• L’#écologie_municipale, ou la ville face à son histoire

    Les verts élus dans les grandes #villes doivent faire un #choix : se focaliser sur la qualité de vie de leurs administrés au risque de renforcer la #fracture entre #centres urbains et #périphéries, ou au contraire renouer avec les #territoires_fantômes que les #métropoles consomment et consument.

    Après le succès des candidatures et alliances écologistes dans certaines des plus grandes villes de France dimanche, une chose a très peu retenu l’attention des commentateurs politiques. C’est le paradoxe, au moins en apparence, d’une #métropolisation de l’écologie politique – le fait que les valeurs vertes semblent trouver dans les grands centres urbains leur principal lieu d’élection. Au lieu de s’interroger sur les motivations et les idéaux des personnes qui peuplent ces villes pour essayer d’y lire l’avenir, peut-être faut-il alors renverser la perspective et regarder l’objet même que constitue la #ville, sa réalité indissociablement écologique et politique.

    Au regard de l’#histoire, cette #urbanisation des #valeurs_vertes ne va pas du tout de soi. La ville a souvent été définie, en Europe au moins, par l’enveloppe protectrice des remparts qui tenait à distance les ennemis humains et non humains (animaux, maladies), et qui matérialisait la différence entre l’espace de la cité et son pourtour agraire et sauvage. En rassemblant les fonctions politiques, symboliques, sacerdotales, les villes engendrent des formes de socialité qui ont fasciné les grands penseurs de la modernisation. Saint-Simon, par exemple, voyait dans la commune médiévale italienne l’origine du développement matériel et moral propre à la #modernité. Durkheim, plus tard, faisait de la ville le prototype du milieu fait par et pour l’humain, le seul espace où pouvait se concrétiser le projet d’#autonomie.

    Aspirations urbaines

    Mais les villes sont également devenues, avec le processus d’#industrialisation, de gigantesques métabolismes matériels. L’explosion démographique des métropoles industrielles au XIXe siècle va de pair avec la concentration du travail, de l’énergie, et plus largement des flux de matière qui irriguent l’économie globale. Au cœur des transformations de la vie sociale, la ville est aussi au cœur de ses transformations matérielles : elle aspire d’immenses quantités de ressources, pour les relancer ensuite dans le commerce sous forme de marchandises. En laissant au passage les corps épuisés des travailleurs et des travailleuses, ainsi que des montagnes de déchets visibles ou invisibles, résidus non valorisés du processus productif.

    Ainsi la ville irradie le monde moderne de son prestige symbolique et culturel, mais elle tend aussi à déchirer le tissu des circularités écologiques. L’un ne va pas sans l’autre. Chaque ville, par définition, est tributaire de circuits d’approvisionnement qui alimentent ses fonctions productives, ou simplement qui la nourrissent et la débarrassent des contraintes spatiales. Chaque ville est entourée d’une périphérie fantôme qui l’accompagne comme son ombre, et qui est faite des #banlieues où vivent les exclus du #rêve_métropolitain, des champs cultivés et des sous-sols exploités. Chaque urbain mobilise malgré lui un espace où il ne vit pas, mais dont il vit.

    L’une des sources de la #sensibilité_écologique contemporaine se trouve justement dans la critique de l’avant-garde urbaine. Dans l’Angleterre victorienne, William Morris ou John Ruskin retournent à la #campagne pour démontrer qu’une relation organique au #sol est susceptible de régénérer la civilisation, sans pour autant compromettre les idéaux d’émancipation. Mais ils luttaient contre une tendance historique dont l’extraordinaire inertie a rapidement provoqué la disqualification de ces expériences. Surtout pour le #mouvement_ouvrier, qui avait en quelque sorte besoin des formes spécifiquement urbaines d’#aliénation pour construire la #solidarité_sociale en réponse.

    Si l’on replace dans cette séquence d’événements le phénomène d’urbanisation des attentes écologiques actuelles alors il y a de quoi s’interroger sur l’avenir. Deux trajectoires possibles peuvent s’esquisser, qui ont cela d’intéressant qu’elles sont à la fois absolument irréconciliables sur un plan idéologique et matériel, et quasiment impossibles à distinguer l’une de l’autre dans le discours des nouveaux édiles de la cité verte.

    Faire atterrir le #métabolisme_urbain

    D’un côté, on trouve le scénario d’une consolidation des #inégalités_sociales et spatiales à partir des valeurs vertes. Pour le dire de façon schématique, les grands pôles urbains poussent la #désindustrialisation jusqu’à son terme en éliminant les dernières nuisances et toxicités propres à la #ville_productive : elles se dotent de parcs, limitent les transports internes et créent des #aménités_paysagères (comme la réouverture de la Bièvre à Paris). C’est ce que la sociologie appelle la #gentrification_verte, dont #San_Francisco est le prototype parfois mis en avant par les prétendants écologistes aux grandes mairies. Au nom d’une amélioration difficilement critiquable de la qualité de vie, la ville des #parcs et #jardins, des boutiques bio, des #mobilités_douces et des loyers élevés court le risque d’accroître le #fossé qui la sépare des périphéries proches et lointaines, condamnées à supporter le #coût_écologique et social de ce mode de développement. #Paris est de ce point de vue caractéristique, puisque l’artifice administratif qui tient la commune à l’écart de sa banlieue est matérialisé par la plus spectaculaire infrastructure inégalitaire du pays, à savoir le #boulevard_périphérique.

    Mais si le vert peut conduire à consolider la #frontière entre l’intérieur et l’extérieur, et donc à faire de la qualité de vie un bien symbolique inégalement distribué, il peut aussi proposer de l’abolir – ou du moins de l’adoucir. Une réflexion s’est en effet engagée dans certaines municipalités sur le pacte qui lie les centres-villes aux espaces fantômes qu’elles consomment et consument. La #renégociation de la #complémentarité entre #ville et #campagne par la construction de #circuits_courts et de qualité, l’investissement dans des infrastructures de #transport_collectif sobres et égalitaires, le blocage de l’#artificialisation_des_sols et des grands projets immobiliers, tout cela peut contribuer à faire atterrir le #métabolisme_urbain. L’équation est évidemment très difficile à résoudre, car l’autorité municipale ne dispose pas entre ses mains de tous les leviers de décision. Mais il s’agit là d’un mouvement tout à fait singulier au regard de l’histoire, dans la mesure où il ne contribue plus à accroître la concentration du capital matériel et symbolique à l’intérieur de la cité par des dispositifs de #clôture et de #distinction, mais au contraire à alléger son emprise sur les #flux_écologiques.

    Le défi auquel font face les nouvelles villes vertes, ou qui prétendent l’être, peut donc se résumer assez simplement. Sont-elles en train de se confiner dans un espace déconnecté de son milieu au bénéfice d’une population qui fermera les yeux sur le sort de ses voisins, ou ont-elles engagé un processus de #décloisonnement_social et écologique ? L’enjeu est important pour notre avenir politique, car dans un cas on risque le divorce entre les aspirations vertes des centres-villes et la voix des différentes périphéries, des #ronds-points, des lointains extractifs, alors que dans l’autre, une fenêtre s’ouvre pour que convergent les intérêts de différents groupes sociaux dans leur recherche d’un #milieu_commun.

    https://www.liberation.fr/debats/2020/06/30/l-ecologie-municipale-ou-la-ville-face-a-son-histoire_1792880

    #verts #élections_municipales #France #inégalités_spatiales #mobilité_douce #coût_social ##décloisonnement_écologique

    via @isskein
    ping @reka @karine4

  • Municipales à Tours : la victoire dérisoire du candidat écologiste - La Rotative
    https://larotative.info/la-victoire-en-trompe-l-oeil-du-3862.html

    L’enthousiasme des partisans de la liste Pour Demain Tours, qui a remporté le second tour de l’élection municipale le dimanche 28 juin, apparaît en parfait décalage avec le résultat enregistré.

    À première vue, avec 54,94% des voix exprimées, Emmanuel Denis et ses colistièr·es emportent une nette victoire face à l’équipe LR-LREM emmenée par le maire sortant Christophe Bouchet. En fait, c’est une victoire dérisoire qu’a remportée la liste menée par EELV et le PS : avec 14 476 voix, Pour Demain Tours engrange 2 922 voix de moins que la liste menée par l’ancien maire PS Jean Germain lors de sa défaite en 2014. Après 18 ans de mandat et une mise en examen pour complicité passive de prise illégale d’intérêt et détournement de fonds public, Germain avait donc mieux mobilisé que Denis. Difficile d’y voir le signe d’un quelconque « élan », comme semblent l’analyser certain·es militant·es [1].

    Ces 14 476 voix qui donnent la victoire à Pour Demain Tours représentent seulement 18,17% des électeur·ices inscrit·es sur les listes. C’est l’équivalent du score réalisé en 2014 par la liste de droite emmenée par Serge Babary : dans le cadre de la triangulaire qui l’opposait à Jean Germain et au candidat FN, Babary avait recueilli le vote des 18,4% des inscrit·es. Si l’abstention a largement progressé (26 348 voix exprimées au second tour en 2020 contre 41 744 en 2014), la pandémie de Covid-19 peut difficilement être considérée comme seule responsable du désintérêt massif exprimé par les habitant·es de la ville pour ce scrutin. On peut sans trop de risque avancer l’hypothèse que cette abstention est également liée à la médiocrité de l’offre partisane, et à l’incapacité des candidat·es à s’adresser à la population.

    Maigre victoire d’une écologie politique qui se droitise

    #élections_municipales #Verts #abstention

    • À Paris, madame 17%. Les Parisiens ont été généreux avec Hidalgo CAC40. Ses 48,49 % des voix, c’est 162 219 voix au 1er tour puis 224 790 voix, sur 1 332 282 inscrits pour 2 187 526 habitants, soit entre 12% (1er tour) et 16,87% des électeurs.

      En proportion des inscrits, exemples
      Doucet (Lyon) : 19,1 %
      Aubry (Lille) : 12,4 %
      Hurmic (Bordeaux) : 17,5 %
      Moudenc (Toulouse) : 22,8 %
      Estrosi (Nice) : 15,8%

      Je n’ai trouvé nulle part des résultats électoraux d’ensemble qui indiquent la proportion de votants rapportée à l’ensemble du corps électoral, n’ai pas cherché d’évaluation d’une non inscription sur les listes électorales qui doit être très variable selon les localités, ni non plus d’étude qui pointe la disproportion selon les localités entre le corps électoral et les personnes en âge de voter (non inscrits et étrangers).

      Sous couvert de « vague verte », l’institution politique réputée la plus proche des administrée est - elle aussi - mal en point.

