• Sortie du nouveau numéro de la revue Carnets de géographes

    Jean-Baptiste Bing
    Géographicité de la #verticalité. [Texte intégral]

    Julien Gingembre
    Le #Sillon_Lorrain : quelle recomposition territoriale dans un espace multipolaire ? [Texte intégral]

    Anthony Goreau-Ponceaud
    #Hindouisme et pratiques spatiales des #Tamouls en Île-de-France [Texte intégral]
    Hinduism and spatial practices of Tamils ​​in Île-de-France

    #France #diaspora

    Stéphanie Lotz-Coll
    La #friche_militaire urbaine, un nouvel espace convoité ? [Texte intégral]

    Chiara Kirschner
    La gestion de l’#incertitude dans l’#itinérance_récréative : le #corps créatif à l’œuvre [Texte intégral]

    Laura Péaud
    Faire discipline : la géographie à la #Société_de_Géographie_de_Paris entre 1800 et 1850 [Texte intégral]

    Florence Orillard, Mathilde Gralepois et Laura Verdelli
    La prévention des #inondations dans les opérations d’aménagement des interfaces ville-port, un levier de #gentrification indirecte ? Le cas du Havre (France) [Texte intégral]
    #risques #Le_Havre #villes_portuaires #ports

    Adrian Foucher
    Du mobile à l’immobile [Texte intégral]
    Récit d’expérience migratoire dans les « #barracks » de #Belgrade
    #migrations #Serbie

    Basile Michel
    Construction de #cartes_mentales synthétiques : mise en avant des #représentations_spatiales collectivement partagées [Texte intégral]
    Le cas des travailleurs créatifs de quartiers urbains centraux de #Nantes et #Marseille

    Chloé Nicolas-Artero
    Une géographe engagée face aux rapports de pouvoir autour de l’#eau : retour réflexif sur les situations d’enquête au #Chili [Texte intégral]

    Camille Rouchi
    Une thèse CIFRE en collectivité territoriale : concilier la recherche et l’action ? [Texte intégral]

    Camille Robert-Boeuf
    Analyser le jardin collectif urbain en géographie : une lecture du #jardinage par les #émotions [Texte intégral]
    #jardins_urbains #jardinage_urbain #agriculture_urbaine

    David Villeneuve
    Enquêter auprès des chrétiens d’#Irak : considérations méthodologiques sur un terrain en « milieu difficile » [Texte intégral]

    https://journals.openedition.org/cdg/1248
    #géographie


  • Vieux-Lille La mairie critiquée après la suppression d’une voie cyclable
    http://www.lavoixdunord.fr/519705/article/2019-01-11/la-mairie-critiquee-apres-la-suppression-de-la-voie-cyclable-de-la-rue-

    La suppression d’une voie cyclable dans le Vieux-Lille, décidée par Martine Aubry au nom de la « sécurité des piétons », a provoqué, sur les réseaux sociaux, quelques remous chez les tenants des mobilités douces.


    Attention, le double sens cyclable rue du Lieutenant Colpin est supprimé à partir du 28 Novembre

    C’est d’abord l’Association droit au vélo qui a apporté son « éclairage » sur l’affaire. L’ADAV qui, alertée très tôt de la disparition du double sens cyclable de la rue du Lieutenant-Colpin, avait demandé des explications à la MEL lors d’une réunion de travail. « Nous avons eu confirmation (…) qu’aucune justification reposant sur des faits avérés n’avait été apportée pour procéder à cette suppression » , déplore l’ADAV. Qui s’interroge : « La raison de la suppression ne serait-elle pas que cette rue dessert la résidence du maire ? »

    Un clou enfoncé dans des termes plus crus sur Twitter par le journaliste Olivier Razemon, spécialiste des mobilités : « Martine Aubry fait supprimer un double sens cyclable parce que son chauffeur, roulant trop vite, a croisé un vélo. »

    Martine Aubry a assumé dans la Voix du Nord avoir pris cette décision, très commentée sur les réseaux sociaux, en la justifiant par la vitesse jugée excessive des cyclistes, http://www.lavoixdunord.fr/517528/article/2019-01-07/la-voie-cyclable-de-la-rue-colpin-disparu-pour-la-securite-des-pietons- et la « sécurité des piétons ».

    « Maire écolo » ou pas
    De quoi entraîner « une situation dangereuse pour les cyclistes », s’insurge, toujours sur Twitter, un père de famille du Vieux-Lille. Il décrit, photos à l’appui, les incivilités subies dans cette rue par les parents d’élèves, dont la circulation sur les trottoirs est fortement perturbée par des voitures en stationnement illicite.

    « La preuve que parler de Lille Capitale verte à chaque discours ne transforme pas en maire écolo  » , a brocardé de son côté l’élu EELV Jérémie Crépel sur le site de microblogging. À quoi le directeur de cabinet de Martine Aubry, Arnaud Deslandes, a répondu en ces termes : « On ne savait pas qu’être écolo, c’était faire passer le vélo avant la sécurité des piétons et des cyclistes eux-mêmes ! »

    Si la suppression, qualifiée après coup par le maire de « suspension », se confirme, l’histoire a désormais toutes les chances de se terminer au tribunal administratif, selon Dominique Plancke, co-porte-parole du groupe EELV de Lille.

     #martine_aubry #pistes_cyclables #Lille #cyclisme #bicyclette #mobilité #transport #transports #vélo #Ville


  • Les dents de la ville : un mobilier urbain anti-social

    Des pans inclinés, des picots, des douches…Ils s’intègrent parfaitement au paysage urbain. Pourtant, ces aménagements symbolisent le rejet des personnes à la rue. La matérialisation d’une violence sociale envers des gens trop souvent jugés « indésirables ». Pour mieux comprendre, écoutez notre documentaire sonore « les dents de la ville ».

    Le 25 décembre 2017, Christian Page, sans-abri de 45 ans tweete : « Salut à tous. Rue de Meaux 75019. Grilles d’air chaud où parfois se posaient les #SDF. Sauf que maintenant voilà. » Son texte est accompagné d’une photographie montrant une bouche d’air chaud entourée de grilles, inaccessible. Relayé plus de 2000 fois, son message pousse la mairie de Paris a retirer le dispositif anti-SDF dès le lendemain. L’homme au bandana rouge devient alors le « SDF le plus médiatisé de France » en dénonçant ce mobilier répulsif sur les réseaux sociaux. En août 2018, après trois ans et demi de vie à la rue, Christian obtient un logement social à Paris, partageant sa joie avec ses followers.

    Une nécessaire adaptation

    Mars 2018, rencontre avec Christian Page, place Sainte-Marthe, un jour de pluie. Il ramène avec lui « quelques copains », vivants à la rue, tout comme lui, pour discuter devant une cantine du Secours catholique. Il nous décrit sa vie à la rue ; l’errance permanente à la recherche d’un « spot » sécurisé, propre et isolé du monde. Face au mobilier urbain anti-social, Christian a dû s’adapter. Dans l’un de ses lieux refuges, où il a entassé plusieurs matelas, il dort sur des galets coulés dans du béton devant un bâtiment. « On s’adapte où on crève », résume-t-il crûment.

    Emmanuel Macron l’avait pourtant promis, en juillet 2017, à l’aube de son mandat présidentiel. « Je ne veux plus, d’ici la fin de l’année, avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus » (NDLR : il a depuis reconnu « son échec »). Pourtant, les politiques publiques et coupes budgétaires mises en oeuvre par le gouvernement inquiètent plus qu’elles ne rassurent les associations et fondations en lutte contre les problèmes de mal-logement en France. Le budget des centres d’hébergement et de réinsertion sociale (44 000 places dans l’Hexagone) va subir une coupe brutale de 57 millions d’euros sur quatre ans, dont 20 millions déjà amputés en 2018. Une décision qui entraîne une importante réduction des services et de l’accompagnement proposés aux personnes les plus précaires.

    « Invisibiliser un problème, plutôt que de le résoudre »

    Autre inquiétude, la hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités, mais aussi la suppression de l’Impôt sur la fortune (ISF), qui a fait chuter les dons aux associations d’au moins 50% l’an passé selon l’organisme France Générosités. Pour rappel, les personnes assujetties à l’ISF pouvaient faire le choix de reverser cet impôt directement à des fondations, profitant par ce biais de la défiscalisation d’une partie de la somme versée. Face à la suppression de cette taxe, l’Institut Pasteur a, par exemple, perdu environ 1,5 millions d’euros de dons cette année. Action contre la faim a essuyé une perte de 60% des volumes de ses dons soit presque 2 millions d’euros. C’est aussi 600 000 euros de moins pour la Fondation Abbé Pierre, avec une chute du montant moyen du don, passant de 1 050 euros l’an dernier, à 650 euros cette année.

    Moins de budget mais toujours plus de demandes

    En février 2018, la mairie de Paris annonçait avoir recensé » près de 3000 sans-abris dans l’espace public parisien ». Il y a quelques jours, ce sont 200 personnes SDF qui ont occupé quelques heures un immeuble vide, pour protester contre le manque de solutions de logement. Pour Yves Collin, directeur de la communication de la Fondation Abbé Pierre, le mobilier urbain anti-social est le symptôme d’un problème de logement « que l’on a pas envie de voir et surtout que l’on a pas envie de traiter ». Grâce à la campagne de communication « #Soyonshumains« , la fondation s’est attachée à recenser ces aménagements offensifs, accentuant un « phénomène de chasse ».

    Circulez, il n’y a rien à voir

    Sophie Rouay-Lambert est urbaniste et sociologue à l’Institut catholique de Paris. Ces « embellissements » anti-SDF cachent généralement « une criminalisation des plus précaires », estime la chercheuse. Ils révèlent aussi notre perception de l’espace public. Au-delà des dispositifs qui découragent l’installation, c’est l’espace public en général qui se mue en « une zone de transit », où il devient inconfortable de stationner. Cette tendance, dont le mobilier n’est finalement qu’un symptôme, estime Sophie Rouay-Lambert, découle d’une privatisation grandissante de l’espace public. Une tendance que dénonce la fondation Abbé Pierre. En 2017, elle dénombrait plus de 216 dispositifs de ce genre recensés à Paris. « Il ne faut pas s’habituer à la misère, il faut apporter des réponses », affirme Christophe Robert, délégué général de l’association. D’après le dernier rapport du collectif Morts de la rue, publié au mois de septembre, plus de 500 personnes SDF décèdent chaque année, faute de prise en charge.

    https://radioparleur.net/2019/01/08/ville-mobilier-urbain-sdf

    #urban_matter #villes #anti-sdf #mobilier_urbain #France #Paris


  • En Italie, des maires s’opposent à la fermeture des États-nations, par Cristina Del Biaggio (@cdb_77)
    https://visionscarto.net/italie-resistances-municipales

    un groupe de municipalités « désobéissantes » qui grossit jour après jour : de Reggio Calabria à Padoue, en passant par Florence, des maires s’opposent au diktat du pouvoir central. Pour une partie des élu·es opposé·es au décret, la contestation passe par la « désobéissance civile » en n’appliquant pas la loi alors que d’autres préfèrent lutter contre par voie législative et judiciaire.

    La carte proposée ci-dessous fait résonner leurs voix, les notes d’une musique qui prône l’accueil, la justice et l’ouverture. Une mélodie qui, espérons-le, suscitera le courage d’autres maires et les incitera à s’unir au chœur.

    #villes #résistance #désobéissance_civile #décret_Salvini #migrations
    #cartographie #umap (merci @ybon !)


  • A #Côme, Noël 2018 comme Noël 2017... l’humanité, c’est fini!

