• Anne-Claude Ambroise-Rendu, Histoire de la pédophilie, XIXe-XXIe siècle


    https://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=CLIO1_042_0244#

    À quelques exceptions près (dont la thèse de sociologie soutenue en 2012 par Guillaume Brie, à l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Traitement social de la criminalité sexuelle pédophile. Rapports de pouvoir et lutte des représentations entre agents chargés du contrôle et condamnés), rares sont les auteur.e.s en sciences sociales à avoir interrogé les violences sexuelles sur mineurs. L’intensité des émotions qu’elles suscitent aujourd’hui rend tout propos distancié difficilement audible, dicible, voire même pensable. En publiant une histoire de la pédophilie du xix e siècle à nos jours, Anne-Claude Ambroise-Rendu propose une lecture éclairante de cette problématisation moderne des violences sexuelles sur mineurs. Moins à partir des pratiques que des discours qu’elles suscitent (saisis à travers la justice pénale, les évolutions législatives, les archives policières, les faits divers journalistiques ou, pour la période plus récente, les investissements philanthropiques), son ouvrage montre la formulation progressive d’un intolérable contemporain. Ainsi, entre histoire des émotions collectives, de l’enfance, de la criminalité ou de l’expertise juridico-médicale, Histoire de la pédophilie, xix e - xx e siècle donne à voir la fabrique d’un regard et d’une indignation.

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    Le livre s’organise en dix chapitres qui couvrent de manière chronologique et thématique près de deux siècles d’abus sexuels sur mineurs. Le parti-pris de l’auteure permet de saisir comment des institutions produisent une clinique de la pédophilie en spécifiant, isolant et condamnant les violences sexuelles commises sur les enfants. Sans pouvoir entrer ici dans le détail des chapitres, on peut retenir que ce processus, initié au xix e siècle, s’est formalisé sous l’impulsion conjointe de la justice criminelle et de la médecine. Si Michel Foucault est un peu rapidement critiqué en début d’ouvrage pour sa lecture d’un cas particulier (p. 33), on voit à quel point ses travaux irriguent l’analyse de l’auteure pour penser la production d’un nouveau regard et la naissance d’un discours expert sur une violence que l’on formalise progressivement comme particulière, au fur et à mesure que l’enfance et la sexualité deviennent des objets de savoir.

    Histoire de la pédophilie : XIXe-XXIe siècles - Anne-Claude Ambroise-Rendu - Google Books
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    Histoire de la pédophilie : XIXe-XXIe siècles
    von Anne-Claude Ambroise-Rendu

  • Selon une étude britannique, le syndrome concernerait un enfant âgé de moins de 16 ans sur 50 000.

    https://www.liberation.fr/france/2019/07/09/allo-maman-bobo-ces-meres-qui-rendent-leur-enfant-malade_1736071

    Le syndrome de Munchahausen par procuration est très rare. Ce syndrome est réputé pour concerné les mères et ce syndrome est très médiatisé probablement pour caché des violences médicale et/ou des violences paternel et/ou décisions judiciaires misogynes de gardes d’enfant. Les violences sexuelles infligées par les pères, beau-pères, grand-pères, frères, cousins, oncles... sont elles très très communes mais très mal documenté et contrairement au syndrome de munchahausen que la médecine dénonce, les violences masculines sont elles très peu dénoncé (le corps médical est celui qui dénonce le moins de violence faites aux femmes et aux enfants et fait le moins de signalements). C’est un sujet propice à la misogynie et typique des masculinistes c’est aussi une mise en évidence d’une faute des mères sur leur role assigné : le #care .

    Selon les estimations dans les pays industrialisés, de 15 à 30 % des femmes ont subi des violences physiques ou sexuelles de la part d’un compagnon ou ex-compagnon (Seager, 2003). En ce qui concerne les enfants, 10 % environ souffrent de graves maltraitances physiques en famille (May-Chahal et Cawson, 2005). De 5 à 10 % des petites filles et adolescentes ont subi des harcèlements ou des violences sexuelles de la part d’un membre de leur famille ; ces violences concernent aussi les garçons, même si c’est en nombre mineur (Halpérin et coll., 1996 ; Bolen et coll., 2000). Il s’agit surtout de violence masculine. Ce que l’on appelle la « violence domestique » est en général la violence d’un homme sur une femme, qu’elle soit fiancée, épouse ou compagne. Les violences sexuelles, physiques et psychologiques contre les enfants au sein de la famille sont elles aussi exercées surtout par les pères ou par qui en joue le rôle (Unicef, 2003).

    https://www.cairn.info/revue-empan-2009-1-page-31.htm

    tu as 10% des enfants qui subissent de graves violences surtout les filles et surtout de la part de leur père et les journaux et fictions parlent sans cesse d’un syndrome rarissime qui touche 1 personne sur 50000 mais dont les auteurs sont toujours des mères. Ce qui est important c’est que les gens enregistre que le danger viens des mères et surtout pas des pères.

