• Loi dite « intégrale » contre les violences : les femmes étrangères sacrifiées ⋅
    ▻https://www.gisti.org/article7861

    L’Assemblée nationale a adopté la proposition de loi dite « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles (VSS). Cette loi n’aura cependant d’intégrale que le nom. Certaines victimes, dont les femmes étrangères pourtant massivement victimes de #VSS, ne sont pas prises en compte. Cette omission ne doit évidemment rien au hasard. Pendant l’examen de ce texte, une coalition de députés, du Rassemblement National à Renaissance, s’est formée pour balayer les rares dispositions protectrices qui visaient à – un peu - mieux protéger les femmes étrangères.

    Le vote de ces amendements de suppression vient rappeler une réalité persistante : lorsqu’il s’agit des personnes étrangères, la protection contre les violences sexuelles importe peu face à l’obsession du contrôle migratoire.

    Critiquées comme insuffisantes par de nombreuses associations, les dispositions initiales de la proposition de loi avaient malgré tout le mérite d’exister. Le texte prévoyait entre autres la possibilité de délivrer un titre de séjour à une femme victime de VSS, de protéger contre l’éloignement une personne ayant déposé une plainte pour ces faits, de permettre à une femme ayant divorcé de son conjoint français à la suite de violence d’obtenir le renouvellement de son titre de séjour ou encore à une femme mère d’enfant français de ne pas avoir à démontrer la contribution à l’entretien et à l’éducation de son enfant par le père violent.

    Ces mesures semblaient relever du bon sens tant les régimes actuels applicables aux femmes étrangères organisent les conditions de leur vulnérabilité en les maintenant dans une insécurité administrative et en les obligeant à choisir entre quitter un conjoint violent, dénoncer les violences et préserver leur droit au séjour.

    Mais, pour le RN et leurs alliés, les femmes étrangères victimes de violences restent avant tout des étrangères indésirables qui ne sauraient être protégées au même titre que les françaises.

    Ce vote honteux, emmené par le RN et le gouvernement face aux rangs clairsemés de la gauche, décidément frileuse à se saisir des questions de droit des personnes étrangères, donne une illustration supplémentaire de ce que peuvent attendre les femmes étrangères du législateur français : rien.

    #GISTI

  • Le #Coût de la #virilité. #Lucile_Peytavin

    En France, les hommes représentent 84 % des auteurs d’accidents de la route mortels, 90 % des personnes condamnées par la justice, 86 % des mis en cause pour meurtre, 97 % des auteurs de violences sexuelles, etc.
    Cette liste a un coût : direct pour l’État, qui dépense chaque année des dizaines de milliards d’euros en services de police, judiciaires, médicaux et éducatifs pour y faire face ; indirect pour la société, qui doit répondre aux souffrances des victimes.
    Lucile Peytavin s’interroge sur les raisons de cette surreprésentation des hommes parmi les auteurs de violences et de comportements à risque, et tente d’estimer les conséquences financières de l’ensemble de ces préjudices. Quel est le coût des conséquences de la virilité érigée en idéologie dominante ? N’aurions-nous pas tous intérêt à nous comporter… comme les femmes ?!

    ▻https://www.livredepoche.com/livre/le-cout-de-la-virilite-9782253195702
    #économie #masculinisme #livre

    –-

    Une #statistique intéressante :

    #criminalité #hommes #femmes #statistiques #chiffres #infractions #homicides #viols #violence #VSS #vols #incendies #accidents_de_la_route

  • À quoi ressembleront les questionnaires sur les VSS distribués à l’école ?
    ▻https://www.letudiant.fr/lycee/a-quoi-ressembleront-les-questionnaires-sur-les-violences-sexistes-et-sexu

    Cette année, des questionnaires sur les violences sexistes et sexuelles seront distribués aux élèves, de la fin de la maternelle à la terminale. Leur objectif : mieux repérer les situations de violence et permettre aux élèves d’en parler. L’Etudiant a pu les consulter.

    Trois questionnaires autour de trois thématiques

    Dans chaque questionnaire, trois thématiques sont abordées : « Bien-être et sécurité », « Respect du corps et des choix » et « Connaissance des ressources ». Le questionnaire cherche notamment à savoir si vous avez déjà été confronté à des paroles, des comportements ou des situations qui vous mettent mal à l’aise.

    Au collège, on vous demande aussi si vous avez déjà subi des comportements ou des gestes à caractère sexuel, ou si quelqu’un vous a forcé à regarder ou à envoyer des images à caractère sexuel. Au lycée, les questions vont un peu plus loin. Elles abordent notamment les violences sexuelles, les images intimes prises ou diffusées sans accord et les pressions exercées pour obtenir un acte sexuel.

    Enfin, le questionnaire s’attache à savoir si vous connaissez plusieurs numéros d’aide, comme le 3018 ou le 119. L’objectif est aussi de vérifier que vous savez vers qui vous tourner si vous avez besoin d’aide.

    Vous pourrez retrouver l’intégralité des questions envisagées par le ministère en fin d’article. Le document consulté par l’Etudiant devra toutefois être discuté avec les représentants des personnels éducatifs et des parents d’élèves, d’ici mi-septembre, avant son adoption définitive.
    Un questionnaire anonyme… ou pas

    Lorsque vous répondez aux questions, sachez que vous n’êtes pas obligé d’écrire votre nom ou votre prénom sur le questionnaire. Mais si vous en ressentez le besoin, vous pouvez choisir de le faire.

    Dans ce cas, et si vos réponses montrent que vous pourriez avoir besoin d’aide, on vous proposera un entretien individuel avec un adulte de votre établissement : enseignant, proviseur ou principal ou encore infirmier, assistant social ou psychologue de l’Éducation nationale.

    L’objectif est alors de vous écouter, d’évaluer la situation et, si nécessaire, de mettre en place des mesures pour vous protéger.

    ...

    Les manques d’infirmiers, de psyEN ou encore d’assistants sociaux dans les établissements compliquent la mise en œuvre du dispositif. « On ne voit pas comment on va pouvoir faire matériellement. Il vaut mieux étaler dans le temps et faire les choses correctement » avance Jérôme Fournier.

    Dans le cadre d’un danger urgent, le guide fournit par le ministère impose de traiter le cas de l’élève dans la journée et de le recevoir en entretien individualisé. « C’est une bonne intention mais comment faire, d’autant plus si plusieurs cas alarmants sont détectés dans la même journée ? ».

    Pour l’heure, aucune modification de calendrier n’est prévue par le ministère et le projet de décret sera discuté en CSE la semaine prochaine.

    Le questionnaire VSS pour les élèves de primaire

    Je me sens à l’aise et en sécurité à l’école.

    Je me sens à l’aise et en sécurité chez moi et dans les autres endroits où je vais.

    Un adulte ou un enfant m’a déjà demandé de garder un secret qui me rend triste, qui me fait peur ou qui me met mal à l’aise.

    Un adulte a déjà touché des parties intimes de mon corps alors que je n’avais pas besoin d’aide pour me laver ou me faire soigner.

    Un autre enfant a déjà touché des parties intimes de mon corps alors que je n’avais pas besoin d’aide pour me laver ou me faire soigner.

    Je sais qu’il y a des adultes à l’école qui peuvent m’aider si je suis triste ou si quelque chose ne va pas.

    Je connais le numéro de téléphone 119 : je sais à quoi il sert.

