• Le Conseil d’Etat juge illégal le recours à la « technique des nasses » par les forces de l’ordre lors des manifestations
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2021/06/10/le-conseil-d-etat-juge-illegal-le-recours-a-la-technique-des-nasses-par-les-

    Le Conseil d’Etat a annulé, jeudi 10 juin, quatre dispositions phares du schéma national de maintien de l’ordre sur lequel il avait été saisi par plusieurs syndicats et associations. Parmi elles, la très sensible « technique des nasses », utilisées pour encercler des groupes de manifestants. —« Si cette technique peut s’avérer nécessaire dans certaines circonstances précises, elle est susceptible d’affecter significativement la liberté de manifester et de porter atteinte à la liberté d’aller et venir »—, note le Conseil d’Etat dans son communiqué. « Le Conseil d’Etat annule ce point car rien ne garantit que son utilisation soit adaptée, nécessaire et proportionnée aux circonstances », est-il précisé dans le communiqué.

    [...]
    S’agissant de la presse, l’instance considère que les journalistes « n’ont pas à quitter les lieux lorsqu’un attroupement est dispersé » et qu’ils n’ont pas « l’obligation d’obéir aux ordres de dispersion » des forces de l’ordre. « Les journalistes doivent pouvoir continuer d’exercer librement leur mission d’information, même lors de la dispersion d’un attroupement. »

    (...) Concernant la technique de la « nasse », dite de « l’encerclement », le ministère a estimé que le Conseil ne l’interdisait pas mais demandait « que les conditions d’emploi soient précisées ». « Le gouvernement va s’y employer », affirme le ministère.

    (...) A Beauvau, on a relevé que la juridiction administrative précisait en outre que les journalistes « ne devaient pas faire obstacle aux forces de l’ordre ».

    #police #maintien_de_l'ordre

    • Maintien de l’ordre : le désaveu politique du Conseil d’Etat
      https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2021/06/11/le-conseil-d-etat-annule-quatre-dispositions-du-schema-national-du-maintien-

      Quatre dispositions du schéma national du maintien de l’ordre ont été annulées par la juridiction. Parmi celles-ci, la pratique de la « nasse », qui consiste à encercler les manifestants, a été jugée jeudi illégale car insuffisamment précise.

      C’est un camouflet pour le ministère de l’intérieur. Dans une décision rendue publique, jeudi 10 juin, le Conseil d’Etat a annulé quatre dispositions majeures du schéma national du maintien de l’ordre (SNMO), la « bible » des forces de sécurité en matière de gestion des manifestations. La réflexion autour de cette nouvelle doctrine, lancée en juin 2019 par Christophe Castaner, alors ministre de l’intérieur, avait été parachevée quinze mois plus tard – avec une année de retard sur le calendrier prévu – le 16 septembre 2020, à l’occasion de la publication d’un document de 29 pages.

      Le texte, aux dires des associations, avait été formalisé « sans réelle concertation ni transparence » dans le but de doter police et gendarmerie de règles d’action communes après des mois d’affrontements avec les « gilets jaunes ». Dès sa parution, il avait été critiqué, notamment en raison de la consécration du recours à des services non spécialisés – brigades anticriminalité, brigades de recherche et d’intervention ou de répression de l’action violente – dans les opérations de maintien de l’ordre, ou de la confirmation d’usage des grenades de désencerclement et des lanceurs de balles de défense (LBD) à l’origine de dizaines de mutilations et de blessures graves, essentiellement entre 2018 et 2019.
      Lire aussi Le ministère de l’intérieur dévoile la nouvelle doctrine du maintien de l’ordre

      Défense de la liberté d’informer
      Les plus vives dénonciations, portées par une quarantaine d’associations dont la Ligue des droits de l’homme (LDH), le Syndicat de la magistrature (SM) ou le Syndicat national des journalistes (SNJ), visaient également des pratiques considérées comme gravement attentatoires aux libertés publiques, parmi lesquelles celle de la « nasse », consistant à encercler des protestataires un temps indéfini, et dont l’usage était devenu quasi systématique en cas de manifestation d’ampleur. Si le SNMO validait son recours « utile, sur le temps juste nécessaire (…) aux fins de contrôle, d’interpellation ou de prévention d’une poursuite des troubles », le Conseil d’Etat a purement et simplement annulé cette disposition en considérant qu’elle n’encadrait pas de manière suffisamment précise les cas dans lesquels il était possible de mettre en œuvre cette technique.
      C’est cependant en matière de défense de la liberté d’informer que la juridiction suprême de l’ordre administratif s’est montrée la plus incisive en rappelant son caractère essentiel à la vie démocratique « en ce qu’elle permet de rendre compte des idées et opinions exprimées et du caractère de cette expression collective ainsi que, le cas échéant, de l’intervention des autorités publiques et des forces de l’ordre ». Et en annulant trois mesures emblématiques relatives au travail des journalistes lors des manifestations.

      Le SNMO prévoyait ainsi que le port d’équipements de sécurité par des reporters soit assorti d’éléments d’identification et n’induise aucune « infraction ou provocation ». Cette obligation aux termes « ambigus et imprécis » ne relève pas, a estimé le Conseil d’Etat, de la compétence du ministre de l’intérieur, auquel il n’appartient pas davantage « d’édicter ce type de règles à l’attention des journalistes comme de toute personne participant ou assistant à une manifestation » .

      Idem en matière d’obligation faite aux journalistes de quitter les lieux d’une manifestation après un ordre de dispersion. Balayant cette injonction, le Conseil d’Etat a jugé la mesure entachée d’illégalité. Aussi, pour « rendre compte des événements qui s’y produisent », les journalistes peuvent-ils « continuer d’exercer librement leur mission lors de la dispersion d’un attroupement sans être tenus de quitter les lieux, dès lors qu’ils se placent de telle sorte qu’ils ne puissent être confondus avec les manifestants et ne fassent obstacle à l’action des forces de l’ordre ».

      Enfin, en réservant aux seuls journalistes « accrédités auprès des autorités » un droit d’accès au canal d’informations dédié des forces de l’ordre lors de manifestations, sans autre forme de précision, le SNMO aurait porté « une atteinte disproportionnée à la liberté de la presse et à la liberté de communication ». La disposition a également été annulée.

      Arrêt jugé trop timide

      Pour les associations, une telle décision apparaissait loin d’être acquise. Au cours de la procédure, le rapporteur public, dont les conclusions préfigurent en règle générale la position du Conseil d’Etat, n’avait, en effet, rien trouvé à redire aux dispositions soumises à l’examen du juge administratif suprême, se bornant à requérir l’annulation des conditions imposées au port d’équipements spéciaux par les journalistes. « Le Conseil d’Etat, se félicite Me Patrice Spinosi, qui intervenait au nom du SNJ et la LDH, a clairement mis un coup d’arrêt à la volonté caractérisée du gouvernement de fragiliser l’indépendance de la presse. Un journaliste n’est pas un manifestant, il est là pour informer. Sans lui, il n’y a plus de regard. »

      Plusieurs associations se montrent toutefois déçues par l’arrêt, jugé trop timide. Eric Mirguet, directeur du pôle programme et plaidoyers de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, une ONG partie à la procédure, déplore ainsi « une décision a minima » . L’interdiction des nasses, notamment, « est basée sur la seule liberté de manifester alors que c’est aussi une pratique dangereuse qui peut porter atteinte à l’intégrité physique des personnes qui y sont soumises, qui est indiscriminée en ce qu’elle s’applique à des individus ciblés sur leur seule présence dans un lieu donné et non des actes qu’on leur reprocherait ».

      Parmi d’autres, l’association, qui a publié en mars 2020 un volumineux rapport d’observation sur les conditions du maintien de l’ordre, fruit d’une année de travail sur le terrain, estime que le Conseil d’Etat « a fait le choix de taire ces préoccupations » . Jeudi dans la soirée, le ministère de l’intérieur a fait savoir que « des modifications seront apportées pour permettre d’atteindre les objectifs voulus par le texte, tout en respectant les orientations de la décision rendue par le Conseil d’Etat », qui a validé « la très grande majorité du texte ».

  • Etats-Unis : « Les restrictions de voyage sont devenues un régime discriminatoire »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/06/01/etats-unis-les-restrictions-de-voyage-sont-devenues-un-regime-discriminatoir

    Etats-Unis : Au moment où les pays de l’UE s’apprêtent à faciliter l’accès à l’espace Schengen aux Américains vaccinés, il est essentiel que l’administration Biden assouplisse les conditions d’accès à son territoire pour les citoyens européens, estime, dans une tribune au « Monde, la politiste Célia Belin.
    En juin, les Etats européens rouvriront leurs frontières aux voyageurs américains vaccinés, un assouplissement non contraignant décidé à vingt-sept, sur proposition de la Commission européenne. La France travaille à une ouverture avant la mi-juin, une fois mis en place un système de vérification vaccinale, encore à l’étude. Pour les Américains interdits de séjour en Europe depuis quinze mois, c’est un soulagement. Non seulement les plages de la Méditerranée leur seront accessibles, mais ils pourront aussi librement retrouver leurs proches. Les Européens, eux, n’ont pas cette chance, et des milliers de familles, de couples et de proches restent séparés par un océan.
    Les restrictions mises en place par proclamation présidentielle américaine en mars 2020, pour limiter le nombre de voyageurs entre les Etats-Unis et l’Europe, sont toujours en vigueur. Brièvement résiliées par le président Trump à son départ en janvier, elles ont été immédiatement réinstaurées par Joe Biden, qui a fait de la lutte contre le Covid-19 la priorité de son administration. A ce jour, l’entrée aux Etats-Unis reste interdite aux voyageurs « physiquement présents au cours des 14 derniers jours » dans l’espace Schengen, au Royaume-Uni et en Irlande, sauf en cas d’attribution d’une national interest exception [exception d’intérêt national].
    Binationaux, titulaires de carte verte, diplomates, journalistes et étudiants ont un droit d’entrée automatique, tandis que les national interest exceptions sont attribuées au cas par cas aux travailleurs « apportant un soutien vital aux secteurs d’infrastructures critiques ». Pour les autres, voyageurs d’affaires ou de tourisme, investisseurs, salariés en poste aux Etats-Unis, créateurs d’entreprise, visiteurs d’échange, dizaines de milliers d’expatriés avec carrière dans un pays et famille dans l’autre, l’interdiction d’entrée n’a connu aucun répit depuis quinze mois. Etre titulaire d’un visa de long séjour lié à un statut ou une activité professionnelle n’ouvre pas pour autant le droit d’entrer aux Etats-Unis. Soumis au même régime que les touristes, ces Européens titulaires de visas dits non-immigrants doivent demander une national interest exception pour pouvoir retourner aux Etats-Unis, ce qui, le plus souvent, leur est refusé. En outre, les services des visas des consulats américains en Europe fonctionnent en régime réduit depuis des mois. D’après le site du département d’Etat, le délai actuel d’attente pour un rendez-vous pour un visa non-immigrant est de 98 jours à Berlin, 165 jours à Madrid, 372 jours à Paris et 999 jours à Rome.
    Acceptées au début de la pandémie de Covid-19 comme une réalité douloureuse mais inévitable, les restrictions de voyage sont devenues un régime discriminatoire, bloquant les populations dans des situations kafkaïennes. Certains renoncent à rendre visite à un parent gravement malade en Europe, sous la menace de ne pouvoir revenir dans le pays où ils ont leur emploi, leurs enfants ou leur conjoint. D’autres se retrouvent coincés pendant des mois en Europe faute d’obtenir un rendez-vous à l’ambassade pour renouveler leur visa, alors même qu’ils continuent de payer leurs impôts aux Etats-Unis.
    Des travailleurs sous visa valide passent quinze jours dans des pays tiers (Mexique, Colombie, Turquie) pour contourner l’interdiction, accroissant leur risque de contamination. Relayés sur les réseaux sociaux par les hashtags #LoveIsNotTourism, #Test4Travel ou #LiftTheTravelBan, des milliers de drames personnels racontent l’isolement, l’angoisse et le désespoir d’individus pris au piège d’une situation qui a trop duré.
    Lire aussi Covid-19 dans le monde : l’Europe lève progressivement les restrictions, malgré la menace du variant indien
    Avec la décision des membres de l’Union européenne d’ouvrir leurs frontières aux Américains vaccinés, l’asymétrie de traitement ne va faire que s’accentuer. Pressés de faire revenir la manne touristique américaine, les Européens n’ont pas attendu l’obtention d’une garantie de réciprocité de la part des Etats-Unis. Le 12 mai, Clément Beaune, secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes, assurait que l’Europe exigerait des pays vers lesquels elle s’ouvre une « situation sanitaire solide, une preuve fiable de vaccination ou de test, et la réciprocité ». Toutefois, alors que la position française et ses modalités restent à définir, l’Europe se dirige vers une réouverture aux Américains sans contrepartie.
    Pour autant, les leaders européens doivent continuer de défendre leurs compatriotes auprès des autorités américaines. A court terme, l’Europe doit demander un assouplissement des conditions de délivrance des national interest exceptions, pour qu’elles soient attribuées automatiquement aux voyageurs sous visa, qu’ils soient visa d’échange, immigrant ou non-immigrant. Les services consulaires américains en Europe doivent également reprendre une gestion normale des processus de visa, afin de remédier au goulet d’étranglement actuel. A moyen terme, les Européens doivent encourager les Etats-Unis à énoncer les critères sanitaires qui déterminent la levée ou le maintien des restrictions, afin de visualiser un horizon de réouverture. A long terme, Européens et Américains doivent travailler ensemble à des protocoles sanitaires durables qui construiront l’industrie du voyage de demain. A ce jour, des restrictions d’entrée aux Etats-Unis affectent aussi les voyageurs en provenance de Chine, d’Iran, du Brésil, d’Afrique du Sud et d’Inde. En outre, la diffusion du variant indien inquiète les autorités sanitaires, américaines comme européennes. Mais perdure depuis près de quinze mois une situation bureaucratique discriminatoire, qui touche en premier lieu les personnes qui constituent le maillage social et économique qui lie nos sociétés. Alors que le président Biden se rend en Europe mi-juin pour une série de sommets mettant en valeur l’engagement américain envers ses alliés, la levée, au moins partielle, des restrictions de voyage à l’égard des Européens serait un geste fort, préalable à la relance de la coopération transatlantique

