#validisme

  • Yes, we fuck !
    https://nantes.indymedia.org/articles/43393

    Six histoires autour de la sexualité et des diversités fonctionnelles, des histoires réelles et variées où le sexe est transformé en arme réjouissante au service aussi bien des personnes que des droits collectifs. Ce projet montre aussi bien ce que la sexualité peut apporter aux personnes avec des diversités fonctionnelles que comment la réalité des diversités fonctionnelles peut contribuer à la sexualité humaine.

    #anti #validisme #anti,validisme


  • https://vimeo.com/123177395

    Qu’est-ce que ce film fait comme bien (désolé, j’ai pas trouvé de sous-titres*) ; découvert au court d’une projo nocturne l’été dernier, sur le plateau, grace à la formidable équipe de cinéma itinérant « Cinéma voyageur » http://www.cinema-voyageur.org , le revoir est une joie.

    * pour des raisons incompréhensibles de moi, le film n’affichait pas de sous-titres lorsque je l’ai rematé sur Vimeo. Et incrusté dans Seenthis, j’en vois... Aaaah, quel mystère !

    #sexe #validisme #joie #trans #queer


  • Bordeaux : Assistantes auprès d’élèves handicapés, elles demandent un vrai statut
    https://www.20minutes.fr/bordeaux/2216683-20180207-bordeaux-assistantes-aupres-eleves-handicapes-elles-deman

    Ces auxiliaires, très majoritairement des femmes, ont des contrats avec de faibles quotas horaires, 20 heures pour la plupart, et une rémunération très basse, de l’ordre de 600 euros par mois. Elles peuvent prétendre à un passage en CDI au bout de six ans de travail en continu. « Je travaille comme AVS à Libourne depuis huit ans et je suis passée en CDI il y a un an, raconte Lydie, 46 ans. Il me manquait 15 jours sur les six années en continu exigées et il a fallu une bataille administrative de deux ans pour que je sois titularisée. Sans le comité, cela aurait été très compliqué ». Si elle fait partie de celles qui ont la chance d’être en CDI, avec un volume horaire d’environ 20 heures, elle a fait une demande pour travailler dix heures de plus, pour gagner un peu mieux sa vie.

    Depuis huit ans, Lydie s’occupe d’« un enfant autiste très particulier qui a besoin d’un accompagnement total » et dont elle suit les progrès. « Ses parents m’ont soutenu pour que j’obtienne mon CDI », sourit-elle, glissant qu’elle est vraiment « passionnée par ce qu’elle fait ». Dina, 43 ans, qui exerce depuis huit ans, s’occupe, elle aussi, d’un enfant autiste, scolarisé à Ambarès en classe de maternelle : « je lui propose des supports pédagogiques adaptés, je l’accompagne pendant les repas et je l’aide à devenir plus autonome, notamment pour sociabiliser. » Cette mère qui élève seule son enfant attend une réponse à sa demande de titularisation. « Je croise les doigts », livre-t-elle. Elle aussi souhaite augmenter son volume horaire de travail pour avoir un peu plus de stabilité.

    Le collectif a attiré l’attention du rectorat sur des cas emblématiques d’AVS présentant 9 à 14 ans d’ancienneté, sans être titularisées, tout en défendant une amélioration du statut pour les 4.000 AVS de l’académie. « Il y a une gestion qui se fait au coup par coup et qui aboutit au maintien d’un pool de précarité, lance Franck Dole, secrétaire CGT éducation. Et aussi beaucoup de mépris vis-à-vis de ces personnels ».

    #sexisme #discrimination #validisme #précarité #misogynie #pauvreté
    Voici comment l’éducation nationale organise la misère et la dépendance des femmes. Au passage je me demande quel est le ratio garçon-filles qui bénéficie de ces AVS et de scolarisation, j’ai comme l’impression qu’il y a surtout des garçons qui ont le droit à des AVS.

    ici on indique en 2007 - 2/3 de garçons scolarisé en disant que ca correspond à la répartition des handicaps, mais sans dire que la détection des handicaps est elle-même très discriminante contre les filles (cf - autisme et sexisme médical, sexisme psychiatrique, misogynie de la psychanalyse...)
    http://www.cndp.fr/bienlire/04-media/documents/etudesetresultats.pdf


  • A l’hôpital psychiatrique de Rennes, les patients « ne se plaignent pas, alors on s’en fout qu’ils souffrent »
    http://www.lemonde.fr/sante/article/2017/12/12/a-l-hopital-psychiatrique-de-rennes-les-patients-ne-se-plaignent-pas-alors-o

    Dans cet établissement employant plus de 2 000 personnes, « impossible de savoir le nombre de soignants en détresse », estime Jacques Meny, secrétaire de SUD-Santé pour l’hôpital. Un jour d’octobre comme un autre, alors qu’un énième soignant est venu faire part de ses idées noires, l’organisation syndicale a décidé d’« agir avant un drame, plutôt qu’après ». Le 6 novembre, plus d’une centaine de membres du personnel ont débuté une grève, qui a été reconduite mardi 12 décembre, marquant la sixième semaine d’un mouvement renouvelé quasiment chaque année.
    Ces « blocs de mal-être » accueillent 30 000 patients par an

    Demandez au personnel soignant ce qu’il pense des conditions de soins du CHGR, il résume ainsi la situation : aucun ne souhaiterait que lui ou ses « proches soit accueilli dans l’établissement ». Tous savent trop bien ce qu’il se passe derrière ces « blocs de mal-être » qui accueillent 30 000 patients chaque année. D’une même voix, les membres de l’hôpital dénoncent la « dégradation » de leurs conditions de travail, avec des conséquences sur « la prise en charge des patients ». Selon le personnel, la liste illustrant ce « délitement » est longue, et dramatiquement ordinaire...

    #paywall #psychiatrie #santé #surnuméraire #validisme


  • L’Académie Française un organe d’état pour la promotion du racisme et de la misogynie ;

    « L’un des objectifs de la campagne #balancetonporc était de noyer le poisson de l’islam : oubliée Cologne, oubliée la Chapelle-Pajol, oubliés les cafés interdits aux femmes à Sevran ou Rillieux-la-Pape, on traquait le sexisme là où il était une survivance honnie et l’on couvrait du voile pudique de la lutte contre les discriminations les lieux où il façonnait encore les mœurs. »

    et

    « L’écriture inclusive prétend remonter aux origines du mal. Le pouvoir des hommes commence dans les mots, affirment ses partisans. Alors, pour extirper les racines du viol, ils disent mécaniquement “celles et ceux”, “chacune et chacun”, “toutes et tous”, ils écrivent besogneusement “Les Marseillais·e·s ont déferlé” ou “vos député·e·s En marche !” et ils abîment un peu plus, par ce bégaiement ridicule, une langue qui n’avait vraiment pas besoin de ça. L’écriture inclusive est l’inepte caricature du féminisme originel. »

    « féminisme originel » Ah ces féministes quelles bande de pécheresse.
    Je sais qu’il y a pas grand chose à dire de #Finkielkraut mais comme c’est un de nos académicien j’archive ce que dit ce représentant de l’état sacré « Immortel » par la République Française.

    #racisme #islamophobie #misogynie #masculinisme #antiféminisme et n’oublions pas le #capacitisme ou #validisme avec sa moquerie du béguayement.
    #académie_française


  • Université : pas de #sélection, mais des conditions d’entrée
    https://www.mediapart.fr/journal/france/301017/universite-pas-de-selection-mais-des-conditions-dentree

    Jean-Michel Blanquer, Édouard Philippe et #Frédérique_Vidal © DR Les nouvelles modalités d’accès à l’enseignement supérieur ont été dévoilées le 30 octobre. Si l’option de la sélection sèche a été écartée, chaque filière aura dorénavant ses propres critères d’admission et des « attendus » seront réclamés aux étudiants. Passage en revue des principales annonces.

    #France #APB #jean-Michel_Blanquer #licence #Université

    • La ministre promet des places supplémentaires dans les filières dites en tension au fil du quinquennat. Si les capacités d’accueil d’une filière sont épuisées, les universités pourront en dernier recours en refuser l’accès aux étudiants. Les établissements d’enseignement supérieur auront accès aux dossiers scolaires des candidats, et pourront admettre en priorité les meilleurs élèves ou ceux qui auront par exemple fait montre d’une motivation importante, décrite dans une lettre jointe au formulaire de candidature. Pour intégrer une filière de Staps, la pratique antérieure d’une activité sportive pourra être prise en compte par exemple. Et ce même si cela peut générer des inégalités entre élèves favorisés et les autres.

      Les « attendus »

      Les prérequis avaient polarisé l’attention médiatique et politique. Désormais, sous l’effet d’une rénovation sémantique, il faudra parler « d’attendus », moins connotés. En théorie, les élèves seront mieux orientés car en amont, ils auront pris connaissance du taux de réussite et d’insertion de chaque filière et de ces « attendus » pour chaque cursus. Un élève qui n’aurait pas le niveau requis devra suivre une remise à niveau obligatoire et personnalisée, selon les lacunes de l’élève au regard de ses bulletins scolaires et l’avis de ses professeurs de Terminale. Ces remises à niveau pourront durer jusqu’à un an et pourraient aussi être effectuées sous la forme de #Moocs, ces cours en ligne gratuits sanctionnés par un examen final. Ces attendus revêtiront un caractère national. Toutes les facultés de droit auront les mêmes exigences mais au niveau local, les établissements pourront édicter des spécificités liées à la formation dispensée.

      [...] Le lycée mis à contribution

      Le gouvernement entend introduire plus « d’humain » dans le processus d’orientation. Un nouveau maillon intervient. Le conseil de classe du deuxième trimestre formulera officiellement un avis sur chaque vœu d’orientation des élèves. Les enseignants sont désormais associés au processus et leur recommandation, jointe au dossier des candidats, sera prise en compte par chaque université. En revanche, il faut veiller à ce que les professeurs puissent juger dans leur globalité des capacités d’un élève et non pas uniquement sa propre matière. Sans compter qu’il s’agit d’une demande supplémentaire. Le conseil de classe du premier trimestre fera ainsi une première recommandation. Celui du deuxième trimestre donnera officiellement un avis sur ses choix d’orientation, qui sera transmis aux universités.



  • Handicap et accessibilité dans le métro parisien : à quand plus de transparence ? | Bondy Blog
    http://www.bondyblog.fr/201709270824/handicap-et-accessibilite-dans-le-metro-parisien-a-quand-plus-de-transpare

    Le 21 septembre, le journal britannique The Guardian publie une enquête sur l’accessibilité des métros aux fauteuils roulants dans plusieurs grandes villes du monde. Résultat : le pire est le métro parisien. Il ne compte que 9 stations sur 303 entièrement accessibles. Une situation dénoncée par Marina Carlos, paraplégique.

    #validisme #ratp #accessibilité #metro #discrimination


  • « L’administration est dans ton corps »
    Validisme, fauteuils électriques et dignité. Entretien avec Zig Blanquer

    Par Joëlle Kehrli

    Zig Blanquer est le rédacteur de la chronique « Usure des mots » dans la revue Jef Klak . Le 19 septembre 2017, cet homme tétraplégique de 38 ans était au tribunal de Nantes. Il accuse un prestataire médical d’avoir mis cinq mois pour réparer son fauteuil électrique, l’immobilisant à son domicile durant toute cette période. Un enfermement non sans séquelles, dont ne se serait pas relevé Zig sans ressources militantes. À travers ce combat, c’est la lutte contre le « validisme » et le profit sans vergogne des entreprises qui est en jeu. Et pour la dignité de tou.te.s.

    http://jefklak.org/?p=4303

    En réalité, tu te rends compte que les décisions sont guidées par des médecins, dictées par les institutions financières, organisées par des services de prestataires médicaux ou d’aide à domicile – tout un ensemble sociétal valide qui a déjà décidé de quoi allait être faite ta journée, ta vie. Le validisme, c’est ça : comment, d’heure en heure, tu es dépossédé.e de tes choix, de tes volontés, de ton autonomie. Après, il y a la strate supérieure de la considération sociale : la façon dont, au guichet de la Poste, on ne t’adresse pas la parole, ou alors comme à quelqu’un qui viendrait de l’époque protozoaire – et ça continue comme ça, inlassablement. Il n’y a jamais (ou très rarement) de pause au validisme.

