• Jeter le Gégé avec l’eau du bain, Louise Chennevière
    https://lundi.am/Jeter-le-Gege-avec-l-eau-du-bain

    Il faut que je creuse loin pour avoir quelques images de lui à la télé, on n’était pas chez moi féru de cinéma français. En grandissant je n’ai jamais senti quelque attirance que ce soit envers lui, et étonnamment rattrapant ma culture cinématographique, j’ai comme toujours évité les films dans lesquels il jouait. Ce ne fût pas exactement conscient, plus comme s’il y avait instinctivement quelque chose qui me rebutait dans cette figure. J’avais dû subir, un soir d’hiver le visionnage avec quelques amis exaltés d’un best-of de l’émission A pleines dents dans laquelle on suit le type parcourir l’Europe pour, bouffer. Il est vrai que je ne suis pas non plus obsédée par la bouffe, et que je n’ai pu me résoudre à rire devant ces images de ce type d’une vulgarité sans égale dévorant bruyamment tout ce qui passait devant lui. Voilà ce que je savais moi de Depardieu, bien peu je l’admets, mais cela me suffisait. Ah, il y avait aussi cette publicité pour une marque de montre russe dans laquelle on le voit fièrement tenir un fusil avec lequel il se vante d’avoir été à l’heure pour buter un cerf, cerf dont la pauvre carcasse gît au premier plan de l’écran, Gégé nonchalamment accoudé dessus.

    Je dois bien avouer aussi que je n’ai pas été surprise lorsque les premiers témoignages d’agressions sexuelles ont commencé à émerger. Si je n’ai pas été surprise c’est parce que ces agressions sexuelles sont permises et justifiées par une certaine culture dont, pour le peu que j’en avais vu, Gérard Depardieu me semblait être l’un des hérauts et des plus fiers représentants. Je veux dire que je n’avais jamais eu besoin de creuser très loin pour sentir que le type était l’incarnation de tout ce que l’on nomme aujourd’hui la masculinité toxique – je n’aime pas particulièrement l’expression mais ça a le mérite d’être clair et concis. On pourrait dire aussi : la masculinité qui s’est construite avec la certitude que tout, absolument, lui était dû et permis. Il faut voir ce passage de l’émission où ce bon vieux Gégé énumère fièrement tous les animaux qu’il a bouffé, et un steak de lion, et du crocodile, une baleine bourguignonne – on le sait de toute façon, les animaux si exotiques soient-ils, et quelle que soit leur voie de disparition, c’est fait pour être bouffé par des Gégé, tout comme les femmes. Croquer la vie à pleines dents donc et qu’importe si, sur son passage on détruit celles de dizaines de femmes. On m’accusera sûrement d’être rabat-joie. Mais il n’y a rien, absolument rien dans ce qu’incarne Gérard Depardieu qui ne me semble confiner à la joie. Tout ce que j’en vois me dégoûte, m’attriste et me met en colère.

    • Louise Chennevière invitée du podcast Je tiens absolument à cette virgule (36 min.)

      https://podcast.ausha.co/je-tiens-absolument-a-cette-virgule/je-tiens-absolument-a-cette-virgule-avec-louise-chenneviere

      Dans ce quatrième épisode, vous entendrez Louise Chennevière, romancière et musicienne, qui a publié deux romans chez POL, Comme la chienne en 2019 et Mausolée en 2021.

      Émission résolument féministe, se réclamant autant d’Annie Ernaux que de Marguerite Duras, Louise Chennevière défend l’importance en littérature d’entendre la voix des femmes et d’en écrire le corps réel, émancipé de ses représentations sociales. Lors de notre entretien, elle revient aussi sur la question de l’équilibre entre travail du style et première intuition, la prévalence de l’écriture sur l’intrigue ou encore la difficulté de demander des conseils lors de l’élaboration d’un roman.

      Dans cette émission, vous entendrez aussi plusieurs extraits de ses deux romans, lus par Marina Torre.

    • Lettre ouverte à Gérard Depardieu : “Tu crées la terreur par le rire, tu te fais passer pour un bouffon, alors que tu es un roi tout puissant”

      https://seenthis.net/messages/1034125

      Ah Gégé ! Ce tournage de Turf … Toi, tu ne t’en souviens plus. C’est réglo, c’est ta ligne, mais moi, j’y étais. J’ai dû être payé une fortune pour l’époque, quelque chose comme 100 balles la journée : je faisais partie du ballet de figurant·es. C’est intéressant comme rôle, c’est quasiment intraçable, ça ne fait pas de bruit, ça se pose là où on lui dit et surtout, ça FERME BIEN SA GUEULE.

      [...]

      Je ne te raconte pas une fiction Gégé, j’étais là, dans l’ombre parmi les intraçables, les témoins muets de tes agissements qui nous ont atterrés. La fille se sauve, toi, tu fixes l’horizon d’un air pénétrant (sûrement pour réviser ta réplique) et c’est branle-bas de combat de l’équipe technique, des assistant·es qui tentent de mettre de la poudre aux yeux à tout le monde pour que ton geste paraisse aussi anodin que tes rots ou tes pets.

      [...]

      Je te le dis pour ta gouverne, c’est pas du womansplaining, mais un peu quand même : une nana encerclée par un groupe de mecs à l’œil allumé n’est pas sereine, elle rit bêtement et reste un peu paralysée sur place. Pas parce que ça lui plaît, mais parce que les petits animaux face aux prédateurs ont tendance à se pétrifier avant de fuir. Heureusement pour moi, les turfistes avaient d’autres juments à monter et je suis restée face à toi, indécise. Non pas parce que j’hésitais encore à savoir si j’aurais aimé te sucer la bite, mais parce qu’à l’école de théâtre, on m’avait dit que face au monstre sacré, il fallait BIEN FERMER SA GUEULE. Et puis l’éducation des filles aussi : en société, il faut sourire, être dans une forme d’écoute et d’empathie face à ton interlocuteur. C’est hyper chiant et ça te rend vachement moins libre de tes mouvements.

    • « Choix pragmatique » –
      En Suisse, Gérard Depardieu n’a plus droit de cité à la télévision publique

      https://www.liberation.fr/economie/medias/en-suisse-gerard-depardieu-na-plus-droit-de-cite-a-la-television-publique

      La décision de suspendre la diffusion sur la RTS des films dans lesquels l’acteur français tient un des rôles principaux est « un choix pragmatique, que nous réexaminerons en fonction des évolutions de la situation, sans calendrier fixé d’avance et dans le respect de la procédure en Justice », a indiqué Marco Ferrara.

      « En tant que média de service public, nous devons veiller à rester en marge des parties impliquées et ne pas porter de jugement : nous nous limitons à agir au service de l’intérêt du public, ce qui inclut aussi son appétence ou, au contraire, son rejet envers une œuvre », avance-t-il prudemment.

      « Au-delà de cette évaluation qualitative », a ajouté le porte-parole de la RTS, « nous avons récemment organisé un vote du public pour le film de Noël et, parmi les options figurait une œuvre avec Gérard Depardieu, que le public lui-même a décidé de ne pas retenir, alors que le contexte d’actualité concernant l’acteur était connu ».

    • Coupable, Jacques Weber
      https://blogs.mediapart.fr/jacques-weber/blog/010124/coupable

      Je mesure chaque jour mon aveuglement. J’ai par réflexe d’amitié signé à la hâte, sans me renseigner, oui j’ai signé en oubliant les victimes et le sort de milliers de femmes dans le monde qui souffrent d’un état de fait trop longtemps admis. L’écartèlement entre les devoirs de l’amitié et ceux de l’homme, du père et du citoyen aurait pu encore m’aveugler si je n’avais vu de mes propres yeux, vu et entendu ces derniers jours une femme exprimer une violence, une émotion, un déchirement, un désespoir que je ne mesurais pas. J’ai saisi ce que pouvait signifier la douleur qui ne se refermera jamais. Dans le livre collectif Moi aussi je lisais que les survivantes sont les seules à pouvoir comprendre les autres survivantes. Je le sais à présent.
      Ma signature était un autre viol.

    • Depardieu : notre responsabilité de société - Stephane Lavignotte

      https://blogs.mediapart.fr/stephanelavignotteorg/blog/281223/depardieu-notre-responsabilite-de-societe

      Etablir les faits, une responsabilité de la société

      Pour dire des faits, il n’y a pas que la justice. La société et certaines de ses institutions ont aussi cette responsabilité, les journalistes et les historiens, par exemple. Pour savoir que les attentats du 11 septembre ont bien eu lieu et qu’Al Qaida en était à l’origine, on n’attend pas une décision judiciaire, le travail de presse fait foi. Pour savoir que Dreyfus était innocent, il vaut mieux s’en remettre aux historiens et aux journalistes de son temps qu’à l’institution judiciaire. Le propre de la justice ne consiste d’ailleurs pas tant à dire les faits qu’à prononcer des sanctions mises en oeuvre grâce au monopole de la violence légitime de l’État, prison ou amende. La justice reconnaît volontiers que – par exemple sur les faits de pédophilie ou de viol – elle ne peut souvent pas prononcer les faits car ses critères sont restrictifs pour retenir des preuves et que par exemple elle s’applique une prescription des faits. Des institutions de la société civile disent mieux le factuel que la justice et c’est leur responsabilité d’aller chercher et de divulguer les faits.

      [...]

      Faire société ou pas ?

      Maintenant que ces fait sont connus par delà le petit milieu du cinéma, cette responsabilité de ne plus fermer les yeux et de ne plus laisser faire est collective : elle s’élargit à l’ensemble de la société. Collectivement, disons-nous « stop » ou « encore » ? Il y a des tribunes, ou des déclarations de président de la République, qui en défendant Depardieu participent du déni de la gravité des faits d’hier mais aussi se déchargent de toute responsabilité des comportements inacceptables de demain, de Depardieu ou d’autres. Qui, paradoxalement, font société – « bonne société » en l’occurrence – pour nous dire de ne pas faire société, qu’il y a uniquement des individus et l’État. Des individus dans des rapports inter-individuels (en ignorant les déséquilibres de pouvoir) et l’État quand il y a désaccord. Rien entre les deux.

    • violence légitime de l’état

      mais quand est-ce que les journalistes vont arrêter de mettre ces mots en contre vérité total de leur contexte à toutes les sauces ?

    • Notion fourretout

      monopole de la violence légitime de l’État

      La « violence légitime de l’État » de Max Weber
      https://www.radiofrance.fr/franceculture/la-violence-legitime-de-l-etat-de-max-weber-8101512

      Et il insiste sur la dimension violence, c’est souvent ce qu’on retient de ce texte. Il y a d’autres versions dans des textes de Weber qui sont plus scientifiques, dirais-je, et où il utilise à la place du terme “violence, le terme “contrainte”. C’est-à-dire, les moyens de garantir le droit.

      Ambiguïté du terme "légitime"

      C’est une définition des pouvoirs de l’État pas une justification de la violence envers le peuple. Max Weber explique que l’État se substitue aux autres instances de pouvoir, contrairement aux multiples autorités de l’époque féodale : Église, roi, villes libres. En somme, c’est une définition de la souveraineté moderne.

    • Quand Max Weber parle de “violence légitime” il en fait une description sociologique, il décrit ce qui est et non pas ce qui doit être. Max Weber théorise comment se sont constitués les États en tant qu’entités politiques.

      "Cette définition intervient après qu’il (Weber) a écarté les définitions plus courantes, par les objectifs, les buts de l’État. Il se replie sur la définition par son moyen. Il a un moyen spécifique que n’ont pas les autre groupements politiques. Et ce moyen spécifique ce n’est pas la violence physique mais c’est le monopole de la violence physique. "

      La force précède et accompagne le droit. Refuser la « violence contre le peuple », c’est refuser l’État.

  • ouikende. deux mois après les émeutes, les photos de deux têtes bien amochées par headshots policiers invitent la bourgeaille à s’interroger. terroriser, ok, mais faut-il pour autant avilir des unités d’élite de la police en les collant au MDO contre les violences urbaines ? contrôler ok, mais on atteindra jamais dans les communes la proximité de la Stasi. alors que faire ?

    Deux mois après les émeutes, questions sur l’action des forces de l’ordre


    Des policiers du RAID arrêtent un homme lors d’affrontements avec la police dans les rues de Lyon, le 30 juin 2023. JEFF PACHOUD / AFP

    Un recours accru au #RAID et à la #BRI est à l’étude.
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/09/08/deux-mois-apres-les-emeutes-questions-sur-l-action-des-forces-de-l-ordre_618

    [une certaine émulation médiatique pousse à rendre public au moins un cas de violences policières] Un jeune homme de 22 ans accuse la police d’un tir de #LBD à courte distance, place des Fêtes, à Paris, pendant les émeutes de juin. Les circonstances de la blessure restent floues, enquête de l’#IGPN en cours...
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/09/08/tout-etait-blanc-dans-ma-tete-comme-une-grenade-assourdissante-le-temoignage

    « Ce policier m’a bousillé. Pour rien. » Aimène Bahouh
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/09/08/aimene-bahouh-victime-d-un-tir-de-bean-bag-en-marge-des-emeutes-demande-au-p
    attention ! photos du crâne deux blessés ayant subi une amputation partielle de boite crânienne en cours de suivi médical
    https://justpaste.it/c2oji

    #police #violences_policières #violence_d'État

  • Emeutes après la mort de Nahel M., en direct : Gérald Darmanin demande aux préfets l’arrêt des bus et tramways dans toute la France après 21 heures
    https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/suites-de-la-mort-de-nahel-m-en-direct-emmanuel-macron-annonce-le-deploiemen

    16:05 Urgent

    Gérald Darmanin demande aux préfets l’arrêt des bus et tramways dans toute la France après 21 heures

    Le ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a demandé vendredi aux préfets la mise à l’arrêt des bus et tramways dans toute la France à partir de 21 heures, après trois nuits d’émeutes urbaines dans tout le pays causées par la mort du jeune Nahel M., a annoncé le ministère de l’intérieur. Le ministre a aussi demandé la « prise systématique d’arrêtés d’interdiction de vente et de transport » de mortiers d’artifice, de bidons d’essence, d’acides et de produits inflammables et chimiques.
    16:00

    Les syndicats de policiers Alliance et UNSA appellent au « combat »

    Dans un communiqué, les syndicats de policiers Alliance police nationale et UNSA-Police ont déclaré, vendredi, qu’ils « n’en peuvent plus de subir le diktat de ces minorités violentes », appelant au « combat » contre « ces nuisibles ». Ils demandent que « tous les moyens [soient] mis en place pour réinstaurer au plus vite l’Etat de droit », jugeant que « nous sommes en guerre ». Dans un second temps, les deux syndicats préviennent le gouvernement qu’ils seront « dans l’action » si des « mesures concrètes de protection juridique du policier » ne sont pas prises après la fin des violences.

