• Dans « Soudain » de Ryūsuke Hamaguchi, Virginie Efira parle japonais mais ce n’est pas le plus intrigant
    https://www.huffingtonpost.fr/culture/article/dans-soudain-de-ry-suke-hamaguchi-virginie-efira-parle-japonais-mais-

    Beau et lumineux, le nouveau film du réalisateur de « Drive My Car » met en lumière une méthode de soins méconnue en France, très à propos dans le contexte des maltraitances dans les Ehpad, mais pas sans limite.

    L’une est Belge. L’autre, Japonaise. Ensemble, elles ont décroché le prix d’interprétation féminine au dernier Festival de Cannes. Parmi les sorties ciné les plus attendues de l’été, Soudain - le nouveau long-métrage de #Ryūsuke_Hamaguchi mettant en scène #Virginie_Efira et #Tao_Okamoto - est en salles depuis ce mercredi 12 août, dans les salles.

    Libre adaptation d’un recueil de correspondances entre une philosophe atteinte d’un cancer du sein et une anthropologue, le drame du réalisateur de Drive My Car (Oscar du meilleur film international, en 2022) nous embarque dans un coup de foudre amical, celui un peu fortuit dont vont être frappés Marie-Lou et Mari.

    Nous sommes à Paris, en plein mois de juin. La première est à bout, proche du burn out. À la tête d’un Ehpad au cœur de la capitale depuis deux ans, elle a bien du mal à y installer sa nouvelle politique, plus respectueuse des résidents. En phase terminale, la seconde est, elle, de passage à Paris pour y présenter sa nouvelle pièce.

    Sans trop savoir à quoi s’attendre, Marie-Lou se rend à l’une des représentations. L’œuvre la bouleverse. Peut-on vraiment trouver le chemin de l’impossible vers le possible, comme le laisse entendre la dramaturge ? Leur échange en japonais - sous l’œil un peu perdu du public - ne peut en rester là. Il va s’étendre dans la nuit, les jours, puis les semaines. Pour l’une comme pour l’autre, c’est leur vision du monde qui va changer.

    Beau et lumineux, le nouveau film du maître japonais du réalisme et de l’onirisme (Asako I & II, Contes du hasard et autres fantaisies) filme la douceur des sentiments de cette rencontre, de laquelle découlent des réflexions riches sur l’existence, l’approche de la mort, le corps qui change sous le poids de la maladie ou l’âge, et le caractère destructeur du capitalisme.
    Un néologisme méconnu

    Loin des gros titres qui ont animé une partie de la presse francophone (dont Le HuffPost) lorsqu’il a été présenté sur la Croisette en mai, le long-métrage ne saurait se réduire aux prouesses de Virginie Efira dans la langue du réalisateur. Non, c’est aussi une porte d’entrée sur un concept curieux développé tout du long, l’Humanitude.

    Le néologisme, apparu au tournant des années 1980 en France sous l’impulsion de deux anciens profs d’EPS (Yves Gineste et Rosette Marescotti), désigne une méthode de soins « révolutionnaire », selon Marie-Lou, bien décidée à la mettre en place intégralement dans son établissement malgré des réticences dans ses équipes.

    Certaine qu’elle peut réanimer les capacités cognitives des résidents (même les plus dépendants), la directrice défend le projet à Mari. « C’est le fait de considérer chaque patient comme un être humain », dit-elle. Finie la contrainte. Finie l’infantilisation, aussi. Ici, on veut défendre la liberté, l’humanité et le consentement des personnes âgées.
    Les piliers de l’Humanitude

    Pour ce faire, l’#Humanitude repose sur quatre piliers : le regard, le toucher, la parole et la verticalité (comprendre, ici : la position debout). On s’adresse à l’autre les yeux dans les yeux, en le remerciant. Avant d’entrer dans sa chambre, on lui demande l’autorisation. Un souci du consentement permanent, comme pour l’aider à se laver ou se relever.

    En France, seuls 40 #Ehpad détiennent aujourd’hui le label, mais plusieurs centaines seraient en train de s’y former ou de suivre le guide pour s’en rapprocher, d’après le site d’infos Age Village. Si la démarche paraît salutaire au regard des maltraitances (notamment éclairées par le scandale Orpea, en 2022), elle n’est toutefois pas sans limites, y compris dans le film.

    Pour fonctionner, l’ensemble du personnel doit être formé, soignants ou non. Or, la formation est coûteuse et prend du temps. Ce dont les équipes - déjà réduites - manque. Dans les rangs de Marie-Lou, la colère gronde. D’une part, on dénonce une hausse de la charge de travail. De l’autre, le snobisme des nouveaux disciples. Pour beaucoup surtout, la méthode paraît en inadéquation avec la réalité, c’est-à-dire les moyens accordés à chaque résident.
    Ryūsuke Hamaguchi, utopique ?

    Cet idéal tiendrait-il seulement grâce à l’argent ? La directrice doute. Elle n’est pas la seule. Dans un récent article, Philosophie Magazine parle d’une « supercherie » et d’un concept « fumeux ». Non seulement le mensuel étrille un flou clinique, mais aussi une valorisation du risque au détriment de la sécurité des personnes.

    Pour bien des pourfendeurs, encourager la liberté de mouvement des résidents, et notamment le fait de se tenir sur les deux jambes ou marcher, fait débat. Cela peut les conduire à se promener seul de jour comme de nuit, avec ou sans surveillant surtout. Résultat : certains d’entre eux tombent et se blessent, de manière plus ou moins grave.

    Rien de tout ça n’est, ici, éludé. « J’ai moi-même été brièvement formé pour mieux comprendre cette nouvelle méthode. Je dois avouer que j’ai été bluffé, c’est presque magique », raconte Ryūsuke Hamaguchi dans une interview à Télérama. Utopique ? Non. Le cinéaste est conscient des difficultés de la mise en pratique. Lui veut dresser des constats, raconter que « la vie se poursuit jusqu’au dernier moment ». Soudain, tout peut arriver.

  • #Ceuta : ce que cachent les #appels à traverser la frontière le 15 août

    Il y a deux semaines, les 30 et 31 juillet 2026, Ceuta a traversé l’une des pires crises migratoires de son histoire. En 48 heures seulement, plus de 70 000 personnes sont parvenues à rejoindre illégalement l’enclave espagnole depuis le Maroc. Plus de 141 personnes y ont perdu la vie, selon des ONG marocaines. Alors que plusieurs enquêtes montrent aujourd’hui le rôle déterminant joué par les réseaux sociaux et la #désinformation dans cette séquence, des appels à traverser la frontière le 15 août reviennent en boucle sur #Instagram et #Facebook. L’enquête menée par RFI montre que ce mouvement a été artificiellement amplifié et instrumentalisé.

    Dès la matinée du 30 juillet 2026, alors que des dizaines de jeunes, en majorité marocains, risquent leur vie pour franchir illégalement la frontière avec l’Espagne, des appels à une nouvelle #traversée_massive le 15 août émergent déjà sur Instagram et Facebook.

    Le choix de cette date ne doit rien au hasard. Une rumeur mensongère affirme, en effet, que « le poste frontière de Ceuta sera exceptionnellement ouvert » car il s’agit « d’un jour férié en Espagne ». Cette fausse information, vue des millions de fois sur les réseaux sociaux, vise à susciter l’espoir et à rassembler des candidats à la migration pour engendrer un mouvement populaire.

    Dans les faits, le gouvernement espagnol et les autorités marocaines ont, au contraire, renforcé leur dispositif policier et militaire sur place. Le message de la Guardia Civil, diffusé sur Instagram mardi 11 août, est clair : « La frontière avec l’Espagne est fermée et elle ne s’ouvrira pas. De nouvelles barrières de sécurité ont été installées. Si tu les franchis, tu seras renvoyé. Ne te laisse pas tromper ». Cette #infox n’est qu’un exemple parmi d’autres qui démontrent comment ces #rumeurs du 15 août sont instrumentalisées sur les réseaux sociaux.

    Des #faux_comptes à la manœuvre

    S’il est impossible de déterminer avec certitude l’origine exacte de cet #appel_à_la_traversée, l’analyse de la diffusion des contenus en référence au 15 août nous a permis de révéler différents comportements factices. Sur Instagram, nous avons ainsi identifié une dizaine de comptes douteux ayant activement relayé la rumeur.

    Ces profils ont, pour la plupart, été créés récemment, parfois en juillet, voire en août 2026. Leur nom, photo de profil et biographie sont impersonnels. Ils ne comptent que très peu d’abonnés et ne suivent presque personne. Certains cumulent au moins trois changements d’identifiants. Leurs publications évoquent parfois exclusivement la date du 15 août et cumulent plusieurs millions de vues.

    Tous ces indicateurs prouvent que ces comptes ont été créés spécifiquement pour l’occasion afin de rendre viral ce nouvel appel à la traversée. La visibilité soudaine de certaines vidéos laisse également penser que des vues ont été achetées pour gonfler la tendance. Les recherches en sources ouvertes ne nous ont pas permis de déterminer qui en est précisément à l’origine, ni s’il s’agit d’un ou plusieurs acteurs.

    La fabrique d’une illusion de masse

    Autre élément troublant, certaines publications comportent des légendes en japonais, sans aucun rapport avec l’Espagne ou le Maroc. Cette description fait référence au Vogue World 2025, un événement autour de la mode qui a réuni plusieurs stars mondiales en octobre 2025. Plusieurs stars comme le boys band sud-coréen BTS, ou la rappeuse américaine Doja Cat sont cités.

    Initialement publié en anglais par le compte Instagram de Vogue, ce texte avait dépassé les 766 000 likes et les 11 millions de vues. Par opportunisme, certains l’ont copié-collé et traduit, avec l’espoir que les algorithmes de recommandations poussent leur contenu suite au succès de la publication de Vogue. Il s’agit là d’un autre exemple de #manipulation.

    Si des personnes réelles ont bien commenté cet appel du 15 août qui cumule plusieurs dizaines de millions de vues sur les réseaux, tout porte à croire que le mouvement a été victime d’#astroturfing. Cette technique de manipulation consiste à fabriquer un #mouvement_citoyen de toutes pièces en ayant recours à différentes techniques d’#amplification_artificielle. Le détournement et l’utilisation répétée de certains hashtags (« haraga », « spanish ») en est également la preuve.

    L’usage du terme « #haraga » ne relève pas du tout du hasard selon Mehdi Alioua, sociologue et professeur associé à l’université internationale de Rabat : « Les harragas, ce sont les brûleurs. D’abord les brûleurs de papiers, parce que lorsque les Marocains rentraient sans autorisation à Ceuta ou Melilla, ils étaient refoulés à chaud. Et donc les brûleurs sont devenus par extension les brûleurs de frontières », explique-t-il avant de compléter : « On est forcément dans une irrationalité de part et d’autre, un manque de politique migratoire et l’espoir fou que, en brûlant les frontières, on puisse renaître et avoir une vie meilleure ».

    L’implication de comptes influents

    Une fois lancé, l’appel à passer la frontière le 15 août a été repris par de vrais comptes, parfois suivis par plus de 100 000 personnes. C’est le cas de ce jeune vidéaste qui propose de s’abonner sur ses différentes plateformes pour profiter d’un trajet en bus complètement gratuit, à destination de l’Espagne. Il est impossible de savoir s’il a été rémunéré pour diffuser ce message.

    L’espoir d’une vie meilleure

    Mais alors pourquoi ces appels du 15 août cumulent-ils des millions de vues sur les réseaux sociaux alors que la rumeur d’ouverture de la frontière paraît grossière ? Pour Mehdi Alioua, le phénomène s’explique en deux parties : « Le premier élément, c’est une crise sociale au Maroc qui ne dit pas son nom parce qu’on a du mal à en parler, mais dont on a des indicateurs depuis au moins vingt ans à travers la multiplication de mouvements sociaux essentiellement portés par les jeunes, qui crient leur désarroi et parfois même leur désespoir, et dont la réponse de l’État marocain est en demi-teinte. De l’autre, une connaissance du fait que, en Europe, on a toujours besoin de métiers bassement qualifiés et que si on a le courage de tenir longtemps, on finira par avoir une vie meilleure ».

    Quand bien même le Maroc se développe activement (4,9% de croissance en 2025 selon le Haut-commissariat au plan), les répercussions sont moins perceptibles chez les jeunes, parfois mis de côté selon Mehdi Alioua : « Au delà du chômage, même les gens qui travaillent sont non seulement mal payés, mais surtout sans aucune garantie de droit du travail, de retraite et de sécurité sociale ».

    Même son de cloche pour Mohamed Ali Lahlou, expert sur les questions migratoires et membre de l’Association marocaine d’études et de recherches sur les migrations (AMERM). Le manque de perspectives d’une partie de la jeunesse marocaine reste l’un des défis majeurs du Royaume : « Ce qui se joue autour du 15 août dépasse, à mon sens, la seule question sécuritaire. Les chiffres racontent une histoire complexe et parfois contradictoire. On est face à un taux de chômage officiel au Maroc présenté à la baisse par le Haut-commissariat au plan la semaine dernière. Mais l’indicateur de sous utilisation de la main d’œuvre reste massif chez les jeunes, autour de 45% ».

    Virtuel vs réalité

    Démontrer la manipulation et l’#amplification_numérique d’un appel à la traversée ne permet pas de savoir ce qu’il se passera réellement le 15 août prochain, à proximité de Ceuta ou Melilla.

    Pour essayer de mesurer la popularité réelle de ce mouvement, nous avons infiltré plusieurs groupes privés sur la plateforme #WhatsApp mis en avant dans certaines publications virales. Le plus populaire cumule près de 800 membres, dont nous ne pouvons pas vérifier l’authenticité. Cette audience réelle est conséquente, mais en décalage avec les plus de 20 millions de vues cumulées par cet appel, notamment sur Instagram.

    Dans ces groupes, où les discussions sont souvent éloignées du sujet du franchissement de la frontière, la quasi-totalité des membres sont des hommes marocains qui profitent souvent de cette audience pour vendre leur service (entretien, lavage automobile). Passé quelques heures, les numéros commençant par un indicatif autre que +212 (Maroc) sont supprimés par les administrateurs, notamment les utilisateurs espagnols et algériens présents en nombre non négligeable lors de la création du groupe.

    Entre volonté et curiosité

    Que peut-on y lire ? Outre les très nombreux messages qui n’ont rien à voir avec notre sujet, des fausses informations circulent sur la possibilité de passage le 15 août. Certains utilisateurs ne se cachent pas et expriment leur envie de quitter le Maroc à la nage. Autre possibilité sur ces groupes privés : être mis en relation avec des contacts proches de Ceuta qui peuvent aider à la traversée.

    Nous avons pu contacter certains membres de ces groupes privés qui ont souhaité garder l’anonymat. Toutes ces personnes partagent un point commun : elles ont répondu à un effet de groupe directement sur la plateforme WhatsApp en recevant un lien d’invitation.

    Quant à leur véritable motivation à entrer dans ce type de groupes ? La curiosité pour la plupart. Certains membres nous ont assuré n’avoir jamais voulu essayer de franchir la frontière de Ceuta ou Melilla le 15 août et resteront « au chaud à la maison ».

    La #viralité sur les réseaux sociaux peut-elle, à elle seule, participer à l’organisation d’un mouvement migratoire de grande envergure ? Pas tout à fait selon Mohamed Ali Lahlou : « Les réseaux sociaux peuvent être un accélérateur. Ce n’est pas la cause. Un appel viral, aussi bien relayé soit-il, ne produit un mouvement de plusieurs milliers de personnes que s’il rencontre un terreau social déjà favorable ».

    D’autant que, selon l’expert en questions migratoires, cette situation n’est pas inédite : « Les réseaux sociaux donnent une date et un mode d’emploi, le #désir_de_partir, lui, préexiste largement, je dirais, aux réseaux sociaux, dans l’histoire. Ce qu’il s’est passé lors de la crise de 2021 [10 000 migrants avaient alors franchi la frontière de Ceuta, NDLR] peut être comparé à ça. Il y a eu aussi des informations qui circulaient sur les réseaux sociaux ».

    Conséquences dans le réel

    Quelle que soit la part de faux dans ce mouvement, force est de constater qu’il a bien eu un impact dans le réel. Le renforcement du dispositif militaire et policier des deux côtés en est la preuve.

    Les autorités marocaines ont affirmé avoir « détecté ces derniers jours la circulation de publications et de messages anonymes sur certains réseaux sociaux incitant à l’organisation de tentatives de passage collectif et illégal vers Ceuta et Melilla ». Un groupe d’individus en lien avec ce mouvement aurait été arrêté.

    Selon Mohamed Ali Lahlou, le renforcement de la sécurité autour des deux enclaves réduisent drastiquement le risque de revivre, deux semaines après, une nouvelle crise migratoire : « Suis-je inquiet ? Non. Mais en tout cas, ça montre qu’il y a quelque chose qui est de plus en plus organisé. On n’est plus dans la spontanéité comme ça a été le cas fin juillet. Aujourd’hui, on commence à organiser les choses de manière plus structurée à travers ces réseaux qui profitent de la situation ».

    Si les probabilités de franchissement des frontières sont quasiment nulles, pour Mehdi Alioua ce phénomène numérique de masse doit être aussi interprété comme un symbole : « Ce qui est important, c’est la réception qu’en font une partie des #jeunes. C’est pour se donner des forces. Il y a là une sorte de mise en scène. Je pense que la plupart voient cela comme une sorte de défouloir, ils veulent y croire, mais pas complètement. Ils veulent juste montrer qu’ils sont prêts à tout et qu’aucun grillage ne pourra les empêcher d’être à la recherche d’une vie digne ».

    « Ce type d’appel va continuer »

    Pour le sociologue, ces appels viraux sur les réseaux sociaux n’ont pas vocation à s’interrompre à l’avenir : « Malheureusement, la solution n’est ni dans les grillages, ni dans la répression. La solution, elle est dans des voies légales de migration d’un côté et de l’autre et une coopération internationale pour aider les pays comme le Maroc à avoir enfin un état social digne de ce nom tel que le demande la jeunesse ».

    « Ce type d’appel, celui du 15 août ou même une autre date, va continuer de trouver un écho, quelle que soit l’efficacité du contrôle aux frontières », confirme Mohammed Ali Lahlou.

    Lors du dernier franchissement massif de la frontière vers Ceuta, fin juillet, plus de 141 personnes ont perdu la vie, selon des ONG marocaines.

    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260814-ceuta-ce-que-cachent-les-appels-%C3%A0-traverser-la-fronti%C3%A8re-le-1

    #migrations #Espagne #Maroc #réseaux_sociaux #frontières #militarisation_des_frontières

  • L’ex-directeur d’un hôtel Ibis condamné pour viol : la justice après les injustices

    Au terme de trois jours d’audience devant la cour criminelle de Paris, du 9 au 11 décembre 2024, M. C, ancien directeur d’un hôtel Ibis, a été condamné à 7 années d’emprisonnement pour viol sur Madame K, femme de chambre au sein du même hôtel. L’AVFT, représentée par Me Elodie Tuaillon-Hibon, s’est constituée partie civile aux côtés de Madame K.

    Nous avons assisté nombreuses à ces trois jours d’audience, aux côtés de Madame K. Nous avons assisté, pendant trois jours, au fonctionnement de la justice en matière criminelle et nous y avons vu un monde parallèle. Alors même qu’il ne tourne pas rond, ce monde si particulier tente de nous faire croire que tout ce qui s’y déroule – y compris l’ignorance des violences sociales, du travail, de la précarité, de la subordination qui écrase, de marges de manœuvre dérisoires – est raisonnable, normal, logique. Et peut-être pire que tout, que tout cela constitue le sens même de la justice. Nous y avons vu un monde qui, alors même qu’il reconnaît le crime de viol subi par Madame K, semble tout ignorer de ce qui le constitue et le rend possible : le pouvoir, la subordination, la misogynie, le racisme, l’impunité.

    Cette reconnaissance judiciaire est une immense et précieuse victoire.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/08/14/lex-directeur-dun-hotel-ibis-condamne-pour-viol-la-justice-apres-les-injustices/#more-106706

    #feminisme #viol #travail

  • Dans les méandres de l’affaire Epstein
    https://www.youtube.com/watch?v=kCFWDyMnHJ0&t=83s

    Comment l’équipe de « Mediapart » s’est-elle saisie des documents Epstein et a-t-elle enquêté sur les ramifications en France du réseau construit au fil des années par le financier états-unien ? Discussion avec trois journalistes qui ont travaillé sur ces pièces, lors du Mediapart Festival le 6 juin.

    Le 30 janvier 2026, en fin de journée, le département de la justice des États-Unis publiait trois millions de documents du dossier Epstein, ce criminel sexuel new-yorkais qui s’est suicidé en prison en 2019. À 18 h 36, François Bougon, journaliste au service international de Mediapart, envoyait l’article du New York Times relayant l’annonce à toute l’équipe par mail, assorti d’un ironique « Bon week-end ! ».