    Et, de façon inconsciente, ça fait une boule de discrimination, que tu avales au début parce que tu as l’impression que c’est normal, que c’est comme ça. Or toute vie mérite le respect des choix et la dignité. De nombreuses personnes me demandent comment j’en suis venu à une posture autonomiste… Probablement par quelque chose d’intersectionnel 6. Initialement, ma culture politique est queer, elle se situe plutôt du côté de tout ce qui est minorisation sexuelle, plutôt que par rapport au fait de pouvoir exister en tant qu’handi.e. Mais de fil en aiguille, j’ai constaté que le prisme de la discrimination que l’on applique aux minorités sexuelles convient parfaitement aux handicaps.


  • Bonjour à toutes et tous, plus de nouvelles de moi depuis un peu plus d’un an. Il y a un an j’ai trouvé ce manifeste :

    CLHEE – Collectif Lutte et Handicaps pour l’Egalité et l’Emancipation
    http://clhee.org

    Nous faisons l’amer constat qu’en France aucun mouvement militant, activiste et autonome de défense des personnes handicapées n’a pu voir le jour et s’installer durablement dans le paysage des luttes d’émancipation.

    J’ai trouvé ce manifeste et ce collectif "quasiment" modèle en tous points et touchant de très près la plupart de mes positions personnelles. Je dis "quasiment" car en vérité de nombreux points me posaient questions et remarques. Alors je leur ai écrit. Le courrier que voici. J’ai eu des réponses lapidaires me disant que les positions du CLHEE étaient non négociables alors que ce que je cherchais moi était de l’ordre du dialogue.
    Mon courrier :

    Je connais votre manifeste depuis sa parution en 2016. Celui-ci m’a fait beaucoup de bien et sur bien des points je peux m’y reconnaître. C’est donc d’abord une grande preuve de sympathie et d’égalité de niveau d’engagement que je voulais vous témoigner.

    Ma première admiration : ce que vous dites du validisme.
    En 2008, alors que je terminais ma licence, j’ai trouvé deux textes d’un certain Zig Blanquer qui m’ont retourné !
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/validisme.pdf
    http://gendertrouble.org/article135.html
    Ce gars-là écrivait ma vie. Je ne le connaissais pas et j’avais globalement l’habitude de côtoyer très peu de personnes handicapées. Mais ces textes mettaient le doigt sur des choses infimes, des petits détails (notamment ce second texte qui parlait très intimement de sa vie amoureuse) que j’avais pensés mais sans pour autant être capable de mettre en mots. Et ce premier texte contenait le terme validisme et d’ailleurs, vous me le direz, je crois que c’est lui qui a inauguré ce terme. Il s’en est suivi trois ans de grande admiration de mon côté. Le texte sur le validisme avait un ton plein d’énergie, de sarcasmes, et de jeunesse. Quelque chose d’énervant et d’irrévérencieux. C’était délectable.
    Alors en lisant ce manifeste, j’ai vu théorisé ce terme de validisme jusqu’à en faire un concept pouvant s’inscrire dans le paradigme des terrains de luttes sociales. C’était nécessaire de politiser le terrain social de l’invalidité. Exprimer le rapport de domination qui s’exerce dans toute les sphères de la société. Voilà d’abord pourquoi j’espère que ce manifeste fera date.

    Une altérité fertile.
    Sur la question de l’accompagnement sexuel, question venue de nulle part et créée, je le crois, de toutes pièces par quelques professionnels constatant leur propre incompétence, puis relayée par des médias affamés, j’ai cru voir un miroir de mes propres positions.
    En fait un miroir, pas tout à fait ! Car ce chapitre du manifeste n’est pas absolument identique à ce que j’exprime dans mon « petit pamphlet ».
    En toute première analyse, le manifeste du CLHEE, semble décrire des positions féministes qu’on désigne aujourd’hui par abolitionnistes c’est à dire contre toute forme de prostitution. Mon pamphlet n’emprunte pas cette voie. Pardonnez-moi mais ce n’est pas sur ce point que j’y vois une différence notable.
    Si je vois une différence entre mon texte et le manifeste, c’est sur la forme et on aurait bien tort d’y voir un aspect mineur.
    Même si j’ai toujours refusé l’appellation de « témoignage » pour mon texte, beaucoup de librairies et journaux l’ont étiqueté sous cette appellation que je trouve infiniment réductrice. Il est vrai que je ne me prive pas de dire « je », mais je tente de m’éloigner de la position individuelle pour essayer de réfléchir et pour en tirer quelque chose de politique. C’est donc un enjeu collectif que je vise.
    Mais il reste un certain point aveugle à mon pamphlet. Le point de vue individuel ne peut rien répondre au témoignage : « oui, Rémi mais moi je souffre ! ». Et cette réponse, je l’ai triturée dans tous les sens et je ne sais quoi dire. J’ai bien essayé mais je n’en suis pas tout à fait fier : https://seenthis.net/messages/350003 .
    Sur cette question le manifeste du CLHEE présente une forme particulière qui éloigne infiniment le risque de témoignage : un certain ton, précisément, de manifeste politique... La dimension universitaire et/ou sociologique est de nature à agréger du collectif. Le manifeste me semble une prise, dont beaucoup pourraient se saisir. Bravo.
    Appréhender le manifeste comme un miroir me permet alors de poser sur mon propre texte un regard différent. Je constate un certain ton cabotin. Je m’aperçois que le potentiel collectif de certains arguments sont un peu dilué dans le risque de « témoignage ». Merci.

    L’intersectionnalité et la totalité.
    J’ai découvert le terme intersectionnalité il n’y a pas très longtemps et je ne le maitrise pas encore très bien dans ce qu’il représente théoriquement en dehors de l’idée d’oppression multiple. Mais l’idée que je retiens comme phare à ce manifeste me semble être : pas de lutte contre le validisme sans lutte contre le capitalisme, le sexisme, le racisme, l’homophobie, l’impérialisme et réciproquement. C’est l’idée qu’aucune activité revendicative du côté du handicap ne peut être cohérente et ne peut avoir de sens que si elle est explicitée, à minima, comme politique et généralement que si elle s’inscrit dans la totalité des luttes sociales existantes.
    De ce côté-là, nous sommes encore loin de tout ce que nous pourrions espérer. D’un côté, le monde est loin de reconnaître ce terrain de lutte sociale. Et de l’autre, les organes constitués disposant de leviers agissant ont beaucoup de retard culturel sur les questions de lutte contre le validisme.

    Des institutions en général...
    Je trouve donc dans le manifeste du CLHEE un niveau politique et intellectuel très poussé de nature à lui donner son caractère de manifeste. C’est à dire un texte politique faisant dialoguer un ensemble de positions individuelles et restituées sous la forme d’une parole qui a vocation, elle, à être collective. Mais il me semble qu’un certain côté pêche par son dogmatisme et son manque d’enquête.
    Même si, jusqu’à 18 ans j’ai vécu chez mes parents, même si les trois années suivantes passées en internat spécialisé ont été terribles, je ne perçois pas bien le clivage qui rendrait une vie à domicile individuel généralement et forcément plus épanouie qu’une vie en internat. Encore plus, l’ensemble de ce manifeste me semblerait représenter des prises de positions défendables, y compris, dans les internats spécialisés eux-mêmes.
    Je crois, à vrai dire, reconnaître dans les positions anti-institutionnelles exprimées par le CLHEE un réflexe issu de l’époque, peut être encore trop actuelle, où il fallait revendiquer le comme les autres, qu’il s’agisse de l’éducation ou de tout autre élément du parcours d’un.e citoyen.ne lambda. Je crois y reconnaître la colère de ceux et celles qui ont toujours dû se battre individuellement, et parfois jusqu’à épuisement , pour mener leur vie comme ils et elles l’entendaient.
    J’y ai même l’impression que la vie seule ou en couple dans un domicile dont on serait locataire ou propriétaire est hissée dans ce manifeste au rang de mode de vie parfaitement idéale, ce qui, à sa manière, essentialise et normalise les personnes handicapées. Alors que ce manifeste réclame l’inscription des luttes qui concernent le handicap dans toutes les luttes sociales, nous nous retrouvons à courir derrière un mode de vie valide, alors même que ce mode de vie occidental et bourgeois est, partout, remis en cause. Ce qui nous sépare radicalement du reste des luttes sociales.
    Je m’interroge alors. Que voulons-nous dire par institutions ? Frédéric Lordon considère que, du simple passage piéton à l’idée de nation toute entière, une institution est la forme que l’humanité se donne pour exprimer un choix collectif. Si on approfondit cette expérience de pensée, on se rend bien compte que, quotidiennement, notre vie est régie par pléthore d’institutions. Toujours pour partir de mon expérience personnelle, je suis locataire d’un bailleur social qui est une institution, depuis un an je me rends fréquemment au CHU de Rennes qui est une institution, un SAVS fait intervenir chez moi régulièrement une assistante sociale et c’est évidemment une institution, avant mes 18 ans, je grandissais au domicile parental qui était aussi une institution, je fais aujourd’hui des films produits par The Kingdom qui est une société donc une institution. Matériellement, chacune de celles-ci peut se rendre coupable à mon égard de privation de liberté voire même de maltraitance. Il se trouve que ce n’est pas le cas. Dès lors je ne vois, à priori, rien qui condamne les internats spécialisés à la privation de liberté et à la maltraitance. Et si aujourd’hui vous observez ceci, cela me semble être une raison de plus d’y militer. Car la privation de liberté et la maltraitance sont intolérables et ne doivent s’exprimer nulle part. Pas la peine de voir dans la situation actuelle ce qui justifierait d’exclure la totalité des personnes handicapées vivants en internat spécialisé d’une lutte en raison de son mode de vie « institutionnalisée ».

    ...et de l’APF en particulier
    Parce que ma mère y a été responsable de délégation depuis mes 12 ans, et que j’ai choisi d’y être militant actif depuis la fin de mes études en 2012, je connais un peu l’histoire et l’organisation de cette gigantesque association. J’ai aujourd’hui choisi d’arrêter d’y être actif mais je crois y avoir suffisamment milité pour me rendre compte de l’énorme inertie dont elle fait preuve en terme d’actions et de revendications. Je ferai donc bien volontiers le constat du manque total d’efficacité actuelle de celle-ci. Mais je suis toujours gêné lorsqu’on la présente comme quelque chose qui pourrait ressembler à l’ennemi principal.
    En premier lieu parce que les valeurs de liberté et d’autonomie des personnes handicapées me semblent être à la base de la création de l’APF comme elles sont encore aujourd’hui leurs motifs théoriques principaux.
    Ce qui me semble toutefois être à l’origine de la situation actuelle où quelques militant.e.s se retrouvent à voir en l’APF un participant/gestionnaire du validisme de toute la société, c’est un choix fait par cette association il y a déjà très longtemps.
    Car à l’origine l’enjeu principal, et ce qui était absolument indispensable, c’était que la société reconnaisse enfin le besoin des premiers activistes de ne plus vivre chez leurs parents. Les premiers établissements ont donc été une victoire et un gain de liberté et d’autonomie. Ainsi cette toute jeune association pouvait revendiquer une expertise et une reconnaissance auprès des organes du gouvernement. C’est ici que cette association s’est vue proposée, et a accepté, un rôle de gestionnaire d’établissement.
    Mais j’insiste toujours pour dire que l’APF est une association de personnes handicapées, rien à voir avec le fameux : « parents et ami.e.s ».
    Très tôt également, il a été choisi de conserver les fonctions de revendication des droits des personnes handicapées. Ainsi depuis très longtemps l’APF est, aussi bien dans ses participants, que dans la gestion de ses fonds, que dans son organisation, constituée de deux branches : une branche gestionnaire de dizaines d’établissements, très largement financée par l’Etat, et une branche, politique, auprès de laquelle le gouvernement ne délègue rien du tout : le mouvement. Ce fonctionnement est aussi une des garanties qui a permis que le mouvement ait toujours un contrôle sur les établissements, en terme d’autonomie et de prévention de l’enfermement et de la maltraitance. Je ne sais pas du tout à quel point les débats sont en cours pour que la partie associative/revendicative se détache de la partie gestionnaire pour reprendre une fonction plus radicale qu’aujourd’hui. Ce que je sais c’est que lorsque j’y étais actif beaucoup de militant.e.s ne se gênaient pas pour critiquer ouvertement certaines positions de la partie gestionnaire.
    Ainsi il faut toujours garder en tête qu’en terme politique, c’est bien des personnes handicapées qui orientent cette association. Certes, ceci ne garantit aucune orientation politique mais je crois que ce rapide et imparfait historique permet de constater que les reproches que l’on peut faire à l’APF sont bien plus contextuels que structurels.
    Ce que je retiens des années difficiles passées en établissement et, plus tard, des trois ans de militantisme à la délégation de Charentes c’est une idée qui me semble constitutive de celle de militantisme : être au contact de personnes aux opinions parfois très différentes mais de la même condition sociale, victimes de la même domination. J’ai croisé beaucoup de personnes à la culture politique balbutiante, car il ne faut pas sous estimer les dégâts que peuvent produire une vie passée en internat ou soumis à la culture validiste de la tragédie. En terme de stratégie, je n’ai pas de réponse toute faite mais l’élitisme et l’entre soi m’a toujours semblé être un risque. C’est pour ça que j’ai toujours trouvé dans ces différentes rencontres beaucoup de richesses.

