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  • Migrants : les échecs d’un #programme_de_retour_volontaire financé par l’#UE

    Alors qu’il embarque sur un vol de la Libye vers le Nigeria à la fin 2018, James a déjà survécu à un naufrage en Méditerranée, traversé une demi-douzaine d’États africains, été la cible de coups de feu et passé deux ans à être maltraité et torturé dans les centres de détention libyens connus pour la brutalité qui y règne.

    En 2020, de retour dans sa ville de Benin City (Etat d’Edo au Nigéria), James se retrouve expulsé de sa maison après n’avoir pas pu payer son loyer. Il dort désormais à même le sol de son salon de coiffure.

    Sa famille et ses amis l’ont tous rejeté parce qu’il n’a pas réussi à rejoindre l’Europe.

    « Le fait que tu sois de retour n’est source de bonheur pour personne ici. Personne ne semble se soucier de toi [...]. Tu es revenu les #mains_vides », raconte-t-il à Euronews.

    James est l’un des quelque 81 000 migrants africains qui sont rentrés dans leur pays d’origine avec l’aide de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies et le #soutien_financier de l’Union européenne, dans le cadre d’une initiative conjointe de 357 millions d’euros (https://migrationjointinitiative.org). Outre une place sur un vol au départ de la Libye ou de plusieurs autres pays de transit, les migrants se voient promettre de l’argent, un #soutien et des #conseils pour leur permettre de se réintégrer dans leur pays d’origine une fois rentrés chez eux.

    Mais une enquête d’Euronews menée dans sept pays africains a révélé des lacunes importantes dans ce programme, considéré comme la réponse phare de l’UE pour empêcher les migrants d’essayer de se rendre en Europe.

    Des dizaines de migrants ayant participé au programme ont déclaré à Euronews qu’une fois rentrés chez eux, ils ne recevaient aucune aide. Et ceux qui ont reçu une aide financière, comme James, ont déclaré qu’elle était insuffisante.

    Nombreux sont ceux qui envisagent de tenter à nouveau de se rendre en Europe dès que l’occasion se présente.

    « Je ne me sens pas à ma place ici », confie James. « Si l’occasion se présente, je quitte le pays ».

    Sur les 81 000 migrants qui ont été rapatriés depuis 2017, près de 33 000 ont été renvoyés de Libye par avion. Parmi eux, beaucoup ont été victimes de détention, d’abus et de violences de la part de passeurs, de milices et de bandes criminelles. Les conditions sont si mauvaises dans le pays d’Afrique du Nord que le programme est appelé « retour humanitaire volontaire » (VHR), plutôt que programme de « retour volontaire assisté » (AVR) comme ailleurs en Afrique.

    Après trois ans passés en Libye, Mohi, 24 ans, a accepté l’offre d’un vol de retour en 2019. Mais, une fois de retour dans son pays, son programme de réintégration ne s’est jamais concrétisé. « Rien ne nous a été fourni ; ils continuent à nous dire ’demain’ », raconte-t-il à Euronews depuis le nord du Darfour, au Soudan.

    Mohi n’est pas seul. Les propres statistiques de l’OIM sur les rapatriés au Soudan révèlent que seuls 766 personnes sur plus de 2 600 ont reçu un soutien économique. L’OIM attribue cette situation à des taux d’inflation élevés et à une pénurie de biens et d’argent sur place.

    Mais M. Kwaku Arhin-Sam, spécialiste des projets de développement et directeur de l’Institut d’évaluation Friedensau, estime de manière plus générale que la moitié des programmes de réintégration de l’OIM échouent.

    « La plupart des gens sont perdus au bout de quelques jours », explique-t-il.
    Deux tiers des migrants ne terminent pas les programmes de réintégration

    L’OIM elle-même revoit cette estimation à la baisse : l’agence des Nations unies a déclaré à Euronews que jusqu’à présent, seul un tiers des migrants qui ont commencé à bénéficier d’une aide à la réintégration sont allés au bout du processus. Un porte-parole a déclaré que l’initiative conjointe OIM/EU étant un processus volontaire, « les migrants peuvent décider de se désister à tout moment, ou de ne pas s’engager du tout ».

    Un porte-parole de l’OIM ajoute que la réintégration des migrants une fois qu’ils sont rentrés chez eux va bien au-delà du mandat de l’organisation, et « nécessite un leadership fort de la part des autorités nationales », ainsi que « des contributions actives à tous les niveaux de la société ».

    Entre mai 2017 et février 2019, l’OIM a aidé plus de 12 000 personnes à rentrer au Nigeria. Parmi elles, 9 000 étaient « joignables » lorsqu’elles sont rentrées chez elles, 5 000 ont reçu une formation professionnelle et 4 300 ont bénéficié d’une « aide à la réintégration ». Si l’on inclut l’accès aux services de conseil ou de santé, selon l’OIM Nigéria, un total de 7 000 sur 12 000 rapatriés – soit 58 % – ont reçu une aide à la réintégration.

