• Tracks. Spécial « Smartphonocène »

    En compagnie du philosophe italien Maurizio Ferraris, « Tracks » explore la relation, à tendance dévorante, que nous entretenons avec nos smartphones.

    Pour le philosophe italien #Maurizio_Ferraris, auteur de #Mobilisation_totale (éd. PUF, 2016), le téléphone portable nous maintient dans un état d’alerte permanent. Mais cette arme sociale pourrait-elle aussi aider à penser un nouveau bien-être mondial ? Un an après le début de la pandémie de Covid-19, qui a consacré le règne des écrans et du télétravail, Tracks a rencontré le philosophe chez lui, à Naples.

    #Forensic_Architecture
    Fondé par l’Israélien #Eyal_Weizman, le collectif pluridisciplinaire Forensic Architecture met en lumière la violence d’État en s’appuyant, notamment, sur des #technologies architecturales et de l’#open_data.

    Anti-5G
    Un monde saturé d’ondes magnétiques pour certains, le paradis des objets connectés pour d’autres : que nous promet la 5G ? Alors que les incendies d’antennes-relais se multiplient en Europe, une partie de la gauche libertaire et écologiste s’organise pour alerter sur ses risques, à l’instar du libraire Gontalde, à Montreuil, ou de la branche française de l’organisation américaine Deep Green Resistance.

    https://www.arte.tv/fr/videos/100281-007-A/tracks

    #architecture_forensique #violence_d'Etat #traces #contre-enquête #justice #violences_policières #vérité

    voir aussi sur twitter l’extrait sur l’architecture forensique :
    https://twitter.com/ARTEfr/status/1382951390834696193

    • Pour moi ça ne fait pas de différence : elle a été blessée en tant que gilet jaune, et je ne crois pas que l’auteur présumé du tir lui ait demandé son avis sur Hitler avant de la buter.

    • Évidemment ! c’est la reconnaissance policière (IGPN...) et judiciaire (instruction) ultérieure du tort subi (et ici le mot crime est employé par LM/AFP, ce qui est rarissime dans ces affaires, même si on a pu constater par ailleurs que l’emploi de « bavure » est ces derniers temps en perte de vitesse) qui ne me parait pas tout à fait indifférent.

      Il semble qu’il n’y ait qu’un autre cas, bien moins anonyme ou ordinaire et que l’agence France police relève

      Mi-janvier, un autre policier a été mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente aggravées » dans l’enquête sur la perte d’un œil de Jérôme Rodrigues, l’une des figures des « gilets jaunes ».

      #Police #violence_d'État

  • « Mon frère a été tué par la police d’une balle dans la tête » | Inès Belgacem et Nnoman Cadoret
    https://www.streetpress.com/sujet/1610725671-frere-tue-police-balle-tete-gaye-camara-violences-justice

    Dans la nuit du 16 au 17 janvier 2018, la police blesse mortellement Gaye Camara. Depuis, son frère Mahamadou porte le combat pour obtenir vérité et justice. Dans cette lutte, il peut compter sur le soutien des habitants de son quartier et de la mairie. Source : StreetPress

  • Violences policières : quand l’IGPN est désavouée par la justice
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2021/01/11/violences-policieres-quand-l-igpn-est-desavouee-par-la-justice_6065820_16535

    « Ma carrière dans la police nationale est brisée. Pour moi, c’est terminé. » A 50 ans, le brigadier-chef JMC (qui a souhaité rester anonyme) le reconnaît sans fard : il a « creusé [sa] tombe » depuis qu’il a décidé de dénoncer « des violences policières illégitimes, ces coups qui ne laissent pas de trace lors des interpellations, des dysfonctionnements et autres agissements illégaux » au sein du commissariat de Pau, où il a exercé ses fonctions de 2013 à 2020.

    Ses multiples alertes et rapports auprès de sa hiérarchie vont lui coûter sa carrière. « Il y a eu un effet de meute, les collègues se sont ligués contre moi : j’étais devenu l’homme à abattre », raconte-t-il, évoquant le « harcèlement moral » dont il a fait l’objet, avec son lot de changements de poste, « insultes, propos dégradants, provocations physiques, menaces, mise en quarantaine et placardisation ».

    Lanceur d’alerte, JMC finira par être « chargé » par l’inspection générale de la police nationale (IGPN), poursuivi au pénal pour « dénonciation calomnieuse, dénonciation mensongère à une autorité judiciaire ou administrative entraînant des recherches inutiles » et « violence par une personne dépositaire de l’autorité publique sans incapacité ». Il sera finalement relaxé par le tribunal correctionnel de Pau, en juillet 2019, et par la cour d’appel, en décembre 2020.

    • Ce dossier est l’archétype de tout ce qu’on peut faire si on souhaite dissuader des policiers de dénoncer une bavure, les faire taire. »

      Pour JMC, c’est le 27 janvier 2018 que « le vase a débordé ». Ce jour-là, le brigadier-chef et des collègues interpellent trois mineurs de 14 ans soupçonnés d’avoir commis un vol avec effraction – le dossier sera ensuite classé sans suite. Selon JMC, l’un de ses subordonnés aurait alors frappé l’un des adolescents alors que ce dernier était au sol, percutant le brigadier-chef qui aurait alors pris un coup au passage. S’ensuit une altercation entre les deux policiers, séparés par une collègue.

      Lire aussi Pour les agents, l’expression « #violences_policières » est vue comme une « remise en cause frontale de leur travail »

      De retour au commissariat, le brigadier-chef rapporte ces faits de violence présumés à sa supérieure, la capitaine Marie F. Cette dernière, comme elle l’a reconnu dans un rapport administratif, demande à JMC « de ne pas relater sur le PV d’interpellation les faits relatifs à l’altercation ». « Je craignais qu’on verrouille tout, que cela soit étouffé », considère JMC, sommé de rédiger un rapport interne.

      Une enquête administrative est ouverte et confiée au numéro 2 de la sûreté départementale, le commandant Jean-Michel Delos. Lors de ses différentes auditions, le mineur prétendument agressé confirme la version de JMC. Quant aux deux autres adolescents interpellés, ils affirment avoir reçu des « coups de poing et des gifles ». Pour leur part, six collègues de JMC réfutent les allégations de ce dernier. Selon eux, c’est le brigadier-chef qui aurait agressé son subordonné.

      Des « accusations fallacieuses » selon l’IGPN

      Directrice départementale de la sécurité publique des Pyrénées-Atlantiques, la commissaire divisionnaire Brigitte Pommereau informe le parquet de Pau, en mars 2018, des conclusions de l’enquête administrative. Pour le commandant Delos, « les faits dénoncés » par JMC ont été « corroborés par la personne interpellée ». « De plus, les auditions des mineurs mettaient en évidence d’autres violences illégitimes par personnes dépositaires de l’autorité publique », souligne l’officier qui évoque « des faits de nature pénale » et met en cause le brigadier qui aurait agressé JMC et le mineur ainsi que « d’autres fonctionnaires de police à identifier ».

      La procureure de la République de Pau, Cécile Gensac, décide alors de saisir la délégation #IGPN de Bordeaux, « car la lecture des premiers actes de l’enquête administrative témoignait de la limite des possibilités d’investigation de l’officier en charge de cette enquête au regard des premières versions des faits produites », comme l’explique la magistrate aujourd’hui.

      Lire aussi IGPN : Gérald Darmanin « prêt à étudier » toutes les pistes de réforme (...)

      En juin 2018, un premier rapport de l’IGPN est réalisé. Ses conclusions prennent l’exact contre-pied de celles de l’enquête administrative. Chargé des investigations de la « police des polices », le commandant Philippe D. met en avant les déclarations « incohérentes, parfois évolutives » de JMC, « ses accusations fallacieuses » , et met hors de cause son collègue « tant pour ce qui concernait les allégations de violences sur le jeune que sur la personne » du brigadier-chef.

      Quelques mois plus tard, l’IGPN confirme ses premières conclusions et estime que « la responsabilité pénale » de JMC « pourrait être engagée des chefs de dénonciation calomnieuse et ou de dénonciation mensongère du délit de violence volontaire par personne dépositaire de l’autorité publique ».

      « Un parti pris immédiat »

      En octobre 2018, la procureure de Pau propose alors à JMC une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC) « dans la mesure où les faits me paraissaient constitués et où le mis en cause aurait pu l’accepter », comme elle le justifie au Monde.

      JMC refuse et se voit cité à comparaître devant le tribunal correctionnel de Pau pour trois chefs. Le parquet requiert contre lui six mois de prison avec sursis, trois ans d’interdiction d’exercice de la profession et une #obligation_de_soins. Le confrère que JMC avait dénoncé se constitue partie civile.

      En juillet 2019, le tribunal correctionnel de Pau relaxe le brigadier-chef. Son jugement sonne comme un désaveu pour le parquet et l’IGPN. « Dès réception de l’enquête administrative concluant à l’existence de violences policières et avant toute investigation, l’IGPN dressera un procès-verbal prenant immédiatement partie contre JMC (…), mettant ainsi à mal les conclusions d’un fonctionnaire de police ayant enquêté plusieurs semaines », estime la cour.

      Dans la foulée, la procureure Cécile Gensac décide de faire appel. « J’étais persuadée qu’une nouvelle analyse du dossier devait engendrer sa condamnation pour les faits visés, indique la magistrate. Il me semblait indispensable de faire réexaminer la situation par une juridiction supérieure au nom de l’intérêt général que je représente. Ma connaissance du milieu local aura fini de forger ma conviction sur l’opportunité de cet appel. »

      La cour d’appel de Pau confirme le jugement en première instance et enfonce le clou dans son arrêt, égratignant le rapport de l’IGPN qui « révèle à sa lecture (…) un parti pris immédiat contre les déclarations de JMC puisque avant même d’avoir effectué une quelconque audition, le commandant de police prenant en compte l’enquête réalisée par la DDSP [direction départementale de la sécurité publique] des Pyrénées-Atlantiques qualifiera les conclusions de son homologue, le commandant Delos, de “très curieuses” ».

