• Ces #bergères en lutte contre le #sexisme en #alpage
    (publié en 2022, je mets ici pour archivage)

    Garde d’enfant en commun, groupe Facebook, projet de syndicat... Confrontées à des #violences_sexistes_et_sexuelles accentuées par l’#isolement en altitude, les bergères s’unissent.

    Sous le soleil qui décline, un troupeau de brebis descend les pentes herbeuses du Jocou, à la limite entre l’Isère et la Drôme. Houlette à la main, un berger ferme la marche. En bas, dans la cabane qui jouxte la bergerie, un petit garçon de deux ans gigote pendant que sa mère lui enfile un pyjama. Soudain, les cloches des brebis retentissent. Marie, 42 ans, bergère de son métier, fourre son fils Côme dans les bras de Frida, sa fille de 12 ans issue d’une première union, et se rue dehors pour barrer la route qui descend dans la vallée. « Je suis obligée de laisser mon fils, heureusement que sa sœur gère », regrette-t-elle en rejoignant le berger, Mathieu, son compagnon et le père du petit Côme. Demain, ce sera au tour de Marie de monter le troupeau, laissant ses enfants à son conjoint.

    L’image du berger — un homme seul sur sa montagne — est tenace. Pourtant, d’après l’enquête des services pastoraux des Alpes menée à l’été 2019, il y a autant de femmes que d’hommes chez les bergers de moins de 35 ans. Au-delà, elles ne représentent qu’un tiers de l’effectif. « En alpage, on est vraiment ramenées à notre condition de femme, de maman, et d’être une proie aux yeux des hommes », affirme Marie.

    Pour la bergère, en activité depuis huit ans, cette défection des femmes est liée aux violences sexistes et sexuelles qu’elles doivent endurer dans le métier, de la part des éleveurs qui les emploient comme de collègues bergers. « Un éleveur m’a dit qu’il me regardait à la jumelle quand je prenais ma douche, qui était dehors. Un jour, un autre m’a touché le sein alors qu’on marchait. Une fois, un mec du village a dit qu’il allait monter me voir la nuit quand il a appris que j’étais la bergère… » énumère-t-elle.

    La situation se complique encore quand un couple de bergers se sépare. Marie se souvient d’une consœur qui a vu les alentours de sa cabane incendiés par son ex-compagnon, berger aussi. Malgré les formations existantes, le métier s’apprend encore souvent sur le tas, au bon vouloir d’un berger en exercice, et les bergères rencontrées témoignent que l’emprise de celui-ci peut être forte. En particulier lorsque la relation professionnelle se double d’une relation amoureuse qui se termine mal. L’un comme l’autre doivent continuer à travailler ensemble jusqu’à la fin de la saison pour toucher leurs salaires, voire à dormir ensemble. Il est impératif de vivre à proximité du troupeau et les logements fournis par l’employeur, des cabanes de montagne, comportent rarement plusieurs pièces.

    « Il y a des profils d’“arrachés” dans le métier et des soucis d’addiction, des gens qui ont le fantasme d’aller s’isoler à la montagne », explique Édith, bergère dans les Pyrénées-Atlantiques. À 41 ans, elle en est à sa deuxième estive, qu’elle passera dans une cabane de femmes. Elle aussi évoque des remarques sexistes et raconte le cas d’une collègue harcelée sexuellement par le berger avec qui elle travaillait : « Ces problématiques sont accentuées par l’isolement et l’altitude. Il n’y a pas de secours à proximité, ni de possibilité de fuite. »

    Sous la crête du Jocou, Marie observe pensivement sa cabane, petite tache en contrebas. « Des fois, je me retourne, je vois ce grand alpage avec ma petite cabane au milieu et je me dis que tout peut m’arriver », lâche-t-elle.

    « On pouponne ou on garde les moutons. Pas les deux. » Cette remarque acerbe, Marie l’a entendue de la bouche du père de Frida ainsi que de certains de ses employeurs quand elle est devenue maman. Elle s’est séparée de son compagnon quand la petite avait trois mois. Depuis, le père récupère sa fille un week-end sur deux ainsi que la moitié des vacances scolaires. Sauf quand il est en alpage. Marie a tenté plusieurs fois d’obtenir une meilleure répartition de la garde, mais la juge lui aurait rétorqué : « Madame, vous saviez que vous faisiez un enfant avec un berger ! », arguant que ledit berger ne peut s’occuper de sa fille, seul en montagne et sans réseau. Tant pis si Marie, pourtant bergère aussi, également en alpage et sans réseau, a du mal à assurer son travail seule avec sa fille à plein temps.

    « Quand tu as un sac à dos de 15 kilos et qu’il faut encore porter ton gosse, tu fais comment ? » interroge-t-elle, amère. Elle a bien essayé de s’en sortir, au prix d’une organisation éreintante. « Parfois, j’ai dû asseoir Frida par terre, lui dire de ne pas bouger et partir à la recherche des brebis. Je la retrouvais en pleurs. Je m’en veux de l’avoir mise dans cette situation. J’aurais dû faire un autre boulot, mais celui-là me plaisait et je voulais montrer que j’en étais capable. » Elle raconte avoir fini l’alpage en arrêt-maladie, « la boule au ventre d’aller au troupeau ».

    Un été, elle a déboursé 400 euros par mois pour embaucher une nounou. Lorsque Frida est entrée en CP, Marie montait garder le troupeau à l’aube, réveillait sa fille au talkie-walkie et redescendait pour l’emmener à l’école. En 2017, elle s’est organisée avec une collègue bergère pour garder à tour de rôle le troupeau et leurs enfants, en mutualisant leurs salaires. Las, après deux estives éreintantes, la bergère a renoncé à son travail jusqu’aux huit ans de Frida.

    « Cette année, c’est le grand luxe ! » s’exclame Marie en désignant la cabane où sa petite famille séjourne cet été. Une cuisine exiguë, une chambre et une salle d’eau. Un cadre somptueux, comparé à cette cabane où elle a passé l’été 2014 avec sa fille, alors âgée de trois ans : « C’était sale, il n’y avait ni douche ni WC, ni lit et certains matelas étaient pleins de crottes de rat. »

    Des conditions de vie semblables à celles de Nadine, 65 ans, quand elle était bergère dans les années 1970. « Le sol était en terre battue, il n’y avait pas de fenêtre, juste un lit, un poêle et une table, se souvient-elle. À cette époque, les bergers venaient souvent de l’assistance publique, élevés à la dure par des paysans. Quand des nouveaux profils sont arrivés, dont les femmes, les éleveurs ne comprenaient pas nos exigences d’un minimum de propreté et de confort dans les cabanes. Ces demandes spécifiques des femmes font bouger les choses pour tout le monde. » Marie abonde : « Quand tu revendiques de meilleures conditions de logement, on te dit que tu es trop proprette pour être bergère. Pour appartenir à la tribu, il faut avoir les cheveux emmêlés, les lacets défaits et trois chiens. Moi, je mets du khôl, et alors ? »

    Bergères guerrières

    Les bergers en difficulté pouvaient déjà joindre Cléopâtre, une ligne téléphonique portée par l’association de soutien aux activités pastorales Aspir, qui offre une écoute, voire une visite en alpage. Mais rien de spécifique aux bergères, jusqu’à ce que le groupe Facebook Bergères guerrières ouvre la boîte de Pandore, en décembre 2020.

    Sophie, 40 ans et bergère en Ariège, est une des femmes qui en est à l’origine : « Il y avait besoin d’un groupe non-mixte. À la base, on n’avait pas vraiment conscience de son importance mais il s’est avéré qu’il y avait besoin d’une plateforme de communication et d’alerte. Il y a énormément d’histoires d’agressions sexuelles. » Une semaine après sa création, une bergère a fait part du harcèlement qu’elle subissait de la part d’un collègue. Aussitôt, plusieurs femmes ont témoigné être victimes du même individu.