    Como: sequestrati i cartoni ai senzatetto e multe fino a 300 € a chi li aiuta

    Ordinanza a Como: multa a chi offrirà cibo ai clochard

    A Como l’amministrazione locale rischia di strappare al Natale l’aspetto del dono. Un’ordinanza approvata in consiglio comunale, firmata dal sindaco Mario Landriscina, prevede multa e allontanamento per i senzatetto che cercano riparo sotto i portici dell’ex chiesa di San Francesco, in centro. Stessa sorte anche per chi li aiuta, portando loro latte caldo o qualcosa da mangiare.
    Il motivo

    La motivazione che sta dietro all’ordinanza che sta facendo discutere è il decoro urbano, in quanto i senzatetto infastidirebbero il viavai di cittadini e visitatori. L’ordinanza, valida fino al 10 gennaio, oltre le vacanze di Natale, prevede sanzioni da 50 a 300 euro per chiunque porti cibo ai clochard, i quali già sono stati multati e si sono visti sequestrare anche i cartoni dove erano soliti dormire.

    Il sindaco Landriscina così ha difeso l’ordinanza: “È una questione di decoro, ci sono strutture notturne in cui possono alloggiare“. Anche la Caritas, tuttavia, ha chiesto al primo cittadino comasco di fare un passo indietro: “Cerchiamo di far vivere a questi bisognosi un Natale dignitoso”.
    La reazione

    C’è chi ha deciso di reagire alla decisione del Comune. Su Facebook è stato lanciato il ‘Bivacco solidale contro chi affama i poveri’, che si prefigge il seguente obiettivo: “Dobbiamo riscattare la rispettabilità e la reputazione della città ferita dall’ordinanza del sindaco Landriscina checolpisce i poveri impedendo loro non solo di essere nel centro ma addirittura di essere sfamati dai volontari e dalle volontarie che di loro si occupano viste le mancanze e l’incapacità delle istituzioni. Vogliamo che tutti i cittadini di Como si uniscano alla protesta“.
    Il sindaco disponibile a modificare l’ordinanza

    Il sindaco Landriscina, dopo il vespaio di polemiche, si è detto però pronto a rivedere l’ordinanza: “Stiamo già lavorando per studiare dei correttivi all’ordinanza in modo da trovare un equilibrio in situazioni così delicate”.


    https://www.informarexresistere.fr/como-sequestrati-i-cartoni-ai-senzatetto-e-multe-fino-a-300-e-a-

    #it_has_begun (en fait, on devrait dire #it_continues, #no_end) #Côme #SDF #sans-abri #urban_matter #villes #espace_public #anti-pauvres #honte #Italie #amande



  • #Bordeaux, une ville faite pour les hommes  ?

    Un article publié en 2015 et signalé ici https://seenthis.net/messages/718935 par @touti.

    Je remets ici pour mettre en évidence...

    Le géographe #Yves_Raibaud, maître de conférence à Bordeaux-Montaigne, publie un texte argumentatif sur la place des #femmes en ville.

    Yves Raibaud aime les femmes. Disons qu’il ne rechigne pas à sortir la poubelle et à faire la vaisselle en sus. Féministe, donc. Ce géographe, maître de conférences à Bordeaux-Montaigne, est chargé de mission égalité hommes-femmes. Depuis une dizaine d’années, il interroge la ville sous l’angle du genre en se plaçant plus particulièrement… à Bordeaux. La ville où tout le monde rêve de vivre tellement elle est trop tout.

    Yves Raibaud vient de publier aux éditions Belin un petit texte argumentatif, à mettre entre toutes les mains viriles : « La Ville faite par et pour les hommes ». Alors, Bordeaux aime-t-elle les femmes  ? Sourire gêné. « Observer la ville sous cet angle très clivant oblige à tout compter. Tout. Ce #livre est le résumé d’une étude scientifique, avec chiffres, entretiens et statistiques, commence-t-il en se mordant les lèvres. La sentence est sans appel : Bordeaux préfère les hommes. 90 % des #noms_de_rues sont des noms d’hommes, eux qui, par essence, aiment laisser leur trace. Les graffeurs sont des hommes. Seuls les hommes pissent dans la rue, marquent leur territoire, car depuis l’enfance ils savent qu’ils ont la #légitimité de l’#espace_public. »

    #Équipements_sportifs

    Les chercheurs d’Yves Raibaud ont étudié les infrastructures de loisirs en ville, qui sont conçues et utilisées par des hommes à 90 %. « Les #skate-parks à 90 % et les #city-stades à 100 %. À un plus grand niveau, l’infrastructure majeure est le nouveau #stade. 5 % des utilisateurs sont des femmes. Un équipement visant 40 000 femmes n’a jamais encore vu le jour. »

    Voilà une première salve, qui calme. Mais, après tout, il n’y a pas que le sport dans la vie, qu’en est-il des autres espaces de la ville  ? « Pas mieux. On voit que les femmes ne sortent le soir, par exemple, que grâce à des stratégies. Toutes. Les hommes non. Elles calculent comment prendre le moins de risques possible. Elles calculent leur allure : ni trop vite, pour éviter de montrer qu’elles ont peur, ni trop lentement pour éviter de laisser croire qu’elles cherchent, et surtout elles ne stationnent pas. Stationner signifie clairement tapiner. Les étudiantes, par exemple, évitent le tram tard, car il faut attendre aux arrêts et, là, elles sont sûres de se faire embêter. »

    Ah, mais il reste le #vélo. Fidèle destrier désormais entré dans les mœurs urbaines. Moue du géographe. « Moins de 40 % des cyclistes bordelais sont des femmes. En plus, elles décrochent dès le second enfant, ne circulent pas la #nuit et rarement quand il pleut. Lorsqu’on observe les bonnes pratiques conseillées par la ville, on mesure qu’elles sont toutes faites pour les hommes. Et par les hommes. Souvent, ce sont les femmes qui font les courses en ayant récupéré les enfants à l’école, à vélo… pas évident. »

    Donc, il reste du chemin à faire à Bordeaux pour qu’elle dégote un énième label, celui de la ville où les femmes aiment vivre. « Je vais vous dire un secret bien gardé, ironise l’universitaire. Les hommes construisent une ville faite pour eux, la ville heureuse l’est pour les hommes. L’#entre-soi_masculin nie toutes les problématiques féminines. En creux, l’honnête femme ne sort pas le soir, elle garde les enfants. » Ouch.

    https://www.sudouest.fr/2015/09/08/la-ville-qui-fait-male-2117485-2780.php
    #villes #géographie_urbaine #genre #géographie_féministe #féminisme #uriner #pisser #toponymie #sport #mobilité #transport_public

    Le livre « La ville faite par et pour les hommes » déjà signalé ici :


    https://seenthis.net/messages/736428


  • Fires in the Void : The Need for Migrant Solidarity

    For most, Barcelona’s immigrant detention center is a difficult place to find. Tucked away in the Zona Franca logistics and industrial area, just beyond the Montjuïc Cemetery, it is shrouded in an alien stillness. It may be the quietest place in the city on a Saturday afternoon, but it is not a contemplative quiet. It is a no-one-can-hear-you-scream quiet.

    The area is often described as a perfect example of what anthropologist Marc Augé calls a non-place: neither relational nor historical, nor concerned with identity. Yet this opaque institution is situated in the economic motor of the city, next to the port, the airport, the public transportation company, the wholesale market that provides most of the city’s produce and the printing plant for Spain’s most widely read newspaper. The detention center is a void in the heart of a sovereign body.

    Alik Manukyan died in this void. On the morning of December 3, 2013, officers found the 32-year-old Armenian dead in his isolation cell, hanged using his own shoelaces. Police claimed that Manukyan was a “violent” and “conflictive” person who caused trouble with his cellmates. This account of his alleged suicide was contradicted, however, by three detainees. They claimed Alik had had a confrontation with some officers, who then entered the cell, assaulted him and forced him into isolation. They heard Alik scream and wail all through the night. Two of these witnesses were deported before the case made it to court. An “undetectable technical error” prevented the judge from viewing any surveillance footage.

    The void extends beyond the detention center. In 2013, nearly a decade after moving to Spain, a young Senegalese man named #Alpha_Pam died of tuberculosis. When he went to a hospital for treatment, Pam was denied medical attention because his papers were not in order. His case was a clear example of the apartheid logic underlying a 2012 decree by Mariano Rajoy’s right-wing government, which excluded undocumented people from Spain’s once-universal public health care system. As a result, the country’s hospitals went from being places of universal care to spaces of systematic neglect. The science of healing, warped by nationalist politics.

    Not that science had not played a role in perpetuating the void before. In 2007, during the Socialist government of José Luis Rodríguez Zapatero, #Osamuyi_Aikpitanyi died during a deportation flight after being gagged and restrained by police escorts. The medical experts who investigated Aikpitanyi’s death concluded that the Nigerian man had died due to a series of factors they called “a vicious spiral”. There was an increase in catecholamine, a neurotransmitter related to stress, fear, panic and flight instincts. This was compounded by a lack of oxygen due to the flight altitude and, possibly, the gag. Ultimately, these experts could not determine what percentage of the death had been directly caused by the gag, and the police were fined 600 euros for the non-criminal offense of “light negligence”.

    The Romans had a term for lives like these, lives that vanish in the void. That term was #homo_sacer, the “sacred man”, who one could kill without being found guilty of murder. An obscure figure from archaic law revived by the philosopher #Giorgio_Agamben, it was used to incorporate human life, stripped of personhood, into the juridical order. Around this figure, a state of exception was produced, in which power could be exercised in its crudest form, opaque and unaccountable. For Agamben, this is the unspoken ground upon which modern sovereignty stands. Perhaps the best example of it is the mass grave that the Mediterranean has become.

    Organized Hypocrisy

    Its name suggests that the Mediterranean was once the world’s center. Today it is its deadliest divide. According to the International Organization for Migration, over 9,000 people died trying to cross the sea between January 1, 2014 and July 5, 2018. A conservative estimate, perhaps. The UN Refugee Agency estimates that the number of people found dead or missing during this period is closer to 17,000.

    Concern for the situation peaks when spectacular images make the horror unavoidable. A crisis mentality takes over, and politicians make sweeping gestures with a solemn sense of urgency. One such gesture was made after nearly 400 people died en route to Lampedusa in October 2013. The Italian government responded by launching Operation #Mare_Nostrum, a search-and-rescue program led by the country’s navy and coast guard. It cost €11 million per month, deploying 34 warships and about 900 sailors per working day. Over 150,000 people were rescued by the operation in one year.

    Despite its cost, Mare Nostrum was initially supported by much of the Italian public. It was less popular, however, with other European member states, who accused the mission of encouraging “illegal” migration by making it less deadly. Within a year, Europe’s refusal to share the responsibility had produced a substantial degree of discontent in Italy. In October 2014, Mare Nostrum was scrapped and replaced by #Triton, an operation led by the European border agency #Frontex.

    With a third of Mare Nostrum’s budget, Triton was oriented not towards protecting lives but towards surveillance and border control. As a result, the deadliest incidents in the region’s history occurred less than half a year into the operation. Between April 13 and April 19, 2015, over one thousand people drowned in the waters abandoned by European search and rescue efforts. Once again, the images produced a public outcry. Once again, European leaders shed crocodile tears for the dead.

    Instead of strengthening search and rescue efforts, the EU increased Frontex’s budget and complemented Triton with #Operation_Sophia, a military effort to disrupt the networks of so-called “smugglers”. #Eugenio_Cusumano, an assistant professor of international relations at the University of Leiden, has written extensively on the consequences of this approach, which he describes as “organized hypocrisy”. In an article for the Cambridge Review of International Affairs (https://journals.sagepub.com/doi/10.1177/0010836718780175), Cusumano shows how the shortage of search and rescue assets caused by the termination of Mare Nostrum led non-governmental organizations to become the main source of these activities off the Libyan shore. Between 2014 and 2017, NGOs aided over 100,000 people.