    #Covid-19#migrant#migration#UE#etatsunis#sante#politiquemigratoire#expatrié#binationaux#visas#variant#discrimination#restrictionsanitaire#frontiere#circulation

  • Littérature numérique – Un site cartographie l’archipel saisissant d’#Italo_Calvino | 24 heures
    https://www.24heures.ch/un-site-cartographie-larchipel-saisissant-ditalo-calvino-168760427968

    Le voyage littéraire dont il est ici question débute en 1943, avec quelques écrits timides qu’on pourrait considérer comme autant de préludes à une première œuvre consistante : « Le Sentier des nids d’araignées ». Le périple se prolonge quarante-deux ans durant et à l’arrivée, 200 textes plus loin, une boucle s’achève avec la dernière signature d’Italo Calvino, posée sur « Un Roi à l’écoute », texte qui charpente une pièce musicale de Luciano Berio. Entre ses deux extrémités, le corpus de l’écrivain italien ressemble à un archipel saisissant où on croise des atolls et des îlots de toutes sortes. Les plus populaires sont connus sous nos latitudes aussi : la trilogie formée par « Le Vicomte pourfendu », « Le Baron perché » et « Le Chevalier inexistant » demeure aujourd’hui encore une borne lumineuse.

    #cartographie #littérature

    • #Atlante_Calvino

      Oggi Italo #Calvino avrebbe quasi cento anni. E di fronte alle profonde trasformazioni a cui la letteratura, la stampa, i mezzi di comunicazione e la ricerca stanno assistendo non sarebbe rimasto chiuso a difendere la cittadella umanistica assediata. Sarebbe uscito a vedere.

      La letteratura come l’ha pensata, praticata e modellata Calvino tra gli anni Quaranta e gli anni Ottanta del secolo scorso aveva soprattutto un fine: quello di tenere la mente aperta. Renderla abbastanza elastica non certo da capire tutta la complessità del mondo, ma almeno da misurarla. E trarne qualche conseguenza: la prima di queste è che abbiamo bisogno di storie, perché la nostra mente non si limiti a riprodurre se stessa, ma attraverso la narrazione si trasformi in un grande laboratorio di possibilità. Aperto al futuro, grazie alla molteplicità di sguardi con cui partecipa alla costruzione del passato.

      Il progetto finanziato dal Fondo Nazionale Svizzero e intitolato Atlante Calvino: letteratura e visualizzazione ha scommesso sulla critica letteraria come esercizio intellettuale di apertura mentale e sperimentazione. Per tre anni (2017-2020) il progetto ha messo in contatto un’équipe letteraria dell’Unité d’italien dell’Université de Genève e il laboratorio di ricerca DensityDesign del Politecnico di Milano, specializzato in progetti di Digital Humanities e Data Visualization, con la collaborazione della casa editrice Mondadori, che detiene i diritti italiani dell’intera opera di Calvino.

      Le due anime del progetto, quella letteraria e quella del design dell’informazione, sono state chiamate a mescolarsi per trovare soluzioni efficaci e innovative intorno al caso esemplare dell’opera di Calvino: l’opportunità di mettere in contatto un oggetto letterario e analisi di sistemi complessi condotta tramite la visualizzazione è l’obiettivo principale di questa ricerca. Nato a Santiago de Las Vegas nel 1923 e morto a Siena nel 1985, Italo Calvino è uno dei più noti e studiati scrittori della letteratura italiana contemporanea. La statura internazionale della sua fama, insieme alla bibliografia critica ormai sterminata che lo riguarda e alla varietà sperimentale delle sue opere, lo rende un modello perfetto per una ricerca fondata sul contributo scientifico che la visualizzazione dei dati può fornire agli studi letterari.

      Il risultato del progetto è la piattaforma web in cui vi trovate, che offre la possibilità di esplorare l’opera narrativa dello scrittore da un nuovo punto di vista: vale a dire attraverso un certo numero di elaborazioni visuali, che corrispondono ad altrettante interrogazioni letterarie rivolte al corpus dei testi calviniani. L’unione tra la figura di un autore fondamentale della letteratura del XX secolo e un metodo di studio innovativo ambisce a offrire un valido esempio di ricerca nel campo delle Digital Humanities di seconda generazione, che contribuisca all’attuale esigenza di rinnovamento delle discipline letterarie. La qualità scientifica del progetto si sforza di combinarsi, in questo senso, con le sue qualità pedagogiche, estetiche e comunicative, al fine di proporre una nuova “narrazione visuale” dell’autore.

      https://atlantecalvino.unige.ch
      #visualisation #infographie

  • « Introducing Observable Plot » par Mike Bostock, 04.05.2021
    https://observablehq.com/@observablehq/introducing-observable-plot

    « We are thrilled to announce Observable Plot, a new open-source JavaScript library for exploratory data visualization.

    […] Plot is informed by ten years of maintaining D3 but does not replace it. We continue to support and develop D3, and recommend its low-level approach for bespoke explanatory visualizations and as a foundation for higher-level exploratory visualization tools.

    In fact, Plot is built on D3! Observable Plot is more akin to Vega-Lite, another great tool for exploration.

    We designed Plot to pair beautifully with Observable: to leverage Observable dataflow for fluid exploration and interaction. However, Plot does not depend on Observable; use it wherever you like. […] »

    #observable #notebook #plot #visualization #notation

  • #Visa_bulletin juin pour les interviews de juillet 2021
    https://dv-lottery.net/visa-bulletin-juin-pour-les-interviews-de-juillet-2021

    Le département d’état vient de rendre publique le visa bulletin du mois de juin. Ce visa bulletin indique en ce qui concerne le programme DV Lottery les numéros de dossiers de candidats DV 2021 prêt à être interviewés au mois de Juillet 2021. C’était pareil en ce qui concerne les le mois de juin Visa […]

  • La France connaîtra la sécheresse cet été
    https://reporterre.net/La-France-connaitra-la-secheresse-cet-ete

    Selon une carte prévisionnelle publiée le 18 mai par le ministère de la Transition écologique, quatre-vingts départements sont concernés par un risque de #sécheresse cet été. Seuls une partie de la Normandie, l’Île-de-France et les Hauts-de-France pourraient y échapper.

    #prévisions #météo

  • Vol au-dessus d’un nid de visons : l’épidémie a-t-elle ré-émergé cette année dans la région de #Chine où elle est née ? – par #Yann_Faure
    https://www.les-crises.fr/vol-au-dessus-dun-nid-de-visons-lepidemie-a-t-elle-re-emerge-cette-annee-

    Le rapport de la mission d’étude de l’OMS présente à Wuhan au mois de février a finalement été livré fin mars. Il conforte, à son corps défendant, la possibilité que les fermes à visons — et autres animaux élevés pour leur fourrure — en Chine, soient à l’origine de la pandémie. Dans le même temps, […]

    #Santé #Coronavirus #Covid-19 #Fermes_à_fourrures #SRAS-2 #Vison #Santé,_Chine,_Coronavirus,_Covid-19,_Fermes_à_fourrures,_SRAS-2,_Vison,_Yann_Faure

  • #Covid-19 et #Fermes_à_fourrures : la piste des visons se renforce – par Yann Faure
    https://www.les-crises.fr/covid-19-et-fermes-a-fourrures-la-piste-des-visons-se-renforce-par-yann-f

    Le rapport de la mission d’étude de l’OMS présente à Wuhan au mois de février a finalement été livré fin mars. Il conforte, à son corps défendant, la possibilité que les fermes à visons — et autres animaux élevés pour leur fourrure — en #Chine, soient à l’origine de la pandémie. Dans le même temps, […]

    #Santé #Coronavirus #OMS #SRAS-2 #Vison #Santé,_Chine,_Coronavirus,_Covid-19,_Fermes_à_fourrures,_OMS,_SRAS-2,_Vison

  • In Silicon Valley, many find it impossible to make ends meet | The Big Issue
    https://www.bigissue.com/culture/books/in-silicon-valley-many-find-it-impossible-to-make-ends-meet

    Facebook, Google and hundreds of other companies that drive our digital lives call Silicon Valley home, but so do people who find it almost impossible to make ends meet, even if they are key to keeping billion-dollar industries running.

    In a new book, photographer Mary Beth Meehan presents a series of portraits that show another side of the people who power the world’s tech capital.

