• Sécurité globale : de multiples risques selon la Commissaire aux droits de l’Homme
    https://www.nextinpact.com/article/45142/securite-globale-multiples-risques-selon-commissaire-aux-droits-lhomme

    Dunja Mijatović, Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, vient d’adresser un courrier à la commission des lois du Sénat. Elle épingle la proposition de loi relative à la sécurité globale. Un texte bientôt examiné au sein de la chambre haute, et qui ne se limite pas à l’article 24. À l’occasion de ce courrier, la Commissaire estime que les craintes exprimées sur ce texte par de multiples organisations « n’ont pas été dissipées » après le vote par l’Assemblée nationale. Elle profite de (...)

    #CCTV #drone #aérien #vidéo-surveillance #surveillance #LoiSécuritéGlobale

  • Texas Deploys Virtual Border Patrol
    https://www.kltv.com/story/5631404/texas-deploys-virtual-border-patrol

    Texas has started broadcasting live images of the U.S. border on the Internet in a security program that asks the public to report signs of illegal immigration or drug crimes. A test Web site went live Thursday at texasborderwatch.com with views from eight cameras and ways for viewers to e-mail reports of suspicious activity. Previously, the images had only been available to law enforcement and landowners where the cameras are located. "There is only one way to test it, and that’s open it (...)

    #CCTV #migration #vidéo-surveillance #délation #frontières #surveillance

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  • Et si les ROBOTS prenaient le CONTRÔLE ?
    https://ricochets.cc/Covid-Macron-Et-si-les-ROBOTS-prenaient-le-CONTROLE.html

    Sans aucun doute, le 21e siècle sera l’avènement de la robotique ou ne le sera pas. Comme vous l’avez surement remarqué, les objets connectés et robotisés ont envahis nos sociétés, mais les problématiques philosophiques, juridiques et sociétales générées par cette poussée technologique sont abyssales. Et Pourtant, depuis longtemps, la science fiction nous a alerté sur notre incapacité de rivaliser, à l’avenir, avec cette nouvelle forme d’intelligence. A travers son œuvre, le célèbre écrivain prophétique Isaac Asimov, ira même jusqu’à établir des lois, nécessaires selon lui, afin de protéger l’intégrité de l’être humain face à ces nouvelles créatures froide et synthétiques obéissant aux algorithmes. Cette vidéo sera divisé en 2 partie : 1/Dans un premier temps nous aborderont l’histoire de la robotique. Des (...)

    #Les_Articles #Résistances_au_capitalisme_et_à_la_civilisation_industrielle #Technologie #Autoritarisme,_régime_policier,_démocrature... #Fichage_et_surveillance #Médias_et_expressions #Vidéos,_films...
    https://www.youtube.com/c/VéritéAlternative
    https://ricochets.cc/IMG/distant/html/watchvIanLMz55a3-6e18ca4.html

  • Vanessa Codaccioni : « L’État nous pousse à agir comme la police »
    https://reporterre.net/Vanessa-Codaccioni-L-Etat-nous-pousse-a-agir-comme-la-police

    Promouvoir la surveillance de tous par tous. Voilà ce que veut l’État, comme l’explique Vanessa Codaccioni dans son dernier ouvrage, « La société de vigilance ». Et en plus d’appeler les citoyens à la délation, il les surveille toujours plus en renforçant les pouvoirs de la police, comme l’illustre la loi de « sécurité globale ». Ce samedi 16 janvier, près d’une centaine de marches des libertés devraient à nouveau avoir lieu en France, contre la proposition de loi relative à la « sécurité globale ». La (...)

    #algorithme #CCTV #activisme #biométrie #écologie #féminisme #aérien #facial #législation #reconnaissance #religion #vidéo-surveillance #BlackLivesMatter #délation #Islam #surveillance (...)

    ##syndicat

  • Texas Virtual Border Watch
    https://en.wikipedia.org/wiki/Texas_Virtual_Border_Watch

    The Texas Virtual Border Watch is a pilot program created by the State of Texas that allows individuals with internet access to observe and report on the Texas–Mexico border via their computers. On June 1, 2006, Texas Governor Rick Perry announced 5 million dollars to be used with the voluntary participation of private land owners to install the cameras.[1] The trial version of the Texas Virtual Border Watch received 2,780 reports of suspicious activity before November 2008.[2] The site has (...)

    #CCTV #migration #vidéo-surveillance #délation #frontières #surveillance

  • The dark side of open source intelligence
    https://www.codastory.com/authoritarian-tech/negatives-open-source-intelligence

    Internet sleuths have used publicly available data to help track down last week’s Washington D.C. rioters. But what happens when the wrong people are identified ? In May, a video of a woman flouting a national Covid-19 mask mandate went viral on social media in Singapore. In the clip, the bare-faced woman argues with passersby outside of a grocery store, defending herself as “a sovereign” and therefore exempt from the law. Following her arrest later that day, internet detectives took matters (...)

    #FBI #algorithme #CCTV #biométrie #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #délation #extrême-droite #surveillance #criminalité #bug #racisme #biais #discrimination (...)

    ##criminalité ##Clearview

  • Police surveillance of Black Lives Matter shows the danger technology poses to democracy
    https://theconversation.com/police-surveillance-of-black-lives-matter-shows-the-danger-technolo

    US police forces have been turning to technology to track down Black Lives Matter protestors. Content from social media platforms and affiliated sites has been instrumental in the authorities being able to identify protestors based on photos of their faces, clothes and hair, or on the fact that they posted while at the protests. Meanwhile, drones have been added to the police’s own means of capturing footage of the protests. Making technology-driven state surveillance part of the police’s (...)

    #Google #Ring #Amazon #Signal #Home #Alexa #CCTV #drone #InternetOfThings #sonnette #activisme #journalisme #police #racisme #données #vidéo-surveillance #violence #BlackLivesMatter #discrimination #écoutes #extrême-droite (...)