    Their efforts have been admirable. Yet the precariousness of their resources and their dependence on private donors mean that NGOs have neither the power nor the capacity to provide aid on the scale required to prevent thousands of deaths at the border. To make matters worse, for the last several months governments have been targeting NGOs and individual activists as smugglers or human traffickers, criminalizing their solidarity. It is hardly surprising, then, that the border has become even deadlier in recent years. According to the UN Refugee Agency, although the number of attempted crossings has fallen over 80 percent from its peak in 2015, the percentage of people who have died or vanished has quadrupled.

    It is not my intention, with the litany of deaths described here, to simply name some of the people killed by Europe’s border regime. What I hope to have done instead is show the scale of the void at its heart and give a sense of its ruthlessness and verticality. There is a tendency to refer to this void as a gap, as a space beyond the reach of European institutions, the European gaze or European epistemologies. If this were true, the void could be filled by simply extending Europe’s reach, by producing new concepts, mapping new terrains, building new institutions.

    But, in fact, Europe has been treating the void as a site of production all along. As political theorist #Sandro_Mezzadra writes, the border is the method through which the sovereign machine of governmentality was built. Its construction must be sabotaged, subverted and disrupted at every level.

    A Crisis of Solidarity

    When the ultranationalist Italian interior minister Matteo Salvini refused to allow the MV #Aquarius to dock in June 2018, he was applauded by an alarmingly large number of Italians. Many blamed his racism and that of the Italians for putting over 600 lives at risk, including those of 123 unaccompanied minors, eleven young children and seven pregnant women.

    Certainly, the willingness to make a political point by sacrificing hundreds of migrant lives confirms that racism. But another part of what made Salvini’s gesture so horrifying was that, presumably, many of those who had once celebrated increasing search and rescue efforts now supported the opposite. Meanwhile, many of the same European politicians who had refused to share Italy’s responsibilities five years earlier were now expressing moral outrage over Salvini’s lack of solidarity.

    Once again, the crisis mode of European border politics was activated. Once again, European politicians and media talked about a “migrant crisis”, about “flows” of people causing unprecedented “pressure” on the southern border. But attempted crossings were at their lowest level in years, a fact that led many migration scholars to claim this was not a “migrant crisis”, but a crisis of solidarity. In this sense, Italy’s shift reflects the nature of the problem. By leaving it up to individual member states, the EU has made responding to the deaths at the border a matter of national conviction. When international solidarity is absent, national self-interest takes over.

    Fortunately, Spain’s freshly sworn-in Socialist Party government granted the Aquarius permission to dock in the Port of #Valencia. This happened only after Mayor Ada Colau of Barcelona, a self-declared “City of Refuge”, pressured Spanish President Pedro Sánchez by publicly offering to receive the ship at the Port of Barcelona. Party politics being as they are, Sánchez authorized a port where his party’s relationship with the governing left-wing platform was less conflictive than in Barcelona.

    The media celebrated Sánchez’s authorization as an example of moral virtue. Yet it would not have happened if solidarity with refugees had not been considered politically profitable by institutional actors. In Spain’s highly fractured political arena, younger left-wing parties and the Catalan independence movement are constantly pressuring a weakened Socialist Party to prove their progressive credentials. Meanwhile, tireless mobilization by social movements has made welcoming refugees a matter of common sense and basic human decency.

    The best known example of this mobilization was the massive protest that took place in February 2017, when 150,000 people took to the streets of Barcelona to demand that Mariano Rajoy’s government take in more refugees and migrants. It is likely because of actions like these that, according to the June 2018 Eurobarometer, over 80 percent of people in Spain believe the country should help those fleeing disaster.

    Yet even where the situation might be more favorable to bottom-up pressure, those in power will not only limit the degree to which demands are met, but actively distort those demands. The February 2017 protest is a good example. Though it also called for the abolition of detention centers, racial profiling and Spain’s racist immigration law, the march is best remembered for the single demand of welcoming refugees.

    The adoption of this demand by the Socialist Party was predictably cynical. After authorizing the Aquarius, President Sánchez used his momentarily boosted credibility to present, alongside Emmanuel Macron, a “progressive” European alternative to Salvini’s closed border. It involved creating detention centers all over the continent, with the excuse of determining people’s documentation status. Gears turn in the sovereign machine of governmentality. The void expands.

    Today the border is a sprawling, parasitic entity linking governments, private companies and supranational institutions. It is not enough for NGOs to rescue refugees, when their efforts can be turned into spot-mopping for the state. It is not enough for social movements to pressure national governments to change their policies, when individual demands can be distorted to mean anything. It is not enough for cities to declare themselves places of refuge, when they can be compelled to enforce racist laws. It is not enough for political parties to take power, when they can be conditioned by private interests, the media and public opinion polls.

    To overcome these limitations, we must understand borders as highly vertical transnational constructions. Dismantling those constructions will require organization, confrontation, direct action, sabotage and, above all, that borderless praxis of mutual aid and solidarity known as internationalism. If we truly hope to abolish the border, we must start fires in the void.

    https://roarmag.org/magazine/migrant-solidarity-fires-in-the-void
    #solidarité #frontières #migrations #réfugiés #asile #détention_administrative #rétention #Barcelone #non-lieu #Espagne #mourir_en_détention_administrative #mort #décès #mourir_en_rétention #Alik_Manukyan #renvois #expulsions #vie_nue #Méditerranée #hypocrisie #hypocrisie_organisée #ONG #sauvetage #sabotage #nationalisme #crise #villes-refuge #Valence #internationalisme #ouverture_des_frontières #action_directe

    signalé par @isskein



  • Pacé (Ille-et-Vilaine) : des voix s’élèvent contre le projet de centre commercial Valérie Chopin - 20 Décembre 2018 - France 3 Régions
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/pace-voix-s-elevent-contre-projet-centre-commercial-159

    Après cinq recours en justice, le Conseil d’État a levé le dernier obstacle qui s’opposait à la construction centre commercial « Open Sky » à Pacé. Mais le complexe de 40 000 mètres carrés est pointé du doigt par les écologistes qui dénoncent une perte de terres agricoles. Une pétition circule.

    C’est un projet de centre commercial qui fait beaucoup parler, depuis des années. 40 000 mètres carrés et 1 400 places de parking. La future zone commerciale de Pacé devrait sortir de terre pour 2020. 

    Après cinq recours en justice, le Conseil d’État vient de donner son feu vert. Une décision qui réjouit Rennes Métropole, propriétaire des terrains, pour qui le projet est justifié notamment parce qu’il ne date pas d’hier : "Cela fait une dizaine d’années déjà qu’on a repéré qu’il n’y avait pas d’offre à l’ouest du pays rennais, explique André Crocq, Vice-Président Rennes Métropole à la planification urbaine.

    https://www.youtube.com/watch?v=-m3YLTMDTpE

    « Un projet inutile et néfaste »
    Le centre commercial s’étendra sur dix hectares, le long de la Nationale 12. Objectif : implanter 35 magasins et 5 restaurants mais pas de boutiques de meubles ni d’alimentaire afin de ne pas concurrencer les commerces déjà sur place. 

    Les écologistes dénoncent un projet inutile et néfaste pour l’environnement. "C’est une aberration parce que l’on va consommer dix hectares de terres agricoles ! se révolte Loïc Le Hir, Porte-parole Europe-Écologie-Les Verts Rennes sud et ouest. 

    Le maire de Pacé, lui, parle d’une obligation pour accueillir la population toujours croissante de sa commune. « Il y a un certain nombre de dispositions qui ont été prises, rassure Paul Kerdraon, Maire de Pacé. Notamment celle d’économiser l’espace et de placer l’essentiel des places de parking en souterrain. » 950 places de stationnement seront donc enterrées, sous le futur centre commercial devrait créer plus de 300 emplois.

    Une pétition contre le projet
    Emballement climatique, épuisement des ressources, rupture irréversible d’équilibres biologiques vitaux... Les opposants à ce projet ne manquent pas d’arguments. S’appuyant sur les prévisions des scientifiques sont de plus en plus alarmantes, ils dénoncent les risques encourrus par « Open Sky ».

    « Mise en danger du commerce de proximité au profit de grandes enseignes et de promoteurs immobiliers, menace générée par ces grandes zones commerciales périphériques sur la vitalité des centres-villes, quartiers et bourgs environnants, les risques pour l’emploi existant... » Une pétition https://www.change.org/p/non-%C3%A0-l-extension-du-centre-commercial-de-pac%C3%A9 a déjà récolté sur internet plus de 2 500 signatures.

    #urbanisme #maires #élus_locaux #corruption #centres_commerciaux #france #accaparement_des_terres #terres_agricoles #commerce #centre_commercial #grande_distribution #villes #immobilier #immobilier_commercial #destruction


  • [Urgent] Venez empêcher l’expulsion de l’Amassada le 20 décembre ! (Aveyron)
    https://grenoble.indymedia.org/2018-12-19-Urgent-Venez-empecher-l-expulsion

    Expulsion de l’Amassada prévu demain matin 20 décembre. Venez dès a présent avec vos duvets ou soyez attentifs à vos téléphones demain à la première heure. Faites tourner ce message sur vos réseaux. Pour plus d’information sur la lutte de l’Amassada contre l’implantion d’un transformateur de 400.000 volts qui permettra l’installation d’un miller d’éoliennes industrielles dans la région : (...)

    #Articles

    / Logement / Squats, Ville / Environnement, Révoltes / Luttes sociales, #Autres_infos

    #Logement_/_Squats #Ville_/_Environnement #Révoltes_/_Luttes_sociales
    https://douze.noblogs.org


  • Comment des villes « hyper connectées » contrôlent l’espace public
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/12/19/au-nom-de-la-smart-city-des-villes-sous-surveillance_5399527_3234.html

    Ni fantasme ni science-fiction : ces dispositifs sont très exactement ceux que des villes françaises commencent à expérimenter sous le nom générique de « safe city » (la ville sûre), avatar en uniforme de la « smart city », la « ville hyper connectée ». « La sécurité est, avec la mobilité, le pilier le plus réaliste de la smart city, estime Marc Darmon, directeur général adjoint du groupe Thales. Il y a un marché porteur pour ces technologies, par la conjonction de l’urbanisation, de la numérisation et de risques qui s’aggravent. »
    Un mouvement de fond

    De Nice à Valenciennes (Nord), de Marseille à la Défense ou à Nîmes, de plus en plus de collectivités se laissent tenter par des plates-formes numériques organisées autour des outils de surveillance et de contrôle de l’espace public.

    Un mouvement de fond, en phase avec de puissants intérêts industriels et porté par des subventions publiques, qui prospère dans un certain flou juridique et inquiète les associations de défense des libertés publiques. Construits autour d’une vidéoprotection dernier cri, dopée à l’intelligence artificielle, aux algorithmes et au « big data », ces dispositifs ont l’avantage de rendre bien concret l’un des rêves fondateurs de la smart city : la gestion centralisée de la ville depuis un poste unique de commandement.

    Mais dans ce schéma, les outils de surveillance occupent une place à part. Au point de faire de la sécurité la première priorité. « La vidéoprotection n’est qu’une partie de la smart city, mais c’est peut-être la plus importante, car elle donne une vision instantanée du territoire : c’est le cœur et le poumon de la ville, c’est un outil qui sert à la gestion ordinaire de l’espace urbain », assume Bernard Serafino, responsable de la sécurité au cabinet du maire de Nîmes.
    « Big data de la tranquillité publique »

    La préfecture du Gard a déployé, avec Engie Ineo, un système de vidéosurveillance intelligente à l’échelle des quinze communes de l’agglomération : 600 caméras, reliées à un centre de supervision high-tech, qui permettent de gérer l’espace urbain et de rechercher et de suivre un individu ou un véhicule d’un bout à l’autre de l’agglomération.

