#vandana_shiva

  • Pas de communs sans communauté

    Maria Mies

    https://lavoiedujaguar.net/Pas-de-communs-sans-communaute

    L’intérêt actuel pour les nouveaux communaux est bienvenu. Cela montre que de plus en plus de gens comprennent que notre système mondial capitaliste actuel ne peut résoudre aucun des problèmes qu’il a lui-même créés. La plupart des gens qui veulent créer de nouveaux communaux recherchent un nouveau paradigme économique et social. Pourtant, je pense qu’il est nécessaire de porter un regard plus critique sur les principaux concepts et arguments utilisés dans le discours contemporain sur « les biens communs ». Aujourd’hui, les « nouveaux biens communs » font l’objet d’un battage médiatique, notamment le mythe d’Internet comme bien commun et source de nouvelles communautés. Dans cet article, je pose plusieurs questions : Que voulons-nous dire lorsque nous parlons de « nouveaux biens communs » ? Que pouvons-nous apprendre des anciens communaux ? Qu’est-ce qui doit être changé aujourd’hui ? Y a-t-il une perspective réaliste pour les nouveaux biens communs ?

    Tout d’abord, je tiens à souligner qu’aucun bien commun ne peut exister sans une communauté. Les anciens biens communs étaient entretenus par une communauté clairement définie dont les membres s’engageaient à accomplir un travail communautaire pour subvenir à leurs besoins. (...)

    #Maria_Mies #communs #communauté #Allemagne #_enclosures_ #arbre #autonomie #écoféminisme #brevet #technocritique #Internet #Papouasie #Inde #Vandana_Shiva #développement #numérique

  • Structures minuscules

    Yásnaya Elena Aguilar Gil

    https://lavoiedujaguar.net/Structures-minuscules

    Quel serait le niveau de mortalité du coronavirus dans un monde où il n’existerait pas de macrostructures comme le capitalisme ?

    De paroles attribuées à Démocrite, le biologiste français Jacques Monod a tiré le titre principal de son extraordinaire livre Le Hasard et la Nécessité, essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne. La citation complète attribuée au philosophe du sourire est la suivante : « Tout ce qui existe est le fruit du hasard et de la nécessité. » Plutôt que de discuter la pertinence de cette citation dans la situation actuelle, j’aimerais revenir sur les passages les plus troublants du livre de Monod qui m’ont initiée à la passionnante question de savoir si les virus sont ou non des êtres vivants. On sait qu’il s’agit d’entités biologiques constituées de matériel génétique qui infectent des cellules où se reproduisent de multiples copies de ces entités. Les virus sont si petits que la plupart d’entre eux ne peuvent pas être observés par les microscopes optiques courants. Ce sont de minuscules structures qui transitent entre le monde de l’inerte et celui du vivant. Au cours de l’histoire de l’humanité, et même avant leur découverte, elles ont mis en crise et révélé le fonctionnement de macrostructures d’une autre nature. Le nouveau coronavirus qui a provoqué la pandémie du Covid-19 dans le monde montre la radiographie d’une gigantesque structure socio-économique comme le capitalisme (...)

    #Mexique #peuples_originaires #coronavirus #macrostructures #microstructures #Démocrite #Jacques_Monod #États-nations #communalité #Vandana_Shiva

  • Ecoféminisme, 1er volet : Défendre nos territoires (21)

    « Respecter la #vie dans toute sa diversité, c’est ça pour moi l’écoféminisme »

    Comment articuler féminisme et #écologie ? Quel rapport entre la destruction de la planète et les violences faites aux #femmes ? Entre l’énergie nucléaire et le féminisme ? Entre les grands chantiers extractivistes en Amérique latine et les corps des femmes ? Entre les semences et le genre ? Entre le retour à la terre et le patriarcat ? Entre le véganisme et les droits des femmes ? Et pourquoi tout cela nous amène à parler de maternité, de spiritualité, de rapport au travail, de sorcières, de décolonisation et d’anticapitalisme...
    Ce premier épisode d’une série d’Un podcast à soi consacrée aux écoféminismes tente de répondre à ces questions. Avec les paroles de #Vandana_Shiva, militante écologiste et féministe indienne, d’#Emilie_Hache, autrice de Reclaim, d’#Isabelle_Cambourakis, directrice de la collection Sorcières. Ainsi que les voix du collectif « Les bombes atomiques » réuni, fin septembre, pour une #marche en non mixité choisie contre l’enfouissement de déchets radioactifs à #Bure, dans l’est de la France.