    • https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/suites-de-la-mort-de-nahel-m-en-direct-emmanuel-macron-annonce-le-deploiemen ?

      Elisabeth Borne annonce le déploiement de blindés de la gendarmerie

      Elisabeth Borne a annoncé vendredi le déploiement de véhicules blindés de la gendarmerie pour faire face aux violences qui touchent depuis trois nuits de nombreuses villes en France. Des « forces mobiles supplémentaires » vont en outre être déployées, a précisé Matignon à l’Agence France-Presse (AFP), ajoutant que des « événements de grande ampleur mobilisant des effectifs et pouvant présenter des risques d’ordre public en fonction des situations locales » seraient annulés.

      Ces décisions font partie des mesures arrêtées sous l’autorité du président de la République, Emmanuel Macron, lors de la cellule interministérielle de crise qui s’est réunie en milieu de journée au ministère de l’intérieur.

    • https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/suites-de-la-mort-de-nahel-m-en-direct-emmanuel-macron-annonce-le-deploiemen

      Le secrétaire général de l’UNSA désavoue le communiqué de la branche police de son syndicat

      Dans un message sur Twitter, le secrétaire général de l’UNSA, Laurent Escure, a critiqué le communiqué de l’UNSA-Police publié il y a quelques heures, selon lequel les forces de police doivent combattre les émeutiers, qualifiés de « nuisibles ».

      « La défense catégorielle d’une profession, même sincère, n’autorise pas à déroger par les mots aux valeurs qui font notre République et qui fondent l’UNSA. Je redis la peine de l’UNSA après la mort de Nahel. Nous appelons au calme et à la fin des violences », a écrit M. Escure.

    • https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/suites-de-la-mort-de-nahel-m-en-direct-emmanuel-macron-annonce-le-deploiemen

      Pillages et dégradation au centre commercial Rosny 2

      Des émeutiers ont pillé des commerces du centre commercial de Rosny 2, en Seine-Saint-Denis, en milieu d’après-midi, provoquant la fermeture du site pour une durée indéterminée. « Ils étaient nombreux », explique un policier en civil en faction devant une des portes d’entrée.

      Le McDonald’s, situé sur le parking, a été vandalisé, les vitrines brisées, le matériel dégradé, alors que des clients étaient présents. La nuit dernière, des individus avaient été aperçus autour du restaurant. Dans l’après-midi, une quinzaine d’entre eux l’ont violemment attaqué.

      « Il faut l’état d’urgence, il faut un couvre-feu », réclame un employé, sans donner son identité, tandis qu’un autre balaye les débris. « Ce sont des gamins, certains ont même essayé d’utiliser la machine qui fait des glaces, ils devaient avoir 15 ans, raconte-t-il. Il faut couper les allocations familiales aux parents, il n’y a que ça qui les arrêtera. » L’homme se dit inquiet pour tous les restaurants de l’enseigne en banlieue parisienne, cibles faciles pour les émeutiers dans les prochaines heures.


    • https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/suites-de-la-mort-de-nahel-m-en-direct-emmanuel-macron-annonce-le-deploiemen

      A Strasbourg : « Avec tous les magasins fermés, on se croirait en guerre »

      Dans le centre-ville de Strasbourg, la sidération des passants tranche avec l’extrême jeunesse des pillards et des casseurs. La pharmacie située place de l’Homme-de-Fer a baissé le rideau, comme d’autres commerces alentour. Les bruits de casse attirent de petits groupes, qui filent vers l’« action » en courant. Ils repartent dans l’autre sens quand un véhicule de police arrive en trombe, et se dispersent aussitôt. Certains rient. L’ambiance évoque parfois une kermesse de cour de récréation, et les passants et cyclistes continuent de traverser le centre-ville.

      Deux femmes se couvrent la bouche et le nez, elles devaient participer à une course organisée par les métiers du bâtiment, finalement annulée, comme le repas de gala du soir. « C’est affligeant de voir ça », lance l’une d’elles. Un homme ramasse des capsules de grenades lacrymogènes, qu’il dépose dans un sac en plastique : « Je ne fais pas la collection, mais je documente : j’en ai jamais vu autant. » Marie-Thérèse, qui se présente comme une « gilet jaune » solitaire, commente, à propos de la mort de Nahel à Nanterre, qui a mis le feu aux poudres : « On ne peut pas accepter qu’un jeune meure comme ça. Il y a une grande colère dans le pays. Même avec les “gilets jaunes” on a eu de grosses manifs, mais là, avec tous les magasins fermés, on se croirait en guerre. »
      Stéphanie Wenger (Strasbourg, correspondance)

    • Mort de Nahel : l’État renforce le dispositif sécuritaire | Mediapart
      https://www.mediapart.fr/journal/france/300623/mort-de-nahel-l-etat-renforce-le-dispositif-securitaire

      Trois jours après la mort de Nahel à Nanterre, Emmanuel Macron a présidé vendredi une nouvelle cellule interministérielle de crise, appelant « tous les parents à la responsabilité » et rejetant la faute sur les réseaux sociaux et les jeux vidéo. Le gouvernement a demandé aux préfets d’arrêter la circulation des bus et des tramways dans toute la France après 21 heures et a annoncé le déploiement de blindés de la gendarmerie.

      La rédaction de Mediapart

      30 juin 2023 à 18h03
      Emmanuel Macron annonce « des moyens supplémentaires »

      Emmanuel Macron a dénoncé vendredi « une instrumentalisation inacceptable de la mort d’un adolescent » et annoncé que « des moyens supplémentaires » allaient être déployés par le ministre de l’intérieur après trois nuits de révoltes urbaines à la suite du décès du jeune Nahel, lors d’un contrôle policier à Nanterre (Hauts-de-Seine).

      « Face à cela, je condamne avec la plus grande fermeté toutes celles et ceux qui utilisent cette situation et ce moment pour essayer de créer le désordre et d’attaquer nos institutions. Ils portent une responsabilité de fait accablante. Et je condamne avec la plus grande fermeté, nous les condamnons tous, ces violences pures et injustifiables qui n’ont aucune légitimité », a déclaré le chef de l’État en conclusion de la réunion de la cellule interministérielle de crise qui s’est tenue vendredi au ministère de l’intérieur.

      https://jpst.it/3hqCM

    • Mort de Nahel M. : « Ils sont rattrapés par le réel »
      122 430 vues 29 juin 2023
      Ali Rabeh, maire de Trappes, et Amal Bentounsi, fondatrice du collectif Urgence, notre police assassine, reviennent dans « À l’air libre » sur la mort de Nahel, 17 ans, tué par un policier à Nanterre, et les révoltes qui ont suivi dans de nombreuses villes de France.

      https://youtu.be/euw03owAwU8

    • Pronostic vital d’un homme engagé à Mont-Saint-Martin : « un tir de LBD par le RAID ni confirmé, ni infirmé », selon la procureure
      https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-m-en-direct-63-interpellations-a-marseille-de

      Un homme a été grièvement blessé à Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle), dans la nuit de jeudi et vendredi, et dans des conditions restant à éclaircir. Vendredi, L’Est Républicain faisait le lien entre cette blessure et un tir de lanceur de balles de défense (LBD) par une membre d’une unité du RAID déployée sur les lieux. Sollicitée par Le Monde, la procureure de Val-de-Briey, Catherine Galen, rapporte que « les éléments ont permis de saisir l’IGPN [inspection générale de la police nationale], qui enquête sur ces faits depuis ce matin ».

      « En l’état de l’avancement de l’enquête de flagrance, un tir de LBD par le RAID n’est ni confirmé, ni infirmé », ajoute la magistrate, précisant que « l’état de santé du jeune homme reste inquiétant ». Selon L’Est Républicain, le pronostic du jeune homme était « engagé ». Selon le quotidien local, il a été « évacué des émeutes et transporté à l’hôpital d’Arlon, en Belgique ».

      #Nahel #police #assassinat_policier #révolte #racisme #émeutes #maintien_de_l'ordre #villes #quartiers_populaires #violence_d'État #militarisation

    • Mort de Nahel M. : que changerait l’instauration de l’état d’urgence ?
      https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2023/06/30/mort-de-nahel-m-que-changerait-l-instauration-de-l-etat-d-urgence_6180041_43

      Plusieurs personnalités de droite et d’extrême droite ont demandé l’application de ce régime d’exception en réponse aux violences urbaines qui touchent le pays depuis jeudi.

      Par Assma Maad, Pierre Breteau et Gary Dagorn
      Publié hier à 20h26, modifié à 01h19

      Le gouvernement avait d’abord écarté un recours à l’état d’urgence en réponse aux émeutes qui ont éclaté après la mort du jeune Nahel M., tué par un policier lors d’un contrôle routier. Mais, après trois nuits d’émeutes, la première ministre, Elisabeth Borne, a déclaré, vendredi 30 juin, que « toutes les hypothèses » seraient examinées, « avec une priorité, le retour de l’ordre républicain sur tout le territoire ».

      Plusieurs personnalités de droite et d’extrême droite ont réclamé l’instauration « sans délai » de cette mesure d’exception, arguant que l’état d’urgence permettrait de « ramener l’ordre et la paix ».

      Qu’est-ce que l’état d’urgence ?

      Créé par la loi du 3 avril 1955 lors de la guerre d’Algérie, et modifié à plusieurs reprises depuis, l’état d’urgence est un régime d’exception qui peut être instauré sur tout ou partie du territoire français, en cas de « péril imminent résultant d’atteintes graves à l’ordre public » ou d’« événements présentant, par leur nature et leur gravité, le caractère de calamité publique ». Il est déclaré en conseil des ministres et ne peut être prolongé au-delà de douze jours que par le vote d’une loi au Parlement.

      Ce régime renforce les pouvoirs des autorités civiles et permet de restreindre les libertés publiques sans l’intervention du pouvoir judiciaire, qui d’ordinaire garantit l’application du cadre légal qui s’impose à l’Etat. Il permet au ministre de l’intérieur et aux préfets de départements d’imposer :

      – l’interdiction de manifestations, cortèges, défilés et rassemblements de personnes sur la voie publique ;
      – la mise en place de périmètres de protection pour assurer la sécurité d’un lieu ou d’un événement ;
      – l’interdiction de certaines réunions publiques ou la fermeture de lieux publics et de lieux de culte ;
      – des perquisitions administratives ;
      – des réquisitions de personnes ou de moyens privés ;
      – le blocage de sites Internet prônant des actes terroristes ou en faisant l’apologie ;
      – des interdictions de séjour ;
      – des assignations à résidence.

      Depuis 1955, l’état d’urgence a été déclaré à six reprises, trois fois pendant la guerre d’Algérie (1955, 1958 et 1961), lors des événements de Nouvelle-Calédonie (1984), lors des émeutes urbaines de 2005 et après les attentats de novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis.

      Entre mars 2020 et août 2022, le gouvernement a aussi déclaré l’état d’urgence sanitaire afin de faciliter les mesures – de restrictions de libertés notamment – destinées à lutter contre l’épidémie de Covid-19.

      Quelles dispositions sont entrées dans le droit commun après les attentats ?

      En 2017, le gouvernement a mis fin à l’état d’urgence en vigueur depuis les attentats de novembre 2015. Mais, au même moment, la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme (dite loi « SILT ») a intégré au droit commun des dispositions qui n’existaient jusque-là que dans le régime de l’état d’urgence, d’abord à titre expérimental en 2017, puis de manière pérenne dans la loi du 30 juillet 2021 :

      – établissement de périmètres de protection au sein desquels l’accès et la circulation des personnes sont réglementés ;
      – fermeture de lieux de culte ;
      – mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance, comme un contrôle administratif (sans l’intervention d’un juge) ou une assignation à ne pas quitter un territoire ;
      – autorisation de visites domiciliaires, qui remplacent les perquisitions administratives.
      [...]

    • A Lyon, scènes de chaos dans le centre et répliques en banlieues
      https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-m-en-direct-63-interpellations-a-marseille-de

      Des scènes de chaos se sont produites dans le centre de Lyon autour de l’hôtel de ville. Brasiers dans les rues des Terreaux, mortiers contre l’opéra, barricade enflammée, la situation s’est tendue en une heure. Des dizaines d’individus ont participé aux dégradations, militants radicaux organisés pour une part, d’autres très jeunes. Un hélicoptère survole la ville.

      A la nuit tombée, les tensions ont gagné les quartiers périphériques. A Vénissieux, des CRS sont pris à partie par plusieurs dizaines d’individus, a confirmé la préfecture. Les forces de l’ordre ont procédé à 19 interpellations dans la région lyonnaise depuis le début de la soirée.

    • Heurts au centre de Marseille, 49 interpellations
      https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-m-en-direct-63-interpellations-a-marseille-de

      Jets de projectiles contre des véhicules de police, tirs de lacrymogènes, groupes de jeunes le visage masqué et trottinettes brûlées : la tension était palpable vendredi soir au centre de Marseille, quelques jours après la mort de Nahel à Nanterre. La police a annoncé 49 interpellations vers 22 heures parmi ces petits groupes, très mobiles dont certains « tentent des pillages » sur plusieurs artères. Deux policiers ont été blessés légèrement, selon l’Agence France-Presse (AFP).

    • Couvre-feux à Colmar et Mulhouse
      https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-m-en-direct-63-interpellations-a-marseille-de

      Les deux principales villes du sud de l’Alsace, Colmar et Mulhouse, ont pris des arrêtés municipaux instaurant pour les prochains jours des couvre-feux pour les mineurs non accompagnés, selon l’AFP. La ville d’Illkirch-Graffenstaden, en banlieue sud de Strasbourg, a aussi décidé d’annuler toutes ses manifestations prévues jusqu’à dimanche. La commune annule donc les Fêtes de l’Ill prévues ce week-end, « qui réunissent chaque année 10 000 personnes au centre-ville d’Illkirch », poursuit le communiqué.

      Des incidents se sont produits vendredi en plein après-midi dans le centre-ville de Strasbourg où un magasin Apple Store et plusieurs boutiques de vêtements ont été pillés. Les Galeries Lafayette ont baissé leurs rideaux métalliques, de même que plusieurs autres magasins des alentours. A peu près au même moment, une voiture de police a été pillée et dégradée près de la place des Halles. Ces incidents ont donné lieu à 33 interpellations, selon la préfecture du Bas-Rhin.

      L’entrée de l’Opéra de Strasbourg a également été vandalisée et l’institution a annoncé l’annulation de son spectacle de vendredi soir. En début de soirée, la police a procédé à la dispersion d’un rassemblement réunissant une grosse centaine de personnes et qui avait été interdit par la préfecture.

    • A Marseille, des armes dérobées dans une armurerie
      https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-m-en-direct-63-interpellations-a-marseille-de

      Parmi les heurts et violences constatés dans le centre-ville de Marseille depuis le début de soirée, une armurerie a été pillée. Quelques armes de chasse ont été dérobées mais sans munition, selon la préfecture de police. Le dernier bilan, à 22 h 45, fait état de 63 personnes interpellées sur les communes.