    La phrase clé de l’article est « Le père de famille, qui était un peu absent, a retrouvé une place plus importante, plus équilibrée. » Car il est intolérable qu’un enfant sur 50000 souffre à cause de sa mère mais il est impératif que dix enfants sur 100 souffrent par leur père.

    #misogynie #masculinisme #inversion_patriarcale #violence_parentale #domination_adulte #domination_masculine #violence_médicale #sexisme #sap

  • Anne Tursz : « La maltraitance démarre avec l’idée que les enfants appartiennent à leurs parents » | L’Humanité
    http://www.humanite.fr/anne-tursz-la-maltraitance-demarre-avec-lidee-que-les-enfants-appartiennent
    http://img.humanite.fr/sites/default/files/styles/abonnez_vous/public/images/maltraitance.jpg?itok=mat2Td1o

    Epidémiologiste et directrice de recherches à l’Inserm, la pédiatre Anne Tursz est l’une des meilleures spécialistes françaises de la maltraitance des enfants. Elle juge pour l’Humanité le plan présenté mercredi 1er mars 2017 par la ministre Laurence Rossignol.

    Quelle mesure vous paraît-elle la plus intéressante ?

    Anne Tursz. Celle qui entend aider le secteur médical à participer vraiment à la collecte d’informations, au repérage et au signalement des enfants maltraités. Aujourd’hui, les médecins ne sont absolument pas impliqués là dedans. Ils n’ont pas été formés pour ça, ça ne les intéresse guère, voire ça les barbe franchement. C’est pourquoi l’idée d’un médecin référent sur ces violences dans chaque hôpital est très intéressante. Ca va coûter un peu d’argent. Espérons que cela sera quand même mis en oeuvre. Car comme le disait la Haute Autorité de Santé dans son rapport de 2014, il ne faut surtout pas rester dans la solitude face à ces problèmes. Ce médecin référent doit être un relai, une ressource, une aide pour les autres professionnels qui ne savent pas toujours quoi faire.

    Le problème avec la maltraitance des enfants est aussi le manque de données fiables, la méconnaissance de ce fléau en profondeur...

    Anne Tursz. Oui et à ce titre, la mesure consistant à prévoir une autopsie obligatoire en cas de mort inexpliquée des enfants de moins de deux ans va dans le bon sens... Si toutefois elle est appliquée, car beaucoup y sont encore hostiles. Et puis il y a tous les cas qui restent en dehors des radars. Par exemple, ceux où les médecins de famille ferment les yeux sur des violences. Ce qui introduit une forme de sélection sociale : dans les milieux défavorisés, il n’y a souvent pas de médecin de famille, donc, en cas de problème, ce sont les pompiers qui interviennent. Lesquels sont tenus d’appeler la police, qui, elle, doit aviser le procureur. Là, pas de problème. La dissimulation est plus aisée quand il y a un dialogue entre un médecin de famille et des parents, disons, bien sous tous rapports. Or, les violences existent aussi dans ces milieux là.

    #domination_adulte #violence_parentale #enfance

  • Un cadeau de Noel discret : l’interdiction des châtiments corporels | Droits des #enfants
    http://jprosen.blog.lemonde.fr/2016/12/24/un-cadeau-de-noel-discret-linterdiction-des-chatiments-corporel

    En effet il existe bien d’autres manières de marquer son autorité et son désappointement à un enfant devant son comportement sans frapper. La parole, quitte à ne pas crier, est un bon instrument ! Et puis n’était-ce pas interpellant en ce début de XXI° siècle de relever que les #violences aux animaux étaient interdites et punissables, pas celle aux enfants.

    L’argument consistant à dire pour refuser toute évolution « J’ai reçu des tornioles quand j’étais môme y compris avec un martinet ! » n’est pas plus audible que celui consistant à affirmer que les choses allaient mieux quand nos femmes servaient à table leur maris en restant debout derrière lui ou se présentaient en portant le nom et le prénom de leur époux. Dans le même registre : fallait-il vraiment condamner en 1995 le viol entre époux ? Etc.