    #Mary_Beth_Meehan #Visages_Silicon_Valley

  • Mary Beth Meehan: Seeing Silicon Valley - LENSCRATCH
    http://lenscratch.com/2021/05/mary-beth-meehan-seeing-silicon-valley

    “For more than seven decades, business leaders, politicians, and would-be entrepreneurs have tried to unravel the secrets of Silicon Valley. In just over one hundred powerful, haunting pages, Meehan and Turner have captured a side of the valley rarely seen: the deeply inequitable landscape of contingent and disproportionately foreign-born labor that makes its high-tech magic possible. Humane, insightful, and deeply compelling, this book tells the story of Silicon Valley in a completely new and utterly magnetic way.” – Margaret O’Mara, author of The Code: Silicon Valley and the Remaking of America

    Photographer Mary Beth Meehan has a legacy of considering the complexity of communities and reminding us of our humanity through her portraits and interviews. For her newest project and book published by the University of Chicago Press, Seeing Silicon Valley, she joined forces with Silicon Valley culture expert Fred Turner to give us an unseen view of the heart of the tech world.

    When considering the population central to this American mythology, we might consider the characters of the television show Silicon Valley–rag tag techies that carry dark under eye circles from long days in front of a screen without sunshine and a small cluster of visionaries who have gotten very rich from technology. But the reality of place is very different. Behind this image lies another Silicon Valley, one segregated by race, class, and nationality in complex and contradictory ways. Its beautiful landscape lies atop underground streams of pollutants left behind by decades of technological innovation, and while its billionaires live in compounds, surrounded by redwood trees and security fences, its service workers live in their cars.

    With arresting photography and intimate stories, Seeing Silicon Valley makes this hidden world visible. Instead of young entrepreneurs striving for efficiency in minimalist corporate campuses, we see portraits of struggle—families displaced by an impossible real estate market, workers striving for a living wage, and communities harmed by environmental degradation. If the fate of Silicon Valley is the fate of America—as so many of its boosters claim—then this book gives us an unvarnished look into the future.

    Mary Beth Meehan uses photography to transform public spaces, works collaboratively to reflect communities back to themselves, and aims to jolt people into considering one another anew. Combining image, text, and large-scale public installation, Meehan’s work challenges notions of representation, visibility, and equity, and prompts people to talk with one another about what they see.

    Meehan’s first book, Seeing Silicon Valley: Life inside a Fraying America, with Fred Turner, is forthcoming from the University of Chicago Press in Spring of 2021.

    “Seeing Newnan,” Meehan’s most recent public installation, was featured on the Sunday front page of The New York Times on Martin Luther King Jr. weekend, in January of 2020, and has shifted the dialogue about representation, identity, and race in that small Georgia city.

    Meehan has held residencies at Stanford University, the University of Missouri School of Journalism, and at Brown University upcoming in 2021. She has lectured and led workshops at the School of Visual Arts, New York, the Rhode Island School of Design, and the Massachusetts College of Art and Design.

    A native of Brockton, Massachusetts, Mary Beth holds degrees from Amherst College and the University of Missouri, Columbia. She lives in Providence, Rhode Island.
    Book spread 2

    Spread from “Seeing Silicon Valley: Life Inside a Fraying America” University of Chicago Press, 2021

    Seeing Silicon Valley

    Seeing Silicon Valley is a collaboration between myself and Silicon Valley culture scholar Fred Turner. During the Fall of 2017 I was invited by Turner to hold an artist’s residency at Stanford University, in order to try to see, ­through my own eyes, what life was like for the thousands of workers in that mythic place. Since then Turner and I have worked together to present what we found – a place, within one of the richest economies in the world, where life is tenuous and where people struggle to find stability, connection, and community. These portraits and narratives are meant to draw viewers in to considering Silicon Valley on an intimate, human scale, and reflecting on what it means for our future.
    From “Seeing Silicon Valley: Life Inside a Fraying America” University of Chicago Press, 2021

    ©Mary Beth Meehan, RAVI and GOUTHAMI Between them, Ravi and Gouthami have multiple degrees — in biotechnology, computer science, chemistry, and statistics. After studying in India and working in Wisconsin and Texas, they have landed here, in the international center of technology, where they work in the pharmaceutical-technology industry. They rent an apartment in Foster City and attend a Hindu temple in Sunnyvale, where immigrants from India have been building a community since the early 1990s. Although the couple have worked hard to get here, and they make good money, they feel that a future in Silicon Valley eludes them — their one-bed-room apartment, for example, costs almost $3,000 a month. They could move somewhere less expensive, but, with the traffic, they’d spend hours each day commuting. They would like to stay, but they don’t feel confident that they can save, invest, start a family. They’re not sure what to do next. From “Seeing Silicon Valley: Life Inside a Fraying America” University of Chicago Press, 2021
    From “Seeing Silicon Valley: Life Inside a Fraying America”

    ©Mary Beth Meehan, RICHARD Richard has spent his entire adult life in the auto industry, loving his work and making good money. In 2010, the year that GM went bankrupt and the plant he worked at in Fremont closed, he was earning $120,000 a year. After Tesla took over the plant, Richard got a job on the manufacturing floor. He was paid $18 an hour, or less than $40,000 a year. Richard started noticing things that didn’t seem right. As a line worker assembling car doors, he was required to work twelve-hour shifts, five or six days a week. Richard had a home, but he noticed young guys “who came in broke, with a bag of clothes” being hired, working the long shifts, sleeping in their cars, showering in the break room, and doing it again the next day. When a friend invited Richard to meet with the United Automobile Workers union, he agreed. Soon after that, when people complained to him about the low pay or long hours, he’d tell them that with the union, they could stand up for themselves. He handed out buttons and T-shirts, told people they had a choice. “We don’t want to break ’em,” he said of the company. “We just want a little larger piece of the pie — so we can have a cooler of beer every now and then, go camping once in a while.” Though he’d never received a negative review, Richard was fired last October, along with more than four hundred other workers. The UAW has filed a complaint, alleging that Tesla fired workers who were trying to unionize. The worst part for Richard, he says, is that he hears the employees are now too scared to talk about the union. He believes that all his hard work has been in vain. From “Seeing Silicon Valley: Life Inside a Fraying America” University of Chicago Press, 2021
    From “Seeing Silicon Valley: Life Inside a Fraying America” University of Chicago Press, 2021

    ©Mary Beth Meehan,WARREN In junior high, in Illinois, before he knew anyone else who had a personal computer, Warren got to play Lemonade Stand on his uncle Bob’s Commodore PET. At thirteen, he attended a computer trade show in Chicago: “I didn’t even know what I was looking at,” he says. “But it was cool. It piqued my curiosity profoundly.” In high school, Warren sought out a friend who could teach him all the workings of computers. After he graduated as his school’s valedictorian, Warren went to Stanford to study engineering and business. Then he became a venture capitalist, backing such fledgling firms as Skype, Hotmail, and Tesla (and turning down the founders of Theranos, one of Silicon Valley’s legendary frauds). Ten years ago, he says, “I did a very Silicon Valley thing”: he called a few of his industry pals to launch Thuuz, a service that creates highlights of sporting events in real time. He runs the company out of a bungalow in Palo Alto, adjacent to his house—just a block away from the garage where Hewlett-Packard began. Warren’s company is small, and while he wants it to be successful, he doesn’t strive to make it one of Silicon Valley’s giants. “Many of those companies are huge because they are willing to cross some lines,” he says—ethical, moral lines. “Steve Jobs was irascible,” he says, “Jobs was tough, Jobs was rude.” But, says Warren, thanks to the iPhone, billions of people in India and China now have access to information. “I put Steve Jobs above that line and say, ‘Yeah, he could have been a jerk, but he’s above that line.’” Warren feels differently about Facebook’s Mark Zuckerberg. “He has broken some massive, massive rules,” he says. “He is completely abusing his users.” Facebook has “corrupted our election. They corrupted Brexit, over in Europe. They’ve destroyed minorities in Asia. . . . They are below the line, below the line. Absolutely, below the line.” From “Seeing Silicon Valley: Life Inside a Fraying America” University of Chicago Press, 2021

    #Mary_Beth_Meehan #Visages_Silicon_Valley

  • Great Reads in Photography: May 16, 2021 | PetaPixel
    https://petapixel.com/2021/05/16/great-reads-in-photography-may-16-2021

    Every Sunday, we bring together a collection of easy-reading articles from analytical to how-to to photo-features in no particular order that did not make our regular daily coverage. Enjoy!

    Seeing Silicon Valley: Life Inside a Fraying America — Lenscratch
    From “Seeing Silicon Valley: Life Inside a Fraying America” University of Chicago Press, 2021
    Elisa and Family © Mary Beth Meehan, courtesy University of Chicago Press. 2021
    Mary Beth Meehan © Molly Heller

    Acclaimed photographer Mary Beth Meehan and Silicon Valley culture expert Fred Turner join forces to give us an unseen view of the heart of the tech world.

    “With arresting photography and intimate stories, Seeing Silicon Valley makes this hidden world visible,” says Aline Smithson in Lenscratch. “Instead of young entrepreneurs striving for efficiency in minimalist corporate campuses, we see portraits of struggle—families displaced by an impossible real estate market, workers striving for a living wage, and communities harmed by environmental degradation.

    “If the fate of Silicon Valley is the fate of America—as so many of its boosters claim—then this book gives us an unvarnished look into the future.”
    From “Seeing Silicon Valley: Life Inside a Fraying America” University of Chicago Press, 2021
    Ravi and Gouthami © Mary Beth Meehan, courtesy University of Chicago Press, 2021

    Silicon Valley glitters with the promise of extraordinary wealth and innovation. But behind the façade lies a world segregated by race, class, and nationality in complex and contradictory ways.
    Cristobal was born in Bakersfield, out in the desert. After high school, he served eight years in the Army, including one tour in the Iraq war. He now works full time as a security guard at Facebook. He starts at dawn, guiding cars on and off the campus, and making sure walkers looking down at their phones cross safely. Despite this job, he has no health benefits, and he can’t afford to have a home in Silicon Valley. He’d like to go back to Bakersfield, to be near his mother, but there’s no work there. So he keeps doing his best. Cristobal feels he works hard, and has given back to his country, but his pay forces him to live in a rented repurposed shed, in a back yard in Mountain View. He’s starting to get angry. “Silicon Valley is a shithole,” he says.
    Cristobal © Mary Beth Meehan, courtesy University of Chicago Press, 2021

    “For those who have not been fortunate enough to make billionaire lists, for midlevel engineers and food truck workers and longtime residents, the valley has become increasingly inhospitable, testing their resilience and resolve,” say photographer Meehan and Turner in The New York Times.

    #Visages_Silicon_Valley #Fred_Turner #Mary_Beth_Meehan

  • 12 则真实硅谷故事:不一样的硅谷,残酷的人生百态_详细解读_最新资讯_热点事件_36氪
    https://www.36kr.com/p/1220133179347336
    https://img.36krcdn.com/20210512/v2_d8cd77d36e0b4b2783b64ed25a14d3be_img_jpg

    Les journaux chinois en parlent... l’édition originale est en français
    https://cfeditions.com/visages

    则真实硅谷故事:不一样的硅谷,残酷的人生百态
    神译局
    昨天
    关注
    在硅谷看不到未来。

    编者按:作为全球科技精英的圣地,硅谷似乎永远与创新、财富、机会、奇迹、梦想和成功这些令人心潮澎湃的词汇紧密相连。但在创造巨额财富、改变世界进程的同时,硅谷也是美国贫富分化最严重的地区之一,生活成本极其高昂,从赤贫的流浪汉到年入百万的白领精英,硅谷各个阶层的居民们都背负着巨大的生活压力。一起来看硅谷最真实的另一面吧!本文编译自《纽约时报》,作者Mary Beth Meehan和Fred Turner,原标题Seeing the Real Faces of Silicon Valley,希望给您带来启发。

    La véritable histoire de la Silicon Valley : une Silicon Valley différente, une vie brutale
    Le Bureau de la traduction
    Hier
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    L’avenir n’est pas en vue dans la Silicon Valley.

