• Guide de protection numérique - Éd. Décembre 2019

    Dans sa version antérieure, le guide de protection numérique (Nothing2hide / ZEKA) nous a semblé trop simpliste pour un utilisateur expérimenté, voire trop complexe pour un néophyte. Nous diffusons une nouvelle version, vulgarisée et sans partis pris, dans laquelle nous tentons d’approcher les problèmes du bon côté, et en expliquant les enjeux de la protection numérique.

    https://zeka.noblogs.org/files/2019/12/guide-protection-numerique-v3_2019.pdf

    #numérique #vieprivée #gafam #protectionnumerique #nothing2hide

  • Gedaan met ‘rotherrie’ van Antwerpse politiehelikopter, hier is drone Yacob
    https://www.hln.be/in-de-buurt/antwerpen/gedaan-met-rotherrie-van-antwerpse-politiehelikopter-hier-is-drone-yacob~a945bc6

    De Antwerpse politie en brandweer draaien twee weken proef met de volledig automatische drone Yacob. Er komt geen piloot meer aan te pas. Dankzij Yacob is de Antwerpenaar binnenkort van de ‘rotherrie’ van de politiehelikopter verlost. De drone vliegt geruisloos aan 25 km/uur op een hoogte van 35 meter naar zijn bestemming. Philip De Visscher van privé-firma DroneMatrix pakte zijn medewerkers woensdagmiddag stevig vast : “Goed gedaan. Perfecte test.” De drone van DroneMatrix waarmee de politie (...)

    #aérien #criminalité #drone #automobilistes #immatriculation #vidéo-surveillance #surveillance

    ##criminalité

  • Airport and Payment Facial Recognition Systems Fooled by Masks and Photos, Raising Security Concerns
    https://fortune.com/2019/12/12/airport-bank-facial-recognition-systems-fooled

    Masks and simple photographs are enough to fool some facial recognition technology, highlighting a major shortcoming in what is billed as a more effective security tool. The test, by artificial intelligence company Kneron, involved visiting public locations and tricking facial recognition terminals into allowing payment or access. For example, in stores in Asia—where facial recognition technology is deployed widely—the Kneron team used high quality 3-D masks to deceive AliPay and WeChat (...)

    #Apple #Google #Qualcomm #MIT #CCTV #iPhone #smartphone #biométrie #facial #fraude #reconnaissance #vidéo-surveillance #banque #empreintes #erreur #surveillance (...)

    ##_

  • At least 10 police forces use face recognition in the EU, AlgorithmWatch reveals
    https://algorithmwatch.org/en/story/face-recognition-police-europe

    The majority of the police forces that answered questions by AlgorithmWatch said they use or plan to introduce face recognition. Use cases vary greatly across countries, but almost all have in common their lack of transparency. Police departments have long attempted to acquire, structure and store data on the populations they keep a watch on. Frenchman Alphonse Bertillon pioneered the use of anthropometrics by the police in the 1870s, creating a collection of tens of thousands of cards (...)

    #algorithme #CCTV #biométrie #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #empreintes #marcheur·euse #surveillance #vêtement #sport (...)

    ##AlgorithmWatch

  • « Dernière sommation » : quand la violence de l’État se croit légitime

    Allo, place Beauvau. Quand le journaliste #David_Dufresne commence à recenser les violences policières contre les gilets jaunes sur Twitter le 4 décembre 2018, il utilise cette interpellation directe au ministère de l’Intérieur (dont les bureaux sont situés dans l’hôtel Beauvau, dans le 8e arrondissement de Paris).

    En ce frisquet jour d’hiver, alors que commence ce qu’on a appelé l’« acte 3 » de la révolte française, Dufresne est sidéré par le silence des médias devant des #violences_policières qui lui apparaissent de plus en plus nombreuses et injustifiées. Il relaie des images captées par un adolescent bordelais montrant un camarade touché au visage par le tir d’un CRS.

    Ce sera le début, pour le journaliste désillusionné, collaborateur de Mediapart et auparavant de Libération, d’une quête de justice à coups de signalements sur Twitter — plus de 850 aujourd’hui. Cette année passée dans le ventre des manifs, pour laquelle il a été récompensé d’un Grand Prix du journalisme, est racontée d’une plume alerte et rythmée dans le roman Dernière sommation. Une lecture captivante et dérangeante, de laquelle on ressort habité par une grande question philosophique : qui a le droit d’être violent, et comment ?

    Comment nos sociétés en sont-elles venues à considérer une violence légitime, celle des policiers, et une violence répressible, celle des manifestants ? Les images sanguinolentes s’accumulant sur le compte Twitter de Dufresne posent le constat indéniable d’une violence policière que les autorités politiques ne sanctionnent guère, ni ne tentent de contenir.

    « Ne parlez pas de répression et de violences policières, ces mots sont inacceptables dans un État de droit », déclare Emmanuel Macron le 7 mars. Pour David Dufresne, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Lui reviennent en tête les mots de Max Weber : « L’État revendique le monopole de l’usage légitime de la force physique. »

    « Je préférerais que ces paroles de Weber ne soient pas aussi criantes de vérité, lance-t-il, dépité. Mais, dans la France des gilets jaunes, elles résonnent plus que jamais. »

    Au fil des chapitres de #Dernière_sommation, le lecteur québécois pourra d’ailleurs associer à la situation française le souvenir amer du règlement P6 pendant le printemps étudiant — Dufresne a lui-même vécu à Montréal pendant une dizaine d’années et le mentionne comme une dérive similaire.

    « J’avais en tête ce qui s’est passé à Montréal en écrivant le roman, précise-t-il. Mais la situation de la France est plus tragique encore, puisque les forces policières relèvent directement du ministère de l’Intérieur et que les liens avec le politique sont encore plus étroits, constituant une menace plus grande à la démocratie et à l’expression des droits de la personne. Ça prend aussi une tournure particulière puisque la France est un pays doté d’une forte tradition de révolte populaire, dont la Déclaration des droits de l’homme reconnaît au peuple le droit de se soulever. Ce droit est tout à fait grignoté en ce moment. »

    Un roman pour prendre du recul

    Très ancré dans le réel et très proche des événements vécus par Dufresne lui-même, Dernière sommation prend tout de même des libertés et s’enrobe de fiction « pour constituer un poste d’observation plus large ». L’ex-journaliste y devient une version encore plus « punk » de lui-même, en la personne d’Étienne Dardel, père de famille aspiré par le mouvement des gilets jaunes de façon quasi obsessionnelle. S’intéressant d’abord aux manifestants — ceux de gauche, comme cette jeune idéaliste prénommée Vickie, ou ceux de droite, comme la mère éplorée de cette jeune militante —, le romancier dessine aussi les personnalités de préfets de police embrigadés dans les filets de l’État ou de policiers aux prises avec un syndicat impuissant.

    « La fiction m’a permis de composer des personnages cohérents en m’inspirant d’une très grande quantité de personnes croisées au fil de mon année à documenter la violence, souligne Dufresne. Mais, surtout, j’ai pu utiliser le roman comme une manière de sortir de la fournaise de l’actualité brûlante et d’essayer de tirer des conclusions, ou de trouver une signification au chaos. »

    Il n’est pas insensible à la douleur des policiers épuisés par d’éreintantes journées sur les ronds-points ou pris en étau entre le sens du devoir et le regard compassionnel qu’ils ne manquent pas de poser sur les manifestants. « Néanmoins, la souffrance des policiers ne doit pas se retourner contre les manifestants », tranche-t-il.

    Dufresne, malgré des airs de militant anti-flic, est un apôtre de la nuance. Chez les gilets jaunes, un mouvement composite s’il en est, il voit autant de militants « admirables » que de représentants de tout ce qu’il exècre. « J’ai considéré que mon travail n’était pas de faire de la discrimination en fonction des idéologies avec lesquelles je sympathise. La violence de l’État est illégitime, qu’elle frappe à gauche ou à droite. »

    Autre constat sans appel du néo-romancier : « le journalisme est mort ». « Je ne dis pas que Twitter est la solution, nuance-t-il. Les possibilités des réseaux sociaux sont également fort limitées. Il y a peut-être une certaine forme de couverture directe sur Internet qui me semble salutaire, comme celle que fait par exemple un titre comme Streetpress. Mais, de manière générale, le milieu journalistique ambiant en France est acoquiné au pouvoir et diffuse une #pensée_unique. C’est un problème grave. »

    https://www.ledevoir.com/lire/568975/fiction-francaise-derniere-sommation-quand-la-violence-de-l-etat-se-croit-
    #violence #violence_étatique #légitimité #livre #recension #journalisme #presse #médias #réseaux_sociaux #twitter #maintien_de_l'ordre

    ping @davduf @karine4

  • Unusual roundup of Eritrean refugees

    A serious and very unusual roundup of Eritrean refugees is underway in Khartoum this week. Security forces are targeting refugees and their establishments, in particular, refugees from Eritrea. Hungry security squads are hunting the helpless refugees from wherever they are: streets, workplaces, and even from their homes. Whoever caught by the security is asked to pay 50,000 or more to be released. Very unfortunately, Eritrean refugees are terrorized and in hiding to save their lives, including who have legal documents from the government and who are recognized by UNHCR.

    This unprecedented and well organized move against Eritrean refugees has no one anticipated. And no one has a clue about the motive behind it. It may have any link with the recent visits to Asmara by the Sudanese authorities. If that is the case, these refugees are in real or in an imminent danger that requires an immediate attention from the international community. The security officers are asking their nationality before they put them on trucks. It’s very worrisome situation for refugees who have no protection from the host country or from their own representative in the country. United Nations and other humanitarian organizations, including UNHCR have the obligation to intervene and save innocent lives. The situation is very alarming and heartbreaking that needs an urgent attention from whoever is engaged in humanitarian works.

    I want to stress that this information is a real that is happening now and continues to happen on innocent people who have no crime or misconduct, their only crime being that they are refugees who fled repression and asked protection in other country. As humans, they don’t deserve protection? They do, in fact, international community shouldn’t wait a second to act; it’s a matter of urgency. Have a look on the pictures below; refugees are under attack, horror, and terror from security and gangs.

    https://africamonitors.org/2019/12/14/unusual-roundup-of-eritrean-refugees-underway/amp
    #rafles #réfugiés_érythréens #Soudan #Khartoum #asile #migrations #réfugiés #enlèvements #prisons #emprisonnement

    @isskein

    • The plight of Eritrean refugees in Sudan: an appeal to the UNHCR

      To:

      UNHCR Khartoum Office, the Sudan

      Sudan Commission for Refugees (COR)

      Higher Council for Community Development

      Excellencies,

      It is to be recalled that on 30 October 2019, a symposium was organized in Khartoum attended by representatives of the Sudanese Ministry of Labor as well as one representative from each of the caseloads of refugees in the Sudan from Eritrea, S. Sudan, Ethiopia, the Congo, Yemen and Syria.

      At the said symposium, the Sudanese authorities and the local UNHCR Office have reached the agreement that refugees in the Sudan can be allowed training and work opportunities like Sudanese citizens, except in security and military spheres. Sadly, this accord was not formally conveyed to the concerned refugees in a manner that they can understand nor did the concerned authorities initiate the pledged training opportunities. Instead, refugees are this month being rounded up from their homes, workplaces and from the streets and taken to prison. Their incarcerators claim that the refugees, including those who held residence permits as of 2000 from the Immigration Ministry, have no work permits. To add insult to injury, the Sudanese “law enforcers” are asking the detained refugees to buy their freedom by paying between 50,000 and 100,000 Sudanese pounds.

      We the undersigned Eritrean political and civic forces demand the most immediate action on the following:

      The Sudanese authorities to stop the unjust action taken and being taken against Eritrean and other refugees in the host country;
      To let the refugees taken from workplaces to safely return to their jobs;
      To release without pre-conditions all detained refugees and respect the right of those refugees already holding residence permits to stay in the Sudan as refugees;
      To provide training courses to refugees as pledged, and to pay back the money taken from refugees who were asked to pay up to 100,000 pounds for their release from prison.

      Likewise, we urge the UNHCR to follow up the implementation of the agreement reached with the Sudanese authorities and the COR at the symposium of 30 October 2019 and protect the rights of victimized Eritrean refugees.

      No one can ignore or forget the historic warm welcome and support of the Sudanese people to Eritrean refugees, and we still call with strong hope the Sudanese Government to pursue fraternal relations that can strengthen existing bonds between our peoples. There is no doubt that Eritreans still take the Sudan as their second home.

      Respectfully yours,

      Eritrean National Council for Democratic Change (ENCDC);
      Eritrean People’s Democratic Party (EPDP);
      United Eritreans for Justice (UEJ)
      Unity for Democratic change (UDC)
      Eritrean National Front (ENF)

      https://eritreahub.org/the-plight-of-eritrean-refugees-in-sudan-an-appeal-to-the-unhcr

    • Un ami érythréen, qui suit cela de près, vient de me dire que cela fait 3 semaines que les rafles continuent, que les érythréens (et que les Erythréens, pas les migrants d’autres nationalités présents au Soudan, comme les Ethiopiens ou les Somaliens ou les Syriens, qui, eux, ne sont pas enlevés).

      Il me conseille 2 chaînes youtube, qui donnent des news en tigrinya :

      #Mestyat_Betna (la chaîne à suivre selon lui) :
      https://www.youtube.com/channel/UCoycGm-M8WgaZhBGOJYqg_Q
      –-> voir notamment cette #vidéo :
      https://www.youtube.com/watch?v=PTNfQiBzjCc


      Mestyat Betna habite en Allemagne.