    • Des manifestants à Montpellier
      https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-m-en-direct-63-interpellations-a-marseille-de

      A Montpellier, plusieurs centaines de personnes ont bravé l’interdiction de manifester ce soir dans la ville en défilant à l’appel de plusieurs mouvements de gauche, ont constaté un journaliste et un photographe de l’Agence France-Presse.

      En fin de manifestation, sur la place de la Comédie, la police a tiré des gaz lacrymogènes et les manifestants se sont dispersés en courant vers la préfecture, certains d’entre eux pillant au passage un magasin de bijoux.

    • Dans les Bouches-du-Rhône, 87 personnes interpellées
      https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-m-en-direct-63-interpellations-a-marseille-de

      Alors qu’une situation très tendue persiste au centre-ville de Marseille, notamment aux abords de la porte d’Aix où des groupes d’émeutiers ont été repoussés par le dispositif policier, quelques incidents ont été signalés dans les quartiers Nord. Une tentative d’intrusion dans le centre commercial du Merlan (14e) a provoqué l’intervention de la police et l’interpellation d’une trentaine de personnes.

      A la cité de la Busserine, qui a accueilli le président Emmanuel Macron lundi 26 juin pour un débat avec les habitants, quelques poubelles ont été brûlées.

      Peu avant minuit, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône annonce un bilan de 87 interpellations et 3 policiers légèrement blessés.

    • À Lyon, pillages et rodéos après la manifestation
      https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-m-en-direct-63-interpellations-a-marseille-de

      Des coups sur la vitrine, une porte enfoncée ou un trou dans la vitre, puis l’intrusion, le saccage ou le pillage. La scène s’est répétée au moins à une vingtaine de reprises dans le centre-ville de Lyon, au cours de la soirée. Comme dans le magasin Fossil, où des jeunes gens ont raflé sacs et montres, ou dans le magasin Monoprix, brièvement visité.

      Après la manifestation « contre les violences policières », dégradations, feux et vols se sont multipliés, agrémentés de rodéos. L’intérieur d’un poste de police a été saccagé dans le 4e arrondissement.

      « Les violences survenues cette nuit dans notre ville sont inacceptables. Je les condamne sans réserve » a tweeté Grégory Doucet. « La République est indivisible. Ne laissons pas gagner ceux qui attisent la haine » a ajouté le maire (EELV) de Lyon, qui a maintenu des festivités sur les rives du Rhône. En tout, 31 personnes ont été interpellées.

      Bah s’il faut maintenir l’ordre et les festivités...

    • Le Conforama de Bondy attaqué
      https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-m-en-direct-63-interpellations-a-marseille-de

      Une centaine de jeunes hommes cagoulés s’étaient rassemblés sur le pont au-dessus du canal de l’Ourcq à côté des quartiers Nord de Bondy (Seine-Saint-Denis) avec l’intention de piller le Conforama situé juste à côté.

      L’objectif avait été annoncé sur les réseaux sociaux : « Communiqué pour les gens Bondy ce soir on fait tous Conforama. Soyez prés et organisé et une bonne logistique. Aller a se soir pour Conforama. Rdv à 23h30. Faite tourné ».

      Par dizaines, ils se sont rués vers le commerce. Certains sont repartis avec des écrans plats. D’autres avec des cartons impossibles à identifier. Face à eux, le RAID a effectué plusieurs charges, soutenu par des unités traditionnelles de la police.

      Au milieu des flammes d’un barrage, les jeunes cagoulés ont jeté des pierres et tenté de repousser les policiers afin de récupérer plus de matériel. Une équipe du RAID s’est positionnée devant l’entrepôt pour les bloquer.

      Puis le RAID est reparti. Les émeutiers, de tous âges, sont revenus piller le magasin avec des dizaines de voitures prêtes pour remplir les coffres

    • Incidents et pillages autour de Lyon, à Grenoble et Saint-Etienne
      https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-m-en-direct-63-interpellations-a-marseille-de

      A Vénissieux, au sud de Lyon, les CRS ont été pris à partie par des dizaines de personnes, et les affrontements ont aussi gagné Villeurbanne (est) ou Givors (sud), selon la préfecture, qui fait état de 34 interpellations dans l’agglomération.

      Dans le même temps à Grenoble, des centaines de jeunes encagoulés ont pu dévaliser de nombreux magasins du centre-ville, notamment de vêtements et de téléphonie, avant une intervention tardive des forces de l’ordre, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP).

      Un peu plus tôt, des voitures avaient été incendiées dans la proche banlieue d’Echirolles, où les heurts ont été parfois violents, selon des images du quotidien régional Le Dauphiné. Des épisodes de violences urbaines ont également eu lieu dans le quartier sensible de La Villeneuve, selon la préfecture de l’Isère.

      Dans le centre de St-Etienne, plusieurs centaines de jeunes, dont beaucoup portant un masque chirurgical, ont brisé des vitrines de magasins à coups de pierre ou d’objets en métal, et pénétré dans plusieurs boutiques de vêtements, d’optique et de bijoux pour les piller, a constaté un correspondant de l’AFP.

    • A Paris, 120 interpellations selon la Préfecture de police
      https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-m-en-direct-63-interpellations-a-marseille-de

      A 2 heures, la Préfecture de police de Paris comptabilisait 120 interpellations à la suite de violences, dont trois personnes ayant tenté de pénétrer dans un magasin d’électroménager dans le quinzième arrondissement de la capitale, sept personnes s’étant introduites dans un magasin de bricolage à Bondy et 9 personnes qui portaient des jerricans et des cocktails Molotov, à Nanterre.

    • « La République va gagner, pas les émeutiers », déclare Gérald Darmanin qui annonce 471 interpellations dans la soirée
      https://www.lemonde.fr/societe/live/2023/06/30/emeutes-apres-la-mort-de-nahel-m-en-direct-63-interpellations-a-marseille-de

      Interrogé en direct sur BFM-TV à Mantes-la-Jolie où il est venu « rencontrer une nouvelle fois les policiers et les gendarmes pour les saluer et les remercier pour leur travail extrêmement difficile dans cette période compliquée pour notre pays », le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a fait le point sur la situation au cœur d’une nuit où il relève « une intensité bien moindre que lors de journée d’hier et même d’avant-hier ».

      « Au moment où nous parlons, on en est à 471 interpellations sur le territoire national », a-t-il précisé, signalant une soirée calme en Ile-de-France mais dénonçant « des violences inacceptables à Lyon et à Marseille » où une centaine de personnes ont été arrêtées.

      Le ministre s’est félicité des nombreux moyens mis en œuvre pour tenter d’endiguer la violence (notamment 45 000 personnes mobilisées).

      « C’est la République qui va gagner, pas les émeutiers », a-t-il déclaré en déplorant le jeune âge de nombreux émeutiers, « des gamins de 13, 14 ans (…) qui feraient mieux d’être évidemment chez eux plutôt que de traîner dans les rues ».

      « Le ministère de l’intérieur est prêt à augmenter encore sa position de force si jamais les choses devaient se dégrader, ce qui n’est pas le cas cette nuit », a ajouté M. Darmanin qui est resté prudent quant à la possibilité de décréter l’état d’urgence, un dispositif qui « a été convoqué quatre fois en soixante ans », a-t-il rappelé en mentionnant qu’en 2005, lors de précédentes émeutes populaires, le dispositif avait été déployé au dixième jour.

      « Je ne confonds pas les quelques centaines, les quelques milliers de délinquants, souvent très jeunes malheureusement, avec l’immense majorité de nos compatriotes qui vivent dans les quartiers populaires, qui veulent travailler et éduquer leurs enfants », a-t-il conclu.

      "La République va gagner", signifie qu’on va mater la jeunesse en révolte et surtout qu’on ne change rien.

    • Le dernier passager de la voiture livre sa version, accusatrice, sur la mort de Nahel
      https://www.mediapart.fr/journal/france/300623/quatrieme-nuit-apres-la-mort-de-nahel-davantage-de-policiers-n-empechent-p

      Vendredi soir, BFM TV a annoncé avoir authentifié le témoignage audio du jeune homme qui se présente comme ayant été à bord de la voiture au moment où Nahel a été tué, le 27 juin. Il accuse les policiers d’avoir donné des coups de crosse au jeune de 17 ans tué par le tir policier, et de l’avoir menacé.

      Son témoignage a été diffusé par la chaîne d’information en continu, après avoir été publié plus tôt dans la journée par Le Parisien. Une version proche avait déjà été relayée la veille par écrit par le rappeur Rohff.

      D’après le jeune homme, qui se rendra lundi à une convocation de la police et qui semble lire son témoignage, Nahel, lui et un troisième « copain » s’étaient retrouvés mardi à 8 h 10 à bord de la Mercedes qui leur avait été prêtée. « On a décidé de faire un tour dans Nanterre. Au bout de quelques minutes, nous nous sommes retrouvés sur la voie de bus sur l’avenue Joliot Curie. Nous étions en train de rouler quand j’ai aperçu les motards de la police qui se sont mis à nous suivre », raconte-t-il.

      Après avoir mis leur gyrophare, les policiers ont ensuite demandé aux jeunes d’arrêter le véhicule, ce qui a été fait. Le préfet de police de Paris Laurent Nuñez avait expliqué dès le 27 juin que les policiers avaient auparavant tenté une première fois de contrôler le véhicule, qui ne s’était pas arrêté.

      Le jeune homme affirme que le premier motard a lancé à Nahel, au volant : « Coupe le moteur ou je te shoote », et qu’il lui a donné un coup de crosse avec son pistolet. Le deuxième policier aurait lui aussi donné un coup de crosse.

      Le témoignage se fait encore plus accusateur : « De là, le premier policier qui est au niveau de la fenêtre lui braque une arme sur la tempe et lui dit “bouge pas ou je te mets une balle dans la tête”. Le second policier lui dit “shoote-le”. Le premier policier lui remet un coup de crosse. »

      L’ami de Nahel explique qu’après ce troisième coup, Nahel aurait lâché la pédale de frein. La voiture, à boîte de vitesse automatique, aurait alors avancé. « Le second policier qui était au niveau de pare-brise a tiré. Du coup, son pied a enfoncé l’accélérateur. Je l’ai vu agoniser, il tremblait. On a percuté une barrière », déclare le témoin, qui s’est enfui, craignant lui aussi d’être pris pour cible. C’est là que le troisième passager, mineur également, a été placé en garde à vue.

      https://jpst.it/3hrB5

    • Bus à l’arrêt et kermesses interdites, la réponse du gvt à la révolte suite à l’assassinat de Naël :/

      Par ailleurs, toutes les fêtes dans les collèges et lycées de l’académie de Versailles, la plus grosse de France, sont annulées jusqu’à la fin de l’année scolaire, tandis que le maintien des kermesses, pour les écoles, sera décidé « au cas par cas », selon un message vendredi de l’académie envoyé aux chefs d’établissement.

      La décision a été prise « dans le contexte actuel de fortes tensions suite au drame de Nanterre », selon le message de la rectrice. L’académie de Versailles comprend quatre départements de banlieue parisienne, dont les Hauts-de-Seine où se trouve la ville de Nanterre.

      Pour les seuls Hauts-de-Seine, « tous les événements devant se dérouler hors du temps scolaire », dont les kermesses et fêtes, sont annulés vendredi, selon un autre message du directeur de l’éducation nationale dans le département (Dasen). « Dans le premier degré, une réévaluation sera faite en début de semaine prochaine », est-il précisé.

  • Après Sainte-Soline : il n’y a pas d’armes de paix ! | Désarmons-les !
    https://desarmons.net/2023/03/30/apres-sainte-soline-il-ny-a-pas-darmes-de-paix

    UN MASSACRE PREMEDITE ?

    (...) ce sont 3000 militaires qui ont été déployés autour d’une méga-bassine, constituant 20 escadrons de gendarmerie mobile avec 9 hélicoptères, 4 blindés VBRG, et 4 engins lanceurs d’eau ainsi qu’un peloton motorisé d’intervention et d’interposition (PM2I) monté sur quad (40 personnels sur 20 quads) et 4 pelotons héliportables, sans compter les officiers du Centre Opérationnel et les fouineurs des Brigades de Recherche et de l’IRCGN pour mener des expérimentations stratégiques et technologiques orwelliennes visant la neutralisation future de toute contestation démocratique.

    [...]

    Bien conscientes d’avoir tendu un piège mortel aux manifestant-es, les Autorités ont alors commencé à mentir de manière éhontée, affirmant que seul-es 6000 manifestant-es étaient présentes, minimisant le nombre de blessé-es et niant l’utilisation d’armes de guerre, ainsi que l’utilisation de LBD depuis les quads en mouvement.

    [...]

    Sur l’utilisation massive de grenades GM2L :

    A Sainte-Soline, nous avons observé :
    – Des GM2L tirées en série au milieux des nuages de lacrymo ;
    – Des GM2L tirées à 100 et 200 m derrière la première ligne de manifestant-es ;
    – Des GM2L avec un retard de plus de 2,5 s ;
    – Des GM2L qui n’explosaient pas, laissant du RDX partout ;

    COMPOSITION DES GM2L :
    – GM2L = 43 g d’hexocire (RDX) + 15 g gaz CS
    – GLIF4 = 26 g de tolite (TNT) + 4 g d’hexocire + 10 g gaz CS
    [...]
    Le RDX est 1,6 fois la puissance de la TNT. Par conséquent les GM2L sont deux fois plus dangereuses que les GLI F4.
    Et les autorités le savent pertinemment.

    NECESSITE / PROPORTIONNALITE ?
    – Des grenades contre des pierres et quelques fusées d’artifice, IL N’Y A NI NÉCESSITÉ NI PROPORTIONNALITÉ.
    – Des armes de catégorie A2 lancées à 150 m au lance-grenade face à un cocktail Molotov jeté à 25m la main, IL N’Y A NI NÉCESSITÉ NI PROPORTIONNALITÉ.

    GRADUATION DANS L’USAGE DE LA FORCE ?
    Lorsque les forces de l’ordre lancent et tirent SIMULTANÉMENT grenades lacrymogènes, balles de gomme, grenades de désencerclement et grenades explosives sur une foule à plus de 50m et en dépit de toute menace réelle et imminente, il n’y AUCUNE GRADUATION dans l’usage de la force.
    Ce que traduisent ces informations, c’est la volonté des autorités de tuer des civils. Il y a tentative de meurtre pour chaque grenade lancée dans une foule de civils. Gérald Darmanin et ses préfets portent la responsabilité de chaque acte de violence porté contre nous tou-tes.

