• #SalePute

    Loin d’être un phénomène isolé, le #cyberharcèlement touche en majorité les #femmes. Une enquête édifiante sur ce déferlement de #haine virtuelle, aux conséquences bien réelles. Avec le #témoignage d’une dizaine de femmes, de tous profils et de tous pays, et de spécialistes de la question, qui en décryptent les dimensions sociologiques, juridiques et sociétales.

    Les femmes sont vingt-sept fois plus susceptibles que les hommes d’être harcelées via #Internet et les #réseaux_sociaux. Ce constat, dressé par l’European Women’s Lobby en 2017, prouve que les #cyberviolences envers les femmes ne sont pas une addition d’actes isolés, mais un fléau systémique. Plusieurs études sociologiques ont montré qu’il était, en majorité, le fait d’hommes, qui, contrairement aux idées reçues, appartiendraient à des milieux plutôt socio-économiques plutôt favorisés. Se sentant protégés par le caractère virtuel de leurs actions, les auteurs de ces violences s’organisent et mènent parfois des « #raids_numériques », ou #harcèlement_en_meute, aux conséquences, à la fois personnelles et professionnelles, terribles pour les victimes. Celles-ci, lorsqu’elles portent plainte, n’obtiennent que rarement #justice puisqu’elles font face à une administration peu formée sur le sujet, à une législation inadaptée et à une jurisprudence quasi inexistante. Les plates-formes numériques, quant à elles, sont encore très peu régulées et luttent insuffisamment contre le harcèlement. Pour Anna-Lena von Hodenberg, directrice d’une association allemande d’aide aux victimes de cyberharcèlement, le phénomène est une menace directe à la #démocratie : « Si nous continuons de tolérer que beaucoup de voix se fassent écarter de cet #espace_public [Internet, NDLR] et disparaissent, alors nous n’aurons plus de #débat_démocratique, il ne restera plus que les gens qui crient le plus fort ».

    Acharnement haineux
    #Florence_Hainaut et #Myriam_Leroy, deux journalistes belges cyberharcelées, recueillent les témoignages d’une dizaine de femmes, de tous profils et de tous pays, (dont la chroniqueuse de 28 minutes #Nadia_Daam, l’humoriste #Florence_Mendez ou encore l’auteure #Pauline_Harmange), elles aussi insultées et menacées sur le Net. En partant des messages malveillants reçus par ces dernières, le duo de réalisatrices enquête sur la prolifération de la haine en ligne auprès de différents spécialistes de la question, qui décryptent les aspects sociologiques, juridiques ou encore sociétaux du cyberharcèlement.

    https://www.arte.tv/fr/videos/098404-000-A/salepute

    –-> déjà signalé sur seenthis (https://seenthis.net/messages/919957 et https://seenthis.net/messages/920100), mais je voulais y ajouter des mots-clé et citations...

    #Renaud_Maes, sociologue (à partir de la min 16’30)

    « Généralement c’est plutôt des hommes qui agressent sur internet et c’est plutôt des gens qui viennent de milieux socio-économiques plus favorisés (...), des gens qui viennent de la classe moyenne, voire de la classe moyenne supérieure. Cela permet de révéler quelque chose qu’on croit relativement absent : il existe une violence structurelle dans nos société, il existe une domination structurelle et on s’en est pas débarrassés. Clairement, encore aujourd’hui, c’est pas facile d’être un homosexuel, c’est pas facile d’être une femme, c’est pas facile d’être une personne racisée, c’est encore moins facile si on commence à avoir plusieurs attributs au même temps. C’est quelque chose qui parfait ne transparaît pas dans le monde social, parce qu’on a plus de self-control. Avec internet on voit bien que le problème est bien là et que dès qu’on a eu l’occasion d’enlever un peu de #contrôle_social, d’avoir, ne fut-ce que l’illusion, car ce n’est pas forcément vrai, moins de conséquences immédiatement les choses sont mises à nu. Et on voit qu’il y a de la violence, il y a du #rejet des personnes homosexuelles, il y a de la misogynie, il y a du racisme. »

    #Ketsia_Mutombo, co-fondatrice du collectif « Féministes contre le harcèlement » (à partir de la min 22’30) :

    « On est encore dans des sociétés où la parole publique ou l’espace public n’est pas fait pour les femmes, n’est pas fait pour les groupes minorés. On est pensé comme des personnes qui doivent rester dans l’espace domestique, s’acquitter du travail domestique, familial, relationnel, mais ne pas prendre la place. »

    #Laurence_Rosier, linguiste (à partir de la min 22’45) :