      « Un dérapage complet » de l’IGPN

      « Ce fonctionnaire de police utilisera dans ses propres conclusions du 5 juin 2018 un grand nombre de formulations plus subjectives que descriptives ou démonstratives, mentionnant le “côté fantaisiste” des déclarations de JMC », développe la cour d’appel, qui estime que « les déclarations de JMC ont été constantes, cohérentes, qu’elles rejoignent celles faites » par les mineurs interpellés, « qu’elles sont compatibles avec les constatations médicales réalisées ». « C’est un dérapage complet de l’IGPN », assène Me Sagardoytho, l’avocat du brigadier-chef.

      JMC a, depuis, lancé une procédure pour « harcèlement moral » devant le tribunal administratif de Pau. Il souligne notamment que la protection fonctionnelle d’Etat (PFE), soit la prise en charge des frais de justice par les pouvoirs publics, lui a été refusée, en mai 2019, par sa hiérarchie. En novembre 2018, la commissaire divisionnaire Brigitte Pommereau – aujourd’hui à la retraite et promue en janvier au grade d’officier de l’ordre national du Mérite sur proposition du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin – avait rendu un avis défavorable, JMC « ayant dénoncé de façon calomnieuse l’un de ses collègues ».
      Par ailleurs, Mme Pommereau avait décidé, en novembre 2018, de ne pas attribuer à JMC une « prime de résultats exceptionnels » « compte tenu de la procédure disciplinaire en cours » à son encontre.

      L’avocate du brigadier-chef, Me Christelle Mazza, annonce qu’elle va porter plainte au pénal pour « harcèlement moral » et « violence volontaire » contre le collègue policier que JMC avait initialement dénoncé. « Toute sa carrière est démolie, dit-elle. Il est au placard désormais. »

      Après sa première victoire judiciaire devant le tribunal correctionnel, JMC a été muté à Lourdes (Hautes-Pyrénées) « dans l’intérêt du service » en mars 2020, et affecté à des missions subalternes. « Cette mutation est une sanction disciplinaire déguisée. Dans mon dossier, il n’y a eu aucune justification de ma hiérarchie », observe JMC, désormais délégué syndical (Vigi). En février 2018, soit quelques jours après avoir dénoncé ces faits de violence présumés, le brigadier-chef avait été affecté au service des fourrières du commissariat de Pau, sans poste de travail. Avec une chaise en bois pour s’asseoir.

      Contactée, la direction générale de la #police nationale n’a « pas de commentaire à formuler sur une décision de justice ». Avocate du confrère dénoncé par JMC, Me Emmanuèle Legrand-Bogdan n’a pas répondu à nos questions.

      #violences_sur_mineurs #violence_d'État #psychiatrisation

  • « A l’aide, ils veulent me tuer » : les dernières minutes de Mohamed Gabsi, mort en avril après une interpellation policière à #Béziers
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/12/18/a-l-aide-ils-veulent-me-tuer-les-dernieres-minutes-de-mohamed-gabsi-mort-en-

    Les trois policiers municipaux qui avaient interpellé cet homme de 33 ans le 8 avril ont été mis en examen vendredi soir, à la suite de leur garde à vue.

    Huit mois après les faits, Houda Gabsi laisse pour la première fois exploser sa joie. « La vérité va enfin éclater. C’est la suite logique des choses, mais quel soulagement ! », s’enthousiasme-t-elle. Vendredi 18 décembre, trois policiers municipaux de la ville de Béziers (Hérault) ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire, selon les informations du Monde. Ils avaient interpellé son frère Mohamed pendant le premier confinement, le 8 avril, le ramenant inconscient au commissariat, avant qu’il soit déclaré mort une heure plus tard.

    « Le policier qui s’était positionné sur la victime, sur la banquette arrière du véhicule de police, a été mis en examen du chef de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », précise Raphaël Balland, procureur de la République du tribunal de Béziers. Les deux autres « ont été mis en examen du chef de non-assistance à personne en péril », poursuit-il, tout en rappelant que « les trois policiers [demeurent] présumés innocents tout au long de l’instruction ».

    Depuis le 11 avril, date de l’ouverture d’une information judiciaire, les enquêteurs du service régional de police judiciaire de Montpellier s’attelaient à rassembler des témoignages et des vidéos de l’interpellation. « Pour rendre justice à M. Gabsi, ces vidéos sont cruciales, explique au Monde l’avocat de la famille, Jean-Marc Darrigade, car il n’a pas le profil de la “bonne victime”. » Consommateur régulier de stupéfiants, diagnostiqué schizophrène adolescent, Mohamed Gabsi comptait huit condamnations depuis 2005, notamment pour des violences et des vols.

    De quoi nourrir la défense des policiers, dont l’avocat, Luc Abratkiewicz, avait affirmé au Monde avant leur garde à vue – il n’a pas souhaité s’exprimer depuis – que M. Gabsi s’était « jeté sur eux ». Il avait, par ailleurs, regretté les « morceaux choisis » de #vidéos qui ont inondé les réseaux sociaux à la mort de l’homme de 33 ans.

    Trois versions différentes de l’amorce du contrôle

    Ses clients, poursuivait-il, « des professionnels jamais en difficulté », « très bien notés par leur hiérarchie », auraient pourtant pu filmer eux-mêmes la scène, du début à la fin. Ce soir-là, l’un d’entre eux était porteur d’une caméra-piéton. Il a déclaré aux enquêteurs ne pas avoir eu le temps de la déclencher. Restent donc les témoignages et les vidéos des riverains, que Le Monde a rassemblés, pour raconter la funeste soirée qui a conduit à la mort de Mohamed Gabsi.

    Ce soir du 8 avril, le centre-ville de Béziers, paré d’enduit aux couleurs fanées, a été vidé par le #couvre-feu, instauré par la mairie dès 21 heures en sus du confinement. Il est 22 h 20 quand Mohamed, 33 ans, déambule. A l’angle de la rue Sébastopol et de l’avenue du 22-Août-1944, un véhicule de la police municipale s’arrête à son niveau et demande à contrôler son attestation de déplacement. Le trentenaire est connu des services de police locaux, qui l’ont déjà contrôlé par deux fois depuis le début du confinement, sans qu’il ait opposé de résistance.

    Mais cette fois-ci, Mohamed Gabsi se serait montré agressif, ont expliqué les trois agents qui se trouvaient à bord du véhicule. Durant leur audition libre, effectuée quelques heures après l’interpellation, ils offrent trois versions différentes de l’amorce du contrôle. Le premier explique que M. Gabsi a donné un coup dans le pare-chocs arrière de la voiture – coup dont ne font pas état les deux autres policiers. Le deuxième affirme qu’il a tenté de se soustraire au contrôle en « clopinant ». Le troisième dit qu’il a foncé sur l’un des policiers sorti de la voiture, avant de prendre la fuite en courant. Ils décrivent un homme pris de démence, probablement sous l’emprise de stupéfiants, les frappant à coups de poing et de pied.

    « Pourquoi vous faites ça ? Je n’ai rien fait ! »

    A 22h22, leurs collègues sont prévenus de la situation. La décision est prise de ramener le récalcitrant au commissariat. Les municipaux le menottent à terre, avant de le mettre sans ménagement à l’arrière de la voiture, à plat ventre. L’un d’entre eux déclare s’être assis sur les fesses de M. Gabsi, afin de le maintenir immobile pendant le transport. Les trois policiers affirment que l’individu s’est finalement calmé en route, au point de se mettre à « ronfler » peu avant l’arrivée au commissariat. Les vidéos amateurs et les témoins racontent, eux, une autre histoire. Peu après 22h22, Mohamed Gabsi est au sol, maintenu par trois policiers.

    La rue fourmille d’au moins une douzaine de policiers municipaux appelés en renfort. Mohamed Gabsi s’accroche à une barrière, se débat mollement, sans frapper, et crie pour apostropher les riverains : « Pourquoi vous faites ça ? Je n’ai rien fait ! Tout ça pour deux grammes ! » Quatre pochons de cocaïne de 500 mg ont, en effet, été retrouvés dans son boxer à l’autopsie. Trois policiers le soulèvent pour le mettre dans la voiture. L’un d’entre eux s’enfonce dans l’habitacle avec lui. Un deuxième se place devant la portière, au niveau de la tête de Mohamed Gabsi, comme pour faire écran. Dans les vidéos, on entend distinctement le trentenaire crier : « A l’aide ! Ils veulent me tuer ! »

    « Ferme ta gueule, je vais te faire dormir », lui répond le policier entré dans la voiture, appuyant son bras, puis ses genoux sur le cou de l’interpellé, selon deux témoins interrogés par les enquêteurs – et qui refusent depuis de parler à la presse. Les suspensions du véhicule s’agitent de longues minutes. Puis le silence règne de nouveau sur l’avenue, constate-t-on sur les vidéos. Les deux témoins racontent ensuite avoir entendu le policier s’exclamer : « Ça fait du bien ! », en sortant de l’habitacle.

    L’interpellé gît, inconscient. Les policiers se mettent à le gifler, répétant : « Oh, oh ! Gabsi ! Réveille-toi ! » Ils constatent la présence de vomi et se mettent à rire, poursuivent les témoins. Les policiers se mettent enfin en route. Par deux fois, ils tentent, sans succès, de claquer la portière arrière du véhicule – celle du côté de la tête de M. Gabsi –, indiquent les vidéos. Quelque chose bloque. La troisième sera la bonne.

    L’équipage n’arrivera que huit minutes après au commissariat, pourtant situé à moins de deux minutes de route du lieu de l’interpellation. A 22 h 36, des policiers nationaux reçoivent des mains de leurs collègues municipaux le corps de Mohamed Gabsi. « Son visage était bleu, son cou mou, il bavait », explique au Monde un témoin présent sur les lieux. Ils constatent une absence de pouls, effectuent un massage cardiaque et appellent les secours. Une heure plus tard, la mort du trentenaire est confirmée par un médecin.