    À l’heure actuelle, le groupe Facebook réunit 252 bergères des quatre coins des cimes françaises. Les posts fleurissent, dénonçant les violences sexuelles subies sur un alpage, le sexisme ambiant, les propositions de co-gardes d’enfants… Des bergères réfléchissent à un système qui permettrait aux nouvelles arrivées de se renseigner sur un potentiel employeur ou un potentiel collègue berger avant d’accepter le poste : numéro de téléphone auquel envoyer un SMS, liste noire à faire tourner…

    Pour éviter tout danger, certaines prennent des précautions en amont. C’est le cas de Chloé, 32 ans, bergère depuis 2013 en Belledonne (Isère). Elle travaille chaque été avec sa collègue Valentine. « Si je devais changer d’alpage, j’essaierais de trouver une fille, ou un copain que je connais bien. Un homme que je ne connais pas, c’est hors de question ! » assure-t-elle. Et surtout, elle visiterait les cabanes avant pour éviter les mauvaises surprises.

    Pour créer un rapport de force avec les employeurs réfractaires au code du travail, des bergers et des bergères planchent à la création d’un syndicat. Il en existe déjà dans quelques départements, affiliés à la CGT, mais pas au niveau national. Le 1er mai dernier, plusieurs gardiennes et gardiens de troupeaux des Alpes, des Cévennes et de Provence se sont réunis en Isère pour monter « une organisation syndicale pour défendre l’ensemble des berger.e.s, vacher.e.s, chevrier.e.s salarié.e.s , quels que soit leur nationalité et leur statut, qui travaillent en montagne ou ailleurs, quelle que soit la saison ». Le communiqué, rédigé en écriture inclusive, affirme également son soutien envers « les luttes anticapitalistes, antiracistes et féministes ». Une nouvelle génération de bergères et bergers unis et solidaires, qui tranche avec l’image d’Épinal du berger solitaire.

    https://reporterre.net/Ces-bergeres-en-lutte-contre-le-sexisme-en-alpage
    #genre #montagne #VSS #élevage #résistance

    déjà signalé ici, mais sans le texte complet :
    https://seenthis.net/messages/970457

  • Le traitement des VSS à l’UPEC : comment le silence pèse
    https://academia.hypotheses.org/64086

    Dans le cadre des élections aux conseils centraux de l’Université Paris-Est Créteil (16 et 17 juin 2026), les listes “Union des personnels pour l’UPEC” — des listes intercatégorielles et soutenues par l’intersyndicale CFDT, CGT, FSU (SNESUP et SNASUB) et SUD … Continuer la lecture →

    #Academic_Feminist_Fight_Club #Libertés_académiques_:_pour_une_université_émancipatrice ##MeTooESR #UPEC #violences_masculines #violences_sexistes_et_sexuelles

  • Comment l’extrême droite tente d’acheter des associations
    https://radioparleur.net/2026/06/10/associations-influence-extreme-droite-sterin

    L’extrême droite ne se contente pas de lorgner sur les médias. Elle s’intéresse aussi beaucoup aux associations. Pierre-Édouard Stérin, milliardaire aux opinions cathos-tradis assumées, est un modèle du genre : il finance quantité d’associations. Le problème, c’est que les assos organisent une bonne part de nos vies sociales, et sont un lieu privilégié d’influence pour […] L’article Comment l’extrême droite tente d’acheter des associations est apparu en premier sur Radio Parleur.

    #Carousel_2 #Penser_les_luttes_-_L'émission #Toujours_en_lutte #inceste #justice #Penser_les_luttes #violences_sexistes_et_sexuelles

  • Derrière l’inceste : un système criminel – #Penser_les_luttes
    https://radioparleur.net/2026/06/10/inceste-justice-systeme-judiciaire

    L’arsenal juridique est équipé de lois pour punir l’inceste. Mais peut-on seulement définir ce crime comme sexuel ? Aujourd’hui, alors qu’une commission d’enquête parlementaire vient de s’achever, et qu’une loi est en préparation, deux journalistes interrogent le système derrière l’inceste, rarement ou mal prit en compte dans son traitement judiciaire. Le traitement judiciaire de l’inceste […] L’article Derrière l’inceste : un système criminel – Penser les luttes est apparu en premier sur Radio Parleur.

    #Carousel_1 #Penser_les_luttes_-_L'émission #Toujours_en_lutte #inceste #justice #violences_sexistes_et_sexuelles

  • Agression sexuelle en maternelle : le témoignage poignant du père d’une victime
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/agression-sexuelle-en-maternelle-le-temoignage-poignant-du-pere-dune-victi

    Le 26 mai 2026, un ex-animateur de l’école maternelle Alphonse Baudin comparaissait au tribunal judiciaire de Paris. Mis en cause pour des faits d’agressions sexuelles, il risquait jusqu’à dix ans de prison.

    #Violences_sexistes_et_sexuelles

  • « Bruel violeur » : le retour des sales connes
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/bruel-violeur-le-retour-des-sales-connes-02j4TdRLSzi4QS8MCsYOMw

    Pendant que Patrick Bruel continue de remplir les salles malgré les accusations de viols et d’agressions sexuelles portées par une trentaine de femmes, des militantes féministes refusent le silence.

    #Violences_sexistes_et_sexuelles

  • Elle a fait condamner l’état : pourquoi la France ne la protège pas
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2026/elle-a-fait-condamner-letat-pourquoi-la-france-ne-la-protege-pas-r8JzsXtoR

    La #Justice a reconnu ses torts. L’État a été condamné pour avoir jugé l’ex-compagnon de Khadija , pour violences conjugales, sans elle : la principale victime n’avait même pas été convoquée aux assises.

    #Violences_sexistes_et_sexuelles

  • « La doctrine du consentement » de Clara Serra : une mise en garde contre le féminisme d’État
    https://www.revolutionpermanente.fr/La-doctrine-du-consentement-de-Clara-Serra-une-mise-en-garde-co

    Dans La doctrine du consentement, la philosophe et militante féministe espagnole Clara Serra, interroge la notion de « consentement affirmatif » , ou « consentement positif » à l’origine des lois (ou propositions de lois) prônant « l’inscription du consentement dans la loi », à l’instar de la loi « Solo si es si » (Seul un oui est un oui) en Espagne ou de la récente proposition de loi en France soutenue largement, par des partis politiques de gauche comme de droite, jusqu’à Macron et Darmanin, dont la dernière version a été adoptée par l’Assemblée Nationale le 23 octobre et par le Sénat le 29 octobre dernier.

    Comme l’affaire de « La Manada » en 2022 en Espagne qui avait mené à la loi « Solo Si es Si », les horreurs des viols de Mazan ont ravivé les débats autour de l’inscription du consentement dans la loi, portés par des revendications féministes s’inscrivant dans la continuité du renforcement de l’arsenal législatif et pénal comme prétendues réponses aux violences sexistes et sexuelles.

    Serra revient sur les débats profonds entre féministes des années 1970-1980 autour de la notion de consentement, et rappelle l’importance, dans la lignée de Judith Butler, de « contextualiser » la sexualité, laquelle est traversée par des inégalités sociales, de genre et de race. Ce faisant, la philosophe met en garde contre la « simplification abusive » qui entoure aujourd’hui la notion de consentement en rappelant qu’il ne s’agit ni d’un concept nouveau, ni d’une « solution magique », ni d’un « remède » qui permettrait à la fois d’empêcher les violences et d’affirmer ses désirs. Au contraire, Clara Serra met en garde contre les risques d’une appropriation par l’Etat d’une notion faussement simpliste de consentement sous une perspective de renforcement du droit pénal, qui pourrait ouvrir la voie à une dérive du « tout-punitif ».