    Sur l’expérimentation des Produits Marquants Codés (PMC) :
    Nous avons la preuve que l’EMF 100 était bien présent sur le dispositif de la gendarmerie de ce week-end à Sainte-Soline. Il permet de tirer des billes de Produit Marquant Codé (PMC = ADN de synthèse). Petite nouveauté par rapport à sa dernière apparition : l’EMF 100 n’est plus de couleur jaune…
    Sur le dessus de l’arme, on identifie le réservoir de billes ainsi qu’un viseur hollographique Eotech attaché de travers sur le canon de l’arme.
    On notera également que le tireur porte une caméra sur son casque, ce qui laisse penser que l’identification avec les PMC ne peut fonctionner sans l’adjonction d’images pour caractériser les faits qui sont reprochés aux personnes ciblées.
    Deux personnes au moins ont été placées en garde-à-vue sur le fondement de la détection (à l’aide de lampes UV) de PMC sur leurs vêtements et leur peau.

    Un grand merci à nos ami-es et allié-es de FLAGRANT DENI pour ces photographies. Lire leur article sur la bataille de Sainte-Soline : Disproportion des blessures à Sainte-Soline : la fabrique indécente des chiffres officiels
    https://www.flagrant-deni.fr/disproportion-des-blessures-a-sainte-soline-la-fabrique-indecente-des-

    #maintien_de_l'ordre #violence_d'État #armes_de_police #Gendarmerie #Produits_Marquants_Codés

  • Sainte-Soline : l’enregistrement qui prouve que le SAMU n’a pas eu le droit d’intervenir

    La LDH avait envoyé samedi six équipes de trois observateurs sur le terrain, en liaison avec quatre autres personnes, restées en appui dans une salle, dans la commune de Melle (Deux-Sèvres). Parmi eux, trois avocats, Sarah Hunet-Ciclaire, Chloé Saynac et Pierre-Antoine Cazau, ainsi qu’un médecin Jérémie F., généraliste en centre de santé, qui ne souhaite pas donner son nom.

    « Pas opportun »

    C’est dans cette salle qu’a été enregistrée, par la LDH, la conversation de 7 minutes 30 avec le SAMU, que Le Monde a pu consulter. Le téléphone du médecin sonne constamment, les équipes sur place lui signalent ici une plaie cervicale, là une mâchoire fracassée ou une fracture ouverte ; et il est convenu qu’il peut servir de coordinateur. Il a déjà appelé le médecin régulateur du SAMU, d’abord pour réclamer un hélicoptère, ensuite parce que les observateurs de la LDH lui ont dit que les secours n’arrivaient pas, et qu’il y avait au moins un blessé dont le pronostic vital était engagé.

    Il est 14 h 50 lorsque le docteur F. rappelle les pompiers.
    « − Un pompier : Je viens d’avoir le SAMU sur place qui me dit, on n’envoie personne sur place, le point de regroupement des victimes est à l’église de Sainte-Soline, une fois qu’ils seront là-bas, l’engagement des moyens sera décidé.

    − Le médecin : Ecoutez, je pense que c’est une, que ce n’est pas, enfin, je pense que ce n’est pas opportun comme décision.
    − Le pompier : Alors moi je suis ni décideur, ni…
    Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Mégabassines : gendarmes et manifestants se rejettent la responsabilité des violents affrontements à Sainte-Soline
    − Le médecin : Attendez, attendez. Mais moi je vais vous expliquer. Moi, je suis médecin et en fait, là, il y a des observateurs de la LDH, la Ligue des droits de l’homme qui sont sur place, qui disent que c’est calme depuis une demi-heure. Donc en fait, vous pouvez intervenir et moi, mon évaluation à distance avec des éléments parcellaires que j’ai, c’est qu’il faut une évacuation immédiate.
    − Le pompier : Je vais vous repasser le SAMU. Ne quittez pas. (…)
    − Le SAMU : Allo, oui le SAMU, bonjour.
    − Le médecin : Oui, c’est vous que j’ai eu tout à l’heure au téléphone ?
    − Le SAMU : Oui.
    − Le médecin : Super. Vous en êtes où, là, de la plus grosse urgence absolue de ce que j’ai comme impression, moi, de loin ?
    − Le SAMU : Alors déjà le problème, c’est que vous n’êtes pas sur place, donc c’est un peu compliqué. On a eu un médecin sur place et on lui a expliqué la situation, c’est qu’on n’enverra pas d’hélico ou de SMUR sur place, parce qu’on a ordre de ne pas en envoyer par les forces de l’ordre.
    .
    .
    .
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/03/28/sainte-soline-l-enregistrement-qui-prouve-que-le-samu-n-a-pas-eu-le-droit-d-

    la famille de S. est décidée à porter plainte sur ce motif.
    on sait qui informe usuellement les journalistes. les ordres policiers et préfectoraux de ne pas porter secours ne sont pas documentés par les #MMS alors que cette pratique est relativement fréquente.

    #police #violence_d'État #blessés #Samu #pompiers #préfecture#manifestation #refus_de_secours #non_assitance_à_personne_en_danger

  • Réforme des retraites : « Quasiment toutes les règles du maintien de l’ordre ont été violées »
    https://www.lejdd.fr/societe/reforme-des-retraites-quasiment-toutes-les-regles-du-maintien-de-lordre-ont-et

    À la suite du 49-3 sur la réforme des retraites, de nombreuses manifestations spontanées ont eu lieu en France et ont transformés la doctrine de maintien de l’ordre jusqu’ici en œuvre. Pour le JDD, Sébastian Roché, directeur de recherche au CNRS et auteur de « La Nation inachevée – la jeunesse face à l’école et la police », fait le point sur ces changements.

    Allons bon, v’là-t-y pas que même l’organe dominical du macronisme donne la parole à un odieux islamo-gauchiste pro-black-blocs…

    • Le Monde publie un entretien en vue d’une amélioration du maintien de l’ordre qui comporte quelques sentences bien senties et son lot de critiques

      Maintien de l’ordre : « La brutalisation des interventions est aujourd’hui au cœur de la stratégie française »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/03/27/maintien-de-l-ordre-la-brutalisation-des-interventions-est-aujourd-hui-au-c-

      Nasses, contrôles d’identité à grande échelle, gardes à vue, gazage rapproché : dans un entretien au « Monde », le sociologue Olivier Fillieule regrette que la stratégie policière, plutôt que de faire baisser la tension, contribue à amplifier le désordre.

      et, le cherchant ailleurs, je l’ai trouvé là
      https://justpaste.it/6axug

      je signale de nouveau que, n’en déplaise aux experts académiques et médiatiques, l’obstruction aux secours est malheureusement un classique d’un MDO qui fonctionne nécessairement à la punition, avant même que son pseudopode judiciaire soit mis en oeuvre. évidement, cela doit reste inaperçu, ne pas faire scandale. autrement dit, il faudrait que leurs tortures par manœuvre dilatoire ne pas fabriquent pas des mourants, ça fait sale, sauf qu’ils sont tributaires, jusqu’au préfets et ministres qui les commandent, d’un regrettable manque de finesse et d’adaptabilité

      #police #maintien_de_l'ordre #BAC #Brav_m #violence_d'État #violences_policières

    • Manifestations : « Le niveau de violence décidé par la police varie en fonction de la représentation que la police se fait du public qu’elle rencontre » [ça alors !], Paul Rocher, économiste

      L’économiste Paul Rocher, par ailleurs spécialiste des violences policières, explique dans une tribune au « Monde », que les policiers subissent un syndrome de « citadelle assiégée » par rapport à l’ensemble de la population, mais cela n’excuse pas du tout le recours de la police à la brutalité. [ah bon]

      Le premier secrétaire du Parti socialiste et député Olivier Faure vient de publier le récit des violences policières subies par le fils d’un ami. Le médecin du jeune homme constate de nombreux hématomes et dermabrasions ainsi qu’une tuméfaction et une lombalgie. M. Faure se livre ensuite à une critique du gouvernement qui aurait donné la consigne de faire du chiffre. Mais cette critique comporte un paradoxe : si l’ordre donné à la police était de faire du chiffre, pourquoi le médecin constate-t-il de nombreuses #blessures ? Arrêter un maximum de personnes n’impose nullement de les brutaliser [ces derniers jours on a vu que brutaliser en masse n’impose pas d’arrêter arrêter, trop de taff administratif ballé qui restera sans suite : on punit in situ et en circuit court]. Or depuis une semaine, les vidéos de violences policières se multiplient. Pour dissiper ce paradoxe, la consultation des travaux sur l’institution policière se révèle édifiante.

      Tout d’abord, l’idée que la police fonctionnerait de manière rigoureusement hiérarchique, avec un ordre d’en haut qui serait strictement appliqué sur le terrain, ne correspond pas à la réalité, et ce a fortiori en contexte de maintien de l’ordre. Le sociologue Patrice Mann souligne que dans ce contexte, l’intervention policière « ne se déroule jamais concrètement comme le prévoit la procédure formelle » [eh oui]. L’application d’un ordre offre toujours un degré d’initiative aux policiers.

      Cette marge de manœuvre policière se prolonge avec une sorte de prophétie autoréalisatrice policière que Herbert J. Gans, ancien président de l’American Sociological Association, a mise en avant : l’anticipation de révoltes par les policiers, fortement imprégnés par des conceptions stéréotypes sur la population, augmente leur niveau de violence. Dans cette lignée, la recherche sur la police a identifié un phénomène important : les forces de l’ordre font preuve d’un respect relatif à l’égard de revendications autour du pouvoir d’achat des ouvriers et agriculteurs ; en revanche elles manifestent « une hargne certaine envers des étudiants-jeunes-privilégiés-casseurs ».

      Une figure floue du #casseur

      A première vue, la séparation entre bon et mauvais manifestant paraît nette, mais la figure floue du casseur permet d’inclure dans la deuxième catégorie une multitude de publics. Une manifestation pour le pouvoir d’achat, ou contre le recul de l’âge légal de départ à la retraite, peut ainsi être qualifiée par les forces de l’ordre d’initiative de « casseurs ». Tomber dans la catégorie des casseurs comporte un risque significatif. Car le pouvoir de définition de la légitimité des mobilisés, dont jouissent les policiers [bien aidés par les gouvernements et les média], façonne leur recours à la violence. Les violences contre les cortèges syndicaux depuis 2016 [loi Travaille branleur où on te casse la gueule !] en attestent.

      Le niveau de violence décidé par la police varie donc en fonction de la représentation que la police se fait du public qu’elle rencontre. La force des conceptions stéréotypées explique pourquoi, en dépit du fait que les manifestants ne sont pas nécessairement plus violents aujourd’hui, comme le montre une enquête récente réalisée auprès de policiers par l’association ACAT, les violences policières explosent.

      Pour s’en convaincre, il suffit de prendre les chiffres du ministère de l’intérieur sur le recours aux #armes [dite] non létales. Alors qu’en 2009 il dénombre 3 700 recours, le chiffre grimpe à plus de 32 000 en 2018 et reste depuis à un plateau très élevé de plus de 10 000 recours annuels. Pourtant, ces chiffres ne comprennent ni coups de matraque ni gaz lacrymogène, qui sont les armes les plus utilisées par la police.

      Un esprit de corps puissant

      Cette explosion des violences conduit à souligner une autre spécificité de la police. Elle attire des personnes peu représentatives de la population dans leur attitude par rapport à la violence. Une majorité des personnes désirant devenir policiers se caractérise par une conception purement répressive du futur métier potentiel. Une fois admis, les nouveaux policiers traversent une période de formation au cours de laquelle ils n’apprennent pas seulement les gestes techniques, mais s’imprègnent de la vision du monde de l’#institution_policière.

      C’est une vision assez singulière car les policiers se vivent dans une « citadelle assiégée », qui produit un esprit de corps puissant. Assiégée par qui ? Par le reste de la population que les policiers tendent ainsi à considérer au mieux avec méfiance, au pire avec hostilité. De ce point de vue, lorsque l’ancien préfet Lallement fait savoir à une « gilet jaune » qu’ils ne se trouvent pas dans le même camp, il ne s’agit pas d’un dérapage. C’est un moment de vérité sur la manière dont la police voit la population. De l’hostilité à la violence physique, il n’y a qu’un petit pas, que les policiers ont franchi dès les premières manifestations contre la réforme des retraites.

      Certes, Olivier Faure ne fait pas totalement fausse route [déjà presque mort, il se nourrit à la paille] : le gouvernement est le premier responsable de l’escalade violente actuelle. En refusant d’écouter l’opposition massive à la réforme des retraites, puis en jetant de l’huile sur le feu avec la décision du 49.3, il a réussi à transformer une crise sociale en crise démocratique. Mais rien n’oblige la police à exécuter les ordres du gouvernement avec brutalité – à moins qu’elle ne sache fonctionner autrement. [parce que "la police e déteste tout le monde" ?]

      Paul Rocher est économiste, auteur de Que fait la police ? Et comment s’en passer (2022, La Fabrique)

      #travail #autonomie_professionnelle

  • Communiqué au sujet de S., camarade au pronostic vital engagé à la suite de la manifestation de Sainte-Soline
    https://iaata.info/Communique-au-sujet-de-S-camarade-au-pronostic-vital-engage-a-la-suite-de-la

    Samedi 25 mars à Sainte Soline, notre camarade S. a été atteint à la tête par une grenade explosive lors de la manifestation contre les bassines. Malgré son état d’urgence absolue, la préfecture a sciemment empêché les secours d’intervenir dans un premier temps et d’engager son transport dans une unité de soins adaptée dans un second temps. Il est actuellement en réanimation neurochirurgicale. Son pronostic vital est toujours engagé.

    Le déferlement de violences que les manifestants ont subi a fait des centaines de blessés, avec plusieurs atteintes graves à l’intégrité physique comme l’annoncent les différents bilans disponibles. Les 30 000 manifestants étaient venus dans l’objectif de bloquer le chantier de la méga-bassine de Sainte-Soline, un projet d’accaparement de l’eau par une minorité au profit d’un modèle capitaliste qui n’a plus rien à défendre sinon la mort. La violence du bras armé de l’Etat démocratique en est la traduction la plus saillante.

    Dans la séquence ouverte par le mouvement contre la réforme des retraites, la police mutile et tente d’assassiner pour empêcher le soulèvement, pour défendre la bourgeoisie et son monde. Rien n’entamera notre détermination à mettre fin à leur règne. Mardi 28 mars et les jours suivants, renforçons les grèves et les blocages, prenons les rues, pour S. et tous les blessés et les enfermés de nos mouvements.

    Vive la révolution.

    Des camarades du S.

    P.-S.
    Si vous disposez d’informations concernant les circonstances des blessures infligées à S., contactez-nous à : s.informations@proton.me

    Nous souhaitons que ce communiqué soit diffusé le plus massivement possible.