    Encore plus particulier : la loi de février 2005
    Il n’est peut être pas la peine de tenter de prouver à quel point les militant.e.s de l’APF (comme ceux d’autres associations) ont poussé le gouvernement à faire cette loi de 2005, imparfaite évidemment qui a, notamment, eu le tort de sortir les services sociaux (pour en faire des institutions financées par l’Etat) des délégations APF (organes du mouvement présent dans chaque département).
    C’est cette loi qui instaure (pour le moment) la PCH qui nous permet de vivre (à peu près) de manière autonome. Même si d’autres associations (en particulier la CHA) sont à l’origine de cette revendication, l’APF y est aussi pour beaucoup.
    A propos du versant sur l’accessibilité, c’est à la fin de l’échéance que je me suis trouvé à militer à l’APF, je sais donc à peu près ce qu’il s’y est passé. En 2013 le constat fait était que, tant au niveau gouvernemental que médiatique, rien n’avait été fait pour permettre la mise en application de cette partie de la loi. Et qu’étant donné l’inertie du gouvernement à la faire appliquer avant l’échéance, rien ne serait fait pour punir les établissements ne respectant pas la loi. L’APF a donc alerté le gouvernement sur ce constat avec le raisonnement suivant : nous attendons l’accessibilité de la société depuis l’ordonnance de 1975 nous pouvons bien attendre trois ans de plus. Mais à condition d’avoir des garanties. C’est donc d’arrache pied que deux personnes expertes salariées par l’APF ont participé pendant un an à la commission parlementaire mise en place. Ils m’ont racontés la surdité totale de cette commission peuplée de lobbies des professions libérales et des commerçants. La suite, nous la connaissons : les ADAPs et le recul grotesque qu’ils ont formalisé. Et c’est entre autre pour ça que je n’ai pas participé à la campagne « non au report ».
    La certitude que j’ai eu et que j’ai encore aujourd’hui c’est que l’APF aurait du mobiliser ses membres en même temps que ces négociations se faisaient. Car cette loi était loin de pouvoir se discuter entre personnes de bonnes volonté et sans un rapport de force appuyé par la rue.

    Et pourquoi un si long courrier ?
    Ce qui me pousse encore à adhérer à l’APF c’est, à tout sujet, la conviction que c’est le nombre de personnes de même condition qui permet de faire levier agissant. Malgré l’état déplorable de la conscience politique des personnes handicapées en France aujourd’hui, quelque chose est encore construit du côté de l’APF : une masse de membres, une organisation, des moyens humains et financiers.
    Je vous l’ai dit je trouve le manifeste modèle en beaucoup de points et l’idée me réjouissait de pouvoir discuter avec vous. Il me paraitrait d’ailleurs important, voire essentiel de pouvoir diffuser celui-ci en y trouvant d’autres appuis.
    Je pense que nous traversons une époque terrible, et vraiment pas seulement au sujet des personnes handicapées. Si mon courrier, et en particulier les points qui objectiveront peut être un désaccord, ne vous semblent pas rédhibitoire à un travail en commun, je serai heureux de pouvoir rejoindre le CLHEE. Dans tous les cas, j’espère que nous pourrons dialoguer.

    • Ca fait plaisir de te lire à nouveau @unvalide après tout ce temps. Tes chroniques ciné et les discutions sur les films avec toi me manquent. Merci pour tes écrits sur le handicape, le validisme et le CLHEE, APF, je vais lire tout ca attentivement.

    • Le lien gendertrouble ne fonctionne pas.
      Pour le texte infokisoques sur le validisme je reconnais des choses que j’ai pu voire et faire ou pensé en tant que valide. Ca met bien les points sur les I, en langage neutre en plus c’est classe.
      Il y a une question que je me pose (une question validocentrique sorry) , par rapport à cette partie :

      Le/la valide ne dit jamais qu’il-e est valide, il-e dit “je ne suis pas handicapé-e”. Il-e a besoin de négation pour se considérer un minimum existant, apte.

      « je ne suis pas handicapé-e » vs « je suis valide » je ne comprend pas exactement pourquoi l’un passe mieux que l’autre. Avec le couple valide-unvalide c’est la personne en situation de handicape qui se retrouve avec une négation, ou une privation, alors que quant on dit « handicapée VS pas-handicapé-e », c’est la personne valide qui se trouve niée.
      Dans la tournure « je ne suis pas handicapé-e » ce qui me semble le plus problématique c’est le verbe être, qui renvoie à une essence, alors que le verbe avoir ne produit pas cet effet. Du coup j’aurais tendance à dire « je n’ai pas de handicape » mais c’est peut être la même chose. Bref si tu as la patience de m’éclairé je suis preneuse.


  • Ce que la mode des jouets anti-stress révèle à propos des discriminations validistes | Aiyana Bailin
    http://www.zinzinzine.net/la-mode-des-jouets-anti-stress-revele-des-discriminations-validistes.htm

    Je suis en colère par rapport à la mode soudaine des jouets anti stress, mais sans doute pas pour les raisons que vous imaginez. Je ne suis pas en colère qu’ils soient distrayants dans les salles de classe, ni qu’ils sont insupportablement tendance. Je suis furieuse parce qu’elle révèle des structures de pouvoir et la pathologisation des personnes handicapées par les personnes non handicapées. Source : Thinking person’s guide to autism via Zinzin Zine


  • Un médecin risque la radiation pour ses propos sur l’extermination des handicapés - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2017/06/25/un-medecin-risque-la-radiation-pour-ses-propos-sur-l-extermination-des-ha

    « Nazis », « cyanure », « stérilisation »… Dans la salle d’audience où il est question de personnes handicapées, les propos choquent. Certaines personnes soupirent. Jean-François Pion, lui, reste stoïque. Assis derrière son avocat, le médecin cherbourgeois écoute attentivement le compte rendu fait par le magistrat rapporteur. Il est un peu plus de 11 heures, samedi. Généraliste à Cherbourg dans la Manche, l’homme comparaît devant la chambre disciplinaire de l’ordre régional des médecins de Basse-Normandie, à Caen (Calvados).

    L’agence régionale de santé (ARS) lui reproche des propos tenus au chevet d’un patient handicapé, le 21 janvier dernier. Le praticien aurait notamment défendu « la logique de la solution finale des nazis ». Lui ne nie pas les propos au cœur de la polémique. Il les nuance. Les minimise. C’est une infirmière de la maison d’accueil spécialisé (MAS) de la Glacerie, une commune de 5 900 habitants, du Nord-Cotentin, qui a rapporté les faits à sa hiérarchie. Cette dernière a saisi l’ARS, qui a transféré le dossier au conseil de l’ordre des médecins.

    L’établissement accueille des personnes lourdement handicapées, dont l’état de santé nécessite une surveillance et des soins constants. Il y a cinq mois, l’infirmière et le docteur Pion attendent à la MAS une ambulance qui doit transporter un patient grabataire vers l’hôpital de Cherbourg. Dans le bureau des infirmières, le médecin partage alors ses réflexions sur la place dans la société « des neuneus » hébergés au sein de l’établissement. Pendant quarante minutes, le généraliste développe sa réflexion. Il aborde le sort réservé aux handicapés et aux homosexuels par le régime nazi. Le médecin évoque leur extermination. Jean-François Pion explique alors à son interlocutrice que « les nazis ont pris les individus qui ne ser v aient à rien dans la société », détaille le magistrat rapporteur. Face à l’infirmière, perplexe, il ajoute que seuls ceux qui ont servi de cobayes « ont été utiles, de cette façon ». Pour le généraliste : « Si on parle de façon intellectuelle, c’est logique. »

    A la barre, le Cherbourgeois explique qu’il n’a pas été compris par l’infirmière. C’est tout. Il s’agissait « d’un discours philosophique », nuance le praticien qui poursuit son argumentaire. Le tribunal devient sa tribune. Il nie défendre l’eugénisme, mais s’inquiète « de générations entières de personnes sous tutelle ou curatelle ».

    Jean-François Pion s’interroge sur les solutions à mettre en œuvre « pour éviter que ces situations se reproduisent ». Face à des magistrats abasourdis, il évoque alors les résultats des politiques de stérilisation forcée menées en Norvège et en Angleterre. Le médecin est catégorique : en France, « ces patients deviennent des cas sociaux ». L’avocate de l’ARS, elle, enfonce le clou : « Un médecin n’a pas le droit de dire qui doit vivre ou mourir. » La chambre disciplinaire a mis son jugement en délibéré. La décision devrait être rendue dans un peu moins d’un mois.

    #eugénisme #validisme #capacitisme #nuisible #stérilisation #nazisme #violence_médicales #cas_sociaux


  • Le féminisme intersectionnel, c’est quoi ? | Les Glorieuses
    https://lesglorieuses.fr/intersectionnalite


    Z’ont oublié le #validisme

    L’#intersectionnalité permet d’intégrer les différences entre les femmes, permettant d’aller au delà de la notion même de féminisme. Ce prisme offre aussi un nouvel espace de visibilité aux femmes qui subissent à la fois le sexisme et le racisme et par extension, le sexisme et le classisme, le sexisme et l’homophobie, le sexisme et la transphobie, mais aussi transphobie, homophobie, classisme et racisme au sein du féminisme.


  • La discrimination positive ? Toi-même ! | Page Seauton | Audrey Alwett
    http://www.audreyalwett.com/la-discrimination-positive-toi-meme/#more-576

    On peut mettre le doigt sur n’importe quelle inégalité : la sous-représentation des femmes dans la fiction, des personnes racisées ou handicapées. On s’interroge, et tel un génie sorti de sa lampe, apparaît toujours une personne pour s’exclamer : « On ne va quand même pas faire de la discrimination positive ?! » Et de pousser des cris outragés, tant ce serait injuste. Sauf que…

    la discrimination positive, c’est peut-être cette personne qui en a bénéficié toute sa vie.
    Toi, la personne valide qui occupe le poste d’un handicapé nettement plus compétent que toi, qu’on vient juste de virer parce qu’avec son pépin cardiaque, il risque peut-être d’être hospitalisé à un moment gênant pour l’entreprise. Tu as bénéficié de discrimination positive.

    Toi, le jeune stagiaire qui a moins de diplômes et d’expérience que ta collègue, mais à qui on donnera le CDI tout de même, parce que l’autre peut tomber enceinte, à son âge. Tu as bénéficié de discrimination positive.

