• « Valeurs actuelles », le faux pas des jeunes loups, Ariane Chemin et François Krug
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/09/08/valeurs-actuelles-le-faux-pas-des-jeunes-loups_6051441_4500055.html

    En gros plan, Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction de Valeurs actuelles.En haut, Charlotte d’Ornellas et Laurent Dandrieu, membres de la rédaction.À droite, de haut en bas, les figures historiques François d’Orcival et Raymond Bourgine. Enfin, Charles Villeneuve, conseillé de l’actuel propriétaire du titre. Camille Durand/M Le magazine du Monde à partir de photos de Vincent Isore/IP3, JP B​altel/Sipa, Bruno Levy/Divergence-Images, Didier Goupy / Signatures, Frédéric Reglain/Gamma-Rapho, John Spencer/Sipa [Pas moins]

    Un entretien exclusif avec Macron, une présence régulière sur les chaînes d’info… L’arrivée de Louis de Raguenel à Europe 1 aurait pu être une étape de plus dans la course à la respectabilité menée par l’hebdo réactionnaire. Mais la parution d’une fiction mettant en scène Danièle Obono en esclave est venue compliquer ce dessein.

    Louis de Raguenel n’a pas de chance. Voilà plusieurs mois que le journaliste de Valeurs actuelles cherchait à rejoindre un « grand » média. Pour la rentrée, on lui proposait la tête du service politique d’Europe 1. Dans une vie précédente, le jeune homme de 33 ans a travaillé au ministère de l’intérieur sous Claude Guéant et fréquenté un cercle préparant la réélection de Nicolas Sarkozy. Il s’y était lié d’« amitié » avec Sylvain Fort, futur proche conseiller d’Emmanuel Macron.

    En octobre 2019, lors d’une tournée dans l’Océan indien, le chef de l’État l’avait convié à bord de l’Airbus présidentiel et lui avait accordé une longue interview sur l’immigration et l’islam. Une victoire pour Valeurs actuelles et une ligne de plus à son CV : Raguenel n’est plus seulement spécialiste des questions de défense ou de police, il a accès direct à l’Élysée. Son départ pour la radio était acté, son passé militant ne semblait pas poser problème. Quand, patatras, le voilà rattrapé malgré lui par un de ces scandales qui font l’ADN de son ancien journal, contraignant la direction d’Europe 1 à un bras de fer avec sa rédaction.
    L’histoire commence fin août. L’illustrateur Pascal Garnier vient de recevoir un e-mail de Valeurs actuelles. Danièle Obono ? Il n’a jamais entendu parler de cette députée qu’on lui demande de dessiner « enchaînée ». La commande, une dizaine de dessins au total, doit être livrée en quelques jours, juste à temps pour le bouclage du numéro du 27 août. Garnier, 60 ans, est un professionnel reconnu, au trait soigné et réaliste. Il collabore aussi au quotidien économique Les Échos.

    Une série d’été

    Depuis huit ans, il illustre la série d’été de Valeurs, ­toujours consacrée à des récits de politique-­fiction. Cette année, l’hebdomadaire immerge des personnalités contemporaines dans le passé, Nicolas Hulot au temps de Charlemagne, Éric Zemmour à Waterloo… Comme d’habitude, Garnier sort ses crayons sans avoir lu l’article. Il doit se contenter d’un « brief », comme on dit dans le métier, avec des consignes parfois elliptiques : « Hulot affamé au cachot », ou « Napoléon au chevet de Zemmour sur son lit de douleur ».

    Cette fois, il est question d’une députée La France insoumise plongée dans son Afrique natale au XVIIIe siècle. Elle est réduite en esclavage et vendue par d’autres Africains avant d’être sauvée par un missionnaire et des religieuses français. Pour guider le dessinateur, l’auteur de l’article a envoyé par e-mail des photos de l’élue sous tous les angles, face, profil, ainsi que des « suggestions de découpe d’images ».

    Garnier nous en lit la liste au téléphone : « Un chef africain ou un conseil de village », « un sultan fumant un narguilé », « des négresses à plateaux » (des bouts de bois fichés dans la bouche chez les femmes de certains peuples). On lui réclame surtout une « Danièle Obono enchaînée à d’autres femmes ». Il traduit ces consignes en images « le plus fidèlement possible ».

    Une couverture anodine

    Dans la petite bande de trentenaires qui dirige Valeurs actuelles, on se flatte de posséder « un radar à bad buzz ». Pourtant, aucun n’imagine que ce numéro du 27 août va faire un tel scandale. En couverture, une photo d’incidents à Paris après la défaite du PSG en finale de la Ligue des champions, pour illustrer l’« ensauvagement » et recenser les faits divers de l’été : « 60 jours dans la France des nouveaux barbares ».

    Une couverture anodine, sur le baromètre de Valeurs actuelles. Une fois le journal en kiosque, les réseaux sociaux s’emparent des dessins de Danièle Obono, en particulier celui la représentant nue, de profil, un collier de fer au cou. Puis ils décortiquent l’article lui-même, « Obono l’Africaine », une histoire de méchants noirs et de gentils blancs signée d’un certain Harpalus, le pseudonyme collectif des auteurs de la série, emprunté à un personnage de l’Antiquité.

    C’est par défaut que Danièle Obono a été ciblée. Valeurs actuelles voulait profiter de cet exercice de fiction pour dénoncer une mouvance « racialiste » et, selon lui, dangereuse. « On s’est demandé qui étaient les porte-parole médiatiques de ce mouvement, nous raconte Geoffroy Lejeune, le directeur de la rédaction. On avait pensé à Omar Sy, mais cela aurait été malhonnête intellectuellement : son truc, c’est plutôt les violences policières. » L’équipe songe ensuite à Lilian Thuram, l’ancien footballeur, mais il avait déjà eu droit à une couverture en 2019 sous le titre « Les racistes anti-blancs ». Le choix se porte finalement sur la députée de Paris, une femme, née au Gabon, « moins connue, mais tout de même députée de la nation ».

    Un jeune directeur

    Geoffroy Lejeune donne rendez-vous, coïncidence, le jour de ses 32 ans. Aux murs de son bureau, ce fils d’un officier de l’armée de terre a accroché le portrait d’un légionnaire et un autre de Zinédine Zidane. Dans les rayonnages de la bibliothèque, les livres d’Éric Zemmour côtoient une statuette de la Vierge. Sorti d’une école de journalisme à la fin des années Sarkozy, Lejeune rêve de travailler au Point. Il atterrit dans un hebdomadaire plus confidentiel et endormi, Valeurs actuelles, qui va se réveiller sous la présidence de François Hollande.

    Quatre ans après son arrivée, Lejeune est promu directeur de la rédaction, à 27 ans seulement. « Un des signes du basculement culturel et générationnel en cours », se félicite Alexandre Devecchio, aujourd’hui responsable du site FigaroVox et consultant pour LCI, dans Les Nouveaux Enfants du siècle, un ouvrage-manifeste publié au Cerf.
    Changement de statut, et de look. Finis, la coupe de cheveux bien dégagés derrière les oreilles, les chemises et les vestes. Lejeune porte les cheveux mi-longs et des sweats à capuche. « Gamin, on me coupait les cheveux avec une tondeuse qui ne faisait pas dans la dentelle. J’ai fait une crise capillaire un peu tardive », s’amuse-t-il. C’est avec ce nouveau look qu’il intervenait sur les plateaux de LCI, avant que l’article sur Danièle Obono ne conduise la chaîne d’info à le remercier.

    De « Valeurs » à « V.A. »

    C’est aussi à ses cheveux qu’on le reconnaît depuis la rentrée parmi les chroniqueurs de « Balance ton post ! », une émission du bateleur Cyril Hanouna sur C8. Lejeune se définit lui-même comme « réac », mais sait vivre avec son temps. Les vieux compagnons de route de Valeurs actuelles appelaient affectueusement leur journal « Valeurs », tout court. Lui préfère les initiales « V.A. ». Plus court, plus percutant, plus adapté à la génération hashtag.

    La politique-fiction est un genre bien pratique. Il permet de libérer inconscient et obsessions. Derrière la littérature, on y lâche quelques secrets politiques, on pousse certains candidats, on en flingue d’autres.
    Le grand public le découvre en 2015 quand il fait la promo d’Une élection ordinaire, un roman publié aux éditions Ring dans lequel il imagine l’arrivée d’Éric Zemmour à la présidence de la République. Une fiction dans laquelle il glisse quelques mots sur son Valeurs actuelles : « Le magazine était coutumier des titres racoleurs. Ses patrons surfaient sur un succès factice et radicalisaient leur ton au gré des ventes qui ne cessaient d’augmenter. La presse tombait systématiquement dans le panneau, reprenant leurs couvertures les plus hardcore pour en faire des scandales. »

    La politique-fiction est un genre bien pratique. Il permet de libérer inconscient et obsessions. L’une des plus vieilles rubriques du journal est « La Lettre de M. de Rastignac ». Chaque semaine, un personnage balzacien raconte à un cousin de province la « comédie contemporaine » de la capitale. Derrière la littérature, on y lâche quelques secrets politiques, on pousse certains candidats, on en flingue d’autres.
    Ce pseudo a longtemps caché Alexis Brézet, à l’époque journaliste à Valeurs actuelles, aujourd’hui directeur des rédactions du Figaro. Désormais, c’est le directeur adjoint de la rédaction du Figaro, Vincent Trémolet de Villers, qui tient la rubrique sur son temps libre, croquant « M. de Marville » (Emmanuel Macron), « Mme du Halga » (Marine Le Pen) ou « Paul-Mathieu Méricourt », alias Jean-Luc Mélenchon.

    Des gaullistes, des libéraux, des étatistes, un ami du Likoud…

    Geoffroy Lejeune est l’héritier d’une longue histoire. Valeurs actuelles naît en 1966. C’est en réalité la nouvelle formule d’un vieux journal boursier, Aux écoutes de la finance, devenu Finance. Dès son premier numéro, Valeurs actuelles s’ouvre à toutes les droites, même celle qu’on n’entend plus depuis la Libération.

    Le fondateur, Raymond Bourgine, a milité pour l’Algérie française, mais finit par rejoindre les héritiers du général de Gaulle et est élu sénateur RPR. Dans les couloirs, on croise des gaullistes, des libéraux, des étatistes, des amis de la haute finance, un ami du Likoud et même un rocardien, mais officiellement, personne d’extrême droite. Seul un petit milieu sait que le critique de cinéma de l’époque, François Vinneuil, est en réalité l’écrivain antisémite et collaborationniste Lucien Rebatet, condamné à mort à la Libération avant d’être gracié.

