• L’homme étranglé par un membre de la BAC à #Nantes a reconnu un jet de bouteille et les photos de bsaz demontrent qu’il résiste : il sera condamné et pourrait même payer des dommages au policier si celui-ci s’est protégé par un certif médical comme dans la majorité des cas.
    Telles sont la « justice » & les #violencesjudiciaires

    source : https://www.liberation.fr/checknews/2019/08/06/interpellation-violente-d-un-homme-a-nantes-la-victime-conteste-la-versio

    #thread : https://twitter.com/ValKphotos/status/1159031836691062785

    Aujourd’hui à #Nantes une personne va comparaître en justice express, accusé d’avoir balancé un objet au visage d’un commissaire. #RiotPorn oblige, les images de @LinePress ont fait le buzz mais pour l’instant aucun média n’a jugé bon de contextualiser
    https://twitter.com/ValKphotos/status/1158294815509008384 

    Je vais donc être plus précise : la foule est ultra hostile parce qu’un homme fait un malaise cardiaque, qu’il est pris en charge par les Medics et, pour ce que j’ai recoupé, les flics viennent de les gazer et certains en rient donc le commissaire reçoit ça : https://twitter.com/Mimas87/status/1158397934741983232

    Aucune image à ma connaissance ne montre qui a jeté la cuillère. Donc pour l’accusé du jour, vu la rapidité du procès et l’absence de remise en cause « sérieuse », ce sera la parole d’évangile des flics contre le sanguinaire manifestant.

    C’est comme ça toutes les semaines 😡
    L’antirep / legal team de Nantes fait un travail de ouf depuis des années qui démontre la routine judiciaire :
    – la police charge, des victimes tombent, des gens réagissent en défense instinctive : coupables
    – la BAC frappe, le flic porte plainte : bingo il reçoit de la thune

    Seulement voilà les comptes-rendus ne sont pas sexy, ils sont pas sur facebook ou twitter & ça fait pas vendre, ça génère pas de clics, c’est triste, sordide, ça fait peur car ça nous menace tou-te-s alors, à de très rares exceptions, pas de médiatisation
    https://twitter.com/ValKphotos/status/1156511535935709186 

    Donc

    LES FLICS ONT FAILLI TUER 2 PERSONNES !

    – un cardiaque
    – un homme, voulant le protéger, par strangulation

    Tout le reste n’est qu’auto-défense.

    ALLÔ @Place_Beauvau !

    A L’EAU tou-te-s les « responsables politiques » !

    Il vous faut combien de mort-e-s ?
    https://twitter.com/Mimas87/status/1159047177676742656

    Spectacle sur spectacle alors qu’on touche le fond :

    Claude d’Harcourt @Prefet44 porte plainte contre le journaliste nantais et ex conseiller de François Hollande, @claude_serillon, pour diffamation.
    L’objet du délit ? Ce tweet sur la mort de #SteveCanico.

    #JusticePourSteve

    https://twitter.com/MarionLpz/status/1159041418066837504

     Y’a des coups de pieds qui se perdent dans un fleuve pas tranquille...

    • Pour compléter le thread d’hier sur les #violencesjudiciaires, retour sur le procès à #Nantes contre l’homme suspecté d’avoir lancé un objet métallique, blessant un commissaire de police, alors que la foule voulait protéger un homme en arrêt cardiaque
      https://twitter.com/ValKphotos/status/1159432833099849728

      ( hier : https://twitter.com/ValKphotos/status/1159031836691062785 ou https://seenthis.net/messages/796270 )

      L’article de @presseocean fait un résumé mais mais ne détaille pas toutes les irrégularités qui ont émaillé la séance :
      "Huit mois ferme requis contre le manifestant nazairien qui avait blessé un commissaire"
      https://www.presseocean.fr/actualite/nantes-huit-mois-ferme-requis-contre-le-manifestant-qui-avait-blesse-un-
      (celui de @OuestFrance est payant...)
      Nantes. Commissaire blessé en manif : « une énorme erreur »
      https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-commissaire-blesse-en-manif-une-enorme-erreur-6473109

