• Message reçu via la mailing-list de lutte contre les réformes dans l’ESR... autour du #rapport :
      Le pilotage et la maîtrise de la masse salarialedes universités


      https://cache.media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2019/58/6/IGAENR-IGF_Pliotage_maitrise_masse_salariale_universitespdf_1245586.pdf

      Dans le contexte actuel de mobilisation, le #MESRI va nous expliquer que c’est un rapport qui ne l’engage absolument pas et que tout peut être discuté. À sa lecture, on comprend bien que le Gouvernement, qui écoute plutôt Bercy que le MESRI, n’a pas besoin de la LPPR. Tout est déjà en place pour poursuivre la transformation des établissements en « #universités_entrepreneuriales » qui trouveront, sous la contrainte, des marges de gestion. Les universités ne manquent pas de moyens, elles sont seulement mal gérées.

      Le projet de #budget pour l’année 2021 mettra en place l’étape décisive demandée par Bercy : la non compensation du #GVT.

      –----------

      Quelques citations choisies du rapport rendu par les deux inspections, il y a presque un an. Remarques de Pierre Ouzoulias (signalées avec —>) :

      Bien que se situant, tout financement confondu, juste au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE les universités sont à ce jour globalement correctement dotées par le #budget de l’État pour couvrir leur masse salariale au regard de la situation des #finances_publiques. Les situations peuvent toutefois varier selon les établissements en raison soit des défaillances du mode d’allocation des ressources, soit de choix de gestion individuels.

      –-> Le budget de l’ESR est suffisant au regard de la réduction de la dépense publique

      La part des ressources propres dans les recettes des universités, toutes universités confondues, n’a pas évolué entre 2011 et 2017. Les universités fusionnées, les universités scientifiques ou médicales (USM) et les universités de droit, économie, gestion DEG ont un taux de ressources propres 2017 proche de 20 %, en augmentation d’un point depuis 2012. Les universités pluridisciplinaires, avec ou sans santé, connaissent un taux de ressources propres supérieur à 16 %, stable depuis 2013. Les universités de lettres et de sciences humaines (LSH) ont le plus faible taux de ressources propres, proche de 13 % depuis 2011.

      –-> La solution : les ressources propres, les mauvais élèves : les #SHS

      Le nombre d’équivalent temps plein travaillé (#ETPT) de l’enseignement supérieur a augmenté de + 3,6 % de 2010 à 2017. En retranchant le « hors plafond », l’évolution est de – 3,22 % ; jusqu’en 2013 la réduction est significative (les effectifs représentant à cette date 95,71 % de ce qu’ils étaient en 2010), puis l’augmentation est constante, les effectifs revenant en 2017 à 96,78 % de ce qu’ils étaient en 2010.

      –-> Un constat partagé : la #masse_salariale augmente grâce à la #précarisation

      Un principe participatif est au fondement du fonctionnement des universités. Les élus qui représentent le corps enseignant, les personnels et les étudiants participent à la gestion et à l’organisation des activités des établissements. Le conseil d’administration ne compte que huit personnalités extérieures à l’établissement pour 24 à 36 membres. Il détermine la politique de l’établissement, approuve le contrat d’établissement, vote le budget et fixe la répartition des emplois.
      Les unités de formation et de recherche (#UFR) sont dirigées par un directeur élu par un conseil de gestion, lui-même élu, dans lequel le poids des personnels reste important.
      Dès lors, les mesures correctives en matière de gestion de masse salariale, qui conduisent nécessairement à remettre en cause des situations acquises sont difficiles à prendre pour un élu et interviennent trop souvent tardivement. La mission a constaté qu’elles s’imposent plus facilement en situation de crise que dans le cadre d’une gestion prévisionnelle visant à construire un modèle économique stable.

      –-> Les élu-e-s : un obstacle à une gestion efficiente des #ressources_humaines

      Trois comportements universitaires types en matière de maîtrise de la masse salariale :
      -- Une partie des universités a recours à une #régulation, plus qu’à une #optimisation, de la masse salariale. […] Elles mobilisent leurs #ressources_propres afin de ne pas avoir à engager des actions de recherche d’efficience jugées déstabilisantes.
      -- D’autres établissements se caractérisent par une volonté d’optimiser la masse salariale, condition nécessaire au déploiement du projet d’établissement. […] Les universités associées à ce deuxième comportement type sont en constante recherche d’#efficience.
      -- Enfin, certaines universités privilégient une recherche de la structure d’emploi conforme aux modèles économiques choisis. […] Ce troisième comportement type est celui d’universités que l’on peut qualifier « d’entrepreneuriales » avec des taux d’encadrement relativement élevés et des modèles économiques atypiques.

      –-> Le modèle : les « #universités_entrepreneuriales »

      Le lien entre masse salariale et stratégie doit passer par une #gestion_prévisionnelle_des_emplois et des compétences se traduisant dans un schéma directeur pluriannuel des #emplois. Celui-ci requiert de s’adosser à une réflexion interne pour établir une doctrine en matière de choix des statuts adaptés aux activités et à leurs évolutions anticipées, compatibles avec la situation financière et sociale d’ensemble de l’établissement et cohérents avec le projet d’établissement.

      –-> Le recours aux précaires : un instrument de gestion efficace

      Les prévisions de #départs_en_retraite des #titulaires montrent que les universités ne sont pas dépourvues de possibilités en termes de #gel, d’annulation ou/et de #redéploiements d’emplois par statut et catégorie.
      Pour conserver un rapport raisonnable, il faudrait combiner l’absence de remplacement d’un poste pour trois départs d’enseignants et d’un poste pour quatre départs de #BIATSS. Cela reviendrait à la suppression de 2 497 emplois de BIATSS et 992 emplois d’enseignants pour un impact de masse salariale hors charges patronales respectivement de 76 M€ et 41 M€.
      Ces chiffres ne sauraient constituer une cible ; ils n’ont d’autre objet que de montrer que les départs en retraite offrent des possibilités de redéploiement et de #repyramidage sous réserve de conserver une structure d’emploi cohérente et de ne pas affaiblir les activités de formation et de recherche qui constituent les points forts de chaque établissement.

      –-> Le non remplacement des retraités : un moyen efficace d’augmenter la part des non-statutaires

      Les universités ne pilotent cependant pas toujours de manière suffisamment précise cette évolution de structure. En effet, les emplois sous plafond et hors plafond sont suivis de manière distincte. Ils relèvent d’une logique différente pour les seconds qui sont rapportés aux ressources propres et non à l’équilibre économique d’ensemble de l’université. Le nombre d’enseignants contractuels lié aux #PIA s’inscrit notamment dans une logique particulière et augmente de manière significative. À terme, une partie de ces emplois sera inévitablement pérennisée dans la masse salariale de l’université.