    Comment l’équipe de Mediapart a-t-elle travaillé sur ce flot de documents et sur les ramifications en France du réseau construit au fil des années par le financier états-unien ?

    Témoignages de victimes de #violences_sexuelles, révélations sur les rabatteurs du milliardaire, sur les intenses liens financiers d’Epstein avec la famille Lang, sur les échanges de messages graveleux du milliardaire avec un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, sur la proximité du financier avec l’agent de mannequins français Jean-Luc Brunel ou encore sur la constellation d’anti-#MeToo, dont Jeffrey Epstein était une des étoiles noires…

    Au fil des semaines, Mediapart a travaillé sur ces millions de files pour vérifier, recouper, approfondir les pistes transparaissant dans la correspondance du milliardaire.

    Discussion avec trois journalistes de Mediapart qui ont travaillé sur ces documents : Fabrice Arfi, François Bougon et Marine Turchi.

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/280726/dans-les-meandres-de-l-affaire-epstein

    #affaire_Epstein #Epstein #Jeffrey_Epstein #VSS #Jack_Lang

  • Pour les hommes, des complexes qui font mâle : « Si j’avais eu un physique avantageux, j’aurais peut-être tenté plus de choses » – Libération
    https://www.liberation.fr/lifestyle/beaute/pour-les-hommes-des-complexes-qui-font-male-si-javais-eu-un-physique-avan

    Trop de poils ou de ventre, pas assez de pecs… Selon une étude Ifop, un homme sur deux se trouve « trop gros ». Un manque de confiance en soi renforcé par les réseaux et le porno, similaire à ce que vivent les femmes, incitant certains à s’éloigner d’un métier ou d’une relation.

    [...]

    Dans Déconstruire la crise de la masculinité paru en 2004, la psychologue et chercheuse Pascale Molinier explique que la valeur des deux genres s’est longtemps calculée différemment : « Les hommes sont reconnus comme des hommes par ce qu’ils font, tandis que les femmes sont reconnues comme des femmes pour ce qu’elles sont. » Concrètement, les femmes étaient – et le sont toujours – scrutées pour leur tenue, leur façon de se tenir, de parler, « ainsi que [pour] une constellation de qualités psychiques relationnelles (empathie, disponibilité aux autres, etc.) », ajoute la chercheuse. A contrario, les hommes sont jugés selon leur travail, leur statut social. Sauf que voilà, aujourd’hui, « l’idéal de réussite promis est totalement inaccessible. La société ne propose à beaucoup d’hommes que de la précarité : la sculpture de leur corps est la seule chose sur laquelle ils pensent avoir la maîtrise », nous explique la philosophe Olivia Gazalé, autrice du Mythe de la virilité.

    https://justpaste.it/faslu

    #masculin #virilité

  • „Ich wurde von einem türkischen Beamten vergewaltigt“ – Aktivistin macht Folter in Abschiebehaft öffentlich
    https://perspektive-online.net/2026/08/ich-wurde-von-einem-tuerkischen-beamten-vergewaltigt-aktivistin-

    Die Aktivistin Paula Maier berichtet, dass sie während ihrer Inhaftierung in der Türkei im Januar von einem Polizeibeamten vergewaltigt wurde. Die Föderation Klassenkämpferischer Organisationen ruft nun bundesweit zu Solidaritätsaktionen auf. Die Vorwürfe reihen sich in eine wachsende Zahl von Berichten über sexualisierte Gewalt gegen Aktivist:innen in Gewahrsam ein.

    Im Januar dieses Jahres reiste eine 16-köpfige Delegation, darunter 13 Frauen, auf Einladung der DEM-Partei nach Nordkurdistan (Bakur). Die Gruppe besuchte demokratische Initiativen, Vereine und Parteien in Diyarbakır, Nusaybin und Mardin. Am fünften Tag der Reise wurde sie auf dem Weg zu einer Pressekonferenz in Mardin von türkischer Militärpolizei und der Abschiebebehörde gestoppt und festgenommen. Von der Polizeiwache in Mardin brachten die Behörden die Delegation in das Abschiebezentrum am Flughafen Istanbul.

    Anlass der Reise waren die Angriffe der HTS-geführten Kräfte und der syrischen Übergangsregierung unter Ahmed al-Scharaa auf die kurdische Selbstverwaltung in Nord- und Ostsyrien und kurdische Stadtteile in Aleppo. Mehrere Gebiete wurden militärisch belagert oder unter die Kontrolle des syrischen Regimes gebracht. Um auf diese Angriffe auf die Errungenschaften der Rojava-Revolution – demokratische Selbstverwaltung, Frauenbefreiung und die kulturellen Rechte von Minderheiten – aufmerksam zu machen, reiste die Delegation nach Nordkurdistan.

    Aus dem türkischen Gefängnis berichten die Betroffenen von körperlicher, psychischer und sexualisierter Gewalt. Den Frauen sei über lange Zeit Schlaf und Ruhe verweigert worden, sie seien geschlagen, teils bis zur Bewusstlosigkeit, beleidigt und bespuckt worden. Geflochtene Haare seien den Gefangenen ausgerissen worden. Zudem seien ihnen Videos misshandelter kurdischer Kämpfer:innen sowie Aufnahmen der Delegationsteilnehmer:innen gezeigt worden, verbunden mit der Drohung, dass die betreffenden Personen die türkische Haft nie mehr verlassen würden. Paula Maier, Teilnehmerin der Delegation und Mitglied der Föderation Klassenkämpferischer Organisationen (FKO), berichtet außerdem, in Einzelhaft von einem türkischen Beamten vergewaltigt worden zu sein.
    Weitere Delegationen berichteten bereits im Februar von Misshandlungen

    Bereits im Februar hatte eine 13-köpfige internationalistische Delegation, die vom 24. bis 28. Januar kurdische Genoss:innen bei Protesten in Amed (Diyarbakır) unterstützt hatte, von ähnlichen Misshandlungen berichtet: Festnahme ohne Angabe von Gründen, Isolationshaft, das gewaltsame Ausreißen von Zöpfen sowie physische und sexualisierte Gewalt.

    Auch eine separate, deutlich größere Gruppe der „Friedenskarawane für Rojava“ – ursprünglich mit 150 Teilnehmenden aus Europa gestartet, von denen letztlich 29 Istanbul erreichten – schilderte damals stundenlange Schikanen während des Gefangenentransports sowie physische und sexualisierte Gewalt im Abschiebegefängnis. Mehrere Betroffene wurden demnach in Zwangsjacken gesteckt, eine Teilnehmerin wurde von mehreren Männern entblößt und in eine Zwangskutte gezwungen.
    Sexualisierte Gewalt gegen politische Gefangene als Mittel der Repression

    Die FKO ordnet die Vorfälle als politische Repressionen und Angriffe auf die demokratischen und frauenpolitischen Errungenschaften der Region ein: „Was im Januar in Rojava passiert ist, war der Versuch, die Errungenschaften der Revolution zu zerstören und die kurdische Befreiungsbewegung zu vernichten. Es ging um nichts weniger als um die Existenz und das Überleben dieses revolutionären Projekts“, erklärt Paula Meier.

    Die sexualisierte Gewalt, die die Betroffenen erlebten, und auch die Vergewaltigung gegen Paula Maier sind dabei keine Einzelfälle: In den vergangenen Monaten seien wiederholt Berichte von Aktivistinnen eingegangen, die in türkischer Haft Gewalt oder Folter erlebt hätten. Auch Aktivistinnen der Global Sumud Flotilla, die versucht hatten, nach Palästina zu gelangen, hätten von systematischer Folter und Vergewaltigung durch das israelische Militär berichtet.

    Erst im Dezember hatte die Aktivistin Anna Liedtke von der Frauenorganisation Zora bei einer Konferenz in Paris öffentlich gemacht, während einer Nacktdurchsuchung beim Transfer zwischen zwei israelischen Gefängnissen vergewaltigt worden zu sein – nachdem sie im Oktober als Besatzungsmitglied der Conscience bei dem Versuch, die israelische Seeblockade zu durchbrechen, festgenommen worden war.

    Die FKO wertet diese Häufung nicht als Zufall, sondern als gezielte Strategie: Sexualisierte Gewalt gegen widerständige Frauen diene dazu, Solidarität zu verhindern und Menschenrechtsverletzungen vor der internationalen Öffentlichkeit zu verbergen.
    Solidaritätsaktionen angekündigt

    Paula Maier erklärt, sie teile diese Erfahrung mit vielen anderen Frauen: „Es ist nicht nur meine Geschichte, es ist die Geschichte vieler Frauen und vor allem ist der Kampf gegen sexualisierte Gewalt eine Geschichte, die uns als Frauen alle vereint. Es liegt an uns allen, diese Erfahrungen in eine Geschichte des Widerstandes zu entwickeln.“

    Unter dem Motto „Eure Gewalt bricht uns nicht – unsere Körper, unser Kampf“ ruft die FKO in den kommenden Tagen zu Solidaritätsaktionen in zahlreichen Städten auf.

    #Turquie #viol #police #fascisme

  • Pädagogin über Microsoft an Schulen : „Was mit den Daten passiert, ist eine große Blackbox“
    https://taz.de/Paedagogin-ueber-Microsoft-an-Schulen/!6203349

    L’utilisation de logiciels de Microsoft (pas seulement) dans les écoles allemandes est illégale. Il faut un contrat individuel entre chaque école et MS qui oblige l’entreprise états-unienne à respecter le RGPD, officiellement appelé règlement UE 2016/679 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données . Ce contrat n’est n’est signé que rarement.

    11.8.2026 von Svenja Bergt - Viele Schulen setzen auf die Software des US-Konzerns. Jessica Wawrzyniak findet das problematisch – und hat einige Tipps für Schulen und Eltern.

    taz: Frau Wawrzyniak, wenn etwa eine Schulleiterin oder Elternvertreter Ihnen sagen, dass sie Microsoft an ihrer Schule einführen wollen – was raten Sie?

    Jessica Wawrzyniak: Ich würde ihnen zuerst mit auf den Weg geben, dass sie das natürlich DSGVO-konform machen müssen, also im Einklang mit der Datenschutz-Grundverordnung. Und dass das aktuell schwierig bis unmöglich ist.

    taz: Warum?

    Wawrzyniak: Weil Microsoft nicht die nötigen Informationen zur Verfügung stellt. Ein Beispiel: Wenn eine Schülerin wissen möchte, welche Daten über sie gespeichert werden, dann ist die Schulleitung verpflichtet, die Auskunft zu erteilen. Das ergibt sich aus Artikel 15 der Datenschutz-Grundverordnung. Das Problem: Die Schulleitungen können die Auskunft gar nicht erteilen, weil sie selbst nicht wissen, was Microsoft speichert. Diese Informationen gibt der Konzern ihnen nicht.

    Bild: privat

    Im Interview: Jessica Wawrzyniak

    35 Jahre alt, ist Erziehungs- und Medienwissenschaftlerin. Sie arbeitet als Referentin und ist Co-Projektleiterin des #DigitalCheckNRW, einem Medienkompetenzprojekt für Erwachsene der Gesellschaft für Medienpädagogik und Kommunikationskultur (GMK).

    taz: War das mal anders und Microsoft konnte früher legal an Schulen genutzt werden?

    Wawrzyniak: Nein, das war noch nie möglich, vor 10 Jahren aber auch noch unkritischer, weil weniger Daten gespeichert und analysiert wurden.

    taz: Das heißt, alle Schulen, die Microsoft nutzen, machen das illegal?

    Wawrzyniak: Es gibt eine kleine, aber komplizierte Möglichkeit: Man kann als Schule, zusätzlich zum zwingend erforderlichen Auftragsverarbeitungsvertrag, bilateral mit Microsoft eine Art Zusatzvertrag abschließen. Aber ich weiß nicht, wie oft das in der Praxis tatsächlich der Fall ist.

    taz: Wenn eine Schule das geschafft hat – ist dann der Einsatz von Microsoftprodukten unbedenklich?

    Wawrzyniak: Auch dann noch nicht, weil Microsoft unglaublich viele Daten erfasst, die auch in die USA übertragen werden, wo Persönlichkeitsrechte kaum geschützt werden und man sich fragen muss: Wollen wir das?

    Es ist möglich, dass Microsoft ganze Lernkurven der Schü­le­r:in­nen nachverfolgt

    taz: Welche Risiken sehen Sie für die Kinder und Jugendlichen?

    Wawrzyniak: Zunächst sind da die ganzen personenbezogenen Daten, die eingegeben werden. Das können etwa Noten und andere Bewertungen sein, Allergie- oder Gesundheitsinformationen, wie sie zum Beispiel im Kontext von Klassenfahrten angefragt werden, sowie Krankheits- und andere Fehltage. Dazu kommen weitere Daten. Zum Beispiel: Wie schnell tippt ein Kind? Durch Tippmuster und -geschwindigkeit lassen sich übrigens Personen auch eindeutig identifizieren. Wie häufig schlägt die Rechtschreibkorrektur an? Hat ein Kind vielleicht eine Rechtschreibschwäche? Was steht in einem Aufsatz, etwa zu einem politischen Thema? Und was bei Microsoft mit den Daten passiert – das ist eine große Blackbox. Es ist möglich, dass Microsoft ganze Lernkurven der Schü­le­r:in­nen nachverfolgt.

    taz: Schulen, die Microsoftprodukte nutzen wollen, argumentieren oft mit den Kosten. Die Basisversion des Office-Pakets ist für Bildungseinrichtungen kostenlos.

    Wawrzyniak: Open-Source-Alternativen wie Libre Office, Only Office oder Collabora gibt es auch kostenlos.

    taz: Schulen argumentieren nicht nur mit den Lizenzkosten, sondern auch mit der Installation und Verwaltung der Software: Da erforderten die Open-Source-Alternativen zusätzliches Personal für die Installation und den Betrieb. Bei Microsoft gebe es weniger Probleme und der Konzern biete Support.

    Wawrzyniak: Eigentlich ist eine Schule wie ein mittelständisches Unternehmen zu betrachten und diese kommen in der Regel ohne IT-Abteilung nicht aus. Mehrere Hundert Schüler:innen, dazu die Lehrkräfte, die Verwaltung … Und alle arbeiten mit IT-Systemen. Das heißt, es muss an jeder Schule eigentlich sowieso gewährleistet werden, dass IT-Fachkräfte fest angestellt sind und solche Aufgaben nicht noch zusätzlich von Lehrkräften übernommen werden.

    taz: Die Schulen haben dafür oft kein Budget.

    Wawrzyniak: Bildung ist derzeit Ländersache, diese müssten also ausreichend bereitstellen. Aber es gibt auch Alternativen: Was ich zum Beispiel sehr gut fand, ist, dass beim Digitalpakt Schule die Finanzierung zur Bundessache gemacht wurde. So etwas sollte es viel häufiger geben, damit nicht jedes Bundesland, jede Kommune oder jede Schule ihr eigenes Süppchen kochen muss.

    taz: Wie groß ist der Einfluss, der bei IT-Produkten von der Schule auf die Kinder und Jugendlichen ausgeht? Es muss ja nicht immer Microsoft sein – manche Schulen setzen etwa auf iPads.

    Wawrzyniak: Ich halte den Einfluss für sehr groß. Zum einen, weil Kinder und Jugendliche damit aufwachsen, die Nutzung dieses Gerätes oder dieser Software lernen. Und Eltern gehen in der Regel davon aus, dass das, was aus der Schule kommt, auch gut oder geprüft ist. Schulen sagen übrigens häufig, dass sie Microsoft einsetzen, weil das später im Beruf genutzt wird. Und Unternehmen sagen, sie nutzen Microsoftprodukte, weil sich alle damit auskennen. Auf diesen Kreislauf setzt der Konzern natürlich und bietet seine Lizenzen für Bildungseinrichtungen kostenlos bis extrem günstig an.

    taz: Was raten Sie Eltern, die versuchen wollen, die Schule umzustimmen?

    Wawrzyniak: In erster Linie sollten Eltern sich zusammentun. Wer sich alleine gegen eine Schule stellt oder für sein Kind widerspricht, macht sich meistens nicht gerade beliebt. Deswegen hilft es, sich mit anderen zu verbünden und dann eine Argumentationsliste zu erstellen. Die sollte möglichst breit sein, um die Chance zu erhöhen, dass die Verantwortlichen darauf anspringen: von den Persönlichkeitsrechten der Schüler:innen, über die rechtlichen Probleme bis hin zur digitalen Souveränität. Die wird politisch gerade sehr gefordert, aber leider wenig forciert. Und Microsoft einzusetzen, gerade in der Cloud, wie es die kostenlose Lizenz vorsieht, hat natürlich eine sehr große Abhängigkeit von einem US-Anbieter zur Folge. Wenn man diese Argumente gesammelt hat und zusammen vorträgt, sind die Chancen größer, ein Umdenken zu erreichen.

    Règlement général sur la protection des données (RGPD)
    https://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A8glement_g%C3%A9n%C3%A9ral_sur_la_protection_des_donn%C3%A9es

    Datenschutz-Grundverordnung (DSGVO)
    https://de.wikipedia.org/wiki/Datenschutz-Grundverordnung#/languages

    #Allemagne #droit #école #RGPD #DSGVO #éducation #vie_privée

  • « La fermeture des élevages intensifs devrait être planifiée rapidement »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/11/la-fermeture-des-elevages-intensifs-devrait-etre-planifiee-rapidement_674378

    (...) l’élevage est un secteur en faillite, maintenu aujourd’hui à larges coups de subventions publiques. Le dérèglement climatique coûte déjà à la France près de 2 milliards d’euros par an en dommages assurés, sans compter les pertes agricoles, les impacts sanitaires et les atteintes aux écosystèmes. Dans la perspective d’une poursuite des tendances actuelles, on estime que ce coût pourrait augmenter de 40 % à 120 % d’ici à 2050, dont de 30 % à 60 % du seul fait du changement climatique.

    Quant aux éleveurs, leurs revenus actuels sont en grande partie issus des subventions publiques perçues pour faire fonctionner leurs exploitations, et la situation pourrait être encore aggravée par les crises météorologiques à répétition. Ils auraient donc tout intérêt à engager une reconversion vers une activité écologiquement vertueuse, porteuse d’espoir et rémunérée à sa juste valeur.

    https://justpaste.it/h7ftf

    #élevage #viande #agriculture

  • Apre al pubblico la #villa della #Gaiola
    https://informareonline.com/apre-al-pubblico-la-villa-della-gaiola

    La celebre villa della Gaiola, uno degli edifici più mistici e chiacchierati di Napoli, si appresta ad aprire le proprie porte al pubblico. La villa, che è stata recentemente riqualificata, è infatti la protagonista di un nuovo progetto che avrà luogo sull’isola del Golfo di Napoli e che prevede di darle una nuova vita, facendone […] L’articolo Apre al pubblico la villa della Gaiola proviene da Informareonline, scritto da Ilaria Morlando

    #Approfondimenti #Attualità #apertura #leggenda #parco_sommerso

  • Europe’s free satellite service just made it easier to track wildfires

    Copernicus Browser adds wildfire visualization amid record wildfire season.

    The wildfires afflicting communities across the world can now be tracked more easily by anyone using Europe’s free and open satellite imagery service—all thanks to a wildfire visualization script originating from nearly a decade ago.

    The #Copernicus_Browser provides free access to the latest satellite imagery taken by the European Space Agency’s Sentinel satellites for the European Union’s Earth observation program. The three satellites of the Sentinel-2 mission have proven especially useful for wildfire monitoring by providing multi-spectral imaging at resolutions as granular as 10 meters in visible light and near-infrared bands—and the Copernicus Browser previously offered 10 default visualization layers using different combinations of spectral bands.

    Now Copernicus Browser has also added a straightforward “wildfires” visualization layer for Sentinel-2 imagery that went live on August 4. Anyone clicking on this layer while looking at a wildfire location can see active fires in white or yellow, burning vegetation in red, and burned landscapes in dark brown or black.

    That helpful wildfire visualization enhancement comes from a script written in JavaScript by remote sensing expert Pierre Markuse. As explained by Geovisualization, Markuse’s script combines the red visible light band, the narrow near-infrared band to highlight the differences between healthy and burned vegetation, and the short-wave infrared 2 band to reveal burned landscape by revealing moisture levels in the soil.

    Users could previously add this script manually to Copernicus Browser sessions by copying and pasting it using the custom visualization option under the default layers.

    But Simon Proud, mission scientist for Sentinel-2 at the European Space Agency, pushed to get the script integrated into Copernicus Browser as a default option. He announced that the integration had finally happened in a Discord channel on a server run by the investigative journalism group Bellingcat.

    There are other existing and emerging satellite constellations capable of detecting and monitoring wildfires and wildfire smoke. NASA’s FIRMS tool provides free access to a global map of fires detected by NASA satellite sensors and is rapidly updated within several hours—although such NASA satellite imagery is only available in coarser resolutions down to 250 meters.