    ##surveillance

  • Drones : la CNIL sanctionne le ministère de l’Intérieur
    https://www.cnil.fr/fr/drones-la-cnil-sanctionne-le-ministere-de-linterieur

    Le 12 janvier 2021, la formation restreinte de la CNIL a sanctionné le ministère de l’Intérieur pour avoir utilisé de manière illicite des drones équipés de caméras, notamment pour surveiller le respect des mesures de confinement. Elle enjoint au ministère de cesser tout vol de drone jusqu’à ce qu’un cadre normatif l’autorise. À l’issue d’une procédure de contrôle initiée en mai 2020, la formation restreinte, organe de la CNIL chargé de prononcer les sanctions, a rappelé à l’ordre le ministère de l’Intérieur (...)

    #CCTV #drone #aérien #vidéo-surveillance #surveillance #activisme #CNIL

  • The Capitol siege and facial recognition technology.
    https://slate.com/technology/2021/01/facial-recognition-technology-capitol-siege.html

    In a recent New Yorker article about the Capitol siege, Ronan Farrow described how investigators used a bevy of online data and facial recognition technology to confirm the identity of Larry Rendall Brock Jr., an Air Force Academy graduate and combat veteran from Texas. Brock was photographed inside the Capitol carrying zip ties, presumably to be used to restrain someone. (He claimed to Farrow that he merely picked them up off the floor and forgot about them. Brock was arrested Sunday and (...)

    #Clearview #algorithme #CCTV #biométrie #technologisme #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #extrême-droite #surveillance #voix (...)

    ##AINow

  • Stop Loi Sécurité Globale
    https://stoploisecuriteglobale.fr/#carte

    La coordination #StopLoiSécuritéGlobale appelle à de nouvelles marches des libertés partout en France ce samedi 16 janvier 2021. A Paris, une manifestation est prévue entre place Daumesnil et Bastille. La proposition de loi dite « Sécurité globale » a été votée par l’Assemblée nationale et poursuit son cheminement parlementaire au Sénat. L’annonce par le gouvernement de la réécriture du texte par une commission indépendante a fait long feu puisqu’elle était tout simplement contraire au principe de (...)

    #CCTV #drone #activisme #vidéo-surveillance #surveillance

  • Musk, Bezos, Zuckerberg :
    https://ricochets.cc/Musk-Bezos-Zuckerberg.html

    Elon Musk est désormais l’homme le plus riche du monde devant Jeff Bezos. Leurs fortunes cumulées ont augmenté de 217 milliards de dollars pendant la crise sanitaire. Avec Mark Zuckerberg, ils sont les principaux visages d’une nouvelle révolution industrielle sur fond de big data, d’intelligence artificielle et de robotique. Pour ces seigneurs 3.0, il ne s’agit pas seulement de conquérir le monde. Ils s’intéressent aussi à la colonisation spatiale et aux implants cérébraux. A notre intimité, notre temps, nos horizons philosophiques… Ils ont une certaine idée de ce que le monde doit être et sont bien décidés à nous y embarquer. Et si nous n’avions pas envie ? Et si nous rêvions d’autre chose ? Et si leurs rêves à eux étaient en fait nos pires cauchemars ? “Science sans conscience n’est que ruine de (...)

    #Les_Articles #Résistances_au_capitalisme_et_à_la_civilisation_industrielle #Technologie #Médias_et_expressions #Vidéos,_films...
    https://www.youtube.com/c/LeBiaisVert
    https://ricochets.cc/IMG/distant/html/watchvGW4kTs3026-21cdc68.html

  • La CNIL interdit au ministère de l’intérieur d’utiliser des drones
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/01/14/la-cnil-interdit-au-ministere-de-l-interieur-d-utiliser-des-drones_6066218_4

    Elle reproche notamment au ministère de l’intérieur d’avoir utilisé des drones pour veiller au respect des mesures de confinement dans le cadre de la crise due au coronavirus.

    La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a adressé un rappel à l’ordre au ministère de l’intérieur pour l’utilisation de drones équipés de caméras, lui interdisant de recourir à cette pratique tant qu’elle ne serait pas encadrée par un texte, a-t-elle annoncé jeudi 14 janvier. La CNIL avait été saisie sur cette question par la commission des lois.

    La CNIL reproche notamment au ministère de l’intérieur d’avoir utilisé des drones pour veiller au respect des mesures de confinement dans le cadre de la crise due au coronavirus, mais la sanction et l’injonction qui l’accompagne concernent toute utilisation de ces engins, « quelles que soient les finalités poursuivies ».

    « A ce jour, aucun texte n’autorise le ministère de l’intérieur à recourir à des drones équipés de caméras captant des images sur lesquelles les personnes sont identifiables », déclare la CNIL. « De même, alors qu’elle est obligatoire, aucune analyse d’impact n’a été communiquée à la CNIL concernant l’utilisation de ces drones. Le public n’était pas non plus informé de l’utilisation des drones comme il aurait dû l’être. »Retour ligne automatique
    Un cadre prévu dans la loi sécurité globale

    En décembre, le Conseil d’Etat a interdit l’usage de drones pour surveiller les manifestations sur la voie publique. En mai dernier déjà, le Conseil d’Etat avait suspendu l’usage des drones pour faire respecter à Paris les mesures sanitaires dans le cadre du déconfinement.

    Pour tenter de contourner l’interdiction décidée en mai par le Conseil d’Etat, la préfecture de police avait doté ses appareils de dispositifs de floutage par intelligence artificielle, afin de rendre impossible l’identification des personnes filmées.

    Adopté en première lecture à l’Assemblée nationale avant son examen au Sénat en janvier, l’article 22 de la loi sécurité globale prévoit d’autoriser l’usage des drones lors de manifestations « lorsque les circonstances font craindre des troubles graves à l’ordre public ». Cette mesure a fait l’objet de vives critiques de la part d’associations de défense des libertés.