    "Les femmes qui s’expriment, elles s’expriment dans la place publique. (...) Et à partir du moment où ’elles l’ouvrent’, elles se mettent en #danger parce qu’elles vont en général tenir une parole qui n’est pas la parole nécessairement attendue. C’est quoi une parole attendue depuis des lustres ? C’est que la femme au départ elle doit respecter les #convenances, donc elle doit être polie, c’est elle qui fait l’éducation à la politesse des enfants, elle doit être mesurée, en retenue, pas violente. Et dès qu’elle adopte un ton qui n’est pas celui-là, qui est véhément, qui est agressif, qui est trivial, sexuel... et bien, on va lui faire sentir que justement elle sort des codes établis et elle va être punie

    #Lauren_Bastide (à partir de la minute 22’18) :

    « Je trouve que le cyberhacèlement a beaucoup de résonance avec le #viol et la #culture_du_viol, qu’il y a ce continuum de la simple interpellation dans la rue au viol. Pour moi c’est pareil, il y a le petit mot écrit, le petit commentaire un peu haineux sous ta photo et puis le raid qui fout ta vie par terre. Il y a cette espèce de #tolérance de la société pour ça... ’c’est le tarif en fait... il ne fallait pas sortir la nuit, il ne fallait pas te mettre en jupe’. ’Bhein, oui, c’est le tarif, t’avais qu’à pas avoir d’opinion politique, t’avais qu’à pas avoir un métier visible. Les conséquences qu’il peut y avoir c’est que les femmes sont moins prêtes à parler, c’est plus difficile pour elles. Prendre la parole dans l’espace public quand on est une femme c’est l’#enfer. Il faut vraiment être très blindée, très sure de soi pour avoir la force d’y aller. Surtout quand on va exprimer une opinion politique »

    #Anna-Lena_von_Hodenberg, Hate aid (à partir de la minute 33’48) :

    « Nous devons réaliser qu’internet c’est l’espace public au même titre que la vie physique. »

    #Emma_Jane, autrice du livre Misogyny Online (à partir de la minute 35’30), en se référant au fait que le sujet n’est pas vraiment traité sérieusement...

    "La plupart des politiciens sont de vieux hommes blancs, ils ne reçoivent pas d’insulte raciste, ils ne reçoivent pas d’insultes sexistes, ils n’ont pas grandi avec internet.

    #Renate_Künast, députée écologiste allemande (à partir de la minute 39’20) :

    « Ce qui est choquant ce n’est pas seulement la haine dont j’ai été la cible, mais le fait que beaucoup de femmes sont visées par ce type de violence sexualisée. (...) On se sent personnellement visé, mais il s’agit d’un problème systémique, c’est caractéristique de l’extrême droite qui ne supporte pas que les femmes soient autre chose que des femmes au foyer et qu’elles jouent un rôle actif dans la société. (...) Il ne s’agissait pas d’une phrase, mais de milliers de messages qui ne disparaîtraient jamais. Pour toutes ces raisons j’ai porté plainte. Et j’ai été stupéfaite quand la réponse, se basant selon moi sur une mauvaise interprétation de la jurisprudence a été qu’en tant que femme politique je devais accepter ce genre de messages. (...) ’Détritus de chatte’, pour les juges en Allemagne, c’était de la liberté d’expression’. »

    #Laurence_Rosier (à partir de la minute 41’35) :

    « La liberté d’expression est invoquée aujourd’hui, pas dans tous les cas, mais dans beaucoup de cas, pour justifier des discours de haine. Et les discours de haine c’est pas soudain que la haine sort, c’est parce que ça a été permis et favorisé par ’oh, une petite blague sexiste, une petite tape sur l’épaule, un petit mot d’abord gentil’ et que progressivement on libère le niveau du caniveau. »

    #Florence_Mendez, humoriste (à partir de la minute 43’01) :

    « Le sexisme que même pour moi était acceptable avant, parce qu’on a toutes nagé dans cette mer en ce disant ’ça va, l’eau n’est pas si salée, je peux en boire encore un peu !’... On a toutes laissé passé ça. Et maintenant il y a des choses qui sont juste insupportables. (...) Je ne laisse plus rien passer du tout, rien passer du tout dans ma vie de tous les jours. »

    #Renate_Künast, députée écologiste allemande (à partir de la minute 43’25) :

    « ça me rappelle ce slogan des mouvements féministes des années 1970 : ’Le pouvoir des hommes est la patience des femmes’. Il faut juste qu’on arrête d’être patientes. »

    Anna-Lena von Hodenberg (à partir de la minute 47’32) :

