• Les sacrifiés de la sucrerie de Toury, Florence Aubenas
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/06/03/les-sacrifies-de-la-sucrerie-de-toury_6041561_3224.html


    MALIK NEJMI / VU POUR « LE MONDE »

    Les 128 salariés de cette usine d’Eure-et-Loir ont beaucoup travaillé pendant le confinement, notamment en produisant de l’alcool pour les gels hydroalcooliques. Mais cela n’empêchera pas la fermeture du site et leur licenciement le 30 juin.

    Ça commence comme Le Déserteur , l’hymne antimilitariste de Boris Vian : « Monsieur le président, je vous fais une lettre… » Kévin Rabouin, 31 ans, ne le connaissait pas quand il a écrit à Emmanuel Macron, en rentrant de l’usine, une nuit d’avril, à l’heure des séries sur Netflix. D’ailleurs, M. Rabouin ne s’insurge pas contre « l’effort de guerre » : il la jouerait plutôt à l’inverse, une cantate – sans rime ni musique – pour ceux qui ont œuvré jusqu’au bout, en plein coronavirus. « Monsieur le président, (…) Dans cette conjoncture exceptionnelle de pandémie, mes collègues et moi travaillons. Nous travaillons car, comme mentionné sur l’attestation de notre employeur, nous sommes “indispensables”. Nous fabriquons du sucre pour donner à manger aux Français et de l’alcool pour les produits d’entretien et le gel hydroalcoolique. Nous travaillons le jour, la nuit, dimanche et fériés, nous participons à cet “effort de guerre” en prenant des risques pour notre santé. »

    La phrase suivante tombe comme un couperet, mais sans une plainte : « Nous sommes dévoués malgré notre licenciement le 30 juin. » A cette date, et tandis qu’Emmanuel Macron multiplie les déclarations sur la nécessité de reconstruire « l’indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique française », le glas sonnera pour la sucrerie de Toury, en Eure-et-Loir. Et Kévin, Flèche, Mathieu, Benjamin, Julien, Nénesse et les 128 salariés rejoindront cette nouvelle catégorie de Français, tout juste nés de la crise sanitaire : les travailleurs à la fois « indispensables » et « virés ».

    « Combien de temps il nous reste avant la fermeture ? » , lance Flèche. Ils sont une poignée d’ouvriers à boire des bières chez Kévin Rabouin, petit rite de déconfinement dans l’ombre verte des grands arbres. Aucun n’a le courage de répondre. On entend juste M. Rabouin lui-même batailler avec les saucisses et le barbecue. Marché mondial, restructuration, fusion. L’histoire est banale, eux-mêmes le disent, ils ont vu fermer tant d’usines, y compris des sucreries. Mais pour être sincères, ils ne pensaient pas que ça leur arriverait, à eux. L’autre jour, dans un bureau de l’usine, Mathieu, 30 ans, est tombé par hasard « sur le numéro de téléphone d’un gros ponte » . Une question lui brûlait les lèvres, il aurait voulu appeler : « Pourquoi nous ? On est des bons, pourtant. »

    Sucrerie petite mais performante

    Mathieu revoit l’émotion de sa mère le jour où il a été embauché : « Ça y est, tu as réussi ta vie. » A Toury, 2 900 habitants, il fallait voir le respect quand un employé de la sucrerie venait demander un emprunt à l’agence du Crédit mutuel. « Pour toi, pas la peine de prendre l’assurance perte d’emploi » , glissait le conseiller. L’usine fumait depuis cent quarante-cinq ans. Elle fumerait encore après eux. Une institution. Tous les jeunes voulaient y entrer, même ceux qui jouaient les caïds.

    Autour, la terre de Beauce dévore l’horizon jusqu’au ciel, un paradis agricole, avec des éoliennes plus hautes que les cathédrales, et l’A 19, surnommée « l’autoroute à betteraves », qui défile devant les cinq sucreries au sud de Paris. Trois d’entre elles appartiennent à Cristal Union, numéro 2 français, dont celle de Toury, acquise en 2011. A l’époque, la stratégie du groupe est de devenir le plus gros possible : les quotas européens pour la betterave doivent être supprimés en 2017 et ouvrir la concurrence sur le marché international. Evidemment, Toury n’est pas le Brésil, maître du monde sucrier avec ses plantations de canne. Mais Cristal Union, jusque-là basée dans l’est de la France, compte faire baisser ses prix de revient en multipliant les sites et en allongeant la durée d’exploitation.