    « Mohamed était malade. Mais au lieu d’avoir affaire à des professionnels de santé, il a eu affaire à des cow-boys », affirme Anna
    La machine judiciaire ne tarde pas à s’enclencher : les auditions des policiers et des témoins commencent vers 1 heure du matin. Les tentatives de récupérer des vidéos aussi : vers 1 h 30, trois policiers municipaux retournent sur le lieu de l’interpellation, réclamant aux riverains de leur remettre les films effectués, ont raconté plusieurs témoins au Monde. Aucune ne sera transmise par ce biais au service régional de police judiciaire de Montpellier, chargé d’enquêter sur la mort de M. Gabsi.

    Nombreux sont les témoins qui expriment leurs craintes vis-à-vis de la police municipale biterroise, dont les effectifs ont été armés et quasiment doublés depuis 2014, année de la première élection de #Robert_Ménard, maire proche du Rassemblement national. Anna, une proche de la famille Gabsi, explique : « Les interpellations de Mohamed par la police nationale se sont toujours passées sans encombre. S’il avait fait quelque chose de mal, il était amené dans le calme au commissariat. La police municipale, en revanche… Chaque fois qu’il les croisait, il savait qu’il allait se prendre une branlée. »

    En février 2019, pris d’une crise d’angoisse chez lui, sous l’emprise de stupéfiants, il se met à hurler. Des voisins appellent la police municipale, qui le maîtrise violemment, au point de lui causer un arrêt cardio-respiratoire et une rupture des ligaments du genou gauche, constatés par l’hôpital de Béziers. « Mohamed était malade, personne ne le conteste, poursuit Anna. Mais au lieu d’avoir affaire à des professionnels de santé, il a eu affaire à des cow-boys. »

    Mohammed Gabsi a-t-il été maîtrisé avec une force proportionnée ? C’est tout l’enjeu des expertises menées par la justice, qui cherche à déterminer la cause principale de sa mort. Rendue en novembre, la dernière expertise, chargée de faire la synthèse entre les trois précédentes, fait bien état d’une concentration de cocaïne dans le sang qui pourrait, théoriquement, « entraîner à lui seul le décès » d’un homme. Mais elle se garde de la déclarer comme cause exclusive de la mort, « compte tenu des lésions cervicales gauche ».

    « Appui maintenu » d’un « genou, coude ou poing »

    L’autopsie constate en effet au niveau du cou de M. Gabsi une fracture du cartilage et une compression du nerf vague, chargé de la régulation du rythme cardiaque. Deux conséquences découlent de cet écrasement des cervicales. La première est que le nerf vague, s’il est compressé de manière prolongée, peut entraîner une perte de conscience, voire la mort. Et ce, d’autant plus que le rythme cardiaque est déjà troublé par la prise de cocaïne et la panique suscitée par une interpellation musclée. La deuxième, décrite comme secondaire dans le rapport, est celle d’une « asphyxie mécanique » : compressé, le cou ne permet plus à l’oxygène d’entrer suffisamment dans les poumons.

    Les experts sont formels : ces lésions au niveau du cou sont dues à « un appui maintenu avec une force certaine » d’un « genou, coude ou poing ». Des constations qui mettent à mal la version policière, dans laquelle seul un appui sur les fesses du trentenaire avait été opéré. « La santé de M. Gabsi était certes fragile, notamment du fait de sa consommation de drogue, concède l’avocat de la famille. Mais la question qui doit se poser, dans cette affaire, c’est : “Etait-il programmé pour mourir ce soir-là, s’il n’avait pas croisé le chemin des policiers ?” »

    En attendant que la justice suive son cours, Houda Gabsi dépose, chaque semaine, quelques fleurs sur le lieu de l’interpellation de son frère. Des traces de cette nuit fatale prestement retirées par les agents de propreté biterrois.

    https://seenthis.net/messages/840945
    https://seenthis.net/messages/858616
    https://seenthis.net/messages/870748

    #violences_policières #violence_d'État #police #Mohamed_Gabsi #morts_aux_mains_de_la_police #homicide #police_municipale #I_can't_breathe

  • Un dégoût profond pour cette république moribonde, Matéo. Fbouc de Bas les Masques - appel de soignant.e.s pour construire un mouvement populaire
    https://www.facebook.com/BaslesMasques2020/photos/a.113028497052253/211071223914646

    Elle est longue cette lettre de Mateo, étudiant de 21 ans, adressée à son professeur, mais tellement forte et belle, que nous nous y sommes plongé.es avec une boule à la gorge...

    Bonjour Monsieur,

    Ce mail n’appelle pas nécessairement de réponse de votre part, je cherchais simplement à écrire mon désarroi. Ne sachant plus à qui faire part du profond mal-être qui m’habite c’est vous qui m’êtes venu à l’esprit.

    Même si cela remonte à longtemps, l’année que j’ai passée en cours avec vous a eu une influence déterminante sur les valeurs et les idéaux qui sont aujourd’hui miens et que je tente de défendre à tout prix, c’est pour cela que j’ai l’intime conviction que vous serez parmi les plus à même de comprendre ce que j’essaye d’exprimer.

    Ces dernières semaines ont eu raison du peu d’espoir qu’il me restait. Comment pourrait-il en être autrement ? Cette année était celle de mes 21 ans, c’est également celle qui a vu disparaître mon envie de me battre pour un monde meilleur.

    Chaque semaine je manifeste inlassablement avec mes amis et mes proches sans observer le moindre changement, je ne sais plus pourquoi je descends dans la rue, il est désormais devenu clair que rien ne changera. Je ne peux parler de mon mal-être à mes amis, je sais qu’il habite nombre d’entre eux également.
    Nos études n’ont désormais plus aucun sens, nous avons perdu de vue le sens de ce que nous apprenons et la raison pour laquelle nous l’apprenons car il nous est désormais impossible de nous projeter sans voir le triste futur qui nous attend.

    Chaque semaine une nouvelle décision du gouvernement vient assombrir le tableau de cette année. Les étudiants sont réduits au silence, privés de leurs traditionnels moyens d’expression.
    Bientôt un blocage d’université nous conduira à une amende de plusieurs milliers d’euros et à une peine de prison ferme.
    Bientôt les travaux universitaires seront soumis à des commissions d’enquêtes par un gouvernement qui se targue d’être le grand défenseur de la liberté d’expression.
    Qu’en est-il de ceux qui refuseront de rentrer dans le rang ?

    Je crois avoir ma réponse.
    Samedi soir, le 5 décembre, j’étais présent Place de la République à Paris.
    J’ai vu les forces de l’ordre lancer à l’aveugle par-dessus leurs barricades anti-émeutes des salves de grenades GM2L sur une foule de manifestants en colère, habités par une rage d’en découdre avec ce gouvernement et ses représentants.
    J’ai vu le jeune homme devant moi se pencher pour ramasser ce qui ressemblait à s’y méprendre aux restes d’une grenade lacrymogène mais qui était en réalité une grenade GM2L tombée quelques secondes plus tôt et n’ayant pas encore explosée.
    Je me suis vu lui crier de la lâcher lorsque celle-ci explosa dans sa main.
    Tout s’est passé très vite, je l’ai empoigné par le dos ou par le sac et je l’ai guidé à l’extérieur de la zone
    d’affrontements.
    Je l’ai assis au pied de la statue au centre de la place et j’ai alors vu ce à quoi ressemblait une main en charpie, privée de ses cinq doigts, sorte de bouillie sanguinolente.
    Je le rappelle, j’ai 21 ans et je suis étudiant en sciences sociales, personne ne m’a appris à traiter des blessures de guerre.
    J’ai crié, crié et appelé les street medics à l’aide.
    Un homme qui avait suivi la scène a rapidement accouru, il m’a crié de faire un garrot sur le bras droit de la victime.
    Un garrot… Comment pourrais-je avoir la moindre idée de comment placer un garrot sur une victime qui a perdu sa main moins d’une minute plus tôt ?
    Après quelques instants qui m’ont paru interminables, les street medics sont arrivés et ont pris les choses en main.
    Jamais je n’avais fait face à un tel sentiment d’impuissance. J’étais venu manifester, exprimer mon mécontentement contre les réformes de ce gouvernement qui refuse de baisser les yeux sur ses sujets qui souffrent, sur sa jeunesse qui se noie et sur toute cette frange de la population qui suffoque dans la précarité.

    Je sais pertinemment que mes protestations n’y changeront rien, mais manifester le samedi me permet de garder à l’esprit que je ne suis pas seul, que le mal-être qui m’habite est général. Pourtant, ce samedi plutôt que de rentrer chez moi heureux d’avoir revu des amis et d’avoir rencontré des gens qui gardent espoir, je suis rentré chez moi dépité, impuissant et révolté.

    Dites-moi Monsieur, comment un étudiant de 21 ans qui vient simplement exprimer sa colère la plus légitime peut-il se retrouver à tenter d’installer un garrot sur le bras d’un inconnu qui vient littéralement de se faire arracher la main sous ses propres yeux, à seulement deux ou trois mètres de lui.
    Comment en suis-je arrivé là ? Comment en sommes-nous arrivés là ?

    Je n’ai plus peur de le dire. Aujourd’hui j’ai un dégoût profond pour cette République moribonde.