      –-> Éviter la titularisation des contractuels financés par les PIA

      Par ailleurs, le recours aux #contractuels reste pour l’essentiel fondé sur les articles 4 et suivants de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l’État. Les universités n’ont que marginalement utilisé l’article L-954 du #code_de_l’éducation qui offre des possibilités plus souples de #recrutement de contractuels (contrat dits « LRU »). En 2016, la moitié des universités comptait moins de trois ETP en contrat #LRU, au moins une sur quatre n’en employant aucun.
      Le recours aux contractuels peut permettre une meilleure #adaptation des effectifs aux besoins. Les personnels recrutés peuvent en effet être permanents ou temporaires, être enseignants – chercheurs, chercheurs ou enseignants ; ou bien cadres administratifs ou techniques. En outre, les universités ont une plus grande maîtrise de leurs situations salariales et de carrière que pour les titulaires dans la mesure où c’est le conseil d’administration qui statue sur les dispositions qui leur sont applicables.
      Dès lors que la plupart des besoins peuvent être indifféremment couverts par des contractuels ou des titulaires, compte tenu de la similitude de leurs profils, l’augmentation de la proportion d’#emplois_contractuels dans les effectifs d’une université a pour conséquence de lui donner davantage de leviers pour piloter ses ressources humaines, sa masse salariale et son #GVT.
      Ensuite, la transformation des #CDD en #CDI doit être maîtrisée pour ne pas résulter uniquement de la règle de #consolidation_des_contrats au bout de six ans. Par exemple, dans certaines universités rencontrées par la mission, la transformation d’un contrat temporaire en CDI est réalisée après examen par une commission vérifiant notamment que le contrat permanent correspond à des besoins structurels.

      –-> Les universités n’utilisent pas encore assez les contractuels

      Ces chiffres montrent que les choix des établissements en matière de #charge_d’enseignement ont un impact significatif sur les effectifs enseignants et donc sur la masse salariale et justifient un pilotage du temps de travail des enseignants. La #responsabilité doit en être partagée entre les composantes de l’université en charge de l’organisation des enseignements et l’échelon central responsable du pilotage économique et de la conformité des choix aux projets de l’établissement. Le pilotage trouve naturellement sa place dans le cadre du dialogue de gestion interne dont la nécessité a été décrite ci-dessus au paragraphe 2.

      –-> Un autre levier : le temps de travail des enseignants

      Compte tenu de ses effets contre-productifs, la mission considère que la compensation du GVT n’a plus lieu d’être s’agissant d’#opérateurs_autonomes, qui sont libres de leurs choix de structure d’emploi ; qu’il revient aux pouvoirs publics de limiter la compensation sur l’impact de la #déformation de la masse salariale des titulaires à la seule compensation des mesures fonction publique relatives au point d’indice ou se traduisant par une déformation des grilles (#PPCR par exemple), et, pour les universités disposant d’un secteur santé, à la compensation des #PUPH en surnombre ; que la maîtrise des universités en matière de recrutement, de #promotion et de gestion individuelle des carrières devrait être renforcée ; que le dialogue de gestion doit permettre à chaque établissement de faire valoir sa trajectoire de masse salariale.

      –-> Le non compensation du GVT : un outil efficace pour obliger les universités à s’adapter

      Il serait préférable d’en revenir au respect de la #trajectoire_LPFP, et de ne s’en écarter, en plus ou moins, qu’au vu de variations significatives constatées (et non anticipées) sur les dépenses ou les recettes des établissements. Cela semble une condition de la pluri annualité et de l’autonomie des opérateurs.

      –-> La loi de programmation des finances publiques est la seule référence

      Proposition n° 9 : connecter la #modulation des moyens à l’évaluation de l’activité et de la #performance universitaires ;

      –-> Où l’on retrouve l’#évaluation !

      La mission constate également que les universités visitées ont fait des progrès dans leurs modalités de gestion depuis le passage aux #RCE et qu’une marche supplémentaire peut désormais être franchie sous réserve que les outils, notamment informatiques, à disposition soient améliorés.
      Elles disposent de réelles marges de manœuvre leur permettant de gérer leurs effectifs de manière plus efficiente. Ces marges de manœuvre s’inscrivent cependant dans des logiques de #pilotage à moyen et long terme compte tenu de la #faible_plasticité_naturelle_des_effectifs. Pour pouvoir être mises en œuvre, elles supposent une capacité à construire des schémas d’#effectifs_cibles à trois ou quatre ans.
      En conséquence, la mission préconise, d’une part d’entamer une #refonte du système actuel de #répartition_des_crédits largement fondé sur la reconduction des enveloppes acquises lors du passage aux RCE, d’autre part, de mettre en place une #contractualisation État/université dans le cadre de #contrats_de_performance, d’objectifs et de moyens pluriannuels, enfin, de développer une architecture d’information permettant d’instaurer une véritable transparence entre les acteurs et en leur sein.

      –-> Conclusion : c’est mieux, mais il faut accélérer !

      #flexibilité #plasticité #performance

    • #Frédérique_Vidal arrive aux journées sciences humaines et sociales de L’Agence nationale de la recherche. Mais que va-t-il donc pouvoir se passer ?