    Note de l’éditeur : en tant que Mecque de l’élite mondiale de la technologie, la Silicon Valley semble être associée pour toujours aux mots enivrants d’innovation, de richesse, d’opportunités, de miracles, de rêves et de succès. Mais si la Silicon Valley a créé d’énormes richesses et changé le cours du monde, c’est aussi l’une des régions les plus polarisées des États-Unis. Le coût de la vie y est extrêmement élevé, des sans-abri démunis à l’élite millionnaire en col blanc, les habitants de la Silicon Valley de tous horizons subissent une pression énorme pour vivre. Découvrez le vrai visage de la Silicon Valley ! Cet article a été compilé à partir du New York Times par Mary Beth Meehan et Fred Turner, sous le titre initial Seeing the Real Faces of Silicon Valley, et j’espère qu’il vous inspirera.

    #Fred_Turner #Mary_Beth_Meehan #Visages_Silicon_Valley

  • Providence photographer captures overlooked truths about Silicon Valley - The Boston Globe
    https://www.bostonglobe.com/2021/05/11/metro/providence-photographer-captures-overlooked-truths-about-silicon-valley
    https://bostonglobe-prod.cdn.arcpublishing.com/resizer/mqqHgBHUEptHJkF7FfCDhgzWBfI=/506x0/cloudfront-us-east-1.images.arcpublishing.com/bostonglobe/67J7OLM57BGGVAUNUEHMVARROA.jpg

    From Brockton to Providence, from small-town Georgia to Silicon Valley, photographer Mary Beth Meehan is challenging communities to see themselves in new ways, spurring discussions about race and inequality, the economy and the environment.

    “We want people to see beyond the myths of Silicon Valley’s wealth and innovation to the ways in which real people struggle in that environment,” Meehan said. “They struggle in terms of financial security but also to find connection and community.”

    In “Seeing Silicon Valley,” Meehan introduces us to Cristobal, a US Army veteran who makes $21 an hour working as a full-time security officer at Facebook but lives in a shed because he can’t afford a house in the area’s high-priced housing market.

    Meehan said a former colleague connected her to Turner, a Stanford communications professor who was born in Cambridge, Massachusetts, lived in Boston for 10 years, and graduated from Brown University. The book was designed by a Providence resident, Lucinda Hitchcock.

    Turner, who now lives two miles from Google headquarters, said Silicon Valley excels at marketing itself. “But the actual community that is here on the ground is much more diverse and much more unequal than the mythology tells us,” he said. “Very few people look or make money like Mark Zuckerberg.”

    Turner said Meehan’s large-scale portraits demonstrated her ability to capture images that tell you something about both the person and their community, and as a Brockton native, she brought to bear a working-class background.

    “I hope people can see that the seemingly magical world of technology depends on the really hard work of a whole lot of different people,” he said. “In the same way that the Industrial Revolution in Boston didn’t just depend on the people who went to Harvard, Silicon Valley is not just the Zuckerbergs and Jobs.”

    Turner said the nation’s industries need to sustain the people that build them – not just a few people at the top. “The lesson is that if you just pursue profit and innovation, you can injure your workers, pollute your landscape, and build a society you wouldn’t want to be a member of,” he said. “We can do a lot better than that.”

    As an artist-in-residence at Stanford, Meehan spent six weeks introducing herself to strangers, sitting in kitchens and living rooms, listening to their stories.

    She said she found tremendous unease among the people there, not only among the cashiers and waiters, but among the tech professionals and other high-income earners. And she found the anxieties of Silicon Valley reflect a nationwide gulf between the rich and the poor – the hollowing out of the middle class.

    “Even though the stock market is doing well, people are struggling,” Meehan said. “If people are not doing well in Silicon Valley, then what does that say about where the country is headed?”

    #Fred_Turner #Mary_Beth_Meehan #Visages_Silicon_Valley

  • Reflections on Four Years of Housing-Justice Support Work with #Mapping_Action_Collective

    Mapping Action Collective, based in #Portland, Oregon, leverages mapping and data to support housing-justice organizing, using #GIS to dismantle systems of oppression, and grounding its work in the needs of the communities and movements with which it works.

    As the interwoven US crises of homelessness, evictions, displacement, and housing instability reach catastrophic levels, students, scholars, practitioners, and activists are joining the call of housing justice for all. In this article, we reflect on the work of Mapping Action Collective (#MAC), a small nonprofit organization based in Portland, Oregon, that over the past four years has leveraged mapping and data to support housing-justice organizing. MAC’s work includes curating and producing relevant nontraditional or hard-to-acquire datasets owned by and in support of community-based groups; developing decision-support software consisting of an interactive map; producing spatial analyses that support campaign work; and organizing educational workshops and events focused on applied critical methods and data literacy.

    MAC formed out of a student club in Portland State University’s geography department, where several members became frustrated with the dominant paradigm of academic geographic information systems (GIS), which often fancies itself value-free, apolitical, or neutral, regardless of outputs or products that suggest otherwise. While critical perspectives have emerged in the domain of GIS since the 1990s, many of those criticisms are rarely considered in the standard quantitative GIS course curriculum. Few spaces are available for students to engage critically with their newfound data and mapping skills. The 2017 Resistance GIS (RGIS) conference provided a space to discuss and learn from other like-minded scholars, students, and organizers. Building on the work of critical geographers around the globe, at RGIS we asked ourselves if there was room for subversion of the status quo in GIS: can mapping and data be used to dismantle systems of oppression, rather than reinforce them?

    Asset mapping and spatial analysis supporting Portland’s unhoused community

    Shortly after the conference, our small student group grew into MAC and began to apply that question to our studies and work in Portland. Through a small grant from Second Nature, we focused our efforts on the exploding crisis of homelessness in our community. Grounding our work in non-extractive collaboration, we began building a relationship with Street Roots, a local nonprofit organization that, in addition to advocacy work, publishes a weekly alternative newspaper sold by people experiencing homelessness to earn an income. One of Street Roots’ main assets to the people it serves is the Rose City Resource (RCR), a comprehensive list of resources and services such as food boxes, bathrooms, needle exchanges, shelters, and counseling and recovery services. No other organization in the area curates such an important dataset for those experiencing homelessness, and this one could only be accessed in a printed three-by-three-inch (7.6 × 7.6 cm) paper booklet, and was updated only twice yearly.

    While honoring the value of this paper booklet as a low-barrier, nontechnical way of sharing resources, we wondered if broadening its reach via mobile phone and web, or structuring its format for wider dissemination, would benefit Street Roots and the community it serves. Simultaneously, we reflected on the inherent problem of our outsider thinking and wanted to avoid preaching technology as savior. We learned more about the work Street Roots was doing, joined their events, and built relationships with Street Roots organizers and staff to learn what they needed to do their work. As it turned out, our thinking and Street Roots’ vision aligned—increasing the reach of the RCR was a necessary endeavor.

    In late 2018, MAC and Street Roots staff began working together to navigate web development, data management, and data communication (the practice of informing, educating, and raising awareness of data-related topics), to create a tool that was accurate, accessible, and easy for Street Roots staff and volunteers to use and update. Most importantly, MAC wanted the tool to be useful to the community that Street Roots serves. To get feedback on the usability of the tool, MAC members stopped by the Street Roots HQ to test it with paper vendors, folks who dropped in to get coffee or use the restroom, and Street Roots volunteers. MAC integrated this feedback into the development of the tool. The end result was the Rose City Resource Online, a web application and data-transformation pipeline that was collaboratively created with the community it was intended to serve—designed to be easy to use, and functional for any member of the community to use to get up-to-date information about resources and services. The tool was officially launched at the onset of the Covid‑19 pandemic.

    We also joined activists working to end the overpolicing and criminalization of people experiencing extreme poverty and homelessness on the streets of Portland. This criminalization occurs through excessive policing within “enhanced service districts” (ESDs). ESDs, similar to business improvement districts (BIDs), are zones where businesses and property owners pay an extra fee collected as a tax to pay for extra security and maintenance. Proponents of ESDs claim they facilitate urban beautification and keep neighborhoods safe, but overlook the reality that this process of so-called revitalization amounts to coercive exclusion of vulnerable people. Clean & Safe, Portland’s largest ESD in downtown, pays for armed and unarmed private security, and supervises six Portland Police officers who solely patrol in their district. In August 2020, an award-winning audit of ESDs revealed the City provides almost no oversight of the activities of these districts, even as they have large budgets and authority over public space. This year, Portland city commissioners will vote on whether to renew Clean & Safe’s 10‑year contract. Organizers and community members are preparing to oppose the contract, especially given recent scrutiny of the district and its managing organization, Portland Business Alliance.

    West Coast–based activists from Right 2 Survive, Sisters of the Road, and the Western Regional Advocacy Project asked us to analyze and map police arrest data to strengthen their argument against ESDs. A report from the city auditor that incorporated arrest data from 2017 to 2018 had already concluded that over half of all arrests made by the Portland Police Bureau were of the unhoused. Building on that fact, our research found that the citywide average of arrests for unhoused individuals was 6.1 per square mile, but within the bounds of ESDs that number was 137.7. And while correlation is not causation, it is hard to ignore the magnitude in difference between these numbers.

    Data on police harassment and arrest of the unhoused community are difficult to obtain and understand. Through our work with the anti-ESD team, MAC members have learned how to navigate the complicated system of roadblocks that keep this data from the public, and use the data to support the argument against policing homelessness.
    Collaboratively developed tools for fighting displacement and speculation

    We have also collaborated with organizations we consider leaders in the intersecting space of data activism and housing justice. In the summer of 2019, we joined the efforts of the Anti-Eviction Mapping Project (AEMP) to develop a tool to facilitate landlord and building research in San Francisco (and soon Oakland). For years, tenant unions and organizers have scrutinized corporate-ownership documents, property records, assessor data, and eviction data to unmask speculators, serial evictors, greedy landlords, and their entangled networks of limited-liability companies (LLCs) and shell companies. Investment companies purchase properties using different LLCs for the purpose of anonymity and liability reduction. The corporate web guarding landlords can make ownership and property research challenging and slow.

    At the commencement of the project, AEMP contributors in San Francisco garnered feedback from their partners at the San Francisco Anti-Displacement Coalition and facilitated workshops with local tenant groups to assess their research needs and questions in fighting displacement. Shortly thereafter, MAC joined AEMP by assisting in the prototyping process, and by providing general support, design capacity, code contributions, and cloud infrastructure for hosting the project. The result is Evictorbook (in development), a web-based tool that simplifies organizer and tenant research by enabling a user to type an address, landlord, or neighborhood into a search bar to reveal a profile of a building’s eviction history, its owner, and the corporate network to which it belongs. The ability to surface this data to the user is the result of a custom data-processing pipeline that links and stores publicly available assessor, eviction, property, and corporate-ownership data in a regularly updated graph database. A public launch of Evictorbook is expected in the coming months.

