• La guerre de l’#eau, un conflit explosif dans les #Pyrénées-Orientales

    Face à la #sécheresse dans les Pyrénées-Orientales, les pouvoirs publics misent sur l’#irrigation. Au risque de provoquer une #guerre_de_l’eau. #Omerta, #pressions politiques, maraîchers inquiets... Le sujet est explosif.

    « Vous voulez nous piquer notre eau ! » Ce mercredi de novembre, l’élégante salle des fêtes de #Latour-de-France bruisse d’indignation. Jardiniers ou paysans, ils sont venus en nombre exprimer leurs craintes. En face, représentants de la #FNSEA, le syndicat agricole majoritaire et productiviste, et services de l’État peinent à cacher leur impatience. « C’est une des premières guerres de l’eau du département », commente un des participants.

    Au cœur de la discorde hydraulique : un #tuyau de 10 km qui permettrait d’amener davantage d’or bleu aux #vignes et #abricotiers de la plaine de #Rivesaltes. « Un projet qui va bénéficier à toute la vallée », selon Jean Bertrand, salarié de la chambre d’agriculture catalane, dirigée par la FNSEA. Mais pour les habitants de l’amont, chez qui la précieuse ressource va être puisée, l’inquiétude est palpable : « Avec le peu d’eau que vous allez nous laisser, c’est la mort pour nous. »

    Tous les ingrédients sont réunis pour rendre le sujet explosif. Une ressource en chute libre et une demande en eau qui explose, des agriculteurs exsangues et des petits jardiniers inquiets... Le tout saupoudré d’omerta et enrobé de #pressions_politiques.

    La #rivière disparaît sous terre

    Pour bien comprendre le problème, il faut remonter deux ans en arrière. Les Pyrénées-Orientales traversaient alors une sécheresse historique. Entre avril 2023 et mars 2024, le déficit de pluie a atteint jusqu’à 70 % dans l’est du département. Avec des conséquences catastrophiques pour l’#agriculture : des abricotiers morts sur pied, des vignes desséchées… En pleine mobilisation agricole, l’État a redouté une crise potentiellement explosive. Il fallait répondre, vite et fort.

    Le 22 mai 2024, le ministre de la Transition écologique de l’époque, #Christophe_Béchu, lançait en grande pompe un #plan_de_résilience pour l’eau, assorti d’un chèque de 10 millions d’euros. Dans la foulée, il annonçait soutenir « sept projets concrets faisant consensus » dans le département, dont plusieurs portés par la chambre d’agriculture. Parmi eux, la « priorité des priorités », selon la directrice du plan eau, #Christine_Portero-Espert : « La sécurisation de l’alimentation des #réseaux_d’irrigation de l’#Agly aval. » Notre fameux tuyau.

    S’il y a urgence, c’est que la #vallée_de_l’Agly est la zone la plus affectée par la sécheresse. À Rivesaltes, les habitants n’ont pas vu couler le fleuve de décembre 2022 à octobre 2024. Une situation exceptionnelle, mais pas surprenante : en un demi-siècle, « le débit des fleuves côtiers méditerranéens a diminué de 30 à 40 %, dont au moins 20 % directement lié au changement climatique », explique l’hydrologue Wolfgang Ludwig, qui prévoit la quasi-disparition de ces #cours_d’eau d’ici la fin du siècle, dans les pires scénarios climatiques.

    Un séisme hydrologique au pays catalan. « Historiquement, il y a de l’eau dans les Pyrénées-Orientales, grâce à la fonte des neiges, rappelle le chercheur. Il y a donc ici une #culture_de_l’irrigation très développée, qui a été une chance, mais qui est aujourd’hui une grande vulnérabilité. » Car l’abondance hydrique a retardé l’adaptation au #changement_climatique — et poussé une partie des agriculteurs du Rivesaltais à miser sur l’#abricot, une culture très gourmande en eau.

    Dans la vallée de l’Agly, le #fleuve alimente tout un #réseau_d’irrigation, dont une partie héritée du Moyen-Âge. Autour de Latour-de-France et d’#Estagel, quelque 280 hectares — de petits potagers comme des exploitations viticoles — sont ainsi arrosés. À Rivesaltes, près de 400 hectares en bénéficient.

    Cerise sur le gâteau aride, le cours d’eau traverse — entre Latour-de-France et Rivesaltes — une zone rocheuse comparable à un gruyère : le #karst des #Corbières. En clair, une grande partie de la rivière disparaît sous terre. En période de sécheresse, le karst pourrait absorber jusqu’à 3 000 litres par seconde, selon le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). Résultat, en aval, les canaux d’irrigation alimentés par l’Agly sont régulièrement vides.

    Jusqu’ici, la parade consistait à lâcher d’importantes quantités d’eau depuis le #barrage_de_Caramany, à 30 km en amont, pour « passer le karst ». Sauf que la réserve se vidait à vue d’œil. D’où l’idée — apparemment simple — des élus de la chambre d’agriculture : court-circuiter la zone poreuse grâce à un tuyau. « On aura besoin de lâcher moins d’eau en période sèche pour assurer les besoins agricoles », se réjouit Jean Bertrand.

    Selon les calculs du cabinet BRL Ingénierie — mandaté pour étudier le projet —, entre 1 et 4 millions de m3 seraient ainsi « économisés » les années sèches, sauvegardés dans le barrage. Et le tour est joué ! Pas si simple, mettent en garde plusieurs experts — qui souhaitent tous rester anonymes, signe que le sujet est tendu. Car le karst alimente les nappes du #Roussillon — précieuses réserves d’eau douce pour le littoral catalan, menacées par l’intrusion saline —, mais également l’étang de #Salses-Leucate. Pour « sécuriser » son #accès_à_l’eau, la métropole de #Perpignan projette aussi de multiplier par quatre ses prélèvements dans cette zone calcaire décidément très convoitée.

    « Qui pourra se payer l’eau ? »

    Interrogés par Reporterre quant aux incidences de ce projet sur l’alimentation en #eau_douce du territoire, les acteurs locaux bottent en touche. La métropole ne nous a pas répondu. Le syndicat de l’étang de Leucate indique qu’« à ce stade, la commission locale de l’eau [qui réunit élus et usagers] n’a pas été consultée sur ce dossier ». Pour le syndicat du bassin de l’Agly, « de nombreux points techniques et opérationnels doivent encore être étudiés et précisés » avant qu’il puisse « s’exprimer publiquement ». Rien d’officiel donc, mais en coulisses, plusieurs acteurs publics de l’eau nous ont fait part de leur « vive inquiétude ».

    « Il s’agit d’un système complexe et fragile, qui n’a pas du tout été pris en compte dans sa globalité », nous indique un connaisseur du dossier. Les interactions du karst avec les #nappes et des cours d’eau catalans sont encore mal connues. « On joue aux apprentis sorciers. »

    Côté préfecture et chambre d’agriculture, on se veut rassurant : si le besoin s’en fait sentir, on lâchera davantage d’eau du #barrage pour renflouer les réseaux souterrains. Circulez, il n’y a rien à voir.

    Mais le problème ne s’arrête pas là. Car construire un #adducteur — et toutes les infrastructures autour — coûte cher, très cher. Entre 12 et 18 millions d’euros selon BRL Ingénierie. Sans oublier quelque 200 000 euros annuels pour faire fonctionner l’ouvrage. Un #prix potentiellement insoutenable pour les quelque 1 400 propriétaires reliés aux différents canaux et organisés en Association syndicale autorisée (ASA).

    D’où la volonté des porteurs du projet d’étendre le réseau d’irrigation. 250 hectares supplémentaires — de la vigne principalement, selon la chambre d’agriculture — pourraient ainsi être reliés et abreuvés. Ainsi qu’une centaine d’hectares, notamment des abricotiers, aujourd’hui arrosés grâce à des forages. « Pour atteindre la soutenabilité économique, il est en effet nécessaire d’ouvrir le réseau à de nouveaux enjeux et à un plus grand nombre d’agriculteurs pour augmenter le nombre de cotisants », indique Jean Bertrand.

    Mais même dans ce scénario, il est probable que le prix de l’eau s’envole de plusieurs centaines d’euros : qui pourra encore se la payer ? « Le risque, c’est que seuls les plus grands arboriculteurs ou viticulteurs puissent avoir accès à l’irrigation », craint Jacques de Chancel, vigneron et membre de la Confédération paysanne.

    Et c’est là que le bât blesse. « Tant qu’il s’agissait de soutenir les réseaux existants, pourquoi pas, mais là, on a l’impression d’un projet qui va profiter surtout à l’agriculture industrielle », soulève-t-il. D’autant que pour pouvoir satisfaire tous les besoins, les porteurs du projet envisagent également de réduire le robinet des petits agriculteurs et des jardiniers en amont du tuyau.

    C’est le cas de Luc, maraîcher installé depuis cinq ans à Estagel. Il cultive aujourd’hui 3 hectares de légumes, vendus ensuite localement, via une Amap. Pour arroser ses parcelles, il utilise notamment l’eau du canal voisin — qui pourrait donc diminuer voire disparaître en période sèche. « Avec ce projet, je risque de fermer boutique », alerte-t-il.

    Côté chambre d’agriculture et services de l’État, on fait valoir un projet « global », qui consiste également à moderniser les réseaux, colmater les fuites, automatiser la distribution d’eau… Autant d’économies qui « bénéficieront à tout le monde », assure Christine Portero-Espert. Pour elle, 250 hectares irrigués en plus — comparés aux 1 100 ha déjà reliés aux canaux — ce n’est pas « déraisonnable », surtout si ça permet de « sécuriser des filières », et donc de préserver des emplois.

    Omerta

    Face au flou, les relations se tendent entre habitants de l’amont et de l’aval. Rares sont les personnes qui acceptent de prendre publiquement position pour ou contre le projet. Nous avons pu contacter un des viticulteurs qui pourrait être raccordé au tuyau — aujourd’hui, il n’irrigue pas. « On touche aux limites de ce qu’on peut faire sans arroser, raconte-t-il de manière anonyme. Alors je me dis qu’avec un peu d’eau, on pourrait retrouver un équilibre économique. » S’il accueille le projet avec un œil plutôt bienveillant — « il a le mérite d’exister » —, il met aussi en garde : « Au-delà de 500 euros par hectare et par an, le prix de l’irrigation sera trop cher. »

    Interrogée sur le prix final pour les usagers, la chambre d’agriculture élude — les calculs sont toujours en cours. Mais une chose paraît certaine : « Ce sera de l’eau chère, reconnaît Jean Bertrand. La part du #coût de l’eau dans les budgets des exploitations augmente et va augmenter, il ne faut pas ignorer cette réalité. » Façon d’admettre que certains seront laissés sur le bas-côté de l’adducteur ? « C’est le risque des #solutions_techniques, souvent coûteuses, souligne Wolfgang Ludwig. Elles peuvent favoriser une #agriculture_intensive, très spécialisée, seule capable de produire les ressources financières pour payer cette eau. »

    Les questions s’accumulent, mais le projet progresse, coûte que coûte. Une des chevilles ouvrières du projet nous a fait part de « grosses pressions pour que le dossier avance vite ». « Il faut bien que les services de l’État et la chambre parviennent à sortir quelque chose pour montrer qu’ils agissent », remarque Joseph Genebrier, de la #Frene_66, une association environnementale. Quitte à prendre des décisions avant que toutes les études ne soient réalisées. Quitte à établir un « rapport de force » avec les plus réfractaires, selon les participants de la réunion publique.

    Des arguments qui ne convainquent pas les opposants, dont certains pointent une « #mal_adaptation ». Comme l’expliquait l’économiste Marielle Montginoul à propos d’un autre mégaprojet de tuyau occitan, « on assiste à une sécurisation de l’accès à la ressource plus qu’à une réflexion sur un nouveau modèle plus économe en eau ». Une « #course_en_avant, sans se poser les bonnes questions, comme le choix du type de cultures qu’on irrigue ». On se retrouve ainsi à arroser des vignes, en pleine crise de surproduction du #vin. Ou à faire perdurer la culture d’abricots, très exigeante en eau.