    Le questionnaire VSS pour les élèves de collège

    Te sens-tu en sécurité dans ton établissement scolaire ? (Oui / Non)

    Te sens-tu en sécurité chez toi et dans les autres endroits où tu te rends, y compris sur Internet ? (Oui / Non)

    T’es-tu déjà senti(e) mal à l’aise à cause de paroles, de cadeaux ou de comportements à connotation sexuelle d’un adulte ou d’un autre élève ? (Oui / Non)

    As-tu déjà subi une agression sexuelle (attouchements sexuels, baisers que tu ne voulais pas ou rapports sexuels, etc.) ? (Oui / Non)

    T’a-t-on déjà poussé(e) ou forcé(e) à regarder ou à envoyer des photos ou des vidéos à caractère sexuel, sur Internet ou sur un téléphone ? (Oui / Non)

    Un adulte ou un autre jeune a-t-il déjà utilisé des pressions, des menaces, du chantage ou la force pour obtenir de toi des gestes ou rapports sexuels ? (Oui / Non)

    Sais-tu à qui parler si tu es victime ou témoin de violences sexistes ou sexuelles ? (Oui / Non)

    Connais-tu plusieurs numéros d’urgence comme par exemple le 3018 ou le 119 ? (Oui / Non)

    Le questionnaire VSS pour les élèves de lycée

    Vous sentez-vous en sécurité dans votre établissement scolaire ? (Oui / Non)

    Vous sentez-vous en sécurité chez vous et dans les autres endroits où vous vous rendez, y compris sur internet ? (Oui / Non)

    Vous êtes-vous déjà senti(e) mal à l’aise à cause de paroles, de cadeaux ou de comportements à connotation sexuelle d’un adulte ou d’un autre élève ? (Oui / Non)

    Avez-vous déjà été témoin de violences sexistes ou sexuelles (remarques, gestes, pressions, etc.) ? (Oui / Non)

    Avez-vous déjà subi une agression sexuelle (attouchements sexuels, baisers que vous ne vouliez pas, etc.) ou des rapports sexuels sous la contrainte, la force, ou alors que vous n’étiez pas en état de consentir librement (alcool, drogue, sommeil, surprise) ? (Oui / Non)

    Vous a-t-on déjà filmé(e) ou photographié(e) dans une situation intime sans votre accord ? (Oui / Non)

    A-t-on déjà diffusé des photos ou films intimes de vous sans votre accord ? (Oui / Non)

    Avez-vous déjà été mis(e) sous pression pour obtenir un acte sexuel que vous ne vouliez pas (menaces, chantage, violences physiques et psychologiques, etc.) ? (Oui / Non)

    Savez-vous où trouver de l’aide si vous êtes victime ou témoin de violences ? (Oui / Non)

    Connaissez-vous plusieurs numéros d’urgence comme par exemple le 3018 ou le 119 ? (Oui / Non)

    #vss #inceste

    • Questionnaire sur les violences sexuelles : la fausse bonne idée de l’Éducation nationale
      ▻https://www.mediapart.fr/journal/france/100926/questionnaire-sur-les-violences-sexuelles-la-fausse-bonne-idee-de-l-educat

      Difficile, au vu de l’ampleur des violences sexistes et sexuelles faites aux enfants, de critiquer un dispositif qui contribuerait à les dévoiler. Pourtant, rares sont les associations, syndicats, organisations d’aide ou de défense des victimes à se réjouir de l’annonce, fin août, par le ministre de l’éducation Édouard Geffray de la création d’un questionnaire annuel dédié, que rempliraient tous les élèves, de la grande section à la terminale.

      Ce questionnaire a été préparé en catimini cet été, sans réelle consultation préalable et avec un calendrier pour des ajustements très serré, « intenable » selon Saphia Guereshi, secrétaire générale du Snics-FSU, qui représente les infirmières scolaires, en première ligne dans ce dossier.

      Le formulaire devra être administré en classe entière en novembre, en même temps que celui dédié au harcèlement scolaire – mis en place en 2023 par Gabriel Attal et jamais évalué depuis.

      ...

      Mauvaises questions

      Sur le fond, plusieurs formulations du questionnaire (que Mediapart a pu consulter dans sa version provisoire), composé de sept à dix questions fermées selon l’âge des élèves, provoquent des sueurs froides chez les spécialistes du recueil de la parole des enfants sur les violences sexistes et sexuelles.
      « On a derrière nous vingt-cinq ans d’enquêtes de victimation, on sait qu’il ne faut pas poser les questions comme ça, relève Alice Gayraud, ancienne responsable de plaidoyer de la Ciivise. Il ne faut pas demander à un·e collégien·ne : “As-tu subi une agression sexuelle ?” Il faut détailler les actes, les décrire. 62 % des victimes d’inceste mettent plus de dix ans à parler et à poser le mot. »

      « Je ne sais pas qui a réfléchi à l’écriture de ces questions, observe Marceau Beauvois, qui partage les mêmes réserves. En tout cas, nous n’avons pas été contactés par le cabinet du ministre, et on aimerait l’être. » Plus « grave encore », selon Alice Gayraud, « on ne demande pas, dans le questionnaire, qui, quand, et si les violences durent encore. On ne saura pas si l’agresseur est le père, un camarade, donc on ne sait pas si l’enfant est en danger. On passe à côté de l’objectif ».

      Et alors que les violences sexuelles sur les enfants sont incestueuses dans 81 % des cas, les notions de parents ou de famille n’apparaissent jamais, le questionnaire préférant parler « d’adulte », y compris pour les petites classes. Sera aussi expliqué aux enfants, en préambule, que leurs responsables légaux pourront être informés des réponses. « Or, la stratégie de l’agresseur est de dire à l’enfant : “Si tu parles, je vais aller en prison” ou “Si tu parles, tu feras imploser la famille”, pour imposer le silence », rappelle Alice Gayraud.

  • Sur fond de désengagement inexorable d’un état failli, des femmes bénévoles bricolent une structure d’accueil et d’écoute aux femmes du milieu rural victimes de #VSS intrafamiliales. Et ça marche. Mais quel courage !

    Dans ce village du Finistère, des femmes se mobilisent pour d’autres, victimes de violences - Basta !
    ▻https://basta.media/dans-ce-village-du-finistere-des-femmes-se-mobilisent-pour-d-autres-victime

    Depuis 2023, L’Âmarrée réunit une poignée de femmes de ce territoire rural, qui s’emploient à en soutenir d’autres, principalement victimes de violences au sein de leur couple : certaines, contraintes de quitter leur domicile en urgence, sans solution de repli ; d’autres, qui ne souhaitent pas se rendre seules à la gendarmerie pour déposer plainte ou chez leur avocat·e ; d’autres encore qui, prises comme Julie dans le cycle des violences, ne savent pas vers qui se tourner.

  • Affaire Patrick Bruel : le chanteur a quitté la France, cette mainlevée « rare » qui interroge même les experts judiciaires - Closer
    ▻https://www.closermag.fr/people/affaire-patrick-bruel-le-chanteur-a-quitte-la-france-cette-mainlevee-rare-

    Comme le soulèvent aussi nos confrères, cette affaire rappelle aussi celle de Gérard Miller en 2025. Lui aussi mis en examen, le psychanalyste avait obtenu une autorisation exceptionnelle pour partir quelques jours à Venise. À l’époque, cette décision avait suscité une vive émotion chez plusieurs avocates de parties civiles. Carole Masliah dénonçait ainsi : « On atteint le seuil de l’indécence. Nous qui encourageons les victimes à déposer plainte, à faire face à leur agresseur présumé, alors qu’elles sont sous antidépresseurs… On doit leur annoncer que Monsieur est parti voir les gondoles à Venise. »

    • (...) une source judiciaire (...) résume la situation sans détour. "Les suspensions temporaires [de #contrôle_judiciaire] sont très courantes", mais une mainlevée définitive est "beaucoup plus rare". Selon cette même source, ce type de décision intervient généralement lorsque l’instruction touche à sa fin, pas quelques semaines seulement après une mise en examen.

      une « jurisprudence Depardieu » de fait, on touche pas aux totems phalliques (oui, je pléonoasme) de la culture française, qui est aussi un tiroir caisse. ça ouvre d’ailleurs à des délits de fuite autorisés dans des pays sans accord d’extradition, contrairement à ceux mitraillés par la police

      #VSS #justice #notoriété

  • Contre attaque s’enlise dans le confusionnisme BBR
    ▻https://contre-attaque.net/2026/08/16/bienvenue-a-pedoland

    Merci Contre attaque (ex Nantes révoltée, antivax et comploplo) pour le bleu blanc #rouge_brun.

    edit 1/attribuer les #VSS_sur_mineurs à la élite, les oligarques, les « puissants » c’est faire fi du réel 2/ leur Darmanin visuellement pris dans un « sandwich juif », car là est le poison qui menaces les enfants, on le sait depuis toujours, c’est gerbant

    #misère_de_la_contestation #confusionnisme

  • Abus sexuels - Péché mortel dans l’#Église [jusqu’au 31/08/2026]
    ▻https://www.arte.tv/fr/videos/104423-000-A/abus-sexuels-peche-mortel-dans-l-eglise

    En France et en Allemagne, la parole des personnes agressées sexuellement par des prêtres se libère et se fait entendre depuis le début des années 2000. Au travers de témoignages de victimes et de responsables catholiques, ce documentaire décrypte les rouages d’un système criminel.