    « C’est un journal de droite et, selon les moments et les auteurs, il l’a été plus ou moins, mais tous les autres qualificatifs sont excessifs », défend l’ancien patron et toujours chroniqueur François d’Orcival, 78 ans, encore un nom de plume. Lui-même a milité, jeune homme, dans l’extrême droite la plus radicale, avant d’évoluer vers un conservatisme bon teint. Dans les locaux du 16e arrondissement de Paris, il est devenu le gardien de la mémoire.

    L’émergence de la « droite décomplexée »

    Les mécènes de droite se sont succédé au capital, le financier Marc Ladreit de Lacharrière, la famille Dassault, puis l’industriel du médicament et de la cosmétique Pierre Fabre, qui s’est lassé de combler les pertes. En 2012, un journaliste du Figaro, Yves de Kerdrel, est chargé de redresser le journal. Il commande une étude de lectorat à la Sofres. Sa conclusion : « Pour les lecteurs, c’était un journal de droite donnant l’impression d’être fait par des gens qui avaient honte d’être de droite. » La nouvelle formule consacre l’émergence en politique du concept de « droite décomplexée ». Chaque semaine, la couverture doit provoquer un électrochoc chez les « bien-pensants ».

    En septembre 2013, le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, assouplit les naturalisations. En conférence de rédaction, on se creuse la tête. Un journaliste se souvient d’une Marianne voilée sur une couverture du Figaro Magazine, en 1991. Valeurs actuelles pique l’idée pour dénoncer « l’invasion qu’on nous cache ». Il est condamné en première instance et en appel pour « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » à l’égard des musulmans.

    En 2017, la Cour de cassation estime finalement qu’il n’a pas dépassé « les limites admissibles de la liberté d’expression ». Kerdrel ne renie pas cette couverture restée dans les mémoires : « Ce n’est pas ce qu’on a fait de mieux, mais elle ne méritait pas cet excès d’indignité. » Cette même année 2013, le journal publie un dossier « Roms, l’overdose », qui lui vaut cette fois une condamnation définitive.

    Kerdrel n’est pourtant pas un excité. Ce libéral s’entend à merveille avec le jeune secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Macron, rencontré à la commission Attali sous le quinquennat précédent. Il affirme avoir été parmi les premiers adhérents secrets d’En marche !, « carte numéro 007 », aime-t-il à raconter. « Je faisais un journal conservateur mais pas extrême », plaide-t-il. La diffusion payée du journal grimpe à plus de 120 000 exemplaires.

    De quoi susciter des convoitises lorsque les héritiers de Pierre Fabre le mettent en vente. L’armateur franco-libanais Iskandar Safa l’emporte, conseillé par deux anciennes éminences de TF1, Étienne Mougeotte et Charles Villeneuve. Un an plus tard, en 2016, Geoffroy Lejeune est promu directeur de la rédaction. Sa mission : faire oublier les excès. Sur la forme, au moins. Lejeune était un des auteurs du dossier sur « l’overdose » de Roms, mais il renie cette période.

    De l’anticommunisme à la Manif pour tous

    Finies, les Marianne voilées. Cela n’empêche pas de titrer en couverture sur « les islamo-gauchistes » ou, variante, « les islamo-­collabos », en diffusant auprès du grand public le vocabulaire et les concepts de l’extrême droite. On peut aussi draguer les complotistes et réjouir les antisémites avec une couverture sur le « milliardaire » George Soros, « le financier mondial de l’immigration et de l’islamisme ». On se découvre aussi de nouveaux ennemis, en racontant « comment les féministes sont devenues folles » ou en dénonçant « la terreur vegan ».

    À “Valeurs”, on préfère “Marion” à “Marine”, on croyait en Fillon, on suit de près Retailleau. « Nous sommes des orphelins politiques, ce qu’on incarne n’existe pas. » Geoffroy Lejeune, directeur de la rédaction
    Lejeune ne s’en cache pas : il est un intime de Marion Maréchal, l’un des espoirs de cette génération qui a trop vu de candidats défendant des idées ultraconservatrices s’user et échouer à la présidentielle. « Je la connais depuis que j’ai 16 ans, raconte-t-il. C’est une de mes amies les plus chères. Mais il y a une frontière étanche, je ne suis pas à son service. Elle fait partie de l’univers dans lequel on évolue, comme Villiers ou Zemmour, mais on ne se positionne pas par rapport à elle. » À Valeurs, on préfère « Marion » à « Marine », on croyait en Fillon, on suit de près Retailleau. « Nous sommes des orphelins politiques, ce qu’on incarne n’existe pas. »

    Naguère, c’était l’anticommunisme qui fédérait la rédaction de Valeurs acctuelles. La génération de La Manif pour tous est désormais aux commandes. Raphaël Stainville, rédacteur en chef du service politique après un passage au Figaro Magazine, en a même écrit l’épopée, Et la France se réveilla (Éditions du Toucan, 2013), avec son beau-frère Vincent Trémolet de Villers. Derrière les pancartes « Un papa, une maman » des manifestants émerge selon eux une relève politique.

    Valeurs de l’Occident versus islam

    Le catholicisme, surtout celui qui défend les valeurs de l’Occident contre l’islam, est un ciment des recrues du journal. Valeurs actuelles entretient d’ailleurs des liens étroits avec SOS Chrétiens d’Orient, une ONG proche de l’extrême droite. Un ancien pigiste signant sous pseudonyme, Pierre-Alexandre Bouclay, autre auteur du fameux dossier sur les Roms, figure dans l’organigramme. Et l’une des nouvelles stars du journal, Charlotte d’Ornellas, 34 ans, siège au conseil d’administration de l’association.
    D’Ornellas a débuté sur le site Boulevard Voltaire, créé par Robert Ménard, aujourd’hui maire extrême droite de Béziers. Elle est aussi passée par la chaîne en ligne TV Libertés et le mensuel L’Incorrect, deux autres médias d’extrême droite. Et a fondé un éphémère magazine, France, avec Damien Rieu, ancien porte-parole de Génération identitaire, un groupe si radical que même Marine Le Pen s’en méfie.

    D’Ornellas est volontairement absente des réseaux sociaux, mais très présente sur les plateaux des talk-shows, encore un marqueur de la jeune équipe. « Investissez les médias », c’est le conseil que leur avait donné en 2012 le spin doctor de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson, après la défaite de son champion. Depuis la rentrée, sa collègue Solange Bied-Charreton, 38 ans, intervient sur BFM-TV dans l’émission « 22h max ».
    Lejeune a recruté comme adjoint à la direction de la rédaction son copain Tugdual Denis, 38 ans, spécialiste de la droite à L’Express puis au Point. « Tu peux nous passer au détecteur de mensonges ou nous faire examiner chez tous les neurologues, on n’a rien de raciste », dit-il. Il vient de publier La Vérité sur le mystère Fillon (Plon), un récit empathique dans lequel il revient sur la campagne présidentielle de l’ancien premier ministre. Il se définit d’ailleurs comme « filloniste ».

    Les lecteurs de Valeurs actuelles l’ignorent : le « père Danziec », qui tient depuis peu une chronique religieuse, n’est autre que son jeune frère, le chanoine Alban Denis, membre de la communauté traditionaliste de l’Institut du Christ Roi Souverain Prêtre.

    Dans la rédaction, le courant « tradi » est aussi incarné par un aîné, Laurent Dandrieu, 57 ans, chargé de la culture. Un bon connaisseur des arcanes du Vatican. Dans son dernier livre, Église et immigration. Le grand malaise, publié en 2017 aux Presses de la Renaissance, il s’en prend à « l’angélisme » du pape François face aux migrants. Leur « afflux », écrit-il, ne fera « qu’accroître le vivier d’illuminés, de fanatiques ou de déçus de la société occidentale où la barbarie islamiste puisera demain de nouveaux auxiliaires meurtriers ».

    Un exercice raté

    Dandrieu, Lejeune, Denis, Stainville et d’autres, les piliers de la rédaction se sont partagé les épisodes de la série d’été. Lejeune protège l’anonymat de l’auteur de celui consacré à Danièle Obono, pour garantir sa sécurité. Il présente l’article comme une erreur : selon lui, un texte relu et validé trop rapidement, en pleines vacances, un exercice raté puisque incompris par les lecteurs.

    Lejeune ressuscite des arguments rodés depuis 2014. Cette année-là, la polémique portait sur une couverture titrée « L’ayatollah », consacrée à Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre socialiste de l’éducation nationale. « Il n’était pas question de parler de ses origines », « je regrette l’interprétation qui en a été faite », explique à l’époque Lejeune. Ou encore : « On est tombés de l’armoire », la même expresssion qu’aujourd’hui.

    Le lendemain de la parution de l’article sur Danièle Obono, la députée de Paris reçoit un message de Tugdual Denis, qu’elle a conservé. Il récuse aussi tout racisme : « Si tel nous avait paru le cas, nous n’aurions jamais publié. Libre à chacun d’apprécier ce texte, mais ce texte, de par sa nature fictionnelle, vise justement à décrire l’horreur qu’a pu être l’esclavage en allant loin dans la description, argumente-t-il. Après, là où nous ne serons pas d’accord, c’est que nous pensons qu’une lecture seulement indigéniste de l’esclavage est partiale et partielle. Et c’est cela que ce texte remet en cause. »

    Une grave crise

    Valeurs actuelles est habitué aux polémiques, mais, cette fois, la crise est grave. Le parquet de Paris a ouvert de lui-même une enquête préliminaire pour « injures à caractère raciste ». Le président Macron a laissé un message vocal à Danièle Obono pour lui exprimer « tout son soutien » et « condamner toute forme de racisme », nous confirme l’élue, qui prépare elle aussi sa plainte. Valeurs actuelles a dû recruter des vigiles, après l’incursion dans ses locaux de militants de la Ligue de défense noire africaine, un de ces petits groupes décrits par le journal comme « racialiste ».

    Le propriétaire de Valeurs actuelles, Iskandar Safa, n’a pas réagi officiellement. Contacté par M, il renvoie au PDG, Erik Monjalous, président du directoire de son groupe de presse. Celui-ci nous assure que Lejeune et son équipe gardent sa confiance. Mais, en privé, un proche de l’actionnaire fulmine : « Tout le travail qui avait été fait était de réaffirmer qu’on était un journal de droite conservateur, pas un journal d’extrême droite, et cette connerie nous fait revenir en arrière. » Depuis l’élection d’­Emmanuel Macron en mai 2017, la diffusion du journal avait chuté, autour de 90 000 exemplaires, mais elle repartait enfin à la hausse.