    https://www.arteradio.com/son/61662635/ecofeminisme_1er_volet_defendre_nos_territoires_21
    #écoféminisme #audio #éco-féminisme #féminisme #non-mixité #nucléaire #colonialisme #travail #nature #patriarcat #Chipko #agriculture #économie_mortifère #extractivisme #biodiversité #semences #diversité #inégalités #hiérarchie #racisme #écologie #mothering #égalité #partage
    signalé par @isskein

    • Ecoféminisme, 2ème volet : Retrouver la terre

      « J’avais envie d’expérimenter, dans mon #corps, ce que c’était que vivre »

      Elles ont construit des cabanes et réparé des tracteurs seules, entre femmes. Elles ont appris à reconnaitre les plantes, à cultiver des légumes, à élever des chèvres. Elles ont vécu en pleine nature, sans eau ni électricité, pendant des années. A l’inverse d’autres féministes qui revendiquaient de se libérer d’un corps aliénant, et d’une nature à laquelle on les avait associée depuis toujours (contrairement aux hommes, associés à la culture), elles voulaient retrouver la #terre, se reconnecter avec leur corps, le connaitre, et s’en servir comme force.

      Mutsie, Mayana, Xai racontent dans cet épisode comment, dans les années 70, dans le sillage du mouvement de retour à la terre, elles ont participé à la création de communautés en #non_mixité : des terres de femmes. En France, une dizaine de terre de femmes a existé et de nombreuses autres en Europe, en Australie, et aux Etats Unis. Beaucoup étaient portés par des femmes lesbiennes qui souhaitaient vivre leur #sexualité librement. Elles revendiquaient aussi l’idée d’#autonomie et d’#autosuffisance. Et aspiraient à se reconnecter avec l’ensemble du monde vivant, dont les animaux.

      Certaines terres ont disparu, d’autres existent encore, comme celle où je vous emmène aujourd’hui.

      À la rencontre, aussi de Celeste, Emmanuelle et Laure, arrivées plus récemment, qui nous racontent à quel point des lieux comme celui-ci , à l’écart du monde capitaliste et patriarcal, sont essentiels. Pour se retrouver, se ressourcer, se re découvrir.

      Leurs paroles donnent à entendre et comprendre de nombreuses facette du mouvement Ecoféminisme, entre reconnexion à la #nature et au corps, redéfinition et revalorisation du #travail_domestique, réappropriation des #émotions, #spiritualité, et articulation avec les questions de #classe, de #race et de #genre.

      https://www.arteradio.com/son/61662820/ecofeminisme_2eme_volet_retrouver_la_terre_22

      #décolonial #lutte_décoloniale

    • Expliquez-moi l’écoféminisme

      L’écoféminisme est très peu connu en France. Pourtant, les préoccupations qui ont animé les écoféministes il y a un peu plus de trente ans sont toujours d’actualité aujourd’hui : la peur de léguer aux générations futures un monde en ruines, d’arriver à un point de non-retour dans la dégradation de l’environnement, de tomber malade à cause des pollutions… En quelques mots : de détruire la planète et les espèces qui y habitent.

      Dans cet article, nous vous proposons de découvrir comment, face à un avenir sombre, les écoféministes ont repensé leur(s) rapport(s) à la nature et quels messages d’espoir iels nous ont transmis. Beaucoup de textes cités proviennent de l’anthologie Reclaim ! Recueil de textes écoféministes coordonnée par Émilie Hache, aux éditions Cambourakis.


      https://simonae.fr/militantisme/les-indispensables/expliquez-ecofeminisme

    • Écologie et Féminisme - Révolution ou mutation ?

      L’auteure, qui est à l’initiative de la notion d’écoféminisme, ce nouveau concept opère la synthèse entre l’idée d’une double #exploitation : celle de la nature par l’homme et celle de la femme par l’homme. Dans cet ouvrage initialement paru en 1978, mais d’une actualité brûlante, l’auteure remet radicalement en question la notion de #croissance_économique et démographique, dénonçant le capitalisme comme stade ultime du patriarcat. La #surpopulation et l’#épuisement des ressources illustrent l’« #illimitisme » caractéristique de ce qu’elle nomme le « #système_mâle », et elle est l’une des premières à affirmer qu’il faut préserver ce qui reste encore de l’environnement, sous peine de mort. Dans ce combat universel, les femmes, fortes de leur longue expérience d’exploitation, ont un rôle déterminant à jouer.

      https://libre-solidaire.fr/Ecologie-et-Feminisme-Revolution-ou-mutation
      #livre

    • À Bure, l’écoféminisme renouvelle la lutte antinucléaire
      https://reporterre.net/local/cache-vignettes/L720xH480

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      Samedi 21 septembre, pour la première fois en France, plus de 450 femmes, trans, queer, personnes non-binaires ont marché contre le nucléaire, à Bure, malgré l’extrême difficulté à manifester dans la zone. Une action réussie qui pourrait redonner un souffle à la lutte contre Cigéo.

