• « #Agent_orange » : #Tran_To_Nga, une femme en guerre contre les géants de l’#agrochimie

    Cette Franco-Vietnamienne au parcours d’exception poursuit devant la #justice française #Dow_Chemical et d’autres firmes, pour avoir fourni à l’#armée_américaine des #pesticides ultratoxiques déversés autrefois sur le #Vietnam.

    Des boîtes de médicaments sont dispersées sur la table basse devant le canapé. Un beau portrait de femme – sa mère – est accroché au mur à côté de la Légion d’honneur décernée en 2004 par Jacques Chirac. Côte à côte, plusieurs Bouddha et une statuette de la Vierge veillent sur le salon de Mme Tran, 78 ans. L’endroit n’a rien d’un QG de campagne. C’est pourtant d’ici, au rez-de-chaussée d’un immeuble tranquille situé dans l’Essonne, que cette grand-mère franco-vietnamienne, à l’allure frêle, livre l’ultime combat d’une vie d’une incroyable richesse.

    Née en mars 1942, Tran To Nga grandit dans une Indochine qui s’oppose de plus en plus ouvertement au colonisateur français. A la demande de sa mère, très impliquée dans la lutte pour l’indépendance, l’intrépide fillette, francophone, porte bientôt des messages secrets dans son cartable d’écolière. Dans les décennies suivantes, elle s’engagera corps et âme dans la guerre au Vietnam.

    #paywall

    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/19/agent-orange-tran-to-nga-une-femme-en-guerre-contre-les-geants-de-l-agrochim
    #résistance #guerre_du_Vietnam

  • Soutien à Tran To Nga et aux victimes vietnamiennes de l’agent orange-dioxine

    En 2014, Tran To Nga a porté plainte contre les firmes américaines, dont Monsanto et Dow Chemical, qui ont produit l’agent orange déversé par les Américains sur le Vietnam pendant la guerre du Vietnam.

    Après plusieurs reports, la date des plaidoiries est fixée au 25 janvier 2021 au Tribunal de grande instance d’Evry.

    Ce procès est historique car Tran To Nga, qui a la double nationalité française et vietnamienne, est actuellement la seule à pouvoir intenter un tel procès.

    Cette lettre est une pétition que l’on peut signer en envoyant un mail avec ses coordonnées et qualité à agentorange2202@gmail.com

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/01/14/soutien-a-tran-to-nga-et-aux-victimes-vietnamiennes-de-

    #international #vietnam

  • Coronavirus live: Vietnam reports first case of new Covid variant; Irish health officials warn virus is ’absolutely rampant’ - latest updates | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/live/2021/jan/02/coronavirus-live-vietnam-reports-first-case-of-new-covid-variant-latest
    https://i.guim.co.uk/img/media/915f5f9988ca05661de92f91151e43c3cb42bcee/0_47_3600_2159/master/3600.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Vietnam reports first case of new Covid variant spreading around Britain
    Vietnam has detected its first imported case of the new Covid-19 variant that is spreading rapidly around Britain, the health ministry said on Saturday. The variant was identified in a 44-year-old woman returning to Vietnam from Britain, who was quarantined upon arrival and tested positive for the virus on 24 December. “Researchers ran gene-sequencing on the patient’s sample and found the strain is a variant known as “VOC 202012/01”, the ministry said in a statement. Vietnam, which has recorded 35 Covid linked deaths, is still operating repatriation flights to bring its citizens stuck in the UK home amid the pandemic.

    #Covid-19#migrant#migration#vietnam#grandebretagne#sante#virusmutant#circulation#pandemie#contamination

  • "Réfugiés", « migrants », « exilés » ou « demandeur d’asile » : à chaque mot sa fiction, et son ombre portée

    Alors que les violences policières contre un campement éphémère de personnes exilées font scandale, comment faut-il nommer ceux dont les tentes ont été déchiquetées ?

    Nombreuses et largement unanimes, les réactions qui ont suivi l’intervention de la police, lundi 23 novembre au soir, place de la République à Paris, condamnent la violence des forces de l’ordre. De fait, après cette intervention pour déloger le campement éphémère installé en plein Paris dans le but de donner de l’écho à l’évacuation récente d’un vaste camp de réfugiés sur les contreforts du périphérique, les images montrent les tentes qui valsent, les coups qui pleuvent, des matraques qui cognent en cadence, et de nombreux soutiens nassés en pleine nuit ainsi que la presse. Survenu en plein débat sur la loi de sécurité globale, et après de longs mois d’un travail tous azimuts pour poser la question des violences policières, l’épisode a quelque chose d’emblématique, qui remet au passage l’enjeu de l’accueil migratoire à la Une des médias.

    Une occasion utile pour regarder et penser la façon dont on nomme ceux qui, notamment, vivent ici dans ces tentes-là. Durant toute la soirée de lundi, la réponse policière à leur présence sur la place de la République a été amplement commentée, en direct sur les réseaux sociaux d’abord, puis sur les sites de nombreux médias. Si certains utilisaient le mot “migrants” désormais ordinaire chez les journalistes, il était frappant de voir que d’autres termes prenaient une place rare à la faveur de l’événement à chaud. Et en particulier, les mots “réfugiés” et “exilés”.

    En ligne, Utopia56, le collectif à l’origine de l’opération, parle de “personnes exilées”. Chez Caritas France (ex-Secours catholique), c’est aussi l’expression qu’utilise par exemple, sur la brève bio de son compte twitter, la salariée de l’humanitaire en charge des projets “solidarité et défense des droits des personnes exilées”. Ce lexique n’a rien de rare dans le monde associatif : la Cimade parle aussi de longue date de “personnes exilées”, la Fédération des acteurs de solidarités qui chapeaute 870 associations de même, et chez chez Act up par exemple, on ne dit pas non plus “migrants” mais “exilés”. Dans la classe politique, la nuit de violences policières a donné lieu à des déclarations de protestation où il n’était pas inintéressant d’observer l’usage des mots choisis dans le feu de l’action, et sous le projecteur des médias : plutôt “exilés” chez les écologistes, via le compte twitter “groupeecoloParis”, tandis qu’Anne Hidalgo, la maire de Paris, parlait quant à elle de “réfugiés”.

    Du côté des médias, le terme poussé par le monde associatif n’a sans doute jamais aussi bien pris qu’à chaud, dans l’épisode de lundi soir : sur son compte Twitter, CNews oscillait par exemple entre “migrants” et “personnes exilées”... au point de se faire tacler par ses abonnés - il faudrait plutôt dire “clandestins”. Edwy Plenel panachait pour sa part le lexique, le co-fondateur de Médiapart dénonçant au petit matin la violence dont avaient fait l’objet les “migrants exilés”.

    Peu suspect de gauchisme lexical, Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, affirmait de son côté saisir l’IGPN pour une enquête sur cette évacuation d’un “campement de migrants”, tandis que le mot s’affichait aussi sur la plupart des pages d’accueil des sites de médias. Comme si le terme “migrants” était devenu un terme générique pour dire cette foule anonyme de l’immigration - sans que, le plus souvent, on interroge en vertu de quels critères ? Cet épisode de l’évacuation violente de la place de la République est en fait l’occasion idéale pour regarder la façon dont le mot “migrants” s’est disséminé, et remonter le film pour comprendre comment il a été forgé. Car ce que montre la sociologue Karen Akoka dans un livre qui vient justement de paraître mi-novembre (à La Découverte) c’est que cette catégorie est avant tout une construction dont la sociogenèse éclaire non seulement notre façon de dire et de penser, mais surtout des politiques publiques largement restées dans l’ombre.
    Les mots de l’asile, ces constructions politiques

    L’Asile et l’exil, ce livre formidable tiré de sa thèse, est à mettre entre toutes les mains car précisément il décortique en quoi ces mots de l’immigration sont d’abord le fruit d’un travail politique et d’une construction historique (tout aussi politique). Les acteurs de cette histoire appartiennent non seulement à la classe politique, mais aussi aux effectifs des officiers qui sont recrutés pour instruire les demandes. En centrant son travail de doctorat sur une sociohistoire de l’Ofpra, l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides, créé en 1952, la chercheuse rappelle qu’il n’est pas équivalent de parler d’exil et d’asile, d’exilés, de demandeurs d’asile, de migrants ou de réfugiés. Mais l’ensemble de sa démonstration éclaire en outre toute la part d’artifice que peut receler ce raffinage lexical qui a permis à l’Etat de construire des catégories d’aspirants à l’exil comme on labelliserait des candidats plus ou moins désirables. Face aux "réfugiés", légitimes et acceptables depuis ce qu’on a construit comme une forme de consensus humaniste, les "migrants" seraient d’abord là par émigration économique - et moins éligibles. Tout son livre consiste au fond en une déconstruction méthodique de la figure du réfugié désirable.