      Mais avant de poursuivre, je crois qu’il est primordial de lire le compte-rendu de @streetmednantes qui revient sur plusieurs points essentiels et confirme qu’un homme était bien en situation de malaise cardiaque /.../
      https://nantes.indymedia.org/articles/46226 ou https://web.archive.org/web/20190807215644/https://nantes.indymedia.org/articles/46226

      et que lui et ses soignants ont été ciblés par des lacrymos au point qu’un palet a commencé à mettre le feu à sa couverture de survie
      En face, des flics, des "professionnels" payées pour se maitriser et garder leur calme, riaient de la situation tant ils déshumanisent les manifs

      Comment garder son calme dans une manif précisément contre les #violencespolicières, quand on vient de retrouver le corps de #Steve mort alors qu’il faisait la fête, quand la @prefet44 @Place_Beauvau /.../ mettent le feu au poudre par leurs multiples déresponsabilisations ?

      L’homme accusé s’en est expliqué plusieurs fois : il est venu pour participer à la Marche Blanche en hommage à #SteveMaiaCanico, il a continué sans vraiment se poser de question, il a tenté plusieurs fois de sortir du périmètre toléré sans succès, repoussé par les flics, et puis

      et puis y’a eut ce moment, absolument dingue, de charge ultra-violente, pures #violencespolicières, et ce blessé, alors il a fait un truc instinctif : il a balancé ce qui lui tombait sous la main, par deux fois, en direction des flics. Il dit "des galets". Il n’a pas l’habitude.

      Nous, habitué-e-s, on comprend directement qu’il parle des palets de fumigènes. Mais la déconnexion de la "Justice" est telle qu’on lui répond comme s’il s’agissait de galets de pierres. Et malgré ses explications, à nouveau, on le questionne sur le poids (plume, pour qui sait !)

      Pourtant avec les vidéos issues des caméras de @S_surveillance que le juge prend plaisir à commenter tel un #onrefaitlematch il est évident que les objets sont un "retour à l’expéditeur" : des palets, la "cuillère" et même un contenant gris desdits palets :
      https://twitter.com/Mimas87/status/1158397934741983232

      Tout n’est que réponse à l’agression ressentie, tout a été déclenché une fois de plus par le choix d’une attaque de la la foule, au lieu d’un pseudo "maintien de l’ordre" dont @CCastaner & @gouvernementFR aiment se gargariser. Mais il faut un coupable à la hauteur de leur crime !

      Ça sera même martelé par un procureur totalement en vrille, qui doit confondre son métier et celui d’un prêcheur illuminé : "il faut envoyer un message ferme sur le respect dû à la @PoliceNationale" !!!
      Le même osera moquer l’accusé en certifiant que la manif était interdite (!)

      alors que NON, absolument pas, la manif était tolérée et l’accusé est resté sur la zone prévue par la @Prefet44. Pourtant le juge, le procureur et l’avocate de @PoliceNat44 mentiront sans retenue sur le sujet
      Cf @CheckNewsfr : https://www.liberation.fr/checknews/2019/08/02/la-manifestation-tous-pour-steve-a-nantes-est-elle-interdite_1743311

      Autre cagade hallucinante : 2 policiers, pardon, 2 RIO anonymes, portent plainte pour outrage. Sauf qu’ils font 2 copiés-collés à l’accent près et qu’il a été mentionné plusieurs fois que l’interpellation "n’a pas posé de problème".
      La honte absolue...
      Même pour Annie Hupé.

      Autre mascarade de la "justice" : Annie Hupé, avocate de @PoliceNat44, explique le mensonge du commissaire (qui a dit avoir été atteint au chevet du blessé) par un "choc psychologique violent dont il faudra mesurer les séquelles" mais le juge refuse l’expertise psy de l’accusé

      Pourtant son (excellente) avocate commise d’office (je veux bien son nom) apporte toutes les preuve que l’accusé est reconnu par la MDPH pour sa fragilité psychologique. Plusieurs TS, une addiction à l’alcool vaincue il y a un an...
      Non. Rien ne doit l’excuser.

      Un très bon "petit" résumé explique beaucoup mieux que moi les multiples irrégularités qui devraient entrainer une nullité de la procédure : à lire par ici https://nantes.indymedia.org/tumbles/46227 ou https://web.archive.org/web/20190808093652/https://nantes.indymedia.org/tumbles/46227 (cliquez sur l’option "lecture" de votre navigateur pour mieux voir)

      Le procureur, toujours en mode prêche, demande 8 mois de prison ferme. Au vu de la légèreté de la blessure (1 point de suture, 1 jour d’ITT pour ce point) et des irrégularités, c’est absurde et disproportionné.
      Rendu du verdict le 21 août...

