• #drama_king

      Kaaris interpelle Booba : « J’suis prêt, sale fils de chèvre ton beau-père le chevreuil ton oncle le bouquetin ta grand-mère la brebis », celui-ci répond du tac-au-tac : « C’est bien, mon dindon !! Continue à courir, c’est c’que tu fais de mieux… »

  • « Aucun déplacement ne nécessite une voiture qui roule à 200 km/h »
    https://lesjours.fr/obsessions/suv/ep7-interview-orphelin

    Faut-il une réponse politique au succès encombrant des SUV, qui représentent désormais plus de 40 % des immatriculations de véhicules neufs en France ? À ce jour, les multiples questions posées par ce type de véhicules très à la mode et très rentables n’ont que peu ému les parlementaires. Une voiture de 2,5 tonnes qui ne transporte la plupart du temps qu’une seule personne a-t-elle sa place en ville comme à la campagne ? Peut-on supporter, alors que la crise climatique s’amplifie plus vite que le pire des scénarios ne l’avait imaginé, que les SUV, parce qu’ils sont plus lourds et moins aérodynamiques, surconsomment et polluent davantage que des berlines équivalentes ?

  • LA FABRIQUE DU VIRIL : l’apprentissage de la masculinité toxique – Révolution Féministe
    https://revolutionfeministe.wordpress.com/2019/08/03/la-fabrique-du-viril-lapprentissage-de-la-masculinite

    nous les hommes, nous sommes tous complices et le silence de la majorité d’entre nous protège le crime : ils n’ont rien fait de mal, ils ont été parfaits, disent-ils, mais ils ont fermé leur gueule. La complicité masculine, c’est une espèce d’association de malfaiteurs que la société légitime. La honte clôt les lèvres, comme l’omerta sicilienne. Et comme le déni est un mécanisme psychologique très humain, les hommes se servent de ce déni pour rendre plus facile la gestion insupportable de cette honte. Parler de cette honte, pour un homme, c’est déjà trahir.

    Il y a de nombreuses justifications scientistes, biologiques, génétiques qui tiennent essentiellement ce discours : « C’est dans la nature humaine, nous les hommes on a beaucoup de testostérone, ça modifie les comportements, c’est notre comportement d’être violents, voilà, c’est comme ça. Regardez les animaux qui sont si puissants, qui se battent, les taureaux qui s’encornent, les cerfs qui brament etc. » On va trouver alors toutes sortes de justifications éthologiques—mais dans les espèces animales, on a tout et son contraire. On peut justifier l’injustifiable avec l’exemple de certaines espèces.

    #masculinité #féminisme #hommerie #virilité

  • Israël : les « héros » douteux d’une sordide affaire de viol à Chypre - Libération
    https://www.liberation.fr/planete/2019/07/31/israel-les-heros-douteux-d-une-sordide-affaire-de-viol-a-chypre_1742828

    Les scènes de liesse accompagnant le retour d’un groupe d’ados israéliens blanchis dans une affaire de viol en réunion à Chypre ont secoué le pays, alors qu’un débat autour de la « masculinité toxique » et la « culture du viol » venait de s’y ouvrir.

    #viol #culture_du_viol #fraternité #héroïsme #virilité #hétérosexualité #justice #religion #misogynie #masculinité

  • Animaux massacrés à la ferme pédagogique de Méry-sur-Seine : quatre mineurs en garde à vue
    http://www.nordeclair.fr/238188/article/2019-07-31/animaux-massacres-la-ferme-pedagogique-de-mery-sur-seine-quatre-mineurs-e

    Quatre mineurs aubois ont été placés en garde à vue par la gendarmerie dans l’affaire du massacre d’une vingtaine d’animaux de la ferme pédagogique de Méry-sur-Seine. C’est un employé de la structure qui a fait la macabre découverte ce lundi matin.

    #nos_ennemis_les_bêtes #hommerie #masculinité #virilité

  • on n’est pas des gonzesses - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=TthXsv22QGI

    Inventés par les hommes et pour les hommes, les sports constituent une pratique de loisir corporel dont les effets éducatifs sont indéniables. Ils diffusent des normes, des valeurs, des idéaux qui infléchissent les manières d’agir et de paraître. En classant les corps en fonction de leur performance, les sports établissent une hiérarchie sociale. Les femmes ont intégré cette « citadelle masculine ». Leur pratique se trouve en tension entre masculinité et féminité, entre assignation aux stéréotypes et émancipation. Du côté des hommes, l’affirmation virile recourt, quant à elle, à la volonté de montrer qu’« ils ne sont pas des gonzesses » Nous discuterons de ces tensions à l’approche de la Coupe du Monde Féminine de football en France.

    #virilité #sport #misogynie #foot
    #allié #mansplanning #domination_masculine
    #dépolitisation

  • Un enfant est tué par ses parents tous les cinq jours en France
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/un-enfant-est-tue-par-ses-parents-tous-les-cinq-jours-en-france-20190426

    Près d’un Français sur quatre dit avoir subi des maltraitances dans son enfance

    Qui sont les auteurs de tels actes ? Selon le rapport, les personnes impliquées sont très majoritairement les parents biologiques ». « Ce sont toutefois principalement les pères qui sont responsables de la mort des nourrissons victimes du syndrome du bébé secoué ». Le document souligne également « un lien très fort entre la violence conjugale et les violences commises sur les enfants ».

    #violence #enfance #virilité #assassins #tabou

    • Les statistiques sont en effet très vagues, à l’image du mépris qu’a la société pour les enfants. L’invisibilisation des violences masculines est aussi habituelle. Les pères ne s’occupent que très peu des enfants par rapport aux femmes. Mais le peu de temps ou ils s’en occupent leur permet d’explosé les scors de sévices, tortures, mutilations et assassinats en tout genre.

      J’avais entendu critiqué cette stat de « deux enfants tués par jours » dans je ne sais plus quelle conférence sur le sujet. L’intervenante expliquait que c’etait une erreur reprise par la presse et que c’est plutot 2 enfants tués par semaines mais il y en a peut être plus dissimulés parmi les accidents domestiques et morts subites du nourrisson. Désolé de ne rien avoir de plus précis, mais c’est pareil que pour les violences faites aux femmes, et les violences sexuelles.

      Nous sommes toujours sous la tyrannie du paterfamillias, selon le même mode de fonctionnement que dans la Rome antique. Le père dispose de vie et de morts sur son épouse, ses enfants et esclaves autant que sur son betail et ses chiens. Du coup si on parle de violences faites aux enfants ca sera celle des mères qui est considéré comme une anomalie, mais celle des pères va de soi, elle est normal, admise. La société dénonce le viol et le pédoviol uniquement si il est le fait d’un étranger. Comme dans les 10 commandements de Moïs, le viol n’est pas interdit, ce qui est interdit c’est de violer les femmes, enfants, esclaves et bétail appartenant à un paterfamillias, mais les femmes et enfants sans propriétaire sont parfaitement violables selon le dieu de la bible. C’est pour ca qu’on prépare les filles contre les violeurs de rue, les inconnus de parkings, mais pas contre les « viols par propriétaires » - époux, conjoints, pères, beau-pères, tuteurs masculin quelconque, prètre jusqu’à récement et autres fonctions masculine de pouvoir medecins, profs, patrons.. et aussi les putiers qui deviennent en fait propriétaires des femmes par l’argent puisque leurs viols non plus ne sont pas reconnus comme de « vrai viols ».

      Dans la même idée, le fait de vouloir interdire aux parents et en fait surtout aux pères de maltraité leurs enfants est très mal vue. La presse parle d’une « loi anti-fessée », qui est une punition à caractère sexuel parfaitement intégrée, intégrée au point que cette pratique est utilisé comme euphémisme pour défendre les droits des parents à infligé des sévices à leur gosses.

