• Vers une histoire de la violence , Le Courrier Suisse, 3 novembre 2019, par Francois Cusset
    https://lecourrier.ch/2019/11/03/vers-une-histoire-de-la-violence

    Vers une histoire de la violence
    La violence parle le langage du pouvoir. Le terme a toujours été le pivot d’un « tour de magie ancestral », selon ­l’historien François Cusset, qui consiste à agiter le « fantasme d’une violence imminente » pour justifier une violence « présente, dûment rationalisée ». L’histoire de la violence ? « Une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations. »
    dimanche 3 novembre 2019 François Cusset
    Vers une histoire de la violence
    Déploiement de la police montée lors des manifestations du 1er mai 2019 à Paris. FLICKR/CC/JEANNE MENJOULET
    Analyse

    Quand l’oligarchie athénienne qualifie de « barbare », il y a 2500 ans, l’immense majorité de la population extérieure à l’oligarchie – femmes, non-propriétaires, esclaves, étrangers, ennemis –, ce mot suffit à justifier par avance la violence d’Etat qui pourra être exercée contre eux. Et l’opération est plus explicite encore quand le conseiller à la sécurité nationale du président George W. Bush déclare en 2002 : « Un Etat voyou est n’importe quel Etat que les Etats-Unis déclarent tel ». Au-delà de la paranoïa belliqueuse post-11 septembre, l’arbitraire revendiqué de la formule sert à soumettre la justice à la puissance, ancestral coup de force rhétorique qui rappelle que si, comme le posait jadis (Blaise) Pascal le janséniste, « la justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique », l’équilibre de ces deux pôles reste une vue de l’esprit, et l’usage officiel de la force sera toujours le meilleur moyen de s’arroger les vertus de la justice.

    Les exemples ne se comptent plus de cette vieille prestidigitation des pouvoirs, consistant à agiter le fantasme d’une violence imminente, et archaïque, pour justifier une violence présente, dûment rationalisée. Les migrants qu’on rafle et qu’on expulse pour le danger supposé de certains d’entre eux ou juste, à mots de moins en moins couverts, pour les emplois et les allocations qu’on ne peut pas distribuer sans limites, ni faire violence à ceux qui y auraient vraiment droit. Le missile israélien qui déchiquette quelques familles dans les territoires palestiniens pour l’attentat terroriste qu’ils seraient là-bas, d’après les services secrets, en train de fomenter dans l’ombre.

    Ou encore, moins spectaculaire, le militant écologiste qu’on jette en prison pour avoir arraché des plants de maïs, comme si les pesticides et les OGM n’exerçaient pas la plus grande des violences sur les corps et les biotopes. Et le jeune punk délogé avec brutalité de sous une porte cochère parce que sa forme de vie ou ses atours sont associés par la bien-pensance publique au parasitisme, au vandalisme ou à l’égoïsme anti-social. On n’est jamais très loin de l’autre bout du spectre, où la jeune femme venue déposer plainte pour agression sexuelle et le citadin gay pour insulte homophobe se voient reprocher plus ou moins implicitement un accoutrement ou des choix d’existence qui feraient violence à la bienséance voire à l’ordre public. Par cette inscription, cette façon de légitimer les arbitraires d’Etat, par les méfiances et les rancœurs qui relient les uns et les autres, la violence, bien plus que la déflagration d’un instant, est une chaîne de conséquences, une émotion circulatoire, le piège d’un circuit sans fin.

    C’est le premier problème que posent le mot et le concept de violence, qui rend difficile le travail nécessaire, mais délicat pour historiciser ces questions. Faire une histoire de la violence, pour en comprendre les formes d’aujourd’hui et l’usage tactique dans les luttes de résistance, est donc hautement problématique. Car si la violence légitime est exercée au nom d’une violence antérieure, pour « pacifier » les sociétés comme on le dit depuis la Seconde Guerre mondiale, alors tout dans une telle histoire risque bel et bien d’être à double lecture. Et de fait, le grand tournant historique ici, autour des conquêtes coloniales et de la naissance de l’Etat moderne, sur une longue période qui va du XVIe au XIXe siècles, nous a toujours été présenté comme celui d’une atténuation et d’un encadrement juridique et politique (voire « civilisationnel ») de la violence – alors que l’historiographie récente a pu enfin démentir cette approche et démontrer que les violences d’Etat et les violences coloniales ont été bien pires, par leur bilan quantitatif comme leur ordre normatif, que la conflictualité ordinaire, celle de la vie sociale traditionnelle ou des luttes intercommunautaires, qu’elles étaient censées réduire.