      Intervention des facs et labos en lutte

      « Nous nous rallions à la revendication votée par la coordination des facs et labos en lutte, et demandons la suppression de l’ANR et l’affectation de la totalité de ses crédits et de son personnel là où ils sont nécessaires : dans les universités et établissements de recherche »
      Elle annonce ce qu’il y aura dans la LPPR : programmer budgétairement, sécuriser l’investissement, en arrêtant d’avoir l’objectif incantatoire de 3% du PIB. Favoriser l’#attractivité (c’est vrai qu’avec 100+ candidat.e.s par poste, l’attractivité est un vrai problème)
      #Vidal veut renforcer l’#ANR pour la mettre au niveau des agences des autres pays. Pour ça, réaffectation des crédits des labos pour soutenir les #projets (hop, moins de financements récurrents).
      L’idée est lâchée, Vidal annonce la modulation des services : les porteurs de projets ANR pourront enseigner moins, il y aura + de places à l’#IUF, + de #congés_de_recherche, pour arriver à une année #sabbatique tous les 7 ans (ce qui est un droit depuis le décret de 1984)
      Et allez, c’est parti : pour Vidal, il faut surtout augmenter les #investissements_privés dans la recherche, pour arriver à 2/3 du financement de la recherche sur #fonds_privés. Bye bye le service public de la recherche !
      Elle est cash : la grande majorité des transformations sera faite par #circulaires, de toute façon. La LPPR visera juste à faire sauter les #verrous_législatifs.
      Questions dans la salle : « Vous voulez donner des #décharges d’enseignement aux personnes qui ont des projets ANR, mais on est en #sous-encadrement massif dans les laboratoires ? La seule solution est une création massive d’emplois titulaires d’enseignant.e.s chercheur.e.s »
      (Non)-réponse : les communautés doivent s’organiser. Toutes les missions des EC doivent être prises en compte pour l’avancement. Quand un.e chercheur.e gagne un projet, tout le labo en bénéficie. Bref, rien sur la question de l’emploi titulaire.
      Une autre question revient dessus : que prévoyez-vous pour l’#emploi_titulaire ? La moitié des cours, dans certains départements, sont donné.e.s par des vacataires. Et encore une autre : le nombre de postes permanents ne cesse de baisser, comment on fait ?
      La solution de Vidal : refinancer la recherche avec des #contrats_d'objectifs-moyens, pour donner de la #visibilité aux établissements, mais c’est ensuite à chaque établissement de définir sa politique d’emploi. « Les emplois, ce n’est pas mon travail », dit la ministre.
      La loi va fixer un plancher de #recrutements, mais je ne vais pas annoncer des postes, dit la ministre. Elle rappelle que le précédent gouvernement a annoncé 5000 postes, et aucun n’a été créé. La solution : des contrats avec les établissements, et plus de #post-docs plus longs.
      Les doctorant.e.s financé.e.s ne sont pas des #précaires, pour Vidal. « Quand on est doctorant, on est étudiant ». La seule chose que fait le contrat doctoral, c’est de permettre à des étudiant.e.s « de ne pas travailler à côté de ses études »
      Enfin, Vidal réitère que la solution face à la #précarité, ce n’est pas l’emploi titulaire, mais des #CDI financés projet après projet, qui, à la différence des #fonctionnaires, pourront se faire virer si nécessaire (pardon, elle parle de « #rupture_de_contrat »)
      Un collègue demande comment il fait pour bosser alors qu’il n’a même pas de bureau. Air surpris de la ministre, qui répond directement « non mais je vais pas m’occuper d’attribuer des bureaux » et « Vous n’avez qu’à aller au campus Condorcet ». Le mépris.

      https://twitter.com/SamuelHayat/status/1232223691750113285

      Vous pourrez trouver ici la vidéo de l’interpellation de la ministre, le récit plus complet de l’action et des annonces faites, ainsi que la lettre qui a été lue et distribuée :
      https://universiteouverte.org/2020/02/25/interpellee-par-les-facs-et-labos-en-lutte-vidal-precise-les-orie
      https://www.youtube.com/watch?v=P-6dZghVhS0&feature=emb_logo

  • #Affiches qui circulent en #Allemagne sur le monde académique...

    Intéressant : Certaines affiches ont été traduites et adaptées d’affiches qui circulent en France en ce moment...

    Notamment celles en lien avec la #novlangue de #Vidal, qui a inventé le mot #coopétition :
    https://seenthis.net/messages/820393#message825279

    Et celles qui ont plus de lien avec la #précarité :
    https://seenthis.net/messages/820393#message824187

    #internationalisation_de_la_lutte

    #résistance #université #universités #précarisation

    –—

    Ajouté à la métaliste sur les résistances dans le monde universitaire en Europe :
    https://seenthis.net/messages/824281

    ping @_kg_ @aslitelli

  • #Marielle_Franco

    –-> une présentation de Marielle Franco sur wikiradio (#audio).
    https://www.raiplayradio.it/audio/2019/12/WIKIRADIO---Marielle-Franco-ecfb8a18-984a-4790-ac5a-f188a3ffb1c2.html

    #biographie

    Et dans cette présentation, une partie dédiée à la #toponymie :

    A partir de la minute 17’05 on parle de la toponymie liée à Marielle Franco.
    On parle de l’initiative de Anne Hidalgo de dédier le nom d’un jardin à Marielle Franco (#Paris, #France).
    Et un nom de rue à #Cologne, en #Allemagne (#Köln).
    A #Buenos_Aires (#Argentine), une station de métro.

    Minute 17’20 :
    A #Rio_de_Janeiro, la préfecture lui dédie le #Quarteirão_Cultural :


    Rio de Janeiro dédie aussi une rue à son nom.
    Dans l’audio on explique qu’à ce moment là on est en pleine campagne électorale qui sera gagnée par Bolsonaro.

    Retranscription de l’extrait concernant l’histoire de la plaque mise en son nom, puis vandalisée et reproduite et distribuée en 1000 exemplaires par un anonyme pour être affichée partout à Rio et dans le monde :

    «Marielle diventa il punto cruciale del conflitto. Anche da morta diventa un simbolo e anche un obiettivo di guerra. Con un atto vandalico, i sostenitori di Bolsonaro spezzano in due la placca stradale con il suo nome e la esibiscono come un trofeo alla folla minacciando anche chi la pensa come Marielle di fare la stessa fine. Dopo qualche giorno arriva la risposta e in piazza durante una manifestazione arrivano decine e decine di pacchi che vengono aperti, contengono mille targhe identiche a quella spezzata con la scritta di Marielle. Sono il regalo di un sostenitore anonimo. Monica Beniso le distribuisce alla folla che le tiene a due mani sulla testa a braccia tese. L’impatto è molto impressionante. Le placche con il nome di Marielle Franco occupano tutta la piazza e poi si sparpaglieranno per la città a indicare una nuova geografia. Ora quella placca si può addirittura scaricare da internet e può essere appesa in ogni dove. Qualcuno l’ha persino rifatta all’uncinetto, con gli stessi colori e l’ha inchiodata all’angolo della sua via, nella favela. Politica con cariño, con affetto, questo diceva Marielle Franco.»