      Une fessé les a pas tués disent-illes, mais celleux qui en sont mort·es ne sont pas là pour parler.

      #domination_parentale #domination_adulte #domination_masculine #paterfamilias

  • Cessons de parler d’impuissance pour désigner un trouble de l’érection | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/177639/terme-impuissant-sexualite-imaginaire-penetration-erection

    C’est un terme connu de tout le monde et entré dans le langage courant : pour parler de dysfonction érectile ou de trouble de l’érection, on utilise le mot « impuissance ». Cette définition, bien plus resserrée qu’un « manque de force physique ou morale pour agir », l’a même, dans les esprits, emporté sur ce sens général premier.

    La preuve : c’est au vocable « sexualité » que les étudiant·es qui ont bien voulu se prêter au jeu de Laurence Brunet-Hunault, maîtresse de conférences en linguistique et sémiologie à l’université de La Rochelle, l’ont systématiquement rattaché en dehors de tout contexte d’énonciation.

    Sauf que l’usage de ce substantif ne fait pas simplement appel de manière anodine à la sexualité. Comme le résume avec un sens certain de la formule une étudiante, le nom « impuissance » ou sa déclinaison adjective « impuissant » vient bien révéler que « le pouvoir du phallus est celui qui fait l’homme ».

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    Désuétude

    Il est intéressant en effet de constater que cette appellation vise uniquement les hommes. C’est du moins ce qu’on peut lire sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL) : « Impuissance sexuelle ou, absol., impuissance. Incapacité, pour un homme, de pratiquer normalement l’acte sexuel, et qui est due généralement à des troubles psychologiques. »

    À ceci près que, en poursuivant la lecture, on s’aperçoit que des dictionnaires médicaux l’emploient aussi pour les femmes : « Incapacité de pratiquer l’acte sexuel chez l’homme aussi bien que chez la femme » (Méd. Biol. t. 2 1971). C’est aussi ce que l’on trouve dans le dictionnaire du moyen français (1330-1500) : « Quant impuissance de habiter est allegimé ou a cause de frigidité ou de malefice ou deffection de membre viril ou d’artation en la femme » (Sacr. mar., c.1477-1481, 78).

    Une vision englobante, dirons-nous, qui n’a donc plus cours de nos jours. On ne dira pas d’une femme qu’elle est impuissante mais, par exemple, qu’elle est frigide –ce qui lui fait par ailleurs porter davantage la responsabilité, la faute, tandis que l’impuissance est quelque chose qui dépasse l’individu et auquel il ne peut rien.

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    Domination phallique

    La désignation de la gent masculine par ce qualificatif fait sens. Déjà, en latin, détaille Laurence Brunet-Hunault, « potestas et potentia, les deux mots qui signifient puissance, ont pour synonyme vis, soit la force, la vigueur et l’énergie, toutes qualité associées généralement au masculin ».

    Rien d’étonnant : « Ce sont les hommes qui sont censés détenir le pouvoir dans une société relativement phallique », pointe la spécialiste de l’imaginaire linguistique, qui signale aussi que le mot potentia est souvent associé au pouvoir et à la souveraineté.

    Si seuls les hommes accèdent à la puissance, ils sont aussi les seuls à pouvoir en être dépossédés par le préfixe privatif « im ». C’est pour cela que, apprend-on toujours sur le site du CNRTL, « le fait d’être impuissant est considéré, dans les cultures qui valorisent la virilité de l’homme, comme une tare, une anomalie honteuse, inavouable, […] ce que confirme son utilisation comme insulte : “Elle me traita même de flibustier, et d’impuissant” (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Cas de MmeLuneau, 1883, p. 107) ».

    « On imagine l’acte sexuel comme une domination. »

    Maria Candea, sociolinguiste et fondatrice de la revue GLAD !

    C’est que, derrière, il y a toute une mystique de la force (éminemment masculine), que l’on retrouve ici et là dans le langage. On dit bien « bander », de la même façon que l’on bande ses muscles ou un arc. On parle aussi de « performance » sexuelle. On se passionne pour la taille du pénis. Et le coït est bien souvent réduit à la pénétration (idem pour le récit de la fécondation qui donne le beau rôle aux spermatozoïdes) comme s’il s’agissait d’un soldat qui, de sa lance, transperçait son adversaire et le faisait plier. Alors que l’on pourrait utiliser le mot « circlusion », comme l’évoque la sociologue Bini Adamczak dans un article de 2016, pour faire comprendre que ni le vagin ni l’anus ne sont des trous passifs.

    Tous ces exemples soulignent à quel point, dans notre langage, « on imagine l’acte sexuel comme une domination », indique Maria Candea, maîtresse de conférences en sociolinguistique à l’université Sorbonne-Nouvelle et cofondatrice de GLAD ! Revue sur le langage, le genre, les sexualités, qui relève également la polysémie encombrante de l’expression « baiser quelqu’un ». « “Se faire baiser” est synonyme de “se faire avoir”, c’est avoir le mauvais rôle, être le perdant dans l’histoire. »

    À LIRE AUSSI Et si on dépassait la sexualité pénétrocentrée ?
    Imaginaires alternatifs

    Si l’impuissance est perçue comme déshonorante et humiliante, c’est bien parce que l’homme, sans pénis vigoureusement dressé, sort de son rôle traditionnel de dominant. Domination qu’il exerce en ayant une descendance et donc en éjaculant, l’impuissance désignant dans certains dictionnaires, fait remarquer le CNRTL, « l’impossibilité, en pratiquant l’acte, d’engendrer un enfant ».

    Utiliser ce terme pour parler d’une érection délicate et subtile, c’est peu ou prou considérer que, sans pénétration, l’acte sexuel est inexistant (c’est bien ce qui est sous-entendu dans la définition citée plus haut : « Incapacité, pour un homme, de pratiquer normalement l’acte sexuel »), voire relier procréation et sexualité, l’érection faisant office de canon envoyant les spermatozoïdes jusqu’aux ovocytes (avec l’aide des contractions du vagin, faut-il le rappeler) : en effet, sans la tumescence préalable du pénis, pas d’émission (finale ?) de sperme.

    « Les discours sur la sexualité sont hyper hétérocentrés et pénétrocentrés », constate avec regret Maria Candea. Résultat, « si l’on cherche à penser la sexualité autrement, à la réinventer, à u moment donné, on va butter sur le langage ».

    « Ce mot vient d’une autre époque, il est toxique et nous dérange. »

    Maria Candea, sociolinguiste et fondatrice de la revue GLAD !

    La sociolinguiste fait le parallèle avec les pornos féministes qui produisent des fantasmes différents et moins masculins. « Avec le langage, c’est pareil, on peut essayer de produire des imaginaires alternatifs. »

    Attention, précise-t-elle, il ne s’agit pas de trouver un autre mot courant pour les troubles de l’érection ni de cesser d’employer « impuissance » dans ce sens-là juste pour le plaisir d’imposer un « politiquement correct » que personne ne défend. L’objectif est bien plutôt d’exprimer les changements de mentalités et d’ouvrir les imaginaires.

    « Ce mot vient d’une autre époque, il est toxique et nous dérange », de la même manière qu’on a trouvé dérangeant de continuer à considérer qu’une « pharmacienne » serait la femme d’un pharmacien après que les femmes ont eu accès à l’exercice du métier.

    Dans un monde où l’on commence à briser le tabou de la sexualité des personnes âgées ou en situation de handicap, où l’on amorce un décentrage par rapport à la pénétration, se questionner sur l’emploi du terme « impuissant » dans le champ de la sexualité et combler le retard du vocabulaire employé par rapport aux usages, c’est aussi permettre à tout un chacun de s’ouvrir à d’autres pratiques, avec des « demi-molles » et toutes les autres nuances d’érection.