    Avec cette nouvelle polémique, même certains catholiques engagés comme eux dans les combats sur la famille et la bioéthique lâchent la bande de Valeurs actuelles. Comme le jeune intellectuel Gaultier Bès, militant de la première heure de La Manif pour tous et de son satellite Les Veilleurs, cofondateur de la revue écolo-droitiste Limite. « Quand on dénonce l’ensauvagement, on ferait bien de se comporter soi-même avec civilité : tous les coups ne sont pas permis, lâche-t-il sur Twitter. Il y a des voyous partout, et la racaille de plume ne vaut pas mieux que celle de rue. J’espère que les catholiques qui, pour des raisons que j’ai de plus en plus de mal à comprendre, restent lecteurs de @valeurs, vont commencer à ouvrir les yeux sur cette entreprise. »

    De Villiers, Onfray et Zemmour à la rescousse

    C’est toutefois la réaction d’Emmanuel Macron qui atteint le plus le directeur de la rédaction de Valeurs actuelles. Entre le président de la République et lui se joue depuis deux ans un étrange pas de deux. La rédaction a toujours reçu un très bon accueil à l’Élysée. Au printemps 2019, Macron avait convié Lejeune et D’Ornellas à la remise de Légion d’honneur de l’ami Michel Houellebecq, une cérémonie en très petit comité. Et à l’automne, donc, il avait accordé un long entretien à Louis de Raguenel, dont l’arrivée sur Europe 1 est aujourd’hui contestée par la quasi-totalité de la rédaction de la station.

    Lejeune se console en apprenant sur Twitter que son chroniqueur religieux, le père Danziec, l’a recommandé à Dieu dans sa « prière ». Il sait surtout que, pour le public de Valeurs actuelles, les voix de Philippe de Villiers, de Michel Onfray et d’Éric Zemmour pèsent bien davantage que celle du chef de l’État. Les trois vendeurs de best-­sellers viennent de voler publiquement au secours du journal.

    En plein procès de l’attentat contre Charlie Hebdo, Villiers compare l’article accusé de racisme aux dessins de Mahomet, avançant que « la liberté de penser et de caricaturer est menacée ». Le fondateur du Puy du Fou invite Lejeune à ne rien céder à ceux qui l’attaquent : « Tiens bon, Geoffroy, t’es juste en avance ! »

    • Vendredi, les journalistes d’Europe 1 ont appris le recrutement de Louis de Raguenel, ancien rédacteur en chef de “Valeurs actuelles” et longtemps engagé à l’UMP, pour diriger leur service politique. Conséquence : levée de boucliers, dans une radio déjà fragilisée par la chute des audiences et les rumeurs de vente à Vincent Bolloré. Elise Racque
      https://www.telerama.fr/radio/un-ancien-de-valeurs-actuelles-recrute-a-europe-1-la-redaction-veut-sauver-
      https://lesjours.fr/obsessions/hors-serie/ep2-raguenel

      « On a reçu plein de messages de confrères choqués par cette décision, et même de la part de certains politiques… raconte un reporter. On en est à se demander si ce recrutement n’est pas une étape vers une future prise de pouvoir de #Vincent_Bolloré sur la station, qui en ferait le pendant radiophonique de #CNews et sa ligne éditoriale de plus en plus marquée à droite, et à l’extrême droite. »

      En effet, cette embauche sur les terres de #Valeurs_actuelles, dont les journalistes défilent sur le plateau de CNews, fait écho au cynique feuilleton de l’été : les tractations entre #Arnaud_Lagardère – plombé par ses mauvais résultats financiers –, #Bernard_Arnault et Vincent Bolloré, lequel lorgne sur #Europe_1. « Ces rumeurs, c’est pénible pour nous. On ne va pas se mentir, on en a peur. Il n’y a qu’à écouter nos confrères passés par CNews pour savoir que notre indépendance journalistique ne serait plus vraiment garantie si un tel scénario se réalisait, déplore un journaliste. On se sent un peu comme dans une cage plongée sous l’eau au milieu des requins. Les barreaux sont très fins, et on ne sait pas s’il y a un requin mieux qu’un autre.

      Vous en voulez encore ? et bien voici du bourdin
      Bourdin face à Danièle Obono : le temps des sommations
      https://www.acrimed.org/Bourdin-face-a-Daniele-Obono-le-temps-des
      #zemmourisation #racisme

  • THREAD Valeurs Actuelles de + en + visible et agressif dans l’espace médiatique, by DocteurGonzo4 – Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1299523904361426945.html

    ⚠️Ce journal est la propriété d’un marchand d’armes libanais véreux soutenu par l’Etat, qui fabrique des navires de guerre sur ses chantiers de Cherbourg, et les vend à des dictatures pétrolières.

    Iskandar Safa a combattu dans les milices lors de la sanglante guerre civile qui a déchiré le Liban au milieu des années 70.

    #Valeurs_actuelles #Iskandar_Safa #Gardiens_du_cèdre

  • Une leçon d’humiliation – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/8886

    Un coup dans l’eau pour Valeurs actuelles. La pseudo-fiction illustrée dépeignant Daniele Obono en esclave dans l’Afrique du 18e siècle a suscité un tollé. Parmi de nombreuses réactions, le président de la République et le premier ministre ont assuré la députée de la France insoumise de leur soutien. L’expression de cette indignation était nécessaire, car contrairement à ce que pense l’historien Pierre Nora, la radicalité aujourd’hui n’est pas à gauche, mais à droite. Entre émergence d’un terrorisme suprémaciste blanc, infiltration des services de police par l’extrême-droite, contamination de la gauche républicaine par le racisme islamophobe, c’est bien du côté d’une pensée de l’affrontement des civilisations que se joue aujourd’hui la recomposition des forces politiques. Dans ce paysage, la partition assurée par le magazine consiste à multiplier les ballons d’essais et à banaliser les idées qui s’élaborent dans les coulisses de la fachosphère.


    #racisme #négationisme

  • Benjamin Stora - A propos d’un article paru dans le hors-série de « Valeurs actuelles », octobre 2019.
    https://benjaminstora.univ-paris13.fr/index.php/actualit%C3%83%C2%A9s/627-a-propos-d-un-article-dans-le-hors-serie-de-valeurs-a
    https://benjaminstora.univ-paris13.fr/images%2Ffb%2Flogo.jpg

    C’est une attaque fondée sur une description de mon physique. Ma prise de poids, notion qui revient à trois reprises dans l’article, s’explique non par les épreuves traversées dans ma vie (la perte de mon fille victime d’un cancer, mes crises cardiaques, ou les violentes agressions venant du monde intégriste dans les années 1990), mais par ma progression dans les couloirs du pouvoir. Cette obsession sur mon poids suggère l’expression d’un enrichissement, qui peut également se lire dans la presse antisémite, appliquée par exemple à Adolphe Crémieux ou Léon Blum.

    https://www.politis.fr/articles/2019/11/benjamin-stora-cible-dattaques-antisemites-de-valeurs-actuelles-41059

  • La manière de posé une question selon que vous serez faible ou puissant.


    Chez liberation on se demande ;

    Alain Finkielkraut a-t-il appelé à « violer les femmes » lors d’un débat sur LCI ?

    et

    Pourquoi le cri « Allahu akbar » a-t-il été scandé pendant la marche contre l’islamophobie ?

    Alors que libé aurais tout aussi bien pu se demander :

    Pourquoi Alain Finkielkraut a-t-il appelé à violer les femmes lors d’un débat sur LCI ?

    ni

    Est-ce que le cri « Allahu akbar » a-t-il été scandé pendant la marche contre l’islamophobie ?

    Pourtant Finkielkraut a bien fait appel au viol et apologie du viol avec circonstances aggravante de viol par conjoint. Il est donc passible de poursuite pour appel au crime contre un groupe discriminé.
    Mais Libé prend la défense de Finkielkraut qui est plus puissant que les femmes et Mme De Haas réunis.

    Dans la vidéo de 16 secondes intégrée à ce tweet, on entend juste Alain Finkielkraut, phallosophe, dire à Caroline De Haas, militante féministe : « Je dis aux hommes : "Violez les femmes !" D’ailleurs, je viole la mienne tous les soirs. » Le montage de cette vidéo ne permet pas de saisir la dimension « ironique » des propos du philosophe, qu’on comprend en écoutant l’intégralité de la séquence.

    Non seulement c’est un délit d’appeler au crime mais Finkielkraut par sa fonction d’académicien à une portée officiel. Ses propos engagent la république puisque ce délinquant misogyne et raciste est subventionné grassement par nos impôts.

    Pour l’ironie ca ne change rien, la loi ne dit pas que l’ironie autorise les appels au crime.

    Rappel de la loi :

    Seront punis des peines prévues à l’alinéa précédent (un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ) ceux qui, par ces mêmes moyens, auront provoqué à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou identité de genre ou de leur handicap ou auront provoqué, à l’égard des mêmes personnes, aux discriminations prévues par les articles 225-2 et 432-7 du code pénal.

    #humour #culture_du_viol #violophilie #masculinisme #appel_au_viol #académie_française #sexisme_d'état #phallosophe

    • Oui @martin4 d’où mon tag #sexisme_d'etat
      J’ajoute que le ministère de la culture recrute depuis 10 ans son personnel féminin avec une épreuve scatologique. Or après les signalements ni ce ministère si Sciappa n’ont désapprouvé et même après les révélation de la presse, le ministère ne récuse pas cette politique de recrutement et Sciappa ne répond pas plus. Je sais pas ce qu’en penserait Dreyfus mais je sais que si Libé dénonce d’un coté les féminicides et médiatise la politique de recrutement du ministère de la culture, #en_même_temps Libé trouve super drôle ce que dit Finkielkraut tout en oubliant étrangement de rappeler les limites que la loi pose à la #liberté_d'expression . Pour Finki, le minimum serait qu’après de tels propos, il soit viré de l’académie française.