    Les tout premiers mots de l’introduction de ce livre (qu’il faut lire en entier) remontent à 2015 : cette année-là, Al-Jazeera annonçait que désormais, celles et ceux qui traversent la Méditerranée seront pour de bon des “réfugiés”. Et pas des “migrants”, contrairement à l’usage qui était alors en train de s’installer dans le lexique journalistique à ce moment d’explosion des tentatives migratoires par la mer. Le média qatari précisait que “migrants” s’apparentait à ses yeux à un “outil de deshumanisation”. On comprenait en fait que “réfugié” était non seulement plus positif, mais aussi plus légitime que “migrant”.

    En droit, c’est la Convention de Genève qui fait les “réfugiés” selon une définition que vous pouvez consulter ici. Avant ce texte qui remonte à 1951, on accueillait aussi des réfugiés, quand se négociait, au cas par cas et sous les auspices de la Société des nations, la reconnaissance de groupes éligibles. Mais le flou demeure largement, notamment sur ce qui, en pratique, départirait le “réfugié” de “l’étranger”. A partir de 1952, ces réfugiés répondent à une définition, mais surtout à des procédures, qui sont principalement confiées à l’Ofpra, créé dans l’année qui suit la Convention de Genève. L’autrice rappelle qu’à cette époque où l’Ofpra passe d’abord pour une sorte de “consulat des régimes disparus”, il y a consensus pour considérer que l’institution doit elle-même employer des réfugiés chargés de décider du sort de nouveaux candidats à l’asile. A l’époque, ces procédures et ces arbitrages n’intéressent que très peu de hauts fonctionnaires. Ca change progressivement à mesure que l’asile se politise, et la décennie 1980 est une bonne période pour observer l’asile en train de se faire. C’est-à-dire, en train de se fabriquer.

    La construction du "réfugié militant"

    Sur fond d’anticommunisme et d’intérêt à relever la tête après la guerre coloniale perdue, la France décidait ainsi au début des années 80 d’accueillir 130 000 personnes parmi celles qui avaient fui l’un des trois pays de l’ex-Indochine (et en particulier, le Vietnam). On s’en souvient encore comme des “boat people”. Ils deviendront massivement des “réfugiés”, alors que le mot, du point de vue juridique, renvoie aux critères de la Convention de Genève, et à l’idée de persécutions avérées. Or Karen Akoka rappelle que, bien souvent, ces procédures ont en réalité fait l’objet d’un traitement de gros. C’est-à-dire, qu’on n’a pas toujours documenté, dans le détail, et à l’échelle individuelle, les expériences vécues et la position des uns et des autres. Au point de ne pas trop chercher à savoir par exemple si l’on avait plutôt affaire à des victimes ou à des bourreaux ? Alors que le génocide khmer rouge commençait à être largement connu, l’idée que ces boat people massivement arrivés par avion camperaient pour de bon la figure du “bon réfugié” avait cristallisé. La chercheuse montre aussi que ceux qui sont par exemple arrivés du Vietnam avaient fait l’objet d’un double tri : par les autorités françaises d’une part, mais par le régime vietnamien d’autre part… et qu’il avait été explicitement convenu qu’on exclurait les militants politiques.

    Or dans l’imaginaire collectif comme dans le discours politique, cette représentation du réfugié persécuté politiquement est toujours très active. Elle continue souvent de faire écran à une lecture plus attentive aux tris opérés sur le terrain. Et empêche par exemple de voir en quoi on a fini par se représenter certaines origines comme plus désirables, par exemple parce qu’il s’agirait d’une main-d’œuvre réputée plus docile. Aujourd’hui, cette image très puissante du "réfugié militant" reste arrimée à l’idée d’une histoire personnelle légitime, qui justifierait l’étiquetage de certains “réfugiés” plutôt que d’autres. C’est pour cela qu’on continue aujourd’hui de réclamer aux demandeurs d’asile de faire la preuve des persécutions dont ils auraient fait l’objet.

    Cette enquête approfondie s’attèle à détricoter ce mirage du "bon réfugié" en montrant par exemple que, loin de répondre à des critères objectifs, cette catégorie est éminemment ancrée dans la Guerre froide et dans le contexte post-colonial. Et qu’elle échappe largement à une approche empirique rigoureuse, et critique. Karen Akoka nous dépeint la Convention de Genève comme un cadre qui se révèle finalement assez flou, ou lâche, pour avoir permis des lectures et des usages oscillatoires au gré de l’agenda diplomatique ou politique. On le comprend par exemple en regardant le sort de dossiers qu’on peut apparenter à une migration économique. Sur le papier, c’est incompatible avec le label de “réfugié”. Or dans la pratique, la ligne de partage entre asile d’un côté, et immigration de l’autre, ne semble plus si étanche lorsqu’on regarde de près qui a pu obtenir le statut dans les années 1970. On le comprend mieux lorsqu’on accède aux logiques de traitement dans les années 70 et 80 : elles n’ont pas toujours été les mêmes, ni été armées du même zèle, selon l’origine géographique des candidats. Edifiant et très pédagogique, le sixième chapitre du livre d’Akoka s’intitule d’ailleurs “L’Asile à deux vitesses”.

    L’autrice accorde par exemple une attention particulière à la question des fraudes. Pas seulement à leur nombre, ou à leur nature, mais aussi au statut que les institutions ont pu donner à ces fraudes. Ainsi, Karen Akoka montre l’intérêt qu’a pu avoir l’Etat français, à révéler à grand bruit l’existence de “filières zaïroises” à une époque où la France cherchait à endiguer l’immigration d’origine africaine autant qu’à sceller une alliance avec le Zaïre de Mobutu. En miroir, les entretiens qu’elle a menés avec d’anciens fonctionnaires de l’Ofpra dévoilent qu’on a, au contraire, cherché à dissimuler des montages frauduleux impliquant d’ex-Indochinois.

    Les "vrais réfugiés"... et les faux

    Entre 1970 et 1990, les chances de se voir reconnaître “réfugié” par l’Ofpra ont fondu plus vite que la banquise : on est passé de 90% à la fin des années 70 à 15% en 1990. Aujourd’hui, ce taux est remonté (de l’ordre de 30% en 2018), mais on continue de lire que c’est le profil des demandeurs d’asile qui aurait muté au point d’expliquer que le taux d’échec explose. Ou que la démarche serait en quelque sorte détournée par de “faux demandeurs d’asile”, assez habiles pour instrumentaliser les rouages de l’Ofpra en espérant passer entre les gouttes… au détriment de “vrais réfugiés” qu’on continue de penser comme tels. Karen Akoka montre qu’en réalité, c’est plutôt la manière dont on instruit ces demandes en les plaçant sous l’égide de politiques migratoires plus restrictives, mais aussi l’histoire propre de ceux qui les instruisent, qui expliquent bien plus efficacement cette chute. Entre 1950 et 1980 par exemple, nombre d’officiers instructeurs étaient issus des mêmes pays que les requérants. C’était l’époque où l’Ofpra faisait davantage figure de “consulat des pays disparus”, et où, par leur trajectoire personnelle, les instructeurs se trouvaient être eux-mêmes des réfugiés, ou les enfants de réfugiés. Aujourd’hui ce sont massivement des agents français, fonctionnaires, qui traitent les dossiers à une époque où l’on ne subordonne plus les choix au Rideau de fer, mais plutôt sous la houlette d’une politique migratoire et de ce qui a sédimenté dans les politiques publiques comme “le problème islamiste”.

    Rassemblé ici au pas de course mais très dense, le travail de Karen Akoka est un exemple vibrant de la façon dont l’histoire, et donc une approche pluridisciplinaire qui fait la part belle aux archives et à une enquête d’histoire orale, enrichit dans toute son épaisseur un travail entamé comme sociologue. Du fait de la trajectoire de l’autrice, il est aussi un exemple lumineux de tout ce que peut apporter une démarche réflexive. Ca vaut pour la façon dont on choisit un mot plutôt qu’un autre. Mais ça vaut aussi pour la manière dont on peut déconstruire des façons de penser, ou des habitudes sur son lieu de travail, par exemple. En effet, avant de soutenir sa thèse en 2012, Karen Akoka a travaillé durant cinq ans pour le HCR, le Haut commissariat aux réfugiés des Nations-Unies. On comprend très bien, à la lire, combien elle a pu d’abord croire, et même nourrir, certaines fausses évidences. Jusqu’à être “mal à l’aise” avec ces images et ces chimères qu’elle entretenait, depuis son travail - qui, en fait, consistait à “fabriquer des réfugiés”. Pour en éliminer d’autres.

    https://www.franceculture.fr/societe/refugies-migrants-exiles-ou-demandeur-dasile-a-chaque-mot-sa-fiction-e

    #asile #migrations #réfugiés #catégorisation #catégories #mots #terminologie #vocabulaire #Ofpra #France #histoire #légitimité #migrants_économiques #réfugié_désirable #déshumanisation #Convention_de_Genève #politisation #réfugié_militant #Indochine #boat_people #bon_réfugié #Vietnam #militants #imaginaire #discours #persécution #persécution_politique #preuves #guerre_froide #immigration #fraudes #abus #Zaïre #filières_zaïroises #Mobutu #vrais_réfugiés #faux_réfugiés #procédure_d'asile #consulat_des_pays_disparus #politique_migratoire
    #Karen_Akoka
    ping @isskein @karine4 @sinehebdo @_kg_

    • ...même jour que l’envoi de ce post on a discuté en cours Licence Géo le séjour d’Ahmed publié en forme de carte par Karen Akoka dans l’atlas migreurop - hasard ! Et à la fin de son exposé un étudiant proposait par rapport aux catégories : Wie wäre es mit « Mensch » ? L’exemple du campement à Paris - des pistes ici pour approfondir !