    A l’insécurité résiduelle, avant le Code pénal et l’éclairage nocturne, de nos villes et nos villages, où en effet on pouvait impunément détrousser le visiteur ou occire le manant, l’Etat moderne a substitué ses cadres coercitifs, normalisateurs et centralisateurs, et sa passion punitive légale, à mesure que se creusait le fossé entre le danger objectif et la sanction pénale : entre les années 1980 et aujourd’hui, par exemple, pendant que chutaient en France les taux d’homicides, mais aussi de délits pénaux moindres, la population carcérale a été multipliée par 2,3, « inutilement » en somme.

    Pour compléter ces deux axes majeurs de l’histoire politique moderne – conquête coloniale et formation de l’Etat – on peut ajouter que celle-là s’est prolongée, une fois acquises les indépendances nationales sur les continents concernés (de 1802 pour Haïti à 1962 pour l’Algérie), sous la forme d’un endocolonialisme1 du cru, entretenu par la tutelle économique et morale des anciennes métropoles, ou des nouvelles puissances. Quant à celle-ci (la formation de l’Etat), elle est ce qui a permis aux guerres entre nations voisines, qui avaient toujours existé, d’acquérir une forme rationnelle et systématique et une échelle absolument inédite, qui culminèrent avec les deux guerres mondiales et leur mobilisation totale des corps et des esprits – pas besoin d’être un naïf anarchiste pour y voir une conséquence directe de l’inflation de la forme-Etat, d’un Etat « paroxystique ». Plus simplement dit : Napoléon fait édicter les codes civil et pénal, mais il ravage l’Europe ; les papes de la Renaissance sauvent les âmes des autochtones, mais en en faisant massacrer les corps ; la France apporte en Afrique du Nord l’éducation publique et quelques infrastructures, mais aussi la torture et le racisme d’Etat ; et si lois et normes se sont imposées peu à peu dans les foyers et les rues, d’Occident d’abord, y limitant les risques de désordres imprévus, ce fut avant tout sur les cadavres, innombrables, des insurgés de 1848, des communards de 1871, des mineurs de 1947 ou des refuzniks les plus têtus des années 1970 – ou encore, pour que nous vivions en paix à l’ère du « zéro mort » policier, sur les cadavres de Malik Oussékine, Carlo Giuliani ou Rémi Fraisse. Ou juste les 3000 blessures graves infligées par les policiers français en 30 samedis de « gilets jaunes ».

    En plus de la colonisation qui aurait sorti les peuples primitifs de l’arriération guerrière, et de l’Etat moderne qui aurait pénalisé les arbitraires locaux et les violences interindividuelles (jusqu’aux duels, dont la pratique disparaît enfin au début du XXe siècle), le troisième pilier de cette histoire de la modernité comme pacification sociale et restriction de la violence est à trouver du côté de la civilité. A partir du XVIIe siècle, la civilité est diffusée par les manuels de savoir-vivre et les nouvelles règles descendantes, prônées par l’aristocratie puis la bourgeoisie, ces règles neuves qui recommandent de ne pas se moucher dans la nappe, de discuter au lieu de frapper, d’être pudique et mesuré en toutes occasions.

    C’est la grande thèse du sociologue Norbert Elias sur le « processus de civilisation » comme intériorisation des normes et autorépression de la violence. Sauf qu’elle a été mal comprise, et que même Elias, plus subtil que ses exégètes, en énumérait les limites : la violence des barrières sociales qu’instaurent ces normes ; le mal-être et les complexes imputables à cette privatisation de l’existence ; et surtout les exceptions de taille que sont, au fil de ce processus de trois siècles, les mouvements sociaux qu’on massacre, l’Etat qui punit injustement, les peuples colonisés qui n’ont pas droit à un traitement aussi civil, les guerres de plus en plus longues et sanglantes qui dérogent à tout cela. Difficile, en un mot, de tracer ici le fil continu d’une histoire unidirectionnelle, qui verrait quand même, grosso modo, dans l’ensemble, réduite la violence collective et pacifiées les mœurs communes.