    • Pour Finkielkraut (et d’autres) je pense qu’il est important de parler de « #Militant_pédophile_d'extrême_droite »

      Sur Finkielkraut et son militantisme pédophile :
      - Sur l’affaire Polanski, il ne cesse de minimiser le caractère enfantin de la victime (il compte les mois « 13 ans et 9 mois », il s’intéresse aux menstruations de la victime, il souligne qu’elle avait un « petit ami » (de son age) avec qui elle avait eu une ou deux relations sexuelles)
      - En 1977 avec Pascal Bruckner, il soutien Tony Duvert qui fait l’apologie de la pédophilie et considère que dès 10 ans un enfant peut avoir des relations sexuelles avec un adulte sans problème.

    • Amusant de constater qu’il y a une page consacrée au « gauchisme » sur Wikipédia.

      Gauchisme — Wikipédia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauchisme

      Au milieu des années 1970 des provocations sociétales touchant à la pédophilie ont été lancées mais dans les milieux et cénacles littéraires et mondains, par des auteurs distincts du gauchisme, les écrivains Tony Duvert et Gabriel Matzneff, quasiment au même moment. Le seul gauchiste à leur emboiter directement le pas sera Daniel Cohn-Bendit, même si en 1977 Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut, dans Le Nouveau Désordre amoureux62,63, vont aller jusqu’à déplorer en 1977 la réprobation déclenchée par le livre de Tony Duvert, allant jusqu’à inciter à le lire.

    • Le cas est un peu tendancieux puisqu’il se défend justement d’appeler à violer en mettant en scène sa caricature appelant à violer. Une chose est sûre, le récit par Libé, aussi complaisant soit-il, est déjà gerbant : des mecs du côté du manche défendent le droit de marcher sur les personnes de groupes sociaux minoritaires ou minorisés. Et tous les mecs qui défendent sur Twitter avec des super arguments : « Mais c’est de l’humouuureuh ! »

      Ça n’est pas de l’humour, l’humour étant destiné à faire rire alors que cette énonciation un peu tordue avait pour but de choquer Caroline De Haas (je suis trop loin de mes études de linguistique pour dire de quoi il s’agit mais des énonciations ambiguës ne font pas une blague ni réciproquement, c’est autre chose).

      J’ai un peu hésité et puis j’ai fini par rapporter les faits au CSA. Justement, et ça a fini de me convaincre, parce que le CSA ne prend pas les plaintes pour des propos interdits par la loi mais pour tout ce qui passe en-deçà et témoigne d’un manque du respect basique pour les gens et leur intégrité corporelle et mentale dans cette société. Parce que c’est le public qui attribue des fréquences, voire des subventions, donc on peut estimer que le public a droit de regard sur ce genre de salauderie.

      D’autre part j’ai noté ici https://seenthis.net/messages/806932 que Finkielkraut est le premier à se plaindre de gérontophobie quand on s’attaque à sa situation de mâle en fin de carrière et au sommet de son pouvoir (ici de sa capacité de nuisance). Il comprend très bien ce qu’a de toxique la haine pour un groupe... à condition qu’il en fasse partie !

    • Je ne voie pas ce qui pourait faire pensé que Finki ne viol pas sa compagne tous les soirs. C’est plutot inimaginable qu’une femme consente à du sexe avec ce sphincter incontinent. J’en profite pour dire aux femmes de châtrer les hommes et de commencer par Finki, ca le fera surement bien rigoler.

    • Question de budget ? Dans l’émission sur le vieillissement où ils sont entre mâles à se féliciter de leur grande sagesse et que la société (dont la recherche médicale) soit à leur service, ils avouent que leur sexualité est sous perfusion de Viagra.

      Cette sortie ne signifie ni que Finkielkraut viole ni qu’il ne viole pas sa femme, mais bien qu’il s’en fiche et qu’il souhaite garder le privilège de ne pas y réfléchir. Elle m’a fait penser au début de Coïts (Intercourse) d’Andrea Dworkin. Elle raconte que Léon Tolstoï hait le sexe mais que de temps en temps il est submergé par sa libido, qu’il n’imagine pas satisfaire autrement qu’en violant sa femme. Il se vidange dans son corps comme si c’était une chose, sa chose, puis la regarde comme un tas de merde... jusqu’à la prochaine fois. Non, il ne la viole pas tous les soirs mais il la viole et tout le monde s’en fiche à part une poignée de féministes et pro-féministes.

      Tous les mecs de cette émission se sont comportés comme de merdes assises sur leur privilège de blesser les autres. Ce sont des raclures et pas un n’est venu à l’aide de Caroline De Haas qui ne représentait pas que le féminisme mais aussi la simple décence.

    • Lorsqu’il lance à la cantonade "Violez, violez, violez ! Je dis aux hommes : violez. D’ailleurs, je viole ma femme tous les soirs", Alain Finkielkraut sait qu’il s’adresse à une victime de viol. Il sait aussi qu’à l’instant où il prononce - éructe - cette phrase, des dizaines de milliers de victimes de viol le regardent.
      ...
      La parole est « normatrice », elle est un agent actif sur la société. Elle agit sur les mentalités et sur les comportements. Je suis très étonnée depuis mercredi de voir des journalistes m’expliquer que c’était du 2nd degré donc au final, ce n’est pas si grave. Ces personnes travaillent pour des médias. Ils passent leurs journées à écrire et, pour certain.e.s, à parler à la radio ou à la télé.

      Ils n’ont pas conscience de la puissance d’un mot, d’un écrit, d’une parole ?

      Les mots, qu’ils soient prononcés au 1er ou 2ème degré, agissent. Différemment, sans doute. Mais ils agissent quand même. Quand un homme se moque à la télévision d’une militante féministe qui rappelle le nombre de femmes victimes de viol en France, il ne se moque pas seulement d’elle. Il se moque de ses propos. Il se moque du sujet. Il se moque du viol.

      Il légitime au final l’oncle ou le neveu qui expliquera lors d’un prochain repas de famille que franchement, « on parle trop de cette question », que « ça va deux minutes », que « y a pas tant de viols que ça en France ». Et Alain Finkielkraut, volontairement ou pas, participe de fait à verrouiller un peu plus ce secret qu’on essaye, contre vents et marées, de lever.

      https://blogs.mediapart.fr/carolinedehaas/blog/151119/le-viol-alain-finkielkraut-et-le-deni

    • Merci Antonin de citer l’analyse qu’a fait Dworkin de l’hypocrisie sexuelle de Tolstoï (à partir de ses propres écrits et de ceux, plus discrets mais plus émouvants de Sophie Andreievna Tolstoi). COïTS met également en scène d’autres viols iconiques dans les écrits d’écrivains mâles couronnés : Tennessee Williams, Isaac Bashevis Singer, Diego Rivera, James Baldin, Kôbô Abé et beaucoup d’autres. (https://scenesdelavisquotidien.com/2019/03/06/dworkin-aujourdhui-a-propos-de-sa-preface-a-intercourse-coit)

    • « Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne, Danièle Obono, députée de Paris, Uga Bernalicis, députée du Nord et Bénédicte Taurine, députée de l’Ariège du groupe la France insoumise ont saisi aujourd’hui [vendredi] la procureur de la République de Paris sur la base de l’article 40 du code de procédure pénale, pour les propos tenus par l’époux de Sylvie Topaloff le 13 novembre 2019 lors de l’émission La grande confrontation sur LCI », expliquent-ils.

      http://www.leparisien.fr/societe/propos-de-finkielkraut-sur-le-viol-quatre-deputes-lfi-saisissent-le-procu

      Les quatre Insoumises « considèrent que ces propos peuvent constituer un délit aux termes de l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 » portant sur la provocation « à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur sexe, de leur orientation sexuelle ou identité de genre ».

    • Je trouve significatif que les hommes de droite - ce qu’est clairement Finkielkraut malgré une réputation acquise à gauche - instrumentalisent aussi cavalièrement les femmes, pas seulement la leur, mais celles de tous leurs auditeurs. Relire Dworkin ("Les Femmes de droite") à propos de la fausse sécurité promise aux femmes par les idéologues conservateurs-trices. « Il était une pomme » en a fait une série de vidéoclips : https://www.youtube.com/watch?v=yPkEd7vd0lI

    • Merci pour « il etait une pomme » @martin4

      Ici une déclaration sur les enfants de 16 ans malléables et influencables :

      « Je trouve lamentable que des adultes s’inclinent aujourd’hui devant une enfant. Je crois que l’écologie mérite mieux, et il est clair qu’une enfant de 16 ans, quel que soit le symptôme dont elle souffre, est évidemment malléable et influençable.

      https://www.ladepeche.fr/2019/09/20/alain-finkielkraut-tire-a-boulets-rouges-sur-greta-thunberg,8427127.php

      et ici une déclaration répété chez pujadas par le même sur les adultes de 13 ans et 9mois

      J’ai rappelé les faits, (...) cette jeune fille, qui avait en l’occurence 13 ans et 9 mois, elle n’était pas impubère, elle avait un petit ami (...)

      Ce qui implique que si une fille est pubère il ne peu plus y avoir de viol. Ca implique aussi que si une fille pubère est consentante un jour pour du sexe avec un garçon ou un homme alors elle est consentante pour toute pratique sexuelle avec n’importe quel homme n’importe quand, n’importe ou. C’est encore plus grave que ce que les analyses en disent. Ce que Finki défend comme idée c’est qu’une fille qui a passé la puberté n’est pas violable, une fille qui as un petit ami non plus... Il pense exactement comme les talibans qu’il prétend combattre.

      En 2009 il ajoutai aussi :

      « C’était une adolescente qui posait dénudée pour Vogue homme. Et Vogue homme n’est pas un journal pédophile.
      C’est quand même une chose à prendre en considération. »

      Sinon je me demande si Finki rigolerais dans le cas ou un antisémite noroire s’amusait à dire « Je dit aux goys, gazez, gazez, gazez les juifs. D’ailleurs je gaze un juifs chaque soirs. » pour se dédouaner d’être antisémite. Mais pas de pbl pour dire de la misogynie pour se défendre d’être misogyne. Ca me rappel mon ancien proprio qui me disait « Je suis pas raciste moi, je loge une négresse au 3eme ! »

      Par rapport à l’ironie et au 2nd degrès. Ce mode de communication exige une connivence entre les parties communicantes. Pour que le second degrés sois compris il faut de la connivence avec la ou les personne·s à qui s’adresse ce discours.

      https://www.youtube.com/watch?v=F9IOU0lB8j8

      Or Finki prétend faire de l’ironie sur le viol avec une victime de viol qui est face à lui, et il sais qu’il est regardé par des milliers de victimes de viol il ne peu donc absolument pas se faire valoir d’une connivence avec ses interlocutrices, les seuls avec qui il pourrait avoir de la connivence ce sont les agresseurs sexuels et leurs complices. Pour que Finki ai le droit à l’ironie, il faudrait qu’il n’ai jamais tenu de propos sexistes par le passé, qu’il n’ai jamais défendu de violeurs et qu’il prouve qu’il n’as jamais violé. Or Finki est un habitué du discours misogyne pro viol. Il a défendu le fait que toute fille qui passe la puberté ne peu plus refusé son consentement (ainsi que toute fille pubère qui a un petit ami ou/et qui a posé nu sur une photo un jour) et enfin vu sa conception du viol (une fois pubère les femmes n’ont plus le choix) il est plus que probable que Mme Topaloff en ai déjà subi de nombreux.