    #vocabulaire #domination_masculine #sexisme #virilité #puissance #impuissance #sexualité

  • La fabrique des #corps
    https://www.franceculture.fr/emissions/series/la-fabrique-des-corps

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    Le corps au cœur du Deuxième Sexe

    Nous fêtons cette année le 70ème anniversaire de la publication du #Deuxième_Sexe par #Simone_de_Beauvoir, un ouvrage sociologique et philosophique fondateur, notamment par la place qu’il accorde à l’analyse du façonnement du corps féminin.

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/la-fabrique-des-corps-14-le-corps-au-coeur-du-deuxieme-sexe
    #femmes #corps_féminin #livre

    "Le roi est nu !"

    Comment la #monarchie a-t-elle joué avec l’ambiguïté de son incarnation dans un corps fait de chair et d’os, un corps à la fois banal et extraordinaire ? L’autorité perdure-t-elle quand le roi vieillit, quand il est malade ? Et qu’en est-il des corps « nobles » qui l’entourent et lui font face ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/la-fabrique-des-corps-24-le-roi-est-nu

    L’#Antiquité, de chair, de marbre et de chants

    Longtemps grande absente des études historiques sur le corps, l’Antiquité revient aujourd’hui sur le devant de la scène : par le biais de la #virilité, du #genre, ou de la #médecine les historien-ne-s se sont penchés sur les #sens, l’#environnement_sensoriel, la #sensibilité des civilisations antiques.

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/la-fabrique-des-corps-34-lantiquite-de-chair-de-marbre-et-de-chants

    Militer, avorter, légaliser (1972-1975)

    L’histoire de l’avortement n’est pas qu’une histoire du droit ; c’est aussi une histoire des corps et des techniques. Naviguant entre la #clandestinité et l’#illégalité, les pratiques ont rapidement et profondément évolué au cours des années 1970, en même temps que les militantismes...

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-fabrique-de-lhistoire/la-fabrique-des-corps-44-militer-avorter-legaliser-1972-1975
    #résistance #avortement #droits_des_femmes #légalisation #AVG #militantisme

  • Julia, victime d’une agression transphobe à Paris, livre son témoignage | Le Huffington Post
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/la-victime-de-lagression-transphobe-a-paris-son-temoignage_fr_5ca36f0

    TRANSPHOBIE - “La douleur part, mais l’humiliation reste”. Julia, dont l’agression transphobe à Paris a été filmée avant de faire le tour des réseaux sociaux ce mardi 2 avril, est toujours sous le choc.

    La jeune femme de 31 ans a cependant accepté de livrer son témoignage de la scène auprès du HuffPost. Malgré le traumatisme, Julia veut que son histoire soit connue afin de sensibiliser le public sur les agressions que subissent les personnes trans.

    Dimanche 31 mars, alors qu’elle allait prendre le métro place de la République, elle a été prise à partie par des hommes avant d’être agressée verbalement et physiquement pas une foule de personnes. Si les images de la vidéo sont violentes (ci-dessous) et ont soulevé une vague de réactions de politiques et anonymes, Julia nous apprend que son calvaire avait commencé plusieurs minutes avant et ne s’est pas arrêté là.

    “Je n’avais rien demandé. Je voulais prendre le métro. Là, trois hommes m’ont bloqué le passage et l’un d’eux m’a dit : ‘Hé, mais t’es un homme toi !‘. Je n’ai pas voulu répondre et j’ai tenté de les éviter, mais ils m’ont retenue en disant que je devais répondre à leur question. L’un d’eux m’a alors touché la poitrine en s’étonnant que j’aie effectivement des seins”, raconte Julia.

    Il a sorti son sexe et m’a demandé de "lui faire du bien"Julia

    “J’ai dégagé sa main en lui disant de ne pas me toucher. Il a alors sorti son sexe et m’a demandé de ‘lui faire du bien’. J’ai voulu partir et remonter les escaliers. D’autres hommes m’ont jeté de la bière du haut des marches, m’ont insultée. Un homme m’a giflée. Ensuite c’est là que la vidéo commence”.

    Dans cette vidéo, elle est bousculée, insultée, violemment frappée. Les manifestants, venus à l’origine pour protester contre le gouvernement algérien, entonnent un chant censé la sexualiser et l’humilier. Finalement, des agents de la RATP viennent à son secours et l’exfiltrent avant que les choses n’empirent.

    “Ils m’ont fait descendre et ont lancé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule”, se rappelle-t-elle. Mais c’est loin d’être la fin de l’humiliation.

    Il ne faut pas vous habiller comme ça, MonsieurJulia

    Après l’avoir mise à l’abri, les agents de la RATP auraient été extrêmement maladroits envers la victime et auraient même tenu des propos sexistes. “Même avec eux j’ai été humiliée. Ils m’ont appelée ‘Monsieur’, puis m’ont demandé pourquoi j’étais sur la place de la République pendant cette manifestation, vu les dangers que cela pouvait comporter pour moi”, assure Julia.

    “Ils m’ont ensuite dit ‘il ne faut pas s’habiller comme ça, Monsieur’, sous-entendant que si je n’avais pas mis ce short, je n’aurais pas été agressée”, se remémore-t-elle.

    Elle poursuit : “Déjà, j’ignorais totalement qu’il y avait cette manifestation. Ensuite je suis en France, je me promène où je veux en ville et je ne devrais pas avoir à craindre que l’on m’agresse parce que je porte un short”.
    “Ils ont détruit la confiance que j’avais en moi”

    Toutefois, Julia ne se fait pas d’illusion quant au motif de son agression. “Je suis transgenre, ça perturbe les gens. Cette attaque m’a d’autant plus choquée que c’est très récent pour moi, cela ne fait que cinq mois que j’ai commencé ma transition et que je prends des hormones. J’avais réussi à avoir confiance en moi et là ils ont tout détruit”, se désole-t-elle.

    Frappée plusieurs fois, Julia a eu mal plusieurs jours au côté gauche du visage, mais, déplore-t-elle :

    “Le plus traumatisant ce n’est pas les coups ou la douleur, mais l’humiliation. C’est ça qui est le plus dur à gérer. C’est un choc psychologique, je me suis sentie salie”.

    Mercredi 3 avril, elle portera plainte pour “tous les actes qui pourront leur être imputés. Agressions, injures, agression sexuelle, harcèlement, harcèlement sexuel...”, explique Julia avant d’ajouter : “Pourtant à la base je ne voulais pas, j’avais renoncé. Mais face à tout le soutien que j’ai eu, j’ai décidé de le faire pour que ça n’arrive pas à d’autres”.

    Malgré le choc, Julia ne veut pas se laisser abattre : “Ils ne m’empêcheront pas d’être qui je suis, ils n’arriveront jamais à me changer”.

    Une enquête a été ouverte dimanche du chef de violences commises à raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre de la victime.

    • #transphobie #sexisme #agression #domination_masculine #virilité #misogynie #racisme
      Les premières infos que j’ai vu sur cette agression ne mentionnent pas le comportement tout aussi transphobe des agents de la ratp. Cette histoire est du pain bénit pour les racistes. Sur le model de #homonationalisme et #femonationalisme il y a ici un risque de récupération par #transnationalisme .
      #double_peine #victim_blaming
      Sur le parisien la transphobie des agents RATP est un peu atténuée mais on peut lire les précautions de Julia pour ne pas être instrumentalisé par les racistes.