    #CCTV #drone #activisme #aérien #vidéo-surveillance #surveillance #CNIL

  • A Local Police Department Is Running Clearview AI Searches for the FBI - Dave Gershgorn
    https://onezero.medium.com/a-local-police-department-is-running-clearview-ai-searches-for-the-f

    The FBI, which is searching for insurrectionists who stormed the U.S. Capitol last week, is working with an unlikely partner : a local police department more than 600 miles away from Washington, D.C. An officer in Alabama named Jason Webb told the Wall Street Journal that he had used Clearview AI technology on photos captured during the riot and sent matches to the FBI. The story highlights how access to Clearview’s platform fundamentally changes the capabilities of local law enforcement. (...)

    #Clearview #algorithme #CCTV #biométrie #données #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance (...)

    ##surveillance

  • Civil society calls for AI red lines in the European Union’s Artificial Intelligence proposal
    https://edri.org/our-work/civil-society-call-for-ai-red-lines-in-the-european-unions-artificial-intellig

    European Digital Rights together with 61 civil society organisations have sent an open letter to the European Commission demanding red lines for the applications of AI that threaten fundamental rights. With the European Union’s AI proposal set to launch this quarter, Europe has the opportunity to demonstrate to the world that true innovation can arise only when we can be confident that everyone will be protected from the most harmful, egregious violations of our fundamental rights. Europe’s (...)

    #algorithme #biométrie #racisme #facial #prédiction #reconnaissance #sexisme #vidéo-surveillance #discrimination #surveillance (...)

    ##EuropeanDigitalRights-EDRi

  • Face Surveillance and the Capitol Attack
    https://www.eff.org/deeplinks/2021/01/face-surveillance-and-capitol-attack

    After last week’s violent attack on the Capitol, law enforcement is working overtime to identify the perpetrators. This is critical to accountability for the attempted insurrection. Law enforcement has many, many tools at their disposal to do this, especially given the very public nature of most of the organizing. But we object to one method reportedly being used to determine who was involved : law enforcement using facial recognition technologies to compare photos of unidentified (...)

    #algorithme #CCTV #biométrie #racisme #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #discrimination #extrême-droite #surveillance #EFF (...)

    ##Clearview

  • Sylvain Louvet et Ludovic Gaillard, prix Albert-Londres 2020 : “Avec la loi Sécurité globale, on franchit encore un cap dans la surveillance”
    https://www.telerama.fr/ecrans/sylvain-louvet-et-ludovic-gaillard-prix-albert-londres-2020-avec-la-loi-sec

    Les auteurs du documentaire “Tous surveillés, 7 milliards de suspects” ont été récompensés du prix Albert-Londres de l’audiovisuel ce 5 décembre. Une enquête remarquable sur les techniques de surveillance de masse et leurs dérives, à voir d’urgence sur Télérama.fr. Cette année encore le prix Albert-Londres de l’audiovisuel récompense un documentaire aux prises avec une des actualités les plus brûlantes du moment : les techniques de surveillance de masse, la reconnaissance faciale, les drones, leur (...)

    #algorithme #capteur #CCTV #drone #IJOP #biométrie #émotions #facial #reconnaissance #religion #son #vidéo-surveillance #Islam #panopticon (...)

    ##surveillance

  • État d’urgence, fichage, couvre-feu... Sommes-nous en train de renoncer à nos libertés ?
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/etat-durgence-fichage-couvre-feu...-sommes-nous-en-train-de-renoncer-a-nos-

    La sécurité, mais à quel prix ? Partout nos libertés régressent, et l’exception devient la règle. Un avocat, une philosophe, un historien et une sociologue nous font part de leurs inquiétudes. Et nous incitent à agir.

    La dernière alerte en date a sonné mi-décembre, avec un projet de loi inattendu, instituant « un régime pérenne de gestion des urgences sanitaires ». Sur le papier, on comprend bien le principe : puisqu’une catastrophe de type Covid-19 risque fort de se reproduire à l’avenir, autant doter les pouvoirs publics d’un cadre d’action clair, pour déployer rapidement les mesures ad hoc. Mais lesquelles ? Un alinéa du texte précisait que le Premier ministre pourrait « subordonner les déplacements des personnes, leur accès aux moyens de transports ou à certains lieux, ainsi que l’exercice de certaines activités à la présentation des résultats d’un test de dépistage, […] au suivi d’un traitement préventif, y compris à l’administration d’un vaccin, ou d’un traitement curatif ». En somme, un certificat de bonne santé ou de vaccination aurait pu devenir obligatoire pour entrer dans un train ou dans un musée… Sans compter que le texte prévoyait d’autoriser le recensement des citoyens potentiellement contaminés, avec ou sans leur consentement. Un « monde d’après » guère engageant.

    Face à la levée de boucliers politique, le projet fut retiré. Pour l’instant. Reste qu’il illustre bien les pressions auxquelles nos libertés publiques, consacrées dès 1789 avec la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, sont soumises depuis plusieurs années. Elles reculent, indubitablement. Des dispositions sécuritaires a priori exceptionnelles ne cessent de s’insinuer dans nos quotidiens, quitte à devenir… plus exceptionnelles du tout. Fin 2017, une loi a entériné plusieurs dispositions de l’état d’urgence décrété après les terrifiants attentats de novembre 2015 — et qui ne devait pas durer. Depuis ? Un autre état d’urgence, sanitaire cette fois, nous est tombé dessus, avec ses confinements, fermetures, limitations de déplacements ou de rassemblements, obligation du port du masque ; et même couvre-feu… Les mesures ont été globalement acceptées, puisqu’il faut bien faire face à l’incertitude épidémique et à l’engorgement des hôpitaux.

    Alors que le Conseil d’État vient de valider les décrets autorisant la police à ficher nos opinions politiques, religieuses et syndicales, d’autres mesures se sont fait jour ces derniers mois qui menacent elles aussi de restreindre nos libertés : le nouveau schéma du maintien de l’ordre, qui entrave la presse dans sa couverture des manifestations ; ou, bien sûr, la proposition de loi « sécurité globale », qui prône l’usage des drones, ou l’interdiction de diffuser la vidéo d’un policier ou d’un gendarme en intervention, permettant de l’identifier. Ce texte-ci passe beaucoup moins bien dans l’opinion publique. De nouvelles manifestations sont prévues le 16 janvier.