    By comparison, the Sentinel 2 satellite imagery is updated every few days but provides much higher resolution imagery in certain bands down to a 10-meter spatial resolution. That makes it arguably the best free and publicly available tool for delivering higher-resolution satellite imagery of everything from wildfires to war zones.

    Unfortunately, there is no shortage of wildfires to keep an eye on across the world as climate change exacerbates traditional wildfire seasons. Much of Washington and Oregon is experiencing wildfires and smoke, Canada’s wildfire season is on track to be one of the country’s worst, and firefighters continue to battle blazes in France and Spain, where hundreds of thousands of people have evacuated during a record-breaking wildfire season.

    https://arstechnica.com/gadgets/2026/08/europes-free-satellite-service-just-made-it-easier-to-track-wildfires

    #monitoring #feux #incendies #feu #satellites #images_satellites #image_satellite #cartographie #visualisation

  • A Thetford, dans l’est de l’Angleterre, troisième nuit de manifestations violentes envers des demandeurs d’asile
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/08/07/a-thetford-dans-l-est-de-l-angleterre-troisieme-nuit-de-manifestations-viole

    A Thetford, dans l’est de l’Angleterre, troisième nuit de manifestations violentes envers des demandeurs d’asile
    Cinq personnes ont été arrêtées depuis mardi, lors de rassemblements en réaction à un projet d’hébergement de demandeurs d’asile dans une base militaire désaffectée de la Royal Air Force.
    Le Monde avec AFP
    Des dizaines de personnes se sont attaquées à des logements où ils pensaient que vivaient des demandeurs d’asile, lors de manifestations anti-immigration qui ont eu lieu, jeudi 6 août, pour le troisième soir d’affilée à Thetford, dans l’est de l’Angleterre, selon la police locale. Selon la même source, les manifestants s’en sont aussi pris à la police. Cinq personnes ont été arrêtées depuis mardi, lors de rassemblements en réaction à un projet d’hébergement de demandeurs d’asile dans une base militaire désaffectée de la Royal Air Force proche de Thetford, ville de quelque 25 000 habitants.
    « Pendant trois nuits d’affilée, un groupe de personnes a franchi la ligne de ce qui est acceptable », a déclaré vendredi à la BBC le chef de la police du Norfolk, Paul Sanford. Il a confirmé que « certaines » des maisons visées hébergeaient des demandeurs d’asile. « Nous avons été obligés, à deux ou trois reprises, d’escorter les résidents hors de ces logements pour assurer leur sécurité », a-t-il ajouté.
    Selon le Guardian, une liste de logements dont les propriétaires ont signé un contrat avec le gouvernement pour héberger des demandeurs d’asile avait préalablement circulé en ligne. Deux hommes d’une quarantaine d’années ont été arrêtés jeudi soir, soupçonnés de trouble à l’ordre public en état d’ivresse, et d’incitation à la haine raciale lors d’un incident survenu la veille.
    La police de Norfolk a dépêché des renforts sur place. Dans un communiqué, elle a aussi affirmé avoir fait face à des manifestants « physiquement agressifs », un agent ayant été touché par une pierre tandis qu’une policière a été « gravement mordue ». Elle a imposé des mesures de sécurité aux manifestants, dont l’obligation de retirer tout élément masquant leur visage sur demande de la police.
    Des témoins ont dit à la BBC avoir vu environ 200 personnes lancer des œufs et des pierres contre des maisons mercredi, scandant « We want them out » (« Nous voulons qu’ils partent »). Le ministère de l’intérieur a, dans un communiqué, « fermement condamné les comportements observés à Thetford, y compris les attaques contre les policiers en première ligne ». Le député travailliste du district, Terry Jermy, a jugé ces scènes « profondément préoccupantes ». Mais il a aussi exhorté le gouvernement à mettre fin au « secret et à la confusion » entourant les projets d’hébergement de demandeurs d’asile sur d’anciennes bases militaires.
    Le Royaume-Uni a connu ces dernières années plusieurs violentes manifestations racistes, sur fond de montée du parti d’extrême droite Reform UK. Les dernières en date ont eu lieu à Belfast, en Irlande du Nord, en juin. Lors de celles-ci des familles ont été obligées de quitter leurs logements menacés par des feux allumés par les manifestants.

    #Covid-19#migrant#migration#angleterre#asile#demandeurdasile#sante#hebergement#violence#sante

  • L’Afrique en première ligne du durcissement de la politique migratoire de Donald Trump
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/08/07/l-afrique-en-premiere-ligne-du-durcissement-de-la-politique-migratoire-de-do

    L’Afrique en première ligne du durcissement de la politique migratoire de Donald Trump
    Par Morgane Le Cam
    Pour les Africains, voyager aux Etats-Unis tient de plus en plus du parcours du combattant. Après l’ajout, en janvier et en avril, de 23 nouveaux pays du continent sur la liste des Etats dont les ressortissants doivent désormais verser une caution au moment de déposer leur demande de visa, l’administration américaine a augmenté, lundi 3 août, le montant de cette garantie.
    La mesure, qui doit entrer en vigueur le 20 août, concerne les demandeurs de visa touriste ou affaires, ressortissants de 50 Etats à travers le monde, dont 30 en Afrique. Auparavant établie entre 5 000 et 15 000 dollars (entre 4 340 et 13 000 euros), cette caution s’élève désormais à 10 000, 15 000 ou 20 000 dollars « en fonction de la situation du demandeur telle qu’évaluée par le fonctionnaire consulaire », précise le règlement publié par le département d’Etat.
    Washington généralise ainsi son programme de demande de caution pour obtenir un visa, lancé en août 2025 pour un an, après avoir constaté le succès de ce dernier « pour réduire les abus en matière de visas et les séjours illégaux » sur le sol américain, précise le même document. Avec ce nouveau durcissement des conditions d’accès au territoire américain, Washington renforce sa lutte contre l’immigration irrégulière – l’une des priorités de l’administration de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche, en 2025. Et, une nouvelle fois, l’Afrique figure parmi les principales cibles.
    Un durcissement de la politique migratoire de Donald Trump, notamment en Afrique
    D’après un rapport adressé au Congrès par le département de la sécurité intérieure en juillet 2025, les Africains ne représentaient que 4,8 % des voyageurs étrangers aux Etats-Unis en 2024, soit 584 000 personnes sur les 12,1 millions de titulaires de visa touriste ou affaires cette année-là. Mais ils sont plus nombreux que la moyenne à dépasser la durée de séjour autorisée sur le sol américain. Selon le même document, 5,6 % des voyageurs africains aux Etats-Unis en 2024 se sont maintenus illégalement sur le territoire à l’issue de la date d’expiration de leur visa (33 000 personnes), tandis que le taux moyen de dépassement de séjour était de 2,3 % cette même année.
    Parmi les pays sujets à des restrictions de visa, vingt-six sont africains
    Les expulser coûte cher à l’administration américaine : 18 042 dollars en moyenne par étranger, selon le règlement du département d’Etat cité plus haut. D’où l’augmentation du montant de la caution qui, en cas de dépassement de la durée de séjour autorisée, n’est pas restituée au ressortissant. Washington s’assure ainsi de pouvoir compenser l’ensemble des coûts liés à l’expulsion de ces migrants.
    Selon une estimation du centre d’études Migration Policy Institute, 15 000 des voyageurs restés illégalement sur le territoire américain ont été expulsés en 2025 vers des pays tiers, c’est-à-dire vers des Etats dont ils ne sont pas originaires, mais dont Washington se sert comme sous-traitants. Là encore, l’administration Trump a ciblé les Etats africains : 14 d’entre eux ont conclu des accords avec Washington en 2025 et 2026 – sur 35 pays au total –, acceptant d’accueillir des ressortissants issus de pays tiers en échange d’argent, d’aide au développement ou de facilités de visas pour leurs propres ressortissants.
    Les 30 et 31 juillet, des dizaines de migrants, bénéficiant pourtant pour la plupart de mesures de protection de la part de la justice américaine pour empêcher leur expulsion, ont ainsi été envoyés vers la Guinée équatoriale, la Sierra Leone, le Ghana et la République centrafricaine. Trente-six autres migrants, expulsés contre leur gré des Etats-Unis vers le Cameroun, entre janvier et mai, ont saisi la justice camerounaise pour demander la protection juridique dans le pays et la suspension de l’accord migratoire conclu entre Washington et Yaoundé, a annoncé leur avocat, mercredi 5 août. Ils espèrent bloquer leur expulsion vers leur pays d’origine.
    Alors que de plus en plus d’Etats africains acceptent d’accueillir les migrants expulsés par l’administration Trump, Washington a restreint ou interdit de voyage sur le sol américain les ressortissants de certains de ses sous-traitants. En décembre 2025, la Maison Blanche a publié une liste de 24 nouveaux pays – parmi lesquels 17 pays africains –, dont les citoyens sont tantôt interdits, tantôt soumis à des restrictions de visa aux Etats-Unis. Sur celle-ci figure la Sierra Leone et le Soudan du Sud, pourtant signataires d’accords migratoires avec Washington. Au total, 26 Etats du continent sont soumis à des restrictions ou à une interdiction de voyage outre-Atlantique.
    Quant aux citoyens africains qui, eux, conservent sur le papier la possibilité de demander un visa, ils ne sont pas au bout de leurs peines. Outre la caution dont la plupart doivent désormais s’acquitter – d’un montant exorbitant au regard du niveau de vie moyen dans les pays concernés –, certains doivent aussi voyager… pour déposer leur demande de visa.Le 15 juillet, le département d’Etat a annoncé dans un communiqué la suppression de ses services consulaires dans 25 capitales et grandes villes africaines dans le cadre d’une « réorganisation des services de visas en Afrique autour de pôles régionaux ». Les ressortissants de ces 25 pays devront désormais se rendre dans l’un des 20 Etats ayant conservé leur capacité à délivrer le précieux sésame.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#afrique#politiquemigratoire#visas#paystiers#expulsion#droit#sante

  • Violences sexuelles sur mineurs : le gouvernement se penche sur les défaillances des enquêtes
    https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/080826/violences-sexuelles-sur-mineurs-le-gouvernement-se-penche-sur-les-defailla

    Dossiers « fantômes », enquêtes à l’abandon ou perdues, manque d’effectifs... Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a transmis à son homologue de l’Intérieur une note qui détaille des défaillances majeures dans la prise en compte des violences sexuelles faites aux enfants.

    • Dans le courrier de 12 pages daté du 29 juillet, révélé samedi par Le Monde et consulté par l’AFP, le garde des Sceaux synthétise à Laurent Nuñez les remontées d’informations établies par les parquets généraux sur ces contentieux devenus la priorité de son ministère depuis la vague d’indignation provoquée par l’affaire Lyhanna.

      Il en ressort une litanie de dysfonctionnements « d’ordre structurel », écrit M. Darmanin, qui tiennent à la question des moyens, de la formation, des outils et du pilotage, mais pas « à la volonté des personnels de terrain ».

      Principale défaillance découverte par les procureurs : un gigantesque « stock fantôme », des dossiers non répertoriés par la justice faute de lui avoir été transmis.

      Le stock révèle l’écart entre le nombre de procédures dont les parquets ont connaissance et celles détenues par les services d’enquêteurs.

      – « Purement et simplement perdues » -

      A Nîmes, par exemple, les procureurs ont découvert 1.275 procédures « fantômes », 905 à Caen, tandis qu’à Agen, « un nombre important de procédures en cours » n’a « donné lieu à aucune information du parquet ».

      A Melun, « de très nombreuses procédures (ont été) laissées sans investigation pendant des mois, voire des années, alors même que l’auteur était souvent désigné ou aisément identifiable ».

      Les « écarts entre extractions de données effectuées par les tribunaux judiciaires et la réalité des services sont systématiques », relève le ministre. Ailleurs, à Bourges, une quinzaine de procédures ont été « purement et simplement perdues ». C’est 17 à Angers, six à Annecy, 23 « non localisées » à Paris...

      Au vu des défaillances identifiées, Gérald Darmanin suggère au ministre de l’Intérieur une rencontre le 3 septembre afin « d’engager un échange constructif avec l’ensemble des services ».

      Les chantiers mis en lumière par les parquets généraux sont nombreux.

      Le manque d’effectifs est le plus criant, avec un « sous-dimensionnement parfois extrême » pour un enjeu théoriquement prioritaire : « Cinq OPJ (officiers de police judiciaire) et un APJ (agent de police judiciaire) au groupe de protection des familles du Mans pour plus de 4.000 procédures ».

      Autre enjeu qui peut avoir des conséquences graves sur le traitement de certains dossiers : la formation des enquêteurs.

      A Bordeaux, un réserviste auditionnait des enfants de moins de 10 ans par téléphone, tandis qu’à Besançon, on signale « la persistance d’auditions de mineurs victimes mal faites, avec des questions fermées ou des observations déplacées ».

      – « Flux qui explosent » -

      Le manque d’intérêt de certains commissariats ou gendarmeries, où la « hiérarchie (faisait) manifestement primer des priorités locales, notamment d’ordre public », a également été pointé.

      A Limoges, le parquet général a relevé un « investissement professionnel insuffisant, y compris dans les unités spécialisées », selon le courrier.

      Sollicité par l’AFP, le ministre de l’Intérieur a fait savoir par son entourage qu’il « regrette la fuite prématurée de ce document qui est un document de travail en cours d’expertise par ses services, qui s’appliquent à élaborer des solutions avec rigueur et pragmatisme ».

      Ludovic Friat, président du principal syndicat de magistrats (USM), voit dans le courrier la confirmation « des constats » mis en lumière par l’USM, en particulier « sur les moyens, notamment des services d’enquête ».

      « On a des portefeuilles saturés, des flux qui explosent et font augmenter le stock, un manque d’enquêteurs » et « des outils pas adaptés », résume à l’AFP Grégory Joron, secrétaire général du syndicat Un1té police FO.

      Les ministres qui se sont succédé place Beauvau, dont Gérald Darmanin, sont « les responsables » des difficultés des services d’enquête, estime Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance, « pas mes pauvres collègues qui ont un ordinateur qui s’allume une fois sur deux », « 300 procédures à gauche, 300 procédures à droite », « des horaires de dingues » et « sont essorés ».

      Les deux responsables syndicaux dénoncent la succession de réformes de la police qui « déstabilise le système ».

      « Perdre un dossier, c’est parfois perdre une chance de protéger un enfant », a souligné le président de l’association de protection de l’enfance Les Papillons, Laurent Boyet, sollicité par l’AFP, qui estime que « la responsabilité est avant tout celle d’un système qui n’a pas pris la mesure de l’ampleur du phénomène ».

      Jérôme Barella, principal suspect dans l’affaire Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte le 4 juin dans le Gers, a été mis en examen pour meurtre et viol sur mineure de moins de 15 ans.

      Après l’onde de choc suscitée par cette affaire, Gérald Darmanin avait révélé l’existence de 85.047 plaintes en cours de traitement pour violences sexuelles sur mineurs.

    • Toujours plus.

      « Synthèse des difficultés rencontrées par les parquets généraux et les parquets avec les services d’enquête de la police et de la gendarmerie nationales » (publié par Ration)
      https://statics.liberation.fr/medias/emailing/images/content/PDF/20260729-note-ministere-interieur-LIBEOK.pdf

      Enquêtes pour violences sexuelles sur mineurs : « Libération » publie la note qui met Gérald Darmanin dans l’embarras
      https://www.liberation.fr/societe/police-justice/enquetes-pour-violences-sexuelles-sur-mineurs-liberation-publie-la-note-q

      Cette note particulièrement sensible pose un constat orthogonal. Il s’agit d’une synthèse des rapports effectués par l’ensemble des procureurs généraux, qui devaient réaliser un passage en revue des procédures en cours pour des faits de violences sexuelles sur mineurs. Mais ces comptes rendus « dépassent largement l’exercice de décompte » initialement prévu et « dressent l’état des moyens d’enquête et efforts judiciaires consacrés à ce contentieux ». Et ce constat est particulièrement alarmant.

      Certains hauts magistrats ont d’ailleurs évoqué les effets néfastes de l’agitation du ministre de la Justice, qui avait demandé que les enquêteurs traitent ces dossiers à toute hâte, avant les départs en vacances de l’été. « Plusieurs parquets signalent que la mobilisation d’urgence a conduit à confier des dossiers sensibles à des enquêteurs ni formés ni initiés à la matière, conduisant “au risque d’un traitement qualitativement problématique” », note la synthèse rédigée par les propres services de Gérald Darmanin.

      [...]

      Un état des lieux terrible, d’autant plus qu’il est incomplet. Des procureurs affirment avoir été entravés par des rétentions d’informations de plusieurs hauts responsables policiers. Le procureur général de Dijon dit ainsi que la hiérarchie de la police judiciaire « aurait donné pour instruction de ne pas communiquer les données relatives aux effectifs d’enquêteurs ». Tandis qu’à Mulhouse (Haut-Rhin), la direction de la police « n’a explicitement pas souhaité répondre à cette question, ne voulant laisser aucune trace écrite ». A Marseille, le parquet s’est heurté au même refus.

      https://justpaste.it/fpted

      #VSS #violences_sexuelles_sur_mineurs #police #justice

  • AASH : un nouveau métier face à la pénurie d’AESH et d’animateurs
    https://www.lagazettedescommunes.com/club-rh/aash-un-nouveau-metier-face-a-la-penurie-daesh-et-danimateurs.
    https://www.lagazettedescommunes.com/resizer/v2/VNWOCRAXENGVHJ36SL4KYPFKD4.jpg?smart=true&auth=d63f61ed4797eed

    Contrats précaires, temps partiel : les métiers d’animateur du périscolaire et d’accompagnant d’enfant en situation de handicap (#AESH) sont en tension. En 2024, la direction académique des Hauts-de-Seine, France Travail et le Greta (*) des Hauts-de-Seine ont donc imaginé former des demandeurs d’emploi aux compétences nécessaires à ces deux champs professionnels.

    Cela a permis de leur proposer deux contrats : 24 heures avec l’#Éducation_nationale pour accompagner individuellement des enfants en situation de handicap en classe, et 11 heures avec l’une des deux #villes des Hauts-de-Seine partenaires, Châtenay-Malabry (700 agents) et Asnières-sur-Seine (1400 agents), pour être animateur sur le temps de cantine, le mercredi et durant les vacances scolaires.

    Des employeurs publics qui collectivisent la gestion de leur cheptel d’employé.es précaires, ça permet d’approcher le SMIC mensuel. Un modèle.

    #animateurs_périscolaires

  • « Chaque minute en valait la peine » : à 97 ans, elle bat son record au Guinness Book en se tenant debout sur l’aile d’un avion en vol - Charente Libre.fr
    https://www.charentelibre.fr/economie/aeronautique/chaque-minute-en-valait-la-peine-a-97-ans-elle-bat-son-record-au-guinn

    izabeth Bromage avait déjà établi son premier record en 2022 à l’âge de 93 ans. Elle avait réalisé son premier vol à 87 ans, après son entrée en maison de retraite.

  • This A.I. Just Created Viruses Not Found in Nature
    https://www.nytimes.com/2026/08/06/science/ai-viruses-bacteria-arc.html

    Instead of training it on text, they trained it on genetic sequences drawn from millions of animals, plants, microbes and #viruses. All told, #Evo scanned about nine trillion nucleotides.

    Evo eventually recognized patterns common across the tree of life and used them to generate blueprints for new genes encoding proteins that could perform specific jobs. These results led the team to wonder if Evo could master not just single genes but also an entire genome.

    As the A.I. would be able to handle only small genomes at first, the scientists decided to try to make viruses. While a human genome contains over three billion nucleotides, many viruses have genomes just a few thousand nucleotides long.

    It just felt like the obvious next step,” said Samuel King, a graduate student at Stanford University and an author of the new study. He and his colleagues gave Evo another round of training, this time on the 11 genes of Phi X-174 and about 15,000 of its closest relatives.

    They made this choice in part because scientists know Phi X-174 intimately, having studied it for close to a century. And because it’s a bacteriophage that infects only E. coli, they knew that viruses similar to it would be safe.

    Once Evo got familiar with the genomes of Phi X-174 and its kin, the researchers prompted the model to write new versions of its own. Evo generated 700,000 potential versions; the scientists pursued only the ones that looked as if they had the best odds of succeeding.

    [...]

    The potential dangers were already on the minds of the researchers as they trained Evo. They did not provide the model with data about viruses that infect humans, and they excluded similar viruses that infect other animals, plants and fungi.

    As a result, Evo can’t generate genomes of viruses that could threaten humans. “We just wanted to be extra careful,” said Brian Hie, a computational biologist at Stanford University and an author of the new study.

    Dr. Hanke credited Dr. Hie and his colleagues for taking that precaution. “I think that’s quite commendable,” he said, because they don’t get any guidance from anywhere on what they should be doing.”