    Similar collaborative work has evolved through a partnership with the Urban Praxis Workshop (UPX) to redevelop Property Praxis, a research tool focused on speculative and bulk property ownership in the city of Detroit. Every year since 2015, members of UPX have curated a dataset that incorporates assessor data that is augmented with tax-foreclosure data and corporate filings to illuminate the LLCs and individuals that own more than 10 properties in the city. The intention of Property Praxis is to offer a more holistic understanding for organizers and community members of how speculative property ownership impacts Detroit neighborhoods. In late 2019, UPX asked MAC to build upon their previous work by modernizing the Property Praxis user interface and automating their data-curation process. The new version is currently in development and will be launched later this year.
    Final thoughts

    Activist work can be strengthened by research and data, but only if this is done in a way that is not extractive and based on community need (voiced by the community). Four years of experience working with MAC has taught us that grounding our work in the needs of the communities and movements we support is crucial to doing justice-oriented work. This can only happen by building successful, trusting, and long-lasting partnerships. By showing up and participating in community events and never moving forward on project work without meaningful discourse and consideration of community goals, we work towards dismantling the top-down legacy of data work. Even after several years of doing this work, we still have lessons to learn from our community partners on trust-building and accountability.

    Part of our development as an organization over the last few years has been the choice to organize horizontally, make decisions through consensus, and avoid toxic tech culture in our own spaces. Such intentionality promotes healthy working environments and reflects the values at the core of our organization in our day-to-day operations. Organizing in this way is by no means simple, efficient, or profitable. It takes long conversations, trust-building among members, and solid conflict-resolution mechanisms to operate without hierarchy. Despite the extra time and mental and emotional labor that it can require, our group feels strongly that it is worth it.

    While we try to hold these aspirational goals, we are also aware of our own complicity in problematic systems in the fields of research and data analysis. Recognizing and dismantling our own internalized norms of white supremacy, sexism, classism, and colonist behavior is work that is ongoing. We are a work in progress. We continue to be inspired and led by the work of our partners and we look forward to many more years of collaborative work.

    https://metropolitics.org/Reflections-on-Four-Years-of-Housing-Justice-Support-Work-with-Mappin
    #résistance #cartographie #visualisation #cartographie_participative #USA #Etats-Unis #logement #justice_spatiale #ressources_pédagogiques

    ping @visionscarto @reka

    • Haute-Savoie : 260 bateaux dessinent la frontière franco-suisse au milieu du Léman ce dimanche

      Matérialisation éphémère de la frontière entre France et Suisse ce dimanche au milieu du Léman. A l’initiative d’un jeune architecte de Lausanne, 260 bateaux vont s’aligner sur une ligne invisible de 59 km entre Hermance dans le canton de Genève et Saint-Gingolph en Haute-Savoie

      Visualiser la frontière entre France et Suisse sur le Léman, pas facile quand il n’existe pas de véritable élément géographique. Alors pour rendre visible ce qui ne l’est pas, un étudiant architecte suisse de l’EPFL École Polythechnique Fédérale de Lausanne, a sollicité les navigateurs de part et d’autres du lac.

      Une ligne invisible de 59 km

      #Bastian_Marzoli leur a demandé de s’aligner tous pour la même heure ce dimanche après-midi sur cette ligne invisible de 59 km représentée sur les cartes au milieu du lac depuis le 16 e siècle.

      260 navigateurs de 60 ports

      260 navigateurs de 60 ports de Haute-Savoie, et des trois cantons suisses du Valais, de Vaud et de Genève ont accepté de jouer le jeu et se positionneront pour 14h30. Le projet a remporté un concours lancé par l’école d’architecture de Genève. Les photos qui seront prises ce dimanche seront exposées à partir de la mi-mai au Pavillon Sicli à Genève. Si la météo veut bien rester clémente, le spectacle, les clichés et vidéos tournés ce jour, promettent d’être aussi beaux que mémorables.

      https://www.francebleu.fr/infos/insolite/haute-savoie-260-bateaux-francais-et-suisses-dessinent-la-frontiere-au-mi
      #matérialisation #visibilisation #in/visibilité

  • Seeing the Real Faces of Silicon Valley - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2021/05/08/business/economy/seeing-the-real-faces-of-silicon-valley.html

    The workers of Silicon Valley rarely look like the men idealized in its lore. They are sometimes heavier, sometimes older, often female, often darker skinned. Many migrated from elsewhere. And most earn far less than Mark Zuckerberg or Tim Cook.

    This is a place of divides.

    As the valley’s tech companies have driven the American economy since the Great Recession, the region has remained one of the most unequal in the United States.

    During the depths of the pandemic, four in 10 families in the area with children could not be sure that they would have enough to eat on any given day, according to an analysis by the Silicon Valley Institute for Regional Studies. Just months later, Elon Musk, the chief executive of Tesla, who recently added “Technoking” to his title, briefly became the world’s richest man. The median home price in Santa Clara County — home to Apple and Alphabet — is now $1.4 million, according to the California Association of Realtors.

    For those who have not been fortunate enough to make billionaire lists, for midlevel engineers and food truck workers and longtime residents, the valley has become increasingly inhospitable, testing their resilience and resolve.

    Here are 12 of them, who originally appeared in our book, “Seeing Silicon Valley,” from which this photo essay is excerpted.

    #Fred_Turner #Mary_Beth_Meehan #Visages_Silicon_Valley

  • #Marseille privatopia : les #enclaves_résidentielles à Marseille : logiques spatiales, formes et représentations

    Marseille : privatopia ?

    La forte multiplication des « #résidences_fermées_sécurisées » est une tendance observée dans les #villes européennes et françaises, après celles d’Amérique latine, des USA, d’Afrique du sud etc. En #France, elle a surtout été repérée et analysée en contextes péri-urbains (Ile de France, Côte d’Azur, banlieues de Toulouse et Montpellier). Partout où elle se développe, cette tendance est souvent attribuée aux inquiétudes des habitants pour la #sûreté, ou leur #qualité_de_vie, ainsi qu’à des #replis_sociaux, thèmes récurrents dans les médias et discours politiques. Elle est aussi liée au rôle d’une « offre » portée par les majors de l’immobilier. Mais elle est aussi soutenue indirectement, dans le contexte néolibéral, par des pouvoirs publics qui se déchargent ainsi de l’aménagement et de la gestion d’#espaces_de_proximité.

    Nous observons et analysons depuis 2007 cette prolifération des #fermetures à Marseille. Après un premier état des lieux (Dorier et al, 2010), nous avons mené une second #inventaire exhaustif en 2013-2014. Et depuis lors, nous menons une veille ciblée sur certains secteurs. Démarrée au début des années 90, la diffusion des #enclosures atteint des sommets à Marseille où elle n’a quasiment pas été régulée : des #marges et des #enclaves se construisent ainsi dès qu’on s’éloigne du centre historique (Dorier, Dario, 2016). Au point que la #fermeture des #espaces_résidentiels, de leurs #rues et espaces de plein air semble en train de devenir la norme (Dorier, Dario, 2018)

    Depuis 25 ans, Marseille n’a cessé de se cloisonner de plus en plus et ce processus est venu aggraver les #inégalités d’#accès_aux_équipements et aux « #aménités » urbaines. Le #parc bâti du centre ville paupérisé s’est dégradé jusqu’à l’effondrement et au risque de péril imminent de centaines d’immeubles, qui ont du être évacués en urgence depuis novembre 2018, comme on le voit sur la carte de droite (voir aussi page dédiée). Pendant ce temps, les quartiers du sud et de l’est, ainsi que les zones en rénovation, se sont transformées en mosaïques résidentielles clôturées, sous le double effet de la #promotion_immobilière et de ré-aménagements voulus par les associations de #copropriétaires. Ils dessinent des espaces pour classes moyennes à aisées, sous forme de #lotissements et d’#ensembles_immobiliers majoritairement fermés et sécurisés, chacun doté de ses propres espaces « communs » privés : parkings, voirie privée, jardins.

    Cette « #Privatopia » tourne d’abord le dos au centre historique, à ses ilots anciens décrépis où l’action publique s’est illustrée par son inefficience pendant des décennies. La fermeture se diffuse d’abord dans les zones favorisées, puis dans les périphéries ouvertes à l’urbanisation, enfin dans les zones de rénovation urbaine : la création de nouvelles résidences fermées est devenue un moyen pour valoriser des opérations immobilières et y attirer des classes moyennes, face aux copropriétés dégradées et aux ensembles HLM appauvris. Lorqu’un bailleur rénove un ensemble de logements sociaux, celui-ci est également « résidentialisé », même si, avec des années de recul sur cette pratique, on sait désormais que clôturer ne résoud pas les problèmes socio-économiques des quartiers, ni même les problèmes de sécurité. Au contraire, la fragmentation physique pourrait bien alimenter les tendances aux séparatismes sociaux en tous genres.

    D’après nos enquêtes, en dehors des formes d’entresoi spécifique de quartiers particulièrement aisés, comme la colline Périer, et ses « gated communities » surplombant la mer, la fermeture est d’abord fortement associée au « tout voiture » qui caractérise encore Marseille et à la concurrence pour le stationnement résidentiel : les premiers espaces à être clôturés sont les parkings. Elle est également liée à 25 années de désengagement croissant de la municipalité dans la gestion de proximité (propreté, entretien des espaces verts, sécurisation publique des rues) ainsi qu’un encouragement de l’urbanisation privée par des ventes de parcelles publiques ou des zones d’aménagement favorisant la promotion immobilière. La fermeture résidentielle traduit l’affirmation d’une économie résidentielle, le rôle des promoteurs, syndics, copropriétés étant crucial : la « sécurisation » (privée) est supposée faire augmenter la valeur marchande des biens immobiliers… Enfin, la fermeture traduit une accentuation des replis sociaux : à Marseille la clôture « a posteriori » de rues qui étaient auparavant ouvertes au passage représente 55% des cas observés.

    Certains espaces du 8ème, 9ème, 12ème , nord du 13ème arrondissements (Les Olives), caractéristiques de cette urbanisation privée, deviennent un assemblage désordonné de copropriétés et d’enclaves de moins en moins accessibles et traversantes. La fermeture se diffuse par mimétisme, les ensembles résidentiels forment des « agrégats », qui bloquent les circulations : une véritable situation de thrombose dans certains quartiers, anciens comme récents (les Olives, Ste Marthe). Le comble, c’est que dans ces quartiers, les plus favorisés, au cadre de vie « a priori » le plus agréable, les déplacements à pied ou en vélo tiennent désormais de l’exploit. Les détours imposés par les barrières qui enserrent chaque rue ou jardin privé de résidence obligent à prendre la voiture pour accompagner un enfant à l’école du coin, acheter le pain… La ville perd de plus en plus en cohérence, et, avec cette juxtaposition de résidences sécurisées certains quartier ressemblent plus à une mosaïque de co-propriétés qu’à… une ville. Cela a été mis en évidence et modélisé par la toute récente thèse de Julien Dario (2019), réalisée dans le cadre de ce projet.

    A Marseille, depuis 2007, nous avons opté pour une étude empirique, directe, sur le terrain. Nous pu ainsi vérifier l’hypothèse qu’aux initiatives spontanées de fermeture de rues et de lotissements a posteriori, longtemps après leur construction, s’ajoutent des stratégies nouvelles. Elles associent promotion privée et action publique, et sont destinées à faire évoluer le peuplement de quartiers de la ville, à travers la production de logement « de qualité » attirant des classes moyennes et supérieures. Promoteurs et décideurs semblent juger utile de les rassurer à travers la livraison d’ensembles qui sont quasiment tous fermés dès la construction … En 12 ans, de 2008 à 2020 une série d’études, de masters et thèses ont permis de décrire et quantifier ce processus, d’observer la progression d’une fragmentation urbaine qui s’accroît aux échelles fines et d’évaluer ses impacts.