    Les individus au pouvoir ont perverti ses valeurs et l’ont transformée en appareil répressif à la solde du libéralisme.
    J’ai développé malgré moi une haine profonde pour son bras armé qui défend pour envers et contre tous ces hommes et ces femmes politiques qui n’ont que faire de ce qu’il se passe en bas de leurs châteaux.
    J’ai toujours défendu des valeurs humanistes et pacifistes, qui m’ont été inculquées par mes parents et desquelles j’ai jusqu’ici toujours été très fier.
    C’est donc les larmes aux yeux que j’écris ceci mais dites-moi Monsieur, comment aujourd’hui après ce que j’ai vu pourrais-je rester pacifique ?
    Comment ces individus masqués, sans matricules pourtant obligatoires peuvent-ils nous mutiler en toute impunité et rentrer chez eux auprès de leur famille comme si tout était normal ?
    Dans quel monde vivons-nous ?
    Dans un monde où une association de policiers peut ouvertement appeler au meurtre des manifestants sur les réseaux sociaux, dans un monde où les parlementaires et le gouvernement souhaitent renforcer les pouvoirs de cette police administrative qui frappe mutile et tue.
    Croyez-moi Monsieur, lorsque je vous dis qu’il est bien difficile de rester pacifique dans un tel monde…

    Aujourd’hui être français est devenu un fardeau, je suis l’un de ces individus que l’Etat qualifie de « séparatiste », pourtant je ne suis pas musulman, ni même chrétien d’ailleurs.
    Je suis blanc, issu de la classe moyenne, un privilégié en somme…
    Mais quelle est donc alors cette religion qui a fait naître en moi une telle défiance vis-à-vis de l’Etat et de la République ?
    Que ces gens là-haut se posent les bonnes questions, ma haine pour eux n’est pas due à un quelconque endoctrinement, je n’appartiens à l’heure actuelle à aucune organisation, à aucun culte « sécessioniste ».
    Pourtant je suis las d’être français, las de me battre pour un pays qui ne veut pas changer.
    Le gouvernement et les individus au pouvoir sont ceux qui me poussent vers le séparatisme.
    Plutôt que de mettre sur pied des lois visant à réprimer le séparatisme chez les enfants et les étudiants qu’ils s’interrogent sur les raisons qui se cachent derrière cette défiance.
    La France n’est plus ce qu’elle était, et je refuse d’être associé à ce qu’elle représente aujourd’hui.
    Aujourd’hui et malgré moi je suis breton avant d’être français. Je ne demanderais à personne de comprendre mon raisonnement, seulement aujourd’hui j’ai besoin de me raccrocher à quelque chose, une lueur, qui aussi infime soit-elle me permette de croire que tout n’est pas perdu.
    Ainsi c’est à regret que je dis cela mais cette lueur je ne la retrouve plus en France, nous allons au-devant de troubles encore plus grands, le pays est divisé et l’antagonisme grandit de jour en jour.

    Si rien n’est fait les jeunes qui comme moi chercheront une sortie, un espoir alternatif en lequel croire, quand bien même celui-ci serait utopique, seront bien plus nombreux que ne l’imaginent nos dirigeants.
    Et ce ne sont pas leurs lois contre le séparatisme qui pourront y changer quelque chose.
    Pour certains cela sera la religion, pour d’autre comme moi, le régionalisme.
    Comment pourrait-il en être autrement quand 90% des médias ne s’intéressent qu’aux policiers armés jusqu’aux dents qui ont été malmenés par les manifestants ?
    Nous sommes plus de 40 heures après les événements de samedi soir et pourtant je n’ai vu nulle part mentionné le fait qu’un manifestant avait perdu sa main, qu’un journaliste avait été blessé à la jambe par des éclats de grenades supposées sans-danger.

    Seul ce qui reste de la presse indépendante tente encore aujourd’hui de faire la lumière sur les événements terribles qui continuent de se produire chaque semaine.
    Soyons reconnaissants qu’ils continuent de le faire malgré les tentatives d’intimidation qu’ils subissent en marge de chaque manifestation.

    Je tenais à vous le dire Monsieur, la jeunesse perd pied.

    Dans mon entourage sur Paris, les seuls de mes amis qui ne partagent pas mon mal-être sont ceux qui ont décidé de fermer les yeux et de demeurer apolitiques.
    Comment les blâmer ? Tout semble plus simple de leur point de vue. Nous sommes cloîtrés chez nous pendant que la planète se meurt dans l’indifférence généralisée, nous sommes rendus responsables de la propagation du virus alors même que nous sacrifions nos jeunes années pour le bien de ceux qui ont conduit la France dans cette impasse.

    Les jeunes n’ont plus l’envie d’apprendre et les enseignants plus l’envie d’enseigner à des écrans noirs.
    Nous sacrifions nos samedis pour aller protester contre ce que nous considérons comme étant une profonde injustice, ce à quoi l’on nous répond par des tirs de grenades, de gaz lacrymogènes ou de LBD suivant les humeurs des forces de l’ordre.
    Nous sommes l’avenir de ce pays pourtant l’on refuse de nous écouter, pire, nous sommes muselés. Beaucoup de choses ont été promises, nous ne sommes pas dupes.

    Ne gaspillez pas votre temps à me répondre. Il s’agissait surtout pour moi d’écrire mes peines. Je ne vous en fait part que parce que je sais que cette lettre ne constituera pas une surprise pour vous. Vous êtes au premier rang, vous savez à quel point l’abîme dans laquelle sombre la jeunesse est profond.

    Je vous demanderai également de ne pas vous inquiéter. Aussi sombre cette lettre soit-elle j’ai toujours la tête bien fixée sur les épaules et j’attache trop d’importance à l’éducation que m’ont offert mes parents pour aller faire quelque chose de regrettable, cette lettre n’est donc en aucun cas un appel au secours.

    J’éprouvais seulement le besoin d’être entendu par quelqu’un qui je le sais, me comprendra.

    Matéo

    Bas les Masques :
    Nous en profitons pour clarifier un détail, dont parle Mateo, et c’est bien logique puisqu’il dit justement n’avoir aucune notion de premier secours. Le garrot est une pratique a éviter. La compression est à privilégier.

    Les deux images-textes choisies pour cette publication nous font passer d’un idéalisme absolu à un pragmatisme ô combien trivial.

    #corps_et_âme#manifestation #pourpasunrond #grenade #police #violence_d'État #mutilation

  • Le préfet Lallement, un allié inattendu - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2020/12/10/le-prefet-lallement-un-allie-inattendu_1808262

    Le préfet de police aurait été en droit de refuser le bénéfice de la protection fonctionnelle à ces agents s’il avait considéré qu’ils avaient commis une faute « personnelle », une faute qui révèle l’homme avec ses faiblesses, ses passions, ses imprudences. A la place, il a estimé que, si faute il y avait, elle était « de service », c’est-à-dire une faute impersonnelle. Plus encore, il s’agirait d’une faute compatible avec le service public, ou compatible avec les pratiques administratives normales.

    Pour le dire autrement, Didier Lallement reconnaît que les coups et blessures infligés à Michel Zecler relèvent des pratiques administratives normales de la police ! Un aveu inespéré pour tous ceux qui, comme nous, dénonçons les violences policières comme n’étant pas le fait d’individus isolés, de déviants, mais bien comme étant le fruit du fonctionnement normal de la police. C’est bien l’institution policière qui a violenté le producteur Zecler, pas des individus.

    Alors, non sans malice, nous pouvons dire merci au préfet Lallement de donner crédit à nos thèses. Qui aurait cru que celui qui avait déclaré « nous ne sommes pas du même camp » finirait par devenir notre allié objectif, à l’insu de son plein gré ?

    #violences_policières #violence_d'état #état_policier

  • Gazer, mutiler, soumettre
    https://lundi.am/Gazer-mutiler-soumettre

    Manifester aujourd’hui en France expose à la violence des armes dites non létales. Paul Rocher montre que ce recours massif à une technologie supposée garantir un maintien de l’ordre plus humain, est la marque d’un étatisme autoritaire de plus en plus intolérant à toute contestation dans une période de recul social majeur. Il ne cherche pas seulement à susciter une indignation morale contre les violences policières mais à « dégager les mécanismes qui génèrent l’escalade de violence étatique à laquelle nous assistons ».

    #police #violences_policières #droit_de_manifester #violence_d'état #violence_des_classes_dominantes

  • La ligne rouge, de la politique sécuritaire à la dérive autoritaire, avec Vanessa Codaccioni
    https://www.franceculture.fr/emissions/linvitee-des-matins/linvite-des-matins-du-lundi-23-novembre-2020


    Sous la cinquième république, quel rapport le gouvernement entretient-il avec l’opposition ? A quel moment la ligne rouge de l’autoritarisme est-elle franchie ? Les garde-fous des institutions sont-ils suffisants ?

    #autoritarisme #violence_d'état #violences_policières

  • L’artiste Paolo Cirio affiche des visages de policiers dans Paris pour dénoncer la reconnaissance faciale.
    https://information.tv5monde.com/info/l-artiste-paolo-cirio-affiche-des-visages-de-policiers-dans-pa

    Paolo Cirio — pour son dernier projet nommé Capture — a créé une base de données contenant 4000 visages de policiers français pour les identifier avec une technologie de reconnaissance faciale, via sa plateforme https://capture-police.com. Ce jeudi premier octobre 2020, l’artiste effectue donc une performance de « street art » en dévoilant une partie des portraits des officiers de police tirés de sa plateforme, affichés un peu partout dans la capitale française.

    J’ai choisi le mot Capture parce qu’il est court et qu’il résume bien le concept qu’il y a derrière la reconnaissance faciale. Particulièrement lorsque cette technologie est utilisée par la police. Ils l’utilisent pour capturer des criminels, des manifestants, pour les attraper, donc les capturer grâce à des logiciels et des caméras.

    Quand vous capturez un visage avec un appareil photo vous faites la même chose que ce que fait la police qui tente de capturer quelqu’un. C’est comme ça que m’est venue l’idée de ce projet Capture, en utilisant des photos de visages de policiers, des visages que j’ai capturés moi aussi, sur le Net.

    Tout le monde doit être inquiet par l’émergence de cette technologie qui va permettre la surveillance de masse, les analyses des comportements, des émotions des gens dans la rue, comme en Chine.

    J’ai en fait renversé le procédé de la reconnaissance faciale en l’utilisant contre ceux qui normalement l’utilisent contre des citoyens, c’est-à-dire les policiers. Je veux démontrer que cette technologie est très puissante et qu’elle peut être utilisée par des activistes, des citoyens, mais aussi par des criminels ou des terroristes, et ce, contre la police.