    « Si les #solutions_techniques permettent de se protéger contre les aléas, un peu comme le camion de pompiers qu’on ne sort qu’en cas d’urgence, pourquoi pas, indique Wolfgang Ludwig. Mais si on les utilise pour développer des #pratiques_agricoles, alors on augmente notre #dépendance et notre #vulnérabilité. » Le risque, pour le chercheur, est de louper le coche essentiel de l’adaptation : « Tant qu’on se repose sur des #outils_techniques, on ne s’adapte pas à la ressource qui baisse. »

    Penser la #transition_agricole vers des cultures de climat semi-aride, diversifier les fermes pour les rendre plus résilientes, encourager le travail des sols… Autant de pistes « explorées aussi par la chambre d’agriculture », assure Jean Bertrand. Mais qui ne font pas partie des sept projets « prioritaires » du plan de résilience pour l’eau.

    https://reporterre.net/La-guerre-de-l-eau-un-conflit-explosif-dans-les-Pyrenees-Orientales

  • https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/10/30/pesticides-et-sante-tensions-au-haut-commissariat-a-la-strategie-et-au-plan-

    De toutes les questions environnementales, c’est le sujet sensible du moment. Dans la foulée de la loi Duplomb, en juillet, et des plus de 2 millions de signatures engrangées par la pétition, qui en dénonce les effets délétères sur l’environnement et la santé, le Haut-Commissariat à la stratégie et au plan (HCSP) a remis à l’Assemblée nationale, mercredi 29 octobre, le rapport qu’elle lui avait demandé sur les politiques publiques de santé environnementale. Le document de 500 pages fait le constat d’une faiblesse globale des politiques publiques consacrées au sujet et formule une série de recommandations pour réduire le fardeau des maladies attribuables aux pollutions de l’environnement. Mais les conditions dans lesquelles la mission a été conduite témoignent de la difficulté à inscrire cette question à l’agenda politique.
    Fortes tensions entre les cinq membres de l’équipe du HCSP chargée de rédiger le rapport et la hiérarchie de leur institution – elle a été placée sous l’autorité de Clément Beaune, nommé haut-commissaire en mai –, demandes d’ajout ou de suppression de certains passages, reformulations, interventions du cabinet de la ministre de l’agriculture, Annie Genevard, menaces de sanction à l’encontre de l’une des autrices du rapport, signalement aux ressources humaines d’une autre…
    Selon nos informations, c’est sur le volet du texte consacré aux pesticides que les pressions se sont focalisées. Jusqu’à ignorer certaines recommandations du conseil scientifique, chargé de contrôler la rigueur factuelle du texte. Quatre de ses huit membres – tous chercheurs ou inspecteurs généraux spécialistes de santé environnementale – signent d’ailleurs, en annexe du rapport, un commentaire cinglant sur le travail conduit par le HCSP.

    https://archive.ph/BCKK6

    • Pesticides et santé : tensions au Haut-Commissariat à la stratégie et au plan autour d’un rapport commandé par les députés

      Quatre des huit membres du conseil scientifique chargé de superviser le document ont signé un commentaire critique soulignant leurs désaccords sur des amendements, notamment obtenus par le ministère de l’agriculture.

      [...]

      Le rapport est divisé en quatre parties : le #bruit, les polluants éternels (ou #PFAS, pour substances per- et polyfluoroalkylées), la pollution atmosphérique aux #particules_fines et les pesticides.

      [...]

      Selon différentes versions du texte consultées par Le Monde, une étude française citée dans le rapport, indiquant un lien entre la densité de #vignes autour du domicile et le risque de leucémie de l’enfant, se retrouve qualifiée – contre l’avis des cinq rédactrices du texte – de « peu robuste au niveau régional » et « posant question ». Dans leurs commentaires, les quatre membres du conseil scientifique de la mission abondent, et objectent qu’ils avaient demandé « une reformulation qui n’a pas été prise en compte ».
      Même tentative de minimisation de résultats scientifiques sur la question-clé de l’impact sanitaire des traces de pesticides de synthèse dans l’#alimentation. Pour faire pièce à une étude française de 2018 montrant un risque diminué de certains #cancers chez les plus gros consommateurs d’aliments issus de l’#agriculture_biologique, une référence à un simple communiqué de l’Institut national du cancer (INCA) a été ajoutée, qualifiant d’« infox » le lien entre alimentation bio et réduction du risque de cancer.

      En novembre 2024, Le Monde avait révélé que les représentants d’une quarantaine d’équipes de recherche travaillant sur les liens entre nutrition et cancer avaient protesté auprès de l’INCA, demandant que ce communiqué soit corrigé. La direction de l’institution ne leur avait pas répondu. (...)

      ... dans leur texte, les rapporteurs estiment que le montant du budget de la PAC consacré à la réduction des usages de pesticides se monte à environ 700 millions d’euros, soit 8 % du budget de la PAC. Mais, dans la version finale du rapport, une estimation bien plus optimiste leur est imposée, accolée à la leur : avec un autre mode de calcul, ce serait plutôt 2 milliards d’euros fléchés vers la réduction des intrants. Le conseil scientifique s’en indigne, jugeant que 700 millions d’euros sont déjà une estimation haute.

      #pesticides #pollution #HCSP #PAC #écologie #ministre_de_l’agriculture means #FNSEA #santé x

  • #PestiRiv : une #étude pour mieux connaître l’exposition aux #pesticides des personnes vivant en zones viticoles et non-viticoles

    #Santé_publique France et l’Anses (l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) réalisent l’étude Pestiriv pour mieux connaître l’exposition aux pesticides des personnes vivant près de vignes ou éloignées de toute culture.

    Quels sont les principaux résultats de l’étude ?

    Les résultats de l’étude montrent que :

    - Les #riverains des zones viticoles sont plus exposés aux pesticides appliqués sur ces cultures que les personnes éloignées de toute culture. Ces expositions sont par ailleurs plus importantes en période de traitement. L’augmentation de l’#imprégnation_biologique en zones viticoles est observée à la fois chez les adultes et les enfants.
    - Les quantités de produits utilisés et la proximité des #habitations avec les vignes sont les deux principaux facteurs d’exposition.

    Ces résultats sont robustes pour les différents échantillons analysés (urines, cheveux, poussières, air ambiant, air intérieur) et cohérents avec ceux des quelques études réalisées sur d’autres cultures aux Etats-Unis (blé, soja) et aux Pays-Bas (fleurs).

    Cette exposition plus importante est due au transfert vers l’environnement des substances appliquées sur les vignes, qui est constaté pour la majorité des substances mesurées. Cette exposition concerne aussi bien des substances très spécifiques de la vigne (par exemple le #folpel ou le #métirame) que des substances qui le sont moins (par exemple le #glyphosate, le #fosétyl-aluminium, la #spiroxamine).

    Il est à noter que les faibles #pluies et les #températures élevées du printemps et de l’été 2022, période de l’étude, ont pu limiter les besoins de traitement. Les niveaux d’exposition en zones viticoles pourraient donc être plus élevés en cas de temps pluvieux.
    Pour certaines substances, aucune différence entre les deux groupes de population ou entre les deux périodes n’est observée. Cela peut s’expliquer par le fait qu’il existe d’autres sources d’exposition que les traitements agricoles (cas des #pyréthrinoïdes, qui sont des #insecticides utilisés pour des usages variés, ou encore du #cuivre) ou que l’utilisation de la substance sur les vignes a été faible dans la période étudiée (exemple du #tébuconazole).

    https://www.santepubliquefrance.fr/etudes-et-enquetes/pestiriv-une-etude-pour-mieux-connaitre-l-exposition-aux-pestici
    #vignobles #vignes #viticulture #rapport

    • "Cette agriculture tue les gens" : l’étude PestiRiv révèle ses résultats, les riverains des vignes surexposés aux pesticides

      Ce lundi 15 septembre étaient publiés les résultats très attendus de l’étude PestiRiv, portant sur l’exposition aux pesticides des populations situées à #proximité des zones viticoles. Sans surprise, les #riverains y sont fortement imprégnés de #produits_phytosanitaires et pose ainsi des questions de santé publique.

      C’est une étude nationale « inédite », d’une ampleur « sans précédent ». Lancée en 2021, l’étude PestiRiv, menée conjointement par Santé publique France et l’Anses (l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), visait à évaluer l’exposition aux pesticides des personnes vivant dans des zones proches des vignobles.

      Environ 4 % de la population française vit à moins de 200 mètres d’une vigne, soit en grande proximité, mais peu de données existaient à ce jour sur l’exposition de ces riverains. La vigne est en effet l’une des cultures en France où l’usage des produits phytopharmaceutiques est le plus important. Certains sont même spécifiques au milieu, comme le Folpel, un fongicide utilisé contre le mildiou.
      Des résultats sans surprise

      Après de longs mois d’une attente d’ailleurs dénoncée par plusieurs associations de défense de l’environnement, les résultats ont été publiés ce lundi 15 septembre. Et sans surprise, ils démontrent que les populations vivant à proximité des exploitations viticoles sont plus exposées aux pesticides que les autres, avec une plus grosse imprégnation pour les enfants de 3 à 6 ans.

      « Les niveaux de #contamination sont plus élevés en zone viticole, avec une augmentation comprise entre 15 et 45 % dans les urines, jusqu’à plus de 1 000 % dans les poussières et 12 fois plus dans l’air ambiant. » (Clémence Fillol, Responsable de l’unité Surveillance des expositions de Santé publique France)

      De plus, l’étude a aussi permis de montrer que l’exposition aux pesticides pour les riverains devenait encore plus importante lors de la période de traitement des vignes : par exemple, l’augmentation du niveau de contamination des urines peut atteindre 60 %, celle concernant les poussières peut aller jusqu’à 700 %.

      Mais une autorisation de mise sur le marché ne donne pas pour autant l’autorisation de consommer ces produits ! (Cyril Giraud, Relais en Gironde de l’association Générations Futures)

      Les autorités sanitaires soulignent tout de même que les quantités de pesticides retrouvées dans les analyses n’ont jamais dépassé les seuils fixés dans les autorisations de mise sur le marché (AMM) de ces produits.

      Sur les 23 communes où l’air ambiant a été analysé (dont Pauillac en Gironde), du Folpel a été détecté dans 62 % des échantillons, pour une concentration moyenne de 2,29 nanogrammes par mètre cube, alors que la dose journalière autorisée est fixée à 0,1 milligramme (soit 100 000 ng) par kilogramme. « Si l’on retrouve un produit cancérogène ou mutagène dans les urines, on se doute bien qu’il a pu faire des dégâts », détaille Cyril Giraud.
      Près de 3 000 participants

      Pour pallier ce manque de données, 265 sites, répartis dans six régions viticoles dont la Nouvelle-Aquitaine, ont été analysés dans le cadre de PestiRiv.

      Le groupe « riverain » était constitué d’individus résidant à moins de 500 mètres d’une vigne et plus d’1 kilomètre de toute autre culture. Le groupe de comparaison, éloigné de toute culture, comprenait des habitations à 1 km d’une culture quelconque et à 5 km d’une vigne.

      Deux périodes ont été sélectionnées pour l’étude : d’abord entre octobre et février 2022, puis entre mars et août 2022, soit pendant la période de traitement des vignes

      Au total, 56 substances ont été mesurées dans l’air et les poussières à l’intérieur des habitations, ainsi que dans l’urine et les cheveux des participants des deux groupes. Près de 2 000 adultes et 750 enfants ont participé à cette étude, avec « une forte implication » et des « questionnaires extrêmement complets » à remplir.

      Les pratiques agricoles directement visées

      Le lien semble donc directement établi entre l’épandage de pesticides dans une exploitation viticole et sa présence chez les riverains. « L’analyse de l’ensemble de ces données amène à conclure que le facteur qui influence le plus l’exposition des populations est les pratiques agricoles, poursuit Ohri Yamada, chef de l’unité Phytopharmacovigilance de l’Anses. Car l’exposition augmente aussi avec les quantités de pesticides utilisées et la distance diminuée entre le logement et les vignes. »

      D’autres facteurs peuvent aussi contribuer à l’augmentation de l’exposition, comme le fait de passer du temps à l’extérieur ou d’aérer longtemps son logement, d’autant plus en période d’épandage. Et si l’étude PestiRiv est saluée comme une confirmation officielle d’une contamination des populations que les associations dénonçaient depuis des années, elle est aussi vue comme le symbole d’un immobilisme. « Le problème des études comme ça, c’est que c’est aussi un prétexte pour ne rien faire », souligne Cyril Giraud.