      #villes #municipalités

    • À Marseille une abstention record inégalement répartie (de 40 à 89%)
      https://marsactu.fr/a-marseille-une-abstention-record-inegalement-repartie

      Le second tour des municipales à Marseille n’a pas été l’occasion d’un retour aux urnes avec environ 100 000 votants de moins qu’en 2014. Les écarts territoriaux se sont confirmés et même accentués, entre des secteurs nord faiblement mobilisés et un sud disputé. Difficile cependant d’en tirer des enseignements sur la victoire du Printemps marseillais.

    • Une brève histoire des hurluberlus Paul Laity
      http://www.entelekheia.fr/2016/11/20/une-breve-histoire-des-hurluberlus

      Paul Laity revisite sur le ton de l’humour la gauche britannique de l’époque de George Orwell et les rapports de ce dernier avec ceux qu’il avait appelé « les hurluberlus de la gauche ». Inutile de dire que nous avions exactement les mêmes en France.

      Pour reprendre le terme d’Orwell, les racines du #gauchisme « hurluberlu » sont similaires de chaque côté de la Manche, nommément l’Owenisme en Grande-Bretagne et en France, le socialisme utopique et ses dérivés. Différence culturelle oblige, les nôtres étaient moins épris de vélocipède, de végétarisme, de laine brute et de grand air que les Britanniques ; la version hexagonale les voulait laïcards, républicains, scientistes, athées et bouffeurs de curés, avec malgré tout parfois, comme chez leurs congénères anglo-saxons, des penchants mystiques qui les conduisaient volontiers au spiritisme. #Victor_Hugo est le chef de file des aînés de ce type « d’hurluberlus », mais d’autres noms connus du XIXe siècle l’ont rejoint au panthéon des exaltés du guéridon, par exemple #Camille_Flammarion, #Victorien_Sardou, #Delphine_de_Girardin, #Henri_Bergson qui s’adonnait à des recherches psychiques (hypnose, lucidité somnambulique, médiumnité) ou encore #Jules_Verne, etc. Cette tendance se perpétuera chez les #surréalistes, en particulier avec l’écriture automatique d’André Breton et au-delà, dans l’art moderne et contemporain, dans le « psychologisme » qui imprègne toute la gauche ainsi que dans le #pédagogisme actuel – Ainsi, malgré ce qu’écrit l’auteur dans sa conclusion, la question de l’héritage idéologique du socialisme utopique et de la gauche « hurluberlue » historique déborde très largement des seuls écologistes pour embrasser toute la gauche libérale moderne.

      « Le socialisme », a écrit #George_Orwell dans son célèbre Quai de Wigan (1936), attire à lui « avec une force magnétique tous les buveurs de jus de fruit, les nudistes, les porteurs de sandales, les obsédés sexuels, les quakers, les charlatans naturopathes, les pacifistes et les féministes d’Angleterre ». De façon mémorable, sa tirade contre ces « hurluberlus » s’étend dans d’autres passages du livre aux « végétariens à barbes flétries », aux « Jésus de banlieue » uniquement préoccupés de leurs exercices de yoga, et à « cette tribu lamentable de femmes de haute vertu, de porteurs de sandales, de buveurs de jus de fruits qui affluent vers l’odeur du ‘progrès’ comme des mouches à viande vers un chat mort. »


      Andrew Muir, architecte consultant de la ville-jardin de Letchworth, portant ce qui s’appelait à l’époque un « costume rationnel » et des sandales. Crédit photo, First Garden City Heritage Museum du Letchworth Garden City Heritage

      Les #stéréotypes et caricatures des hurluberlus de la #classe_moyenne s’inscrivent profondément dans la culture nationale anglaise. Pendant tout le XIXe siècle, Punch Magazine a brocardé les obsessionnels de la santé qui recherchaient une vie plus pure dans le chou bouilli et l’antialcoolisme. Une histoire d’Aldous Huxley, The Claxtons, qui anticipait la philippique d’Orwell, dresse le tableau d’une famille bourgeoise puritaine, radicale et aveuglée sur elle-même : « Dans leur petite maison sur le terrain communal, comme les Claxton vivaient une belle, une spirituelle vie ! Même le chat était végétarien » . Et plus tôt cette année, le Daily Mail, tabloïd de droite, a tourné le Guardian en dérision (pour la énième fois, sans aucun doute) en l’accusant d’être dirigé par, et pour, des « porteurs de sandales ». C’est une pique encore censée suggérer la même chose qu’à l’époque d’Orwell : une naïveté fumeuse, une pseudo-supériorité morale et une vie de bohème méritoire – certainement un monde bien éloigné des valeurs de pragmatisme et de décence de l’Angleterre censément « véritable ».

      La férocité des caricatures « d’hurluberlus » d’Orwell trahissent une certaine anxiété sur la liberté sexuelle, mais vise en général directement leur travers le plus évident – leur sérieux. Les hurluberlus veulent que le monde devienne un endroit moins cruel, moins bassement commercial, plus beau. Leurs plaisirs sont sains, « naturels » et énergiques. (Quand j’étais enfant, mes parents dépeignaient certaines personnes comme très « riz complet et bicyclettes »). La mentalité de ces progressistes contre-culturels veut à tout prix que tout soit sain et aide à s’améliorer. L’un des objets de raillerie d’Orwell est donc une « gueule de bois de la période de #William_Morris » [1] qui propose de « niveler le prolétariat ‘par le haut’ (jusqu’à son niveau à lui) par la méthode de l’hygiène, des jus de fruit, du contrôle des naissances, de la poésie, etc. » Dans son roman Un peu d’air frais (1939), nous rencontrons « le professeur Woad, un chercheur psychique » : « Je connaissais le genre. Végétarisme, vie simple, poésie, culte de la nature, se roulant dans la rosée avant le petit-déjeuner… ce sont tous soit des maniaques de l’alimentation naturelle, ou alors ils ont quelque chose à voir avec les boy-scouts – dans les deux cas, ils sont toujours partants pour la Nature et le Grand air. »

      La satire d’Orwell dans le Quai de Wigan s’inscrivait dans le cadre d’une cause particulière et urgente : la formation d’une #politique radicale, populaire (non-hurluberlue) et réaliste pour faire front à la menace montante du fascisme. (Peu après avoir remis le manuscrit de son livre à son éditeur, Victor Gollancz, il entamait son voyage à Barcelone pour y rejoindre le camp républicain de la guerre civile d’Espagne). A ses yeux, les hurluberlus – avec les « marxistes chevelus mâchouillant des polysyllabes » – donnaient mauvaise allure au socialisme. Il impliquait aussi qu’ils étaient superficiellement dévoués à la cause socialiste mais au bout du compte, bien plus préoccupés par leur propre pureté morale que par l’exploitation de la classe ouvrière. Mais à qui exactement Orwell pensait-il quand il a lancé ses invectives ? Qui étaient les hurluberlus ?

      Il avait fait le choix de ne jamais mentionner par écrit qu’il s’était lui-même commis avec beaucoup de personnages de la #contre-culture, à commencer par sa tante, Nellie Limouzin, une bohème dont le mari, socialiste, soutenait fidèlement le mouvement espérantiste, et les Westrope, qui possédaient la librairie de Hampstead où il travaillait au milieu des années 30. Francis Westrope avait été objecteur de conscience pendant la guerre et adhérait au Parti travailliste indépendant ; son épouse, Myfanwy, militait pour les droits des femmes – et les deux étaient des espérantistes passionnés. Sa grande admiratrice et conseillère Mabel Fierz [2] également, vivait dans une grande maison de Hampstead Garden et penchait pour un socialisme mystique et spirituel.

      Les amis et membres de sa famille ont sans nul doute influencé les portraits d’Orwell dans une certaine mesure, mais il avait toute une tradition politico-culturelle en ligne de mire. Elle s’étendait aux sectes millénaristes socialistes des années 1830 et 1840 inspirées par le réformateur #Robert_Owen et son journal, le New Moral World (le Nouveau monde moral). Les « hurluberlus » étaient sur-représentés dans ces communautés modèles – Catherine et Goodwyn Barmby, par exemple, qui s’agacèrent du ton insuffisamment puriste du mouvement Owenite et formèrent l’Église Communiste (ses organisations-sœurs comprenaient les #White_Quakers de Dublin et le #Ham_Common_Concordium de Richmond.) [3] Ils prêchaient diverses prophéties #New_Age, ainsi que le végétarisme, l’#hydrothérapie, les cheveux longs et le port de sandales. Au fil des années, #Goodwyn_Barmby se mua en figure christique, avec de longs cheveux blonds flottant sur les épaules ; ensemble, le jeune couple arpentait les rues de Londres avec un chariot où il puisait des tracts qu’il distribuait en haranguant les passants.

      Le renouveau #socialiste de la fin du XIXe siècle était lourdement investi de croyances « hurluberlues ». Comme l’a écrit Michael Holroyd, c’était largement a partir « d’ #agnostiques, #anarchistes et #athées ; de #réformistes du costume [4] et du régime alimentaire ; d’#économistes, de #féministes, de #philanthropes, de #rationalistes et de #spirites tentant tous de détruire ou de remplacer le #christianisme » que le renouveau s’est opéré. L’activiste #Henry_Hyndman, un disciple d’Engels et le fondateur de la Social Democratic Federation (SDF, fédération socialiste démocratique) en 1881, désespérait comme Orwell de ce type de tocades morales. « Je ne veux pas que le mouvement » , martelait-il, « soit un dépotoir de vieux hurluberlus, d’humanitaires, de #végétariens, d’anti-vivisectionnistes, d’anti-vaccinationnistes, d’artistes du dimanche et toute cette espèce. »  Sans surprise, William Morris et ses amis au sein de la SDF décidèrent de s’en séparer et fondèrent leur propre groupe en 1884, la plus anarchique (et sexuellement radicale) Ligue socialiste. La #Fabian_Society , [5] qui débutait au même moment, était un groupe dissident de la #Fellowship_of_the_New_Life (Compagnons de la nouvelle vie), une communauté éthico-spirituelle (et végétarienne).

      C’était également l’époque de la #Vegetarian_Cycling_Society (Société des Cyclistes Végétariens) et des clubs nés autour de l’hebdomadaire socialiste #The_Clarion, qui visait à #« amener le citadin à entrer plus fréquemment en contact avec la beauté de la nature, et faire progresser l’idéal d’une vie plus simple, d’un mode de vie modéré et d’une élévation de la pensée. » #George_Bernard_Shaw qui, en tant que végétarien porteur de laine brute, naturelle et tricotée à la main, entretenait une relation de proximité avec les hurluberlus, a résumé les deux impulsions différentes du socialisme du temps : l’une tenait à « organiser les docks » , l’autre à « s’asseoir au milieu des pissenlits ».