    #noms_de_rue #Brésil #toponymie_politique

    ping @isskein

    • Cet événement a déjà été signalé sur le blog @neotoponymie
      Rua Marielle Franco, du Brésil aux villes monde : quand le symbole de la lutte se multiplie et circule

      Le 1er Avril 2019, le Conseil de Paris a voté à l’unanimité le projet de nomination d’une rue en l’honneur de Marielle Franco. Ceci à l’initiative du Réseau Européen pour la Démocratie au Brésil. Il s’agit d’un hommage à la conseillère municipale élue du Parti du socialisme et de la liberté (PSOL), sauvagement assassinée avec son chauffeur Anderson Gomes le 14 Mars 2018 dans le centre de Rio de Janeiro. Marielle était une femme noire, lesbienne et issue de la favela Maré. Avec courage et acharnement, elle menait un combat quotidien pour lutter contre différentes formes de discriminations au Brésil, notamment les violences policières qui continuent d’être exercées massivement à l’encontre des jeunes noir.es des favelas au nom de la “guerre contre la drogue”. Marielle était également sociologue et elle s’était battue à ce titre, et en tant qu’“amie du funk”, pour donner une nouvelle visibilité à cette musique brésilienne. Ce courant musical du funk carioca, développé dans les années 1990 et associé à la jeunesse des favelas, continue d’être fortement marginalisé et décrié par les médias et les pouvoirs publics. Marielle était membre du mouvement Apafunk créé en 2008, suite à la demande d’approbation d’une loi fédérale reconnaissant le funk comme mouvement culturel et musical de caractère populaire, et allant ainsi à l’encontre de la criminalisation du mouvement.

      L’assassinat de Marielle ne représente pas seulement une atteinte à la démocratie, mais également une tentative de faire taire les voix dissidentes qui s’élèvent pour dénoncer avec fermeté les injustices sociales au sein de la scène politique brésilienne, désormais aux mains d’un président d’extrême droite nostalgique de la dictature. Depuis le 14 Mars 2018, des voies se sont élevées, non seulement au Brésil où des manifestations ont rassemblé des milliers de Brésiliens et Brésiliennes dans toutes les grandes villes du pays, mais aussi partout dans le monde, pour que justice soit rendue. Cet hommage et le combat pour obtenir justice se sont matérialisés dans le symbole d’une plaque de rue, du nom de Marielle Franco, apposée devant la chambre des députés à Rio.

      Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux en Octobre dernier, deux députés du parti PSL, parti de l’actuel président, se félicitaient d’avoir retiré et détruit la plaque au nom de Marielle, installée en hommage à celle-ci. Cet acte a suscité la colère de millions de brésiliens et brésiliennes et la riposte a été immédiate. Une cagnotte de plus de deux mille reais s’est constituée en 24 minutes, permettant ainsi la création de mille plaques qui ont été brandies le 14 octobre 2018, lors d’une manifestation intitulée “mille plaques pour Marielle”.

      Cette plaque est rapidement devenue, au Brésil et bien au-delà, un signe de ralliement au souvenir et au combat de Marielle. Différents mouvements en apposent dans les rues de grandes villes, comme ci-dessous à Berlin, ou réclament des nominations officielles comme c’est le cas à Paris, à Buenos Aires et à Lisbonne où ces initiatives ont été relayées officiellement avec des engagements de nominations en 2019.

      Par ailleurs, de très nombreux murals représentent Marielle dans des quartiers centraux comme périphériques au Brésil et parfois ailleurs. La tentative extrêmement violente symboliquement d’éradication de la figure iconique de Marielle, sorte de second assassinat, a amplifié et internationalisé le mouvement pour sa mémoire et son combat qui s’incarne désormais dans sa figure et dans la plaque à sa mémoire infiniment reproduite.

      Si les deux auteurs présumés de l’assassinat ont enfin pu être identifiés un an après le meurtre, la question de savoir qui a commandité cet acte reste en suspens. La lutte continue aussi et surtout sur ce front, et de nombreux.ses Brésilien.nes exigent une réponse, comme en témoigne la circulation du désormais fameux ashtag #Quem matou Marielle ? sur les réseaux sociaux.

      En cette période où le Brésil semble s’enfoncer vers une forme de chaos politique et social, les mouvements de résistance s’organisent et la contestation est bien visible. Le carnaval de mars 2019, et notamment la fameuse école de samba Estação primeira de Mangueira, ont rendu hommage à Marielle, n’en déplaise au président Bolsonaro.
      Membros do Amigos da Onça levantam placas com o nome da vereadora Marielle Franco, assassinada em março do ano passado Foto : Gabriel Paiva / Agência O Globo

      De même, le débat sur les violences policières a été ravivé en février dernier après la mort par étouffement d’un jeune homme noir dans un supermarché, qui a donné lieu au #VidasNegrasImportam (les vies noires comptes).

      Le combat contre les discriminations et pour la justice sociale s’étend donc au-delà du Brésil. La confirmation de l’inauguration prochaine d’une rue au nom de Marielle Franco à Paris marque un moment inédit de commémoration transnationale. C’est également un symbole fort dans un contexte actuel de regain de politiques identitaires et liberticides dans de nombreux pays.

      PS : En avril 2019, une décision aurait été prise pour nommer d’après Marielle Franco un nouveau jardin public suspendu à Paris aux alentours de la gare de l’Est.

      Au cours de l’année 2019 d’autres initiatives sont prises hors du Brésil, notamment à Buenos Aires et à Lisbonne.

      https://neotopo.hypotheses.org/2025

  • Comment fonctionnent les technologies de reconnaissance faciale ?
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/11/15/comment-fonctionnent-les-technologies-de-reconnaissance-faciale_6019249_4408

    Il est trompeur de parler de reconnaissance faciale au singulier : il existe plusieurs modes de fonctionnement différents, qui n’ont pas tous le même impact sur la vie privée. On parle de plus en plus, en France, des technologies de reconnaissance faciale. Le secrétaire d’Etat au numérique, Cédric O, aimerait que la loi permette de mener davantage d’expérimentations, tandis que la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a publié son « code de la route » en la matière. Derrière (...)

    #algorithme #smartphone #biométrie #vidéo-surveillance #facial #reconnaissance #surveillance (...)

    ##CNIL

  • ‘1984’ in China
    https://www.nytimes.com/2019/11/18/opinion/china-muslims.html

    Communist leaders engage in modern-day totalitarian brainwashing, bizarre lies and industrial-level indoctrination to suppress Muslims. “Ying shou jin shou” — “Round up everyone who should be rounded up.” The echo of “1984,” “Brave New World” or “Fahrenheit 451” is unmistakable. But this is not dystopian fiction. It’s a real bureaucratic directive prepared by the Chinese leadership, drawing on a series of secret speeches by Xi Jinping, China’s authoritarian leader, on dealing ruthlessly with Muslims (...)

    #algorithme #CCTV #biométrie #vidéo-surveillance #facial #©nétique #reconnaissance #Islam (...)