      PestiRiv ne dit en effet rien des risques sanitaires qui pèsent sur les populations exposées aux produits phytosanitaires, mais se borne à dresser un constat. « Une étude doit aller d’un diagnostic à un plan d’action. Si c’est pour dire à la fin qu’il peut y avoir un lien de cause à effet mais que ce n’est pas avéré, c’est dommage de pondre ça », fustige Thomas Filliatre, maire de Preignac (Gironde), où se trouvent plusieurs vignes.

      "La France fait tout pour éviter de voir l’évidence : cette agriculture tue les gens. (Cyril Giraud, Relais en Gironde de l’association Générations Futures)

      « Il faut arrêter de demander des études et des études et des études, c’est une fuite en avant pour ne pas demander de vraies mesures, poursuit Cyril Giraud. Cela fait longtemps qu’on sait que ces produits sont toxiques, ils sont faits pour ça ! »
      Accompagner le monde agricole

      Là où les recommandations de Santé publique France et de l’Anses se bornent à « limiter l’utilisation de produits phytosanitaires au strict nécessaire, avec une mise en œuvre ambitieuse de la stratégie nationale Ecophyto 2030 », les associations de défense de l’environnement, comme Générations Futures, demandent à l’État d’aller plus loin.

      « Il faut interdire ces produits, et accompagner le monde agricole dans des pratiques plus respectueuses » pour l’environnement et la santé, appuie Cyril Giraud. Par la voix de son porte-parole François Veillerette, Générations Futures demande aussi « l’accès aux registres d’épandages des agriculteurs, car il est aujourd’hui ahurissant que ces registres ne soient pas accessibles dans l’intérêt des populations et de la science ».

      Les riverains des zones viticoles ne sont sans doute pas les seuls concernés : tous les habitants à proximité de cultures sur lesquels des pesticides sont répandus sont susceptibles d’être surexposés à des substances chimiques, potentiellement dangereuses pour la santé. « L’étude PestiRiv ouvre des pistes, mais n’est pas une fin en soi », prévenait en préambule Caroline Semaille, directrice générale de Santé publique France, lors de la restitution des résultats. La recherche et les pouvoirs publics doivent maintenant s’emparer du problème.

      https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/bordeaux/cette-agriculture-tue-les-gens-l-etude-pestiriv-revele-se

    • Dans les zones viticoles, des populations plus exposées aux pesticides

      L’étude PestiRiv, menée par l’Anses et Santé publique France, a été rendue publique lundi 15 septembre après quatre ans de recherches. Elle met en évidence les pesticides auxquels sont exposés les riverains des zones viticoles.

      DesDes populations plus exposées aux pesticides que la moyenne, et particulièrement aux fongicides, ces produits qui s’attaquent aux champignons : si l’on habite en zone viticole, on a plus de probabilité de respirer, d’avaler, d’être en contact avec les molécules des produits phytosanitaires épandus dans les parcelles.

      C’est ce que conclut PestiRiv, l’étude rendue publique lundi 15 septembre par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (l’Anses) et Santé publique France. Un résultat suffisamment solide, établi après quatre années de recherches à l’échelle de la France métropolitaine, pour que les deux institutions, dans leurs recommandations, incitent « en priorité à réduire l’utilisation de pesticides » en agriculture.

      L’étude, une première en France, se base sur des échantillons d’urine et de cheveux, mais aussi de poussières, d’air ambiant et d’aliments de potagers privés, ainsi que sur de longs questionnaires soumis aux participant·es. Constituée de trois tomes et de copieuses annexes, longue de plus de 2 500 pages au total, l’étude s’est longtemps fait attendre. Au début de l’été, l’ONG Générations futures, qui milite contre les pesticides, avait déposé un recours, dénonçant un blocage de l’État pendant les débats sur la loi Duplomb.

      Car PestiRiv a officiellement été impulsée par la Direction générale de la santé il y a déjà neuf ans, à la suite d’une alerte lancée en 2012 à Preignac, en Gironde, où un cluster de cancers pédiatriques avait vu le jour. PestiRiv n’a démarré que fin 2021, une fois le protocole de recherche mis en place.

      Deux salves de collectes d’échantillons ont alors été réalisées : d’octobre 2021 à février 2022, saison pendant laquelle les traitements phytosanitaires sur les vignes sont moins fréquents, puis de mars à août 2022 (lorsque les traitements sont plus fréquents). Il aura donc fallu attendre encore quatre ans pour l’analyse des très nombreuses données et la restitution des résultats par l’Anses et Santé publique France.
      Les enfants plus imprégnés que les adultes

      Principal enseignement, donc : les populations riveraines des zones viticoles – c’est-à-dire, selon la définition de l’étude, habitant à moins de 500 mètres d’une parcelle de vignes et à plus de 1 000 mètres d’une autre culture – sont bien plus exposées que les personnes n’habitant pas dans ces espaces – c’est-à-dire résidant à plus de 500 mètres d’une parcelle viticole.

      PestiRiv, qui a suivi au total 3 350 personnes tirées au sort dans six régions (Auvergne-Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Bourgogne-Franche-Comté, Grand Est, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie), montre en outre que les enfants sont plus imprégnés que les adultes, en se basant sur deux groupes d’étude : l’un constitué par la population adulte âgée de 18 à 79 ans, l’autre par des enfants âgés de 3 à 17 ans.

      Au total, 56 produits phytosanitaires différents étaient recherchés, selon une liste établie en amont des relevés : des herbicides comme le glyphosate ; des insecticides, dont des néonicotinoïdes, aujourd’hui interdits, mais aussi des pyréthrinoïdes, dont le spectre d’action est très large ; et des fongicides, parmi lesquels certains, comme le soufre et le cuivre, sont autorisés en agriculture biologique.

      Le résultat, à première vue, n’est guère surprenant : la viticulture est, en France, le secteur le plus consommateur de pesticides après l’arboriculture, production de pommes en tête. Selon les dernières données du ministère de l’agriculture à ce sujet, qui datent de 2019, 18 traitements phytosanitaires sont appliqués en moyenne chaque année sur les parcelles de vignes.

      Mais le résultat est implacable. Les douze substances recherchées dans les urines des enfants et des adultes riverains des zones viticoles, par exemple, se retrouvent dans la quasi-totalité des échantillons. Et dans la moitié des échantillons des poussières des foyers riverains, on trouve 25 des 48 substances recherchées.

      Par comparaison avec la population témoin, qui ne réside pas à proximité d’une parcelle de vignes, le niveau de contamination dans les urines augmente ainsi de 15 à 45 %. Il est multiplié par douze dans l’air ambiant extérieur, et par cent dans les poussières des logements.
      Des substances dans l’air ambiant

      L’étude relève en outre une imprégnation (autrement dit une présence dans les urines et les cheveux) encore plus élevée chez les jeunes enfants, entre 3 et 6 ans. « Ceci est dû au fait qu’ils ont beaucoup plus de contacts avec le sol, et de contacts main-bouche », a expliqué Clémence Fillol, responsable de l’unité surveillance des expositions à Santé publique France, à l’occasion de la présentation de l’étude à la presse en visoconférence, lundi matin.

      « Retrouver dans l’alimentation ou les échantillons d’air et de poussière des substances introduites dans un environnement proche n’est pas surprenant, a reconnu Matthieu Schuler, directeur général délégué, à l’Anses, du pôle sciences pour l’expertise. Mais nos résultats permettent d’affiner : on voit que les substances sont encore plus présentes dans l’air ambiant que dans les aliments, et que certaines sont plus présentes que d’autres. Ce sont des enseignements riches qui nous permettront d’aller vite en cas d’événement sanitaire. » Autrement dit, en cas d’apparition d’un nouveau cluster, par exemple.

      « Cela donne une photographie très précise de l’exposition des personnes, a insisté Benoît Vallet, directeur général de l’Anses. Ce sont des données extrêmement solides, cela offre une transparence qui peut être bénéfique pour la profession agricole comme pour les riverains qui appelaient cela de leurs vœux. Ce sont de nouveaux éléments, tout à fait différents de Géocap Agri », qui renseignait sur le lien entre distance du lieu de résidence et probabilité d’apparition de leucémie.

      Une source d’information précieuse pour les populations concernées. Vivre à côté de vignes expose donc à des substances potentiellement toxiques.
      Des cocktails de molécules

      Prenons par exemple le glyphosate. On le retrouve dans 87 % des échantillons d’air ambiant des zones viticoles prélevés pour l’étude. Ou encore le folpel, un fongicide caractéristique de la culture de vignes, inconnu du grand public mais dans le viseur des associations environnementales, considéré comme toxique pour la reproduction et classé cancérogène de type 2 par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). Il est présent dans près de 63 % des mêmes échantillons. Le cuivre et le soufre, tous deux autorisés en agriculture biologique, se retrouvent quant à eux dans l’ensemble de ces échantillons.

      Deux familles de fongicides mal évaluées par la toxicologie règlementaire (c’est-à-dire par les études requises pour l’autorisation des produits) se rencontrent dans les échantillons : les SDHI et les strobilurines, qui s’attaquent à la respiration cellulaire. Parmi les premiers, notons le boscalid, une molécule identifiée par les scientifiques comme perturbateur endocrinien et possible cancérogène. Parmi les seconds apparaît notamment, en quantité importante dans les urines et cheveux, la trifloxystrobine.

      « Il est préoccupant d’avoir une combinaison d’autant de molécules », souligne auprès de Mediapart Sylvie Bortoli, ingénieure de recherche à Paris-Cité. Pour cette toxicologue qui n’a pas pris part à PestiRiv, « l’étude révèle un cocktail de substances auxquelles les riverains sont exposés simultanément. C’est problématique car les effets toxiques peuvent se combiner, et c’est quelque chose qui n’est pas évalué en toxicologie réglementaire ». Particulièrement inquiétante est l’imprégnation des enfants : chez un tiers d’entre eux, plus de deux pesticides sont retrouvés dans les cheveux et les urines, « alors qu’ils sont plus vulnérables aux effets toxiques car leur système de détoxication n’est pas mature ».

      De manière logique là aussi, l’étude met en évidence une exposition plus importante pendant la saison de traitement à haute dose des vignes. Conclusion : « Le facteur qui influence le plus l’exposition aux pesticides en milieu viticole, ce sont les pratiques agricoles, a indiqué Ohri Yamada, chef de l’unité phytopharmacovigilance de l’Anses, pendant la présentation à la presse. Quand la quantité de pesticides s’accroît et quand la distance entre le logement et la parcelle diminue, l’exposition des gens aux produits augmente. Elle augmente aussi avec la durée d’aération du logement, et avec le temps que passent les gens à l’extérieur. »

      Incluses dans l’étude, les recommandations des deux institutions sont sans appel. « Pour nous, Anses et Santé publique France, la priorité est de limiter les produits phytosanitaires au strict nécessaire dans le cadre de la stratégie Écophyto 2030, synthétise Matthieu Schuler. C’est le plus important et c’est sur ce levier-là qu’on peut le plus agir. » Les autres recommandations n’arrivent qu’au second plan : informer les habitant·es, les encourager à des mesures comme le fait d’étendre son linge à l’intérieur du logement en période d’épandage, agir prioritairement auprès des personnes qui vivent le plus près des parcelles… Mais « la prévention de l’exposition des riverains ne doit pas reposer uniquement sur des mesures individuelles », précise l’étude.

