• Des hommes violents

    Condamnés par le tribunal pour #violences_conjugales, ces douze hommes sont contraints par la justice de participer à un groupe de parole pendant six mois. Tous viennent d’univers différents : l’un est un homme d’affaires à succès, un autre à la recherche d’emploi, un autre tient un garage... Ils commencent par clamer unanimement leur innocence ou par refuser de reconnaître leurs torts. Puis évoluent, ou pas.

    Ce #podcast s’attache séance après séance à suivre leur avancée, à partir à leur rencontre, à les écouter. Il est nourri des propres interrogations du narrateur, Mathieu Palain, sur le mouvement #metoo et la question des #masculinités aujourd’hui. Et mis en perspective par trois récits de victimes.

    Un podcast de #Mathieu_Palain et #Cécile_Laffon

    https://www.franceculture.fr/emissions/des-hommes-violents-le-podcast-original

    Et la chronique du réalisateur : https://www.franceculture.fr/emissions/la-question-du-jour/qui-sont-les-hommes-violents

    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2019/11/193f1e63-f9da-473c-b017-a9464b047737/2000x500_hommes_violents_clean_1.webp

    #violence_faite_aux_femmes #violences_faites_aux_femmes #féminicide

  • Féminicides : Etat coupable, justice complice - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/11/04/feminicides-etat-coupable-justice-complice_1760812

    Nous exigeons des mesures pour protéger ces femmes. Nous ne pouvons plus nous contenter de promesses qui ne sont jamais appliquées. Nous ne pouvons plus nous satisfaire de plans d’actions prenant effet dans deux ans. Maquiller un budget pour donner une illusion d’amélioration ne sera pas suffisant. Il faut agir maintenant.

    Pour chacune d’entre elles, nous lutterons jour après jour, jusqu’à ce que l’Etat s’empare de ce qu’il prétend être la « grande cause du quinquennat », jusqu’à ce qu’il investisse un budget digne de nos vies et qu’il mette en place des mesures à la hauteur. Il est temps que la peur et la honte changent de camp.

  • Grenelle des violences conjugales : “Il faut mettre le paquet pour changer l’offre de soins” - Idées - Télérama.fr
    https://www.telerama.fr/idees/grenelle-contre-les-violences-conjugales-il-faut-mettre-le-paquet-pour-chan

    Les violences (conjugales, sexuelles…) ne sont pas liées à des fragilités individuelles, montrez-vous. Et elles enclenchent une série de réactions systématiques pour supporter l’agression et lui survivre.
    Les violences sexuelles (intrafamiliales, à l’égard des enfants) portent atteinte à l’intégrité mentale et physique de la personne. Elles ont des conséquences neurologiques, et le cerveau est d’autant plus vulnérable à la violence que l’on est jeune, en développement.

    Ce mécanisme est universel : les violences provoquent une effraction psychologique intense et un stress extrême lié à l’incompréhension. La victime vit une situation de cruauté, d’injustice et de non-sens absolu ; une irruption de l’ordre de l’impensable. C’est le démarrage de tout un processus.

    Dans une première phase dite de sidération, elle se trouve dans l’impossibilité de penser l’événement « débordant ». Le corps produit alors de fortes doses (non régulables) d’adrénaline et de cortisol, les « hormones de stress ». Le cerveau « disjoncte » ensuite de lui-même le système, car l’adrénaline représente un risque cardio-vasculaire et peut entraîner un arrêt cardiaque. Oui, on peut mourir de stress ! Le cortisol, lui, peut causer des atteintes neurologiques.

    Par conséquent, le cerveau répond de façon automatique, en « buggant » pour permettre la survie de la personne qui se retrouve comme anesthésiée, déconnectée. Les victimes disent souvent qu’elles se sentaient « comme des mortes vivantes », capables de supporter l’insupportable. C’est ce qu’on appelle la « dissociation traumatique ».
    “Avoir subi des violences sexuelles et physiques dans l’enfance multiplie par seize le risque de subir plus tard des violences conjugales.”

    Souvent mal comprise par l’entourage, cette dissociation donne un sentiment d’étrangeté, d’irréalité à l’individu, qui agit un peu en mode « automate » et semble complètement vidé de ses émotions. Ce manque de réactivité dû à la dissociation, on va d’ailleurs le reprocher continuellement à la victime, en mettant en doute son récit, ou en lui disant : « Mais pourquoi vous n’avez pas crié ? Pourquoi vous ne vous êtes pas débattu(e) ? »

    Mais le drame de la violence ne s’arrête pas là : naît ensuite la « mémoire traumatique », « bombe émotionnelle prête à exploser à tout moment ».
    La dissociation mise en place, la mémoire de l’événement n’est pas traitée comme elle l’est habituellement. Plutôt que devenir une « mémoire autobiographique » classique, elle reste bloquée au moment de l’agression. Et cette mémoire traumatique ressurgit à la moindre pensée, vision, sensation qui rappellera le moment des violences, hantant la victime.

    Tant que dure la dissociation (dix minutes, un quart d’heure, une heure, mais aussi des jours, des mois, des années…), cette mémoire s’allume continuellement. Et la victime de revivre à l’identique les moments de douleur, le stress, la détresse, l’impression de mourir, mais aussi les hurlements de son agresseur, son mépris… Elle a l’impression d’entendre en elle qu’elle est coupable, ne vaut rien, n’a aucun droit : c’est « la colonisation par l’agresseur » qui peut faire irruption avec sa colère, sa haine et sa rage, la terroriser, voire la conduire au suicide. C’est un mécanisme très complexe et un véritable enfer pour les victimes.

    À quoi attribuer la prise de conscience sur ces sujets, maintenant ?

    Les réseaux sociaux ont eu un impact positif énorme. Internet a permis aux victimes de prendre la parole librement, sans filtre. Un barrage s’est levé et cela ne pourra pas s’arrêter. Il faut nommer les choses telles qu’elles sont, pour que les violences ne restent pas minimisées, banalisées, voire niées.

    Quand on parle d’« abus sexuels » pour les enfants, on nie la réalité. Ce ne sont pas des « abus », c’est de la « torture » ! Non, les « pédophiles » ne sont pas des « personnes qui aiment les enfants ». Dans « pédo-criminalité », on entend le mot « crime », on perçoit l’horreur. Et non, ces violences ne sont pas des « différends familiaux » ou des « crimes passionnels ».

    Les réseaux sociaux ont permis de diffuser les bons mots, les bons chiffres, de rappeler que nos enfants ne sont pas nos choses sur lesquelles on aurait le droit de vie ou de mort, et que la famille et le couple ne sont pas des zones de non-droit. Plus les voix des victimes et de tous ceux qui les soutiennent sont entendues, plus cela affaiblit les stéréotypes et mieux on rétablit une pensée cohérente, normale, humaine chez tous ceux qui souhaitent aimer, vivre et être heureux.

    #Féminicides #Violences_conjugales #Inceste #Psychanalyse

  • Rue des anges
    http://superfeministe.blogspot.com/2019/10/rue-des-anges.html
    (Les images ont des adresses de 3 km et ne s’affichent pas ici.)

    C’est une histoire qui claque sur les #violences_conjugales et les pauvres réponses sociales aux #féminicides. Très bien écrite !

    ’Rue des Anges’ est un témoignage que nous souhaitons diffuser pour ce qu’il montre de la continuité affligeante entre violences domestiques, patriarcales, institutionnelles. C’est une histoire violente (trigger warning : récit d’agression physique violente), c’est une histoire vraie, c’est aussi une histoire de résistance, et de luttes encore à mener pour obtenir le minimum : une police formée qui protège les femmes.

  • ET AU DEHORS LES LUMIÈRES ÉTINCELANTES - Polyvalence
    http://assopolyvalence.org/et-au-dehors-les-lumieres-etincelantes

    S’entendre mentir pour couvrir le mec qui vous a frappé la veille, sensation à ajouter dans la liste des choses qu’on sait mais qu’on aurait mieux aimé ne pas savoir. Un autre coup de poing dans le visage au printemps suivant, donné comme le premier, en pleine rue, la nuit, mais celui-ci ne laissera pas de trace. Une tentative de coup, pas possible de me rappeler quand, à une sortie de métro, je commence à répliquer, lui qui bât en retraite immédiatement « Mais ça fait mal ! »

    Autre tentative et autre réplique de ma part dans notre chambre. Date indéterminée aussi, et c’est peut-être plutôt cette fois là qu’il a constaté, finement, que quand on te tape, ça fait mal. Après ça je ne crois pas qu’il m’ait frappé. Mais serrer mon bras par exemple, appuyer son poing très fort à différents endroits tout en évitant désormais soigneusement mon visage. La dernière agression physique c’est un autre automne, cinq ans après la première. D’un bras il bloque ma tête, de son autre poing menace de m’exploser le nez. Je ne résiste pas, tétanisée de peur – on est à la porte de la cuisine, il pourrait y trouver une arme, un couteau. Ce sont précisément les pensées qui me passent par la tête à ce moment là. J’ai simplement peur de mourir.