    #maintien_de_l'ordre #violence_d'État #violences_policières #gendarmerie #armes_de_la_police #GM2L #Manifestation #mégabassines #Sainte_Soline #blessés #urgence_vitale #coma #traumatisme_cranien #entre_la_vie_et_la_mort

    • Si vous disposez d’informations concernant les circonstances des blessures infligées à S., contactez-nous à : s.informations@proton.me

      Nous souhaitons que ce communiqué soit diffusé le plus massivement possible.

      @rezo ?
      hier, afin de sommer la préfète de cesser de bloquer l’acheminement des blessés (ordre donné au Samu), la commission d’observateurs LDH a rompu sa règle en diffusant de suite, et pas après manif et synthèse, un communiqué

      et toutes et tous, merci de faire circuler parmi qui aurait été présent

    • COMMUNIQUE des parents de SERGE [reçu par mel]

      Notre fils Serge est actuellement hospitalisé avec un « pronostic vital engagé », suite à la blessure occasionnée par une grenade GM2L, lors de la manifestation du 25 mars 2023 organisée à Sainte-Soline (79) contre les projets de bassines irrigantes.

      Nous avons porté plainte pour tentative de meurtre, entrave volontaire à l’arrivée des secours ; et pour violation du secret professionnel dans le cadre d’une enquête de police, et détournement d’informations contenues dans un fichier de leur finalité.

      Suite aux différents articles parus dans la presse, dont beaucoup sont inexacts ou mensongers, nous tenons à faire savoir que :

      – Oui, Serge est fiché « S » - comme des milliers de militants dans la France d’aujourd’hui.

      – Oui, Serge a eu des problèmes judiciaires - comme la plupart des gens qui se battent contre l’ordre établi.

      – Oui, Serge a participé à de nombreux rassemblements anticapitalistes - comme des millions de jeunes dans le monde qui pensent qu’une bonne révolution ne serait pas de trop, et comme les millions de travailleurs en lutte actuellement contre la réforme des retraites en France.

      Nous considérons qu’il ne s’agit là nullement d’actes délictueux qui saliraient notre fils, mais que ces actes sont au contraire tout à son honneur.

      Les parents de Serge
      Le Mercredi 29 mars 2023

    • Communiqué n°2 : À propos de la construction policière autour de Serge et des autres blessés de Sainte Soline

      Alors que notre camarade Serge se bat comme un lion pour garder la vie que l’Etat essaie de lui enlever, nous assistons à un nouveau déferlement de violences, cette fois-ci médiatiques, qui vise à faire de lui un homme qu’on peut légitimement abattre. Aujourd’hui, il est toujours dans le coma et son pronostic vital est toujours engagé. Notre solidarité va aussi à Mickaël et à toutes celles et ceux qui ont rencontré la violence de la police sur leur chemin.

      Les mots du pouvoir d’état sont inlassablement répétés sur les plateaux des médias bourgeois pour construire l’ennemi qu’ils veulent combattre. Leur écran de fumée ne supportera pas les dizaines de récits qui sont venus recomposer le déroulement des faits. La gendarmerie a utilisé des grenades dans le but d’abîmer les manifestants et a orchestré la faillite de la prise en charge des secours, quitte à laisser mourir les camarades.

      Les services de renseignements distribuent à tour de bras le dossier de Serge dans les rédactions dans le but d’imposer le prisme policier pour désigner ce que nous sommes. Nous ne nous amuserons pas ici à démonter chacune des versions policières volontairement tronquées. Ça serait croire qu’une quelconque vérité à ce sujet puisse exister dans les arcanes des propagandes étatique et médiatique. Serge, en tant que militant révolutionnaire, participe depuis de nombreuses années de toute sa volonté aux différentes luttes de classe qui surgissent contre notre exploitation, toujours dans un souci d’élargissement, de renforcement et de victoires pour les prolétaires.

      Parce que oui, nous ne pouvons pas nous résigner à l’écrasement.

      Nous appelons toutes celles et ceux qui le connaissent à dire autour d’eux qui il est. Mais en se souvenant d’une chose : Serge, dans la lutte, refuse la stratégie du pouvoir de désigner les bons et les mauvais. Nous tenons, avec lui, cette ligne.

      Mardi 28 mars, des gens d’un peu partout ont pris l’initiative de témoigner de leur solidarité au cœur du mouvement contre la réforme des retraites en France. Nous avons également reçu de nombreux messages de camarades d’autres pays. Nous les en remercions chaleureusement et les invitons à poursuivre et renforcer la lutte. D’autres initiatives sont d’ores et déjà programmées et nous appelons les gens à les rejoindre et à les multiplier, sans modération, en France et dans le monde.

      Nous appelons à diffuser massivement ce communiqué.

      PS : de nombreuses rumeurs circulent sur l’état de santé de Serge. Ne les relayez pas. Nous vous tiendrons informés de l’évolution de la situation.

      Pour nous contacter : s.informations@proton.me

      Des camarades du S.

  • À Nantes, quatre étudiantes qui manifestaient accusent la police de violences sexuelles | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/180323/nantes-quatre-etudiantes-qui-manifestaient-accusent-la-police-de-violences

    « L’émotion de ma cliente est considérable, explique Me Anne Bouillon, avocate d’une des quatre étudiantes. J’ai reçu une jeune femme profondément impactée, perturbée par ce qu’elle venait de vivre. Elle a subi une fouille sur le corps, sur les parties intimes, de la part d’une policière. Elle vit les choses sur le registre de l’agression intime. L’objectif premier était a minima d’humilier, et d’impressionner. Les gestes décrits sont inexplicables, et on ne peut en aucun cas les rattacher à une opération de contrôle. Comment est-ce qu’en manifestant calmement on peut être amenée à subir une fouille de cette nature-là ? C’est extrêmement grave. »

    « Mes clientes dénoncent les gestes de palpation qu’elles ont subis dans le cadre de ce contrôle, commente Me Aurélie Rolland, qui défend deux autres étudiantes. Les faits que les jeunes filles décrivent, des palpations avec les mains à l’intérieur des sous-vêtements, m’apparaissent hallucinants. Ils s’accompagnent de propos inadaptés, insultants, humiliants, dans un contexte de grande tension. »

    La fouille au corps est strictement encadrée par des articles du Code de la sécurité publique, rappelle l’avocate. Elle ne peut en aucun cas se justifier, ni être pratiquée dans ces conditions (voir ici les règles rappelées sur le site du ministère de l’intérieur). « Les étudiantes décrivent à présent un sentiment d’insécurité, et de stress, qui correspond à ce que les victimes d’agressions sexuelles éprouvent », signale aussi l’avocate.

    https://justpaste.it/c5m5c

    #violences_policières #violence_d'état #violences_sexuelles

  • 14 ans après, toujours là ! | Se défendre de la police
    https://collectif8juillet.wordpress.com/2023/02/18/14-ans-apres-nous-sommes-toujours-la

    Nous venons d’apprendre par voix de presse la décision du tribunal administratif de condamner l’État à indemniser Joachim suite aux blessures qui lui ont été infligées il y a maintenant 14 ans.
    Le 8 juillet 2009, la police a tiré dans le tas. Une date parmi tant d’autres. Une histoire de violences policières parmi tant d’autres. Celle-ci s’est passée à Montreuil, le soir d’une expulsion d’un bâtiment occupé en centre-ville : La clinique. Un lieu d’organisation collective, un lieu d’habitation, un lieu où beaucoup d’entre nous ont tenté de se réapproprier ce dont ce monde ne cesse de nous déposséder.
    Une manière de faire exister de la solidarité quand toutes les décisions administratives et sociales usent de la violence pour servir les intérêts économiques des spéculateurs. Quand les lois entravent la liberté de chacun et chacune de s’installer ou de circuler pour mieux les exploiter.

    Une manière de se défendre contre la violence que l’ont subi, quand nous sommes contrôlé.e.s alors que nous n’avons pas de papiers, quand nous devons nous justifier pour pouvoir accéder aux droits et à la santé, quand nos indemnisations chômage nous sont retirées, quand les loyers augmentent et que nous ne pouvons plus nous loger.

    Ce soir du 8 juillet 2009, c’est sur tout cela qu’ils ont tiré.

    Au moins six personnes ont été blessées. Elles ont porté plainte. En novembre 2016, 7 années après, trois policiers tireurs ont été condamnés à des peines de 7 à 15 mois de sursis, assortis de l’interdiction de porter une arme pendant 12 à 18 mois. Le tribunal n’a pas retenu la légitime défense invoquée par leurs avocats. Le tribunal ne reconnaît donc pas les soi-disant violences de la part des manifestants décrites par les policiers pour justifier leurs tirs.

    Les policiers ont fait appel de cette décision. Deux d’entre eux sont condamnés en appel à 7 et 18 mois de prison avec sursis et 12 et 24 mois d’interdiction de port d’armes. Le tribunal ne condamne toutefois pas les policiers à verser les dommages et intérêts aux victimes, alors que l’une d’entre elles a l’oeil crevé.

    Une procédure au tribunal administratif est ouverte Contre l’État et la chaîne de commandement des policiers.

    Le 2 février 2023, soit 14 ans après et après deux renvois, le tribunal administratif se saisit du dossier.

    [...] une dépêche AFP reprise par plusieurs journaux rend publique la décision du tribunal [https://seenthis.net/messages/991024]. Alors que ni la personne concernée ni l’avocat n’en ont été informés.

    L’information qu’on retiendra est la responsabilité que le tribunal impute à la victime quant à sa blessure.

    « Le tribunal administratif a toutefois réduit le montant du préjudice, le faisant passer d’une estimation initiale de 150 500 euros à 105 350 euros, du fait de « l’imprudence fautive de la victime » qui a pris part à un « regroupement ayant montré une attitude agressive puis ayant été à l’origine de violences à l’encontre des forces de l’ordre ».

    Quel que soit le montant de l’indemnisation, aucune somme d’argent ne pourra réparer ce que nous avons subi. Rien ne pourra venir soulager les blessures invisibles que nous devons encore aujourd’hui panser.

    Vivre avec cela et avec ce que nous sommes, c’est aussi souffrir de voir les autres avancer. C’est une blessure qui frappe nos intimités. Rien ne sera jamais à la hauteur de ce qu’ils nous ont infligé. Jamais.

    L’indécence de cette décision nous dépasse. Elle veut rappeler à tous ceux et toutes celles qui demain vont mener des actions au TA, leur propre part de responsabilité. Et cela, même si l’État est condamné.

    Une stratégie bien connue. Celle de l’agresseur. Celui qui frappe doit justifier son geste. Si son geste est injustifiable, il invoquera la responsabilité de la personne qu’il vient de frapper. Pour que tout le monde accepte l’inacceptable.

    C’est ce que cette décision nous dit. Soumettez-vous à l’inacceptable.

    Personne n’est responsable lorsqu’elle subit l’oppression instituée. Les histoires de luttes nous le racontent, aujourd’hui reprises et institutionnalisées, par ceux-là mêmes qui, hier, voulaient nous faire croire le contraire.

    #toctoc #police #justice #violence_d'État #flashball #énucléation #tribunal_administratif #Montreuil #violences_policières #manifestation #défense_militante

  • Manifestant éborgné par un tir de LBD : l’État condamné à lui verser plus de 100.000 euros
    https://www.tf1info.fr/justice-faits-divers/manifestant-eborgne-par-un-tir-de-lbd-policier-en-2009-a-montreuil-la-justic

    Jeudi, le tribunal administratif de Montreuil a condamné l’État français à verser plus de 100.000 euros en réparation à un ancien manifestant.
    Ce dernier a été éborgné en 2009 par le tir de #LBD (lanceur de balles de défense) d’un policier.

    Une affaire qui avait, à l’époque, fait grand bruit. L’État a été condamné, jeudi 16 février, par le tribunal administratif de Montreuil à verser "105.350 euros en réparation des préjudices subis" à Joachim Gatti, un manifestant ayant été éborgné par un LBD en 2009.

    La justice administrative a admis l’existence des préjudices patrimoniaux liés à une perte de revenus. "Le requérant justifie de ce que son état de santé ne lui permet pas désormais d’espérer un déroulement normal de sa vie professionnelle, en ce que sa blessure l’empêche d’exercer les métiers de caméraman et de monteur qu’il occupait auparavant, ainsi que toute activité professionnelle nécessitant une acuité visuelle normale, limitant ainsi ses possibilités de reconversion professionnelle", indique la décision consultée par l’AFP. Dans les faits, depuis l’incident, l’ancien cameraman a essentiellement travaillé par intermittence en tant que cuisinier ou éducateur. De même, les juges ont reconnu un "déficit fonctionnel permanent", c’est-à-dire l’incapacité de retrouver une vie normale, un préjudice esthétique et des souffrances.

    Le préjudice minimisé par « l’imprudence fautive »

    Néanmoins, la juridiction a revu à la baisse le montant du préjudice, le faisant passer d’une estimation initiale de 150.500 euros à 105.350 euros. "L’imprudence fautive de la victime", qui a pris part à un "regroupement ayant montré une attitude agressive puis ayant été à l’origine de violences à l’encontre des forces de l’ordre", a conduit à cette révision.

    En complément, les autorités vont également devoir verser 10.106 euros à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de la Seine-Saint-Denis, qui a engrangé plusieurs dépenses de santé liées aux hospitalisations et soins de la victime.

    Ce jugement est satisfaisant

    Ce dénouement semble convenir au requérant [...]. "Le tribunal a imputé à la victime une part de responsabilité à hauteur de 30%, inférieure à d’autres décisions rendues dans des situations analogues donc ce jugement est satisfaisant", a réagi auprès de l’AFP Me Etienne Noël, avocat du principal intéressé. Toutefois, "ce taux de 30% reste trop élevé surtout si l’on considère que M. Gatti n’a commis aucune violence à l’encontre des forces de police. Peut-on y voir une remise en cause du droit de manifester ?", interroge-t-il.

    Pour rappel, les faits remontent au 8 juillet 2009. Des policiers étaient alors intervenus pour repousser des manifestants rassemblés devant un squat à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. L’utilisation trop musclée du LBD sur l’un d’entre eux [en fait, quatre manifestants avaient été flashballés] était devenue un symbole des violences des forces de l’ordre. Le policier impliqué a été reconnu coupable du tir et condamné en appel en 2018 à 18 mois de prison avec sursis et 24 mois d’interdiction de port d’arme.

    « L’arme la plus génératrice de dommages est sans conteste le LBD » : les détails du rapport annuel de l’IGPN
    https://www.tf1info.fr/justice-faits-divers/l-arme-la-plus-generatrice-de-dommages-est-sans-conteste-le-lanceur-de-balle

    Où l’on vérifie qu’attaquer la responsabilité de l’État au T.A peut déboucher sur une sanction plus substantielle que ce qui est obtenu au pénal ou au civil, non sans que son attribue aux cibles humaines une part de responsabilité, du fait d’avoir été présents...
    Et, à cette occasion, on constate une étonnante politique de communication du T.A. : la décision a été communiquée à l’AFP et à la presse avant de l’être au requérant et à son défenseur, histoire de redonner un longueur d’avance aux voix officielles sans aucun souci des droits du justiciable, dont celui de se livrer à une analyse de la décision et de la communiquer publiquement.

