’Estienne d’Orves, Yann Moix est « un philosémite exacerbé, il a même appris l’hébreu ».

      #baltringue du #révisionisme

      Entre temps, Monsieur a eu le temps d’"être Charlie" :
      https://laregledujeu.org/2015/01/09/18656/le-pantheon-pour-charlie

      Monsieur le Président,
      Le Panthéon n’est pas un monument mort. Ce n’est pas, non plus, un monument aux morts : c’est le monument vivant de ceux qui ont rendu possibles la dignité et la pérennité de la République.
      Charb, Cabu, Wolinski et leurs camarades sont morts pour cette République, comme Jaurès en son temps. Et, comme Jean Moulin, ils ont été les héros d’une Résistance nouvelle : la Résistance à cette barbarie qu’est l’islamisme, ce fascisme du vingt-et-unième siècle. Ils sont les héritiers des Lumières. Le Panthéon fut inventé pour les accueillir, et, ainsi, souder la nation autour de ce qu’elle a d’essentiel : la liberté.
      Aussi, je vous demande, et au nom de tous les Français sans exception, de bien vouloir étudier ma demande : celle de faire entrer Charlie Hebdo au Panthéon.
      Yann Moix

      Je suis un charlot ...

      4) Accueil des migrants 2018 :

      Yann Moix le 6 janvier 2018, accuse les CRS d’exactions vis-à-vis des migrants de la Jungle de Calais. La préfecture du Pas-de-Calais dénonce, quant à elle, des informations erronées

      ... mais je continue de me rattraper aux branches.

    • « Il y a, parmi les afghans de Calais, des gens qui connaissent Victor Hugo sur le bout des doigts, ils arrivent en France et on les frappe ! » dit un Moix aussi élitiste que les récentes déclarations d’Aznavour (trier les meilleurs) avec sa confiance surjouée dans "la culture". Il utilisait il y a peu le faux argument de l’"appel d’air"... ; de plus :
      https://seenthis.net/messages/646690
      https://seenthis.net/messages/634053
      https://seenthis.net/messages/331825

    • @rastapopoulos oui c’était un peu provoc mais voir tant de monde sortir le CV de ce type (qui n’est qu’un dandy désinvolte aux convictions à mon avis peu profondes) comme s’il fallait à tout prix décrédibiliser ce qu’il dit, alors que pour une fois c’est assez pertinent, je trouve ça un peu désespérant (je lis même sur mondialisme.org que les gens qui reproduisent sa prose font le jeu de l’extrême droite car il a côtoyé des gens d’extrême droite... hum, j’ai hâte de voir Marine Le Pen ou des gudards soutenir le contenu de cette lettre). Finalement on lui donne peut-être encore plus d’importance qu’il n’en a.


  • Le martinet de la vérité : de Jean-Léon Gérôme à The Undisputed Truth
    http://lacelluledecoute.blogspot.fr/2018/01/le-martinet-de-la-verite-de-jean-leon.htm

    Le dernier texte de Frédéric Lordon est intéressant à de nombreux titres, comme bien souvent. Mais, moi, ce qui m’a marqué, au-delà de la pertinence du propos de l’article, c’est l’illustration qui lui a été associée. Il s’agit d’un tableau du grand pompier en chef, Jean-Léon Gérôme, qui s’intitule : La Vérité sortant du puits armée de son martinet pour châtier l’humanité. Il date de 1896 et est conservé au Musée Anne-de-Beaujeu à Moulins. En Auvergne. Le choix est absolument excellent et, comme en outre, dans ma grande inculture, je ne le connaissais pas, j’ai été ravi de cette découverte. Par ailleurs il colle parfaitement à la situation politique actuelle où les dogmatiques de l’économicisme n’ont de cesse de nous fustiger avec leur idée indiscutable de la vérité...