    Toi, la personne blanche qui vient de décrocher l’appartement de tes rêves, tu étais en compétition avec un Arabe qui avait un meilleur dossier que toi, mais le propriétaire s’est dit qu’avec toi, au moins, il n’y aurait pas d’ennui et puis l’autre a peut-être des cousins terroristes. Tu as bénéficié de discrimination positive.

    #discrimination #privilège #domination #sexisme #racisme #capacitisme #validisme



  • Parce qu’un contact citait la zetetique comme source fiable, j’me suis rapelée d’un texte lu y’a un moment et que je n’ai pas trouvé ici. Je vous le partage donc (en plus il a le bon goût de ne pas parler que de ça et d’être super bien écrit)

    #Zététique et #Féminisme
    http://lechodessorcieres.net/zetetique-et-feminisme

    /.../ j’ai commencé à comprendre que j’étais féministe, sans le savoir là aussi. Non, le mot “féministe” n’est pas une insulte. J’ai pleinement embrassé cette manière de vouloir changer les choses et les outils zététiques m’ont été précieux. La découverte des biais cognitifs et des différents sophismes m’a permis de comprendre ce qui se cachait souvent derrière les discours sexistes ou pseudo-égalitaristes : une volonté de surtout ne jamais changer l’ordre établi.

    Tout a été parfait dans le meilleur des mondes durant plusieurs mois, et puis ces deux univers ont commencé à entrer en collision. Je lisais souvent dans les groupes zét des propos vraiment limite. Cela a été jusqu’à ce jour où une personne a pu tenir tranquillement des propos transphobes sans jamais être remise en question. /.../

    #epistemologie, #scepticisme, #zetetique, #sexisme, #racisme, #homophobie, #validisme, #classisme, #oppressions_systemiques

    • La zététique sur les questions politiques est très diversifié. Participant a divers de ces mouvements, on y trouve de tout. Par ex. je suis impliqué dans un groupe qui précisément essaye de prendre en compte le militantisme et regarde les questions de sexisme et de féminisme avec justement de la documentation, pour contrer d’autres sceptiques qui aurait des a priori sur tout cela.
      La science n’a pas a dire ce qui est bon ou mauvais, mais a décrire ce qu’il se passe, c’est ensuite a nous de prendre position sur le bon ou le mauvais.
      Sur la manière de faire du scepticisme du point de vue de la méthode (et pas de la politique), j’ai écris ça :
      http://florianolivier.blogspot.fr/2017/01/reflexions-sur-quelques-methodes.html

      Et merci en tout cas pour m’avoir contacté.
      Par ex. les militants sceptiques que je connais et qui sont engagé dans le féminisme ou antipatriarcat, prennent a coeur justement de lister et d’avoir toujours a porter un ensemble d’étude qui rappelle clairement les inégalités du aux stéréotypes de genres.


  • #Meghan_Murphy : À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, rappelons-nous du véritable sujet du féminisme : les femmes
    http://tradfem.wordpress.com/2017/03/09/a-loccasion-de-la-journee-internationale-des-droits-des-femmes-ra

    Des gens nous répètent constamment que le féminisme est pour tout le monde. Ce «  féminisme  » n’a rien d’inquiétant – tout ce qu’il signifie est «  l’égalité  ». Mais ces gens ont tort. Le féminisme n’est pas à propos de tout le monde, et peut-être que celles et ceux qui sont effrayés par ce mot ont raison de l’être. Le féminisme est à propos des femmes. Et si vous n’aimez pas cela, vous n’allez probablement pas aimer beaucoup le féminisme.

    La semaine dernière, les médias ont publié des allégations voulant que le «  féministe masculin  » Jamie Kilstein se soit comporté de manière prédatrice et violente à l’égard de femmes. Ce comédien et (maintenant ex) coanimateur de Citizen Radio, un populaire podcast engagé, a longtemps été accueilli par des féministes libérales américaines qui présentaient Kilstein comme exemple d’un véritable «  féministe masculin  ». Dans la revue Mic, Lauren Rankin écrit : «  Les comédiens féministes masculins comme Jamie Kilstein et John Knefel contribuent à rendre le féminisme accessible et cool pour les jeunes hommes qui risquent de ne pas pouvoir le comprendre autrement. Les alliés féministes masculins peuvent rejoindre les hommes plus jeunes d’une manière dont les femmes sont sans doute incapables.  »

    Même si je crois bel et bien que les hommes doivent remettre en question leurs confrères et les détourner de choses comme la virilité et la violence masculine, la préoccupation principale de Rankin, constamment répétée par d’autres voix libérales, me semble inquiétante. Elle se résume à «  Comment faire pour aller chercher plus d’alliés féministes masculins  ?  »

    C’est une question étrange.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://i-d.vice.com/en_gb/article/on-international-womens-day-lets-remember-what-feminism-is-really-about-wo

    Meghan Murphy est écrivaine et journaliste indépendante, secrétaire de rédaction du soir pour le site rabble.ca, et fondatrice et directrice du site Feminist Current. Elle a obtenu une maîtrise au département d’Études sur les femmes, le genre et la sexualité de l’Université Simon Fraser en 2012. Elle travaille actuellement à un livre qui invite à un retour vers un féminisme plus radical, rappelant la deuxième vague et ancré dans la sororité.

    Meghan a commencé sa carrière radiophonique en 2007, dans une caravane installée au milieu d’un champ de moutons. Son émission s’appelait « The F Word » et était diffusée à partir d’une toute petite île au large des côtes de la Colombie-Britannique. Elle a pleinement profité de la liberté que lui laissait cette radio pirate : buvant de la bière à l’antenne, lisant des passages d’Andrea Dworkin, et passant du Biggie Smalls. Elle est revenue à Vancouver, où elle a rejoint l’émission de radio nommée, coïncidence, elle aussi « The F Word », qu’elle a produite et animée jusqu’en 2012.
    #feminist_current #journée_internationale_de_luttes_pour_les_droits_des_femmes #violences_masculines #féminisme_inclusif #Andrea_Dworkin


  • Hating #Comic_Sans Is #Ableist
    https://theestablishment.co/hating-comic-sans-is-ableist-bc4a4de87093

    he day my sister, Jessica, discovered Comic Sans, her entire world changed. She’s dyslexic and struggled through school until she was finally diagnosed in her early twenties, enabling her to build up a personal set of tools for navigating the written world.
    “For me, being able to use Comic Sans is similar to a mobility aid, or a visual aid, or a hearing aid,” she tells me while we’re both visiting our family in Maryland. “I have other ways of writing and reading, but they’re not like they are for someone who’s not dyslexic.”

    #typo #validisme #dyslexie


  • « On réduit davantage les femmes à leur handicap que les hommes » - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2016/11/15/on-reduit-davantage-les-femmes-a-leur-handicap-que-les-hommes_1528559

    Etre une femme est déjà une source de discrimination au travail, mais c’est pire quand on est femme ET handicapée. Voilà le constat dressé lundi par le Défenseur des droits dans un rapport intitulé « L’emploi des femmes en situation de handicap », qui pointe le fait que celles-ci soient davantage mises à l’index que les hommes handicapés (déjà pas bien lotis).

    Le Défenseur des droits a décidé de se saisir de cette question après avoir été interpellé par l’association Femmes pour le dire, femmes pour agir (FDFA), qui compte 250 adhérentes et milite pour les droits des femmes handicapées. Sa présidente, Maudy Piot, revient sur les discriminations spécifiques que subissent ces citoyennes.

    Les grandes associations de défense des personnes handicapées ne prennent pas position. Quand j’ai créé Femmes pour le dire, Femmes pour agir, en 2003, on m’appelait « la sale communiste » parce que j’osais parler des femmes handicapées. J’ai beaucoup galéré pour imposer le sujet. Les associations étaient présidées par des hommes, les femmes étaient les bonnes de ces messieurs. C’était impensable qu’une femme handicapée dise ce qu’elle pense [Maudy Piot est aveugle, ndlr].

    #femmes #handicape #discrimination #intersectionnalité #féminisme #validisme #domination_masculine


  • Cette femme n’a pas pu entrer en boîte de nuit à cause de son #handicap
    https://www.buzzfeed.com/fionarutherford/une-femme-na-pas-pu-entrer-dans-une-boite-de-nuit-a-cause-de

    « L’infirmité motrice cérébrale est un handicap que j’ai depuis la naissance, alors je sais parfaitement de quoi je suis capable ou non. Ils m’ont dit de partir parce qu’ils ont cru qu’ils connaissaient mieux que moi mon handicap… Voilà ce qui se passe quand on souffre d’un handicap : les gens croient toujours savoir mieux que vous ce que vous voulez. »


  • « Les personnes trisomiques ont-elles le droit de s’exprimer à la télé ? Le CSA ne le pense pas »
    https://jeanyvesnau.com/2016/09/08/les-personnes-trisomiques-ont-elles-le-droit-de-sexprimer-a-la-tele-le-

    [Avertissement après discussion dans les commentaires : ce que cet article ne dit pas, c’est que la vidéo en question a notamment été financée par le mouvement pro-vie, qui instrumentalise donc à travers elle la question du handicap pour remettre en cause le droit à l’avortement.]

    Un clip #vidéo avait été réalisé pour la Journée mondiale de la trisomie du 21 mars 2014. Il dure 2 minutes 30. En différentes langues sept jeunes trisomiques européens (dont des Français) s’adressent à une femme enceinte d’un enfant #trisomique. A leur manière ils expliquent leur capacité à mener une vie qui peut, aussi, être heureuse. Et qui peut rendre heureux autour d’eux. Entre mars et avril 2014, plusieurs chaînes françaises en avaient diffusé un extrait de 30 secondes (à titre gracieux) dans leur espace publicitaire, à la demande des associations parrainant cette initiative.

    La vidéo a été vue plus de sept millions de fois sur YouTube. On entend notamment ces six mots : « Chère future maman, n’aie pas peur. » Ces six mots, ces images et cet air de piano sont perçus par certains comme proprement inacceptables. C’est le cas des belles âmes torturées du #CSA. La diffusion de cette vidéo « au sein des espaces publicitaires des chaînes de télévision » avait entraîné une « intervention » de ce gardien du temple. En juin 2014 il l’avait estimée « #susceptible_de_porter_à_controverse » et ne relevant pas d’un « message d’intérêt général » seule condition autorisant une diffusion gratuite pendant le temps publicitaire.

    (...) Les sept jeunes trisomiques ont quant à eux estimé que cette « intervention » du CSA était de la « #censure », que l’on bafouait leur droit à s’exprimer. « Ils ont ainsi été amené à saisir le Conseil d’Etat, dont l’audience se tenait mercredi 7 septembre, pour défendre leur droit à s’exprimer, nous explique Le Monde daté du 9 septembre (Charlotte Heymelot). Une démarche inédite. » Mieux : les sept ont choisi de saisir le Conseil d’Etat sans avocat, un geste symbolique. « Pour une fois, ils veulent que leur parole soit entendue, sans qu’on parle à leur place ».

    (...) Le CSA ? Pour justifier sa position il avait indiqué que la finalité du clip (parce qu’il s’adressait à une future mère) pouvait « paraître ambiguë et ne pas susciter une adhésion spontanée et consensuelle » 1. On appréciera ce jargon, ces empoulements corsetés. Dans un communiqué expliquant cette position, l’instance bien-pensante avait indiqué avoir reçu des plaintes, l’amenant à considérer le message du clip comme « #susceptible_de_troubler_en_conscience des femmes qui, dans le respect de la loi, avaient fait des choix de vie personnelle différents ».

    Le Conseil d’Etat ? Mercredi, la rapporteure publique lui a demandé de ne pas suivre les demandes des requérants, estimant que l’adresse du clip à une future mère lui conférait un aspect trop engagé, et donc non susceptible d’être diffusé dans un espace publicitaire. Chacun sait, sur son canapé, que la #publicité télévisée est tout, sauf engagée.

    Donc si vous êtes « troublé·e en conscience » par une publicité sexiste ou consumériste (oui, je sais, pléonasmes), vous pouvez vous plaindre au CSA qui ne manquera pas de faire interdire la diffusion.