  • Sofiane Saidi, Camelia Jordana & Théo Ceccaldi - Jazz à Porquerolles 2026 - Regarder le programme complet | ARTE Concert
    https://www.arte.tv/fr/videos/133223-001-A/sofiane-saidi-camelia-jordana-theo-ceccaldi
    https://www.youtube.com/watch?v=VAzTfljSvUU

    Sofiane Saidi et Camélia Jordana unissent leurs talents pour une création unique entre raï et jazz. Accompagnés par les frères Ceccaldi, les deux artistes jettent un pont musical magistral entre les deux rives de la Méditerranée.

    Pionnier du raï contemporain, Sofiane Saidi insuffle ses machines électroniques au cœur des chants traditionnels oranais et de l’héritage des medahates - chants féminins traditionnels de célébration et de transmission.

    À ses côtés à Jazz à Porquerolles, la voix lumineuse de Camélia Jordana apporte une intensité rare à cette célébration métissée, qui redéfinit la place des femmes dans cette histoire sonore. Portée par la rythmique percutante de Tao Ehrlich et sublimée par le violon de Théo et le violoncelle de Valentin Ceccaldi, la performance célèbre une mémoire vivante, libre et en perpétuel renouvellement.

    #Camelia_Jordana #chanson #concert #Jazz_à_Porquerolles #live #musique #raï #Sodiane_Saidi #Theo_Ceccaldi #Valentin_Ceccaldi #violon #violoncelle

  • Devenir une « #ville_éponge » : la solution de #Berlin face à la #sécheresse

    Face aux extrêmes climatiques, Berlin accélère sa mutation en « ville éponge », mêlant #végétalisation, #rétention_des_eaux et #mobilisation_citoyenne. Une ambition politique inédite qui essaime.

    Il est rare qu’une activiste environnementale se retrouve mandatée par ses « adversaires » pour mener la politique qu’elle défend. C’est pourtant ce qui est arrivé à la géographe Lisa Junghans dans le cadre du projet de transformation de la ville de Berlin en « ville éponge ».

    Après avoir travaillé pour une ONG spécialisée sur les questions d’#eau, elle a participé à l’initiative populaire #BaumEntscheid, en corédigeant une proposition de loi d’#adaptation de Berlin au #changement_climatique. « Nous comptions appeler les Berlinois à se prononcer via un référendum sur la question en septembre 2026. Mais, contre toute attente, le Sénat de Berlin a décidé de reprendre notre projet à 99 % et d’en faire une loi qui a été votée fin 2025 ! » raconte la jeune femme.

    Elle a depuis été nommée à la direction de l’Agence pour l’eau de pluie du Land de Berlin (Regenwasseragentur), un organisme assez récent qui joue un rôle important en tant qu’agence-conseil sur la gestion des #eaux_de_pluie pour les particuliers et les entreprises. « Ma nomination était pour le moins inhabituelle. Pour ma part, j’y vois une volonté politique de faire avancer les choses », explique-t-elle.

    Sur le papier, le concept de ville éponge est simple. Il s’agit de transformer le #piège_à_chaleur qu’est une ville classique, colonisée par la voiture, les routes et les nombreux espaces bétonnés, en un #piège_à_fraîcheur et à eau. Et ceci avec des moyens vieux comme le monde : la végétalisation du tissu urbain et la rétention maximale de l’eau. « Berlin est une ville assez verte irriguée par une rivière. On pense que la capitale et sa région s’en sortent bien. Mais ce n’est pas le cas et la situation se détériore. D’où notre réaction », précise Lisa Junghans.

    Comparé à Paris, et si l’on ne tient pas compte de leurs histoires très différentes dans cette mise en parallèle, Berlin pourrait faire figure de havre de verdure, avec 28 % de sa surface couverte par des espaces verts (12 %) et des bois (16 %) ! Pendant que seulement 5,6 % de la surface de Paris est recouverte d’espaces verts.

    Récupérer l’eau

    En réalité, la région Berlin-Brandebourg est en situation de #stress_hydrique important. Le réchauffement climatique, associé à une pluviométrie naturellement faible, renforce la succession dévastatrice d’épisodes de sécheresse et de pluies violentes. Par ailleurs, la #consommation_d’eau est poussée par de nouvelles implantations industrielles, telle la Gigafactory de Tesla et ses sous-traitants.

    « L’arrêt de l’extraction du charbon des mines à ciel ouvert de lignite de la Lusace, au sud de la capitale, est aussi une raison majeure », ajoute Lisa Junghans.

    Pour être parfaitement exploitées, les couches de lignite doivent en effet être sèches et libres des eaux souterraines. Pour cela, et depuis le XIXe siècle, des milliers de pompes ont évacué près de 58 milliards de m3 d’eau dans la #Spree, explique un rapport de l’Agence fédérale pour l’environnement (UBA) qui a fait grand bruit lors de sa publication en 2023 : « Une bonne moitié de l’eau qui coule aujourd’hui dans la Spree près de Cottbus provient d’eaux souterraines pompées. Pendant les mois chauds d’été, cette proportion augmente jusqu’à 75 %. » Or, avec la « sortie » totale du charbon d’ici à 2038 et l’arrêt progressif des mines, le pompage sera bientôt complètement stoppé. Berlin tire pourtant de 50 à 75 % de son #eau_potable de la Spree !

    La même année, Berlin a commencé à mettre en place un #Masterplan_Wasser (Schéma directeur de l’eau) qui prévoit la construction de nouvelles #stations_d’épuration, ainsi que le forage de nouvelles sources. Par ailleurs, tout nouveau projet immobilier doit « végétaliser » une partie de ses toits et conserver les eaux de pluie. Libre au promoteur de construire des bassins, d’irriguer des espaces verts ou d’opter pour l’infiltration dans le sol.

    Plusieurs projets de taille ont enfin été lancés. La construction d’un vaste système de #récupération d’eau par rigoles sous la prestigieuse place du Gendarmenmarkt au cœur de Berlin. Ou celle d’un bassin de 16 750 m3 pour éviter que le trop-plein d’eaux usées ne se déverse dans les rivières en cas d’orages violents. Mais tout ceci est insuffisant.

    Désimperméabiliser Berlin

    D’où la mise en œuvre du concept de ville éponge : « La nouvelle loi a pour objectif que 200 000 arbres soient plantés par la ville et ses habitants dans les prochaines années, détaille Lisa Junghans. Il est aussi prévu de créer des #îlots_verts tous les 150 mètres. Et surtout, 50 % des #espaces_publics doivent être déconnectés du réseau d’assainissement d’ici à 2040, avec une #désimperméabilisation des #sols en conséquence. C’est très ambitieux. »

    L’administration municipale a dix-huit mois pour se préparer avec un lancement des grandes manœuvres à partir de 2027. Mais les quartiers de Berlin, cheville ouvrière du processus, sont déjà sur la brèche, comme dans celui de Charlottenburg-Wilmersdorf.

    « Dans la Sömmeringstrasse, par exemple, nous avons renforcé les #pistes_cyclables puis désimperméabilisé et végétalisé une partie des trottoirs. Ce qui nous a conduits à supprimer pas mal de #places_de_parkings. Et quand on supprime des places, c’est le #conflit garanti », explique Jochen Flenker, responsable des #espaces_verts de ce quartier de l’ouest peuplé de 350 000 habitants. Charlottenburg est le seul quartier de Berlin qui possède encore une pépinière municipale qui alimente ses espaces verts et permet au quartier de fournir des plants gratuits aux habitants qui le demandent.

    La mairie de quartier s’est fixé entre 1 000 et 5 000 m² de désimperméabilisation par an. Cela paraît peu. Mais c’est beaucoup : « Un égout végétalisé de quelques mètres carrés conduit 20 % de l’eau dans les canalisations, mais en infiltre 80 % dans la terre et peut drainer une surface de plus de 500 m2 », précisent les services de l’Agence pour l’#eau_de_pluie.

    Les voisins acteurs d’initiatives

    Ingénieur agronome, Jochen Flenker croit dur en l’avenir de la capitale-éponge. Mais il sait que Berlin en est à ses débuts : « C’est un combat incessant qui doit conduire à un changement de perspective à tous les niveaux. Prenez la question de la maintenance des sols de l’espace public. Mon quartier reçoit de la ville 3 euros par an pour 1 m² d’asphalte ou de béton, mais seulement 0,72 euro pour 1 m² d’espace vert. Ce devrait être l’inverse. Heureusement qu’il y a de nombreuses associations locales qui nous facilitent la tâche et ouvrent parfois le chemin », explique-t-il.

    Il évoque notamment l’initiative #Fritschestrasse, lancée par deux voisins et copains hauts en couleur : Jörg Winners, producteur de films, et Hans Jürgen Zschäbitz, corniste retraité de l’orchestre du Deutsches Oper.

    Coupée en deux par le grand boulevard de la Bismarckstrasse, le segment nord de la Fritschestrasse, où l’on retrouve quelques immeubles wilhelminiens, est un microcosme bien rafraîchissant. « Notre projet est parti de rien, pendant le Covid. Nous avons décidé de verdir les parterres d’arbres de la rue, de les entourer avec des pierres et d’installer des bancs ici et là. Mais aussi un “mini-parc” dégoulinant de verdure qui occupe deux places de parking », se rappelle Jörg Winners.

    Puis le groupe de voisins a grandi et l’action s’est structurée : « Chaque #arbre a un parrain ou une marraine qui veille au grain. C’est essentiel pour la pérennité du projet et de l’engagement. En 2023, nous avons installé plusieurs réservoirs le long des murs qui récupèrent une partie de l’eau de pluie. Chacun peut ainsi arroser à son gré », explique Hans Jürgen Zschäbitz en montrant un grand monolithe doté d’un robinet et devant lequel attendent des arrosoirs.

    Mais les deux compères, qui travaillent depuis activement avec Jochen Flenker et ses services, ne se sont pas arrêtés là. « Nous avons conçu un parterre entouré de branchages, d’une haie sèche, bordée de deux grosses pierres faites pour les chiens et qui évitent que l’urine ne tombe sur les plantes. Cela marche tellement bien qu’il y en a maintenant une cinquantaine et le quartier a officiellement adopté le modèle pour tous les futurs parterres du quartier », ajoute Jörg Winners.

    Il évoque ainsi le passage fréquent de journalistes, mais aussi de délégations d’autres villes, au point que l’initiative, déjà primée, est désormais reprise dans plusieurs autres villes, dont Hamburg, sous le nom du modèle berlinois. « Notre prochain objectif est d’augmenter les espaces verts en réduisant le nombre de voitures via la mise en place un système d’autopartage pour le voisinage », disent les deux amis avant de partir arroser leur rue.

    https://reporterre.net/Devenir-une-ville-eponge-le-combat-de-Berlin-contre-la-secheresse
    #urbanisme #aménagement_du_territoire #pluie

  • #villa_giaquinto a #caserta, l’agronomo Messina scrive alla commissaria Scolamiero: “Chi irriga le piante?”
    https://informareonline.com/villa-giaquinto-a-caserta-lagronomo-messina-scrive-alla-commissaria

    “Chi irriga le piante di Villa Giaquinto?“. È la domanda che il dottore agronomo #giuseppe_messina rivolge alla commissaria prefettizia del Comune di Caserta, Maria Grazia Scolamiero, denunciando lo stato di sofferenza della vegetazione presente all’interno dell’area verde. Villa Giaquinto è attualmente chiusa al pubblico e, secondo Messina, non vi sarebbe traccia evidente della prosecuzione […] L’articolo Villa Giaquinto a Caserta, l’agronomo Messina scrive alla commissaria Scolamiero: “Chi irriga le piante?” proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Comunicati_Stampa

  • #Video. Demolizioni di case in Cisgiordania
    https://www.assopacepalestina.org/2026/08/05/video-demolizioni-di-case-in-cisgiordania

    5 agosto 2026 Le ultime comunità di pastori che resistono nella Valle del Giordano settentrionale stanno lottando per rimanere sul posto e preservare il proprio stile di vita. È importante che la comunità internazionale agisca subito, prima che ulteriori demolizioni diventino un fatto compiuto. Il giovane attivista Andrey Ilyich Khrzhanovskiy (noto come Andrey x) ci aggiorna ... Leggi tutto

    #Notizie
    https://www.assopacepalestina.org/wp-content/uploads/2026/08/Demolizioni-Cisgiordania.mp4

  • Il futuro del #Pineta_Grande_Hospital: l’intervista al dott. Schiavone
    https://informareonline.com/il-futuro-del-pineta-grande-hospital-lintervista-al-dott-schiavone

    Il futuro del Pineta Grande Hospital è divenuto un tema cruciale nel dibattito regionale. In gioco c’è la tenuta di un presidio sanitario strategico per #castel_volturno, per il Litorale Domizio e, più in generale, per una provincia, quella di Caserta, che continua a fare i conti con una disponibilità di posti letto insufficiente rispetto […] L’articolo Il futuro del Pineta Grande Hospital: l’intervista al dott. Schiavone proviene da Informareonline, scritto da Antonio Casaccio

    #Approfondimenti #Attualità #Magazine_Agosto_2026 #vincenzo_schiavone

  • Ces #bergères en lutte contre le #sexisme en #alpage
    (publié en 2022, je mets ici pour archivage)

    Garde d’enfant en commun, groupe Facebook, projet de syndicat... Confrontées à des #violences_sexistes_et_sexuelles accentuées par l’#isolement en altitude, les bergères s’unissent.

    Sous le soleil qui décline, un troupeau de brebis descend les pentes herbeuses du Jocou, à la limite entre l’Isère et la Drôme. Houlette à la main, un berger ferme la marche. En bas, dans la cabane qui jouxte la bergerie, un petit garçon de deux ans gigote pendant que sa mère lui enfile un pyjama. Soudain, les cloches des brebis retentissent. Marie, 42 ans, bergère de son métier, fourre son fils Côme dans les bras de Frida, sa fille de 12 ans issue d’une première union, et se rue dehors pour barrer la route qui descend dans la vallée. « Je suis obligée de laisser mon fils, heureusement que sa sœur gère », regrette-t-elle en rejoignant le berger, Mathieu, son compagnon et le père du petit Côme. Demain, ce sera au tour de Marie de monter le troupeau, laissant ses enfants à son conjoint.

    L’image du berger — un homme seul sur sa montagne — est tenace. Pourtant, d’après l’enquête des services pastoraux des Alpes menée à l’été 2019, il y a autant de femmes que d’hommes chez les bergers de moins de 35 ans. Au-delà, elles ne représentent qu’un tiers de l’effectif. « En alpage, on est vraiment ramenées à notre condition de femme, de maman, et d’être une proie aux yeux des hommes », affirme Marie.

    Pour la bergère, en activité depuis huit ans, cette défection des femmes est liée aux violences sexistes et sexuelles qu’elles doivent endurer dans le métier, de la part des éleveurs qui les emploient comme de collègues bergers. « Un éleveur m’a dit qu’il me regardait à la jumelle quand je prenais ma douche, qui était dehors. Un jour, un autre m’a touché le sein alors qu’on marchait. Une fois, un mec du village a dit qu’il allait monter me voir la nuit quand il a appris que j’étais la bergère… » énumère-t-elle.

    La situation se complique encore quand un couple de bergers se sépare. Marie se souvient d’une consœur qui a vu les alentours de sa cabane incendiés par son ex-compagnon, berger aussi. Malgré les formations existantes, le métier s’apprend encore souvent sur le tas, au bon vouloir d’un berger en exercice, et les bergères rencontrées témoignent que l’emprise de celui-ci peut être forte. En particulier lorsque la relation professionnelle se double d’une relation amoureuse qui se termine mal. L’un comme l’autre doivent continuer à travailler ensemble jusqu’à la fin de la saison pour toucher leurs salaires, voire à dormir ensemble. Il est impératif de vivre à proximité du troupeau et les logements fournis par l’employeur, des cabanes de montagne, comportent rarement plusieurs pièces.

    « Il y a des profils d’“arrachés” dans le métier et des soucis d’addiction, des gens qui ont le fantasme d’aller s’isoler à la montagne », explique Édith, bergère dans les Pyrénées-Atlantiques. À 41 ans, elle en est à sa deuxième estive, qu’elle passera dans une cabane de femmes. Elle aussi évoque des remarques sexistes et raconte le cas d’une collègue harcelée sexuellement par le berger avec qui elle travaillait : « Ces problématiques sont accentuées par l’isolement et l’altitude. Il n’y a pas de secours à proximité, ni de possibilité de fuite. »

    Sous la crête du Jocou, Marie observe pensivement sa cabane, petite tache en contrebas. « Des fois, je me retourne, je vois ce grand alpage avec ma petite cabane au milieu et je me dis que tout peut m’arriver », lâche-t-elle.

    « On pouponne ou on garde les moutons. Pas les deux. » Cette remarque acerbe, Marie l’a entendue de la bouche du père de Frida ainsi que de certains de ses employeurs quand elle est devenue maman. Elle s’est séparée de son compagnon quand la petite avait trois mois. Depuis, le père récupère sa fille un week-end sur deux ainsi que la moitié des vacances scolaires. Sauf quand il est en alpage. Marie a tenté plusieurs fois d’obtenir une meilleure répartition de la garde, mais la juge lui aurait rétorqué : « Madame, vous saviez que vous faisiez un enfant avec un berger ! », arguant que ledit berger ne peut s’occuper de sa fille, seul en montagne et sans réseau. Tant pis si Marie, pourtant bergère aussi, également en alpage et sans réseau, a du mal à assurer son travail seule avec sa fille à plein temps.

    « Quand tu as un sac à dos de 15 kilos et qu’il faut encore porter ton gosse, tu fais comment ? » interroge-t-elle, amère. Elle a bien essayé de s’en sortir, au prix d’une organisation éreintante. « Parfois, j’ai dû asseoir Frida par terre, lui dire de ne pas bouger et partir à la recherche des brebis. Je la retrouvais en pleurs. Je m’en veux de l’avoir mise dans cette situation. J’aurais dû faire un autre boulot, mais celui-là me plaisait et je voulais montrer que j’en étais capable. » Elle raconte avoir fini l’alpage en arrêt-maladie, « la boule au ventre d’aller au troupeau ».

    Un été, elle a déboursé 400 euros par mois pour embaucher une nounou. Lorsque Frida est entrée en CP, Marie montait garder le troupeau à l’aube, réveillait sa fille au talkie-walkie et redescendait pour l’emmener à l’école. En 2017, elle s’est organisée avec une collègue bergère pour garder à tour de rôle le troupeau et leurs enfants, en mutualisant leurs salaires. Las, après deux estives éreintantes, la bergère a renoncé à son travail jusqu’aux huit ans de Frida.

    « Cette année, c’est le grand luxe ! » s’exclame Marie en désignant la cabane où sa petite famille séjourne cet été. Une cuisine exiguë, une chambre et une salle d’eau. Un cadre somptueux, comparé à cette cabane où elle a passé l’été 2014 avec sa fille, alors âgée de trois ans : « C’était sale, il n’y avait ni douche ni WC, ni lit et certains matelas étaient pleins de crottes de rat. »

    Des conditions de vie semblables à celles de Nadine, 65 ans, quand elle était bergère dans les années 1970. « Le sol était en terre battue, il n’y avait pas de fenêtre, juste un lit, un poêle et une table, se souvient-elle. À cette époque, les bergers venaient souvent de l’assistance publique, élevés à la dure par des paysans. Quand des nouveaux profils sont arrivés, dont les femmes, les éleveurs ne comprenaient pas nos exigences d’un minimum de propreté et de confort dans les cabanes. Ces demandes spécifiques des femmes font bouger les choses pour tout le monde. » Marie abonde : « Quand tu revendiques de meilleures conditions de logement, on te dit que tu es trop proprette pour être bergère. Pour appartenir à la tribu, il faut avoir les cheveux emmêlés, les lacets défaits et trois chiens. Moi, je mets du khôl, et alors ? »

    Bergères guerrières

    Les bergers en difficulté pouvaient déjà joindre Cléopâtre, une ligne téléphonique portée par l’association de soutien aux activités pastorales Aspir, qui offre une écoute, voire une visite en alpage. Mais rien de spécifique aux bergères, jusqu’à ce que le groupe Facebook Bergères guerrières ouvre la boîte de Pandore, en décembre 2020.

    Sophie, 40 ans et bergère en Ariège, est une des femmes qui en est à l’origine : « Il y avait besoin d’un groupe non-mixte. À la base, on n’avait pas vraiment conscience de son importance mais il s’est avéré qu’il y avait besoin d’une plateforme de communication et d’alerte. Il y a énormément d’histoires d’agressions sexuelles. » Une semaine après sa création, une bergère a fait part du harcèlement qu’elle subissait de la part d’un collègue. Aussitôt, plusieurs femmes ont témoigné être victimes du même individu.