    Mais venons-en à la partie musicale de ce post qui concerne un groupe soul américain, lui aussi extraordinaire, The Undisputed Truth (sans doute le plus baroque des groupes du label Motown), qui nous rappelle que derrière les visages souriants peuvent se cacher les pensées les plus perverses.
    https://youtu.be/8CJZcVi5BA4


  • Le neveu du Premier ministre Edouard Philippe aurait été poignardé en Israël —
    RT en français – 9 janv. 2018
    https://francais.rt.com/france/47126-neveu-premier-ministre-edouard-philippe-aurait-ete-poignarde-isra

    Les trois touristes auraient été agressés le 3 janvier dernier par « trois Israéliens » selon la télévision israélienne i24 News. Le consul de France à Tel-Aviv a été « dépêché sur place de toute urgence », selon Yediot Aharonot. Deux d’entre eux auraient été légèrement blessés. Le troisième plus grièvement – on ignore cependant s’il s’agit du neveu du Premier ministre français.

    Selon le Times of Israel, les trois Français auraient été retrouvés « gisant sur la promenade » du bord de mer avant d’être hospitalisés à l’hôpital Yosseftal d’Eilat. Ils auraient rejoint la France deux jours plus tard grâce à l’aide du consul de France qui les aurait « assisté dans leurs démarches », toujours selon i24 News.

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    Le neveu d’Edouard Philippe parmi les touristes français poignardés à Eilat
    Par Sue Surkes Aujourd’hui, 11:30
    https://fr.timesofisrael.com/le-neveu-dedouard-philippe-parmi-les-touristes-francais-poignardes

    Les vacanciers ont été retrouvés gisant sur le sol après qu’un gang les aurait provoqués puis attaqués avant de prendre la fuite


  • Contre les « fake news », Macron décodeur-en-chef, Frédéric Lordon, 8 janvier 2018
    https://blog.mondediplo.net/2018-01-08-Macron-decodeur-en-chef

    Il n’était pas besoin d’être grand clerc pour apercevoir dès le départ que tout s’était mis de travers dans cette histoire, et poursuivrait de même. Il fallait d’abord que la presse de service s’abuse considérablement quant à son propre crédit dans la population pour s’imaginer en rempart de correction, elle dont la mission d’intoxiquer n’est même plus vécue comme une mission tant elle est devenue une nature seconde. Il fallait ensuite ne pas craindre les balles perdues du fusil à tirer dans les coins, les médias rectificateurs, à défaut d’avoir songé à se blinder le fondement, étant voués à se retrouver eux-mêmes rectifiés par derrière, c’est-à-dire systématiquement interrogés pour leur substantielle contribution au faux général de l’époque. Ce qu’un minimum de décence réflexive – ou de régulation du ridicule – a manqué à produire : un réveil, il se pourrait que la loi anti fake news de Macron y parvienne, mais trop tard et avec quelques effets rétroactifs pénibles. En tout cas, et c’est le moins qu’on puisse dire, l’annonce n’a pas fait pousser des cris de triomphe dans les rédactions, même les plus en pointe dans la croisade du vrai – où, pour la première fois, on perçoit comme un léger sentiment d’alarme. On aurait pu imaginer une sorte d’exultation à la reconnaissance suprême du bien-fondé de la cause. L’ambiance est plutôt à une vague intuition du péril. De fait, le pas de trop est celui qui jette d’un coup une lumière un peu blafarde sur tout l’édifice.

    Égoutiers de l’Internet ?

    Car il devient de plus en plus difficile de se déclarer soldat de la vérité. L’enrôlement plus ou moins crapoteux au service du grand capital numérique n’était déjà pas bien glorieux – on ne s’était d’ailleurs pas trop précipité pour faire la publicité de ces collaborations. On apprend en effet depuis peu que bon nombre de rédactions touchent de Google et Facebook pour mettre à disposition des équipes de journalistes-rectificateurs aidant à purger les tuyaux. Il faut vraiment que l’argent manque pour accepter ainsi de se transformer en égoutiers de l’Internet pour le compte des Compagnies des Eaux qui prospèrent en surface. Bien sûr ça n’est pas de cette manière qu’on présente les choses, cependant même ré-enjolivée en cause commune de la vérité démocratique, l’association normalisatrice avec les grossiums de la donnée produit déjà un effet bizarre.

    Il faut sans doute être un Décodeur, ou en l’occurrence un Désintoxicateur (Libération), pour se promener dans cet environnement en toute innocence, et même casser le morceau avec une parfaite candeur : « Nous, par exemple, on travaille pour Facebook, comme un certain nombre de médias en France travaillent pour Facebook et rémunérés par Facebook pour faire le ménage dans les contenus qui circulent », déclare Cédric Mathiot avec une complète absence de malice (2) – on voit très bien Hubert Beuve-Méry ou Sartre envisageant de « faire le ménage dans les contenus » en compagnie d’IBM ou de (la nommée avec préscience) Control Data Corporation.