    Ou bien serait-ce la continuation par d’autres moyens de la politique dite de #santé_publique incitant massivement les #femmes à avorter de tout foetus jugé « non-conforme » ? On n’ose y penser. On est par ailleurs tout à fait libre de faire ce choix pour de multiples raisons légitimes qui n’ont rien à voir avec celles de l’Etat ou avec la conformité, mais cette décision du CSA représente certainement l’une des rares fois où l’injonction de procréer se trouve très officiellement tempérée... par la toute aussi crapuleuse injonction à la normalité.

    • Cette publicité est à l’évidence une manière de contrer le droit des femmes à avorter.
      Elle est dans la droite ligne de tout ce que fait les « pro-vie » et autres anti avortement.
      C’est cette méthode appliquée dans les hôpitaux, en obligeant la femme qui veut avorter à voir l’échographie et à lui détailler le corps du foetus.
      C’est une grave erreur de dire qu’il y a injonction à avorter de tout foetus non-conforme, c’est une parole politique et anti-avortement, pas une réalité.
      Si c’était le cas on arrêterait de faire survivre à tout prix (tout prix, oui) les grands prématurés, qui sont des handicapés actuels et à venir, la plupart du temps très lourdement : donc affirmation totalement ridicule, et anti choix d’avortement.
      De plus, qui pourrait affirmer que, effectivement, c’est un message « d’intérêt public » si ce n’est les fachos religieux et autres anti-femmes qui luttent contre l’avortement ?

    • Cas difficile. D’un côté, on voit bien que le message est ambigu, car il s’adresse à une future mère et renvoie à la question de l’avortement sans le dire. Et de l’autre, il y a la question de la visibilité des Down, des potentialités que sont leurs vies - quand ils sont acceptés et soutenus - et ce d’abord par leur famille of course, mais aussi d’un point de vue social et institutionnel, il ne faut quand même pas se leurrer, la vie des Down ressemble à celle du clip quand un certain nombre de conditions favorables sont réunies - et dans ce sens, le clip est au minimum maladroit. Leur nouvelle campagne n’a pas cette ambiguité :
      https://www.youtube.com/watch?v=YhCEoL1pics

    • @perline c’est vrai que ce message est une aubaine pour les anti-ivg (qui ne manquerons pas de se servir de cette campagne contre les femmes) mais d’un autre coté on peu comprendre les problématiques des personnes atteintes de trisomie et les laisser exprimé leur point de vue.

      Cette campagne ne demande pas de loi obligeant les femmes à porter ces enfants, elle ne dit pas que les femmes subissent une injonction à l’IVG comme tu le dit dans ton message.

      Par contre ce qui me pose problème dans cette campagne c’est le coté sexiste de ne s’adressé qu’à la mère (il y a une seul mention du père pour réparer le vélo) puisque ce sont les mères qui vont se coltiner le boulot (statistiquement c’est le cas). Et c’est vrai qu’elle est uniquement centré sur les intérêt des trisomiques et pas du tout sur l’intérêt des mères.

      La campagne est focalisé sur le point de vue des trisomiques, illes disent « nous on est heureuseux de vivre » mais c’est vrai qu’entre les lignes j’entend « et ta vie sera un cauchemarre » (parfois ca sera difficile... tu m’étonne).

      Bien sur je comprend parfaitement les femmes qui avortent lorsqu’elles découvrent que le fœtus qu’elle porte est atteint de trisomie (perso je le ferais plutot 100000 fois qu’une), mais de l’autre je comprend parfaitement que les trisomiques veuillent vivre la courte existence dont ils peuvent disposer.

      Il y a un conflit d’interet entre les femmes et les enfants trisomiques, entre féminisme et capacitisme/validisme. Mais là il ne s’agit pas d’une demande de législation, seulement de l’expression d’un point de vue d’un groupe discriminé.

      #féminisme #capacitisme #validisme

    • J’allais m’emporter contre vous, @perline, vous signalant que j’avais précisé que l’avortement est à mes yeux, comme je l’ai indiqué, parfaitement légitime, indiscutable, relevant d’un choix intime, que le foetus soit porteur ou non d’un handicap :

      On est par ailleurs tout à fait libre de faire ce choix pour de multiples raisons légitimes qui n’ont rien à voir avec celles de l’Etat ou avec la conformité

      Mais comme vous soulevez le point tout à fait juste que cette vidéo a dû bien plaire aux pro-vies, ce qui est un problème de taille, je suis allée vérifier qui avait fait la vidéo (j’aurais dû le faire avant) : on trouve de fait la catholique et anti-IVG fondation Jérôme Lejeune dans ses sponsors. Pas très étonnant, après réflexion, vue l’instrumentalisation sentimentale du handicap qui est en effet réalisée au sein de ce mouvement.

      Sur la sur-#médicalisation des #grossesses, je crois qu’il y a déjà pas mal de matière sur seenthis. Une femme est (ou plutôt devrait être) libre d’avoir ou de ne pas avoir d’enfant, d’avorter ou de ne pas avorter, de faire ce choix en raison d’un handicap détecté ou pour toute autre raison, de mener sa grossesse avec un suivi institutionnel ou alternatif. Le seul rôle de l’Etat là-dedans est (devrait être) de s’assurer d’une information équilibrée et de donner à la femme un cadre social et médical l’accompagnant dans son choix.

      J’enlève donc la vidéo et je pose un avertissement dans mon premier billet.

    • @supergeante nos messages se sont croisés.
      par rapport à ceci :

      il ne faut quand même pas se leurrer, la vie des Down ressemble à celle du clip quand un certain nombre de conditions favorables sont réunies

      Pour la France j’en profite pour lier avec cette info : https://seenthis.net/messages/521910

      @intempestive merci pour cette enquète sur le sponsor et les modifications de ton message de départ et merci @perline d’avoir soulevé ce problème et m’avoir permis de voire la fondation Lejeune planqué dans ce cheval de Troy.

      #cheval_de_Troy

    • @intempestive Ce n’est pas étonnant que la fondation Lejeune soutiennent Coordown, puisque c’est une fondation qui vise à l’acceptation des T21. JLejeune était par ailleurs en plus d’être médecin (il a découvert le mécanisme de la T21 et a œuvré auprès de familles et de personnes T21), un catho anti-avortement et a lié ces deux combats dès les années 70. Je ne sais pas si c’est le principal bailleur de fonds de Coordown, qui est une asso italienne, je n’arrive pas à trouver qui les finance.

    • Ce qui est pénible c’est que le terrain ne semble occupé principalement que par des assos anti-avortement. Apparemment, les Amis d’Eleonore n’est pas dans ce cas même si ils n’hésitent pas à apparaître aux côtés de la fondation Lejeune dans les échanges autour de la bioéthique ou la diffusion de ce clip. Vous en savez plus ?

    • Discussion éclairante merci. J’avais relayé l’affaire de mon côté, tout en étant informée pourtant du rôle malin qu’y tiennent les pro-vie. Les interventions que je lis ici pallient ma paresse intellectuelle... J’espère en lire d’autres, un de ces jours, qui m’aideront à clarifier aussi mes idées sur le fond. Car je rejoins la problématique soulevée par @mad_meg :

      c’est vrai que ce message est une aubaine pour les anti-ivg (qui ne manquerons pas de se servir de cette campagne contre les femmes) mais d’un autre coté on peu comprendre les problématiques des personnes atteintes de trisomie et les laisser exprimé leur point de vue.

      Vécu : face à ma réticence à procéder au dépistage précoce de la trisomie (n’étant pas sûre que je parviendrais à avorter en cas de réponse positive), une gynécologue que j’estime par ailleurs fait une tête déconfite et m’annonce qu’elle aura besoin d’une décharge écrite de ma part. On n’en est pas arrivées là. Mais ça m’aide à comprendre que les personnes trisomiques et plus encore leurs parents puissent se sentir au bas mot mal acceptées, voire coupables d’exister ou d’avoir laissé exister leur enfant. Et derrière ce constat, il y a des questions qui continueront d’alimenter le discours d’intolérance des pro-vie tant que nous ne parviendront pas à les poser ouvertement. Par exemple (pardon si je lance là un débat archi-sensible que je suis malheureusement incapable d’assumer) : le fait qu’il soit si difficile d’entendre que la politique de dépistage en question relève de l’eugénisme. Les connotations du mot sont insupportables. Mais peut-être faudrait-il dépasser ce malaise en assumant que notre société défend parfois les causes qui lui paraissent justes et nécessaires avec une part d’obscurité tout aussi inhérente à son existence même. Je dis bien « peut-être faudrait-il ». J’espère que vous pourrez faire preuve de compréhension et ne pas m’imputer des velléités d’entrisme d’extrême-droite pour avoir essayé d’exprimer mes interrogations irrésolues sur un sujet qui me touche.

    • Il suffit de montrer des trisomiques dans leur quotidien, y compris ceux qui sont visibles, acteur-rices, modèles, etc. pour que le public comprenne qu’on peut vivre trisomique. C’est comme tous les schémas qui ne sont pas dictés par les canons de la mode : si tu n’as pas deux bras, deux jambes, un buste et le tout dans un format irréel, tu n’as pas le droit de vivre dans les médias, tu n’as pas le droit d’être visible.
      Mais, par ailleurs, tous les trisomiques ne sont pas comme ceux de la pub, c’est à dire avec une certaine autonomie et capables de s’exprimer, etc. La trisomie n’est qu’une constatation technique, les conséquences vont de la mort in utero car problèmes cardiaques lourds, à un retard mental tout à fait compatible avec notre société.
      Il y a donc un mensonge grave dans cette publicité qui présente les conséquences de la trisomie comme minimes.
      Tu accouches d’un polyhandicapé ou d’un enfant avec un QI de 80, tu n’as pas la même vie.
      Je remarque que le suicide de la mère seule à bout, avec deux enfants dont une trisomique suffit à lui seul à montrer ce que peut être un quotidien avec des difficultés d’argent, de solitude, de non-aide dans cette société où tu es seul-e quoi qu’il arrive. Sans oublier l’angoisse permanente de « que va-t-il devenir quand je serai mort » !
      Aux États-Unis, des associations existent et sont très efficaces. Tu dis j’ai un enfant trisomique et tu es pris en charge, conseils, aides, trucs, et bien plus, et tu n’es jamais seul, tu as toujours quelqu’un qui te comprend, tu peux toujours souffler, avoir les infos, te faire aider, pour quoi que ce soit.
      C’est un angle communautaire qui est rayonnant. Quel que soit ton problème tu vas trouver des personnes qui ont le même, tu vas trouver les expériences de toute la vie de l’association, et tu vas pouvoir affronter ton problème, de quelque nature qu’il soit, avec plus de socle solide.
      Ici, c’est tout le contraire : aucune info, rejet de partout, associations très faibles, causes internes et externes, bref, si tu es enceinte d’un trisomique, ou autre malformation mentale, ici tu as tout intérêt à avorter, aux USA tu peux te poser la question.
      Arrêtons d’en faire une responsabilité-culpabilité personnelle, la mère évidemment.
      C’est la société tout entière qui doit assumer les statistiques de la vie sur cette terre.

    • L’euphémisation est encore plus flagrante dans la seconde campagne, celle relevée par @supergeante, où l’héroïne de la pub est une jeune femme trisomique avec très peu de signes physiques du syndrome. Le seul argument au fond c’est « regardez, elle est normale » - et pas « on a droit d’être différent·es ».

      Des projets comme Beaux jeunes monstres (parmi bien d’autres, groupes musicaux, troupes de théâtre...) font mille fois plus pour secouer les #représentations sur le #handicap, mais restent malheureusement pour cette raison-là minoritaires
      http://www.lecollectifwow.be/Beaux-Jeunes-Monstres-36

      @fabxtra : cela me pose également question. La surmédicalisation des grossesses à travers le #diagnostic_prénatal permet certes une prise en charge adaptée et précoce dans certains cas importants, mais en rajoutant une bonne dose d’anxiété et d’examens pour tout le monde. La Haute autorité de santé elle-même avait d’ailleurs souligné le fait que les amniocentèses (utilisées notamment pour dépister le syndrome de Down) servent essentiellement à écarter les très nombreux faux positifs générés par le tri-test. Et elle conseillait de les user avec davantage de parcimonie, étant donné qu’elles sont très anxyogènes (l’anxiété étant également une question de santé publique). L’appareil médical s’auto-alimente, en somme.