      –----

      Fnan App Infotech (sport surtout et questions politiques) :
      https://www.youtube.com/channel/UC00qOUnbRX1JgBV4RV1eSRw/videos?disable_polymer=1

  • Transparence : Jean-Paul Delevoye déclare finalement treize mandats et regrette « une erreur », Samuel Laurent et Anne Michel
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/12/14/transparence-jean-paul-delevoye-declare-finalement-treize-mandats-et-regrett

    « Le Monde » a pu consulter la nouvelle déclaration d’intérêts rédigée par le haut-commissaire aux retraites, qui revoit à la hausse les salaires reçus.

    Treize mandats au total, dont onze toujours actifs, contre seulement trois initialement déclarés, et des salaires révisés à la hausse…. Le Monde a pu consulter la nouvelle version de la déclaration d’intérêts envoyée dans la soirée du vendredi 13 décembre par Jean-Paul Delevoye, le haut-commissaire aux retraites, à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

    M. Delevoye, « ministre des retraites » du gouvernement d’Edouard Philippe depuis septembre, est dans la tourmente depuis qu’une première version de sa déclaration d’intérêts, mise en ligne samedi 7 décembre par la HATVP, a fait apparaître une série d’omissions et de points problématiques.

    Depuis 2013, la loi oblige tout ministre à indiquer à l’autorité garante de la probité des responsables publics, d’une part, sa situation patrimoniale, et d’autre part, ses responsabilités présentes et passées, si celles-ci sont susceptibles de présenter un risque de conflits d’intérêts et d’influencer sa prise de décisions futures.

    « Quand je suis devenu Haut commissaire au gouvernement, j’ai été extrêmement attentif à ma déclaration de patrimoine et ayant toujours considéré que le déclaratif devait être contrôlé par des personnes assermentées, j’ai fait appel à un expert-comptable , explique Jean-Paul Delevoye dans un entretien accordé au Monde, samedi 14 décembre. J’avoue ne pas avoir porté la même attention à ma déclaration d’intérêts, sans doute parce que j’avais le sentiment de pas avoir de conflits d’intérêts et parce que j’étais obnubilé par ma déclaration de patrimoine. »

    Dans sa déclaration d’intérêts rectifiée tout juste transmise à la HATVP, l’artisan du projet de réforme des retraites voulu par le gouvernement s’emploie à corriger les manquements et problèmes révélés depuis lundi 9 décembre dans sa déclaration initiale : en résumé, plusieurs mandats bénévoles susceptibles de générer des conflits d’intérêts avaient été omis, comme l’avaient révélé tour à tour Le Parisien, Capital et Le Monde ; la case « activités professionnelles rémunérées » actuelles ou exercées au cours des cinq années précédentes comportait aussi des omissions.

    Surtout, la mention d’une fonction de président d’honneur d’un think tank (Parallaxe) adossé à un groupe d’enseignement supérieur et de formation (IGS), maintenue après son entrée au gouvernement en septembre, révélait un problème : le ministre avait été payé pendant environ trois mois pour une fonction annexe, un fait interdit par la Constitution. L’article 23 proscrit en effet « tout emploi public ou toute activité professionnelle » aux membres du gouvernement durant leur mandat.

    Onze mandats bénévoles
    Que nous apprend cette déclaration rectifiée ? D’abord que l’ancien ministre de la fonction publique sous le gouvernement Raffarin, chiraquien historique, a multiplié les fonctions bénévoles depuis 2015. « J’avais mis un terme à toutes mes activités publiques après mon départ du Conseil économique social et environnemental en 2015 et j’ai donc accepté un certain nombre de missions conformes à mes convictions et mes engagements, notamment dans le domaine social pour la formation des jeunes, l’insertion sociale et la lutte contre la précarité » , explique M. Delevoye.

    Sur le total de treize mandats déclarés, onze sont bénévoles et n’avaient pour la plupart pas été dévoilées jusqu’ici. Parmi ceux-ci, son poste de président de l’Observatoire régional de la commande publique des Hauts-de-France, révélé samedi matin dans nos colonnes. Jean-Paul Delevoye figure aussi au conseil d’administration de deux associations de « Civic tech », un mouvement qui veut utiliser la technologie pour améliorer la démocratie : « Démocratie ouverte », une association qui cherche « à rendre notre démocratie plus transparente, participative et collaborative ». Il siège aussi au conseil d’administration d’une structure similaire, Parlements & Citoyens, en tant que « personnalité qualifié ».

    Son entourage précise que ce sont deux structures qu’il a connues et accompagnées lorsqu’il présidait le Conseil économique, social et environnemental (Cese). Les deux associations ont pour point commun d’avoir comme cofondateur Cyril Lage, l’un des artisans de la plateforme du Grand Débat lancé par Emmanuel Macron au travers de sa start-up, « Cap Collectif », qui a conçu et géré la plateforme électronique du Grand Débat.

    Le haut-Commissaire aux retraites est aussi administrateur et membre du comité exécutif de la Fondation La Source, créée par le peintre et sculpteur Gérard Garouste et qui dispense des ateliers d’éveil artistique à destination d’un jeune public. M. Delevoye figure également au comité stratégique de la Fédération française des diabétiques, dont il est « ambassadeur » depuis des années. Le haut-commissaire aux retraites mentionne par ailleurs un ancien mandat, clos depuis octobre 2017, au conseil d’administration de la fondation du crédit agricole Nord de France, qui finance des actions caritatives et sociales. Enfin cet amateur de musique classique préside deux associations : l’Association des orchestres nationaux de France et Chartreuse de Neuville (mentionnée dans sa première déclaration), elle aussi active en matière de formation et d’insertion sociale.

    « J’ai fait ces omissions car pour moi, c’était de l’ordre de l’engagement social » , se justifie Jean-Paul Delevoye. Interrogé sur d’éventuelles prestations payées dans ce cadre bénévole, il affirme n’avoir « jamais donné de conférences rémunérées dans le cadre de ces fonctions ». « Je m’y suis toujours refusé, ajoute-t-il, j’ai eu de récentes propositions que j’ai refusé car justement j’étais payé par l’Etat. »

    Rémunérations en hausse
    Au chapitre de ses activités rémunérées actuelles ou exercées dans les cinq ans avant la déclaration d’intérêts, que la loi oblige également à déclarer, le ministre des retraites donne des précisions sur les sommes perçues au titre des deux mandats déjà cités dans sa première déclaration : un ancien poste de « conseiller du délégué général » du groupe d’enseignement supérieur privé IGS, et le fameux mandat de président du think tank Parallaxe, également rattaché au groupe IGS. C’est cette fonction, commencée en janvier 2018 et maintenue malgré sa nomination au gouvernement, qui est au cœur de l’affaire actuelle, parce qu’interdite par la Constitution.

    Cette nouvelle déclaration revoit à la hausse les sommes perçues : M. Delevoye déclare 78 408 euros net au titre de son contrat de conseiller pour IGS en 2017, contre 40 000 euros net dans sa première version. Ce total de 78 408 euros net représente une rémunération mensuelle de la part d’IGS de 6 500 euros net cette année-là. De même, le salaire de son poste de président d’honneur du think tank Parallaxe, qu’il a cumulé durant trois mois avec son portefeuille de ministre, est revu à la hausse. Selon la nouvelle déclaration, le mandat était rémunéré 73 338 euros net en 2018 et 62 216 en 2019. Des sommes là encore en hausse par rapport à la première déclaration, qui évoquait 64 420 euros en 2018 et autant en 2019.

    Au passage, cette déclaration rectifiée dévoile une information restée confidentielle jusqu’ici : M. Delevoye était rémunéré 74 526 euros net en 2018 comme Haut commissaire à la réforme des retraites, le poste qu’il occupait avant son entrée au gouvernement comme Haut commissaire aux retraites. Si on ajoute cette somme à son salaire de président de think tank, l’ensemble des rémunérations perçues par M. Delevoye en 2018 excède les 12 000 euros de revenus mensuels cumulés.

    « Je m’étais refusé à créer ma société de conseil, je n’aimais pas cela, je préférais m’engager aux côtés d’associations dotées d’une solide colonne vertébrale », explique au Monde M. Delevoye. « La preuve de ma bonne foi est que j’avais mis dans ma déclaration d’intérêts initiale, en toute transparence, cette fonction de président d’honneur de Parallaxe et la rémunération associée. Je n’avais rien à cacher et on ne m’avait prévenu que cela posait problème. ».

    Dans l’entretien qu’il a accordé au Monde, M. Delevoye assure avoir appris par la presse qu’il n’avait pas le droit de cumuler son portefeuille et la présidence rémunérée d’un think tank. Cette incompatibilité constitutionnelle ne lui avait, affirme-t-il, jamais été signifiée, ni par le Secrétariat général du gouvernement (SGG), ni par la HATVP. C’est en effet mardi 10 décembre seulement, au lendemain des révélations de la presse, que la lettre portant les demandes de précisions de la HATVP lui est parvenue. Une chronologie qui a de quoi interroger. L’usage veut en effet que les déclarations d’intérêt ou de patrimoine ne soient publiées qu’après un dialogue a été engagé entre le déclarant et l’autorité administrative de contrôle. Pour sa part, le Secrétariat général du gouvernement est censé disposer d’une copie de la déclaration d’intérêt une fois transmise à la Haute autorité, et est donc susceptible de repérer d’éventuelles anomalies.

    M. Delevoye ne s’en prend toutefois qu’à lui-même. « Je n’en veux à personne sauf à moi. Quand je fais une erreur, je l’assume. J’ai suffisamment dit que personne n’était au-dessus des lois pour ne m’appliquer ce principe à moi-même. Cela dit, j’étais de bonne foi et me dis que cet épisode aurait peut-être pu être évité si quelqu’un m’avait mis en garde. J’aurais immédiatement rectifié ma situation. Les choses auraient été différentes si j’avais été alerté. C’est ce que je me dis quand je regarde le prix que je paye sur le plan personnel et politique aussi. »

    Samedi, le haut-commissaire a reçu le soutien du premier ministre : « Je pense que la bonne foi de Jean-Paul Delevoye est totale » , a assuré au Parisien Edouard Philippe. Au Monde, M. Delevoye assure vouloir poursuivre sa mission : « Je ne m’accroche pas à mon poste mais j’ai réparé mon erreur et j’aimerais continuer à défendre et soutenir ce projet dans le souci du dialogue social et dans une démarche d’apaisement de notre société. » Toutefois il concède : « J’ai fait passer des messages et si mon erreur devait desservir la cause pour laquelle je me bats, ce projet de réforme des retraites auquel je crois et auquel je tiens, alors j’en tirerais les conséquences ».

  • This Is Not an Atlas - A Documentary on Counter-Cartographies

    “Making #maps is first of all read a lot, be #curious and to find within the society, in all what you see, all what you read, issues that you get #upset to. This is what radical #cartography is”

    Dixit @reka, à partir de la minute 22’30:
    https://www.youtube.com/watch?v=T8-GKyy3j6I&feature=youtu.be

    Et Reka explique que faire de la carto radicale c’est:
    1. déconstruire, décrire
    2. actions pour rétablir la justice

    #cartographie #cartographie_radicale #cartographie_critique #Philippe_Rekacewicz #Reka #ressources_pédagogiques #vidéo #contre-géographie #Denis_Wood

    ping @karine4 @mobileborders

  • Graves violations des droits des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s en Tunisie : une situation alarmante qui doit cesser.

    Graves violations des droits des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s en Tunisie : une situation alarmante qui doit cesser.

    Le Département Migration du FTDES dénonce les violations des droits des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s présent.e.s dans toute la Tunisie dont il a été saisi cette année.

    En l’absence de cadre législatif national en matière d’asile, les demandeur.se.s d’asile et les réfugié.e.s en Tunisie sont placé.e.s sous la protection du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR). Chargée de l’examen de leur demande d’asile, l’agence onusienne a nouvellement mandaté le Conseil Tunisien pour les Réfugiés (CTR), association tunisienne financée à hauteur de 100% par le HCR, pour mettre en œuvre la protection à laquelle peut prétendre chaque demandeur.se.s d’asile ou personne reconnue réfugiée (hébergement, distribution de bons alimentaires, prise en charge des frais médicaux, accès à l’information…).