    « Si on laisse courir les choses, sans régulation, sans poursuites judiciaires, si en tant que société on continue à rester des témoins passifs, alors ça aura des conséquences massives sur nos démocraties. Nous voyons déjà maintenant aux Etats-Unis : la polarisation. Nous l’avons vu en Grande-Bretagne pendant le Brexit. Et ça, c’est juste un avant-goût. Le net est l’espace public le plus important que nous avons, si nous continuons de tolérer que beaucoup de voix se font écarter de cet espace public, qu’elles disparaissent, alors nous n’avons plus de débat démocratique, alors il ne restera plus que les gens qui crient le plus fort et par conséquent, dans le débat public, régnera la loi du plus fort. Et ça, dans nos cultures démocratiques, nous ne pouvons pas l’accepter. »

    Voix off (à partir de la minute 52’40) :

    « ’Fermer sa gueule’, c’est déserter les réseaux, c’est changer de métier, adopter un ton très polissé, c’est refuser des opportunités quand elles sont trop exposées. Et serrer les dents quand on est attaqué, ne surtout pas donner l’impression de se plaindre. »

    #Florence_Mendez (à partir de la minute 53’40) :

    «C’est la fin de la tranquillité.»

    #fait_de_société #cyber-harcèlement #menaces #santé_mentale #violence_structurelle #domination_structurelle #misogynie #racisme #sexisme #intersectionnalité #insulte #espace_numérique #punition #code_établi #plainte #impunité #extrême_droite #fachosphère #liberté_d'expression #polarisation #démocratie #invisibilisation #silenciation #principe_de_la_nasse #nasse
    #documentaire #film_documentaire

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  • IOM run camps in Bosnia: Structural violence is not an incident

    We demand transparency in the work of international organizations and an immediate switch to the practices of care and justice!

    Since 2018, when the first “temporary reception center” run by the IOM and financed by large from the EU, was established in Bosnia and Herzegovina, people placed in camps have been trying to draw the attention of the public. They have been united in saying that living conditions have been below any standards. At the same time, IOM representatives, as well as the EU, have been repeating that the centers have been built in accordance with the “European standards”. However, they have never told us what these standards are.

    At the moment, camp Blažuj near Sarajevo is the biggest concentration camp in BiH with over 3.200 people ‘housed’ inside. The conditions are precarious. No hot water, food is only basic, it is overcrowded, no heating, many people have scabies, every illness is treated with paracetamol and brufen (DRC responsibility). A similar precarious situation is in another camp near Sarajevo, Ušivak.

    People in Sarajevo are receiving everyday pleas for help from the people in the camps. They ask for food, clothes, hygiene supplies, even baby diapers. Tensions are high and occur in daily conflicts. Additionally, the part of the staff in centers is rude, unprofessional, abusive, and often disrespectful towards the people. Local police enter the camps, and the surrounding area, often using methods that should be scrutinized.

    Therefore, we must ask: Do mass, overcrowded camps represent the “European standard” of living? Is the absence of basic living conditions like hot water and heating, the absence of medical care and treatment, the absence of regular diet and widespread hunger, the absence of human care and compassion the “European standard”? Are mass camps soon becoming new mass graves, as a result of the European living standard in question?

    The atmosphere of tension culminated in Blažuj on the evening of January 20th, when a huge fight broke inside the camp. Another one. Each time it is bigger and bigger. IOM cannot negate this as we all saw the fire a few nights ago, which was the result of one such fight. Those who are running camp do not have the knowledge, or willingness, to deal with tensions, meaning to provide more psychological support than security, better conditions, and activities that would make people at least feel human. Instead of that, the IOM and others have decided to limit media access, and to monitor contacts ‘residents’ have with people outside of the camp and the media, often punishing those who are found to communicate with people outside and accused of sending true information about the conditions in the camp (that should be public anyway). Those who do that are often punished with retaliation, expulsion, or even detention inside the special area in the camps, but also in official detention centers in Bosnia, where with no trials or delivered sentences people are kept sometimes for months.

    In the end, the media, IOM, and authorities put the perpetual blame on people on the move, demonizing and criminalizing them in order to justify their own (wrong) doings and (mis)handlings.

    We ask for transparency in the work of international organizations, and an immediate switch to the practices of care and justice. People in Bosnia, but also many other countries in a similar situation, have been asking for this for decades, with little success, while witnessing what could be described as very problematic behaviour of the personnel and leaders of the international organizations (e.g. during the war, especially in so called “safe zones”, or after the war when the UN personnel was involved in human trafficking).

    - unlimited media access to the camps

    – freedom of speech for people inside the camps

    - utter protection from all kinds of violence

    – access to nutritive food, hot and drinking water, hygienic care, medical treatments, mental health support

    – end to the police, military, and security guards’ violence.

    No more structural violence.

    No more mass camps.

    No more (mass) graves.