      Sollicitée par Mediapart, la toxicologue Laurence Huc n’est « pas du tout » étonnée par les conclusions de PestiRiv. « Ce sont des choses connues par ailleurs, à croire que l’on réinvente l’eau chaude, souligne cette experte de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae). Certes, cette étude a le mérite d’exister et a été réalisée sérieusement. Mais la Californie a fait ce genre de travail il y a déjà quarante ans… et elle peut aujourd’hui faire le lien avec les registres, accessibles, de plusieurs types de maladies. »

      De fait, la photographie reste incomplète : les deux institutions n’ont pas eu accès aux données réelles d’utilisation des produits phytosanitaires, ce qui leur aurait permis d’être encore plus précises dans l’analyse. Il reste également à étudier l’impact précis de chacune des substances autorisées sur la population. Aucune interdiction de produit n’est à attendre dans l’immédiat : l’Anses ne prévoit pas de revenir sur les autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits relevés au cours de PestiRiv.

      https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/150925/dans-les-zones-viticoles-des-populations-plus-exposees-aux-pesticides

  • « Comme un esclave » : L’industrie du #Champagne jugée pour #traite_des_êtres_humains

    Une affaire de traite des êtres humains, survenue lors des #vendanges de 2023, a été jugée jeudi 19 juin à Châlons-en-Champagne. Elle met au jour un système de #sous-traitance qui a conduit à une #maltraitance des travailleurs banalisée. Reportage.

    Devant le tribunal judiciaire de Châlons-en-Champagne, plusieurs dizaines de personnes, travailleurs immigrés et syndicalistes de la CGT, profitent des quelques coins d’ombre alors que l’audience du jour, ce jeudi 19 juin, est suspendue pour la pause de midi. « C’est une victoire que l’on soit tous là, que nos voix passent partout, à la radio, à la télévision », lance un travailleur au micro.

    Celui-ci fait partie des 47 travailleurs immigrés reconnus victimes potentielles d’une affaire de traite des êtres humains qui secoue l’image de luxe entretenu par l’industrie du Champagne. La moitié de la salle d’audience est remplie de ces travailleurs, concentrés dans leur écoute, venus massivement demander #justice.

    « Je salue le courage de ces vendangeurs des raisins de la misère. Ce procès doit marquer un tournant, introduit Maxime Cessieux, l’avocat de la CGT de la Marne et de la fédération agro-alimentaire et forestière. Si en septembre 2025 des récoltes se passent de la même façon, alors on aura échoué à attirer l’attention du monde entier sur ce qu’il se passe réellement en Champagne ».

    Ce dossier de traite des êtres humains incarne en effet l’envers du décor du travail saisonnier en Champagne. L’histoire commence dans une maison au cœur du petit village de #Nesle-le-Repons. 130 âmes, au milieu des splendides coteaux du vignoble champenois. Le 14 septembre 2023, trois inspecteurs du travail accompagnés de deux policiers y ont découvert des dizaines et des dizaines de #travailleurs_saisonniers, immigrés d’Afrique de l’Ouest (Mali, Mauritanie, Côte d’Ivoire, Sénégal…), entassés là, disposant de moins d’un mètre carré d’espace chacun. Dans ce #taudis, les matelas alignés à même le sol sont sales. L’électricité n’est pas aux normes. Il n’y a pas d’eau chaude tandis que les trois toilettes existantes sont vétustes et bouchées. Des conditions assimilables à un « #bidonville », résume le rapport de l’inspection du travail au cœur du dossier.

    « J’ai cru que l’on était dans une morgue »

    « Quand on est entrés dans cette maison, à 21h, j’ai vu les pieds des travailleurs, tous alignés en rang, dépasser d’un demi-plafond. J’ai cru que l’on était dans une morgue », glisse, assise sur les bancs du tribunal, Marilyne Breton, l’une des inspectrices du travail qui a découvert la situation. « Beaucoup d’entre nous étaient malades, fatigués, à cause de ces conditions insalubres. Personnellement, j’avais de la toux à cause de ça. Tout ça m’a énormément marqué, traumatisé », confie même devant les juges l’une des victimes présumées, M. Doumbia.

    À l’instar d’autres travailleurs qui l’écoutent derrière lui, et le soutiennent du regard, M. Doumbia a été recruté via les réseaux sociaux. D’autres l’ont été par des boucles Whatsapp ou par du bouche-à-oreille. Tous ont été ainsi ramenés de région parisienne vers la Marne, à bord d’un bus, où chacun a dû payer 10 euros sa place. Les deux recruteurs, Témuri Muradian et Abdoulaye Camara, leur ont fait miroiter 80 euros par jour travaillé, et un hébergement hôtelier. Aucune promesse n’a été tenue.

    Les deux hommes ont été engagés par une société de prestation, #Anavim, dirigée par une femme, #Svetlana_Goumina, de nationalité kirghize. Ce type de sociétés de prestataires de service s’est démultiplié ces dernières années, et fournit une large partie des 120 000 travailleurs qui viennent pour les vendanges chaque année. De la main d’œuvre à bas coût, basée sur une concurrence organisée entre travailleurs d’Afrique de l’Ouest et d’Europe de l’Est, tandis que les locaux délaissent ce travail difficile devenu trop mal rémunéré.

    En lieu et place de contrats, les rares qui ont signé un document, ont signé seulement une déclaration préalable à l’embauche – plusieurs d’entre eux ne savaient ni lire ni écrire. Les conditions de travail imposées dans ces #vignes étaient terribles, selon les témoignages recueillis. « Je n’ai jamais travaillé dur comme ça. On nous a aussi fait travailler sous la pluie. J’ai été traité comme un âne, comme un esclave », raconte M. Camara devant les juges.

    Un lever vers 5 h, un départ entre 6 et 7 h pour les vignes, entassés à l’arrière de fourgonnettes sans sièges et sans fenêtres, pour démarrer le travail à 8 h. Une fin de journée vers 18h30, avec une pause d’une demie-heure grand maximum le midi. Un retour à la maison vers 20h, parfois 21h. En somme : des amplitudes horaires à disposition de l’employeur qui explosent tous les compteurs du code du travail. Le tout, accompagnés d’une pression constante pour accélérer la cadence, de violences verbales et de menaces à l’arme blanche, racontent plusieurs victimes.

    Cinq kilos de riz pour une cinquantaine de personnes

    Malgré la dureté de la tâche, les travailleurs étaient sous-nourris. Un café le matin, un sandwich parfois « pourri », « encore congelé » le midi. Le soir, du riz avec parfois du poulet, mais en quantité très insuffisante. Cinq kilos de riz pour une cinquantaine de personnes, précisent les témoins. « J’étais mal. Je n’ai pas mangé pendant deux jours, j’ai eu des maux de tête », se souvient un autre travailleur, M. Camara, devant les juges. « Mais on est resté, on avait pas le choix. On se disait qu’on allait travailler et être payés. » Sans moyen de transport, #sans-papiers pour la plupart, les travailleurs ne savaient pas non plus comment se rendre à la gare la plus proche, à près de 2 heures 30 de marche.

    La traite des êtres humains est caractérisée par la #soumission de plusieurs personnes vulnérables ou dépendantes à des #conditions_d’hébergement indignes ou encore à une #rétribution insuffisante ou inexistante. On leur avait promis une paie à 80 euros par jour : la grande majorité n’a pas touché un centime. Sur les 57 personnes recensées par les gendarmes, 47 sont reconnues potentielles victimes de traite.

    Devant les caméras et les micros tendus vers Svetlana Goumina au début de l’audience, la responsable de la société de prestation donne à voir un air abattu, se laisse réconforter par sa fille. Face aux juges, elle nie en bloc le fait d’avoir acheté et aménagé cette maison pour y loger des vendangeurs. Elle dit ne pas les connaître. Assure qu’ils ont « squatté ». Que tout est la faute de ses deux hommes de main. Le procureur de la République, à sa gauche, lève les sourcils et souffle. C’est que le dossier d’instruction ne trompe pas : toutes les auditions et les perquisitions (achats de matelas en nombre, rétention de documents d’identité de travailleurs…) viennent contredire sa défense du jour – durant laquelle elle-même se contredit sans cesse.

    Rejet des responsabilités

    D’un bout à l’autre de la chaîne, tout le monde se défausse sur le maillon d’en-dessous, ou celui d’au-dessus. Le premier homme de main, #Témuri_Muradian, indique avoir « fait de son mieux » et répète qu’il avait « peur » de Svetlana Goumina et de son mari. Décrit par plusieurs victimes comme l’un des encadrants les plus violents, il nie en bloc et, habillé tout de blanc, jure en levant la main : « Je suis croyant, j’ai une famille. J’ai été piégé. Moi aussi, j’ai connu la galère ».

    Le recruteur lui-même a vécu en situation irrégulière pendant douze ans et a été amené à travailler comme saisonnier dans les vendanges, il y a près de quinze ans. Lui qui connaît le système, nie avoir compris qu’il recrutait des personnes sans-papiers : « On ne pouvait pas vérifier, on est pas des experts ». #Abdoulaye_Camara, le second recruteur, tient la même défense en disant que c’est Svetlana Goumina les a « mis dans la merde ».

    Le vigneron indépendant #Olivier_Orban, dont la SARL #Cerseuillat_de_la_Gravelle est poursuivie pour recours au #travail_dissimulé et à des étrangers en situation irrégulière, se défausse lui aussi sur la prestataire. Dans un secteur où la main d’œuvre se fait rare, « quand quelqu’un s’occupe de vous trouver du monde, vous savez, on est contents », balaie-t-il, derrière ses lunettes rouges et sa chemisette.

    Des travailleurs sont venus le voir pour se plaindre ? « C’est pas à moi de gérer ça, rétorque-t-il. Je pense même être un bon citoyen, je leur ai amené de l’eau ». Quand on lui demande s’il ne s’est tout de même pas dit qu’il y avait un problème en voyant les travailleurs, il ose même interpeller le président du tribunal : « Moi je ne peux pas vérifier si vous êtes en règle, c’est le ministère qui vous emploie ».

    Y compris lorsqu’on lui demande où part le raisin recueilli, le vigneron demeure vague. Il dit : « Je n’ai pas tous les gens en tête. On livre, après ce n’est plus de mon ressort. » Le dossier d’instruction ne suit pas la trace du raisin. Sauf que ce jour-là, les juges, insistent. Olivier Orban finit par lâcher un nom : #Moët_&_Chandon, propriété de #Bernard_Arnault via son groupe #LVMH. « Tous les prestataires, on travaille plus ou moins pour eux », ajoute le vigneron.

    Au vu des montages en sous-traitance, cette difficulté de responsabiliser les maisons de champagne se pose à chaque enquête ouverte. Ceci étant, en 2022, la justice avait identifié 200 victimes d’une traite des êtres humains survenue lors des vendanges 2018, dans laquelle il était avéré que les deux prestataires livraient pour #Veuve_Clicquot. Bien qu’un cadre de la maison ait été entendu au procès, l’entreprise n’a pas été jugée responsable. « Tant que les donneurs d’ordre ne seront pas sanctionnés, il ne se passera pas grand chose », estime José Blanco, secrétaire général de la CGT Champagne.

    « Chaîne de travail dissimulé »

    « C’est un système en bande organisée, caractérisé par l’#opacité : chacun dissimulant, chacun n’étant pas regardant, chacun refilant la responsabilité à l’autre… Tout cela aboutit à un #dumping_social, à traiter des gens pire que des animaux dans notre société actuelle », accuse l’avocat de la CGT Champagne, active depuis des années sur ces questions. Un système qui a des effets, bien au-delà des seules victimes de ce jour, sur tous les salariés du Champagne, estime l’avocat : « On déstabilise toute une économie. De vrais #emplois sont cassés par ça. »

    « C’est un scandale humain, organisé, et surtout banalisé par leurs auteurs. Qui sape les fondements même de notre cohésion sociale, introduit le procureur de la République dans ses réquisitions. On ne peut pas accepter que derrière n’importe quelle bouteille de champagne puisse se cacher une chaîne de travail dissimulé. Et la chaîne de sous-traitance ne saurait être un écran de fumée derrière lequel on dissimule l’#indignité ». Le procureur demande aux juges de reconnaître tous les prévenus coupables de l’ensemble des chefs de prévention.