    Or, suite à un nombre croissant de témoignages, le FTDES a pu constater ces derniers mois des manquements graves de la part de ces deux organisations concernant le respect des droits des personnes en besoin de protection internationale :

    Surpopulation des centres d’hébergement dans le sud tunisien et insuffisance des programmes de mise à l’abri à Sfax et Tunis. A Tunis, en l’absence de centres, un hébergement d’urgence a été ouvert dans un hôtel du centre-ville. Seules les personnes les plus vulnérables y ont droit, pour une durée limitée à 14 jours. Des mineurs et des familles avec enfants en bas-âge sont contraints de dormir dans la rue après ce délai. Au mois de décembre, au moins 130 demandeurs d’asile ont été signalés comme vivant dehors. Les appartements loués par le HCR sont non meublés, souvent éloignés des centres-villes et insalubres (certains n’ont pas d’accès à l’eau par exemple).
    Insuffisance des bons alimentaires notamment pour les mères isolées et les familles. Ces bons alimentaires sont distribués de manière aléatoire et irrégulière.
    Difficultés d’accès aux soins, défaillance dans la prise en charge des frais médicaux, y compris en cas d’urgence vitale. En avril 2019, l’absence d’assistance médicale aurait coûté la vie à un jeune demandeur d’asile de 19 ans, faute de prise en charge rapide suite à une crise cardiaque.
    Insuffisance du suivi psychologique des personnes vulnérables, dont la plupart sont passées par l’enfer libyen et ont survécu à des actes de torture. Cette détresse psychologique semble aggravée par les conditions précaires dans lesquelles se trouvent les demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s en Tunisie. Depuis le début de l’année 2019, au moins deux tentatives de suicide, dont celle d’un mineur, ont été signalées dans les centres gérés par le HCR.
    Absence de prise en charge adéquate des mineurs isolés. Un nombre important de mineurs vivent actuellement dehors, sans encadrement, ni accès aux soins et à l’éducation. Certain.e.s ont subi des agressions alors qu’ils dormaient dans la rue.
    Manque d’information généralisée et absence d’assistance juridique concernant la procédure de demande d’asile. Certaines personnes disent n’avoir aucune connaissance de la date de leur prochain rendez-vous, le HCR leur demandant de revenir à la date d’expiration de leur carte de demandeur.se.s d’asile, soit après 6 mois.
    Difficultés d’accès à la demande d’asile, en particulier pour certaines nationalités. Des personnes ont dû attendre plusieurs mois avant de pouvoir déposer une demande de protection, attente à laquelle s’ajoute ensuite la lenteur de la détermination du statut, qui peut prendre jusqu’à 9 mois. Des défaillances dans la procédure de détermination de statut de réfugié ont également été relevées, comme des problèmes d’interprétation lors des entretiens et une absence de confidentialité des échanges avec les officiers de protection du HCR.

    Le FTDES s’inquiète par ailleurs du fait que l’ensemble des personnes ayant témoigné au sujet des pratiques du HCR et du CTR craignent des représailles. Nombre d’entre elles font état de harcèlement psychologique et de menaces personnelles visant à les dissuader de partager avec les journalistes et la société civile la détresse dans laquelle elles se trouvent. Celles qui osent revendiquer leur droit sont mises à l’écart. D’autres se voient systématiquement refuser l’accès au CTR et sont parfois même menacées d’être présentées à la police si elles continuent à se rendre dans leurs locaux, pour bénéficier des droits qui leur sont pourtant dus.

    De nombreuses personnes disent enfin se sentir indésirables, humiliées et rejetées par les organisations en charge de leur protection. Beaucoup utilisent même la métaphore du ballon de football pour illustrer leur situation : des personnes déshumanisées que l’on renvoie d’un bureau à un autre, du Lac à Mutuelleville, de Tunis à Médenine, voire qu’on pousse à retourner en Libye.

    Le FTDES, après avoir entendu ces témoignages, qui font état de violations massives et systématiques des droits des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s :

    Demande, pour toutes les personnes réfugiées ou en demande de protection internationale, une amélioration de l’accès à l’information, une prise en charge des frais médicaux et la garantie pour tout.e.s de moyens de subsistance suffisants.
    Appelle toutes les ONG, associations, instances nationales et onusiennes à coopérer et dialoguer afin de trouver une solution durable à la problématique de l’hébergement des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s en Tunisie. Appelle également au respect de standards minimums concernant la salubrité des lieux, qu’il s’agisse de centres, d’hôtels, ou d’appartements loués par le HCR.
    Attire l’attention de ces différents acteurs sur la protection impérative des mineurs étrangers, en tant qu’enfants, et ce quel que soit leur statut administratif, conformément à la Convention internationale des droits de l’enfant que la Tunisie a ratifié en 1991.
    Demande un traitement égalitaire et non discriminatoire pour l’ensemble des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s en Tunisie, ainsi que le respect de la procédure de détermination du statut de réfugié.
    Demande aux organisations onusiennes et aux associations responsables de la protection des demandeur.se.s d’asile et réfugié.e.s en Tunisie de cesser toute forme de harcèlement psychologique et de respecter les droits fondamentaux de ces personnes.
    Réitère sa demande pour que le HCR, l’Etat tunisien et les organisations humanitaires prennent leurs responsabilités afin de trouver une solution durable et digne à la situation inacceptable des anciens réfugiés du camp de Choucha oubliés par l’ensemble de ces mêmes acteurs depuis de trop nombreuses années.
    S’inquiète des pratiques de certains acteurs, visant manifestement à décourager la demande d’asile en Tunisie, et de la mise au service d’organisations humanitaires à des fins sécuritaires.
    Considère qu’une partie importante des problèmes auxquels font face les personnes migrantes en Tunisie est le résultat direct des politiques d’externalisation de l’Union européenne et de la complicité de l’Etat tunisien, des agences onusiennes et de certaines ONG locales pour leur mise en œuvre.

    https://ftdes.net/graves-violations-des-droits-des-demandeur-se-s-dasile-et-refugie-e-s-en-tuni
    #violation #droits_humains #Tunisie #asile #migrations #réfugiés
    ping @_kg_

  • Was ist SchloR? • Schöner leben...
    https://schlor.org/schlor/was-ist-schlor-2

    Das Projekt SchloR hat zum Ziel, in Wien langfristig abgesicherte und leistbare Räume für selbstverwaltetes und gemeinschaftliches Arbeiten und Wohnen zu schaffen. Unser Selbstverständnis beruht neben der Selbstverwaltung auf Inklusion, Solidarität, sowie der Idee des Nutzungseigentums (statt Privateigentum) und der Kapitalneutralisierung. Selbstverwaltet bedeutet, dass wir uns selbst organisieren und unsere Räume gemeinsam gestalten.
    Um unser Projekt zu realisieren, planen wir gemeinsam mit dem Dachverband habiTAT den Kauf einer Immobilie in Wien Simmering. Durch das Rechtsmodell des habiTAT wird die Immobilie vergesellschaftet und dauerhaft dem Immobilienmarkt entzogen. Außerdem fallen Personen, die Profite aus dem Grundrecht auf Wohnen schlagen, weg.
    Solidarität zeigt sich z.B. dadurch, dass jeder Person – fernab von sozialen Status & Eigenkapital – eine gleichberechtigte Teilhabe, (Mitbestimmungs-)möglichkeiten & Rechte gegeben werden. Somit sollen soziale Ungleichheiten ausbalanciert werden ohne dabei Hierarchien einzuziehen.

    Verein zur Förderung kollektiven Wohnens und kreativer Lebensvisionen (ZVR 236108850)
    Rappachgasse 26
    A-1110 Wien

    Anfragen: contact at schlor punkt org

    #Autriche #Vienne #logement

  • Amérique centrale : le corridor de la sécheresse

    « Nos deux journalistes ont parcouru en septembre le bien nommé « 
    couloir de la sécheresse » en Amérique centrale, du Guatemala au
    Honduras en passant par le Salvador. Parce qu’aux causes entendues et entremêlées de la migration centraméricaine vers le nord — violence, chômage, corruption — s’en greffe une autre, de plus en plus déterminante : la crise climatique, qui frappe de plein fouet le monde rural.

    (…)

    Pour une grande partie de la population de ces trois pays — encore
    largement ruraux — qui forment le « triangle du Nord », le sentiment
    est prégnant qu’il y a peu ou pas d’espoir de s’en sortir en restant
    là. « Tout le monde veut partir », entendrons-nous dire partout, tout
    le temps. Et tout le monde semble connaître quelqu’un ou quelqu’une qui est parti.

    (…)

    Insécurité et absence de perspectives d’emploi : maux connus et
    profonds. S’y superpose aujourd’hui une sécheresse qui dure depuis au moins cinq ans et dont peu doutent qu’elle soit aggravée par le
    dérèglement climatique. Aussi, cette météo dérangée est devenue une cause majeure de la migration en milieu rural, sinon de la migration tout court. De l’insécurité alimentaire à la migration, la corrélation est claire. »

    Source : Le Devoir, 13 décembre 2019.

    https://www.ledevoir.com/documents/special/19-12_arpenter-corridor-secheresse/index.html

  • Journal articles ‘tacitly support China territory grab’

    The role of academic journals in adjudicating on fiercely disputed territorial claims in the South China Sea has come under scrutiny as Chinese scholars use maps endorsing China’s position.

    Papers by Chinese researchers, often co-authored with Western collaborators, have been illustrated with maps that include the “nine-dash line” – a U-shaped borderline stretching south from China and Taiwan to Borneo. It envelopes islands and reefs claimed by Brunei, Malaysia, the Philippines, Taiwan and Vietnam, including Scarborough Shoal and the Spratly Islands.

    An international tribunal convened in The Hague in 2016 under the United Nations Convention on the Law of the Sea ruled against the line. China disputes the ruling.

    Clive Hamilton, professor of public ethics at Charles Sturt University in Canberra, claimed that the issue echoed moves in 2017 by Springer Nature and Cambridge University Press to appease China by removing politically sensitive articles from their Chinese websites.

    “Here’s another example of Beijing asserting its claims through international scientific journals,” said Professor Hamilton, a high-profile critic of Chinese foreign policy.

    “A very big, economically powerful authoritarian power [is] engaged in a political struggle over territory, and wants the international scientific community to in effect endorse its claim by publishing maps that have no validity under international law.”

    He said Chinese researchers “would undoubtedly suffer if they were authors of an article in an international journal that included the South China Sea but did not show the nine-dash line”.

    However, one influential journal said that it was “not unusual” for scientific publishers to remain neutral on jurisdictional claims, while a China expert warned of the difficulty of requiring peer reviewers to be aware of and enforce geopolitical issues.

    Times Higher Education has found nine-dash line representations in nine journal articles by Chinese researchers. Most have been published since early last year, and none is about maritime issues. The papers’ subject matter includes bamboo, butterflies and Tibetan vegetation. Five boast co-authors from Australia, Germany, Scotland, Singapore and the US.

    An Australian geneticist based in Japan said maps depicting Chinese ownership of South China Sea islands appeared in about half the Chinese-authored papers he came across. Their frequency was increasing, the scientist continued, and they now appeared in high-ranking international journals as well as in smaller publications favoured by Chinese authors.

    The researcher, who asked not to be named, said he had objected to such a map’s inclusion in a forthcoming paper he wrote with Chinese collaborators. “I was told that they cannot do anything because it is a requirement of the Chinese Communist Party. They are provided with official maps that they have to use.

    “Most [foreign co-authors] choose to ignore it, perhaps because they think it is not worth the trouble to say anything. Journals do not give guidelines on how to deal with the issue when reviewing papers.”

    THE sought comment from the journals Cells, Diversity and Distributions, Molecular Ecology, New Phytologist and Plos One. The last was the only one to respond, saying that a policy introduced last year required territorial descriptions in submitted manuscripts to “follow international treaties and conventions”.

    “Otherwise, Plos remains neutral on any jurisdictional claims expressed,” it added. “This policy is not unusual in scientific publishing.”

    Professor Hamilton said journals that failed to enforce such policies “implicitly endorsed a claim that violated the rights of poor Filipino fishermen. My guess is editors have probably not had it drawn to their attention,” he added.

    University of Melbourne entomologist Nancy Endersby co-authored a 2019 Cells paper that contains representations of the nine-dash line. “If I had been aware of this inclusion and its significance, I would not have allowed my name to be on the paper,” she said. “I focused on the molecular aspect of the paper and trusted [the] map was accurate.”

    Co-author Ary Hoffman said: “Now that we’re aware of it, we’ll certainly look for it in any future collaborative efforts. As biologists, it is not something that was on our radar.”

    James Laurenceson, head of the Australia-China Relations Institute at the University of Technology Sydney, supported Professor Hamilton in raising the issue. He said Chinese academics were likely to assume that Beijing would “look approvingly” on their reproduction of the nine-dash line.

    “But I wouldn’t necessarily take it as evidence that they’ve been directed to do so,” he said. “I’m not sure the Chinese bureaucracy is that organised.”

    Professor Laurenceson said peer review had failed to pick up the offending maps. “Finding peer reviewers of journals is tough enough already,” he said. “If we insist that they’re also aware of geopolitical issues, many academics are just not going to have the time to be abreast of it.”

    https://www.timeshighereducation.com/news/journal-articles-tacitly-support-china-territory-grab

    #manipulation #cartographie #visualisation #Chine #Philippines #différend_territorial #revues_scientifiques #recherche #nine-dash_line #Mer_de_Chine_méridionale #responsabilité

    ping @simplicissimus @reka

  • La sœur d’#Adama_Traoré va être mise en examen pour #diffamation envers des gendarmes

    Deux gendarmes avaient porté plainte contre #Assa_Traoré pour les propos écrits sur un compte Facebook.

    Assa Traoré, la sœur d’Adama Traoré, va être mise en examen pour diffamation envers des gendarmes, a appris mardi 10 décembre franceinfo auprès de son avocat Me Yassine Bouzrou. Elle a reçu une lettre du juge d’instruction, faisant office d’"avis préalable à une #mise_en_examen" pour « #diffamation_publique envers une personne dépositaire de l’autorité publique ».

    « Ils ne tueront pas ton nom Adama »

    Deux gendarmes avaient porté plainte contre Assa Traoré pour les propos écrits sur un compte #Facebook. Sur ce compte on peut lire : « Les gendarmes t’ont tué mais ils ne tueront pas ton nom Adama », et « Pas de justice pas de paix, mise en examen des gendarmes », suivi des noms de trois gendarmes. Le texte les désigne comme responsables de la mort d’Adama Traoré, jeune homme mort lors de son interpellation par les gendarmes dans le Val-d’Oise en 2016.

