• «  L’État punitif remplace progressivement l’État Social  » (Didier Fassin, L’Humanité, 16.05.19)
    https://www.humanite.fr/letat-punitif-remplace-progressivement-letat-social-672159

    L’usage excessif de la force contre un #mouvement_social est toujours un signe de faiblesse du #pouvoir, et l’#autoritarisme déployé par le gouvernement témoigne d’une perte d’autorité, laquelle suppose l’exercice de la volonté sans exercice de la #violence.
    […] Mais la dynamique a été enclenchée bien avant, en particulier avec la déclaration de l’#état_d’urgence en 2015 et le vote d’un texte introduisant les principales mesures de l’état d’urgence dans la loi ordinaire en 2017.
    […] Il y a le maintien de l’ordre lors de manifestations, comme ce à quoi on assiste tous les samedis depuis novembre dernier. Une version plus dure encore s’exprime dans la #répression de désordres qui éclatent après la mort d’une ou plusieurs personnes lors d’interactions avec la #police. Et il y a les activités dites de #sécurité_publique, qui visent essentiellement les #quartiers_populaires et leurs habitants, sur leur lieu de résidence aussi bien que dans les lieux publics, notamment les gares, sur la base d’un #profilage_racial. Elles consistent en une pression quasi quotidienne par des contrôles d’identité et de fouilles au corps, s’accompagnant de formes diverses d’#humiliation, brimades, menaces, parfois de sévices et d’interpellations.
    Alors que le maintien de l’ordre est spectaculaire et abondamment commenté dans les médias, les activités de sécurité publique demeurent presque #invisibles et rarement dénoncées, hormis lorsqu’un accident grave survient.


  • Violences policières : les images décryptées

    De nombreuses images montrent les forces de l’ordre faisant usage d’une violence semblant disproportionnée pendant les manifestations. Qu’ont-elles réellement le droit de faire ? Et dans quelles circonstances ? Explications en images.

    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/video/2019/05/16/violences-policieres-les-images-decryptees_5463052_4355770.html
    https://youtu.be/rkgxbcwp6o8

    Sources :

    Recensement des violences policières et des blessures en manifestation : David Dufresne / @davduf (http://twitter.com/davduf et www.davduf.net)
    « Un splendide isolement : les politiques françaises du maintien de l’ordre », La Vie des idées, mai 2016. https://laviedesidees.fr/Un-splendide-isolement.html
    « L’ordre et la force », rapport de l’ACAT. https://www.acatfrance.fr/rapport/l-ordre-et-la-force
    « Usage des matériels de contrainte et de défense par les forces de l’ordre », rapport de la Commission nationale de déontologie de la sécurité, 2009. http://prison.eu.org/IMG/pdf/RA_2009_Etude_thematique.pdf
    Instruction du 2 septembre 2014 relative à l’emploi (…) de la grenade à main de désencerclement (GMD). https://aser-asso.org/wp-content/uploads/2017/03/Instruction-demploi-des-armes-intermediaires-en-France-Septembre-2014.pdf
    Arrêté du 24 décembre 2013 relatif aux conditions et modalités de port du numéro d’identification individuel par les fonctionnaires de la police nationale, les adjoints de sécurité et les réservistes de la police nationale. https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000028387708&dateTexte=20190312
    Arrêté du 7 avril 2011 relatif au respect de l’anonymat de certains fonctionnaires de police et militaires de la gendarmerie nationale. https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=F984C0FDEC4DE7D3F55C7E9E7FBE0FCC.tplgfr22s
    Circulaire du 23 décembre 2008 relative au droit à l’image des fonctionnaires de police. http://nicolaskaplan.fr/share/Droit/20081223_Circulaire-2008-8433-photospolice.pdf
    Instruction d’emploi du 14 juin 2004 relative à l’utilisation des produits incapacitants notamment en milieu fermé. http://www.gbh-formation.fr/content/galleries/actus/pn---instr-emploi-produits-incapacitants-14-jun-2004---dgpn-dapn-crel.
    Définition de la légitime défense dans le code pénal. https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000006417218&cidTexte=LEGITEX
    Définition d’un attroupement sur la voie publique et régime des sommations pour sa dispersion. https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000025543347&cidTexte=LEGITEX

    #police #maintien_de_l-ordre #MdO #justice #violences_policieres #droit


  • Six mois d’« Allô Place Beauvau » : chronique des violences d’Etat
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170519/six-mois-d-allo-place-beauvau-chronique-des-violences-d-etat

    En 20 + 1 tweets commentés, l’écrivain-journaliste David Dufresne raconte ses jours et ses nuits passés à relever les #Violences_policières survenues dans le cadre des manifestations des gilets jaunes et des lycéens. Comment le projet « Allô @Place_Beauvau » est né, comment il est porté, comment il a évolué.

    #Police,_violences_policières,_Allo_Place_Beauvau,_maintien_de_l’ordre,_Christophe_Castaner,_gilets_jaunes


  • Médecin de la police accusé d’agressions sexuelles : « C’est un pervers », lance un de ses patients - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/prison-avec-sursis-requise-contre-le-medecin-chef-de-la-police-14-05-2019

    Comme un Dieu tout-puissant pendant plus de trente ans, qui serait brutalement redescendu de son Olympe. S’il n’était qu’une manifestation de cette chute, ce serait la voix de Christian Frey. À la barre du tribunal de Reims, où il comparaissait ce mardi après-midi pour des agressions sexuelles par personne ayant autorité, l’ex-médecin chef de la police pour le Grand Est de la France était comme éteint. À de multiples reprises, il a fallu que le procureur, Matthieu Bourrette, le rappelle à l’ordre pour éviter un huis clos sonore. « Là, il est très calme, mais dans son cabinet, il était égoïste et très directif », se souvient l’une de ses victimes, avant d’aller s’effondrer en larmes dans les bras de ses parents.

    Elles s’appellent Manon, Juliette, Anaïs, Virginie ou même Corentin. Neuf femmes et deux hommes passés un jour entre les mains de ce praticien aujourd’hui âgé de 64 ans. Toutes et tous ont gardé un souvenir amer de cette visite médicale « statutaire », le plus souvent prescrite pour vérifier leur aptitude à rentrer dans la police. Des visites que les filles ont passé « entre la moitié et la totalité du temps sans soutien-gorge », rappelle le président, quand les deux garçons se sont vus palper les testicules sans plus de sommations.

    De longues palpations des seins

    « Parce que dans leur métier, ils sont amenés à courir et se déplacer », plaide le médecin. Les seins, eux, avaient généralement droit à plusieurs minutes de palpation, quand bien même certaines victimes avaient vu leur gynécologue la semaine précédente. Cette fois, il s’agissait de « déceler une pathologie existante, type cancer », ainsi que de s’assurer qu’« un éventuel kyste ne serait pas comprimé par le port du gilet pare-balles lourd », décrit l’homme de l’art. « Et pour celle qui venait juste faire proroger un permis poids lourd ? », interroge le président, perfide.

    Faux airs de Clint Eastwood, mâchoire carrée et yeux bleus délavés, Christian Frey semble bouillir de colère rentrée quand les élèves ou jeunes gardiennes de la paix défilent devant lui. Résumant le sentiment général, l’une raconte comment elle s’est sentie « humiliée », en sous-vêtements toute la visite. « C’est un pervers, complète une autre. Il aurait pu me demander de me rhabiller plus vite. »

    Alors que depuis des années, les futurs élèves policiers se passaient le mot d’une visite médicale façon « conseil de révision des années 1930 », dixit le président, c’est en 2017 qu’un premier rapport est venu alerter sur les curieuses pratiques du docteur Frey. À deux reprises, une élève a eu affaire à lui. S’en ouvre à une infirmière, qui fait remonter l’information. Avant qu’en juin 2018, plusieurs élèves sur le point d’intégrer l’école de police de Reims ne signalent le même type de faits. Mais le médecin-chef, comme intouchable, n’en a jamais démordu, malgré de nombreuses alertes.
    « Il se comportait davantage comme un vétérinaire »

    À ce collègue qui lui indique un jour que certains s’étonnent de ses « gestes déplacés », il répond que les intéressés « sont des cons. » À un autre, il réplique que ses pratiques « sont normales. » Que lui, contrairement à ses douze collègues médecins statutaires de la police à travers l’Hexagone, fait « de la vraie médecine. » Son expertise psychiatrique pointera « un homme au mode de pensée peu souple, acceptant difficilement d’être remis en cause. » « Il se comportait davantage comme un vétérinaire que comme un médecin envers les hommes », tranche le procureur.

    Au-delà de la morale, le magistrat, qui a géré le dossier de bout, rappelle le droit : « Pardon, s’excuse-t-il auprès des victimes. Avait-il envie de vous ? Je ne le pense même pas. Mais peu importe qu’il s’agisse de pulsions, d’un jeu sadique ou d’humiliations. » D’après le même, la jurisprudence en la matière est constante depuis dix ans. L’absence de consentement de « ces patients devenus victimes » s’ajoute au contact avec « les parties sexuelles », par surprise, ainsi que par contrainte, la visite étant « l’ultime obstacle pour devenir policier. » À l’encontre de cet « agent infectieux de l’institution policière. », il requiert 18 mois de prison avec sursis, et l’interdiction définitive d’exercer. Le jugement a été mis en délibéré.

    « Depuis quarante ans je fais comme ça et je n’ai jamais eu d’histoires », balbutie le docteur à la barre. « Depuis, la parole s’est libérée, docteur », lui répond le président. Douze autres plaintes font l’objet d’une nouvelle enquête.

    #violences_sexuelles #violences_masculine #violences_médicales #violences_policières


  • #The_game’: vanuit Bosnië naar de EU, het hoogste level

    Via de nieuwe Balkanroute proberen migranten de EU te bereiken door vanuit Bosnië de Kroatische grens over te steken. Ze noemen het ‘the game’ en ze spelen het vaak zonder succes.


    https://www.volkskrant.nl/kijkverder/v/2019/the-game-vanuit-bosnie-naar-de-eu-het-hoogste-level
    #terminologie #mots #vocabulaire
    #game #jeu #Game over #next_level
    #Balkans #route_des_Balkans #Bosnie #Velika_Kladusa #Slovénie #Bosnie-Herzégovine #IOM #OIM #frontières #violences_policières
    ping @reka signalé par @Virginie_Mamadouh


  • Nantes. Stéphane Perrier : « Là, je m’interroge vraiment sur ce tir de LBD »
    13.05.2019 - Presse Océan
    https://www.presseocean.fr/actualite/nantes-stephane-perrier-la-je-m-interroge-vraiment-sur-ce-tir-de-lbd-13-

    Samedi, lors de la manifestation des Gilets Jaunes à Nantes, un journaliste de CNews a reçu une balle de défense (LBD) dans le bas-ventre. Le petit groupe dont il faisait partie était pourtant isolé du reste du cortège.