    L’heure de la contestation est-elle venue ? Pas sûr, car, dans une époque tourmentée, les mesures sécuritaires ont souvent le don de rassurer, quelle que soit leur efficacité. C’est tout le problème. Saisis par l’inquiétude, les peuples peuvent délibérément renoncer à des libertés qui leur semblaient essentielles la veille, convaincus que nécessité fait loi. Que tout cela n’est que provisoire. Ou juste prévu « au cas où »… D’ailleurs, au cas où, demain, au sommet de l’État, des dirigeants rêveraient de piétiner l’État de droit, ne sommes-nous pas en train de leur préparer le terrain en toute légalité ? Ce sont ces enjeux, fondamentaux, qui se déploient sous nos yeux. Pour les saisir, nous avons croisé les points de vue d’un avocat, d’une philosophe, d’un historien et d’une sociologue. Ils nous expliquent en quoi la démocratie tient à un équilibre, fragile par nature, entre la sécurité et la liberté. Qui n’avait pas paru aussi précaire depuis longtemps.Retour ligne automatique
    Arié Alimi, avocat : « Les citoyens doivent se défendre »

    « Depuis les attentats du 13 novembre 2015, l’état d’urgence se substitue progressivement à l’État de droit. D’abord sécuritaire, il est devenu sanitaire avec la pandémie de Covid-19. L’état d’urgence permet de transférer un certain nombre de pouvoirs de l’autorité judiciaire vers l’autorité administrative : ce sont le ministère de l’Intérieur et le préfet de police qui ordonnent directement des mesures restrictives de liberté et non plus des juges, plus indépendants du pouvoir politique. Instaurées en 2015, les assignations à résidence ou les perquisitions ont ensuite été pérennisées dans le droit commun avec la loi Silt (Sécurité intérieure et lutte contre le terrorisme) de 2017. Tout s’organise sous le contrôle de la police. Avec l’état d’urgence sanitaire, on instaure une assignation à résidence pour l’ensemble de la population, c’est-à-dire le confinement. On inverse la règle traditionnelle de la République, qui veut que la liberté soit le principe, et sa restriction, l’exception. À chaque fois qu’une peur renvoie l’individu à son instinct de survie, l’État en profite pour étendre son pouvoir et met en place de nouveaux outils de surveillance et de répression. La “loi sécurité globale” s’inscrit dans ce cheminement. Instaurer les drones, centraliser la gestion de caméras-piétons portées par des policiers ou interdire de filmer les forces de l’ordre permet aussi de légaliser ce qui était déjà pratiqué avant de manière illégale. C’est une stratégie de l’illégalisme. Exemple : le préfet de police de Paris déploie des drones alors qu’il n’en a pas le droit, il est condamné par le Conseil d’État mais persiste, histoire de tester les contre-pouvoirs.

    L’état d’urgence permanent crée un tourbillon incessant de nouvelles lois, une espèce de trou noir qui aspire et détruit progressivement le cadre de l’État de droit, dans une logique de “toujours plus”. L’individu est placé sous surveillance constante. Si la reconnaissance faciale est encore réalisée de façon individuelle et manuelle, je pense que les pouvoirs publics ont l’objectif de l’automatiser avant 2022. Il est fondamental que les citoyens se défendent, le droit est une arme parmi d’autres, avec la politique et la médiatisation. Les plaintes contre X déposées par certains d’entre eux ou des associations pendant le confinement ont permis de rappeler que les responsables politiques encourent des responsabilités pénales quand ils touchent aux libertés publiques. »

    Membre de la Ligue des droits de l’homme (LDH), Arié Alimi publie Le Coup d’état d’urgence (Seuil, 180 p., 15 €), à paraître le 21 janvier.

    Julia Christ, philosophe : « Opposer protection et libertés est un faux débat »

    « Un constat m’a extrêmement étonnée, quand les libertés ont été restreintes par le premier confinement : personne n’a fait remarquer que l’on voyait pour la première fois le lien inextricable entre les libertés individuelles et les droits sociaux. Il est pourtant évident que les gens devaient rester chez eux parce que nos hôpitaux ne pouvaient simplement pas accueillir tous les malades, et l’explication de cette situation est que le système hospitalier a été mis en pièces par les politiques des gouvernements successifs. Les libertés individuelles ont été restreintes non pas pour assurer notre sécurité mais au contraire parce que nous ne sommes socialement pas assez en sécurité.

    Opposer, comme on l’a entendu, “la protection de la vie” et les libertés individuelles est un faux débat car la sécurité est une assurance sociale dont dépend notre liberté. Ne pas avoir peur de tomber malade, pouvoir manger à sa faim ou être éduqué sont autant de choses indispensables pour exercer sa liberté raisonnablement. Ce sont donc les droits sociaux qui fondent à la fois la sécurité et les libertés fondamentales de chacun. La sécurité qui restreint les libertés survient parce que la sécurité qui produit les libertés a été démantelée : on interdit aux gens de sortir en temps de pandémie parce que nous n’avons pas assez de lits pour soigner tous les malades, tandis qu’on augmente la présence et la contrainte policières là où les défaillances du système éducatif et social produisent de la criminalité.