    En cinq ans, je ne devrais peut-être pas en faire une histoire ?

    Evidemment il faut aussi ajouter les menaces (de me frapper), les insultes.

    Et puis les phrases qui commandent, qui rabrouent, méprisantes, haineuses.

    #violences_masculines #violences_conjugales

  • Grenelle des violences conjugales : “Il faut mettre le paquet pour changer l’offre de soins” - Idées - Télérama.fr
    https://www.telerama.fr/idees/grenelle-contre-les-violences-conjugales-il-faut-mettre-le-paquet-pour-chan

    En ce début de Grenelle contre les féminicides, la psychiatre Muriel Salmona est formelle : les victimes de violences conjugales et sexuelles sont des personnes traumatisées. Et pour les aider, médecins, magistrats et policiers doivent comprendre ce qu’il se passe dans leur cerveau. L’auteure du “Livre noir des violences sexuelles” explique les mécanismes neurologiques de sidération, dissociation et mémoire traumatique.

  • Grenelle sur les violences conjugales : des acteurs majeurs de la lutte oubliés par le gouvernement - La Rotative
    https://larotative.info/grenelle-sur-les-violences-3417.html

    En mettant de côté un certain nombre d’associations et d’acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes comme partenaires de son Grenelle sur les violences conjugales, et en médiatisant des effets d’annonce mensongers, le gouvernement démontre son incapacité à prendre en compte sérieusement ce sujet. Communiqué du réseau féministe d’Indre-et-Loire.

  • Emmanuel Macron : « Et vous madame, il vous a battue longtemps ? » - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/09/03/emmanuel-macron-et-vous-madame-il-vous-a-battue-longtemps_1749044

    « Cette dame a été menacée de mort. Elle veut qu’un gendarme l’accompagne chez elle, pour prendre quelques effets et échapper à l’enfer. Le gendarme refuse. » Le Président lève les yeux au ciel. La tension monte dans la petite pièce.

    « Passez-moi le gendarme », demande l’écoutante. Avec une douceur bien ferme, elle énonce  : « Ecoutez monsieur, normalement nous n’avons pas ce genre de refus. Avez-vous un problème d’effectif  ? »  ; « Quel article de loi vous empêche de l’accompagner  ? »  ; « Votre rôle est de protéger les citoyens »  ; « Madame est en danger  ! »… Le gendarme désespère Macron. Il exaspère la secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, qui est aussi du déplacement. Mais la règle du jeu a été fixée. Emmanuel Macron est là incognito. Impossible de passer une avoinée au représentant buté des forces de l’ordre.

    Le président demande  : « Ça vous arrive souvent, ça  ? » « Oui. De plus en plus. Dimanche, j’ai encore eu un gendarme qui ne voulait pas prendre une plainte. » « Il y a manifestement un grave problème de perception du danger », résume Emmanuel Macron, qui soupire  : « On a pourtant mis des référents violences faites aux femmes dans les gendarmeries et commissariats. »

    • Une opération de com qui tourne au fiasco parce qu’elle met en lumière ce qu’elle devait cacher, l’épaisse connivence qu’implique la domination masculine, un sketch qui entame l’opacité défensive dont se garanti l’ordre social, c’est joyeux. C’est pas comme la dernière visite de Macron je ne sais plus où, lorsque toue la « foule » sélectionnée était porteuse de bracelets verts qui ont rarement été montrés.
      Un président soumis à une situation sociale et institutionnelle non programmée et relégué à l’inaction immédiate, imaginons ce que ça donnerait sur logement, embauche, CAF, chômage, commerces, etc., on est pas près de revoir un tel dispositif.

    • Lu sur touitteur.
      édit le tweet a été supprimé depuis ; les 4 [] indiquent mes modifs dans son récit.

      Beaucoup de colère en lisant ce passage

      Il y a 18 ans, j’arrivais à la #gendarmerie de [Bled] (personne ne connaît, c’est [en France]) pour demander de l’aide

      J’ai expliqué ma situation, j’ai dit que le père de mon fils (3 ans) le retenait, que je ne pouvais pas aller le chercher seule, que j’avais besoin que les gendarmes viennent avec moi, qu’il était dangereux et armé

      Les gendarmes ont écouté, ils m’ont demandé de me calmer, puis ils m’ont dit qu’ils allaient appeler Monsieur.
      J’ai hurlé.
      J’ai dit qu’il ne fallait pas l’appeler, pas le prévenir, que j’étais venue pour leur demander de l’aide moi.
      Ils m’ont dit que j’étais hystérique.

      Ils l’ont appelé.
      Il était très calme au téléphone. Le gendarme m’a dit « Vous voyez Madame, il est très calme. »

      Il est venu.
      Tout seul, sans mon fils. Il m’a dit qu’il fallait que j’aille avec lui, j’ai dit non, j’ai dit plus jamais, j’ai dit où est mon fils.
      Il souriait.

      Au bout de 20 minutes, un gendarme est sorti (on était sur le perron de la gendarmerie) et ce gendarme m’a dit cette phrase : Bon, Madame, vous allez pas rester ici toute la journée, il faut y aller maintenant

      J’ai jamais oublié cette phrase, j’ai jamais oublié le visage de ce gendarme

      Ta phrase, Monsieur le gendarme, elle m’a fait plus de mal que ce que j’ai ramassé comme coups ce jour-là. Et je la garde encore bien dans le crâne.
      J’espère que la gendarmerie de [Bled] a changé mais je n’en crois rien.

      J’ai pas fini (Je prenais une respiration 😊)
      En 2009 (ou 2010), les gendarmes de [Saint_Martin] ont frappé à ma porte. « Bonjour Madame, êtes-vous l’ancienne compagne de Monsieur X ?
      – Euh oui
      – Avez-vous été victime de violences conjugales ? On a besoin de vous »

      Ils avaient besoin de moi parce que la nouvelle compagne de Monsieur avait porté plainte contre lui pour #violences_conjugales. Ce serait bien si je témoignais qu’il avait déjà été violent avant, m’ont-ils dit.
      J’ai demandé à réfléchir.

      J’ai réfléchi toute la nuit et je l’ai fait pour elle. Je suis allée à la gendarmerie témoigner et tout raconter.
      J’ai dit « Mais qu’est-ce que vous allez faire pour me protéger ?
      – Ne vous inquiétez pas, on vous protégera
      – J’ai 2 enfants » j’ai dit

      2 jours plus tard, j’ai dû enlever les gosses de l’école et partir en catastrophe à 600 bornes.
      Personne ne m’a protégée de quoi que ce soit, personne n’a protégé mes enfants

      (Pas sûre de ne pas effacer ces tweets dans 2 h, bonne journée tout le monde) (Je vais très bien, merci beaucoup, mangez du nougat)

      (Note : j’ai donné aux gendarmes les coordonnées des 4 précédentes compagnes de Monsieur, toutes également victimes de violences conjugales. Toutes ont raconté, aucune n’a voulu témoigner. Je les comprends.
      Il a eu 4 mois avec sursis.)

      #conjugalité #famille

    • @vanderling j’ai supprimé, et puis je vois que le fil de cette battante digne d’éloge (quelle histoire des plus saumâtre) est toujours en ligne là
      https://twitter.com/Nordengail/status/1169162814193328129

      @mad_meg un post qui suit ce twitt plussoie sur ce que tu dis :

      Sinon pour les référents sur les violences conjugales en gendarmerie. J’avais aidé une personne victime de violences conjugale dont le compagnon était le-dit référent de la caserne. Toute la #caserne savait, sa tête avait servi à faire des trous dans le placo, c’est bruyant ça.