      Pour terminer, une citation issue du magnifique recueil de poésie ATTAQUES#2 :

      « C’est quand on va au tribunal
      qu’on sait dans quel pays on vit »

      (Jérémy Gravayat, p. 232).

  • #Nantes : Plus de 60 interpellations hier dont plus de 30 "preventives" autour de la manif contre les #violencespolicières. Une grosse moitié est déjà sortie, certain-e-s n’ont même pas la moindre justification de leur arrestation, pas de récépissé, rien.
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/48455067341

    Flickr

    ValK. a posté une photo :
    #Nantes : Plus de 60 interpellations hier dont plus de 30 « preventives » autour de la manif contre les #violencespolicières. Une grosse moitié est déjà sortie, certain-e-s n’ont même pas la moindre justification de leur arrestation, pas de récépissé, rien. Il reste encore pas mal de monde à priori et c’est chouette de venir attendre leur sortie devant le commissariat Waldeck Rousseau pour qu’iels se sentent pas seul-e-s mais aussi pour faire le relai avec la Legal Team (06 75 30 95 45) afin qu’elle puisse faire un suivi... Besoin de relai maintenant, ce soir mais aussi demain matin. Et ca peut être chouette aussi d’aller au Palais de Justice à partir de 13h, particulièrement quand on ne connaît pas le processus des #violencesjudiciaires, la pression mise pour céder à l’injonction de la comparution immédiate. Voir aussi comment non, jamais les photos ou vidéos n’aident les gens à se disculper à ce stade là.

    #violences_judiciaires #violences_policières #nantes

  • Gilets jaunes : la cheffe de l’IGPN « réfute totalement le terme de violences policières »

    http://leparisien.fr/faits-divers/gilets-jaunes-brigitte-jullien-refute-totalement-le-terme-de-violences-po

    Au total, du 17 novembre 2018 au 8 juin, nous avons reçu 555 signalements sur la plateforme de l’IGPN mise à disposition du public. 265 enquêtes judiciaires ont été ouvertes. Parmi celles-ci, 105 - soit 45 % - sont terminées et ont été renvoyées aux différents parquets pour analyse. Dans une majorité de cas, nous n’avons pas pu identifier les policiers. Beaucoup de victimes présumées ne sont pas parvenues à déterminer les lieux et horaire précis des faits, et dans certaines villes ou rues, il n’existe pas de vidéoprotection. Les parquets peuvent désormais classer le dossier ou demander un complément d’investigations. Dans les cas où des fonctionnaires ont été identifiés, les parquets peuvent décider de les renvoyer devant un tribunal correctionnel s’ils estiment les faits caractérisés.

    Comment expliquez-vous qu’aucun policier ne soit suspendu à ce jour ?

    Pour qu’il y ait suspension, il faut qu’il y ait faute. Or, à ce jour, aucune enquête n’a permis de conclure que la responsabilité d’un policier était engagée à titre individuel. Cela ne veut pas dire que cela n’arrivera pas…

    #Déni. #Corporatisme. #Complicité. #Mensonge. #Entrave à la #Justice. Les #Violences_Policières mènent toujours aux #ViolencesJudiciaires.
    #maintien_de_l'ordre

  • Miraculé de la machine à broyer des #violencesjudiciaires, Brice, journaliste, témoigne des 83h délirantes qu’il a subi en couvrant une manif #GiletsJaunes
    Soulagé de s’en sortir mais traumatisé, il minore logiquement les #violencespolicieres (une lésion du tendon dont la calcification ultérieure est fréquente) mais a évité les risques que représente une comparution immédiate (le témoignage des flics, fréquemment faux, prime dans 99% des cas)

    À lire : https://blogs.mediapart.fr/brice-i/blog/270519/comment-intimider-un-journaliste-recit-de-83-heures-de-procedure