    • Ce qui fait un réfugié

      Il y aurait d’un côté des réfugiés et de l’autre des migrants économiques. La réalité des migrations s’avère autrement complexe souligne la politiste #Karen_Akoka qui examine en détail comment ces catégories sont historiquement, socialement et politiquement construites.

      L’asile est une notion juridique précieuse. Depuis le milieu du XXe siècle, elle permet, à certaines conditions, de protéger des individus qui fuient leur pays d’origine en les qualifiant de réfugiés. Mais l’asile est aussi, à certains égards, une notion dangereuse, qui permet paradoxalement de justifier le fait de ne pas accueillir d’autres individus, les rejetant vers un autre statut, celui de migrant économique. L’asile devenant alors ce qui permet la mise en œuvre d’une politique migratoire de fermeture. Mais comment faire la différence entre un réfugié et un migrant économique ? La seule manière d’y prétendre consiste à s’intéresser non pas aux caractéristiques des personnes, qu’elles soient rangées dans la catégorie de réfugié ou de migrant, mais bien plutôt au travail qui consiste à les ranger dans l’une ou l’autre de ces deux catégories. C’est le grand mérite de « #L’Asile_et_l’exil », le livre important de Karen Akoka que de proposer ce renversement de perspective. Elle est cette semaine l’invitée de La Suite dans Les Idées.

      Et c’est la metteuse en scène Judith Depaule qui nous rejoint en seconde partie, pour évoquer « Je passe » un spectacle qui aborde le sujet des migrations mais aussi pour présenter l’Atelier des artistes en exil, qu’elle dirige.

      https://www.franceculture.fr/emissions/la-suite-dans-les-idees/ce-qui-fait-un-refugie

      #livre #catégorisation #catégories #distinction #hiérarchisation #histoire #ofpra #tri #subordination_politique #politique_étrangère #guerre_froide #politique_migratoire #diplomatie

    • La fabrique du demandeur d’asile

      « Il y a les réfugiés politiques, et c’est l’honneur de la France que de respecter le droit d’asile : toutes les communes de France en prennent leur part. Il y a enfin ceux qui sont entrés illégalement sur le territoire : ceux-là ne sont pas des réfugiés, mais des clandestins qui doivent retourner dans leur pays », disait déjà Gerald Darmanin en 2015. Mais pourquoi risquer de mourir de faim serait-il moins grave que risquer de mourir en prison ? Pourquoi serait-il moins « politique » d’être victime de programmes d’ajustement structurels que d’être victime de censure ?

      Dans son livre L’asile et l’exil, une histoire de la distinction réfugiés migrants (La découverte, 2020), Karen Akoka revient sur la construction très idéologique de cette hiérarchisation, qui est liée à la définition du réfugié telle qu’elle a été décidée lors de la Convention de Genève de 1951, à l’issue d’âpres négociations.

      Cette dichotomie réfugié politique/migrant économique paraît d’autant plus artificielle que, jusqu’aux années 1970, il suffisait d’être russe, hongrois, tchécoslovaque – et un peu plus tard de venir d’Asie du Sud-Est, du Cambodge, du Laos ou du Vietnam – pour décrocher le statut de réfugié, l’objectif premier de la France étant de discréditer les régimes communistes. Nul besoin, à l’époque, de montrer qu’on avait été individuellement persécuté ni de nier la dimension économique de l’exil.

      Aujourd’hui, la vaste majorité des demandes d’asile sont rejetées. Qu’est ce qui a changé dans les années 1980 ? D’où sort l’obsession actuelle des agents de l’OFPRA (l’Office français de protection des réfugiés et apatrides) pour la fraude et les « faux » demandeurs d’asile ?

      Plutôt que de sonder en vain les identités et les trajectoires des « demandeurs d’asile » à la recherche d’une introuvable essence de migrant ou de réfugié, Karen Akoka déplace le regard vers « l’offre » d’asile. Avec la conviction que les étiquettes en disent moins sur les exilés que sur ceux qui les décernent.

      https://www.youtube.com/watch?v=bvcc0v7h2_w&feature=emb_logo

      https://www.hors-serie.net/Aux-Ressources/2020-12-19/La-fabrique-du-demandeur-d-asile-id426

    • « Il n’est pas possible d’avoir un système d’asile juste sans politique d’immigration ouverte »

      La chercheuse Karen Akoka a retracé l’histoire du droit d’asile en France. Elle montre que l’attribution de ce statut a toujours reposé sur des intérêts politiques et diplomatiques. Et que la distinction entre les « vrais » et les « faux » réfugiés est donc discutable.

      Qui étaient les personnes qui ont été violemment évacuées du camp de la place de la République, il y a quatre semaines ? Ceux qui les aident et les défendent utilisent le mot « exilés », pour décrire une condition qui transcende les statuts administratifs : que l’on soit demandeur d’asile, sans-papiers, ou sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français, les difficultés restent sensiblement les mêmes. D’autres préfèrent le mot « illégaux », utilisé pour distinguer ces étrangers venus pour des raisons économiques du seul groupe que la France aurait la volonté et les moyens d’accueillir : les réfugiés protégés par le droit d’asile. Accordé par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) depuis 1952, ce statut permet aujourd’hui de travailler et de vivre en France à celles et ceux qui peuvent prouver une persécution ou une menace dans leur pays d’origine. Pour les autres, le retour s’impose. Mais qui décide de l’attribution du statut, et selon quels critères ?

      Pour le savoir, Karen Akoka a retracé l’histoire de l’Ofpra. Dressant une galerie de portraits des membres de l’institution, retraçant le regard porté sur les Espagnols, les Yougoslaves, les boat-people ou encore les Zaïrois, elle montre dans l’Asile et l’Exil (La Découverte) que l’asile a toujours été accordé en fonction de considérations politiques et diplomatiques. Elle remet ainsi en cause l’idée que les réfugiés seraient « objectivement » différents des autres exilés, et seuls légitimes à être dignement accueillis. De quoi prendre conscience (s’il en était encore besoin) qu’une autre politique d’accueil est possible.
      Comment interprétez-vous les images de l’évacuation du camp de la place de la République ?

      Quand on ne connaît pas la situation des personnes exilées en France, cela peut confirmer l’idée que nous serions en situation de saturation. Il y aurait trop de migrants, la preuve, ils sont dans la rue. Ce n’est pas vrai : si ces personnes sont dans cette situation, c’est à cause de choix politiques qui empêchent toute forme d’intégration au tissu social. Depuis les années 90, on ne peut plus légalement travailler quand on est demandeur d’asile. On est donc dépendant de l’aide publique. Avec le règlement européen de Dublin, on ne peut demander l’asile que dans le premier pays de l’Union européenne dans lequel on s’enregistre. Tout cela produit des illégaux, qui se trouvent par ailleurs enfermés dans des statuts divers et complexes. Place de la République, il y avait à la fois des demandeurs d’asile, des déboutés du droit d’asile, des « dublinés », etc.
      Y a-t-il encore des groupes ou des nationalités qui incarnent la figure du « bon réfugié » ?

      Aujourd’hui, il n’y a pas de figure archétypale du bon réfugié au même titre que le dissident soviétique des années 50-60 ou le boat-people des années 80. Il y a tout de même une hiérarchie des nationalités qui fait que les Syriens sont perçus le plus positivement. Mais avec une différence majeure : alors qu’on acheminait en France les boat-people, les Syriens (comme beaucoup d’autres) doivent traverser des mers, franchir des murs… On fait tout pour les empêcher d’arriver, et une fois qu’ils sont sur place, on les reconnaît à 90 %. Il y a là quelque chose de particulièrement cynique.
      Vos travaux reviennent à la création de l’Ofpra en 1952. Pourquoi avoir repris cette histoire déjà lointaine ?