  • #Et_pourtant_elles_dansent

    Marie-Noëlle, Denise, Asyath, Odile, Lizana, Emi­na ou encore Augustine et d’autres, toutes femmes réfugiées en France, se retrouvent à l’association Femmes en Luth à Valence et se sont confiées sur les raisons qui les ont contraintes à quitter leurs pays, souvent pour leur survie, laissant parfois leurs proches et leurs biens derrière elles. Portant le poids d’une culpabilité qui ne les quittera pas, elles évoquent les violences subies, les tortures au tra­vers de leurs témoignages, affichent leur courage et transmettent malgré tout un message de paix. Elles chantent, dansent, peignent et sourient ! Présent dans l’association, Vincent Djinda les a accompa­gnées durant une année.


    https://www.desrondsdanslo.com/EtPourtantEllesDansent.html
    #BD #livre #asile #migrations #réfugiés #procédure_d'asile #France #déqualification #femmes #déracinement #Tchétchénie #viols #viol_comme_arme_de_guerre #torture #violences_domestiques #violences_conjugales #prostitution #Valence #Femmes_en_Luth #guerre #témoignage #audition #récit #preuves #torture

  • Archive ouverte HAL - Parcours de #femmes #victimes de #violences_conjugales
    https://hal.archives-ouvertes.fr/halshs-01253260


    (Scène du masssacre des innocents – Cogniet Léon (1794-1880) – 1824)

    Résumé : L’étude porte sur des parcours de femmes ayant rompu avec la situation de violence conjugale et interroge ce qui dans les formes d’accompagnement, d’aides existantes, répond (ou pourrait mieux répondre) à leurs besoins et demandes, ce qui dans les réponses apportées par les diverses institutions et/ou associations mobilisées a pu favoriser ou faire obstacle à leur cheminement, à une rupture avec la situation de violence conjugale. Ces réponses - accompagnement social, aide matérielle, psychologique, réponse judiciaire… - ne peuvent être regardées indépendamment de divers facteurs caractérisant la situation de ces femmes : ancienneté de la situation de violence conjugale, situation à l’égard de l’emploi, présence d’enfant(s), réseau familial et amical… Il s’agit de comprendre le point de vue des femmes quant aux limites et bénéfices de l’aide externe, ceci en s’attachant à comprendre et analyser ces perceptions à partir de l’analyse de leurs parcours qui s’ils sont toujours singuliers, présentent néanmoins certaines régularités.

    • L’algorythme de youtube m’a fait enchainé la video ci dessus avec la suivante :
      Quand les gendarmes doivent sauver les enfants
      https://www.youtube.com/watch?v=3wAIm7g_FJk


      A partir de 46 minutes il y a l’histoire d’une petite fille de 8 ans et c’est un défilé des clichés dénoncé par la video précédente. Le plus terrible est d’apprendre que cette cellule de gendarmerie « spécialisé » dans les violences faites aux enfants est la seule de France et serait en pointe... une pointe plutot un gouffre. Le pire est à la fin lors de la « perquisition » organisé après que la belle-mère et le père aient eu le temps de faire disparaitre les rares preuves susceptible d’etre reconnu par cette parodie de justice.

  • Violences sexuelles : « La parole s’est libérée »

    La nouvelle directrice du Centre LAVI, Muriel Golay, fait le bilan de l’année 2018. Même si les obstacles restent nombreux, toujours plus de victimes d’agressions trouvent le courage de dénoncer la situation.

    Le bilan est préoccupant. Le nombre de demandes d’aide auprès du Centre genevois de consultations de la Loi fédérale sur l’aide aux victimes d’infractions (LAVI) a augmenté de 23% en 2018. La hausse la plus importante, de 30%, concerne les infractions contre l’intégrité sexuelle. L’association, créée en 1994, a pour mission d’offrir une aide juridique et psychologique gratuite aux personnes ayant subi une infraction pénale qui a atteint leur intégrité physique, psychique ou sexuelle.

    Depuis le 1er avril, Muriel Golay est la nouvelle directrice du Centre genevois. Passionnée par les politiques publiques de justice sociale, elle a travaillé pendant plus de dix ans à la tête du bureau de promotion de l’égalité entre femmes et hommes. Elle analyse le rapport d’activité du Centre LAVI pour Le Courrier.

    Vous avez travaillé au bureau de la promotion de l’égalité entre femmes et hommes. En quoi la perspective de genre est-elle pertinente pour le centre LAVI ?

    Muriel Golay : Dans 72% des cas, ce sont des femmes qui font appel à nos services, majoritairement dans le cadre de #violences_conjugales. Ensuite, la perspective de genre est fondamentale pour comprendre la manière dont les institutions vont apporter leur aide. Par exemple, il y a vingt ans, la catégorie « des hommes victimes de violence conjugale » était inexistante. Cette nouvelle catégorie génère le besoin de structures spécialisées.

    Comment expliquer l’augmentation des demandes de consultation ?

    Le Centre enregistre une hausse des demandes d’aide presque chaque année. En 2018, on constate une explosion qui suit l’augmentation des infractions dénoncées par la police genevoise. Premier facteur : la collaboration avec la #police qui dirige systématiquement les #victimes vers le Centre LAVI. Après vingt-cinq ans d’existence, notre expertise est aussi mieux connue. Nous sommes ancrés dans le réseau institutionnel, avec l’Hospice général, Solidarité femmes et les Hôpitaux universitaires de Genève, qui dirigent les personnes vers nous. Enfin, le mouvement #MeToo doit être pris en compte. La parole s’est libérée et les victimes savent que leur cas n’est pas isolé. La mobilisation historique de la grève du 14 juin confirme d’ailleurs une réelle évolution de la société sur ces questions.

    Les victimes osent donc plus facilement dénoncer ?

    Oui. Mais sur le terrain nous constatons que les personnes ont toujours un grand sentiment de honte. Dans la majorité des cas de violences contre l’#intégrité_sexuelle, l’auteur est connu. Ce qui rend la démarche extrêmement difficile.

    Les #agressions_sexuelles sur personnes mineures sont également en augmentation (35 cas en 2017 contre 81 cas en 2018)…

    La dynamique du mouvement #MeToo peut ici aussi expliquer le nombre d’adultes qui souhaitent dénoncer un abus vécu pendant l’enfance. Il n’est jamais trop tard pour se reconstruire. Même s’il y a prescription sur le plan pénal, nous pouvons les aider, par exemple en prenant en charge un soutien psychologique. La victime peut même être indemnisée, selon les spécificités du dossier.

    Pour les agressions sexuelles sur les enfants, le Service de protection des mineurs (SPMI) prendra les mesures nécessaires. Nous accompagnons souvent les parents, qui sont des proches au sens de la LAVI.

    Des mesures de préventions ont-elles été adoptées ?

    Une nouvelle brochure, « Abus sexuel sur personnes mineur-e-s » est disponible sur le site. Elle vise à apporter toutes les informations pour aider les victimes d’agressions sexuelles, qu’elles soient majeures ou mineures. Le document liste des définitions juridiques et donne des conseils pour réagir face à l’enfant qui révèle l’abus. Un glossaire ainsi qu’un répertoire d’adresses utiles ont été annexés. Le document est destiné aux proches ainsi qu’au professionnel-le-s. Il pourrait faire l’objet d’une adaptation dans les prochaines années pour que les enfants ou les jeunes puissent être directement informés. Par ailleurs, d’ici à 2020, le Centre mettra en place des formations sur la LAVI qui seront destinées aux professionnel-le-s des champs juridique et médico-social.

    Sur le plan de la prise en charge, notre permanence téléphonique est ouverte du lundi au vendredi de 14h à 17h. Les entretiens sont gratuits et confidentiels. La situation financière de la victime n’est jamais un obstacle.


    https://lecourrier.ch/2019/07/03/violences-sexuelles-la-parole-sest-liberee
    #Suisse #Genève #violences_sexuelles #dénonciations #justice #impunité (fin de l’impunité ?) #mineurs #enfants #enfance #violences_domestiques

  • Regarder les #féminicides en face

    Le manifeste de la #grève du #14_juin évoque les #violences_domestiques et les meurtres de femmes par leur conjoint ou ex-conjoint, traités jusqu’à très récemment comme des faits divers isolés. Nous prenons enfin conscience de la gravité du phénomène.

    Un cutter, un tournevis, une ceinture de peignoir, un fer à repasser. Les #armes de la violence domestique peuvent se révéler si banales. Les arguments aussi. « Elle m’avait trompé. » « J’étais jaloux. » « Elle m’a quitté. » Voilà à quoi tient parfois la vie d’une femme.

    Oui, des #hommes subissent aussi des violences, mais l’immense majorité des #victimes sont des femmes. Non, tous les hommes ne sont pas violents, mais là n’est pas la question. Les chiffres (qui ne reflètent qu’une partie de la réalité) ne fléchissent pas : en Suisse, une femme sur cinq est toujours victime de #violences durant sa vie de couple, et une personne meurt encore tous les 15 jours des suites de violences domestiques.