      Celle qui a démarré sa transition récemment dit avoir l’habitude des insultes. « C’est quotidien. » Mais les agressions, c’est une première. « Le plus difficile ce n’est pas les coups, c’est l’humiliation. C’est l’expérience la plus humiliante de toute ma vie. Ça entraîne beaucoup de colère. »

      Comment en 2019 à Paris peut-on encore être agressé pour son sexe, son genre, sa sexualité ? Comment comprendre que l’on puisse devenir victime juste pour ce que l’on est ? Julia lance les questions et assène pour toute réponse : « Ils ne m’empêcheront pas d’être qui je suis. On ne peut pas laisser passer ça. » Mais elle tient tout de suite à dissiper tout amalgame entre ses agresseurs présumés et la manifestation. « Je ne veux pas associer cette agression au rassemblement. »

      Arrêtée ce mardi après avoir tenté un retour difficile au travail lundi, Julia ne veut toutefois pas que cet événement l’empêche d’avancer. Au contraire. « Quand j’ai vu tous les messages de soutien, ça m’a fait du bien. Car on a l’impression que tout le monde est contre soi. Mais tout n’est pas perdu et il faut se battre. »

      http://www.leparisien.fr/paris-75/agression-transphobe-a-paris-le-plus-difficile-ce-ne-sont-pas-les-coups-c

      Merci pour Julia pour cette précaution et cette lucidité. Bravo pour ton courage.

  • Tuerie en Nouvelle-Zélande : osons parler d’un terrorisme raciste et... masculiniste - Axelle Mag
    https://www.axellemag.be/tuerie-nouvelle-zelande-racisme-masculinisme

    Pourquoi les tueries de masse sont-elles le fait d’hommes ?, demande l’avocate Selma Benkhelifa dans cette carte blanche. Peut-être faut-il chercher une réponse à cette question dans les motivations masculinistes des auteurs.

    Selma Benkhelifa, avocate et membre du Progress Lawyers Network, collabore régulièrement à notre magazine. Retrouvez ici son interview issue de notre hors-série n° 205-206.

    Christchurch, Nouvelle-Zélande, 50 morts dans une tuerie raciste. Ce sont deux mosquées qui ont été attaquées. La tuerie est clairement islamophobe. S’il faut avant tout dénoncer le racisme du tueur d’extrême droite et dénoncer ses références nauséabondes à la théorie du «  grand remplacement  », il faut aussi souligner les aspects masculinistes de la tuerie. Je ne suis pas sociologue et je ne prétends pas avoir de données scientifiques. Je me pose juste des questions en tant que féministe et antiraciste, parce que je trouve que cet aspect est négligé.

    Les tueries de masse – que le FBI décrit comme quatre meurtres ou plus survenant lors d’un événement particulier, sans répit entre les meurtres – sont toujours le fait d’hommes. Que ce soit une tuerie raciste ou un jeune déboussolé qui tue indistinctement dans son école, ce sont des hommes. Il n’y a quasiment aucun exemple de tuerie de masse commise par une femme.

    Une cause évidente du passage à l’acte est le nombre d’armes en libre circulation. Jacinda Ardern, la très digne Première ministre de Nouvelle-Zélande, l’a immédiatement compris, contrairement à tous les présidents américains qui ont dû faire face à ce type de massacres. La première mesure à prendre est donc d’interdire la vente d’armes lourdes à des particuliers.
    Pourquoi toujours des hommes  ?

    Cependant, au-delà du retrait des armes en circulation, la question de savoir pourquoi ce sont toujours des hommes qui sont auteurs de tueries doit être posée.

    La fascination pour les armes est souvent plus masculine. Pourtant, il y a des femmes qui chassent ou collectionnent les armes à feu. La personnalité des tueurs se caractérise par un dérangement mental et un narcissisme important. Cependant, des femmes dérangées et narcissiques, ça existe aussi. La réponse ne vient donc pas de là.

    Il y a quelques pistes ouvertes à la réflexion, en particulier celles explorées par le sociologue américain Michael Kimmel pour comprendre les fondements de cette violence masculine mortifère. Selon lui, le principal point commun entre les auteurs des tueries de masse est le refuge qu’ils ont trouvé dans une «  masculinité toxique  » et dans une violence quasiment «  sacrée  » qui s’exerce pour dominer autrui.

    Peut-être faut-il aussi chercher une explication dans les motivations masculinistes des auteurs. Pour revenir à Christchurch, le «  grand remplacement  » est une théorie masculiniste. L’idée est de reprocher la «  crise civilisationnelle  » non pas au capitalisme, mais au féminisme. Si on résume cette théorie fumeuse, les droits des femmes, leur émancipation et le planning familial sont la cause de la baisse de natalité en Occident. Puisque dans d’autres contrées, la natalité est beaucoup plus importante, le «  remplacement  » serait inévitable. La maternité n’est vue que comme une arme de pouvoir entre les mains des hommes, les femmes qui accouchent ne sont que les outils. Logiquement, la crainte du remplacement est aussi utilisée pour lutter contre le droit à l’avortement.

    Cette théorie, chère à la droite identitaire, est enfin utilisée contre les droits des homosexuel·les, le spectre du remplacement était présent pendant les «  manifs pour tous  » contre le droit au mariage pour les couples homosexuels.

    La théorie du «  grand remplacement  » est donc une construction contre les droits des migrant·es, des musulman·es, des femmes, des homosexuel·les… L’homme blanc, hétéro, chrétien, fort et travailleur serait le seul vrai Français, vrai Belge, vrai Américain, vrai Néozélandais. C’est le mantra des suprémacistes blancs.

    C’est peut-être cela, le point commun entre les différents tueurs de masse, et ce qui explique que ce sont tous des hommes. Ils sont convaincus de leur supériorité et de la légitimité de celle-ci  : tout ce qui ébranle cette certitude (une déception personnelle, un échec, la défaite de Marine Le Pen aux élections…) met à mal toute la construction identitaire.

    Depuis l’avènement du patriarcat, les femmes ne sont jamais absolument convaincues de leur supériorité. Même les plus racistes des femmes ne sont jamais dans cette position de suprématie absolue. Tuer des gens sans défense, indistinctement, c’est un acte de pouvoir absolu  : aucune femme ne ressent ce besoin de pouvoir absolu. Il ne s’agit bien évidemment ni d’une certitude ni d’une affirmation scientifique. Juste une piste de réflexion. Dans un monde selon les femmes, un tel drame aurait-il été possible  ?

    Pas trop d’accord avec la conclusion que je trouve trop essentialiste et pour laquelle j’ai des contre exemples.

    #virilité #domination_masculine #masculinisme #misogynie #male_entilement #essentialisme #masculinité

  • Comment un #allié renforce le boy’s club en faisant mine de le dénoncé.
    Extrait d’un article sur la ligue du lol sur slate
    http://www.slate.fr/story/173397/ligue-du-lol-harcelement-scolaire-persecution-reproduction

    Le sociologue Éric Debarbieux, précurseur des travaux sur la violence scolaire en France, précise que le harcèlement à l’école est très souvent fondé sur le genre. Ce n’est pas seulement le comportement de boy’s club passé au crible par les féministes, mais une adhésion à la « norme viriliste », m’explique-t-il. Une question centrale dans la violence scolaire, qui s’exerce aussi entre filles et contre les garçons perçus comme non conformes à des critères de virilité.

    Je trouve ce petit paragraphe assez insidieux.

    Sur les violences scolaires en France ce monsieur est peut être le précurseur au masculin , mais j’ai vraiment du mal à croire que les précurseur·euses dans le domaine ne sont pas des chercheuses en particulier chez les chercheuses féministes. Les chercheuses ne compte pas, on compte seulement quant c’est des hommes qui s’approprient ce que les femmes trouvent comme l’indique la phrase suivante.

    Ce n’est pas seulement le comportement de boy’s club passé au crible par les féministes, mais une adhésion à la « norme viriliste », m’explique-t-il.