    #flashball #énucléation #police #tribunal_administratif #montreuil #violences_policières #violence_d'État
    #manifestation #défense_militante

    • L’Etat a été condamné fin janvier à verser 72 900 euros à un mineur considéré comme une « victime collatérale de l’opération de maintien de l’ordre » survenue à l’issue de la victoire de la France à la Coupe du monde de football en 2018.

      (...) « Juste avant » que le lycéen soit touché, il était « en train de fuir, dos aux policiers » et « il ne représentait pas à cet instant une menace », ajoutent les juges se basant sur des images de vidéosurveillance. Le jeune homme a donc certes eu « un comportement fautif » mais cela n’exonère l’État qu’à hauteur de 10 %. Le jugement intime donc les autorités à verser à la victime 90 % des préjudices reconnus par le tribunal, à savoir 72 900 euros.

      (...) Dans un premier temps, l’enquête avait été menée par l’Inspection générale de la police nationale ( IGPN) mais elle avait classé l’affaire sans suite, se disant incapable d’avoir pu identifier le tireur parmi les policiers. La victime avait donc engagé une action en responsabilité civile de l’Etat auprès du tribunal administratif de Lyon.

      [et toujours un bout de pipo chez _Ration_comme ailleurs, ici pour faire des lecteurs aussi amnésiques que les journaleux] En novembre 2020, le tribunal administratif de Lyon avait été le premier en France à reconnaître l’Etat responsable de blessures infligées à une jeune femme par un tir de LBD lors d’une manifestation de « gilets jaunes », en 2019.

      pour amender ce dernier paragraphe, d’autres cas de condamnations de l’État au TA, dont certains antérieurs https://seenthis.net/messages/991024

      #LBD #flashball #énucléation #police #tribunal_administratif #violences_policières #violence_d'État

  • L’État sur le banc des accusés pour les blessures au Flashball du 8 juillet 2009 à #Montreuil ! | Se défendre de la police
    https://collectif8juillet.wordpress.com/2023/01/16/letat-sur-le-banc-des-accuses-pour-les-blessures-au-fla

    Il y a plus de13 ans, la police tirait au Flashball sur des manifestant·es venu·es soutenir les habitant·es expulsé·es d’une ancienne clinique occupée aujourd’hui détruite. Six personnes étaient blessées dont l’une à l’oeil, gravement.
    Après dix années de lutte dans la rue et les tribunaux, deux policiers ont finalement été condamnés à des peines symboliques – quelques mois de prison avec sursis, sans interdiction d’exercer ni amende ou indemnité à payer.

    Une autre procédure était cependant toujours en cours, devant le Tribunal administratif, visant cette fois non pas à condamner les policiers, mais l’instance qui les recrute, les habille, les forme, et enfin les arme, à savoir l’État.

    L’audience aura enfin lieu au Tribunal administratif de Montreuil le jeudi 19 janvier à 13h30.

    La récente relaxe aux Assises du policier qui a éborgné Laurent Théron en 2016 rappelle l’impunité judiciaire dont bénéficient les policiers au pénal. Et si seule une procédure pénale peut obliger un policier à justifier ses actes devant une Cour de justice, l’action devant le Tribunal administratif est un recours dont les victimes de la police peuvent se saisir pour faire condamner l’État et obtenir une indemnisation, même lorsque l’identité du policier les ayant blessé·es n’est pas prouvée. ....

    #police #justice #flashball #violence_policière #impunité #violence_d'État #maintien_de_l'ordre

  • Sous #Macron, plus de policiers mis en cause mais moins condamnés

    Politis a obtenu les chiffres inédits du traitement judiciaire des violences policières de 2016 à aujourd’hui. Ils montrent l’explosion du nombre de policiers mis en cause (+ 57 %) et l’effondrement des taux de condamnation (- 20 points). Analyse.

    Comment la justice traite les dossiers de violences policières ? Jusque-là, il était difficile d’avoir une analyse quantifiée : les chiffres étaient inaccessibles. Suite à nos demandes, le bureau des statistiques du ministère de la Justice nous a finalement communiqué les premiers chiffres concernant le « traitement des auteurs dans les affaires de violences volontaires par personnes dépositaires de l’Autorité Publique », c’est à dire policiers, gendarmes et policiers municipaux.
    Plus 57 % de mis en cause

    Premier élément qui saute aux yeux : l’explosion du nombre de personnes dépositaires de l’autorité publique mises en cause pour violences volontaires en cinq ans. Elles étaient 534 en 2016, elles sont 836 en 2021, soit une augmentation de 57 %. L’augmentation annuelle la plus nette intervient entre 2019 et 2020 : on passe de 596 mis en cause à 752. 

    En revanche, la part des auteurs poursuivis et, plus encore, condamnés, reste basse. En 2021, sur 836 auteurs mis en cause seuls 146 ont fait l’objet de poursuites soit 17,5 %. Le nombre de condamnations n’a pas été communiqué pour cette année. En 2020, le pourcentage d’auteurs poursuivis est de 19,6 % – 148 sur 752 mis en cause. Seuls 58 ont été condamnés, soit à peine 7 % des policiers mis en cause.

    L’évolution du taux de poursuites reste stable autour de 16 %. Une augmentation sensible a cependant eu lieu en 2016 – 22 % des auteurs signalés étaient poursuivis – probablement dû à la mobilisation contre la loi travail. Une augmentation qu’on ne retrouve pourtant pas lors des années « gilets jaunes », en 2018 et 2019.

    Autre évolution notable : le taux de condamnation des policiers poursuivis s’effondre sous l’ère Macron. En 2016, 59 % des policiers poursuivis ont été condamnés (13 % des mis en cause), en 2020 ce taux sombre à 39 % (soit seulement 7,7 % des mis en cause). Le détail des peines prononcées n’a pas été communiqué par le ministère. Politis a fait une demande de précisions sur ce point.

    Quels sont les leviers qui aboutissent à des taux de poursuites et de condamnation aussi bas ?

    Le premier est le classement sans suite, notamment pour « infraction mal caractérisée ». Ce que le ministère a classé dans une ligne nommée affaires « non poursuivables » (terme que nous avons réutilisé dans notre graphique). La part des auteurs « non poursuivables » par rapport au nombre des mis en cause est très élevée : 67 % en 2016, 69 % en 2020.

    Mais même parmi les policiers dont les affaires sont « poursuivables », d’autres tris s’appliquent via notamment le classement pour « inopportunité des poursuites » : 15 % des auteurs « poursuivables » en ont bénéficié en 2016, 23 % en 2018 et 2019, et 12 % en 2020.

    Enfin, les auteurs peuvent bénéficier de mesures alternatives aux poursuites : 18 % des auteurs « poursuivables » en bénéficie en 2016, 25 % en 2018 et 2019 ; et 22% en 2020. Tout cela favorise donc un nombre très réduit de poursuites effectives et, par conséquent, de policiers finalement condamnés.

    https://www.politis.fr/articles/2022/12/exclu-politis-sous-macron-plus-de-policiers-mis-en-cause-mais-moins-condamne

    publié aussi par @colporteur :
    https://seenthis.net/messages/983445

    #police #violences_policières #impunité #violence_d'État #justice #condamnation #mise_en_cause #violences_volontaires #poursuite #peines #classement_sans_suite #non_poursuivables #inopportunité_des_poursuites #France #police #forces_de_l'ordre #macronisme

  • Exclu Politis : sous Macron, plus de policiers mis en cause mais moins condamnés - Nadia Sweeny 
    https://www.politis.fr/articles/2022/12/exclu-politis-sous-macron-plus-de-policiers-mis-en-cause-mais-moins-condamne

    Politis a obtenu les chiffres inédits du traitement judiciaire des violences policières de 2016 à aujourd’hui. Ils montrent l’explosion du nombre de policiers mis en cause (+ 57 %) et l’effondrement des taux de condamnation (- 20 points). Analyse.

    Comment la justice traite les dossiers de violences policières ? Jusque-là, il était difficile d’avoir une analyse quantifiée : les chiffres étaient inaccessibles. Suite à nos demandes, le bureau des statistiques du ministère de la Justice nous a finalement communiqué les premiers chiffres concernant le « traitement des auteurs dans les affaires de violences volontaires par personnes dépositaires de l’Autorité Publique », c’est à dire policiers, gendarmes et policiers municipaux.

    Plus 57 % de mis en cause

    Premier élément qui saute aux yeux : l’explosion du nombre de personnes dépositaires de l’autorité publique mises en cause pour violences volontaires en cinq ans. Elles étaient 534 en 2016, elles sont 836 en 2021, soit une augmentation de 57 %. L’augmentation annuelle la plus nette intervient entre 2019 et 2020 : on passe de 596 mis en cause à 752. 

    En revanche, la part des auteurs poursuivis et, plus encore, condamnés, reste basse. En 2021, sur 836 auteurs mis en cause seuls 146 ont fait l’objet de poursuites soit 17,5 %. Le nombre de condamnations n’a pas été communiqué pour cette année. En 2020, le pourcentage d’auteurs poursuivis est de 19,6 % – 148 sur 752 mis en cause. Seuls 58 ont été condamnés, soit à peine 7 % des policiers mis en cause.

    #police #violences_policières #impunité #violence_d'État #justice

  • Écrire après les violences policières
    https://www.revue-ballast.fr/ecrire-apres-les-violences-policieres

    Villemomble, quar­tier des Marnaudes, en Seine-Saint-Denis. Le 25 juin 2013, Makan Kebe est vio­len­té par la police. Son grand frère, qui accourt pour lui por­ter secours, est frap­pé et vic­time d’un tir de Flash-Ball en plein visage : il per­dra par­tiel­le­ment l’au­di­tion. Leur mère, qui arrive peu après, per­dra quant à elle un œil. Ce déferlement de vio­lence va meur­trir une famille et gros­sir les rangs des per­sonnes vic­times de vio­lences poli­cières. Dans un ouvrage paru aux édi­tions Premiers Matins de Novembre, « Arrête-toi ! », Makan Kebe retrace, aux côtés de la jour­na­liste Amanda Jacquel, le fil de ces évè­ne­ments — de la lutte judi­ciaire aux effets intimes sur leurs vies. Il nous raconte.

    /.../

    Très vite après ce jour de juin 2013, on a organisé un rassemblement au pied des immeubles. Samir Elyes, du MIB [Mouvement de l’immigration et des banlieues], est venu nous voir et le Collectif Œil était présent. Samir nous a fait comprendre les différentes manières d’agir de la police, et très vite on a réalisé qu’on s’engageait malgré nous dans un combat qui n’avait pas commencé avec notre histoire personnelle et qui, malheureusement, ne se terminerait pas avec elle. On se pose alors la question de notre place dans tout ça, de notre possible contribution à l’évolution de cette situation. J’ai vraiment pris conscience de la forme d’engagement précis que j’allais prendre, moi, personnellement, après le procès en 2018. J’ai commencé à prendre la parole dans des manifestations, dans des groupes de débats et à réfléchir à l’ossature du livre. Puis, en 2020, lors du deuxième procès au tribunal de Paris, j’ai rencontré Amanda, avec qui l’idée d’une collaboration est venue très naturellement. Je lui ai parlé de mon projet et elle a accroché, on a discuté et j’ai tout de suite senti que c’était la personne avec qui je voulais faire ce livre. On l’a totalement coécrit, c’est un travail à deux. Il était évident pour nous qu’il devait être accessible à tous, sans jargon, sans statistiques ou données chiffrées. Que ce soit un véritable récit de vie qui puisse aider les familles qui rencontrent ce type de problème.

    #violences_policieres #violence_d'Etat #témoignage

  • La nuit de la fête de la Musique, j’ai effacé une dizaine de tweets pour, je pensais, respecter la mémoire d’un mort et le besoin de paix de ses proches.
    Mais ça va pas.
    Et c’est faux.
    Depuis plusieurs années la préfecture de Loire-Atlantique et son bras armé font un jeu de « négociations » avec les victimes et/ou proches de victimes sur la base de « si vous ne pacifiez pas, l’ultra-gauche va récupérer ça et ce sera le chaos. »
    C’est malin, pervers, à la limite de la torture mentale, et... ça marche.

    Les préfectures continuent encore et toujours à bénéficier d’une aura de la fallacieuse « neutralité » de l’Ordre et du Pouvoir. C’est évidemment faux mais ça impressionne et franchement quand tu es endeuillé, tu as besoin de croire en une force pacificatrice, d’où qu’elle vienne.
    Je suis trop fatiguée pour me sentir capable de reprendre tout ce que nous (moi et des dizaines d’autres) avons dû débunker comme mensonges prefectoraux années après années : zad de Notre-Dame-des-Landes, du Testet, fausses attaques des hôpitaux Necker ou Pitié-Salpétrière, etc. etc. Mais accepter de taire encore le chantage pervers des préfectures : non.
    Pourtant quand des proches de victimes font pression pour taire ma colère, je le fais.
    Mais pour clarifier ce qui s’est passé hier à Nantes : initialement la Marche #JusticePourSteve aurait dû pouvoir aller sans la moindre réserve n’importe où. Et logiquement sur les lieux de fête de la musique d’il y a deux ans, là où Steve a été noyé et des dizaines d’autres blessé-e-s.
    Mais depuis le meurtre, pardon, « la fête qui a dégénéré » et « l’accident », selon les termes préfectoraux admis, le site est entièrement encagé et il a été interdit d’accès par arrêté la semaine dernière, ainsi que tout le secteur autour. (cf https://www.20minutes.fr/nantes/3066159-20210620-nantes-pointe-ouest-ile-nantes-reste-fermee-jusqu-mardi-m )

    Et là est le piège

    Pour une meilleure vision des lieux :
    – vue d’ensemble de la pointe de l’Ile de Nantes

    – la teuf de la musique 2019, où Steve est mort, se tenait là où est l’étoile « 47°... »

    – la marche a pu aller jusqu’où le corps a été retrouvé, au niveau de la cale près de la « Grue Jaune » & le manège

    – la famille a été « autorisée » et « escortée » jusqu’à la fresque-mémoire, entre les deux lieux, au niveau de la « Grue Grise » et du parking Wilson

    C’est là qu’il y a perversité de la Préfecture. Après avoir interdit le secteur, puis joué sur le fait que la marche n’était pas autorisée, cette dernière s’est donc retrouvée bloquée.
    Les proches de Steve ont demandé et demandé encore à passer, dignement, calmement, mais non.
    Vidéo : https://twitter.com/MarionLpz/status/1407035319673884672
    Les prises de paroles se sont donc faites à proximité de la « Grue Jaune ». Après dispersion, la famille a finalement reçu l’autorisation de se rendre à la fresque. Seule. Et là, les comptes twitter « Police Nationale 44 » puis « Préfet des Pays de la Loire » se sont empressés de communiquer, les premier en y ajoutant de manière indécente une capture photo d’une caméra de surveillance où on les voit escorter la famille.