    #VSS

  • Dans les méandres de l’affaire Epstein
    ▻https://www.youtube.com/watch?v=kCFWDyMnHJ0&t=83s

    Comment l’équipe de « Mediapart » s’est-elle saisie des documents Epstein et a-t-elle enquêté sur les ramifications en France du réseau construit au fil des années par le financier états-unien ? Discussion avec trois journalistes qui ont travaillé sur ces pièces, lors du Mediapart Festival le 6 juin.

    Le 30 janvier 2026, en fin de journée, le département de la justice des États-Unis publiait trois millions de documents du dossier Epstein, ce criminel sexuel new-yorkais qui s’est suicidé en prison en 2019. À 18 h 36, François Bougon, journaliste au service international de Mediapart, envoyait l’article du New York Times relayant l’annonce à toute l’équipe par mail, assorti d’un ironique « Bon week-end ! ».

    Comment l’équipe de Mediapart a-t-elle travaillé sur ce flot de documents et sur les ramifications en France du réseau construit au fil des années par le financier états-unien ?

    Témoignages de victimes de #violences_sexuelles, révélations sur les rabatteurs du milliardaire, sur les intenses liens financiers d’Epstein avec la famille Lang, sur les échanges de messages graveleux du milliardaire avec un ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, sur la proximité du financier avec l’agent de mannequins français Jean-Luc Brunel ou encore sur la constellation d’anti-#MeToo, dont Jeffrey Epstein était une des étoiles noires…

    Au fil des semaines, Mediapart a travaillé sur ces millions de files pour vérifier, recouper, approfondir les pistes transparaissant dans la correspondance du milliardaire.

    Discussion avec trois journalistes de Mediapart qui ont travaillé sur ces documents : Fabrice Arfi, François Bougon et Marine Turchi.

    ▻https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/280726/dans-les-meandres-de-l-affaire-epstein

    #affaire_Epstein #Epstein #Jeffrey_Epstein #VSS #Jack_Lang

  • Violences sexuelles sur mineurs : le gouvernement se penche sur les défaillances des enquêtes
    ▻https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/080826/violences-sexuelles-sur-mineurs-le-gouvernement-se-penche-sur-les-defailla

    Dossiers « fantômes », enquêtes à l’abandon ou perdues, manque d’effectifs... Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a transmis à son homologue de l’Intérieur une note qui détaille des défaillances majeures dans la prise en compte des violences sexuelles faites aux enfants.

    • Dans le courrier de 12 pages daté du 29 juillet, révélé samedi par Le Monde et consulté par l’AFP, le garde des Sceaux synthétise à Laurent Nuñez les remontées d’informations établies par les parquets généraux sur ces contentieux devenus la priorité de son ministère depuis la vague d’indignation provoquée par l’affaire Lyhanna.

      Il en ressort une litanie de dysfonctionnements « d’ordre structurel », écrit M. Darmanin, qui tiennent à la question des moyens, de la formation, des outils et du pilotage, mais pas « à la volonté des personnels de terrain ».

      Principale défaillance découverte par les procureurs : un gigantesque « stock fantôme », des dossiers non répertoriés par la justice faute de lui avoir été transmis.

      Le stock révèle l’écart entre le nombre de procédures dont les parquets ont connaissance et celles détenues par les services d’enquêteurs.

      – « Purement et simplement perdues » -

      A Nîmes, par exemple, les procureurs ont découvert 1.275 procédures « fantômes », 905 à Caen, tandis qu’à Agen, « un nombre important de procédures en cours » n’a « donné lieu à aucune information du parquet ».

      A Melun, « de très nombreuses procédures (ont été) laissées sans investigation pendant des mois, voire des années, alors même que l’auteur était souvent désigné ou aisément identifiable ».

      Les « écarts entre extractions de données effectuées par les tribunaux judiciaires et la réalité des services sont systématiques », relève le ministre. Ailleurs, à Bourges, une quinzaine de procédures ont été « purement et simplement perdues ». C’est 17 à Angers, six à Annecy, 23 « non localisées » à Paris...

      Au vu des défaillances identifiées, Gérald Darmanin suggère au ministre de l’Intérieur une rencontre le 3 septembre afin « d’engager un échange constructif avec l’ensemble des services ».

      Les chantiers mis en lumière par les parquets généraux sont nombreux.

      Le manque d’effectifs est le plus criant, avec un « sous-dimensionnement parfois extrême » pour un enjeu théoriquement prioritaire : « Cinq OPJ (officiers de police judiciaire) et un APJ (agent de police judiciaire) au groupe de protection des familles du Mans pour plus de 4.000 procédures ».

      Autre enjeu qui peut avoir des conséquences graves sur le traitement de certains dossiers : la formation des enquêteurs.

      A Bordeaux, un réserviste auditionnait des enfants de moins de 10 ans par téléphone, tandis qu’à Besançon, on signale « la persistance d’auditions de mineurs victimes mal faites, avec des questions fermées ou des observations déplacées ».

      – « Flux qui explosent » -

      Le manque d’intérêt de certains commissariats ou gendarmeries, où la « hiérarchie (faisait) manifestement primer des priorités locales, notamment d’ordre public », a également été pointé.

      A Limoges, le parquet général a relevé un « investissement professionnel insuffisant, y compris dans les unités spécialisées », selon le courrier.

      Sollicité par l’AFP, le ministre de l’Intérieur a fait savoir par son entourage qu’il « regrette la fuite prématurée de ce document qui est un document de travail en cours d’expertise par ses services, qui s’appliquent à élaborer des solutions avec rigueur et pragmatisme ».

      Ludovic Friat, président du principal syndicat de magistrats (USM), voit dans le courrier la confirmation « des constats » mis en lumière par l’USM, en particulier « sur les moyens, notamment des services d’enquête ».

      « On a des portefeuilles saturés, des flux qui explosent et font augmenter le stock, un manque d’enquêteurs » et « des outils pas adaptés », résume à l’AFP Grégory Joron, secrétaire général du syndicat Un1té police FO.

      Les ministres qui se sont succédé place Beauvau, dont Gérald Darmanin, sont « les responsables » des difficultés des services d’enquête, estime Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance, « pas mes pauvres collègues qui ont un ordinateur qui s’allume une fois sur deux », « 300 procédures à gauche, 300 procédures à droite », « des horaires de dingues » et « sont essorés ».

      Les deux responsables syndicaux dénoncent la succession de réformes de la police qui « déstabilise le système ».

      « Perdre un dossier, c’est parfois perdre une chance de protéger un enfant », a souligné le président de l’association de protection de l’enfance Les Papillons, Laurent Boyet, sollicité par l’AFP, qui estime que « la responsabilité est avant tout celle d’un système qui n’a pas pris la mesure de l’ampleur du phénomène ».

      Jérôme Barella, principal suspect dans l’affaire Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte le 4 juin dans le Gers, a été mis en examen pour meurtre et viol sur mineure de moins de 15 ans.

      Après l’onde de choc suscitée par cette affaire, Gérald Darmanin avait révélé l’existence de 85.047 plaintes en cours de traitement pour violences sexuelles sur mineurs.

    • Toujours plus.

      « Synthèse des difficultés rencontrées par les parquets généraux et les parquets avec les services d’enquête de la police et de la gendarmerie nationales » (publié par Ration)
      ▻https://statics.liberation.fr/medias/emailing/images/content/PDF/20260729-note-ministere-interieur-LIBEOK.pdf

      Enquêtes pour violences sexuelles sur mineurs : « Libération » publie la note qui met Gérald Darmanin dans l’embarras
      ▻https://www.liberation.fr/societe/police-justice/enquetes-pour-violences-sexuelles-sur-mineurs-liberation-publie-la-note-q

      Cette note particulièrement sensible pose un constat orthogonal. Il s’agit d’une synthèse des rapports effectués par l’ensemble des procureurs généraux, qui devaient réaliser un passage en revue des procédures en cours pour des faits de violences sexuelles sur mineurs. Mais ces comptes rendus « dépassent largement l’exercice de décompte » initialement prévu et « dressent l’état des moyens d’enquête et efforts judiciaires consacrés à ce contentieux ». Et ce constat est particulièrement alarmant.