    Mais le nombre de personnes classées comme ayant terminé le programme d’aide à la réintégration n’était que de 1 289. De plus, les recherches de Jill Alpes, experte en migration et chercheuse associée au Centre de recherche sur les frontières de Nimègue, ont révélé que des enquêtes visant à vérifier l’efficacité de ces programmes n’ont été menées qu’auprès de 136 rapatriés.

    Parallèlement, une étude de Harvard sur les Nigérians de retour de Libye (https://cdn1.sph.harvard.edu/wp-content/uploads/sites/2464/2019/11/Harvard-FXB-Center-Returning-Home-FINAL.pdf) estime que 61,3 % des personnes interrogées ne travaillaient pas après leur retour, et que quelque 16,8 % supplémentaires ne travaillaient que pendant une courte période, pas assez longue pour générer une source de revenus stable. À leur retour, la grande majorité des rapatriés, 98,3 %, ne suivaient aucune forme d’enseignement régulier.

    La commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson, a admis à Euronews que « c’est un domaine dans lequel nous avons besoin d’améliorations ». Mme Johansson a déclaré qu’il était trop tôt pour dire quelles pourraient être ces améliorations, mais a maintenu que l’UE avait de bonnes relations avec l’OIM.

    Sandrine, Rachel et Berline, originaires du Cameroun, ont elles accepté de prendre un vol de l’OIM de Misrata, en Libye, à Yaoundé, la capitale camerounaise, en septembre 2018.

    En Libye, elles disent avoir subi des violences, des abus sexuels et avoir déjà risqué leur vie en tentant de traverser la Méditerranée. À cette occasion, elles ont été interceptées par les garde-côtes libyens et renvoyées en Libye.

    Une fois rentrées au Cameroun, Berline et Rachel disent n’avoir reçu ni argent ni soutien de l’OIM. Sandrine a reçu environ 900 000 fcfa (1 373,20 euros) pour payer l’éducation de ses enfants et lancer une petite entreprise – mais cela n’a pas duré longtemps.

    « Je vendais du poulet au bord de la route à Yaoundé, mais le projet ne s’est pas bien déroulé et je l’ai abandonné », confie-t-elle.

    Elle se souvient aussi d’avoir accouché dans un centre de détention de Tripoli avec des fusillades comme fond sonore.

    Toutes les trois ont affirmé qu’au moment de leur départ pour le Cameroun, elles n’avaient aucune idée de l’endroit où elles allaient dormir une fois arrivées et qu’elles n’avaient même pas d’argent pour appeler leur famille afin de les informer de leur retour.

    « Nous avons quitté le pays, et quand nous y sommes revenues, nous avons trouvé la même situation, parfois même pire. C’est pourquoi les gens décident de repartir », explique Berline.

    En novembre 2019, moins de la moitié des 3 514 migrants camerounais qui ont reçu une forme ou une autre de soutien de la part de l’OIM étaient considérés comme « véritablement intégrés » (https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/ENG_Press%20release%20COPIL_EUTF%20UE_IOM_Cameroon.pdf).

    Seydou, un rapatrié malien, a reçu de l’argent de l’OIM pour payer son loyer pendant trois mois et les factures médicales de sa femme malade. Il a également reçu une formation commerciale et un moto-taxi.

    Mais au Mali, il gagne environ 15 euros par jour, alors qu’en Algérie, où il travaillait illégalement, il avait été capable de renvoyer chez lui plus de 1 300 euros au total, ce qui a permis de financer la construction d’une maison pour son frère dans leur village.

    Il tente actuellement d’obtenir un visa qui lui permettrait de rejoindre un autre de ses frères en France.

    Seydou est cependant l’un des rares Maliens chanceux. Les recherches de Jill Alpes, publiées par Brot für die Welt et Medico (l’agence humanitaire des Églises protestantes en Allemagne), ont révélé que seuls 10 % des migrants retournés au Mali jusqu’en janvier 2019 avaient reçu un soutien quelconque de l’OIM.

    L’OIM, quant à elle, affirme que 14 879 Maliens ont entamé le processus de réintégration – mais ce chiffre ne révèle pas combien de personnes l’ont achevé.
    Les stigmates du retour

    Dans certains cas, l’argent que les migrants reçoivent est utilisé pour financer une nouvelle tentative pour rejoindre l’Europe.