    Il requiert quatre ans de prison dont deux avec sursis à l’égard de Svetlana Goumina, et trois ans de prison dont deux avec sursis pour les deux hommes de main. Enfin, 200 000 euros d’amende sont requis contre la société du vigneron. « Ce procès est l’occasion d’envoyer un message fort à tous les prestataires de service, appuie-t-il. La décision aura des retentissements, en espérant qu’elle sonne la fin d’un amateurisme professionnel. »

    En attendant, ces procès de l’indignité ne sont pas près de s’arrêter. Deux autres affaires sont en cours d’instruction par la procureure de Châlons-en-Champagne concernant de l’habitat indigne durant les vendanges 2024, nous indique la présidence du tribunal.

    Pourtant, ces vendanges 2024 avaient été particulièrement mises sous surveillance des autorités après les « vendanges de la honte » de 2023. Tandis qu’une autre affaire de traite des êtres humains pendant les vendanges 2023, concernant cette fois-ci des Ukrainiens, sera jugée en novembre dans ce même tribunal. Le délibéré de l’affaire de Nesle-le-Repons sera rendu courant juillet.

    https://basta.media/Comme-un-esclave-industrie-Champagne-jugee-pour-traite-des-etres-humains
    #traite_d'êtres_humains #néo-esclavage #agriculture #France #vin #travail #conditions_de_travail #exploitation #logement #migrations

    ping @karine4

  • Le #village_sous_la_forêt, de #Heidi_GRUNEBAUM et #Mark_KAPLAN

    En #1948, #Lubya a été violemment détruit et vidé de ses habitants par les forces militaires israéliennes. 343 villages palestiniens ont subi le même sort. Aujourd’hui, de #Lubya, il ne reste plus que des vestiges, à peine visibles, recouverts d’une #forêt majestueuse nommée « Afrique du Sud ». Les vestiges ne restent pas silencieux pour autant.

    La chercheuse juive sud-africaine, #Heidi_Grunebaum se souvient qu’étant enfant elle versait de l’argent destiné officiellement à planter des arbres pour « reverdir le désert ».

    Elle interroge les acteurs et les victimes de cette tragédie, et révèle une politique d’effacement délibérée du #Fonds_national_Juif.

    « Le Fonds National Juif a planté 86 parcs et forêts de pins par-dessus les décombres des villages détruits. Beaucoup de ces forêts portent le nom des pays, ou des personnalités célèbres qui les ont financés. Ainsi il y a par exemple la Forêt Suisse, le Parc Canada, le Parc britannique, la Forêt d’Afrique du Sud et la Forêt Correta King ».

    https://www.villageunderforest.com

    Trailer :

    https://www.youtube.com/watch?v=ISmj31rJkGQ

    #israel #palestine #carte #Israël #afrique_du_sud #forêt #documentaire

    #film #documentaire #film_documentaire

    (copier-coller de ce post de 2014 : https://seenthis.net/messages/317236)

    • Documentary Space, Place, and Landscape

      In documentaries of the occupied West Bank, erasure is imaged in the wall that sunders families and communities, in the spaces filled with blackened tree stumps of former olive groves, now missing to ensure “security,” and in the cactus that still grows, demarcating cultivated land whose owners have been expelled.

      This materiality of the landscape becomes figural, such that Shehadeh writes, “[w]hen you are exiled from your land … you begin, like a pornographer, to think about it in symbols. You articulate your love for your land in its absence, and in the process transform it into something else.’’[x] The symbolization reifies and, in this process, something is lost, namely, a potential for thinking differently. But in these Palestinian films we encounter a documenting of the now of everyday living that unfixes such reification. This is a storytelling of vignettes, moments, digressions, stories within stories, and postponed endings. These are stories of interaction, of something happening, in a documenting of a being and doing now, while awaiting a future yet to be known, and at the same time asserting a past history to be remembered through these images and sounds. Through this there arises the accenting of these films, to draw on Hamid Naficy’s term, namely a specific tone of a past—the Nakba or catastrophe—as a continuing present, insofar as the conflict does not allow Palestinians to imagine themselves in a determinate future of place and landscape they can call their own, namely a state.[xi]

      In Hanna Musleh’s I’m a Little Angel (2000), we follow the children of families, both Muslim and Christian, in the area of Bethlehem affected by the 2000 Israeli armed forces attacks and occupation.[xii] One small boy, Nicola, suffered the loss of an arm when he was hit by a shell when walking to church with his mother. His kite, seen flying high in the sky, brings delighted shrieks from Nicola as he plays on the family terrace from which the town and its surrounding hills are visible in the distance. But the contrast between the freedom of the kite in this unlimited vista and his reduced capacity is palpable as he struggles to control it with his remaining hand. The containment of both Nicola and his community is figured in opposition to a possible freedom. What is also required of us is to think not of freedom from the constraints of disability, but of freedom with disability, in a future to be made after. The constraints introduced upon the landscape by the occupation, however, make the future of such living indeterminate and uncertain. Here is the “cinema of the lived,”[xiii] of multiple times of past and present, of possible and imagined future time, and the actualized present, each of which is encountered in the movement in a singular space of Nicola and his kite.


      http://mediafieldsjournal.squarespace.com/documentary-space-place-and-la/2011/7/18/documentary-space-place-and-landscape.html;jsessioni
      #cactus #paysage

    • Memory of the Cactus

      A 42 minute documentary film that combines the cactus and the memories it stands for. The film addresses the story of the destruction of the Palestinian villages of Latroun in the Occupied West Bank and the forcible transfer of their civilian population in 1967. Over 40 years later, the Israeli occupation continues, and villagers remain displaced. The film follows two separate but parallel journeys. Aisha Um Najeh takes us down the painful road that Palestinians have been forcefully pushed down, separating them in time and place from the land they nurtured; while Israelis walk freely through that land, enjoying its fruits. The stems of the cactus, however, take a few of them to discover the reality of the crime committed.

      https://www.youtube.com/watch?v=DQ_LjknRHVA

    • Aujourd’hui, j’ai re-regardé le film « Le village sous la forêt », car je vais le projeter à mes étudiant·es dans le cadre du cours de #géographie_culturelle la semaine prochaine.

      Voici donc quelques citations tirées du film :

      Sur une des boîtes de récolte d’argent pour planter des arbres en Palestine, c’est noté « make wilderness bloom » :

      Voici les panneaux de quelques parcs et forêts créés grâce aux fonds de la #diaspora_juive :

      Projet : « We will make it green, like a modern European country » (ce qui est en étroit lien avec un certaine idée de #développement, liée au #progrès).

      Témoignage d’une femme palestinienne :

      « Ils ont planté des arbres partout qui cachaient tout »

      Ilan Pappé, historien israëlien, Université d’Exter :

      « ça leur a pris entre 6 et 9 mois poru s’emparer de 80% de la Palestine, expulser la plupart des personnes qui y vivaient et reconstruire sur les villes et villages de ces personnes un nouvel Etat, une nouvelle #identité »

      https://socialsciences.exeter.ac.uk/iais/staff/pappe

      Témoignage d’un palestinien qui continue à retourner régulièrement à Lubya :

      « Si je n’aimais pas cet endroit, est-ce que je continuerais à revenir ici tout le temps sur mon tracteur ? Ils l’ont transformé en forêt afin d’affirmer qu’il n’y a pas eu de village ici. Mais on peut voir les #cactus qui prouvent que des arabes vivaient ici »

      Ilan Pappé :

      « Ces villages éaient arabes, tout comme le paysage alentour. C’était un message qui ne passait pas auprès du mouvement sioniste. Des personnes du mouvement ont écrit à ce propos, ils ont dit qu’ils n’aimaient vraiment pas, comme Ben Gurion l’a dit, que le pays ait toujours l’air arabe. (...) Même si les Arabes n’y vivent plus, ça a toujours l’air arabe. En ce qui concerne les zones rurales, il a été clair : les villages devaient être dévastés pour qu’il n’y ait pas de #souvenirs possibles. Ils ont commencé à les dévaster dès le mois d’août 1948. Ils ont rasé les maisons, la terre. Plus rien ne restait. Il y avait deux moyens pour eux d’en nier l’existence : le premier était de planter des forêts de pins européens sur les villages. Dans la plupart des cas, lorsque les villages étaient étendus et les terres assez vastes, on voit que les deux stratégies ont été mises en oeuvre : il y a un nouveau quartier juif et, juste à côté, une forêt. En effet, la deuxième méthode était de créer un quartier juif qui possédait presque le même nom que l’ancien village arabe, mais dans sa version en hébreu. L’objectif était double : il s’agissait d’abord de montrer que le lieu était originellement juif et revenait ainsi à son propriétaire. Ensuite, l’idée était de faire passer un message sinistre aux Palestiniens sur ce qui avait eu lieu ici. Le principal acteur de cette politique a été le FNJ. »

      #toponymie

      Heidi Grunebaum, la réalisatrice :

      « J’ai grandi au moment où le FNJ cultivait l’idée de créer une patrie juive grâce à la plantation d’arbres. Dans les 100 dernières années, 260 millions d’arbres ont été plantés. Je me rends compte à présent que la petite carte du grand Israël sur les boîtes bleues n’était pas juste un symbole. Etait ainsi affirmé que toutes ces terres étaient juives. Les #cartes ont été redessinées. Les noms arabes des lieux ont sombré dans l’oubli à cause du #Comité_de_Dénomination créé par le FNJ. 86 forêts du FNJ ont détruit des villages. Des villages comme Lubya ont cessé d’exister. Lubya est devenu Lavie. Une nouvelle histoire a été écrite, celle que j’ai apprise. »

      Le #Canada_park :

      Canada Park (Hebrew: פארק קנדה‎, Arabic: كندا حديقة‎, also Ayalon Park,) is an Israeli national park stretching over 7,000 dunams (700 hectares), and extending from No man’s land into the West Bank.
      The park is North of Highway 1 (Tel Aviv-Jerusalem), between the Latrun Interchange and Sha’ar HaGai, and contains a Hasmonean fort, Crusader fort, other archaeological remains and the ruins of 3 Palestinian villages razed by Israel in 1967 after their inhabitants were expelled. In addition it has picnic areas, springs and panoramic hilltop views, and is a popular Israeli tourist destination, drawing some 300,000 visitors annually.


      https://en.wikipedia.org/wiki/Canada_Park

      Heidi Grunebaum :

      « Chaque pièce de monnaie est devenue un arbre dans une forêt, chaque arbre, dont les racines étaient plantées dans la terre était pour nous, la diaspora. Les pièces changées en arbres devenaient des faits ancrés dans le sol. Le nouveau paysage arrangé par le FNJ à travers la plantation de forêts et les accords politiques est celui des #parcs_de_loisirs, des routes, des barrages et des infrastructures »

      Témoignage d’un Palestinien :

      « Celui qui ne possède de #pays_natal ne possède rien »

      Heidi Grunebaum :

      « Si personne ne demeure, la mémoire est oblitérée. Cependant, de génération en génération, le souvenir qu’ont les Palestiniens d’un endroit qui un jour fut le leur, persiste. »

      Témoignage d’un Palestinien :

      "Dès qu’on mange quelque chose chez nous, on dit qu’on mangeait ce plat à Lubya. Quelles que soient nos activités, on dit que nous avions les mêmes à Lubya. Lubya est constamment mentionnées, et avec un peu d’amertume.

      Témoignage d’un Palestinien :

      Lubya est ma fille précieuse que j’abriterai toujours dans les profondeurs de mon âme. Par les histoires racontées par mon père, mon grand-père, mes oncles et ma grande-mère, j’ai le sentiment de connaître très bien Lubya.