      Le saint patron des pique-niqueurs au milieu des pissenlits était #Edward Carpenter, et Orwell l’avait clairement à l’esprit. Ancien vicaire anglican qui avait été l’invité de Thoreau, auteur d’un long poème whitmanesque, ‘Vers La Démocratie’ , Carpenter prônait un socialisme spirituel et le retour à la nature. A la suite d’une vision, il avait acheté une petite exploitation rurale à Millthorpe, près de Sheffield, où il faisait pousser ses propres légumes. Il était végétarien et prêchait le contrôle des naissances ainsi que le mysticisme oriental ; il avait écrit The Intermediate Sex (Le Sexe intermédiaire) , le premier livre qui présentait l’homosexualité sous un jour positif à être largement diffusé en Angleterre. Il avait pour habitude de se baigner nu à l’aube en compagnie de son domestique et amant, et sa vie était dénoncée comme scandaleuse et immorale.


      Edward Carpenter devant son cottage de Millthorpe, dans le Derbyshire, 1905. Il porte une paire des célèbres sandales de style indien qu’il fabriquait lui-même et une veste, un bermuda, une cravate et une large ceinture de sa propre conception. Crédits Sheffield Archives, Carpenter Collection, Box 8/31 a.

      Plus que n’importe qui d’autre, Carpenter a été responsable de l’introduction des sandales dans la vie britannique. Quand son ami Harold Cox partit pour l’Inde, Carpenter le chargea d’envoyer une paire de sandales du Cachemire à Millthorpe. La paire en question comprenait une lanière qui remontait de la semelle, passait par-dessus les orteils et s’accrochait à la cheville. « J’ai rapidement éprouvé une joie à les porter », écrivit Carpenter. « Et au bout de quelque temps, j’ai décidé d’en fabriquer. » Les chaussures, décida-t-il, étaient « des étouffoirs en cuir » . Il prit des leçons auprès d’un bottier de Sheffield et arriva « vite à fabriquer beaucoup de paires pour moi-même et plusieurs amis. » (Il en offrit une paire à Shaw, mais elles lui sciaient les pieds et il renonça à les porter en jurant de ne jamais y revenir.) Plusieurs disciples firent le pèlerinage à Millthorpe, y compris, dans les souvenirs de Carpenter, une réformiste du costume – « Son nom était Swanhilda quelque chose » , qui avait marché des kilomètres, sous une pluie battante, seulement vêtue d’une robe de serge bleue grossièrement coupée et de sandales qui s’enfonçaient dans la boue presque à chaque pas. Un des domestiques de Carpenter à Millthorpe, George Adams, entreprit aussi de fabriquer des sandales. Quand il se brouilla avec son maître, il déménagea dans la toute nouvelle ville-jardin de Letchworth, dans le Hertfordshire, et y ouvrit un petit commerce de sandales.

      Letchworth occupe une place spéciale dans l’histoire des hurluberlus. « Un jour cet été » , écrivait Orwell dans le Quai de Wigan, « je traversais Letchworth quand le bus s’est arrêté pour laisser monter deux hommes âgés d’allure affreuse. Tous deux très petits, roses, joufflus et tous deux tête nue, ils devaient avoir dans les soixante ans. Ils étaient habillés de chemises couleur pistache et de shorts kakis dans lesquels leurs énormes arrière-trains étaient si boudinés que vous auriez pu en étudier chaque fossette. Leur arrivée fit courir un léger frisson d’horreur sur l’impériale du bus. L’homme assis à côté de moi… murmura ‘des socialistes’. Il avait probablement raison », continue le passage. « Le Parti travailliste indépendant tenait son université d’été dans la ville. » (Orwell néglige de mentionner qu’il y assistait lui-même).

      La ville-jardin de #Letchworth, une expérience en urbanisme inaugurée en 1904 – une utopie d’air frais et de vie rationnelle – devint instantanément une Mecque pour les amoureux de la vie simple et acquit une réputation nationale de ville « hurluberlue » : sandales et scandales à foison. Un de ses deux architectes originels, Raymond Unwin, avait été l’un des associés de Carpenter au sein du socialisme de Sheffield (et un végétarien). Un ancien résident a offert une description du « citoyen typique de la ville-jardin » : il portait des sandales, ne mangeait pas de viande, lisait William Morris et Tolstoï, et possédait deux tortues « qu’il cirait périodiquement avec la meilleure des huiles de moteur Lucas. » Les végétariens de la ville ouvrirent le Simple Life Hotel (l’hôtel ‘Vie Simple’), qui comprenait un magasin de produits alimentaires naturels et un restaurant réformiste alimentaire. Un membre de la famille quaker Cadbury ouvrit un pub sans alcool, la Skittles Inn (l’Auberge des Quilles), où il faisait un fructueux commerce de chocolat chaud et de Cydrax, un vin de pomme sans alcool. (Ce qui inspira un commentaire sur une vie « toute en quilles et sans bière » [6] à G.K Chesterton, et plus tard une raillerie à John Betjeman dans son poème Huxley Hall, « Ni mon dîner végétarien, ni mon jus de citron sans gin/ ne peuvent noyer mon hésitante conviction selon laquelle nous pourrions bien être nés dans le péché ».)

      Les dimanches, les Londoniens faisaient des excursions en train pour étudier l’étrange collection d’espérantistes vêtus de blouses et de théosophistes de Letchworth ; une bande dessinée d’un journal local dressait même le tableau comique de visiteurs d’un zoo d’humains. « Papa, je veux voir comment on les nourrit ! » , y réclame un enfant. Les panneaux indicateurs pour les visiteurs y signalaient : « Direction Les Lutins Raisineux Porteurs de Sandales À Pointes Longues », « Par Ici Pour Le Pub Non-toxique » et « Direction Les Mangeurs de Bananes Hirsutes » . Annie Besant, une théosophiste militante du contrôle des naissances, y ouvrit l’école St. Christopher – où le Parti travailliste indépendant tenait sa réunion d’été – et qui aujourd’hui encore offre exclusivement de la nourriture végétarienne (ses élèves admettent se rabattre sur McDonald’s).


      Dessin de Louis Weirter, publié dans le journal local The Citizen, 1909. Crédits image, First Garden City Heritage Museum de la Letchworth Garden City Heritage Foundation

      Les années 1920 et 1930 offraient nombre de tendances contre-culturelles propres à faire frémir Orwell. Un pacifisme de type jusqu’au-boutiste s’était davantage généralisé au milieu des années 30 qu’à n’importe quelle autre époque de l’histoire britannique. Il y avait aussi une manie du grand air (associée à un développement des loisirs) et d’un mode de vie hygiénique et non raffiné. Les adhésions au club cycliste du Clarion atteignirent leur apogée au milieu des années 30, et un nombre sans précédent de citadins en bermudas et chemises à col ouvert s’entichèrent d’hôtels de jeunesse et de randonnées pédestres. « Le droit de vagabonder » à travers vallons, coteaux et landes devint une cause de gauche et la randonnée de masse, un acte politique parfois nuancé de mysticisme de la nature. En 1932, l’écrivain S. P. B. Mais conduisit seize mille personnes dans le parc naturel des South Downs pour y admirer le lever du soleil sur Chanctonbury Ring (malheureusement, le ciel était nuageux ce matin-là). Le mouvement de retour à la nature prenait d’autres formes aussi. À Marylebone en 1928, la Nature Cure Clinic (clinique de cure naturelle) ouvrait ses portes, avec des idées homéopathiques venues de l’Est via l’Allemagne. Les fruits crus et les jus de légumes y étaient considérés nécessaires à l’élimination des toxines. Et dans les mêmes années 30, le Dr Edward Bach vantait les vertus curatives des essences de fleurs qu’il avait découvertes en recueillant des gouttes de rosée sur des plantes, à l’aube.

      Le #nudisme organisé fit son apparition en Grande-Bretagne à la fin des années 1920. L’un de ses premiers centres à s’ouvrir a été Sun Lodge, à Upper Norwood au sud-est de Londres. A partir de 1928, les membres de la #Sun_Bathing_Society (société des bains de soleil) se retrouvaient les week-ends pour s’imprégner des rayons salutaires et revigorants et pour d’autres activités comme la « danse rythmique. » Les habitants locaux s’agglutinaient autour de la clôture pour tenter d’entrapercevoir les baigneurs en puris naturalibus. En 1929, la police dut intervenir au Welsh Harp Reservoir, à côté de Wembley, pour protéger les naturistes contre des émeutiers. En dépit de la controverse qu’il suscitait, le mouvement #nudiste prit de l’ampleur. En 1932, une lettre au Times en appela à la reconnaissance des bénéfices du culte du soleil - « en moins qu’un costume de bain. » - Ses signataires comprenaient George Bernard Shaw et C. E. M. Joad, philosophe populaire, socialiste, pacifiste, enthousiaste de la campagne (et peut-être le modèle du “Professeur Woad » d’Orwell). Joad était convaincu des vertus des siestes « nu au soleil », même seulement sur des criques désertes. Le ridicule n’était jamais loin. Dans le film I See Ice (1938), George Formby chantait - « Une photo d’un camp nudiste/ Dans mon petit album d’instantanés/ Très jovial mais un peu humide/ Dans mon petit album d’instantanés. » -

      #Leslie_Paul, fondateur des Woodcraft Folk, une alternative antimilitariste aux scouts ouverte aux garçons comme aux filles, se décrivait comme un « socialiste du style d’Edward Carpenter, épris d’une vision mystique de l’Angleterre. » En 1933, cinq cent jeunes membres des Woodcraft Folk campèrent autour d’une pierre levée de l’âge du bronze, dans le Herefordshire, pour y écouter un exposé sur les alignements de sites. [7] Deux garçons étaient accroupis dans une cage d’osier au sommet du monument. (Aujourd’hui, le propriétaire de la terre sur laquelle se dresse la Queen Stone préfère ne pas donner sa localisation exacte pour ne pas encourager la tenue de séances.) Paul, qui était écrivain et journaliste, passait le plus clair de son temps dans un cottage de la campagne du Devonshire. Un ami local, Joe, avec des poils sur la poitrine « épais et bouclés » comme un « matelas de fils de fer » aimait à s’allonger nu au soleil, à déclarer sa passion pour Tolstoï et à dénigrer les chaussures de cuir. « Le végétarisme était dans l’air du temps progressiste », écrivit plus tard Paul. « De nouveaux magasins de nourriture offraient de quoi satisfaire de fantastiques nouveaux goûts. … j’ai bu un mélange de lait malté, d’eau chaude et d’huile d’olive qui passait pour avoir les plus heureux effets sur le colon et les nerfs. » C’était un admirateur de l’Union Soviétique, un socialiste et un pacifiste. « Le #pacifisme avait une extraordinaire affinité avec le végétarisme », se souvenait-il, « de sorte que nous vivions d’énormes saladiers de bois emplis de salade aromatisée à l’ail, de lentilles et de pignons de pin garnis de poireaux. Nous respirions la santé. »

      Orwell a participé à deux universités d’été en 1936 : l’une à Letchworth et l’autre organisée par #The_Adelphi, un magazine pour qui il écrivait, dans une grande maison de Langham, près de Colchester. L’éditeur et fondateur du journal était le critique John Middleton Murry, un pacifiste et socialiste d’un type spirituel et poète qui avait acquis la maison dans l’espoir d’en faire le foyer d’une nouvelle forme de communauté égalitaire. (« Dans cette simple et belle maison, notre socialisme est devenu réalité » , écrivait-il. « Il me semblait que nous avions atteint une nouvelle sorte d’immunité contre l’illusion. ») Tous les invités étaient mis à contribution pour aider à la bonne marche du centre : Orwell était très demandé à la plonge, où il employait des talents cultivés lors de ses jours de pauvreté à Paris. Au cours d’une des discussions, il asséna apparemment à son auditoire, en majorité des gens de la classe moyenne, qu’ils ne « reconnaîtraient même pas un mineur ou un débardeur s’il en entrait un dans la pièce. » Murry finit par penser que le Centre Adelphi tenait trop de l’atelier d’idées : les socialistes qui y résidaient manquaient de la discipline qu’apporte le rude labeur physique.
Son projet suivant fut une ferme pacifiste.