    Le « féminicide » entre dans le #dictionnaire

    Ces phrases, on les a tellement lues qu’on a tendance à les survoler sans en intégrer la gravité. Comme anesthésiés par la pseudo-fatalité de ces « accidents », traités jusqu’à maintenant comme l’agrégation de cas isolés qui animaient les conversations de comptoir et noircissaient les pages des #faits_divers. « Ah l’#amour, que voulez-vous », « C’est bien triste, mais que peut-on y faire ? » Pourtant, au vu des chiffres, il serait illusoire de croire que seuls les hommes violents sont responsables de ces assassinats : une société qui hausse les épaules en regardant ailleurs, se gardant bien de se demander comment on en est arrivé là, l’est aussi.

    Une #prise_de_conscience est en train de s’opérer. Le mot « féminicide » est entré dans le dictionnaire Robert en 2015, faisant émerger le caractère systémique et les racines profondes, logées dans notre #inconscient_collectif, de cet acte. Comme le souligne la #Convention_d’Istanbul sur les violences faites aux femmes, ratifiée il y a tout juste un an par la Suisse, cette indifférence est structurelle, « un des mécanismes sociaux cruciaux par lesquels les femmes sont maintenues dans une position de #subordination ».

    Problème de l’#article_113 du #Code_pénal suisse

    Les sceptiques dénonceront un complot féministe international tandis que, en face, on poursuivra les comptes d’apothicaire : en France, un homme tue-t-il sa compagne ou ex-compagne tous les 3 jours, ou tous les 2,4 jours ? Sur combien de cas se basait vraiment l’étude américaine selon laquelle 90% des jeunes de moins de 18 ans tués par leur partenaire sont des filles ? (Réponse : 2188). Pendant ce temps-là, des conjoints continueront de frapper, de tuer et, devant les tribunaux (quand tribunaux il y a), d’invoquer l’émoi et le désarroi. Après tout, l’article 113 du Code pénal suisse sur « le #meurtre_passionnel », qui bénéficie de #circonstances_atténuantes, le leur permet. Qui s’en émeut ?


    https://www.letemps.ch/opinions/regarder-feminicides-face
    #féminicide #femmes #violences_conjugales #suisse #meurtres #assassinat

  • Fractures espagnoles (3/4) : Les droits des femmes au cœur de la campagne
    https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/fractures-espagnoles-34-les-femmes-au-coeur-de-la-campagne

    Dernier phénomène politique espagnol, le parti d’extrême droite Vox est déterminé à détricoter les législations protégeant les femmes. Pionnière dans les questions de genre et d’égalité des sexes, l’Espagne fait face à une résurgence du patriarcat traditionnel. Comment expliquer cette réminiscence ?

    Ces dernières années, les droits des femmes et le féminisme ont été des sujets hautement politiques en Espagne. Le parti Vox, nouvelle formation politique située à l’extrême droite de l’échiquier politique, a ouvert les hostilités il y a quelques semaines. Elle a déclaré son intention de revenir sur plusieurs acquis, à commencer par la loi contre les violences sexistes adoptée en 2004.
    L’Espagne, pionnière dans la lutte contre les violences conjugales

    L’#Espagne a été pionnière en matière de lutte contre les #violences_conjugales puisque dès 2004, la #justice s’est dotée de tribunaux spécifiques et peut déclencher des mesures de protection rapides et efficaces. Un acquis précieux sur lequel les mouvements féministes n’entendent pas reculer. « Ni un paso atras ! » Pas un pas en arrière, clament les militantes. Les #femmes, premières victimes de la crise économique, se mobilisent et les #mouvements_féministes sont particulièrement actifs et vigilants ces dernières années en Espagne.

    http://rf.proxycast.org/1562310329726148608/11701-24.04.2019-ITEMA_22044125-0.mp3

    #féminisme #extrême_droite #politique

  • #Laura_Tarzia : Une ligne ténue entre plaisir et douleur ? A propos de la violence sexuelle comme choix
    http://tradfem.wordpress.com/2019/04/14/laura-tarzia-une-ligne-tenue-entre-plaisir-et-douleur-a-propos-de

    Les dernières décennies ont vu toute une industrie se développer autour de pratiques sexuelles impliquant des éléments de BDSM et d’autres formes de jeu sexuel caractérisées par des relations de pouvoir entre des partenaires dominant et soumis. Celles-ci sont généralement connues sous le terme de BDSM, bien qu’il existe une variété de sous-cultures au sein de la communauté. Dans le BDSM, le dominant peut infliger à la personne soumise une douleur physique et émotionnelle comme faisant partie du « scénario » ou du « jeu ». Les activités courantes BDSM, sans toutefois s’y limiter, incluent la fessée, la flagellation, les coups de triques, le jeu de rôle, le fétichisme et l’usage des outils de contrainte ou de bâillonnement[5]. La personne soumise peut être la destinataire des attentions du dominant ou être tenue de servir la personne dominante dans une relation de type maître/esclave. Grâce au roman érotique à succès Cinquante nuances de Grey, le BDSM – considéré jusqu’alors comme une sous-culture déviante – a atteint le grand public et fait de plus en plus l’objet d’attention et de débat[6]. Cinquante nuances de Grey et les deux titres qui ont suivi ont connu un énorme succès, complété de surcroit par un album de musique classique, une collection vestimentaire, une gamme de jouets sexuels et une adaptation cinématographique en 2015[7]. Commercialisée principalement auprès des femmes, le succès phénoménal de cette série, où Anastasia Steele, la protagoniste virginale et naïve, noue une relation BDSM avec le milliardaire Christian Gray, est en grande partie imputée au fait qu’elle exploite les soi-disant désirs érotiques secrets des femmes, en particulier leur désir d’être sexuellement soumises.[8] Bien que la communauté BDSM ait rapidement pris ses distances avec les livres, arguant que le comportement dominant, manipulateur et harceleur de Christian Grey est en contradiction avec l’éthique du BDSM, le débat entre féministes radicales et féministes libérales au sujet du rapport entre sexe et violence a été néanmoins ravivé.

    Traduction : #Tradfem
    Article tiré de l’ouvrage Freedom Fallacy : http://tradfem.wordpress.com/2018/02/25/preface-de-louvrage-freedom-fallacy
    #violences_sexuelles #BDSM #féminisme_libéral #libre_choix #liberté #violences_conjugales

  • Edition Belfort-Héricourt-Montbéliard | A Audincourt, il s’incruste dans le lycée et frappe son amie
    https://www.estrepublicain.fr/edition-belfort-hericourt-montbeliard/2019/01/26/a-audincourt-il-s-incruste-dans-le-lycee-et-frappe-son-amie

    Même avec un peu de recul, il ne voit pas, dans son comportement, où est le mal. Pourtant, l’homme reconnaît avoir frappé son amie. « Enfin, je lui ai juste mis des gifles. C’était la troisième ou quatrième fois », se vante presque le Doubien, âgé de 18 ans. Vendredi, les violences qu’il a commises ont eu pour cadre le lycée Nelson-Mandela d’Audincourt.

    #violences_conjugales

  • Le Mans : une femme défenestrée par son compagnon, jugée en partie responsable
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2019/01/03/01016-20190103ARTFIG00216-le-mans-une-femme-defenestree-par-son-compagnon-j


    Bonne année, mon cul !!!

    Aïda subissait des #violences de la part de son compagnon, « des gifles », et des « coups de poing qui n’ont jamais donné lieu à une hospitalisation », explique son avocat. Elle n’imaginait pas, à son retour, un tel déchaînement de violence. « Quand elle rentre il ne la frappe pas mais lui demande de ramasser son vomi. Ce qu’elle fait. Elle était sous son emprise ! », rapporte Me Jarry.
    Cette nuit-là, il la frappe à plusieurs reprises et va même jusqu’à la basculer par la fenêtre du deuxième étage. Les voisins alertés par les cris appellent la police qui découvre le corps de la jeune femme au pied de l’immeuble. Elle restera paraplégique.

    Parce qu’elle est rentrée chez elle ce soir-là, Aïda sera jugée en partie responsable de sa condition. Pourtant, la cour d’assises condamne l’auteur des violences à 15 ans de prison en 2016 et fixe la provision pour l’indemnisation de la victime à 90 000 euros. Sauf que le Fonds de garantie des victimes (Fgti) retient seulement une indemnisation partielle, considérant qu’il y a un partage de responsabilité. « Si le Fonds ne comprend rien à la psychologie d’une femme victime des coups de son compagnon, alors il ne comprendra jamais rien aux violences conjugales et pourra toujours juger de cette manière, s’insurge Me Jarry. Il estime que parce qu’elle est revenue à l’appartement, elle a une responsabilité dans ce qui s’est passé ».