    Dans cette phrase il discrédite les féministes à qui il confisque l’idée de « norme viriliste » pour se l’attribué. Faisant comme si le « boy’s club » n’était pas une des modalité d’application des normes virilistes. Comme si les « normes virilistes » n’étaient pas identifiés et analysées depuis deux siècles par les féministes. Parlé de « norme viriliste » au singulier c’est un peu court aussi. Le boy’s club, c’est ce que je tag avec #fraternité

    Sinon l’article est pas mal, il pointe la continuité entre les discriminations sexistes et hétérocentristes de la petite école à la vie adulte. Celui ci prend le même angle :

    http://www.slate.fr/story/173439/ligue-du-lol-pouvoir-humour-heterosexualite-boys-club-masculinite

    #invisibilisation #femmes #harcelement #sexisme #virilité #masculinité

  • #Masculins, est-ce ainsi que les #hommes se vivent

    Interroger le genre : « C’est quoi un garçon ? »

    C’est quoi, être un homme ? Ici, nous nous interrogeons sur ce qu’est un #garçon, « l’Autre », dont on perçoit la différence biologique et l’étrange ressemblance.

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/masculins-est-ce-ainsi-que-les-hommes-se-vivent-14-interroger-le-genre
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    Combattre les #héros, construction-déconstruction de la #virilité

    Du vir latin à l’andrea grec, comment les #valeurs_masculines demandées (la #force_physique, le #courage guerrier, la #puissance sexuelle) ont-elles traversé l’#histoire viriliste, de l’Antiquité à nos jours ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/masculins-est-ce-ainsi-que-les-hommes-se-vivent-24-combattre-les-heros

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    Eduquer les fils, l’#apprentissage du masculin

    Dans la famille, à l’école, dans la société, comment s’opère la transmission autour de la masculinité ?

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/masculins-est-ce-ainsi-que-les-hommes-se-vivent-34-lenigme-du-masculin
    #éducation

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    Etre un homme, masculinités plurielles

    Après la révolution féministe, des hommes « ordinaires » dévoilent avec générosité une parole intime sur leur #condition_masculine.

    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/masculins-est-ce-ainsi-que-les-hommes-se-vivent-44-etre-un-homme-mascu
    #pluralité

    #masculinité #masculin

  • Exclusif : le témoignage de Quentin Le Brun, djihadiste français en Syrie
    https://www.parismatch.com/Actu/International/Exclusif-le-temoignage-de-Quentin-Lebrun-djihadiste-francais-en-Syrie-16

    Il revient d’abord sur sa jeunesse dans le Tarn : « J’étais dans la mouvance cigarette, alcool, filles. Je conduisais alcoolisé. J’ai pris deux amendes. J’ai failli perdre mon permis. Ça m’a fait réfléchir. Qu’est-ce que je voulais faire dans ma vie ? » Les experts en radicalisation pourront ajouter la case infraction routière à la grille protéiforme des causes de l’engagement islamiste. Mais Quentin Le Brun est aussi et surtout en quête de sérénité. « Nul à l’école, ça ne m’intéressait pas », il décroche un BEP de vente, vivote de petits boulots, trime au McDo pour se payer un voyage au Japon : « L’Asie, la culture du calme, ça m’a toujours attiré. Là-bas, personne ne vole, c’est attrayant. » Il y passe un mois. Apprend la langue. Tombe fou amoureux d’une étudiante japonaise surdiplômée : « Moi, je n’avais aucun diplôme, c’était impossible de m’installer là-bas. » Rupture, peine de cœur. Commence alors sa période « boîte de nuit ». Elle s’achève par une suspension de permis et une entrée dans l’islam.

  • Le rural et le populaire - La Vie des idées

    http://www.laviedesidees.fr/Le-rural-et-le-populaire.html

    En 2005 Nicolas Renahy a montré que les changements socio-économiques des dernières décennies, loin de ne concerner que les zones urbaines, ont aussi bouleversé le monde rural, ses classes populaires et en particulier sa jeunesse ouvrière. Retour sur l’enquête et sur ses principaux résultats.

    #rural #urban_matter #marges #sociologie #périphérie

  • Ces hommes qui meurent - Crêpe Georgette
    http://www.crepegeorgette.com/2019/01/04/ces-hommes-meurent

    Hier j’ai posté un thread sur twitter sur les féminicides ; j’y expliquais que les hommes qui tuent leur compagne sont en général vierges d’autres crimes comparables. Les hommes violents avec leur compagne ne sont pas pour l’immense majorité, violents avec d’autres hommes. Sans surprise, des hommes sont venus me balancer des statistiques sur les homicides – comme si je pouvais les ignorer – pour m’expliquer que les hommes tuent avant tout d’autres hommes, chose que je n’avais évidemment jamais contestée et qui n’était pas le propos de mon thread.
    Je suis comme toujours allée jeter un œil sur leur TL ; aucune évocation, à aucun moment d’un quelconque engagement face à ce sujet. Les chiffres sur les hommes qui sont tués ont juste été utilisés pour tenter de desservir mon propos (ce qui n’est pas grave), et de minorer le nombre de femmes tuées par leur conjoint (ce qui l’est bien davantage).
    j’ai de plus en plus tendance – parce que je suis concernée par les deux sujets d’ailleurs – à comparer ce genre de rhétorique à la rhétorique négationniste. Ces hommes n’en ont rien à foutre des hommes assassinés, des hommes qui se suicident sauf si cela peut leur permettre de tenter de faire taire une féministe qui parle de la souffrance des femmes. C’est quand même assez fascinant de haïr à ce point les femmes que de nier qu’elles sont, parfois, tuées par un homme.
    Mon père s’est suicidé. Cela a fait 20 ans cette année ; cela a été un anniversaire compliqué. Même si cela n’explique évidemment pas tout et qu’il y a des raisons singulière et individuelles à son acte, j’ai depuis longtemps une très claire vision de ce que cela peut être d’être un homme et des contraintes viriles. J’évoquais le négationnisme parce que mon père était également un ancien déporté et, sans surprise, 50 ans de syndrome de stress post traumatique non traité car « un homme ca ne va pas chez le psy » ont pu participer à son suicide.
    Je suis donc, tant humainement qu’intellectuellement, scandalisée et peinée pour tout dire par les méthodes de ces hommes. Pensent-ils sérieusement que les militantes féministes ignorent les statistiques ? pensent-ils qu’elles ne connaissent pas le coût de la virilité ?

    #masculinisme #négationnisme #sexisme #misogynie #antisémitisme #suicide #virilité

  • Contre la rhétorique masculiniste – Binge Audio
    https://www.binge.audio/contre-la-rhetorique-masculiniste

    Il paraît que les hommes vont mal. Que la virilité se perd. Que les sociétés occidentales seraient hyper féminisées. Que les hommes ne sauraient plus comment être des hommes, qu’ils seraient paumés et souffriraient beaucoup à cause des femmes, et à cause du féminisme, qui les briment et les oppriment. Les symptômes ? Mauvais résultats scolaires, difficultés à séduire, refus des tribunaux d’accorder la garde des enfants au père en cas de séparation, et même… suicides. Les solutions ? Les mouvements de défense des hommes, les stages de revilirisation d’inspiration chrétienne ou ésotérique, et autres “écoles de la masculinité” d’extrême-droite.

    Dans cet épisode, nous montrons d’où vient ce discours et ce qu’il révèle, avec Francis Dupuis-Déri politologue, professeur à l’Université du Québec à Montréal, auteur d’une enquête précise et documentée : “La crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace”.

    Francis Dupuis-Déri est également un militant pro-féministe, qui reconnaît ses propres privilèges d’homme blanc hétérosexuel ; dans cet épisode, il partage avec franchise et drôlerie son expérience et son regard sur la société française contemporaine.