    La ville de Marseille, de son côté, se fait fort depuis le printemps de mettre en place un « big data de la tranquillité publique » grâce aux technologies de Engie Ineo et à une plate-forme de données Oracle, un dispositif censé être opérationnel début 2019. « La safe city est la première brique de la smart city, c’est un outil d’aide à la décision pour la collectivité », décrit Caroline Pozmentier, l’adjointe au maire chargée de la sécurité publique.

    « Une logique de surveillance massive »

    Dans ce contexte, les plates-formes safe city « made in France » sont cofinancées par la Banque publique d’investissement (Bpifrance), subventionnées par les collectivités et encouragées par le Comité de la filière industrielle de sécurité (Cofis), placé sous la tutelle du premier ministre Edouard Philippe.

    « C’est important pour les villes de se dire qu’il y a des acteurs français sur ces sujets clés : notre droit est plus contraignant que celui de la Chine ou des Etats-Unis sur la gestion des données », estime Nathalie Allegret, chez Engie Ineo.

    Françaises ou non, ces technologies soulèvent quelques inquiétudes. « La safe city, c’est la prolifération d’outils issus du milieu du renseignement, dans une logique de surveillance massive, d’identification des signaux faibles, des comportements suspects », dénonce Félix Tréguer, un responsable marseillais de l’association La Quadrature du Net. « Ces outils permettront un contrôle social très sophistiqué quand leur potentiel sera optimisé, estime-t-il. Nous ne trouvons pas rassurant que la police municipale devienne le service de renseignement de l’espace public urbain et de son double numérique. »

    « Améliorer les secours, la circulation, c’est légitime, mais la généralisation de la vidéosurveillance nous inquiète, et scruter les réseaux sociaux, ce n’est pas le rôle d’un maire ! Sans aucun garde-fou, un outil pareil ne peut pas faire preuve de la neutralité indispensable, redoute Henri Busquet, de la Ligue des droits de l’homme à Nice. C’est potentiellement un outil de destruction politique, qui fait courir un risque particulier aux opposants, aux journalistes… »

    La tentation du contrôle social

    L’inquiétude est d’autant plus vive que certains élus ne cachent pas vouloir repousser les limites du cadre légal. « On pourrait faire beaucoup mieux, estime M. Estrosi, qui s’est plusieurs fois heurté à la CNIL. Ce qui nous limite, c’est la loi, notamment la loi Informatique et libertés de 1978. Je demande à ce que le législateur fasse évoluer les textes, au rythme où évolue la société. Je dispose du logiciel qui permettrait dès demain matin d’appliquer la reconnaissance faciale et d’identifier des individus fichés où qu’ils se trouvent dans la ville… Pourquoi se l’interdire ? Est-ce qu’on veut prendre le risque de voir des gens mourir au nom des libertés individuelles, alors qu’on a les technologies qui permettraient de l’éviter ? »

    #Capitalisme_surveillance #Videosurveillance #Smart_city #Safe_city

    • Imaginez : depuis la salle de commande d’un centre municipal de #supervision, vous contrôlez toute votre #ville. Sur un mur d’écrans, vous suivez les individus au comportement « anormal », vous vérifiez les objets abandonnés, vous repérez une altercation dans la rue, sans oublier de surveiller les tramways bondés, de garder un œil sur la crue de la rivière… Pas besoin de chercher au hasard : l’#intelligence_artificielle vous montre, parmi les images filmées par des centaines de caméras haute définition à vision nocturne, uniquement ce que vous devez voir.
      Mieux : vous recevez en direct les #vidéos d’attroupements suspects ou de véhicules gênants envoyées depuis leur smartphone par vos administrés, et un algorithme scanne les réseaux sociaux pour anticiper d’éventuels rassemblements à risques.

      D’un simple geste sur un terminal numérique mobile – audacieusement baptisé « tablette d’hypervision » –, vous ouvrez ou fermez les bornes d’accès au centre-ville piéton, vous maîtrisez l’entrée des bâtiments publics, vous modifiez les feux de circulation, vous intensifiez l’éclairage d’une rue. Un bruit suspect retentit ? Les caméras de la zone se tournent d’elles-mêmes vers son origine. Sur la carte numérique de la ville, toutes les équipes – #police, secours, services techniques – sont géolocalisées, vous pouvez les envoyer sur place au plus vite en cas de besoin…

      #sécuritaire #sécurité


  • Le déclin inéluctable des grandes surfaces _ Alexandre Mirlicourtois - 17 Décembre 2018 - XERFI Canal
    https://www.xerficanal.com/economie/emission/Alexandre-Mirlicourtois-Le-declin-ineluctable-des-grandes-surfaces_37466

    Conséquence sur le commerce du mouvement des gilets jaunes, le e-commerce a fait un nouveau bond en avant. A l’opposé, c’est la chute pour la grande distribution, plus précisément pour les hypers et les supermarchés en région situés en périphérie des petites villes ou des villes moyennes. Ce destin croisé, c’est l’image à peine déformante d’une tendance de fond : les hypers et les supermarchés ne sont plus totalement en phase avec les attentes des consommateurs, les technologies et de ce qu’est devenue la concurrence.

    https://www.youtube.com/watch?v=T6pUo7bQuCc


    
De prime abord cela ne se voit pas dans l’évolution du nombre de magasins : à plus de 8 400 unités, jamais le maillage du territoire n’a été aussi dense, avec un parc en hausse de 19% sur un peu moins de 10 ans. Autant dire que la majorité des Français dispose d’une, ou plusieurs, grandes surfaces à proximité de leur lieu de vie. Le nombre de m² a suivi, en hausse de près de 20% sur la période pour un total approchant les 20 millions de m², un record. Cette bonne santé apparente de l’offre n’est pourtant rien d’autre que le symptôme d’une lutte sans merci aux parts de marché, une fuite en avant avec à la clé un recul du chiffre d’affaires par magasin, une érosion de la rentabilité et finalement un affaiblissement général. Il faut d’abord partir de ce constat : la demande traditionnelle adressée à la grande distribution s’épuise structurellement.

    
En partant de la répartition du chiffre d’affaires des grandes surfaces, il est possible de calculer un « proxy » de la demande qui leur est adressée en partant de l’évolution de la consommation des ménages par grands postes. Très forte au milieu des années 60, date de l’apparition des premiers hypermarchés, elle reste vigoureuse au cours des années 70 même si elle perd en intensité. Après une parenthèse ente 2000 et 2008, la tendance est à nouveau au ralentissement. Ce n’est pas une surprise, c’est en partie la loi d’Engel qui joue et qui veut que la part de revenu consacrée à l’alimentaire diminue au fur et à mesure que le niveau de vie s’élève. C’est vrai pour l’alimentaire (cœur de métier des grandes surfaces) et par extension de toute une série de biens dits « inférieurs » qui correspondent aux besoins indispensables à la vie courante comme l’habillement Il y a ensuite l’impact du passage du primo équipement à celui du renouvellement dans l’électroménager et l’électronique grand public.

    
Enfin, la pression démographique liée à l’évolution même de la population française s’est réduite au fil du temps. A cet affaiblissement de la demande s’ajoutent des évolutions sociétales. La réduction de la taille des ménages, des familles rend moins nécessaire d’effectuer de « grosses courses ». Les interrogations du consommateur sur la qualité des produits alimentaires, notamment vendus en grande surfaces, sont également un frein même si sondages après sondages, c’est bien le prix qui reste de loin le principal déterminant du choix dans l’alimentaire. En plus de l’affaiblissement de leur demande, les grandes surfaces vont subir une double attaque, principalement dans le non-alimentaire.

    
Au début des années 2000, c’est la montée de la concurrence des réseaux spécialisés et pour la première fois depuis 40 ans de conquête, les supers et hypers perdent des parts de marchés, près de deux points de cédés entre 1999 et 2005. Puis, c’est à partir de 2010 le boum du e-commerce avec l’arrivée de concurrents, des pure players qui ne cessent de prendre de l’importance. D’abord cantonné au non-alimentaire, l’offensive sur l’alimentaire est en marche. Finalement, c’est le cœur même du business model qui est remis en question. Ce modèle repose d’abord sur une consommation de masse en accélération. Même si les marges sont réduites, les volumes sont là. Ce n’est plus le cas. C’est ensuite le jeu des décalages financiers entre délais de paiement fournisseurs, longs, et des clients qui paient cash et donc l’apparition d’une ressource en fond de roulement dont le rendement dépend de l’évolution des taux d’intérêt. Or concernant, les délais de paiement, l’un des objectifs de loi de modernisation sur l’économie de 2008 a été de les raccourcir. Quant aux taux d’intérêt, ils sont nuls ou presque depuis plus de 5 ans.

    
Et enfin, c’est une implantation en périphérie, où le coût du foncier est faible, alors même que les citadins, en quête d’immédiateté privilégient de plus en plus les achats de proximité. Bref, harcelé de tous les côtés, le concept originel de tout le monde et de toutes choses sous le même toit de l’hyper et supermarché va continuer de s’épuiser.

     #consommation #grande_distribution #hypermarché #supermarché #hypermarchés #alimentation #auchan #carrefour #Casino #Intermarché #Leclerc #monoprix #géant #lidl #aldi #mulliez #économie #France #pollution #exploitation #pauvreté #e-commerce #ecommerce #commerce #capitalisme #villes #drive

    • . . . . .
      Côté pile, l’hypermarché demeure le circuit le plus fréquenté : 91 % des Français s’y rendent (vs 83 % pour le super, 68 % pour les SDMP ou encore 39 % pour la proximité). Côté face, le trafic est en baisse régulière. 2018 ne fait que le confirmer. Seuls échappent au marasme les « petits hypers » de moins de 5 000 m2 dont la fréquentation mesurée par Nielsen progresse de 0,4 %.

      Pour les plus grandes unités, la chute du trafic est violente : – 2,6 % en moyenne pour les hypers de plus de 11 000 m2. Les plus grandes surfaces sont à la fois victimes du désamour des clients pour les magasins XXL, du transfert du off-line vers le on-line pour le non-alimentaire mais également de l’agressivité des supermarchés, à la fois par le choix alimentaire (souvent proche des hypers) et les prix (Intermarché est par exemple 4 à 5 % moins cher qu’Auchan).

      Conséquence : 2018 va se solder par une baisse des ventes en hypers. De janvier à octobre, selon Nielsen, le chiffre d’affaires tous produits est en recul de 1,6 % dans les grandes unités. Comme il s’agit d’évolution à magasins globalement comparables, l’effet sur la rentabilité sera violent. Auchan et Carrefour seraient ainsi sur leur étiage historique.

      Pire : 2019 ne fera qu’empirer la situation. . . . . .

      Source : https://www.olivierdauvers.fr/2018/12/18/deja-malade-lhyper-sera-la-1ere-victime-des-ega

    • Le commentaire de PJULIEN, sur l’article d’Olivier Dauvers, bonne description des conditions de travail dans la grande distribution.

      Et c’est reparti ! En voilà une nouvelle couche ! la grand’messe française de l’hyper malade !
      Toujours les mêmes mots pour illustrer les mêmes maux !
      Argument Question 1 : A qui appartiennent à 95 % les Hypers en France !
      Réponse 1 : Aux grands distributeurs français ayant de “grosse société” = Carrefour, Auchan, Casino, les petites sociétés propriétaires d’hypers sont marginales –

      Argument Question 2 :
      Quelles sociétés parlent tout le temps de #Digital ?
      Quelles sociétés ont le plus de personnels salariés qui ont plus de 45 ans en age et plus de 10 Ans d’ancienneté ?
      Quelles sociétés ont le plus de contraintes sociales avec des syndicats bien Organisés ?
      Réponse Argument 2 : Les Mémes = Carrefour, Auchan, Casino …

      Conclusion :
      Quelles société gémissent depuis 8 Ans en “déshabillant” les Hypermarchés les rendant à la limite de l’impopularité, en stressant continuellement le personnel, en ne communicant plus en proximité, et en se “foutant” du Client avec de Grands concepts novateurs sans intérêt pour la masse de clientèle ( = des bornes, écrans digitaux qui n’intéressent et ne sont utilisés que par 0,2 Client sur 100 ?