    À l’heure actuelle, le groupe Facebook réunit 252 bergères des quatre coins des cimes françaises. Les posts fleurissent, dénonçant les violences sexuelles subies sur un alpage, le sexisme ambiant, les propositions de co-gardes d’enfants… Des bergères réfléchissent à un système qui permettrait aux nouvelles arrivées de se renseigner sur un potentiel employeur ou un potentiel collègue berger avant d’accepter le poste : numéro de téléphone auquel envoyer un SMS, liste noire à faire tourner…

    Pour éviter tout danger, certaines prennent des précautions en amont. C’est le cas de Chloé, 32 ans, bergère depuis 2013 en Belledonne (Isère). Elle travaille chaque été avec sa collègue Valentine. « Si je devais changer d’alpage, j’essaierais de trouver une fille, ou un copain que je connais bien. Un homme que je ne connais pas, c’est hors de question ! » assure-t-elle. Et surtout, elle visiterait les cabanes avant pour éviter les mauvaises surprises.

    Pour créer un rapport de force avec les employeurs réfractaires au code du travail, des bergers et des bergères planchent à la création d’un syndicat. Il en existe déjà dans quelques départements, affiliés à la CGT, mais pas au niveau national. Le 1er mai dernier, plusieurs gardiennes et gardiens de troupeaux des Alpes, des Cévennes et de Provence se sont réunis en Isère pour monter « une organisation syndicale pour défendre l’ensemble des berger.e.s, vacher.e.s, chevrier.e.s salarié.e.s , quels que soit leur nationalité et leur statut, qui travaillent en montagne ou ailleurs, quelle que soit la saison ». Le communiqué, rédigé en écriture inclusive, affirme également son soutien envers « les luttes anticapitalistes, antiracistes et féministes ». Une nouvelle génération de bergères et bergers unis et solidaires, qui tranche avec l’image d’Épinal du berger solitaire.

    https://reporterre.net/Ces-bergeres-en-lutte-contre-le-sexisme-en-alpage
    #genre #montagne #VSS #élevage #résistance

    déjà signalé ici, mais sans le texte complet :
    https://seenthis.net/messages/970457

  • « Il a tracé seul son chemin » : les #abandons en montagne, une forme de #violence_conjugale

    En #randonnée, #alpinisme ou #trail, des femmes se mettent à raconter comment leur ancien compagnon les a laissées seules en pleine montagne. Loin d’être anodins, ces abandons relèvent de mécanismes de domination.

    « Je l’ai vu partir de plus en plus loin, s’enfoncer dans la nuit jusqu’à disparaître complètement. » Presque dix ans après, Tina n’a rien oublié de cet ultra-trail de plusieurs jours dans les Pyrénées avec son ex-compagnon. Lors de la deuxième nuit, elle est épuisée tandis que lui accélère, sans se retourner. « Je me suis sentie trahie, je pleurais de rage, je n’ai pas compris comment il a pu faire passer son désir de compétiteur avant le reste. Ce n’était pas de la peur — la montagne je connais. Mais on était partis à deux, on était censé compter l’un sur l’autre », dit-elle.

    Tina poursuit sa course seule et retrouve plusieurs heures plus tard son ex-compagnon sur une base de vie « comme si de rien n’était ». Profondément marquée par cet abandon, cet épisode a pesé dans sa décision de le quitter quelques mois plus tard. « Je me suis rendu compte que ce n’était pas quelqu’un sur qui je pouvais compter, même dans la vie de tous les jours. En montagne, les personnalités se révèlent plus vite, on ne peut plus se cacher derrière des apparences. »

    Comme Tina, une quinzaine de femmes ont répondu à l’appel à témoignages lancé par Reporterre pour raconter des expériences similaires d’abandon en randonnée, en trail ou en alpinisme. Presque toutes expliquent qu’elles étaient à l’époque dans une relation toxique avec leur ex-partenaire et la quasi-totalité d’entre elles estiment que ces abandons s’inscrivent dans un #continuum_de_violences.

    En février, après la condamnation d’un alpiniste autrichien pour avoir laissé sa compagne près du plus haut sommet du pays, où elle est morte de froid quelques heures plus tard, les témoignages de femmes laissées en montagne se sont multipliés sur les réseaux sociaux sous l’expression « #Divorce_alpin » [1]. En les voyant, Mathilde s’est rendu compte qu’elle n’était pas un cas isolé. « Je me suis sentie reconnue, j’ai compris que ce n’était pas moi le problème, que c’était une #violence_systémique », explique la jeune femme.

    Son ex-compagnon l’a laissée à quelques centaines de mètres du sommet du Mont-Blanc alors qu’ils grimpaient ensemble. « J’étais épuisée, transie de froid et il s’est désencordé pour battre un record sur [l’application] Strava en gardant l’eau et la nourriture avec lui », raconte-t-elle. Mathilde est finalement redescendue avec un groupe d’alpinistes qu’elle ne connaissait pas, croisé à ce moment-là. « Cet épisode a été comme un électrochoc d’une relation que je ne voulais pas voir dysfonctionnelle, je l’ai quitté du jour au lendemain. »

    Ce n’était pas une première : « Il nous mettait souvent en #danger parce que seule la #performance comptait. Moi aussi j’aime les sensations fortes, mais je le suivais naïvement car il avait plus d’expérience et dès que je tentais de freiner, je passais pour la relou trop prudente. »

    Les deux avaient déjà été secourus par le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) lors d’une sortie et Mathilde ne compte plus les fois où elle se mettait à pleurer tant l’engagement dépassait ses limites. « Je ne sais toujours pas pourquoi je continuais à le suivre. Sans doute l’espoir que, cette fois, ce serait différent, qu’il me prendrait en compte. »

    « J’ai fini par appeler les secours »

    Pour Sophie [2], l’évènement remonte à plus de dix ans, dans les Pyrénées. Son conjoint l’a laissée seule avec leur fils de 9 ans en pleine montagne sans eau, ni carte, en pleine montée. « Le matin, il m’avait annoncé une randonnée de quatre ou cinq heures, mais à midi, il m’a dit qu’il fallait encore marcher quatre ou cinq heures. Comme ce n’était pas ce que nous avions convenu, une dispute a éclaté et il est parti », raconte Sophie, qui n’est pas une grande sportive et n’a pas une grande connaissance de la montagne, contrairement à son mari.

    « J’ai eu très #peur, j’ai fini par appeler les secours pour me géolocaliser. Ils ne pouvaient pas nous orienter et ont proposé de venir nous chercher, mais j’ai refusé, nous n’étions pas blessés mais en détresse émotionnelle. » Avec son fils, elle finit par retrouver son chemin et les deux arrivent exténués après dix heures de marche. « Mon conjoint était là, à nous attendre sans voir où était le problème. » Après ça, Sophie a mis un moment à retourner en montagne avec lui. Depuis qu’elle a recommencé, elle prend bien soin de vérifier l’itinéraire, et d’utiliser une application de randonnée indiquant la difficulté du parcours.

    Laurine, elle, n’a pas ressenti de peur immédiate lorsque son ex-compagnon l’a laissée seule en randonnée dans la montagne en Italie il y a trois ans. « Sur le chemin du retour alors que nous étions encore en haut et sans réseau, il a décidé de tracer seul son chemin à travers le flanc de montagne. Je ne pouvais pas le suivre, c’était ma première activité physique depuis mon entorse à la cheville », se souvient-elle. Sportive, malgré sa blessure, elle réussit à rentrer sans encombre. Mais la nuit qui a suivi, elle a été victime d’un viol conjugal.

    « Cet épisode me fait réaliser aujourd’hui à quel point j’étais dans une relation toxique. Avec le recul et en voyant tous les témoignages de femmes laissées en montagne, j’ai réalisé que cet abandon préparait le terrain pour le viol qui suivrait. Cela fait partie d’un système de violences. »

    Un constat partagé par des associations spécialisées. L’Union nationale des familles de féminicides estime aussi que cette pratique est bien une violence conjugale. « Abandonner sa compagne dans un endroit isolé ne relève pas d’un désaccord sur le rythme, d’une blague. C’est une #mise_en_danger pour punir, humilier ou affirmer sa domination. Ce n’est pas de l’amour. C’est une violence. »

    Une analyse que rejoint la sociologue Johanna Dagorn, chercheuse à l’université de Bordeaux. L’expression « Divorce alpin », largement reprise sur les réseaux sociaux, lui paraît d’ailleurs problématique : « Cela sonne presque exotique, alors qu’il s’agit de quelque chose de dramatique. »

    Mettre en #insécurité pour humilier

    Dans ses recherches, elle identifie des mécanismes similaires au-delà de la montagne : « abandonner sa compagne dans un milieu isolé, que ce soit en montagne ou sur le bord d’une route, c’est la mettre en insécurité pour l’humilier et affirmer une forme de domination, explique-t-elle. Ces comportements s’inscrivent dans une logique de contrôle coercitif, visant à montrer à l’autre qu’elle peut être laissée seule, vulnérable. » Et en montagne, cette violence prend une dimension particulière : « C’est un milieu où l’on est peu de choses, où la solidarité est essentielle. »

    Elle décrit un mécanisme en plusieurs temps : d’abord une mise sous tension — accélérer, distancer — puis l’abandon, avant une phase de #minimisation ou de #déni : « Ne pas donner d’explication, c’est banaliser ce qu’il s’est passé et nier la peur de l’autre. »

    Pour Johanna Dagorn, l’argument de la #performance_sportive ne tient pas : « Si l’objectif est uniquement la performance, on part avec des personnes du même niveau. Ici, il y a une intention de rabaisser, de montrer à l’autre qu’elle n’est pas à la hauteur. » Ces actes s’inscrivent ainsi dans un continuum de violences : « Dans la quasi-totalité des cas d’abandons sur l’autoroute que j’ai étudiés, il existait déjà d’autres formes de violences. »

    L’éternelle seconde de cordée

    Cette lecture en termes de violences conjugales peut aussi être éclairée par une analyse des rapports de pouvoir à l’œuvre dans ces situations. Ainsi, pour la sociologue Rozenn Martinoia, « celui qui décide d’abandonner exerce un pouvoir sur l’autre ». Ce #pouvoir repose autant sur des ressources que sur des perceptions. « Les femmes ont souvent été moins formées et surtout plus amenées à douter d’elles-mêmes », souligne-t-elle.

    Dans ce contexte, l’abandon vient renforcer une #asymétrie déjà installée : « On minore les compétences des femmes et elles finissent par intérioriser une forme d’infériorité. » Et en montagne, cet effet est accentué par l’#isolement, le danger et l’engagement physique, car « c’est un milieu où les personnalités se révèlent vite, parfois sans témoin ».

    Face à ces inégalités, les groupes de femmes en #non-mixité se développent de plus en plus. Lead The Climb, Premières de cordée, Girls in Bleau, Copines de rando, Pyr’elles, Womens mountain club… « Ces espaces permettent de renforcer leur confiance et leur compétence et d’expérimenter le rôle de leader. » Ce qui montre encore une fois que ce sont aux femmes de s’adapter.

    https://reporterre.net/Il-a-trace-seul-son-chemin-les-abandons-en-montagne-une-forme-de-violenc
    #montagne #domination #sexisme #genre #femmes #abandon #humiliation

  • Pourquoi #Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente

    L’ESSENTIEL

    - Plus de 40 000 personnes sont entrées en 24 heures à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte marocaine.

    - Cette crise mêle enjeux migratoires, tensions diplomatiques et rivalités géopolitiques.

    - La réponse doit concilier contrôle des frontières, État de droit et protection des #droits_humains.

    ***

    Depuis le 31 juillet 2026, Ceuta est confrontée à une crise frontalière d’une ampleur sans précédent. Selon les premières estimations des forces de sécurité, plus de 40 000 personnes seraient entrées dans l’enclave espagnole en l’espace de 24 heures. Certaines sources ont avancé provisoirement le chiffre de 49 000, mais aucun bilan officiel consolidé n’a encore été publié, et cette estimation a été retirée sans explication publique du site du Département de la sécurité nationale.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, au moins 41 personnes ont trouvé la mort, noyées en tentant de contourner à la nage la digue frontalière.

    Le nombre d’arrivées est particulièrement difficile à absorber pour une ville qui compte environ 83 600 habitants. Les capacités d’accueil de Ceuta étaient déjà saturées avant cette nouvelle vague d’entrées. Après l’arrivée d’environ 1 500 personnes au cours de la semaine précédente, les structures destinées aux mineurs non accompagnés fonctionnaient, selon le président de la ville autonome, à 2 400 % de leur capacité. Il a qualifié la situation d’« urgence humanitaire et sociale absolue ».

    Ceuta n’est pas seulement confrontée à une crise migratoire, mais à une crise multifactorielle où se conjuguent inégalités structurelles, tensions diplomatiques, dépendance de l’Europe à l’égard du Maroc, capacités d’accueil limitées et polarisation politique. Son analyse nécessite de croiser une perspective internationale — centrée sur l’externalisation du contrôle des frontières et les alliances géopolitiques — avec une approche interne, attentive aux conséquences sur l’État de droit, les services publics, la cohésion sociale ainsi que les discours politiques et médiatiques.

    Facteurs externes : la dimension internationale de la crise

    L’utilisation des mouvements migratoires comme instrument de pression politique ne relève pas d’une simple hypothèse. La politologue américaine Kelly M. Greenhill désigne par l’expression #coercive_engineered_migration (« migration coercitive orchestrée ») l’utilisation délibérée, ou la menace, de flux migratoires afin d’obtenir des concessions de la part d’autres États.

    À Ceuta, cette dynamique doit être replacée dans une succession de crises frontalières observées depuis 2005, et ne pas être considérée comme un épisode isolé. En mai 2021, plus de 5 000 personnes étaient entrées dans la ville après un assouplissement des contrôles marocains, en pleine crise diplomatique provoquée par l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario.

    Cette capacité de pression est renforcée par l’#externalisation de la politique migratoire européenne, qui a transféré une partie du contrôle des frontières à des pays tiers comme le Maroc. Dans le même temps, la présentation de ces arrivées comme une menace pour la sécurité alimente le processus de « #sécurisation », qui tend à privilégier la protection de l’État au détriment de la sécurité et des droits des personnes migrantes elles-mêmes (2017).

    Le Parlement européen a d’ailleurs condamné explicitement en juin 2021 l’utilisation par le Maroc du contrôle des frontières, de la migration et, en particulier, des mineurs non accompagnés comme moyen de pression politique contre l’Espagne. Le Barcelona Centre for International Affairs (CIDOB) a qualifié cet épisode de cas emblématique de weaponisation of migration (« instrumentalisation de la migration »), c’est-à-dire l’utilisation de personnes migrantes comme instruments de coercition entre États.

    Si, en 2021, la pression exercée par le Maroc avait été expliquée par l’accueil du chef du #Front_Polisario, #Brahim_Ghali, dans un hôpital de Logroño, il ne faut pas oublier que la rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie cette même année avait entraîné la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, privant le royaume chérifien d’une source de revenus et d’un levier d’influence.

    En 2026, le contexte immédiat est différent, même si plusieurs développements diplomatiques récents sont susceptibles d’avoir contrarié Rabat. Le 20 juillet, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a ainsi effectué une visite officielle en #Algérie et annoncé la tenue d’une réunion bilatérale de haut niveau à l’automne. Le gouvernement espagnol a de nouveau qualifié l’Algérie, principal rival régional du Maroc, de « partenaire stratégique » et de « nation amie ».

    Le 23 juillet, la commission de la Justice du Congrès des députés a approuvé le texte d’une proposition de loi visant à faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés sous administration espagnole. Le texte doit encore être adopté par le Parlement.

    La concomitance de cette initiative avec le rapprochement diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie, ainsi qu’avec la crise frontalière, a alimenté l’hypothèse selon laquelle Rabat chercherait à rappeler le coût que pourrait avoir, à ses yeux, toute décision espagnole contraire à ses intérêts concernant le #Sahara_occidental.

    Dépendance au Maroc

    L’externalisation du contrôle migratoire a fait du Maroc un partenaire indispensable, mais aussi une source de dépendance. En 2023, la Commission européenne a consacré 152 millions d’euros au renforcement de la gestion des frontières marocaines. Cette délégation de compétences confère à Rabat une capacité d’influence sur la coopération migratoire.

    Cette dépendance est d’autant plus problématique que la capacité à contenir les départs ne garantit pas la fiabilité démocratique du partenaire. L’ONG américaine Freedom House, dont la mission est de promouvoir la démocratie et les droits humains dans le monde, classe le Maroc parmi les pays « partiellement libres », avec un score de 37 sur 100, et souligne la prédominance politique et économique de la monarchie.

    L’ONG internationale indépendante Human Rights Watch, qui enquête sur les atteintes aux droits humains dans plus de 90 pays, relève dans son rapport 2026 une intensification de la répression contre les journalistes, les militants et les défenseurs des droits humains, ainsi que des poursuites visant les personnes qui défendent l’indépendance du Sahara occidental. Les autorités ont notamment recours à des accusations de diffamation, de diffusion de fausses informations, d’offense aux institutions ou d’atteinte à la monarchie pour restreindre l’espace de la critique politique.

    Ce contexte conduit à poser une question délicate : jusqu’à quel point l’Europe peut-elle présenter comme un garant fiable de ses frontières un régime qui restreint durablement la liberté de la presse, réprime la dissidence et utilise sa coopération internationale pour renforcer sa position sur le Sahara occidental ?

    L’alignement Maroc–Israël–États-Unis

    L’axe Maroc–Israël–États-Unis s’est consolidé en 2020 avec la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv et la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté revendiquée par le Maroc sur le Sahara occidental. Il s’est encore renforcé en 2021 avec la signature d’un mémorandum de coopération militaire. Cet alignement contraste avec la dégradation des relations entre l’Espagne et Israël, ainsi qu’avec les tensions croissantes entre Madrid et Washington.

    La crise de Ceuta a mis ces tensions en lumière. L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies a remis en cause la souveraineté espagnole sur la ville, tandis que la Maison-Blanche a imputé la responsabilité de la crise aux politiques « mondialistes » et « d’extrême gauche » du gouvernement espagnol.

    Ces déclarations témoignent d’une #instrumentalisation diplomatique de la crise et d’une convergence rhétorique à l’égard de l’Espagne, mais elles ne constituent pas une preuve de l’existence d’une action coordonnée visant à faciliter l’ouverture de la frontière.

    Facteurs internes : droit, capacités institutionnelles et fabrique de la peur

    L’arrêt rendu par la Cour suprême le 8 juillet n’interdit pas à proprement parler les « #refoulements_à_chaud » des migrants tentant d’entrer à la nage à Ceuta et Melilla. Il écarte en revanche le recours à la procédure exceptionnelle de « #rejet_à_la_frontière » pour les personnes interceptées en mer, au motif qu’elles n’ont pas franchi un dispositif matériel de contrôle, comme la clôture frontalière.

    Cette décision a toutefois fait l’objet d’une interprétation simplifiée largement relayée au Maroc, ce qui a pu encourager les traversées en faisant naître l’idée que les personnes arrivant à la nage ne seraient pas renvoyées.

    Pour le président du gouvernement espagnol, les réseaux de passeurs ont instrumentalisé cette décision de justice. L’arrêt a ainsi pu jouer un rôle de facteur facilitateur, sans pour autant expliquer à lui seul l’ampleur de la crise ni la réduction simultanée des contrôles frontaliers côté marocain.

    La construction du récit de « l’invasion »

    Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

    Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

    Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    Les droits humains comme limite et comme réponse

    Dans une crise de cette nature, les droits humains ne constituent pas un obstacle à la gestion des frontières, mais en fixent les limites juridiques et éthiques. La découverte de plus de 40 corps dans les eaux de Ceuta met en évidence le coût humain d’une politique qui fait de la frontière un espace de danger extrême.

    L’Espagne a l’obligation de protéger les vies humaines, de garantir les opérations de sauvetage et d’examiner individuellement chaque situation, en portant une attention particulière aux mineurs, aux demandeurs d’asile et aux victimes de la traite des êtres humains.

    Mais les principales victimes restent toujours les personnes migrantes elles-mêmes. Le Maroc peut les utiliser comme moyen de pression, les partis politiques comme argument électoral, et certains discours les réduire à une menace anonyme.

    Tandis que les États se disputent influence et responsabilités, ces personnes risquent leur vie et s’exposent à l’absence de protection, aux #refoulements arbitraires et à leur #déshumanisation dans le débat public. La réponse ne devrait pas opposer les droits des habitants de Ceuta à ceux des personnes qui arrivent, mais veiller à ce que ces deux populations — et en particulier les plus vulnérables — ne continuent pas de payer le prix de stratégies politiques sur lesquelles elles n’ont aucune prise.

    https://theconversation.com/pourquoi-ceuta-est-au-coeur-dune-crise-migratoire-permanente-288888
    #migrations #réfugiés #Maroc #Espagne #assaut #frontières

    • Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes

      Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’#externalisation de la gestion des frontières.

      Une fois de plus, les frontières tuent. Une trentaine de personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta, une petite enclave espagnole située sur la côte nord de l’Afrique, depuis le Maroc. « Neuf corps ont été repêchés », a d’abord indiqué, jeudi 30 juillet, une porte-parole de la délégation du gouvernement espagnol dans ce territoire à l’Agence France-Presse (AFP), avant que le bilan ne soit revu à la hausse le matin du vendredi 31 juillet.