    Le collectif « La vérité pour Adama » dénonce sur Twitter une « incroyable inversion des rôles ». "C’est la soeur de la victime qu’on met en examen, écrivent-ils.

    Ils exigent le silence de la famille ainsi que le maintien de leur anonymat (…) Nous vous demandons de l’écrire partout en solidarité avec Assa Traoré et sa famille. Nous le répétons : mise en examen des gendarmes !Collectif « La vérité pour Adama »

    L’avocat de la famille Traoré, Me Yassine Bouzrou, précise que cette mise en examen est la suite logique de la procédure, lorsqu’il y a dépôt de plainte avec constitution de partie civile. D’après lui, cela ne prouve pas que le juge a des éléments contre Assa Traoré. « Ces plaintes sont grotesques et n’ont aucune chance d’aboutir », commente l’avocat auprès de franceinfo. Il indique que deux autres gendarmes poursuivent Assa Traoré sous forme de citation directe.


    https://mobile.francetvinfo.fr/faits-divers/adama-traore/la-soeur-d-adama-traore-va-etre-mise-en-examen-pour-diffamation-
    #violences_policières #maintien_de_l'ordre #réseaux_sociaux

  • La culture de l’inceste
    https://blogs.mediapart.fr/juliet-drouar/blog/131219/la-culture-de-linceste

    Ce qui m’a d’abord frappé quand j’ai lu Claude Lévi-Strauss il y a quelques années, c’est que cet auteur canonisé et diffusé sans critiques à l’université écrive que le tabou de l’inceste fonde les sociétés humaines. Dans le sens où le tabou de l’inceste permettrait de nous déployer en société en échangeant les femmes au lieu d’incestuer ses filles en cercles clos OKLM. Je me suis tout de suite dit que l’inceste était largement pratiqué et donc que l’interdit était d’en parler pas de le faire, que l’objet de l‘inceste était de soumettre en écrasant durablement une personne. Ce genre de texte ne peut être produit et diffuser sans ciller, sans indignation morale aucune, que par ceux qui profitent à plein de ce système de domination. Cette théorie permet de naturaliser et de renforcer la pratique de l’inceste en déclarant in fine que l’inceste n’existerait pas ou si peu - car il serait si bien et universellement interdit - ce qui renforce le tabou d’en parler en renvoyant les victimes à quantité négligeable et les abuseureuses à une monstruosité toute marginale.

    ...

    En ce qui concerne la littérature féministe sur l’inceste, je peux parler des productions dont j’ai connaissance avec tous les biais de genre/classe/race et de sélection/publication/distribution que cela comporte. Judith Butler, Luce Irigaray, Gayle Rubin, Monique Wittig en ont parlé et, à ma connaissance, surtout sous un angle : sur ce que le tabou de l’inceste tel que pensé par Claude Lévis Srauss permet de mettre en place en termes de structures sociales patriarcales « autour » de cet interdit. Soit sans remettre en cause que ce soit interdit. En effet, dire que c’est le tabou de l’inceste qui fonde les sociétés en instaurant l’échange des femmes entre les clans d’hommes permet de naturaliser l’hétérosexualité en la prenant comme un donné, ainsi que la binarité de genre et de sexe qu’elle performe et évacue l’hypothèse de l’homosexualité comme principal interdit.

    Par exemple dans la Pensée Straight Monique Wittig écrit : « la pensée straight continue de penser que c’est l’inceste et non l’homosexualité qui représente son principal interdit. Ainsi pensé par la pensée straight, l’homosexualité n’est rien, sinon encore de l’hétérosexualité. »

    Ou Judith Butler dans Trouble dans le genre : « repenser le tabou de l’inceste comme le mécanisme qui reproduit des identités de genre distinctes et cohérentes dans les termes contraints de l’hétérosexualité » en poursuivant avec l’analyse des productions de Levi Strauss : « à en croire les structures élémentaires de la parenté, l’objet d’échange qui consolide les relations de parenté tout en les différenciant, ce sont les femmes que les clans patrilinéaires se donnent les uns aux autres à travers l’institution du mariage. La fiancée […] n’a pas d’identité. Elle reflète l’identité masculine en étant précisément le lieu où celle-ci n’est pas. »

    L’autre aspect de l’inceste dont les féministes ont moins parlé (à ma connaissance) c’est le fait qu’il soit systématiquement pratiqué au point d’être structurant des sociétés humaines fonctionnant selon le principe de domination. En cela qu’il permet la création et la soumission de la classe des enfants par les adultes et, plus particulièrement en intersection avec le genre, de la soumission de la classe des enfants (garçons et filles) par les hommes cis. Bien que les femmes pratiquent également l’inceste dans une proportion minoritaire mais conséquente (24%) qu’il ne s’agit pas d’oublier.

    Les féministes qui en ont parlé en tant que rouage du patriarcat comme Louise Amstrong dans les années 70 ont été silenciées par le corps médical/les institutions qui tiennent à pathologiser l’inceste pour garder le pouvoir qui y est lié en refusant de l’envisager comme une production culturelle et donc comme corrigible.

    En 2013 l’anthropologue Dorothée Dussy a publié un livre extrêmement important à ce sujet : « Le berceau des dominations, anthropologie de l’inceste livre 1 ». Malheureusement il n’y aura qu’un livre et non pas trois car l’autrice est épuisée du sujet. Mais ce livre précieux centré sur les agresseurs : les incesteurs, envisage l’inceste comme structurel et permettant la soumission des enfants par les adultes d’une manière spécifiquement humaine. En effet, si on écarte le meurtre et si on souhaite garder les forces de travail vives : quelle meilleure manière de dominer en inscrivant la terreur dans les corps ad vitam qu’en violant ou en menaçant de violer ses petits ?

    #culture_du_viol #inceste #violophilie #patriarcat #domination #grand_homme

  • Réinventer l’accueil et rejeter les politiques migratoires actuelles

    Karine Gatelier et Cristina Del Biaggio ont été interviewées par le magazine « Faim et développement », porté par le Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement « Terre Solidaire ». Dans le cadre de ce reportage centré sur les mouvements d’accueil citoyen grenoblois, les deux chercheuses se sont exprimées sur le rôle des collectifs et de la ville dans l’accueil des personnes migrantes :

    https://www.pacte-grenoble.fr/sites/pacte/files/Mediatheque/Images/interview_faim_et_developpement.jpg

    –-> mini-interview de @karine4 et moi-même pour le magazine Faim et développement - Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement « Terre Solidaire » (décembre 2019)

    https://www.pacte-grenoble.fr/actualites/reinventer-l-accueil-et-rejeter-les-politiques-migratoires-actuelles-
    #accueil #asile #migrations #réfugiés #collectifs_solidaires #Grenoble #politisation #prise_de_conscience #violence #injustice #solidarité #villes-refuge #hospitalité #politique_de_l'hospitalité #autonomie #citoyenneté #citoyenneté_en_actes
    ping @isskein

    • Sur comment @karine4 interprète le concept de citoyenneté, voir aussi :

      Pour une anthropologie de la citoyenneté à partir des luttes sociales des exilés

      Dans les années 90, la France a connu une lutte sociale dite des «  sans papiers  », qui a vu une forte mobilisation des populations en situation irrégulière, soutenues par des Français, et qui tous ensemble ont dénoncé des situations d’injustice et revendiqué l’application des droits et l’élargissement des conditions de régularisation du séjour sur le territoire. La question migratoire revient en force dans l’actualité et de façon spectaculaire depuis 2015, puisqu’on voit que les sociétés européennes connaissent un moment migratoire d’une ampleur nouvelle. Parallèlement, les systèmes d’asile européens échouent à mettre en œuvre les droits fondamentaux et la protection des personnes en besoin  ; les politiques migratoires offrent de moins en moins de possibilités d’entrée et d’installation sur le territoire.

      Cet article prend pour fondement l’observation empirique du quotidien de personnes dans des situations administratives diverses. Certaines vivent et s’intègrent dans la société française et mènent une existence, riche d’une socialisation, de contributions à la société et de participation sous diverses formes, sans pour autant être régularisées au titre du séjour.

      Les pratiques quotidiennes de ces personnes servent de base pour réfléchir aux modalités de leur présence et de leur participation dans notre société et questionner les instruments juridiques disponibles. À partir du constat de leur participation à l’espace social et politique, c’est le concept de «  citoyenneté  » qui est examiné pour faire une nouvelle lecture des modalités de leur présence, et le questionner.

      Loin d’une conception de leur présence comme une errance, les pratiques qui ancrent les exilés dans la ville sont les mêmes qui peuvent former la base pour une ré-interprétation de la citoyenneté dans un contexte migratoire renouvelé : la citoyenneté avait été revisitée avec la construction de l’Union européenne et les perspectives qu’elle ouvrait de remises en cause des souverainetés nationales. Elle avait donné lieu à de nombreux travaux. De la même manière, le moment que l’Union européenne est en train de vivre avec ce phénomène migratoire rarement aussi important, devrait donner lieu à une réflexion sur qui sont les citoyens européens.

      Cette proposition ouvre un horizon idéologique mais surtout elle se veut la manifestation d’un hiatus : entre les discours de la classe politique et la réalité d’une société dont des segments entiers sont exclus de la vie publique ou existent seulement pour se voir adresser des politiques sécuritaires pour les exclure encore plus, les repousser encore plus loin, les priver encore davantage de leurs droits. Dans ce contexte, nous trouvons particulièrement pertinent le constat de la sortie de la «  société des semblables  » (Léon Bourgeois, Robert Castel) et celui de la fragmentation du corps social, pour interroger à la fois la nature de notre société et questionner la durabilité de son modèle.

      Dans une publication récente, Robert Castel1 empreinte à Léon Bourgeois sa définition de la «  société des semblables  » : «  une société dont tous les membres disposent des ressources et des droits de base nécessaires pour s’inscrire dans des systèmes d’échanges réciproques au sein desquels chacun peut être traité à parité  ». La société des semblables donne par conséquent la possibilité à tous ses citoyens de «  disposer d’un minimum de ressources et de droits indispensables pour s’assurer une certaine indépendance sociale  ». C’est l’indépendance sociale minimale qui permet à chacun d’être maître de ses choix et d’éviter la dépendance, la sujétion, l’assistance «   qui fait que de faibles ressources vous sont octroyées sur la base d’une déficience  ».

      Cette étude prend pour hypothèse une citoyenneté en actes et cherche à la documenter par la description de pratiques quotidiennes de participation, de contribution ou encore d’interventions comme autant de manières pour ces personnes de ré-inventer de la citoyenneté.

      Après une description du terrain, cet article exposera la démarche ethnographique de recueil de quelques pratiques – habituer un squat, un cycle d’ateliers de coproduction de connaissance sur la procédure de l’asile et le bénévolat associatif. Elles seront ensuite analysées dans un corpus théorique qui permet de les lire comme autant d’ancrages dans un espace précis, celui de la ville  ; et selon des modalités qui oscillent entre la désobéissance et la coopération avec les pouvoirs publics.

      Le terrain de la recherche

      Le terrain de recherche est donc à comprendre au sens des «  nouveaux terrains  » tels que désignés par l’anthropologie depuis les années 90, à savoir : en rupture avec l’idée d’un terrain territorialisé et délimité avec précision qui s’inscrit dans une perspective monographique sur la base d’un essentialisme identitaire, bien souvent ethniciste. La mondialisation a notamment induit une transformation des représentations de l’individu vers un individualisme accru remettant en cause nos lectures des communautés et de ce qui les fondent et les relient. Du même fait, elle a opéré une rupture avec la séparation Nord-Sud et la division entre le proche et le lointain. Les anthropologues ne s’intéressent plus seulement aux sociétés lointaines mais ils travaillent également dans les sociétés occidentales : dans quelles conditions cette discipline continue de fournir des outils pertinents pour les comprendre  ? En critiquant d’abord l’ethnologie classique comme ethnique et monographique (inventaire culturel), il s’agit de comprendre que les communautés, les lieux de production du commun, se sont transformés, imposant de penser les terrains non plus territorialisés, dans une production monographique mais, dans une démarche inductive (de l’observation à l’interprétation  ; de l’enquête à l’analyse), d’identifier les lieux et toutes les situations contemporaines qui, dans un contexte d’individualisation extrême et de développement de l’urbanité, font communauté.

      Étudier et rendre compte d’un terrain (un quartier par exemple) consiste également à le décrire aussi à travers ses circulations, ses échanges, ses contacts. C’est voir le monde à travers un lieu, comprendre les enjeux à des échelles plus larges à partir du terrain : par les connexions avec l’extérieur du «  terrain  », par les circulations, par les similitudes des situations, des logiques et des enjeux. Cette réflexion critique sur les terrains cherche ainsi à critiquer le «  lieu anthropologique  », traditionnellement délimité spatialement et formant la base d’un travail monographique, pour aller vers une autre approche des terrains, parfois qualifiés de «  non-lieux  » - c’est-à-dire le multi-site et les réseaux.

      Ce non-lieu de l’anthropologie et l’anti-monde des géographes :

      Le «  non-lieu  » (Augé, 1992) de l’anthropologie est cette «  instance  » (Agier, 2013) représentée par les lieux et toutes les situations contemporaines qui, dans un contexte d’individualisation extrême et de développement de l’urbanité, font communauté, ce sont les lieux de production du commun. Les anthropologues ont proposé une autre approche des terrains, parfois qualifiés de «  non-lieux  » - c’est-à-dire le multi-site et les réseaux.