      — les mémes = Carrefour, Auchan, Casino qui n’ont pas eu d’autres idées pour se “débarrasser” de salariés qu’ils jugent “vieillissants” donc plus performants …

      NON les Hypers ne sont pas malades, juste contaminés par une “élite perverse” contaminée par une certaine nullité qui squatte la France et qui suivant certains gilets jaunes risqueraient forts la guillotine avec les futurs Hypers IKEA, GRAND FRAIS, LECLERC, dont les plus grands magasins ne sont pas malades et deviendront vite hypers….

      Ces gens M Dauvers n’ont rien découverts, rien inventés, méme le plus basique = “Quand on veut abattre son chien on lui donne la gale” c’est très basique et très …. courant chez les “héritiers” incompétents –

      Quand à EGA elle ne ruinera en rien les Hypers (sauf pour les pervers !) car en lieu et place de promotions devenues “vulgaires et communes” il suffit de remettre l’Hyper en Ambiance de vente, par le soucis de la Proximité, du Plaisir Shopping, et par l’ingéniosité-événement commercial = juste une solution de communication !
      Pour faire simple rendre à l’Hyper son attractivité en fonction de son environnement et de sa cible Humaine ….

      Cordialement,
      PJULIEN / Consultant Expert GD depuis 40 Ans -


  • La “ville intelligente de la surveillance” de Google fait face à une nouvelle résistance à Toronto. Par Ava Kofman
    Traduction Les Crises - 17 Décembre 2018

    La ville la PLUS ambitieuse du monde, connue sous le nom de #Quayside, à Toronto, fait l’objet de vives critiques de la part du public depuis l’automne dernier, lorsque le projet de construire un quartier « à partir d’Internet » a été révélé pour la première fois. Quayside représente un effort conjoint de l’agence gouvernementale canadienne Waterfront Toronto et Sidewalk Labs, qui appartient à la société mère de #Google, Alphabet Inc. pour développer 12 acres [environ 4.9 ha, NdT] du précieux front de mer juste au sud-est du centre-ville de Toronto.


    Illustration : Soohee Cho/The Intercept, Getty Images
    Fidèle à la rhétorique utopique qui alimente le développement de tant d’infrastructures numériques, Sidewalk Labs a présenté Quayside comme la solution à tout, de l’engorgement des routes et la hausse du prix des maisons à la pollution environnementale. La proposition pour Quayside comprend un système centralisé de gestion de l’identité, grâce auquel « chaque résident accède aux services publics » tels que les cartes de bibliothèque et les soins de santé. Un candidat à un poste chez Sidewalk Labs de Toronto a été choqué lorsqu’on lui a demandé, lors d’une entrevue, d’imaginer comment, dans une ville intelligente, « voter pourrait être différent à l’avenir ».

    D’autres projets relativement pittoresques incluent des voitures sans conducteur, des espaces « mixtes » qui changent en fonction des demandes du marché, des rues chauffées et un « tri des déchets avec capteurs ». L’objectif final de l’investissement estimé à un milliard de dollars de Sidewalk Labs est d’amener ces innovations à grande échelle – d’abord à plus de 800 acres [environ 32.4 ha, NdT] sur le front de mer est de la ville, puis à l’échelle mondiale. « L’idée de Sidewalk Labs est née de l’enthousiasme des fondateurs de Google à l’idée de “tout ce que vous pourriez faire si quelqu’un nous donnait une ville et nous en confiait la responsabilité” », explique Eric Schmidt, ancien président exécutif de Google, lorsque Quayside a été annoncé.

    Dès le début, des militants, des chercheurs en technologie et certains représentants du gouvernement se sont montrés sceptiques à l’idée de confier à Google, ou à l’une de ses sociétés sœurs, la responsabilité d’une ville. Leurs réticences quant à la transformation d’une partie de Toronto en banc d’essai d’entreprise ont été suscités, dans un premier temps, par l’histoire de Google alliant pratiques commerciales non éthiques et collecte subreptice de données. Elles ont depuis été confirmées par le processus de développement secret et antidémocratique de Quayside, qui a pâti d’un manque de participation publique – ce qu’un critique a appelé « une expérience colonisatrice du capitalisme de surveillance visant à démolir d’importantes questions urbaines, civiles et politiques ». Au cours des derniers mois, une série de démissions importantes de membres importants du conseil consultatif, ainsi qu’une résistance organisée des résidents préoccupés, ont contribué à la réaction de plus en plus vive du public contre le projet.

    Il y a quelques semaines, Ann Cavoukian, l’une des plus grandes expertes en protection de la vie privée au Canada et ancienne commissaire à la protection de la vie privée de l’Ontario, a été le dernier intervenant à démissionner du projet. Cavoukian a été nommée par Sidewalk Toronto (comme on désigne la collaboration entre Waterfront Toronto et Google-sibling Sidewalk Labs) à titre de consultante pour aider à mettre en place un cadre proactif pour « privacy by design » [protection de la vie privée dès la conception d’un projet, NdT]. On lui a d’abord dit que toutes les données recueillies auprès des résidents seraient supprimées et rendues non identifiables. Cavoukian a toutefois appris le mois dernier que des tiers seraient en mesure d’accéder aux informations identifiables recueillies à Quayside. « J’ai imaginé la création d’une ville intelligente de la protection de la vie privée, par opposition à une ville intelligente de la surveillance », a écrit Cavoukian dans sa lettre de démission. Ses préoccupations faisaient écho à celles des résidents qui ont depuis longtemps souligné les répercussions sur la vie privée du transfert des rues à l’aspirateur de données le plus rentable du monde.

    En réponse aux questions de The Intercept au sujet de la démission de Cavoukian, un porte-parole de Sidewalk Labs a déclaré : « Sidewalk Labs s’est engagé à mettre en œuvre, en tant qu’entreprise, les principes de confidentialité dès la conception. Bien que cette question soit réglée, la question de savoir si d’autres entreprises impliquées dans le projet Quayside seraient tenues de le faire est peu susceptible d’être réglée bientôt, et pourrait ne pas être du ressort de Sidewalk Labs. »

    Maintenant, dans le but de devancer le développement de Quayside avant qu’il ne soit trop tard, une coalition d’experts et de résidents a lancé un Forum ouvert des villes intelligentes de Toronto. Selon Bianca Wylie, cofondatrice de #Tech_Reset Canada et l’une des principales organisatrices de l’opposition à Sidewalk Toronto, le groupe représente le plus récent et le plus important effort des Torontois pour commencer à tenir ce genre d’échanges publics, de séances de formation et de débats qui auraient dû avoir lieu l’an dernier, lorsque ce projet a été annoncé. « Le processus que Sidewalk Toronto a lancé a été si antidémocratique que la seule façon d’y participer est d’être proactif dans le cadrage de la question », poursuit Wylie.

    Le Toronto Open Smart Cities Forum prend les devants dans la lutte locale contre la marchandisation des données de sa ville. La lutte du groupe est une lutte que les habitants des villes du monde entier ont suivie de près. Même ceux qui n’ont jamais mis les pieds au #Canada pourraient bientôt être assujettis aux produits, normes et techniques produits par Sidewalk Toronto, par le simple fait qu’ils utilisent les services de Google qui couvrent la planète. « Il ne s’agit pas seulement de vendre des données », dit Wylie. « Il s’agit aussi de savoir comment ces données sont utilisées avec d’autres types de données dans d’autres systèmes. Vous pouvez déplacer beaucoup d’informations dans #Alphabet sans avoir à les vendre, et nous devons en parler ». En d’autres termes, la capacité de Toronto de freiner l’affilié de Google a des répercussions non seulement pour les Canadiens, mais aussi pour l’avenir de ceux qui contrôlent notre vie civique.


    Image conceptuelle de Sidewalk Toronto. Image : Sidewalk Toronto

    Une ville de la surveillance
    Les controverses en cours à propos de Sidewalk Toronto pourraient être le dernier signal d’alarme pour les villes qui envisagent de céder des espaces publics à de grandes entreprises de technologie. La décision de Cavoukian de démissionner ne représente que la démission la plus récente d’une série de départs que Wylie a qualifiés de « bulldozer continu des parties intéressées ». En plus de Cavoukian, un membre du conseil de Waterfront Toronto et deux conseillers numériques de Waterfront Toronto ont également démissionné au cours des cinq derniers mois. Trois autres conseillers numériques ont également menacé de démissionner à moins que des changements majeurs ne soient apportés au processus de préparation du projet.

    En prévision d’une presse défavorable, Sidewalk Labs a alloué 11 millions de dollars de son budget initial de 50 millions de dollars à un poste « communications/engagement/et relations publiques ». Il s’agit d’une stratégie visant à renforcer l’influence des personnes influentes « afin d’assurer le soutien du plan directeur pour l’innovation et le développement parmi les principaux intervenants à Toronto ». La semaine dernière, iPolitics a signalé que Sidewalk Labs a commencé à faire du lobbying auprès d’au moins 19 ministères fédéraux, dont le cabinet du premier ministre, Environnement et changements climatiques Canada, l’Agence de santé publique du Canada et le Conseil du Trésor et autres. Les réunions ont toutes eu lieu quelques jours après la démission de Cavoukian, l’ancienne commissaire à la protection de la vie privée de l’Ontario.

    Mais jusqu’à présent, le projet a perdu des alliés plus rapidement qu’il n’en a gagné. Lorsque Saadia Muzaffar, une éminente technologue et fondatrice de TechGirls Canada, a démissionné du comité consultatif sur la stratégie numérique de Waterfront Toronto en octobre, c’était en partie à cause du « mépris flagrant du partenariat pour les préoccupations des résidents à l’égard des données et des infrastructures numériques ». Dans sa lettre de démission virale, Mme Muzaffar a critiqué le processus de négociation malhonnête de Sidewalk Toronto : « Il n’y a rien d’innovateur dans la construction de la ville qui prive insidieusement ses résidents de leurs droits et qui vole aux budgets publics des revenus précieux ou qui engage des fonds publics limités dans l’entretien continu de la technologie dont les dirigeants municipaux n’ont même pas déclaré avoir besoin. »

    Si les autres projets mondiaux de Google peuvent donner une quelconque indication, l’entreprise de Sidewalk Lab au Canada pourrait s’inspirer du modèle de la Silicon Valley qui consiste à offrir des services gratuits en échange du droit à une collecte de données pratiquement illimitée. Des bornes LinkNYC et InLinkUK associées à Sidewalk Labs ont déjà été installées à New York et à Londres. Les kiosques – qui comprennent trois caméras, 30 capteurs et des balises Bluetooth – regroupent des données anonymisées à des fins publicitaires en échange de services Wi-Fi gratuits fournis aux passants.