    • @tintin les sources sont multiples, mais je n’ai pas pu vérifier dans le livre écrit par Alain Finkielkraut et Pascal Bruckner (en soit, ces deux noms accolés c’est déjà un film d’horreur) dans « Le Nouveau Désordre amoureux » en 1977 et ré-édité en poche récemment. https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Finkielkraut#La_%C2%AB_pens%C3%A9e_68_%C2%BB,_le_progressisme_et Le lien de Big Grisly https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauchisme#Les_provocations_soci%C3%A9tales semble provenir de la même source c’est à dire #Michel_Onfray (personne que je trouve tout autant critiquable que Finkielkraut) dans son livre « L’autre pensée 68 : Contre-histoire de la philosophie ». Onfray écrit :

      https://books.google.fr/books?id=261ODwAAQBAJ&lpg=PT18&dq=Pascal%20Bruckner%2C%20p%C3%A9tition%

      "Loin de l’empire des adultes sur le sexes des enfants, le narrateur tient ce propos dont on peut imaginer qu’il est celui de l’auteur du livre : « Aimer un enfant, c’est lui permettre d’accéder sans heurt, par la voie de l’affection et du savoir, à une émotion, à une sensibilité et à une conscience dont l’amour ne saurait se passer pour rayonner de cette humanité à laquelle nos sociétés lui permettent rarement de parvenir » (75) — nous sommes loin des thèses de #Pascal_Bruckner et #Alain_Finkielkraut qui, dans "Le Nouveau Désordre amoureux" (1977), invitaient à ce que leurs lecteurs s’inspirent des livres du pédophile #Tony_Duvert dont ils déploraient qu’ils « provoquent le scandale : ils devraient susciter des vocations, dessiller les yeux » (au Seuil, page 266). En 1979, dans "Au coin de la rue, l’aventure", les deux compères [Bruckner et Finkielkraut] récidivent en écrivant : « Désirez-vous connître l’intesité des passions impossibles ? Éprenez-vous d’un(e) enfant » (ibid, 91)..."

      Et samedi dernier encore, tranquillement lors de son émission Répliques où il avait invité #Laurent_Dandrieu (de #Valeurs_Actuelles) et #Antoine_Guillot (de #France_Culture) :

      https://archive.org/details/finkielkraut16novembre2019franceculture

      Alain Finkielkraut :
      « On est pédophile lorsqu’on veut, lorsqu’on désire des jeunes filles impubère. Quand elles sont pubères ce n’est plus de la pédophilie, cela peut être condamnable etc. mais à ce moment-là il faut utiliser le vocabulaire qui convient. »

      Laurent Dandrieu :
      « Je pense qu’en fait le seul cas où on pourrait, éventuellement, repousser et rejeter une oeuvre artistique en raison des comportements scandaleux de son auteur, serait le cas où l’oeuvre sert justement à l’auteur pour justifier son comportement scandaleux. Un pédophile qui fairait une oeuvre qui fasse l’apologie de la pédophilie, là effectivement, il y aurait un problème évident à apprécier cette selon des critères purements artistiques. Il me semble absolument évident que dans le cas de Woody Allen on n’est absolument pas dans ce cas de figure là. »

      Alain Finkielkraut :
      « Alors il est vrai que, quand même, nous avons beaucoup changé de contexte parce qu’il y a un auteur qui a fait ça, très admiré dans les années 1970, et peut-être pas tout à fait pour rien, c’était Tony Duvert. Tony Duvert dans "Quand mourut Jonathan" a fait en effet l’apologie de la pédophilie. Mais bon, voilà, c’était... autres temps autres moeurs. »

      Ou encore dans l’ouvrage de #Malka_Marcovich dans son livre « L’autre héritage de 68. La face cachée de la révolution sexuelle » (Albin Michel)

      https://www.letemps.ch/societe/revolution-sexuelle-mai-68-genere-un-tourbillon-dabus

      "D’ailleurs les « nouveaux philosophes reconnaissaient toute la pertinence des livres de Tony Duvert et de son apologie de la sexualité avec les enfants, qui devait selon eux « stimuler, susciter des vocations, dessiller les yeux » (dixit Pascal Bruckner et Alain Finkielkraut dans Le Nouveau Désordre amoureux)."

    • Concernant la « définition de la pédophilie selon Alain Finkielkraut » on peut noter sa constance depuis au moins 1977 à défendre ce que nous appelons la pédophilie mais lui appelle des « relations sexuelles avec des jeunes filles pubères ».

      Pour moi Alain Finkielkraut procède à une réification des filles puisqu’il réduit celles-ci à un assemblage mécanique, la puberté , il nie la pertinence de la prise en compte de leur développement moral, psychologie, émotionnel, cognitif, intellectuel et social pour définir leur enfance.

      Alain Finkielkraut va ainsi à l’encontre

      – de la définition de l’ONU formalisée dans l’article 1er de "La Convention relative aux droits de l’enfant" :

      « _Au sens de la présente Convention, un enfant s’entend de tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable ._ »

      https://www.unicef.fr/sites/default/files/convention-des-droits-de-lenfant.pdf

      – de la définition légale française https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/minorite.php

      "la « minorité ». est le nom donné au statut juridique que la loi attache à la situation juridique de la personne qui, en France, n’a pas atteint l’âge de 18 ans."

      La majorité sexuelle étant acquise à partir de 15 ans : https://www.planning-familial.org/fr/majorite-sexuelle-quelle-majorite-sexuelle-446

      ""Le fait, par un majeur, d’exercer SANS violence, contrainte, menace NI surprise une atteinte sexuelle sur la personne d’un mineur de 15 ans est puni de cinq ans d’emprisonnement et 75 000€ d’amende"

      – Je n’ai pas trouvé de définition claire de l’enfance selon l’Organisation Mondiale de la Santé, mais voici comment l’ OMS définie la petite enfance :
      https://www.who.int/social_determinants/themes/earlychilddevelopment/early_child_dev_ecdkn_fr.pdf

      « Le présent document fait la synthèse des connaissances sur les possibilités d’améliorer la situation relative au développement de la petite enfance (DPE) à l’échelle mondiale. Conformément aux normes politiques inter-
      nationales, nous définissons la petite enfance comme la période allant du développement prénatal jusqu’à l’âge de huit ans. Ce que vivent les enfants durant leurs premières
      années sert de pierre angulaire pour le reste de leur vie. Cela s’explique par le fait que le DPE — dont les aspects physiques, sociaux, émotionnels, du langage et cognitifs — exerce une grande influence sur l’apprentissage de base, la réussite scolaire, la participation économique, la citoyenneté sociale et la santé. »

      On peut donc dire qu’en souhaitant restreindre l’enfance à la période avant la puberté (et donc potentiellement avant 13 ans et 9 mois mais aussi avant 11 ans) et donc la pédophilie aux relations sexuelles avec des enfants impubère, dans la situation actuelle, et compte tenu de ses valeurs sur d’autres sujets : Alain Finkielkraut est bien un militant pédophile d’extrême droite.

      Positions qu’il a exprimer à plusieurs reprises :

      9 octobre 2009 8h20

      « Polanski n’est pas pédophile ! Sa victime, la plaignante, qui a retiré sa plainte, qui n’a jamais voulu de procès public, qui a obtenu réparation n’était pas une fillette, une petite fille, une enfant au moment des faits ! C’était une adolescente qui posait nue, dénudée pour vogue homme ! Et vogue homme n’est pas un journal pédophile ! »

      https://archive.org/details/finkielkrautpolanskipedophilie2009

      Mercredi 13 novembre 2019

      Cette jeune fille qui avait en l’occurrence 13 ans et 9 mois, elle n’était pas impubère, elle avait un petit ami. Elle a eu cette relation avec Polanski, il a été accusée de viol.

      https://archive.org/details/alainfinkielkraut-lagrandeconfrontation-lci

      Samedi 16 novembre 2019

      « On est pédophile lorsqu’on veut, lorsqu’on désire des jeunes filles impubère. Quand elles sont pubères ce n’est plus de la pédophilie, cela peut être condamnable etc. mais à ce moment-là il faut utiliser le vocabulaire qui convient. »

      https://archive.org/details/finkielkraut16novembre2019franceculture

    • « il faut utiliser le vocabulaire qui convient » nous tance l’Académicien. Si les règles de la bienséance ne bâillonnaient pas celles qui partagent un plateau avec cet homme, il se ferait servir des propos inconvenants mais parfaitement justifiés. Car enfin, n’est-il pas obscène que l’Académie française, les grosses pointures du cinéma français et des émissions de grande écoute soient ainsi mobilisées par la défense d’un pleutre ? Polanski n’a rien d’un héros : il a sodomisé à deux reprises une adolescente de 13 ans après l’avoir subornée et droguée avec des Quaaludes. Il a reconnu ces actes et est, depuis, un fugitif de la justice, profitant des pays qui n’ont pas d’entente d’extradition avec les USA. Je trouve obscène qu’on l’ait laissé s’accaparer l’héroïsme d’Émile Zola pour tenter de se laver les mains.

    • Pour les pédosexuels académiciens on retrouve D’Ormesson chez les supporters de Matzneff

      Ainsi Jean d’Ormesson pouffe, dans « le Point », en 1993 :
      "« Notre ami Gabriel parle un joli français. A voir le nombre des enfants qui sont pendus à ses basques, on se dit que rien n’est perdu pour notre langue bien-aimée. »"

      https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20191226.OBS22783/gabriel-matzneff-ce-paria-tres-aime-qui-fait-l-apologie-de-la-pedophilie.
      le nouvel obs qui fait comme si le magazine avait été précurseur dans la dénonciation, se plaçant avant Denise Bombardier et ne fait aucune autocritique, comme si le nouvel obs n’avait jamais publié de contenu pro-pedoviol.

