• #Libye : « Entre la vie et la mort ». Les personnes refugiées et migrantes prises dans la tourmente des #violences en Libye

    En Libye, les personnes réfugiées et migrantes sont piégées dans un cycle de violences caractérisé par de graves atteintes aux #droits_humains, telles que la #détention_arbitraire pendant de longues périodes et d’autres formes de privation illégale de liberté, la #torture et d’autres #mauvais_traitements, les #homicides illégaux, le #viol et d’autres formes de #violences_sexuelles, le #travail_forcé et l’#exploitation aux mains d’agents gouvernementaux et non gouvernementaux, dans un climat d’#impunité quasi totale.

    https://www.amnesty.org/en/documents/mde19/3084/2020/fr
    #migrations #asile #réfugiés #violence #rapport #Amnesty_international #privation_de_liberté #droits_fondamentaux

    ping @karine4 @isskein

  • #Rohingya refugees allege sexual assault on Bangladeshi island | World news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/world/2020/sep/22/rohingya-refugees-allege-sexual-assault-on-bangladeshi-island

    Rohingya refugees allege they are being held against their will in jail-like conditions and subjected to rape and sexual assault on a Bangladeshi island in the Bay of the Bengal.

    A group of more than 300 refugees were taken to the uninhabited, silt island of Bhasan Char in April, when a boat they were travelling on was intercepted by Bangladeshi authorities.

    The refugees were attempting to sail from the sprawling camps of Cox’s Bazar on the Bangladeshi mainland to Malaysia. Like hundreds of thousands of others, they originally fled to Bangladesh from neighbouring Myanmar, where they faced violence and ethnic cleansing.

  • Violences sexuelles : deux policières racontent leur travail au quotidien - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/130920/violences-sexuelles-deux-policieres-racontent-leur-travail-au-quotidien?on

    Pour la première fois, les deux femmes à la tête de l’unité « mineurs » de l’OCRVP, en pointe dans la lutte contre la pédocriminalité et chargée de dossiers sensibles comme les affaires Matzneff, Epstein ou le témoignage d’Adèle Haenel, expliquent comment elles enquêtent sur les violences sexuelles. Et alertent sur le manque de moyens criant des services dédiés aux mineurs victimes.

    #paywall, seenthis pliiiiiiz, ne l’as tu point vu trainer sur les internet ???

    • Tataaaa !

      Elles pourraient être les héroïnes de la série Unbelievable, ce tandem de policières soudé qui ne compte pas ses heures pour traquer les violeurs en série. La commandante Véronique Béchu et son adjointe, la capitaine Katie Steel, dirigent le groupe central des mineurs victimes au sein de l’OCRVP (Office central pour la répression des violences aux personnes), spécialisé dans la lutte contre la pédocriminalité en France.

      Sur leurs bureaux, des dossiers sensibles comme les affaires Gabriel Matzneff, Jeffrey Epstein ou encore le témoignage d’Adèle Haenel. Et pléthore d’enquêtes plus « anonymes » (détention ou diffusion d’images pédopornographiques, corruption de mineurs, viols et agressions sexuelles sur mineurs, etc.), aux ramifications parfois internationales.

      Créé en 2006, l’OCRVP est, avec la brigade de protection des mineurs de Paris, le seul office de police judiciaire à enquêter sur cette thématique. Mais à ce travail d’investigation s’ajoute une dimension internationale et stratégique : participation à des groupes de travail au sein d’Europol et d’Interpol, animation de séminaires, formations, partenariats en France et à l’étranger.

      Habituées à travailler dans l’ombre, les deux policières ont accepté, pour la première fois, de raconter à Mediapart le travail au quotidien de leur unité. À une condition, que nous avons acceptée : aucune question sur le fond des procédures judiciaires en cours (lire notre Boîte noire).

      Ces deux anciennes de la brigade des mineurs évoquent leurs méthodes d’audition et d’enquête, la fierté de mener un travail aux effets concrets dans cette thématique « sacerdoce ». Mais elles alertent aussi, alors que le gouvernement organise à l’automne des états généraux sur la protection de l’enfance, sur le manque de moyens criant de leur unité, qui compte vingt fois moins d’enquêteurs que celle de leurs homologues britanniques. Ces dix-huit derniers mois, le nombre de leurs dossiers a explosé de plus de 200 %, notamment en raison de #MeToo. « On est clairement en sous-nombre. […] On est obligés de prioriser les dossiers, c’est atroce. […] Il faut une prise de conscience à tous les niveaux. »

      Mediapart : Pourquoi choisit-on de devenir policières sur ce sujet difficile de la pédocriminalité ?

      Véronique Béchu : Je suis dans la thématique depuis dix-sept ans, je n’avais pas d’appétence particulière au départ. Mais lorsque j’étais assistante de justice au cours de mes études de droit, 80 % des dossiers qui partaient aux assises et dont je m’occupais étaient des affaires de mœurs concernant des mineurs. Cela m’a plu. C’est l’une des thématiques où l’on se sent le plus utile, où l’on voit immédiatement les effets de ce que l’on fait, en matière de protection de l’enfance, de mise hors d’état de nuire d’un abuseur, d’une personne violente.

      La protection des personnes représente pour moi le métier de policier tel qu’il existe dans l’imaginaire de tous. Par ailleurs, cette thématique fait consensus. Il y a beaucoup de partenariats possibles à monter avec le milieu médical, le monde judiciaire, l’éducation nationale, Europol et Interpol, des ONG, et on travaille tous dans la même direction, ce qui n’est pas toujours le cas dans d’autres thématiques.

      Katie Steel : On traite des dossiers à un niveau plus important, on contribue davantage à changer les choses, car nous sommes en contact avec les partenaires qui influencent les campagnes de prévention, les évolutions législatives, etc., alors qu’en brigade des mineurs, très beau service dont nous sommes issues, on les subit, on passe davantage d’un dossier à un autre.

      Quelle est la spécificité des enquêtes sur la pédocriminalité ?

      V. B. : Il y a une dimension psychologique à prendre en compte dans tous les dossiers de violences sur les personnes, que l’aspect « mineurs » ne fait qu’exacerber. Si on veut pouvoir recevoir des confidences qui sont extrêmement compliquées à obtenir, tant du côté des victimes, de leurs entourages, que des auteurs, il faut faire preuve de psychologie, savoir être vraiment dans l’écoute, la compréhension. Être dans l’empathie, mais pas trop, ne pas se laisser déborder, ne pas avoir de préjugés.

      Dans nos dossiers, on a l’habitude de dire qu’il n’y a pas de normalité, pour mettre à l’aise les gens, parce que c’est extrêmement important qu’ils ne se sentent pas jugés, quelle que soit la façon dont ils agissent, ou ce qu’ils ont pu faire. C’est la même chose pour les violences sexuelles à l’égard des majeurs. Une personne peut avoir une sexualité qu’on pourrait, avec nos propres référents, qualifier de « débridée » ou « d’inhabituelle », cela ne veut pas pour autant dire qu’elle a cherché à être agressée. Donc pas de jugement. On reçoit les informations brutes.

      Dans les affaires de violences sexuelles, on fait encore face au stéréotype de la « victime parfaite », dont le comportement, la vie, la tenue devraient être irréprochables. Comment luttez-vous contre ce préjugé ?

      K. S. : La « victime parfaite » n’existe évidemment pas. En tant que policiers, nous traitons toutes les victimes de la même manière. Chez les jeunes mineurs, c’est plus facile que chez les adolescents et les majeurs, où ce préjugé existe : l’enfant a moins de vécu et potentiellement un parcours davantage en ligne droite ; et on n’attend rien d’un enfant, car il est toujours vu, par tout le monde, comme une victime.

      V. B. : Cela peut être piégeux, d’ailleurs. Il est estimé actuellement qu’à partir du moment où c’est un enfant, il a toujours raison. Or, absolument pas : sa parole n’est pas d’or.

      Pourquoi un témoignage de victime peut-il mettre des décennies à surgir, et en quoi cela complique-t-il l’enquête ?

      V. B. : Quand les faits sont intervenus dans le cadre familial, on sait pertinemment que parler a des conséquences sur de nombreuses personnes, que cela fait voler en éclats l’image que toute la famille peut avoir de la personne visée par les dénonciations, que c’est déstabilisant pour la victime, qu’il y a la peur du qu’en-dira-t-on. C’est vraiment une décision extrêmement personnelle. Jamais on ne leur dira, même si cela fait des années, même s’il y a eu d’autres victimes ensuite : « Mais vous auriez dû parler avant. » Jamais.

      K. S. : Il y a le traumatisme, qui fait qu’on met de côté et que cela remonte plus tard, la honte, la culpabilité. Et, souvent, la victime aime bien la personne qui l’agresse, même si elle n’aime évidemment pas les abus. Parfois, on reçoit des gens qui ne sont pas encore prêts à porter plainte, on discute, on ne les force jamais à déposer plainte. Par contre, on les informe du délai de prescription. Il arrive qu’ils reviennent la veille de la prescription.

      Comment mène-t-on des auditions de victimes enfants – des enfants parfois si jeunes qu’ils parlent à peine ? A-t-on progressé dans ces techniques d’audition ?

      V. B. : On est formés pour cela – une formation de deux à trois semaines. Chaque audition est différente, parce que chaque enfant est différent. On applique en l’adaptant un nouveau protocole plus précis (protocole du NICHD – National Institute of Child Health and Human Development), en trois phases.

      La première phase est la mise en confiance – particulièrement important pour les tout petits. D’abord, on établit les règles de communication. On s’identifie – on n’est pas son copain, il faut toujours qu’il ait en tête que nous sommes une autorité –, tout en ayant un lien qui soit fluide avec lui. On n’est pas en tenue, on est dans une salle adaptée aux enfants, où il y a des jeux, la possibilité de faire des dessins. On essaye de voir s’il fait la différence entre la vérité et le mensonge.

      K. S. : Il faut qu’on puisse instaurer un dialogue. On donne notre attention à l’enfant. La plupart du temps, il aime être écouté. On part par exemple d’un événement récent qui lui a plu, comme son dernier goûter d’anniversaire, on lui demande de le raconter en détail, on l’entraîne à utiliser sa mémoire.

      V. B. : Cela nous permet de voir son niveau de langage, sa psychomotricité, s’il arrive à se repérer dans le temps et dans l’espace, et nous aiguille dans le type et la formulation des questions qu’on va pouvoir lui poser. La deuxième phase, on laisse l’enfant parler – comme pour les adultes, d’ailleurs. Car 80 % des éléments utiles et non pollués dans une audition sont donnés au cours de ce « récit libre ».

      Dans cette phase, on ne demande pas de précisions, même si l’enfant a du mal à tout raconter de façon chronologique et avec les détails. Parce que si l’on coupe quelqu’un dans son récit, il ne reprendra jamais là où il s’est arrêté. Le travail de mémoire est perturbé, c’est terminé. La troisième phase, ce sont les questions, qui doivent obligatoirement être ouvertes.

      K. S. : On rebondit uniquement sur les éléments qu’ils nous ont apportés dans le récit libre. Par exemple, si on pense que quelque chose s’est passé dans une voiture, mais que l’enfant ne nous a jamais parlé de voiture, on ne va pas dire : « Est-ce que ça s’est passé dans une voiture ? », on va poser des questions beaucoup plus ouvertes, pour savoir s’il nous en parle.

      V. B. : Il faut que notre question enclenche un nouveau récit. Pas juste une réponse, oui/non. Il faut proscrire les questions à choix multiples, parce que l’enfant ne retiendra que le dernier choix…

      K. S. : Même chose avec les réponses dans les questions, par exemple : « Le ciel est orange, n’est-ce pas ? » Ça, c’est catastrophique, parce que l’enfant est habitué à dire « oui » aux adultes, donc il répondra « oui ».

      Retenir l’attention d’un enfant le temps d’une audition est difficile. Comment gère-t-on et interprète-t-on ses silences, sa lassitude, ses refus de répondre ?

      V. B. : Les techniques d’évitement (par exemple quand il n’écoute pas ou est moins attentif), les silences, peuvent aussi vouloir dire des choses. Il ne faut pas essayer de combler ces silences, ils peuvent être stratégiques à un moment où les faits sont compliqués à verbaliser. On retranscrit dans nos procès-verbaux le comportement de l’enfant, s’il s’agite, se lève tout le temps, etc., et les auditions sont communiquées aux pédopsychiatres qui vont examiner les enfants aux unités médico-judiciaires. Ce double examen médical et psy est obligatoire dans les procédures d’abus sexuels sur mineurs.

      K. S. : On peut aussi utiliser les silences : si on les laisse s’installer, la personne auditionnée va vouloir d’elle-même parler au bout d’un moment pour les combler. Alors on obtiendra peut-être des informations supplémentaires.
      « On retrace le parcours de vie complet de l’auteur comme de la victime, dans tous les domaines »

      Est-ce que le fiasco judiciaire de l’affaire Outreau en 2004 a changé quelque chose dans votre travail ? Avez-vous davantage peur de témoignages biaisés, de paroles d’enfants influencées, d’un effet de contamination ?

      V. B. : Ce n’est pas une peur, mais c’est quelque chose qu’on a toujours à l’esprit. Nous n’avons pas eu besoin d’Outreau pour savoir que la parole de l’enfant ne doit pas être prise à 100 %. Cela reste une base pour une enquête, la procédure n’en reste pas moins à charge et à décharge. Et si rien ne contextualise l’audition d’un enfant, c’est extrêmement compliqué. Après Outreau, on a continué à travailler de la même façon, simplement le protocole d’audition a été adapté, parce que de nouvelles techniques (le protocole du NICHD notamment) sont arrivées. Il n’y a pas eu d’énorme révolution.

      Quel peut être le cheminement d’un enfant qui est victime de pédocriminalité ? Comment arrive-t-il jusqu’à vous ?

      V. B. : À la brigade des mineurs, la plupart du temps, on part du témoignage de l’enfant ou d’un signalement – effectué par les écoles, les infirmières scolaires, les psychologues, les médecins, les pédiatres, les mères, des proches de la famille, quelqu’un de confiance à qui l’enfant s’était confié. Nous, on fait plutôt le cheminement inverse, puisque, en dehors des dossiers spécifiques et sensibles, on constate l’infraction sur Internet. Et donc on essaie d’aller jusqu’à l’enfant, de l’identifier et de recevoir ses déclarations.

      Qu’est-ce qui peut justifier un signalement ?

      V. B. : C’est tout le problème, il n’y a pas de critère, c’est propre à chacun. Il y a actuellement des réflexions sur l’idée d’un panel de signaux faibles, sur lequel les gens pourraient s’appuyer pour faire des signalements. Les personnes ont souvent peur de faire des signalements, peur des conséquences, pour elles ou pour les protagonistes.

      Mais rappelons que toute personne qui aura fait un signalement, même s’il ne débouche pas sur des faits avérés, ne sera jamais poursuivie de quoi que ce soit. On considère qu’elle a fait son travail de citoyen. Souvent, les signaux faibles montrent un problème, pas forcément des abus sexuels, cela peut être des abus psychologiques, une carence familiale, une situation matérielle et morale défaillante.

      Quels sont ces signaux faibles ?

      K. S. : Un enfant qui travaillait très bien à l’école et qui, du jour au lendemain, lâche complètement. Un enfant qui se remet à faire pipi au lit. Un mineur dans un club de sport qui, après le match, est le seul à ne pas aller sous la douche avec les copains. C’est peut-être parce qu’il est pudique, mais ça peut aussi être parce qu’il a des hématomes ou que cela le dérange d’être nu car, pour lui, c’est le moment où il arrive quelque chose. Ces signaux ne veulent pas forcément dire qu’il y a des abus sexuels, mais ce sont des petites choses qui, cumulées, peuvent amener à s’inquiéter.

      Dans les dossiers de violences sexuelles, comment sort-on du parole contre parole et arrive-t-on à établir les faits ?

      K. S. : Tout dépend de l’ancienneté des faits et de l’existence ou non de preuves matérielles. S’il n’y en a pas, l’important est de recueillir le maximum de témoignages possibles, à charge et à décharge.

      V. B. : Ce sont d’ailleurs les dossiers les plus longs et ceux où l’on fouille le plus. Dans une affaire sur des faits anciens, j’ai entendu environ 350 personnes pour établir les faits. C’est un gros travail d’environnement, où l’on retrace le parcours de vie complet de l’auteur comme de la victime, dans tous les domaines. Après, on cherche les incohérences dans les discours, on fait des recoupements.

      K. S. : Par exemple, la victime nous dit que le mis en cause dort avec des chaussettes. Lui, il dit que non. On va questionner tout l’entourage, ses anciennes compagnes, pour savoir s’il dort avec des chaussettes ou pas. Si elles disent que oui, cela nous donne un élément pour dire que, s’il a menti sur un détail aussi insignifiant, il est donc susceptible de mentir sur des points plus cruciaux. Cela permet également de renforcer la véracité des propos de la victime : elle disait la vérité sur le fait qu’il dorme avec des chaussettes.

      Quelles peuvent être les preuves matérielles dans vos enquêtes ?

      V. B. : On peut trouver de l’ADN, des documents (mails, lettres, carnets scolaires, carnets de santé, etc.), des données téléphoniques (avec la limite de la loi et de la courte durée de conservation), des images vidéo. Par ailleurs, dans les affaires de violences sexuelles, les victimes font l’objet d’un examen médical approprié et sont aussi vues – comme les mis en cause – par des psychiatres ou des psychologues, ce qui nous donne des éléments de personnalité.

      Retrouve-t-on un profil type des pédocriminels ?

      V. B. : Psychologique, oui. Ils ont souvent au moins trois traits de caractère redondants : égocentrés, narcissiques ; immatures affectivement ; et incapables de mettre en place des relations interpersonnelles avec des gens de leur âge. Mais il n’y a pas de profil d’âge, socio-culturel, professionnel.

      Dans la cybercriminalité, ce sont des hommes. Quand il y a des femmes impliquées, c’est le plus souvent dans le cadre d’un couple, et en général les abus qu’elles commettent ne sont pas pour leur propre plaisir sexuel mais pour celui de leur conjoint. Enfin, les femmes abuseuses le font plutôt dans un cadre intra-familial.