      Les autorités espagnoles ont d’abord compté près de 1 500 personnes qui ont réussi à gagner Ceuta au cours des derniers jours. Mais Madrid affirmait vendredi matin que 49 000 personnes seraient entrées, selon de premières estimations. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas Lara (Parti populaire, droite), a affirmé, lors d’une conférence de presse vendredi 31 juillet, que ce nombre s’élevait même à 60 000.

      La différence de chiffres surprend et requiert pour l’heure de la prudence : « Il faut être très précautionneux. On nous parle de 1 500 personnes un jour et le lendemain de 50 000 personnes. C’est forcément très inédit et impressionnant, mais il y a toujours une exagération des chiffres sur les tentatives de passages et les passages [effectifs] », tempère Elsa Tyszler, enseignante-chercheuse à l’université Paris-8, qui suit de près l’enclave et les mouvements migratoires dans cette région.

      Elle ajoute : « Il faut se méfier des chiffres, qui sont toujours manipulés à des fins politiques, de l’ordre de “l’invasion migratoire”, dans un îlot occidental qui serait “assiégé” par des migrants racialisés. C’est toute la rhétorique d’extrême droite qui accompagne les tentatives de passage à cet endroit depuis trente ans. »
      Des drames humains qui se répètent

      Les images qui circulent depuis le jeudi 30 juillet montrent de jeunes hommes et adolescents (en majorité), certains arrivant à la nage et grimpant sur les rochers pour se hisser à terre, parfois équipés de palmes et de bouées de sauvetage ; d’autres, tout sourire une fois leur destination atteinte, laissant échapper leur joie dans des cris non dissimulés ou des accolades.

      La garde civile aurait rapidement été dépassée. Jeudi dans la soirée, le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé l’envoi de l’armée pour « renforcer la garde civile » et « assurer la sécurité » à Ceuta, alors que plusieurs centaines d’autres personnes ont gagné le territoire en une journée. Quelques centaines de Marocains auraient aussi rejoint Melilla, une autre enclave espagnole.

      « Le gouvernement d’Espagne est entièrement mobilisé pour donner une réponse immédiate à la situation à Ceuta, a fait savoir jeudi après-midi, sur le réseau social X, Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol. Nous mobilisons toutes les ressources nécessaires, en travaillant avec les autorités marocaines et internationales. […] Je viens de transmettre [le message] au président [de l’enclave] Juan Jesús Vivas Lara. C’est le moment de construire des solutions, avec responsabilité et coopération. »

      En visite sur place vendredi 31 juillet, le premier ministre a dénoncé « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Le président de Ceuta, qui a mis en avant une « crise migratoire extrêmement grave », a appelé à une « réponse immédiate, ferme et coordonnée », demandant au gouvernement de déclarer l’état d’urgence nationale.

      « Il est temps de passer à l’action. Ceuta a besoin de plus de moyens, d’infrastructures, de coordination et de limites objectives à sa capacité d’accueil. Nous ne demandons pas de privilèges, mais une réponse juste, responsable et conforme à notre condition de frontière de l’Europe en Afrique », a-t-il écrit sur X jeudi 30 juillet après-midi. Selon lui, les personnes sont arrivées à un rythme de deux cents par jour en moyenne cette semaine. « Une urgence humanitaire et sociale absolue », a-t-il déploré.

      Pour Ceuta comme pour Melilla, une telle situation de chaos, menant à de véritables drames humains, n’est pas nouvelle. En 2021, à Ceuta, près de 8 000 personnes étaient parvenues à rejoindre l’enclave – un chiffre alors inédit, et largement dépassé aujourd’hui. Le Maroc avait été accusé d’avoir fait pression sur l’Espagne dans le dossier sensible du Sahara occidental, en instrumentalisant les personnes migrantes et leur détresse.

      En 2022, à Melilla cette fois, vingt-sept exilés subsahariens avaient perdu la vie (soixante-dix autres ont été portés disparus) alors qu’ils tentaient de gagner l’Espagne, toujours depuis le Maroc, dans un mouvement de foule provoqué alors que des centaines, voire des milliers de personnes tentaient le passage.
      Le bal des instrumentalisations est ouvert

      De manière très prévisible, les images ont vite été reprises sur les réseaux sociaux, par la droite et l’extrême droite, pour laisser croire à une « invasion migratoire ». Chacun et chacune y va de sa petite déclaration : la leader du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, parle d’« entrées massives et coordonnées de migrants en Espagne, encouragées par le gouvernement espagnol ».

      Le patron du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, évoque quant à lui une « vague migratoire massive à Ceuta » et une « politique irresponsable du gouvernement socialiste espagnol », en référence à la campagne de régularisation des sans-papiers mise en œuvre en début d’année 2026 en Espagne.

      En résumé, ce serait parce que Madrid régulariserait (sous de nombreux critères restrictifs, notamment la durée de séjour dans le pays) que plus d’un millier de migrants marocains auraient tenté de rejoindre Ceuta (plusieurs mois après l’annonce de ladite régularisation).

      Le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, a annoncé sur X « renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole », répondant indirectement à une demande formulée par Marine Le Pen une heure plus tôt. « Par ailleurs, j’active la Force frontière d’intervention rapide pour des contrôles en profondeur », a-t-il ajouté, comme si la France était sous la menace de dangereux envahisseurs.

      Côté italien, Giorgia Meloni n’a pas manqué de pointer une « immigration clandestine hors de contrôle [qui] représente une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes », suggérant la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne ; alors même que Ceuta, comme Melilla, fonctionne comme une exception de la zone européenne de libre circulation et que des contrôles d’identité sont effectués pour les personnes qui entrent ou sortent du territoire…

      Dans un autre style, Danny Danon, ambassadeur d’Israël aux Nations unies, a cherché à tacler l’Espagne, osant le parallèle entre la politique de colonisation d’Israël en Palestine et la guerre génocidaire menée à Gaza avec la situation de cette enclave.

      « L’Espagne, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à Israël, a déclaré l’état d’urgence à Ceuta à la suite de la crise liée à sa politique d’immigration. Peut-être qu’avant de continuer à nous faire la leçon, il serait temps qu’elle explique au monde pourquoi elle maintient encore des enclaves coloniales en Afrique », cingle-t-il.

      Si l’on peut interroger le passé colonial espagnol, la comparaison est pour le moins osée. Une journaliste hispano-marocaine, Leyla Hamed, lui a répondu : « Je suis de Ceuta, et l’Espagne ne nous a jamais opprimés. Vous, maniaques génocidaires, n’avez pas le droit d’instrumentaliser notre identité ou de parler en notre nom. »
      L’effet boomerang de l’externalisation

      Dans ce flot de réactions, le Maroc semble avoir gardé le silence. Plusieurs observateurs et observatrices accusent le pays, en pleine célébration du vingt-septième anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI, d’avoir sciemment réduit les effectifs au niveau de la frontière avec Ceuta en réponse à la visite de Pedro Sánchez en Algérie, le 20 juillet.

      Mais tout le monde ou presque oublie de préciser la nature du « problème ». La crise n’est pas « migratoire », mais politique et humanitaire : dès lors que l’Union européenne choisit de donner les pleins pouvoirs à des États tiers pour gérer ses frontières contre rémunération, ces mêmes États n’ont parfois aucun scrupule à jouer avec des vies humaines pour servir leurs intérêts.

      Par le biais de l’externalisation des politiques migratoires, « le Maroc a été le premier pays à accepter d’aider l’Espagne et l’UE à défendre ses frontières, à collaborer dans la lutte dite contre l’immigration irrégulière vers l’Europe » dès le début des années 1990, rappelle Elsa Tyszler.

      Cela donne lieu à des « patrouilles de la marine marocaine dans les eaux du détroit de Gibraltar, pour protéger des frontières que, par ailleurs, le Maroc conteste », souligne-t-elle, expliquant que l’occupation de ces territoires par l’Espagne revient régulièrement dans le débat public. C’est tout le paradoxe. « Il y a toujours un jeu de vérité entre les deux pays. Les frontières de Ceuta et Melilla sont un théâtre de luttes diplomatiques. »

      Beaucoup d’exemples viennent l’illustrer et « montrent que dès qu’il y a un différend entre le Maroc et l’Espagne, comme ce fut le cas pour le Sahara occidental en 2021, cela se concrétise par la métaphore du robinet », poursuit la chercheuse. Ici, « on peut penser que la visite de Pedro Sánchez en Algérie » a conduit à ce pic d’entrées exceptionnel à Ceuta. « Lorsque le pouvoir marocain n’est pas satisfait de ce que fait l’Espagne, il y a un mécanisme de vengeance », ajoute-t-elle.

      Officiellement, les autorités des deux pays ne le diront pas et salueront leur collaboration commune. Si le Maroc ne s’est pas encore exprimé publiquement sur la situation à l’heure où nous écrivons ces lignes, le premier ministre espagnol s’est arrangé pour déclarer que le Maroc était un « allié » malgré le contexte.

      « Le Maroc agit en sous-traitant de la gestion des frontières européennes et opère le contrôle migratoire, il manie donc la question migratoire en fonction de ses propres intérêts » lorsque bon lui semble, nuance Elsa Tyszler. C’est le retour de bâton d’une politique régulièrement dénoncée par les chercheurs et chercheuses ainsi que par les ONG internationales.
      Une situation économique et sociale compliquée

      Enfin, d’autres facteurs doivent être pris en compte, tels que l’enjeu racial et le racisme présent à cette frontière à la fois « très militarisée et sophistiquée », qui ont fait des migrants – les musulmans ou perçus comme tels et les personnes noires venues d’Afrique subsaharienne – la « figure de l’ennemi », en réaction aux différentes arrivées observées ces dernières décennies. Il y a aussi la colère de la jeunesse marocaine et le désespoir d’une partie de la population qui cherche à fuir son pays.

      À ce propos, Khadija Anani, membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et d’EuroMed Droits au Maroc, souligne la situation « très compliquée » au niveau économique et social : « La jeunesse est en détresse et ne voit pas de perspectives au Maroc. Près de 1 million et demi de jeunes âgés entre 14 et 24 ans ne font rien – ni études, ni formation, ni travail. »

      Plus de 2 millions de Marocain·es vivent en dessous du seuil de pauvreté, poursuit-elle, regrettant que la priorité soit donnée à l’organisation de grands événements internationaux plutôt qu’à l’éducation, au travail, à la santé, au logement ou à la lutte contre la corruption. « Toutes ces thématiques sont négligées, c’est d’ailleurs pour ça que la “GenZ” est sortie dans la rue [en septembre 2025] et a revendiqué ses droits », explique Khadija Anani.

      Dans le même temps, la liberté d’expression des citoyen·nes est régulièrement entravée. Le rappeur El Mahdi Lyoubi a été arrêté et se voit imposer un procès vendredi 31 juillet. Tout cela explique, selon la représentante associative, qu’autant de personnes aient tenté le passage de la frontière à Ceuta ces jours-ci.

      Mais selon El País, des milliers de personnes rebroussent chemin vers le Maroc, faute de pouvoir être accueillies correctement dans l’enclave. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 25 000 personnes seraient déjà rentrées. Dans toute cette histoire, conclut Khadija Anani, « gardons en tête les dégâts humains, car le bilan des morts risque encore de s’alourdir ».

      https://www.mediapart.fr/journal/international/310726/les-migrants-marocains-de-ceuta-victimes-des-politiques-migratoires-europe
      #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #chiffres #statistiques #afflux #invasion #Melilla #instrumentalisation #extrême_droite #racisme #jeunesse #jeunesse_marocaine

    • Drame de Ceuta : jusqu’où ira l’#indignité ?

      Plus de 70 personnes officiellement décédées, sans doute plus de 130 selon les associations. De ce qui s’est passé à Ceuta ces derniers jours, on aimerait d’abord que l’on retienne cela : ces vies brisées, ces histoires, ces noms et ces visages. Mais comme bien souvent, la plupart des réactions et des polémiques effaceront cette dimension humaine. Alors il faut le redire, sans relâche, contre l’indifférence et la banalisation.

      Au-delà de la situation historique et géographique spécifique de l’enclave espagnole de Ceuta sur le continent africain, au-delà de la crise sociale et des inégalités particulièrement prégnantes au Maroc, les événements de la semaine dernière sont venus une nouvelle fois rappeler comment les personnes migrantes peuvent être aujourd’hui l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques, une dimension renforcée par les logiques d’externalisation des politiques migratoires européennes ; et comment l’obsession de ces politiques pour la fermeture aux « indésirables » ne peut que conduire à de telles situations de tensions, de marchandage, tant rien ne peut faire complétement obstacle à l’espoir d’une autre vie pour celles et ceux qui sont prêts à tout pour partir.

      Mais ce à quoi nous assistons autour du drame de Ceuta est surtout sidérant d’escalade dans l’indignité.

      Escalade dans le degré de #mensonges et de #contre-vérités véhiculés par des responsables politiques, bien au-delà des rangs de l’extrême droite, par divers influenceurs et relais médiatiques : alimentation irraisonnée de l’existence d’un risque « d’arrivée massive » de personnes migrantes sur le continent européen, alors que l’enclave n’est pas dans l’espace Schengen et qu’il n’est pas possible de rejoindre l’Espagne sans contrôle ; prétendu lien avec la politique de régularisation conduite par le gouvernement espagnol, procédure qui n’est pourtant plus ouverte aujourd’hui, dont les critères ne pouvaient en aucun cas concerner les personnes arrivées à Ceuta ces derniers jours.

      Escalade dans la mécanique, désormais si bien rodée, d’instrumentalisation au service de l’agenda politique de celles et ceux qui entretiennent les peurs pour vanter leurs propositions autoritaires et xénophobes : alimentation du fantasme de la « submersion », à coup d’images et de commentaires haineux ressassés jusqu’à la nausée, précipitation sur le terrain pour alimenter les paniques identitaires, dénonciation d’une « menace existentielle » … Un retournement d’analyse bien pathétique quand on pense aux vraies menaces existentielles (drames climatiques, conflits armés…) que nous vivons en cet été 2026…

      Escalade enfin dans la surenchère répressive et sécuritaire qui a été la réponse de la plupart des pays européens : priorité au renforcement du contrôle des frontières, alors qu’il était bien impossible aux personnes migrantes arrivées à Ceuta de gagner facilement le continent européen ; aucune considération pour les questions humanitaires et le respect des droits fondamentaux. Et lundi 3 août, la lettre des 22 pays amenés par l’Italie et le Danemark, demandant de nouvelles mesures de contrôle et de fermeture, dénonçant la politique espagnole de régularisation, a été un nouveau signe plus qu’alarmant d’une dérive sans fin de l’Union européenne, sous l’impulsion d’une alliance droite et extrême droite qui la guide désormais sur les questions migratoires.

      Jusqu’où cela va-t-il aller ? Après le pacte asile et migration en application depuis juin dernier, après le règlement retour et ses « hubs de retour » en dehors de l’UE, renforçant encore les logiques d’enfermement, d’expulsion, d’externalisation et d’atteintes aux droits, quelle va être la prochaine étape ?

      La réunion des ministres de l’Intérieur tenue ce mardi 4 aout, si elle n’a fait l’objet d’aucune véritable annonce nouvelle, tant les dispositifs de contrôle et de répression sont déjà présents, a néanmoins confirmé le registre de la menace et de l’obsession, notamment via les technologies de surveillance, du contrôle et de la fermeture.

      Alors qu’en France comme dans d’autres pays européens s’ouvrent de cruciales séquences électorales risquant d’être autant de prétextes à de nouvelles instrumentalisations et surenchères, il y a urgence, sous peine de basculer demain dans un avenir encore plus cauchemardesque, à dénoncer sans faillir ces mécaniques toxiques. Et à opposer à l’incapacité aujourd’hui dramatique de l’Union européenne et de ses Etats à concevoir des politiques migratoires, hors du paradigme de la répression et de la logique de « la forteresse assiégée » servant principalement ses intérêts ; des politiques fondées sur le respect des droits humains, l’égalité de traitement, les coopérations d’égal à égal et les solidarités internationales. Les seules à même de pouvoir garantir notre avenir collectif, dans un monde où, plus que jamais, les migrations en seront demain le cœur battant.

      https://www.lacimade.org/drame-de-ceuta-jusquou-ira-lindignite

    • Ceuta ou la consécration des politiques migratoires racistes et sécuritaires

      Contrairement aux discours qui ont majoritairement circulé dans les médias ces dernières semaines, les événements survenus à Ceuta à partir du 30 juillet 2026 ne doivent pas être considérés comme une « crise migratoire » exceptionnelle, mais plutôt comme la conséquence prévisible d’un modèle de « gestion » des mouvements migratoires fondé sur la dissuasion, l’externalisation des frontières, la normalisation progressive de la #violence, et l’instrumentalisation des questions migratoires. La militarisation des frontières, la cruauté envers les personnes en migration, la violation du droit international, et l’#impunité institutionnelle organisée sont autant d’éléments qui démontrent chaque jour l’impasse des politiques et stratégies migratoires actuelles.

      Entre le 30 et le 31 juillet, entre 40 000 personnes [1] (selon le Maroc) et 70 000 [2] (selon l’Espagne) auraient franchi depuis le Maroc, principalement par la mer, la frontière de Ceuta - résidu colonial européen sous contrôle espagnol situé sur le territoire marocain -, arrachant ainsi leur liberté de circulation. Entre 83 personnes (chiffre officiel) et 141 (chiffre des associations) seraient décédées ce faisant, et presque la majorité des personnes arrivées ont été renvoyées au Maroc en 48h, en violation du droit international (principe de non-refoulement), du droit européen (Pacte européen asile et migration), et de la législation espagnole (arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026).

      La fabrique de la « crise migratoire », stratégie récurrente des politiques européennes
      Face à ce qui a été présenté comme une énième « crise migratoire », il convient de relativiser les chiffres. Les chiffres annoncés des arrivées dans l’enclave semblent conséquents au regard du confetti de 20 km2 (85 000 habitants) que constitue l’enclave de Ceuta. Mais ils sont en réalité dérisoires au regard de la population des 27 États membres de l’UE, qui compte plus de 450 millions d’habitant·es. Il y a en l’espèce un effet de zoom, amplifié dans ce cas précis par le fait que Ceuta, l’une des deux seules frontières terrestres entre le Maroc et l’Espagne (l’autre étant Melilla), se trouve sur le continent africain et ne fasse pas partie de l’espace Schengen.
      A chaque fois que l’Europe a connu des épisodes d’arrivées importantes sur des territoires insulaires ou enclavés, a été utilisée la rhétorique de la « crise migratoire ». Cette formule permet de rejeter la responsabilité sur les personnes migrantes et de détourner l’attention des enjeux politiques et du système imposé par les anciennes puissances coloniales. Ce procédé a été utilisé régulièrement, à Lampedusa (Italie) en 2011 pendant les révolutions arabes et en 2023 lorsqu’entre 6000 et 13 000 personnes sont arrivées en quelques jours sur l’île, à Ceuta en 2021 lorsqu’environ 10 000 personnes sont entrées en deux jours dans l’enclave après un relâchement du contrôle frontalier marocain, ou encore à Melilla en 2005 ou 2022 lors de tentatives de franchissement de la barrière-frontière.
      Lors de tous ces précédents, les personnes en quête de protection ou d’opportunités – et contraintes d’emprunter des voies alternatives en raison de la fermeture des frontières et des régimes de visa imposés - ont été brutalement réprimées par les forces de l’ordre, avant d’être sommairement renvoyées, en violation de leurs droits. Nombre d’entre elles ont de plus péri en Méditerranée, laissant des familles entières en deuil.

      La même répression brutale a été déployée à Ceuta après le 30 juillet. Face à ce mouvement migratoire, le discours de l’Espagne a consisté à dénoncer une « violation de [son] intégrité territoriale par des réseaux criminels », pointant du doigt une instrumentalisation par des « mafias », qui auraient partagé des informations mensongères sur les réseaux sociaux - notamment une « interprétation extensive » de l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026 [3] ou une ouverture de la frontière maroco-espagnole. En réponse à cette situation, l’Espagne a immédiatement déployé l’armée sur place pour venir en appui à la Guardia Civil, tandis que l’UE offrait le soutien de l’agence Frontex pour « reprendre le contrôle » des frontières européennes dites « menacées ».