      Le cas des grand·es prématuré·es que vous évoquiez, @perline, est d’ailleurs très différent : une fois que l’enfant est né·e, encore heureux que tout soit fait, en termes d’assistance médicale, pour lui permettre de vivre. Cela ne contredit en rien le fait qu’il y a en amont une forte incitation à ce que les grossesses « non-conformes » (un·e prématuré·e pouvant ou non en avoir fait partie) restent une exception. Avec pour effet, un effondrement statistique des naissances d’enfants porteurs/ses du syndrome de Down et d’autres. Du point de vue de l’Etat, c’est très rationnel. Sur le plan #éthique, il y a d’autres choses à dire que la mélasse qu’en font les pro-vie. Encore une fois, il n’y a pas à discuter les choix intimes des parents - je relève simplement que ces choix se font dans un cadre médical et social qui n’est pas neutre. Et comme vous le soulignez, un autre cadre social permet d’autres choix. Quant à la nécessité d’une responsabilisation sociale et non individuelle, je suis on ne peut plus d’accord.

      @supergeante : je suppose que l’exploration des biographies des membres du CA de Coordown nous renseignerait un peu, mais je ne parle pas assez l’italien pour le faire
      http://www.coordown.it/www/chisiamo.php

    • Oui : « on a le droit d’être différent » et « regardez comme elle est normale », ce n’est pas le même projet politique du tout, surtout comme quand le dit Perline, les personnes mises en avant sont des personnes avec un Down qui leur permet un développement intellectuel et psychomoteur, une autonomie qui n’est pas celui de toutes les personnes ayant trois chromosomes 21. Tout le monde n’est pas Pablo Pinéda, ni ne vit jusqu’à soixante ans avec la T21, notamment à cause des problèmes cardiaques, moteurs, d’obesité et de développement cérébral.

    • Bon je vais essayer de participer calmement à ce débat, cela ne va pas être facile mais je vais essayer, je confierai presque à @supergeante de me surveiller, de me prendre la tension et d’intervenir si elle sent que cela bout de trop en moi.

      J’ai un vrai problème personnel avec cette notion d’avortement dans le cas d’une amniocyntène qui viendrait révéler façon spoiler que ben voilà on n’est pas très sûr que l’enfant il soit tout à fait normal. Je préfère préciser que je n’ai évidemment aucun problème avec l’IVG.

      Juste pour détendre l’atmosphère, je vais vous dire que sur les trois enfants dont je suis le père et pas un peu fier en plus, deux de ces enfants présentaient des risques qui nous étaient présentés comme, inquiétants, pour ce qui est de Madeleine, aujourd’hui 17 ans, merveilleuse adolescente qui s’intéresse à tout plein de trucs et notamment à son prochain, voire rédhibitoires, les risques, pour ce qui était d’Adèle, 12 ans aujourd’hui une intelligence et une créativité remarquables de l’avis de beaucoup, en revanche le troisième enfant qui avait les meilleures statistiques, Nathan, 16 ans aujourd’hui, lui, ben il n’est pas comme les deux autres que c’en est même extrêmement compliqué au quotidien.

      Vous l’aurez compris, par bonheur, non seulement nous n’avons pas écouté les médecins ivres de leur imagerie médicale pour ce qui est des filles et par bonheur aussi, Nathan a très largement sa chance de vivre une existence dans laquelle il devrait connaître quelques bonheurs et tout cas nous en donner pas mal, en dépit de son handicap mental.

      Je vais passer rapidement sur le fait, pas besoin d’enfoncer une porte ouverte, que c’est vraiment dommage qu’effectivement, on ne donne pas davantage la parole aux personnes handicapées, entre autres choses quand on le fait on apprend tout plein de trucs, une bonne partie de ma compréhension de ce que c’est que d’être autiste me vient d’une jeune femme que je trouve extraordinaire, une certaine Amanda Baggs et notamment sa vidéo https://www.youtube.com/watch?v=JnylM1hI2jc


      In my language que je trouve vraiment merveilleuse, on se rendrait d’immenses services dans notre compréhension de nous-mêmes en donnant toute sa place à de telles expressions de l’altérité. Il ne fait aucun doute qu’une grande partie des difficultés des personnes handicapées à se faire une place qui est logiquement la leur dans notre société vient notamment de notre rapport honteux à cette altérité.

      On note au passage que c’est un standard du truc que par ailleurs une certaine frange dextrogêne de la pensée n’hésite pas à instrumentaliser le handicap pour servir leur crémerie, des fois les personnes handicapées ont les capacités pour démonter ce genre de mécanismes pervers, je pense notamment une certaine Michelle Dawson avec laquelle j’ai beaucoup appris sur le sujet.

      Dans les différents groupes et communautés de parents d’enfants handicapés, j’ai souvent heurté les sensibilités de mes compagnes et compagnons de route en leur expliquant que je n’avais aucune difficulté à admettre qu’à tout prendre j’aurais préféré que mon fils Nathan ne soit pas handicapé mental que cela correspondait à une blessure narcissique et que cela me faisait souffrir. L’image que je donne pour sous-tendre cet argument qui ne passe pas toujours hyper bien c’est que si l’on pouvait renseigner des fiches avec des cases à cocher pour ce qui est des souhaits parentaux pour l’enfant à naître, il faudrait être sacrément pervers pour cocher la case autiste en se disant que tiens cela pourrait être fun. Alors pour être honnête, oui, cela peut arriver de temps en temps que cela le soit mais ce n’est pas sans un certain revers de la médaille. Et même si c’était à refaire, comment dire… je laisserai volontiers ma part à quelqu’un d’autre.

      En revanche ce qui m’intéresse au premier chef c’est que contrairement à ce que la société me renvoie à propos de Nathan, c’est qu’il a une personnalité en plus d’être handicapé et je chéris cette personnalité, vous n’avez pas idée. Et je trouve merveilleux que cette personnalité parvienne à s’exprimer au travers de ce qui sont des obstacles majeurs à l’épanouissement. On l’aura compris je suis très fier de mes filles comme souvent un père, pour une bonne part pour ce que je suis parvenu à leur transmettre, un vrai talent pour l’empathie chez Madeleine et une créativité de tous les moments chez Adèle. Le miracle veut que j’ai aussi réussi à transmettre des tas de trucs à Nathan, par exemple un vrai goût pour le rugby et les échecs, deux domaines dans lesquels je suis désormais dépassé par lui, pour mon plus grand bonheur.

      La transmission cela ne fonctionne pas que dans le sens parent-enfant. Heureusement. Et s’il y a une chose que Nathan m’a transmise et qui fait de moi une bien meilleure personne que ce j’étais sans doute programmé pour être, c’est un vrai goût pour cette différence et la pleine réalisation des richesses qu’elle contient. Ce n’est juste pas une phrase en l’air.

      Parmi les salauds qui n’auront pas facilité l’accès au monde à Nathan il y a sa principale du collège qui un jour a tenu à Nathan ce discours extraordinaire qu’il coûtait cher à la société et qu’il était temps qu’il se comporte d’une façon plus conforme pour qu’il y ait une manière de retour sur investissement : vous n’imaginez pas ma fureur, et bien ce jour-là mon habituel esprit d’escalier m’a laissé en paix et j’ai pu expliquer calmement à cette femme que Nathan avait donné bien davantage à la société que cette dernière avait donné pour lui, que Nathan quand il était scolarisé à l’école Decroly avait été une source inépuisable d’enseignement de la différence pour ses camarades de classe et qu’il avait fait largement aussi bien avec ses potes du rugby qui sont extraordinaires avec lui depuis qu’il est arrivé au club, il y a dix ans.

      Et on voudrait se couper de tels enseignements ? En pleine crise du capitalisme ? Ce serait une très mauvaise idée.

    • La principale du collège… comment dire…
      Bravo pour ton #sang-froid. Je me rends compte que c’est ce qui me manque le plus.

      Et merci pour ton partage. J’ai une copine avec un gamin polyhandicapé de l’âge de ma fille (ils étaient ensemble au jardin d’enfants et la mienne était la seule qui voulait bien jouer avec lui : j’avais oublié depuis, mais je sais à présent à quel point sa mère ne pouvait pas oublier ce genre de petite chose). Elle se bat au quotidien pour que son fils soit le plus possible intégré dans la vie quotidienne, mais effectivement, l’une des rares réponses de la #société, c’est de parquer à l’écart, comme on le fait en fait avec pratiquement toutes les formes de #différence sans que cela ne nous semble dérangeant.

      J’aime bien cet aspect de l’esprit village qui pousse à intégrer tout le monde (enfin, surtout les natifs…) et qui fait que quand monsieur Monolecte a repris le cinéma, y avait le Kiki livré avec, un gars un peu plus vieux que nous, genre Forest Gump (les fulgurances en moins) qui avait le droit au ciné gratuit en échange de la pose des affiches en ville ou à sa gamelle au restaurant du bas, en échange de la pluche des patates.

      Bon, sa mère est morte. La tutrice lui a payé une télé (que sa mère avait toujours refusé) et on ne le voit plus parce qu’il passe sa vie devant. On espère que le nouveau proprio du resto a gardé le Kiki, sinon, il doit se nourrir de chips…

      Mais ces derniers temps, j’ai vraiment l’impression qu’on se racornit tous dans le sacro-saint esprit de #compétition et de #rentabilité maximum, et que déjà qu’il n’y a plus de place pour les gens juste « normaux », il y en a encore moins pour les autres, les différents, ceux qui ont juste besoin d’un peu plus d’attention ou de tout petits efforts…

    • Merci pour cet éloge de la différence, @philippe_de_jonckheere, et pour sa superbe conclusion.

      C’est un problème très sérieux, que les réflexions autour de la #bioéthique et notamment la critique de l’eugénisme soient complètement phagocytées par les intégristes catholiques aujourd’hui.

      Je crois aussi que la politique de dépistage pré-natal et ce qu’elle implique dans le rapport à la grossesse, à l’enfant, à la société, a un fort impact sur la manière dont les personnes porteuses d’un handicap sont perçues. La principale du collège de Nathan lui a tenu l’ignoble discours comptable de l’Etat.

    • Oui, merci.

      Il n’y a pas que pour le dépistage prénatal que ce genre de questions se posent. Je me souviens de mon professeur d’Économie publique, à la fin des années 1970 qui nous avait présenté la question des règles de réanimation néonatale. Le point de vue comptable n’était là que pour évaluer l’impact des décisions — on était certes dans les années de la RCB (Rationalisation des Choix Budgétaires), mais le critère économique n’était pas (pas encore…) le seul critère à intégrer.

      40 ans plus tard, la question de la réanimation néonatale reste un tabou complet. Il est prudent de se renseigner auprès de membres du personnel de santé sur les pratiques effectives des différents services : prolongation (ou non) de la réanimation, consultation (ou non…) des parents, etc. Avec la fin de vie, où l’on retrouve les mêmes questions, c’est peut-être le domaine dans lequel l’inégalité devant le système de soins est la plus criante. Inégalité résultant de l’accès inégal à l’information.

    • @intempestive et @monolecte La principale en question aura un jour sur son bureau un livre sur lequel je travaille, pour le moment il s’intitule les Salauds , il lui sera dédié, la diatribe sur le retour sur investissement de la société n’étant pas, et de loin, la pire des saloperies qu’elle a servie à Nathan, il y a vraiment matière à roman. Et elle n’est pas seule dans ce domaine, je dois dire que j’avais été très touché quand son instit de CP qui se piquait de théâtre avait fait travailler sa classe sur une pièce de théâtre et avait donc confié à Nathan le rôle du fou du village. Et des comme ça j’en ai quelques unes dans ma besace.