      Il y a cent autres exemples de socialistes épris de ‘vie simple’ qui auraient suscité le mépris d’Orwell. Mais, malgré tous ses efforts, la longue et riche histoire des « hurluberlus » continua au-delà des années 1930 jusqu’aux éléments de la Campagne pour le Désarmement Nucléaire, les #hippies et les #Verts. (Et au-delà de l’Angleterre aussi, bien sûr.) Dans les années 1960, un restaurant végétarien a effacé un siècle de moqueries en adoptant fièrement le nom « Les Hurluberlus ». De bien des façons, la situation s’est retournée contre Orwell. Les personnages comme Edward Carpenter et Leslie Paul peuvent désormais être considérés comme les pionniers de l’anti-capitalisme écologiste moderne. L’environnementalisme est de plus en plus une cause et de moins en moins une distraction d’excentrique.

      Beaucoup de choses qu’Orwell considérait comme hurluberlues sont aujourd’hui à la mode. Il y a trois millions et demi de végétariens en #Grande-Bretagne, le yoga fait de plus en plus partie de la vie quotidienne des classes moyennes, et des pilules homéopathiques sont avalées par millions. (Malgré tout, ces tendances suggèrent, encore plus que du temps d’Orwell, une volonté d’auto-préservation et un style de vie égoïste, le contraire d’une volonté authentique de changer le monde.)

      Inévitablement, alors que des aspects hurluberlus ont été absorbés dans le courant dominant, d’autres pratiques et croyances étranges prennent leur place et sont ridiculisées par la majorité. Dans l’esprit du Quai de Wigan , on pourrait dire de l’anti-capitalisme d’aujourd’hui qu’il attire avec une force magnétique tous les écolos forcenés, les fruitariens organiques, les scooteristes à batterie solaire, les enthousiastes des naissances dans l’eau, les pratiquants de sexe tantrique, les fans de world music, ceux qui vivent dans des tipis, les porteurs de pantalons de chanvre et les accros aux massages ayurvédiques d’Angleterre. Quant aux sandales, les journalistes du Daily Mail _ peuvent bien conserver la mémoire de l’association entre hurluberlus d’antan et pieds quasi-nus, mais les longues queues devant les boutiques Birkenstock devraient les y faire réfléchir à deux fois. La vie simple est peut être aussi illusoire aujourd’hui qu’hier, mais nous sommes tous devenus des porteurs de sandales.

      Paul Laity est rédacteur littéraire au sein de la vénérable London Review of Books. En 2001, il a publié la Left Book Club Anthology (l’Anthologie du club du livre de gauche) , (Weidenfeld & Nicolson)
      Traduction Entelekheia
      [1] William Morris, peintre, dessinateur de papier peint, écrivain et l’une des figures de proue d’un mouvement conjuguant art et artisanat, l’Arts and Crafts.
      [2] La première à avoir reconnu le talent d’Orwell. Elle l’aida à faire publier son premier livre en le portant elle-même à un agent littéraire qui le transmit à un éditeur, Victor Gollancz. Le livre, Down and Out in Paris and London, parut en 1933.
      [3] Une communauté socialiste utopique également connue sous le nom « Alcott House ».
      [4] Les réformistes du costume militaient contre le corset, pour le pantalon féminin, pour que les femmes s’habillent de façon adaptée à la mode des vélocipèdes, pour le port de sous-vêtements hygiéniques en laine, et plus généralement pour le port de vêtements pratiques, dits « rationnels ».
      [5] Club politique de centre-gauche, socialiste et réformiste créé en 1884. Gorge Bernard Shaw et Herbert George Wells en faisaient partie. La Fabian Society , qui se décrit aujourd’hui comme progressiste, existe toujours au sein du Parti travailliste. Elle est aujourd’hui alignée sur le néolibéralisme européiste de Tony Blair.
      [6] Jeu de mots sur un proverbe anglais. Littéralement, « la vie n’est pas toute faite de bière et de quilles », signifiant « la vie n’est pas toujours facile ».
      [7] Théorie loufoque sur des lignes imaginaires (également appelées « ley lines ») censées relier des sites préhistoriques de façon occulte.

      #culpabilisation #Gauche #Histoire_des_idées #Libéralisme #Socialisme_utopique #espéranto #hurluberlu #hurluberlue

      Cet article est paru dans Cabinet Magazine http://www.cabinetmagazine.org/issues/20/laity.php sous le titre ‘A Brief History of Cranks’.

  • « C’était un scrutin pour le climat »

    Outre les données scientifiques, le succès des Verts aux récentes élections suggère que la Suisse devrait poursuivre des objectifs plus ambitieux en matière de climat. C’est ce qu’affirme la climatologue suisse Sonia Seneviratne. Elle a un conseil de lecture à adresser au nouveau Parlement.

    Le peuple a reconnu la nécessité urgente d’agir sur le plan de la politique climatique. Selon Sonia Seneviratne, c’est ce qui explique l’énorme hausse de la part de suffrages pour les partis verts et le nombre de sièges remportés au Parlement : « C’était un scrutin pour le climat ». La climatologue originaire du canton de Vaud est aujourd’hui professeure de Dynamique Terre-Climat à l’École polytechnique fédérale de Zurich. Elle est aussi l’un des principaux auteurs des publications du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) : dans plusieurs rapports, les scientifiques mettent en garde contre les conséquences graves du réchauffement planétaire. Sur la base de ces découvertes, le Conseil fédéral a récemment renforcé ses objectifs climatiques. La Suisse entend atteindre la neutralité carbone – c’est-à-dire zéro émission nette de gaz à effet de serre – d’ici 2050. Avant les élections, le Conseil des États a approuvé une loi sur le CO2 prévoyant la hausse du prix de l’essence et une taxe sur les billets d’avion. On saura bientôt ce que le nouveau Conseil national plus vert en fera, et si le peuple ira dans la même direction. « Il est très probable que la politique climatique suisse deviendra plus ambitieuse », espère Sonia Seneviratne. Selon elle, l’objectif du Conseil fédéral n’est pas radical, mais réaliste. La Suisse, pays très développé, s’est engagée dans le cadre de l’Accord de Paris à contribuer à la protection du climat. Les taxes d’incitation constituent un bon moyen pour rendre la protection du climat socialement acceptable : « Cet argent peut être reversé à la population, par exemple sous la forme de réduction des primes d’assurance-maladie. » Au nouveau Parlement, la climatologue recommande surtout de lire le rapport du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C et les risques qui nous menacent. « À mon avis, nous devrions même débattre de la possibilité d’atteindre la neutralité carbone dès 2040 », ajoute-t-elle.

    https://www.revue.ch/fr/editions/2019/06/detail/news/detail/News/cetait-un-scrutin-pour-le-climat-1
    #élections #Suisse #climat #environnement #Verts #2019

    • Le vert s’impose sous la coupole du Palais fédéral

      Oui, bien sûr, nous allons parler des élections fédérales du 20 octobre 2019. Mais commençons par jeter un coup d’œil au bâtiment dans lequel se fait la politique suisse. Saviez-vous que la fière coupole du Palais fédéral construit en 1902, arborait à l’origine une belle couleur cuivrée ? Durant quatre décennies, le cuivre s’est lentement oxydé sous l’effet de la pluie. Peu à peu, la coupole a pris une teinte turquoise, une patine verdâtre. Lors de sa rénovation, en 2007, les artisans ont utilisé de la tôle de cuivre prépatinée. L’objectif de la manœuvre était de conserver l’aspect auquel les Suisses s’étaient si bien habitués.

      Rien d’habituel en revanche dans ce qui vient de se passer sous la coupole : désormais, le Parlement qui y siège est plus vert que jamais. Les forces écologistes en présence se sont en effet puissamment accrues le 20 octobre. Si les superlatifs sont rarement de mise en politique suisse, on peut les utiliser sans crainte cette fois, car le bouleversement est d’ampleur historique. En 100 ans, aucun parti n’a remporté davantage de sièges un jour d’élection que les Verts cet automne. Un succès auquel vient s’ajouter la progression des Vert’libéraux.

      Le verdissement politique s’est fait bien plus rapidement que le processus d’oxydation de la coupole fédérale. Et le chamboulement a commencé avant même que les bulletins de vote ne soient imprimés. En effet, le Parlement a, petit à petit, pris des positions écologistes, ce dont on le croyait incapable au début de son mandat. Ainsi, à l’automne, le Conseil national a accepté une taxe sur les billets d’avion. Un an auparavant, le même Conseil national avait mis les pieds au mur contre cette mesure d’incitation en faveur du climat. Cet exemple montre que les inquiétudes face aux conséquences toujours plus évidentes du changement climatique ont gagné la vie politique. Après les échappatoires, voici venu le temps de la recherche de solutions.