      La cloche de l’église de Montiers·sur·Saulx vient à peine de sonner 8 heures, mais déjà une petite foule se serre autour d’une table où fument des carafes de café et de tisane. Les rubans colorés d’un attrape-rêve volent dans la brise matinale. Autour des tartines de pain et confitures maison, des femmes discutent, ainsi que plusieurs personnes transgenres, non-binaires et intersexes [1]…. Mais point d’hommes cisgenres (des hommes en accord avec le genre – masculin – qui leur a été assigné à la naissance). Ces 21 et 22 septembre, ce petit coin de Meuse, à quelques kilomètres de Bure, accueille un rassemblement original — antinucléaire et féministe, en non-mixité [2] — inédit par son ampleur : des centaines de personnes ont afflué des quatre coins de la France.

      « Un objectif fondamental de ce rassemblement est de créer un espace inclusif, qui vise à ne pas reproduire les systèmes de domination dans lesquels nous sommes toustes impliqué·e·s », explique le petit livret imprimé pour l’occasion et distribué aux arrivant·e·s. Le fascicule propose également des « outils pratiques sur la transinclusivité », pour l’intégration des personnes trans, et indique les lieux et activités accessibles aux personnes à mobilité réduite. « Dans les milieux écolos et antinucléaires, la priorité va à l’urgence écologique, et les rapports d’oppression passent souvent au second plan », regrette Carie, sa chevelure ornée d’un serre-tête à grandes plumes. Avec d’autres, Carie propose d’être « une oreille » attentive : « Si une personne a un problème, qu’elle ne se sent pas bien, nous sommes là pour l’écouter, pour chercher et proposer des solutions ou des médiations, précise-t-iel [3]. Car même dans un espace ‘safe’ comme celui là, il peut y avoir des comportements ou des propos sexistes, racistes, transphobes ».

      Assise sous des fanions chamarrés, Juliette observe en souriant l’assemblée fourmillante : « il y a plein de nouvelles têtes, des gens que l’on n’avait jamais vu à Bure, se réjouit la militante, impliquée dans la lutte contre le projet d’enfouissement des déchets radioactifs, alias Cigéo. Des féministes et des personnes qui ne seraient pas venues pour une simple manif anti-nucléaire débarquent là pour la première fois, c’est inédit ». La répression, féroce, et l’image d’un combat « de papys blancs », comme nous l’ont expliqué des organisatrices du week-end, constituaient une barrière difficile à franchir pour beaucoup. A l’inverse, l’intitulé du rassemblement a pu décourager de venir certaines femmes, notamment des « historiques » de la lutte anti-Cigéo, estime Juliette ; « antinucléaire et féministe, ça peut paraître très précis, sectoriel et donc excluant. Alors que c’est l’inverse, il s’agit de construire des ponts ! »

      Car entre écologie et féminisme, les liens sont multiples, reconnaissent la majorité des personnes rencontrées sur ce camp, à l’instar de Coline : « C’est le même système, la même logique, qui entraîne l’appropriation des corps des femmes et celle des ressources naturelles », dit la réalisatrice, qui a tourné un documentaire à ce propos en Amérique latine. Avec elle, une bonne soixantaine de participant·e·s se sont réunies ce samedi matin pour discuter de ce terme intriguant d’ « écoféminisme ». Au milieu d’une assemblée absorbée, une enceinte crachote une interview enregistrée de la philosophe Émilie Hache, spécialiste du sujet. « Dans les années 1980 aux États-Unis, les premières écoféministes ont fait le lien entre le nucléaire et les violences faites aux femmes, en montrant qu’il s’agit d’une même culture mâle guerrière qui entretient un rapport destructeur à la nature et contre les femmes », rappelle la chercheuse. Une culture dualiste, qui sépare la nature de la culture, le corps de l’esprit, les femmes des hommes, « toujours en posant que l’un est supérieur à l’autre ». Ainsi, particulièrement depuis l’avènement du capitalisme, « les femmes ont été dévalorisées en étant naturalisées, et l’exploitation du vivant a été justifiée par une féminisation de la nature », précise Émilie Hache. L’écoféminisme propose donc une réappropriation [le terme anglais de « reclaim » est plus juste] de son corps, des activités et des valeurs (dé)considérées comme « féminines » telles le soin, ou le « care » en anglais, ainsi qu’une réinvention des liens avec la nature.