      Récupération politique tous azimuts
      La récupération politique a été immédiate à l’échelle de l’UE. Les images des arrivées d’exilé·es à Ceuta diffusées en boucle ont immédiatement été exploitées et instrumentalisées par les droites européennes et les extrêmes droites, y compris au-delà de l’espace Schengen, pour construire un récit de « l’invasion ». Décrites comme un problème de sécurité publique, ces arrivées ont déclenché discours décomplexés de haine et protestations indignées, ainsi qu’une crise diplomatique qui a eu tôt fait d’éclipser la crise humanitaire.
      Le prétendu « laxisme » du gouvernement espagnol a ainsi été pointé du doigt, du fait du processus de régularisation extraordinaire mis en place sur son territoire entre avril et juin 2026 [4]. Or, ce programme, qui répondait à des critères stricts – notamment celui d’être arrivé en Espagne avant le 1er janvier 2026 - est clos depuis le 30 juin 2026.
      Qu’à cela ne tienne, l’Espagne est accusé d’avoir envoyé « un mauvais message » aux ressortissant·es des pays tiers, et d’avoir créé un « appel d’air » – mythe fantasmé largement relayé par l’extrême droite [5]. Cet argument fallacieux ne fut cependant pas retenu contre l’Italie un an plus tôt, lorsqu’en besoin de main d’œuvre, ce pays a lui-même émis un décret pour régulariser 500 000 personnes étrangères sur son territoire entre 2025 et 2028 [6]. Dans l’épisode Ceuta, il y a sans nul doute la volonté d’isoler et de décrédibiliser la politique migratoire de l’Espagne – rare pays européen qui dans certaines de ses pratiques et propos tenus à l’échelle nationale va à rebours des discours et politiques uniquement sécuritaires en matière migratoire. L’objectif est de contrer au plus vite la possibilité d’élargissement d’un narratif positif et inclusif sur les migrations face au discours anti-immigration qui prend de l’ampleur au niveau européen.
      Nul ne peut cependant ignorer qu’en parallèle l’Espagne a mené ces dernières années une politique d’externalisation en Afrique de l’Ouest, bien loin de chercher à attirer les immigré-es : construction de centres de détention offshore, déploiement de la police espagnole et de la Guardia civil, et soutien de plusieurs millions d’euros aux forces de sécurité ouest-africaines pour le contrôle des migrations. Ces politiques d’externalisation ont notamment eu pour conséquence de faire de la route atlantique vers les îles Canaries l’une des plus meurtrières ces dernières années (avec 1300 décès à la mi-2026 [7]).

      Les États membres voisins n’ont pas manqué d’appeler au renforcement des contrôles aux frontières externes de l’Union. Certains pays (Italie, Danemark) ont dans la foulée appelé à suspendre de l’espace Schengen une Espagne qui soi-disant ne jouerait pas le jeu du tout-sécuritaire et qui ne contrôlerait pas efficacement ses frontières. D’une part, cette suspension n’est pas prévue par les textes européens en vigueur, et d’autre part il est de notoriété publique que les enclaves de Ceuta et Melilla disposent d’un régime dérogatoire dans l’espace Schengen qui ne permet pas la libre circulation vers la péninsule espagnole du fait d’un double contrôle à l’entrée et à la sortie de l’enclave, qui fonctionne comme un sas fermé. Les pays européens voisins de l’Espagne se sont également empressés d’indiquer qu’ils allaient renforcer les contrôles aux frontières internes de l’Union... Alors même que huit États membres, dont la France et l’Italie, ont de fait rétabli totalement ou partiellement ces contrôles depuis 2015 [8]. .
      Quant au Maroc, qui célébrait le 30 juillet les 27 ans de règne de Mohamed VI, il s’est tu pendant quatre jours avant de finalement renvoyer la balle vers l’Espagne, l’accusant de ne pas avoir anticipé les conséquences de l’arrêt de la Cour suprême espagnole du 8 juillet 2026 [9]…

      L’instrumentalisation des exilé·es au profit d’enjeux géopolitiques, effet boomerang de l’externalisation
      Malgré cela, l’Espagne s’est empressée de rappeler que le Maroc est avant tout un allié, tant il est un collaborateur zélé de la politique migratoire sécuritaire européenne. En effet, l’Espagne, pour entraver les mouvements migratoires à sa frontière, a besoin du Maroc qui sait le lui rappeler en différentes occasions. Ce dernier n’a jamais hésité à utiliser les exilé·es comme monnaie d’échange pour servir ses intérêts économiques ou politiques, peser dans le débat géopolitique, ou exprimer ses mécontentements, notamment face au rapprochement entre l’Espagne et l’Algérie [10], comme il l’a déjà fait par le passé (2021, 2023). Les pays partenaires de la politique d’externalisation de l’UE utilisent ainsi les mêmes armes que l’UE, à savoir le marchandage, pour se retourner occasionnellement contre elle. Cela a été le cas pour la Turquie avec la Grèce en mars 2020, le Maroc avec l’Espagne en mai 2021, et la Biélorussie avec la Pologne dès août 2021. Les exilé·es deviennent alors une monnaie d’échange : le marchandage se fait sur leur dos – voire sur leurs vies – dans tous les cas en violation de leurs droits. Car en déléguant la gestion des migrations à des pays tiers, souvent autoritaires, l’UE se défausse des conséquences de cette sous-traitance, et transforme les personnes qui souhaitent rejoindre son territoire en pions entre les mains de gouvernements qui disposent d’un levier de pression politique face à une Europe gangrenée par un racisme croissant, prête à tout pour maintenir les exilé·es loin de ses frontières.

      Des violations massives des droits au nom de la protection des frontières européennes
      Comme lors de précédents impliquant des arrivées dites « massives » dans l’Union, l’Espagne a procédé très rapidement (48h) au renvoi des personnes arrivées à Ceuta. Et ce en violation de leurs droits fondamentaux. En effet, les personnes interceptées à Ceuta auraient en principe dû faire l’objet du filtrage - prévu par le règlement éponyme du Pacte européen asile et migration entré en application en juin 2026 -, avant toute orientation vers une procédure d’asile ou de retour. Situation qui souligne que cet instrument est mort-né un mois et demi après son entrée en application... De plus, les personnes arrivées par la mer auraient dû - avant « remise » (refoulement) au Maroc - faire l’objet d’un examen individuel de leur situation en vertu de la récente jurisprudence de la Cour Suprême espagnole. Or, Pedro Sanchez a clairement indiqué que celle-ci ne s’appliquerait pas au cas d’espèce. Faut-il pourtant rappeler que nul ne peut faire l’objet d’un renvoi forcé sans avoir vu sa situation individuelle examinée, ou avoir pu déposer le cas échéant une demande de protection internationale en vertu du principe international de non-refoulement ?
      Dans une surenchère sécuritaire, le ministère de l’Intérieur espagnol a par ailleurs annoncé le 1er août la mise en place d’une barrière pneumatique de 500 mètres de long en cours d’installation dans la mer pour empêcher les migrant·es de traverser à la nage entre le Maroc et Ceuta. Dans la volonté a priori de se « conformer » à la jurisprudence de la Cour Suprême espagnole évoquant la nécessité d’un « élément physique de contention » en mer pour pouvoir procéder à des « refus d’admission à la frontière ».

      Les événements de Ceuta auront donc uniquement permis de justifier la doctrine ultra-sécuritaire de l’UE en matière migratoire, et de réaffirmer qu’elle est la seule politique possible.
      A l’issue de cinq jours de crise diplomatique, après avoir été vilipendé par ses voisins européens, le président du gouvernement espagnol aura finalement reçu leur soutien pour sa gestion rapide de la crise politique et diplomatique [11], qui sera vite oubliée. Tout comme les personnes décédées pour avoir voulu exercer leur droit à la mobilité et braver les politiques migratoires européennes répressives, racistes et mortifères.

      La #nécropolitique assumée de l’UE
      Les évènements de Ceuta nous montrent, s’il le fallait encore, que les politiques migratoires répressives tuent. Et que l’externalisation des frontières, quel qu’en soit le coût humain et financier, est un pilier de ces politiques migratoires. La preuve en est les partenariats toujours en vigueur entre l’UE et des pays comme le Maroc, la Libye, la Tunisie, l’Égypte ou la Mauritanie, qui bafouent notoirement les droits de leurs citoyen·nes et des personnes exilées sur leur territoire.
      Le renforcement des dispositifs de contrôle et de sécurité tout au long du parcours migratoire comme la complicité des pays d’origine ou de transit dans ce tout sécuritaire ont de lourdes conséquences. Du fait de la multiplication et de la technologisation des obstacles, la route pour l’Europe est devenue un véritable cimetière, et les morts et les blessés se comptent par milliers [12].
      S’il n’existe pas encore de bilan en ce qui concerne l’épisode Ceuta, l’association marocaine des droits humains fait état d’au moins 140 décès. A ce jour, l’UE et les États partenaires qui endossent le rôle de gendarmes de l’Europe n’ont jamais assumé leur part de responsabilité dans ces tragédies, considérées comme des « dommages collatéraux » d’une stratégie de dissuasion dans laquelle la violence, en tant que moyen corrélé à l’objectif de non-accueil et de mise à distance, est érigée en norme [13]. Quid de l’identification de ces personnes ? Quid des enquêtes qui devront être menées pour établir vérité, justice et réparation pour les familles de ces victimes des politiques migratoires européennes ? Jusqu’à quand les autorités européennes éluderont ainsi leur part de responsabilité alors que ce sont elles qui ont coupé tout accès légal à l’Europe aux personnes en migration, et qui ont par conséquent failli à leur devoir de secours et de solidarité ? [14]

      La militarisation des frontières n’empêche pas les mouvements migratoires
      Ceuta nous montre également que si les entraves sur le parcours migratoire contraignent les exilé·es à utiliser des voies alternatives plus dangereuses, elles ne les dissuadent pas de franchir les frontières. Aucune barrière ne pourra étancher la soif d’émancipation et de liberté de circulation des populations, notamment du Sud global, injustement assignées à résidence dans un monde inégalitaire et ultra-connecté.
      Au Maroc, la situation précaire (37 % de chômage chez les jeunes, pauvreté rampante, manque de perspectives), les refus de visas à répétition, et le fossé socio-économique qui sépare ce pays d’une Espagne située à 14km révoltent la jeune génération, qui clame que la liberté de circulation ne peut plus être réservée aux seul·es privilégié·es. Pour en finir avec la rupture de l’égalité des chances, au nom du principe d’égalité entre tou·te·s, et du principe d’émancipation, les personnes exilées se saisissent du droit à la mobilité qui leur est nié, rappelant que toute personne a le droit de quitter tout pays y compris le sien, et que ce droit est internationalement reconnu [15]. Et internationalement bafoué.

      Loin de constituer un échec politique, les morts aux frontières, les renvois sommaires et les violations répétées des #droits_fondamentaux observés aux frontières de l’Europe sont devenus des caractéristiques structurelles d’un système dans lequel la migration est avant tout perçue comme une menace pour la sécurité plutôt que comme une réalité humaine. Le coût humain n’est pas fortuit : il est intrinsèque à un modèle qui privilégie l’exclusion plutôt que la protection, et la dissuasion plutôt que la solidarité.
      Tant que la mobilité restera largement inaccessible, les personnes continueront de risquer leur vie à la recherche de sécurité, de dignité et d’opportunités. Aucun degré de militarisation des frontières ne peut éliminer la migration ; ces politiques ne peuvent que la rendre plus dangereuse. Une approche fondamentalement différente est donc nécessaire — une approche qui place les droits humains, l’égalité, la responsabilité internationale et la liberté de circulation au cœur des politiques migratoires.

      https://migreurop.org/article3609.html
      #racisme #militarisation_des_frontières

    • Ceuta, la frontiera coloniale che l’Europa usa per alimentare la paura

      Oltre cinquantamila persone hanno tentato di raggiungere l’enclave spagnola in Marocco. Dietro la narrazione dell’«invasione» ci sono disoccupazione, crisi sociale, ricatti geopolitici e un sistema di esternalizzazione delle frontiere che produce morti, autoritarismo e propaganda. La destra europea, guidata da Meloni, ha scelto ancora una volta di rispondere con la militarizzazione e la chiusura.

      Le immagini arrivate da Ceuta hanno fatto il giro del mondo. Migliaia di persone che nuotano attorno ai frangiflutti, giovani che attraversano il mare con una bottiglia di plastica come unico galleggiante, famiglie intere che tentano di raggiungere pochi metri di costa europea separati da una barriera di filo spinato, pattuglie della Guardia Civil, militari dispiegati nelle strade e decine di corpi recuperati in mare. Almeno cinquantasette persone sono morte annegate. Secondo il governo spagnolo, in poche ore oltre 50 mila persone avrebbero tentato di raggiungere l’enclave di Ceuta, mentre il ministero dell’Interno ha sostenuto che la quasi totalità sarebbe poi rientrata spontaneamente in Marocco, circostanza che molti osservatori ritengono difficilmente verificabile.

      Come sempre accade quando le frontiere europee vengono attraversate da grandi movimenti di persone, il dibattito pubblico si è concentrato quasi esclusivamente sulla sicurezza. Le immagini sono state immediatamente trasformate nella rappresentazione plastica dell’ennesima «invasione». Le destre europee hanno parlato di assedio, di difesa della civiltà occidentale, di emergenza senza precedenti. Giorgia Meloni ha sospeso Schengen nei confronti della Spagna per i cittadini extraeuropei provenienti dal territorio spagnolo, Matteo Piantedosi ha convocato il Comitato Immigrazione e Frontiere, Antonio Tajani ha aperto uno scontro diplomatico con Madrid, mentre da Berlino Friedrich Merz, Alice Weidel, Manfred Weber e gran parte della destra continentale hanno chiesto respingimenti immediati, rafforzamento di Frontex e chiusura delle frontiere.

      Ancora una volta, però, la politica ha preferito discutere di muri piuttosto che interrogarsi sulle ragioni che spingono decine di migliaia di persone a mettere in gioco la propria vita.

      Per comprendere quanto accaduto bisogna anzitutto ricordare che Ceuta non è una qualunque città di frontiera. È una enclave spagnola di appena diciotto chilometri quadrati incastonata sulla costa marocchina. Insieme a Melilla rappresenta uno degli ultimi residui del colonialismo europeo nel continente africano. La Spagna considera entrambe parte integrante del proprio territorio nazionale; il Marocco continua invece a rivendicarle come territori da decolonizzare. Questa contraddizione storica non è un dettaglio geografico: è il cuore stesso della vicenda. Mentre in Europa si parla di difesa dei confini, si dimentica sistematicamente che quei confini sono stati tracciati dalla storia coloniale e che due città europee continuano a trovarsi sulla costa africana.

      È difficile comprendere perché migliaia di giovani marocchini rischino la morte per raggiungere Ceuta se non si parte da questo dato. La domanda corretta non è perché vogliano entrare in Europa, ma perché un pezzo d’Europa continui a trovarsi in Africa e quale eredità abbia lasciato quella storia.

      Le persone che hanno tentato l’attraversamento non sono mosse da una misteriosa pulsione migratoria. Arrivano soprattutto da Casablanca, Kenitra, El Jadida, Sétif e dalla stessa Fnideq, città frontaliera precipitata in una profonda crisi economica dopo la chiusura nel 2019 del cosiddetto «contrabbando di sussistenza», il commercio transfrontaliero che garantiva il reddito a migliaia di piccoli commercianti, lavoratori e famiglie. A questo si aggiungono un tasso di disoccupazione giovanile che supera il 29%, quasi tre milioni di giovani che non studiano e non lavorano e una diffusa sensazione di assenza di futuro che attraversa un’intera generazione marocchina.

      È in questo contesto che sui social si è diffusa la falsa convinzione che la frontiera fosse stata aperta dopo una sentenza della Corte Suprema spagnola che aveva dichiarato illegittimi alcuni respingimenti immediati praticati negli anni precedenti. Migliaia di ragazzi si sono dati appuntamento a Fnideq e hanno tentato insieme l’attraversamento. Molti raccontano di essere stati convinti che una volta arrivati a Ceuta sarebbero stati accolti. Hanno trovato invece una città militarizzata, strutture di accoglienza già sature e una pressione crescente delle forze di polizia affinché tornassero indietro.

      Ridurre tutto questo all’azione dei trafficanti di esseri umani significa ignorare la dimensione sociale e politica dell’esodo. Come ricorda la Croce Rossa, le persone non attraversano il mare perché sia facile farlo, ma perché la prospettiva di rimanere nel proprio paese appare ancora più insostenibile.

      Naturalmente la crisi di Ceuta non può essere letta soltanto attraverso la condizione sociale del Marocco. Da anni Rabat utilizza il controllo delle frontiere come leva negoziale nei rapporti con l’Unione Europea. Era già accaduto nel 2021, quando la Spagna accolse per cure mediche Brahim Ghali, leader del Fronte Polisario, provocando un improvviso allentamento dei controlli marocchini e l’arrivo di migliaia di persone a Ceuta. Anche questa volta diversi osservatori collegano quanto accaduto al riavvicinamento diplomatico tra Madrid e Algeri e alle tensioni regionali sul Sahara Occidentale. Le stesse fonti della Guardia Civil hanno riferito che nelle prime ore le autorità marocchine avrebbero sostanzialmente lasciato aperta la frontiera, salvo poi intervenire con lacrimogeni, idranti e arresti quando la situazione è sfuggita di mano.

      È il paradosso dell’esternalizzazione delle frontiere. Da oltre vent’anni l’Unione Europea delega il controllo migratorio a paesi come Marocco, Libia, Tunisia o Turchia, finanziandone gli apparati di sicurezza affinché blocchino le partenze. In questo modo Bruxelles ha rafforzato il potere negoziale di governi autoritari, che possono utilizzare i movimenti migratori come strumento di pressione diplomatica ogni volta che ritengono opportuno farlo. Più l’Europa esternalizza il controllo delle frontiere, più diventa ricattabile dai paesi cui affida questo compito.

      Le riflessioni dello psicologo tunisino Wael Garnaoui aiutano a comprendere la profondità di questo processo. Secondo Garnaoui, la nascita dello spazio Schengen ha inaugurato una nuova forma di controllo postcoloniale della mobilità. Se il colonialismo governava direttamente i territori, la «Schengenizzazione» governa le persone attraverso la limitazione della libertà di movimento. Si produce così quello che definisce il «trauma dell’immobilità»: milioni di giovani crescono sapendo che il loro passaporto li condanna a non poter circolare liberamente, interiorizzando un senso di esclusione, umiliazione e impotenza che alimenta il desiderio di partire a qualsiasi costo. La mobilità diventa così non soltanto un progetto economico, ma una forma di liberazione individuale.

      L’Europa continua invece a leggere tutto questo esclusivamente attraverso la lente dell’ordine pubblico. Le persone che aspirano alla libertà di movimento diventano masse indistinte da contenere. Le loro storie vengono cancellate e sostituite dalla categoria dell’«invasione».

      È esattamente su questo terreno che la destra europea ha costruito la propria offensiva politica.

      Le immagini di Ceuta sono diventate il pretesto per rilanciare la richiesta di sospendere Schengen, rafforzare Frontex, aumentare i respingimenti e irrigidire ulteriormente il nuovo Patto europeo su migrazione e asilo. Meloni ha colto immediatamente l’occasione per proporsi come punto di riferimento della destra continentale, trovando piena sintonia con l’AfD tedesca, con Vox in Spagna, con il governo danese e con gran parte del Partito Popolare Europeo. Perfino Donald Trump, Nigel Farage e il ministro israeliano Itamar Ben-Gvir sono intervenuti alimentando la medesima narrazione sull’«assedio» dell’Europa.

      La crisi di Ceuta dimostra così come la questione migratoria sia ormai diventata uno dei principali terreni di competizione politica internazionale. Non importa se i numeri siano controversi o se gran parte delle persone sia già rientrata in Marocco. Non importa che molti dei migranti siano giovani senza lavoro, famiglie o minorenni. Ciò che conta è alimentare la percezione di una minaccia permanente.

      La realtà è molto diversa.

      Quelle migliaia di persone raccontano il fallimento di un modello economico incapace di offrire prospettive ai giovani del Nord Africa, ma raccontano anche il fallimento di un’Europa che continua a investire miliardi nella militarizzazione delle frontiere senza affrontare le cause profonde delle migrazioni. Guerre, diseguaglianze, rapporti economici neocoloniali, cambiamenti climatici e compressione delle opportunità di vita restano fuori dal dibattito pubblico.

      Ceuta, allora, non è l’inizio di un’invasione. È il sintomo di una crisi molto più profonda.

      Per quanto alte possano diventare le recinzioni, per quanto sofisticati siano i sistemi di sorveglianza, per quanto si rafforzino Frontex, gli accordi con i paesi terzi e i dispositivi di respingimento, milioni di persone continueranno a cercare una via d’uscita da condizioni di vita che percepiscono come senza futuro.

      La libertà di movimento non nasce da un decreto, né può essere cancellata da una barriera di filo spinato. È una tensione storica che attraversa il nostro tempo. Ed è destinata a entrare sempre più in conflitto con una Fortezza Europa che continua a difendere privilegi costruiti anche attraverso secoli di dominio coloniale.