    Les avocats saisissent alors la Civi, la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions, qui tombe d’accord avec le Fonds dans un jugement rendu en février. Ils décident de faire appel, leur audience est prévue pour mai 2019.

    #violences_conjugales #victime_coupable #justice_patriarcale

    • Aurait-elle mieux fait de dormir dans la rue (et risqué de se faire agresser ) ? C’est révoltant ! J’ai lu ça dans la presse locale. Mais heureusement, notre chère « secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations » monte au créneau et donne une belle leçon de morale aux « assurances ».
      https://www.courrierdelouest.fr/actualite/angers-defenestree-pas-indemnisee-incomprehensible-pour-marlene-sch

      #abjection

    • 2017, Toulouse
      Les flics à une femme que j’accompagnais pour porter plainte pour les violences qu’elle venait de subir de son compagnon et qui demandait d’être accompagnée pour récupérer son téléphone : « Nous ne sommes pas habiliter à vous aider, vous devez rentrer chez vous et si il vous attaque à nouveau, téléphonez et on viendra. » #sic

    • @aude_v ça ne m’étonne pas :/ lors de mon parcours de cheffe de famille monoparentale j’ai vu plusieurs fois les psys et les services sociaux défendre mordicus les normes patriarcales.

      Durant près d’un an j’ai été soigné d’un cancer du sein et ils ne m’ont pas épargné, comme si cette vulnérabilité leur autorisait à m’enfoncer un peu plus et à me démontrer ce qu’il en coûte de sortir des normes.

      Durant cette période, la psy Gelstat à qui j’avais confié ma fille (et que je payais seule) a pris rendez-vous avec son père sans même m’avoir rencontré auparavant, puis a intimé à cette jeune femme de 19 ans en cours d’études de tout quitter pour aller vivre chez lui à 800km de là alors qu’il a toujours vécu en squat et est dans l’incapacité de l’accueillir. C’était si énorme que ma fille m’a confié ses doutes et qu’elle a pu sortir des griffes de cette femme.

      A la même occasion je me suis rendue à la maison des adolescents censée donner de l’aide aux ados et à leurs parents et j’ai pris rendez-vous avec une psychologue. Je voulais savoir si il était normal que la psy de ma fille agisse ainsi. Je me suis retrouvée accusé de ne pas être une bonne mère puisque le fait d’avoir un cancer du sein était éminemment lié à la maternité. Que si je posais maintenant la question c’est à cause de mon refus de m’exposer devant une psy. Et qu’enfin, il fallait que je fasse de la place au pauvre père évincé. Bref, elle a réussi en une heure à faire de moi un tel monstre qu’en sortant j’avais envie de me suicider.

      Les garants du patriarcat et défenseurs de la domination masculine se cachent facilement chez ceux censés apporter de l’aide aux femmes en difficulté en les blâmant un peu plus, méfiez-vous les copines !

      #blame_the_victim #amour #patriarcat

    • Le fond d’indemnisation des victimes ne donne pas chère des femmes.
      Le fond dit indemnisé seulement 4000 victimes de violences sexuelles par ans dont seulement 80% de femmes (alors qu’elles sont 92 à 98% des victimes) et donne 8700€ par victime en moyenne
      https://rapportdactivite.fondsdegarantie.fr/indemniser-les-victimes-de-viols-et-agressions-sexu

      Par contre le fond est très généreux avec les hommes et porte beaucoup d’attention à leurs préjudices moraux car le moral des hommes c’est plus important que tout.
      Ainsi Bernard Tapi à touché des millions et l’avenir de Tron est assuré.
      Pour mémoire les enfants victimes de viols à Outreaux ont recu chacune 30.000€ à leur 18 ans (après avoir été placé en foyer pour délinquants faute de place ailleurs !) et les accusées (dont un au moins a été condamné pour violences sexuelles par la suite) sont par exemple 3 à se partagé 250.000€ débloqué en urgence en mesure spéciale. La boulangère défendu par Dupont-moretti à réclamé plus de 600.000€ alors qu’elle n’a pas été incarcéré, le fond lui a donné une somme sans dire laquelle et ca m’étonnerais que ca soit 30.000€.

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2007/04/27/polemique-sur-les-indemnisations-accordees-aux-acquittes-d-outreau_902766_32

  • Nous sommes le 2 janvier 2019. Sans surprise, déjà des #violences_de_genre. Mais aussi des articles sur ces violences en ?? Pas des "faits divers" qui tiennent en un paragraphe. En l’occurrence : 2 pages, 817 mots, 3941 caractères.

    "Une femme battue et séquestrée 12 heures par son mari à Madrid"
    Voilà ce que l’on apprend :
    L’homme de 41 ans a été arrêté par la police pour avoir "brutalement" agressé sa compagne de 45 ans et l’avoir maintenue enfermée 12h au domicile conjugal (porte parole de la police)

    L’homme, qui avait des antécédents de violence de genre, a été remis en liberté. Des mesures d’éloignement ont été prises. Un bracelet électronique lui a été posé. La femme a été hospitalisée. La journaliste pourrait s’arrêter là, après-tout. Mais non.

    Car en Espagne, on ne met pas les cas de violence de genre dans la rubrique des chiens écrasés. La journaliste va donc tenter de nous expliquer ce qui s’est passé, croisant les témoignages des forces de l’ordre qui sont intervenues, des pompiers et de la victime

    Nulle part, on ne lira le témoignage d’un voisin ou d’une voisine, et le désormais célèbre : "On ne comprend pas. C’était vraiment un mec bien". Car ces témoignages n’ont absolument aucune valeur et n’apportent rien
    Les journalistes espagnol.e.s l’ont bien compris.

    Selon la police, intervenue sur les lieux, "après plusieurs heures, la victime a pu s’échapper avec ses 2 enfants, mineurs, témoins de l’agression" Une police qui rajoute les # suivants : #ViolencedeGenre #PasUneEnMoins*


    https://twitter.com/policiademadrid/status/1080385348428066817

    #NiUnaMenos, "Pas une en moins", c’est une façon plutôt intelligente de rappeler que "pas une de plus" n’est pas adéquat, puisque si une femme est tuée sous les coups de son conjoint ou ex conjoint, ça fait une femme de moins sur terre. Eh oui. Habile. Hashtag très utilisé ici.

    La police a rapporté à la journaliste que l’arrestation s’est produite le 30 décembre dernier (l’article date du 2 janvier) Une amie de la victime a appelé les forces de l’ordre, après avoir reçu des WhatsApp expliquant qu’elle avait été battue, qu’elle était séquestrée...

    .. et qu’elle craignait pour sa vie La police a donc envoyé une patrouille puis a prévenu les pompiers pour leur dire qu’ils allaient devoir intervenir en défonçant la porte derrière laquelle la femme était retenue contre sa volonté

    Les pompiers n’ont finalement pas eu à intervenir : une patrouille de police municipale est tombée nez à nez avec la victime qui descendait les escaliers, en pleurant, avec les deux enfants. Elle était parvenue à s’échapper

    Les agents ont tenté de parler avec la victime mais à ce moment-là, "elle était encore en état de choc" et ne pouvait prononcer un mot.
    Elle avait des blessures aux mains, aux jambes et aux lèvres, selon la police.

    Plus tard, elle a expliqué que son compagnon l’avait frappée avec un balai en aluminium jusqu’à ce qu’il se casse, qu’il lui avait sauté dessus x fois, genoux joints, alors qu’elle était au sol, mis des coups de pied et des coups de poings "Les enfants y ont assisté" selon police

    Elle a ensuite indiqué aux policiers que son agresseur avait commencé à la frapper à 1h du matin (il a été arrêté à 13h45), qu’il l’avait séquestrée dans la chambre puis qu’elle avait réussi à sortir avec les 2 enfants bien des heures plus tard, pendant qu’il était aux toilettes

    Les agents de police sont montés à l’étage L’homme leur a ouvert et s’est laisser arrêter Accusé de "mauvais traitements et blessures dans le cadre conjugal", il est passé devant un juge "spécialisé dans les violence de genre" Et là, vous allez me dire : kesako ? Je vous réponds.