      K. S. : Il peut y avoir des profils très différents. Ceux qui cherchent l’attention ou l’amour de l’enfant ; ceux qui l’utilisent comme un objet, peu importe son attitude, pour leur propre plaisir ; ceux qui se disent « amoureux » de lui.

      Le risque du mensonge des victimes, d’un faux témoignage, est souvent agité dans les affaires de violences sexuelles. Les études existantes évoquent des chiffres oscillant entre 0,62 % et 10 % de plaintes « infondées », selon les pays et les définitions. A-t-on des chiffres en France ?

      V. B. : Non, la thématique des violences sexuelles est celle où l’on a le moins de statistiques. On a beaucoup de témoignages dans ce sens, mais on ne peut pas appeler cela des « faux témoignages ». Cela peut être une adolescente qui a eu des relations sexuelles consenties, ne veut pas que cela se sache et pour s’extraire du courroux familial dit qu’elle a été abusée. Ou un enfant instrumentalisé par ses parents dans le cadre d’une procédure de séparation.

      K. S. : Car, dans ce cadre, des choses peuvent être suggérées ou dites par les parents, même sans vouloir faire de mal, et hors contexte… Mais on est formés à pouvoir faire la différence et on arrive à déceler assez vite ce type de déclarations, d’abord dans le récit de la personne, ensuite dans le reste de l’enquête, qui le démontre très vite.

      Dans l’un de mes dossiers, une jeune femme avait dit avoir été violée dans le métro. On a récupéré toutes les vidéos du métro. En réalité, elle avait loupé son oral d’examen et dit à ses parents que c’était parce que cela s’était passé après un viol : ils l’avaient emmenée déposer plainte. Dès le début de l’audition, on avait des doutes : son comportement, sa façon de raconter, certains éléments. Mais nous avions de toute façon enquêté sans jugement, en récoltant des éléments à charge et à décharge.

      Et du côté du mis en cause ?

      K. S. : On dresse son CV, puis on le laisse raconter, dans une phase de discours libre, sans poser de questions ou dire ce que l’on a. Cela permet de faire émerger des incohérences par rapport à ce qu’il va répondre ensuite, lors de questions plus précises.

      Comment on identifie un pédocriminel ? Quelles sont vos méthodes d’enquête ?

      V. B. : Nos techniques d’enquête doivent rester discrètes, voire secrètes. Les pédocriminels lisent beaucoup sur le sujet – y compris dans la presse –, pour s’adapter et ne pas commettre d’erreurs qui mèneraient à leur identification. Sur les forums de conseils, ils écrivent : « Je vais commencer à diffuser, je veux savoir comment me protéger. » Donc nous ne pouvons rien divulguer.

      K. S. : C’est vraiment une communauté, ils discutent entre eux de la manière de faire, sur des forums, des blogs. On a des dossiers où l’on voit des communications du type : « Je vais essayer d’agresser ma fille, elle a 5 ans, comment je fais ? » Sur le darknet, on trouve des tutos expliquant comment agresser sans laisser de traces. Ou encore des tentatives de reconstitution d’enquêtes sur des affaires médiatisées, à partir d’articles de presse.

      V. B. : C’est une communauté qui s’adapte, qui est très mobile. Europol a d’ailleurs mis en place un site, Trace an Object, consultable par tous, qui permet d’extraire le décor d’une vidéo intéressant les enquêteurs et, par l’intervention des internautes, d’identifier le lieu de production des images (par exemple via l’un des objets du décor). C’est une aide particulièrement appréciable du public, compte tenu de la charge de travail inhérente à cette thématique.

      Est-ce que le fichier des auteurs d’infractions sexuelles et violentes (Fijais) a fait avancer les choses ? À l’inverse, est-ce qu’on n’est pas trop rivés sur ce fichier dans certaines enquêtes ?

      K. S. : Cela permet un suivi régulier des personnes qui y sont inscrites, notamment de leur adresse actuelle. Quand on a un fait sur un lieu précis, ce fichier s’avère très utile. Il permet aussi d’empêcher certaines personnes d’accéder à des professions avec des enfants, même si ce contrôle devrait être impératif pour un certain nombre de professions et concerner également les bénévoles.

      V. B. : On voit aussi le parcours criminel des individus, s’il y a une escalade dans la commission des faits, qu’untel a potentiellement pu passer à l’acte avec un contact physique avec le mineur. Mais, a contrario, ce n’est pas parce qu’il n’est pas dans le fichier qu’on va se dire : « On laisse tomber. » On aura plutôt le réflexe de se dire : « Lui est toujours passé sous les radars », et on va essayer de trouver pourquoi.

      Obtenez-vous souvent des aveux en garde à vue ?

      V. B. : Oui, dans la majorité de nos procédures. Parce que souvent nous avons les preuves matérielles avant. Beaucoup ont même tendance à expliquer leur geste. Certains sont « soulagés » d’avoir été attrapés. Ceux-là ne sont pas des prédateurs, ils ont parfois de l’empathie pour les enfants qu’ils ont agressés. En jouant là-dessus, et sur l’importance pour l’enfant que l’auteur reconnaisse les faits, souvent ils viennent aux aveux. D’autres peuvent parler librement de ce qu’ils ont fait aux enfants, car ils en sont malheureusement fiers, estimant que c’est un mode de vie qui devrait être légalisé.

      Combien de dossiers sont traités chaque année par les policiers spécialisés dans les violences faites aux mineurs ?

      V. B. : Nous avons environ 250 à 300 saisines par an. Nous sommes 14 enquêteurs, on fait une moyenne de 25 à 30 gardes à vue à l’année, ce qui mobilise quatre personnes par garde à vue, le plus souvent en province, et ce qui revient à être parti une semaine sur deux. Ce sont des dossiers très souvent avec des volets internationaux, donc des missions à l’étranger. Chaque dossier est piloté par un directeur d’enquête, auquel on peut assigner un assistant, si besoin – notamment pour les dossiers complexes ou sensibles, comme Matzneff ou Epstein.

      Combien de temps passez-vous en moyenne sur un dossier ?

      V. B. : Quand on commence une enquête, on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Un dossier sur lequel on peut se dire qu’en trois mois, c’est fini peut s’avérer énorme, avec un élément à l’origine de l’enquête qui n’était, en fait, que la partie émergée de l’iceberg : on peut alors y passer des années. On peut identifier rapidement l’auteur, ou parfois on peut avoir un dossier de corruption de mineurs dans lequel on a pléthore de victimes (parfois plusieurs dizaines), et cela nous prendra deux ans. Et dès qu’il y a un volet international, on multiplie par trois le temps, minimum.

      Avez-vous constaté une augmentation du nombre de dossiers dont vous êtes saisies ces deux dernières années ?

      V. B. : Oui, en dix-huit mois, nos saisines ont augmenté d’environ 200 à 250 %. Cela s’explique d’une part par l’utilisation d’outils qui nous permettent de détecter des auteurs potentiels et des victimes. Et, d’autre part, par la libération de la parole, la prise de conscience sur ces questions.

      K. S. : Il y a aussi davantage de signalements, notamment pour les faits commis à l’étranger, sur des Français qui voyagent, car les gens commencent à devenir plus vigilants.

      Donc il y a eu aussi un « effet #MeToo » sur les dossiers de pédocriminalité ?

      K. S. : Oui, pour les adolescents et pour les faits anciens. Après #MeToo, on a eu plus d’appels en brigade des mineurs pour des faits anciens.

      V. B. : Après la diffusion du film Polisse (2011) de Maïwenn aussi. Des gens de 70 ans nous appelaient pour dire qu’ils avaient été victimes. Avant, beaucoup ne savaient pas qu’il y avait des services dédiés à la lutte contre la pédocriminalité.
      « Dans notre unité, nous sommes 14 enquêteurs, quand les Britanniques sont 250 »

      Avec quels moyens enquêtez-vous ?

      V. B. : Dans notre unité, nous sommes 14, quasiment au même niveau qu’en Roumanie (10 enquêteurs), quand les Britanniques sont, pour leur part, 250 et les Néerlandais 130. Il faudrait que nous soyons dix fois plus. On est clairement en sous-nombre. Tous les services dédiés aux mineurs victimes sont engorgés, à chaque niveau. Y compris nos partenaires : la justice, les médecins, les psychologues, les experts psy. Il faut une prise de conscience à tous les niveaux.

      Avez-vous l’impression que le gouvernement prend la mesure de ce gigantesque problème de santé publique ?

      V. B. : Ça commence. On est aux balbutiements de la prise de conscience. On milite pour qu’il y ait un plus grand nombre de services spécialisés et formés dans toutes les professions concernées par les violences sexuelles envers les mineurs.

      Tous les enquêteurs ne sont pas formés spécifiquement pour les auditions d’enfants victimes ?

      V. B. : Non, c’est le souci. Il n’y a pas assez de formations, cela coûte très cher. Très souvent, les collègues sont déjà affectés avant d’être formés. Il faudrait qu’il soit obligatoire de faire une série de stages avant d’arriver dans les services, comme c’est le cas au renseignement. Quand je suis arrivée à la brigade des mineurs, j’ai d’abord assisté à des auditions derrière la glace sans tain, puis j’ai été « officiellement » formée quatre ans après. Ce n’était qu’une formalité, car je faisais déjà des auditions depuis longtemps, en utilisant des techniques que mes collègues m’avaient eux-mêmes enseignées.

      Mais maintenant, ce n’est plus possible, d’une part parce que le protocole du NICHD est très particulier et, d’autre part, parce les enquêteurs formés en poste ont trop de dossiers, et donc plus le temps de le faire. D’autant que, avant, les enquêteurs restaient très longtemps en poste, en moyenne dix, douze, voire quinze ans, ce qui n’est plus automatiquement le cas maintenant. Ce sont des services usants.

      Le gouvernement a annoncé la tenue, à l’automne, d’états généraux de la lutte contre les violences faites aux enfants. Qu’en attendez-vous ?

      V. B. : Beaucoup. Une augmentation significative des moyens humains, toutes professions confondues, et un plan national interministériel sur la thématique, permettant ainsi une cohérence d’actions entre tous les partenaires de la thématique. D’ailleurs, nous avons déjà réfléchi, à notre niveau, à un développement central et local de notre unité, un projet qui a reçu l’agrément du directeur central de la police judiciaire. Car aujourd’hui, on manque de moyens humains, on est obligés de prioriser les dossiers et ça, c’est atroce. On ne devrait pas avoir à le faire.

      K. S. : L’augmentation du nombre de dossiers et le manque de temps génèrent beaucoup de frustration et de stress chez les enquêteurs. Ils veulent faire plus et ce n’est pas possible.

      Les enquêteurs travaillant sur cette thématique difficile bénéficient-ils d’un suivi psychologique ?

      V. B. : À la différence des autres services traitant la thématique, nous avons un « suivi » psy (deux entretiens par an), mais c’est l’exception.

      K. S. : Dans notre unité, cela a été rendu obligatoire, mais ça ne l’est pas dans ce type de service, cela doit être une volonté de la hiérarchie.

      Comment se détache-t-on de ces sujets difficiles ?

      V. B. : On essaie d’avoir une cohésion, d’échanger ensemble sur nos dossiers, de déjeuner en groupe, de rire pour se libérer aussi. Et quand on voit que parfois des collègues ne sont pas capables de passer à autre chose sur un dossier, on a un débriefing psy exceptionnel. On essaye d’être très à l’écoute et vigilantes en tant que cheffes d’unité.

      Ces dossiers génèrent-ils davantage de burn-out ? Car votre responsabilité est énorme…

      V. B. : Je pense au contraire qu’il y en a moins. Parce qu’on se sent particulièrement utiles, que cette thématique est communautaire, même au sein des policiers, et qu’il y a une cohésion dans les unités qu’on retrouve peut-être moins ailleurs. Mais c’est vrai que cette thématique est un sacerdoce. On ne fait pas des heures de fonctionnaire. On est rappelables le week-end, pendant les congés. Des collègues reviennent pendant leurs congés sur des dossiers qui leur tiennent à cœur. Pour certaines techniques d’enquête comme l’enquête sous pseudonyme, ce n’est pas 9 heures-18 heures : la surveillance des réseaux, des tchats, c’est du H 24.

      Est-ce que pour vaincre la pédocriminalité, il ne faudrait pas renforcer d’autres moyens que les vôtres, en amont ?

      V. B. : Il faut absolument agir en matière de prévention : interventions en milieu scolaire, dans le milieu sportif, auprès du personnel éducatif mais aussi des enfants et des parents, comme on le fait sur la thématique des drogues. En Scandinavie, les agressions sont en baisse parce que les enfants sont vigilants. Être maintenu dans la méconnaissance et l’ignorance ne protège pas les enfants, c’est le contraire.

      K. S. : Les mineurs produisent eux-mêmes les images qui peuvent être utilisées par les pédocriminels, parce qu’ils se prennent en photo, sont derrière leurs écrans, pensent parler à des mineurs. Si on faisait davantage de prévention, on pourrait diminuer de moitié ce type de dossiers de corruption de mineurs.

      Comment jugez-vous l’accueil dans les commissariats sur le sujet des violences sexuelles ?

      V. B. : Quand on se présente dans un commissariat, on est en général reçu par une personne à l’accueil, pas nécessairement formée au recueil de la parole des victimes. Il faudrait mettre en place un système de pré-plainte, pour les dossiers qui ne sont pas des flagrants délits, qui ne nécessitent pas d’obtenir immédiatement des preuves matérielles (prélèvements, blocage de caméras), avec la possibilité de prendre rendez-vous.

      K. S. : Quand il y a un service spécialisé sur le lieu de plainte, les victimes sont généralement rapidement reçues pour être entendues par des personnes formées. Malgré cela, souvent, ce personnel formé fait défaut dans les commissariats. Mais ces dernières années, des programmes de formation ont été mis en place.

      Comment expliquez-vous que, dans certains procès-verbaux, on trouve encore des propos problématiques ou des jugements de la part des policiers, sur la tenue des victimes par exemple ?

      K. S. : C’est souvent une maladresse dans la façon de poser les questions qui sont nécessaires à l’enquête. Parfois, les enquêteurs manquent simplement de pédagogie : quand on questionne les personnes sur des détails de leur vie, ou sur la manière dont elles étaient habillées, il faut expliquer pourquoi. Dire par exemple qu’il est important qu’on connaisse la tenue vestimentaire pour notre travail d’exploitation des vidéos issues des caméras de vidéosurveillance, ou bien pour identifier d’éventuels vêtements retrouvés comme étant ceux portés par la victime au moment des faits, et donc faire des recherches d’éventuelles traces.

      Il y a, encore aujourd’hui, des refus de prendre des plaintes pour des faits de violences sexuelles. Comment l’expliquez-vous ?

      K. S. : Il y a une nouvelle charte d’accueil dans les commissariats, qui précise l’obligation de prendre les plaintes. Quand j’ai travaillé en commissariat, jamais on n’a refusé de prendre des plaintes. C’est très rare. Même si elles étaient peut-être mal prises, les plaintes étaient prises.

      V. B. : Le souci, en général, c’est que la personne se présentant au commissariat s’est dit : « C’est maintenant, je suis prête, j’y vais », après y avoir pensé pendant des jours, des mois ou des années. Et lorsqu’elle arrive, il est possible que tout le monde soit occupé, qu’on lui annonce plusieurs heures d’attente ou qu’on ne puisse pas recueillir son témoignage dans de bonnes conditions. Et c’est peut-être pour cela qu’on ne prend pas la plainte immédiatement. Mais, encore une fois, c’est certain qu’il y a quelque chose à faire en termes de moyens humains et de pédagogie auprès des victimes potentielles se présentant dans leur commissariat. D’autant que si, dès le début, la relation avec la victime est biaisée par un mauvais accueil, c’est compliqué pour le reste de la procédure.

      Vous vous heurtez souvent, dans vos enquêtes, à la prescription. En 2018, le délai est passé de vingt à trente ans pour les crimes sexuels sur mineurs. Qu’est-ce que cela change ?

      V. B. : Pour l’instant, rien, parce que la loi n’est pas rétroactive. Mais avoir gagné dix ans, c’est incomparable.

      K. S. : Trente ans pour ce type de faits [à partir de la majorité – ndlr], c’est raisonnable. Souvent, il y a un traumatisme tel que la personne n’est pas en mesure, avec le silence autour de ce type de faits, d’en parler, et ne peut le faire que lorsqu’elle est stable dans sa vie – par exemple en couple, avec une famille, donc souvent assez tard. À 38 ans, on n’est pas forcément prêt, à 48 ans davantage.

      Au Canada, l’imprescriptibilité est le principe retenu pour tous les crimes. Dans l’une de nos enquêtes, une victime s’interrogeait : « Pourquoi l’État déciderait qu’à partir de tant d’années je dois pardonner ? » Qu’est-ce que changeraient la suppression de la prescription ou un nouvel allongement des délais ?

      V. B. : À un moment donné, le temps passant, cela devient compliqué de récolter des preuves. On ne peut plus enquêter dans de bonnes conditions : tous les témoins seront décédés ou ils ne se souviendront plus d’éléments pouvant aider à la manifestation de la vérité.

      K. S. : Il faut savoir que, prescription ou pas, on travaille. Si la personne veut venir déposer plainte ou témoigner, on va la recevoir, on prend toujours sa plainte. Notamment parce qu’il y a potentiellement des risques que l’individu sévisse encore.

      V. B. : Et est-ce qu’une victime de 60 ans recherche obligatoirement que son auteur soit condamné à une peine de prison ? Il faudrait un statut un peu autre qu’une condamnation pénale, et c’est très compliqué.