      Il n’y a guère que Guy Sitbon, dans « le Nouvel Obs », pour dénoncer, en 1990, le « mépris » de Matzneff « pour les enfants qu’il baise », et menacer : « Que Gab ne tombe pas un jour sur un père. Qu’il ne tombe pas sur un homme. » La même année, Josyane Savigneau prend la défense de l’auteur de « Mes amours décomposés » : « Matzneff ne viole personne, ne force aucune de ces jeunes femmes à partager sa vie amoureuse. » Et la critique s’offusque des accusations portées contre l’écrivain par Denise Bombardier dans l’émission « Apostrophes », quelques semaines plus tôt. Sur le plateau, l’essayiste canadienne a asséné :
      "« Monsieur Matzneff nous raconte qu’il sodomise des petites filles de 14 ans, 15 ans ; que ces petites sont folles de lui. […] On sait que les vieux messieurs attirent les petits enfants avec des bonbons, M. Matzneff, lui, les attire avec sa réputation. »"

      Elle ajoute qu’en France « la littérature sert d’alibi à ce genre de confidences ». En somme, peu importe les actes, pourvu que l’écrivain ait du style. Et du style, Gabriel Matzneff, avec ses costumes Arnys et son usage de mots rares, se targue d’en avoir.

      Je me demande si Finki ne fait pas partie des soutiens de Matzneff

  • Au sommet : "Pour « démilitariser » les relations avec la presse", la #com' de l’#Élysée confiée à un Sylvain Fort qui manque de temps pour son projet de... Dictionnaire amoureux de l’armée française.
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/09/11/sylvain-fort-le-retour-d-un-fidele-de-macron-pour-demilitariser-les-relation

    Sylvain Fort, le retour d’un fidèle de Macron pour « démilitariser » les relations avec la presse, Ariane Chemin et François Krug, LE MONDE | 11.09.2018
    Jusqu’à présent chargé des discours, ce spécialiste de l’opéra va diriger le nouveau pôle communication de l’Elysée pour tenter de restaurer l’image du chef de l’Etat.

    Soudain, sa voix déraille, grimpe vers le ciel, ses yeux avec. Depuis une heure et demie, Emmanuel Macron expose son projet aux 15 000 personnes réunies au Parc des expositions de la porte de Versailles, à Paris. Mais au moment de conclure, le voilà qui se met à hurler d’une voix qu’on ne lui connaissait pas, hors portée, comme puisée en deçà de lui-même : « Ce que je veux, c’est que vous, partout, vous alliez le faire gagner ! Parce que c’est notre prooojet ! »

    Ce 10 décembre 2016, le candidat novice tient son premier grand meeting. Pour son équipe, c’est l’épreuve du feu. En coulisses, on croise sa jeune bande du ministère de l’économie et de nouvelles recrues aux parcours moins technocratiques. Comme Alexandre Benalla, le jeune patron du service d’ordre. Ou Sylvain Fort, le communicant catalogué « intello de droite » : un normalien agrégé de lettres classiques passé par la finance , un passionné d’opéra auteur de plusieurs livres salués par les connaisseurs.

    Devant sa télévision, un chanteur d’opéra suit justement avec attention les envolées d’Emmanuel Macron. Le baryton Jean-Philippe Lafont s’est produit à la Scala de Milan comme au Festival de Bayreuth. Quelques jours plus tôt, Sylvain Fort lui a proposé de devenir le coach vocal de son candidat. La rencontre est organisée au siège de campagne la veille du meeting. Lafont conseille à Macron de ne pas se laisser « submerger par la foule ». Après sa prestation, le candidat accepte le « programme de travail » que lui propose le chanteur.

    Conseiller discours et mémoire

    C’est aussi en se rendant utile aux moments-clés d’une campagne que, souvent, on gagne sa place à l’Elysée. Au soir de la victoire, le 7 mai 2017, le président de la République n’a plus besoin de baryton, mais Sylvain Fort a su une nouvelle fois se rendre précieux. Quelle version de l’Hymne à la joie pour accompagner la marche du vainqueur de la présidentielle à travers la cour carrée du Louvre ? Pendant que, hors du champ des caméras, Alexandre Benalla guide les pas d’Emmanuel Macron le long de la pyramide, Sylvain Fort impose sa baguette de chef d’orchestre à la cérémonie. Il choisit sans hésiter l’interprétation d’Herbert von Karajan, auquel il a consacré une biographie juste avant le lancement de la campagne présidentielle.

    Un an plus tard, alors qu’Alexandre Benalla a été chassé de l’Elysée et que la rentrée s’annonce difficile, c’est sur Sylvain Fort qu’Emmanuel Macron compte pour restaurer son image. Pendant la campagne, l’amateur d’opéra avait affronté la presse en duo avec Sibeth Ndiaye, une communicante venue de Bercy. Une fois à l’Elysée, il lui a volontiers cédé cette tâche. Il a repris sa plume et s’est installé dans un petit bureau du palais avec le titre de conseiller discours et mémoire .

    C’est à ce père de famille de 46 ans qu’on doit les discours qui ont marqué le début du quinquennat, comme celui destiné à rassurer les catholiques de France, au collège des Bernardins , ou les hommages aux personnalités défuntes, de Simone Veil à Jean d’Ormesson : le crayon posé par le président sur le cercueil de l’académicien dans la cour des Invalides, c’est lui qui est allé l’acheter le matin même chez Gibert, dans le Quartier latin.

    « On ne va pas finir dans un abri antiatomique »

    L’affaire Benalla a obligé l’Elysée à se réorganiser. Côté communication, exit Bruno Roger-Petit, l’ancien journaliste recruté comme porte-parole, une des têtes de Turc de Sylvain Fort. C’est lui qui avait été envoyé au feu au lendemain des révélations du Monde sur le comportement d’Alexandre Benalla lors de la manifestation du 1er-Mai à Paris, lisant laborieusement devant les caméras un texte préparé par le cabinet du chef de l’Etat.

    Dans les prochains jours, Sylvain Fort doit reprendre du service, chapeautant l’ensemble de la communication présidentielle. Il promet un changement de ton. Finies, à l’entendre, les engueulades avec la presse. « On ne pas va finir le quinquennat dans un abri antiatomique, explique Sylvain Fort au Monde. Il faut démilitariser notre communication. »

    C’est pourtant un homme prompt aux philippiques et aux croisades que racontent beaucoup de ceux qui l’ont croisé pendant la campagne, et surtout bien avant. Dans le petit monde de l’opéra, Sylvain Fort s’est fait connaître par des éditoriaux passionnés sur le site Forum Opéra, un webzine fondé en 1999 et qu’il a rejoint cinq ans plus tard en contactant ses fondateurs par e-mail. Il en est devenu rédacteur en chef avant de démissionner en 2007, après une première polémique provoquée par un article sur « la nouvelle école du chant français ».

    En 2015, il étrille dans un feuilleton à clés le directeur de l’Opéra de Paris, Stéphane Lissner, élégamment baptisé « Stephanov Sifilissner », et son numéro deux, Jean-Philippe Thiellay, alias « Fistule ». Trois ans après, Sylvain Fort ne comprend toujours pas l’émoi des intéressés. « De la pure satire dans la veine de Pétrone, balaie l’agrégé. Si on ne s’amusait pas la vie serait trop triste… »

    Fin 2015, nouvelle bagarre contre le directeur de l’Opéra. Stéphane Lissner a décidé d’installer des cloisons amovibles dans les loges historiques du Palais Garnier. Colère de Sylvain Fort. La pétition qu’il lance sur le site internet Change.org réunit 34 000 signataires. Même le New York Times s’y intéresse. Le communicant prouve qu’il sait ferrailler, mener des batailles d’opinion et des guerres d’influence. Des talents utiles à l’Elysée, lorsque l’expérience politique est à la fois brève et récente.

    Liens étroits

    La politique, il ne s’y est vraiment mis qu’en 2011, lorsque, « à raison d’une fois par mois », il fréquente le ministre de l’enseignement supérieur, Laurent Wauquiez, qui s’est lancé quelques mois plus tôt dans sa bataille contre « le cancer de l’assistanat » . La même année, il participe au groupe Fourtou , un club de réflexion informel formé en 2011 par Jean-René Fourtou, patron de Vivendi, pour préparer la réélection de Nicolas Sarkozy. « A l’époque, je travaillais chez Michel Calzaroni, le fondateur du cabinet de conseil en communication DGM. Le groupe se réunissait dans nos locaux, ça m’intéressait d’écouter. »

    Il y croise de jeunes espoirs de l’UMP, comme Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, sympathise avec la plume de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, Camille Pascal, qui lui rend hommage dans les remerciements du roman qu’il vient de publier. « Fort est conservateur comme moi car il est attaché à une culture qui n’est plus la culture dominante », explique cet autre amateur d’opéra. De cette époque datent aussi les liens étroits de Sylvain Fort avec un autre membre du groupe, Charles Villeneuve, ancienne star du magazine « Le Droit de savoir » sur TF1, au point de se lancer ensemble dans la rédaction d’un Dictionnaire amoureux de l’armée française pour Plon, projet aujourd’hui en suspens.

    Avec un autre ancien du groupe Fourtou, le journaliste Etienne Mougeotte, Charles Villeneuve a organisé la prise de contrôle par l’homme d’affaires d’origine libanaise Iskandar Safa de #Valeurs_actuelles, un hebdomadaire où Sylvain Fort compte des amis, comme Louis de Raguenel, ancien du cabinet de Claude Guéant au ministère de l’intérieur et désormais rédacteur en chef.

    « Le premier d’entre eux, c’est Sylvain Fort »

    A Normale Sup, vingt ans plus tôt, Sylvain Fort penchait alors pour Jean-Pierre Chevènement tout en se faisant remarquer pour sa voix de baryton, qu’il travaille au Club opérette. Agrégé de lettres classiques, germaniste, il enseigne durant huit ans. A 27 ans, il décroche sa propre collection à L’Arche, une maison d’édition théâtrale réputée. Outre ses traductions de l’allemand (Schiller) et de l’italien (Leonard de Vinci), il a signé une dizaine de livres bien accueillis par la critique. Parmi eux, une Leçon littéraire sur l’amitié aux Presses universitaires de France, un Puccini préfacé par le ténor Roberto Alagna chez Actes Sud ou en 2017, un livre sur Saint-Exupéry publié par la discrète et droitière maison Pierre-Guillaume de Roux. Quand L’Obs interrogera le candidat Macron sur les écrivains qui l’entourent durant sa campagne (Erik Orsenna, Philippe Besson), il répondra : « Le premier d’entre eux, c’est Sylvain Fort. »

    A l’université, le jeune homme finit par s’ennuyer. En 2002, il offre ses services au président de la banque BNP-Paribas, Michel Pébereau, longtemps un des parrains du monde des affaires français. « Le système académique ne me convenait pas, il est peu méritocratique, je suis devenu la plume de Pébereau comme tant de normaliens qui ne savent pas quoi faire de leurs dix doigts », élude Sylvain Fort.