    Étant donné qu’il n’y a pas de véritable façon de se retirer de l’espace public, les Torontois se demandent à quoi ressemblerait un accord judicieux. Dans le cas de Quayside, les termes de tout accord ne couvriraient pas seulement le Wi-Fi mais pourraient également s’étendre aux services gouvernementaux de base. Julie Di Lorenzo, une promotrice immobilière qui a quitté le conseil d’administration de Waterfront en juillet, a expliqué à l’AP [Associated Press] que les questions qu’elle avait posées au sujet des résidents qui pourraient ne pas consentir au partage des données étaient restées sans réponse. Elle voulait savoir si ceux qui n’avaient pas opté pour la ville se feraient dire qu’ils ne pouvaient pas y vivre. « C’est une chose d’installer volontairement Alexa chez soi », a écrit le journaliste torontois Brian Barth. « C’en est une autre quand l’infrastructure publique – rues, ponts, parcs et places – est, pour ainsi dire, Alexa. »

    À ces préoccupations s’ajoute le fait que Sidewalk Labs a demandé à des consultants locaux potentiels de lui remettre la totalité de leur propriété intellectuelle, selon une récente enquête du Globe and Mail. Comme Jim Balsillie, l’ancien PDG de Blackberry, l’a récemment souligné dans un éditorial, Waterfront Toronto n’a pas réglé la question de la propriété intellectuelle et des données dans son dernier protocole, ce qui signifie qu’elle reviendrait à Sidewalk Labs par défaut, lui octroyant un avantage commercial brut. En effet, dans une annonce faite l’an dernier, M. Schmidt est même allé jusqu’à remercier les contribuables canadiens d’avoir créé une partie de la technologie clé de l’intelligence artificielle Alphabet, dont l’entreprise possède maintenant la propriété intellectuelle. M. Balsillie a fait remarquer que ce qui se passe à Toronto aura des répercussions profondes et permanentes sur les droits numériques et la prospérité de tous les Canadiens parce que la PI [propriété intellectuelle] et les données – les ressources extractives les plus précieuses de notre siècle – s’étendent de façon continue. C’est pourquoi les intervenants actuels et anciens de Waterfront Toronto ont demandé que le public bénéficie des avantages financiers du projet, soulignant que la plus grande ville du Canada ne devrait pas être simplement considérée comme le laboratoire urbain d’une entreprise américaine.

    Le porte-parole de Sidewalk Labs a déclaré que « la relation de l’entreprise avec ses entrepreneurs n’a aucune incidence sur ses ententes avec Waterfront Toronto, y compris son engagement à l’égard du processus établi dans la PDA [Plan Development Agreement, accord signé par Waterfront Toronto et Sidewalks Labs, NdT], qui indique qu’à l’avenir, Waterfront Toronto pourrait avoir des droits sur certaines PI de Sidewalk Labs. Évidemment, si Sidewalk Labs n’est pas propriétaire de la PI créée par le processus de préparation, elle n’aura pas le pouvoir de partager ou de transmettre cette PI à Waterfront Toronto ou à quiconque. »

    Pourtant, jusqu’à récemment, Sidewalk Labs refusait de dire à qui appartiendraient les données produites par les visiteurs, les travailleurs et les résidents de Quayside dans ce qu’elle appelle « la communauté la plus tangible au monde ». L’entreprise n’avait pas non plus clarifié, malgré les questions pointues posées lors des assemblées publiques, si et comment l’information provenant des capteurs des bancs des parcs, des feux de circulation et des bennes à ordures serait monétisée. (L’écrivain Evgeny Morozov a résumé la stratégie de Google comme suit : « Maintenant, tout est permis – à moins que quelqu’un ne se plaigne »).

    Dans un semblant de réponse à la pression croissante du public contre le projet, Sidewalk Labs a récemment publié sa première proposition pour la gestion numérique des données collectées. Le plus important de ces plans était la suggestion que toutes les données soient placées dans une « fiducie de données civiques ». Sur le blog de l’entreprise, Alyssa Harvey Dawson, responsable de la gestion des données chez Sidewalk Labs, explique qu’avec la création proposée d’une fiducie de données civiques, personne n’aurait « le droit de posséder les informations recueillies dans l’environnement physique de #Quayside – y compris Sidewalk Labs ». Cela représenterait, écrit-elle, « une nouvelle norme d’utilisation responsable des données qui protège la vie privée et l’intérêt public tout en permettant aux entreprises, aux chercheurs, aux innovateurs, aux gouvernements et aux organisations civiques d’améliorer la vie urbaine grâce aux données urbaines ».

    Selon les experts qui ont suivi le projet de près, les détails sur la façon dont cette fiducie pourrait être mise en œuvre sont vagues et parfois contradictoires. D’une part, la proposition stipule que Sidewalk Labs n’aurait aucun accès préférentiel aux données recueillies. D’autre part, comme le souligne Sean McDonald, « la fiducie proposée accorderait des licences pour la collecte et l’utilisation de données – et plus les données sont sensibles, plus elles seraient confidentielles ». Il y a aussi la question de savoir dans quelle mesure certaines données seraient anonymes et si cet #anonymat serait réversible lorsqu’il s’agit de partager des informations avec les services de maintien de l’ordre public. Certains résidents s’opposent à ce que Sidewalk Labs soit impliqué dans cette proposition de gestion des données. « C’est comme si Uber proposait des règlements sur le covoiturage, ou si Airbnb disait au conseil municipal comment gérer les locations à court terme. Par définition, il y a conflit d’intérêts », écrit Nabeel Ahmed, spécialiste des #villes_intelligentes et membre du Toronto Open #Smart_Cities Forum.

    Une partie de la mission du nouveau #Toronto Open Smart Cities Forum est de faire en sorte que le débat public ne porte plus sur les derniers détails des modalités proposées par l’entreprise, mais plutôt sur la question de savoir si le projet devrait aller de l’avant, sous quelle que condition que ce soit. Cette conversation, souligne Wylie, devrait avoir lieu entre les résidents et le gouvernement ; #Sidewalk Labs ne devrait pas être la seule voix qui fixe les conditions et fait avancer le programme. « Nous devons affirmer clairement et sans ambiguïté que cette infrastructure est publique », a dit M. Wylie. « En mars vous pouvez dire : “Ces #données ne sont pas recueillies”, mais en juillet, elles sont mises à jour pour faire autre chose. Cette infrastructure crée une surveillance plausible tant que vous gardez toujours la porte ouverte à ce qui est possible. »

    Source : The Intercept, Ava Kofman, 13-11-2018
    Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.


  • GRENOBLE, LABORATOIRE DE L’ENSAUVAGEMENT ?

    Pour qui n’a aucune idée de ce que signifie « la gauche au pouvoir », cet article constitue un document précieux. Au travers d’une radiographie historique et politique de la #ville_de_Grenoble, les auteurs analysent parfaitement les manoeuvres de la préfecture et de la mairie (pourtant censée se situer à gauche de la gauche) pour mater le potentiel subversif de la cité alpine. On y apprend comment l’ancien maire, #Carignon, pourtant fieffé corrompu, pourrait prétendre à un nouveau mandat ou encore comment la #mairie, en partie sous pression de la #préfecture et de certains habitants, a très vite repris à son compte la #rhétorique_sécuritaire...de ce même Carignon. Bonne lecture.

    https://lundi.am/GRENOBLE-LABORATOIRE-DE-L-ENSAUVAGEMENT
    #Grenoble #gauche #Piolle #sécurité #Chicago


  • Chine : Shanghai teste le modèle des « villes éponges »
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/chine-shanghai-teste-le-modele-des-villes-eponges-801020.html


    Les rues sont construites avec des matériaux perméables et les terres-pleins centraux sont transformés en jardin pluviaux
    Crédits : DR

    Face au risque de montée du niveau de la mer, la mégalopole côtière innove sur la prévention des inondations.

    S’inspirer de la nature pour corriger les effets pervers des constructions humaines. C’est la voie empruntée par le gouvernement chinois afin de faire face au danger des inondations urbaines, aggravé par le réchauffement climatique comme par l’artificialisation des sols. Depuis 2015, il a lancé le programme « #villes_éponges », visant à promouvoir le développement d’alternatives écologiques aux systèmes traditionnels de prévention des inondations - fondés sur les seuls réseaux d’assainissement. Initialement limité à 16 villes, le programme en comprend désormais 30, dont Shanghai.

    Dans la ville la plus peuplée de Chine, particulièrement exposée au danger de la montée des eaux en raison de sa position côtière, le modèle de « #ville_éponge » est notamment testé dans le quartier de Lingang (dit aussi Nanhui), rapporte The Guardian. Les rues y sont construites avec des matériaux perméables, permettant à l’eau de pénétrer dans le sol. Les terres-pleins centraux, remplis de plantes, y sont transformés en jardins pluviaux. Une multiplication de parcs, un lac artificiel, des toitures végétalisées ou équipées de réservoirs complètent le dispositif.


  • Mouvement lycéen : une cartographie inédite, Mattea Battaglia et Camille Stromboni
    https://www.lemonde.fr/education/article/2018/12/13/mouvement-lyceen-une-cartographie-inedite_5396741_1473685.html

    L’effervescence, partie de la province et des petites villes, ne se structure pas selon les schémas traditionnels de mobilisation de la #jeunesse. On parle d’un réveil des enfants des « #gilets_jaunes ».

    Les enseignants l’admettent volontiers : la mobilisation lycéenne qui s’est déployée dans le sillage des « gilets jaunes » les a pris de court. Pas seulement par la contagion rapide d’une académie à l’autre – jusqu’à 470 #lycées ont été perturbés sur 4 000 au total, dont 2 500 publics. Pas seulement par son installation dans la durée (deux semaines de #blocages) ou par ses excès de violence localisés [et ses #violences_policières généralisées, ndc] , d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) à Orléans (Loiret) en passant par Blagnac (Haute-Garonne) ou Mantes-la-Jolie (Yvelines).

    Ce qui interpelle les observateurs de ce mouvement de jeunesse, qu’ils soient sociologues, proviseurs ou chercheurs, c’est bien sa géographie, alors qu’une nouvelle journée de #mobilisation s’annonce ce vendredi. Quelques exemples suffisent à dessiner ses contours inédits. A Paris, les grands lycées de l’Est – ceux du cours de Vincennes dans le 20e arrondissement notamment – n’ont pas joué le rôle moteur qu’ils endossent habituellement, contre la loi travail, la loi Fillon, le lycée Darcos, le contrat première embauche (CPE)… A Rouen, les chemins empruntés par les lycéens sont eux aussi venus rebattre la carte habituelle des mobilisations : plutôt que des établissements « bourgeois » de la rive droite, les premiers défilés sont partis des lycées plus populaires, de la rive gauche.

    Les « enfants des “gilets jaunes” » ?

    Les autres exemples avancés se résument, souvent, aux noms de villes de taille moyenne qui, jour après jour, ont vu leur jeunesse faire les gros titres de la presse locale : à Digne-les-Bains, chef-lieu des Alpes-de-Haute-Provence, un millier de lycéens sont descendus dans la rue. A Cambrai (Nord), ils étaient 600 à manifester. A Dijon, en Côte-d’Or, on en a recensé 200 devant le rectorat…

    Est-ce une mobilisation des « enfants des “gilets jaunes” » ? Le réveil d’une frange de la jeunesse qui partage, avec ses parents, des fins de mois difficiles et un sentiment de déclassement ? C’est l’une des grilles d’analyse retenues. « Sur les ronds-points s’observe une cohésion intergénérationnelle, défend Michelle Zancarini-Fournel, historienne. On voit des #jeunes rejoindre des #retraités, c’est suffisamment rare pour être souligné. »

    Nous l’avons vérifié dans plusieurs académies – dont Lille, Montpellier et Marseille – en épluchant la presse quotidienne régionale, en sollicitant les rectorats, mais aussi, au cas par cas, les personnels des établissements bloqués.