    Cet ouvrage offre donc l’occasion de rouvrir ces questionnements pour s’approprier une tradition politique qui fait du consentement, de la « possibilité de dire non », un vecteur d’émancipation pour les femmes, à condition de l’articuler aux luttes contre les diverses formes d’exploitation et d’oppression. Mais cette discussion ne peut être menée à son terme sans dévoiler les dangers et les impasses stratégiques d’une approche punitive pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles.

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    #consentement #féminisme #sexualité #violences_sexistes #violences_sexuelles

  • #Typhaine_D : quand la #justice décortique la violence masculine en ligne

    Neuf hommes ont été jugés, ce 17 septembre, par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, après une vague de #cyberharcèlement subie par l’artiste Typhaine D. Récit.

    Qui aurait pu penser que l’#écriture_inclusive pouvait mener au #tribunal ? Sûrement pas l’artiste Typhaine D. « Au bucher ! Sorcière ! », « Il faut la piquer », « Je déboiterai bien une bonne féministe », « Sale pute de Femen, le seul mot féminin que tu dois connaitre c’est ‘cuisine’ » (sic)… Des messages comme ceux-là, Typhaine D en a reçu des milliers en juillet 2022, après avoir participé à une émission du Crayon.

    Le média en ligne avait publié un très court extrait de la vidéo sur les #réseaux_sociaux – manifestement pour créer la polémique –, dans lequel Typhaine D défendait l’usage de la #Féminine_universelle, une version de la #langue_française féminisée, pensée pour sensibiliser à l’usage excessif du masculin « neutre ». Un extrait, et une vague de harcèlement en ligne. Un an après le début des insultes, des incitations au viol et au meurtre, l’artiste a porté plainte contre X, et onze hommes ont été retrouvés.

    Évolution de la justice

    Les #procès comme celui-ci sont encore peu nombreux en France. Les politiques peinent encore à encadrer les dérives des grandes plateformes – en témoigne la dernière commission d’enquête parlementaire sur TikTok –, et la justice à du mal à suivre le rythme des flots de #haine_en_ligne. D’après une étude Ipsos, 70 % des plaintes déposées pour des faits de #harcèlement_en_ligne n’ont donné lieu à aucune poursuite. Pour pouvoir faire comparaître des prévenus, encore faut-il avoir les moyens de les identifier.

    Fait encore plus rare : lorsqu’elle arrive au commissariat de son quartier pour porter plainte, Typhaine D est directement reconnue par les officiers. Ils avaient repéré la vague de cyberharcèlement, et s’attendaient à ce qu’elle se présente. « Je voudrais remercier l’ensemble des personnes qui ont participé à l’enquête parce que j’ai toujours été prise au sérieux, et ça m’émeut beaucoup », déclare la plaignante lors du procès, étonnée d’avoir été prise au sérieux. Et pour cause : 86 % des plaintes pour des faits de #violences_sexistes_et_sexuelles sont classées sans suite en France.

    Depuis 2020 aussi, le tribunal de Paris est doté d’un pôle contre la haine en ligne. Cette instance décortique les mécanismes spécifiques aux délits en ligne pour les juger au mieux. C’est son vice-président qui sera procureur dans ce procès.

    Des visages derrière les adresses IP

    Onze hommes donc, mais seulement six, ce 17 septembre, sur le banc des prévenus. Trois d’entre eux ne se sont pas présentés et seront jugés en leur absence. Deux étaient mineurs au moment des faits, et seront jugés séparément. Les six présents – d’âges, de professions, de régions différentes –, se parlent comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Ces hommes, ces « #Monsieur-tout-le-monde », sont les visages de la violence masculine en ligne. Le visage de Typhaine D, les accusés le connaissent par cœur. Ils l’ont eux-mêmes partagé ou commenté sur les réseaux sociaux. Elle, les découvre.

    Tous sont accusés de harcèlement en ligne à caractère sexiste. Plusieurs d’entre eux, qui avaient formulé des appels au suicide ou au meurtre, sont aussi poursuivis pour provocation publique à commettre un #crime. « Quand je disais qu’il fallait la pousser sous un train, c’était du second degré. C’était pas concret, je n’imaginais pas que d’autres pouvaient avoir l’image », se défend Mattéo M., boulanger de 25 ans.

    Certains admettent avoir été entraînés dans le flot d’#insultes. D’autres rejettent la faute sur les réseaux sociaux, qui leur auraient proposé ces vidéos au hasard. Signe que la justice commence à prendre conscience des mécanismes des violences sexistes, le président et le procureur soulignent le fonctionnement des #algorithmes : sur les réseaux sociaux, plus on consomme de contenus sexistes, plus on nous en propose.

    Chacun des accusés donne l’impression de s’être senti protégé par l’#anonymat que procure #internet. « Il y a cet effet de meute sur les réseaux : face à un discours clivant, il y a un #effet_de_groupe, on a l’impression que notre #responsabilité est diminuée », reconnaît Robin K., 31 ans. Lui, admet avoir été pris dans une #bulle_numérique pendant des années, avoir consommé et commenté des contenus sur les réseaux sociaux à longueur de journée, ne minimise pas les faits, et soigne ses traumatismes d’enfance en thérapie depuis un an.

    Son avocat souligne cette évolution qui ne transparaît pas chez les autres prévenus : « Plus de trois ans après les faits, il s’est passé des choses dans sa vie. (…) À l’époque, il était bloqué dans une sphère négative. Les sociologues qui travaillent sur le sujet documentent très bien ce phénomène. »

    Du #sexisme au #masculinisme

    L’une des circonstances aggravantes des accusations qui pèsent sur les prévenus, c’est le caractère sexiste du harcèlement. Dehors, sur le parvis du tribunal, une petite centaine de militant·es et de personnalités publiques – l’actrice Anna Mouglalis, la députée Sandrine Rousseau, la sénatrice Laurence Rossignol ou encore le fondateur de Mouv’Enfants Arnaud Gallais – sont venu·es, à l’appel des collectifs féministes, soutenir la plaignante. Les réseaux sociaux servent à ça aussi.

    À l’intérieur de la salle d’audience, l’ambiance est plutôt à la négation des violences sexistes. « Salope », « sorcière », « demie folle » (sic)… Malgré la dimension misogyne indéniable des insultes utilisées, tous les accusés le martèlent : ils ne sont pas sexistes. « ‘Folle’, ça n’a pas de connotation sexiste. On dira aussi d’un homme qu’il est fou », conteste une avocate de la défense.

    Jonathan L., 38 ans, affirme qu’il soutient les femmes : la gestion de la salle de sport dont il est propriétaire, il l’a « même confiée à une femme, qui travaille mieux que certains hommes ». Il se présente comme un amoureux de la littérature, et justifie son commentaire – « Au bucher ! Sorcière ! » – par la défense de langue française, en réaction à l’#écriture_féministe prônée par Typhaine D. Ses livres de chevet ? Des manuels d’entrepreneurs, la biographie de Jean-Luc Mélenchon, et le dernier livre de Philippe De Villiers.

    Allant à rebours des arguments de la défense, le procureur souligne plusieurs fois l’importance de considérer la dimension sexiste des insultes, et demande même au tribunal de l’étendre à certains prévenus qui n’étaient pas concernés par cette circonstance aggravante. Il requiert, pour tous, des peines d’emprisonnement de plusieurs mois assorties d’un sursis, et des amendes allant de 1 000 € à 3 000 €.