    L’aspect liberticide des récents projets de lois est le propre d’un gouvernement libéral dans la mesure où le libéralisme pense que les libertés individuelles doivent être limitées pour pouvoir coexister. L’idée que l’État doit mettre de l’ordre, sans quoi les individus se permettraient n’importe quoi dans la poursuite de leurs seuls intérêts, est une tendance autoritaire intrinsèque au système libéral. Je n’y vois pas une volonté de domination mais une incompétence totale à observer que les individus font toujours partie de groupes sociaux qui se régulent d’eux-mêmes et entre eux : à l’université, en manifestation, dans les religions, il existe déjà des normes et des contraintes internes. Le gouvernement français croit ne pas avoir d’autre moyen d’obtenir la cohésion sociale qu’en imposant ses valeurs, les fameux “principes républicains”. Cela témoigne d’une mécompréhension totale de ce qu’est une société et d’un aveuglement par rapport à la réalité sociale. »Retour ligne automatique
    Pascal Ory, historien : « On ne décrète pas la liberté »

    « Dans l’Histoire, toute situation d’exception génère, mécaniquement, des restrictions aux libertés publiques. En 2021 la question essentielle n’est pas là. Elle concerne le passé proche et l’avenir (encore) lointain. Le passé proche est celui de 2020 : une situation de crise sanitaire majeure a rappelé aux démocraties libérales leur fragilité. Après tout, d’un point de vue démographique, elles ne représentent jamais qu’une minorité à la surface de la Terre. La plupart des êtres humains vivent en régime de démocratie autoritaire ou de démocratie totalitaire. Comme dans les an-nées 30 (1930, pas encore 2030) la manière dont Pékin a utilisé successivement (au début de la pandémie) la censure puis la propagande a paru montrer l’efficacité — sur le court terme — de la mobilisation dictatoriale, face aux incertitudes consubstantielles aux régimes libéraux. Mais le plus problématique n’est pas encore là. Il est dans l’avenir.

    Posons deux prémisses : premièrement, dans l’histoire de l’humanité, il n’y a pas de causes, rien que des effets ; deuxièmement, l’effet suprême, celui qui rend compte du reste (un reste qui s’appelle ici économie, là culture), est l’effet politique. On ne décrète pas la liberté. C’est affaire de conjoncture, dans l’espace et dans le temps. Et le problème principal, ici, est dans le temps. Si la présente prophétie écologiste est vérifiée, avec son mélange d’anxiété sanitaire et d’angoisse climatique, tout se ramènera, comme dans toutes les sociétés, à une course de vitesse entre les facteurs d’intégration et les facteurs de désintégration. L’hypothèse la plus probable, à ce stade, est que l’ampleur du danger (c’est-à-dire de sa perception), au lieu de conduire les so-ciétés humaines vers toujours plus d’autonomie et de “participatif”, justifiera l’instauration de régimes autoritaires. Et c’est là qu’intervient la variable géographique, autrement dit la culture nationale : le chemin à parcourir sera sans doute un peu plus long pour les Islandais que pour les Nord-Coréens. Notre avenir lointain rejoindrait alors notre passé proche : l’humanité irait “globalement” vers des formes variées de dictature, mais dans l’ordre dispersé des expériences nationales.

    Cette hypothèse aura pour beaucoup de lecteurs quelque chose d’attristant. Mais où est-il écrit que le monde aille, de soi-même, vers plus de liberté ? Dans la définition de la démocratie, la souveraineté populaire est suffisante ; la liberté n’est pas nécessaire. Bref, comme le disait Renan : “Il se pourrait que la vérité fût triste.” Évidemment, on le voit, il parlait au conditionnel… » Retour ligne automatique
    Vanessa Codaccioni, sociologue : « A la fois surveillants et surveillés »

    « Michel Foucault a montré comment, dès les années 1970, se met en place une société de sécurité qui voit se multiplier les textes et les lois sécuritaires. Dans la “société de vigilance”, qui n’émerge qu’après les attentats du 11 septembre 2001, les populations sont à la fois “chasseuses” et “proies”. Elles sont l’objet d’une surveillance massive, généralisée et de plus en plus intrusive, comme l’a révélé Edward Snowden [en montrant l’existence de plusieurs programmes de surveillance de masse américains et britanniques, ndlr]. Mais ces populations sont aussi incitées à développer une surveillance latérale, dans toutes les sphères de la vie : à l’école, au travail, dans la rue, dans les transports en commun, sur Internet et les réseaux sociaux, parfois même au sein de la famille ou du cercle amical. Il y a ainsi un double usage sécuritaire du corps. D’une part, c’est une source directe d’informations, et donc la cible de la surveillance ou de la répression étatique (ADN, empreintes digitales, vidéosurveillance, reconnaissance faciale, etc.). D’autre part, ce corps est en permanence à l’affût. Si le plus important reste de “dire quelque chose” aux autorités, c’est-à-dire de signaler et de dénoncer des risques potentiels, jamais nos sens, et en particulier l’ouïe et la vue, n’ont autant été sollicités à des fins punitives.

    Dès lors, sommes-nous à la fois surveillants et surveillés ? Possiblement. Nous pouvons encore toutes et tous être l’objet d’une double surveillance : celle des agents de l’État et celle de nos concitoyennes et concitoyens. Mais il ne faut jamais oublier qu’elle est partielle et ciblée : certaines catégories de la population, désignées comme suspectes, déviantes, dangereuses, en sont les premières victimes. Dans le cadre de l’antiterrorisme, ce sont les musulmans qui la subissent, celle-ci se rajoutant à la stigmatisation et à la répression. Il s’agit de l’un des objectifs disciplinaires de ces appels constants à la vigilance : faire de l’autre une source d’insécurité permanente pour alimenter une suspicion mutuelle, pour désolidariser, isoler et séparer, et in fine pour accroître le contrôle de l’État. »

    Maîtresse de conférences à l’université Paris-8, Vanessa Codaccioni est l’autrice de La Société de vigilance, éd. Textuel, 160 p., 15,90 €.

    #algorithme #CCTV #drone #activisme #religion #vidéo-surveillance #COVID-19 #notation #profiling #santé #surveillance (...)

    ##santé ##LDH-France

  • L’armée française fera voler des drones Parrot
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/01/11/l-armee-francaise-fera-voler-des-drones-parrot_6065910_3234.html

    La Direction générale de l’armement a annoncé, lundi 11 janvier, avoir retenu le fabricant français pour lui fournir pendant cinq ans plusieurs centaines de microdrones.