      Avi Shlaim, Université de Oxford :

      « Le mur dans la partie Ouest ne relève pas d’une mesure de sécurité, comme il a été dit. C’est un outil de #ségrégation des deux communautés et un moyen de s’approprier de larges portions de terres palestiniennes. C’est un moyen de poursuivre la politique d’#expansion_territoriale et d’avoir le plus grand Etat juif possible avec le moins de population d’arabes à l’intérieur. »

      https://www.sant.ox.ac.uk/people/avi-shlaim

      Heidi Grunebaum :

      « Les petites pièces de la diaspora n’ont pas seulement planté des arbres juifs et déraciné des arbres palestiniens, elles ont aussi créé une forêt d’un autre type. Une vaste forêt bureaucratique où la force de la loi est une arme. La règlementation règne, les procédures, permis, actions commandées par les lois, tout régulé le moindre espace de la vie quotidienne des Palestiniens qui sont petit à petit étouffés, repoussés aux marges de leurs terres. Entassés dans des ghettos, sans autorisation de construire, les Palestiniens n’ont plus qu’à regarder leurs maisons démolies »

      #Lubya #paysage #ruines #architecture_forensique #Afrique_du_Sud #profanation #cactus #South_african_forest #Galilée #Jewish_national_fund (#fonds_national_juif) #arbres #Palestine #Organisation_des_femmes_sionistes #Keren_Kayemeth #apartheid #résistance #occupation #Armée_de_libération_arabe #Hagana #nakba #exil #réfugiés_palestiniens #expulsion #identité #present_absentees #IDPs #déplacés_internes #Caesarea #oubli #déni #historicisation #diaspora #murs #barrières_frontalières #dépossession #privatisation_des_terres #terres #mémoire #commémoration #poésie #Canada_park

    • The Carmel wildfire is burning all illusions in Israel

      “When I look out my window today and see a tree standing there, that tree gives me a greater sense of beauty and personal delight than all the vast forests I have seen in Switzerland or Scandinavia. Because every tree here was planted by us.”

      – David Ben Gurion, Memoirs

      “Why are there so many Arabs here? Why didn’t you chase them away?”

      – David Ben Gurion during a visit to Nazareth, July 1948


      https://electronicintifada.net/content/carmel-wildfire-burning-all-illusions-israel/9130

      signalé par @sinehebdo que je remercie

    • Vu dans ce rapport, signalé par @palestine___________ , que je remercie (https://seenthis.net/messages/723321) :

      A method of enforcing the eradication of unrecognized Palestinian villages is to ensure their misrepresentation on maps. As part of this policy, these villages do not appear at all on Israeli maps, with the exception of army and hiking maps. Likewise, they do not appear on first sight on Google Maps or at all on Israeli maps, with the exception of army and hiking maps. They are labelled on NGO maps designed to increase their visibility. On Google Maps, the Bedouin villages are marked – in contrast to cities and other villages – under their Bedouin tribe and clan names (Bimkom) rather than with their village names and are only visible when zooming in very closely, but otherwise appear to be non-existent. This means that when looking at Google Maps, these villages appear to be not there, only when zooming on to a very high degree, do they appear with their tribe or clan names. At first (and second and third) sight, therefore, these villages are simply not there. Despite their small size, Israeli villages are displayed even when zoomed-out, while unrecognized Palestinian Bedouin villages, regardless of their size are only visible when zooming in very closely.


      http://7amleh.org/2018/09/18/google-maps-endangering-palestinian-human-rights
      Pour télécharger le rapport :
      http://www.7amleh.org/ms/Mapping%20Segregation%20Cover_WEB.pdf

    • signalé par @kassem :
      https://seenthis.net/messages/317236#message784258

      Israel lifted its military rule over the state’s Arab community in 1966 only after ascertaining that its members could not return to the villages they had fled or been expelled from, according to newly declassified archival documents.

      The documents both reveal the considerations behind the creation of the military government 18 years earlier, and the reasons for dismantling it and revoking the severe restrictions it imposed on Arab citizens in the north, the Negev and the so-called Triangle of Locales in central Israel.

      These records were made public as a result of a campaign launched against the state archives by the Akevot Institute, which researches the Israeli-Palestinian conflict.

      After the War of Independence in 1948, the state imposed military rule over Arabs living around the country, which applied to an estimated 85 percent of that community at the time, say researchers at the NGO. The Arabs in question were subject to the authority of a military commander who could limit their freedom of movement, declare areas to be closed zones, or demand that the inhabitants leave and enter certain locales only with his written permission.

      The newly revealed documents describe the ways Israel prevented Arabs from returning to villages they had left in 1948, even after the restrictions on them had been lifted. The main method: dense planting of trees within and surrounding these towns.

      At a meeting held in November 1965 at the office of Shmuel Toledano, the prime minister’s adviser on Arab affairs, there was a discussion about villages that had been left behind and that Israel did not want to be repopulated, according to one document. To ensure that, the state had the Jewish National Fund plant trees around and in them.

      Among other things, the document states that “the lands belonging to the above-mentioned villages were given to the custodian for absentee properties” and that “most were leased for work (cultivation of field crops and olive groves) by Jewish households.” Some of the properties, it adds, were subleased.

      In the meeting in Toledano’s office, it was explained that these lands had been declared closed military zones, and that once the structures on them had been razed, and the land had been parceled out, forested and subject to proper supervision – their definition as closed military zones could be lifted.

      On April 3, 1966, another discussion was held on the same subject, this time at the office of the defense minister, Levi Eshkol, who was also the serving prime minister; the minutes of this meeting were classified as top secret. Its participants included: Toledano; Isser Harel, in his capacity as special adviser to the prime minister; the military advocate general – Meir Shamgar, who would later become president of the Supreme Court; and representatives of the Shin Bet security service and Israel Police.

      The newly publicized record of that meeting shows that the Shin Bet was already prepared at that point to lift the military rule over the Arabs and that the police and army could do so within a short time.

      Regarding northern Israel, it was agreed that “all the areas declared at the time to be closed [military] zones... other than Sha’ab [east of Acre] would be opened after the usual conditions were fulfilled – razing of the buildings in the abandoned villages, forestation, establishment of nature reserves, fencing and guarding.” The dates of the reopening these areas would be determined by Israel Defense Forces Maj. Gen. Shamir, the minutes said. Regarding Sha’ab, Harel and Toledano were to discuss that subject with Shamir.

      However, as to Arab locales in central Israel and the Negev, it was agreed that the closed military zones would remain in effect for the time being, with a few exceptions.

      Even after military rule was lifted, some top IDF officers, including Chief of Staff Tzvi Tzur and Shamgar, opposed the move. In March 1963, Shamgar, then military advocate general, wrote a pamphlet about the legal basis of the military administration; only 30 copies were printed. (He signed it using his previous, un-Hebraized name, Sternberg.) Its purpose was to explain why Israel was imposing its military might over hundreds of thousands of citizens.

      Among other things, Shamgar wrote in the pamphlet that Regulation 125, allowing certain areas to be closed off, is intended “to prevent the entry and settlement of minorities in border areas,” and that “border areas populated by minorities serve as a natural, convenient point of departure for hostile elements beyond the border.” The fact that citizens must have permits in order to travel about helps to thwart infiltration into the rest of Israel, he wrote.

      Regulation 124, he noted, states that “it is essential to enable nighttime ambushes in populated areas when necessary, against infiltrators.” Blockage of roads to traffic is explained as being crucial for the purposes of “training, tests or maneuvers.” Moreover, censorship is a “crucial means for counter-intelligence.”

      Despite Shamgar’s opinion, later that year, Prime Minister Levi Eshkol canceled the requirement for personal travel permits as a general obligation. Two weeks after that decision, in November 1963, Chief of Staff Tzur wrote a top-secret letter about implementation of the new policy to the officers heading the various IDF commands and other top brass, including the head of Military Intelligence. Tzur ordered them to carry it out in nearly all Arab villages, with a few exceptions – among them Barta’a and Muqeible, in northern Israel.

      In December 1965, Haim Israeli, an adviser to Defense Minister Eshkol, reported to Eshkol’s other aides, Isser Harel and Aviad Yaffeh, and to the head of the Shin Bet, that then-Chief of Staff Yitzhak Rabin opposed legislation that would cancel military rule over the Arab villages. Rabin explained his position in a discussion with Eshkol, at which an effort to “soften” the bill was discussed. Rabin was advised that Harel would be making his own recommendations on this matter.

      At a meeting held on February 27, 1966, Harel issued orders to the IDF, the Shin Bet and the police concerning the prime minister’s decision to cancel military rule. The minutes of the discussion were top secret, and began with: “The mechanism of the military regime will be canceled. The IDF will ensure the necessary conditions for establishment of military rule during times of national emergency and war.” However, it was decided that the regulations governing Israel’s defense in general would remain in force, and at the behest of the prime minister and with his input, the justice minister would look into amending the relevant statutes in Israeli law, or replacing them.

      The historical documents cited here have only made public after a two-year campaign by the Akevot institute against the national archives, which preferred that they remain confidential, Akevot director Lior Yavne told Haaretz. The documents contain no information of a sensitive nature vis-a-vis Israel’s security, Yavne added, and even though they are now in the public domain, the archives has yet to upload them to its website to enable widespread access.

      “Hundreds of thousands of files which are crucial to understanding the recent history of the state and society in Israel remain closed in the government archive,” he said. “Akevot continues to fight to expand public access to archival documents – documents that are property of the public.”

    • Israel is turning an ancient Palestinian village into a national park for settlers

      The unbelievable story of a village outside Jerusalem: from its destruction in 1948 to the ticket issued last week by a parks ranger to a descendent of its refugees, who had the gall to harvest the fruits of his labor on his own land.

      Thus read the ticket issued last Wednesday, during the Sukkot holiday, by ranger Dayan Somekh of the Israel Nature and Parks Authority – Investigations Division, 3 Am Ve’olamo Street, Jerusalem, to farmer Nidal Abed Rabo, a resident of the Jerusalem-area village of Walaja, who had gone to harvest olives on his private land: “In accordance with Section 228 of the criminal code, to: Nidal Abed Rabo. Description of the facts constituting the offense: ‘picking, chopping and destroying an olive tree.’ Suspect’s response: ‘I just came to pick olives. I pick them and put them in a bucket.’ Fine prescribed by law: 730 shekels [$207].” And an accompanying document that reads: “I hereby confirm that I apprehended from Nidal Abed Rabo the following things: 1. A black bucket; 2. A burlap sack. Name of the apprehending officer: Dayan Somekh.”

      Ostensibly, an amusing parody about the occupation. An inspector fines a person for harvesting the fruits of his own labor on his own private land and then fills out a report about confiscating a bucket, because order must be preserved, after all. But no one actually found this report amusing – not the inspector who apparently wrote it in utter seriousness, nor the farmer who must now pay the fine.

      Indeed, the story of Walaja, where this absurdity took place, contains everything – except humor: the flight from and evacuation of the village in 1948; refugee-hood and the establishment of a new village adjacent to the original one; the bisection of the village between annexed Jerusalem and the occupied territories in 1967; the authorities’ refusal to issue blue Israeli IDs to residents, even though their homes are in Jerusalem; the demolition of many structures built without a permit in a locale that has no master construction plan; the appropriation of much of its land to build the Gilo neighborhood and the Har Gilo settlement; the construction of the separation barrier that turned the village into an enclave enclosed on all sides; the decision to turn villagers’ remaining lands into a national park for the benefit of Gilo’s residents and others in the area; and all the way to the ridiculous fine issued by Inspector Somekh.

      This week, a number of villagers again snuck onto their lands to try to pick their olives, in what looks like it could be their final harvest. As it was a holiday, they hoped the Border Police and the parks authority inspectors would leave them alone. By next year, they probably won’t be able to reach their groves at all, as the checkpoint will have been moved even closer to their property.

      Then there was also this incident, on Monday, the Jewish holiday of Simhat Torah. Three adults, a teenager and a horse arrived at the neglected groves on the mountainside below their village of Walaja. They had to take a long and circuitous route; they say the horse walked 25 kilometers to reach the olive trees that are right under their noses, beneath their homes. A dense barbed-wire fence and the separation barrier stand between these people and their lands. When the national park is built here and the checkpoint is moved further south – so that only Jews will be able to dip undisturbed in Ein Hanya, as Nir Hasson reported (“Jerusalem reopens natural spring, but not to Palestinians,” Oct. 15) – it will mean the end of Walaja’s olive orchards, which are planted on terraced land.