    En 2004, un système de justice spécialisé a été mis en place

    Explications dans ce reportage que j’ai réalisé pour @FRANCE24 / @ActuElles @_51percent
    https://www.youtube.com/watch?v=9N7mZNQBAnw

    Cela n’est évidemment pas suffisant (voir mon article ici : https://www.france24.com/fr/20181123-focus-espagne-justice-violences-femmes-conjugales-justice-protect)

    Les magistrats qui traitent des violences commises contre les femmes ne sont pas assez formés. C’est la vice-présidente du tribunal constitutionnel elle-même qui le dit", explique @PepaBueno, que j’ai interviewée pour ce reportage : https://play.cadenaser.com/audio/001RD010000005280629

    Pour exercer dans les tribunaux spécialisés, il suffit en effet de suivre une formation de dix jours, en sus de la forma° initiale. Ce qui interroge en Espagne, où les incidents qui embarrassent le pouvoir judiciaire s’accumulent. En octobre, une vidéo a défrayé la chronique.

    On y voyait un juge spécialisé dans les violences faites aux femmes insulter une présumée victime en son absence, juste après son audition. Après l’avoir traitée de "fille de pute" notamment, le juge a fait quelques commentaires à l’attention de ses collègues : "Vous allez voir la tête qu’elle va tirer quand elle s’apercevra qu’elle devra confier ses enfants au père". Depuis, la justice s’est saisie de l’affaire.

    https://cadenaser.com/ser/2018/10/03/sociedad/1538581619_584708.html

    On en revient donc au cas d’agression dont je vous parlais au début : L’homme est donc passé devant la juge spécialisée qui était de garde ce jour-là. Après avoir recueilli son témoignage, elle a décidé de le laisser en liberté provisoire +ordre protection +bracelet électronique.

    Je ne suis pas juge, je n’ai donc pas à commenter cette décision de justice. Nombre d’internautes, en revanche, ont fait savoir leur mécontentement, en commentant les articles de @el_pais et de @elmundoes notamment : On peut lire ici :

    Trad : "La juge n’a pas estimé que c’était suffisamment grave pour l’envoyer en prison, il est donc libre. Il la séquestre 12h et la frappe devant des mineurs mais ça n’est pas grave, il n’y a aucun risque. Bon. Jusqu’à ce qu’il la tue, pas besoin de prendre des mesures donc."

    La #loi espagnole de lutte contre les violences de genre (2004) n’est pas jugée efficace pour éradiquer les violences contre les femmes, par toutes celles et ceux engagé.e.s dans ce combat. Du côté des médias, un travail d’autocritique a été fait pour n’oublier aucune victime.

    e vais terminer par des chiffres : En Espagne, en 2018, 47 femmes ont été tuées par leur (ex)conjoint Chiffre le + bas depuis 15 ans :
    https://www.elmundo.es/espana/2018/12/31/5c2a03f021efa0c25a8b45f4.html
    En France, en 2018 ? 130 en novembre 2018

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/11/26/violences-conjugales-109-femmes-tuees-par-leur-conjoint-ou-ex-compagnon-en-2

    On est d’accord : les chiffres ne disent pas tout (ou, au contraire, on peut leur faire dire ce qu’on veut) mais cela donne une idée Rajouter aux 130 femmes tuées : 16 hommes tués par leur compagne ou ex-conjointe 25 enfants tués dans le cadre de violences conjugales

    @MarleneSchiappa et @CCastaner précisent : « En incluant les suicides et les homicides de victimes collatérales, le nombre total de décès résultant de ces violences [conjugales] s’élève à 247 personnes » Nous, médias, devons arrêter d’en parler comme de simples faits-divers

    https://twitter.com/MelinaHuet/status/1080568498030555136
    #Espagne #femmes #violence #journalisme #presse #médias #justice #statistiques #chiffres #féminicide #meurtres #violences_conjugales #violences_domestiques

    • La #loi espagnole de lutte contre les violences de genre (2004) n’est pas jugée efficace pour éradiquer les violences contre les femmes

      Les violences de genre c’est pas les violences contre les femmes, l’expression elle même est une invisibilisation de ces violences et de leur spécificité.
      Ce matin Titiou Lecoque annonce qu’elle passe la main pour le décompte des femmes assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint. Elle mentionne que ce décompte est loin de prendre en compte toutes les victimes de la violence de ces hommes. Les femmes tuées par un homme car elles se sont refusées à eux, les femmes poussées au suicide par les violences infligées par un homme, les femmes qui ont survecu avec une vie détruite, une visage brulé à l’acide, lacéré au cutter, leurs enfants assassinés par un père...

      https://www.liberation.fr/france/2019/01/03/meurtres-conjugaux-deux-ans-de-recensement-plus-de-200-femmes-tuees-et-ta

      Autre phrase fausse : tous les trois jours, une femme meurt sous les coups de son compagnon. Nous devrions la rayer de nos formules toutes faites. Ces femmes ne meurent pas sous les coups. Elles sont tuées. Parfois elles sont battues à mort, mais pas toujours. Outre que cette phrase passe sous silence l’intention meurtrière, elle invisibilise l’étendue du phénomène en ne prenant pas en compte les survivantes. La réalité c’est que presque tous les jours, en France, un homme tente de tuer sa compagne ou ex-compagne. Voici un aperçu, sur les derniers mois de 2018 de ce qu’on ne verra pas dans le décompte.

      Octobre : un homme de 32 ans a agressé en plein centre commercial son ancienne petite amie, il l’a défigurée à coups de cutter. Un homme de 63 ans a poignardé avec un tournevis son ancienne compagne, 53 ans. Elle doit sa survie au manteau au cuir qu’elle portait. Un homme de 19 ans a tenté de brûler vive sa compagne qui venait de le quitter. Un homme de 38 ans tente d’étrangler sa compagne et la frappe à coups de marteau avant de prévenir les secours.

      Novembre : une femme de 72 ans a passé la nuit retranchée dans une pièce de sa maison après avoir annoncé à son compagnon qu’elle souhaitait le quitter. Le Raid est intervenu, l’homme s’est suicidé avec son fusil de chasse. Un homme de 78 ans a tiré sur son épouse de 54 ans. Une femme de 58 ans est frappée par son mari, 59 ans. Prévenue, la police arrive mais le couple affirme que tout va bien. Une heure plus tard, nouvel appel. La femme a réussi à se réfugier chez des voisins mais son mari s’est muni d’une bouteille de gaz et menace de tout faire sauter. « Vous allez tous crever avec moi ». La police a réussi à le maîtriser, il est en garde à vue pour tentative d’homicide, menaces de mort et violences conjugales.

      Décembre : une femme de 33 ans est poignardée à huit reprises, dont plusieurs fois à la gorge, par son compagnon. Un homme de 36 ans a frappé sa compagne à coups de marteau sur le crâne. Elle a réussi à se réfugier chez des voisins. L’homme a ensuite mis le feu à l’appartement avant de se suicider. Un homme a tenté de tuer son épouse et leurs deux enfants en les étranglant. Un homme de 25 ans a poignardé sa compagne, 26 ans, et leur fille de trois ans. La femme a été touchée aux poumons et la petite aux jambes. Elles ne sont plus en danger. Un homme de 44 ans a poignardé à sept reprises sa compagne, 33 ans. Son pronostic vital est toujours engagé.

      Il ne s’agit pas ici de violences conjugales mais bel et bien de tentatives d’homicide. Si on ne parle que d’une femme tuée tous les trois jours, c’est uniquement parce que le taux de réussite n’est pas de 100%.

      Sont également exclues de ce décompte celles qui ont été tuées à cause de ce que l’on nomme hideusement des « drames du dépit amoureux ». Tuées parce qu’elles avaient refusé les avances d’un homme.

      Ne peuvent évidemment pas être incluses celles qui se sont suicidées. En février 2017, une femme erre dans la rue, elle est recueillie par un pompier auquel elle explique que son mari la viole, la torture, la prostitue de force. Le mari est arrêté, il est toujours en détention, la victime s’est suicidée en juin dernier. En novembre, c’est Mandy, 21 ans, qui s’est suicidée. Le mois précédent, son petit ami l’avait séquestrée et passée à tabac, dans une séquence cauchemardesque de plusieurs jours, au point qu’elle s’était jetée par la fenêtre pour tenter de s’échapper.
      La folie prend la forme de notre société

      Tous les trois jours, en France, un homme parvient à tuer sa compagne ou ex-compagne. Malgré les plaintes qu’elles ont déposées, malgré les dispositifs d’aide, malgré les précautions de l’entourage. Malgré nous. Ce chiffre n’a rien d’une fatalité. Il peut augmenter ou diminuer. Cela dépend de notre vigilance, du bon fonctionnement des institutions policières et judiciaires, et du financement des associations qui font un énorme travail malgré leur épuisement.