    Bien envoyé.

    Dommage par ailleurs que l’on ne trouve guère de critique des bidonnages factuels et théoriques intéressés auxquels s’adonnent divers acteurs sous couvert de positions minoritaires ou de gauche non gouvernante, comme il s’en trouve ici des exemples, tel celui ci
    https://seenthis.net/messages/657577

    • Que tout se voie davantage, c’était bien une prévisible némésis pour les médias du macronisme. Car s’il y a une maxime caractéristique du macronisme, c’est bien moins « En marche » que « Tout est clair ». Avec Macron tout est devenu très clair, tout a été porté à un suprême degré de clarté. L’État est présidé par un banquier, il offre au capital le salariat en chair à saucisse, il supprime l’ISF, il bastonne pauvres et migrants, dix ans plus tard et après n’avoir rien compris, il rejoue la carte de la finance. Tout devient d’une cristalline simplicité. En même temps – comme dirait l’autre – il n’a pas encore complètement rejoint son lieu naturel, le lieu du cynisme avoué et du grand éclat de rire ; et la guerre aux pauvres ouverte en actes ne parvient pas encore à se déclarer en mots. Il faut donc prétendre l’exact contraire de ce qu’on fait, scrupule résiduel qui met tout le discours gouvernemental sous une vive tension… et, par conséquent, vaut à ses porte-parole un rapport disons tourmenté à la vérité. Se peut-il que le schème général de l’inversion, qui rend assez bien compte des obsessions anticomplotistes et anti-fake news, trouve, à cet étage aussi, à s’appliquer ? C’est à croire, parce que la masse du faux a pris des proportions inouïes, et qu’il n’a jamais autant importé d’en rediriger l’inquiétude ailleurs, n’importe où ailleurs. On doit prier dans les bureaux pour que se fassent connaître en nombre de nouveaux fadas, (...), des hackers russes, des allumés des chemtrails ou de n’importe quoi pourvu qu’on puisse dire que le faux, c’est eux. Mais qu’heureusement l’État de médias veille.

      Gérôme, « La Vérité sortant du puits armée de son martinet pour châtier l’humanité », 1896

      « Alors les Décodeurs se réveillèrent, et ils virent qu’ils avaient l’air con… »
      Lamentations, chapitre 2, verset 2 (révisé)

      #macronisme #Etat_de_médias

    • La boucle est bouclée.

      Le mensonge s’élève pour ainsi dire au carré quand il est celui d’un discours qui porte sur le mensonge. Élevant tout cet ensemble à un point de perfection, et se rendant elle-même au tréfonds de l’abaissement, la ministre de la culture n’hésite pas à déclarer que la future loi sur les fake news vise « à préserver la liberté d’expression »

      La loi sur les « fake news » vise à « préserver la liberté d’expression », selon Nyssen
      http://www.leparisien.fr/societe/la-loi-sur-les-fake-news-vise-a-preserver-la-liberte-d-expression-selon-n
      #fausse_nouvelle #mensonge #gouvernement #fanfare_à_fake_news

    • « Quand tout le monde vous ment en permanence..., le résultat n’est pas que vous allez croire ces mensonges mais que plus personne ne croira plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger.
      Et d’un tel peuple vous ferez ce que vous voudrez... »
      Hannah Arendt, 1975

      https://seenthis.net/messages/657827

    • Muriel Pénicaud explique sans ciller que la nouvelle disposition des ruptures conventionnelles constitue « un atout pour les salariés » (10). La même, qui a constitué une partie de son patrimoine par des plus-values sur stock-options consécutives à ses licenciements, est bien partie pour économiser 49 000 euros d’ISF – et l’on se demande ce qui, de ce fait ou de la fausse nouvelle d’un compte de Macron aux Bahamas, offense le plus l’esprit public.