    Samedi 20 avril, Paris. Comme j’en ai pris l’habitude depuis désormais presque 6 mois à Paris et Montpellier, je rejoins la manifestation des Gilets Jaunes pour un vingt-troisième acte qui s’annonçait particulièrement tumultueux. Journaliste depuis désormais 6 ans, de mes débuts en PQR à la télévision, ces manifestations représentent un moyen de formation et de compréhension des mouvements sociaux. Une occasion de pouvoir produire du reportage en live mais aussi de rédiger ces reportages en qualité d’observateur personnel. Je suis « engagé », certes, mais ma présence dans ces manifestations s’inscrit dans une finalité professionnelle. Malheureusement, les choses ne se passeront pas comme prévues. Une journée qui se conclura par une interpellation, 48h de garde à vue et plus de 30h de dépôt au TGI de Paris. Je n’en ressortirai que le mercredi à 5h du matin après avoir refusé la comparution immédiate, malgré un dossier vide de preuve et totalement incohérent.

    #maintien_de_l'ordre

    • Après un mois de préparation aux côtés de Maître Becker, de stress mais également de peur sur les répercussions professionnelles au sein de mon entreprise et la suite de ma carrière, je comparais donc devant le tribunal correctionnel. L’attente est interminable. Le climat particulièrement délétère. On ressent une volonté délibérée du Procureur de la République de nuire au bon déroulement des débats. La salle est même évacuée suite à une énième provocation du Ministère Public envers les avocats des prévenus, qui seront eux-mêmes exclus en pleine audience. Bref, mon heure est alors venue : il est près de 20h. Dans une ambiance particulièrement hostile, la question d’un renvoi se pose alors. Je décide d’aller jusqu’au bout et d’en finir une bonne fois pour toutes.

      C’est permis d’exclure les avocat·es des prévenus ?!?
      #injustice

  • Un président de #tribunal à un #gilet_jaune : « On ne peut pas dénoncer une société de la #surveillance, et demander à voir les vidéos » - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/230419/un-president-de-tribunal-un-gilet-jaune-ne-peut-pas-denoncer-une-societe-d

    Arrêtée boulevard Haussmann à Paris, samedi en début d’après-midi, dans le cadre des contrôles généraux autorisés par le procureur. La procédure est complexe, son dossier comprend bien un PV d’interpellation, mais pour un… homme. Un homme arrêté au même moment qu’elle, transporté dans le même fourgon qu’elle, mais qui n’a rien à voir avec elle. Margot est accusée d’outrage – « enfoirés, connards » – à l’encontre du policier dispatcheur des gardes à vue.

    La prévenue précise qu’« il n’y a pas eu de notification de mes droits, ils ont rempli le PV d’audition sans moi, en cochant les cases pour moi… Alors, après deux heures où je suis serflexée, avec une épaule en position très désagréable, mes mains sont gonflées, bleues, j’ai excessivement mal, les policiers se foutent de ma gueule… Je leur ai crié dessus, oui, mais je ne les ai pas insultés… Ils ont fini par enlever les Serflex, pour prendre mon sac. »

    La rapporteure fouille son dossier. « Et dans votre sac, il n’y avait pas de kit manifestant… » La salle rit. « Kit manifestant… » Pas la procureure, qui réclame deux semaines de travail d’intérêt général. Le tribunal la relaxe et annule la procédure. Margot a passé trois nuits en #détention pour rien.

    • Un compte-rendu de comparutions par @davduf

      Mardi, le tribunal de grande instance de Paris jugeait en comparution immédiate quelques manifestants interpellés samedi, lors de l’acte XXIII du mouvement des gilets jaunes. Choses vues.

      Mathieu A., 21 ans, chevelure souple, tee-shirt rouge, regard juvénile, employé de fast-food

      Il est venu manifester en famille (un oncle et un cousin) depuis Châlons-en-Champagne. Mathieu a bu quelques bières dans le cortège, entre Bercy et République. Sur la place du même nom, il a lancé un morceau de banc et des bouteilles en direction de gendarmes mobiles. Aucun n’a été touché.