    Il part en Italie participer au rachat de la banque BNL. Six ans plus tard, il est temps de changer à nouveau de carrière. Il entre donc chez DGM, le cabinet de communicants qui conseille des géants comme LVMH ou Bolloré. Et au printemps 2013, il crée finalement sa propre structure Steele & Holt. Un nom de cabinet anglo-saxon, mais en réalité une blague. C’est une référence à la série américaine des années 1980 qui a révélé Pierce Brosnan, Les Enquêtes de Remington Steele, mettant en scène un voleur devenu détective et son associée, Laura Holt.

    Spécialisée dans la finance, Steeve & Holt vise les gestionnaires d’actifs et les banquiers d’affaires, peu à l’aise avec les médias. La société a aussi des activités plus exotiques. On le voit à Genève, en 2016, lors des négociations sous l’égide de l’ONU sur la Syrie, aux côtés de l’opposition démocratique, qu’il conseille. En 2014, Steeve & Holt est recruté par les Saoudiens pour améliorer l’image du royaume en France, où on ne jure que par le Qatar. En janvier 2015, le cabinet se charge ainsi d’attirer les journalistes à un festival d’art contemporain à Djedda. Après le départ de son fondateur pour l’Elysée, Steele & Holt a continué à assurer la communication en France du prince héritier, Mohammed Ben Salman, et celle de son ministre de la culture, venu justement signer en avril un accord de partenariat avec l’opéra de Paris.

    Référence wagnérienne

    A l’été 2016, nouveau changement de cap, grâce à Emmanuel Macron. Sylvain Fort prend ses distances avec sa société. Sur le papier, d’abord, cédant la gérance de Steele & Holt à une société créée pour l’occasion et dont il reste le propriétaire. Cette fois, pas de blague sur les séries américaines : il la baptise Nibelungen, une référence wagnérienne, qu’il finira par dissoudre en novembre 2017, une fois installé à l’Elysée. Il a rencontré Emmanuel Macron au printemps 2016 grâce à un ami, collaborateur de Publicis, qui lui a soufflé que son patron Maurice Lévy cherchait un communicant pour un candidat à la présidentielle.

    « Le duel Sarko-Hollande, très peu pour moi. Je n’étais pas spécialement réjoui par le bilan du président socialiste et je trouvais le système rouillé. » Macron le convoque une seconde fois le jour où il annonce sa démission de Bercy. « Il m’a dit : assieds-toi là. La machine est partie, je n’en suis jamais redescendu. »

    Mieux, il y a pris goût et selon ses adversaires, il saurait parfois marier le pouvoir et sa passion pour la musique. Le 14 juillet, en clôture du défilé parisien, la soprano Julie Cherrier devait interpréter La Marseillaise et L’Hymne à l’amour de Piaf devant le président et des millions de téléspectateurs – un programme arrêté avec le gouverneur militaire de Paris depuis le printemps.

    Quelques jours avant le défilé, sa prestation est annulée sur décision de l’Elysée. La soprano vient justement d’épouser le chef d’orchestre Frédéric Chaslin qui a imprudemment partagé sur Facebook un message critiquant la campagne menée par Sylvain Fort contre le directeur de l’Opéra de Paris. Fort dément toute vengeance, mais assume l’annulation de la prestation : « La séquence a sauté car elle n’était pas au niveau. Et puis, on ne peut pas sortir quelqu’un de l’anonymat un 14-Juillet, une date pour une Jessye Norman ou un Roberto Alagna. »

    Pour qui voudrait s’en prendre au "Bastion social" où à la nouvelle librairie faf du 5eme
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/une-librairie-d-extreme-droite-a-l-assaut-du-quartier-latin_2034002.html

    ou encore se solidariser avec des étrangers démunis autant savoir de quels appuis peuvent bénéficier les fachos au sommet de l’état.

    Après l’affaire Benalla, Macron réorganise l’Elysée, LE MONDE | 11.09.2018, Cédric Pietralunga

    Le chef de l’Etat va nommer un directeur général des services pour chapeauter les 822 salariés de la présidence. Un cabinet de conseil a également audité le fonctionnement du Château.

    Les macronistes le martèlent depuis des semaines, refusant d’y voir une « affaire d’Etat », mais plutôt une simple « affaire d’été ». Révélée le 18 juillet par Le Monde, l’affaire Benalla, du nom de ce proche collaborateur d’Emmanuel Macron mis en examen pour des violences commises en marge du défilé parisien du 1er-Mai, pourrait en tout cas rebondir et se transformer en « affaire d’automne ».

    Alors que la commission d’enquête mise en place par l’Assemblée nationale s’est sabordée, à la suite d’un désaccord entre majorité et opposition sur la liste des personnes à entendre, celle du Sénat a décidé de reprendre ses auditions après la pause estivale, avec le risque, pour le chef de l’Etat, de braquer à nouveau le projecteur sur les dysfonctionnements de l’Elysée. Mercredi 12 septembre, François-Xavier Lauch, chef de cabinet du président, le général Eric Bio-Farina, commandant militaire de l’Elysée, et Maxence Creusat, commissaire à la Préfecture de police de Paris, seront ainsi entendus par les sénateurs de la commission des lois.

    Plus explosif, Alexandre Benalla lui-même devrait être auditionné. Une convocation lui a été adressée pour le 19 septembre. Ce sera la première fois qu’il répondra – sous serment – aux questions des parlementaires, dubitatifs sur les explications de l’exécutif. « La thèse officielle d’un employé qui se consacrait uniquement à une fonction d’organisation sans prendre part à la protection du président nous paraît pour le moins fragile », a estimé Philippe Bas, le président (LR) de la commission des lois du Sénat, dans Le Figaro du 6 septembre.

    A l’Elysée, l’entourage d’Emmanuel Macron se dit pourtant « serein » face à la reprise de ces auditions et de l’attention médiatique qui va de pair. Alexandre Benalla « a été sanctionné par l’Elysée dès le lendemain [des faits]. Il n’a pas été protégé. (…) On n’a rien caché. Il n’y a pas eu obstruction de la justice, je vous le dis les yeux dans les yeux », a lui-même assuré le président de la République, apostrophé le 7 septembre par un passant lors d’une promenade sur le Vieux-Port, à Marseille, à l’issue d’un dîner avec la chancelière allemande, Angela Merkel.

    Eviter que les dysfonctionnements ne se reproduisent

    Mais pas question de rester les bras ballants en attendant les conclusions du Sénat, dont le rapport ne devrait pas être rendu avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Après avoir longtemps hésité sur le calendrier, l’Elysée a décidé d’engager, la semaine prochaine, un vaste chantier de réorganisation des services de la présidence de la République, moyen de répondre aux interrogations de l’opinion publique. Les mauvais sondages qui se succèdent pour le chef de l’Etat en cette rentrée soulignent le trouble provoqué par l’affaire.

    Cette réorganisation commencera par la nomination d’un directeur général des services (DGS) chargé de chapeauter les salariés de l’Elysée. Selon nos informations, le choix d’Emmanuel Macron s’est porté sur Jérôme Rivoisy, actuel directeur général adjoint de Pôle emploi. L’homme n’est pas un inconnu pour le président de la République : MM. Macron et Rivoisy se sont côtoyés à l’ENA, au sein de la fameuse promotion Senghor de 2004, et sont tous les deux membres de l’Inspection générale des finances.

    Ce nouveau DGS travaillera sous l’autorité de Patrick Strzoda, le directeur de cabinet du président. Mis en cause lors de l’affaire Benalla, cet ancien préfet était annoncé sur le départ – il est admis à faire valoir ses droits à la retraite à partir du 6 octobre –, mais Emmanuel Macron, qui déteste se voir imposer le choix des hommes, lui a demandé de rester à son poste.

    Les quatorze services qui composent la présidence de la République (intendance, presse, protocole, décorations, conservation des résidences, etc.) et où travaillent 822 personnes devraient être également restructurés. Objectif : « homogénéiser la manière dont on travaille et améliorer la transversalité entre les services », explique l’entourage d’Emmanuel Macron. Un moyen surtout d’éviter que les dysfonctionnements révélés par l’affaire Benalla – le chargé de mission s’était, faute de contrôle, octroyé des pouvoirs sans commune mesure avec son poste – ne puissent se reproduire.

    Cette réorganisation doit s’étaler jusqu’à la fin de l’année et devrait débuter par la communication. Les services s’occupant de l’image du chef de l’Etat seront ainsi regroupés pour « unifier la manière dont le président de la République s’adresse aux Français ». Ce pôle sera dirigé par Sylvain Fort, un fidèle du président de la République, qui avait été son directeur de la communication lors de la campagne présidentielle et qui occupe actuellement le poste de conseiller discours et mémoire à l’Elysée.

    Sibeth Ndiaye, la conseillère presse et communication de M. Macron, sera son adjointe. En revanche, la fonction de porte-parole « sera supprimée » mais l’ancien journaliste Bruno Roger-Petit, qui occupe le poste depuis un an, « restera au cabinet comme conseiller », précise l’Elysée.

    Mission lancée en octobre 2017

    Paradoxalement, cette réorganisation est le fruit d’une réflexion engagée bien avant l’affaire Benalla. Instruit des errements de François Hollande lors du précédent quinquennat, Emmanuel Macron avait, dès le début de son mandat, conscience de devoir adapter le fonctionnement de l’Elysée, qu’il considérait comme « archaïque ». Dès octobre 2017, une mission avait été confiée en ce sens au contrôleur de gestion de l’Elysée afin de faire un état des lieux du fonctionnement de la présidence.

    « Il a rencontré une cinquantaine de personnes, et le constat a été que, si les employés de l’Elysée ont un fort attachement à ce qu’ils appellent eux-mêmes la “première maison de France”, leur fonctionnement n’était plus adapté », assure un membre du cabinet de M. Macron. De nombreux cas d’épuisement auraient été aussi rapportés. « Les gens sont fiers de travailler à l’Elysée mais il y a de la souffrance », reconnaît-on.