      Vous ne vous intéressez pas aux élections ? Alors vous vous intéresserez peut-être à la manière dont l’épargne, cette vertu typiquement suisse, est mise à mal par les banques qui ont presque réduit à zéro les taux d’intérêt en la matière. L’épargnant vertueux doit même dédommager la banque pour son dépôt. Nombreux sont les Suisses qui redoutent les taux d’intérêt négatifs. Mais personne ne sait vraiment comment réagir. La « Revue Suisse » n’a elle non plus pas de recette à proposer. Mais elle décrit le phénomène en détail à la page 16 de ce numéro, en espérant que cela aidera les lecteurs à y voir plus clair.

      https://www.revue.ch/fr/editions/2019/06/detail/news/detail/News/le-vert-simpose-sous-la-coupole-du-palais-federal-1

    • « La démocratie suisse gagne en qualité »

      Le Conseil national compte désormais 42 % de femmes, un taux jamais atteint auparavant. La campagne interpartis « Helvetia appelle ! » d’Alliance F y a aussi contribué. Jessica Zuber, cheffe de la campagne, explique pourquoi il s’agit d’un résultat électoral historique en Suisse.

      Le Conseil national, Chambre basse du Parlement, compte 200 membres, dont 84 sont désormais des femmes. Leur part est ainsi passée de 32 à 42 %. Au Conseil des États, la Chambre haute, cette proportion sera bien moindre. Mais Jessica Zuber affirme quand même qu’« il s’agit d’élections historiques pour les femmes ». La politologue, qui a dirigé la campagne « Helvetia appelle ! » d’Alliance F, faîtière des sociétés féminines suisses, rappelle que depuis l’introduction du droit de vote en 1971, les femmes suisses n’ont accru leur présence au Parlement que très lentement : « Pas plus de 3 à 4 % à chaque fois. » Aujourd’hui, le peuple a élu près d’un quart de femmes en plus au Palais fédéral ; une hausse record tant à gauche qu’au sein des partis bourgeois. « La démocratie suisse gagne en qualité parce que les femmes et les hommes sont représentés de manière plus équilibrée », dit Jessica Zuber. Il s’agit pour le moins d’un succès d’étape. Jamais les candidates n’avaient été aussi nombreuses, et elles occupaient des places plus prometteuses sur les listes que lors des dernières élections. C’est pour cette cause que « Helvetia appelle ! » s’est engagée auprès de mille sections de partis dans toute la Suisse. Des centaines de candidates ont été encouragées et accompagnées durant la campagne électorale. Helvetia a appelé… et elle a été entendue. Le moment était apparemment venu : Jessica Zuber cite plusieurs facteurs, comme la grève des femmes en juin, qui a rassemblé des centaines de milliers de participantes. Il y a un an, le Parlement a brillamment élu deux femmes au gouvernement. Cette présence accrue des femmes pourrait avoir un impact sur certains sujets au-delà des appartenances partisanes, affirme Jessica Zuber, par exemple sur la conciliation travail/famille, les mesures contre la violence armée ou la politique environnementale. « Helvetia appelle ! » poursuivra ses efforts après les élections : « Notre but est la représentation paritaire des sexes dans les deux Chambres. »

      https://www.revue.ch/fr/editions/2019/06/detail/news/detail/News/la-democratie-suisse-gagne-en-qualite-1

      #femmes

  • Un dimanche triomphal pour les écologistes suisses

    Les Verts ont engrangé un succès historique lors des élections fédérales de ce dimanche. Les #Verts_libéraux sont les autres grands gagnants du scrutin. A l’instar de l’UDC, tous les partis traditionnels perdent des plumes.

    https://www.swissinfo.ch/fre/politique/elections-f%C3%A9d%C3%A9rales-2019_le-visage-du-nouveau-parlement-suisse/45209962
    #Suisse #verts #Les_Verts #Suisse #élections #élections_fédérales #écologie

  • Éditorial des bulletins d’entreprise (LO) du 27 mai 2019 :
    Après les européennes, il faut que le camp des travailleurs se renforce
    https://journal.lutte-ouvriere.org/2019/05/28/apres-les-europeennes-il-faut-que-le-camp-des-travailleurs-s

    Le Pen-Bardella et Macron-Loiseau se disent satisfaits des résultats du scrutin européen. Le #RN termine la course en tête, et La République en marche estime avoir limité les dégâts. Tout avait été fait pour que les électeurs pensent qu’ils n’avaient le choix qu’entre le représentant des banquiers et la millionnaire d’#extrême_droite, entre la peste et le choléra. La liste #Les_Républicains enregistre un score faible. Une grande partie des électeurs de droite votent maintenant pour cet ancien ministre de Hollande qu’est #Macron : il mène une politique antiouvrière qui les comble.

    Dans une certaine mesure, le résultat des écologistes témoigne d’une inquiétude légitime sur l’avenir de la planète. Mais, sans une remise en cause du fonctionnement de l’économie, la protection de l’environnement ne peut que buter sur les intérêts des grands groupes capitalistes. Des #Verts à Hulot, les ministres écologistes ont servi d’alibi à bien des gouvernements, plus soucieux des profits de Total et autres pollueurs que de l’environnement.

    Quant aux salariés, aux chômeurs, aux retraités des classes populaires, ils sont largement restés à l’écart du scrutin. Aux abstentionnistes, nombreux dans les communes ouvrières, il faut ajouter les travailleurs immigrés qui, bien que vivant en France et y payant des impôts, sont privés du droit de vote.

    C’est tout le système politique qui est en cause : quel que soit le parti vainqueur dans les urnes, ce sont toujours les capitalistes qui dirigent. Et c’est encore plus criant pour ce Parlement européen, dont on ne sait pas vraiment à quoi il sert.

    Lorsque l’alternance entre la droite et la gauche gouvernementale fonctionnait, cette dernière était encore, par son histoire, liée au mouvement ouvrier, ce qui attirait la sympathie des classes populaires. Mais elle a défendu les institutions, en expliquant aux travailleurs qu’ils pouvaient changer leur sort par le vote. Aujourd’hui, après des années au pouvoir, elle s’est discréditée. En France, le RN de Le Pen s’est renforcé. En Italie, en Hongrie ou en Belgique, d’autres courants politiques xénophobes, partisans de régimes autoritaires, ont également progressé, comme en témoignent les résultats du scrutin.

    Face à cela, certains ont l’ambition de #reconstruire_la_gauche, de revenir au gouvernement pour gérer les affaires des capitalistes, comme l’ont fait Hollande et d’autres.

    Ce n’est pas ainsi qu’on peut s’opposer à l’extrême droite et à sa politique réactionnaire. Ce qu’il faut reconstruire, ce n’est pas la gauche de gouvernement, c’est un parti ouvrier, défendant réellement les intérêts du monde du travail.

    Les capitalistes mènent une guerre sociale. La politique de Macron depuis deux ans, dans la continuité de Sarkozy et de Hollande, en est l’expression. Et d’autres attaques sont à venir, contre les retraites ou contre les chômeurs. Aussi, #le_camp_des_travailleurs n’est pas une formule. Avant d’être un choix politique conscient, c’est une réalité sociale. Et, pour défendre ses intérêts, ce camp doit mener la lutte de classe.

    Pour modestes que soient les résultats de #Lutte_Ouvrière, soit 176 433 voix, ils confirment la présence d’un courant politique qui maintient la tradition révolutionnaire du #mouvement_ouvrier, l’#internationalisme face à la montée du #nationalisme et de la xénophobie. Renforcer ce courant, lui donner la force d’intervenir dans la lutte de classe, est essentiel en cette période d’offensive de la classe capitaliste. Il est indispensable de construire un parti représentant vraiment les intérêts des travailleurs, et qui ne soit pas prêt à les brader pour quelques strapontins ministériels.

    La société est aujourd’hui ravagée par la crise économique et la misère. Elle est sous la menace de guerres et de catastrophes écologiques. L’avidité de la bourgeoisie, la classe qui dirige le monde, la rend incapable de répondre aux problèmes qui se posent à l’humanité. Le fonctionnement du capitalisme exige qu’il renforce et perpétue l’exploitation et l’oppression du prolétariat. Tôt ou tard, cette oppression provoquera des révoltes. C’est à travers celles-ci que la classe ouvrière pourra mettre fin à la domination du grand capital.

    Le monde du travail en aurait la force. Mais il lui manque la conscience de ses formidables capacités. Cette conscience, un parti ayant pour objectif de mener la révolution sociale, un parti communiste révolutionnaire, doit l’incarner. L’avenir du monde du travail et, au-delà, de toute l’humanité en dépend.

  • En #Belgique, la guerre des gauches
    https://lemediapresse.fr/international/en-belgique-la-guerre-des-gauches

    Ce dimanche, des élections nationales et régionales auront lieu en Belgique, en parallèle des européennes. Si la gauche reste très minoritaire du côté flamand, la donne est totalement différente au sud du pays, où trois partis qui revendiquent l’étiquette, malgré leurs différences, se disputent le leadership dans des scrutins aux issues plus qu’incertaines.

    #International #Politique #Bruxelles #Ecolo #Ecologie #Elections #Marxisme #PS #PTB #Socialisme #Verts #Wallonie

  • 20 Jahre Rot-Grün : Wiedersehen des Kabinetts Schröder-Fischer | Berliner Zeitung
    https://www.berliner-zeitung.de/politik/rnd/20-jahre-rot-gruen-wiedersehen-des-kabinetts-schroeder-fischer-3176

    Lundi avant Noël on a raté la rencontre de la dernière génération de voleurs à la retraite. Les oeufs pourri sont restés à la cage. Les ripoux d’hier pouvaient faire la fête sans être incommodés.

    Les membres du gouvernement Schröder se retrouvaient autour d’un bon verre dans le restaurant traditionnel Altes Zollhaus à Berlin-Kreuzberg. Le ton était jovial et tout le monde se félicitait des résultats de l’oeuvre déstructrice qui a ruiné la vie de millions d’Allemands. L’économie du pays, c’est à dire les grandes entreprises allemandes, a augmenté ses profits grâce à la baisse des revenus imposés aux employés allemands par l’agenda 2010 introduite par le camarade de patrons et ses conjurés . Les concurrents espagnols, francais et italiens ont baissé les armes face á l’armada d’allemands sous-payés et sur-motivés par les mesures draconiennes introduites par le Macron allemand. Les ex-dirigeants sur place en ont tous tirés d’énormes bénéfices.

    Le parti de Schröder paie le prix de sa politique mais bizarrement la popularité de son complice vert n’arrête pas d’augmenter. Il a viré à droite et récupère aujourd’hui les électeurs libéraux de son concurrent FDP qui lui s’approvisionne chez les chrétiens-démocrates. C’est la fête, tout le monde est content après s’être rempli la panse.

    Am Montagabend war Gerhard Schröder nochmal Chef – genauer: Chef des Kabinetts. 20 Jahre nach dem Beginn der rot-grünen Bundesregierung hatte der Altkanzler nämlich seine Minister eingeladen – und zwar in das Berliner Restaurant „Altes Zollhaus“. Viel ist nicht bekannt über das Treffen. Ein bisschen aber schon.