    Dans un des cas, une douzaine de personnes qui avaient atteint l’Europe et avaient été renvoyées chez elles ont été découvertes parmi les survivants du naufrage d’un bateau en 2019 (https://www.infomigrants.net/en/post/21407/mauritanian-coast-guard-intercepts-boat-carrying-around-190-migrants-i se dirigeait vers les îles Canaries. « Ils étaient revenus et ils avaient décidé de reprendre la route », a déclaré Laura Lungarotti, chef de la mission de l’OIM en Mauritanie.

    Safa Msehli, porte-parole de l’OIM, a déclaré à Euronews que l’organisation ne pouvait pas empêcher des personnes de tenter de repartir vers l’Europe une fois revenues.

    « C’est aux gens de décider s’ils veulent ou non émigrer et dans aucun de ses différents programmes, l’OIM ne prévoit pas d’empêcher les gens de repartir », a-t-elle expliqué.

    Qu’est-ce que l’OIM ?

    A partir de 2016, l’OIM s’est redéfinie comme agence des Nations unies pour les migrations, et en parallèle son budget a augmenté rapidement (https://governingbodies.iom.int/system/files/en/council/110/C-110-10%20-%20Director%20General%27s%20report%20to%20the%20110). Il est passé de 242,2 millions de dollars US (213 millions d’euros) en 1998 à plus de 2 milliards de dollars US (1,7 milliard d’euros) à l’automne 2019, soit une multiplication par huit. Bien qu’elle ne fasse pas partie des Nations unies, l’OIM est désormais une « organisation apparentée », avec un statut similaire à celui d’un prestataire privé.

    L’UE et ses États membres sont collectivement les principaux contributeurs au budget de l’OIM (https://governingbodies.iom.int/system/files/en/council/110/Statements/EU%20coordinated%20statement%20-%20Point%2013%20-%20final%20IOM), leurs dons représentant près de la moitié de son financement opérationnel.

    De son côté, l’OIM tient à mettre en évidence sur son site web les cas où son programme de retour volontaire a été couronné de succès, notamment celui de Khadeejah Shaeban, une rapatriée soudanaise revenue de Libye qui a pu monter un atelier de couture.

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    Comment fonctionne le processus d’aide à la réintégration ?
    Les migrants embarquent dans un avion de l’OIM sur la base du volontariat et retournent dans leur pays ;
    Ils ont droit à des conseils avant et après le voyage ;
    Chaque « rapatrié » peut bénéficier de l’aide de bureaux locaux, en partenariat avec des ONG locales ;
    L’assistance à l’accueil après l’arrivée peut comprendre l’accueil à l’aéroport, l’hébergement pour la nuit, une allocation en espèces pour les besoins immédiats, une première assistance médicale, une aide pour le voyage suivant, une assistance matérielle ;
    Une fois arrivés, les migrants sont enregistrés et vont dans un centre d’hébergement temporaire où ils restent jusqu’à ce qu’ils puissent participer à des séances de conseil avec le personnel de l’OIM. Des entretiens individuels doivent aider les migrants à identifier leurs besoins. Les migrants en situation vulnérable reçoivent des conseils supplémentaires, adaptés à leur situation spécifique ;
    Cette assistance est généralement non monétaire et consiste en des cours de création d’entreprise, des formations professionnelles (de quelques jours à six mois/un an), des salons de l’emploi, des groupes de discussion ou des séances de conseil ; l’aide à la création de micro-entreprises. Toutefois, pour certains cas vulnérables, une assistance en espèces est fournie pour faire face aux dépenses quotidiennes et aux besoins médicaux ;
    Chaque module comprend des activités de suivi et d’évaluation afin de déterminer l’efficacité des programmes de réintégration.

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    Des migrants d’#Afghanistan et du #Yémen ont été renvoyés dans ces pays dans le cadre de ce programme, ainsi que vers la Somalie, l’Érythrée et le Sud-Soudan, malgré le fait que les pays de l’UE découragent tout voyage dans ces régions.

    En vertu du droit international relatif aux Droits de l’homme, le principe de « #non-refoulement » garantit que nul ne doit être renvoyé dans un pays où il risque d’être torturé, d’être soumis à des traitements cruels, inhumains ou dégradants ou de subir d’autres préjudices irréparables. Ce principe s’applique à tous les migrants, à tout moment et quel que soit leur statut migratoire.

    L’OIM fait valoir que des procédures sont en place pour informer les migrants pendant toutes les phases précédant leur départ, y compris pour ceux qui sont vulnérables, en leur expliquant le soutien que l’organisation peut leur apporter une fois arrivés au pays.

    Mais même lorsque les migrants atterrissent dans des pays qui ne sont pas en proie à des conflits de longue durée, comme le Nigeria, certains risquent d’être confrontés à des dangers et des menaces bien réelles.

    Les principes directeurs du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sur la protection internationale considèrent que les femmes ou les mineurs victimes de trafic ont le droit de demander le statut de réfugié. Ces populations vulnérables risquent d’être persécutées à leur retour, y compris au Nigeria, voire même d’être à nouveau victime de traite.
    Forcer la main ?