      Par contre, il y a un travail de pédagogie à faire auprès de la victime sur la prescription des faits (sur le fait que cela ne doit pas la freiner dans son désir de parler de ce qu’elle a subi). Car même si les faits sont prescrits, il n’en reste pas moins que c’est extrêmement important pour elle de se retrouver un jour au sein d’un tribunal, de pouvoir témoigner et de voir que, grâce à son intervention, d’autres personnes ont révélé des faits non prescrits et que cela a permis de mettre un coup d’arrêt aux activités de l’individu. C’est gratifiant, valorisant, elle devient un maillon à part entière de la chaîne.

      Que répondez-vous à ceux qui sont surpris par les moyens mis en œuvre et la rapidité dans les enquêtes – très médiatisées autour des témoignages d’Adèle Haenel ou de Vanessa Springora ?

      V. B. : Ce n’est pas traité plus vite parce que ce sont des personnalités, c’est faux. Par exemple, si l’enquêteur chargé du dossier dit « médiatique » a un dossier d’une petite fille abusée sexuellement au même moment où il est censé faire la garde à vue du mis en cause du dossier médiatique, on laissera tomber la garde à vue pour travailler sur l’enfant en danger immédiat.

      K. S. : Pour nous, ce qui importe, c’est l’urgence actuelle : les victimes qui sont encore en danger potentiel et les flagrants délits.

      Certains soulignent en particulier la réactivité de la justice dans l’ouverture des enquêtes visant Christophe Ruggia (mis en examen après la plainte d’Adèle Haenel) et Gabriel Matzneff, ou la rapidité des investigations dans « l’affaire Ruggia » et sa mise en examen deux mois et demi après l’ouverture de la procédure.

      V. B. : L’enquête concernant les faits dénoncés par Adèle Haenel est à peine entamée. Cela prendra des mois. Le temps judiciaire est, de toute façon, toujours long. Après, on agit en fonction du risque de dépérissement des preuves. C’est tout un équilibre de données qui font qu’à l’instant T on choisit plutôt tel ou tel dossier.

      K. S. : Dans la plupart des cas, les mis en cause ne sont pas au courant de l’enquête en cours et on préfère avoir le plus d’éléments possibles avant de les interroger. Mais quand ils sont au courant, c’est important de faire la garde à vue rapidement, parce qu’ils peuvent potentiellement faire disparaître des preuves. Quant aux ouvertures d’enquêtes préliminaires par le parquet, dès qu’on est au courant des faits, on ouvre automatiquement, dans tous les dossiers, tous les jours. Sauf que ce n’est pas dans les journaux…

      Avez-vous connu des entraves sur des dossiers concernant des personnalités connues ? Notez-vous une évolution à ce niveau-là ?

      K. S. : Peu importe la personne mise en cause, je traiterai le dossier de manière identique. On aura de moins en moins de gens protégés, car les personnes aux responsabilités ne veulent plus être mêlées à des investigations dans notre thématique, même le fait d’être juste ami avec la personne mise en cause peut mettre à mal une carrière.

      Que pensez-vous du débat sémantique pédophilie/pédocriminalité ? Quel terme utilisez-vous ? Et jugez-vous, comme certains, le terme « pédocriminel » militant ou trop idéologique ?

      V. B. : « Pédocriminalité », on trouve cela très bien, ce n’est militant en rien. La pédocriminalité est une réalité, qui a plusieurs dimensions : des violeurs, des agresseurs, des diffuseurs, des détenteurs, des consultants. « Pédophile » ne regroupe pas l’intégralité des individus auxquels on a affaire. Cela veut dire « qui aime les enfants », nous estimons que ce n’est pas de l’amour, ce sont eux qui se targuent d’aimer les enfants. Et les pédophiles concernent les enfants prépubères, or, il y a de plus en plus de pédocriminels qui ont accès à des enfants tout juste pubères.

      De la même manière, l’expression « tourisme sexuel » n’a plus cours dans les instances internationales, on parle d’agresseurs d’enfants itinérants. Car le tourisme, c’est sympa, pas les agressions d’enfants…

      Dans un rapport publié le 7 septembre, auquel la France a participé, Interpol alerte sur l’accroissement de l’activité des pédocriminels sur Internet durant l’épidémie de Covid et la réduction du nombre de signalements de cas de violences ou d’exploitation sexuelles d’enfants. L’avez-vous constaté à votre niveau ?

      K. S. : Tout à fait. Le confinement a eu un impact significatif sur les téléchargements de contenus pédopornographiques (plus de téléchargements et pour des quantités plus importantes). Concernant les signalements, il y en a eu, mais, pour l’instant, nous n’avons pas le recul nécessaire pour connaître l’impact du Covid sur les faits intrafamiliaux. Au cours du confinement, nous avons participé au dispositif mis en place par l’association L’Enfant bleu dans le jeu vidéo très prisé des enfants Fortnite, qui permettait de signaler être victime d’abus : 600 signalements ont été effectués.

      #violences_sexuelles #témoignage #police #OCRVP #pédocriminalité #Véronique_Béchu #Katie_Steel

    • Comment on identifie un pédocriminel ? Quelles sont vos méthodes d’enquête ?

      V. B. : Nos techniques d’enquête doivent rester discrètes, voire secrètes. Les pédocriminels lisent beaucoup sur le sujet – y compris dans la presse –, pour s’adapter et ne pas commettre d’erreurs qui mèneraient à leur identification. Sur les forums de conseils, ils écrivent : « Je vais commencer à diffuser, je veux savoir comment me protéger. » Donc nous ne pouvons rien divulguer.

      K. S. : C’est vraiment une communauté, ils discutent entre eux de la manière de faire, sur des forums, des blogs. On a des dossiers où l’on voit des communications du type : « Je vais essayer d’agresser ma fille, elle a 5 ans, comment je fais ? » Sur le darknet, on trouve des tutos expliquant comment agresser sans laisser de traces. Ou encore des tentatives de reconstitution d’enquêtes sur des affaires médiatisées, à partir d’articles de presse.

      V. B. : C’est une communauté qui s’adapte, qui est très mobile.

      c’est ça le vrai complot pédo, que la conspiration #Qanon ridiculise, ces abrutis.

  • #Marlène_Schiappa, le #fémonationalisme et nous

    Juillet 2020. Dans le cadre d’« opérations de reconquête républicaine », Marlène Schiappa en appelle au « bon sens », entendre : « Si la maison de votre voisin s’effondre, vous l’accueillez. Mais s’il se met à tabasser votre sœur, vous le virez ! » C’est en ces termes qu’elle se félicite de la mise en place, par ses soins, de la #double_peine pour les étrangers coupables de violences sexistes et sexuelles. Accusée de promouvoir le fémonationalisme — c’est-à-dire un féminisme qui instrumentalise les #droits_des_femmes à des fins nationalistes et identitaires —, la porte-voix du gouvernement Macron a répondu n’avoir « aucune leçon de féminisme à recevoir de qui que ce soit ». Plus qu’une participation à la présente polémique, la sociologue et écrivaine Kaoutar Harchi entend ici, en guise de prolongement, rappeler la nécessité de déployer, face aux menées libérales et xénophobes, « un féminisme antiraciste et anticapitaliste ».

    À peine nommée ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, en charge de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, ancienne secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les hommes et les femmes et de la Lutte contre les discriminations, a revêtu les habits neufs — au vrai, pas tant que cela — de la nouvelle fonction politique qui lui incombe. Ces nouvelles attributions ne vont pas sans rappeler d’anciennes prises de position. Se voulant féministes, celles-ci plaidaient, en 2017, tant pour l’instauration d’un congé maternité non indexé au statut professionnel des mères que pour la verbalisation des insultes sexistes proférées au sein de l’espace public. L’alliance, hier comme aujourd’hui, d’un déploiement de dispositifs sécuritaires visant au contrôle des conduites masculines, d’une part, et d’une rhétorique de la protection des femmes contre les violences sexistes et sexuelles, d’autre part, est loin d’être une disposition circonstancielle. Elle peut même relever d’un projet féministe de type carcéro-punitif : déployé au cœur de l’État, il en a pris le pli au point de confier aux institutions de la force — policière et pénitentiaire — le monopole de la gestion protectrice des femmes.

    Ne voir là qu’une passion pour le châtiment et l’enfermement est à la fois nécessaire et insuffisant : l’analyse des alliances réalisées ne peut se faire indépendamment d’une analyse des significations politiques symboliquement induites, ni évacuer les effets empiriques produits sur les vies des hommes et des femmes. Car, au final, de quels hommes et de quelles femmes parle Marlène Schiappa lorsqu’elle défend la mise en place de mesures de lutte contre « le séparatisme » — que le président de la République évoquait déjà, le 18 février 2020, lors de son discours à Mulhouse ? Rien de plus simple, il suffit d’écouter Schiappa s’exprimer : « Lorsqu’un étranger commet des violences sexistes ou sexuelles, il doit cesser d’être accueilli en France. » Ou : « Si vous avez quelqu’un qui se présente comme étant un imam et qui, dans une salle de réunion, ou sur YouTube, ou sur les réseaux sociaux, appelle à la lapidation des femmes parce qu’elles se parfument, il ne faut pas rester sans agir, il faut déposer plainte. Tous les voies et recours doivent pouvoir être étudiés et nous devons pouvoir étudier des manières de renforcer la législation pour réaffirmer les grands principes de la République et notre lutte contre le séparatisme. »

    Ou bien encore : « L’idée, c’est de contrer les groupes organisés de manière hostile et violente vis-à-vis de la République. Il y a des choses qui existent déjà dans la loi : on a fait fermer près de 300 lieux problématiques, débits de boissons ou écoles hors contrat, qui prêchent cet islam politique, cet islamisme et ce séparatisme. […] Et c’est une manière de protéger les musulmans qui nous alertent et nous disent que leur mosquée est prise à partie sur ces questions-là par des groupes qui s’organisent pour parler au nom de l’islam. Il faut être prudent sur les mots et les termes, et c’est pour cela qu’on finalise cette loi et qu’on la présentera à la rentrée. » Et de préciser, enfin : « Je veux être prudente dans les comparaisons qu’on fait et je ne peux pas comparer [les exemples cités plus hauts avec] le diacre qui considère que l’évêché doit être réservé aux hommes. Je ne suis pas d’accord avec lui mais il ne met pas en péril la République. Ce n’est pas la même chose de dire "nos traditions veulent cela" que de dire "j’impose mes lois et je souhaite lapider des femmes", il y a une différence de degré. »

    Bien que nous ignorions encore selon quels dispositifs précis Marlène Schiappa entend mener ce « combat culturel », sa seule manière d’en assurer la performance médiatique nous permet d’identifier sans mal la forme de coalition qui le fonde : coalition d’un argumentaire centré sur la condition sociale inégalitaire à laquelle les femmes sont contraintes, et d’un discours qui se veut à la fois explicatif et prescriptif. Un discours qui fait de la condition des femmes un phénomène imputable, non pas au régime patriarcal tel qu’il se (re)configure au gré des périodes et des espaces, mais à un segment particulier de ce régime. En amalgamant les figures incommensurablement altérisées de l’étranger, du réfugié, du migrant, du musulman, de l’Arabe, du Noir ou encore du jeune de banlieue, ce segment devient le seul qui vaudrait la peine d’être combattu. Ce phénomène rhétorique où féminisme et racisme se rencontrent, se saluent, et s’incarnent en politiques gouvernementales, en programmes éducatifs, en campagnes de prévention ou encore en répertoire d’intégration, a été qualifié de « fémonationaliste » et s’arrime à la famille étendue des nationalismes sexuels.

    Un féminisme au service de la nation

    Forgé par Sara R. Farris à travers l’ouvrage In the name of Women’s Rights — The Rise of Femonationalism, le concept de fémonationalisme décrit, selon l’autrice, « les tentatives des partis européens de droite (entre autres) d’intégrer les idéaux féministes dans des campagnes anti-immigrés et anti-Islam ». Si la critique des convergences de la rhétorique des droits des femmes et celle du chauvinisme-nationalisme a mis en évidence, et avec insistance, les processus de culturalisation des violences faites à celles-ci, Sara R. Farris a œuvré, en tant que féministe marxiste, à déplacer l’analyse vers le terrain fécond du complexe politico-économique. Ainsi a‑t-elle cherché à comprendre les motivations profondes qui tendent, sous l’effet de la surqualification sexiste des hommes non-blancs1, à opposer les intérêts de ces derniers aux femmes non-blanches et, plus encore, à les représenter publiquement comme des figures antinomiques. Et la théoricienne de s’interroger : « De nos jours, particulièrement dans le Sud de l’Europe, les migrants sont fréquemment perçus comme une réserve de main‑d’œuvre bon marché dont la présence menace les emplois et les salaires des travailleurs nationaux. Pourtant, les travailleuses migrantes et les musulmanes en particulier ne sont ni présentées ni perçues de la même manière. Pourquoi ? »

    Pour répondre à cette question, plus redoutable qu’elle n’y paraît, Sara R. Farris a porté son attention sur les secteurs économiques d’intégration des migrant·es. De là, il est apparu que les travailleuses migrantes sont principalement employées par le secteur domestique tandis que les travailleurs migrants sont distribués selon une logique bien plus diversifiée. La féminisation des mondes du travail, l’ouverture du domaine des soins au marché ainsi que la facilitation transactionnelle, organisée par l’État, de recourir à une assistance extérieure — relative, notamment, à la garde d’enfants, à l’aide aux personnes âgées ou aux personnes handicapées — ont grandement et durablement favorisé la constitution des femmes du Sud, non comme « armée de réserve » menaçante mais comme « armée régulière » entretenue permettant aux collectivités blanches de bien vivre.

    Selon l’autrice, l’une des grilles de compréhension de l’appareil justificatoire fémonationaliste tirerait sa force de cette matérialité de l’aide féminine apportée. La lutte pour la conservation de cette aide conduirait alors à représenter et à traiter les femmes non-blanches issues des migrations postcoloniales comme victimes à extirper et à sauver des mains dangereuses de leur époux, père, frère, oncle, cousin, et plus généralement de tout homme de leur groupe ethno-racial supposé ou réel. La logique néolibérale, dont on perçoit bien, ici, l’intimité structurelle qu’elle entretient avec la sexualisation/racialisation de la force de travail, viendrait dès lors infléchir les traitements — mais pas les violences — que des gouvernements de droite et de gauche porteraient sur les femmes migrantes. Inflexions d’autant plus probables et soutenues qu’elles viennent confirmer, si ce n’est créer, un effet de coïncidence avec la définition majoritaire de la figure féminine — a fortiori migrante — émancipée et légitime à vivre sur les territoires nationaux européens : soit une femme libérée de l’emprise familiale et librement présente sur le marché du travail.

    Une séquence fémonationaliste historique

    Dans le contexte spécifique des politiques et législations françaises, il s’agirait alors de comprendre la manière dont la pensée de Sara R. Farris éclaire l’une des séquences contemporaines les plus fondamentales de la longue histoire fémonationaliste française, à savoir celle de l’interdiction du port du voile dans les écoles publiques, en 2004, au nom de la laïcité et de l’égalité filles-garçons. Comme le note la sociologue Christine Delphy, les arguments des féministes en faveur de l’interdiction du foulard, « formulés dès 1989 par Élisabeth Badinter, Régis Debray, Alain Finkielkraut, Élisabeth de Fontenay, Catherine Kintzler2 », ont affirmé l’exceptionnalité de la violence sexiste exercée par les hommes non-blancs, en la rejetant au-delà du cadre de la violence sexiste ordinaire. Nombre de débats publics se sont alors orientés vers le « pourquoi » de cette violence supposée plus violente que toute autre, et ont fait d’elle, lorsqu’elle est observée sur le territoire national, une violence accidentelle — c’est-à-dire importée d’un ailleurs lointain, conséquence de l’immigration d’hommes de confession musulmane, réelle ou supposée — et portant atteinte à l’intégrité de la « démocratie sexuelle ».

    L’association Ni Putes ni Soumises, par exemple, grandement centrée sur l’accompagnement de la population féminine « des quartiers », a incarné le combat contre la « barbarie » patriarcale supposée de la fraction masculine, musulmane et populaire de la société française. Un combat, mené par quelques actrices féminines racisées proches des structures du pouvoir, se voulant représentatives du pendant féminin de ladite fraction, et qui a symbolisé, à lui-seul, l’arrachement des femmes bonnes d’une religion et d’une culture mauvaises. Cela au point que la nécessité d’aider les jeunes filles en question à quitter leur « culture » en quittant leur famille, et plus encore à rompre tout lien avec elles, a progressivement été défendue par les membres de l’association et par nombre d’acteurs et d’actrices institutionnels prohibitionnistes.

    Articulant ces éléments, qui mêlent processus de racialisation (lesquels assurent la pérennité de l’ordre patriarcal) et mécanismes de sexualisation (lesquels confèrent toute sa force à l’organisation racisée), Sara R. Farris y adjoint alors ce que la sociologue Dina Bader a nommé « la dimension du gain3 » : cet intérêt structurel qui mène les gouvernements de droite et de gauche, dans une perspective conservatrice et nationaliste, à s’accaparer le discours féministe, avec la collaboration volontariste de féministes en poste, « car ils ont quelque chose à gagner ». En filigrane de cette manière d’appréhender le phénomène d’un féminisme raciste, nous retrouvons l’hypothèse développée par le philosophe marxiste Alain Badiou selon laquelle « la loi sur le foulard [serait] une loi capitaliste pure [qui] ordonnerait que la féminité soit exposée. Autrement dit, que la circulation sous paradigme marchand du corps féminin [serait] obligatoire et interdi[rait] en la matière — et chez les adolescentes, plaque sensible de l’univers subjectif entier — toute réserve ». Ainsi la logique marchande d’une transparence de la féminité occidentale s’articule aux résidus fondamentaux de la logique (néo)coloniale du dévoilement articulée.

    Dans un paradigme où les femmes racisées, en tant que telles, sont perçues comme ayant toujours quelque chose d’elles à vendre quand, au contraire, les hommes racisés sont appréhendés comme ne disposant pas de ressources pour acheter, aux premières l’accueil sous conditions — celle de ne pas porter le voile, notamment —, aux seconds le rejet inconditionnel.