      Quand on pose un regard de néophyte sur ces histoires, on peut se demander quelle proportion relève du psychiatrique. L’institution judiciaire est chargée de trancher cette question, et elle conclut assez rarement à la folie. De toute façon, comme je l’ai déjà écrit, la folie n’est pas exempte des constructions sociales. La folie prend la forme de notre société, et dans une société sexiste où les femmes, leurs corps, leurs vies, sont toujours soumises au contrôle, dans une société où elles n’ont pas encore acquis leur droit réel à exister en tant que telles, la folie des hommes reflète les processus de domination sous-jacents qui font nos implicites sociaux. Elle cristallise le sexisme ordinaire comme un précipité chimique et le transforme en son point le plus extrême : le droit de vie et de mort.

      #violence_masculine #misogynie #sexisme_d’état #injustice

  • Comment intégrer les hommes, dont les auteurs de violences conjugales, dans les luttes féministes pour l’égalité ?
    https://www.bastamag.net/Comment-integrer-les-hommes-dont-les-auteurs-de-violences-conjugales-dans-

    Pour agir en faveur de l’égalité femmes-hommes, il est nécessaire de travailler avec les hommes, sur les représentations que ceux-ci ont d’eux-mêmes, sur les clichés liés à la virilité, sur les privilèges et les pouvoirs que la société leur octroie. Telle est la conviction d’Anaïs, David et Simon. Pratiquant l’éducation populaire, le trio travaille dans des centres sociaux, dans des prisons auprès de détenus condamnés pour violences conjugales, et dans le dialogue avec des familles, des pères, des conjoints… (...)

    #Inventer

    / #Féminisme, #Education_populaire_et_pédagogies_alternatives, #Reportages, #Inégalités, A la (...)

  • Viol conjugal : « Mon corps ne m’appartenait plus » - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2018/11/05/viol-conjugal-mon-corps-ne-m-appartenait-plus_1690092

    Nadège, Vanessa et Christelle ont toutes les trois porté plainte contre Luis D. pour viol conjugal. Elles racontent leur calvaire, entre harcèlement, coups et violences sexuelles.

    C’est un poids, un fardeau, mais aussi un combat. Nadège, Vanessa et Christelle ont toutes trois porté plainte contre le même homme pour viol conjugal. Chacune à leur manière, elles sont devenues - malgré elles - des porte-voix pour faire entendre des récits qui trop souvent dérangent. Celles de femmes que leur compagnon oblige à des fellations, des sodomies, brutalise physiquement, détruit psychologiquement, dans l’intimité de leur foyer. Dans son appartement de Chambéry, où elle nous reçoit, Nadège, qui fut la première à dénoncer les faits, annonce : « Je n’ai pas à avoir honte, c’est pour cela que je témoigne à visage découvert. » Malgré cette force apparente, les yeux en amande de Nadège s’embuent parfois, comme assombris par le poids des récits qui lui parviennent depuis qu’elle a décidé de parler publiquement. La jeune femme a rejoint plusieurs groupes Facebook de femmes victimes et tente de les aider comme elle peut. Vanessa, elle aussi, veut en finir avec la honte qui scelle souvent les bouches des victimes. « L’union fait la force », dit-elle par téléphone, comme un mantra. Christelle, elle, préfère ne pas trop s’exposer, mais espère toutefois que son récit et ceux des autres anciennes compagnes de Luis D. appelées à témoigner pourra éveiller les consciences : « J’espère vraiment arriver à me reconstruire, et qu’il prenne conscience de ce qu’il a fait. Pas pour lui souhaiter du mal, mais pour son salut. »

    Christelle, 33 ans

    Pendant longtemps, Christelle a préféré ne pas prendre la parole. Aujourd’hui, elle dit avoir « l’espoir d’aider d’autres victimes et de faire évoluer les mentalités ». En couple entre 2003 et 2006 avec Luis D., elle a mis des mots sur ce qu’elle a subi bien plus tard, après le coup de fil de la policière chargée de l’enquête concernant ses autres compagnes, à qui elle a décrit les faits, qui seraient allés selon elle jusqu’à des sévices sexuels pratiqués plusieurs heures durant. Entendre le mot « viol » a été pour Christelle « un énorme choc, le début de la descente aux enfers : au départ, j’ai fait une déposition pour aider les autres filles, sans vraiment réaliser dans quoi je m’embarquais. Six ans de procédure, c’est terrible, je ne suis plus du tout la fille que j’étais avant. Cela m’a sérieusement atteinte, mais je ne regrette pas pour autant », dit-elle aujourd’hui. A l’époque, elle et Luis D. vivaient dans un box, avec un seau pour leurs besoins et une voiture équipée d’un matelas. Christelle sait aujourd’hui qu’il n’était pas normal qu’il « prenne quelque chose quand il le voulait sur le plan sexuel ». « Si je disais non ou que je cherchais à résister, je me faisais insulter de plus belle, et si je pleurais, je prenais une claque dans la gueule. Alors j’ai vite compris que si je m’exécutais, ce serait moins violent, même si je ne voulais pas », se souvient-elle. A cette période, elle était « comme un fantôme », à qui son conjoint aurait interdit toute féminité. « Il me forçait à porter ses caleçons, me dévalorisait sans cesse. Il disait que je n’étais "qu’une pute", "une sous-merde", "une salope", que j’aimais ça… Il m’avait isolée de tout. » Christelle décrit sa « peur extrême » permanente et son isolement, et souhaite dire aux femmes qui « vivent des choses similaires qu’elles ne sont pas seules ». « Il ne faut pas se laisser abattre, il faut continuer de croire en soi, essayer de parler à quelqu’un, même si c’est un inconnu, et ce, dès les premiers signes que quelque chose ne va pas », exhorte-t-elle. Et de poursuivre : « C’est important pour moi qu’on s’attaque à ce problème sociétal profond, en faisant prendre conscience aux hommes que leurs gestes peuvent être douloureux pour nous. Et qu’il y en a marre d’entendre parler de sexe fort. Le changement peut commencer très tôt, en apprenant par exemple aux petits garçons à ne pas être violents avec leurs camarades, en travaillant véritablement sur le fond. »

    Vanessa, 40 ans, Toulon

    Quand elle rencontre Luis D., en juillet 2008, Vanessa est courtière d’assurances en région parisienne. Elle a 30 ans, et lui 35. « Au départ, je ne l’appréciais pas plus que cela. Et puis on s’est revus, et tout est finalement allé assez vite. » Une relation de couple s’établit, que Vanessa décrit comme « compliquée, voire chaotique ». A l’époque, l’homme est placé sous surveillance électronique, « soi-disant pour une histoire de bagarre », selon le récit qu’il livre à Vanessa. En réalité, pour violences conjugales. Vanessa découvre rapidement un homme excessivement jaloux. Surgit ensuite la violence physique et verbale. « Un jour, il a débarqué chez moi à 8 heures du matin, persuadé que je l’avais trompé la veille, alors que je buvais un verre avec un ami. Il m’a cogné la tête contre les murs, il sentait mes sous-vêtements en disant que je "puais la capote". Il m’a mise à quatre pattes par terre, et il m’a prise comme ça. Je me suis mise à pleurer. Ça a été le choc de ma vie », dit-elle. La suite de cette relation est à l’avenant : Vanessa affirme que Luis l’a poussée à quitter son travail, la plaçant dans une situation de dépendance financière et d’isolement social et affectif. Autrefois souriante et volubile, elle devient « renfermée, éteinte ». Dans le huis-clos de cette relation sur laquelle elle n’ose se confier, la brutalité et les viols sont omniprésents. En octobre 2008, Vanessa porte plainte pour violences. Son compagnon écope de six mois de prison. La jeune femme découvre alors qu’elle est enceinte. Elle accouche d’une petite fille en juillet 2009. Selon son récit, Luis D. serait allé jusqu’à lui imposer une fellation à la maternité. Pour autant, la jeune femme n’arrivera à poser le mot « viol » sur ce qu’elle a vécu que des années plus tard, quand une policière lui a demandé si elle avait été forcée à des relations. « J’ai répondu "oui, plusieurs fois par jour." Et elle m’a dit "c’est du viol". A l’époque, je n’étais plus moi-même. Et lui avait plusieurs visages », poursuit Vanessa. « J’espérais qu’il change, pour ma fille », poursuit-elle. C’est finalement par crainte pour cet enfant qu’elle trouve le courage d’appeler sa famille à l’aide et de se rendre à la police. « Si cela ne tenait qu’à moi, je ne témoignerais pas », précise Vanessa. « Mais je réalise que cela peut permettre à des femmes de prendre conscience de ce qu’est le viol conjugal. J’ai envie de leur dire qu’on a évidemment le droit de ne pas faire ce dont on n’a pas envie, de ne pas être d’accord. On a le droit de dire non », conclut-elle.