      Jusqu’aux années 80, l’Ofpra accordait le statut de réfugié à 80 % des demandeurs. Depuis les années 90, environ 20 % l’obtiennent. Cette inversion du pourcentage peut amener à la conclusion qu’entre les années 50 et 80, les demandeurs d’asile étaient tous de « vrais » réfugiés, et que depuis, ce sont majoritairement des « faux ». Il était donc important d’étudier cette période, parce qu’elle détermine notre perception actuelle selon laquelle l’asile aurait été dénaturé. Or il apparaît que cette catégorie de réfugié a sans cesse été mobilisée en fonction de considérations diplomatiques et politiques.

      La question de l’asile n’a jamais été neutre. En contexte de guerre froide, le statut de réfugié est attribué presque automatiquement aux personnes fuyant des régimes communistes que l’on cherche à décrédibiliser. Lorsqu’on est russe, hongrois ou roumain, ou plus tard vietnamien, cambodgien ou laotien, on est automatiquement reconnu réfugié sans qu’il soit nécessaire de prouver que l’on risque d’être persécuté ou de cacher ses motivations économiques. Ce qui apparaît comme de la générosité est un calcul politique et diplomatique. Les 80 % d’accords de l’époque sont autant pétris de considérations politiques que les 80 % de rejets aujourd’hui.
      Ces considérations conduisent alors à rejeter les demandes émanant de certaines nationalités, même dans le cas de régimes communistes et/ou autoritaires.

      Il y a en effet d’importantes différences de traitement, qui s’expliquent principalement par l’état des relations diplomatiques. La France est réticente à accorder l’asile aux Yougoslaves ou aux Portugais, car les relations avec Tito ou Salazar sont bonnes. Il n’y a d’ailleurs même pas de section portugaise à l’Ofpra ! Mais au lieu de les rejeter massivement, on les dirige vers les procédures d’immigration. La France passe des accords de main- d’œuvre avec Belgrade, qui permettent d’orienter les Yougoslaves vers la régularisation par le travail et de faire baisser le nombre de demandeurs d’asile.

      Grâce aux politiques d’immigration ouvertes on pouvait donc diriger vers la régularisation par le travail les nationalités rendues « indésirables » en tant que réfugiés en raison des relations diplomatiques. On pouvait prendre en compte les questions de politique étrangère, sans que cela ne nuise aux exilés. Aujourd’hui, on ne peut plus procéder comme cela, puisque la régularisation par le travail a été bloquée. Les rejets ont donc augmenté et la question du « vrai-faux » est devenu le paradigme dominant. Comme il faut bien justifier les rejets, on déplace la cause des refus sur les demandeurs en disséquant de plus en plus les biographies pour scruter si elles correspondent ou non à la fiction d’une identité de réfugié supposée neutre et objective.

      Cela montre qu’il n’est pas possible d’avoir un système d’asile juste sans politique d’immigration ouverte, d’abord parce que les catégories de réfugiés et de migrants sont poreuses et ne reflètent qu’imparfaitement la complexité des parcours migratoires, ensuite parce qu’elles sont largement façonnées par des considérations politiques.
      Vous identifiez les années 80 comme le moment où change la politique d’asile. Comment se déroule cette évolution ?

      Les changements de cette période sont liés à trois grands facteurs : la construction de l’immigration comme un problème qui arrime la politique d’asile à l’impératif de réduction des flux migratoires ; la fin de la guerre froide qui diminue l’intérêt politique à l’attribution du statut ; et la construction d’une crise de l’Etat social, dépeint comme trop dépensier et inefficace, ce qui justifie l’austérité budgétaire et la rigueur juridique dans les institutions en charge des étrangers (et plus généralement des pauvres). L’Ofpra va alors passer d’un régime des réfugiés, marqué par un fort taux d’attribution du statut, des critères souples, une activité tournée vers l’accompagnement des réfugiés en vue de leur intégration, à un régime des demandeurs d’asile orienté vers une sélection stricte et la production de rejets qui s’appuient sur des exigences nouvelles. Désormais, les demandeurs doivent montrer qu’ils risquent d’être individuellement persécutés, que leurs motivations sont purement politiques et sans aucune considération économique. Ils doivent aussi fournir toujours plus de preuves.
      Dans les années 80, ce n’était pas le cas ?

      La particularité de la décennie 80 est qu’elle voit coexister ces deux régimes, en fonction des nationalités. Les boat-people du Laos, du Cambodge et du Vietnam reçoivent automatiquement le statut de réfugié sur la seule base de leur nationalité. Et pour cause, non seulement on retrouve les questions de guerre froide, mais s’ajoutent des enjeux postcoloniaux : il faut que la figure de l’oppresseur soit incarnée par les anciens colonisés et non plus par la France. Et n’oublions pas les besoins de main- d’œuvre, toujours forts malgré les restrictions de l’immigration de travail mises en place dès les années 70. L’arrivée de ces travailleurs potentiels apparaît comme une opportunité, d’autant qu’on les présume dociles par stéréotype. Au même moment, les Zaïrois, qui fuient le régime du général Mobutu, sont massivement rejetés.
      Pourquoi ?

      Après les indépendances, la France s’efforce de maintenir une influence forte en Afrique, notamment au Zaïre car c’est un pays francophone où la France ne porte pas la responsabilité de la colonisation. C’est également un pays riche en matières premières, qui fait figure de rempart face aux Etats communistes qui l’entourent. Les Zaïrois qui demandent l’asile doivent donc montrer qu’ils sont individuellement recherchés, là où prévalait auparavant une gestion par nationalité. L’Ofpra surmédiatise les fraudes des Zaïrois, alors qu’il étouffe celles des boat-people. On a donc au même moment deux figures absolument inversées. Dans les années 90, la gestion de l’asile bascule pour tous dans le système appliqué aux Zaïrois. Cette rigidification entraîne une augmentation des fraudes, qui justifie une nouvelle surenchère d’exigences et de contrôles dans un cercle vicieux qui perdure jusqu’aujourd’hui.
      Il faut ajouter le fait que l’Ofpra devient un laboratoire des logiques de management.

      L’Ofpra est longtemps resté une institution faible. Il était peu considéré par les pouvoirs publics, en particulier par sa tutelle, les Affaires étrangères, et dirigé par les diplomates les plus relégués de ce ministère. Au début des années 90, avec la construction de l’asile comme « problème », des sommes importantes sont injectées dans l’Ofpra qui s’ennoblit mais sert en retour de lieu d’expérimentation des stratégies de management issues du secteur privé. Les agents sont soumis à des exigences de productivité, de standardisation, et à la segmentation de leur travail. On leur demande notamment de prendre un certain nombre de décisions par jour (deux à trois aujourd’hui), faute de quoi ils sont sanctionnés.

      Cette exigence de rapidité s’accompagne de l’injonction à justifier longuement les décisions positives, tandis qu’auparavant c’était davantage les rejets qui devaient être motivés. Cette organisation productiviste est un facteur d’explication du nombre grandissant de rejets. La division du travail produit une dilution du sentiment de responsabilité qui facilite cette production des rejets. Ce n’est pas que les agents de l’Ofpra fassent mal leur travail. Mais les techniques managériales influent sur leurs pratiques et elles contribuent aux 80 % de refus actuels.
      Quelle est l’influence de la question religieuse sur l’asile ?

      Pour aborder cette question, je suis partie d’un constat : depuis la fin des années 90, un nouveau groupe, composé de femmes potentiellement victimes d’excision ou de mariage forcé et de personnes homosexuelles, a accès au statut de réfugié. Comment expliquer cette ouverture à un moment où la politique menée est de plus en plus restrictive ? On pense bien sûr au changement des « mentalités », mais cette idée, si elle est vraie, me semble insuffisante. Mon hypothèse est que c’est aussi parce que nous sommes passés du problème communiste au problème islamiste comme soubassement idéologique de l’attribution du statut. Par ces nouvelles modalités d’inclusion se rejoue la dichotomie entre un Occident tolérant, ouvert, et un Sud global homophobe, masculiniste, sexiste.

      Cette dichotomie a été réactualisée avec le 11 septembre 2001, qui a donné un succès aux thèses sur le choc des civilisations. On retrouve cette vision binaire dans la façon dont on se représente les guerres en Afrique. Ce seraient des conflits ethniques, flous, irrationnels, où tout le monde tire sur tout le monde, par opposition aux conflits politiques de la guerre froide. Cette mise en opposition permet de sous-tendre l’idée selon laquelle il y avait bien par le passé de vrais réfugiés qui arrivaient de pays avec des problèmes clairs, ce qui ne serait plus le cas aujourd’hui. Cette vision culturaliste des conflits africains permet également de dépolitiser les mouvements migratoires auxquels ils donnent lieu, et donc de délégitimer les demandes d’asile.

      https://www.liberation.fr/debats/2020/12/20/il-n-est-pas-possible-d-avoir-un-systeme-d-asile-juste-sans-politique-d-i

  • Vietnam is not pitting economic growth against public health as it fights Covid | Tran Le Thuy | Opinion | The Guardian, 20 Oct 2020
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2020/oct/20/vietnam-covid-economic-growth-public-health-coronavirus

    My country seemed to have all the ingredients for a coronavirus disaster, so what has it done right ?