    Figure du journalisme nantais, Stéphane Perrier couvre les conflits sociaux depuis une vingtaine d’années pour TF1, CNews ou Télénantes. Pour la deuxième fois, il a été victime d’un tir de LBD (NDLR : lanceur de balle de défense). « Nous étions près d’une aubette de bus sur le Cours des 50-Otages que je connais par cœur, pas loin de la rue d’Orléans. Nous devions être cinq, dont deux agents de surveillance qui assurent notre protection depuis quelques mois, un collègue et deux « street medics » », raconte le cameraman pigiste.

    "Nous étions isolés"

    « Un peu plus loin, il y avait la manif des Gilets Jaunes et la Bac que l’on apercevait de l’autre côté. On entamait notre deuxième tour sur le cours. Nous étions isolés et vraiment en sécurité totale, au point d’avoir enlevé nos lunettes et le casque. Nous marchions tranquillement quand j’ai reçu le tir dans le bas-ventre ». Intense douleur. Stéphane s’écroule. « J’ai bien vu la Bac traverser le cours et aller vers le Bouffay », témoigne Mickael Chaillou, son collègue journaliste de CNews. « Ensuite, c’est parti en live, ça hurlait et je vois Stéphane au sol. Il est resté à terre de longues minutes avec les street medics ».

    "Ma ceinture a amorti le choc"

    Les gardes du corps des deux journalistes de CNews font alors « la tortue pour nous protéger. Un cordon de CRS est venu voir ce qui se passait, ce qui a entraîné des jets de bouteilles vers eux et donc vers nous qui étions derrière. On se retrouve dans le brouillard ». Les deux agents de sécurité éloignent alors le blessé de la cohue et des gaz piquants et se réfugient chez un vendeur de kebab. Une vingtaine de minutes plus tard, Stéphane Perrier sera sur pied. « J’ai voulu reprendre le boulot dans la foulée ». Mais la caméra, tombée à terre, ne répond plus. « La chance était quand même là car j’avais mis une ceinture de contention pour un mal de dos. Elle a amorti le choc."

    #violences_policières


  • « J’ai mis la cartouche, j’ai vu un manifestant, j’ai visé la tête et j’ai tiré, sans raison »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/13/violences-policieres-la-nouvelle-strategie-de-maintien-de-l-ordre-inquiete_5

    L’exécutif nie l’existence même de brutalités policières lors des manifestations des « gilets jaunes » et leur demande désormais d’aller davantage au « contact », au risque de dégrader encore la situation.

    Au moment où Roxane (le prénom a été changé) arme son lanceur de balles de défense (LBD), il est déjà tard en ce énième samedi de manifestation. Cette policière mobilisée depuis le début du mouvement des « gilets jaunes » n’en est pas à sa première munition de la journée. « J’avais déjà tiré plusieurs fois, des tirs justifiés, sur des personnes en train de commettre des infractions », raconte-t-elle à l’un de ses amis. La suite, elle ne sait pas très bien comment l’expliquer. « J’ai mis la cartouche, j’ai vu un manifestant, j’ai visé la tête et j’ai tiré, sans raison. » La cible, touchée sans gravité, prend la fuite. La policière, elle, reste avec ses questions : « Je ne sais pas du tout pourquoi j’ai fait ça. »

    La scène ne fera pas le tour des réseaux sociaux. Et pour cause, elle n’a pas été filmée, la victime n’a pas été éborgnée, et la fonctionnaire n’a connaissance d’aucune plainte, à ce jour du moins. Mais ce témoignage rapporté au Monde, d’une sincérité brute, jette une lumière crue sur la polémique qui fait rage depuis plusieurs mois sur la gestion par les forces de l’ordre des manifestations des « gilets jaunes » et sa part ombrageuse mais indissociable, les violences policières.

    « Il n’y a aucune présomption d’innocence pour nous »

    La parole des agents est en effet rare, étouffée au milieu d’un débat qui a pris une ampleur nationale. D’un côté, les réseaux sociaux sur lesquels ont été lancées les premières alertes agissent comme une caisse de résonance. Les séquences de policiers en train de molester des manifestants sont diffusées en boucle. Tout y est disséqué, commenté, relayé. « On est jugé et condamné dans la même seconde, il n’y a aucune présomption d’innocence pour nous », regrette un policier.

    De l’autre, le pouvoir nie contre toute évidence l’existence même des violences policières. A plusieurs reprises, le président de la République Emmanuel Macron et son ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, ont appelé à ne pas utiliser ce vocable. Une communication appréciée en interne, surtout par les syndicats, mais qui a aussi pour conséquence de laisser le policier qui a « dérapé » – l’euphémisme officiel – seul face à ses responsabilités.

    Les fonctionnaires mis en cause par des plaintes s’expliquent-ils eux-mêmes leur geste ? Difficile à dire : la plupart d’entre eux n’ont pas encore été entendus par l’Inspection générale de la police nationale, la « police des polices », même pour des dossiers remontant aux premiers actes des « gilets jaunes », en novembre ou en décembre 2018. Sur les 240 enquêtes, une soixantaine ont été clôturées et retournées aux différents parquets (dont une quarantaine sur les 161 ouvertes à Paris). Aucune poursuite n’a encore été engagée.
    Pour leurs collègues, il est impossible de comprendre ces scènes qui font le tour d’Internet sans prendre en compte le contexte, celui d’une ultraviolence à laquelle font face les troupes depuis le début du mouvement des « gilets jaunes ».

    « Chaque tir coûte cher à l’Etat »

    Comme pour ce policier filmé dans un contexte tendu, le 1er-Mai à Paris, en train de gifler un homme qui l’invective, sous la grille d’un magasin. L’un de ses camarades se veut compréhensif : « Ça ne se fait pas, on n’apprend pas ça, ce n’est pas pro, mais franchement, c’est un craquage. C’est l’insulte de trop après vingt-cinq week-ends de manifestations. Je ne l’excuse pas, mais je le comprends. » Ou pour celui immortalisé en train de lancer un pavé dans la foule. « Des pavés, il en a probablement reçu des centaines depuis le début du mouvement, c’est un être humain, pas une machine », justifie un autre policier.

    Certaines séquences laissent tout de même les policiers pantois. Ce sont souvent les mêmes qui reviennent dans la bouche des uns et des autres pour illustrer les cas de dérapages indéfendables. La scène du tabassage de manifestants dans un Burger King à Paris, en décembre 2018, trouve peu de défenseurs. Comme celle du tir de LBD à hauteur de tête en direction d’un manifestant à Bordeaux, en janvier, juste après un lancer répréhensible de grenade de désencerclement dans les airs. Idem pour la jeune fille qui s’est fait fracasser le crâne à Marseille par plusieurs policiers.

    Trois scènes de violence parmi des dizaines d’autres qui, mises bout à bout, poussent à s’interroger sur l’existence d’un système facilitant ce type de débordements. Pour certains observateurs, le problème n’est d’ailleurs pas celui de la faillite individuelle mais de la faiblesse des structures et de la hiérarchie. « Il y a un gros problème avec l’entraînement, notamment au LBD, car chaque tir coûte cher à l’Etat, juge Laurent-Franck Liénard, avocat spécialisé dans la défense des policiers et des gendarmes. On a aussi mis des effectifs de BAC en première ligne, alors qu’ils n’ont pas le cadre rigide des troupes de maintien de l’ordre. Vu le déficit de formation et d’encadrement, ils s’en sont plutôt bien sortis. »

    « Pas un blanc-seing »

    La nouvelle doctrine mise en place par Christophe Castaner après le saccage des Champs-Elysées, le 16 mars, qui se traduit par une volonté d’aller davantage au contact, va-t-elle conduire à une dégradation de la situation ? Les nombreux journalistes du Monde présents au défilé du 1er-Mai à Paris ont tous constaté des conditions de manifestation très tendues, au milieu des gaz lacrymogènes. Plusieurs ont été touchés par divers projectiles des forces de l’ordre et l’un d’entre eux a été braqué au visage par un LBD à moins d’un mètre. Les policiers, eux, apprécient la plus grande autonomie laissée à la hiérarchie présente sur le terrain. « Ça marche très bien, ça nous donne plus de mobilité, d’initiative, de rapidité. Ça n’est pas pour autant un blanc-seing : si vous merdez, vous assumez ! », explique un gradé.
    Après le 1er-Mai, les forces de l’ordre considéraient d’ailleurs avoir réussi leur opération, notamment en dispersant les black blocs, quand bien même plusieurs cas de violences policières ont été documentés. « C’est une guerre de l’image », explique un fonctionnaire, qui regrette que les scènes de violence à l’endroit des policiers et des gendarmes ne connaissent pas le même écho.

    Si les policiers ont bien conscience d’être désormais au centre de toutes les attentions, ils sont nombreux à regretter la politisation de la question du maintien de l’ordre, qui est avant tout, pour eux, un sujet technique, qui ne doit pas varier au gré des polémiques. « Il y a un discours qui tente de faire entendre que tout usage de la force est forcément une violence, donc illégitime, abonde l’avocat Laurent-Franck Liénard. C’est très dangereux. La réalité, c’est que, confrontés à une violence délirante, les forces de l’ordre ont été très réticentes à user de la force, elles ont été très majoritairement exemplaires, souvent en retrait par rapport à ce qu’elles auraient pu faire, voire dû faire. »

    La scène des trois gendarmes, pistolet au poing face à une voiture à Nantes, samedi 11 mai, est loin d’être une exception. D’après l’avocat, depuis novembre, au moins une dizaine de policiers et gendarmes ont pris son attache après avoir dégainé leur arme au cours d’une manifestation. Ils souhaitaient tous savoir s’ils avaient le droit de tirer.

    • Le Monde continue à asséner, ni vu ni connu, l’idée que la violence vient des gilets jaunes, ce qui est factuellement faux.
      Sur un autre papier du même torche-cul, alors qu’il y un titre qui fait semblant d’interroger l’impunité policière, on retrouve toujours les mêmes éléments de langage qui reviennent à « excuser » les « débordements » policiers en créant une fausse symétrie avec les violences des manifestants.

    • La suite, elle ne sait pas très bien comment l’expliquer. « J’ai mis la cartouche, j’ai vu un manifestant, j’ai visé la tête et j’ai tiré, sans raison. » La cible, touchée sans gravité, prend la fuite. La policière, elle, reste avec ses questions : « Je ne sais pas du tout pourquoi j’ai fait ça. »

      Depuis le début je me demande ce qui peut bien passer dans la tête d’un ou d’une fonctionnaire de police pour tirer sur une personne dans la foule, je viens enfin d’avoir la réponse à cette question, elle est effrayante : rien, un courant d’air.