    À travers l’examen de l’attitude de chacun des prévenus, il semble se dessiner l’échelle du continuum des violences sexistes. L’un d’eux, Tommy P., 40 ans, minimise l’ampleur des féminicides et pointe du doigt le #féminisme lors de sa garde-à-vue : « C’est pas les bonnes femmes qui sont féminicidées », « les Femen devraient faire un tour en prison », « l’hypocrisie est un mot féminin »… Sur les six accusés présents, c’est le seul qui ne formulera pas de remords. Son code pénal à lui : les règles d’utilisation de Facebook, qu’il assure respecter.

    Au cours de sa déposition, on découvre qu’il passe énormément de temps en ligne, à poster des messages sur des groupes Facebook, qu’il vit seul avec sa mère, et qu’il est passionné d’armes à feu. La mouvance masculiniste incel ne sera pas évoquée, mais son ombre plane au-dessus de l’audience. Un frisson parcours la salle. C’est Me De Filippis-Abate, avocate de Typhaine D, qui mettra des mots sur la réaction épidermique de beaucoup de femmes du public après la déposition de Tommy P. : « Je pense que toutes les femmes ici ont peur que ce monsieur nous tue. »

    https://www.politis.fr/articles/2025/09/justice-affaire-typhaine-d-quand-la-justice-decortique-la-violence-masculine
    #masculin_neutre #condamnation

  • « Corps usés, droits bafoués » : plongée dans l’#enfer des ateliers de #Shein

    #Exploitation, salaires à la pièce, violences sexistes... Un rapport de deux ONG révèle l’envers du décor des ateliers de Shein en #Chine. Le #rapport exhorte les élus français à voter une loi solide contre la #fast-fashion.

    Précarité, exploitation, violences sexistes... L’enquête sous couverture de l’ONG étasunienne China Labor Watch (CLW), publiée le 30 juillet (https://www.actionaid.fr/publications/dignite-au-travail/rapport-shein), accable un peu plus le groupe chinois Shein, déjà étrillé par de nombreux rapports sur les conditions de travail dans ses sites.

    Pendant deux ans, trois membres de l’ONG ont travaillé dans l’un des nombreux ateliers produisant notamment pour Shein, à #Kangle, un #village-usine très dense (plus de 100 000 personnes sur 1 km²) dans la métropole de #Guangzhou, en Chine. Une cinquantaine de témoignages, à l’intérieur et à l’extérieur des ateliers, leur a permis de faire directement état de la réalité sur place : #cadences intenables, #salaires à la pièce, absence de protection sociale et de stabilité...

    « C’est un assèchement des ressources des individus au service du profit de Shein », déplore Salma Lamqaddam, chargée de campagnes d’ActionAid France, qui a travaillé avec l’ONG étasunienne sur ce rapport.

    Tristement connue comme la reine de ce domaine, l’entreprise chinoise qui expédie chaque jour par avion 5 000 tonnes de marchandises bafoue les #droits_humains et émet toujours plus de gaz à effet de serre (+23 % entre 2023 et 2024, selon son dernier rapport). Et ce, en toute opacité. « Les petits ateliers dispersés et les chaînes de #sous-traitance informelle échappent à tout contrôle », indique le rapport d’#ActionAid France. Un argument qui fait mal à la stratégie de communication verte et sociale que tente de prendre le groupe chinois. « Les violations perdurent », remarque l’ONG.

    0,06 euro par t-shirt

    « Un simple coup dur, une maladie suffirait à me faire basculer moi et ma famille dans l’endettement », confie un travailleur à une enquêtrice de China Labor Watch. Dans ces usines, les travailleurs, dont certains encore mineurs, forment une « main-d’œuvre jetable, prise au piège de la #misère », décrit ActionAid France, qui dresse un effrayant tableau du lieu.

    Ici, le salaire est versé à la tâche : entre 0,06 et 0,27 euro par pièce réalisée. Les personnes interrogées confient devoir enchaîner les heures pour espérer « survivre dignement ». Les cadences se prolongent parfois jusqu’à 3 ou 4 heures du matin.

    Les plus petits ateliers échappent le plus aux #contrôles : « C’est là qu’on trouve les pires conditions de travail et c’est par là que prospère Shein avec son modèle du bas coût à tout prix », précise Salma Lamqaddam.

    À Kangle, les ouvrières et ouvriers sont aussi les amortisseurs de la demande mondiale et des guerres commerciales. Shein maintient un regard attentif sur la demande en #vêtements. Il suffit qu’elle baisse pour que des milliers de travailleurs soient mis à la porte. À l’inverse, si elle augmente, les ouvriers devront travailler plus, comme ce fut le cas en anticipation des droits de douane imposés par l’administration Trump.

    « La production a fortement augmenté à Kangle entre décembre 2024 et février 2025. Durant cette période, de nombreux travailleur·euses ont déclaré avoir travaillé 7 j/ 7, plus de dix heures par jour », indique ActionAid France.

    Après la publication de cet article, Shein a répondu par communiqué. Le groupe y explique que les employés de ses fournisseurs « gagnent généralement des salaires bien supérieurs au salaire minimum local » et qu’il s’agit selon lui « d’un travail qualifié ». Shein s’appliquerait également à ce que les ouvriers « soient traités équitablement et conformément aux lois et réglementations locales, ainsi qu’aux normes internationales du travail ».

    Des ouvrières « impuissantes face aux #abus »

    Les #femmes sont particulièrement fragiles dans ce monstre industriel qui recrache « des #corps usés, et des droits bafoués ». « Il s’agit d’un enjeu féministe central : ce sont dans ces ateliers, en bout de chaîne, que se concentre une main-d’œuvre majoritairement féminine, surexploitée et privée de droits. Dans ces espaces dépourvus de mécanismes de protection, les #violences_de_genre représentent des outils de contrôle et d’#intimidation systémiques », précise ActionAid France.

    Les femmes y sont souvent moins rémunérées, cantonnées aux postes les plus précaires. Certaines sont dans l’obligation d’emmener leurs enfants au travail, faute d’alternative.

    Des ouvrières rapportent également « subir des #violences_sexistes_et_sexuelles dans les ateliers, en particulier des #violences_verbales », note ActionAid France. Sans contrat ni protection, ces travailleuses se disent « impuissantes face aux abus ».

    L’espoir d’une véritable loi anti-fast-fashion

    Pour mieux contrôler la fast-fashion, ActionAid France appelle les élus français à voter une loi solide en septembre prochain, lorsqu’ils se réuniront en commission mixte paritaire pour discuter du sujet.

    La #loi_anti-fast-fashion votée le 10 juin n’est pas suffisante, déplore l’ONG. Ambitieuse à l’origine, la #loi a notamment été vidée par les sénateurs de toute critique globale puisqu’elle épargne les marques de fast-fashion européennes, comme #Kiabi et #Decathlon.

    En se contentant de celle-ci, « la France risque de rater une occasion historique », met en garde le rapport. « La présente loi consacre la victoire du fast-fashion européen, dénonce Salma Lamqaddam, c’est un non-sens écologique. »

    https://reporterre.net/Corps-uses-droits-bafoues-plongee-dans-l-enfer-des-ateliers-de-Shein
    #conditions_de_travail #mode #industrie_de_la_mode #sexisme #VSS #impuissance

    • [Rapport] Mode jetable, exploitation durable : l’exemple Shein

      ActionAid France publie aujourd’hui un rapport basé sur une enquête menée par notre partenaire « China Labor Watch » sur les conditions de travail dans des ateliers produisant pour la marque Shein. Ce rapport, qui s’appuie sur des témoignages directs, met en lumière l’architecture sociale et économique sur laquelle repose le modèle de production à la demande, dont Shein est aujourd’hui le symbole.

      https://www.actionaid.fr/publications/dignite-au-travail/rapport-shein

  • La #justice_communautaire, une alternative « politique » pour prendre #soin des victimes

    Menée au sein de communautés d’habitants ou de collectifs militants, la justice communautaire se concentre sur les #victimes, puis s’interroge sur la #responsabilité du groupe dans l’apparition des #violences. Une pratique qui peut convenir aux #violences_sexistes_et_sexuelles.