    Au moment de son rachat, la sucrerie de Toury est « en bon état et avec des bénéfices » , se souvient Marcel Jolu, alors directeur général. Ici, on broie 10 000 tonnes de betteraves par jour, une petite structure même à l’échelle nationale, où certaines en font deux fois plus. Mais ses performances la classent parmi les meilleures du pays. En plus de la fabrication du sucre, Toury distille du bioéthanol et de l’alcool, recherché par les laboratoires pharmaceutiques et les parfumeurs de la « Cosmetic Valley », de Chartres à Orléans.

    Tous les salariés se souviennent du premier geste de Cristal Union : faire disparaître le buste d’Arthur Lambert, le fondateur. Le symbole ne trompe pas : la sucrerie vient de basculer d’un fonctionnement resté familial à celui d’un groupe agro-industriel, à la tête d’une dizaine d’usines. Voitures de fonction, va-et-vient de cadres parachutés. Un nouveau management est mis en place. « C’était notre usine et ils voulaient nous apprendre à faire du sucre » , dit Kévin Rabouin. Lui, c’est un garçon du coin, cool, pas le genre à s’exciter et qui vote du bout des doigts, surtout pour faire plaisir à ses parents.

    Les cours plongent

    En général, appartenir à un groupe permet des économies de fonctionnement. Ici, ça semble marcher à l’inverse. Les travaux et l’entretien ne sont plus réalisés en interne, mais facturés par des entreprises extérieures. Tout achat doit désormais transiter par la centrale de Cristal Union. Avec stupeur, Kamal, magasinier, voit les prix des fournitures bondir. Le manche à balai passe de 3 à 32 euros, le raccord d’eau de 4,60 à 65 euros. « Quand on disait : “C’est trop cher”, on nous répondait : “Qu’est-ce que ça peut te faire ? C’est toi qui paies ? On va vous booster, vous serez une usine pilote.” » Une déviation routière à 600 000 euros est financée par le département et la commune quand Cristal Union décide de remodeler son site.

    Mais lors de la suppression des quotas européens, rien ne se passe comme prévu : le cours du sucre s’effondre face à une surproduction mondiale. En France, la sécheresse puis de nouvelles règles sur les insecticides ont, en plus, plombé la récolte. Le 19 avril 2019, à Toury, les salariés sont appelés à se rassembler sur le parking. Il est 9 heures, un peu plus peut-être. L’annonce tombe dans la stupeur générale : fermeture définitive dans un an. L’usine est cataloguée « vieillissante » , notamment après une panne qui l’a handicapée quinze jours en 2018.

    Représentant CGT, Frédéric Rebyffé prévient le syndicat. Personne ne réagit vraiment au siège, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Aucun permanent national ne se déplace non plus lors de la manifestation à travers la ville, pas même « la Commerciale », comme on surnomme celle qui descend chaque année collecter les cotisations, une cinquantaine en tout. « On n’est peut être pas assez nombreux pour eux » , rigole Stéphane, un syndiqué. A l’automne, une délégation de parlementaires et d’élus locaux monte plaider la cause de l’usine auprès du ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Didier Guillaume. « Ce qui intéresse Cristal Union ? Le fric, le fric, le fric » , martèle Philippe Vigier, député (UDI) d’Eure-et-Loir. En sortant de la réunion, Jean-Louis Baudron, président de la communauté de communes Cœur de Beauce, demande au ministre : « Vous croyez que ça va changer quelque chose ? » . Et l’autre : « Non. »

    A contre-courant de l’histoire

    La décision serait-elle la même, aujourd’hui, à Toury ? « Beaucoup ne le pensent pas, l’usine aurait toute sa place maintenant » , dit Laurent Leclercq, maire de la ville, lui aussi salarié de Cristal Union sur un autre site. La fermeture semble même aller à contre-courant de l’histoire. La crise sanitaire a fait exploser le chômage, révélé les fragilités et les dépendances françaises dans des secteurs essentiels. Partout, la demande d’alcool pharmaceutique bat des records, elle progresse en bioéthanol : une station-service est d’ailleurs en train de se monter à Toury. Ici comme ailleurs, on s’est enflammé pour le « made in France » et les circuits courts. Un fabricant local de pâtes fait un malheur, les asperges se sont arrachées chez les producteurs. Dans la cour de sa ferme, Eric Delorme, 50 ans, a installé un drive pour vendre ses pommes de terre. Ses champs sont à 6 km de la sucrerie, où la famille livre ses betteraves depuis trois générations. Mais au moment du rachat par Cristal Union, Eric Delorme a dû débourser 100 000 euros pour rester fournisseur : le groupe fonctionne en effet sur un modèle coopératif, auquel les planteurs doivent adhérer moyennant un droit d’entrée et une prise de participation. En échange, des garanties leur avaient été données pour la période redoutée d’après la suppression des quotas. Le groupe s’engageait à acheter les récoltes à un prix-pivot fixé d’avance : 27 euros la tonne sur trois ans, à partir de 2017.