    • Vraiment très élégante, cette figure de style (double opposition « prend la fuite / reste avec ses questions » et la cible-objet / la policière-personne) :

      La cible, touchée sans gravité, prend la fuite. La policière, elle, reste avec ses questions

      Je sais pas vous, mais c’est très émouvant, cette souffrance, cette douleur, que ressent la policière (alors que « la cible », elle, se contente de prendre la fuite comme si de rien n’était). La policière, quasiment « victime » de sa « propre violence ».

    • Après le 1er-Mai, les forces de l’ordre considéraient d’ailleurs avoir réussi leur opération, notamment en dispersant les black blocs, quand bien même plusieurs cas de #violences_policières ont été documentés. « C’est une guerre de l’image », explique un fonctionnaire, qui regrette que les scènes de violence à l’endroit des policiers et des gendarmes ne connaissent pas le même écho.

      Pas le même écho ??? j’ai pas le souvenir qu’un politique se soit penché sur le lit d’hôpital d’un gilet jaune. Quand c’est un poulet, alors là c’est le défilé au chevet du pandore avec caméra et tout le toutim.
      Mort c’est les invalides et médailles à titre posthume. Je te leur en donnerai moi des médailles, à poignées.

      Les fonctionnaires mis en cause par des plaintes s’expliquent-ils eux-mêmes leur geste ? Difficile à dire : la plupart d’entre eux n’ont pas encore été entendus par l’Inspection générale de la police nationale, la « police des polices », même pour des dossiers remontant aux premiers actes des « gilets jaunes », en novembre ou en décembre 2018. Sur les 240 enquêtes, une soixantaine ont été clôturées et retournées aux différents parquets (dont une quarantaine sur les 161 ouvertes à Paris). Aucune poursuite n’a encore été engagée.

      circulez y’a rien à voir !

    • http://lepanierasalade.fr

      Panorama
      Maintien de l’ordre

      « J’avais déjà tiré plusieurs fois, des tirs justifiés, sur des personnes en train de commettre des infractions,raconte une policière, mobilisée lors d’une manifestation. J’ai mis la cartouche, j’ai vu un manifestant, j’ai visé la tête et j’ai tiré, sans raison. (...) Je ne sais pas du tout pourquoi j’ai fait ça. » [Le Monde] « Nous accuser d’agresser volontairement les gilets jaunes, c’est n’importe quoi, témoigne un CRS base à Toulouse (Haute-Garonne). Les CRS n’interviennent que sur ordre de leur hiérarchie, il ne peut y avoir aucune initiative personnelle. On est là pour encadrer les manifestations pas pour agresser les manifestants. » [France 3] En six mois de manifestations, pas un syndicat de police représentatif n’a pris ses distances avec la doctrine de maintien de l’ordre : les LBD sont défendus, les violences policières sont légitimées et toute voix discordante est étouffée. [Mediapart]

      📹Face à la multiplication des vidéos montrant les policiers au travail, certains espèrent une loi obligeant à flouter les visages avant diffusion, ou comptent sur le ministère de l’intérieur pour risposter avec les vidéos qu’il possède. [L’Express]

      💥Des policiers d’une brigade de répression de l’action violente frappent un étudiant dans sa résidence universitaire à la Pitié-Salpétrière à Paris en marge des manifestations du 1er-Mai. L’IGPN a été saisie. [Mediapart] Des gendarmes ont sorti leurs armes à Nantes (Loire-Atlantique) lors des manifestations de samedi. [LCI] Les street-médics se plaignent d’un acharnement policier à Toulouse (Haute-Garonne). [La Dépêche]

      Lacrymos. « Si sur la durée, la différence ne doit pas être énorme entre CM3 et CM6, elle le devient sur l’instant : la concentration en gaz monte d’un seul coup, créant des effets immédiats plus forts que ceux obtenus par le lanceur classique », explique Pierre Bernat, membre de la Ligue des droits de l’homme à Toulouse, ajoutant que les lanceurs, et leur usage, diffèrent entre ces deux types de grenades lacrymogènes. [franceinfo] Analyses. Des « Gilets jaunes » affichent des symptômes persistants après une exposition aux gaz lacrymogènes. Des personnalités scientifiques réclament des recherches sérieuses sur les effets de ceux-ci. [Libération]

      Le sociologue Cédric Moreau de Bellaing revient sur le travail de l’IGPN : « Pour les enquêteurs, la reconstitution de la dynamique de la situation est vraiment centrale. Une même blessure peut être le résultat d’une violence légitime comme illégitime. Pour différencier l’un de l’autre, il faut savoir comment la violence a été exercée, à quel moment, pour quelle raison : c’est donc crucial du point de vue de l’IGPN. » [Le Monde]

      « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même, déclarait le 29 mai 1968 le préfet de police Maurice Grimaud. Dites-vous bien et répétez-le autour de vous : toutes les fois qu’une violence illégitime est commise contre un manifestant, ce sont des dizaines de ses camarades qui souhaitent le venger. Cette escalade n’a pas de limites. » [Le Monde]
      « Gilets jaunes » et justice

      Du collectif « Robes noires et gilets jaunes » animé par les avocats David Libeskind et Philippe de Veulle, classés à droite, à des avocats plutôt ancrés à gauche, la défense juridique des manifestants s’organise. [Le Monde]

      Une manifestante de Toulouse est poursuivie pour « usage et menace d’une arme », en l’occurrence son fauteuil roulant électrique. [Capital] Six mois après les faits, six « Gilets jaunes » paraissaient devant le tribunal correctionnel pour participation à un attroupement à une sommation à se disperser. La relaxe a été demandée. [La Voix du Nord]
      Interpellation

      Les lycéens interpellés à Mantes-la-Jolie (Yvelines) et agenouillés par les policiers en décembre ont été entendus par l’IGPN. [La Gazette des Yvelines] Arié Alimi, avocat d’une vingtaine de lycéens interpellés réclame la nomination d’un juge d’instruction. [L’Humanité]

      Les mères des jeunes interpellés s’inquiètent des traumatismes causés par ces événements. « C’était un bon vivant, il aimait sortir, aller au cinéma avec ses copains. Maintenant il sort moins, il reste à la maison. Il me dit que comme ça personne ne le gêne, et qu’il ne gêne personne », raconte l’une d’elles. [Les Inrocks]
      Cour criminelle

      L’avocat Hervé Temime se lamente des cours criminelles départementales instaurée par la loi de réforme de la justice : « Je ne vois pas au nom de quoi on constituerait plusieurs catégories de crimes. Pourquoi un viol devrait être jugé par une juridiction composée de professionnels et un meurtre par la “vraie” cour d’assises ? (...) La cour d’assises actuelle, aussi critiquable soit-elle, est sans doute la juridiction où la justice est rendue avec le plus de soin, le plus de solennité et le plus de sérieux. » [Le Point] François Saint-Pierre de son côté n’apprécient pas les cours d’assise où le président seulement, contrairement au jury, a accès au dossier : « Notre système personnalise à outrance le procès sur le président et il faut en sortir. Comment ? Par ce que j’appelle la rationalisation de la procédure accusatoire. En faisant condamner la France devant la Cour européenne des droits de l’homme pour défaut de motivation des verdicts, j’ai contribué à faire évoluer les choses. Mon but est de casser ce système archaïque qui fait un peu bandouiller quelques avocats passéistes. » [Le Point]

      La boîte noire

      Info. Le ministère de la justice a décidé de ne plus diffuser les statistiques mensuelles sur la population écrouée et détenue. Seules des statistiques trimestrielles devraient être publiées ; celles des trois premiers mois de l’année devraient être publiées aujourd’hui. [Le Panier à salade] « Disposer d’une analyse statistique avec un recul de plusieurs mois permettra un meilleur aperçu des tendances de l’évolution de la population carcérale », justifie le cabinet de la ministre de la justice.

      Réaction. Adeline Hazan, contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL) regrette l’arrêt de ces publications : « Ces données sont extrêmement utiles au CGLPL pour l’exercice de notre mission, notamment pour vérifier les taux d’occupations réels des prisons que nous visitons, les établissements ayant une fâcheuse tendance à considérer que le nombre de places correspond au nombre de lits disponibles. Une publication à un rythme trimestriel risque d’être moins pertinente, alors que le CGLPL recommandait dans un rapport thématique sur la surpopulation carcérale que l’administration pénitentiaire se dote d’outils statistiques plus précis de l’occupation des établissements pénitentiaires. »

      En bref
      Un policier de Rennes (Ille-et-Vilaine) est soupçonné d’avoir détourné des armes saisies

      📱Un policier des stups est soupçonné d’avoir fait localiser le téléphone de sa femme

      Au Brésil, le nombre de suicides dans les rangs de la police est important

      La police nationale lance une nouvelle campagne de recrutement, proposant notamment un casque de réalité virtuelle

      Les juges doivent tenir compte d’une marge d’erreur de 8% de la valeur mesurée par les éthylomètres

      Relancée par la cour d’appel de Paris en 2013, l’enquête sur le scandale de l’IGS est au point mort

      Malgré la mort d’Eric Garner en 2014, les clefs d’étranglements sont toujours utilisées par la police de New York (États-Unis)

      Une ASVP de Nice (Alpes-Maritimes) condamnée pour avoir travaillé en parallèle au service d’une princesse arabe

      Deux policiers municipaux de Marseille (Bouches-du-Rhône) sont mis en examen après avoir tiré lors d’un refus d’obtempérer

      À Paris, des policiers recouvrent la tête d’un mineur avec un sac en tissu lors d’une interpellation ; le parquet a ouvert une enquête

      Un policier a été condamné pour avoir donné des coups de pieds à un manifestant contre les violences policières

      Un policier du commissariat de Roubaix (Nord) est condamné pour avoir détourné de l’argent saisi ; sa peine n’est pas inscrite à son casier

      La Cour de cassation rend définitif le non-lieu du gendarme ayant tiré la grenade qui a coûté à la vie à Rémi Fraisse

      Un homme est condamné à perpétuité après avoir percuté un gendarme en Ariège

      La peine de 25 ans de réclusion criminelle de Rédoine Faïd pour le braquage raté lors duquel la policière municipale Aurélie Fouquet était morte est définitive

      📹L’utilisation des caméras-piétons ne permettent pas de lutter contre les contrôles au faciès selon le DGPN ; le rapport mentionne de nombreuses pannes

      La ministre de la santé porte les premiers soins à un CRS affecté à son escorte victime d’un malaise

      La ville de Montréal (Québec, Canada) doit verser 43 000 $ à une manifestante détenue abusivement en 2014

      Une étude scientifique américaine montre le manque d’effet de la prison en matière de prévention de la violence

      Téléphone, drogue, colis : Snapchat, témoin de la vie quotidienne en prison ; le compte « Les Prisons 2 France » diffuse régulièrement des vidéos

      Un homme porte plainte après le suicide de son fils au centre pénitentiaire de Vézin-le-Coquet (Ille-et-Vilaine)

      « C’est répugnant ! » : la sénatrice Esther Benbassa a visité l’établissement pour mineurs de Porcheville (Yvelines)

      Trois ruches ont été installées à la prison de Montmédy (Meuse)

      Le Conseil constitutionnel a censuré l’article de loi utilisé pour pénaliser les surveillants pénitentiaires grévistes

      Aux Pays-Bas, le ministère de la justice a perdu la traces de 700 porteurs de bracelet électronique à cause d’un bug

      La section spécialisée C1 du parquet de Paris va bientôt laisser sa place au parquet national anti-terroriste

      La police municipale de Châteauroux (Indre) sera équipée de LBD à l’automne

      Candidate à la mairie de Paris, Rachida Dati souhaiterait armer la police municipale parisienne et encourager le lien avec la sécurité privée

      La Commission européenne travaille à une résolution pour faciliter l’accès aux preuves numériques

      1073 flash en trois mois en Normandie : les voitures radars privatisées ne flashent guère

      Aux États-Unis, les Tasers ne sont pas aussi fiables que le laisse penser leur constructeur ; parfois, ils aggravent même la situation

      🛴Les policiers municipaux d’Honfleur (Calvados) testent les trottinettes électriques

    • (pour faire suite au message de @sombre, @paniersalade est même ici depuis quelques semaines, et la lettre d’info du 14 mai est disponible avec les liens à cette adresse : https://us12.campaign-archive.com/?u=93670423e9243101afcfcae19&id=d0ce6af1de et y’a moyen de s’abonner gratuitement pour la recevoir chaque mardi dans sa boîte mail)

      Le Panier à Salade propose une sélection hebdomadaire de liens de l’actualité police-justice.