      The remaining 1,200 dunams (300 acres) belonging to the village, after most of its property was lost over the years, will also be disconnected from their owners, who probably won’t be able to access them again. An ancient Palestinian village, which numbered 100 registered households in 1596, in a spectacular part of the country, will continue its slow death, until it finally expires for good.

      Steep slopes and a deep green valley lie between Jerusalem and Bethlehem, filled with oak and pine trees, along with largely abandoned olive groves. “New” Walaja overlooks this expanse from the south, the Gilo neighborhood from the northeast, and the Cremisan Monastery from the east. To the west is where the original village was situated, between the moshavim of Aminadav and Ora, both constructed after the villagers fled – frightened off by the massacre in nearby Deir Yassin and in fear of bombardment.

      Aviv Tatarsky, a longtime political activist on behalf of Walaja and a researcher for the Ir Amim nonprofit organization, says the designated national park is supposed to ensure territorial contiguity between the Etzion Bloc and Jerusalem. “Since we are in the territory of Jerusalem, and building another settler neighborhood could cause a stir, they are building a national park, which will serve the same purpose,” he says. “The national park will Judaize the area once and for all. Gilo is five minutes away. If you live there, you will have a park right next door and feel like it’s yours.”

      As Tatarsky describes the blows suffered by the village over the years, brothers Walid and Mohammed al-‘Araj stand on a ladder below in the valley, in the shade of the olive trees, engrossed in the harvest.

      Walid, 52, and Mohammed, 58, both live in Walaja. Walid may be there legally, but his brother is there illegally, on land bequeathed to them by their uncle – thanks to yet another absurdity courtesy of the occupation. In 1995, Walid married a woman from Shoafat in East Jerusalem, and thus was able to obtain a blue Israeli ID card, so perhaps he is entitled to be on his land. His brother, who lives next door, however, is an illegal resident on his land: He has an orange ID, as a resident of the territories.

      A sewage line that comes out of Beit Jala and is under the responsibility of Jerusalem’s Gihon water company overflows every winter and floods the men’s olive grove with industrial waste that has seriously damaged their crop. And that’s in addition, of course, to the fact that most of the family is unable to go work the land. The whole area looks quite derelict, overgrown with weeds and brambles that could easily catch fire. In previous years, the farmers would receive an entry permit allowing them to harvest the olives for a period of just a few days; this year, even that permit has not yet been forthcoming.

      The olives are black and small; it’s been a bad year for them and for their owners.

      “We come here like thieves to our own land,” says Mohammed, the older brother, explaining that three days beforehand, a Border Police jeep had showed up and chased them away. “I told him: It’s my land. They said okay and left. Then a few minutes later, another Border Police jeep came and the officer said: Today there’s a general closure because of the holiday. I told him: Okay, just let me take my equipment. I’m on my land. He said: Don’t take anything. I left. And today I came back.”

      You’re not afraid? “No, I’m not afraid. I’m on my land. It’s registered in my name. I can’t be afraid on my land.”

      Walid says that a month ago the Border Police arrived and told him he wasn’t allowed to drive on the road that leads to the grove, because it’s a “security road.” He was forced to turn around and go home, despite the fact that he has a blue ID and it is not a security road. Right next to it, there is a residential building where a Palestinian family still lives.

      Some of Walaja’s residents gave up on their olive orchards long ago and no longer attempt to reach their lands. When the checkpoint is moved southward, in order to block access by Palestinians to the Ein Hanya spring, the situation will be even worse: The checkpoint will be closer to the orchards, meaning that the Palestinians won’t be permitted to visit them.

      “This place will be a park for people to visit,” says Walid, up on his ladder. “That’s it; that will be the end of our land. But we won’t give up our land, no matter what.” Earlier this month, one local farmer was detained for several hours and 10 olive trees were uprooted, on the grounds that he was prohibited from being here.

      Meanwhile, Walid and Mohammed are collecting their meager crop in a plastic bucket printed with a Hebrew ad for a paint company. The olives from this area, near Beit Jala, are highly prized; during a good year the oil made from them can fetch a price of 100 shekels per liter.

      A few hundred meters to the east are a father, a son and a horse. Khaled al-‘Araj, 51, and his son, Abed, 19, a business student. They too are taking advantage of the Jewish holiday to sneak onto their land. They have another horse, an original Arabian named Fatma, but this horse is nameless. It stands in the shade of the olive tree, resting from the long trek here. If a Border Police force shows up, it could confiscate the horse, as has happened to them before.

      Father and son are both Walaja residents, but do not have blue IDs. The father works in Jerusalem with a permit, but it does not allow him to access his land.

      “On Sunday,” says Khaled, “I picked olives here with my son. A Border Police officer arrived and asked: What are you doing here? He took pictures of our IDs. He asked: Whose land is this? I said: Mine. Where are the papers? At home. I have papers from my grandfather’s time; everything is in order. But he said: No, go to DCO [the Israeli District Coordination Office] and get a permit. At first I didn’t know what he meant. I have a son and a horse and they’ll make problems for me. So I left.”

      He continues: “We used to plow the land. Now look at the state it’s in. We have apricot and almond trees here, too. But I’m an illegal person on my own land. That is our situation. Today is the last day of your holiday, that’s why I came here. Maybe there won’t be any Border Police.”

      “Kumi Ori, ki ba orekh,” says a makeshift monument in memory of Ori Ansbacher, a young woman murdered here in February by a man from Hebron. Qasem Abed Rabo, a brother of Nidal, who received the fine from the park ranger for harvesting his olives, asks activist Tatarsky if he can find out whether the house he owns is considered to be located in Jerusalem or in the territories. He still doesn’t know.

      “Welcome to Nahal Refaim National Park,” says a sign next to the current Walaja checkpoint. Its successor is already being built but work on it was stopped for unknown reasons. If and when it is completed, Ein Hanya will become a spring for Jews only and the groves on the mountainside below the village of Walaja will be cut off from their owners for good. Making this year’s harvest Walaja’s last.

      https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-israel-is-turning-an-ancient-palestinian-village-into-a-national-p
      https://seenthis.net/messages/807722

    • Sans mémoire des lieux ni lieux de mémoire. La Palestine invisible sous les forêts israéliennes

      Depuis la création de l’État d’Israël en 1948, près de 240 millions d’arbres ont été plantés sur l’ensemble du territoire israélien. Dans l’objectif de « faire fleurir le désert », les acteurs de l’afforestation en Israël se situent au cœur de nombreux enjeux du territoire, non seulement environnementaux mais également identitaires et culturels. La forêt en Israël représente en effet un espace de concurrence mémorielle, incarnant à la fois l’enracinement de l’identité israélienne mais également le rappel de l’exil et de l’impossible retour du peuple palestinien. Tandis que 86 villages palestiniens détruits en 1948 sont aujourd’hui recouverts par une forêt, les circuits touristiques et historiques officiels proposés dans les forêts israéliennes ne font jamais mention de cette présence palestinienne passée. Comment l’afforestation en Israël a-t-elle contribué à l’effacement du paysage et de la mémoire palestiniens ? Quelles initiatives existent en Israël et en Palestine pour lutter contre cet effacement spatial et mémoriel ?

      https://journals.openedition.org/bagf/6779

    • Septembre 2021, un feu de forêt ravage Jérusalem et dévoile les terrassements agricoles que les Palestinien·nes avaient construit...
      Voici une image :

      « La nature a parlé » : un feu de forêt attise les rêves de retour des Palestiniens

      Un gigantesque incendie près de Jérusalem a détruit les #pins_européens plantés par les sionistes, exposant ainsi les anciennes terrasses palestiniennes qu’ils avaient tenté de dissimuler.

      Au cours de la deuxième semaine d’août, quelque 20 000 dounams (m²) de terre ont été engloutis par les flammes dans les #montagnes de Jérusalem.

      C’est une véritable catastrophe naturelle. Cependant, personne n’aurait pu s’attendre à la vision qui est apparue après l’extinction de ces incendies. Ou plutôt, personne n’avait imaginé que les incendies dévoileraient ce qui allait suivre.

      Une fois les flammes éteintes, le #paysage était terrible pour l’œil humain en général, et pour l’œil palestinien en particulier. Car les incendies ont révélé les #vestiges d’anciens villages et terrasses agricoles palestiniens ; des terrasses construites par leurs ancêtres, décédés il y a longtemps, pour cultiver la terre et planter des oliviers et des vignes sur les #pentes des montagnes.

      À travers ces montagnes, qui constituent l’environnement naturel à l’ouest de Jérusalem, passait la route Jaffa-Jérusalem, qui reliait le port historique à la ville sainte. Cette route ondulant à travers les montagnes était utilisée par les pèlerins d’Europe et d’Afrique du Nord pour visiter les lieux saints chrétiens. Ils n’avaient d’autre choix que d’emprunter la route Jaffa-Jérusalem, à travers les vallées et les ravins, jusqu’au sommet des montagnes. Au fil des siècles, elle sera foulée par des centaines de milliers de pèlerins, de soldats, d’envahisseurs et de touristes.

      Les terrasses agricoles – ou #plates-formes – que les agriculteurs palestiniens ont construites ont un avantage : leur durabilité. Selon les estimations des archéologues, elles auraient jusqu’à 600 ans. Je crois pour ma part qu’elles sont encore plus vieilles que cela.

      Travailler en harmonie avec la nature

      Le travail acharné du fermier palestinien est clairement visible à la surface de la terre. De nombreuses études ont prouvé que les agriculteurs palestiniens avaient toujours investi dans la terre quelle que soit sa forme ; y compris les terres montagneuses, très difficiles à cultiver.

      Des photographies prises avant la Nakba (« catastrophe ») de 1948, lorsque les Palestiniens ont été expulsés par les milices juives, et même pendant la seconde moitié du XIXe siècle montrent que les oliviers et les vignes étaient les deux types de plantation les plus courants dans ces régions.

      Ces végétaux maintiennent l’humidité du sol et assurent la subsistance des populations locales. Les #oliviers, en particulier, aident à prévenir l’érosion des sols. Les oliviers et les #vignes peuvent également créer une barrière naturelle contre le feu car ils constituent une végétation feuillue qui retient l’humidité et est peu gourmande en eau. Dans le sud de la France, certaines routes forestières sont bordées de vignes pour faire office de #coupe-feu.

      Les agriculteurs palestiniens qui les ont plantés savaient travailler en harmonie avec la nature, la traiter avec sensibilité et respect. Cette relation s’était formée au cours des siècles.

      Or qu’a fait l’occupation sioniste ? Après la Nakba et l’expulsion forcée d’une grande partie de la population – notamment le nettoyage ethnique de chaque village et ville se trouvant sur l’itinéraire de la route Jaffa-Jérusalem –, les sionistes ont commencé à planter des #pins_européens particulièrement inflammables sur de vastes portions de ces montagnes pour couvrir et effacer ce que les mains des agriculteurs palestiniens avaient créé.

      Dans la région montagneuse de Jérusalem, en particulier, tout ce qui est palestinien – riche de 10 000 ans d’histoire – a été effacé au profit de tout ce qui évoque le #sionisme et la #judéité du lieu. Conformément à la mentalité coloniale européenne, le « milieu » européen a été transféré en Palestine, afin que les colons puissent se souvenir de ce qu’ils avaient laissé derrière eux.

      Le processus de dissimulation visait à nier l’existence des villages palestiniens. Et le processus d’effacement de leurs particularités visait à éliminer leur existence de l’histoire.

      Il convient de noter que les habitants des villages qui ont façonné la vie humaine dans les montagnes de Jérusalem, et qui ont été expulsés par l’armée israélienne, vivent désormais dans des camps et communautés proches de Jérusalem, comme les camps de réfugiés de Qalandiya et Shuafat.

      On trouve de telles forêts de pins ailleurs encore, dissimulant des villages et fermes palestiniens détruits par Israël en 1948. Des institutions internationales israéliennes et sionistes ont également planté des pins européens sur les terres des villages de #Maaloul, près de Nazareth, #Sohmata, près de la frontière palestino-libanaise, #Faridiya, #Kafr_Anan et #al-Samoui sur la route Akka-Safad, entre autres. Ils sont maintenant cachés et ne peuvent être vus à l’œil nu.