    Le caractère volontaire contestable des opérations de retour s’étend également au Niger voisin, pays qui compte le plus grand nombre de migrants assistés par l’OIM et qui est présenté comme la nouvelle frontière méridionale de l’Europe.

    En 2015, le Niger s’est montré disposé à lutter contre la migration en échange d’un dédommagement de l’UE, mais des centaines de milliers de migrants continuent de suivre les routes à travers le désert en direction du nord pendant que le business du trafic d’êtres humains est florissant.

    Selon le Conseil européen sur les réfugiés et les exilés, une moyenne de 500 personnes sont expulsées d’Algérie vers le Niger chaque semaine, au mépris du droit international.

    La police algérienne détient, identifie et achemine les migrants vers ce qu’ils appellent le « #point zéro », situé à 15 km de la frontière avec le Niger. De là, les hommes, femmes et enfants sont contraints de marcher dans le désert pendant environ 25 km pour atteindre le campement le plus proche.

    « Ils arrivent à un campement frontalier géré par l’OIM (Assamaka) dans des conditions épouvantables, notamment des femmes enceintes souffrant d’hémorragies et en état de choc complet », a constaté Felipe González Morales, le rapporteur spécial des Nations unies, après sa visite en octobre 2018 (https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=23698%26LangID).

    Jill Alpes, au Centre de recherche sur les frontières de Nimègue, estime que ces expulsions sont la raison principale pour laquelle les migrants acceptent d’être renvoyés du Niger. Souvent repérés lors d’opérations de recherche et de sauvetage de l’OIM dans le désert, ces migrants n’ont guère d’autre choix que d’accepter l’aide de l’organisation et l’offre de rapatriement qui s’ensuit.

    Dans ses travaux de recherche, Mme Alpes écrit que « seuls les migrants qui acceptent de rentrer au pays peuvent devenir bénéficiaire du travail humanitaire de l’OIM. Bien que des exceptions existent, l’OIM offre en principe le transport d’Assamakka à Arlit uniquement aux personnes expulsées qui acceptent de retourner dans leur pays d’origine ».

    Les opérations de l’IOM au Niger

    M. Morales, le rapporteur spécial des Nations unies, semble être d’accord (https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=23698%26LangID). Il a constaté que « de nombreux migrants qui ont souscrit à l’aide au retour volontaire sont victimes de multiples violations des droits de l’Homme et ont besoin d’une protection fondée sur le droit international », et qu’ils ne devraient donc pas être renvoyés dans leur pays. « Cependant, très peu d’entre eux sont orientés vers une procédure de détermination du statut de réfugié ou d’asile, et les autres cas sont traités en vue de leur retour ».

    « Le fait que le Fonds fiduciaire de l’Union européenne apporte un soutien financier à l’OIM en grande partie pour sensibiliser les migrants et les renvoyer dans leur pays d’origine, même lorsque le caractère volontaire est souvent douteux, compromet son approche de la coopération au développement fondée sur les droits », indique le rapporteur spécial des Nations unies.
    Des contrôles insuffisants

    Loren Landau, professeur spécialiste des migrations et du développement au Département du développement international d’Oxford, affirme que le travail de l’OIM souffre en plus d’un manque de supervision indépendante.

    « Il y a très peu de recherches indépendantes et beaucoup de rapports. Mais ce sont tous des rapports écrits par l’OIM. Ils commandent eux-même leur propre évaluation , et ce, depuis des années », détaille le professeur.

    Dans le même temps, le Dr. Arhin-Sam, spécialiste lui de l’évaluation des programmes de développement, remet en question la responsabilité et la redevabilité de l’ensemble de la structure, arguant que les institutions et agences locales dépendent financièrement de l’OIM.

    « Cela a créé un haut niveau de dépendance pour les agences nationales qui doivent évaluer le travail des agences internationales comme l’OIM : elles ne peuvent pas être critiques envers l’OIM. Alors que font-elles ? Elles continuent à dire dans leurs rapports que l’OIM fonctionne bien. De cette façon, l’OIM peut ensuite se tourner vers l’UE et dire que tout va bien ».

    Selon M. Arhin-Sam, les ONG locales et les agences qui aident les rapatriés « sont dans une compétition très dangereuse entre elles » pour obtenir le plus de travail possible des agences des Nations unies et entrer dans leurs bonnes grâces.

    « Si l’OIM travaille avec une ONG locale, celle-ci ne peut plus travailler avec le HCR. Elle se considère alors chanceuse d’être financée par l’OIM et ne peuvent donc pas la critiquer », affirme-t-il.

    Par ailleurs, l’UE participe en tant qu’observateur aux organes de décision du HCR et de l’OIM, sans droit de vote, et tous les États membres de l’UE sont également membres de l’OIM.