      Vous lisez le Panier à salade, votre sélection hebdomadaire de liens sur l’actualité de la police et de la justice. Bonne lecture, et n’hésitez pas à partager le contenu de cette newsletter sur les réseaux sociaux ou à transférer ce message à vos amis.


  • Eborgnements, tabassages, humiliations : les syndicats de police imposent l’omerta
    https://www.mediapart.fr/journal/france/110519/eborgnements-tabassages-humiliations-les-syndicats-de-police-imposent-l-om

    En six mois d’affrontements, pas un syndicat de police représentatif n’a pris ses distances avec le maintien de l’ordre prôné par Christophe Castaner. Non seulement les lanceurs de balles de défense sont défendus et les violences policières légitimées, mais toute voix discordante est chassée, étouffée, poursuivie.

    #Notre_dossier_« gilets_jaunes »:la_révolte_des_oubliés #Macron,_gilets_jaunes,_Alliance_Police,_Alternative_Police,_Laurent_Nunez,_UNSA-Police,_Unité_SGP-Police,_violence,_Synergie,_Christophe_Castaner


  • Gilets jaunes : « Les bavures policières, c’est l’omerta absolue » - Par La rédaction | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/emissions/arret-sur-images/gilets-jaunes-les-bavures-policieres-cest-lomerta-absolue

    Plusieurs semaines de silence quasi complet de tous les médias et tout à coup, en quelques jours, un déferlement d’émissions et d’articles sur la répression policière du mouvement des Gilets jaunes. Répression qui, à ce jour, a provoqué une centaine de blessés graves, dont une quinzaine a perdu un œil. Pour comprendre comment et pourquoi un système médiatique peut focaliser sur un phénomène qu’il ignorait la veille nous recevons sur notre plateau : David Dufresne, journaliste indépendant, auteur de Maintien de l’ordre (Hachette Littérature), il recense depuis le début du mouvement toutes les images de violences policières contre des Gilets jaunes et des journalistes ; Axel Ronde, secrétaire général du syndicat VIGI Police (organisation ex CGT) ; Eric Dessons, reporter photographe au Journal du Dimanche, gravement blessé à la main par les forces de l’ordre durant l’acte 4.


  • Peinture jaune sur le Consulat français - Le Courrier

    https://lecourrier.ch/2019/05/07/peinture-jaune-sur-le-consulat-francais

    Chouette nouvelle installation artistique à Genève

    Peinture jaune sur le Consulat français
    L’action a été revendiquée par le groupe G.I.L.E.T, qui dénonce les #violences_policières à l’encontre des #gilets_jaunes, de même que la vente des flashballs par la Suisse à la France.


  • Obscénité d’état : La REM persiste dans le mensonge gouvernemental de la Pitié-Salpétrière et continue de diffamer les nassé·es de l’hôpital, bien que tous les faits soient maintenant établis.

    Décidément, il n’y a pas une ou un député·es de LaREM pour relever le niveau (pathétiquement bas) des autres. Ce matin c’est au tour d’Olivia Grégoire, porte parole des député·es En Marche à l’assemblée, de nous affliger dans un entretien minable sur France Inter.

    Nous sommes six jours après les faits, la journaliste lui pose une question sur le couac castanérien de la Salpétrière (bien que ça ne soit pas le sujet de l’entretien dédié à sa responsabilité à la commission des finances).

    Et Olivia Grégoire ose confirmer les grossiers propos que Castaner a lui-même reconnu - à demi-mots certes, et du bout des lèvres - comme étant des gros mensonges.

    https://www.franceinter.fr/emissions/le-7-9/le-7-9-06-mai-2019

    Olivia Grégoire :

    « j’ai beaucoup écouté Thomas Legrand (sic), je pense que [la déclaration de Castaner] est une maladresse ou une erreur de communication, en revanche, pour ce qui est de la Salpétrière, vous m’excuserez, pour avoir regardé les images en détail et en précision, on est sur de la sémantique, c’est important, c’est pas une attaque, c’est une intrusion violente ! [...] »

    Prise en flagrant délit de soutenir le gros gros mensonge de Castaner qui s’est lui-même engouffré dans la chaine de mensonges de la directrice de l’hôpital, du directeur de l’APHP et d’un médecin - par ailleurs conseillé médical pour le GIPN - qui a affirmé que du matériel informatique avait été dégradé et volé ce qui a été confirmé comme entièrement faux par l’hôpital : A l’heure où Olivia Grégoire parle, les nombreuses vidéos qu’elle a soi-disant regardé attentivement et les nombreux témoignages - y compris du personnel de l’hôpital ont permis d’établir que :

    – Ce n’était pas une intrusion violente, les manifestant·es violemment attaqué·es et maltraité·es par les forces de l’ordre cherchaient désespérément un refuge pour se protéger et respirer dans un espace avec moins de gaz lacrymogène.

    – Que la plupart des manifestant·es ne savaient même pas qu’elles et ils entraient dans l’enceinte d’un hôpital.

    – Que la grille n’a pas été forcé mais que le passage était libre, soit que la grille était déjà ouverte ou en tout cas pas bloquée

    – Que les manifestant·es ont été pousuivi·es dans cet espace par la police qui les a matraqué·es, violenté·es et gazé·es à nouveau (personne n’a mentionné que les forces de l’ordre ont tiré des palets lacrymogènes dans l’enceinte de l’hôpital en direction du service de réanimation, ce qui est très moyennement bon pour les malades)

    – Que la passerelle sur laquelle se sont réfugié·es les manifestant·es terrorisées était la seule issue possible pour elles et eux pour échapper aux matraques. Pratiquement aucune et aucun de ces manifestant·es ne savait que cet escalier menait à un service de réanimation.

    – Confirmé par le personnel de l’hôpital : il n’y a eu aucune intrusion, aucune violence, aucun vol ni dégradation de matériel par ces manifestant·es, tout s’est passé dans le calme.

    OG poursuit :

    « j’ai moi-même malheureusement beaucoup fréquenté les services de réanimation, je pense que se réfugier et/ou apporter de la violence et mouvements comme ça dans un hôpital a été problématique et je pense qu’il faut aussi écouter les mots qu’on a entendu, et je les ai entendu avec force "achevez-le" crié sur le CRS à terre, à quelques mètres de la salpé, et je crois qu’on aurait pu se l’éviter, même si le ministre de l’intérieur a parlé trop vite, il l’a dit lui même, je pense qu’un service de réa c’est grave, il faut du calme, il s’agit juste de la vie et de la mort »

    Ici ce qui est très grave, c’est l’amalgame. Il semble que les membres du gouvernement et les responsables LaREM aient été coaché·es sur cette affaire puisque Marc Fesnau, ministre chargé des relations avec le Parlement auprès du premier ministre tient exactement le même langage et cite aussi l’épisode du CRS à achevé alors qu’il était à terre et blessé dans une interview sur sud radio le 3 mai (ainsi que d’autres membres du gouvernements et d’autres député·es LaREM dont il semble qu’elles et ils soient prié·es de prendre leurs directives de communication à la même source).

    Il est bien évident que crier "achevez-le" alors qu’il est à terre est inacceptable et condamnable, mais le problème est que cet incident n’a rien à voir avec le mouvement de panique des manifestant·es dans l’enceinte de l’hôpital. L’épisode a lieu bien avant, et est un incident complètement séparé. C’est vraiment une mauvaise fois crasse et bien dégueulasse de la part de La REM de faire croire que les nassé·es de la Salpé aient eu quelque chose à voir avec ça. C’est vraiment du niveau de La Rem en général d’ailleurs : le niveau du caniveau. Aucun·e des manifestant·es n’ont insulté ou menacé les forces de l’ordre dans l’enceinte de l’hôpital (c’est d’ailleurs plutôt le contraire, car on entend sur les vidéo de nombreuses insultes et menaces proférées par les forces de l’ordre envers les manifestant·es).

    C’est troublant d’entendre aussi Marc Fesnau sur Sud Radio le vendredi soit deux jours après les événements, donc à un moment où l’essentiel des faits sont établis. Et en réalité lui, il est même pire qu’Olivia Grégoire parce qu’il travestit complètement les faits et la réalité. Comme ses patrons, c’est mensonges sur mensonges. Et c’est très grave car beaucoup sont tenté de croire qu’en effet "il n’y a pas de violence policière mais seulement du maintien de l’ordre" (répété dans cet entretien) :

    https://www.sudradio.fr/politique/marc-fesneau-ne-rentre-pas-dans-un-hopital-quel-que-soit-le-motif

    – Il prétend que Castaner est arrivé à la Salpé et s’est entretenu avec des personnel de l’hôpital qui avaient vécu cet événement de façon violente. C’est faux, tous les personnels ont témoigné du contraire, ont réaffirmé que tout s’était bien passé et qu’ils ne se sont jamais sentis en danger, que quand ils ont expliqué aux gens sur la passerelle qu’ils ne pouvaient pas les laisser rentrer, ils n’ont pas insisté et se sont laissé·es emmener par la police.