    La pire violence est rationnelle

    Une histoire de la violence à l’ère moderne doit donc être surtout une histoire de la stigmatisation et de l’asservissement des populations sous le prétexte, multiforme et récurrent, d’en prévenir, d’en punir, d’en empêcher ou d’en « civiliser » la violence première – autrement dit, la violence instinctuelle, barbare, inéduquée, infantile, subjective, incontrôlable, là où la violence punitive, parce que légitime, et ne s’appelant donc plus violence, serait rationnelle, légale, élaborée, légitime, adulte, objective, mesurée.

    Certitude intemporelle : le pouvoir n’existe que pour pointer et endiguer une violence qu’il dit originelle. Et que celle-ci soit ou non un mythe, son discours infini sur elle et ses actes officiels contre elle finissent par la faire exister, au moins dans nos esprits rompus à l’idée qu’à l’origine est la violence (du Big Bang, de l’accouchement, ou du sauvage que personne encore n’a sauvé de lui-même) et qu’au terme d’une évolution digne, se trouverait l’apaisement (par les lois, l’éducation, l’ordre, la culture, les institutions, sans même parler du commerce).

    C’est précisément ce postulat profondément ancré, ce postulat d’une violence chaotique des origines à endiguer et à prohiber, qu’une véritable contre-histoire de la violence, ou une histoire des usages de la catégorie de violence, doit avoir à cœur de démonter – de mettre à nu. C’est aussi capital, et moralement faisable, que de démonter, sous l’occupation, le mensonge des affiches de propagande nazie qui présentaient la résistance comme violence sauvage et terrorisme meurtrier. Car ce récit des origines nous voile les vérités de l’histoire, à l’instar des fictions sur « l’état de nature », bien sûr introuvable dans l’histoire réelle, qui sous-tendent les simplismes de droite, avec leur méchant Léviathan venu encadrer le chaos effrayant où « l’homme est un loup pour l’homme », aussi bien que les angélismes de gauche, avec leur bon sauvage rousseauiste et leur civilisation venue corrompre l’humain pacifique. Il n’y a pas de bon sauvage ni de loup-pour-l’homme qui tiennent : loin de ces mythes, il y a les dialectiques de l’histoire, qui ont fait de l’Etat moderne comme de la civilité partout promue des forces à double effet, émancipatrices et répressives, autorisant une rupture avec la tradition aussi bien qu’une re-normalisation coercitive.

    Pendant ce temps, les violences insurrectionnelles décriées et brutalement réprimées, au présent de leur irruption, par les classes dirigeantes, furent la seule communauté réelle d’un peuple que tout divisait par ailleurs et, bien souvent, le seul moyen d’obtenir des avancées effectives sur le terrain du droit, des conditions de vie et de travail, de l’égalité sociale et des libertés civiles – au fil de trois siècles d’émeutes et d’insurrections noyées dans le sang, mais sans lesquelles les quelques progrès de l’histoire moderne n’eurent jamais été obtenus.

    La violence instinctuelle existe évidemment, mais elle n’est que ponctuelle, là où la violence instituée, rendue invisible par les dispositifs de justification étatico-normatifs, dévaste et tue partout et en continu. « Le plus dangereux, dans la violence, est sa rationalité », concluait Michel Foucault en 1979. Les montages financiers ultra-complexes qui mettent en faillite des pays lointains, les exploits technologico-industriels qui mettent en danger la pérennité de la vie sur Terre, ou les trésors d’intelligence stratégique et de créativité esthétique déployés pour produire à l’excès et vendre n’importe quoi ne cessent, aujourd’hui, d’en apporter la désolante illustration – outre qu’ils rappellent que derrière les guerres et les massacres, les sexismes qui tuent et les racismes qui assassinent, la violence la plus dévastatrice aujourd’hui est sans conteste la violence de l’économie. Et ce, d’abord sur les psychés, exsangues, humiliées, pressurisées, réduites à la haine de soi et à l’horizon bouché des rivalités constantes, dont on ne se libère qu’en sautant par la fenêtre.

    Notes
    1. ↑ Forme de néocolonialisme où, malgré l’indépendance nationale, le pays colonisé reste économiquement et politiquement sous l’emprise du colon.

    L’auteur est historien des idées et professeur à l’Université de Nanterre. Récente publication : Le déchaînement du monde : logique nouvelle de la violence, La Découverte, 2018.