    Enjeux collectifs

    La rhétorique fémonationaliste à laquelle Marlène Schiappa s’adonne allègrement depuis le ministère de l’Intérieur4 se déploie entre les soupçons d’agressions sexuelles qui pèsent sur Gérald Darmanin : mise en scène révoltante d’un pouvoir qui survisibilise la violence sexiste de certains hommes pour mieux invisibiliser celle d’autres. Cette rhétorique appelle une réponse forte, collectivement organisée. Non parce que nos hommes subiraient le racisme et qu’il faudrait, en tant que leurs femmes, les en sauver — tandis que d’autres hommes chercheraient à nous sauver de ceux-là mêmes —, mais bien parce qu’en tant que femmes de personne, nous jugeons que la lutte antiraciste et la lutte antisexiste ne sauraient être pleinement réalisées que dans cette conscience aiguë que les personnes opprimées par le racisme ne sont pas toutes des hommes non-blancs et que l’oppression patriarcale ne soumet pas uniquement des femmes blanches. Dans cette perspective, et Delphy le remarque justement, les femmes racisées sont contraintes de construire avec et sans les hommes du groupe racisé, avec et sans les femmes du groupe blanc. Ce qui pose la question cruciale des conditions de possibilité liées à la construction d’un espace politique des femmes racisées.

    Que signifie cet « avec » et ce « sans » ? Une infinité de pièges qui parsème les chemins difficiles de l’émancipation politique des membres objectivement solidaires du groupe racisé et des membres objectivement solidaires du groupe féminin — solidarité que la rhétorique fémonationaliste cherche tout bonnement à rompre définitivement en isolant femmes et hommes, en livrant les unes à la dévoration domestique et les autres à la noyade en haute mer ou à l’asphyxie. Cela ne peut ni ne doit durer car personne ne peut être dépossédé de son existence et vivre en se sachant, ainsi, destiné à la mort. Dénoncer et lutter contre la racialisation des questions sexuelles et la sexualisation de la question raciale — auxquelles Schiappa et Darmanin, comme d’autres avant eux, vont en promettant un grand avenir — implique d’affronter une question centrale : si les femmes racisées sont aptes — car construites ainsi par un ensemble de rapports sociaux — à se voir, à se reconnaître et à éprouver une forme d’empathie envers l’homme non-blanc que le racisme violente et envers la femme blanche que le patriarcat oppresse, qui des membres de ces groupes dominés se reconnaissent en elles ?

    Il importe de nous acharner à pointer du doigt la moindre injustice de genre, de classe et de race, produite non seulement par l’instrumentalisation des idées féministes, mais aussi et surtout par le caractère instrumentalisable et donc antiféministe de ces mêmes idées. Cela, de nombreuses personnes qui militent l’ont dit bien des fois. Mais en matière de politique des luttes, se répéter est une manière de dialoguer avec ceux et celles qui entendraient parler de tout cela pour la première fois, comme une manière de ne pas laisser aller à l’apathie ceux et celles qui n’en ont que trop entendu parler. Il importe, aussi, de rompre avec l’idée selon laquelle les hommes racisés seraient substantiellement plus violents que les autres hommes et que les cultures des Suds seraient plus marquées par l’idéologie patriarcale que celles du Nord. Car, dans un cas comme dans un autre, nous sommes entraîné·es à répondre au « pourquoi » moralisant de cette prétendue spécificité, et non au « comment » politique de cette spécification. Cette rupture est absolument fondamentale. Elle conditionne la possibilité d’orienter la lutte, non pas contre les formes les plus monstrueuses du patriarcat — ce qui ne peut que nous conduire à entériner les formes souriantes et galantes de ce dernier — mais bien contre le patriarcat dans tous ses états5. Enfin, il importe de prendre la mesure des concurrences féroces qui ont lieu au sein des espaces du féminisme majoritaire blanc pour la conservation et/ou la conquête du monopole féministe.

    Demeurons vigilant·es quant aux potentielles formes de récupérations de la critique fémonationaliste, non pas dans une perspective révolutionnaire qui profiterait à toutes les membres de la classe des femmes, mais dans une logique de pure distinction stratégique des groupes dominants entre eux. Puisque l’oppression accable sur plusieurs fronts à la fois, nous ne pouvons que réfléchir ensemble et solidairement vers la construction d’espaces étendus. Espaces où les réflexions théoriques et les actions concrètes des femmes qui prônent un féminisme antiraciste et anticapitaliste pourront se déployer plus encore, dans la plénitude de leurs croisements.

    https://www.revue-ballast.fr/marlene-schiappa-le-femonationalisme-et-nous

    #nationalisme #violences_sexistes #violences_sexuelles #protection #châtiment #enfermement #séparatisme #étrangers #combat_culturel #altérisation #islam #musulmans #racisme #nationalismes_sexuels #nationalisme_sexuel #intersectionnalité #islamophobie #anti-réfugiés #culturalisation

    ping @cede

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    Mais je mets ici le texte complet et ajoute des tags

    • In the Name of Women′s Rights. The Rise of Femonationalism

      Sara R. Farris examines the demands for women’s rights from an unlikely collection of right-wing nationalist political parties, neoliberals, and some feminist theorists and policy makers. Focusing on contemporary France, Italy, and the Netherlands, Farris labels this exploitation and co-optation of feminist themes by anti-Islam and xenophobic campaigns as “femonationalism.” She shows that by characterizing Muslim males as dangerous to western societies and as oppressors of women, and by emphasizing the need to rescue Muslim and migrant women, these groups use gender equality to justify their racist rhetoric and policies. This practice also serves an economic function. Farris analyzes how neoliberal civic integration policies and feminist groups funnel Muslim and non-western migrant women into the segregating domestic and caregiving industries, all the while claiming to promote their emancipation. In the Name of Women’s Rights documents the links between racism, feminism, and the ways in which non-western women are instrumentalized for a variety of political and economic purposes.

      https://www.dukeupress.edu/in-the-name-of-womens-rights
      #livre #Sara_Farris

  • Abolir les prisons, la police et le système pénal
    Entretien avec Gwenola Ricordeau

    https://lavoiedujaguar.net/Abolir-les-prisons-la-police-et-le-systeme-penal-Entretien-avec-Gwen

    https://www.bastamag.net/Abolition-prison-police-abolitionnisme-feminisme-violences-sexistes-Entret

    Basta ! : Vous êtes féministe et vous voulez abolir la prison, donc là où on enferme les agresseurs. Ces positions sont-elles difficilement conciliables ?

    Ces positions sont plus que « conciliables ». Mon travail propose une analyse féministe du système pénal et de ce que celui-ci fait aux femmes. Cela permet de faire plusieurs constats. Tout d’abord, les personnes détenues sont pour l’essentiel des hommes, mais la vie des femmes de leur entourage, mère, sœur, compagne, fille, est souvent affectée par cette incarcération, notamment à travers les diverses formes de travail domestique qui sont attendues d’elles et qui incluent le soutien moral, à travers les visites, le courrier, etc. Par ailleurs, quand on regarde qui sont les femmes qui sont en prison, on note qu’elles partagent de nombreuses caractéristiques avec les hommes détenus : elles sont en grande partie d’origine populaire et issues de l’histoire de la colonisation et des migrations. Mais les femmes détenues ont aussi des particularités. Une très grande proportion d’entre-elles ont été victimes de violences sexuelles. Ces violences ont façonné leur parcours de vie, leur isolement social ou leur parcours délictuel. Et lorsqu’on examine la protection que les femmes peuvent attendre du système pénal, on ne peut que constater un échec flagrant. (...)

    #Gwenola_Ricordeau #féminisme #violences_sexuelles #prison #justice #police #abolition #réparation

  • Un #rapport de l’ONU s’inquiète de l’augmentation des #violences_sexuelles liées aux #conflits

    Malgré une décennie de lutte, l’#ONU constate que les violences sexuelles restent une #arme_de_guerre dans de nombreux conflits et qu’elles continuent d’augmenter sur toute la planète. L’ONU analyse dans son dernier rapport (https://news.un.org/fr/story/2020/07/1073341) les violations constatées dans 19 pays, principalement contre des jeunes #filles et des #femmes.

    Les violences sexuelles augmentent dans la plupart des #conflits_armés. C’est ce qui ressort du dernier rapport de l’ONU sur les violences sexuelles liées aux conflits publié en juillet dernier.

    Le rapport insiste sur le fait que ce type de violence a un impact direct sur les déplacements en masse de populations, la montée de l’extrémisme, des inégalités et des discriminations entre les hommes et les femmes. Par ailleurs, selon l’ONU, les violences sexuelles sont particulièrement répandues dans des contextes de détention, de captivité et de migration.

    Fin 2019, plus de 79 millions de personnes se trouvaient déplacées dans le monde. Cela signifie que près d’un pourcent de la population mondiale a dû abandonner son domicile à cause d’un conflit ou de persécutiosn. L’an denier, le nombre de déplacés a augmenté, tout comme le niveau de violences sexuelles se produisant sur des sites accueillant des déplacés.

    Ces violences ont notamment lieu quand des femmes et des filles mineures fuient des attaques. Ce 11ème rapport du Secrétaire général de l’ONU (en anglais) sur ce sujet se penche particulièrement sur les violences sexuelles utilisées comme tactiques de guerre ou comme une arme utilisée par les réseaux terroristes.

    Il dresse la situation dans 19 pays, entre janvier et décembre 2019, et se base sur des cas documentés par les Nations unies.

    En tout, 2 838 cas de violences sexuelles ont été rapportés dans ces 19 pays. Dans 110 cas, soit environ 4 % des cas, les victimes sont des hommes ou des garçons.

    #Afghanistan

    En 2019, la Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) a documenté 102 cas de violences sexuelles : 27 étaient liées au conflit qui oppose le pouvoir aux rebelles Talibans, touchant 7 femmes, 7 filles et 13 garçons.

    Alors que la plupart des agressions sont attribuées aux Talibans, les forces de sécurité et des milices pro-gouvernementales ont également été impliquées.

    #Centrafrique

    La Mission des Nations unies en Centrafrique (MINUSCA) a confirmé 322 incidents de violences sexuelles liées aux conflits, affectant 187 femmes, 124 filles, 3 hommes, 2 garçons, et 6 femmes d’âge inconnu. Parmi ces cas, 174 sont des viols ou tentatives de viol et 15 cas sont des mariages forcés.

    Le gouvernement de Bangui a signé avec les groupes armés, en février 2019, un accord de paix qui appelle à la fin de toutes formes de violences liées au sexe. Mais les signataires continuent d’utiliser la violence sexuelle comme moyen de terroriser les civils, conclut le rapport de l’ONU.

    #Colombie

    En 2019, un organisme de l’État venant en aide aux victimes a recensé 356 victimes de violences sexuelles liées aux conflits dans un pays où sévissent de nombreux groupes criminels et armés. Dans quasiment 90 % des cas, il s’agissait de femmes et de filles. Près de la moitié des victimes avaient des origines africaines.

    51 cas d’abus ont été commis sur des enfants (31 filles et 20 garçons). Dans au moins une dizaine de cas, les agresseurs présumés appartenaient au groupe rebelle de l’Armée de libération nationale ou à d’autres groupes armés et organisations criminelles.

    #RDC

    En 2019, la mission de l’ONU en #République_démocratique_du_Congo (MONUSCO), a documenté 1 409 cas de violences sexuelles liées aux conflits, ce qui représente une hausse de 34 % depuis 2018.

    Parmi ces cas, 955 sont attribués à des groupes armés. Mais des membres de l’armée congolaise sont eux aussi impliqués dans 383 agressions. Enfin, la police nationale est responsable dans 62 cas.

    #Irak

    Au cours de l’année 2019, des civils qui étaient détenus par l’organisation de l’État islamique (OEI) en Syrie ont continué à retourner en Irak. Certains sont des survivants de violences sexuelles.

    En novembre dernier, le gouvernement régional du Kurdistan irakien a publié des statistiques sur les cas de disparition dans la communauté des Yazidis depuis 2014. Plus de 6 400 Yazidis ont ainsi été enlevés. Parmi eux près de 3 500 ont été libérés, en grande partie des femmes et des filles.

    Une commission crée en 2014 par les autorités régionales kurdes pour faire la lumière sur les crimes commis par l’OEI a enregistré plus de 1 000 cas de violences sexuelles liées aux conflits. Ces abus ont en grande partie touché les femmes et filles yazidies.

    #Libye

    La mission de l’ONU en Libye (MANUL) n’a pu vérifier que 7 cas de violences sexuelles qui ont touché 4 femmes, deux filles et un homme activiste pour les droits des LGBTQ.

    D’après le rapport, les femmes retenues dans le centre de détention très controversé de #Mitiga n’ont aucune possibilité de contester la légalité de leur détention. Ce centre est contrôlé par la « Force de dissuasion » qui est placée sous la responsabilité du ministère libyen de l’Intérieur.

    Quatre prisonnières ont été violées et forcées de se montrer nues. L’activiste pour les droits des LGBTQ a été victime d’un viol en groupe perpétré par des gardiens de la Force de dissuasion.

    La MANUL a aussi rapporté des schémas de violences et d’exploitation sexuelles, d’extorsion et de trafic de migrants dans des centres de détention de #Zaouïa, #Tadjourah, #Garian, #Tariq_al_Sikka à #Tripoli et #Khoms qui sont liés aux autorités chargées de la lutte contre la migration illégale.

    Certaines femmes et filles migrants sont exposées au risque d’être vendues pour des travaux forcés ou être exploitées sexuellement dans des réseaux criminels internationaux, dont certains sont liés aux groupes armées présents en Libye. A Tariq al-Sikka, deux filles, frappées en public, ont été victimes d’abus sexuels.

    #Mali

    En 2019, la force onusienne au Mali (MINUSMA) a enquêté sur 27 cas de violences sexuelles liées aux conflits, commis contre 15 femmes, 11 filles et un homme. Des accusations d’esclavage sexuel, de mariages forcés, de castration et de grossesses forcées ont également été rapportées.

    #Birmanie (#Myanmar)

    L’absence de responsabilité pour des violences sexuelles perpétrées contre la minorité musulmane #Rohingyas reste de mise.

    Une mission d’enquête sur les violences sexuelles en Birmanie a montré que ce genre d’agressions étaient une marque de fabrique de l’armée birmane lors des opérations qu’elle a menées en 2016 et 2017.

    De plus, comme le rappelle le rapport de l’ONU, les abus sexuels commis contre les femmes et filles Rohingyas étaient une #tactique_de_guerre qui avait pour objectif d’intimider, de terroriser et de punir les populations civiles.

    #Somalie

    La mission de l’ONU en Somalie (ONUSOM) a confirmé près de 240 cas de violences sexuelles liées aux conflits, dont l’immense majorité contre des mineures. Elles sont en majorité attribuées à des hommes armés non identifiés, au groupe des #Shebabs somaliens, mais aussi à des forces de #police locales et à l’armée somalienne. Près de la moitié de ces abus ont été commis dans l’État de #Jubaland, dans le sud-ouest du pays.

    #Soudan_du_Sud

    La mission onusienne de maintien de la paix au Soudan du Sud (MINUSS) a documenté 224 cas de violences sexuelles liées aux conflits, touchant 133 femmes, 66 filles, 19 hommes et 6 garçons.
    Soudan

    En 2019, l’opération de l’ONU au #Darfour (MINUAD) a constaté 191 cas de violences sexuelles contre des femmes et des filles. Les viols et tentatives de viol ont constitué près de 80 % des cas.

    Les agressions ont été attribuées à des nomades armés, des membres de l’#Armée_de_libération_du_Soudan et à des miliciens. Les forces de sécurité du gouvernement, dont les forces armés soudanaises et la police ont également été impliquées.

    #Nigeria

    En 2019, l’ONU a recensé 826 allégations de violences sexuelles liées aux conflits, dont des viols et des #mariages_forcés.

    La quasi-totalité de ces cas sont attribués à des #groupes_armés, dont #Boko_Haram et la #Civilian_Joint_Task_Force, une #milice d’autodéfense. Les forces de sécurité de l’État sont impliquées dans 12% des cas.

    Les efforts de l’ONU restent vains

    En avril 2019, une résolution (https://www.un.org/press/fr/2019/cs13790.doc.htm) adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies reconnait le besoin d’une approche centrée sur les survivants pour informer et mettre en place des mesures pour lutter contre les violences sexuelles liées aux conflits.

    La #résolution ne peut que constater que « malgré le condamnation répétées des violences, dont les violences sexuelles contre des femmes et des enfants dans des situations de conflit, et malgré l’appel à toutes les parties prenantes dans les conflits armés pour qu’elles cessent ce genre d’actes, ces derniers continuent de se produire. »

    Le rapport conclut en rappelant que l’#impunité accompagne souvent les #abus et que les efforts des parties impliquées dans un conflit à suivre les résolutions de l’ONU restent très faibles.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/26635/un-rapport-de-l-onu-s-inquiete-de-l-augmentation-des-violences-sexuell
    #guerres #guerre #viols

    ping @odilon

    • Violence sexuelle liée aux conflits : l’ONU plaide pour une nouvelle décennie d’action

      Il faut continuer à garder les crimes de violence sexuelle dans les conflits et leurs auteurs sous les projecteurs de la communauté internationale, a plaidé vendredi Pramilla Patten, la Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU sur la violence sexuelle dans les conflits.

      « Comme le dit la célèbre maxime juridique : justice doit être rendue et être vue comme étant rendue. Les survivantes doivent être considérées par leur société comme les détentrices de droits qui seront, en fin de compte, respectés et appliqués », a déclaré Mme Patten lors d’un débat du Conseil de sécurité sur ce thème.

      Outre Mme Patten, l’Envoyée spéciale du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Angelina Jolie et deux responsables d’ONG, Khin Omar, fondatrice et présidente de Progressive Voice s’exprimant au nom du groupe de travail des ONG sur les femmes, la paix et la sécurité, et Nadia Carine Thérèse Fornel-Poutou, présidente de l’Association des femmes juristes de la République centrafricaine, ont pris la parole devant le Conseil.