    « Au début, on ne savait pas trop, mais on avait confiance : un agriculteur de la Marne est à la tête du groupe » , dit M. Delorme. Avec l’effondrement du cours mondial, la tonne sera, en réalité, payée 22 euros en 2018 et 2019. « Je suis beauceron : j’avais donné ma parole, eux la leur. Ils nous ont menés en bateau. On aime la betterave, la passion nous sauve. Sinon, toute la culture serait déjà partie à l’étranger. » En France, premier producteur européen, quatre sucreries viennent de fermer sur un total de 26. Trois groupes internationaux se les partagent, à l’exception de deux indépendants. Aujourd’hui, ce sont eux qui rémunèrent le mieux les agriculteurs, jusqu’à 25 % de plus.

    En apprenant la fermeture, les ouvriers ont d’abord pensé bloquer Toury. Kévin Rabouin se souvient des discussions dans les bâtiments, dans une ambiance électrique, au milieu des dirigeants qui répétaient : « Votre boîte est pourrie, la retaper coûterait trop cher. » La grève ? Les équipes n’arrivent pas à s’y résoudre. Elles veulent « vivre à fond » la dernière « campagne » , des mois de travail intense, jour et nuit, hors du temps, où les betteraves fraîches sont écrasées, à mesure du ramassage. Regarder encore une fois la fumée de l’usine remplacer les nuages. Respirer son odeur avec délice, si redoutée pourtant des visiteurs. « On s’est dit : “Notre sucrerie, elle est belle. C’est eux qui ne savent pas la faire tourner. On va leur montrer de quoi on est capable.” » , raconte Kévin Rabouin. Aux chefs qui donnent un ordre, Albin, 30 ans, s’entend soudain répondre : « Retourne dans ton bureau. L’usine, elle est à nous. » Bientôt, les ouvriers travaillent en roue libre, maîtres à bord. « On est redevenu ce qu’on était avant, on a retrouvé notre fierté. »

    « Travailleurs indispensables »

    L’année précédente, il avait fallu treize jours pour sortir le premier kilo de sucre. Cette fois, trente-six heures ont suffi. Record battu, objectifs dépassés. « On a demandé le palmarès du rendement, boîte par boîte : ils ont refusé de nous le donner » , assure Stéphane, syndiqué CGT. A la fin, tous les téléphones se sont levés dans la cour pour filmer les cheminées qui s’éteignaient une à une. Les yeux se brouillent, les mains tremblent. « Cette histoire, ça va encore finir en “gilets jaunes” » , lâche quelqu’un.

    Le « monde d’après », Frédéric Rebyffé, le représentant CGT, en a surtout entendu parler à la télé. Il n’est pas sûr d’y croire, « un discours d’homme politique » , selon lui. L’élection présidentielle de 2002 lui revient à l’esprit, le FN au second tour et les banderoles qui proclamaient « Plus jamais ça ». Avec le recul, il trouve que « rien n’a bougé, sauf en pire. Pas un gouvernant ne changera nos vies : chacun doit le faire soi-même ».

    Les dernières semaines, seule la distillerie travaillait encore pendant le confinement, tout entière tournée vers la fabrication du gel hydroalcoolique. « On est fier d’avoir décroché l’agrément “travailleurs indispensables” » , poursuit Kévin Rabouin. Un matin, sur la table du petit déjeuner, sa compagne a trouvé la lettre adressée à Emmanuel Macron. Il a fallu qu’elle arrive au bout pour réaliser que c’est Kévin qui la signait, lui qui n’écrit jamais. Le président, lui, n’a pas répondu.

