#validisme

  • Hier, sur Arte, vu la série « Mytho ».
    Le casting est plutôt bon grâce notamment aux enfants et il y a une façon de filmer et de mettre en scène assez inventive. Bon, ce téléfilm aborde la question du cancer (du sein), sujet d’ordinaire tabou, et je n’ai vu que les 3 premiers épisodes, mais quand même, où ont-ils été se faire conseiller ? Chez Mickey ?

    Tout tourne autour de la comédienne principale qui invente un faux cancer pour qu’on s’occupe d’elle (si si, c’est le pitch spoiler). Et en gros ça marche, son compagnon redevient amoureux et veut l’épouser, il en quitte même sa maitresse, ses enfants refont leur devoir et s’inquiètent de comment elle va, son père lui dit qu’il l’aime… etc
    Comme le cancer ça à l’air vraiment très cool et la vie des cancéreux nettement plus douce que le traintrain du boulot, ça risque de faire des jaloux et des jalouses.

    Le cancer ce grand inconnu (avec la mort) est en fait un super moyen d’être aimé, hop, tout le monde redevient gentil avec toi. Hein oui.

    Bon, désolée, hein mais c’est plutôt l’inverse ce qui se passe en réalité et ce téléfilm fausse complètement la donne sur la vie de milliers de femmes atteintes d’un cancer. Je trouve même que c’est insultant.

    Pour ma part les potesses ou les potos que je connais ou connu, ils ont pas trouvé grand monde pour être là et les soutenir. Vu que cette saloperie plonge tout le monde dans le désarroi. Et qui dit désarroi dit courage fuyons, beaucoup perdent ton numéro de téléphone, tu as plus de taf, plus de contact, même quand tu commences à sortir la tête du gouffre. La grande indifférence s’installe vite, personne n’a envie d’entendre du malheur, tombe vite alors la solitude, le manque de fric, la banque qui refuse les crédits. Et je pleure pas sur mon compte, je viens de poster une étude sur la qualité de vie des femmes atteintes d’un cancer du sein.

    … In addition, endocrine therapy negatively impacted role and social function, pain, insomnia, systemic therapy side-effects, breast symptoms and further limited emotional function and future perspective recovery.

    Tu trouves toujours des personnes pour te dire que c’est une opportunité, elles n’ont jamais eu de cancer mais bon, quand même, elles sont prêtes à te remonter le moral, même à l’envers. Le film s’est un peu ça, ah super un cancer, ma vie de merde va devenir joyeuse.
    Et concernant la réaction des enfants, n’allez pas imaginer que d’un coup ils vont ravaler leur crise d’ado pour vous faire un peu de place. Si vous avez déjà eu une grippe vous pouvez imaginer comment les gamins poussent un peu plus la barrique histoire de savoir si elle casse et quelles sont ses limites. C’est pas vraiment bisounours land d’avoir un cancer.

    Bref, gros malaise devant les mensonges du film sur la vie en général, zéro notion de psychologie, aucun recul sur la réalité que cela induit pour les malades. Et devant cette façon de faire croire qu’un cancer ça arrange la vie, cette forme ce #validisme qui avance masqué sous les traits d’une comédie, ça m’a pas fait rire. J’ai supporté le film en espérant qu’il se sorte de ce fiasco mais ça n’a fait que plonger plus loin.

    Ah oui, parce qu’au deuxième épisode, la comédienne principale annonce qu’elle va finalement bien. Sauf que les problèmes du quotidien refont surface et elle n’a qu’une solution c’est d’inventer une rechute ,(

    #scénario_pourri

  • Alain Damasio : « Créer une pluralité d’îlots, d’archipels, est la seule manière de retourner le capitalisme »
    https://www.bastamag.net/Alain-Damasio-Les-Furtifs-La-Volte-ultra-liberalisme-ZAD-pouvoir-alienatio

    Comment vivre dans des villes privatisées, où notre attention est contrôlée et sollicitée en permanence, et nos corps pistés à chaque instant ? Le dernier roman d’Alain Damasio, dont l’action se déroule en 2040, explore ce monde possible, avec justesse, de manière sensible et réaliste. Il nous invite à sortir d’urgence de nos « techno-cocons », à expérimenter de nouvelles manières d’être au monde et de résister, pour reprendre le contrôle sur nos vies. Attention, entretien décapant. Photo (une) : Alain Damasio (...) #Inventer

    / A la une, #Politique, #Altermondialisme, #ZAD, #Surveillance_et_biométrie


    • Photo (une) : Alain Damasio en visite sur la Zad de à Notre-Dame-des-Landes, dans l’ancienne bibliothèque du Taslu, celle qui était accessible aux handicapés / © ValK

      Cette description peut sembler un détail ou anecdotique, mais, au vu de ce que dit Alain Damasio sur la #zad #NDdL, je ne regrette pas d’avoir demandé de rajouter ceci... Faut que je cherche encore comment je vais articuler ça mais dire que le #CMDO a eut raison est non seulement violent pour pas mal de gens mais surtout, faux. Il n’y avait ni raison ni tord possible a ce moment là, il n’y avait que l’urgence et le chantage et par d’habiles trahisons et autre retournements de vestes, on a voulu nous faire croire que c’était une victoire mais tant que les membres du CMDO et autres « complices » ne tordront pas le cou à cette légende, nous n’avancerons pas et ce sera un gâchis immense de perte de connaissances pour la suite... voir par exemple les différentes versions de réponses au dernier texte critique paru : https://seenthis.net/messages/788890

      #validisme #héroïsme #consentement #dépassement #victoire #histoire

    • Pour expliquer, quand même, la légende de la photo : la bibliothèque de Taslu était initialement dans l’ex Transfu, la petite cabane qui avait servi de point Medic en 2012 puis aussi d’espace communication. Sauf qu’au bout d’un moment, y’avait trop de livres à mettre dedans, les dons affluaient ! Il a été décidé de l’agrandir et le choix s’est porté sur le 1er étage de la « maison en dur » de la Rollandière, pour qu’elle reste « au même endroit ». Des travaux ont été fait pour que cette partie accueil en bas et bibliothèque en haut soient rénovées... dont un magnifique escalier en planches de bois qui semblent sortir du mur de torchis impeccable. Y’a pas à dire c’est très beau, vraiment ... mais ... sans rampe ! Toutes les personnes à mobilité réduite, toutes les personnes sujettes au vertige galèrent. Mais quand t’es visiteur-ice, tu te sens tellement privilégié d’être là que tu dis rien. Moi, au bout de 2 ou 3 visites, alors que j’accompagnais des visiteurices du Mexique, j’en ai quand même parlé, de cet accès difficile aux handicapé-e-s, qui posait sacrément problème pour un lieu comme ça. Spontanément il m’a été répondu que ça allait faire moche une rampe, qu’il n’y avait pas de problème, qu’il y avait même une cage prévue à l’extérieur qui allait servir pour les fauteuils roulants, mais bon, c’était un peu galère donc la mise en place était suspendue. Sur l’instant, choquée, je me suis contentée de signaler que ça me faisait chier d’avoir plus de mal à accéder à la bibliothèque de la zad qu’à Nantes... La personne m’a alors « gentiment » dit qu’il suffisait de demander de l’aide, que même les mômes s’adaptaient en montant et descendant sur leurs fesses... Ouaip, c’était trash... mais c’était pas fini !
      Un peu plus tard, autour du repas partagé avec les visiteureuses du Mexique, quelques anecdotes fusent, les présentations-critiques des différents lieux aussi. Une fois de plus je suis choquée par cette propension à dire des trucs comme ça devant des visiteureuses, mais à vitrioler le moindre reproche qui dépasse sur internet. Vient l’anecdote de Pâques : un sympathisant avait largué quelques paquets d’œufs en chocolat dans différents champs. Ça repart en vannes, sur quel lieu allait gueuler de ne pas en avoir et allait critiquer les lieux qui en avaient pour les taxer de privilégié-e-s. Devant la surprise d’un des visiteurs, une personne lui explique que, absurdité totale, y’avait des gens qui s’étaient mis en tête qu’il y avait une lutte des classes sur la zad. J’avoue, là, j’y tiens plus, les invité-e-s sont censé-e-s faire le lien avec les communautés zapatistes, il est hors de question de nier que oui, y’a des lieux qui galèrent grave et d’autres où c’est, en comparaison, le luxe. Courroux de mes « allié-e-s » de la zad : on ne peut pas laisser dire ça, « on a tout sacrifié pour venir s’installer là » (sauf que s’installer, ça n’est déjà plus se percevoir comme squateureuses) etc. etc. Lorsque je souligne qu’un lieu comme le Taslu est déjà immensément riche de toutes les visites et de tous les dons, même redistribués (comment ?) que c’est un des premiers qui reçoit les sourires et les considérations de celleux qui viennent comme pour un pèlerinage, et que par exemple ne pas pouvoir accéder à la bibliothèque magnifiquement dotée sans souffrance, ça me fout les boules (j’avoue, à ce moment là, j’ai les larmes aux yeux) je récolte des sortes de « allons, allons », la « bienveillance » d’une habitante exténuée (réellement) qui m’explique que ce n’est pas intentionnel et qu’iels croulent sous les charges. Je sais que c’est vrai, je ne dis plus rien, un silence gêné s’installe ... pas longtemps, la bonhommie de l’accueil reprend : il est temps de demander aux visiteureuses où iels souhaitent dormir : description rapide des possibilités « mais ici y’a moyen d’avoir une chambre individuelle en dur avec une couette en plumes ! » ... Je laisse passer à nouveau même si dans un lieu plus « roots » attend un compa qui les connait et a fait son maximum pour les accueillir mais ... sans « chambre individuelle bla bla bla » ... je ronge mon frein. Et c’est là que j’ai sans doute eut tord : j’aurai dû parler plus longuement aux ami-e-s visiteureuses et leur expliquer les dégâts que provoquait déjà ce glissement : on fait visiter la zad en commençant par la « zone Est » et la route des Chicanes, tellement « célèbres » et marquantes et aussitôt sa destruction verbale commence avec l’égrenage de tout ce qui ne va pas sur cette partie. Il en a été de même pour Alain Damasio, son récit transpire ça. Ce qu’il rapporte n’est pas ce qu’il a ressenti mais la construction qui lui en a été faite, et les grandes tablées pantagruéliques de St Jean du Tertre y sont aussi pour beaucoup : comment résister à tant de générosité opulente ?! Lorsqu’il est venu au Taslu, nous n’avons été que 2 à lui poser des questions un peu grattantes. Moi je lui ai justement parlé de l’aspect « viriliste » de ses bouquin, avouant n’avoir lu que quelques extraits que j’avais adoré mais d’autres qui m’avaient gênée, et il avait expliqué ce qu’il dit dans l’interview, que oui il était conscient désormais qu’il avait des lacunes côté féminisme.
      Sauf qu’à Saint-Jean-du-Tertre, il a rencontré Golgoth... et il l’a suivi !