    Zunächst einmal das Wichtigste: das Essen. Es habe Ente gegeben und vorneweg Kartoffelsuppe, sagt ein Teilnehmer. Rotwein gab’s bestimmt auch.
    Lafontaine und Clement fehlten

    Dabei fehlten zwei. Der einstige Bundesfinanzminister Oskar Lafontaine war als Abtrünniger nicht eingeladen. Er hatte 1999 das Ministeramt und den SPD-Vorsitz hin geschmissen und mochte sich am Dienstag auf telefonische Nachfrage im Saarland nicht dazu äußern.

    Ex-Bundeswirtschaftsminister Wolfgang Clement, als zuweilen ruppig bekannt, fehlte ebenfalls. „Das Bedauern“ darüber, so verlautet aus der Runde, habe sich „bei allen Beteiligten in Grenzen gehalten“.

    Ansonsten war’s laut Augenzeugen „ein buntes Durcheinander“ in „netter Stimmung“ mit im Laufe des Abends wechselnden Besetzungen an mehreren Tischen – wobei es nicht allein um Politik ging, sondern nicht minder um Privates.

    So entpuppte sich die frühere Bundesfamilienministerin Renate Schmidt als Urgroßmutter – was auf ähnlich große Freude stieß wie Clements Abwesenheit. Besagte Augenzeugen sprechen alles in allem von einem schönen Wiedersehen mit Geplauder – ein Wiedersehen freilich, bei dem es „auch immer so Dispute“ gegeben habe.

    Ein kleinerer Disput galt wohl der SPD, die 1998 doppelt so stark war wie heute – während die Grünen heute dreimal so stark sind wie vor 20 Jahren. Ein größerer Disput galt wohl den Beziehungen Deutschlands zu den USA einerseits und Russland andererseits.

    Schröder soll demnach die Frage aufgeworfen haben, ob man die Bande zu Wladimir Putins Moskau nicht enger knüpfen müsse in Zeiten, in denen Donald Trump in Washington das Sagen habe. Daraufhin hätten ihm manche zugestimmt und andere widersprochen. Widerspruch habe der Altkanzler nicht zuletzt von seinem Alt-Vizekanzler erfahren: dem Grünen Joschka Fischer.

    Das passt ins Bild dessen, wie Letzterer sich gemeinhin zu Schröders Freund äußert. Ein nur mittelbar Beteiligter sagt, die zwei hätten sich regelrecht gestritten.

    Vereint waren die Matadore in ihrem Stolz. „Da wurde in sieben Jahren mehr bewegt als von anderen Regierungen in zwölf“, sagt eine Ex-Ministerin. Ein Ex-Minister sagt: „Das kann sich schon sehen lassen, wenn man es mit der Arbeit nachfolgender Regierungen vergleicht.“

    Nein, an Selbstbewusstsein hat es Rot-Grün nie gemangelt. Zugleich wurde gefrotzelt. Auf die Frage, ob er sich nun alt fühle, antwortete ein Matador, alle hätten sich alt gefühlt – „außer Otto“. Gemeint ist Alt-Bundesinnenminister Otto Schily. Er zählt nun 86 Jahre.

    Otto hin, Dispute her – Gerhard Schröder hat dem Vernehmen nach Gefallen an der Veranstaltung gefunden. „Das können wir doch mal wieder machen, oder?“, soll er so oder so ähnlich gesagt haben.

    Aus dem Kabinett widersprach niemand.

    Restaurant Altes Zollhaus, 30, Carl-Herz-Ufer, Kreuzberg, Friedrichshain-Kreuzberg, Berlin, 10961, Deutschland
    https://www.openstreetmap.org/way/133778314

    #Allemagne #Berlin #Kreuzberg #Carl-Herz-Ufer #politique #SPD #verts

  • À Grenoble, #Mélenchon capte le vote « rouge-vert »

    Ville universitaire emblématique du développement du secteur high-tech, Grenoble est aussi, depuis le scrutin municipal de 2014, un laboratoire de recomposition de la gauche rouge-verte. Spécialiste de la social-démocratie et politiste pour Mediapart à l’occasion du cycle électoral 2017, Fabien Escalona analyse dans cet entretien les dynamiques électorales présidentielles dans la capitale des Alpes.


    http://www.metropolitiques.eu/A-Grenoble-Melenchon-capte-le-vote.html

    #Grenoble #élections #France #cartographie #gauche #verts #visualisation

  • L’Autriche fait à nouveau face au risque de l’extrême droite
    https://www.mediapart.fr/journal/international/021216/lautriche-fait-nouveau-face-au-risque-de-lextreme-droite

    Affiches électorales des deux candidats, Norbert Hofer (extrême droite) et #Alexander_Van_Der_Bellen (Verts) © Reuters Les Autrichiens votent à nouveau ce dimanche pour élire leur président, après l’invalidation du second tour de mai dernier. Le candidat de l’extrême droite, qui avait frôlé la victoire, est aux portes du pouvoir.

    #International #Autriche #élection_présidentielle #europe #extrême_droite #FPÖ #Norbert_Hoffer #ÖVP #Verts

  • #Autriche : l’élection présidentielle invalidée
    https://www.mediapart.fr/journal/international/010716/autriche-lelection-presidentielle-invalidee

    C’est exactement ce que voulait l’extrême droite autrichienne : que l’élection du candidat des #Verts Alexander Van der Bellen soit entachée d’irrégularités afin de gagner une seconde chance d’accéder au pouvoir. Les quelque 30 000 voix d’écart du 22 mai dernier n’auront donc pas suffi pour épargner le pire à l’Autriche. Explications.

    #International #élection_présidentielle #europe #extrême_droite #FPÖ #president #scrutin_invalidé #SPÖ

  • #Autriche : le candidat des #Verts l’emporte de justesse face à l’extrême droite
    https://www.mediapart.fr/journal/international/230516/autriche-le-candidat-des-verts-l-emporte-de-justesse-face-l-extreme-droite

    Alexander Van der Bellen arrive à la soirée électorale des Verts, dimanche 22 mai, après le deuxième tour de la présidentielle © AP C’est une très mince victoire. D’après les résultats définitifs communiqués ce lundi 23 mai en fin d’après-midi, le candidat des Verts Alexander Van der Bellen gagne l’élection présidentielle autrichienne avec 50,3 % (31 000 voix d’écart) face à son adversaire d’extrême droite, Norbert Hofer. Le pire est évité, mais le pays complètement polarisé.

    #International #élection_présidentielle #europe #extrême_droite #FPÖ #president #SPÖ

  • #Autriche : le candidat des #Verts l’emporte de justesse face à l’extrême droite
    https://www.mediapart.fr/journal/international/230516/autriche-le-candidat-des-verts-lemporte-de-justesse-face-lextreme-droite

    Alexander Van der Bellen arrive à la soirée électorale des Verts, dimanche 22 mai, après le deuxième tour de la présidentielle © AP C’est une très mince victoire. D’après les résultats définitifs communiqués ce lundi 23 mai en fin d’après-midi, le candidat des Verts Alexander Van der Bellen a gagné l’élection présidentielle autrichienne avec 50,3 % face à son adversaire d’extrême droite, Norbert Hofer. Le pire est évité, mais le pays complètement polarisé.

    #International #élection_présidentielle #europe #extrême_droite #FPÖ #president #SPÖ

  • En #Autriche, la tentation de l’extrême droite
    https://www.mediapart.fr/journal/international/200516/en-autriche-la-tentation-de-lextreme-droite

    Dernier meeting de campagne du FPÖ, vendredi 20 mai à #Vienne. © Reuters Dimanche 22 mai, les électeurs autrichiens élisent leur président. Après un premier tour, le 24 avril, qui a placé le candidat de l’extrême droite du FPÖ très largement en tête, la probabilité est grande pour que ce parti xénophobe prenne la tête de l’État autrichien. Reportage sur une société tentée par le réveil d’un passé enfoui.

    #International #Alexander_Van_Der_Bellen #élection_présidentielle #europe #extrême_droite #FPÖ #Norbert_Hofer #SPÖ #Verts

  • J’ai bien tout compris ?

    Macron il va à l’université du #Medef et pas à l’université d’été du #PS ? C’est tellement insignifiant après tout ce qu’il a fait, mais en même temps tellement révélateur ...

    Et les #médias qui ne prennent pas la peine de mêler les deux informations, pas si éloignées, dans une même phrase ...

    Et les #verts démissionnaires qui disent que les verts c’est des gauchistes et que bien sûr, il n’y a que des points de détails de désaccord avec le PS ...

    C’est pas des pros de la synthèse et du recoupage d’actualité les journalistes

    • A noter que le mot « dissociation » est en général utilisé accompagné de « traumatique », et finalement, ce n’est pas trahir l’usage que de l’utiliser ici. C’est une dissociation traumatique là aussi, afin d’éviter de devoir réfléchir aux et subir les conséquences des recoupements possibles entre les informations.

    • Je parle même pas de l’affaire du sous traitant roumain, avec les journalistes de France Info qui disent que ça la fout mal pour un parti politique, surtout au pouvoir. Le fait que ça soit le parti socialiste, dit parti de la gauche, ça a pas l’air d’être une condition aggravante.

    • Et ça, c’est pas drôle ? :) :

      M. Placé s’exprimait à La Rochelle, où il était intervenu jeudi à l’université d’été du Front démocrate de Jean-Luc Bennahmias, lui aussi un ex-dirigeant des Verts, avant de participer à celle des socialistes. Il a précisé que son objectif, à l’instar de M. de Rugy, également présent en Charente-Maritime, serait de « fédérer un mouvement écologiste, réformateur, européen, mondialiste et qui assume l’économie de marché ». Il en a profité pour saluer « la chance » d’avoir Emmanuel Macron à l’économie, un ministre qui fait « bouger les lignes ». Cette nuit, à 2 heures du matin, M. Placé était encore à la terrasse d’un restaurant du vieux port de La Rochelle en train de boire du champagne avec des socialistes. A la table, à la vue de tous, plusieurs proches de Manuel Valls, comme son conseiller politique à Matignon, Yves Colmou, ou le député de l’Essonne Carlos Da Silva.

    • Et puis franchement c’est super gros Macron qui critique les 35h juste avant la rencontre PS, du coup ça pousse la barre à droite toute vu que la position à défendre c’est « pour les 35h » et que du coup il n’y a pas plus de réflexions sur des choses un peu plus pressantes et un peu plus de gauche. Et les cadres du PS et les médias tombent dans le panneau, ou le jouent faussement naïfs ...