    « Le principal bailleur de fonds de l’OIM est l’UE, et ils doivent se soumettre aux exigences de leur client. Cela rend le partenariat très suspect », souligne M. Arhin-Sam. « [Lorsque les fonctionnaires européens] viennent évaluer les projets, ils vérifient si tout ce qui est écrit dans le contrat a été fourni. Mais que cela corresponde à la volonté des gens et aux complexités de la réalité sur le terrain, c’est une autre histoire ».
    Une relation abusive

    « Les États africains ne sont pas nécessairement eux-mêmes favorables aux migrants », estime le professeur Landau. « L’UE a convaincu ces États avec des accords bilatéraux. S’ils s’opposent à l’UE, ils perdront l’aide internationale dont ils bénéficient aujourd’hui. Malgré le langage du partenariat, il est évident que la relation entre l’UE et les États africains ressemble à une relation abusive, dans laquelle un partenaire est dépendant de l’autre ».

    Les chercheurs soulignent que si les retours de Libye offrent une voie de sortie essentielle pour les migrants en situation d’extrême danger, la question de savoir pourquoi les gens sont allés en Libye en premier lieu n’est jamais abordée.

    Une étude réalisée par l’activiste humanitaire libyenne Amera Markous (https://www.cerahgeneve.ch/files/6115/7235/2489/Amera_Markous_-_MAS_Dissertation_2019.pdf) affirme que les migrants et les réfugiés sont dans l’impossibilité d’évaluer en connaissance de cause s’ils doivent retourner dans leur pays quand ils se trouvent dans une situation de détresse, comme par exemple dans un centre de détention libyen.

    « Comment faites-vous en sorte qu’ils partent parce qu’ils le veulent, ou simplement parce qu’ils sont désespérés et que l’OIM leur offre cette seule alternative ? » souligne la chercheuse.

    En plus des abus, le stress et le manque de soins médicaux peuvent influencer la décision des migrants de rentrer chez eux. Jean-Pierre Gauci, chercheur principal à l’Institut britannique de droit international et comparé, estime, lui, que ceux qui gèrent les centres de détention peuvent faire pression sur un migrant emprisonné pour qu’il s’inscrive au programme.

    « Il existe une situation de pouvoir, perçu ou réel, qui peut entraver le consentement effectif et véritablement libre », explique-t-il.

    En réponse, l’OIM affirme que le programme Retour Humanitaire Volontaire est bien volontaire, que les migrants peuvent changer d’avis avant d’embarquer et décider de rester sur place.

    « Il n’est pas rare que des migrants qui soient prêts à voyager, avec des billets d’avion et des documents de voyage, changent d’avis et restent en Libye », déclare un porte-parole de l’OIM.

    Mais M. Landau affirme que l’initiative UE-OIM n’a pas été conçue dans le but d’améliorer la vie des migrants.

    « L’objectif n’est pas de rendre les migrants heureux ou de les réintégrer réellement, mais de s’en débarrasser d’une manière qui soit acceptable pour les Européens », affirme le chercheur.

    « Si par ’fonctionner’, nous entendons se débarrasser de ces personnes, alors le projet fonctionne pour l’UE. C’est une bonne affaire. Il ne vise pas à résoudre les causes profondes des migrations, mais crée une excuse pour ce genre d’expulsions ».

    https://fr.euronews.com/2020/06/22/migrants-les-echecs-d-un-programme-de-retour-volontaire-finance-par-l-u
    #retour_volontaire #échec #campagne #dissuasion #migrations #asile #réfugiés #IOM #renvois #expulsions #efficacité #réintégration #EU #Union_européenne #Niger #Libye #retour_humanitaire_volontaire (#VHR) #retour_volontaire_assisté (#AVR) #statistiques #chiffres #aide_à_la_réintégration #Nigeria #réfugiés_nigérians #travail #Cameroun #migrerrance #stigmates #stigmatisation #Assamaka #choix #rapatriement #Fonds_fiduciaire_de_l'Union européenne #fonds_fiduciaire #coopération_au_développement #aide_au_développement #HCR #partenariat #pouvoir

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    Ajouté à la métaliste migrations & développement (et plus précisément en lien avec la #conditionnalité_de_l'aide) :
    https://seenthis.net/messages/733358#message768702

    ping @rhoumour @karine4 @isskein @_kg_

  • L’#Union_Africaine s’active pour un plan de rapatriement des migrants en #Libye

    L’ONU, l’Union Européenne et l’Union Africaine se sont données rendez-vous ce 04 novembre à Addis Abeba au siège de l’organisation panafricaine pour la mise en œuvre d’un plan de #rapatriement de migrants bloqués en Libye en partenariat avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (l’#OIM).

