• #Opération_Bangui : une histoire de sang, de science et d’exploitation biomédicale

    Au début des années 1990, une recherche vaccinale secrète sur le #VIH est menée en #République_centrafricaine. Si elle n’aboutit pas et reste longtemps dans l’ombre, elle éclaire aujourd’hui les débats sur les #essais_cliniques, l’accès aux traitements, et plus largement une forme particulière d’#exploitation encore peu discutée : l’#extractivisme_biomédical.

    C’est cette histoire que je raconte dans un #livre paru récemment : Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale. En tant que sociologue et pharmacien, professeur à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, mes intérêts de recherche portent sur les enjeux reliés aux politiques pharmaceutiques (ou à leur absence) dans différents contextes. Je questionne notamment les ambiguïtés des politiques pharmaceutiques et des logiques de santé mondiale à travers la recherche biomédicale, l’accès et l’usage des médicaments.

    Une recherche camouflée en #Afrique centrale

    En République centrafricaine, le VIH se diffuse massivement dans les années 1980. Cela se voit dans les hôpitaux de la ville, mais aussi au sein de groupes tels que les travailleuses du sexe ou les militaires plus exposés par leurs conditions de travail, d’éloignement et les rapports de pouvoir qui augmentent les risques de transmission sexuelle.

    Les militaires sont d’ailleurs de plus en plus nombreux au début des années 1980, recrutés notamment avec le soutien de la France, pour asseoir le pouvoir en place. Ceci offre aux chercheurs de l’#Institut_Pasteur de #Bangui, capitale du pays, des accès privilégiés à cette population pour l’intégrer dans ses recherches. En effet, cet Institut, fondé juste après l’indépendance du pays, redéfinit le lien postcolonial en participant dans sa mission à la #santé_publique centrafricaine avec le ministère de la Santé, mais en restant scientifiquement et administrativement sous la tutelle de l’Institut Pasteur de Paris, structurellement soutenu par des financements gouvernementaux français.

    L’occasion précipite l’extraction : fin 1989, un appel d’offres pour des financements internationaux conséquents amène des chercheurs français à proposer la mise en place d’une recherche secrète. Elle vise à caractériser les virus des militaires centrafricains, surveiller leur taux d’infection et essayer de potentiels vaccins qui semblent sur le point d’être découverts. Le sceau du secret permet aux différentes parties d’avancer sans attirer l’attention, ni celle de la concurrence scientifique pour les chercheurs français, ni celle des médias internationaux pour le sommet des autorités politiques locales.

    Ceci contribue de fait à exclure les médecins et chercheurs locaux qui se trouvent ainsi laissés dans l’ignorance, ou dans l’incapacité d’être partie prenante de recherches dont leur population est la première concernée.

    Au vu des forts taux d’infection dans la population militaire, la transformation des militaires en objets de recherche représente non seulement un avantage scientifique pour démontrer l’efficacité d’un potentiel vaccin, mais aussi stratégique en permettant une économie de coût substantielle alors que les essais cliniques au Nord se chiffrent dans les années 1990 en dizaines de millions de dollars.

    La branche production de l’Institut Pasteur de Paris, qui opère via le laboratoire pharmaceutique #Pasteur-Mérieux_Sérums_et_Vaccin, est l’infrastructure industrielle qui peut profiter d’une telle recherche. Il ne manque alors qu’un terrain d’#expérimentation, que fournit opportunément la cohorte des militaires centrafricains.

    La matière première de la recherche

    C’est ainsi que les militaires de la garde présidentielle et des forces armées centrafricaines sont progressivement inclus dans cette recherche à partir de 1990. Des échantillons de sang sont prélevés une à deux fois par an. Les militaires représentent de bons objets de recherche, faciles à trouver dans leurs casernes. Plus de 11 000 prélèvements sont ainsi réalisés sur quelque 3000 militaires.

    Mais les militaires ne sont pas que des objets disciplinés, ils demeurent aussi des sujets sensibles politisés. Cette subjectivité politique se réaffirme à partir de 1993 lors d’une première mutinerie qui fait suite au non-paiement des soldes, puis de manière plus retentissante en 1996 et 1997 quand des militaires de la garde présidentielle font face aux forces loyalistes. Les autorités françaises, qui ont contribué au recrutement et à la formation de ces deux structures rivales, éteignent partiellement l’incendie par l’envoi de troupes militaires. La situation postcoloniale qui a permis la recherche dans un premier temps est aussi celle qui en précipite la fin.

    Les recherches menées à Bangui sont forcées de s’arrêter et sont ensuite transférées vers d’autres pays. Les questions de recherche sont alors déplacées dans d’autres sites du réseau international des instituts Pasteur. La recherche à Bangui s’arrête, mais l’infrastructure de recherche (données, échantillons, idées de recherche, etc.) est sauve.

    Quand la recherche devient-elle « extractive » ?

    Outre le secret qui a invisibilisé l’opération Bangui depuis ses débuts, il reste un grand malaise dans la communauté scientifique à en parler encore aujourd’hui. Les principaux promoteurs de cette recherche sont restés généralement très évasifs à son sujet. L’histoire de cette initiative secrète met en lumière une forme particulière d’exploitation dans la recherche : l’extractivisme biomédical.

    Celui-ci repose sur l’extraction de #sang et de #données_biologiques afin de produire des connaissances scientifiques, susceptibles ensuite d’être valorisées sur le plan industriel et commercial. À la différence de l’extractivisme minier, cette exploitation ne porte pas sur des ressources naturelles issues du sol, mais sur des corps humains. Elle s’inscrit néanmoins dans des #rapports_de_pouvoir comparables, marqués par de fortes asymétries entre les lieux où la recherche est menée et ceux où ses résultats sont valorisés.

    Le cas de l’opération Bangui permet d’en comprendre les mécanismes. Les militaires centrafricains sont d’abord considérés comme une population « à risque », définie principalement par son taux élevé d’infection. Cette catégorisation tend à réduire des individus au statut de ressource scientifique, presque « naturelle », en faisant passer au second plan leurs conditions de vie, leurs relations sociales et leur position dans une hiérarchie militaire.

    Cette logique s’inscrit ensuite dans un contexte postcolonial qui facilite l’#appropriation de cette cohorte de recherche. Les liens étroits entre les autorités françaises et centrafricaines, ainsi que la centralisation des infrastructures scientifiques et industrielles en France, permettent aux institutions du Nord de conserver le contrôle des données, des échantillons et des orientations de la recherche.

    Enfin, les connaissances produites grâce à ces prélèvements sont susceptibles d’être valorisées à travers des publications, des financements, des recherches internationales et, potentiellement, des brevets. Pourtant, rien n’est prévu pour favoriser le développement des capacités de recherche locales ni pour garantir légalement que les populations ayant rendu cette recherche possible puissent bénéficier des retombées médicales de ces travaux.

    Du point de vue de la santé publique, l’opération Bangui sera d’ailleurs nulle pour les premières personnes concernées : le taux de nouvelles infections par le VIH reste presqu’inchangé chez les militaires entre 1988 et 1996, date à laquelle les chercheurs quittent le pays. C’est cette dissociation entre production scientifique, capacité locale et accès aux soins qui constitue le cœur du problème.

    Résonnances actuelles

    Aucun vaccin contre le VIH n’aura finalement été développé ni testé à Bangui. Même si un vaccin avait bel et bien vu le jour, on peut douter que la population centrafricaine aurait eu un accès prioritaire. Cette incertitude n’est pas propre à cette recherche : elle traverse encore aujourd’hui de nombreux programmes de recherche biomédicale internationale. Si les appels à des financements publics pour la recherche sont nombreux, rares sont ceux qui conditionnent ces investissements à un accès garanti aux traitements ou aux vaccins qui pourraient en résulter.

    Aujourd’hui encore, des traitements préventifs du VIH, testés en Afrique, mais inaccessibles aux populations concernées, tels que le lénacapavir, sont au cœur de chantages économiques sur la vie. Ces expériences, et leur récurrence, montrent que la question d’une recherche juste ne se limite pas au respect du consentement lors des essais cliniques. Elle concerne aussi la manière dont sont organisés et pensés dès la recherche les valorisations économiques et politiques des découvertes et l’accès effectif aux soins et à la prévention.

    L’histoire de l’opération Bangui rappelle ainsi que la recherche biomédicale n’est jamais neutre. Elle est inscrite dans des rapports sociaux, politiques et économiques qui déterminent qui bénéficie réellement du progrès scientifique. Interroger ces mécanismes au-delà des procédures de bioéthique, c’est ouvrir un débat essentiel sur la justice et la responsabilité dans le financement et la production mondiale des savoirs médicaux, et dans l’accès à des médicaments ou des vaccins essentiels qui en découlent.

    https://theconversation.com/operation-bangui-une-histoire-de-sang-de-science-et-dexploitation-b
    #science #recherche #extractivisme

    • Opération Bangui. Promesses vaccinales en Afrique postcoloniale

      Cette enquête fait la lumière sur un chapitre méconnu de l’histoire du #sida dans les années 1980 et 1990 : la recherche menée en République centrafricaine par des scientifiques venus de #France et des États-Unis qui croyaient être sur le point de trouver un vaccin. Dans le rôle des ressources vivantes, une cohorte de militaires locaux, et dans celui des bénéficiaires, les puissances postcoloniales. Ces travaux secrets avaient un nom de code : opération Bangui.

      Par le récit vivant d’une affaire exceptionnelle, ce livre révèle un mode d’accaparement des richesses : l’extractivisme biomédical. En plaçant les processus de valorisation des corps et des vies au cœur de sa réflexion, Pierre-Marie David plaide ici pour une restitution historique, matérielle et politique de la part africaine dans la recherche scientifique et médicale, étape essentielle d’une nécessaire décolonisation de la santé mondiale.

      https://luxediteur.com/catalogue/operation-bangui
      #livre

  • Santé sexuelle : Sidaction s’alarme de la montée en puissance des discours masculinistes auprès des jeunes - Public Sénat
    https://www.publicsenat.fr/actualites/sante/sante-sexuelle-sidaction-salarme-de-la-montee-en-puissance-des-discours-

    31 % des 16-34 ans « se sentent plus puissants » sans préservatif

    66 % des jeunes hommes âgés de moins de 34 ans connaissent au moins un influenceur dit « masculiniste », et 37 % disent consulter ces contenus. Parmi ceux au fait de ces publications, plus d’un tiers les considère rassurantes sur leur manière « d’être un homme » (38 %), assure qu’elles leur donnent « une autre vision que celle portée par les féministes » (48 %), ou affirme qu’elles les ont inspirés à « mettre en pratique des conseils pour devenir un homme meilleur » (34 %). Plus alarmant encore, la moitié d’entre eux pense que ces discours disent « enfin la vérité » (51 %).

    • Les hommes et le masculinisme : péril sur la santé sexuelle - Sidaction
      https://www.sidaction.org/communique/sondage-opinionway-les-hommes-et-le-masculinisme

      Les résultats de l’enquête montrent que les hommes perçoivent un climat d’hostilité à leur encontre. 52% des hommes (16-59 ans) trouvent que la société s’acharne sur eux et 36% pensent qu’il est plus difficile d’être un homme qu’une femme dans la société française aujourd’hui. Pour 6 hommes sur 10, les médias caricaturent les hommes depuis Metoo (58%). Les répondants adoptent un discours victimaire : plus d’un homme sur 2 considère que les hommes sont trop souvent accusés de #violences_sexuelles exagérées ou mensongères (53%).

      La #virilité reste un marqueur normatif puissant. Un homme sur deux juge important d’être viril (51%) et ils sont autant à déplorer que les hommes ne le soient plus suffisamment (46%).

      Selon Florence Thune, directrice générale de Sidaction, « le sondage nous révèle que la virilité continue de jouer un rôle déterminant dans la construction identitaire des hommes. Et ce n’est pas sans conséquence sur leurs comportements sexuels puisqu’ils sont bien trop nombreux (40%) à penser qu’être un homme, c’est oser prendre des risques, y compris sexuels ».

      La virilité intervient directement dans la décision de porter un #préservatif ou non. 31% des 16-34 ans se sentent plus puissants quand ils ne portent pas de préservatif ou estiment que les femmes doivent respecter les hommes qui refusent d’en porter (32%). 1 jeune sur 6 pense que le préservatif est un signe de faiblesse (16%).