      Ce que je lis ça et là des furtifs est grandement marqué par cette rencontre, entre autres, et j’y vois en filigrane, un #capacitisme qui sera traduit, comme sur la zad, en un #validisme « inconscient », « pas malveillant » ... tu penses bien ! Ce truc qui consiste à dire que si tu vas sur internet plutôt qu’en manif, t’es de la merde « mais je parle pas pour toi hein ! » .. Bah si, justement, et ça fait mal de se prendre et des lacrymos de flics et des lacrymales de censément « allié-e-s ». Sur twitter y’a un hashtag qui déferle depuis quelques jours pour définir ce que ça provoque : #PayeTonBurnOutMilitant
      https://twitter.com/search?q=%23PayeTonBurnOutMilitant&src=tyah
      Ce même capacitisme qui a fait le tri sur la zad et permet de dire désormais que non, y’a pas de problème, la négociation a permis de protéger la plupart des gens et que celleux qui sont parti-e-s n’arrivaient pas à s’adapter !

      Ha, et pour l’anecdote, plusieurs mois plus tard il n’y avait toujours pas de rampe, il a fallu que je suggère l’idée d’une corde, qui pourrait même être esthétique (l’habitant a pigé la pique et s’est excusé)... A ma connaissance et à moins que ça ait changé depuis septembre 2018, il n’y en a toujours pas.

    • La rencontre entre #Beb-deum et #Alain_Damasio produit autre chose qu’un beau livre avec de jolis textes littéraires, ce qui serait déjà beaucoup. C’est un carnet d’anthropologue perdu, comme tombé du futur entre nos mains. Un carnet qui compacte en une seule unité de papier un catalogue de vente d’êtres humains, tel que l’hypercapitalisme va certainement en produire, avec la parole de ces futurs « clownes » – esclaves parfois affranchis, clones fugitifs, rebelles à leur docilité programmée – et qui pensent ! Qui pensent et qui écrivent, créent des slogans, parodient leur condition, racontent leur vie de corps commercialisé qu’ils se réapproprient à leur façon par des autoportraits, leurs propres marques physiques, toute une autre « présentation de soi ».
      https://seenthis.net/messages/601882

  • #Kathy_Mandigo (médecine) : Comment j’ai desservi ma clientèle transgenre (repoduit dans l’anthologie Female Erasure )
    http://tradfem.wordpress.com/2019/06/12/comment-jai-desservi-ma-clientele-trangenre

    En faisant mes cartons pour un déménagement, je suis tombée sur un paquet de documents liés à mon travail. Parmi eux se trouvait une carte que j’avais oubliée. Aussitôt ouverte, je me suis souvenue de quoi il s’agissait et de qui me l’avait expédiée. C’était une carte de remerciements d’une de mes patientes transgenres, une lesbienne qui avait « transitionné » en homme, exprimant sa gratitude pour mon aide dans son cheminement pour devenir l’homme qu’elle* ressentait être.

    (*Avant, j’utilisais les pronoms personnels choisis par mes patients ; désormais j’utilise celui qui convient à leur identité biologique)

    J’ai reçu cette patiente dans une clinique pour jeunes (moins de 26 ans) ; elle venait fréquemment accompagnée de sa compagne. Elle avait été déjà vue, évaluée et avait amorcé son traitement à la « Gender Dysphoria Clinic » (clinique de la dysphorie du genre) qui se tenait à l’époque dans un hôpital local. Je n’étais l’initiatrice d’aucun traitement, mais administrais simplement les injections de testostérone qui lui avaient été prescrites.

    J’ai observé ma patiente changer : elle prenait du poids et des muscles, développait une tonalité de voix plus grave et de la pilosité faciale ; elle décrivait également une augmentation du désir sexuel et de l’agressivité. Je me souviens m’être sentie à l’aise du fait que cette patiente paraissait très stable et confiante ; je ne me sentais pas manipulée dans nos interactions, ce qui me permettait d’effectuer ses injections en tout confort.

    J’ai vu cette patiente vers le milieu ou la fin de l’année 1990, je ne me rappelle plus exactement, et pour autant que je m’en souvienne, c’était la première patiente transgenre que je rencontrais. J’avais alors un peu moins de dix ans de pratique médicale, et on ne m’avait jamais rien appris sur le transgenrisme en école de médecine. J’étais jeune, naïve, et j’avais foi en la science. Or il n’y existait pas de corpus scientifique au sujet des enjeux transgenre, qu’étais-je censée faire ?

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://radfemrepost.wordpress.com/2015/08/11/kathy2
    #transgenrisme #féminisme #misogynie #sexe_biologique

    • Ce projet pilote ne dura pas longtemps, car il y venait peu de patients hormis cette poignée de patients transgenres mécontents. Peut-être était-ce parce que la clinique ouvrait les lundis après-midi ? Les patients plus équilibrés travaillaient probablement et ne pouvaient pas se rendre à la clinique. Ou bien était-ce parce que la majorité des patients queer arrivaient déjà facilement se procurer les soins qu’ils voulaient ? Quoiqu’il en fût, ces questions n’ont jamais été évoquées afin d’établir s’il s’agissait d’un manque d’accessibilité ou de besoin.

      Au cours des années suivantes et jusqu’à récemment, je n’ai pas vu beaucoup de patients transgenres, et la plupart d’entre eux figuraient surtout parmi la population de malades mentaux et de toxicomanes de notre ville.

      Un jour, une patiente se présenta à mon cabinet privé, une lesbienne qui effectuait une transition vers la masculinité, sous l’égide d’un quelconque spécialiste du genre. (La « Gender Dysphoria Clinic » avait fermé, pour des raisons qui me sont restées inconnues. Je crois que c’est arrivé sous le prétexte rhétorique que tous les médecins doivent prodiguer ce type de soins plutôt que de les reléguer à une clinique spécialisée, mais il y avait sans doute d’autres enjeux politiques. Fait perturbant, la clinique de genre qui l’a remplacée a ouvert dans les locaux de l’hôpital provincial pour enfants.)

      Cette personne est donc venue à mon cabinet en me disant avoir appris que j’étais une excellente doctoresse et que j’étais spécialisée dans les questions de transgenrisme.