    #travail #ouvriers

  • Malgré l’affaire Benalla, des collaborateurs fantômes hantent encore les cabinets
    https://www.mediapart.fr/journal/france/270619/malgre-l-affaire-benalla-des-collaborateurs-fantomes-hantent-encore-les-ca

    Parmi les collaborateurs de l’Élysée ayant fini par « régulariser » leur situation en remplissant leur déclaration d’intérêts et de patrimoine, seul Alexandre Benalla est aujourd’hui poursuivi par la justice pour « non accomplissement d’obligations déclaratives ». Dans les cabinets ministériels, contraints à des effectifs réduits, certains contournent encore les règles de transparence. Et passent sous les radars.

    #EXÉCUTIF #cabinets_ministériels,_chargés_de_mission,_Administration,_Alexandre_Benalla,_Justice,_HATVP

  • Le cybersquatting par anticipation, une tendance qui s’accroit. | Gandi News
    https://news.gandi.net/fr/2018/07/le-cybersquatting-par-anticipation-une-tendance-qui-saccroit

    Une nouvelle marque ou un nouveau produit en cours de développement ? Avant de déposer votre dossier de marque auprès des autorités compétentes, pensez surtout à sécuriser le(s) nom(s) de domaine correspondant !

    En effet les bases de données de marques sont accessibles à tous et représentent une source d’information inépuisable pour celles et ceux qui ont fait de la revente de domaines une activité très lucrative.

    Ces personnes ne tarderont pas à enregistrer le domaine lié à votre nouvelle marque – avant même sa validation de dépôt – pour ensuite vous le proposer au prix fort.

    N’hésitez donc pas à impliquer votre chargé de compte Gandi Corporate avant tout dépôt de marque : il saura vous guider dans vos choix !

    Eh oui, il y a un marché maffieux dans les noms de domaines... qui s’étend à proportion des extensions disponibles. Bonjour l’argent gagné pour rien, juste pour se protéger des voleurs. Au fait, comment Don Corleone appelle-t-il la protection contre les ennuis ?

    #Voleurs #Voyous #Parrains #Mafia #Noms_domaine

  • No One Knows Who’s Behind The New Anti-#BDS Tactics – The Forward
    https://forward.com/news/407127/a-new-wave-of-hardline-anti-bds-tactics-are-targeting-students-and-no-one-k

    Strange things started happening at George Washington University this April, as their student government prepared to vote on a resolution supported by pro-Palestinian campus activists.

    Anonymous fliers, websites, and social media campaigns appeared out of nowhere to attack the student activists. And, on the day of the vote, two adult men dressed as canaries showed up to do a weird dance in the lobby of the college building where the student government was set to vote.

    It was the canaries that really freaked out Abby Brook, a Jewish GW student active in pro-Palestinian campus groups. “I honestly didn’t believe it at first,” said Brook, who arrived at the building where the canaries were dancing a few minutes after they left. Friends showed her pictures of the two men. One had worn a full-body Tweety Bird costume, his face painted yellow; the other a yellow plague doctor mask with a long, curved beak.

    #intimidation #voyous #impunité #israel #etats-unis

  • Scoop : Derrière l’affaire Benalla, la question des violences policières
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/07/28/derriere-l-affaire-benalla-la-question-des-violences-policieres_5337080_1653

    Afin de les appuyer dans leur mission, les gardiens de la paix ont été dotés d’armes non létales de plus en plus violentes : Flash Ball, Taser et grenade de désencerclement. Au moment d’évacuer la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, en avril, dix mille grenades lacrymogènes ont été tirées en dix jours. Une utilisation massive qui pose question.

    « Ironie de l’histoire, relève Christian Mouhanna, ces armes ont été introduites aux Etats-Unis pour limiter le recours à l’arme à feu. En France, où les policiers en faisaient peu usage, cela a créé une incitation indirecte à être plus violent. »

    Après 8 jours de vidéos et scandale Benalla, #police « #armes_non_létales » #violences_policières #sociologues et #réformateurs #Jobard

  • Issa Amro عيسى عمرو on Twitter: “The land allocated by Israel to the US embassy in Jerusalem is a private Palestinian property belonging to 76 original owners of Palestinian refugees, including 90 American citizens from Palestinian origin. Legal case in the USA is a must. https://t.co/CGFHELNrSt
    https://mobile.twitter.com/Issaamro/status/939435144901005312

    #Palestine #Israel #Etats-Unis #vols #sans_vergogne #gangsters #voleurs #voyous

  • La Sociale - Leur #morale et la nôtre
    http://la-sociale.viabloga.com/news/leur-morale-et-la-notre