      Plus préoccupant encore : un homme sur dix (11%, et un jeune homme de 25-34 ans sur cinq, 18%) affirme comprendre le “#stealthing”, soit le fait qu’un homme retire son préservatif sans prévenir son/sa partenaire s’il estime qu’on le lui a imposé. Chez ceux qui adhèrent aux théories masculinistes, ils sont 34% à caut cautionner cette pratique répréhensible (+23 points par rapport à la moyenne).

      « Ces croyances envers les discours masculinistes fragilisent la prévention, augmentent les prises de risque, et déstabilisent profondément la culture du consentement, pourtant centrale dans la lutte contre le VIH et les autres infections sexuellement transmissibles » indique Florence Thune. « Il est inquiétant de voir qu’un tiers des jeunes hommes pensent que demander explicitement le #consentement « gâche la spontanéité » (37% pour les 16-34 ans) et ou qu’un homme ne peut être tenu responsable si la femme ne dit pas clairement “non” (35% pour les 16-34 ans) ».

      Les discours masculinistes s’articulent autour d’une #misogynie importante et une #domination violente. Les représentations à l’égard des femmes restent imprégnées de suspicion et de jugements négatifs : 43% des 16-34 ans pensent qu’une femme qui multiplie les partenaires « ne se respecte pas ». 1 jeune sur 4 pense qu’une femme positive au #VIH ou à une autre #IST est une femme qui a eu trop de partenaires sexuels (25%) ou qu’une femme qui exprime ouvertement son désir sexuel ne cherche pas vraiment à être respectée par les hommes (24%).

      Pour contrer l’influence de ces discours toxiques, dans un contexte où les découvertes de séropositivité chez les 15-24 ans ont augmenté de +41 % en 10 ans (selon les dernières données de Santé Publique France), où les IST augmentent et où l’usage du préservatif recule, Sidaction souligne l’urgence de renforcer l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS). Les séances d’EVARS constituent aujourd’hui le levier le plus solide et le plus éprouvé pour lutter contre ces idées reçues, développer l’esprit critique et renforcer la prévention.

      Sidaction, avec Le Planning familial et SOS homophobie ont saisi le tribunal administratif de Paris pour faire respecter la loi de 2001 qui prévoit trois séances annuelles d’éducation à la sexualité pour les élèves, de l’école au lycée. Leur déploiement complet dans les établissements scolaires, conformément aux obligations légales, n’est plus seulement un enjeu éducatif : c’est un impératif de santé publique.

      Rapport OpinionWay détaillé en pdf :
      https://www.opinion-way.com/wp-content/uploads/2025/11/OpinionWay-pour-Sidaction-Les-hommes-et-le-masculinisme-Decembre-2025.p

    • https://www.ladn.eu/nouveaux-usages/your-body-my-choice-la-guerre-des-sexes-est-ouverte

      En détournant le slogan féministe « my body, my choice », le commentateur d’extrême droite Nick Fuentes, 26 ans, illustre la vitalité des thèses masculinistes aux États-Unis.

      https://www.lefigaro.fr/international/ton-corps-mon-choix-qui-est-nick-fuentes-cet-extremiste-americain-dont-le-s

      Nick Fuentes, de son vrai nom Nicholas Joseph Fuentes, est né le 18 août 1995 dans l’Illinois. Il se fait un nom dans le monde politique américain en 2022 lors d’une de ses conférences, nommée America First, dans laquelle il fait l’éloge d’Adolf Hitler en affirmant que les médias ont comparé Vladimir Poutine à l’ancien dictateur allemand « comme si ce n’était pas une bonne chose », rappelle le magazine Rolling Stone .

      https://rapecrisis.org.uk/get-informed/types-of-sexual-violence/what-is-stealthing

      The key points

      The definition or meaning of the word ’stealthing’ is when someone removes a condom during sex without the other person’s consent or lies about having put one on in the first place.
      Stealthing is rape under English and Welsh law. This means that someone who carries it out can be prosecuted for rape.
      Like all rape, stealthing is a very serious crime that carries a maximum sentence of life in prison.
      ’Stealthing’ is a slang word, not a legal term. The legal term for this act is ’rape’.

  • La France ne prolonge pas sa participation au Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, selon plusieurs associations
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/11/21/la-france-ne-prolonge-pas-sa-participation-au-fonds-mondial-de-lutte-contre-

    La France, qui avait promis 1,596 milliard d’euros de dons lors du dernier appel aux dons, en 2022, n’a formulé aucune promesse cette année.

    L’objectif de collecte de 18 milliards de dollars permettait, selon les calculs du fonds, de sauver 23 millions de vies sur [?] et de réduire des deux tiers environ (64 %) le taux de mortalité combiné du sida, de la tuberculose et du paludisme d’ici 2029.

    • « La fin du sida est à portée de main, et c’est à la France de donner le coup décisif », Françoise Barré-Sinoussi, Virologue
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/21/francoise-barre-sinoussi-virologue-la-fin-du-sida-est-a-portee-de-main-et-c-

      Ce vendredi 21 novembre se tient à Johannesburg (Afrique du Sud), en marge du G20, un événement crucial pour la santé mondiale : la 8e conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial, un partenariat qui finance et soutient des programmes de lutte contre le #sida, la #tuberculose et le #paludisme dans plus de 120 pays. En vingt ans, ces programmes ont permis de sauver près de 70 millions de vies, soit presque l’équivalent de la population française.

      Les résultats du Fonds mondial sont particulièrement remarquables en matière de lutte contre le VIH/sida. Dans les pays soutenus par le fonds, les décès liés au virus ont chuté de 80 %. Grâce au déploiement des traitements #antirétroviraux et aux outils de prévention innovants, tels que la prophylaxie pré-exposition (#PrEP), nous avons franchi des étapes que nous n’osions envisager il y a encore vingt ans. Si ses principaux soutiens, dont la France, refinancent pleinement le Fonds mondial pour les trois prochaines années, nous pourrions raisonnablement entrevoir la fin d’une épidémie née il y a près d’un demi-siècle.

      Certes, le VIH/sida est toujours là. En 2024, 1,3 million de personnes ont été nouvellement infectées dans le monde, 9,2 millions de personnes vivant avec le VIH n’avaient pas accès à un traitement antirétroviral, et 630 000 personnes sont mortes de maladies liées au virus.

      Une génération sans VIH

      Mais, aujourd’hui, une nouvelle avancée scientifique apporte un espoir inédit : le lénacapavir, un traitement préventif qui ne nécessite que deux doses par an et protège à 99,9 % contre l’infection. S’ouvre alors une perspective fabuleuse : celle d’une génération sans sida. Mais cette promesse ne deviendra réalité que si nous garantissons un accès rapide et équitable à ce traitement, partout dans le monde.

      Dans cette dernière ligne droite et plus que jamais, la lutte requiert un niveau de financement suffisant. Cet investissement est un impératif moral pour nos gouvernants et pour nous tous. Le sort de millions de vies nous y oblige. Face à ce tournant historique, la France doit être à la hauteur de son héritage, de ses responsabilités et de ses convictions. Puissance mondiale engagée en faveur de la solidarité et du multilatéralisme, notre pays occupe une place singulière dans l’histoire de la lutte contre le VIH.

      Notre pays est celui de l’identification du virus et le berceau d’associations de lutte mondialement connues. La France est aussi la première donatrice européenne au Fonds mondial, qu’elle a contribué à créer en 2002 sous l’impulsion du président Jacques Chirac et du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan. Notre pays a également été à l’origine de mécanismes de financements innovants permettant de soutenir le Fonds mondial, mais aussi Unitaid, qui, ensemble, accélèrent le déploiement des nouveaux produits de santé à des prix abordables dans les pays qui en ont le plus besoin. Le prix d’un traitement antirétroviral a ainsi été réduit de 10 000 dollars (8 677 euros) à 37 dollars (32 euros) par an.

      Révélateur des inégalités

      Dans la lignée de ses prédécesseurs, le président Emmanuel Macron a lui aussi marqué son engagement dans la lutte contre le sida en renouvelant, à deux reprises, la contribution française au Fonds mondial. Aujourd’hui, la France est attendue à nouveau. Si nous sommes conscients de la situation financière actuelle et du choix difficile que cela représente dans un moment de fortes restrictions, cet effort est à la hauteur de l’engagement de la France en santé mondiale, à la fois par son rôle historique, mais aussi pour incarner une vision du monde fondée sur la solidarité, l’égalité et la dignité humaine.

      Car le VIH n’est pas qu’un virus : c’est un révélateur des inégalités. Les femmes et les filles, dans de nombreuses régions, sont les premières victimes, parce que leurs droits sont bafoués, leur voix réduite au silence, leur santé négligée. C’est aussi bien sur le terrain du financement que sur celui des valeurs que la France doit agir. Car les outils biomédicaux, aussi novateurs et efficaces soient-ils, ne suffiront pas pour endiguer la maladie.

      Il est nécessaire d’investir pour protéger et renforcer la connaissance et la recherche scientifiques à l’heure où celles-ci sont menacées de toutes parts – par les coupes budgétaires, mais aussi par la désinformation qui prospère sur les réseaux sociaux, nourrie par une défiance croissante à l’égard de la science et de la parole institutionnelle. Mais nous devons aussi défendre l’accès à la prévention et aux soins, très lourdement affectés par les coupes budgétaires dans l’aide internationale en santé qui ont été décidées en cascade depuis le début de l’année.

      Forte de ses valeurs universelles, de ses associations combatives et de son excellence scientifique, la France peut, en maintenant son plein soutien au Fonds mondial, demeurer dans la lignée de son engagement historique et unique contre les grandes pandémies et ainsi éviter des centaines de milliers de nouvelles infections et de morts dans les années à venir.

      #lénacapavir

  • Héroïne, le temps des seringues : un podcast France Culture
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-heroine-le-temps-des-seringues

    LSD explore l’impact de l’#héroïne, fléau du XXe siècle en France, responsable de plus de 40 000 morts entre 1970 et 2004, dans les milieux populaires de Paris et sa banlieue. Réalisation Gilles Blanchard.

    À l’origine de ce documentaire, la découverte de l’ampleur d’un phénomène qui ne faisait alors écho qu’à de vagues souvenirs pour beaucoup de citadins, résumés en une phrase : « Fais attention aux seringues. », phrase banale dans les quartiers populaires de Paris des années 90. Plus tard, ces mots prendront tout leur sens à la lumière d’un chiffre terrible : une véritable « hécatombe » qui intervient à son pic durant les années sida.

    Selon les calculs des auteurs du livre « La Catastrophe invisible », environ 40 000 décès sont imputables à la consommation d’héroïne entre 1970 et 2004, chiffre qu’il jugent eux même largement en deçà de la réalité. Parmi ces morts, les chercheurs s’accordent à dire que les personnes d’origine maghrébine issues des #quartiers_populaires constituent l’un des groupes sociaux les plus touchés.

    Cette histoire, qui a durablement marqué l’histoire des #banlieues françaises, peinent à être connu du grand public. Comment l’héroïne, drogue la plus meurtrière, a-t-elle traversé les époques et touché toutes les classes sociales ? Comment s’est-elle diffusée plus particulièrement dans les milieux populaires et parmi les descendants de l’immigration postcoloniale ? Ce documentaire raconte une #histoire de l’héroïne dans les quartiers populaires de Paris et de sa banlieue sur plusieurs décennies.

    Un documentaire d’Hajer Ben Boubaker, réalisé par Gilles Blanchard.

    La série est pas mal du tout. Elle restitue des géographies oubliées, de Paris à la banlieue. On y entend pourtant qu’en filigrane (même si le titre l’indique par antiphrase) la défaite politique du refus de l’usine par les enfants des travailleurs immigrés, qui, dans le post-68, a suscité une demande expansive.
    La dépendance a cet opiacé et son coût ont été matriciels pour la diffusion d’un trafic de drogues désormais massifié, un commerce, illicite et ultra-concurrentiel, qui a permis de créer d’innombrables emplois subalternes, le plus souvent mal payés.

    Comme il a été dit autrefois, "les jeunes se droguent, l’État se renforce", et lycée de Versailles.