      J’ai immédiatement senti qu’on me manipulait avec un énorme cirage de pompes : j’ai dit que ce n’était pas le cas, je n’étais ni une excellente doctoresse, ni spécialiste des problèmes transgenres. J’étais sur la défensive. J’avais l’impression que cette patiente me percevait comme une gouine1, bien que je n’aie rien divulgué ; après de nombreuses visites, cette patiente continuait de m’approcher en copine, avec une attitude démesurément amicale de connivence entre gouines, entre camarades butch, comme si elle oubliait qu’elle se voyait au masculin.

      _____________

      1 N.d.t. : Dyke (slang) : lesbienne d’apparence masculine au sens péjoratif.

      Sans être trans, j’aimerais pas allé consulté chez cette Kathy Mandigo. Elle me fait pensé à un·e gyneco anti-IVG, qui donnerait des consultations au planning familiale.

      #violence_médicale #validisme #toxicophobie #moralisme #transphobie

    • J’ai l’impression que c’est un choix d’écriture, pour neutraliser l’effet « médecin bienveillant » qui laisserait planer des préssuposés. Comme ça, on peut se faire une idée plus factuelle. Mais bon, j’ai forcément des apprioris sur les médecins cools envers les parcours trans.

    • J’en doute sévèrement @sandburg , c’est pas comme si la médecine avait de présupposés bienveillants envers les femmes, les lesbiennes et les trans et je ne croie pas que la #malveillance_médicale que pratique cette médecine, puisse avoir des effets positifs dans le parcours de qui que ce soit, trans, cis ou autres. Car elle ne fait pas que « neutraliser l’effet médecin bienveillant » (qui serait plutot un effet « médecin·es complaisant·es » car la bienveillance dans les soins n’a pas besoin d’être neutralisé), elle montre qu’elle est hostile, agressive, tout en allant chercher ses patient·es (puisqu’elle donne ses consultations en centre spécialisé c’est qu’elle cherche patriculièrement une clientèle trans et donc pour les déservir) et elle porte énormément de jugements de valeur sur les patient·es qui viennent la consulté. Elle les traite de déséquilibrés.

      Les patients plus équilibrés travaillaient probablement et ne pouvaient pas se rendre à la clinique.

      Rien dans ce qu’elle rapporte de ses consultations ne montre une volonté de dialogue ou d’ouverture ni le moindre intérêt pour ces gens et ce qu’illes traversent.

      Si j’allais chez le·a médecin·e, et qu’en plus je choisissait un centre spécialisé trans et queer, je ne voudrais pas de médecine sur la défensive et qui me dise qu’elle « n’étais ni une excellente doctoresse, ni spécialiste des problèmes transgenres. » !! ca serait franchement le malaise et je partirais de la consultation avec encore plus de phobie médicale et de défaut de soins qu’avant d’avoir vu cette Kathy Mandigo malfaisante. Quant elle ajoute «  J’étais sur la défensive. J’avais l’impression que cette patiente me percevait comme une gouine », je voie pas ou est le problème à être perçu comme homosexuelle ou à ce qu’un·e patient·e cherche à atténué son malaise par la familiarité et ici, la traduction atténue le mot choisi car elle ne dit pas « gouine » mais « dyke » qui est une injure lesbophobe. Que cette doctoresse soit lesbienne ne rendrait pas cette injure plus appropriée dans ce texte et contexte.

      Ca m’arrive d’être d’accord avec certains textes traduits par tradfem, mais là franchement cette Kathy Mandigo avec sa pratique de la #nuisance_médicale , je trouve qu’elle crains.

  • Ce meurtre d’enfant handicapé qu’on excuse
    https://youtu.be/nwIcO5Jxi7s

    Pour celles et ceux qui se posent des questions ou qui ne comprennent pas le problème avec la promotion du livre de Anne Ratier dans lequel elle explique pourquoi et comment (!!!) elle a tué son enfant le jour de ses 3 ans, je vous invite à visionner cette vidéo de Vivre Avec (twitter : @VivreAvec_ )
    Merci à Margot, donc, d’avoir pris le fardeau d’expliquer très clairement des choses pourtant évidente... enfin je croyais. Comme je l’ai dit sur twitter déjà, je me refuse à donner un lien vers la vidéo de l’interview de cette femme puisque le faire, c’est participer à sa promotion.

    Version écrite : https://vivreavec.fr/2019/03/06/meurtre-enfant-anne-ratier

    Réactions et explications de personnes concernées sur twitter : https://twitter.com/i/moments/1103045325445582849 (tout est rassemblé dans un « moment » pour plus de lisibilité, les tweets sont à dérouler)

    Je suis sûre qu’il y aura des personnes pour être plus choquées par ce qu’elles y liront / entendront que par la promotion tellement lisse dudit bouquin. Si c’est le cas, merci de faire le chemin dans votre tête plutôt que contre ces personnes qui s’expriment dans la souffrance qu’a provoqué cette vidéo normative sur le meurtre de personnes handicapées.

    Comme toujours Margot donne aussi beaucoup d’informations pour en apprendre plus :

    Rapport sur les droits des personnes handicapées de la Rapporteuse spéciale lors de sa visite en France : https://www.ohchr.org/Documents/Issues/Disability/A_HRC_40_54_Add.1-easy_to_read.pdf

    #CLHEE, Collectif Lutte et Handicaps pour l’Egalité et l’Emancipation : https://clhee.org

    #Eugénisme, sur le blog de dcaius : https://dcaius.fr/blog/2019/03/05/eugenisme

    Ce qui fait souffrir les personnes handicapées : https://www.ledevoir.com/opinion/idees/546012/aide-medicale-a-mourir-ce-qui-fait-souffrir-les-personnes-handicapees

    Deux vidéos faites avec Licarion Rock sur le film Me Before You CE FILM VEUT TUER 12 MILLIONS DE FRANÇAIS : https://www.youtube.com/watch?v=2v3494v9dYc


    Quand un film t’explique que tu dois mourir | TW suicide : https://www.youtube.com/watch?v=uEAcLAMxPFk

    Et si, comme moi, vous trouvez que prendre le temps d’expliquer tout ça, de mettre des ressources pour comprendre et tout et tout, bah ça vaut le coût, n’hésitez pas à aider plus concrètement Margot par là : https://vivreavec.fr/les-badges (y’a plein d’idées, de trucs, et depuis le temps que je voulais en parler par ici, de sa super chaine que j’aime, bah voilà c’est fait !)

    #validisme #antivalidisme #handicap #moiVSproches #BoycottAnneRatier

  • « Il ne faut pas dire que c’est cancérigène. Il est établi que ce produit n’est pas bon, il y a des prévalences qui ont été reconnues scientifiquement, mais il ne faut pas aller jusqu’à dire que c’est cancérigène parce qu’on dit quelque chose qui n’est pas vrai et qu’on alimente les peurs. »

    Ce mec se fout de la gueule de tout le monde... purement et simplement...

    #Macron #chlordecone #Elysée #pesticide @Guadeloupe #Martinique

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/02/04/chlordecone-l-elysee-plaide-le-malentendu-apres-la-declaration-polemique-de-

  • Yes, we fuck !
    https://nantes.indymedia.org/articles/43393

    Six histoires autour de la sexualité et des diversités fonctionnelles, des histoires réelles et variées où le sexe est transformé en arme réjouissante au service aussi bien des personnes que des droits collectifs. Ce projet montre aussi bien ce que la sexualité peut apporter aux personnes avec des diversités fonctionnelles que comment la réalité des diversités fonctionnelles peut contribuer à la sexualité humaine.

    #anti #validisme #anti,validisme

  • https://vimeo.com/123177395

    Qu’est-ce que ce film fait comme bien (désolé, j’ai pas trouvé de sous-titres*) ; découvert au court d’une projo nocturne l’été dernier, sur le plateau, grace à la formidable équipe de cinéma itinérant « Cinéma voyageur » http://www.cinema-voyageur.org , le revoir est une joie.

    * pour des raisons incompréhensibles de moi, le film n’affichait pas de sous-titres lorsque je l’ai rematé sur Vimeo. Et incrusté dans Seenthis, j’en vois... Aaaah, quel mystère !