      « Je trouve ça un peu enfermant de ramener les femmes au soin et au care », s’interroge une auditrice, une fois l’écoute achevée. Quelques têtes acquiescent, des mains se secouent en signe d’assentiment. Après un instant de silence collectif, une autre reprend : « C’est enfermant si on se retrouve à nouveau coincées dans ‘le rôle de la femme’. Mais il s’agit aussi de se réapproprier des savoirs, des pratiques, et des compétences, de s’autonomiser du système capitaliste et de l’État ».

      Un peu plus loin dans un champ d’herbes sèches, un groupe s’initie à l’auto-défense, muni de gants et de boucliers en mousse. En petits cercles, iels se bousculent et se frappent, mêlant cris et rires, sous le regard d’Elo. « Il s’agit d’accepter sa peur d’être frappée et de frapper, d’intégrer son propre corps, pour apprendre à se défendre en fonction de soi-même, de ses limites, de ses capacités », explique la formatrice, qui mélange plusieurs arts martiaux asiatiques dans ses cours. Comme beaucoup d’autres sur ce camp, elle évolue plutôt dans les milieux féministes et queer de Paris, et se trouve pour la première fois à Bure. « Mais ça fait sens d’être là, explique-t-elle. La crise écologique et les violences de genre viennent du même problème, le système capitaliste et patriarcal ». Et à même cause, même réponse : « L’autonomie et la défense collective ».

      Peu après 11 heures, dans la grande salle des fêtes pleine à craquer, quatre Bombes atomiques, nom du collectif à l’initiative du rassemblement, présentent le point d’orgue de la journée : la « marche bruyante contre Labo minable ». « Le contexte particulier de Bure nous demande de suivre quelques principes pour assurer notre sécurité et que cette marche soit inclusive pour tous et toutes », expliquent-elles, le visage dissimulé derrière des masques. Une feuille distribuée en préambule rappelle qu’ici, « l’état d’exception règne dans le but d’étouffer toute résistance à la poubelle nucléaire, le territoire est militarisé, la surveillance généralisée (…) le droit de manifestation a été littéralement confisqué. » Ainsi, la marche n’a pas été déclarée, et les organisatrices ne donnent aucune précision quant à son tracé et sa destination.

      Après une rapide – mais gargantuesque – galette végane, les quelques 450 personnes présentes se répartissent dans des voitures pour se rendre au départ de la marche. Les consignes sont précises : il faut rester en queue, « pare-choc contre pare-choc », « afin d’éviter que les flics ne nous divisent pendant le trajet », et « refuser tout contrôle, en expliquant que ‘nous sommes des bombes atomiques et nous allons nous promener en forêt’ ». Lentement, le convoi se met en route, dans un vacarme festif de klaxons, à travers le village puis au milieu d’une forêt parée des premières couleurs d’automne. Un petit guide fourni à chaque véhicule décrit au fur et à mesure du trajet « la présence violente de l’industrie nucléaire sur ce bout de territoire » : le collège fermé de Montiers-sur-Saulx malgré les promesses de l’Andra (l’agence nationale des déchets radioactifs, porteuse du projet Cigéo), les bois et les terres agricoles rachetées par la même agence, le bâtiment du Commissariat à l’énergie atomique, destiné à l’origine à un projet de diesel de synthèse, la voie ferrée abandonnée mais bientôt, peut-être, réhabilitée pour acheminer les déchets radioactifs…

      Au bout d’une heure de lente circulation entre plaines céréalières et bosquets, les 85 autos du cortège s’immobilisent dans un champ, formant une longue chenille sur pneus. Dans le ciel, trois hélicoptères vrombissent, alors qu’au loin, des camions de gendarmes soulèvent la poussière du chemin forestier. Sans attendre, les manifestant·e·s déguisées déplient une banderole indiquant en lettres capitales « Vous n’enfouirez pas nos colères féministes », déploient un grand « radio chat » bleu, animal radioactif symbole du week-end, puis se mettent en marche vers la forêt. Venu·e·s de Liège, de Toulouse et de Grenoble avec leur carnet de chants, une bande de joyeuses drilles enchaînent les chansons féministes, de la « Mal mariée », aux « Penn grévistes ».