    #audio #drogues #deal #dealers

    • La Catastrophe invisible | éditions Amsterdam - 2018
      Histoire sociale de l’héroïne (France, années 1950-2000)
      Michel Kokoreff, Anne Coppel, Michel Peraldi

      https://www.editionsamsterdam.fr/la-catastrophe-invisible
      https://seenthis.net/messages/685682
      https://seenthis.net/messages/628596
      La série illustre à merveille en 4 podcast d’une heure le pavé La catastrophe invisible
      Je découvre Hajer Ben Boubaker, documentariste et historienne spécialisée sur les musiques du Maghreb et du Proche-Orient.
      https://www.radiofrance.fr/personnes/hajer-ben-boubaker

      Barbès Blues - Une histoire populaire de l’immigration maghrébine
      https://www.seuil.com/ouvrage/barbes-blues-hajer-ben-boubaker/9782021517859

      "L’histoire, si elle a été dure, n’a pas toujours été triste. Elle raconte des vies qui n’ont pas été cantonnées dans l’étroitesse d’une nation, ou pire encore d’une nationalité. Et alors que tant de choses étaient volontairement orientées vers la laideur, des hommes et des femmes les ont, plus d’une fois, dans un geste collectif, sublimées. J’en tiens toutes ces histoires pour preuve."

      En déambulant dans Barbès, Hajer Ben Boubaker raconte les petits détails et les grands événements qui ont fait du quartier la "maison-mère des luttes de l’immigration" et l’une des places fortes de la #musique_maghrébine.

      Dans les cartons d’archives sur le premier quartier algérien dans le 5e arrondissement, dans les voix de vieux messieurs qui racontent l’habitude d’une ville ou dans les souvenirs imprécis de luttes contre le racisme, Barbès Blues ressuscite des personnages, des épopées, des anecdotes et des tragédies. Autant de symboles d’une communauté de destin, l’immigration maghrébine, qui dans un dédale de rues minuscule, s’est construit un monde immense.

      Hajer Ben Boubaker est née à Paris et a grandi dans le 18e arrondissement. Chercheuse indépendante et documentariste franco-tunisienne, elle est créatrice du podcast Vintage Arab et a réalisé la série radio « Une histoire du Mouvement des Travailleurs arabes », consacrée à l’organisation militante des années 70 (France Culture ; Prix découverte sonore SCAM 2022). Elle est lauréate du prix Unesco-Sharjah 2023 pour la culture arabe.

    • Les jeunes bourgeois qui voulaient se marginaliser devenaient rapidement dealers, de l’argent facile et sans scrupule aucun. Si ils consommaient et étaient accros les parents avaient de toute façon de quoi payer la cure de désintox, où les années de taule. Le cadavre des autres étaient déposés devant la porte de leur appart si le courage de le ramener avait été au rendez-vous.
      #overdoses

    • Ces jeunes qui tombent
      https://festival-resistances.fr/2024/ces-jeunes-qui-tombent/.html

      Dans les banlieues parisiennes, c’est une véritable hécatombe comme le raconte Azzedine Zoghbi, ancien éducateur à Orly : « Toutes les semaines au cimetière. On allait enterrer quelqu’un, on revenait à peine, et on savait qu’il fallait revenir la semaine d’après. ». La catastrophe est totalement ignorée par les pouvoirs publics alors que le nombre de morts d’overdose et de personnes contaminées par le #VIH augmente. La répression, avec la guerre à la drogue, conduit les usagers issus des banlieues en #prison plutôt que vers un parcours de soin adapté.

  • Explosion des prix des médicaments : une menace directe pour l’accès aux soins.
    En 2024, l’Assurance maladie a dépensé plus de 2 milliards d’euros pour le Keytruda (anticancéreux vedette de Merck), soit plus de 5 % des remboursements de médicaments en France. Prix facial : 70 000 €/patient/an.

    Derrière ces chiffres, un modèle financiarisé où les prix reflètent la capacité des systèmes de santé à payer plutôt que la valeur réelle des traitements. Conséquence : ponction massive sur les budgets publics, fragilisation des hôpitaux, économies imposées sur les génériques, ruptures de stock (près de 400 en fin 2024).

    De l’UFC-Que Choisir à la Cour des comptes, de la Ligue contre le cancer à l’OMS et MSF, de plus en plus d’acteurs alertent. Tous pointent la nécessité de :

    = Transparence sur les prix réels et les brevets

    = Négociations au niveau européen

    = Usage des licences obligatoires en cas de prix abusifs

    = Relocalisation de la production

    Pourquoi ne pas aller plus loin avec la création d’un pôle public du médicament ?

    📎https://lenouveauparadigme.fr/lexplosion-des-prix-des-medicaments-menace-lacces-aux-soins

    #santé #médicaments #bigpharma #accès_aux_soins

  • Cet ouvrage s’inscrit dans la continuité des réflexions initiées lors de la journée d’étude « Éthique de la recherche en Sciences Humaines et Sociales (SHS) sur le VIH/sida », tenue en octobre 2021 au centre des colloques du Campus Condorcet. Organisé par le Réseau des jeunes chercheur·ses en
    sciences sociales sur le VIH/sida, cet événement a offert un espace d’échange favorisant la poursuite et la diversification des discussions autour des questions d’éthiques.

    Cet ouvrage prolonge les discussions initiées par des travaux précédents, notamment : « VIH/sida. Se confronter aux terrains » (2010).
    https://anrs.fr/fr/actualites/actualites/vih-sida-ethique-engagement-ethnographique

    https://anrs.fr/.../uploads/2025/07/pdf-web-anrs-vihsida.pdf

    #VIH #Ethique

  • #Covid et #Sida : mutualiser les luttes pour la #santé_publique | À ta #santé camarade !

    « À ta santé camarade ! » est une chronique mensuelle des #Canards_Masquées. Cette septième édition interroge les nombreux points communs entre Sida et Covid mais aussi ce qui différencie ces #épidémies. Elle prend le parti de tirer profit de l’expérience des luttes contre le Sida pour construire une #lutte_commune et auto-organisée pour la santé publique.

    Dans le monde de celleux qui ont conscience des dangers du Covid, il n’est pas rare de lire ou d’entendre des comparaisons entre Covid et Sida. Elles se fondent sur les points communs entre les virus du Sars-COV-2 et du #VIH, leurs effets sanitaires, les caractéristiques des deux épidémies et les #combats_politiques qu’elles ont fait émerger. Les comparaisons sont stimulantes quand elles dessinent des perspectives de lutte. Elles sont éclairantes pour intégrer les dimensions sociales et politiques des épidémies ou pour comprendre pourquoi les maladies virales touchent toujours plus durement les personnes déjà marginalisées et discriminées. Mais, aussi séduisantes qu’elles puissent paraître, ces comparaisons sont souvent simplistes et occultent les différences permettant une meilleure compréhension des deux épidémies et des enjeux qui en découlent.

    Sur le plan épidémiologique, les virus à l’origine du Sida et du Covid ont plus de points communs qu’on ne voudrait le croire. En particulier, ce sont tous les deux des virus systémiques (c’est-à-dire touchant tous les systèmes d’organes), qui attaquent le système immunitaire des personnes infectées. Dans le détail, les deux virus partagent le même déclencheur de destruction de lymphocytes (les globules blancs qui servent à la défense de l’organisme), comme on a pu le voir chez 72% des patient·es atteint·es de formes sévères de Covid. Cette similitude explique pour partie les formes longues de la maladie : les lymphocytes continuent de dysfonctionner pendant 2 ans après une contamination. Enfin, des études suggèrent également que le SARS-CoV-2 provoque l’apoptose cellulaire (mort cellulaire programmée) de certains lymphocytes T du système immunitaire.

    Dans l’épidémie de Sida comme dans celle de Covid, le dépistage précoce constitue un outil essentiel pour empêcher la transmission et permettre une prise en charge rapide (traitement post-exposition à prendre dans les 48h et antirétroviral dès le diagnostic pour le Sida, antiviraux à prendre dans les 5 jours pour le Covid). L’absence de prévention et de traitement peut mener dans les deux maladies à un isolement grandissant (perte d’emploi et de vie sociale) et à la mort. Les maladies liées au VIH ont encore causé 2,6 millions de décès de 2020 à 2023 dans le monde, la majorité d’entre elles en Afrique. En France, les personnes qui continuent à mourir du Sida sont majoritairement des femmes hétérosexuelles originaires d’Afrique subsaharienne âgées de 60 ans en moyenne. Sur la même période, le Covid a causé 35 millions de morts, ce qui inclue les décès directs dus à l’infection comme les décès résultant du Covid long, notamment celui à forme d’encéphalomyélite myalgique : les États-Unis ont officiellement reconnu 5 000 morts du Covid long, un chiffre largement sous-estimé mais qui a le mérite de reconnaître qu’en effet, on meurt également des effets différés du Covid. Là aussi, les personnes vieilles, handies, racisées, LGBT, pauvres, neuroatypiques, ont payé le plus lourd tribut à la pandémie.

    Du côté de la prise en charge politique et sociale des deux maladies, la catégorisation de certaines franges de la population comme vulnérables (les hommes gays et les consommateur·ices de drogues injectables dans le cas du VIH, les personnes âgées et immunodéprimées dans le cas du Sars-COV-2) a fabriqué en retour un sentiment d’invulnérabilité erroné dans le reste de la population. Le sentiment d’invincibilité des hétérosexuel·les vis-à-vis du Sida ou des personnes sans « comorbidités » vis-à-vis du Covid ont contribué au déni — largement encouragé par les gouvernements occidentaux — sur ces maladies, et au refus de la prévention. La capote en son temps a provoqué une levée de boucliers similaire, si ce n’est plus forte, que le masque. L’interdiction de publicité pour son usage n’a été levée qu’en 1986, après 10 ans d’un long travail militant d’éducation et d’acceptation. Dans le cas du Sida comme du Covid, l’opinion sanitaire est faite par les dominant·es : homophobes et sérophobes dans un cas, covidonégationnistes et validistes dans l’autre. Cela a favorisé, dans les deux épidémies, la dissémination de théories racistes sur l’origine des virus (négrophobes pour le Sida, sinophobes pour le Covid) et le foisonnement de supposés traitements alternatifs de la part des milieux complotistes et pseudo-scientifiques.

    La réticence à la réduction des risques (RDR) dans le cas du Covid reprend par ailleurs des fragments de discours qui font long feu : les hommes cis qui n’arrivent pas à être en érection avec un préservatif n’arrivent pas non plus à respirer avec un masque. Quant à l’accessibilité des seringues, la question reste un vrai problème qui continue à se heurter au mur de la toxicophobie. Plus largement, l’indifférence quasi générale au sort des autres relève d’un eugénisme de privilégié·es vis-à-vis de populations fragiles, vulnérables, considérées comme dispensables, et dont la santé ou la survie ne mériteraient aucun effort, aucune disposition. Dans les deux cas il est attendu des populations « surnuméraires » qu’elles arrêtent de vivre : en définitive, il était demandé aux transpédégouines d’arrêter de l’être, tandis que les personnes âgées, immunodéprimées ou handies sont aujourd’hui priées de cesser de sortir de leurs logements. En réponse à cet abandon généralisé, ce sont des militant·es isolé·es y compris dans le camp des luttes qui auto-organisent la prévention, produisent de l’information à partir des connaissances scientifiques et des avancées de traitements. Peu nombreuxses, ces militant·es qui crient dans le désert, passent pour des fanatiques — avant, c’est avéré pour le Sida et attendu pour le Covid, que leurs demandes ne deviennent des fondements de la santé publique.

    Cependant, les différences entre les deux épidémies ne manquent pas. Elles sont fondamentales à relever pour ne pas invisibiliser les spécificités des maladies comme des luttes. En premier lieu, les modes de transmission n’ont rien à voir. Se battre contre une épidémie qui se transmet par l’air partagé n’est pas identique au fait de se battre contre une maladie transmissible sexuellement, in utero et par injection/transfusion. Dans la première, le risque est présent constamment dans tous les espaces du quotidien ce qui impose de bâtir des solutions collectives (assurer une bonne qualité de l’air partout) et fragilise les seules mesures de prévention individuelle (le masque porté unilatéralement). Dans la seconde au contraire, si l’organisation étatique de la prévention constitue là aussi une base fondamentale, des outils personnels comme le préservatif, les seringues à usage unique ou la Prep se montrent essentiels.