    Le « penelope-gate » est un révélateur intéressant. Fillon n’est pas plus un voyou que Bartolone ou Mme le Pen et tous les députés et sénateurs qui pratiquent le #népotisme légal. Tous se sentent la #conscience en paix. Mais tous ont perdu tout sens de cette « morale publique » que Montesquieu nommait « vertu ». Les leçons de morale sont à destination du petit peuple et ne visent qu’à lui faire accepter sa misérable condition, les « grands », eux, sont dispensés de toute morale. Si le « surmoi » est selon Freud un patrimoine de la civilisation, le surmoi des grands est minimaliste. Mais il faut aller jusqu’au bout de cette affaire qui dépasse de loin la personne de François Fillon et de son éventuel avenir #politique au moment où à droite on ne se prive pas d’envisager l’hypothèse d’un « plan B » pour remplacer au débotté un Fillon devenu incapable de poursuivre sa campagne. La destruction de la morale publique a une source, très bien identifiée par Hannah Arendt, l’invasion du domaine public par les intérêts privés . Dès lors que les politiciens s’identifient aux chefs d’entreprises, ils trouvent normal de se conduire comme eux. Embaucher sa femme comme « collaboratrice », lui faire payer une automobile de fonction (genre BMW ou Mercédès) sur les frais de l’entreprise, etc.. Cela s’appelle « abus de biens sociaux », mais c’est une pratique extrêmement courante. Qu’un mandat électif soit un devoir, une charge qu’on doit assumer avec une certaine décence, et non un bon « job », voilà une idée qui disparaît de notre vie publique. Il y a toujours dans toutes les républiques des politiciens plus ou moins honnêtes, plus ou moins corrompus. Les Cincinnatus et les Caton étaient rares même aux meilleurs moments de la République romaine. Mais notre république a institutionnalisé depuis longtemps ces pratiques et on instillé dans l’opinion publique l’idée que tout cela n’est pas grave, qu’ils « sont tous pareils ». Le pire n’est donc pas la #corruption ou les prébendes d’Untel ou Untel, le pire est dans la corruption du peuple qui ne dispose ni des moyens, ni de la volonté de s’opposer aux « grands » qui peuvent continuer sans vergogne leurs petites affaires. Il semble que la restauration de la vertu républicaine n’intéresse personne et la plupart des candidats – sans doute parce qu’ils ne veulent pas être traités de « populistes » n’en parlent pas ou n’y font que quelques allusions gênées. Le citoyen goguenard en conclut qu’ils se tiennent tous par la barbichette ! Et du coup se trouve lui aussi légitimé dans tous ses petits arrangements avec la morale publique. On attend, en vain, le candidat qui proposera de restaurer cette morale publique, de tailler dans le vif dans ces #privilèges des « grands », ceux des ministres qui se sont agrandir aux frais de Marianne leurs appartements de fonction, utilisent les Falcon officiels pour leurs déplacements privés, prêtent à leur fils, pour ses petites soirées les résidences de la République, sans parler de ses anciens premiers ministres et présidents qui prêchent l’austérité aux pauvres et gardent voitures de fonction, bureaux et protection rapprochée, et émoluments confortables en sus d’une retraite déjà très confortable. Ils peuvent mener la vie privée qui leur convient, avoir des maîtresses ou des amants, mais bas les pattes, pas touche au pot de confiture ! L’#indécence ordinaire de la caste dirigeante a atteint un point où cela devient une question politique de premier plan. Vous ne pouvez pas dire « dehors les voleurs de droite et de gauche » : tout le monde va vous tomber sur le dos et vous accuser de « faire le jeu du FN ». Mais ça brûle les lèvres. Car s’il est bien quelque chose qui fait le plus grand tort à la République, c’est bien cette intempérance généralisée des « grands » qui nourrit la haine du peuple.

    • Ce qui les unit tous, c’est qu’ils veulent sauver la « gauche ». Voilà comment la croyance dans le pouvoir des mots aveugle les meilleurs. La gauche de quoi ? Macron est de gauche, n’en déplaise aux amis de Filoche ou de Mélenchon. Il est un bourgeois de gauche, libéral et « progressiste » sur le plan sociétal. Bien plus à gauche que Fillon, libéral sur le plan économique, mais plus réactionnaire sur le plan sociétal.