    Article paru (version longue) dans Moins !, journal romand d’écologie politique, dossier : « La violence en question », n°43, oct.-nov. 2019.

  • Révolution française et instrumentalisation de l’Histoire

    En 2008, au Mans, des fosses communes étaient découvertes lors de travaux d’aménagement de la place des Jacobins.

    Elles témoignent des circonstances de la destruction de l’armée catholique et royale en décembre 1793.
    La Bataille du Mans (12-13 décembre 1793) mit fin à la première guerre de Vendée, guerre civile opposant l’armée républicaine à l’armée royaliste regroupant des ressortissants de la Vendée, du Maine-et-Loire, des Deux-Sèvres, de la Mayenne ou d’ Ille-et-Vilaine…

    159 corps inhumés ont fait l’objet d’une fouille archéologique et leur étude témoigne de la violence des affrontements. En juin 2010, dans un entretien au Figaro, l’anthropologue Élodie Cabot, responsable de l’examen des corps, fait part de ses difficultés à informer le public sur le résultat de ses recherches :

    Voir « Première fouille de chantiers de Vendéens »
    http://www.lefigaro.fr/sciences-technologies/2010/06/30/01030-20100630ARTFIG00729-premieres-fouilles-de-charniers-de-vendeens.php

    Cette découverte archéologique est l’occasion d’instrumentaliser l’histoire autour de la thèse du prétendu « génocide » vendéen et de rejouer les affrontements mémoriels autour des guerres de Vendée.

    En février 2007, à l’initiative d’un groupe de députés UMP, dont Lionnel Luca et Hervé de Charette, une proposition de loi est déposée, afin que « la République française reconnaisse le génocide vendéen de 1793-1794 ». La proposition est rejetée, mais, en janvier 2013, les intéressés reviennent à la charge, cette fois avec le soutien du FN, sans plus de résultat. (Paul Chopelin)

    Aujourd’hui, c’est à qui s’appropriera les ossements des 154 victimes exhumées dont on ne peut toujours distinguer les civils des soldats, les « blancs » des « bleus » :

    Comme l’indique le rapport du bureau de la Commission des arts du Mans rédigé en 1798, les autorités ne faisaient aucune distinction entre les corps, dont il fallait se débarrasser au plus vite pour éviter les risques d’épidémies. Aucun document ne signale de sépulture particulière pour les soldats de l’armée républicaine ou pour les habitants de la ville tombés au cours des combats. (Paul Chopelin)

    .
    >>> Une énième tentative d’instrumentalisation de l’Histoire.
    Déclaration des historien(ne)s à propos des ossements découverts au Mans
    http://etudesrobespierristes.com/une-enieme-tentative-d-instrumentalisation-de-l-histoire

    >>> Quel destin pour les ossements du Mans ?
    Paul Chopelin fait le point sur les débats, historiens, politiques et idéologiques, suscités depuis huit ans par la découverte au Mans de charniers datant de la Révolution.
    http://etudesrobespierristes.com/quel-destin-pour-les-ossements-du-mans

    >>> Le Mans : archéologie de la "Virée de Galerne" - #INRAP
    http://www.inrap.fr/le-mans-archeologie-de-la-viree-de-galerne-5040

    >>> Vendée : les soldats inconnus de Villiers , par Marcelo Wesfreid, http://www.lexpress.fr/region/vendee-les-soldats-inconnus-de-villiers_750914.html

    >>> Charniers vendéens découverts au Mans , le salon beige.
    http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2009/04/charniers-vend%C3%A9ens-d%C3%A9couverts-au-mans.html

    >>> UMP - Proposition de loi relative à la reconnaissance du génocide vendéen de 1793-1794, Assemblée nationale le 21 février 2007
    http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion3754.asp

    >>> UMP-FN Proposition de loi relative à la reconnaissance du génocide vendéen de 1793-1794 , Assemblée nationale 16 janvier 2013
    http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0607.asp

    #Histoire #Contre-Révolution #Bataille_du_Mans #Armée_catholique_et_royale #Armée_républicaine # Virée_de_Galerne #Révolution_française #Convention #1793 #Archéologie_de_la_violence #violence_de_guerre #violence_de_masse #Guerre_de_Vendée #génocide #affrontement_mémoriel #Le_Mans #études_robespierristes #AHRF