      Le président demande : « Voulez-vous être jugé maintenant ? » Mathieu répond : « Je préfère maintenant, comme ça c’est fait. »

      La salle gronde. Elle lui conseille « Délai ! Délai ! » pour mieux préparer sa défense. L’avocat de Mathieu est pris de court, « ce n’est pas la salle qui décide, c’est le prévenu ». Le président fait du chantage à la détention provisoire, le temps de fixer une nouvelle audience. Mathieu accepte : « Maintenant. »

      Au moment de son interpellation, il présente 0,67 mg d’alcool par litre d’air expiré. « J’étais en train de manger, au pied de la statue de la République. »

      Le tribunal reconnaît que les images de vidéosurveillance ne donnent rien : « Trop de lacrymogènes », disent les enquêteurs. Mathieu ne conteste pas les faits, juste la taille de la planche du banc, « un tout petit bout de bois ». Il expose sa vie, enfance difficile, élevé par ses grands-parents.

      Depuis trois mois, il a décroché la timbale, un CDI à temps partiel chez Quick. « Ils l’attendent », lâche son avocat. Mathieu vit maritalement, il est père d’une petite fille d’un an et demi. « Ce que j’ai fait, c’est n’importe quoi… Je regrette. »

      Le parquet requiert quatre mois avec sursis. Mathieu sourit, largement. « Vous avez quelque chose à dire avant que le tribunal délibère ? », demande le président. Mathieu répond : « Vous inquiétez pas, je compte pas remettre les pieds à Paris… »

      Décision : deux mois avec sursis.

      .

      Margot S., 26 ans, brune, tee-shirt noir, au RSA

      Arrêtée boulevard Haussmann à Paris, samedi en début d’après-midi, dans le cadre des contrôles généraux autorisés par le procureur. La procédure est complexe, son dossier comprend bien un PV d’interpellation, mais pour un… homme. Un homme arrêté au même moment qu’elle, transporté dans le même fourgon qu’elle, mais qui n’a rien à voir avec elle. Margot est accusée d’outrage – « enfoirés, connards » – à l’encontre du policier dispatcheur des gardes à vue.

      La prévenue précise qu’« il n’y a pas eu de notification de mes droits, ils ont rempli le PV d’audition sans moi, en cochant les cases pour moi… Alors, après deux heures où je suis serflexée, avec une épaule en position très désagréable, mes mains sont gonflées, bleues, j’ai excessivement mal, les policiers se foutent de ma gueule… Je leur ai crié dessus, oui, mais je ne les ai pas insultés… Ils ont fini par enlever les Serflex, pour prendre mon sac. »

      La rapporteure fouille son dossier. « Et dans votre sac, il n’y avait pas de kit manifestant… » La salle rit. « Kit manifestant… » Pas la procureure, qui réclame deux semaines de travail d’intérêt général. Le tribunal la relaxe et annule la procédure. Margot a passé trois nuits en détention pour rien.

      .

      Farid S., 40 ans, artisan, venu de Vitrolles

      Accusé de jet de projectiles de « type caillou » envers des personnes dépositaires de l’autorité publique, inconnu des services de police. Lors de son arrestation rue Fontaine, dans le XIe arrondissement de Paris, il est repéré par sa cagoule noire, son masque de ski blanc, et un sac à dos. Il est artisan, il a tout perdu : « Je vais cesser mon activité d’échafaudeur », dit Farid.

      Il est gilet jaune depuis six mois, écrasé par les charges. « Un brave personnage », dit la procureure. Lui raconte la manifestation de samedi, il est venu pour « rencontrer monsieur Rodriguez, pour échanger avec lui, pour apprendre », il est monté par car spécial depuis les Bouches-du-Rhône (« affrété par qui ? » demande le président ; Farid l’ignore) : « Chez vous, ça n’a rien à voir avec chez nous, à Cagnes-sur-Mer. »

      Farid prend des photos, se met à l’écart, quand soudain : « On me saute dessus. J’ai rien compris, j’avais la tête enfoncée dans le sol, des doigts de policiers enfoncés dans le nez, et c’est là qu’une femme est arrivée, en hurlant, une pierre à la main : “T’es venu casser du flic, hein ?! T’inquiète, on va te casser les dents !” »

      Farid proteste, dit qu’il n’a rien à voir avec le jet de caillou. Il réclame les vidéosurveillances dès son interpellation, pendant la garde à vue, et encore à l’audience. Son avocat, Arié Alimi, note que la fouille n’a pas permis de retrouver les éléments : ni cagoule ni masque. « Est-ce bien lui ? Les policiers ont-ils menti ou se sont-ils trompés ? »

      L’avocat demande une confrontation avec les trois policiers qui accusent son client. Il évoque les violences policières, « devenues systémiques », et les mensonges, devenus habitudes. Le juge rapporteur ironise : « On ne peut pas dénoncer une société de la surveillance, et demander dans le même temps à voir les vidéos. »

      Le parquet requiert quatre mois avec sursis pour violences et participation à un groupement en vue de commettre des délits de dégradations et de violences. La défense demande au tribunal la relaxe. Elle ne l’obtient pas.