    Le fabricant français Parrot a été désigné par la Direction générale de l’armement (DGA) pour lui fournir pendant cinq ans des microdrones. Ce contrat-cadre, rendu public lundi 11 janvier, va permettre d’équiper les fantassins des trois armes (marine, air et terre) pour leurs missions d’observation ou de reconnaissance.

    Cette commande, qui « s’entend pour plusieurs centaines de systèmes de drones », selon la marque française, porte sur le modèle Anafi USA ainsi que des équipements complémentaires (radiocommandes, notamment). Selon des spécialistes des marchés militaires, un budget autour de 30 millions d’euros sur cinq ans y aurait été affecté.

    Dérivés du drone grand public Anafi, un modèle d’une vingtaine de centimètres d’envergure une fois déplié, les quadricoptères qui seront livrés pèsent 500 grammes, disposent d’une caméra thermique et peuvent voler jour et nuit pendant trente-deux minutes.

    C’est principalement l’armée de terre qui sera la principale utilisatrice de ces appareils qui embarquent un puissant zoom afin de détecter des cibles de taille humaine jusqu’à 2 km de distance avec une précision de 13 cm. Leurs hélices et leur moteur électrique, conçus pour être particulièrement silencieux, les rendent inaudibles à 130 mètres de distance.

    La société parisienne, qui traverse des difficultés importantes depuis deux ans, fournit déjà l’armée suisse et des unités de garde-côtes américaines ou japonaises mais admet que ce type de contrat ne peut devenir une planche de salut.Retour ligne automatique
    Visibilité dans la cybersécurité

    Satisfait et soulagé d’avoir remporté l’appel d’offres de la DGA, Henri Seydoux, président et fondateur du groupe, rappelle cependant que « les marchés publics ne représentent pas l’axe principal » du développement de Parrot : « Nous misons essentiellement sur les secteurs de la surveillance (l’équipement des pompiers, notamment), de l’inspection des infrastructures d’énergie et de communications ainsi que le secteur du bâtiment. »

    Ce contrat pourrait néanmoins faire date. Outre qu’il contribue à donner de la visibilité à la stratégie de l’entreprise – elle a été engagée après le crash du marché des drones de loisir –, il met en évidence sa volonté de se poser comme un fournisseur fiable dans le domaine de la cybersécurité et, surtout, comme une alternative aux produits chinois, hégémoniques dans le secteur.

    Bien que l’Anafi livré aux armées françaises soit fabriqué aux Etats-Unis pour des motifs d’accès au marché local – Parrot espère gagner des appels d’offres sur le continent –, cet appareil a été entièrement développé en France. En outre, insiste le fabricant, « le drone et son application de pilotage fonctionnent sans nécessiter d’accès à Internet », et toutes les données recueillies en vol « sont entièrement placées sous la maîtrise de l’utilisateur, les données étant stockées sur des serveurs sécurisés en Europe ».

    Ce positionnement fait écho aux controverses apparues autour de DJI, le numéro un mondial chinois, blacklisté par les autorités fédérales américaines. Celles-ci le soupçonnent d’entretenir des liens trop étroits avec le régime de Pékin et de laisser fuiter des données sensibles à l’insu des clients étrangers, ce que réfute DJI. Parrot redoute aussi de voir son concurrent asiatique – néanmoins absent de l’appel d’offres lancé par la DGA – venir le concurrencer en France.

    Partie serrée

    En avril 2020, l’appel d’offres lancé par le ministère de l’intérieur pour 650 drones destinés à la gendarmerie, à la police et à la protection civile avait suscité une polémique. La tranche principale – de 1,8 million d’euros, portant sur 565 « drones du quotidien », destinés, entre autres, à des opérations de maintien de l’ordre – avait fait réagir les industriels français, dont Parrot. Ils avaient critiqué un cahier des charges qu’ils jugeaient trop proche du profil technique des quadricoptères chinois et insuffisamment exigeant sur les questions de cybersécurité.

    Aux prises avec une forte dégradation de son activité, aggravée par la situation sanitaire, qui s’est soldée par une perte de 22 millions d’euros au premier semestre 2020 et l’a conduit à réduire ses effectifs, Parrot est passée en 2019 sous le contrôle intégral d’Henri Seydoux au terme d’une offre publique d’achat (OPA). Ce dernier se dit conscient de jouer une partie serrée sur une période qui ne pourra s’éterniser. « Parrot est redevenu une start-up et nous consacrons tous nos fonds propres au développement de nouvelles activités », assure-t-il.

    Jean-Michel Normand

    #Parrot #CCTV #drone #militaire #température #aérien #vidéo-surveillance #surveillance

  • Squat!net héberge vos #Vidéos
    https://fr.squat.net/2021/01/10/squatnet-heberge-vos-videos

    Ces dernières années, squat !net a renouvelé une partie de son infrastructure technique et a installé depuis deux ans sa propre instance #Peertube. https://videos.squat.net Ainsi, il sera maintenant plus aisé de diffuser des vidéos qui ont pour sujet les squats sur internet, et ce sans passer par des groupes comme Youtube/Google ou Vimeo, tout en améliorant […]

    #bittorrent

  • This is how Facebook’s AI looks for bad stuff
    https://www.technologyreview.com/2019/11/29/131792/this-is-how-facebooks-ai-looks-for-bad-stuff

    The context : The vast majority of Facebook’s moderation is now done automatically by the company’s machine-learning systems, reducing the amount of harrowing content its moderators have to review. In its latest community standards enforcement report, published earlier this month, the company claimed that 98% of terrorist videos and photos are removed before anyone has the chance to see them, let alone report them. So, what are we seeing here ? The company has been training its (...)

    #MetropolitanPolice #Facebook #algorithme #anti-terrorisme #modération #reconnaissance #vidéo-surveillance #forme (...)

    ##surveillance

  • A Strasbourg, RSI Vidéo se vide de ses salariés en proie à la souffrance
    https://www.mediapart.fr/journal/france/080121/strasbourg-rsi-video-se-vide-de-ses-salaries-en-proie-la-souffrance

    Face à une souffrance au travail niée par leur direction, 37 salariés et ex-employés d’une entreprise alsacienne, soutenus par la CFDT et les élus du personnel, ont porté plainte au pénal pour harcèlement moral organisationnel. Une action rarissime.