    « Quand il se passe quelque chose de grave, comme des violences sexistes et sexuelles, les premiers #besoins qui émergent sont : le #besoin_de_reconnaissance, le #besoin_de_protection des autres, le #besoin_de_réparation. Ce sont trois choses que la justice d’État ne peut pas faire, car elle est concentrée sur le fait de #punir le coupable », énonce Jerry*, du #Front_révolutionnaire_anti-patriarcal (#Frap). Ce collectif autonome rennais a coécrit, avec un collectif anticarcéral, un petit ouvrage sur la justice communautaire (https://frap.noblogs.org/la-team-patpat-gere-ses-casseroles-brochure). « Notre priorité, c’est de #prendre_soin de la personne agressée. Cela peut prendre diverses formes : être écoutée en buvant un café, être accompagnée chez des soignant·es, bénéficier d’une aide matérielle temporaire… », nous explique-t-on.

    « Soutenir les victimes ou survivant·es de violences, c’est leur assurer l’existence d’un espace où leur #sécurité, leur santé physique et émotionnelle, ou tout autre besoin, sont pris en charge », résume le cahier d’outils de « #Creative_Interventions », un centre de ressources fondé en 2014 à Cleveland, aux États-Unis, pour créer et promouvoir des interventions communautaires face aux violences interpersonnelles (y compris sexuelles).

    Dans un podcast produit par cette organisation (https://www.creative-interventions.org/sfp/chicago), une victime de #violences_conjugales évoque l’importance qu’ont eue pour elles toutes les personnes venues vivre à son domicile, à tour de rôle, pour la rassurer quand elle a dénoncé les violences et exigé le départ de son conjoint. Elle se sentait en sécurité, avait des personnes pour jouer avec ses enfants et l’aider dans les tâches quotidiennes.

    Nommer les violences, formuler des excuses

    La justice communautaire émerge aux États-Unis dans les années 1990, inspirée par les communautés noires, antiracistes et féministes, soucieuses d’en finir avec les violences sexistes et sexuelles sans livrer les hommes noirs à un système policier et carcéral raciste.

    « Le démarrage d’un processus de justice communautaire peut être à l’initiative de n’importe qui : le ou la survivante ou victime ; un·e ami·e, un·e membre de la famille, un·e voisin·e, un·e collègue, la personne ayant causé le préjudice, ou tout membre ou allié·e de la communauté », détaille Creative Interventions.

    « #Nommer les violences, désigner des #personnes-ressources, s’assurer que tout le monde est en sécurité, sont des préalables incontournables, énonce Jerry. On travaille – idéalement à une dizaine – sur l’#écoute des #récits des diverses parties, et la gestion séparée de leurs besoins. Par exemple, que l’auteur·ice formule des excuses à la victime ou que l’espace commun soit réorganisé pour que les deux personnes ne se croisent plus. Il y a de nombreux allers-retours entre le groupe qui soutient la victime et celui qui s’occupe de l’agresseur·euse. »

    Si leur fascicule énonce un nombre impressionnant de conditions pour que le processus aboutisse, le collectif assure qu’il n’y a pas de recettes. « Le mieux est que les solutions viennent des gens qui subissent les préjudices », résume une victime accompagnée par le centre Creative interventions.

    « La justice communautaire va réfléchir à la manière d’accompagner les différents protagonistes, mais aussi penser le #contexte de la violence pour le travailler, précise Elsa Deck Marsault, militante queer féministe, cofondatrice du collectif #Fracas (https://www.collectif-fracas.com), autrice de Faire justice (https://lafabrique.fr/faire-justice), publié aux éditions La Fabrique. Il s’agit bien sûr de réfléchir à la #responsabilité_individuelle de l’agresseur, mais aussi la manière dont son acte fait écho à un #contexte_social plus large. Cette #justice_alternative cherche à en comprendre les racines pour essayer de transformer le contexte. En cela, c’est profondément #politique. »

    Contre les #pratiques_punitives et néolibérales

    Au sein du Frap, on estime que « connaître les raisons systémiques de la violence est nécessaire ». À condition que l’agresseur ou l’agresseuse accepte de dialoguer et reconnaisse les dommages causés. Dans le cas contraire, un « #call-out », c’est-à-dire une dénonciation publique ou une exclusion du groupe, peut intervenir, mais en dernier recours.

    « Malheureusement, trop souvent, les groupes commencent par un call-out et réfléchissent ensuite », déplore le Frap. Reproduisant finalement le pire de la #justice_punitive à laquelle ils souhaitaient pourtant se substituer, regrette Elsa Deck Marsault.

    « Les effets d’un call-out ou d’une #exclusion ne sont pas les mêmes pour un homme blanc disposant d’importants moyens matériels et d’un réseau de soutien que, par exemple, pour une personne racisée, pauvre et/ou queer », précise-t-elle. « La question doit être : comment on travaille collectivement pour que cela n’arrive plus », martèle Jerry.

    « Depuis le tournant néolibéral des années 1980, la transformation sociale n’est plus vue comme passant par l’organisation collective ou syndicale, analyse Elsa Deck Marsault. La société compte désormais sur la #transformation_individuelle de chaque personne, qui doit reconnaître sa part de responsabilité, pour changer la société de manière générale. Il me semble que c’est une impasse, qui découle non seulement des logiques néolibérales, mais aussi des #logiques_carcérales qui punissent les individus en disant que, quelque part, ils l’ont bien mérité. »

    Mais sortir des voies habituelles demande un temps que les cercles militants ou autres communautés n’ont pas forcément. « C’est sans doute l’un des freins de cette forme de justice qui a du mal à se développer en France, où, de plus, on reste très réticent à l’idée même de #communauté », dit Elsa Deck Marsault. Du côté du Frap, on cite l’importance des expériences accumulées, qui permettent, à terme, d’aller plus vite. « Oui, c’est exigeant et chronophage, termine Jerry. Mais à quoi sert une communauté si ce n’est à être présente dans le temps et l’espace ? »

    –-

    Au #Rwanda, la justice post-génocide

    Pratiquée à l’échelle de la famille, des ami·es, des voisin·es, des collègues, des associations des quartiers ou groupes militants, la justice communautaire l’a aussi été à l’échelle d’un pays, dans le Rwanda post-génocide, en 2001.

    « En 1994, près d’un million de personnes ont été tuées en trois mois, selon les chiffres officiels de Kigali, rappelle Valérie Rosoux, politiste, directrice de recherche du Fonds national de la recherche scientifique. Le nombre inimaginable de coupables rendait toute justice “normale” impossible, d’autant que le système judiciaire était dévasté. Il a donc été décidé d’utiliser les “gacaca” – système communautaire préexistant de règlement des conflits qui était basé sur l’appel aux sages de chaque colline pour régler des litiges mineurs. Près de 11 000 tribunaux communautaires ont été installés à la demande du gouvernement central. Des milliers et des milliers de personnes sont passées devant ces tribunaux, évidemment beaucoup plus rapides. »

    Massifs pendant le génocide au Rwanda, les viols ont été reconnus pour la première fois comme faits de génocide par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), qui n’a jugé que les commanditaires du génocide. En revanche, devant les gacaca, la plupart des violences sexuelles ont été tues.