      Certains hauts magistrats ont d’ailleurs évoqué les effets néfastes de l’agitation du ministre de la Justice, qui avait demandé que les enquêteurs traitent ces dossiers à toute hâte, avant les départs en vacances de l’été. « Plusieurs parquets signalent que la mobilisation d’urgence a conduit à confier des dossiers sensibles à des enquêteurs ni formés ni initiés à la matière, conduisant “au risque d’un traitement qualitativement problématique” », note la synthèse rédigée par les propres services de Gérald Darmanin.

      [...]

      Un état des lieux terrible, d’autant plus qu’il est incomplet. Des procureurs affirment avoir été entravés par des rétentions d’informations de plusieurs hauts responsables policiers. Le procureur général de Dijon dit ainsi que la hiérarchie de la police judiciaire « aurait donné pour instruction de ne pas communiquer les données relatives aux effectifs d’enquêteurs ». Tandis qu’à Mulhouse (Haut-Rhin), la direction de la police « n’a explicitement pas souhaité répondre à cette question, ne voulant laisser aucune trace écrite ». A Marseille, le parquet s’est heurté au même refus.

      ▻https://justpaste.it/fpted

      #VSS #violences_sexuelles_sur_mineurs #police #justice

  • Ces #bergères en lutte contre le #sexisme en #alpage
    (publié en 2022, je mets ici pour archivage)

    Garde d’enfant en commun, groupe Facebook, projet de syndicat... Confrontées à des #violences_sexistes_et_sexuelles accentuées par l’#isolement en altitude, les bergères s’unissent.

    Sous le soleil qui décline, un troupeau de brebis descend les pentes herbeuses du Jocou, à la limite entre l’Isère et la Drôme. Houlette à la main, un berger ferme la marche. En bas, dans la cabane qui jouxte la bergerie, un petit garçon de deux ans gigote pendant que sa mère lui enfile un pyjama. Soudain, les cloches des brebis retentissent. Marie, 42 ans, bergère de son métier, fourre son fils Côme dans les bras de Frida, sa fille de 12 ans issue d’une première union, et se rue dehors pour barrer la route qui descend dans la vallée. « Je suis obligée de laisser mon fils, heureusement que sa sœur gère », regrette-t-elle en rejoignant le berger, Mathieu, son compagnon et le père du petit Côme. Demain, ce sera au tour de Marie de monter le troupeau, laissant ses enfants à son conjoint.

    L’image du berger — un homme seul sur sa montagne — est tenace. Pourtant, d’après l’enquête des services pastoraux des Alpes menée à l’été 2019, il y a autant de femmes que d’hommes chez les bergers de moins de 35 ans. Au-delà, elles ne représentent qu’un tiers de l’effectif. « En alpage, on est vraiment ramenées à notre condition de femme, de maman, et d’être une proie aux yeux des hommes », affirme Marie.

    Pour la bergère, en activité depuis huit ans, cette défection des femmes est liée aux violences sexistes et sexuelles qu’elles doivent endurer dans le métier, de la part des éleveurs qui les emploient comme de collègues bergers. « Un éleveur m’a dit qu’il me regardait à la jumelle quand je prenais ma douche, qui était dehors. Un jour, un autre m’a touché le sein alors qu’on marchait. Une fois, un mec du village a dit qu’il allait monter me voir la nuit quand il a appris que j’étais la bergère… » énumère-t-elle.

    La situation se complique encore quand un couple de bergers se sépare. Marie se souvient d’une consœur qui a vu les alentours de sa cabane incendiés par son ex-compagnon, berger aussi. Malgré les formations existantes, le métier s’apprend encore souvent sur le tas, au bon vouloir d’un berger en exercice, et les bergères rencontrées témoignent que l’emprise de celui-ci peut être forte. En particulier lorsque la relation professionnelle se double d’une relation amoureuse qui se termine mal. L’un comme l’autre doivent continuer à travailler ensemble jusqu’à la fin de la saison pour toucher leurs salaires, voire à dormir ensemble. Il est impératif de vivre à proximité du troupeau et les logements fournis par l’employeur, des cabanes de montagne, comportent rarement plusieurs pièces.

    « Il y a des profils d’“arrachés” dans le métier et des soucis d’addiction, des gens qui ont le fantasme d’aller s’isoler à la montagne », explique Édith, bergère dans les Pyrénées-Atlantiques. À 41 ans, elle en est à sa deuxième estive, qu’elle passera dans une cabane de femmes. Elle aussi évoque des remarques sexistes et raconte le cas d’une collègue harcelée sexuellement par le berger avec qui elle travaillait : « Ces problématiques sont accentuées par l’isolement et l’altitude. Il n’y a pas de secours à proximité, ni de possibilité de fuite. »

    Sous la crête du Jocou, Marie observe pensivement sa cabane, petite tache en contrebas. « Des fois, je me retourne, je vois ce grand alpage avec ma petite cabane au milieu et je me dis que tout peut m’arriver », lâche-t-elle.

    « On pouponne ou on garde les moutons. Pas les deux. » Cette remarque acerbe, Marie l’a entendue de la bouche du père de Frida ainsi que de certains de ses employeurs quand elle est devenue maman. Elle s’est séparée de son compagnon quand la petite avait trois mois. Depuis, le père récupère sa fille un week-end sur deux ainsi que la moitié des vacances scolaires. Sauf quand il est en alpage. Marie a tenté plusieurs fois d’obtenir une meilleure répartition de la garde, mais la juge lui aurait rétorqué : « Madame, vous saviez que vous faisiez un enfant avec un berger ! », arguant que ledit berger ne peut s’occuper de sa fille, seul en montagne et sans réseau. Tant pis si Marie, pourtant bergère aussi, également en alpage et sans réseau, a du mal à assurer son travail seule avec sa fille à plein temps.

    « Quand tu as un sac à dos de 15 kilos et qu’il faut encore porter ton gosse, tu fais comment ? » interroge-t-elle, amère. Elle a bien essayé de s’en sortir, au prix d’une organisation éreintante. « Parfois, j’ai dû asseoir Frida par terre, lui dire de ne pas bouger et partir à la recherche des brebis. Je la retrouvais en pleurs. Je m’en veux de l’avoir mise dans cette situation. J’aurais dû faire un autre boulot, mais celui-là me plaisait et je voulais montrer que j’en étais capable. » Elle raconte avoir fini l’alpage en arrêt-maladie, « la boule au ventre d’aller au troupeau ».

    Un été, elle a déboursé 400 euros par mois pour embaucher une nounou. Lorsque Frida est entrée en CP, Marie montait garder le troupeau à l’aube, réveillait sa fille au talkie-walkie et redescendait pour l’emmener à l’école. En 2017, elle s’est organisée avec une collègue bergère pour garder à tour de rôle le troupeau et leurs enfants, en mutualisant leurs salaires. Las, après deux estives éreintantes, la bergère a renoncé à son travail jusqu’aux huit ans de Frida.

    « Cette année, c’est le grand luxe ! » s’exclame Marie en désignant la cabane où sa petite famille séjourne cet été. Une cuisine exiguë, une chambre et une salle d’eau. Un cadre somptueux, comparé à cette cabane où elle a passé l’été 2014 avec sa fille, alors âgée de trois ans : « C’était sale, il n’y avait ni douche ni WC, ni lit et certains matelas étaient pleins de crottes de rat. »

    Des conditions de vie semblables à celles de Nadine, 65 ans, quand elle était bergère dans les années 1970. « Le sol était en terre battue, il n’y avait pas de fenêtre, juste un lit, un poêle et une table, se souvient-elle. À cette époque, les bergers venaient souvent de l’assistance publique, élevés à la dure par des paysans. Quand des nouveaux profils sont arrivés, dont les femmes, les éleveurs ne comprenaient pas nos exigences d’un minimum de propreté et de confort dans les cabanes. Ces demandes spécifiques des femmes font bouger les choses pour tout le monde. » Marie abonde : « Quand tu revendiques de meilleures conditions de logement, on te dit que tu es trop proprette pour être bergère. Pour appartenir à la tribu, il faut avoir les cheveux emmêlés, les lacets défaits et trois chiens. Moi, je mets du khôl, et alors ? »

    Bergères guerrières

    Les bergers en difficulté pouvaient déjà joindre Cléopâtre, une ligne téléphonique portée par l’association de soutien aux activités pastorales Aspir, qui offre une écoute, voire une visite en alpage. Mais rien de spécifique aux bergères, jusqu’à ce que le groupe Facebook Bergères guerrières ouvre la boîte de Pandore, en décembre 2020.