      Ceuta ci pone dunque una domanda che nessuna propaganda securitaria può cancellare: non perché migliaia di marocchini abbiano cercato di raggiungere un’enclave europea in Africa, ma perché, dopo secoli di colonialismo, continuiamo a considerare scandaloso il movimento delle persone e naturale quello delle frontiere che il colonialismo ha lasciato in eredità.

      https://www.osservatoriorepressione.info/ceuta-la-frontiera-coloniale-che-leuropa-usa-per-alimentar
      #colonialisme #frontière_coloniale

    • A Ceuta, l’Europe a encouragé la violation des droits des migrants par l’Espagne

      On pouvait croire qu’en adoptant le pacte de l’Union européenne (UE) sur la migration et l’asile, entré en application en juin 2026, les pays membres avaient enfin réussi à surmonter leurs dissensions en matière de gestion des mouvements migratoires. Rappelons que ce pacte était censé apaiser les tensions révélées par la crise migratoire de 2015, lorsqu’un million d’exilés, parmi lesquels un grand nombre fuyait la Syrie en guerre, ont afflué en Europe par l’Italie et la Grèce, déstabilisant fortement la coopération entre les Etats membres.

      Après quatre ans d’âpres négociations, la présidente de la Commission européenne n’avait-elle pas salué « un énorme pas en avant pour l’Europe » ? Parmi les mesures adoptées, le pacte prévoit notamment un nouveau régime de réponse aux situations de crise, permettant, en cas d’afflux massif et exceptionnel de migrants dans un Etat de l’UE, le déclenchement d’un mécanisme de solidarité en faveur du pays concerné.

      Pourtant, les réactions ayant, fin juillet, accueilli l’arrivée à la nage depuis les côtes marocaines de 72 000 personnes dans l’enclave espagnole de Ceuta – seul territoire européen, avec la ville de Melilla, sur le continent africain – ont pris l’exact contrepied des engagements contenus dans le pacte.

      Si ceux-ci avaient été respectés, tous les Etats membres auraient dû s’organiser pour aider l’Espagne à traiter le cas des personnes qui venaient de franchir la frontière dans le respect des droits prévus par les lois européennes, et le cas échéant à se répartir l’accueil de celles qui pouvaient être éligibles à rester en Europe.

      A contrepied de la « solidarité » européenne

      C’est tout le contraire qui s’est passé : d’abord, la première ministre italienne d’extrême droite Giorgia Meloni s’est dite « prête à agir » pour empêcher une (improbable) vague migratoire en Italie, au besoin en excluant l’Espagne du système Schengen (ce qui est juridiquement impossible). Plusieurs responsables politiques, dont son homologue sociale-démocrate danoise, lui ont emboîté le pas en dénonçant l’incapacité de l’Espagne à protéger ses frontières.

      La France, de son côté, a fait savoir qu’elle renforçait les contrôles à ses frontières avec l’Espagne – un affichage inutile puisque les étrangers qui se trouvent à Ceuta étant soumis à un régime spécifique qui les empêche de rejoindre l’Espagne continentale, il n’y avait aucun risque d’afflux aux frontières françaises.

      Une réunion extraordinaire a été organisée le 4 août entre les ministres de l’intérieur des 27, pour conclure que « la migration nécessite une réponse européenne unie ». Mais cette réponse n’a été envisagée que sous l’angle d’un nécessaire renforcement des frontières. Et si les participants ont témoigné de leur solidarité avec l’Espagne, c’est pour saluer ses efforts rapides pour régler le problème à Ceuta et se féliciter que la plupart des personnes ayant franchi illégalement la frontière aient été renvoyées, sans conséquences pour les autres Etats membres.

      Une réaction résumée par l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve dans Libération le 4 août pour qui « cette crise migratoire n’était pas une crise en Europe, mais une crise contenue au sein de l’enclave espagnole de Ceuta », qui a pu être résolue grâce à « l’attitude ferme, courageuse et déterminée des autorités espagnoles ». Circulez, il n’y a plus rien à voir à Ceuta…

      Bilan tragique

      Il y aurait pourtant à dire à propos de cet épisode. On a beaucoup parlé des possibles causes de ces arrivées, spectaculaires par leur mode opératoire et leur nombre : chantage exercé par les autorités marocaines accusées d’avoir sciemment laissé passer les exilés, « appel d’air » créé par la récente opération de régularisation des sans-papiers en Espagne, exploitation par des réseaux de passeurs d’une information erronée sur l’ouverture de la frontière à Ceuta… Mais quelle que soit l’origine de ces événements, il est nécessaire d’en faire le bilan, tragique à bien des égards.

      Car il y a un bilan humain, d’abord : à ce jour, les autorités espagnoles dénombrent 72 personnes décédées, la plupart par noyade, quand les ONG, qui réclament une enquête, parlent de plus de 100 morts.

      Pendant plusieurs jours, des milliers de personnes ont erré dans les rues de Ceuta, privées d’eau, de nourriture, de soins et d’accès à l’hygiène, alors que les dispositifs d’accueil étaient saturés et les associations d’aide aux migrants débordées. Deux semaines après la crise, plusieurs centaines de mineurs isolés étaient encore abandonnés à eux-mêmes, faute de place dans les structures supposées les prendre en charge. N’y avait-il pas là matière à ce que les partenaires de l’Espagne, au nom de la « solidarité », dépêchent en urgence des moyens logistiques et humains pour faire face à cette urgence humanitaire ?

      Chasse à l’homme

      Il faut aussi parler des conditions de « départ » des personnes qui sont retournées au Maroc, en très grand nombre, quelques jours après leur arrivée à Ceuta. Ceux qui se réjouissent de ce rapide règlement du problème ne disent rien de la façon dont les migrants ont été « accompagnés » jusqu’à la frontière par les militaires et les quelque 400 agents supplémentaires de la garde civile et de la police nationale envoyés en renfort par le gouvernement espagnol, ni de la chasse à l’homme qui a eu lieu dans l’enclave pour les contraindre à prendre le chemin du retour.

      Pour effectuer ces renvois, les autorités espagnoles s’appuient sur des accords migratoires passés avec le Maroc, et sur une loi d’exception qui permet les « refoulements à chaud » depuis les enclaves de Ceuta et Melilla, sans examen individuel de situation ni prise en compte des éventuels besoins de protection. Des refoulements qui s’apparentent aux pushback prohibés par le droit européen. Les maigres garanties que cette loi contestable prévoit pour garder une apparence de conformité avec le respect du droit international et du droit d’asile – comme l’attention aux personnes vulnérables – ne semblent même pas, à Ceuta, avoir été respectées.

      Il y a donc tout lieu de penser que de nombreuses violations des droits ont été commises à Ceuta, au mépris des règles européennes prévues pour faire face aux situations de crise. En laissant l’Espagne gérer seule les frontières de ses enclaves au Maroc, comme s’il s’agissait d’un enjeu national et non d’un symbole de la politique d’externalisation de l’UE, les gouvernements européens encouragent sciemment la perpétuation de ces violations.

      https://www.alternatives-economiques.fr/a-ceuta-l-europe-a-encourage-la-violation-des-droits-des-mi

    • Perché lo sciacallaggio politico dopo i tragici fatti di Ceuta non va sottovalutato

      Senza dedicare una riga di cordoglio alle decine di vittime tra chi è arrivato a nuoto a inizio agosto nell’enclave spagnola, larga parte della politica europea -Governo Meloni in testa- ha rappresentato una falsa situazione di spostamenti di “vasta scala” verso il resto dell’Ue, ignorando la geografia e il Regolamento Schengen. Un’operazione spregiudicata che ha l’obiettivo di demolire il principio della libera circolazione, già sospeso lungo 23 frontiere interne. L’analisi di #Gianfranco_Schiavone

      “Le Parti contraenti prendono atto delle seguenti dichiarazioni formulate dal Regno di Spagna: 1) Dichiarazione relativa alle città di Ceuta e Melilla a) I controlli esistenti all’ingresso del territorio doganale della Comunità economica europea per le merci ed i viaggiatori in provenienza dalle città di Ceuta o Melilla continueranno ad essere esercitati in conformità alle disposizioni del protocollo n. 2 dell’atto di adesione della Spagna alle Comunità europee”.

      Così si legge nell’atto finale dell’adesione del Regno di Spagna all’Aquis di Schengen del lontano 22 settembre 2000. Nei confronti delle due enclave spagnole in Africa, in ragione della loro posizione geografica del tutto particolare, vige da sempre una normativa ad hoc che prevede una restrizione all’ordinario regime di libera circolazione nell’Unione. Anche se non ogni passeggero è sempre sottoposto alla verifica di frontiera, i controlli rimangono frequenti e comunque in ogni momento possono essere applicati in modo generalizzato.

      Basterebbe questa semplice osservazione, da sola, per comprendere la enormità e gravità dell’operazione di strumentalizzazione politica condotta dal governo italiano nel decidere il ripristino dei controlli alle frontiere interne (quindi marittime e aree) con l’intera Spagna. Quei controlli, invocati con stridulo strepito, esistevano già, a regime e in modo mirato a quell’area geografica.

      Il Regolamento Schengen, come modificato dal Regolamento Ue 2024/1356, ha come obiettivo “la creazione di uno spazio in cui è assicurata la libera circolazione delle persone attraverso le frontiere interne è una delle principali conquiste dell’Unione”. Proprio per tutelare tale conquista storica, il Regolamento prevede che il ripristino dei controlli alle frontiere interne possa avvenire esclusivamente “in caso di minaccia grave per l’ordine pubblico o la sicurezza interna di uno Stato membro” (art. 25, par. 1).

      La nozione di “minaccia grave” fa riferimento, oltre ad attentati o minacce di natura terroristica, a forme gravi di criminalità organizzata, a emergenze sanitarie di vasta portata anche a “una situazione eccezionale caratterizzata da spostamenti non autorizzati improvvisi e su vasta scala di cittadini di paesi terzi tra Stati membri, che mette a dura prova le risorse e le capacità complessive di autorità competenti ben preparate e che potrebbe mettere a rischio il funzionamento globale dello spazio senza controllo alle frontiere interne” (art. 25, par. 2).

      Quanto avvenuto a Ceuta per le sue dimensioni e profili drammatici in termini di morti non può essere sottovalutato ma è privo di fondamento ritenere che si stia verificando una situazione di spostamenti di “vasta scala” dalla Spagna nel resto dell’Unione europea. All’esatto contrario, la crisi, intesa nel senso del flusso di ingresso, si è spenta del tutto poche ore dopo essere divampata.

      Il governo italiano aveva però fretta di agire attaccando nuovamente il principio cardine della libera circolazione. Se avesse agito anche solo poche ore dopo quella spregiudicata operazione politica di attacco al governo spagnolo (che per tutti i partiti sovranisti europei è la bestia nera) sarebbe risultata infatti fuori tempo massimo.

      Mentre la Commissione europea evaporava del tutto nel calore estivo, la corsa al tiro al bersaglio contro la Spagna non è stata solo italiana, ma ha coinvolto larga parte della politica dell’Unione con espressioni tra il penoso e il grottesco. Tra le peggiori quelle di Manfred Weber, capogruppo del Partito popolare europeo. “Le immagini devastanti sono la conseguenza diretta del fattore di attrazione della regolarizzazione di massa -ha sentenziato- raddoppiato dalla strumentalizzazione dell’immigrazione illegale”.

      In modo ancor più netto di quanto avvenuto in altre simili circostanze, di fronte alla tragedia di Ceuta in nessuna dichiarazione ufficiale di nessun leader politico europeo c’è traccia alcuna di una manifestazione di cordoglio per le decine di vittime. Come ha ben richiamato l’arcivescovo metropolita di Palermo Corrado Lorefice e neopresidente della Fondazione Migrantes, non c’è stato “nessun rispetto, nessuna partecipazione, nessun dolore, nessun senso di umanità, nessuna spiegazione delle ragioni profonde. Solo l’allarme, del tutto infondato dal punto di vista giuridico, di un’invasione di fatto impossibile”. E ha giustamente concluso ricordando che “rifiutandosi di pensare e di agire secondo i propri principi e le proprie capacità l’Europa rischia di condannarsi a morte”.

      La solidarietà rappresenta un principio giuridico fondante del progetto europeo e l’articolo 222 del Trattato sul funzionamento dell’Unione europea sancisce la cosiddetta “clausola di solidarietà” con queste parole: “L’Unione e gli Stati membri agiscono congiuntamente in uno spirito di solidarietà qualora uno Stato membro sia oggetto di un attacco terroristico o sia vittima di una calamità naturale o provocata dall’uomo”.

      È l’esatto opposto dello sciacallaggio che si è scatenato contro la Spagna. Molti potrebbero obiettare che non c’è nulla da scandalizzarsi perché in fondo quello che è avvenuto è manifestazione, magari solo un po’ più accesa, dello scontro politico che caratterizza la normale vita democratica.

      Rigetto questa tesi non già perché non sia consapevole che la politica non è esercizio di buone maniere, ma perché se banalizziamo quanto è accaduto finiamo per non vedere quella disgregazione dell’Europa che sta procedendo a gran passi e che Lorefice ha invece ben colto.

      È impressionante l’elenco delle 23 frontiere interne nelle quali, a giugno 2026 risulta sospeso il principio della libera circolazione e sono stati ripristinati i controlli di frontiera: Austria-Slovacchia, Austria-Repubblica Ceca, Austria-Ungheria, Austria-Slovenia, Italia-Slovenia,Paesi Bassi-Belgio,Paesi Bassi-Germania, Svizzera-Francia, Norvegia-Danimarca, Norvegia-Germania, Norvegia-Svezia, Danimarca-Germania, Polonia-Germania, Polonia-Lituania, Germania-Francia, Germania-Lussemburgo, Germania-Belgio, Germania-Repubblica Ceca, Svezia-Danimarca, Francia-Spagna, Francia-Italia, Svezia-Finlandia, Svezia-Norvegia.

      Nella larga parte dei casi il ripristino dei controlli è stato motivato in modo del tutto vago con una asserita necessità del controllo dei flussi migratori, in contrasto con quanto prevede lo stesso Regolamento Schengen che dispone invece che il ripristino del controllo alle frontiere interne può avvenire per il più breve tempo possibile, in casi eccezionali di minaccia grave per l’ordine pubblico o la sicurezza interna e precisa che “la migrazione e l’attraversamento delle frontiere esterne di un gran numero di cittadini di paesi terzi non dovrebbero in sé essere considerate una minaccia per l’ordine pubblico o la sicurezza interna” (considerando 26).

      Di fronte alla larga e inaudita reazione che c’è stata verso la Spagna, è necessario non archiviare l’accaduto come una disgustosa parentesi, ma chiedersi con maggior rigore di quanto si sia fatto finora, chi in Europa vuole la fine dell’Europa stessa quale straordinario (anche se fragile e incompiuto) processo storico di costruzione di un’unione politica sovranazionale che “si fonda sui valori del rispetto della dignità umana, della libertà, della democrazia, dell’uguaglianza, dello Stato di diritto e del rispetto dei diritti umani, compresi i diritti delle persone appartenenti a minoranze” (Trattato di Lisbona del 13 dicembre 2007). E con quale mostro politico la si voglia sostituire.

      https://altreconomia.it/perche-lo-sciacallaggio-politico-dopo-i-tragici-fatti-di-ceuta-non-va-s

      #frontières_intérieures #Schengen #libre-circulation #espace_Schengen #instrumentalisation_politique #contrôles_frontaliers

    • Ceuta Is Europe’s Berlin Wall Moment — Run in Reverse

      Like Berlin in 1989, Ceuta was an accident of history — but Europe’s response may entrench its walls.

      With a little hindsight, the fall of the Berlin Wall in 1989 seems the event most comparable to what unfolded in Ceuta in late July, both in the events themselves and in their origins: a confluence of circumstances — unintended and unplanned — that produced a major geopolitical rupture capable of altering Europe’s trajectory.

      Yet their consequences are likely to be diametrically opposed: on the one hand, the peaceful reunification of a continent amid the rapid spread of democracy; on the other, the reinforcement of the wall that already divides the two shores of the Mediterranean and the acceleration of Europe’s drift towards xenophobia and authoritarianism. Fortunately, however, the worst is never certain.
      A convergence of circumstances

      Almost four decades ago now, on 9 November 1989, Günter Schabowski, then the secretary of the Central Committee of the East German Communist Party responsible for media affairs, mistakenly announced at a press conference the immediate lifting of restrictions on East Germans’ travel abroad. That night, tens of thousands of them rushed towards the crossing points between West and East Berlin, strictly divided by a wall since August 1961. The East German border guards, overwhelmed and without official orders, eventually let the flood of people through. The Berlin Wall had fallen; the German Democratic Republic (GDR) would follow a few months later, along with the entire Eastern Bloc and, ultimately, the Soviet Union itself, dissolved in late 1991.

      That unexpected event stunned Europeans — just as Ceuta has stunned them in recent days. No one had planned or intended it, even though it belonged, of course, to the long history of the gradual erosion of the GDR and the Eastern Bloc. Yet it changed the course of European history.

      The same is very likely true of the events in Ceuta. At their root lies a ruling delivered by the Spanish Supreme Court on 29 June prohibiting “pushbacks” — the immediate return, without any assessment of their situation, of people reaching Ceuta by sea. The decision was widely shared and amplified on Moroccan social media, kindling disproportionate hopes among a young population with few prospects. At the end of July, the Moroccan security forces usually deployed in strength around Ceuta were mobilised instead for the Throne Day celebrations, which mark the anniversary of King Mohammed VI’s accession to the throne on 30 July, a public holiday in Morocco. This year the ceremony was held not in Rabat, the capital, but in M’diq and Tetouan, barely 25 kilometres from Ceuta, assembling the full spectrum of the Kingdom’s elite. Meanwhile, thanks to the holiday, a significant portion of Moroccan youth was flocking to the famous beaches adjacent to the Spanish enclave.

      This convergence of circumstances triggered the mass movement the world then witnessed. The outnumbered and overwhelmed Moroccan security forces let the crowds pass. The Moroccan government took no emergency measures: there was simply no question of disturbing the King and the Moroccan establishment during the Throne Day celebrations, which were to proceed without disruption.
      An unlikely manipulation

      There has been much speculation that the Moroccan government encouraged young Moroccans to cross into Ceuta to punish Spain for Prime Minister Pedro Sánchez’s visit to rival Algeria on 20 July. In 2021, the Moroccan authorities had indeed claimed to have facilitated a similar incident after Spain admitted an ailing Polisario leader to one of its hospitals. But the damage inflicted on King Mohammed VI’s image, in Morocco and beyond, on the very day of the Throne Day celebrations makes such a hypothesis highly unlikely.

      The possibility of interference by the United States or Israel has also been raised — countries eager for revenge on Sánchez, the European Union leader most hostile to the policies of Benjamin Netanyahu and Donald Trump in the Middle East. They have undeniably capitalised on the difficulties he has faced in Spain and elsewhere in Europe since the mass crossing into Ceuta. But no evidence of such interference has emerged, and none is needed to explain the events.

      The most likely cause of what happened in Ceuta, as on 9 November 1989, is a combination of circumstances — even if these, too, belong to a longer history: Morocco’s deep social crisis, marked by a large, educated youth deprived of prospects, and the mounting tensions stoked on the far shore of the Mediterranean by the “Fortress Europe” migration policy pursued by EU leaders.

      There, however, the similarities between Ceuta and Berlin end. The Berlin Wall was built by a communist dictatorship in the service of the Soviet occupiers. The wall at Ceuta, though it bears a strong technical resemblance to the Iron Curtain of grim memory, was erected by us, western Europeans — who are supposed to be committed democrats and humanists.

      Whereas East Germans had been eagerly awaited and hoped for over decades in Berlin and West Germany, young Moroccans are rejected outright and without appeal by a majority of Europeans, just like their brothers and sisters from the rest of Africa. And yet, in truth, their way of life, the cost of their labour, and their level of education differ little more from ours than did those of eastern Europeans after the fall of the Wall.

      The reunification of Europe up to Russia’s borders had seemed a natural project, one that western Europeans embraced without difficulty — even though such a unified Europe had never in reality existed outside the short-lived empires of Napoleon Bonaparte and Adolf Hitler which nobody regrets.

      The Mediterranean, by contrast, has bound together the peoples of its shores for millennia; yet any idea of rapprochement with the other side now strikes a majority of European Union residents as an existential threat graver even than those posed to Europe by Vladimir Putin and Donald Trump.

      So much so that Europeans — in France and elsewhere — increasingly cast their votes for a racist and xenophobic far right that admires these autocrats and would join forces with them against all those whose skin is not white enough. Yet to escape the stranglehold of Trump and Putin, the future of democratic Europe will depend in no small part on its ability to find new allies in the southern Mediterranean.

      Although the episode has had virtually no lasting impact on the number of migrants entering the European continent, the fear must be that the Ceuta affair — unlike the fall of the Berlin Wall — will accelerate Europe’s withdrawal into itself, sharpen the xenophobic and racist drift already at work, and push Europeans still further towards accepting the surrender of their democracy and freedoms. But the worst is not always certain: it will fall to the French people, in particular, to shoulder the heavy responsibility of deciding next year whether to put a decisive stop to this deadly trend.

      https://www.socialeurope.eu/ceuta-is-europes-berlin-wall-moment-run-in-reverse
      #manipulation