    Dupuis-Déri précise qu’un homme pro-féministe se doit de casser la solidarité masculine, ce qu’on appel aussi la #fraternité

    Par rapport au discours raciste-masculiniste d’extreme droite je rajoouterait Michel Houellbeq qui est completement dans ce discours de l’homme blanc dévirilisé par la féminisation de la société.

    Pour les masculinistes de gauche on trouve Alain Badiou et Michéa.

    Dupuis-Déri explique qu’être un homme ça reviens à dominer. Il n’y a aucune forme de masculinité qui ne soit pas une manière de dominer. La crise de la masculinité n’est pas arrivée et ca serait bien qu’elle arrive vraiment.

    Le groupe Charogne conseillé en fin d’émission
    https://www.youtube.com/watch?v=ohCzp5FjZ24

  • The 1970s Political Activist Who Invented Penis Pants
    https://www.messynessychic.com/2013/08/01/the-1970s-political-activist-who-invented-penis-pants

    Introducing Eldridge Clever, Presidential candidate, writer, political activist, a prominent early leader of the Black Panthers, oh and inventor of the penis pants.

    One of those rare internet back alley gems, I came across this innovative design from the 1970s and just had to share it with you. The penis pants you never asked for, solve all sorts of problems according to their late inventor, Eldridge Cleaver, such as ‘fig-leaf mentality’.


    “Clothing is an extension of the fig leaf — it put our sex inside our bodies,” Cleaver told Newsweek in 1975. “My pants put sex back where it should be.” The Black Panthers frontman and radical intellectual came up with the idea while living in Paris in exile after fleeing charges from a confrontation with the police in 1968.

    He took out an ad in the classifieds of the International Herald Tribune seeking investors and manufacturers for his collection that outlined the wearer’s genitals in a ‘sock-like codpiece’. ”Millions in profits envisioned,” the advertisement read¹.

    A campaign badge for Cleaver’s 1968 Presidential campaign.

    A controversial media figure and former Presidential candidate in 1968 for the Peace and Freedom Party, Eldridge took every opportunity to model the pants himself for the press, but few publications would print photographs of the provocative design.

    Despite creating quite the stir on the 1970s male fashion scene, shockingly the penis pant was never a great commercial success. Cleaver’s questionable design did little to help his reputation with the press, who were quick to paint the former revolutionary turned fashion designer as an ageing civil rights activist gone a little … well, cuckoo.

    So there you have it, penis pants.

    It should also be noted that Eldridge Cleaver later became a Mormon.

    Je suis pas d’accord avec l’article qui traite Eldridge Cleaver de zinzin, ca me semble une bonne idée pour le #disempowerment masculin.
    #virilité #pénis #mode #black_panthers

  • Justice : le commandant de police filmé en train de frapper à mains nues des manifestants « a agi proportionnellement à la menace » selon le Parquet
    https://www.francebleu.fr/faits-divers-justice/un-policier-filme-en-train-de-frapper-a-main-nue-des-manifestants-a-toulo

    De son côté, le procureur de la République de Toulon, Bernard Marchal, ajoute « Il y avait un contexte insurrectionnel avant et après ces vidéos, dans lequel il était impossible d’interpeller quelqu’un sans violence, et il a agi proportionnellement à la menace ».

    Dès lors, pourquoi ses collègues s’interposent pour que le commandant arrête de frapper ? De plus, sur la première bagarre : l’homme est déjà plaqué contre un mur. Immobilisé.

    #Maintien_de_L'ordre

  • Cris racistes en #Italie : l’Inter Milan sanctionnée
    https://information.tv5monde.com/info/cris-racistes-en-italie-l-inter-milan-sanctionnee-277403

    L’émotion était d’autant plus forte en Italie que de graves incidents ont également éclaté en dehors du stade mercredi, provoquant la mort jeudi d’un supporter de l’Inter de 35 ans.

    Celui-ci a été renversé par un véhicule en marge d’une attaque menée contre des minibus transportant des tifosi napolitains par une centaine de supporters de l’Inter, mais aussi de Varèse et de Nice, selon la police italienne.

    Le ministre de l’Intérieur et homme fort du gouvernement, Matteo Salvini, a annoncé qu’il convoquerait en janvier dirigeants et supporters de Serie A et B. « Ce n’est pas possible de mourir pour un match de foot », a-t-il dit, sans mentionner les insultes contre Koulibaly.

  • Suisse : Migros fâche des consommateurs avec des « soupes genrées »
    https://www.rts.ch/info/suisse/10014699-migros-fache-des-consommateurs-avec-des-soupes-genrees-.html

    Migros lance une soupe pour enfants à l’emballage rose pour les filles et bleu pour les garçons. Une différenciation qui choque sur les réseaux sociaux et au-delà. Le distributeur n’en est pas à sa première polémique cet automne.

    Les clients de Migros ont pu découvrir mardi dans l’assortiment du géant orange une soupe « pour les reines du glamour » et une autre « pour les champions ». Deux produits visant les enfants selon leur genre, avec du rose et des légumes pour les filles, et du bleu avec une base de viande pour les garçons.


    Sur le site de Migros et sur les réseaux sociaux, ce lancement a fait bondir de nombreux internautes. « Non vous ne rêvez pas, Migros a réussi à genrer des soupes », écrit par exemple l’administrateur du compte Twitter Pépite sexiste :

    "Je suis atterré par les stéréotypes idiots que vous arrivez à véhiculer sur une simple soupe en sachet. Bleu = garçon = sport & champion. Rose = fille = glamour et beauté. Pathétique. Et en plus la soupe « pour fille » est végan mais pas celle « pour garçon ». C’est minable", réagit un autre internaute.

    La démarche a également choqué plusieurs politiciens, dont l’ancien conseiller national Jean Christophe Schwaab (PS/VD) qui a écrit au distributeur pour demander le retrait des « soupes sexistes », sans succès.
    . . . . . .

    #genre #stéréotypes #bleu #rose #soupe #discrimination #sexisme #enfants #genre #Suisse #cynisme

  • Romain Gary, en 1975, dans « Radioscopie » : « L’absence de féminité dans notre civilisation est effrayante », Le Monde, 19.10.2018

    A l’occasion de la sortie du livre « Radioscopie », regroupant de grands entretiens réalisés par Jacques Chancel, « Le Monde » publie des extraits de la rencontre avec l’écrivain.

    Bonnes feuilles. Brassens, Adjani, Truffaut, Dalida, Foucault, Yourcenar… Pendant vingt ans, Jacques Chancel a reçu sur France Inter des artistes, des écrivains ou des intellectuels pour les confesser dans son émission « Radioscopie ». Parmi les grands entretiens regroupés dans un livre (« Radioscopie » , 352 pages, Les Editions du sous-sol, 49 euros), « Le Monde » a choisi de publier la rencontre avec l’écrivain Romain Gary, réalisée en juin 1975, alors qu’il recevra, cinq mois plus tard, un deuxième prix Goncourt, sous le pseudonyme d’Emile Ajar.

    Vous n’avez pas l’impression, Romain Gary, de vous être un peu trop dispersé ? Vous êtes écrivain, cinéaste, vous avez été consul, conseiller d’un ministre de l’information, vous avez sans doute été tenté par la politique…

    Je passe sur les métiers que j’ai faits dans ma préhistoire, pour survivre, parce que je suis d’un milieu extrêmement pauvre. Je me suis engagé dans l’aviation à l’âge de 23 ans, je suis resté aviateur neuf ans, instructeur de tir aérien à l’école de l’air de Salon-de-Provence. J’ai ensuite rejoint de Gaulle, il y a eu l’Angleterre, la bataille d’Angleterre, l’Afrique, l’Abyssinie, la Libye, la Syrie, tout le tralala jusqu’au débarquement en Normandie. Après quoi, j’ai été diplomate pendant dix-sept ans, et j’ai mené une carrière consulaire que j’ai terminée comme consul général à Los Angeles en 1961. Ensuite, j’ai été, en effet, conseiller d’un ministre, j’ai fait beaucoup de journalisme, et j’ai fait du cinéma comme metteur en scène.