    On the evening of 7 March 2020, I received an email from the manager of the office building where I work in central Hanoi. It said the father of Nguyen Hong Nhung https://www.nytimes.com/2020/03/11/style/fashion-coronavirus-patient.html, the 17th Covid-19 patient in the country and first in the city, had dined on the third floor of the building the night before. Although he had twice tested negative for the virus, the building managers had reported his presence to the authorities. Seven staff who had been in contact with him were isolated and the building was immediately cleaned with disinfectant spray.

    To date, Vietnam (population: 95 million) has recorded 35 deaths from the novel coronavirus. My office building’s response was typical of the aggressive contact-tracing strategy the country adopted from the beginning of the pandemic. During the first phase, the government managed to cut off all the virus transmission routes promptly and comprehensively. Every infected person was hospitalised. People in contact with them were traced to the fourth layer and isolated. Their homes and neighbourhoods were put under local lockdown and sanitised by the army. The country has effectively been acting as if this were biological warfare.

    Vietnam had all the ingredients for a Covid-19 disaster. It has a 1,300km (800-mile) border with China, with lots of informal trade via secret mountain trails, and an under-developed healthcare system (albeit a well functioning one). So, beyond contact-tracing, why has Vietnam been so good at dealing with the pandemic?

    The central reason is perhaps the way the government has depoliticised the pandemic, treating it purely as a health crisis, allowing for effective governance. There was no political motive for government officials to hide information, as they don’t face being reprimanded if there are positive cases in their authority area that are not due to their mistakes. I haven’t heard about any religious opposition to the government’s strategy either. With the head of Hanoi centre for disease control being arrested https://e.vnexpress.net/news/news/hanoi-cdc-chief-arrested-for-graft-in-coronavirus-test-kit-purchase-408 for suspected corruption in relation to the purchase of testing kits, and small traders getting fines for price-gouging face-masks, the government has also been clear that public health cannot be entangled with commercial interests.

    The second reason is Vietnam knows China well – it learned from the Sars outbreak in 2003 that the Chinese authorities might downplay it. In January, when Wuhan announced the first death, Vietnam tightened its border and airport control of Chinese visitors. This wasn’t an easy decision, given that cross-border trade with China accounts for a significant part of the Vietnamese economy. When the first Covid cases were announced in Vietnam – a father and son from China – it took precautionary measures above and beyond World Health Organization recommendations, including health declaration and temperature screening at every border entry point and stopping flights to and from Wuhan. Preparations for a pandemic were implemented a week before https://blogs.worldbank.org/health/containing-coronavirus-covid-19-lessons-vietnam the outbreak was officially a public health emergency of international concern, and more than a month before WHO declared Covid-19 a pandemic.

    The government also decided to embrace freedom of information on Covid-related matters. Although the Vietnamese media is state-owned, featuring ideological control similar to that of China, they are free to report about the pandemic. When a member of the central theoretical council of the central committee, the brain of the Communist party of Vietnam, contracted the virus on a trip to the UK, and risked infecting the minister of planning and investment who was on the same flight as him, his whereabouts were published http://cand.com.vn/y-te/Benh-nhan-thu-21-nhiem-COVID-19-o-Viet-Nam-ngoi-cung-chuyen-bay-voi-co-gai- for contact tracing. This was another lesson learned from the experience of Sars.

    The motto for the first phase was that if we stay alive, the question of wealth and the economy can come later. Ordinary people did suffer, such as the gig economy workers: whenever I order a Grabcar (a south-east Asian version of Uber) these days, the vehicle that arrives is always newer and more expensive that what I’m used to; as a driver explained, those who used to pick me up in their cheaper cars have had to sell them to stay afloat, leaving only those with deeper pockets left in the market.

    But now the government has shifted its anti-Covid strategy towards the economy. The tactics for the second wave are more sophisticated. Contact tracing is still prompt and aggressive but lockdown and isolation are more selective; international flights have been opened for foreign workers, such as engineers from South Korea’s LG, who are needed to keep the economy functioning.

    For now it looks like Vietnam has seen off the threat of a second wave. There will be challenges ahead – the shops and hotels in the most fancy streets of Hanoi and Ho Chi Minh City remain empty, and South Korea, one of Vietnam’s biggest investors, is pushing for it to shorten the time for compulsory isolation for foreign workers. But given that Vietnam is one of the few countries in the world currently experiencing positive GDP growth, the supposed trade-off between the economy and public health, which countries around the world are negotiating, looks to be something of a false choice.

    • Tran Le Thuy is director of Centre for the Media and Development Initiatives in Hanoi

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    #covid-19 #Vietnam #santé_publique

  • Un an après l’affaire du camion charnier, enquête sur le marché macabre du trafic de migrants
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/12/un-an-apres-l-affaire-du-camion-charnier-enquete-sur-le-marche-macabre-du-tr

    Lorsque le réseau outre-Manche arrête une date de départ, eux fixent les points de rendez-vous pour embarquer dans des camions, à Armentières, Calais, Lille, Amiens, Grande-Synthe, Bierne… Plus rarement dans le Calvados, sur la côte normande. Parfois, le lieu de prise en charge se situe en Belgique, à proximité du port de Zeebruges, voire sur le littoral néerlandais. Mais toujours à l’écart des villes, dans une zone industrielle reculée et discrète ou sur une aire d’autoroute. Pour rallier ces lieux, Tony et Hoang sont en contact avec de nombreux chauffeurs, le plus souvent des VTC ou des taxis exerçant illégalement et désireux d’arrondir leurs fins de mois. Selon la distance à parcourir, ces chauffeurs pourront toucher entre 500 et 800 euros par « course ». Entre octobre 2019 et mars 2020, l’un de ceux mis en examen dans l’affaire du camion charnier avait effectué 24 trajets depuis l’Ile-de-France en direction du Nord et de la Belgique.
    C’est ainsi que, le 16 octobre 2019, Nhung, une Vietnamienne tout juste majeure qui arrivait de Grenoble où elle avait une attache familiale avec une personne mise en cause dans l’enquête sur le réseau des restaurants asiatiques, a été accueillie par Hoang, à Créteil, et conduite à l’appartement de l’avenue du général Pierre-Billotte. D’autres rejoindront la planque la veille du départ, qu’ils soient en France depuis des mois – certains n’en sont pas à leur première tentative de traversée – ou qu’ils aient atterri à Roissy quelques jours plus tôt, selon les éléments fournis par l’étude de leurs téléphones. (...)
    Un contact en Angleterre a informé les passeurs en France que la traversée de la Manche aurait lieu dans la nuit du 22 au 23 octobre. Les coordonnées GPS transmises indiquent qu’il faut se rendre dans une zone industrielle à l’écart de la petite ville de Bierne, à trois heures de route de Paris. D’autres Vietnamiens y convergent depuis la région parisienne et la Belgique. Pour la jeune Nhung et ses compatriotes, c’est le moment d’entamer la dernière étape de leur odyssée. Une dizaine d’heures plus tard, la découverte du « camion charnier », ainsi que la presse le désignera très vite, vient contrarier les affaires des trafiquants. Tony part se mettre au vert en Allemagne. Les voyages clandestins qu’il organise cessent pendant plusieurs mois. Grâce aux téléphones retrouvés sur les cadavres, les policiers de l’Ocriest remontent toutefois jusqu’à lui et ses complices, aussitôt placés sous surveillance. Dès le mois de mars, et en dépit de la crise sanitaire mondiale, le réseau recommence à s’activer, convoyant de nouveaux clients, depuis de nouvelles planques, jusqu’à une vaste opération d’interpellations menées en France et en Belgique, le 26 mai.