      Selon la Représentante spéciale, le débat au Conseil de sécurité ouvre la voie à une nouvelle décennie d’action décisive, selon trois axes :

      Premièrement, l’autonomisation des survivantes et des personnes à risque grâce à des ressources accrues et à une prestation de services de qualité, afin de favoriser et de créer un environnement propice dans lequel elles peuvent signaler les violations en toute sécurité et demander réparation.

      Deuxièmement, agir sur la base des rapports et des informations reçus pour faire en sorte que les parties prenantes respectent les normes internationales.

      Troisièmement, le renforcement de la responsabilité en tant que pilier essentiel de la prévention et de la dissuasion, garantissant que lorsque les parties prenantes ne respectent pas leurs engagements, elles sont dûment tenues de rendre des comptes.

      « La prévention est la meilleure réponse. Pourtant, nous avons du mal à mesurer - ou même à définir - les progrès du pilier prévention de ce programme. Le respect est un exemple concret : la violence sexuelle persiste non pas parce que les cadres et obligations existants sont inadéquats, mais parce qu’ils sont mal appliqués », a souligné Mme Patten.

      « La résolution 1820 de 2008 ne demandait rien de moins que ‘la cessation immédiate et complète par toutes les parties aux conflits armés de tous les actes de violence sexuelle contre les civils’. Cette résolution a écrit une nouvelle norme et a tracé une ligne rouge. Maintenant, nous devons démontrer clairement quelles sont les conséquences quand elle est franchie », a-t-elle ajouté.
      Aller au-delà de la rhétorique

      De son côté, Angelina Jolie a rappelé la résolution 2467 adoptée par le Conseil de sécurité l’an dernier.

      « C’était la première à placer les survivantes, leurs besoins et leurs droits au centre de toutes les mesures. Mais les résolutions, les mots sur papier, ne sont que des promesses. Ce qui compte, c’est de savoir si les promesses sont tenues », a dit l’actrice américaine devant les membres du Conseil de sécurité.

      Celle qui est également réalisatrice de films a noté que la résolution 2467 a promis des sanctions, la justice et des réparations pour les victimes et la reconnaissance des enfants nés de viol.

      « Ce sont toutes des promesses qui doivent être tenues. Je vous exhorte donc tous à vous réengager aujourd’hui à tenir ces promesses : aller au-delà de la rhétorique et mettre en œuvre vos décisions », a dit Angelina Jolie.

      « Je vous prie de demander des comptes aux auteurs, d’aborder les causes profondes et structurelles de la violence et de la discrimination sexistes dans vos pays. Et s’il vous plaît, augmentez d’urgence le financement des programmes qui répondent aux besoins de tous les survivants, et en particulier des victimes invisibles - les enfants », a ajouté la star du cinéma qui a fait preuve ces 20 dernière années d’un engagement pour les causes humanitaires, notamment en faveur des réfugiés et des droits des femmes et enfants.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/26635/un-rapport-de-l-onu-s-inquiete-de-l-augmentation-des-violences-sexuell

  • #Violences sexuelles faites aux #enfants : « Les commissions permettent de détourner le regard », déplore l’avocate de l’association Innocence en danger
    https://www.francetvinfo.fr/politique/jean-castex/gouvernement-de-jean-castex/violences-sexuelles-faites-aux-enfants-les-commissions-permettent-de-de

    Me Marie Grimaud a regretté que « sur le terrain, les enfants vivent toujours la même difficulté ». Elle a expliqué que « les violences sexuelles faites aux enfants ne sont pas un tabou en tant que tel, aujourd’hui il ne s’agit pas d’en parler davantage, mais d’en parler auprès des bons professionnels ». « La justice, les médecins, la police se retrouvent en difficulté non pas dans l’appréhension de cette thématique des violences sexuelles, mais sur comment on la traite, comment on mène une enquête, comment on prend la parole d’un enfant, comment on signale », a-t-elle indiqué.

    Pour l’avocate, « le problème, c’est que tous ces professionnels existent mais n’ont pas été formés »."

  • Richard A. Gardner — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_A._Gardner

    Gardner met en avant deux évolutions dans la société américaine au tournant des années 1980 : le fait qu’en cas de divorce, la garde des enfants n’est plus systématiquement confiée à la mère, et l’apparition d’un nombre croissant de révélations ou accusations d’abus sexuels sur enfants, y compris dans des cas de divorce. Il fait l’hypothèse dans un premier article paru en 1985, puis dans son ouvrage The Parental Alienation Syndrome and the differentiation between fabricated and genuine child sex abuse (1987) que les accusations d’abus sexuels dans le cadre de divorce seraient le plus souvent inventées, et dues à un mécanisme d’autodéfense des mères pour pouvoir conserver la garde de leurs enfants. Il est aussi confronté dans sa pratique professionnelle à un nombre de cas croissants d’enfants exprimant un fort rejet, allant jusqu’à la haine, du parent auquel la garde n’est pas attribuée. Il introduit alors l’idée d’un syndrome d’aliénation parentale (abrégé en SAP). Ce #SAP est décrit comme un trouble de l’enfant qui, de manière continue, rabaisse et insulte un parent sans justification. Selon Gardner, ce syndrome apparaîtrait en raison d’une combinaison de facteurs, comprenant l’endoctrinement (« lavage de cerveau » et endoctrinement inconscient) par l’autre parent, les propres tentatives de l’enfant de dénigrer le parent ciblé et des facteurs environnementaux. En parallèle, il propose dans le même ouvrage un outil pour permettre de déterminer si les abus sexuels avancés sont avérés ou inventés, outil qu’il appelle Sexual Abuse Legitimacy Scale (SALS), ce qu’on peut traduire en français par « Échelle de légitimité des abus sexuels ». Cette échelle s’appuie sur 84 critères, relatifs à l’enfant, au père et à la mère, classés selon 3 niveaux d’importance et aboutissant à un score additionnel final6. Certains facteurs relatifs à la mère font partie intégrante de sa définition du syndrome d’aliénation parentale.

    #SAP

    • Les travaux de Gardner sont imprégnés par ses croyances. En 1992, il expose dans True and false accusations of child sex abuse l’idée que les déviances sexuelles (dont pédophilie, sadisme, viol, nécrophilie, zoophilie et coprophilie) sont des facteurs qui contribuent à la survie de l’espèce humaine, en ce qu’« elles améliorent le niveau général d’excitation sexuelle dans la société »4.

      En ce qui concerne les femmes, il suggère que celles-ci, en raison de leur physiologie et de leur conditionnement, sont des victimes susceptibles d’apprécier les violences subies lors de viols, car ce serait le prix à payer pour être gratifiées en retour d’un apport de sperme.

    • Dans le même ouvrage, True and false accusations of child sex, Gardner écrit que « la pédophilie a été considérée comme étant la norme par la vaste majorité des individus dans l’histoire du monde10 » et qu’il s’agit là « d’une pratique largement répandue et acceptée parmi littéralement des milliards de personne10. » Selon lui - et contrairement à toute la littérature scientifique disponible à ce sujet - les abus sexuels n’auraient pas forcément des conséquences traumatisantes pour les enfants concernés, les effets dépendraient des attitudes sociales vis-à-vis de la pédophilie11. Il s’est déclaré favorable à ce que la découverte d’un abus sexuel ne soit pas automatiquement dénoncée aux autorités et a milité pour que des fonds fédéraux soient attribués pour assister ceux qui sont accusés à tort d’abus sexuel11. La position de Gardner relative à la pédophilie s’inscrit dans sa théorie personnelle sur la sexualité, d’après laquelle la violence sexuelle masculine dans son ensemble serait « bénéfique du point de vue reproductif » pour l’humanité dans une perspective évolutionniste

    • En 1996, le Journal of the American Academy of Child and Adolescent Psychiatry, la revue de l’American Academy of Child and Adolescent Psychiatry (en), a alerté les professionnels de la santé sur le contenu de l’ouvrage de Richard A. Gardner intitulé Protocols for the Sex-Abuse Evaluation. Cette revue scientifique souligne notamment le fait que l’ouvrage est une recette de prêt-à-penser pour conclure que les allégations d’abus sexuels sont fausses, sous prétexte d’objectivité scientifique.

  • Accusé de violences sexuelles, le label Burger Records ferme boutique – #Gonzaï
    http://gonzai.com/accuse-de-violences-sexuelles-le-label-burger-records-ferme-boutique

    Après la création d’un compte Instagram pour dénoncer des faits de violences sexuelles par des groupes et des employés du label, dont plusieurs sur mineures, Burger Records a décidé de mettre fin à l’aventure.

    Face à ces accusations, le 21 juillet, #Burger_Records publie un communiqué depuis supprimé pour s’excuser auprès de celles et ceux qui ont subi des traumatismes. Il regrette d’avoir « contribué à perpétuer la culture d’une #masculinité_toxique » et annonce des changements structurels majeurs. L’un des fondateurs quitte le navire (Lee Rickard) tandis que l’autre Sean Bohrman, réfléchit à comment s’en sortir : investir dans des programmes de prévention contre le harcèlement, renommer le label, ouvrir des cellules psychologiques ou encore rompre les liens avec la boutique de disque. Une femme, Jessa Zapor-Gray, est appelée à la rescousse pour trouver des solutions, mais au vu de la situation, celle-ci a préféré botter en touche : « J’ai informé Burger Records que je ne crois désormais plus être capable, dans le climat actuel, d’accomplir mes objectifs à la tête de Burger. C’est pourquoi j’ai décidé de me retirer complètement du label, afin de me concentrer sur mes autres projets », a-t-elle expliqué dans un communiqué repris par Les Inrocks.

    https://www.lesinrocks.com/2020/07/22/musique/musique/accuse-de-violences-sexuelles-le-label-burger-records-ferme-ses-portes
    https://pitchfork.com/news/burger-records-shuts-down-completely
    https://seenthis.net/messages/792804

    #violences_sexuelles #viol #musique #label

  • Patinage : révélations sur la non sanction de Gilles Beyer, l’agresseur présumé de Sarah Abitbol
    https://www.nouvelobs.com/droits-des-femmes/20200725.OBS31533/patinage-revelations-sur-la-non-sanction-de-gilles-beyer-l-agresseur-de-s

    La commission de discipline de la fédération de sports de glace vient de donner son verdict pour deux entraîneurs et un patineur accusés de violence ou d’harcèlement sexuels, dont Gilles Beyer, l’agresseur présumé de Sarah Abitbol, et Morgan Cipres, champion d’Europe : pas de sanction.

  • Condamné pour harcèlement sexuel, le député Stéphane Trompille n’est pas exclu du groupe LREM
    Par Etienne Baldit — 26 mai 2020 - Libération
    https://www.liberation.fr/politiques/2020/05/26/condamne-pour-harcelement-sexuel-le-depute-stephane-trompille-n-est-pas-e

    Dans un premier temps, le président des députés LREM, Gilles Le Gendre, n’envisageait pas de sanction contre l’élu de l’Ain, qui a fait appel du jugement. Des cadres du groupe exigeaient pourtant son exclusion. Le Gendre lui a finalement demandé de se mettre en retrait. (...)

  • Facs et Labos en Lutte : une mobilisation féministe ? Retour d’expérience par celles qui l’ont vécue

    Depuis le début du confinement, le comité de mobilisation national des Facs et Labos en Lutte a opté pour une publication quotidienne, Confinée libérée. Une des premières contributions de ce nouveau « journal » en ligne, dont le nom a été volontairement féminisé, revient sur l’aggravation des inégalités de genre durant le confinement pour les étudiant·es et travailleur·ses de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (ESR).

    Si ces questions ont pu être soulevées et relayées si rapidement, c’est qu’elles font écho aux analyses et aux revendications féministes qui ont été centrales durant les mois de lutte qui ont précédé la décision du confinement. Depuis décembre dernier, les étudiant·es et travailleur·ses de l’ESR sont en effet engagé·es dans un mouvement d’une ampleur inédite depuis une dizaine d’années. À la lutte commune avec les salarié·es des autres secteurs contre la réforme des retraites, s’ajoute pour les universités et les laboratoires de recherche un combat plus spécifique, contre le projet de Loi de Programmation pluriannuelle de la Recherche (LPPR) qui accentuera encore la précarité des statuts et orchestrera une compétition délétère entre les établissements publics. Or, et c’est un trait marquant de ce mouvement, les revendications féministes ont été à la pointe de ces luttes, les femmes dénonçant combien ces contre-réformes allaient encore aggraver les inégalités de genre sur leurs lieux d’étude ou de travail.

    De fait, durant cette mobilisation, dans les facs et dans les labos comme ailleurs, les femmes ont été particulièrement actives, et ce dans des rôles pas toujours conformes aux stéréotypes de genre : dans les assemblées générales et les coordinations nationales, elles intervenaient voire introduisaient les discussions, elles n’hésitaient pas à apparaître dans les médias, occupaient l’espace de la parole en réunion, etc. Les premières initiatives pour l’emploi scientifique et contre la LPPR ont d’ailleurs été portées avant tout par des femmes, qui ont assumé un rôle d’organisatrices syndicales et politiques.

    Cette contribution collective propose donc un retour sur cette lutte, en analysant nos pratiques afin de saisir comment cette dynamique féministe a pu émerger et être perpétuée au sein du mouvement. L’enjeu est moins de livrer une analyse réflexive approfondie de cette séquence militante – qui se poursuit toujours, bien que sous d’autres formes, du fait du confinement – ce qui nécessiterait une plus grande prise de recul, que de consigner nos expériences d’organisation et de mobilisation, afin d’en laisser une trace qui pourrait être utile aux luttes à venir.

    Rédigé par des militantes féministes du comob (comité de mobilisation) national réélu et élargi à chaque AG de coordination puis au cours de deux coordinations nationales des facs et des labos en lutte depuis décembre 2019, ce texte est situé et ne prétend pas rendre compte de la manière dont la mobilisation a été vécue par toutes. Par exemple, au sein de cette structure militante qui a évolué tout au long des mois de mobilisation, nous avons rarement eu l’impression que les hommes prenaient trop de place ou se montraient hostiles aux prises de parole féminines, alors que ce problème s’est posé ailleurs, notamment dans les AG locales. Toutefois, dans le comob comme ailleurs dans l’ESR, les inégalités de statut – étudiant·es ; précaires ; enseignant·es chercheur·ses ; chercheur·ses ; BIATSS ; etc. – pèsent sur la mobilisation et recoupent parfois les inégalités de genre.
    Présence et visibilité des femmes dans la mobilisation : quelques hypothèses explicatives

    L’implication marquée des femmes dans la mobilisation est tout d’abord à mettre en relation avec les inégalités en termes de carrières entre les femmes et les hommes au sein de l’ESR. Bien que notre profession ait connu une féminisation très nette ces dernières décennies, toutes les formes de précarité pèsent davantage sur les femmes, alors que la majorité des positions de pouvoir reste largement occupée par des hommes, dissymétrie dénoncée par exemple dans la tribune signée par 440 collègues historiennes ou celle rédigée par les philosophEs en 2018. Plus généralement et au-delà des femmes, les rapports de domination sont particulièrement prégnants au sein de l’ESR, comme le montrait un numéro de Genre, Sexualité & Société, publié au tout début du mouvement social. Au « sommet » de la hiérarchie universitaire, il y a majoritairement des hommes cis blancs, alors qu’une femme ou une personne trans* a moins de chances d’avoir un poste pérenne, et a fortiori un poste de pouvoir. Les hommes sont plus attentifs à leur avancement que les femmes : ils passent davantage leur HDR, sont bien plus promus directeurs de recherche ou professeurs, etc. Ainsi, dans un contexte où les femmes ont moins de perspectives comme horizon, elles acceptent davantage de se « mettre en danger » en occupant une place visible de « contestataire » risquant de mettre à mal leurs relations de travail avec leurs supérieurs ou de futurs membres de conseils scientifiques.

    De plus, les fonctions occupées par les femmes dans l’ESR sont les plus attaquées par les transformations néo-libérales des services publics et rendues difficiles par les manques de financement. Nous sommes souvent assignées aux « petites » tâches administratives (gestion des licences, des étudiant·es, des stages, etc.), et non pas aux tâches valorisées de direction (d’UFR, d’université, de laboratoires, etc.). La socialisation féminine nous a appris à nous soucier des autres et du collectif avant nous-mêmes – un aspect important du travail du « care« . Pour toutes ces raisons, le manque de recrutement pèse sur nos épaules. Nous nous retrouvons seules à gérer des tâches qui réclameraient deux ou trois collègues, ce qui nous place régulièrement dans des situations d’épuisement professionnel et met nos recherches entre parenthèses pendant de longues années. Ainsi, le projet de LPPR qui annonce encore moins de recrutements pour venir nous soulager lorsque nous sommes titulaires, ou nous titulariser lorsque nous sommes précaires, et moins de financements pour nos recherches si nous ne sommes pas « compétitif·ves » touche plus directement les femmes de l’ESR. Nous ressentons davantage l’impossibilité de tirer notre épingle individualiste du jeu de cette grande guerre du tou·tes contre tou·tes que nous impose le ministère. Notre secteur rejoint en cela la plupart des secteurs mobilisés contre la réforme des retraites ou l’an passé, le mouvement des Gilets jaunes : la précarité est partout largement féminisée, ce qui éclaire l’implication massive des femmes dans ces luttes. Toutefois, cette explication, qui établit un lien mécanique entre premières concernées et premières mobilisées, n’est pas suffisante.