    Sophie, 40 ans et bergère en Ariège, est une des femmes qui en est à l’origine : « Il y avait besoin d’un groupe non-mixte. À la base, on n’avait pas vraiment conscience de son importance mais il s’est avéré qu’il y avait besoin d’une plateforme de communication et d’alerte. Il y a énormément d’histoires d’agressions sexuelles. » Une semaine après sa création, une bergère a fait part du harcèlement qu’elle subissait de la part d’un collègue. Aussitôt, plusieurs femmes ont témoigné être victimes du même individu.

    À l’heure actuelle, le groupe Facebook réunit 252 bergères des quatre coins des cimes françaises. Les posts fleurissent, dénonçant les violences sexuelles subies sur un alpage, le sexisme ambiant, les propositions de co-gardes d’enfants… Des bergères réfléchissent à un système qui permettrait aux nouvelles arrivées de se renseigner sur un potentiel employeur ou un potentiel collègue berger avant d’accepter le poste : numéro de téléphone auquel envoyer un SMS, liste noire à faire tourner…

    Pour éviter tout danger, certaines prennent des précautions en amont. C’est le cas de Chloé, 32 ans, bergère depuis 2013 en Belledonne (Isère). Elle travaille chaque été avec sa collègue Valentine. « Si je devais changer d’alpage, j’essaierais de trouver une fille, ou un copain que je connais bien. Un homme que je ne connais pas, c’est hors de question ! » assure-t-elle. Et surtout, elle visiterait les cabanes avant pour éviter les mauvaises surprises.

    Pour créer un rapport de force avec les employeurs réfractaires au code du travail, des bergers et des bergères planchent à la création d’un syndicat. Il en existe déjà dans quelques départements, affiliés à la CGT, mais pas au niveau national. Le 1er mai dernier, plusieurs gardiennes et gardiens de troupeaux des Alpes, des Cévennes et de Provence se sont réunis en Isère pour monter « une organisation syndicale pour défendre l’ensemble des berger.e.s, vacher.e.s, chevrier.e.s salarié.e.s , quels que soit leur nationalité et leur statut, qui travaillent en montagne ou ailleurs, quelle que soit la saison ». Le communiqué, rédigé en écriture inclusive, affirme également son soutien envers « les luttes anticapitalistes, antiracistes et féministes ». Une nouvelle génération de bergères et bergers unis et solidaires, qui tranche avec l’image d’Épinal du berger solitaire.

    ►https://reporterre.net/Ces-bergeres-en-lutte-contre-le-sexisme-en-alpage
    #genre #montagne #VSS #élevage #résistance

    déjà signalé ici, mais sans le texte complet :
    ▻https://seenthis.net/messages/970457

  • « L’écrasante majorité des pédocriminels n’est pas pédophile » : domination et masculinité... un sociologue révèle les vrais ressorts des violences sexuelles sur enfants
    ▻https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/gers/auch/l-ecrasante-majorite-des-pedocriminels-n-est-pas-pedophil
    ▻https://france3-regions.franceinfo.fr/image/CEjqvrzHAKTHstE9W4LNwQ2dPXc/930x620/regions/2026/06/16/6a3171e9d05ab640344876.jpg

    Après le choc du meurtre de la jeune Lyhanna dans le Gers, les Centres Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles (CRIAVS) ont été sollicités par le gouvernement. L’objectif ? Trouver des pistes de solutions à mettre en œuvre pour agir contre les violences sexuelles et les assassinats d’enfants liés à des violences sexuelles. Nous avons demandé à un sociologue du CRIAVS quelles réponses les spécialistes qui travaillent sur les auteurs de violences sexuelles peuvent apporter.

    Tristan Renard : (...) Sur toutes les enquêtes de référence en France, Virage en 2016 et CSF en 2006, renouvelée en 2023, on constate que le nombre de violences sexuelles ne baisse pas. Dans ces enquêtes, on voit que dans 95% des cas, les auteurs désignés sont des hommes. Ça concerne les victimes adultes et les victimes enfants y compris quand les victimes sont des garçons et des petits garçons.

    Il y a plusieurs choses derrière tout ça. Il y a d’une part la socialisation, c’est-à-dire l’apprentissage, l’éducation. Les #garçons, quand ils se construisent en tant que garçon et qu’ils imaginent ce qu’ils doivent faire pour être un garçon, la violence fait partie du bagage. Quand les garçons sont à l’adolescence, la prise de risque, la démonstrativité du rapport de force, l’indifférence parfois aux règles de civilité font partie de la construction du rôle de garçon, dans une forme de #masculinité dominante aujourd’hui.

    Chaque petit comportement n’est pas une violence en soi - même si certaines fois, c’est le cas - mais c’est l’ensemble qui façonne des #dispositions à agir de manière violente. Il y a l’apprentissage qui façonne des comportements violents dans les formes de masculinité actuelles.

    France 3 : Les violences sexuelles puisent dans la masculinité dominante selon vous ?

    Tristan Renard : Oui. Quasiment 90 %, des violences sexuelles sont des violences qui s’inscrivent dans des rapports de pouvoir, des rapports de domination. Par exemple, même quand la violence est le fait d’un mineur, il y a un écart d’âge.

    Quand les enfants sont victimes, c’est majoritairement le fait d’adultes, et donc c’est systématiquement dans des relations de pouvoir, un enseignant sur un élève, un entraîneur sportif sur un enfant qui est entraîné, un parent sur son enfant, etc. Cette question des #rapports_de_pouvoir, elle renvoie à notre culture institutionnelle, à notre culture familiale.

    #VSS #pédocriminalité

  • Quand une « repentie » (de BFMTV) se permet un samedi détente sur Instagram, elle prend conscience (une fois de plus) de « l’étendue du problème journalistique politique français ».

    Les chaînes d’info en continu, caisse de résonnance de la parole présidentielle et de ses « coups de colère ».
    Moralités :
    - Se défaussera bien qui se défaussera le plus fort.
    - Le terrain budgétaire n’est pas un sujet

    Lyhanna, les humoristes informent, les journalistes s’émeuvent | Le Club
    ▻https://blogs.mediapart.fr/perrinevasque/blog/090626/lyhanna-les-humoristes-informent-les-journalistes-semeuvent

    Pendant sept ans, j’ai été journaliste politique pour BFMTV. Les raisons qui m’ont fait quitter cette rédaction me poussent aujourd’hui à écrire cet article. Après des heures à suivre l’affaire sur les chaînes d’information en continu, caisse de résonance du discours présidentiel, la sidération d’une constatation : certains humoristes font un meilleur boulot que ces journalistes.

    La vidéo « humoristique » citée dans l’article :
    ▻https://www.instagram.com/reel/DZQG3f1o8B3

    #justice_de_classe #pédocriminalité #VSS
    #France-Défausse

    • Nicoleferronize n’est pas drôle sur amstramgram mais grave. Je ne consulte jamais tramgram mais quand elle était sur France-Inter (la radio filmé) elle était beaucoup plus fine que drôle. Charline me fait rire sur Inter. Elles ont toutes les deux une forme d’humour très réfléchie comme une forme de politesse face au désespoir (dixit je sais plus). Chose que Sophia Aram croit posséder, malheureusement plus elle y croit plus elle s’enfonce.
      il y a une erreur sur le blog de mediapart :

      Cette question de moyens n’est évidemment pas le seul ressort de cette affaire tragique. Notre pays est tout entier tourné vers les adultes masculins comme point de repère, et les affaires se multiplient, comme celle du violeur de la Sande , où l’on voit des prédateurs pouvant tranquillement commettre leurs crimes pendant plusieurs décennies sans être inquiétés, immunisés par leur statut de “bon père de famille”.

      ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Dino_Scala
      ▻https://seenthis.net/messages/1034187

    • Dernière audition de cette enquête parlementaire : des moyens énormes, une salle immense et en tout et pour tout 10 personnes présentes.
      – où sont les parlementaires ?
      – où sont les journalistes ?