  • VIOLENCE, POLITIQUE,
    EXIL/DES-EXIL DANS LE MONDE D’AUJOURD’HUI

    Colloque international
    8-9-10-11 mai 2014
    #Istanbul

    Débat avec #Etienne_BALIBAR en sa présence

    Dates : Jeudi 8, vendredi 9, samedi 10 mai et dimanche 11 mai 2014

    Le #colloque_international d’Istanbul, - 7-10 mai 2014 -, a lieu en présence du philosophe Etienne Balibar. Le dimanche 11 mai, une rencontre des participant.e.s, de Balibar avec la société civile est organisée.
    A partir du livre de Balibar, #Violence_et_Civilité, d’autres matériaux, la réflexion se fera depuis divers angles, expériences, questions, domaines, statuts. L’objectif est une réflexion philosophique interdisciplinaire de chercheurs avec la société civile sur le thème : Violence, politique, exil/desexil dans le monde d’aujourd’hui. La violence « extrême » en arrive-t-elle à mettre en cause la possibilité de la politique et de la philosophie ?

    http://exil-ciph.com/pages/programmes/programme2014.html

    Dates :
    Mercredi 7 fin d’après-midi (ouverture), jeudi 8, vendredi 9, samedi 10 mai, dimanche 11 mai 2014.
    Lieu :
    Istanbul, Turquie. C’est un lieu symbolique et académique d’un grand poids historique et culturel pour réfléchir à la fois à une oeuvre philosophique, échanger des travaux sur la Violence et la Civilité et à sa résonance avec la situation actuelle locale et globale. Pour la tenue du colloque, une collaboration institutionnelle s’installe entre l’Université de Galatasaray (Département de
    philosophie), l’Institut français d’Istanbul et le Collège International de Philosophie avec l’appui d’autres partenaires.
    Langues :
    Français et turc (traduction simultanée). Documents dans les deux langues.
    Résumé :
    Le colloque international d’Istanbul, qui réunira des chercheuses et chercheurs en philosophie et sciences humaines de plusieurs nationalités, lieux, continents et de plusieurs générations, se
    consacrera à une réflexion sur la #politique, la #violence, la #civilité_contemporaine dans ses dimensions politiques, philosophiques et anthropologiques, en s’efforçant de réunir une diversité d’expériences et d’approches et de les rapporter aux enjeux de l’actualité. Il se propose donc d’engager un travail de
    recherche sur le thème - Violence et Politique, #Exil/Des-exil dans le monde d’aujourd’hui - en présence du philosophe Etienne Balibar, (Paris). Un de ses livres importants - Violence et Civilité. Paris, Galilée, 2010 - sera le matériau principal du travail collectif. Le livre est en cours de traduction spéciale par les éditions Iletisim à Istanbul (prof. Ahmet Insel). La généralité de la politique et des #droits confrontée à la violence et les nouvelles données de la #civilité est le pivot de refondation de l’#anthropologie_politique.
    Face aux situations de #violence_extrême et de #guerre après le XXe siècle, la politique est-elle possible, pensable ? Dans la situation actuelle, comment est-elle possible ? Que signifie aujourd’hui la civilité pour les sociétés aspirant à des changements ? L’Etat, la société et la #régulation de la #violence_de_masse : #guerre,
    #terrorisme, nouvel #autoritarisme, #militarisation de la société, #insécurité, #révolution, quelles questions, quels enjeux ? Le travail philosophique vise à contribuer à une réflexion critique et créative sur ces interrogations d’actualité, à ces défis vécus en Turquie, en Afrique du nord, en Europe et dans d’autres lieux du monde. A partir du livre d’Etienne Balibar, le colloque académique vise à articuler des recherches universitaires interdisciplinaires avec des questions de la « #société_civile », de jeunes chercheurs et de chercheurs confirmés, de chercheurs de Turquie et d’autres pays (Europe, Méditerranée, Amérique latine, etc.), tout en cherchant à respecter un équilibre femmes/hommes et entre les générations.