      L’anti-monde est cette «  partie du monde mal connue et qui tient à le rester, qui se présente à la fois comme le négatif du monde et comme son double indispensable  » (Brunet, Ferras et Théry, 1992). Il n’existe que dans ses rapports indissociables avec le monde. Ce sont ses relations dialectiques avec le monde qui sont les plus intéressantes pour nous permettre de rendre compte de notre contemporain, dans les divers espaces dérogatoires de nos sociétés  ; la demande d’asile et la question des réfugiés en font partie.

      Ces espaces connaissent plusieurs paradoxes notamment celui de leur sur-encadrement juridique et celui de leur visibilité : ils font l’objet de règles nombreuses et strictes mais leur échappent  ; ils sont connus mais cachés. Ce sont les mondes de la relégation et de l’écart.

      De cette position complexe et de ces paradoxes, nous retiendrons que la distance que posent ces lieux protègent les personnes qui s’y trouvent, elle leur permet de vivre, mais sans que cette distance les isole car les contacts et les interventions à l’extérieur de l’anti-monde sont recherchés. Ce sont donc les pratiques de cette distance et de ces contacts qui sont étudiées.

      Ce questionnement sur les terrains renvoie aussi à la production du savoir : cette approche qui se met en œuvre dans l’empirisme de l’observation pour rendre une analyse de ce que sont les communautés, s’accompagne d’une réflexivité de l’observateur sur son terrain, forcément impliqué, pour produire un savoir plus empathique, plus proche des raisons des sujets présents sur le terrain. Cette réflexivité prend la forme d’une réflexion de la situation sur elle-même, des relations établies entre l’observateur et les sujets sur le terrain. Chaque observation, et chaque analyse à laquelle elle conduit, doit être contextualisée au lieu et au moment de l’observation, dans l’objectif d’expliquer la logique qui l’anime, pour éviter la tentation essentialiste qui conduirait à figer des représentations, des pratiques, des traits et de les prêter au groupe identifié. L’individu est le point de départ pour reconstruire le groupe pour éviter d’identifier des groupes fictifs.

      Une approche anthropologique de la citoyenneté

      Nous voudrions défendre l’idée que la citoyenneté est un objet approprié pour l’anthropologie sur la base du constat que le fondement purement juridique qui lui est généralement attribué est un construit social et politique (Neveu, 2004), et qu’il peut, par conséquent être également étudié comme des représentations et des pratiques, comme «  une inscription positive et socialement reconnue dans un espace social et politique  ». Cette approche, en plus d’envisager sa dimension horizontale à savoir les relations entre citoyens et avec ceux qui ne le sont pas, permet de la concevoir comme autant de dynamiques constitutives d’une citoyenneté en actes. Cette conception empirique de la citoyenneté laisse toute la place à sa description comme un faisceau de pratiques et de relations : parce qu’on est là, ici et maintenant, parce qu’on pratique le lien avec les autres, dans une sorte d’immanence.

      Une démarche ethnographique : quelques pratiques d’une citoyenneté en actes

      Trois registres d’interactions des exilés sont étudiés pour mettre en œuvre la démarche ethnographique et pour étudier les modalités de leur participation à l’espace politique : habiter un squat  ; débattre sur la réforme de l’asile  ; travailler bénévolement.

      Habiter un squat

      Le squat dont il est question est le lieu d’habitation de personnes en situation d’exil. Il constitue un lieu de mise en œuvre de plusieurs formes de citoyenneté en actes.

      Le fait d’habiter un lieu illégalement occupé pour une personne étrangère qui possède des droits, notamment à l’hébergement, procure d’emblée une conscientisation politique, qui passe par l’illégalité et la désobéissance. Cette conscientisation repose d’abord sur le choix d’habiter ou non le squat. Ensuite, habiter le squat suppose l’acceptation d’une série de règles toutes dirigées vers la protection du squat. Ce sont des précautions à prendre au quotidien mais aussi une stratégie de négociation à élaborer pour obtenir des propriétaires et des pouvoirs publics de maintenir le lieu. Nous y voyons à la fois une expérience commune dans la vie à la marge et la subversion et dans l’occupation illégale et sa défense. Cette expérience est celle qui met en œuvre la rencontre et le contact avec différents acteurs de la société : militants, responsables politiques, journalistes, voisins… Il s’agit donc d’une socialisation singulière autant avec les habitants avec lesquels l’espace de vie est partagé qu’avec la société et l’État français.

      À chacune des étapes de la vie du squat, les questions en jeu ont été celles de la légitimité de la présence de ses habitants. Il s’agit pour eux , à travers la défense du squat, d’une lutte de reconnaissance pour leur présence et leurs droits. Il était notamment frappant comme dans les interactions avec les différents représentants des pouvoirs publics, ils n’étaient généralement pas reconnus comme des interlocuteurs et des représentants du lieu occupé. Les responsables, de la préfecture, du CROUS (propriétaire du lieu), de la mairie, les journalistes, évitaient le contact avec eux pour chercher à s’adresser aux militants, membres du comité de soutien. Ce fut un enjeu important, par exemple, que de faire accepter un habitant lors d’une rencontre à la préfecture.

      Le lutte de reconnaissance commence donc déjà avec la possibilité de parler et d’être entendu par les autorités dans ce rapport qui sort de la relation habituelle entre exilés et autorités. Ici ils ont quitté la position de dépendance et de sollicitude dans laquelle ils sont habituellement placés face à l’administration dans la demande d’asile ou de titre de séjour. Les interactions déterminées par la défense du squat les situent dans un rapport de force bien plus favorable.

      Débattre sur la réforme de l’asile

      Dans le contexte des débats sur le projet de réforme de la loi sur l’asile, un cycle d’ateliers de coproduction de connaissance sur la procédure de demande d’asile a été ouvert au printemps 2014. Il a été proposé à des personnes, pendant ou à l’issue de leur procédure de demande d’asile. Il a réuni une quinzaine de personnes pendant deux mois.

      La réforme de l’asile a en effet constitué une opportunité pour ouvrir un espace de parole aux exilés en demande d’asile, en leur proposant, sur la base de leur expérience de la procédure, de l’évaluer et de formuler des propositions pour la modifier.

      À la fin, ces ateliers ont pris deux formes : la rédaction d’un livret qui reprend les propositions des exilés2  ; une série d’amendements soumis aux députés locaux en prévision des débats parlementaires. Et finalement, un groupe de participants a pu assister à une partie des débats parlementaires à l’Assemblée nationale (décembre 2014).

      Comme d’autres cadres peuvent également en fournir des exemples, ces ateliers ont été l’occasion pour les participants d’exprimer une expertise politique sur la procédure. Ces ateliers ayant été une initiative associative sans commande des pouvoirs publics, d’une part ils ne peuvent être vus comme la mise en œuvre de la participation politique des exilés à l’élaboration des politiques publiques, en revanche, leur investissement et les apports qu’ils ont constitués montrent à la fois la forte demande pour des démarches dans ce sens, et la valeur de «  l’expertise politique  » dont ils disposent. D’autre part, ces ateliers n’ayant pas suscité d’attente en amont de la part de la puissance publique, il a fallu a posteriori la faire connaître et diffuser ses résultats. Ces derniers ont servi à étayer et légitimer un travail de plaidoyer mené dans la région Rhône-Alpes, associé à une analyse juridique basée sur l’expérience des associations d’accompagnement des demandeurs d’asile, pour formuler des propositions d’amendements soumis aux élus régionaux.

      Pour les personnes qui ont pris part aux ateliers, le principal résultat a été de ne pas se laisser raconter par les autres, ne pas se laisser enfermer et assigner dans des représentations qu’ils ne contrôlent pas. Cette attente importante et omniprésente, et la conscience de la mécanique de la fabrique des préjugés est forte. De nombreux témoignages au quotidien montrent comment ces préjugés peuvent être construits et persister car les contacts entre exilés et Français sont évités. Cette situation est vécue parfois comme une bizarrerie, une maladresse, parfois comme une politique délibérée d’altérisation.

      Au niveau méthodologique, ces ateliers ont essayé de répondre à la rigueur méthodologique soulevée par Spivak dans son questionnement sur les conditions dans lesquelles les subalternes peuvent parler. En effet, sur la base du constat que la production intellectuelle occidentale de préjugés et de catégories sociales et administratives limitent nos analyses, elles doivent être questionnées constamment pour comprendre les enjeux de leur fabrication. Pour les remettre en cause, il s’agit de permettre l’émergence d’une parole autre, celle des personnes qu’on écoute peu, qui trouvent rarement l’occasion de l’exprimer. Mais pour y parvenir, les conditions d’émergence de cette parole doivent tenir compte de l’ensemble des dominations à l’œuvre dans les rapports au sein de notre société, pour les réduire voire les supprimer. Les analyses issues du courant des Subaltern studies (Spivak) nourrissent ces réflexions, ainsi que les méthodes inspirées de l’éducation populaire politique.

      Travailler bénévolement

      Enfin, la dernière expérience mobilisée dans le recueil des pratiques quotidiennes est le bénévolat pratiqué par certains exilés, au sein des associations de solidarité avec les étrangers. En plus des compétences sur lesquelles repose le bénévolat (notamment la traduction), c’est la position de valoriser et de voir reconnaître ses compétences, ainsi que d’aider, qui sert notre argumentation. Il s’agit là encore de la question de la reconnaissance des capacités des exilés, à apporter des contributions dans notre société.

      Ainsi, nous retiendrons de ces quelques expériences, pour les lire en termes de ré-invention d’une citoyenneté, la défense d’un droit fondamental, celui du droit d’asile  ; du droit au logement, dans le cadre de la défense du squat  ; la reconnaissance d’une connaissance d’une question de politique publique – l’asile – comme pouvant contribuer à l’amélioration de celle-ci  ; enfin, la valorisation de compétences (traduction et interprétariat) comme contribution en termes économiques.

      Nous proposons de lire l’exercice de cette citoyenneté en actes à l’échelle de la ville, pour y voir cette inscription dans l’espace social et politique.

      Une citoyenneté en actes dans la ville

      En contraste avec les perceptions d’instabilité et d’errance, de marginalisation, dans lesquelles sont vus les exilés, nous avons présenté plusieurs pratiques que nous lisons comme les modalités d’une socialisation qui les ancre dans la ville, des pratiques quotidiennes de leur participation à la vie de la cité.

      1. La ville comme espace de rencontres qui nouent des appartenances à une échelle translocale (Neveu, 2004) :

      sa dimension horizontale à savoir les relations entre citoyens et avec ceux qui ne le sont pas, permet de la concevoir comme autant de dynamiques constitutives d’une citoyenneté en actes. Cette conception empirique de la citoyenneté laisse toute la place à sa description comme un faisceau de pratiques et de relations : parce qu’on est là, ici et maintenant, parce qu’on pratique le lien avec les autres, dans une sorte d’immanence. À ce titre, l’observation désigne la ville comme échelle pertinente pour articuler la complexité des relations et des appartenances et les inscrire dans un territoire, en rupture avec l’idée que la citoyenneté a forcément à voir avec l’échelle de l’État pour en régir les droits et les devoirs.

      2. L’échelle de la ville pour repenser la citoyenneté :

      L’observation a montré que la ville est le lieu dans lequel se développe la sociabilité. Elle devient vecteur de mobilisation et de pratiques de participation à l’espace social et politique, cadre des luttes sociales. Le droit à l’hébergement et la lutte entreprise pour le défendre est une lutte sociale de redistribution qui a été possible par les sociabilités rendues possibles par la ville. Le besoin d’espace de paroles pour se réapproprier son image et ne pas se résigner à se voir assigner cette image est une lutte de reconnaissance, de même que la nécessité de proposer et valoriser ses compétences dans le cadre du bénévolat.

      Pour S. Sassen et E. Isin, la ville est l’espace de prédilection pour l’expérience de la citoyenneté et pour sa mise en œuvre. La ville, vue comme le lieu du social (Isin, 2009), offre les moyens de s’organiser, en permettant de se rassembler, se mettre en scène, se définir à travers des symboles et s’imaginer, se constituer en groupe social. Dès lors, la ville posent les conditions de droits à la ville, c’est-à-dire les droits de la citoyenneté urbaine : constituer de groupes sociaux, pour se représenter et être représentés  ; pour revendiquer et imposer. Ces droits ne sont pas contenus dans les droits de la ville (Isin, 2009). Les «  droits à la ville  » tels que définis par Isin sont l’autonomie, l’appropriation, la différence et la sécurité et leur revendication donnent lieu à des luttes de reconnaissance et de redistribution. Ces droits sont distincts mais interdépendants.

      Enfin, les formes de la citoyenneté organisée par la ville en tant que lieu du social peuvent transcender les frontières nationales.

      La ville comme lieu du social fait écho à la citoyenneté ancrée dans le social, une approche ordinaire de la citoyenneté, en rupture avec une citoyenneté stato-nationale fondée sur une «   définition normative, transcendante et impersonnelle d’un régime procédural de type habermassien, essentialisé dans un rapport à l’État  » (Carrel et Neveu, 2014) : «  la citoyenneté est alors conçue par les intéressés comme l’expression d’une appartenance collective  » dans laquelle le rapport de force prend toute sa place à travers une lutte pour la reconnaissance. La ville c’est la proximité, la rencontre avec l’autre, l’autre différent de soi. Cette conception de la citoyenneté permet d’apercevoir les appartenance sociales à la plus petite des échelles – les voisins par exemple – autant qu’à l’échelle plus large de communautés transnationales, dans la diversité des modes de participation à la vie publique .