    #sexe #validisme #joie #trans #queer

  • Bordeaux : Assistantes auprès d’élèves handicapés, elles demandent un vrai statut
    https://www.20minutes.fr/bordeaux/2216683-20180207-bordeaux-assistantes-aupres-eleves-handicapes-elles-deman

    Ces auxiliaires, très majoritairement des femmes, ont des contrats avec de faibles quotas horaires, 20 heures pour la plupart, et une rémunération très basse, de l’ordre de 600 euros par mois. Elles peuvent prétendre à un passage en CDI au bout de six ans de travail en continu. « Je travaille comme AVS à Libourne depuis huit ans et je suis passée en CDI il y a un an, raconte Lydie, 46 ans. Il me manquait 15 jours sur les six années en continu exigées et il a fallu une bataille administrative de deux ans pour que je sois titularisée. Sans le comité, cela aurait été très compliqué ». Si elle fait partie de celles qui ont la chance d’être en CDI, avec un volume horaire d’environ 20 heures, elle a fait une demande pour travailler dix heures de plus, pour gagner un peu mieux sa vie.

    Depuis huit ans, Lydie s’occupe d’« un enfant autiste très particulier qui a besoin d’un accompagnement total » et dont elle suit les progrès. « Ses parents m’ont soutenu pour que j’obtienne mon CDI », sourit-elle, glissant qu’elle est vraiment « passionnée par ce qu’elle fait ». Dina, 43 ans, qui exerce depuis huit ans, s’occupe, elle aussi, d’un enfant autiste, scolarisé à Ambarès en classe de maternelle : « je lui propose des supports pédagogiques adaptés, je l’accompagne pendant les repas et je l’aide à devenir plus autonome, notamment pour sociabiliser. » Cette mère qui élève seule son enfant attend une réponse à sa demande de titularisation. « Je croise les doigts », livre-t-elle. Elle aussi souhaite augmenter son volume horaire de travail pour avoir un peu plus de stabilité.

    Le collectif a attiré l’attention du rectorat sur des cas emblématiques d’AVS présentant 9 à 14 ans d’ancienneté, sans être titularisées, tout en défendant une amélioration du statut pour les 4.000 AVS de l’académie. « Il y a une gestion qui se fait au coup par coup et qui aboutit au maintien d’un pool de précarité, lance Franck Dole, secrétaire CGT éducation. Et aussi beaucoup de mépris vis-à-vis de ces personnels ».

    #sexisme #discrimination #validisme #précarité #misogynie #pauvreté
    Voici comment l’éducation nationale organise la misère et la dépendance des femmes. Au passage je me demande quel est le ratio garçon-filles qui bénéficie de ces AVS et de scolarisation, j’ai comme l’impression qu’il y a surtout des garçons qui ont le droit à des AVS.

    ici on indique en 2007 - 2/3 de garçons scolarisé en disant que ca correspond à la répartition des handicaps, mais sans dire que la détection des handicaps est elle-même très discriminante contre les filles (cf - autisme et sexisme médical, sexisme psychiatrique, misogynie de la psychanalyse...)
    http://www.cndp.fr/bienlire/04-media/documents/etudesetresultats.pdf

  • A l’hôpital psychiatrique de Rennes, les patients « ne se plaignent pas, alors on s’en fout qu’ils souffrent »
    http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/12/12/a-l-hopital-psychiatrique-de-rennes-les-patients-ne-se-plaignent-pas-alors-o

    Dans cet établissement employant plus de 2 000 personnes, « impossible de savoir le nombre de soignants en détresse », estime Jacques Meny, secrétaire de SUD-Santé pour l’hôpital. Un jour d’octobre comme un autre, alors qu’un énième soignant est venu faire part de ses idées noires, l’organisation syndicale a décidé d’« agir avant un drame, plutôt qu’après ». Le 6 novembre, plus d’une centaine de membres du personnel ont débuté une grève, qui a été reconduite mardi 12 décembre, marquant la sixième semaine d’un mouvement renouvelé quasiment chaque année.
    Ces « blocs de mal-être » accueillent 30 000 patients par an

    Demandez au personnel soignant ce qu’il pense des conditions de soins du CHGR, il résume ainsi la situation : aucun ne souhaiterait que lui ou ses « proches soit accueilli dans l’établissement ». Tous savent trop bien ce qu’il se passe derrière ces « blocs de mal-être » qui accueillent 30 000 patients chaque année. D’une même voix, les membres de l’hôpital dénoncent la « dégradation » de leurs conditions de travail, avec des conséquences sur « la prise en charge des patients ». Selon le personnel, la liste illustrant ce « délitement » est longue, et dramatiquement ordinaire...

    #paywall #psychiatrie #santé #surnuméraire #validisme

  • L’Académie Française un organe d’état pour la promotion du racisme et de la misogynie ;

    « L’un des objectifs de la campagne #balancetonporc était de noyer le poisson de l’islam : oubliée Cologne, oubliée la Chapelle-Pajol, oubliés les cafés interdits aux femmes à Sevran ou Rillieux-la-Pape, on traquait le sexisme là où il était une survivance honnie et l’on couvrait du voile pudique de la lutte contre les discriminations les lieux où il façonnait encore les mœurs. »

    et

    « L’écriture inclusive prétend remonter aux origines du mal. Le pouvoir des hommes commence dans les mots, affirment ses partisans. Alors, pour extirper les racines du viol, ils disent mécaniquement “celles et ceux”, “chacune et chacun”, “toutes et tous”, ils écrivent besogneusement “Les Marseillais·e·s ont déferlé” ou “vos député·e·s En marche !” et ils abîment un peu plus, par ce bégaiement ridicule, une langue qui n’avait vraiment pas besoin de ça. L’écriture inclusive est l’inepte caricature du féminisme originel. »

    « féminisme originel » Ah ces féministes quelles bande de pécheresse.
    Je sais qu’il y a pas grand chose à dire de #Finkielkraut mais comme c’est un de nos académicien j’archive ce que dit ce représentant de l’état sacré « Immortel » par la République Française.

    #racisme #islamophobie #misogynie #masculinisme #antiféminisme et n’oublions pas le #capacitisme ou #validisme avec sa moquerie du béguayement.
    #académie_française

  • Université : pas de #sélection, mais des conditions d’entrée
    https://www.mediapart.fr/journal/france/301017/universite-pas-de-selection-mais-des-conditions-dentree

    Jean-Michel Blanquer, Édouard Philippe et #Frédérique_Vidal © DR Les nouvelles modalités d’accès à l’enseignement supérieur ont été dévoilées le 30 octobre. Si l’option de la sélection sèche a été écartée, chaque filière aura dorénavant ses propres critères d’admission et des « attendus » seront réclamés aux étudiants. Passage en revue des principales annonces.

    #France #APB #jean-Michel_Blanquer #licence #Université

    • La ministre promet des places supplémentaires dans les filières dites en tension au fil du quinquennat. Si les capacités d’accueil d’une filière sont épuisées, les universités pourront en dernier recours en refuser l’accès aux étudiants. Les établissements d’enseignement supérieur auront accès aux dossiers scolaires des candidats, et pourront admettre en priorité les meilleurs élèves ou ceux qui auront par exemple fait montre d’une motivation importante, décrite dans une lettre jointe au formulaire de candidature. Pour intégrer une filière de Staps, la pratique antérieure d’une activité sportive pourra être prise en compte par exemple. Et ce même si cela peut générer des inégalités entre élèves favorisés et les autres.

      Les « attendus »

      Les prérequis avaient polarisé l’attention médiatique et politique. Désormais, sous l’effet d’une rénovation sémantique, il faudra parler « d’attendus », moins connotés. En théorie, les élèves seront mieux orientés car en amont, ils auront pris connaissance du taux de réussite et d’insertion de chaque filière et de ces « attendus » pour chaque cursus. Un élève qui n’aurait pas le niveau requis devra suivre une remise à niveau obligatoire et personnalisée, selon les lacunes de l’élève au regard de ses bulletins scolaires et l’avis de ses professeurs de Terminale. Ces remises à niveau pourront durer jusqu’à un an et pourraient aussi être effectuées sous la forme de #Moocs, ces cours en ligne gratuits sanctionnés par un examen final. Ces attendus revêtiront un caractère national. Toutes les facultés de droit auront les mêmes exigences mais au niveau local, les établissements pourront édicter des spécificités liées à la formation dispensée.

      [...] Le lycée mis à contribution

      Le gouvernement entend introduire plus « d’humain » dans le processus d’orientation. Un nouveau maillon intervient. Le conseil de classe du deuxième trimestre formulera officiellement un avis sur chaque vœu d’orientation des élèves. Les enseignants sont désormais associés au processus et leur recommandation, jointe au dossier des candidats, sera prise en compte par chaque université. En revanche, il faut veiller à ce que les professeurs puissent juger dans leur globalité des capacités d’un élève et non pas uniquement sa propre matière. Sans compter qu’il s’agit d’une demande supplémentaire. Le conseil de classe du premier trimestre fera ainsi une première recommandation. Celui du deuxième trimestre donnera officiellement un avis sur ses choix d’orientation, qui sera transmis aux universités.