      C’est mignon comme du Lordon

    • J’ai lu, bien que ce oit du Lordon sur le Diplo, et a priori je suis sympathique à la cause défendue (j’avais bien aimé sa sortie sur l’affligeant Décodex), mais est-ce que c’est moi ou est-ce que cette écriture (son écriture) est devenue complètement illisible pour ne pas dire carrément verbeuse dans le mauvais sens du terme pour ne pas dire non plus condescendante et arrogante aussi dans le mauvais sens du terme. J’ai beaucoup de mal le comprendre dans ses emberlificotements, mais au Deep ils doivent en être très fiers. Je suis désolé pour cells et ceux ici qui aiment bien Lordon.

      Quel dommage.

    • @reka A chaque fois que je vois passer un signalement sur seenthis pour un article de Lordon, je pense à toi, je me dis il va le lire et puis ça va pas lui plaire même si et j’y vois comme une torture pour toi. Ce qui me navre. Crois-le.

      Je suis désolé pour celles et ceux ici qui aiment bien Lordon.

      Tu aurais compris que je fais plutôt parti de ce gang-là.

      Dans le cas présent je trouve l’article très utile dans cette forme justement. Cela tient à sa force de démonstration à son cheminement pour aboutir à ce que de mon côté je commence à voir en pleine clarté mais que j’ai du mal à exprimer précisément aussi clairement que Lordon, à savoir :

      Muriel Pénicaud explique sans ciller que la nouvelle disposition des ruptures conventionnelles constitue « un atout pour les salariés » (10). La même, qui a constitué une partie de son patrimoine par des plus-values sur stock-options consécutives à ses licenciements, est bien partie pour économiser 49 000 euros d’ISF – et l’on se demande ce qui, de ce fait ou de la fausse nouvelle d’un compte de Macron aux Bahamas, offense le plus l’esprit public.

      Ce que je trouve vraiment réussi dans cet article, c’est qu’il part des Grecs finalement, pour nous parler d’une machinerie infernale, ce qui va lui permettre de nous démontrer qu’il s’agit d’un défaut originel dont l’issue normale devrait être que l’arroseur est arrosé, mais que non pas du tout, retournement du sens (références appuyées à 1984 d’Orwell), on aboutit à une tension psychologique (celle du pouvoir emberlificoté dans sa communication de plus en plus mensongère) là où la clarté était promise.

      Quant à la conclusion de l’article elle est assez belle je trouve, elle dit en une pirouette l’impossibilité désormais de prédire quoi que ce soit tant tout est devenu irrationnel.

      Je commence à te connaître un peu (d’ailleurs c’est assez drôle ce sentiment que nous sommes quelques unes et quelques uns qui commençons à nous connaître et nombreux parmi nous qui pourrions nous croiser dans la rue sans nous reconnaître ) et je vois bien que tu n’es pas sensible, hors d’un contexte purement littéraire, au plaisir d’écrire. Or Lordon prend plaisir à écrire, c’est manifeste. Et il y a une certaine jouissance je trouve à certaines métaphores et quelques comparaisons parfois admirables, en tout cas il y a souvent de très belles images, pour cela tu devrais mettre de côté ta façon plus analytique de voir les choses et te laisser envahir par le plaisir de la lecture de phrases qui sont très bien écrites par ailleurs. Ce faisant tu aurais peut-être à découvrir que la réflexion à propos de la chose politique n’a pas nécessairement à être écrite dans une langue austère et qu’une certaine élégance et une certaine beauté de la langue ne sont pas nécessairement étrangères à la réflexion au contraire, autrefois on appelait cela l’éloquence et c’était même très prisé.

      Et tu devrais pouvoir en profiter d’autant plus facilement que pour moi qui lis Lordon depuis une dizaine d’années, avant je lisais ses essais de philopsophie économiques, il a grandement réduit la voilure, s’inspirant en cela, il me semble, de l’écriture du Comité invisible : bref il s’est radicalisé sur internet et c’est tant mieux, parce que oui, tu as raison de temps en temps il faut quand même s’accrocher un peu au bastingage.