    « Au TPIR, on peut témoigner anonymement, pas sur les collines, où tout le monde se connaît et où bourreaux et victimes vivent dans les mêmes endroits », raconte Esther Mujawayo, survivante du génocide, autrice de Survivantes et cofondatrice de l’association des veuves du génocide.

    Les huis clos qui ont été demandés ont permis de protéger les femmes et les enfants né·es de ces viols mais cela a ôté la dimension collective de cette justice communautaire.

    Sans vouloir embellir le processus, Esther Mujawayo estime que les gacaca ont facilité le vivre-ensemble dans la mesure où les bourreaux ont demandé pardon. « Même si ce n’était pas toujours authentique, cela aide », pense-t-elle. Ces « tribunaux » ont surtout permis de retrouver les corps des victimes assassinées.

    Mais la démarche reste « très exigeante sur le plan moral, car on espère que les accusés vont confesser leurs crimes et que les victimes vont pardonner, remarque Valérie Rosoux. Les victimes s’entendent dire : certains ont déjà pardonné, pourquoi vous ne le faites pas, vous ? Et là, c’est insupportable ».

    Au sein des regroupements que les gacaca ont créés, le soutien que les femmes se sont apporté entre elles et le travail inlassable des associations présentes pour soutenir les victimes ont peu à peu fait leur chemin. « La prise en charge matérielle a aussi été fondamentale, insiste Esther Mujawayo. Pour restaurer leur dignité, on les a logées, on a pris en charge leurs soins médicaux, car beaucoup étaient malades du sida suite aux viols. On s’est occupé de l’éducation de leurs enfants survivants. C’est basique, mais pour moi, c’est ça la justice : remettre les survivant·es en bonne santé est aussi important que de condamner le bourreau. »

    https://www.mediapart.fr/journal/france/090825/la-justice-communautaire-une-alternative-politique-pour-prendre-soin-des-v

    #justice #alternative #VSS #réparation #protection #punition #reconnaissance #accompagnement
    ping @_kg_
    via @karine4

    • Chicago

      Deana Lewis talks with Mariame Kaba, Erica Meiners, and Shira Hassan – three abolitionist feminists who discuss the work they created and built in Chicago from the early 2000’s through the early 2010’s. They reflect on their path from witnessing the failures of the mainstream anti-violence movement especially for survivors, young people, formerly incarcerated people and sex workers – to experimenting and documenting their work in what became known as community accountability processes, transformative justice and abolitionist organizing. They talk about their relationships and how their solidarity and partnership fed their ability to experiment, find joy in the grief and ultimately create spaces and strategies for people to stay as safe as possible.

      https://www.creative-interventions.org/sfp/chicago

    • Faire justice. Moralisme progressiste et pratiques punitives dans la lutte contre les violences sexistes

      Là où il est admis que le recours à la police en cas de violence n’est pas la solution mais plutôt un problème supplémentaire, la tentation est de s’y substituer. Si l’intention est louable, son application l’est moins. Les mesures sont expéditives et les outils pour faire justice sont encore profondément empreints d’une philosophie punitive : menace, exclusion, harcèlement, dénonciation publique et discréditation politique. Comment sortir de cette impasse ? La question est d’autant plus difficile qu’elle surgit au moment où les forces réactionnaires mènent une large offensive contre le wokisme pour mieux protéger ceux qui organisent les violences dans nos sociétés.
      Écrit par une « militante gouine », ce livre propose une critique fine du moralisme progressiste et des pratiques punitives dans les luttes sociales. En se saisissant d’exemples concrets rencontrés au gré de son militantisme et en discutant précisément l’abolitionnisme pénal, elle pose les jalons d’une justice transformatrice inventive, capable de prendre soin des victimes et de transformer les individu.es comme les groupes.
      Endiguer les violences c’est aussi ne plus craindre le conflit, ne plus avoir peur de lutter.

      https://lafabrique.fr/faire-justice

      #livre

    • La team Patpat’ gère ses casseroles | protocole de gestion des aggressions dans nos milieux

      Ca y est, on a réussi à la publier ce #zine. Pour faire court ça parle des #agressions dans nos collectifs, et ça amène une vision politique de leur gestion (pas de call-out, médiation, perspective de changement…). Alors si t’es pas encore convaincu que c’est important de prendre en compte qu’on a sans doute déjà toustes agressé, viens lire ça (pfiou la phrase polémique choc sa mère) !

      https://frap.noblogs.org/la-team-patpat-gere-ses-casseroles-brochure

  • Les Dévalideuses. Le collectif féministe qui démonte les idées reçues sur le handicap



    Face à l’inacceptable invisibilisation des femmes handicapées dans le féminisme, nous nous sommes rassemblées.

    #Handi-féministes, nous portons la parole des #femmes et #minorités_de_genre handicapées.

    Forte, fière, nécessaire.

    Nous nous situons au croisement des luttes contre le #validisme (la discrimination systémique subie par les personnes handicapées (C.Puiseux, Dictionnaire Crip)) et le #sexisme.

    Car les femmes, comme les personnes handicapées, sont considérées comme des groupes naturellement inférieurs (aux hommes / aux valides) et doivent lutter pour obtenir l’#égalité et l’#émancipation.

    Les femmes et minorités de genre handicapées font l’objet, au plus haut degré, des formes de domination qui s’exercent sur toutes les femmes : #infériorisation et #infantilisation ; contrôle du #corps et des comportements ; discriminations sexistes ; privation d’accès à des #droits égaux ; #violences_sexistes, y compris sexuelles, qu’elles soient privées, institutionnelles, médicales, ou économiques.

    Les #oppressions ne se remplacent pas, elles se cumulent et elles se croisent, créant des situations uniques et complexes qui nécessitent toute notre attention. Nous sommes donc également concernées par l’ensemble des luttes liées au genre, à l’orientation sexuelle, à l’origine ethnique, à la religion ou au milieu social.

    Nous serons pédagogues, parfois mordantes, toujours argumentées.

    Nous serons politiques, dans nos propos et dans nos actes, car il s’agit de faire la révolution.

    Nous serons toujours aux côtés de nos pairs, nous devons chérir notre communauté et retrouver la fierté de nos identités.

    https://lesdevalideuses.org
    #idées-reçues #handicap #féminisme #préjugés

  • Féminicides au Kenya : une violence croissante, un silence politique

    sur Visionscarto
    https://www.visionscarto.net/les-feminicides-au-kenya

    par Manon Mendret
    Journaliste indépendante basée à Nairobi,

    spécialisée sur les questions sociétales et culturelles.

    En 2024, 170 femmes ont été tuées au Kenya, révélant une vague croissante de féminicides. Les chiffres sont en forte hausse. Bien qu’une mobilisation citoyenne inédite suscite une prise de conscience, les meurtres continuent. Malgré les déclarations officielles des autorités, les militantes dénoncent le manque d’engagement politique et les lenteurs judiciaires.