      Ce cauchemar est rejoué à l’infini dans la constatation du déni des violences sexuelles faites aux enfants, du sexisme, du patriarcat et toujours rien n’a avancé depuis la CIIVISE et son démantèlement masqué.
      Je veux dire, la société civile n’existe pas pour l’AN ? personne ne peut venir écouter comme dans n’importe quel conseil municipal ? pas même des étudiant+es en politique ? C’est une honte tous ces sièges restés vides.

  • Quand l’#algorithme décide. L’État, l’#IA et nous

    L’introduction de l’#intelligence_artificielle (IA) dans les organisations publiques transforme radicalement la manière dont les #décisions sont prises et soulève des inquiétudes en ce qui concerne la #déshumanisation des services, les atteintes à la vie privée ou les risques de #discrimination. Des décisions importantes sont maintenant prises à l’aide d’algorithmes dans de nombreux domaines d’intervention de l’État, que ce soit dans l’attribution d’#aides_sociales, la #protection_des_enfants vulnérables, la détection des #fraudes, la prédiction du #décrochage_scolaire, la lutte contre les violences faites aux femmes ou encore la gestion des #libérations_conditionnelles.

    Les auteurs présentent des cas concrets d’utilisation de l’IA dans le secteur public, en se concentrant particulièrement sur les #risques de #biais_algorithmiques dans la #prise_de_décision. Ils proposent des solutions concrètes pour prévenir, corriger ou supprimer les biais algo­rithmiques. Cet ouvrage deviendra une lecture incontournable pour les responsables politiques, les membres de la fonction publique, les spécialistes du numérique et toutes les personnes ­intéressées par l’avenir des #services_publics.

    ▻https://www.editions-hermann.fr/livre/quand-l-algorithme-decide-steve-jacob
    #Etat #livre #VSS

  • « On est jetés en pâture » : à Paris, les animateurs du périscolaire dénoncent « une suspicion généralisée » | Mediapart
    ▻https://www.mediapart.fr/journal/france/190526/est-jetes-en-pature-paris-les-animateurs-du-periscolaire-denoncent-une-sus

    Des centaines d’agents de la ville de Paris ont manifesté, mardi 19 mai, pour s’inquiéter des suspensions systématiques mises en œuvre par le nouveau maire au nom du principe de précaution. Mais surtout pour réclamer des moyens indispensables à un accueil sécurisé des enfants.
    Mathilde Mathieu
    19 mai 2026

    « Stop répression ». Sur la banderole en tête de cortège, le mot claque. Alors que la ville de #Paris est confrontée à une explosion sans précédent des signalements d’animateurs pour des violences sur des enfants, les agent·es périscolaires ont manifesté, mardi 19 mai après-midi, contre la politique de « tolérance zéro » mise en œuvre par le nouveau maire socialiste Emmanuel Grégoire, consistant à suspendre au premier soupçon. « Il y a trop d’amalgames, on est jetés en pâture avec les pédocriminels », confie une animatrice. « L’autre jour, un soignant m’a demandé mon métier, confie une autre. J’ai répondu bibliothécaire. »

    Pas toujours raccord par le passé, les organisations syndicales ont appelé cette fois à un rassemblement commun pour dénoncer un « climat de suspicion généralisée et d’arbitraire ». Et ont réclamé « des moyens pour les agents pour protéger les enfants ». Sous la pluie, ils et elles sont ainsi des centaines – sur 14 000 dans la capitale – à se serrer les coudes, certain·es grévistes depuis plusieurs jours, à deux pas du quartier de Bastille où ont explosé les premiers scandales de pédocriminalité, il y a un an.

    Selon la procureure de Paris, pas moins de quatre-vingt-quatre enquêtes pénales sont aujourd’hui en cours dans des écoles maternelles, une vingtaine dans des écoles élémentaires, et une dizaine dans des crèches. En parallèle, une centaine d’animateurs et d’animatrices auraient été suspendu·es par la municipalité depuis le 1er janvier pour des suspicions de violences de toutes natures, y compris des violences éducatives ordinaires . La dernière statistique officielle faisant état de soixante-dix-huit cas remonte à début avril.

    Autrement dit : la parole des enfants est enfin mieux écoutée par les familles et les institutions. Et si la justice a écarté toutes poursuites dans quelques affaires d’animateurs initialement suspendus, plusieurs ont récemment été mis en examen pour des violences sexuelles sur des élèves. Au moins un a été envoyé en détention provisoire, en avril, soupçonné d’avoir commis des faits à l’égard de trois élèves de maternelle.
    Quatre procès sont par ailleurs annoncés dans la foulée de celui qui s’est tenu début mai, à huis clos, pour juger un animateur de l’école Titon, soupçonné de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles sur des élèves de CM2 (lire nos révélations).

    Aligné avec l’objectif de lutte contre ces violences, le cosecrétaire général du Supap-FSU (syndicat le plus représentatif au sein de la profession avec l’Unsa) estime que les consignes passées par Emmanuel Grégoire au lendemain de son installation, début avril, sont toutefois déraisonnables, hormis sur les violences sexuelles. « On a des agents complètement démunis qui ne savent plus quoi faire quand des enfants se battent, qui n’osent plus toucher un bras, de peur que ça leur retombe dessus », assure Nicolas Léger.

    « Le principe de précaution prime sur la présomption d’innocence, comme si on était des citoyens de seconde zone, cingle son homologue de l’Unsa, Claude Lasserre. Au moins, quand les #animateurs sont contractuels ou titulaires, ils sont suspendus dans le cadre d’une procédure. Mais quand il s’agit de #vacataires [l’immense majorité des agent·es à Paris – ndlr], la ville s’en défait du jour au lendemain, comme des “agents kleenex”. Elle cherche à se protéger elle-même ! » L’attaque est rude.

    Une colère qui déborde

    Parmi les vacataires ainsi remerciés ces dernières semaines, Mediapart peut citer le cas de Claude*, cadre commercial retraité qui exerçait depuis six ans dans une école élémentaire, où il proposait une activité jeu d’échecs, aidait aux devoirs, dépannait à la cantine. À la mi-avril, il a été convoqué pour se voir signifier la fin de ses interventions.

    Et lundi 18 mai, les parents d’élèves en ont été informé·es par mail en ces termes : « Un signalement [a été] porté à la connaissance [de la ville] par une autorité extérieure à l’école […]. Il s’agirait de comportements inappropriés et contraires à la charte de l’animateur, notamment la prise de photos et vidéos d’enfants lors d’activités, diffusées au cadre familial de l’animateur […]. Nous ignorons le caractère avéré ou non de cette information. »

    Auprès de Mediapart, Claude s’insurge d’un tel flou. « En deux ans, j’ai dû faire deux photos d’enfants devant leur partie d’échecs, pour qu’ils puissent la reprendre un autre jour ! » Mais il raconte aussi avoir été visé, au début des années 2010, par un signalement d’élève qui se serait rétractée en quelques jours. La ville l’a, en tous cas, informé avoir été récemment destinataire d’« une remontée du parquet de Paris qui interroge [sa] posture professionnelle ».

    « Je ne sais pas de quoi il s’agit exactement et il n’y aura pas d’enquête administrative, donc je n’ai aucun moyen de me défendre », regrette ce retraité. Aux yeux de nombreuses familles de victimes, comme de collectifs de parents engagés dans la lutte contre les violences faites aux enfants, le principe de précaution appliqué ici sera sans doute jugé bienvenu. Claude, lui, parle d’une « chasse aux sorcières » et compte distribuer des tracts dès mercredi matin devant l’école, celle où ses propres enfants avaient été inscrits, pour « défendre sa réputation ».
    Dans les prochains mois, des cas similaires ne manqueront pas d’être portés devant la justice administrative, avec l’aide de représentants syndicaux. La ville de Paris le sait d’ailleurs, qui a vite pris la mesure de la colère explosive sur le terrain.