    Mais, il y a plus grave que ça, dans cette dispersion. Si je m’examine au point de vue culturel, je vois trois choses. Je suis né en Russie, j’ai emmagasiné jusqu’à l’âge de 7 ou 8 ans la culture russe et la langue russe. Ensuite, ma mère a immigré en Pologne, et pendant cinq ans, j’ai emmagasiné la langue et la culture polonaise. Puis, à l’âge de 12 ans, je débarque à Nice, et j’emmagasine la culture française.

    Je pense souvent à cette histoire du caméléon, qui prend la couleur du milieu dans laquelle il se trouve, pour se protéger. On met le caméléon sur un tapis rouge, il devient rouge. On le met sur un tapis vert, il devient vert. On le met sur un tapis bleu, il devient bleu. On le met sur un plaid écossais, il devient fou. Je me demande comment je ne suis pas devenu fou. Et je crois que j’ai été sauvé par la compensation de la création littéraire, puisque j’ai à mon actif vingt-cinq romans.

    La vie vous a tout de même bien gâté. Il y a « Les Racines du ciel », ce livre qui a obtenu le prix Goncourt. Il y a vos films, il y a la vie elle-même : vous avez été le mari de Jean Seberg. (…) Avec la fringale de vie que vous avez, je vous soupçonne de rêver encore que vous serez amoureux ?

    Bien sûr. Il est permis de rêver. Surtout à 61 ans, il faut se dépêcher de rêver. Mais vous dites que la vie m’a comblé. Nous avons affaire à quelque chose d’assez désagréable, et d’assez affligeant pour moi – dont je vous sais gré, d’ailleurs, de me permettre d’en parler. C’est vrai qu’il existe cette image de l’homme comblé à laquelle vous vous référez. C’est une image de l’homme extérieur, Romain Gary, qui a été fabriquée entièrement par des gens qui ne le connaissent pas. Il y a une légende Romain Gary. Et je ne sais pas ce que j’ai fait pour en avoir une pareille. On dîne dans le monde sur le dos de Romain Gary. Or, si vous regardez mon agenda, je sors le soir neuf fois par an. Je n’ai presque pas d’existence extérieure mondaine. (…)

    Vous pouvez raconter votre vie, mais pouvez-vous lui donner un sens ?

    Dans quelle mesure peut-on donner un sens à une vie d’homme en général ? Le sens profond de ma vie, ça a été deux amours. Un amour total, dévorant, monstrueux – par son exclusion de tout le reste – du roman et de la littérature, qui me rend tous les autres engagements extrêmement difficiles, et qui me donne un air absent.

    C’est la maîtresse la plus fidèle ?

    Et la plus absorbante, et la plus dévorante. Et deuxièmement, enfin, mon amour de la féminité. Je ne dis pas des femmes, je fais véritablement une sorte de mystique de la féminité, puisque je passe mon temps à réclamer la féminisation du monde.

    Et toute votre œuvre, d’ailleurs, est marquée par cela, c’est presque une allégorie ?

    Je crois que ma mère, que j’ai racontée dans mon autobiographie La Promesse de l’aube, a joué un rôle décisif dans cet amour de la féminité. Mais si nous regardons autour de nous, il est évident que notre civilisation est en proie à des spasmes virils, profondément menaçants, et qui vraiment, nous menacent cruellement.

    D’ailleurs, pour vous, la virilité, c’est un leurre. Vous situez ce problème au stade de la puissance et de l’impuissance...

    Je crois que c’est un des grands problèmes de ce temps, cet abus de la virilité. Cette intoxication, cette infection virile, qui n’a que très peu de rapports authentiques avec la virilité. Je crois que l’Occident, l’Amérique en particulier – toute la littérature américaine, Jack London, Hemingway, aujourd’hui Norman Mailer –, est obsédé par la virilité. C’est le signe d’une dévirilisation profonde, d’une angoisse qui se manifeste à l’extérieur par le machisme, et par des fanfaronnades de virilité, une recherche de substituts virils, dont finalement la bombe nucléaire n’est qu’un exemple grotesque.

    Nous parlions tout à l’heure de cette légende, qui s’est créée autour de vous, mais peut-être à cause de votre physique. Il y a ce masque cuivré, ce collier de barbe grise, ces yeux bleus, il y a une certaine allure. Je crois que vous êtes victime de vous-même...

    Je ne suis pas victime de moi-même. Je suis victime de ma gueule. J’ai une tête qui, à mon avis, ne correspond vraiment pas à ce que je suis à l’intérieur. Et il y a à cela plusieurs raisons. D’abord le mélange des sangs, des ascendances tartares qui sont perçues étrangement dans le contexte occidental. Quand vous voyez en Russie un type un peu tartare, ça n’est pas grave. Mais ici, on l’interprète en termes de caractéristiques morales et psychologiques. Dureté, cruauté, sauvagerie, indifférence.

    En plus de cela, à la suite de blessures de guerre, j’ai une paralysie faciale qui me rend le sourire extrêmement difficile, je n’ai pas de nerf du côté gauche. Et finalement, il y a comme vous dites, ce teint un peu cuivré, probablement d’origine de l’Europe de l’Est. Et comme on ne tient compte dans la vie que de l’étalage, j’ai une tête que l’on juge mal. (…)

    Lorsque vous avez quitté Jean Seberg, ça a été un déchirement ou ça a été une décision logique ?

    Ça a été les deux. Nous avons eu neuf ans de bonheur et pour un homme marié avec une vedette de cinéma de vingt-quatre ans sa cadette, neuf ans de bonheur, c’était parfait. Mais nous avons constaté tous les deux que ça tendait à se déglinguer, qu’il y avait des compromis, des facilités, et nous avons divorcé. Ça a été vraiment pour moi un grand déchirement. Et pour elle aussi, je crois.

    C’est un écueil, pour vous, cette différence qu’il peut y avoir entre un homme et une femme sur le plan de l’âge ?

    Je ne crois pas, mais c’est une question dont on pourrait parler pendant des heures. La grande différence, sur le plan de l’âge, entre un homme et une femme, n’est pas la plupart du temps de l’ordre sexuel, sauf peut-être des cas que je ne connais pas. Là où le drame est profond – je mets sérieusement en garde les personnes jeunes qui veulent épouser des gens plus âgés –, c’est qu’il y a une certaine lassitude devant ce qu’on connaît déjà, et qu’on a beaucoup de peine à vivre une deuxième fois.

    Vous avez 50 ans, vous vivez avec une jeune femme de 22 ans, 23 ans. Vous vous êtes déjà tapé le monde, plusieurs fois, de tous les côtés. Vous avez vécu, beaucoup. Et vous vous retrouvez accompagné d’un être jeune qui commence, et qui a envie de commencer ce rapport avec le monde. C’est extrêmement difficile parce que vous voyez cette jeune personne faire les mêmes erreurs que vous avez faites. Elle n’écoutera pas vos conseils. Et plus vous lui donnerez de conseils, plus vous aurez l’air d’être son père, ce qui est très mauvais pour votre couple. Plus vous la mettez en garde, et plus vous transformez vos rapports homme-femme en rapport fille-père. Et tout cela fait qu’au bout d’un certain temps, on s’est trouvé entre mari et femme, et on finit par se trouver entre un père et une fille, ce qui n’est pas une situation idéale, la plupart du temps, pour un couple.