    ##surveillance

  • Porn, public transport and other dubious justifications for using facial recognition software
    https://www.theguardian.com/technology/2019/nov/17/porn-public-transport-and-other-dubious-justifications-for-using-facial

    Governments in Australia have come up with some creative reasons to sell the public on the use of facial recognition technology It started with passports. Then it was your phone. Now governments in Australia want you to use facial verification to access government services, take public transport and even for your private viewing. Last month the joint standing committee on intelligence and security told the government it needed to rethink its plans for a national facial verification (...)

    #CCTV #SIM #biométrie #pornographie #vidéo-surveillance #facial #reconnaissance #surveillance (...)

    ##_
    https://i.guim.co.uk/img/media/51f1c62e6ee32c0dca00f78c2729d5d6c269d9d7/0_117_3500_2101/master/3500.jpg

  • Rekognition : le jeu des 26 erreurs du système de reconnaissance faciale d’Amazon
    https://korii.slate.fr/tech/rekognition-reconnaissance-faciale-amazon-identifie-26-elus-californiens

    Lors d’un test de l’Union américaine pour les libertés civiles, le logiciel a confondu 26 élu·es avec des criminel·les. La reconnaissance faciale est une technologie qui s’améliore très rapidement. À partir de simples images, il est désormais possible de détecter âge, genre et même émotions des personnes filmées. Il est aussi très simple de déterminer si elles se trouvent dans une base de données. Amazon en tête Dans le domaine, c’est Rekognition, un logiciel développé par Amazon, qui fait le plus parler (...)

    #Amazon #algorithme #CCTV #Rekognition #biométrie #vidéo-surveillance #criminalité #facial #reconnaissance #discrimination #surveillance (...)

    ##criminalité ##ACLU

  • La CNIL plaide pour un « code de la route » de la reconnaissance faciale
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/11/15/la-cnil-plaide-pour-un-code-de-la-route-de-la-reconnaissance-faciale_6019214

    Même si le gendarme français de la vie privée n’exclut aucun usage de cette technologie, y compris les plus intrusifs, il défend, dans une note inédite, une utilisation minimale et très encadrée. Alors que les questions sur la reconnaissance faciale se font plus prégnantes et les velléités gouvernementales en la matière plus précises, le gendarme français de la vie privée cherche à se faire entendre. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) publie, vendredi 15 novembre, un document (...)

    #algorithme #CCTV #biométrie #facial #reconnaissance #©gislation #CNIL #vidéo-surveillance (...)

    ##discrimination

  • Vladimir Putin Wants Everyone to Love the Way He Watches Them
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-10-22/vladimir-putin-wants-everyone-to-love-the-way-he-watches-them

    The fourth of 10 basic rules Western spies followed when trying to infiltrate Russia’s capital during the Cold War—don’t look back because you’re never alone—is more apt than ever. Only these days it’s not just foreigners who are being tracked, but all 12.6 million Muscovites, too. Officials in Moscow have spent the last few years methodically assembling one of the most comprehensive video-surveillance operations in the world. The public-private network of as many as 200,000 cameras records 1.5 (...)

    #algorithme #CCTV #smartphone #SIM #biométrie #vidéo-surveillance #©olocalisation #surveillance #écoutes (...)

    ##DigitalProfileSystem

  • Reconnaissance faciale : « On crée l’accoutumance »
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/reconnaissance-faciale-on-cree-laccoutumance

    La reconnaissance faciale est-elle une innovation extraordinaire, qui va simplifier la vie des consommateurs et des usagers de l’administration, ou au contraire est-elle une redoutable technique liberticide de surveillance de masse ? A moins qu’elle ne soit la dernière ruse des marchands pour nous extorquer les données, ce « pétrole du 21ème siècle ». Sur ce nouvel objet de craintes et de fantasmes, trois invités : Olivier Tesquet, journaliste à Télérama ; Asma Mhalla, chercheuse sur les enjeux (...)

    #Amazon #algorithme #Alicem #CCTV #smartphone #SmartCity #biométrie #migration #vidéo-surveillance #facial #reconnaissance #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##surveillance ##LaQuadratureduNet ##CNIL
    https://api.arretsurimages.net/api/public/media/20191115/action/show

  • L’effet positif d’une consigne plus généreuse Isabelle Porter à Quebec - 14 Aout 2019 - Le devoir
    https://www.ledevoir.com/politique/quebec/560573/commission-sur-le-recyclage-du-verre

    Que la consigne des bouteilles vides soit étendue ou non, le Québec devrait augmenter son prix, a plaidé une experte mardi devant les parlementaires qui étudient les enjeux du recyclage.

    « Le taux de retour dépend vraiment du taux de consigne. La consigne monte et le taux monte », a fait valoir Clarissa Morawski, de la firme européenne en environnement Reloop Consulting.

    Au Québec, le prix de revient d’un contenant oscille entre 5 cents pour les canettes de boissons gazeuses et 20 cents pour les gros contenants de bière. Madame Morawski, une Québécoise d’origine, croit que la consigne de base devrait passer au minimum à 10 cents.

    En Oregon, le passage de 5 à 10 cents a fait bondir le taux de retour de 59 à 90 % en deux ans, a-t-elle signalé.

    Rappelons que depuis lundi la commission des transports tient une consultation pour savoir notamment si la consigne devrait être étendue aux bouteilles de vin et autres contenants de verre.

    Au Québec, le taux de récupération du verre pour les petites bouteilles à consigne de dix cents est de 72 %, il est de 25 % pour les boissons gazeuses (consigne de 5 cents) et de 51 % pour les gros formats standards (20 cents).

    En s’appuyant sur différentes expériences dans le monde, Mme Morawski affirme que la consigne est « un incontournable ». « Il faut faire plus que collecter la matière : il faut la réutiliser plusieurs fois », a-t-elle dit.

    Suivant son modèle, il appartient aux détaillants de récupérer les contenants vides, mais ce sont l’industrie et les importateurs de boisson qui doivent financer la consigne.

    Lundi, Recyc-Québec avait aussi recommandé qu’on hausse le prix de la consigne dans son mémoire, sans préciser de montant toutefois.

    Beaucoup d’opposition
    L’élargissement de la consigne est toutefois loin de faire l’unanimité. Lundi, les épiciers et dépanneurs ont pressé le gouvernement de ne pas aller dans cette direction, en soulignant que la consigne de bière constituait déjà pour eux un fardeau.

    Les dépanneurs reçoivent certes une prime de 2 cents pour chaque bouteille consignée, mais elle n’a pas été révisée depuis 1984 « et ne permet plus de rentabiliser cette opération », plaidait l’Association des marchands dépanneurs et épiciers du Québec.