      Et bien ça c’est la meilleure ! Macron c’est le candidat des jeunes loups du Medef et du PS de Valls (la deuxième droite) et rien d’autre. D’ailleurs quand on se déclare ni de droite ni de gauche c’est parce que l’on n’est pas de gauche, n’en déplaise à Denis Collin, même s’il a fait partie de la gauche de gourvenement d’Hollande.

      Fillon n’est pas plus un voyou que Bartolone ou Mme le Pen et tous les députés et sénateurs qui pratiquent le népotisme légal. Tous se sentent la conscience en paix.

      Ils restent tout de même les #voyous de la république.

  • #EPR de #Flamanville : #Areva était au courant depuis 2006 des #anomalies
    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/epr-de-flammanville-areva-etait-au-courant-depuis-2006-des-anomalies-49041

    Areva savait. Dès 2006, le groupe français a été informé, après réalisation d’analyses chimiques sur l’acier qui compose le couvercle du réacteur en construction de Flammanville, que celui-ci présentait des fragilités. C’est ce que révèle dans son édition de mercredi 8 juillet, Le Canard Enchaîné, s’appuyant sur une note de 32 pages rédigée par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et transmises il y a neuf ans à Areva.

    « Ce qui nous a surpris, c’est que les gens d’Areva n’aient pas réagi devant une valeur anormale aussi élevée », raconte à l’hebdomadaire satirique, Sylvie Cadet-Mercier, responsable du suivi des nouveaux réacteurs à l’IRSN. Et ce, alors que l’étude montre « une concentration en carbone qui atteint deux fois la norme admise », fragilisant le cœur du réacteur -seule pièce qui ne peut pas être remplacée pendant toute la durée de vie de l’installation-, en réduisant sa résistance aux très fortes pressions et violents chocs thermiques. D’après Areva, la présence d’une telle quantité de de carbone est « inhérent au refroidissement des grands lingots » d’acier, explique-t-elle au journal.

    #nucléaire

  • #Washington s’oppose à la demande des #Palestiniens d’adhérer à la #CPI
    http://www.lapresse.ca/international/etats-unis/201412/31/01-4831902-washington-soppose-a-la-demande-des-palestiniens-dadherer-a-la-c

    Agence France-Presse
    WASHINGTON
    Les #États-Unis ont fulminé mercredi contre la demande d’adhésion des Palestiniens à la #Cour_pénale_internationale (CPI), une « escalade contre-productive » qui « alourdit le climat » avec #Israël.

    « Nous sommes profondément troublés par l’action des Palestiniens aujourd’hui concernant la CPI », a condamné dans un communiqué un porte-parole de la diplomatie américaine, Jeffrey Rathke.

    #voyous #sans_vergogne #Israel

  • Petits arrangements bruxellois entre amis du #bisphénol_A - Terra eco
    http://www.terraeco.net/Petits-arrangements-bruxellois,56628.html

    Qui veut la peau des #perturbateurs_endocriniens ? Certainement pas le #lobby de la #chimie, qui tente par tous les moyens de ralentir les travaux de la #Commission_européenne, chargée de régler leur sort. Plongée dans les coulisses d’un thriller belge, où les héros portent un #costume-cravate et une mallette en cuir.

    Stéphane Horel sur Twitter : « Et sinon, j’ai reçu un email de la conseillère scientifique de Barroso, et elle était un petit peu énervée http://www.terraeco.net/Nos-revelations-face-aux-pressions,56666.html »
    https://twitter.com/stephanehorel/status/515150605741199360

    #Santé #Europe #UE #voyous

  • Des biens de l’Elysée retrouvés... en vente sur eBay ! | Planet
    http://www.planet.fr/politique-des-biens-de-lelysee-retrouves-en-vente-sur-ebay.670038.29334.html

    Courant juillet, un rapport de la Cour des Comptes faisait état de la disparition de 32 oeuvres ainsi que de 625 meubles des murs de l’Elysée. Certains d’entres eux ont cependant été retrouvés il y a quelques jours... en vente sur eBay !
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    Le 15 juillet dernier, la Cour des Comptes avait publié un rapport concernant la gestion de l’Elysée. Dans celui-ci, elle faisait part de son inquiétude face aux étranges disparitions de 32 oeuvres appartenant aux musées nationaux et de 625 meubles de la collection du Mobilier national.