    Nos études se sont focalisées sur les fermetures massives des aires privilégiées (Colline Périer, Littoral Sud, Nord-Est avec la technopole de Chateau Gombert), et la transformation résidentielle de certains territoires périphériques en zones d’investissements immobiliers rentables, attirant des classes moyennes et supérieures (Littoral Nord, Sainte Marthe, grand centre ville/Euromed, franges du parc National des Calanques comme la ZAC de la Jarre). les résidences fermées deviennent ainsi un outil de plus value foncière… et de recompositions urbaines, valorisant toutes les zones ayant un attrait environnemental, tout en en restreignant l’accès.

    La diffusion d’un modèle

    Notre méthodologie a permis de prendre la mesure du phénomène à l’échelle d’une ville entière, et sur la durée, ce qui n’a pas été réalisé ailleurs en France. A deux reprises (2008-2009 et 2013-2014), la commune entière a été arpentée, chaque ensemble résidentiel fermé a été géolocalisé dans un SIG, inventorié, décrit, photographié, afin d’établir un corpus exhaustif : 1001 résidences ou lotissements étaient enclos en 2009, plus de 1550 en 2014. L’ensemble des clôtures ont été datées à partir d’enquête directe ou par photo-interprétation. Cette démarche est relatée dans deux rapports de recherche (Dorier et al., 2010 et 2014), 13 masters et une thèse (Dario, 2019).

    Le recours au SIG (Système d’information géographique) a permis de tracer leur histoire, en croisant les localisations avec des images aériennes anciennes, le cadastre, la chronologie des programmes immobiliers. En 2011 et 2012, la première étude du LPED est actualisée à travers plusieurs mémoires d’étudiants sous la direction d’E.Dorier et S.Bridier. Ceux-ci observent une accélération des dynamiques d’enclosures dans les quartiers sud (Dario J. 2010, Toth P.2012), leur multiplication et leur diffusion dans les quartiers nord (Balasc et Dolo 2011, Dolo 2012, Robillard 2012). La propagation se fait beaucoup par mimétisme : plus de la moitié des ensembles fermés sont collés les uns aux autres, par grappes, transformant la physionomie et les usages possibles de l’espace urbain et développant des « marges » urbaines cloisonnées. On peut le vérifier, à travers l’exemple d’une marge Nord-Est de Marseille, sur les franges ville-espaces péri-urbains Les Olives : une juxtaposition désordonnée de lotissements fermés.

    Nous avons aussi beaucoup observé, recueilli de nombreux témoignages auprès de résidents, de riverains, de syndics, d’agences, de techniciens de l’urbanisme… Nous avons séjourné dans plusieurs de ces résidences. Nous poursuivons la veille sur certains contextes sensibles à haut potentiel spéculatif immobilier, comme la frange du massif des calanques ou sainte Marthe, ou encore des espaces où les fermetures sont conflictuelles. Par des analyses d’archives, des enquêtes fines sur des contextes urbains, des entretiens avec acteurs et habitants, des analyses de périmètres de la politique de la ville, le suivi de conflits de voisinages nous avons ensuite analysé les facteurs historiques et les impacts associés à cette dynamique d’enclosures, les inégalités sociales, les impacts sur la circulation, les inégalités environnementale (D.Rouquier 2013, J.Dario, 2019 et la thèse en cours de P. Toth, consacrée aux 8ème et 9ème arrondissements).

    Au final, on met à jour une dynamique de transition libérale, individualiste et sécuritaire, associée au règne de la voiture dans la ville (beaucoup de clôtures ont au départ pour justification le seul parking), qui freine d’autres évolutions souhaitables (transition écologique, inclusion sociale). Si le phénomène se banalise, on constate aussi une complexité territoriale du processus et son épaisseur historique. Dans des contextes de fortes recompositions urbaines (spatiales, foncières, sociales, démographiques), et dans les périmètres de nouvellement urbain, la fermeture d’espaces résidentiels est utilisée comme outil de diversification de l’habitat et de mixité sociale. Le processus n’a pas partout les mêmes motifs ni les mêmes impacts socio-environnementaux. D’où l’intérêt d’approches qualitatives par observations sensibles, entretiens avec des acteurs et habitants, dépouillements d’archives historiques (histoires de rues).

    Les quartiers sud

    En observant le facteur de proximité dans la diffusion, ainsi que le potentiel de valorisation immobilière des terrains vacants ou susceptibles de l’être, plusieurs scénarios de prospective ont été mis au point par Julien Dario pour anticiper l’évolution des espaces susceptibles d’être fermés, transmis à la Ville dans le cadre d’un contrat, comme aide à la décision (Dario 2011, 2014 et 2019). Dans les quartiers sud, on est frappé par la perspective de 53% de taux d’évolution spontané probable de la fermeture dans les 8ème et 9ème arrondissements, si aucune intervention publique ne vient réguler la tendance. Les surfaces touchées par les enclosures (résidences et périmètres d’entreprises) déjà localement très importantes pourraient y atteindre le tiers de la surface totale urbanisée. Des études de cas à échelle fine ont permis d’anticiper plusieurs conflits liés à ces processus (progressifs ou brutaux) en lien avec des dynamiques sociale locales.

    Les cas des lotissements « Coin Joli » et « Barry » (analysés ici par J.Dario entre 2011 et 2019) montrent comment certains dispositifs informels préfigurant l’enclosure sont mis en place progressivement, informellement, parfois subrepticement : enrochements, systèmes physiques fixes contraignants (plots métalliques) permettant encore le passage prudent de deux roues et piétons ; panneaux de sens interdit « privés » et informels apposés à l’extrémité de certaines rues. On passe d’une délimitation par panneautage à une fermeture symbolique et partielle, avant d’évoluer vers l’enclosure, qui peut être conflictuelle en privant de passage les riverains, en réduisant les perméabilités urbaines.

    Les quartiers nord : diffusion des ensembles résidentiels fermés dans les contextes de rénovation urbaine

    Un fait remarquable est la diffusion des enclaves résidentielles fermées au cœur et en bordure des zones urbaines sensibles (ZUS) telles qu’elles ont été définies par l’Agence Nationale de la Rénovation Urbaine (ANRU). Bénéficiant de la TVA réduite, les promoteurs sont incités à y produire une nouvelle offre de logement privée, afin de permettre une diversification et l’installation de classes moyennes. Mais les enclosures, supposées rassurer les candidats à l’accession à la propriété, et maintenir un niveau de prix élevé ne favorisent pas les relations sociales … et nos études montrent qu’en fait de « mixité », apparaissent de nouvelles formes de fragmentations et même de tensions résidentielles (Dorier et al, 2010, 2012), qui s’accompagnent, par ailleurs de formes d’évitement fonctionnel (Audren, 2015, Audren Baby-Collin, Dorier 2016 , Audren, Dorier, Rouquier, 2019). Le secteur du Plan d’Aou dans le 15ème arrondissement de Marseille, où la restructuration résidentielle est achevée a été analysé à l’aide d’étudiants (Balasc et Dolo 2011). Dans ce secteur cohabitent des zones de logements HLM en fin de réhabilitation, des lotissements anciens qui se sont fermés ou sont en cours de fermeture, des projets immobiliers récents, conçus sécurisés. La juxtaposition de ces différents types d’habitats aux profils sociaux différenciés engendre plus une fragmentation qu’une mixité Fonctionnelle, malgré la proximité. Les interrelations sont faibles entre les ensembles et les espaces. (Dorier, Berry-Chikahoui et Bridier, 2012)

    une crise des urbanités

    Tandis que cette transformation des espaces de copropriétés et rues privées de Marseille se poursuit, des pans entiers de vieux quartiers populaires se délabrent. En 2019, notre cartographie de ces ensembles résidentiels privés fermés ainsi que des HLM « résidentialisés » et enclos (dans les projets de rénovation urbaine) tranche avec la géographie des constructions déclarées en péril et brutalement évacuées de leurs habitants, suite à l’effondrement de deux immeubles vétustes du quartier Noailles, près du Vieux port de Marseille. Notre carte révèle des politiques de l’habitat à plusieurs vitesses, où des décennies de laisser-faire public face à la ville privée s’expriment d’un côté par la dégradation du bâti, et de l’autre par la multiplication de formes de repli et d’entre soi urbain ayant des impacts sur les circulations et sur l’accès aux équipements. A ce stade, des rééquilibrages publics sont indispensables. Quelques initiatives publiques pour maintenir des traverses piétonnières ont été lancées dans certains quartiers très touchés, elles sont compliques par les évolutions législatives (qui facilitent la clôture des espaces privés) ainsi que par la dévolution de la compétence en matière de voirie à la Métropole. Rétablir des accès et servitudes de passage pour les piétons est compliqué dans les espaces privés : il faut passer par une DUP, puis par l’achat d’une bande de terrain par la collectivité pour tracer un cheminement piétonnier. Des interventions seraient possibles dans certains cas où les clôtures ont été posées sur des rues non privées, ou hors de la légalité. Mais la collectovité ne s’auto-saisit pas des cas d’infraction. Les actions au cas par cas risquent de ne pas suffire à endiguer cette véritable crise d’urbanité.

    (observations menées conjointement à nos études sur le mal logement et des évacuations à Marseille).

    le projet ci-dessous a fait l’objet d’une exposition art-science, présentée à l’Espace Pouillon, campus centre Saint Charles de l’Université Marseille Privatopia 8-24 octobre 2020.

    Depuis 2014, une collaboration avec l’artiste peintre Anke Doberauer (photos et tableaux) a été rendue possible grâce à une résidence commune à la Fondation Camargo (2014). La jeune cinéaste Marie Noëlle Battaglia a également réalisé en 2020 un documentaire « En remontant les murs » inspiré par nos recherches, et en lien avec l’équipe (avant première le 18 octobre 2020, dans le cadre du festival Image de ville). Ces collaborations ont déjà donné lieu à des présentations croisées, comme celle du 3 avril 2019 organisée par le Goethe Institut à la Friche de la belle de mai, et pourraient déboucher sur une exposition et un ouvrage commun.

    Rapports de recherche-action :

    Dorier E. Dario J. Rouquier D. Bridier S. , (2014), Bilan scientifique de l’étude « Marseille, ville passante », Contrat de collaboration de recherche : « Développement urbain durable à Marseille » n°12/00718, 13 cartes, 18 croquis, 24 tableaux. juin 2014, 90 p.

    Dorier E. (dir), BERRY-CHIKHAOUI I., BRIDIER S., BABY-COLLIN V., AUDREN G., GARNIAUX J. (2010), La diffusion des ensembles résidentiels fermés à Marseille. Les urbanités d’une ville fragmentée, rapport de recherche au PUCA, Contrat de recherche D 0721 ( E.J. 07 00 905), 202 p, 35 cartes et croquis, 30 graphiques, 68 illustrations photographiques.

    Ces rapports ont donné lieu à de nombreuses restitutions publiques auprès des services de l’Urbanisme de la Ville, la Communauté urbaine, l’Agence d’Urbanisme (Agam), le département.