    #Covid-19#migrant#migration#angleterre#vietnam#france#traffic#sante#crisesanitaire#migrantclandestin#reseau

  • Vietnam restarts flights with six cities in Asia for business travellers, citizens | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/week-asia/economics/article/3101746/vietnam-restarts-flights-six-cities-asia-business-travellers

    Vietnam is restarting passenger flights with six Asian cities as it moves to shore up an economy battered by the coronavirus pandemic
    by boosting business activity.Foreigners travelling for business or study, along with Vietnamese nationals and their family members, will be allowed in from the southern Chinese city of Guangzhou, South Korea’s Seoul, Japan’s Tokyo, and Taipei, the government said on Tuesday, adding that flights to and from Cambodia’s Phnom Penh and Laos’ Vientiane would start next week. There will be two round trips a week between Vietnam and the selected destinations. All travellers must test negative for Covid-19 before boarding their flight and again upon landing. Those staying in Vietnam for fewer than 14 days will not need to be quarantined but have to be tested, wear a mask and refrain from shaking hands

    #Covid-19#migrant#migration#vietnam#sante#japon#chine#cambodge#laos#coreedusud#test#quarantaine

  • l’histgeobox : « Fortunate Son » dénonçait les passe-droits des « fils à papa », Trump en fait une chanson de campagne...
    https://lhistgeobox.blogspot.com/2020/09/fortunate-son-denoncait-les-passe.html

    Sortie en pleine guerre, la chanson remporte un succès immédiat. En deux minutes trente, le Creedence y déroule son rock irrésistible, à base de guitares acérées et de mélodies entêtantes. Au fil des décennies, le morceau s’impose comme un grand classique du rock protestataire. Dans ces conditions, l’utilisation de ce titre par Donald Trump lors d’un meeting de campagne, le 10 septembre 2020, surprend à plus d’un titre, en particulier si l’on se penche sur le parcours personnel du président américain au temps de la guerre du Vietnam. Après quatre reports consécutifs pour poursuite d’études (☺), Donald Trump est déclaré bon pour le service en juillet 1968. Deux mois plus tard, il bénéficie d’un sursis, puis bientôt d’une réforme définitive en raison d’excroissances osseuses au pied. Ce diagnostic inespéré sera contesté à plusieurs reprises compte tenu de l’absence de preuves tangibles. Pire, Trump s’est régulièrement trompé sur le pied censé être malade... De fait, cet habitué des harangues nationalistes et va-t-en guerre n’insiste guère sur ce qu’il faisait au temps de la guerre. Le choix d’un tel morceau par Trump suggère qu’il n’a pas dû s’attarder très longtemps sur le sens des paroles. Si tel avait été le cas, il aurait pu mesurer à quel point elles s’appliquaient à son cas personnel.

    • “Fortunate Son”

      Some folks are born made to wave the flag
      Ooh, they’re red, white and blue
      And when the band plays “Hail To The Chief”
      Ooh, they point the cannon at you, Lord

      It ain’t me, it ain’t me, I ain’t no senator’s son, son
      It ain’t me, it ain’t me; I ain’t no fortunate one, no

      Some folks are born silver spoon in hand
      Lord, don’t they help themselves, oh
      But when the taxman comes to the door
      Lord, the house looks like a rummage sale, yes

      It ain’t me, it ain’t me, I ain’t no millionaire’s son, no, no
      It ain’t me, it ain’t me; I ain’t no fortunate one, no

      Yeah!
      Some folks inherit star spangled eyes
      Ooh, they send you down to war, Lord
      And when you ask them, “How much should we give?”
      Ooh, they only answer, “More! More! More!” Yo

      It ain’t me, it ain’t me, I ain’t no military son, son
      It ain’t me, it ain’t me; I ain’t no fortunate one, one

      It ain’t me, it ain’t me, I ain’t no fortunate one, no no no
      It ain’t me, it ain’t me, I ain’t no fortunate son, no no no

  • Le modèle vietnamien teste sa résilience face à la reprise du coronavirus
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/08/07/le-modele-vietnamien-teste-sa-resilience-face-a-la-reprise-du-coronavirus_60

    Le pays exemplaire va-t-il le rester ? Jusqu’à fin juillet, le Vietnam, 96 millions d’habitants, faisait figure de très bon élève dans la lutte contre le coronavirus. Malgré sa frontière avec la Chine, il affichait un bilan à « zéro décès », et célébrait 100 jours sans nouveau cas. C’est dire le coup de semonce qu’a représenté le diagnostic, samedi 25 juillet, d’un homme de 57 ans testé positif au Covid-19, dans la station balnéaire de Da Nang.
    En quelques jours, on dénombrait plus de 600 cas et le pays pleurait ses premiers morts. Aussitôt, 80 000 vacanciers ont été évacués, les liaisons terrestres et aériennes suspendues, et 1,1 million de résidents priés de rester chez eux pendant deux semaines, avant d’être testés. C’est le cas de 50 000 habitants de Hanoï sur 70 000 ayant été en contact avec la population de Da Nang, d’après l’agence de presse vietnamienne.Toutes ces mesures s’inscrivent dans la droite ligne de celles que le pays a appliquées depuis le début de la crise sanitaire. Une méthode saluée par l’OMS : fermeture rapide de la frontière avec la Chine, contrôle strict de toute personne entrant sur le territoire (isolement forcé de 14 jours dans des camps militaires, des hôpitaux, à domicile), et un traçage des personnes infectées jusqu’au troisième cercle de contacts. Le Vietnam a aussi misé sur le dépistage massif, en produisant localement des tests Covid, à moindre coût. Selon des experts, la singularité du Vietnam tient donc en partie à son anticipation ; le pays a capitalisé sur sa gestion réussie du SRAS en 2003, a investi dans ses infrastructures de santé publique, et a mis en place un programme national de surveillance épidémiologique en « temps réel » depuis 2018.

    #Covid-19@migrant#migration#vietnam#frontiere#crisesanitaire#surveillenceepidemiologique#tracage#sante

  • Vietnam records first Covid-19 death - BBC News
    https://www.bbc.com/news/world-asia-53606917

    Prime Minister Nguyen Xuan Phuc on Wednesday warned that every province and city in the country was at high risk of infections after the cases in Da Nang emerged. “We have to act more swiftly and more fiercely in order to control the outbreak,” state media quoted him as saying.The government initially closed the city to tourists, before ordering a total lockdown of the city on Wednesday. Unlike many other countries, Vietnam acted before it even had confirmed cases, closing its borders early to almost all travellers, except returning citizens. Anyone entering the country must quarantine in government facilities for 14 days and undergo testing.It is not year clear how the virus reappeared in Da Nang. The first confirmed cases there had not travelled outside the city for some time.A Scottish pilot who spent two months on a ventilator in the South-East Asian nation soon became famous as Vietnam’s sickest patient, before returning to the UK in mid-July.

    #Covid-19#migrant#migration#vietnam#resident#touriste#retour#quarantaine#sante#confinement

  • Palestinien fais-toi naturaliser ouïghour !
    https://www.legrandsoir.info/palestinien-fais-toi-naturaliser-ouighour.html

    La campagne actuellement conduite par les Etats-Unis, et ses idiots utiles, pour nous inquiéter sur le sort des Ouïghours est détestable car elle nous oblige à rejoindre le coin, celui des méchants. Ne pas accepter sans preuves les propos tenus par les chargés de propagande de Trump devient une complicité de crime. Pourtant, pour avoir été le témoin de tant de faux drames, inventés pour le seul maintien du monopole colonialiste étasunien sur le monde, que je me sens obligé de faire part de mon expérience du mensonge.

    Surprenante cette campagne « en soutien au peuple Ouïghour » le jour où, avec l’approbation de Falstaff-Dupond, l’aigle qui couve le nid de la Justice depuis la colonne Vendôme, l’Assemblée vient de voter une sorte d’annulation à vie des droits de tout condamné pour terrorisme. Libéré, peine purgée, l’abruti de vingt ans qui a cru libérer la Syrie en rejoignant Daech, restera à jamais un homme sans liberté. Mais remarquons que les députés qui viennent de voter ce texte, réhabilitant la « relègue » et la double peine, sont par ailleurs des amis de la liberté. Liberté pour la minorité ouïghoure essentiellement de culture musulmane chinoise, mais pas de liberté possible en France pour celui que la justice qualifie de « terroriste ». Si Pékin a la fasciste audace de demander des comptes aux très nombreux Ouïghours qui ont rejoint, eux aussi, Daech et al Nosra en Syrie, puis sont rentrés à la maison : c’est un crime contre l’humanité. En revanche, quand Dupond-Moretti et ses amis sécuritaires applaudissent à leur loi toute neuve et honteuse, c’est l’expression « d’une avancée du droit ». Bon : le Chinois est jaune et très méchant, le Français est blanc et très gentil. D’ailleurs ce n’est pas lui qui crèverait des yeux à coup de LBD.


    Longtemps la désignation officielle, par les EU ou l’OTAN, d’une minorité opprimée m’a bien énervé. J’étais surpris que des citoyens généreux et intelligents, ne soient pas étonnés que des humanistes du calibre de Nixon, Reagan, les deux Bush, puis Trump et Netanyahou leur désignent un ennemi à combattre, un oppresseur de minorités. Dans ma vie prolongée, il m’est assez facile, pour l’avoir constaté, de compter ce genre d’utilisation de la misère et de l’oppression comme un outil de guerre de l’impérialisme.