    Philosophie pratique du projet :
    Pour la recherche, la formation, un débat public de qualité sera organisé autour du livre Violence et Civilité. Des exposés, examinant les questions de la violence et de la civilité sous différents angles théoriques, en Turquie à Istanbul et à distance (groupes de lectures dans divers endroits, enregistrement, retransmission du
    colloque et des débats).
    Dans la réflexion, il s’agira de prendre en compte le contenu et le rapport entre le livre d’Etienne Balibar, et le défi de l’#expérience_collective.
    L’intérêt, le défi de l’expérience collective est d’articuler un travail académique rigoureux et la participation à la réflexion de groupes de la « société civile » intéressés, en Turquie, en Europe, autour de la Méditerranée, en Amérique latine, en Afrique, ailleurs. Voir les modalités concrètes d’organisation et leurs supports techniques,
    pédagogiques, artistiques (doc. Réseau de lecture).
    Accueil académique du colloque :
    Département de philosophie de l’Université de Galatasaray, Istanbul. Responsable académique sur place : prof. Zeynep Direk, philosophe, avec l’appui du Prof. Ahmet Insel, éditions Iletisim. Coordination pratique : Prof. Seckin Sertdemir avec l’aide des assistantes doctorantes du Département de philosophie Zeynep Savascin, Gaye Cankaya et d’autres personnes pour la traduction. Collaboration de directeurs de Programme CIPh : Diogo Sardinha nouveau président du CIPh, Roberto Niro (interventions, textes, appuis travail société civile). Traduction en turc du livre d’Etienne Balibar Violence et Civilité : Prof. Ahmet Insel, (traduction en cours).

    Partenariats internationaux et locaux confirmés (liste ouverte) :
    Collège International de Philosophie, Paris ; Département de philosophie, U. Galatasaray ; Institut Français de Turquie, Ankara ; Ambassade de France, Turquie ; Institute for Political and social research, Diyarbakir ; Editions l’Harmattan, Paris ; Consulat de Suisse, Istanbul ; Institut Français à Istanbul ; Institut Français d’Etudes Anatoliennes, Istanbul ; Éditions Iletisim, Istanbul ; Éditions Metis, Istanbul ; Éditions Galilée Paris ; Institut français, Paris ; Ville de Genève, Département de la cohésion sociale, de la jeunesse et des sports, Suisse ; Théâtre St-Gervais, Genève ; Commission fédérale de lutte contre le racisme, Suisse ; Association Savoir Libre, Lausanne ; Studio Amulette, Lausanne ; Colectivo de Mujeres Chilenas, Concepcion, Chili.
    Collaboration avec des artistes et des institutions artistiques :
    À l’étude. Un partenariat du Programme CIPh a d’ores et déjà été accordé avec Philippe Macasdar, directeur du Théâtre St-Gervais à Genève (activité conjointe en préparation – Istanbul, Genève –
    samedi 10 mai ou dimanche 11 mai 2014). Partenariats internationaux et locaux en tractation (liste ouverte, démarches en cours), dont l’Université de Paris-Vincennes (France).
    Déroulement du colloque et des activités prévues à ce stade :
    Le colloque aura lieu en trois parties :
    1. Un exposé d’ouverture d’Etienne Balibar
    2. Des exposés de 30 conférencières et conférenciers sur le livre Violence et Civilité d’E. Balibar. Des exposés, examineront les questions de la violence et de la civilité sous différents angles théoriques.
    3. Trois grands débats publics dans lesquels Etienne Balibar parlera avec des « grands Témoins » : André Tosel, Bertrand Ogilvie, Achille Mbembe, Diogo Sardinha, président CIPh, Ahmet Insel.
    Par ailleurs, des #réseaux_de_lecture autour du livre d’E. Balibar sont en cours de constitution en Turquie, en Suisse et ailleurs (société civile). Une coordination a été constituée (voir document
    réseau de lecture). Nous étudions l’articulation de ce travail de préparation avec le colloque. D’autre modes d’intervention et de participation à distance au colloque depuis l’Europe ou ailleurs sont aussi à l’étude y compris à l’aide de supports techniques nécessaires (blogs, écrans à distance).
    4. L e dimanche matin 11 mai, une rencontre d’Etienne Balibar avec la société civile, les groupes de lecture est agencée. Enregistrement et retransmission prévus. Affiche en préparation. Responsable : Ahmet Insel et groupe ad hoc.

    —> D’autre modes d’intervention et de participation à distance au colloque depuis l’Europe ou ailleurs sont aussi à l’étude y compris à l’aide de supports techniques nécessaires (blogs, écrans à distance).

    –-> Quelqu’un à des pistes à suggérer ?