    La démarche est exceptionnelle. Le 2 décembre 2020, 37 salariés et ex-employés de l’entreprise RSI Vidéo, accompagnés du comité social et économique (CSE) et de la CFDT Communication, conseil et culture, ont déposé une plainte pénale auprès du procureur de la République contre leur employeur ainsi que contre quatre dirigeants ou anciens cadres pour harcèlement moral. Cela représente plus des deux tiers de l’effectif de cette société basée à Strasbourg (Alsace).

    La plainte, que Mediapart a pu consulter, illustre la lente agonie d’équipes qui se désagrègent, et dresse en creux une stratégie pour vider l’entreprise de ses salariés, alors qu’un plan de sauvegarde pour l’emploi (PSE) présenté à l’été 2019 a avorté.

    « Les victimes entendent dénoncer le harcèlement moral organisationnel mis en place au sein de la société, ainsi que l’atteinte à l’intégrité psychique et physique des salariés », conclut la plainte, espérant y voir une possibilité de procès, puis de condamnation sur le modèle de celle de France Télécom en décembre 2019.

    Les plaignants affirment : « Il faut relever que le cabinet Alixio [qui a effectué une expertise après une alerte pour danger grave et imminent fin 2019 – ndlr] a relevé que 85 % des salariés présentaient des troubles psychologiques avec le contexte actuel et 56 % des salariés présentaient des manifestations physiques associées à la situation actuelle, au moment de l’expertise début 2020, ce qui est démesurément élevé ! »

    De l’ancien directeur financier au développeur, de la responsable de la communication aux commerciaux, tout le monde est touché. Entre début 2018 et fin 2020, date du dépôt de la plainte, l’effectif de RSI Vidéo dégringole de 81 à 48 salariés, sans qu’aucun plan social soit mis en œuvre, et alors que la santé économique de l’entreprise demeure très bonne. Dans le même temps, dix membres du comité de direction sont évincés. Aucun n’est remplacé, y compris sur le site.

    Fondée en 2000, RSI Vidéo est une success story locale qui emploie déjà 95 salariés en 2015. Elle conçoit des systèmes de surveillance vidéo et de sécurité, principalement pour les particuliers. En 2016, elle est rachetée par le géant américain Honeywell qui, deux ans après, via un spin-off (c’est-à-dire la création d’une entité pour regrouper des activités de même nature), la transfère au sein de Resideo qui agrège d’autres entreprises du groupe.

    Le management est rapidement changé, et débute la valse des dirigeants, pour la plupart américains, parfois même non francophones. « Les choses ont commencé à se dégrader dès le rachat, témoigne un ingénieur, dont le service de recherche et développement regroupe la moitié de l’effectif. Des gens partaient et n’étaient jamais remplacés. Des projets s’arrêtaient du jour au lendemain. On nous disait que c’était décidé d’en haut, mais qu’il ne fallait pas s’inquiéter. »

    À cette époque, l’ingénieur se dit confiant, l’entreprise marche bien, elle est très rentable et possède des brevets exclusifs. Chacun est fier d’y travailler, depuis plusieurs années déjà pour un bon nombre.

    En fait, selon nos informations, ce qu’ignorent la plupart des salariés, c’est que Resideo a pour projet de passer de dix-sept à cinq centres de recherche dans le monde, et de privilégier en France celui de Mougins, dans les Alpes-Maritimes, au détriment de celui de Strasbourg. Il faut intégrer de force la petite entreprise gauloise à la grosse machine américaine.

    Un ancien dirigeant, qui souhaite rester anonyme, affirme que peu à peu l’entreprise est vidée d’un management d’expérience et que, parmi trois des personnes visées par la plainte (dont la DRH, devenue délégataire du président), aucune n’a « de pouvoir institutionnel ». « Ils collent des timbres, ironise-t-il, car le pouvoir est concentré aux États-Unis. » « Ce sont des bizuts qui sont aux commandes », conclut-il, pour expliquer une partie de la déconfiture de l’entreprise et le mal-être réel qui va en découler au sein des équipes.

    Puisqu’il faut rationaliser, et aussi mutualiser, le mieux est encore de se débarrasser des salariés en trop. En juillet 2019, sans aucune alerte « ni signaux faibles », selon l’ancien cadre supérieur interrogé, un PSE est présenté devant les élus du personnel en comité d’entreprise (devenu depuis le CSE). La surprise est totale, d’autant qu’il touche la recherche et le développement, soit plus de 30 ingénieurs et techniciens qui font la force de l’entreprise.

    « Je vois des salariés pleurer. L’absentéisme est édifiant »

    D’ailleurs, un audit effectué par un cabinet mandaté par le CSE, et rendu à l’automne 2019, évoque « des résultats remarquables » de RSI Vidéo, ainsi que « des performances robustes ». Et même si les experts pointent une stratégie à trois ans plus grise, il n’y a rien qui justifierait de se séparer de 40 % de l’effectif.

    Un défaut d’informations aux élus du personnel permet de suspendre le plan social, d’autant que des élections professionnelles doivent avoir lieu à la rentrée 2019 pour renouveler les représentants des salariés et mettre en place le CSE nouvelle formule. Le PSE ne sera jamais réactivé et pourtant les départs vont se succéder, même si l’immense majorité des demandes de rupture conventionnelle sont refusées.

    Cyrielle Klein, secrétaire du CSE, témoigne de l’acharnement à faire mourir l’entreprise à petit feu. Comme responsable de la communication, « mon budget a été réduit de 40 % », assure-t-elle, qui se considère comme mise au placard depuis sa prise de fonction comme élue, avec la perte de la gestion d’une marque et le retrait d’activités commerciales. « Depuis juin 2020, je considère que 95 % de mon travail m’a été retiré. » Elle a été mise en arrêt maladie en décembre dernier.