  • Handicap et accessibilité dans le métro parisien : à quand plus de transparence ? | Bondy Blog
    http://www.bondyblog.fr/201709270824/handicap-et-accessibilite-dans-le-metro-parisien-a-quand-plus-de-transpare

    Le 21 septembre, le journal britannique The Guardian publie une enquête sur l’accessibilité des métros aux fauteuils roulants dans plusieurs grandes villes du monde. Résultat : le pire est le métro parisien. Il ne compte que 9 stations sur 303 entièrement accessibles. Une situation dénoncée par Marina Carlos, paraplégique.

    #validisme #ratp #accessibilité #metro #discrimination

  • « L’administration est dans ton corps »
    Validisme, fauteuils électriques et dignité. Entretien avec Zig Blanquer

    Par Joëlle Kehrli

    Zig Blanquer est le rédacteur de la chronique « Usure des mots » dans la revue Jef Klak . Le 19 septembre 2017, cet homme tétraplégique de 38 ans était au tribunal de Nantes. Il accuse un prestataire médical d’avoir mis cinq mois pour réparer son fauteuil électrique, l’immobilisant à son domicile durant toute cette période. Un enfermement non sans séquelles, dont ne se serait pas relevé Zig sans ressources militantes. À travers ce combat, c’est la lutte contre le « validisme » et le profit sans vergogne des entreprises qui est en jeu. Et pour la dignité de tou.te.s.

    http://jefklak.org/?p=4303

    En réalité, tu te rends compte que les décisions sont guidées par des médecins, dictées par les institutions financières, organisées par des services de prestataires médicaux ou d’aide à domicile – tout un ensemble sociétal valide qui a déjà décidé de quoi allait être faite ta journée, ta vie. Le validisme, c’est ça : comment, d’heure en heure, tu es dépossédé.e de tes choix, de tes volontés, de ton autonomie. Après, il y a la strate supérieure de la considération sociale : la façon dont, au guichet de la Poste, on ne t’adresse pas la parole, ou alors comme à quelqu’un qui viendrait de l’époque protozoaire – et ça continue comme ça, inlassablement. Il n’y a jamais (ou très rarement) de pause au validisme.

    Et, de façon inconsciente, ça fait une boule de discrimination, que tu avales au début parce que tu as l’impression que c’est normal, que c’est comme ça. Or toute vie mérite le respect des choix et la dignité. De nombreuses personnes me demandent comment j’en suis venu à une posture autonomiste… Probablement par quelque chose d’intersectionnel 6. Initialement, ma culture politique est queer, elle se situe plutôt du côté de tout ce qui est minorisation sexuelle, plutôt que par rapport au fait de pouvoir exister en tant qu’handi.e. Mais de fil en aiguille, j’ai constaté que le prisme de la discrimination que l’on applique aux minorités sexuelles convient parfaitement aux handicaps.

  • Bonjour à toutes et tous, plus de nouvelles de moi depuis un peu plus d’un an. Il y a un an j’ai trouvé ce manifeste :

    CLHEE – Collectif Lutte et Handicaps pour l’Egalité et l’Emancipation
    http://clhee.org

    Nous faisons l’amer constat qu’en France aucun mouvement militant, activiste et autonome de défense des personnes handicapées n’a pu voir le jour et s’installer durablement dans le paysage des luttes d’émancipation.

    J’ai trouvé ce manifeste et ce collectif "quasiment" modèle en tous points et touchant de très près la plupart de mes positions personnelles. Je dis "quasiment" car en vérité de nombreux points me posaient questions et remarques. Alors je leur ai écrit. Le courrier que voici. J’ai eu des réponses lapidaires me disant que les positions du CLHEE étaient non négociables alors que ce que je cherchais moi était de l’ordre du dialogue.
    Mon courrier :

    Je connais votre manifeste depuis sa parution en 2016. Celui-ci m’a fait beaucoup de bien et sur bien des points je peux m’y reconnaître. C’est donc d’abord une grande preuve de sympathie et d’égalité de niveau d’engagement que je voulais vous témoigner.

    Ma première admiration : ce que vous dites du validisme.
    En 2008, alors que je terminais ma licence, j’ai trouvé deux textes d’un certain Zig Blanquer qui m’ont retourné !
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/validisme.pdf
    http://gendertrouble.org/article135.html
    Ce gars-là écrivait ma vie. Je ne le connaissais pas et j’avais globalement l’habitude de côtoyer très peu de personnes handicapées. Mais ces textes mettaient le doigt sur des choses infimes, des petits détails (notamment ce second texte qui parlait très intimement de sa vie amoureuse) que j’avais pensés mais sans pour autant être capable de mettre en mots. Et ce premier texte contenait le terme validisme et d’ailleurs, vous me le direz, je crois que c’est lui qui a inauguré ce terme. Il s’en est suivi trois ans de grande admiration de mon côté. Le texte sur le validisme avait un ton plein d’énergie, de sarcasmes, et de jeunesse. Quelque chose d’énervant et d’irrévérencieux. C’était délectable.
    Alors en lisant ce manifeste, j’ai vu théorisé ce terme de validisme jusqu’à en faire un concept pouvant s’inscrire dans le paradigme des terrains de luttes sociales. C’était nécessaire de politiser le terrain social de l’invalidité. Exprimer le rapport de domination qui s’exerce dans toute les sphères de la société. Voilà d’abord pourquoi j’espère que ce manifeste fera date.

    Une altérité fertile.
    Sur la question de l’accompagnement sexuel, question venue de nulle part et créée, je le crois, de toutes pièces par quelques professionnels constatant leur propre incompétence, puis relayée par des médias affamés, j’ai cru voir un miroir de mes propres positions.
    En fait un miroir, pas tout à fait ! Car ce chapitre du manifeste n’est pas absolument identique à ce que j’exprime dans mon « petit pamphlet ».
    En toute première analyse, le manifeste du CLHEE, semble décrire des positions féministes qu’on désigne aujourd’hui par abolitionnistes c’est à dire contre toute forme de prostitution. Mon pamphlet n’emprunte pas cette voie. Pardonnez-moi mais ce n’est pas sur ce point que j’y vois une différence notable.
    Si je vois une différence entre mon texte et le manifeste, c’est sur la forme et on aurait bien tort d’y voir un aspect mineur.
    Même si j’ai toujours refusé l’appellation de « témoignage » pour mon texte, beaucoup de librairies et journaux l’ont étiqueté sous cette appellation que je trouve infiniment réductrice. Il est vrai que je ne me prive pas de dire « je », mais je tente de m’éloigner de la position individuelle pour essayer de réfléchir et pour en tirer quelque chose de politique. C’est donc un enjeu collectif que je vise.
    Mais il reste un certain point aveugle à mon pamphlet. Le point de vue individuel ne peut rien répondre au témoignage : « oui, Rémi mais moi je souffre ! ». Et cette réponse, je l’ai triturée dans tous les sens et je ne sais quoi dire. J’ai bien essayé mais je n’en suis pas tout à fait fier : https://seenthis.net/messages/350003 .
    Sur cette question le manifeste du CLHEE présente une forme particulière qui éloigne infiniment le risque de témoignage : un certain ton, précisément, de manifeste politique... La dimension universitaire et/ou sociologique est de nature à agréger du collectif. Le manifeste me semble une prise, dont beaucoup pourraient se saisir. Bravo.
    Appréhender le manifeste comme un miroir me permet alors de poser sur mon propre texte un regard différent. Je constate un certain ton cabotin. Je m’aperçois que le potentiel collectif de certains arguments sont un peu dilué dans le risque de « témoignage ». Merci.

    L’intersectionnalité et la totalité.
    J’ai découvert le terme intersectionnalité il n’y a pas très longtemps et je ne le maitrise pas encore très bien dans ce qu’il représente théoriquement en dehors de l’idée d’oppression multiple. Mais l’idée que je retiens comme phare à ce manifeste me semble être : pas de lutte contre le validisme sans lutte contre le capitalisme, le sexisme, le racisme, l’homophobie, l’impérialisme et réciproquement. C’est l’idée qu’aucune activité revendicative du côté du handicap ne peut être cohérente et ne peut avoir de sens que si elle est explicitée, à minima, comme politique et généralement que si elle s’inscrit dans la totalité des luttes sociales existantes.
    De ce côté-là, nous sommes encore loin de tout ce que nous pourrions espérer. D’un côté, le monde est loin de reconnaître ce terrain de lutte sociale. Et de l’autre, les organes constitués disposant de leviers agissant ont beaucoup de retard culturel sur les questions de lutte contre le validisme.