    La dernière mouture remonte à la supercherie des « Printemps Arabes ». C’est dans un entretien avec le New York Times , qu’un haut diplomate EU en a livré le secret : « Plutôt que de dépenser des milliards en cadeaux et en armement, il suffit d’investir 500 millions auprès d’internautes d’un pays dont on veut changer le régime pour que monte en force une révolte, souvent légitime. C’est une grosse économie en dollars et en sang versé. » La recette ? Former des jeunes (arabes par exemple), ou des « ONG », à toutes les subtilités de l’Internet et à celles aussi des réseaux sociaux. Actuellement la pendule étasunienne est donc calée à l’heure de Pékin. Très bien. Mais retrouvons la mémoire pour nous rappeler que l’opposant maximo à la Chine, avant les JO de 2008, n’était autre que Robert Ménard et sa déshonorante association Reporters Sans Frontières. Une engeance recevant des fonds de la NED, instrument de propagande de Washington.

    Repartons plus loin dans le temps. Qui se souvient des petits Biafrais atrocement maigres, montrés (déjà) aux journaux par Kouchner qui, aidé d’intellectuels espions du SDECE, mettait au point une idéologie qui allait conduire à la fin des guerres de libérations, non oblitérées par l’Occident : « Le droit d’Ingérence ». Ah les Biafrais ! Cette ethnie englobée dans l’odieux Nigéria ! S’ériger en république autonome était tout à fait légitime. Pourtant le nerf de la révolte n’était pas la liberté mais le pétrole, le sous-sol biafrais est d’un noir d’huile. Faute de derricks à Colombey, De Gaulle ne s’est pas honoré en activant là-bas une sécession conduite par des généraux corrompus. Et nous avons pleuré ces enfants mourant pour « la liberté de leur peuple ». Alors qu’on les faisait crever pour obtenir de terribles photos qui, au bout de l’horreur entraîneraient la baisse du prix du litre de « super ». De 1962 à 1975, Johnson et Nixon ont soutenu la liberté des Méos et de leurs combattants, armés (par eux). Coincés entre Chine, Vietnam et Laos, ces royalistes étaient très utiles pour lutter contre le communisme. Le Vietnam tombé, cette cause naguère essentielle, celle des Méos a disparu des programmes. En Afghanistan viendra, plus tard, la déification de l’islamiste puis le soutien apporté à un incontestable combattant de la démocratie : Ben Laden.

    La recette reste bonne, activer une ethnie comme on met une bûche au feu. Cette pratique marche d’autant mieux qu’entre-temps le droit-de-l’hommisme, concept néo-libéral, a été forgé sous le marteau de Kouchner. Avec une telle arme le scrupule de détruire un État disparaît. Au nom du droit, le leur, les démolisseurs peuvent bombarder sans mauvaise conscience, comme ils le firent en Serbie. L’épisode historique des valeureux « rebelles tchétchènes », dont on nous a longuement loué mérites et qualités dans les journaux, au tournant de 1990, a finalement érigé la charia en 1999. Ce qui indique un amour sans murailles pour la démocratie et la liberté. Des journalistes ont alors crapahuté dans les montagnes, de concert avec ces fous de Dieu, mais en oubliant de prévenir les lecteurs de leur véritable but : le califat. Nous avons donc pleuré là aussi. Constater la nature mortifère de ces rebelles justifie-t-il les crimes de guerre commis contre eux ou contre la population ? Atrocités commises par des Russes ou par le dictateur Bassaïev ? Non. Mais que l’on vienne alors nous expliquer pourquoi la France est en guerre pour préserver l’Afrique de l’ouest des mains de Daech... Alors que Poutine, lui, était prié de faire bon ménage avec la charia, dans un état de la Fédération de Russie ?

    Mon métier a voulu que, pour un temps plus ou moins long, mais toujours « sur le terrain », j’ai vu l’Occident dénoncer les crimes des autres sans jamais regarder les siens. Deux exemples de massacres, utilisés comme arme de propagande, ont été pour moi l’objet de reportages éclairants sur la puissance du mensonge. Le premier se déroule en février 1991 dans le Kurdistan irakien. Sous l’effroyable feu de « la coalition internationale », Saddam Hussein se retire du Koweït. Dans le nord de l’Irak les peshmergas, combattants kurdes, prennent en main la population et parviennent aisément à convaincre les familles que l’heure du crime est de retour : Saddam va se venger sur leur peuple. En liaison avec Washington, avec James Baker, mais aussi l’immanquable Kouchner et la naïve Danielle Mitterrand, les peshmergas poussent la population vers les montagnes. Puis la confinent là-haut dans des conditions de survie difficiles. Ainsi créé, l’abcès de fixation qui est un « drame humanitaire » justifie une zone d’interdiction de vol pour les avions du raïs et un opprobre international. Heureusement « le génocide » annoncé n’a jamais eu lieu et, selon de dignes témoins, jamais envisagé par Saddam. Les Kurdes, une fois de plus dans leur interminable errance, ont été utilisés comme un argument cynique de géopolitique. Le fond n’étant pas de leur donner un meilleur avenir. C’est depuis Bagdad, Erbil, Kirkouk, Souleymanieh que j’ai vécu, les yeux ouverts, ce moment où l’on faisande l’histoire.

    Un ultime exemple avec l’escroquerie médatico-politique, celle du Kosovo. En 1999, le « monde libre » nous annonce que le Kosovo, province serbe majoritairement peuplée d’Albanais, est un lieu de martyre. Avec tueries de masse, camps de concentration et toutes horreurs de la barbarie. Edwy Plenel, alors directeur du quotidien Le Monde , nous annonce « 700 000 fantômes » au Kosovo. Pour parler sans métaphore, 700 000 morts. Selon le porte-parole de l’Otan le stade de Pristina, la capitale de la province, a été transformé en camp comme Santiago sous Pinochet. La propagande se nourrit de clichés.

    Arrivant par miracle jusqu’à ce Stadium, j’ai la surprise de le voir éclairé par des phares de voitures, avec des joueurs de foot à l’entrainement. Pendant des jours, du matin au soir, j’ai cherché les 700 000 morts de Plenel. Pas de trace. L’essentiel des victimes étaient mortes sous les bombes et missiles de l’Otan, tirés par des avions de chasse confondant des files de tracteurs avec des colonnes de chars serbes. Qui n’existaient d’ailleurs pas.

    En dehors de leur mortelle incursion au sein de Daech en Syrie, je ne connais rien des Ouïghours, je n’en dirai donc rien. Au contraire de ceux qui parlent mais ne savent rien. Je rappelle seulement la litanie de quelques mensonges, forgés à Washington au nom de l’America First. Un maître du monde soucieux de ne rien perdre de sa force coloniale bétonnée par le mensonge démocratique. Pour conclure, comment peut-on croire en une rumeur mondialisée, celle des Ouïghours martyrisés alors que les Palestiniens, niés, volés, bafoués, emprisonnés, torturés, continuent de l’être dans l’indifférence de ceux qui attaquent aujourd’hui Pékin. Nous laissant croire que démocratie et liberté ne sont pas leur objectif premier. Souvenez-vous enfin d’une autre offensive, avec BHL, Clooney et toute la troupe d’Hollywood sur le « drame du Darfour », l’objectif étant de détourner la douleur de l’opinion de la Palestine vers un morceau du Soudan. Que les amis droit-de-l’hommistes se souviennent, s’ils sont en panne de noble cause : en 1982 l’ONU a déclaré que le massacre de Sabra et Chatila était un "acte de génocide"... et rien n’est c’est passé après ce crime imprescriptible. Si j’étais un citoyen de Gaza je demanderais ma naturalisation ouïghoure, et mon sort intéresserait enfin le monde. Celui qui compte.

    
Tant qu’elle reste sélective l’indignation n’est rien.

    Jacques-Marie BOURGET

    #minorité #minorité_opprimée #oppression #ouïghours #ouïghour #minorités #Palestine #Palestiniens #Gaza #Daech e#al_nosra #Printemps_Arabes #internautes #ong #robert ménard #RSF #NED #Biafra #bernard_kouchner #Vietnam #Afghanistan #ben_laden #droit-de-l’hommisme #Serbie #daech #Irak #danielle_mitterrand #Kosovo #edwy_plenel #bhl #Darfour #propagande #enfumage #manipulation #histoire #médias

  • Covid19 : pourquoi zéro mort au Vietnam ? – {Sciences²}
    https://www.lemonde.fr/blog/huet/2020/07/15/covid19-pourquoi-zero-mort-au-vietnam

    Le gouvernement vietnamien organise une surveillance rigoureuse de ses frontières. Tous les passagers des aéroports internationaux sont soumis à une recherche de suspicion de la Covid-19 et ceux provenant de régions à haut risque sont soumis à une quarantaine obligatoire et conduits directement en bus à la sortie de l’avion dans des centres isolés. Cette surveillance des frontières restera très stricte en février et mars, avec des fermetures de lignes aériennes en provenance des régions à risques et quarantaines pour toutes les arrivées, sans s’arrêter aux conséquences économiques en particulier sur le tourisme dont le rôle est pourtant croissant dans les revenus des populations vietnamiennes.