      @monolecte, puisque c’est Monsieur monolecte qui s’occupe du cinéma chez toi, tu devrais lui toucher un mot de l’opération Ciné Ma Différence , c’est une opération que l’on a un samedi sur deux ici à Fontenay, une séance du samedi après-midi spécialement ouverte aux enfants et adultes handicapés mentaux, dans laquelle les neurotypiques sont les bienvenus aussi, à condition d’accepter que la projection risque d’être augmentée notamment au niveau de la bande sonore, mais aussi de théâtre devant l’écran ou encore d’ombres chinoises et j’en passe. Je ne raterais pour rien au monde une telle séance, cela me fait un bien fou d’entendre tout ce petit monde rire, mais pas au bon moment etc...

    • Désolée de revenir, j’ai du mal avec la notion de « différence » appliquée aux handicapés, surtout « mentaux ».
      Ce n’est pas le refus de la « différence » qui met les handicapés mentaux très loin, le plus loin possible de nous, les pas handicapés mentaux (qu’on croit), c’est la peur.
      Et ça c’est sacrément plus grave, politiquement, humainement, sociétalement.
      La peur amène l’agressivité, le retour sur soi et son cadre connu, la guerre (proche, lointaine, peu de gens, beaucoup de gens).
      C’est pourquoi les politiques mettent en avant l’Autre, le danger, la peur, pour regrouper les âmes qui se retrouvent, pleines de qualité, dans leur groupe, le bon groupe (après, la définition dudit groupe c’est à peu près tout ce que vous voulez, et surtout la plupart du temps n’importe quoi).
      Les handicapés, surtout mentaux, font peur, surtout en France.
      Je le redis, c’est très différent autre part, USA, Brésil, etc.
      Une personne qui parle fort, crie à contretemps, a des gestes asynchronisés, mon Dieu que ça fait peur.
      Dit comme ça, hein, c’est con, peur de quoi ?
      Mais oui, ça fait peur parce que pour comprendre ce que dit quelqu’un qui parle à sa manière, pas très clair à tous points de vue, ben faut faire un effort, n’est-ce pas.
      Et là, c’est plus possible, en plus on devrait tendre l’oreille, regarder bien les mouvements de lèvres, les gestes, pour arriver à comprendre ce que moi je dirais en trois mots, clairs nets et précis ?
      Voilà, ça ne tient qu’à ça la peur des handicapés, surtout mentaux, et à rien de plus, en tous cas ici en France.
      Moi ce qui me fait un bien fou, c’est d’aller à l’étranger et de croiser des handicapés, mentaux, physiques, dans la rue : de voir des gens normaux, quoi.

    • @perline Bien d’accord avec toi pour l’inadéquation du terme de différent pour handicapé , c’est définitivement une manière de refus, une forme d’ostracisme. Et handicapé n’est pas un gros mot.

      Pour ce qui est de la peur, je ne suis pas certain que ce soit de la peur, je dirais davantage quelque chose qui ressemble à de la honte. Et cette honte j’ai une idée très précise de la manière dont elle pourrait être combattue, cela prendrait du temps mais cela fonctionnerait à tous les coups : intégrer les enfants handicapés de façon militante et systématique dans les établissements.

      Il y a une dizaine d’années, je crois qu’en France seulement 5%, peut-être 10%, des enfants autistes étaient scolarisés dans des d’établissements qui n’étaient pas spécialisés. En Belgique c’était 17 fois plus, je crois que l’on tournait alors aux alentours de 85%. On aura compris que les chiffres que j’avance sont à la louche mais l’ordre de grandeur est là.

      Je fais souvent le test, depuis le temps que je le fais, je regrette vraiment de n’en avoir pas gardé une trace statistique, auprès des gens de ma génération, celle des années 60, en posant la question : est-ce que tu te souviens d’un enfant handicapé dans ta classe pendant ta scolarité ? Il est arrivé une fois ou l’autre que l’on me réponde oui, et d’ailleurs chaque fois, de façon émue. Mais la plupart du temps, les gens de ma génération n’ont pas connu de camarades handicapés dans leur classe. Dans mon cas c’est tout particulièrement étonnant puisque j’ai grandi à Garches, où se trouve un hôpital de renom qui s’occupe notamment des enfants handicapés suite à un accident de la route et donc de nombreuses familles s’installent dans cette ville par ailleurs fort ennuyeuse. Et bien je n’ai jamais eu dans ma classe, de toute ma scolarité (dont certaines classes ont été approfondies), de camarade handicapé.

      En revanche je me souviens très bien d’une jeune fille dans la résidence où j’habitais qui était en fauteuil roulant, et je me souviens aussi que tous les matins un mini bus passait la prendre pour l’emmener dans son école, accompagnée de toute une troupe d’enfants dont les visages laissaient peu de doute sur la nature de leur handicap. Je me demande vraiment quelle enfance et quelle scolarité cette jeune fille a eues.

      Au contraire, dans l’école de mes enfants, l’école Decroly, connue pour sa bienveillance envers les enfants handicapés, je constate que les camarades de classe de mes deux filles n’ont aucune gêne, aucune avec Nathan, ils et elles sont habitués et se montrent à la fois bienveillants et normaux dans leur approche, les filles lui claquent la bise et les garçons le checkent et tentent des conversations de garçons (ça ne marche pas toujours). Sans compter que les quelques années que Nathan a passées dans cet établissement auront compté parmi les plus heureuses de son enfance.

      Enfin sur la question de la patience qu’il faut pour laisser le temps et l’espace à une personne handicapée mentale pour s’exprimer, ce n’est pas si simple, oui, il faut être patient, oui ça paye, mais non c’est pas humain de le faire tout le temps, certains soirs de plus grosse fatigue, il m’arrive de faire semblant d’écouter les explications confuses (et longues) de Nathan.

    • @aude_v

      En attendant, quand je vois comment avec une simple dépression tu peux finir complètement exclue ou pire, Ps (...)

      Peut-être juste que contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent, y compris les mieux intentionnées une dépression c’est tout sauf simple. Ce qui rejoint le reste de la conversation de manière je trouve pertinente. Cf.peur, fainéantise et rejet de ce que l’on ne connait pas, mais aussi épuisement, découragement, passager ou plus profonds des proches et entourages. On peut aimer sa tante T21, sa girlfriend bipolaire, son amie alcoolique, son fils autiste, son père sénile, son parent dépressif (et pas déprimé), sa sœur tétraplégique etc. (fill the blanks) et devoir parfois mettre des limites, se protéger, pour pouvoir souffler et tenir sur la durée. Cela peut-être vécu comme un abandon, mais sans vouer un culte au bien-être à tout prix, à la joie obligatoire et à la performance, être ce qu’on appelle maintenant proche aidant (que je préfère à aidant proche) c’est « simplement » pas du gâteau. Et l’empathie et la bienveillance ont peu avoir là dedans. Il faut pouvoir durer aux côtés.

      PS : et dans durer, il y a...

    • Non, @philippe_de_jonckheere je n’ai évidemment pas eu d’enfant handicapé dans mes (très anciennes...) classes.
      En revanche, je me souviens très bien du livre « Babette, handicapée méchante ».
      Et quand j’y pense, rien n’a changé depuis.
      Bon, on fait quand un truc, n’importe quel truc, un truc collectif, parce que y’en a marre dans tous les sens ?
      Ca me turlupine depuis un bon moment.
      Ma fille me raconte qu’elle a vue, à Paris, une chaise roulante ne pas pouvoir monter dans deux bus, le premier ça marchait pas, le second le conducteur ne savait pas le faire marcher. Mais c’est possible ça d’être conducteur de transport en commun sans savoir faire marcher l’accès aux chaises (déjà lui-même techniquement scandaleux) ????
      La fille dans la chaise a gueulé, et une dame est passée lui disant « Ne vous énervez pas, il fait beau ».
      Ma fille est sage, polie et calme, elle n’a rien fait ni rien dit, moi, je me demande si je ne lui aurais pas fait un croche-pied à la dame.
      Peut-être qu’un petit plâtre quelques semaines l’aurait très légèrement approchée d’une sorte de handicap, in vivo ?

    • Ah oui, les handicapés dans les transports en France, c’est tout un mode d’exclusion qui est mis en place pour les chasser de l’espace public. J’ai vu un très vieux couple cet été, lui, souffrant de devoir pousser sa chaise sur les centaines de mètres de longueur du TGV, elle, dedans, bavant, suivi par un jeune homme qui tirait un chariot élévateur. 10 bonnes minutes pour la faire entrer dans le train avec son siège, comme si c’était une exception charitable. J’ai discuté avec le jeune homme qui repliait ensuite le chariot, il m’a dit que la rampe d’accès handicapé automatisée qui existait avant avait été supprimée dans les TGV. J’ai eu honte, vraiment.
      En Hongrie, j’avais été frappée de voir comment se côtoyaient dans le même bassin, des vieux décharnés, des enfants handicapés, avec au bord leur chaise roulante, des filles en bikini souriantes de jeunesse, des obèses, des malades et des ados, adultes, poilu·es, grands ou petits, accolés aux uns et aux autres pour profiter du bain d’eau ferrugineuse orange. Mais non, ce n’était pas en France, le pays des droits de l’homme bien portant.

    • @aude_v je pensais abonder dans ton sens avec le premier paragraphe de mon intervention. Le reste était dans la continuité du fil de conversation dérivé du point qui était soulevé (incompréhension & peur de l’inconnu) en relation avec des expériences de proches ou perso. Rien qui nie à mon sens ce que tu as pu traverser ou traverse encore, que je ne connais aucunement.

    • @aude_v : je plussoie ce que vient d’écrire @nicolasm (ça va de soi, mais ça fait du bien de le dire de temps en temps).

      Rares sont les groupes humains qui savent ne pas se recroqueviller dès qu’ils sentent une petite différence (qu’ils évacuent bien rapidement comme petite déficience), une faille, une manière distincte de se mouvoir et de penser ou simplement de regarder et d’être avec les autres. Les collectifs militants ou censément « éclairés » ne changent strictement rien à cela : ce sont les mêmes terribles logiques de crainte et d’efficacité qui s’appliquent - parfois même plus brutalement qu’ailleurs. Ce sont des choses que tu questionnes fort bien dans ton blog, cet individualisme, ce culte de la performance, ce cynisme libéraux, qui finissent par être parfaitement intégrés même dans les milieux qui combattent certaines formes du libéralisme.

    • Il faut bien dire aussi que nous sommes formaté·e·s à évoluer dans un parcours de vie individualiste qui, du coup, n’accepte pas le moindre « travers » (avec beaucoup de guillemets), sur sa route. Nous ne gérons pas nos vies afin d’œuvrer à l’intérêt commun de la communauté mais pour soi, au mieux pour sa cellule familiale. Dans une société où c’est l’intérêt commun qui domine, les personnes les plus vulnérables sont prises en considération par tous sans que cela soit perçu comme une « charge ». C’est encore l’#effet_capitaliste dans ses basses œuvres qui poussent à la performance et à la discrimination de celles et ceux qui sont vu par le système comme « défaillant ». Enfin je crois.

    • Une anecdote (ce n’est qu’une anecdote) : mon fils rentre en cm2 dans une classe à triple niveau cm1-cm2-ulis. Les « ulis » ce sont les enfants nécessitant un suivi particulier. Il y a aussi dans la classe deux instits différents, parce que l’instit’ principale est à 75%.
      Ma première réaction a été « 3 niveaux, 2 instits, ça démultiplie les difficultés et les pertes en ligne ». Et l’incompréhension complète avec les ulis au milieu de tout cela, je me demandais comment cela allait être possible.
      Après explication par le directeur de l’école (favoriser la mixité), et concomitance de ce fil de discussion, j’ai positivé la situation auprès de mon gamin... on verra bien. Au moins, il n’aura pas entendu un discours négatif sur cette situation et il aura été prévenu qu’il doit un respect équivalent à ces enfants en particulier comme à tous les autres.
      Par contre, à la réunion avec les parents, l’instit a marmonné au milieu de toutes ses autres explications qu’elle ne comprenait pas pour sa part ces mélanges et qu’elle est d’avis que c’est pour faire des économies. Visiblement, elle ressent cela comme une source de complication. Mais elle semble être prête à étudier la possibilité d’en accepter certains aux autres cours (en plus du sport, des arts visuels... et du 3ème que je ne me souviens plus).