    Des institutions en général...
    Je trouve donc dans le manifeste du CLHEE un niveau politique et intellectuel très poussé de nature à lui donner son caractère de manifeste. C’est à dire un texte politique faisant dialoguer un ensemble de positions individuelles et restituées sous la forme d’une parole qui a vocation, elle, à être collective. Mais il me semble qu’un certain côté pêche par son dogmatisme et son manque d’enquête.
    Même si, jusqu’à 18 ans j’ai vécu chez mes parents, même si les trois années suivantes passées en internat spécialisé ont été terribles, je ne perçois pas bien le clivage qui rendrait une vie à domicile individuel généralement et forcément plus épanouie qu’une vie en internat. Encore plus, l’ensemble de ce manifeste me semblerait représenter des prises de positions défendables, y compris, dans les internats spécialisés eux-mêmes.
    Je crois, à vrai dire, reconnaître dans les positions anti-institutionnelles exprimées par le CLHEE un réflexe issu de l’époque, peut être encore trop actuelle, où il fallait revendiquer le comme les autres, qu’il s’agisse de l’éducation ou de tout autre élément du parcours d’un.e citoyen.ne lambda. Je crois y reconnaître la colère de ceux et celles qui ont toujours dû se battre individuellement, et parfois jusqu’à épuisement , pour mener leur vie comme ils et elles l’entendaient.
    J’y ai même l’impression que la vie seule ou en couple dans un domicile dont on serait locataire ou propriétaire est hissée dans ce manifeste au rang de mode de vie parfaitement idéale, ce qui, à sa manière, essentialise et normalise les personnes handicapées. Alors que ce manifeste réclame l’inscription des luttes qui concernent le handicap dans toutes les luttes sociales, nous nous retrouvons à courir derrière un mode de vie valide, alors même que ce mode de vie occidental et bourgeois est, partout, remis en cause. Ce qui nous sépare radicalement du reste des luttes sociales.
    Je m’interroge alors. Que voulons-nous dire par institutions ? Frédéric Lordon considère que, du simple passage piéton à l’idée de nation toute entière, une institution est la forme que l’humanité se donne pour exprimer un choix collectif. Si on approfondit cette expérience de pensée, on se rend bien compte que, quotidiennement, notre vie est régie par pléthore d’institutions. Toujours pour partir de mon expérience personnelle, je suis locataire d’un bailleur social qui est une institution, depuis un an je me rends fréquemment au CHU de Rennes qui est une institution, un SAVS fait intervenir chez moi régulièrement une assistante sociale et c’est évidemment une institution, avant mes 18 ans, je grandissais au domicile parental qui était aussi une institution, je fais aujourd’hui des films produits par The Kingdom qui est une société donc une institution. Matériellement, chacune de celles-ci peut se rendre coupable à mon égard de privation de liberté voire même de maltraitance. Il se trouve que ce n’est pas le cas. Dès lors je ne vois, à priori, rien qui condamne les internats spécialisés à la privation de liberté et à la maltraitance. Et si aujourd’hui vous observez ceci, cela me semble être une raison de plus d’y militer. Car la privation de liberté et la maltraitance sont intolérables et ne doivent s’exprimer nulle part. Pas la peine de voir dans la situation actuelle ce qui justifierait d’exclure la totalité des personnes handicapées vivants en internat spécialisé d’une lutte en raison de son mode de vie « institutionnalisée ».

    ...et de l’APF en particulier
    Parce que ma mère y a été responsable de délégation depuis mes 12 ans, et que j’ai choisi d’y être militant actif depuis la fin de mes études en 2012, je connais un peu l’histoire et l’organisation de cette gigantesque association. J’ai aujourd’hui choisi d’arrêter d’y être actif mais je crois y avoir suffisamment milité pour me rendre compte de l’énorme inertie dont elle fait preuve en terme d’actions et de revendications. Je ferai donc bien volontiers le constat du manque total d’efficacité actuelle de celle-ci. Mais je suis toujours gêné lorsqu’on la présente comme quelque chose qui pourrait ressembler à l’ennemi principal.
    En premier lieu parce que les valeurs de liberté et d’autonomie des personnes handicapées me semblent être à la base de la création de l’APF comme elles sont encore aujourd’hui leurs motifs théoriques principaux.
    Ce qui me semble toutefois être à l’origine de la situation actuelle où quelques militant.e.s se retrouvent à voir en l’APF un participant/gestionnaire du validisme de toute la société, c’est un choix fait par cette association il y a déjà très longtemps.
    Car à l’origine l’enjeu principal, et ce qui était absolument indispensable, c’était que la société reconnaisse enfin le besoin des premiers activistes de ne plus vivre chez leurs parents. Les premiers établissements ont donc été une victoire et un gain de liberté et d’autonomie. Ainsi cette toute jeune association pouvait revendiquer une expertise et une reconnaissance auprès des organes du gouvernement. C’est ici que cette association s’est vue proposée, et a accepté, un rôle de gestionnaire d’établissement.
    Mais j’insiste toujours pour dire que l’APF est une association de personnes handicapées, rien à voir avec le fameux : « parents et ami.e.s ».
    Très tôt également, il a été choisi de conserver les fonctions de revendication des droits des personnes handicapées. Ainsi depuis très longtemps l’APF est, aussi bien dans ses participants, que dans la gestion de ses fonds, que dans son organisation, constituée de deux branches : une branche gestionnaire de dizaines d’établissements, très largement financée par l’Etat, et une branche, politique, auprès de laquelle le gouvernement ne délègue rien du tout : le mouvement. Ce fonctionnement est aussi une des garanties qui a permis que le mouvement ait toujours un contrôle sur les établissements, en terme d’autonomie et de prévention de l’enfermement et de la maltraitance. Je ne sais pas du tout à quel point les débats sont en cours pour que la partie associative/revendicative se détache de la partie gestionnaire pour reprendre une fonction plus radicale qu’aujourd’hui. Ce que je sais c’est que lorsque j’y étais actif beaucoup de militant.e.s ne se gênaient pas pour critiquer ouvertement certaines positions de la partie gestionnaire.
    Ainsi il faut toujours garder en tête qu’en terme politique, c’est bien des personnes handicapées qui orientent cette association. Certes, ceci ne garantit aucune orientation politique mais je crois que ce rapide et imparfait historique permet de constater que les reproches que l’on peut faire à l’APF sont bien plus contextuels que structurels.
    Ce que je retiens des années difficiles passées en établissement et, plus tard, des trois ans de militantisme à la délégation de Charentes c’est une idée qui me semble constitutive de celle de militantisme : être au contact de personnes aux opinions parfois très différentes mais de la même condition sociale, victimes de la même domination. J’ai croisé beaucoup de personnes à la culture politique balbutiante, car il ne faut pas sous estimer les dégâts que peuvent produire une vie passée en internat ou soumis à la culture validiste de la tragédie. En terme de stratégie, je n’ai pas de réponse toute faite mais l’élitisme et l’entre soi m’a toujours semblé être un risque. C’est pour ça que j’ai toujours trouvé dans ces différentes rencontres beaucoup de richesses.

    Encore plus particulier : la loi de février 2005
    Il n’est peut être pas la peine de tenter de prouver à quel point les militant.e.s de l’APF (comme ceux d’autres associations) ont poussé le gouvernement à faire cette loi de 2005, imparfaite évidemment qui a, notamment, eu le tort de sortir les services sociaux (pour en faire des institutions financées par l’Etat) des délégations APF (organes du mouvement présent dans chaque département).
    C’est cette loi qui instaure (pour le moment) la PCH qui nous permet de vivre (à peu près) de manière autonome. Même si d’autres associations (en particulier la CHA) sont à l’origine de cette revendication, l’APF y est aussi pour beaucoup.
    A propos du versant sur l’accessibilité, c’est à la fin de l’échéance que je me suis trouvé à militer à l’APF, je sais donc à peu près ce qu’il s’y est passé. En 2013 le constat fait était que, tant au niveau gouvernemental que médiatique, rien n’avait été fait pour permettre la mise en application de cette partie de la loi. Et qu’étant donné l’inertie du gouvernement à la faire appliquer avant l’échéance, rien ne serait fait pour punir les établissements ne respectant pas la loi. L’APF a donc alerté le gouvernement sur ce constat avec le raisonnement suivant : nous attendons l’accessibilité de la société depuis l’ordonnance de 1975 nous pouvons bien attendre trois ans de plus. Mais à condition d’avoir des garanties. C’est donc d’arrache pied que deux personnes expertes salariées par l’APF ont participé pendant un an à la commission parlementaire mise en place. Ils m’ont racontés la surdité totale de cette commission peuplée de lobbies des professions libérales et des commerçants. La suite, nous la connaissons : les ADAPs et le recul grotesque qu’ils ont formalisé. Et c’est entre autre pour ça que je n’ai pas participé à la campagne « non au report ».
    La certitude que j’ai eu et que j’ai encore aujourd’hui c’est que l’APF aurait du mobiliser ses membres en même temps que ces négociations se faisaient. Car cette loi était loin de pouvoir se discuter entre personnes de bonnes volonté et sans un rapport de force appuyé par la rue.