    « Une approche proportionnée »

    Alors qu’Emmanuel Grégoire avait opté pour l’automaticité des suspensions au premier signalement, toutes violences confondues, de premiers « bougés » ont été annoncés aux organisations, il y a une dizaine de jours. « Ils ont entendu notre demande de plus de discernement en dehors des signalements pour violences sexuelles, affirme Nicolas Léger (FSU). Pour des agents qui tirent le bras, qui crient, qui ont une mauvaise pratique éducative, il faut procéder à des suspensions au cas par cas, après des enquêtes flash. Ils nous ont dit que ça allait être effectif tout de suite. » « Rien de concret pour l’instant, s’impatiente Claude Lasserre (Unsa). Ils devaient nous donner un tableau pour le détail, mais on attend. »

    Recul ou avancée, la ville confirme en tout cas le double régime qui devrait s’imposer : « En cas de violences sexuelles, au moindre signalement, une mesure de suspension immédiate et systématique est prise ; et aucun retour de l’agent devant un enfant n’a lieu. » Mais « concernant les autres types de violence », des suspensions « peuvent » être décidées « en fonction de la gravité des faits », la municipalité revendiquant « une approche proportionnée ».

    En annonçant guère de moyens supplémentaires pour renforcer les équipes – ou alors très loin des revendications des syndicats –, Emmanuel Grégoire ne s’est pas donné les moyens de faire passer la pilule de sa politique « de précaution ».

    « Le système actuel ne nous permet pas de répondre correctement aux besoins des enfants, rappelle Adam Semail, secrétaire général de la CFDT-Interco de Paris. Avec un tel niveau de précarité, les meilleurs talents vont ailleurs. » Avec des #horaires_fractionnés et des rémunérations minimalistes, le métier n’attirait déjà pas, avant la crise, les équipes travaillant régulièrement en #sous-effectifs.

    « On attend des engagements sur la “déprécarisation” et les titularisations, ça peut être voté rapidement au conseil de Paris de juillet, insiste Nicolas Léger. Si Emmanuel Grégoire veut arriver un jour à ce qu’il y ait des effectifs doublés sur certains temps périscolaires, il faut réduire les taux d’encadrement [fixés à dix-huit enfants par agent·e en école élémentaire par exemple –ndlr] [bande de teubés : faut les augmenter, ndc]. On revendique aussi des formations d’État réellement diplômantes, pas ce qu’annonce la ville avec une espèce de Bafa renforcé [qui serait proposé dans une école bientôt créée – ndlr]. »
    « C’est très douloureux comme situation », déplore Brigitte, quinze ans de métier derrière elle et beaucoup de passion. « C’est l’échec de la gauche. Avec ce nouveau climat, beaucoup d’agents vont partir, ça va être l’hécatombe à la rentrée. » Avec un risque d’aggravation des conditions de travail.

    Ce qui la désole le plus, au fond, c’est que les alertes sur les violences commises par certains animateurs n’ont pas manqué ces dernières années. Brigitte, comme plusieurs de ses collègues rencontrées ces derniers mois par Mediapart, ont tenté de mobiliser leur hiérarchie quand un animateur se montrait violent. Ou encourageait « une baston », se présentait ivre ou sollicitait des élèves sur Snapchat. « Mais il y a un déni de responsabilité sidérant et des gens qui sont vite en limite de compétences dans certaines Caspe [ces services déconcentrés dans les arrondissements qui supervisent les équipes – ndlr]. Quand tu dénonces un problème, tu deviens le problème. »

    Sous couvert d’anonymat aussi, une collègue appuie : « Quand on remontait ce qui n’allait pas, c’était pris pour des enfantillages. » Alors aujourd’hui, la colère déborde. Trop brutal, trop tard. Installée lundi soir par Emmanuel Grégoire, la convention citoyenne sur le périscolaire consacrée « à la protection et aux temps de l’enfant », est attendue au tournant.

    #enfance #Ville_deParis #VSS

  • Violences sexuelles : Les casseroles de l’abbé Grimaud, directeur de conscience de Vincent Bolloré | Le Canard enchaîné
    ▻https://www.lecanardenchaine.fr/police-justice/53788-les-casseroles-de-l-abbe-grimaud-directeur-de-conscience-de-b


    © Aurel

    L’abbé Grimaud, confesseur et conseiller du milliardaire dans sa croisade pour la défense de l’Occident chrétien, a fait l’objet d’un signalement pour viol et agression sexuelle sur mineur, classé pour cause de prescription.

    Il ne redoute qu’une chose  : se retrouver dans la lumière. L’abbé Gabriel Grimaud – André-Pierre, de son vrai prénom – préfère rester dans l’ombre des puissants, et de l’un d’entre eux en particulier  : Vincent #Bolloré. Cet homme-là, il ne se contente pas de le confesser, il assiste aussi à ses rencontres privées avec les potentiels candidats de droite (dure) à la présidentielle et, tel un Raspoutine du XXIe siècle, n’hésite pas à donner son avis.

    S’il quitte rarement le foyer Jean-Bosco, dans le XVIe arrondissement de Paris, il ne s’est pas fait prier, en décembre 2025, pour prendre place dans le jet privé de Bolloré et accompagner Nicolas Sarkozy, tout juste sorti de prison, lors de son pèlerinage à Lourdes. Même s’il a dû se garder des paparazzi, le jeu en valait le cierge. Depuis, Sarko fréquente ses messes du dimanche soir dans la chapelle du foyer. (...)

    #VSS #Église

  • Comment faire encore #confiance à la #justice (quand on est féministe)

    La justice française est sous-financée, sexiste, épuisante pour les victimes. Alors pourquoi continuer à la défendre ? Voilà dont on discute avec maître Élodie Tuaillon-Hibon, avocate au barreau de Paris depuis 23 ans. Elle défend des femmes victimes de #violences_sexuelles, des militantes, des syndicalistes. Elle connaît les failles de l’intérieur, et pourtant elle n’a pas renoncé.

    Faut-il toujours porter plainte ?
    Pourquoi les enquêtes sur les VSS sont-elles si mal menées ?
    Qu’est-ce qu’une « mauvaise victime » ?
    Faut-il fermer toutes les #prisons ?
    Un épisode pour comprendre ce qui dysfonctionne, et ce qui vaut la peine d’être sauvé.

    ▻https://podcasts.360.audion.fm/en/renverser-la-table/comment-faire-encore-confiance-a-la-justice-quand-on-est-feminis
    #podcast #audio #féminisme #sexisme #VSS

  • #municipales 2026 : qui sont ces électeurs si peu éclairés qui votent pour des violeurs ? Quand le suffrage universel est un totem d’immunité, alors l’universalité de la connerie est par le fait consacrée.

    J’avais déjà été profondément choqué par l’ « exemple » de ce maire nommé Edgar Moulin, mis en examen pour viol, recours à la prostitution de mineurs et proxénétisme aggravé, et qui avait malgré tout été réélu. Insupportable. ▻https://forgedelopinion.blogspot.com/2026/04/municipales-2026-qui-sont-ces-electeurs.html #VSS #Politique

  • « Politiser Loana, c’est rappeler qu’elle avait, très tôt, été abandonnée à des violences dont nous continuons de sous-estimer l’ampleur et la gravité »
    ▻https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/03/26/politiser-loana-c-est-rappeler-qu-elle-avait-tres-tot-ete-abandonnee-a-des-v

    Tribune

    Alice Gayraud

    Ancienne responsable du plaidoyer de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants

    L’enfance de la candidate du « Loft », morte le 25 mars à 48 ans, avait été marquée par l’inceste, rappelle l’ancienne responsable du plaidoyer de la Ciivise Alice Gayraud, citant le journaliste Paul Sanfourche. Les 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année ont trois fois plus de risque de subir des violences tout au long de leur vie, souligne-t-elle dans une tribune au « Monde ».

    #enfance_violée
    #continuum_traumatique
    #VSS
    #loft_story
    #sexisme_institutionnel
    #M6

    • Loana, 25 ans d’humiliation en direct (ASI)

      "Loana a 23 ans. Depuis cinq ans, elle est go-go-dancer." C’est sur ce commentaire en voix off, accompagné d’un zoom-dézoom sur la poitrine de la jeune femme qui danse, que la France découvre Loana Petrucciani, plus connue sous son seul prénom, le 26 avril 2001, dans le premier épisode de Loft Story. La deuxième image est un plan de coupe sur ses fesses. Avant même de voir son visage, le programme présente à la France entière le corps de la jeune femme. Loana, pour M6 qui diffuse l’émission, c’est des seins et des fesses avant tout.