    De son côté, l’ancien cadre dirigeant évoque une charge de travail qui a augmenté d’un bon tiers à cause des départs non remplacés. Il dit avoir « descendu l’escalier tout doucement », entrant dans « une période physiquement et psychologiquement de plus en plus difficile ». Il se souvient du « contact quotidien avec la souffrance » : « Je vois des salariés pleurer. L’absentéisme est édifiant. » En février 2020, il s’effondre à cause « d’un épuisement physique et moral ». Il sera licencié peu de temps après.

    Un ingénieur du bureau d’études, principalement visé par le PSE avorté, parle « d’un service qui se dépeuple ». « L’entreprise arrête de se préoccuper des gens pour qu’ils aient envie de partir ou de se mettre en arrêt maladie », résume le trentenaire. Il a démissionné au printemps dernier.

    François Griset, délégué syndical CFDT et à l’origine de la plainte au pénal : « Deux fois par semaine au moins, des salariés m’appellent pour des problèmes de sommeil, en pleurs. » Le syndicaliste évoque la peur et le stress qui circulent dans l’entreprise et qui conduisent à un taux d’absentéisme qui atteint 20 % de l’effectif restant, selon lui.

    L’augmentation du mal-être ne faiblit pas fin 2019. Une alerte pour danger grave et imminent est actionnée par le CSE au nom de l’ensemble des salariés. Trois mois plus tard, coup sur coup, l’inspectrice du travail et la médecin du travail écrivent à la direction avec des mots choisis.

    La première enjoint au management d’« évaluer les facteurs de troubles psychosociaux » et de « mettre en œuvre les actions adaptées pour supprimer ce risque ainsi que les troubles existants ». La seconde, quelques jours plus tôt, en février 2020, parle de « très nette détérioration de la santé d’une partie [des] salariés », avec des causes multiples comme « une surcharge de travail pour certains », « une absence totale de travail pour d’autres » et « une perte de sens au travail ».

    La direction se décide enfin à agir, et notamment à examiner une demande du CSE de mettre en place une démarche de gestion prévisionnelle des emplois et compétences afin de cadrer l’avenir et de donner des perspectives. Demande qui restera finalement lettre morte, malgré toutes les alertes déclenchées que les dirigeants ne pouvaient ignorer.

    De fait, dans un document estampillé « Confidentiel » datant de mars 2020, dont Mediapart a pris connaissance, la direction de Resideo donne les résultats d’une consultation des salariés sur leur situation dans l’entreprise et leur sentiment sur la stratégie du groupe. Le constat est implacable sur le divorce d’avec les équipes.

    L’enquête menée par le CSE montre que 86 % des salariés se méfient ou n’ont aucune confiance dans la direction, 70 % souhaitent quitter l’entreprise (et 25 % restent par dépit). La grande majorité valide la proposition du CSE « d’un plan de transition », qui n’a pas vu le jour.

    Sollicitée par Mediapart, l’actuelle direction a refusé de répondre sur des points précis de cette séquence de deux ans. Une porte-parole basée en Grande-Bretagne se contente d’écrire, dans une langue de bois managériale : « Le bien-être de nos employés est, pour nous, de la plus haute importance et nous déployons les moyens nécessaires pour demeurer à leur écoute. Comme vous le comprendrez, nous ne ferons pas de commentaires sur des questions qui pourraient faire l’objet de poursuites judiciaires. »

    Une écoute finalement si passive que, comme l’explique Cyrielle Klein, « la plainte au pénal était [son] dernier recours après avoir tenté pendant des mois d’expliquer combien les gens allaient mal ». Elle parle de « gâchis », de « point de non-retour » et, à titre personnel, dit « ne voir d’autre solution qu’à terme quitter l’entreprise ».

    L’ancien directeur, lui, est désormais à la recherche d’un emploi, expliquant avoir mis du temps pour se retaper. « Je me disais pendant des mois qu’on allait dans le mur. Et on est allés dans le mur », se rappelle-t-il, comme parlant de sa propre situation.

    Quant à l’ingénieur qui a vu son service se vider, il a récemment retrouvé un poste moins bien payé mais qui lui permet de vivre mieux. « Je prends de temps en temps des nouvelles des gens qui sont restés, confie-t-il. J’ai envie de pleurer. Maintenant, j’ai peur d’en demander à nouveau tellement c’est triste. »

    #CCTV #vidéo-surveillance #santé #travail #CFDT

    ##santé

  • Oakland Privacy and the People of Vallejo Prevail in the Fight For Surveillance Accountability
    https://www.eff.org/deeplinks/2021/01/oakland-privacy-and-people-vallejo-prevail-fight-surveillance-accountability

    Just as the 2020 holiday season was beginning in earnest, Solano Superior Court Judge Bradley Nelson upheld the gift of surveillance accountability that the California State legislature had provided state residents when they passed 2015’s Senate Bill 741 (Cal. Govt. Code § 53166). Judge Bradley’s order brought positive closure to a battle that began last March when Electronic Frontier Alliance member Oakland Privacy notified the Vallejo City Council, and Mayor, that their police department’s (...)

    #smartphone #vidéo-surveillance #écoutes #surveillance #ACLU #EFF

  • Claims Antifa Embedded in Capitol Riots Come From a Deeply Unreliable Facial Recognition Company - Dave Gershgorn
    https://onezero.medium.com/claims-antifa-embedded-in-capitol-riots-come-from-a-deeply-unreliabl

    XRVision also has a track record of spreading conspiracy theories about Hunter Biden Congressman Matt Gaetz, a Republican from Florida, took to the House floor on Wednesday night to spread an increasingly popular conspiracy theory that the pro-Trump mobs that overtook the Capitol building were in fact aligned with antifa. The claim was based on an anonymous source in a story from the Washington Times, a conservative outlet that has repeatedly pushed conspiracy theories. The source was (...)

    #biométrie #manipulation #facial #reconnaissance #vidéo-surveillance #extrême-droite #surveillance (...)

    ##XRVision