    Mais tous ces objets perdus ne le sont peut-être pas pour tout le monde. Dans l’édition du vendredi 1er août du Figaro, on apprend effectivement que certains d’entre-eux ont été retrouvés. Ils auraient été repérés par le ministère de l’Intérieur... en vente sur Internet !

    A lire aussi : Nicolas Sarkozy : quand ses chiens saccageaient le mobilier de l’Elysée

    « C’est la pagaille »
    "De son côté, le ministère de l’Intérieur a repéré, sur eBay, des objets de la manufacture de Sèvres, issus de l’Élysée : un attaché militaire, en poste dans les années 1950, avait pris l’habitude de les offrir. Cinquante ans plus tard, des assiettes ont donc refait surface", a écrit le journal. La Cour des Comptes espererait donc désormais remettre de l’ordre dans toute cette histoire afin de préserver le patrimoine national. De ce fait, le ministère de la Culture pousse les locataires de l’Elysée à porter plainte pour ces disparitions afin de les répertorier dans un catalogue de recherches en ligne appelé « Sherlock ».....

    #Élysée
    #Cour_des_Comptes
    #mobiliers
    #disparitions
    #vente
    #eBay ( vente )
    #voyous

  • Italie : lourde amende pour les pharmaceutiques Roche et Novartis - RTBF Societe
    http://www.rtbf.be/info/societe/detail_italie-lourde-amende-pour-les-pharmaceutiques-roche-et-novartis?id=82154

    L’autorité italienne de la concurrence a infligé mercredi une amende d’un total de 182,5 millions d’euros aux géants pharmaceutiques suisses Roche et Novartis pour accord illicite sur un médicament destiné à traiter la vue.

    « Les deux groupes ont conclu un accord illicite pour empêcher l’utilisation d’un médicament très bon marché, l’Avastin, qui traite la maladie de la vue la plus répandue parmi les personnes âgées ainsi que d’autres sérieux problèmes oculaires », selon un communiqué.

    Les sociétés pharmaceutiques cherchaient à exploiter « un produit beaucoup plus onéreux, Lucentis, en se basant sur des différences artificielles entre les deux produits », y compris en décrivant l’Avastin comme un produit plus dangereux auprès des services de santé et des médecins.

    Le résultat a été « une plus grande difficulté à traiter de nombreux patients et a coûté aux services publics de santé environ 45 millions d’euros en 2012 », poursuit la commission selon laquelle les coûts à venir auraient pu excéder 600 millions par an.

    Selon le quotidien La Repubblica, l’Avastin coûte « entre 15 et 80 euros, alors que Lucentis coûte plus de 900 euros la dose ».

    Le montant de l’amende est dérisoire.

    #bigpharma #voyous

  • Fraude à la viande de cheval : nouvelles saisies en Belgique - Agroalimentaire
    http://www.usinenouvelle.com/article/fraude-a-la-viande-de-cheval-nouvelles-saisies-en-belgique.N228761

    Les autorités belges ont saisi plus de 16 tonnes de viande de cheval, dont une partie provenait du trafic mis à jour au début du mois dans le sud de la France.
    Le trafic de viande de cheval mis à jour mi-décembre dans le sud de la France avait des ramifications dans toute l’Europe. Illustration ce 27 décembre : la Belgique annonce avoir saisi plus de 16 tonnes de viande impropre à la consommation, dont une partie provenait du trafic français. La France avait prévenu la Belgique la semaine dernière que 17,5 tonnes de viande au passeport falsifié avaient été livrées dans le pays.
    Les autorités belges ont donc procédé à la saisie de la viande, qui provenait de centres équestres, de laboratoires pharmaceutiques ou avaient été vendues par des particuliers. Les autorités sanitaires belges dénoncent au passage l’inaction de la Commission européenne dans ce dossier. « Cette fraude montre que des problèmes d’identification de chevaux existent dans divers pays européens. Bien que l’Agence alimentaire ait soulevé de nombreuses fois ce problèmes auprès de la Commission européenne, aucune action concrète n’a encore été prise pour harmoniser les contrôles dans les différents Etats membres pour une correcte application de la réglementation européenne dans l’ensemble de l’Union », accuse l’Afsca, l’Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire, dans un communiqué. Les leçons des scandales sanitaires du début 2013 n’auraient donc pas été tirées.

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    #scandale encore et encore ! Les leçons des scandales sanitaires du début 2013 n’auraient donc pas été tirées !!
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