    La perception de la maladie par le grand public n’est pas non plus la même en ce que l’homophobie structure totalement la perception du Sida, des malades, et les conséquences sur les proches des personnes qui décèdent. La lutte contre l’homophobie est inséparable de la lutte contre le Sida. Elle a été menée au cours des années 1980 et 1990 par une communauté LGBT et elle s’est poursuivie hors des enjeux de santé par les combats pour le PACS puis le mariage. Plus globalement, les systèmes d’oppression ne sont pas interchangeables et l’homophobie et la toxicophobie ne sont pas des oppressions identiques au validisme et à l’âgisme. Si les deux épidémies frappent des personnes en situation de vulnérabilité sociale, ces oppressions ne portent pas la même charge morale. La lutte du VIH/Sida notamment a pu se développer car elle a été prise en charge par des groupes gays et lesbiens partageant déjà une marginalité politique et des habitudes d’organisation collective lorsqu’ils ont été frappés de plein fouet par l’épidémie (bien qu’il n’existe historiquement pas de communauté gay sur ce plan). Cela a facilité à la fois la politisation du Sida et les actions de soin communautaire au sein de la communauté LGBT. À ce stade, aucune communauté politique ne s’est emparée du Covid, les associations de malades et handi·es refusant majoritairement de se politiser autant que de se saisir de la situation — la politisation de l’épidémie patine.

    Malgré leurs spécificités et en s’appuyant sur elles, les deux luttes peuvent se rejoindre dans la nécessaire défense d’une politique de santé publique orientée vers la prévention, la réduction des risques, l’autodéfense sanitaire, la recherche et les traitements. Dès le début de la pandémie de Covid, la branche new-yorkaise d’ActUp s’est montrée très active et continue aujourd’hui à être au cœur des collectifs étatsuniens assurant une veille scientifique et produisant de l’information sur la réduction des risques (tests, masques, vaccination, qualité de l’air). En Allemagne, le collectif d’autodéfense sanitaire Berlin Buyers Club s’est fondé en 2023 en référence au Dallas Buyers Club, l’un des groupes d’entraide monté par des malades du VIH/Sida dans les années 1980 aux États-Unis pour donner accès à l’information, à la prévention et aux traitements. Le Berlin Buyers Club produit un travail similaire sur le Covid, en menant des actions inspirées d’ActUp : il a par exemple organisé un die-in devant le siège de Pfizer à Berlin en septembre 2024 pour réclamer un prix accessible à toustes pour le Paxlovid (antiviral utilisé dans les formes graves de Covid, dont le coût est passé de 5€ à 1000€ la boîte en février 2024), un investissement immédiat dans la recherche sur le Covid long et la priorisation des vies sur les profits. En France, le travail conjoint des associations Winslow Santé Publique et ActUp Paris a mené à la rédaction d’une riche synthèse sur les avancées de la recherche en matière de Covid quatre ans après le début de la pandémie : « 65 millions de covid long et ça continue » (quelques jours après la publication, une étude évaluait à 400 millions le nombre de personnes atteintes du Covid long dans le monde).

    Un des axes possibles de lutte commune est la mutualisation d’outils et de pratiques de réduction des risques (RDR). Même si les initiatives pour la réduction des risques Sida/IST ne considèrent pas pour l’instant la question du Covid et ses conséquences, il s’agit de travailler ensemble à intégrer la protection contre les virus aéroportés à toutes les actions et mesures de RDR en matière de santé. Faire front pour l’autodéfense sanitaire et la réduction des risques permet entre autres de prendre acte que rien n’est jamais acquis et de grossir les rangs de la lutte pour la santé publique dans le contexte de destruction du système de soins. En témoigne par exemple le recul de la protection contre les infections sexuellement transmissibles en France. Bâtir un réseau structuré d’autodéfense sanitaire et de santé communautaire permettrait, dans un contexte hautement fascisant, d’assurer l’accès à l’information, aux dépistages, aux protections et aux traitements de l’ensemble de la population, notamment les personnes les plus éloignées des soins et les plus violemment ciblées par l’eugénisme.

    Si comparaison n’est pas raison, le fait de souligner les points de convergence entre Sida et Covid permet de retenir l’importance d’une lutte communautaire contre la hiérarchisation des vies, pour la défense d’une santé publique préventive, orientée patient·es/soins, et en faveur d’une médecine fondée sur des preuves scientifiquement produites et validées. Les deux luttes démontrent amplement qu’il faut sortir de la représentation de la santé comme un capital individuel à préserver, seul·e, et la penser comme une interdépendance qui nécessite une attention collective. Comme l’a dit Gwen Fauchois, militante de l’autodéfense sanitaire et ex vice-présidente d’Act Up Paris, lors d’une conférence en septembre 2024 : « La base, c’est que ni les institutions de pouvoir, ni les oppositions ne répondront à nos exigences sans y être obligées. La base, c’est que sans auto-organisation populaire des concerné·es, nous confions à l’État la définition des politiques de soin. Et que celui-ci développe un capitalisme sanitaire quand nous voulons une politique de production de soin. » La santé de chacun·e est la santé de toustes.

    https://rebellyon.info/Covid-et-Sida-mutualiser-les-luttes-pour-26364

  • VIH : les migrantes d’origine subsaharienne, victimes oubliées du virus en France
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/12/01/vih-les-migrantes-d-origine-subsaharienne-victimes-oubliees-du-virus-en-fran

    VIH : les migrantes d’origine subsaharienne, victimes oubliées du virus en France
    Les nouvelles contaminations ne baissent pas chez les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger, selon le bilan de Santé publique France publié à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida, vendredi 1ᵉʳ décembre. Des associations tentent de diffuser le traitement préventif.
    Par Julien Lemaignen
    Elles sont nigérianes, guinéennes, camerounaises, ivoiriennes. Aux femmes qui lui téléphonent depuis l’Ile-de-France, la Libye ou l’île italienne de Lampedusa, Caroline Andoum n’hésite pas à « parler cru ». Elle évoque avec elles leur santé sexuelle et les moyens de se protéger du sida. Mme Andoum est la directrice générale de Bamesso et ses amis, une association de santé basée au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis). Alors que le 1er décembre se déroule la Journée mondiale de lutte contre le sida, et que 2023 marque le quarantième anniversaire de la découverte du virus, elle a fort à faire pour prévenir les infections parmi les femmes migrantes, qui demeurent l’un des publics qui accèdent le plus difficilement à la prévention et au traitement.
    Selon le bilan publié par Santé publique France (SPF) le 28 novembre, entre 4 200 et 5 700 personnes ont découvert leur séropositivité en 2022. C’est moins qu’en 2019, ce qui est « encourageant quant à la dynamique de l’épidémie », d’après l’agence. Toutefois, « sur la totalité de la période 2012-2022, le nombre de découvertes est quasi stable chez les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger », selon SPF, alors qu’il a diminué pour les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) nés en France, les femmes hétérosexuelles nées en France, les usagers de drogue par injection et les hommes hétérosexuels.
    Les femmes représentent ainsi 31 % des découvertes de séropositivité. Parmi elles, beaucoup viennent d’Afrique subsaharienne. « Une part importante des contaminations survient après la migration », relève SPF, qui renvoie à l’étude ANRS-Parcours de 2015 ayant estimé ce taux entre 25 et 35 % pour les femmes originaires de la région.Les hommes que ces femmes rencontrent en France appartiennent souvent à leur communauté, souffrant d’une forte prévalence du VIH. Or, relève Caroline Andoum, les femmes qui arrivent sans papiers et sans ressources sont en position de faiblesse pour négocier le préservatif auprès de leurs partenaires s’ils le refusent. A plus forte raison lorsqu’elles se prostituent pour survivre.
    Dans ces conditions, le comprimé quotidien à prendre dans le cadre du traitement préventif par prophylaxie pré-exposition (PrEP), autorisé en France depuis 2016 et remboursé par la Sécurité sociale, présente le double avantage de pouvoir être décorrélé du rapport sexuel et de laisser aux femmes le contrôle de leur protection. Encore faut-il le faire connaître, et « il n’y a qu’avec les associations communautaires qu’on peut être efficients », selon le docteur Thomas Huleux, chef du bureau des maladies infectieuses au conseil départemental de Seine-Saint-Denis. (...)
    Ces efforts ne peuvent faire oublier que si les démarrages de PrEP ont connu une hausse de 31 % entre 2022 et 2023 à l’échelle nationale, cela concerne encore des hommes à 97 %, selon les données de l’enquête Epi-Phare publiée le 29 novembre, pour un total de 85 000 traitements commencés entre 2016 et juin 2023. Que les femmes représentent un tiers des nouveaux cas mais une infime minorité des PrEP constitue un « parfait exemple d’inégalité de genre en santé, tempête le professeur Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Tenon à Paris et spécialiste du VIH. On a de bonnes mesures mais personne ne les connaît. Or la PrEP s’applique à toute personne qui s’estime en situation de risque, c’est très large ». SPF a annoncé, le 28 novembre, la poursuite de sa campagne d’information contre le VIH avec deux volets spécifiquement orientés vers les HSH et vers les personnes migrantes d’origine subsaharienne.
    En plus d’une meilleure diffusion des traitements existants, la prévention pourrait s’enrichir d’un nouvel outil, la PrEP injectable à base de cabotégravir. A la différence des comprimés qui doivent être pris tous les jours à horaire fixe, les injections – à effectuer par du personnel qualifié – peuvent être espacées de huit semaines. D’après une étude auprès de plus de 3 000 femmes dans sept pays d’Afrique subsaharienne, baptisée HPTN 084 et publiée en mai 2022 dans The Lancet, cette méthode est plus efficace que la voie orale pour prévenir les infections dans ce public. (...) La PrEP injectable est recommandée par l’OMS, autorisée par la Food and Drug Administration américaine et par l’Agence européenne des médicaments. Pour envisager sa mise en œuvre en France, il faudrait que la Haute Autorité de santé (HAS) statue sur son intérêt et sur l’opportunité du remboursement par la Sécurité sociale.
    Aux yeux de Bruno Spire, directeur de recherche à l’Inserm et président d’honneur d’Aides, rien ne dit que la HAS va donner son feu vert. « HPTN 084 est un essai clinique impliquant des participantes volontaires et motivées, souligne-t-il. Ce qui manque, ce sont des données démontrant une plus-value en santé publique. » D’après lui, il faudrait établir que la PrEP injectable permet d’augmenter le nombre de personnes traitées et ne se résume pas à une alternative plus commode.Pour Thomas Huleux, la PrEP injectable a vocation à compléter le panel des moyens. « Si on n’en a qu’un seul, il ne convient pas à tout le monde », souligne-t-il, rappelant que « si le tout-préservatif fonctionnait, on ne serait plus là à parler du VIH ». A Aulnay, Caroline Andoum attend la PrEP injectable « avec impatience », car elle promet une discrétion accrue par rapport aux tablettes qui peuvent susciter de la stigmatisation. Aujourd’hui, avec les femmes suivies par son association, elle discute souvent de la meilleure façon de cacher les boîtes.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#vih#femme#afriquesubsaharienne#HAS

  • Les crimes de Benoît XVI Jean-François Lisée - https://jflisee.org/category/devoir-de-memoire

    La chose se passait au Cameroun, pays pour moitié catholique, en 2009. Il s’agissait de la première visite du pape Benoît XVI en Afrique, continent où, depuis alors 10 ans, le VIH-sida était la première cause de décès. L’Organisation mondiale de la santé, les ONG, plusieurs gouvernements et l’archevêque sud-africain anglican Desmond Tutu redoublaient d’efforts pour prévenir la contagion grâce au programme AFC (abstinence, fidélité, condom). Oui, mais qu’en pensent Dieu et son représentant sur terre ? pouvaient alors se demander les quelque 160 millions d’Africains catholiques.


    Historiquement, le Vatican a toujours été opposé à la contraception — et au condom —, prônant seulement les deux premiers éléments du triptyque : abstinence et fidélité. Mais alors que le nombre de morts en Afrique avait franchi les 30 millions https://www.everycrsreport.com/reports/RL33584.html et que l’épidémie se propageait aux femmes (61 % des personnes infectées) et aux enfants (90 % de tous les enfants infectés au monde étaient africains), fallait-il se montrer plus flexible ? Ou du moins rester muet sur le condom pour ne pas nuire aux efforts ?