    Articles scientifiques :

    Dorier E. Dario J., 2018, « Gated communities in Marseille, urban fragmentation becoming the norm ? », L’Espace géographique, 2018/4 (Volume 47), p. 323-345. URL : https://www.cairn.info/journal-espace-geographique-2018-4-page-323.htm (traduction texte intégral ) texte intégral (ENG.) DORIER DARIO Espace geo anglais EG_474_0323

    Dorier E. Dario J., 2018, « Les espaces résidentiels fermés à Marseille, la fragmentation urbaine devient-elle une norme ? » l’Espace géographique, 2018-4 pp. 323-345.

    Dorier E., Dario J., 2016, « Des marges choisies et construites : les résidences fermées », in Grésillon E., Alexandre B., Sajaloli B. (cord.), 2016. La France des marges, Armand Colin, Paris, p. 213-224.

    Audren, G., Baby-Collin V. et Dorier, É. (2016) « Quelles mixités dans une ville fragmentée ? Dynamiques locales de l’espace scolaire marseillais. » in Lien social et politiques, n°77, Transformation sociale des quartiers urbains : mixité et nouveaux voisinages, p. 38-61 http://www.erudit.org/revue/lsp/2016/v/n77/1037901ar.pdf

    Audren, G., Dorier, É. et Rouquier, D., 2015, « Géographie de la fragmentation urbaine et territoire scolaire : effets des contextes locaux sur les pratiques scolaires à Marseille », Actes de colloque. Rennes, ESO, CREAD, Université de Rennes 2. Actes en ligne.

    Dorier E, Berry-Chickhaoui I, Bridier S ., 2012, Fermeture résidentielle et politiques urbaines, le cas marseillais. In Articulo– – Journal of Urban Research, n°8 (juillet 2012).

    Thèses

    Audren Gwenaelle (2015), Géographie de la fragmentation urbaine et territoires scolaires à Marseille, Université d’Aix Marseille, LPED. Sous la dir. d’Elisabeth Dorier et de V.Baby-Collin

    Dario Julien (2019) Géographie d’une ville fragmentée : morphogenèse, gouvernance des voies et impacts de la fermeture résidentielle à Marseille, Sous la dir. d’Elisabeth Dorier et de Sébastien Bridier. Telecharger ici la version complète. Cette thèse est lauréate du Grand prix de thèse sur la Ville 2020 PUCA/ APERAU/ Institut CDC pour la Recherche, Caisse des Dépôts

    Toth Palma (soutenance prévue 2021), Fragmentations versus urbanité(s) : vivre dans l’archipel des quartiers sud de Marseille Université d’Aix Marseille, LPED , Sous la direction de Elisabeth Dorier

    Posters scientifiques :

    Dario J. Rouquier D. et Dorier E., 2014, Les Ensembles résidentiels fermés à Marseille, in SIG 2014, Conférence francophone ESRI, 1-2 octobre 2014 – http://www.esrifrance.fr/iso_album/15_marseille.pdf

    Dario J. Rouquier D. et Dorier E, 2014, Marseille, fragmentation spatiale, fermeture résidentielle, LPED – Aix-Marseille Université, poster scientifique, Festival international de géographie de Saint Dié, oct 2014. https://www.reseau-canope.fr/fig-st-die/fileadmin/contenus/2014/conference_Elisabeth_Dorier_poster_LPED_1_Marseille.pdf

    Dario J. Rouquier D. et Dorier E., 2014, Marseille, Voies fermées, Ville passante, LPED – Aix-Marseille Université, poster. http://www.reseau-canope.fr/fig-st-die/fileadmin/contenus/2014/conference_Elisabeth_Dorier_poster_LPED_2_Marseille.pdf

    Contributions presse et médias

    Dorier E. Dario J. Audren G. aout 2017, collaboration avec le journal MARSACTU. 5 contributions à la série « Petites histoires de résidences fermées », collaboration journal MARSACTU / LPED, aout 2017. https://marsactu.fr/dossier/serie-petites-histoires-de-residences-fermees

    Dorier E. et Dario J. 23 aout 2017, interview par B.Gilles, [Petites histoires de résidences fermées] Les beaux quartiers fermés de la colline Périer, interview pr B.Gilles, MARSACTU, https://marsactu.fr/residences-fermees-dorier

    Dorier E. Dario J. 30 janv. 2017, interview par L.Castelly, MARSACTU : https://marsactu.fr/discussion-ouverte-residences-fermees

    Dorier E. , et Dario.J. 20 mars 2014, interview in MARSACTU , société : 29% de logements sont situes en residences fermees à Marseille

    Dorier E. Dario J., 4 oct 2013, « Hautes clôtures à Marseille », in Libération, le libé des géographes. (1 p, 1 carte) http://www.liberation.fr/societe/2013/10/03/hautes-clotures-a-marseille_936834
    Dorier E. , 7 avril 2013, « Le phénomène des résidences fermées est plus important à Marseille qu’ailleurs », Marsactu, talk quartiers, archi et urbanisme, http://www.marsactu.fr/archi-et-urbanisme/le-phenomene-des-residences-fermees-est-plus-important-a-marseille-quailleu

    Dorier E. Dario J., 10 fev 2013, « Fermetures éclair » in revue Esprit de Babel, Fermetures éclair

    télévision

    M6, Résidences fermées à Marseille – étude du LPED. Journal national, octobre 2013 : https://www.youtube.com/watch?v=hDM

    FR3, 19/20, Résidences fermées à Marseille – étude du LPED, 24 mai 2013, https://www.youtube.com/watch?v=o-O

    FR 5 (minutes 38 à 50) : « En toute sécurité », documentaire de B.Evenou, http://www.france5.fr/emission/en-t

    podcast radio

    Collaboration entre chercheurs et cinéaste, janvier 2021 : https://ecoleanthropocene.universite-lyon.fr/documenter-la-geographie-sociale-grand-entretien-a

    Collaboration entre chercheurs et artiste peintre, octobre 2020 : Sonographies marseillaises – Radio Grenouille et Manifesta 13 « Ce monde qui nous inspire #4 Marseille ville privée ? »

    https://urbanicites.hypotheses.org/688

    #sécurisation #privatisation #espace_public #classes_sociales #urban_matter #géographie_urbaine #TRUST #master_TRUST #immobilier #foncier #rénovation_urbaine #urbanisme #fragmentation_physique #inégalités #tout_voiture #voiture #automobile #stationnement_résidentiel #parkings #proximité #promotion_immobilière #urbanisation_privée #détours #barrières #mosaïque #
    #cartographie #visualisation

  • Webinaire 42 / À l’épreuve des murs : géographies de la sécurisation au Caire

    Durant la révolution​ égyptienne​, la lutte pour l’occupation des espaces urbains a été un enjeu majeur aussi bien pour les contestataires révolutionnaires que pour les forces de l’ordre et le régime autoritaire. À partir de 2013, ce dernier a renforcé la #répression des opposants politiques et la #sécurisation​ des rues du Caire​ à travers un dispositif législatif et matériel composé d’#infrastructures_militaires (murs, #checkpoints, etc.), mais également de #politiques_sécuritaires et d’aménagements urbains. Dans ce webinaire, #Laura_Monfleur, analysera comment ces dispositifs sécuritaires remettent en cause la dimension politique des espaces urbains, effaçant en même temps la #mémoire révolutionnaire dans le centre-ville cairote.

    https://www.youtube.com/watch?v=_h8Ty92hDb8


    #conférence #murs #Caire #Le_Caire #Egypte #géographie_urbaine #urbanisme #murs_intra-urbains #frontières #révolution #printemps_arabes #printemps_arabe #séparation #sécurisation #répression #ligne_de_front #front #espace_public #partition #fortification #espace #zone-tampon #risques #barbelés #militarisation #art_et_politique #appropriation #portes

    Une #carte :


    #cartographie #visualisation

    Quelques captures d’écran tirées de la conférence :

    Des #graffitis :


    #street-art #art_de_rue #trompe_l'oeil #fresques

    Lors de la #parade_des_momies :


    –-> #Parade_dorée_des_Pharaons :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Parade_dor%C3%A9e_des_Pharaons

    @cede :

    Dans ce webinaire, #Laura_Monfleur, analysera comment ces dispositifs sécuritaires remettent en cause la dimension politique des espaces urbains, effaçant en même temps la #mémoire révolutionnaire dans le centre-ville cairote

    #traces #invisibilisation #in/visibilité

    • ‪À l’épreuve des murs. Sécurisation et pratiques politiques dans le centre-ville du Caire postrévolutionnaire (2014-2015)‪

      La révolution égyptienne de 2011 s’est caractérisée par une lutte pour l’appropriation de l’espace public. Elle a été analysée comme une démocratie en actes où les révolutionnaires se sont réappropriés par leurs pratiques et leurs stratégies un espace trop longtemps sécurisé par le gouvernement de Moubarak. Cet article vise à étudier en contre-point les stratégies territoriales de l’État pour le contrôle des espaces publics depuis 2011 et en particulier depuis 2013 avec le renforcement de la répression envers les Frères musulmans et l’arrivée au pouvoir des militaires. Ces stratégies sont mises en évidence dans le cas du centre-ville, épicentre de la révolution mais aussi de la représentation et de l’exercice du pouvoir politique. Elles se caractérisent par des pratiques de cantonnement des manifestations et par l’instauration de barrières et de checkpoints dans le centre-ville du Caire, constituant un véritable dispositif territorialisé et planifié de contrôle des rassemblements publics et des revendications politiques. Cet article vise donc également à analyser les conséquences de ce contrôle sur les pratiques politiques des opposants au régime à l’échelle locale du centre-ville du Caire à travers la restitution d’observations et d’entretiens menés entre 2014 et 2015.

      https://www.cairn.info/revue-egypte-monde-arabe-2017-2-page-39.htm?contenu=resume

  • Stanford scholar’s new collaboration reveals the complexities of life in Silicon Valley
    https://news.stanford.edu/press-releases/2021/05/04/revealing-complee-silicon-valley

    To capture what it’s like to live and work in Silicon Valley – for the affluent, those who are barely getting by and the many people in between – Stanford communication professor and Silicon Valley scholar Fred Turner teamed up with renowned photographer Mary Beth Meehan.

    Turner hopes his new project, a collaboration with renowned photographer Mary Beth Meehan, can shine a spotlight on some of the complexities of the region known as the center of tech innovation.

    “I knew that there were things that photographers could see that I couldn’t quite put into words,” said Turner, the Harry and Norman Chandler Professor of Communication in the School of Humanities and Sciences, “I thought that if I worked with a photographer like Mary Beth Meehan I would find a new way to express some of the kinds of things that I wanted to express in academic work but hadn’t really found an idiom for.”

    The result of their academic-artistic collaboration is a new book, Seeing Silicon Valley: Life Inside a Fraying America, (University of Chicago Press, 2021), an intimate look into the everyday experiences of people who live and work in Silicon Valley, from some of its more wealthy residents to its poorest – and the many people in between. In a collection of over 30 portraits photographed in 2017 and 2019, readers see Silicon Valley workers inside their homes and at their workplaces – images that convey the realities of what life is like in one of America’s wealthiest regions.

    Meehan, who lives in Providence, Rhode Island, had never spent much time in Silicon Valley. What she knew of the region came mostly from stories she read in newspapers and magazines that had for a long time portrayed the region as a place of the future, where tech geniuses were transforming society.

    “Silicon Valley was a mythic idea for me,” Meehan said. “I had this idea of it as a place where everything sparkled, where everything was possible, where people were young and healthy – that it was a place in which all of the best of human ingenuity was put into play.”