      Chapeaux pointus et masques à paillettes, certain·e·s arborent des parures délurés tandis que d’autres, profitant d’un soleil brûlant, préfèrent avancer seins nus. Au fur et à mesure qu’un groupe de gardes mobiles se rapproche, la futaie résonne de hurlements lupins et de slogans choisis, tels « plus de caresses, moins de CRS ». « On est là pour vous empêcher de vous approcher du laboratoire de l’Andra », annonce bientôt un homme en uniforme. « On veut marcher sur les traces de Jeanne d’Arc », réplique-t-on, en référence au nom du chemin de randonnée sur lequel le défilé se déroule [il s’agit du GR703, dit GR Jeanne d’Arc, NDLR]. Après quelques minutes de discussion, les gendarmes laissent repartir la troupe, et se replient à une centaine de mètres.

      « C’est un des week-ends les plus dépaysants de ma vie, dit Catherine, venue de Franche-Comté, pour la première fois à Bure. Je ne vois pas forcément le lien entre écologie et féminisme, mais c’est surprenant et fort de se retrouver entre femmes ». A ses côtés, sa fille, arrivée la veille de Bruxelles, est tout sourire : « Dans d’autres événements militants, les hommes prennent vite beaucoup de place, raconte-t-elle. Ils parlent plus fort, enchaînent plus vite, savent comment avoir le dernier mot, alors qu’entre femmes, j’ai l’impression qu’on fait attention à ce que chacun et chacune ait sa place ». Pour cette Belge d’adoption, « la non-mixité permet de donner un espace-temps où l’on est sûre de ne pas être emmerdée, et ainsi de nous ouvrir à d’autres pratiques, à d’autres horizons ». Un peu plus loin, Marie-José, 65 années dont un certain nombre à lutter contre le nucléaire, exprime elle aussi son « plaisir d’être entre nous », « de ne pas être contraintes, reprises par les hommes comme c’est le cas au quotidien ». « En tant que femme dans les milieux militants, on est vite la petite main, ou la ‘copine de’ tel, ou encore celle qui prend soin, qui écoute », ajoute Camomille, qui a vécu à Notre-Dame-des-Landes et à Bure.

      C’est là que les pratiques féministes peuvent renouveler la lutte antinucléaire, d’après Lune, membre du collectif Radiaction : « À Bure, la répression est très forte, le combat est dur, il faut donc un collectif militant qui ne s’affaiblit pas de lui-même sur des logiques d’oppression, dit-elle. Il y a déjà beaucoup à faire quand on s’attaque au nucléaire, il ne faut pas que le groupe se fissure sur des violences sexistes ». Pour la militante, « c’est important que le milieu dans lequel on lutte ne reproduise pas certains aspects du système contre lequel on se bat ».

      Parvenu·e·s en haut d’une colline surplombant, à quelques centaines de mètres en contrebas, le laboratoire de l’Andra, le groupe amasse brindilles et branches, puis y place le chat géant. Un cercle frémissant se forme autour de ce foyer improvisé. Dès les premières flammes, une ronde se forme, farandole bigarrée, au rythme des chants entrecoupés de slogans. « Andra, dégage, résistance et sabotage », « Sorcière, véner, antinucléaire ». Certain·e·s ont les yeux qui brillent, d’autres sautent au-dessus du feu de joie.

      Bientôt, pendant que le brasier se consume, une idée se met à circuler : « Et si on se rapprochait ? » Comprendre : s’avancer vers ce fameux laboratoire de l’Andra, malgré l’avertissement sans nuance des gendarmes. Très vite, on déclare une AG (assemblée générale) et la foule s’installe à l’orée du bois. « Pourquoi on s’arrête là ? », demande une participante, qui propose de se diriger vers les bâtiments, « pour créer un rapport de forces ». « C’est déjà énorme ce qu’on a fait, répond une autre. On montre qu’il est possible de manifester à Bure sans s’en prendre plein la gueule, et de donner envie à des gens qui n’osent plus venir ici ». A chaque réplique, des mains s’agitent. « Les flics pensent qu’on est faibles parce qu’on est des meufs, repartir comme ça, c’est leur donner raison, argue une femme. Profitons du fait qu’ils ne s’y attendent pas pour agir ! » Deux personnes rappellent le contexte de répression, et les importantes violences policières déjà survenues autour de Bure. « Il s’agit d’un week-end féministe, où la question du consentement est essentielle, fait valoir une militante. Certaines et certains ont exprimé qu’elles étaient mal à l’aise avec l’idée d’avancer, donc si on le fait, on ne respectera pas leur consentement. »