    Devant cette énorme responsabilité, Benoît XVI allait surprendre. Désagréablement. « On ne peut résoudre ce fléau par la distribution des préservatifs : au contraire, ils augmentent le problème », a-t-il dit. Le pape allait gauchement tenter de rectifier le tir l’année suivante en affirmant que le condom pouvait être utilisé dans des cas « exceptionnels » — chez les prostitués mâles, par exemple, pour lesquels ce serait « un premier pas vers la moralisation ». La question n’était pas là.

    On ne peut évidemment quantifier le nombre de vies qui auraient pu être sauvées si le pape s’était rangé du côté de la santé publique plutôt que du côté de la version la plus rigide du dogme. Une seule chose est certaine : par sa faute, davantage de personnes furent infectées, malades, mortes prématurément, y compris des femmes et des enfants.

    L’inflexibilité de Benoît XVI dans des situations où la tolérance et le pardon auraient dû prévaloir s’était peu avant illustrée au sujet de l’avortement.

    Au Brésil, pays à 61 % catholique, une enfant de neuf ans plusieurs fois violée par son beau-père avait eu recours à l’avortement. L’archevêque local, ultraconservateur, réagit en excommuniant les médecins ayant pratiqué l’interruption de grossesse ainsi que la mère de l’enfant, qui avait approuvé l’intervention. Le tollé fut général, mais le Vatican approuva les excommunications au nom du « droit à la vie ». Ici encore, on peine à mesurer l’impact de cette insensibilité sur la vie de jeunes catholiques latino-américaines victimes d’agressions, mais sommées par leur Église de mener leur grossesse à terme, même dans les pires conditions.


    Depuis le décès de Benoît XVI, on entend des voix charitables estimer qu’il a entamé la marche de l’Église vers la reconnaissance de sa responsabilité dans les agressions sexuelles extrêmement nombreuses perpétrées par des membres du clergé. Il est vrai qu’il fut le premier, en 2008, à se dire « profondément désolé » pour les souffrances que les victimes ont endurées. Mais le critère d’appréciation qui devrait s’appliquer ici n’est pas de savoir s’il a su commencer à gérer, en 2008, une crise devenue aiguë. Il faut plutôt se demander s’il a tout fait ce qui était en sa responsabilité pour limiter le nombre de victimes dès qu’il en a été mis au courant et dès qu’il a été en situation de pouvoir au sein de l’Église.

    La réponse est un assourdissant non. Évêque de Munich de 1977 à 1982, il a, selon un rapport indépendant https://www.ledevoir.com/depeches/662226/agressions-sexuelles-en-allemagne-l-ancien-pape-benoit-xvi-est-eclabousse , couvert les actions de quatre agresseurs punis par la justice allemande, mais maintenus dans leurs fonctions pastorales par le futur pape, qui ne les a aucunement sanctionnés. Il a ainsi personnellement envoyé aux autres agresseurs un grave signal d’impunité et ignoré cette injonction de Jésus : « Si quelqu’un fait tomber dans le péché l’un de ces petits qui croient en moi, il vaut mieux qu’on lui attache une grosse pierre au cou et qu’on le jette au fond de la mer » (Matthieu 18.6).

    Il est devenu ensuite l’un des personnages les plus puissants au Vatican, officiant pendant 23 ans à titre de préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et centralisant à son bureau, à compter de 2001, les dossiers d’agression sexuelle.

    Il ne fait rétrospectivement aucun doute qu’il fut longtemps à ce poste l’un des principaux rouages de la plus grande opération de camouflage de crimes sexuels de l’ère moderne. Cette action se déployait, on le sait, par le refus de dénoncer aux forces policières les agresseurs — 4 % des membres du clergé catholique, estime-t-on —, par la pratique de muter les agresseurs d’une paroisse à une autre sans évidemment en informer les fidèles. Pendant des décennies, particulièrement celles où Joseph Ratzinger fut aux affaires, la réponse du Vatican fut de nier, de minimiser, de camoufler.

    Devant l’ampleur grandissante du scandale et talonné par l’ONU, Ratzinger se mit à sévir tardivement, au tournant de 2010, expulsant près de 400 prêtres en deux ans. Même pape, il a continué à minimiser la responsabilité du Vatican, blâmant plutôt les Églises nationales, voire les effets du concile Vatican II, plutôt que la complicité de toute la hiérarchie. Sa gestion de la crise n’a pas satisfait les enquêteurs de l’ONU, qui ont conclu en 2019 que, notamment sous sa gouverne, se déroulait au Vatican une « action apparemment systémique de camouflage (cover-up) et d’obstruction à la mise en responsabilité des abuseurs ».

    Il est encore impossible de calculer le nombre de victimes contemporaines, mais un récent rapport officiel faisait état de 330 000 victimes en France seulement. Ratzinger, devenu Benoît XVI, n’est évidemment pas seul en cause, loin de là. Un groupe de survivants avait réclamé en 2013 à la Cour pénale internationale (CPI) d’intenter contre lui et d’autres responsables catholiques un procès de crime contre l’humanité pour avoir « toléré et permis la dissimulation systématique et généralisée des viols et des crimes sexuels commis contre des enfants dans le monde ». La CPI a décliné la demande. C’est dommage. On aurait pu ainsi aller au fond des choses. En avoir le coeur net.

    Mais puisque le moment est venu de faire le bilan de son action à lui, comment ne pas conclure que non seulement un saint homme, mais simplement un homme bon — ou, comme le dit notre droit civil, « un bon père de famille » —, informé que se déroulaient sous sa responsabilité d’innommables crimes visant des dizaines de milliers d’enfants — voire un seul —, aurait remué ciel et terre, dès le matin de son premier jour à l’ouvrage, pour que cela cesse ? Pas lui. Il s’est plutôt réfugié, selon les mots de Matthias Katsch, représentant des survivants allemands des sévices, derrière un « édifice de mensonges ».

    Jean François Lisee
    Source : https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/777008/chronique-les-crimes-de-benoit-xvi

     #benoît_xvi #pape #histoire #sida #VIH #épidémie #contraception #préservatif #pédophilie #viol #culture_du_viol #catholicisme #enfants #pédocriminalité #viols #religion #violences_sexuelles #pornographie #impunité #violophilie #pedocriminalité

  • Pandémie et (in)égalité, avec Jacque Rancière et Judith Butler, depuis le Site Pouchet du CNRS
    https://www.canal-u.tv/chaines/cnrspouchet/pandemie-et-inegalite

    Avec la pandémie et la globalisation du coronavirus l’affirmation selon laquelle le care s’appliquerait seulement aux êtres dépendants apparaît dépourvue de sens : nous sommes tous vulnérables, et la pandémie montre l’interdépendance entre les êtres humains. Les questions de l’égalité par rapport aux inégalités de classe, raciales et de genre ; de l’interdépendance, par rapport au « principe d’indépendance » sont centrales. Judith Butler et Jacques Rancière interrogent les notions de « pandémie » et d’« interdépendance », d’« égalité » et d’« inégalité » face au coronavirus. #Judith_Butler évoque la pandémie à la lumière de la phénoménologie des sens, et la manière dont elle éclaire l’inégalité, l’interdépendance et les nouvelles violences du monde. Elle met aussi en relation les vies précaires et la crise sanitaire actuelle. #Jacques_Rancière analyse la façon dont la gestion de la pandémie confirme la logique du consensus qui est aussi celle de la présupposition inégalitaire. Le confinement nous fait interroger le sens du travail au sein d’un monde commun. Et une question finale : peut-on penser à l’après la pandémie ?

    edit avec bien des conneries, mais pas que. pas fan de Butler, si ce n’est que cette dernière, malgré ses gargarismes sur le commun et l’éthique, est moins éloignée d’une prise en compte de la pandémie (et du laisser mourir, oublié par tous les autres qui décidément n’ont rien vu) et des pratiques sociales qu’i s’y sont collé. Rancière, un peu insouciant des choses (endémie tient-il à dire...), liquéfie les thèses d’Agamben. parmi les intervenants des délires parfois ("avec la fin de la pandémie") et aussi du bon ("pourquoi parler de pandémie alors que cela ne vise pas tout le monde ?")

    #pandémie #Agamben #égalité #vulnérabilité #VIH #science #biopolitique

  • A Woman Is Cured of H.I.V. Using a Novel Treatment

    She’s the third person ever to be cured. Researchers announced that the new approach holds the potential for curing more people of racially diverse backgrounds.
    https://www.nytimes.com/2022/02/15/health/hiv-cure-cord-blood.html

    The woman, who also had leukemia, received cord blood to treat her cancer. It came from a partially matched donor, instead of the typical practice of finding a bone marrow donor of similar race and ethnicity to the patient’s. She also received blood from a close relative to give her body temporary immune defenses while the transplant took.

    Researchers presented some of the details of the new case on Tuesday at the Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections in Denver, Colo.

    The sex and racial background of the new case mark a significant step forward in developing a cure for H.I.V., the researchers said.

    “The fact that she’s mixed race, and that she’s a woman, that is really important scientifically and really important in terms of the community impact,” said Dr. Steven Deeks, an AIDS expert at the University of California, San Francisco who was not involved in the work.

    #sante #vih

  • SALONS DE MASSAGE-BORDELS : un trafic de femmes vulnérables sur lequel on ferme les yeux
    https://revolutionfeministe.wordpress.com/2021/11/14/salons-de-massage-bordels-un-trafic-de-femmes-vulnera

    INTERVIEW DE FRED ROBERT

    Par Francine Sporenda

    Né en 1971 à Paris, Fred Robert est le co-créateur et porte-parole de Zéromacho. Il est père de trois enfants et ex-mari de deux femmes. C’est Florence Montreynaud qui lui a fait découvrir le féminisme en 2003 et il était auparavant très loin de se douter de l’ensemble des privilèges dont il profitait. Il estime être encore très loin de la déconstruction de sa virilité mais trouve qu’il est essentiel de s’adresser sans attendre à tous les hommes car ils sont le problème et le principal obstacle à l’égalité femmes-hommes.

    #prostitution #esclavage #violophilie #culture_du_viol #masculinité #racisme #sexisme #classisme #violences_masculines #VIH

  • Johnson & Johnson’s HIV vaccine fails first efficacy trial
    https://www.statnews.com/2021/08/31/first-efficacy-trial-of-johnson-johnsons-hiv-vaccine-fails

    Scientists have been trying for decades to develop an HIV vaccine. After a Merck vaccine failed to prove effective in 2007, researchers looked back at the data and found it raised the risk of people developing the disease. Hopes were buoyed by a 2009 study in Thailand, which showed limited but significant efficacy, reducing the rate of infection by about 30%. But last year, an effort combining vaccines from Sanofi and GlaxoSmithKline also failed to prove effective.