    What Meehan encountered was far different from what she imagined.

    “Nothing could have prepared me for the uneasiness and human stress and suffering that went along with being a part of that economy,” Meehan said.

    Over several extended trips, Meehan immersed herself in Silicon Valley culture. She approached strangers she encountered on neighborhood streets and had long conversations with the cashiers she met at the taquerias she frequented. She attended a United Auto Workers meeting and went to a party with tech entrepreneurs – and through these interactions, Meehan began to see themes emerge from the valley’s hustle and bustle.

    Some of Meehan’s observations surprised Turner, particularly the feelings of economic insecurity workers reported experiencing on a daily basis.

    “One of the things that really surprised me was how Mary Beth heard a persistent humming of anxiety in the workers that she was talking with – at every level: from folks at the taqueria up to the executive, C-suite,” he said. “Across the board, you find folks worried about whether they can make it, whether they can survive, whether they can get ahead.”

    The project was supported by the Knut and Alice Wallenberg Foundation, the Stanford Arts Initiative and the Departments of Communication and Art & Art History. An earlier version of the book was published in 2018 by C&F Editions in Paris, France.

    #Fred_Turner #Mary_Beth_Meehan #Visages_Silicon_Valley

  • A l’aéroport de Roissy, des Indiens en transit illégal installés dans un terminal
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/05/03/a-l-aeroport-de-roissy-des-indiens-en-transit-illegal-installes-dans-un-term

    A l’aéroport de Roissy, des Indiens en transit illégal installés dans un terminal. Par crainte de la formation d’un cluster de contamination au Covid-19, les autorités ont installé une annexe temporaire à la zone d’attente pour personnes en instance (ZAPI) dans le terminal 2A de l’aéroport.
    Un terminal de l’aéroport Roissy - Charles-de-Gaulle a été aménagé pour accueillir plusieurs dizaines d’Indiens en transit illégal sur le territoire français et faire baisser le nombre de personnes maintenues dans la zone d’attente de l’aéroport, a-t-on appris, lundi 3 mai, de sources aéroportuaires.Par crainte de la formation d’un cluster de contamination au Covid-19, la Croix-Rouge et l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé) avaient décidé à la fin avril de retirer leurs salariés de la plus grande zone d’attente aéroportuaire de France, où sont maintenus les étrangers qui ne sont pas autorisés à entrer sur le territoire. Vendredi, les autorités, avec le soutien logistique d’Aéroports de Paris (ADP), ont donc installé une annexe temporaire à la zone d’attente pour personnes en instance (ZAPI) dans le terminal 2A de l’aéroport, une information dévoilée par Le Parisien.« Nous avons mis à disposition des lits de camp dans un terminal fermé depuis l’été et permis un accès aux sanitaires. Quatre-vingts à quatre-vingt-dix personnes en transit avec des problèmes administratifs de visa s’y trouvent actuellement », a indiqué lundi ADP à l’Agence France-Presse (AFP). Le nombre d’étrangers maintenus dans la zone d’attente principale est ainsi redescendu à « trente-cinq », selon une source aéroportuaire.
    Tous les étrangers installés dans l’annexe temporaire sont des ressortissants indiens, en grande majorité des hommes, a précisé cette source à l’AFP. Ils ont tous refusé de subir des tests, « mais certains sont arrivés avec des PCR négatifs et sont là depuis dix-sept jours ». Pour la plupart, ces Indiens sont en transit entre Moscou et Mexico, avec l’espoir d’immigrer en Amérique du Nord. Mais ils ne disposent pas de visa et doivent donc être réacheminés vers Moscou.En première ligne face à la pandémie, avec le Brésil, l’Inde a enregistré 3 400 décès supplémentaires et 370 000 nouvelles contaminations en vingt-quatre heures. Le bilan total provisoire culmine à plus de 219 000 morts, pour près de 20 millions de contaminations.

    #Covid-19#migrant#migration#france#inde#sante#circulation#variant#frontiere#cluster#transit#visa

  • Silicon Valley photograph book by Mary Beth Meehan and Fred Turner focuses on the unseen in the uber-rich area - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/entertainment/silicon-valley-photography-book-mary-beth-meehan/2021/04/30/4867019e-a46f-11eb-85fc-06664ff4489d_story.html

    Four years ago, New England portrait photographer Mary Beth Meehan received a query out of the blue. A professor in California named Fred Turner wanted to collaborate on a project about the people who live and work in Silicon Valley.

    “It was just so bizarre,” Meehan recalls thinking. “It never occurred to me to think of Silicon Valley as an actual place where people lived.”

    This was precisely Turner’s point. A Stanford University historian and professor of communication who has studied Silicon Valley culture for 20 years, Turner has long been troubled by what he calls the “persistent mythology” of the region, a digital ecosystem in Northern California known mainly as the home of Apple, Google and Facebook, and as the hub of billionaire innovators.

    “We tell ourselves that Silicon Valley is a place where heroic geniuses invent products that somehow harness the invisible powers of electricity and information and magically change the world,” Turner said in an interview. “And the heroes in our stories are almost always White men.”

    Everybody else might as well be invisible. “You can literally be here and see the young tech bros not seeing the people cleaning the stores or their houses or the streets,” he said. “It’s a kind of low-key oblivious arrogance that comes from being genuinely brilliant, spending a lot of time with machines, working with code, which is highly abstract and rational, and being rewarded with lots of money.”
    Image without a caption
    Photographer Mary Beth Meehan. (Molly Heller)

    Turner, a photography aficionado, was familiar with Meehan’s work and knew that invisibility is one of her key themes. Her process is to immerse herself in communities and create large-scale portraits of ordinary, uncelebrated people and install them as huge banners on the sides of buildings in downtown areas. Invariably, her installations prompt townwide dialogue about race, inclusiveness and the meaning of community. Meehan’s work also is evocative of JR, the French photographer and street artist, though she has been influenced by many artists who activate public spaces.
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    “A common thread is moving past preconceptions to understand one another,” said Meehan, who has created installations in Brockton, Mass., where she grew up, Providence, R.I., where she lives now, and, most recently, in Newnan, Ga., a small town striving to embrace and celebrate change in the wake of a white nationalist rally there in 2018.

    Meehan was eager to take on a Silicon Valley project, though she and Turner were fuzzy about the end product. Banners were — and continue to be — a consideration, but, Meehan said, “I haven’t been able to get my head around what banners would look like. There’s no central Silicon Valley space. There’s no there there. It’s a conglomeration of towns.”

    They ultimately landed on a book, featuring text and Meehan’s images. “Seeing Silicon Valley: Life Inside a Fraying America” will be released May 3 by the University of Chicago Press.
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    “Silicon Valley has long been a shining example of those who dream of a society built around individual initiative and enabling technologies,” Turner writes in the introduction. “But what does it feel like to live in such a world? What kind of society does the relentless pursuit of technological innovation and wealth produce?”

    Meehan went to Stanford in the fall of 2018 as an artist in residence and set to work finding the answer. She introduced herself to strangers, sat in their kitchens and living rooms, met them in businesses and shops.

    “I chased them on the street,” she said. “I met people through workers’ rights groups and at a gathering of young tech engineers. I met a couple in a Hindu temple. And then there was the magic of connecting with someone in that moment, photographically.”
    Justyna, one of Meehan’s subjects: “If we want to achieve excellence in technology, why can’t we achieve excellence in being good to each other?”
    Justyna, one of Meehan’s subjects: “If we want to achieve excellence in technology, why can’t we achieve excellence in being good to each other?” (© Mary Beth Meehan)
    Mary came to the United States from Uganda more than a year ago: “I’ve discovered one thing. There are people here who are poorer than we are in Africa . . . because our community cares for each other. . . . This place is lonely.”
    Mary came to the United States from Uganda more than a year ago: “I’ve discovered one thing. There are people here who are poorer than we are in Africa . . . because our community cares for each other. . . . This place is lonely.” (© Mary Beth Meehan)

    She got to know affluent professionals, people behind cash registers and in homeless encampments, rising tech stars, a recent immigrant from Uganda, a food truck worker from Mexico who serves burritos to Tesla employees, a man in his 80s who can’t afford an apartment so he lives in a small trailer a couple of miles from the Google campus; he has no electricity or running water. She met the parents of a 19-year-old girl who had killed herself. They allowed her to photograph the suicide note, in which she apologized and wrote: “i am not super smart or talented.”
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    As Meehan pieced together a narrative about the unseen heart of the tech world, what emerged was a startling view of Silicon Valley.

    “What surprised me, and what stays with me still, was the unease that was palpable in Silicon Valley,” Meehan writes in the book’s afterword. “From those at the lowest end of the economic spectrum to those with higher incomes whose unease was more existential, people conveyed how hard it was to find balance, connection, and community. The sense of distress was so pervasive that I wondered if I was seeing things correctly.”

    Among the people she photographed was the blond-haired Justyna with a piercing gaze, originally from Poland. (No last names are used in the book.) She has a PhD, works on self-driving cars and shares a mansion with other scientists in Cupertino. She told Meehan she used to be idealistic but thinks people have lost track of the core values of integrity, respect for others and being good to each other. “We seem to be losing ourselves,” she said.

    Meehan met Mark, 39, born with severe brain damage. When his mother was pregnant, she worked in the electronics industry making the lasers that scan groceries. She later learned that the greenish substance she was inhaling was toxic — and the cause of her son’s birth defects.
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    Mark is 39 and needs constant care. His mother worked in a Mountain View electronics plant making laser scanners with a mixture that contained high levels of lead known to cause birth defects. (© Mary Beth Meehan)

    Brenda and Abraham lost their home after the 2008 crash. They lived for a while in improvised shacks that are common in the region, though illegal. They now live in a trailer in a long row of other trailers in Palo Alto, parked in front of the Stanford campus.
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    Mary, from Uganda, told Meehan: “There are people here who are poorer than we are in Africa.”

    She spent a lot of time with Cristobal, an Army veteran who works full time as a contract security officer at Facebook, earning $21 an hour. Meehan agreed to meet him at his home, which turned out to be a shed.

    “I was shocked,” she said. “[Cristobal and I] shared so much anger in the making of that picture. I mean, for God’s sakes. You have a full-time job, you served in the U.S. military. Should a home be so far outside your reach?”

    It was at times like this that the story she and Turner were telling became personal.

    “I was raised by working-class people, and there was a level of security that could be attained by hard work,” she said. “And when I think of the equivalent of that worker toiling away in Silicon Valley, I don’t see the same level of comfort or security or the ability to build a life or build wealth. It’s not a livable economy.

    “I don’t think the difference is in the character and ambitions of these people. I think the difference is in the system they entered. And that’s the part we’re not talking about.”

    #Mary_Beth_Meehan #Fred_Turner #Visages_Silicon_Valley

  • Le dessin de presse satirique en France de 1960 à 2003 à Strasbourg
    https://www.fip.fr/evenements/le-dessin-de-presse-satirique-en-france-de-1960-a-2003-a-strasbourg
    Visite virtuelle de l’exposition « Le dessin de presse satirique en France. 1960 - 2003 »
    https://my.ultra-rouge.com/tour/t118egcfzb?play=1

    Borislav Sajtinac (né en 1943) « Auto-censure »
    dessin pour Hara Kiri, 1966
    Encre de Chine
    Collection Borislav Sajtinac

    #dessin_de_presse #musée #visite_virtuelle