    [#Manifestation] Rassemblement Terrasse des Vents- grue jaune. La famille de Steve Maia Caniço a été autorisée à venir se recueillir.

    https://twitter.com/PoliceNat44/status/1407045641612808196

    C’est à cause de ça que je suis intervenue, ainsi que beaucoup d’autres, pour démonter la supercherie : non la famille n’a pas reçu l’autorisation de se recueillir sur le lieu initialement souhaité. Sans doute même ne l’a-t-elle pas demandé ce jour là au vu des barrières et déploiements policiers autour.
    L’émotion, déjà grande avant, s’est transformée rapidement en colère.
    Pendant ce temps un autre cortège partait du centre-ville, plus festif revendicatif, et vous avez surement entendu parler du gazage général du centre qui a eut lieu ensuite. Sinon, j’avais tenté un suivi par ici : https://twitter.com/ValKphotos/status/1407018844393246720 mais mon crane au bord de l’implosion m’a obligée à lâcher le suivi vers 22h30.
    C’est plus tard dans la soirée et la nuit que des personnes, très sincères et pensant nécessaire d’apaiser les choses, sont intervenues un peu partout pour dire que si, si, la famille avait pu se recueillir, qu’il ne fallait pas mentir pour envenimer les choses, ... Bref, j’ai effacé tous mes tweets qui concernaient ce moment.

    Alors oui, la préfecture a « fait un geste » en acceptant que les proches accèdent au lieu de la fresque-mémoire puisqu’il faisait partie du périmètre interdit.
    Et indéniablement c’était important.

    Mais le lieu de la rave brisée demeure encagé.
    Comme la vérité.

    Entendons-nous bien : ce qui se joue là ce n’est pas « l’affaire #Steve_Maia-Canico » et je ne veux surtout pas minorer son importance : au contraire.
    Ce qui se joue c’est ce qui « fait autorité ».
    Les forces de l’ordre ?
    La communauté en pleine connaissance des faits ?
    En menant ce jeu d’interdiction / autorisation après négociation, la préfecture marque 2 points politiques stratégiquement primordiaux
    – forcer les victimes à gérer la pacification.
    – imposer la négociation, le dialogue et le retour à « l’autorisation préfectorale » dans une ville où, depuis août 1955 et la mort de Jean Rigollet tué par la police*, elle était boycottée.
    *Ref et contexte : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A8ves_de_Saint-Nazaire_en_1955


    Ça peut sembler être des détails, des broutilles mais pour qui a suivi plusieurs « affaires » de violences policières, on reconnait facilement les schémas qui consistent à acheter une paix sociale pour endosser le moins de responsabilité possible et pour que les potentielles répercussions soient noyées par l’oubli. Les parents de #Remi_Fraisse ont énormément souffert lorsqu’ils l’ont compris. Et je n’ai pas envie de nommer d’autres familles / proches mais celleux qui refusent de négocier dès le départ, sachant déjà qu’elles n’ont rien à perdre par expérience de « quartier » ou de « vie sociale » et qui choisissent la médiatisation plutôt que la discrétion ne gagnent pas forcément plus face à la justice mais perdent beaucoup moins d’illusions. Et ce n’est franchement pas rien.

    Et quitte à parler de la volonté des proches, je préfère quand elleux même définissent leur propre rapport à la répression et à la colère : https://loopsider.com/fr/video/steve-maia-canico-son-frere-et-soeur-se-confient-sur-leur-vie-sans-leur-f

    Fil de réflexions initialement construit sur twitter et enrichi pour sa libération seenthissée : https://twitter.com/ValKphotos/status/1407259546482057217

    #contrôle_social #repression #violences_policières #violence_d'Etat #Maintien_de_l'ordre

  • Neoextractivism and state violence: Defending the defenders in Latin America

    The commodities boom in the early 2000s extended the frontiers of extractivism and has relied on state violence, making Latin America one of the most dangerous and deadly places for indigenous peoples and frontline community defenders. Focused on Peru and Colombia, this essay explores dynamics of state violence and strategies for effective resistance.

    https://longreads.tni.org/stateofpower/neoextractivism-and-state-violence-defending-the-defenders-in-latin-a

    #extractivisme #néo-extractivisme #violence #Amérique_latine #violence_d'Etat #Pérou #Colombie #peuples_autochtones #résistance

    ping @karine4

  • Enquête vidéo : en Seine-Saint-Denis, comment une opération de police a viré au chaos
    https://www.lemonde.fr/police-justice/video/2021/06/02/enquete-video-en-seine-saint-denis-comment-une-operation-de-police-a-vire-au

    Le 25 juin 2013, à Villemomble, en Seine-Saint-Denis, des policiers confondent un jeune homme noir avec celui qu’ils poursuivent pour conduite d’une moto sans port du casque. S’ensuit un engrenage de violences qui fait plusieurs blessés, dont une mère de famille de 54 ans, qui perd l’usage d’un œil. Au terme d’une procédure de sept ans, tous les policiers ont été acquittés.

    Grâce au dossier d’instruction et à trente minutes d’images, parfois inédites, capturées par des habitants du quartier, Le Monde a pu retracer les moments clés de cette opération chaotique, où s’enchaînent des manquements policiers. Une enquête qui interroge la notion de « légitime défense », régulièrement invoquée par les forces de l’ordre dans les affaires de violence policière.

    Edit Le relevé des manquements policiers se veut scrupuleux mais oublie d’indiquer que les #grenades_de_désencerclement sont supposées être lancées au sol et non en cloche. Républicains, encore un effort...
    Par ailleurs, je crois pas que ce journal aurait fait ce taf si les propos de la famille étaient moins respectueux des institutions, ce qui n’est pas le cas de nombreuses familles de victimes de la police qui mènent une lutte politique, sans s’en tenir au terrain judiciaire et aux modalités testimoniales.

    #police #Violence_d'État #BAC #LBD #vidéo [30 !!] #justice #impunité_policière

  • Tracks. Spécial « Smartphonocène »

    En compagnie du philosophe italien Maurizio Ferraris, « Tracks » explore la relation, à tendance dévorante, que nous entretenons avec nos smartphones.

    Pour le philosophe italien #Maurizio_Ferraris, auteur de #Mobilisation_totale (éd. PUF, 2016), le téléphone portable nous maintient dans un état d’alerte permanent. Mais cette arme sociale pourrait-elle aussi aider à penser un nouveau bien-être mondial ? Un an après le début de la pandémie de Covid-19, qui a consacré le règne des écrans et du télétravail, Tracks a rencontré le philosophe chez lui, à Naples.

    #Forensic_Architecture
    Fondé par l’Israélien #Eyal_Weizman, le collectif pluridisciplinaire Forensic Architecture met en lumière la violence d’État en s’appuyant, notamment, sur des #technologies architecturales et de l’#open_data.

    Anti-5G
    Un monde saturé d’ondes magnétiques pour certains, le paradis des objets connectés pour d’autres : que nous promet la 5G ? Alors que les incendies d’antennes-relais se multiplient en Europe, une partie de la gauche libertaire et écologiste s’organise pour alerter sur ses risques, à l’instar du libraire Gontalde, à Montreuil, ou de la branche française de l’organisation américaine Deep Green Resistance.

    https://www.arte.tv/fr/videos/100281-007-A/tracks

    #architecture_forensique #violence_d'Etat #traces #contre-enquête #justice #violences_policières #vérité

    voir aussi sur twitter l’extrait sur l’architecture forensique :
    https://twitter.com/ARTEfr/status/1382951390834696193

    • Pour moi ça ne fait pas de différence : elle a été blessée en tant que gilet jaune, et je ne crois pas que l’auteur présumé du tir lui ait demandé son avis sur Hitler avant de la buter.

    • Évidemment ! c’est la reconnaissance policière (IGPN...) et judiciaire (instruction) ultérieure du tort subi (et ici le mot crime est employé par LM/AFP, ce qui est rarissime dans ces affaires, même si on a pu constater par ailleurs que l’emploi de « bavure » est ces derniers temps en perte de vitesse) qui ne me parait pas tout à fait indifférent.

      Il semble qu’il n’y ait qu’un autre cas, bien moins anonyme ou ordinaire et que l’agence France police relève

      Mi-janvier, un autre policier a été mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente aggravées » dans l’enquête sur la perte d’un œil de Jérôme Rodrigues, l’une des figures des « gilets jaunes ».

      #Police #violence_d'État

  • « Mon frère a été tué par la police d’une balle dans la tête » | Inès Belgacem et Nnoman Cadoret
    https://www.streetpress.com/sujet/1610725671-frere-tue-police-balle-tete-gaye-camara-violences-justice

    Dans la nuit du 16 au 17 janvier 2018, la police blesse mortellement Gaye Camara. Depuis, son frère Mahamadou porte le combat pour obtenir vérité et justice. Dans cette lutte, il peut compter sur le soutien des habitants de son quartier et de la mairie. Source : StreetPress

  • Violences policières : quand l’IGPN est désavouée par la justice
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2021/01/11/violences-policieres-quand-l-igpn-est-desavouee-par-la-justice_6065820_16535

    « Ma carrière dans la police nationale est brisée. Pour moi, c’est terminé. » A 50 ans, le brigadier-chef JMC (qui a souhaité rester anonyme) le reconnaît sans fard : il a « creusé [sa] tombe » depuis qu’il a décidé de dénoncer « des violences policières illégitimes, ces coups qui ne laissent pas de trace lors des interpellations, des dysfonctionnements et autres agissements illégaux » au sein du commissariat de Pau, où il a exercé ses fonctions de 2013 à 2020.

    Ses multiples alertes et rapports auprès de sa hiérarchie vont lui coûter sa carrière. « Il y a eu un effet de meute, les collègues se sont ligués contre moi : j’étais devenu l’homme à abattre », raconte-t-il, évoquant le « harcèlement moral » dont il a fait l’objet, avec son lot de changements de poste, « insultes, propos dégradants, provocations physiques, menaces, mise en quarantaine et placardisation ».

    Lanceur d’alerte, JMC finira par être « chargé » par l’inspection générale de la police nationale (IGPN), poursuivi au pénal pour « dénonciation calomnieuse, dénonciation mensongère à une autorité judiciaire ou administrative entraînant des recherches inutiles » et « violence par une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité ». Il sera finalement relaxé par le tribunal correctionnel de Pau, en juillet 2019, et par la cour d’appel, en décembre 2020.

    • Ce dossier est l’archétype de tout ce qu’on peut faire si on souhaite dissuader des policiers de dénoncer une bavure, les faire taire. »

      Pour JMC, c’est le 27 janvier 2018 que « le vase a débordé ». Ce jour-là, le brigadier-chef et des collègues interpellent trois mineurs de 14 ans soupçonnés d’avoir commis un vol avec effraction – le dossier sera ensuite classé sans suite. Selon JMC, l’un de ses subordonnés aurait alors frappé l’un des adolescents alors que ce dernier était au sol, percutant le brigadier-chef qui aurait alors pris un coup au passage. S’ensuit une altercation entre les deux policiers, séparés par une collègue.

      Lire aussi Pour les agents, l’expression « #violences_policières » est vue comme une « remise en cause frontale de leur travail »

      De retour au commissariat, le brigadier-chef rapporte ces faits de violence présumés à sa supérieure, la capitaine Marie F. Cette dernière, comme elle l’a reconnu dans un rapport administratif, demande à JMC « de ne pas relater sur le PV d’interpellation les faits relatifs à l’altercation ». « Je craignais qu’on verrouille tout, que cela soit étouffé », considère JMC, sommé de rédiger un rapport interne.

      Une enquête administrative est ouverte et confiée au numéro 2 de la sûreté départementale, le commandant Jean-Michel Delos. Lors de ses différentes auditions, le mineur prétendument agressé confirme la version de JMC. Quant aux deux autres adolescents interpellés, ils affirment avoir reçu des « coups de poing et des gifles ». Pour leur part, six collègues de JMC réfutent les allégations de ce dernier. Selon eux, c’est le brigadier-chef qui aurait agressé son subordonné.

      Des « accusations fallacieuses » selon l’IGPN

      Directrice départementale de la sécurité publique des Pyrénées-Atlantiques, la commissaire divisionnaire Brigitte Pommereau informe le parquet de Pau, en mars 2018, des conclusions de l’enquête administrative. Pour le commandant Delos, « les faits dénoncés » par JMC ont été « corroborés par la personne interpellée ». « De plus, les auditions des mineurs mettaient en évidence d’autres violences illégitimes par personnes dépositaires de l’autorité publique », souligne l’officier qui évoque « des faits de nature pénale » et met en cause le brigadier qui aurait agressé JMC et le mineur ainsi que « d’autres fonctionnaires de police à identifier ».

      La procureure de la République de Pau, Cécile Gensac, décide alors de saisir la délégation #IGPN de Bordeaux, « car la lecture des premiers actes de l’enquête administrative témoignait de la limite des possibilités d’investigation de l’officier en charge de cette enquête au regard des premières versions des faits produites », comme l’explique la magistrate aujourd’hui.

      Lire aussi IGPN : Gérald Darmanin « prêt à étudier » toutes les pistes de réforme (...)

      En juin 2018, un premier rapport de l’IGPN est réalisé. Ses conclusions prennent l’exact contre-pied de celles de l’enquête administrative. Chargé des investigations de la « police des polices », le commandant Philippe D. met en avant les déclarations « incohérentes, parfois évolutives » de JMC, « ses accusations fallacieuses » , et met hors de cause son collègue « tant pour ce qui concernait les allégations de violences sur le jeune que sur la personne » du brigadier-chef.

      Quelques mois plus tard, l’IGPN confirme ses premières conclusions et estime que « la responsabilité pénale » de JMC « pourrait être engagée des chefs de dénonciation calomnieuse et ou de dénonciation mensongère du délit de violence volontaire par personne dépositaire de l’autorité publique ».

      « Un parti pris immédiat »

      En octobre 2018, la procureure de Pau propose alors à JMC une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) « dans la mesure où les faits me paraissaient constitués et où le mis en cause aurait pu l’accepter », comme elle le justifie au Monde.

      JMC refuse et se voit cité à comparaître devant le tribunal correctionnel de Pau pour trois chefs. Le parquet requiert contre lui six mois de prison avec sursis, trois ans d’interdiction d’exercice de la profession et une #obligation_de_soins. Le confrère que JMC avait dénoncé se constitue partie civile.