      Après quelques minutes de discussion, et malgré le dissensus, les manifestant·e·s reprennent le chemin du retour, sans encombre. Une pièce de théâtre sur la chasse aux sorcières, un concert et une boum les attendent encore. Pour les Bombes atomiques, le pari est tenu : manifester à plus de 400 personnes près de Bure, sans violences policières, voilà qui n’était pas arrivé depuis bien longtemps.

      Au retour sur le camp, heureuse et émue, Camomille espère que « cette marche sera un premier pas, qui va permettre d’ouvrir quelque chose à Bure ». Car pour les Bombes atomiques dont elle fait partie, ce week-end est autant un début qu’un aboutissement. « Le féminisme, la non-mixité ont beaucoup à apporter à la lutte, pense-t-elle. Le soin, le bien-vivre, le respect de rythme de lutte qui nous vont, ce sont des outils précieux qui peuvent participer à donner un nouveau souffle à la lutte anti-Cigéo ». Dimanche 22 était ainsi consacré à des discussions de bilan, mais surtout de perspectives (non ouvertes aux médias). Toutes les personnes rencontrées partagent en effet cette envie de renouveler l’expérience et « de continuer à tisser les liens entre écologie et féminisme ».

      https://reporterre.net/A-Bure-l-ecofeminisme-renouvelle-la-lutte-antinucleaire

  • VIDEO - Pour Vandana Shiva, la Zad montre « comment cultiver le futur »

    https://reporterre.net/VIDEO-Pour-Vandana-Shiva-la-Zad-montre-comment-cultiver-le-futur

    Le 24 février dernier, l’écologiste Vandana Shiva a visité la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Elle a notamment visité la ferme des Cent noms - que le gouvernement a fait détruire le 9 avril - et s’est exprimé sur ce que représente la Zad : « Cette zone montre le chemin pour d’autres lieux. (...) Voilà le futur que tous les jeunes devraient être capables d’apprendre. (...) Vous êtes le laboratoire vivant qui montre comment on peut cultiver le futur, en retrouvant notre place sur la terre, et notre humanité. »

    #Vandana_Shiva rules

  • #Vandana_Shiva : « Pas besoin de glyphosate pour nourrir le monde »
    https://www.mediapart.fr/journal/france/270218/vandana-shiva-pas-besoin-de-glyphosate-pour-nourrir-le-monde

    L’activiste et auteure indienne, lauréate du Nobel alternatif en 1993, appelle dans un entretien vidéo accordé à Mediapart, les agriculteurs français à sortir de l’âge des engrais et à se réconcilier avec la nature. Elle publie un livre d’entretien avec Nicolas Hulot, où elle défend une vision combative de la biodiversité et de la transition énergétique.

    #France #Culture-Idées #agriculture #Ecoféminisme #Ecologie #OGM

  • " Les propos de Trump font montre d’irresponsabilité, d’arrogance. Mais ce n’est pas le premier président américain à essayer de mettre à bas les lois de protection l’environnement. Avant le Sommet de la terre, Bush père a dit « Notre style de vie n’est pas à négocier », alors que 20 % du public américain consommait 80 % des richesses de la Terre. Le temps est venu de déclarer l’écocide comme crime contre l’humanité."
    https://www.franceculture.fr/personne-vandana-shiva
    #Vandana_Shiva #écocide #féminisme #écologie

  • Vandana Shiva : « Gandhi est plus pertinent qu’il ne l’a jamais été »
    http://www.revue-ballast.fr/vandana-shiva-gandhi-plus-pertinent-quil-ne-jamais-ete