    Ne peut-on pas parler de toutes ces choses simplement ? Parfois les hommes et les femmes évitent ce genre de discussions. Ils ne veulent pas parler de ce qui touche leur cœur…

    La question que vous soulevez est un grand drame de communication des couples. C’est d’ailleurs l’un des sujets de mon dernier roman, Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable. Même au plus profond de l’amour, l’homme et la femme n’ont pas de fraternité. Le drame des hommes et des femmes, en dehors des situations d’amour, en dehors des situations d’attachement profond, est une sorte d’absence de fraternité. De sorte que parler sur ce qu’il y a de profond, de dangereux, de menaçant, leur est totalement impossible.

    Il y a des couples qui finissent une vie sans avoir parlé de ce qui les sépare et de ce qui aurait pu leur être épargné. Là évidemment, la psychanalyse peut jouer un rôle. Mais très souvent, ces problèmes ne sont même pas d’ordre psychanalytique profond. Ils sont simplement dus à des siècles et des siècles de préjugés, qui font que l’homme doit conserver son image virile et supérieure, la femme doit conserver son image féminine douce et soumise. Finalement cette égalité dans l’explication franche, ouverte, libre, y compris des problèmes sexuels, leur est un tabou. Et cette absence de communication, que j’appelle absence de « fraternité » entre les hommes et les femmes est un des grands drames du couple. (…)

    Vous accordez un extraordinaire intérêt aux femmes qui, à votre avis, ne sont pas assez considérées. Même en ce moment, où on s’occupe beaucoup d’elles...

    Même sans s’engager dans le domaine du féminisme proprement dit, il y a une absence de féminité dans notre civilisation qui est effrayante. Je ne veux pas me lancer dans des propos religieux, d’autant plus que je suis incroyant, mais si vous regardez la parole du Christ, elle est essentiellement féminine. La voix du Christ était une voix de femme, du moins au sens traditionnel que l’on donne à ce terme. Tendresse, pitié, amour, bonté, pardon. Mais ces vertus sont totalement absentes de deux mille ans de notre civilisation. En dehors de l’égalité hommes-femmes, qui est évidente, il faut une transformation des valeurs dites masculines en valeurs féminines.

    C’est pourquoi je ne comprends pas les mouvements féministes qui se réclament d’une sorte de masculinité, à part égale avec les hommes. Elles devraient au contraire se retrancher de plus en plus, et élaborer des valeurs féminines pour en féconder notre civilisation. Mais c’est sans doute une vue un peu trop idéaliste des choses.

    Dans votre nouveau roman, « Au-delà de cette limite votre ticket n’est plus valable », vous rendez peut-être aux femmes leur juste valeur, mais vous remettez surtout les hommes à leur place. Qu’est-ce qu’ils prennent, les hommes ! On va vous dire que vous trahissez la caste...

    Ça m’a été dit. J’ai reçu des lettres de ce genre. J’ai reçu également des insultes d’une dame qui m’a affirmé que je minais la virilité de son mari, et que j’étais un salaud d’avoir écrit ce livre-là. Mais quelle est la critique que je fais, là-dedans ? Je ne critique pas les hommes. Je critique deux mille ans de civilisation qui font peser sur l’homme une hypothèque de fausse virilité et de fanfaronnade de coq, de manifestation extérieure d’une virilité inexistante, ce qui est catastrophique. (…)

    Les séducteurs, les Don Juan, qu’est-ce qu’ils prennent !

    J’ai toujours eu horreur de ça. Le Don Juan, c’est le petit consommateur, c’est lui qui a inventé la société de consommation. Ce besoin de changer de femme continuellement, qu’est-ce que ça veut dire ? C’est un signe d’impuissance ! Ce n’est d’ailleurs pas moi qui le dit, c’est un cliché, du point de vue psychanalytique. L’homme qui a continuellement besoin de changer de femme pour se renouveler, pour se ranimer, est en réalité un homme qui est sur le déclin, ou qui n’a jamais été d’ailleurs bien fort.

    Le véritable plus grand amant de tous les temps, c’est quelque paysan de Corrèze ou du Lot, qui fait l’amour à sa femme deux fois par jour depuis trente-cinq ans. Ça, chapeau ! C’est un véritable Don Juan, mais l’autre, le pauvre, c’est un minable.

    Et il faudrait absolument en sortir, et nous n’en prenons pas le chemin. Les femmes elles-mêmes s’animent quand elles entendent parler de séducteurs, prennent des petits sourires intrigués et ravis. Et les hommes ont des sourires bêtes, ineptes. Cela fausse complètement tout rapport authentique et de profondeur entre l’homme et la femme. Cela rend le couple absurde. Je crois profondément au couple.

    Et à la fidélité ?

    Oui, mais pas à la fidélité épidermique, quand même. La fidélité de dévouement profond de l’un à l’autre, qui peut se contenter très bien de quelque égarement en cas d’absence. Je crois que la vérité des rapports de l’homme et de la femme, c’est le couple, et tout le reste c’est de la crème chantilly. C’est très bon, la crème chantilly, mais enfin la vérité et la profondeur, c’est cette espèce d’équipe à deux, de soudure profonde, de complicité, cette entente instinctive de tous les instants, ce partage de tous les buts dans la vie et de tout ce qu’on veut faire, des rêves aussi, qui est absolument irremplaçable et qui a été l’une des grandes beautés, l’un des grands fleurons de la civilisation occidentale. Parce que c’est nous, quand même, qui l’avons inventé. (…)

    Vous avez l’impression de vous être éloigné de votre enfance ? D’être sorti de « la promesse de l’aube » ?

    Non. Je crois que le jour où je m’éloignerai complètement de mon enfance, je ne pourrai plus écrire, je ne serai plus un romancier. Je crois avec Groddeck, avec Adler, avec Freud, que la fonction créatrice est très profondément liée à l’enfance. Tuer l’enfant, c’est vraiment tuer tout rapport avec la créativité.

    #féminité #amour #radio #caméléon

    • #viol #culture_du_viol #sexisme #violences_sexuelles #androcentrisme #misogynie #fraternité #haine

      L’historien remet en cause la réelle importance de Mai 68 du point de vue de la libération sexuelle. Il s’appuie sur les archives du COPES pour montrer que cette liberté existait déjà pour les garçons, y compris en matière de pratiques homosexuelles. Lorsqu’elles avaient lieu, ces dernières ne renvoyaient pas forcément à une identité d’homme « gay », n’impliquaient pas automatiquement que le garçon se considère comme un « homosexuel ». L’assignation à une norme hétérosexuel/homosexuel n’était à l’époque déjà pas incontournable (les travaux de Régis Révenin semblent en cela s’inscrire dans une vision très foucaldienne, cf. Histoire de la Sexualité de Michel Foucault).

      Révenin R., 2015, Une histoire des garçons et des filles. Amour, genre et sexualité dans la France d’après-guerre, Paris : Éditions vendémiaires, Paris.

      La construction d’une virilité « entre pairs » était en revanche la norme, virilité dont les preuves étaient à fournir aux autres garçons. Les archives étudiées par Régis Révenin montrent l’existence de viols collectifs et l’absence totale de culpabilité pour les uns, ainsi que le renversement de cette culpabilité du côté de ces filles, traitées de « salopes ». La « libération sexuelle » des années 1968 était presque un argument que les garçons utilisaient pour draguer et coucher. Tout en portant un regard extrêmement normatif sur les filles qui devaient être bonnes ménagères, fidèles (l’infidélité était une qualité virile), bonnes épouses en tous points de vue y compris au lit… Le regard porté par les hommes sur les femmes était réprobateur et s’inscrivait dans une assignation de genre binaire, les filles étaient pour eux soit maman, soit « putain ».

      C’est assez interessant pour comprendre ce que les hommes veulent dire avec le mot #amour