      Ainsi la citoyenneté est expérimentée, au sens où elle est exercée, à travers des luttes sociales, de deux types. Nous voyons d’abord des luttes de redistribution quand, pour défendre le droit au logement, des logements vacants sont réappropriés et occupés. Le logement en tant qu’un aspect de la citoyenneté sociale, de la citoyenneté tout court, et le droit de s’approprier des logements vacants, le droit au squat, est une illustration. En défendant le squat, l’espace créé par cette lutte permet des prises de parole, crée de la représentation, dans un rapport de force constant pour trouver cet espace : on a vu combien il a été difficile de faire accepter la présence d’un habitant du squat lors d’une réunion à la préfecture. Ça n’est pas avec eux que les représentants de l’État souhaitaient échanger. Enfin, le squat offre un espace de liberté et d’autonomie : les habitants du squat sont chargés de son organisation interne, en plus de sa défense à l’extérieur  ; ils sont ainsi pleinement acteurs de leur propre hospitalité, et libre d’accueillir au squat. C’est pourquoi on entre vite dans un paradoxe : la défense du squat repose sur la dénonciation de la non-prise en charge de l’hébergement par l’État et donc le déni du droit fondamental au logement. Pourtant, une fois que le squat existe, il confère une liberté à laquelle il est difficile de renoncer et des propositions d’hébergement par l’État peuvent être refusées pour leur préférer la vie au squat. En plus de l’isolement qu’impose le dispositif d’hébergement des demandeurs d’asile – les CADA sont souvent bien loin dans les campagnes – le contrôle social qui existe dans les centres d’hébergement et auquel ils sont identifiés est bien connu.

      La défense d’un squat a permis de valider ce lieu comme un vecteur de conscientisation qui permet aux habitants disqualifiés de la ville de devenir acteur, de passer d’un discours de la plainte à un discours de lutte, de revendication de droits  ; d’un discours personnel à un discours collectif (Bouillon, 2009). La lutte partagée instaure le lien avec la ville, avec les autorités et avec l’autre, celui qui n’a pas d’expérience de la migration. Ce passage du mode personnel à un registre collectif met en marche, permet de poser des actes car il déculpabilise, dé-stigmatise et restaure la qualité de sujet. La sociabilité de la ville le permet par la dénonciation de l’injustice (déni de droits) et la lutte pour la défense des droits (droit à l’hébergement). De plus, elle rend possible la production d’identités différenciées de la norme établie.

      Le squat est aussi le lieu de l’appropriation de l’espace, d’une parcelle de la ville  ; ceci dans une dialectique ambivalente entre accueil et relégation, hospitalité et contrôle.

      L’autre type de lutte concerne les luttes de reconnaissance de la condition d’exilés et la dénonciation des politiques migratoires à l’échelle européenne qui convergent vers la délégitimation de l’exil et de la demande d’asile. Cette quête de reconnaissance exprime le besoin de voir reconnue leur légitimité à se trouver à cet endroit-là à ce moment-là, simplement. Cette demande n’est pas forcément politisée dans un discours sur la liberté de circulation et d’installation ou sur une critique des impacts du libéralisme voire d’un impérialisme de l’Occident.

      Ainsi, nous concevons les luttes sociales comme une modalité de la participation à l’espace social et politique et la citoyenneté comme la revendication des droits à la ville (Isin, 2010). Les formes translocales de la citoyenneté organisée par la ville en tant que lieu du social transcendent les frontières nationales. (Isin 2009). Enfin, il s’agit de penser la citoyenneté non à travers l’expérience de la construction européenne mais à travers celle, plus longue dans le temps et qui connaît une actualité dense, des migrations.

      Les luttes sociales comme modalité possible de la citoyenneté permet également une lecture de la citoyenneté comme confrontation avec l’autre, avec la différence. Balibar par exemple exprime toute sa reconnaissance à la lutte des sans-papiers pour avoir «  recréer de la citoyenneté  », «  montrant qu’il n’est pas nécessaire d’être un national pour contribuer de façon responsable à la vie de la cité  » (Balibar, 1998).

      3. La citoyenneté comme confrontation avec la différence :

      La capacité d’exposer un litige et de reformuler les questions du droit et du non-droit. (Rancière, 2000) est une des caractéristique de la citoyenneté, dans sa capacité à organiser la vie de la cité et le «  vivre-ensemble  ». Et les exemples sont nombreux en effet de la capacité des citoyens à se mobiliser dans une logique de confrontation, voire de conflit .

      L’expérience du squat produit pourtant une conscientisation et fabrique une citoyenneté paradoxales : si on définit ici la citoyenneté comme une pratique de l’appartenance à un ensemble qui dépasse son propre collectif, alors cette «  appartenance  » prend la forme d’un rejet, ou du moins d’une mise à distance. C’est parce que les droits ne sont pas pris en charge par l’État (hébergement) que des solutions sont inventées (squat), dans une critique des modes d’action de l’État et, dans le cas qui nous intéresse, en dehors du droit. Le squat est la réappropriation d’un espace privé, en en privant ainsi son propriétaire. La revendication et la réappropriation de cet espace, métaphoriquement, est aussi une revendication à trouver sa place dans l’espace social et politique. Il fait écho à un des droits à la ville – appropriation – identifié par Isin. La citoyenneté en actes prend ici la forme d’une lutte qui positionne dans l’illégalité.

      4. Le rapport à la loi et à l’illégalité :

      La citoyenneté pose donc la question du rapport à la loi et à la légalité. Quand la loi se délégitime, cela produit de la défiance voire de la réaction. Balibar considère que la légitimité de la loi se dégrade quand elle ne respecte plus les «  lois supérieures de l’humanité  », des «  lois non écrites  » qui posent «  le respect des vivants et des morts, l’hospitalité, l’inviolabilité de l’être humain, imprescriptibilité de la vérité  » (Balibar, 1998). Cette situation crée de la désobéissance quand les droits ne sont plus respectés par l’administration. Balibar reconnaît le devoir des citoyens de porter sur la place publique tout constat que d’une contradiction flagrante entre ces lois supérieures et une loi positive ou une législation de circonstance, en proclamant leur désobéissance. En désobéissant, les citoyens «  recréent les conditions d’une législation  ». Balibar considèrent qu’ «  ils n’attaquent pas le concept de loi, ils le défendent  ».

      La désobéissance civique comme action collective recrée la citoyenneté dans une circonstance grave (Balibar, 1998) : «  je crois bien cependant que la citoyenneté et la communauté ne peuvent exister sans cette référence nécessaire à la désobéissance, et même sans que périodiquement le risque d’y recourir ne soit effectivement assumé  ».

      La citoyenneté parle de subjectivité politique  ; elle rend possible son affirmation, son expression. La citoyenneté ouvre la politique comme une pratique de contestation par laquelle les sujets deviennent politiques. Avant qu’un sujet puisse lutter pour revendiquer des droits, ce sujet doit d’abord avoir gagné le droit de faire cette lutte en premier lieu. C’est «  le droit d’avoir des droits  » de Hannah Arendt. La citoyenneté s’est forgée par les luttes sociales d’identité, d’inclusion, de ressources et de mémoire (Isin, 2009). De là, on peut maintenant voir la citoyenneté comme une subjectivité politique (Isin 2015) : il devient alors impossible de penser la citoyenneté comme uniquement une nationalité ou une appartenance à un État-nation.

      L’appartenance, la proximité, l’attention, l’égard, l’être ensemble, la solidarité que permet la ville de façon plus immédiate mais qui peuvent également être mises en œuvre à des échelles plus larges, translocales, sont vues comme les fondements de la communauté politique aujourd’hui. Le phénomène des mobilités rend possible l’échelle du translocal par l’activité des réseaux.

      Conclusion

      Cette analyse propose une citoyenneté pensée à plusieurs échelles, en particulier en défiant l’échelle du national et par conséquent remettant en cause la relation entre citoyenneté et nationalité. La citoyenneté comme une praxis  ? À partir du constat que la citoyenneté est une pratique collective, sous-tendue par une idée, celle des «  lois supérieures de l’humanité  » (Balibar, 1998), et tendant à un résultat pratique, leur respect, dans une visée de transformer les rapports sociaux. Les luttes sociales sont un des modes opératoires. La praxis d’une citoyenneté en actes, expérimentée et construite dans une pratique collective, et une immanence. Elle est donc ouverte à tous ceux qui ont la volonté d’appartenir à ce collectif qui se donne comme contrainte et comme objectif de partager un espace et ses ressources, dans le respect de la différence et de la sécurité de tous. Le rapport à l’État est également mis en cause en questionnant sa légitimité et percevant la désobéissance comme un moteur pour renouveler et réactiver la citoyenneté  ; enfin en refusant tout lien de subordination pour une autonomie. Les luttes des sans papiers «  ont contribué à donner à l’activité politique cette dimension transnationale dont nous avons tant besoin  » (Balibar, 1998 : 25).

      http://www.irenees.net/bdf_fiche-analyse-1105_fr.html

  • GRAIN | L’Asie sous la menace de l’UPOV 91
    https://grain.org/e/6376

    L’Asie, qui compte 60 % de la population et 74 % des paysans du monde, est depuis longtemps la cible d’une campagne de plus en plus intensive qui vise à privatiser les semences à coups de nouvelles lois et réglementations.1 Aujourd’hui jusqu’à 80 % de toutes les semences utilisées en Asie proviennent des paysans qui conservent les semences des récoltes précédentes.2 Les grandes entreprises veulent rendre cette pratique illégale et faire ainsi de l’argent en obligeant les paysans à racheter des semences à chaque saison de plantation. Pour beaucoup de paysans et de groupes d’intérêt public, cette évolution est extrêmement dangereuse, car quiconque a la main sur les semences peut contrôler l’approvisionnement alimentaire.

    #semence #Asie

  • Sexisme réaliste
    Cours de gériatrie (rééd. 2018), 4ème année de médecine, France. Pour déterminer le degré de dépendance sénile des gens, les hommes ne sont pas testés sur la façon dont ils se débrouillent en cuisine-ménage-linge, les femmes oui. Ce qui est très réaliste, nos pères et grands-pères ayant généralement été très mal élevés et maintenus dans l’ignorance toute leur vie. Mais qu’advient-il de la grand-mère rebelle, qui n’a jamais voulu apprendre à faire la cuisine, se complait dans le capharnaüm de son appartement et ne lave pas sa culotte à la main ? Elle gagnera quelques points-sénilité...

    #vieillesse #sexisme #médecine

    • Sur un thème proche...

      Panthère Première » Vouloir durer, c’est apprendre à mourir
      https://pantherepremiere.org/texte/vouloir-durer-cest-apprendre-a-mourir-2

      Pour être jugée crédible pendant la consultation mémoire, la personne doit bien sûr faire preuve de cohérence dans son discours, mais elle doit aussi réussir des exercices standardisés qui, en s’appuyant sur des valeurs productivistes (rapidité, agilité, réactivité) défavorisent de fait les personnes âgées. De surcroît, Baptiste Brossard montre que l’évaluation de la crédibilité repose sur des critères implicites qui se sont pas strictement médicaux. Par exemple, les personnes âgées qui n’ont pas acquis, durant leur vie, le niveau de langage et le socle de connaissances implicitement requis pour réaliser les épreuves de la consultation ont plus de chance d’être jugées non crédibles (donc divagantes, voire délirantes). Autre exemple, le comportement de la personne est considéré crédible si elle se conforme aux attentes sociales projetées sur l’« être vieux » pendant la consultation.

    • J’avais comme voisin Victor, un très gentil papy, un peu bourru parfois, qui était très reconnaissant à sa deuxième compagne (la première était morte prématurément) de lui avoir appris à faire le ménage, la cuisine, la lessive et le repassage. Veuf pour la seconde fois, il se débrouillait très bien jusqu’à l’âge de 92 ou 93 ans quand la mort l’a fauché à son tour, et malgré des difficultés pour se déplacer.

  • Le Mans : un médecin mis en examen pour agressions sexuelles sur des policières
    Six policières ont porté plainte contre lui après des attouchements. Le médecin est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-mans-un-medecin-mis-en-examen-pour-agressions-sexuelles-sur-des-polici

    Un médecin du Mans a été mis en examen ce jeudi pour « agressions sexuelles aggravées » et suspendu jusqu’à nouvel ordre, rapporte France Bleu Maine. Des décisions qui font suite aux plaintes de six policières qui auraient été ses victimes.

    Ce médecin était chargé des consultations médicales des fonctionnaires de police après leurs arrêts maladie ou blessures sur le terrain. C’est lors de ces consultations qu’il aurait eu des « gestes déplacés » et des « mains baladeuses », selon l’avocat des plaignantes. Certaines accusations sont récentes, d’autres remontent à plusieurs années.
    Le médecin travaillait pour la police depuis plusieurs années

    Selon France Bleu, dix femmes ont été entendues par les enquêteurs dans cette affaire. Six ont finalement décidé de porter plainte. Selon leur avocat, elle l’ont fait dans l’espoir « que cessent les agissements de ce praticien » qui travaillait pour la police depuis plusieurs années.