    Son grand-père avait, dans les années 1950, fait une grève de la faim pour défendre l’enseignement scolaire pour les filles de son village. Il en mourut. Vandana Shiva avait quatre ans, et cette expérience fut déterminante. « Il faut que l’Europe comprenne qu’elle souffre des privilèges qu’elle s’est créés elle-même : son train de vie, notamment. Les processus qui alimentent la crise en Europe provoquent une crise pire encore en Inde. L’Europe ne fabrique quasiment rien », lança-t-elle un jour1. Celle qui invite à la « désobéissance des graines » et à la reconquête de la souveraineté alimentaire par le partage des semences ancestrales (via son important projet de banques de graines) ne cesse d’affronter les multinationales, à l’instar de Monsanto — dont elle est la bête noire — ou de Coca-Cola — qui dut fermer son usine du Kerala en 2010, suite à une immense mobilisation non-violente. La militante éco-féministe, qui ne fait pas l’unanimité parmi les rangs écologistes et féministes2, s’échine aussi à sensibiliser les paysans aux pratiques agro-écologiques et à replacer les femmes au centre de cette transmission. Et la fondatrice du mouvement Nadanya d’alerter : « La paix en Inde dépend en partie de la capacité des Occidentaux à relocaliser leur économie. Les emplois locaux doivent être soutenus par des ressources de proximité et pourvoir aux besoins locaux. Cette démarque reconstruirait l’Europe, la sortirait de la crise, et ferait redescendre la pression chez nous. » Nous l’avons rencontrée de passage à Paris.

    #Vandana_Shiva

  • Des chercheurs français sur le paludisme accusés de #Biopiraterie
    https://www.mediapart.fr/journal/france/250116/des-chercheurs-francais-sur-le-paludisme-accuses-de-biopiraterie

    Des scientifiques de l’IRD ont déposé un brevet sur une molécule présente dans une plante utilisée depuis des siècles en Guyane pour soigner le paludisme. La fondation #France Libertés les accuse de s’accaparer les savoirs des populations autochtones. Alors que le Sénat doit voter mardi 26 janvier le projet de loi sur la biodiversité, cette affaire ravive la bataille autour de la privatisation du vivant.

    #biodiversite #Ecologie #fondation_Danielle_Mitterrand #France-libertés #IRD #Propriété_intellevtuelle #Recherche #Vandana_Shiva

  • Des chercheurs français sur le paludisme sont accusés de #Biopiraterie
    https://www.mediapart.fr/journal/france/250116/des-chercheurs-francais-sur-le-paludisme-sont-accuses-de-biopiraterie

    Des scientifiques de l’IRD ont déposé un brevet sur une molécule présente dans une plante utilisée depuis des siècles en Guyane pour soigner le paludisme. La fondation #France Libertés les accuse de s’accaparer les savoirs des populations autochtones. Alors que le Sénat doit voter mardi 26 janvier le projet de loi sur la biodiversité, cette affaire ravive la bataille autour de la privatisation du vivant.

    #biodiversite #Ecologie #fondation_Danielle_Mitterrand #France-libertés #IRD #Propriété_intellevtuelle #Recherche #Vandana_Shiva

  • Are the Paris Climate Talks Bullsh!T? - Valhalla Sits Down With Dr. Vandana Shiva at COP21
    http://www.filmsforaction.org/watch/are-the-paris-climate-talks-bullsht-valhalla-sits-down-with-dr-vanda

    Traditionally the climate talks have been a lot of talk and very little action... We sat down with world renowned environmentalist Dr. Vandana Shiva to discuss what she thinks, you’ll be surprised...

  • Rice, wheat, mustard ... India drives forward first GMO crops under veil of secrecy - The Ecologist
    http://www.theecologist.org/News/news_analysis/2986125/rice_wheat_mustard_india_drives_forward_first_gmo_crops_under_veil_of_


    Depuis quelques jours ça pétitionne à donf sur twitter sous la houlette de #Vandana_Shiva, notamment contre les #OGM de #moutarde

    A secret application has been made to India’s GEAC (Genetic Engineering Appraisal Committee) for a new variety of GMO mustard to be released for cultivation.

    If accepted, this would be the first GMO variety to be approved in India - and could open the way for many more such applications for other major crops including staple foods like rice, wheat and chickpeas.

  • Vandana Shiva : « Sur une planète morte, on ne fait plus d’affaires » | Mediapart
    http://www.mediapart.fr/journal/international/060714/vandana-shiva-sur-une-planete-morte-ne-fait-plus-d-affaires?onglet=full

    La convention de l’ONU sur le changement climatique a été signée en 1992. En 1995, l’OMC a été créée, marquant l’apogée de l’économie mondialisée. C’est non scientifique d’avoir une économie mondialisée qui externalise sa pollution en Chine. 90 % de ce que vend Wall-Mart est fabriqué en Chine : ces émissions creusent-elles l’empreinte carbone américaine, chinoise ou celle de Wall Mart ? Je crois qu’il faut changer de méthode de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Les grandes entreprises mondialisées qui polluent la terre doivent internaliser leur pollution. Ce n’est pas aux pays de rendre des comptes mais aux entreprises.