    #vaccins #VIH

  • #Développement_humain (2020)

    - L´#indice_de_développement_humain et ses composantes
    – L´évolution de l´indice de développement humain
    – L´indice de développement humain ajusté aux #inégalités
    – L´indice de développement de #genre
    – L´indice d´#inégalités_de_genre
    – Indice de #pauvreté multidimensionnelle : pays en développement
    – Tendances démographiques
    #Santé
    – Niveaux d´#instruction
    #Revenu_national et composition des ressources
    #Travail et #emploi
    #Sécurité_humaine
    #Mobilité humaine et flux de capitaux
    – Qualité du développement humain
    – Inégalités femmes-hommes sur le cycle de vie
    – Autonomisation des #femmes
    #Durabilité_environnementale
    – Viabilité socio-économique

    http://www.cartostat.eu/dr=2020_developpement_humain/F/TABLEAU.html

    #cartothèque #cartes #visualisations #développement_humain
    #ressources_pédagogiques #statistiques #chiffres #monde
    #inégalités #démographie #éducation #mobilité_humaine #dette #tourisme #migrations #téléphone #téléphone_mobile #mortalité_infantile #paludisme #tuberculeuse #VIH #HIV #scolarisation #alphabétisation #PIB #chômage #réfugiés #IDPs #déplacés_internes #suicide #suicides #violence_domestique #violence_conjugale #alimentation #déficit_alimentaire #espérance_de_vie #lits_d'hôpitaux #soins #médecin #PISA #électricité #eau_potable #assainissement #travail_domestique #accouchement #contraception #congé_maternité #combustibles_fossiles #CO2 #émissions_de_CO2 #forêt #engrais #industrie_agro-alimentaire #pollution #pollution_atmosphérique #hygiène #dépenses_militaires #armée #pauvreté

    ping @reka

  • « Dans la première édition de son livre `` Origine du #sida ’’, publiée en 2011, le Dr Pepin concluait que le #VIH avait probablement infecté un chasseur au Cameroun au début du XXe siècle, avant de se propager à Léopoldville, maintenant connue sous le nom de Kinshasa au Congo.
    Dans une version révisée de cette hypothèse il précise que le patient zéro n’était pas un chasseur indigène, mais un soldat affamé de la Première Guerre mondiale obligé de chasser les chimpanzés pour se nourrir, coincé dans la forêt de Moloundou au Cameroun en 1916.
    Dans une interview exclusive avec MailOnline, le professeur Pepin révèle comment le #colonialisme, la #famine et la #prostitution ont contribué à créer l’épidémie de sida en cours. »

    First ever #HIV case was a soldier in World War One who caught the virus while hunting chimps | Daily Mail Online
    https://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-9202531/First-HIV-case-soldier-World-War-One-caught-virus-hunting-chimps.html

    In the acclaimed first edition of his book ’Origin of AIDS’, published in 2011, Dr Pepin concluded HIV likely infected a hunter in Cameroon at the start of the 20th century, before spreading to Léopoldville, now known as Kinshasa in the Congo.

    Now, a revised version of this ’cut hunter’ hypothesis has been published which states the original ’Patient Zero’ was not a native hunter, but instead a starving World War One soldier forced to hunt chimps for food when stuck in the remote forest around Moloundou, Cameroon in 1916 — giving rise to the ’cut soldier’ theory.

    In an exclusive interview with MailOnline, Professor Pepin reveals how colonialism, starvation and prostitution helped create the ongoing AIDS epidemic.

  • L’OMS prévoit l’explosion d’une « super-gonorrhée » due au coronavirus - Sputnik France
    https://fr.sputniknews.com/sante/202012291044997733-loms-prevoit-lexplosion-dune-super-gonorrhee-due-

    L’OMS constate une forte augmentation des cas de gonorrhée favorisée par le #coronavirus suite à l’usage intensif d’antibiotiques. Cette maladie sexuellement transmissible pourrait exploser en 2021.

    Une forme mutante de la gonorrhée résistante aux traitements et résultant de l’usage accru d’antibiotiques pour traiter le coronavirus devrait connaître une forte progression en 2021, prévient l’OMS.

    « L’usage excessif des antibiotiques peut favoriser l’émergence d’une résistance aux antimicrobiens dans la gonorrhée », explique un porte-parole de l’OMS au journal The Sun.

    Et de détailler : « L’azithromycine, un #antibiotique utilisé fréquemment pour traiter les infections respiratoires, a ainsi été utilisée contre le Covid-19 au début de la pandémie ».
    Perturbation des services IST

    Selon l’organisation, pendant la pandémie, les services des infections sexuellement transmissibles (#IST) ont été perturbés et un plus grand nombre de cas d’IST n’ont pas été diagnostiqués correctement et un plus grand nombre de personnes se sont autosoignées.

    « Une telle situation peut alimenter l’émergence d’une résistance dans la #gonorrhée, y compris celle d’une super-gonorrhée dont la résistance aux antibiotiques actuels recommandés pour la traiter sera de très de haut niveau. »

    Une infection facilitant la transmission du VIH

    Les experts de l’OMS recommandent ainsi aux médecins de prescrire moins d’antibiotiques, et de ne le faire qu’en dernier recours. Ils rappellent également la nécessité de se protéger systématiquement lors des rapports sexuels.

    D’autres chercheurs indiquent dans une étude publiée par le Centre américain pour le contrôle et la prévention des maladies que les infections sexuellement transmissibles causées par la bactérie Neisseria gonorrhoeae peuvent faciliter la transmission du virus de l’immunodéficience humaine (#VIH).

  • Couvre-feu : serait-il possible d’avoir un débat collectif sur la manière d’endiguer l’épidémie ?
    https://www.anti-k.org/2020/10/28/couvre-feu-serait-il-possible-davoir-un-debat-collectif-sur-la-maniere-dendi

    2020-10-28 06:00:00 Source Basta ! : Si l’on compare l’épidémie de Covid à celle du #VIH, en quoi diffèrent-elles ? Gabriel Girard [1] : [...] Lire la …

    #MST
    https://i0.wp.com/www.anti-k.org/wp-content/uploads/2020/10/1603871169_Couvre-feu-serait-il-possible-davoir-un-debat-collectif-sur-la.jpg

  • Gambie : la trahison d’Hippocrate
    https://www.justiceinfo.net/fr/commissions-verite/45777-gambie-la-trahison-d-hippocrate.html

    Le docteur Tamsir Mbowe, ancien ministre de la Santé, était un témoin très attendu devant la Commission vérité, réconciliation et réparations, en Gambie. Il a été directeur du programme de traitement du VIH/sida de l’ancien président Yahya Jammeh. Un traitement considéré comme un canular meurtrier par tous les autres témoins. Mbowe a maintenu que le traitement était efficace, sans assumer aucune responsabilité. A-t-il enfreint l’éthique médicale ?

    « Le traitement est vrai », déclare le docteur Tamsir Mbowe, gynécologue et obstétricien formé en Union soviétique, lors de son témoignage devant la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC), en Gambie, le 21 octobre. "Pourquoi une personne a-t-elle une charge virale de 200 millions de copies [sic] et qu’après deux mois de traitement, cela est indétectable (...)

    #Commissions_Vérité

  • VIH & #Banque_mondiale

    Les exigences du #FMI, imposant la restriction des dépenses publiques dans le but de relancer les économies, ont des conséquences graves sur la propagation des épidémies et l’accès aux traitements, tandis que le monopole des firmes pharmaceutiques est rarement remis en question, occasionnant des dépenses absurdes et parfaitement évitables. Malgré les échecs répétés des mesures d’austérité néolibérales et le succès du Portugal, qui a pris la voie opposée, les institutions internationales continuent d’imposer leur carcan, au mépris de la vie des personnes.


    https://vacarme.org/article3193.html

    #VIH #HIV #sida #santé #ViiV_Healthcare #big-pharma #industrie_pharmaceutique #licences_volontaires #médicaments #ajustements_structurels #Argentine #austérité #Roche #La_Roche #Grèce #Portugal #Pfizer #système_de_santé #brevets #médicaments_génériques #sofsbuvir #licence_d'office #évasion_fiscale #pandémie

    • Les effets des politiques d’austérité sur les dépenses et services publics de santé en Europe

      Cet article analyse l’évolution des politiques et des dépenses de santé depuis la grande récession (2008-2009) dans les pays européens. Dans un premier temps, l’article analyse les modalités des réformes et des mesures prises dans le secteur de la santé, en particulier depuis le tournant de l’austérité débuté en 2010, qu’il s’agisse de mesures visant à diminuer directement le volume et le prix des soins au moyen d’une limitation des emplois et des rémunérations dans le secteur de la santé ou à travers des réformes plus « structurelles ». La compression des dépenses publiques de santé a été d’autant plus forte que les mesures ont porté sur le facteur travail. Dans un second temps, l’article documente et analyse l’évolution des dépenses de santé. Si la croissance des dépenses (totales et publiques) de santé a été très peu altérée durant la récession de 2008-2009, une rupture est intervenue dans tous les pays après 2009 (l’Allemagne faisant exception). Certains pays « périphériques » ont connu une baisse des dépenses de santé sans équivalent dans l’histoire contemporaine. L’article conclut sur les limites des politiques d’austérité appliquées au champ de la santé, non pas tant au regard de leurs effets sur le soin ou la situation sanitaire, mais au regard même de leur objectif de réduction des déficits publics. Les travaux montrent que les restrictions opérées dans les dépenses publiques de santé, mais aussi celles en matière d’éducation et de protection sociale, ont des effets récessifs désastreux et s’avèrent inefficaces, ou moins efficaces que des réductions d’autres dépenses publiques.

      https://www.cairn.info/revue-de-l-ires-2017-1-page-17.htm

  • De l’Assurance maladie à l’Assurance santé. A propos des masques et de la prévention en général | francoisberdougo
    https://francoisberdougo.wordpress.com/2020/05/09/de-lassurance-maladie-a-lassurance-sante-a-propos-des-ma

    La question des masques a fait couler beaucoup d’encre, au cours des dernières semaines, que ce soit sur l’approvisionnement, la distribution ou l’accessibilité. L’enjeu des prix a été maintes fois soulevé, face à la culbute qu’ont opéré tantôt les producteurs, qui font face à une demande mondiale sans précédent, ou les distributeurs. De 0,08€ le masque chirurgical, on est passé à un prix plafonné, en France, à 0,95€ ; la grande distribution s’est engagée à pratiquer une vente « à prix coûtant », situant le prix de ces masques entre 0,30€ et 0,60€ pièce. Sur les masques en tissu, la puissance publique ne s’est pas embarrassée de précautions : pas de prix plafond, car cela découragerait « l’innovation ». Refrain bien connu de l’économie de marché, qui n’a jamais démontré sa pertinence, mais passons. D’autant qu’en guise d’innovation, chacun conviendra que des masques fabriqués selon les recommandations de l’AFNOR feront l’affaire : or, ces modèles ne sont couverts par aucun brevet – dont on rappelle que l’objet premier est précisément de rémunérer l’innovation (avec tous les abus que l’on connaît bien en matière de médicaments et autres produits de santé).

    Ainsi, si l’on suit les recommandations (pas plus de 4 heures d’usage), ce sont, au bas mot, deux masques chirurgicaux par jour qu’un individu est censé porter. Calcul fait, il ressort que s’approvisionner en cette denrée devenue désormais aussi rare que précieuse, pourrait faire peser sur une famille une charge financière de 200€ par mois. Ceci conduira les individus à devoir arbitrer entre s’équiper en matériel de prévention d’un agent infectieux particulièrement transmissible/contagieux et d’autres dépenses non moins nécessaires, pour ne pas dire vitales. Rappelons que, en 2020, le salaire médian dans la population française est toujours de 1 750€ net par mois.

    La gratuité devient, dès lors, une question majeure au regard de l’équité, pour ne pas dire de l’égalité de chacun.e devant sa capacité à se protéger – et à protéger les autres, car c’est bien autour de cet objectif que l’usage des masques est promu.

    Lors du débat du projet de loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire, un député a défendu son amendement en faveur de la gratuité de cette phrase toute simple : « La sanction ne peut aller qu’avec la gratuité ».

    Il se trouve de nombreux acteurs sociaux, y compris dans le monde de la santé (publique), pour contester l’importance de la gratuité : cette charge financière pèserait peu sur les individus, chacun.e devrait faire preuve de responsabilité dans la période, on ne devrait pas attendre de l’Etat que tout arrive tout cuit et tout offert… Ces proclamations oublient qu’il ne s’agit pas d’attendre quoi que ce soit de « l’Etat » mais de la société qui s’incarne en lui et dont il n’est censé être que le bras armé. Tous les outils de prévention ne sont pas traités de la même façon, et c’est bien le problème.

    Parmi les recherches biomédicales menées actuellement dans le contexte du Covid-19, outre les diverses modalités de traitement ou un potentiel vaccin, les pistes qui intéressent particulièrement les responsables de santé publique sont celles qui visent à identifier un médicament préventif. Une « prophylaxie pré-exposition » (PreP) à ce nouveau coronavirus, le SARS-CoV-2. Evidemment, un tel outil de prévention changerait la donne pour les personnes les plus exposées et surtout celles à risque de formes graves de l’infection. A l’échelle collective, de même, puisqu’il rendrait moins nécessaires (ou même utiles) les « gestes barrière » et autres masques destinés à protéger ces mêmes personnes. Imaginons qu’une telle molécule (ou plusieurs) soit identifiée – certains imaginent que ce pourrait être le cas d’ici juillet ou septembre 2020 – et alors, il n’y a aucun doute sur le fait qu’elle serait illico remboursée par l’Assurance maladie. Plus encore : s’il était envisagé qu’elle ne le soit pas, cela ferait scandale.