    Dans l’académie de Lille, aux côtés des élèves lillois – ceux du lycée international Montebello, bloqué à répétition –, la jeunesse de Denain et de Liévin a, elle aussi, donné de la voix, parfois en endossant un gilet jaune, alors que le mouvement débutait à peine, le 30 novembre. Les lycéens de Cambrai, de Coudekerque-Branche, ou, dans le Pas-de-Calais, de Lens ou d’Oignies ont ensuite rejoint le mouvement, au fil de plusieurs journées de mobilisation nationale – lundi 3 décembre, jeudi 6, vendredi 7 ou encore le « mardi noir » du 11 décembre. « Se font entendre des territoires périurbains souvent très défavorisés, qui peinent à se relever de la crise de l’industrie, constate un universitaire lillois qui a souhaité garder l’anonymat [? ndc]. C’est relativement inédit. »

    « Deux logiques se superposent »

    On assiste à une possible « inversion des déclencheurs du mouvement », avance l’historien Claude Lelièvre : « L’effervescence n’est pas à Paris. Elle est en province et dans les petites #villes, ce qui ne veut pas dire qu’elle est périphérique », souligne-t-il.

    Autour de Montpellier, parmi les premiers établissements mobilisés, se sont illustrés un #lycée_d’enseignement_professionnel agricole à Frontignan (Hérault) et un centre de #formation des #apprentis à Rodilhan (Gard). Devant ce CFA, le 5 décembre, une quarantaine d’#élèves ont installé un « barrage filtrant » en soutien aux « gilets jaunes ». Dans la foulée, plusieurs établissements nîmois se sont mobilisés. Le 7, le mouvement s’étendait, dans l’Hérault, à Montpellier, Lodève, Lunel, Agde, Sète…

    Face aux débordements, la rectrice, Béatrice Gilles – anciennement en poste à Créteil – a appelé les #lycéens au calme. « Ce sont des zones très pauvres, très désocialisées que l’on voit s’animer, confirme l’universitaire montpelliérain Yann Bisiou. Pendant ce temps-là, certains grands lycées de Montpellier ne bougent pas. »

    Il y a, depuis Mai 68, une forme de régularité dans la construction des mouvements de jeunesse qui semble aujourd’hui s’infléchir, abonde l’enseignant-chercheur Vincent Troger. « Un mouvement se déclenche toujours soit contre une réforme éducative, soit pour rejoindre une contestation sociale, explique-t-il. Dans le cas présent, les deux logiques se superposent. L’originalité est aussi là. » A Nantes, où il enseigne, Vincent Troger a ainsi le sentiment que plusieurs « lycées de la périphérie », contrairement aux mobilisations antérieures, ont joué le rôle de « moteurs ».

    « L’étincelle est partie des #filières technologiques [cf. la lutte contre le contrat d’insertion professionnel (CIP) qui prévoyait en 1994 un salaire égal à 80 % du salaire de référence pour le spas insérés", jeunes, ndc] »

    A Béziers (Hérault), Bruno Modica, professeur d’histoire, constate que la « vague » s’est élancée des lycées professionnels et polyvalents avant de gagner le centre-ville. « Ce sont les enfants des villages périphériques de Béziers qui se font entendre, dit-il, et pas les jeunes politisés ou les casseurs professionnels. »

    Des casseurs, on a pu en voir à l’œuvre dans les académies de Créteil, Versailles et Toulouse notamment, là où l’institution a comptabilisé le plus de blocages ayant dégénéré. « Que les établissements de banlieue autour de moi se mobilisent, en soi, ça ne me surprend pas, confie un enseignant d’Aubervilliers, lui-même mobilisé. Mais à ce point-là, c’est du jamais-vu en éducation prioritaire depuis une dizaine d’années. »
    Au sein même des lycées, c’est sur le profil des jeunes engagés qu’insiste Stéphane Rio, enseignant d’histoire à Marseille. « L’étincelle est partie des filières technologiques, de manière rapide et éruptive », témoigne-t-il. Ce professeur dit avoir d’abord vu sur les blocus des jeunes peu politisés, parlant autant d’eux que de leurs parents. Des adolescents qui n’ont pas toujours les codes des « bons élèves », ne réclament pas d’« AG », ne veulent pas nécessairement rejoindre les défilés. « Ils prônent le blocage pur et simple, observe-t-il, pour tenir le lycée comme on tient un rond-point. »

    A la tête d’un lycée de Liévin (Pas-de-Calais), devant lequel une centaine de jeunes se sont relayés durant huit jours, ce proviseur ne dit pas autre chose : « Ce ne sont pas nos jeunes intellos qui sont en première ligne », lâche-t-il.

    « Une crainte commune »

    Dans l’académie de Marseille, où les débordements ont poussé à la fermeture préventive d’au moins cinq établissements, la jeunesse s’est d’abord illustrée à Martigues avant de battre le pavé dans la cité phocéenne, Aix, Gardanne, etc.

    Ici comme ailleurs, disent les syndicalistes, il semble qu’un tournant ait été pris dans le sillage des interpellations de Mantes-la-Jolie (Yvelines) et des images des 151 jeunes agenouillés, les mains sur la tête, qui ont inondé les réseaux sociaux le 6 décembre.

    Depuis, à écouter les enseignants, le mot d’ordre « proprement lycéens » résonne plus haut. « Les jeunesses se sont unies, reprend Stéphane Rio, pour dire leur crainte commune : que les réformes en cours – celles du lycée, du bac, de Parcoursup – accroissent des inégalités dont ils seront les premières victimes. »
    « Le bac ne sera plus le même selon les établissements », martèlent-ils d’un blocage à l’autre. Et la sélection à l’entrée de l’université les laissera « sur le carreau ».

    Ça sent quand même ce 68 que j’ai pas vécu, la libération de la parole et la prise de parti, la découverte de ce que les singularités créent de collectif si la situation s’y prête. Ça rappelle ces belles manifs qui comme l’ouvrier marche d’atelier en atelier dans et contre l’usine lycéens et collégiens manifestaient d’un établissement scolaire à l’autre, du technique au général ; ça rappelle La horde d’or, ce moment de la fin des ’60 où ceux qui étaient confinés aux formations techniques et professionnelles ont été mêlés aux étudiants, entrainant un bordel général qui a mis en cause toutes les fonctions productives
    #scolarisés
    http://ordadoro.info/?q=content/«-un-poignard-dans-le-cœur-de-la-ville-capitaliste-»

    • Lycéens et étudiants rejoignent les « gilets jaunes » dans le rejet de la Macronie, Violaine Morin

      « Qui ne saute pas est macroniste ! » Sur le quai de la ligne 4, à la station de métro Châtelet à Paris, un groupe de lycéens survoltés bondit comme un seul homme. On croise quelques élèves de Charlemagne, un établissement du 4e arrondissement, souvent « en pointe » dans les contestations lycéennes. Direction la place Saint-Michel, où quelques groupes peignent des banderoles étalées sur le sol en attendant midi, l’heure du rassemblement à l’appel de trois syndicats, l’Union nationale lycéenne (UNL), la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL) et le Syndicat général des lycéens (SGL).

      La bouche de métro déverse, à intervalles réguliers, des grappes de jeunes gens qui viennent grossir les rangs. Dix jours après le début de la contestation, les lycéens seront 2 600, selon la Préfecture de police, à manifester, mardi 11 décembre, pour 450 lycées perturbés dans toute la France – parmi lesquels 60 sont bloqués sur plus de 2 500, selon un bilan du ministère de l’éducation nationale communiqué à la mi-journée. Dans une ambiance festive, les manifestants entonnent des slogans classiques. Pour rappeler des souvenirs aux lycéens de n’importe quelle génération, il suffit d’insérer le nom du ministre de leur jeunesse – François Fillon, Claude Allègre – devant les mots « si tu savais, ta réforme, ta réforme… »

      Mais ici, le ministre de l’éducation, Jean-Michel Blanquer, a cédé la place à Emmanuel Macron, comme si la personne du président de la République cristallisait toutes les passions de ce mouvement qui tente de profiter de l’élan des « gilets jaunes ». « Ni les professeurs ni les étrangers, c’est Macron qu’il faut virer », scandent les jeunes, en alternant avec « Macron, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue ». Le ministre, pourtant à la manœuvre de trois chantiers parmi ceux qui forment les points de crispation – la réforme du baccalauréat, Parcoursup et les suppressions de postes dans le second degré –, est le grand « absent » de la manifestation qui doit cheminer jusque sous ses fenêtres.

      Au-delà de ce rejet collectif, les lycéens tombent difficilement d’accord sur les mots d’ordre. « Les mouvements de jeunesse souffrent souvent de n’être pas assez clairs et pas assez unis », concède Tito, en 1re au lycée Fénelon. Pour pallier ce problème, deux assemblées générales ont été organisées dans son établissement afin de définir « pourquoi on manifeste ». L’ensemble des revendications tient donc en un slogan, répété tout l’après-midi : « Contre Parcoursup, allez allez, contre le nouveau bac, allez allez, contre le SNU [service national universel], allez allez. » Mais dans le détail, les préoccupations varient selon les profils et les âges.
      Les élèves de banlieue, venus souvent avec leurs enseignants, s’inquiètent d’un baccalauréat « dévalué » par rapport à celui des lycées de centre-ville. Younes, en 1re au lycée Angela-Davis de la Plaine Saint-Denis, craint que ses amis de 2de, qui seront les premiers à passer le nouveau bac – composé d’un contrôle continu et de quatre épreuves terminales –, n’obtiennent un diplôme au rabais. « Je viens d’un quartier défavorisé où on a la réputation de vouloir tout brûler, plaide-t-il. Notre bac ne vaudra pas la même chose que celui des beaux quartiers. »

      Chenoa, élève de 2de à Noisy-le-Grand, se sent un peu à l’abri de cette « dévaluation » dans son lycée international sélectif. Elle fera partie de la première génération du baccalauréat « nouvelle formule ». Pour elle, cette réforme est « bâclée ». La jeune fille ne « comprend même pas » comment devront s’organiser ses choix pour l’année prochaine, alors que la carte des spécialités disponibles dans chaque lycée doit être annoncée fin décembre – un calendrier accéléré, semble-t-il, pour apaiser les inquiétudes des lycéens.

      Les étudiants, eux, se sont joint au rassemblement des lycéens après une assemblée générale tenue dans la matinée sur la place de la Sorbonne. Salomé et ses camarades, inscrites en licence d’espagnol à Paris-IV, veulent « prêter main-forte » aux lycéens. Mais les étudiants tentent de mobiliser sur leurs propres dossiers, par exemple sur la hausse des frais de scolarité pour les étrangers. « On est contents que les lycéens se soient mobilisés, tempère Salomé. On ne veut pas faire passer nos revendications avant les leurs, aujourd’hui, on est là pour eux. »

      Mais pourquoi ne pas être descendus dans la rue avant ? Parcoursup a connu sa première saison cet été, la réforme du bac est sur les rails depuis le printemps… De toute évidence, l’occasion offerte par la contestation des « gilets jaunes » était trop belle pour ne pas tenter de s’en saisir, même si les manifestants se défendent de tout opportunisme. « Ils ont réussi à mobiliser et cela a créé de l’espoir », analyse Tito, le lycéen de Fénelon.
      Les plus militants s’en remettent aux précédents historiques de la convergence des luttes entre étudiants et travailleurs. « La force sociale des “gilets jaunes” est incontestable, il faut en profiter », juge Léo, étudiant en philosophie à Paris-I. Partout dans le cortège, on entend des accents communs avec les revendications des « gilets jaunes », sur ce gouvernement qui ne prête qu’aux riches, ce service public qui souffre, ces manifestants brimés.