    Marc Fesnau poursuit :

    « Tout ça c’est le produit d’un certain nombre de manifestant qui ont fait de la violence toute la journée contre les forces de l’ordre, produisant ce qu’on a vu parfois, c’est-à-dire des actes de violence, à l’endroit parfois des syndicalistes, parfois à l’endroit des forces de l’ordre [...] et quand vous avez des acteurs aussi violents que ceux là, ça produit cette violence là et ça produit aussi parfois des mouvement de foule, et des gens qui, dans cette violence généralisée, peuvent aller dans tel ou tel établissement : y a quand même quelque chose d’étonnant, et c’est d’une certaine façon une violence à soi-même (sic) que d’entrer, même pour se réfugier dans un hôpital »

    Déjà le mec s’exprime comme un manche, rhétorique médiocre, il s’emmêle complètement les pinceaux en hésitant entre la version officielle qu’on lui demande de répéter comme un perroquet (la violence), et la réalité (mouvement d’une foule paniquée), ce qui montre que finalement, il ne croit pas vraiment lui même à ce qu’il dit : il répète cinq fois le mot « violence » [des manifestant·es] dans la même phrase :)

    Par ailleurs il affirme que les éléments violents ont « attaqué » le cortège syndical, ce qui est faux, c’est établi par les témoignages qui désignent encore une fois la police (à neuf reprises). Il décrit le cortège et les manifestant·es comme une bande de voyous et de voyelles incontrôlables qu’il fallait nécessairement ramener « à la raison » (justifiant la charge et le matraquage).

    « les mouvements de force de l’ordre se font pour réprimer une violence (ça fera donc six fois) qui s’exerce par les manifestants ». Ce n’était pas de la répression, c’était du maintien de l’ordre (quand il y a des violences - sept fois - on rétablit le calme)

    Le reste de l’entretien est de cet acabit, en vrac lui, comme Olivia Grégoire s’enfonce dans le mensonge, n’arrive même pas à se rattraper aux branches. Fesnau précise en fin d’entretien que Martin Hirsh, pourvoyeur du gros mensonge a porté plainte pour intrusion violente et que "donc vous voyez, il n’y a pas de fumée sans feu ect..."

    Ce qui est très grave à mon sens, entre autre chose, c’est que le gouvernement via ses caniches persiste à jeter le discrédit sur les manifestant·es de la Salpé alors qu’elles et ils savent très bien aujourd’hui la vérité, ils savent très bien ce qui s’est passé réellement, qu’aucune de ces personnes n’étaient ni violentes, ni mal intentionnées, ne cherchant légitimement que un refuge alors qu’ils se sentaient menacé·es dans leur intégrité physique, terrorisé à l’idée qu’on leur fasse mal. En somme, que ces gens n’ont absolument rien fait de mal ou de répréhensible.

    De ce point de vue mesdames et messieurs responsables ou ministres de LaRem, vous êtes vraiment bien cradoc. Vous leur devez les excuses de la République, cette république que vous êtes en train de pervertir en nous faisant croire que vous « assurer l’exercice de l’état de droit ».

    Gouverner par le mensonge n’est pas tout à fait « l’exercice de l’état de droit ».

    En plus

    Je n’ai pas parlé des étudiants qui habitaient dans la résidence et qui ont été aussi poursuivis et matraqués sans raisons. Nous y reviendrons.

    Je n’ai pas parlé des témoignages des gardés à vue de la Salpé qui ont subi beaucoup de violences, d’insultes et noté de nombreuses irrégularités au cours de leurs 30 heures passés en GAV. Nous y reviedrons aussi.

    #castaner #macron #violences_policières #mensonge_d_état #psychopathie_d_etat

    • Je pense qu’il faut absolument considérer qu’il ne s’agit pas du tout d’énoncer ce qu’on pense être une vérité. La notion de vrai ou de faux des faits, dans le cadre du discours politico-médiatique, n’a pas grand intérêt. Le principe, ici, c’est d’exprimer un marqueur d’attachement à un camp, pas à la véracité de ce qui est dit. Je m’en fous de ce savoir si c’est vrai : j’affirme que j’appartiens au camp qui défend cette position et c’est tout ce qu’on attend de moi.

      C’est le principe des foutaises de Trump : plus c’est gros, plus « ça passe », parce qu’en fait l’idée n’est pas l’énoncé du vrai ou du faux du fait, mais d’avoir une position (effet « dog whistle ») que les gens vont soutenir, dans le seul but d’afficher son attachement à son camp. Le fait que ce soit factuellement faux, de façon plus ou moins évidente, introduit un aspect « clivant » qui renforce cet aspect : si on s’accordait en gros sur la réalité des faits, il n’y aurait plus de marqueur d’attachement à telle ou telle version ; si je marque mon attachement à une version particulièrement contestable, là la « fidélité » à mon camp devient d’autant plus visible.

      Je pense que ça a toujours été le cas, y compris à gauche et très à gauche, mais ça fait plus de trente ans que j’en bouffe dans mes discussions de famille : tu peux dire ce que tu veux, au bout d’un moment on arrive où les faits sont résumés par : « oui mais de toute façon quand même ça se fait pas… », avec immédiatement l’énoncé de son attachement aux valeurs de l’ordre, le respect des flics, de la hiérarchie, de la bonté généreuse de l’État français à l’égards des indigènes basanés, etc.

      Ce qui m’a frappé, c’est la déclaration de Précresse, qui a explicité très exactement ce « oui mais quand même ça se fait pas… » :

      https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/pitie-salpetriere-le-ministre-de-l-interieur-a-un-peu-surreagi-mais-il-

      « Qu’est-ce qui justifie une intrusion dans un hôpital public ? s’interroge Valérie Pécresse. Peu importe l’intention ! Qu’est-ce qu’on en sait ? Qu’est-ce qu’on sait des dégradations qu’ils auraient pu commettre s’ils avaient pu rentrer dans ce service de réanimation ? Franchement, je suis désolée, je suis dans le parti de l’ordre et vous ne m’en ferez pas dévier. » "L’hôpital, c’est un sanctuaire, et il doit être respecté par les manifestants", conclut Valérie Pécresse.

      Difficile de mieux résumer l’énoncé systématique du populisme de droite : « peu importe », de toute façon je n’énonce cette fadaise que pour proclamer mon attachement au parti de l’ordre…


  • Changement d’époque - Serge Quadruppani

    https://lundi.am/Changement-d-epoque-Serge-Quadruppani

    La manifestation parisienne du 1er mai marque un changement d’époque. C’est en tous cas l’avis exprimé par Serge Quadruppani dans cet article. Un cortège syndicale devenu archi-minoritaire, tout juste symbolique ; un Black bloc annoncé, attendu et redouté mais qui finalement ne vient pas ; des gilets jaunes partout mais qui ne tombent pas dans le piège identitaire, un cortège-de-tête ultra majoritaire, au point de devenir le cortège tout court. Cette manifestation du 1er mai s’est révélée globalement et littéralement autonome.

    #violence_policière #gj #gilets_jaunes


  • « Gilets jaunes » : y a t-il des dossiers de violences policières bloqués par l’appareil judiciaire ?
    https://www.franceinter.fr/justice/gilets-jaunes-y-a-t-il-des-dossiers-de-violences-policieres-bloques-par-

    Selon Maître Alimi, « on a, à Paris, une doyenne des juges d’instruction qui depuis plusieurs mois met tout en œuvre pour éviter que des instructions criminelles ne s’ouvrent. Par exemple, en fixant des consignations. C’est la somme, élevée, qu’on doit payer pour faire ouvrir une instruction criminelle, alors que ce sont des gens qui n’ont pas beaucoup d’argent. J’ai une personne qui doit payer 300 euros et qui ne peut pas et donc son enquête ne s’ouvre pas ! »

    Et l’avocat de poursuivre ses accusations : « Quand on demande l’aide juridictionnelle, on a des décisions qui font que l’aide juridictionnelle n’est pas attribuée parce que l’instruction n’est pas ouverte. Donc c’est complètement illégal ! Quand je dis qu’on a une attitude illégale de la part de l’institution judiciaire, je pèse mes mots. C’est dans le seul but d’éviter que des enquêtes soient ouvertes et qu’il y ait des poursuites contre les fonctionnaires de police ou de gendarmerie ».



  • http://igorbabou.fr/la-france-sombre-dans-la-dictature


    « Mensonges d’Etat, propagande médiatique, répression ultra-violente des mouvements sociaux, non respect systématique de la loi par les forces de l’ordre. Les manifestations du 1er mai 2019 ont entériné ce que beaucoup d’observateurs ressentent maintenant depuis quelques années : la France n’est plus une démocratie. »
    #France #dictature #répression


  • Le #Racist_Violence_Recording_Network (#RVRN), un réseau qui recense les violences racistes en Grèce auquel participe 46 ONG et associations de la société civile, vient de présenter son #rapport annuel pour 2018. (le rapport est accessible en anglais en cliquant ici:http://rvrn.org/wp-content/uploads/2019/04/RVRN_report_2018en.pdf

    On y constate une recrudescence inquiétante de violences racistes dont la grande majorité des victimes sont des réfugiés et des migrants. Parmi les 117 incidents répertoriés, 74 ont eu pour cible des migrants et des réfugiés. Le rapport constate un renforcement de l’action des groupes organisés d’#extrême_droite qui se revendiquent comme tels et dont les attaques sont souvent planifiées d’avance. Un scénario typique est celui de la #poursuite_en_voiture des réfugiés sortant ou rentrant à un camp par un groupe d’individus qui les attaquent à coup des pieds et de barres, en visant surtout les parties visibles du corps et le visage, afin d’y provoquer des marques dans un but d’#intimidation.

    Particulièrement alarmant est le fait que les #violences_racistes de la part de #forces_de_l’ordre ont plus que doublé l’année dernière, et notamment à #Lesbos, au port de #Patras et à la frontière gréco-turque terrestre en #Thrace. On dénombre 22 incidents racistes dont les auteurs sont des policiers au lieu de 10 pour 2017, et ce ne sont que les incidents qui ont été dénoncés tandis que plusieurs autres sont sans doute passés sous silence.

    –-> message reçu de Vicky Skoumbi via la mailing-list Migreurop

    #rapport #Grèce #violence #racisme #xénophobie #migrations #asile #réfugiés #Evros #violences_policières #statistiques #chiffres #2018 #homophobie #attaques_racistes


  • #Journalisme : une tribune importante mais que je n’ai pas pu signer, je m’en explique à la fin :

    "Nous assistons à une volonté délibérée de nous empêcher de travailler" : plus de 350 #médias, #journalistes, #photographes, #vidéastes, indépendants ou appartenant à des rédactions dénoncent, dans une tribune publiée sur franceinfo.fr, les violences policières subies par leur profession depuis le début du mouvement. Ils alertent sur la précarisation de leurs conditions de travail et les agressions physiques et psychologiques vécues sur le terrain. Ils revendiquent leur droit à informer et la liberté de la presse.