    Mardi, l’Association des restaurateurs est à son tour venue s’y opposer, invoquant un « lot considérable de problèmes opérationnels », dont la prolifération des mouches drosophiles dans les bouteilles vides et la menace que représentent ces petites bêtes pour ses standards d’hygiène.

    « Tout le monde a la volonté de faire mieux sauf qu’il y a des coûts assez importants qui sont rattachés à ça. Puis je pense qu’il faut faciliter le travail des restaurateurs », a fait valoir Vincent Arsenault, président du conseil de l’Association et lui-même restaurateur à Montréal.

    Tout en préconisant qu’on continue de miser sur la collecte sélective, le groupe a toutefois dû reconnaître qu’il y avait du travail à faire sur ce plan.

    « On est limités dans ce qu’on peut faire récupérer par les bacs de la Ville », a déclaré M. Arsenault. Dans certaines villes comme Brossard, les industries, commerces et institutions (ICI) n’ont d’ailleurs aucun service et doivent payer des tiers de leur poche pour s’en occuper. Dans d’autres municipalités, les restaurants sont desservis, mais seulement pour un volume limité. Et encore, cela dépend des matériaux. Ainsi, la MRC de la Vallée-de-l’Or en Abitibi récupère le verre en provenance des commerces et restaurants, mais pas le plastique ; Trois-Rivières recycle seulement les pellicules d’emballage et Montréal n’accepte pratiquement rien.

    La Gaspésie
    La consultation a aussi été marquée par le passage de leaders gaspésiens également opposés à la consigne des bouteilles de vin.

    « Ce n’est pas un problème de collecte qu’on a, il faut travailler sur les débouchés ! » a soutenu la directrice de la Régie intermunicipale de traitement des matières résiduelles de la Gaspésie (RITMR), Nathalie Drapeau.

    Dans cette région, un projet pilote a permis de récupérer 100 % des résidus de verre recueillis grâce à la collecte sélective, et ce, en répondant à des besoins locaux, ont-ils expliqué.

    Sur place, il est transformé en verre granulé qui est réutilisé et vendu à des municipalités pour faire des aménagements paysagers, des remblais et de l’abrasif. « Si on implante la consigne ici, c’est sûr qu’il va y avoir un doublon », a fait valoir le préfet de la MRC de la Côte-de-Gaspé, Daniel Côté. La RITMR récupérerait alors moins de verre, ce qui rendrait son verre granulé plus cher à produire et moins rentable, ont-ils avancé.

    #consigne #vidange #verre #aluminium #alimentation #pollution #santé #déchets #consommation #environnement #plastique #recyclage #écologie #emballages #gaspillage #packaging #récup

  • Sur les pas d’un géographe : les carnets de Paul Vidal de la Blache

    « Pour commémorer le centenaire de la disparition de Paul Vidal de la Blache (1845-1918), la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne et l’équipe E.H.GO de l’UMR Géographie-Cités ont souhaité rendre hommage à celui qui fit de la Géographie une discipline scientifique à part entière en mettant en ligne ses trente-trois carnets manuscrits numérisés accompagnés d’une exposition virtuelle.
    Tout en suivant le fil des pages des carnets, l’exposition invite à découvrir le scientifique bien entendu, mais aussi le voyageur et l’homme, mettant en évidence la richesse de ces documents : »

    Lire la suite ici https://nubis.univ-paris1.fr/exhibits/show/sur-les-pas-d-un-geographe

    Cartographie, par Lilianne Lizzi, des voyages notés dans le Carnet 16

    #itinéraire #voyage #mobilité #individu #centenaire #géographe #Vidal_de_la_Blache #carnet

  • Parcoursup, coulisses d’une réforme précipitée - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/07/05/parcoursup-coulisses-d-une-reforme-precipitee_1664445

    Au moment où sont dévoilés les résultats du bac, plus de 300 000 jeunes sont sans affectation définitive. Avec l’impression de faire les frais d’une stratégie bulldozer visant à éviter toute contestation.

    Les résultats du #bac, qui tombent ce vendredi, vont-ils faire du ménage dans les listes d’attente de Parcoursup ? Jeudi, ils étaient encore 350 000 à ne pas savoir ce qu’ils deviendraient à la prochaine rentrée, dans moins de deux mois. Aujourd’hui, 220 000 ont une proposition, mais n’ont pas validé définitivement leur choix dans l’espoir de remonter sur les listes d’attente de leurs autres vœux. 130 000 n’ont, eux, rien du tout : ils ont parfois écopé de « non » dans les filières sélectives et collectionnent les « en attente » pour leurs demandes en fac. Enfin, 68 000 ont abandonné la procédure.

    La semaine dernière, devant la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, (r)assurait de sa voix calme et convaincante : « Chacun pourra accéder à une formation qui lui correspond. » Mais les listes d’attente patinent, évoluant à la vitesse d’un escargot. Stressant pour les candidats et leurs familles, qui, en prime, ont ce sentiment pénible d’essuyer les plâtres.

    Le nouveau système d’affectation, radicalement différent de l’ancien, a été mis en place à toute allure, en l’espace de quelques mois. Le 22 novembre, le projet de loi était présenté en Conseil des ministres. Deux mois plus tard, le 21 janvier, la nouvelle plateforme Parcoursup entrait en application… avant même le vote de la loi. Pourquoi être allé aussi vite ? Pourquoi ne pas avoir pris le temps ?

    Une étincelle et le ministère embraye

    Tout s’est emballé l’été dernier en quelques heures. Certes, l’incendie couvait. La situation est en effet tendue depuis plusieurs années. Conséquence du baby-boom des années 2000, plus de 30 000 étudiants supplémentaires déboulent chaque année dans l’enseignement supérieur et le nombre de places ouvertes dans les formations, en fac, comme en BTS ou classe prépa, ne suit pas… Jusqu’alors, l’algorithme #APB était paramétré de telle sorte qu’en dernier recours, les candidats étaient départagés par tirage au sort. Ainsi, 8 900 élèves ont été déboutés de leur premier vœu dans leur académie. Ils étaient 5 300 dans ce cas en 2016 et 7 500 en 2015. Cette pratique, très critiquée et critiquable, touchait depuis des années les filières les plus demandées, comme Staps (sports) ou psycho, sans que cela n’émeuve outre mesure. Mais voilà que l’année dernière, une étincelle a tout dynamité.