      L’interpellation musclée des lycéens de Mantes-la-Jolie (Yvelines), alignés à genoux sur le sol, le 6 décembre, est évoquée plusieurs fois. La vidéo, qui a fait le tour des réseaux sociaux, a choqué la communauté éducative. « On ne peut pas laisser faire ça », enrage un enseignant d’Aubervilliers. A plusieurs reprises, les manifestants se mettront à genoux sur la chaussée, mains sur la tête. Julien, un élève de 1re ES de la Plaine Saint-Denis à qui l’on demande s’il n’a pas peur devant de telles images, répond que lui et ses camarades s’efforcent de maintenir un blocus pacifique. « Bien sûr que j’ai peur que ça devienne violent, ajoute-t-il après un temps de réflexion. Et en même temps, si je ne fais rien, qui va le faire pour moi ? »


  • 15-Minute Walking Distance from a Train Station: Spatial Inequality in Paris Banlieues - THE FUNAMBULIST MAGAZINE
    https://thefunambulist.net/architectural-projects/15-minute-walking-distance-from-a-train-station-spatial-inequality-i

    he map presented above was made in the continuity of the four previous ones that established an inventory of Paris Banlieues’ Cités (July 2014) and a cartographic alternative to our geographical imaginary of Paris (January 2015). This map consists in a simple graphic (and probably too approximate) exercise: tracing a rough 15-minute walking distance radius around each train station (Metro/RER/Regional train) of the “Greater Paris” — a notion only in formation at the administrative level. In such a centralized city, the connection to its center is fundamental in order to exercise a potential “right to the city.” As this map and the others show, the train lines are all oriented so to reach the center of Paris, which admittedly allows a more direct path to it; yet reinforces the pre-eminence of “fortified Paris” (see past article) to the detriment of banlieue-to-banlieue exchanges. A few tram lines allowing such displacements recently opened to support the bus system; yet, these vehicles are not comparable to the trains’ speed in any way.

    #cartographie #gare #chemin_de_fer #ville


  • Italie : Palerme, l’exception (25 minutes)
    Nathalie Georges, ARTE, le 5 octobre 2018
    https://www.arte.tv/fr/videos/084352-000-A/italie-palerme-l-exception

    En juin, il a été l’un des premiers à proposer d’accueillir l’Aquarius et ses passagers indésirables : Leoluca Orlando, le maire de Palerme, s’affiche comme l’un des plus farouches opposants à la politique migratoire du gouvernement italien. Il milite entre autres, pour la disparition du permis de séjour et la libre-circulation des personnes.

    Ces trois dernières années, la capitale sicilienne a accueilli des dizaines de milliers de migrants. Ils sont nombreux à y être restés et, parmi eux, beaucoup de mineurs isolés. Pour les prendre en charge, une multitude d’associations travaillent main dans la main avec le soutien de la mairie.

    Reportage à Palerme, où les initiatives se multiplient, à contre-courant de la politique du ministre de l’intérieur, Mateo Salvini.
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    Palerme, une renaissance (52 minutes)
    Andrea Rovetta, ARTE, le 4 décembre 2018
    https://www.youtube.com/watch?v=Oxr73Rge6Ik

    Immersion dans les ruelles de la belle Sicilienne, capitale culturelle italienne 2018, qui se défait peu à peu de l’emprise de la Mafia, et dont le maire, Leoluca Orlando, s’affiche comme l’un des plus farouches opposants à la politique antimigrants du nouveau gouvernement italien.

    Pendant des décennies, la beauté de Palerme a été occultée par la Mafia, la résignation et la pauvreté. Mais peu à peu, les choses bougent : aujourd’hui, la cité sicilienne mise sur la culture et l’innovation pour se dissocier de son image passée. Comment cette ancienne otage du crime organisé, dont les splendeurs ont survécu à des décennies d’abandon, est-elle parvenue à se métamorphoser en un creuset d’idées innovantes, lieu d’expérimentation et de réflexion ? Son maire, Leoluca Orlando, qui s’affiche comme l’un des plus farouches opposants à la politique antimigrants du nouveau gouvernement italien, a été l’un des premiers à proposer d’accueillir l’Aquarius en juin dernier. Avec d’autres, il nous guide à la découverte d’une ville foisonnante, où les initiatives se multiplient, à contre-courant de la politique du ministre de l’Intérieur Matteo Salvini.

    #Palerme #Sicile #Italie #Migrants #Leoluca_Orlando




  • La revanche des #villages

    Opposer la #richesse des #villes à la #pauvreté des #campagnes, c’est en fait ne pas comprendre la réalité des #inégalités_territoriales. Les villages sont aujourd’hui souvent plus attractifs qu’un grand nombre de #villes_moyennes, qui connaissent des difficultés démographiques et économiques majeures.


    https://laviedesidees.fr/La-revanche-des-villages.html
    #géographie_rurale #villes #urban_matter #attractivité


  • Après la #croissance. Déclin urbain et #modèles_alternatifs

    Souvent dépeintes comme le terreau du populisme, les villes en déclin sont également des espaces d’#expérimentation d’alternatives au néolibéralisme. Dans ces villes, les politiques de développement renouvellent l’action publique en rompant avec le dogme de la croissance.


    https://laviedesidees.fr/Apres-la-croissance.html
    #décroissance #alternatives #villes #urban_matter #post-growth #Youngstown #agriculture_urbaine #Cleveland #USA #Etats-Unis #décroissance_territoriale


  • Des bisounours au World Trade Center ?
    https://grenoble.indymedia.org/2018-12-07-Des-bisounours-au-World-Trade

    Tract distribué lors de l’événement « 1er Salon international de l’écotourisme, du voyage solidaire et participatif » qui à eut lieu du 30/11 au 02/12 au World Trade Center de grenoble "Des bisounours au World Trade Center ? C’est dans le World Trade Center (centre du commerce mondial) de Grenoble qu’a lieu le salon international de l’écotourisme, du voyage solidaire et participatif. Géré par la chambre de commerce et d’industrie de Grenoble, au cœur du quartier d’affaires Europole, ce bâtiment « (...)

    #Articles

    / #Infos_locales, Travail / Précariat, Ville / Environnement, #Outils_théoriques

    #Travail_/_Précariat #Ville_/_Environnement


  • La cité du futur sera végétale ou ne sera pas !

    #Hugo_Meunier, fondateur de la startup #Merci_Raymond (http://merciraymond.fr), signe ici une tribune pour nous inviter à réintégrer le végétal dans nos villes. Une évolution nécessaire pour nos villes et qui présente de nombreux avantages sociaux et environnementaux.

    En 2050, 70% des 9 milliards d’habitants que comptera la population mondiale vivra en milieu urbain. Effritement des liens sociaux, conséquences néfastes sur le bien-être et la santé des habitants, réchauffement climatique, pollution atmosphérique… ce phénomène de concentration urbaine va inévitablement s’accompagner de problématiques importantes auxquelles les agglomérations devront faire face.

    Si changer le visage des villes est une démarche longue et complexe, notamment en France en raison de notre patrimoine historique et des traditions architecturales, on constate déjà l’apparition de nombreuses innovations centrées sur le végétal. Des innovations qui devront, pour rendre la vie quotidienne des urbains moins anxiogène, dessiner le visage de nos quartiers dans les prochaines années.

    Fermes maraîchères, #toits_potagers, cultures en sous-sol… le quartier sera productif

    Il est primordial d’améliorer l’usage de nos #espaces_publics à travers l’installation de lieux productifs partout où cela est possible. Friches, toitures, sous-sols… les innovations en termes de productions maraichères permettent déjà la mise en place de potagers dans ces différents endroits, qui restent encore souvent inoccupés.

    Il est ainsi possible de développer de véritables fermes productives urbaines intégrant des innovations comme les panneaux verticaux. Ce type de ferme verticale ne consomme que le strict minimum des ressources naturelles nécessaires à son bon fonctionnement grâce à un système intelligent et permet ainsi une production locale d’herbes aromatiques et de petits fruits et légumes sur nos toits.

    D’autres formes de cultures innovantes comme l’#aquaponie (culture de végétaux en symbiose avec des poissons) ou l’#hydroponie (culture hors-sol via un substrat inerte) offrent la possibilité de produire micro-pousses et légumes dans des endroits clos comme les sous-sols !

    Autant de méthodes permettant de développer l’agriculture urbaine et par la même occasion une consommation en circuit-courts de produits ultra-frais. Un écosystème de quartier qui entraînera de fait une meilleure connaissance des habitants sur la localité des fruits et légumes et leur saisonnalité (lorsqu’ils sont produits en extérieur), essentielle au mieux-consommer.

    Espaces verts et #jardins_partagés, la nature au service du bien-être et du lien social

    Ces dernières années, de nombreuses études ont constaté que la présence de végétaux en ville a un impact considérable sur le bien-être des individus : diminution du stress ressenti, amélioration des capacités de concentration et de patience, source de motivation à la pratique d’activités physiques (vélo, course à pieds)… Il a même été prouvé que commencer par regarder une plante en se levant permet de passer une meilleure journée.

    Or, nos villes manquent aujourd’hui cruellement d’espaces verts : Paris compte seulement 8% d’espaces végétalisés, après Londres (12%) et Montréal (25%). Il est donc essentiel de redonner une place de choix à la nature dans le milieu urbain, via la création de nouveaux espaces verts d’une part, mais également à travers la mise en place de jardins partagés.

    Ces lieux d’échange et de partage, au-delà des actions pédagogiques qui peuvent y être menées, permettent de recréer du lien social ainsi qu’une forme de solidarité entre les habitants d’un même quartier (qui souvent se croisent sans se connaître) à travers une action positive : le jardinage. La multiplication de ces potagers communs pourrait même à terme créer de nombreuses vocations de jardiniers urbains, notamment parmi la jeune génération de plus en plus en quête de sens dans son travail.
    Lutte contre la pollution et agrothérapie, le vert comme outil de santé publique

    Si les plantes possèdent d’innombrables vertus, la réintégration massive des végétaux au sein de nos villes pourrait notamment lutter efficacement contre deux des principaux enjeux environnementaux de notre époque : la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique.

    Via la photosynthèse, les végétaux ont la capacité d’absorber les gaz polluants de manière très efficace : une seule plante suffit pour dépolluer 10m2 ! Mais le végétal pourrait également être un frein efficace à l’augmentation exponentielle des températures en ville.

    Outre l’ombre des arbres, l’évapotranspiration des végétaux permet de rafraîchir l’air en l’humidifiant et évite ainsi la création d’îlots de chaleur. Une augmentation de la surface végétalisée parisienne de 34 % permettrait par exemple de perdre jusqu’à 2 °C lors d’une canicule semblable à celle de 2003[1], et par là même de diminuer la mortalité en ces périodes de fortes chaleurs.

    Les espaces verts sont donc un véritable outil de santé publique, améliorant aussi bien l’état de santé autodéclaré des habitants que leur état diagnostiqué par un médecin. Une hausse de 10 % de la densité d’espaces verts ferait même économiser à la Sécurité Sociale près de 100 millions d’€ par an du fait de la réduction de l’asthme et de l’hypertension.

    De nouvelles méthodes de soins telles que l’agrothérapie – qui consiste à traiter les patients à travers la nature et les plantes – pourraient également être mis en place dans les hôpitaux de nos villes.

    Un quartier vert serait donc synonyme d’habitants bien portants - aussi bien physiquement que mentalement – qui s’entraident davantage, redonnent du sens à leur vie quotidienne et consomment local. Un paysage qui peut certes paraître utopique et qui ne sera rendu possible qu’à la condition que chacun agisse à son échelle et que nos pouvoirs publics prennent réellement conscience de l’étendue des bienfaits de la nature en ville.

    Une chose est sûre : nous disposons, aujourd’hui déjà, de tous les moyens techniques pour créer les villes et quartiers de demain !

    http://www.socialter.fr/fr/module/99999672/738/tribune_la_cit_du_futur_sera_vgtale_ou_ne_sera_pas_
    #agriculture_urbaine #villes #urban_matter #production_alimentaire #espace_public #quartiers #nature_en_ville #alimentation #Recherche-action_participative