    Et pourquoi un si long courrier ?
    Ce qui me pousse encore à adhérer à l’APF c’est, à tout sujet, la conviction que c’est le nombre de personnes de même condition qui permet de faire levier agissant. Malgré l’état déplorable de la conscience politique des personnes handicapées en France aujourd’hui, quelque chose est encore construit du côté de l’APF : une masse de membres, une organisation, des moyens humains et financiers.
    Je vous l’ai dit je trouve le manifeste modèle en beaucoup de points et l’idée me réjouissait de pouvoir discuter avec vous. Il me paraitrait d’ailleurs important, voire essentiel de pouvoir diffuser celui-ci en y trouvant d’autres appuis.
    Je pense que nous traversons une époque terrible, et vraiment pas seulement au sujet des personnes handicapées. Si mon courrier, et en particulier les points qui objectiveront peut être un désaccord, ne vous semblent pas rédhibitoire à un travail en commun, je serai heureux de pouvoir rejoindre le CLHEE. Dans tous les cas, j’espère que nous pourrons dialoguer.

    • Ca fait plaisir de te lire à nouveau @unvalide après tout ce temps. Tes chroniques ciné et les discutions sur les films avec toi me manquent. Merci pour tes écrits sur le handicape, le validisme et le CLHEE, APF, je vais lire tout ca attentivement.

    • Le lien gendertrouble ne fonctionne pas.
      Pour le texte infokisoques sur le validisme je reconnais des choses que j’ai pu voire et faire ou pensé en tant que valide. Ca met bien les points sur les I, en langage neutre en plus c’est classe.
      Il y a une question que je me pose (une question validocentrique sorry) , par rapport à cette partie :

      Le/la valide ne dit jamais qu’il-e est valide, il-e dit “je ne suis pas handicapé-e”. Il-e a besoin de négation pour se considérer un minimum existant, apte.

      « je ne suis pas handicapé-e » vs « je suis valide » je ne comprend pas exactement pourquoi l’un passe mieux que l’autre. Avec le couple valide-unvalide c’est la personne en situation de handicape qui se retrouve avec une négation, ou une privation, alors que quant on dit « handicapée VS pas-handicapé-e », c’est la personne valide qui se trouve niée.
      Dans la tournure « je ne suis pas handicapé-e » ce qui me semble le plus problématique c’est le verbe être, qui renvoie à une essence, alors que le verbe avoir ne produit pas cet effet. Du coup j’aurais tendance à dire « je n’ai pas de handicape » mais c’est peut être la même chose. Bref si tu as la patience de m’éclairé je suis preneuse.

  • Ce que la mode des jouets anti-stress révèle à propos des discriminations validistes | Aiyana Bailin
    http://www.zinzinzine.net/la-mode-des-jouets-anti-stress-revele-des-discriminations-validistes.htm

    Je suis en colère par rapport à la mode soudaine des jouets anti stress, mais sans doute pas pour les raisons que vous imaginez. Je ne suis pas en colère qu’ils soient distrayants dans les salles de classe, ni qu’ils sont insupportablement tendance. Je suis furieuse parce qu’elle révèle des structures de pouvoir et la pathologisation des personnes handicapées par les personnes non handicapées. Source : Thinking person’s guide to autism via Zinzin Zine

  • Un médecin risque la radiation pour ses propos sur l’extermination des handicapés - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/06/25/un-medecin-risque-la-radiation-pour-ses-propos-sur-l-extermination-des-ha

    « Nazis », « cyanure », « stérilisation »… Dans la salle d’audience où il est question de personnes handicapées, les propos choquent. Certaines personnes soupirent. Jean-François Pion, lui, reste stoïque. Assis derrière son avocat, le médecin cherbourgeois écoute attentivement le compte rendu fait par le magistrat rapporteur. Il est un peu plus de 11 heures, samedi. Généraliste à Cherbourg dans la Manche, l’homme comparaît devant la chambre disciplinaire de l’ordre régional des médecins de Basse-Normandie, à Caen (Calvados).

    L’agence régionale de santé (ARS) lui reproche des propos tenus au chevet d’un patient handicapé, le 21 janvier dernier. Le praticien aurait notamment défendu « la logique de la solution finale des nazis ». Lui ne nie pas les propos au cœur de la polémique. Il les nuance. Les minimise. C’est une infirmière de la maison d’accueil spécialisé (MAS) de la Glacerie, une commune de 5 900 habitants, du Nord-Cotentin, qui a rapporté les faits à sa hiérarchie. Cette dernière a saisi l’ARS, qui a transféré le dossier au conseil de l’ordre des médecins.

    L’établissement accueille des personnes lourdement handicapées, dont l’état de santé nécessite une surveillance et des soins constants. Il y a cinq mois, l’infirmière et le docteur Pion attendent à la MAS une ambulance qui doit transporter un patient grabataire vers l’hôpital de Cherbourg. Dans le bureau des infirmières, le médecin partage alors ses réflexions sur la place dans la société « des neuneus » hébergés au sein de l’établissement. Pendant quarante minutes, le généraliste développe sa réflexion. Il aborde le sort réservé aux handicapés et aux homosexuels par le régime nazi. Le médecin évoque leur extermination. Jean-François Pion explique alors à son interlocutrice que « les nazis ont pris les individus qui ne ser v aient à rien dans la société », détaille le magistrat rapporteur. Face à l’infirmière, perplexe, il ajoute que seuls ceux qui ont servi de cobayes « ont été utiles, de cette façon ». Pour le généraliste : « Si on parle de façon intellectuelle, c’est logique. »

    A la barre, le Cherbourgeois explique qu’il n’a pas été compris par l’infirmière. C’est tout. Il s’agissait « d’un discours philosophique », nuance le praticien qui poursuit son argumentaire. Le tribunal devient sa tribune. Il nie défendre l’eugénisme, mais s’inquiète « de générations entières de personnes sous tutelle ou curatelle ».

    Jean-François Pion s’interroge sur les solutions à mettre en œuvre « pour éviter que ces situations se reproduisent ». Face à des magistrats abasourdis, il évoque alors les résultats des politiques de stérilisation forcée menées en Norvège et en Angleterre. Le médecin est catégorique : en France, « ces patients deviennent des cas sociaux ». L’avocate de l’ARS, elle, enfonce le clou : « Un médecin n’a pas le droit de dire qui doit vivre ou mourir. » La chambre disciplinaire a mis son jugement en délibéré. La décision devrait être rendue dans un peu moins d’un mois.

    #eugénisme #validisme #capacitisme #nuisible #stérilisation #nazisme #violence_médicales #cas_sociaux

  • Le féminisme intersectionnel, c’est quoi ? | Les Glorieuses
    https://lesglorieuses.fr/intersectionnalite


    Z’ont oublié le #validisme

    L’#intersectionnalité permet d’intégrer les différences entre les femmes, permettant d’aller au delà de la notion même de féminisme. Ce prisme offre aussi un nouvel espace de visibilité aux femmes qui subissent à la fois le sexisme et le racisme et par extension, le sexisme et le classisme, le sexisme et l’homophobie, le sexisme et la transphobie, mais aussi transphobie, homophobie, classisme et racisme au sein du féminisme.

  • La discrimination positive ? Toi-même ! | Page Seauton | Audrey Alwett
    http://www.audreyalwett.com/la-discrimination-positive-toi-meme/#more-576

    On peut mettre le doigt sur n’importe quelle inégalité : la sous-représentation des femmes dans la fiction, des personnes racisées ou handicapées. On s’interroge, et tel un génie sorti de sa lampe, apparaît toujours une personne pour s’exclamer : « On ne va quand même pas faire de la discrimination positive ?! » Et de pousser des cris outragés, tant ce serait injuste. Sauf que…

    la discrimination positive, c’est peut-être cette personne qui en a bénéficié toute sa vie.
    Toi, la personne valide qui occupe le poste d’un handicapé nettement plus compétent que toi, qu’on vient juste de virer parce qu’avec son pépin cardiaque, il risque peut-être d’être hospitalisé à un moment gênant pour l’entreprise. Tu as bénéficié de discrimination positive.