    Il s’agira d’abord pour les organisations régionales et internationales de mettre en place « une #cellule_opérationnelle » qui coordonnera le rapatriement de 15.000. Ensuite, mobiliser le fonds pour la réussite de cette opération.

    A cet effet, le #Maroc a fait une promesse, celle de contribuer au transport des migrants et le #Rwanda d’accueillir 3000 qui ne veulent pas retourner dans leur pays d’origine.

    http://rjdh.org/ethiopie-lunion-africaine-sactive-pour-un-plan-de-rapatriement-des-migrants-en
    #UE #EU #ONU #OIM #IOM (tous complices !) #sommet #rencontre #plan #expulsions #Libye #asile #migrations #renvois #réfugiés #Sommet_UA-UE

    Et l’article parle de l’étonnement face à la vidéo de la CNN qui a montré les tortures perpétrées aux migrants en Libye :

    Le reportage de CNN sur la traite des migrants subsahariens et leur soumission à l’esclavage avaient indigné l’opinion africaine internationale. Après une mission de l’UA dans « l’enfer libyen » et le Sommet UA-UE, les responsables de l’organisation onusienne, européenne et africaine se réunissent pour mobiliser les moyens et réfléchir sur un plan de rapatriement des migrants en Libye.

    #hypocrisie, on le sait depuis des années !

    cc @reka @isskein

    • Et voilà le type de marchandage auquel il faudra s’attendre... Ici, un article publié dans le Jerusalem Post... et parle évidemment de renvois depuis #Israël vers le Rwanda... à prendre avec les pincettes... mais débat intéressant

      Rwanda says no to migrant deportation

      Rwanda recently declared that it is willing to host as many as 30,000 African migrants currently trapped in Libya and being sold openly in modern-day slave markets. A tiny, densely populated African country recovering from the trauma of genocide, Rwanda was the first country to offer asylum to these unfortunate victims of human traffickers.

      Contrary to reports in Israel that Israel had already signed a formal agreement with Rwanda, Rwandan Foreign Minister Louise Mushikiwaboo in an interview this week with Rwanda’s New Times noted that Rwanda and Israel are still negotiating the conditions for accepting Israel’s African asylum seekers.

      Mushikiwaboo made it clear that Rwanda would not accept forced migration from Israel. “We have had discussions with Israel on receiving some of the immigrants and asylum seekers from this part of Africa who are willing to come to Rwanda,” he noted. “If they are comfortable to come here, we would be willing to accommodate them.” Rwanda offered to host 10,000 African asylum seekers from Israel.

      http://www.jpost.com/Opinion/Rwanda-says-no-to-migrant-deportation-515819

    • « Je ne voulais pas mourir » : ces migrants qui ont choisi de rentrer chez eux

      Ils sont trois. Trois parmi tant d’autres, plus de 300 au total. Issa, Mamadou et Abdou* viennent de Conakry, en Guinée, ont tenté leur chance pour passer en Europe via le Mali puis l’Algérie ou la Libye, avant de finalement renoncer et de rentrer chez eux, pour « ne pas mourir ». Depuis quelques jours, ils sont de retour à Agadez, le corps et l’esprit meurtri. Reportage.

      http://www.jeuneafrique.com/503012/societe/je-ne-voulais-pas-mourir-ces-migrants-qui-ont-choisi-de-rentrer-chez-e

    • One year of EU partnership with IOM: migrants protection and reintegration in Africa

      The objective was clear: to respond to the urgent protection needs and unacceptable loss of life of migrants along the Central Mediterranean migration route while addressing the challenges faced by returning migrants and their communities in countries of origin.

      Fourteen countries have been involved: Burkina Faso, Cameroon, Chad, Gambia, Ghana, Guinea-Bissau, Guinea, Mali, Mauritania, Niger, Nigeria, Senegal, Côte d’Ivoire and Libya. And so far, nearly 20 000 vulnerable migrants have been assisted through this initiative.

      “Libya… not easy to come and not easy to leave”, a group of fellow stranded Nigerians warned Debbie, probably too late.

      Debbie is one of the 15000 migrants that have been voluntarily returned to their countries thanks to the joint European Union and UN Migration agency’s effort launched a year ago to save lives and improve conditions for migrants along the migration routes and for those stranded in Libya.

      She dreamt of becoming a fashion designer and a lady from her church told her she could earn more money as a tailor in Libya than in Nigeria. So Debbie paid a smuggler to cross the desert. Many of her companions died along the route. When she finally got to Libya she was arrested at the hospital because she did not have travel documents. She was there to give birth to her twin babies and only one survived.