      Amicalement, crois-le

      Phil

    • Le martinet de la vérité : de Jean-Léon Gérôme à The Undisputed Truth
      http://lacelluledecoute.blogspot.fr/2018/01/le-martinet-de-la-verite-de-jean-leon.html

      Mais venons-en à la partie musicale de ce post qui concerne un groupe soul américain, lui aussi extraordinaire, The Undisputed Truth qui nous rappelle que derrière les visages souriants [Smiling faces] peuvent se cacher les pensées les plus perverses.
      https://youtu.be/8CJZcVi5BA4

    • Smiling Faces Sometimes (1971)
      The Undisputed Truth

      Smiling faces sometimes
      Pretend to be your friend
      Smiling faces show no traces
      Of the evil that lurks within

      Smiling faces, smiling faces sometimes
      They don’t tell the truth
      Smiling faces, smiling faces
      Tell lies and I got proof

      The truth is in the eyes
      Cause the eyes don’t lie, amen
      Remember a smile is just
      A frown turned upside down
      My friend let me tell you

      Beware, beware of the handshake
      That hides the snake
      I’m telling you beware
      Beware of the pat on the back
      It just might hold you back
      Jealousy (jealousy)
      Misery (misery)
      Envy
      I tell you, you can’t see behind

      #Musique #Musique_et_politique The #Undisputed_Truth #soul #fake_news #truth #vérité #hypocrisie


  • La charge de la preuve
    http://www.laviedesidees.fr/La-charge-de-la-preuve.html

    La cour d’assises offre un magnifique terrain ethnologique : entre témoignages, expertises, aveux et débats, la recherche de vérité s’y construit de manière coopérative. C’est ainsi que le système inquisitoire en vigueur en Europe peut servir les intérêts de la victime et de la société.

    Livres & études

    / #justice, vérité, rationalité, #procédure

    #Livres_&_études #vérité #rationalité


  • Bayard retire de la vente un magazine pour enfants qui écrit qu’Israël n’est pas « un vrai pays » aux yeux d’autres Etats France Info - Noel 2017

    Il ne s’agissait « absolument pas de remettre en cause l’Etat d’Israël », assure le groupe Bayard Presse, qui reconnaît une « maladresse ».


    Il est rare de voir un magazine pour les 5-8 ans au cœur d’une polémique politique. Mais c’est le cas de Youpi j’ai compris !. Dans son numéro de janvier, le magazine publie un texte accompagnant une carte des différents pays du monde dans lequel Israël est décrit comme faisant partie des pays dont « tous les autres pays du monde ne sont pas d’accord pour dire que ce sont de vrais pays ». Devant le tollé suscité, l’éditeur du magazine, Bayard Presse, a décidé, lundi 25 décembre, de le retirer de la vente.

    La veille, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Francis Kalifat, avait demandé le retrait du numéro, dans un message posté sur Facebook.

    #Crif #Israel #Censure #enfant #vérité


  • Nothing is true...
    http://www.radiopanik.org/emissions/pbg/nothing-is-true-

    Les Paladins de la Belle Guilde, présents à la console pour vous éclairer, dans ce brouillard épais et visqueux qui obscurcit le jour naissant... sur cette vérité qui réside... ailleurs !

    Tracklist :

    Trumans Water - Say Hi to the Lie Machine Moodymann - Freeki Mutha F cker Mudhoney - No End In Sight (Alternative Pitch Version) Birthday Party - Marry Me (Lie ! Lie !) Ersatz - Guerre Froide Caroliner Rainbow Open Wound Chorale - Empty Halo Prince Far I - Nuclear Weapon Stephen Encinas - Disco Illusion Beau Wanzer - Balls of Steel Carol - So Low The Mekons - The Sporting Life Gate - Caked

    #mensonge #rêves #vérité #musique #mensonge,rêves,vérité,musique
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/pbg/nothing-is-true-_04182__1.mp3




  • Des massacres oubliés de mai 1967 en Guadeloupe aux prémices de l’ordre sécuritaire moderne dans les quartiers - Basta !
    https://www.bastamag.net/Des-massacres-oublies-de-mai-1967-en-Guadeloupe-aux-premices-de-l-ordre

    C’est une commémoration méconnue : il y a 50 ans, les 26 et 27 mai 1967, la police et l’armée françaises réprimaient brutalement des manifestations ouvrières et lycéennes en Guadeloupe. Alors que Pointe-à-Pitre se révolte, les forces de l’ordre se livrent à un massacre qui fait au moins 8 morts selon les sources officielles. Des recherches approfondies démontrent qu’un modèle de contre-insurrection a été expérimenté sous l’autorité d’un préfet, Pierre Bolotte. Formé en Indochine puis en Algérie, il deviendra le premier préfet de la Seine-Saint-Denis et l’architecte d’une nouvelle forme de police, inspirée de ce modèle colonial et militaire. Enquête aux sources de l’ère sécuritaire.