    Ce qui caractérise le mouvement des Facs et des Labos en Lutte, c’est une surreprésentation des militantes de moins de 45 ans, formées pour un certain nombre d’entre elles dans les mouvements sociaux des années 2000. Au sein de ces derniers, les questions liées au genre, aux violences sexistes et sexuelles, à la co-construction des formes de dominations, à l’intersectionnalité occupent une place importante et ont engagé la construction d’une conscience collective visant à instaurer une attention continue et constante afin d’empêcher les hommes de prendre trop de place et de nous reléguer dans des rôles militants subalternes. Par exemple, les collectifs de précaires sont très féminisés un peu partout – en Île-de-France, à Marseille, à Nantes, etc. – et dans ces cadres, beaucoup de militantes se sont formées au sein de mouvements féministes tels que CLASCHES. D’autres militantes appartiennent à cette nouvelle génération de chercheuses sur le genre qui continue de croître depuis une dizaine d’années. À plus court terme, il faut peut-être aussi prendre en compte la plus grande visibilité des discriminations et des violences infligées aux femmes avec l’émergence de mouvements comme celui de la grève féministe du 8 mars ou encore de #MeToo. Enfin, l’institutionnalisation des politiques d’égalité peut aussi aider à comprendre le caractère féminisé et féministe de notre lutte. Même si ces politiques relèvent souvent d’un effet d’affichage, les hommes peuvent moins se permettre de s’opposer à un certain nombre de pratiques institutionnalisées, et ce d’autant moins après le phénomène #MeToo : certaines choses deviennent indicibles ou moins facilement dicibles, nous y reviendrons.

    En dépit toutefois de cette féminisation à tous les niveaux, le partage des tâches militantes continue à être genré. Une grande part du travail d’organisation collective, coûteuse en énergie, sans apporter beaucoup de reconnaissance militante, que l’on peut qualifier de « travail de fourmi », est assumée par des femmes et il est nécessaire de mettre sur pied de façon volontariste des pratiques pour entraver la reproduction de ces inégalités.
    Corriger les inégalités dans la mobilisation

    La première coordination nationale des Facs et Labos en Lutte, organisée les 1er et 2 février 2020, a été l’occasion d’une prise de conscience : il nous fallait veiller à ne pas reproduire au sein de nos luttes les dominations préexistantes et par conséquent à les rendre plus inclusives. Nous y avons tenu un atelier portant sur la reproduction des dominations sexistes, racistes, validistes et classistes au sein de nos combats. Cet atelier a permis d’entendre de nombreux témoignages de perpétuation de situations d’oppression au sein des différents cadres militants, mais aussi de formuler des propositions concrètes pour enrayer les oppressions. En conséquence, nous avons décidé de mettre en place des règles plus systématiques pour la deuxième coordination nationale qui s’est tenue les 6 et 7 mars 2020.

    Tout d’abord, une première AG en mixité choisie regroupant une soixantaine de militant·es a été organisée le 7 mars. Réunissant des étudiantes, des précaires et des titulaires – en minorité -, elle a été l’occasion de discuter des questions de harcèlement et d’agressions sexistes et sexuels ainsi que de partager des expériences diverses sur nos modes de mobilisation pour les éradiquer. Nous étions censées faire un retour sur les bonnes pratiques, ce que la suite des évènements – le confinement et la fermeture des facs décidés moins d’une semaine plus tard – a interrompu brutalement. Au sein de cette AG, nous avons observé un effet générationnel intéressant : la très grande majorité des participantes avait moins de 30 ans, alors que seules deux femmes avaient plus de 40 ans. L’une d’entre elles a d’ailleurs été agréablement surprise de l’initiative, nous confiant que durant sa vie professionnelle elle ne s’était jamais sentie légitime à initier une démarche en mixité choisie.

    Ensuite, nous avions « noté des inégalités dans la prise de parole, que ce soit entre hommes et femmes, titulaires et non-titulaires, membres d’établissements franciliens et membres d’établissements non franciliens, et d’une façon plus générale, la reproduction de formes de domination et de discrimination (hétérosexisme, racisme, classisme, validisme) qui contraignent la prise de parole de certain·es ». Des règles de prise de parole visant à éviter l’hégémonie des hommes, des titulaires, des personnes blanches, etc. avaient été mises en place dans les assemblées de précaires, sans qu’elles ne suscitent de débat. Au sein de la coordination nationale, nous avons donc veillé à ce que la parole alterne entre les hommes et les femmes et donné la priorité aux interventions de précaires et d’étudiantes. Cela a été rendu possible par une double liste d’inscrit·es pour les discussions : l’une concernait les hommes cis titulaires et l’autre les femmes, les précaires et les étudiant·es et il s’agissait de veiller autant que possible, à l’alternance. Le principe a été expliqué en plénière à plusieurs reprises à l’aide d’un texte humoristique qui soulignait que les dominants pouvaient survivre au fait de ne pas prendre la parole en AG.

    De façon plus générale, ce mouvement a permis de discuter de problématiques largement ignorées dans l’ESR, qu’il s’agisse du handicap ou de la maladie, quelquefois en relation avec des enjeux de genre. Au sein d’un atelier, des camarades ont ainsi évoqué leurs difficultés à gérer leur endométriose, et à quel point cela pouvait freiner leur carrière et leur capacité à s’engager politiquement. En revanche, si on saisit bien les dynamiques d’exclusion et de marginalisation tant des personnes non-blanches que des problématiques liées au racisme, nous n’avons pas encore réussi à nous emparer collectivement du problème de façon satisfaisante, et ce, bien que deux groupes de travail très efficaces et engagés se soient chargés d’envisager la division internationale du travail universitaire et la place des étudiant·es étrangers d’un côté, et les discriminations de genre, de race et de classe de l’autre.
    Contre les violences sexistes et sexuelles

    Il nous a également semblé essentiel d’intégrer à cette lutte un combat que nous menons à l’université comme ailleurs avec l’appui d’associations telles que CLASCHES, à savoir le combat contre les violences sexistes et sexuelles. Les dispositifs institutionnels de signalement, d’accompagnement et de jugement de telles violences sont récents au sein de l’ESR et dans bien des cas déficients, puisque dépourvus de moyens et de personnels formé·es. Des affaires récentes, relayées par des enquêtes de presse, ont révélé de graves dysfonctionnements. Pour ces raisons, la coordination nationale des Facs et Labos en Lutte des 6 et 7 mars avait acté une journée nationale de mobilisation contre les violences sexuelles et sexistes dans l’ESR le 19 mars, date à laquelle le CNESER (Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche) devait de nouveau statuer sur l’appel d’un enseignant suspendu de ses fonctions pour un an avec privation totale de traitement par son université pour des faits de harcèlement sexuel. Cette journée de mobilisation n’a malheureusement pas pu avoir lieu en raison du confinement et du report de l’audience.

    Nous avons aussi cherché à lutter contre ces violences au sein même de nos cadres militants. Lors de la seconde coordination nationale de mars 2020, nous avons mis sur pied une cellule anti-harcèlement et un numéro de téléphone dédié, ainsi que des règles, présentées ci-dessous, afin que les comportements oppressifs qui s’y dérouleraient puissent nous être signalés. Ce sont en fait essentiellement des comportements qui s’étaient produit antérieurement dans des cadres militants autres que la coordination qui nous ont été rapportés et auxquels nous avons apporté une attention particulière afin que l’espace de la coordination puisse rester un espace sûr pour tou·tes. Le moment festif, organisé le soir du premier jour, pouvait laisser craindre une multiplication des comportements oppressifs. Nous avons donc édicté des règles, dont le respect était assuré par une « vigie féministe » présente tout au long de la soirée. Deux personnes – à l’exclusion d’hommes cis – étaient attentives à ce qui se passait, s’assurant que personne n’était victime de harcèlement, d’agression ou de comportement oppressif. Il ne s’agissait bien sûr pas d’assumer un rôle de chaperonne, mais de refuser qu’au nom de la « fête », certaines personnes soient agressées d’une façon ou d’une autre.

    Règles pour une soirée festive et militante sans comportement oppressif

    1. Ce temps festif est un espace « safe » : veille à inclure avec bienveillance des personnes que tu connais peu ou pas dans les conversations ; sache que toutes insultes ou agressions à caractère sexistes, racistes, classistes, lesbophobes, homophobes, transphobes, validistes seront sanctionnées.

    2. Si une personne refuse le verre que tu lui offres, n’insiste pas, iel n’en veut pas. Saouler une personne n’est pas une technique de drague, c’est une technique de viol.

    3. Si une personne te signifie qu’iel ne veut pas danser avec toi, n’insiste pas et prend tes distances, iel ne veut pas.

    4. Si tu as envie d’embrasser/d’avoir une relation sexuelle avec une personne, pose la question. Si iel ne veut pas, n’insiste pas et prends tes distances, iel ne veut pas.

    5. Si une personne est très alcoolisée, demande-lui s’iel se sent bien et s’iel a besoin d’aide. Ne profite pas de la situation pour passer outre son consentement.

    6. Si une personne est inconsciente ou endormie, iel ne désire pas être embrassé.e ou avoir une relation sexuelle. Par contre, assure-toi qu’iel est en sécurité.

    Des résistances marginales

    La mise en place de ces règles et des espaces en non-mixité choisie participe de la construction d’un rapport de force, que nous jugeons nécessaire à la prise de conscience des modes de domination, en vue leur éradication. Elle a donc pu susciter des réactions négatives, bien que marginales. Quelques hommes ont ainsi quitté la coordination après que les règles concernant la prise de parole aient été présentées à la tribune (la version sexiste du « on se lève et on se casse »). Au sein des ateliers cela a pu se traduire par des demandes répétées auprès des camarades chargé·es de la liste des inscrit·es : (homme) « Tu ne m’as pas oublié, hein ? J’ai demandé la parole il y a un moment ». Certains militants ont reproché au comob des Facs et des Labos en Lutte de monter les participant·es les un·es contre les autres. À la fin de la coordination, alors que les camarades de la tribune tentaient de tenir l’ordre du jour pour que nous puissions rejoindre à temps la marche féministe de nuit du 7 mars et qu’une camarade demandait aux femmes l’autorisation de dépasser d’un quart d’heure afin de finir les débats, un homme s’est levé et a imposé sa parole en disant « qu’il parlait sans genre (sic) et qu’une coordination d’ampleur nationale était plus importante qu’une marche féministe », prenant ainsi la liberté de hiérarchiser à notre place nos luttes.

    Ces propos tendent toutefois à devenir indicibles dans le contexte actuel : la grande majorité des participant·es aux différentes coordinations a une conscience réelle des dominations et de la manière dont elles se répercutent dans nos luttes, considérant qu’il ne s’agit pas de problèmes « accessoires » apolitiques, comme cela pouvait être pensé et dit il y a encore quelques années. Ainsi, certains comités de mobilisation locaux ont dû faire face à des affaires de viols. Lorsque les collectifs militants ont été mis au courant, les femmes très investies au sein de ceux-ci ont immédiatement demandé l’exclusion des hommes accusés. La position centrale de ces femmes dans la mobilisation combinée à la dénonciation publique de la culture du viol dans les milieux de gauche depuis une dizaine d’années a permis que ces décisions soient adoptées sans que personne ne les contredise.

    Sororité et manifestations féministes

    Assez rapidement dans la mobilisation et à différents niveaux, des groupes informels de femmes se sont organisés et ont joué un rôle important dans la place que nous avons prise collectivement et dans les propositions concrètes qui ont émergé. Ces groupes ont également été des soupapes, des ressources, pour se donner confiance et construire le rapport de force au sein de nos cadres militants. Pour celles qui ont déjà vécu des mouvements sociaux importants tels que ceux de 2003 ou encore contre le Contrat Premier Embauche (CPE) en 2006, il nous a semblé que, de façon plus générale, les relations entre femmes ont changé. Il y a une vigilance et une attention permanente des unes aux autres, alors même que nous ne nous connaissions pas ou peu, pour la plupart d’entre nous. En janvier, nous sommes d’ailleurs plusieures à avoir reçu et renvoyé ce message révélateur de ces nouvelles solidarités que nous forgeons :

    Chères amies,

    Cette semaine a été riche, nous avons incroyablement avancé en quelques jours, et la semaine qui arrive sera sans doute intense. J’espère que vous avez pu prendre le repos indispensable à notre lutte.

    Une fois n’est pas coutume, la mobilisation ici s’appuie largement sur des femmes, que ce soit dans la logistique (comme d’habitude) mais aussi dans les prises de paroles, les dynamiques, et cela donne un ton général qui est à saluer. Moins de temps perdu pour les egos, moins d’agressivité dans les débats, plus d’attention aux uns et aux autres.

    Notre implication a un coût. Nous commençons à recevoir beaucoup de mails, beaucoup d’information à traiter et transmettre, beaucoup d’actions à mener. Pour beaucoup d’entre nous, nous avons des charges de famille, des jeunes ou futurs enfants, et janvier étant ce qu’il est, nous ne sommes pas à l’abri des coups de froid, des rhumes, etc.

    Or, il nous faudra tenir dans la durée, y compris après le mouvement. Rappelons-nous que nous ne sommes pas indispensables à tout moment et comptons les unes sur les autres pour nous remplacer, pour assurer une réunion, un mail etc. Permettons-nous les unes aux autres de se mettre en retrait quelque temps. Surtout, veillons les unes sur les autres. Restons attentives aux signes de fatigue, de surcharge, et faisons corps.

    Transférons chacune ce mail à deux autres sur qui nous pouvons compter. Tenons-bon, faisons lien, faisons société… jusqu’à la victoire !

    Par ailleurs, les femmes de la coordination nationale des Facs et Labos en Lutte ont été nombreuses à participer à la marche féministe du 7 mars à la fois extrêmement enthousiasmante et violente, du fait de la répression par les forces de l’ordre sur la place de la République à la fin de la manifestation. Nous nous sommes organisées rapidement, notamment face à la répression policière : notre capacité à nous mouvoir et à nous écouter paraissait spontanée. Toute camarade qui se faisait frapper recevait du soutien et de l’attention. Ce fut la mise en pratique d’une réactivité et d’une organisation qui ne nécessite pas d’être verbalisée, grâce à notre socialisation au care qui augmente notre puissance d’agir. Nous l’avions également observé, le 28 février, lors du rassemblement contre les violences sexistes et sexuelles devant la Salle Pleyel, à l’occasion de la cérémonie des Césars : le caractère offensif de ces mobilisations est frappant. Il y a un saut dans la prise de conscience du rôle joué par la police – particulièrement sexiste à ces occasions – et la justice dans l’oppression systémique que nous subissions. Des femmes très différentes n’ont plus peur d’aller au contact avec les forces de l’ordre. Une énergie et une colère très forte se dégageaient lors de ces manifestations.
    Conclusion : le confinement ou l’accentuation de la division sexuée du travail militant ?

    Le confinement a créé un nouveau contexte, dans lequel les femmes se sont retrouvées en première ligne. La division sexuée du travail militant tend désormais à se réinstaller, voire à se renforcer. Il a déjà été montré que, durant le confinement, les chercheuses, souvent occupées par ailleurs au travail de care familial, déposent nettement moins d’articles que les chercheurs qui ont amélioré leur productivité : Cette logique se retrouve dans la mobilisation.

    La situation est complexe : alors que quelques jours avant l’annonce de la fermeture des facs nous étions plus de 500 délégué·es en coordination nationale, nous nous sommes retrouvé·es à devoir chercher un moyen de faire exister notre lutte sans pouvoir nous réunir et mobiliser sur nos universités et nos laboratoires. Pour beaucoup, la crise sanitaire a été source de sidération et de paralysie, pour d’autres, elle a fait émerger d’autres urgences politiques comme la solidarité envers les plus précaires dans nos quartiers et dans les lieux d’enfermement. Certain.es ont pu aussi juger que, du fait de l’arrêt brutal et imposé de la mobilisation, il était devenu difficile de trouver un sens à leur implication au sein de comités qui émanaient de la lutte en cours. Il ne s’agit pas de juger les départs, mais seulement ici de les constater.

    Or, force est de constater que dans ce contexte difficile pour tou·tes, les comités de mobilisation qui continuent de fonctionner semblent l’être sous l’impulsion de femmes et le comité de mobilisation national, qui réunit 70 personnes élues, a largement diminué, voyant disparaître une grande partie des hommes impliqués précédemment.

    Nombreux sont les hommes qui écrivent des textes et des tribunes, tandis que les femmes continuent à prendre en charge l’organisation du travail collectif, tâche qui devient plus lourde du fait de la mise en retrait de nombreux·ses militants, l’absence de réunions physiques, les rythmes décalés des un.es et des autres… D’ailleurs, la campagne à laquelle nous avons participé au début de la période de confinement pour le report des délais de candidatures aux postes de Maîtres·ses de conférences a principalement été portée par des femmes, car certaines d’entre elles, avec enfants, expliquaient qu’elles ne pourraient pas y arriver tandis que certains hommes nous ont expliqué que, confiné·es, nous n’avions rien d’autre à faire que de constituer nos dossiers.

    Les femmes sont également plus nombreuses à assurer le travail de care, dans l’environnement familial et au travail, mais aussi dans les collectifs militants et solidaires, de l’ESR et d’ailleurs. Elles sont davantage investies, notamment, dans les nombreuses initiatives de solidarité qui ont vu le jour pour apporter un soutien psychologique, logistique, financier, alimentaire ou sanitaire aux personnes les plus en difficulté suite à la crise sanitaire et au confinement. Concernant les initiatives propres à l’ESR, par exemple, l’équipe s’occupant de la caisse de solidarité des Facs et Labos en Lutte, lancée conjointement par le comité de mobilisation des facs et labos et des collectifs de précaires et d’étudiant·es réunis en assemblée générale le 27 mars, est composée de six personnes dont cinq femmes (et cinq précaires, par ailleurs). Cela semble également être le cas dans les initiatives hors ESR qui se sont créées pour organiser la solidarité sur une base territoriale (ville, quartier ou arrondissement), telles que les Brigades de Solidarité populaire ou le réseau #COVID-ENTRAIDE FRANCE.

    D’autre part, bien que des réunions aient continué à se tenir à distance, ce type de rencontres a souffert de la situation confinement. En conséquence, beaucoup de décisions cruciales, concernant par exemple la continuité pédagogique ou les validations, ont eu pour principal cadre de discussion des instances routinières de prise de décision, telles que les conseils d’université, de laboratoire ou de départements, au sein desquelles les femmes restent mal représentées et dans lesquelles les règles que nous avons instaurées pour lutter contre les dominations de genre ne sont pas rigueur.