      Through the joint initiative, Debbie was offered a flight home to Nigeria, sewing machines and material to launch her fashion designer dream.

      https://eeas.europa.eu/headquarters/headquarters-homepage/37353/one-year-eu-partnership-iom-migrants-protection-and-reintegration-africa
      #retour_volontaire

    • L’évacuation des migrants en Libye fait consensus, pas la facture

      Les pays africains et européens ont adopté une déclaration conjointe spéciale sur la Libye et affirmé vouloir rapatrier les migrants bloqués dans leurs pays d’origine. Mais la question de l’addition a soigneusement été évitée.


      http://www.euractiv.fr/section/migrations/news/levacuation-des-migrants-en-libye-fait-consensus-pas-la-facture
      #Sommet_UE-Afrique #rapatriement

    • Juste pour montrer jusqu’à quel point c’est hypocrite, voici une vidéo qui date de 2015 (et plus précisément, elle a été publiée le 15 septembre 2015) :
      Detained by Militias : Libya’s Migrant Trade (Part 1)

      In a desperate bid to seek a better life in Europe, thousands of refugees and migrants leave the shores of Libya and cross the perilous Mediterranean Sea every month. Over 2,000 people have died making the journey in 2015 alone. The routes to and journey through Libya are also dangerous, however, and since the fall of Muammar Qaddafi in 2011, the country has struggled to achieve and maintain stability. Porous desert borders, rival fighters, and weak governance have left much of Libya in complete chaos. With militias controlling large swathes of land, their attentions have turned to the people that cross their territories. The fighters assert they are bringing order to the country as they detain the refugees, yet these people’s lives have become valuable commodities to the militias as they try to solidify their positions in the country. VICE News secured exclusive access to a camp outside Tripoli, run by a militia that has seized hundreds of migrants. Food is scarce, dehydration and disease is rife, and control comes in the form of whips and warning shots. The militia claims to have the migrants’ interests at heart, but what emerges is a very different story. In part one of a two-part series, VICE News examines how Libya is struggling with the Mediterranean migrant crisis, where state-run detention centers are overcrowded and violent, and how government immigration controls are outsourced to militias, where they detain migrants en masse.

      https://www.youtube.com/watch?v=h3f380cYlPM

    • Die Externalisierung der humanitären Grenze. Das Beispiel der ‚Unterstützung freiwilliger Rückkehr‘ durch die IOM in Marokko

      En prenant l’exemple du programme de l’aide au retour volontaire, cet article analyse les pratiques ambivalentes et les significations contradictoires de la gestion de la migration au-delà des frontières extérieures de l’Europe. La reconstitution de la mise en œuvre controversée de ce programme par l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM) au Maroc permet de montrer le développement de frontières humanitaires anticipées. Le régime d’aide qui en résulte ne répond pas tant aux besoins des migrant.es vulnérables qu’à ceux de l’OIM elle-même, qui cherche à se positionner comme un acteur crédible méritant d’être subventionné dans le domaine concurrentiel en expansion de la politique migratoire. Dans le même temps, cette gestion de la migration au nom de l’humanitarisme contribue à (re)stabiliser le régime frontalier européen en crise et favorise sa consolidation le long des routes migratoires. Bien que ce programme soit présenté comme une action humanitaire apolitique pour le bien de migrant.es vulnérables, sa mise en œuvre au Maroc est non seulement le résultat, mais aussi l’objet de conflits politiques actuels autour des frontières extérieures de l’Europe.

      http://journals.openedition.org/trajectoires/2372

    • Thousands of migrants return home safely from Libya as part of UN-supported programme

      Since last November, 10,171 migrants have safely returned from Libya, the United Nations migration agency announced Tuesday, crediting the achievement to a scale up of its #Voluntary_Humanitarian_Return (#VHR) programme.


      https://news.un.org/en/story/2018/03/1004782

    • Nigeria–Libyen retour: Ein Flüchtling kehrt zurück

      Für den Traum von Europa hat der Anstreicher Isaac Nigeria verlassen. Nach höllischen Monaten in Libyen gibt er auf und kehrt, von Versprechungen der EU gelockt, in seine Heimat zurück. Wie erlebt er dort seine Ankunft?


      https://nzzas.nzz.ch/gesellschaft/nigeria-libyen-retour-wie-isaac-auszog-um-zurueckzukehren-ld.1415974?reduc
      #paywall

    • Archive 2017, pour compléter le fil de la discussion.
      Reçu avec ce commentaire de @pascaline :

      Le Rwanda dit non aux expulsions, pas non au fait d’accueillir des demandeurs d’asile, c’est pas pareil

      Et c’est en effet une différence importante. Merci @pascaline.

      Rwanda Offers to Host African Migrants Stranded in Libya

      In an unusual gesture that could partly reverse a more familiar northward odyssey toward Europe, Rwanda offered on Thursday to house or help repatriate some of the thousands of African migrants being held in Libya and reportedly auctioned there as slaves.