      Dans ce portrait qui dure quelques minutes, Loana raconte avoir dû travailler très tôt, dû à l’hospitalisation de sa mère, qui l’a laissée "avec tout à gérer : le loyer, les factures", à 17 ans. "Je véhicule une certaine image, grande, blonde, sexy, et paillettes et strings, puisque je travaille en boîte de nuit", résume-t-elle. "Mais en réalité, je suis très introvertie. Je suis timide, réservée, pudique." On découvre une jeune femme attachante, qui regrette de ne pas avoir pu faire des études, adore son chien, est "fidèle en amitié et idéaliste en amour", selon la voix off. Une fille sympa, un peu naïve comme on peut l’être à 23 ans, pleine d’espoir malgré un parcours déjà cabossé. Les producteurs de Loft Story, racontait le journaliste Paul Sanfourche dans notre émission dédiée à la série inspirée de l’émission, "ont tout de suite compris le potentiel de femme-objet de Loana" et étaient dès les débuts "extrêmement avides d’exploiter son image télévisuelle".

      Et son image n’a pas cessé d’être exploitée depuis. En février 2024, elle était invitée par Cyril Hanouna sur le plateau de Touche pas à mon poste, et témoignait de l’agression sexuelle qu’elle a subie. L’ancienne star du Loft, multi-traumatisée, y balbutiait sous les moqueries des chroniqueurs et les rires du public. "Viol, agressions, addictions : Loana se livre en exclusivité !" scandait le bandeau de TPMP tandis que Loana se noyait, en direct, dans ses propres mots. L’Arcom avait ensuite mis C8 en demeure pour atteinte à la dignité humaine.

      Loana Petrucciani a été retrouvée morte à 48 ans, le 25 mars 2026, seule chez elle, à Nice. Ce sont ses voisins qui ont appelé la police. Ses proches ne l’avaient pas vue depuis des jours, voire des semaines, et ne s’en étaient apparemment que peu inquiétés. Son chien a été retrouvé mort auprès d’elle. C’est dans l’isolement, les addictions et une solitude extrême que cette femme, lessivée par deux décennies de violences médiatiques, s’est éteinte.

      Le même jour, Hanouna et sa clique de charognards apprenaient la nouvelle en direct dans Tout beau tout neuf. "On apprend en direct un drame", annonçait Hanouna. "Drame épouvantable, Cyril", renchérissait Gilles Verdez. "Beaucoup d’émotions, évidemment, quand on la recevait... On est très secoués, c’est absolument tragique." Hanouna raconte une "anecdote" : "Elle m’avait appelé en me disant : « Je veux bien venir sur le plateau, mais j’ai perdu toutes mes dents. »" Il explique avoir fait intervenir "un pote dentiste en urgence", ce pour quoi elle l’a "beaucoup remercié" ensuite. Quel hommage touchant... Le chroniqueur Jordan De Luxe ajoute que "Loana était malheureusement beaucoup dans le passé, elle ne parlait que du passé." La faute à qui ? Depuis le 16 avril 2001, les médias ont refusé à Loana le droit d’être autre chose que la "go-go-dancer" de 23 ans qu’ils avaient adoré filmer et exploiter sous toutes les coutures. Et lorsqu’elle a cessé d’être cette femme-objet, on l’a rabaissée jusque dans sa mort : cette semaine, Charlie Hebdo a publié une caricature dégoulinante de sexisme, de classisme, de grossophobie et de toxicophobie. M6, la chaîne qui l’a rendue célèbre, a diffusé dans son JT les images de son corps transporté sur une civière.

      En 48 ans, Loana aura vécu vingt-trois ans d’anonymat et de galères - son enfance a été marquée par la violence et l’inceste -, deux mois de célébrité soudaine dans le Loft, et vingt-cinq ans à en payer le prix. Une vie broyée par l’humiliation patriarcale en direct.

      ▻https://www.arretsurimages.net/chroniques/sur-le-gril/loana-25-ans-dhumiliation-en-direct

    • Coucou @inadvertance, ça me fait pas du tout marrer de voir arrêt sur images cité pour parler de patriarcat. Il y a longtemps, j’étais jeune et naïve et j’ai eu l’idée et du contenu de cette émission de télévision et de son titre et je devais m’associer à Alain Jaubert, grand pote de Schneiderman et créer une maison de production. Au lieu de cela, j’ai vu apparaitre l’émission 6 mois plus tard sans que personne ne m’y ait jamais associé, même pas crédité au générique bien évidemment. Jaubert s’est défaussé en disant que l’idée était dans l’air et m’a proposé un contrat chez TéléEurope mais j’ai été viré au bout de quelques jours parce que j’étais enceinte et que la réalisatrice m’en a voulu car elle n’arrivait pas à avoir un enfant. La direction de TéléEurope m’a menacé de ruiner ma carrière (ce qui a été fait avec succès) si j’allais porter plainte aux prudhommes (j’ai pourtant seulement été à la CGT). Voila bien l’ambiance des patriarches de mai68 qui tenaient la culture télévisuelle comme leur pré carré et suçaient les idées des jeunes femmes avant de jeter le citron. wala wala, je garde une petite dent vois tu :)

    • Aussi longtemps que l’enfance restera tenue à l’écart de l’analyse des violences patriarcales, nous continuerons de découvrir trop tard des vies ravagées avant même qu’elles ne commencent. Et de les raconter comme des tragédies individuelles.

      Dire cela, c’est refuser de faire de Loana une exception, un « destin brisé » que l’on contemple avec émotion sans en tirer la moindre conséquence politique. Car le parcours de Loana est celui de milliers de femmes. Cent soixante mille enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France. Combien de ces filles deviendront, sans protection ni prise en charge, des femmes exposées à de nouvelles violences ?

      Politiser Loana, ce n’est donc pas opposer l’inceste à la téléréalité, ni minimiser la violence produite par l’exposition médiatique. C’est rappeler qu’une femme dont on dit aujourd’hui qu’elle a « mal fini » est aussi quelqu’un qui, très tôt, avait été abandonné à des violences dont nous continuons de sous-estimer l’ampleur et la gravité.

      L’enjeu politique se niche dans notre manière de dater la violence. Et dans la manière dont nous nous donnons, ou non, les moyens de la prévenir.

      ▻https://justpaste.it/ls4c3

      #media #télévision #enfance

  • États-Unis : le héros du peuple latino César Chávez était un agresseur sexuel
    ▻https://www.mediapart.fr/journal/international/200326/etats-unis-le-heros-du-peuple-latino-cesar-chavez-etait-un-agresseur-sexue


    Un ouvrier recouvre une fresque représentant César Chávez, au Santa Ana College en Californie, le 19 mars 2026. © Photo Jae C. Hong / AP / Sipa

    (...) aucune d’elles n’a osé parler publiquement de son vivant, et même après, pour ne pas nuire à la lutte en ternissant l’image de César Chávez. Sa compagne de lutte Dolores Huerta en a, elle-même, été victime. Au New York Times, elle a déclaré que César Chávez l’avait violée en 1966, alors qu’elle avait 36 ans, dans une voiture après l’avoir conduite dans un vignoble isolé en Californie.

    Elle a expliqué au journal qu’elle ne l’avait pas dénoncé à la police « en raison de l’hostilité de celle-ci envers le mouvement, et parce qu’elle craignait que personne au sein du syndicat ne la croie ». Elle a également déclaré au New York Times « s’être sentie contrainte d’avoir des relations sexuelles avec lui dans une chambre d’hôtel lors d’un déplacement professionnel », toujours en Californie, six ans auparavant.

    Elle a eu deux filles avec lui, après avoir tout fait pour cacher ses grossesses, et les a confiées à des familles pour qu’elles les élèvent. Dolores Huerta a eu quatre enfants avec son concubin qui était le propre frère de César Chávez, Richard. Au New York Times, celle qui fêtera ses 96 ans le 10 avril explique avoir dû lutter contre le machisme qui régnait au sein du syndicat.

    Dans son texte, l’ancienne militante indique avoir gardé le secret aussi longtemps parce que « construire le mouvement et obtenir les droits des travailleurs agricoles était le travail de [sa] vie ». « Je ne me suis jamais identifiée comme une victime, écrit-elle, mais je comprends maintenant que je suis une survivante – de la violence, des agressions sexuelles, des hommes dominateurs qui me voyaient, avec d’autres femmes, comme leur propriété, ou comme des choses à contrôler. » « Mon silence se termine ici », conclut-elle.

    #VSS