    Suit une comparaison avec les capotes (payantes) et les médocs contre le VIH.

    La prévention, parent pauvre du système de santé français ? Certainement, cela est largement documenté, et cette idée constitue une ligne de force des revendications d’un grand nombre d’acteurs. La liste est longue des stratégies de santé non biomédicales ou non pharmaceutiques qu’il est question de faire reconnaître et admettre au remboursement. Une terminologie s’est même imposée dans le débat public : « thérapeutiques non médicamenteuses » ou « interventions non médicamenteuses », parmi lesquelles on inclut les règles hygiéno-diététiques (régimes diététiques, activité physique et sportive ou règles d’hygiène), les traitements psychologiques ou les thérapeutiques physiques (rééducation, kinésithérapie). Les choses évoluent un peu, par exemple avec l’introduction du « sport sur ordonnance » pour les personnes concernées par une affection de longue durée (ALD), tant l’activité physique a démontré son bénéfice en matière de prévention tertiaire. En matière de santé mentale, on est loin du compte en ce qui concerne la couverture des frais occasionnés par le recours aux professionnel.le.s, dès lors qu’ils/elles ne sont pas médecins… Aujourd’hui, ce sont les mutuelles qui sont le plus en pointe dans le remboursement de ces thérapeutiques ou interventions.

    l’inventeur d’un vaccin sauve des vies là où celui (ou celle, d’ailleurs) qui apprend à se laver les mains ou à se brosser les dents ne fait pas le poids. Rappelons pourtant que parmi les grandes réussites de la santé publique, depuis le 19ème siècle, celles qui ont permis de prolonger la vie ainsi que la vie en bonne santé, on trouve évidemment l’hygiène et l’amélioration des conditions matérielles de vie telles que l’habitat. Aujourd’hui encore, 5 millions d’enfants meurent chaque année de maladies évitables grâce à l’hygiène et à l’approvisionnement en eau potable.

    Le 19 avril dernier, le Président du Conseil scientifique Covid-19 notait, avec une certaine gourmandise, que l’on « allait faire de la médecine, après avoir fait de la santé publique ». Il entendait par là que le temps allait enfin être venu de parler sérieusement molécules, que ce soit en traitement ou en prévention (PreP ou vaccin).

    Discipline déconsidérée et désertée par les futurs médecins, on voit pourtant bien tout l’intérêt d’une santé publique forte (et pas que médicale) dans des périodes comme celle-ci. Or, mener des recherches sur des thématiques comme le lavage des mains ou l’usage des masques, hors de l’hôpital du moins, n’attire que peu de financements et est difficilement valorisable dans une carrière universitaire.

    La crise liée à l’épidémie de Covid-19 nous rappelle pourtant l’importance de ce type de comportements dans la réponse aux problèmes de santé. On le voit, en l’absence de tout agent pharmaceutique efficace, c’est sur des procédés d’hygiène très simples que reposent, d’abord et avant tout, les stratégies destinées à faire barrage au virus.

    #prévention #santé_publique #masques #solution_technique #médecine

  • Corona Chroniques, #Jour33 - davduf.net
    http://www.davduf.net/corona-chroniques-jour33
    http://www.davduf.net/local/cache-gd2/bc/53c57f66aefd3b76972aa63429a47a.jpg?1587208560

    VENDREDI 17 AVRIL 2020 - JOUR 33

    MATIN. A la télévision, le professeur Luc_Montagnier sucre les fraises. Il est chez Pascal Praud, entouré de vieux éditorialistes qui n’ont aucune idée de rien mais un avis sur tout. C’est un naufrage en direct : le Coronavirus, enfant bâtard et de synthèse, du #VIH et du #Covid-19, serait une manipulation d’« apprentis-sorciers ». Le prix Nobel de Santé s’égare, cherche ses ADN et ses mots, il s’en remet à ses titres de gloire passée pour esquiver le déshonneur live ; Praud lui-même semble incrédule, mais vorace d’audimat, et le patron de #Libération, et le second du #Figaro, qui froncent les sourcils, à peine, qui badinent, beaucoup, qui tournent autour du pot — et de la #PostVérité qui dégouline. TV déchéance totale.

    A Washington, même topo, même irresponsabilité calculée. Ça sent l’Anthrax à la Colin Powell, ses petites fioles manipulées en pleine ONU. On pose des questions, on conférencedepresse le doute, et ce laboratoire de virologie, à Wuhan, à quelques encablures du marché au pangolin, hein, une mauvaise manipulation c’est si vite arrivé, on distille la rumeur, sans trop savoir, virus manipulé, virus échappé, démerdez-vous-avec-ça les petits confinés, buzze buzze buzze jolie chauve-souris de l’information noire. Et si c’était ça, le sens de la déclaration de Macron hier (« il y a manifestement des choses qui se sont passées en Chine qu’on ne sait pas ») : une poignée de mains, jeu de vilains, à la rumeur mondiale ? Un second virus, mental, pour ombrager l’autre, le temps que les services d’État trouvent masques et salut ? Une pièce dans la machine à conspirations ?

    Sur Twitter, un graffiti prie, depuis la Bretagne et depuis la raison : « Nous ne reviendrons pas à la Normalité, car la Normalité c’était l’erreur ».

    (Sur Youtube, penser à aller regarder la prestation télévisée des Count 5, « Psychotic Reaction », hymne garage-punk de 1966, meilleure réplique à la normalité normale du monde normal).

  • Être confinée en #hôtel_social ou en #centre_d’hébergement_d’urgence

    La situation actuelle est particulièrement angoissante et inconfortable pour les immigrées précaires, qui vivent en hôtel social ou en #centre_d’hébergement, souvent à plusieurs par chambre, sans un « lieu à soi » où se réfugier. D’autant plus lorsque l’accueil par les associations n’est plus possible.


    Tout ce qui est difficile pour tous devient extrêmement difficile pour les immigrés précaires : la plupart des #associations de solidarité ont dû fermer et, avec elles, l’accès à des repas chauds, des #colis_alimentaires, des lieux de convivialité où poser son fardeau. Bien souvent ces associations étaient les seuls endroits où se nourrir correctement, pour celles et ceux qui n’ont pas de cuisine dans leur lieu de vie, ni d’argent pour acheter de la nourriture.

    À #Saint-Denis, l’association #Ikambere accueille chaque jour, en « temps normal », des #femmes africaines qui vivent avec le #VIH / #Sida et qui trouvent là un lieu de vie, un #repas, des amies, des activités, le #soutien des assistantes sociales pour leurs démarches par rapport au titre de séjour, au logement, etc.

    Depuis le 16 mars, Ikambere a dû fermer ses portes mais tente de continuer à suivre, tant bien que mal, par téléphone et par quelques visites, les femmes les plus précaires, qui vivent en hôtel social ou en centre d’hébergement d’urgence. Bintou Fofana, une des assistantes sociales, que je remercie ici, a partagé avec moi par téléphone ce qui est le plus difficile à vivre pour ces femmes confinées dans ce qui n’est pas un « logement à soi ».

    Une situation incompréhensible

    Les premiers jours, Bintou et ses collègues sont allées voir les femmes dans leur lieu de confinement pour évaluer leur situation, apporter une petite #aide_financière ou des colis de nourriture. Pour ces femmes, le repas pris quotidiennement à Ikambere était bien souvent le seul de la journée. L’accompagnement se poursuit par des appels réguliers. La première difficulté que Bintou relève, c’est l’#incompréhension dans laquelle la situation actuelle plonge ces femmes : la plupart d’entre elles, qui vivent avec une maladie qui fait peur mais ont appris à vivre avec, ne réalisent pas la gravité de l’#épidémie ni ne comprennent ce confinement. Pour elles, il « ne fait pas sens », me dit Bintou.

    Difficile aussi de comprendre les contours des #autorisations de déplacement : l’une d’elles, hébergée dans un hôtel social de #Saint-Ouen, avait l’habitude d’aller faire ses courses dans les épiceries africaines à Château Rouge, dans le quartier de la Goutte d’or à Paris, pour y trouver les produits qu’elle aime cuisiner. Munie de son autorisation, elle se rend faire son marché à Château Rouge, y est contrôlée et reçoit une #amende, qu’elle est bien incapable de payer. Par téléphone, Bintou doit lui expliquer ce que signifie « #commerces_de_proximité ».

    Comprendre cette situation exceptionnelle, mais aussi être bien informé, est difficile : la plupart ont un téléphone portable mais sans forfait internet suffisant. Et même avec un accès internet, il est difficile de savoir s’orienter dans le flot d’informations, et faire la part des choses entre les #rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux et les #informations_officielles.

    Le confinement ajoute de la #précarité à la précarité

    Avec la fermeture des quelques lieux où ces femmes migrantes se retrouvaient en confiance, croît le #sentiment_d’abandon. Même les services de santé, hors Covid-19, sont mis en pause : les rendez-vous de suivi de la maladie #VIH, les #consultations_prénatales pour les #femmes_enceintes sont reportés, accroissant le sentiment d’#abandon.

    Pour ces femmes qui vivent en situation précaire et dans une inquiétude permanente, ne pas comprendre, ne pas savoir, accroît l’#anxiété. Cet arrêt de la société française rajoute de l’angoisse à l’#angoisse, de l’#inconfort à l’inconfort. Vivre à plusieurs dans une chambre, en hôtel social ou en centre d’hébergement, cela est supportable quand on peut passer la journée dehors, rejoindre des lieux que l’on a choisis — comme ce que propose Ikambere —, trouver des petits boulots pour passer le temps et avoir un peu d’argent pour faire quelques courses. Mais, si on ne peut plus sortir, cela devient très vite un lieu d’#enfermement, avec des #risques_psychiques s’il se prolonge. C’est en particulier le cas pour celles et ceux qui sont en situation irrégulière et n’osent plus sortir faire quelques achats, de peur que le contrôle des autorisations de sortie ne se double d’un contrôle des titres de séjour.

    Sans même parler des risques de violence familiale et conjugale amplifiés par le huis-clos, le #suivi_scolaire des enfants par #télétravail est une gageure pour les familles, soit parce que les parents maîtrisent mal la langue française, soit parce qu’ils n’ont pas un accès facile à des ordinateurs et à internet.

    Enfin, à tout cela, s’ajoute aujourd’hui l’angoisse pour les familles restées dans des pays aux systèmes de santé fragiles et confrontés à l’épidémie.

    Des #initiatives_citoyennes

    Comme Ikambere, de nombreuses associations, bien qu’elles aient dû fermer leurs locaux, continuent à maintenir un lien téléphonique et quelques visites : Samu Social, Croix Rouge, Secours Catholique, Secours Populaire, conseils départementaux et régionaux, etc., les initiatives fleurissent pour aider ces plus précaires face au confinement, y compris via la plateforme de la réserve civique.

    Le jeune site Soliguide.fr (https://soliguide.fr) liste les lieux ouverts et les #permanences_téléphoniques pendant le confinement pour les personnes en #grande_précarité, dans 8 départements1 seulement pour le moment, mais il est possible d’y contribuer en indiquant d’autres structures accessibles. Plusieurs sites, comme ceux de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei), la Délégation interministérielle à l’accueil et l’intégration des réfugiés (Diair) ou Santé Publique France, mettent à disposition des versions « en français facile à lire et à comprendre », en diverses langues et avec des pictogrammes de l’attestation dérogatoire de déplacement et d’autres documents d’information sur le Covid-19 (explication du confinement, consignes en cas de maladie…).

    Inclure et rassurer

    Les avis du conseil scientifique Covid-19 prennent régulièrement en compte ces situations spécifiques vécues par les personnes en situation d’immigration et de grande précarité. Espérons que cela se traduise par des mesures concrètes. Dans cette situation de confinement spécialement difficile pour eux, les immigrés vivant dans des conditions précaires doivent, en effet, être protégés et pris en compte dans les programmes nationaux, en particulier en s’assurant de leur accès aux besoins les plus basiques (nourriture, eau et savon pour se laver, puis accès aux tests quand ce sera possible) mais aussi à l’information (internet par wifi gratuit dans tous les lieux collectifs et sociaux, télévision…).