      A statement from the country’s Foreign Ministry said Rwanda was “horrified” that “African men women and children who were on the road to exile have been held and turned into slaves.”

      “Given Rwanda’s political philosophy and our own history, we cannot remain silent when human beings are being mistreated and auctioned off like cattle,” the statement said. The evocation of Rwanda’s history apparently referred to bloodletting in 1994 when more than 800,000 people perished in an ethnically driven genocide.

      “We may not be able to welcome everyone but our door is wide open,” the Foreign Ministry said.

      The statement did not say how many people might be taken in by Rwanda, a small, landlocked country of 12 million in east-central Africa that ranks as one of the continent’s most densely populated.
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      But Moussa Faki Mahamat, the newly appointed head of the African Union, the continent’s biggest representative body, said on Twitter that Rwanda had offered to resettle as many as 30,000 migrants.

      Mr. Mahamat said he was “deeply appreciative” of the offer.

      Libya has in recent years become a leading entrepôt for migrants from Africa seeking passage to Italy in vessels operated by smugglers. The migrants have long been known to live in squalid conditions as they wait to board ramshackle and unseaworthy vessels. Thousands have drowned when the boats sank or capsized. Many others have reached Italy or been rescued on the way.

      Since CNN broadcast footage of bidding and the sale of African migrants in Libya, an international outcry has gathered in volume.

      On Monday, António Guterres, the secretary general of the United Nations, said he was horrified by the images.

      “Slavery has no place in our world, and these actions are among the most egregious abuses of human rights and may amount to crimes against humanity,” Mr. Guterres said in a statement.

      Mr. Guterres said the reported auction of slaves “also reminds us of the need to address migration flows in a comprehensive and humane manner,” including “enhanced international cooperation in cracking down on smugglers and traffickers and protecting the rights of victims.”

      Last weekend, hundreds of protesters gathered outside the Libyan Embassy in Paris chanting, “Put an end to the slavery and concentration camps in Libya.”

      Many of the African migrants in Libya began their journeys in West Africa or the Horn of Africa to escape poverty and upheaval. According to the International Organization for Migration, almost 9,000 migrants have been helped to return to their home countries this year.

      https://www.nytimes.com/2017/11/23/world/africa/rwanda-libya-migrants.html

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      Rwanda offers refuge to enslaved Libya migrants
      Rwanda has offered to give refuge to around 30,000 African migrants stuck in Libya often in enslaved conditions.

      It comes in the wake of a video, released by CNN last week, showing men being auctioned off as farm workers.

      “Given our own history... we cannot remain silent when human beings are being mistreated and auctioned off like cattle,” the foreign ministry said.

      Hundreds of thousands of Africans travel through Libya every year as they try to make their way to Europe.

      They are often held by smugglers and forced to work for little or no money.

      During Rwanda’s 1994 genocide, some 800,000 ethnic Tutsis and moderate Hutu were massacred in 100 days while most countries did little to help.

      “Rwanda, like the rest of the world, was horrified by the images of the tragedy currently unfolding in Libya, where African men, women and children who were on the road to exile, have been held and turned into slaves,” the foreign ministry statement said.

      Foreign Minister Louise Mushikiwabo said Rwanda was a small country but it would find space.

      She told the pro-government New Times newspaper that Rwanda was in talks with African Union (AU) Commission to determine how to intervene and resettle them.

      “What I expect and know is that Rwandans will welcome these people. As Rwandans we are sensitive to people who are helpless and have no way of protecting themselves. It is something that is deep in ourselves, we take pride in human beings,” the paper quotes her as saying.

      The minister also said negotiations were also continuing with Israel about accommodating African migrants seeking asylum there.

      Last week, the AU expressed outrage after the footage emerged appearing to show slave markets in Libya.

      Youths from Niger and other sub-Saharan countries were seen being sold to buyers for about $400 (£300) at undisclosed locations in Libya.

      In April, the International Organization for Migration (IOM) said it had gathered evidence of slavery in Libya.

      Smugglers hold migrants for ransom and if their families could not pay, they were sold off at different prices depending on their qualifications, an IOM official in Libya said.

      https://www.bbc.com/news/world-africa-42095629

  • Migrants from west Africa being ‘sold in Libyan slave markets’

    UN migration agency says selling of people is rife in African nation that has slid into violent chaos since overthrow of Gaddafi

    https://www.theguardian.com/world/2017/apr/10/libya-public-slave-auctions-un-migration?CMP=Share_AndroidApp_Tweet
    #Libye #réfugiés #asile #migrations #esclavage #Afrique_de_l'ouest

    L’#image (#photographie) est intéressante, on voit des migrants gambiens renvoyés en #Gambie qui portent des sacs en plastique de l’#IOM (#OIM)


    cc @i_s_
    #renvois #expulsions