      .

      Tony D., 22 ans, assistant technico-commercial chez Kärcher

      Ce samedi, c’était l’acte XXIII, et c’était sa vingt-troisième manifestation. Comme depuis le premier jour, Tony était venu seul, avec son téléphone, « pour moi, pour avoir des souvenirs, et pour Facebook quand je tombe sur des violences policières ».

      À 16 h 13, place de la République, Tony est pris dans une charge : « Je me trouvais au milieu, au mauvais moment, au mauvais endroit, mais je me suis pas laissé tomber, j’ai reçu des coups de matraque sur tout le corps, mon téléphone portable est tombé, je reconnais ma participation, j’ai bien repoussé un policier, mais je n’ai pas porté de coup. »

      Dans la chute, Tony roule dans l’escalier de la place, avec un ou deux policiers – c’est peu clair – de la 11e compagnie d’intervention (CDI) ou de la Bac – c’est peu clair aussi – qui l’accusent de coups de poing, de jets de cailloux. « Sa blessure est due à sa chute dans l’escalier », notent-ils dans leur rapport.

      Tony est grand, bas de survêtement gris et tee-shirt bleu Urban Running, il fait face au tribunal, petit sourire gêné. Son poignet droit est bandé. Tony a passé trois jours à l’Hôtel-Dieu, avec 21 jours d’ITT à la clé et plusieurs hématomes.

      Malgré l’heure tardive, les bancs du public n’ont pas désempli. Militants, proches, familles, membres de comités antirépression, ils écoutent. Tony récuse toutes les accusations de rébellion et de violences sauf la bousculade. « J’ai refusé d’aller plus vite que les policiers. Je suis tout seul, ils sont six, je pèse pas lourd. » L’affaire est mal engagée.

      Soudain, du fond de la salle, un homme se lève, en colère. C’est le père de Tony. « Ça fait trois jours que je cherche à avoir des nouvelles de mon fils… Personne ne m’en donne… » Le président lui demande : « Voyez avec l’avocat commis d’office ? » Réponse : « C’est qu’il refuse de me parler. »

      Le président et ses assesseurs laissent faire. Le public acquiesce et le père reprend : « Mon fils ne se rend pas compte… Avec son petit sourire nerveux, ça joue contre lui… Moi, j’ai la vidéo ! Tout le week-end, j’ai recueilli les vidéos… Mon fils n’a rien fait. » L’avocat commis d’office se confond en explications. Après la suspension de séance, Tony est placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se rendre à Paris. Son procès est reporté au 21 mai.

    • Le témoignage en vidéo du père de Tony, à la sortie de l’audience.
      https://youtu.be/tNoRk17cYKY

      Cette vidéo m’a fait réagir sur twitter sans avoir pu lire l’article : https://twitter.com/ValKphotos/status/1120968692467105792 Je vais recopier ça ici en l’enrichissant un peu pour seenthis :

      Je n’arrête pas de le dire, souvent dans le vent hélas : les vidéos, et parfois les photos, font condamner plein de gens. Le moindre geste de défense est considéré comme outrage. C’est une vraie hécatombe judiciaire depuis des mois et des années... C’est un peu galère à trouver, particulièrement sur un smartphone, mais la #legal_team de #Nantes fait un travail de ouf sur les comptes-rendus de procès depuis des années : https://nantes.indymedia.org/search/find_content?search%5Bsearch_terms%5D=legal+team Elle avait ainsi pu démontrer aussi que certains flics utilisent ça comme prime.
      C’est pour ça que sous-entendre, comme Le Point, que des personnes comme #Gaspard_Glanz font partie des black-blocs est une ÉNORME BLAGUE : non seulement c’est faux mais il le dit lui même : il y a autant de militant-e-s qui détestent son travail que de flics qui sont fan. Cf ce tag qui avait fait rire beaucoup de monde sur #Nantes où il est pour certains groupes, persona non-gratta (idem sur la #ZAD #NDDL) : https://www.flickr.com/photos/valkphotos/29667804996