    Cela peut ressembler à une grosse provocation, mais en fait, cela peut-être aussi pris comme une manière de protéger la police en leur montrant les dangers de cette technologie. En fait, j’aimerais que les policiers signent eux aussi la pétition pour bannir la reconnaissance faciale en Europe.

    • Synergie-Officiers @PoliceSynergie
      https://twitter.com/PoliceSynergie/status/1312024085447180290

      Merci à ⁦@GDarmanin⁩ pour la promptitude de sa réaction et sa fermeté pour défendre les #policiers et leurs familles. Son intervention a permis de déprogrammer une entreprise criminogène sous couvert d’une démarche artistique. #Police # Jesoutienslapolice #BlueLivesMatter

      Le Fresnoy déprogramme :

      Des fafs tous les jours sur les chaînes info et dans la presse, des lois et décrets liberticides, racistes et anti pauvres comme si il en pleuvait, et des débats" sur la « cancel culture » et la longueur des vêtements des scolarisées.

      #police #reconnaissance_faciale #censure #école_d'art #exposition #culture #art

    • #fuite suite aux menaces
      https://www.mediapart.fr/journal/france/131020/un-artiste-menace-apres-avoir-voulu-diffuser-des-visages-de-policiers

      "« Je ne me sens plus en sécurité dans ce pays », lâche, amer, l’artiste et hacktiviste Paolo Cirio qui a quitté précipitamment la France la semaine dernière après avoir reçu plusieurs menaces par mails. L’exposition de son œuvre Capture venait d’être annulée, dans laquelle il entendait dénoncer les dangers de la reconnaissance faciale en exposant des visages de policiers trouvés sur internet.

      Pour réaliser son projet, Paolo Cirio avait « collecté 1 000 images publiques de policiers, dans des photos prises durant des manifestations en France, et les avaient soumises à un logiciel de reconnaissance faciale », explique l’artiste sur son site. Ce procédé lui a permis de récupérer 4 000 visages de policiers. Ceux-ci devaient être exposés, sous forme d’une fresque, dans le cadre de l’exposition Panorama 22. Les Sentinelles, qui s’ouvre jeudi 15 octobre au studio national des arts contemporains Le Fresnoy de Tourcoing.

      Le jour de la mise en ligne de la présentation de son projet, le jeudi 1er octobre, Paulo Cirio avait également mené une action dans les rues de Paris y affichant certains des portraits de policiers. L’opération était accompagnée de la mise en place d’un site internet, capture-police.com, répertoriant les photos et invitant les internautes à identifier les agents qu’ils pourraient reconnaître, ainsi que d’une pétition appelant à l’interdiction de la reconnaissance faciale.

      « La police appelle à l’utilisation de la reconnaissance faciale sur les manifestants, les minorités et les civils, alors qu’elle se rend non identifiable lors d’affrontements publics, poursuit le site internet de l’artiste. Dans le projet Capture, la reconnaissance faciale se retourne contre les mêmes autorités publiques et forces de l’ordre qui cherchent à en justifier la nécessité. »

      Mais les choses ne se sont pas passées comme Paolo Cirio l’avait prévu. Immédiatement après sa mise en ligne, le projet de l’artiste provoque une levée de boucliers. « Ça a été très vite », raconte-t-il à Mediapart. Il y eut tout d’abord les réactions indignées de syndicats de policiers – « seulement une heure après avoir publié mon projet », se souvient Paolo Cirio – qui en appellent à leur ministre de tutelle, Gérald Darmanin. Celui-ci, qui se trouve être par ailleurs ancien maire de Tourcoing, ville où se situe le studio Le Fresnoy, réagit quelques heures plus tard.

      « Insupportable mise au pilori de femmes et d’hommes qui risquent leur vie pour nous protéger, écrit le ministre de l’intérieur sur Twitter. Je demande la déprogrammation de l’“exposition” et le retrait des photos de son site, sous peine de saisir les juridictions compétentes. »

      Dès le lendemain, Le Fresnoy annule effectivement l’exposition de Paolo Cirio. « Nous ne pouvons en aucun cas adhérer à une démarche qui associe l’œuvre en question à une plateforme numérique où l’artiste invite à identifier et à désigner nommément des policiers, dont les photographies ont été préalablement diffusées sur internet », écrit le studio dans un communiqué en date du vendredi 2 octobre et largement diffusé sur les réseaux sociaux par des syndicats de policiers. « Par cette démarche qui a changé la nature de l’intervention du Fresnoy, l’artiste a violé les engagements qu’il avait pris de ne rien faire de tel devant les responsables du Fresnoy, et la direction de la Condition publique, ce qui nous a profondément choqués », poursuit-il.

      Parallèlement, Paolo Cirio reçoit sur sa boîte mails des messages d’insultes et d’autres plus inquiétants. « J’ai reçu de nombreux messages, dont certains très violents disant par exemple qu’ils me surveillaient ou qu’ils me trouveraient », raconte-t-il. Aucune menace de mort directe, mais des pressions et des insinuations assez précises pour le décider à retirer son site internet, qui a depuis été remplacé par la pétition.

      Et pour le convaincre de quitter le territoire français. « Je suis parti car je ne me sens plus en sécurité, explique Paolo Cirio. Je venais deux, trois fois en France par an. J’ai même donné des cours au Fresnoy. Mais pour l’instant, je pense que je ne reviendrai pas. »
      "

  • Vu hier et trouvé intéressant. La conclusion qui apparaît est qu’en l’état actuel de décomposition démocratique, l’institution reste « la police du Roy » et ne sera jamais la police aux services des citoyens. Et le pire est à venir (amha, dans un peu moins de deux ans)...

    Policiers et citoyens, une relation sous tension | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/085431-000-A/policiers-et-citoyens-une-relation-sous-tension

    Ces dernières années, en France et en Allemagne, la défiance est montée d’un cran entre la population et les forces de l’ordre. Une enquête fouillée sur les causes d’une crise inquiétante.

    En France, depuis 2018, les manifestations des « gilets jaunes », auxquelles ont succédé celles contre la réforme des retraites, se sont accompagnées d’affrontements brutaux avec les forces de l’ordre, qui ont causé de nombreux blessés de part et d’autre et de spectaculaires dégradations. En Allemagne, les mobilisations d’ampleur en faveur du climat, en particulier lors du sommet du G20 à Hambourg en 2017, tout autant que l’inquiétude grandissante face à la montée de l’AfD, le parti d’extrême droite, ont été, elles aussi, l’occasion d’explosions de violence. Des deux côtés du Rhin, le constat est le même : les conflits entre la population et les forces de l’ordre augmentent de façon significative. Désormais, pour de nombreux citoyens, la police est devenue un ennemi.

    Impunité
    Comment, à Paris et à Berlin, les autorités réagissent-elles à la défiance citoyenne qui monte à l’encontre de leur police ? Quelles en sont les causes et les conséquences ? Donnant la parole à une large variété d’intervenants (policiers, représentants syndicaux, sociologues, avocats, journalistes et consultants, mais aussi victimes de violences policières), cette enquête fouillée dépeint une crise qui s’aggrave. Au fil des témoignages sont pointées les baisses de crédits et d’effectifs dédiés à l’institution policière ainsi que les conditions de travail de plus en plus difficiles, qui ont poussé nombre de policiers au suicide ces dernières années. Sont également soulignés le poids de l’esprit de corps conjugué à une droitisation parfois extrême d’une partie des forces de l’ordre, le choix politique de tactiques répressives, mais aussi la viralité, via les réseaux sociaux, des bavures et, surtout, les carences judiciaires qui laissent souvent ces dernières impunies. Élargissant la focale au Royaume-Uni, Sebastian Bellwinkel montre comment, en confiant le contrôle de la police à un organisme indépendant (Independent Office for Police Conduct), le gouvernement a fait le pari de regagner la confiance des citoyens. Un exemple à suivre ?

    #violences_policières #violence_d'état

  • (2) Violences policières : « La régulation de la police est en crise » - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/06/25/la-regulation-de-la-police-est-en-crise_1792415

    « On peut appeler violence d’Etat la violence d’un agent de l’Etat dans l’exercice de ses fonctions. A partir du moment où la violence n’est pas proscrite, il est nécessaire d’en déduire qu’elle est jugée bonne. Mais qu’est-ce que la bonne violence policière ? On peut répondre à cette question par : "Dis-moi comment tu es contrôlé et je te dirai quelle est la bonne violence." La réalité du contrôle de la violence policière est systémique : elle résulte des ordres donnés par le gouvernement, de la hiérarchie qui la réprouve ou la couvre, des mécanismes enquêteurs, et de l’interprétation des règles par les juges. Enfin, une nouveauté est l’intolérance du public pour les déviances policières et la révolution des preuves introduite par les photos et vidéos.

    –-----

    (2) Violences policières : un tir de LBD, deux suspects, aucun coupable - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/06/25/violences-policieres-un-tir-de-lbd-deux-suspects-aucun-coupable_1792414

    Jean-François Martin a été éborgné lors des manifestations contre la loi travail à Rennes. Quatre ans après, l’enquête a débouché sur un non-lieu, faute de coopération de la hiérarchie policière.

    #violences_policières #violence_d'état #macronisme

  • Prisons, varia
    Salvador : le président autorise la police à utiliser « la force létale »
    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/04/28/apres-une-vague-de-violences-le-president-du-salvador-autorise-la-police-a-u

    Les cellules réservées aux détenus d’un même gang, c’est terminé, nous mélangeons désormais tous les groupes terroristes dans la même cellule, dans tous les centres de détention. L’Etat, ça se respecte ! » C’est par ce Tweet rageur que le vice-ministre salvadorien de la justice, Osiris Luna Meza, a annoncé, lundi 27 avril, la fin de la politique carcérale en vigueur depuis 2002 au Salvador, qui consis- tait à emprisonner séparément les membres des maras rivales, ces gangs qui sèment la terreur dans le pays, afin d’éviter les meurtres en prison.