    Les enquêteurs estiment disposer d’indices « graves et concordants », justifiant la mise en examen du médecin et son placement sous contrôle judiciaire. Il fera l’objet d’une expertise psychiatrique et psychologique d’ici environ un an. D’ici là, il n’a pas le droit d’exercer la médecine jusqu’à nouvel ordre.

    En Moselle, le médecin-chef de la police pour le Grand Est avait fait l’objet d’accusations similaires en 2018. Neuf jeunes élèves policiers, sept femmes et deux hommes, avaient déposé plainte contre lui. Jugé pour des gestes déplacés et des agressions sexuelles commises durant les examens qu’il faisait passer à des fonctionnaires de police, il a été condamné à un an avec sursis et à une interdiction définitive d’exercer en juin dernier.

    –-
    En voila encore un qui a pu faire des victimes par dizaines. Ne pas confondre le medecin agresseur de flics du Mans avec celui de la Moselle qui a été condamné à du sursis pour des douzaines d’agressions sexuelles.
    La manière dont l’avocat des victimes qualifie les faits est inquiétante, son vocabulaire est celui de la #culture_du_viol et non du droit :

    C’est lors de ces consultations qu’il aurait eu des « gestes déplacés » et des « mains baladeuses », selon l’avocat des plaignantes.

    #violences_sexuelles #multirécidiviste #industrie_du_viol #masculinité

    • Pédophilie dans le sport : des défaillances à répétition, des centaines de victimes

      Depuis 1970, pas moins de 77 affaires de violences sexuelles dans le sport ont été étouffées ou auraient pu être évitées. Révélations sur de lourds dysfonctionnements qui ont fait près de 300 victimes, la plupart âgées de moins de 15 ans au moment des faits, et qui mettent en cause des fédérations, des clubs, des collectivités locales et la #justice.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/111219/pedophilie-dans-le-sport-des-defaillances-repetition-des-centaines-de-vict

    • Huit affaires de pédophilie dans le monde sportif breton décryptées

      Sur les 77 cas révélés de récidive de pédophilie dans le milieu du sport en France, l’enquête de Disclose décrypte huit cas de dysfonctionnements en #Bretagne.

      1 Quinze plaintes contre un entraîneur de basket-ball déjà condamné

      En 2019, deux adolescents portent plainte pour agressions sexuelles contre leur entraîneur de basket, par ailleurs coordinateur jeunesse à la mairie de Bouchemaine, près d’Angers (49) – l’éducateur est présumé innocent à ce stade de la procédure. Les enquêteurs enregistrent une quinzaine de plaintes et découvrent que l’homme a sévi depuis les années 1990 dans le Maine-et-Loire, le Finistère et le Morbihan. Déjà condamné pour atteinte sexuelle sur mineur, l’entraîneur était parvenu à faire effacer sa condamnation auprès du ministère des sports, jusqu’à la faire retirer de l’extrait numéro 1 de son casier judiciaire – réservé à la justice. Dysfonctionnements : récidive et en poste malgré une condamnation.

      2 Un entraîneur de basket avec un suivi sociojudiciaire

      Condamné en 2015 à Évreux pour agression sexuelle et détention d’images pédopornographiques, un entraîneur bénévole est parvenu à intégrer un club de basket de la région rennaise malgré son suivi sociojudiciaire. Il y commet alors une nouvelle agression sur un adolescent. Condamné pour agression sexuelle en juin 2019, il a désormais l’interdiction d’exercer une activité professionnelle ou bénévole au contact de mineurs. Dysfonctionnements : récidive et en poste malgré une condamnation.

      3 À la tête d’une équipe de foot féminin malgré son casier judiciaire

      En 2014, un entraîneur de football de la section féminine d’un club brestois est condamné pour des atteintes sexuelles contre deux jeunes filles de 16 ans. Il écope d’un an de prison, dont huit mois avec sursis, avec interdiction d’exercer auprès des mineurs pendant cinq ans. Il avait déjà été condamné pour des attouchements sur sa nièce, et s’est retrouvé, malgré tout, à la tête d’une équipe de football féminin. Dysfonctionnements : récidive et en poste malgré une condamnation.

      4 Sept gymnastes victimes de l’entraîneur récidiviste

      En 2013, un entraîneur d’un club de gymnastique de la région vannetaise a été condamné pour agressions sexuelles sur sept enfants du club. Il avait déjà été condamné en 2007 pour détention d’images pédopornographiques. Le président du club de gymnastique a quant à lui été condamné en avril 2015 à six mois de prison avec sursis. Motif : il n’a pas tenu compte de l’interdiction de l’entraîneur d’exercer auprès de mineurs. Dysfonctionnements : récidive, en poste malgré une condamnation.

      5 L’entraîneur-violeur a retrouvé les tables de ping-pong

      Entre les années 1980 et 1990, un entraîneur de tennis de table à Lyon, viole à plusieurs reprises un adolescent et agresse sexuellement plusieurs jeunes mineurs. L’un d’entre eux portera plainte une fois adulte, conduisant à la condamnation de l’entraîneur à cinq ans de prison, dont deux ans ferme, en 2006. Disclose a retrouvé l’homme qui officie dans un club de la région brestoise où il anime des tournois et arbitre des compétitions pour la Fédération française de tennis de table – parfois auprès de mineurs. Contacté par Disclose et Envoyé Spécial, l’homme assure qu’il n’entraîne plus de mineurs. La direction du club actuelle confirme et affirme n’avoir jamais eu à se plaindre du comportement de l’intéressé. Pour autant, le Code du sport interdit à toute personne condamnée pour un délit ou un crime sexuel d’encadrer ou d’animer en milieu sportif. Dysfonctionnement : en poste malgré une condamnation.

      6 Devenu président d’un club, l’agresseur démissionne après un article de presse

      En 2006, un entraîneur de tennis de table est condamné par le tribunal correctionnel de Vannes à six mois de prison avec sursis pour atteinte sexuelle sur mineure. Cinq ans plus tard, l’agresseur présidait toujours la section tennis de table d’un club du Morbihan, département où réside la victime. Le président de la ligue de Bretagne, Claude Brossard, assure alors au journal L’Équipe « ne rien pouvoir faire » ne sachant rien de sa condamnation. « J’ai appelé la direction départementale et régionale de Bretagne de la jeunesse et des sports, déclare-t-il alors au quotidien sportif. On m’a répondu qu’il fallait du temps pour savoir ce qu’il avait fait, s’il était sur une liste d’interdits administratifs ». Devenu président de club, l’homme a démissionné à la suite de la publication de l’article. Dysfonctionnement : En poste malgré une condamnation.

      7 Interdit d’exercer, le prof de tennis coache à nouveau les jeunes

      En 1999, un entraîneur de tennis est condamné à deux ans de prison ferme pour viol et agression sexuelle sur une mineure de moins de 15 ans. Il écope alors d’une interdiction d’exercer auprès de mineurs pendant dix ans. Cette période écoulée, il redevient entraîneur auprès d’enfants d’un club brestois. Selon nos informations, il entraîne encore des mineurs dans deux clubs du Finistère. Pourtant, le Code du sport interdit à toute personne condamnée pour un délit ou un crime sexuel d’entraîner en milieu sportif. Dysfonctionnement : En poste malgré une condamnation.

      8 Condamné, il crée son propre club de tir à l’arc

      Condamné en 2000 par le tribunal de Guingamp pour des agressions sexuelles sur mineurs, l’homme devient entraîneur de tir à l’arc à Paimpol quelques années plus tard. Il obtient même un certificat professionnel. Selon nos informations, il est poussé vers la sortie en 2016 en raison de son « comportement inadapté » avec des jeunes filles. Le club prévient alors la ligue de tir à l’arc mais personne ne prend la peine de signaler les faits à la justice. Libre de ses mouvements, il crée son propre club dans une commune voisine, à Pleubian et récidive. Il est condamné à huit ans de prison en août 2019. Dysfonctionnements : Récidive, en poste malgré une condamnation, signaux ignorés.

      https://www.letelegramme.fr/dossiers/pedophilie-dans-le-monde-sportif/huit-cas-averes-de-pedophilie-dans-le-monde-sportif-breton-11-12-2019-1

    • Pédophilie dans le sport : « On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas »

      Le média d’investigation Discolose a récemment publié une longue et édifiante enquête sur les violences sexuelles dans le sport, en particulier envers les enfants. Pour notre éditorialiste Virginie Phulpin, il y aura un avant et un après.

      >> C’est une enquête choc que le média d’investigation Discolose, en partenariat avec Envoyé Spécial, sur France, 2, a publié jeudi soir. Elle concerne la pédophilie dans le sport, avec des chiffres et des témoignages édifiants. Pour notre éditorialiste Virginie Phulpin, le monde du sport doit ouvrir les yeux et se saisir enfin du problème.

      On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas. Bravo à Disclose pour son enquête qui va faire date. Si ce travail a mis au jour 77 affaires dans 28 sports avec 276 victimes de moins de 15 ans pour la plupart, c’est en partie parce que jusque-là, à tous les niveaux, on préférait taire les affaires de pédocriminalité dans le sport. Maintenant on va pouvoir travailler sur les problèmes de fond.

      Le premier, c’est la récidive. Dans le sport amateur, ce sont des bénévoles qui encadrent nos enfants. Et pour eux, la vérification du casier judiciaire n’est pas obligatoire. Donc il y a des clubs qui font confiance à un coach sans vérifier ses antécédents. Il y a aussi le problème du maintien en poste. Dans la grande majorité des cas, l’agresseur garde son poste même s’il est sous le coup d’une procédure judiciaire. Et sinon, il change juste de club ou de région. Il y a le silence coupable aussi. Souvent, des gens dans les clubs ou dans l’entourage des victimes ont été alertées de faits précis, mais elles n’ont pas informé la justice.

      Un enfant victime d’abus a du mal à se faire entendre. Les témoignages auprès de Disclose sont édifiants. Le club ou l’institution scolaire prend souvent fait et cause pour l’agresseur. Vous vous rendez compte, il rapporte des médailles, on ne va quand même pas l’embêter.
      Maintenant qu’on a ouvert les yeux, quelles sont les solutions ?

      D’abord il faut instaurer une instance indépendante pour recueillir les témoignages et faire remonter les informations à la justice. C’est très efficace aux Etats-Unis. Ensuite il faut rendre obligatoire la vérification des antécédents judiciaires des encadrants. Vous êtes peut-être parents, moi aussi, et on doit être certains que les coaches de nos enfants n’ont pas d’antécédents de pédocriminalité.

      Il faut aussi rappeler aux clubs qu’ils ont l’obligation de dénoncer quelqu’un quand ils ont des informations. C’est la loi. Et puis une personne condamnée pour une infraction sexuelle sur mineur devrait être systématiquement interdite d’exercer auprès d’enfants. A vie.

      Alors merci à Disclose, et maintenant, il faut que tout le monde s’y mette, des clubs au ministère en passant par les fédérations. On ne pourra plus dire qu’on ne savait pas.

      https://www.europe1.fr/sport/edito-pedophilie-dans-le-sport-on-ne-pourra-plus-dire-quon-ne-savait-pas-393

    • Pédophilie dans le sport : ces témoignages qui brisent l’omerta

      Le sport n’est pas épargné par la pédocriminalité. Ses spécificités en font même un terrain de chasse privilégié pour des prédateurs sexuels.

      Violé par un éducateur de rugby dans son enfance, Sébastien Boueilh recueille depuis des témoignages qui donnent la nausée. Le fondateur de l’association « Colosse aux pieds d’argile » prévient et sensibilise aux risques de pédocriminalité. Comme ce jeudi dans la région lyonnaise. « Une jeune fille vient de me raconter qu’elle a été violée pendant dix ans par son entraîneur de tir à l’arc », confie-t-il.

      Une enquête relayée par plusieurs médias français et réalisée par Disclose pointe une réalité effrayante : 276 victimes, âgées de moins de 15 ans au moment des faits, sont recensées dans 77 affaires de pédophilie depuis 1970. « J’ai découvert l’ampleur du phénomène en arrivant au ministère, confie Roxana Maracineanu, la ministre des sports. Dans le milieu, on préférait parfois mettre ça sous le tapis parce qu’on est enfermés dans l’image du sport idéal. Ce n’est pas possible de penser que le sport est épargné avec parfois des adultes qui ont des emprises fortes sur les jeunes par rapport à la performance. »
      « Dans le sport, il y a aussi des contacts corporels qui attirent les criminels »

      En France, chaque jour, 500 enfants sont victimes de violences sexuelles. « Les pédocriminels colonisent les univers avec des enfants, comme le sport, précise Muriel Salmona psychiatre, auteur de « Le livre noir des violences sexuelles » (Collection « Que sais-je ? », Editions Puf). L’entraînement de haut niveau est un facteur de risque qui génère une relation avec l’éducateur dans la durée avec des enjeux importants. Dans le sport, il y a aussi des contacts corporels qui attirent les criminels plus qu’ailleurs. »

      Il existe l’histoire d’un pongiste lyonnais violé par son coach pendant des années. « Envoyé Spécial », le magazine de France 2 qui a travaillé avec le média d’investigation Disclose, a recueilli son témoignage diffusé ce mercredi soir et retrouvé les traces de son bourreau. Celui-ci exerce dans un club breton au contact d’autres enfants. Il y a aussi le cas de cet éducateur de basket condamné, reconverti dans le base-ball à l’autre bout de la France sans aucun suivi. « Avant de laisser s’engager un bénévole, tout président de club peut faire vérifier son casier judiciaire. Mais les gens ne sont pas tous sensibilisés donc ils ne le font pas assez. J’ai mis en place des mesures pour y remédier avec le contrôle systématique de l’honorabilité que nous expérimentons avant de le généraliser » affirme la ministre des sports.
      « Si un président de fédé me dit que son sport n’est pas touché… »

      Mais rien n’est possible sans un changement de mentalités. « Pour minimiser des coûts de déplacement, des clubs mettent encore des gamins mineurs à coucher dans la chambre d’un éducateur adulte. C’est intolérable ! », s’emporte Sébastien Boueilh.