    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/tribune-nous-assistons-a-une-volonte-deliberee-de-nous-empecher-de-trav


    photo : Niclas Messyasz

    Cette tribune est doublement importante. Évidemment elle l’est car elle dénonce enfin, clairement et massivement, la volonté flagrante de mutiler les témoins de la répression.

    Il n’y a pas eu de manifestations ou de rassemblements ces derniers mois sans qu’un·e journaliste n’ait été violenté·e physiquement et ou verbalement par les forces de l’ordre.

    Par violence, nous entendons : mépris, tutoiement quasi systématique, intimidations, menaces, insultes. Mais également : tentatives de destruction ou de saisie du matériel, effacement des cartes mémoires, coups de matraque, gazages volontaires et ciblés, tirs tendus de lacrymogènes, tirs de LBD, jets de grenades de désencerclement, etc. En amont des manifestations, il arrive même que l’on nous confisque notre matériel de protection (masque, casque, lunettes) en dépit du fait que nous déclinions notre identité professionnelle.

    Toutes ces formes de violences ont des conséquences physiques (blessures), psychiques (psychotraumatismes) ou financières (matériel cassé ou confisqué). Nous sommes personnellement et professionnellement dénigré·e·s et criminalisé·e·s.

    Plus récemment, un cap répressif a été franchi. Plusieurs confrères ont été interpellés et placés en garde à vue pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations », alors même que nous nous déclarons comme journalistes. Par ces faits, la police et la justice ne nous laissent ainsi que deux options :
    – venir et subir une répression physique et ou judiciaire ;
    – ne plus venir et ainsi renoncer à la liberté d’information.

    Cela fait des années qu’on le sait, qu’on le dit, un premier acte de solidarité avait été avorté en 2014 suite à la manif pour la #zad de Notre-Dame-des-Landes du 22 février à Nantes, suite à laquelle #Yves_Monteil et #Gaspard_Glanz avaient porté plainte, en vain, dans un silence assourdissant face au rouleau compresseur de la communication parlant uniquement d’une ville « dévastée » (image faussée à laquelle, ironie du sort, ce dernier avait contribué en parlant de guerre). Voir l’article de @bastamag à l’époque : Silence médiatique sur les dizaines de manifestants et de journalistes blessés à Nantes : https://www.bastamag.net/Silence-mediatique-sur-les

    Depuis, ça n’a fait que s’aggraver, forçant certain-e-s à bosser groupé-e-s sans être libres de suivre leur inspiration, forçant les autres à prendre de gros risques. Et pour témoigner de manière indépendante il ne reste que deux solutions : la première consiste à ne jamais aller au front, ce qui était mon cas, mais désormais le front est partout et des traumatismes en 2018 m’ont fait définitivement quitter le terrain des manifs. L’autre consiste à s’infiltrer dans le black-bloc, voire à faire du « #gonzo », au risque de devenir aussi la cible de celles et ceux qui, légitimement, veillent à l’anonymat des personnes présentes. De très nombreuses images de ces angles différents ayant permis aux flics de faire des « triangulations » et mettre en taule un paquet de militant-e-s, souvent avec des preuves très bancales et la complicité de la justice...

    Cette tribune est aussi importante car elle souligne, en ce #1er_mai, la précarité de la profession, allant jusqu’à entraîner parfois un asservissement volontaire et souvent des distorsions cognitives chez les candidat-e-s aux métiers du journalisme. C’est difficile sur le terrain mais c’est aussi difficile ensuite. Après le dérushage et le travail / indexage des images, il faut se battre pour vendre. A des tarifs de misère particulièrement en photo. 15€ en PQR, 150€ en presse nationale... Ça ne permet que rarement de vivre et d’avoir les moyens de continuer. Et, à quelques exceptions près, l’esprit de concurrence prime sur tout. Écouter les interviews croisées de #NnoMan_Cadoret, #Adèle_Löffler, #Martin_Noda et #Maxime_Reynié qui n’ont pas tou-te-s de carte de presse délivrée par la Commission de la Carte d’Identité des Journalistes Professionnels. Et qui, pourtant, font vraiment le métier de journalistes...
    https://radioparleur.net/2019/04/30/photojournalistes-independants-violences-policieres

    J’en viens à la raison qui m’a empêchée de signer cette tribune.
    D’une part je ne me considère pas comme journaliste, mais comme photographe-illustratrice , ou photographe #auteure, comme on dit. Pour ça, je ne dois pas viser le fait de vendre, mais de faire, d’œuvrer. Être oeuvrière comme le dit justement Lubat. Faire sens. Et donc de ne pas quitter le chemin de ce qui m’inspire, de refuser beaucoup de compromis et n’accepter que ce qui va dans le sens de ce que je fais. Évidemment, être payée pour illustrer articles et livres est une joie et j’espère le faire de plus en plus ... et pour être franche, mon matériel photo en a grave besoin ! Même si franchement, la méconnaissance de ce travail et les contrôles incessants de la CAF ne motivent pas... Mais le #bénévolat est logique pour illustrer les #médias_libres et les luttes auxquelles je participe ; à contrario la recherche de vente à tout prix tait / tue mon travail. Être considéré-e comme professionnel-le est certes beaucoup trop inféodé à l’argent et pas suffisamment à la pratique mais cette tribune ne parle hélas pas des autres professions de l’information, de l’illustration, ni du bénévolat. J’ai donc posé la question de l’exclusion des autres photographes, craignant que nous nous retrouvions à définir une nouvelle norme qui allait de toute façon en laisser beaucoup sur le carreau.

    Je sais pas trop comment exprimer ça mais s’engouffrer dans ce truc de carte de presse je le perçois comme le même piège que la signature des conventions pour la zad : c’est déléguer sur [nous] la norme et le tri alors que le problème n’est pas là. Quid des hors-normes ?
    Le véritable problème c’est la répression, les violences policières et judiciaires, le mépris d’un Castaner accompagné d’une « christalisation » dangereuse autour de Gaspard Glanz dont lui-même ne veut pas, qui tendrait à faire croire qu’il existe un modèle de « bavure » inacceptable
    Macron base toute sa politique sur une communication orwellienne. Tout le monde le sait, même, et surtout, son fan club mediatique, qui se mord les lèvres entre hilarité face à l’insolence et désir de lui ressembler. Refuser et contrer cette stratégie est un devoir.
    Je me garderai bien d’évoquer une solution car pour moi seule la diversité des réponses ALLIÉES peut faire effet. Et on est loin du compte, surtout si face à chaque attaque nous choisissons ce qui nous trie et nous affaibli...
    https://twitter.com/ValKphotos/status/1121714579350929408

    Autre questionnement, encore plus important à mes yeux : quid de tou-te-s les autres témoins ? De toutes les personnes qui, enfin, légitimement, et souvent en tremblant, lèvent leurs smartphones face aux violences policières ? N’exiger le respect de l’acte de « reporter » que pour les « professionnel-le-s » et pas pour tout-e-s, n’est-ce pas la brèche qu’attendent les censeurs pour revenir sur le décret qui permet à toute personne de témoigner et l’usage qui permet à bien des personnes d’être journalistes bénévoles ou à temps choisi ?

    Et quid des témoins des #violences_policières dans les quartiers et cités ? Il y a deux ans l’arrestation de #Amal_Bentounsi avait d’ailleurs relancé pour la énième fois le sujet de l’autorisation de filmer les forces de l’ordre : https://www.bondyblog.fr/reportages/au-poste/amal-bentounsi-arretee-et-placee-en-garde-a-vue-pour-diffusion-dimages-de- D’ailleurs un policier avait fait une note assez complète sur le sujet : https://blog.francetvinfo.fr/police/2017/06/19/le-policier-et-le-droit-a-son-image.html
    En proie régulièrement aux mêmes problèmes, #Taranis avait fait un dossier très complet dont le 1er chapitre revient sur ce droit que j’espère inaliénable avec un pdf vers la circulaire de police rappelant la loi, ainsi qu’un mémo :

    « Les policiers ne bénéficient pas de protection particulière en matière de droit à l’image, hormis lorsqu’ils sont affectés dans les services d’intervention, de lutte anti-terroriste et de contre-espionnage spécifiquement énumérés dans un arrêté ministériel [comme le GIGN, le GIPN, la BRI …] et hormis les cas de publications d’une diffamation ou d’une injure à raison de leurs fonction ou de leur qualité. ».

    http://taranis.news/2017/04/classic-manuel-de-survie-du-journaliste-reporter

    Lorsque j’ai posé ces deux questions il était, m’a-t-on dit, trop tard pour modifier le texte : il y avait effectivement déjà une centaine de signataires. L’initiateur ne m’a pas répondu mais d’autres ont tenté d’apporter le débat de l’intérieur. Hélas dans le même temps ils ont dû faire face à une levée de boucliers de professionnels inquiets pour leurs privilèges et refusant l’idée d’un plus grand accès à la carte de presse... La question a été posée sur twitter, je vous laisse vous délecter des réponses : https://twitter.com/gchampeau/status/1123485761842626562

    Je sais qu’une partie des signataires sera attentive à ne pas faire de cette tribune la brèche qui permettra de trier qui a le droit ou non de témoigner en image de la répression et plus généralement des dérives actuelles. Mais j’avoue ne pas être optimiste du tout...

    • Je suis assez d’accord : protection des journalistes et photographes en manif, oui, mais aussi protection des témoins mais aussi protection des manifestant·es non violent·es mais aussi protection des manifestant·es violent·es et si l’État a un truc à leur reprocher, il les envoie devant un tribunal, il ne laisse pas ses pandores taper dessus, même de manière ciblée. Tu déplies et tu remets en cause tout un monde, le fascisme qui vient.

    • Je n’avais pas vu ton mot, @aude_v : nous sommes d’accord. Après, pour avoir pas mal discuté avec une des personnes qui ont fait cette tribune, iels n’ont absolument pas anticipé les risques que ça induisait pour les autres. Je crois que ce qui s’est passé avec l’arrestation de Gaspard a été le signal déclencheur d’un trop plein et de la nécessité de se rassembler pour être plus fort-e-s. Et c’est ce qui a fait que j’ai réellement hésité à la signer, moi aussi, jusqu’au dernier moment, car je comprends vraiment le fond.

      L’autre truc ballot c’est de l’avoir sortie au matin du 1er mai alors qu’on savait que d’une manière ou d’une autre ça allait être une grosse journée. Du coup elle a été noyée sous la lacrymo et le reste. En fait c’est aujourd’hui, « _Journée De La #Liberté De La #Presse_ » qu’il aurait fallu sortir cette tribune. Mais quand je vois comment l’intox #Pitié_Salpetrière a été démontée, je suis encore plus convaincue par les raisons que j’ai privilégiées pour ne pas l’avoir signée : ce sont clairement les anonymes qui ont fait le « reportage » et les journalistes sans cartes (comme @davduf ) qui ont fait le job d’alerter tout le monde.