    Nadège, 35 ans, Chambéry

    Près de huit ans plus tard, la « cassure » est toujours là. Nadège n’est plus vraiment la fille « joyeuse, pétillante souriante et sûre d’elle » qu’elle était en 2010, quand elle a rencontré celui qu’elle refuse d’appeler par son prénom. A l’époque, la jeune femme travaille dans une brasserie des Hauts-de-Seine dont il est un habitué. Tous deux finissent par faire connaissance après que l’homme lui a proposé son aide pour réparer sa voiture. Après quelques jours seulement, Luis D. présente Nadège comme « la femme de sa vie » à sa famille. « Il évoquait tout ce dont je rêvais : une vie simple, à la campagne… Je me suis laissé porter », résume-t-elle. Il s’installe chez elle, la convainc de quitter son travail. Les premiers coups surviennent à peine deux mois plus tard, alors que le couple rend visite à la famille de Nadège. « Il avait fait une remarque désobligeante sur ma mère. J’ai pris son bras et lui ai demandé de partir. Il m’a attrapée, m’a jetée contre l’accoudoir en bois d’un fauteuil du salon, m’a craché dessus. Je saignais du nez. Je suis entrée dans un monde parallèle. Il ne m’était jamais venu à l’esprit qu’un homme puisse me frapper, décrit Nadège. Comme beaucoup de femmes, je pensais : à la première gifle, je me casse. » La peur la pousse pourtant à repartir avec lui en région parisienne. « Je sentais à son intonation que ce n’était pas un homme qu’on quittait comme ça », résume-t-elle. En chemin, sur une aire d’autoroute, selon son récit, il la frappe de nouveau et la menace de l’enterrer dans un bois. « J’ai vraiment cru que j’allais mourir », relate Nadège. Vient ensuite l’emménagement dans une maison isolée de Seine-et-Marne. Nadège découvre qu’elle est enceinte, et le piège se referme. « J’étais totalement isolée, je n’avais plus de portable, pas de téléphone fixe, mes seules sorties, c’était pour faire les courses avec lui. J’étais anéantie psychologiquement, et malgré tout, j’espérais que ça s’arrange », explique-t-elle. Crises de jalousie, menaces, contrôle vestimentaire, dépendance financière… Et les viols, survenus eux aussi très tôt, qui deviennent réguliers, pour ne pas dire quotidiens, y compris la nuit, sans que Nadège ne les nomme ainsi. « Pour moi, c’était de l’abus. Il me forçait à des sodomies. Et les fellations, c’était à longueur de journée : en voiture, quand je cuisinais, devant la télé… » Y compris pendant sa grossesse. « Un soir, il a dit qu’il allait me "prendre comme une pute". Il y est allé direct par derrière. J’essayais de le retenir, je le suppliais, je criais de douleur. Et lui m’insultait. J’ai saigné, et j’ai eu peur pour mon bébé. » « Mon corps ne m’appartenait plus. Lui disait d’ailleurs que j’étais sa femme, sa chienne, sa pute, son amante. » Nadège tente à plusieurs reprises de fuir, en vain. Jusqu’à la naissance de sa fille : « Je lui ai fait une promesse : faire en sorte que si elle avait survécu à tout cela, ce n’était pas pour rien. Quand j’ai pris contact avec ses ex, c’était pour comprendre. Peut-être qu’il avait été pareil avec elles ? Il fallait me sauver la vie. Sinon, j’allais y retourner », résume-t-elle.
    Virginie Ballet

    Article sur le procès de Luis D : https://www.liberation.fr/france/2018/11/05/viol-conjugal-le-proces-d-un-fleau-domestique_1690089

    #viol #violences_conjugales #femmes #procès #justice

  • Assassinée en pleine rue, Razia avait porté plainte contre son mari
    https://www.aufeminin.com/news-societe/razia-besancon-assassinee-violences-conjugales-s2939888.html

    Razia avait trouvé le soutien de l’association Solidarité Femmes, qui accompagne les femmes victimes de violences conjugales, qui l’avait exfiltrée de Marseille vers Besançon. Dans la première ville, elle avait déposé trois plaintes contre lui, puis quatre dans la nouvelle. Après avoir demandé le divorce, un juge des affaires familiales lui avait délivré une ordonnance de protection pour interdire à Rafid A. de l’approcher. Bien qu’elle ait déménagé, celui-ci a réussi à la retrouver au printemps. « Les enfants l’ont aperçu lors d’un trajet en bus et ils l’ont signalé à Razia. Ils étaient terrorisés et ne sont pas allés à l’école pendant trois mois, de peur d’un rapt », raconte Christine Perrot, présidente de l’association, citée par Franceinfo. Au moment des plaintes, « le mari a été entendu par la justice et laissé en liberté. Notre parole n’a pas suffi parce qu’il manquait des preuves matérielles, mais nous savions que la menace était urgente. Une fois que l’ordonnance de protection a été obtenue, la justice aurait dû sévir pour concrétiser la sanction, pour qu’il arrête de la poursuivre », regrette-t-elle.

    #féminicide #violences_conjugales

    • Tout le temps la même chose. Ces histoires me mettent hors de moi ! Il y a des plaintes, des agressions systématiques et l’homme dangereux est toujours laissé libre, sans surveillance et les femmes ne sont aidées par personne et surtout pas par la police ou la justice. J’ai des dizaines d’histoires comme ça à raconter ! Il me semble qu’en plus le procureur s’est indigné de la violence du mari. Mais à quoi il sert ! Le mec il est procureur et c’est comme s’il avait rien à voir dans tout ce scandale ! Et après on va condamner les Jacqueline Sauvage ! Ils veulent qu’on crève en leur disant merci ou quoi ?

  • Le phénomène #Benalla est la partie spectaculaire d’une dérive sociétale où le besoin de puissance ? s’exprime par tous les moyens, même les pires, et surtout quand on correspond au schéma du bas de l’échelle. L’ironie du sort est que cet « homme » (ou plutôt ce pauvre, très pauvre type) a été jugé alors que nous attendions nos aminches inculpé-e-s d’enfarinage avec violence aggravée envers Johanna Rolland ? Autant dire que la présence de policiers coqués et d’un journaliste nazillon proche d’eux n’a pas aidé à rehausser la confiance en la société à venir...
    #violences_conjugales = #violences_policieres
    #Benalla_Gate = #Farine_Gate

    « Si j’avais une grenade, je t’en mettrais deux dans la bouche », « Je devrais te dessouder maintenant, comme ça je serais sûr que tu ne porteras pas plainte » ou « Tu seras contente, tu passeras dans les émissions de faits divers à la télé », avait ainsi par exemple lancé le fonctionnaire à son épouse. Il lui avait encore promis de lui mettre « du plomb dans la tête ».

    « Piégé » par ces enregistrements, le policier n’a pas pu nier ses « saloperies » (1) à la barre du tribunal, mais les a mises sur le compte de l’alcool - qu’il ne consommait « que sur ses jours de repos ». Il a réfuté en revanche toute « violence avec arme ». « Jamais je n’aurais pointé mon arme sur ma femme… Je suis policier avant tout », a-t-il assuré.

    « La tâche qui m’incombe aujourd’hui est bien délicate : elle implique un policier, qui est d’habitude un partenaire de confiance du ministère public », a poursuivi la représentante du parquet. « Mais là, on est clairement face à un abus de pouvoir ! On n’est pas au-dessus des lois parce qu’on est policier : au contraire, on a davantage de devoirs ».

    La procureure de la République - qui a rappelé que l’état d’urgence avait permis aux policiers de rentrer chez eux avec leur arme de service - considère que le pistolet est, dans cette affaire, « le symbole de la toute-puissance » du prévenu.

    (1) assez sordide en lisant le nom de son avocate et ce quelle a plaidé :

    Son avocate, Me Stéphanie Salau, estimait pour sa part que le tribunal ne pouvait le condamner que pour les seules « menaces de mort » enregistrées, faute d’éléments précis sur la date des « violences avec arme » reprochées.

    https://www.letelegramme.fr/loire-atlantique/nantes/vertou-un-policier-condamne-pour-avoir-pointe-son-arme-de-service-sur-s