    Fort de ce constat, Emmanuel Macron a décidé, en janvier, de confier à Eurogroup Consulting, un cabinet de conseil en organisation, une « revue des missions » des services de l’Elysée. Objectif : proposer un nouveau mode de fonctionnement de la présidence. Durant six mois, trois consultants ont écumé les couloirs du Château pour « objectiver les choses ». Leur rapport a été rendu début juillet, avant que n’éclate l’affaire Benalla. « Cela nous a renforcés dans la conviction qu’il fallait faire bouger les choses », explique un proche du chef de l’Etat.

    Reste à savoir si cette réorganisation changera réellement le fonctionnement de l’Elysée. A son arrivée, en 2007, Nicolas Sarkozy avait tenté de structurer davantage les services de la présidence. Début 2008, il avait lui aussi nommé un directeur général des services, Charles-Edouard Tollu. Mais l’expérience avait tourné court au bout de deux ans. « On se détestait tellement dans l’entourage qu’il y avait des clans et de la rétention d’information partout, se souvient Emmanuelle Mignon, alors directrice de cabinet du chef de l’Etat. Pour que l’Elysée fonctionne, il faut de la fluidité et de la confiance dans le premier cercle. Et que le président accepte qu’on lui dise les choses, même si elles lui déplaisent

    . »

  • A Mandelieu, un promoteur, vendeur d’armes, en affaire avec la famille du maire
    https://www.mediapart.fr/journal/france/080318/mandelieu-un-promoteur-vendeur-d-armes-en-affaire-avec-la-famille-du-maire

    Sébastien Leroy, maire de #Mandelieu-la-Napoule depuis novembre 2017. © DR #Iskandar_Safa est marchand d’armes, extrêmement fortuné, propriétaire de #Valeurs_actuelles et, selon les informations de Mediapart, associé en affaires à la famille du maire de Mandelieu-la-Napoule. Cela tombe bien : c’est dans cette ville de la Côte d’Azur qu’il espère obtenir l’autorisation de bâtir un immense projet immobilier.

    #France #Sébastien_Leroy

  • Journalistes, excusez-vous!
    https://www.mediapart.fr/journal/france/150217/journalistes-excusez-vous

    Faut-il demander aux journalistes de s’excuser ? Cette idée bruisse depuis le début de l’affaire Fillon. L’histoire montre pourtant que sans une #presse indépendante, il n’y a point de saine #démocratie.

    #France #affaire_dreyfus #affaire_Fillon #Emile_Zola #François_Fillon #Histoire #Le_Canard_enchaîné #médias #Valeurs_actuelles

  • #extrême_droite : « Le projet de Ménard ne peut marcher que si la droite éclate »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/290516/extreme-droite-le-projet-de-menard-ne-peut-marcher-que-si-la-droite-eclate

    Robert Ménard, le 1er décembre 2015, lors d’un meeting du #FN à Toulon, pendant les régionales. © Reuters #Robert_Ménard a réuni ce week-end à #Béziers les droites dures pour lancer son mouvement "Oz ta droite !", tout en suscitant la colère de plusieurs dirigeants frontistes. Pour le chercheur Jean-Yves Camus, cette initiative ne menace pas le #Front_national, dont l’histoire a été ponctuée par « l’échec des scissions » car « rien ne se fait en dehors du FN ».

    #France #colloque #Florian_Philippot #Louis_Aliot #Marion_Maréchal-Le_Pen #Oz_ta_droite #Valeurs_actuelles

  • L’ex-navigatrice #Maud_Fontenoy rejoint #Valeurs_Actuelles
    http://www.francetvinfo.fr/economie/medias/l-ex-navigatrice-maud-fontenoy-rejoint-valeurs-actuelles_1400617.html

    Une nouvelle casquette pour Maud Fontenoy. L’ancienne navigatrice devenue déléguée à l’environnement pour le parti Les Républicains a rejoint la rubrique Environnement-Santé de Valeurs Actuelles, a indiqué l’hebdomadaire de droite, lundi 11 avril.

    Le premier article de Maud Fontenoy pour le magazine conservateur doit paraître dans la prochaine édition du journal, le jeudi 14 avril. Celle qui est aussi ambassadrice de l’Unesco pour les océans se veut le porte-étendard d’une « écologie pragmatique et réaliste », « une écologie différente » de celle « victime d’un hold-up de l’extrême gauche », comme elle l’avait déclaré lors d’une interview sur RMC en 2015.

  • L’appel de 16 députés : Il faut « désoixantuitardiser » la France ! | Valeurs actuelles toujours aussi frais
    http://www.valeursactuelles.com/appel-de-16-deputes-il-faut-d%C3%A9soixantuitardiser-la-France-508

    Le 7 janvier 2015, les enfants de Mai 68 ont enfin ouvert les yeux. Antiraciste, droit-de-l’hommiste, naturellement méfiante à l’égard de l’ordre et des frontières, cette génération a longtemps nié les problèmes liés à l’immigration, à l’insécurité et à la dislocation du modèle familial conservateur qu’elle a contribué à dynamiter. Elle qui proclamait “Il est interdit d’interdire” a consacré sa domination en se claquemurant dans une pensée unique. Les Zemmour, Finkielkraut ou Houellebecq en savent quelque chose. Nous n’interdisons plus : nous bâillonnons. Nos inquisiteurs modernes appliquent le droit cathodique, et le tweet bashing a opportunément remplacé les cailloux pour les lapidations publiques.

    Symboliquement, ses représentants les plus talentueux — héritiers des lanceurs de pavés voltairiens et libertaires — ont été assassinés avec leurs adversaires historiques — les “flics” — dans une même frappe aveugle. Et c’est ainsi que la France est descendue dans la rue autant pour clamer “Il est interdit d’interdire” que pour ressusciter des choses oubliées : la Marseillaise, le goût d’être ensemble, et même pour applaudir la police. Quel paradoxe !

    En testant au paroxysme l’esprit de Mai 68, celui-ci s’est placé devant ses propres contradictions et a entamé inexorablement son déclin. Il subsiste encore quelques digues, par exemple celle de “réfuter les amalgames” par peur de verser dans “l’islamophobie” ou le “racisme”. Nier l’altérité ne suffit pas à oublier la complexité : effectivement, tous les musulmans ne sont pas des terroristes en puissance mais il faut bien constater que tous ces assassins se proclamaient musulmans. Les musulmans de France ne se sentent pas solidaires des terroristes, mais comment se sentiraient-ils à 100 % Charlie, à partir du moment où certains dessins les insultent ? Au coeur de cette différence d’appréciation, il y a bel et bien un choc culturel sur la notion de sacré, entre un Occident qui dans sa jeunesse a proclamé “Dieu est mort” et pour qui le blasphème moderne est le crime contre l’humanité, et l’islam où l’homme se soumet à son créateur.

    Députés cosignataires : Julien Aubert (Vaucluse) ; Sylvain Berrios (Val-de-Marne) ; Édouard Courtial (Oise) ; Jean-Pierre Decool (Nord) ; Nicolas Dhuicq (Aube) ; Sauveur Gandolfi-Scheit (Haute-Corse) ; Annie Genevard (Doubs) ; Claude Goasguen (Paris) ; Philippe Gosselin (Manche) ; Arlette Grosskost (Haut-Rhin) ; Sébastien Huyghe (Nord) ; Geneviève Levy (Var) ; Jean-François Mancel (Oise) ; Philippe Meunier (Rhône) ; Charles de La Verpillière (Ain) ; Philippe Vitel (Var).

    #valeurs_actuelles #mai_68 #conservation #je_sèche

  • Retour de Nicolas Sarkozy : exercice de doxosophie sur C dans l’air - observatoire des sondages
    http://www.observatoire-des-sondages.org/Retour-de-Nicolas-Sarkozy-exercice.html

    Comme Valeurs Actuelles, L’Opinion ou Le Figaro, l’émission « C dans l’air » a constamment affiché ses faveurs pour Nicolas Sarkozy. Admettons que ce soit son droit quoique cette émission télévisée soit logée sur une chaîne publique, France 5. Ce n’est pas à ce titre que nous nous intéressons à elle mais comme archétype de l’émission spécialisée dans la doxosophie, l’interprétation, l’exégèse de ce que sont censés penser les Français. Sondeurs et journalistes quasi inamovibles à l’appui. Peut-être d’ailleurs un signe de l’épuisement d’une formule lassante et de plus en plus creuse (si cela est encore possible).

    Le retour de Nicolas Sarkozy devait donc occasionner les propos laudatifs des membres permanents de l’émission. Comme prévu, le retour de l’ancien président de la République est une réussite. Les doxosophes « maison » l’ont donc accueilli conformément à la ligne politique de son animateur-producteur. 

    C dans l’air, 22 septembre 2014, (extraits) :

     Yves Calvi : « Est-ce que c’est réussi ce retour ? »

     Christophe Barbier (L’Express) : « oui c’est réussi pour ceux qui souhaitaient retrouver un Nicolas Sarkozy inchangé, c’est à dire ce cœur de militants de l’UMP ».

     Brice Teinturier (Ipsos) : « Moi je trouve que c’est réussi parce que je trouve qu’il a coché les trois cases importantes. Sur la personnalité, il a pris des gages d’emblée » : « je ne veux pas blesser », « j’ai pris du recul », « j’ai muri ». « Sur le positionnement : il va transcender les clivages. Et puis sur le bilan il s’est débrouillé pour remettre la crise de 2008 et François Hollande comme responsables si ce n’est de manière convaincante, de manière habile. Au bout du bout, je pense qu’il s’est positionné non pas comme un homme providentiel mais comme un homme exceptionnel...c’était plutôt pas mal joué ».

     Roland Cayrol (ex-dirigeant de CSA) : « j’avais trouvé assez beau le texte de Facebook, j’avais trouvé que c’était un bon texte politique, là je reste sur ma faim. J’ai trouvé qu’il était au coeur de contradictions qu’il ne résolvait pas. il faut être un rassembleur comme le disait bien son texte sur Facebook, le positionnement du rassembleur ce n’est pas tout à fait le positionnement du cogneur au coin du ring »......

    #Nicolas_Sarkozy
    #doxosophie
    #C_dans_l’air
    #Yves_Calvi
    #Valeurs_Actuelles
    #L’Opinion
    #Le_Figaro