    Mais comment faire pression sur les multinationales pour les obliger à internaliser leurs coûts autrement que par les États ? Quelle autorité serait assez forte pour les y contraindre ?

    Par les mouvements sociaux. Il n’y a pas d’autre façon. Les citoyens doivent s’organiser pour construire des mouvements vraiment forts autour du « bien vivre », avec une faible empreinte écologique. Il faut aussi que les citoyens se mettent à demander des comptes aux grands groupes mondiaux. Les seuls moments où les grandes entreprises internationales sont défaites, c’est lorsque d’énormes scandales éclatent. La seule manière de faire éclater le scandale, c’est que les gens prennent conscience qu’ils se retrouvent coincés dans un système qui saccage la planète, détruit de l’emploi, produit de la souffrance, du stress, des maladies, des dépressions.

    On parle de plus en plus d’anthropocène. Que pensez-vous de cette notion ?

    Je pense que c’est un très mauvais paradigme. C’est une chose d’admettre que l’irresponsabilité des humains fait du mal à la planète. Mais l’anthropocène, c’est l’arrogance de l’hubris. L’anthropocène revient à dire : « O.K., la planète est en pagaille, mais maintenant, nous allons devenir totalement des manipulateurs de la planète. » Nous allons faire de la géo-ingénierie, fabriquer des volcans artificiels, mettre des polluants dans l’atmosphère pour rafraîchir la planète…

    Si nous sommes dans une telle difficulté, c’est à cause de l’ignorance humaine cumulée à l’arrogance. Ignorance des processus biologiques subtils qui permet à Gaïa de fonctionner. Arrogance de croire que nous sommes supérieurement intelligents. Nous n’avons pas besoin d’anthropocène, mais de l’âge de Gaïa. L’anthropocène, c’est maintenir cette idée d’humains irresponsables et dominants, c’est une vision très patriarcale. Je crée le désordre ? Je vais en créer encore plus. Nous devons dire que nous sommes plus petits que la Terre, que nous en sommes une partie. Pas des maîtres et des conquérants. Un empire humain a semé le désordre sur cette Terre. Perpétuer cet empire, en l’appelant anthropocène, serait la plus grande erreur.

    Vous ne distinguez pas l’anthropocène de la géo-ingénierie ?

    Les gens qui ont commencé à parler d’anthropocène promeuvent aussi la géo-ingénierie (le prix Nobel de chimie, Paul Crutzen, par exemple – ndlr). Parler d’un « âge » de l’« anthropos » signifie que l’homme en est le facteur dominant. Que l’homme soit un facteur dominant de destruction ne signifie pas qu’il sera le facteur dominant de la régénération. La planète ne se régénérera que lorsque nous travaillerons avec elle. Et donc, parler d’anthropocène sent l’arrogance, celle d’êtres humains pensant qu’ils déterminent la vie de la planète.

    Nous ne résoudrons pas cette crise si nous ne nous repositionnons pas comme une partie de la toile de la vie et non comme les maîtres de la toile de la vie. L’idée d’anthropocène redonne du pouvoir aux multinationales qui veulent fabriquer des semences résistantes au changement climatique. Ce serait un désastre.

  • Libère et s’aime les graines !
    http://www.politis.fr/Libere-et-seme-les-graines,19624.html

    Vandana Shiva, grande prêtresse de l’Alliance globale pour la liberté des #semences, lance une quinzaine d’actions « Agissons pour la liberté des #graines » du 2 octobre, anniversaire de Gandhi, au 16 octobre, journée mondiale de l’alimentation. Cette passionaria a été la première à constituer une banque de semences en Inde. Pas celles brevetées, commercialisées et stérilisées par les multinationales de l’agroalimentaire, mais les semences d’origine, celles que la nature offre gratuitement et qui doivent rester gratuites pour nourrir et réjouir les humains.

    #vandana_shiva #Dadagreen #GreenPride #SeedBuro #Graines_de_troc
    #Paule_Kingleur #Valentin_Lacambre