    #Covid-19#migrant#migration#vietnam#frontière#quarantaine#test#surveillance#tracking

    • Le traçage de tous les contacts des personnes détectées positives est systématisé à l’aide de 63 centres provinciaux, 700 centres de districts et 11.000 dispensaires de santé. Les médias informent les populations où des personnes ont été détectées positives afin qu’elles se présentent aux centres de tests. L’objectif est de tester, à partir de chaque cas confirmé – et donc mis en quarantaine et non renvoyés chez eux comme en France – les contacts des contacts des contacts de cette personne (trois degrés de proximité).

      La mobilisation des populations dans une action présentée comme une « guerre contre le virus » se fait par des moyens de communication de toutes sortes : journaux, télévision, radio, internet… Une vidéo et une chanson en vietnamien expliquant le mode de propagation du virus et les gestes barrières a été vue plus de 53 millions de fois…

      #media #agents_de_santé #traceurs #traçage #traçage_rétrospectif #traçage_prospectif

  • Mörder von Fritz von Weizsäcker zu zwölf Jahren Haft verurteilt | rbb24
    https://www.rbb24.de/panorama/beitrag/2020/07/plaedoyers-urteil-prozess-fritz-weizsaecker-messerattacke.html

    A Berlin un assassin vient d’être condamné à un séjour en hôpital psychiatrique. L’auteur de l’expertise qui justifie l’incarcération psychiatrique n’a pas vu le condamné. L’homme vient d’être déclaré comme fou suivant une procédure de « bon sens ».

    Le cas est exceptionnel car l’assassin revendique une cause politique et humaine pour justifier l’attentat contre un médecin peu connu. Il a poignardé en public un fils de l’ancien président de la RFA Richard von Weizsäcker à qui on reproche d’avoir tiré profit de la production de l’herbicide agent orange utilisé comme arme par les ètats Unis pendant la guerre du Vietnam. Les von Weizsäcker sont connus pour leur grande fidèlité à chaque régime historique allemand sauf pendant l’intermède socialiste à Berlin Est.

    08.07.20- Vor knapp acht Monaten tötete ein 57-Jähriger den Berliner Arzt Fritz von Weizsäcker. Nun ist er vom Berliner Landgericht zu einer Haftstrafe sowie der Unterbringung in einer Psychiatrie verurteilt worden. Dabei wurde eine verminderte Schuldfähigkeit berücksichtigt.

    Der Mann, der den Berliner Chefarzt Fritz von Weizsäcker erstochen hat, ist wegen Mordes verurteilt worden. Das Berliner Landgericht verhängte am Mittwoch eine Freiheitsstrafe von zwölf Jahren und ordnete eine Unterbringung in einem psychiatrischen Krankenhaus an. Bei dem Urteil berücksichtigte die Schwurgerichtskammer eine verminderte Schuldfähigkeit des 57 Jahre alten Angeklagten, sonst wäre bei Mord eine lebenslange Freiheitsstrafe zwingend.

    Der Mann hatte Mitte November den Sohn des früheren Bundespräsidenten Richard von Weizsäcker in der Schloßparkklinik in Berlin-Charlottenburg erstochen. Heimtückisch und aus niedrigen Beweggründen habe der Angeklagte gegen Ende eines Vortrags dem Arzt ein Messer in den Hals gerammt, begründeten die Richter ihre Entscheidung.

    Das Urteil ist noch nicht rechtskräftig. Innerhalb einer Woche kann Revision beantragt werden.

    „Sinnlose Tat eines psychisch nicht unerheblich gestörten Mannes“

    Der 57-jährige Angeklagte aus Andernach in Rheinland-Pfalz wurde außerdem wegen versuchten Mordes an einem Polizisten verurteilt. Der Polizist, der privat bei dem Vortrag war, bei dem Weizsäcker erstochen wurde, wollte den Angreifer stoppen und war von diesem mit mehreren Stichen schwer verletzt worden. In dem Prozess trat der Polizist als Nebenkläger auf.

    Mit dem Urteil entsprach das Gericht weitgehend der Forderung der Anklage. Die Staatsanwältin hatte 14 Jahre Haft und die Unterbringung in der Psychiatrie gefordert. Sie sprach von einer sinnlosen Tat „eines psychisch nicht unerheblich gestörten Mannes“. Tatsächlich sei es ihm darum gegangen, sich selbst durch die Tat „aus dem Sumpf seines Alltags zu ziehen“.

    Als Mordmotiv sah die Staatsanwaltschaft Hass auf die Familie des Getöteten, insbesondere auf den früheren Bundespräsidenten. Er habe als „Kollektivschuld“ Tote im Vietnam-Krieg rächen wollen. Dabei habe er sich auf eine frühere Tätigkeit von Richard von Weizsäcker in den 1960er Jahren für ein Pharmaunternehmen bezogen.

    Gutachter stellt Zwangsstörung fest

    Ein Sachverständiger hatte vergangene Woche im Prozess ausgesagt, dass der Angeklagte unter einer Zwangsstörung und einer kombinierten Persönlichkeitsstörung leide. Diese Störung existiere sehr lange und sei bei dem Angeklagten „sehr eingefressen“. Die Prognose sei „nicht sehr günstig“. Von ihm könnte demnach weiterhin Gefahr ausgehen, so der Gutachter; zudem sträube sich der Angeklagte gegen eine erforderliche Therapie.

    Auch wenn in die Gefühlswelt des Angeklagten nach der Tat Ruhe eingekehrt sei, bleibe die Struktur seiner Erkrankung erhalten, erklärte der Experte. Er gehe davon aus, dass seine Steuerungsfähigkeit bei der Tat erheblich vermindert gewesen sei. Die Schuldfähigkeit hatte in dem Prozess eine zentrale Rolle gespielt.

    „Tat nicht aus Wahn begangen“: Geständnis ohne Reue

    Der Angeklagte hat die Attacke gestanden, dabei aber keine Reue gezeigt. In einer von mehreren Erklärungen zu den Vorwürfen hieß es: „Ich habe meine Tat nie bereut.“ Er habe sich im Recht gefühlt. Zugleich beklagte er sich, er werde „vergleichsweise für Pillepalle an den Pranger gestellt“. Nachdem der forensische Psychiater sein Gutachten vorgetragen hatte, erklärte der Angeklagte: „Ich habe die Tat aus politischer Überzeugung und nicht aus Wahn heraus begangen.“ Weil er nicht an den früheren Bundespräsidenten kam, habe er die Familie ins Visier genommen. Ein Anschlag auf die Familie sei seit 30 Jahren sein „Lebensziel“ gewesen.

    Immer wieder störte der Angeklagte durch Zwischenrufe die Plädoyers - wie er zuvor häufig die Befragung von Zeugen gestört hatte. Er selbst hatte sich in seinem Geständnis als Zwangsneurotiker, Ex-Nazi und verkrachte Existenz beschrieben. Von dem psychiatrischen Gutachter fühlte er sich „falsch interpretiert“. Er sei nicht krank, so der Angeklagte.

    Mehrere Zeugen hatten im Prozess das Bild eines Mannes mit vielen Widersprüchen gezeichnet. Eine Ex-Nachbarin beschrieb den Angeklagten als Einzelgänger und Neurotiker mit Händewasch-Zwang. Er sei entweder laut und aggressiv oder in sich gekehrt gewesen. Frühere Kollegen berichteten, der Angeklagte habe Klinken nur mit einem Taschentuch angefasst oder in seiner Wohnung Lichtschalter mit einem Fuß betätigt. Als Packer in einem Logistikzentrum sei er aber auch hilfsbereit und freundlich gewesen.

    Abendschau, 08.07.2020, 19:30 Uhr

    #Allemagne #Berlin #justice #Vietnam #imprérialisme #crime #folie #iatrocratie #politique #opportunisme #attentat

  • Espagne : le gouvernement vietnamien offre des masques
    https://m.lecourrier.vn/espagne-le-gouvernement-vietnamien-offre-des-masques/779331.html
    #Covid-19#migrant#migration#Vietnamien#Espagne#aide

    Le gouvernement vietnamien, par le biais de l’ambassade du Vietnam en Espagne, a offert, jeudi 28 mai, 1.500 masques de protection en tissu antibactérien à la communauté vietnamienne dans ce pays.

  • https://m.lecourrier.vn/plus-de-340-vietnamiens-rapatries-de-singapour/779388.html
    #Covid-19#migrant#migration#Vietnamien#Singapour#rapatriement

    Plus de 340 Vietnamiens ont été rapatriés de Singapour le 31 mai. Ils comprenaient des enfants moins de 18 ans, des personnes âgées, des malades, des travailleurs dont le contrat de travail est expiré, des touristes bloqués en raison du COVID-19...