    Les 26 et 27 mai 1967, l’Etat français encadrait le massacre de révoltes populaires en Guadeloupe. Structuré par le racisme et la colonialité du pouvoir, ce crime découle aussi de l’application d’une doctrine de guerre policière. Des archives inédites du préfet de la Guadeloupe Pierre Bolotte montrent qu’un modèle de contre-insurrection a été expérimenté. Formé pendant la guerre d’Indochine puis sous-préfet en Algérie, ce professionnel de ce que l’armée appelle « la pacification » deviendra le premier préfet de la Seine-Saint-Denis où il supervisera la création et le déploiement de la Brigade anti-criminalité (BAC). Le parcours du préfet Pierre Bolotte retrace à lui seul la généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire contemporain.

    #police #répression #racisme #colonialisme


  • Vaulx-en-Velin : Barbecue en soutien au comité #Vérité_et_Justice_pour_Mehdi le 21 Mai
    https://rebellyon.info/Vaulx-en-Velin-Barbecue-en-soutien-au-17838

    Il y a 5 mois déjà, le 11 décembre 2016, Mehdi, 28 ans, venait de fêter la naissance de sa fille et rentrait en scooter à Vaulx-en-Velin avec deux amis. La police veut le contrôler, il meurt !! Depuis si une mobilisation pour la vérité et la justice concernant ça mort n’a pas faiblit, du côté de la justice, peut de chose ont bougé. Afin de lancé de nouvelle action et de payé des avocats, le collectif de soutien organise le 21 Mai, un barbecue de solidarité à Vaul-en-Velin

    #Infos_locales

    / #Répression_-_prisons, Une, Vérité et Justice pour Mehdi


  • Massacres de mai 1967 en Guadeloupe : pour la vérité, la justice et les réparations
    Sortir du colonialisme, mai 2017
    https://www.solidaires.org/Massacres-de-mai-67-en-Guadeloupe-Marche-pour-la-verite-la-justice-et-le

    Brochure :
    Mai 67 en Guadeloupe : que s’est-il passé ?
    La manifestation parisienne du 27 mai 2017
    Le procès d’E. Domota, secrétaire de l’UGTG, le 31 mai.
    Une brochure à utiliser !
    https://www.solidaires.org/IMG/pdf/2017_-_5_-_15_-_sortir_du_colonialisme_3-1.pdf?9837/a0bfde38546381108d1305f2132ee901817ec5f3

    Appel unitaire pour la manifestation concernant les massacres de mai 67 en Guadeloupe par l’Etat colonial, et le soutien aux syndicalistes guadeloupéens dont ELIE DOMOTA qui passera en procès le 31 mai 2017 à Guadeloupe.

    La marche se déroulera le samedi 27 mai à 14h à Paris, de Nation à République, avec les tambours de plusieurs associations guadeloupéennes.

    Signataires au 9 mai 2017 : Kolèktif Doubout Pou Mé 67 : Mouvman kiltirèl CHOUKAJ, MIYO, BWA BANDÉ, KA FRATÈRNITÉ, MAS LIBÉRASYON, MAS MÉLÉ, MAS A YO, MAS AN BISTAN, VIBRASYON A MAS, KARIBEAN MAS & ASOSYASYON ÉRITAJ


    Avec le soutien : du Comité d’Organisation du 10 Mai, Sortir du Colonialisme, Union syndicale Solidaires, CGT/DOM, CNT, CRAN, Cedetim/Ipam, Collectif féministe Ruptures, Femmes Plurielles, collectif Fathy Koumba, AFASPA, Cahiers d’Histoire, Droits Devant, Les Oranges, Collectif Solidarité Kanaky, Comité Vérité Justice de Kanaky, Ustke, MJKF (mouvement de jeunes kanak en France), STC (Syndicat des Travailleurs Corses), Corelso (sahara), CDISCOM (comores–Mayotte), Collectif Mahore

    #Guadeloupe #Massacres_de_mai_1967 #histoire #colonialisme #sortir_du_colonialisme #vérité #justice #réparations #Elie_Domota #Manifestation #Paris