      La ministre des sports a elle-même été confrontée au fléau avant d’entrer au gouvernement. Un entraîneur du club de natation de Clamart, où elle est toujours licenciée, a été mis en examen en 2017 après une plainte pour agression sexuelle sur mineure. « En tant que maman et bénévole, j’ai connu cet entraîneur. Il a été écarté il y a deux ans avec interdiction d’exercer auprès des mineurs. Depuis, le club a mis en place des processus : les enfants ne font plus la bise aux entraîneurs, ils font des checks. Si je prends des mesures : c’est que je sais que ça existe », précise l’ancienne championne de natation.

      Celle-ci est néanmoins montrée du doigt pour ne pas avoir répondu à un courrier d’avocats de parents qui avaient porté plainte et lui demandaient d’ouvrir une enquête administrative. Deux enquêtes étaient malgré tout en cours, l’une administrative et l’autre judiciaire.

      « Si un président de fédé me dit que son sport n’est pas touché, c’est un menteur, peste Boueilh. Elles le sont toutes. Je sais aussi que des dirigeants ont étouffé des affaires pour ne pas salir leur discipline comme l’a fait l’Église. »

      http://www.leparisien.fr/sports/pedophilie-dans-le-sport-ces-temoignages-qui-brisent-l-omerta-12-12-2019-

  • Balancing Data Utility and Confidentiality in the 2020 US Census | Data & Society
    https://datasociety.net/output/balancing-data-utility-and-confidentiality-in-the-2020-us-census

    Par danah boyd

    In the age of commercial data and advanced computer science, the US Census Bureau is implementing a new technical system to ensure the confidentiality of individual data in the 2020 census. This system is based on a mathematical technique known as “differential privacy.” A new living document by Data & Society Founder and President danah boyd, Balancing Data Utility and Confidentiality in the 2020 US Census, explains how differential privacy works in the context of the US Census and illuminates key conversations, misunderstandings, and anxieties surrounding this disclosure avoidance system.

    Differential privacy allows the Census Bureau to mathematically balance between privacy and data utility. By examining how much risk there is of reconstructing identifying information from a particular census statistical table, the Census Bureau can ensure a certain degree of confidentiality by inserting noise in strategic places. Previous disclosure avoidance systems could not withstand the risks brought on by the increase in commercial data from data-centric technologies.

    Every 10 years, the Census Bureau conducts the census, and the resulting data and statistical tables support the appointment of the House of Representatives, the allocation of federal tax dollars, and the redistricting within each state, as well as social science research and local policy making. Since this data plays such a vital role in our democracy, used by government, academia, and civil society among others, it is important that people trust the data. As the paper explains, the introduction of differential privacy has surfaced a range of anxieties about how the data products will be produced for 2020.

    With useful insights for academics, civil society, data users, and anyone concerned about their privacy in the 2020 census, boyd uses this living document to clarify the motivations, risks, and unknowns surrounding differential privacy. She calls for communication, collaboration, and understanding between all parties tackling the trade-offs between confidentiality and accuracy.

    Key messages:

    Trust of census data is vital to “democracy, resource allocation, justice, and research.”
    Differential privacy is a mathematical definition of privacy. The Census Bureau’s disclosure avoidance system for 2020 is based on differential privacy and creates the opportunity to balance between the utility of the data and the risk to confidentiality.
    New advanced computing technologies and commercial data collection have made it easier to reidentify individuals from census statistical tables, creating a need for a new type of privacy security.
    Data users and the Census Bureau’s disclosure avoidance team have struggled to communicate with each other and find common ground for balancing the need for accurate data with the need for privacy.
    Protecting confidentiality is essential for counting hard-to-reach populations.

    #danah_boyd #Recensement #Vie_privée #Modélisation

  • The doorbells have eyes : The privacy battle brewing over home security cameras
    https://www.washingtonpost.com/technology/2019/01/31/doorbells-have-eyes-privacy-battle-brewing-over-home-security-camera

    Police want to register — and even subsidize — private security cameras. That’s just the start of the ethical challenges ahead. Ding-dong, your doorbell is looking a bit creepy. Ring video doorbells, Nest Hello and other connected security cameras are the fastest-growing home improvement gadgets since garage-door openers. These cameras, often built into buzzers, alert your phone when someone is at your door and save footage online. Mine has helped me get deliveries and catch porch pirates (...)

    #Google #Nest #Ring #Amazon #capteur #CCTV #Neighbors #sonnette #reconnaissance #vidéo-surveillance #mouvement #surveillance #voisinage (...)

    ##ACLU

  • Industrialisation des violences sexuelles

    au moins 276 sportifs victimes de l’omerta
    Une vaste enquête journalistique pointe la « faillite de tout un système ». La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, est elle-même épinglée pour ne pas avoir lancé d’enquête administrative dans son club de natation, à Clamart, où un entraîneur est accusé d’agression sexuelle.

    http://www.leparisien.fr/sports/pedophilie-au-moins-276-sportifs-victimes-de-l-omerta-11-12-2019-8215608.

    En novembre 2017, en pleine vague #MeeToo, l’ex-championne olympique d’escrime Laura Flessel, alors ministre des sports, osait même déclarer : « Il n’y a pas d’omerta dans le sport. »

    https://www.mediapart.fr/journal/france/111219/pedophilie-dans-le-sport-des-defaillances-repetition-des-centaines-de-vict
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    Chirurgien pédophile de Jonzac : 250 potentielles victimes identifiées, 184 plaintes déjà déposées
    L’enquête concernant Joël Le Scouarnec, chirurgien digestif, révèle une affaire hors-norme avec 250 potentielles victimes de faits non prescrits qui sont aujourd’hui identifiées.

    http://www.leparisien.fr/faits-divers/chirurgien-pedophile-de-jonzac-250-potentielles-victimes-identifiees-184-

    La Cour des comptes étrille la gestion des plaintes sexuelles par l’Ordre des médecins
    Dans un rapport publié ce lundi, la Cour des comptes dénonce la complaisance de l’Ordre à l’égard de praticiens soupçonnés d’agressions sexuelles et critique aussi le manque de rigueur financière. L’Ordre conteste en bloc.

    http://www.leparisien.fr/economie/la-cour-des-comptes-etrille-la-gestion-des-plaintes-sexuelles-par-l-ordre

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    Le haut-fonctionnaire urophile et voyeur a aussi sévi à Strasbourg
    Il administrait un diurétique aux jeunes femmes qu’il recevait en entretien et les poussait à uriner devant lui. Marie, l’une de ses 200 victimes, raconte.

    https://www.lepoint.fr/societe/urophile-et-voyeur-le-drh-de-la-culture-a-aussi-sevi-a-strasbourg-18-11-2019

    Au ministère, tout le monde semblait connaître à Christian N. des penchants déviants, mais seules les photos clandestines semblaient être de notoriété publique. « On m’avait dit que c’était un dragueur et un coureur, explique une autre victime, ancienne employée du ministère. Visiblement, l’histoire des photos, ça se savait. » « Tout le monde m’a demandé si j’avais déjà rencontré le photographe, explique une autre. On m’a dit qu’il prenait en photo les jambes des femmes à leur insu à la cantine. On m’a dit de m’en méfier car c’était un vrai pervers. » Vendredi, le ministre de la Culture a réagi sur Europe 1. « C’est une affaire complètement folle d’un pervers », a déclaré Franck Riester, précisant être « atterré ». Le ministre, en fonction depuis octobre 2018, a rappelé le besoin d’« accompagner » les victimes.

    Plusieurs victimes racontent au quotidien avoir signalé le comportement de Christian N., parfois même à la justice , réticente à accorder du crédit à la plainte visant ce haut fonctionnaire.

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    Dans l’église catholique on industrialise aussi

    En raison d’un code du silence imposé à tous les membres du clergé sous peine d’excommunication, les cas d’abus sexuel sur enfants n’ont guère été rapportés aux autorités chargées de l’application de la loi dans les pays où ces crimes ont eu lieu. Au contraire, des cas de religieuses et de prêtres rejetés, rétrogradés ou renvoyés pour n’avoir pas respecté l’obligation de silence ont été rapportés au Comité, ainsi que des cas de prêtres ayant été félicités pour avoir refusé de dénoncer des abuseurs d’enfants , comme illustré dans la lettre adressée par le Cardinal Castrillon Hojos à l’évêque Pierre Pican330 en 2001 ; »« e) Non seulement le signalement aux autorités nationales chargées de l’application de la loi n’a jamais été rendu obligatoire, mais il a été explicitement rejeté dans une lettre officielle adressée aux membres de la Conférence Épiscopale Irlandaise par l’évêque Moreno et le Nonce apostolique Storero en 1997. Dans de nombreuses affaires, les autorités ecclésiastiques, y compris aux plus hauts niveaux du Saint-Siège, ont fait montre de réticence, et dans certains cas ont refusé de coopérer avec les autorités judiciaires et les commissions nationales d’enquête. »

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    Dans le détail, ce sont les condamnations pour viol qui ont le plus chuté, de près de 40%. Alors que 1 652 personnes ont été condamnées pour ce motif en 2007 par une cour d’assises, ce chiffre est passé à 1 003 en 2017. Même chose pour les viols aggravés : le nombre de peines est passé de 1 350 à 851 durant la même période.

    « On pourrait voir dans cette diminution des condamnations pour viol l’effet d’une augmentation des correctionnalisations qui conduiraient à ne renvoyer aux assises que les cas pour lesquels on attend une plus lourde sanction » notent les statisticiens du ministère. Ils font ainsi référence à la requalification par la justice de cas de viol, passible d’êter jugé par une cour d’assises, en agression sexuelle, un délit jugé par un tribunal correctionnel.
    Neuf ans et demi de prison en moyenne

    Mais cette tendance à la baisse des condamnations pour viol ne semble pas être le fait des requalifications, car les condamnations pour agressions sexuelles, ont, elles aussi, baissé. Les tribunaux correctionnels ont ainsi condamné 4 602 personnes pour ce délit en 2016, contre 5 868 en 2007. Les atteintes sexuelles sur mineur, qui concernent une minorité des condamnations, ont également connu une baisse de 23,7% sur la même période.

    https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/les-condamnations-pour-viol-ont-chute-de-40-en-dix-ans_2940491.html

    #violophilie #déni #pedocriminalité #viol #culture_du_viol #omerta #justice #injustice

  • Amazon : aux Etats-Unis, les vidéos des sonnettes Ring peuvent être gardées indéfiniment par la police
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/11/20/amazon-precise-les-conditions-d-emploi-par-la-police-americaine-des-videos-d

    A la demande de policiers dont les bureaux ont établi un partenariat avec Amazon, les particuliers américains peuvent partager les vidéos de leurs sonnettes et caméras connectées Ring. Un porte-parole d’Amazon en a précisé les conditions. Amazon a vendu des millions de sonnettes connectées de la marque Ring aux consommateurs américains. Lorsqu’elles détectent des mouvements, celles-ci sont capables de filmer le perron de la maison. Un logiciel permet de partager les enregistrements avec ses voisins et (...)

    #Ring #Amazon #algorithme #CCTV #reconnaissance #vidéo-surveillance #mouvement #surveillance #voisinage #capteur #biométrie (...)

    ##facial

  • Le top 15 des villes qui rendent la vie plus facile aux vélos
    https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/classement-le-top-15-des-villes-qui-rendent-la-vie-plus-facil

    Trop nombreuses sont encore les villes où se déplacer à vélo reste une expérience frustrante et dangereuse. Deux fois par an, le Copenhagenize Index permet de mesurer les progrès réalisés en matière d’infrastructures favorables aux cyclistes et de systèmes de partage de vélos dans 115 villes réparties dans le monde entier. Sans surprise, Copenhague, où le vélo est le mode de transport favori d’une large majorité des habitants (62 % exactement), se place en tête du dernier classement, se félicite le site de Lonely Planet. La capitale danoise dispose d’un excellent réseau de pistes cyclables qui permet aux résidents de se déplacer rapidement et en toute sécurité – un réseau que les autorités locales s’attachent encore à améliorer.

    https://copenhagenizeindex.eu
    Strasbourg en 5e place, Bordeaux 6, Paris 8

    #vélo #ville #cyclable

    • Dans mon bled du var et ses merveilleuses zones commerciales périphériques, je dois déployer des trésors d’ingéniosité pour aller faire mes courses en vélo sans prendre de risques inconsidérés : évitement des axes principaux, traversée d’une ligne de chemin de fer désaffectée, emprunt de trottoirs de toutes façons non utilisés par les piétons vu où ils sont, etc... C’est un sport en soi. Je passe sur les coups de klaxons et insultes diverses.

      Ce que j’aimerais voir, c’est un classement des pays, qui prenne en compte l’aménagement sur tout le territoire, et là je ne suis pas persuadé qu’on serait bien classés...