    Pour conclure, si les formes d’organisation collective qui ont été mises en place durant cette mobilisation ont permis aux femmes de prendre leur place dans la prise de parole et dans la prise de décision, il faut donc veiller à maintenir cet acquis dans le contexte particulier que nous vivons, mais aussi, à long terme, dans le fonctionnement « normal » de l’université et de la recherche.

    L’ambition de ce texte était de conserver des traces et rendre visible un aspect de la mobilisation pas toujours évoqué. Il participe à un contexte plus large, cette lame de fond féministe que nous connaissons actuellement et qui ne saurait s’arrêter.

    Cet article a été rédigé par six militantes du Comité de mobilisation national des Facs et Labos en Lutte, il est également publié par la revue Contretemps.

    https://universiteouverte.org/2020/05/21/facs-et-labos-en-lutte-une-mobilisation-feministe-retour-dexperie
    #université #ESR #facs #France #résistance #femmes #féminisme #inégalités #réforme #inégalités_de_genre #LPPR #résistance #visibilité #carrière_universitaire #care #socialisation #compétition #précarisation #titularisation #précarité #conscience_collective #tâches_militantes #résistance #militantisme #dominations #sexisme #patriarcat #mixité_choisie #prise_de_parole #AG #assemblées_générales #violences_sexistes #violences_sexuelles #sororité #confinement

  • Une expertise psychiatrique décrit « l’emprise » qu’avait Tariq Ramadan sur ses principales accusatrices
    https://www.francetvinfo.fr/societe/justice/tariq-ramadan/une-expertise-psychiatrique-decrit-l-emprise-qu-avait-tariq-ramadan-sur

    Ces deux femmes disent avoir été violées respectivement en 2012 et en 2009. Cette dimension d’emprise « éclaire essentiellement la phase postérieure aux faits, rendant compte de l’ambivalence des sentiments et réactions et de la persistance du lien dans la durée », estime l’expert.

    Concernant Henda Ayari, « pour la phase antérieure, il convient de considérer également l’intensité des sentiments amoureux qui l’ont amenée à consentir à une relation sexuelle », poursuit-il. L’expert estime par ailleurs qu’"il serait erroné de considérer que seule l’emprise a conduit [Christelle] à consentir à une rencontre sexuelle". Mais pour les deux femmes, il conclut, à l’identique : « Ce à quoi elle n’a pas consenti, c’est aux actes qu’elle décrit comme un mélange d’extrême violence et d’absence de considération pour son propre désir et sa dignité ».

    Concernant une troisième plaignante, une femme de 37 ans apparue l’an dernier dans l’enquête, l’expert note que « si emprise il y a eu, c’est celle de l’état amoureux de X qui a vite cédé devant le constat de l’écart entre ses attentes et la nature de celles de Monsieur Ramadan ». « C’est d’un autre ordre qu’un viol physique, (...) il y a un viol moral », avait expliqué cette femme aux enquêteurs au sujet de ses deux rencontres avec l’islamologue en mars 2016 à Paris.

    Après avoir nié toute relation extraconjugale, le prédicateur a dû changer de version face aux abondantes correspondances sexuelles exhumées par les enquêteurs. Il plaide désormais des « relations de domination », rudes mais « consenties ».

    Je trouve ça intéressant, qu’on puisse considérer comme une violence ces actes-là. Les femmes sont admiratrices, amoureuses, elles consentent à une relation sexuelle mais pas à une relation « SM » (avec des guillemets puisque le SM est fondé dans l’idéal sur le consentement et vise la sûreté des participant·es) et c’est cet écart entre la relation acceptée (le sexe) et la relation imposée (le sexe violent) qui est jugée comme un crime. On avance !

    Et s’il y en a ici qui trouvent que c’est couper les cheveux en quatre, imaginez que vous (ou une femme à qui vous voulez du bien) signez pour un coït vaginal et subit une sodomie forcée, violente, sans protection. Dire oui pour l’une, ce n’est pas accepter l’autre...
    #violence_de_genre #violences_sexuelles #viol #justice (un peu)

  • #ChileDespertó
    Le Chili : 30 ans après la fin de la dictature

    Depuis le 17 octobre dernier, des millions de Chilien.ne.s sont dans les rues pour protester contre le gouvernement en place de Sebastián #Piñera, dont le #néolibéralisme extrême est hérité de la dictature d’Augusto Pinochet (1973-1990). C’est pour un nouveau modèle de société mais aussi contre la #répression_étatique que les Chilien.es se mobilisent. En effet, depuis cette date, les violations des droits de l’homme se multiplient de la part des #forces_armées et de la police : #arrestations_sommaires, #violences_sexuelles, #assassinats, #blessures graves sont rapportés par les ONG nationales et internationales pour le respect des droits de l’homme.

    Face à l’urgence chilienne, l’équipe d’espagnol de l’IEP de Grenoble et leurs étudiants ont jugé nécessaire de communiquer. Un contact via les réseaux sociaux a été établi avec plusieurs photographes chiliens amateurs basés sur Santiago. Ceux-ci ont répondu à l’appel dans l’objectif de donner de la #visibilité, au-delà des frontières, à la situation actuelle dans leur pays. Ce projet de soutien au Chili entend diffuser une vision nationale-populaire de la crise sociale, grâce à ces clichés qui sont autant d’actes artistiques de résistance.
    Ce travail est le fruit d’une collaboration riche entre les enseignants d’espagnol et les bibliothécaires de Sciences Po Grenoble en charge de la médiation culturelle, qui ont réalisé ce site afin de finaliser ce projet malgré les contraintes de confinement. C’est pourquoi l’évènement, qui aurait dû avoir lieu dans l’institut, est ainsi proposé en exposition virtuelle.

    https://sites.google.com/iepg.fr/chiledesperto

    Les photographes :
    #Luis_Fernández_Garrido
    #Camilo_Aragón_Guajardo
    #Patricio_Acuña_Pérez
    #Yerko_Jofre_Amaru
    #Roberto_Vega_Sotelo

    –-> zéro #femmes (sic)
    #femmes_photographes

    https://sites.google.com/iepg.fr/chiledesperto/lexpo/les-photographes

    #Chili #exposition #droits_humains #police #héritage #dictature #résistance #visibilisation #photographie

    ping @reka @albertocampiphoto

  • Compte twitter Counting Dead Women

    UK women killed by men or where a man is the principal/primary suspect. Account run by @k_ingalasmith

    https://twitter.com/countdeadwomen
    #féminicide #données #UK #Angleterre #femmes #meurtres #violence_domestique #violences_sexuelles

    Le fil est tenu par une chercheuse, une sociologue de l’université de Durham, #Karen_Ingala_Smith, dont voici le site perso :

    https://kareningalasmith.com

    Et sa page institutionnelle :

    Since 2009, I have been Chief Executive of nia, an East London based charity providing services for women, girls and children who have experienced sexual and domestic violence. Under my leadership, nia has maintained an undaunted feminist commitment to ending male violence. During an unfavourable economic climate, I have built upon nia’s reputation for innovative and creative ways of responding to the needs of the women and children it serves to become a highly regarded organisation championing an integrated approach to addressing all forms of male violence. nia’s services include East London Rape Crisis; The Emma Project –a unique refuge for women who have experienced domestic and sexual violence; Daria House – a refuge for women who have been sexually exploited with a focus on supporting women who been exploited through their involvement in prostitution; the London Exiting and Advocacy Project supporting women to exit prostitution; and the recently launched Huggett Women’s Centre.

    https://www.dur.ac.uk/sociology/staff/profile/?id=13884

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    The #Femicide_Census

    The Femicide Census is a unique source of comprehensive information about women who have been killed in the UK and the men who have killed them.

    Men’s violence against women is a leading cause of the premature death for women globally but research in the UK and Europe is limited and unconnected. The Femicide Census significantly improves upon currently available data by providing detailed comparable data about femicides in the UK since 2009, including demographic and social factors and the methods men selected to kill women. By collating femicides, we can see that these killings are not isolated incidents, and many follow repeated patterns.

    Launched in 2015, The Femicide Census was founded by Karen Ingala Smith and Clarissa O’Callaghan with support from Freshfields, Deloitte and Women’s Aid (England). It was inspired by information collected by Karen and recorded in her blog Counting Dead Women. Since then, The Femicide Census has become established as a leading articulation of men’s fatal violence against women in the UK. We are now ready to take the Femicide Census into its next phase as an independent entity.

    https://kareningalasmith.com/the-femicide-census

    #recensement #chiffres #statistiques #données #base_de_données

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    Karen Ingala Smith est citée ici, en lien avec le coronavirus/covid-19 :
    Domestic abuse killings ’more than double’ amid Covid-19 lockdown
    https://seenthis.net/messages/831467#message843842

  • Au Québec, le lobby réglementariste se sert des médias pour continuer à envoyer au casse-pipes de la prostitution à l’heure du COVID-19 les filles et les femmes les plus précarisées.
    Ci—dessous : Commentaire de JOHANNE ST-AMOUR, féministe radicale, sur une entrevue complaisante du lobby STELLA, publiée il y a quelques jours dans LE DEVOIR (https://www.ledevoir.com/societe/576142/l-industrie-du-sexe-ne-s-arrete-pas) :
    #prostitution #violences_sexuelles #putiers #prostitueurs #proxenetisme #culture_du_viol #coronavirus #covid-19
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    dimanche 5 avril 2020

    Prostitution : quand la pandémie est un prétexte à protéger un système et ses exploiteurs

    "Je m’attendais à mieux de la part du Devoir qu’un mauvais reportage sur la détresse des acheteurs de la prostitution et les astuces « innovantes » d’un groupe qui maintient des femmes dans l’exploitation sexuelle. Mais c’est bien ce à quoi ressemble l’article de Jessica Nadeau, « L’industrie du sexe ne s’arrête pas ». (1)

    Nous apprenions alors que les membres du groupe Stella sont des « expertes du sécurisexe ». « Des compétences transférables à d’autres types d’infection » sont intégrées dans ce contexte de pandémie.

    Sandra Wesley, directrice de l’organisme qui défend les « travailleuses du sexe », soutenait qu’on travaillait, à travers le monde, à développer des guides pour minimiser les risques : « On tente de voir si ça se transmet dans le sperme ou non et quelles sont les précautions à prendre si quelqu’un est obligé de travailler ». On n’arrête pas le progrès ! Surtout que la distanciation (physique) ne semble pas au programme.

    La prostitution serait-elle devenue un service essentiel ?

    Derrière ces femmes qui auront besoin du revenu de la prostitution, Mme Wesley cache les hommes pour qui les désirs et fantasmes sexuels sont soi-disant incontrôlables.

    Comment faire respecter des « nouvelles règles de sécurité » quand des exploiteurs ne respectent même pas le port du condom ? Quand les exploiteurs n’ont aucune considération pour les femmes qu’ils prostituent et sont axés sur leurs propres désirs ou leur propre profit ?

    J’avais l’impression de lire un mauvais article du Journal des Affaires qui relatait le plan de réajustement d’urgence d’une entreprise indispensable à la population. Il ne s’agissait que d’une entreprise criminalisée que certains aiment bien appeler l’« industrie du sexe ».

    « Les travailleuses du sexe s’adaptent toujours au marché et sont très créatives ! » Pensez au misérable gars qui est pris à la maison et n’a pas accès à sa « camgirl » ajoutait Mme Wesley. Le Devoir rapporte ces propos, alors que nos besoins de base sont actuellement soumis à des règles strictes pour s’approvisionner. Étonnant !

    Prostituer est-il aussi devenu un droit ?

    Un droit que popularise Mme Wesley qui, je le rappelle, est membre du CA de la Fédération des femmes du Québec.

    Un droit qu’on dérobe sous le concept vaporeux d’agentivité des prostituées que la FFQ a voté en 2018, une façon détournée de cautionner la prostitution.

    Madame Wesley en a profité pour demander la décriminalisation totale de la prostitution. Elle avait fait la même chose suite au meurtre de Marylène Lévesque à Québec.

    Stella a l’habitude de mettre de l’avant les quelques femmes qui disent exercer cette activité par choix. C’est toujours plus « glamour ». La situation actuelle nous montre le côté plus réaliste, et plus dramatique : la pauvreté et la précarité des femmes qui sont exploitées. La très grande majorité. (...)

    L’ARTICLE DE JOHANNE ST-AMOUR EST À LIRE AU COMPLET SUR SISYPHE
    –-----------------------------
    (1) http://sisyphe.org/spip.php?article5572

    • @martin4 sachant que tu es pas très à l’aise avec la netiquette et probablement les rouages techniques de seenthis je me permet de te donner quelques conseils d’utilisation du réseau.

      – quant tu cite un texte je te conseil d’utiliser l’option « citation » qui s’affiche en haut à droite de la fenêtre dans lequelle tu ecrit (il suffit de cliquer dessus et les «  » spéciaux apparaitrons dans ton message. ou sinon le raccourci clavier maj+tab permet la même chose. Ca permet de distingué ce qui est écrit par toi de ce qui ne l’est pas.

      – on utilise les hashtags ou tags pour retrouvé les ressources partagés par exemple pour le texte que tu rapporte ici les tags que ca m’inspire sont :
      #prostitution #violences_sexuelles #putiers (ma manière de nommer les consommateurs de viols tarifés) et #proxenetisme #culture_du_viol #coronavirus #covid-19

      – tu peu aussi éditer à tout moment tes propres messages pour mettre les tags qui te plaisent, ajouter un commentaire, une image, mettre les parties citées en citation, orthographe, amélioré ta mise en page... Quand tu survole ton message apparait deux commandes en bas du message « modifié et supprimé ».

      Merci pour le partage des infos et bonne continuation à toi.

  • #Violences_sexuelles : l’#université radie deux profs, la #justice les blanchit

    Deux enseignants de la faculté Jean-Jaurès de #Toulouse ont été radiés pour des faits qualifiés de #harcèlement_sexuel et moral. Mais la décision de la justice de classer sans suite passe mal auprès des étudiantes et enseignantes qui ont porté le dossier.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/090320/violences-sexuelles-l-universite-radie-deux-profs-la-justice-les-blanchit
    #harcèlement_moral #université #fac #France

  • Le Ministre de l’Éducation Nationale et la culture du viol

    Le 3 mars 2020, Jean-Michel Blanquer a déclaré (citation intégrale) :

    « Il faut être attentif à toujours bien distinguer l’œuvre de l’auteur. Je continuerais à regarder la Joconde même si j’apprenais beaucoup de défauts de Léonard de Vinci »

    Sources :
    https://www.lci.fr/politique/video-interview-lci-elizabeth-martichoux-jean-michel-blanquer-ministre-de-l-educ
    http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2020/03/04032020Article637189045896448212.aspx

    À part Nous toutes, personne ne semble choqué.
    https://www.facebook.com/NousToutesOrg/photos/a.273814676794302/668537550655344

    Je ne comprends pas qu’aujourd’hui les appels à une démission ne se multiplient pas…
    Ce Ministre qui participe par ses propos à la culture du viol en réduisant des faits avérés (et jugés, non ?) de viol et de pédophilie à un défaut, ce Ministre est celui de l’Éducation, garant :
    – de la sécurité et de l’intégrité des élèves ;
    – de la mise en œuvre de la prévention des comportements sexistes et des violences sexuelles.
    https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Sante/44/9/Guide_comportements-sexistes-violences-sexuelles_-_edi

    #éducation #culture_du_viol #sexisme #pédophilie #violences_sexuelles

  • #Mirion-Malle

    Le livre parle d’abord d’une dépression mais plus spécifiquement de la #dépression d’une jeune femme qui est victime de violences sexuelles. J’avais envie de montrer les impacts que ces dernières peuvent avoir sur le long terme et le nœud de #complexité qu’elles créent. Ça ne fait pas mal pendant une semaine ou un an mais pendant vraiment longtemps, jusqu’à prendre toute la place. Certains événements qui peuvent paraître moins grave par la suite vont contribuer au mal-être général de la personne.

    https://us14.campaign-archive.com/?u=7355b8808026c73901c9d83fc&id=ff46f56211
    #livre #femmes #violences_sexuelles #santé_mentale

  • #ONU, le #scandale des #abus_sexuels

    De la Centrafrique à New York, une investigation sur les abus sexuels commis par les collaborateurs de l’ONU et l’impuissance de l’organisation à les combattre.

    « Tout ceci est hautement immoral et en totale contradiction avec notre mission. » En 2004, l’ONU et son secrétaire général, Kofi Annan, affrontaient un vaste scandale d’abus sexuels commis par des militaires et des employés de l’organisation en République démocratique du Congo. Dans la foulée, le conseiller Zeid Ra’ad al-Hussein présentait ses préconisations pour éradiquer le fléau et l’impunité qui l’accompagne : mise en place de cours martiales dans les pays où des casques bleus sont déployés et adoption d’une convention internationale permettant à l’ONU d’engager des poursuites pénales contre son personnel civil. Près de quinze ans plus tard, alors que les États membres s’opposent toujours au morcellement de leur compétence juridictionnelle, l’exploitation et les violences sexuelles perdurent sur les terrains d’opération, comme en Centrafrique. Malgré les mesures déployées (création d’un poste de défenseur des droits des victimes, couvre-feux pour éviter les contacts entre la population locale et les employés des Nations unies en dehors des heures de service, travail de sensibilisation et d’éducation…) et la tolérance zéro prônée par l’actuel secrétaire général, António Guterres, près de cinquante nouvelles plaintes ont été enregistrées l’année dernière.

    Victimes oubliées
    Cette enquête recueille la parole de victimes oubliées – non signalées ou abandonnées par l’organisation –, les tentatives d’explication de responsables onusiens et le témoignage effarant du Français Didier Bourguet, seul civil condamné à ce jour, pour deux viols sur mineures, alors qu’il reconnaît avoir eu des rapports sexuels avec au moins une vingtaine d’enfants. Elle pointe ainsi l’intolérable impunité qui prédomine dans la grande majorité des cas.

    https://www.arte.tv/fr/videos/074593-000-A/onu-le-scandale-des-abus-sexuels
    #viols #impunité #pédophilie #pédocriminalité #documentaire #film_documentaire #casques_bleus #RDC #MINUSCA #Didier_Bourguet #plaintes #justice #faille_juridique #République_Centrafricaine #Centrafrique #abus_sexuels #code_blue #viols_sur_mineurs #Régiment_des_Diables_Rouges #casques_bleus_français #Innocence_en_danger (ONG) #tolérance_zéro #Fondation_Femme_Plus #grossesse #MONUSCO

    • Code Blue

      The Code Blue Campaign works to end impunity for sexual abuse by un personnel.