    #féminicide #violences_sexistes #sexisme #Kenya #droits_des_femmes #droits_humains

  • 🏴 Force Nantaise 🏴 Maires, Ministres, Parlementaires : LA LISTE NOIRE DES PORCS DE LA RÉPUBLIQUE DU VIOL 🏴🐷🖕
    https://nantes.indymedia.org/posts/146890/%f0%9f%8f%b4-force-nantaise-%f0%9f%8f%b4-maires-ministres-parlemen

    Putain de journée qui s’annonçait bien. Ce matin, le soleil avait l’air de vouloir nous faire oublier qu’on crève dans un monde de merde. Une lumière éblouissante, presque à te faire croire que tout n’est pas complètement foutu. J’allais presque me dire que la vie pouvait être douce, tu vois…

    #Politiciens #violences_sexistes_et_sexuelles #Partout #Global

  • Hot Pussy Show de Maïmouna Coulibaly
    https://radioparleur.net/2025/04/24/hot-pussy-show-de-maimouna-coulibaly

    Hot Pussy Show est un spectacle de Maïmouna Coulibaly, percutant, drôle et touchant, adapté de son livre, Je me relève publié en 2021 aux Éditions Anne Carrière. Elle y livre un témoignage sans filtre de son parcours de femme, entre résilience, révolte et quête de liberté. Entretien.  Originaire du Mali et de Grigny, […] L’article Hot Pussy Show de Maïmouna Coulibaly est apparu en premier sur Radio Parleur.

    #Au_fil_des_luttes #Carousel_1 #Adelphité #Danse #Féminisme #Théâtre #violences_sexistes_et_sexuelles

  • #Violences_sexuelles dans le #cinéma : retour sur les moments forts de la #commission_d'enquête, avant l’examen du rapport

    Le rapport de la commission d’enquête sur les « violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’#audiovisuel, du #spectacle_vivant, de la #mode et de la #publicité », rédigé par Erwan Balanant (Les Démocrates) sera examiné, ce mercredi 2 avril, par les députés membres de l’instance. L’occasion pour LCP de revenir sur les moments forts de cette commission d’enquête présidée par Sandrine Rousseau (Ecologiste et social).

    Constituée en mai 2024, interrompue par la dissolution de l’Assemblée nationale, relancée en fin d’année dernière, la commission d’enquête relative aux « violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité », qui a récemment achevé ses travaux, examinera ce mercredi 2 avril, à 15h, le rapport préparé par Erwan Balanant (Les Démocrates).

    Comme le veut la procédure, ce rapport fera l’objet d’une présentation et d’un vote à huis clos, avant d’être rendu public la semaine prochaine, mercredi 9 avril, lors d’une conférence de presse à laquelle devraient participer, selon les informations de LCP, plusieurs des actrices qui ont témoigné devant la commission présidée par Sandrine Rousseau (Ecologiste et social).

    Des actrices qui plaident pour « une révolution »

    « La dévoration d’un enfant par un loup ». Telle avait été la métaphore employée par Judith Godrèche, lors de son audition du 14 mars 2024, pour décrire ce que lui avaient fait subir les réalisateurs Jacques Doillon et Benoit Jacquot, alors qu’elle était encore mineure.

    C’est à cette occasion que l’actrice et réalisatrice, dénonçant un « système féodal » et des « #abus_d'autorité » envers les #femmes et les enfants présents sur les tournages, avait demandé aux députés de « prendre l’initiative d’une commission d’enquête sur le #droit_du_travail dans le monde du cinéma, et, en particulier, ses risques pour les femmes et les #enfants ». Et l’actrice d’appeler de ses vœux une « révolution » qui vienne mettre fin à « l’#oppression du plus faible » et aux #violences_sexistes_et_sexuelles dans le milieu du cinéma.

    Une fois constituée, la commission d’enquête « relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l’audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité » avait une nouvelle fois auditionné Judith Godrèche, le 18 décembre 2024. Celle-ci avait notamment réagi aux propos tenus la veille par l’ancien directeur des Cahiers du Cinéma, de la Cinémathèque et d’Unifrance, Serge Toubiana.

    Ce dernier avait nié connaître la nature de la relation entre Judith Godrèche et Benoît Jacquot, respectivement âgés de 14 ans et de 39 ans au début de cette relation : « Nous n’étions pas des journalistes people, nous étions des critiques de cinéma », avait déclaré l’ancien directeur de la Cinémathèque. Avant d’admettre, devant les questions insistantes des députés, avoir été au courant : « Bien sûr que je connaissais leur relation, ils sont venus dîner chez moi (...) A l’époque, on ne jugeait pas comment les gens s’assemblaient. »

    « Benoît Jacquot était un de ses meilleurs amis, je venais donc parfois dîner avec eux chez Serge Toubiana. Il savait. Tout le monde savait, lui mieux que quiconque » avait, quant à elle, expliqué Judith Godrèche le 18 décembre, accusant Serge Toubiana d’avoir « menti sous serment ». Devant l’émotion de l’actrice, le rapporteur de la commission d’enquête Erwan Balanant (Les Démocrates), avait pris la parole, visiblement ému lui aussi.

    « Cette commission d’enquête n’est pas toujours facile (…) Vous venez, par vos mots puissants, de décrire cette machine à broyer de jeunes acteurs, de jeunes actrices », avait-il estimé, évoquant « quelque chose que nous ne pouvons plus accepter ». Sarah Legrain (La France insoumise) avait ensuite insisté sur la nécessité de « libérer le cinéma de la culture du viol ».

    Autre moment particulièrement fort de la commission d’enquête : l’audition de Sarah Forestier. L’actrice a ainsi raconté, le 7 novembre, comment un régisseur, alors qu’elle avait 15 ans, lui avait lancé, entre deux scènes, qu’il voulait lui « faire l’amour dans les fesses ». Et de témoigner également d’une gifle que lui aurait infligée Nicolas Duvauchelle sur le tournage d’un film, en 2017, ce que dément l’acteur. Devant les députés de la commission d’enquête, Sara Forestier a relaté que l’équipe du film l’avait dissuadée de se rendre au commissariat, en la « faisant culpabiliser » sur les éventuelles conséquences économiques d’une plainte : « Ils ont [eu] peur par rapport à l’argent, aux assurances », a-t-elle fait savoir, ajoutant que « licencier l’acteur [aurait coûté] beaucoup d’argent ».

    Au fil des auditions, d’autres actrices ont fait part d’expériences traumatisantes et d’abus, comme Nina Meurisse, qui a indiqué qu’elle était toujours « sous le choc » de scènes de viol et d’automutilation tournées à l’âge de 10 ans, ou encore Anna Mouglalis, qui explique avoir refusé une séance d’hypnose proposée par le scénariste et psychanalyste Gérard Miller alors qu’elle était âgée d’une vingtaine d’années.
    Le « caractère systémique » des violences dénoncé par Sandrine Rousseau

    Au-delà même des violences les plus graves et tombant sous le coup de la loi, la présidente de la commission d’enquête, Sandrine Rousseau (Ecologiste et social) a pointé le caractère destructeur d’un système à l’œuvre dans le monde de la culture. « Il faut que vous entendiez que la souffrance est bien trop grande pour quelque chose qui relève juste de l’art en réalité. Evidemment de l’art, absolument de l’art, mais juste de l’art », avait-elle aussi lancé à l’adresse de Serge Toubiana, le 17 décembre.