      @aude_v : tu peux te réveiller, on te lit tou•te•s, mais on a parfois bien du mal à te répondre avec la même intelligence... alors on se tait ;-)

    • Caroline avait 12 ans quand je l’ai connu, moi j’en avais 8, nous étions dans la même classe. Elle était toujours souriante, même si sa bouche ne souriait qu’à moitié parce qu’elle était hémiplégique depuis un accident de la route, son retard mental ne lui permettait pas de tout comprendre rapidement. Je me souviens qu’elle restait assise pendant la gym et elle m’encourageait, je la soutenais pour qu’elle marche cahin caha et en classe, nous étions côte à côte. Les adultes s’étonnaient de notre amitié, j’ai ressenti ces regards de plus en plus présents, su que personne ne nous aiderait à rester amis et en grandissant et je suis restée dans l’ignorance de quoi faire avec elle. Je ne voulais pas de ma pitié.

      Quand elle m’a invité en 6em à son anniversaire, elle avait intégré un autre établissement, j’ai décliné l’invitation parce que moi même je me sentais (déjà) anormale et que je croyais devoir avoir des amis normaux.

    • @biggrizzly

      Mais elle semble être prête à étudier la possibilité d’en accepter certains aux autres cours (en plus du sport, des arts visuels... et du 3ème que je ne me souviens plus).

      Tout est dit, elle veut bien étudier la possibilité d’en accepter certains : elle veut bien, étudier, la possibilité, d’en, accepter, certains, quel incroyable enchâssement de conditions !

      Et sinon le truc dont tu ne te souviens plus c’est la musique : sports, arts pla et musique sont les trois mamelles de la désintégration en ULIS.

    • @philippe_de_jonckheere : Oui, voilà, c’est la musique, et l’intervenante attend que les plannings du sport soient figés pour pouvoir définir les siens.
      J’ai d’autres griefs vis à vis de cette enseignante... qui est plus dépassée par les évènements à mon sens... que réellement malveillante. Sachant qu’être dépassée parfois est aussi le signe qu’on n’en a rien à foutre.

      On est tous tellement dans notre quotidien de gens normaux qu’on ne comprend pas quand on te dit que ton gamin va devoir apprendre plus lentement du fait de ceci ou cela (le triple niveau, la cohabitation avec les ulis...). Pour comprendre, y-a qq possibilités possibilités : tu fais partie des parents d’enfant ULIS... ou... ben... euh... tu fais abstraction quelques instants de l’absurdité de cette idée selon laquelle il faut que ton gamin ne prenne aucun retard pour plus tard et tout et tout... et tu as aussi la possibilité qu’un évènement fasse passer ton propre gamin de l’autre côté de la barrière... bref, groumf. Je lis vos (tes) témoignages avec beaucoup d’intérêt.

    • et cet article qui tombe à propos
      « Les enfants sourds n’ont pas accès à l’instruction »
      http://www.liberation.fr/france/2016/09/13/les-enfants-sourds-n-ont-pas-acces-a-l-instruction_1494486

      La fameuse loi de 2005 sur le handicap a reconnu la langue des signes comme une langue à part entière et garantit aux parents le droit de scolariser leur enfant dans l’école de quartier et le choix du mode de communication utilisé en classe. Mais « dans les faits, l’Education nationale ne l’a jamais appliquée, tacle Catherine Vella. Très rares sont les enfants sourds qui ont une scolarité convenable. Ils ont le droit d’entrer dans une école mais ils n’ont pas accès à l’instruction. On ne met pas le message scolaire à la portée linguistique des élèves sourds. Najat Vallaud-Belkacem a fait toute une campagne sur la laïcité l’an dernier, qui n’a pas été sous-titrée ni traduite en langue des signes alors que c’était une campagne nationale et c’est l’affaire de tous. » Et de dénoncer la pression mise sur certaines familles pour renoncer à la langue des signes et opter pour la pose d’un implant cochléaire, qui permet d’entendre.

      https://www.youtube.com/watch?v=iTug7zspKUE

    • A Toulouse, depuis l’année dernière, pour la première fois en France, une femme sourde a réussi son CAPES Lettres contre vents et marées pour pouvoir enseigner à l’école des non sourds. C’est une belle victoire après d’âpres études, car d’après ce qu’elle m’a dit, avec son CAPES LSF passé précédemment en tant que sourde, elle n’avait le droit d’enseigner qu’à des sourds.

      http://sourds06.over-blog.com/article-35920056.html


    • C’est l’hallu cette histoire. Piquer l’argent des amandes payés par les universitées pour non respect de la loi vis à vis des personnes en situation de handicape, amandes en plus réduites on ne sais pas trop en quelle honneur. Et dont l’argent est aujourd’hui détourné à des fins totalement stupides et inutiles de flicage par vigiles et pour faire des emplois aliénants, et racistes car c’est toujours des hommes noirs ou arabes qui se coltient ce job idiot et certainement très mal payé qui consiste à rester debout toute la journée à perdre son temps.
      #validisme #capacitisme #discrimination #racisme #etat_d'urgence

      L’article de libé est sous #paywall alors je met celui là qui explique la situation ;
      https://informations.handicap.fr/art-universite-ponction-fiphfp-853-9061.php

      D’autant que le Gouvernement n’en est pas à sa première ponction dans les réserves du Fiphfp ; déjà 30 millions prélevés en 2015, reconduits en 2016 et 2017, soit 90 millions au total sur trois ans, et autant sur celles de son homologue du privé, l’Agefiph (article en lien ci-dessous), afin de financer les contrats aidés qui ne sont pourtant pas seulement destinés aux travailleurs handicapés. Une pratique déjà en cours sous l’ère Sarkozy puisque, en 2008, son gouvernement avait lui aussi opéré une saisie de 50 millions d’euros sur les réserves de l’Agefiph. Ce qui n’empêche pas Marie-Anne Montchamp, ancienne ministre déléguée aux personnes handicapées de ce même gouvernement et présidente d’Entreprises et handicap de déclarer aujourd’hui, en réaction à ce nouveau prélèvement : « La politique d’emploi en faveur de nos compatriotes handicapés ne peut en aucun cas être la variable d’ajustement des autres politiques publiques ».

      Pour mémoire voire ceci aussi : https://seenthis.net/messages/391349



  • Les 18 armes légendaires du Kung-Fu, Liu Chia-Liang, 1982

    Ah lala, putain que ça me manquait des films de kung-fu. Je n’en ai pas honte, ça me fait du bien.
    Un jour un ami handi m’a dit que lorsque nous étions amoureux, nous n’aimions pas seulement un corps mais nous étions aussi amoureux d’une certaine vision de la « validité », une manière de bouger, d’être fort, d’être leste. J’ai pensé à ça lorsque j’ai constaté que j’aimais les films de kung-fu. En fait ça n’en a pas l’air mais c’est un certain rapport au documentaire...
    Les personnages exécutent en plan large et sans aucun montage des danses, des choré, des prouesses. Et ça, ils le font. En vrai. Sous nos yeux. C’est génial le cinéma. Et c’est ça qui d’après moi différencie cet art de tous les autres : un réel qui se multiplie. Et moi j’éprouve ce réel des corps, que je n’ai pas dans les films de kung-fu, et c’est génial.
    Mais en dehors de ça, ce film-là était bien pourri. Rien. Rien de rien.
    #critique_a_2_balles #Les_18_Armes_legendaires_du_kung_fu #Liu_Chia-Liang #1982 #cinéma #kung_fu #film_de_genre #validisme #amour

    https://www.youtube.com/watch?v=SS6DoJittOE



  • prenez ce couteau (La Muse Tragique&Sexy - Maladies Mentales et...)
    http://prenezcecouteau.tumblr.com/post/138597245757/la-muse-tragiquesexy-maladies-mentales-et

    La Muse Tragique&Sexy, c’est Joon dans Benny & Joon, une femme malade mentale qui, pour paraphraser une merveilleuse critique de Carleen Tibbets, se révèle ne pas avoir tant besoin d’une aide professionnelle que d’un petit ami. C’est Marla dans Fight Club, avec son étrange regard fixe et sa tendance à assister à des groupes de soutien pour des maladies qu’elle n’a pas. C’est Gia Carangi dans Gia, un film dont le slogan est « Trop Belle Pour Mourir, Trop Sauvage Pour Vivre ». C’est Babydoll dans Sucker Punch, une ingénue à couettes vêtue de lingerie qui fait des moues sexy pour parvenir à s’échapper d’une institution psychiatrique. C’est Suzanne dans Suzanne de Leonard Cohen, une femme qui est « à moitié folle » mais qui peut « {toucher} votre corps parfait avec son esprit ».

    La Muse Tragique&Sexy fétichise la souffrance des femmes en dépeignant les maladies mentales invalidantes filtrées par le regard rêveur de l’homme. Ce trope rend glamour l’addiction et des maladies comme la dépression, le désordre bipolaire, et la schizophrénie - des pathologies qui sont très nettement ingrates pour celleux d’entre nous qui vivent avec. La Muse Tragique&Sexy est vulnérable, et sa vulnérabilité est sexualisée. Son incapacité à prendre soin d’elle-même ou à prendre des décisions pour elle-même est présentée comme un élément de son charme.

    Et peut-être que c’est la chose la plus frustrante avec la Muse Tragique&Sexy - le fait que ce type de personnage soit une chouette façon de supprimer l’autonomie d’une femme sans que le film, le livre ou la chanson soit vue comme ouvertement misogyne. Elle se tient à l’intersection entre le validisme et le sexisme, et ses maladies mentales sont dépeintes d’une façon qui rend louable, et même nécessaire, le fait que les autres prennent soin d’elle. On ressent de la gratitude envers les hommes qui se manifestent et la sauvent, parce qu’il est évident qu’elle ne peut pas le faire elle-même. On ressent de l’empathie pour les hommes qui rompent avec elle, parce qu’on voit qu’elle est difficile et volatile. On n’a jamais l’occasion de voir les choses de son point de vue ; souvent il est sous-entendu que ce serait impossible, parce que son point de vue est trop confus et fracturé.

    Il est vraiment démoralisant de voir tant de récits qui traitent des femmes malades mentales littéralement comme des objets - des objets qui existent seulement pour satisfaire les besoins des hommes. Notre souffrance et notre détresse ne sont pas là pour être chosifiées, réemballées dans un flou artistique rêveur, puis servies comme une sorte de panacée destinée à les soulager. Nous méritons le droit à l’autonomie sur nos vies. Nous méritons d’exister comme des personnes complètes, des personnes qui peuvent être en proie à des luttes, certes, mais dont la valeur ne dépend pas de la façon dont ces luttes peuvent profiter aux autres. Nous méritons le droit d’exister en tant qu’êtres sexuels sans avoir nos maladies sexualisées par celleux qui n’en font pas l’expérience. Nous méritons le droit d’exister, un point c’est tout, sans avoir besoin de qualificatifs supplémentaires.

    Il est important qu’il y ait une représentation médiatique des femmes malades mentales, mais toutes les représentations ne sont pas égales. Nous avons besoin de personnages qui reflètent les réalités diverses des gens qui vivent avec la maladie mentale ; nous avons besoin d’histoire qui montrent la portée complète de leurs vies - pas seulement les parties difficiles et douloureuses, mais aussi la joie et le triomphe de la survie malgré la tempête. Nous avons besoin d’histoires qui parlent de nous, et pas seulement de l’impact émotionnel que nous avons sur autrui.

    Après tout, nous aussi nous sommes humaines.

    #stéréotype #male_gaze #femmes #cinéma #validisme #sexisme
    @le_cinema_est