      Une importance considérable

      Même les #noms des villages n’ont pas été épargnés. Par exemple, le village de Suba est devenu « #Tsuba », tandis que #Beit_Mahsir est devenu « #Beit_Meir », #Kasla est devenu « #Ksalon », #Saris est devenu « #Shoresh », etc.

      Si les Palestiniens n’ont pas encore pu résoudre leur conflit avec l’occupant, la nature, elle, s’est désormais exprimée de la manière qu’elle jugeait opportune. Les incendies ont révélé un aspect flagrant des composantes bien planifiées et exécutées du projet sioniste.

      Pour les Palestiniens, la découverte de ces terrasses confirme leur version des faits : il y avait de la vie sur cette terre, le Palestinien était le plus actif dans cette vie, et l’Israélien l’a expulsé pour prendre sa place.

      Ne serait-ce que pour cette raison, ces terrasses revêtent une importance considérable. Elles affirment que la cause palestinienne n’est pas morte, que la terre attend le retour de ses enfants ; des personnes qui sauront la traiter correctement.

      https://www.middleeasteye.net/fr/opinion-fr/israel-jerusalem-incendies-villages-palestiniens-nakba-sionistes-reto

      –—

      An Israeli Forest to Erase the Ruins of Palestinian Agricultural Terraces

      “Our forest is growing over, well, over a ruined village,” A.B. Yehoshua wrote in his novella “Facing the Forests.” The massive wildfire in the Jerusalem Hills last week exposed the underpinning of the view through the trees. The agricultural terraces were revealed in their full glory, and also revealed a historic record that Israel has always sought to obscure and erase – traces of Palestinian life on this land.

      On my trips to the West Bank and the occupied territories, when I passed by the expansive areas of Palestinian farmland, I was always awed by the sight of the long chain of terraces, mustabat or mudrajat in Arabic. I thrilled at their grandeur and the precision of the work that attests to the connection between the Palestinian fellah and his land. I would wonder – Why doesn’t the same “phenomenon” exist in the hills of the Galilee?

      When I grew up, I learned a little in school about Israeli history. I didn’t learn that Israel erased Palestinian agriculture in the Galilee and that the Jewish National Fund buried it once and for all, but I did learn that “The Jews brought trees with them” and planted them in the Land of Israel. How sterile and green. Greta Thunberg would be proud of you.

      The Zionist movement knew that in the war for this land it was not enough to conquer the land and expel its inhabitants, you also had to build up a story and an ethos and a narrative, something that will fit with the myth of “a people without a land for a land without a people.” Therefore, after the conquest of the land and the expulsion, all trace of the people who once lived here had to be destroyed. This included trees that grew without human intervention and those that were planted by fellahin, who know this land as they do their children and as they do the terraces they built in the hills.

      This is how white foreigners who never in their lives were fellahin or worked the land for a living came up with the national forestation project on the ruins of Arab villages, which David Ben-Gurion decided to flatten, such as Ma’alul and Suhmata. The forestation project including the importation of cypress and pine trees that were alien to this land and belong to colder climes, so that the new inhabitants would feel more at home and less as if they were in somebody else’s home.

      The planting of combustible cypresses and pines, which are not suited to the weather in this land, is not just an act of national erasure of the Palestinian natives, but also an act of arrogance and patronage, characteristics typical of colonialist movements throughout the world. All because they did not understand the nature, in both senses of the word, of the countries they conquered.

      Forgive me, but a biblical-historical connection is not sufficient. Throughout the history of colonialism, the new settlers – whether they ultimately left or stayed – were unable to impose their imported identity on the new place and to completely erase the place’s native identity. It’s a little like the forests surrounding Jerusalem: When the fire comes and burns them, one small truth is revealed, after so much effort went into concealing it.

      https://www.haaretz.com/opinion/.premium-an-israeli-forest-to-erase-the-ruins-of-palestinian-agricultural-t

      et ici :
      https://seenthis.net/messages/928766

    • Planter un arbre en Israël : une forêt rédemptrice et mémorielle

      Tout au long du projet sioniste, le végétal a joué un rôle de médiateur entre la terre rêvée et la terre foulée, entre le texte biblique et la réalité. Le réinvestissement national s’est opéré à travers des plantes connues depuis la diaspora, réorganisées en scènes signifiantes pour la mémoire et l’histoire juive. Ce lien de filiation entre texte sacré et paysage débouche sur une pratique de plantation considérée comme un acte mystique de régénération du monde.

      https://journals.openedition.org/diasporas/258

  • Enfants en zone viticole : un « risque de leucémie » en fonction de la « densité de vignes » | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/181023/enfants-en-zone-viticole-un-risque-de-leucemie-en-fonction-de-la-densite-d

    C’est l’une des cultures les plus consommatrices de #pesticides : la #viticulture est très gourmande en #herbicides, en #glyphosate notamment, mais aussi en #fongicides et en #insecticides. Alors que 21 % des #vignes sont aujourd’hui cultivées en bio, les régions de vignobles font partie des endroits où l’on relève le plus d’achats de produits chimiques en France.

    Quel est l’impact pour les populations riveraines ? Dans une étude publiée ce mercredi 18 octobre dans la revue Environmental Health Perspectives, l’Inserm commence à répondre à la question. Au terme de plus de cinq années de recherche, son équipe Géocap (pour « géolocalisation de #cancers pédiatriques ») a mis en évidence le risque d’un type de cancer chez les enfants : la #leucémie_aiguë.

    Selon les conclusions de l’étude, il existe un lien entre l’adresse de l’#enfant peu avant le diagnostic de son cancer et la densité de vignes dans un périmètre de 1 kilomètre autour de son domicile : si cette densité augmente de 10 %, le risque de leucémie est accru de 4 %.

  • Vignes : les pesticides causent des leucémies aiguës chez l’enfant
    https://reporterre.net/Vignes-les-pesticides-causent-des-leucemies-aigues-chez-l-enfant

    L’usage de #pesticides dans les #vignes favorise l’apparition de #leucémies aiguës chez les #enfants. Telle est la conclusion des recherches menées par Santé publique France et par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), selon plusieurs associations de défense de l’environnement qui ont assisté à la présentation de l’étude [1], fin juin.

    Si des données démontraient déjà un lien entre viticulture et leucémie à l’échelle communale, l’étude Géocap-agri apporte des précisions concernant l’importance de la proximité des cultures dans l’apparition des maladies : dans un rayon d’un kilomètre autour de leur maison, plus il y a de vignes, plus le risque de leucémie aiguë chez l’enfant augmente. Or, la réglementation ne préconise que 3 à 10 mètres de zones non traitées afin de protéger les riverains. Les associations demandent la création de périmètres de protection autour de tous les lieux de vie (écoles, crèches, terrains de sports et habitations).

    Le projet Geocap-agri a été lancé par les pouvoirs publics en réponse à la mobilisation de parents d’enfants malades, d’une professeure des écoles, du maire et de médecins à Preignac, une commune en Gironde située au milieu des vignes.

  • La bactérie tueuse d’oliviers se propage en Europe et en France Margaux Parthonnaud - 13 Septembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_la-bacterie-tueuse-d-oliviers-se-propage-en-europe?id=10017917

    #Oliviers, #agrumiers, #vignes... La #bactérie tueuse, la Xylella fastidiosa, apparue en 2013 dans le Sud de l’Italie, reste aujourd’hui une maladie sans remède. Depuis quelques mois, la bactérie a été détectée sur des oliviers et des chênes verts de Corse, une première selon le syndicat interprofessionnel des oléiculteurs de Corse. Aujourd’hui, ils craignent les dégâts qu’elle pourrait causer. 

    La bactérie #Xylella_fastidiosa, c’est quoi ? 
    Cette affection mortifère fait dépérir tous les arbres contaminés. L’origine de ce fléau serait un insecte volant. Cet insecte piqueur-suceur se nourrit de la sève des végétaux et, ainsi, propage la bactérie d’une plante à l’autre. Réputée pour être la bactérie tueuse d’oliviers, celle-ci perturbe la circulation de la sève et bloque l’alimentation de l’arbre. Ainsi, les oliviers souffrent du complexe de dessèchement rapide. La maladie provoque des brûlures foliaires sur les feuilles et assèche l’arbre jusqu’à ce qu’il périsse. En quelques années, elle a ravagé une plantation de 10.000 hectares en Italie. 

    La mondialisation des échanges favorise, évidemment, la propagation de cette bactérie. Originaire du continent américain, et connu sous le nom de la maladie de Pierce, la bactérie est aujourd’hui localisé en #Italie, en #France, en #Espagne et en #Allemagne.

    Aucun traitement n’existe 
    Malheureusement, aucun moyen de lutter contre la bactérie n’a été mis au point. Selon Bruno Legendre, spécialiste de la bactérie, aucun remède permet de sauver ces plantes infectées. « Parce que pour lutter contre les bactéries, les principales armes sont des #antibiotiques, les mêmes molécules que l’on utilise en santé humaine. Or il est interdit d’utiliser ces produits, à grande échelle, dans l’environnement », expliquait-il au Point. 

    Pour le moment, les seules précautions à prendre sont d’arracher et de détruire les arbres atteints par la maladie, afin d’éviter que celle-ci se prolifère. 

    Théorie du complot ou corruption ? 
    S’agit-il, vraiment, d’une bactérie ? A qui profiterait le crime ? En 2016 ; l’Italie s’est plongé dans un curieux scandale, sur le fond de combines malhonnêtes avec la mafia. 

    La magistrature de Lecce (Italie) s’est saisie de l’affaire. Elle estime que les #chercheurs auraient relâché accidentellement (ou volontairement ?), dans la nature, une souche de #Xylella, importé du Costa Rica afin de l’étudier. Neuf chercheurs ont été mis en examen, suspectés d’avoir relâché la bactérie dans la nature. 

    Tout a commencé en 2013, lorsque la bactérie a été repérée sur des #oliviers. Rapidement, les arbres ont été abattus afin d’empêcher la prolifération de la maladie. Mais les agriculteurs et les associations chargées de la protection de l’environnement ont, tout de suite, accusé les scientifiques d’être à l’origine de sa propagation. 

    Evidemment, les scientifiques rejettent ces affirmations. Selon eux, la souche sur laquelle ils travaillaient n’est pas de même nature que celle retrouvée sur les oliviers.

     

    #mondialisation

  • A Woman’s Death Sorting Grapes Exposes Italy’s ‘Slavery’

    SAN GIORGIO IONICO, Italy — Her husband can still recall how Paola Clemente used to set two alarms to make sure she woke in the middle of the night — 1:50 a.m. — to catch the private bus that would take her and dozens of other women to the vineyards.


    https://www.nytimes.com/2017/04/11/world/europe/a-womans-death-sorting-grapes-exposes-italys-slavery.html?smid=tw-nytimeswo

    #agriculture #esclavage #neo-esclavage #vignes #Italie #travail #exploitation #femmes #décès #mort #agriculture

  • Pesticides, le poison de la terre - Mardi 6 Septembre 20h55 | Accueil
    http://www.france5.fr/emission/pesticides-le-poison-de-la-terre
    http://pgep.francetv.fr/media/W1siZiIsImltYWdlcy9wbHVyaW1lZGlhL0VNSS82OS9FTUlfNjkwMTM0LmpwZyJdLFsicC

    En Gironde ou en Charente, à proximité des #vignes ou travaillant dans le milieu agricole, des ruraux auraient été touchés par l’usage des #pesticides dans leur environnement immédiat. Pourquoi les riverains de Birac, petite commune charentaise, développent-ils un nombre surprenant de cancers des ganglions ? Comment expliquer que les enfants du village de Preignac en Gironde sont-ils plus touchés par les leucémies ? Les produits phytosanitaires sont pointés du doigt. Aujourd’hui, les familles dénoncent le silence des autorités. La réalisatrice Aude Rouaux leur donne la parole afin de mener l’enquête sur un sujet qui demeure encore en 2016 un tabou, dans le monde agricole.

    #documentaire