    [...] « Les maras profitent de ce que presque toutes nos forces de sécurité sont occupées à contrôler la pandémie », s’est indigné sur Twitter le président Bukele, qui a annoncé mardi l’arrestation d’un « grand nombre » de membres de gangs.

    Samedi soir, le chef de l’Etat a annoncé que « l’utilisation de la force létale [était] autorisée pour l’autodéfense ou pour la défense de la vie des Salvadoriens » et a déclaré l’état d’urgence dans les centres pénitentiaires, dans le but d’éviter que les détenus ne puissent faire passer à leurs troupes à l’extérieur des ordres de commettre des crimes : des panneaux opaques ont été posés sur les portes des cellules, d’ordinaire séparées du couloir par une simple grille, et toute visite a été annulée.

    « Plus aucun rayon de soleil ne va pénétrer dans ces cellules », a tonné Osiris Luna Meza, également directeur général des pénitenciers. Pour illustrer la mise en œuvre de sa décision, M. Luna Meza a publié des photos de détenus des puissantes bandes rivales Mara Salvatrucha (MS-13) et Barrio 18 rassemblés, en caleçon, le crâne rasé, leurs tatouages caractéristiques en évidence et, pour la plupart, sans masque de protection contre l’épidémie due au coronavirus. « Nous allons faire cesser les homicides, je vous le promets », a ajouté M. Bukele mardi sur Twitter.

    Mutinerie dans une prison au Pérou : neuf morts, des blessés (nouveau bilan) - AFP
    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/mutinerie-dans-une-prison-au-perou-neuf-morts-des-blesses-20200429

    Neuf détenus ont été tués lors d’une mutinerie dans une prison de Lima, où des prisonniers sont morts du Covid-19, selon un nouveau bilan fourni mardi par les autorités qui font état de 67 blessés parmi les détenus, surveillants et forces de l’ordre.

    [...] La mutinerie dans la prison Miguel Castro Castro, dans l’est de la capitale péruvienne, a débuté lundi, après le décès la veille de deux détenus infectés par le coronavirus. Les prisonniers avaient mis le feu à des matelas pour protester contre le refus de libérer des détenus vulnérables dans un établissement vétuste et surpeuplé, où ils ne peuvent recevoir des soins corrects. Le directeur de l’INPE, Gerson Villar, a confirmé que deux détenus de cette prison étaient morts du Covid-19 dimanche et indiqué que les revendications portaient sur les grâces décidées en raison de la pandémie.

    [...] La prison Miguel Castro Castro compte 5.500 détenus pour une capacité théorique de 1.140 places.
    Une autre prison, qui compte 2.100 détenus pour une capacité théorique de 680 places, à Huancayo (centre), a aussi été le théâtre d’une mutinerie lundi. Mardi, des détenus de la prison de Lurigancho, la plus peuplée du pays, située au nord de Lima, ont organisé une manifestation pour demander des mesures de protection contre le Covid-19. Ils sont retournés dans leurs cellules après quelques heures.

    Sierra Leone : 7 morts au cours d’une tentative d’évasion d’une prison de Freetown
    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/sierra-leone-7-morts-au-cours-d-une-tentative-d-evasion-d-une-prison-de-fre

    Les causes de la mutinerie des détenus de la prison de Pademba Road, qui ont mis le feu à une partie de cet établissement vieux d’une centaine d’années, restent floues. Cinq détenus et deux gardiens sont décédés, a expliqué le chef de la police, Abu Bakar Kallon. Un porte-parole de la prison, Cecil Cole Showers, avait dans un premier temps indiqué qu’un gardien avait été tué et plusieurs dizaines de ses collègues et de détenus blessés pendant l’émeute. « Ce matin, nous avons constaté qu’un incendie était en cours à l’intérieur de la prison et entendu les détenus crier à l’aide », avait-il expliqué.

    Un riverain a indiqué à l’AFP avoir entendu des coups de feu. Les forces de l’ordre ont bouclé le quartier et ordonné aux habitants de rester chez eux. Dans la soirée, le gouvernement a évoqué dans un communiqué une « tentative d’évasion » et condamné « cette tentative de déstabiliser la sécurité de l’Etat », sans plus de détails, mais en ajoutant qu’une enquête avait été ouverte. L’émeute s’est produite après l’annonce lundi par le ministère de la Justice que l’un des détenus avait été testé la veille positif au nouveau coronavirus.

    Centre pénitentiaire de Béziers : les jets de colis vers la prison se multiplient depuis la fermeture des parloirs
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/centre-penitentiaire-beziers-jets-colis-prison-se-multi

    À la demande du parquet, le commissariat de police de Béziers a augmenté le nombre de ses patrouilles autour du centre péniten- tiaire de Béziers, dans l’Hérault. Ceci a permis d’interpeller une douzaine des personnes projetant des colis ou s’apprêtant à le faire. [...] Ces trois dernières semaines, dans le cadre de six procédures distinctes, 12 personnes ont donc été condamnées. Toutes ont été interpellées en flagrant délit dans le courant du mois d’avril par les policiers du commissariat de Béziers pour avoir projeté, ou tenté de le faire, des colis depuis l’extérieur de la prison.

    Le tribunal correctionnel de Béziers affirme « avoir fait preuve d’une grande fermeté » avec les condamnations suivantes :
    – 18 mois de prison pour un homme de 25 ans ; son colis contenait près de 100 grammes de cannabis.
    – 12 mois de prison pour un détenu de 30 ans ayant sollicité un ami biterrois âgé de 36 ans. Ce dernier a été condamné à 7 mois de prison pour avoir projeté deux bouteilles d’alcool et des chargeurs de téléphone.
    – 7 mois de prison pour deux hommes et une femme venant de la région toulousaine ; leur colis contenait du cannabis et des téléphones.
    – 3 mois de prison pour un homme de 31 ans déjà condamné à plusieurs reprises ; son colis contenait des friandises, un écouteur et un chargeur de téléphone.
    – 3 mois de prison pour d’un homme de 24 ans ; son colis contenait de la viande et des briquets.

    #prisons #Covid-19 #réveoltes #mutineries #cantine_sauvage #tentative_d'évasion

  • L’Ile-Saint-Denis : l’IGPN saisie après des propos racistes tenus par des policiers lors d’une interpellationPar Gwenael Bourdon et Jean-Michel Décugis
    Le 26 avril 2020 à 21h59, modifié le 26 avril 2020 à 22h23
    - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/l-ile-saint-denis-l-igpn-saisie-apres-des-propos-racistes-tenus-par-des-p

    La préfecture de police de Paris n’a pas tardé à réagir ce dimanche soir, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant une intervention policière à l’Ile-Saint-Denis. Sur ces images tournées par un habitant anonyme, on aperçoit plusieurs fonctionnaires de police, dont l’un au moins cagoulé, en pleine nuit, entourant un individu qu’ils viennent manifestement d’interpeller après l’avoir sorti de la Seine. Ils profèrent alors plusieurs remarques racistes.
    (...)
    L’homme interpellé, qui serait de nationalité égyptienne, a été libéré dans la journée.

    https://twitter.com/T_Bouhafs/status/1254443473736007680
    #violences_policières #racisme

    • « Un bicot comme ça, ça nage pas (...) ha ha ha, ça coule, tu aurais du lui accrocher un boulet au pied ». "Tu lui mets les menottes". Puis Bing bam boum dans le car, ponctué de rires de toute l’équipe.
      La #police, c’est la liberté.
      Cette fois, ils étaient certains de pas être filmés. Pas de bol. C’est tous les jours que une ou plusieurs scènes de ce genre sortent. Une des dernières que j’ai vu, dans un autre genre, c’est une arrestation ou les policiers fouillent un interpellé la nuit dans la rue, jettent des sachets par terre (dope) et les lui attribue. Bon pour les stats.
      #racisme #maintien_de_l'ordre #violence_d'État

    • Les faits se sont déroulés en présence d’un commissaire de police déjà condamné dans une affaire de #violences_policières en 2008. Il avait écopé d’un an de prison avec sursis et un an d’interdiction d’exercer pour « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit » (...)

      L’homme interpellé, qui serait de nationalité égyptienne, a été libéré dans la journée.

      Selon l’Igpn, qui l’a immédiatement entendu, l’interpellé n’a pas souhaité déposer plainte avant d’être libéré.
      Un des policiers qui porte souvent des tee-shirts rayés jaune et noir est surnommé Bee au sein d’une équipe qui a coutume d’utiliser des termes anglo-saxons, un autre a pour sobriquet Cau en raison de son lieu d’origine.
      Les bruits de coups sont ceux portés à une fenêtre du véhicule de police pour la débloquer et les cris de l’interpellé sont des cris de joie après qu’il ait échappé à la noyade grâce aux gardiens de la paix.
      Ils semblent que les deux témoins qui ont filmés et enregistré la scène aient disparu, ce qui laisse penser qu’il s’agissait d’un coup monté destiné à discréditer la police.

  • Dissimulation de preuves ? ou est l’IGPN
    https://www.nantes-revoltee.com/dissimulation-de-preuves-ou-est-ligpn

    Ce dimanche matin , sur le lieu du drame d’hier à Villeneuve(92) , le frère de la victime percuté hier soir montait la garde .A 7 heures 30 , un équipage de la police national en voiture sérigraphié arrive sur la scène du crime . Sur la vidéo , nous voyons clairement les policiers s’emparer […] L’article Dissimulation de preuves ? ou est l’IGPN est apparu en premier sur Nantes Révoltée par homard DeRugy.

  • Les violences policières sont le reflet d’un échec
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/01/11/les-violences-policieres-sont-le-reflet-d-un-echec_6025530_3232.html

    Editorial. Mort d’un homme lors d’un simple contrôle routier, manifestants frappés au sol, tir à bout portant au LBD... L’Etat doit revenir à sa mission de base : donner à la police les moyens de ses actions et en assurer en retour un contrôle nécessaire.