    Dans le même esprit, la journaliste Raphaëlle Bacqué a souligné la responsabilité du milieu du cinéma, et de la société française dans son ensemble. Co-auteure d’un livre d’enquête sur Gérard Depardieu (Une affaire très française, Albin Michel, 2024), elle a estimé lors de son audition que « la France entière » connaissait les agissements du célèbre acteur depuis les années 1980 : « On a trouvé des tas de reportages diffusés au journal de 20 heures où on voit Gérard Depardieu distribuer des mains aux fesses, tenir des propos graveleux. » Et Raphaëlle Bacqué d’affirmer le talent d’acteur de Gérard Depardieu a fait que beaucoup, sur les tournages, ont « fermé les yeux » : « Il a rendu complice des équipes entières parce qu’il s’est rarement caché (...) tout le monde riait et donc tout le monde était complice. »

    Faisant un premier bilan des travaux de la commission d’enquête, Sandrine Rousseau a évoqué, auprès de LCP, le « caractère systémique » des violences sexuelles et sexistes « dans le monde de la culture », tout en reconnaissant des « volontés d’avancées qu’on ne trouve pas ailleurs », notamment en raison des « enjeux financiers », puisqu’un film « abimé » par des accusations peut perdre un grand nombre de ses spectateurs.
    Echanges tendus avec Dominique Besnehard

    Parmi leurs très nombreuses auditions, les députés ont entendu, le 13 mars, l’ancien agent et producteur Dominique Besnehard, qui a semblé relativiser les accusations visant Gérard Depardieu, alors que l’acteur est notamment accusé de viol par l’actrice Charlotte Arnould. « Généralement, les cours de théâtre, on les fait dans un cours de théâtre, on ne va pas à domicile chez un acteur », a lâché Dominique Besnehard, ajoutant que l’actrice s’était rendue « deux fois » chez Gérard Depardieu.

    Au cours de son audition, le producteur de la série « Dix pour cent » a expliqué n’avoir plus de contact avec Gérard Depardieu, tout en rappelant qu’"il y a toujours la présomption d’innocence" : « Pour le moment il n’est pas condamné. »

    L’ancien agent a, en outre, affirmé avoir vu « des actrices dépasser un peu les bornes » : « On ne va pas dans un hôtel avec un metteur en scène », a-t-il estimé, évoquant « certaines actrices » qui, à Cannes, allaient « dans la chambre » d’Harvey Weinstein, « pour peut-être faire une carrière américaine ».

    Une séquence qui a donné lieu à un échange tendu, Sandrine Rousseau reprochant à Dominique Besnehard « d’avoir eu des propos de dénigrement des femmes qui parlent », celui-ci rétorquant : « Vous arrêtez de faire la morale à tout le monde ! ».

    Les médias et le cas Patrick Poivre d’Arvor

    Le champ de la commission d’enquête ayant été élargi au-delà la sphère du cinéma, les députés ont notamment auditionné l’ancien directeur de l’information de TF1, Robert Namias, le 7 novembre. Celui-ci a affirmé ne pas avoir eu connaissance, à l’époque, des graves accusations formulées à l’encontre de Patrick Poivre d’Arvor. « Si nous avions eu la moindre conviction, rapportée par des propos identifiés qu’il y avait eu agression sexuelle à TF1, il aurait dû quitter immédiatement l’entreprise », a déclaré Robert Namias.

    Lors de son audition, l’ex-dirigeant de TF1 a été interpellé par Estelle Youssouffa (LIOT). Ancienne journaliste à LCI, une chaîne du groupe, l’élue s’est dite « stupéfaite » par la ligne de défense de Robert Namias : si Estelle Youssouffa a reconnu que les accusations de viol n’étaient pas connues au sein du groupe TF1, elle a ajouté que le « harcèlement sexuel » reproché à Patrick Poivre d’Arvor l’était de « la rédaction et de la direction ».

    « Il est impensable, dans une maison remplie de journalistes, de plaider ’je ne savais rien’ », a-t-elle considéré. Une mise en cause jugée « péremptoire » par Robert Namias, qui a néanmoins reconnu que « l’omerta » régnait à TF1 « puisque personne [ne lui avait] parlé » des comportements les plus graves de PPDA.

    https://lcp.fr/actualites/violences-sexuelles-dans-le-cinema-retour-sur-les-moments-forts-de-la-commission
    #VSS #vidéo

  • Les violences sexistes et sexuelles dans les #transports_en_commun en #France

    Pour la première fois, l’Observatoire national des violences faites aux femmes publie une Lettre thématique dédiée aux violences sexistes et sexuelles dans les transports en commun en France (https://arretonslesviolences.gouv.fr/sites/default/files/2025-03/Lettre%2023%20Observatoire%20national%20des%20violences%20).


    Afin de mesurer l’ampleur et la nature de ces violences, la Miprof s’est appuyée sur les données des ministères des Transports, de l’Intérieur et de celles des opérateurs de transports.

    Publication des chiffres clés des #violences_sexistes_et_sexuelles dans les transports en commun :
    4 091 faits directement recensés en 2023 par les agent.es des compagnies
    3 374 victimes enregistrées par les forces de sécurité en 2024 (3% des victimes de violences sexuelles enregistrées tous lieux confondus)
    7% des victimes seulement déposent plainte => le phénomène reste extrêmement sous-évalué
    8 femmes sur 10 sont en alerte lorsqu’elles empruntent les transports

    A retenir :
    91% des victimes violences sexistes et sexuelles dans les transports en commun et collectifs en France sont des femmes selon l’enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité » du Ministère de l’Intérieur
    99% des auteurs de ces violences sont des #hommes, toujours selon le Ministère de l’Intérieur
    7 femmes sur 10 ont déjà été victimes de violences sexistes et sexuelles dans les transports franciliens au cours de leur vie selon l’enquête ENOV conduite pour la RATP. Cette proportion est encore plus élevée chez les jeunes avec 80% des femmes de 15 à 18 ans et 90% des femmes de 19 à 25 ans qui déclarent avoir été victimes au moins une fois dans les transports en Ile-de-France

    Si vous êtes victime ou témoin, d’une agression, de faits de harcèlement, y compris sexuels, dans les transports en commun, vous pouvez :
    Téléphoner au numéro 31 17
    Envoyer un SOS avec un simple SMS au 31 177
    Donner l’alerte via l’appli 31 17 Alerte, application mobile disponible pour iOS et Android
    Sur l’appli Transport Public Paris 2024 : appuyez sur le bouton « 31 17 » accessible dès la page d’accueil de l’application mobile
    Utiliser une borne d’appel en gare SNCF ou en station RATP

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/03/22/les-violences-sexistes-et-sexuelles-dans-les-t

    #violence #sexisme #VSS #transports_publics #RATP

  • Le #Procès du #Sexisme_ordinaire
    https://radioparleur.net/2025/01/16/le-proces-du-sexisme-ordinaire-2

    Cinq jeunes femmes ont porté plainte contre un ancien camarade de classe d’une école de théâtre privée à Paris. L’homme de 35 ans était jugé, le 9 décembre 2024, devant le Tribunal correctionnel de Paris pour agressions sexuelles, harcèlements sexuels et comportements à connotation sexiste et sexuel imposés de façon répétée. Au même tribunal […] L’article Le procès du sexisme ordinaire est apparu en premier sur Radio Parleur.

    #Au_fil_des_luttes #Carousel_1 #Féminisme #Harcèlement_sexuel #justice #violences_sexistes_et_sexuelles

  • Le #doctorat, une période propice aux #violences_sexistes_et_sexuelles selon un #rapport
    https://radioparleur.net/2024/12/20/le-doctorat-une-periode-propice-aux-violences-sexistes-et-sexuelles-se

    Il faut le crier haut et fort, les violences sexistes et sexuelles sont présentes dans tous les milieux. Elles ne sont pas exemptes du milieu doctoral, comme le montre une #enquête de l’Observatoire des Violences Sexistes et Sexuelles dans l’Enseignement Supérieur publiée le 16 décembre 2024. Une enquête sur les violences sexistes et sexuelles […] L’article Le doctorat, une période propice aux violences sexistes et sexuelles selon un rapport est apparu en premier sur Radio Parleur.

    #Au_fil_des_luttes #Carousel_1 #L'actu_des_luttes #enseignement_supérieur #Féminisme #harcèlement #recherche #université