    Transbalkan Solidarity

    https://transbalkanskasolidarnost.home.blog/iom-run-camps-in-bosnia-structural-violence-is-not-

    #violence_structurelle #asile #migrations #réfugiés #Bosnie #OIM #IOM #camps_de_réfugiés #Blažuj #Blazuj #Balkans #route_des_Balkans

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    • Bosnia: Fight in migrant camp leaves three officials injured

      Two police officers and an IOM employee suffered minor injuries in clashes at the Blazuj migrant reception center near Sarajevo on Wednesday, police said. More than 3,000 migrants are currently housed at the former military barracks.

      Police were called late Wednesday night to intervene in a fight that had broken out between migrants at the center outside Bosnian capital Sarajevo.

      “During the intervention, migrants attacked police officers and damaged several police and International Organization for Migration (IOM) cars, as well as IOM offices,” police spokesperson Mirza Hadziabdic told the news agency AFP.

      Hadziabdic confirmed that two police officers and an IOM employee were slightly injured, and that the property damaged in the clash included computers and other equipment.

      According to a statement by the IOM, “a skirmish between two migrants … quickly escalated into a bigger fight.” It was not immediately clear if anyone was arrested, AP reports.

      In Bosnian media, the incident was described as a major clash. The news platform Klix.ba published images of smashed cars and reported that police brought in members of special units with dogs. According to Klix.ba, around 2,000 migrants clashed with police and threw stones.

      Klix.ba reported on Friday that six persons involved in the scuffles had received deportation orders from the foreigners’ office and local authorities in the Sarajevo Canton. One Iranian national reportedly also received an an entry ban of three years and is due to be deported.
      Tense situation for migrants in Bosnia

      Bosnia is a transit country for migrants, mainly from Asia, Africa and the Middle East, who travel along the Balkan route in hopes of reaching Western Europe. Many however remain stranded in Bosnia and fail to cross into EU member state Croatia — their attempts are thwarted by Croatian border police who are regularly accused of applying force to push migrants back into Bosnia.

      Bosnia has struggled to manage a growing number of migrant arrivals since 2018 and most recently, the EU called upon Bosnia to provide adequate housing for migrants who are stranded in the country and face harsh winter conditions.

      According to estimates from EU and IOM officials, there are currently between 8,000 and 9,000 migrants in Bosnia.

      Around 6,000 migrants are living in five centers run by the IOM.

      Roughly 900 migrants are living in heated tents at Lipa camp, which the Bosnian army set up after weeks of criticism from the international community over the conditions at the camp.

      Roughly 2,000 migrants are camping out in the woods and in abandoned buildings in northwestern Bosnia, and their situation is becoming increasingly dangerous.

      https://www.infomigrants.net/en/post/29826/bosnia-fight-in-migrant-camp-leaves-three-officials-injured

    • Twenty Police Cars damaged by Migrants in Blazuj

      In last night’s riots in the migrant center in Blazuj near Sarajevo, 20 vehicles of the Ministry of Internal Affairs of the Sarajevo Canton and several IOM vehicles were damaged. This information was confirmed for Klix.ba by the Minister of the Interior of Canton Sarajevo, Admir Katica.

      Two injured police officers and one International Organization for Migrations employee is the epilogue of the chaos that happened last night in the migrant camp in Blazuj. This information was confirmed for “Avaz” by Mirza Hadziabdic, spokesman for the Ministry of the Interior of the Sarajevo Canton, and added that 2,000 migrants took part in the riots.

      The situation calmed down last night at 10:50 p.m. The police are still on the spot, an investigation is being carried out, and no one has been detained so far – Hadziabdic added.

      Recall, the workers of the International Organization for Migration (IOM) tried to move to another camp a migrant who disturbed the order and who is the leader of one of the groups in this camp. Migrants tried to release him by force, after which there was a conflict.

      https://www.sarajevotimes.com/around-2000-migrants-participated-in-riots-in-blazuj

  • Briefing: #Ebola–myths, realities, and structural #violence

    Ten months after the first infection, Margaret Chan, Director-General of the World Health Organization, described the Ebola epidemic in West Africa as the ‘most severe acute public health emergency in modern times’. The disaster, she said, represents a ‘crisis for international peace and security’ and threatens the ‘very survival of societies and governments in already very poor countries’.1 As of October 2014, the disease had killed 4,951 and infected 13,567.2 It has crippled families, health systems, livelihoods, food supplies and economies in its wake. These numbers are likely to be vastly underestimated. How did it get to this? Why has this outbreak been so much larger than previous ones? The scale of the disaster has been attributed to the weak health systems of affected countries, their lack of resources, the mobility of communities and their inexperience in dealing with Ebola.3 This answer, however, is woefully de-contextualized and de-politicized. This briefing examines responses to the outbreak and offers a different set of explanations, rooted in the history of the region and the political economy of global health and development.

    http://afraf.oxfordjournals.org/content/114/454/136.extract?etoc