    Editorial du « Monde ». La manifestation intersyndicale contre la réforme des retraites, jeudi 9 janvier, a été émaillée à nouveau par ce qu’il faut bien appeler, sans s’encombrer de guillemets, des violences policières. Les multiples vidéos montrant des manifestants frappés au sol par des fonctionnaires, ou encore celle où l’on voit un agent tirant à bout portant au LBD – le parquet de Paris a ouvert une enquête sur ce geste extrêmement dangereux – suffiraient à révulser n’importe quel citoyen.

    Elles viennent malheureusement s’ajouter à la nouvelle du décès de Cédric Chouviat, dimanche 5 janvier, victime d’une crise cardiaque pendant une interpellation sur les quais de Seine, à Paris, et à la stupeur d’apprendre deux jours plus tard que cet homme de 42 ans, livreur de profession, père de cinq enfants, a subi une asphyxie avec fracture du larynx après avoir été plaqué au sol par plusieurs policiers. Dénouement inacceptable pour un simple contrôle routier, quels que soient les torts et le comportement du conducteur.

    L’année 2019 avait été marquée par un débat récurrent sur la question des violences policières. 2020 démarre sur les mêmes bases délétères. Jusqu’à présent, les autorités ont adopté deux attitudes. En nier d’abord farouchement l’existence, malgré le travail documenté de plusieurs médias, dont Le Monde, sur la question. Emmanuel Macron a fait un timide pas en avant en août 2019, en reconnaissant « les blessures inacceptables » de certains manifestants.

    Dysfonctionnements de la chaîne hiérarchique
    Le deuxième argument consiste à brandir comme une excuse la grande brutalité – qui est réelle – d’une partie des manifestants. Cette rhétorique a ceci de dangereux qu’elle crée un parallèle entre la violence des uns et des autres, quand les forces de l’ordre devraient en avoir le monopole, certes, mais également la maîtrise. C’est accepter une logique du camp contre camp, à laquelle ne peut souscrire une police républicaine défenseuse de l’intérêt de tous. C’est oublier la doctrine exprimée par Maurice Grimaud, préfet de police de Paris en 1968, – « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même en apparaissant sous un jour qui atteint toute la fonction policière. » C’est enfin concéder un échec stratégique face à l’évolution des formes de protestation dans le pays.

    Dans un entretien accordé à L’Opinion, Eric Morvan, le directeur général de la police nationale, qui prend une retraite anticipée, reste bloqué dans cette impasse. Il rejette les termes de « violences policières », leur préférant ceux de « violences de policiers ». Nuance sémantique qui individualise l’erreur, fait peser la responsabilité sur les seuls fonctionnaires et jette un voile pudique sur les raisons systémiques de ces agissements. A commencer par l’état général d’épuisement des troupes, le manque de moyens, la perte de sens du métier, la faiblesse de la formation ou encore les dysfonctionnements de la chaîne hiérarchique.

    Dénoncer les violences policières, ce n’est pas oublier les bataillons de fonctionnaires qui au quotidien font honneur à leur uniforme, avec un sens remarquable du devoir. Ce n’est pas faire l’impasse sur le comportement admirable de milliers de policiers, y compris dans les manifestations, qui subissent avanies et quolibets, risquent leur vie, et protègent les Français. C’est au contraire rendre hommage à ces agents, nombreux, qui ne dévient pas de leur mission. Et rappeler à l’Etat la sienne : donner à la police les moyens de ses actions et en assurer en retour un contrôle nécessaire, dans le strict respect des principes républicains.

    • Bon, il faut bien lire ce genre de merde pour faire grossir le front contre les #violences_policières...
      Vu ce midi à une manif des dizaines de flics (à vue de pif un pour quatre manifestant·es) dont pas un ne portait un numéro d’identification visible. La polémique enfle sur la manière dont ces valeureux fonctionnaires évitent de rendre compte de leur actions en perturbant leur identification, il serait temps.

    • Moment important ! Le Monde s’engage : un éditorial ! sur les violences policières (dans le titre). Pointant le caractère systémique et l’échec stratégique.

      Bon, il ne va pas jusqu’à rappeler que notre bon président avait – c’était en mars – proclamé qu’il était inacceptable de parler de violences policières dans un État de droit ou de rappeler que si ce que dit Macron est vrai il y a lieu de faire plus que s’inquiéter sur la validité de la prémisse de son implication …

      exercice élémentaire de logique (classique…)
      A : nous sommes en état de droit
      B : il y a des violences policières
      simplifier l’expression suivante
      B ∧ (A ⇒ ¬B)

    • Quand le monde emploie le terme « systémique » pour les violences policières, c’est pour leur trouver des raisons conjoncturelles : manque de moyens, fatigue des policiers ou dysfonctionnements de la chaîne hiérarchique. Un systémisme de circonstances, en somme.

      Manque de moyens ? L’Assemblée a voté en novembre une nouvelle hausse du budget de la police, et l’arsenal matériel ne cesse de s’étendre (LBD, grenades, etc.).

      Dysfonctionnement de la chaîne hiérarchique ? C’est supposer un peu vite que les violences policières se déroulent malgré la hiérarchie, alors que ces violences sont déniées depuis le ministère et qu’on nomme à Paris un préfet connu pour sa brutalité.

      Fatigue des policiers ? Sans doute, mais s’ils sont fatigués, c’est bien en raison de la politique bel et bien systémique de répression acharnée de la contestation qui ne cesse de s’accroître depuis au moins 2016, avec une accélération nette en 2018. La répression, ça fatigue.

      Il n’y a pas de raisons systémiques à chercher à de supposées bavures : ce sont les bavures qui font système, l’impunité promue en règle impose simplement de nouvelles règles par le fait. On de dérape pas, on installe, et c’est parti pour durer.

      Ce qui se passe en ce moment, c’est que la France, patrie de l’idéal républicain, des Droits de l’homme et autres fadaises va devoir se faire à la réalité, bien connue de par le monde et de moins en moins fardée idéologiquement, d’un Etat gouvernant contre sa population.

      https://twitter.com/carbureblog/status/1216291090782920705

      #maintien_de_l'ordre #violence_d'État

  • Getting Away With Murder: ‘#Clash’ as #Media Euphemism for ‘Massacre’ | FAIR
    https://fair.org/home/getting-away-with-murder-clash-as-media-euphemism-for-massacre

    “Clash” is an oft-used and highly convenient word for corporate media when they have to report on #violence, but, for whatever reason, do not want to assign responsibility to any party for initiating it. This could sometimes be because they are treading carefully, unsure of the full context, but, as FAIR has noted before (e.g., Extra!, 1/17; FAIR.org, 4/2/18), the term is chronically employed to obscure who instigated the violence, launder power asymmetry, and give the impression of two equally culpable sides. As Adam Johnson wrote (FAIR.org, 4/9/18), “‘Clash’ is a reporter’s best friend when they want to describe violence without offending anyone in power.”

  • Romaric Godin : « Les élites néolibérales ne veulent plus transiger avec le corps social »
    https://lvsl.fr/romaric-godin-les-elites-neoliberales-ne-veulent-plus-transiger-avec-le-corps-s

    Nous avons retrouvé Romaric Godin au siège de Médiapart, dans le XIIe arrondissement parisien. Journaliste économique, passé par « La Tribune » où ses analyses hétérodoxes l’ont fait connaître, il travaille désormais pour le site d’actualité dirigé par Edwy Plenel. En septembre dernier, il publie son premier livre « La guerre sociale en France. Aux sources économiques de la démocratie autoritaire » paru aux éditions La Découverte. Dans cet essai, il développe ce qui constitue selon lui la spécificité du moment Macron et analyse les racines sociales et économiques profondes qui ont présidé à l’avènement du néolibéralisme autoritaire qu’il dépeint. Source : Le vent se (...)

  • #Nantes, voix blanche contre trou noir : témoignage de Adrien à retrouver au complet sur la blog de David Dufresne (davduf[point]net)
    + d’infos en description ->
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/49029341878

    Flickr

    ValK. a posté une photo : « > » />
    #AlloPlaceBeauvau, c’est pour parler maintien de l’ordre - Rencontre autour du livre de David Dufresne : « Derniere sommation ».
    Avec Goulven Boudic, politologue, Caroline de Benedetti pour l’Assemblée des blessés, Marc Depriester pour Ligue des Droits de l’Homme & ONL et Elsa Gambin, journaliste indépendante.
    Animé par Benjamin Peyrel, journaliste de Mediacité.
    Dessin : Nicolas de la Casinière
    Pol’N, #Nantes, le 6 novembre 2019
    .
    + d’infos : annonce : https://44.demosphere.net/rv/4149
    Suivis sur la soirée : https://twitter.com/radioparleur/status/1192137423268012039 & aussi https://twitter.com/SergeCompta/status/1192243399048474624
    A ré-écouter sur Radio Parleur : https://radioparleur.net/2019/11/06/dufresne-placebeauveau-violence-policiere-nantes
    Témoignage ultra-sensible de Adrien, gravement blessé, à retrouver sur le blog de David Dufresne : http://www.davduf.net/adrien-victime-d-un-tir-lbd-ce-qui-me-manque-un
    .
    📷 : (cc-by-nc-sa) ValK. 👀 : https://frama.link/valk 👛 : https://liberapay.com/ValK

    #photo #violences_policieres #violence_d'Etat #maintien_de_l'ordre ft @davduf

  • [Exclu] Tir de LBD sur Lilian, 16 ans : la plainte de sa mère classée sans suite
    https://www.rue89strasbourg.com/exclu-tir-lbd-lilian-16-ans-strasbourg-plainte-mere-classee-163408

    Encore une violence policière impunie. Le parquet a classé sans suite la plainte de Flaure Diesse, concernant le tir de Lanceur de balles de défense (LBD) qui a touché son fils le 12 janvier 2019 lors d’une manifestation de Gilets jaunes à Strasbourg. Selon une source proche du dossier, ce classement sans suite trouve son origine dans l’enquête de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) sur l’affaire Lilian, du nom du jeune de 16 ans gravement blessé à la mâchoire, alors qu’il ne manifestait pas… Puisque l’auteur du tir de LBD n’a pas été identifié, il n’est pas possible pour le parquet de poursuivre au pénal.