      Flickr

      S’intéresser uniquement aux moments qui pètent en manif sans montrer le reste de ce qui fait un mouvement social et sans se renseigner sur les #violencesjudiciaires de l’after, corollaire indissociable des #violencespolicieres, c’est possible. Mais ce n’est pas politique. Mais je sais, une fois encore, que ce mini thread ne sera ni lu ni partagé : c’est trop moraliste, pas sexy, et sûrement too much #UnpopularOpinion...
      L’arrestation d’un journaliste fait réagir et c’est tant mieux, mais nous sommes combien à ne plus pouvoir travailler ? Et, comme il le dit lui même, sa notoriété lui vaut des traitements de faveur : vous rendez-vous compte de comment sont traitées TOUTES les personnes arrêtées ?

      S’en suivent quelques échanges :

      Le problème n’est pas les vidéos mais l’impunité de la police et la justice de classe. Pour les vidéos, je comprends que les gens gueulent lorsque les auteurs ne floutent pas les visages manifestants, mais pour le reste je pense qu’elles sont nécessaire pour se protéger des flics
      https://twitter.com/m_gael/status/1120978746163515392

      Sauf qu’il y a moyen de faire de la vidéo et de la photo SANS METTRE LES GENS EN DANGER ! Ça s’apprend, lentement, et parfois oui au détriment d’autres trucs. Mais mettre son propre travail au dessus de la condition humaine, c’est un choix qui peut légitimement se questionner. Je reconnais que pour moi former, donc aider à voir plus loin pour faire des choix, c’est la partie la plus importante du mot informer.

      Mais dans ce cas précis c’est le contraire, cela permet d’innocenter cet homme, non ? ?
      https://twitter.com/KpriLeo/status/1120983287617523712

      J’en doute. Si c’est le cas ce sera l’exception qui confirme la règle. J’ai assisté à un procès où un gilet jaune a accepté la compa immédiate car une vidéo prouvait la violence de son arrestation. Le flic a réussi à choper une itt pour une fausse blessure. Le GJ a été condamné.

      Et c’est là que je voulais en venir : je galère à retrouver des traces de ce procès qui m’avait particulièrement marquée : je retourne à mes recherches et vous ramène ça ici car, je crois, c’est un « exemple » important.

  • FIL À DÉROULER par Nelly Terrier : « Rapide analyse des chiffres du traitement judiciaire du mouvement des #GiletsJaunes de l’ #ActeI le 17 novembre 2018 à l’ #ActeXIII du 9 février, soit 13 semaines. »

    = ➕ de 4000 privations de liberté abusives ou arbitraires ❗
    https://twitter.com/NellyTerrier/status/1096438162828812293

    Vu les chiffres cumulés des #violencespolicieres & #violencesjudiciaires, la moindre des décences médiatique serait de ne pas titrer sur un « essoufflement » du mouvement (*) mais de reconnaître l’endurance de cette résistance.

    • 2. Mardi 12 février le Premier ministre Édouard Philippe, en réponse à la question d’un député, annonce que : -1796 personnes ont été condamnées en 13 semaines du mouvement des #GiletsJaunes -1422 autres personnes sont en attente de jugement
      3.Donc, 1796+1422= 3218 personnes, qui ont fait l’objet de #poursuites_judiciaires sur 13 semaines. Soit une moyenne de 247 personnes par semaine
      4.Jeudi 14 février, le ministre de l’intérieur Christophe Castaner annonce lors d’une cérémonie aux Invalides que depuis le 17 novembre début du mouvement des #GiletsJaunes -8400 personnes ont été interpellées, parmi elles : -7500 ont été placées en garde à vue.
      5.Donc 3218 personnes poursuivies (selon le Premier ministre) parmi 8400 personnes interpellées (selon le ministre de l’Intérieur) donne en treize semaines de mouvement des #GiletsJaunes : -5182 personnes interpellées sans poursuites, et parmi elles -4282 gardés à vue
      6. Ce qui fait une moyenne de 398 personnes interpellées chaque semaine sans poursuites, dont 329 ont été placées en garde à vue.

      #justice #garde_à_vue #statistiques #chiffres #interpellations #condamnations #privation_de_liberté