  • « Les 250 #migrants des Jardins d’Eole (18e arrondissement de Paris) ont été #évacués dans le #calme »
    http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/3971-migrants-migrants-jardins-arrondissement-paris-evacues.htm

    Plus de 200 migrants, qui campaient depuis quelques jours aux jardins d’Eole à Paris (18e arrondissement, photo), ont été évacués en bus, dans le calme, vendredi pour des centres d’hébergement de la région parisienne.

    Bon, la propagande ne dit pas qu’une délégation de la mairie de Paris, partis (#PC, #Verts...), #OFPRA, France Terre Asile (#FTDA), #Emmaus sont arrivés sans prévenir (sauf un -1- journaliste) ni laisser aux migrants le temps de décider collectivement (menace implicite d’intervention pour qui n’accepterait pas de partir, #lameilleuredespolicesneportepasluniforme). Pour l’instant Le Monde et Libération n’ont rien publié. Je rassemble ici des infos glanées par mel, tel, sms et twiter

    une vidéo des propos du directeur de l’OFPRA sur place
    https://app.dumptruck.goldenfrog.com/p/vXemI-x05t/20150619_103415.mp4

    Je cite (3’à 5’) : « C’est un engagement de l’OFPRA pour ceux qui sont
    dans une démarche de demande d’asile ou qui vont entrer dans une
    démarche de demande d’asile, l’OFPRA sera là pour les accompagner. Pour tous ceux qui veulent demander l’asile, il y aura des hébergements de prévu. Vos situations personnelles seront étudiées aux centres. C’est la même chose pour ceux qui ne veulent pas demander l’asile. La proposition vaut pour tous, aujourd’hui, maintenant ».

    Puis un migrant (8’50) : « Nous avons besoin de garanties pour que nous ne nous retrouvions pas à la rue comme la dernière fois ».

    La proposition : environ 200 places dans 6 centres (5 à Paris et un à
    Pantin) gérés par Emmaüs, le CASP et la MISMA (à confirmer pour le
    dernier). 24h sur 24, avec nourriture et accompagnement dans les
    démarches le temps de la procédure.

    Le hic : les délégations sont arrivées sans prévenir, genre « opération
    commando », donc sans laisser le temps aux migrants de s’organiser pour prendre une décision collective et réfléchie.

    La presse ne dit pas non plus que la #police en uniforme était partout dans le quartier avant de bloquer l’accès aux jardins.

    Une info reçue par mel

    Un migrant qui est parti en bus ce matin vers les centres proposés par
    la mairie de Paris est revenu. Il témoigne : il dit qu’ils sont arrivés
    à Vincennes (centre de rétention ou centre d’hébergement Emmaus à côté,ce n’est pas clair), qu’on leur a retiré leur téléphone portable, qu’ils ont vu des chiens et des barbelés et qu’une centaine d’entre eux s’est enfuie. Quelques uns sont à Stalingrad.

    un suivi de cette matinée, avec #photos (dont je sais pas mettre un choix ici...)
    https://twitter.com/RafAvelo

    La Ville de Paris est en train de faire nettoyer le jardin, c’est à dire de piquer et détruire tout ce qui a été laissé sur place (matelas, couvertures, fringues, etc.)

    Une partie des migrants revenus de ce voyage #humanitaire et d’autres qui ne l’avaient pas effectué se retrouvent à Stalingrad avec des personnes #solidaires. Une #assemblée doit avoir lieu sous peu à la Rotonde Stalingrad, merci de prévenir autour de vous.

    • Espérant avoir amélioré son scénario la gauche de gvt promet à nouveau une série d’évacuations
      http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/2015/06/19/200-migrants-qui-campaient-dans-le-jardin-d-eole-ont-et

      Quelque 150 autres migrants vivent dans un autre #campement à Paris, dans le quartier de la gare d’Austerlitz. « Ils devraient aussi faire l’objet d’une offre d’#hébergement dans les jours qui viennent », a indiqué une source proche du dossier pour qui « le problème est loin d’être terminé : des migrants arrivent tous les jours de Calais ».

    • Via @paris luttes info
      https://paris-luttes.info/l-appel-de-la-chapelle-suivi-de-la-3456

      21h10 : Fin de l’occupation face à la pression policière les occupants sont sortis du gymnases sans violence, les soutiens partent en cortège avenue Jean-Jaurès.
      MàJ vendredi 19 juin à 20 h 30 : 12 nouveaux fourgons de CRS viennent d’arriver.
      20h15 : les gendarmes tentent de pousser les soutiens rassemblés devant le gymnase. De nombreuses personnes à l’intérieur.
      20 h : arrivée de plusieurs camions de gardes mobiles. Besoin de soutien.
      19h20 : #occupation du gymnase Jean-Jaurès au 96 avenue Jean Jaurès, M° Laumière - suite à l’expulsion du jardin d’Éole

    • À 18h, Le Monde titrait lui aussi, à la rubrique immigration et diversité, sur l’évacuation calme (un reste de force « tranquille » ?) sans détails aucun sur ce qui se passe pour les réfugiés qui ont accepté l’hébergement (dont certains sont tout de suite repartis) ni mise à jour sur l’occupation qui a suivi la descente d’humanitaires, de technocrates de la Ville, de responsables politiques (PCF et Verts aux avant postes) et de policiers.
      http://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2015/06/19/a-paris-une-evacuation-dans-le-calme-pour-les-200-migrants-du-jardin-d-eole_

      Dans un communiqué, le ministre de l’intérieur et la maire de Paris se sont félicités que « cette opération humanitaire » se soit « déroulée dans d’excellentes conditions ». En milieu d’après-midi, le périmètre du jardin d’Eole était quadrillé par les forces de l’ordre afin que les services municipaux puissent #nettoyer les lieux, occupés depuis une semaine par les migrants.

      À 18h30, Ration ajoute son couinement au happy end étatique : A Paris, une évacuation des migrants sans police (sic) et avec un logement (sic).
      http://www.liberation.fr/societe/2015/06/19/a-paris-une-evacuation-des-migrants-sans-police-et-avec-un-logement_13330

    • Jardins d’Éole (suite) : « T’as pas de papiers, tu bouffes pas »
      https://lignesdeforce.wordpress.com/2015/06/20/jardins-deole-suite-tas-pas-de-papiers-tu-bouffes-pas

      Témoignage (anonymisé par mes soins) d’une militante qui a participé à la lutte de soutien aux réfugié(e)s depuis son origine.

      Hier soir, plusieurs dizaines de migrants (entre 50 et 100) sont retournés aux jardins d’Éole. Parmi eux des gens qui n’avaient pu ou n’avaient voulu monter dans les bus (un jeune homme par exemple m’a dit que lui il n’avait pas eu confiance). D’autres qui ont été emmenés à Vincennes dans le bâtiment du centre de rétention transformé en centre d’hébergement d’urgence et qui affolés par les flics, les chiens, les barbelés et le fait qu’on leur aie confisqué leur portable ont préféré partir (eux ils disent s’enfuir). D’autres encore qui même si ils dormaient ailleurs avaient pris l’habitude de venir là au jardin pour y trouver un peu de chaleur humaine ou de quoi manger sans être dans un rapport de charité mais de #partage.

    • Depuis l’évacuation d’Éole, mel.

      Ce soir la rage seulement, triste et désespérée. L’espoir seulement qu’elle fera des vagues.

      Aujourd’hui, vendredi 19 juin, la mairie, l’Ofpra (dont le directeur s’est déplacé !) acompagné par des associations (Emmaüs, France Terre d’Asile) et des forces de gauche (élus et militants du PCF, PG et EELV) sont venus sur le campement de migrantEs dans le 18è au Jardin d’Eole. Derrière eux et elles, des cars pour embarquer les migrantEs. Et derrière ces cars, ceinturant le quartier, des dispositifs policiers prêts à intervenir. Derrière encore, les camions de nettoyage pour faire disparaître toute mémoire de ce campement où une solidarité incroyable s’était organisée depuis une semaine.

      Le marché proposé aux migrantEs est un ultimatum : vous acceptez des hébergements et un suivi juridique à nos conditions ou on vous expulse. Tout délai est refusé aux migrantEs, pas même quelques heures pour réfléchir, se réunir, discuter, s’informer auprès d’autres sources, imposer aux moins certaines conditions.
      Derrière la carotte pour ces morts [?] d’asile - un toît ne serait-ce que pour quelques nuits, un espoir, aussi vague soit-il, de régularisation - le bâton de la police.
      Dormez braves gens, le pouvoir s’occupe des migrantEs. Adoubé par des bonnes consciences associatives et politiques.

      Poser des questions formule parfois déjà les réponses :
      – 220 places d’hébergement, débloquées soudain : alors que valaient les arguments qui expliquaient que ce n’était pas possible auparavant ?
      – Si, comme s’est engagée la marie, il ne s’agit pas d’hébergements d’urgence pour quelques nuits, qu’est-ce qui explique qu’on ne pouvait laisser le temps aux migrantEs de se concerter, d’attendre le lendemain voire même quelques heures pour donner leur réponse ? Après des mois où on les a laisséEs à la rue.
      – Quid des migrantEs qui n’étaient pas sur le campement au moment de cette opération ?

      Nous avons déjà montré qu’il existait, dans le quartier de La Chapelle, des bâtiments vides depuis des années pouvant héberger bien plus de 200 migrantEs. Ainsi l’ancienne caserne de pompiers occuppée brièvement qui fait plus de 5000 m². Nous tenons aussi à disposition de la mairie de Paris plusieurs immeubles vides qui lui appartiennent : des « irresponsables » en occuperont un des ces jours, avec des migrantEs, avec des sans-papiers ou des sans-abris.

      Disons-le simplement : c’est parce que les migrantEs ont décidé de se battre et réussi ainsi à faire de leurs questions de survie une question politique, parce que des centaines d’habitantEs du 18è puis de toute la région parisienne ainsi que des militantEs ont lutté à leur côté, que ce qui n’était semble-t-il pas possible, soudain, l’est devenu. Qui, alors, a instrumentalisé les migrantEs ? Les autorités ou ceux et celles qui ont lutté à leur côté ? Qui s’est soucié de leur sort ? Les autorités les expulsant de lieu en lieu ou ceux et celles qui se sont battus pour ne pas les laisser isoléEs chaque soir ?

      Mais disons-le aussi : cette « solution » n’est pas pour autant une victoire pour les migrantEs. Elle n’est d’ailleurs aucunement inspirée par la reconnaissance de leurs droits sans parler de leur humanité. Simples objets de calculs politiciens.