  • À la marche des « Mutilés pour l’exemple » | Sophie Divry
    http://cqfd-journal.org/A-la-marche-des-Mutiles-pour-l

    Victimes de violences policières, particulièrement graves et nombreuses pendant le mouvement des Gilets jaunes, les « Mutilés pour l’exemple » ont formé un collectif au printemps dernier. Éborgnés, amputés, traumatisés, ils doivent s’adapter à la nouvelle vie qu’on leur a imposée. Le 22 septembre, ils manifestaient à Bordeaux, demandant la fin de l’impunité et du carnage policier. Reportage et témoignages. Source : CQFD

  • #Portfolio | Maintien de l’ordre, le délire autoritaire de Macron
    Avec une #photo de Ricardo Parreira hallucinante de la personnalisation de son holster par un membre de la BAC : en plus d’être « non-réglementaire », l’utilisation de la figure du croisé en dit très très très long sur la vision que se fait de son rôle ce policier...
    https://www.lamuledupape.com/2019/09/06/maintien-de-lordre-le-delire-autoritaire-de-macron |+ http://archive.is/EsK3F

    Le reste des illustrations, du même photographe-auteur, rappelle où en est non-pas le #maintien_de_l'ordre mais bien la #guerre menée contre la contestation politique...

    Ce petit portfolio a pour but de montrer que les violences d’État ou les mécanismes de répression psychologique que nous condamnons en Ukraine, en Israël ou en Russie, sont dans les faits pratiqués en France, masqués derrière les exigences de la République et du maintien de l’ordre public.

    #violences_policières #armes

  • Corruption à la BAC du 18e : révélations sur un policier trop bien noté - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/corruption-a-la-bac-du-18e-revelations-sur-un-policier-trop-bien-note-07-

    Le brigadier Karim M., 45 ans, a été mis en examen et écroué en juin, soupçonné d’avoir mis sur pied un système de racket massif de dealers à la Goutte-d’Or, où il travaillait depuis quinze ans.

    Il n’aurait jamais dû entrer dans la police, même s’il était bien noté par sa hiérarchie et apprécié de ses collègues comme des commerçants du quartier. Karim M., 45 ans, dit Bylka (kabyle en verlan), était une figure du commissariat et du quartier de la Goutte-d’Or dans le 18e arrondissement de Paris, son lieu de travail depuis toujours.

    Mais depuis la nuit du 13 au 14 juin, le policier de la brigade anticriminalité (BAC) du 18e dort en prison, mis en examen pour une ribambelle de crimes et délits : corruption passive, blanchiment, association de malfaiteurs, transport et détention de stupéfiants, vols, détournement et accès frauduleux aux fichiers de police…

    Comme l’a révélé le site Internet Les Jours, le brigadier est soupçonné d’avoir mis en place un système de racket massif, rodé et ancien, allant du vol régulier (argent, stupéfiants, objet de valeur) à la possibilité de monnayer sa protection. En clair, le policier aurait instauré une sorte de droit du travail pour les dealers du secteur.

    Pour ne pas être interpellés, les petits trafiquants devaient lui « payer l’assurance », selon sa propre expression. Karim M. est soupçonné d’avoir écoulé son argent en Algérie, via des circuits opaques. Des investigations sont en cours.

    Le brigadier aurait aussi « habillé » les procédures, en notifiant des saisies de drogue effectuées auprès de dealers qu’il interpellait les mains vides. C’est ce qui lui vaut d’être poursuivi pour « faux en écriture publique aggravée », une qualification passible de la cour d’assises pour un policier.

    Dans son sillage, quatre autres policiers ont été mis en examen ainsi que deux dealers, soupçonnés d’avoir corrompu les fonctionnaires. En garde à vue, les collègues de Karim M. - trois d’entre eux sont de jeunes recrues arrivées depuis peu dans le service - ont expliqué n’avoir rien compris aux pratiques douteuses de leur chef par intérim, le numéro un du groupe étant en congé maladie. Selon leurs déclarations, lorsque Karim M. disait à un dealer : « Il va falloir prendre une assurance », ils imaginaient qu’il lui proposait de devenir un indic et que la monnaie d’échange était le renseignement humain.
    « La hiérarchie savait que l’équipage de cette BAC était pourri »

    « Mon client sert aujourd’hui de fusible, alors qu’il a toujours été bien noté par sa hiérarchie, s’insurge Me Claire Doubliez, l’avocate du brigadier. Karim M. conteste tout fait de corruption. Il n’a jamais pris d’argent dans sa poche, en dehors de son traitement. » Elle affirme que « son erreur est d’avoir manipulé des indics non référencés, ce qui est interdit. Mais il l’a fait dans l’intérêt des habitants et des commerçants du quartier ».

    Quelle est la responsabilité de l’administration policière dans la dérive de ces fonctionnaires ? « La hiérarchie savait que l’équipage de cette BAC était pourri, et dans le collimateur de l’IGPN. Pourtant elle a laissé de jeunes gardiens de la paix aller au casse-pipe », relève une source proche de l’enquête. Une chose est sûre : Karim M. n’aurait jamais dû se retrouver dans la police.
    Relaxé en conseil de discipline

    Comme nous le révélons, sept ans avant son entrée à la préfecture de police (PP) de Paris, il avait été condamné pour des violences ayant entraîné une infirmité permanente à l’encontre d’un automobiliste avec qui il avait eu un accident corporel. Il avait aussi été poursuivi pour des faits de rébellion contre un policier. « Un robocop, connu pour ses méthodes musclées, précise un proche. Il faisait partie d’un groupe d’une vingtaine de jeunes. »

    Karim M avait alors 22 ans, et a échappé de justesse à l’inscription de ses condamnations au casier n° 2. Ce qui l’aurait empêché de porter le képi… Néanmoins, le jeune homme était connu au Fichier des antécédents judiciaires (TAJ). Mais il aurait oublié de signaler ces faits lors de son recrutement.

    Ce qui est plus étrange, c’est que lorsque la préfecture de police a découvert le pot aux roses en 2007, le policier a été relaxé en conseil de discipline. Même mansuétude, en 2009, lorsque le gardien de la paix reçoit un « rappel à la règle », la plus petite des sanctions disciplinaires, pour des violences réciproques à la suite d’un différend avec un automobiliste. Enfin, le 2 mars 2018, devenu brigadier, Karim M. a écopé d’un simple avertissement, alors qu’une journaliste anglaise l’avait accusé de s’être masturbé devant elle. L’affaire avait été classée par le parquet de Paris pour faits non caractérisés.
    Depuis seize ans à la Goutte-d’Or

    Petit trapu, les cheveux rasés avec des plis dans la nuque, la silhouette de Karim M. hante le 18e arrondissement de Paris depuis 2003, année d’entrée dans la police. Il est d’abord intervenu sur le terrain en tenue puis en civil avec la BAC de la Goutte-d’Or. Sans jamais travailler dans un autre quartier.

    Pourquoi l’avoir laissé aussi longtemps dans un arrondissement aussi sensible ? « Tous les feux étaient au rouge, notamment au regard de son passé judiciaire et des activités commerciales de sa famille dans le quartier. Son père est à la tête d’un hôtel-restaurant, son cousin d’un bar, constate une source proche de l’enquête. C’est l’hypocrisie d’un système, où les bons résultats suffisent parfois à satisfaire la hiérarchie. »

    C’est seulement à la suite de la dénonciation d’un de ses collègues, que le parquet de Paris a déclenché en octobre dernier une enquête. Un signalement qui serait lié à un litige autour de la disparition d’une belle somme d’argent, selon un policier du 18e. Pour confondre le policier, des moyens importants ont été déployés. L’IGPN a ainsi sonorisé deux véhicules de service et un local de la BAC pour arriver à ses fins.

    #police #violences_policières #violences_sexuelles #violences_masculine #violence_d'etat

  • Lycéens interpellés en décembre à Mantes-la-Jolie : « pas de faute » de la police selon l’enquête administrative
    AFP -Modifié le 16/05/2019 à 16h40
    https://www.ouest-france.fr/ile-de-france/yvelines/lyceens-interpelles-en-decembre-mantes-la-jolie-pas-de-faute-de-la-poli

    L’enquête administrative menée dans l’affaire des interpellations de 151 lycéens mis à genoux à Mantes-la-Jolie (Yvelines) en décembre a établi « qu’il n’y avait pas de faute » commise par la police, a indiqué ce jeudi la patronne de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN).

    Il n’y a « pas (eu) de comportements déviants de la part des policiers », a ajouté Brigitte Jullien, auditionnée par une commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Une enquête préliminaire suit son cours dans ce dossier avec les premières auditions lundi des lycéens qui ont porté plainte.
    (...)
    Brigitte Jullien a par ailleurs indiqué que 249 enquêtes judiciaires avaient été ouvertes à l’IGPN dans le cadre du mouvement des Gilets jaunes, dont quatre dans le cadre d’une information judiciaire.

    La cheffe de la police des polices a regretté « le peu de retour de la justice sur la suite de ces enquêtes » alors que 72 d’entres elles ont été « clôturées et retournées à l’autorité judiciaire », à l’exception d’un classement sans suite prononcé par le parquet de Toulouse.

    Auditionné dans la foulée, le patron de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN), le général Michel Labbé, a indiqué que 15 enquêtes judiciaires avaient été ouvertes par ses services, dont 4 pour usage inapproprié du lanceur de balles de défense (LBD), 2 pour usage d’une grenade, 7 pour usage de la force et 2 pour des propos inappropriés. « Sur certains (cas) les enquêtes sont terminées, (...) et un classement sans suite a été décidé par le procureur », a-t-il précisé.

    #violencespolicières