      The UN has a longstanding crisis caused, first, by UN personnel who commit sexual offenses against members of the populations they’re intended to serve and against other UN personnel and, second, by the institution’s response—the policies, procedures, and practices that create and sustain an institutional culture of impunity.

      We have identified three root causes of the UN’s culture of impunity:

      The institution has taken the liberty to manage its crisis internally.

      UN senior managers responsible for responding to and deliberating on individual cases are all rendered non-neutral by the conflicts of interest inherent in their positions: each is simultaneously called upon to represent and defend the best interests of the UN, the rights of the Organization’s accused employees and witnesses, and the rights of claimants.

      UN immunity makes the Organization’s “words and deeds” uniquely impervious to oversight or audit, shielding its functions and functionaries from external scrutiny and effectively negating the freedom of information that is a cornerstone of due process and a necessary precondition to equal justice for all.

      The Code Blue Campaign is concerned with overhauling several UN practices now in place that allow the UN Organization to dismiss and violate claimants’ fundamental rights to due process and neutral justice before the law:

      In addressing claims of “sexual exploitation and abuse” and “sexual harassment and assault” made against UN personnel, UN officials consistently misinterpret, misrepresent, and misapply UN immunity (an important legal protection intended to protect the multilateral work of the world body) to shield individual personnel from accountability and the Organization’s officials from reputational damage.

      The license to manage its sexual abuse crisis internally has evolved in tandem with the linear, largely unplanned growth of the UN system into a sprawling bureaucracy with many dozens of semi-autonomous “entities” that operate in relative isolation with barely monitored and rarely questioned authority accorded the heads.

      This combination of rapid de-centralization and unmonitored, quasi-independence and authority has in turn given rise within the various “entities” to dozens of inharmonious, non-coherent, and often conflicting policies, procedures, and practices for addressing sexual offense claims made against the personnel of those entities.

      The result is a non-system in which claimants and accused UN personnel associated with one entity of the UN Organization are subject to policies and procedures that may bear no resemblance to those followed by other entities of the same UN Organization. The only unifying factors across the system are the root causes of the UN’s culture of impunity for sexual offenses: the internal handling of all cases including those in which crimes beyond the UN’s “jurisdiction” are alleged; the misinterpretation and misapplication of UN immunity; and the inherent conflicts of interest underlying every case.

      The Code Blue Campaign has arrived at these conclusions through years of intense research. We have exposed several cases that illustrate the injustice, the incoherence, the innate and insurmountable conflicts of interest, and the long history of rights violations and abusive treatment by the UN Organization, primarily of victims but also of the accused. We argue that unjust UN policies and practices have, over decades, resulted in a culture of impunity for sexual “misconduct” ranging from breaches of UN rules to grave crimes. This represents a contravention of the UN Charter. Member States must intervene immediately. The General Assembly could end this crisis by divesting the UN Organization of any role in cases of “sexual misconduct,” and delegating the authority instead to an appropriate entity created, staffed by and reporting directly to the Member States, and entirely independent of the Organization.

      Member States have not yet come to the realization that the day of reckoning is approaching. If they do not take the initiative to fully recognize, understand, and solve a problem that has become an attention-getting Achilles heel, the UN’s sexual abuse crisis is likely to reach a pinnacle soon that could hobble the United Nations’ ability and authority to perform any of its functions. The UN could follow in the unenviable footsteps of another enormously powerful, largely secretive global institution whose former heights of moral authority are now universally queried: the Catholic Church.

      http://www.codebluecampaign.com

    • Taking action on sexual exploitation and abuse by peacekeepers: Report of an independent review on sexual exploitation and abuse by international peacekeeping forces in the Central African Republic

      Executive Summary

      I. Introduction

      When peacekeepers exploit the vulnerability of the people they have been sent to protect, it is a fundamental betrayal of trust. When the international community fails to care for the victims or to hold the perpetrators to account, that betrayal is compounded.

      In the spring of 2014, allegations came to light that international troops serving in a peacekeeping mission in the Central African Republic (“CAR”) had sexually abused a number of young children in exchange for food or money (the “Allegations”). The alleged perpetrators were largely from a French military force known as the Sangaris Forces, which were operating as peacekeepers under authorization of the Security Council but not under UN command.

      The manner in which UN agencies responded to the Allegations was seriously flawed. The head of the UN mission in CAR failed to take any action to follow up on the Allegations; he neither asked the Sangaris Forces to institute measures to end the abuses, nor directed that the children be removed to safe housing. He also failed to direct his staff to report the Allegations higher up within the UN. Meanwhile, both UNICEF and UN human rights staff in CAR failed to ensure that the children received adequate medical attention and humanitarian aid, or to take steps to protect other potential victims identified by the children who first raised the Allegations.

      Instead, information about the Allegations was passed from desk to desk, inbox to inbox, across multiple UN offices, with no one willing to take responsibility to address the serious human rights violations. Indeed, even when the French government became aware of the Allegations and requested the cooperation of UN staff in its investigation, these requests were met with resistance and became bogged down in formalities. Staff became overly concerned with whether the Allegations had been improperly “leaked” to French authorities, and focused on protocols rather than action. The welfare of the victims and the accountability of the perpetrators appeared to be an afterthought, if considered at all. Overall, the response of the UN was fragmented and bureaucratic, and failed to satisfy the UN’s core mandate to address human rights violations.

      By examining these failures and recommending reforms to deter future incidents of sexual violence by peacekeepers, this Report provides an opportunity for the UN to chart a new course of action and to undertake meaningful organizational change. If the Secretary-General’s zero tolerance policy is to become a reality, the UN as a whole—including troop contributing countries (“TCCs”)—must recognize that sexual abuse perpetrated by peacekeepers is not a mere disciplinary matter, but a violation of the victims’ fundamental human rights, and in many cases a violation of international humanitarian and criminal law. Regardless of whether the peacekeepers were acting under direct UN command or not, victims must be made the priority.

      In particular, the UN must recognize that sexual violence by peacekeepers triggers its human rights mandate to protect victims, investigate, report and follow up on human rights violations, and to take measures to hold perpetrators accountable. In the absence of concrete action to address wrongdoing by the very persons sent to protect vulnerable populations, the credibility of the UN and the future of peacekeeping operations are in jeopardy.

      https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/Independent-Review-Report.pdf

      #rapport

    • Innocence en danger. Mouvement mondial de protection des enfants contre toutes formes de #violences notamment sexuelles.

      Innocence en Danger (IED) est un mouvement mondial de protection des enfants contre toutes formes de violences notamment sexuelles, présent dans une dizaine de pays et partenaire d’associations internationales actives dans la lutte contre la pédocriminalité.

      Le Directeur Général de l’Unesco, Fédérico Mayor, nomme en 1999, Homayra Sellier Présidente du mouvement de protection mondial de l’enfance. Depuis avril 2000, Innocence en Danger (IED) est une association Loi 1901 en France à vocation internationale. Elle est indépendante de tout organisme, déclarée à la préfecture de Paris, à but non lucratif et reconnue d’intérêt général.

      Innocence en Danger regroupe tous les acteurs militants de notre société : spécialistes d’internet, juristes, experts de l’enfance, décideurs des mondes politiques, économiques et médiatiques. Son but est de sensibiliser l’opinion internationale aux fléaux croissants rencontrés par l’enfance, afin de peser sur les décisions des gouvernements.

      Innocence en Danger constitue une force d’action, de sensibilisation, de proposition, d’éducation et d’information auprès des organisations gouvernementales ou non gouvernementales, des instances européennes et internationales, des entreprises, des écoles, des collectivités locales, des groupes de jeunes…

      Innocence en Danger tient le rôle de relais d’informations entre le public et les institutions publiques. Elle accompagne au quotidien les enfants victimes et le(s) parent(s) protecteur(s). Elle est la première et la seule association à avoir mis en place des séjours de résilience.

      https://innocenceendanger.org

      #violence #violences_sexuelles

  • Les règles des femmes, sujet d’un rapport inédit à l’Assemblée nationale | Le Huffington Post LIFE
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/les-regles-des-femmes-sujet-dun-rapport-inedit-a-lassemblee-nationale

    Déplorant une “connaissance insuffisante” des filles et des femmes sur ce sujet, notamment concernant la “diversité des produits de protection”, les “précautions d’usage et d’hygiène” ou les “risques sanitaires”, les deux députées préconisent que le cycle menstruel soit systématiquement abordé dès la classe de 6e, et qu’un site internet public soit créé pour délivrer des “informations ludiques et accessibles”.

    “Informer au plus tôt c’est le mieux, dans un premier temps en abordant cette question de l’éducation à la sexualité”, a indiqué à l’AFP Laëtitia Romeiro Dias.

    C’est bien, sauf que l’éducation à la vie affective et sexuelle à l’école est prise en charge par des associations sous-dotées (et que personne à l’école n’est formé pour les remplacer).

    Baisses de financements des établissements d’information, de conseil conjugal et familial : on vous explique ! | Le planning familial
    https://www.planning-familial.org/fr/vie-du-mouvement/baisses-de-financements-des-etablissements-dinformation-de-consei

    Pour le Planning, sur l’ensemble du territoire, au vu des besoins, il n’y a pas de régions sur-dotées, il n’y a que des régions sous-dotées ! Comment poursuivre un travail de qualité et garantir l’égalité d’accès avec des moyens en baisse alors qu’ils ne suffisent déjà pas à couvrir les besoins ? Les besoins des populations et l’état des lieux des ressources pour y répondre devraient être les seuls critères recevables.
    Plutôt qu’une « répartition » des actions sur les territoires à moyens constants, démunissant les uns pour mal munir les autres, il est urgent d’augmenter la ligne budgétaire nationale affectée aux missions des EVARS EICCF : 2,8M€ pour toute la France métropolitaine et DROM, avec une moyenne de 800 000 jeunes par classe d’âge, c’est largement insuffisant !

    Ici aussi : https://twitter.com/KarinePlassard/status/1228048932619636737

    Je vais être obsessionnelle !
    Le planning familial du Puy de Dôme risque de fermer bientôt parce que l’état leur a retiré une subvention importante.
    Alors je sais Twitter c’est le Puy de Dôme loin des préoccupations de beaucoup d’entre vous mais pour nous ça veut dire beaucoup
    👇

    Le PF 63 intervient dans les collèges dans tout le département pour faire de la prévention. Pour cela l’asso était financé depuis des années.
    Il y a quelques mois, on leur a annoncé que désormais l’éducation nationale pourrait le faire seul, sauf que

    Sauf que les établissements continuent de solliciter le planning, car personne n’a été formé à quoique ce soit et que du coup, cette année aucun élève de collège n’aura d’intervention.
    Je rappelle que la loi prévoit 3 séances par an par classe d’âge ! C

    C’est une vrai mise en danger des jeunes...
    Par ailleurs ce manquement financier met en péril la structure même, la fermeture du planning 63 ça veut dire la fermeture du plus gros centre de planification du département

    Ça veut dire la fin des consultations pour des jeunes filles mineures qui venait avoir un suivi contraceptif, ça veut dire la fin de la prise en charge des femme victimes de violences, ça veut dire la fin des interventions auprès des migrantes, des détenues...

    La liste est longue de toutes les actions essentielles que mènent l’équipe du Planning familial, les attaquer en leur supprimant leur financement, c’est nous attaquer toutes !
    Il faut nous mobiliser, parce qu’aujourd’hui c’est ici et demain ce sera ailleurs !

    Même les capotes manquent... On le rappelle, c’est des investissements minuscules au regard de ce que leur manque peut coûter à la société en matière de santé, de violences à l’égard des femmes et de recul de leurs droits et de leur présence dans la sphère publique.

    Des pénuries de préservatifs gratuits inquiètent les associations | Slate.fr
    https://www.slate.fr/story/180273/penurie-preservatifs-planning-familial-mst-jeunes-prevention?amp

    Cet été, le Planning familial soulève pourtant une inquiétude. Il commence à s’alarmer d’un début de pénurie de préservatifs gratuits dans certains départements. Une préoccupation que l’association souhaite partager, notamment à travers une plateforme d’appels à témoignages, afin d’évaluer l’ampleur de la problématique sur les territoires.

    #santé #femmes #éducation_sexuelle #avortement #contraception #violences_sexuelles #IST #règles #préservatifs #Planning_familial

  • Je me souviens de Gabriel Matzneff (Élise Thiébaut, Le Club de Mediapart, 12.01.20)
    https://blogs.mediapart.fr/elise-thiebaut/blog/120120/je-me-souviens-de-gabriel-matzneff

    C’était notre monde. Notre contexte. Nos horizons. Et il nous a fallu beaucoup de temps, d’efforts et de péripéties pour que notre réalité dépasse leur fiction. Oui, nous avons été capables, finalement, de reprendre à notre compte cette #liberté-sexuelle qui s’exerçait trop souvent à nos dépens. Et ce n’est sans doute pas un hasard si en même temps que sont dénoncées les #violences_sexuelles et #sexistes grâce au mouvement #MeToo, surgit enfin une autre parole #féministe autrement plus émancipatrice sur le corps, sur la sexualité, sur le plaisir.

  • Quand BHL soutenait le pédocriminel Matzneff en 2018
    https://www.les-crises.fr/quand-bhl-soutenait-le-pedocriminel-matzneff-en-2018

    2018, une tout autre époque, où BHL soutenait Matzneff… Matzneff, Pinchard, Martinez Bernard-Henri Lévy, 19 mars 2018, La règle du je(u), arch Critique de « La Jeune Moabite » de Gabriel Matzneff, de « Hespérie » de Bruno Pinchard et de « Kairos Melancolia – Jacques Martinez Venise 2017 » de Guido Brivio. Bien des choses me tiennent à distance de […]

  • Aux États-Unis, l’Église évangélique luthérienne qualifie le sexisme de péché
    https://www.la-croix.com/Religion/Protestantisme/Etats-Unis-lEglise-evangelique-lutherienne-qualifie-sexisme-peche-2019-08-

    Ce texte a pourtant bien failli ne pas voir le jour. « Cette Église a révélé sa résistance à mener une conversation prolongée et une délibération morale sur les enseignements théologiques et éthiques concernant des préoccupations sociales pertinentes », raconte Mary Streufert qui a dû redoubler d’efforts pour ne pas laisser les membres du groupe de travail se décourager.

    De son côté, Jane Stranz, pasteure au sein de l’Église protestante unie de France et membre d’un groupe de réflexion sur la théologie féministe, salue « une tentative d’inscrire dans la doctrine sociale de l’Église la dénonciation du sexisme et du patriarcat. » « Je trouve ça normal, précise-t-elle toutefois. La Fédération luthérienne mondiale encourage en effet depuis très longtemps ses Églises membres à travailler pour la” justice de genre”. »

    Dans les années 1970, cette instance a lancé la campagne « Thursdays in black » ou « Jeudis noirs » qui invite hommes et femmes à se vêtir de cette couleur chaque jeudi pour protester contre les violences sexistes et la culture du viol.
    Rejeter les interprétations sexistes de la Bible

    La déclaration de l’ELCA pointe aussi la responsabilité de l’institution elle-même. « Le christianisme a été complice du péché de patriarcat et de sexisme à travers certaines croyances, pratiques et aspects de son histoire », regrettent les auteurs.

    Parmi les solutions mentionnées, une lecture de la Bible tenant compte du contexte de son écriture et rejetant les interprétations sexistes ; un enseignement religieux repensé ; l’utilisation d’un langage inclusif ; ou encore une répartition équitable de l’autorité et des fonctions de décision au sein de l’ELCA. L’assemblée s’est plus largement prononcée en faveur d’un accès équitable et abordable à la santé sexuelle et reproductive, et de la lutte contre les violences faites aux femmes.

    Les représentants des 9 100 congrégations évangéliques luthériennes ont par ailleurs réélu leur présidente, l’évêque Elizabeth Eaton. Ils ont aussi adopté d’autres textes, notamment une résolution condamnant le suprématisme blanc et une déclaration reconnaissant le rôle de leur Église dans le trafic d’esclaves entre le XVIIe et le XIXe siècle.

    https://s3.amazonaws.com/media.guidebook.com/upload/151152/sRQpAmUbA6luf2rk8lRamCpoXLxMQ5pIbOcO.pdf

    note ici l’#euphémisme

    Cette Église a révélé sa résistance à mener une conversation prolongée et une délibération morale sur les enseignements théologiques et éthiques concernant des préoccupations sociales pertinentes

    #méaculpa #église_luthérienne #protestants #sexisme #racisme #esclavagisme #violences_sexuelles

    Recherche dans le cours de https://seenthis.net/messages/818757 et si le signataire Pasteur G.Berner, Président du Consistoire de Paris-Nord s’avère être effectivement l’auteur de « La notion de liberté chez Luther
    Pasteur G. BERNER
    Edité par auto édité, 1980 »
    https://www.abebooks.fr/signe/notion-libert%C3%A9-Luther-Pasteur-G-BERNER/14709435374/bd

  • D’anciens compagnons brisent le silence sur des violences sexuelles à Emmaüs - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020120/d-anciens-compagnons-brisent-le-silence-sur-des-violences-sexuelles-emmaue

    Deux anciens compagnons ont porté plainte pour #violences_physiques et #attouchements_sexuels contre un responsable de l’antenne #Emmaüs de #Chatou (Yvelines). Un autre ex-compagnon se plaint de faits similaires et plusieurs témoins attestent de coups, de propos à connotation sexuelle et de #baisers_forcés portés à des publics vulnérables. Emmaüs France ne semble pas avoir pris la mesure des faits exposés.

    #violences_sexuelles #abus_de_pouvoir