      Dès l’opération terminée plusieurs dizaines de migrantEs du campement étaient déjà à la rue. Après la tentative avortée d’occuper, pour une nuit, un gymnase, des solutions individuelles ont été trouvées, via la solidarité pour 32 d’entre eux et elles. Cette solution trouvée à 22H30, il suffisait de repasser près du Jardin d’Eole occupé par la police pour retomber sur une cinquantaine de migrantEs déjà revenus du lieu d’hébergement où ils avaient été emmenés juste à côté du... centre de rétention de Vincennes. Certains, revenus d’autres centres mais y retournant pour la nuit racontent que leur portable leur a été pris dans les cars.
      Déjà près de cent migrantEs de La Chapelle sont déjà à nouveau à la rue. Combien dans une semaine, combien dans quinze jours ?
      Et les migrantEs d’Austerlitz, de Gare de Lyon, de Belleville ? De Rennes, de Calais ? Les expulséEs de La Chapelle disperséEs dans des centres de la région parisienne ? Les migrantEs de Vintimille ?
      Et touTEs les sans-papiers, ces migrantEs de longue durée et sans droits ?

      Car l’objectif de cette opération n’était pas de trouver une solution pour les migrantEs. Par des moyens plus hypocrites elle répond à la même logique que les expulsions policières et violentes du square St Bernard et de la Halle Pajol de la semaine passée : briser le regroupement des migrantEs, leur visibilité publique, leur capacité de #lutte pour leurs droits et la #solidarité qui s’étendait.
      Quand les migrantEs, comme les sans-papiers, se rebellent et se montrent ils posent une question hérétique pour l’ordre national : celui des frontières. Et parce que cet ordre national est aussi de plus en plus injuste et inégal il peut se mettre à résonner en colère et en solidarité avec toute une partie de la société. C’est la signification globale de La Chapelle, celle d’un quartier, encore, populaire. C’est pour cela que leur visibilité est inacceptable pour cet ordre. C’est pour cela que cet ordre tremble car on ne pourra résoudre définitivement cette question sans le faire tomber.

      Soyons honnête et cela fait notre rage impuissante ce soir : l’opération a réussi. Le collectif de migrantEs qui se construisait ces deux semaines a été brisé. Ce soir nous étions impuissantEs face aux dizaines de migrantEs revenuEs à leur point de départ, exténuéEs, isoléEs, humiliéEs encore, à la rue...
      Et notre rage est d’autant plus profonde que des partis qui se disent à gauche du PS ont joué les supplétifs de cette opération. La veille, ces partis s’étaient réunis pour affirmer qu’ils étaient favorables à l’occupation d’un lieu collectif et pérenne par les migrantEs et pour planifier une nouvelle manifestation. Mais ils se préparaient à participer à l’opération du lendemain. Nous comprenons mieux pourquoi ils n’avaient pas invité les migrantEs. Nous avons honte pour eux. Nous nous en remettrons. Eux...

      Alors ? Difficile, ce soir, de garder à l’esprit que l’expérience de ces quinze jours de lutte produira des effets. Est-ce ailleurs que dans ce quartier que la dynamique va permettre de redonner une solution pour les migrantEs ici ? Les migrantEs dispersés vont-ils pouvoir se regrouper pour que le collectif se relance, sous une forme ou une autre, condition incontournable pour donner un sens au soutien ?

      Quoi qu’il en soit remercions les migrantEs. Ils et elles ont suscité une dynamique qui avait tendance à se perdre dans notre quartier. Et permis de faire exemple. N’en doutons pas cette vague fera des petits.
      Ce qu’a dit cette expérience et ce qui l’a inspirée c’est que dans notre quartier, comme ailleurs, les migrantEs ne sont pas des victimes à qui on tend simplement la main, ce sont des frères et soeurs de lutte. Des égaux, des égales.
      Cette lutte n’a pas commencé hier, elle ne s’arrête pas ce soir et continue demain.

      Hier notre rage était de solidarité. Ce soir elle est de défaite. Nous croyons qu’elle fera des vagues. Travaillons-y.

      Denis Godard, 20 juin 2015 à 4H00.

    • Après l’évacuation des jardins d’Éole et l’expulsion du gymnase Laumière, des réfugiés se sont à nouveau regroupés, les uns sur l’esplanade Pajol devant la bibliothèque Vaclav Havel, d’autres square de La Chapelle.

      Le soutien sur place a besoin d’être renforcé, n’hésitez pas à passer.

  • Une tribune de Jean Peyrelevade dans « Les Echos » sur Clinatec et les luddites
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=717

    Le banquier Jean Peyrelevade est très inquiet. L’influence de Pièces et main d’oeuvre sur Eric Piolle, maire Vert de Grenoble et ancien cadre de Hewlett-Packard, lui fait craindre que la municipalité rouge-verte ne soutienne plus financièrement les laboratoires NBIC, et en particulier Clinatec, la clinique expérimentale du cerveau du CEA. Sa démonstration sur l’importance de la recherche pour la croissance et la qualité de vie devrait être étudiée par tous les révolutionnaires qui doutent du primat de la technologie dans le capitalisme contemporain. Nous ne saurions mieux dire. Peyrelevade nous écrit dans « Les Echos » du 18 mars 2015. On vous fait suivre. Sur Clinatec, lire : Clinatec, le laboratoire de la contrainte Clinatec : lettre ouverte aux médecins et professionnels de santé Clinatec (...)

    #Service_compris
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Les_Verts_et_le_progre_s_Peyrelevade-2.pdf

  • Manifestations à toulouse : Les partis politiques d’un côté (le matin), les réseaux sociaux de l’autre (l’après-midi). Faut le voir (et l’entendre) pour y croire !
    Ohh mais ça c’est une sacré explication dichotomique ! de la bonne division du troupeau !
    Il y aurait donc des jeunes à traiter de terroristes parce qu’ils n’ont pas de cartes politiques ?
    #Verts, #PCF, #NPA et autres gestionnaires de la révolution de la couleur du #PQ à l’assemblée pour votre non soutien aux manifestants, pas de pardon.

    https://www.youtube.com/watch?v=ma7JRK3NaEY

    #pierre_Lacaze #pcf31 #mou_du_bulbe #partis_politiques

  • Vote du rapport Alfonsi au Parlement européen
    http://blogs.mediapart.fr/edition/les-langues-bien-commun-de-l-humanite/article/131013/vote-du-rapport-alfonsi-au-parlement-europeen

    Le vote par le #Parlement européen, le 11 septembre 2013 du « Rapport sur les langues européennes menacées de disparition et la diversité linguistique au sein de l’Union européenne » présenté par François Alfonsi, eurodéputé du groupe #Verts-ALE, constitue un événement important pour l’avenir de ces #langues.

    Ce vote a été acquis à l’une majorités les plus importantes que le Parlement européen a connues : ce rapport a vu 645 députés – sur les 765 que compte le Parlement, voter pour, soit 92 %, et seulement 26 voter contre, 29 s’abstenant.

    Les votes contre sont pour la moitié français : les trois Front national, Le Pen père et fille et Bruno Gollnich, Philippe de Villiers, huit UMP/PPE, dont Brice Hortefeux, ainsi qu’un seul élu de gauche, Jean-Luc #Melenchon. Les autres votes contre 5 proviennent des Pays-Bas et 8 du Royaume-Uni.

    #langues_régionales #linguistique #régionalisme #extrême_droite

  • Mme Angela Merkel a été reconduite pour un troisième mandat, après les #élections législatives en #Allemagne. Victoire historique de la CDU (41,5 % des voix), ce scrutin marque aussi un recul des #Verts, qui ont perdu plus de deux points par rapport à la précédente élection (8,4 %). Participeront-ils à la prochaine coalition gouvernementale ? En août 2011 déjà, citée dans l’enquête d’Olivier Cyran, la chancelière n’excluait pas une telle alliance.

    Enquête chez les Verts allemands
    Dans le laboratoire de l’écolo-bourgeoisie, par Olivier Cyran @oc (#2011/08)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2011/08/CYRAN/20842

    Longtemps, le parti des Verts allemands a semblé vouloir faire de la politique autrement, loin des Parlements. Héritiers de la contestation des années 1960, les Grünen ont lutté contre le nucléaire, expérimenté de nouvelles formes de vie collective. Forts de résultats électoraux encourageants, leurs dirigeants tentent de concilier écologie, économie et jeu institutionnel. A Hambourg, le compromis donne des résultats surprenants.

    #Écologie #Politique #Démographie #Environnement #Parti_politique #Crise_économique #Crise_financière

    Traduction anglaise
    http://mondediplo.com/2011/10/09germany

  • Elections : les #préservatifs piège à cons néo-#Nazis
    http://fr.myeurop.info/2013/09/10/elections-les-pr-servatifs-pi-ge-cons-n-o-nazis-12195

    Quentin Bisson

    A l’approche des élections législatives en #Allemagne comme en #AUTRICHE, les partis distribuent des préservatifs attirer les électeurs. Mais si ceux des #Verts sont bio, ceux de l’extrème-droite servent à promouvoir une contraception pour la « purification de la race ».

    22 septembre 2013 pour (...)

    #Société #cadeaux #élections #extrême_droite #Hitler #jeunes_électeurs #nazisme #votes

  • Eva joly participait au congrès annuel des verts norvégiens

    Eva Joly : De Grønne må vise at de er fremtiden Valgforsker : Få velger miljøsaken alen

    http://www.nrk.no/valg2013/fa-velger-miljosaken-1.11003619

    OSLO (NRK.no) : Miljøpartiet De Grønne satser på et oljefritt Norge, men få velger miljøsaken over andre saker, ifølge valgforsker.

    Tidligere presidentkandidat i Frankrike og leder for Miljøpartiet De Grønne (MDG) sitt søsterparti Europe Écologie Les Verts, Eva Joly, deltok på partiets landsmøte lørdag.

    – Vi trenger det grønne blikket. Vi trenger mennesker som tenker helhetlig, sa Joly under talen.

    #Norvège #politique #eva-joly #écologie #verts

  • German far-right extremists tap into green movement for support | The Observer
    http://www.guardian.co.uk/world/2012/apr/28/germany-far-right-green-movement

    German consumers are being warned that when they buy organic produce they may be supporting the far-right movement, following the revelation that rightwing extremists in Germany have embraced the ecological movement and are using it to tap into a new generation of supporters.

    Debunking the popular view that equates eco-friendliness with cuddly, left-leaning greens, rightwing extremists have even begun to publish their own conservation magazine, which is believed to have the backing of the far-right National Democratic party (NPD). Alongside gardening tips and reports on the dangers of genetically modified milk are articles riddled with rightwing ideology and racial slurs. Bavaria’s domestic intelligence agency has described the magazine, Umwelt und Aktiv (Environment and Active), as a “camouflage publication” for the NPD.

    #verts #nazis #allemagne #bio