    C’était le 8 juin. Un article, publié sur le site internet de l’Etudiant. « Exclusif. 857 candidats ont été victimes du premier tirage au sort en première année commune aux études de santé (Paces) en Ile-de-France. » Le ministère embraye dans la seconde. Un communiqué, daté du 9 juin au matin, annonce une réunion de crise. Les doyens des sept facs de santé franciliennes sont convoqués fissa pour « trouver une solution ». Jean-Luc Dumas, doyen de la fac de médecine de Bobigny jusqu’à peu, raconte : « Il y a eu un vent de panique. Quand je suis arrivé au ministère, j’ai d’emblée proposé d’accueillir 250 élèves supplémentaires, je pouvais le faire, les locaux le permettaient. » Les autres doyens suivent. « En un quart d’heure, le problème était réglé. » Rien que d’y repenser, cette histoire le met en pétard : « On a fait porter à la médecine le chapeau du problème des capacités d’accueil saturées. Or, il n’en était rien. Nous avions la place. On a utilisé l’émotion d’un possible tirage au sort en médecine pour justifier l’urgence de cette réforme. » L’histoire de Parcoursup ressemble à un coup politique de maître. Ou de chance. Ou les deux.

    En réalité, les places n’ont jamais manqué en première année de #médecine en Ile-de-France, et le tirage au sort n’a pas été utilisé. Des efforts pour pousser les murs n’étaient même pas nécessaires. Jean-Luc Dumas l’a compris après-coup. Le problème était en fait technique, lié à un changement de paramétrage d’APB, qui incluait désormais dans l’entonnoir initial les élèves en réorientation ou venant de l’étranger. « Sauf que les places que nous réservions d’ordinaire pour ces élèves n’avaient pas été numériquement versées aux autres », explique l’ancien doyen. Le chiffre des refusés s’est naturellement dégonflé, façon neige au soleil. A l’université de Versailles, il est même resté au bout du compte 70 places vacantes, raconte le doyen de l’UFR de santé, Djillali Annane. Lui aussi reconnaît, à mots mesurés, « qu’il y a eu un peu d’affolement pour pas grand-chose. Il faut se replacer dans le contexte. La nouvelle équipe venait d’arriver au ministère, ils ont vu monter la polémique, certainement n’ont-ils pas eu le recul nécessaire. » Jean-Luc Dumas est plus incisif : « Tout s’est emballé, la pression sociétale était très forte, d’accord. Mais le fond de ma réflexion : il y avait une volonté politique de certains de faire exploser le système. »

    Quelques heures après la réunion, nouveau communiqué de Frédérique Vidal. « La ministre salue l’engagement de tous les acteurs qui ont rendu cette solution possible. » Puis :« La situation de la filière Paces d’Ile-de-France illustre les limites du système APB. Frédérique Vidal s’est clairement exprimée sur la nécessité de réduire au maximum les effets du tirage au sort pour la rentrée 2017, et de mettre fin au classement aléatoire, qui n’est ni juste ni souhaitable pour la rentrée 2018. » La presse nationale entretient le feu, « Des lycéens tirés au sort pour entrer en médecine » (le Monde), « APB : les ratés en médecine » (le Figaro).

    « On parle de la fac de médecine… à Paris ! C’est malheureux, mais c’est comme ça en France : toute la presse nationale - parisienne - a foncé, tête baissée. Le ministère a ajouté un peu d’huile sur le feu, et le tour était joué. La réforme légitimée », résume, avec une once de cynisme, un observateur aux premières loges. Maintenant que la partie est jouée (gagnée ?), les langues se délient. Un proche de Jean-Michel #Blanquer, le ministre de l’Education, abonde : « On va dire qu’il y a eu une utilisation exagérée d’un épisode pour présenter une réforme comme nécessaire, alors que des ajustements à l’ancien système auraient peut-être suffi. Le discours a pris dans l’opinion. Ils ont foncé, il ne fallait pas louper le coche. » Une fenêtre d’opportunité en or, comme on dit dans les amphis de sciences politiques où l’on décortique l’action publique. En plus, coup de bol pour Macron, pile à ce moment-là, l’Unef, deuxième syndicat étudiant, est empêtré dans des histoires internes de harcèlement sexuel, donc tout à fait incapable d’organiser la rébellion. La mise en demeure de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), qui reproche à l’algorithme APB de déterminer le sort des élèves « sans intervention humaine », est le coup de grâce.

    Le Parlement regarde le train passer

    La ministre a un boulevard. Elle rappelle quand même en catastrophe l’ex-directeur de cabinet de l’ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem pour piloter concrètement la réforme. Le ministère navigue à vue et à toute vitesse. Le rythme imposé par « l’urgence » est redoutablement efficace. Les fameux « attendus », ces compétences estimées nécessaires pour réussir sa licence, sont publiés le 12 décembre. Les équipes universitaires ont alors un petit mois pour éventuellement les amender, mais avec les fêtes de fin d’année, la plupart n’ont pas le temps de se retourner. Ni même de saisir ce qui était en train de se jouer. D’autant qu’au démarrage, la plupart des enseignants-chercheurs étaient favorables à une réforme, partageant la même envie d’avoir une prise sur le choix de leurs futurs élèves.

    Les parlementaires, aussi, ont regardé le train passer. Un collaborateur se remémore ce calendrier « totalement dingue », ces vingt jours (et les nuits courtes) entre la découverte du texte de loi et son examen en séance à l’Assemblée. Express pour décrypter un texte et lire entre les lignes. Régis Juanico, député du groupe socialiste : « On a voté à l’aveugle, clairement. Sous les apparences qu’il fallait aller vite pour des aspects techniques, nous n’avions que très peu d’informations sur la façon dont le système allait fonctionner, sur l’existence d’algorithmes locaux par exemple. Nous n’avions aucune étude d’impact. » Le texte sera adopté à l’Assemblée en un jour et demi, sans réel débat. Quand le projet débarque au Sénat, les 810 000 élèves sont déjà en train d’inscrire leurs vœux dans Parcoursup… La loi est entrée en application avant même d’en être une.

    Les socialistes, insoumis et communistes vitupèrent, en portant la question devant le Conseil constitutionnel. L’argument n’a même pas été repris dans la réponse des « sages ». La loi ORE (relative à l’orientation et à la réussite des étudiants) est publiée au Journal officiel le 9 mars. Dans les facs, les enseignants-chercheurs - même les enthousiastes du début - commencent à tiquer sur ces nouvelles règles du jeu, très variables dans l’application d’une fac à l’autre. Dans les amphis, les étudiants se réveillent doucement : des universités sont bloquées, d’autres perturbées, la mobilisation s’agrippe à celle des cheminots. Mais sans coordination nationale, le mouvement étudiant ne parvient pas à avoir assez de visibilité pour mettre en difficulté la ministre. Et puis, il est tard. Le système s’applique déjà, les dés sont jetés. Au même moment, Frédérique Vidal et son équipe ont une tout autre angoisse, bien plus terre à terre : que l’algorithme #Parcoursup mouline, sans plantage.