      En juillet 2019, le tribunal correctionnel de Pau relaxe le brigadier-chef. Son jugement sonne comme un désaveu pour le parquet et l’IGPN. « Dès réception de l’enquête administrative concluant à l’existence de violences policières et avant toute investigation, l’IGPN dressera un procès-verbal prenant immédiatement partie contre JMC (…), mettant ainsi à mal les conclusions d’un fonctionnaire de police ayant enquêté plusieurs semaines », estime la cour.

      Dans la foulée, la procureure Cécile Gensac décide de faire appel. « J’étais persuadée qu’une nouvelle analyse du dossier devait engendrer sa condamnation pour les faits visés, indique la magistrate. Il me semblait indispensable de faire réexaminer la situation par une juridiction supérieure au nom de l’intérêt général que je représente. Ma connaissance du milieu local aura fini de forger ma conviction sur l’opportunité de cet appel. »

      La cour d’appel de Pau confirme le jugement en première instance et enfonce le clou dans son arrêt, égratignant le rapport de l’IGPN qui « révèle à sa lecture (…) un parti pris immédiat contre les déclarations de JMC puisque avant même d’avoir effectué une quelconque audition, le commandant de police prenant en compte l’enquête réalisée par la DDSP [direction départementale de la sécurité publique] des Pyrénées-Atlantiques qualifiera les conclusions de son homologue, le commandant Delos, de “très curieuses” ».

      « Un dérapage complet » de l’IGPN

      « Ce fonctionnaire de police utilisera dans ses propres conclusions du 5 juin 2018 un grand nombre de formulations plus subjectives que descriptives ou démonstratives, mentionnant le “côté fantaisiste” des déclarations de JMC », développe la cour d’appel, qui estime que « les déclarations de JMC ont été constantes, cohérentes, qu’elles rejoignent celles faites » par les mineurs interpellés, « qu’elles sont compatibles avec les constatations médicales réalisées ». « C’est un dérapage complet de l’IGPN », assène Me Sagardoytho, l’avocat du brigadier-chef.

      JMC a, depuis, lancé une procédure pour « harcèlement moral » devant le tribunal administratif de Pau. Il souligne notamment que la protection fonctionnelle d’Etat (PFE), soit la prise en charge des frais de justice par les pouvoirs publics, lui a été refusée, en mai 2019, par sa hiérarchie. En novembre 2018, la commissaire divisionnaire Brigitte Pommereau – aujourd’hui à la retraite et promue en janvier au grade d’officier de l’ordre national du Mérite sur proposition du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin – avait rendu un avis défavorable, JMC « ayant dénoncé de façon calomnieuse l’un de ses collègues ».
      Par ailleurs, Mme Pommereau avait décidé, en novembre 2018, de ne pas attribuer à JMC une « prime de résultats exceptionnels » « compte tenu de la procédure disciplinaire en cours » à son encontre.

      L’avocate du brigadier-chef, Me Christelle Mazza, annonce qu’elle va porter plainte au pénal pour « harcèlement moral » et « violence volontaire » contre le collègue policier que JMC avait initialement dénoncé. « Toute sa carrière est démolie, dit-elle. Il est au placard désormais. »

      Après sa première victoire judiciaire devant le tribunal correctionnel, JMC a été muté à Lourdes (Hautes-Pyrénées) « dans l’intérêt du service » en mars 2020, et affecté à des missions subalternes. « Cette mutation est une sanction disciplinaire déguisée. Dans mon dossier, il n’y a eu aucune justification de ma hiérarchie », observe JMC, désormais délégué syndical (Vigi). En février 2018, soit quelques jours après avoir dénoncé ces faits de violence présumés, le brigadier-chef avait été affecté au service des fourrières du commissariat de Pau, sans poste de travail. Avec une chaise en bois pour s’asseoir.

      Contactée, la direction générale de la #police nationale n’a « pas de commentaire à formuler sur une décision de justice ». Avocate du confrère dénoncé par JMC, Me Emmanuèle Legrand-Bogdan n’a pas répondu à nos questions.

      #violences_sur_mineurs #violence_d'État #psychiatrisation

  • « A l’aide, ils veulent me tuer » : les dernières minutes de Mohamed Gabsi, mort en avril après une interpellation policière à #Béziers
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/12/18/a-l-aide-ils-veulent-me-tuer-les-dernieres-minutes-de-mohamed-gabsi-mort-en-

    Les trois policiers municipaux qui avaient interpellé cet homme de 33 ans le 8 avril ont été mis en examen vendredi soir, à la suite de leur garde à vue.

    Huit mois après les faits, Houda Gabsi laisse pour la première fois exploser sa joie. « La vérité va enfin éclater. C’est la suite logique des choses, mais quel soulagement ! », s’enthousiasme-t-elle. Vendredi 18 décembre, trois policiers municipaux de la ville de Béziers (Hérault) ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire, selon les informations du Monde. Ils avaient interpellé son frère Mohamed pendant le premier confinement, le 8 avril, le ramenant inconscient au commissariat, avant qu’il soit déclaré mort une heure plus tard.

    « Le policier qui s’était positionné sur la victime, sur la banquette arrière du véhicule de police, a été mis en examen du chef de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », précise Raphaël Balland, procureur de la République du tribunal de Béziers. Les deux autres « ont été mis en examen du chef de non-assistance à personne en péril », poursuit-il, tout en rappelant que « les trois policiers [demeurent] présumés innocents tout au long de l’instruction ».

    Depuis le 11 avril, date de l’ouverture d’une information judiciaire, les enquêteurs du service régional de police judiciaire de Montpellier s’attelaient à rassembler des témoignages et des vidéos de l’interpellation. « Pour rendre justice à M. Gabsi, ces vidéos sont cruciales, explique au Monde l’avocat de la famille, Jean-Marc Darrigade, car il n’a pas le profil de la “bonne victime”. » Consommateur régulier de stupéfiants, diagnostiqué schizophrène adolescent, Mohamed Gabsi comptait huit condamnations depuis 2005, notamment pour des violences et des vols.

    De quoi nourrir la défense des policiers, dont l’avocat, Luc Abratkiewicz, avait affirmé au Monde avant leur garde à vue – il n’a pas souhaité s’exprimer depuis – que M. Gabsi s’était « jeté sur eux ». Il avait, par ailleurs, regretté les « morceaux choisis » de #vidéos qui ont inondé les réseaux sociaux à la mort de l’homme de 33 ans.

    Trois versions différentes de l’amorce du contrôle

    Ses clients, poursuivait-il, « des professionnels jamais en difficulté », « très bien notés par leur hiérarchie », auraient pourtant pu filmer eux-mêmes la scène, du début à la fin. Ce soir-là, l’un d’entre eux était porteur d’une caméra-piéton. Il a déclaré aux enquêteurs ne pas avoir eu le temps de la déclencher. Restent donc les témoignages et les vidéos des riverains, que Le Monde a rassemblés, pour raconter la funeste soirée qui a conduit à la mort de Mohamed Gabsi.

    Ce soir du 8 avril, le centre-ville de Béziers, paré d’enduit aux couleurs fanées, a été vidé par le #couvre-feu, instauré par la mairie dès 21 heures en sus du confinement. Il est 22 h 20 quand Mohamed, 33 ans, déambule. A l’angle de la rue Sébastopol et de l’avenue du 22-Août-1944, un véhicule de la police municipale s’arrête à son niveau et demande à contrôler son attestation de déplacement. Le trentenaire est connu des services de police locaux, qui l’ont déjà contrôlé par deux fois depuis le début du confinement, sans qu’il ait opposé de résistance.

    Mais cette fois-ci, Mohamed Gabsi se serait montré agressif, ont expliqué les trois agents qui se trouvaient à bord du véhicule. Durant leur audition libre, effectuée quelques heures après l’interpellation, ils offrent trois versions différentes de l’amorce du contrôle. Le premier explique que M. Gabsi a donné un coup dans le pare-chocs arrière de la voiture – coup dont ne font pas état les deux autres policiers. Le deuxième affirme qu’il a tenté de se soustraire au contrôle en « clopinant ». Le troisième dit qu’il a foncé sur l’un des policiers sorti de la voiture, avant de prendre la fuite en courant. Ils décrivent un homme pris de démence, probablement sous l’emprise de stupéfiants, les frappant à coups de poing et de pied.

    « Pourquoi vous faites ça ? Je n’ai rien fait ! »

    A 22h22, leurs collègues sont prévenus de la situation. La décision est prise de ramener le récalcitrant au commissariat. Les municipaux le menottent à terre, avant de le mettre sans ménagement à l’arrière de la voiture, à plat ventre. L’un d’entre eux déclare s’être assis sur les fesses de M. Gabsi, afin de le maintenir immobile pendant le transport. Les trois policiers affirment que l’individu s’est finalement calmé en route, au point de se mettre à « ronfler » peu avant l’arrivée au commissariat. Les vidéos amateurs et les témoins racontent, eux, une autre histoire. Peu après 22h22, Mohamed Gabsi est au sol, maintenu par trois policiers.

    La rue fourmille d’au moins une douzaine de policiers municipaux appelés en renfort. Mohamed Gabsi s’accroche à une barrière, se débat mollement, sans frapper, et crie pour apostropher les riverains : « Pourquoi vous faites ça ? Je n’ai rien fait ! Tout ça pour deux grammes ! » Quatre pochons de cocaïne de 500 mg ont, en effet, été retrouvés dans son boxer à l’autopsie. Trois policiers le soulèvent pour le mettre dans la voiture. L’un d’entre eux s’enfonce dans l’habitacle avec lui. Un deuxième se place devant la portière, au niveau de la tête de Mohamed Gabsi, comme pour faire écran. Dans les vidéos, on entend distinctement le trentenaire crier : « A l’aide ! Ils veulent me tuer ! »

    « Ferme ta gueule, je vais te faire dormir », lui répond le policier entré dans la voiture, appuyant son bras, puis ses genoux sur le cou de l’interpellé, selon deux témoins interrogés par les enquêteurs – et qui refusent depuis de parler à la presse. Les suspensions du véhicule s’agitent de longues minutes. Puis le silence règne de nouveau sur l’avenue, constate-t-on sur les vidéos. Les deux témoins racontent ensuite avoir entendu le policier s’exclamer : « Ça fait du bien ! », en sortant de l’habitacle.

    L’interpellé gît, inconscient. Les policiers se mettent à le gifler, répétant : « Oh, oh ! Gabsi ! Réveille-toi ! » Ils constatent la présence de vomi et se mettent à rire, poursuivent les témoins. Les policiers se mettent enfin en route. Par deux fois, ils tentent, sans succès, de claquer la portière arrière du véhicule – celle du côté de la tête de M. Gabsi –, indiquent les vidéos. Quelque chose bloque. La troisième sera la bonne.

    L’équipage n’arrivera que huit minutes après au commissariat, pourtant situé à moins de deux minutes de route du lieu de l’interpellation. A 22 h 36, des policiers nationaux reçoivent des mains de leurs collègues municipaux le corps de Mohamed Gabsi. « Son visage était bleu, son cou mou, il bavait », explique au Monde un témoin présent sur les lieux. Ils constatent une absence de pouls, effectuent un massage cardiaque et appellent les secours. Une heure plus tard, la mort du trentenaire est confirmée par un médecin.

    « Mohamed était malade. Mais au lieu d’avoir affaire à des professionnels de santé, il a eu affaire à des cow-boys », affirme Anna
    La machine judiciaire ne tarde pas à s’enclencher : les auditions des policiers et des témoins commencent vers 1 heure du matin. Les tentatives de récupérer des vidéos aussi : vers 1 h 30, trois policiers municipaux retournent sur le lieu de l’interpellation, réclamant aux riverains de leur remettre les films effectués, ont raconté plusieurs témoins au Monde. Aucune ne sera transmise par ce biais au service régional de police judiciaire de Montpellier, chargé d’enquêter sur la mort de M. Gabsi.

    Nombreux sont les témoins qui expriment leurs craintes vis-à-vis de la police municipale biterroise, dont les effectifs ont été armés et quasiment doublés depuis 2014, année de la première élection de #Robert_Ménard, maire proche du Rassemblement national. Anna, une proche de la famille Gabsi, explique : « Les interpellations de Mohamed par la police nationale se sont toujours passées sans encombre. S’il avait fait quelque chose de mal, il était amené dans le calme au commissariat. La police municipale, en revanche… Chaque fois qu’il les croisait, il savait qu’il allait se prendre une branlée. »

    En février 2019, pris d’une crise d’angoisse chez lui, sous l’emprise de stupéfiants, il se met à hurler. Des voisins appellent la police municipale, qui le maîtrise violemment, au point de lui causer un arrêt cardio-respiratoire et une rupture des ligaments du genou gauche, constatés par l’hôpital de Béziers. « Mohamed était malade, personne ne le conteste, poursuit Anna. Mais au lieu d’avoir affaire à des professionnels de santé, il a eu affaire à des cow-boys. »

    Mohammed Gabsi a-t-il été maîtrisé avec une force proportionnée ? C’est tout l’enjeu des expertises menées par la justice, qui cherche à déterminer la cause principale de sa mort. Rendue en novembre, la dernière expertise, chargée de faire la synthèse entre les trois précédentes, fait bien état d’une concentration de cocaïne dans le sang qui pourrait, théoriquement, « entraîner à lui seul le décès » d’un homme. Mais elle se garde de la déclarer comme cause exclusive de la mort, « compte tenu des lésions cervicales gauche ».

    « Appui maintenu » d’un « genou, coude ou poing »

    L’autopsie constate en effet au niveau du cou de M. Gabsi une fracture du cartilage et une compression du nerf vague, chargé de la régulation du rythme cardiaque. Deux conséquences découlent de cet écrasement des cervicales. La première est que le nerf vague, s’il est compressé de manière prolongée, peut entraîner une perte de conscience, voire la mort. Et ce, d’autant plus que le rythme cardiaque est déjà troublé par la prise de cocaïne et la panique suscitée par une interpellation musclée. La deuxième, décrite comme secondaire dans le rapport, est celle d’une « asphyxie mécanique » : compressé, le cou ne permet plus à l’oxygène d’entrer suffisamment dans les poumons.

    Les experts sont formels : ces lésions au niveau du cou sont dues à « un appui maintenu avec une force certaine » d’un « genou, coude ou poing ». Des constations qui mettent à mal la version policière, dans laquelle seul un appui sur les fesses du trentenaire avait été opéré. « La santé de M. Gabsi était certes fragile, notamment du fait de sa consommation de drogue, concède l’avocat de la famille. Mais la question qui doit se poser, dans cette affaire, c’est : “Etait-il programmé pour mourir ce soir-là, s’il n’avait pas croisé le chemin des policiers ?” »

    En attendant que la justice suive son cours, Houda Gabsi dépose, chaque semaine, quelques fleurs sur le lieu de l’interpellation de son frère. Des traces de cette nuit fatale prestement retirées par les agents de propreté biterrois.

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