    Toi, le jeune stagiaire qui a moins de diplômes et d’expérience que ta collègue, mais à qui on donnera le CDI tout de même, parce que l’autre peut tomber enceinte, à son âge. Tu as bénéficié de discrimination positive.

    Toi, la personne blanche qui vient de décrocher l’appartement de tes rêves, tu étais en compétition avec un Arabe qui avait un meilleur dossier que toi, mais le propriétaire s’est dit qu’avec toi, au moins, il n’y aurait pas d’ennui et puis l’autre a peut-être des cousins terroristes. Tu as bénéficié de discrimination positive.

    #discrimination #privilège #domination #sexisme #racisme #capacitisme #validisme

  • Parce qu’un contact citait la zetetique comme source fiable, j’me suis rapelée d’un texte lu y’a un moment et que je n’ai pas trouvé ici. Je vous le partage donc (en plus il a le bon goût de ne pas parler que de ça et d’être super bien écrit)

    #Zététique et #Féminisme
    http://lechodessorcieres.net/zetetique-et-feminisme

    /.../ j’ai commencé à comprendre que j’étais féministe, sans le savoir là aussi. Non, le mot “féministe” n’est pas une insulte. J’ai pleinement embrassé cette manière de vouloir changer les choses et les outils zététiques m’ont été précieux. La découverte des biais cognitifs et des différents sophismes m’a permis de comprendre ce qui se cachait souvent derrière les discours sexistes ou pseudo-égalitaristes : une volonté de surtout ne jamais changer l’ordre établi.

    Tout a été parfait dans le meilleur des mondes durant plusieurs mois, et puis ces deux univers ont commencé à entrer en collision. Je lisais souvent dans les groupes zét des propos vraiment limite. Cela a été jusqu’à ce jour où une personne a pu tenir tranquillement des propos transphobes sans jamais être remise en question. /.../

    #epistemologie, #scepticisme, #zetetique, #sexisme, #racisme, #homophobie, #validisme, #classisme, #oppressions_systemiques

    • La zététique sur les questions politiques est très diversifié. Participant a divers de ces mouvements, on y trouve de tout. Par ex. je suis impliqué dans un groupe qui précisément essaye de prendre en compte le militantisme et regarde les questions de sexisme et de féminisme avec justement de la documentation, pour contrer d’autres sceptiques qui aurait des a priori sur tout cela.
      La science n’a pas a dire ce qui est bon ou mauvais, mais a décrire ce qu’il se passe, c’est ensuite a nous de prendre position sur le bon ou le mauvais.
      Sur la manière de faire du scepticisme du point de vue de la méthode (et pas de la politique), j’ai écris ça :
      http://florianolivier.blogspot.fr/2017/01/reflexions-sur-quelques-methodes.html

      Et merci en tout cas pour m’avoir contacté.
      Par ex. les militants sceptiques que je connais et qui sont engagé dans le féminisme ou antipatriarcat, prennent a coeur justement de lister et d’avoir toujours a porter un ensemble d’étude qui rappelle clairement les inégalités du aux stéréotypes de genres.

  • #Meghan_Murphy : À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, rappelons-nous du véritable sujet du féminisme : les femmes
    http://tradfem.wordpress.com/2017/03/09/a-loccasion-de-la-journee-internationale-des-droits-des-femmes-ra

    Des gens nous répètent constamment que le féminisme est pour tout le monde. Ce « féminisme » n’a rien d’inquiétant – tout ce qu’il signifie est « l’égalité ». Mais ces gens ont tort. Le féminisme n’est pas à propos de tout le monde, et peut-être que celles et ceux qui sont effrayés par ce mot ont raison de l’être. Le féminisme est à propos des femmes. Et si vous n’aimez pas cela, vous n’allez probablement pas aimer beaucoup le féminisme.

    La semaine dernière, les médias ont publié des allégations voulant que le « féministe masculin » Jamie Kilstein se soit comporté de manière prédatrice et violente à l’égard de femmes. Ce comédien et (maintenant ex) coanimateur de Citizen Radio, un populaire podcast engagé, a longtemps été accueilli par des féministes libérales américaines qui présentaient Kilstein comme exemple d’un véritable « féministe masculin ». Dans la revue Mic, Lauren Rankin écrit : « Les comédiens féministes masculins comme Jamie Kilstein et John Knefel contribuent à rendre le féminisme accessible et cool pour les jeunes hommes qui risquent de ne pas pouvoir le comprendre autrement. Les alliés féministes masculins peuvent rejoindre les hommes plus jeunes d’une manière dont les femmes sont sans doute incapables. »

    Même si je crois bel et bien que les hommes doivent remettre en question leurs confrères et les détourner de choses comme la virilité et la violence masculine, la préoccupation principale de Rankin, constamment répétée par d’autres voix libérales, me semble inquiétante. Elle se résume à « Comment faire pour aller chercher plus d’alliés féministes masculins ? »

    C’est une question étrange.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://i-d.vice.com/en_gb/article/on-international-womens-day-lets-remember-what-feminism-is-really-about-wo

    Meghan Murphy est écrivaine et journaliste indépendante, secrétaire de rédaction du soir pour le site rabble.ca, et fondatrice et directrice du site Feminist Current. Elle a obtenu une maîtrise au département d’Études sur les femmes, le genre et la sexualité de l’Université Simon Fraser en 2012. Elle travaille actuellement à un livre qui invite à un retour vers un féminisme plus radical, rappelant la deuxième vague et ancré dans la sororité.

    Meghan a commencé sa carrière radiophonique en 2007, dans une caravane installée au milieu d’un champ de moutons. Son émission s’appelait « The F Word » et était diffusée à partir d’une toute petite île au large des côtes de la Colombie-Britannique. Elle a pleinement profité de la liberté que lui laissait cette radio pirate : buvant de la bière à l’antenne, lisant des passages d’Andrea Dworkin, et passant du Biggie Smalls. Elle est revenue à Vancouver, où elle a rejoint l’émission de radio nommée, coïncidence, elle aussi « The F Word », qu’elle a produite et animée jusqu’en 2012.
    #feminist_current #journée_internationale_de_luttes_pour_les_droits_des_femmes #violences_masculines #féminisme_inclusif #Andrea_Dworkin

  • Hating #Comic_Sans Is #Ableist
    https://theestablishment.co/hating-comic-sans-is-ableist-bc4a4de87093

    he day my sister, Jessica, discovered Comic Sans, her entire world changed. She’s dyslexic and struggled through school until she was finally diagnosed in her early twenties, enabling her to build up a personal set of tools for navigating the written world.
    “For me, being able to use Comic Sans is similar to a mobility aid, or a visual aid, or a hearing aid,” she tells me while we’re both visiting our family in Maryland. “I have other ways of writing and reading, but they’re not like they are for someone who’s not dyslexic.”

    #typo #validisme #dyslexie

  • « On réduit davantage les femmes à leur handicap que les hommes » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2016/11/15/on-reduit-davantage-les-femmes-a-leur-handicap-que-les-hommes_1528559

    Etre une femme est déjà une source de discrimination au travail, mais c’est pire quand on est femme ET handicapée. Voilà le constat dressé lundi par le Défenseur des droits dans un rapport intitulé « L’emploi des femmes en situation de handicap », qui pointe le fait que celles-ci soient davantage mises à l’index que les hommes handicapés (déjà pas bien lotis).

    Le Défenseur des droits a décidé de se saisir de cette question après avoir été interpellé par l’association Femmes pour le dire, femmes pour agir (FDFA), qui compte 250 adhérentes et milite pour les droits des femmes handicapées. Sa présidente, Maudy Piot, revient sur les discriminations spécifiques que subissent ces citoyennes.

    Les grandes associations de défense des personnes handicapées ne prennent pas position. Quand j’ai créé Femmes pour le dire, Femmes pour agir, en 2003, on m’appelait « la sale communiste » parce que j’osais parler des femmes handicapées. J’ai beaucoup galéré pour imposer le sujet. Les associations étaient présidées par des hommes, les femmes étaient les bonnes de ces messieurs. C’était impensable qu’une femme handicapée dise ce qu’elle pense [Maudy Piot est aveugle, ndlr].

    #femmes #handicape #discrimination #intersectionnalité #féminisme #validisme #domination_masculine