    « L’opinion publique ne l’a pas mesuré, mais aucune analyse de convergence n’a été faite en amont. Aucune modélisation des données », assure un observateur. Dans les colonnes de Libé, le 5 juin, le think-tank Terra Nova s’étonnait qu’on ose ce genre « d’expérience grandeur nature ». Effectivement, 810 000 jeunes citoyens, ça fait beaucoup de cobayes

    Désespérant mais nécessaire à savoir. Ce gouvernement n’est qu’un ramassis de vautours prêts à dépecer le moindre dispositif qui n’œuvre pas suffisamment au maintien de l’élite en place.

    #éducation #sélection #manipulation #discrimination #loi_ORE #vidal

  • Why Iranian Women Are Taking Off Their Head Scarves

    The founder of the Pahlavi dynasty, Reza Shah, banned the hijab, in a gesture of modernization, in 1936, which effectively put some women under house arrest for years since they could not bear to be uncovered in public. The leader of the Islamic Republic, Ayatollah Ruhollah Khomeini, made the hijab compulsory in 1979.

    Mass protests by women were unsuccessful in overturning the edict. Pro-hijab campaigners invented the slogan “Ya rusari ya tusari,” which means “Either a cover on the head or a beating,” and supervisory “committees” — often composed of women in full chadors — roamed the streets and punished women they deemed poorly covered. Those who opposed the strict measure called these enforcer women “Fati commando,” a derogatory term that combines Islam — in the nickname Fati for Fatemeh, the prophet’s daughter — and vigilantism.
    While the requirements have remained firmly in place, Iranian women have been pushing the boundaries of acceptable hijab for years. Coats have gotten shorter and more fitted and some head scarves are as small as bandannas. This has not gone without notice or punishment: Hijab-related arrests are common and numerous. In 2014, Iranian police announced that “bad hijab” had led to 3.6 million cases of police intervention.

    But for years, many women’s rights activists have written off the hijab as secondary to other matters such as political or gender equality rights. In 2006, the One Million Signatures for the Repeal of Discriminatory Laws campaign, one of the most concerted efforts undertaken by Iranian feminists to gain greater rights for women, barely mentions the hijab. Iranian feminists have also been determined to distance themselves from the Western obsession with the hijab, almost overcompensating by minimizing its significance. Western feminists who have visited Iran and willingly worn the hijab have also played a hand in normalizing it.

    But fighting discriminatory policies has not resulted in any real change, as the crushed One Million Signatures campaign proved. So now Ms. Alinejad and a younger generation of Iranian women are turning back the focus on the most visible symbol of discrimination, which, they argue, is also the most fundamental. “We are not fighting against a piece of cloth,” Ms. Alinejad told me. “We are fighting for our dignity. If you can’t choose what to put on your head, they won’t let you be in charge of what is in your head, either.” In contrast, Islamic Republic officials argue that the hijab bestows dignity on women.

    The government has had a mixed response to the protests. On the day that Vida Movahed climbed on the utility box to protest the hijab, Tehran’s police chief announced that going forward, women would no longer be detained for bad hijab, but would be “educated.” In early January, in response to recent weeks of unrest throughout the country, President Hassan Rouhani went so far as to say, “One cannot force one’s lifestyle on the future generations.” In the past week, faced with a growing wave of civil disobedience, Iran’s general prosecutor called the actions of the women “childish” and the Tehran police said that those who were arrested were “deceived by the ‘no-#hijab’ campaign.”

    https://www.nytimes.com/2018/02/03/opinion/sunday/iran-hijab-women-scarves.html
    #Iran #voile #femmes

  • Les quatre auteurs des « Guignols » sur le départ
    http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2015/07/25/les-quatre-auteurs-des-guignols-limoges_4698459_1655027.html

    Le nouveau directeur général du groupe, Maxime Saada, a signifié sa décision lors d’une réunion jeudi, leur expliquant qu’ils étaient « trop usés » et ne correspondaient plus à ce que les nouveaux patrons voulaient faire sur la chaîne.

  • Souvenirs souvenirs, en 2003 déjà, le Monde saute sur Bagdad : Le Monde a trouvé les armes irakiennes
    http://www.acrimed.org/article1344.html

    Mais Le Monde veille au grain, qui le 5 novembre 2003 titre sur quatre colonnes en page 3 (haut de page) :
    « Selon la CIA, l’Irak aurait dissimulé jusqu’à 1 million de tonnes d’armement »

    Cet article signé de Jacques Isnard, spécialiste des armées au Monde (ou l’inverse ? Lire Le Monde, c’était « mieux avant » ?) est un modèle du genre car la plupart des phrases sont écrites au conditionnel et/ou se réfèrent à une source unilatérale (des plus fiables...) : la CIA, les « services de renseignements »...

    Ci-dessous, nous avons souligné dans l’"article" les mots les plus révélateurs de l’absence de toute information vérifiée (verbes au conditionnel, sources indéfinies ou unilatérales : la CIA, les « services de renseignement », les « forces américaines »...).

    Signalé par Henri Martin :
    https://twitter.com/22xxhenri/status/372095722101161985

    #l'odeur_du_napalm

    • #Livre de Serge #Halimi - Dominique #Vidal - Henri #Maler
      « L’opinion, ça se travaille… » Les médias et les « guerres justes » : Kosovo, Afghanistan, Irak.

      « Traitement exemplaire » et « On a tiré toutes les leçons de nos erreurs passées » constituent les formules sous lesquelles les médias travestissent leur travail en temps de guerre. D’un conflit à l’autre, le parallélisme des expressions laisse en effet songeur : « On a tiré toutes les leçons de la guerre du Golfe, où on n’avait pas assez conceptualisé l’image », estima ainsi Etienne Mougeotte. Le vice-président de TF1 oubliait seulement que ces « leçons » avaient déjà été tirées au moment de la guerre du Kosovo... puis de celle d’Afghanistan.
      Exemples à l’appui, ce livre rappelle comment les médias ont broyé l’information du public tout au long des quinze dernières années - et continuent de le faire. Ce qu’il décrit, loin de constituer une collection d’exceptions, est devenu la règle ; pas un dérapage, la norme.