    Les inclure dans les mesures de protection, d’information et d’#accès_aux_soins est indispensable, et ce, quelle que soit leur situation par rapport au titre de séjour. Il est impératif, en effet, que chacun se sente en confiance avec les services publics pendant cette période pour prendre soin de sa #santé et de celle des autres. Cela demande de suspendre temporairement toutes les mesures qui visent à contrôler et expulser ces personnes. Le gouvernement a annoncé un prolongement de 3 mois pour tous les titres de séjour arrivant à échéance à partir du 16 mars. Il faut aller plus loin. En particulier les contrôles policiers pour assurer le confinement ne doivent pas donner lieu à des contrôles d’identité, et les personnes en situation irrégulière doivent être rassurées à ce sujet.

    1↑ Gironde, Loire-Atlantique, Bas-Rhin et Île-de-France.
    Pour aller plus loin

    - Annabel Desgrees du Lou, Ikambere, la maison qui relève les femmes, illustré par Jano Dupont, Les Éditions de l’atelier, 2019 : https://www.helloasso.com/associations/ikambere/evenements/achat-du-livre-ikambere-la-maison-qui-releve-les-femmes
    - Avis du Conseil scientifique, 2 avril 2020 : https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/avis_conseil_scientifique_2_avril_2020.pdf

    http://icmigrations.fr/2020/04/07/defacto-018-03
    #confinement #France #asile #migrations #réfugiés #covid-19 #coronavirus #nourriture #alimentation #violences_conjugales #violences_familiales #sans-papiers

    ping @karine4 @thomas_lacroix

  • #ONU, le #scandale des #abus_sexuels

    De la Centrafrique à New York, une investigation sur les abus sexuels commis par les collaborateurs de l’ONU et l’impuissance de l’organisation à les combattre.

    « Tout ceci est hautement immoral et en totale contradiction avec notre mission. » En 2004, l’ONU et son secrétaire général, Kofi Annan, affrontaient un vaste scandale d’abus sexuels commis par des militaires et des employés de l’organisation en République démocratique du Congo. Dans la foulée, le conseiller Zeid Ra’ad al-Hussein présentait ses préconisations pour éradiquer le fléau et l’impunité qui l’accompagne : mise en place de cours martiales dans les pays où des casques bleus sont déployés et adoption d’une convention internationale permettant à l’ONU d’engager des poursuites pénales contre son personnel civil. Près de quinze ans plus tard, alors que les États membres s’opposent toujours au morcellement de leur compétence juridictionnelle, l’exploitation et les violences sexuelles perdurent sur les terrains d’opération, comme en Centrafrique. Malgré les mesures déployées (création d’un poste de défenseur des droits des victimes, couvre-feux pour éviter les contacts entre la population locale et les employés des Nations unies en dehors des heures de service, travail de sensibilisation et d’éducation…) et la tolérance zéro prônée par l’actuel secrétaire général, António Guterres, près de cinquante nouvelles plaintes ont été enregistrées l’année dernière.

    Victimes oubliées
    Cette enquête recueille la parole de victimes oubliées – non signalées ou abandonnées par l’organisation –, les tentatives d’explication de responsables onusiens et le témoignage effarant du Français Didier Bourguet, seul civil condamné à ce jour, pour deux viols sur mineures, alors qu’il reconnaît avoir eu des rapports sexuels avec au moins une vingtaine d’enfants. Elle pointe ainsi l’intolérable impunité qui prédomine dans la grande majorité des cas.

    https://www.arte.tv/fr/videos/074593-000-A/onu-le-scandale-des-abus-sexuels
    #viols #impunité #pédophilie #pédocriminalité #documentaire #film_documentaire #casques_bleus #RDC #MINUSCA #Didier_Bourguet #plaintes #justice #faille_juridique #République_Centrafricaine #Centrafrique #abus_sexuels #code_blue #viols_sur_mineurs #Régiment_des_Diables_Rouges #casques_bleus_français #Innocence_en_danger (ONG) #tolérance_zéro #Fondation_Femme_Plus #grossesse #MONUSCO

    • Code Blue

      The Code Blue Campaign works to end impunity for sexual abuse by un personnel.


      The UN has a longstanding crisis caused, first, by UN personnel who commit sexual offenses against members of the populations they’re intended to serve and against other UN personnel and, second, by the institution’s response—the policies, procedures, and practices that create and sustain an institutional culture of impunity.

      We have identified three root causes of the UN’s culture of impunity:

      The institution has taken the liberty to manage its crisis internally.

      UN senior managers responsible for responding to and deliberating on individual cases are all rendered non-neutral by the conflicts of interest inherent in their positions: each is simultaneously called upon to represent and defend the best interests of the UN, the rights of the Organization’s accused employees and witnesses, and the rights of claimants.

      UN immunity makes the Organization’s “words and deeds” uniquely impervious to oversight or audit, shielding its functions and functionaries from external scrutiny and effectively negating the freedom of information that is a cornerstone of due process and a necessary precondition to equal justice for all.

      The Code Blue Campaign is concerned with overhauling several UN practices now in place that allow the UN Organization to dismiss and violate claimants’ fundamental rights to due process and neutral justice before the law:

      In addressing claims of “sexual exploitation and abuse” and “sexual harassment and assault” made against UN personnel, UN officials consistently misinterpret, misrepresent, and misapply UN immunity (an important legal protection intended to protect the multilateral work of the world body) to shield individual personnel from accountability and the Organization’s officials from reputational damage.

      The license to manage its sexual abuse crisis internally has evolved in tandem with the linear, largely unplanned growth of the UN system into a sprawling bureaucracy with many dozens of semi-autonomous “entities” that operate in relative isolation with barely monitored and rarely questioned authority accorded the heads.

      This combination of rapid de-centralization and unmonitored, quasi-independence and authority has in turn given rise within the various “entities” to dozens of inharmonious, non-coherent, and often conflicting policies, procedures, and practices for addressing sexual offense claims made against the personnel of those entities.

      The result is a non-system in which claimants and accused UN personnel associated with one entity of the UN Organization are subject to policies and procedures that may bear no resemblance to those followed by other entities of the same UN Organization. The only unifying factors across the system are the root causes of the UN’s culture of impunity for sexual offenses: the internal handling of all cases including those in which crimes beyond the UN’s “jurisdiction” are alleged; the misinterpretation and misapplication of UN immunity; and the inherent conflicts of interest underlying every case.

      The Code Blue Campaign has arrived at these conclusions through years of intense research. We have exposed several cases that illustrate the injustice, the incoherence, the innate and insurmountable conflicts of interest, and the long history of rights violations and abusive treatment by the UN Organization, primarily of victims but also of the accused. We argue that unjust UN policies and practices have, over decades, resulted in a culture of impunity for sexual “misconduct” ranging from breaches of UN rules to grave crimes. This represents a contravention of the UN Charter. Member States must intervene immediately. The General Assembly could end this crisis by divesting the UN Organization of any role in cases of “sexual misconduct,” and delegating the authority instead to an appropriate entity created, staffed by and reporting directly to the Member States, and entirely independent of the Organization.

      Member States have not yet come to the realization that the day of reckoning is approaching. If they do not take the initiative to fully recognize, understand, and solve a problem that has become an attention-getting Achilles heel, the UN’s sexual abuse crisis is likely to reach a pinnacle soon that could hobble the United Nations’ ability and authority to perform any of its functions. The UN could follow in the unenviable footsteps of another enormously powerful, largely secretive global institution whose former heights of moral authority are now universally queried: the Catholic Church.

      http://www.codebluecampaign.com

    • Taking action on sexual exploitation and abuse by peacekeepers: Report of an independent review on sexual exploitation and abuse by international peacekeeping forces in the Central African Republic

      Executive Summary

      I. Introduction

      When peacekeepers exploit the vulnerability of the people they have been sent to protect, it is a fundamental betrayal of trust. When the international community fails to care for the victims or to hold the perpetrators to account, that betrayal is compounded.

      In the spring of 2014, allegations came to light that international troops serving in a peacekeeping mission in the Central African Republic (“CAR”) had sexually abused a number of young children in exchange for food or money (the “Allegations”). The alleged perpetrators were largely from a French military force known as the Sangaris Forces, which were operating as peacekeepers under authorization of the Security Council but not under UN command.

      The manner in which UN agencies responded to the Allegations was seriously flawed. The head of the UN mission in CAR failed to take any action to follow up on the Allegations; he neither asked the Sangaris Forces to institute measures to end the abuses, nor directed that the children be removed to safe housing. He also failed to direct his staff to report the Allegations higher up within the UN. Meanwhile, both UNICEF and UN human rights staff in CAR failed to ensure that the children received adequate medical attention and humanitarian aid, or to take steps to protect other potential victims identified by the children who first raised the Allegations.

      Instead, information about the Allegations was passed from desk to desk, inbox to inbox, across multiple UN offices, with no one willing to take responsibility to address the serious human rights violations. Indeed, even when the French government became aware of the Allegations and requested the cooperation of UN staff in its investigation, these requests were met with resistance and became bogged down in formalities. Staff became overly concerned with whether the Allegations had been improperly “leaked” to French authorities, and focused on protocols rather than action. The welfare of the victims and the accountability of the perpetrators appeared to be an afterthought, if considered at all. Overall, the response of the UN was fragmented and bureaucratic, and failed to satisfy the UN’s core mandate to address human rights violations.

      By examining these failures and recommending reforms to deter future incidents of sexual violence by peacekeepers, this Report provides an opportunity for the UN to chart a new course of action and to undertake meaningful organizational change. If the Secretary-General’s zero tolerance policy is to become a reality, the UN as a whole—including troop contributing countries (“TCCs”)—must recognize that sexual abuse perpetrated by peacekeepers is not a mere disciplinary matter, but a violation of the victims’ fundamental human rights, and in many cases a violation of international humanitarian and criminal law. Regardless of whether the peacekeepers were acting under direct UN command or not, victims must be made the priority.

      In particular, the UN must recognize that sexual violence by peacekeepers triggers its human rights mandate to protect victims, investigate, report and follow up on human rights violations, and to take measures to hold perpetrators accountable. In the absence of concrete action to address wrongdoing by the very persons sent to protect vulnerable populations, the credibility of the UN and the future of peacekeeping operations are in jeopardy.

      https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Independent-Review-Report.pdf

      #rapport

    • Innocence en danger. Mouvement mondial de protection des enfants contre toutes formes de #violences notamment sexuelles.

      Innocence en Danger (IED) est un mouvement mondial de protection des enfants contre toutes formes de violences notamment sexuelles, présent dans une dizaine de pays et partenaire d’associations internationales actives dans la lutte contre la pédocriminalité.

      Le Directeur Général de l’Unesco, Fédérico Mayor, nomme en 1999, Homayra Sellier Présidente du mouvement de protection mondial de l’enfance. Depuis avril 2000, Innocence en Danger (IED) est une association Loi 1901 en France à vocation internationale. Elle est indépendante de tout organisme, déclarée à la préfecture de Paris, à but non lucratif et reconnue d’intérêt général.

      Innocence en Danger regroupe tous les acteurs militants de notre société : spécialistes d’internet, juristes, experts de l’enfance, décideurs des mondes politiques, économiques et médiatiques. Son but est de sensibiliser l’opinion internationale aux fléaux croissants rencontrés par l’enfance, afin de peser sur les décisions des gouvernements.

      Innocence en Danger constitue une force d’action, de sensibilisation, de proposition, d’éducation et d’information auprès des organisations gouvernementales ou non gouvernementales, des instances européennes et internationales, des entreprises, des écoles, des collectivités locales, des groupes de jeunes…

      Innocence en Danger tient le rôle de relais d’informations entre le public et les institutions publiques. Elle accompagne au quotidien les enfants victimes et le(s) parent(s) protecteur(s). Elle est la première et la seule association à avoir mis en place des séjours de résilience.

      https://innocenceendanger.org

      #violence #violences_sexuelles

  • Sida, aux origines d’une épidémie dont la fin est désormais envisageable
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/le-cours-de-lhistoire-emission-du-vendredi-10-janvier-2020

    Le Fonds mondial de lutte contre le sida s’est fixé l’objectif d’éradiquer l’épidémie de #VIH pour 2030. Dix ans pour mettre fin à une pandémie dont il est nécessaire d’étudier les origines pour comprendre sa propagation.

    #sida #histoire #colonisation