      Je continue à ne pas savoir comment me définir, où me situer là dedans... mais je ne peux appeler ce que je fais comme ici https://seenthis.net/messages/778352, là https://seenthis.net/messages/653494 / https://seenthis.net/messages/744712 ou ce 1er mai ici https://seenthis.net/messages/778352 , ou encore avec @karacole ici ou comme transmission de flux ailleurs, ou pour #demosphere aussi, comme du journalisme. Même si, pourtant, c’est ma motivation journalière, clairement. Faire passer l’info depuis les sources, et parfois mettre en perspective, décrypter, pour que le plus grand nombre ait la possibilité d’un accès direct et se fasse sa propre opinion...
      Vivement qu’on foute les riches dans des camps de redressements et qu’on puise, mondialement, avoir le choix du toit et du couvert, et ne se consacrer qu’à ce qui nous fait vibrer, pour le bien du plus grand nombre !
      :D


  • A Marseille, des policiers fracassent le crâne d’une jeune femme à terre - Page 1 | Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/france/300419/marseille-des-policiers-fracassent-le-crane-d-une-jeune-femme-terre?onglet

    Exercice de l’état de droit selon la bande de voyous qui nous gouverne

    Maria, 19 ans, a déposé plainte mardi auprès du parquet de Marseille pour tentative d’homicide, violences volontaires aggravées et non-assistance à personne en danger. Le 8 décembre dernier, en marge d’une manifestation de « gilets jaunes », elle a été rouée de coups de pied et de matraque par des policiers. Son cerveau, notamment, a été endommagé.



  • https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/29/jean-marie-delarue-au-nom-de-la-securite-toutes-nos-libertes-sont-menacees_5
    Jean-Marie Delarue, nouveau président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme rappelle :

    « Il est très inquiétant de voir des gouvernements donner toujours raison à leur police. Les policiers sont des gens très estimables, mais comme tout le monde, ils peuvent faire des erreurs et avoir tort. »

    • Jean-Marie Delarue : « Au nom de la sécurité, toutes nos libertés sont menacées »

      Le président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme estime, dans un entretien au « Monde », que les libertés fondamentales sont en « très mauvais état » en France.

      Jean-Marie Delarue, 74 ans, nommé le 10 avril à la tête de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), a consacré sa vie à la défense des libertés fondamentales. Pour le conseiller d’Etat, ex-directeur des libertés publiques au ministère de l’intérieur (de 1997 à 2001) et ancien contrôleur général des lieux de privation de liberté (de 2008 à 2014), elles sont aujourd’hui en danger. Nommé pour un mandat de trois ans, le haut fonctionnaire, un temps président de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité, entend faire entendre sa voix.

      Dans quel état sont les libertés fondamentales en France ?

      En très mauvais état. En apparence, nous sommes un Etat de droit, et l’on s’en flatte assez, nous avons un corpus juridique étoffé, des juges chargés de protéger nos libertés… En apparence, rien de tout ça n’est menacé.
      Dans la réalité, c’est autre chose. Au nom de la sécurité, toutes nos libertés le sont. On n’arrête pas de nous dire que « la sécurité est la première de nos libertés », selon une formule désormais consacrée. C’est faux ! La sécurité est éventuellement l’une des conditions de notre liberté. Cet aphorisme est une dangereuse illusion qui pousse depuis plusieurs décennies les gouvernements à grignoter nos libertés toujours davantage.

      Depuis quand ?

      Le point de départ est la loi Peyrefitte de 1981, qui portait un nom prémonitoire, « sécurité et liberté ». La démocratie était-elle alors désarmée face au terrorisme ? Au point qu’il soit nécessaire de légiférer ? Personne ne se pose la question, alors que la réponse me paraît claire : nous n’avions pas besoin de nouvelles lois pour mettre en prison des terroristes. Et ça n’est pas plus le cas aujourd’hui.

      Quelles sont les conséquences ?

      Par ces lois nouvelles, on installe une distinction entre le français ordinaire, qui a tous les droits, et le français suspect, qui a droit à des procédures particulières, à des juges particuliers… Cette dernière catégorie ne cesse de s’élargir. D’abord les musulmans avec l’état d’urgence permanent, puis les « gilets jaunes », avec la loi dite « anticasseurs ». Désormais, il suffit de se trouver dans les environs d’une manifestation pour devenir un Français suspect faisant l’objet de mesures extraordinaires, comme des fouilles.

      Il est par ailleurs très inquiétant de voir des gouvernements donner toujours raison à leur police. Les policiers sont des gens très estimables, mais comme tout le monde, ils peuvent faire des erreurs et avoir tort. La façon dont a été traité le journaliste Gaspard Glanz est de la même façon totalement anormale. Quarante-huit heures de garde à vue, ça n’était évidemment pas nécessaire, vingt-quatre heures auraient suffi.

      Il faut faire attention : c’est à l’aune dont on traite ces personnes que se juge une société. La majorité des Français croit que cela ne les concerne pas et qu’il existe un rideau étanche, or ce n’est jamais le cas. La frontière est toujours beaucoup plus fragile qu’on l’imagine. Ce n’est pas parce que l’on croit que cela ne regarde que les musulmans, les « gilets jaunes » ou la presse qu’il ne faut pas s’en émouvoir.

      Vous estimez que les Français ne s’en émeuvent pas assez ?

      Non. Et c’est aussi ce qui m’inquiète beaucoup. Il y a trente ans, lorsque l’on touchait à une liberté fondamentale, des pétitions circulaient, des intellectuels s’indignaient, des citoyens se mobilisaient… Aujourd’hui, à l’exception de la déchéance de nationalité annoncée en novembre 2015 par François Hollande et de la rétention de sûreté voulue par Nicolas Sarkozy en 2008, on entend peu de protestations.

      En ce qui concerne les migrants, les ONG ont été les seules à « sauver l’honneur de l’Europe en Méditerranée », comme l’a déclaré au Monde mi-avril l’ex-directeur de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, Pascal Brice. C’est grave ! Comme si toutes ces lois successives avaient fini par tétaniser la protestation, comme si tout cela n’intéressait pas l’opinion.

      Quel est le risque ?

      Les droits de l’homme, ce n’est pas un machin qu’on met en avant de temps en temps comme une cerise sur le gâteau, ce n’est pas une décoration ni un sapin de Noël qu’on installe une fois par an, c’est la base de tout. Il ne faut pas les poser comme des principes du passé, mais comme des principes d’avenir, comme le socle sur lequel construire de nouvelles libertés. Les droits de l’homme doivent s’appliquer à tous, en tout temps et en tout lieu. Or, on en est loin.

      S’il n’y a pas de voix qui s’élèvent pour incarner ce que nous prétendons être, il n’y a aucune raison pour que la France résiste mieux que les autres pays à la tentation de renoncement à nos grandes libertés, à laquelle les gouvernements successifs ont déjà en partie cédé. Avec notre système de protection sociale, c’est pourtant ce qui nous différencie du reste du monde. Si nous abandonnons cela, nous nous renierons.

      Quelle est votre feuille de route à la tête de la CNCDH ?

      La CNCDH est une voix pour exprimer ces inquiétudes. C’est ce qui me motive. Sa voix ne porte pas assez, et c’est regrettable, c’est pourtant une voix indépendante, celle de la société civile. Les dangers les plus graves pour la dignité humaine se situent souvent dans les interstices que personne ne voie.

      Notre rôle, à la CNCDH, est de voir où se cachent les indignités. On peut saisir les Nations unies, on peut témoigner devant le Conseil constitutionnel – ce que nous avons fait au sujet de la loi dite anticasseurs. Par nos avis, nous essayons de faire réfléchir les pouvoirs publics. Il est d’ailleurs regrettable de voir que, depuis quinze ans, le gouvernement saisit rarement la CNCDH en amont lorsqu’il réfléchit à des projets de loi. Nous ne sommes pas des imprécateurs mais des lanceurs d’alerte.

      Comment allez-vous travailler avec le Défenseur des droits, qui, lui, a une autorité constitutionnelle ?

      Ce qui m’intéresse, c’est qu’on aille dans le même sens. Je vais rencontrer Jacques Toubon début mai. Chacun a son rôle. Le Défenseur des droits fait écho aux plaignants, la CNCDH à la société civile. Nous sommes complémentaires, pas concurrents.

      https://seenthis.net/messages/777958


  • Les avocats de Geneviève Legay insistent pour une enquête sur toute la chaîne de commandement
    AFP - Modifié le 29/04/2019
    https://www.lepoint.fr/societe/les-avocats-de-genevieve-legay-insistent-pour-une-enquete-sur-toute-la-chain

    Les avocats de Geneviève Legay, une manifestante blessée par une charge de police le 23 mars à Nice, ont annoncé lundi qu’ils allaient redéposer une plainte visant le préfet et toute la chaîne de commandement ce jour-là, après le rejet d’une première plainte similaire par le parquet.

    « Nous allons redéposer des plaintes au nom de Geneviève Legay visant l’ensemble de ceux qui ont pu donner des ordres. Ce n’est pas parce qu’on participe à un rassemblement interdit qu’on doit être chargé », a déclaré Me Arié Alimi lors d’une conférence de presse dans la cour de l’unité de convalescence du CHU de Nice où Mme Legay se remet de multiples fractures au crâne.

    Geneviève Legay, militante d’Attac âgée de 73 ans, a eu plusieurs côtes cassées et des fractures au crâne, lors d’une charge de policiers pour disperser une manifestation interdite de « gilets jaunes » à Nice le 23 mars. (...)

    #Violences_policières #répression


  • « Gilets jaunes » : des blessés créent un collectif et appellent à manifester
    Par Le Figaro avec AFP Mis à jour le 28/04/2019
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/gilets-jaunes-un-collectif-de-blesses-appelle-a-une-manifestation-nationale

    Des manifestants gravement blessés par les forces de l’ordre, dont la plupart lors du mouvement des « gilets jaunes », ont annoncé ce dimanche à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) se constituer en collectif et appellent à une grande manifestation nationale à Paris le 26 mai.

    On a décidé de constituer un collectif, « les mutilés pour l’exemple », en référence aux fusillés pour l’exemple », a déclaré lors d’une conférence de presse Robin Pagès, handicapé depuis sa grave blessure au pied en 2017 à Bure (Meuse), où est prévu un site d’enfouissement de déchets nucléaires. « De nombreuses personnes ici présentes ont des plaques en titane et des vis dans le visage », a-t-il ajouté.

    Dix-neuf personnes, toutes blessées par des tirs de lanceur de balles de défense (LBD) ou de grenades, ont présenté ce collectif qui vise à combattre « l’ultra-violence de la répression » et souhaite faire interdire « l’utilisation de ces armes de guerre ». « Vous avez 19 personnes devant vous et vous n’avez que 26 yeux qui vous regardent. Faites le compte, il y a un petit problème », a asséné Jérôme Rodrigues, « gilet jaune » éborgné lors d’une manifestation fin janvier à Paris. (...)


  • Rapport de l’Observatoire des Pratiques Policières de Toulouse
    mai 2017 - mars 2019

    Toulouse : un dispositif de maintien de l’ordre disproportionné et dangereux pour les libertés publiques

    http://universitepopulairetoulouse.fr/spip.php?article1680

    Le rapport d’un « Observatoire citoyen » est toujours un objet métissé par des cultures différentes. Nous l’avons situé au croisement d’un document scientifique et universitaire, mais aussi citoyen, chargé de démontrer les logiques des pratiques policières. Nous avons voulu aussi faire un rapport qui soit pédagogique, au sens où il doit être lisible et compréhensible par les observateur-e-s, mais aussi par des pans importants du mouvement social. Et, enfin, nous avons voulu produire un document politique. Ce rapport s’adresse aussi aux médias, aux autorités publiques et aux forces de l’ordre elles mêmes. Nous sommes profondément persuadé-e-s que ces structures mixtes que sont les Observatoires citoyens sont des pierres essentielles à nos démocraties pour lutter contre les abus et le non-droit. Observer, enquêter, dire, décrire, nommer, toutes choses qui ont constitué le quotidien de notre travail d’enquête, sont des pratiques longues et fastidieuses. Les citoyenne- s devenu-e-s observateur-e-s qui ont réalisé ce travail, qu’ils et elles soient enseignant-e-s, avocat-e-s, chercheur-e-s, retraité-e-s, artistes, étudiant-e-s, cadres, employé-e-s…, ont cette énergie commune : dire et montrer, pour améliorer nos fonctionnements collectifs. Tout abus contre les citoyen-ne-s — et nous en pointons un certain nombre dans ce rapport — est une attaque contre la démocratie.


  • Tiens, le Monde se réveille…
    (réservé aux abonnés, heureusement)

    « Gilets jaunes » : les violences policières, le tabou du gouvernement
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/19/les-violences-policieres-le-tabou-des-autorites_5452435_3224.html


    (crédits photo (trouvés à Jakarta…)
    Foto : AFP/Sebastien SALOM-GOMIS)

    Aucun haut responsable ne veut en parler publiquement, malgré des dizaines de vidéos explicites documentant des dérapages parfois graves.

    C’est une bataille des images, mais aussi et surtout une guerre des mots. Face aux nombreuses ­photos et vidéos de scènes où des membres des forces de l’ordre molestent des manifestants, les autorités opposent un front de défense uni, dont la ligne pourrait se résumer ainsi : « Les violences policières n’existent pas. »

    Dès le 8 mars, Emmanuel Macron avait montré la voie en répondant sèchement à un étudiant lors d’une étape du grand débat :
    « Ne parlez pas de “répression” ou de “violences policières”, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit. »

    Même interdit langagier pour le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, ­interrogé le 19 mars sur France ­Inter, qui rétorquait :
    « Arrêtons de parler des violences policières ! »

    Quant à Edouard Philippe, le premier ministre, il déclarait sèchement, sur BFM-TV, en réponse à la Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, qui évoquait début mars un « usage excessif de la force » :
    « Il faudra [lui] expliquer l’ensemble des faits et notamment l’extrême violence qui s’est déchaînée contre les forces de l’ordre. »

    Pourquoi un tel tabou dans la parole publique, alors que, depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », des dizaines de vidéos explicites documentent des dérapages parfois graves des forces de l’ordre ? Plus de deux cents enquêtes ont été ouvertes « pour des faits allant de l’insulte aux violences qui ont pu faire des blessés et parfois des blessés graves », selon les mots mêmes de Christophe Castaner. Plusieurs sources interrogées pointent une multitude de raisons à ce déni, à commencer par la nécessité de ne pas brusquer la base policière dont les autorités ont craint qu’elle ne fasse défaut en décembre 2018.

    Ce refus ferme de parler de ­« violences policières » trouve en effet un écho très favorable au sein des forces de l’ordre. « Je suis dans la police depuis le début des années 1980 et je n’ai encore jamais vu un ministre comme ­Castaner qui soutiennent autant ses hommes et ses femmes », dit Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police-Force ouvrière, le premier syndicat au sein du ministère de l’intérieur.

    #paywall

    • « Gilets jaunes » : les violences policières, le tabou du gouvernement

      Aucun haut responsable ne veut en parler publiquement, malgré des dizaines de vidéos explicites documentant des dérapages parfois graves.

      C’est une bataille des images, mais aussi et surtout une guerre des mots. Face aux nombreuses ­photos et vidéos de scènes où des membres des forces de l’ordre molestent des manifestants, les autorités opposent un front de défense uni, dont la ligne pourrait se résumer ainsi : « Les violences policières n’existent pas. »

      Dès le 8 mars, Emmanuel Macron avait montré la voie en répondant sèchement à un étudiant lors d’une étape du grand débat :
      « Ne parlez pas de “répression” ou de “violences policières”, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit. »
      Même interdit langagier pour le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, ­interrogé le 19 mars sur France ­Inter, qui rétorquait :
      « Arrêtons de parler des violences policières ! »
      Quant à Edouard Philippe, le premier ministre, il déclarait sèchement, sur BFM-TV, en réponse à la Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Michelle Bachelet, qui évoquait début mars un « usage excessif de la force » :
      « Il faudra [lui] expliquer l’ensemble des faits et notamment l’extrême violence qui s’est déchaînée contre les forces de l’ordre. »

      Pourquoi un tel tabou dans la parole publique, alors que, depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », des dizaines de vidéos explicites documentent des dérapages parfois graves des forces de l’ordre ? Plus de deux cents enquêtes ont été ouvertes « pour des faits allant de l’insulte aux violences qui ont pu faire des blessés et parfois des blessés graves », selon les mots mêmes de Christophe Castaner. Plusieurs sources interrogées pointent une multitude de raisons à ce déni, à commencer par la nécessité de ne pas brusquer la base policière dont les autorités ont craint qu’elle ne fasse défaut en décembre 2018.

      Sentiment d’équivalence

      Ce refus ferme de parler de ­« violences policières » trouve en effet un écho très favorable au sein des forces de l’ordre. « Je suis dans la police depuis le début des années 1980 et je n’ai encore jamais vu un ministre comme ­Castaner qui soutiennent autant ses hommes et ses femmes », dit Yves Lefebvre, secrétaire général d’Unité SGP Police-Force ouvrière, le premier syndicat au sein du ministère de l’intérieur.
      Laurent Nuñez aussi a marqué des points, en tout cas chez les policiers. Invité à commenter sur BFM-TV les propos d’un colonel de gendarmerie qui parlait de « violences policières » pour qualifier le matraquage de manifestants dans un fast-food, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’intérieur avait appelé l’intéressé à faire preuve de « la plus grande prudence » et s’était limité à évoquer des « suspicions de violence ». Une séquence perçue par la maison d’en face comme un recadrage bienvenu du gendarme. « C’était absolument scandaleux d’entendre ça. Est-ce qu’après ­Sivens nous sommes allés expliquer sur les plateaux qu’ils n’auraient pas dû jeter la grenade comme ça ? Ce sont des mots inacceptables », s’emporte une source policière, en référence à la mort du manifestant Rémi Fraisse, touché par l’explosion d’une grenade offensive tirée par un gendarme mobile sur le site du barrage de Sivens en 2014.

      Confrontés aux images de violences policières lors de nombreuses interviews, le ministre de l’intérieur et son secrétaire d’Etat ont pris le parti de systématiquement appeler à respecter le temps long de l’enquête avant de qualifier les faits. Une présomption d’innocence à sens unique, quand les forces de l’ordre appellent régulièrement la justice à condamner plus rapidement et plus sévèrement les casseurs. Ce n’est souvent que sous le couvert de l’anonymat, et en usant moult périphrases, que les policiers reconnaissent des « dérapages », des « fautes » ou des « gestes déplacés ».
      Au risque que s’installe un sentiment d’impunité dans l’opinion, selon David Le Bars, patron du Syndicat des commissaires de la police nationale, organisation majoritaire : « La réalité, c’est qu’on a manqué de décisions administratives courageuses : il y a des images et des actions qui nous mettent en difficulté. Sans préjuger des suites judiciaires, il aurait pu y avoir des sanctions administratives plus fermes. »

      « Volonté de l’Etat de faire mal aux corps »

      Pour les autorités, ce combat sémantique revêt aussi une dimension symbolique. « Il y a une bataille des mots parce que ceux d’en face, en parlant de “violences policières”, veulent dire que notre emploi de la force est illégitime, alors qu’au contraire c’est nous qui avons le monopole de cette force légitime », explique une source policière. Plusieurs policiers regrettent que ne s’installe parfois un sentiment d’équivalence entre manifestants et forces de l’ordre. « Avec la querelle politique et la crise des “gilets jaunes”, on a été les otages d’un match qui a parfois donné l’impression que c’était bande contre bande, explique David Le Bars. Il y a eu un alignement de la violence, et ce sentiment a parfois pu se diffuser chez des policiers également. »

      Pour les autorités, ne pas laisser s’installer l’expression de « violences policières » est enfin une façon de se dédouaner, en refusant une lecture systémique, et en renvoyant la « faute » sur l’individu, policier ou gendarme. « “Violences policières” suggère un système, sciemment organisé, c’est évidemment faux : s’il y a faute ou manquement à la déontologie, la justice et les inspections interviennent et sanctionnent », twittait Eric Morvan, le grand patron de la police nationale, le 9 avril.
      Une approche contestée par les défenseurs des « gilets jaunes », comme Raphaël Kempf, avocat de nombreux manifestants : « Il y a une volonté de l’Etat de faire mal aux corps. Quand le gouvernement fait le choix de continuer à utiliser des armes qui peuvent mutiler, alors qu’il connaît les conséquences, c’est l’adoption d’une stratégie de la tension, dans le but de dissuader les gens de manifester. » Avec certains de ses confrères, William Bourdon, Aïnoha Pascual, Chloé Chalot et Arié Alimi, Me Kempf a saisi, le 14 avril, le Conseil d’Etat d’un référé suspension pour faire interdire la très contestée grenade lacrymogène GLI-F4, à l’origine de plusieurs mutilations, et toujours utilisée par les forces de l’ordre.


  • Un #rapport épingle « l’usage immodéré et disproportionné de la force publique » à #Toulouse

    L’#Observatoire_toulousain_des_pratiques_policières a rendu son rapport public mercredi 17 avril. Deux ans de manifestations scrutées à la loupe, dans la quatrième ville du pays. Ce travail documente l’évolution des procédés de #maintien_de_l’ordre. La #répression du mouvement des #gilets_jaunes marque, d’après le texte, le franchissement d’un seuil inquiétant.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/170419/un-rapport-epingle-l-usage-immodere-et-disproportionne-de-la-force-publiqu
    #police #violences_policières